Accueil Blog Page 28

Les 11 principes de l’entreprise régénérative pour aller vers des impacts positifs nets pour le vivant

Régénérer, c’est pour l’entreprise s’engager vers la génération d’impacts positifs nets pour les écosystèmes et la société. Concrètement, comment une entreprise peut-elle contribuer à la régénération du vivant ? LUMIA, a défini 11 principes pour y arriver, qui sont autant de dimensions de transformations organisationnelles ou culturelles à évaluer et enclencher.

Afin de qualifier plus précisément la forme que pourrait prendre une entreprise régénérative, LUMIÅ a travaillé à l’identification de grands principes régissant son fonctionnement. Parce que la régénération est une propriété exclusive du vivant, c’est naturellement vers les principes du vivant que l’entreprise a orienté sa recherche.

Ont ainsi été recensés les principes du vivant émanant des travaux d’Hoagland, Dodson et Hauck (2001), les principes permacoles d’Holmgren (2014) et la manière dont ils ont été traduits par Breuzart dans une application à la permaentreprise (2021), ceux issus des travaux du Biomimicry Institute et de Biomimicy 3.8., les principes de la chimie verte rappelés par Gauthier Chapelle (2015) et les principes du Framework for Strategic Sustainable Development (FSSD).

Ont également été relevés les principes sociaux issus de la théorie du Donut, des travaux sur le Social Return on Investment ou des travaux sur l’analyse sociale du cycle de vie.

Un travail de réflexion, issu d’une confrontation à la pratique et d’études de cas d’entreprises régénératives ou visant une ambition régénérative, a permis d’établir 11 principes, décrits plus en détail
ci-après, exemples à l’appui.1

Principe 1 : Créer une valeur étendue positive nette pour ses parties prenantes, les écosystèmes et la société

Une entreprise régénérative crée une valeur étendue positive nette pour ses parties prenantes, les écosystèmes et la société.

Ce premier principe inscrit d’emblée l’ambition régénérative au cœur de l’entreprise régénérative. Celle-ci vise à produire des impacts positifs nets pour les écosystèmes et les communautés humaines desquels elle dépend et sur lesquels elle agit.

Observons les écosystèmes naturels. Ils créent de la valeur étendue positive nette pour de très nombreuses entités. De nombreuses espèces singulières créent au sein de ces écosystèmes ces bénéfices, non seulement pour leurs congénères, mais également pour d’autres espèces.

Par extension, l’entreprise régénérative entend générer des bénéfices avérés pour une large catégorie de parties prenantes et pour les milieux desquels elle dépend et sur lesquelles elle agit. La sacro-sainte valeur, au cœur des théories économiques et de management, est ici largement étendue aux parties prenantes, aux écosystèmes et plus largement à la société dans son ensemble.

La notion de valeur étendue positive nette est ici essentielle. Fondamentalement, elle renvoie à une comptabilité assez basique des impacts : pour être positifs nets, les impacts positifs générés sur tel ou tel paramètre doivent excéder les impacts négatifs générés sur ces mêmes paramètres.

crédit image : POCHECO

Principe 2 : Adopter une vision systémique

Une entreprise régénérative adopte une vision systémique

Notre planète est un vaste système complexe formé de très nombreux sous-systèmes eux-aussi complexes. Les organismes vivants sont des systèmes complexes. Le corps humain est un système complexe. Ils partagent tous en commun de voir leurs composants interagir de manière forte ou faible entre eux.

Les équilibres n’y sont jamais figés, mais toujours dynamiques, fruits des nombreuses boucles de rétroactions et de rétro-feedback que les composants génèrent les uns sur les autres dans leurs interactions. Reconnaître la nature intrinsèquement complexe du réel et adapter ses modes de fonctionnement en conséquence ne va pas de soi pour l’entreprise.

Les humains ont tendance à fragmenter le réel et à chercher à le simplifier. Culturellement, notre désir de maîtrise et de contrôle se prête peu à la complexité, qui est par nature non complètement déterminable, décomposable ou prédictible (Simon, 1969). Dans cette optique, adopter une vision systémique signifie d’abord pour l’entreprise d’aborder les différents enjeux environnementaux et sociaux qui se présentent à elle de manière concomitante.

Par exemple, si la réduction des émissions carbone est aujourd’hui un objectif largement adopté par un nombre toujours croissant d’entreprises, les pressions exercées sur la biodiversité ou sur le cycle de l’eau sont rarement intégrées. De sorte que les solutions mises en œuvre sur la décarbonation sont susceptibles d’augmenter ces pressions.

En adoptant une vision systémique, on réduit de manière sensible le risque de déplacer les problèmes, quand bien même il est impossible de maitriser toutes les interactions. Raison pour laquelle il importe d’être attentif aux rétroactions et effets induits.

Aujourd’hui, le mode de fonctionnement des entreprises est éloigné de ce principe. L’entreprise accepte intentionnellement ou non intentionnellement de ne pas adapter son fonctionnement en réponse aux effets de rétroactions que ses actions occasionnent sur les écosystèmes et les communautés humaines.

crédit photo : daiga-ellaby

Une entreprise agricole mettant en œuvre des pratiques conventionnelles va ainsi appauvrir, voire détruire la vie dans ses sols, sans pourtant décider d’adopter de nouvelles pratiques. Elle « corrigera » ces impacts négatifs sur les sols par l’apport de nutriments, sans pour autant les régénérer ou chercher à y ramener de la vie.

Ces effets d’interaction et leur chaîne de conséquences constituent les fameuses externalités, le plus souvent négatives, qu’une entreprise induit de par son existence et ses activités. Il faut reconnaître qu’aujourd’hui, bien peu d’entreprises décident d’internaliser les externalités dans leur modèle dans le but de se transformer, quand bien même elles les ont identifiées. Dit autrement, elles décident délibérément de ne pas tenir compte des boucles de rétroactions, qui in fine impacteront négativement les écosystèmes et les communautés humaines, y compris les parties prenantes directement engagées dans les activités.

Adopter une vision systémique signifie donc également d’être attentif aux rétroactions, ce qui signifie pour l’entreprise d’investir dans la compréhension des impacts qu’elle occasionne à travers son existence propre sur les milieux et communautés avec lesquels elle est en lien, de manière proche ou distante. Et d’agir en conséquence dans la construction d’un équilibre par nature dynamique, construit sur les capacités d’apprentissage consécutives de ses interactions (a fortiori si elles risquent de générer des boucles positives).

C’est l’essence même de la co-évolution qui sera développée au travers du principe 8. L’entreprise évolue en fonction de son milieu qui lui-même évolue à travers les actions de l’entreprise, afin de créer les conditions permettant à tous de prospérer.

Principe 3 : Être capable de se limiter

Une entreprise régénérative est capable de se limiter

Le vivant ne croît pas de manière indéfinie. Les arbres ne poussent pas indéfiniment, tout comme le nombre d’arbres se développant au sein d’une forêt est lui-même limité par les conditions du milieu et la présence d’autres individus de l’espèce et d’individus d’espèces différentes.

La dynamique des populations est une branche de l’écologie qui s’intéresse spécifiquement à l’évolution dans le temps du nombre d’individus au sein d’une population d’êtres vivants. Elle met en évidence que dans la nature, la taille et la croissance d’une population sont limitées par un ensemble de facteurs.

La compétition pour l’accès à la nourriture, à l’eau ou aux abris, les maladies ou les comportements de prédation, constituent des facteurs directement dépendant de la densité de la population qui régulent son évolution.

D’autres facteurs sont indépendants de la densité de la population, comme les catastrophes naturelles, des conditions météorologiques extrêmes, des pollutions particulières ou des interventions humaines telles que par exemple la déforestation ou la surpêche.

L’adage est bien connu : une croissance infinie dans un monde fini relève d’une impossibilité physique.

Malgré son caractère d’évidence, cet adage semble ne pas influer sur la quête constante de croissance du monde économique. Le système économique macro-économique est tout entièrement tourné vers une croissance continue du PIB. A l’échelle micro-économique, et comme décrit préalablement, la très grande majorité des modèles économiques d’entreprise sont construits sur des logiques volumiques à visée de croissance.

Et la croissance verte à laquelle se réfèrent les partisans d’un développement sans limite repose sur l’inaccessible promesse d’un découplage absolu, total, global, permanent, suffisant et suffisamment rapide.

Nous n’échapperons donc pas aux lois du vivant : les organismes que sont les entreprises ne pourront pas continuer à croître de manière indéfinie. La capacité à apprivoiser l’autolimitation et la nécessaire transformation des modèles économiques qu’elle requiert constitue non seulement une exigence environnementale, mais au-delà un facteur de résilience accrue pour les entreprises. Car des modèles économiques croissantistes qui, demain, évolueront dans des contextes de marchés accroissants ne seront tout simplement pas adaptés et seront terriblement vulnérables.

Mais qu’en est-il de productions intrinsèquement et réellement régénératives sur un plan socio-écologique ? Celles-là n’auraient-elles pas intérêt à croître de manière indéfinie, puisqu’à chaque unité aux vertus régénératives supplémentaire correspondraient des impacts positifs nets sur les écosystèmes et la société.

L’analyse de cas d’entreprises régénératives suggère, sans toutefois complètement le démontrer, qu’au-delà d’une certaine taille, elles ne sont plus en capacité de contrôler les externalités négatives qu’elles induisent.

Guayaki illustre cette situation. L’entreprise produit une boisson énergisante à base de maté cultivé sous la canopée de la forêt Atlantique et a développé un modèle économique de reforestation. Chaque boisson vendue contribue à séquestrer plus de carbone qu’elle n’en a émis sur son cycle de vie grâce aux actions de reforestation associée à la mise en culture du maté. Mais le passage à un contenant en aluminium génère désormais des pollutions atmosphériques, terrestres et maritimes. Si l’examen du seul bilan carbone encourage la croissance de l’entreprise, les externalités induites sur les écosystèmes marins remettent à contrario cet objectif en question. Amenant Alex Pryor, le co-fondateur de l’entreprise, à reconnaître que malgré tous les efforts mis en œuvre, l’entreprise génère des impacts négatifs sur la planète. Ce qui l’amène à requestionner ses objectifs de croissance, en tout cas tant qu’une solution de packaging alternatif puisse être trouvée (Berger et Lomé, 2018)

Principe 4 : Renforcer les services écosystémiques de soutien et de régulation

« une entreprise régénérative renforce des services écosystémiques, en particulier de soutien et de régulation, avec un impact net »

L’humanité profite de nombreux services que le vivant lui apporte. Les scientifiques de l’IPBES – la Plateforme Intergouvernementale Scientifique et Politique sur la Biodiversité et les Services Écosystémiques – les ont nommés « services écosystémiques » puisqu’ils proviennent des écosystèmes
et participent au bien-être des humains.

Homo sapiens a su tirer parti de ces services. D’abord via les services d’approvisionnement avec l’agriculture, la sylviculture, l’aquaculture,… qui ont offerts aux humains des ressources alimentaires,
de matériaux, d’énergie. Ces services d’approvisionnement sont optimisés et l’on constate globalement un accroissement de leur production.

Toutefois, leur surconsommation et l’évolution de la chaîne alimentaire vers des productions de protéines animales s’opposent à la régénération. L’entreprise régénérative est ainsi attentive à favoriser le renouvellement des ressources qu’elle utilise, à favoriser la régénération des écosystèmes dont elle dépend et sur lesquelles elle agit.

Il s’agit par exemple d’extraire les ressources renouvelables à un rythme compatible avec leur vitesse de régénération.

L’Homme bénéficie aussi des apports de la nature pour des pratiques récréatives ou culturelles telle que la chasse, la pêche ou les activités sportives pour ne citer qu’elles. Ce sont les services culturels.

L’entreprise régénérative sera donc vigilante à ne pas impacter de façon irrémédiable les écosystèmes dont elle dépend et sur lesquels elle agit et à respecter les besoins, us et coutumes des communautés locales quand elle s’appuie sur ces services culturels. A noter que dans certains cas, c’est grâce à des relations spirituelles ou cultuelles que les Hommes entretiennent avec les écosystèmes que ces derniers peuvent être protégés.

Le fonctionnement de la nature s’appuie également sur des boucles de rétroaction et des dispositifs de régulation, les fameux services de régulation. Le plus connu d’entre eux est certainement celui de la pollinisation, permettant la fécondation des plantes à fleurs et donc le maintien et de la diversification des populations, mais bien d’autres services permettent de réguler le fonctionnement des écosystèmes eux-mêmes : la régulation du climat, la régulation des flux d’eau, la régulation de la qualité de l’air,… L’entreprise régénérative s’applique à ne pas perturber ces dispositifs de régulation, voire à les renforcer si ces derniers ont été affectés et sont déficients.

Enfin, les scientifiques distinguent selon les sources bibliographiques les services de support ou services de soutien tels que la photosynthèse, le cycle de la matière, le cycle de l’eau, la formation des sols, la conservation de la biodiversité, la production d’air respirable,… Comme leur nom l’indique, ces services soutiennent l’ensemble des autres services écosystémiques, c’est-à-dire qu’ils créent les conditions de base au développement de la vie sur Terre.

Ces services sont indirects ou apparaissent sur le long terme. Ces services sont aujourd’hui en déclin. En cela, ils constituent donc une priorité dans leur régénération.

L’entreprise régénérative s’attachera prioritairement à renforcer ces services de soutien si elle souhaite pouvoir s’appuyer sur les autres services énoncés plus haut. L’entreprise régénérative est ainsi actrice du renforcement des services écosystémiques, avec une attention toute particulière aux services de soutien et de régulation.

Renforcer ces services, c’est donner une chance à l’humanité et plus largement à l’ensemble du vivant de mieux vivre.

Principe 5 : Partager la valeur monétaire avec ses parties prenantes et pour l’intérêt général

Une entreprise régénérative partage la valeur monétaire avec ses parties prenantes et pour l’intérêt général

Depuis trente ans, la part de la valeur ajoutée redistribuée au travail tend à baisser. Les travaux de Karabarbounis et Neiman (2014) dégagent clairement une tendance à la baisse de cette part dans l’ensemble des économies. AuxÉtats-Unis par exemple, le PIB a augmenté de 260% entre
1967 et 2013 alors que le revenu médian des ménages américains n’a augmenté sur la même période que de 19%.

Pire, dans un contexte de croissance continue du PIB entre 2009 et 2015, le revenu médian des Américains a baissé jusqu’en 2014 (Laurent, 2019). Loin de constituer un « défaut » d’allocation, il semble au contraire que la concentration de richesses soit une propriété endogène2 de l’économie de marché. Ce qui est mis en évidence par de nombreux travaux, dont ceux de Boghosian.

Bruce Boghosian est professeur de mathématiques à l’université Tufts, aux États-Unis. Constatant que les inégalités en matière de richesse s’accroissent à un rythme alarmant non seulement aux États-Unis et en Europe, mais aussi dans des pays aussi divers que la Russie, l’Inde et le Brésil, il a développé avec ses collègues des modèles mathématiques décrivant la répartition de la richesse dans les économies modernes et rendant compte avec une grande précision des données réelles observées dans les différentes économies testées. Leurs modèles viennent battre en brèche plusieurs idées reçues sur le libre marché (Boghosian, 2020). Ainsi, dans une économie de marché, les richesses générées passent des pauvres vers les riches. Les modèles démontrent que loin de ruisseler vers les pauvres, la tendance naturelle de la richesse est de s’écouler vers le haut, de sorte que la répartition «naturelle» de la richesse dans une économie de marché correspond à une oligarchie totale. 

Seule la redistribution fixe des limites à l’inégalité.

Ce qui, à l’échelle de l’entreprise, pose la question centrale des rémunérations et du partage des profits. Et appelle à la mise en place de pratiques en la matière. Comme par exemple la fixation de règles pour limiter les inégalités de salaire, à l’instar du plafonnement de la différence de rémunération entre le salaire le plus bas et le salaire le plus haut.

L’entreprise Enercoop a par exemple fixé ce plafond à 3. Des entreprises vont encore plus loin.

Laloux (2015) par exemple présente dans son célèbre livre « Reinventing Organization » le cas d’entreprises ayant mis en place des processus de définition de salaire de manière collégiale, par voie directe ou indirecte, voire même des entreprises où chaque salarié détermine de manière individuelle son salaire, au terme d’un processus de sollicitations d’avis, si besoin complété par un conseil avec des représentants qui le guident dans sa définition du montant.

Les 3 principes éthiques de la permaculture :

Les 3 éthiques de la permaculture sont proches des piliers du développement durable mais plus engagées :
– Prendre soin de l’humain
– Prendre soin de la Terre
– Répartir équitablement

Dans son étude « Entreprise & post-croissance » (Prophil, 2021), Prophil fait de la question du partage de la valeur un axe central de la refonte de la gouvernance de l’entreprise et invite à réinterroger le rapport de l’entreprise au profit et à qui il doit profiter. Plus spécifiquement, l’étude pose les trois enjeux suivants :

  • La juste rémunération des contributeurs : il s’agit de rechercher une équité dans le partage de la valeur en interne et, dès que possible, auprès de l’ensemble des parties prenantes impliquées dans le processus de création de valeur, selon des critères transparents et coconstruits. Reste à savoir ce qu’est un prix juste. Vaste question. En pratique, le prix juste est d’abord un prix qui s’oppose aux prix pratiqués par le commerce conventionnel de marché, considéré intrinsèquement comme injuste (Pouchain, 2016). Néanmoins, s’il est un prix contre le marché, il ne peut pas complètement s’en défaire, au risque de se positionner hors marché. Pour le sociologue Marc Poncelet (dans Pouchain, op.cit.), il doit d’abord s’envisager au regard des coûts de production d’un système de production durable offrant des conditions de vie décente à ses participants et des capacités d’investissement pour conduire des projets d’amélioration. Le prix juste cherche alors à se réaligner avec la valeur du travail, le temps et les conditions de travail devenant des données importantes pour sa construction. C’est le point de départ pris par Bronkhorst (2004) pour calculer le prix juste qui devrait être payé à des fournisseurs indiens. A savoir une construction au départ d’un salaire minimum décent dans le contexte indien, en fonction des conditions de salaire minimum, des seuils de pauvreté, de la composition et des modes
    d’organisation du travail au sein des familles pour assurer un revenu décent à cette unité (tout en intégrant le besoin de revenus pour prendre en charge un mode de vie particulier, par exemple l’organisation d’un mariage ou de funérailles). Pour Thomas d’Aquin, il y a deux critères essentiels dans la notion de prix juste :
  • 1) il est raisonnablement profitable pour l’une et l’autre des parties ;
  • 2) il faut aussi qu’il le soit pour le bien commun.

Un prix juste est ainsi un prix qui répartit la valeur de manière équitable entre les acteurs de la chaine de valeur, de sorte que l’un ne réalise pas de surprofit déraisonnable sur le dos de l’autre.

Mais un prix juste n’est pas seulement ajusté aux intérêts du vendeur et de l’acheteur. Il est aussi adossé à un souci de justice pour tous. Cela veut dire qu’on ne peut pas seulement s’appuyer sur l’offre et la demande et sur l’accord des parties. Il faut donc aussi se soucier des conséquences du prix sur le bien commun. Un prix trop bas par exemple peut entraîner une surconsommation et donc un déséquilibre écologique. L’exemple prototypique est celui de l’ultra-fast fashion avec des pièces textiles de qualités environnementales et sociales médiocres, vendues à un prix dérisoire. A l’inverse, un prix élevé pour de bonnes raisons économiques peut par exemple lui être injuste vis-à-vis du bien commun, comme par exemple le prix de certains médicaments pour des maladies rares.

  • La circularité des profits : les éventuels bénéfices financiers réalisés par l’entreprise (après avoir rémunéré les différents contributeurs au processus de création de valeur, réalisé les investissements nécessaires au maintien des activités dans l’espace sûr et juste et payé les impôts) sont redistribués pour soutenir la régénération des ressources ou contribuer à des causes d’intérêt général. Ce qui nécessite un alignement total du/des actionnaires ou la présence majoritaire d’un actionnaire d’intérêt général, tel que par exemple une fondation actionnaire.
  • La redirection des profits : les bénéfices sont prioritairement réinvestis dans l’entreprise afin d’accélérer la redirection écologique et sociale des activités. Ce qui nécessite une politique de modération des dividendes et des obligations de profitabilité.

L’entreprise régénérative, soucieuse de créer une valeur étendue positive nette pour ses parties prenantes, les écosystèmes et la société (principe 1), va mettre en œuvre ces trois orientations. En particulier, elle décide par gouvernance d’affecter prioritairement ses résultats à sa redirection écologique vers la mise en œuvre d’un modèle régénératif sur son périmètre propre et au sein de l’écosystème coopératif dans lequel elle s’engage.

Principe 6 : Chercher un équilibre entre performance et robustesse

Une entreprise régénérative cherche un équilibre entre performance et robustesse (prinicpe de sous-optimalité)

Selon le biologiste Olivier Hamant (2022), le vivant, loin d’être parfait, est bien davantage continuellement imparfait, en mouvement permanent. Fondamentalement, il ne met pas l’accent sur la performance, mais bien sur la robustesse, dans un fonctionnement sous-optimal.

Et cela en vue d’acquérir une certaine stabilité face aux fluctuations environnementales. Ce qui participe à sa résilience. Ainsi un système devient résilient quand il présente des caractéristiques de robustesse, d’adaptabilité et de transformabilité. Un système est robuste quand il est capable de maintenir ses réponses dans une fourchette donnée, malgré les perturbations qu’il subit.

  • La stabilité n’est pas une rigidité ou une réponse passive à des contraintes extérieures, mais plutôt une flexibilité interne pour résister activement aux perturbations de l’environnement.
  • Il est adaptable quand il est capable d’ajuster ses réponses tout en maintenant ses principales fonctions (ex. le corps humain s’adapte à la fièvre tout en maintenant les possibilités de respirer ou de manger).
  • Finalement, il est transformable quand il peut évoluer vers un système différent en modifiant sa structure et ses fonctions.

Le vivant ne fonctionne pas au maximum de ses capacités, mais bien davantage de manière sous-optimale, et ce afin de rester adaptable.

Ainsi, nous disposons d’enzymes qui ont un optimum d’activité à 40°, là où ils évoluent dans un corps à 37°, ce qui les rend sous-optimaux à cette température. Mais quand par exemple un pathogène induit de la fièvre, la température du corps monte et l’enzyme peut alors “surprendre” le pathogène, notamment en stimulant la réponse immunitaire. Le fonctionnement de l’enzyme peut alors être optimal, mais cet optimum ne sera que transitoire.
crédit photo : mediensturmer

À l’inverse, nos entreprises misent tout sur la performance et l’optimisation. Pourtant, cette dernière est adaptée aux systèmes fermés, où les problèmes sont bien circonscrits. Quand le système devient ouvert, qu’il est fait de multiples boucles de rétroactions et que l’environnement est très incertain, l’optimisation est moins pertinente car elle fragilise. Or l’entreprise constitue et évolue dans des systèmes largement ouverts.

La crise du covid et son impact sur les chaînes d’approvisionnement mondialisées ont largement mis en évidence la fragilité consécutive d’un manque de robustesse (notamment liée ici à un manque de redondance dans les approvisionnements). 
De surcroît, l’optimisation s’opère non pas en fonction de critères incontestables, mais en fonction d’une approche multicritères imposant une priorisation reposant sur l’importance donnée à certains critères au détriment d’autres critères. Ainsi, pour me rendre de Nice à Paris, j’ai le choix entre le train, l’avion, la voiture, … Les critères de choix varieront en fonction du temps, du coût, des émissions de gaz à effet de serre, … De sorte que si je privilégie l’avion, c’est pour optimiser un critère – ici le temps – au détriment d’autres critères. L’avion est donc optimal sur le critère du temps, mais absolument non optimal sur le critère des émissions de gaz à effet de serre. Ainsi, nos logiques d’optimisation donnent le plus souvent priorité de manière implicite ou explicite à des critères financiers, s’opérant au détriment d’autres dimensions pourtant essentielles à la vie et aux grands équilibres écologiques et sociaux.

Le vivant ne joue pas de l’optimisation. Il opère au contraire sur des équilibres dynamiques construits sur des trajectoires viables dans un ensemble de contraintes plurielles. Cette approche de la viabilité vise à identifier un ensemble d’états à partir desquels il existe au moins
une trajectoire permettant de respecter de manière viable l’ensemble des contraintes sur tout l’horizon du
problème. Contrairement à l’approche multicritère, elle permet d’identifier des solutions sans avoir à hiérarchiser les critères souhaités.

L’idée n’est donc pas de chercher un état de système optimal, mais un état viable qui permet au système de respecter toutes les contraintes au cours du temps et donc de se maintenir en bonne santé.

Ce principe est particulièrement déstabilisant tant nous avons érigé l’optimisation en vertu cardinale. A fortiori dans le domaine de la soutenabilité, où nous associons le plus souvent aux logiques d’optimisation des plus-values environnementales ou sociales en prenant appui, par exemple, sur l’intelligence artificielle, les big datas ou la smartness (par exemple les smart cities). S’il semble difficile de critiquer le bien-fondé d’une approche d’optimisation en étudiant une de ses applications sur ses périmètres propres – par exemple l’usage du numérique pour optimiser la réduction de fuites d’eau d’un réseau donné -, il est utile de dézoomer le périmètre et de questionner ses effets rebonds.

Car si l’optimisation peut en effet générer des résultats a priori probants sur le périmètre restreint de l’espace applicatif, ce n’est généralement pas le cas quand on prend de la hauteur. Ainsi, l’optimisation et la dématérialisation par le numérique devaient apporter la frugalité et une meilleure maîtrise des flux. C’est l’inverse qui s’est produit avec une explosion de la demande énergétique et des ressources associées, comme les travaux d’Eloi Laurent (2019) mettent en évidence la rematérialisation massive de l’économie par l’explosion du numérique.

Comment réduire l’empreinte écologique du numérique ?

De la sobriété responsable à l’approche régénérative du service numérique

Finalement, à cause des très nombreux effets rebonds, les gains d’optimisation obtenus dans une application donnée finissent par « rebondir » dans des applications générant des impacts négatifs, de sorte qu’au global, la pression sur les écosystèmes et la société ne se réduit pas, bien au contraire.

C’est l’exemple classique du secteur automobile qui a optimisé le fonctionnement de ses moteurs dans une perspective de réduction de la consommation de carburant. Les gains d’optimisation par véhicule ont très largement été effacés par l’augmentation du nombre de véhicules sur la route et de la circulation qu’ils parcourent. 
Nous pouvons également observer l’exemple de la révolution agricole. Avec la mécanisation de l’agriculture et les engrais, les rendements ont explosé. Mais quand le coût calorique de ces machines et intrants est ajouté au système, l’agriculture devient déficitaire depuis 1970 en France. Elle consomme aujourd’hui plus de calories qu’elle n’en produit là où en 1929, l’agriculture produisait trois calories en en consommant une (Bonneuil et Fressoz, 2016).

Principe 7 : Créer des relations vivifiantes

Une entreprise régénérative crée des relations vivifiantes

La régénération socio-écologique consiste à mettre la vie et le vivant au centre de chaque action et décision, à dynamiser le vivant sous toutes ses formes.

Ce qui s’applique évidemment en premier lieu aux relations. Les relations entretenues entre les uns et les
autres sont-elles vivifiantes, stimulantes, énergisantes, ou sont-elles à contrario limitantes, plombantes ? L’entreprise régénérative va chercher à créer les conditions propices aux relations vivifiantes entre ses différentes parties prenantes humaines et non humaines. Ce qui a de nombreuses implications.

L’entreprise doit d’abord permettre aux uns et aux autres de pouvoir exprimer leur plénitude, leurs talents et leur singularité. Il n’y a rien de plus énergivore que de devoir jouer un rôle qui n’est pas naturellement le sien. Cela requiert des architectures et des cultures organisationnelles particulières, favorisant la prise d’initiative, la capacité à exprimer les talents de chacun et les intelligences multiples coexistant au sein de l’organisation.

Les entreprises très verticales qui fonctionnent autour de procédures strictes, dissociant l’élaboration stratégique de l’exécution et qui enferment les uns et les autres dans des rôles prescrits, avec des processus freinant ou empêchant la prise d’initiative, ne favorisent ni l’expression de ses élans de vie naturels, ni donc les relations stimulantes et vivifiantes. Le niveau d’engagement est limité, voire inexistant, tout comme le désir de contribution et l’expression des intelligences, des talents et des singularités divers et variés présents au sein ou autour de l’entreprise.

Autre enjeu clé, l’hygiène relationnelle et la qualité de la communication entre les individus. Des rituels sont-ils mis en place pour exprimer son état intérieur ou pour permettre d’identifier et de déminer les inévitables tensions qui surgissent dans tout collectif ? La communication non violente est-elle une
pratique encouragée et travaillée dans un climat bienveillant ? Les feedbacks et la qualité avec laquelle ils sont posés sont-ils encouragés ? Le tout avec le bon dosage, pour ne pas tomber dans l’introspection permanente.

Au-delà des parties prenantes internes, quel est le niveau de vitalité que l’entreprise entretient avec ses parties prenantes externes ? Ses fournisseurs ? Ses clients ? Ses co-traitants et partenaires ? La société civile ? Les uns et les autres se sentent-ils mis en vie ou limités dans le
cadre de ces interactions ? Peuvent-ils exprimer leur potentiel ou sont-ils au contraire contraints et limités ?

crédit photo : markus-spiske

Les conditions de relations vivifiantes sont-elles réunies tant sur un plan matériel qu’immatériel et financier ? Et au-delà encore, quel est le niveau de vitalité des relations que l’entreprise entretient avec ses parties prenantes non humaines ? Avec la biodiversité et les écosystèmes dont elle dépend et sur lesquels elle agit ?

Le territoire joue ici un rôle particulier. Le vivant est par essence situé et ancré territorialement. Les relations que nous tissons entre humains et avec les non-humains sont incarnées dans les territoires, qui créent l’espace d’intimité et de responsabilisation des humains à l’égard du vivant (Mang et Reed, 2012). Les territoires constituent les espaces géographiques et culturels au sein desquels
la régénération socio-écologique se met en œuvre.

Nombre d’entreprises ont tendance à considérer et à agir au sein des territoires comme s’ils étaient des « tout » homogènes, sans reconnaitre la singularité des lieux. Or Paris n’est pas Londres ou Bruxelles. La Seine n’est pas la Tamise ou le Rhin. Créer des relations vivifiantes avec son territoire, c’est donc aussi réinvestir la compréhension du lieu, de sa singularité, de son histoire, de sa géographie, de ses écosystèmes présents, de sa culture. C’est comprendre ses relations d’interdépendance avec ce qui l’entoure et ce qui est plus grand que lui et le contient.

Comment espérer créer des relations vivifiantes et favoriser l’expression des potentialités présentes dans le ou les territoires où l’entreprise opère si elle ne connait rien de ce(s) territoire(s) ou qu’elle le(s) traite comme une(des) entité(s) homogène(s) ? Il importe donc de réinvestir le champ de la compréhension des modes de fonctionnement des systèmes vivants ancrés territorialement et des propriétés qui les caractérisent.

Principe 8 : Créer des relations réciproques et co-évolutives basées sur la coopération

Une entreprise régénérative crée des relations réciproques et co-évolutives basées sur la coopération

Nous avons tendance à penser le vivant comme un vaste terrain de lutte entre espèces pour leur intérêt propre, a fortiori quand la pénurie gagne le milieu. C’est non seulement une erreur, et même s’il ne faut pas idéaliser ou fantasmer le vivant – la prédation et le parasitage étant des modes de fonctionnement qui y sont avérés -, c’est plutôt l’inverse qui se produit.

De manière générique, le vivant fonctionne davantage par coopération, voire par symbiose. Et quand, dans les écosystèmes, la pénurie frappe le milieu, la coopération à tendance à s’amplifier, en créant de la valeur bien moins grâce aux ressources matérielles qu’offre le milieu que grâce à l’hétérogénéité des partenaires.

L’exemple prototypique est la forêt : si les conditions sont favorables, le prélèvement d’un arbre
dans une forêt jeune bénéficiant d’un milieu particulièrement généreux fera que les arbres voisins vont profiter de l’espace créé pour augmenter leur biomasse. Ils étaient donc en compétition, l’élimination de certains individus profitant aux autres. Mais si les conditions environnementales sont plus sévères, comme par exemple en haute montagne, les arbres voisins de l’arbre coupé vont réduire leur biomasse, signe que ces arbres coopéraient entre eux et qu’on leur a enlevé un partenaire (Hamant, 2022).

Aujourd’hui, les entreprises se développent dans l’illusion d’un monde aux ressources abondantes où la compétition constituerait un moyen de progresser, de croître en consommant toujours plus de ressources, en produisant et en mettant sur le marché toujours plus de produits et/ou de services.

Nous sommes objectivement dans un monde en dette écologique et donc en pénurie de ressources.

Dans ce contexte, la nature nous donne un message clair : les entreprises devraient s’attacher à créer des relations coopératives avec des partenaires nombreux et diversifiés.

crédit photo : dong-zhang

Notons également que les relations coopératives s’inscrivent au sein même des processus évolutifs (Mang et Haggard, 2016). L’aptitude à coopérer serait la marque de maturité d’une espèce.

Lorsqu’une espèce est jeune, celle-ci lutterait dans un premier temps pour disposer de ressources et de territoire. Toutefois, en multipliant les interactions avec les autres espèces présentes, elle entrerait dans un processus de négociation, qui la ferait mûrir, ce qui permettrait à tout l’écosystème entier de mûrir à son tour. Cette évolution est largement observée dans les forêts tropicales anciennes. Qu’en conclure ici sur le niveau de maturité de l’espèce humaine, semblant bloquée dans la compétition et la prédation ?

Au-delà des coopérations, les symbioses sont l’un des facteurs du foisonnement de la vie sur Terre. Celles-ci reposent sur des relations dites à bénéfices mutuels. Elles s’inscrivent donc dans une logique de coévolution entre espèces y participant, et nécessitent à la fois une coopération mais aussi une réciprocité pour fournir leur plein potentiel.

Par exemple, le lichen est en lui-même le résultat d’une symbiose entre une algue unicellulaire et un champignon. Le champignon apporte à l’algue l’eau et les sels minéraux dont elle a besoin pour se développer, l’algue fournissant aux champignons le glucose qu’elle produit au travers de la photosynthèse.

Principe 9 : Utiliser des molécules bio-assimilables

Une entreprise régénérative utilise des molécules bio-assimilables pour toutes les matières dont les flux ne sont pas strictement contrôlés pour éviter leur dispersion dans le cycle biologique

En biologie, l’assimilation est une propriété que possèdent les organismes vivants de pouvoir reconstituer leur propre substance à partir d’éléments puisés dans le milieu et transformés par la digestion. La bio-assimilation est donc ce processus par lequel des êtres organisés transforment les matières qu’ils absorbent en leur propre substance, sans que cela n’altère leur santé.

En prenant appui sur la physique, la chimie mais aussi la biologie, nous, humains, avons produit quantité de molécules et de substances issus de minerais, d’extraits du vivant ou de reproductions synthétiques des compétences du vivant qui constituent des contaminants pour les écosystèmes et les espèces vivantes. Les plastiques, les métaux lourds ou les produits phytosanitaires en sont des illustrations. Ces contaminants, une fois relâchés dans les écosystèmes, vont être absorbés par les organismes vivants et s’accumuler dans leurs tissus.

Cette bioaccumulation par chaque organisme vivant va induire un processus de bioamplification au plus on remonte les chaines alimentaires. Ainsi, lorsque des organismes contaminés situés bas dans la chaîne alimentaire sont ingérés par des organismes de plus haut niveau, ils
vont transmettre les contaminants qu’ils contiennent. Il en résulte une augmentation de la concentration de ces contaminants au plus on monte dans la chaîne alimentaire.

En effet, si un végétal est contaminé, l’herbivore qui consomme ces végétaux concentre les contaminants du végétal. Le carnivore prédateur de cet herbivore va lui aussi concentrer encore un peu plus les contaminants. Ainsi, en partant d’une eau de pluie contaminée au PCB à hauteur de 0,000002 particule par million (ppm), le phytoplancton (algue microscopique) qui évolue dans le milieu recevant cette eau de pluie va concentrer le PCB à 0,0025 ppm. Le zooplancton qui se nourrit de phytoplancton le concentrera à 0,123 ppm, puis l’éperlan à 1,04 ppm, la truite qui mange l’éperlan à 4,84 ppm et le goëland argenté qui mange la truite sera in fine à 124 ppm, tout comme ses œufs. C'est la bioamplification.

Même en cas de pollution infime en début de chaîne alimentaire, des organismesc vivants peuvent devenir fortement toxiques en bout de chaîne. Et qui est le dernier maillon de quantité de chaînes alimentaires ? L’Homme, qui est donc exposé aux plus hautes concentrations de ces contaminants bio-amplifiés.

L’entreprise régénérative s’appuie sur les principes de la chimie verte ou chimie naturelle et en particulier plusieurs de ces principes, comme par exemple la prévention de pollution à la source en évitant la production de résidus ou la mise au point de molécules plus sélectives et non toxiques. L’entreprise produit, pour les matières dont les flux ne sont pas strictement contrôlés pour éviter leur dispersion dans le cycle biologique, des molécules bio assimilables et non toxiques pour les écosystèmes, les espèces vivantes qui y prospèrent et in fine pour l’Homme. Elle utilise de plus très peu d’auxiliaires de synthèse tels que les solvants ou procède principalement avec l’eau comme solvant.

Dans l’essentiel des cas, elle réalise les étapes de transformation dans des conditions de pression et de température ambiante réduisant ainsi l’utilisation d’énergie. Enfin, elle utilise principalement des ressources naturelles ou renouvelables.

Ce faisant, elle adopte les compétences de création continue du vivant non humain et les inscrit au cœur de ses pratiques visant la régénération écologique.

Principe 10 : Être circulaire par design

Une entreprise régénérative est circulaire par design

La circularité est une spécificité du fonctionnement de notre planète. Celle-ci subit les effets des cycles du Soleil, de la Lune et dispose de ses propres cycles pour fonctionner. Les êtres vivants sont eux-mêmes inscrits dans les cycles de la Terre : le cycle de l’eau, de l’azote, du carbone…

Exception faite des humains, ils ne produisent pas des déchets mais des ressources qui, si elles ne sont pas directement valorisées par l’espèce qui en est la source, profiteront à d’autres.

L’entreprise régénérative est circulaire par design. Elle ne produit pas de déchets, mais des ressources qu’elle pourra directement valoriser ou qui pourront être valorisées par d’autres. A noter que la pensée circulaire va au-delà de l’éco-conception et du recyclage, pour intégrer les flux informationnels.

Nous avons en effet réduit l’économie circulaire à une économie de flux de matières non plus linéaires, mais tournant en boucles fermées. Mais les premiers flux sont les flux informationnels. Nous rappelant que le vivant s’adapte constamment sur base des boucles de rétroactions (Hamant, 2022), et renvoyant ainsi au second principe.

Lorsque l’entreprise ne peut être circulaire sur son seul périmètre par design, elle peut le devenir par les coopérations qu’elle peut mener localement. On parle alors d’écologie industrielle et territoriale (Erkman, 1998), décrite « comme une certaine configuration de flux et de stocks de matière, d’énergie et d’information, tout comme les systèmes biologiques ».

Ainsi, l’entreprise se réinscrit dans les cycles propres au vivant au sein d’un écosystème coopératif né des relations de coopération avec d’autres acteurs (entreprises, collectivités, associations) en s’inspirant des connaissances sur le fonctionnement des écosystèmes et de la biosphère.

Principe 11 : Être ancrée dans le local, ce qui favorise la sobriété et la multifonctionnalité

Une entreprise régénérative est ancrée dans le local, ce qui favorise la sobriété et la multifonctionnalité

Le vivant n’utilise que ce dont il a besoin pour faire ce qu’il a à faire. Il ne stocke pas déraisonnablement et s’appuie sur les ressources qui lui sont localement disponibles. Il fonctionne à l’énergie de flux, le soleil en tête. Et il est multifonctionnel par essence.

Une forêt écologiquement saine offre par exemple un nombre incroyablement élevé de fonctionnalités. Elle constitue un réservoir de biodiversité et abrite une multitude d’êtres vivants.
Le couvert forestier favorise l’infiltration des eaux de pluie, agit comme un filtre et régule les précipitations. Il joue un rôle crucial dans le cycle de l’eau. Mais aussi du carbone. La forêt fixe les poussières et les polluants, préserve naturellement de l’érosion, offre des services récréatifs pour les humains que nous sommes, mais aussi des fonctions économiques, …

L’entreprise régénérative a ainsi le modèle à suivre. Ce qui peut constituer un vivier d’innovations et de bonnes pratiques.

  1. Les exemples présentés ci-après ne relèvent pas tous d’entreprise régénérative, ni même parfois d’entreprises engagées dans la régénération socio-écologique. Ils ont néanmoins été sélectionnés pour leur capacité, à travers le modèle et la ou les pratiques présentées, à illustrer le principe auquel ils
    sont rattachés. ↩︎
  2. Propre au système. ↩︎

Pollution de l’air et nuisances sonores empoisonnent encore la vie des citadins européens

0

La pollution urbaine reste une menace environnementale majeure pour la santé dans l’UE, alerte la Cour des comptes européenne dans son rapport. Les villes européennes sont trop bruyantes et l’air y est encore trop pollué, même si la situation s’améliore. Selon les auditeurs, cela est d’autant plus préoccupant que l’UE et ses États membres devront redoubler d’efforts dans les années à venir pour respecter les nouvelles normes, plus strictes.

  • La qualité de l’air s’est améliorée dans les zones urbaines, mais il sera difficile de respecter les futures normes.
  • L’objectif zéro pollution par le bruit que l’UE s’est fixé pour 2030 a peu de chance d’être atteint.
  • Les villes européennes peinent à mettre en œuvre des contre-mesures efficaces.
Normes de qualité de l’air
*Trois à quatre jours par an correspondent au 99e centile des mesures quotidiennes dans une année.
**Objectif à long terme sans délai fixe.
***À atteindre d’ici à 2050.
Source: Cour des comptes européenne, sur la base de données communiquées par l’OMS et par la Commission européenne.

Synthèse

Selon l’Organisation mondiale de la santé, la pollution atmosphérique et la pollution sonore sont deux des plus grandes menaces environnementales qui pèsent sur la santé humaine. La pollution de l’air et le bruit ambiant ont tendance à être plus importants dans les zones urbaines, où vivent les trois quarts des citoyens de l’Union européenne.

Principaux effets des pollutions atmosphérique et sonore sur la santé
Source: Cour des comptes européenne, sur la base de données communiquées par l’OMS.

L’UE a établi des règles régissant la qualité de l’air et les niveaux de bruit ambiant en vue de protéger ses citoyens. Le pacte vert pour l’Europe et le plan d’action «zéro pollution» ont confirmé la ligne d’action de l’UE en fixant des objectifs pour réduire davantage l’incidence de la pollution atmosphérique et du bruit excessif sur la santé humaine.

Part d’un polluant dans les émissions provenant d’une source donnée, 2022
Source: Cour des comptes européenne, sur la base de données communiquées par l’AEE.

La Cour des Comptes Européenne a décidé de réaliser cet audit parce que la Commission est à mi-parcours de la période au terme de laquelle ses objectifs «zéro pollution» à l’horizon 2030 doivent être atteints. Le cadre juridique de l’UE relatif à la qualité de l’air est en cours de révision afin d’introduire des normes plus strictes d’ici à 2030; par contre, la directive sur le bruit dans l’environnement de 2002 n’a jamais été révisée. L’objectif du présent rapport d’audit est d’aider les décideurs politiques à prendre des mesures efficaces contre la pollution excessive.

Principales sources de pollution sonore signalées conformément à la législation de l’UE
Source: Cour des comptes européenne.

Au cours de ces travaux, les auditeurs ont vérifié si le cadre juridique existant avait été correctement mis en œuvre et si les mesures prises avaient permis d’améliorer la qualité de l’air et de réduire les niveaux de bruit dans les pays (Grèce, Espagne et Pologne) et les villes (Athènes, Barcelone et Cracovie) sélectionnés. La Commission européenne estime à environ 46,4 milliards d’euros et 185,5 milliards d’euros l’aide allouée par l’Union à la réalisation des objectifs en matière de qualité de l’air pour, respectivement, les périodes de programmation 2014-2020 et 2021-2027.

Critères de sélection des villes
Source: Cour des comptes européenne.

Puis un examen des mesures visant à lutter contre les pollutions atmosphérique et sonore, dont certaines avaient bénéficié d’une aide financière de l’UE. L’audit a également porté sur les actions entreprises par la Commission pour faire respecter la législation européenne.

Éléments probants
* Ecologistas en Acción, Eixample Respira, Plataforma per la Qualitat de l’Aire, Krakowski Alarm Smogowy, et Elliniki Etairia (Société pour l’héritage environnemental et culturel).
Source: Cour des comptes européenne.

Les auditeurs ont constaté que malgré une amélioration de la qualité de l’air dans l’UE, en particulier dans les villes sélectionnées, les normes en la matière n’étaient pas toujours respectées ou ne l’étaient que depuis peu. La révision en cours des directives relatives à la qualité de l’air ambiant dans l’UE, qui visent à renforcer les normes existantes, obligera les villes sélectionnées à intensifier leurs efforts.

Évolution de la qualité de l’air à Athènes, Barcelone et Cracovie*
Source: Cour des comptes européenne, sur la base de données de l’AEE telles que les États membres les ont communiquées.

Les progrès accomplis en matière de réduction de la pollution sonore sont difficiles à évaluer. Cela s’explique principalement par des lacunes et des retards dans l’évaluation de l’ampleur de la pollution sonore par la plupart des États membres de l’UE. Il en va de même pour la communication d’informations dans ce domaine. Les lacunes dans la cartographie du bruit privent les autorités de données essentielles sur l’exposition des citoyens à des niveaux sonores nocifs.

Évolution de la qualité de l’air à Athènes, Barcelone et Cracovie*
Source: Cour des comptes européenne, sur la base de données de l’AEE telles que les États membres les ont communiquées.

Alors que l’UE dispose de règles en ce qui concerne la qualité de l’air, elle n’a fixé ni valeurs limites ni objectifs de réduction pour ce qui est du bruit. L’audit a constaté que les actions de lutte contre le bruit ne sont pas prioritaires dans les villes sélectionnées et ne sont, au mieux, que partiellement mises en œuvre. Les auditeurs estiment que l’absence d’objectifs de réduction du bruit au niveau européen n’incite pas les États membres à accorder la priorité aux actions visant à réduire efficacement la
pollution sonore. Les seuils de signalement d’une pollution sonore ne couvrent qu’une partie de la population de l’UE susceptible d’être exposée à des niveaux de bruit nocifs.

Évolution de la qualité de l’air à Athènes, Barcelone et Cracovie*
Source: Cour des comptes européenne, sur la base de données de l’AEE telles que les États membres les ont communiquées.

En cas de non-respect de la législation de l’UE applicable, comme par exemple un dépassement des valeurs limites de pollution de l’air ou l’absence d’outils stratégiques pour gérer le bruit, la Commission peut décider de prendre les dispositions nécessaires et, éventuellement, engager une procédure d’infraction à l’encontre de l’État membre concerné. Les procédures d’infraction de la Commission sont souvent assez longues et ne permettent pas toujours de résoudre les problèmes sous-jacents de non-conformité.

Évolution de la qualité de l’air à Athènes, Barcelone et Cracovie*
* Les valeurs indiquées pour le NO 2, les PM10 et les PM2,5 représentent la concentration moyenne annuelle la plus élevée de la ville, telle que déterminée par ses stations de mesure, déduction faite de toute contribution provenant de sources naturelles. La valeur de NO 2 à Cracovie en 2022 repose sur une modélisation. Aucune donnée n’est disponible pour les PM2,5 à Athènes concernant 2014. Les valeurs d’O 3 représentent le nombre de jours de dépassement de l’objectif à long terme fixé dans la directive sur la qualité de l’air ambiant, bien qu’aucun délai n’ait été fixé pour l’atteindre.
Source: Cour des comptes européenne, sur la base de données de l’AEE telles que les États membres les ont communiquées.

Afin de lutter efficacement contre les pollutions atmosphérique et sonore dans les zones urbaines, il conviendrait que les régions et les villes élaborent et mettent en œuvre des plans d’action. Dans certains cas, les plans d’action dans les villes sélectionnées sont retardés ou inexistants, rendant impossible une réaction rapide et efficace à cette pollution.

Évolution des émissions des principaux polluants dans l’UE, 2005-2022
Source: Cour des comptes européenne, sur la base de données de l’AEE telles que les États membres les ont communiquées.

L’absence de planification et de coordination adéquates de la part des autorités nationales et régionales réduit souvent l’efficacité des mesures auditées prises pour lutter contre la pollution atmosphérique et sonore au niveau local. En conséquence, les solutions envisagées ont parfois été
revues à la baisse ou reportées.

Seuils de signalement fixés dans la directive sur le bruit dans l’environnement par rapport aux niveaux recommandés par l’OMS
Source: Cour des comptes européenne, sur la base de la directive sur le bruit dans l’environnement et
des lignes directrices de l’OMS.

Lors de l’analyse des projets sélectionnés, en partie financés par l’UE et susceptibles de contribuer à l’amélioration de la qualité de l’air et à la réduction de la pollution sonore, il est souvent impossible d’évaluer leur efficacité et, donc, celle du financement de l’UE correspondant. Cela s’explique par l’absence d’indicateurs spécifiques permettant d’apprécier les résultats d’un projet au regard de sa contribution à l’amélioration de la qualité de l’air et à la réduction des niveaux de
bruit
.

État d’avancement des rapports des États membres dans le cadre de la cartographie du bruit de 2022 (phase IV, situation fin mai 2024)
Source: Cour des comptes européenne, sur la base de données de l’AEE telles que les États membres les ont communiquées.

Sur la base de ces constatations, la Cour des Comptes Européenne recommande à la Commission d’évaluer dans quelle mesure il serait possible :

  • d’introduire des objectifs de réduction du bruit et de définir des niveaux sonores à ne pas dépasser dans la directive relative au bruit dans l’environnement;
  • d’aligner le plus possible les seuils de signalement d’une exposition au bruit sur ceux recommandés par l’Organisation mondiale de la santé
Durée des procédures d’infraction par rapport au délai de référence de la Commission
Source: Cour des comptes européenne, sur la base de données de la Commission

Rapport Spécial – Pollution urbaine dans l’UE

Trois quarts des citoyens européens vivent dans les zones urbaines et sont de ce fait particulièrement exposés aux pollutions atmosphérique et sonore.

Niveaux de pollution dans les villes sélectionnées par rapport aux valeurs limites de l’UE

Selon l’Agence européenne de l’environnement, la pollution de l’air tue au moins 250 000 personnes chaque année en Europe.

En outre, une exposition prolongée à des niveaux de bruit excessifs peut avoir des effets néfastes sur la santé, comme des troubles du sommeil, de l’anxiété, des troubles cognitifs ou encore des problèmes de santé mentale.

Résultat : 48 000 nouveaux cas de maladies cardiovasculaires et 12 000 décès prématurés tous les ans en Europe.

L’UE a établi des règles pour protéger ses 450 millions de citoyens contre les pollutions atmosphérique et sonore. La Commission européenne affirme avoir alloué une enveloppe de 46,4 milliards d’euros pour la période 2014‑2020 et une autre de 185,5 milliards d’euros pour 2021 à 2027 en vue d’atteindre les objectifs fixés en matière de qualité de l’air.

«Des progrès ont été réalisés en matière de lutte contre la pollution urbaine. Mais nous commettrions une grossière erreur si nous nous reposions sur nos lauriers», a déclaré Klaus-Heiner Lehne, le membre de la Cour responsable de l’audit. «L’UE et ses États membres doivent se rendre compte que les objectifs ambitieux qui ont été fixés ne pourront être atteints sans de gros efforts supplémentaires de leur part.»

Les auditeurs reconnaissent que la qualité de l’air s’est globalement améliorée dans l’UE. Ils font cependant remarquer que la pollution atmosphérique, notamment celle due aux émissions de dioxyde d’azote (NO2) générées par les voitures et les camions, demeure un problème majeur. En 2022, la concentration maximale autorisée de dioxyde d’azote dans l’air était encore dépassée dans 10 États membres.

Les normes européennes de qualité de l’air seront bientôt plus strictes. Les villes de l’UE devront intensifier leurs efforts si elles veulent les respecter et se rapprocher des recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Souvent négligé, le bruit constitue l’autre face de la pollution urbaine. Les auditeurs concluent qu’il est pratiquement impossible d’évaluer les progrès réalisés en matière de réduction de ce type de pollution dans l’UE. Dans la plupart des États membres, le contrôle des nuisances sonores présente des lacunes et des retards qui empêchent de discerner une quelconque tendance dans ce domaine.

Les données disponibles semblent indiquer que l’objectif «zéro pollution sonore» consistant à réduire de 30 % le nombre de personnes lésées par le bruit des transports d’ici à 2030 ne sera probablement pas atteint. Dans le meilleur des cas, il baisserait de 19 % et, dans le pire, il augmenterait de 3 % d’ici à 2030.

Le fait est que les villes peinent à lutter efficacement contre les pollutions atmosphérique et sonore. Cela s’explique par la mauvaise coordination des actions entre les différentes autorités ou encore l’efficacité douteuse des mesures, sans parler d’une certaine résistance à l’encontre de celles-ci au niveau local.

Axe vert «Consell de Cent» à Barcelone
Source: Cour des comptes européenne.
Prenons l’exemple des zones vertes (ou axes verts), où les piétons et les cyclistes ont la priorité sur les voitures. Les auditeurs ont constaté qu’elles apportaient des avantages aux riverains, mais qu’en contrepartie, la qualité de l’air et les niveaux sonores se détérioraient dans les rues avoisinantes. De même, les zones à faibles émissions (ZFE) – qui contribuent à réduire les pollutions atmosphérique et sonore – sont devenues un sujet extrêmement sensible. Par exemple, leur introduction à Barcelone et à Cracovie s’est heurtée à des obstacles juridiques au motif qu’elles sont discriminantes et entravent la liberté de mouvement, ce qui a conduit à réduire ou à reporter ces mesures.

La procédure d’infraction, que la Commission européenne est habilitée à engager, est un processus long et pas toujours efficace pour faire respecter les règles de l’UE en matière de pollution atmosphérique et sonore dans les villes auditées.

L’UE est habilitée1 à agir pour préserver, protéger et améliorer la qualité de l’environnement ainsi que pour protéger la santé humaine.

En 2021, dans le cadre du pacte vert pour l’Europe, des objectifs spécifiques ont été fixés pour réduire la pollution atmosphérique et les nuisances sonores d’ici à 2030.

Il s’agit non seulement de réduire de plus de 55 % l’incidence de la pollution atmosphérique sur la santé (décès prématurés) et de 25 % le nombre d’écosystèmes menacés par la pollution atmosphérique au sein de l’UE, mais également de 30 % le nombre de personnes souffrant de troubles chroniques dus au bruit des transports. Ces objectifs ne sont toutefois pas contraignants pour les États membres.

  1. En vertu des articles 191 et 192 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE) ↩︎

Pour renouer avec le vivant, tout commence au jardin

Selon Aymeric Lazarin, le jardin – à mi-chemin entre le sauvage et le domestique – apparaît comme le compromis idéal pour se reconnecter avec la nature. Dans ce livre, il invite à ne plus distinguer nature et culture, à se défaire des préjugés et habitudes de jardinage pour observer le terrain et privilégier le laisser-faire. Il montre que tous les jardiniers ont le pouvoir de faire de leur espace un sanctuaire de biodiversité, afin de constituer collectivement un réseau de refuges biologiques. Entre théorie et conseils pratiques, cet ouvrage donne toutes les clés pour changer de regard sur le jardinage et sur le monde vivant qui nous entoure.

Sommaire

  1. CE TERRITOIRE CONNU DE NATURE INCONNUE
    • Une vieille relation
    • Vous avez dit « nature » ?
    • Le changement qui s’amorce est-il structurel ?
    • (Re)découvrir la nature
      • Enrayer la déconnexion
      • Réinventer l’école de la nature
      • Prendre soin de la nature, guérir les enfants
    • Restaurer la flexibilité intellectuelle du cerveau humain
    • L’illusion de l’équilibre
    • La notion de propriété
  2. Pour un jardin refuge !
    • Quand les jardins sauveront le monde
    • Un « chez soi » qui accepte « les autres »
    • Qui sont ces « autres » ?
    • Ces « autres » qui nous constituent
      • Le tissu unique et infini du vivant
      • L’hypothèse Gaïa
    • Soignons le microbiote planétaire
    • Espaces ordinaires d’espèces remarquables
    • Pourquoi accueillir ces réfugiés ?
    • Provoquer la rencontre sans l’imposer
      • Le jardin d’invitation
      • Un refuge sans artefact !
  3. Agresseur car victime de mes peurs
    • La sérénité au jardin d’Épicure
    • Quand le jardin se fait thérapeutique
    • Craignons-nous nous-mêmes
      • Des peurs par méconnaissance
      • Quelle belle friche !
      • Du propre pas si sain
    • Réconcilier le jardinier avec le temps qui passe
    • La terreur du dieu Chronos
    • Occuper la terre…
      • Le mirage de la propriété
      • La sagesse avant la fin
    • Les paysages face au temps
      • Même les montagnes changent
      • Jardiner en dynamique avec le temps
    • La nature où l’on vit, où l’on meurt…
    • et où l’on revit sans cesse !
    • Accepter la mort pour favoriser la vie
    • Recycler pour un « jardin circulaire »
      • Imaginer des circuits vertueux
      • S’inspirer des forêts-jardins du Paléolithique
  4. Faut-il encore « concevoir » son jardin ?
    • Un jardin n’est jamais une feuille blanche
    • Réinscrire le projet dans le grand tout
    • Un « jardin tentaculaire »
    • Rompre avec le diktat de l’image
    • Viser les arbres… et le climax !
    • Préférer la finesse du sauvage au tout horticole
    • Reconsidérer les exotiques
      Conclusion
    • Apprenons d’autres réflexes
      • Notre esprit détient les outils
      • Le jardin apporte des solutions
      • Retisser d’indispensables relations
        Bibliographie

(Re)découvrir la nature (extrait)

De manière générale, la compréhension du fonctionnement biologique et écologique de notre monde est insuffisante. Bien sûr, des connaisseurs demeurent et gagnent en précision chaque jour : les experts le sont de plus en plus. Au quotidien, ils approfondissent leurs connaissances dans le domaine qui est le leur – parfois sans lien les uns avec les autres, ce qui conduit à un isolement de ces expertises et donc à une perte de la vision globale et de l’approche systémique si fondamentales.

Mais le nœud du problème n’est pas là ! La méconnaissance généralisée de la nature conduit, d’une part, à son incompréhension et donc à sa destruction et, d’autre part, à une méfiance grandissante, qui, elle aussi, mène à sa destruction.

Enrayer la déconnexion

En psychologie environnementale, on parle de l’« extinction de l’expérience de nature ». Ce concept, développé par Robert Michael Pyle, écologue américain, constitue pour lui « l’une des plus grandes causes de la crise écologique » en cours, puisqu’elle « nourrit l’apathie envers les problèmes environnementaux, et [entraîne] inévitablement, une dégradation supplémentaire de notre habitat ».

Mais de quoi parle-t-on exactement ? Eh bien en France, par exemple, on estime que quatre enfants sur dix (de trois à dix ans) ne jouent jamais dehors pendant la semaine. Virginie Maris, philosophe
de l’environnement au CNRS, interroge sans détour : « Des enfants qui grandissent dans des milieux hyper urbains environnés de paysages virtuels développeront-ils ce type d’appréciation ? »1 Les propos de Michel Loreau, de la Station d’écologie théorique et expérimentale du CNRS, semblent répondre parfaitement à cette interrogation. Pour lui, il n’y a pas de doute : « Moins on sera en contact avec la nature, et ce, dès l’enfance, moins on développera une conscience de ces enjeux, et moins on sera sensibles aux politiques proposées. Pour faire face aux enjeux écologiques du XXIe siècle, et aux transformations sociales nécessaires, il est important de conserver une connexion à la nature. »2

Pour le psychologue américain Peter H. Kahn, notre indifférence face aux catastrophes écologiques qui se jouent sous nos yeux s’explique par le fait que chaque génération oublie l’état de l’environnement qu’a connu la génération précédente.

Ainsi, de génération en génération, on considère l’état que l’on observe comme « normal », alors que la dégradation est considérable. C’est exactement ce que développe Stéphane Durand dans son livre3. Il y décrit la richesse des écosystèmes français avant l’arrivée de l’espèce humaine et rappelle qu’à l’échelle de la vie, c’est la rareté actuelle de la faune et la fragilité actuelle des écosystèmes qui sont exceptionnelles, à l’opposé de ce que nous percevons : on n’imagine pas, dans nos jeunes esprits, « que la France fut d’une incroyable richesse naturelle et que cette surabondance fut longtemps la norme ».

Il est évident que notre perception du temps est trompeuse. Intuitivement, on se réfère à ce que l’on connaît. Or, notre référence au temps la plus longue ne peut dépasser celle d’une vie humaine, un siècle pour certains. À l’échelle du vivant, ces durées sont anecdotiques : ce sont des instantanés insignifiants.

Pour éviter de tomber dans ce biais court-termiste, les écologues s’imposent de se référer à des échelles de temps beaucoup plus longues : c’est la notion d’historicité. Cette valeur historique de long terme (au moins 100 000 ans) relativise l’importance des mémoires humaines et des vieilles cartes postales auxquelles on se réfère trop souvent et à tort. Certes, notre société accorde beaucoup d’importance aux images. Certes, on se réfère beaucoup « aux anciens », mais leur recul sur le fonctionnement du monde n’en est pas un. Les biais de l’image et de la perception humaine sont nombreux.

Puisque chaque génération « normalise » et « accepte » l’état de la nature qu’elle côtoie, comment mobiliser les foules ? Comment éveiller les consciences ?

Quand les jardins sauveront le monde (extrait)

« Et si nos jardins constituaient la dernière arche, celle d’où pourra se reconstruire la vie ? » Ce n’est pas moi qui interroge, mais Dave Goulson, dans son livre passionnant Jardin jungle, arche de biodiversité4 . Dave nous montre comment, dans notre environnement ravagé par l’agriculture industrielle et les multiples pollutions engendrées par nos modes de vie, nous pouvons faire de nos jardins les espaces de survie de nombreuses espèces animales. Non pas hélas les lions, les pandas ou les baleines, mais ces centaines d’insectes, arachnides et tout petits mammifères auxquels notre propre survie en tant qu’espèce est inféodée.

Pour cela, il insiste, comme moi, sur l’importance de changer de regard et sur l’espoir que cette relation au jardin peut apporter : « Si l’on adopte une telle perspective, nous, les jardiniers,
pourrions bien être en mesure de sauver la planète et, ce faisant, de sauver l’humanité
. »

Nous avons vu que notre perception actuelle de la propriété repose sur un faisceau de droits. Parmi eux, le droit à l’exclusion est le plus préjudiciable pour la biodiversité. Il nous faut revoir ce fondement.

La propriété ne peut plus se permettre d’être exclusive. Le jardin et son jardinier doivent être les fers de lance de cette révolution. Ils doivent devenir inclusifs !

Dans cette même logique, Vinciane Despret nous souhaite un « chez-soi » où nous ne sommes plus des « petits propriétaires avares et jaloux, maîtres et possesseurs de la nature » – et donc défenseurs farouches de l’ordre –, mais des « cohabitants s’émerveillant de la qualité de la vie en présence d’autres êtres »5

Un « chez soi » qui accepte « les autres »

Si le jardinier souhaite transformer son jardin en refuge, il doit changer d’approche.

Il doit redonner leur place aux forces de vie qu’il ne maîtrise pas. À l’échelle du jardin, comme dans tous les écosystèmes de la planète, il doit accepter que des processus échappent à son contrôle.

Cela ne signifie pas que l’ensemble du jardin doit être laissé en libre évolution et que l’humain doit devenir spectateur des écosystèmes qui le composent. Mais celui-ci doit accepter les dynamiques incontrôlées et les êtres vivants inconnus. Pour trouver sa place dans cette nouvelle approche, le jardinier doit avant tout s’interroger sur ce qu’est le jardinage.

Au sens où on l’entend aujourd’hui, et pour reprendre la définition que je donnais dans un précédent ouvrage6, jardiner c’est « intervenir pour modifier la nature ordinaire qui nous entoure, pour la contenir, la limiter, la sélectionner et parfois la détruire. On pourrait résumer les travaux de jardinage en deux grands domaines : l’aménagement, c’est-à-dire la création ou la mise en place, et la gestion, c’est-à-dire l’entretien. Cette approche n’est pas propre aux métiers du paysage, puisqu’on la retrouve notamment chez les forestiers. Le rapport privilégié de l’homme à la nature est aujourd’hui la gestion. Or, la nature est malade de la gestion. Que l’on ne se méprenne pas ! Je ne dis pas qu’il faut arrêter toute forme de gestion et je ne prône pas le laisser faire.

Rapidement et violemment introduit dans les civilisations par les religions qui ont proclamé l’humain comme espèce supérieure, ce rapport à la nature est aujourd’hui source de nombreux déséquilibres et de nombreuses idées reçues.

Contrairement à ce qu’affirment certains élus locaux, préfets et chasseurs, les «nuisibles» ne prolifèrent pas forcément si l’on arrête de les «réguler», contrairement à ce qu’affirment certains forestiers, les forêts ne meurent pas si l’on arrête de les exploiter, et contrairement à ce que disent certains paysagistes, les jardins ne deviennent pas inhospitaliers si l’on arrête de les «entretenir».

Au milieu de tout cela, des alternatives existent, et des zones de compromis peuvent être trouvées au jardin, en forêt et avec la faune sauvage, où le retour à un certain équilibre naturel peut opérer ».

Cet équilibre est possible. Certaines tribus le perpétuent depuis des milliers d’années. Au jardin, cela signifie que l’on doit accepter la présence d’autres formes de vie et leurs différences. Certains jardiniers y parviennent. Qu’elle rampe, qu’elle grouille ou qu’elle vole, qu’elle siffle, qu’elle grogne ou qu’elle bourdonne, nous devons accepter cette diversité vivante qui occupe avec nous notre jardin

A propos de l’auteur

il existe des solutions aux problèmes de nos sociétés … et elles sont végétales !

Aymeric Lazarin lors de la pose d’un cordeau dans son potager sous tunnel.

Aymeric Lazarin est ingénieur écologue. Il a également étudié l’agronomie et l’aménagement.

Après de nombreuses expériences en agriculture biologique puis dans la recherche, il est devenu enseignant en gestion des espaces naturels et en écologie, il a également développé une activité de pépiniériste-paysagiste.

Il est l’auteur de plusieurs titres aux éditions Terre vivante, dont « Mon potager de vivaces : 70 légumes perpétuels à découvrir« 


A propos de Terre Vivante

Il y a 40 ans, nous semions la première graine d’écologie …

Créée en 1979 par un groupe d’ingénieurs et de passionnés, Terre vivante invite à préserver l’environnement au quotidien. En 1980, paraît le premier numéro du magazine Les 4 Saisons – Jardin bio, permaculture et alternatives, bimestriel 100 % bio, 100 % pratique. Il compte aujourd’hui 20 000 abonnés et est disponible en kiosque.

Puis des livres proposent des solutions concrètes et faciles à mettre en œuvre pour jardiner bio, manger sain, construire de façon écologique et se soigner au naturel. Aujourd’hui, le catalogue comprend près de 350 ouvrages rédigés par des praticiens, des techniciens, des scientifiques, des journalistes spécialisés : tous les sujets sont traités et testés avec l’ambition de faire avancer l’écologie.

Depuis sa création, Terre vivante imprime ses livres, son magazine ainsi que tous ses documents en préservant au maximum l’environnement : papier recyclé ou certifié PEFC, avec des encres à base d’huiles végétales, chez des imprimeurs respectueux de l’environnement, dont 95 % localisés en France. D’autres démarches visent à limiter l’empreinte écologique de Terre vivante (bâtiments économes en énergie,
chauffage au bois, panneaux solaires, lombricompostage, tri des déchets, promotion des vélos électriques, etc.).

En 1994, Terre vivante créée un Centre écologique de 50 hectares au pied du Vercors. Foisonnant d’idées et de créativité, les potagers et les jardins sont de véritables petits laboratoires participant au changement de notre société, pensés comme de petits écosystèmes : aucun produit chimique n’est utilisé, les eaux de pluie sont récupérées, l’accueil des animaux auxiliaires est largement favorisé. L’équipe de jardiniers fait bénéficier Les 4 Saisons, la maison d’édition et les visiteurs de son expérience.

Terre vivante est une coopérative (SCOP) employant 20 salariés. Elle est donc largement engagée dans la mise en valeur de l’environnement et du développement durable. Sa mission principale est la transmission de savoir-faire pour une écologie positive et à la portée de tous.

  1. Ouvrage collectif, Penser le vivant, Les liens qui libèrent/l’Obs, 2021. ↩︎
  2. Michel Loreau, « Le contact avec la nature pendant l’enfance développe la conscience écologique », Le
    point, 21 janvier 2023. ↩︎
  3. Stéphane Durand, 20 000 ans ou la grande histoire de la nature, coll. Mondes Sauvages, Actes Sud, 2018. ↩︎
  4. Rouergue, 2021. ↩︎
  5. Préface de l’ouvrage de Baptiste Morizot, Sur la piste animale, coll. Mondes sauvages, Actes Sud, 2018. ↩︎
  6. Aymeric Lazarin, Évaluation écologique des aménagements paysagers, éditions Quae/Educagri éditions,
    2022. ↩︎

Les Chiffres clés de l’énergie et des gaz à effet de serre en Occitanie

Les Chiffres Clés de l’énergie et des gaz à effet de serre en Occitanie – édition 2025 est une publication de l’Observatoire régional climat énergie Occitanie (ORCEO). Elle propose un état des lieux consolidé de la situation énergie-climat régionale, en s’appuyant sur les données les plus récentes disponibles.

Chiffres Clés de l’énergie et des gaz à effet de serre en Occitanie – édition 2025

Cette édition 2025 illustre notamment en quoi le changement climatique n’est pas une perspective future, mais une réalité déjà bien installée dont les manifestations s’accélèrent, notamment sur les territoires occitans.

Un climat qui se réchauffe, des impacts déjà visibles

orceo_representation_graphique_rechauffement_1400px

L’Occitanie connaît une hausse continue des températures, accompagnée de phénomènes climatiques de plus en plus contrastés : des épisodes de sécheresse plus fréquents et plus intenses, des incendies d’une intensité rare (voir plus bas), des dérèglements de la ressource en eau, ainsi que de vagues de chaleurs de plus en plus intenses.

Ces évolutions confirment les constats de Météo-France et soulignent la nécessité d’anticiper un climat futur différent de celui du XXᵉ siècle.

orceo2025_representation_graphique_indice_feu_meteo

L’adaptation au changement climatique devient incontournable

Face à ces évolutions, l’adaptation devient un pilier à part entière des politiques publiques locales. Gestion de la ressource en eau, adaptation des territoires aux fortes chaleurs, résilience des infrastructures et des activités économiques : les enjeux concernent l’ensemble des territoires, urbains comme ruraux.

En 2024, l’État a publié la Trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique (TRACC). Cette trajectoire fournit un cadre commun pour anticiper les impacts climatiques à différents horizons de réchauffement. Déclinée à l’échelle de l’Occitanie, la TRACC permet d’appréhender concrètement les changements à venir sur des indicateurs clés : températures, précipitations, sécheresse des sols ou encore fréquence des événements extrêmes. Ces projections constituent un socle essentiel pour bâtir des stratégies d’adaptation cohérentes et territorialisées. Réduire les émissions : des progrès, mais une trajectoire encore insuffisante Les émissions de gaz à effet de serre diminuent globalement en Occitanie depuis 1990, mais le rythme de baisse reste insuffisant au regard des objectifs climatiques.

Comme au niveau national, le secteur des transports demeure le premier contributeur aux émissions régionales, devant l’agriculture, l’industrie et le résidentiel-tertiaire.

Réduire les émissions : des progrès, mais une trajectoire encore insuffisante

Les émissions de gaz à effet de serre diminuent globalement en Occitanie depuis 1990, mais le rythme de baisse reste insuffisant au regard des objectifs climatiques. Comme au niveau national, le secteur des transports demeure le premier contributeur aux émissions régionales, devant l’agriculture, l’industrie et le résidentiel-tertiaire.

ORCEO - brochure 2025 - émission de gaz à effet de serre

Une consommation d’énergie encore trop élevée

La consommation finale d’énergie reste élevée en Occitanie, malgré des signaux encourageants dans certains secteurs. Les efforts de sobriété et d’efficacité énergétique devront s’intensifier pour atteindre les objectifs régionaux et nationaux.

PANORAMA DE LA CONSOMMATION D’ÉNERGIE : ÉVOLUTION EN ÉNERGIE FINALE PAR VECTEUR 2008-2023

Énergies renouvelables : une dynamique réelle, mais à accélérer

La production d’énergies renouvelables poursuit sa progression en Occitanie, notamment dans l’électricité renouvelable, portée par l’hydraulique, le photovoltaïque et l’éolien. L’enjeu est d’amplifier cette dynamique, tout en assurant une bonne intégration territoriale des projets.

PANORAMA DE LA PRODUCTION D’ÉNERGIE RENOUVELABLE EN 2024, EN OCCITANIE

Des chiffres clés pour éclairer l’action

La publication annuelle des Chiffres clés de l’énergie et des gaz à effet de serre vise à éclairer les trajectoires futures, outiller les décisions, nourrir le débat public et accompagner la transition énergétique et climatique en Occitanie. 

Nous espérons qu’elle continue à être un outil de référence pour les collectivités, les acteurs économiques et les citoyens.

Chiffres Clés de l’énergie et des gaz à effet de serre en Occitanie – édition 2024

Principaux constats

Les impacts du changement climatique sont de plus en plus manifestes en Occitanie.

Intensifier les efforts d’atténuation est indispensable pour limiter le réchauffement climatique et ses conséquences. Parallèlement, adapter nos activités et notre économie est nécessaire pour faire face aux impacts déjà perceptibles et à ceux à venir.

L’adaptation au changement climatique devient une nécessité.

Les politiques d’adaptation sont essentielles pour limiter les impacts sur les territoires, en particulier pour faire face aux phénomènes climatiques extrêmes. La gestion des ressources en eau, la résilience face aux sécheresses et aux vagues de chaleur, et l’aménagement du territoire sont des priorités pour minimiser les risques pour les populations et l’environnement.

En 2024, la Trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique (TRACC) a été publiée par l’État, précisément pour supporter et encadrer ces besoins d’adaptation. Partant de cet horizon, Météo France propose des projections sur de multiples indicateurs.

Ceux-ci seront disponible en 2025 sur TerriSTORY Occitanie pour permettre aux territoires de mieux envisager leur climat futur et travailler à une adaptation mieux ajustée à leur échelle.

Énergie renouvelable : un essor qui se poursuit, mais reste insuffisant.

L’essor des énergies renouvelables se poursuit en Occitanie, avec 31,3 TWh produits en 2023, dont 48,1% d’électricité, 50,3% de chaleur, 1,1% de gaz et 0,5% de biocarburants.

La production régionale d’électricité en 2023 est pour 73% renouvelable (hydraulique, photovoltaïque, éolienne ou issue des bioénergies) et 20% nucléaire. Les dynamiques de progression d’installations sont globalement positives mais restent insuffisantes par rapport aux objectifs de la trajectoire Région à Energie Positive (REPOS).

Les Chiffres clés de l’énergie et des gaz à effet de serre en Occitanie – 2024

La baisse des consommations et émissions de GES ainsi que l’augmentation de la production d’énergies renouvelables doivent accélérer dans tous les secteurs pour atteindre les objectifs de la trajectoire Région à énergie positive à moyen terme (2030) et long terme (2050).

Une planète mobilisée face au changement climatique ?

L’Observatoire international Climat et Opinions Publiques représente un état des lieux international des opinions, connaissances, attentes et niveaux d’engagement face au changement climatique pour nourrir la réflexion et participer à la recherche constructive de solutions pour l’avenir.

Synthèse de l’Obs’COP 2024

Le changement climatique s’installe comme un des grands problèmes de la société mais l’inquiétude qu’il suscite recule

Perception du changement climatique : une évolution inattendue

Actions Iindividuelles et politiques climatiques

Les Français et le réchauffement climatique,
ou le syndrome de la grenouille

Document de synthèse

Lorsque l’Observatoire international Climat et Opinions Publiques (Obs’COP) a été initié en 2019, la Direction des études EDF avait l’intuition que les populations, et plus seulement les militants, les scientifiques et les gouvernants, seraient de plus en plus mobilisées par le changement climatique.

Mobilisées car impliquées personnellement et émotionnellement, mais aussi concernées par des politiques climatiques qui interrogent leurs modes de vie, le sens de leur travail, leurs revenus, et enfin sollicitées par des offres politiques – dans les pays qui le permettent – qui leur proposent des solutions ou, parfois, un récit alternatif.

L’enquête, réalisée chaque année depuis quatre ans, a chroniqué l’importance ressentie de l’enjeu climatique dans des zones très différentes de la planète, avec chacune sa culture et son histoire, ses événements climatiques, ses enjeux économiques et sociaux spécifiques.

L’Obs’COP a certes mesuré des dynamiques communes – la montée de l’enjeu environnemental et sa résilience face à la Covid-19 et à l’inflation mondiale, l’installation de l’enjeu climatique en tête des priorités environnementales un peu partout dans le monde –, mais ne mesure ni une plus forte mobilisation des citoyens / consommateurs, ni une acceptation croissante des politiques climatiques, en tout cas proportionnelle à la dramatisation des alertes scientifiques.

Partout dans le monde, la priorité accordée à l’environnement recule

À ce point du constat, il est apparu nécessaire de faire une pause et de creuser davantage les données de ces quatre années d’enquête, afin de mieux comprendre les logiques sous-jacentes à ces résultats inattendus – décourageants diront certains, intrigants en tout cas.

Plus d’une vingtaine de chercheurs en sciences sociales et politiques ont participé à l’analyse de différentes thématiques de l’enquête ou les résultats d’un pays en particulier. Cet ouvrage est le résultat de leurs travaux : il éclaire les logiques d’acceptabilité des politiques climatiques ou les freins à
l’action individuelle, sans négliger la question de la perception du changement climatique, de ses causes et de ses conséquences
; il propose également d’étudier plus précisément la situation dans
une dizaine de pays.

En France, la priorité environnementale polarise désormais l’opinion aussi fortement qu’aux États-Unis

Il exprime enfin la volonté d’EDF d’enrichir le débat en proposant une matière utile à tous ceux qui défendent la cause climatique

Rapport complet Obs’COP 2024

Une planète mobilisée ?
L’opinion mondiale face au changement climatique

Rien ne se passe comme prévu

« Si l’on formule l’espoir que la mobilisation des populations s’amplifie logiquement au fur et à mesure que
le changement climatique administre les preuves de son existence – et les événements n’ont pas manqué en 2022, notamment en Europe –, alors, à l’évidence, les résultats de cette année sont décevants,
voire inquiétants.

Ni l’origine anthropique du phénomène, ni la nécessité de changer de mode de vie, ni encore
l’acceptabilité des politiques climatiques ne progressent. Pire : elles régressent parfois au fil des quatre ans d’enquête.

Tout n’est pas négatif, mais le signal envoyé par cette étude est une certaine résistance des citoyens aux actions possibles ou un accommodement avec un changement de toute façon irrépressible.

Cependant, il est important de rappeler le contexte économique des deux dernières années (les conséquences de la crise de la Covid-19 et aujourd’hui de l’inflation) pour affirmer, sans optimisme outrancier, que la question environnementale et climatique résiste bien parmi les priorités des habitants de la planète, malgré un quotidien plus compliqué ; qu’ils sont ouverts à rééquilibrer les politiques économiques en faveur de l’environnement et que leurs pratiques personnelles évoluent – certes lentement.

C’est en partie pour démêler le conjoncturel du long terme que les auteurs de cet ouvrage se sont plongés dans les profondeurs des résultats. »

Rapport complet Obs’COP 2022

Peut-on compter sur l’énergie verte pour protéger les consommateurs des fluctuations de prix ?

0

Face à des prix de l’énergie de plus en plus imprévisibles, impactés par des tensions géopolitiques et des bouleversements économiques, l’énergie verte pourrait bien représenter une lueur d’espoir. Les événements récents, comme la guerre en Ukraine ou les sanctions européennes contre la Russie, ont mis en lumière la vulnérabilité de l’Europe face à sa dépendance au gaz russe. Mais les énergies renouvelables ne se contentent pas de réduire cette dépendance : elles ouvrent la voie à un avenir énergétique plus stable et respectueux de l’environnement.

Quelles sont les méthodes de production d’énergie renouvelable ?

Dans un contexte où l’énergie verte suscite un intérêt croissant, c’est en misant sur ces sources d’énergie durables et en choisissant un fournisseur d’électricité verte que nous pouvons non seulement réduire notre impact sur la planète, mais aussi garantir une meilleure stabilité des prix.

L’énergie solaire : capter la puissance du soleil

L’énergie solaire repose sur l’exploitation directe de la lumière du soleil à l’aide de panneaux photovoltaïques ou thermiques. Tandis que les panneaux photovoltaïques transforment la lumière en électricité, les panneaux thermiques captent la chaleur pour produire de l’eau chaude. Inépuisable, silencieuse et propre, cette méthode est particulièrement adaptée aux régions ensoleillées.

L’énergie solaire peut aussi être économique : bien que l’installation initiale représente un investissement, les économies réalisées sur les factures d’énergie permettent souvent un amortissement rapide.

L’énergie éolienne : tirer parti du vent

L’énergie éolienne exploite la force du vent pour produire de l’électricité à travers des éoliennes. Installées dans des zones favorables comme les plaines et les côtes, ces grandes structures convertissent l’énergie cinétique du vent en énergie électrique. En France, les projets éoliens se multiplient, qu’ils soient terrestres (onshore) ou en mer (offshore). Bien que leur mise en place nécessite des investissements initiaux importants, l’énergie éolienne se distingue par sa rentabilité à long terme et son rôle clé dans la diversification du mix énergétique.

L’énergie hydraulique : la puissance de l’eau

L’énergie hydraulique, ou hydroélectricité, utilise la force motrice de l’eau pour générer de l’électricité. Les barrages hydroélectriques, omniprésents en France, fournissent une énergie fiable, constante et peu coûteuse sur le long terme. Mais le potentiel hydraulique reste partiellement inexploité, offrant des opportunités pour renforcer encore l’indépendance énergétique tout en réduisant les fluctuations de prix.

La biomasse : valoriser les déchets organiques

La biomasse repose sur l’utilisation de matières organiques comme les déchets agricoles ou forestiers pour produire de l’énergie via la combustion ou la méthanisation. En plus de générer une énergie renouvelable, cette solution favorise une gestion durable des déchets.

Pourquoi privilégier l’énergie renouvelable en 2025 ?

Adopter les énergies renouvelables, c’est bien plus qu’un simple choix écologique : c’est une solution pour répondre aux enjeux économiques, sociaux et environnementaux de notre époque :

AvantagesDescription
Réduction des émissionsMoins de CO2 et de pollution, aide à lutter contre le changement climatique.
Stabilité des prixMoins d’impact des crises et des hausses de prix des énergies fossiles.
Indépendance énergétiqueProduction locale qui réduit la dépendance aux importations.
Création d’emploisNouveaux emplois pour l’installation et la gestion des énergies renouvelables.
Coûts réduitsUne fois installée, l’énergie renouvelable coûte moins cher à produire.
Protection de l’environnementUtilisation durable de ressources comme le soleil, le vent et l’eau.

Les technologies liées aux énergies renouvelables progressent à une vitesse impressionnante, rendant ces solutions toujours plus performantes et accessibles. Des avancées majeures dans des domaines comme le stockage de l’énergie, les réseaux intelligents (smart grids) ou encore les matériaux innovants permettent d’améliorer constamment l’efficacité des installations renouvelables.

C’est donc en investissant dans la recherche et l’innovation que la France a une opportunité unique de se positionner parmi les leaders mondiaux des énergies propres !

S’adapter au changement climatique dans les filières agricoles : un défi à relever avec les Solutions d’adaptation fondées sur la Nature (SafN)

L’augmentation de la fréquence et de l’intensité des événements météorologiques extrêmes (sécheresses, vagues de chaleur, inondations, précipitations intenses…) ont déjà des conséquences importantes sur le secteur agricole (récoltes, terres cultivables, élevages) et les filières agroalimentaires. Dans une France à +2°C à l’horizon 2030, ces conséquences se renforceront. L’ensemble des acteurs du secteur agricole doivent se mobiliser autour de la mise en place d’actions d’adaptation pour garantir la résilience de l’agriculture.

Au lancement de la plateforme Osaé, les systèmes les plus représentés dans les témoignages d’agriculteurs et les pratiques agroécologiques sont en polyculture-élevage et grandes cultures. Les systèmes maraîchers, arboricoles et viticoles feront petit à petit leur entrée. Les agriculteurs sont aussi bien en conventionnel qu’en biologique.

Le secteur agricole et les filières agroalimentaires ont un impact sur la biodiversité, et sont également impactés par l’érosion de la biodiversité.

Le projet ARTISAN

Le projet Life intégré ARTISAN (Accroitre la Résilience des Territoires au changement climatique par l’Incitation aux Solutions d’adaptation fondées sur la Nature) se consacre à :

  • Démontrer et valoriser le potentiel de Solutions d’adaptation fondées sur la Nature (SafN)
  • Sensibiliser et faire monter en compétences les acteurs sur cette thématique
  • Accompagner et amplifier les projets de SafN sur tout le territoire national dont les Outre-Mer

Dans le cadre de ce projet, piloté par l’OFB, les Solutions fondées sur la Nature (SafN) apparaissent comme une bonne réponse aux enjeux d’adaptation au changement climatique mais aussi à l’érosion de la biodiversité.

Plus d’une centaine d’actions sont mises en œuvre afin de créer un cadre propice au déploiement à toutes les échelles des SafN.

Le Climat change, adaptons-nous avec la nature

Adaptons-nous avec la nature en Nouvelle-Aquitaine

Dans le cadre du Life ARTISAN, l’Office français de la biodiversité a publié le document « Le climat change, adaptons-nous avec la nature en Nouvelle-Aquitaine » qui présente :

  • Les enjeux croisés de la perte de biodiversité et du changement climatique en Nouvelle-Aquitaine.
  • 15 solutions pour aménager des territoires adaptés et favorables à la biodiversité. Ces Solutions fondées sur la Nature s’appuient sur des retours d’expériences néo-aquitains.

Les Solutions d’adaptation fondées sur la Nature (SafN)

Les Solutions d’adaptation fondées sur la Nature (SafN) sont des actions visant à favoriser la conservation de la biodiversité et la fourniture des services écosystémiques ciblés sur les impacts du changement climatique.

Ces solutions correspondent « aux actions visant à protéger, gérer de manière durable et restaurer des écosystèmes naturels ou modifiés (pour relever le défi de l’adaptation au changement climatique) de manière efficace et adaptative, tout en assurant le bien être humain et en produisant des bénéfices pour la biodiversité ».

Levée de sorgho sous couvert de féverole

Place aux solutions fondées sur la Nature pour adapter nos territoires au changement climatique

Une Publication Spéciale

Une Publication Spéciale en ligne à destination des décideurs qui présente le concept de Solutions fondées sur la Nature (SfN) et comment et pourquoi elles sont efficaces pour répondre à différents défis d’adaptation. Ainsi, vous trouverez pour différents milieux et enjeux, une sélection de SfN expliquées et illustrées par des fiches de projets mis en œuvre avec succès partout dans l’Hexagone et l’Outre-Mer. Ce dossier intègre aussi des informations de coûts, les bénéfices et des témoignages de porteurs de projets.

➡️ Accéder à la Publication Spéciale

Une Boîte à outils

Une Boîte à Outils en ligne des SfN pour l’adaptation de nos territoires au changement climatique à destination des techniciens. Vous y trouverez des parcours détaillés, pour mettre en œuvre, étape par étape, une SfN pour l’adaptation dans différents types de milieux. Aussi, sont présentées les clés de réussite pour mener à bien la mise en œuvre de SfN. Vous disposerez de ressources et outils incontournables pour passer à l’action.

➡️ Accéder à la Boîte à Outils

S’adapter au changement climatique dans les filières agricoles :  un défi à relever avec les Solutions d’adaptation fondées sur la Nature (SafN) 

Une des actions de sensibilisation est la rédaction d’une brochure consacrée aux filières agricoles et aux enjeux de biodiversité en milieu agricole. Son objectif : « s’adapter au changement climatique dans les filières agricoles :  un défi à relever avec les Solutions d’adaptation fondées sur la Nature (SafN) » est multiple :

  • Présenter le rôle des différentes composantes du milieu agricole (production, eau, sol, faune et flore, contribution du milieu agricole face au changement)
  • Mettre en avant les synergies possibles entre adaptation et biodiversité à travers les SafN
  • Apporter des clés méthodologiques et inspirer les acteurs de territoire
  • Repositionner les liens entre agroécologie, atténuation, adaptation au changement climatique, biodiversité et SafN

La plateforme Osaé : Oser l’agroécologie

La brochure présente également plusieurs travaux et retours d’expériences sur l’adaptation au changement climatique dont plusieurs fermes issues de la plateforme OSAE.

PT mélangées incluant de la chicorée

Mieux comprendre ceux que sont les Solutions d’adaptation fondées sur la Nature (SafN) et comment elles peuvent se traduire sur le terrain

Blé sur luzerne (avril)

Initié en 2008, Osaé, Osez l’agroécologie, vise à diffuser les savoir-faire d’agriculteurs en agroécologie pour les accompagner dans la transition et partager des solutions. Ce site s’appuie sur des exemples concrets et diversifiés d’exploitations et de pratiques agroécologiques. Il propose aussi des informations techniques par pratique permettant d’approfondir les conditions de leur mise en oeuvre.

Pré-verger en Normandie

L’agroécologie, c’est pour qui ?

Source d’inspiration pour de nouvelles expérimentations, la plateforme d’échanges Osaé s’adresse aux agriculteurs qui s’interrogent sur l’évolution de leurs pratiques et systèmes. Ils trouveront en quelques clics des détails techniques et opérationnels et la présentation de nouvelles pratiques !

Les fondements de l’agroécologie

Les agriculteurs sont la source des savoirs agroécologiques.

  • La durabilité des systèmes fait preuve de leur faisabilité. C’est pour cette raison qu’Osaé présente régulièrement un suivi des exploitations ayant « éprouvé » leur système.
  • Les systèmes choisis s’appuient sur les principes de l’agroécologie tels qu’ils ont été définis dans la page « L’agroécologie ».
  • Les fermes choisies sont en constante évolution. Chaque exploitation est suivie tous les 2-3 ans.
  • La transmission des savoirs agroécologiques passe par la description technique et détaillée des pratiques et se fait lors d’échanges de terrain.
Maïs non irrigué implanté dans un couvert de féverole

Reconcevoir son système agricole pour faire face au changement climatique

Les lycées agricoles sont les vitrines d’une agriculture moderne et innovante. Ils constituent un formidable outil pour expérimenter et promouvoir des systèmes de cultures économes, performants et résilients.

Depuis 2016, en lien avec l’équipe pédagogique du lycée agricole d’Albi-Fonlabour et les chambres d’agriculture du Tarn et de l’Aveyron, la ferme de Bellegarde s’est appliquée à transformer l’outil de production de manière systémique, en passant d’un système d’élevage intensif, déficitaire et dépendant à un système plus autonome, rentable et résilient.

Les objectifs opérationnels de ce changement de système étaient de réduire les charges, de préserver l’outil de travail et de gagner en autonomie et résilience face aux aléas (économiques et climatiques).

Dans ce webinaire, Jean-Noël Bertrand, formateur à l’EPLEFPA du Tarn – Lycée Fonlabour d’Albi présente la démarche de reconception du système mise en œuvre sur la ferme de Bellegarde ainsi que les synergies entre la mission de formation de l’établissement et les objectifs de production de la ferme.

Thomas Devienne, chargé de projet agroécologie et biodiversité à Solagro, présente la démarche d’adaptation au changement climatique initié par l’EPL dans le cadre du projet AgriAdapt et plus largement avec l’outil ClimaDiag Agriculture.

Insertion de biodiversité au sein d’un verger créole

À la rencontre de Quentin Donnay, producteur de vanille en sous-bois et de letchis à La Réunion. Au cœur du Parc national de La Réunion, Quentin œuvre pour contribuer à la restauration écologique de ses parcelles.

6ème Quinzaine de l’Agroécologie !

Du lundi 27 janvier
au vendredi 7 février 2025

Pour faire évoluer vos pratiques agricoles, Solagro organise 5 visites de fermes avec les agriculteurs et agricultrices du réseau Osaé, du lundi 27 janvier au vendredi 7 février 2025. Cette année, les pratiques d’adaptation au changement climatique sont mises à l’honneur. Il sera possible d’échanger avec des agriculteurs, agricultrices et des agronomes, sur leur lieu de travail, pour mieux connaître leurs pratiques et faire évoluer vos systèmes agricoles de façon plus durable.

Ces visites sont gratuites et ouvertes aux agriculteurs·rices, étudiant·e·s et aux professionnel·le·s du secteur.

Pour la sixième édition de la Quinzaine de l’agroécologie, Solagro organise 5 visites de fermes du réseau OSAÉ – Osez-l’agroécologie, à la rencontre d’agricuteurs et agricultrices qui transforment leurs exploitations et leurs pratiques pour s’adapter au changement climatique. 

Préoccupation majeure de la profession agricole, l’adaptation au changement climatique peut prendre de nombreuses formes : 

  • Dans les Hautes-Pyrénées : Avec le collectif Biométhadour – La méthanisation collective comme outil de transition – Vers l’autonomie énergétique et l’autonomie alimentaire des élevages – Rendez-vous le 27 janvier 2025
  • Dans le Tarn : À la ferme de Bellegarde, au sein du lycée agricole de Fonlabour – La reconception d’un système d’élevage intensif, dépendant et déficitaire à un système plus autonome, rentable et résilient – Rendez-vous le 28 janvier 2025
  • Dans les Pyrénées-Atlantiques : Au sein de la CUMA Elgarrekin – Le séchage en grange collectif pour répondre à l’autonomie fourragère des troupeaux – Rendez-vous le 3 février 2025 
  • Dans l’Aude : Chez Daphné et Sylvain Mervoyer – L’extensivité de l’élevage, la diversité des ressources fourragères et la bonne santé des troupeaux comme priorité – Rendez-vous le 4 février 2025
  • Dans les Pyrénées-Orientales : Chez André Trives – Le maraichage sur sol vivant et l’agroforesterie dans un contexte de déficit hydrique sévère – Rendez-vous le 6 février 2025

Ces visites gratuites, organisées par Solagro, sont ouvertes aux agriculteurs, agricultrices, professionnel·les du secteur agricole, étudiant·es et enseignant·es pour contribuer au partage de solutions concrètes face aux difficultés rencontrées et de savoir-faire sur la mise en place de pratiques agroécologiques

Inscriptions
 

La Haute Valeur Naturelle

Le soutien aux agricultures à Haute Valeur Naturelle (HVN) a été décidé il y a près de 20 ans, en 2003, à Kiev, par les Ministres européens de l’environnement. La méthode établie par Solagro en 2006 pour le Centre Commun de Recherche (CCR) de la Commission Européenne permet de qualifier les zones agricoles à Haute Valeur Naturelle (HVN) en France. Elle repose sur trois indicateurs qui interagissent :

  • la diversité des assolements, qui indique la variété des cultures présentes sur les fermes (cultures, prairies permanentes…)
  • l’extensivité des pratiques (faible niveau d’intrants, pesticides et engrais chimiques)
  • la densité des infrastructures agroécologiques, correspondant à deséléments paysagers, comprenant les haies, les mares, les lisères de bois, les prairies naturelles humides et les prés vergers.
Les 3 indicateurs de calcul de référence HVN :

Chaque indicateur est noté de 0 à 10. Les territoires agricoles sont définis comme HVN lorsque le score issu de la combinaison des 3 indicateurs atteint un seuil référence qui a été fixé à 14,78 points / 30. La note de référence a été établie en 2000. Elle qualifiait en HVN 25% de la surface agricole utile (SAU) de la France.

1.     La diversité d’assolement

Cet indicateur évalue la diversité de l’assolement, à travers le pourcentage de SAU occupé par chaque culture (avec un plafond de 10% de la SAU par culture) et la part des prairies. Les rotations longues et les cultures associées et intermédiaires sont favorisées. Cet indicateur évalue la capacité à stocker du carbone et à protéger les ressources en eau via la présence de prairies permanentes et temporaires ainsi que des couverts végétaux.

2.     Extensivité des pratiques agricoles

Cet indicateur tient compte du niveau de fertilisation minérale azotée apportée aux prairies, ainsi que des espèces cultivées et des rendements moyens obtenus, qui conditionnent l’usage de produits phytosanitaires. Les céréales secondaires, les légumineuses fourragères, les jachères, les parcours, les estives… sont favorisés pour leur gestion non intensive. Cet indicateur prend également en compte l’extensivité des élevages, avec un faible chargement animal, des pâturages collectifs, la présence de races rustiques…

3.     Maintien des infrastructures agroécologiques

Cet indicateur identifie la présence d’éléments fixes du paysage ou d’habitats semi-naturels au sein de l’espace agricole. La liste des infrastructures agroécologiques prises en compte dépend des informations statistiquement disponibles actuellement : haies, mares, lisères de bois, prairies naturelles humides et prés vergers.

Comment réduire l’empreinte écologique du numérique ?

L’empreinte environnementale du numérique, déjà élevée, continue de croître de façon exponentielle, menaçant autant le climat et la biodiversité que les efforts de transition écologique. Dans un avis publié en janvier 2025, l’ADEME préconise un développement plus responsable de ce secteur. Les solutions préconisées, issues de l’économie circulaire, n’intègrent pas le vivant humain et non humain, donc les impacts du numérique sur la santé, les conditions de travail et la biodiversité. Jérémy Dumont du collectif Nous sommes vivants nous présente le cas d’un service numérique à visée régénérative et les pistes d’innovation nouvelles qu’il a permis d’ouvrir.

La matérialité du virtuel

« Chaque rupture technologique induit la commercialisation de nouveaux appareils, que les entreprises et les ménages achètent »

« Or, leur fabrication nécessite de l’énergie, de l’eau et des matières, comme des métaux, dont l’extraction minière est émettrice de gaz à effet de serre, source de pollution et de perte de biodiversité. »

Raphael Guastavi, directeur adjoint Économie circulaire de l’ADEME

Etude ADEME-Arcep : évaluation de l’empreinte environnementale du numérique en France en 2020, 2030 et 2050

Une étude menée par l’ADEME et l’Arcep a évalué l’impact environnemental du numérique en France pour la première fois via 12 indicateurs environnementaux : épuisement des ressources abiotiques (fossiles, minérales et métaux), acidification, écotoxicité, empreinte carbone, dont GES, radiations ionisantes, émissions de particules fines, création d’ozone, matières premières, production de déchets, consommation d’énergie primaire, consommation d’énergie finale. 

L’étude se base sur trois « briques matérielles » que sont les terminaux, les réseaux et les centres de données.  Elle confirme que les terminaux sont à l’origine de l’essentiel des impacts environnementaux du numérique (de 65 à 90 %), pour tous les indicateurs environnementaux, suivis des centres de données (de 4 à 20 %) puis des réseaux (de 4 à 13 %).

Le déploiement de la technologie 5G entraînera, une augmentation de 18 à 45% de l’empreinte carbone du secteur numérique en France d’ici à 2030.


L’emballement des usages

En deux ans à peine, l’empreinte carbone du numérique en France a doublé, passant de 17 à 29,5 MtCO2e par an.

Cela s’explique par la prise en compte d’enjeux qui n’avaient pas encore été identifiés lors de la précédente étude, comme l’hébergement de nos données dans des data centers à l’étranger. Cela s’explique aussi par la multiplication et l’intensification de nos usages.

Notre quotidien est fait de visioconférences, de réseaux sociaux, de streaming, de documents partagés sur des clouds… Et de nouveaux services digitaux ne cessent de s’y ajouter.

« Si le numérique ne représente “que” 4 % des émissions de carbone dans le monde aujourd’hui, on assiste à un emballement très inquiétant. Il faut en prendre conscience. »

Raphaël Guastavi

Et il y a des effets rebonds. Avec le télétravail, par exemple, des salariés choisissent de déménager loin de leur entreprise. Résultat : ils font moins de déplacements quotidiens, mais chaque trajet est plus long, ce qui revient sur l’année à davantage de kilomètres au total. Délocaliser son bureau à domicile requiert par ailleurs l’achat de matériel informatique supplémentaire.

Numérique : quel impact environnemental en 2022 ?

Enfin, les derniers chiffres ci-dessus publiés par l’ADEME portent sur le numérique en 2022, soit avant l’avènement de l’intelligence artificielle (IA) générative.

« Le message est d’autant plus difficile à faire passer que beaucoup de gens sont encore dans l’idée que le virtuel est dématérialisé, donc écologique. C’est un gros changement culturel à opérer. »

Mathieu Wellhof, Chef du service Sobriété numérique de l’ADEME

Le poids de l’intelligence artificielle

Le numérique représente déjà 4,4 % de l’empreinte carbone de la France. Cela pourrait être trois fois plus en 2050 si des mesures pour limiter son impact ne sont pas prises.

L’empreinte environnementale de l’IA – aujourd’hui et demain

L’essor rapide des outils d’intelligence artificielle conduit à une hausse significative de la consommation d’électricité des data centers, mettant les grandes entreprises technologiques au défi d’atteindre leurs objectifs climatiques. Quels seront les impacts liés au développement des data centers sur la consommation d’électricité et le climat ? Quels leviers pour limiter au maximum ces impacts et promouvoir une « IA verte » ? Deloitte explore ces enjeux et identifie les actions à mener pour promouvoir les initiatives de « Green AI »

Les data centers consommeront 3 % de l’électricité mondiale d’ici 2030, selon une étude Deloitte

Les IA génératives comme ChatGPT ou Midjourney suscitent un tel enthousiasme qu’elles s’invitent dans tous nos outils : moteurs de recherche, smartphones … Les data centers se multiplient partout dans le monde pour les faire fonctionner.

Résultat : l’Agence internationale de l’énergie (AIE) prévoit une hausse de plus de 75 % de leur consommation électrique d’ici à 2026.

Data centers : la face pas si cachée du numérique

« En deux ans ! Pas en dix ni vingt ans. Les géants du secteur reconnaissent eux-mêmes qu’ils auront du mal à remplir leurs engagements climatiques. »

Mathieu Wellhoff, chef du service Sobriété numérique à l’ADEME
  • Microsoft, dont les émissions de CO2 ont augmenté de 13 % depuis 2020, vient de relancer la centrale nucléaire de Three Mile Island, vieille de plus de 50 ans, pour sécuriser ses approvisionnements en électricité.
  • Google mise sur le développement des miniréacteurs nucléaires (Small Modular Reactors), alors que cette technologie est encore loin d’être éprouvée.
  • D’autres comptent sur la construction de centrales nucléaires plus classiques, sachant qu’aucune ne peut sortir de terre en deux ans.

En attendant, les États relancent leurs centrales à charbon. Au rythme actuel, certains spécialistes se demandent s’il y aura assez d’énergie pour tout le monde en 2030. Même chose pour l’eau, utilisée pour refroidir les data centers : en cas de restriction, doit-on privilégier les besoins du numérique ou ceux de l’agriculture ?

Je calcule mon impact numérique

Telecoop, l’opérateur téléphonique qui œuvre pour la sobriété numérique

En route vers la sobriété numérique
avec le programme Alt IMPACT

Sensibiliser les membres de votre organisation à la sobriété numérique

Pour faciliter le changement dans votre organisation, assurez-vous que chaque salarié comprenne bien l’intérêt de la sobriété numérique. Sensibilisez vos collaborateurs aux principaux impacts environnementaux du numérique sur l’ensemble du cycle de vie des usages numériques (fabrication des équipements, usage, fin de vie) et faites la promotion des bonnes pratiques. 

Comment télétravailler léger ?

Recherches internet, visioconférences, appels téléphoniques… Tout cela nécessite du matériel informatique individuel mais aussi des réseaux et des serveurs qui consomment tous de l’énergie. Et quand le nombre de télétravailleurs est très élevé, comme actuellement en période de confinement, il existe des risques de saturation des réseaux.

Alors pour télétravailler plus léger, retrouvez les conseils de l’Ademe dans cette infographie.

Écoresponsable au bureau

Équipements informatiques, chauffage, climatisation, déplacements, restauration. Tous ces aspects de la vie de bureau laissent une empreinte environnementale : consommation d’énergie et de matières premières, déchets, émissions de polluants et de gaz à effet de serre…

Parce qu’on lui consacre une grande partie de notre temps, le travail offre justement un cadre idéal pour changer la donne, que ce soit à titre individuel, au bureau comme en télétravail, ou avec ses collègues pour partager des bonnes pratiques, proposer des pistes d’actions, lancer des initiatives originales… L’entreprise elle-même a bien sûr un rôle à jouer, dans son fonctionnement comme dans les services qu’elle offre à ses salariés.

Pour conjuguer efficacité, confort et préservation de l’environnement, ce guide vous donne des clés : idées, gestes simples, actions collectives et rappel des leviers réglementaires

Numérique : reprendre la main pour des usages responsables

Qu’est-ce que le numérique à visée régénérative ?

Les solutions pour un numérique responsable sont presque toutes issues de l’économie circulaire et n’intègrent pas le vivant humain et non humain, donc les impacts du numérique sur la santé, les conditions de travail et la biodiversité.

Le numérique peut il viser le régénératif ? C’est possible !

Selon Jérémy Dumont, Fondateur du collectif Nous sommes vivants de professionnels engagés dans la transition écologique, « il faudrait intégrer les indicateurs du vivant dans l’écoconception comme ça se pratique déjà pour compléter une analyse de cycle de vie et le faire en posant la chaîne de valeur complète du service afin d’établir de meilleurs cahiers des charges en amont et déployer des programmes de sensibilisation en aval auprès des usagers finaux sur ces enjeux« .

« Il faut aussi viser la régénération du vivant parce que réduire les impacts ne sera pas suffisant ».

Jérémy Dumont, Fondateur du collectif Nous sommes vivants

La conviction de Jérémy Dumont c’est que les entreprises à vocation économique peuvent basculer facilement vers un modèle à visée régénérative au niveau de leurs produits et services

Les transformations digitales sont riches en enseignements pour la transition écologique. 80% des impacts environnementaux sont déterminés dès la phase de conception. Il y a du travail, d’autant plus avec la CSRD qui incorpore des indicateurs régénératifs mesurés en double matérialité.

Transformer son business modèle passe par l’abandon des projets délétères et le lancement de produits, services et projets régénératifs. Le collectif Nous sommes vivants à conçu le business model canvas de l’entreprise régénérative pour permettre aux entreprises de réduire leurs impacts et/ou contribuer à la régénération. La régénération apparaît comme essentielle à la résilience des activités économiques dans leurs territoires et à la capacité de régénération du vivant dont elles sont dépendantes. Toutes les entreprises n’ont pas le même lien au vivant, une approche sectorielle est nécessaire.

Nous avons conçu une version découverte du Regen BMC dans le secteur du numérique en nous inspirant de la Livebox de Orange et formé 8 designers. 

Jérémy Dumont présentera le case study Orange x RegenBMC sur un service numérique à visée régénérative et les pistes d'innovation nouvelles qu'il a permis d'ouvrir à la UX-Conf Lyon le 30/01/2025.

De User Centric à Green Centric : une nouvelle opportunité de croissance pour les entreprises
  • Fabrice Liut, co-fondateur et associé de TheTandem
  • Clémence P., Co-fondatrice de l’Antenne Lyonnaise des Designers Éthiques et Product Designer chez AUXO
  • Jérémy Dumont, Planneur Stratégique et fondateur du Collectif « Nous sommes vivants »
  • Animation : Élodie Bert, Consultante UX-Designer senior chez UX-Republic

Comment mieux parler d’écologie ? Ce que nous dit la recherche

« Parler d’écologie, c’est bien. Être écouté, c’est mieux« . Dans un monde saturé d’informations et de débats clivants ou polarisés, il ne suffit plus de dire les bonnes choses, il faut les dire de la bonne manière. C’est ce que nous apprend le guide « Mieux parler d’écologie : ce que nous dit la recherche », élaboré par Parlons Climat.

Quelques enseignements clés de ce guide :
Comment mieux parler d’écologie ?

  • 1️⃣ Connaître les valeurs de son audience pour mieux se faire entendre : nous percevons les messages à travers le filtre de nos valeurs et opinions. Par exemple, des campagnes réussies au Royaume-Uni ont su mobiliser des publics conservateurs en valorisant la protection des paysages, un sujet en résonance avec leurs préoccupations.
  • 2️⃣ Simplifier le vocabulaire pour maximiser l’impact : utiliser un jargon technique ou militant peut décourager une partie de l’audience. Un discours clair, simple et accessible suscite bien davantage l’intérêt et l’engagement.
  • 3️⃣ Jouer sur les émotions sans sombrer dans les extrêmes : un discours exclusivement alarmiste peut engendrer un sentiment d’impuissance, tandis qu’un message trop positif risque de minimiser l’urgence. Trouver un équilibre entre gravité et espoir est essentiel pour inciter à l’action.
  • 4️⃣ Faire parler des figures identifiables : l’incarnation du message par des personnes qui résonnent avec les publics ciblés est un puissant moteur d’engagement. Par exemple, un pêcheur témoignant des impacts du changement climatique sur son quotidien pourra toucher un public réticent de manière bien plus efficace qu’un énoncé généraliste.
  • 5️⃣ Le lien avec la santé, un levier sous-estimé : aux États-Unis, établir une corrélation entre la qualité de l’air et la santé personnelle a permis de sensibiliser des publics souvent hésitants face aux enjeux climatiques. Plus un message touche à ce qui nous est proche, plus il a de chances de marquer les esprits.

Ce guide s’appuie sur des recherches rigoureuses, tirées de publications récentes dans des revues reconnues comme Nature, Environmental Communication Journal ou encore Journal of Environmental Psychology. Il combine sciences humaines, études d’opinion et expériences de terrain pour fournir des recommandations adaptées au contexte français.

Merci à l’équipe de Parlons Climat, Lucas Francou Damesin, Amélie Deloffre Julie Reux et Damien Cahen pour ce travail exemplaire qui combine rigueur scientifique et action concrète. Ce document est une ressource incontournable pour toutes les organisations, acteurs publics ou privés, engagés dans la transition écologique.

Merci à Pierre-Henry Dodart pour sa synthèse.

5 conseils pour parler d’écologie aux chrétiens

Étude chrétiens et climat, un programme inédit pour comprendre le rapport des chrétiens au climat, identifier et activer des leviers d’engagement.

Environnement et crise climatique :
l’opinion des Français au-delà des clichés

Une étude inédite sur le rapport des Français au climat qui s’appuie sur la segmentation par familles de valeurs de Destin Commun. Des recommandations stratégiques accompagne l’analyse.

L’environnement et le climat sont une des 3 priorités pour la France
Exemple de lecture : 30% des habitants des commune de 2000 à 20000 habitants mettent le climat dans leurs trois grandes priorités pour l’avenir du pays.

Une opportunité s’offre à nous d’engager la société pour une mobilisation puissante en faveur de la lutte contre le changement climatique. Mais pour la saisir, encore faut-il comprendre le rapport de la société française et des groupes qui la composent à la question climatique.

C’est ce que ce programme a souhaité faire dans une étude fondée sur un sondage inédit, mené du 14 au 25 mars 2022 auprès de 4 000 personnes.

Recommandations pour parler climat selon les publics visés

Parlons Climat a regroupé la population française en six familles, sur la base de leurs valeurs et de leur vision du monde.  L’analyse des fondements moraux (équité, autorité, loyauté, bienveillance, pureté…), des appartenances de groupes et des orientations psychologiques permet d’appréhender l’opinion de la société française en tenant compte des différents systèmes de valeurs, et d’identifier les lignes de divisions mais aussi de consensus.

Les Militants désabusés

Engagés, avides de changement et politiquement très à gauche, les militants désabusés sont la famille la plus mobilisée sur les enjeux climatiques.

Les Stabilisateurs

Très empathiques, engagés socialement, les Stabilisateurs sont une famille plus âgée que la moyenne, pour qui le climat est un sujet important.

Les Libéraux optimistes

Optimistes avant tout, les Libéraux optimistes sont conscients de l’enjeu climatique mais ne croient pas à la nécessité d’un bouleversement du système.

Les Attentistes

Famille la plus déconnectée de la vie collective, les Attentistes sont très éloignés de la politique, tout comme de la question climatique.

Les Laissés Pour Compte

Les Laissés Pour Compte se perçoivent comme victimes du système actuel. Si le climat est important pour cette famille, le pouvoir d’achat l’est encore plus.

Les Identitaires

Cette famille veut défendre la France et son identité. Par rapport à l’insécurité ou l’immigration, protéger notre environnement est un enjeu secondaire.

Cette approche est particulièrement pertinente dans la perspective de campagnes de conviction ou de mobilisation, puisqu’elle prend en compte les personnes telles qu’elles sont, avec leurs croyances et systèmes de valeurs propres.


A propos de Parlons Climat

Parlons Climat est une organisation d’intérêt public dont l’objectif est d’engager de nouveaux publics dans la lutte contre le changement climatique. Elle étudie où en sont les différents segments de la population française sur le sujet et aide des émetteurs (actuels et nouveaux) à toucher et convaincre ces nouvelles audiences.

La nature développe l’empathie, un pilier indispensable pour bâtir une société bienveillante et harmonieuse

0

« L’empathie doit devenir un des piliers de l’éducation pour bâtir une société bienveillante et harmonieuse » révèle une étude publiée dans Sustainability en 2022 qui explore l’impact des différents types d’enseignement sur le développement de l’empathie chez les jeunes enfants, en comparant les écoles maternelles axées sur la nature et les animaux à celles plus traditionnelles.

Importance de l’empathie selon l’ONUDC. L’empathie est la capacité de comprendre et partager les émotions d’autrui. Elle nous permet de voir les choses du point de vue d’autrui, plutôt que du nôtre. C’est une qualité essentielle qui favorise les relations sociales et professionnelles, développe la conscience de soi et contribue à un monde plus juste. La compassion (motivation d’agir pour empêcher autrui de souffrir) naît de l’empathie.

Importance de l’empathie : un super talent

  • L’empathie est essentielle à un bon équilibre mental et physique. Elle inspire à prendre soin des autres et permet des relations sociales et professionnelles saines.
  • L’empathie apprend aux enfants à prendre des décisions responsables et à tenir compte de la famille, des amis, de leur communauté et du reste du monde. Les jeunes empathiques ont plus de conscience de soi et sont plus à l’écoute, ce qui peut les protéger contre l’abus de substance et d’autres comportements à risque.
  • L’empathie contribue à la conscience sociale et fait obstacle au harcèlement, aux préjugés et au racisme. Elle jette les bases d’une société juste, bienveillante et en paix.
  • L’empathie nous permet de capter l’état d’esprit des autres et de mieux s’entraider – y compris entre personnes de différentes communautés.

Synthèse de l’étude par Pierre-Henry Dodart

Pierre-Henry Dodart, Administrateur de l’État engagé pour la transition écologique nous rend accessible, en français, l’essentiel de cette étude publiée en anglais dans Sustainability1.


Sustainability (Durabilité ou Soutenabilité en français) est une communauté internationale dont la revue en libre accès couvre la durabilité environnementale, culturelle, économique et sociale des êtres humains, publiée semestriellement en ligne par MDPI.


L’importance de l’empathie dès la maternelle

L’empathie joue un rôle déterminant dans le développement social et émotionnel des enfants. Elle les aide à comprendre et à partager les émotions des autres, favorisant des comportements prosociaux tels que l’entraide et le soutien. L’empathie stimule également les comportements de conservation de la nature.

Comparaison des moyennes estimées par type d’école maternelle pour l’empathie envers les humains.

L’influence des enseignements axées sur la nature et les animaux

L’étude révèle que les écoles maternelles qui proposent des enseignements axées sur la nature et les animaux sont plus efficaces que les écoles maternelles traditionnelles pour développer les intentions comportementales empathiques chez les enfants envers les humains. Les enfants de ces écoles montrent également une empathie cognitive et affective plus élevée envers la faune, ce qui suggère que ces environnements favorisent une connexion plus profonde avec la nature.

Comparaison des moyennes estimées par type d’école maternelle pour l’empathie envers les animaux.

Interprétation des résultats

Les résultats suggèrent que les interactions fréquentes et prolongées avec la nature et les animaux dans les écoles maternelles peuvent être des mécanismes efficaces pour développer l’empathie chez les jeunes enfants. Ces environnements offrent des opportunités uniques de jeu libre et de découverte, favorisant des interactions sociales positives et des compétences socio-émotionnelles.

Comparaison des moyennes estimées par type d’école maternelle pour l’empathie envers la faune.

Perspectives et recommandations futures

Bien que les résultats soient prometteurs, des recherches supplémentaires sont nécessaires pour identifier les caractéristiques spécifiques des écoles maternelles qui contribuent le plus au développement de l’empathie. De plus, il serait utile d’explorer comment ces compétences empathiques se traduisent en comportements prosociaux et environnementaux à long terme.


L’impact des types d’écoles maternelles sur l’empathie

L’étude menée par Julie Ernst et ses collègues a évalué 124 enfants âgés de 3 à 5 ans fréquentant trois types d’écoles maternelles dans le Minnesota : des écoles traditionnelles (non-nature), des écoles axées sur la nature et des écoles mettant un accent particulier sur les interactions avec les animaux. À travers une méthodologie rigoureuse, les chercheurs ont mesuré trois dimensions de l’empathie :
  1. Cognitive : comprendre les émotions des autres.
  2. Affective : ressentir les émotions d’autrui.
  3. Comportementale : intentions d’aider ou de soutenir.

Cette étude met en lumière l’importance des écoles maternelles ayant des enseignements axées sur la nature et les animaux dans le développement de l’empathie chez les jeunes enfants.

En favorisant des interactions directes, ces écoles offrent un cadre enrichissant pour cultiver l’empathie, essentielle pour une société plus bienveillante et durable.


Le sentiment de connexion à la nature : déterminant principal de l’intention comportementale de protéger les animaux par Perrine Aubert-Botteron2

L’équilibre naturel régnant au sein de la biodiversité et des écosystèmes, est bouleversé par les nombreuses activités anthropiques. Ces actions contribuent à l’extinction de nombreuses espèces animales. Aux antipodes de ces effets, certains préfèrent adopter des comportements pour minimiser les influences de leurs agissements sur ce monde naturel. Et pourtant, ce lien qui nous unit avec la nature reste encore aujourd’hui encore trop peu développé et reconnu.

La connexion avec la nature est un concept étudiant l’importance du lien qu’entretient l’Homme avec la nature. L’interaction avec l’environnement qui nous entoure est de plus en plus recherchée aujourd’hui car il est source de bien-être.

Et qu’en est-il de la place de la faune dans ces questions de protection et de liens ? Sont-ils eux aussi au centre des préoccupations ? Bien que la conservation des animaux soit l’objet d’intérêt d’une
faible quantité de personnes (Burgat, 1997). Il ne faut pas oublier que ces derniers sont eux aussi en danger. Actuellement plongé dans la sixième extinction de masse, l’intérêt pour les espèces animales et leurs survies devient primordial.

Les animaux sont en première ligne et subissent les contrecoups des activités anthropiques.

L’intention de la protection animale est encore trop peu présente au sein de nos sociétés. Est-ce un manque d’informations ? Un manque de motivation ? Pour protéger la faune, il faut d’abord comprendre ce que ces derniers ressentent. Pour évaluer ce que les gens ressentent envers les animaux, il faut s’intéresser à la notion d’empathie. Concept d’abord étudié à l’échelle anthropique, son champ de recherche s’est étendu lorsque l’on a commencé à s’intéresser aux ressentis de l’Homme pour les animaux.

L’empathie est une disposition psychique visant à se mettre à la place de l’autre afin de comprendre ce qu’il ressent (Berthoz & Jorland, 2004). La littérature expose un lien entre les comportements pro-environnementaux et la connexion à la nature.

Dette étude s’intéresse aux facteurs pouvant déterminer une intention de protéger les animaux. C’est pourquoi la première partie du cadre de la littérature portera sur les comportements pro-environnementaux, la seconde partie la connexion à la nature. Enfin, l’étude se termine par ce lien spécifique entre l’homme et les animaux, qui est au cœur de l’étude : l’empathie envers les espèces animales, puis la protection envers les animaux.


  1. Ernst, Julie, Claire Curran, and Leah Budnik. 2022. « Investigating the Impact of Preschool Type on Young Children’s Empathy » Sustainability 14, no. 15: 9320. ↩︎
  2. Perrine Aubert-Botteron. Le sentiment de connexion à la nature : déterminant principal de l’intention
    comportementale de protéger les animaux. Psychologie. 2022. dumas-03713365 ↩︎

« Empathie », le film anti-barbaque recommandé par PETA France

Combien y a-t-il d’espèces vivant sur Terre ? 

Combien y a-t-il d’espèces sur Terre ? Une question simple à laquelle il est difficile de répondre et qui occupe les naturalistes depuis des siècles, nous rappelle Maxime Pauwels (Université de Lille), spécialiste en écologie des populations. Une interrogation pour évaluer l’incroyable diversité du vivant et prendre la mesure de son déclin. L’ethnobiologiste Meredith Root-Bernstein (MNHN) sonde la façon dont les animaux se perçoivent les uns les autres et s’est intéressée aux amitiés interespèces.

Plus de 2 millions d’espèces vivantes ont été recensées depuis le XVIe siècle. SarahVan/Shutterstock

Combien y a-t-il d’espèces sur la planète ? La réponse n’est pas si simple

Maxime Pauwels, Université de Lille

Pour prendre la mesure de la diversité du vivant, mais aussi de la perte de biodiversité, connaître le nombre d’espèces qu’il y a sur notre planète semble crucial. Mais répondre à cette question est bien plus compliqué qu’il n’y paraît.


Après les nombreuses expéditions naturalistes, qui, du XVIe au XIXe siècle, ont parcouru la planète à la découverte de l’extraordinaire diversité des espèces qui l’habitent, la question du nombre exact d’espèces existant sur la planète semblait secondaire. Mais depuis le début du XXIe siècle, avec l’accélération des effets délétères des activités humaines sur l’environnement, et la prise de conscience d’un déclin de la biodiversité, elle est de nouveau discutée. Sur une Terre malade, où les espèces disparaîtraient à un taux trop important, connaître exactement le nombre d’espèces présentes à la surface de la planète, c’est comme se donner les moyens d’une prise de la température planétaire. Et préciser à quelle ampleur et à quelle vitesse ce nombre varie, c’est comme évaluer la gravité d’un symptôme de la crise écologique. Suivre le nombre exact d’espèces sur la planète est pourtant un défi à plus d’un titre

Un défi de taille : lister des millions voire des milliards d’espèces

Carl von Linné. National Portrait Gallery

Au XVIIIe siècle, le naturaliste suédois Carl von Linné invente la taxonomie : la science qui décrit et classe la diversité du vivant en groupes (les taxons) et leur donne un nom. La classification est hiérarchique, et l’unité la plus petite est l’espèce. Dans ses ouvrages célèbres Systema naturae et Species plantarum, Linné classe et nomme environ 12 000 espèces d’animaux et de plantes. Un travail exhaustif sur toutes les espèces connues de l’époque qui était alors réalisable par un seul auteur, même si les historiens nous rappellent qu’il était aidé.

Au début du XXe siècle, l’expédition naturaliste Santo 2006 ouvre le programme de redécouverte de la nature « La planète revisitée » porté par le Muséum national d’histoire naturelle. Objectif : faire l’inventaire exhaustif de la diversité en espèces dans plusieurs régions du monde. L’expédition revient de l’île d’Espiritu Santo, seulement 4 000 km2 de superficie dans l’archipel de Vanuatu dans l’océan Pacifique, avec un inventaire de déjà environ 10 000 espèces. Presque autant que Linné ! Et il aura fallu plus de 150 scientifiques du monde entier, avec l’aide de 100 personnels de soutien et accompagnateurs, séjournant cinq mois sur l’île, pour y parvenir.

L’arboglisseur, un aérostat conçu pour accéder à la canopée, a été utilisé par Pro-Natura pour recenser la biodiversité des forêts tropicales, notamment à l’occasion de l’expédition scientifique sur l’île d’Espiritu Santo (Vanuatu), en 2006.

Le nombre total d’espèces connues a en effet largement augmenté. En 2024, la liste de toutes les espèces connues compte 2 153 938 espèces. Ce sont majoritairement des animaux invertébrés, avec 1 489 932 espèces, dont majoritairement des insectes avec 1 053 578 espèces. Les animaux vertébrés comptent (seulement) 75 923 espèces, les végétaux 425 679 espèces, les champignons 157 648 espèces. Les compter toutes est devenu un défi, nécessitant un travail forcément collectif, impliquant des spécialistes des différentes catégories.

Cette liste mondiale, qui témoigne déjà de l’extraordinaire diversité des espèces, est pourtant incomplète : de l’avis général, une part importante des espèces peuplant la biosphère est toujours inconnue. Il en existerait beaucoup plus. Les estimations récentes du nombre total d’espèces existantes oscillent entre 8 millions et plusieurs milliards. Ainsi, les espèces d’invertébrés existantes seraient 3 à 100 fois plus nombreuses que celles déjà décrites ! Il pourrait exister près de 4 millions d’espèces de champignons ! Alors qu’on connaît aujourd’hui de 10 000 à 30 000 espèces de bactéries, elles seraient des milliards ! Mais comment faire pour toutes les répertorier ?

Un défi pratique : identifier et compter les espèces que l’on n’a encore jamais vues

La méthode classique pour découvrir des espèces nouvelles lors des inventaires naturalistes, inspirée par Linné, est basée sur l’observation directe : sur le terrain, des individus sont récoltés, décrits et classés en fonction de leurs caractères morphologiques. Si la description est inédite, une espèce nouvelle est créée et nommée et sa description est publiée en référence à un spécimen type conservé en muséum. Cela demande donc un travail considérable pour ajouter une seule espèce à la liste des espèces connues. Étant donné l’écart entre le nombre des espèces connues et celui des espèces existantes, il est clair que cette approche ne suffira pas pour le compléter.

Mais deux méthodes modernes permettent d’avancer à plus grands pas.

L’une permet d’identifier les espèces sans les voir. Avec les outils de la biologie moléculaire, il est possible de compter les espèces à partir des traces ADN qu’elles laissent dans leurs habitats. C’est ce qu’on appelle l’ADN environnemental. Basée sur le séquençage de l’ensemble des fragments d’ADN que l’on trouve dans un environnement donné, cette technique, dite de barcoding, consiste à utiliser les différences génétiques entre espèces. Chaque séquence détectée à partir de l’ADN environnemental est associée à la présence d’une espèce, qu’elle soit déjà décrite ou pas.

L’autre consiste à extrapoler les connaissances déjà disponibles sur la biodiversité pour estimer un nombre d’espèces total. Certains auteurs suggèrent par exemple d’utiliser le nombre de groupes connus à des niveaux taxonomiques supérieurs à l’espèce pour estimer un nombre total d’espèces. Ainsi, si l’on connaît les nombres de classes (exemple, les mammifères), d’ordres (exemple, les Carnivores), de familles (exemple, les Canidés), et de genre (exemple Canis) d’animaux, on doit pouvoir estimer un nombre d’espèces d’animaux. D’autres auteurs suggèrent de faire l’hypothèse que toute espèce animale connue est l’hôte exclusif d’un nombre moyen de parasites ou de symbiontes animaux, inconnus, pour estimer un nombre total d’espèces animales de parasites ou de symbiontes.

Ces méthodes semblent adéquates pour mieux compter les espèces sur la planète… tant qu’on ne s’interroge pas sur ce qu’est une espèce ! Et là le problème se corse !


Visuel d’illustration de la newsletter Ici la Terre représentant la planète Terre sur un fond bleu

Abonnez-vous dès aujourd’hui.

Pour suivre au plus près les questions environnementales, retrouvez chaque jeudi notre newsletter thématique « Ici la Terre ».


Un défi théorique : finalement qu’est-ce qu’une espèce ?

Pour compter des fruits et des légumes, il faut d’abord savoir ce qu’est un fruit ou un légume. Et cela ne va pas toujours de soi. La tomate, par exemple, est un fruit pour les botanistes, un légume pour les cuisiniers. Le problème est plus complexe encore pour les espèces. Que compte-t-on exactement ? Le concept d’espèce relève en effet d’une vision idéologique de l’organisation du monde vivant. Il suggère l’existence d’unités bien séparées, les espèces… qu’il est finalement bien difficile de définir.

Dans l’approche naturaliste classique, ce sont les différences visuelles qui permettent de distinguer une espèce d’une autre. Cette approche adhère au concept dit « morphologique » de l’espèce. Soit, mais à partir de quel niveau de différence morphologique peut-on conclure que des individus appartiennent à des espèces différentes ? Il n’y a pas de règles.

En comparaison, le concept « biologique » de l’espèce met l’accent sur l’intégrité génétique de groupes d’individus entre lesquels les échanges génétiques sont empêchés par des barrières à la reproduction sexuée. Soit, mais faudrait-il toujours observer les résultats de croisements pour conclure que des individus appartiennent à des espèces différentes ? C’est bien entendu impossible lors d’expéditions naturalistes, quand les cas indécis se présentent par dizaines, voire plus.

Le concept « évolutif » envisage les espèces comme des entités évoluant séparément les unes des autres. D’après ce concept, une espèce est une lignée généalogique parents-descendants isolée d’autres lignées du même type. Ce qui se passe dans une lignée est indépendant de ce qui se passe dans les autres. C’est le concept le plus inclusif. Soit, mais comment le teste-t-on, notamment quand on ne connaît pas l’histoire des individus de la génération actuelle ? En passant par des études génétiques, couteuses et parfois difficiles à mettre en œuvre.

Ces concepts concurrents divisent la communauté scientifique. Pour les biologistes de terrain, les concepts biologique et évolutif, trop théoriques, sont inopérants. Pour les microbiologistes, intéressés par des organismes unicellulaires qui ne présentent que très peu de caractères visibles (même au microscope), mais qui échangent du matériel génétique par conjugaison bactérienne, les concepts morphologique et biologique sont inadaptés.

Ces concepts sont généralement compatibles : des groupes génétiquement isolés devraient évoluer indépendamment et diverger morphologiquement. Mais des exceptions soulignent leur incomplétude. On connaît par exemple des couples d’espèces, dites cryptiques, qui sont morphologiquement indiscernables mais qui évoluent indépendamment. En France, on a ainsi récemment découvert qu’il existait deux espèces cryptiques de taupes : la taupe d’Europe, que l’on pensait autrefois seule et répartie sur toute la France et en Europe, et la taupe aquitaine, qui a finalement été reconnue comme une autre espèce, au sud et à l’ouest de la Loire.

Maxime Pauwels, Enseignant-chercheur en écologie et évolution, Université de Lille

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.


À ce jour, environ 2 millions d’espèces ont été inventoriées mais on estime qu’il en existe entre 8 et 20 millions !

Muséum national d’Histoire naturelle
Arbre du vivant d’aujourd’hui. Cette figure est une phylogénie : elle montre des degrés relatifs de cousinage. Ainsi, l’araignée est plus apparentée au crabe qu’à l’escargot, et le crocodile est plus apparenté à la mésange qu’au lézard. Quelques dates sont signalées à l’aide de lettres pour fournir une idée de la chronologie de l’apparition des caractères qui définissent les branches. © MNHN – G. Lecointre, J.-F. Dejouannet, repris par l’AFDEC

Langur gris touffu (Semnopithecus priam) caressant un écureuil géant (Ratufa macroura) dans le parc national de Yala au Sri Lanka. Senthi Aathavan Senthilverl/Wikimedia, CC BY

Qu’est-ce que les amitiés entre animaux nous enseignent sur l’idée d’espèce ?

Meredith Root-Bernstein, Muséum national d’histoire naturelle (MNHN)

Qu’est-ce qu’une espèce ? par Meredith Root-Bernstein, éditions Humensciences.

Qu’est-ce qu’une espèce ? En s’attaquant à cette question bien plus ardue qu’il n’y paraît, l’ethnobiologiste et écologue Meredith Root-Bernstein développe dans son livre de nombreuses réflexions sur cette notion qui touche autant à la taxonomie scientifique qu’aux cultures auxquelles nous appartenons et à nos visions du vivant. Elle y interroge notamment la variation des classifications établies dans les différentes langues, l’évolution de la notion d’espèce avec les avancées scientifiques, la façon dont ces classifications influent la protection du vivant. Voici un extrait du chapitre consacré à la question de la distinction des espèces entre elles, où Meredith Root-Bernstein s’attarde sur les cas d’amitié interespèce.


La journaliste scientifique américaine Jennifer Holland a recueilli une centaine d’histoires d’amitié entre des animaux d’espèces différentes. Beaucoup de ces histoires lient deux animaux orphelins, qui deviennent amis pour la vie dans un centre de soins. Parfois, vous pouvez vous demander si les animaux ne se trompent pas : un capybara ressemble un peu à un cheval miniature… Est-ce qu’ils pensent être de la même espèce ? Mais force est de constater que les différences physiques majeures ne semblent pas avoir d’importance.

Des histoires d’amitié entre hamster et serpent, tortue et chiot

Personnellement, je préfère les histoires avec les reptiles, peut-être car nous n’imaginons pas qu’un reptile puisse former un lien affectif. Une tortue sillonnée (Centrochelys sulcata) appelée Crouton, négligée par ses propriétaires et se retrouvant dans un refuge animal, a rencontré un groupe de chiots dogues de Bordeaux. Elle a commencé à se mettre au milieu d’eux, probablement attirée au début par leur chaleur, même si elle avait sa propre couverture électrique où elle pouvait se chauffer tranquillement.

Avec le temps, elle s’est liée à un chiot en particulier, Guppy, et tous deux se blottissaient l’un contre l’autre, restant amis pour la vie. Un serpent japonais (Elaphe climacophora) dans un zoo refusait de manger car son métabolisme était faible. Son soigneur, voulant le tenter, a mis un hamster du Daghestan (Mesocricetus raddei) dans son enclos. Non seulement le serpent ne l’a pas mangé, mais il l’a laissé monter sur lui en le poussant à s’enfoncer dans ses anneaux, et a suffisamment gagné sa confiance pour qu’ils dorment ensemble. Ils se frottaient le visage ou le hamster mettait ses petites pattes sur le serpent. Ils ont continué à vivre ensemble et le serpent ne l’a jamais mangé, acceptant plutôt un régime de rongeurs morts. Ce serpent n’était pas né en captivité et savait donc sûrement manger des animaux vivants. Ce n’est pas l’unique exemple d’un prédateur qui devient ami ou prend soin d’une proie qu’il rencontre quand il n’a pas faim.

La plupart des histoires de ce type entre deux animaux non humains surviennent en captivité. Mais cela ne veut pas dire que ce n’est pas naturel ou que cela ne peut pas nous renseigner sur le comportement naturel des animaux. En captivité, les probabilités que la relation soit observée et documentée sont beaucoup plus élevées, ce qui crée une distorsion dans les rapports. De plus, en captivité, l’opportunité de rester ensemble est garantie. Dans la nature, un hamster qui n’est pas mangé va probablement s’enfuir et les chances qu’une tortue reste amie avec un chiot peuvent être moindres car le chiot pourrait changer de territoire. Pourtant, ces événements peuvent arriver dans la nature.


Visuel d’illustration de la newsletter Ici la Terre représentant la planète Terre sur un fond bleu

Abonnez-vous dès aujourd’hui.

Pour suivre au plus près les questions environnementales, retrouvez chaque jeudi notre newsletter thématique « Ici la Terre ».


Que peut-on observer chez des animaux en liberté ?

Chez les cétacés, les dauphins communs à bec court (Delphinus delphis), les grands dauphins (Tursiops truncatus), les dauphins à bosse de l’océan Indien (Sousa plumbea), les dauphins à bosse du Pacifique (Sousa chinensis) et les orques (Orcinus orca) ont tous été observés adoptant et prenant soin de bébés cétacés d’autres espèces. En 2019, des scientifiques ont observé un grand dauphin femelle allaitant son propre petit ainsi que le petit d’un dauphin d’Électre (Peponocephala electra) en même temps. En 2022, une autre équipe a vu un dauphin à bosse de l’océan Indien femelle allaitant un grand dauphin de l’océan Indien bébé (Tursiops aduncus) à une occasion, et un dauphin commun à bec court bébé à une autre. En 2023, une orque femelle a été observée « portant » un [autre cétacé, un] globicéphale commun bébé (Globicephala melas) dans l’eau, c’est-à-dire le laissant nager à côté d’elle, là où la résistance de l’eau est réduite pour le bébé tandis que cela augmente l’effort de l’adulte. Dans ce cas, l’individu se comportant comme une mère ne semblait pas être allaitante, et le bébé a disparu quelques jours après.

Les animaux terrestres vivent en société aussi. Dans sa forme la plus simple, beaucoup de grands herbivores, par exemple des antilopes, broutent ensemble, de nombreuses espèces d’oiseaux s’associent pour se nourrir et, dans certains cas, les oiseaux s’associent avec les grands herbivores. Par exemple, les autruches s’associent aux gazelles en Afrique, et les nandous avec les [lamas] guanacos en Amérique du Sud. Une des raisons de ces associations est que les espèces peuvent partager la tâche de surveillance des prédateurs et comprennent les cris d’alarme de chacune.

Dans d’autres cas, les oiseaux s’associent avec des mammifères pour manger des proies qu’ils perturbent ou qu’ils laissent s’échapper. Le choucador de Meves (Lamprotornis mevesii) suit les éléphants en Afrique du Sud, attrapant les insectes perturbés par leur passage. Les grives de Gurny (Geokichla gurneyi, Cercotrichas signata et Cossipha spp.) assistent les rats-taupes (Cryptomys spp.) pour manger des insectes que ces derniers perturbent en cherchant des racines. Une grive peut passer une journée entière auprès d’un rat-taupe qui cherche à manger.

Il y a aussi des animaux qui chassent en collaborant, comme le blaireau d’Amérique (Taxidea taxus) et le coyote (Canis latrans), qui peuvent chasser par deux ou en groupe. Les blaireaux déterrent les proies et les coyotes les chassent. Dans une vidéo que vous pouvez trouver sur Internet, le coyote s’incline vers le blaireau dans une invitation au jeu, et saute à côté joyeusement. Il n’est pas certain que le blaireau comprenne le langage corporel canin, car il continue avec la même mine sérieuse et concentrée. Des vidéos montrent aussi des exemples d’agressions entre blaireaux ou entre un blaireau et un coyote, donc il y a un intérêt pour le coyote à tenter de maintenir une ambiance plutôt plaisante.

« Pourquoi les coyotes et les blaireaux collaborent ? », une vidéo du média français Brut, février 2020.

Colocataires de terrier

Il y a aussi beaucoup de cas d’animaux qui partagent les mêmes terriers. Par exemple, pendant ma thèse de doctorat sur le [rongeur] dègue du Chili (Octodon degus), qui vit en colonies dans des terriers, j’ai demandé à mes collègues de me fournir une liste de tous les animaux qu’ils avaient vus vivant ou cherchant l’abri dans les terriers des dègues. La liste incluait d’autres petits mammifères, la chevêche des terriers (Athene cunicularia) et le tourco à moustaches (Pteroptochos megapodius), des insectes et des mygales, des lézards dont Callopistes maculatus et des serpents. Je me suis souvent demandé comment ça se passe avec les serpents : ils ne mangent sûrement pas les autres hôtes du terrier, mais que se passe-t-il au-dehors ? Est-ce que le serpent reconnaît et évite de manger ses colocataires ?

Ce n’est pas du tout un cas unique. Une étude menée au nord de l’Inde montre que plusieurs animaux vivent dans les terriers des porcs-épics indiens (Hystrix indica), comme des chacals dorés (Canis aureus), des renards (Vulpes spp), des hyènes rayées (Hyaena hyaena), des chats des marais (Felis chaus), des lièvres (Lepus spp), des chauves-souris, des crapauds et des pythons indiens (Python molurus).

Les chercheurs et chercheuses se sont concentrées sur les porcs-épics, les chacals et les pythons. Ces espèces peuvent se croiser dans le terrier de manière non agressive, en laissant les autres entrer ou sortir et en faisant de la place mais sans interaction. Les menaces s’expriment dans le langage corporel de chaque espèce : « mouvements agités, contacts visuels, exhibition des canines et grognements (dans le cas des chacals), cliquetis et agitation des épines (dans le cas des porcs-épics), ou sifflements, souffles et frottements du corps (dans le cas des pythons) », d’après les travaux de l’équipe d’Aditi Mukherjee. En dépit de ces différents langages, il semble que les colocataires se comprennent, évitant l’agression physique dans la grande majorité des cas. Les scientifiques ont étudié dix cas d’interactions, toutes de menace, entre les chacals et les porcs-épics, et vingt-deux interactions entre chacals et pythons, dont la moitié était non agressive mais dont deux ont conduit à la morsure (les observations se font depuis l’entrée du terrier, à l’extérieur).

Les chacals avaient tendance à expulser les porcs-épics et les pythons s’ils ne s’entendaient pas. En revanche, les pythons et les porcs-épics se tolèrent, car les porcs-épics sont plus actifs à l’aube et au crépuscule, alors que les pythons sont plus actifs au milieu de la journée, et probablement à cause du fait qu’ils occupent les terriers des porcs-épics pendant une période de l’année où ils ne mangent pas. Les pythons laissent-ils les porcs-épics se blottir contre eux pendant la nuit ? Je ne crois pas que nous ayons mené les observations nécessaires pour le savoir. Mais si cela peut arriver dans un enclos entre un hamster et un serpent qui n’a pas faim, pourquoi pas dans un terrier entre un porc-épic et un python à jeun ?

Quid des liens entre animaux sauvages et humains ?

Quand j’étais enfant, je me rappelle avoir lu une histoire, que je pensais vraie (mais qui est en réalité fictionnelle), d’un enfant du XIXème siècle vivant dans une propriété coloniale dans la prairie, qui se perdait et vivait durant une année entière avec une famille de blaireaux d’Amérique dans leur terrier. Il existe beaucoup d’histoires similaires, certaines connues pour être fausses, et dont il est très difficile de vérifier les détails de manière générale. Il n’existe pas de rapport indépendant et scientifique du contexte ou de l’adoption ou de soins entre l’enfant humain et les animaux qui l’auraient aidé.

Les livres de Jennifer Holland présentent des cas avérés de liens affectifs, avec des comportements d’amitié et de soins mutuels entre des animaux (non domestiques) et des humains et humaines. Il y a aussi de nombreuses vidéos, circulant sur les réseaux sociaux et qu’il n’est pas possible de vérifier, dans lesquelles des animaux aquatiques et terrestres sollicitent de l’aide auprès des humains et humaines (qui d’abord ne les comprennent pas) pour leur enlever des hameçons, démêler les filets de pêche ou retirer les faons et cerfs des filets de buts de football et des clôtures en fil de fer. Si certaines de ces vidéos sont filmées et montées d’une manière qui pose question, je ne crois pas que la totalité de ces histoires soit fausse. Parfois, je me demande si nous sommes connus et connues chez certaines espèces comme « les êtres avec les doigts » ou « ceux avec les ciseaux ». À mon avis, penser que ces histoires d’amitié, de soin et d’aide entre des êtres humains et d’autres espèces sont essentiellement impossibles va à l’encontre de l’évidence des interactions interspécifiques en général.

Quand un hamster se blottit contre un serpent, quand un dauphin allaite le bébé d’une autre espèce ou quand une antilope attend le cri d’alarme de son compagnon oiseau, ils sont en train de traiter l’autre comme s’ils étaient de la même espèce. Ce que je veux montrer ici, c’est qu’ils adoptent des comportements qui gèrent des relations sociales, et pas les interactions de prédateur-proie, l’évitement ou la pure indifférence. Il y a donc des contextes où des espèces considèrent d’autres espèces, en dépit de leurs différences évidentes, comme si elles étaient dans le même groupe social, classées dans la catégorie « la société à laquelle j’appartiens ».

Meredith Root-Bernstein, CR CNRS en ethnobiologie, ecologie, éthologie, Muséum national d’histoire naturelle (MNHN)

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

Veganuary 2025 : c’est le mois de janvier pour tester le véganisme

Depuis sa création en 2014, Veganuary a inspiré et aidé des millions de personnes dans le monde à tester l’alimentation végétale. Des entreprises développent de nouvelles options vegan dans leurs magasins et restaurants. Veganuary 2025, et si c’était le mois de janvier pour tester le véganisme et rejoindre la révolution végétale ? Deliveroo décrypte l’évolution du véganisme en France après 6 ans d’observation.

Veganuary, contraction de « vegan » et « january », est un défi mondial qui a accompagné plus de 2 millions de personnes à manger vegan pendant 1 mois. Né il y a 10 ans au Royaume-Uni, ce challenge est relayé en France par L214.

Des animations ou des stands de dégustation ont lieu dans toute la France en janvier, trouvez celle proche de chez vous 

3 bonnes raisons de relever le challenge du Veganuary

  • 1 – Pour les animaux : Rien qu’en France, 3 millions d’animaux terrestres sont tués chaque jour pour notre consommation ! Imagine le nombre d’animaux épargnés si tout le monde relevait le défi ne serait-ce que pendant un mois ?
  • 2 – Pour l’environnement : Diminuer ou arrêter sa consommation de produits d’origine animale est l’écogeste le plus efficace pour lutter contre le changement climatique : il représente à lui seul 40% de l’impact total atteignable par des gestes individuels.
  • 3 – Pour la santé : Manger vegan diminue le risque de développer un diabète de type 2, une maladie cardiovasculaire ou un cancer colorectal et participe également directement à réduire l’antibiorésistance et les risques de pandémies.
L’impact de la viande sur les humains, les animaux et l’environnement. L’élevage accentue l’effet de serre et la déforestation

Climat : la solution est dans nos assiettes !

Parce que les animaux sont des êtres sensibles, ils ne devraient pas être considérés comme de la nourriture. Heureusement, nous sommes de plus en plus nombreux à refuser de les manger !

Une alimentation végétalienne équilibrée est bonne pour la santé et convient à tous les âges de la vie.

Modifier ses habitudes alimentaires et devenir vegan pour peser moins lourd sur la planète.

En 2019, dans un rapport consacré à l’utilisation des terres agricoles et à l’alimentation, le GIEC a comparé les réductions d’émissions de gaz à effet de serre que pourrait permettre l’adoption de différents régimes alimentaires. L’alimentation vegan (à 100 % d’origine végétale) est celle qui permettrait de réduire le plus les émissions de GES liées à l’alimentation. Arrivent ensuite le régime végétarien (viande ou poisson seulement une fois par mois selon les critères retenus pour cette étude) et le régime flexitarien (réduction des produits d’origine animale).

Manger végétarien est l’écogeste le plus efficace : 6 fois plus puissant que manger bio et local pour réduire ses émissions de GES

Devenir vegan. Animaux, environnement, santé, humains : 4 bonnes raisons de faire le choix vegan !

Deliveroo décrypte l’évolution du véganisme en France après 6 ans d’observation

Introduit en France en 2019, Veganuary est, à l’origine, conçu pour encourager les participants à essayer une alimentation 100% végétale tout au long du mois de janvier. Cette tendance s’impose aujourd’hui comme un véritable mode de vie répondant aux préoccupations environnementales, éthiques et de santé. Pour la sixième année consécutive, Deliveroo et Yougov dévoilent les résultats d’une étude sur l’évolution du véganisme en France et offrent un éclairage sur ses tendances1.

Une perception qui évolue  

La démocratisation des produits végétaux, un meilleur accès à l’information et une sensibilisation accrue aux préoccupations environnementales et éthiques jouent un rôle central dans la déconstruction des stéréotypes. Aujourd’hui, 29% des Français se disent plus ouverts à tester des alternatives végétales, qu’il s’agisse de simples essais ou d’une adoption plus durable, les motivations sont les mêmes : une meilleure santé (48%), pour défendre la cause animale (46%), ou encore pour des raisons environnementales (40%), reflet d’une prise de conscience collective face aux enjeux sociétaux.

Cependant, certaines positions continuent d’être marquées : 50 % des sondés pensent encore que les vegans souffrent de carences nutritionnelles, 45 % les associent à des écologistes extrêmes, 43 % estiment qu’ils mangent souvent la même chose, et 39 % les perçoivent comme privilégiés ou aisés.

Bien que ces positions soient encore présentes, elles s’atténuent progressivement grâce à l’évolution des mentalités et à la visibilité croissante du véganisme, portée par des initiatives visant à sensibiliser les Français aux bienfaits du véganisme, aux bons apports, au respect de l’environnement, à la cause animale, dans le but de démocratiser ce mode de vie. 

La démocratisation des alternatives végétales

Entre 2022 et 2024, l’intérêt pour les alternatives végétales a connu une nette progression, avec une augmentation de 14 % des personnes prêtes à tester ces alternatives. 

En 2024, près d’un Français sur deux se dit prêt à essayer des alternatives végétales dans son alimentation, motivé principalement par l’envie de goûter quelque chose de nouveau (pour 36 % des sondés) ou pour évaluer si ces alternatives valent le coup d’être consommées dans leur quotidien (30 %).  

Parmi ceux ouverts à tenter l’expérience du veganuary, 57% ont expérimenté des plats naturellement vegans, comme le taboulé ou le houmous, 31% ont goûté des substituts de viande, et 30 % ont goûté des versions végans de leurs plats habituels (sushis, lasagnes, gyozas, etc.). 

La popularité croissante du véganisme s’explique par l’évolution des mentalités et la démocratisation des options végétales. Autrefois restreintes à des choix perçus comme limités (salades, quinoa, légumes), les alternatives « veggie » se sont considérablement diversifiées et modernisées. 

L’avènement du digital, et en particulier des réseaux sociaux comme Instagram et TikTok, a joué un rôle clé dans cette transformation. Des influenceurs et créateurs de contenu partagent désormais des recettes vegan attractives, rendant ces plats plus accessibles et désirables.  

Parallèlement, les restaurants et commerces s’adaptent en étoffant leurs offres. Sur l’application Deliveroo, l’offre de plats vegans a augmenté de manière significative entre 2021 et 2024, avec une croissance globale de 34%. À l’échelle locale, certaines villes se démarquent par de nettes progressions : Nantes enregistre une hausse de 84%, suivie de Lyon avec +34,7%, Paris avec +33,2%, Aix-en-Provence avec +23,1% et Strasbourg avec +16,3%.

Aujourd’hui, 40 % des sondés déclarent que les produits vegans sont plus simples à trouver.

La démocratisation du véganisme :
un mouvement porté par les jeunes générations

En France, la tendance vegan s’impose comme un véritable marqueur générationnel et social, avec une progression notable de +48 % d’adeptes parmi les 18-34 ans entre 2023 et 2024.

De plus en plus engagés, 61% des jeunes vegans sondés déclarent suivre un régime vegan depuis peu (moins de six mois), principalement pour des raisons environnementales, de goût, dans le but d’accompagner la décision d’un proche ou pour protéger la vie animale. 

Par ailleurs, lorsque ces derniers ne sont pas vegans, ils se disent prêts à franchir le pas et à adopter une alimentation vegan pendant un mois (42% en 2024 vs 38% en 2023 et 37% en 2022), motivés par les mêmes raisons : 39 % pour des enjeux environnementaux et 35 % pour la protection animale

Porte-drapeaux de ce mouvement, les jeunes Français considèrent le véganisme comme un moyen d’action concret face aux défis sociétaux actuels.

Si cette initiative séduit les jeunes, elle trouve moins d’écho auprès des générations plus âgées : seuls 28 % des 45-54 ans, 36% des 35-44 ans et 27% de l’ensemble des Français (vs 32% en 2023) se disent prêts à adopter une alimentation vegan pendant un mois. 

Les plats vegans les plus en vogue sur l’app 

  1. Le Pita falafel vegan de Mezzencore à Paris
  2. Le Kebab vegan de chez Végéman à Strasbourg
  3. L’Açai Bowl de Wild & The Moon à Paris
  4. Les Gyozas de Bloom à Paris
  5. Le Green Vegan bowl de chez Joe & The Juice à Paris
  6. Lobaye vegan de Kuti – Afro street food à Paris
  7. Le sandwich Falafel de chez Le Sultan à Strasbourg
  8. Le Pad Thai légumes vegan de chez The Crying Tiger à Paris
  9. Les Vegan nuggets de chez Green Farmer’s à Paris
  10. Le vegan fried tofu hot pepper de chez K-Town Street Food à Paris 

À propos de Deliveroo

Deliveroo est une entreprise fondée en 2013 par William Shu et Greg Orlowski.

Collaborant avec plus de 181 000 restaurants et commerces et près de 135 000 livreurs partenaires, afin de proposer la meilleure expérience de livraison de repas et de courses en ligne au monde.

L’entreprise, dont le siège est situé à Londres, dispose de bureaux à l’international et opère dans 10 marchés, dont la Belgique, les Émirats Arabes Unis, la France, Hong Kong, l’Italie, l’Irlande, le Koweït, le Qatar, le Royaume-Uni, et Singapour. 



  1. L’enquête a été réalisée sur 1016 personnes représentatives de la population nationale française âgées de 18 ans et plus. Le sondage a été effectué en ligne, sur le panel propriétaire YouGov France, du 15 au 17 novembre 2024. ↩︎

Commencez le Veganuary pour les animaux – et poursuivez dans cette voie !

Devenir végan pendant un mois permet de préserver la vie d’environ 16 animaux, mais devenir végan pour toujours signifie épargner près de 200 animaux par an, chaque année. Il y a de quoi se réjouir !

Rejoignez le défi de manger végan pendant tout un moisinscrivez-vous gratuitement et PETA France vous enverra des courriels pour vous aider à faire vos premiers pas dans cette nouvelle alimentation en toute facilité

Téléchargez gratuitement le « Guide du végan en herbe » de Peta France

Vous pouvez recevoir gratuitement la version numérique du Guide du végan en herbe de PETA, un guide créé pour vous aider à faire la transition vers une alimentation sans viande et produits d’origine animale. Vous y trouverez plein de conseils pratiques et d’informations, ainsi que de recettes appétissantes qui ne manqueront pas d’étonner votre entourage.

Démarrez en toute facilité votre transition vers un mode de vie végan

Comment une PME peut-elle s’engager pour préserver l’eau douce ?

Le WWF publie un livre blanc, véritable guide pratique à destination des petites et moyennes entreprises désireuses d’agir en faveur de la protection de l’eau douce. Sources d’inspiration, 9 membres du Club Entreprendre pour la Planète y livrent leurs retours d’expérience.

L’EAU, UNE RESSOURCE VITALE

Dès 2023, le WWF avait alerté sur la sous-estimation de la valeur des usages de l’eau qui représentent pourtant 60 % du PIB mondial.

L’eau est la source de toute vie. Elle alimente les écosystèmes, nourrit les populations et entre dans les processus industriels. Pourtant, les épisodes de sécheresse et d’inondation font de plus en plus fréquemment les gros titres des journaux. Les impacts sont aussi économiques.

Dès 2023, le WWF avait alerté sur la sous-estimation de la valeur des usages de l’eau qui représentent pourtant 60 % du PIB mondial. C’est dire si les impacts potentiels sur l’économie globale sont élevés. De nombreuses activités dépendent directement des prélèvements en eau. Il est donc essentiel pour elles de préserver, de sécuriser, voire de régénérer ce capital. Au cœur du tissu économique français, PME et ETI créent de l’emploi et de la valeur ajoutée. 

En France, elles sont 4 millions, représentent plus de 99,9% des entreprises et réalisent chaque année plus du tiers du chiffre d’affaires total des entreprises nationales. 36% très exactement. En interaction avec de nombreuses parties prenantes, chacune a un rôle déterminant à jouer pour la protection de la ressource en eau. Parce que ce sont les petits cours d’eau qui font les grandes rivières


H2O : l’eau, la vie et nous

En trois épisodes, cette série Arte TV présente un panorama du rôle de l’eau dans nos civilisations et des dangers qui menacent une planète de moins en moins bleue. Cette première partie remonte aux origines de son apparition sur Terre et en recense les manifestations les plus étonnantes.


FAIRE BOUGER LES LIGNES AVEC LE WWF

Un an après le lancement de l’initiative, 21 membres avaient déjà rejoint le club.
À ce jour, ils sont près de 65 !

Le WWF s’est donné pour mission de réconcilier l’humain avec la nature. En travaillant avec le monde de l’entreprise, le WWF s’efforce de faire changer les pratiques, de mobiliser des financements privés pour le climat et la biodiversité et d’obtenir des résultats concrets. Il s’agit de trouver ensemble des solutions pour faire baisser l’empreinte écologique de l’humanité et relever les défis de conservation.

Et parce que l’écologie n’est pas l’apanage des multinationales, en 2018, le WWF a lancé le Club Entreprendre pour la Planète qui rassemble des PME et ETI de tous secteurs, désireuses de contribuer à la transition écologique. L’objectif est de créer des synergies, de travailler ensemble sur la réduction des impacts et de trouver de nouvelles solutions, notamment au travers des échanges avec les autres membres qui ont les mêmes problématiques. Un an après le lancement de l’initiative, 21 membres avaient déjà rejoint le club. À ce jour, ils sont près de 65 !


Le Club Entreprendre pour la Planète

Parce que l’entreprise est à la fois le problème et la solution !


PARTAGER, TESTER, AVANCER ENSEMBLE

9 entreprises ont cherché les actions à mener, en partageant leurs propres expériences et en capitalisant sur des initiatives inspirantes.

Parce qu’il est urgent de trouver de nouvelles solutions, le WWF France offre la possibilité aux membres du Club Entreprendre pour la Planète de participer à un Do-Tank, un cycle d’ateliers de travail pour passer à l’action. Mobiliser la force de l’intelligence collective et de l’expérimentation pour mieux comprendre les enjeux et solutions, partager entre pairs les difficultés et opportunités, et réfléchir à des actions concrètes à la lumière d’initiatives inspirantes.

Dans la lignée des Do Tank qui ont porté sur l’empreinte carbone des entreprises en 2022 et sur l’empreinte biodiversité en 2023, la problématique retenue pour 2024 est celle de l’eau douce. Le WWF France a sollicité la contribution des cabinets MarkediA et Ecodecision pour animer les réflexions et développer un cadre méthodologique pertinent. 

Pendant un an, aux côtés du WWF, 9 entreprises (Aigle, Bogoods, Dune Energie, Juratoys, M2i, Maped, Sayari, TSE, Verrecchia ) ont engagé une réflexion sur les actions à mener, en partageant leurs propres expériences et en capitalisant sur des initiatives inspirantes.

Le livre blanc publié rend donc compte du travail mené avec ces acteurs et met en exergue quelques bonnes pratiques, dont chaque entreprise désireuse de s’engager en faveur de la protection de la nature pourra s’inspirer pour bâtir sa propre feuille de route.

RESSOURCE EN EAU
COMMENT LES PME ET ETI PEUVENT-ELLES GAGNER EN SOBRIÉTÉ & EN RÉSILIENCE ?

POURQUOI ET COMMENT AGIR POUR LA BIODIVERSITÉ ?

Livre Blanc Biodiversité

Si le monde économique est en partie responsable des pressions qui pèsent sur les écosystèmes, la mobilisation des entreprises est déterminante pour protéger la nature et réduire notre empreinte écologique. Ce livre blanc permet de découvrir les initiatives de neuf entreprises dédiées à la protection de la biodiversité.

COMMENT (RÉ)CONCILIER PME & CLIMAT ?

Plus de 99,8% du tissu économique français était composé de PME ?

Voilà pourquoi le WWF France a créé en 2018 le Club Entreprendre pour la Planète (Club EPP) avec pour objectif de rassembler des PME engagées, agiles et innovantes qui mettent déjà en place des solutions
concrètes, afin d’accélérer le mouvement et favoriser le partage de bonnes pratiques.

Livre Blanc Carbone

L’implication des entreprises est essentielle pour réduire les impacts et lutter contre le changement climatique. A travers ce livre blanc vous pouvez découvrir les actions de dix entreprises engagées dans la réduction de leur empreinte carbone et la promotion d’une économie plus durable.

Quel sera l’impact du changement climatique sur le coût des catastrophes naturelles pour les assurances à horizon 2050 ?

Alors que 48% des Français pensent que nous ne pourrons plus nous assurer demain, la science nous permet d’éclairer les décisions publiques pour préserver l’assurabilité. La CCR – Caisse Centrale de Réassurance publie un rapport scientifique qui rappelle l’importance d’affiner notre compréhension des risques naturels, et d’investir dans des mesures de prévention à la fois individuelles et collectives pour limiter les conséquences humaines, matérielles et financières. Allianz France, la Fondation du Risque et l’ENSAE Paris lancent une Chaire sur l’Assurabilité des Risques Émergents pour apporter un décryptage en mobilisant des approches scientifique et assurantielle.

Pour protéger l’assurabilité, améliorer la gestion du régime d’indemnisation des catastrophes naturelles et faciliter l’anticipation et la prévention des risques extrêmes, la CCR s’appuie sur des capacités de modélisation développées depuis 25 ans.

un rapport scientifique pour améliorer la connaissance, l’anticipation et la prévention des risques extrêmes et protéger l’assurabilité

L’objectif est clair : mieux comprendre l’impact des événements passés pour mieux se préparer à l’intensification de certains d’entre eux. Le renforcement de la prévention est indispensable, car il conditionne notre capacité à nous adapter et à garantir la pérennité du régime d’indemnisation des catastrophes naturelles (Cat Nat).

Les études de ce rapport reflètent la mission principale de la CCR : protéger l’assurabilité pour permettre à chacun de construire son avenir.

Ce qu’il faut retenir…

Le rapport scientifique 2024 de CCR met en lumière des avancées majeures dans la compréhension et la modélisation des risques naturels et anthropiques. Ces travaux montrent l’importance de l’innovation pour anticiper et atténuer les impacts des catastrophes sur les biens et les personnes.

  • ▻ Études sur divers risques : Les études sur les séismes, le retrait-gonflement des argiles (RGA), les inondations, les feux de forêts et les attaques terroristes de type « bombe sale » ont permis des progrès importants dans la modélisation des aléas et l’évaluation des dommages assurés.
  • ▻ Projet MUFFINS : Ce projet démontre l’importance des collaborations interdisciplinaires pour développer des approches innovantes en modélisation des inondations, en combinant des modèles hydrologiques, hydrauliques et des techniques de machine learning.
  • ▻ Estimations des coûts des catastrophes : Les travaux sur l’estimation des coûts, comme ceux concernant les inondations dans le Nord Pas-de-Calais en 2023, illustrent l’importance de la veille événementielle et de la modélisation pour fournir rapidement des estimations précises des dommages.
  • ▻ Intelligence artificielle : L’utilisation de l’IA pour le traitement des données non structurées, comme l’analyse des conditions générales d’assurance et la normalisation des adresses, a prouvé son efficacité pour améliorer la fiabilité et la reproductibilité des résultats.
  • ▻ Initiatives de prévention : L’évaluation de l’efficacité des dispositifs de prévention des catastrophes naturelles et le projet « Initiative Sécheresse » soulignent que la prévention joue un rôle clé dans la réduction des coûts des sinistres et le renforcement de la résilience des territoires.

En conclusion, les travaux de CCR présentés dans ce rapport reflètent son engagement à protéger l’assurabilité et à préparer l’avenir en développant des solutions innovantes et en renforçant la collaboration avec les acteurs de la prévention et de la gestion des risques. Ces efforts sont essentiels pour relever les défis du changement climatique et des risques émergents, tout en garantissant une couverture d’assurance solidaire et accessible à tous.


Les catastrophes naturelles en France – Chiffres clés 2023


L’Essentiel du Rapport Scientifique CCR – 2024

Emprise d’inondation du Nord-Pas-de-Calais simulée à Blendecques (62) par le modèle CCR à une résolution de 25 m à partir du cumul de précipitations observé le 03/01/2024

Le RGA, un risque silencieux à surveiller de près

Le coût des sinistres liés au retrait-gonflement des argiles (RGA) a considérablement augmenté, passant de 400 millions d’euros par an en moyenne entre 1989 et 2015 à 1 milliard par an entre 2016 et 2020. En 2022, il a atteint un record de 3,5 milliards d’euros, le plus élevé depuis la création du régime d’indemnisation des catastrophes naturelles.

Ces coûts devraient continuer à augmenter avec l’intensification des phénomènes liés au changement climatique. Plus de la moitié des maisons individuelles en France, soit environ 11 millions, sont potentiellement exposées au risque de RGA, dont 3,3 millions dans des zones à aléa fort.

Une stratégie nationale de prévention du risque RGA est devenue indispensable. CCR y contribue à travers des travaux de modélisation qui améliorent la compréhension et l’anticipation de ce risque. Elle identifie aussi des solutions de prévention et de réparation durables dans le cadre de l’Initiative Sécheresse, en partenariat avec la MRN et France Assureurs.

‍Dans ce rapport, un indicateur a été développé pour mesurer la magnitude annuelle de sécheresse, en s’appuyant sur les simulations de l’humidité du sol fournies par le modèle ISBA. Cet indicateur a été appliqué à des périodes historiques ainsi qu’à des scénarios de projection climatique, accompagnés de cartes d’aléa et de données assurantielles propres à CCR.

‍Les résultats montrent une nette augmentation des sécheresses futures causée par le changement climatique. Les projections révèlent une hausse marquée de la fréquence et de l’intensité des sécheresses favorisant le RGA, surtout sous le scénario pessimiste RCP 8.5 du GIEC.

‍Les prochaines recherches se concentreront sur la corrélation entre les magnitudes de sécheresse et les cartes de susceptibilité au RGA élaborées par le BRGM. L’objectif est de créer un nouvel indice pour quantifier le potentiel de retrait annuel. Cet indice sera comparé à une base de données de dommages assurés et pourrait être utilisé pour prédire le nombre et le montant des sinistres futurs.

Cet article présente les travaux de la thèse de Sophie Barthelemy qui est encadrée par Météo-France, le BRGM (Bureau de Recherche Géologiques et Minières) et CCR.

Améliorer la connaissance des risques émergents pouvant à terme poser des problèmes d’assurabilité 

La France est exposée à plusieurs risques émergents non couverts par le régime Cat Nat, mais qui pourraient à terme poser des défis d’assurabilité. CCR a donc lancé un programme de modélisation concernant ces risques émergents : les feux de forêts, les émeutes urbaines, la grêle et les risques cyber.

‍En 2022, l’Union Européenne a enregistré un record en termes de surfaces brûlées, avec plus du double de la moyenne observée entre 2006 et 2021, selon l’Observatoire Permanent des Catastrophes Naturelles.  

CCR a donc amélioré son modèle de feux de forêts en France, afin de mieux intégrer la variation temporelle et spatiale du vent, ainsi que l’effet de la pente sur la propagation du feu.

‍Les améliorations apportées au modèle ont permis une meilleure précision, avec une réduction des biais de surestimation. Les nouveaux modèles offrent une meilleure probabilité de détection des incendies et réduisent les fausses alertes. Cependant, les résultats restent encore en dessous du seuil de 50 % d’efficacité. L’analyse des simulations montre qu’il est nécessaire d’explorer de nouvelles pistes d’amélioration. L’intégration de la vitesse de propagation du feu semble prioritaire, car elle détermine largement la forme et la dynamique des incendies.

Estimer les conséquences d’événements précis pour faciliter le travail des assureurs

CCR a mis en place une veille événementielle pour suivre en temps réel les catastrophes naturelles relevant du régime Cat Nat. Cette veille s’appuie sur un processus permettant d’estimer rapidement les dommages assurés potentiels après une catastrophe, grâce à l’analyse des vigilances publiques, la presse, la modélisation hydrologique et hydraulique, ainsi que l’estimation des coûts des dommages.

Ces estimations sont ensuite transmises aux assureurs via un espace dédié, offrant une première évaluation des coûts de l’événement. Pour faciliter le travail des assureurs et améliorer le régime Cat Nat, CCR affine en permanence ses estimations, comme lors des inondations dans les Hauts-de-France en 2023. Le coût de ces inondations a été estimé entre 480 et 550 millions d’euros, puis révisé à 510-600 millions après une nouvelle inondation en janvier 2024. Ce suivi régulier s’inscrit dans la mission de CCR de conseil et de réassurance.

CCR améliore également ses modèles pour estimer les coûts, notamment pour les séismes. Le séisme de La Laigne a montré la difficulté d’estimer précisément les coûts peu de temps après l’événement. La comparaison des résultats des modèles avec les remontées de terrain (communes reconnues, rapport du Groupe d’Intervention Macrosismiques, sondages auprès des cédantes) a permis d’identifier les forces et les faiblesses de ces modèles. Pour ce séisme, il s’est avéré difficile de reproduire les intensités macrosismiques à plus de 15 km de l’épicentre, en particulier à cause du marais Poitevin, qui amplifie localement les ondes sismiques.‍

‍Dans cette démarche d’amélioration, CCR a intégré l’impact des répliques sismiques dans l’évaluation des pertes. En appliquant cette méthode aux bâtiments en béton armé en France, les résultats montrent que pour des intensités principales suffisamment élevées, les répliques augmentent les dommages sur les structures. Les courbes de fragilité obtenues montrent que la succession de deux séismes entraîne une hausse des dommages lorsque l’intensité est élevée.

L’étude sur la prise en compte dynamique des répliques sismiques dans l’évaluation des dommages assurés a été produite en collaboration entre Centrale Supélec, Laboratoire de Mécanique Paris-Saclay et CCR. 

L’innovation au service de la modélisation

Dans le cadre de ses activités de réassurance et de modélisation, CCR collecte des données variées auprès de ses clients. Le traitement de ces données, qu’elles soient structurées ou non, agrégées ou détaillées, est essentiel avant toute modélisation ou analyse.

Pour accélérer le traitement des données, gagner en fiabilité, et automatiser ses processus, CCR utilise de plus en plus l’intelligence artificielle. Par exemple, un projet a été mené pour analyser de façon automatique les conditions générales d’assurance, en utilisant le traitement du langage naturel (NLP). Cela permet à CCR de quantifier précisément ce qui est assuré par le marché et de disposer d’information nécessaire pour améliorer la modélisation des catastrophes naturelles.

Un deuxième exemple concerne la normalisation des adresses avant géocodage. L’utilisation du deep learning améliore la fiabilité des adresses et permet de gagner en précision de géocodage, mettant à disposition de la modélisation des données de localisation plus fiables.  Ces deux exemples se basent sur des méthodes traditionnelles d’IA pour l’extraction des connaissances. Une comparaison des performances par rapport à une approche basée sur l’IA Générative est en cours.

CCR participe également à des projets d’innovation pour mieux anticiper les coûts des événements pour ses clients. Le projet MUFFINS, par exemple, développe des approches innovantes pour modéliser les inondations. Les résultats montrent que les modèles hydrologiques et hydrauliques utilisés permettent une estimation précise des impacts des inondations. De plus, les techniques d’assimilation de données et de machine learning améliorent les prévisions et réduisent les incertitudes.

L’étude sur le projet MUFFINS a été produite en collaboration entre CCR et INRAE, UMR RECOVER, Aix-en-Provence, France. 

Mieux vaut prévenir que guérir : les bénéfices de la prévention des catastrophes naturelles

La prévention des catastrophes naturelles est essentielle pour limiter les dommages aux personnes et aux biens, et pour préserver l’assurabilité des territoires à long terme, surtout dans le contexte du changement climatique. Bien que ces investissements soient souvent invisibles, leurs impacts sont déterminants.

CCR a lancé une démarche pour mesurer l’efficacité de la prévention à l’échelle nationale. Les estimations montrent que les Plans de Prévention des Risques d’inondations (PPRi) ont permis, entre 1995 et 2018, de réduire les dommages assurés de 20 % pour les biens des particuliers et de 32 % pour les biens des professionnels. Ainsi, chaque euro investi dans ces plans de prévention rapporte environ 11 euros en dommages évités.

Les ouvrages hydrauliques de protection face aux inondations, quant à eux, génèrent en moyenne 3 euros de bénéfices pour chaque euro dépensé.

Ces exemples montrent la nécessité de poursuivre l’évaluation de l’efficacité des dispositifs de prévention existants et d’élargir l’analyse à d’autres enjeux socio-économiques, au-delà des seuls dommages assurés. Cela permettrait de mieux refléter l’importance de la prévention des risques majeurs, en particulier pour la protection des vies humaines.

Rapport scientifique complet CCR 2024


Une Chaire sur l’Assurabilité des Risques Émergents

  • Allianz France, la Fondation du Risque et l’ENSAE Paris unissent leurs expertises pour apporter un décryptage nouveau et prospectif des risques émergents en mobilisant des approches scientifique et assurantielle.
  • Ce projet de recherche pluridisciplinaire, piloté conjointement, doit contribuer à transformer le modèle assurantiel pour garantir la résilience des activités d’assurance, rendre efficace la prévention, renforcer l’accompagnement des clients et offrir au plus grand nombre un niveau de protection adapté.

Le secteur de l’assurance évolue dans un monde complexe et en constante mutation avec l’accroissement des risques climatiques, sociétaux, technologiques, sanitaires, géopolitiques…. qui peuvent être interconnectés. Rien que pour les sinistres liés au réchauffement climatique, ces derniers pourraient augmenter de 40 à 60% dans 30 ans.

Ce nouvel environnement plus incertain avec une augmentation de la fréquence et de la sévérité des événements pose la question de la résistance des mécanismes de protection et du principe de mutualisation.

Dans ce contexte, comment l’assurance, peut-elle continuer à jouer son rôle d’amortisseur social qui permet de réduire la portée des risques à toutes les étapes de la vie et tous les moments du quotidien ?

Prévention et atténuation des risques représentent un double enjeu qui met l’assurabilité au cœur des préoccupations de tous les acteurs et secteurs économiques.

Un centre d’excellence dédié à l’étude des enjeux liés aux risques émergents

La Chaire Assurabilité des Risques Émergents a pour objectifs d’explorer les risques sous toutes leurs facettes, de développer des modèles et des méthodes d’analyses quantitatives innovantes permettant d’anticiper l’évolution des risques, et d’améliorer leur couverture en phase avec les attentes et les enjeux du secteur.

Centre d’excellence, la Chaire Assurabilité des Risques Émergents réunit des experts de divers horizons, dans le domaine scientifique des mathématiques actuarielles et de l’industrie de l’assurance. Espace d’échanges et de réflexion ouvert vers l’extérieur, cette initiative favorisera la recherche interdisciplinaire, l’innovation et la diffusion des connaissances à un large public. Elle pourrait également nourrir les discussions institutionnelles sur la résilience collective face aux crises.

Réinventer le modèle assurantiel pour accompagner les clients dans la durée

Au-delà des risques climatiques liés aux catastrophes naturelles, domaine privilégié pour aborder la question de l’assurabilité, le périmètre de la chaire s’étend à l’ensemble des risques qualifiés d’émergents et leur impact sur les métiers de l’assurance dommages et responsabilité et de l’assurance de personnes.

Parce qu’un risque émergent est un événement très récent ou en évolution forte et rapide, il oblige à faire des prévisions basées sur un modèle avec un recul statistique assez faible voire qui envisage des scénarios jusqu’ici inédits. L’enjeu est donc de gérer cette incertitude pour réparer le mécanisme de mutualisation, mieux organiser le partage des risques et répondre à un besoin de protection de la société.

Pour relever ce défi, la Chaire Assurabilité des Risques Émergents est organisée en trois axes qui ont vocation à s’enrichir mutuellement :

  • 1 – Modélisation de la sévérité des événements climatiques pour obtenir une quantification du risque, ainsi que la projection de son évolution.
  • 2 – Construction de stratégies de couverture d’assurance et de répartition du risque adaptées à la situation en modélisant les comportements et les attentes de tous les acteurs du risque (assureurs, réassureurs, assurés, voire l’État dans le cas de partenariat public/privé) afin d’absorber le risque plus efficacement.
  • 3 – Prévention comme enjeu prioritaire à la fois pour freiner l’évolution des risques en agissant sur la fréquence et la sévérité et pour rendre assurables des publics qui ne le sont pas.

Les catastrophes naturelles en France – Bilan 1982-2023

La psychologie clinique face à la crise écologique, principes et outils visuels Anti-chaos devant Le grand épuisement

Une sélection de trois livres pour entrer dans la nouvelle année avec lucidité. « La psychologie clinique face à la crise écologique – Angoisses, destructivité et créativité » est un ouvrage collectif publié par In Press. « Anti-chaos – Principes et outils visuels » de Matthieu Dardaillon aux Éditions Eyrolles est un livre-boussole pour reprendre la main sur notre avenir face à la perte de sens, au sentiment d’impuissance, à l’épuisement … « Le grand épuisement » de Nelly Pons chez Actes Sud interroge notre capacité à tenir debout dans un monde qui vacille, et à résister.

BONNE APNÉE 2025 : DANS UN CONTEXTE DE DÉMONDIALISATION L’ÉCOLOGIE POPULAIRE POUR PORTER LA RÉGÉNÉRATION LOCALEMENT

La psychologie clinique face à la crise écologique : Angoisses, destructivité et créativité 

Un ouvrage collectif sous la direction de Philippe Drweski, Alexandre Sinanian, Davide Giannica et Marco Liguori avec une préface de Serge Tisseron.

La crise écologique est un enjeu majeur de notre siècle. Face à la diversité des mouvements psychiques, interactionnels et organisationnels qu’elle génère, l’apport de la psychologie clinique est primordial. Comment peut-elle nous aider à y faire face ?

L’actualité est sans équivoque : dérèglement climatique, canicules, feux de forêt, inondations, effondrement de la biodiversité… La crise écologique interroge tout autant les angoisses de perte et d’effondrement que les résistances au changement des individus et des sociétés, ou encore l’hyperconsommation et nos conduites destructrices.

Cet ouvrage met au travail ces problématiques, leurs intrications et leurs possibles dépassements :

  • À côté de l’expression médiatique d’« éco-anxiété », comment comprendre cliniquement l’objet de notre angoisse ?
  • Qu’est-ce qui, inconsciemment, nous conduit à poursuivre nos logiques destructives alors que la « maison brûle » ?
  • Quelle place faire à la transmission entre générations et au désir d’enfant, dans un contexte d’avenir incertain ?
  • À côté des fake news et du complotisme, comment penser le climato-scepticisme ?

Extrait

DIRECTEURS D’OUVRAGE :

  • Philippe Drweski est psychologue clinicien, maître de conférences à l’Université Paris Cité.
  • Alexandre Sinanian est psychologue clinicien, docteur en psychopathologie, dirigeant du cabinet Practice.
  • Davide Giannica est psychanalyste, docteur en psychologie, maître de conférences en psychologie clinique à l’Université d’Angers.
  • Marco Liguori est psychologue clinicien, viceprésident de l’association Practice-Recherche.

LES AUTEURS : Julie Cimetiere, Frédérique Debout, Renaud Evrard, Isabelle Gernet, Gabriel Inticher Binkowski, Claire Invernizzi, Romuald Jean-Dit Pannel, Stéphane Le Lay, Juliette Muneret, Cosimo Schinaia, Serge Tisseron.


Anti-chaos – principes et outils visuels :
Perte de sens, sentiment d’impuissance, épuisement …

Anti-chaos est Le livre-boussole pour reprendre la main sur votre avenir

Vous vous sentez angoissé, perdu ou démuni face aux actions à mener ?
Sachez que c’est normal !

Notre monde est devenu extrêmement complexe, incertain, et tout va de plus en plus vite. Guerres, inflation, climat, tensions sociales, intelligence artificielle… Comment avancer avec sérénité dans un monde en plein bouleversement ?

Après dix ans d’entrepreneuriat social, l’auteur est parti en quête de solutions pour mieux vivre et agir dans notre monde chaotique. Dans ce livre, il partage les meilleurs principes et outils pour retrouver au quotidien du sens, de l’énergie et de la joie dans l’action, au service d’une société plus juste et plus durable.

L’auteur : Matthieu Dardaillon est entrepreneur, auteur et conférencier. Co-fondateur de Ticket for Change et co-président de la CEC (Convention des Entreprises pour le Climat), il partage des clés pour mieux agir dans le monde actuel. Retrouvez-le sur LinkedIn et dans la newsletter « Redessiner le monde ».

Sommaire

Vers où courons-nous ?

  • Bienvenue en temps post-normaux
  • La fin d’un modèle
  • Vers un changement de paradigme ?
  • Inventer le nouveau monde

Vivre et agir dans un monde chaotique

  • Retrouver la clarté
  • Revenir à l’essentiel
  • S’autoriser à rêver
  • Être en mouvement
  • Être régulier dans l’action
  • Cultiver sa singularité
  • Jouer collectif
  • Retrouver l’harmonie avec le vivant
  • Prendre soin de son énergie
  • Faire moins mais mieux
  • Cultiver la joie

Et maintenant ?

  • Pour une société du pouvoir d’agir
  • Une nouvelle vision du leadership
  • Vers le point de bascule

Extrait :


Le grand épuisement

Chaque jour, tu te sentais comme un funambule sur un fil qui, à tout instant, peut tomber. Tu n’imaginais pas, alors, ce que tomber signifiait. À présent que tu sais, tu vas prendre un risque : raconter. Car il est une chose que tu aimerais dire au monde.

Un jour, la narratrice n’a plus pu se tenir debout – épuisement physique, psychique et émotionnel total. Dans le récit dépouillé du burn-out qu’elle a vécu dans sa chair, Nelly Pons décrit minutieusement les étapes qui ont progressivement rendu son quotidien invivable, des signes avant-coureurs ignorés jusqu’au plongeon dans l’œil du cyclone.

Puis la vie revient et l’énergie aussi. Et dans cette traversée immobile et muette, l’autrice découvre un puissant moteur de remise en question de nos évidences collectives, qui mènent à l’épuisement des êtres, des ressources, des écosystèmes.

Sans pathos, son récit interroge notre capacité à tenir debout dans un monde qui vacille, et à résister.

Extrait :

L’auteur : Nelly Pons

Née dans les collines de l’arrière-pays marseillais, Nelly Pons a développé une forte sensibilité à la lumière, aux paysages et au monde vivant qui les peuple. Diplômée d’un double cursus scientifique et culturel, son parcours est fait de chemins multiples alliant création (danse, écriture, son…) et engagement (journalisme, événementiel, agroécologie…). Ses écrits s’inscrivent dans le prolongement de son engagement pour le vivant et proposent une transformation de notre rapport au monde. En ce sens, elle a notamment signé chez Actes Sud les titres Débuter son potager en permaculture et Choisir de ralentir (2017), Océan plastique (2020) avant de collaborer avec Cyril Dion à l’ouvrage Animal (2021). Elle
a par ailleurs signé aux PUF, dans la collection «Que sais-je ?» La Permaculture (2022). Elle vit et travaille en Ardèche

Photographie Vincent BEAUME

L’être humain : une espèce à part ?

De l’infime à l’infini, une vie unique, une seconde sur terre. Prendre de la distance, changer de regard et s’intéresser à l’héritage de l’être humain, à la feuille qui cache la forêt. La série de 20 vidéos publiées par INSTINCT apporte en moins de deux minutes chacune une vision de l’être humain et ses dominations pour s’interroger s’il s’agit d’une espèce à part, faible ou insignifiante ? Notre espèce est-elle si unique ? Réflexion philosophique sur notre place dans la toile de la vie, jusqu’au cœur de notre être vivant humain.

L’infime et l’infini

Vie unique

Une seconde sur terre

Héritage

La feuille qui cache la forêt

Dominations

L’homme une espèce faible ?

Notre espèce est-elle si unique ?

Dans la toile de la vie

Jusqu’au fond de son être ?


Dossier The Conversation France : L’humain doit-il avoir une place spéciale au sein du vivant ?

Qu’est-ce qui sépare vraiment l’humain de l’animal ? Une histoire de la classification zoologique

Entrée en vigueur de l’indice de durabilité : un outil anti-obsolescence programmée

L’indice de durabilité entre en vigueur dès le 8 janvier 2025. Une bonne nouvelle, saluée par l’association HOP – Halte à l’Obsolescence Programmée, qui concerne seulement les téléviseurs dans un premier temps, puis les lave-linges à partir du 8 avril 2025. Un indice amené à remplacer l’indice de réparabilité en s’appliquant progressivement à un nombre croissant de produits de consommation courante, en même temps qu’il s’améliore grâce aux retours d’expérience.

L’indice de durabilité, introduit par la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (Agec) de 2020, est sur le point de remplacer progressivement l’indice de réparabilité en France. Il se traduit par une note sur 10, en rayon ou sur Internet, à côté du prix du produit. 

Plus complet que l’indice de réparabilité, il s’avère indispensable pour éclairer les consommateur·ices sur la fiabilité des biens et inciter les fabricants à produire des biens éco-conçus. Prévu initialement pour janvier 2024, son déploiement a été repoussé à 2025 pour deux catégories de produits :

  • Téléviseurs : déployé à partir du 8 janvier 2025
  • Lave-linges (hublot et top) : déployé à partir du 8 avril 2025

Le ministère et les parties prenantes mobilisées ont travaillé ensemble initialement sur trois catégories de produits : téléviseurs, lave-linges et smartphones. Cependant, à la suite dune décision de la Commission européenne, HOP déplore l’exclusion des smartphones de ce dispositif.

Malgré ce manque regrettable, l’arrivée de l’indice de durabilité constitue une avancée majeure pour les consommateur·ices et l’environnement. Il est une innovation ambitieuse en Europe et inspire déjà d’autres pays, comme la Belgique. HOP se réjouit de cette avancée, même tardive, et aspire à ce que ce modèle serve plus largement d’exemple au niveau européen et mondial.

Un indice basé sur des critères de réparabilité et de fiabilité

Les indices de durabilité apparaissent nécessaires pour rééquilibrer le partage d’informations entre consommateur·ices et fabricants. Ils s’appuient sur deux grandes catégories :

  • 1. La réparabilité : incluant des critères comme la documentation technique, la démontabilité, la disponibilité et le prix des pièces détachées.
  • 2. La fiabilité : prenant en compte la résistance à l’usure, la facilité d’entretien, et la garantie de durabilité appliquée au produit.

Un affichage pensé pour la clarté et la transparence

Les vendeur·euses seront tenu·es d’afficher la note de l’indice de durabilité de manière visible, lisible et facilement accessible :

  • En magasin : directement sur les rayons, à proximité du produit.
  • En ligne : sur toutes les pages permettant l’achat, avec un accès simplifié au détail de la grille de calcul de cet indice qui leur ont servi à établir leur note.

Ces informations seront également disponibles sur une plateforme publique, data.gouv.fr, et les fabricants devront fournir la grille de calcul de l’indice sur demande. C’est un grand progrès pour la transparence et un meilleur contrôle par le marché (associations, concurrents, citoyen·nes, etc.), en addition des contrôles des services de l’État (DGCCRF).

HOP analyse l’arrivée des textes relatifs à l’indice de durabilité qui va progressivement remplacer l’indice de réparabilité.

Un indice nécessaire, mais encore imparfait

Certains points de l’indice des téléviseurs apparaissent trop faciles à obtenir. C’est le cas par exemple du critère relatif à l’accessibilité de l’information en ce qui concerne l’entretien. Les fabricants obtiennent des points s’ils affichent par exemple qu’il est nécessaire d’éteindre l’appareil après utilisation, ou encore de prendre soin de la télécommande. Ce n’est pas une mauvaise chose que le fabricant procède à ces rappels de bon sens à l’utilisateur, mais cela ne doit pas influencer significativement la note finale, selon HOP.

De plus, cet indice de durabilité concerne encore trop peu de produits. C’est pour cela que HOP est favorable à son extension à d’autres catégories de produits, comme les écouteurs, casques et enceintes sans fil, les vélos et le petit électroménager.


Élaborer un indice de durabilité fiable et ambitieux

Pour tenter de contrer le modèle insoutenable de surconsommation et du tout jetable qui menace l’environnement et le pouvoir d’achat des consommateurs, l’instauration d’un indice de durabilité recommandée par HOP consiste à obliger les fabricants et metteurs sur le marché à informer les consommateurs sur les pratiques de conception des produits sur leur
capacité à durer dans le temps
.

Cet indice s’avère nécessaire à plusieurs titres :

  • mieux informer les consommateurs sur la durée d’usage des biens
  • pour faire des choix éclairés
  • pour inciter les fabricants à produire des biens éco-conçus.

Introduit dans la législation par la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (AGEC) en 2020, il était prévu d’entrer en vigueur pour plusieurs équipements à partir du 1er janvier 2024. Pensé pour compléter et remplacer l’indice de réparabilité mis en place dès 2021, l’indice de durabilité se traduit par une note sur 10, qui permet de comparer les produits d’une même catégories, par exemple tous les ordinateurs portables, afin d’identifier ceux qui auront le plus de raisons techniques de durer dans le temps par l’agrégation d’un faisceau d’indices relatifs par exemple à la robustesse, l’évolutivité, les facilités d’entretien, les garanties ou encore la réparabilité.

Un travail de co-construction des critères de cet indice est piloté par les pouvoirs publics depuis 2022, avec de nombreuses parties-prenantes amenant de riches échanges entre fabricants, distributeurs, associations environnementales et de consommateurs ou encore des représentants de réparateurs ou divers experts. L’association HOP s’est beaucoup investie, en tant qu’association représentant les consommateurs et reconnue protection de l’environnement, dans cette élaboration afin de faire entendre la voix des citoyens face à de grands fabricants, sur-représentés, et ainsi éviter qu’ils décident seuls des règles auxquelles ils devront se conformer pour obtenir leur notation.

Si l’exercice peut s’avérer difficile tant les sujets sont techniques, HOP a pu compter sur des acteurs volontaires, des experts et une communauté de consommateurs qu’elle a consultée. Son objectif est d’obtenir une notation fiable et exigeante, qui tire le marché vers le haut et qui ne se satisfait pas du statu quo actuel, qui rappelons-le est loin d’être à la hauteur des enjeux environnementaux.

Ce livre blanc a pour ambition de rendre public et intelligible le travail d’élaboration de l’indice auprès des citoyens et d’essaimer la démarche au-delà.

Il reprend les recommandations de HOP sur chaque équipement pour lesquels l’association a participé aux groupes de travail, c’est-à-dire, à date, les smartphones, les lave-linges, les téléviseurs et les ordinateurs portables.

Le présent rapport se concentre essentiellement sur le nouveau volet fiabilité, car la réparabilité a été traitée dans le rapport d’enquête, publié en 2022 et intitulé The French repairability index, A first assessment – one year after its implementation.

Plusieurs étapes restaient à accomplir avant que les textes réglementaires soient publiés et entrent en vigueur, notamment une phase de consultation du
public à l’été 2023.

Même si l’association se déclare globalement satisfaite dans l’ensemble des travaux qui ont été menés et des résultats qui en sont ressortis, certains critères manquent encore d’ambition ou ne sont pas suffisamment détaillés pour en faire un indice assez ambitieux.

HOP souligne également que cette première version de l’indice est un prototype, qu’il s’agira d’améliorer dans le temps au regard des retours d’expérience sur le terrain.

Forte de son expérience et de sa connaissance sur le sujet, HOP propose via ce livre blanc un
regard critique et constructif des ingrédients nécessaires à un bon indice ayant un réel impact
pour protéger nos ressources naturelles et le droit des consommateurs
.

Textes relatifs à l’indice de durabilité

Comment mobiliser la société grâce au prisme de l’imaginaire ?

0

« Les récits qui nous paralysent sont ceux qui nous détruisent, nous et le vivant. L’imaginaire collectif n’est pas une option, c’est le moteur ou le frein de toute transformation » selon Thomas PINET qui veut rendre la CSRD opérationnelle pour tous. Selon le rapport de Jules Colé pour l’ADEME, intitulé « Mobiliser la société à travers le prisme de l’imaginaire – Cartographie des imaginacteurs et de dispositifs d’action en faveur des transitions » ce sont nos récits actuels qui ne nous mènent qu’à l’échec. Alors comment mobiliser la société pour les transitions ?

Mobiliser la société à travers le prisme de l’imaginaire, Jules Colé, 2024.

En résumé :

À travers une revue de littérature et quinze entretiens avec des chercheurs et pionniers du sujet, ce rapport explore les manières de mobiliser la société sur les enjeux de transitions à travers le prisme de l’imaginaire et de la mise en récit. Il explore les questionnements suivants :

  • Pourquoi s’intéresser aux domaines de l’imaginaire et de la mise en récit pour réussir la transformation écologique du système socioéconomique Français ?
  • Avec qui agir ? Visibiliser les imaginacteurs les plus influents à travers une cartographie
  • Comment s’y prendre ? Dessiner des axes stratégiques d’action en donnant à voir une diversité de dispositifs d’accompagnement et d’outils pour mobiliser la société sur les enjeux de transitions
  • Proposer une synthèse des enjeux et des perspectives d’action


A l’ère des tremblements planétaires

A l’ère des tremblements planétaires impulsés sous les pas d’une partie de l’humanité qui accélère toujours plus de manière délétère, les bouleversements globaux, loin d’être seulement des enjeux de réduction d’émissions de gaz à effet de serre, concernent également la vie des sols, les cycles de l’eau, la qualité de l’air, c’est-à-dire l’ensemble du monde vivant dont nous dépendons pleinement.

Ils entraînent également dans leur flot une marée d’enjeux sociaux comme l’accès à une alimentation et à un cadre de vie sains malgré les aléas environnementaux de plus en plus chaotiques, à l’éducation pour toutes et tous, à des emplois et des revenus décents, à une justice sociale vis-à-vis des préjudices que beaucoup subissent déjà, parfois de manière irréversible.

Or pour tenter de tamponner ces dérèglements, une réelle transformation systémique s’impose : une métamorphose qui présuppose des changements profonds dans nos manières de consommer, de produire, d’habiter, de se déplacer, de vivre ensemble.

En effet, au-delà de la mise en œuvre de réponses technologiques ou de politiques publiques de court terme, c’est tout notre rapport au monde qu’il faut renouveler en profondeur, en particulier nos relations au vivant, en considérant la biosphère non plus comme une vaste réserve de ressources à exploiter ou une force à dompter mais comme une alliée avec laquelle avancer, pour passer d’un modèle linéaire, extractiviste et expansionniste basé sur la compétition et la performance à un modèle circulaire, mutualiste et régénératif basé sur la coopération et le soin des interactions.

Une transformation systémique qui nécessite une transition culturelle – entendue comme un renouvellement des imaginaires, des systèmes de valeurs, des normes sociales et des pratiques en réponse aux enjeux planétaires –, impliquant ainsi une diversité d’imaginacteurs provenant de tous secteurs, c’est-à-dire de personnes ou d’organisations qui ont la capacité d’éclairer et d’influencer fortement nos imaginaires durant notre vie


Comment faire évoluer nos imaginaires ? Pour changer nos relations au monde vivant et aller vers un monde soutenable et harmonieux

Les crises planétaires que nous traversons sont avant tout des crises de nos relations au monde, et donc de nos imaginaires.

Comment faire évoluer nos imaginaires ? Révolution des imaginaires et transitions. Metz en 2167, Luc Schuiten, 2017

C’est l’une des facultés extraordinaires de l’être humain : pouvoir s’imaginer le monde et se le représenter symboliquement de manière virtuelle et idéelle. Mais l’imaginaire, ce n’est pas seulement de la fiction ou de l’irréel, c’est aussi et surtout ce qui constitue les sociétés humaines. Il est comme la constellation de notre intériorité qui influence nos manières d’être et de penser. Cette capacité exceptionnelle nous permet de partager des visions communes et de coopérer pour les transformer dans le monde réel. Les imaginaires, au départ purement fictifs, deviennent alors réels et parfois même, plus que réels.

Cependant, l’imaginaire dominant à l’origine de nos modes de vie modernes est aujourd’hui insoutenable puisqu’il met en péril l’habitabilité de la planète.

  • Mais alors, comment pouvons-nous le faire évoluer pour changer nos relations au monde vivant et aller vers un monde soutenable et plus harmonieux ?
  • Suffit-il vraiment de partager de nouveaux récits inspirants pour changer nos modes de vie ?
  • Comment éviter que ces derniers soient réappropriés dans des logiques marchandes ou de divertissement mais qu’ils transforment réellement nos rapports au monde et nos modes de pensée ?
  • Et comment faire en sorte que ces imaginaires fassent corps, de manière à ce qu’ils s’inscrivent durablement dans notre quotidien et qu’ils activent notre puissance d’agir afin de réussir la nécessaire métamorphose de nos sociétés ?

Ouvrir les yeux : on ne change pas un système avec de vieux rêves.


Des Récits et des Actes : La culture populaire au service de la transition écologique


Face à la nécessité de rendre les défis sociaux et écologiques inspirants pour espérer opérer un changement d’échelle, la culture populaire a un rôle clé à jouer. Par sa capacité à parler au plus grand nombre, ses différents styles et formats, elle a la possibilité de faire exister et développer nos imaginaires pour donner à voir et à expérimenter des sociétés soutenables et socialement plus justes.

Pour aider à comprendre comment susciter l’intérêt du grand public sur ces enjeux et lui donner envie d’agir, l’étude « Des Récits et des Actes » a mis en avant plusieurs résultats clés, à partir des réponses d’un panel de 40 participants, permettant de proposer des actions concrètes et d’apporter des réponses aux problématiques suivantes :

  • • Comment mobiliser son public pour agir concrètement face aux enjeux climatiques, écologiques et sociétaux ?
  • • Quelles sont les attentes du public en ce sens ?
  • • Quels sont les ingrédients pour imaginer de « nouveaux récits encapacitants » face à ces défis ?

Le rôle de l’Ademe

En tant qu’Agence d’État chargée de la transition écologique, l’ADEME s’intéresse depuis plusieurs années aux enjeux culturels pour faire évoluer les représentations et les comportements en faveur de la transition écologique, en veillant à prendre en compte la diversité des
systèmes de valeurs qui composent la société.

Par son action sur la mise en récit des enjeux de transitions, que ce soit par la recherche, la formation, le soutien à la création culturelle ou l’accompagnement de projets pilotes, l’ADEME se positionne comme un acteur à part en France, capable de mettre en relations différents types de projets pour nourrir une approche culturelle de l’écologie, en plus de jouer un rôle d’incarnation avec notamment son dispositif de communication responsable et ses travaux de prospectives “Transition(s) 2050” qui mettent en débat quatre chemins possibles et contrastés pour conduire la France vers la neutralité carbone en 20501.

Mobiliser la société à travers le prisme de l’imaginaire : Cartographie des imaginacteurs et de dispositifs d’action en faveur des transitions

Quelques apprentissages clés et sans filtre du rapport par Thomas PINET :

👉 Nos récits sont notre plus grand blocage.

On vit encore dans des histoires usées, de conquête, performance et surconsommation. Résultat ? Chaque effort pour avancer est annulé par ces récits archaïques.

La transition écologique reste impossible tant qu’on nourrit un imaginaire qui glorifie la croissance sans fin.

Si nous ne changeons pas les histoires que nous racontons, rien d’autre ne changera.

👉 Les imaginacteurs sont nos alliés …
ou nos pires ennemis.

Artistes, influenceurs, marques, éducateurs, médias : ces « imaginacteurs » construisent des rêves collectifs. Mais soyons honnêtes : une majorité est encore au service de récits destructeurs parce qu’ils suivent l’argent comme but et raison.

Pourtant, ce sont eux qui détiennent le pouvoir d’inspirer une transformation massive. Leur responsabilité est immense. Et la nôtre aussi, si nous travaillons avec eux.

Cartographie des imaginacteurs, Jules Colé, 2024

👉 Dystopie ou utopie ? Aucun des deux.

Les récits d’effondrement figent dans la peur et les utopies déconnectées ne convainquent plus personne.

La solution, c’est de projeter des visions crédibles et activables, où chacun peut se reconnaître.

Le rapport parle de « prototopies » : des récits qui montrent comment agir maintenant pour construire demain. Pas des rêves lointains, des plans concrets.

Et maintenant ? Notre rôle dans tout ça :

👉 Créer de l’alignement.

Nos récits doivent être cohérents avec nos actions. Sinon, nous tombons dans le narrative-washing.

👉 Mobiliser nos imaginacteurs.

Si vous êtes une entreprise ou un responsable RSE, vous travaillez sans doute avec des communicants, des designers ou des influenceurs … Impliquez-les dans une stratégie claire. Pas pour vendre du rêve, mais pour réaligner leurs récits avec les enjeux.

👉 Prendre position.

Les organisations doivent s’engager pleinement dans les transitions.

Ceux qui construisent le futur ne sont pas ceux qui consomment des récits, mais ceux qui les créent.

A propos de l’auteur Jules Colé :

Consultant, auteur et intervenant
Spécialiste des relations entre imaginaires et transitions

Faire évoluer nos imaginaires à l’ère des bouleversements planétaires. Depuis très jeune, les enjeux écologiques ont toujours été pour Jules autant évidents qu’inspirants. Mais en grandissant, il s’est vite aperçu que l’image de l’écologie était très souvent perçue comme négative et contraignante. Depuis plusieurs années, il tente de mieux comprendre comment nous pourrions renouveler ces représentations de manière à fédérer la société autour d’un nouvel art de vivre plus vertueux.

C’est pourquoi depuis son stage de fin de Master au sein du Service Mobilisation Citoyenne et Médias (SMCM) à l’ADEME et la parution de son mémoire de recherche « Comment faire évoluer nos imaginaires ?« , il propose des activités de conseil et des interventions pour accompagner, à travers le prisme de l’imaginaire, les différents acteurs de la société sur les défis de transitions.


  1. Cet exercice de prospective inédit repose sur deux ans de travaux d’élaboration, la mobilisation d’une centaine de collaborateurs de l’ADEME et des échanges réguliers avec un comité scientifique, des partenaires et prestataires extérieurs, spécialistes des différents domaines. Les scénarios Transition(s) 2050 ont également pu être des supports de mise en récit dans le cadre de plusieurs actions. ADEME, Scénarios Transition(s) 2050, 2022 ↩︎

Enseigner les enjeux de la transition écologique avec les cartes conceptuelles d’innovation systémique

0

Pour agir correctement dans le monde actuel, il est nécessaire de mettre à jour nos visions de ce monde (nos « cartes cognitives »). Penser non seulement ce que nous faisons et ce sur quoi nous agissons, mais aussi le contexte dans lequel nous le faisons et les contraintes qui s’exercent sur nous et les autres. Les cartes conceptuelles sur l’innovation systémique sont un moyen de décomposer des sujets complexes en exemples simples qui peuvent être utilisés pour illustrer les principes nécessaires à la maîtrise de la transition écologique.

Itinérance : la quête d’un naturaliste

La quantité d’énergie disponible pour agir diminue. Il est donc très important que celle qu’on va utiliser le soit pour augmenter les possibilités pour l’écosystème tout entier

explique Paul Krafel dans son livre traduit en français par yannick Laignel

Le site Systems Innovation Network a fait un travail conceptuel sur l’innovation systémique, malheureusement uniquement en anglais pour l’instant, mais avec toutefois un hub pour la France. Pour outiller la francophonie sur ces sujets, et soutenir ceux déjà actifs dans ce domaine, yannick Laignel a décidé avec Frederique – Pôles en pomme / Solucracy de traduire les 95 cartes concepts disponibles. Cette traduction n’est pas parfaite mais elle est fonctionnelle, facile à imprimer en A4 pour toute démarche pédagogique.

Cartes conceptuelles
sur l’innovation systémique

C’est un ensemble de cartes qui aident à apprendre ou à enseigner les concepts clés et les méthodes en innovation systémique. Chaque carte est conçue pour résumer clairement le concept tout en le visualisant graphiquement, afin de
permettre un apprentissage maximal.

L’innovation systémique

L’innovation systémique est une approche holistique de l’innovation qui vise à modifier non seulement les parties d’un système, mais aussi ses structures
globales. Elle cherche à comprendre et à modifier les modes de pensée et les modèles d’organisation qui donnent lieu à un paradigme dominant au sein d’un système et permettent ainsi un type d’innovation plus transformateur.

L’innovation systémique est une approche non linéaire du changement qui tente de s’éloigner des approches linéaires centrées sur l’identification et la modification des causes directes d’un problème. Elle s’efforce plutôt de modifier le contexte dans lequel un défi donné émerge.


Problèmes complexes

Les problèmes complexes sont des questions hautement complexes, de nature systémique, qui émergent de la manière dont un système complexe est organisé et de la façon dont ses acteurs pensent, agissent et interagissent.
Ces problèmes sont non structurés, impliquent des perspectives multiples sur la nature du problème et des solutions, sont ouverts, multidimensionnels, systémiques et peuvent ne pas avoir de solution connue.

Changement systémique

Le changement systémique est une modification dans le modèle de connexions et dans la manière dont un système est organisé pour remplir sa fonction. Les changements systémiques impliquent généralement des modifications des valeurs et des modèles mentaux par lesquels les
acteurs au sein d’un système comprennent ce qu’est le système et ce qu’il fait.

Ces changements de valeurs et de pensée entraînent de nouvelles manières d’attribuer de la valeur, de nouveaux flux de valeur, ainsi que des connexions et des modèles émergents.

Théorie du changement non linéaire

Les théories du changement décrivent les hypothèses sous-jacentes, les modes de pensée et les plans soutenant une initiative de changement.

Les théories linéaires du changement décrivent comment atteindre un
objectif spécifique à travers un ensemble fini d’étapes
et sont basées sur
l’idée que le système est relativement prévisible et contrôlable.

Une approche non linéaire du changement ne cherche pas à modifier directement les parties d’un système mais à changer le contexte dans lequel ces parties existent, en favorisant un changement dans la pensée, les connexions et les modèles d’organisation.

Un nouvel outil pour enseigner les enjeux de la transition écologique !

Pierre-Henry Dodart• Administrateur de l’État engagé pour la transition écologique

Dans un monde où les défis environnementaux s’intensifient, il devient essentiel d’accompagner la compréhension des enjeux grâce à des outils adaptés.

Les cartes conceptuelles d’innovation systémique, traduites en français par yannick Laignel et Frederique Pôles en pomme / Solucracy , offrent une ressource unique pour approfondir et transmettre les connaissances nécessaires à la transition écologique.

Principes Clés
des Systèmes et de la Complexité

Ces cartes permettent de rendre accessibles des concepts complexes tout en mettant en lumière les interactions essentielles entre le climat, la biodiversité, l’économie et la société.

La pensée systémique est un domaine très vaste qui cherche à rassembler les nombreux modes de pensée qui sont holistiques dans leur interprétation du monde afin d’équilibrer et de compléter une vision plus analytique du monde. La pensée holistique cherche à comprendre les phénomènes comme étant intimement liés et compréhensibles par rapport à l’ensemble du système ou de l’environnement dont ils font partie. La pensée systémique est : Un mode de raisonnement synthétique qui s’intéresse à ce qui émerge lorsque l’on assemble les choses plutôt que de les démonter. C’est une façon non linéaire de voir le monde qui se concentre sur les relations d’interdépendance et les dynamiques de rétroaction. C’est un paradigme relationnel qui interprète les choses dans le contexte du réseau de relations dont elles font partie. C’est une façon dynamique de voir le monde, qui comprend le changement en termes de processus de rétroaction non linéaires qui façonnent la structure et les résultats du système

Lac conception visuelle et pédagogique des cartes facilite leur utilisation, que ce soit en cours, lors d’ateliers ou dans des formations. Elles encouragent une pensée systémique, indispensable pour comprendre la complexité des enjeux actuels et identifier des leviers d’action concrets.

Principes clés
de la cartographie des systèmes

La cartographie des systèmes est le processus de création d’un diagramme représentant les éléments et les relations d’un système afin de mieux illustrer et communiquer la structure et le fonctionnement du système. Les cartes des systèmes visent à donner un aperçu du système et de la manière dont les différentes parties s’inter-relient pour former un tout. Ces cartes cherchent à nous fournir une compréhension partagée du « paysage » dans lequel les acteurs évoluent.

Cartes sur le changement systémique

Le changement systémique est un processus intentionnel visant à permettre une transformation systémique au sein d’un système complexe. Étant donné que le changement systémique est un processus non linéaire, on ne peut pas changer directement un système complexe, mais seulement guider une transition en cours.

Ainsi, cela consiste à travailler avec des processus de transition au sein de systèmes complexes pour essayer de réaliser l’émergence de nouvelles structures, fonctions et résultats.

Cartes Construction de systèmes

La construction de systèmes est le processus de création du récit et du contexte pour organiser des acteurs dans de nouveaux écosystèmes productifs autour d’un défi systémique.

Le changement systémique concerne la modification de la structure d’une organisation complexe afin de réaliser l’émergence de nouvelles fonctions et capacités globales. En tant que tel, la construction de systèmes est un effort complexe visant à façonner un nouveau niveau d’alignement au sein d’un système et à réaliser un nouveau modèle de coopération entre les acteurs et un niveau global de fonctionnalité plus élevé

Pourquoi adopter ces cartes pédagogiques ?

  • ✔️ Elles rendent les concepts complexes accessibles grâce à une approche visuelle et synthétique.
  • ✔️ Elles sont imprimables au format A4, ce qui facilite leur intégration dans des cours ou des ateliers.
  • ✔️ Elles favorisent une réflexion approfondie sur les systèmes et les interactions pour identifier des solutions durables.

Cartes conceptuelles sur l’innovation systémique
Version Française

Ces cartes, issues du site Systems Innovation Network, s’accompagnent de ressources complémentaires telles que des vidéos, des guides et des e-books.

Enseignants, formateurs ou professionnels engagés, ces cartes vous permettront de guider vos publics vers une compréhension globale et systémique des enjeux de la transition écologique, tout en ouvrant des perspectives d’action concrètes.

Pierre-Henry Dodart• Administrateur de l’État engagé pour la transition écologique

A propos de Solucracy

« Solucracy est une méthode de participation citoyenne pour impulser une dynamique de collaboration sur les territoires prenant soin du tissu social et transformant les besoins des habitants en solutions »

Kit Biodiversité : un guide pour monter une stratégie biodiversité

Bien que la prise de conscience écologique soit présente pour une majorité de dirigeants d’entreprises interrogés par Bpifrance Le Lab, il reste un écart entre la nécessité de s’adapter au réchauffement climatique et les actions mises en place par les PME et ETI. Climat et Biodiversité étant liés, Bpi France publie également un Kit Biodiversité pour monter le stratégie biodiversité de l’entreprise.

Besoin d’un guide pour monter une stratégie biodiversité ?

Un guide pour mettre la biodiversité partout ! 

Pascal Lagarde – Directeur Exécutif Bpifrance

Pour être au plus près des entrepreneurs et les accompagner au mieux dans la transformation écologique, Bpi France propose un guide biodiversité, construit en partenariat avec Hyssop Agency et l’Office français de la biodiversité.

Le but de ce kit biodiversité est d’apporter à la fois des éléments de compréhension des enjeux et des outils pour lancer leurs démarches biodiversité.

Que contient ce guide ?

  • ➡️ Une analyse des enjeux environnementaux,
  • ➡️ Des retours d’expérience d’entreprises ayant lancé leur démarche,
  • ➡️ Des explications sur la manière d’élaborer sa stratégie,
  • ➡️ Et 50 actions concrètes pour préserver la biodiversité !

Adopter une stratégie qui intègre la biodiversité, c’est non seulement s’engager dans une démarche écologique, mais aussi anticiper les risques futurs pour l’entreprise et s’ajuster à un marché en constante évolution.

Pascal Lagarde
Directeur Exécutif Bpifrance

L’adaptation au changement climatique :
un sujet stratégique majeur pour les PME

68 % des dirigeants de PME et ETI ne considèrent pas l’adaptation au changement climatique comme un sujet stratégique majeur.

Pascal Lagarde – Directeur Exécutif Bpifrance

C’est l’enseignement clé de l’étude menée avec Bpifrance Le Lab auprès de plus de 380 dirigeants. Bien que la prise de conscience écologique soit présente, il reste un écart entre la nécessité de s’adapter au réchauffement climatique et les actions mises en place par les chefs d’entreprise : seuls 12 % d’entre eux indiquent d’ailleurs avoir déjà défini une stratégie et des plans d’actions en la matière.

Autre point inquiétant : l’enjeu climatique n’est pas reconnu comme le plus prioritaire par les dirigeants de PME et ETI et son risque d’impact sur le business est davantage perçu comme un objectif de long-terme.

Bpifrance a un rôle à jouer, selon son directeur exécutif Pascal Lagarde, en étant au service des dirigeants des PME et ETI pour les accompagner vers une prise en compte des enjeux de changement climatique mais aussi en démontrant les avantages que l’anticipation aux nécessités écologiques peut apporter sur le marché.

Le Plan Climat : Face à l’urgence climatique et à la nécessité de respecter les limites planétaires, la France s’est engagée dans une transformation profonde de son économie. Cette transition vise à abandonner progressivement les sources d’énergie fossile, à promouvoir les énergies bas-carbone, à améliorer l’efficacité énergétique et à repenser nos modes de production et de consommation.

Bpi France : banque du climat ?

Le Plan Climat, ça consiste en quoi ?

Bpifrance a lancé en 2023 un Plan Climat reposant sur 3 piliers :

  • Accélérer la transition des entreprises avec un continuum unique mêlant financement, garantie et accompagnement ;
  • Financer et accompagner massivement l’innovation, notamment dans les Greentechs pour faire émerger et croître des « licornes vertes » ;
  • Accompagner le développement des énergies décarbonées et contribuer à la croissance de champions internationaux.

Le Plan Climat est au cœur de la mission de Bpifrance, qui s’appuie sur son Réseau de 51 implantations pour accompagner chaque entreprise et chaque projet. La banque des entrepreneurs a renforcé ses équipes de Coordinateurs Climat dans toutes ses directions régionales

2024 en 15 infographies du Commissariat général au développement durable pour comprendre le changement climatique

Le Commissariat Général au Développement Durable (CGDD) a réalisé une sélection des infographies publiées en 2024 qui mettent en avant des données essentielles éclairant des sujets liés au climat, à l’énergie, aux risques naturels, à la mobilité, au logement, à l’environnement, l’air…

Pourquoi utiliser l’infographie ?

  • Pour présenter des données et des indicateurs dans un format visuel agréable
  • Pour faciliter la compréhension des ordres de grandeur et le périmètre de l’information fournie
  • Pour apporter une information synthétique et mettre en avant les messages importants à retenir.

Comprendre le changement climatique :
Données clés en 1 vidéo et 15 infographies

Comprendre le changement climatique en 2 minutes

En un siècle, la température moyenne en France a augmenté de 1,9 °C. Fonte des glaciers, élévation du niveau de la mer, vagues de chaleur, sécheresses ou encore inondations : autant de phénomènes que l’on observe déjà sur le territoire.

▶️ Cette courte vidéo, réalisée avec Datagora, propose un état des lieux synthétique sur le changement climatique, à partir des données les plus récentes. Quelles évolutions observe-t-on en France ? Où en est-on des émissions de gaz à effet de serre ? Quelle est l’empreinte carbone moyenne liée à nos modes de vie ?

— Qu’est-ce que le changement climatique ?

L’équilibre climatique est perturbé essentiellement par les émissions de gaz à effet de serre (voir glossaire). Les conclusions de la communauté scientifique, synthétisées par le Giec (voir glossaire), font désormais consensus sur le rôle des activités humaines dans ce changement. De nombreux indicateurs, tels que l’augmentation des températures à la surface de la Terre ou l’élévation du niveau moyen des océans, mettent en évidence un changement du climat depuis le siècle dernier. Une sélection d’observations de ce changement et de ses conséquences sont présentées, à l’échelle du monde puis de la France. Cette partie présente également des projections des conséquences du changement climatique selon différents scénarios.

— Quelles sont les quantités de gaz à effet de serre émises dans le monde ?

Les émissions de GES liées aux activités humaines (hors UTCATF) représentent l’équivalent de 53,8 milliards de tonnes de CO2 en 2022, en hausse de 1,4 % par rapport à 2021. Le CO2 d’origine fossile représente les deux tiers de ces émissions. Les émissions mondiales ont progressé de 62 % entre 1990 et 2022, avec des évolutions contrastées selon les pays. La Chine représente 29 % des émissions, les États-Unis 11 % et l’Union européenne 7 %.

— Quelles sont les quantités de gaz à effet de serre émises en Europe ?

En 2022, 3,4 Gt CO2 éq de GES ont été émises sur le territoire de l’Union européenne (hors UTCATF), en diminution de 31 % par rapport à 1990. L’industrie de l’énergie est le premier secteur émetteur en Europe. Depuis les années 1990, les émissions baissent dans tous les secteurs sauf dans les transports. Du fait du poids de certains pays et d’évolutions économiques contrastées, la contribution à cette baisse est inégalement répartie selon les pays membres.

— Comment les émissions de GES se répartissent-elles par secteur en France ?

En 2023, 373 Mt CO2 éq de gaz à effet de serre ont été émises sur le territoire français (hors UTCATF), en diminution de 31 % par rapport à 1990. Les baisses d’émissions les plus importantes sont observées dans les secteurs de l’énergie et de l’industrie manufacturière et, dans une moindre mesure, dans le résidentiel et le tertiaire. Le secteur des transports est le seul à n’avoir pas connu de réduction de ses émissions entre 1990 et 2023, même si la pandémie de Covid-19 a occasionné une baisse marquée mais conjoncturelle de ses émissions en 2020 et 2021. L’UTCATF1 affiche des émissions négatives, ce qui correspond à une séquestration nette de CO2 par la biomasse et les sols.

— Quel est le niveau de l’empreinte carbone dans le monde et en France ?

L’empreinte carbone permet de rendre compte des émissions de GES liées à la consommation des Français, que celles-ci soient émises sur le territoire national ou émises à l’étranger pour satisfaire la demande française. En 2023, l’empreinte carbone de la France est estimée à 644 Mt CO2 éq, soit 9,4 t de CO2 éq par habitant, en baisse de 4,1 % par rapport à 2022. Depuis 1990, l’empreinte carbone a diminué de 13 %, cette baisse traduisant deux dynamiques distinctes : une réduction des émissions intérieures de 33 % et un accroissement des émissions associées aux importations de 13 %. En 2023, les émissions importées représentent 56 % des émissions totales de l’empreinte.

— Quelles politiques climatiques dans le monde, en Europe et en France ?

La COP21 a abouti en décembre 2015 à l’adoption de l’Accord de Paris, qui fixe des objectifs de long terme pour l’atténuation et l’adaptation et implique la définition de politiques nationales par les pays développés et en développement. L’Union européenne s’est fixé un nouvel objectif de réduction de ses émissions nettes (émissions moins absorption) d’au moins 55 % entre 1990 et 2030 et s’est engagée à atteindre la neutralité climatique au plus tard en 2050. La France s’est dotée d’une stratégie nationale bas-carbone et de budgets carbone afin de mettre en œuvre la transition vers une économie sobre en GES. Elle se prépare également à un réchauffement de 4° C d’ici 2100 par rapport aux niveaux préindustriels à travers un plan national d’adaptation au changement climatique.

L’infographie est un format de valorisation d’une étude plus approfondie. Lorsque le CGDD la diffuse, le lecteur est invité, s’il souhaite aller plus loin, à consulter l’une de ses publications.


Commissariat général au développement durable (CGDD)

Le Commissariat général au développement durable (CGDD) est la direction générale de l’économie et de la consommation durable, des données et de l’innovation du ministère chargé de l’environnement. Délégué interministériel au développement durable, le CGDD assure par ailleurs un rôle d’intégration de la transition écologique au sein des politiques publiques et d’influence auprès des acteurs socio-économiques (collectivités locales, acteurs publics, entreprises et citoyens).

Missions du CGDD

Le CGDD a pour missions principales de : 

  • Transformer des modèles économiques, en encourageant l’innovation technologique et numérique, en accompagnant des dispositifs européens de rapportage de durabilité des entreprises, en développant la comptabilité écologique ou encore en utilisant efficacement le levier de la commande publique ; 
  • Produire et valoriser les données pour les politiques environnementales, et favoriser leur usage à des fins d’évaluation stratégique, notamment en matière économique ;
  • Mobiliser pour la Transition Écologique (société/citoyens, des entreprises, des territoires et des administrations) dans le cadre de la planification écologique. 

Service de l’économie verte et solidaire

« Le service de l’économie verte et solidaire du CGDD contribue au verdissement de l’économie, à la consommation durable et au financement de la transition écologique en étant notamment membre du comité exécutif de France 2030. Il mobilise des leviers transversaux pour les entreprises, comme l’encadrement de la publicité, l’information du consommateur, l’amélioration de la traçabilité des chaînes de valeur (en particulier sur la déforestation importée) et l’évaluation environnementale et les démarches de participation du public. Il est pilote sur la négociation et la mise en œuvre des cadres européens sur les sujets (ESPR, Green Claims, RDUE). Il coordonne l’action du ministère sur les politiques agricoles et alimentaires ainsi que les positions des services sur ces sujets. Par ailleurs, il assure la réflexion économique du ministère, sur l’ensemble du périmètre (climat/énergie, biodiversité, aménagement, transports, etc.) et évalue les conséquences des politiques publiques sous l’angle du développement durable. »

En savoir plus sur le commissariat-general-au-developpement-durable-cgdd

  1. Le secteur UTCATF (Utilisation des terres, changement d’affectation des terres et foresterie) permet de rapporter les flux de CO2 entre différents réservoirs terrestres (biomasse, sols, etc.) et l’atmosphère qui ont lieu sur les surfaces gérées d’un territoire. Source : Insee ↩︎