Droit à L'Info

L’Observatoire des Médias sur l’Écologie décrypte en temps réel le traitement médiatique des enjeux environnementaux

Un dispositif de détection de la désinformation

Partant du constat que le traitement médiatique des enjeux environnementaux pourrait s’améliorer en quantité comme en qualité, L’Observatoire des Médias sur l’Écologie a pour objectif de fournir des données publiques, fiables et transparentes sur l’état de la couverture médiatique des crises environnementales via un « commun » numérique. Son ambition : être un outil automatisé de suivi, de formation et de mobilisation citoyenne qui serve la transition écologique.


Observer l’information environnementale dans les médias

Mesurer de manière fiable et précise la manière dont les médias évoquent la crise écologique est essentiel

Selon le sixième rapport du GIEC, « les médias jouent un rôle crucial dans la formation des perceptions, la compréhension et la volonté d’agir du public vis-à-vis du changement climatique ». Être capable de mesurer de manière fiable et précise la manière dont les médias évoquent la crise écologique est donc essentiel. Les thématiques liées à l’environnement, au climat et à l’écologie figurent parmi les principales préoccupations des Françaises et des Français. Pourtant, selon l’ARCOM, ce sont sur ces sujets qu’ils-elles se sentent le moins bien informé-e-s.

Nous nous informons encore largement via les médias traditionnels, en particulier la télévision et la radio (ARCOM, 2023). Le journal télévisé demeure le premier moyen d’information de la population. Quant à la presse écrite, avec 74 millions de visites totalisées chaque jour sur les sites internet et les applications des médias de presse, elle est sans conteste un vecteur d’influence majeur auprès du public.

L’Observatoire des Médias sur l’Écologie entend mesurer la part des sujets environnementaux dans les contenus d’information des médias. Il fournit des données objectives, fiables et unifiées au grand public pour lui permettre d’analyser comment les médias traitent des questions écologiques.

Soirée de lancement de l’Observatoire des médias sur l’écologie
L’Observatoire des Médias sur l’Écologie est porté par un consortium d’acteurs composé des organisations Data for Good, Eleven strategy, Expertises Climat, Mediatree, Pour plus de climat dans les médias, QuotaClimat et éclaircies.

« Les médias peuvent avoir un impact significatif pour faire progresser la conscience climatique et la légitimité des actions engagées. Ils cadrent et transmettent des informations sur le changement climatique, ils jouent un rôle crucial sur la perception et la compréhension du public, et sur sa volonté d’agir. »

GIEC, 6e rapport d’évaluation, 2021
Expertises Climat : Ensemble, chercheurs et journalistes, éclairons le débat médiatique sur l’environnement

L’environnement encore peu couvert dans la presse française, malgré un traitement plus régulier qu’en télévision et en radio

En 2026, l’Observatoire des Médias sur l’Écologie (OME) élargit son champ d’analyse à la
presse écrite française, quinze mois après l’audiovisuel. Ce consortium de huit structures dispose d’un outil en ligne qui analyse en permanence le traitement des enjeux environnementaux par la presse nationale et régionale. Il ne mesure pas seulement la quantité d’articles traitant d’environnement, mais dévoile aussi la qualité de ce traitement : les articles parlent-ils des causes des bouleversements environnementaux ? De leurs conséquences sur notre société ? Et des solutions pour y faire face ? Il s’agit d’une première mondiale.

Pour cette analyse, l’Observatoire des Médias sur l’Écologie (OME) a suivi en temps réel la place accordée aux enjeux écologiques - changement climatique, érosion de la biodiversité, raréfaction des ressources - dans 55 titres de presse : quotidiens nationaux, presse régionale, magazines d’information et l’AFP. Le périmètre de l’analyse couvre : 100 % de la presse quotidienne nationale, 61 % de la presse quotidienne régionale, à l’exception notable de Ouest-France et du Dauphiné Libéré, ainsi que 7 magazines d’information.

Une place encore limitée de l’environnement en presse écrite

En 2025, 6 % des articles de presse ont couvert les enjeux environnementaux. C’est une moyenne :
ce chiffre est de 8,1 % pour la presse nationale (presse quotidienne ou magazine) et de 4,6 % pour la
presse quotidienne régionale. Pour la télévision et la radio, cette moyenne est de 5 %. La couverture des enjeux environnementaux par la presse écrite est plus élevée au quotidien et moins soumise à l’actualité chaude (canicules, inondations…) que dans les médias audiovisuels.


Surface éditoriale

Données sur l’évolution du volume d’articles consacré aux enjeux environnementaux dans la presse d’information généraliste nationale et régionale, avec un focus sur les variations de la couverture médiatique entre les grandes thématiques que sont le climat, la biodiversité et les ressources naturelles.


Un traitement variable en quantité et en qualité selon les titres de presse

Sur la quantité :

  • L’Agence France-Presse joue un rôle prescripteur : elle est le premier média national en volume de production d’articles environnementaux. En proportion, elle se situe dans la moyenne des titres de la presse française, malgré la nécessité de couvrir l’ensemble de l’actualité mondiale.
  • Parmi les titres de presse nationale, ce sont les quotidiens économiques (La Tribune : 21%, Les Echos : 14%) qui couvrent le plus les questions environnementales, grâce à un traitement plus transversal – au sein de plusieurs rubriques. Les titres généralistes qui ont la couverture la plus élevée : Le Monde (10,4%) et Libération (9,5%). Marianne (4,5 %) et le Journal du Dimanche (3,3 %) sont les titres qui en parlent le moins.
  • En presse quotidienne régionale, la part moyenne d’articles consacrés à l’environnement est inférieure par rapport à celle des titres de presse nationale. Les titres qui se démarquent : Nice-Matin (6,7%), Var-Matin (6,2%) et Le Populaire du Centre (6,2%).
  • La couverture de la COP 30 révèle une forte asymétrie éditoriale, à la fois entre médias nationaux (Libération ayant réalisé 20 fois plus d’articles mentionnant la COP que le JDD par exemple), et entre les titres régionaux (les Hauts de France ayant bénéficié de 24 fois plus d’articles que la Bourgogne).

Sur la qualité :

  • La mise en contexte lors d’événements climatiques extrêmes (qui consiste à expliquer le rôle éventuel du changement climatique lors d’une canicule ou lors d’une inondation, par exemple) varie fortement
    entre rédactions
  • Le lien avec le changement climatique est mentionné : dans 50 % des cas par les principaux titres de la presse nationale (Le Monde, La Croix, L’Humanité, Le Nouvel Obs, etc.), dans 20% des cas par la presse quotidienne régionale (avec des différences notables entre titres de PQR).
  • Le lien avec les causes du réchauffement climatique est mentionné : dans plus de 30% des cas par les principaux titres de la presse nationale, dans 15% des cas par la presse quotidienne régionale (avec des différences notables entre titres de PQR).
  • Si la canicule de juin-juillet 2025 a été plus couverte en volume par la presse régionale et particulièrement dans les régions les plus touchées (11 fois plus d’articles en Occitanie qu’en Bourgogne-Franche-Comté), la contextualisation est faible : seulement 7% des articles traitant de la canicule mentionnent les constats liés au changement climatique (4 fois moins que la presse nationale), 3% les causes de la crise climatique (5 fois moins que la presse nationale), 7% les solutions pour y répondre (3 fois moins que la presse nationale).

Focus 2026 : le traitement des inondations par la presse française

  • Les titres des régions les plus touchées ont davantage couvert le sujet en quantité (8 fois plus d’articles en Occitanie qu’en Bourgogne-Franche-Comté). 
  • Les solutions ont été plus visibles que lors des canicules : 23% d’articles de la presse régionale et nationale en font mention. 
  • En revanche, seuls 8% des articles traitant des inondations mentionnent le changement climatique (4 fois moins que la presse nationale) et 3% des articles mentionnent les causes du changement climatique (6 fois moins que la presse nationale).
Bâtir un contre-pouvoir tech citoyen.
Mettre la technologie au service de l’intérêt général tout en luttant contre l’hégémonie des schémas de pensée qui l’ont engendrée : c’est ce chemin de crête que nous souhaitons emprunter pour que le numérique soit émancipateur.

L’environnement à la Une : des choix éditoriaux contrastés, Le Monde en tête

  • Le Monde, La Croix et les Échos sont les trois titres qui ont le plus souvent réservé une place de premier plan aux sujets environnementaux (a minima dans 50 % de leur Unes).
  • À l’inverse, Le Point, M Magazine et Le Figaro Magazine sont ceux qui leur ont accordé le moins de visibilité : moins de 10 % de leurs Unes contenaient un article sur l’environnement en 2025.
  • Ces chiffres dépendent en partie des formats des Unes (berlinois ou tabloïd), qui permettent d’inclure plus ou moins de texte, mais traduisent aussi des choix éditoriaux.  

Présentation des résultats au Théâtre de la Concorde

Dossier de l’Observatoire des médias sur l’écologie

Désinformation climatique dans les médias audiovisuels

  • La désinformation climatique est définie comme un discours faux ou trompeur et à haut risque d’induire le public en erreur sur des faits avérés par l’état des connaissances scientifiques à propos du changement climatique et de l’action climatique concernant les mesures d’atténuation et d’adaptation telles qu’établies par le GIEC.
  • La mésinformation climatique se distingue par l’absence de volonté démontrée du locuteur de nuire, pouvant donc relever de l’erreur, ou de la perméabilité à des récits trompeurs.

Les médias à l’épreuve de la désinformation climatique

Ensemble, faisons des médias des alliés de la transition écologique

L’Observatoire des Médias sur l’Écologie

L’Observatoire des Médias sur l’ Écologie est né en 2023 d’un constat partagé par ses structures fondatrices : l’absence de données objectives, unifiées et régulièrement mises à jour sur la quantité et la qualité du traitement médiatique des enjeux environnementaux. La publication de ces données constitue une boussole pour que les médias puissent améliorer leur couverture de ces enjeux. L’Observatoire des Médias sur l’Écologie est coordonné par un consortium d’acteurs associatifs et privés (Data for Good, Éclaircies, Eleven strategy, Expertises Climat, Mediatree, Plus de climat dans les médias ; QuotaClimat et Science Feedback). Il est soutenu par l’Ademe et par le dispositif « Soutenir les alternatives vertes 2 » de
France 2030, opéré par la Banque des territoires (Caisse des Dépôts).

Cyrille Souche
Cyrille Souchehttp://cdurable.info
Directeur de la Publication Cdurable.info qui a eu 20 ans en 2025 ... L'occasion de supprimer la publicité et d'un nouveau départ vers un webmedia participatif d'intérêt général, avec pour raison d'être de recenser et partager les solutions utiles et durables pour agir et coopérer avec le vivant. Je suis ouvert à toute proposition de coopération mutuellement bénéfique au service de la régénération du vivant.

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