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Les Chiffres clés de l’énergie et des gaz à effet de serre en Occitanie

Les Chiffres Clés de l’énergie et des gaz à effet de serre en Occitanie – édition 2025 est une publication de l’Observatoire régional climat énergie Occitanie (ORCEO). Elle propose un état des lieux consolidé de la situation énergie-climat régionale, en s’appuyant sur les données les plus récentes disponibles.

Chiffres Clés de l’énergie et des gaz à effet de serre en Occitanie – édition 2025

Cette édition 2025 illustre notamment en quoi le changement climatique n’est pas une perspective future, mais une réalité déjà bien installée dont les manifestations s’accélèrent, notamment sur les territoires occitans.

Un climat qui se réchauffe, des impacts déjà visibles

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L’Occitanie connaît une hausse continue des températures, accompagnée de phénomènes climatiques de plus en plus contrastés : des épisodes de sécheresse plus fréquents et plus intenses, des incendies d’une intensité rare (voir plus bas), des dérèglements de la ressource en eau, ainsi que de vagues de chaleurs de plus en plus intenses.

Ces évolutions confirment les constats de Météo-France et soulignent la nécessité d’anticiper un climat futur différent de celui du XXᵉ siècle.

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L’adaptation au changement climatique devient incontournable

Face à ces évolutions, l’adaptation devient un pilier à part entière des politiques publiques locales. Gestion de la ressource en eau, adaptation des territoires aux fortes chaleurs, résilience des infrastructures et des activités économiques : les enjeux concernent l’ensemble des territoires, urbains comme ruraux.

En 2024, l’État a publié la Trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique (TRACC). Cette trajectoire fournit un cadre commun pour anticiper les impacts climatiques à différents horizons de réchauffement. Déclinée à l’échelle de l’Occitanie, la TRACC permet d’appréhender concrètement les changements à venir sur des indicateurs clés : températures, précipitations, sécheresse des sols ou encore fréquence des événements extrêmes. Ces projections constituent un socle essentiel pour bâtir des stratégies d’adaptation cohérentes et territorialisées. Réduire les émissions : des progrès, mais une trajectoire encore insuffisante Les émissions de gaz à effet de serre diminuent globalement en Occitanie depuis 1990, mais le rythme de baisse reste insuffisant au regard des objectifs climatiques.

Comme au niveau national, le secteur des transports demeure le premier contributeur aux émissions régionales, devant l’agriculture, l’industrie et le résidentiel-tertiaire.

Réduire les émissions : des progrès, mais une trajectoire encore insuffisante

Les émissions de gaz à effet de serre diminuent globalement en Occitanie depuis 1990, mais le rythme de baisse reste insuffisant au regard des objectifs climatiques. Comme au niveau national, le secteur des transports demeure le premier contributeur aux émissions régionales, devant l’agriculture, l’industrie et le résidentiel-tertiaire.

ORCEO - brochure 2025 - émission de gaz à effet de serre

Une consommation d’énergie encore trop élevée

La consommation finale d’énergie reste élevée en Occitanie, malgré des signaux encourageants dans certains secteurs. Les efforts de sobriété et d’efficacité énergétique devront s’intensifier pour atteindre les objectifs régionaux et nationaux.

PANORAMA DE LA CONSOMMATION D’ÉNERGIE : ÉVOLUTION EN ÉNERGIE FINALE PAR VECTEUR 2008-2023

Énergies renouvelables : une dynamique réelle, mais à accélérer

La production d’énergies renouvelables poursuit sa progression en Occitanie, notamment dans l’électricité renouvelable, portée par l’hydraulique, le photovoltaïque et l’éolien. L’enjeu est d’amplifier cette dynamique, tout en assurant une bonne intégration territoriale des projets.

PANORAMA DE LA PRODUCTION D’ÉNERGIE RENOUVELABLE EN 2024, EN OCCITANIE

Des chiffres clés pour éclairer l’action

La publication annuelle des Chiffres clés de l’énergie et des gaz à effet de serre vise à éclairer les trajectoires futures, outiller les décisions, nourrir le débat public et accompagner la transition énergétique et climatique en Occitanie. 

Nous espérons qu’elle continue à être un outil de référence pour les collectivités, les acteurs économiques et les citoyens.

Chiffres Clés de l’énergie et des gaz à effet de serre en Occitanie – édition 2024

Principaux constats

Les impacts du changement climatique sont de plus en plus manifestes en Occitanie.

Intensifier les efforts d’atténuation est indispensable pour limiter le réchauffement climatique et ses conséquences. Parallèlement, adapter nos activités et notre économie est nécessaire pour faire face aux impacts déjà perceptibles et à ceux à venir.

L’adaptation au changement climatique devient une nécessité.

Les politiques d’adaptation sont essentielles pour limiter les impacts sur les territoires, en particulier pour faire face aux phénomènes climatiques extrêmes. La gestion des ressources en eau, la résilience face aux sécheresses et aux vagues de chaleur, et l’aménagement du territoire sont des priorités pour minimiser les risques pour les populations et l’environnement.

En 2024, la Trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique (TRACC) a été publiée par l’État, précisément pour supporter et encadrer ces besoins d’adaptation. Partant de cet horizon, Météo France propose des projections sur de multiples indicateurs.

Ceux-ci seront disponible en 2025 sur TerriSTORY Occitanie pour permettre aux territoires de mieux envisager leur climat futur et travailler à une adaptation mieux ajustée à leur échelle.

Énergie renouvelable : un essor qui se poursuit, mais reste insuffisant.

L’essor des énergies renouvelables se poursuit en Occitanie, avec 31,3 TWh produits en 2023, dont 48,1% d’électricité, 50,3% de chaleur, 1,1% de gaz et 0,5% de biocarburants.

La production régionale d’électricité en 2023 est pour 73% renouvelable (hydraulique, photovoltaïque, éolienne ou issue des bioénergies) et 20% nucléaire. Les dynamiques de progression d’installations sont globalement positives mais restent insuffisantes par rapport aux objectifs de la trajectoire Région à Energie Positive (REPOS).

Les Chiffres clés de l’énergie et des gaz à effet de serre en Occitanie – 2024

La baisse des consommations et émissions de GES ainsi que l’augmentation de la production d’énergies renouvelables doivent accélérer dans tous les secteurs pour atteindre les objectifs de la trajectoire Région à énergie positive à moyen terme (2030) et long terme (2050).

Une planète mobilisée face au changement climatique ?

L’Observatoire international Climat et Opinions Publiques représente un état des lieux international des opinions, connaissances, attentes et niveaux d’engagement face au changement climatique pour nourrir la réflexion et participer à la recherche constructive de solutions pour l’avenir.

Synthèse de l’Obs’COP 2024

Le changement climatique s’installe comme un des grands problèmes de la société mais l’inquiétude qu’il suscite recule

Perception du changement climatique : une évolution inattendue

Actions Iindividuelles et politiques climatiques

Les Français et le réchauffement climatique,
ou le syndrome de la grenouille

Document de synthèse

Lorsque l’Observatoire international Climat et Opinions Publiques (Obs’COP) a été initié en 2019, la Direction des études EDF avait l’intuition que les populations, et plus seulement les militants, les scientifiques et les gouvernants, seraient de plus en plus mobilisées par le changement climatique.

Mobilisées car impliquées personnellement et émotionnellement, mais aussi concernées par des politiques climatiques qui interrogent leurs modes de vie, le sens de leur travail, leurs revenus, et enfin sollicitées par des offres politiques – dans les pays qui le permettent – qui leur proposent des solutions ou, parfois, un récit alternatif.

L’enquête, réalisée chaque année depuis quatre ans, a chroniqué l’importance ressentie de l’enjeu climatique dans des zones très différentes de la planète, avec chacune sa culture et son histoire, ses événements climatiques, ses enjeux économiques et sociaux spécifiques.

L’Obs’COP a certes mesuré des dynamiques communes – la montée de l’enjeu environnemental et sa résilience face à la Covid-19 et à l’inflation mondiale, l’installation de l’enjeu climatique en tête des priorités environnementales un peu partout dans le monde –, mais ne mesure ni une plus forte mobilisation des citoyens / consommateurs, ni une acceptation croissante des politiques climatiques, en tout cas proportionnelle à la dramatisation des alertes scientifiques.

Partout dans le monde, la priorité accordée à l’environnement recule

À ce point du constat, il est apparu nécessaire de faire une pause et de creuser davantage les données de ces quatre années d’enquête, afin de mieux comprendre les logiques sous-jacentes à ces résultats inattendus – décourageants diront certains, intrigants en tout cas.

Plus d’une vingtaine de chercheurs en sciences sociales et politiques ont participé à l’analyse de différentes thématiques de l’enquête ou les résultats d’un pays en particulier. Cet ouvrage est le résultat de leurs travaux : il éclaire les logiques d’acceptabilité des politiques climatiques ou les freins à
l’action individuelle, sans négliger la question de la perception du changement climatique, de ses causes et de ses conséquences
; il propose également d’étudier plus précisément la situation dans
une dizaine de pays.

En France, la priorité environnementale polarise désormais l’opinion aussi fortement qu’aux États-Unis

Il exprime enfin la volonté d’EDF d’enrichir le débat en proposant une matière utile à tous ceux qui défendent la cause climatique

Rapport complet Obs’COP 2024

Une planète mobilisée ?
L’opinion mondiale face au changement climatique

Rien ne se passe comme prévu

« Si l’on formule l’espoir que la mobilisation des populations s’amplifie logiquement au fur et à mesure que
le changement climatique administre les preuves de son existence – et les événements n’ont pas manqué en 2022, notamment en Europe –, alors, à l’évidence, les résultats de cette année sont décevants,
voire inquiétants.

Ni l’origine anthropique du phénomène, ni la nécessité de changer de mode de vie, ni encore
l’acceptabilité des politiques climatiques ne progressent. Pire : elles régressent parfois au fil des quatre ans d’enquête.

Tout n’est pas négatif, mais le signal envoyé par cette étude est une certaine résistance des citoyens aux actions possibles ou un accommodement avec un changement de toute façon irrépressible.

Cependant, il est important de rappeler le contexte économique des deux dernières années (les conséquences de la crise de la Covid-19 et aujourd’hui de l’inflation) pour affirmer, sans optimisme outrancier, que la question environnementale et climatique résiste bien parmi les priorités des habitants de la planète, malgré un quotidien plus compliqué ; qu’ils sont ouverts à rééquilibrer les politiques économiques en faveur de l’environnement et que leurs pratiques personnelles évoluent – certes lentement.

C’est en partie pour démêler le conjoncturel du long terme que les auteurs de cet ouvrage se sont plongés dans les profondeurs des résultats. »

Rapport complet Obs’COP 2022

Peut-on compter sur l’énergie verte pour protéger les consommateurs des fluctuations de prix ?

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Face à des prix de l’énergie de plus en plus imprévisibles, impactés par des tensions géopolitiques et des bouleversements économiques, l’énergie verte pourrait bien représenter une lueur d’espoir. Les événements récents, comme la guerre en Ukraine ou les sanctions européennes contre la Russie, ont mis en lumière la vulnérabilité de l’Europe face à sa dépendance au gaz russe. Mais les énergies renouvelables ne se contentent pas de réduire cette dépendance : elles ouvrent la voie à un avenir énergétique plus stable et respectueux de l’environnement.

Quelles sont les méthodes de production d’énergie renouvelable ?

Dans un contexte où l’énergie verte suscite un intérêt croissant, c’est en misant sur ces sources d’énergie durables et en choisissant un fournisseur d’électricité verte que nous pouvons non seulement réduire notre impact sur la planète, mais aussi garantir une meilleure stabilité des prix.

L’énergie solaire : capter la puissance du soleil

L’énergie solaire repose sur l’exploitation directe de la lumière du soleil à l’aide de panneaux photovoltaïques ou thermiques. Tandis que les panneaux photovoltaïques transforment la lumière en électricité, les panneaux thermiques captent la chaleur pour produire de l’eau chaude. Inépuisable, silencieuse et propre, cette méthode est particulièrement adaptée aux régions ensoleillées.

L’énergie solaire peut aussi être économique : bien que l’installation initiale représente un investissement, les économies réalisées sur les factures d’énergie permettent souvent un amortissement rapide.

L’énergie éolienne : tirer parti du vent

L’énergie éolienne exploite la force du vent pour produire de l’électricité à travers des éoliennes. Installées dans des zones favorables comme les plaines et les côtes, ces grandes structures convertissent l’énergie cinétique du vent en énergie électrique. En France, les projets éoliens se multiplient, qu’ils soient terrestres (onshore) ou en mer (offshore). Bien que leur mise en place nécessite des investissements initiaux importants, l’énergie éolienne se distingue par sa rentabilité à long terme et son rôle clé dans la diversification du mix énergétique.

L’énergie hydraulique : la puissance de l’eau

L’énergie hydraulique, ou hydroélectricité, utilise la force motrice de l’eau pour générer de l’électricité. Les barrages hydroélectriques, omniprésents en France, fournissent une énergie fiable, constante et peu coûteuse sur le long terme. Mais le potentiel hydraulique reste partiellement inexploité, offrant des opportunités pour renforcer encore l’indépendance énergétique tout en réduisant les fluctuations de prix.

La biomasse : valoriser les déchets organiques

La biomasse repose sur l’utilisation de matières organiques comme les déchets agricoles ou forestiers pour produire de l’énergie via la combustion ou la méthanisation. En plus de générer une énergie renouvelable, cette solution favorise une gestion durable des déchets.

Pourquoi privilégier l’énergie renouvelable en 2025 ?

Adopter les énergies renouvelables, c’est bien plus qu’un simple choix écologique : c’est une solution pour répondre aux enjeux économiques, sociaux et environnementaux de notre époque :

AvantagesDescription
Réduction des émissionsMoins de CO2 et de pollution, aide à lutter contre le changement climatique.
Stabilité des prixMoins d’impact des crises et des hausses de prix des énergies fossiles.
Indépendance énergétiqueProduction locale qui réduit la dépendance aux importations.
Création d’emploisNouveaux emplois pour l’installation et la gestion des énergies renouvelables.
Coûts réduitsUne fois installée, l’énergie renouvelable coûte moins cher à produire.
Protection de l’environnementUtilisation durable de ressources comme le soleil, le vent et l’eau.

Les technologies liées aux énergies renouvelables progressent à une vitesse impressionnante, rendant ces solutions toujours plus performantes et accessibles. Des avancées majeures dans des domaines comme le stockage de l’énergie, les réseaux intelligents (smart grids) ou encore les matériaux innovants permettent d’améliorer constamment l’efficacité des installations renouvelables.

C’est donc en investissant dans la recherche et l’innovation que la France a une opportunité unique de se positionner parmi les leaders mondiaux des énergies propres !

S’adapter au changement climatique dans les filières agricoles : un défi à relever avec les Solutions d’adaptation fondées sur la Nature (SafN)

L’augmentation de la fréquence et de l’intensité des événements météorologiques extrêmes (sécheresses, vagues de chaleur, inondations, précipitations intenses…) ont déjà des conséquences importantes sur le secteur agricole (récoltes, terres cultivables, élevages) et les filières agroalimentaires. Dans une France à +2°C à l’horizon 2030, ces conséquences se renforceront. L’ensemble des acteurs du secteur agricole doivent se mobiliser autour de la mise en place d’actions d’adaptation pour garantir la résilience de l’agriculture.

Au lancement de la plateforme Osaé, les systèmes les plus représentés dans les témoignages d’agriculteurs et les pratiques agroécologiques sont en polyculture-élevage et grandes cultures. Les systèmes maraîchers, arboricoles et viticoles feront petit à petit leur entrée. Les agriculteurs sont aussi bien en conventionnel qu’en biologique.

Le secteur agricole et les filières agroalimentaires ont un impact sur la biodiversité, et sont également impactés par l’érosion de la biodiversité.

Le projet ARTISAN

Le projet Life intégré ARTISAN (Accroitre la Résilience des Territoires au changement climatique par l’Incitation aux Solutions d’adaptation fondées sur la Nature) se consacre à :

  • Démontrer et valoriser le potentiel de Solutions d’adaptation fondées sur la Nature (SafN)
  • Sensibiliser et faire monter en compétences les acteurs sur cette thématique
  • Accompagner et amplifier les projets de SafN sur tout le territoire national dont les Outre-Mer

Dans le cadre de ce projet, piloté par l’OFB, les Solutions fondées sur la Nature (SafN) apparaissent comme une bonne réponse aux enjeux d’adaptation au changement climatique mais aussi à l’érosion de la biodiversité.

Plus d’une centaine d’actions sont mises en œuvre afin de créer un cadre propice au déploiement à toutes les échelles des SafN.

Le Climat change, adaptons-nous avec la nature

Adaptons-nous avec la nature en Nouvelle-Aquitaine

Dans le cadre du Life ARTISAN, l’Office français de la biodiversité a publié le document « Le climat change, adaptons-nous avec la nature en Nouvelle-Aquitaine » qui présente :

  • Les enjeux croisés de la perte de biodiversité et du changement climatique en Nouvelle-Aquitaine.
  • 15 solutions pour aménager des territoires adaptés et favorables à la biodiversité. Ces Solutions fondées sur la Nature s’appuient sur des retours d’expériences néo-aquitains.

Les Solutions d’adaptation fondées sur la Nature (SafN)

Les Solutions d’adaptation fondées sur la Nature (SafN) sont des actions visant à favoriser la conservation de la biodiversité et la fourniture des services écosystémiques ciblés sur les impacts du changement climatique.

Ces solutions correspondent « aux actions visant à protéger, gérer de manière durable et restaurer des écosystèmes naturels ou modifiés (pour relever le défi de l’adaptation au changement climatique) de manière efficace et adaptative, tout en assurant le bien être humain et en produisant des bénéfices pour la biodiversité ».

Levée de sorgho sous couvert de féverole

Place aux solutions fondées sur la Nature pour adapter nos territoires au changement climatique

Une Publication Spéciale

Une Publication Spéciale en ligne à destination des décideurs qui présente le concept de Solutions fondées sur la Nature (SfN) et comment et pourquoi elles sont efficaces pour répondre à différents défis d’adaptation. Ainsi, vous trouverez pour différents milieux et enjeux, une sélection de SfN expliquées et illustrées par des fiches de projets mis en œuvre avec succès partout dans l’Hexagone et l’Outre-Mer. Ce dossier intègre aussi des informations de coûts, les bénéfices et des témoignages de porteurs de projets.

➡️ Accéder à la Publication Spéciale

Une Boîte à outils

Une Boîte à Outils en ligne des SfN pour l’adaptation de nos territoires au changement climatique à destination des techniciens. Vous y trouverez des parcours détaillés, pour mettre en œuvre, étape par étape, une SfN pour l’adaptation dans différents types de milieux. Aussi, sont présentées les clés de réussite pour mener à bien la mise en œuvre de SfN. Vous disposerez de ressources et outils incontournables pour passer à l’action.

➡️ Accéder à la Boîte à Outils

S’adapter au changement climatique dans les filières agricoles :  un défi à relever avec les Solutions d’adaptation fondées sur la Nature (SafN) 

Une des actions de sensibilisation est la rédaction d’une brochure consacrée aux filières agricoles et aux enjeux de biodiversité en milieu agricole. Son objectif : « s’adapter au changement climatique dans les filières agricoles :  un défi à relever avec les Solutions d’adaptation fondées sur la Nature (SafN) » est multiple :

  • Présenter le rôle des différentes composantes du milieu agricole (production, eau, sol, faune et flore, contribution du milieu agricole face au changement)
  • Mettre en avant les synergies possibles entre adaptation et biodiversité à travers les SafN
  • Apporter des clés méthodologiques et inspirer les acteurs de territoire
  • Repositionner les liens entre agroécologie, atténuation, adaptation au changement climatique, biodiversité et SafN

La plateforme Osaé : Oser l’agroécologie

La brochure présente également plusieurs travaux et retours d’expériences sur l’adaptation au changement climatique dont plusieurs fermes issues de la plateforme OSAE.

PT mélangées incluant de la chicorée

Mieux comprendre ceux que sont les Solutions d’adaptation fondées sur la Nature (SafN) et comment elles peuvent se traduire sur le terrain

Blé sur luzerne (avril)

Initié en 2008, Osaé, Osez l’agroécologie, vise à diffuser les savoir-faire d’agriculteurs en agroécologie pour les accompagner dans la transition et partager des solutions. Ce site s’appuie sur des exemples concrets et diversifiés d’exploitations et de pratiques agroécologiques. Il propose aussi des informations techniques par pratique permettant d’approfondir les conditions de leur mise en oeuvre.

Pré-verger en Normandie

L’agroécologie, c’est pour qui ?

Source d’inspiration pour de nouvelles expérimentations, la plateforme d’échanges Osaé s’adresse aux agriculteurs qui s’interrogent sur l’évolution de leurs pratiques et systèmes. Ils trouveront en quelques clics des détails techniques et opérationnels et la présentation de nouvelles pratiques !

Les fondements de l’agroécologie

Les agriculteurs sont la source des savoirs agroécologiques.

  • La durabilité des systèmes fait preuve de leur faisabilité. C’est pour cette raison qu’Osaé présente régulièrement un suivi des exploitations ayant « éprouvé » leur système.
  • Les systèmes choisis s’appuient sur les principes de l’agroécologie tels qu’ils ont été définis dans la page « L’agroécologie ».
  • Les fermes choisies sont en constante évolution. Chaque exploitation est suivie tous les 2-3 ans.
  • La transmission des savoirs agroécologiques passe par la description technique et détaillée des pratiques et se fait lors d’échanges de terrain.
Maïs non irrigué implanté dans un couvert de féverole

Reconcevoir son système agricole pour faire face au changement climatique

Les lycées agricoles sont les vitrines d’une agriculture moderne et innovante. Ils constituent un formidable outil pour expérimenter et promouvoir des systèmes de cultures économes, performants et résilients.

Depuis 2016, en lien avec l’équipe pédagogique du lycée agricole d’Albi-Fonlabour et les chambres d’agriculture du Tarn et de l’Aveyron, la ferme de Bellegarde s’est appliquée à transformer l’outil de production de manière systémique, en passant d’un système d’élevage intensif, déficitaire et dépendant à un système plus autonome, rentable et résilient.

Les objectifs opérationnels de ce changement de système étaient de réduire les charges, de préserver l’outil de travail et de gagner en autonomie et résilience face aux aléas (économiques et climatiques).

Dans ce webinaire, Jean-Noël Bertrand, formateur à l’EPLEFPA du Tarn – Lycée Fonlabour d’Albi présente la démarche de reconception du système mise en œuvre sur la ferme de Bellegarde ainsi que les synergies entre la mission de formation de l’établissement et les objectifs de production de la ferme.

Thomas Devienne, chargé de projet agroécologie et biodiversité à Solagro, présente la démarche d’adaptation au changement climatique initié par l’EPL dans le cadre du projet AgriAdapt et plus largement avec l’outil ClimaDiag Agriculture.

Insertion de biodiversité au sein d’un verger créole

À la rencontre de Quentin Donnay, producteur de vanille en sous-bois et de letchis à La Réunion. Au cœur du Parc national de La Réunion, Quentin œuvre pour contribuer à la restauration écologique de ses parcelles.

6ème Quinzaine de l’Agroécologie !

Du lundi 27 janvier
au vendredi 7 février 2025

Pour faire évoluer vos pratiques agricoles, Solagro organise 5 visites de fermes avec les agriculteurs et agricultrices du réseau Osaé, du lundi 27 janvier au vendredi 7 février 2025. Cette année, les pratiques d’adaptation au changement climatique sont mises à l’honneur. Il sera possible d’échanger avec des agriculteurs, agricultrices et des agronomes, sur leur lieu de travail, pour mieux connaître leurs pratiques et faire évoluer vos systèmes agricoles de façon plus durable.

Ces visites sont gratuites et ouvertes aux agriculteurs·rices, étudiant·e·s et aux professionnel·le·s du secteur.

Pour la sixième édition de la Quinzaine de l’agroécologie, Solagro organise 5 visites de fermes du réseau OSAÉ – Osez-l’agroécologie, à la rencontre d’agricuteurs et agricultrices qui transforment leurs exploitations et leurs pratiques pour s’adapter au changement climatique. 

Préoccupation majeure de la profession agricole, l’adaptation au changement climatique peut prendre de nombreuses formes : 

  • Dans les Hautes-Pyrénées : Avec le collectif Biométhadour – La méthanisation collective comme outil de transition – Vers l’autonomie énergétique et l’autonomie alimentaire des élevages – Rendez-vous le 27 janvier 2025
  • Dans le Tarn : À la ferme de Bellegarde, au sein du lycée agricole de Fonlabour – La reconception d’un système d’élevage intensif, dépendant et déficitaire à un système plus autonome, rentable et résilient – Rendez-vous le 28 janvier 2025
  • Dans les Pyrénées-Atlantiques : Au sein de la CUMA Elgarrekin – Le séchage en grange collectif pour répondre à l’autonomie fourragère des troupeaux – Rendez-vous le 3 février 2025 
  • Dans l’Aude : Chez Daphné et Sylvain Mervoyer – L’extensivité de l’élevage, la diversité des ressources fourragères et la bonne santé des troupeaux comme priorité – Rendez-vous le 4 février 2025
  • Dans les Pyrénées-Orientales : Chez André Trives – Le maraichage sur sol vivant et l’agroforesterie dans un contexte de déficit hydrique sévère – Rendez-vous le 6 février 2025

Ces visites gratuites, organisées par Solagro, sont ouvertes aux agriculteurs, agricultrices, professionnel·les du secteur agricole, étudiant·es et enseignant·es pour contribuer au partage de solutions concrètes face aux difficultés rencontrées et de savoir-faire sur la mise en place de pratiques agroécologiques

Inscriptions
 

La Haute Valeur Naturelle

Le soutien aux agricultures à Haute Valeur Naturelle (HVN) a été décidé il y a près de 20 ans, en 2003, à Kiev, par les Ministres européens de l’environnement. La méthode établie par Solagro en 2006 pour le Centre Commun de Recherche (CCR) de la Commission Européenne permet de qualifier les zones agricoles à Haute Valeur Naturelle (HVN) en France. Elle repose sur trois indicateurs qui interagissent :

  • la diversité des assolements, qui indique la variété des cultures présentes sur les fermes (cultures, prairies permanentes…)
  • l’extensivité des pratiques (faible niveau d’intrants, pesticides et engrais chimiques)
  • la densité des infrastructures agroécologiques, correspondant à deséléments paysagers, comprenant les haies, les mares, les lisères de bois, les prairies naturelles humides et les prés vergers.
Les 3 indicateurs de calcul de référence HVN :

Chaque indicateur est noté de 0 à 10. Les territoires agricoles sont définis comme HVN lorsque le score issu de la combinaison des 3 indicateurs atteint un seuil référence qui a été fixé à 14,78 points / 30. La note de référence a été établie en 2000. Elle qualifiait en HVN 25% de la surface agricole utile (SAU) de la France.

1.     La diversité d’assolement

Cet indicateur évalue la diversité de l’assolement, à travers le pourcentage de SAU occupé par chaque culture (avec un plafond de 10% de la SAU par culture) et la part des prairies. Les rotations longues et les cultures associées et intermédiaires sont favorisées. Cet indicateur évalue la capacité à stocker du carbone et à protéger les ressources en eau via la présence de prairies permanentes et temporaires ainsi que des couverts végétaux.

2.     Extensivité des pratiques agricoles

Cet indicateur tient compte du niveau de fertilisation minérale azotée apportée aux prairies, ainsi que des espèces cultivées et des rendements moyens obtenus, qui conditionnent l’usage de produits phytosanitaires. Les céréales secondaires, les légumineuses fourragères, les jachères, les parcours, les estives… sont favorisés pour leur gestion non intensive. Cet indicateur prend également en compte l’extensivité des élevages, avec un faible chargement animal, des pâturages collectifs, la présence de races rustiques…

3.     Maintien des infrastructures agroécologiques

Cet indicateur identifie la présence d’éléments fixes du paysage ou d’habitats semi-naturels au sein de l’espace agricole. La liste des infrastructures agroécologiques prises en compte dépend des informations statistiquement disponibles actuellement : haies, mares, lisères de bois, prairies naturelles humides et prés vergers.

Comment réduire l’empreinte écologique du numérique ?

L’empreinte environnementale du numérique, déjà élevée, continue de croître de façon exponentielle, menaçant autant le climat et la biodiversité que les efforts de transition écologique. Dans un avis publié en janvier 2025, l’ADEME préconise un développement plus responsable de ce secteur. Les solutions préconisées, issues de l’économie circulaire, n’intègrent pas le vivant humain et non humain, donc les impacts du numérique sur la santé, les conditions de travail et la biodiversité. Jérémy Dumont du collectif Nous sommes vivants nous présente le cas d’un service numérique à visée régénérative et les pistes d’innovation nouvelles qu’il a permis d’ouvrir.

La matérialité du virtuel

« Chaque rupture technologique induit la commercialisation de nouveaux appareils, que les entreprises et les ménages achètent »

« Or, leur fabrication nécessite de l’énergie, de l’eau et des matières, comme des métaux, dont l’extraction minière est émettrice de gaz à effet de serre, source de pollution et de perte de biodiversité. »

Raphael Guastavi, directeur adjoint Économie circulaire de l’ADEME

Etude ADEME-Arcep : évaluation de l’empreinte environnementale du numérique en France en 2020, 2030 et 2050

Une étude menée par l’ADEME et l’Arcep a évalué l’impact environnemental du numérique en France pour la première fois via 12 indicateurs environnementaux : épuisement des ressources abiotiques (fossiles, minérales et métaux), acidification, écotoxicité, empreinte carbone, dont GES, radiations ionisantes, émissions de particules fines, création d’ozone, matières premières, production de déchets, consommation d’énergie primaire, consommation d’énergie finale. 

L’étude se base sur trois « briques matérielles » que sont les terminaux, les réseaux et les centres de données.  Elle confirme que les terminaux sont à l’origine de l’essentiel des impacts environnementaux du numérique (de 65 à 90 %), pour tous les indicateurs environnementaux, suivis des centres de données (de 4 à 20 %) puis des réseaux (de 4 à 13 %).

Le déploiement de la technologie 5G entraînera, une augmentation de 18 à 45% de l’empreinte carbone du secteur numérique en France d’ici à 2030.


L’emballement des usages

En deux ans à peine, l’empreinte carbone du numérique en France a doublé, passant de 17 à 29,5 MtCO2e par an.

Cela s’explique par la prise en compte d’enjeux qui n’avaient pas encore été identifiés lors de la précédente étude, comme l’hébergement de nos données dans des data centers à l’étranger. Cela s’explique aussi par la multiplication et l’intensification de nos usages.

Notre quotidien est fait de visioconférences, de réseaux sociaux, de streaming, de documents partagés sur des clouds… Et de nouveaux services digitaux ne cessent de s’y ajouter.

« Si le numérique ne représente “que” 4 % des émissions de carbone dans le monde aujourd’hui, on assiste à un emballement très inquiétant. Il faut en prendre conscience. »

Raphaël Guastavi

Et il y a des effets rebonds. Avec le télétravail, par exemple, des salariés choisissent de déménager loin de leur entreprise. Résultat : ils font moins de déplacements quotidiens, mais chaque trajet est plus long, ce qui revient sur l’année à davantage de kilomètres au total. Délocaliser son bureau à domicile requiert par ailleurs l’achat de matériel informatique supplémentaire.

Numérique : quel impact environnemental en 2022 ?

Enfin, les derniers chiffres ci-dessus publiés par l’ADEME portent sur le numérique en 2022, soit avant l’avènement de l’intelligence artificielle (IA) générative.

« Le message est d’autant plus difficile à faire passer que beaucoup de gens sont encore dans l’idée que le virtuel est dématérialisé, donc écologique. C’est un gros changement culturel à opérer. »

Mathieu Wellhof, Chef du service Sobriété numérique de l’ADEME

Le poids de l’intelligence artificielle

Le numérique représente déjà 4,4 % de l’empreinte carbone de la France. Cela pourrait être trois fois plus en 2050 si des mesures pour limiter son impact ne sont pas prises.

L’empreinte environnementale de l’IA – aujourd’hui et demain

L’essor rapide des outils d’intelligence artificielle conduit à une hausse significative de la consommation d’électricité des data centers, mettant les grandes entreprises technologiques au défi d’atteindre leurs objectifs climatiques. Quels seront les impacts liés au développement des data centers sur la consommation d’électricité et le climat ? Quels leviers pour limiter au maximum ces impacts et promouvoir une « IA verte » ? Deloitte explore ces enjeux et identifie les actions à mener pour promouvoir les initiatives de « Green AI »

Les data centers consommeront 3 % de l’électricité mondiale d’ici 2030, selon une étude Deloitte

Les IA génératives comme ChatGPT ou Midjourney suscitent un tel enthousiasme qu’elles s’invitent dans tous nos outils : moteurs de recherche, smartphones … Les data centers se multiplient partout dans le monde pour les faire fonctionner.

Résultat : l’Agence internationale de l’énergie (AIE) prévoit une hausse de plus de 75 % de leur consommation électrique d’ici à 2026.

Data centers : la face pas si cachée du numérique

« En deux ans ! Pas en dix ni vingt ans. Les géants du secteur reconnaissent eux-mêmes qu’ils auront du mal à remplir leurs engagements climatiques. »

Mathieu Wellhoff, chef du service Sobriété numérique à l’ADEME
  • Microsoft, dont les émissions de CO2 ont augmenté de 13 % depuis 2020, vient de relancer la centrale nucléaire de Three Mile Island, vieille de plus de 50 ans, pour sécuriser ses approvisionnements en électricité.
  • Google mise sur le développement des miniréacteurs nucléaires (Small Modular Reactors), alors que cette technologie est encore loin d’être éprouvée.
  • D’autres comptent sur la construction de centrales nucléaires plus classiques, sachant qu’aucune ne peut sortir de terre en deux ans.

En attendant, les États relancent leurs centrales à charbon. Au rythme actuel, certains spécialistes se demandent s’il y aura assez d’énergie pour tout le monde en 2030. Même chose pour l’eau, utilisée pour refroidir les data centers : en cas de restriction, doit-on privilégier les besoins du numérique ou ceux de l’agriculture ?

Je calcule mon impact numérique

Telecoop, l’opérateur téléphonique qui œuvre pour la sobriété numérique

En route vers la sobriété numérique
avec le programme Alt IMPACT

Sensibiliser les membres de votre organisation à la sobriété numérique

Pour faciliter le changement dans votre organisation, assurez-vous que chaque salarié comprenne bien l’intérêt de la sobriété numérique. Sensibilisez vos collaborateurs aux principaux impacts environnementaux du numérique sur l’ensemble du cycle de vie des usages numériques (fabrication des équipements, usage, fin de vie) et faites la promotion des bonnes pratiques. 

Comment télétravailler léger ?

Recherches internet, visioconférences, appels téléphoniques… Tout cela nécessite du matériel informatique individuel mais aussi des réseaux et des serveurs qui consomment tous de l’énergie. Et quand le nombre de télétravailleurs est très élevé, comme actuellement en période de confinement, il existe des risques de saturation des réseaux.

Alors pour télétravailler plus léger, retrouvez les conseils de l’Ademe dans cette infographie.

Écoresponsable au bureau

Équipements informatiques, chauffage, climatisation, déplacements, restauration. Tous ces aspects de la vie de bureau laissent une empreinte environnementale : consommation d’énergie et de matières premières, déchets, émissions de polluants et de gaz à effet de serre…

Parce qu’on lui consacre une grande partie de notre temps, le travail offre justement un cadre idéal pour changer la donne, que ce soit à titre individuel, au bureau comme en télétravail, ou avec ses collègues pour partager des bonnes pratiques, proposer des pistes d’actions, lancer des initiatives originales… L’entreprise elle-même a bien sûr un rôle à jouer, dans son fonctionnement comme dans les services qu’elle offre à ses salariés.

Pour conjuguer efficacité, confort et préservation de l’environnement, ce guide vous donne des clés : idées, gestes simples, actions collectives et rappel des leviers réglementaires

Numérique : reprendre la main pour des usages responsables

Qu’est-ce que le numérique à visée régénérative ?

Les solutions pour un numérique responsable sont presque toutes issues de l’économie circulaire et n’intègrent pas le vivant humain et non humain, donc les impacts du numérique sur la santé, les conditions de travail et la biodiversité.

Le numérique peut il viser le régénératif ? C’est possible !

Selon Jérémy Dumont, Fondateur du collectif Nous sommes vivants de professionnels engagés dans la transition écologique, « il faudrait intégrer les indicateurs du vivant dans l’écoconception comme ça se pratique déjà pour compléter une analyse de cycle de vie et le faire en posant la chaîne de valeur complète du service afin d’établir de meilleurs cahiers des charges en amont et déployer des programmes de sensibilisation en aval auprès des usagers finaux sur ces enjeux« .

« Il faut aussi viser la régénération du vivant parce que réduire les impacts ne sera pas suffisant ».

Jérémy Dumont, Fondateur du collectif Nous sommes vivants

La conviction de Jérémy Dumont c’est que les entreprises à vocation économique peuvent basculer facilement vers un modèle à visée régénérative au niveau de leurs produits et services

Les transformations digitales sont riches en enseignements pour la transition écologique. 80% des impacts environnementaux sont déterminés dès la phase de conception. Il y a du travail, d’autant plus avec la CSRD qui incorpore des indicateurs régénératifs mesurés en double matérialité.

Transformer son business modèle passe par l’abandon des projets délétères et le lancement de produits, services et projets régénératifs. Le collectif Nous sommes vivants à conçu le business model canvas de l’entreprise régénérative pour permettre aux entreprises de réduire leurs impacts et/ou contribuer à la régénération. La régénération apparaît comme essentielle à la résilience des activités économiques dans leurs territoires et à la capacité de régénération du vivant dont elles sont dépendantes. Toutes les entreprises n’ont pas le même lien au vivant, une approche sectorielle est nécessaire.

Nous avons conçu une version découverte du Regen BMC dans le secteur du numérique en nous inspirant de la Livebox de Orange et formé 8 designers. 

Jérémy Dumont présentera le case study Orange x RegenBMC sur un service numérique à visée régénérative et les pistes d'innovation nouvelles qu'il a permis d'ouvrir à la UX-Conf Lyon le 30/01/2025.

De User Centric à Green Centric : une nouvelle opportunité de croissance pour les entreprises
  • Fabrice Liut, co-fondateur et associé de TheTandem
  • Clémence P., Co-fondatrice de l’Antenne Lyonnaise des Designers Éthiques et Product Designer chez AUXO
  • Jérémy Dumont, Planneur Stratégique et fondateur du Collectif « Nous sommes vivants »
  • Animation : Élodie Bert, Consultante UX-Designer senior chez UX-Republic

Comment mieux parler d’écologie ? Ce que nous dit la recherche

« Parler d’écologie, c’est bien. Être écouté, c’est mieux« . Dans un monde saturé d’informations et de débats clivants ou polarisés, il ne suffit plus de dire les bonnes choses, il faut les dire de la bonne manière. C’est ce que nous apprend le guide « Mieux parler d’écologie : ce que nous dit la recherche », élaboré par Parlons Climat.

Quelques enseignements clés de ce guide :
Comment mieux parler d’écologie ?

  • 1️⃣ Connaître les valeurs de son audience pour mieux se faire entendre : nous percevons les messages à travers le filtre de nos valeurs et opinions. Par exemple, des campagnes réussies au Royaume-Uni ont su mobiliser des publics conservateurs en valorisant la protection des paysages, un sujet en résonance avec leurs préoccupations.
  • 2️⃣ Simplifier le vocabulaire pour maximiser l’impact : utiliser un jargon technique ou militant peut décourager une partie de l’audience. Un discours clair, simple et accessible suscite bien davantage l’intérêt et l’engagement.
  • 3️⃣ Jouer sur les émotions sans sombrer dans les extrêmes : un discours exclusivement alarmiste peut engendrer un sentiment d’impuissance, tandis qu’un message trop positif risque de minimiser l’urgence. Trouver un équilibre entre gravité et espoir est essentiel pour inciter à l’action.
  • 4️⃣ Faire parler des figures identifiables : l’incarnation du message par des personnes qui résonnent avec les publics ciblés est un puissant moteur d’engagement. Par exemple, un pêcheur témoignant des impacts du changement climatique sur son quotidien pourra toucher un public réticent de manière bien plus efficace qu’un énoncé généraliste.
  • 5️⃣ Le lien avec la santé, un levier sous-estimé : aux États-Unis, établir une corrélation entre la qualité de l’air et la santé personnelle a permis de sensibiliser des publics souvent hésitants face aux enjeux climatiques. Plus un message touche à ce qui nous est proche, plus il a de chances de marquer les esprits.

Ce guide s’appuie sur des recherches rigoureuses, tirées de publications récentes dans des revues reconnues comme Nature, Environmental Communication Journal ou encore Journal of Environmental Psychology. Il combine sciences humaines, études d’opinion et expériences de terrain pour fournir des recommandations adaptées au contexte français.

Merci à l’équipe de Parlons Climat, Lucas Francou Damesin, Amélie Deloffre Julie Reux et Damien Cahen pour ce travail exemplaire qui combine rigueur scientifique et action concrète. Ce document est une ressource incontournable pour toutes les organisations, acteurs publics ou privés, engagés dans la transition écologique.

Merci à Pierre-Henry Dodart pour sa synthèse.

5 conseils pour parler d’écologie aux chrétiens

Étude chrétiens et climat, un programme inédit pour comprendre le rapport des chrétiens au climat, identifier et activer des leviers d’engagement.

Environnement et crise climatique :
l’opinion des Français au-delà des clichés

Une étude inédite sur le rapport des Français au climat qui s’appuie sur la segmentation par familles de valeurs de Destin Commun. Des recommandations stratégiques accompagne l’analyse.

L’environnement et le climat sont une des 3 priorités pour la France
Exemple de lecture : 30% des habitants des commune de 2000 à 20000 habitants mettent le climat dans leurs trois grandes priorités pour l’avenir du pays.

Une opportunité s’offre à nous d’engager la société pour une mobilisation puissante en faveur de la lutte contre le changement climatique. Mais pour la saisir, encore faut-il comprendre le rapport de la société française et des groupes qui la composent à la question climatique.

C’est ce que ce programme a souhaité faire dans une étude fondée sur un sondage inédit, mené du 14 au 25 mars 2022 auprès de 4 000 personnes.

Recommandations pour parler climat selon les publics visés

Parlons Climat a regroupé la population française en six familles, sur la base de leurs valeurs et de leur vision du monde.  L’analyse des fondements moraux (équité, autorité, loyauté, bienveillance, pureté…), des appartenances de groupes et des orientations psychologiques permet d’appréhender l’opinion de la société française en tenant compte des différents systèmes de valeurs, et d’identifier les lignes de divisions mais aussi de consensus.

Les Militants désabusés

Engagés, avides de changement et politiquement très à gauche, les militants désabusés sont la famille la plus mobilisée sur les enjeux climatiques.

Les Stabilisateurs

Très empathiques, engagés socialement, les Stabilisateurs sont une famille plus âgée que la moyenne, pour qui le climat est un sujet important.

Les Libéraux optimistes

Optimistes avant tout, les Libéraux optimistes sont conscients de l’enjeu climatique mais ne croient pas à la nécessité d’un bouleversement du système.

Les Attentistes

Famille la plus déconnectée de la vie collective, les Attentistes sont très éloignés de la politique, tout comme de la question climatique.

Les Laissés Pour Compte

Les Laissés Pour Compte se perçoivent comme victimes du système actuel. Si le climat est important pour cette famille, le pouvoir d’achat l’est encore plus.

Les Identitaires

Cette famille veut défendre la France et son identité. Par rapport à l’insécurité ou l’immigration, protéger notre environnement est un enjeu secondaire.

Cette approche est particulièrement pertinente dans la perspective de campagnes de conviction ou de mobilisation, puisqu’elle prend en compte les personnes telles qu’elles sont, avec leurs croyances et systèmes de valeurs propres.


A propos de Parlons Climat

Parlons Climat est une organisation d’intérêt public dont l’objectif est d’engager de nouveaux publics dans la lutte contre le changement climatique. Elle étudie où en sont les différents segments de la population française sur le sujet et aide des émetteurs (actuels et nouveaux) à toucher et convaincre ces nouvelles audiences.

La nature développe l’empathie, un pilier indispensable pour bâtir une société bienveillante et harmonieuse

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« L’empathie doit devenir un des piliers de l’éducation pour bâtir une société bienveillante et harmonieuse » révèle une étude publiée dans Sustainability en 2022 qui explore l’impact des différents types d’enseignement sur le développement de l’empathie chez les jeunes enfants, en comparant les écoles maternelles axées sur la nature et les animaux à celles plus traditionnelles.

Importance de l’empathie selon l’ONUDC. L’empathie est la capacité de comprendre et partager les émotions d’autrui. Elle nous permet de voir les choses du point de vue d’autrui, plutôt que du nôtre. C’est une qualité essentielle qui favorise les relations sociales et professionnelles, développe la conscience de soi et contribue à un monde plus juste. La compassion (motivation d’agir pour empêcher autrui de souffrir) naît de l’empathie.

Importance de l’empathie : un super talent

  • L’empathie est essentielle à un bon équilibre mental et physique. Elle inspire à prendre soin des autres et permet des relations sociales et professionnelles saines.
  • L’empathie apprend aux enfants à prendre des décisions responsables et à tenir compte de la famille, des amis, de leur communauté et du reste du monde. Les jeunes empathiques ont plus de conscience de soi et sont plus à l’écoute, ce qui peut les protéger contre l’abus de substance et d’autres comportements à risque.
  • L’empathie contribue à la conscience sociale et fait obstacle au harcèlement, aux préjugés et au racisme. Elle jette les bases d’une société juste, bienveillante et en paix.
  • L’empathie nous permet de capter l’état d’esprit des autres et de mieux s’entraider – y compris entre personnes de différentes communautés.

Synthèse de l’étude par Pierre-Henry Dodart

Pierre-Henry Dodart, Administrateur de l’État engagé pour la transition écologique nous rend accessible, en français, l’essentiel de cette étude publiée en anglais dans Sustainability1.


Sustainability (Durabilité ou Soutenabilité en français) est une communauté internationale dont la revue en libre accès couvre la durabilité environnementale, culturelle, économique et sociale des êtres humains, publiée semestriellement en ligne par MDPI.


L’importance de l’empathie dès la maternelle

L’empathie joue un rôle déterminant dans le développement social et émotionnel des enfants. Elle les aide à comprendre et à partager les émotions des autres, favorisant des comportements prosociaux tels que l’entraide et le soutien. L’empathie stimule également les comportements de conservation de la nature.

Comparaison des moyennes estimées par type d’école maternelle pour l’empathie envers les humains.

L’influence des enseignements axées sur la nature et les animaux

L’étude révèle que les écoles maternelles qui proposent des enseignements axées sur la nature et les animaux sont plus efficaces que les écoles maternelles traditionnelles pour développer les intentions comportementales empathiques chez les enfants envers les humains. Les enfants de ces écoles montrent également une empathie cognitive et affective plus élevée envers la faune, ce qui suggère que ces environnements favorisent une connexion plus profonde avec la nature.

Comparaison des moyennes estimées par type d’école maternelle pour l’empathie envers les animaux.

Interprétation des résultats

Les résultats suggèrent que les interactions fréquentes et prolongées avec la nature et les animaux dans les écoles maternelles peuvent être des mécanismes efficaces pour développer l’empathie chez les jeunes enfants. Ces environnements offrent des opportunités uniques de jeu libre et de découverte, favorisant des interactions sociales positives et des compétences socio-émotionnelles.

Comparaison des moyennes estimées par type d’école maternelle pour l’empathie envers la faune.

Perspectives et recommandations futures

Bien que les résultats soient prometteurs, des recherches supplémentaires sont nécessaires pour identifier les caractéristiques spécifiques des écoles maternelles qui contribuent le plus au développement de l’empathie. De plus, il serait utile d’explorer comment ces compétences empathiques se traduisent en comportements prosociaux et environnementaux à long terme.


L’impact des types d’écoles maternelles sur l’empathie

L’étude menée par Julie Ernst et ses collègues a évalué 124 enfants âgés de 3 à 5 ans fréquentant trois types d’écoles maternelles dans le Minnesota : des écoles traditionnelles (non-nature), des écoles axées sur la nature et des écoles mettant un accent particulier sur les interactions avec les animaux. À travers une méthodologie rigoureuse, les chercheurs ont mesuré trois dimensions de l’empathie :
  1. Cognitive : comprendre les émotions des autres.
  2. Affective : ressentir les émotions d’autrui.
  3. Comportementale : intentions d’aider ou de soutenir.

Cette étude met en lumière l’importance des écoles maternelles ayant des enseignements axées sur la nature et les animaux dans le développement de l’empathie chez les jeunes enfants.

En favorisant des interactions directes, ces écoles offrent un cadre enrichissant pour cultiver l’empathie, essentielle pour une société plus bienveillante et durable.


Le sentiment de connexion à la nature : déterminant principal de l’intention comportementale de protéger les animaux par Perrine Aubert-Botteron2

L’équilibre naturel régnant au sein de la biodiversité et des écosystèmes, est bouleversé par les nombreuses activités anthropiques. Ces actions contribuent à l’extinction de nombreuses espèces animales. Aux antipodes de ces effets, certains préfèrent adopter des comportements pour minimiser les influences de leurs agissements sur ce monde naturel. Et pourtant, ce lien qui nous unit avec la nature reste encore aujourd’hui encore trop peu développé et reconnu.

La connexion avec la nature est un concept étudiant l’importance du lien qu’entretient l’Homme avec la nature. L’interaction avec l’environnement qui nous entoure est de plus en plus recherchée aujourd’hui car il est source de bien-être.

Et qu’en est-il de la place de la faune dans ces questions de protection et de liens ? Sont-ils eux aussi au centre des préoccupations ? Bien que la conservation des animaux soit l’objet d’intérêt d’une
faible quantité de personnes (Burgat, 1997). Il ne faut pas oublier que ces derniers sont eux aussi en danger. Actuellement plongé dans la sixième extinction de masse, l’intérêt pour les espèces animales et leurs survies devient primordial.

Les animaux sont en première ligne et subissent les contrecoups des activités anthropiques.

L’intention de la protection animale est encore trop peu présente au sein de nos sociétés. Est-ce un manque d’informations ? Un manque de motivation ? Pour protéger la faune, il faut d’abord comprendre ce que ces derniers ressentent. Pour évaluer ce que les gens ressentent envers les animaux, il faut s’intéresser à la notion d’empathie. Concept d’abord étudié à l’échelle anthropique, son champ de recherche s’est étendu lorsque l’on a commencé à s’intéresser aux ressentis de l’Homme pour les animaux.

L’empathie est une disposition psychique visant à se mettre à la place de l’autre afin de comprendre ce qu’il ressent (Berthoz & Jorland, 2004). La littérature expose un lien entre les comportements pro-environnementaux et la connexion à la nature.

Dette étude s’intéresse aux facteurs pouvant déterminer une intention de protéger les animaux. C’est pourquoi la première partie du cadre de la littérature portera sur les comportements pro-environnementaux, la seconde partie la connexion à la nature. Enfin, l’étude se termine par ce lien spécifique entre l’homme et les animaux, qui est au cœur de l’étude : l’empathie envers les espèces animales, puis la protection envers les animaux.


  1. Ernst, Julie, Claire Curran, and Leah Budnik. 2022. « Investigating the Impact of Preschool Type on Young Children’s Empathy » Sustainability 14, no. 15: 9320. ↩︎
  2. Perrine Aubert-Botteron. Le sentiment de connexion à la nature : déterminant principal de l’intention
    comportementale de protéger les animaux. Psychologie. 2022. dumas-03713365 ↩︎

« Empathie », le film anti-barbaque recommandé par PETA France

Combien y a-t-il d’espèces vivant sur Terre ? 

Combien y a-t-il d’espèces sur Terre ? Une question simple à laquelle il est difficile de répondre et qui occupe les naturalistes depuis des siècles, nous rappelle Maxime Pauwels (Université de Lille), spécialiste en écologie des populations. Une interrogation pour évaluer l’incroyable diversité du vivant et prendre la mesure de son déclin. L’ethnobiologiste Meredith Root-Bernstein (MNHN) sonde la façon dont les animaux se perçoivent les uns les autres et s’est intéressée aux amitiés interespèces.

Plus de 2 millions d’espèces vivantes ont été recensées depuis le XVIe siècle. SarahVan/Shutterstock

Combien y a-t-il d’espèces sur la planète ? La réponse n’est pas si simple

Maxime Pauwels, Université de Lille

Pour prendre la mesure de la diversité du vivant, mais aussi de la perte de biodiversité, connaître le nombre d’espèces qu’il y a sur notre planète semble crucial. Mais répondre à cette question est bien plus compliqué qu’il n’y paraît.


Après les nombreuses expéditions naturalistes, qui, du XVIe au XIXe siècle, ont parcouru la planète à la découverte de l’extraordinaire diversité des espèces qui l’habitent, la question du nombre exact d’espèces existant sur la planète semblait secondaire. Mais depuis le début du XXIe siècle, avec l’accélération des effets délétères des activités humaines sur l’environnement, et la prise de conscience d’un déclin de la biodiversité, elle est de nouveau discutée. Sur une Terre malade, où les espèces disparaîtraient à un taux trop important, connaître exactement le nombre d’espèces présentes à la surface de la planète, c’est comme se donner les moyens d’une prise de la température planétaire. Et préciser à quelle ampleur et à quelle vitesse ce nombre varie, c’est comme évaluer la gravité d’un symptôme de la crise écologique. Suivre le nombre exact d’espèces sur la planète est pourtant un défi à plus d’un titre

Un défi de taille : lister des millions voire des milliards d’espèces

Carl von Linné. National Portrait Gallery

Au XVIIIe siècle, le naturaliste suédois Carl von Linné invente la taxonomie : la science qui décrit et classe la diversité du vivant en groupes (les taxons) et leur donne un nom. La classification est hiérarchique, et l’unité la plus petite est l’espèce. Dans ses ouvrages célèbres Systema naturae et Species plantarum, Linné classe et nomme environ 12 000 espèces d’animaux et de plantes. Un travail exhaustif sur toutes les espèces connues de l’époque qui était alors réalisable par un seul auteur, même si les historiens nous rappellent qu’il était aidé.

Au début du XXe siècle, l’expédition naturaliste Santo 2006 ouvre le programme de redécouverte de la nature « La planète revisitée » porté par le Muséum national d’histoire naturelle. Objectif : faire l’inventaire exhaustif de la diversité en espèces dans plusieurs régions du monde. L’expédition revient de l’île d’Espiritu Santo, seulement 4 000 km2 de superficie dans l’archipel de Vanuatu dans l’océan Pacifique, avec un inventaire de déjà environ 10 000 espèces. Presque autant que Linné ! Et il aura fallu plus de 150 scientifiques du monde entier, avec l’aide de 100 personnels de soutien et accompagnateurs, séjournant cinq mois sur l’île, pour y parvenir.

L’arboglisseur, un aérostat conçu pour accéder à la canopée, a été utilisé par Pro-Natura pour recenser la biodiversité des forêts tropicales, notamment à l’occasion de l’expédition scientifique sur l’île d’Espiritu Santo (Vanuatu), en 2006.

Le nombre total d’espèces connues a en effet largement augmenté. En 2024, la liste de toutes les espèces connues compte 2 153 938 espèces. Ce sont majoritairement des animaux invertébrés, avec 1 489 932 espèces, dont majoritairement des insectes avec 1 053 578 espèces. Les animaux vertébrés comptent (seulement) 75 923 espèces, les végétaux 425 679 espèces, les champignons 157 648 espèces. Les compter toutes est devenu un défi, nécessitant un travail forcément collectif, impliquant des spécialistes des différentes catégories.

Cette liste mondiale, qui témoigne déjà de l’extraordinaire diversité des espèces, est pourtant incomplète : de l’avis général, une part importante des espèces peuplant la biosphère est toujours inconnue. Il en existerait beaucoup plus. Les estimations récentes du nombre total d’espèces existantes oscillent entre 8 millions et plusieurs milliards. Ainsi, les espèces d’invertébrés existantes seraient 3 à 100 fois plus nombreuses que celles déjà décrites ! Il pourrait exister près de 4 millions d’espèces de champignons ! Alors qu’on connaît aujourd’hui de 10 000 à 30 000 espèces de bactéries, elles seraient des milliards ! Mais comment faire pour toutes les répertorier ?

Un défi pratique : identifier et compter les espèces que l’on n’a encore jamais vues

La méthode classique pour découvrir des espèces nouvelles lors des inventaires naturalistes, inspirée par Linné, est basée sur l’observation directe : sur le terrain, des individus sont récoltés, décrits et classés en fonction de leurs caractères morphologiques. Si la description est inédite, une espèce nouvelle est créée et nommée et sa description est publiée en référence à un spécimen type conservé en muséum. Cela demande donc un travail considérable pour ajouter une seule espèce à la liste des espèces connues. Étant donné l’écart entre le nombre des espèces connues et celui des espèces existantes, il est clair que cette approche ne suffira pas pour le compléter.

Mais deux méthodes modernes permettent d’avancer à plus grands pas.

L’une permet d’identifier les espèces sans les voir. Avec les outils de la biologie moléculaire, il est possible de compter les espèces à partir des traces ADN qu’elles laissent dans leurs habitats. C’est ce qu’on appelle l’ADN environnemental. Basée sur le séquençage de l’ensemble des fragments d’ADN que l’on trouve dans un environnement donné, cette technique, dite de barcoding, consiste à utiliser les différences génétiques entre espèces. Chaque séquence détectée à partir de l’ADN environnemental est associée à la présence d’une espèce, qu’elle soit déjà décrite ou pas.

L’autre consiste à extrapoler les connaissances déjà disponibles sur la biodiversité pour estimer un nombre d’espèces total. Certains auteurs suggèrent par exemple d’utiliser le nombre de groupes connus à des niveaux taxonomiques supérieurs à l’espèce pour estimer un nombre total d’espèces. Ainsi, si l’on connaît les nombres de classes (exemple, les mammifères), d’ordres (exemple, les Carnivores), de familles (exemple, les Canidés), et de genre (exemple Canis) d’animaux, on doit pouvoir estimer un nombre d’espèces d’animaux. D’autres auteurs suggèrent de faire l’hypothèse que toute espèce animale connue est l’hôte exclusif d’un nombre moyen de parasites ou de symbiontes animaux, inconnus, pour estimer un nombre total d’espèces animales de parasites ou de symbiontes.

Ces méthodes semblent adéquates pour mieux compter les espèces sur la planète… tant qu’on ne s’interroge pas sur ce qu’est une espèce ! Et là le problème se corse !


Visuel d’illustration de la newsletter Ici la Terre représentant la planète Terre sur un fond bleu

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Un défi théorique : finalement qu’est-ce qu’une espèce ?

Pour compter des fruits et des légumes, il faut d’abord savoir ce qu’est un fruit ou un légume. Et cela ne va pas toujours de soi. La tomate, par exemple, est un fruit pour les botanistes, un légume pour les cuisiniers. Le problème est plus complexe encore pour les espèces. Que compte-t-on exactement ? Le concept d’espèce relève en effet d’une vision idéologique de l’organisation du monde vivant. Il suggère l’existence d’unités bien séparées, les espèces… qu’il est finalement bien difficile de définir.

Dans l’approche naturaliste classique, ce sont les différences visuelles qui permettent de distinguer une espèce d’une autre. Cette approche adhère au concept dit « morphologique » de l’espèce. Soit, mais à partir de quel niveau de différence morphologique peut-on conclure que des individus appartiennent à des espèces différentes ? Il n’y a pas de règles.

En comparaison, le concept « biologique » de l’espèce met l’accent sur l’intégrité génétique de groupes d’individus entre lesquels les échanges génétiques sont empêchés par des barrières à la reproduction sexuée. Soit, mais faudrait-il toujours observer les résultats de croisements pour conclure que des individus appartiennent à des espèces différentes ? C’est bien entendu impossible lors d’expéditions naturalistes, quand les cas indécis se présentent par dizaines, voire plus.

Le concept « évolutif » envisage les espèces comme des entités évoluant séparément les unes des autres. D’après ce concept, une espèce est une lignée généalogique parents-descendants isolée d’autres lignées du même type. Ce qui se passe dans une lignée est indépendant de ce qui se passe dans les autres. C’est le concept le plus inclusif. Soit, mais comment le teste-t-on, notamment quand on ne connaît pas l’histoire des individus de la génération actuelle ? En passant par des études génétiques, couteuses et parfois difficiles à mettre en œuvre.

Ces concepts concurrents divisent la communauté scientifique. Pour les biologistes de terrain, les concepts biologique et évolutif, trop théoriques, sont inopérants. Pour les microbiologistes, intéressés par des organismes unicellulaires qui ne présentent que très peu de caractères visibles (même au microscope), mais qui échangent du matériel génétique par conjugaison bactérienne, les concepts morphologique et biologique sont inadaptés.

Ces concepts sont généralement compatibles : des groupes génétiquement isolés devraient évoluer indépendamment et diverger morphologiquement. Mais des exceptions soulignent leur incomplétude. On connaît par exemple des couples d’espèces, dites cryptiques, qui sont morphologiquement indiscernables mais qui évoluent indépendamment. En France, on a ainsi récemment découvert qu’il existait deux espèces cryptiques de taupes : la taupe d’Europe, que l’on pensait autrefois seule et répartie sur toute la France et en Europe, et la taupe aquitaine, qui a finalement été reconnue comme une autre espèce, au sud et à l’ouest de la Loire.

Maxime Pauwels, Enseignant-chercheur en écologie et évolution, Université de Lille

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.


À ce jour, environ 2 millions d’espèces ont été inventoriées mais on estime qu’il en existe entre 8 et 20 millions !

Muséum national d’Histoire naturelle
Arbre du vivant d’aujourd’hui. Cette figure est une phylogénie : elle montre des degrés relatifs de cousinage. Ainsi, l’araignée est plus apparentée au crabe qu’à l’escargot, et le crocodile est plus apparenté à la mésange qu’au lézard. Quelques dates sont signalées à l’aide de lettres pour fournir une idée de la chronologie de l’apparition des caractères qui définissent les branches. © MNHN – G. Lecointre, J.-F. Dejouannet, repris par l’AFDEC

Langur gris touffu (Semnopithecus priam) caressant un écureuil géant (Ratufa macroura) dans le parc national de Yala au Sri Lanka. Senthi Aathavan Senthilverl/Wikimedia, CC BY

Qu’est-ce que les amitiés entre animaux nous enseignent sur l’idée d’espèce ?

Meredith Root-Bernstein, Muséum national d’histoire naturelle (MNHN)

Qu’est-ce qu’une espèce ? par Meredith Root-Bernstein, éditions Humensciences.

Qu’est-ce qu’une espèce ? En s’attaquant à cette question bien plus ardue qu’il n’y paraît, l’ethnobiologiste et écologue Meredith Root-Bernstein développe dans son livre de nombreuses réflexions sur cette notion qui touche autant à la taxonomie scientifique qu’aux cultures auxquelles nous appartenons et à nos visions du vivant. Elle y interroge notamment la variation des classifications établies dans les différentes langues, l’évolution de la notion d’espèce avec les avancées scientifiques, la façon dont ces classifications influent la protection du vivant. Voici un extrait du chapitre consacré à la question de la distinction des espèces entre elles, où Meredith Root-Bernstein s’attarde sur les cas d’amitié interespèce.


La journaliste scientifique américaine Jennifer Holland a recueilli une centaine d’histoires d’amitié entre des animaux d’espèces différentes. Beaucoup de ces histoires lient deux animaux orphelins, qui deviennent amis pour la vie dans un centre de soins. Parfois, vous pouvez vous demander si les animaux ne se trompent pas : un capybara ressemble un peu à un cheval miniature… Est-ce qu’ils pensent être de la même espèce ? Mais force est de constater que les différences physiques majeures ne semblent pas avoir d’importance.

Des histoires d’amitié entre hamster et serpent, tortue et chiot

Personnellement, je préfère les histoires avec les reptiles, peut-être car nous n’imaginons pas qu’un reptile puisse former un lien affectif. Une tortue sillonnée (Centrochelys sulcata) appelée Crouton, négligée par ses propriétaires et se retrouvant dans un refuge animal, a rencontré un groupe de chiots dogues de Bordeaux. Elle a commencé à se mettre au milieu d’eux, probablement attirée au début par leur chaleur, même si elle avait sa propre couverture électrique où elle pouvait se chauffer tranquillement.

Avec le temps, elle s’est liée à un chiot en particulier, Guppy, et tous deux se blottissaient l’un contre l’autre, restant amis pour la vie. Un serpent japonais (Elaphe climacophora) dans un zoo refusait de manger car son métabolisme était faible. Son soigneur, voulant le tenter, a mis un hamster du Daghestan (Mesocricetus raddei) dans son enclos. Non seulement le serpent ne l’a pas mangé, mais il l’a laissé monter sur lui en le poussant à s’enfoncer dans ses anneaux, et a suffisamment gagné sa confiance pour qu’ils dorment ensemble. Ils se frottaient le visage ou le hamster mettait ses petites pattes sur le serpent. Ils ont continué à vivre ensemble et le serpent ne l’a jamais mangé, acceptant plutôt un régime de rongeurs morts. Ce serpent n’était pas né en captivité et savait donc sûrement manger des animaux vivants. Ce n’est pas l’unique exemple d’un prédateur qui devient ami ou prend soin d’une proie qu’il rencontre quand il n’a pas faim.

La plupart des histoires de ce type entre deux animaux non humains surviennent en captivité. Mais cela ne veut pas dire que ce n’est pas naturel ou que cela ne peut pas nous renseigner sur le comportement naturel des animaux. En captivité, les probabilités que la relation soit observée et documentée sont beaucoup plus élevées, ce qui crée une distorsion dans les rapports. De plus, en captivité, l’opportunité de rester ensemble est garantie. Dans la nature, un hamster qui n’est pas mangé va probablement s’enfuir et les chances qu’une tortue reste amie avec un chiot peuvent être moindres car le chiot pourrait changer de territoire. Pourtant, ces événements peuvent arriver dans la nature.


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Que peut-on observer chez des animaux en liberté ?

Chez les cétacés, les dauphins communs à bec court (Delphinus delphis), les grands dauphins (Tursiops truncatus), les dauphins à bosse de l’océan Indien (Sousa plumbea), les dauphins à bosse du Pacifique (Sousa chinensis) et les orques (Orcinus orca) ont tous été observés adoptant et prenant soin de bébés cétacés d’autres espèces. En 2019, des scientifiques ont observé un grand dauphin femelle allaitant son propre petit ainsi que le petit d’un dauphin d’Électre (Peponocephala electra) en même temps. En 2022, une autre équipe a vu un dauphin à bosse de l’océan Indien femelle allaitant un grand dauphin de l’océan Indien bébé (Tursiops aduncus) à une occasion, et un dauphin commun à bec court bébé à une autre. En 2023, une orque femelle a été observée « portant » un [autre cétacé, un] globicéphale commun bébé (Globicephala melas) dans l’eau, c’est-à-dire le laissant nager à côté d’elle, là où la résistance de l’eau est réduite pour le bébé tandis que cela augmente l’effort de l’adulte. Dans ce cas, l’individu se comportant comme une mère ne semblait pas être allaitante, et le bébé a disparu quelques jours après.

Les animaux terrestres vivent en société aussi. Dans sa forme la plus simple, beaucoup de grands herbivores, par exemple des antilopes, broutent ensemble, de nombreuses espèces d’oiseaux s’associent pour se nourrir et, dans certains cas, les oiseaux s’associent avec les grands herbivores. Par exemple, les autruches s’associent aux gazelles en Afrique, et les nandous avec les [lamas] guanacos en Amérique du Sud. Une des raisons de ces associations est que les espèces peuvent partager la tâche de surveillance des prédateurs et comprennent les cris d’alarme de chacune.

Dans d’autres cas, les oiseaux s’associent avec des mammifères pour manger des proies qu’ils perturbent ou qu’ils laissent s’échapper. Le choucador de Meves (Lamprotornis mevesii) suit les éléphants en Afrique du Sud, attrapant les insectes perturbés par leur passage. Les grives de Gurny (Geokichla gurneyi, Cercotrichas signata et Cossipha spp.) assistent les rats-taupes (Cryptomys spp.) pour manger des insectes que ces derniers perturbent en cherchant des racines. Une grive peut passer une journée entière auprès d’un rat-taupe qui cherche à manger.

Il y a aussi des animaux qui chassent en collaborant, comme le blaireau d’Amérique (Taxidea taxus) et le coyote (Canis latrans), qui peuvent chasser par deux ou en groupe. Les blaireaux déterrent les proies et les coyotes les chassent. Dans une vidéo que vous pouvez trouver sur Internet, le coyote s’incline vers le blaireau dans une invitation au jeu, et saute à côté joyeusement. Il n’est pas certain que le blaireau comprenne le langage corporel canin, car il continue avec la même mine sérieuse et concentrée. Des vidéos montrent aussi des exemples d’agressions entre blaireaux ou entre un blaireau et un coyote, donc il y a un intérêt pour le coyote à tenter de maintenir une ambiance plutôt plaisante.

« Pourquoi les coyotes et les blaireaux collaborent ? », une vidéo du média français Brut, février 2020.

Colocataires de terrier

Il y a aussi beaucoup de cas d’animaux qui partagent les mêmes terriers. Par exemple, pendant ma thèse de doctorat sur le [rongeur] dègue du Chili (Octodon degus), qui vit en colonies dans des terriers, j’ai demandé à mes collègues de me fournir une liste de tous les animaux qu’ils avaient vus vivant ou cherchant l’abri dans les terriers des dègues. La liste incluait d’autres petits mammifères, la chevêche des terriers (Athene cunicularia) et le tourco à moustaches (Pteroptochos megapodius), des insectes et des mygales, des lézards dont Callopistes maculatus et des serpents. Je me suis souvent demandé comment ça se passe avec les serpents : ils ne mangent sûrement pas les autres hôtes du terrier, mais que se passe-t-il au-dehors ? Est-ce que le serpent reconnaît et évite de manger ses colocataires ?

Ce n’est pas du tout un cas unique. Une étude menée au nord de l’Inde montre que plusieurs animaux vivent dans les terriers des porcs-épics indiens (Hystrix indica), comme des chacals dorés (Canis aureus), des renards (Vulpes spp), des hyènes rayées (Hyaena hyaena), des chats des marais (Felis chaus), des lièvres (Lepus spp), des chauves-souris, des crapauds et des pythons indiens (Python molurus).

Les chercheurs et chercheuses se sont concentrées sur les porcs-épics, les chacals et les pythons. Ces espèces peuvent se croiser dans le terrier de manière non agressive, en laissant les autres entrer ou sortir et en faisant de la place mais sans interaction. Les menaces s’expriment dans le langage corporel de chaque espèce : « mouvements agités, contacts visuels, exhibition des canines et grognements (dans le cas des chacals), cliquetis et agitation des épines (dans le cas des porcs-épics), ou sifflements, souffles et frottements du corps (dans le cas des pythons) », d’après les travaux de l’équipe d’Aditi Mukherjee. En dépit de ces différents langages, il semble que les colocataires se comprennent, évitant l’agression physique dans la grande majorité des cas. Les scientifiques ont étudié dix cas d’interactions, toutes de menace, entre les chacals et les porcs-épics, et vingt-deux interactions entre chacals et pythons, dont la moitié était non agressive mais dont deux ont conduit à la morsure (les observations se font depuis l’entrée du terrier, à l’extérieur).

Les chacals avaient tendance à expulser les porcs-épics et les pythons s’ils ne s’entendaient pas. En revanche, les pythons et les porcs-épics se tolèrent, car les porcs-épics sont plus actifs à l’aube et au crépuscule, alors que les pythons sont plus actifs au milieu de la journée, et probablement à cause du fait qu’ils occupent les terriers des porcs-épics pendant une période de l’année où ils ne mangent pas. Les pythons laissent-ils les porcs-épics se blottir contre eux pendant la nuit ? Je ne crois pas que nous ayons mené les observations nécessaires pour le savoir. Mais si cela peut arriver dans un enclos entre un hamster et un serpent qui n’a pas faim, pourquoi pas dans un terrier entre un porc-épic et un python à jeun ?

Quid des liens entre animaux sauvages et humains ?

Quand j’étais enfant, je me rappelle avoir lu une histoire, que je pensais vraie (mais qui est en réalité fictionnelle), d’un enfant du XIXème siècle vivant dans une propriété coloniale dans la prairie, qui se perdait et vivait durant une année entière avec une famille de blaireaux d’Amérique dans leur terrier. Il existe beaucoup d’histoires similaires, certaines connues pour être fausses, et dont il est très difficile de vérifier les détails de manière générale. Il n’existe pas de rapport indépendant et scientifique du contexte ou de l’adoption ou de soins entre l’enfant humain et les animaux qui l’auraient aidé.

Les livres de Jennifer Holland présentent des cas avérés de liens affectifs, avec des comportements d’amitié et de soins mutuels entre des animaux (non domestiques) et des humains et humaines. Il y a aussi de nombreuses vidéos, circulant sur les réseaux sociaux et qu’il n’est pas possible de vérifier, dans lesquelles des animaux aquatiques et terrestres sollicitent de l’aide auprès des humains et humaines (qui d’abord ne les comprennent pas) pour leur enlever des hameçons, démêler les filets de pêche ou retirer les faons et cerfs des filets de buts de football et des clôtures en fil de fer. Si certaines de ces vidéos sont filmées et montées d’une manière qui pose question, je ne crois pas que la totalité de ces histoires soit fausse. Parfois, je me demande si nous sommes connus et connues chez certaines espèces comme « les êtres avec les doigts » ou « ceux avec les ciseaux ». À mon avis, penser que ces histoires d’amitié, de soin et d’aide entre des êtres humains et d’autres espèces sont essentiellement impossibles va à l’encontre de l’évidence des interactions interspécifiques en général.

Quand un hamster se blottit contre un serpent, quand un dauphin allaite le bébé d’une autre espèce ou quand une antilope attend le cri d’alarme de son compagnon oiseau, ils sont en train de traiter l’autre comme s’ils étaient de la même espèce. Ce que je veux montrer ici, c’est qu’ils adoptent des comportements qui gèrent des relations sociales, et pas les interactions de prédateur-proie, l’évitement ou la pure indifférence. Il y a donc des contextes où des espèces considèrent d’autres espèces, en dépit de leurs différences évidentes, comme si elles étaient dans le même groupe social, classées dans la catégorie « la société à laquelle j’appartiens ».

Meredith Root-Bernstein, CR CNRS en ethnobiologie, ecologie, éthologie, Muséum national d’histoire naturelle (MNHN)

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

Veganuary 2025 : c’est le mois de janvier pour tester le véganisme

Depuis sa création en 2014, Veganuary a inspiré et aidé des millions de personnes dans le monde à tester l’alimentation végétale. Des entreprises développent de nouvelles options vegan dans leurs magasins et restaurants. Veganuary 2025, et si c’était le mois de janvier pour tester le véganisme et rejoindre la révolution végétale ? Deliveroo décrypte l’évolution du véganisme en France après 6 ans d’observation.

Veganuary, contraction de « vegan » et « january », est un défi mondial qui a accompagné plus de 2 millions de personnes à manger vegan pendant 1 mois. Né il y a 10 ans au Royaume-Uni, ce challenge est relayé en France par L214.

Des animations ou des stands de dégustation ont lieu dans toute la France en janvier, trouvez celle proche de chez vous 

3 bonnes raisons de relever le challenge du Veganuary

  • 1 – Pour les animaux : Rien qu’en France, 3 millions d’animaux terrestres sont tués chaque jour pour notre consommation ! Imagine le nombre d’animaux épargnés si tout le monde relevait le défi ne serait-ce que pendant un mois ?
  • 2 – Pour l’environnement : Diminuer ou arrêter sa consommation de produits d’origine animale est l’écogeste le plus efficace pour lutter contre le changement climatique : il représente à lui seul 40% de l’impact total atteignable par des gestes individuels.
  • 3 – Pour la santé : Manger vegan diminue le risque de développer un diabète de type 2, une maladie cardiovasculaire ou un cancer colorectal et participe également directement à réduire l’antibiorésistance et les risques de pandémies.
L’impact de la viande sur les humains, les animaux et l’environnement. L’élevage accentue l’effet de serre et la déforestation

Climat : la solution est dans nos assiettes !

Parce que les animaux sont des êtres sensibles, ils ne devraient pas être considérés comme de la nourriture. Heureusement, nous sommes de plus en plus nombreux à refuser de les manger !

Une alimentation végétalienne équilibrée est bonne pour la santé et convient à tous les âges de la vie.

Modifier ses habitudes alimentaires et devenir vegan pour peser moins lourd sur la planète.

En 2019, dans un rapport consacré à l’utilisation des terres agricoles et à l’alimentation, le GIEC a comparé les réductions d’émissions de gaz à effet de serre que pourrait permettre l’adoption de différents régimes alimentaires. L’alimentation vegan (à 100 % d’origine végétale) est celle qui permettrait de réduire le plus les émissions de GES liées à l’alimentation. Arrivent ensuite le régime végétarien (viande ou poisson seulement une fois par mois selon les critères retenus pour cette étude) et le régime flexitarien (réduction des produits d’origine animale).

Manger végétarien est l’écogeste le plus efficace : 6 fois plus puissant que manger bio et local pour réduire ses émissions de GES

Devenir vegan. Animaux, environnement, santé, humains : 4 bonnes raisons de faire le choix vegan !

Deliveroo décrypte l’évolution du véganisme en France après 6 ans d’observation

Introduit en France en 2019, Veganuary est, à l’origine, conçu pour encourager les participants à essayer une alimentation 100% végétale tout au long du mois de janvier. Cette tendance s’impose aujourd’hui comme un véritable mode de vie répondant aux préoccupations environnementales, éthiques et de santé. Pour la sixième année consécutive, Deliveroo et Yougov dévoilent les résultats d’une étude sur l’évolution du véganisme en France et offrent un éclairage sur ses tendances1.

Une perception qui évolue  

La démocratisation des produits végétaux, un meilleur accès à l’information et une sensibilisation accrue aux préoccupations environnementales et éthiques jouent un rôle central dans la déconstruction des stéréotypes. Aujourd’hui, 29% des Français se disent plus ouverts à tester des alternatives végétales, qu’il s’agisse de simples essais ou d’une adoption plus durable, les motivations sont les mêmes : une meilleure santé (48%), pour défendre la cause animale (46%), ou encore pour des raisons environnementales (40%), reflet d’une prise de conscience collective face aux enjeux sociétaux.

Cependant, certaines positions continuent d’être marquées : 50 % des sondés pensent encore que les vegans souffrent de carences nutritionnelles, 45 % les associent à des écologistes extrêmes, 43 % estiment qu’ils mangent souvent la même chose, et 39 % les perçoivent comme privilégiés ou aisés.

Bien que ces positions soient encore présentes, elles s’atténuent progressivement grâce à l’évolution des mentalités et à la visibilité croissante du véganisme, portée par des initiatives visant à sensibiliser les Français aux bienfaits du véganisme, aux bons apports, au respect de l’environnement, à la cause animale, dans le but de démocratiser ce mode de vie. 

La démocratisation des alternatives végétales

Entre 2022 et 2024, l’intérêt pour les alternatives végétales a connu une nette progression, avec une augmentation de 14 % des personnes prêtes à tester ces alternatives. 

En 2024, près d’un Français sur deux se dit prêt à essayer des alternatives végétales dans son alimentation, motivé principalement par l’envie de goûter quelque chose de nouveau (pour 36 % des sondés) ou pour évaluer si ces alternatives valent le coup d’être consommées dans leur quotidien (30 %).  

Parmi ceux ouverts à tenter l’expérience du veganuary, 57% ont expérimenté des plats naturellement vegans, comme le taboulé ou le houmous, 31% ont goûté des substituts de viande, et 30 % ont goûté des versions végans de leurs plats habituels (sushis, lasagnes, gyozas, etc.). 

La popularité croissante du véganisme s’explique par l’évolution des mentalités et la démocratisation des options végétales. Autrefois restreintes à des choix perçus comme limités (salades, quinoa, légumes), les alternatives « veggie » se sont considérablement diversifiées et modernisées. 

L’avènement du digital, et en particulier des réseaux sociaux comme Instagram et TikTok, a joué un rôle clé dans cette transformation. Des influenceurs et créateurs de contenu partagent désormais des recettes vegan attractives, rendant ces plats plus accessibles et désirables.  

Parallèlement, les restaurants et commerces s’adaptent en étoffant leurs offres. Sur l’application Deliveroo, l’offre de plats vegans a augmenté de manière significative entre 2021 et 2024, avec une croissance globale de 34%. À l’échelle locale, certaines villes se démarquent par de nettes progressions : Nantes enregistre une hausse de 84%, suivie de Lyon avec +34,7%, Paris avec +33,2%, Aix-en-Provence avec +23,1% et Strasbourg avec +16,3%.

Aujourd’hui, 40 % des sondés déclarent que les produits vegans sont plus simples à trouver.

La démocratisation du véganisme :
un mouvement porté par les jeunes générations

En France, la tendance vegan s’impose comme un véritable marqueur générationnel et social, avec une progression notable de +48 % d’adeptes parmi les 18-34 ans entre 2023 et 2024.

De plus en plus engagés, 61% des jeunes vegans sondés déclarent suivre un régime vegan depuis peu (moins de six mois), principalement pour des raisons environnementales, de goût, dans le but d’accompagner la décision d’un proche ou pour protéger la vie animale. 

Par ailleurs, lorsque ces derniers ne sont pas vegans, ils se disent prêts à franchir le pas et à adopter une alimentation vegan pendant un mois (42% en 2024 vs 38% en 2023 et 37% en 2022), motivés par les mêmes raisons : 39 % pour des enjeux environnementaux et 35 % pour la protection animale

Porte-drapeaux de ce mouvement, les jeunes Français considèrent le véganisme comme un moyen d’action concret face aux défis sociétaux actuels.

Si cette initiative séduit les jeunes, elle trouve moins d’écho auprès des générations plus âgées : seuls 28 % des 45-54 ans, 36% des 35-44 ans et 27% de l’ensemble des Français (vs 32% en 2023) se disent prêts à adopter une alimentation vegan pendant un mois. 

Les plats vegans les plus en vogue sur l’app 

  1. Le Pita falafel vegan de Mezzencore à Paris
  2. Le Kebab vegan de chez Végéman à Strasbourg
  3. L’Açai Bowl de Wild & The Moon à Paris
  4. Les Gyozas de Bloom à Paris
  5. Le Green Vegan bowl de chez Joe & The Juice à Paris
  6. Lobaye vegan de Kuti – Afro street food à Paris
  7. Le sandwich Falafel de chez Le Sultan à Strasbourg
  8. Le Pad Thai légumes vegan de chez The Crying Tiger à Paris
  9. Les Vegan nuggets de chez Green Farmer’s à Paris
  10. Le vegan fried tofu hot pepper de chez K-Town Street Food à Paris 

À propos de Deliveroo

Deliveroo est une entreprise fondée en 2013 par William Shu et Greg Orlowski.

Collaborant avec plus de 181 000 restaurants et commerces et près de 135 000 livreurs partenaires, afin de proposer la meilleure expérience de livraison de repas et de courses en ligne au monde.

L’entreprise, dont le siège est situé à Londres, dispose de bureaux à l’international et opère dans 10 marchés, dont la Belgique, les Émirats Arabes Unis, la France, Hong Kong, l’Italie, l’Irlande, le Koweït, le Qatar, le Royaume-Uni, et Singapour. 



  1. L’enquête a été réalisée sur 1016 personnes représentatives de la population nationale française âgées de 18 ans et plus. Le sondage a été effectué en ligne, sur le panel propriétaire YouGov France, du 15 au 17 novembre 2024. ↩︎

Commencez le Veganuary pour les animaux – et poursuivez dans cette voie !

Devenir végan pendant un mois permet de préserver la vie d’environ 16 animaux, mais devenir végan pour toujours signifie épargner près de 200 animaux par an, chaque année. Il y a de quoi se réjouir !

Rejoignez le défi de manger végan pendant tout un moisinscrivez-vous gratuitement et PETA France vous enverra des courriels pour vous aider à faire vos premiers pas dans cette nouvelle alimentation en toute facilité

Téléchargez gratuitement le « Guide du végan en herbe » de Peta France

Vous pouvez recevoir gratuitement la version numérique du Guide du végan en herbe de PETA, un guide créé pour vous aider à faire la transition vers une alimentation sans viande et produits d’origine animale. Vous y trouverez plein de conseils pratiques et d’informations, ainsi que de recettes appétissantes qui ne manqueront pas d’étonner votre entourage.

Démarrez en toute facilité votre transition vers un mode de vie végan

Comment une PME peut-elle s’engager pour préserver l’eau douce ?

Le WWF publie un livre blanc, véritable guide pratique à destination des petites et moyennes entreprises désireuses d’agir en faveur de la protection de l’eau douce. Sources d’inspiration, 9 membres du Club Entreprendre pour la Planète y livrent leurs retours d’expérience.

L’EAU, UNE RESSOURCE VITALE

Dès 2023, le WWF avait alerté sur la sous-estimation de la valeur des usages de l’eau qui représentent pourtant 60 % du PIB mondial.

L’eau est la source de toute vie. Elle alimente les écosystèmes, nourrit les populations et entre dans les processus industriels. Pourtant, les épisodes de sécheresse et d’inondation font de plus en plus fréquemment les gros titres des journaux. Les impacts sont aussi économiques.

Dès 2023, le WWF avait alerté sur la sous-estimation de la valeur des usages de l’eau qui représentent pourtant 60 % du PIB mondial. C’est dire si les impacts potentiels sur l’économie globale sont élevés. De nombreuses activités dépendent directement des prélèvements en eau. Il est donc essentiel pour elles de préserver, de sécuriser, voire de régénérer ce capital. Au cœur du tissu économique français, PME et ETI créent de l’emploi et de la valeur ajoutée. 

En France, elles sont 4 millions, représentent plus de 99,9% des entreprises et réalisent chaque année plus du tiers du chiffre d’affaires total des entreprises nationales. 36% très exactement. En interaction avec de nombreuses parties prenantes, chacune a un rôle déterminant à jouer pour la protection de la ressource en eau. Parce que ce sont les petits cours d’eau qui font les grandes rivières


H2O : l’eau, la vie et nous

En trois épisodes, cette série Arte TV présente un panorama du rôle de l’eau dans nos civilisations et des dangers qui menacent une planète de moins en moins bleue. Cette première partie remonte aux origines de son apparition sur Terre et en recense les manifestations les plus étonnantes.


FAIRE BOUGER LES LIGNES AVEC LE WWF

Un an après le lancement de l’initiative, 21 membres avaient déjà rejoint le club.
À ce jour, ils sont près de 65 !

Le WWF s’est donné pour mission de réconcilier l’humain avec la nature. En travaillant avec le monde de l’entreprise, le WWF s’efforce de faire changer les pratiques, de mobiliser des financements privés pour le climat et la biodiversité et d’obtenir des résultats concrets. Il s’agit de trouver ensemble des solutions pour faire baisser l’empreinte écologique de l’humanité et relever les défis de conservation.

Et parce que l’écologie n’est pas l’apanage des multinationales, en 2018, le WWF a lancé le Club Entreprendre pour la Planète qui rassemble des PME et ETI de tous secteurs, désireuses de contribuer à la transition écologique. L’objectif est de créer des synergies, de travailler ensemble sur la réduction des impacts et de trouver de nouvelles solutions, notamment au travers des échanges avec les autres membres qui ont les mêmes problématiques. Un an après le lancement de l’initiative, 21 membres avaient déjà rejoint le club. À ce jour, ils sont près de 65 !


Le Club Entreprendre pour la Planète

Parce que l’entreprise est à la fois le problème et la solution !


PARTAGER, TESTER, AVANCER ENSEMBLE

9 entreprises ont cherché les actions à mener, en partageant leurs propres expériences et en capitalisant sur des initiatives inspirantes.

Parce qu’il est urgent de trouver de nouvelles solutions, le WWF France offre la possibilité aux membres du Club Entreprendre pour la Planète de participer à un Do-Tank, un cycle d’ateliers de travail pour passer à l’action. Mobiliser la force de l’intelligence collective et de l’expérimentation pour mieux comprendre les enjeux et solutions, partager entre pairs les difficultés et opportunités, et réfléchir à des actions concrètes à la lumière d’initiatives inspirantes.

Dans la lignée des Do Tank qui ont porté sur l’empreinte carbone des entreprises en 2022 et sur l’empreinte biodiversité en 2023, la problématique retenue pour 2024 est celle de l’eau douce. Le WWF France a sollicité la contribution des cabinets MarkediA et Ecodecision pour animer les réflexions et développer un cadre méthodologique pertinent. 

Pendant un an, aux côtés du WWF, 9 entreprises (Aigle, Bogoods, Dune Energie, Juratoys, M2i, Maped, Sayari, TSE, Verrecchia ) ont engagé une réflexion sur les actions à mener, en partageant leurs propres expériences et en capitalisant sur des initiatives inspirantes.

Le livre blanc publié rend donc compte du travail mené avec ces acteurs et met en exergue quelques bonnes pratiques, dont chaque entreprise désireuse de s’engager en faveur de la protection de la nature pourra s’inspirer pour bâtir sa propre feuille de route.

RESSOURCE EN EAU
COMMENT LES PME ET ETI PEUVENT-ELLES GAGNER EN SOBRIÉTÉ & EN RÉSILIENCE ?

POURQUOI ET COMMENT AGIR POUR LA BIODIVERSITÉ ?

Livre Blanc Biodiversité

Si le monde économique est en partie responsable des pressions qui pèsent sur les écosystèmes, la mobilisation des entreprises est déterminante pour protéger la nature et réduire notre empreinte écologique. Ce livre blanc permet de découvrir les initiatives de neuf entreprises dédiées à la protection de la biodiversité.

COMMENT (RÉ)CONCILIER PME & CLIMAT ?

Plus de 99,8% du tissu économique français était composé de PME ?

Voilà pourquoi le WWF France a créé en 2018 le Club Entreprendre pour la Planète (Club EPP) avec pour objectif de rassembler des PME engagées, agiles et innovantes qui mettent déjà en place des solutions
concrètes, afin d’accélérer le mouvement et favoriser le partage de bonnes pratiques.

Livre Blanc Carbone

L’implication des entreprises est essentielle pour réduire les impacts et lutter contre le changement climatique. A travers ce livre blanc vous pouvez découvrir les actions de dix entreprises engagées dans la réduction de leur empreinte carbone et la promotion d’une économie plus durable.

Quel sera l’impact du changement climatique sur le coût des catastrophes naturelles pour les assurances à horizon 2050 ?

Alors que 48% des Français pensent que nous ne pourrons plus nous assurer demain, la science nous permet d’éclairer les décisions publiques pour préserver l’assurabilité. La CCR – Caisse Centrale de Réassurance publie un rapport scientifique qui rappelle l’importance d’affiner notre compréhension des risques naturels, et d’investir dans des mesures de prévention à la fois individuelles et collectives pour limiter les conséquences humaines, matérielles et financières. Allianz France, la Fondation du Risque et l’ENSAE Paris lancent une Chaire sur l’Assurabilité des Risques Émergents pour apporter un décryptage en mobilisant des approches scientifique et assurantielle.

Pour protéger l’assurabilité, améliorer la gestion du régime d’indemnisation des catastrophes naturelles et faciliter l’anticipation et la prévention des risques extrêmes, la CCR s’appuie sur des capacités de modélisation développées depuis 25 ans.

un rapport scientifique pour améliorer la connaissance, l’anticipation et la prévention des risques extrêmes et protéger l’assurabilité

L’objectif est clair : mieux comprendre l’impact des événements passés pour mieux se préparer à l’intensification de certains d’entre eux. Le renforcement de la prévention est indispensable, car il conditionne notre capacité à nous adapter et à garantir la pérennité du régime d’indemnisation des catastrophes naturelles (Cat Nat).

Les études de ce rapport reflètent la mission principale de la CCR : protéger l’assurabilité pour permettre à chacun de construire son avenir.

Ce qu’il faut retenir…

Le rapport scientifique 2024 de CCR met en lumière des avancées majeures dans la compréhension et la modélisation des risques naturels et anthropiques. Ces travaux montrent l’importance de l’innovation pour anticiper et atténuer les impacts des catastrophes sur les biens et les personnes.

  • ▻ Études sur divers risques : Les études sur les séismes, le retrait-gonflement des argiles (RGA), les inondations, les feux de forêts et les attaques terroristes de type « bombe sale » ont permis des progrès importants dans la modélisation des aléas et l’évaluation des dommages assurés.
  • ▻ Projet MUFFINS : Ce projet démontre l’importance des collaborations interdisciplinaires pour développer des approches innovantes en modélisation des inondations, en combinant des modèles hydrologiques, hydrauliques et des techniques de machine learning.
  • ▻ Estimations des coûts des catastrophes : Les travaux sur l’estimation des coûts, comme ceux concernant les inondations dans le Nord Pas-de-Calais en 2023, illustrent l’importance de la veille événementielle et de la modélisation pour fournir rapidement des estimations précises des dommages.
  • ▻ Intelligence artificielle : L’utilisation de l’IA pour le traitement des données non structurées, comme l’analyse des conditions générales d’assurance et la normalisation des adresses, a prouvé son efficacité pour améliorer la fiabilité et la reproductibilité des résultats.
  • ▻ Initiatives de prévention : L’évaluation de l’efficacité des dispositifs de prévention des catastrophes naturelles et le projet « Initiative Sécheresse » soulignent que la prévention joue un rôle clé dans la réduction des coûts des sinistres et le renforcement de la résilience des territoires.

En conclusion, les travaux de CCR présentés dans ce rapport reflètent son engagement à protéger l’assurabilité et à préparer l’avenir en développant des solutions innovantes et en renforçant la collaboration avec les acteurs de la prévention et de la gestion des risques. Ces efforts sont essentiels pour relever les défis du changement climatique et des risques émergents, tout en garantissant une couverture d’assurance solidaire et accessible à tous.


Les catastrophes naturelles en France – Chiffres clés 2023


L’Essentiel du Rapport Scientifique CCR – 2024

Emprise d’inondation du Nord-Pas-de-Calais simulée à Blendecques (62) par le modèle CCR à une résolution de 25 m à partir du cumul de précipitations observé le 03/01/2024

Le RGA, un risque silencieux à surveiller de près

Le coût des sinistres liés au retrait-gonflement des argiles (RGA) a considérablement augmenté, passant de 400 millions d’euros par an en moyenne entre 1989 et 2015 à 1 milliard par an entre 2016 et 2020. En 2022, il a atteint un record de 3,5 milliards d’euros, le plus élevé depuis la création du régime d’indemnisation des catastrophes naturelles.

Ces coûts devraient continuer à augmenter avec l’intensification des phénomènes liés au changement climatique. Plus de la moitié des maisons individuelles en France, soit environ 11 millions, sont potentiellement exposées au risque de RGA, dont 3,3 millions dans des zones à aléa fort.

Une stratégie nationale de prévention du risque RGA est devenue indispensable. CCR y contribue à travers des travaux de modélisation qui améliorent la compréhension et l’anticipation de ce risque. Elle identifie aussi des solutions de prévention et de réparation durables dans le cadre de l’Initiative Sécheresse, en partenariat avec la MRN et France Assureurs.

‍Dans ce rapport, un indicateur a été développé pour mesurer la magnitude annuelle de sécheresse, en s’appuyant sur les simulations de l’humidité du sol fournies par le modèle ISBA. Cet indicateur a été appliqué à des périodes historiques ainsi qu’à des scénarios de projection climatique, accompagnés de cartes d’aléa et de données assurantielles propres à CCR.

‍Les résultats montrent une nette augmentation des sécheresses futures causée par le changement climatique. Les projections révèlent une hausse marquée de la fréquence et de l’intensité des sécheresses favorisant le RGA, surtout sous le scénario pessimiste RCP 8.5 du GIEC.

‍Les prochaines recherches se concentreront sur la corrélation entre les magnitudes de sécheresse et les cartes de susceptibilité au RGA élaborées par le BRGM. L’objectif est de créer un nouvel indice pour quantifier le potentiel de retrait annuel. Cet indice sera comparé à une base de données de dommages assurés et pourrait être utilisé pour prédire le nombre et le montant des sinistres futurs.

Cet article présente les travaux de la thèse de Sophie Barthelemy qui est encadrée par Météo-France, le BRGM (Bureau de Recherche Géologiques et Minières) et CCR.

Améliorer la connaissance des risques émergents pouvant à terme poser des problèmes d’assurabilité 

La France est exposée à plusieurs risques émergents non couverts par le régime Cat Nat, mais qui pourraient à terme poser des défis d’assurabilité. CCR a donc lancé un programme de modélisation concernant ces risques émergents : les feux de forêts, les émeutes urbaines, la grêle et les risques cyber.

‍En 2022, l’Union Européenne a enregistré un record en termes de surfaces brûlées, avec plus du double de la moyenne observée entre 2006 et 2021, selon l’Observatoire Permanent des Catastrophes Naturelles.  

CCR a donc amélioré son modèle de feux de forêts en France, afin de mieux intégrer la variation temporelle et spatiale du vent, ainsi que l’effet de la pente sur la propagation du feu.

‍Les améliorations apportées au modèle ont permis une meilleure précision, avec une réduction des biais de surestimation. Les nouveaux modèles offrent une meilleure probabilité de détection des incendies et réduisent les fausses alertes. Cependant, les résultats restent encore en dessous du seuil de 50 % d’efficacité. L’analyse des simulations montre qu’il est nécessaire d’explorer de nouvelles pistes d’amélioration. L’intégration de la vitesse de propagation du feu semble prioritaire, car elle détermine largement la forme et la dynamique des incendies.

Estimer les conséquences d’événements précis pour faciliter le travail des assureurs

CCR a mis en place une veille événementielle pour suivre en temps réel les catastrophes naturelles relevant du régime Cat Nat. Cette veille s’appuie sur un processus permettant d’estimer rapidement les dommages assurés potentiels après une catastrophe, grâce à l’analyse des vigilances publiques, la presse, la modélisation hydrologique et hydraulique, ainsi que l’estimation des coûts des dommages.

Ces estimations sont ensuite transmises aux assureurs via un espace dédié, offrant une première évaluation des coûts de l’événement. Pour faciliter le travail des assureurs et améliorer le régime Cat Nat, CCR affine en permanence ses estimations, comme lors des inondations dans les Hauts-de-France en 2023. Le coût de ces inondations a été estimé entre 480 et 550 millions d’euros, puis révisé à 510-600 millions après une nouvelle inondation en janvier 2024. Ce suivi régulier s’inscrit dans la mission de CCR de conseil et de réassurance.

CCR améliore également ses modèles pour estimer les coûts, notamment pour les séismes. Le séisme de La Laigne a montré la difficulté d’estimer précisément les coûts peu de temps après l’événement. La comparaison des résultats des modèles avec les remontées de terrain (communes reconnues, rapport du Groupe d’Intervention Macrosismiques, sondages auprès des cédantes) a permis d’identifier les forces et les faiblesses de ces modèles. Pour ce séisme, il s’est avéré difficile de reproduire les intensités macrosismiques à plus de 15 km de l’épicentre, en particulier à cause du marais Poitevin, qui amplifie localement les ondes sismiques.‍

‍Dans cette démarche d’amélioration, CCR a intégré l’impact des répliques sismiques dans l’évaluation des pertes. En appliquant cette méthode aux bâtiments en béton armé en France, les résultats montrent que pour des intensités principales suffisamment élevées, les répliques augmentent les dommages sur les structures. Les courbes de fragilité obtenues montrent que la succession de deux séismes entraîne une hausse des dommages lorsque l’intensité est élevée.

L’étude sur la prise en compte dynamique des répliques sismiques dans l’évaluation des dommages assurés a été produite en collaboration entre Centrale Supélec, Laboratoire de Mécanique Paris-Saclay et CCR. 

L’innovation au service de la modélisation

Dans le cadre de ses activités de réassurance et de modélisation, CCR collecte des données variées auprès de ses clients. Le traitement de ces données, qu’elles soient structurées ou non, agrégées ou détaillées, est essentiel avant toute modélisation ou analyse.

Pour accélérer le traitement des données, gagner en fiabilité, et automatiser ses processus, CCR utilise de plus en plus l’intelligence artificielle. Par exemple, un projet a été mené pour analyser de façon automatique les conditions générales d’assurance, en utilisant le traitement du langage naturel (NLP). Cela permet à CCR de quantifier précisément ce qui est assuré par le marché et de disposer d’information nécessaire pour améliorer la modélisation des catastrophes naturelles.

Un deuxième exemple concerne la normalisation des adresses avant géocodage. L’utilisation du deep learning améliore la fiabilité des adresses et permet de gagner en précision de géocodage, mettant à disposition de la modélisation des données de localisation plus fiables.  Ces deux exemples se basent sur des méthodes traditionnelles d’IA pour l’extraction des connaissances. Une comparaison des performances par rapport à une approche basée sur l’IA Générative est en cours.

CCR participe également à des projets d’innovation pour mieux anticiper les coûts des événements pour ses clients. Le projet MUFFINS, par exemple, développe des approches innovantes pour modéliser les inondations. Les résultats montrent que les modèles hydrologiques et hydrauliques utilisés permettent une estimation précise des impacts des inondations. De plus, les techniques d’assimilation de données et de machine learning améliorent les prévisions et réduisent les incertitudes.

L’étude sur le projet MUFFINS a été produite en collaboration entre CCR et INRAE, UMR RECOVER, Aix-en-Provence, France. 

Mieux vaut prévenir que guérir : les bénéfices de la prévention des catastrophes naturelles

La prévention des catastrophes naturelles est essentielle pour limiter les dommages aux personnes et aux biens, et pour préserver l’assurabilité des territoires à long terme, surtout dans le contexte du changement climatique. Bien que ces investissements soient souvent invisibles, leurs impacts sont déterminants.

CCR a lancé une démarche pour mesurer l’efficacité de la prévention à l’échelle nationale. Les estimations montrent que les Plans de Prévention des Risques d’inondations (PPRi) ont permis, entre 1995 et 2018, de réduire les dommages assurés de 20 % pour les biens des particuliers et de 32 % pour les biens des professionnels. Ainsi, chaque euro investi dans ces plans de prévention rapporte environ 11 euros en dommages évités.

Les ouvrages hydrauliques de protection face aux inondations, quant à eux, génèrent en moyenne 3 euros de bénéfices pour chaque euro dépensé.

Ces exemples montrent la nécessité de poursuivre l’évaluation de l’efficacité des dispositifs de prévention existants et d’élargir l’analyse à d’autres enjeux socio-économiques, au-delà des seuls dommages assurés. Cela permettrait de mieux refléter l’importance de la prévention des risques majeurs, en particulier pour la protection des vies humaines.

Rapport scientifique complet CCR 2024


Une Chaire sur l’Assurabilité des Risques Émergents

  • Allianz France, la Fondation du Risque et l’ENSAE Paris unissent leurs expertises pour apporter un décryptage nouveau et prospectif des risques émergents en mobilisant des approches scientifique et assurantielle.
  • Ce projet de recherche pluridisciplinaire, piloté conjointement, doit contribuer à transformer le modèle assurantiel pour garantir la résilience des activités d’assurance, rendre efficace la prévention, renforcer l’accompagnement des clients et offrir au plus grand nombre un niveau de protection adapté.

Le secteur de l’assurance évolue dans un monde complexe et en constante mutation avec l’accroissement des risques climatiques, sociétaux, technologiques, sanitaires, géopolitiques…. qui peuvent être interconnectés. Rien que pour les sinistres liés au réchauffement climatique, ces derniers pourraient augmenter de 40 à 60% dans 30 ans.

Ce nouvel environnement plus incertain avec une augmentation de la fréquence et de la sévérité des événements pose la question de la résistance des mécanismes de protection et du principe de mutualisation.

Dans ce contexte, comment l’assurance, peut-elle continuer à jouer son rôle d’amortisseur social qui permet de réduire la portée des risques à toutes les étapes de la vie et tous les moments du quotidien ?

Prévention et atténuation des risques représentent un double enjeu qui met l’assurabilité au cœur des préoccupations de tous les acteurs et secteurs économiques.

Un centre d’excellence dédié à l’étude des enjeux liés aux risques émergents

La Chaire Assurabilité des Risques Émergents a pour objectifs d’explorer les risques sous toutes leurs facettes, de développer des modèles et des méthodes d’analyses quantitatives innovantes permettant d’anticiper l’évolution des risques, et d’améliorer leur couverture en phase avec les attentes et les enjeux du secteur.

Centre d’excellence, la Chaire Assurabilité des Risques Émergents réunit des experts de divers horizons, dans le domaine scientifique des mathématiques actuarielles et de l’industrie de l’assurance. Espace d’échanges et de réflexion ouvert vers l’extérieur, cette initiative favorisera la recherche interdisciplinaire, l’innovation et la diffusion des connaissances à un large public. Elle pourrait également nourrir les discussions institutionnelles sur la résilience collective face aux crises.

Réinventer le modèle assurantiel pour accompagner les clients dans la durée

Au-delà des risques climatiques liés aux catastrophes naturelles, domaine privilégié pour aborder la question de l’assurabilité, le périmètre de la chaire s’étend à l’ensemble des risques qualifiés d’émergents et leur impact sur les métiers de l’assurance dommages et responsabilité et de l’assurance de personnes.

Parce qu’un risque émergent est un événement très récent ou en évolution forte et rapide, il oblige à faire des prévisions basées sur un modèle avec un recul statistique assez faible voire qui envisage des scénarios jusqu’ici inédits. L’enjeu est donc de gérer cette incertitude pour réparer le mécanisme de mutualisation, mieux organiser le partage des risques et répondre à un besoin de protection de la société.

Pour relever ce défi, la Chaire Assurabilité des Risques Émergents est organisée en trois axes qui ont vocation à s’enrichir mutuellement :

  • 1 – Modélisation de la sévérité des événements climatiques pour obtenir une quantification du risque, ainsi que la projection de son évolution.
  • 2 – Construction de stratégies de couverture d’assurance et de répartition du risque adaptées à la situation en modélisant les comportements et les attentes de tous les acteurs du risque (assureurs, réassureurs, assurés, voire l’État dans le cas de partenariat public/privé) afin d’absorber le risque plus efficacement.
  • 3 – Prévention comme enjeu prioritaire à la fois pour freiner l’évolution des risques en agissant sur la fréquence et la sévérité et pour rendre assurables des publics qui ne le sont pas.

Les catastrophes naturelles en France – Bilan 1982-2023

La psychologie clinique face à la crise écologique, principes et outils visuels Anti-chaos devant Le grand épuisement

Une sélection de trois livres pour entrer dans la nouvelle année avec lucidité. « La psychologie clinique face à la crise écologique – Angoisses, destructivité et créativité » est un ouvrage collectif publié par In Press. « Anti-chaos – Principes et outils visuels » de Matthieu Dardaillon aux Éditions Eyrolles est un livre-boussole pour reprendre la main sur notre avenir face à la perte de sens, au sentiment d’impuissance, à l’épuisement … « Le grand épuisement » de Nelly Pons chez Actes Sud interroge notre capacité à tenir debout dans un monde qui vacille, et à résister.

BONNE APNÉE 2025 : DANS UN CONTEXTE DE DÉMONDIALISATION L’ÉCOLOGIE POPULAIRE POUR PORTER LA RÉGÉNÉRATION LOCALEMENT

La psychologie clinique face à la crise écologique : Angoisses, destructivité et créativité 

Un ouvrage collectif sous la direction de Philippe Drweski, Alexandre Sinanian, Davide Giannica et Marco Liguori avec une préface de Serge Tisseron.

La crise écologique est un enjeu majeur de notre siècle. Face à la diversité des mouvements psychiques, interactionnels et organisationnels qu’elle génère, l’apport de la psychologie clinique est primordial. Comment peut-elle nous aider à y faire face ?

L’actualité est sans équivoque : dérèglement climatique, canicules, feux de forêt, inondations, effondrement de la biodiversité… La crise écologique interroge tout autant les angoisses de perte et d’effondrement que les résistances au changement des individus et des sociétés, ou encore l’hyperconsommation et nos conduites destructrices.

Cet ouvrage met au travail ces problématiques, leurs intrications et leurs possibles dépassements :

  • À côté de l’expression médiatique d’« éco-anxiété », comment comprendre cliniquement l’objet de notre angoisse ?
  • Qu’est-ce qui, inconsciemment, nous conduit à poursuivre nos logiques destructives alors que la « maison brûle » ?
  • Quelle place faire à la transmission entre générations et au désir d’enfant, dans un contexte d’avenir incertain ?
  • À côté des fake news et du complotisme, comment penser le climato-scepticisme ?

Extrait

DIRECTEURS D’OUVRAGE :

  • Philippe Drweski est psychologue clinicien, maître de conférences à l’Université Paris Cité.
  • Alexandre Sinanian est psychologue clinicien, docteur en psychopathologie, dirigeant du cabinet Practice.
  • Davide Giannica est psychanalyste, docteur en psychologie, maître de conférences en psychologie clinique à l’Université d’Angers.
  • Marco Liguori est psychologue clinicien, viceprésident de l’association Practice-Recherche.

LES AUTEURS : Julie Cimetiere, Frédérique Debout, Renaud Evrard, Isabelle Gernet, Gabriel Inticher Binkowski, Claire Invernizzi, Romuald Jean-Dit Pannel, Stéphane Le Lay, Juliette Muneret, Cosimo Schinaia, Serge Tisseron.


Anti-chaos – principes et outils visuels :
Perte de sens, sentiment d’impuissance, épuisement …

Anti-chaos est Le livre-boussole pour reprendre la main sur votre avenir

Vous vous sentez angoissé, perdu ou démuni face aux actions à mener ?
Sachez que c’est normal !

Notre monde est devenu extrêmement complexe, incertain, et tout va de plus en plus vite. Guerres, inflation, climat, tensions sociales, intelligence artificielle… Comment avancer avec sérénité dans un monde en plein bouleversement ?

Après dix ans d’entrepreneuriat social, l’auteur est parti en quête de solutions pour mieux vivre et agir dans notre monde chaotique. Dans ce livre, il partage les meilleurs principes et outils pour retrouver au quotidien du sens, de l’énergie et de la joie dans l’action, au service d’une société plus juste et plus durable.

L’auteur : Matthieu Dardaillon est entrepreneur, auteur et conférencier. Co-fondateur de Ticket for Change et co-président de la CEC (Convention des Entreprises pour le Climat), il partage des clés pour mieux agir dans le monde actuel. Retrouvez-le sur LinkedIn et dans la newsletter « Redessiner le monde ».

Sommaire

Vers où courons-nous ?

  • Bienvenue en temps post-normaux
  • La fin d’un modèle
  • Vers un changement de paradigme ?
  • Inventer le nouveau monde

Vivre et agir dans un monde chaotique

  • Retrouver la clarté
  • Revenir à l’essentiel
  • S’autoriser à rêver
  • Être en mouvement
  • Être régulier dans l’action
  • Cultiver sa singularité
  • Jouer collectif
  • Retrouver l’harmonie avec le vivant
  • Prendre soin de son énergie
  • Faire moins mais mieux
  • Cultiver la joie

Et maintenant ?

  • Pour une société du pouvoir d’agir
  • Une nouvelle vision du leadership
  • Vers le point de bascule

Extrait :


Le grand épuisement

Chaque jour, tu te sentais comme un funambule sur un fil qui, à tout instant, peut tomber. Tu n’imaginais pas, alors, ce que tomber signifiait. À présent que tu sais, tu vas prendre un risque : raconter. Car il est une chose que tu aimerais dire au monde.

Un jour, la narratrice n’a plus pu se tenir debout – épuisement physique, psychique et émotionnel total. Dans le récit dépouillé du burn-out qu’elle a vécu dans sa chair, Nelly Pons décrit minutieusement les étapes qui ont progressivement rendu son quotidien invivable, des signes avant-coureurs ignorés jusqu’au plongeon dans l’œil du cyclone.

Puis la vie revient et l’énergie aussi. Et dans cette traversée immobile et muette, l’autrice découvre un puissant moteur de remise en question de nos évidences collectives, qui mènent à l’épuisement des êtres, des ressources, des écosystèmes.

Sans pathos, son récit interroge notre capacité à tenir debout dans un monde qui vacille, et à résister.

Extrait :

L’auteur : Nelly Pons

Née dans les collines de l’arrière-pays marseillais, Nelly Pons a développé une forte sensibilité à la lumière, aux paysages et au monde vivant qui les peuple. Diplômée d’un double cursus scientifique et culturel, son parcours est fait de chemins multiples alliant création (danse, écriture, son…) et engagement (journalisme, événementiel, agroécologie…). Ses écrits s’inscrivent dans le prolongement de son engagement pour le vivant et proposent une transformation de notre rapport au monde. En ce sens, elle a notamment signé chez Actes Sud les titres Débuter son potager en permaculture et Choisir de ralentir (2017), Océan plastique (2020) avant de collaborer avec Cyril Dion à l’ouvrage Animal (2021). Elle
a par ailleurs signé aux PUF, dans la collection «Que sais-je ?» La Permaculture (2022). Elle vit et travaille en Ardèche

Photographie Vincent BEAUME

L’être humain : une espèce à part ?

De l’infime à l’infini, une vie unique, une seconde sur terre. Prendre de la distance, changer de regard et s’intéresser à l’héritage de l’être humain, à la feuille qui cache la forêt. La série de 20 vidéos publiées par INSTINCT apporte en moins de deux minutes chacune une vision de l’être humain et ses dominations pour s’interroger s’il s’agit d’une espèce à part, faible ou insignifiante ? Notre espèce est-elle si unique ? Réflexion philosophique sur notre place dans la toile de la vie, jusqu’au cœur de notre être vivant humain.

L’infime et l’infini

Vie unique

Une seconde sur terre

Héritage

La feuille qui cache la forêt

Dominations

L’homme une espèce faible ?

Notre espèce est-elle si unique ?

Dans la toile de la vie

Jusqu’au fond de son être ?


Dossier The Conversation France : L’humain doit-il avoir une place spéciale au sein du vivant ?

Qu’est-ce qui sépare vraiment l’humain de l’animal ? Une histoire de la classification zoologique

Entrée en vigueur de l’indice de durabilité : un outil anti-obsolescence programmée

L’indice de durabilité entre en vigueur dès le 8 janvier 2025. Une bonne nouvelle, saluée par l’association HOP – Halte à l’Obsolescence Programmée, qui concerne seulement les téléviseurs dans un premier temps, puis les lave-linges à partir du 8 avril 2025. Un indice amené à remplacer l’indice de réparabilité en s’appliquant progressivement à un nombre croissant de produits de consommation courante, en même temps qu’il s’améliore grâce aux retours d’expérience.

L’indice de durabilité, introduit par la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (Agec) de 2020, est sur le point de remplacer progressivement l’indice de réparabilité en France. Il se traduit par une note sur 10, en rayon ou sur Internet, à côté du prix du produit. 

Plus complet que l’indice de réparabilité, il s’avère indispensable pour éclairer les consommateur·ices sur la fiabilité des biens et inciter les fabricants à produire des biens éco-conçus. Prévu initialement pour janvier 2024, son déploiement a été repoussé à 2025 pour deux catégories de produits :

  • Téléviseurs : déployé à partir du 8 janvier 2025
  • Lave-linges (hublot et top) : déployé à partir du 8 avril 2025

Le ministère et les parties prenantes mobilisées ont travaillé ensemble initialement sur trois catégories de produits : téléviseurs, lave-linges et smartphones. Cependant, à la suite dune décision de la Commission européenne, HOP déplore l’exclusion des smartphones de ce dispositif.

Malgré ce manque regrettable, l’arrivée de l’indice de durabilité constitue une avancée majeure pour les consommateur·ices et l’environnement. Il est une innovation ambitieuse en Europe et inspire déjà d’autres pays, comme la Belgique. HOP se réjouit de cette avancée, même tardive, et aspire à ce que ce modèle serve plus largement d’exemple au niveau européen et mondial.

Un indice basé sur des critères de réparabilité et de fiabilité

Les indices de durabilité apparaissent nécessaires pour rééquilibrer le partage d’informations entre consommateur·ices et fabricants. Ils s’appuient sur deux grandes catégories :

  • 1. La réparabilité : incluant des critères comme la documentation technique, la démontabilité, la disponibilité et le prix des pièces détachées.
  • 2. La fiabilité : prenant en compte la résistance à l’usure, la facilité d’entretien, et la garantie de durabilité appliquée au produit.

Un affichage pensé pour la clarté et la transparence

Les vendeur·euses seront tenu·es d’afficher la note de l’indice de durabilité de manière visible, lisible et facilement accessible :

  • En magasin : directement sur les rayons, à proximité du produit.
  • En ligne : sur toutes les pages permettant l’achat, avec un accès simplifié au détail de la grille de calcul de cet indice qui leur ont servi à établir leur note.

Ces informations seront également disponibles sur une plateforme publique, data.gouv.fr, et les fabricants devront fournir la grille de calcul de l’indice sur demande. C’est un grand progrès pour la transparence et un meilleur contrôle par le marché (associations, concurrents, citoyen·nes, etc.), en addition des contrôles des services de l’État (DGCCRF).

HOP analyse l’arrivée des textes relatifs à l’indice de durabilité qui va progressivement remplacer l’indice de réparabilité.

Un indice nécessaire, mais encore imparfait

Certains points de l’indice des téléviseurs apparaissent trop faciles à obtenir. C’est le cas par exemple du critère relatif à l’accessibilité de l’information en ce qui concerne l’entretien. Les fabricants obtiennent des points s’ils affichent par exemple qu’il est nécessaire d’éteindre l’appareil après utilisation, ou encore de prendre soin de la télécommande. Ce n’est pas une mauvaise chose que le fabricant procède à ces rappels de bon sens à l’utilisateur, mais cela ne doit pas influencer significativement la note finale, selon HOP.

De plus, cet indice de durabilité concerne encore trop peu de produits. C’est pour cela que HOP est favorable à son extension à d’autres catégories de produits, comme les écouteurs, casques et enceintes sans fil, les vélos et le petit électroménager.


Élaborer un indice de durabilité fiable et ambitieux

Pour tenter de contrer le modèle insoutenable de surconsommation et du tout jetable qui menace l’environnement et le pouvoir d’achat des consommateurs, l’instauration d’un indice de durabilité recommandée par HOP consiste à obliger les fabricants et metteurs sur le marché à informer les consommateurs sur les pratiques de conception des produits sur leur
capacité à durer dans le temps
.

Cet indice s’avère nécessaire à plusieurs titres :

  • mieux informer les consommateurs sur la durée d’usage des biens
  • pour faire des choix éclairés
  • pour inciter les fabricants à produire des biens éco-conçus.

Introduit dans la législation par la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (AGEC) en 2020, il était prévu d’entrer en vigueur pour plusieurs équipements à partir du 1er janvier 2024. Pensé pour compléter et remplacer l’indice de réparabilité mis en place dès 2021, l’indice de durabilité se traduit par une note sur 10, qui permet de comparer les produits d’une même catégories, par exemple tous les ordinateurs portables, afin d’identifier ceux qui auront le plus de raisons techniques de durer dans le temps par l’agrégation d’un faisceau d’indices relatifs par exemple à la robustesse, l’évolutivité, les facilités d’entretien, les garanties ou encore la réparabilité.

Un travail de co-construction des critères de cet indice est piloté par les pouvoirs publics depuis 2022, avec de nombreuses parties-prenantes amenant de riches échanges entre fabricants, distributeurs, associations environnementales et de consommateurs ou encore des représentants de réparateurs ou divers experts. L’association HOP s’est beaucoup investie, en tant qu’association représentant les consommateurs et reconnue protection de l’environnement, dans cette élaboration afin de faire entendre la voix des citoyens face à de grands fabricants, sur-représentés, et ainsi éviter qu’ils décident seuls des règles auxquelles ils devront se conformer pour obtenir leur notation.

Si l’exercice peut s’avérer difficile tant les sujets sont techniques, HOP a pu compter sur des acteurs volontaires, des experts et une communauté de consommateurs qu’elle a consultée. Son objectif est d’obtenir une notation fiable et exigeante, qui tire le marché vers le haut et qui ne se satisfait pas du statu quo actuel, qui rappelons-le est loin d’être à la hauteur des enjeux environnementaux.

Ce livre blanc a pour ambition de rendre public et intelligible le travail d’élaboration de l’indice auprès des citoyens et d’essaimer la démarche au-delà.

Il reprend les recommandations de HOP sur chaque équipement pour lesquels l’association a participé aux groupes de travail, c’est-à-dire, à date, les smartphones, les lave-linges, les téléviseurs et les ordinateurs portables.

Le présent rapport se concentre essentiellement sur le nouveau volet fiabilité, car la réparabilité a été traitée dans le rapport d’enquête, publié en 2022 et intitulé The French repairability index, A first assessment – one year after its implementation.

Plusieurs étapes restaient à accomplir avant que les textes réglementaires soient publiés et entrent en vigueur, notamment une phase de consultation du
public à l’été 2023.

Même si l’association se déclare globalement satisfaite dans l’ensemble des travaux qui ont été menés et des résultats qui en sont ressortis, certains critères manquent encore d’ambition ou ne sont pas suffisamment détaillés pour en faire un indice assez ambitieux.

HOP souligne également que cette première version de l’indice est un prototype, qu’il s’agira d’améliorer dans le temps au regard des retours d’expérience sur le terrain.

Forte de son expérience et de sa connaissance sur le sujet, HOP propose via ce livre blanc un
regard critique et constructif des ingrédients nécessaires à un bon indice ayant un réel impact
pour protéger nos ressources naturelles et le droit des consommateurs
.

Textes relatifs à l’indice de durabilité

Comment mobiliser la société grâce au prisme de l’imaginaire ?

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« Les récits qui nous paralysent sont ceux qui nous détruisent, nous et le vivant. L’imaginaire collectif n’est pas une option, c’est le moteur ou le frein de toute transformation » selon Thomas PINET qui veut rendre la CSRD opérationnelle pour tous. Selon le rapport de Jules Colé pour l’ADEME, intitulé « Mobiliser la société à travers le prisme de l’imaginaire – Cartographie des imaginacteurs et de dispositifs d’action en faveur des transitions » ce sont nos récits actuels qui ne nous mènent qu’à l’échec. Alors comment mobiliser la société pour les transitions ?

Mobiliser la société à travers le prisme de l’imaginaire, Jules Colé, 2024.

En résumé :

À travers une revue de littérature et quinze entretiens avec des chercheurs et pionniers du sujet, ce rapport explore les manières de mobiliser la société sur les enjeux de transitions à travers le prisme de l’imaginaire et de la mise en récit. Il explore les questionnements suivants :

  • Pourquoi s’intéresser aux domaines de l’imaginaire et de la mise en récit pour réussir la transformation écologique du système socioéconomique Français ?
  • Avec qui agir ? Visibiliser les imaginacteurs les plus influents à travers une cartographie
  • Comment s’y prendre ? Dessiner des axes stratégiques d’action en donnant à voir une diversité de dispositifs d’accompagnement et d’outils pour mobiliser la société sur les enjeux de transitions
  • Proposer une synthèse des enjeux et des perspectives d’action


A l’ère des tremblements planétaires

A l’ère des tremblements planétaires impulsés sous les pas d’une partie de l’humanité qui accélère toujours plus de manière délétère, les bouleversements globaux, loin d’être seulement des enjeux de réduction d’émissions de gaz à effet de serre, concernent également la vie des sols, les cycles de l’eau, la qualité de l’air, c’est-à-dire l’ensemble du monde vivant dont nous dépendons pleinement.

Ils entraînent également dans leur flot une marée d’enjeux sociaux comme l’accès à une alimentation et à un cadre de vie sains malgré les aléas environnementaux de plus en plus chaotiques, à l’éducation pour toutes et tous, à des emplois et des revenus décents, à une justice sociale vis-à-vis des préjudices que beaucoup subissent déjà, parfois de manière irréversible.

Or pour tenter de tamponner ces dérèglements, une réelle transformation systémique s’impose : une métamorphose qui présuppose des changements profonds dans nos manières de consommer, de produire, d’habiter, de se déplacer, de vivre ensemble.

En effet, au-delà de la mise en œuvre de réponses technologiques ou de politiques publiques de court terme, c’est tout notre rapport au monde qu’il faut renouveler en profondeur, en particulier nos relations au vivant, en considérant la biosphère non plus comme une vaste réserve de ressources à exploiter ou une force à dompter mais comme une alliée avec laquelle avancer, pour passer d’un modèle linéaire, extractiviste et expansionniste basé sur la compétition et la performance à un modèle circulaire, mutualiste et régénératif basé sur la coopération et le soin des interactions.

Une transformation systémique qui nécessite une transition culturelle – entendue comme un renouvellement des imaginaires, des systèmes de valeurs, des normes sociales et des pratiques en réponse aux enjeux planétaires –, impliquant ainsi une diversité d’imaginacteurs provenant de tous secteurs, c’est-à-dire de personnes ou d’organisations qui ont la capacité d’éclairer et d’influencer fortement nos imaginaires durant notre vie


Comment faire évoluer nos imaginaires ? Pour changer nos relations au monde vivant et aller vers un monde soutenable et harmonieux

Les crises planétaires que nous traversons sont avant tout des crises de nos relations au monde, et donc de nos imaginaires.

Comment faire évoluer nos imaginaires ? Révolution des imaginaires et transitions. Metz en 2167, Luc Schuiten, 2017

C’est l’une des facultés extraordinaires de l’être humain : pouvoir s’imaginer le monde et se le représenter symboliquement de manière virtuelle et idéelle. Mais l’imaginaire, ce n’est pas seulement de la fiction ou de l’irréel, c’est aussi et surtout ce qui constitue les sociétés humaines. Il est comme la constellation de notre intériorité qui influence nos manières d’être et de penser. Cette capacité exceptionnelle nous permet de partager des visions communes et de coopérer pour les transformer dans le monde réel. Les imaginaires, au départ purement fictifs, deviennent alors réels et parfois même, plus que réels.

Cependant, l’imaginaire dominant à l’origine de nos modes de vie modernes est aujourd’hui insoutenable puisqu’il met en péril l’habitabilité de la planète.

  • Mais alors, comment pouvons-nous le faire évoluer pour changer nos relations au monde vivant et aller vers un monde soutenable et plus harmonieux ?
  • Suffit-il vraiment de partager de nouveaux récits inspirants pour changer nos modes de vie ?
  • Comment éviter que ces derniers soient réappropriés dans des logiques marchandes ou de divertissement mais qu’ils transforment réellement nos rapports au monde et nos modes de pensée ?
  • Et comment faire en sorte que ces imaginaires fassent corps, de manière à ce qu’ils s’inscrivent durablement dans notre quotidien et qu’ils activent notre puissance d’agir afin de réussir la nécessaire métamorphose de nos sociétés ?

Ouvrir les yeux : on ne change pas un système avec de vieux rêves.


Des Récits et des Actes : La culture populaire au service de la transition écologique


Face à la nécessité de rendre les défis sociaux et écologiques inspirants pour espérer opérer un changement d’échelle, la culture populaire a un rôle clé à jouer. Par sa capacité à parler au plus grand nombre, ses différents styles et formats, elle a la possibilité de faire exister et développer nos imaginaires pour donner à voir et à expérimenter des sociétés soutenables et socialement plus justes.

Pour aider à comprendre comment susciter l’intérêt du grand public sur ces enjeux et lui donner envie d’agir, l’étude « Des Récits et des Actes » a mis en avant plusieurs résultats clés, à partir des réponses d’un panel de 40 participants, permettant de proposer des actions concrètes et d’apporter des réponses aux problématiques suivantes :

  • • Comment mobiliser son public pour agir concrètement face aux enjeux climatiques, écologiques et sociétaux ?
  • • Quelles sont les attentes du public en ce sens ?
  • • Quels sont les ingrédients pour imaginer de « nouveaux récits encapacitants » face à ces défis ?

Le rôle de l’Ademe

En tant qu’Agence d’État chargée de la transition écologique, l’ADEME s’intéresse depuis plusieurs années aux enjeux culturels pour faire évoluer les représentations et les comportements en faveur de la transition écologique, en veillant à prendre en compte la diversité des
systèmes de valeurs qui composent la société.

Par son action sur la mise en récit des enjeux de transitions, que ce soit par la recherche, la formation, le soutien à la création culturelle ou l’accompagnement de projets pilotes, l’ADEME se positionne comme un acteur à part en France, capable de mettre en relations différents types de projets pour nourrir une approche culturelle de l’écologie, en plus de jouer un rôle d’incarnation avec notamment son dispositif de communication responsable et ses travaux de prospectives “Transition(s) 2050” qui mettent en débat quatre chemins possibles et contrastés pour conduire la France vers la neutralité carbone en 20501.

Mobiliser la société à travers le prisme de l’imaginaire : Cartographie des imaginacteurs et de dispositifs d’action en faveur des transitions

Quelques apprentissages clés et sans filtre du rapport par Thomas PINET :

👉 Nos récits sont notre plus grand blocage.

On vit encore dans des histoires usées, de conquête, performance et surconsommation. Résultat ? Chaque effort pour avancer est annulé par ces récits archaïques.

La transition écologique reste impossible tant qu’on nourrit un imaginaire qui glorifie la croissance sans fin.

Si nous ne changeons pas les histoires que nous racontons, rien d’autre ne changera.

👉 Les imaginacteurs sont nos alliés …
ou nos pires ennemis.

Artistes, influenceurs, marques, éducateurs, médias : ces « imaginacteurs » construisent des rêves collectifs. Mais soyons honnêtes : une majorité est encore au service de récits destructeurs parce qu’ils suivent l’argent comme but et raison.

Pourtant, ce sont eux qui détiennent le pouvoir d’inspirer une transformation massive. Leur responsabilité est immense. Et la nôtre aussi, si nous travaillons avec eux.

Cartographie des imaginacteurs, Jules Colé, 2024

👉 Dystopie ou utopie ? Aucun des deux.

Les récits d’effondrement figent dans la peur et les utopies déconnectées ne convainquent plus personne.

La solution, c’est de projeter des visions crédibles et activables, où chacun peut se reconnaître.

Le rapport parle de « prototopies » : des récits qui montrent comment agir maintenant pour construire demain. Pas des rêves lointains, des plans concrets.

Et maintenant ? Notre rôle dans tout ça :

👉 Créer de l’alignement.

Nos récits doivent être cohérents avec nos actions. Sinon, nous tombons dans le narrative-washing.

👉 Mobiliser nos imaginacteurs.

Si vous êtes une entreprise ou un responsable RSE, vous travaillez sans doute avec des communicants, des designers ou des influenceurs … Impliquez-les dans une stratégie claire. Pas pour vendre du rêve, mais pour réaligner leurs récits avec les enjeux.

👉 Prendre position.

Les organisations doivent s’engager pleinement dans les transitions.

Ceux qui construisent le futur ne sont pas ceux qui consomment des récits, mais ceux qui les créent.

A propos de l’auteur Jules Colé :

Consultant, auteur et intervenant
Spécialiste des relations entre imaginaires et transitions

Faire évoluer nos imaginaires à l’ère des bouleversements planétaires. Depuis très jeune, les enjeux écologiques ont toujours été pour Jules autant évidents qu’inspirants. Mais en grandissant, il s’est vite aperçu que l’image de l’écologie était très souvent perçue comme négative et contraignante. Depuis plusieurs années, il tente de mieux comprendre comment nous pourrions renouveler ces représentations de manière à fédérer la société autour d’un nouvel art de vivre plus vertueux.

C’est pourquoi depuis son stage de fin de Master au sein du Service Mobilisation Citoyenne et Médias (SMCM) à l’ADEME et la parution de son mémoire de recherche « Comment faire évoluer nos imaginaires ?« , il propose des activités de conseil et des interventions pour accompagner, à travers le prisme de l’imaginaire, les différents acteurs de la société sur les défis de transitions.


  1. Cet exercice de prospective inédit repose sur deux ans de travaux d’élaboration, la mobilisation d’une centaine de collaborateurs de l’ADEME et des échanges réguliers avec un comité scientifique, des partenaires et prestataires extérieurs, spécialistes des différents domaines. Les scénarios Transition(s) 2050 ont également pu être des supports de mise en récit dans le cadre de plusieurs actions. ADEME, Scénarios Transition(s) 2050, 2022 ↩︎

Enseigner les enjeux de la transition écologique avec les cartes conceptuelles d’innovation systémique

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Pour agir correctement dans le monde actuel, il est nécessaire de mettre à jour nos visions de ce monde (nos « cartes cognitives »). Penser non seulement ce que nous faisons et ce sur quoi nous agissons, mais aussi le contexte dans lequel nous le faisons et les contraintes qui s’exercent sur nous et les autres. Les cartes conceptuelles sur l’innovation systémique sont un moyen de décomposer des sujets complexes en exemples simples qui peuvent être utilisés pour illustrer les principes nécessaires à la maîtrise de la transition écologique.

Itinérance : la quête d’un naturaliste

La quantité d’énergie disponible pour agir diminue. Il est donc très important que celle qu’on va utiliser le soit pour augmenter les possibilités pour l’écosystème tout entier

explique Paul Krafel dans son livre traduit en français par yannick Laignel

Le site Systems Innovation Network a fait un travail conceptuel sur l’innovation systémique, malheureusement uniquement en anglais pour l’instant, mais avec toutefois un hub pour la France. Pour outiller la francophonie sur ces sujets, et soutenir ceux déjà actifs dans ce domaine, yannick Laignel a décidé avec Frederique – Pôles en pomme / Solucracy de traduire les 95 cartes concepts disponibles. Cette traduction n’est pas parfaite mais elle est fonctionnelle, facile à imprimer en A4 pour toute démarche pédagogique.

Cartes conceptuelles
sur l’innovation systémique

C’est un ensemble de cartes qui aident à apprendre ou à enseigner les concepts clés et les méthodes en innovation systémique. Chaque carte est conçue pour résumer clairement le concept tout en le visualisant graphiquement, afin de
permettre un apprentissage maximal.

L’innovation systémique

L’innovation systémique est une approche holistique de l’innovation qui vise à modifier non seulement les parties d’un système, mais aussi ses structures
globales. Elle cherche à comprendre et à modifier les modes de pensée et les modèles d’organisation qui donnent lieu à un paradigme dominant au sein d’un système et permettent ainsi un type d’innovation plus transformateur.

L’innovation systémique est une approche non linéaire du changement qui tente de s’éloigner des approches linéaires centrées sur l’identification et la modification des causes directes d’un problème. Elle s’efforce plutôt de modifier le contexte dans lequel un défi donné émerge.


Problèmes complexes

Les problèmes complexes sont des questions hautement complexes, de nature systémique, qui émergent de la manière dont un système complexe est organisé et de la façon dont ses acteurs pensent, agissent et interagissent.
Ces problèmes sont non structurés, impliquent des perspectives multiples sur la nature du problème et des solutions, sont ouverts, multidimensionnels, systémiques et peuvent ne pas avoir de solution connue.

Changement systémique

Le changement systémique est une modification dans le modèle de connexions et dans la manière dont un système est organisé pour remplir sa fonction. Les changements systémiques impliquent généralement des modifications des valeurs et des modèles mentaux par lesquels les
acteurs au sein d’un système comprennent ce qu’est le système et ce qu’il fait.

Ces changements de valeurs et de pensée entraînent de nouvelles manières d’attribuer de la valeur, de nouveaux flux de valeur, ainsi que des connexions et des modèles émergents.

Théorie du changement non linéaire

Les théories du changement décrivent les hypothèses sous-jacentes, les modes de pensée et les plans soutenant une initiative de changement.

Les théories linéaires du changement décrivent comment atteindre un
objectif spécifique à travers un ensemble fini d’étapes
et sont basées sur
l’idée que le système est relativement prévisible et contrôlable.

Une approche non linéaire du changement ne cherche pas à modifier directement les parties d’un système mais à changer le contexte dans lequel ces parties existent, en favorisant un changement dans la pensée, les connexions et les modèles d’organisation.

Un nouvel outil pour enseigner les enjeux de la transition écologique !

Pierre-Henry Dodart• Administrateur de l’État engagé pour la transition écologique

Dans un monde où les défis environnementaux s’intensifient, il devient essentiel d’accompagner la compréhension des enjeux grâce à des outils adaptés.

Les cartes conceptuelles d’innovation systémique, traduites en français par yannick Laignel et Frederique Pôles en pomme / Solucracy , offrent une ressource unique pour approfondir et transmettre les connaissances nécessaires à la transition écologique.

Principes Clés
des Systèmes et de la Complexité

Ces cartes permettent de rendre accessibles des concepts complexes tout en mettant en lumière les interactions essentielles entre le climat, la biodiversité, l’économie et la société.

La pensée systémique est un domaine très vaste qui cherche à rassembler les nombreux modes de pensée qui sont holistiques dans leur interprétation du monde afin d’équilibrer et de compléter une vision plus analytique du monde. La pensée holistique cherche à comprendre les phénomènes comme étant intimement liés et compréhensibles par rapport à l’ensemble du système ou de l’environnement dont ils font partie. La pensée systémique est : Un mode de raisonnement synthétique qui s’intéresse à ce qui émerge lorsque l’on assemble les choses plutôt que de les démonter. C’est une façon non linéaire de voir le monde qui se concentre sur les relations d’interdépendance et les dynamiques de rétroaction. C’est un paradigme relationnel qui interprète les choses dans le contexte du réseau de relations dont elles font partie. C’est une façon dynamique de voir le monde, qui comprend le changement en termes de processus de rétroaction non linéaires qui façonnent la structure et les résultats du système

Lac conception visuelle et pédagogique des cartes facilite leur utilisation, que ce soit en cours, lors d’ateliers ou dans des formations. Elles encouragent une pensée systémique, indispensable pour comprendre la complexité des enjeux actuels et identifier des leviers d’action concrets.

Principes clés
de la cartographie des systèmes

La cartographie des systèmes est le processus de création d’un diagramme représentant les éléments et les relations d’un système afin de mieux illustrer et communiquer la structure et le fonctionnement du système. Les cartes des systèmes visent à donner un aperçu du système et de la manière dont les différentes parties s’inter-relient pour former un tout. Ces cartes cherchent à nous fournir une compréhension partagée du « paysage » dans lequel les acteurs évoluent.

Cartes sur le changement systémique

Le changement systémique est un processus intentionnel visant à permettre une transformation systémique au sein d’un système complexe. Étant donné que le changement systémique est un processus non linéaire, on ne peut pas changer directement un système complexe, mais seulement guider une transition en cours.

Ainsi, cela consiste à travailler avec des processus de transition au sein de systèmes complexes pour essayer de réaliser l’émergence de nouvelles structures, fonctions et résultats.

Cartes Construction de systèmes

La construction de systèmes est le processus de création du récit et du contexte pour organiser des acteurs dans de nouveaux écosystèmes productifs autour d’un défi systémique.

Le changement systémique concerne la modification de la structure d’une organisation complexe afin de réaliser l’émergence de nouvelles fonctions et capacités globales. En tant que tel, la construction de systèmes est un effort complexe visant à façonner un nouveau niveau d’alignement au sein d’un système et à réaliser un nouveau modèle de coopération entre les acteurs et un niveau global de fonctionnalité plus élevé

Pourquoi adopter ces cartes pédagogiques ?

  • ✔️ Elles rendent les concepts complexes accessibles grâce à une approche visuelle et synthétique.
  • ✔️ Elles sont imprimables au format A4, ce qui facilite leur intégration dans des cours ou des ateliers.
  • ✔️ Elles favorisent une réflexion approfondie sur les systèmes et les interactions pour identifier des solutions durables.

Cartes conceptuelles sur l’innovation systémique
Version Française

Ces cartes, issues du site Systems Innovation Network, s’accompagnent de ressources complémentaires telles que des vidéos, des guides et des e-books.

Enseignants, formateurs ou professionnels engagés, ces cartes vous permettront de guider vos publics vers une compréhension globale et systémique des enjeux de la transition écologique, tout en ouvrant des perspectives d’action concrètes.

Pierre-Henry Dodart• Administrateur de l’État engagé pour la transition écologique

A propos de Solucracy

« Solucracy est une méthode de participation citoyenne pour impulser une dynamique de collaboration sur les territoires prenant soin du tissu social et transformant les besoins des habitants en solutions »

Kit Biodiversité : un guide pour monter une stratégie biodiversité

Bien que la prise de conscience écologique soit présente pour une majorité de dirigeants d’entreprises interrogés par Bpifrance Le Lab, il reste un écart entre la nécessité de s’adapter au réchauffement climatique et les actions mises en place par les PME et ETI. Climat et Biodiversité étant liés, Bpi France publie également un Kit Biodiversité pour monter le stratégie biodiversité de l’entreprise.

Besoin d’un guide pour monter une stratégie biodiversité ?

Un guide pour mettre la biodiversité partout ! 

Pascal Lagarde – Directeur Exécutif Bpifrance

Pour être au plus près des entrepreneurs et les accompagner au mieux dans la transformation écologique, Bpi France propose un guide biodiversité, construit en partenariat avec Hyssop Agency et l’Office français de la biodiversité.

Le but de ce kit biodiversité est d’apporter à la fois des éléments de compréhension des enjeux et des outils pour lancer leurs démarches biodiversité.

Que contient ce guide ?

  • ➡️ Une analyse des enjeux environnementaux,
  • ➡️ Des retours d’expérience d’entreprises ayant lancé leur démarche,
  • ➡️ Des explications sur la manière d’élaborer sa stratégie,
  • ➡️ Et 50 actions concrètes pour préserver la biodiversité !

Adopter une stratégie qui intègre la biodiversité, c’est non seulement s’engager dans une démarche écologique, mais aussi anticiper les risques futurs pour l’entreprise et s’ajuster à un marché en constante évolution.

Pascal Lagarde
Directeur Exécutif Bpifrance

L’adaptation au changement climatique :
un sujet stratégique majeur pour les PME

68 % des dirigeants de PME et ETI ne considèrent pas l’adaptation au changement climatique comme un sujet stratégique majeur.

Pascal Lagarde – Directeur Exécutif Bpifrance

C’est l’enseignement clé de l’étude menée avec Bpifrance Le Lab auprès de plus de 380 dirigeants. Bien que la prise de conscience écologique soit présente, il reste un écart entre la nécessité de s’adapter au réchauffement climatique et les actions mises en place par les chefs d’entreprise : seuls 12 % d’entre eux indiquent d’ailleurs avoir déjà défini une stratégie et des plans d’actions en la matière.

Autre point inquiétant : l’enjeu climatique n’est pas reconnu comme le plus prioritaire par les dirigeants de PME et ETI et son risque d’impact sur le business est davantage perçu comme un objectif de long-terme.

Bpifrance a un rôle à jouer, selon son directeur exécutif Pascal Lagarde, en étant au service des dirigeants des PME et ETI pour les accompagner vers une prise en compte des enjeux de changement climatique mais aussi en démontrant les avantages que l’anticipation aux nécessités écologiques peut apporter sur le marché.

Le Plan Climat : Face à l’urgence climatique et à la nécessité de respecter les limites planétaires, la France s’est engagée dans une transformation profonde de son économie. Cette transition vise à abandonner progressivement les sources d’énergie fossile, à promouvoir les énergies bas-carbone, à améliorer l’efficacité énergétique et à repenser nos modes de production et de consommation.

Bpi France : banque du climat ?

Le Plan Climat, ça consiste en quoi ?

Bpifrance a lancé en 2023 un Plan Climat reposant sur 3 piliers :

  • Accélérer la transition des entreprises avec un continuum unique mêlant financement, garantie et accompagnement ;
  • Financer et accompagner massivement l’innovation, notamment dans les Greentechs pour faire émerger et croître des « licornes vertes » ;
  • Accompagner le développement des énergies décarbonées et contribuer à la croissance de champions internationaux.

Le Plan Climat est au cœur de la mission de Bpifrance, qui s’appuie sur son Réseau de 51 implantations pour accompagner chaque entreprise et chaque projet. La banque des entrepreneurs a renforcé ses équipes de Coordinateurs Climat dans toutes ses directions régionales

2024 en 15 infographies du Commissariat général au développement durable pour comprendre le changement climatique

Le Commissariat Général au Développement Durable (CGDD) a réalisé une sélection des infographies publiées en 2024 qui mettent en avant des données essentielles éclairant des sujets liés au climat, à l’énergie, aux risques naturels, à la mobilité, au logement, à l’environnement, l’air…

Pourquoi utiliser l’infographie ?

  • Pour présenter des données et des indicateurs dans un format visuel agréable
  • Pour faciliter la compréhension des ordres de grandeur et le périmètre de l’information fournie
  • Pour apporter une information synthétique et mettre en avant les messages importants à retenir.

Comprendre le changement climatique :
Données clés en 1 vidéo et 15 infographies

Comprendre le changement climatique en 2 minutes

En un siècle, la température moyenne en France a augmenté de 1,9 °C. Fonte des glaciers, élévation du niveau de la mer, vagues de chaleur, sécheresses ou encore inondations : autant de phénomènes que l’on observe déjà sur le territoire.

▶️ Cette courte vidéo, réalisée avec Datagora, propose un état des lieux synthétique sur le changement climatique, à partir des données les plus récentes. Quelles évolutions observe-t-on en France ? Où en est-on des émissions de gaz à effet de serre ? Quelle est l’empreinte carbone moyenne liée à nos modes de vie ?

— Qu’est-ce que le changement climatique ?

L’équilibre climatique est perturbé essentiellement par les émissions de gaz à effet de serre (voir glossaire). Les conclusions de la communauté scientifique, synthétisées par le Giec (voir glossaire), font désormais consensus sur le rôle des activités humaines dans ce changement. De nombreux indicateurs, tels que l’augmentation des températures à la surface de la Terre ou l’élévation du niveau moyen des océans, mettent en évidence un changement du climat depuis le siècle dernier. Une sélection d’observations de ce changement et de ses conséquences sont présentées, à l’échelle du monde puis de la France. Cette partie présente également des projections des conséquences du changement climatique selon différents scénarios.

— Quelles sont les quantités de gaz à effet de serre émises dans le monde ?

Les émissions de GES liées aux activités humaines (hors UTCATF) représentent l’équivalent de 53,8 milliards de tonnes de CO2 en 2022, en hausse de 1,4 % par rapport à 2021. Le CO2 d’origine fossile représente les deux tiers de ces émissions. Les émissions mondiales ont progressé de 62 % entre 1990 et 2022, avec des évolutions contrastées selon les pays. La Chine représente 29 % des émissions, les États-Unis 11 % et l’Union européenne 7 %.

— Quelles sont les quantités de gaz à effet de serre émises en Europe ?

En 2022, 3,4 Gt CO2 éq de GES ont été émises sur le territoire de l’Union européenne (hors UTCATF), en diminution de 31 % par rapport à 1990. L’industrie de l’énergie est le premier secteur émetteur en Europe. Depuis les années 1990, les émissions baissent dans tous les secteurs sauf dans les transports. Du fait du poids de certains pays et d’évolutions économiques contrastées, la contribution à cette baisse est inégalement répartie selon les pays membres.

— Comment les émissions de GES se répartissent-elles par secteur en France ?

En 2023, 373 Mt CO2 éq de gaz à effet de serre ont été émises sur le territoire français (hors UTCATF), en diminution de 31 % par rapport à 1990. Les baisses d’émissions les plus importantes sont observées dans les secteurs de l’énergie et de l’industrie manufacturière et, dans une moindre mesure, dans le résidentiel et le tertiaire. Le secteur des transports est le seul à n’avoir pas connu de réduction de ses émissions entre 1990 et 2023, même si la pandémie de Covid-19 a occasionné une baisse marquée mais conjoncturelle de ses émissions en 2020 et 2021. L’UTCATF1 affiche des émissions négatives, ce qui correspond à une séquestration nette de CO2 par la biomasse et les sols.

— Quel est le niveau de l’empreinte carbone dans le monde et en France ?

L’empreinte carbone permet de rendre compte des émissions de GES liées à la consommation des Français, que celles-ci soient émises sur le territoire national ou émises à l’étranger pour satisfaire la demande française. En 2023, l’empreinte carbone de la France est estimée à 644 Mt CO2 éq, soit 9,4 t de CO2 éq par habitant, en baisse de 4,1 % par rapport à 2022. Depuis 1990, l’empreinte carbone a diminué de 13 %, cette baisse traduisant deux dynamiques distinctes : une réduction des émissions intérieures de 33 % et un accroissement des émissions associées aux importations de 13 %. En 2023, les émissions importées représentent 56 % des émissions totales de l’empreinte.

— Quelles politiques climatiques dans le monde, en Europe et en France ?

La COP21 a abouti en décembre 2015 à l’adoption de l’Accord de Paris, qui fixe des objectifs de long terme pour l’atténuation et l’adaptation et implique la définition de politiques nationales par les pays développés et en développement. L’Union européenne s’est fixé un nouvel objectif de réduction de ses émissions nettes (émissions moins absorption) d’au moins 55 % entre 1990 et 2030 et s’est engagée à atteindre la neutralité climatique au plus tard en 2050. La France s’est dotée d’une stratégie nationale bas-carbone et de budgets carbone afin de mettre en œuvre la transition vers une économie sobre en GES. Elle se prépare également à un réchauffement de 4° C d’ici 2100 par rapport aux niveaux préindustriels à travers un plan national d’adaptation au changement climatique.

L’infographie est un format de valorisation d’une étude plus approfondie. Lorsque le CGDD la diffuse, le lecteur est invité, s’il souhaite aller plus loin, à consulter l’une de ses publications.


Commissariat général au développement durable (CGDD)

Le Commissariat général au développement durable (CGDD) est la direction générale de l’économie et de la consommation durable, des données et de l’innovation du ministère chargé de l’environnement. Délégué interministériel au développement durable, le CGDD assure par ailleurs un rôle d’intégration de la transition écologique au sein des politiques publiques et d’influence auprès des acteurs socio-économiques (collectivités locales, acteurs publics, entreprises et citoyens).

Missions du CGDD

Le CGDD a pour missions principales de : 

  • Transformer des modèles économiques, en encourageant l’innovation technologique et numérique, en accompagnant des dispositifs européens de rapportage de durabilité des entreprises, en développant la comptabilité écologique ou encore en utilisant efficacement le levier de la commande publique ; 
  • Produire et valoriser les données pour les politiques environnementales, et favoriser leur usage à des fins d’évaluation stratégique, notamment en matière économique ;
  • Mobiliser pour la Transition Écologique (société/citoyens, des entreprises, des territoires et des administrations) dans le cadre de la planification écologique. 

Service de l’économie verte et solidaire

« Le service de l’économie verte et solidaire du CGDD contribue au verdissement de l’économie, à la consommation durable et au financement de la transition écologique en étant notamment membre du comité exécutif de France 2030. Il mobilise des leviers transversaux pour les entreprises, comme l’encadrement de la publicité, l’information du consommateur, l’amélioration de la traçabilité des chaînes de valeur (en particulier sur la déforestation importée) et l’évaluation environnementale et les démarches de participation du public. Il est pilote sur la négociation et la mise en œuvre des cadres européens sur les sujets (ESPR, Green Claims, RDUE). Il coordonne l’action du ministère sur les politiques agricoles et alimentaires ainsi que les positions des services sur ces sujets. Par ailleurs, il assure la réflexion économique du ministère, sur l’ensemble du périmètre (climat/énergie, biodiversité, aménagement, transports, etc.) et évalue les conséquences des politiques publiques sous l’angle du développement durable. »

En savoir plus sur le commissariat-general-au-developpement-durable-cgdd

  1. Le secteur UTCATF (Utilisation des terres, changement d’affectation des terres et foresterie) permet de rapporter les flux de CO2 entre différents réservoirs terrestres (biomasse, sols, etc.) et l’atmosphère qui ont lieu sur les surfaces gérées d’un territoire. Source : Insee ↩︎

Comment financer les 250 Milliards d’euros que nécessite la transition écologique d’ici 2030 ?

La transition écologique nécessite des investissements lourds, estimés à plus de 250 milliards d’euros d’ici 2030, dans les domaines des énergies renouvelables, de la rénovation énergétique des bâtiments et de la mobilité durable. D’où l’importance d’une mobilisation concertée des acteurs pour des partenariats public-privé (PPP) et des capitaux pour répondre aux défis économiques et environnementaux actuels.

En 2024, les investissements dans les infrastructures durables devraient représenter 3 % du PIB annuel de l’Union européenne.

La transition écologique nécessite plus de 250 milliards d’euros d’ici 2030

Les émissions d’obligations vertes pourraient dépasser 150 milliards d’euros sur l’année 2024, marquant une progression de 25 % par rapport à 2022. Des tendances qui soulignent l’importance d’une mobilisation concertée des capitaux pour répondre aux défis économiques et environnementaux actuels.

Les partenariats public-privé (PPP), représentant environ 20 % des financements des grands projets d’infrastructure, permettent de mutualiser les risques et d’accélérer la mise en œuvre des projets stratégiques.

Les mécanismes de financement évoluent avec les enjeux croissants de durabilité

Les mécanismes de financement des capacités d’investissement évoluent face à des enjeux croissants de durabilité et de rentabilité.

  • Les emprunts bancaires, représentant 40 % des sources mobilisées, et les fonds propres, à hauteur de 35 %, demeurent essentiels.
  • Les obligations, en particulier les obligations vertes, connaissent une hausse notable et constituent aujourd’hui 15 % des financements dans certains secteurs.

Ces instruments attirent des investisseurs sensibles aux critères ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance).

Plusieurs obstacles entravent ces initiatives.

  • La hausse des taux d’intérêt, avec une augmentation de 2,5 points depuis 2022, alourdit considérablement le coût du capital.
  • La complexité des régulations et la fragmentation des sources de financement allongent les délais de levée de fonds, estimés entre 12 et 18 mois en moyenne.
  • Le manque de compétences spécifiques dans la gestion des projets durables limite la capacité à maximiser l’impact des investissements.

Pour surmonter ces défis,
plusieurs stratégies se dessinent.

  • La diversification des sources de financement, combinant obligations vertes, subventions publiques et fonds propres, est essentielle.
  • Une transparence accrue, via des indicateurs de performance clairs et des rapports réguliers, constitue également une priorité pour renforcer la confiance des investisseurs.
  • En parallèle, l’amélioration des flux prévisionnels sur des horizons supérieurs à 5 ans est préconisée, tout comme la montée en compétences sur les outils de gestion des risques et d’évaluation des projets durables.
France Nation Verte, le référentiel de la déclinaison opérationnelle

Cadre d’analyse pour les financements de la planification écologique

Médias responsables : Parlons écologie. Mieux, davantage et avec tous.

En 2025, le média La Croix a décidé d’intensifier son engagement environnemental en explorant la complexité des défis climatiques et en mettant en lumière des solutions porteuses d’espoir. Depuis plus de 30 ans, le quotidien analyse avec rigueur les enjeux environnementaux, de Rio 1992 à aujourd’hui, en informant avec pédagogie et précision. Un numéro spécial pour marquer son engagement à découvrir en intégralité.

En 2025, La Croix renouvelle et renforce son engagement en faveur de l’environnement

En 2023, l’évolution du service Éco&Transition1 et le lancement du cahier hebdomadaire Planète ont marqué une nouvelle étape, donnant la parole à ceux qui subissent et affrontent l’urgence climatique. La Croix veut continuer d’affirmer son rôle de média acteur du changement et inviter chacun à se mobiliser pour l’avenir, avec un mot d’ordre : « Parlons écologie » !

« Parlons écologie » :
Les 10 résolutions de « La Croix » pour 2025

Face au défi représenté par le changement climatique et l’effondrement de la biodiversité, « La Croix » a décidé d’accroître et d’améliorer sa couverture des enjeux écologiques durant l’année 2025. Dans cet esprit, la direction et la rédaction ont pris dix engagements qui orienteront le travail collectif.

10 résolutions concrètes de « La Croix » pour faire bouger les lignes en 2025 :

  • 1. Traiter l’urgence écologique dans toutes ses dimensions. La Croix s’engage à accroître en 2025 sa couverture des sujets Écologie ; elle le fera de façon transversale, dans toutes les rubriques du journal, en cherchant à prendre en compte une vision intégrale de l’écologie.
  • 2. Mettre en avant les réponses à la crise. La Croix s’intéresse particulièrement aux solutions qui se déploient autour de nous et rendra compte de la complexité des décisions à prendre, notamment par une approche de terrain et des grands récits.
  • 3. Privilégier un traitement pédagogique et laisser place au débat. La Croix s’appuie sur les rapports scientifiques, en cherchant à rendre ces données complexes le plus accessibles possible. Elle en débattra avec ses lectrices et lecteurs pour être au plus près de leurs questions ; et prendra en compte la diversité des perceptions dans la société française.
  • 4. Ne pas oublier les conséquences sociales. Dans le sillage de l’encyclique Laudato si’ du pape François La Croix porte les préoccupations de justice sociale en s’intéressant aux populations les plus vulnérables, en France et dans le monde.
  • 5. Insister sur la dimension spirituelle. À partir d’une lecture chrétienne du monde, La Croix s’intéresse à la façon dont les religions parlent de nos responsabilités vis-à-vis des êtres humains, du vivant et de notre maison commune.
  • 6. Engager toute la rédaction. La Croix souhaite que toute la rédaction travaille dans la conscience des enjeux écologiques ; elle crée un « réseau écologie » au sein de la rédaction associant des journalistes de tous les services ; elle étend un processus de formation à toute la rédaction.
  • 7. Expliquer nos choix. La Croix rendra compte à ses lecteurs des raisons de ses choix éditoriaux et des dilemmes qu’il lui faudra parfois résoudre.
  • 8. Améliorer nos propres modes d’action. La Croix questionne ses pratiques internes au regard du développement durable pour les faire évoluer avec détermination.
  • 9. Prendre rendez-vous. La Croix prévoit plusieurs temps forts rédactionnels, notamment à l’occasion des 10 ans de l’encyclique Laudato si’, en juin, et lors de la COP30 climat au Brésil en novembre.
  • 10. Se faire accompagner. La Croix se fait accompagner par un comité d’experts qui la conseillera dans sa démarche.

2025 : une année charnière

2025 apparaît comme une année décisive pour l’avenir de notre planète, portée par deux événements majeurs : 

Un numéro spécial pour marquer l’engagement 

La Croix inaugure sa série d’initiatives en publiant dès le 2 janvier 2025 un numéro spécial dédié à l’écologie. En Une, le climatologue Jean Jouzel et la militante écologiste Camille Etienne partagent à l’occasion d’un entretien croisé leur vision sur le “défi du siècle”. A l’intérieur du journal, chaque rubrique s’ouvre sur un sujet consacré aux questions environnementales et écologiques, preuve que l’urgence s’immisce dans tous les aspects de l’actualité et de la société.

Des temps forts à venir

Tout au long de l’année, des contenus réguliers seront proposés par le journal pour accompagner les lecteurs dans leur réflexion, à travers tous les supports : le journal, le site, l’application, les newsletters et les réseaux sociaux. Plusieurs rendez-vous sont déjà à noter : 

  • Le 14 mars prochain, le vivant et la biodiversité seront à l’honneur avec un numéro spécial dans La Croix L’Hebdo.
  • Du 6 au 20 juin 2025, La Croix proposera une série complète durant deux semaines dédiée à l’encyclique Laudato Si’ pour fêter les 10 ans de sa publication. 

La formation d’un comité d’experts

Afin de garantir un traitement rigoureux et éclairé de ces sujets, La Croix a nommé des responsables Environnement dans chacun des services de la rédaction afin que le sujet soit traité dans sa globalité et qu’aucun aspect n’échappe à son analyse. Le média s’entourera également de quatre experts de renom qui ont répondu à l’appel pour aiguiller la réflexion et les choix éditoriaux : 

  • Véronique Masson-Delmotte, paléoclimatologue, figure majeure de la recherche sur le climat en France, directrice de recherche au CEA ;
  • Benjamin Allegrini, président de SPYGEN, expert reconnu et entrepreneur à la tête de sociétés spécialisées dans l’ingénierie au service de la biodiversité ;
  • Arnaud Gossement, avocat spécialisé en droit de l’environnement et de l’énergie, professeur associé à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne et gérant du cabinet Gossement Avocats ;
  • Cécile Renouard, philosophe, cofondatrice et présidente du Campus de la Transition crée en 2018 et Religieuse de l’Assomption. 

Embarquer les lecteurs

La Croix ne se contente pas d’informer, mais souhaite mobiliser ses lecteurs pour créer une dynamique collective. En 2025, ils seront invités à prendre eux-mêmes part à cette réflexion. Des appels réguliers aux lecteurs seront lancés, afin qu’ils puissent partager leurs idées, leurs préoccupations et leurs attentes vis-à-vis de la rédaction de leur journal. Chaque voix compte pour conduire à des changements significatifs !  

À la fois média d’information générale et politique et média catholique, La Croix éclaire les enjeux humains, politiques, économiques, techniques, culturels et religieux de notre temps.

Les vœux de « La Croix » pour 2025 :
« Soyons vivants »

L’année 2025 sera marquée par le dixième anniversaire de l’encyclique « Laudato si’ » du pape François. Jean-Christophe Ploquin, Rédacteur en chef de La Croix, veut saisir cette occasion pour développer l’information sur l’écologie, en montrant que des solutions existent pour contenir le changement climatique et la chute de la biodiversité. Une façon de croire en la vie.

Jean-Christophe Ploquin Rédacteur en chef de La Croix

Numéro Spécial de La Croix : Parlons écologie


  1. Depuis Janvier 2023, les pages « Économie » du quotidien sont devenues « Éco et transition ». La Croix a fait le choix de regrouper au sein d’un même service les compétences nécessaires à la couverture de l’actualité économique et de la crise écologique. Les neuf journalistes de cette rubrique traitent à la fois la crise écologique – ce qu’on en sait scientifiquement, les grands sommets internationaux – ainsi que ses conséquences sur nos modes de vie et les grandes mutations qu’elle impose à la sphère économique. Résultats et performances – au sens classique du terme – passent au second plan, et seront toujours jugés à l’aune de leur impact sur la nature, le travail, l’individu, le corps social.
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Penser conjointement adaptation et atténuation du changement climatique

L’actualité nous le rappelle chaque jour : il est urgent d’accélérer l’adaptation de notre société aux conséquences du changement climatique, et de passer d’une gestion réactive des risques climatiques à une posture d’anticipation et d’action. Avec sa stratégie 2023-2027 Agir maintenant, collectivement !, l’ADEME entend concrétiser cet objectif en formulant plusieurs constats et les priorités stratégiques qui en découlent. Publication du premier PNACC Sport – Plan National d’Adaptation du Sport au Changement Climatique 2024-2030 : Des enjeux d’adaptation complémentaires aux enjeux d’atténuation.

Dans le cadre de l’exercice « Transition(s) 2050 » (ouvre un nouvel onglet), l’ADEME a composé quatre scénarios qui présentent de manière volontairement contrastée des options économiques, techniques et de société permettant d’atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050.

Les futurs en transition :
2050 choisir maintenant agir pour le climat

La lutte contre le changement climatique et l’adaptation à ses conséquences sont intimement liées à la santé des sols et au bon fonctionnement des écosystèmes. Ainsi le rapport de notre société à la nature et l’aménagement territorial jouent un rôle-clé dans la lutte contre l’artificialisation des sols et le développement des capacités naturelles d’adaptation. De plus, au XXIe siècle, les ressources en eau représenteront un enjeu majeur pour la majorité des secteurs d’activité, depuis l’agriculture jusqu’à l’énergie : il devient crucial d’anticiper les tensions liées aux ressources et à leur préservation.


Bilan climatique de l’année 2024 – Météo France

  • 2024 figure parmi les dix années les plus pluvieuses à l’échelle nationale (+ 15 % par rapport à la normale) ;
  • 2024 a été marquée par de nombreuses intempéries et des épisodes de précipitations intenses, entraînant des crues et des inondations à répétition ;
  • → En conséquence, en 2024, les sols sont restés plus humides que les normales pendant huit mois, du jamais vu depuis plus de trente ans ;
  • 2024 a connu un manque d’ensoleillement remarquable (- 10 % par rapport à la normale) ;
  • → Si 2024 est l’une des cinq années les plus chaudes en France, elle sera quasi certainement ‚à l’échelle planétaire, l’année la plus chaude jamais enregistrée, d’après l’observatoire européen Copernicus

Stratégie 2023-2027 :
Agir maintenant, collectivement !

  • 1- il est fondamental d’acquérir la capacité à anticiper et à se projeter sur un temps long. Aussi le point d’entrée de cette stratégie de l’Agence de la transition écologique est-il de fournir des éléments de compréhension des changements en cours ainsi que des méthodes pour agir afin d’améliorer le développement d’une culture de l’anticipation.
  • 2- Le caractère systémique des impacts climatiques soulève des problèmes de gouvernance et d’échelles spatiales et temporelles pertinentes. La mise en action implique l’émergence de dynamiques collectives coordonnées à tous les échelons, appuyées par la mise en place de solutions de
    financement simplifiées, décloisonnées et intégrant les accompagnements techniques nécessaires.
  • 3- Face à la complexité et à la persistance du changement climatique, l’adaptation est un processus au long cours : l’amélioration en continu est explicitement identifiée et transcrite comme une stratégie dans les politiques publiques et privées

Pour Thomas PINET qui veut rendre la CSRD opérationnelle pour tous et sans migraine, voici ce que dit la stratégie 2023-2027 de l’ADEME et comment la traduire en actions concrètes pour le rapport CSRD d’une entreprise :

  • 👉 Vous ne pouvez plus ignorer vos vulnérabilités. Les impacts climatiques, ce ne sont pas des menaces lointaines. C’est votre réalité de demain. L’ADEME insiste sur les trajectoires d’adaptation :
    • Planifiez graduellement vos actions pour répondre à la fois aux crises ponctuelles (canicules, tempêtes) et aux tendances de fond (assèchement des sols, montée des eaux).
    • Action immédiate : analysez vos risques. Territoires, filières, entreprises : personne n’est épargné.
    • Intégrez les scénarios climatiques dans toutes vos décisions stratégiques.
  • 👉 Seul, vous allez droit dans le mur. S’adapter, ce n’est pas une affaire individuelle. Les réponses doivent être collectives.
    • Gouvernances territoriales, coalitions sectorielles, mutualisation des moyens : voilà où se trouve la vraie résilience.
    • Action immédiate : engagez vos parties prenantes.
    • Co-construisez avec vos partenaires locaux, vos clients, vos fournisseurs. L’époque du « chacun pour soi » est révolue.
  • 👉 L’adaptation, ce n’est jamais terminé. Le changement climatique n’est pas un problème qu’on règle en une fois. C’est un processus en continu.
    • Il faut mesurer, évaluer, ajuster. Toujours.
    • Action immédiate : mettez en place des indicateurs solides.
    • Testez, apprenez, ajustez. Et recommencez. Vos plans d’aujourd’hui doivent pouvoir évoluer demain.

PNACC sport : Plan national d’adaptation des pratiques sportives au changement climatique.

Adapter les pratiques sportives au changement climatique

Depuis près de 20 ans, le ministère en charge des sports élabore des stratégies d’atténuation des impacts du sport sur l’environnement. Aujourd’hui, alors que les conséquences directes et indirectes du changement climatique sur le secteur du sport s’accentuent, le PNACC sport constitue la réponse à la consultation publique du ministère de la transition écologique sur le troisième plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC3).

Fruit d’un travail collaboratif avec l’ensemble des acteurs du sport pendant deux ans, ce rapport offre un panorama de l’ensemble des conséquences du changement climatique sur le sport et liste 30 mesures d’adaptation du sport à mettre en place d’ici 2030.

Boîte à outils dédiée aux événements sportifs écoresponsables

Dans un contexte marqué par l’urgence climatique, la transition écologique et les enjeux sociétaux contemporains, l’organisation d’événements sportifs ne peut plus se penser en dehors d’une approche responsable et durable. C’est dans cette optique que le ministère, l’ADEME, le CNOSF et le CPSF ont élaboré une boîte à outils dédiée aux événements sportifs écoresponsables, construite en lien avec l’héritage des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024.

Jeux de Paris 2024

Ce document propose une vision systémique et transversale, regroupant 17 thématiques clés : alimentation, mobilité, déchets, sites naturels, eau et énergie, achats, sponsoring, numérique, inclusion, égalité femmes-hommes, handicaps, solidarité, bénévoles, mobilisation interne, éducation, infrastructures, héritage.

Les ressources mises à disposition permettent d’agir concrètement à toutes les étapes de la conception, de l’organisation et de l’évaluation d’un événement sportif. 

L’ensemble est pensé pour être opérationnel, inspirant et adaptable à des contextes variés, qu’il s’agisse d’un événement local ou d’une manifestation d’envergure internationale.

Véritable carte mentale de la durabilité appliquée au sport, ce document invite chaque organisateur à construire un événement qui soit non seulement performant, mais aussi porteur de sens, d’inclusion et de respect de l’environnement.

Accélérer la transition écologique du sport

Étapes structurantes du développement durable dans le sport :


Agence de la transition écologique

Centre de ressources pour l’adaptation au changement climatique

Ce centre de ressources est développé dans le cadre du deuxième plan national d’adaptation au changement climatique. Il est le fruit d’un travail partenarial entre le Cerema, la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC), L’ADEME et Météo France.


Prévoir les sécheresses et les inondations, est-ce possible ?

Alors que les aléas climatiques se multiplient, anticiper les périodes de sécheresses comme d’inondations devient crucial. Un champ de la science œuvre activement à cela, celui de la modélisation hydrogéologique. Un article de Etienne Brulebois et Luca Guillaumot, Ingénieurs hydrogéologues au BRGM pour The Conversation France.

Inondations dans le nord de la France en novembre 2023. Anthony Brzeski/AFP