EnvironmentGPT est un nouvel outil d’Intelligence Artificielle développé par UNEP World Environment Situation Room pour rendre les connaissances environnementales plus accessibles que jamais. Cette plateforme gratuite, alimentée par l’IA, permet aux utilisateurs de poser des questions sur le changement climatique, la biodiversité, la pollution et la santé globale de notre planète, en s’appuyant sur des données et évaluations environnementales mondiales fiables.L’occasion de prendre connaissance des derniers rapports annuels 2025 du PNUE: activités, écarts entre besoins et perspectives et l’état des finances pour la nature 2026.
EnvironmentGPT, le ChatGPT de l’intelligence environnementale
Si EnvironmentGPT ressemble à ChatGPT pour l’intelligence environnementale, il aide à traduire des informations environnementales complexes en informations accessibles pour les décideurs, chercheurs, étudiants et toute personne préoccupée par l’avenir de l’humanité sur notre planète.
Le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) nous rappelle dans son rapport 2025 que notre planète fait face à une triple crise : climat, biodiversité et pollution. Malgré quelques progrès, les engagements actuels nous placent encore sur une trajectoire de réchauffement autour de +2,5 °C.
Partout dans le monde, des initiatives émergent pourtant : restauration d’écosystèmes, lutte contre la pollution plastique, transition vers des économies plus sobres. Le rapport souligne que la transformation de grands systèmes — énergie, alimentation, finance ou production de matériaux — pourrait changer la trajectoire.
Le message est clair : protéger le vivant n’est pas seulement une urgence écologique, c’est aussi une opportunité économique, sociale et sanitaire majeure pour les sociétés humaines.
Rapport 2025 sur l’écart entre les besoins et les perspectives en matière d’adaptation aux changements climatiques
Dans un contexte de hausse des températures mondiales et d’intensification des impacts climatiques, le rapport 2025 du PNUE sur l’écart entre les besoins et les perspectives en matière d’adaptation aux changements climatiques, Adaptation Gap Report 2025: Running on Empty, révèle qu’un déficit considérable de financement de l’adaptation pour les pays en développement met en danger des vies, des moyens de subsistance et des économies entières.
Tourner à vide
Le monde se prépare à la résilience climatique, mais sans les moyens financiers nécessaires pour y parvenir
Les investissements nuisibles dépassent la protection de la nature à raison de 30 contre 1
Pour chaque dollar US que le monde investit dans la protection de la nature, il en dépense 30 à la détruire.
Ce déséquilibre flagrant est la principale conclusion du rapport State of Finance for Nature 2026(État des finances pour la nature 2026) du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE). Il appelle à un changement majeur dans le financement mondial des solutions fondées sur la nature (SfN) et à l’élimination progressive des investissements nuisibles pour garantir des rendements élevés, réduire l’exposition aux risques et renforcer la résilience.
État des finances pour la nature 2026
État de finances pour la nature 2026 du PNUE suit les flux financiers mondiaux orientés vers les Solutions fondées sur la Nature (SfN) et révèle que nous sommes loin de l’investissement dans nature nécessaire pour lutter contre le changement climatique, la perte de biodiversité et la dégradation des écosystèmes.
À l’approche des élections municipales, les enjeux climatiques et énergétiques s’imposent comme des questions centrales pour l’avenir des territoires. Face à l’intensification du dérèglement climatique et à la dépendance persistante aux énergies fossiles, les communes et intercommunalités disposent de leviers décisifs pour accélérer la transition. Analyse des principaux enseignements des travaux réalisés par The Shift Project et l’association The Shifters à l’heure de choisir les prochaines équipes municipales.
Les communes en première ligne face au dérèglement climatique
Les impacts du dérèglement climatique se multiplient sur les territoires français : vagues de chaleur plus fréquentes, sécheresses prolongées, tensions sur la ressource en eau, recul du trait de côte ou dépérissement des forêts.
Ces phénomènes ont des conséquences directes sur la vie quotidienne et l’économie locale. Les collectivités doivent faire face à la baisse des rendements agricoles, à la diminution de la production hydroélectrique, à des infrastructures fragilisées ou encore à des fermetures ponctuelles d’écoles lors d’épisodes climatiques extrêmes.
CLIMAT, CRISES : comment transformer nos territoires
Son objectif est d’outiller les organisations qui travaillent en étroite collaboration avec les municipalités afin de leur permettre de mieux comprendre, mobiliser et soutenir les gestionnaires, les personnes élues et la population dans leurs efforts pour réduire leur impact sur le climat.
plus de 99 % des élus interrogés déclarent avoir observé au moins un phénomène climatique extrême sur leur territoire
70 % considèrent la préservation de l’environnement comme l’une des priorités du prochain mandat.
Les motivations pour agir sont étroitement liées aux préoccupations concrètes des habitants. Les élus citent en priorité :
l’amélioration de la qualité de vie et de la santé des habitants (77 %)
la réduction des dépenses énergétiques (75 %).
Comme le résume un élu interrogé, « Le climat, même quand on ne le met pas en priorité numéro un, revient dans tous les dossiers : écoles, eau, voirie, personnes âgées… »
Les communes et les intercommunalités disposent de nombreuses compétences structurantes pour renforcer la résilience des territoires. Les travaux du Shift Project identifient quatre domaines clés d’action locale.
1. Repenser l’alimentation territoriale
Les collectivités peuvent jouer un rôle majeur dans la transformation des systèmes alimentaires.
Par exemple :
renforcer les liens entre villes et territoires agricoles
soutenir les circuits courts et la vente directe
orienter la restauration collective – notamment les cantines scolaires – vers des produits locaux et davantage d’alternatives végétales
protéger le foncier agricole contre l’urbanisation
valoriser les biodéchets par le compostage et le retour au sol.
La mise en place d’un Projet Alimentaire Territorial (PAT) permet de structurer une stratégie locale d’approvisionnement alimentaire de proximité et de coordonner les acteurs du territoire.
2. Transformer les mobilités locales
Les collectivités sont également responsables de l’organisation des mobilités.
Les stratégies doivent être adaptées aux spécificités de chaque territoire :
dans les zones urbaines : développer transports collectifs, vélo et marche
dans les zones rurales : soutenir covoiturage, transports à la demande et électrification des véhicules
améliorer les connexions ferroviaires entre territoires
limiter l’étalement urbain afin de réduire les déplacements contraints.
La transition des mobilités repose ainsi autant sur les infrastructures que sur l’aménagement du territoire.
3. Réinventer l’urbanisme et le logement
Les communes influencent directement la forme des villes et la performance énergétique des bâtiments.
Parmi les priorités identifiées :
soutenir la rénovation thermique des logements et bâtiments publics
désartificialiser les sols et développer la nature en ville pour atténuer les canicules
freiner l’étalement urbain et mobiliser les logements vacants
revitaliser les centres-villes et centres-bourgs
préserver les espaces naturels et zones humides.
Ces choix d’aménagement conditionnent à la fois les émissions de gaz à effet de serre et la qualité de vie des habitants.
4. Relocaliser l’économie et renforcer la résilience territoriale
Les collectivités peuvent également agir sur l’économie locale.
relocaliser certaines activités pour réduire la dépendance aux chaînes d’approvisionnement mondialisées
maintenir les services essentiels dans les territoires ruraux
soutenir les énergies renouvelables locales, associant les citoyens
adapter les modèles touristiques dans les territoires de montagne ou littoraux.
Selon les analyses du Shift Project, les ressources locales – biomasse, bois, eau – joueront un rôle croissant dans la production d’énergie décarbonée. Les conséquences sont multiples pour les territoires :
hausse des factures énergétiques pour les ménages et les collectivités
fragilisation des services publics locaux (transports, bâtiments, équipements sportifs)
ralentissement de certaines activités industrielles
perturbations des chaînes logistiques et commerciales.
Dans ce contexte, la transition énergétique n’est plus seulement une question environnementale : elle devient un enjeu de résilience économique et sociale pour les territoires.
Eau, sol, biomasse, énergies : Planifier la décarbonation par les ressources locales
En amont du scrutin, l’association The Shifters a mené une campagne nationale de sensibilisation aux enjeux climat-énergie. Près de 800 bénévoles issus de 40 groupes locaux ont rencontré des listes candidates pour échanger sur leurs programmes et réaliser un diagnostic des politiques locales.
Des débats publics et conférences ont également été organisés dans plusieurs villes françaises – de Toulon à Toulouse en passant par Paris, Lyon ou Chamonix – afin d’inscrire les enjeux climatiques au cœur du débat démocratique local. À Chamonix, un débat réunissant les candidats a rassemblé plus de 350 participants, soit près de 5 % de l’électorat local, illustrant l’intérêt croissant des citoyens pour ces questions.
Élections municipales 2026 : faire des enjeux énergie-climat une priorité des politiques locales
Faire des enjeux énergie-climat un sujet central du débat municipal ne sera pas évident, en particulier avec le climat politique actuel. Cela suppose une mobilisation citoyenne capable d’élever le niveau de compréhension collective, de dépasser les approches partielles et de replacer les décisions locales dans un cadre de contraintes réelles. Concrètement, chacun d’entre nous peut s’engager sous des formes multiples.
La transition se joue dans les territoires… mais aussi au niveau national
Si les communes disposent de leviers importants, elles ne peuvent agir seules. De nombreuses décisions structurantes – politiques industrielles, transports nationaux, fiscalité énergétique – relèvent également de l’échelon national. Dans cette perspective, The Shift Project publiera prochainement un rapport intitulé « Réussir la transition dans l’incertitude : la méthode Shift en 20 chantiers ». Présenté notamment par Jean‑Marc Jancovici, ce travail analysera les conditions de réussite de la décarbonation française dans des secteurs clés : transports, rénovation des bâtiments, industrie, agriculture ou ferroviaire. Un jalon important dans la préparation du débat public en vue de l’élection présidentielle de 2027.
La transition écologique : des décisions internationales aux actions locales
Les élections municipales rappellent une évidence : la transition écologique ne se joue pas uniquement dans les grandes décisions internationales ou nationales. Elle se construit aussi dans les choix quotidiens d’aménagement, de mobilité, d’alimentation et d’économie locale.
L’avenir climatique se décide aussi dans chaque commune.
Les communes sont en première ligne face au dérèglement climatique et disposent de leviers majeurs pour accélérer la transition : alimentation locale, mobilités décarbonées, rénovation des bâtiments et développement des énergies renouvelables. Illustration : IA / Cdurable Mars 2026
Dans les sommets alpins ou méditerranéens, comme le désert marocain, de drôles de boules recouvrent les paysages. Ce sont des plantes qui, dans ces milieux extrêmes, adoptent cette silhouette aux avantages multiples. Explications par Thierry Gauquelin d’Aix-Marseille Université (AMU) pour The Conversation France
Les milieux extrêmes, tels que la haute montagne méditerranéenne ou alpine, les environnements arides ou présahariens ou encore le littoral, sont souvent colonisés par des végétaux vivaces à port caractéristique en boule. Ces spectaculaires coussinets hémisphériques plaqués contre le sol peuvent être quasiment exclusifs dans le paysage. Dans les milieux où la sécheresse constitue l’une des contraintes majeures, ce port particulier s’accompagne de rameaux épineux et/ou succulents, c’est-à-dire de tiges charnues.
Ces formes en coussinet ne constituent pas une simple accommodation ou réaction à un facteur extérieur, comme le seraient les anémomorphoses, ces modifications de la forme des plantes et des paysages végétaux sous l’effet des vents dominants. C’est ici une adaptation des végétaux, inscrite dans leur patrimoine génétique et résultant d’une évolution à l’échelle de millions d’années.
À gauche, une Cytisus balansae du Haut Atlas occidental (Maroc) au port en boule, à droite une anémomorphose de myrte (Myrtus communis) sur le littoral varois. Thierry Gauquelin, Fourni par l’auteur
Cette forme comporte de fait de nombreux atouts pour tirer au mieux partie des ressources rares et des contraintes nombreuses des milieux extrêmes.
Garrigue à xérophytes épineuses en coussinet (Haut Atlas central, Maroc). Thierry Gauquelin, Fourni par l’auteur
Limiter la transpiration pour économiser l’eau durant les périodes sèches
Cette silhouette peut d’abord permettre de résister à l’assèchement, notamment en été quand l’eau manque, sous climat méditerranéen par exemple. Car la surface de contact avec l’atmosphère des parties vertes d’une plante en boule est bien plus réduite que celle d’une plante dressée.
La transpiration en est ainsi réduite, permettant alors de résister à la dessiccation. Ceci s’ajoute aux adaptations classiques aux milieux arides, que l’on retrouve sur beaucoup de ces plantes, avec des feuilles réduites ou transformées en épines ou/et une crassulescence de tissus, c’est-à-dire une capacité à conserver l’eau dans des feuilles grasses et charnues.
Créer un microclimat particulier au sein de la touffe
Le port en boule crée également à l’intérieur des touffes un microclimat favorable qui affranchit quelque peu ces végétaux des conditions extérieures. Ceci a pu être mis en évidence pour deux types de plantes en boule présentes en haute montagne.
D’abord les xérophytes (du grec xerós, sec, et phutón, plante) épineuses en coussinet, caractéristiques, de la haute montagne méditerranéenne, du Haut Atlas marocain à la Sierra Nevada espagnole.
Ces plantes apparaissent généralement au-dessus de 2 500 mètres, se mélangeant aux derniers arbres imprudents, chênes, genévriers, pins, auxquels ils se substituent quand le climat devient trop sévère pour les arbres. Dans ces environnements, les conditions climatiques sont difficiles, chacune des saisons apportant son lot de contraintes, l’hiver avec son froid et ses fortes gelées qui destructurent le sol et l’été, combinant chaleur et sécheresse.
On observe ainsi une extraordinaire convergence de formes entre ces coussinets denses dont la plupart des organes sont ou bien transformés en épines ou bien munies d’épines à l’extrémité de rameaux, des bractées (feuilles fréquemment colorées qui accompagnent la fleur) ou des feuilles, donnant au végétal l’aspect d’un véritable hérisson.
Ces xérophytes épineuses en coussinet sont pourtant d’origine taxonomique bien diverse puisqu’on y trouve des plantes de la grande famille des légumineuses, c’est-à-dire des fabacées (Cytisus balansae, Erinacea anthyllis, mais aussi de nombreuses astragales), des plantes appartenant à la famille des crucifères, la famille des choux et de la moutarde, aujourd’hui appelée les brassicacées (Hormatophylla spinosa ou Vella mairei), voire des végétaux de la famille des carottes, appelée apiacées (Bupleurum spinosum) ou encore des caryophyllacées, de la même famille que les œillets (Arenaria pungens), drapant alors les versants de taches colorées très diverses.
Garrigue à xérophytes épineuses en coussinet, 2 900 mètres, Haut Atlas occidental, Maroc (gauche), Vella mairei, Haut Atlas central, Maroc (milieu), Cytisus balansae, 3 000 mètres, Haut Atlas occidental, Maroc (droite). Thierry Gauquelin, CC BY
Mais il faut pénétrer à l’intérieur de ces boules qui parsèment le paysage pour comprendre un de leur principal atout. À 3 000 m d’altitude, au mois de juillet, période de sécheresse extrême, la température à 14 heures au sein d’une touffe de xérophyte épineuse en coussinet était ainsi de seulement 18 °C alors qu’elle atteignait 35 °C entre les touffes. De même, l’humidité relative était de 70-80 % au sein du coussinet pour seulement moins de 30 % à l’extérieur.
De même, dans le domaine alpin jusqu’en Alaska, où la contrainte est essentiellement le froid, une caryophyllacée, le silène acaule (Silene acaulis) élabore des coussinets hémisphériques particulièrement denses pouvant atteindre plus d’un mètre de diamètre et un âge supérieur à 300 ans.
Au sein d’un coussinet de ce silène acaule des environs du col du Galibier (à 2 500 m), entre 12 heures et 15 heures, la température était de 10 à 15 °C plus élevée que celle de l’air ambiant !
Les coussinets hémisphériques plaqués contre le sol sont également de véritables pièges pour les sables fins et les limons soulevés par l’érosion et transportés par le vent. L’apport de matière organique directement sous la touffe suite à la décomposition des tissus morts de la plante, combiné au piégeage de ces particules minérales fines, fait que la plante élabore son propre sol sous son couvert.
Ceci est particulièrement vrai pour les euphorbes cactiformes des régions arides du Maroc, un autre type de plante en boule que le chimiste et botaniste René-Maurice Gattefossé en 1931 comparait à des « tortues d’un vert glauque ». Ce sont les euphorbes résinifères (Euphorbia resinifera) du piémont de l’Atlas, mais aussi les bien nommées euphorbes oursins (Euphorbia echinus) de la région littorale du Souss. Toutes munies d’épines très vulnérantes, elles renferment de plus dans leurs rameaux un latex abondant largement utilisé en médecine populaire, malgré son caractère irritant et toxique. Le miel provenant des fleurs de ces espèces, le fameux miel de Daghmous – du nom local de ces euphorbes – est aussi particulièrement réputé.
Sous des pieds d’euphorbes cactiformes, le sol est beaucoup plus développé, plus riche en éléments minéraux, donc en nutriments, et plus humide qu’entre les touffes. La matière organique y est plus importante, augmentant notamment la capacité de rétention en eau de ce sol. En retour, ce sol se trouve protégé par la touffe elle-même, tant au niveau de l’évaporation de l’eau que de l’érosion. Enfin, une biodiversité particulière, notamment représentée par la mésofaune (acariens, collemboles…), se retrouve plus abondante dans le sol sous les touffes, jouant un rôle important dans le recyclage de la matière organique.
Étaler la floraison et optimiser la pollinisation
La floraison des touffes hémisphériques se réalise progressivement, débute par la face la mieux exposée au soleil, pour concerner ensuite tout le coussin, s’étalant ainsi sur plusieurs semaines. Cela génère un double avantage. Cela permet d’abord une floraison moins sensible à des accidents météorologiques brutaux, tels que des fortes gelées tardives. Cela génère également une amplitude temporelle plus grande pour permettre aux pollinisateurs d’assurer leur rôle dans la reproduction.
Cytisus balansae, Haut Atlas occidental. Thierry Gauquelin, Fourni par l’auteur
Favoriser et abriter la biodiversité
Le microclimat particulier existant au sein des touffes hémisphériques va en faire un milieu de vie particulièrement favorable à de nombreux organismes, notamment des insectes, mais aussi des microorganismes, en leur permettant d’échapper à différents stress. Ainsi les touffes de xérophytes épineuses en coussinet abritent souvent des colonies importantes de coccinelles.
Cette biodiversité constitue un élément essentiel du fonctionnement de ces milieux, à la fois pour ce qui concerne par exemple la pollinisation, mais aussi plus généralement les cycles biogéochimiques. Un véritable microécosystème se met ainsi en place dans la touffe, qui va dès lors fonctionner d’une manière quelque peu autonome.
Le changement climatique va-t-il favoriser les plantes en coussinet ?
Dans le domaine méditerranéen, voire saharien, le changement climatique se manifeste notamment par des périodes de sécheresse plus fréquentes et plus intenses. Ceci nécessite des adaptations des végétaux de plus en plus élaborées. Les végétaux en coussinet dense pourraient-ils ainsi « profiter » de ces changements rapides ?
Dans des milieux sahariens arides, le spectaculaire « chou-fleur de Bou Hamama » (Fredolia aretoides, amarantacées), remarquable endémique des steppes désertiques du Sahara occidental, en port en coussinet très dense et aux feuilles imbriquées semble aujourd’hui s’étendre spectaculairement vers le nord, en pénétrant profondément dans des vallées, en liaison avec la désertification des franges nord-sahariennes liée notamment à l’aridification croissante. Cette espèce peut ainsi dans tout ce secteur biogéographique constituer un bon indicateur des changements environnementaux.
Le « chou-fleur de Bou Hamama », Fredolia aretoides, Maroc. Frédéric Médail, Fourni par l’auteur
Dans les milieux froids, par contre, où l’augmentation de la température constitue la tendance majeure, on observe des migrations d’espèces en altitude. Des espèces en coussinet arctico-alpines, telles que le silène acaule, vont sans doute de moins en moins trouver leur place dans des environnements de montagne rendus moins contraignants par l’augmentation de température.
Dans tous les cas, il sera important de suivre la dynamique progressive ou régressive de ce type biologique particulier dont les stratégies adaptatives apparaissent aujourd’hui particulièrement en phase avec l’évolution du climat, notamment en région méditerranéenne.
Si les arbres pouvaient seulement parler. C’est en partant de ce postulat que l’écologue spécialiste des forêts du bassin méditerranéen Thierry Gauquelin a tâché de raconter la longue vie d’un genévrier de l’Atlas marocain (Juniperus thurifera) de plus de 500 ans.
Dans ce chapitre de son roman De mémoire d’arbre, paru aux éditions Tana, il nous raconte l’avantage qu’il y a pour certains arbres d’avoir de petites feuilles.
En 2020, Anne Hidalgo s’engageait à faire naître quatre forêts urbaines à Paris. Qu’en est-il aujourd’hui ? Ces projets ont-ils vraiment fait naître des « forêts » ? Sont-ils suffisants à l’heure du changement climatique ?Les réponses par Serge Muller du Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) pour The Conversation France
Forêt urbaine du parvis de l’Hôtel-de-Ville, à Paris, le 27 novembre 2025. Serge Muller , Fourni par l’auteur
Paris est une des pires villes européennes en temps de canicule. Pour changer cet état de fait, augmenter le nombre d’arbres parait plus que jamais nécessaire. D’autant plus qu’avec 14 % seulement de sa surface boisée en ne prenant pas en compte les bois périphériques de Boulogne et de Vincennes, et 21 % en les intégrant, Paris est aussi une des capitales les moins boisées d’Europe.
Afin d’améliorer cette situation, l’actuelle maire de Paris, Mme Anne Hidalgo, s’était engagée à planter 170 000 arbres au cours de la mandature 2020-2026. Parmi les opérations phares de ce projet figure la création de quatre « forêts urbaines » à Paris.
Cinq ans après ces promesses, et à quelques semaines des élections municipales, quel bilan peut-on faire de ces projets ?
Découvrez la forêt urbaine du Parvis de l’Hôtel de Ville
Quels sont les sites concernés ?
Bien que les sites prévus aient changé du fait de difficultés techniques, trois forêts urbaines ont déjà été inaugurées : celles de la place de Catalogne en juin 2024, du bois de Charonne en septembre 2024 et du parvis de l’Hôtel-de-Ville en juin 2025, l’inauguration de la quatrième sur la place du Colonel-Fabien étant prévue début 2026.
Une forêt urbaine prend vie place de Catalogne à Paris. Autrefois dédiée aux voitures, cette place s’est réinventée. – Crédit photo : Guillaume Bontemps / Ville de Paris
Le myrte commun, arbuste méditerranéen planté dans la forêt urbaine de Charonne, 29 novembre 2025. Serge Muller, Fourni par l’auteur
Le premier site correspond à la place de Catalogne dans le XIVe arrondissement. Cette place d’environ 1 hectare (ha), qui constituait un rond-point de circulation automobile avec initialement une fontaine au milieu, était totalement minéralisée et dépourvue d’arbres. Elle a été végétalisée sur 4 000 mètres carrés (m2) par la plantation de 470 arbres correspondant à 16 espèces différentes, soit une densité de 12 arbres pour 100 m2, complétés par la plantation de 1 200 arbustes.
Le deuxième site, plutôt linéaire, nommé bois de Charonne, est situé dans le XXe arrondissement sur une ancienne voie ferrée de la petite ceinture avec ses abords. Il couvre environ 2 ha. Près de 112 arbres de haute taille y ont été plantés parmi environ 7 500 jeunes plants d’arbres de 40 essences différentes, accompagnés d’environ 2 200 arbustes également d’une quarantaine d’espèces différentes. Cette nouvelle forêt est située en continuité d’un square existant de 1,5 ha, le « jardin de la gare de Charonne ». L’opendata de la Ville de Paris y comptabilise actuellement 295 arbres pour cet ensemble de 3,5 ha, soit environ 1 arbre pour 100 m2.
Présentation du bois de Charonne.
Le troisième site est localisé sur le parvis de l’Hôtel-de-Ville. Il est composé de deux espaces végétalisés, totalisant 2 500 m2, séparés par une partie centrale restant minérale.
Présentation du parvis de l’Hôtel-de-Ville.
Y ont été plantés, selon l’open data de la Ville de Paris, 46 arbres matures (atteignant jusqu’à 10 m de hauteur) de cinq espèces différentes (charme, févier d’Amérique, chêne chevelu, micocoulier de Julian et érable de Zöschen). D’autres arbres ou arbustes plus petits, d’espèces différentes (chêne à feuilles de phillyrea, arbousier, argousier), ont été plantés en périphérie de l’ensemble sur 850 m2, afin de renforcer la végétalisation de la place.
L’arbousier (photo de gauche et du centre) et le micocoulier de Julian (photo de droite) dans la forêt urbaine de l’Hôtel-de-Ville, 27 novembre 2025. Serge Muller, Fourni par l’auteur
Le quatrième site, encore en cours d’achèvement du chantier au début de l’année 2026, est localisé à la place du Colonel-Fabien (carrefour des Xe et XIXe arrondissements). Il correspond à un projet de création de forêt urbaine sur 1 460 m2 avec la plantation prévue de 79 nouveaux arbres. Il doit être terminé au premier trimestre 2026.
Quelles caractéristiques de ces nouvelles forêts urbaines ?
Tous ces espaces ont été aménagés par désimperméabilisation de places minérales ou de friches ferroviaires, avec un apport important de terre végétale et la plantation d’arbres de taille déjà conséquente (hauteur de 3 à 7 m, voire davantage), accompagnés de plants d’arbres de plus petite taille et d’arbustes. Ces forêts ont été créées sur des superficies assez variables en fonction des disponibilités de terrain (entre 1 400 m2 pour la place du Colonel-Fabien et environ 20 000 m2 pour les nouvelles plantations du bois de Charonne). L’objectif est ainsi de constituer rapidement des espaces boisés relativement denses à partir d’un état initial de substrat minéral.
Chantier de la forêt de la place de Catalogne, 18 décembre 2023. Serge Muller, Fourni par l’auteur
Mais ces espaces végétalisés sont-ils des forêts ? Pas vraiment pour la plupart, si l’on se fie à la définition retenue par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentaiton et l’agriculture (FAO) pour qui le terme de forêt désigne un peuplement d’arbres d’une surface d’au moins un demi-hectare (5 000 m2) et ayant un couvert arboré d’au moins 10 %, ce qui signifie que, vue du ciel, la surface du sol recouverte par les cimes des arbres, doit dépasser 10 %.
Quelles différences avec les squares et les parcs urbains ?
Ces mini-forêts urbaines se rapprochent peut-être davantage des squares, jardins et parcs urbains de Paris, de type haussmanniens ou plus récents (comme le parc Brassens, dans le XVe arrondissement), en prévoyant également des aires de quiétude et de promenade pour les citadins.
Mais les boisements sont plus denses et les espaces de récréation plus petits dans ces mini-forêts urbaines que dans les squares, sans espaces de jeu prévus pour les enfants par exemple. La forêt urbaine de Charonne est un peu particulière à cet égard puisqu’elle est adossée au « jardin de la gare de Charonne », square de 1,5 ha créé en 1986, donc il y a quarante ans, sur l’emplacement de l’ancienne gare de Charonne.
Forêt urbaine de Charonne, 29 novembre 2025. Serge Muller, Fourni par l’auteur
Ces forêts urbaines se veulent aussi plus « naturelles » en privilégiant comme essences de boisement celles qui sont indigènes dans le Bassin parisien ou la France hexagonale et en réduisant la part des espèces exotiques. Ainsi près de 60 % des arbres de la forêt urbaine de la place de la Catalogne correspondent à des essences indigènes dans le Bassin parisien, les autres étant de provenance subméditerranéenne, américaine ou asiatique. La même attention n’a toutefois pas été accordée aux arbustes puisque 95 % des plants introduits dans cette forêt urbaine correspondent à deux espèces originaires d’Extrême-Orient (la véronique arbustive et la menthe australienne). Quant aux plantes herbacées introduites, il s’agit principalement d’un patchwork de cultivars de fougères.
Forêt urbaine de la place de Catalogne avec fougères au premier plan, 20 avril 2024. Serge Muller, Fourni par l’auteur
Ni véritablement des forêts selon la définition de la FAO, pas exactement des squares non plus, ces nouveaux espaces s’éloignent aussi d’un autre modèle : celui des micro-forêts Miyawaki, qui correspondent à des plantations très denses de jeunes plants (jusqu’à trois individus au mètre carré) de moins d’un mètre de hauteur et d’essences en principe uniquement indigènes. Or, ces nouvelles mini-forêts urbaines parisiennes ont pour la plupart des hauteurs de plusieurs mètres, pouvant même dépasser 7 mètres et aussi des densités bien plus faibles, de l’ordre d’un à une dizaine d’arbres pour 100 m2, sur des superficies en principe plus grandes, allant jusqu’à 2 ha pour les plantations du bois de Charonne.
Quel intérêt de ces nouvelles mini-forêts urbaines de Paris ?
Ces nouveaux boisements, devant nécessairement être adaptés aux potentialités et contraintes locales, sont assez diversifiés dans leurs dimensions et configurations (forme plutôt arrondie pour les anciennes places comme celles de Catalogne ou du Colonel-Fabien, au contraire allongée pour l’ancienne voie ferrée du bois de Charonne).
Forêt urbaine de Charonne, 29 novembre 2025. Serge Muller, Fourni par l’auteur
Les compositions et structures des peuplements d’arbres et d’arbustes plantés apparaissent aussi assez variables, en fonction du contexte et des opportunités, mais avec toujours l’objectif d’adaptation aux conditions climatiques futures. L’intérêt de la prédominance d’essences régionales reste toutefois discutable dans ce contexte de changement climatique. La constitution de peuplements à forte diversité d’essences et structure hétérogène est un point fort de ces nouvelles forêts urbaines, qui doit permettre d’accroître leur résilience aux perturbations et aléas climatiques auxquels elles seront assujetties.
Ces plantations contribuent indubitablement, sur des surfaces certes modestes, à la végétalisation de la ville, ainsi qu’à l’augmentation de sa canopée et aux continuités écologiques. Il s’agit d’opérations pilotes, à fort impact médiatique et à coût relativement élevé, qui démontrent la faisabilité et l’intérêt paysager et environnemental de telles opérations de création ex nihilo de « forêts urbaines ». Il conviendra toutefois d’examiner leur évolution au cours des prochaines décennies.
Forêt urbaine du parvis de l’Hôtel-de-Ville, 27 novembre 2025. Serge Muller, Fourni par l’auteur
Ces créations de forêts urbaines doivent nécessairement, comme prévu dans le « Plan arbre 2021-2026 » de la ville, s’inscrire en complémentarité et si possible en continuité avec d’autres types de plantations tels que des alignements d’arbres, des créations ou extensions de parcs et squares urbains, la densification des peuplements d’arbres dans les cimetières, les cours d’école, les places, les talus du périphérique et autres espaces ouverts. L’objectif doit être d’accroître encore sensiblement le recouvrement de la canopée dans la ville de Paris et la métropole du Grand Paris, afin de contribuer à mieux adapter ces territoires urbains aux conditions climatiques des décennies à venir.
La ville de Paris possède un patrimoine arboré très important, dont témoigne l’open data de la ville présentant l’identité et la localisation de plus de 205 000 arbres dans la capitale.
À ce nombre s’ajoutent tous les arbres non gérés et suivis par la direction des espaces verts et de l’environnement de la ville de Paris, comme ceux du jardin des plantes, du parc de la cité internationale, du jardin du Luxembourg, du jardin des Tuileries et de très nombreux autres parcs et jardins privés.
Les élections municipales rappellent le rôle essentiel des communes et intercommunalités pour assurer la transition écologique. Par leurs compétences et leur proximité avec les citoyens, elles jouent un rôle central dans la mise en œuvre de réponses concrètes aux défis du quotidien. Avec la campagne « Municipales 2026 : Les solutions du WWF France pour vos villes », le WWF France a choisit d’explorer des solutions de transition dans quinze villes moyennes réparties sur l’ensemble du territoire.
Élections municipales 2026 : en présentant ses solutions concrètes pour 15 villes moyennes, le WWF France rappelle que la transition écologique est un pouvoir du maire … et de ses électeurs
A quelques jours des élections municipales, le WWF France publie 15 plans d’actions sur 15thématiques du quotidien, contribuant ainsi à Solutions Transitions, projet lancé par Le Lierreet vingt partenaires pour réunir le meilleur de l’ingénierie territoriale proposée par la sociétécivile et la puissance publique.
Souvent pionnières et toujours clés en fonction de leurs compétences respectives, ce sont les collectivités territoriales qui construisent des solutions concrètes et adaptées aux besoins du quotidien : mobilité, énergie, déchets, alimentation ou encore éducation à la nature.
Le WWF France a lancé une grande campagne pour sensibiliser les candidats et les citoyens aux enjeux environnementaux locaux et leur montrer comment des mesures simples et efficaces peuvent transformer leur quotidien d’ici 2032.
Ces propositions chiffrées, accessibles et mobilisables durant le mandat à venir ont vocation à inspirer les futures équipes municipales de ces villes, et à permettre à d’autres communes de s’en saisir. Le WWF France contribue ainsi au projet Solutions Transitions en offrant ces études de cas exemplaires et réplicables pour les communes et EPCI de France.
La campagne documente comment 15 villes moyennes françaises, à travers tout le territoire, peuvent chacune mettre en place une politique favorable à la nature en même temps qu’aux habitants sur une grande variété de thématiques : mobilités douces, énergie renouvelable, préservation des forêts, éducation au contact de la nature, urbanisme résilient, alimentation durable, gestion des déchets, protection des océans …
Elle montre concrètement comment en appliquant les recommandations du WWF France, des améliorations pour les habitants seront visibles :
Moins de bouchons et plus d’air pur grâce au réseau express vélo à Limoges ou au covoiturage à Vannes ;
Des factures d’énergie allégées grâce à la solarisation des bâtiments publics à Alès ;
Une ville plus fraîche et moins inondable à Castres ou Thionville ;
Des enfants qui grandissent au contact de la nature à Arras ;
Des forêts plus résilientes à Obernai ou Pont-à-Mousson ;
Une mer vivante grâce à la protection des herbiers de Posidonie à La Ciotat ;
Des biodéchets valorisés à Gif-sur-Yvette ;
Une commande publique responsable à Cayenne, des cuisines nourricières à Redon…
« Face au backlash écologique au niveau national, les municipales 2026 sont une formidable occasion de rappeler que la transition écologique fait partie des intérêts des Français. Nos solutions ne sont pas des utopies lointaines : elles sont locales, concrètes, financées et bénéfiques pour tous. Nous appelons les citoyens à s’emparer de ces propositions et à exiger des engagements clairs de leurs futurs maires. Ensemble, transformons nos villes pour un 2032 plus vert et plus vivable ».
Produire sur Terre l’énergie qui alimente les étoiles : pendant longtemps, l’idée relevait presque de la science-fiction. Pourtant, la fusion nucléaire est aujourd’hui au cœur d’une nouvelle course technologique mondiale. Ancien directeur des accélérateurs et de la technologie au CERN, l’ingénieur électrique français Frédérick Bordry dirige désormais la stratégie technologique de Gauss Fusion, une entreprise européenne qui veut construire une centrale à fusion capable d’alimenter le réseau électrique dans les années 2040. Dans cet entretien, il décrypte les enjeux scientifiques, industriels et énergétiques de cette technologie qui pourrait, à terme, contribuer à sortir du fossile.
Gauss Fusion souhaite assurer la sécurité énergétique des générations futures en utilisant la fusion comme source d’énergie sûre et propre
Notre vie dans l’univers vient de la fusion dans les étoiles
Reproduire l’énergie du Soleil… sur Terre
Qu’est-ce que la fusion ? Pourquoi est-elle si difficile à réaliser ?
Quand on parle de nucléaire, le grand public pense immédiatement aux centrales actuelles, qui reposent sur la fission de l’uranium. La fusion fonctionne selon le principe exactement inverse.
« Dans la fission, on casse un noyau lourd pour libérer de l’énergie », explique Frédérick Bordry. « Dans la fusion, on rapproche au contraire des noyaux très légers, comme ceux de l’hydrogène, jusqu’à ce qu’ils fusionnent. Et là aussi, cela libère énormément d’énergie. »
Ce phénomène est celui qui fait briller toutes les étoiles de l’univers. Dans le Soleil, les noyaux d’hydrogène fusionnent en permanence, produisant une énergie colossale qui nous parvient sous forme de lumière et de chaleur.
D’une certaine manière, l’objectif des chercheurs est simple à formuler : mettre un petit Soleil dans une machine sur Terre. Mais le défi est immense.
Qu’est-ce que la fusion nucléaire ? Réponse de l’AIEA – Agence Internationale de l’Énergie Atomique La technologie du Tokamak n’a pas été adoptée par Gauss Fusion, qui a choisi celle du Stellarateur ci-dessous Gauss Fusion annonce choisir le Stellarateur pour sa centrale à fusion nucléaire Stellarateur Wendelstein 7-X – Crédit photo @Christian Lünig – arbeitsblende.de
150 millions de degrés et un plasma suspendu dans le vide
Dans le Soleil, la fusion est rendue possible par une pression gigantesque liée à la masse de l’étoile. Sur Terre, cette pression n’existe pas. Pour obtenir la fusion, il faut donc compenser autrement.
« Dans une centrale à fusion, on doit atteindre des températures de l’ordre de 150 à 200 millions de degrés », explique l’ingénieur, soit dix fois plus que les 15 à 20 millions de degrés Celsius de notre soleil.
À de telles températures, la matière ne ressemble plus à un gaz ordinaire. Elle devient un plasma, un état où les électrons sont arrachés aux atomes. Le mélange devient alors une soupe de particules chargées électriquement.
Le problème est évident : aucun matériau ne peut supporter une telle chaleur. La solution consiste donc à empêcher le plasma de toucher les parois du réacteur.
« Il faut le confiner, le guider sans qu’il touche quoi que ce soit », résume Frédérick Bordry.
Pour cela, les physiciens utilisent des champs magnétiques extrêmement puissants générés par de grands aimants supraconducteurs. Ces aimants maintiennent le plasma en suspension dans une chambre en forme d’anneau, où les particules circulent dans le vide.
L’approche de Gauss-fusion s’appuie sur la récupération efficace du tritium de la couverture et des gaz d’échappement du réacteur pour limiter les stocks et garantir une sécurité maximales. Elle est plus efficace et plus sûre que les autres systèmes de refroidissement à eau et permet de maintenir des conditions de fonctionnement optimales tout en réduisant l’encombrement global de la centrale.
Quand la fusion produit de l’électricité
Lorsque deux noyaux d’hydrogène fusionnent, ils libèrent notamment des neutrons très énergétiques. Ces neutrons quittent le plasma et viennent frapper les parois internes du réacteur. C’est là que l’énergie est récupérée.
La chaleur produite est captée par un fluide caloporteur – de l’eau ou un autre liquide – puis transformée en vapeur qui fait tourner une turbine. Comme dans une centrale thermique classique, cette turbine entraîne un alternateur qui produit de l’électricité.
Autrement dit, si la physique au cœur du réacteur est révolutionnaire, la production d’électricité reste finalement très classique.
Le défi du tritium, carburant rare de la fusion
La réaction de fusion la plus efficace aujourd’hui utilise deux isotopes de l’hydrogène : le deutérium et le tritium. Le deutérium est relativement abondant dans l’eau de mer. Le tritium, en revanche, est beaucoup plus rare et radioactif.
« L’inventaire mondial de tritium est d’environ 25 kilos, alors qu’une centrale de fusion d’un gigawatt en consommerait environ 150 kilos par an », rappelle Frédérick Bordry. Il est donc impossible de compter sur des réserves naturelles. Les réacteurs devront produire eux-mêmes leur combustible.
La solution consiste à entourer le plasma d’une couche contenant du lithium. Les neutrons issus de la fusion frappent ce lithium et produisent du tritium, qui est ensuite récupéré et réinjecté dans le réacteur.
« Le vrai défi industriel de la fusion, pour moi, c’est le tritium », confie l’ingénieur. « Il faut être capable de le produire en boucle fermée pour alimenter la centrale. »
Une technologie beaucoup plus sûre que la fission
La fusion présente aussi un avantage majeur en matière de sûreté.
Contrairement aux centrales nucléaires actuelles, il n’existe pas de réaction en chaîne susceptible de s’emballer. « Dans le plasma, il n’y a que quelques grammes de combustible », explique Frédérick Bordry. « Si vous coupez l’alimentation, tout s’arrête immédiatement. » Il n’y a donc pas de risque de fusion du cœur ou d’accident comparable à ceux de la fission.
Il reste néanmoins deux enjeux à gérer : la production du tritium et la radioactivité induite dans certains matériaux exposés aux neutrons. Mais ces déchets auraient des durées de vie de l’ordre de quelques décennies à une centaine d’années, bien loin des centaines de milliers d’années associées à certains déchets nucléaires actuels.
Gauss Fusion, un projet industriel européen
GIGA, la future centrale à fusion de Gauss Fusion ; crédit @Gauss Fusion
C’est dans ce contexte qu’est née en 2022 la société Gauss Fusion, qui ambitionne d’accélérer la transformation de la recherche scientifique en centrales électriques.
Frédérick Bordry a rejoint l’entreprise après une carrière de 35 ans au CERN, où il a notamment dirigé les accélérateurs de particules et la stratégie technologique.
« Pendant quarante ans, la fusion a été portée surtout par la recherche publique et les physiciens », observe-t-il. « Maintenant, il faut passer à l’étape industrielle. »
Gauss Fusion rassemble des partenaires en France, en Allemagne, en Italie et en Espagne, avec l’ambition de développer une centrale européenne de fusion capable de produire environ un gigawatt d’électricité, l’équivalent d’un réacteur nucléaire classique.
L’objectif est clair : une première centrale connectée au réseau au début des années 2040.
Une course mondiale déjà lancée
La fusion est aujourd’hui au cœur d’une compétition technologique mondiale. La Chine investit massivement dans le domaine, tandis que les États-Unis soutiennent de nombreuses start-ups privées. L’Europe, elle, possède une expertise scientifique de premier plan, notamment avec les grands programmes de recherche internationaux. Mais pour Frédérick Bordry, cela ne suffira pas.
« Aucun pays européen ne pourra faire la fusion tout seul. C’est un projet qui doit être européen », estime-t-il. « Sinon, on risque de se retrouver un jour à acheter des centrales de fusion chinoises. »
Des centrales à plusieurs milliards d’euros
Construire la première centrale à fusion nécessitera des investissements comparables au coût actuel d’un EPR (European Pressurized Reactor), réacteur à fission nucléaire à eau pressurisée de 1 600 MW.
Selon Gauss Fusion, le coût pourrait atteindre 15 à 18 milliards d’euros pour un premier réacteur industriel. Les suivants pourraient descendre entre 10 et 12 milliards, grâce à l’expérience acquise et à l’industrialisation. Ces montants sont comparables à ceux des grands réacteurs nucléaires actuels.
En échange, une centrale de fusion pourrait produire environ 7 à 8 TWh d’électricité par an, soit la consommation de plus d’un million de foyers.
La fusion ne remplacera pas tout
Pour autant, la fusion ne sera pas une solution miracle capable de remplacer toutes les autres sources d’énergie.
« Je suis convaincu de l’importance du mix énergétique », explique Frédérick Bordry. « On aura besoin des énergies renouvelables, du nucléaire et de la fusion pour couvrir les besoins à long terme. »
Les énergies renouvelables, comme l’éolien et le solaire, sont essentielles mais intermittentes. Or l’électricité doit être produite au moment précis où elle est consommée. Dans cette perspective, la fusion pourrait jouer un rôle de source pilotable bas carbone, capable de stabiliser le système électrique.
Sortir des énergies fossiles
Au fond, l’enjeu dépasse la seule question technologique. Pour Frédérick Bordry, la priorité reste la sortie des énergies fossiles.
Fusion : l’Eau pourra-t-elle Remplacer le Pétrole ? Un article de SCIENCE & VIE décrypté par Planète Gaïa
« Il faut sortir du pétrole, du charbon et du gaz », insiste-t-il. « La fusion peut nous aider à produire une énergie abondante sans carbone. »
La technologie ne sera pas prête avant plusieurs décennies, mais les décisions industrielles et politiques doivent être prises dès aujourd’hui. Car si la fusion devient un jour une réalité industrielle, elle pourrait bien transformer profondément notre système énergétique.
Et faire entrer l’humanité dans une nouvelle ère énergétique … alimentée par l’énergie des étoiles.
Résumé du rapport de conception de Gauss Fusion (en anglais)
Gauss Fusion, greentech européenne fondée pour construire la première centrale à fusion du continent, a soumis à l’évaluation, par des experts indépendants européens de la fusion et de l’industrie, le rapport de conception de sa centrale à fusion.
Un panel indépendant composé d’experts européens dans le domaine de la fusion et de l’industrie, présidé par le professeur Hartmut Zohm (Institut Max Planck de physique des plasmas, IPP), a achevé l’examen du rapport de conception (CDR) de Gauss Fusion, finalisé en octobre 2025.
Ce rapport détaille à travers 1300 pages la conception complète de GIGA, la future centrale à fusion commerciale de Gauss Fusion. Une première en Europe. Ci-dessous le résumé de 124 pages.
Cette nouvelle étape permet à Gauss Fusion de passer de la phase de conception à la phase d’ingénierie.
Alors qu’à Davos, le président Emmanuel Macron a souligné l’importance de protéger nos industries et de collaborer sur le continent pour répondre aux défis mondiaux, la vision européenne de Gauss Fusion prend tout son sens, avec un plan de développement clé en main d’une énergie propre et sûre qui offre à l’Europe une longueur d’avance dans la course à l’énergie de fusion face, notamment, aux États-Unis et à la Chine.
Le comité d’experts a évalué la cohérence, l’intégration et la logique industrielle de la première conception complète de Gauss Fusion pour une centrale à fusion commerciale. Il a reconnu la valeur d’une approche d’ingénierie des systèmes conforme à la réalité industrielle et visant à développer une vision holistique de l’ensemble de la centrale électrique.
La conclusion de cet examen intervient à un moment critique pour l’Europe où des mesures décisives sont nécessaires pour faire passer la fusion du stade de l’ambition à celui de la mise en œuvre industrielle. Pour les décideurs politiques, le défi consistera à mettre en place les structures nécessaires à la réalisation d’une centrale électrique première du genre.
Nous entrons désormais dans la phase de conception technique détaillée (…) C’est ainsi que les technologies industrielles complexes passent du concept à la réalité.
La prochaine phase se concentrera sur des travaux d’ingénierie détaillés, notamment l’approfondissement de la maturité du design, la validation d’hypothèses critiques, des prototypages et qualifications ciblés, le renforcement de l’intégration des systèmes et le perfectionnement des options d’industrialisation en collaboration avec des partenaires.
À l’approche des élections municipales de 2026, la présence d’espaces verts urbains devient un enjeu écologique et sanitaire pour les villes dans leur adaptation au changement climatique. L’étude du cabinet Asterès, « L’impact des espaces verts urbains en France », réalisée en 2024 par Guillaume Moukala Same, apporte une évaluation chiffrée des effets sanitaires, environnementaux et économiques de la végétalisation des villes.
LES ESPACES VERTS URBAINS EN FRANCE : UNE CRÉATION DE VALEUR VIA LES BIENFAITS SANITAIRES ET ENVIRONNEMENTAUX
Espaces verts urbains : un enjeu pour les municipales 2026 ?
Cette étude adopte une approche unique en économie et propose une première évaluation du volume et de la valeur des services sanitaires et environnementaux rendus par les espaces verts, qui engobent toutes les surfaces et éléments naturels en milieu urbain, publics et privés, à l’exception des points d’eau.
Ainsi, en France pour l’année 2023, Asterès a quantifié les bienfaits des espaces verts urbains à :
22 000 vies sauvées,
275 000 pathologies évitées,
20 Mt de CO2 stocké
1,4°C de moins en moyenne en été,
l’équivalent de 2,3 Md€ de valeur tangible créée pour la société.
En intégrant l’activité directe générée par les entreprises du paysage et des végétaux, l’empreinte économique totale des espaces verts en milieu urbain est estimée à 5,6 Mds€ en 2023.
Ces résultats objectivent le rôle des espaces verts comme outil de politique publique et d’adaptation au réchauffement climatique : santé, adaptation climatique, attractivité territoriale et dynamisme économique.
L’analyse de 70 publications académiques et rapports internationaux pour évaluer l’effet des espaces verts sur la santé
L’exposition aux espaces verts en milieu urbain présente de multiples bénéfices sanitaires, environnementaux et sociaux.
L’impact des espaces verts sur la santé physique et mentale en France
Asterès a examiné plus de 70 publications académiques et rapports internationaux pour évaluer l’effet des espaces verts sur la santé, l’environnement et les relations sociales.
Sur le plan sanitaire, il semble se dégager un consensus sur les effets positifs des espaces verts sur la mortalité, la prévalence de certaines maladies chroniques telles que le diabète de type 2, ainsi que le développement cognitif, le bien-être et la santé mentale, le poids des nouveau-nés, et certains facteurs non médicaux influant sur la santé comme la qualité du sommeil, même si les mécanismes exacts restent complexes et parfois difficiles à déterminer. En outre, les espaces verts pourraient potentiellement avoir des effets bénéfiques sur le risque d’obésité, de démence et de maladies cardio-neurovasculaires mais les preuves sont à l’état actuel des connaissances fragiles ou ambiguës.
Sur le plan environnemental, les mécanismes d’action sont bien connus : les espaces verts jouent un rôle clé dans la diminution des températures urbaines en période estivale, la réduction des émissions de CO2, l’amélioration de la qualité de l’air, l’atténuation des nuisances sonores et l’augmentation de la capacité d’absorption des eaux pluviales.
Concernant les aspects sociaux, il est établi que des espaces verts bien conçus (notamment une conception qui favorise la surveillance naturelle et garantit une bonne illumination des espaces) et bien entretenus (maintenance des lieux et gestion des espaces verts) favorisent la sécurité perçue et réelle et renforcent les liens communautaires.
À l’inverse, les espaces verts mal conçus et mal entretenus peuvent attirer les activités criminelles, le vandalisme et le trafic de drogue.
L’impact des espaces verts sur la santé physique et mentale en France
Les résultats de l’impact des espaces verts : 22 000 vies sauvés …
En s’appuyant sur cette revue de littérature, Asterès estime que les espaces verts ont un impact significatif sur la santé et l’environnement, notamment sur la prévalence du diabète chez les personnes âgées, la santé mentale, la mortalité, la température locale et un impact non négligeable sur d’autres pathologies chroniques et les puits de carbone.
Dans un premier temps, Asterès a collecté auprès de l’Agence européenne de l’environnement (AEE) des données sur la superficie couverte par des espaces verts dans 72 zones urbaines françaises, englobant ainsi plus d’un tiers de la population française.
Dans un deuxième temps, Asterès a appliqué les effets sanitaires et environnementaux des espaces verts identifiés par la littérature à ce périmètre pour évaluer l’impact des espaces verts en 2023, et dans un scénario crédible de progrès des villes les moins vertueuses en les alignant sur la moyenne, corrigée de la surface et de la population – Asterès a en effet remarqué, à l’aide d’un modèle de régression linéaire multiple, que 43 villes présentaient des surfaces d’espaces verts relativement faibles compte tenu de leur surface et de leur population.
Sur le plan sanitaire, Asterès estime que les espaces verts ont évité en 2023 le traitement de plus de 275 000 pathologies chroniques et problèmes de santé mentale ainsi que plus de 22 000 décès. L’impact sur les cas de diabète de type 2 représente 6% de la prévalence chez les séniors, l’impact sur les prescriptions d’anti-dépresseurs 8% des traitements chez la même classe d’âge, et l’impact sur la mortalité 3% des décès en 2023. L’impact sur les autres pathologies chroniques est plus mesuré. Asterès estime que plus de 22 000 pathologies chroniques et troubles mentaux et plus de 2 000 décès supplémentaires pourraient être évités dans un scénario de progrès des villes les moins vertueuses. Notons que certains effets avérés des espaces verts n’ont pu être pris en compte faute de méthode, notamment les effets sur la durée du sommeil, le risque de TDAH ou encore le poids des nouveau-nés.
Sur le plan environnemental, Asterès estime que les espaces verts stockaient en 2023 20 Mt de CO2, ont absorbé 11 000 tonnes de polluants, évitant 1 500 cas d’asthme, et abaissé la température locale de 1,4°C en moyenne en été, évitant plus de 800 visites à l’hôpital en période de vague de chaleur. Le volume de CO2 stocké par les arbres urbains équivaut à 3% des émissions absorbées par les forêts françaises sur 25 ans, en maintenant la performance des forêts actuelles constante. Les arbres ont également absorbé 2,0% des émissions PM10, 0,6% des émissions de NO2, et moins de 0,5% des émissions pour les autres polluants. Asterès estime que 3 Mt de CO2 supplémentaires pourraient être stockées, 1 700 t de polluants supplémentaires pourraient être absorbés et que la température locale pourrait être abaissée de 0,2°C supplémentaire en été, dans un scénario de progrès des villes les moins vertueuses. Notons que certains effets n’ont pu être pris en compte faute de méthode ou donnée, notamment les effets de la qualité de l’air sur d’autres pathologies chroniques que l’asthme, ou encore les effets de la température locale la consommation d’énergie, la productivité ou le retrait- gonflement des argiles.
Les bienfaits des espaces verts dans la société
Une création de valeur par les espaces verts estimée à 2 Mds€
Asterès estime que les espaces verts ont créé au moins 2,3 Mds€ de valeur en 2023 et pourraient en créer 310 M€ supplémentaire dans le scénario d’amélioration.
LES ESPACES VERTS URBAINS EN FRANCE : UNE CRÉATION DE VALEUR VIA LES BIENFAITS SANITAIRES ET ENVIRONNEMENTAUX Les espaces verts créent de la valeur tangible à l’échelle mondiale
Dans le détail, la valeur créée par les effets sanitaires s’élève à 525 M€ en 2023 et pourrait augmenter de 45 M€ si les villes les moins vertueuses s’alignaient sur la moyenne à taille et population égale, et la valeur créée par les effets environnementaux s’élève à 1 800 M€ et pourrait augmenter de 270 M€ dans le scénario d’amélioration. Pour des dépenses publiques et privées dans les espaces verts estimées à 3,3 Mds€ en 2023, cela signifie que chaque euro d’activité dans les espaces verts génère 0,7€ supplémentaire de valeur sanitaire et environnementale pour la collectivité.
Ce chiffrage n’inclut que des flux monétaires tangibles :
pour la santé, les dépenses de santé évitées pour l’Assurance maladie et les organismes complémentaires ainsi que les pertes de production évitées pour les entreprises,
et pour l’environnement, les dommages futurs évités via la séquestrations de CO2. Deuxièmement, les pertes de production ont été chiffrés à l’aide de la méthode des coûts de friction, qui se place du point de vue de l’employeur et ne prend en compte que la production non compensée par les collègues.
Troisièmement, le coût des décès n’est pas comptabilisé, le manque d’information sur leur répartition par âge empêchant dans la plupart des cas d’estimer les pertes de production.
Quatrièmement, le coût social du carbone retenu correspond à la fourchette basse des estimations trouvées dans la littérature.
Les bienfaits des espaces verts dans la société
Une invitation à questionner nos politiques publiques et nos méthodes d’évaluation
En ayant à la fois des effets environnementaux et sanitaires, et à la fois des impacts locaux et globaux, les espaces verts questionnent nos politiques publiques et nos méthodes d’évaluation économique. Cette étude économique adopte une approche unique pour mettre en lumière deux phénomènes :
premièrement l’imbrication des effets environnementaux et sanitaires des espaces verts
et deuxièmement le décalage entre les payeurs et bénéficiaires des espaces verts.
Ces phénomènes ne sont en réalité pas propres aux espaces verts : rares sont les activités économiques neutres pour la santé et l’environnement et rares sont les politiques publiques qui permettent de comptabiliser ces effets.
L’impact sanitaire et environnemental des activités économiques a longtemps été considéré comme ne faisant pas partie du champ de l’analyse économique.
Au-delà de l’intérêt pour l’analyse de l’impact des espaces verts, cette étude fournit un premier cadre pour analyser les effets sanitaires et environnementaux conjointement, qui pourrait être ensuite appliqué à de nombreux secteurs d’activité, sortant l’économie de son isolement en offrant une vision élargie de la valeur créée (ou détruite) par les activités humaines.
Les espaces verts urbains, lieux de santé publique, vecteurs d’activité économique – Etude Asterès
Étude Asterès : Les espaces verts urbains en France : une création de valeur via les bienfaits sanitaires et environnementaux
Chaque année en France, 4 milliards d’euros de produits non alimentaires dorment dans les entrepôts. Des produits neufs, invendus ou retours clients sont parfois voués à la destruction. Pendant ce temps, des centaines d’associations peinent à trouver les ressources matérielles nécessaires pour mener leurs actions. C’est pour combler ce fossé qu’est née Done, en 2020. Et c’est pour passer à la vitesse supérieure que Thibaut Brecville a été nommé Chief Executive Officer. Il a accepté de répondre aux questions essentielles Cdurable.
Engagements durables de Done
Il est possible d’allier performance économique, engagement sociétal et respect de l’environnement.
En revalorisant les surstocks des entreprises grâce au don aux associations, Done transforme un enjeu de gaspillage en une opportunité à impact positif.
Sa démarche repose sur trois piliers essentiels :
SOLUTION DONE : 10 JOURS POUR TOUT ORGANISER !
PILIER ENVIRONNEMENTAL, POUR RÉDUIRE LE GASPILLAGE ET PRÉSERVER LES RESSOURCES Chaque année, des millions de produits sont détruits. En redirigeant les surstocks vers des associations, Done limite la production de déchets, offre une seconde vie aux produits et participe à la réduction de l’empreinte carbone liée à leur destruction.
PILIER SOCIÉTAL, POUR SOUTENIR LES ASSOCIATIONS ET RENFORCER LA SOLIDARITÉ Grâce à un réseau d’associations partenaires, Done favorise la redistribution de biens essentiels à ceux qui en ont le plus besoin. Ce modèle crée un lien direct entre entreprises et associations, contribuant ainsi à une société plus juste, solidaire et inclusive.
PILIER ÉCONOMIQUE, POUR VALORISER LES RESSOURCES ET CRÉER DE LA VALEUR PARTAGÉE En offrant une seconde vie à leurs produits, les entreprises réalisent des économies tout en renforçant leur image de marque responsable. Le dispositif permet également de bénéficier d’une réduction d’impôt de 60 % de la valeur des dons, faisant du geste solidaire un levier concret de performance durable.
Pourquoi donner plutôt que jeter ou recycler ?
Donner, c’est agir concrètement pour une économie plus responsable !
Entrepôt Done
Chaque année, des millions de produits (vêtements, jouets, livres, équipements, articles de maison, etc…) dorment dans les entrepôts des entreprises. Faute de solution simple, beaucoup finissent détruits, recyclés ou oubliés. Pourtant, une alternative à la fois utile, simple et vertueuse existe : le don.
Le don est une solution pour :
Éviter le gaspillage et la destruction : jeter un produit, c’est gaspiller les ressources, l’énergie et le travail nécessaires à sa fabrication. C’est une perte d’argent.
Donner du sens à ses invendus : un stock dormant peut devenir une ressource précieuse pour des associations locales.
Réduire son empreinte environnementale : recycler ou détruire a aussi un coût écologique. Le don est la solution la plus directe et la moins énergivore pour prolonger la durée de vie des produits. Et le don est 5 fois plus rentable que le déstockage et le recyclage !
Créer de la valeur partagée : en donnant, les entreprises agissent pour le bien commun tout en bénéficiant d’une réduction d’impôt de 60 % de la valeur des produits donnés.
La loi AGEC : un cadre légal qui encadre le don
Adoptée en 2020, la loi AGEC (Anti-Gaspillage pour une Économie Circulaire) marque un tournant majeur dans la lutte contre le gaspillage. Elle interdit la destruction des invendus non-alimentaires (comme les vêtements, les jouets, les produits d’hygiène ou les équipements électroniques) et incite fortement au don.
Concrètement, cette loi pousse les entreprises à :
Privilégier la réutilisation et le don plutôt que la destruction.
Mettre en place des solutions concrètes pour revaloriser leurs invendus
Rendre compte de la traçabilité des dons et de la destination des produits.
L’exemple de Décathlon, 1er partenaire de Done depuis 2020
Depuis 2020, Décathlon déploie le don aux associations dans de nombreux magasins afin de sauver un maximum de produits : retours clients, articles utilisés une ou plusieurs fois, retours de location, produits légèrement abîmés ou dont le packaging est défectueux.
“Historiquement, le don existait déjà via les liens forts entre les magasins et les associations locales. Ces dernières années, l’enjeu a été de structurer cette pratique avec un cadre juridique, fiscal, économique et sociétal solide, pour éviter le gaspillage et valoriser chaque produit encore utile” précise Anthony LE MENS, Chef de projet seconde vie chez Décathlon
2026 : Done veut changer d’échelle avec Thibaut Brecville
Avec l’arrivée de Thibaut Brecville, Done ouvre un nouveau chapitre, avec comme priorités pour 2026 :
Accélérer l’adoption du don, les entreprises sont encore peu engagées sur ce sujet ;
Renforcer la pédagogie autour des mécanismes fiscaux et logistiques ;
Déployer de nouveaux outils d’analyse et de prédiction des stocks pour transformer un problème opérationnel en levier d’impact ;
Consolider le développement européen, avec une première implantation en Espagne.
« Les freins que nous rencontrons sont aussi nos meilleures opportunités. Nous voulons aller au-delà de la simple redistribution : aider les entreprises à mieux gérer leurs excédents et permettre aux associations de construire des projets durables », ajoute Thibaut Brecville.
Une économie circulaire concrète
Avec plus de 2 000 associations partenaires et une logique de dons de proximité pour limiter l’impact environnemental, Done s’inscrit dans une économie circulaire pragmatique : moins de destruction, plus de réemploi et un impact mesurable.
Dans un contexte de pression économique sur les associations et de transformation des modèles d’entreprise, la startup veut imposer une idée simple : chaque invendu peut devenir une ressource !
Questions Cdurable à Thibaut Brecville
Questions Cdurable ! ou c’est pas durable ?
Au delà des communiqués, qui ne présentent souvent que le « meilleur », et du développement durable, qui ne fait que tenter de réduire les impacts négatifs d‘une croissance volumique, nous nous intéressons aujourd’hui, 20 ans après la création de Cdurable.info, aux questions essentielles. Alors Cdurable ou pas ? 9 questions qui nous invitent à Comprendre pourquoi Agir & Coopérer avec le vivant, Cdurable !
1 – Quelle est la nature de ma relation avec le vivant ?
La nature est un point d’ancrage.
Les promenades, le calme du jardin, les sons du vivant à toute heure du jour sont des moments essentiels pour moi. Chez Done, cette recherche d’harmonie se traduit concrètement : favoriser le réemploi, encourager la circulation des biens plutôt que leur accumulation, c’est participer à un équilibre plus respectueux de notre environnement.
2 – Quels sont mes besoins et choix d’alimentation ?
J’accorde beaucoup d’importance aux moments de convivialité. Ce sont des instants de dialogue, d’écoute et de connexion authentique. C’est d’ailleurs une valeur que nous retrouvons chez Done : le don n’est pas qu’un acte matériel, c’est aussi un acte relationnel.
Derrière chaque don, il y a une rencontre, un échange, un lien humain.
Livraison Done
3 – Quel est mon type d’habitat actuel et idéal ?
Aujourd’hui, vivre dans un environnement ouvert sur l’extérieur est essentiel à mon équilibre. Je vis à la campagne, au contact direct de la nature. Mon habitat idéal resterait un lieu où cette présence est encore plus marquée, un espace propice à la sérénité et à la réflexion.
4 – Quelle activité physique favorise mon bien-être et ma santé ?
Les activités en plein air sont pour moi un véritable levier d’équilibre.
Elles exigent concentration, régularité et humilité, tout en offrant un espace de respiration. Diriger Done demande cette même capacité : garder une vision stratégique tout en avançant avec constance, dans un environnement en mouvement.
« Le don, c’est avant tout une habitude à faire évoluer. Nous devons accompagner les entreprises pour qu’elles voient le don non pas comme une contrainte, mais comme une opportunité économique, environnementale et sociétale », explique Thomas Moreau, cofondateur de Done qui accueille le nouveau CEO : Thibaut Brecville.
Être dirigeant implique de comprendre des enjeux économiques, technologiques et sociétaux complexes. Chez Done, cette dimension stratégique est indissociable d’une éthique : nous mettons la performance au service de l’impact social et environnemental.
6 – Quel est le sens que je donne à mon travail ?
L’impact est au cœur de mon engagement.
Contribuer à un modèle plus solidaire et plus circulaire est une motivation profonde. Avec Done, nous créons un cercle vertueux : réduction du gaspillage, soutien aux associations, valorisation de l’entraide locale.
7 – Quelle énergie j’utilise pour mes usages et besoins ?
Comme tout le monde, je vis dans un environnement alimenté par des énergies modernes.
Mais je suis attentif à la manière dont je consomme : optimisation des usages, vigilance sur la sobriété, choix de solutions plus responsables lorsque c’est possible. Chez Done, cette cohérence est essentielle. Promouvoir la circularité, c’est aussi agir indirectement sur la consommation d’énergie : produire un objet neuf mobilise des ressources et de l’énergie. Prolonger sa durée de vie réduit mécaniquement cette empreinte.
8 – Quelle est mon implication personnelle pour l’intérêt général ?
Être CEO implique pour moi une exigence d’exemplarité.
On ne peut pas promouvoir l’engagement, la solidarité ou la responsabilité sans les incarner soi-même au quotidien. Le leadership n’est pas qu’une question de stratégie, c’est aussi une question de cohérence et d’attitude. À travers Done, je défends une vision du vivre-ensemble fondée sur la confiance et la coopération. Le don crée du lien social, il rapproche des personnes qui ne se seraient peut-être jamais rencontrées. En facilitant ces échanges, nous contribuons à renforcer le tissu social et à redonner une place centrale à l’entraide dans notre société.
Done Team
9 – Quels sont mes liens de coopération et ma participation au bien commun ?
Je crois profondément aux dynamiques collectives.
Les réseaux, les communautés, les engagements partagés sont des accélérateurs d’impact. Done fonctionne sur cette logique : industriels, associations et partenaires coopèrent pour amplifier la portée de chaque geste.
10 – Carte blanche : quel est le message essentiel que vous souhaitez faire passer à nos visiteurs ?
L’alignement est la clé.
Cultiver ses passions, préserver des moments simples en extérieur, rester connecté au présent. Et dans le même temps, agir professionnellement en cohérence avec ses valeurs. Avec Done, j’ai la possibilité d’inscrire mes convictions personnelles dans une action concrète et utile à la société.
Prince Fitzgerald Minyem est un homme d’affaires dynamique et humble. Conscients des enjeux environnementaux, il défend la valeur de l’être humain et facilite la création d’entreprises d’énergies renouvelables au Cameroun et en Afrique centrale. Fin connaisseur du fonctionnement de l’administration camerounaise, il entreprend avec Blue Era Capital de participer activement à la transition écologique de son pays pour une Afrique durable. Il a accepté de répondre aux questions essentielles Cdurable.
Blue Era Capital pour la transition écologique du Cameroun
Blue Era Capital est une initiative privée d’utilité Publique. Sa gestion se fait en délégation de service public pour démontrer l’apport d’un véritable Partenariat public-privé. Blue Era Capital est une initiative pour les jeunes qui aiment leur continent, leur pays et s’activent pour arrimer l’Afrique aux normes internationale sur l’environnement, au respect des standards en matière de protection de la nature et des droits humains. L’entreprise participe à la transition énergétique du Cameroun, de l’usage des énergies fossiles aux énergies vertes, conformément à la Stratégie Nationale de Développement 2020 – 2030 du pays. Des accords de partenariat lui permettent d’incuber des projets de promotion de la vie écologique.
Mission :
Former la jeunesse camerounaise à l’adaptation au changement climatique.
Créer 22 000 emplois verts.
Sensibiliser la population à un mode de vie écologique.
Contribuer au développement de l’économie locale par le biais de projets verts.
Vision :
Participer activement à la transition énergétique du pays, des énergies fossiles aux énergies vertes.
Valeurs :
Amabilité
Proactivité
Discipline
Consistance
PROJET DE TRANSITION ÉCOLOGIQUEDU CAMEROUN
Le projet de transition écologique du Cameroun vise à promouvoir la transition énergétique, de l’usage des énergies fossiles aux énergies vertes pour transmettre un pays agréable à vivre aux générations futures. Nos missions consistent à participer à l’arrimage du Cameroun à l’échelle internationale sur les normes de l’environnement, sensibiliser la population à l’importance de préserver notre environnement afin de créer un réseau national d’énergies renouvelables, avec l’objectif de former des jeunes pour créer 22 000 emplois verts. Le Candidat NGARHOUNSIA ALPHONSE est sélectionné pour participer gratuitement à la formation des Conseillers Internationaux en Écologie. Ce document tient office de pré-contrat et pourra servir et valoir de preuve pour donner accès aux salles de formation.
LA DIRECTION
Projet Zéro Déchets à Yaoundé : ville propre en 5 mois
Du Cameroun au Tchad, une nouvelle génération d’acteurs s’unit pour bâtir une Afrique durable.
ISEC CHAD et BLUE ERA CAPITAL conjuguent expertise, innovation et engagement pour accélérer la transition verte en Afrique Centrale.
Questions Cdurable à Prince Minyem
Questions Cdurable ! ou c’est pas durable ?
Au delà des communiqués, qui ne présentent souvent que le « meilleur », et du développement durable, qui ne fait que tenter de réduire les impacts négatifs d‘une croissance volumique, nous nous intéressons aujourd’hui, 20 ans après la création de Cdurable.info, aux questions essentielles. Alors Cdurable ou pas ? 9 questions qui nous invitent à Comprendre pourquoi Agir & Coopérer avec le vivant, Cdurable !
1 – Quelle est la nature de ma relation avec le vivant ?
Je mets le vivant au centre de tout, il a la priorité en tout.
Puisque le vivant donne la vie, je dois respecter la vie de toute chose vivante car avec le vivant, je vis dans une relation de symbiose.
2 – Quels sont mes besoins et choix d’alimentation ?
Mon corps a besoin d’une alimentation bio, saine qui vibre à la fréquence de la vie.
C’est pourquoi mon choix d’alimentation est essentiellement constituée de tous types de fruits et légumes de saison, associés aux jus naturels.
3 – Quel est mon type d’habitat actuel et idéal ?
En campagne j’ai opté pour une maison en terre crue, enduit au béton. Éclairée aux ampoules économiques que nous chargeons à l’énergie solaire. Cependant en zone urbaine je vis dans une maison simple qui ne consomme pas beaucoup d’électricité.
Je planifie la construction d’une maison intelligente et écologique dans un futur proche.
Agissons ensemble pour la planète. Le paradis existe juste parce que nous avons la capacité de le créé dans notre environnement par des attitudes saines et eco-responsables
4 – Quelle activité physique favorise mon bien-être et ma santé ?
L’activité physique qui favorise mon bien être est la marche dans la nature, à la plage et grimper des montagnes en randonnées.
Les savoirs qui m’ont permis de comprendre comment agir sont :
Les projets durables.
Les études de géographie et de sciences de la vie et de la terre dans mon cursus scolaire.
Le développement personnel et la spiritualité qui m’ont permis de mieux me connaître et savoir que toute vie a de la valeur.
6 – Quel est le sens que je donne à mon travail ?
Je travaille non seulement pour servir les autres, mais aussi pour transmettre des connaissances, véhiculer des valeurs qui donnent à l’humain de vivre en équilibre avec les autres et la nature.
Prince Minyem a obtenu le haut patronage du Président de la République du Cameroun pour organiser cet événement.
7 – Quelle énergie j’utilise pour mes usages et besoins ?
L’énergie que j’utilise pour mes usages et besoins est l’énergie hydraulique.
8 – Quelle est mon implication personnelle pour l’intérêt général ?
Je participe activement à la création d’emplois verts au Cameroun et dans la sous Région Afrique Centrale. Je propose des solutions aux décideurs des gouvernements et collectivités territoriales décentralisées, pour une meilleure gestion des déchets et lutter contre la pollution plastique. C’est pourquoi au Cameroun j’ai créé :
Blue Era Capital pour la sensibilisation écologique, l’incubation de startups et de projets verts.
L’association Green Wave’s Impact pour sensibiliser les populations rurales sur la protection de l’environnement.
Le centre de formation Climate Smart Éducation pour former les leaders écologiques de demain.
9 – Quels sont mes liens de coopération et ma participation au bien commun ?
Je travaille en partenariat avec les États, les collectivités territoriales décentralisées, les ONG et associations de la sous région Afrique Centrale pour encourager la transition écologique de l’usage des énergies fossiles aux énergies renouvelables.
Ainsi pour le bien commun :
J’ai organisé l’opération « Zero Déchet » dans la Mairie de l’arrondissement de Yaoundé 5 ou pendant 1 mois nous avons fait du porte à porte pour sensibiliser toutes les couches sociales et les entreprises.
J’ai organisé sous le haut patronage du Président de la République du Cameroun, Son Excellence Paul Biya, le premier symposium écologique international du Cameroun sous le thème « Zéro Déchet dans nos grandes villes »
J’ai aussi organisé des formations de conseillers en écologie et des chefs de projets. Aujourd’hui plus de 30 jeunes ont créé des entreprises dans divers domaines de l’environnement. Ceci réduit en conséquence le chômage et favorise l’emploi des jeunes.
J’ai organisé des journées de sensibilisation dans les écoles pour préparer la génération future à prendre soin de la mère nature.
Tous ces événements ont été financés par moi. Car aucune institution ne nous finance ou nous fait de dons jusqu’à présent.
Je le fais par amour pour notre nature et le soucis de voir le vivant s’épanouir dans un environnement sain.
En terme de participation, j’ai été modérateur à l’AGAC 2025, événement organisé par notre partenaire l’association ISEC CHAD basée à N’jamena. Nous avons planifié plusieurs projets pour le compte de la jeunesse Tchadienne et le développement du pays.
10 – Carte blanche : quel est le message essentiel que vous souhaitez faire passer à nos visiteurs ?
Prendre soin de notre planète, c’est prendre soin des autres, Et prendre soin des autres, c’est prendre soin de soi.
Nous devons être des exemples à suivre dans la préservation de l’environnement et transmettre cet état d’esprit aux générations futures, c’est donc cela prendre soin des autres, qui signifie prendre soin de notre planète.
« Rendre aux paysages leur capacité à gérer l’eau, c’est aussi rendre aux agriculteurs leur autonomie face au changement climatique. » Spécialiste en hydrologie régénérative et keyline design, Fabian Feraux accompagne depuis plus de 15 ans des agriculteurs, communes et porteurs de projets en Belgique, France et à l’international. Fondateur d’Agrilandscape SRL, il intervient sur des territoires agricoles pour diagnostiquer, concevoir et mettre en œuvre des systèmes hydrologiques capables de stocker l’eau, réduire l’érosion et renforcer la résilience des sols face à la sécheresse et aux inondations. Également formateur professionnel en agroécologie paysagère, il a accepté de répondre aux questions essentielles Cdurable.
Distinguer agroécologie, agriculture régénérative, hydrologie régénérative et permaculture
Aujourd’hui, ces concepts reviennent partout. Ils se recoupent, se croisent, se ressemblent et se différencient, mais ils ne sont pas interchangeables. Fabian Ferauxnous donne quelques repères pour mieux comprendre et éventuellement faire un choix.
Schéma (subjectif) de catégorisation rapide de 4 courants principaux de la transition écologique
Intégrer l’architecture paysagère dans les projets agroécologiques et régénératifs
Éléments de conception d’un paysage harmonieux
Un eBook Gratuit de 42 pages avec fiches techniques et illustrations
Cet eBook explore comment intégrer l’architecture paysagère dans les projets agroécologiques et régénératifs. Il montre que la beauté d’un lieu n’est pas un ajout décoratif, mais l’expression visible de sa cohérence écologique. Le guide est structuré en trois volets :
Différences et complémentarités entre paysagisme classique et conception agroécologique.
Principes de design agro-hydro-paysager : importance du relief, rôle de l’eau, harmonie, matériaux, narration du site.
Grille d’analyse en 8 critères (structure, rythme, palette vivante, intégration de l’eau, etc.) pour évaluer ou concevoir un paysage vivant, lisible et équilibré.
Ferme maraîchère de Longpré Belgique – 3,5ha Vue d’ensemble de la ferme à partir de l’amont et du bassin – réservoir
Aider concepteurs, agriculteurs et porteurs de projet à créer des paysages productifs, esthétiques et cohérents, où fonction et forme se rejoignent.
Habitat autonome et nourricier : une mini-formation pour autonomiser sa famille
Gratuit – 1h15 + documents & illustrations
Découvrir un habitat autonome et nourricier, en conditions réelles : étude de cas des évolutions du lieu, productif, naturel et cohérent. C’est une mini-formation en 7 vidéos chapitrées(> 1h15) filmées sur le terrain, avec des images d’archives et en direct.
Fabian Feraux explique la logique du design, les choix d’aménagement, ce qui fonctionne vraiment, ce qu’il aurait fait différemment et les erreurs à éviter.
Tout est présenté à l’échelle “habitat”, mais avec la même méthode qu’il utilise en paysage, hydrologie et agroécologie. Il nous transmet des repères concrets, un PDF de synthèse et un plan HD pour s’inspirer et adapter ces principes à notre propre lieu, même à petite échelle.
Pour sécuriser sa famille, gagner en autonomie, et comprendre un lieu plus résilient, ça commence ici
Le Keyline Design pour les nuls
La GRANDE question avec la permaculture : qu’est-ce que tu fais à grande échelle/en agricole ? J’ai un truc, c’est : le KEYLINE. L’une des principales inspirations du concept de permaculture dans les année 70, c’est le keyline design ! (qui existait avant)
Cette vidéo traite d’un aspect surtout technique et il y en aura d’autres pour expliquer comment fonctionne la méthode en général.
Le Keyline c’est pas la SEULE solution à grande échelle. Il y en a d’autres … Fabien Feraux présente une série de sujets liés à la thématique de l’eau. C’est didactique, pour casser les mythes sur la permaculture de façon détendue et en apprendre encore plus. Ses prochains contenus traiteront de : l’énergie, la gestion des terres, l’habitat, le design, etc.
« Derrière un projet qui paraît simple, la complexité technique est énorme. Fabian l’a gérée de main de maître. Son expérience fait la différence. » N.L. Viticulteur
Questions Cdurable à Fabian Feraux
Questions Cdurable ! ou c’est pas durable ?
Au delà des communiqués, qui ne présentent souvent que le « meilleur », et du développement durable, qui ne fait que tenter de réduire les impacts négatifs d‘une croissance volumique, nous nous intéressons aujourd’hui, 20 ans après la création de Cdurable.info, aux questions essentielles. Alors Cdurable ou pas ? 9 questions qui nous invitent à Comprendre pourquoi Agir & Coopérer avec le vivant, Cdurable !
1 – Quelle est la nature de ma relation avec le vivant ?
Mon rapport au vivant est avant tout sensoriel et spatial — la forme d’un vallon, le bruit de l’eau, la façon dont un paysage a été façonné ou négligé. C’est ce lien direct avec les éléments naturels qui a orienté mon travail vers la lecture des territoires et la conception de systèmes hydrologiques régénératifs.
2 – Quels sont mes besoins et choix d’alimentation ?
Bio autant que possible, sans dogmatisme. Produits de saison, achetés en circuits locaux.
L’alimentation comme cohérence avec ce que je défends sur le terrain — sans en faire une religion.
3 – Quel est mon type d’habitat actuel et idéal ?
Une maison simple, bien orientée et bien isolée — c’est déjà une base solide.
L’idéal bioclimatique ne nécessite pas forcément une construction neuve : c’est d’abord une question de bon sens dans le choix et l’amélioration de l’existant.
4 – Quelle activité physique favorise mon bien-être et ma santé ?
Marche, course à pied, et surtout le travail physique du dehors — jardin, potager, ferme.
Une activité qui a du sens est plus durable qu’une salle de sport. Mon bien-être passe par le corps en mouvement dans un espace concret.
Peu de réponses dans les cursus classiques — l’essentiel est venu de recherches personnelles, de mentors qui pratiquaient sur le terrain, et de projets internationaux.
C’est en voyageant et en m’impliquant concrètement que j’ai compris comment les systèmes fonctionnent vraiment.
6 – Quel est le sens que je donne à mon travail ?
Redonner aux territoires et aux paysages leur capacité à gérer l’eau, l’érosion et la sécheresse — sans discours militant.
Je me considère praticien, pas activiste. Le sens vient du résultat concret sur le terrain, pas d’une posture idéologique.
Hydrologie Régénérative & Keyline Design
Stage 2 jours
1 jour de théorie + 1 jour de terrain immersif contexte || théorie || pratique
7 – Quelle énergie j’utilise pour mes usages et besoins ?
Pas encore d’installation renouvelable complète — je préfère l’honnêteté à la vitrine. La priorité va à la réduction par l’efficience : isolation, solaire passif, adaptation progressive du bâti.
Le meilleur kilowatt reste celui qu’on ne consomme pas.
8 – Quelle est mon implication personnelle pour l’intérêt général ?
Mon travail est déjà orienté vers l’intérêt général — mais je fais attention à ne pas m’y dissoudre. S’impliquer durablement suppose de rester soi-même, de respecter son propre rythme d’évolution.
Le sens ne vient pas du sacrifice, il vient de l’alignement.
9 – Quels sont mes liens de coopération et ma participation au bien commun ?
Partager les savoirs sans rester enfermé dans une posture d’expert — c’est ce qui m’importe. Former, accompagner, inspirer des praticiens et des porteurs de projets.
La coopération passe par la transmission, pas par la rétention.
10 – Carte blanche : quel est le message essentiel que vous souhaitez faire passer à nos visiteurs ?
Chaque action compte, à l’échelle d’un jardin comme d’un bassin versant, à condition de la relier à quelque chose de plus grand que soi.
Ne sous-estimez pas votre impact, même si votre geste vous semble modeste ou votre pensée isolée — ils s’inscrivent dans un mouvement collectif plus vaste. Agir localement avec une conscience globale, c’est déjà transformer les territoires. Et dans cette démarche, n’oubliez pas de vous relier aussi à vous-même. On ne construit rien de durable en se perdant dans la cause ou dans l’autre. Le changement commence par un alignement entre ce qu’on défend et ce qu’on est.
Dans un contexte de nouvelle loi Duplomb, de naissance du collectif Cancer Colère, de Stratégie nationale pour l’alimentation… Les éditions Wildproject publie un nouveau Printemps silencieux1 de Vandana Shiva contre les promesses écologiques mensongères de l’alimentation high tech. Régénérer ou dégénérer ? Pour elle, la crise climatique est une crise alimentaire.
Viande cellulaire, substituts d’œufs, riz enrichi, lait infantile produit en laboratoire… Les grandes entreprises agro-industrielles ont trouvé la solution à la crise écologique, alimentaire et sanitaire : la nourriture de synthèse.
Avec sa double culture scientifique et militante, Vandana Shiva détricote dans ce livre les fausses promesses de cette dangereuse alimentation high tech, très coûteuse en énergie, en ressources et en investissements.
Étudiant les liens entre crise alimentaire et crise climatique, elle montre aussi combien nous nous méprenons sur « la nature de la nature » : le cycle du carbone est un cycle alimentaire.
La démonstration scientifique de Vandana Shiva repose, comme chez Rachel Carson, sur une présentation pédagogique des fonctionnements naturels symbiotiques des sols et de nos corps – et sur l’intelligence écologique des solutions paysannes traditionnelles.
L’alternative est désormais plus claire que jamais : sans une régénération des cycles de la Terre, la santé des humains va dégénérer.
« À chaque graine que nous semons, à chaque plante que nous cultivons, à chaque bouchée que nous mangeons, nous faisons le choix entre la dégénération et la régénération. »
Un Printemps silencieux contre les promesses écologiques mensongères de l’alimentation high tech
L’autrice Vandana Shiva
Physicienne de formation, Vandana Shiva (née en 1952) est une militante écologiste et écoféministe indienne d’influence mondiale. Elle dirige la Fondation de recherche pour la science, la technologie et l’écologie, et a créé l’ONG Navdanya destinée au développement de l’agriculture biologique. Elle a écrit plus de 20 livres. Elle est notamment lauréate en 1993 du prix Nobel alternatif « pour avoir placé les femmes et l’écologie au cœur du discours sur le développement moderne ».
« On l’appelle la “Gandhi des céréales”, la “rock star” du mouvement anti-OGM et la “déesse guerrière de l’écologie”. […] Mais avant tout, elle croit fermement que ce que nous mangeons est important. Cela fait de nous ce que nous sommes, physiquement, culturellement et spirituellement. » — BBC
Une couverture sur l’accaparement des terres
L’image de couverture « Accaparement des terres » est une peinture de Federico Boyd Sulapas Dominguez et JPS.
Au cours des 40 dernières années, l’artiste philippin Federico Boyd Sulapas Dominguez a peint les efforts déployés par la population pour lutter contre l’agriculture industrielle, l’exploitation minière destructrice, l’agression du développement et la militarisation dans son pays.
Son objectif est d’informer le public sur la situation des groupes ethniques aux Philippines et leur campagne pour la protection de leurs terres ancestrales.
Il y a 60 ans, un livre révolutionnaire, « Printemps silencieux », dénonçait l’impact des pesticides. L’autrice Rachel Carson, biologiste et militante écologiste américaine, a inspiré avec cet ouvrage le mouvement environnemental en occident en plus de mener à l’interdiction du pesticide DDT aux États-Unis. ↩︎
La transformation à grande échelle des pratiques agricoles vers l’agroécologie, avec l’objectif de régénérer les sols et les écosystèmes tout en protégeant et en améliorant la qualité de la ressource en eau, est un enjeu fort pour l’avenir. Dans les Hauts-de-France, l’association Pour une Agriculture du Vivant et l’Agence de l’Eau Artois-Picardie se sont associées pour mutualiser les dispositifs de financement publics et privés afin de couvrir le risque des agriculteurs s’engageant dans la transition et de rémunérer les services écosystémiques rendus avec ces nouvelles pratiques de l’agriculture de régénération. C’est le 1er Paiement pour Services Environnementaux (PSE) Régénératif!
Des agriculteurs aux entreprises agroalimentaires en passant par les acteurs territoriaux, cette coopération nouvelle réinvente les modèles de financement en couvrant l’intégralité de la rotation agricole et en recherchant la complémentarité des dispositifs de soutien pour accélérer la transition agroécologique. Le financement de ce Paiement pour Services Environnementaux (PSE) vise un double objectif :
Le premier étant la massification de la transition sur un territoire permettant l’amélioration de l’état écologique de cinq bassins versants prioritaires, situées en majorité dans la Somme. Le projet permettra aussi de mailler le territoire pour créer un réseau d’agriculteurs en transition, véritable moteur d’embarquement local grâce, notamment, au partage d’expériences et aux ressources communes.
« Cette collaboration public-privé, avec des acteurs de l’agro-alimentaire, est une première pour les agences de l’eau. En effet, le financement des agriculteurs, en fonction de leur “Indice de Régénération”, se répartira à part égale entre des fonds publics via un Paiement pour Service Environnemental, et privés via des primes versées par les entreprises agro-alimentaires engagées.
Conçu comme une démarche volontaire gagnante-gagnante, ce projet est dimensionné pour accompagner une centaine d’agriculteurs : c’est le plus gros projet agricole du programme d’intervention 2019-2024 de l’agence de l’eau Artois Picardie sur un même territoire. »
Dans les Hauts-de-France, l’association Pour une Agriculture du Vivant et l’Agence de l’Eau Artois-Picardie se sont associées pour mutualiser les dispositifs de financement publics et privés afin de couvrir le risque des agriculteurs s’engageant dans la transition et de rémunérer les services écosystémiques rendus avec ces nouvelles pratiques de l’agriculture de régénération.
La Genèse du 1er PSE régénératif dans les Hauts-de-France
Anne Trombini Directrice Générale du mouvement Pour une Agriculture du Vivant
« Le mouvementPour une Agriculture du Vivanta construit sa légitimité sur sa capacité à réconcilier et faire dialoguer les acteurs des filières autour d’un projet et d’un socle d’outils communs.
Nous sommes très heureux de proposer aujourd’hui au monde agricole ce dispositif sans précédent en partenariat avec l’Agence de l’Eau Artois-Picardie.
Nous sommes convaincus que seuls la convergence des politiques publiques avec les démarches de filières, et la complémentarité des financements qui en découle, permettront de réussir le passage à l’échelle de la transition agroécologique. »
PSE Régénératif : un projet pour sécuriser la transition agroécologique de la ferme et préserver l’eau du territoire !
La pandémie de Covid-19 a révélé l’urgence de repenser notre approche de la santé. Aujourd’hui, « One Health », qui relie la santé humaine, animale et environnementale, s’est imposée dans les discours, mais fait parfois l’objet de confusion, voire de détournements. Bien mise en œuvre, elle constitue pourtant une conception éprouvée pour renforcer la prévention sanitaire mondiale.
Du fait de l’urbanisation croissante, de plus en plus d’habitats sont désormais partagés entre humains et animaux sauvages. Aditya Sahoo/Bhubaneswar (OD, Inde).
Pandémies, résistance antimicrobienne, maladies vectorielles, effondrement de la biodiversité, dégradation des sols, pollutions chimiques, crises alimentaires… nous avons aujourd’hui une conscience aiguë des liens étroits entre enjeux de santé humaine, animale et environnementale. Face à la multiplication des crises sanitaires, environnementales et climatiques, le concept « One Health » est devenu central pour les analyser et y répondre.
Issues de réflexions anciennes, ses bases fondatrices actuelles ont été posées par les principes de Manhattan, formulés en 2004 lors de la conférence « One World, One Health » organisée par la Wildlife Conservation Society. Ils reconnaissent l’interdépendance étroite entre la santé humaine, la santé animale et la santé des écosystèmes, et appellent à une approche intégrée pour prévenir les crises sanitaires, environnementales et sociales. Cette vision, qui dépasse la seule gestion des risques sanitaires, invite à repenser les modes de production, de consommation et de gouvernance. L’enjeu ? Préserver durablement les socioécosystèmes et les communautés qui en dépendent.
Malgré l’intérêt croissant que le One Health suscite, son utilisation en recherche et ses applications restent floues et souvent mal comprises. Trop souvent, il est réduit à un slogan politique ou à une gestion biomédicale des zoonoses, sans prendre en compte l’interdépendance des facteurs écologiques, sociaux et économiques. Ces derniers conditionnent pourtant la santé globale et la dynamique des crises sanitaires.
One Planet Summit : les 47 recommandations des scientifiques pour impulser un changement fondé sur l’approche « One Health »
Dans le cadre du One Planet Summit le colloque « One health, One science » visait à formuler les recommandations à la base des engagements qui fonderont l’aboutissement politique du Sommet. Afin de protéger la santé des humains, des animaux et des écosystèmes, quatre piliers stratégiques majeurs ont été identifiés :
🔹Face aux maladies infectieuses émergentes, la priorité est donnée à la prévention primaire et à une surveillance territoriale intégrée, facilitée par un dialogue renforcé entre scientifiques et citoyens.
🔹La lutte contre l’antibiorésistance doit devenir un défi transversal, incluant les dimensions environnementales et agricoles au sein d’un méta-réseau international pour assurer des pratiques durables.
🔹Concernant la pollution, les experts préconisent l’adoption de l’approche « sûre dès la conception » dans les accords de production, exigeant une transparence chimique totale et une atténuation directe à la source.
🔹Enfin, la transition vers des systèmes alimentaires durables nécessite de soutenir l’agroécologie et de reconnecter nutrition et sécurité sanitaire, tout en respectant les vulnérabilités sociales locales.
Depuis plus de vingt ans, des initiatives portées par la science se développent pour mettre en œuvre de façon concrète l’approche « One Health ». Au Cirad, des travaux sur les maladies animales émergentes, les interfaces faune-élevage-humains et les systèmes agricoles tropicaux ont mis en évidence, dès les années 2000, les liens étroits entre santé, biodiversité et usages des territoires.
Nos recherches ont peu à peu intégré les dimensions environnementales, sociales et alimentaires. L’enjeu est de passer d’une logique de gestion des crises à une approche de prévention des risques d’émergence. En 2021, une coalition internationale portée par la recherche et baptisée PREZODE a été créée pour mener des opérations de prévention fondée sur l’approche One Health.
Elle intervient en Afrique, en Asie, en Amérique latine et dans les Caraïbes pour comprendre, réduire et détecter de façon précoce les risques en santé et éviter les épidémies.
Gestion des écosystèmes, agroécologie et surveillance sanitaire
En Guinée, ses équipes ont ainsi observé comment les pratiques agricoles intensives affectant la ressource forestière favorisaient l’intensification des contacts humains-faune. Ces contacts favorisent la transmission entre humains et animaux sauvages de maladies zoonotiques, comme les fièvres hémorragiques (Ebola, Lassa, Marburg).
Avec les communautés locales, des stratégies de prévention basées sur la gestion des écosystèmes ont été mises en place pour limiter le risque d’émergence de nouvelles épidémies.
Sensibilisation des membres de la communauté aux risques zoonotiques par les chercheurs du Centre international de recherche médicale de Franceville (CIRMF), Gabon, 2023. Benoît Konradowski/Cirad.
À Madagascar, des scientifiques du Cirad, en partenariat avec l’ONG Pivot et l’Institut de recherche et de développement (IRD), ont développé une méthode de surveillance intégrée des risques sanitaires. Elle combine les données vétérinaires, humaines et environnementales, pour mieux anticiper les épidémies émergentes.
Au Gabon, dans le cadre d’un projet qui soutient les associations de chasseurs dans leur gestion des ressources forestières – y compris la biodiversité – nous avons mis en place un système de surveillance communautaire pour détecter très rapidement les évènements sanitaires suspects. Ceci a été mené en collaboration, avec le Centre interdisciplinaire de recherche médicale de Franceville (CIRMF).
En Asie du Sud-Est, les actions s’inscrivent dans une approche agroécologique qui articule les enjeux de santé et de gouvernance territoriale. Elles visent à accompagner des transitions agricoles et à réduire les pressions sur les écosystèmes (déforestation, usage des intrants, artificialisation). L’enjeu est d’améliorer la résilience des systèmes alimentaires locaux et la prévention des risques sanitaires, à l’interface entre humains, animaux et environnement.
Au Cambodge, l’agroécologie associe arbres et fourrage pour nourrir le bétail, protéger les sols et renforcer, dans une approche One Health, la santé des écosystèmes, des animaux et des communautés rurales. Vearyda Oeu/GRET-Cirad, Projet ASSET.
Ces démarches reposent sur des diagnostics territoriaux participatifs, le croisement de données agricoles, écologiques et sanitaires et le soutien à des pratiques agroécologiques adaptées aux contextes locaux (diversification des cultures, gestion intégrée des élevages, restauration des paysages). L’objectif est de faire de l’agroécologie un levier pour prévenir les émergences infectieuses, améliorer la sécurité alimentaire et permettre un développement territorial durable, en cohérence avec l’approche One Health.
Une gouvernance fragmentée
Ces exemples illustrent l’efficacité d’une prévention alliant une vision systémique des enjeux sanitaires et une gouvernance partagée entre acteurs locaux, scientifiques et autorités gouvernementales. Malgré tout, de nombreux obstacles subsistent.
La fragmentation institutionnelle reste l’un des plus grands défis. À toutes les échelles, les secteurs de la santé, de l’agriculture et de l’environnement ne communiquent pas assez, ce qui freine la mise en œuvre d’une gouvernance efficace. La voix des communautés est rarement sollicitée. Les projets One Health sont, en outre, souvent financés à court terme et souvent fléchés sur les zoonoses uniquement. Cela alimente le flou autour du concept et n’encourage pas son appropriation par les pays qui en auraient pourtant le plus besoin.
Organisation d’un finage agricole en Éthiopie : habitat groupé sur les hauteurs, parcelles cultivées et enclos mobile traditionnel (dëlla) pour la fumure des sols, illustrant l’intégration agriculture–élevage. Cirad, 2003.
Les acteurs de terrain soulignent que l’accès en temps utile à des données locales et nationales – depuis leur collecte jusqu’à leur partage et leur analyse – est central. Ce sont elles qui permettent de renforcer la surveillance et la prévention des maladies zoonotiques et construire des systèmes plus résilients, capables d’anticiper et d’atténuer en temps réel les menaces sanitaires actuelles et futures. Il est nécessaire, pour cela, d’être doté d’infrastructures de données solides et partagées entre les secteurs concernés, et de les mobiliser pour développer des outils de modélisation prédictive pertinents. Mais pas seulement : une réponse rapide, adaptée et coordonnée au niveau local peut suffire à prévenir les risques d’émergence.
Risque de « One Health washing »
Sans une collaboration efficace entre les secteurs, le risque est de voir se développer un « One Health washing ». Il existe de nombreux projets qui se revendiquent du concept, mais sans mettre en place de travaux ou d’actions réellement intégrées.
C’est le cas de publications traitant de pathogènes zoonotiques, mais uniquement focalisées sur la santé humaine. Idem pour certaines initiatives agricoles qui utilisent le terme abusivement. Toujours dans ce cadre, certaines études se réclament de l’approche One Health principalement au titre d’une mobilisation interprofessionnelle – par exemple via l’implication de réseaux vétérinaires dans le diagnostic humain – sans pour autant mettre en œuvre un véritable design d’étude intégrant conjointement des données humaines, animales et environnementales, ni analyser les effets d’une action spécifique sur les différents secteurs.
Pour autant, ces projets sont importants. Ils peuvent contribuer à renforcer des approches plus intégrées de la santé. À ce titre, ils constituent des étapes intermédiaires vers un One Health plus abouti. Le principal risque réside plutôt dans l’usage extensif et peu exigeant du terme One Health, qui, en devenant un label fourre-tout, finit par en affaiblir la portée scientifique, opérationnelle et politique.
Dans ce contexte, clarifier les fondements et les modalités d’application du One Health est essentiel. C’est l’objectif de l’Atlas One Health, qui propose une lecture de cette approche articulant santé humaine, animale, des écosystèmes, mais aussi agricultures et systèmes alimentaires, dynamiques sociales, gouvernance et territoires. Avec des études de cas, des cadres analytiques et des outils issus du terrain, cet ouvrage vise à faire du One Health un véritable cadre d’action collective et de prévention.
Organisation d’un finage agricole en Éthiopie : habitat groupé sur les hauteurs, parcelles cultivées et enclos mobile traditionnel (dëlla) pour la fumure des sols, illustrant l’intégration agriculture–élevage. Cirad, 2003.
L’un des défis les plus importants est d’intégrer la dimension sociale et de genre pour garantir des solutions inclusives et efficaces. Ceci évitera des interventions mal adaptées qui risqueraient de creuser davantage les inégalités. En milieu rural notamment, les femmes jouent un rôle clé dans l’alimentation, l’approvisionnement en eau et la gestion des ressources naturelles. Elles restent pourtant souvent invisibles dans les politiques de santé publique et de prévention.
Un investissement plus qu’un coût
Le financement de la prévention One Health doit être considéré comme un investissement stratégique, et non comme un coût. Moins spectaculaires que la gestion des crises sanitaires, les approches préventives sont largement plus rentables et engendrent des co-bénéfices majeurs : adaptation et atténuation du changement climatique, systèmes agricoles plus durables, réduction des intrants chimiques, protection de la biodiversité et amélioration de la qualité de l’alimentation.
Les travaux menés par le Cirad, l’initiative PREZODE et toute la communauté internationale en faveur de ces principes s’accordent sur le constat que ces actions renforcent simultanément la santé, les moyens de subsistance et la résilience des territoires. Or, la prévention demeure trop dépendante de financements internationaux ponctuels : elle doit être inscrite dans des budgets nationaux pluriannuels intégrés aux politiques agricoles, sanitaires, environnementales et alimentaires, afin de soutenir des transformations structurelles durables.
Anticiper les crises demande de repenser fondamentalement nos systèmes. Une approche « One Health » transformatrice nécessite un engagement politique durable, de la coopération internationale et une volonté commune d’intégrer les dimensions sociales et écologiques dans la gestion des risques sanitaires. Un travail de longue haleine qui est déjà en marche. Ces messages seront portés au cours des évènements organisés par PREZODE lors du Sommet One Health, qui se tiendra à Lyon (Rhône), le 7 avril 2026 sous la présidence française du G7.
Marisa Peyre, Deputy head of ASTRE research unit, epidemiologist, Cirad et François Roger, Directeur régional Asie du Sud-Est, vétérinaire et épidémiologiste, Cirad
Durant la campagne présidentielle de 2022, les candidats n’ont parler de biodiversité que pendant 1 % du temps seulement … sans soulever d’indignation. La biodiversité devrait pourtant préoccuper les citoyens et leurs représentants : elle est un outil au service de notre qualité de vie et, à l’avenir, de notre survie. Car l’humain est à 100 % cousu de biodiversité. « De la biodiversité comme humanisme » par Marc André Selosse aux Editions Seuil Libelle.
Présentation par l’auteur
Préférez-vous sauver une chauve-souris ou un enfant ? Question simple ? Non, car si vous avez choisi l’enfant, vous en avez tué un autre !
Aux États-Unis, les chauves-souris sont décimées par un champignon. Dans les comtés où elles disparaissent, elles mangent moins les insectes nuisibles aux cultures. L’usage d’insecticides augmente de 31 %, soit plus de frais et de chimie pour maintenir … le niveau de production d’avant. Mais le plus inquiétant est que dans ces mêmes comtés, la mortalité infantile augmente de 8 % (Science, 6.09.2024), du fait de malformations à la naissance ou de cancers liés à ces pesticides.
Autrement dit : quand la biodiversité s’effondre, ce sont aussi des enfants qui meurent.
Nous sommes enfants de la biodiversité et nous trépassons, ou peinons à faire aussi bien, sans elle. Nous en dépendons pour notre microbiote, notre alimentation, nos territoires, nos villes, nos champs et nos forêts. Quand elle disparaît, nous nous adaptons moins bien et nous dégradons nos propres conditions d’existence.
De la biodiversité comme un humanisme Marc-André Selosse Paru le 06/02/2026
A l’inverse, la biodiversité est une solution pour agir demain. Mais nous peinons à croire aux réponses qu’elle offre. La lutte biologique, la phagothérapie ou l’agroécologie suscitent encore le scepticisme ou une bienveillance amusée, quand la chimie et la technologie continuent d’inspirer une confiance spontanée et trop entière.
Le vivant regorge d’outils puissants, encore largement inexplorés, à condition d’en retrouver les logiques, celles-là mêmes qui ont engendré l’humanité.
La biodiversité n’est pas qu’un décor à préserver : elle est notre meilleure alliée pour survivre.
La biodiversité ordinaire, trésor méconnu de nos vies – Marc-André Selosse pour ecologiehumaine.eu
Mycologue et professeur au Muséum national d’histoire naturelle, Marc-André Selosse explore depuis des décennies les liens invisibles entre champignons, sols et humanité. Dans son dernier ouvrage, La biodiversité comme un humanisme(Ed. Seuil, 2026), il plaide pour une réconciliation entre l’humain et le reste du vivant, affirmant que préserver la biodiversité, c’est d’abord nous préserver nous-mêmes.Un article à lire sur www.ecologiehumaine.eu
Marc André Selosse penseur de notre temps
Pourquoi l’écologisme est un humanisme Sauver la biodiversité, c’est nous sauver nous-mêmes
Par Gaspard Koening dans les échos
Conférence de Marc André Selosse sur la biodiversité à Rungis
« La biodiversité est un outil pour l’avenir » – Marc-André Selosse pour GoodPlanet Mag’
Marc-André Selosse a publié son nouveau livre De la biodiversité comme un humanisme, le 6 février, aux éditions du Seuil. L’ouvrage conduit à réfléchir à la place de l’espèce humaine sur la planète. Des bactéries aux oiseaux, Marc-André Selosse explore la possibilité de repenser la biodiversité comme étant indispensable à l’être humain et, donc, comme un humanisme.
Comment en êtes-vous venu à écrire ce nouveau livre ?
J’ai écrit ce livre parce que je crois vraiment à son message. L’idée part d’une conférence que j’ai souvent donnée, et donc d’une narration qui a évolué avec le temps. J’ai observé que mon audience était étonnée par certaines choses et enthousiasmée par d’autres. Ces connaissances pouvaient offrir au public des éléments de compréhension qu’il n’avait pas forcément a priori. J’ai donc décidé d’écrire ce livre, en m’inspirant du format accessible des conférences.
Pourquoi concevoir la biodiversité comme un humanisme ?
Le livre part d’une description assez scientifique de la biodiversité, mais on s’aperçoit très vite que l’humain n’est pas très loin de la biodiversité. Au contraire même, il en contient. Le monde qui nous entoure est aussi constitué de biodiversité, notamment de ce qu’on appelle « biodiversité fonctionnelle », c’est-à-dire toutes les espèces qui façonnent leurs milieux.
« L’entretien de la biodiversité doit être pensé comme l’entretien de l’humain »
On s’aperçoit donc que la biodiversité est aussi un outil pour l’humain. Car, il n’est pas juste près de la biodiversité, sa vie en est constituée. La biodiversité se trouve partout dans les activités économiques, dans les activités agricoles et puis dans la santé, à travers le microbiote. Il ressort finalement de ces interdépendances que de fait l’entretien de la biodiversité doit être pensé comme l’entretien de l’humain.
NOUS SOMMES VIVANTS — Ce que la régénération du vivant change pour les décisions d’entreprise
Le livre blanc « Ce que régénératif veut dire pour une entreprise » de Nous Sommes Vivants formalise un cadre conceptuel et opérationnel pour renforcer la capacité du vivant — humains compris — à continuer, se transformer et prospérer dans leurs milieux de vie. Il articule la trajectoire Limiter, Réduire, Restaurer, Régénérer avec des outils concrets comme le Capacity Score et le Business Model de l’Entreprise Régénérative pour guider des décisions créatrices de triple profitabilité.
Les réponses apportées par le livre blanc
Depuis 2025, la RSE est entrée dans une nouvelle phase : structurée par la CSRD, elle ne peut plus se limiter à la conformité. Elle doit devenir en 2026 un levier de stratégie de continuitépour atteindre les objectifs fixés de l’activité économique.
« On sort de la sensibilisation pour entrer dans le dur, les évolutions de modèle économique et de stratégie », Elisabeth Laville, CEO et co-fondatrice du cabinet Utopies.
La question centrale et impérative, qui mobilise l’attention, est devenue celle de la continuité des activités économiques dans un monde instable, marqué par des dépendances environnementales, humaines et territoriales devenues des risques stratégiques. Tout en gardant un haut niveau de vigilance sur la croissance économique pour continuer à créer de la valeur dans un cadre de contraintes économiques et d’arbitrages responsables. La régénération étant une « croissance sélective » ou « post-croissance »Rapport du Sénat sur les 4 pistes économiques.
TENDANCES RSE 2026 : LA RÉGÉNÉRATION POUR UNE CONTINUITÉ ÉCONOMIQUE CONTRIBUTIVE AUX TERRITOIRES
Mon entreprise fait déjà de la RSE — pourquoi aller plus loin ?
La RSE réduit les dégâts, elle ne change pas le modèle. La régénération pose une autre question : mon activité renforce-t-elle les conditions de vie dont elle dépend ? → Parties I et II
Le chemin vers l’entreprise régénérative. Quatre étapes (Limiter, Réduire, Restaurer, Régénérer) fondées sur le continuum Regenesis (Mang & Haggard, 2016) : du monde-machine au monde-système vivant. Ce sont ces quatre étapes que le Capacity Score opérationnalise. Source : Nous Sommes Vivants.
Concrètement, on mesure quoi et comment ?
Pas un impact — une capacité. 37 questions, 30 minutes. Le Capacity Score révèle le profil de décorrélation entre leviers. C’est ce profil qui dit où investir. → Partie II, Tableaux 13–15
L’enjeu de cette analyse est de démontrer que la perte de compétitivité dénoncée par Michelin est le signal d’un besoin de bascule vers de nouveaux modèles économiques. En utilisant le Capacity Score comme grille d’analyse de leur trajectoire et leviers de capacité, NSV explore comment transformer ce contexte de polycrises en un levier de performance durable à court et long terme.
L’Industrie à la croisée des chemins — Michelin entre urgence économique et RSE comme levier d’efficience dans le temps
Qu’est-ce qui bloque la bascule ?
Deux verrous : le mental (on parle régénération, on décide en performance classique) et le business (le reporting s’empile, les produits ne changent pas). → Parties II et III
Une trajectoire en 4 étapes pour des activités économiques qui atteignent leurs objectifs en triple impact sans épuiser leurs propres conditions d’existence — et en augmentant leurs capacités à tenir dans le temps
Quel retour pour mon entreprise ?
La viabilité — pas la conformité. Duralex et Brandt ont disparu faute de lien territorial. Patagonia l’a construit : 550 fermes régénératives, +6 % de CA. → Parties III et IV
Pourquoi cette étude de cas ? Parce que Patagonia est le test le plus exigeant du Capacity Score. Si une entreprise qui a donné 100 % de ses profits à la planète, publié le rapport RSE le plus transparent du secteur et dont le fondateur affirme que « la Terre est désormais notre seul actionnaire » ne décroche pas le Niveau 4 — alors l’outil fait son travail. Le Capacity Score évalue la capacité réelle d’une organisation à poursuivre et approfondir sa trajectoire de transformation. Et les leviers ne sont pas techniques, ils sont souvent humains.
DANS SON RAPPORT RSE 2025 PATAGONIA AVOUE QU’ELLE N’ARRIVERA PAS A ENRAYER LA FONTE DES GLACIERS SEULE.
17 enseignements de ce livre blanc
Le problème : le CA croît, les impacts positifs sur le vivant ne suivent pas
Ce qu’est la régénération pour une entreprise
Lever le verrou mental : habiter le vivant au lieu de l’exploiter
Lever le verrou business : modifier ce qui produit l’impact
Les capacités du vivant : le référentiel de la régénération
Une trajectoire en quatre étapes vers la régénération
Six leviers : Leadership, Intelligence éco., Innovation, Chaîne de valeur, Dynamiques humaines, Gouvernance
La gouvernance : le retournement de finalité entre N3 et N4
Le modèle économique régénératif : quand le produit renforce le vivant
La transformation du leader : du gestionnaire au jardinier
L’innovation est le levier pivot de la bascule
Les pratiques régénératives : renforcer au lieu de réduire
Mesurer en triple impact : environnemental, social, économique
Le Capacity Score : se situer et identifier les leviers
Le RegenBMC : transformer le business model produit par produit
Les trois fresques : transformer les personnes
Le maillon manquant : la preuve de triple profitabilité
La robustesse n’est pas la régénération
Jérémy Dumont– Fondateur du Collectif Nous Sommes Vivants
Sécuriser ses approvisionnements, diversifier ses fournisseurs, réduire sa dépendance aux intrants — c’est précieux. Mais tant que la question reste « comment assurer la robustesse de l’activité de mon entreprise ? », pour Jérémy Dumont, c’est du N3, pas de la régénération. Le référentiel reste l’entreprise. La régénération (N4) opère une bascule de finalité : le référentiel devient la capacité du vivant — « quelles capacités gagnées (biodiversité, sols, vitalité humaine, territoire) nous permettent de tenir nos trajectoires économiques ? » L’activité économique se subordonne au vivant, pas l’inverse. Beaucoup d’entreprises pionnières se situent en N3 avec une visée régénérative — c’est une trajectoire, pas un échec.
Le Regenerative Capacity Score
Pour accompagner le passage de la prédation à la régénération, le Collectif de la Transition écologique, Nous Sommes Vivants (NSV), a lancé en Janvier 2026 la version Beta du Regenerative Capacity Scorepour évaluer la capacité de résilience et de régénération des entreprises et leurs conseils. En 4 étapes, un Score de Maturité Global et une analyse détaillée sur 5 catégories stratégiques propose des actions à mettre en place.
Le Regenerative Capacity Score : un diagnostic pour évaluer votre capacité de résilience et de régénérationVotre modèle d’affaires tient-il vraiment dans un monde instable ? Le Capacity Score évalue votre capacité à tenir vos trajectoires RSE, innovation et business en 2026 — et identifie vos leviers d’action prioritaires.
Vers un Made in France régénératif ?
Et si la renaissance industrielle passait par une démarche Made in France à visée régénérative ?
Duralex et Brandt ont disparu faute d’avoir relié viabilité économique et ancrage territorial. La question n’est plus « comment produire français ? » mais « est-ce que la France va mieux parce que notre usine existe ? »
Le livre blanc documente la trajectoire : des pratiques régénératives localisées, mesurées en triple impact (environnemental, social, économique), qui génèrent une profitabilité investissable. 30 exemples français documentés — de Laines Paysannes à Atelier Tuffery, d’ENVIE à Pocheco.
55 lauréats (30 en 2024, 25 en 2025) qui prouvent que la régénération s’incarne dans des produits, services et modèles économiques viables — de Nectar (huile d’olive, 1 000 ha en bio) à Laines Paysannes (filière laine Pyrénées) en passant par C’est qui le patron ?! (lait régénératif, 410 fermes).
Chaque lauréat documente le lien entre pratiques régénératives et viabilité économique — la preuve manquante du mouvement régénératif en France.
25 produits régénératifs
Livre Blanc « Ce que la régénération du vivant change pour les décisions d’entreprise »
L’indice NAT40 met les entreprises du CAC 40 à l’épreuve de la nature. Les grandes entreprises sont au cœur d’un paradoxe : elles contribuent largement à la dégradation des écosystèmes, alors même que leur activité dépend profondément de la nature et des services qu’elle rend. Tous les secteurs sont concernés, comme le rappelle le dernier rapport de l’IPBES sur les entreprises et la biodiversité. Avec l’indice NAT40, le WWF FRANCE a souhaité mesurer le niveau de maturité des entreprises du CAC 40 sur les sujets nature : eau douce, océans, pollutions, biodiversité, ressources.
Lorsqu’on parle des relations entre les entreprises et la nature, on se focalise en général sur les impacts que ces dernières exercent sur les écosystèmes : pollutions de l’eau, artificialisation des sols, surexploitation des ressources (ex : surpêche), car les acteurs économiques apparaissent parmi les principaux moteurs de la dégradation de la biodiversité.
Cependant on oublie que l’économie dépend en grande partie de la nature pour fonctionner ! En réalité, la nature fournit gratuitement des services à l’économie : les “services écosystémiques” comme l’approvisionnement en eau et en denrées alimentaires, la pollinisation des cultures par les insectes, l’épuration de l’eau par les sols, la protection contre les catastrophes naturelles par les massifs forestiers ou les zones humides, etc. Des services qui, en se raréfiant, deviennent encore plus vitaux pour tous les secteurs de l’économie. Lorsqu’ils disparaissent, ces services occasionnent de fait d’importantes pertes voire une disparition du tissu économique, ou sont parfois remplacés par des solutions technologiques moins performantes et plus coûteuses (pollinisation par des drones, désalinisation de l’eau de mer, ouvrages de génie civil pour contrer les crues, etc.).
De plus, il existe des seuils écologiques, qui lorsqu’ils sont atteints, entrainent une dégradation soudaine et brutale des écosystèmes, parfois irréversible. C’est par exemple le cas des lacs soumis à un apport excessif en nutriments, des forêts tempérées soumises aux pluies acides, ou encore au niveau global de l’acidification des océans du fait de l’absorption de CO2.
L’économie est aujourd’hui engagée dans une spirale délétère qui fragilise les bases mêmes sur lesquelles elle repose.
Aujourd’hui la Banque centrale européenne (BCE) estime que 72% des entreprises de la zone euro soit environ 3 millions d’entreprises, « dépendent de manière critique des services écosystémiques et seront confrontées à d’importants problèmes économiques en raison de la dégradation des écosystèmes »
L’INDICE NAT40
CLASSEMENT DES ENTREPRISES DU CAC 40 SELON LEUR PERFORMANCE EN MATIÈRE DE PRÉSERVATION DE LA NATURE.
Le WWF a analysé les documents légaux rédigés par les entreprises selon les normes européennes, en se focalisant sur certains des aspects clés de leurs stratégies environnementales parmi lesquels : leurs analyses de matérialité (la manière dont elles définissent les sujets écologiques sur lesquels elles doivent agir), les objectifs environnementaux qu’elles se fixent, et les plans d’action qu’elles mettent en œuvre.
Ce qu’en pense les français
Les grands enseignements de cette étude sont les suivants :
57 % des entreprises présentent une priorisation de leurs enjeux nature en décalage avec l’évaluation WWF.
L’amont des chaînes de valeur (production des matières premières agricoles, exploitation minière, transformateurs, etc.) est le principal angle mort.
80 % des entreprises ont des cibles climat alignées sur l’Accord de Paris (SBTi), mais une seule a adopté des cibles scientifiques sur la nature (SBTN)
Les plans d’action sont incomplets et très rarement budgétés.
Classement NAT 40 – la performance nature des entreprises du CAC 40 (scores /100)
EAU DOUCE ET OCÉANS
La gestion de l’eau illustre un décalage structurel entre engagement déclaratif et transformation opérationnelle. Les entreprises mesurent davantage leurs consommations que leur contribution réelle au maintien de l’équilibre hydrique des territoires. L’approche reste majoritairement volumétrique, et non systémique.
Si de nombreuses entreprises considèrent à juste titre le sujet de l’eau comme étant matériel pour elles, 30% jugent tout de même le sujet comme étant non prioritaire…
La prise en compte des conditions locales (stress hydrique) reste très insuffisante dans la fixation des objectifs.
Les entreprises affichent parfois des objectifs globaux de réduction des prélèvements, mais sans articulation claire avec les capacités de régénération des nappes phréatiques ou les contextes territoriaux.
Les chaînes d’approvisionnement (producteurs des matières premières, fournisseurs, etc.) sont largement négligées dans la fixation des objectifs liés à l’eau.
Peu d’entreprises relient leurs objectifs à des référentiels scientifiques robustes comme le cadre SBTN.
BIODIVERSITÉ
La biodiversité demeure un angle mort stratégique. Si la gouvernance est globalement structurée, les enjeux nature restent dilués dans des politiques RSE larges et peu opérationnelles. Le manque d’alignement scientifique fragilise la crédibilité des stratégies publiées.
Les entreprises de l’agroalimentaire ou dépendantes de matières premières renouvelables ont globalement mieux identifié leurs impacts. Toutefois, la traduction opérationnelle reste incomplète, notamment dans l’accompagnement des fournisseurs vers des pratiques soutenables.
Près de 50% des entreprises du CAC 40, dont de nombreux grands acteurs industriels considèrent le sujet de la biodiversité comme n’étant pas matériel.
Les objectifs biodiversité sont rarement alignés sur les limites planétaires ou les références scientifiques.
Les engagements crédibles « zéro déforestation » restent minoritaires.
La prise en compte insuffisante des impacts biodiversité au niveau des chaînes d’approvisionnement et des fournisseurs demeure le principal point faible des stratégies.
KERING, première entreprise du classement NAT 40
Kering opère dans le secteur du luxe, caractérisé par une forte dépendance à des matières premières naturelles sensibles (cuir, fibres textiles, ressources agricoles), concentrant l’essentiel des impacts environnementaux en amont de la chaîne de valeur. Le modèle repose sur des filières mondialisées, à forte intensité de transformation, exposées aux enjeux de biodiversité, d’eau et de pollution.
La ville dense, souvent perçue comme un symbole de modernité, est devenue l’un des territoires où les vulnérabilités climatiques et sociales s’expriment le plus fortement. La concentration urbaine progresse (en France, près de 79 % de la population vit dans des unités urbaines, et 74% en Suisse) tandis que l’accès direct à des espaces naturels reste inégal1. Avis d’expert à Églantine Petit, Membre du conseil de la Fondation Etrillard et responsable du pôle environnemental, pour cette tribune Cdurable : « Renaturer la ville dense, un enjeu humain« .
Paris se transforme : Place Pigalle, 9e
le développement urbain ne peut plus se concevoir sans intégrer pleinement le vivant
Renaturer la ville est l’une des réponses les plus directes à cette urgence. Mais encore faut-il s’entendre sur les mots car la renaturation est un concept qui dépasse la simple désimperméabilisation ou le fleurissement urbain.
le sol est un écosystème complexe abritant plus du quart de la biodiversité mondiale
Longtemps considéré en ville comme un support technique, le sol est en réalité un écosystème complexe abritant plus du quart de la biodiversité mondiale. Un sol vivant assure des fonctions hydrologiques et climatiques majeures. Pourtant, en Europe, près de 70 % des sols sont dégradés. Redonner au sol sa capacité d’infiltration et de respiration est devenu essentiel.
Selon Caroline Gutleben Directrice de Plante & Cité « Les études montrent qu’une fois « libéré », le sol retrouve rapidement une activité biologique (vers de terre, micro-organismes, champignons) et redevient capable de stocker l’eau et le carbone. La régénération de cette “trame brune” est indispensable au développement des trames vertes et bleues. »
Adapter la ville au climat, au bénéfice de la nature et de l’humain
La nature en ville contribue à adapter le milieu urbain aux effets du changement climatique
La nature en ville contribue à adapter le milieu urbain aux effets du changement climatique. Ainsi, au-delà de la préservation de la biodiversité, la nature en ville est un levier de mieux vivre. Une méta-analyse internationale publiée dans The Lancet Planetary Health montre qu’une exposition régulière aux espaces verts est associée à une baisse significative de la mortalité toutes causes confondues.
Les espaces végétalisés réduisent le stress, améliorent la santé mentale, favorisent l’activité physique et renforcent les liens sociaux. L’OMS recommande au minimum 10 m² d’espaces verts publics par habitant ainsi qu’un accès à moins de 300 mètres d’un espace vert d’au moins 0,5 hectare. Or ces seuils sont loin d’être atteints partout, révélant de fortes inégalités territoriales. Dès lors quelles réponses apporter ?
Stratégie des petits pas et projets d’envergure pour une action conjuguée
Montpellier ville nature – Bon de végétalisation
Pour être durable, la renaturation doit être sobre et réaliste or dans les centres urbains les plus denses, la création de vastes parcs se révèle souvent compliquée. Pourtant, il est tout à fait possible d’y faire émerger des micro-corridors de nature : végétalisation des joints de pavés, micro-déscellements en pied d’immeuble, installation de plantes grimpantes… Cette « stratégie des pas japonais » contribue à recréer des continuités écologiques là où l’on ne les attend pas et transforme progressivement l’ordinaire urbain en un maillage vivant et fonctionnel.
Plusieurs villes en offrent des illustrations concrètes. À Montpellier, une politique volontariste de déploiement de plantes grimpantes a permis de créer de l’ombre et des abris favorables à la biodiversité, sans métamorphoser l’hyper-centre en jardin. À Lausanne, l’écoquartier des Plaines-du-Loup est composé de trames vertes qui facilitent la mobilité de la faune, et les noues végétalisées assurent une infiltration douce de l’eau.
Certaines opérations démontrent qu’il est aussi possible d’agir à plus grande échelle. À Rennes, les Prairies Saint-Martin ont transformé une friche en parc inondable intégrant prairies humides et gestion naturelle de l’eau.
Prairies Saint-Martin : un parc naturel au cœur de Rennes !
À Zurich, le quartier de Greencity, construit sur un ancien site industriel, est un exemple de réintégration du vivant dans un projet dense : chaque îlot dispose d’espaces verts interconnectés favorisant les espèces locales.
Ces expériences montrent qu’une renaturation réussie ne se décrète pas : elle s’enracine dans l’histoire d’un lieu, dans ses usages et dans l’implication des habitants. Qu’elle procède par ajustements successifs ou par transformations d’envergure, chaque réalisation contribue à inscrire durablement la nature au cœur des dynamiques urbaines.
Un investissement pour le bien commun
Pour leur donner les moyens d’exister dans la durée, La question du coût ne peut donc être éludée
Articuler petits pas et projets structurants suppose de leur donner les moyens d’exister dans la durée. La question du coût ne peut donc être éludée. Caroline Gutleben indique d’après des travaux récents2, qu’une opération de renaturation « représente généralement un investissement compris entre 50 et 320 euros par mètre carré, selon l’état initial des sols. À première vue, la somme peut sembler conséquente. Pourtant, rapportée aux dépenses croissantes liées aux infrastructures “grises” de gestion des eaux pluviales ou aux impacts sanitaires des îlots de chaleur, elle apparaît comme un choix lucide, anticipateur et économiquement cohérent. » Les retombées sont tangibles :la désimperméabilisation permet jusqu’à 30 % d’économies sur la gestion des eaux pluviales, tandis que les espaces végétalisés offrent un gain de confort thermique pouvant atteindre 9°C par rapport aux surfaces minérales.
Ces effets positifs dépassent largement l’échelle d’un aménagement isolé. Ils se mesurent à celle d’un quartier, d’une ville, et même d’une génération. C’est dans cette perspective que l’engagement d’acteurs privés guidés par l’intérêt général, comme la Fondation Etrillard avec son Prix « Nature dans la Ville », aux côtés des collectivités, prend tout son sens pour accompagner des projets à forte valeur collective.
Redonner toute sa place au vivant, ce n’est pas opposer nature et urbanité, mais conjuguer confort, résilience et justice sociale
Ainsi, prolonger la dynamique engagée, qu’elle prenne la forme d’interventions fines ou de transformations d’ampleur, revient à affirmer une vision. Redonner toute sa place au vivant, ce n’est pas opposer nature et urbanité, mais conjuguer confort, résilience et justice sociale. La ville de demain sera dense ; à nous de veiller à ce qu’elle demeure profondément humaine.
Lire aussi sur Cdurable.info : « Nature dans la ville »
« Nature dans la ville », un prix au bénéfice de la Nature de proximité pour préserver et développer les espaces naturels en milieu urbain
Mathilde Salin, Charles Claron, Elodie Nguyen-Rabot, Nicolas Mondolfo, Harold Levrel. Les coûts de la restauration des sols urbains. CIRED Working Paper n°2024-96-FR. 2025. ↩︎
Alors que les producteurs, les grandes surfaces et de nombreux transformateurs de l’agroalimentaire français sont engagés pour viser du 100% hors cage au moins sur la filière pondeuse depuis plusieurs années, CIWF France a analysé les Appels à projets des aides à l’investissement de 5 Régions de France : seule la Nouvelle Aquitaine propose d’exclure certaines productions en cages de leurs appuis financiers. Malgré une volonté d’intégrer le bien-être animal dans leurs plans pour l’élevage, les Régions sont encore peu sensibilisées aux enjeux concrets comme celui de la transition hors cage. CIWF France souhaite les accompagner avec la publication de ce baromètre complété de plusieurs recommandations pratiqueset un rapport sur les financements régionaux de l’élevage.
La cage en élevage, une pratique d’un autre âge
Les entreprises et les interprofessions ne s’y trompent pas : depuis l’Initiative Citoyenne Européenne contre les cages, qui a réuni plus de 1,4 million de citoyens en Europe en 2020, elles se sont engagées dans la transition hors cage, à des rythmes différents et sans cadrage des pouvoirs publics.
Pourtant, avec les crises agricoles régulières, ces engagements sont souvent mis à mal : les professionnels ont besoin d’un appui régulier et cohérent des pouvoirs publics pour garantir le cap fixé.
Yves-Marie Beaudet, le Président de l’interprofession de l’œuf (CNPO) l’affirme lui-même récemment : « Le sens de l’histoire, c’est de sortir les animaux des cages, notamment les poules » tout en rappelant que « ça demande de l’argent pour transformer tous ces bâtiments1. »
Un baromètre annuel pour mesurer les progrès des Régions
CIWF France publie son premier Baromètre régional de la transition hors cage pour suivre l’évolution des règles d’éligibilité aux aides publiques décernées par les Régions, et toutes les informations disponibles sur les cages en élevages dans cinq Régions emblématiques pour l’élevage.
Poules pondeuses en cage aménagée.
CIWF France a analysé les Appels à Projets pour les aides à l’investissement dans chacune des 5 Régions d’élevage ciblées, avec la question suivante : les cages sont-elles exclues des critères d’attribution ? L’objectif pour CIWF est faire un état des lieux des engagements des Régions, pour pouvoir les challenger et à terme, leur permettre de développer un indicateur de suivi de la transition hors cage sur leur territoire.
Le tableau sera enrichi de toutes les informations transmises par les Régions notamment sur le nombre d’animaux en cage sur leur territoire, les bonnes pratiques et exemples d’amélioration mises en place.
Lapins en cages.
Le rôle des Régions dans la transition hors cage
Au printemps 2025, CIWF France a publié son premier rapport Financements régionaux et transition de l’élevage : quels leviers pour des modèles plus durables ? qui faisait un état des lieux dans 5 Régions françaises emblématiques pour l’élevage, analysait les leviers à leur disposition pour soutenir les transitions agro-écologiques et le bien-être animal, notamment financiers via les aides de la PAC. Chaque année, des millions d’euros de fonds publics, notamment issus des Fonds européens agricoles pour le développement rural (FEADER), sont accordés par les Régions pour financer l’installation et les investissements à l’élevage dans nos territoires. Ces aides ne sont pas neutres : elles orientent concrètement les modèles agricoles de demain. Elles appuient chaque transition, chaque installation, chaque transmission d’élevage.
Les principaux enseignements à ce stade de l’étude montrent une grande marge de progrès possible, car sans aucun doute, les Régions ont rarement identifié les cages comme un des enjeux de la transition agro-écologique qu’elles soutiennent pourtant toutes de leurs vœux.
Seule la Nouvelle Aquitaine a explicitement exclu certaines cages de ses appels à projets (pour les poules pondeuses et les truies en maternité). La Bretagne détient le triste palmarès de la première région pour les poules en cage en France, seul type d’élevage pour lequel les chiffres sont trouvable, par l’intermédiaire des codes sur les œufs (mis en place en 2004 par l’Union Européenne). Car le second enseignement est également la faible transparence et l’absence de suivi par les Régions des filières sur les modes de production.
Alors que la nouvelle PAC est en train de se préparer à Bruxelles, et que les prochaines aides à l’élevage se dessinent maintenant, CIWF France compte bien challenger positivement les Régions et le Gouvernement afin de mettre en place un indicateur opérant pour accompagner les éleveurs dans la transition hors cage.
Face à une crise agricole qui s’éternise, le collectif Nourrir de 55 organisations paysannes et citoyennes propose une loi fondée sur un principe simple : protéger. Protéger le revenu des agriculteurs, protéger les facteurs de production, protéger le droit à une alimentation saine et durable. À rebours des logiques de division, il démontre qu’il est possible de concilier intérêts des agriculteurs, des citoyens et de l’environnement. Et, pour faire de l’alimentation un droit, il nous invite à signer l’Initiative citoyenne européenne.
Transformer les systèmes alimentaires par le droit à l’alimentation
L’agriculture française traverse une crise existentielle. Elle est prise en étau entre des marchés internationaux non régulés fondés sur la loi du « plus fort » qui écrasent les revenus et la piègent dans une course effrénée à la productivité, une inquiétude croissante des consommateurs quant aux conséquences sanitaires de leur alimentation, et une dégradation constante des écosystèmes.
Selon le collectif Nourrir, « en refusant de traiter la question centrale de la sécurisation d’un revenu agricole digne et en abaissant les protections environnementales, la nouvelle loi d’urgence agricole portée par le gouvernement ne protège pas : elle fragilise« . Elle fragilise les agriculteurs et agricultrices en les enfermant dans une course au moins-disant économique, social et environnemental. Elle fragilise notre souveraineté alimentaire en dégradant les ressources naturelles — sols, eau, biodiversité — garantes de la productivité agricole. Elle fragilise enfin nos concitoyens en hypothéquant leur droit à une alimentation saine et durable.
Le collectif Nourrir réunit 55 organisations de paysans et de paysannes qui veulent vivre de leur métier, et d’organisations citoyennes qui défendent le droit à une alimentation de qualité, respectueuse de l’environnement. Face aux oppositions caricaturales — agriculture contre environnement, urbains contre ruraux — le collectif fait le choix d’un pacte pour construire ensemble un autre système agricole et alimentaire.
Son ambition est simple :
Protéger les revenus agricoles en rendant obligatoire la prise en compte des coûts de production dans les contrats et en instaurant un minimum de produits bio et équitables en distribution.
Protéger l’accès au foncier et la qualité de l’eau, en développant des outils de transparence pour permettre l’accès aux terres agricoles.
Protéger le droit à une alimentation saine et durable pour toutes et tous, notamment en accélérant la suspension d’additifs particulièrement préoccupants pour la santé des consommateurs.
Transformer les systèmes alimentaires par le droit à l’alimentation Le droit à l’alimentation n’est pas explicitement garanti dans la Constitution ni dans un texte juridique contraignant. Inscrire ce droit dans la législation française constituerait un signal politique fort. Cela permettrait de prévenir ces régressions, tout en guidant les politiques agricoles et alimentaires vers davantage de justice sociale et de durabilité. Un dossier pour éclairer et outiller l’action : C’est dans cette perspective que le Collectif Nourrir a coordonné le numéro de la revue POUR, intitulé « Transformer les systèmes alimentaires par le droit à l’alimentation ». Ce dossier réunit des contributions d’organisations de la société civile, de chercheurs et chercheuses, qui analysent les cadres juridiques existants et explorent les leviers de mise en œuvre du droit à l’alimentation en France. Avec ce numéro de la revue POUR, le Collectif Nourrir souhaite explorer les pistes concrètes pour garantir un accès digne de toutes et tous à une alimentation choisie, saine et durable.
L’agriculture, l’alimentation, la nature, avec ou sans paysan·nes ?
Depuis 50 ans, le nombre de paysans est en chute libre et nos campagnes se vident. C’est le résultat d’une politique agricole qui pousse les fermes à s’agrandir, à s’industrialiser ou à disparaître. Avec 50 % des agriculteur·rices qui partiront à la retraite d’ici 10 ans et des fermes beaucoup trop grandes pour trouver repreneur, renouveler les générations agricoles est à la fois une urgence absolue et une opportunité pour redonner vie à nos campagnes et enclencher la transition agroécologique.
Pour résoudre durablement cette crise, le gouvernement doit décider d’un cap clair entre :
1. Continuer de soutenir une agriculture productiviste et exportatrice, boostée par le tout technologique, les subventions, les engrais et pesticides chimiques, et responsable du déclin du nombre de paysan·nes en France et dans le monde.
2. Promouvoir un système agroécologique et biologique, résilient et rémunérateur, porté par de nombreuses fermes à taille humaine et plébiscité par la majorité des candidat·es au métier de paysan et des citoyen·nes.
Proposition de loi pour répondre à l’urgence agricole et alimentaire
Le collectif Nourrir propose un projet de loi pour amorcer un véritable projet de société plaçant la protection agricole, humaine et environnementale au cœur de notre souveraineté alimentaire. C’est la première pierre d’un projet global et structurel qui doit se dessiner dès 2027.
Une Initiative Citoyenne Européenne pour le droit à l’alimentation
En France, 55 organisations engagées pour la mise en place de politiques agricoles et alimentaires justes, démocratiques et écologiques soutiennent l’initiative citoyenne européenne et la campagne qui l’accompagne pour que l’alimentation soit reconnue comme un droit humain fondamental, et que cela se traduise par la mise en place de mesures concrètes.
Alors que l’Union Européenne s’apprête à signer l’accord Mercosur, et que des discussions-clés se sont engagées sur la politique agricole commune européenne, le besoin d’agir au niveau européen pour permettre aux citoyens et citoyennes d’avoir un accès digne à une alimentation choisie, saine et durable, produite dans le respect des paysan·nes devient urgent.
Pour faire de l’alimentation un droit, signez l’Initiative citoyenne européenne
Qu’est-ce que le droit à l’alimentation ?
Le droit à l’alimentation se définit comme “le droit d’avoir un accès régulier, permanent et libre à une nourriture quantitativement et qualitativement adéquate et suffisante”.
La nourriture doit donc être :
Disponible : produite en quantité suffisante et dans le respect des travailleur·ses et de l’environnement
Accessible physiquement et financièrement
Adéquate sur le plan sanitaire, nutritionnel et culturel
Durable socialement, écologiquement et économiquement
Et l’Initiative citoyenne européenne pour le droit à l’alimentation ?
La structureGood Food for all — Europe coordonne la campagne européenne. Le Collectif Nourrir est le coordinateur de la campagne en France. C’est une plateforme française inter-organisations constituant un espace commun de réflexion et d’action, œuvrant à la refonte du système agricole et alimentaire. Organisations paysannes et citoyennes françaises travaillent à la mise en place de politiques agricoles et alimentaires justes, démocratiques et écologiques, afin d’assurer notre souveraineté alimentaire, garantir le respect du Droit à l’alimentation, permettre aux producteurs et productrices de vivre de leur métier, et favoriser les dynamiques du vivant.
En mobilisant financièrement et moralement les citoyens, les entreprises et les collectivités, Les Abri’culteurs aident les producteurs à régénérer leurs écosystèmes afin de préserver la biodiversité, de lutter contre le changement climatique et d’assurer la pérennité de la production agricole.
Collectif Nourrir : nous produisons, mangeons et décidons !
« Chez Les Cols Verts, nous œuvrons collectivement pour un système agricole et alimentaire juste et vertueux pour le vivant. » Pour favoriser l’émergence de systèmes alimentaires territoriaux durables et résilients, le réseau national Les Cols verts forme, accompagne et déploie des collectifs locaux chargés de mettre en place des solutions d’Agriculture Urbaine et d’alimentation durable. Son directeur et co-fondateur Boris Marcel a accepté de répondre aux questions essentielles Cdurable.
Les Cols Verts, un Réseau associatif spécialisé dans l’Agriculture Urbaine
Les Cols Verts, un Réseau associatif pour l’Agriculture Urbaine
« Chez Les Cols Verts, nous œuvrons collectivement pour un système agricole et alimentaire juste et vertueux pour le vivant. »
Maillage territorial du Réseau Les Cols Verts
Le Réseau Les Cols verts forme, accompagne et déploie des collectifs locaux chargés de mettre en place des solutions d’Agriculture Urbaine et d’alimentation durable, avec pour objectif de favoriser l’émergence de systèmes alimentaires territoriaux durables et résilients. Il contribue a essaimer des solutions protectrices de la biodiversité, porteuses d’un mieux-vivre pour les populations urbaines et vectrices de développement économique.
FORMER : En présentiel ou en numérique, sur tous les sujets liées à l’Agriculture Urbaine et à la transition alimentaire.
ACCOMPAGNER : Les porteurs de projets, les établissements scolaires, les collectivités et les entreprises.
DÉPLOYER : Des collectifs Cols verts partout sur le territoire, qui œuvrent concrètement avec des actions de terrain.
Questions Cdurable à Boris Marcel
Questions Cdurable ! ou c’est pas durable ?
Au delà des communiqués, qui ne présentent souvent que le « meilleur », et du développement durable, qui ne fait que tenter de réduire les impacts négatifs d‘une croissance volumique, nous nous intéressons aujourd’hui, 20 ans après la création de Cdurable.info, aux questions essentielles. Alors Cdurable ou pas ? 9 questions qui nous invitent à Comprendre pourquoi Agir & Coopérer avec le vivant, Cdurable !
Boris Marcel
Boris Marcel, sélectionné par Les Nouvelles Voix
Boris Marcel est un entrepreneur social breton qui travaille à rendre notre système alimentaire plus résilient, plus juste et plus soutenable. Il est membre de la promotion 2025-2026 Les Nouvelles Voix
Fondateur et directeur du réseau associatif Les Cols Verts, il développe des fermes urbaines et périurbaines dans plusieurs villes françaises, dans des quartiers populaires. Ces lieux sont à la fois des espaces de production alimentaire, des outils de protection de la biodiversité et des tiers-lieux d’éducation, de formation et d’insertion. Ils contribuent concrètement à la résilience alimentaire des territoires, en rapprochant les habitants de leur alimentation et en créant des emplois locaux.
Construire un système alimentaire plus durable, c’est agir à la fois pour le climat et pour une société plus équitable.
Collectif Rennes – octobre 2021
À l’échelle nationale, Boris conçoit des formations et des programmes de sensibilisation pour rendre les connaissances sur la transition alimentaire accessibles au plus grand nombre : citoyens, professionnels, collectivités. Il a récemment initié Oya, une entreprise de formation et d’accompagnement dédiée aux métiers de la transition alimentaire – de l’agriculture à la restauration – afin de répondre aux besoins de compétences et de souveraineté alimentaire.
Il intervient également dans plusieurs écoles et lieux de débat public sur les questions de résilience alimentaire, de souveraineté, d’agriculture urbaine et de transition des systèmes alimentaires.
Incubateur en Agriculture Urbaine
1 – Quelle est la nature de ma relation avec le vivant ?
Je suis issu d’une famille d’agriculteurs, même si j’ai grandi avec une certaine distance au monde agricole. Mon lien au vivant s’est construit en deux dimensions.
Le vivant me paraît littéralement magique
D’abord une fascination profonde. Le vivant me paraît littéralement magique. Chaque espèce est une stratégie d’adaptation unique : formes, couleurs, modes d’organisation, intelligence, coopération, émotions. J’ai une admiration particulière pour les grands singes qui constitue cette jonction troublante entre l’humain et l’animal – mais aussi pour les espèces dont l’intelligence et l’empathie sont aujourd’hui largement documentées : corbeaux, cochons, cétacés, perroquets…
l’agriculture est notre premier lien concret au vivant
Ensuite, une découverte du vivant par l’alimentation. La diversité culinaire mondiale m’a fait comprendre que l’agriculture est notre premier lien concret au vivant. Derrière chaque saveur, il y a un sol, un climat, un paysan, une biodiversité cultivée. Comprendre comment pousse une plante, comment fonctionne un sol, comment se structure un écosystème agricole m’a conduit à créer le réseau Les Cols Verts et à travailler sur la transition alimentaire.
Aujourd’hui, j’agis sur le système alimentaire. Dans une autre vie, j’aimerais consacrer davantage de temps à la préservation des espèces. Pour moi, ces deux combats sont intimement liés.
Cartographie du Réseau Les Cols verts
2 – Quels sont mes besoins et choix d’alimentation ?
Je suis flexitarien lorsque je partage des repas en famille ou avec des amis, et majoritairement végétarien chez moi.
Je cherche à consommer des produits peu transformés : légumes vapeur, céréales variées, légumineuses, oléagineux, fruits… et probablement encore un peu trop de fromage !
la cohérence sans réduire le plaisir
Au-delà du régime alimentaire, ce qui compte pour moi, c’est la cohérence sans réduire le plaisir : réduire l’impact environnemental, préserver la santé, soutenir des filières agricoles respectueuses du vivant et accessibles socialement. L’alimentation est un acte quotidien, mais c’est aussi un levier systémique. Et c’est une des choses les plus agréables sur terre.
3 – Quel est mon type d’habitat actuel et idéal ?
Je vis dans un appartement en Bretagne, dans un immeuble assez singulier : très ouvert, presque communautaire parfois. Le jardin est partagé, les voisins se connaissent, on garde les animaux des uns et des autres, on partage parfois des repas. Cette convivialité crée une atmosphère profondément humaine.
Mon habitat idéal serait un lieu semi-ouvert, proche de l’habitat participatif
Mon habitat idéal serait un lieu semi-ouvert, proche de l’habitat participatif : des espaces privés respectés, mais aussi des espaces communs vivants – jardin partagé, chambre d’amis collective, grande table pour dîner ensemble.
Je crois que l’habitat est un élément clé de la transition écologique : il structure nos modes de vie, nos déplacements, nos relations sociales, notre rapport au territoire.
4 – Quelle activité physique favorise mon bien-être et ma santé ?
L’escalade est mon sport depuis l’âge de 12 ans, et de très loin mon préféré. Elle m’apporte un équilibre physique et mental. En bloc ou en voie, elle me vide l’esprit et me recentre. Je ressens particulièrement le manque de l’escalade en extérieur, au contact direct de la roche et du paysage.
J’alterne avec du workout en extérieur (je ne suis pas fan des salles de musculation) et de la corde à sauter ou de la course pour le cardio.
le sport n’est pas une performance : c’est une hygiène de vie
Pour moi, le sport n’est pas une performance : c’est une hygiène de vie, une façon de rester en lien avec mon corps et mon énergie. C’est absolument essentiel dans mon quotidien.
Très tôt, j’ai été en colère contre les multinationales que j’accusais, et que j’accuse encore parfois, de placer la rentabilité avant le bien commun, avec des impacts économiques, sociaux, environnementaux et politiques majeurs.
Boris Marcel – Co-fondateur et directeur du Réseau national Les Cols Verts, enseignant et formateur
construire plutôt que dénoncer en permanence
Mais j’ai rapidement compris que l’indignation permanente ne me rendrait pas heureux. J’ai choisi une posture différente : construire plutôt que dénoncer en permanence. Cela ne signifie pas renoncer à l’esprit critique, mais privilégier l’action positive.
La découverte de l’économie sociale et solidaire a été déterminante. Puis l’entrepreneuriat social, l’économie circulaire, l’agroécologie, le biomimétisme, l’innovation frugale, l’économie post-croissance, la théorie du donut… J’enseigne ces modèles depuis plus de dix ans. Il en existe probablement une centaine que j’ai eu la chance d’explorer.
Ces cadres théoriques m’ont donné des outils. Mais c’est surtout le terrain qui m’a appris : créer, tester, ajuster, coopérer.
6 – Quel est le sens que je donne à mon travail ?
mon travail est profondément aligné avec mes passions
Malgré la lourdeur administrative qui peut parfois peser, mon travail est profondément aligné avec mes passions : Former, accompagner, transmettre sur la transition alimentaire, c’est agir sur l’emploi, le climat, la santé, la biodiversité et la cohésion sociale en même temps.
Mon travail me permet de relier mes convictions écologiques, mon goût pour l’entrepreneuriat et mon envie de transmission. C’est un engagement autant qu’un métier.
7 – Quelle énergie j’utilise pour mes usages et besoins ?
Mon énergie vient d’un équilibre simple : le sport, le repos, ma famille, mes amis, les voyages, le cinéma, la musique, la curiosité intellectuelle et l’ouverture sur le monde.
Je crois profondément que pour agir durablement, il faut préserver sa propre énergie.
Les Vergers d’Hector
8 – Quelle est mon implication personnelle pour l’intérêt général ?
Mon implication principale est professionnelle : construire des projets qui accélèrent la transition alimentaire, former aux métiers en tension, structurer des dynamiques territoriales.
Elle est aussi citoyenne et politique : participer aux débats, soutenir des initiatives collectives, défendre des modèles économiques plus justes et régénératifs.
défendre des modèles économiques plus justes et régénératifs
Le projet des Cols Verts Rennes
9 – Quels sont mes liens de coopération et ma participation au bien commun ?
Je crois à la coopération comme moteur de transformation.
Aucun acteur ne peut transformer seul le système alimentaire : agriculteurs, transformateurs, restaurateurs, distributeurs, collectivités, chercheurs, citoyens doivent travailler ensemble.
Je crois profondément à la logique systémique et à la compréhension globale d’un secteur pour agir en conscience et en prenant en compte l’ensemble des externalités potentielles.
Mon rôle est souvent celui d’un passeur : connecter, structurer, faire dialoguer des mondes qui ne se parlent pas toujours.
10 – Carte blanche : quel est le message essentiel que vous souhaitez faire passer à nos visiteurs ?
La transition écologique n’est pas seulement une contrainte ou une nécessité technique. C’est une opportunité de réconcilier l’humain avec le vivant.
Nous pouvons produire autrement, manger autrement, habiter autrement, coopérer autrement. Nous avons les connaissances, les modèles, les expériences. Ce qui manque le plus, ce n’est pas la solution technique : c’est la capacité collective à changer d’échelle.
Je crois à une écologie constructive, positive, exigeante.
Une écologie qui ne nie pas les crises, mais qui choisit d’y répondre par la création plutôt que par le renoncement.
Et je crois profondément que l’alimentation, qui est le principal facteur des limites planétaires, est également le point d’entrée le plus puissant pour transformer nos sociétés.
« En écologie urbaine, la ville est considérée comme un véritable écosystème, riche d’habitats originaux où coexistent humains et non-humains. » Fruit d’un travail collectif, cet ouvrage des éditions Quae s’appuie sur les avancées récentes en écologie urbaine pour proposer une réflexion sur la collaboration entre chercheurs et acteurs de la ville. Il explore les perspectives offertes par l’urbanisme régénératif pour réconcilier développement urbain et protection de la biodiversité. Il s’adresse à l’enseignement supérieur, aux professionnels et aux acteurs publics, tout en restant accessible à un large public intéressé par la ville et le vivant.
Exemple de toit potager en bacs (crédits : INRAE/Christophe Maitre).
Présentation de l’ouvrage
Les écosystèmes urbains sont soumis aux spécificités de la ville : fragmentation des habitats et diversité d’usages. Ils accueillent des assemblages d’espèces inédits et révèlent le rôle déterminant des activités humaines — de la gestion quotidienne à l’aménagement — dans les dynamiques écologiques.
Cet ouvrage des éditions Quae retrace l’émergence de l’écologie urbaine et présente les enjeux liés à la biodiversité en milieu urbain, ainsi que les inégalités sociales d’accès aux espaces naturels.
Il détaille les biotopes urbains, leur capacité à accueillir la vie, et les biocénoses1 qui s’y développent — faune et flore adaptées à la ville, dynamiques écologiques et interactions multiples entre espèces.
Il présente enfin les stratégies de préservation de la biodiversité en ville, en analysant les politiques publiques, la gestion environnementale, les services écologiques rendus par la nature urbaine et les approches innovantes comme l’ingénierie écologique ou la restauration de la connectivité entre habitats.
Arbres d’alignement (crédits : Luc Abbadie). Les arbres d’alignement peuvent subir des stress hydriques s’ils sont plantés dans des espaces trop imperméabilisés. Les pavés semi-perméables peuvent être une solution
Préface de Nathalie Frascaria-Lacoste
Nathalie Frascaria-Lacoste Professeure en écologie évolutive et ingénierie écologique à AgroParisTech. Directrice du Laboratoire Écologie, société, évolution – Université Paris-Saclay
Voici un ouvrage, coordonné par cinq scientifiques de renom – Nathalie Machon, Francesca Di Pietro, Valérie Bertaudière-Montès, Laure Carassou et Serge Muller –, qui nous propose une synthèse documentée des connaissances actuelles en matière de biodiversité urbaine mais aussi des enjeux et défis de son maintien sur le long terme.
Une soixantaine de scientifiques, spécialisés sur les questions urbaines, appartenant au monde des sciences de la nature ou des sciences sociales, vont se relayer au fil des chapitres pour nous expliquer avec précision et conviction la folle aventure de la biodiversité en ville, ce qu’elle est vraiment et le cheminement souvent difficile qu’elle subit dans un milieu si contraint, en interaction avec les humains qui y vivent.
Ce livre, très pédagogique, s’adresse à tous ceux qui souhaitent se documenter sur ces questions ou monter en compétence dans ce large champ qu’est l’écologie urbaine.
Jardins familiaux dans l’agglomération tourangelle (crédits : Francesca Di Pietro).
Tout au long de l’ouvrage, le lecteur découvre des faits scientifiques majeurs, certains inédits ; une terminologie précise, adaptée et explicite ; mais aussi une palette de réflexions plus poussées lui permettant d’approfondir le sujet et de devenir, lui-même, un potentiel acteur des enjeux de la ville de demain.
Double alignement monospécifique de platanes, boulevard Blanqui à Paris (13e arrondissement) (crédits : Serge Muller)
Le livre présente d’abord le contexte général, rappelant et qualifiant la ville comme un écosystème et un territoire d’enjeux pour la biodiversité, et identifiant également les inégalités sociales d’accès à la biodiversité. Il s’agit ici d’amener progressivement le lecteur à poser un regard nouveau sur ce que sont réellement les villes d’aujourd’hui et leurs dynamiques (ces « nouveaux écosystèmes », comme le mentionne très justement Francesca Di Pietro), et de sortir d’une vision d’un monde essentiellement construit : un monde où l’on transforme une matière première comme un produit fini, une forme en une substance.
Jardin naturel dans le 20 e arrondissement à Paris (crédits : Marianne Cohen). Le jardin naturel à visée pédagogique a reconstitué plusieurs écosystèmes franciliens dans le 20e arrondissement parisien.
L’idée est de redonner une vie à la ville et de donner à réfléchir autrement ces espacesoù une très grande partie des populations humaines mondiales se retrouvent aujourd’hui, et probablement encore plus demain.
Friche urbaine (crédits : Cécile Mattoug). Les friches urbaines sont généralement constituées d’une gamme d’habitats variés.
Comment aller vers un mode d’engagement avec la ville, et non vers un mode de construction de cette dernière ?
Comment passer du bâtir à l’habitabilité ?
Le monde habité n’est-il pas un champ continu de relations qui se déploient à travers le temps ?
Le livre s’emploie à nous le démontrer.
Rayon de 300 mètres et gradient d’urbanité (sources : projet Evolville (s. d.), gradients environnementaux urbains). Le gradient d’urbanité qui rend compte de la densité bâtie et le rayon de 300 mètres restent des outils privilégiés pour les travaux de terrain en écologie urbaine. La première ligne représente le rayon de 300 mètres. Le gradient d’urbanité est observable entre les trois colonnes (de plus dense à moins dense de gauche à droite) avec l’importance croissante de l’emprise du bâti dans le cadre observé.
Trois parties viennent ensuite structurer l’ouvrage :
tout d’abord autour d’une description du biotope urbain (quelles caractéristiques ? quelles formes ?), de l’urbanisation comme moteur de l’évolution des espèces, mais aussi des différents types urbains (arbres, friches, espaces verts, réseau viaire, toitures végétalisées, espaces d’agriculture urbaine, parcs et cimetières) ;
ensuite autour de l’identification des biocénoses adaptées à la ville, qu’il s’agisse des communautés animales, végétales ou des interactions biotiques en ville ;
et enfin autour d’une meilleure préservation de la biodiversité en ville avec des focus sur la propreté et la diversité dans les espaces publics, la cartographie des services écologiques que l’on y trouve, le Zan (zéro artificialisation nette) et l’intégration de la biodiversité dans les projets d’aménagements, la place de l’ingénierie écologique comme façon d’intervenir, la restauration de la connectivité pour améliorer la biodiversité urbaine, les questions de la pollution lumineuse, mais aussi de l’impact de la lumière artificielle nocturne sur la biodiversité aquatique, et enfin le rôle et la participation des habitants quant à une « re-naturalisation » de la ville.
Taxons photographiés par les observateurs de « Sauvages de ma rue » (crédits : Valérie Montès, Renaud Jégat). A : Lactuca serriola ; B : Taraxacum sp. ; C : Oxalis corniculata ; D : Poa annua ; E : Senecio vulgaris ; F : Sonchus oleraceus.
Le lecteur en sort grandi et informé sur ce que sont profondément nos villes et le type de biodiversité que l’on y rencontre ainsi que sur l’ensemble des menaces auxquelles elle est confrontée.
Fleurs (A) et fruits (B) de Crepis sancta (crédits : A, Tela Botanica ; B, Éric Imbert/ISEM/CNRS Images).
Rôles du chercheur auprès des acteurs et usagers de la ville pour améliorer l’intégration de la biodiversité dans la fabrique urbaine.
L’ouvrage se termine en évoquant
l’importance du chercheur en écologie comme partie prenante dans une nouvelle conception de la ville potentiellement renouvelée où les espaces urbains intégreraient haut et fort des espaces de nature,
et un nouvel urbanisme que l’on pourrait qualifier d’urbanisme écosystémique pluridisciplinaire où l’écologie aurait toute sa place.
Illustrations des espèces de lépidoptères observés dans les parcs publics (crédits : A, C, H, Chloé Duque ; B, J, K, Louise Seguinel ; D, E, G, Magali Deschamps-Cottin ; F, Bruno Vila ; I, Nicolas Maurel). A : Pieris rapae ; B : Polyommatus icarus ; C : Pararge aegeria ; D : Caenonympha dorus ; E : Gonepteryx cleopatra ; F : Charaxes jasius ; G : Libythea celtis ; H : Satyrium esculi ; I : Pieris mannii ; J : Pyronia cecilia ; K : Pyronia bathseba.
Pour y parvenir, le lecteur découvrira qu’il est possible de penser la ville de demain en passant de la ville durable à la ville régénérative. Philippe Clergeau et Eduardo Blanco nous expliquent cette notion de la façon suivante : « la ville régénérative vise la constitution d’écosystèmes les plus proches possibles de ceux qui existent dans des milieux plus naturels, c’est-à-dire capables de s’auto-entretenir grâce à la reconstitution permanente, après chaque perturbation, des réseaux écologiques (des chaînes alimentaires, par exemple) et de garder leurs propriétés sur le long terme ». Dont acte.
Quelques taxons caractéristiques des collines calcaires et de la zone littorale, observés dans les rues de Marseille (Bouches-du-Rhône) (crédits : Valérie Montès, Pauline Bravet). A : Hyoscyamus albus ; B : Teucrium aureum ; C : Asparagus acutifolius ; D : Crithmum maritimum ; E : Lagurus ovatus ; F : Crithmum maritimum.
Ainsi le lecteur comprend que la biodiversité doit être associée de façon plus prégnante à une conception écologique qui lui permettrait, en tant que telle, d’évoluer aussi à sa juste mesure. Comme l‘écrit Luc Abbadie en introduction, « la qualité de la nature en ville, qui se mesure à sa diversité, à son autonomie fonctionnelle et à sa capacité évolutive, doit être une préoccupation constante de ceux qui fabriquent la ville ». Aux concepteurs de la ville de s’en emparer.
Formes urbaines et biodiversité Formes bâti-végétal (A) et modélisation des nœuds-habitats et des liens-distances et difficultés de déplacement pour une espèce donnée (B) (sources : Morphobiot, 2023. Grand dessin des formes « bâti-végétal » sur le site d’Ancely. Projet Reamur, 2022. Graphab). Ces représentations constituent les deux modalités émergentes de représentation des formes urbaines du programme Baum.
Aujourd’hui, la ville se doit de devenir écologique au plus profond d’elle-même, pour notre survie mais aussi pour celle de tous les êtres vivants non humains qui nous accompagnent.
Exemples de motifs et d’espèces végétales récurrents des jardins pavillonnaires méditerranéens (crédits : A. Marco)
Nous sommes dans le pétrin, mais nous avons toutes les clefs entre nos mains pour accompagner ces changements de paradigme, de direction et de conception devenus hautement nécessaires.
Rendre possible l’inimaginable. Tordre l’urbanisme. Suivons les orientations étonnantes que suggèrent les auteurs de cet ouvrage et faisons leur confiance, ce sont de réels passeurs de frontière.
Expérience sur les toitures végétalisées visant à tester l’effet de la diversité végétale, de la nature et de la profondeur du substrat sur différentes fonctions écologiques : production de biomasse, rétention de l’eau, etc. (crédits : Yann Dusza).
Le parc urbain des Papillons (PUP), un programme hybride de recherche et de formation de l’écologie vers l’aménagement du territoire A : vue d’un massif du PUP ; B : QR Code du site web collaboratif ; C : capture et identification lors des suivis d’étudiants (crédits : A-B, Magali Deschamps-Cottin ; C, Louise Seguinel). Afin de pérenniser le dispositif et de le répliquer, un Wiki (site web collaboratif ) a été créé. L’objectif est de porter à connaissance les enjeux et la démarche de ce dispositif afin d’accompagner le développement de nouveaux sites et d’identifier des équipes projet (alliant scientifiques, gestionnaires et formateurs) sur d’autres lieux urbains. Nous avons mis en ligne les ressources disponibles associées pour sa réplicabilité. Ainsi, le PUP (figure 34.2) est un exemple concret d’un dispositif efficace en faveur de la biodiversité urbaine dont les travaux scientifiques menés sont exposés et diffusés auprès du grand public, des gestionnaires et de la communauté scientifique
Les grandes agglomérations font face à des objectifs environnementaux de taille et parfois contradictoires : imposer la densification pour lutter contre l’étalement urbain, maintenir la biodiversité, anticiper et limiter le changement climatique, réduire les émissions de gaz à effet de serre, offrir un cadre de vie sain et agréable aux habitants… Ces enjeux se traduisent dans la pratique par des interrogations récurrentes sur l’impact du végétal dont on perçoit qu’il peut jouer un rôle clé dans le développement urbain durable. En réponse, ce livre propose un état de l’art pluridisciplinaire et systémique de l’influence du végétal urbain sur sept enjeux du développement durable : la microclimatologie, la maîtrise de l’énergie, l’hydrologie, les ambiances, la qualité de l’air, l’empreinte carbone et la biodiversité.
La crise sanitaire liée à la pandémie a fait prendre conscience aux citadins de leur besoin de nature, même au cœur des quartiers les plus urbanisés. Heureusement, la nature est de plus en plus présente en ville, non seulement parce qu’on y plante arbres, arbustes et fleurs, mais surtout parce que la gestion des espaces verts devient plus écologique. De ce fait, des végétaux et animaux inhabituels profitent de ces lieux. À côté de nos espèces horticoles et domestiques, on peut aussi parfois observer des espèces sauvages. Certaines d’entre elles s’adaptent, d’autres pullulent, beaucoup nous surprennent…
Comment concilier urbanisation et préservation de la biodiversité ? La faune est-elle responsable de la crise sanitaire ? Le changement climatique va-t-il modifier la biodiversité dans les villes ? Comment peut-on lutter contre l’artificialisation des sols ?
Les réponses aux 90 questions de ce livre permettent de comprendre la nature en tant que milieu complexe, centre d’intérêt pour le naturaliste, le chercheur et le gestionnaire ainsi que pour le citadin, qui souhaite s’impliquer dans les programmes de science participative.
Face à l’impératif écologique, comment l’action publique, les pratiques professionnelles et citoyennes se sont-elles positionnées et reconfigurées en France dans les champs de l’urbanisme et de l’architecture depuis les années 2000 ? Comment se sont traduites les injonctions au développement durable puis à la transition écologique, dans les politiques publiques, les dispositifs de médiation et les situations de projets ?
Cet ouvrage analyse, dans une perspective compréhensive et critique, les sphères politiques, professionnelles, citoyennes, scientifiques et médiatiques, qui se sont mobilisées et ont interagi pour négocier ce tournant sociétal. Il rend compte des tensions qui se sont manifestées entre une approche de la ville écologique encore marquée par les logiques normatives et productivistes, et une autre fondée sur l’idée de sobriété et de capacité du citoyen-habitant à maîtriser la transformation de son cadre de vie. Dans un contexte économique très influencé par des logiques néolibérales, il questionne la notion même de « fabrique » qui s’est progressivement substituée à celle de production dans les domaines de la transformation urbaine depuis le début de ce troisième millénaire.
Depuis plusieurs années, de nouvelles formes d’agriculture urbaine se font jour en France, questionnant la recherche et ses liens à l’action. La recherche se mobilise donc pour connaître et évaluer ce phénomène, qui interroge les relations entre urbains et leurs connexions aux espaces à la nature et à l’alimentation : fonctionnements technico-économiques de ces agricultures, spécificités des sols urbains, enjeux fonciers et services écosystémiques rendus. Le livre s’interroge sur les formes sociales des agricultures urbaines et sur leurs places dans les systèmes alimentaires des territoires. Constatant la forte appétence des collectivités, des habitants et autres acteurs de la ville pour ces agricultures, l’ouvrage présente des produits de recherches conduites avec des acteurs publics et associatifs, professionnels et opérateurs économiques : plateforme collaborative, jeu sérieux, logiciels d’aide à la décision, applis, observatoire participatif, méthodes et guides pour l’action… Un état des lieux des formations existantes en agriculture urbaine est proposé, soulignant les défis à relever et les conditions nécessaires pour développer les agricultures urbaines.
Dès le début du XIXe siècle, Paris commence à se transformer. Les ruelles insalubres du vieux Paris, la pollution de l’air et de la Bièvre intra muros sont bien connus des pouvoirs publics, qui se font fort d’aménager la capitale.
Si les derniers îlots de maraîchage sont repoussés à la périphérie urbaine, on développe une nature domestiquée le long des avenues, dans les squares et les bois. Sous le Second Empire, la métamorphose de Paris s’accélère grâce au baron Haussmann. Les médecins hygiénistes, les philosophes, les artistes contribuent à l’émergence d’une sensibilité pré-écologique, tandis que les pensées socialistes et anarchistes défendent l’idée d’une cité verte et résiliente. Par ailleurs, la colonisation, les voyages, les expositions universelles suscitent l’engouement pour une nature exotique, qui s’introduit en ville, dans les jardins publics ainsi que dans les serres des hôtels particuliers. Toutes ces mutations inspirent les romans, de Balzac à Zola, et les utopies ou les romans d’anticipation de la fin du siècle.
Abondamment illustré par des œuvres picturales et photographiques — de Marville à Renoir, de Monet à Atget —, ce livre confronte les représentations littéraires aux situations réelles et aux évolutions de Paris.
Certaines orientations politiques et techniques proposent de réinvestir les friches, de développer des jardins collectifs urbains, des cours oasis ou encore une économie circulaire des déchets. La qualité des sols n’en reste pas moins souvent méconnue en milieu urbain. La pollution des sols en ville se trouve alors au croisement des préoccupations de santé globale, de protection de l’environnement et d’utilisation durable des espaces.
La longue histoire de ces sols soulève la question des héritages d’usages passés ou actuels potentiellement polluants. Dès lors, comment gérer ces pollutions pour réduire leurs impacts sur les territoires concernés et la santé des habitants ? La gestion des sols influe aussi sur la qualité de l’air, de l’eau et sur la biodiversité.
Grâce à une approche pluridisciplinaire, cet ouvrage apporte des éléments de réponse aux défi s sociétaux et sanitaires pour une ville plus durable. Des pistes prometteuses sont proposées pour mieux prendre en compte les sols urbains dans le concept de santé globale, à l’interface de la santé des humains, des animaux et de leur environnement, aux échelles locales, nationale et européenne.
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