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La sensibilité à la nature : Levier de transformation écologique et sociale

Les humains se sont peu à peu éloignés de la nature perdant à la fois leur contact avec elle et la connaissance qu’ils en avaient. Les chiffres montrent en effet que cette déconnexion avec notre environnement ne fait que s’aggraver de génération en génération, mais augmente également chez les familles les plus précaires. La nature s’éloignant de notre réalité, elle disparaît aussi peu à peu de nos imaginaires. Cependant, une volonté de renouer avec la nature permettrait non seulement au grand public peu sensible aux données scientifiques de se sentir davantage concerné par la crise écologique, mais aussi d’améliorer notre bien-être individuel.

Introduction

“L’essentiel est d’être ce que nous fit la nature ; on n’est toujours que trop ce que les hommes veulent que l’on soit”

Jean-Jacques Rousseau dans son Emile ou De l’éducation.

Cette maxime semble s’appliquer à merveille pour décrire le rapport de nos sociétés contemporaines à la nature ? Si l’appréhension progressive de la crise écologique, du rapport Meadows de 1972 à nos jours, a eu le mérite de provoquer, au moins chez une partie de la population, un grand sursaut quant à la nécessité de protéger notre planète, l’individu moderne ne semble pas s’être, pour autant, rapproché de la nature. Bien au contraire.

Loin d’interroger les fondements de leurs cultures politiques, le discours dominant paraît s’en tenir à une approche froide et rationnelle de la crise écologique, la résumant en courbes d’émissions de gaz à effet de serre et en projections hermétiques. Le travail des scientifiques, qui permet ces efforts, est essentiel ; mais suffit-il à infléchir les comportements collectifs ? Voici la question qui mérite d’être posée, alors que la crise écologique se manifeste, au quotidien, dans l’environnement immédiat des individus1, comme le prouve la multitude des faits :

En 40 ans, 60 % des oiseaux ont disparu des champs ; sur la même période, les espaces artificialisés ont augmenté de 72 % en France ; en Europe, depuis 1986, la période de floraison de 400 espèces végétales a reculé, en moyenne, de 32 jours.

Le présent décryptage part d’un constat simple : le langage de la transition écologique, tel qu’il est porté dans la sphère médiatique ou au travers des initiatives de politiques publiques, est insuffisant. Il ne descend pas assez profondément à la racine des imaginaires ; il se refuse encore à perturber les cosmogonies existantes qui fondent le rapport à la nature en faisant de l’Homme son “maître et possesseur”2.

En somme, notre inaction pourrait être le reflet de notre incapacité à éprouver la richesse et la beauté du vivant3. En conséquence, les incitations à réaliser la transition écologique sont elles-mêmes réduites et tendent à ne s’adresser qu’à ceux qui disposent de connaissances suffisantes, ou du moins à ceux qui se satisfont d’un discours purement scientifique. Du reste, une dialectique rationnelle ne suffit pas à emporter, de manière globale, l’adhésion de toute une population aux changements que suppose la réalisation de la transition écologique.

La théorie économique montre en effet que, pour qu’un individu accepte le coût d’une politique climatique, il faut qu’elle lui apparaisse tout à la fois redistributive, efficace et capable de satisfaire un ou plusieurs intérêts personnels4. Cette dernière condition, applicable génériquement à l’homo œconomicus, manque probablement, tandis que la nécessité de la transition est trop souvent présentée comme univoque et sans contrepartie, bien qu’elle soit pleinement justifiée.

Des politiques environnementales réussies supposent donc une logique transactionnelle entre leurs auteurs et leurs bénéficiaires. Avec ce décryptage, nous faisons le pari que le critère de l’intérêt personnel, que l’on appréhende de prime abord sous l’angle économique, pourrait trouver une atténuation, ou une réalisation partielle, dans la satisfaction d’une expérience sensible de l’individu à la nature.

Nous prenons aussi le pari que, ce faisant, les imaginaires qui fondent le rapport des individus à la nature deviendraient bien plus intenses et propices à la réalisation de la transition que ceux qui se structurent autour des seuls discours scientifiques, lesquels sont pleinement appropriables par une partie de la population seulement. Ainsi, plutôt que la réalisation d’un besoin immédiat, l’adhésion aux politiques environnementales trouverait un fondement dans une sensibilité retrouvée à la nature. Nous appelons cette hypothèse l’éco-sensibilité, contraction des termes écologie et sensibilité.

Certes, le terme d’écologie est très large et ne touche pas uniquement au rapport de l’individu à la nature. Mais c’est à dessein que nous parlons d’éco-sensibilité, car un lien plus étroit à la nature aurait une répercussion globale dans notre approche des enjeux écologiques, y compris lorsqu’ils touchent aux sujets climatiques, a priori sans liens directs. S’arrimer plus fermement à la nature revient en effet à sanctuariser une posture écologique, à créer les dispositions d’un imaginaire soucieux de la planète.

Mais l’éco-sensibilité n’aurait pas pour seul intérêt que de permettre d’accélérer la transition écologique. Comme nous le verrons dans les parties 3 et 4 de ce décryptage, elle peut aussi correspondre à un projet politique d’une ampleur plus large. En effet, plusieurs études scientifiques, réalisées pour l’essentiel depuis le début des années 2000, montrent que le fait, pour un individu, de développer un lien sensible à la nature, contribue à l’accroissement de sa stabilité et de son bien-être mental. Plus largement, elles montrent également que l’approfondissement du lien qu’entretient un collectif ou une organisation à la nature permet d’accroître la cohésion et la solidarité du groupe.

A triple titre, donc, l’éco-sensibilité semble pouvoir apparaître comme une doctrine politique nouvelle : en renforçant le lien sensible qui l’unit à la nature, l’individu peut augmenter son investissement dans l’effort de transition, mieux se porter personnellement et, enfin, mieux vivre en communauté. Reste, toutefois, à interroger la définition du “lien sensible” à la nature et les modalités de son renforcement.


I. Développer l’éco-sensibilité pour accélérer la transition écologique

La psychologie moderne, sous l’influence de l’américain Peter Khan, confère aujourd’hui une large place à la théorie de l’Amnésie environnementale générationnelle. Qu’est-ce à dire ? Nous vivons dans un monde au sein duquel la référence à la nature s’appauvrit, du fait de la disparition massive du vivant, de l’artificialisation brutale des espaces sauvages et des dérèglements climatiques.

“lorsqu’on ressent moins la nature, on a moins envie de la protéger”

Or, d’après la théorie de l’Amnésie environnementale, plus la référence à la nature d’une population donnée s’appauvrit, plus cette population réduit son investissement à pratiquer la transition. En arrière-plan, la théorie de l’Amnésie traduit une intuition simple : “lorsqu’on ressent moins la nature, on a moins envie de la protéger” ; et cette amnésie est “générationnelle”, car elle s’accroît de générations en générations

Le constat est posé : la nature se dépeuple des imaginaires et, pour les psychologues, ce reflux diminue l’engagement en faveur de la protection de la planète. Pour étayer ce retrait, plusieurs sources concordent. Dans la culture de masse, d’abord, le vivant s’appauvrit.

Les films d’animation de Disney en fournissent une illustration : d’après la chercheuse Anne-Caroline Prévot, qui a étudié les scènes des dessins animés de la firme américaine depuis ses premières créations, la fréquence et la durée des scènes consacrées aux paysages diminue, passant de 80% en 1940 (proportion parmi le total des scènes d’extérieur) à 50% dans les années 2000. Au surplus, quand elle est représentée, la nature est appauvrie : dans le film d’animation Blanche Neige (1937), Anne-Caroline Prévot recense la présence de 22 espèces animales dans les décors, contre 7 dans Lilo et Stitch (2002) et aucune dans le film Chicken little (2005).

Mais l’imaginaire ne se véhicule pas seulement au travers de la culture de masse. Il se forge aussi et surtout par l’expérience du grand air. Or, le périmètre de jeu et de balade des jeunes issus de milieux ruraux s’est considérablement réduit au cours des dernières décennies : dans un rapport publié en 2007 pour le compte de l’organisme Natural England, le docteur William Bird a étudié, sur 4 générations (1926-2007), les promenades des enfants d’une même lignée autour de leurs domiciles, à chaque fois lorsqu’ils avaient huit ans. Tandis que l’arrière-grand-père, en 1926, se promenait autour de sa maison dans un rayon de 9 km, cette distance s’est réduite à 2 km en 1950, du fait notamment de l’émergence de la voiture et de la généralisation de son usage, pour finalement chuter à 300 mètres en 2007. Cette étude reste certes qualitative ; il ne serait pas possible d’en tirer une loi générale, sauf à conduire une analyse globale sur un échantillon représentatif de la population. Elle nous dit, toutefois, l’ampleur des changements psychologiques qui, en un siècle, ont affecté le rapport de l’Homme à son espace.

Les enfants connaîtraient donc moins la Nature et, par là, en seraient davantage détachés. Ainsi, pendant les jours d’écoles, 39 % des enfants de 3 à 10 ans déclarent ne jamais jouer dehors5. En outre, cette présence au grand air est corrélée aux niveaux de revenus : plus un enfant est issu d’un foyer riche, plus il a de chances de jouer souvent dehors ; à l’inverse, l’appartenance à un foyer modeste est associée à des taux d’obésité et de sédentarité élevés. Au bénéfice de quoi se désencastrement se fait-il ? Au bénéfice des écrans, en premier lieu : l’ANSES montrait en 2020 que 49 % des enfants de 11 à 17 ans présentaient un “risque sanitaire très élevé”, défini comme le fait de passer plus de 4h30 par jour devant un écran et/ou de faire moins de 20 minutes d’activité physique quotidienne6.

Ces différents exemples, cités pêle-mêles, traduisent l’ampleur du grand désencastrement de l’Homme à l’égard de la nature, qui frappe une partie de la population. En suivant la théorie du syndrome d’Amnésie environnementale générationnel, ils expliquent une partie des freins qui contraignent l’action écologique. Faut-il pour autant en tirer la conséquence qu’un rétablissement du lien sensible à la nature, par la mise en œuvre de différentes politiques publiques, permettrait au monde vivant, dans toute sa richesse et sa complexité, de repeupler les imaginaires ? Tel est l’hypothèse que nous souhaitons défendre.

II. Quelle place pour le sensible dans la politique environnementale ?

Le lien sensible est d’abord un lien sensoriel. Il est ensuite un lien poétique. Du côté des cinq sens, la philosophie politique de Condillac enseigne que l’expérience sensorielle peut transformer la compréhension politique des choses ; telle est du moins la théorie qu’il défend dans son Traité des Sensations. Il fait l’hypothèse que “les sensations et les opérations de l’âme” sont “les matériaux de toutes nos connaissances”. En fait d’illustration, Condillac compare le citoyen à une statue inanimée, à qui l’on ferait connaître, épisodiquement et isolément, une sensation : faire sentir une fleur à la statue inerte, en décidant de réveiller seulement son odorat, c’est du même coup lui faire découvrir l’attention ; répéter de nouveau l’opération, c’est lui faire découvrir la mémoire ; activer ensuite les cinq sens, c’est mettre en cohérence les témoignages de l’expérience vécue et, de là, en déduire un ordre intelligible des choses.

La sensation est le véhicule et le terreau de la pensée : éprouver différentes sensations génère à la fois habitude et comparaison, il devient possible de reconnaître et hiérarchiser les compréhensions, dans l’ordre du plus au moins préférable. C’est là que réside pour partie l’intérêt d’une politique environnementale du sensible, ou politique éco-sensible : en multipliant les manifestations sensorielles de la nature dans la vie quotidienne du citoyen, celui-ci accoutumerait son imaginaire à la présence de la nature.

En suivant cette hypothèse, l’entomologiste Robert Pyle développe l’idée selon laquelle nos sociétés contemporaines devraient promouvoir des politiques “du filet à papillon. Expliquons-nous : pour lui, c’est le fait d’éprouver sensoriellement la nature, par la vue, les bruits, les odeurs et le toucher, mais aussi par l’exercice de la mémoire, qui crée chez l’être humain un attachement intime à l’environnement et, ce faisant, une volonté de le défendre. Il écrit ainsi : “je pense que l’une des plus grandes causes de la crise écologique est l’état d’aliénation personnelle par rapport à la nature dans lequel vivent de nombreux individus. En tant que culture, ce qui nous fait défaut, c’est un sens étendu de l’intimité avec le monde vivant. D’une certaine manière, l’histoire naturelle n’a jamais été aussi populaire ; pourtant peu sont ceux qui organisent leurs vies autour de la nature ou qui se laissent profondément émouvoir par elle. La profondeur de notre contact est trop souvent insuffisante. »7.

Pour accroître le lien sensoriel à la nature et lui permettre de réinvestir les imaginaires individuels, une “politique du filet à papillon” pourrait par exemple consister, pour les enfants, à recenser des espèces animales et végétales existantes sur un espace donné, les nommer et les compter, mesurer leurs rapports avec le reste de l’écosystème, identifier les sources qui le menacent et celles, au contraire, qui favorisent leur développement. Il s’agit, dans tous les cas, de redonner une physicalité à la nature, de l’éprouver matériellement, de la laisser pleinement faire obstacle en y confrontant l’usage des sens.

Mais le lien sensible n’est pas qu’un lien sensoriel ; il est encore un lien poétique. Il se définit dès lors par l’inclination d’un individu à s’émouvoir devant un objet ou un sujet, à ressentir, par lui, des émotions, des sensations et des sentiments. La sensibilité serait ainsi la caractéristique humaine qui donne au monde un sens dépassant sa seule rationalité visible. Elle s’opposerait donc à la “raison”8 : plutôt que de donner aux choses une vérité objective autour de laquelle peut émerger une unité de perception, la sensibilité varie selon les facultés, la culture et les habitudes de celui qui l’éprouve.

Symétriquement, le lien sensible à la nature ne s’éprouve pas seulement sensoriellement. Il s’agit, tout autant, de renforcer chez chaque individu la propension à la contemplation et à l’exaltation devant la nature. Quel meilleur moyen, à terme, pour inciter à pratiquer la transition ? Dans une formule pertinente, le philosophe Baptiste Morizot rejoint cette nécessité en appelant, lui-même, à “politiser l’émerveillement”. Il ajoute, dans un entretien au Monde, “Nous héritons d’une culture dans laquelle, dans une forêt, devant un écosystème, on « n’y voit rien », on n’y comprend pas grand-chose, et surtout, ça ne nous intéresse pas : c’est secondaire, c’est de la « nature », c’est pour les « écolos », les scientifiques et les enfants, ça n’a pas de place légitime dans le champ de l’attention collective, dans la fabrique du monde commun9.

S’il faut donc que l’éco-sensibilité soit caractérisée par un renforcement de la présence physique de la nature, par une démultiplication de ses manifestations sensorielles, au cœur des villes notamment, il faut encore qu’elle soit portée par des politiques éducatives, enseignant la beauté du monde vivant, la richesse de sa complexité et même la part d’énigmatique qu’il charrie.

Le lien sensible est précisément un lien de beauté, un lien d’émerveillement à préserver.


III. Développer l’éco-sensibilité pour améliorer le bien-être individuel

Nous l’avons annoncé en introduction : une politique éco-sensible n’aurait pas pour seul intérêt de démultiplier les incitations à la transition écologique ; elle pourrait revêtir, au surplus, les atours d’une nouvelle doctrine politique, permettant plus globalement d’accroître le bien-être individuel et, au niveau collectif, la cohésion sociale. D’abord, attardons-nous sur le premier de ces deux aspects : en quoi une politique qui renforcerait la présence de l’individu à la nature améliorerait-elle le bien-être de celui-ci ?

D’abord, la présence renforcée de la nature dans la vie quotidienne des individus produit des effets sur les relations interpersonnelles. Il faut saluer, à cet égard, le travail du chercheur français Jordy Stefan qui, dans sa thèse publiée en 2016 et intitulée Influence de la présence d’un élément de la nature sur la santé et les comportements prosociaux, s’est employé à réaliser la synthèse de l’ensemble des études conduites dans le champ de la psychologie et démontrant le lien bénéfique existant entre santé humaine et présence de la nature. Jordy Stefan a par ailleurs réalisé, lui-même, certaines expériences pour valider les hypothèses des articles de recherche sur lesquels il fondait ses travaux.

Il a ainsi démontré, à Lorient, ville depuis laquelle il a rédigé sa thèse, l’existence d’une corrélation entre sympathie interpersonnelle et contact à la nature. Pour ce faire, il a procédé à une expérimentation simple en souriant et en disant “bonjour” à un échantillon de 598 personnes, tantôt croisées en ville et tantôt croisées à la campagne. Résultat ; en ville, seulement 30 % des personnes croisées renvoient le sourire, contre 60 % dans la nature ; pour le “bonjour”, 40 % le renvoient en ville contre 70 % dans la nature et 68 % en bord de mer.

Cette “expérience de la sympathie” individuelle est réplicable à une échelle plus grande. Une étude de l’American Journal of Community Psychology, parue en 1998, a ainsi montré que dans un parc de logements neufs attribués aléatoirement à une population donnée, les logements qui étaient le plus proches de zones végétalisées conduisaient leurs résidents à avoir plus d’activités sociales et à être mieux connus de leurs voisins, par rapport aux résidents vivant plus loin de la végétation. Leur sentiment d’appartenance au quartier était également réputé plus fort10.

L’étude conclut ainsi que “dans les quartiers du centre-ville où les espaces communs sont souvent des no man’s lands arides, la présence d’arbres et l’herbe favorise l’utilisation commune de l’espace et les contacts sociaux informels entre voisins”, après avoir “constaté que chez 145 résidents de logements sociaux urbains âgés de 20 à 59 ans répartis au hasard dans 18 bâtiments architecturalement identiques, les niveaux de végétation dans les espaces communs prédisent à la fois l’utilisation des espaces communs et des [liens sociaux de quartier]”.

La présence de la nature a donc une incidence directe sur les relations interpersonnelles. Elle favorise la sympathie entre les individus et, même davantage, réduit l’agressivité et la violence entre eux. Tel est le sens étonnant des conclusions d’une seconde étude11, menée en partie par les mêmes chercheurs que celle précédemment mentionnée. Celle-ci a cherché à documenter le comportement de 145 mères célibataires dans un grand complexe résidentiel très défavorisé (la pauvreté accroissant les risques de violence et la vulnérabilité des sujets étudiés), où tous les aspects des logements étaient similaires à l’exception de la présence de la nature environnante. Au total, les résultats de l’étude ont montré que la violence, notamment à l’égard des enfants, diminuait considérablement chez les mères vivant à proximité d’arbres et de zones végétalisées, contrairement à celles vivant près de zones stériles et bétonnées.

Beaucoup d’autres études, parfois plus anecdotiques, décrivent le lien fascinant qui unit ce que nous avons choisi d’appeler l’éco-sensibilité, c’est à dire le développement d’un lien sensible à la nature, à l’épanouissement individuel : par exemple, les enfants sont moins punis par leurs professeurs et également moins absents dans les classes où sont installées des plantes vertes12 ; les personnes âgées voient leur concentration augmentée et leur espérance de vie allongée lorsqu’elle sont au contact prolongé de la nature13.

Accroissement de la sociabilité, réduction de l’irritabilité et de la violenceLe contact prolongé des individus à la nature a ainsi une incidence directe sur leur comportement, leur stabilité et leur bien-être mental ; et plus particulièrement lorsque ceux-ci souffrent de pathologies. Ainsi, il est par exemple prouvé que les personnes atteintes d’Alzheimer ont des comportements moins agressifs au moment de leur toilette, lorsque celle-ci s’accompagne des sons de la nature14.

C’est en effet là l’un des aspects de l’éco-sensibilité : comme le montre Jordy Stefan dans sa thèse, si la présence à la nature réelle procure un réconfort supplémentaire à l’individu, la présence d’une nature “artificielle”, par la vue de plantes en plastique ou l’écoute de sons enregistrés, tels que le bruit de la houle, procurent aussi des effets bénéfiques.

Toujours sur le plan sanitaire, l’éco-sensibilité peut avoir des effets sur la durée des périodes de convalescence des patients à l’hôpital. Ainsi, le fait d’avoir vue sur la nature plutôt que sur un bâtiment conduit, en période post-opératoire, à une baisse du temps moyen d’hospitalisation d’environ 0.74 jours15. C’est ainsi que se sont développés, à différents endroits et spécifiquement en France, des “jardins à but thérapeutique”, comme par exemple au Centre Hospitalier de Cholet, à l’EHPAD Notre-Dame des Anges à Lorgues ou encore à l’hôpital de Castelnaudary16.

Sous cet aspect, la présence continue de l’individu à la nature, par des politiques éco-sensibles, pourrait être source d’économies budgétaires pour l’ensemble de la société, en favorisant le développement du capital humain des individus (l’exemple des plantes dans les salles de classe en témoigne), en réduisant le coût économique de la délinquance ou encore en améliorant la performance du système de soin !

IV. Développer l’éco-sensibilité pour mieux vivre en société

Au total, le développement généralisé d’un lien sensible à la nature paraît être l’une des conditions pour mieux vivre, collectivement, en société : d’une part, en permettant d’accélérer la transition écologique ; d’autre part, en réduisant la violence interpersonnelle et en favorisant le bien-être de chacun

Mais au-delà de ces arguments, essentiellement tirés du champ de la psychologie, un rapprochement des sociétés contemporaines à la nature pourrait aussi profondément modifier les rapports de pouvoir et changer la face de la vie en communauté. Nous nous aventurons ici sur un chemin plus philosophique que strictement politique, mais qui mérite d’être interrogé.

Une présence renforcée à la nature véhiculerait-elle des valeurs nouvelles ? Le rétablissement d’un lien sensible au monde vivant environnant peut-il changer drastiquement les sociétés pour les rendre plus démocratiques, horizontales ou prospères ? Poser de telles questions revient, d’abord, à dresser un diagnostic réaliste sur l’état actuel des sociétés occidentales. Force est de constater qu’elles se caractérisent par une très grande désensibilisation au monde vivant qui les entoure, ce qui ne va pas sans certaines répercussions sur les modalités de leur gouvernance.

Progressivement, la logique extractiviste et la surconsommation ont relégué la question des sensibilités au titre des sujets naïfs et champêtres, bien trop bucoliques pour être traités sur le même plan que des thématiques aussi “sérieuses” que la production économique ou la misère sociale.

Parallèlement, tout au long du XXème siècle, le caractère sacré, parfois mystique, que pouvait revêtir la nature, déjà largement obéré par la distinction entre “nature” et “culture” si propre à la civilisation occidentale, s’est essoufflé au profit des promesses d’émancipation et de progrès que les nouvelles prouesses technologiques amenaient.

Pierre Charbonnier relève à ce titre fort justement combien le capitalisme moderne induit, dans les imaginaires collectifs, une étroite corrélation entre les concepts de “liberté” et d”abondance”, parfois au détriment de la protection de l’environnement17. Ce processus anthropologique massif est traditionnellement caractérisé par “la mort de Dieu”, largement reprise et étayée par Max Weber dans Le savant et le politique, ou encore par Sigmund Freud dans L’Avenir d’une Illusion.

Quelles seraient les modalités de la vie collective d’une société éco-sensible ?

Le développement d’un lien culturel nouveau à l’environnement, fondé sur la valorisation des expériences sensorielles et poétiques que peut procurer la nature, fournirait les conditions d’existence d’une vie collective moins violente ou brutale. Mais le rétablissement d’un lien sensible à la nature peut-il vraiment suffire à transformer la société ?

Pour les penseurs dits “matérialistes” comme Marx, seules les considérations économiques et sociales s’ajoutent au cerveau humain pour définir les rapports interindividuels et la place de chacun dans la société. Selon lui, en aucun cas un idéal sensible supérieur ne pourrait venir infléchir la loi d’airain de la condition sociale, seule métronome des rapports de pouvoir.

Cette opinion n’est pas celle d’autres philosophes qui, comme Rousseau, croient en l’existence d’un “état de nature” originel, chez l’être humain, se caractérisant par la bonté universelle et l’égalité de droit. Avant sa vie politique, Jean Jaurès, qui, philosophe, consacra une thèse à un sujet proche intitulé De la réalité du monde sensible, développa quant à lui l’idée selon laquelle l’expérience sensible préfigurait la formation intellectuelle des individus et constituait le socle irréductible de leur humanité : “à mesure que l’on s’élève dans l’échelle de la vie animale, écrit-il, on constate que les sens purement égoïstes se subordonnent peu à peu aux sens esthétiques et désintéressés”.

Plus généralement, pour sortir du champ de la sensibilité, l’idée que l’écologie serait vectrice de “valeurs” utiles à l’amélioration de la vie en société peut être avancée. Car l’attachement à la nature est à l’origine de valeurs politiques ; André Gorz s’emploie à le démontrer dans l’ensemble de son œuvre, certains prétendent même qu’il existerait une doctrine “écosocialiste. La nature ne porte-t-elle pas en elle, en effet, l’idéal de justice ? Il est certain, en tous les cas, que la gestion durable des biens communs suppose d’embrasser la grammaire de l’équité et de la juste répartition des responsabilités. Quid du féminisme ? Dans de nombreuses cosmogonies, la nature est le synonyme de la féminité ; c’est notamment le sens de la Pacha Mama, ou Terre mère, rappelée lors du sommet des peuples de Cochabamba en 2010.

Plus largement, le renouvellement de notre lien à la Nature pourrait se faire sous le signe d’une revalorisation du concept de “République”, laquelle s’inscrirait dans le cadre d’un projet de société plus global. Comme le montre Serge Audier dans la Cité Écologique18, la notion même de République, “chose commune”, renvoie à la nécessité de défendre ce qui doit être gouverné dans l’intérêt commun et non dans l’intérêt particulier.

Or, dans la pensée écologique, ce “commun” peut inclure, d’après l’auteur, “les vivants, les morts et les à-naître, mais aussi […] les “non-humains”. Le développement de l’éco-sensibilité peut aussi être le signe d’un renouvellement de nos représentations politiques, en faveur d’une meilleure prise en compte de l’environnement. D’ailleurs, dans de nombreux dispositifs publics, républicanisme et écologie peuvent se mêler dans un objectif commun : telle est l’hypothèse du service civique à vocation écologique, ou encore des régimes de propriété tenant compte de l’impératif de préservation de la Nature.

Pour l’ensemble de ces raisons, l’éco-sensibilité n’est pas qu’une doctrine écologiste. Elle a un intérêt réel dans le contexte de la crise environnementale, mais elle emporte plus largement des conséquences qui touchent aux fondements même de la vie de la cité.

Conclusion

Que faire de l’éco-sensibilité, ainsi définie ? Comme toute nouvelle doctrine d’action publique, elle présente le caractère d’être applicable de manière systématique. Par son ampleur et la simplicité des fondements intellectuels sur lesquels elle est assise, elle pourrait être intégrée comme l’une des nouvelles conditions de l’action publique. Pourquoi ne pas imaginer une végétalisation systématique de chaque nouvel espace public aménagé ? Ou encore, pourquoi ne pas intégrer dans l’ensemble des politiques éducatives un volet consacré au renforcement du contact à la Nature ?

Mais l’établissement définitif de l’éco-sensibilité devrait toutefois reposer sur un véritable changement de culture, en premier lieu au sein de la décision publique. A ce titre, nous ne pouvons que saluer l’avènement de nouveaux dispositifs de formation des cadres supérieurs de l’Etat, à l’image du programme “Mon parcours transition écologique”, qui entend former 25 000 hauts-fonctionnaires français aux principaux enjeux écologiques avant la fin de l’année 2024.

Ces initiatives méritent d’être poursuivies et d’intégrer, outre les concepts théoriques et abstraits expliquant scientifiquement la crise environnementale, des considérations plus sensibles tenant à l’importance du lien à la Nature pour l’épanouissement de l’usager du service public et l’émancipation du citoyen.

Car le rôle de la politique n’est-il pas, au fond, de faire le bonheur des Hommes ? Le bonheur ne passe-t-il pas, en grande partie, par l’expérience éprouvée par l’individu et les imaginaires qui la conditionnent ? En renforçant la présence du citoyen à la nature, nous pourrions accélérer le rythme de la transition écologique, favoriser le bien-être individuel et même renforcer la cohésion sociale. Il est urgent que les responsables politiques se dotent d’une véritable réflexion sur l’éco-sensibilité !


  1. Michel Magny, Aux Racines De l’Anthropocène, 2019. ↩︎
  2. Dans son Discours de la Méthode (1637, René Descartes écrit ainsi : “il est possible de parvenir à des connaissances qui soient fort utiles à la vie ; et qu’au lieu de cette philosophie spéculative qu’on enseigne dans les écoles, on en peut trouver une pratique, par laquelle, connaissant la force et les actions du feu, de l’eau, de l’air, des astres, des cieux, et de tous les autres corps qui nous environnent, aussi distinctement que nous connaissons les divers métiers de nos artisans, nous les pourrions employer en même façon à tous les usages auxquels ils sont propres, et ainsi nous rendre comme maîtres et possesseurs de la nature.’ ↩︎
  3. Serge Audier, La société écologique et ses ennemis, 2017. ↩︎
  4. Conseil d’Analyse Économique, Les Français et les politiques climatiques, 2023. ↩︎
  5. Enquête nationale nutrition santé (ENNS, 2006-2007). ↩︎
  6. Avis de l’ANSES relatif à l’évaluation des risques liés aux niveaux d’activité physique et de sédentarité des enfants et des adolescents, 14 septembre 2020. ↩︎
  7. Pyle RM (1978) The extinction of experience. Horticulture 56,64-67 ↩︎
  8. Piette, Albert, et Jean-Michel Salanskis, ed. Dictionnaire de l’humain. Nanterre : Presses universitaires de Paris Nanterre, 2018. ↩︎
  9. Interview au journal Le Monde, le 4 août 2020. ↩︎
  10. Kuo FE, Sullivan WC, Coley RL et Brunson L (1998) Fertile Ground for Community: Inner-City Neighborhood Common Spaces American Journal of Community Psychology 26, 6,1998. ↩︎
  11. Kuo FE and Sullivan WC (2001) Aggression and Violence in the inner city: Effects of Environment via Mental Fatigue. Environment and Behaviour 33 No4 July 2001 543-571. ↩︎
  12. Han, Ke-Tsung. (2009). Influence of Limitedly Visible Leafy Indoor Plants on the Psychology, Behavior, and Health of Students at a Junior High School in Taiwan. Environment and Behavior. ↩︎
  13. Ottosson J and Grahn P (2005) A comparison of leisure time spent in a garden with leisure time spent indoors: On measures of restoration in residents in geriatric care. Landscape Research 30 1 23-55 Jan 2005. ↩︎
  14. Whall A L, Black M E, Groh CJ, Yankou D, Kupferschmid BJ, and Foster, NL (1999). The effect of natural environments upon agitation and aggression in late stage dementia patients. Journal of Healthcare Safety, Compliance & Infection Control, 3(1), 31-35. ↩︎
  15. ULRICH R. (1984). « View through a window may influence recovery from surgery », Science, vol. 224, 421. 420-421. ↩︎
  16. Bethsabée De Gunzbourg, Histoire et devenir des jardins dans les établissements hospitaliers, POUR, 2014/4, n°224, pages 225 à 231. ↩︎
  17. Pierre Charbonnier, Abondance et liberté, 2020. ↩︎
  18. Serge Audier, La Cité Écologique, la Découverte, 2020. ↩︎

Mieux voir, sans lunette, c’est mieux vivre !

Porter des lentilles Acuvue Oasys‘, ça change tout ! Le champ de vision est comparable, selon les opticiens, à celui d’un œil sans défaut visuel. Tout devient plus clair, plus net et plus précis. Avec un champ de vision élargi, les activités sportives et de nature redeviennent possibles, là où le port de lunettes peut s’avérer gênant.

Marino Linic

En France, l’âge moyen auquel l’ado abandonne ses lunettes est environ 13 ans. Mais la pratique d’un sport peut par exemple pousser l’adoption des lentilles plus tôt que la moyenne.

Le sport et les lentilles de contact

Selon une étude américaine, 63% des porteurs de lunettes estiment que porter des lunettes est un handicap dans la pratique du sport. En effet, les lunettes peuvent être assez contraignantes selon le sport pratiQU2. La solution de substitution aux lunettes : les lentilles de contact.

50% des porteurs de lunettes les retirent lors de la pratique de leur sport afin d’éviter contraintes, gênes ou même source de stress (perte, casse).

80% des informations pertinentes et utiles au sportif proviennent de la vision.

Une vision optimale et confortable est fondamentale pour la pratique du sport.

Plus de confort, moins de danger

Corrigeant 90% des défauts visuels, myopie et hypermétropie, les lentilles souples présentent de nombreux bénéfices lors d’une activité sportive. Absence de buée ou de traces sur les verres, que vous pratiquiez un sport en intérieur ou en extérieur, votre champ de vision reste net.

Pas de danger non plus de perdre ou de casser vos lunettes ! Directement posées sur l’œil, elles apportent un confort optimal sans risque de se blesser l’arcade sourcilière ou le nez. De plus elles offrent une meilleure évaluation des distances, pour être plus performants.

De la souplesse

Pour les sports collectifs, de raquettes, de précision ou le jogging, les lentilles souples sont LA solution.

Elles épousent parfaitement la cornée de l’œil et procurent un champ visuel plus large. Les sports de contact comme le judo, le karaté ou le rugby interdisent le port des lunettes.

Si vous pratiquez le sport de manière occasionnelle, vous pouvez utiliser des lentilles journalières. Vous ne les portez que pour votre séance de sport et les enlevez une fois chez vous. Pratiques, hygiéniques et peu coûteuses, pour un entrainement ou une compétition réussis !

Des sports déconseillés avec le port des lentilles

Les lentilles de contact ne sont pas adaptées aux sports nautiques.

Quelques conseils pour débuter avec des lentilles

Quand on décide d’utiliser des lentilles, il est normal d’avoir un peu d’appréhension. Passer des lunettes aux lentilles de contact nécessite d’apprendre à les mettre, retirer et nettoyer correctement.

Comment poser et retirer ses lentilles de contact ?

L’entretien des lentilles mensuelles ou bi-mensuelles

Les 10 commandements des lentilles de contact :

La beauté du regard et la qualité de la vision dépendent aussi du bon entretien des lentilles de contact. Pour gagner du temps dans la salle de bain au moment de la pose et avoir une bonne hygiène, les opticiens conseillent d’adopter « les 10 commandements » :

  • 1- Lavez-vous soigneusement les mains
  • 2- Installez-vous dans un endroit bien éclairé
  • 3- Retirez vos lentilles de contact de leur étui sans les pincer avec les ongles
  • 4- Pour éviter les inversions, prenez l’habitude de toujours commencer par la même lentille, droite ou gauche
  • 5- Enlevez une lentille à la fois
  • 6- Avant de retirer la seconde lentille, rangez la première
  • 7- Si vous avez oublié d’ôter vos lentilles de contact avant de dormir, attendez au moins une heure après votre réveil avant de les retirer ;
  • 8- Ne prêtez pas vos lentilles de contact
  • 9- Respectez le temps de port préconisé par l’ophtalmologiste et votre opticien Krys
  • 10- Ne dépassez pas la date limite d’utilisation de vos lentilles de contact
Adrian Swancar

Léonard de Vinci, en 1508, fut le premier à avoir eu l’idée des lentilles de contact. elles ne seront mises au point qu’en 1887 par l’ophtalmologiste allemand Adolph Eugene Fick, et c’est l’ophtalmologiste français Eugène Kalt qui en présentera la première application en 1888 devant l’Académie de médecine de Paris sur une patiente

wikipedia

UN NETTOYAGE RÉGULIER

Directement au contact des yeux, les lentilles de contact doivent impérativement être propres. Négliger leur entretien, c’est prendre le risque de développer des allergies et des infections. Et pourquoi prendre un tel risque quand seulement quelques minutes de nettoyage par jour suffisent ?

« The Good Move » est un kit d’aide au recyclage qui permet de trier les différentes parties de vos lentilles usagées. Grâce à cette nouvelle éco-routine Krys encourzge auprès de ses clients le bon geste pour l’environnement !

Éliminer la pauvreté en regardant au-delà de la croissance

Dans un rapport passé inaperçu, Olivier de Schutter, rapporteur spécial de l’ONU sur l’extrême pauvreté et les Droits de l’Homme, remet en question la croissance comme levier de lutte contre la pauvreté. Il démontre au contraire que cette croyance augmente les inégalités et détruit l’environnement. D’autres voies sont possibles, au-delà de la croissance, défend-il.

UN Photo/Tobin Jones
Un expert de l’ONU appelle à abandonner le PIB comme indicateur de progrès.

L’approche dominante en matière de lutte contre la pauvreté repose sur une augmentation de la production économique globale (mesurée par le produit intérieur brut (PIB)), conjuguée à une redistribution postmarché au moyen d’impôts et de transferts.

Le « croissancisme » ne devrait pas nous détourner de l’impérieuse nécessité de fournir davantage de biens et de services propres à améliorer le bien-être et de réduire la production de tout ce qui est superflu, voire toxique.

Or, selon le Rapporteur spécial, on fait actuellement fausse route en se focalisant sur l’augmentation du PIB, qui n’est pas une condition préalable à la réalisation des droits humains ou à l’élimination de la pauvreté et des inégalités.

Tant que l’économie restera principalement orientée vers une maximisation des profits, elle répondra à la demande exprimée par les groupes les plus riches de la société, favorisera des formes extractives de production qui aggravent l’exclusion sociale au nom de la création de richesses et ne permettra pas aux personnes pauvres d’exercer leurs droits.

La transition d’une économie orientée par la recherche de profits vers une économie orientée par les droits humains est non seulement possible, mais elle est même nécessaire si l’on veut rester dans les limites planétaires.

Dans le présent rapport, le Rapporteur spécial explique les raisons pour lesquelles cette transition est nécessaire et ce à quoi elle pourrait ressembler1

Non, la croissance ne permet pas de lutter contre la pauvreté. C’est la conclusion du rapport publié début juillet par Olivier de Schutter, expert indépendant de l’ONU sur la pauvreté.

“Pendant des décennies, nous avons suivi la même recette éculée : faire croître l’économie d’abord, puis utiliser la richesse pour lutter contre la pauvreté. Ce n’est pas seulement malavisé, c’est dangereux. Au nom du PIB, nous poussons notre planète et ses habitants au bord du gouffre”

Rapporteur spécial de l’ONU

C’est l’un des documents les plus importants dans l’histoire des critiques de la croissance”, commente Timothée Parrique, économiste spécialiste de la décroissance et de la postcroissance. “Il fera date dans l’histoire économique moderne, réagit également Louis Raynaud de Lage, expert Impact Social et Environnemental au sein du cabinet de conseil Bartle. Parce qu’il est le premier rapport d’une organisation internationale unanimement reconnue à dénoncer l’absurde chemin que nous avons emprunté.

Les économies des pays riches ont connu une croissance bien au-delà de ce qui est nécessaire et pourtant, la pauvreté reste enracinée et les inégalités échappent à tout contrôle, constate Olivier de Schutter. @CCO

“Changer de cap”

Olivier de Schutter affirme que la croissance nous détourne de ce qui importe vraiment, à savoir l’élimination de la pauvreté et le bien-être de tous. La croissance “hégémonique”, pensée comme condition préalable à la création d’emplois et au financement des services publics et des politiques sociales est un “mythe” selon lui, qui conduit à la destruction de l’environnement et à une hausse des inégalités. Dans les pays riches, la croissance ne parvient en effet pas à réduire la pauvreté et les inégalités ni à créer des emplois, et elle pousse à transgresser plusieurs limites planétaires, affirme-t-il.

En outre, cette croissance a été alimentée par l’exploitation dans les pays du Sud d’une main d’œuvre bon marché et l’extraction non durable de ressources naturelles, pour produire des biens pour les pays du Nord et pour rembourser la dette extérieure. Dans les pays pauvres, où il est toujours nécessaire d’investir massivement, notamment pour la construction d’écoles et d’hôpitaux ou dans les transports ou les infrastructures électriques, la croissance peut encore être utile, mais cela nécessite de “changer de cap”, insiste Olivier de Schutter.

“Il faut abandonner le croissancisme, mirage qui nous empêche de renoncer à des modes de fonctionnement économiques qui, outre qu’ils sont inefficaces et trop gourmands en ressources, ne répondent pas aux besoins essentiels des personnes pauvres“.

Des mesures concrètes peuvent être prises dès maintenant pour nous remettre sur la bonne voie : abandonner le PIB comme indicateur de progrès, instaurer une garantie d’emploi, mieux valoriser le travail domestique et les soins non rémunérés, augmenter les salaires minima, limiter les richesses générées par les industries destructrices”

Olivier De Schutter (Belgique) a été nommé Rapporteur spécial sur les droits de l’homme et l’extrême pauvreté par le Conseil des droits de l’homme à sa 43e session en mars 2020

Mouvement “Beyond growth”

Le Rapporteur spécial de l’ONU défend une économie postcroissante, qui ne rimerait ni avec austérité ni avec récession. Elle ne serait plus orientée sur la recherche des profits mais sur les droits humains et la lutte contre les inégalités en “valorisant ce qui compte” et en produisant des biens et services plus utiles sur le plan social et plus durables sur le plan écologique. Cela aurait pour avantage de répondre aux besoins des populations, de réduire les émissions de gaz à effet de serre, mais aussi de mettre fin à “la course permanente au statut par la consommation” et ainsi rompre ce cercle vicieux qui engendre toujours plus d’inégalités, d’émissions de gaz à effet de serre….

Pour cela, il a retenu cinq priorités :

  • 1- stimuler l’économie sociale et solidaire,
  • 2- démocratiser le travail via la représentation syndicale notamment,
  • 3- partager l’emploi et réduire le temps de travail,
  • 4- lutter contre le consumérisme en interdisant par exemple la publicité et l’obsolescence programmée,
  • 5- fournir des services de base universels (logement décent, alimentation nutritive, eau, énergie, transports, accès au numérique).

Pour financer tout cela, il propose d’augmenter la taxe sur les successions, sur le carbone et l’impôt sur la fortune ou encore de mieux lutter contre l’optimisation fiscale.

Ce rapport fait suite à l’ouvrage “Changer de boussole, la croissance ne vaincra pas la pauvreté”, publié par Olivier de Schutter en mai 2023 aux éditions Les Liens qui libèrent. Il s’inscrit pleinement dans le mouvement Beyond growth qui vise à explorer les systèmes économiques au-delà de la croissance et qui commence à prendre de l’ampleur.

Entre avril et juin de cette année, des organisations à but non lucratif en Italie, en Autriche, au Danemark et en Irlande ont pris l’initiative de suivre les traces de la Conférence Beyond Growth 2023 du Parlement européen, qui a été pour certains le point culminant de la législature 2019-2024. Suite à son rapport, Olivier de Schutter va quant à lui mener des consultations en vue d’élaborer une feuille de route et de proposer des moyens de parvenir à l’objectif recherché.

  1. Les Rapporteurs spéciaux, les experts indépendants et les groupes de travail font partie de ce que l’on appelle les procédures spéciales du Conseil des droits de l’homme. Les procédures spéciales, le plus grand groupe d’experts indépendants du système des droits de l’homme des Nations unies, est le nom général des mécanismes indépendants d’enquête et de suivi du Conseil qui traitent soit de situations nationales spécifiques, soit de questions thématiques dans toutes les parties du monde. Les experts des procédures spéciales travaillent sur une base volontaire ; ils ne font pas partie du personnel des Nations unies et ne reçoivent pas de salaire pour leur travail. Ils sont indépendants de tout gouvernement ou organisation et travaillent à titre individuel. ↩︎

Les solutions fondées sur la nature (SFN) sont-elles économiquement rentables ?

Le travail de cette étude publiée dans la revue Science de l’Environment Total, a porté sur plus de 20 000 études scientifiques évaluant l’efficacité économique de ce type d’actions face aux catastrophes naturelles : inondations, vagues de chaleur, etc. Le résultat est sans appel : les Sfn se sont avérées rentables pour atténuer les risques dans 95 % des études recensées.

Résumé

Le potentiel des interventions écosystémiques, également connues sous le nom de Solutions fondées sur la nature (Sfn), pour la Réduction des Risques de Catastrophe (RRC) et l’Adaptation aux Changements Climatiques (ACC) est maintenant reconnu par les principales politiques nationales et les accords-cadres internationaux.

Toutefois, les données scientifiques disponibles sur leur viabilité économique et leurs incidences sur l’équité sont limitées. Nous avons examiné des études de langue anglaise avec des pairs, publiées entre 2000 et 2021, qui ont entrepris des évaluations économiques des Sfn pour la RRC et l’ACC.

Sur la base des résultats, 71 % des études ont indiqué que les Sfn se sont constamment avérées être une approche rentable pour atténuer les risques et 24 % des études ont révélé que les Sfn étaient rentables sous certaines conditions.

Les interventions écosystémiques les plus fréquemment trouvées pour atténuer les risques sont associées aux mangroves (80 %), aux forêts (77 %) et aux écosystèmes côtiers (73 %). Des études comparant le rapport coût-efficacité des Sfn et des solutions basées sur l’ingénierie pour atténuer certains risques ont montré que les Sfn ne sont pas moins efficaces que les solutions basées sur l’ingénierie.

Parmi ces études, 65 % ont montré que les Sfn est toujours plus efficaces en termes de risques d’atténuation par rapport aux solutions basées sur l’ingénierie et 26 % ont constaté que les Sfn sont partiellement plus efficaces.

Les résultats illustrent une série de facteurs, y compris les emplacements géographiques des Sfn analysées, leur contribution à la restauration et à l’augmentation de la biodiversité, leur structure de propriété, leur source de financement et les méthodologies économiques utilisées pour évaluer le rapport coût-efficacité et les effets de distribution. La situation géographique des observations Sfn incluses dans cette analyse a été examinée en tenant compte des projections mondiales de température et de précipitations.

Catalogue des Solutions fondées sur la Nature

Les écosystèmes et les services écosystémiques sont essentiels pour contribuer à la réduction des risques de catastrophe, du développement durable et de l’adaptation aux changements climatiques (Doswald et al., 2014; Cohen-Shacham et al., 2016; Brink et al., 2016; Chausson et al., 2020; Debele et al., 2023), et cela est maintenant reconnu par les principaux accords internationaux (par exemple, Sendai Framework for Disaster Risk Reduction (SFDRR).27, 2022), Convention sur la diversité biologique, 2022 (PNUE, 2022a).

Fiches sur les Solutions Fondées sur la Nature

Les avantages des interventions écosystémiques, également connues sous le nom de Solutions fondées sur la nature (Sfn) (Sudmeier-Rieux et al., 2021; Pereira et al., 2023) sont de plus en plus évidents.

Toutefois, les connaissances scientifiques sur le rapport coût-efficacité et les résultats de l’équité des Sfn sont limitées. Cette étude traite de ce déficit de connaissances en développant une base de données mondiale d’études évaluées par des pairs, publiées entre 2000 et 2021, réalisant une évaluation économique des Sfn.

L’étude se concentre sur deux types de Sfn : les approches écosystémiques de la Réduction des Risques de Catastrophe (Eco-RRC) et l’Adaptation aux
Changements Climatiques fondées sur les Ecosystèmes
(ACCE).

La cinquième session de l’Assemblée des Nations Unies pour l’environnement
(PNUE, 2022b) a adopté officiellement la définition des Sfn
intitulée :

« mesures visant à protéger, conserver, restaurer, utiliser de manière durable et gérer les écosystèmes naturels ou terrestres, côtiers et marins, et à adapter les défis sociaux, économiques et environnementaux, tout en assurant le bien-être humain, les services écosystémiques et les avantages de la biodiversité ».

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Le thème général de l’UNEA-5 est « Renforcer les mesures pour la nature afin d’atteindre les objectifs de développement durable ». Il place la nature au cœur de la reprise économique mondiale post-pandémique et appelle les États membres à soutenir la mise en œuvre des Sfn « en partenariat avec les communautés locales, les femmes et les jeunes ainsi qu’avec les peuples autochtones » (PNUE, 2022c).

Le Plan de mise en œuvre de Charm el-Cheikh issu de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques de 2022 (FCCC-COP27, 2022:2) fait référence aux Sfn pour la première fois dans l’histoire des négociations sur le climat et « souligne la nécessité urgente d’aborder, de manière globale et synergique, les crises mondiales interdépendantes des changements climatiques et de la perte de biodiversité dans le contexte plus large de la réalisation des objectifs de développement durable ».

De nombreuses organisations et gouvernements mondiaux, nationaux et locaux
investissent maintenant dans les approches Eco-RRC et ACCE dans le cadre des stratégies de relance économique verte de la COVID-19 (Commission européenne, 2020a; UICN, 2021; Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada, 2021).

La stratégie de l’UE en faveur de la biodiversité à l’horizon 2030 (Agence européenne pour l’environnement, 2021), pilier essentiel du Pacte vert pour l’europe, comprend un plan de restauration de la nature qui peut stimuler l’adoption de solutions fondées sur la nature.

Au cours de la CCNUCC-COP27, l’Administration des États-Unis de Biden-Harris a publié une feuille de route pour les solutions fondées sur la nature, qui contient des recommandations visant à transposer une Sfn pour faire face aux changements climatiques, aux pertes de nature et aux inégalités aux États-Unis d’Amérique (White House Council on Environmental Quality et al., 2022).

Il est essentiel de rassembler des preuves scientifiques sur les aspects économiques et financiers des Sfn. Selon la Commission européenne, plus de 200 millions d’euros ont été investis dans des projets de recherche et de démonstration Sfn entre 2016 et 2020, et plus de 200 millions d’euros pour la recherche sur les Sfn devraient être disponibles dans le cadre du Pacte vert pour l’Europe et Horizon Europe (Commission européenne, 2020a).

Malgré ces efforts, peu d’études évaluées par des pairs résument l’état des connaissances scientifiques sur les avantages économiques des Sfn et leurs résultats de répartition entre les groupes sociaux pour soutenir la prise de décision pluraliste sur les Sfn. Une plus grande attention est nécessaire pour combler ces lacunes en matière de recherche et élaborer des normes de performance des Sfn inclusives.

Un monde juste qui valorise et conserve la Nature“

Cette étude s’appuie sur une récente évaluation mondiale (Sudmeier-Rieux et al., 2021) qui a réalisé la première revue systématique de 529 études Eco-RRC évaluées par des pairs dans toutes les disciplines, cataloguant l’étendue de la confiance dans les écosystèmes pour la réduction des risques de catastrophe.

L’analyse va plus loin en examinant l’économie de la mise en œuvre des Sfn en termes de financement, de rentabilité, de co-avantages générés et d’éventuelles implications de la justice sociale dans un spectre multidimensionnel de groupes socio-économiques. Le potentiel véritablement pluralistes des Sfn pour transformer la société est évalué dans les dimensions matérielles et intangibles du pouvoir, y compris la recherche participative qui soutient la création de connaissances pluralistes (Lehmann et al., 2018; Woroniecki et al., 2020).

Outre l’étude de l’efficacité économique des Sfn, l’examen des articles analysaient le lien entre les Sfn mises en œuvre et les inégalités de revenus, le sexe, la race et l’appartenance ethnique, les groupes autochtones et les communautés locales et leur contribution aux objectifs de développement durable.

Une base de données mondiale de 402 observations, provenant de 87 articles examinés en anglais publiés entre 2000 et 2021, pour réaliser des évaluations économiques des interventions de l’Eco-RRC et de l’ACCE. Les Sfn analysées dans cette étude couvrent un éventail d’écosystèmes, englobant les écosystèmes naturels, gérés et nouvellement créés, ainsi que les écosystèmes à différents niveaux du continuum de restauration (Gann et al., 2019).

Les résultats illustrent de multiples facteurs, notamment la localisation géographique du NbS analysé, la source de financement et les méthodologies économiques utilisées pour évaluer le rapport coût-efficacité et les effets de répartition.


8 QUESTIONS À SE POSER
POUR METTRE EN ŒUVRE
LES SOLUTIONS FONDÉES SUR LA NATURE

Un guide d’appropriation du Standard mondial de l’UICN

LES SOLUTIONS FONDÉES SUR LA NATURE par l’UICN

Provence-Alpes-Côte d’Azur : changement climatique et pénuries d’eau, les défis qui attendent la région

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Parc national de Camargue. Richard Semik/Shutterstock

Isabelle Duhamel-Achin, BRGM et Marc Moulin, BRGM

Et si le scénario de 2022 se répétait ? Dans les Bouches-du-Rhône, plusieurs dizaines communes étaient placées en alerte renforcée sécheresse – et donc à des restrictions d’eau – à la fin juillet 2024. Il faut dire que la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA) est particulièrement vulnérable au risque de sécheresse.

Elle l’est à cause du climat méditerranéen qui y règne, mais aussi du fait d’une répartition inégale de la ressource en eau sur le territoire. Celle-ci peut conduire à une dépendance aux aménagements hydrauliques réalisés pour transférer l’eau abondante des zones alpines vers les zones plus déficitaires et densément peuplées du littoral.

Depuis plusieurs années, le BRGM multiplie les projets de recherche avec des partenaires locaux en PACA pour améliorer les connaissances du sous-sol et de ses ressources en eau.

De quoi améliorer la gestion collective de la ressource ? La sécheresse hors norme de 2022 a en tout cas entrainé une réflexion des collectivités sur la gestion partagée de la ressource.

Une répartition inégale des ressources en eau

La ressource en eau est plutôt abondante en PACA, mais elle est inégalement répartie dans l’espace et dans le temps, en fonction des saisons. Elle est parcourue par près de 46 000 kilomètres de cours d’eau, dont deux axes majeurs : le Rhône, qui traverse d’abord la région Auvergne-Rhône-Alpes, et la Durance, affluent du Rhône qui trouve sa source dans les Hautes-Alpes.

Le grand barrage de Serre-Ponçon, par exemple, conçu à l’origine comme un ouvrage destiné à la production d’hydro-électricité, joue un rôle de réservoir et de régulateur. Il permet de soutenir le manque d’eau pendant la période estivale, par un relargage progressif des réserves constituées en fonction des besoins du territoire.

Barrage de Serre-Ponçon. Pierre Metivier/Flickr, CC BY-NC

Il alimente tout un réseau de canaux d’irrigation et d’alimentation en eau dans plusieurs départements de la région grâce à une concession régionale gérée par la Société du Canal de Provence. Le canal de Marseille alimente la deuxième plus grande ville de France en nombre d’habitants à partir de la Durance. Les deux tiers de l’eau de surface de la région proviennent d’ailleurs de ce cours d’eau et de son affluent le Verdon. Le dernier tiers dépend du partage de l’eau du Rhône depuis la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Il existe aussi des projets de partage de l’eau (non aboutis pour l’instant) interrégionaux. Citons, parmi d’autres, celui vers la région Occitanie à partir du Rhône (projet Aqua Domitia). Les réflexions de gestion unifiée dépassent d’ailleurs les frontières : le fleuve Roya, qui prend sa source en France et termine sa course dans la plaine alluviale de Vintimille, en fournit un bon exemple. Un protocole international de gestion et d’étude de la nappe alluviale de la Roya existe et des projets d’étude et d’exploitation en commun sont à l’œuvre.

Des eaux souterraines encore peu exploitées

Outre les eaux de surface, 14 % des prélèvements pour l’alimentation en eau, tous usages confondus, proviennent des nappes d’eau souterraine. Pour l’eau potable, cette part se monte à 50 %. Les eaux souterraines représentent donc un enjeu crucial pour l’avenir : les débits des eaux de surface risquent de diminuer dans les décennies à venir sous l’effet du changement climatique.

Les masses d’eau souterraine en région PACA. BRGM, Marc Moulin, 2024, Fourni par l’auteur

Les eaux souterraines se retrouvent principalement au sein des nappes alluviales (en général peu profondes) ou des réservoirs karstiques (superficiels ou plus profonds). Dans la région, coexistent en effet divers types de formations rocheuses, aux propriétés hydrogéologiques variées :

  • Les domaines cristallins de socle (roches fracturées de type magmatique ou métamorphique des massifs des Maures-Estérel-Tanneron, du Mercantour ou du sud des Alpes). Ils sont réputés peu productifs en eaux souterraines.
  • les alluvions, anciennes ou récentes (limons, sables, graviers…) localisées principalement sur la bande côtière et dans les domaines de grandes plaines provençales, recélant des nappes superficielles qui bordent les principaux cours d’eau (la Durance, la Crau, le Gapeau, la Siagne, le Var…), qui sont les plus exploitées (environ 60 % des prélèvements d’eau),
Gouffre de la Fontaine de Vaucluse, photo prise en janvier 2024 : le niveau de l’eau est bas, avec cavité de dissolution (karst) visible sous la falaise calcaire. BRGM, Mélissande Ibba, Fourni par l’auteur
  • Les grands massifs dits karstiques (constitués de calcaires et dolomies, des roches carbonatées), accueillant des aquifères complexes encore assez peu exploités. Le fonctionnement de ces écoulements souterrains est souvent complexe et les réseaux qu’ils dessinent sous la surface ne sont pas encore entièrement connus. Leurs affleurements représentent le quart de la surface de la région.

Les ressources qu’ils accueillent sont souvent très réactives aux conditions hydroclimatiques. L’eau circule dans les cavités (karsts) créées par la dissolution naturelle de la roche, rendue semblable à un gruyère par l’écoulement de l’eau.

Photo du même lieu prise en mars 2024, niveau d’eau haut après de fortes pluies, la cavité n’est plus visible. BRGM, Mélissande Ibba, Fourni par l’auteur

Ils peuvent constituer de vastes réservoirs. Ils sont à l’origine de sources remarquables qui contribuent localement à l’alimentation des rivières, comme le montrent les photographies ci-dessus, prises à la Fontaine de Vaucluse.

Le changement climatique en Méditerranée

La disponibilité de la ressource en eau souterraine dépend des cycles hydroclimatiques, très contrastés en région méditerranéenne. Sur la façade maritime, un changement semble d’ores et déjà s’esquisser, avec une augmentation notable ces dernières années des températures moyennes et des vagues de chaleur prolongées pendant l’été.

Au-delà des seules températures, la fréquence d’autres événements météorologiques extrêmes, comme les fortes pluies, augmente également. Celles-ci peuvent entraîner des crues éclair dans les vallées encaissées des hauts reliefs sur les domaines alpins, des inondations et des dommages sur les infrastructures (par exemple la tempête Alex en 2020).

A l’inverse, les périodes prolongées sans pluie peuvent provoquer des sécheresses importantes, comme celle de 2022, d’autant plus impactantes qu’elles interviennent après des automnes avec faible pluviométrie et des hivers secs.

Des restrictions sur les usages de l’eau avaient été imposées en 2022 et 2023 par arrêtés préfectoraux pour limiter les volumes prélevés sur les nappes insuffisamment rechargées. De nombreuses collectivités du Var et des Alpes Maritimes avaient dû alors s’orienter vers des solutions alternatives transitoires : achat d’eau potable en citernes ou en bouteilles, arrêt de l’arrosage des espaces verts ou de l’alimentation des fontaines d’agrément et des piscines…

Le changement climatique pourrait également entraîner à terme une salinisation des aquifères côtiers dans les secteurs les plus densément peuplés sur la frange littorale.

En effet, avec la remontée du niveau marin, l’interface entre eau douce et eau salée dans le sous-sol sera amenée à se déplacer vers l’intérieur des terres. Cela va accentuer la vulnérabilité des captages d’alimentation en bord de mer, mais également dans les plaines (souvent agricoles) et dans les zones humides de basse altitude, en Camargue notamment.

Recherche et politiques locales, deux façons d’agir sur le risque de pénurie

La sécheresse extrême de 2022 a entraîné une réflexion collective sur la gestion partagée de la ressource en eau pour la planification territoriale. Dans ce contexte, le BRGM développe des modèles numériques pour mieux évaluer les impacts futurs du changement climatique sur la ressource et la recharge des nappes. Cela implique de simuler l’évolution des flux de masses d’eau et les interactions entre les eaux de surface et le niveau des nappes d’eau souterraine.

Les objectifs sont multiples : cibler des secteurs à fort potentiel où aller explorer de nouvelles ressources de substitution, mieux comprendre comment transitent ces flux sur notre territoire pour mieux les utiliser, reconstituer les stocks, voire même identifier les secteurs qui seront le plus en tension à l’avenir.

Ces éléments produits par le BRGM permettent de nourrir la réflexion politique au niveau local : choix de nouveaux aménagements, arbitrages dans les prises de décision… Citons plusieurs exemples de projets de recherche récents où le BRGM travaille en collaboration avec les partenaires locaux de la région PACA :

L’adaptation passe également par la mise en place d’actions concrètes ou d’expérimentations sur le territoire, par exemple :

  • la rénovation des réseaux des collectivités pour en réduire les fuites,
  • la désimperméabilisation des sols en milieu urbain. De quoi faciliter le transfert des pluies vers le sous-sol pour recharger les nappes.
  • la valorisation des eaux usées traitées pour lutter contre la sécheresse,
  • la mise en place de système d’irrigation agricole plus sobres, comme du goutte-à-goutte automatisé déclenché suivant les conditions météo ou des capteurs d’humidité des sols connectés,
  • des changements de pratiques avec des cultures adaptées à un climat plus chaud.

L’urgence à préserver l’eau en PACA

Rappelons enfin que le maintien d’une quantité d’eau suffisante dans les cours d’eau et les nappes est indispensable à leur bon fonctionnement et l’équilibre des écosystèmes. Selon les derniers chiffres de 2023, publiés sur le site EauFrance, seuls 48 % des milieux aquatiques en surface sont considérés en bon état écologique, 88 % sont en bon état quantitatif et 85 % en bon état chimique (c’est-à-dire, dont les niveaux de pollution sont conformes aux exigences réglementaires).

Il y a urgence : selon l’Agence de l’Eau, 40 % des territoires du bassin Rhône-Méditerranée seraient en tension car les besoins actuels et les prélèvements dépassent la capacité des ressources disponibles.

Un enjeu important pour la région PACA, par ailleurs soumise à de fortes pressions démographiques liées notamment au tourisme.

Isabelle Duhamel-Achin, Direction Régionale Provence-Alpes-Côte d’Azur, BRGM et Marc Moulin, Hydrogéologue, BRGM

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

Premier guide d’utilisation de l’ADN environnemental (ADNe) en milieu marin

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Le premier guide d’utilisation de l’ADN environnemental (ADNe) en milieu marin est disponible. Il a été conçu pour accompagner tous les acteurs de la biodiversité marine dans la mise en œuvre des méthodes d’analyse de l’ADNe, de l’acquisition à l’interprétation des données. C’est une méthode récente et innovante, non invasive et facilement déployable sur le terrain. Elle permet de détecter et d’inventorier les espèces présentes dans un milieu aquatique à partir de simples prélèvements d’eau.

Comprendre l’ADNe

L’ADN environnemental, ou ADNe, est défini comme l’ADN pouvant être extrait à partir d’échantillons environnementaux sans nécessiter d’isoler, au préalable, les organismes ciblés. Ainsi, grâce à l’analyse de l’ADNe, les espèces présentes dans un milieu donné peuvent être détectées par prélèvement et identification des traces d’ADN qu’elles laissent dans leur environnement.

Depuis 2008, cette méthode novatrice a démontré son efficacité dans le domaine de la biologie de la conservation, notamment pour la réalisation d’inventaires et de suivis de la biodiversité.

En permettant, entre autres, l’étude de l’ensemble des règnes du vivant et la détection d’espèces clés (protégées, menacées, exotiques envahissantes, etc.), cryptiques ou invisibles à l’œil nu, elle s’intègre comme un outil complémentaire aux autres méthodes de recensement de la biodiversité marine (captures, recensements visuels, hydroacoustique).

Écologie de l’ADNe

La distance de détection et la durée de persistance de l’ADNe sont influencées par son écologie, c’est-à-dire par la composition, l’origine, le transport et la dégradation des molécules d’ADN dans l’environnement. En milieu marin, l’ADNe tend à être dilué dans des volumes importants et est donc, généralement, présent en très faibles quantités dans la colonne d’eau.

La détectabilité des espèces dépend de la probabilité de prélever leur ADN dans le milieu, de la préservation de cet ADN au cours du processus analytique et de l’absence de contamination des échantillons considérés. Ainsi, lorsque l’objectif de l’utilisateur est d’obtenir une liste d’espèces la plus exhaustive possible tout en limitant les risques de faux-négatifs et de faux-positifs, il est nécessaire de choisir des méthodes d’échantillonnage et d’analyse respectant les plus hauts niveaux de précaution possibles.

Les méthodes déployées dans le cadre de Vigilife, et présentées pas à pas dans ce guide, ont été développées en ce sens

L’ADNe émerge comme
une avancée révolutionnaire
révélant le monde sous-marin
sous une nouvelle lumière.

Les mers et océans ont beau couvrir la majorité de notre planète en surface (70%) et en volume de l’espace habitable (98%), ils n’en restent pas moins une grande étendue opaque en termes d’appréhension visuelle et de connaissances.

Ce mélange d’immensité et d’inconnu est à l’origine de bien des histoires et légendes mais aussi une invitation aux expéditions et découvertes captivantes. Malgré les contraintes (luminosité, pression), la vie s’y épanouit de manière surprenante … pourtant, nous commençons seulement à en effleurer sa diversité et sa compréhension.

Aujourd’hui, alors que les activités humaines et leurs conséquences n’ont jamais autant menacé la biodiversité marine, il devient impératif d’utiliser toutes les ressources à notre disposition pour comprendre, préserver et restaurer les écosystèmes marins. Quoi de mieux que d’utiliser la molécule de base du vivant pour étudier la biodiversité ?

Recensement par photographie © IRD – Gilles Di Raimondo, Lengguru 2014

Chaque nouvelle technologie apporte son lot de promesses et l’ADN environnemental (ADNe) émerge comme une avancée révolutionnaire révélant le monde sous-marin sous une nouvelle lumière. Pour autant, le but n’est pas de remplacer les méthodes traditionnelles (caméras, acoustique, etc.) mais bien de les compléter, d’apporter d’autres réponses pour se poser de nouvelles questions.

Face au double impératif de lutte contre le changement climatique et l’insécurité alimentaire, le vaste océan apparaît comme un acteur central et pourtant méconnu. Dans ce contexte, les attentes envers l’ADNe, outil qui apparaît encore mystérieux voire suspicieux pour certains, sont encore plus fortes.

Mais que peut-on réellement détecter avec l’ADNe ? Quelles sont ses limites ? Comment ça marche ? De quels matériels a-t-on besoin ? Autant de questions auxquelles ce guide souhaite apporter des réponses claires et documentées.

Ce guide d’utilisation de l’ADN environnemental en milieu marin se veut être une ressource accessible et opérationnelle pour tous celles et ceux qui aspirent à mieux connaître, surveiller, comprendre, restaurer et protéger nos mers et océans.

Il offre une vue d’ensemble illustrée et documentée de cette technologie innovante, de son fonctionnement et de ses applications pratiques. Grâce à cet outil, les chercheurs, les étudiants, les gestionnaires de la nature, les décideurs politiques et même les citoyens peuvent désormais explorer les mystères de l’océan avec une précision inégalée.

Né d’une collaboration entre entreprises, établissements publics et organismes de recherche académique, ce guide est aussi le reflet de la responsabilité partagée que nous avons envers notre environnement marin et de la nécessaire coopération à mettre en place entre tous les acteurs. En partageant nos connaissances et nos expertises, nous souhaitons œuvrer pour que la biodiversité marine continue d’inspirer et d’émerveiller les générations futures.

Auteur du Guide : Carolane Giraud (SPYGEN), Pierre Boissery (Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse), Alicia Dalongeville (SPYGEN), Tony Dejean (SPYGEN), Julie Deter (Andromède Océanologie), Aurélie Lacoeuilhe (PatriNat), David Mouillot (Université de Montpellier)

Ni l’un ni l’autre sommes des biologistes moléculaires, mais nous avons vu dans l’ADNe une autre façon de répondre à nos questions. Alors, pourquoi pas vous ?

Julie Deter, maîtresse de conférences associée à l’Université de Montpellier, UMR MARBEC et cheffe de projets R&D à Andromède Océanologie
David Mouillot, professeur à l’Université de Montpellier, UMR MARBEC

GUIDE D’UTILISATION DE L’ADNe EN MILIEU MARIN

Ce guide, proposé par l’alliance internationale Vigilife, est l’un des livrables du projet eREF, financé par
l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse et porté par l’Université de Montpellier en partenariat avec les
entreprises Andromède Océanologie et SPYGEN.

Décryptage d’un climatosceptique par Thomas Wagner

Le youtubeur « Raptor » aux 700 K followers vient de publier une vidéo climatosceptique qui a déjà été vue 300 000 fois en moins de 24H ! Plus de 30 mensonges à réfuter … Thomas Wagner revient dans cette vidéo pour Bon Pote sur les principaux, en espérant que certaines personnes changent d’avis.

0:00​​ • Introduction

1:28​​ • Loi de Brandolini

3:15​​ • Steven Koonin, climatosceptique notoire, inspiration de sa vidéo

5:40​​ • Un réchauffement climatique d’origine humaine

11:49​ • Les modèles climatiques

15:10​ • La montée des eaux

17:30​ • Raptor expert en économie

19:30​ • Mensonges sur les ouragans

24:49​ • Les feux de forêt d’origine humaine

28:33​ • La science est « manipulée »

32:20​ • Consensus climatique vs consensus politique

35:43 • Pépite et conclusion

Sources :


A l’origine : la Vidéo du youtubeur Le Raptor
RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE :
DÉCRYPTAGE D’UNE ARNAQUE MONDIALE

Après quelques 2 années d’ellipse, le guerrier de la libération muni de la plus puissante des armes, la vérité, est de retour pour vous délivrer de l’emprise du tsukuyomi infini climatique.

Le Raptor

Réchauffement climatique: le rôle de la vapeur d’eau

Le Réveilleur fait le point dans cette vidéo sur le rôle de la vapeur d’eau dans le changement climatique.

Qu’est-ce qui fixe le contenu en vapeur d’eau dans l’atmosphère ? La vapeur d’eau peut-elle causer un changement climatique ? Peut-elle agir sur les changements climatiques sans être une cause ? Son rôle est-il étudié par les climatologues ? Est-ce que les émissions de vapeur d’eau par les sociétés humaines ont une influence sur le climat ?

L’entreprise à visée régénérative, la solution face à l’urgence écologique et aux enjeux sociétaux ?

Face à l’urgence écologique et aux multiples enjeux sociétaux, l’entreprise ne peut plus se contenter de limiter, d’éviter et de réduire l’impact négatif de ses activités, basées sur la croissance volumique. C’est de cette évidence qu’est né le concept d’entreprise à visée régénérative qui s’inspire de la méthode agricole du même nom. Il implique de repenser totalement la relation de l’entreprise au vivant et par là même le rôle de l’entreprise dans la société. Un nouveau modèle d’entreprise, qui respecte les limites planétaires tout en partageant mieux la valeur avec ses parties prenantes, la solution pour une économie symbiotique ?

La soutenabilité, c’est un développement durable qui répond aux besoins des générations présentes (en particulier des plus démunis) sans compromettre la capacité des générations futures à répondre à leurs propres besoins. Le développement durable, on est plutôt familier avec ce concept…Cependant, il existe deux visions de la soutenabilité dont on parle moins : l’une faible et l’autre forte.

🔴 La vision faible de la soutenabilité n’impose pas de hiérarchie entre les trois capitaux (écologique, social et économique) ce qui implique qu’il est possible de substituer un capital à l’autre (le capital économique l’emportant souvent sur le reste dans de nombreuses entreprises et marchés).

🟢 À l’inverse, la vision forte de la soutenabilité priorise les capitaux. L’environnement prévaut sur le social qui prévaut sur l’économie.

Et le lien avec le régénératif dans tout ça ? Eh bien, l’économie régénérative considère que réduire notre impact négatif sur l’environnement est nécessaire mais pas suffisant. Elle cherche donc à générer des impacts positifs nets, en s’appuyant sur la restauration et la régénération, répondant ainsi à une vision forte de la soutenabilité. L’économie régénérative vise ainsi à engager la société vers un espace sûr et juste en s’appuyant sur le vivant. Comment ? En créant des liens avec le vivant pour chacune des composantes du modèle économique. Ce mouvement n’étant possible qu’avec une raison d’être alignée et une gouvernance en accord avec cette connexion au vivant et les principes sous-jacents de l’entreprise régénérative.


L’entreprise régénérative : la seule option viable pour faire face au défi des limites planétaires ?

Le terme “entreprise régénérative” est de plus en plus utilisé. Alors avant que sa surutilisation dilue son sens premier et désigne d’autres réalités, voici notre synthèse sur le sujet.

Solenn Assathiany – Co-fondatrice de Mélibée |

Cette synthèse est basée sur les apprentissages de Solenn Assathiany, co-fondatrice de Mélibée, au sein de la CEC (Convention des Entreprises pour le Climat) et du parcours Butterfly sur l’entreprise régénérative (LUMIÅ AXA Climate). Découvrez ce que veut dire être une entreprise régénérative,
pourquoi c’est essentiel, les 3 piliers pour s’engager vers une voie régénérative et la différence avec les autres modèles d’entreprise engagées

Des entreprises pionnières comme celles qui ont suivi un parcours CEC (Mustela, Renault Trucks…) ou Ulterïa, POCHECO, Guyaki, Nexans, Interface évoluent peu à peu et montrent la voie vers le régénératif, car c’est un chemin, un champ en pleine exploration, qui va nécessiter de nombreuses expérimentations, de la R&D. Mais il est temps de se lancer !


Qu’est-ce que l’entreprise à visée régénérative ?

« Alors que le vivant s’effondre, alors que de plus en plus de zones du monde suffoquent dans un été 2024 le plus chaud jamais enregistré, alors que la ressource en eau est sous pression croissante, que nous croulons sous nos pollutions et sous les inepties de notre civilisation dégénérative, … il est plus qu’urgent de renverser la vapeur et d’engager un vaste travail de régénération. »

Christophe Sempels
Co-fondateur, Directeur Général et de la Recherche-Action chez LUMIA

Le régénéra-quoi ?

Pour découvrir en quelques minutes le régénératif, 5 vidéos issues des micro-learnings réalisés par LUMIA avec Les Nouveaux Géants. Christophe Sempels et Bertrand Thuillier nous expliquent les modèles économiques régénératifs ainsi que la régénération socio-écologique.

Ils sont tous les jours plus nombreux à s’y consacrer. Et une nouvelle ressource est désormais gratuitement à la disposition de tous pour soutenir ce mouvement : le module consacré à la régénération du MOOC « Comprendre la crise écologique pour réinventer l’entreprise » du Collège des Directeurs du Développement Durable (C3D) .

Christophe Sempels cite les voix inspirantes de nombreuses contributrices et contributeurs avec il a fait un joli binôme sur ce MOOC : Anna Le Faouder (CEC (Convention des Entreprises pour le Climat), Isabelle Delannoy (L’entreprise symbiotique), Thomas Breuzard (norsys et La Permaentreprise), Valérie BRUNEL (Kairos), Veronique Letellier (AXA Climate), LUMIÅ ainsi que des dirigeants d’entreprises qui témoignent sur leur chemin vers le régénératif : Guillaume DESNOES (Alenvi), Gilles Vermot Desroches (Schneider Electric), Arnaud Vanpoperinghe (Tikamoon, Alumni CEC) …

Ce nouveau module répond en 6 séquences de quelques minutes aux questions suivantes :

– Qu’appelle-t-on l’entreprise régénérative ?
– Quelles sont ses implications écologiques ?
– Comment revenir à un développement soutenable ?
– Comment transformer son modèle d’affaires ?
– Et enfin, comment démarrer une démarche régénérative ?

Etude LUMIA – « L’entreprise à visée régénérative : Fondamentaux et exemples de pionniers »

Lorsqu’un nouveau concept, tel que celui du régénératif, émerge, le risque est grand de s’y engouffrer en prenant insuffisamment la peine d’en explorer avec exigence le contenu, la signification, les modalités de mise en oeuvre et les opportunités qu’il présente aussi bien que les fausses promesses qu’il ne faut pas lui prêter.

Alors que de plus en plus d’entreprises se questionnent sur la régénération socio-écologique, cette étude de recherche-action inédite, qui s’appuie sur de nombreux exemples d’entreprises pionnières, fait émerger un socle conceptuel et méthodologique solide qui vise à entamer concrètement une évolution vers un modèle économique à visée régénérative.

Comment réduire ses impacts négatifs aux seuils incompressibles ? Comment générer des impacts positifs pour les écosystèmes et les communautés humaines ? Comment inscrire le régénératif au cœur du modèle économique…?

L’empreinte écologique du numérique représente 1,5 fois les émissions mondiales de gaz à effet de serre du secteur aérien !

L’association Biosphère Expérience, fondée par Corentin de Chatelperron et Caroline Pultz, expérimente un futur durable et désirable dans lequel les humains vivent en symbiose avec les autres espèces vivantes. Elle développe des technologies climatiques low-tech, c’est à dire accessibles, utiles et durables. Parce que l’empreinte du numérique représente 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, soit 1,5 fois celles du secteur aérien, les tutos du low-tech lab pour un habitat autonome en eau, énergie et alimentation et les travaux du ThinkTank The Shift Project nous invitent à réduire notre empreinte carbone.

L’empreinte écologique du numérique se divise en 3 parties : 60 % pour les terminaux (ordinateurs, smartphones, objets connectés), 15 % pour les data centers, et 25 % pour le réseau de transmission. La fabrication des terminaux est donc le principal coupable !

Pour réduire notre empreinte digitale, il est essentiel d’utiliser nos équipements le plus longtemps possible et d’opter pour des appareils reconditionnés. Mais pas que… Corentin de Chatelperron s’est penché sur une solution innovante :

il est possible d’optimiser son smartphone pour remplacer l’ordinateur ! Le Smart-Ordi

L’équipe de Biosphère Expérience a lancé en 2024 un programme de sciences participatives pour toutes celles et ceux souhaitant tester chez eux des systèmes et pratiques low-tech. Alimentation, valorisation des déchets ou encore économie d’eau : les 8 missions low-tech abordent des thématiques d’actualité et seront testées par de nombreuses personnes, partout en France et à l’étranger. Ces expériences citoyennes permettront de collecter un large panel de données techniques, sociologiques, ergonomiques, ou encore psychologiques sur la mise en place et l’usage de low-tech.

Plus de 1300 expériences citoyennes sont menées en France et à l’étranger depuis début juillet. Les participants sont prêts à débuter les expériences en septembre 2024.

Mission #1 : Woofing
Cueillir ses fruits et légumes frais, bio et de saison

Quel impact peut avoir la pratique maraîchère sur le lien qu’entretiennent les citadins avec le monde vivant, rural et agricole ? Pour le découvrir, participez à cette mission peu commune : dans une même ville, un groupe d’amis ou de collègues se retrouve chaque semaine pour travailler la terre dans une ferme bio et locale. À tour de rôle, vous consacrez du temps pour aider le maraîcher à cultiver ses fruits et légumes de saison. En fin de journée, vous repartez avec une récolte fraîchement cueillie. La fréquence et l’organisation sera fonction de la taille du groupe et de l’accord passé avec la ferme : cela peut prendre entre une demi-journée par semaine et une demi-journée par mois.

Mission #2 : Le jardin d’intérieur
Expérimenter la culture de jeunes pousses comestibles en bioponie


Cueillir et consommer au jour le jour ses propres plantes présente un grand intérêt gustatif et nutritif. Mais comment faire en ville et zone urbaine où peu d’espaces sont disponibles à la culture en terre ? Expérimentez la culture en bioponie ! Au lieu de pousser dans la terre, les racines des plantes sont plongées dans un bassin d’eau et d’engrais organiques en circuit fermé. L’intérêt de ce système ? Rendre accessible ces jeunes plantes riches en vitamines relativement chères à l’achat et permettre une plus longue conservation tout en utilisant 10 fois moins d’eau qu’une culture en terre.

Mission #3 : Menu low-tech
Vers une alimentation saine, durable et accessible


Prêts à changer vos habitudes alimentaires ? Comment manger sain, durable et économique? On vous a concocté un menu végétarien, bio et de saison, qui réponde au mieux aux besoins nutritifs journaliers, qui ne génère aucun déchet, tout en restant accessible financièrement. Au menu, de savoureux plats composés de céréales et de légumineuses, accompagnés de fruits et légumes frais, sublimés par des sauces délicieuses. À vous de jouer !

Mission #4 : La douche à brumisation
Vers une hygiène alliant pratiques durables, plaisir et bien-être


L’eau va devenir une ressource de plus en plus rare. Comment allier économie d’eau, plaisir et bien-être? Et si on réinventait la douche ? Nous vous proposons d’expérimenter la douche à brumisation en n’utilisant que 5 L d’eau : l’atmosphère brumeuse est créée par des buses, remplaçant notre actuel pommeau de douche, et permet d’utiliser moins d’eau pour une réelle sensation de confort.

Mission #5 : Miam, des grillons !
Élever des grillons et réveiller l’artiste culinaire qui sommeille en vous


Véritables bombes nutritionnelles, les grillons domestiques sont excellents pour leurs apports en vitamine B12 mais surtout pour leur quantité de protéine similaire à celle des produits carnés conventionnels. Mais élever des grillons domestiques émet 100 fois moins de gaz à effet de serre que la production de viande bovine tout en nécessitant 25 fois moins de nourriture, 2000 fois moins d’eau et 15 fois moins d’espace. Votre mission sera d’élever des grillons comestibles et d’explorer l’univers culinaire en expérimentant leur consommation. Grillons au reblochon, au piment ou encore au chocolat, vous aurez l’opportunité de présenter vos meilleures recettes à base de grillons.

Mission #6 : Des pleurotes maison
Cultiver des pleurotes et les déguster


Les champignons sont de véritables magiciens de la nature, capables de transformer les déchets cellulosiques comme la paille et le bois en délicieux aliments riches en nutriments. Malgré leur potentiel nutritif et leur saveur exquise, la consommation de certains types de champignons demeure peu accessible financièrement pour de nombreuses personnes. Ce frein pourrait être levé en réalisant sa propre culture de champignons et c’est ce que nous vous proposons. À partir d’un mélange de mycélium en grains avec des pellets de paille, et après une phase d’incubation d’un mois, vous obtiendrez un pain de mycélium complètement blanc et prêt à fructifier. Prêts à plonger dans l’univers fascinant des champignons ?

Mission #7 : les larves de BSF, star du compost
Transformer les déchets organiques en ressources précieuses


Plus de phosphore minéral dans les sols pour cultiver la terre ? Alors qu’ils sont principalement jetés, incinérés, enfouis, les déchets organiques de cuisine contiennent des nutriments précieux qui pourraient être recyclés pour fertiliser les sols et nourrir les plantes. Pourtant, il existe un moyen très facile de transformer ces matières en ressources précieuses. Les participants vont expérimenter leur conversion par des larves de mouches soldats noires. En décomposant ces déchets, préalablement broyés, les larves produisent en un temps record un compost hyper-nutritif pour les sols. Une fois adultes, les larves peuvent être valorisées comme nourriture pour volailles et le compost dans des jardins ou terrains agricoles.

Mission #8 : Toilettes vivantes
Valoriser les déchets humains en ressources précieuses


Forte consommation en eau, système énergivore d’assainissement des eaux noires, pas de valorisation des urines et des matières fécales : nos toilettes ne sont pas très astucieuses. Nous vous proposons une expérience inédite : mettre en place et expérimenter des toilettes vivantes dans votre quotidien. Il s’agit de toilettes sèches à séparation qui permettent de valoriser facilement les déchets humains grâce à l’action des larves de mouches soldats noires : en décomposant ces déchets, les larves produisent un compost de qualité en un temps record. Une fois adultes, les larves peuvent être valorisées comme nourriture pour volailles et le compost dans des jardins ou terrains agricoles.

Sélection des tutoriels les plus aboutis

Aujourd’hui, de nombreuses offres d’électricité sont dites « vertes ». Mais qu’est-ce que cela signifie ? Comment faire le bon choix ? Est-ce économique ? Qu’est-ce que le label VertVolt ? Johann Thomas, coordinateur scientifique et technique de l’ADEME démêle le vrai du faux.


« C’est frustrant de tomber vers le bas quand on saute d’un immeuble, et pourtant ça s’appelle la physique. »

Interrogé sur les perspectives de développement de l’intelligence artificielle, le coordinateur du programme Numérique Maxime Efoui-Hess revient pour France Inter sur le déploiement irréfléchi du numérique dans un contexte de raréfaction des ressources.

👉 Retrouvez son intervention complète

Les impacts environnementaux du Numérique

Le projet « Lean ICT » du Shift présente une réflexion sur les pratiques et actions permettant de limiter les impacts environnementaux directs et indirects du Numérique, tout en maximisant l’effet net des leviers du Numérique en matière de transition écologique. Il s’inscrit dans un contexte où la consommation énergétique du Numérique augmente plus vite que les prévisions, et où par extension, les émissions de gaz à effet de serre (GES) induites augmentent aussi.

Les publications

The Shift Project poursuit ses recherches sur l’impact environnemental du numérique et la sobriété numérique, afin de caractériser ce qu’implique la « sobriété numérique » en pratique.

C’est-à-dire, quelles questions concrètes mettre en lumière et quelles méthodologies suivre pour rendre notre système numérique effectivement compatible avec les contraintes énergie-climat, suivant des axes précis :

  • Les technologies intelligentes
  • La stratégie numérique et l’architecture d’entreprise
  • Les usages humains (santé humaine, construction de nos usages numériques)
  • La mise à jour des scénarios du rapport de 2018
  • La pertinence de la démarche de sobriété pour les DSI

👉 Retrouvez les travaux The Shift Project sur la sobriété numérique


Rapport du Haut Conseil pour le Climat 2024 : quelles solutions pour limiter la climatisation ?

Le 6ème rapport annuel du Haut Conseil pour le Climat (HCC) a notamment mis en garde sur l’insuffisance des mesures d’adaptation au dérèglement climatique et de son impact sur les plus fragiles. Héléna Hadjur, analyste Climat énergie chez Enerdata, bureau d’études spécialisé dans le secteur de l’énergie et de son impact sur le climat, s’est penché sur l’adaptation à la hausse des températures en France afin de dresser une analyse des scénarios de long terme en matière de consommation énergétique et de besoin en climatisation. Elle a accepté de répondre aux neufs questions essentielles pour Cdurable.

Arnaud Bouissou / Terra

Depuis la mise en place d’un Plan canicule en 2004, les vagues de chaleur continuent de provoquer une surmortalité dans l’ensemble de la population française, avec une surreprésentation des personnes les plus vulnérables (femmes, personnes âgées, enfants, et ménages modestes). En France, sur 33 000 décès annuels attribuables à la chaleur sur la période estivale1 entre 2014 et 2022, 23 000 décès concernaient des personnes âgées de 75 ans et plus. Les femmes ont également été plus impactées par les vagues de chaleur survenues en Europe avec 56 % de décès de plus que les hommes en lien avec la chaleur durant l’été 2022.

Dans son avis publié en juin 2024, l’Agence de la transition écologique (ADEME) souligne que même dans un scénario de respect des engagements climatiques français, 26% à 27% des bâtiments seraient exposés à un « risque très fort », c’est-à-dire situés sur un territoire exposé à des températures futures fortes et/ou dans un îlot de chaleur urbain. Sans régulation climatique, cette proportion pourrait atteindre 61% à 65%2. Ainsi, le recours à la climatisation ne sera pas un luxe mais une nécessité pour faire face aux vagues de canicules dans les prochaines années.

EnerFuture : Prévisions énergétiques mondiales exclusives à l’horizon 2050.

Cependant, sur la trajectoire actuelle et sans mesures alternatives, la consommation énergétique des climatiseurs en France augmenterait de 65% en 2030 et doublerait d’ici à 20503, nous éloignant largement d’une trajectoire compatible avec un réchauffement en dessous de 2°C. Le rapport du Haut Conseil pour le Climat a déjà mesuré une hausse de 25% des émissions de la climatisation dans le bâtiment entre 2016 et 2023.

Cumulated number of heat wave (HW) days calculated per year over the control period (1960–1989) and two future periods
(2020–2049 and 2070–2099) for the 9 regional climate model projections. The size of the circles corresponds to the mean intensity of
the heatwaves.
Early adaptation to heat waves and future reduction of air-conditioning energy use in Paris
Vincent Viguié et al 2020

Ainsi, même si l’usage des climatiseurs apparait comme nécessaire dans certains cas, leur utilisation n’est pas sans conséquence sur la hausse des émissions de gaz à effet de serre, responsable de l’élévation de la température. Trois enjeux surviennent face à l’explosion du nombre de climatiseurs. Le premier concerne la hausse de la consommation de l’électricité engendrée par l’utilisation de la climatisation. Or cette hausse de consommation n’est pas neutre en émissions carbones même en France où une partie de la production de l’électricité est carbonée, et pose en outre des questions sur l’approvisionnement et les infrastructures énergétiques.


Faut-il dire stop à la climatisation ?

Face aux vagues de chaleur à répétition, la climatisation est devenue un réflexe, mais les experts mettent en garde sur les risques d’une généralisation : réchauffement des villes, émissions de gaz à effet de serre … Ils plaident pour des politiques de rénovation afin de sortir des « bouilloires thermiques ». En 2022, 59% des Français déclaraient avoir souffert de la chaleur dans leur logement pendant au moins vingt-quatre heures. Un dossier de La Croix du jeudi 8 août 2024.


Un deuxième enjeu est la hausse locale des températures extérieures. Le rejet de chaleur vers l’extérieur par les climatiseurs est supérieur à la quantité prélevée à l’intérieur des bâtiments. Cet excès de chaleur impacte surtout les villes, déjà pénalisées par l’effet d’îlot de chaleur. Une étude de modélisation relayée par l’ADEME4 montre que l’utilisation généralisée de la climatisation pourrait augmenter les températures extérieures de 2,4°C à Paris lors d’épisodes caniculaires et jusqu’à 3,6 °C lors d’épisodes caniculaires encore plus extrêmes. Cela appellerait de nouveau à plus de besoins de climatisation pour combattre l’îlot de chaleur renforcé, et ainsi de suite, créant un effet de cercle vicieux (boucle de rétroaction positive).

Enfin, le fonctionnement des climatiseurs peut entrainer des fuites frigorigènes dans l’environnement si la fin de vie des systèmes est mal gérée. Les fluides frigorigènes sont eux-mêmes des GES puissants : par exemple, le réfrigérant R32, l’un des réfrigérants les plus employés actuellement, présente un pouvoir de réchauffement climatique 675 fois supérieur au CO₂5.

Base 100% = quantité de fluides frigorigènes mise sur le marché sur la période 2009-2012 en équivalent CO2
Objectif : -79% en 2030 , soit une division par 5

Pour limiter le recours à la climatisation et atténuer la hausse de la consommation d’énergie induite par celle-ci, le scénario EnerGreen d’Enerdata aligné avec une hausse des températures bien au-dessous de 2°C, s’appuie sur trois grands leviers (voir ci-dessous) :

  1. De la sobriété dans l’usage de la climatisation et des aménagements simples des bâtiments et des espaces (volets, stores, orientation des bâtiments, ventilation traversante, coursive, végétalisation, désimperméabilisation des sols, aération nocturne) afin d’améliorer le confort thermique. Cela contribue à la réduction de 47% de la consommation énergétique observée dans le scénario EnerGreen en 2030. Les collectivités territoriales jouent un rôle clé dans la mise en œuvre et l’accompagnement pour l’installation de ces infrastructures, sans quoi l’évolution des comportements est difficilement possible.
  2. La rénovation de l’enveloppe thermique des bâtiments (39% de la réduction de la consommation à 2030) au vu de l’inadaptation des bâtiments actuels aux vagues de chaleur et afin d’améliorer la performance énergétique des bâtiments (isolation des toitures, des façades, double vitrages).
  3. L’amélioration de l’efficacité énergétique des climatiseurs (14% de la réduction de la consommation à 2030) et l’utilisation de solutions actives plus performantes ou peu énergivores au-delà des climatiseurs (brasseurs d’air, puits climatiques, géothermie de surface).

En conclusion, en dépit des solutions passives alliant sobriété, aménagement et rénovation des bâtiments, le besoin de rafraîchir les bâtiments avec des équipements de production de froid devient progressivement inévitable ces prochaines années. Ce besoin en climatisation présente des enjeux en termes de consommation d’électricité, d’émissions de GES et de réchauffement local amplifiant notamment l’effet d’îlot de chaleur urbain créant un effet de cercle vicieux. D’autres équipements plus adaptés peuvent être déployés, tels que préconisés par l’ADEME : les pompes à chaleur en particulier géothermiques, et les réseaux de froid qui permettront de faire face à des vagues de chaleurs de plus en plus fréquentes en France. L’enjeu de la hausse des émissions liée à l’utilisation de la climatisation est également un enjeu mondial : le nombre total de climatiseurs a augmenté de 7% entre 2019 et 20236.

La Chine représentait en 2023 la plus forte demande mondiale (38%), suivie de l’Asie (excluant le Japon et la Chine), l’Amérique du Nord et l’Europe. 

Rapport 2024 du Haut Conseil pour le Climat

Anomalie de température en moyenne annuelle observée en France métropolitaine

Questions Cdurable ou c’est pas durable !?

Au delà des communiqués, qui ne présentent souvent que le « meilleur », et du développement durable, qui ne fait que tenter de réduire les impacts négatifs de sa croissance volumique, nous nous intéressons aujourd’hui, 20 ans après la création de Cdurable.info, aux questions essentielles. Alors Cdurable ou pas ? 9 questions qui nous invitent à Comprendre pourquoi Agir & Coopérer avec le vivant, Cdurable !

Héléna Hadjur

Héléna Hadjur, analyste Climat énergie chez Enerdata, a accepté de répondre aux neufs questions Cdurable, essentielles comme les neufs besoins fondamentaux des êtres vivants dont les humains que nous sommes …

1 – Quelle est la nature de ma relation avec le vivant ?

Je cherche au quotidien à créer des moments où je me retrouve au contact de la nature pour recharger mes batteries. J’ai la chance de m’être installée dans une ville où je peux facilement accéder à pied ou à vélo aux espaces naturels : montagnes, forêts, parois rocheuses, rivières. Après ma journée de travail, je vais plusieurs fois par semaine prendre le temps de passer des moments dans la nature. Au gré des saisons et de leurs changements, je ne me lasse pas de l’environnement alpin !

2 – Quels sont mes besoins et choix d’alimentation ?

Une alimentation variée, à dominante végétarienne, des produits non transformés et du bio principalement pour les fruits et légumes. Celle-ci n’est pas parfaite, j’aimerais consommer davantage de produits locaux et de petits producteurs !

3 – Quel est mon type d’habitat actuel et idéal ?

Mon habitat actuel : un appartement dans un immeuble collectif (pas une passoire énergétique mais pas parfaitement isolé pour autant) proche de toutes commodités, d’un petit parc et de mon travail pour me déplacer 100% à pied et à vélo.

Mon habitat idéal : une maison partagée et passive avec un petit potager en ville, ou proche de la ville pour continuer à me déplacer en modes doux !

4 – Quelle activité physique favorise mon bien-être et ma santé 

Des activités de plein air : le ski de randonnée et ski de fond l’hiver, du vélo de route, randonnées et roller l’été !

5 – Quels savoirs m’ont permis de comprendre comment agir ?

Des savoirs de terrain recueillis lors de mon expérience de trois ans en tant que Jeune Déléguée pour le Climat. Celle-ci m’a permis de participer aux COP25 à Madrid, COP26 à Glasgow et aux intersessions climatiques aux côté de la délégation interministérielle française. En étant plongée au sein des discussions théoriques et politiques et en rencontrant des négociateurs, et des associations venant du monde entier, j’ai davantage pris conscience des jeux politiques et de la difficulté à réunir les intérêts divergents de chaque acteur pour faire avancer (doucement) les engagements climatiques mondiaux. Ce n’est pas à cette échelle de discussion internationale que j’ai souhaité continuer à travailler, je me suis dirigée vers une plus petite structure pour davantage de concret, et une plus grande liberté d’action et d’expression.

Des savoirs pratiques et plus théoriques grâce à un master en politiques environnementales à Sciences Po Paris, riche d’une majorité d’étudiants internationaux et de professeurs-chercheurs ou issus du monde professionnel.

6 – Quel est le sens que je donne à mon travail ?

Via mon travail, je souhaite à mon échelle accompagner la transition de nos systèmes énergétiques et socio-économiques. En 2023, j’ai rejoint Enerdata, un bureau d’études indépendant et de conseil situé à Grenoble spécialisé dans l’analyse et la prévision des enjeux énergétiques et climatiques dans le monde à travers différents secteurs économiques. Au quotidien, je participe notamment à la rédaction d’études pour les acteurs publics (Commission européenne, gouvernements, collectivités, agences de l’énergie) ou privés, contribuant à porter l’information et montrer des voies de transitions possibles aux décideurs.

7 – Quelle énergie j’utilise pour mes usages et besoins ?

Au quotidien, l’énergie sociale, musicale, l’énergie de la nature, et le sommeil !

A la maison et au bureau, les solutions d’énergie passive pour modérer ma consommation : isolation et vêtements chauds l’hiver, volets et ventilateur l’été.
Pour mes déplacements du quotidien : l’énergie de mes jambes, à vélo et à pied.

8 – Quelle est mon implication personnelle pour l’intérêt général ?

Ça me paraitrait prétentieux de penser que mes actions contribuent à vraiment faire changer les choses pour l’intérêt général mais j’essaie à titre individuel de rester cohérente avec mon envie de faire évoluer le système énergétique, social et culturel, tout en restant consciente des limitations et du peu de pouvoir d’action dont nous disposons à titre personnel. D’où l’intérêt de s’engager à plusieurs : via l’associatif dans un premier temps, et aujourd’hui à travers le travail dans la transition énergétique que j’ai choisi.

9 – Quels sont mes liens de coopération et ma participation au bien commun ? 

La musique fait partie intégrante de mes occupations et de ma personnalité. Via les morceaux que je compose et les concerts, je me nourris des moments de plaisir partagés avec les auditeurs, mais j’essaie aussi de partager des messages qui me touchent en lien avec mon implication pour la cause environnementale. Mon 1er EP, « Terrien » auto-produit est sorti en 2019 et un second est en préparation évoquant des questions en lien avec les négociations climat, le plaisir à se retrouver en milieu alpin, ou des questionnements sur le rapport au corps et autrui.

HELENA HADJUR – Auteur, compositeur et interprète

10 – Carte blanche : quel est le message essentiel que vous souhaitez faire passer à nos visiteurs ?

Se faire plaisir tout en restant conscient et cohérent avec nos aspirations personnelles et la situation environnementale du monde actuel. Nos actions au quotidien, notre travail, nos voyages, déplacement et nos modes de consommations participent tous à faire évoluer la société, même si chacun reste libre de positionner son curseur à un degré différent et dans ses causes de prédilection. La question de l’équilibre entre motivations, besoins et limites de l’immédiat en comparaison avec besoins à moyens terme et long terme, reste essentielle pour rester acteurs de nos vies, tout en continuant à se faire du bien.  


  1. Entre le 1er juin et le 15 septembre ↩︎
  2. ADEME, juin 2024, Microsoft Word – AVIS CONFORT ETE _ Mis en page (ademe.fr) ↩︎
  3. Enerdata d’après EnerFuture, 2024 ↩︎
  4. Vincent Viguié et al 2020 : Early adaptation to heat waves and future reduction of air-conditioning energy use in Paris – IOPscience ↩︎
  5. Source :  ATEE Présentation (atee.fr) ↩︎
  6. JRAIA, Estimates of World Air Conditioner Demand (2024) ↩︎

Questions Cdurable à Paul de Préville, cofondateur d’ENSOL

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Dans un contexte où la transition énergétique devient une priorité nationale et alors que l’été confirme des températures record annoncées, ENSOL nous partage l’expérience de particuliers ayant fait le choix de l’énergie solaire et d‘autres ayant été victimes de pratiques frauduleuses. Paul de Préville, cofondateur d’ENSOL, a accepté de répondre aux neufs questions essentielles pour Cdurable.

En plein essor, l’installation de panneaux solaires dédiés à l’autoconsommation permet de réaliser d’importantes économies d’électricité et ainsi de rentabiliser l’investissement de départ, quel que soit le lieu d’habitation.

ENSOL est une jeune startup varoise, spécialisée dans l’installation de panneaux photovoltaïques et la gestion de l’autoconsommation. Acteur de l’énergie solaire en région PACA, avec plus de 230 clients satisfaits, l’approche de l’entreprise est centrée sur l’accompagnement personnalisé avec une réponse aux attentes et aux interrogations liées à l’adoption de cette technologie verte.

Votre maison déborde d’énergie : Ensol vous accompagne vers la maison de demain grâce à des équipements énergétiques et des solutions pour un habitat plus écologique, économe et confortable.

À travers ces témoignages, ENSOL souhaite partager les expériences variées de ses clients, qui démontrent comment des citoyens ordinaires peuvent devenir acteurs du changement énergétique tout en réalisant de belles économies.

  • Raymond (06) a installé 32 panneaux d’une puissance totale de 13,6 kWc ainsi qu’une batterie de 10 kWh. Alors que sa production solaire a couvert 100% de sa consommation, il n’a donc pas payé de facture d’électricité représentant une économie de 179 euros1 pour le mois de juillet. Depuis l’installation de ses panneaux, Raymond a économisé en moyenne 240 euros par mois.
  • Dans le cas de Muriel, habitante du Var (83), ses 12 panneaux lui ont permis de générer 601kWh de production solaire. En consommant 615 kWh au mois de juillet, Muriel aurait payé – sans l’installation de panneaux – 141 euros de facture d’électricité. Grâce à son autoconsommation, elle a réduit ce coût de 95 euros. La revente de son électricité lui rapportera 24 euros supplémentaires. Ainsi, sa consommation lui revient à 22 euros. En moyenne, Muriel réalise chaque mois 72% d’économie soit 132 euros.
  • Gari (32 ans, Aix-en-Provence) est un jeune propriétaire qui a installé des panneaux (3 kWc), et une borne de recharge pour véhicule électrique pour une maison plus durable. Grâce à ces équipements, Gari bénéficie d’une réduction de 80% sur sa facture d’électricité avec une autonomie énergétique quasi-totale.
  • Raphaël (68 ans, La Barben) a installé 10 panneaux solaires (3 kWc) pour maîtriser ses coûts. Engagé pour un avenir plus durable, Raphael réalise 60% de réduction sur sa consommation d’énergie.

Par ailleurs, ENSOL alerte sur l’émergence des éco délinquants qui compromettent la confiance des consommateurs et qui entrave l’adoption de l’énergie solaire en France :

  1. Installations non‐réglementaires et fraudes sur la qualification RGE 
  2. Ciblage malveillant et abus de faiblesse
  3. Offres de panneaux solaires à prix dérisoires
  4. Promesses d’autonomie électrique totale irréalistes
Témoignage client Ensol – Installation solaire (Xavier)

Questions Cdurable
ou c’est pas durable !?

Au delà des communiqués, qui ne présentent souvent que le « meilleur », et du développement durable, qui ne fait que tenter de réduire les impacts négatifs de sa croissance volumique, nous nous intéressons aujourd’hui, 20 ans après la création de Cdurable.info, aux questions essentielles. Alors Cdurable ou pas ? 9 questions qui nous invitent à Comprendre pourquoi Agir & Coopérer avec le vivant, Cdurable !

Paul de Préville, cofondateur d’ENSOL a accepté de répondre aux neufs questions Cdurable, essentielles comme les neufs besoins fondamentaux des êtres vivants dont les humains que nous sommes …

1 – Quelle est la nature de ma relation avec le vivant ?

La relation avec le vivant est au cœur de notre engagement et de notre mission puisque nous nous servons de la nature pour nous alimenter en énergie : faisons-le de la manière la plus responsable possible ! La nature et la biodiversité sont des partenaires avec lesquels nous devons coexister de manière respectueuse et durable.

2 – Quels sont mes besoins et choix d’alimentation ?

J’ai besoin d’expériences et de moments avec ma famille/amis et non des rêves matériels.

J’essaie de limiter ma consommation de viande.

3 – Quel est mon type d’habitat actuel et idéal ?

Mon habitat idéal est une maison individuelle autonome et passive. Des panneaux pour produire de l’énergie durable et gratuite en journée, une batterie pour l’utiliser le soir et une PAC pour chauffer/climatiser.

4 – Quelle activité physique favorise mon bien-être et ma santé ?

La course à pied, la boxe, le rugby, le foot et le tennis.
Me déplacer en vélo.

5 – Quels savoirs m’ont permis de comprendre comment agir ?

La première fois que j’ai vu concrètement que des panneaux solaires et des batteries permettaient à un particulier de devenir quasiment autonome du réseau. J’ai également compris que c’était bon pour la planète et pour notre portefeuille.
J’ai été convaincu à 250% que la maison du futur allait être la norme demain avec cette production d’énergie solaire et locale. Nous allons certainement assister à un changement de paradigme important avec la décentralisation de la production d’énergie et l’autonomie des foyers.

6 – Quel est le sens que je donne à mon travail ?

J’ai pour ambition de démarrer une véritable révolution solaire en France en changeant la façon dont les foyers consomment et produisent leur énergie (qui doit aussi s’électrifier). C’est une mission extrêmement motivante et valorisante.
J’apporte ma pierre à l’édifice pour notre transition énergétique avec Ensol.

7 – Quelle énergie j’utilise pour mes usages et besoins ?

Forcément de l’électricité solaire que nous utilisons dans nos bureaux du sud !

8 – Quelle est mon implication personnelle pour l’intérêt général ?

Nous créons la Ensol Academy pour accompagner la reconversion professionnelle en tant que technicien dans le solaire. 

9 – Quels sont mes liens de coopération et ma participation au bien commun ?

Nous avons créé la Suntech, un lieu et un réseau d’entraide pour développer les initiatives promouvant l’énergie solaire en France.

10 – Carte blanche : quel est le message essentiel que vous souhaitez faire passer à nos visiteurs ?

La transition énergétique est l’enjeu de la décennie, les foyers ont un rôle clé en tant que deuxième consommateur d’énergie en France.
Conscientiser la manière dont vous consommez votre énergie, réfléchir à comment électrifier et décarboner cette énergie et adapter vos habitudes pour maximiser vos économies d’énergie est un pas immense pour notre transition.

  1. Sur la base d’un tarif d’achat de 0.23€/kWh et de vente de 0.13€/kWh. ↩︎

On ne respire pas sans l’océan

A quelques semaines du lancement de l’année de l’Océan en France, Wings of the Ocean, association française de préservation de l’océan donne de la voix à ce plus vaste écosystème de la planète dans sa dernière campagne. L’objectif ? Transmettre au plus grand nombre l’importance de la bonne santé de l’océan, enjeu vital pour l’équilibre du vivant.

L’océan, poumon bleu de la planète

L’océan absorbe les gaz à effets de serre et libère l’oxygène que nous respirons grâce à son rôle de puits de carbone. Les puits de carbone sont des écosystèmes qui captent et stockent le CO2 de l’atmosphère. Parmi eux notamment, les forêts, les sols et les océans. Ces puits de carbone Communiqué de presse – On ne respire pas sans l’océan

participent au maintien de l’équilibre du vivant. En lien direct avec le climat et nos écosystèmes, ils limitent et retardent le réchauffement de la planète.

L’océan est le puits de carbone qui a la plus grande capacité de stockage de carbone. Selon le CNRS, l’océan séquestre près de 30 % du CO2 émis par les activités humaines. Il contiendrait 50 fois plus de carbone que l’atmosphère. Par sa grande capacité d’absorption et de stockage, l’océan pourrait accompagner les efforts de réduction de nos émissions de GES préconisées par le GIEC, afin que la température ne dépasse pas les 1,5°C. Protéger l’océan, c’est préserver l’équilibre de notre planète et agir pour un futur durable.

Un enjeu vital pour tous

Nous sommes toutes et tous concernés par la bonne santé de l’océan, et c’est tout l’enjeu de cette campagne de communication signée par l’association française de protection de l’océan Wings of the Ocean. Que nous soyons habitants du littoral ou citadins, l’air que nous respirons provient majoritairement de l’océan puisque ce dernier produit entre 50% et 75% de notre oxygène, selon les sources et zones géographiques. Nos activités humaines ont un impact direct sur les grands équilibres de notre planète.

Cette campagne d’affichage, disponible dans 1 000 espaces proposés par JC Decaux en France jusqu’au mercredi 28 août, a vocation à sensibiliser le plus grand nombre au caractère précieux de l’océan. Illustrant l’océan en bonne santé comme élément qui permette de respirer à travers l’image de la bouteille de plongée, le regard droit et inquiet du modèle retient l’attention du passant.

À PROPOS DE L’ASSOCIATION WINGS OF THE OCEAN

Créée en 2018, Wings of the Ocean est une association française qui agit en faveur de la protection de l’océan, à travers le ramassage de déchets et des actions de sensibilisation auprès du grand public, des enfants, des entreprises et des élus locaux. Ces actions ont vocation à protéger la biodiversité marine et l’écosystème naturel des littoraux. L’association mène ainsi des actions de collecte de déchets et de sensibilisation en France.

Depuis sa création, l’association a mené plus de 1 107 actions de ramassage, collecté plus de 135 tonnes de déchets et accueilli plus de 900 bénévoles. Wings of the Ocean encourage et accompagne les initiatives d’alternatives de consommation plastique.

Et si les écolieux étaient la fabrique de l’avenir ?

À 21 ans, Théo Hareng a mis ses études en pause pour réaliser un tour de France en auto-stop et sans argent à la rencontre d’initiatives écologiques et solidaires. Un voyage de 6 300 km au cours duquel il a rencontré de nombreux projets inspirants pour bâtir une société durable. Au programme : la ferme du Bec-Hellouin, la Frênaie, la Bascule Argoat, etc. Pour chaque destination, il présente son fonctionnement et ses enjeux, relate les expériences qu’il y a vécues et rend compte des réflexions qu’il a menées. Un récit de vie qui condense des propositions et actions, et qui suscite curiosité, espoir et joie !

Théo Hareng : Je suis passionné par les voyages alternatifs. Depuis 2019, je parcours les routes de France en stop et à vélo. Les rencontres de personnes aux pensées variées nourrissent mon imaginaire. « Le mouvement est source d’optimisme et d’opportunité », est une phrase qui me colle aux baskets. J’ai troqué mon master en écologie avec le master de Théo : rencontre de ceux qui s’engagent pour donner au monde un élan positif, écriture du livre « A’venir dans vos mains » 🌱

Je fais partie de la génération Z qui sait que son avenir est en jeu.

Après les Z, ce seront les Alpha. L’alphabet grec reprend. Nous revenons au commencement, aux fondamentaux. Tout pousse à dire que les Z sont précurseurs d’un nouveau départ.

Nous bouleversons les codes, à l’instar de ces étudiants d’AgroParis Tech qui dénoncent des formations qui participent « aux ravages environnementaux et sociaux en cours ». Dans un discours mémorable, ils ont appelé leurs camarades de promotion à rejoindre des luttes écologiques ou paysannes, à s’installer en groupements agricoles ou à s’impliquer sur des zones à défendre plutôt que d’accepter un de « ces jobs destructeurs » pour lesquels ils sont formés.

Nous sommes des milliers chaque année a être destinés a de grandes études, des milliers à réaliser que cette voie pour « réussir sa vie » nous mène vers l’échec personnel et collectif et en conséquence, des milliers à choisir des modes de vie en rupture avec les injonctions sociétales.

Les mentalités changent. Des initiatives, qui conduisent à une métamorphose profonde de notre société, se développent et prouvent leur efficacité, notamment les nouveaux systèmes agricoles qui intègrent pleinement la faune et la flore.

Les lieux de « vivre ensemble », modèles d’égalité sociale et de respect environnemental, essaiment un peu partout. De nombreuses actions citoyennes tentent de faire barrage aux intentions expansives et climaticides des multinationales.

Pour continuer à vivre, nous devons inverser la tendance. « Sois le changement que tu veux voir dans le monde », disait Gandhi. La balle est dans notre camp. Autrement, qui le fera pour nous ?

J’en suis conscient depuis des années. Aussi, chaque geste de ma vie est réfléchi pour limiter les conséquences négatives de ma présence sur Terre. Pour autant, j’ai le sentiment que ce n’est plus suffisant, je stagne.

Cette certitude me pousse à passer à l’étape supérieure, je dois voir plus grand et collectivement. le décide de partir à la rencontre d’initiatives écologiques et solidaires, de me rendre sur ces lieux qui composent avec le vivant et de dialoguer avec les personnages qui les font vivre. Je ne doute pas que cela me permettra d’évoluer.

Au moment où naît ce désir de me lancer à la recherche des clés du changement, je suis en fac de biologie, écologie et développement durable. Je ne me vois pas interrompre mes études. Il me faudra trois ans pour mettre en œuvre ce projet, pendant lesquels je me documente sur le monde alternatif : agroécologie, écoconstruction, militantisme, spiritualité, vie en collectif.

Les livres, revues, films, vidéos et cartes représentent une source inépuisable d’inspiration. J’y rencontre virtuellement mes futures destinations. Cela entretient ma volonté d’entreprendre ce voyage autour de la France.

Licence en poche en juin 2021, je ne peux plus attendre pour vivre cette aventure. Une année de césure m’est accordée avant mon master. Je suis prêt pour le FReecolo Tour !

Mais où aller ? Comment ? Pourquoi ? Avec quel argent ?

J’ai recensé approximativement trois cents initiatives qui correspondent à mes critères de recherche et surtout à ma philosophie. Bien trop pour une année. Après quelques échanges par téléphone et mail, la liste s’est affinée. il m’en reste cinquante. À chaque réponse positive, je m’empresse de positionner une petite punaise sur la grande carte installée dans ma chambre. De quoi en rêver toutes les nuits !

Cette représentation spatiale des lieux m’est très utile pour m’organiser. Spatiale oui, mais pas temporelle. Comment la consulter et la mettre à jour lorsque je serai sur la route ? Bingo, le mouvement des Colibris‘ et le Permacooltour ont déjà conçu une openstreetmap : une carte disponible sur Internet à tout moment ou presque par toute personne intéressée. Je m’attelle à faire ma propre carte sur le même principe. Quelques clics et plusieurs journées de labeur me suffisent pour l’élaborer et rendre le tout esthétique.

Le Permacooltour
En chemin vers l’autonomie et la résilience !

Je rentre les coordonnées des lieux, je définis partiellement mon programme avec les mois de passage dans certaines régions en fonction du nombre d’alternatives. Cette disposition laisse ouverte la possibilité d’ajouter en chemin de nouvelles adresses dénichées grâce au bouche-à-oreille.

Sommaire

Je préviendrai chaque destination deux ou trois semaines avant mon arrivée. On ne peut pas débarquer comme ça à l’improviste !

A’venir dans nos mains

Théo Hareng est « éco-aventurier » : il voyage de façon alternative, en France, pour nourrir son engagement en faveur d’un monde durable. Il est aussi engagé aux côtés de l’association Kokopelli, pour militer en faveur d’une autonomie paysanne et d’une alimentation saine et durable.

Préface de Patrick Baronnet, fondateur de la Maison Autonome, qui promeut l’autosuffisance écologique par des solutions innovantes et durables pour l’habitat.

Un récit initiatique, remède contre l’éco-anxiété et porteur d’espérance pour la génération Z

Qui est Terre vivante ?

Terre vivante est une entreprise coopérative (SCOP) engagée au service de l’écologie depuis près de 40 ans. Nous sommes 30 salariés, qui partageons savoir-faire et conseils pratiques pour faire avancer l’écologie au quotidien. Nous les transmettons grâce à nos livres, notre magazine de jardinage Les 4 Saisons et notre Centre écologique.
Loin de l’agitation urbaine, au cœur du Trièves, se niche un lieu enchanteur. Des jardins bio foisonnants et pleins de vie, des expositions en plein air, un parcours en forêt, des aires de jeux, une terrasse panoramique…
Le Centre Terre vivante accueille, petits et grands, pour faire découvrir, approfondir et étonner.

Quel acteur du changement pouvez-vous et voulez-vous être ? 

Face au dépassement des limites planétaires et à la possibilité d’effondrement civilisationnel à court terme (1), de nombreuses personnes se demandent comment agir efficacement. C’est une question d’organisation et non technique. La technique n’est, au mieux, qu’un pansement pour s’attaquer à un symptôme du problème (2). S’il est avant tout question de sobriété, l’humanité a besoin d’un véritable changement de paradigme. Synthèse d’une présentation d’Arthur Keller, ingénieur en traitement de l’information, par Synthèse par Arnaud Perrin – Expert en Gestion de projets, qualité, sûreté de fonctionnement et maîtrise des risques.

D’un côté, les « petits gestes » du quotidien sont mis en avant (en particulier pour le climat ou les déchets), malgré les injonctions contradictoires venant de la publicité. D’un autre côté, ce serait aux entreprises, États et institutions d’agir, malgré une concurrence toujours plus forte, dans une société mondialisée guidée par la croissance économique. En réalité, l’humanité a besoin d’un véritable changement de paradigme, où toutes les entités doivent être impliquées tôt ou tard (populations, entreprises, États, institutions).

Un double objectif à atteindre

  • Plan A : quitter la boussole de la croissance économique (et donc la croissance des flux, des extractions et des déchets), pour une société post-croissante (après une phase décroissante accompagnée d’une justice sociale). Objectif utopique ?…
  • Préparer un plan B au cas où le plan A ne fonctionnerait pas. Pour cela, il s’agit de créer des résiliences territoriales et des systèmes socio-écologiques face aux risques systémiques déjà évoqués (3).

Pour opérer le changement vers ce double objectif, plusieurs catégories d’acteurs sont nécessaires : des penseurs, des faiseurs, des inspirateurs, des organisateurs et des facilitateurs

Illustration par Arthur Keller

quel acteur du changement pouvez-vous et voulez-vous être ?

Chacun d’entre nous doit pouvoir se situer dans une ou plusieurs de ces catégories :

Nous pouvons commencer à agir en nous posant la question de notre rôle, par notre activité professionnelle, nos placements financiers, nos modes de vie, nos relations, etc. Nous pouvons par exemple bifurquer professionnellement vers un métier en phase avec nos valeurs, changer de banque, faire des dons à des ONG socio-environnementales, vivre sobrement, informer nos proches sur les enjeux, etc. Ces premiers leviers peuvent nous aider à trouver la place qui nous correspond.

Le hashtag#changement peut également provenir d’un soulèvement populaire massif, comme le déclare Camille Etienne (4). L’activisme dans les causes socio-écologiques permet une prise de conscience du peuple, pouvant ensuite faire pression sur les plus hautes institutions. Le changement sociétal prend nécessairement racine en bas, au niveau du peuple. L’ordre établi peut basculer à partir d’un % de population qui se soulève.

Comment mobiliser ?

Comme le signale Arthur Keller dans ses dernières conférences (5), certains clichés circulent :

  • « Il faudrait que les récits soient positifs« . En réalité, pour mobiliser il faut être inspirant. Des choses déjà ressenties, pour de bonnes ou mauvaises raisons, sont plus inspirantes que du positif non vécu.
  • « Il faudrait créer du désir« . Mais le désir n’étant pas universel, l’ensemble du public ne pourra pas être réceptif. Il faut développer de l’inter-culturel pour éviter l’entre-soi.
  • « Il faudrait qu’il y ait de l’espoir« . Donner de l’espoir = promesses de politiciens. L’espoir doit être lucide. Et pour cela, il faut avoir réellement compris notre problème civilisationnel. Il faut aussi que la population puisse se projeter.
  • « Il faudrait éviter de faire peur« . La peur ne paralyse pas mais mobilise (6). Elle est indispensable, mais insuffisante : seule, elle est catastrophique car source de folies. La peur doit être rationnelle, réfléchie. Donner aux gens l’occasion d’exprimer leur colère ou leur frustration dans des projets constructifs, vecteurs de sens, est très mobilisateur.
  • « Il faudrait éviter le conflit« . Si on ne dérange personne, c’est qu’on ne change pas grand-chose. Nous avons besoin de remises en question profondes, et cela peut déranger et créer du conflit, les conflits pouvant être constructifs.
https://www.youtube.com/@arthur-keller

Notes et liens :

(1) Les limites planétaires (2022) : https://www.linkedin.com/posts/arnaud-perrin-a20b4a50_climat-biodiversitaez-ocaezans-activity-6958197918549856256-qMUq / mise à jour (Arthur Keller, 2023) : https://www.linkedin.com/posts/kellerarthur_vous-reprendrez-bien-un-peu-de-limites-activity-7108025866374258688-elA7

(2) Le piège du techno-solutionnisme, François Jarrige pour Metabolism of Cities (Aristide Athanassiadis) : https://www.linkedin.com/posts/arnaud-perrin-a20b4a50_5g-ia-a69-le-pi%C3%A8ge-du-techno-solutionnisme-activity-7181556233949085696-XBPv

(3) La résilience territoriale adaptée aux systèmes socio-écologiques (2023) : https://www.linkedin.com/posts/arnaud-perrin-a20b4a50_raezsilience-activity-7135978714227429376-3lf2

(4) Interviews de Camille Etienne : pour Brut. https://www.youtube.com/watch?v=CYx7L_VZwS8 et pour Metabolism of Cities (Aristide Athanassiadis) https://www.youtube.com/watch?v=l5uKmxIeGhI (en particulier les luttes : à partir de 29:35)

(5) Conférence d’Arthur Keller à l’Université de Technologie de Troyes (2024) : https://www.youtube.com/watch?v=ecJD3rTtaDs (démarrer à 14 min)

(6) Voir l’étude « Appealing To Fear: A Meta-Analysis of Fear Appeal Effectiveness and Theories » (2015)

La pollution de l’air : le méchant invisible qui attaque vos poumons

Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi les crises d’asthme semblaient plus fréquentes certains jours ? La réponse pourrait se trouver dans l’air que vous respirez. La pollution atmosphérique, invisible mais omniprésente, joue un rôle majeur dans l’aggravation de l’asthme et peut même contribuer à son développement.

« Les asthmatiques doivent se méfier de la pollution de l’air » selon le Programme des Nations Unies pour l’Environnement

L’impact de la pollution sur l’asthme

Un beau matin vous vous réveillez en toussant, le souffle court. Premier réflexe vous ouvrez la fenêtre. Et, pas de doute l’air que vous respirez n’est pas celui des montagnes alpines. La pollution de l’air pourrait être le coupable caché derrière vos problèmes respiratoires. Oui, oui, même si vous ne voyez pas cet ennemi invisible, il est là, tapi dans vos poumons. Un pic de pollution et voilà votre asthme qui s’aggrave. Le lien entre pollution et asthme est de plus en plus mis en évidence par les recherches conduites dans les instituts médicaux.

On parle souvent de l’asthme comme d’une maladie mystérieuse, mais en réalité, il y a un suspect numéro un : la pollution de l’air. Des grandes villes aux campagnes il joue les trouble-fêtes avec nos poumons. Lorsque l’on sait qu’au cours d’une forte crise d’asthme, les bronches s’épaississent au point d’empêcher le passage de l’air, mieux vaut inhaler au plus vite quelques bouffées d’une suspension qui agit en dilatant la contraction des muscles des voies respiratoires. Les inhalateurs sont des dispositifs médicaux indispensables dans la prise en charge de l’asthme et la prévention de l’exacerbation des symptômes.

Plus de trois millions de personnes souffrent de l’asthme aujourd’hui en France • © DIDIER PALLAGES / AFP
La pollution de l’air pourrait contribuer au développement de l’asthme, selon une étude de l’hôpital de Besançon

Comment la pollution de l’air déclenche-t-elle l’asthme ?

La pollution de l’air est un mélange complexe de gaz et de particules émis dans l’air par diverses sources, notamment les véhicules, les centrales électriques, les installations industrielles mais aussi l’agriculture ou même des phénomènes naturels comme les pollens. Ces polluants peuvent irriter les voies respiratoires, entraînant une inflammation et un rétrécissement des bronches. Au fil du temps, une exposition répétée peut sensibiliser les poumons, les rendant plus réactifs aux déclencheurs et augmentant le risque de développer de l’asthme.

Selon une étude de l’Institut Pasteur de Lille, on estime que « près de 7 millions de décès sont associés à la pollution de l’air extérieur et intérieur, soit environ 12 % de l’ensemble de décès mondiaux ». Plus affligeant encore, d’après l’OMS « 90% de la population urbaine ne respire pas un air sain » avec une conséquence directe sur notre santé respiratoire.

L’air, carburant de notre corps – Institut Pasteur Lille

Les niveaux élevés de polluants ont tendance à aggraver les symptômes, entraînant des difficultés respiratoires, des sifflements et une oppression thoracique. Les bronchodilatateurs à action rapide, comme les sprays Airomir ou Ventoline, tous deux à base de salbutamol, ou Combivent, contenant à la fois du salbutamol et de l’ipratropium, peuvent sauver des vies en soulageant rapidement les symptômes. Utilisés correctement, les risques d’effets secondaires sont réduits, car la majeure partie du médicament inhalé atteint les poumons. Les effets secondaires d’Airomir, de Ventoline ou d’autres traitements contre l’asthme peuvent varier d’une personne à l’autre. Ils peuvent inclure des tremblements, des palpitations et une sécheresse de la bouche mais le corps peut généralement s’y adapter avec le temps. Les nouveaux médicaments contre l’asthme sont généralement mieux tolérés et ont moins d’effets secondaires, mais il est toujours important d’en discuter avec son médecin.

Quelles sont les populations les plus vulnérables face à la pollution et à l’asthme ?

Les enfants, les personnes âgées, les femmes enceintes et les personnes souffrant d’autres maladies respiratoires sont particulièrement vulnérables face à la pollution et à l’asthme.

Les poumons, en développement, des enfants sont plus sensibles aux agressions extérieures. D’après un rapport de l’Unicef France, plus de trois quarts des enfants respirent un air pollué.

Les personnes âgées ont souvent un système immunitaire affaibli et sont donc plus susceptibles de développer des infections respiratoires, aggravant l’asthme. Certaines souffrent aussi d’autres pathologies (maladies cardiaques, diabète), rendant l’asthme plus difficile à contrôler.

Du côté des femmes enceintes, la grossesse modifie le système respiratoire avec comme conséquence une plus grande sentibilité aux irritants et des risques pour le foetus. Les médecins sont formels : l’exposition à la pollution pendant la grossesse peut augmenter le risque de développer de l’asthme chez l’enfant.

Enfin, certaines personnes ont des maladies respiratoires telles que la bronchite chronique, l’emphysème, ou encore des allergies sévères.  Ces maladies aggravent les symptômes de l’asthme.

Comment gérer asthme et pollution ?

On l’aura compris, la pollution de l’air représente un véritable défi pour les asthmatiques. « Un asthme mal maitrisé peut provoquer des symptômes irréversibles et mener vers une crise ou une détresse respiratoire qui peut être mortelle », confie le Docteur Ali Baddredine à la BBC. Mais il existe des solutions pour affronter le fléau environnemental et et mieux gérer cette maladie chronique. Le recours à des applications mobiles pour connaître en temps réel l’indice de la qualité de l’air et le suivi des bulletins météo peuvent s’avérer une aide précieuse. En cas de niveau élevé de pollution, mieux vaut rester chez soi ou sortir avec un masque.

Ces stratégies vous permettront aussi d’adapter vos acitivités physiques. Contrôler son asthme est du ressort du bon sens avant tout. Privilégiez les sessions de sport lorsque la qualité de l’air est bonne, comme tôt le matin ou tard le soir. Choisissez le bon spot: évitez les zones très fréquentées et polluées.

Bien-sûr ne négligez pas la qualité de l’air intérieur. Aérez votre maison, utilisez un purificateur d’air et surtout réduisez l’usage de produits chimiques en privilégiant les produits d’entretien naturels et en limitant l’utilisation de produits parfumés.

Enfin, suivez votre traitement médical et gardez toujours à votre portée un inhalateur dès les premiers symptômes de la crise.

Agir pour le vivant et construire une écologie politique inclusive

Agir pour le vivant est un festival citoyen ouvert à tous, un laboratoire de réflexion et d’expérimentations des pensées de l’écologie. La 5ème édition de ce festival, unique en France, aura lieu du 26 août au 1er septembre 2024 à Arles. Il rassemble un écosystème de penseurs, militants, acteurs publics, scientifiques et entreprises autour des enjeux socio-économiques et environnementaux de notre temps. L’évènement a lieu chaque année et se déroule également à l’international en Colombie et au Cameroun.

Un ancrage local.
Une conversation monde.
 

Depuis 2020, Agir pour le vivant est devenu un espace de réflexions et d’actions incontournable dans le débat d’idées et l’engagement au niveau national et international. 

Agir pour le vivant permet des réflexions partagées au croisement d’une multiplicité de disciplines. De l’économie au droit, de l’agroécologie aux questions de citoyenneté, cette conversation entre l’Europe, l’Amérique du Sud et l’Afrique de l’Ouest partage les savoirs et pratiques écologiques dans les territoires.

5ème édition à Arles

Pour son 5ème anniversaire, Agir pour le vivant souhaite faire renaître de l’espoir dans une société fracturée et un monde terriblement heurté : celui du soin, de la solidarité, de la résistance et de la réconciliation. Cette 5ème édition sera un espace où se forment les questionnements, où s’investissent les désirs, les énergies, les soulèvements et où résonnent les voix de celles et ceux qui luttent, par leurs corps et leurs pensées.

Du 26 août au 1er septembre 2024, le festival se déploiera dans une douzaine de lieux à Arles autour de six grandes thématiques : Paix, pour une éco réconciliation ; Pour une spiritualité de la Terre, en quête d’une nouvelle philosophie spirituelle ; Vers une propriété écologique, habiter sans posséder ; En finir avec le travail ?, pour une écologie du travail ; Prendre soin, des humains et de la Terre ; Territoires vivants, pour des institutions politiques terrestres.

Cette mobilisation est l’occasion d’asseoir la dimension résolument citoyenne et pédagogique du projet d’Agir pour le vivant, par des formats participatifs, cartes blanches données à des artistes mais également un festival du film du vivant.

L’Université du vivant revient avec une seconde promotion d’une centaine de jeunes autour d’un parcours de réflexions, découvertes et actions concrètes, pour nourrir l’engagement et appréhender sous un nouvel angle les grands enjeux contemporains.

Voulant articuler théories écologistes et réalités territoriales, Agir pour le vivant accueillera cette année plus d’une dizaine de résidences de travail co-construites avec les entreprises et organisations publiques partenaires, afin de repenser nos manières d’habiter et de protéger les communs naturels, à partir d’une compréhension fine du territoire et de ses échelles.

Des intervenant·es d’exception, notamment Nancy Huston, autrice et poétesse, Juliette Rousseau, militante et autrice, Alejandro Jodorowsky, artiste, réalisateur et romancier, Bénédicte Bonzi, anthropologue, Mohamed Amer Meziane, philosophe, Anne-Laure Delatte, chercheuse en économie au CNRS, Catherine Malabou, philosophe, François Jarrige, historien, ou encore Marin Fouqué, romancier et rappeur.

4 Piliers Fondateurs

Agir pour le vivant s’organise autour de quatre axes principaux et complémentaires et se développe à l’année à Arles et sur d’autres territoires : 

Penser le vivant

Favoriser les rencontres et les réflexions pour dessiner une société du vivant, en faisant dialoguer les disciplines et en mêlant auteurs, philosophes, chercheurs, économistes, militants, politiques et dirigeants d’entreprises…

Concrètement : des conférences, des débats, des tables rondes, des formats plus intimes avec “un café avec…” etc. 

La Fabrique de l’action pour le vivant

Réunir les acteurs du territoire ; les entreprises et les citoyens pour faire émerger de nouvelles méthodologies d’actions pour le vivant en multipliant les temps de travail et d’expérimentations. Une contribution à la recherche des moyens d’agir associant expériences scientifiques et littéraires tout au long de l’année. 

Concrètement : des ateliers d’entreprises, des résidences de travail avec les partenaires, des résidences d’écriture et de création, des ateliers découverte pour le grand public.

Célébrer le vivant

En favorisant l’émergence de nouveaux imaginaires et de nouveaux formats afin de sensibiliser le plus grand nombre et notamment en mobilisant des artistes, auteurs, étudiants, activistes et les voix qui renouvellent les approches sur ces sujets.

Concrètement : des soirées et des spectacles, des performances, des expositions, des projections (films et documentaires), etc.

S’engager pour le vivant

Proposer des programmes éducatifs, pédagogiques et de sensibilisation sur mesure pour les citoyen·nes afin de contribuer à développer l’engagement autour des enjeux socio-environnementaux contemporains (l’Université du vivant, le jeu citoyen…)

Podcasts

Pour une économie du vivant

‣ Lien Acast : https://lnkd.in/e8mn8kQb
‣ Lien Deezer : https://lnkd.in/ecrhvFbt
‣ Lien Spotify : https://lnkd.in/eYhcmyzB

Le mouvement B Corp… est un mouvement vivant, qui dessine un nouveau chemin pour le monde de l’entreprise, afin qu’elle repense son rôle dans notre société.

So good Radio

Des personnalités enthousiastes qui nous confient leur précieux rapport au vivant, des récits pour s’émerveiller, porter attention, s’inspirer et s’engager avec la nature, pour la (bio)diversité et comprendre les liens qui nous unissent.

Mesurer l’invisible : calculer le stock et le flux de CO₂ d’une forêt primaire

Dans le bassin du Congo, des scientifiques s’attèlent à une tâche ardue : celle de mesurer l’invisible ou presque, les stocks et flux de CO₂ de la forêt primaire. Or selon les modes de mesure, certaines données peuvent varier du simple au double. Des divergences qui rappellent la nécessité de toujours coupler les approches. Explications par Nicolas Barbier et Pierre Ploton (IRD), Bonaventure Sonké (Yaoundé 1), Le Bienfaiteur Sagang (University of California) et Stéphane Momo Takoudjou (Université de Liège) pour The Conversation France.

Flux de carbone entre la forêt et l’atmosphère au Gabon. Nicolas Barbier , Fourni par l’auteur

Nicolas Barbier, Institut de recherche pour le développement (IRD); Bonaventure Sonké, Université de Yaounde 1; Le Bienfaiteur Sagang, University of California, Los Angeles; Pierre Ploton, Institut de recherche pour le développement (IRD) et Stéphane Momo Takoudjou, Université de Liège

₂ Des poumons verts. De par leur grande capacité à échanger du CO2 et de l’oxygène, voici comment sont souvent décrites les forêts tropicales. En fixant par la photosynthèse le CO2, principal gaz à effet de serre, ces forêts constituent en effet un maillon crucial dans la régulation du climat global, et leur protection représente un enjeu bien connu des décideurs comme du grand public. Mais la prise en compte des stocks et flux de carbone de ces forêts dans le bilan global des gaz à effet de serre est loin d’être une tâche facile. Il s’agit même de l’un des compartiments les moins bien connus. Même les stocks et flux de carbone des océans sont mieux quantifiés.

Pourtant, les enjeux sont colossaux. Pour éviter de futurs scandales autour de la conservation de ces écosystèmes connus pour être des puits de carbone, il faut que les systèmes de mesure et de suivis soient fiables et indépendants. Autrement, chaque pays ou acteur tirera la couverture à lui, et choisira les définitions et mesures qui arrangent le mieux ses affaires en faisant fi du réel, ou de l’évolution des écosystèmes forestiers.

Le carbone forestier n’est pas une cryptomonnaie : il s’agit d’une grandeur physique concrète, mais dont la mesure est complexe et la valorisation peut sembler fumeuse. Quand on essaye d’expliquer aux populations locales qu’elles pourraient, un jour peut-être, rendre lucratif la conservation de leur forêt grâce à une ressource cachée dans les arbres et dans le sol, et ce sans y toucher, on fait face à une certaine incrédulité.

Alors, comment a-t-on fait jusque-là et comment faire pour mesurer au mieux ces flux et stocks de carbone qui déchaînent tant de passions, et parfois aussi d’opportunisme ?

L’inventaire forestier

Tout commence en forêt, avec de bonnes vieilles méthodes de bucheron, comme le fait l’industrie forestière pour évaluer les volumes de bois exploitable via des inventaires simplifiés déployables à large échelle.

Comme la matière sèche des plantes vertes et surtout des arbres est constituée pour moitié de carbone, quantifier le stock de cet élément requiert d’estimer le volume de chaque arbre et d’en identifier l’espèce. Pourquoi l’espèce ? Parce que c’est elle qui détermine la densité du bois et donc la quantité de carbone stockée pour un même volume de bois.

Évidemment, le nombre d’espèces que l’on peut rencontrer dans une forêt tropicale est tel qu’aucun expert au monde ne peut arriver à toutes les nommer. Au moins 40 000, et peut-être jusqu’à plus de 53 000 espèces d’arbres poussent sous les tropiques, quand il n’y en a que 124 dans l’Europe tempérée. Il faut donc systématiquement collecter des herbiers de contrôle, afin de vérifier l’appartenance d’un arbre à telle ou telle espèce avec les échantillons déjà conservés dans les herbiers des muséums ou universités. Ceci est d’autant plus important qu’au-delà du carbone, la biodiversité est un paramètre clé à intégrer dans les mécanismes de conservation.

Ensuite, pour évaluer l’évolution du stock de carbone, donc des flux entrants et sortants de la forêt, ces mesures doivent être répétées régulièrement pour mesurer la croissance des arbres, compter les morts et intégrer les arbrisseaux qui atteignent la taille minimum à partir de laquelle un arbre est pris en compte dans un inventaire.

Certaines mesures imposent de grimper aux arbres, comme le fait Pierre Ploton au Cameroun sur la photo de gauche. Mesurer des diamètres peut également s’avérer acrobatique quand les arbres sont déformés. Vincent Droissart et Nicolas Barbier, Fourni par l’auteur

Pour corser le challenge, sous les latitudes tropicales, les forêts sont (encore) vastes, denses et difficiles d’accès, dans des pays souvent dépourvus d’infrastructures. Quand tout va bien, les sites à inventorier sont au mieux à plusieurs jours de voyage des capitales. Évidemment, on ne peut pas mesurer toute la forêt : on procède donc à un échantillonnage, comme pour les sondages électoraux. Typiquement on sélectionne un certain nombre de parcelles de taille raisonnable (idéalement l’équivalent de 2 terrains de football, soit entre 500 et 1000 arbres par parcelle).

Les critères à prendre en compte pour cette sélection (hasard total ou au contraire choix délibéré de types de végétations particuliers) forment une science en soi, et changer de critères en cours de route peut rendre toute l’approche caduque. On parle par exemple du « biais de forêt majestueuse », lorsqu’on emploie des parcelles sélectionnées dans des forêts particulièrement intactes pour estimer la moyenne du carbone contenu dans l’ensemble des forêts d’une zone.

Une fois sur le terrain, des mesures simples sont réalisées sur les arbres : le diamètre du tronc, plus rarement la hauteur des arbres. On utilise ensuite des tables de conversion, appelées équations allométriques, qui permettent d’estimer le carbone d’un arbre à partir de ces quelques mesures. Ces équations sont élaborées en en abattant et en pesant intégralement un petit nombre d’arbres. Comme un seul de ces géants peut atteindre 160 tonnes de masse fraîche, et qu’il faut effectuer la pesée directement en forêt, il peut arriver qu’une douzaine d’ouvriers mettent une semaine pour peser un seul arbre.

Pesée destructive d’un arbre de référence. Nicolas Barbier, Fourni par l’auteur

Il est donc fréquent d’employer des équations provenant d’autres régions, ce qui peut créer des biais. Des alternatives non dommageables pour la forêt se développent : des scanners laser permettent désormais de mesurer précisément le volume des arbres sur pied. Nous avons ainsi pu produire de nouvelles équations allométriques au Cameroun et en République Démocratique du Congo, beaucoup plus efficacement et sans perdre en précision.


L’article que vous parcourez vous est proposé en partenariat avec « Sur la Terre », un podcast de l’AFP audio. Une création pour explorer des initiatives en faveur de la transition écologique, partout sur la planète. Abonnez-vous !


Comment passer à large échelle ?

Même en échantillonnant, obtenir une estimation représentative et actualisée des stocks et flux de carbone à l’échelle d’un pays ou de l’ensemble des forêts tropicales en remesurant des parcelles est un défi considérable. Ces dernières décennies, les techniques de mesure à distance (télédétection) se sont développées, afin de permettre de gagner en efficacité et de moins dépendre d’aléas du terrain. Les satellites parcourent le globe jour après jour et prennent des mesures permettant d’évaluer (par exemple) les modifications de l’état des surfaces, la pluviométrie ou le débit des cours d’eau.

Des missions spatiales sont spécialement dédiées à la mesure de la biomasse des forêts, comme l a mission BIOMASS de l’Agence Spatiale Européenne, qui attend un lanceur fiable pour décoller, ou le laser GEDI sur la station spatiale internationale. En attendant, on est contraints d’extrapoler avec les données des satellites existants, qui ne sont pas forcément prévus pour voir à travers la canopée des forêts denses.

Mosaïque d’images satellite infra-rouge sur toute l’Afrique Centrale (Satellite MODIS, 10 ans d’observation). Nicolas Barbier, Fourni par l’auteur

Car la télédétection ne mesure pas directement le carbone ou la biomasse, mais une quantité de lumière ou d’ondes radio réfléchies par les objets. Convertir ces données en information exploitable passe par des modèles physiques ou statistiques complexes pour lesquels les données de terrain sont indispensables. Vu la rareté de ces données, et les limites des signaux satellites actuellement disponibles, le niveau d’incohérence entre certaines cartes publiées peut parfois prêter à sourire, lorsque l’on voit la moyenne d’un pays passer quasiment du simple au double d’une carte à l’autre. Au cours de la dernière décennie, notre équipe a passé beaucoup de temps à analyser les sources de ces erreurs, souvent cachées dans de mauvaises approches statistiques, ou des effets instrumentaux mal pris en compte.

En effet, des images prises dans des conditions d’éclairement ou avec une atmosphère différente ne sont pas directement comparables. Vu la couverture nuageuse permanente près de l’équateur, on est même contraints d’utiliser des images très dégradées ou des assemblages de pixels agrégés à partir de différentes images. Nous avons aussi cherché à mieux utiliser l’information contextuelle, comme la forme ou la texture des objets visibles, pour estimer la taille moyenne des couronnes d’arbres par exemple. Les percées récentes de l’intelligence artificielle ouvrent de nouvelles perspectives pour mieux valoriser la masse des données acquises par satellite. C’est en effet la machine qui définira elle-même les critères les plus pertinents pour obtenir l’information voulue indépendamment des conditions de prise de vue.

Construire des supercalculateurs et lancer des missions dans l’espace ne suffit cependant pas. Il est aussi primordial de réinvestir dans l’acquisition de données sur terre pour fournir des données de référence indispensables. Différentes initiatives internationales s’organisent, qui visent à soutenir les inventaires forestiers nationaux (comme on l’a vu plus haut), ou à installer des sites de calibration dernier cri pour servir de référence à des missions satellites.

Stéphane Momo scannant une forêt au Laser au Gabon. Nicolas Barbier, Fourni par l’auteur

Et les autres compartiments ?

Tout ce que nous venons de décrire permet d’évaluer le stock de carbone dans les parties visibles des arbres sur pied. Mais on ne sait que très peu de choses de leurs racines, du carbone contenu dans le sol, de ce qui est emporté dans les rivières, ou des échanges avec l’atmosphère. Par exemple, on a récemment découvert que les tourbières du bassin du Congo contenaient plus de carbone que toutes les forêts de la région.

Pour mesurer la respiration et la photosynthèse de notre fameux poumon vert dans son ensemble, il faut notamment installer des tours à flux. Ces structures surplombent la canopée à plus de 60m de hauteur (jusqu’à plus de 300 m !) portent différents appareils (anémomètre sonique, analyseur CO2 infrarouge, hygromètre… ) qui mesurent les échanges gazeux entre l’atmosphère et la forêt. Alimenter, entretenir et sécuriser un tel équipement en pleine jungle pendant des décennies est un défi en soi. Des collègues avaient tenté l’aventure au Congo dans les années 1990. Quand ils sont revenus, l’aluminium de la tour avait été fondu et converti en marmites !

En fait, peu de gens réalisent que, malgré la crise climatique, il n’existe quasiment plus aucune infrastructure de mesure en état de marche en Afrique. Même des dispositifs aussi basiques que des stations météo font défaut ! Derrière ces lacunes fondamentales, des questions plus profondes surgissent par exemple : À qui attribuer la charge de la collecte de toutes ces données essentielles : Aux institutions étatiques des pays du Sud ? Aux exploitants industriels privés ? Aux bureaux d’étude des pays du Nord ? En ce qui nous concerne, nous demeurons partisans d’une collaboration entre chercheurs et institutions scientifiques du Nord et des Suds, pour apprendre ensemble en tirant parti des meilleures technologies disponibles. C’est ce qui justifie les appels à renforcer la recherche, la formation et les partenariats internationaux au Sud, voire à construire des centres de recherche multidisciplinaires dédiés à ces questions.

À quoi cela sert-il ?

On le voit, la science fait de son mieux pour offrir des approches plus rigoureuses et transparentes pour mesurer les stocks et flux de carbone des forêts tropicales à une échelle pertinente. Cela devrait permettre à terme d’éviter de voir se reproduire des erreurs grossières ou volontaires, comme le cas de la Malaisie qui en 2021 avait fait les gros titres de la presse mondiale. Dans son bilan annuel des Gaz à effet de serre, elle considérait posséder un puits de carbone forestier annuel de plus de 243 millions de tonnes, soit autant que son voisin l’Indonésie, qui possède pourtant cinq fois plus de forêts.

Mais si certains pays affichent des chiffres excessifs, d’autres n’en communiquent même pas. Ainsi, alors que certains chercheurs s’inquiètent déjà de voir la limite d’1,5 degrés fixé par l’accord de Paris déjà dépassée à la fin d’année 2023, le manque de données concernant les flux, stock et émissions des gaz à effet de serre reste criant. En début d’année, seuls 48 pays avaient déjà rendu un inventaire de leurs gaz à effet de serre. C’est très peu si l’on considère qu’en 2024, les 197 pays membres de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques seront désormais sommés de soumettre un rapport annuel.

Des mesures rigoureuses des flux et stocks de carbone demeurent également cruciales pour évaluer l’impact des projets de conservation des écosystèmes forestiers. Surtout dans le cadre de la monétisation de ceux-ci avec des crédits carbone via des projets de déforestation évitée ou de réhabilitation forestière. Il faut éviter, ici encore, de tomber dans les écueils constatés ces dernières décennies, où de nombreux projets de préservation des forêts se sont révélés sans impact positif concret.


Cet article s’inscrit dans le cadre d’un projet associant The Conversation France et l’AFP audio. Il a bénéficié de l’appui financier du Centre européen de journalisme, dans le cadre du programme « Solutions Journalism Accelerator » soutenu par la Fondation Bill et Melinda Gates. L’AFP et The Conversation France ont conservé leur indépendance éditoriale à chaque étape du projet.

Nicolas Barbier, Chercheur en Écologie Tropicale à l’UMR AMAP, Institut de recherche pour le développement (IRD); Bonaventure Sonké, Professeur de Botanique, Université de Yaounde 1; Le Bienfaiteur Sagang, Écologiste et analyste en télédétection, University of California, Los Angeles; Pierre Ploton, Chercheur en Sciences des données et des modèles à l’UMR AMAP, Institut de recherche pour le développement (IRD) et Stéphane Momo Takoudjou, Chercheur en Écologie tropicale, Université de Liège

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

Un enfant sur cinq vit plus de la moitié de l’année à des températures supérieures à 35 degrés Celsius

Près d’un demi-milliard d’enfants vivent dans des régions qui connaissent au moins deux fois plus de journées extrêmement chaudes que leurs grands-parents selon une récente étude de l’UNICEF. Dans huit pays, parmi lesquels le Mali, le Niger, le Sénégal, le Soudan du Sud et le Soudan, les enfants passent plus de la moitié de l’année à des températures supérieures à 35 degrés Celsius.

©UNICEF/UN0431961/Pouget

Un enfant sur cinq – soit 466 millions – vit dans une région où le nombre de journées extrêmement chaudes est au moins deux fois supérieur à ce qu’il était il y a seulement soixante ans.

UNICEF

En comparant la moyenne des années 1960 à celle de 2020-2024, l’analyse alerte quant à la rapidité et l’ampleur de l’augmentation des journées extrêmement chaudes – supérieures à 35°C – pour près d’un demi-milliard d’enfants dans le monde, dont beaucoup ne disposent pas des infrastructures ou des services nécessaires pour y faire face.

« Les journées d’été les plus chaudes nous paraissent aujourd’hui normalesmais les chaleurs extrêmes augmentent et perturbant la santé, le bien-être et les habitudes quotidiennes des enfants », a déclaré Catherine Russell la directrice générale de l’UNICEF.


Des progrès menacés

Les conséquences des changements climatiques
sur la santé et le bien-être des enfants


© UNICEF/UNI431676/Sokhin

Les changements climatiques ont un impact sur presque tous les aspects de la santé et du bien-être des enfants, de la grossesse à l’adolescence. Les enfants sont touchés de manière disproportionnée par les changements climatiques parce qu’ils sont particulièrement vulnérables aux risques environnementaux par rapport aux adultes.

La vie des enfants est réduite et modifiée par la crise climatique.

Alors que les preuves de l’impact du changement climatique sur la santé et le bien-être des enfants sont de plus en plus nombreuses, la recherche se concentre souvent sur les effets des différents risques. Ce rapport vise à fournir un «stock» global des impacts du changement climatique sur les enfants à travers les six principaux risques qui ont une incidence sur leur santé et leur bien-être: la chaleur extrême, les sécheresses, les incendies de forêt, les inondations et les tempêtes, la pollution atmosphérique et les changements d’écosystèmes.

Malawi, 2023
© UNICEF/UNI505878/PLUS CREATIONS

Le présent rapport contient trois recommandations accompagnées d’actions spécifiques:

  • Réduire les émissions pour atteindre le seuil de 1,5 degré de 1,5 degré de garantie garantissant l’intérêt supérieur de l’enfant
  • Protéger les enfants de l’impact du changement climatique
  • Accorder la priorité à la santé et au bien-être des enfants dans la politique climatique, l’investissement et l’action

L’analyse présente également des données nationales et révèle que, dans 16 pays, les enfants subissent aujourd’hui un mois supplémentaire de journées extrêmement chaudes comparativement à il y a soixante ans. Au Soudan du Sud, par exemple, les enfants connaissent aujourd’hui une moyenne annuelle de 165 jours extrêmement chauds, contre 110 jours dans les années 1960, tandis qu’au Paraguay, cette moyenne est passée de 36 jours à 71 jours.

L’analyse révèle qu’à l’échelle mondiale, c’est en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale que les enfants sont le plus exposés aux journées extrêmement chaudes et que les augmentations sont les plus importantes. 123 millions d’enfants, soit 39 % des enfants de la région, subissent aujourd’hui en moyenne plus d’un tiers de l’année – ou au moins 95 jours par an – des températures supérieures à 35°C. Ce chiffre atteint 212 jours au Mali, 202 jours au Niger, 198 jours au Sénégal et 195 jours au Soudan. En Amérique latine et dans les Caraïbes, près de 48 millions d’enfants vivent dans des régions qui connaissent deux fois plus de journées extrêmement chaudes.

Bangladesh, 2023
© UNICEF/UNI424978/Sokhin

Le stress thermique causé par l’exposition à une chaleur extrême constitue une menace unique pour la santé et le bien-être des enfants et des femmes enceintes, en particulier en l’absence de mesures de rafraîchissement. Il a été associé à des complications pendant la grossesse, telles que des maladies chroniques gestationnelles, et à des problèmes au moment de la naissance, notamment la mortinaissance, l’insuffisance pondérale à la naissance et l’accouchement prématuré. Des niveaux excessifs de stress thermique contribuent également à la malnutrition infantile, au développement de maladies non transmissibles telles que les maladies liées à la chaleur, et rendent les enfants plus vulnérables aux maladies infectieuses qui se propagent à des températures élevées, telles que le paludisme et la dengue. Il est prouvé qu’ils ont également un impact sur le développement neurologique, la santé mentale et le bien-être.

Pakistan, 2024
© UNICEF/UNI585288/Ahmed

Les effets des chaleurs extrêmes sont plus préoccupants lorsqu’elles sont ressenties sur de longues périodes. Alors que les chaleurs extrêmes augmentent dans tous les pays du monde, l’analyse montre que les enfants sont exposés à des vagues de chaleur plus intenses, plus longues et plus fréquentes. Dans 100 pays, plus de la moitié des enfants subissent deux fois plus de vagues de chaleur aujourd’hui qu’il y a 60 ans.

Éthiopie, 2023
© UNICEF/UN0827358/Ayene

En France, par exemple, 12,6 millions d’enfants sont deux fois plus exposés à des vagues de chaleur qu’il y a 60 ans, et 3,3 millions d’enfants y sont trois fois plus exposés. De 4,6 vagues de chaleur en moyenne par an dans les années 1960, la France en connaît 12,7 aujourd’hui, soit près de trois fois plus. Les vagues de chaleur durent également plus longtemps – de 4 à 5,4 jours – et sont plus intenses – de 1,78°C au-dessus des moyennes il y a 60 ans à 2,63°C aujourd’hui.

Bangladesh, 2023
© UNICEF/UNI579513/Paulash

L’impact des aléas climatiques sur la santé des enfants est multiplié par la façon dont ces aléas affectent la sécurité et la contamination des aliments et de l’eau, endommagent les infrastructures, perturbent les services publics destinés aux enfants, y compris l’éducation, et provoquent des déplacements de population. En outre, la gravité de ces effets est déterminée par les vulnérabilités et les inégalités sous-jacentes auxquelles les enfants sont confrontés en fonction de leur statut socio-économique, de leur sexe, de leur lieu de résidence, de leur état de santé actuel et du contexte national.

Soudan du Sud, 2023
© UNICEF/UNI519255

Dans les mois à venir, tous les États membres parties à l’Accord de Paris doivent soumettre de nouveaux plans climatiques nationaux – les contributions définies au niveau national (NDC 3.0). Ces plans fixeront le cap de l’action climatique pour une décennie. Ils constituent une occasion limitée dans le temps de présenter des plans concrets pour réaliser les objectifs de l’accord de Paris. L’UNICEF appelle les dirigeants, les gouvernements et le secteur privé à saisir cette opportunité pour mettre en place une action climatique urgente et ambitieuse qui défende le droit de chaque enfant à un environnement propre, sain et durable en prenant les mesures suivantes :

  • RÉDUIRE les émissions de gaz à effet de serre et mettre en œuvre de toute urgence des accords internationaux ambitieux en matière de durabilité et de changement climatique afin de maîtriser la hausse des températures.
  • PROTÉGER la vie, la santé et le bien-être des enfants ainsi que la résilience de leurs communautés, notamment en adaptant les services sociaux essentiels au changement climatique, aux catastrophes plus fréquentes et à un environnement en voie de dégradation. Par exemple, en veillant à ce que chaque agent de santé soit formé à la détection et au traitement du stress thermique, et en adaptant les établissements de santé et d’éducation aux chaleurs extrêmes.
  • DOTER chaque enfant, tout au long de sa vie, d’opportunités de développement, d’une éducation et de compétences qui lui permettront de devenir un champion de l’environnement.
ndonésie, 2020
© UNICEF/UNI390327/Wilander

« Les enfants ne sont pas de petits adultes. Leur corps est beaucoup plus vulnérable à la chaleur extrême ; il se réchauffe plus rapidement et se refroidit plus lentement. La chaleur extrême est aussi particulièrement dangereuse pour les bébés en raison de leur rythme cardiaque plus rapide. Ainsi, la hausse des températures est encore plus alarmante pour eux », a expliqué Catherine Russell. « Les gouvernements doivent agir afin de maîtriser la hausse des températures et une occasion unique de le faire se présente dès à présent. Alors que les gouvernements élaborent actuellement leurs plans d’action nationaux sur le climat, ils doivent le faire avec ambition et en ayant à l’esprit que le monde qu’ils laisseront derrière eux sera celui dans lequel devront vivre les enfants d’aujourd’hui et les générations futures ».

Thaïlande, 2023
© UNICEF/UNI419968/Preechapanich

Précisions sur les données

Les données de température sont calculées à partir des relevés de température agrégés quotidiens de la réanalyse ERA5 (Muñoz, 2019), obtenus et traités à l’aide de la plateforme Google Earth Engine.

Les données sur la population enfantine tirées des données sur la population des établissements humains mondiaux (GHS-POP – R2023A ; Schiavina, 2023) ont été téléchargées à partir du site FTP de Copernicus (https://human-settlement.emergency.copernicus.eu/download.php?ds=pop). Ces données ont été ajustées pour estimer le pourcentage de population infantile en utilisant le pourcentage de population par groupes d’âge sélectionnés – tous les genres confondus – des données World Population Prospects (Nations Unies, 2024).

De plus amples détails sur les méthodes de traitement et d’analyse des données sont disponibles sur le site GitHub: https://github.com/unicef/heat.

L’UNICEF a adopté les définitions suivantes pour définir les mesures de chaleur :

  • Vagues de chaleur – toute période de trois jours ou plus pendant laquelle la température maximale quotidienne se situe dans les 10 % les plus élevés de la moyenne locale sur 15 jours.
  • La fréquence des vagues de chaleur correspond au nombre de vagues de chaleur par an.
  • La durée de la vague de chaleur correspond au nombre total de jours que dure l’événement.
  • L‘intensité de la vague de chaleur correspond à la température supérieure à la moyenne locale sur 15 jours pendant la vague de chaleur, exprimée en degrés Celsius.
  • Températures extrêmement élevées (jours extrêmement chauds) – lorsqu’une journée dépasse 35°C.

Quel est l’impact des crèmes solaires sur le milieu marin méditerranéen ?

Cet été, le Parc naturel marin du golfe du Lion lance une campagne de sensibilisation à l’impact sur le milieu marin de filtres UV présents dans certaines crèmes solaires. En partenariat avec neuf structures locales de kayak et paddle, cette initiative vise à informer les vacanciers sur cette problématique étudiée de près par la communauté scientifique, encourageant des pratiques plus respectueuses de l’environnement le long du littoral, dans les Pyrénées-Orientales et dans l’Aude.

Chaque été, les structures de kayak et paddle « Engagées pour la nature » font le même constat : en surface de l’eau, des nappes de crème solaire sont visibles depuis la plage, après le passage des baigneurs. Conscientes des problèmes environnementaux que peuvent causer certaines crèmes solaires présentes dans l’eau de mer, ces structures ont sollicité le Parc pour les aider à sensibiliser leurs publics.Une mobilisation locale, avec le soutien de l’observatoire Océanologique de Banyuls-sur-Mer.

Depuis 2015, les scientifiques de l’observatoire océanologique de Banyuls-sur-Mer (Sorbonne Université – CNRS) mènent des études d’écotoxicologie sur des filtres UV. Le Parc a donc entrepris un travail de médiation scientifique avec les structures engagées, appuyé du soutien de l’observatoire océanologique. Ce partenariat a abouti, en cette saison estivale de 2024, à une première campagne de sensibilisation grand public, déployée le long du littoral de Cerbère (Pyrénées-Orientales), à Leucate (Aude).

Les principaux impacts des filtres UV

Schéma de la pénétration des UV dans l’atmosphère et dans la peau humaine.
Clarisse Chevry / Office français de la biodiversité
 
Vu du ciel, deux vacanciers sous un parasol bleu sur la côte sableuse des Pyrénées Orientales. Plage de la côte sableuse
Emmanuelle Rivas

Schémas : visualisation de la trajectoire des UV selon le type de crème solaire appliqué. Schémas des deux méthodes de protection de la peau par les filtres UV chimiques et minéraux
Clarisse Chevry / Office français de la biodiversité
Quelques gouttes de crème solaire dans une machine d’analyse de laboratoire. Tests de crème solaire en laboratoire
Adobe Stock
Un grand nombre de vacanciers se baignent à la plage à Banyuls-sur-Mer. Tourisme balnéaire à Banyuls
Marion Brichet / Office français de la biodiversité
Définition : le phénomène de bioaccumulation désigne l’accumulation progressive de contaminants dans un seul et même organisme à partir de son environnement, par contact direct de l’eau ou par l’ingestion d’aliments. Définition du phénomène de « bioaccumulation »
Clarisse Chevry / Office français de la biodiversité

Le sar tambour et les castagnoles font partie de la famille des poissons concernée par les dérèglements du système endocrinien.
Dérèglements du système endocrinien. Poissons, crustacés, échinodermes
Le système endocrinien impacté ne régule plus correctement la production d’hormones essentielles à la reproduction et à la croissance des embryons, des larves et des juvéniles.
Le poulpe, sans doute le plus évolué des invertébrés
Perturbations enzymatiques et métaboliques. Mollusques, échinodermes
L’organisme affecté a du mal à produire les enzymes (des protéines) utiles au bon fonctionnement de son métabolisme. L’ensemble des processus chimiques naturels permettant son développement et sa survie est compromis.
Etoile de mer
Stress oxydatif. Poissons, coraux, crustacés, mollusques | Le stress oxydatif se manifeste par un déséquilibre des défenses antioxydantes d’un organisme vivant, ce qui réduit les capacités physiologiques de ses cellules et peut provoquer de graves maladies chroniques.
Les acétabulaires ou ombrelles de mer font partie de la famille des algues.
Altérations de la capacité de photosynthèse. Algues, phytoplancton. Lorsque leur capacité de photosynthèse est touchée, les végétaux rencontrent des difficultés à produire et stocker de la matière organique à partir de la lumière du soleil. Un phénomène qui ne leur permet plus de bien se nourrir.
Ambiance sous-marine : herbier de posidonie Ambiance sous-marine : herbier de posidonie
Sandrine Ruitton / MIO
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Définition : une substance dite « toxique » est capable d’empoisonner un organisme vivant, que ce soit un végétal ou un animal, y compris l’humain.

Certains filtres UV chimiques et minéraux peuvent en effet affecter des catégories d’espèces présentes en mer Méditerranée. Chez certains poissons, crustacés et échinodermes, ils peuvent entraîner des dérèglements du système endocrinien ou altérer le métabolisme de certains mollusques et échinodermes jusqu’à compromettre leur développement et leur survie. Ils provoquent également un déséquilibre des défenses antioxydantes (stress oxydatif) des poissons, crustacés, mollusques, et coraux, ce qui réduit les capacités physiologiques de leurs cellules et peut provoquer de graves maladies chroniques. Ils affectent par ailleurs la capacité de photosynthèse des algues et du phytoplancton entrainant des difficultés pour ces derniers à produire et stocker de la matière organique à partir de la lumière du soleil. Un phénomène qui ne leur permet plus de bien se nourrir.Certains filtres UV chimiques et minéraux ont également été retrouvés dans le sang et les tissus d’espèces marines comme les requins, les tortues et les dauphins. Des filtres UV ont aussi été détectés dans les racines de posidonies, des plantes marines indispensables à la biodiversité méditerranéenne, aussi connues pour leur capacité à capter le CO2 de l’atmosphère.

Quelles solutions ?

?Pour bien se protéger du soleil et minimiser son impact sur la biodiversité marine, le Parc naturel marin du golfe du Lion a formulé plusieurs conseils. A retenir notamment, lorsqu’il n’est pas possible de se passer de crème solaire, il est préférable de la choisir à base de filtres UV moins nocifs (et de préférence, sans ingrédients micro plastiques).Il vaut mieux également éviter les produits solaires en brume ou en spray car avec le vent, la crème se disperse dans l’environnement sans protéger la peau.Par ailleurs, sans un délai de 30 minutes avant de s’exposer au soleil et d’aller à l’eau, la crème ne protège pas du soleil car les filtres UV chimiques présents dans la majeure partie des crèmes solaires n’auront pas eu le temps d’être absorbés par la peau.En définitive, se mettre à l’ombre, porter un chapeau, des lunettes de soleil et des vêtements anti-UV restent les solutions à privilégier pour se protéger du soleil tout en réduisant son impact sur les écosystèmes marins.

Un large dispositif de sensibilisation déployé cet été

Formation des moniteurs des structures partenaires : pour la première édition de cette campagne, le Parc a formé plus de 40 agents d’accueil et moniteurs de kayak et paddle des structures partenaires sur les impacts environnementaux des filtres UV concernés, ainsi que sur des pratiques plus responsables pour se protéger du soleil. Équipés d’un guide réalisé par le Parc, les moniteurs pourront à leur tour partager les informations à leurs publics avant les sorties en mer.

Prêt de t-shirts anti-UV aux clients des structures partenaires : pour compléter ce dispositif de sensibilisation orale, le Parc finance la mise à disposition de près de 400 t-shirts anti-UV pour les moniteurs et les clients des structures engagées.

Confectionnés en Italie à partir de filets de pêche recyclés, sans traitement anti-UV chimique, ces t-shirts seront prêtés tout au long de l’été aux clients des structures, leur permettant de limiter voire de supprimer le recours à la crème solaire lors de leurs balades et randonnées aquatiques.

La charte « Guide d’observation partenaire » du Parc naturel marin du golfe du Lion

En signant la charte « Guide d’observation partenaire » il y a 3 ans, 9 structures de kayak et paddle du littoral des Pyrénées-Orientales se sont engagées à adopter des pratiques respectueuses de l’environnement pour atteindre des objectifs de développement durable. Ensemble, la vingtaine de professionnels impliqués et le Parc ont développé des pratiques écoresponsables adaptées à leurs activités, favorisant ainsi la préservation du milieu marin.

De son côté, le Parc s’engage à être un relais d’information, à fournir un réseau d’échanges et de formation, à promouvoir la visibilité des actions menées et à proposer un soutien technique. Plusieurs initiatives ont ainsi été mises en place, à l’image de cette campagne de sensibilisation à l’impact des filtres UV de certaines crèmes solaires.

Un partenariat

La décroissance sera sociale et solidaire ou ne sera pas

Alors que la planète bat actuellement tous les records de chaleur, Timothée Duverger et Timothée Parrique plaident dans cette tribune, publiée dans Alternatives Économiques, pour une décroissance sociale et solidaire. Nul besoin de réinventer l’économie pour réussir la transition écologique, les modèles alternatifs existent déjà avec l’économie sociale et solidaire.

La décroissance sauvera-t’elle (tout) le monde ?

Alors que le Nouveau Front populaire a remporté les élections législatives suite à la dissolution de l’Assemblée nationale, l’application de son programme, certes d’inspiration keynésienne, pourrait fournir les prémices d’une économie de la post-croissance à travers ses mesures en faveur de la planification écologique, des investissements verts, du renforcement des services publics ou de la réduction des inégalités sociales.

Il y a cinquante ans déjà, René Dumont était le premier écologiste à se présenter à une élection présidentielle en France. Dans son ouvrage de référence, dont le titre L’utopie ou la mort ! a été repris comme son slogan de campagne, il appelait à orienter l’économie des pays développés, par étapes successives, vers une « croissance zéro » de la « consommation globale de produits industriels ».

Il s’inspirait alors du rapport Meadows, paru en 1972, sur les limites de la croissance. Celui-ci avait suscité une importante polémique en France, notamment suite à la divulgation de la lettre Mansholt1 par Georges Marchais, l’emblématique secrétaire général du Parti communiste. Il accusait le nouveau président de la Commission européenne de préparer une « Europe de la misère et de la régression économique ».

Reprenant les conclusions du rapport Meadows, Sicco Mansholt proposait d’abandonner « la recherche d’une croissance maximale » pour « sauvegarder l’équilibre écologique et (…) réserver aux générations futures des sources d’énergie suffisantes ». Cela impliquait de changer de boussole, donc de remplacer le produit national brut (PNB) par une « utilité nationale brute » (UNB), mais aussi de mettre en œuvre une économie planifiée pour changer de système de production. Ses mesures concernaient l’instauration de certificats de production, une fiscalité verte, la durabilité des biens de consommation, la régulation de l’accès aux biens et services essentiels ou la recherche en faveur d’une économie circulaire.

Considérant que ce plan se traduirait par « un net recul du bien-être matériel par habitant et par une limitation de leur utilisation des biens », il proposait de le compenser par une politique redistributive et favorisant l’« épanouissement intellectuel et culturel ». Faute de soutien, ce plan n’a cependant jamais été mis en œuvre, tandis que René Dumont n’a recueilli que 1,31 % des voix à l’élection présidentielle de 1974.

Deux enseignements fondamentaux

Cette absence constatée de débouché politique conduit la sociologue Dominique Méda, qui a largement contribué à la démystification de la croissance en France avec l’économiste Florence Jany-Catrice, à conclure que « nous avons perdu cinquante ans »2.


A lire L’Économie Politique n°103 – 08/2024

Le logement au cœur de la crise sociale

Aujourd’hui encore, il y a un verrou chez les dirigeants politiques. Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire déclarait par exemple il y a quelques semaines : « Croissance et climat sont compatibles ! Je ne crois pas à l’idéologie de la décroissance et je la combattrai ! »

Source

Il importe donc de tirer des enseignements de cette bifurcation manquée, si nous ne voulons pas perdre cinquante ans de plus. Deux enseignements nous paraissent fondamentaux. Force est de constater, d’abord, que la critique de ce plan portait sur ses effets sociaux.

Certes, Sicco Mansholt, comme René Dumont après lui, était soucieux des problèmes de justice sociale, tant entre les classes sociales qu’entre les pays du Sud et du Nord. Mais il était difficile de faire entendre l’idée d’une prospérité sans croissance alors que le discours dominant la mesurait à l’époque, et toujours aujourd’hui, en points de PIB. Pourtant, Denis Clerc, le fondateur d’Alternatives Économiques, a pu faire remarquer que sur les trente dernières années, « la croissance économique n’améliore pas la situation économique des plus pauvres, mais elle accentue les inégalités ».

La critique soulevait également un problème démocratique. Le plan était conçu et devait être porté par une instance supranationale, alors que le Parlement européen n’était pas encore élu au suffrage universel direct. Il apparaissait alors comme une perte de souveraineté dirigée contre les peuples. Tout l’enjeu consistait à démocratiser cette planification et à mobiliser les citoyens autour du changement de système économique, tant du point de vue du contenu de la production que de l’allocation des ressources.

Vers une décroissance sociale et solidaire

Nous portons en conséquence la conviction que la décroissance sera sociale et solidaire ou ne sera pas. Nous concevons la décroissance comme une réduction de la production et de la consommation pour alléger l’empreinte écologique, planifiée démocratiquement dans un esprit de justice sociale et dans le souci du bien-être.

La décroissance n’est pas le projet, mais le trajet vers une économie stationnaire en harmonie avec la nature où les décisions sont prises ensemble et où les richesses sont équitablement partagées afin de pouvoir prospérer sans croissance3.

L’ESS reste aujourd’hui notre meilleur plan B, à la fois pour organiser la transition et pour assurer le fonctionnement à long terme d’une économie post-croissance

Pour y parvenir, nous devons penser l’économie autrement. Mais nous n’avons pas à tout réinventer car il existe déjà une économie alternative. Malgré des tentatives d’instrumentalisation par le capitalisme, l’économie sociale et solidaire (ESS) reste aujourd’hui notre meilleur plan B, à la fois pour organiser la transition et pour assurer le fonctionnement à long terme d’une économie post-croissance.

La Tribune du vendredi 30 novembre 2012
La Tribune du vendredi 30 novembre 2012

Car comme le soulignait Philippe Frémeaux4, son aile marchande joue « un rôle souvent précurseur dans l’évolution de nos modes de vie, de production et de consommation »5. La force de l’ESS réside dans sa capacité d’expérimentation qui, au fil des années, a produit plusieurs initiatives visionnaires.

Les sociétés coopératives d’intérêt collectif (Scic), par exemple, des entreprises à la gouvernance participative, émancipées des impératifs à la lucrativité, qui définissent leur raison d’agir et leurs conditions de travail de manière démocratique. Les territoires zéro chômeur de longue durée (TZCLD) préfigurent une garantie d’emploi verte et locale qui permettrait non seulement d’éviter la recrudescence d’un chômage subi pendant une période de décroissance, mais surtout de réencastrer le « marché de l’emploi » dans la réalité sociale et écologique des territoires.

Les monnaies alternatives deviennent des vecteurs de planification socioécologique en accompagnant des projets d’énergies renouvelables, de revenu universel et de sécurité sociale de l’alimentation. Les pôles territoriaux de coopération économique (PTCE) donnent un cadre territorial pour limiter l’usage des ressources naturelles tout en s’assurant qu’elles soient équitablement partagées. Ces initiatives ont en commun de préférer le développement territorial à la croissance extractiviste.

Et si ces initiatives aujourd’hui minoritaires devenaient la norme ? Visant à remplacer l’économie des profits par une économie des besoins, l’ESS porte en elle les graines d’une économie post-capitaliste et post-croissance. C’est une utopie réelle d’une valeur inestimable, sur laquelle le nouveau Front populaire devrait s’appuyer pour impulser un changement durable de paradigme.

Timothée Duverger est ingénieur de recherche, chargé de mission ESS et développement durable à Sciences Po Bordeaux.

Timothée Parrique est économiste. Il est chercheur à la Faculté d’économie et de gestion de l’Université de Lund (Suède).

  1. Sicco Mansholt, La lettre Mansholt, 1972, Paris, Les petits matins, 2023. ↩︎
  2. Dominique Méda, « Introduction », in Sicco Mansholt, La lettre Mansholt, 1972, Paris, Les petits matins, 2023. ↩︎
  3. Timothée Parrique, Ralentir ou périr. L’économie de la décroissance, Paris, Seuil, 2022. ↩︎
  4. Philippe Frémeaux, décédé en 2020, a dirigé la rédaction d’Alternatives Économiques. ↩︎
  5. Philippe Frémeaux, « ESS et transition écologique », conférence à la MJC L’Héritan, Mâcon, 16 novembre 2017 (texte ronéotypé). ↩︎

7 idées pour (re)découvrir la nature pendant les vacances !

L’été est là et avec lui… les vacances et le temps libre. Pour mieux profiter de la nature sur votre lieu de vacances, France Nature Environnement vous propose 7 pistes d’actions et de nombreuses ressources, proposées notamment par plusieurs associations du mouvement. À vous de choisir le programme.

1. Optez pour une semaine d’immersion lors d’une colo « nature » pour vos enfants … ou pour vous !

De nombreuses structures en France proposent des colonies de vacances « nature » qui permettent aux enfants et adolescents de découvrir, à leur rythme, les richesses de la nature : paysages, arbres, fleurs, faune, insectes, etc. Ces séjours allient le plus souvent des balades découverte, des temps d’observation et d’écoute (des plantes, des étoiles, des oiseaux …) et des activités dans et avec la nature : sports, jeux, construction, bricolage, veillées et lecture de contes, etc.

Voici quelques exemples de structures qui proposent ce type de séjour :

Ce type de séjour existe aussi pour les adultes. Vous trouverez certainement votre bonheur sur internet en tapant « séjour adulte nature » dans votre moteur de recherche préféré.

Pour les naturalistes en herbe comme pour les plus chevronné·es, sachez qu’il existe aussi des voyages naturalistes.

2. Découvrez de merveilleux sites naturels près de chez vous

Parc National de la Vanoise (Auvergne Rhône-Alpes) – Source : Pixabay @Alexgan

Notre planète regorge de paysages à couper le souffle. Mais pourquoi prendre l’avion pour de lointaines destinations quand la France offre une extraordinaire panoplie de paysages naturels accessibles par le train, le bus ou le covoiturage ? Des collines verdoyantes de Normandie aux montagnes rocheuses de Savoie sillonnées par des vallées immenses, des plages de sable du Sud-Ouest aux forêts enchantées de Bretagne en passant par les criques cachées de la Méditerranée… Il y a fort à parier que vous n’avez pas encore découvert tous les recoins de notre pays et sa myriade de sites naturels.

Les nombreux sites naturels et protégés ouverts au public proposent chaque année des activités pour toute famille. Explorez le temps d’une journée réserves naturelles, parcs naturels régionaux, parcs nationaux, espaces naturels près de chez vous ou de votre lieu de vacances !

3. Passez une nuit au vert en optant pour un établissement responsable

La Vie au Grand Vert

Une fois votre destination de vacances trouvée, pourquoi ne pas choisir un hébergement au cœur de la nature ? Cabanes dans les arbres, nuits en bivouac dans la forêt, maison d’hôte avec vue sur la vallée… L’association Amis de la Nature France propose par exemple une sélection de refuges, campings et gîtes paisiblement nichés dans un joli coin de verdure. En cherchant un peu, vous trouverez certainement votre bonheur pour pouvoir profiter des beautés de la nature dès votre réveil.

Réservez votre séjour en auberges de jeunesse !
En solo, en duo, en famille, en groupe… les auberges de jeunesse c’est pour toutes les générations

Profitez-en également pour privilégier les hébergements éco-responsables. Pour vous aider dans votre recherche, des plateformes telles que La Clef Verte, le réseau Accueil Paysan, Gîtes de France ou encore GreenGo recensent les campings, gîtes, maisons d’hôte, hébergements atypiques ou encore hôtels qui ont adopté une démarche respectueuse de l’environnement. Plusieurs d’entre eux sont labellisés par l’Ecolabel Européen (listes des hébergements et campings labellisés). Si vous êtes plutôt auberges de jeunesse, voici une sélection d’auberges de jeunesse en pleine nature.

4. Visitez des refuges pour animaux

Quels sont les refuges pour les animaux « de ferme » en France ?

Vous aimez les animaux ? Chats, chiens, ânes, cochons, vaches, poules… Il existe des dizaines de refuges en France qui recueillent des animaux blessés ou abandonnés et les soignent. L’association L214 les répertorie sur cette page et la plupart proposent des visites, parfois sur rendez-vous. N’hésitez pas à vous renseigner pour découvrir les lieux le temps d’un après-midi. Ces refuges proposent le plus souvent de parrainer voire d’adopter un animal. Ils sont également souvent à la recherche de volontaires, pour une journée ou plusieurs semaines. Pourquoi ne pas mêler l’utile à l’agréable en aidant l’un de ces refuges pendant vos vacances ?

5. Réservez une sortie nature le temps d’une journée !

Les espaces naturels s’animent

Explorer les cascades d’Alsace, partir en balades sonores à la découverte des oiseaux de Côte d’Armor ou encore voguer sur les eaux de La Luce en Ardennes pour découvrir ses secrets… Où que vous soyez cet été, il y aura forcément une sortie nature dans le coin.

Encadrées par des éducateurs·trices professionnel·les et des naturalistes, les sorties nature vous permettront d’explorer des recoins riches en biodiversité, de découvrir toutes les espèces qui les caractérisent, d’observer et d’écouter les oiseaux, de suivre un sentier pédagogique ou encore d’identifier quelques plantes comestibles et médicinales, et tout simplement de vous émerveiller !

Vous trouverez ces sorties nature facilement en ligne sur des sites et agendas dédiés. Elles sont aussi généralement recensées dans les offices de tourisme. Vous aurez l’embarras du choix pour trouver la sortie nature qui vous plaît !

À titre d’exemples voici quelques sites qui répertorient ces sorties nature :

Il existe aussi quelques applications dédiées pour smartphones :

  • En Pays de la Loire : plusieurs associations proposent des balades ludiques et interactives grâce à l’application Baludik
  • L’application GuidiGO recense aussi des parcours de balade ludique et interactive, pour découvrir le patrimoine naturel
  • Enfin, l’application Explorama propose des jeux de piste pour découvrir le patrimoine tout en s’amusant.

Et bien entendu, les traditionnelles promenades en forêt, randonnées et balades à vélo sont autant de possibilités d’explorer la nature autour de votre lieu de vacances.

© Marion Crégniot / FNE Loire

A noter : Sologne Nature Environnement, membre de FNE, vous propose une carte Où voir la nature pour explorer cette région !
 

6 – En vacances aussi, ouvrez les yeux, apprenez à reconnaître plantes et animaux, et partagez vos observations !

https://www.sologne-nature.org

Plantnet, iNaturaList, BirdnetBernic&Clic, … Autant de nouvelles applications pour identifier plantes et insectes, oiseaux ou encore espèces des bords de mer !

Plantnet

Allez plus loin et profitez des observations faites avec vos enfants dans la nature pour contribuer aux nombreux programmes de sciences participatives en France ! Voici 2 opérations phares de FNE :

Opération hérisson

Opération Hérisson ! Participez à la campagne de recensement du hérisson d’Europe : symbole historique du mouvement France Nature Environnement, le hérisson d’Europe nous accompagne dans tous nos combats depuis 1968. Protégé depuis 1981, il reste toutefois relativement méconnu. Face à ce constat, FNE 25-90 a lancé en 2018 une vaste opération de recensement dans le Doubs et le Territoire de Belfort pour mieux connaître et mieux protéger ce petit mammifère. Aujourd’hui, c’est l’ensemble de la fédération qui se met au service de son animal totem sur tout le territoire français. 

Je découvre l’Opération Hérisson

La belle plage : Stop aux plages polluées

Devenez une Sentinelle de la Nature ! Qui n’a jamais croisé des décharges sauvages ou autres atteintes à l’environnement en se demandant comment et à qui les signaler ? C’est maintenant un jeu d’enfants, grâce au site et à l’application Sentinelles de la nature, développé par FNE Auvergne-Rhône-Alpes, puis par France Nature Environnement. En quelques clics, vous pouvez signaler des dégradations environnementales et en informer directement les associations du mouvement France Nature Environnement.
Il est aussi possible de partager des initiatives favorables à l’environnement, afin qu’elles soient mieux connues et reproduites partout en France. Déjà plus de 22 000 Sentinelles !

Je deviens Sentinelle de la nature

Vous trouverez de nombreux autres programmes participatifs sur le portail OPEN, comme par exemple Mares où êtes-vous ? en Auvergne-Rhône-Alpes, ou encore le Spipoll sur les insectes pollinisateurs (abeilles, papillons, …).
 

7. Testez l’une des 1001 activités qu’offre la nature pour tous les âges

Réaliser un petit hôtel à insectes, créer des instruments de musique à partir de matériaux trouvés dans la nature, faire un herbier, construire une cabane dans la forêt, apprendre à reconnaître les empreintes des animaux, partir à la recherche des petites bêtes… Il y a mille et une idées pour s’occuper dans la nature.

Voici une sélection non exhaustive d’ouvrages et de sites internet qui vous aideront à trouver des activités pour toute la famille :

BONUS – Découvrez le pouvoir de vos dons pour les forêts !

Cet été, partez à la découverte de la nature ! Grâce à vos dons lors de l’émission TV « Aux Arbres Citoyens », en novembre 2022, vous avez permis à FNE de financer 39 projets !

Bienvenue à la Réserve naturelle nationale de la plaine des Maures. Un écrin de biodiversité et de nature sauvage au cœur de l’arrière-pays varois.
La réserve naturelle nationale de la plaine des Maures est un joyau de nature et de paysages uniques en Provence.

Retrouvez ici 7 bonnes idées de lieux à découvrir durant vos vacances.

  • Vous êtes en Provence ? Découvrez la forêt de la Plaine des Maures à travers balades, randonnées et sorties nocturnes !
  • Dans la même région, visitez l’écomusée de la forêt à Gardanne, merveilleux lieu de sensibilisation à la richesse de la forêt méditerranéenne.
  • Vous prenez vos vacances en Auvergne-Rhône Alpes ? Faites une halte à l‘écopôle du Forez et découvrez l’incroyable biodiversité du département de la Loire.
  • Vous êtes en Bretagne ? Les paysages de la réserve naturelle des Monts d’Arrée abritent les dernières landes de Bretagne, préservées grâce à vos dons. Des sentiers de randonnées vous y attendent, ainsi que l’un des plus beaux ciels étoilés de France !
  • En Centre-Val de Loire, vos dons permettent d’étudier les vieilles forêts afin de mieux les protéger. Le Conservatoire d’Espaces Naturels du Centre-Val de Loire, qui pilote ce projet, vous accueille autour de nombreuses animations.
  • Dans les Pyrénées, allez vous émerveiller des hêtraies en libre évolution de la forêt de la Massane, classée au patrimoine naturel de l’Unesco !
  • Dans le massif du Jura, vos dons ont permis d’acquérir 25 ha de vieilles forêts pour les protéger de l’exploitation forestière. Visitez la nature généreuse et fragile de ce massif montagneux avec le Conservatoire d’Espaces Naturels de Franche-Comté.
Réserve naturelle régionale de la tourbière de la Grande Pile : la balade à 1000 temps

ASTUCE – TROUVEZ VOTRE MEILLEUR ITINÉRAIRE EN TRAIN !

LE VOYAGE À PORTÉE DE TRAIN : UNE SÉLECTION DE DESTINATIONS ACCESSIBLES SANS AVION NI VOITURE

Vous êtes bien décidé·es à moins prendre l’avion ? La plateforme communautaire Mollow vous aide à trouver le meilleur itinéraire en train, avec ou sans son vélo ! Vous avez déjà fait un itinéraire en train, bus, bateau ou même vélo ? En France ou en Europe ? Vous pouvez contribuer à la plateforme en le partageant aussi !

Logo de GreenGo
1ère plateforme d’hébergements écoresponsables, une solution française et équitable, qui vous sélectionne les meilleurs logements en France.

Les comparateurs de transports de l’ADEME ou de GreenGo vous permettent également de comparer différents modes de transport pour un même trajet selon l’impact carbone, le temps et le prix.

Enfin, dans cet article, l’ADEME donne de nombreuses pistes pour voyager plus responsable !
 

C’est l’été ! Quelques pistes pour voyager plus responsable

Il ne reste plus qu’à vous souhaiter d’excellentes vacances !