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15 actions phare pour faire face aux vagues de chaleur dès l’été 2023

L’augmentation de la fréquence et de l’intensité des vagues de chaleur d’ici 2050 est inévitable. Pour accompagner l’ensemble des Français, en particulier les plus vulnérables, l’État s’engage
à informer, anticiper, protéger. Informer et sensibiliser les professionnels et les particuliers sur les bons gestes à adopter, chez soi, en extérieur et au travail. C’est le Plan de gestion des vagues de chaleur.

Quelle écologie pour les premiers concernés ? La voix des jeunes issus de quartiers populaires

En mars 2023, la Fondation Terre Solidaire inaugurait son 3ème cycle de conférences autour de la génération climat intitulé « Jeunes et climat ». L’objectif est de donner la parole aux jeunes et leurs différents mouvements afin de mieux comprendre leur engagement pour le climat. La conférence du 8 juin tente de répondre à la question : quelle écologie pour les premiers concernés ? Les rapports du GIEC sont unanimes : les jeunes issus de milieux populaires sont à la fois ceux qui contribuent le moins au changement climatique et ceux qui se trouvent en être les premières victimes.

Le premier réseau de professionnels sur la sobriété énergétique est né en France !

Virage Énergie
Virage Énergie
Le CLER – Réseau pour la transition énergétique et Virage Énergie lancent, avec le soutien de l’ADEME, le tout premier réseau professionnel dédié à la sobriété en France.

La sobriété, un impératif écologique et solidaire

Face à la crise climatique et à la flambée des prix de l’énergie, la réduction massive de nos consommations est la seule solution durable. Dans un contexte où les ressources sont limitées, la sobriété consiste à interroger nos besoins, le sens de nos usages, et la façon de les satisfaire en limitant leur impact sur l’environnement. Elle est complémentaire aux mesures d’efficacité énergétique et au développement des énergies renouvelables. Contributions de Virage Énergie sur la sobriété

Un réseau, pour quoi faire ?

Depuis 2020, le CLER-Réseau pour la transition énergétique et Virage Énergie animaient un groupe d’échanges sur la sobriété énergétique. Avec la création de ce nouveau réseau, l’enjeu est d’aller encore plus loin : renforcer la place de la sobriété dans les politiques publiques et favoriser les échanges et la montée en compétences collective par le partage d’informations, d’expertises, de formations, etc. Il s’adresse ainsi aux professionnels : structures adhérentes du CLER-Réseau pour la transition, collectivités territoriales, institutions parapubliques, associations, chercheurs et laboratoires de recherche bureaux d’études, ou encore entreprises, c’est-à-dire à l’ensemble des acteurs travaillant sur le sujet de la sobriété. Il a pour objectif de fédérer les acteurs pour mieux intégrer la sobriété dans la transition écologique et énergétique.
Julia Hidalgo, responsable de projets Sobriété au CLER-Réseau pour la transition énergétique
Julia Hidalgo, responsable de projets Sobriété au CLER-Réseau pour la transition énergétique
Pour Julia Hidalgo, responsable de projets Sobriété au CLER-Réseau pour la transition énergétique : “ Il est temps de démultiplier les actions de sobriété portées par les territoires partout en France en structurant un réseau de professionnels. Avec le soutien de l’ADEME, nous entendons accélérer notre professionnalisation et la force de frappe de nos actions.
Barbara Nicoloso, directrice de Virage Énergie
Barbara Nicoloso, directrice de Virage Énergie
Pour Barbara Nicoloso, directrice de Virage Énergie : “Avec ce réseau, nous comptons renforcer la place de la sobriété dans les politiques publiques. C’est la clé pour faciliter l’adoption de modes de vie individuels et collectifs plus sobres.”

A propos du Réseau professionnel dédié à la sobriété en France

Le CLER-Réseau pour la transition énergétique
Le CLER-Réseau pour la transition énergétique
Le Réseau Sobriété s’adresse aux professionnels : structures adhérentes du CLER-Réseau pour la transition, aux collectivités territoriales, aux institutions parapubliques, aux associations, aux chercheurs et laboratoires de recherche, aux bureaux d’études, ou encore aux entreprises, c’est-à-dire à l’ensemble des acteurs travaillant sur le sujet de la sobriété. Il a pour objectif de fédérer les acteurs pour mieux intégrer la sobriété dans la transition écologique et énergétique. L’enjeu est de renforcer la place de la sobriété dans les politiques publiques, d’en faire un sujet d’échange professionnel, et de favoriser la montée en compétences collective.

 

Documents joints

Massification des déchets : circulez, il n’y a rien à voir ?

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Quand les rebuts sortent de l’ombre … En mars dernier, au moment de la mobilisation contre la réforme des retraites à laquelle les éboueurs parisiens et les personnels des usines d’incinération participaient activement, on s’étonnait de voir les amas de sacs en plastique noir occuper un peu plus chaque jour l’espace public. Jusqu’où cette montagne de poubelles allait-elle grimper ? La présence des déchets dans l’espace public dérange, en révélant notre intimité et nos choix de vie que nous peinons à rendre plus écologiques. Un article par Maxence Mautray de l’Université de Bordeaux pour The Conversation France.

L’ONU appelle à conserver et à exploiter de manière durable les ressources marines

Plus d’un tiers des stocks mondiaux de poissons sont exploités à des niveaux non durables. Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres de la façon dont l’activité humaine nuit aux océans, qui couvrent plus de 70 % de la surface de la Terre. Le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a appelé à une plus grande action pour protéger les océans dans son message à l’occasion de la Journée mondiale de l’océan, célébrée le 8 juin.

Le réchauffement planétaire résultant des activités humaines atteint un nouveau record

capture_d_e_cran_2023-06-08_a_12_11.00.png Un groupe international de scientifiques publie aujourd’hui une mise à jour des principaux indicateurs climatiques clés du rapport du groupe de travail n°1 (bases physiques du changement climatique) de la sixième évaluation du GIEC, paru en août 2021. La contribution des chercheurs et chercheuses des laboratoires français concerne une large gamme des indicateurs mis à jour, dont l’estimation des émissions de gaz à effet de serre, du réchauffement induit par les activités humaines, du déséquilibre énergétique de la planète, et des budgets carbone résiduels
Emissions de gaz à effet de serrre induites par les activités humaines
Emissions de gaz à effet de serrre induites par les activités humaines
Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) des Nations unies est la source d’information scientifique de référence pour l’évaluation de l’état du climat, mais ses évaluations sont publiées tous les 7 ans environ. Cette étude, publiée dans la revue internationale Earth System Science Data, fournit une information robuste réactualisée sur le réchauffement planétaire et la contribution humaine à celui-ci, à partir de l’extension des jeux de données disponibles et des méthodes rigoureusement évaluées dans le rapport du GIEC de 2021. Une plateforme rend ces résultats accessibles, suivant les principes de données et sciences ouvertes : le site web Indicators of Global Climate Change. Les principaux indicateurs climatiques seront réactualisés chaque année.
Réchauffement global observé et induit par les activités humaines
Réchauffement global observé et induit par les activités humaines
Les principaux résultats indiquent que les émissions de gaz à effet de serre atteignent un niveau inédit en 2022, renforçant l’accumulation de chaleur dans le système climatique et le réchauffement planétaire. « Le réchauffement induit par les activités humaines depuis la période pré-industrielle (1850-1900) a atteint 1,14 °C en moyenne au cours de la dernière décennie (2013-2022) » indique Aurélien Ribes, chercheur au Centre National de Recherches Météorologiques (CNRM, Météo-France, CNRS). Ce chiffre est en hausse par rapport aux 1,07 °C enregistrés entre 2010 et 2019, et rapportés dans le rapport du GIEC.
Budget carbone résiduel et trajectoire
Budget carbone résiduel et trajectoire
Emissions de CO2 induites par les activités humaines
Emissions de CO2 induites par les activités humaines
Le réchauffement dû aux activités humaines s’accroît à un rythme de plus de 0,2 °C par décennie. Pierre Friedlingstein, chercheur CNRS au Laboratoire de météorologie dynamique ajoute : “c’est malheureusement prévisible, car les émissions mondiales de gaz à effet de serre continuent à augmenter, elles atteignaient 55 milliards de tonnes de dioxyde de carbone-équivalent par an en 2021, alors qu’il faudrait qu’elles baissent le plus rapidement possible”. Le budget carbone résiduel – la marge de manœuvre, exprimée en quantité totale de dioxyde de carbone qui pourrait encore être émise tout en gardant plus de 50 % de chance de limiter le réchauffement de la planète sous 1,5 °C – s’épuise rapidement, et a été divisé par deux par rapport à l’estimation du GIEC. Cette forte réduction du budget carbone résiduel estimé est due à la combinaison de la poursuite des émissions depuis 2020 et de la mise à jour des estimations du réchauffement induit par les activités humaines.
Indicateurs clés du climat planétaire : ce qui a changé depuis l'AR6
Indicateurs clés du climat planétaire : ce qui a changé depuis l’AR6
Cette nouvelle étude est publiée au moment où les représentants de tous les pays sont réunis à Bonn pour des échanges techniques en préparation de la conférence sur le climat COP28 qui se tiendra aux Émirats arabes unis en décembre. Cette COP fera le premier bilan mondial de l’Accord de Paris sur le climat, et des progrès réalisés par rapport à ses objectifs, en particulier pour limiter le réchauffement de la planète nettement sous 2°C voire à 1,5 °C. Valérie Masson-Delmotte, chercheuse CEA à l’IPSL/LSCE (CEA/CNRS/UVSQ), à l’Université Paris Saclay, qui a co-présidé le groupe de travail 1 du sixième rapport d’évaluation du GIEC et a participé à cette publication sur la réactualisation des indicateurs climatiques, a déclaré : « Cette mise à jour rigoureuse montre que le réchauffement de notre climat s’amplifie sous l’effet des activités humaines. C’est un appel au sursaut qui tombe à point nommé, au moment du premier bilan mondial de l’Accord de Paris sur le climat, en 2023 – le rythme et l’ampleur de l’action pour le climat ne sont pas aujourd’hui suffisants pour limiter l’intensification des risques liés au changement climatique.
Références : Indicators of Global Climate Change 2022: Annual update of large-scale indicators of the state of the climate system and the human influence’, Earth Syst. Sci. Data Discuss.

 

Le B.A.-BA du climat et de la biodiversité

Le Cned, acteur public de la formation à distance, lance « le B.A.-BA du climat et de la biodiversité », première formation en ligne et gratuite permettant à tous les Français qui le souhaitent d’acquérir les connaissances fondamentales sur les enjeux du climat et de la biodiversité. Fruit d’une collaboration entre experts scientifiques de référence et experts de la pédagogie numérique, le B.A.-BA du climat et de la biodiversité est lancé en partenariat avec Radio France, engagée depuis septembre 2022 dans le Tournant environnemental.

Notre programme commun pour éviter l’effondrement social, économique et environnemental

Réformer le système financier mondial, aller au-delà du produit intérieur brut (PIB) pour mesurer le progrès économique et relever les défis technologiques sont essentiels pour parvenir à un avenir plus juste et plus équitable pour tous, a déclaré le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres. Il s’est exprimé au Siège de l’ONU à New York, où il a présenté aux États membres trois nouvelles notes d’orientation du rapport « Notre Programme commun » sur ces thèmes.

Le « raz-de-marée toxique » de la pollution plastique met en péril les droits de l’homme selon l’ONU

Le monde doit lutter contre le « raz-de-marée toxique » de la pollution plastique qui menace les droits de l’homme, ont déclaré il y a quelques jours deux experts indépendants des Nations Unies et à l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement, célébrée le 5 juin.
Des habitants de Watamu, au Kenya, travaillent avec une association pour ramasser des déchets plastiques sur la plage chaque vendredi.
Des habitants de Watamu, au Kenya, travaillent avec une association pour ramasser des déchets plastiques sur la plage chaque vendredi.
« La production de plastique a augmenté de manière exponentielle au cours des dernières décennies et aujourd’hui le monde génère 400 millions de tonnes de déchets plastiques par an », ont déclaré David R. Boyd, Rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits de l’homme et l’environnement, et Marcos Orellana, Rapporteur spécial sur les substances toxiques et les droits de l’homme

Nous sommes au milieu d’un raz-de-marée toxique qui pollue notre environnement et a un impact négatif sur les droits de l’homme d’une multitude de façons tout au long de son cycle de vie

La deuxième session du Comité intergouvernemental de négociation (CIN) chargé d’élaborer un instrument international juridiquement contraignant sur la pollution plastique, y compris dans le milieu marin (CIN-2), s’est achevée le 3 juin dans la capitale française avec un mandat pour la présidence du CIN, avec le soutien du Secrétariat, de préparer un projet zéro de l’accord avant la prochaine session, prévue à Nairobi, au Kenya, en novembre prochain.

Un « cycle » dangereux

Les experts ont expliqué comment toutes les étapes du « cycle du plastique » portent atteinte aux droits des personnes de bénéficier d’un environnement sain, d’une vie, d’une santé, d’une alimentation, d’une eau et d’un niveau de vie adéquat. En effet, la production de plastique libère des substances dangereuses et repose presque exclusivement sur les combustibles fossiles. Le plastique lui-même contient des produits chimiques toxiques qui mettent en danger les êtres humains et la nature. En outre, 85 % des plastiques à usage unique finissent dans des décharges ou sont rejetés dans l’environnement. Entre-temps, l’incinération, le recyclage et d’autres « solutions fausses et trompeuses » ne font qu’aggraver la menace, ont-ils ajouté, notant que « le plastique, le microplastique et les substances dangereuses qu’ils contiennent peuvent se retrouver dans la nourriture que nous mangeons, l’eau que nous buvons et l’air que nous respirons ».
La pollution plastique nuit à l'environnement en Haïti.
La pollution plastique nuit à l’environnement en Haïti.

Souffrance dans les « zones sacrifiées »

La déclaration aborde également la manière dont les communautés marginalisées sont les plus touchées par l’exposition à la pollution et aux déchets liés au plastique. « Nous sommes particulièrement préoccupés par les groupes qui souffrent d’injustices environnementales dues à une exposition accrue à la pollution plastique, et qui sont nombreux à vivre dans des « zones sacrifiées », ont-ils déclaré, faisant référence à des lieux situés à proximité d’installations telles que des mines à ciel ouvert, des raffineries de pétrole, des usines sidérurgiques et des centrales électriques alimentées au charbon. La pollution plastique a également apporté une contribution « alarmante » au changement climatique, qui est souvent négligée, ont indiqué les experts. « Par exemple, les particules de plastique présentes dans les océans limitent la capacité des écosystèmes marins à éliminer les gaz à effet de serre de l’atmosphère », ont-ils ajouté. Ils ont noté qu’au cours des deux dernières années, le Conseil des droits de l’homme et l’Assemblée générale des Nations Unies ont adopté des résolutions historiques reconnaissant le droit de l’homme à un environnement propre, sain et durable, ce qui devrait inciter et guider les initiatives visant à lutter contre la pollution plastique.
Une femme trie du plastique dans une usine de recyclage en Jordanie.
Une femme trie du plastique dans une usine de recyclage en Jordanie.

Négociation d’un traité en cours

Ils ont également salué les progrès accomplis en vue de la conclusion d’un traité internationalement contraignant visant à réduire la pollution plastique, y compris dans l’environnement marin. Le programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) prévoit que la quantité de déchets plastiques entrant dans les écosystèmes aquatiques pourrait atteindre 23 à 37 millions de tonnes par an d’ici à 2040. A Paris, plus de 1 700 participants – plus de 700 délégués de 169 États membres et plus de 900 observateurs d’ONG – ont assisté à la CIN-2. La deuxième session fait suite à la CIN-1, qui s’est tenue à Punta del Este, en Uruguay, en novembre dernier.
« Je suis encouragée par les progrès réalisés lors de la CIN-2 et par le mandat visant à préparer un projet zéro de l’instrument international juridiquement contraignant sur la pollution plastique », a déclaré Inger Andersen, directrice exécutive du PNUE. « J’attends avec impatience la troisième réunion du Comité de négociation intergouvernemental à Nairobi et j’invite les États membres à poursuivre sur cette lancée. Le monde réclame un accord large, innovant, inclusif et transparent, un accord qui s’appuie sur la science et apprend des parties prenantes, et un accord qui garantit le soutien des nations en développement ».
Dans sa décision, le CIN a demandé au Secrétariat d’inviter les observateurs à soumettre leurs observations d’ici le 15 août et les Membres d’ici le 15 septembre sur les éléments qui n’ont pas été examinés lors de la CIN-2, et sur tous les domaines potentiels de travail, afin d’éclairer les travaux de la CIN-3.
« Au début de cette session, je vous ai demandé de faire en sorte que Paris compte. C’est ce que vous avez fait, en nous donnant un mandat pour un projet zéro et des travaux intersessions », a déclaré Jyoti Mathur-Filipp, Secrétaire exécutive du Secrétariat du CIN.

Les Rapporteurs spéciaux et Experts indépendants font partie de ce que l’on appelle les procédures spéciales du Conseil des droits de l’homme. Les procédures spéciales, le plus grand corps d’experts indépendants du système des droits de l’homme des Nations Unies, est le nom général donné aux mécanismes indépendants d’établissement des faits et de suivi du Conseil qui traitent soit de situations spécifiques à des pays, soit de questions thématiques dans toutes les régions du monde. Les experts des procédures spéciales travaillent sur une base volontaire; ils ne font pas partie du personnel de l’ONU et ne reçoivent pas de salaire pour leur travail. Ils sont indépendants de tout gouvernement ou organisation et siègent à titre individuel. capture_d_e_cran_2023-06-06_a_10.20_50.png

 

La pollution plastique pourrait être réduite de 80% d’ici à 2040

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La pollution plastique pourrait être réduite de 80% d’ici à 2040 si les pays et les entreprises effectuent des changements profonds concernant les politiques et le marché faisant appel à des technologies existantes, selon un nouveau rapport du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE). Ce rapport est publié en amont d’une deuxième phase de négociations, qui se tiendra à Paris, relatives à un accord mondial de lutte contre la pollution plastique, et décrit l’ampleur et la nature des changements nécessaires pour mettre fin à la pollution plastique et créer une économie circulaire.

Le traité ne sera pas une « solution miracle » pour régler le problème de la pollution plastique, selon le Partenariat mondial de l’eau

vcsprasset_3908710_399025_f6ae8a9c-4979-4108-b2e1-9150e1a946d0_0.png Ce document de travail conclut que le traité constituera un mécanisme important pour améliorer la gouvernance mondiale du plastique, mais que son effet pourrait s’avérer limité s’agissant de résoudre les problèmes de la pollution plastique si l’on ne remédie pas au manque de données fiables, d’incitations économiques, d’infrastructures et de modèles de calcul des coûts. Le traité ne sera pas une « <em>solution miracle</em> » pour régler le problème de la pollution plastique » title= »Le traité ne sera pas une « <em>solution miracle</em> » pour régler le problème de la pollution plastique » class= »caption » align= »center » />


Les efforts visant à lutter contre la pollution plastique souffrent encore d’un manque de coordination, sont entravés par les déficits de données et sont axés sur les solutions en aval, notamment des opérations de nettoyage très gourmandes en ressources, alors qu’il vaudrait mieux investir dans des politiques ayant fait leurs preuves, la gestion des déchets et les infrastructures de recyclage. Telle est la conclusion d’un document de travail élaboré par Chatham House et le Partenariat mondial de l’eau.


Le document, intitulé « <em>Pourquoi nous avons besoin de solutions tenant compte du cycle de vie pour lutter contre la pollution plastique marine</em> »), affirme que le problème complexe de la pollution plastique dont le coût se chiffre à 100 milliards de dollars par an ne montre aucun signe d’affaiblissement. Cependant, des politiques ayant fait leurs preuves adoptées dans l’Union européenne (UE), au Japon et au Chili peuvent servir de point de départ pour les pays qui cherchent à réduire la pollution plastique et fournir une base de référence pour les négociations relatives au traité contre la pollution plastique.


Selon le document de travail, la solution la plus rentable, si elle est correctement conçue, consiste à introduire un ensemble de mesures en amont et en aval, allant d’exigences de conception des produits et d’interdictions ciblées à des régimes de responsabilité élargie du producteur.


Dans l’UE, qui est à l’avant-garde de la lutte contre la pollution plastique, la directive-cadre relative aux déchets et la directive relative aux emballages fixent des objectifs de recyclage et des exigences de conception circulaire concernant les emballages plastiques depuis plus de dix ans, et ont joué un rôle crucial dans la réduction des rejets de plastique dans l’environnement.


À l’autre bout du monde, au Chili, la loi de 2018 sur les plastiques fixe des objectifs en vue d’éliminer les plastiques à usage unique problématiques. Par exemple, un tiers des emballages plastiques ménagers et non ménagers doivent être recyclés, réutilisés ou compostés, et 25 pour cent des contenants en plastique doivent être fabriqués à partir de matières recyclées. 


Il existe donc des solutions efficaces en matière de politique publique, mais les pays doivent impérativement revoir leurs ambitions à la hausse s’agissant d’investir dans les infrastructures, les nouvelles technologies et le renforcement des capacités, en particulier aux Philippines, en Inde et en Malaisie, où l’on trouve les taux les plus élevés de pollution plastique fluviale. 


<h2>Nettoyages</h2>


Le document de travail porte également un regard critique sur les opérations de nettoyage en aval menées par les pouvoirs publics, l’industrie et la société civile qui, en plus de ne pas être coordonnées et de coûter cher, ne s’attaquent pas à la source de la pollution plastique et ont un effet négligeable sur la quantité totale de déchets plastiques dans l’environnement.


<quote>«<em> Il est difficile de couvrir les coûts des opérations de nettoyage des débris en mer et sur les côtes. Par exemple, il faut compter environ 8 900 dollars pour enlever une tonne de plastique sur les plages de l’atoll d’Aldabra. Sachant que ces plages abriteraient 513 tonnes de plastique, cette approche coûterait plus de 4,5 millions de dollars des États-Unis, ce qui la rend clairement hors de prix</em>, » a indiqué le <strong>Dr Patrick Schröder, chercheur</strong> principal chez Chatham House.


« <em>Bien que les opérations collectives de nettoyage des plages soient un bon moyen de sensibiliser le public à la pollution marine, on ferait mieux d’investir les fonds disponibles dans la gestion des déchets, étant donné que 2 milliards de personnes ne bénéficient toujours pas de services de collecte des déchets</em> », a-t-il ajouté.</quote>


<h2>Données sur les plastiques</h2>


Si l’on veut une action publique efficace et fondée sur des données probantes pour lutter contre la pollution plastique, on a besoin de données fiables et ventilées sur les flux commerciaux transfrontières tout au long du cycle de vie des plastiques.


<quote>« <em>Dans de nombreux pays à revenu faible et intermédiaire, on manque de données élémentaires sur les systèmes nationaux de gestion des déchets, y compris les taux de collecte, les importations et les exportations de plastiques, et l’accès à des installations de recyclage adéquates, ainsi que de données sur les déchets non recyclés par type de traitement, dont l’élimination, l’incinération et la mise en décharge</em> », a indiqué le <strong>Dr Jack Barrie, chercheur</strong> pour le programme Environnement et société chez Chatham House.


«<em> Les données économiques sur les prix des matières collectées de manière informelle, les salaires et les revenus des travailleurs sont également rares, alors qu’elles sont importantes pour l’inclusion et la formalisation</em> », a-t-il ajouté.</quote>


Sur une note plus positive, le document de travail relève qu’il existe de nombreuses nouvelles applications numériques pour suivre les plastiques, de leur conception à leur fin de vie. Par exemple, on peut utiliser la télédétection et l’imagerie satellite pour repérer les zones de pollution plastique et suivre la circulation des déchets plastiques dans les cours d’eau et les océans.


On peut utiliser des applications mobiles telles que Debris Tracker pour collecter des données sur les déchets plastiques de manière collaborative, et la Blockchain sert également à suivre la circulation des déchets plastiques tout au long de la chaîne d’approvisionnement.


<h2>Limites possibles du traité contre la pollution plastique</h2>


Le document de travail prétend que, même si le traité contre la pollution plastique, qui vise à s’attaquer à la pollution plastique sur l’ensemble du cycle de vie, constituera un mécanisme important pour améliorer la gouvernance mondiale du plastique, une issue « <em>dans le style de l’Accord de Paris</em> » ne serait pas à la hauteur des enjeux, si l’on se réfère à l’expérience des négociations climatiques.


<blockquote>« <em>Le traité ne pourra peut-être pas résoudre tous les problèmes de la pollution plastique, auquel cas les gouvernements nationaux devront toujours réaliser le plus gros des efforts. Le manque de données fiables et l’absence d’harmonisation des incitations économiques, des infrastructures et des modèles de calcul des coûts limitent ses effets possibles. Les instruments fondés sur le marché peuvent contribuer à y remédier, mais il faut adopter une approche globale</em> », a indiqué <strong>Niamh Brannigan, directrice des communications au Partenariat mondial de l’eau</strong>.</blockquote>


Le traité joue également un rôle pour harmoniser les règles du jeu en faveur de solutions plus circulaires et pour s’attaquer aux incitations économiques existantes qui encouragent la pollution plastique. Le système actuel n’est pas prévu pour une économie circulaire du plastique et les incitations, les infrastructures et les modèles de calcul des coûts ne sont pas harmonisés.


<strong>Le document de travail formule les recommandations suivantes</strong> :



<ol><li>     <strong>Réduire la demande de produits plastiques inutiles ou néfastes au moyen de taxes, d’interdictions ou d’un retrait des subventions</strong>, entre autres.</li><li>     <strong>Encourager une conception circulaire</strong> au moyen d’approches telles qu’une teneur obligatoire en matières recyclées, des régimes modulaires de <strong>responsabilité élargie du producteur</strong> et des <strong>normes de conception écologique</strong>.</li><li>     <strong>Améliorer les taux de recyclage</strong>, par exemple en introduisant des <strong>systèmes de consigne, des taxes de mise en décharge et des modèles de collecte fondés sur le tri et le principe pollueur-payeur</strong>.</li><li>     <strong>Fermer les voies de déversement dans les zones sensibles</strong> définies en améliorant les systèmes de collecte, notamment en soutenant le secteur informel.</li></ol>


La pollution plastique marine représente une crise mondiale qui nécessite une action urgente de la part des décideurs, dans les secteurs aussi bien public que privé. Il est essentiel d’adopter une approche tenant compte du cycle de vie en matière de production et de consommation du plastique, de se concentrer sur des solutions rentables et de créer un programme politique ambitieux qui cible les pays ayant des points de fuite et un fort potentiel de réduction.


<a href=Why-lifecycle-solutions-are-needed-to-tackle-marine-plastics-pollution_June-23.pdf

À propos du GWP

La mission du Partenariat mondial de l’eau (GWP) est de faire progresser la gouvernance et la gestion des ressources en eau pour un développement durable et équitable. Le GWP est une organisation intergouvernementale et un réseau mondial comptant 13 partenariat régionaux de l’eau, 85 partenariats nationaux de l’eau et plus de 3 500 organisations partenaires dans 172 pays. Le réseau du GWP est engagé en faveur de la sécurité hydrique dans le monde.
  • www.gwp.org

À propos de Chatham House

Chatham House, le Royal Institute of International Affairs, est un institut indépendant de politique publique basé à Londres dont la mission consiste à favoriser l’avènement d’un monde durablement sûr, prospère et juste.
  • www.chathamhouse.org

 

La répression des manifestations pacifiques en faveur de l’environnement doit cesser et céder la place à un dialogue social plus approfondi selon le Conseil de l’Europe

coe-commissioner.png La pollution de l’environnement, le changement climatique et la perte de biodiversité comptent parmi les menaces existentielles les plus urgentes pour l’humanité et les droits humains. Face à ces menaces, de nombreuses personnes en Europe et au-delà ont jugé bon de descendre dans la rue et d’essayer de nouvelles formes de manifestation pacifique, souvent perturbatrices, pour exiger des gouvernements qu’ils s’attaquent plus résolument aux problèmes liés à la protection de la nature et de l’environnement, à la santé et au changement climatique. Or leurs revendications et préoccupations légitimes se heurtent de plus en plus à la répression, à la criminalisation et à la stigmatisation. capture_d_e_cran_2023-06-02_a_18.47_45.png

Les manifestations en faveur de l’environnement se multiplient

L’Europe a toujours été un espace où le militantisme écologique et l’action climatique ont pu s’exprimer sous des formes aussi diverses que les manifestations publiques, les marches, les sit-in et les grèves scolaires, sans oublier les pétitions publiques, les boycotts et les litiges climatiques. Les défenseurs de l’environnement considèrent notamment que les manifestations publiques sont l’un des outils les plus efficaces et parfois indispensables pour sensibiliser l’opinion publique dans l’espoir de provoquer un changement. Les manifestations consacrées aux questions environnementales ou dirigées contre l’inaction des gouvernements en matière de changement climatique font régulièrement la une des journaux internationaux, en particulier avant et pendant les conférences annuelles des Nations unies sur le changement climatique (COP).

Au cours des dernières années, ces manifestations se sont accompagnées d’un sentiment croissant de frustration et d’impuissance, en particulier dans les jeunes générations, face à l’insuffisance manifeste des mesures prises par les gouvernements confrontés à l’imminence d’une catastrophe climatique. Galvanisés par des données scientifiques irréfutables qui mettent en évidence le degré de pollution de l’environnement mondial, le déclin rapide de la biodiversité et les conséquences désastreuses de l’inaction, de plus en plus de personnes se tournent vers l’action directe non violente en faveur de l’environnement. Il s’agit, par exemple, de bloquer la circulation par des sit-in ou des marches lentes, de s’attacher ou de se coller à des lieux, des voitures ou d’autres personnes, d’interrompre des événements publics, voire d’utiliser de nouvelles méthodes, notamment les manifestations dans les musées et les galeries d’art ainsi que la dégradation d’œuvres d’art ou de lieux culturels célèbres avec de la peinture ou de la nourriture.

Ces derniers mois, on a assisté à une intensification du nombre, de l’ampleur et de la variété des formes de manifestation publique organisées par des défenseurs et des militants de la cause écologique. Au Danemark, en Italie, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni, par exemple, les manifestants ont bloqué des rues, des autoroutes, des voies ferrées, des sites de construction, ainsi qu’une piste d’aéroport. Dans plusieurs pays européens, des militants pour le climat ont maculé des tableaux célèbres ou se sont collés la main sur leurs cadres, ont interrompu des représentations artistiques et des manifestations sportives.

Certains participants estiment que ces formes de protestation publique sont le moyen le mieux adapté pour amplifier leur message et atteindre un public plus large. D’autres les considèrent comme une mesure de dernier recours face à l’urgente nécessité d’agir. C’est particulièrement vrai pour les militants pour le climat, qui se voient souvent refuser une place à la table des négociations, dénier le droit à la transparence sur les processus décisionnels ou les projets préjudiciables à l’environnement, interdire l’accès aux conférences sur le climat ou qui sont relégués dans des périmètres de manifestation autorisés, éloignés et volontairement tenus à distance de la population. C’est également le cas de nombreux jeunes qui, comme je l’ai constaté dans le cadre de mes activités de suivi pays par pays, ont peu de possibilités de participer officiellement à la prise de décision politique et qui, par conséquent, se sentent obligés de manifester ou de protester pour faire entendre leur voix.

Répression et stigmatisation des manifestations pacifiques en faveur de l’environnement

La violence, d’où qu’elle vienne, n’est jamais un moyen de résoudre les problèmes sociaux ou politiques. Cependant, les manifestations écologiques susmentionnées, qui tendent à être perturbatrices en raison même de leur nature et de leur conception, ont, à de très rares exceptions près, été pacifiques et non violentes. Or, dans de nombreux endroits en Europe, les manifestants ont dû faire face à des méthodes autoritaires, notamment des répressions policières musclées, des violences physiques, des détentions, parfois préventives, et la criminalisation des manifestants.

À titre d’exemple, au cours des derniers mois, des manifestants écologiques pacifiques ont été aspergés de gaz poivre par la police en Autriche, malmenés et blessés par la police anti-émeute en France, et dispersés en Géorgie ; ils ont également fait l’objet d’arrestations et de détentions en Finlande et aux Pays-Bas et en Serbie. Les militants qui ont bloqué une rue du centre de Munich ont été placés en détention préventive par la police pendant 30 jours, au titre de la législation modifiée en 2021, et les domiciles de nombreux manifestants écologiques ont été perquisitionnés dans toute l’Allemagne. Des peines de prison, avec ou sans sursis, ainsi que des peines de travail d’intérêt général ont été infligées à des défenseurs de l’environnement par des tribunaux de plusieurs Etats européens. Des militants écologistes ont également été visés par des poursuites judiciaires vexatoires, ou « poursuites-bâillons » (souvent désignées par l’acronyme anglais « SLAPP »), par exemple récemment en Bosnie-Herzégovine. En France, en Espagne et au Royaume-Uni, des journalistes et des professionnels des médias ont été arrêtés, ont fait l’objet d’enquêtes et, dans certains cas, ont été inculpés au pénal dans le contexte de manifestations pour la protection de l’environnement qu’ils couvraient.

Dans certains pays, les réactions à ces manifestations se sont traduites par des propositions visant à rendre plus restrictives les lois et réglementations qui encadrent les manifestations publiques. Au Royaume-Uni, les modifications législatives qui proposent d’introduire de nouveaux pouvoirs de police renforcés pour étouffer les manifestations ont été dénoncées car elles visent essentiellement les manifestants écologiques du pays et suscitent des inquiétudes quant à leur effet dissuasif sur l’exercice du droit de manifester en général. Dans certains endroits, des personnalités influentes ou des représentants des syndicats de police ont appelé à des sanctions plus sévères pour les militants de la cause climatique, notamment la détention préventive et des peines d’emprisonnement plus longues, afin de mettre un terme aux troubles causés par les manifestations.

J’ai déjà exprimé ma préoccupation face aux restrictions de la liberté de réunion pacifique et aux menaces qui pèsent sur le militantisme écologique en Europe dans mes carnets des droits humains publiés en 2019 et en 2021, ainsi que dans mon rapport sur une table ronde organisée en 2021 et consacrée à l’activisme et la défense des droits environnementaux. Néanmoins, cette tendance répressive semble continuer à s’intensifier.

Stigmatisation et accusations d’extrémisme, de vandalisme ou de mise en danger de la vie d’autrui

En outre, comme je l’ai déjà noté dans mes carnets précédents, les participants aux manifestations en faveur de l’environnement et du climat sont confrontés à une intensification des campagnes de stigmatisation. Ceux qui sont à l’avant-garde des manifestations pour l’action climatique ont souvent été calomniés, assimilés à des extrémistes et qualifiés d ‘« éco-terroristes », d‘« éco-zélotes », de « criminels », de « minorité égoïste » ou autres termes désobligeants. Les manifestations écologiques ont été assimilées à des activités illégales, qualifiées d‘« éco-vandalisme », voire associées à du « terrorisme » par certains hommes politiques, médias, personnalités influentes et « trolls » sur Internet, dans le but de dresser l’opinion générale contre les défenseurs de l’environnement et d’attiser le ressentiment contre leur cause, ce qui peut parfois encourager l’usage de la violence contre ces rassemblements.

Les manifestants écologistes ont également été injustement accusés de négligence criminelle, par exemple de mettre en danger des vies humaines en retardant les services d’urgence lors de barrages routiers. Les militants pour le climat ont également fait l’objet de nombreuses critiques concernant les dommages prétendument causés aux œuvres d’art ciblées par les manifestations dans les musées et les galeries d’art. Cependant, ces accusations ont été contestées avec véhémence par les manifestants, qui affirment prendre un maximum de précautions pour éviter de créer des dangers pour la circulation lors des sit-in sur la voie publique, et choisir délibérément des œuvres d’art protégées par des panneaux de verre lors des manifestations dans les galeries d’art.

Ainsi, en Allemagne, des manifestants pour le climat qui bloquaient une autoroute ont été accusés d’avoir contribué à la mort d’un cycliste dans un accident qui s’est produit à proximité, et ont été largement condamnés. Les autorités ont cependant fini par déterminer que les manifestants n’étaient pas responsables de la mort du cycliste. En outre, d’après la plupart des témoignages, aucune des œuvres d’art visées n’a été endommagée par les militants écologiques qui manifestent dans les musées et les galeries (même si certains conservateurs ont signalé des dégâts mineurs). À cet égard, certains avaient averti que le ciblage d’œuvres d’art pourrait avoir pour conséquence involontaire de contraindre les musées et les galeries à limiter l’accès du public aux œuvres artistiques, mais cette menace ne semble pas pour l’instant s’être concrétisée.

Des commentateurs critiques ont estimé que les nouvelles formes de manifestations en faveur de l’environnement étaient mal ciblées ou inefficaces, affirmant également qu’elles nuisent à la cause même des manifestants. D’autres, cependant, leur ont reconnu le mérite d’avoir réussi à attirer l’attention des citoyens sur le changement climatique et à relancer l’intérêt des préoccupations environnementales dans l’opinion publique. Il est encourageant de constater, en particulier, qu’un conseil de directeurs de musées et de galeries a exprimé son inquiétude quant à la sécurité de leurs collections tout en reconnaissant expressément la validité des préoccupations des militants pour le climat face à « une catastrophe environnementale qui menace la vie sur Terre ».

Normes du Conseil de l’Europe sur la protection du droit de réunion pacifique et de la liberté d’expression

Le droit à la liberté de réunion pacifique et à la liberté d’expression, qui inclut le droit de manifester et de protester pour la défense de l’environnement naturel, est l’une des pierres angulaires de la démocratie. Ces droits sont essentiels à une démocratie pluraliste saine et à la dignité humaine, car ils permettent à des personnes d’origines et de milieux divers d’exprimer leurs opinions, de demander des comptes à leurs gouvernements et de participer au débat public ou de le stimuler. Dans une démocratie, les autorités publiques doivent faciliter les rassemblements pacifiques et la liberté d’expression, et non les étouffer.

La Cour européenne des droits de l’homme (la Cour) a toujours accordé un niveau élevé de protection au droit à la liberté de réunion pacifique et à la liberté d’expression dans sa jurisprudence concernant les manifestations, et les campagnes en faveur de l’environnement. De même, le Rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit de réunion pacifique et d’association a souligné le rôle crucial que les rassemblements pacifiques jouaient pour les militants de la cause climatique et pour la réalisation des objectifs de développement durable. L’interaction entre la liberté de réunion pacifique, la liberté d’expression et la protection de l’environnement est également soulignée par les principes-cadres relatifs aux droits de l’homme et à l’environnement et par le rapporteur spécial de la convention d’Aarhus sur les défenseurs de l’environnement.

À cet égard, la Cour a souligné dans sa jurisprudence sur le droit à la liberté de réunion pacifique et à la liberté d’expression que ces droits ne sont pas absolus et n’offrent pas un choix illimité d’espaces d’expression. Toutes les formes de manifestation ne sont pas forcément admissibles, et certaines peuvent être contestées à juste titre par les autorités pour prévenir les troubles de l’ordre public ou la criminalité et pour protéger les droits et libertés d’autrui lorsque les manifestants se livrent à des actes de violence. La perturbation intentionnelle grave de la vie quotidienne et des activités licites d’autrui, dans une mesure qui dépasse celle qu’implique l’exercice normal du droit de réunion pacifique dans un lieu public, peuvent, dans certains cas, justifier l’imposition de sanctions.

Néanmoins, il convient de souligner que les autorités publiques ne disposent pas d’un pouvoir discrétionnaire illimité pour réglementer l’exercice de ces droits. Les restrictions doivent être prévues par la loi, nécessaires, proportionnées, non discriminatoires et soumises à un contrôle juridictionnel indépendant. Elles doivent être interprétées de manière restrictive et ne pas être utilisées pour porter atteinte à l’essence des droits ou criminaliser les manifestants pacifiques.

Le risque de perturbation de la vie publique est inhérent à la nature des manifestations publiques. De nombreuses formes émergentes de manifestations pour la cause environnementale peuvent en effet perturber la vie de tous les jours, y compris le trafic routier. Elles peuvent, à juste titre, incommoder les personnes non concernées, mais elles ne rendent pas automatiquement illégal un rassemblement ou une forme d’expression publique. Le terme « rassemblement pacifique » doit être interprété de manière à inclure les comportements susceptibles de perturber ou offenser autrui, ainsi que les actes qui entravent, gênent ou empêchent temporairement les activités de tiers. Il convient également de garder à l’esprit que tout acte de défiance de la part des manifestants ne constitue pas un acte de violence et que les participants pacifiques ne peuvent être tenus pour responsables des actes répréhensibles commis par d’autres. Les manifestations pacifiques ne devraient pas, en principe, être soumises à la menace de sanctions pénales.

Renverser la tendance à la répression

Nous constatons aujourd’hui dans de nombreux endroits en Europe et ailleurs qu’il existe manifestement une asymétrie entre les réponses de nombreuses autorités étatiques et les normes qui protègent les droits à la liberté de réunion pacifique et à la liberté d’expression. La tendance croissante à la répression de ces droits en Europe n’est pas la bonne réponse et doit être inversée.

Au lieu de réprimer ou de vilipender ceux qui font légitimement usage de leur droit à la liberté de réunion pacifique et à la liberté d’expression, ou d’introduire de nouvelles restrictions juridiques à l’exercice de ces droits, les autorités publiques des États membres du Conseil de l’Europe devraient veiller à ce qu’ils puissent être exercés en toute sécurité, tout en protégeant d’autres objectifs légitimes, notamment les droits et libertés d’autrui. Dans cet exercice d’équilibre, les autorités devraient être constamment guidées par le principe selon lequel la sauvegarde du droit de réunion pacifique et de la liberté d’expression est la règle et toute restriction de ces droits l’exception au sens strict. Les États membres doivent se garder de la tentation d’adopter des lois qui pourraient conduire à de nouvelles restrictions de ces droits. La Cour européenne des droits de l’homme a estimé à cet égard que « les mesures entravant la liberté de réunion et d’expression en dehors des cas d’incitation à la violence ou de rejet des principes démocratiques – aussi choquants et inacceptables que peuvent sembler certains points de vue ou termes utilisés aux yeux des autorités, – desservent la démocratie, voire, souvent, la mettent en péril ». 

La violence à l’encontre des participants pacifiques aux manifestations en faveur de l’environnement, en particulier, ne doit pas être tolérée. Les autorités publiques ont l’obligation légale de protéger ces manifestants pacifiques contre tout préjudice commis à leur encontre, notamment par des passants ou des agents de sécurité privés. Conformément à la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme, aux lignes directrices de la Commission de Venise et de l’OSCE/BIDDH sur la liberté de réunion pacifique, et à mes recommandations antérieures, le maintien de l’ordre pendant des réunions publiques doit être conforme aux droits humains. Les journalistes et les professionnels des médias qui couvrent les manifestations en faveur de l’environnement doivent être protégés et autorisés à poursuivre leur travail en toute sécurité et sans ingérence injustifiée. Les institutions nationales de défense des droits humains, qui se sont engagées à s’occuper de la situation difficile des défenseurs de l’environnement confrontés à la persécution et à la violence, ont également un rôle important à jouer dans la défense des droits de ces militants à la liberté de réunion et d’expression.

Criminaliser, réduire au silence ou exclure les manifestants écologiques ne constitue pas seulement une violation de leur droit à se réunir pacifiquement, elle est également contre-productive. Les manifestations d’individus mécontents, dont beaucoup sont des enfants et des jeunes frustrés, sont déjà devenues un élément constant de notre vie quotidienne. Si les causes profondes de leurs préoccupations ne sont pas traitées, il est peu probable que les sanctions les dissuadent ; au contraire, la répression ne fera qu’alimenter leur frustration, renforcer leur détermination, voire conduire beaucoup d’entre eux à douter de plus en plus de la capacité des institutions démocratiques à répondre à l’urgence climatique et à d’autres défis environnementaux pressants.

Cependant, la montée des restrictions n’est pas inéluctable, car des alternatives existent et doivent être utilisées. La répression des manifestations pacifiques doit de toute urgence céder la place à un dialogue social plus authentique et de meilleures qualités sur les questions environnementales, y compris sur les moyens de lutter contre les effets du changement climatique. Il faut impérativement trouver des solutions concrètes pour permettre aux défenseurs de l’environnement de s’asseoir à la table des négociations. Il faudrait également que les autorités publiques et les entreprises privées veillent à ce que les organisations environnementales, les communautés et les personnes concernées, y compris les enfants et les jeunes, aient des possibilités véritables et efficaces de participer, de manière transparente, à la prise de décision concernant toutes les lois, politiques et projets susceptibles d’avoir un impact sur l’environnement. Les États devraient également envisager d’abaisser l’âge du droit de vote, le cas échéant, afin de renforcer la participation effective des enfants à la vie publique de manière plus générale. Enfin, il est urgent que les gouvernements prennent des mesures plus décisives, authentiques et ambitieuses pour lutter contre les effets du changement climatique et de la pollution de l’environnement, en s’appuyant sur l’exemple donné par le Conseil des droits de l’homme qui a reconnu en octobre 2021 le droit à un environnement propre et sain au niveau mondial, et par l’Assemblée générale des Nations unies, qui a adopté, en juillet 2022, une résolution sur le même sujet.

Enfin, il est nécessaire de répéter une fois de plus que la stigmatisation verbale des défenseurs de l’environnement et des militants pour le climat est une pratique préjudiciable qui ne doit pas perdurer. La manifestation pacifique, quelle que soit sa forme ou son espace d’expression, n’est pas et ne doit jamais être assimilée à une activité illégale, et au terrorisme en particulier. Comme l’a souligné à juste titre le rapporteur spécial de la Convention d’Aarhus sur la situation des défenseurs de l’environnement, Michel Forst, « ces discours et les campagnes de diffamation qui les accompagnent constituent une menace pour la démocratie ».

Dans l’histoire de l’humanité, de nombreuses avancées en matière de liberté et de dignité ont été réalisées grâce à la détermination de personnes qui ont eu le courage de descendre dans la rue et d’adopter la désobéissance civile pour remettre en cause le statu quo, insister sur le respect des droits humains et exiger des réformes. La fin de l’esclavage, l’amélioration des conditions de travail ou les progrès réalisés en matière de droits des femmes ne sont que quelques exemples de ces avancées. Les défenseurs des droits humains en matière d’environnement et les militants pour le climat s’inscrivent dans cette longue et stimulante tradition de défenseurs des droits humains et des libertés. Ils s’appuient sur les droits à la liberté de réunion pacifique et à la liberté d’expression pour exprimer leurs préoccupations légitimes face à l’absence d’avancées ou la lenteur des progrès réalisés pour réagir à l’urgence climatique et à d’autres problèmes environnementaux urgents. Il s’agit là de questions qui nous concernent tous en ce sens qu’elles touchent à nos droits fondamentaux, à notre bien-être et à notre avenir. Ceux qui les soulèvent méritent notre sympathie et notre soutien, et non la répression ou le ressentiment.

Dunja Mijatović capture_d_e_cran_2023-06-02_a_18.58_47.png

 

L’avenir heureux (?) au prisme de la sobriété choisie

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Le Comité 21 publie une note sur la Planification écologique « L’avenir heureux (?) au prisme de la sobriété choisie » qui rappelle l’esprit de la planification indicative à la française, passe en revue des exemples européens de planification écologique, analyse l’émergence du Secrétariat général à la planification écologique, et ainsi questionne l’exercice français actuel de plan(s) écologique(s) dans notre pays. La planification-elle à la hauteur des enjeux ? Ne faut-il pas une planification de rupture ?

La Terre à l’époque de l’Anthropocène : comment en est-on arrivé là ? Peut-on en limiter les dégâts ?

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Humains plus grands que nature ? Au début des années 2000, un mot un peu rugueux a fait son apparition dans la littérature savante : Anthropocène. Il s’agissait de doter une réalité de plus en plus criante, celle de la pression des activités humaines sur le système Terre, d’un concept. Depuis, ce néologisme a ouvert tout un champ de débats et de recherches. Au quotidien, il nous aide à interroger notre rapport à la nature et nos besoins réels dans un monde aux ressources finies. Pour contrecarrer les effets délétères de l’Anthropocène, des initiatives fleurissent un peu partout sur la planète. Ce sont ces pistes que The Conversation et l’AFP audio ont décidé d’explorer ensemble, dans une série inédite d’articles et un podcast, proposés jusqu’au printemps 2024. Pour scruter cette notion clé de l’Anthropocène, nous posons notamment la question des responsabilités et des inégalités. À qui la faute si nous en sommes là ?

France 2030 : un nouveau programme pour accélérer le recyclage et la ré-utilisation des matières

  • Un certain nombre de défis écologiques, économiques et technologiques doivent être relevés dans le domaine du recyclage pour tendre vers une économie circulaire.
  • Un nouveau programme de recherche porté par le CNRS est lancé afin de lever les verrous scientifiques et technologiques dans ce domaine.
  • Dix projets de recherche sont initiés à cette occasion : cinq autour de matériaux cibles et cinq autres autour de filières transversales (batteries, énergies, déchets électriques et électroniques, déchets ménagers notamment), en mobilisant les sciences humaines et sociales.
FR2030_bandeau_PEPR.jpg La recyclabilité et la ré-utilisation des matériaux sont des nécessités pour une transition vers une économie circulaire, compétitive et respectueuse de l’environnement. Afin de relever ces défis, le nouveau Programme de Recherche (PEPR) « Recyclabilité, recyclage et réincorporation des matériaux recyclés » dans le cadre de la Stratégie nationale d’accélération du même nom vient d’être lancé. Porté par le CNRS et financé à hauteur de 40 millions d’euros sur 6 ans par France 2030, il est centré sur cinq matériaux utilisés quotidiennement : les plastiques, les matériaux composites, les textiles, les métaux stratégiques ainsi que les papiers et cartons. Certaines filières comme les batteries, les nouvelles technologies de l’énergie, les déchets électriques et électroniques et les déchets ménagers sont également ciblées en priorité. L’une des originalités du programme est son approche qui mobilise la plupart des disciplines et inclut les sciences humaines et sociales. Ce programme inédit entend répondre à deux principaux objectifs, le premier étant de travailler sur des questions scientifiques identifiées comme des verrous pour le développement d’innovations de rupture et plus largement pour le développement des filières de recyclage des matières et la ré-utilisation des matières recyclées dans de nouveaux produits. Il s’agit également de structurer la communauté scientifique autour des enjeux du recyclage et de la recyclabilité des matières pour répondre aux défis posés par le développement durable. Le PEPR « Recyclabilité, recyclage et réincorporation des matériaux recyclés » relève d’une approche originale et systémique, à la fois pluri- et interdisciplinaire. Il concerne pratiquement tous les secteurs économiques et s’accompagne d’une mobilisation de ressources inédites en termes de disciplines scientifiques, couvrant principalement les sciences de la matière, la physique, l’ingénierie, les sciences de la terre et du vivant ainsi que les sciences socio-économiques et politiques mais également les sciences des données. Les problématiques économiques, réglementaires, de normalisation, de territoires, etc. y seront également traitées.

Dix projets ciblés de recherche

Sur les dix projets de recherche initiés à cette occasion, cinq sont centrés sur des familles de matériaux : plastiques, métaux stratégiques, matériaux composites, textiles, papiers et cartons.
  1. Le projet « Recyclage, recyclabilité et réemploi des plastiques » s’attachera en particulier à étudier le comportement des contaminants dans les plastiques, la chaîne de démontage et désassemblage de structures complexes comme celles de multicouches ainsi que les pistes de recyclage chimique des plastiques.
  2. Le projet « Stratégies et procédés innovants pour le recyclage des métaux stratégiques vers une économie plus circulaire » fera une évaluation socio-économique et environnementale du recyclage des métaux stratégiques, développera une méthode automatisée de tri en ligne, examinera les opérations de dissolution et de récupération des métaux stratégiques, en modélisera les procédés et développera des outils d’optimisation de ces procédés.
  3. Le projet « Nouvelle génération de composites recyclables à partir de matières premières de recyclage : vers une économie circulaire » s’intéressera à la séparation des constituants des matériaux composites issus de l’éolien, de l’électronique et de l’automobile et présents dans les gisements de composites d’aujourd’hui et des années à venir. Il étudiera aussi le développement de nouveaux composites à base de matériaux recyclés en prenant en compte leur fin de vie.
  4. Le projet axé sur les papiers et les cartons déploiera de nouveaux procédés durables pour améliorer les propriétés des fibres recyclées, s’intéressera à la valorisation des rejets solides et liquides issus du procédé de recyclage conventionnel, développera de nouveaux procédés de recyclage et de valorisation de tous les éléments séparés dans le cas des matériaux composites. Il fournira une analyse environnementale et sociétale des procédés ciblés.
  5. Le projet « Valorisation des textiles : recyclage, recyclabilité et ré-utilisation » s’attachera aux stratégies de recyclage des textiles et à la conception de polymères pour filage aptes au développement d’une économie circulaire des textiles. Il étudiera des processus de transformation des textiles de façon durable ainsi que la conception d’objets textiles, guidés par une approche recyclage intégrant une « analyse du cycle de vie » des ressources et une analyse sociologique de la fin de vie des textiles.
Cinq autres projets sont dédiés à des gisements de déchets complexes, composés de différents types de matériaux. Ils nécessitent de coordonner des expertises scientifiques très différentes. Ce sont des projets de recherche transverse autour des batteries, des nouvelles technologies de l’énergie, des déchets électriques et électroniques, des déchets ménagers (hors compost) et de la société de réutilisation et du recyclage.
  1. Le projet « Procédé de recyclage innovant, durable, économique et flexible des batteries lithium-ion usagées » étudiera la chaîne de valeur et le marché du graphite pour batteries ainsi que le rôle futur du graphite recyclé. Il analysera notamment les processus de recyclage des matériaux usés des batteries et développera un système pour évaluer la durabilité des matières premières des batteries.
  2. Le projet « Nouvelles technologies pour l’énergie » s’attachera à caractériser le recyclage des dispositifs développés pour ces nouvelles technologies comme les panneaux photovoltaïques (solaire), les aimants et les rotors (éolien) et les piles à combustible (hydrogène). Il aura l’objectif commun de concevoir des solutions pour récupérer dans chaque composant les matériaux de valeur en tenant compte de l’efficacité des procédés et de l’impact environnemental des processus nécessaires.
  3. Le projet « Pour une chaîne des valeurs française viable sur le recyclage des déchets électriques et électroniques (DEEE) » analysera le gisement urbain ainsi que les méthodologies d’échantillonnage et les procédés de traitements de ces déchets. Il étudiera les implications des stratégies de recyclage des DEEE par rapport à l’accessibilité des ressources et aux impacts environnementaux.
  4. Le projet « Déchets ménagers – analyse systémique » étudiera notamment les méthodes de tri innovantes pour une séparation optimale des matériaux, puis une démarche d’innovation de la préparation des déchets pour la réutilisation des matériaux.
  5. Enfin, un projet ciblé mobilisera les acteurs des sciences humaines et sociales dans leur ensemble : le projet « Société du ré-emploi et du recyclage » s’intéressera à l’écologie politique et territoriale du recyclage, au comportement des consommateurs au regard des nouvelles règlementations pour les partenaires publics et privés, aux mécanismes de régulation et aux « business model » associés, ainsi qu’aux pratiques de recyclage.
Si toutes les questions n’ont pu être abordées dans ces premiers projets et n’ont pas permis d’intégrer toutes les équipes susceptibles d’apporter des expertises utiles à l’atteinte des objectifs, il est prévu de définir, en cours de programme, des projets les plus en adéquation avec les problématiques technologiques, industrielles et sociétales. Impulsée par ce programme ambitieux, la structuration de la communauté scientifique permettra une construction collective. Cette animation de la communauté concernée se matérialisera notamment par la mise en place d’actions de formation, en lien avec les établissements d’enseignement supérieur. L’Etat consacre 3 milliards d’euros de France 2030 pour la recherche à travers des programmes de recherche ambitieux (les PEPR), portés par les institutions de recherche pour consolider le leadership français dans des domaines clés ; liés ou susceptibles d’être liés à une transformation technologique, économique, sociétale, sanitaire ou environnementale et qui sont considérés comme prioritaires au niveau national ou européen. Ces actions témoignent de l’action de France 2030 qui permet d’assurer un continuum de financement de l’amont vers l’aval. Cette journée de lancement a aussi été l’occasion de lancer l’action de pré-maturation / maturation Circle, consortium retenu dans le cadre de l’appel à propositions Prématuration- maturation de France 2030. Circle, qui porte sur la « Recyclabilité, recyclage et réincorporation des matériaux recyclés », est coordonné par le CNRS, via CNRS Innovation, et la Société d’accélération du transfert de technologies Lyon et Saint Etienne (Satt Pulsalys). image001-12.png

 

« En quête de demain » : dépasser le constat pour valoriser les solutions d’avenir

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Le 31 mai, 13 millions de lecteurs trouveront, dans leurs kiosques, le supplément éditorial « En quête de demain ». Initiée depuis 2021 par Sparknews, cette démarche associe pour la 4e édition consécutive une cinquantaine de titres de la Presse Quotidienne Régionale. Son ambition : braquer les projecteurs sur les initiatives qui existent, se testent et se développent en permanence sur nos territoires pour lutter contre les effets, écologiques et sociaux du réchauffement climatique. Dans toute la France, nombreux sont ceux qui, en effet, ont décidé d’agir pour notre avenir commun. Jean-Louis Etienne, très engagé sur ces sujets, s’est prêté au jeu de l’interview pour introduire ce nouveau numéro qui se veut résolument positif.

Greenwashing : les Français ne croient pas aux promesses des entreprises selon un sondage Poll&Roll pour Goodvest

75 % des Français se disent méfiants à l’égard des promesses écologiques des entreprises ; La finance, l’automobile et le transport sont les 3 secteurs qui génèrent le plus de défiance ; 72 % des Français sont convaincus de la nécessité de mieux réguler en France les promesses écologiques des entreprises.

Les promesses des entreprises en matière d'écologie et de développement doivent-elles faire l'objet d'une régulation plus forte en France ?
Les promesses des entreprises en matière d’écologie et de développement doivent-elles faire l’objet d’une régulation plus forte en France ?
« Zéro carbone », « climatiquement neutre », « 100 % compensé » … À l’heure où les consommateurs accordent de plus en plus d’importance aux étiquetages et à l’origine des produits, les entreprises sont sommées de s’engager, et d’assumer leur rôle sociétal. Si certaines s’efforcent de bonne foi de jouer le jeu, d’autres, succombent à la tentation du greenwashing, qui vient d’entrer dans le dictionnaire avec le terme d’écoblanchiment. Dans ce contexte de surenchère verte et de multiplication des déclarations d’intention, Goodvest a réalisé avec Poll&Roll un sondage destiné à évaluer les perceptions des Français à l’égard du greenwashing[[Ce sondage a été mené auprès de 1 000 Français (18-65+) du 21 au 27 avril 2023.]]. D’après cette étude, l’immense majorité d’entre eux estiment que les entreprises ont tendance à induire les consommateurs en erreur lorsqu’elles communiquent sur leurs engagements environnementaux. Preuve que les limites du greenwashing n’ont pas encore été intégrées par tous les faiseurs de discours publicitaires.

Plus de 7 Français sur 10 expriment leur méfiance envers les entreprises dites « engagées »

Dans quelle mesure êtes-vous d'accord avec les promesses des entreprises en matière d'écologie et de développement durable ?
Dans quelle mesure êtes-vous d’accord avec les promesses des entreprises en matière d’écologie et de développement durable ?
Ici, une multinationale alimentaire « s’engage » dans la chasse au carbone ; là, des cosmétiques affichent des « ingrédients naturels » ; ailleurs, des packagings empilent photos d’arbres et images d’éoliennes. À une époque où l’environnement se hisse parmi les principales préoccupations des populations, les marques s’emploient à montrer patte verte. Peut-être en vain : selon l’étude Goodvest, 75 % des Français se disent méfiants à l’égard des promesses écologiques des entreprises. 70 % déclarent même qu’elles ne les incitent aucunement à se tourner vers leurs offres de produits et services. Dans le détail, sur le millier de sondés, seuls 16 % estiment que les promesses environnementales relèvent d’un véritable engagement. 25 % les jugent opportunistes tandis que 50 % les considèrent comme des éléments de marketing destinés à soigner son image. Enfin, 9 % les perçoivent purement et simplement comme de la publicité mensongère. Édifiants, ces chiffres s’expliquent peut-être en partie par la surenchère du greenwashing, qui décrédibilise les acteurs et lasse les consommateurs. Surtout quand elle ne s’accompagne de nulle démonstration de bonne foi. Pour 2/3 des Français (61 %), en effet, aucune entreprise n’a jamais apporté la moindre preuve concrète de son action écologique. Mieux (ou pire, c’est selon) : 28 % disent en avoir eu mais sans pour autant avoir été convaincus.

Greenwashing : la finance, présumée coupable

Pour quels secteurs avez-vous le moins confiance ?
Pour quels secteurs avez-vous le moins confiance ?
Si l’incrédulité est globale, certains secteurs sont néanmoins davantage pointés du doigt. Tout en haut de la liste, la finance, qui ne recueille la confiance que de 4 % des Français. À 41 %, les sondés expriment même une forte défiance envers les promesses écoresponsables des acteurs financiers. C’est une surprise qui n’en est pas une : entre méfiance et méconnaissance, les Français ont traditionnellement un rapport compliqué à la finance. Un autre facteur d’explication est à chercher dans les manquements du secteur lui-même, souvent épinglé pour son absence de transparence, notamment en matière environnementale. À peine moins épargnés, l’automobile et le transport, perçus par définition comme polluant, qui s’attirent la méfiance de respectivement 37 % et 31 % des personnes interrogées. La mode également, citée par 29 % des Français. Un chiffre qui atteint même 30 % chez les jeunes (18-34 ans), pourtant l’une des principales cibles du secteur de l’habillement. Un cas plus complexe est celui de l’alimentaire. En effet, il est simultanément le secteur en qui les Français ont le plus confiance et l’un de ceux qui focalisent le plus de soupçons en matière de discours écologiques. En ce domaine comme en d’autres, l’industrie agroalimentaire est un sujet clivant. Bien que pris dans de nombreux scandales, le secteur conserve ses labels reconnus et plébiscités, dont les produits bio sont les « happy few ». En effet, le pourcentage de personnes consommant du bio au moins une fois par mois a doublé en 15 ans, passant de 37 % à 65 %[[Source : economie.gouv.fr]]. L’alimentaire est donc à la fois un marché de tous les doutes et de confiance.

Les consommateurs demandent à mieux encadrer l’affichage environnemental

Les promesses des entreprises en matière d'écologie et de développement doivent-elles faire l'objet d'une régulation plus forte en France ?
Les promesses des entreprises en matière d’écologie et de développement doivent-elles faire l’objet d’une régulation plus forte en France ?
Pour terminer, 72 % des Français sont convaincus de la nécessité de mieux réguler en France les promesses écologiques des entreprises. À qui confier cette mission ? 2 sondés sur 3 répondent les pouvoirs publics, la préférence allant nettement plus aux autorités françaises (40 %) qu’à l’Union européenne (21 %). Démonstration de plus, s’il le fallait, que le cadre national reste le plus efficace aux yeux des Français. Peut-être plus surprenant au regard des autres résultats de l’étude, 30 % des personnes interrogées considèrent au contraire qu’il est du rôle des entreprises elles-mêmes d’assurer cette régulation. Chiffres dans le chiffre des plus intéressants : cette opinion est partagée par seulement 25 % des 18-34 ans tandis qu’elle l’est par 36 % des plus de 65 ans, soit un écart de 11 points. Des pourcentages qui peuvent participer à valider l’idée d’une jeunesse défiante vis-à-vis du monde de l’entreprise et en demande de politique. Il n’en demeure pas moins, en matière de greenwashing, que tout repose in fine sur les épaules du consommateur. C’est à lui de faire le tri et de dénoncer les discours qui lui paraîtraient trompeurs. Parce qu’il restera toujours difficile, même avec les meilleures lois du monde, d’interdire à une entreprise de repeindre (abusivement) ses enseignes en vert. sondagegreenwashing.pdf

À propos de Goodvest

capture_d_e_cran_2023-05-30_a_10.54_51.png Goodvest a été fondée à Paris en 2020 par Joseph Choueifaty et Antoine Bénéteau.  L’entreprise compte aujourd’hui une équipe de plus de 20 personnes. 91 % des Français se disent inquiets à propos du réchauffement climatique… Mais la plupart ignorent que leur épargne est utilisée pour financer des industries polluantes : l’épargne moyenne d’un français génère 11 tonnes de CO2 par an. C’est pour cela qu’Antoine et Joseph ont créé Goodvest : une solution d’épargne engagée pour l’environnement. Leurs client.e.s choisissent leurs thèmes d’investissement responsables : Transition écologique, Accès à l’eau, ou encore Emploi et solidarité. Sont exclus les secteurs néfastes, tels que les énergies fossiles, l’armement ou le tabac. Chaque portefeuille est conçu pour avoir une trajectoire climatique inférieure à 2 °C, conformément à l’accord de Paris. La solution est digitale, simple et rapide. Elle permet à chacun de bénéficier d’une épargne 100 % personnalisée, en accord avec ses projets, sa situation et ses valeurs. En toute transparence.

 

Documents joints

Pour une sobriété numérique des réseaux intelligents (Smart grids)

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Si les réseaux intelligents (Smart Grids) s’avèrent indispensables à la transition énergétique et à la décarbonation de notre mix énergétique, la digitalisation croissante du système électrique invite à se questionner sur les impacts environnementaux générés par l’explosion de capteurs et de données qu’il faut ensuite transporter, stocker et traiter … L’association Think Smartgrids publie un livre blanc qui détaille en sept axes les bonnes pratiques à mettre en place pour déployer la sobriété numérique dans les projets de réseaux intelligents (Smart Grids), avec de nombreux exemples d’initiatives et projets déjà déployés. En effet, si la transition énergétique impose une digitalisation globale de nos systèmes énergétiques, il est important de mesurer et de réduire les impacts de cette digitalisation.

L’UNESCO désigne 18 nouveaux géoparcs mondiaux

Le Conseil exécutif de l’UNESCO a approuvé la désignation de 18 nouveaux géoparcs mondiaux, portant ainsi le nombre total de sites du Réseau mondial des géoparcs UNESCO à 195, répartis dans 48 pays. Créé en 2015, le label géoparc mondial UNESCO reconnaît le patrimoine géologique dont la portée est internationale. Les géoparcs sont au service des communautés locales, ils allient la conservation de leur patrimoine géologique manifeste à la sensibilisation du public et à une approche durable du développement.

« Tu Flippes ? » On est prêt lance sa campagne pour agir sur l’éco-anxiété

Face à l’aggravation de la catastrophe climatique et environnementale, et faute d’action des décideurs à la hauteur des enjeux, on constate au sein de la population une explosion du phénomène de l’éco-anxiété qui englobe tristesse, peur, impuissance et colère.
Avec le concours de multiples personnalités, chercheurs et organisations, le mouvement On Est Prêt lance la campagne « Tu Flippes ? » sur deux grands axes : un plan de mobilisation citoyenne afin de « prendre soin de soi en prenant soin du monde » et un projet de recherche sur plusieurs mois afin de mieux comprendre l’éco-anxiété.

53 mesures pour une gestion résiliente et concertée de l’eau

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L’eau est une ressource indispensable pour notre santé, nos écosystèmes et notre économie. Elle est essentielle pour de nombreux usages : consommation d’eau potable, usages agricoles, industriels ou encore énergie. C’est aussi une ressource en tension, premier marqueur du changement climatique. Alors que l’année 2022 a été marquée par une sécheresse prolongée, les perspectives pour 2023 sont suivies avec attention. Un plan d’action pour une gestion concertée et résiliente de l’eau a été présenté par le président de la République le 30 mars dernier. Le Guide sécheresse de mise en œuvre des mesures de restriction des usages de l’eau a été actualisé en Mai 2023