L’engagement sociétal comme la transparence des pratiques sont des enjeux d’avenir pour l’entreprise. Pourtant le doute plane encore sur la sincérité et l’impact réel des engagements affichés. C’est pour interroger le rapprochement entre “Mécénat & RSE : le nouveau paradigme de l’entreprise engagée”que ce Guide repère OpenLab a été réalisé par Admical, en partenariat avec Equanity, la Fondation de France et le Palais de Tokyo. Un travail collaboratif avec une trentaine d’experts pour concilier l’intérêt de l’entreprise et l’intérêt général.
L’engagement sociétal comme la transparence des pratiques sont au cœur des enjeux d’avenir de l’entreprise. Pourtant le doute plane régulièrement sur la sincérité et l’impact réel des engagements affichés. “Coup de comm’” pour les uns, “greenwashing” pour d’autres, les raccourcis en la matière ont la vie dure.
4 salariés sur 10 ne sont pas en mesure de dire si leur entreprise est engagée dans une démarche de mécénat ou de RSE
Le rapprochement entre mécénat et RSE constitue un nouvel horizon qu’aucun acteur public, privé, à but lucratif ou non, ne peut ignorer face aux urgences et colères qui crispent la société.
Intérêt de l’entreprise et intérêt général peuvent-ils faire bon ménage ?
Répondre à cette question, c’est interroger le rapprochement du mécénat et de la RSE. C’est pour explorer en profondeur ces enjeux et ouvrir un nouveau chemin qu’Admical, en partenariat avec Equanity, la Fondation de France et le Palais de Tokyo, a réuni pendant un an des personnalités de premier plan, en prise avec ces nouvelles dynamiques.
L’OpenLab “Mécénat & RSE : le nouveau paradigme de l’entreprise engagée” est le fruit d’un travail collaboratif de plus d’une trentaine d’experts hautement qualifiés, aux profils variés1.
L’objectif : apporter des points de repères pour éviter les confusions et poser les bases d’une articulation du mécénat et de la RSE, respectueuse du cadre légal, fiscal et déontologique, qui permettent à toutes les entreprises de jouer pleinement leur rôle au service d’enjeux d’intérêt général.
Ce Guide repère identifie les enjeux, les risques, les opportunités, les bonnes et mauvaises pratiques du point de vue des 3 acteurs essentiels d’une démarche d’engagement :
les décideurs qui allouent les ressources,
les opérateurs qui mettent en œuvre les différentes dynamiques
et les bénéficiaires.
Les travaux se sont appuyés sur les témoignages de leaders d’opinion, sur les résultats d’une enquête IFOP mesurant la perception du mécénat et de la RSE auprès des salariés du privé, et sur l’expérience vécue des professionnels impliqués dans l’OpenLab.
Ils ont permis d’ouvrir une nouvelle perspective sur l’engagement des entreprises et d’élaborer une série de recommandations d’actions opérationnelles.
liste non-exhaustive des personnalités mobilisées sur ce sujet :
Les groupes de travail avec des experts du domaine comptant : ● Sophie Andres, Chargée de mission, Conseil départemental des Pyrénées Atlantiques ● Alice Audouin, Fondatrice Art of Change 21 ● Patricia Benchenna, Directrice Corporate Philanthropie Schneider Electric ● Tony Bernard, Directeur général d’Impact Tank ● Guillaume Brault, Président Fondateur de Carenews ● Gaëlle Cheriaux, Chargée du programme Palais durable, Palais de Tokyo ● Grégoire Cousté, Délégué Général du Forum pour l’Investissement Responsable ● François Debiesse, Président d’Admical ● Isabelle Deloeil-Géraud, Directrice Sud-Ouest de la Société Générale ● Patrick d’Humières, Cofondateur EcoLearn.com ● Timothée Duverger, Ingénieur de recherche à Sciences Po Bordeaux et chercheur au Centre Émile Durkheim ● Arthur Gautier, Directeur exécutif de la chaire Philanthropie ESSEC ● Géraldine Goffaux, Professeur de droit privé à l’Université d’Orléans ● Raphaëlle Haccart, Directrice du développement, Palais de Tokyo ● Vianney Hamoir, Président, Fondation Territoriale de la Vienne ● Sarah Huisman-Coridian, Présidente d’Equanity ● Laure Kermen, Directrice de l’engagement citoyen et de la Fondation Groupe ADP ● Laurence Langou, Responsable développement philanthropie et mécénat Fondation de France ● Frédérique Lellouche, Directrice nationale du Comité 21 ● Mathilde Lerosier, Déléguée Générale, Fondation AG2R la Mondiale ● Sophie Letartre, Responsable Accompagnement entreprises et Innovation chez Réseau Alliances ● Lucile Manoury, Responsable du Cercle Fondations et Territoire, Centre Français des Fonds et Fondations ● Eeva Nordstorm, Manager Prophil, responsable de la communauté De Facto ● Clara Oberlé, Responsable Impact / Monde Associatif, Captain Cause ● Yann Queinnec, Délégué Général d’Admical ● Virginie Seghers, Présidente de Prophil
Les leaders d’opinion interviewés : ● Fany Allarousse, Déléguée générale de la Fondation Serge Ferrari et Directrice RSE du groupe ● Clara Gaymard et Gonzague de Blignières, co-fondateurs du groupe Raise ● Jean-Pierre Haemmerlein, Directeur de la Fondation Décathlon ● Charles-Benoît Heidsieck, Président Fondateur Le Rameau ● Rémi-Pierre Lapprend, Directeur de l’engagement RSE Maisons du Monde et Directeur Général de la Fondation Maisons du Monde ● Alexandre Perra, Délégué Général de la Fondation EDF ● Géraldine Plenier-Latieule, Déléguée générale de la Fondation Mozaïk ● Anne-Claire Roux, Chief Of Staff to the CEO Mirova et Directrice Générale de la Fondation Mirova ● Nicolas Théry, Président de la Fondation Crédit Mutuel Alliance Fédérale ● Cyrille Vu, Président de Seabird ↩︎
Les entreprises n’hésitent plus à communiquer chiffres et données sur leurs émissions de CO2 et actions climatiques, selon des méthodes de calcul et des critères d’analyse pas toujours très clairs. Après avoir lancé l’indice Vérité 40 en France, Axylia, pionnier de l’investissement responsable, décline son analyse Score Carbone®pour le marché belge avec la création du Be Truth. L’objectif de ces deux classements est de promouvoir la finance durable en guidant les investisseurs vers des entreprises dont la création de valeur est en mesure de compenser les coûts environnementaux associés aux émissions de gaz à effet de serre émis, également appelés la facture carbone.
Score Carbone Dynamique®
Le Score Carbone® évalue, sur une échelle allant de A à F, la capacité d’une entreprise à s’acquitter de sa facture carbone. Il indique aux investisseurs et aux particuliers si l’entreprise est vraiment rentable et responsable, après imputation du coût du CO2 qu’elle émet.
Lorsqu’une entreprise n’est pas assez transparente ou qu’elle ne dévoile pas l’intégralité de ses émissions, il ne lui est pas attribué de note (ND).
Mesurer ce que les entreprises devraient payer à la nature en convertissant leurs émissions de gaz à effet de serre en euros. Déduite du bénéfice, cette facture mesure la capacité de l’entreprise à rester rentable (A, B, C) ou non (D, E, F)
Concrètement, la véritable facture carbone d’une entreprise tient compte de la totalité de ses émissions de CO2, y compris de ses émissions indirectes (Scope 3), occultées dans les estimations traditionnelles. Sont intégrées ainsi l’extraction des matières premières, le recyclage du produit, mais aussi le transport ou les sous-traitants.
Le nombre de tonnes de CO2 ainsi obtenu est converti en euros, selon le prix calculé par les experts internationaux, afin d’établir le coût global des émissions de l’entreprise… que l’on peut comparer ensuite à son résultat d’exploitation.
Le Score Carbone® Axylia est un outil dynamique, qui tient compte des efforts fournis par une entreprise pour réduire ses émissions de CO2. Une entreprise qui prend des mesures concrètes et surtout ambitieuses de réduction de ses émissions absolues sera bonifiée.
Les acteurs du secteur financier et les particuliers qui attendent un engagement des entreprises dans la lutte contre le réchauffement climatique peuvent utiliser le Score Carbone® Axylia pour les orienter et les aider à prendre les bonnes décisions.
Axylia a calculé le score carbone des 600 plus grandes capitalisations boursières européennes à partir des données carbone fournies par le spécialiste mondial Trucost (groupe Standard & Poor’s).
Score Carbone : le site qui permet d’identifier les entreprises capables de payer leur Facture carbone
L’indice Vérité 40, c’est quoi ?
L’Indice Vérité40 est l’application du Score Carbone® aux entreprises françaises cotées en bourse. Les indices actuels s’appuient sur la capitalisation boursière qui ne reflètent pas les impacts environnementaux des entreprises. Cet indice permet d’orienter les investisseurs et les particuliers vers des entreprises dont la création de valeur financière couvre les dommages sur l’environnementliés à leurs émissions de CO2.
Les émissions de CO2 sont calculées à partir des données de Trucost en incorporant le scope 3, qui représente en moyenne 80% des émissions d’une entreprise.
Ces émissions de CO2 sont multipliées par le coût du carbone publié par le GIEC, soit 127€/tonne pour obtenir la facture carbone.
Cette facture carbone est déduite de l’Excédent Brut d’Exploitation de l’entreprise pour donner un résultat ajusté et en déduire le risque financier (en %) lié au Carbone qui pèse sur la rentabilité de l’entreprise. Ce risque financier est converti en Score Carbone® de A à F.
A la suite de ces contrôles, les entreprises ci-contre ont reçu un Score Carbone insuffisant et ne peuvent donc pas payer leur facture carbone.
Le secteur bancaire se voit majoritairement attribué la note « ND », dû à un manque de transparence du montant de leurs différents scopes, et en particulier celui du scope 3.
Le Vérité 40
Le Vérité40 est constitué uniquement des entreprises dont le Score Carbone est « positif » (A, B ou C) ainsi que les 3 meilleurs Score Carbone Dynamique 2030. La majorité des entreprises présentes dans le Vérité40 d’Axylia ne figurent pas en tête des indices de référence actuels, dont le CAC40.
Dans le cadre de la Quinzaine du Commerce Équitable et pour la 3ème année consécutive, les labels Bio Équitable en France, BIOPARTENAIRE et l’association FAIRe un Monde Équitable organisent la Journée du Patrimoine Agricole bio et équitable. Le dimanche 05 mai 2024, 11 fermes labellisées ouvriront leurs portes au grand public, partout en France. L’occasion de rencontrer les paysans et paysannes engagé.es dans l’agroécologie et le commerce équitable.
Ces Journées du Patrimoine Agricole bio et équitable souhaitent lever le voile sur l’agriculture bio paysanne et équitable, un modèle agricole ancré dans les territoires, plus vertueux, pour l’humain, l’animal et l’environnement.
Lors de cette journée portes ouvertes du 5 Mai, petits et grands pourront vivre une expérience authentique au cœur de nos campagnes et en apprendre plus sur l’alimentation durable.
Au programme : visite des fermes, rencontres avec les producteurs et productrices engagé.es, ateliers découverte, dégustations des bons produits de la ferme, moments d’échanges sur les produits équitables et sur les défis autour de l’agriculture bio, découverte des techniques anciennes, etc.
Les 11 fermes engagées dans le commerce équitable origine France sont à découvrir en Auvergne Rhône-Alpes (Drôme etPuy-de-Dôme), Bourgogne-Franche-Comté (Yonne), Bretagne (Finistère et Ille-et-Vilaine), Île-de-France (Seine-et-Marne), Normandie (Calvados), Nouvelle-Aquitaine (Vienne), Occitanie (Tarn et Tarn-et-Garonne) et Pays de la Loire (Loire-Atlantique)
« Le renouvellement des générations d’agriculteurs est un vrai enjeu pour notre avenir. En 2030, la moitié d’entre eux sera en âge de partir à la retraite. Il est urgent de proposer aux jeunes un modèle atractif dans lequel les paysans-nes vivent de leur métier et donnent du sens à leur travail. Les fermes qui ouvrent leurs portes le 05 mai montrent que le commerce équitable et la vente directe sont des solutions pour l’avenir de notre agriculture. »
Vincent Rousselet, Directeur de Bio Équitable en France
EARL BOHIC
3 propositions pour un autre modèle agro-économique
1. Le revenu des producteurs passe par de vrais prix agricoles : Les agriculteurs ne pourront vivre de leur métier que si les prix des produits agricoles le leur permettent. Depuis deux ans, le marché bio connaît une baisse sans précédent qui met une réelle pression sur les prix.
Dans le label Bio Equitable en France, les prix agricoles sont basés sur le calcul des coûts de production incluant une juste rémunération des producteurs, pas sur les prix fluctuants du marché.
2. L’agroécologie face aux enjeux du dérèglement climatique : Les nombreux agriculteurs bio engagés dans le label rompent avec la logique productiviste « plus d’intrants chimiques pour plus de volumes ». Ils développent des pratiques agroécologiques : fumier, compost, haies, association de culture, complémentarité agriculture élevage, lutte intégrée… Autant de leviers efficaces et économes qui assurent en agriculture bio des rendements suffisants pour la rentabilité des fermes. Nul besoin de remettre en question les normes environnementales !
Les paysans engagés dans les filières de Bio Équitable en Francefont renaître la biodiversité. Ils sont d’autant plus enclins à développer ces bonnes pratiques qu’ils ont la garantie de leurs débouchés.
3. Des relations commerciales plus équilibrées : Changer la façon dont le commerce est organisé entre les acteurs des filières est une solution pour sortir de la crise profonde que nous connaissons. Le label Bio Équitable en France, piloté par les groupements de producteurs indépendants et démocratiques, associe tous les acteurs des filières : producteurs, transformateurs et distributeurs. La répartition de la valeur se construit non plus sur le rapport de force mais sur le partenariat et le dialogue.
Une centaine de contrats équitables permettent de viabiliser des filières bio françaises, d’offrir aux consommateurs des produits de qualité et aux agriculteurs de mieux vivre de leur métier.
Dérèglements climatiques, menace de la biodiversité, expansion des déchets non recyclables, pollution des sols et de l’air… Plus que jamais, l’avenir de la planète est au cœur de toutes les préoccupations. Les missions du Service Civique écologique prennent la mesure de l’urgence et donnent aux jeunes volontaires le cadre et les moyens d’agir à leur échelle… pour que le regard que portera le monde de demain sur celui d’aujourd’hui ne soit pas celui du regret.
À travers le service civique écologique, nous voulons permettre à des jeunes de s’accomplir, dans une mission au service de la planète.
Christophe Béchu
Objectif : 50 000 volontaires en service civique écologique
La planification écologique rend nécessaire d’offrir aux jeunes des opportunités d’engagement en phase avec cet enjeu prioritaire. 90 % des jeunes se disent préoccupés par le changement climatique et 51 % considèrent ce sujet comme leur première source d’inquiétude (IFOP, 2022).
Face à ce constat et la volonté d’engagement affirmée de la jeunesse en faveur du climat, le Premier ministre Gabriel ATTAL a annoncé la création du Service civique écologique, lors de sa déclaration de politique générale, en janvier 2024.
Le Service civique écologique a pour objectif de proposer d’ici 2027 à 50 000 jeunes de s’engager concrètement en faveur de la transition écologique auprès d’associations, de collectivités ou d’opérateurs publics. Ces missions indemnisées, d’une durée de 6 mois à 1 an, s’adresseront aux jeunes de 16 à 25 ans
Car nous croyons que le meilleur remède à l’anxiété est de passer à l’action, de s’engager, de se mobiliser pour son pays et pour la planète.
Le 8 avril 2024, le ministre Christophe BÉCHU et la ministre déléguée Sarah EL HAÏRY ont réuni les parties prenantes du futur service civique écologique représentées lors d’une table ronde avec l’Agence du service civique, une association (LPO), une entreprise publique (ENEDIS), une collectivité (président d’Eco Maires), un jeune en service civique et le Medef devant plus de 150 personnes représentant le monde associatif, les entreprises, les collectivités, les opérateurs de l’Etat et des jeunes en service civique.
D’autres pays, comme les États-Unis avec l’American Climate Corps lancé par Joe Biden, ont fait ce constat et ont créé des dispositifs similaires d’engagement pour la jeunesse.
Quinze associations nationales de défense de l’environnement et d’éducation populaire se sont rassemblées il y a un an pour créer le « Collectif pour un Service Civique Ecologique », afin d’appeler à son déploiement ambitieux et bénéfique pour tous. Car le dispositif a déjà fait la preuve de sa capacité à mobiliser concrètement les jeunes en faveur de la nature : soutien aux associations de préservation de la biodiversité, organisation de chantiers participatifs, formation du public aux bonnes pratiques du quotidien, lutte contre les inégalités environnementales, accompagnement des plus précaires dans la transition énergétique, etc. L’enjeu aujourd’hui est de démultiplier l’offre de missions, de les rendre accessibles à tous les jeunes, et de renforcer l’accompagnement pendant leur service, afin qu’ils deviennent des acteurs de la transition écologique dans les territoires.
Recommandations
Le collectif, comme l’ensemble du mouvement associatif, attend que l’État confirme sa volonté de consolider largement le budget alloué. Le Service Civique Écologique ne pourra se faire au détriment d’autres missions du service civique.
Les associations rappellent que les acteurs de terrain devront être accompagnés pour définir correctement les missions confiées aux jeunes et assurer le tutorat nécessaire, que les volontaires mobilisés devront être formés aux enjeux de la transition écologique par des structures expertes, et qu’un soutien particulier (transport, logement) devra être prévu pour les missions dans les territoires ruraux.
Le Service Civique doit être davantage promu auprès des jeunes et dans les parcours professionnels comme d’enseignement.
Associations membres du collectif pour un service civique écologique
Banlieues Climat ; BLOOM ; Fédération des parcs naturels régionaux ; France Nature Environnement (FNE) ; Le FRENE ; La Fresque du Climat ; Générations futures ; IFAC ; Les Petits Débrouillards ; Ligue de l’Enseignement ; LPO ; Union nationale des CPIE ; Scouts et Guides De France ; Unis-Cité
Juin 2024 : 1 000 premiers ambassadeurs de la transition écologique
1 000 ambassadeurs du service civique écologique seront formés et déployés à travers le pays pour sensibiliser d’autres jeunes, notamment dans des quartiers prioritaires et en zones rurales, sur l’importance de s’engager en faveur du climat via le service civique écologique.
Ces jeunes ambassadeurs auront pour mission d’encourager leurs pairs à rejoindre le service civique écologique, une initiative conjointe du Gouvernement, de l’ADEME et de l’association Uniscité. Avec 1 000 jeunes ambassadeurs, ce sont potentiellement 100 000 jeunes qui pourront être touchés pour rejoindre cette initiative d’engagement écologique.
Donner un sens à l’engagement : Le Service Civique, c’est un engagement. Cela veut dire que je décide de me mettre volontairement au service de la collectivité, autrement dit de tous, de me consacrer à des missions d’intérêt général, pendant 6 à 12 mois, et au moins 24h par semaine
Être utile à l’intérêt général : Ma mission de Service Civique sert l’intérêt général. Au service de chacun, j’agis ainsi en faveur de la collectivité. Mon action s’inscrit en complément des actions menées par les salariés, agents, stagiaires et/ou bénévoles de mon organisme
Servir le bien commun : Rejoindre une structure qui n’a pas pour but de faire des bénéfices financiers, associations, fondations, fédérations, ONG ou coopératives, elle devra être agréée d’« intérêt général » par l’Agence du Service Civique
Être indemnisé : Être utile à la collectivité, non seulement ça nourrit ma réflexion personnelle et mon sens du collectif, mais je reçois une indemnité de 620 euros de l’État en échange du temps et de l’énergie que je déploie pour la cause que j’ai choisie.
Le service civique écologique propose des missions en lien avec les objectifs de la planification écologique. Ces missions sont proposées par un large panel de structures : associations, collectivités territoriales, opérateurs de l’État, entreprises publiques de la transition écologique (RATP, Enedis…). Afin d’atteindre l’ambition des 50 000 missions proposées d’ici 2027 la montée en charge sera progressive avec plus de 10 000 jeunes pour l’année 2025 et près de 19 000 en 2027. Le service civique écologique est pensé comme le pilier d’un continuum plus large de l’engagement environnemental et pourra être poursuivi via d’autres dispositifs d’engagement (jeveuxaider.fr, volontariat international…).
Un tremplin vers l’emploi vert
Le service civique écologique est un dispositif d’engagement et non d’insertion dans l’emploi. Toutefois, dans l’optique d’orienter les jeunes passés par ce dispositif vers les emplois verts s’ils le souhaitent, le Gouvernement, en collaboration avec le MEDEF, s’engage à proposer à chaque jeune issu du service civique écologique une offre d’emploi ou de stage dans les secteurs de la transition écologique. Terra Academia1 s’engage également pour construire ce tremplin vers l’emploi dans les territoires.
Terra Academia, école et accélérateur de la transformation écologique, a inauguré son premier campus à Arras le 18 Mars 2024. Il sera suivi d’un prochain campus à Paris avec l’objectif final d’un déploiement international d’ici 2 ans et une présence dans toutes les régions françaises d’ici 5 ans ↩︎
AGOTERRA1 annonce la troisième édition de CarbonConnect, le forum annuel réunissant entreprises et agriculteurs pour accélérer la transition vers une agriculture régénératrice des écosystèmes naturels. L’événement aura lieu le 16 mai prochain à AgroParisTech Paris Saclay et rassemblera plus de 400 décideurs autour des enjeux brûlants de la transition agro-écologique.
« CarbonConnect est né d’une conviction forte : la transition agro-écologique, un des enjeux majeurs de notre siècle, sera collective ou ne sera pas. À l’heure où le secteur agricole fait face à des défis d’ampleur, il est urgent de faire émerger un modèle d’agriculture pour les générations futures. Et c’est là toute la raison d’être de ce forum. L’édition 2024 aspire à apporter des réponses concrètes et à explorer collectivement des solutions innovantes et durables. »
Mathieu Toulemonde, CEO et fondateur d’AGOTERRA.
Depuis son lancement en 2022, CarbonConnect est un lieu d’échange et de partage d’expertise pour les décideurs engagés dans la réduction de leur empreinte carbone. Cette année, le forum réunira 400 participants, 20 intervenants et proposera 9 ateliers thématiques.
Décarbonation scope 3, contribution carbone, biodiversité et agriculture régénérative seront au cœur des échanges de cette troisième édition organisée par AGOTERRA, sous le haut patronage des Ministères de l’Agriculture et de l’Écologie.
Quelques sujets au programme des ateliers du forum :
Mises en œuvre concrètes de stratégies Climat / Biodiversité : contribution carbone locale pour un impact territorial
Agroécologie et transition agricole : Réconcilier l’immobilier périurbain avec les enjeux de résilience agricole et alimentaire
Réduire son scope 3 en engageant ses filières agricoles : Mise en place d’une stratégie de décarbonation filière
Témoignage d’une agricultrice en grandes cultures engagée dans une démarche de transition
Soutenir la biodiversité à l’échelle de mon entreprise stratégie biodiversité et données terrain
Le rôle du secteur financier dans la transition agricole
Régénérer les sols agricoles grâce à l’agroforesterie
Mise en place d’une prime filière pour développer l’agroécologie avec l’indice de régénération
AGOTERRA, entreprise à mission certifiée B Corp, accompagne les entreprises dans leur démarche de réduction de leur empreinte carbone, en finançant des projets agricoles bas-carbone certifiés, auprès de plus de 3 000 agriculteurs et d’agricultrices engagés en France et en Europe. ↩︎
Le débat public sur l’écologie, s’il est devenu plus fréquent, reste très insatisfaisant. C’est un des éléments forts ressorti des sessions de controverses écologiques portant sur « la place de l’écologie dans le débat public ». Un constat qui s’explique aussi par le choix des mots de l’écologie, comme le montre le très éclairant décryptage de Pauline Bureau, vice-présidente de La Fabrique Écologique (LFE)
La Controverse Écologique du 20 mars 2024 à l’ENS Ulm s’est articulée autour de trois séquences :
La première portait sur la présence suffisante ou non de l’écologie dans le débat public La seconde en détaillait les facteurs explicatifs. La dernière quant à elle, s’intéressait aux valeurs associées aux mouvements écologistes et leur opposition au technosolutionnisme.
Les intervenants étaient :
David Chavalarias, mathématicien, directeur de recherche au CNRS au CAMS/EHESS et directeur de l’Institut des Systèmes Complexes de Paris Île-de-France, auteur de Toxic Data, comment les réseaux manipulent nos opinions, éditions Flammarion (2022) ;
Stéphane Foucart, journaliste au service Planète du journal Le Monde, auteur de plusieurs ouvrages dont Les gardiens de la raison, éditions La Découverte (2020) ;
Perrine Simon-Nahum, docteure en histoire, directrice de recherche au CNRS et professeure attachée au département de philosophie de l’Ecole normale supérieure, autrice de Les déraisons modernes, éditions de l’Observatoire (2021).
La Fabrique Écologique et Écocampus ENS, association écologiste créée et animée par des étudiantes et étudiants de l’École Normale Supérieure, lancent en partenariat pour l’année 2023-2024 un cycle de Controverses Ecologiques. Ces événements au format innovant, gratuits et ouverts à tous, réunissent et font débattre des personnalités aux profils divers, ayant travaillé et publié sur un sujet d’actualité.
La deuxième Controverse Ecologique de ce partenariat avait pour thème « Quelle place de l’écologie dans le débat public ? »
Pauline Bureau et Abel Couaillier, en charge de l’animation de cette deuxième controverse ont évoqué l’ambivalence de la place de l’écologie dans le débat public. Enjeux tantôt dramatiquement pris en compte, tantôt oubliés, même s’ils se diversifient et ont une place croissante dans le débat public, le climatoscepticisme reste très présent et l’urgence écologique peine à être une priorité ainsi qu’à se démocratiser.
La séquence 1 visait à s’interroger sur la présence suffisante ou non de l’écologie dans le débat public
Stéphane Foucart, Journaliste au service Planète du journal Le Monde, a rappelé la place insuffisante de l’écologie dans le débat public, le manque de qualité des discussions qui tournent davantage autour de commentaires politiques. Il déplore l’effacement des questions écologiques au profit de celles d’ordre socioéconomiques. Le débat public procède, à son sens, à une forme de naturalisation de la catastrophe lente liée aux enjeux écologiques.
David Chavalarias, Mathématicien, directeur de recherche au CNRS au CAMS/EHESS et directeur de l’Institut des Systèmes Complexes de Paris Île-de-France, a attiré notre attention sur la crise existentielle pesant sur les écosystèmes et que les débats portaient sur une vision à court-terme notamment sur le sujet de la biodiversité. Il a insisté sur l’importance de transmettre des connaissances scientifiques sur les écosystèmes et leur rôle dans le maintien des sociétés humaines.
Perrine Simon-Nahum, Docteure en histoire, directrice de recherche au CNRS et professeure attachée au département de philosophie de l’École normale supérieure, a apporté une perspective historique sur l’évolution de la prise en compte de l’écologie. Elle évoque le temps d’acculturation nécessaire à ces enjeux. Si l’écologie est reconnue selon elle dans le débat public, le problème reposerait davantage sur la manière dont les informations sont communiquées, sur le manque de fluidité des échanges qui ne se font pas au même niveau de connaissance et de langage.
La séquence 2 a abordé les fragilités de l’écologie dans le débat public
L’un des éléments clés de cette séquence porte sur la décrédibilisation de la science et sa légitimation par l’innovation et la technologie. Le financement très majoritaire de la technoscience plutôt que de la science viendrait brouiller la distinction entre les deux.
Le manque de culture scientifique, la difficulté à remettre en cause un système socioéconomique, dans lequel des investissements colossaux ont été effectués sont autant d’obstacles à une plus grande reconnaissance médiatique de l’écologie selon David Chavalarias.
Stéphane Foucart, constate une « faillite institutionnelle » de la science, avec une apathie généralisée à l’égard de celle-ci, qui s’accompagne d’une diffusion de la désinformation. Conjointement à ce « piratage de la parole scientifique », le monde médiatique qui est concentré entre les mains d’une petite partie de la population, se perd dans la priorisation des sujets à relayer.
À cela s’ajoute la difficulté de distinguer lobbying, science, et instrumentalisation politique, qui érodent la confiance de la population.
Perrine Simon-Nahum, abonde également en ce sens et relativise cette inculture scientifique en mentionnant que l’inculture économique qui précédait celle-ci a finalement été dépassée. Elle a mentionné également les réseaux sociaux, en tant que facteur contribuant à ce rejet de la science.
La dernière partie de la table ronde s’intéressait aux valeurs associées à l’écologie qui se heurtent au technosolutionnisme
Perrine Simon-Nahum a dénoncé la manière dont les écologistes articulent leur discours autour de l’herméneutique de la peur, venant ainsi compromettre leur audibilité. La politisation extrême de l’écologie, l’érigerait en tant que valeur absolue et indiscutable, ce qui peut rentrer en conflit avec des priorités d’autre nature. L’environnement ne devrait ainsi pas être le tout de la politique.
David Chavalarias a mis en garde sur la manière dont le débat public orientait les votes non pas vers des idées mais vers des personnalités et qu’il devenait de plus en plus polarisé et sous format conflictuel en ligne et hors ligne. Il défend aussi que le technosolutionnisme s’oppose en termes de valeur à la sobriété et donc par extension à l’écologie. Pour lui, c’est à l’humain de s’adapter au climat et non l’inverse.
Stéphane Foucart a également critiqué fortement le technosolutionnisme et les logiques qu’il traduit. Il l’associe à un manque d’imagination pour sortir du carcan socioéconomique, à l’opposé des nouveaux imaginaires que souhaite dessiner l’écologie.
En conclusion, David Chavalarias a souligné l’importance d’inverser le temps, d’agir dès maintenant pour préserver la nature à notre disposition aujourd’hui, car elle sera toujours en meilleur état que demain.
Les controverses écologiques
Le concept
Les Controverses Écologiques ont pour objectif de réunir des personnalités ayant travaillé sur le fond sur un sujet d’actualité et de les faire débattre et échanger. Depuis novembre 2018, ces Controverses sont organisées en partenariat avec Sorbonne Développement Durable.
Atlas des pesticides
Dans le cadre de la Semaine pour les alternatives aux pesticides (SPAP) coordonnée par l’association Générations Futures, la Fondation Heinrich Böll et La Fabrique Écologique ont présenté l’Atlas des pesticides. Ce webinaire présentait les différents articles de l’atlas, avec un focus sur l’actualité et sur la santé. L’occasion de dresser un état des lieux et de se focaliser sur les éternels oubliés des enjeux autour des pesticides à savoir les coûts sociétaux qui en découlent et l’impératif de justice sociale pour y remédier.
Les intervenant.es étaient :
Sarah Champagne, Coordinatrice des programmes Transition énergétique, écologique et sociale de la Fondation Heinrich Böll
Mathilde Boitias, directrice de La Fabrique Ecologique
Jill Madelenat, directrice des études à La Fabrique Ecologique
Camille Bouko-Levy, membre de l’Observatoire Terre-Monde
Pauline Bureau, vice-présidente de La Fabrique Écologique, est l’auteure du décryptage :
« Termes-catastrophes, noms sous pression, et néologie revitalisante : la transition écologique par le langage ».
Si l’existence des mots permet de nommer la réalité et donc de se la représenter, le choix de ceux-ci et leur utilisation façonnent notre appréhension du monde réel. Le langage peut être ainsi à la fois un puissant outil pour perpétuer le modèle actuel ou pour en établir un nouveau. Ce décryptage revient sur les enjeux autour de l’utilisation du langage pour dessiner de nouveaux imaginaires et mener à bien la transition écologique.
Dans un élan novateur visant à marier les univers de l’art, de la technologie et de l’engagement environnemental, les entreprises bretonnes KaviAR Tech et Reizhan se sont associées pour lancer VIV’ART. Une initiative révolutionnaire qui a pour but de financer la régénération des écosystèmes de la Forêt de Brocéliande, tout en sensibilisant les collaborateurs à l’importance vitale de la biodiversité.
VIV’ART – Les entreprises Bretonnes au service de la Biodiversité de la Forêt de Brocéliande
Au cœur de VIV’ART se trouve une collection d’œuvres d’art spécialement conçues pour transformer les espaces de travail en galeries interactives. Ces œuvres, alliant le talent humain local et les prouesses numériques, notamment en intelligence artificielle, sont des portails vers une prise de conscience environnementale accrue.
Une expérience inédite & interactive dans vos locaux
VIV’ART incarne l’innovation au service de la biodiversité, créant une synergie entre art, technologie et engagement environnemental. Sa mission est d’immerger les employés d’une entreprise dans un parcours interactif, où l’art devient un vecteur d’éducation et de sensibilisation aux enjeux de la biodiversité. En transformant les espaces de travail en galeries dynamiques, VIV’ART offre une expérience unique qui encourage l’interaction, l’apprentissage et l’action pour la conservation de la nature, tout en valorisant l’engagement de l’entreprise en matière de responsabilité sociale et environnementale.
« La biodiversité est la garantie de survie sur notre planète, chaque espèce dépend de l’autre pour exister, comme les maillons d’une chaîne. Préserver la biodiversité, c’est donc protéger la vie elle-même.«
L’objectif de VIV’ART
Financer la régénération des écosystèmes et les fonctions écosystémiques de Brocéliande après l’incendie, au moyen d’un dispositif pratique et tangible, qui utilise l’art et les technologies de réalité augmentée pour éveiller la conscience des entreprises et de leurs salariés.
La Biodiversité : Un Enjeu Incompris
• Seules 5% des entreprises du CAC 40 estiment que la perte de biodiversité a un « impact élevé » sur leurs actionnaires, et moins de 20% des entreprises du S&P 500 ont pris des engagements sur ce sujet, selon le Boston Consulting Group et Corporate Sustainability Assessment.
• Beaucoup d’entreprises ignorent encore comment mettre en œuvre une stratégie de prise en compte de la biodiversité.
• Il existe un manque de sensibilisation des différents collaborateurs de l’entreprise, rendant difficile pour eux de faire des liens directs entre les choix de l’entreprise et l’impact sur la biodiversité .
Comment ca marche ?
Art et technologie s’allient dans une initiative éducative en entreprise, utilisant la réalité augmentée pour sensibiliser à l’écologie. Une exposition éducative sur l’environnement grâce à la Réalité Augmentée. Interaction immersive avec des œuvres d’art pour apprendre sur l’écosystème. Mesure de l’engagement des collaborateurs à travers une application dédiée.Chaque interaction finance la conservation de la biodiversité.
VIV’ART est le fruit de la rencontre entre REIZHAN x KaviAR Tech
Grâce à une application de réalité augmentée dédiée, les collaborateurs peuvent interagir avec les œuvres, chacune offrant une expérience immersive à travers des contenus engageants : vidéos d’acteurs locaux, avatars d’animaux, effets 3D, et immersions à 360°. Cette interaction ne se limite pas à l’éveil de la conscience ; elle se traduit par une action concrète.
Chaque scan effectué contribue au fond de dotation Oetopia, afin d’assister l’Association du Val sans Retour et de la Forêt de Brocéliande (ASVB) dans des opérations de régénération de la biodiversité suite à l’incendie que la forêt a subi l’été dernier.
Comment est-on passé d’objets artisanaux qui traversaient les décennies à des biens manufacturés industriellement à l’autre bout du monde et qui durent quelques années au mieux ? Qu’est-ce que l’obsolescence, et comment lutter contre ? Comment adopter des meilleurs réflexes pour l’environnement et le portefeuille en ce qui concerne nos objets ? Les réponses dans le livre de Nathan Hubert & Mano Silberzahn, » Vaincre l’obsolescence. Mode d’emploi » aux éditions Tana
Un ordinateur qui plante, une machine à laver qui fuit après 3 ans d’utilisation, un grille-pain impossible à réparer… Nous sommes tous confrontés à l’obsolescence.Consommer, jeter, recommencer : un cycle infernal aux lourdes conséquences pour la planète et le porte-monnaie. Ce guide s’adresse à tous ceux qui veulent construire un monde plus soutenable et agir pour demain.
Consommer, jeter, recommencer… 88% des Français remplacent leurs téléphones alors qu’ils sont encore fonctionnels. 53 % des Français pensent que réparer est plus coûteux que d’acheter un produit neuf. 68% des vêtements dans nos penderies ne sont pas portés au cours des 12 derniers mois.
Dans un contexte de crise climatique et de raréfaction des ressources, il devient de plus en plus évident qu’il faut réinventer notre rapport au monde matériel. Le renouvellement toujours plus rapide de nos objets a un coût économique et environnemental conséquent : les équipements de la maison représentent en moyenne un quart de notre empreinte carbone individuelle !
Comment est-on passé d’objets artisanaux qui traversaient les décennies à des biens manufacturés industriellement à l’autre bout du monde et qui durent quelques années au mieux ? Qu’est-ce que l’obsolescence, et comment lutter contre ? Comment adopter des meilleurs réflexes pour l’environnement et le portefeuille en ce qui concerne nos objets ?
– Toutes les formes d’obsolescence décryptées, et pas seulement l’obsolescence programmée, la plus connue du grand public : l’obsolescence naturelle, de négligence, technique, économie et perçue).
– Des solutions concrètes pour adopter un rapport aux objets plus écologique et économique : déceler les impacts environnementaux invisibles, apprendre à résister aux achats superflus et choisir des objets durables…
– Des fiches pratiques pour apprendre à entretenir et réparer ses objets, afin de prolonger leur durée de vie.
– Un éclairage historique pour comprendre l’évolution de notre rapport aux objets.
Les auteurs : Nathan Hubert et Mano Silberzahn
Ils se sont rencontrés pendant leurs études de design. Ce qui les rapproche ? Un attachement fort aux objets qui les entourent, une affinité pour le bricolage et la réparation ainsi qu’une grande motivation pour faire changer les choses.
Comme beaucoup de monde, ils ne sont en effet pas à l’aise avec l’hyperconsommation, le greenwashing et la banalisation de l’obsolescence. Pour essayer de comprendre comment on en est arrivé là, ils se plongent dans de nombreux rapports et études et s’engagent sur le terrain comme réparateurs bénévoles en Repair Café.
En 2022, ils remportent le James Dyson Award en France avec un projet sur la réparabilité des équipements ménagers.Dans la foulée, ils fondent Nobsolete, un projet global visant à combattre l’obsolescence par tous les moyens possibles et à militer pour un monde plus durable.
Consommer, jeter, recommencer… Bienvenue dans le monde de l’obsolescence !
Féris Barkat est le fondateur de Banlieues Climat, une association qui vise à fédérer, sensibiliser, inspirer les populations des quartiers populaires sur les questions environnementales et climatiques afin de faire émerger leurs voix et des projets locaux dans le débat public et développer leur pouvoir d’agir.
Les questions écologiques et environnementales ont, pendant très longtemps, été un terrain politique où les habitants de ces quartiers n’ont pas été considérés à leur juste valeur et dans le respect de leur dignité.
Face à cette réalité, et dans l’espoir d’enrichir la vision politique avec d’autres points de vue, l’association Banlieues Climat souhaite créer les conditions permettant aux habitant·es de classes populaires de devenir acteurs de changement sur les questions environnementales au niveau de leur territoire, du local à l’international.
Depuis de nombreuses années, les dérèglements climatiques et les problèmes environnementaux ont causé de nombreux dégâts qui ont majoritairement impacté les populations les plus vulnérables de notre société. Logements mal isolés, insalubrité, conditions de vie et de travail difficiles, canicules où les « chibanis, chibanias« 1 ont été les premières cibles. Nombreux sont les cas où la courbe des statistiques flèche vers le haut quand il s’agit de mesurer les dégâts qui touchent ces populations vulnérables.
Féris Barkat : l’étoile montante de la lutte pour le climat
La voix de Féris Barkat ouvre une nouvelle voie
L’objectif et de (re)donner aux populations vulnérables l’accès à un savoir académique, scientifique, dont elles ont été dépossédées, afin de reprendre leur pouvoir économique, politique et social.
Une ambition
Reconnaître les habitants de ces quartiers comme une force indispensable et nécessaire de la lutte contre les inégalités environnementales.
Aujourd’hui, il n’est plus possible de parler de justice environnementale, ou d’émancipation collective pour toute la société, sans évoquer le rôle primordial des habitant·e·s de quartiers populaires.
Banlieues Climat soutient le rêve d’une société plus verte et écologique portée par et pour les quartiers populaires.
Créer une écologie émancipatrice
Les habitant·e·s des quartiers populaires ont longtemps eu des gestes écolos ancrés dans leur pratique culturelle et leur héritage familial. On peut citer par exemple l’économie d’énergie (souvent pour des raisons de coûts), celle de l’eau, denrée rare et considérée comme vitale et précieuse pour ces populations qui en limite le gaspillage. Tout comme le respect de la nature plus largement, ou alors le jardinage, la permaculture, dont la pratique était une habitude pour les anciennes générations immigrées, dans leurs villages d’enfance et campagnes qui les ont vu grandir.
Le projet de Banlieues Climat souhaite faire renaître cette veine écologique, déjà présente, chez ces populations. Il vise à créer une écologie émancipatrice portée par et pour les habitant·e·s des quartiers populaires. Il s’inscrit dans une continuité de transmission intergénérationnelle et dans la volonté de dessiner un avenir prometteur et serein aux jeunes populations.
Un avenir où la transition écologique devient un vivier d’employabilité pour ces jeunes générations.
Actions
Aujourd’hui, Banlieues Climat s’investit dans de nombreux quartiers populaires, partout en France afin de démocratiser les connaissances sur l’environnement et la transition écologique. Par ses activités de formations, de sensibilisations et de rencontres avec le terrain, Banlieues Climat souhaite créer une dynamique politique et économique vertueuse impulsée par la société civile et qui profite à toutes les générations et toutes les strates de la société.
Inspirer et fédérer
Via un pôle de formation en présentiel dans les quartiers. Banlieues Climat organise des ateliers de sensibilisation et de vulgarisation autour de la question climatique. L’objectif est de transmettre les connaissances nécessaires sur les enjeux climatiques (l’énergie, l’impact sanitaire, géopolitique, démographie, la question des métaux rares…) afin d’inspirer les jeunes et les fédérer autour de la transformation sociale et écologique.
Créer des alliances locales et nationales
Ce pôle est dédié aux rencontres avec des institutions politiques axées sur l’écologie, des actrices et des acteurs de terrain dans plusieurs villes en France afin de développer des actions locales qui puissent servir les populations concernées et leur donner le pouvoir d’agir à leur échelle, individuellement ou collectivement.
Faire émerger des projets
Ce pôle plaidoyer permet d’introduire les voix des jeunes issus de quartiers populaires dans les espaces de décisions politiques et d’aboutir à des changements de lois. Banlieues Climat souhaite impliquer les classes populaires aux plus hauts niveaux de prise de décisions. L’association souhaite porter des projets scientifiques et académiques qui permettront aux jeunes d’être force de propositions et d’apporter les solutions sur-mesure et nécessaires pour pallier à l’impact environnemental sur les publics vulnérables.
Valeurs
Défense du bien commun
Banlieues Climat souhaite créer un monde où les solutions aux problématiques liées au climat, l’environnement, l’écologie sont portées par celles et ceux qui sont frappés par ces inégalités. L’idée est de faire impulser une dynamique réparatrice et vertueuse qui profite à toute la société et protège les plus vulnérables.
Écoute
Chez Banlieues Climat, on écoute et on respecte les gens qui bénéficient des dispositifs proposés. On compose avec et pour les personnes concernées en prenant en considération leurs réalités terrain, leurs codes et leurs histoires. On n’impose pas le pouvoir, on le construit ensemble.
Espoir
Banlieues Climat porte haut et fier le vert de l’espoir ! Par son ambition, l’association souhaite élargir le champ des possibles pour que chaque personne puisse contribuer aux questions climatiques et puisse trouver sa place dans la société.
Chibani (au féminin chibania, pl. fr. chibanias) vient de l’arabe maghrébin et signifie vieux, vieillard, ancien ou encore « cheveux blancs » ↩︎
Le PEXE, Réseau national des solutions pour la transition écologique, avec le soutien de l’ADEME publie à l’occasion de la 15ème édition du Forum national son observatoire des éco-entreprises1. Lancé en 2023 pour mieux connaître et accompagner les filières de la transition écologique, énergétique et circulaire, l’observatoire propose une analyse de la dynamique des éco-entreprises et du tissu économique dans les territoires
Les éco-entreprises sont majoritairement dans les secteurs des déchets, de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables. La construction durable passe en une année de 13% à 26 % en 2024 et devient le 4e secteur activité !
51 % des éco-entreprises sont des Start-up, les structures de l’ESS progressent de 5 points, à savoir de 7 % à 12%. Il est à noter que 12% des éco-entreprises sont des entreprises à missions.
Observatoire PEXE-Forum national des éco-entreprises – LE PROFIL DES ÉCO-ENTREPRISES EN 2024
Les éco-entreprises comprennent mieux les enjeux environnementaux.
Observatoire des éco-entreprises
Leurs solutions sont à plus de 50 % dans l’économie circulaire, mais des progrès sont encore à faire dans la préservation de la biodiversité.
Sur le plan économique, 68 % d’entre elles cherchent à recruter. Ce chiffre passe à 77% pour les start-ups mais elles rencontrent de grandes difficultés pour trouver les bons profils de commerciaux, de spécialistes en données et de cadres à l’export. En effet, 38 % des éco-entreprises se développent à l’international et 70% visent l’Europe.
Observatoire PEXE – Forum national des éco-entreprises – 48% Des éco-entreprises expriment des difficultés à recruter
Concernant l’égalité homme/ femme, 66 % des PME des éco-entreprises sont dirigées par des hommes exclusivement, mais 65 % des structures de l’ESS ont une femme dans leur équipe dirigeante.
Observatoire PEXE – Forum national des éco-entreprises – LES FEMMES & LES ÉCO-ENTREPRISES
Le PEXE – Réseau national des éco-entreprises
Le PEXE est l’association nationale qui fédère les réseaux d’éco-entreprises (fédérations, syndicats, pôles de compétitivité, clusters). Elle représente près de de 6000 start-ups, PME – ETI de l’environnement, de l’énergie et de l’économie circulaire (air – sols – déchets – eau – biodiversité – décarbonation et chimie verte – efficacité énergétique – énergie renouvelable – écomobilité – risques).
Le PEXE oeuvre depuis 20 ans à la structuration de la filière des éco-entreprises en animant l’écosystème, identifiant les acteurs, favorisant des synergies. L’équipe du PEXE est engagée pour la réussite des projets, évènements et outils, en travaillant avec comme seul objectif le développement des start-ups et PME françaises porteuses de solutions pour la transition écologique. Elle actionne 5 leviers : innovation / financement / développement commercial / international / RH.
L’Observatoire des éco-entreprises de France est conçu à partir des données des entreprises référencées dans l’annuaire national des éco-entreprises, réalisé avec le concours de nos réseaux fédérant des entreprises dans les régions et les secteurs de la transition écologique. L’édition 2024 porte sur 570 éco-entreprises de l’observatoire. ↩︎
En 2023, le Comité National Trait de Côte (CNTC) a engagé des réflexions visant à améliorer les moyens d’action pour l’adaptation des territoires littoraux aux effets du changement climatique. Une mission interministérielle est chargée de proposer un modèle de financement pour accompagner l’adaptation des territoires littoraux soumis au recul du trait de côte. Dans ce cadre, et sous l’égide du Ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires (MTECT), le Cerema a réalisé une série d’études pour mieux appréhender le recul du trait de côte d’ici la fin du siècle à l’échelle de l’hexagone et des DROM.
Bâtiment ayant un mur de soutènement « protégeant » le bâti (Source de l’image : Google Maps)
Quelques semaines avant de présenter le Plan d’adaptation au changement climatique, Christophe Béchu, ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, rappelle les enjeux majeurs de l’adaptation de nos territoires littoraux face aux effets conjugués du recul du trait de côte et de l’élévation du niveau de la mer liée au changement climatique.
Aujourd’hui les scénarios, données et cartes dont nous disposons grâce au Cerema sont révélateurs d’une nécessaire anticipation. Une réflexion doit être menée pour mesurer et organiser dès à présent la solidarité nationale afin d’anticiper collectivement les effets potentiellement déstabilisant du changement climatique sur nos littoraux. C’est le sens des travaux, que mène le Conseil national du trait de côte, qui viendront alimenter le projet de troisième Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC 3).
Selon le Cerema, à l’échelle de l’hexagone ainsi que des départements et régions d’Outre-mer :
En 2028, un millier de bâtiments seraient concernés par le recul du trait de côte, principalement des bâtiments résidentiels (300) et commerciaux (190). Ceux qui peuvent être estimés ont une valeur vénale d’environ 235 M€. A cette échéance, le Cerema a recensé les bâtiments situés à proximité immédiate du trait de côte et potentiellement exposés à un « recul évènementiel » : recul marqué lors de tempêtes, d’éboulements, etc. C’est un scénario probable : s’il ne signifie pas que tous les bâtiments partiront à la mer, ces bâtiments sont proches de zones en recul ou instables.
En 2050, 5 200 logements seraient menacés, dont 2 000 résidences secondaires, pour une valeur vénale estimée à 1,1 Md€. Également à cette échéance, 1 400 locaux d’activité seraient concernés pour une valeur vénale estimée à 120 M€ 2050 constitue un scénario intégrant la poursuite tendancielle du recul du trait de côte et reposant sur le maintien en place et l’entretien de tous les ouvrages de protection du littoral : c’est un scénario objectif et vraisemblable.
En 2100, ce sont 450 000 logements pour une valeur vénale de 86 Md€, 55 000 locaux d’activités pour une valeur vénale de 8 Md€, 10 000 bâtiments publics, 1 800 km de routes et 240 km de voies ferrées qui pourraient être impactés si rien n’est fait. 2100 est un scénario d’inaction (disparition complète des structures de défense côtière et sur l’ennoiement progressif de toutes les zones topographiquement basses du littoral). A cette échéance, le Cerema se base sur une estimation haute du GIEC et retient une hausse possible de 1m du niveau des mers et des Océans. Le phénomène ne cesse d’augmenter depuis le début du 20e siècle et ce phénomène devrait s’accélérer.
Les rapports réalisés par le Cerema permettent de mieux appréhender l’érosion côtière à l’échelle de l’hexagone et des outre-mer (DROM). Pour rappel, l’indicateur national de l’érosion côtière produit par le Cerema indique que près de 20 % des côtes sont actuellement en recul, soit environ 900 km.
Le Cerema est un établissement public relevant du ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, premier établissement à pilotage partagé entre l’État et les collectivités territoriales. Il est présent partout en métropole et dans les Outre-mer grâce à ses 27 implantations et ses 2 500 agents. Détenteur d’une expertise nationale mutualisée, le Cerema accompagne l’État et les collectivités territoriales pour l’adaptation des territoires au changement climatique et contribue à la transition écologique et à la cohésion des territoires par l’élaboration coopérative, le déploiement et l’évaluation de politiques publiques d’aménagement et de transport. Doté d’un fort potentiel d’innovation et de recherche, le Cerema agit dans 6 domaines d’activités et en particulier la Mer et le Littoral. Le Cerema produit notamment la mise à jour de l’indicateur national du retrait du trait de côte et accompagne, avec le BRGM, les collectivités du littoral impliquées dans la réalisation de leur cartographie locale du retrait du trait de côte.
Ce travail a été réalisé pour alimenter les réflexions en cours du Comité national du trait de côte (CNTC) et le rapport IGEDD-IGA paru le 8 mars dernier sur l’enjeu du financement des conséquences du recul du trait de côte.
Les changements globaux obligent nos sociétés à relever de nombreux défis comme la lutte contre le changement climatique, la gestion des risques naturels, la santé, l’approvisionnement en eau ou encore la sécurité alimentaire. Ces défis nous conduisent à imaginer des options innovantes et durables dont les Solutions fondées sur la Nature, qui permettent des changements transformateurs et qui sont devenues une priorité de recherche pour la France. Marc Fesneau, ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, Sylvie Retailleau, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Bruno Bonnell, secrétaire général pour l’investissement en charge de France 2030, Philippe Mauguin, PDG d’INRAE, et Antoine Petit, PDG du CNRS ont lancé officiellement le Programme national de recherche France 2030 sur les Solutions fondées sur la Nature (PEPR SOLU-BIOD) le 5 avril à Lyon.
Ce programme de recherche France 2030 sur les Solutions fondées sur la Nature (PEPR SOLU-BIOD) est ouvert sur des dispositifs expérimentaux dans les milieux urbains, littoraux et agricoles, en plaine comme en montagne et associe étroitement les acteurs des territoires, comme la métropole de Lyon qui accueille l’évènement de lancement.
Les Solutions fondées sur la Nature sont des approches de protection, restauration ou gestion des écosystèmes ayant des impacts bénéfiques sur l’économie, la société et l’environnement ainsi que sur la biodiversité. Elles peuvent ainsi compléter les solutions d’ingénierie technologique, voire s’y substituer, et ce dans tous les types de milieux.
Piloté par INRAE et le CNRS, le programme « Solutions fondées sur la Nature » est financé à hauteur de 44,2 M€ pour une durée de 9 ans (2023-2032) par le plan d’investissement France 2030 porté par le secrétariat général pour l’investissement et opéré pour le compte de l’État par l’ANR. Lancé sous l’égide des ministères de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, et du secrétariat d’État à la biodiversité, il a pour ambition de fédérer et structurer une communauté de scientifiques et d’experts pour tester et développer des innovations basées sur la nature. Au-delà d’INRAE et du CNRS, ce programme implique de nombreux acteurs académiques (Ifremer, IRD, MNHN, université Aix-Marseille, université Claude Bernard Lyon 1, université Grenoble-Alpes, université de Montpellier et université Paris-Sorbonne), des partenaires publics et privés, au niveau national comme au niveau des territoires.
Living Lab : une démarche interdisciplinaire
Ce programme souhaite favoriser le développement d’une recherche innovante et ambitieuse sur les Solutions fondées sur la Nature, en s’appuyant sur des démarches interdisciplinaires. L’ambition est de concevoir et mettre en œuvre des approches plus systémiques en intégrant les dimensions biologiques, économiques et sociales de ces solutions. De manière complémentaire, et afin de favoriser la mise en œuvre d’actions transformatrices, il y a un enjeu fort à développer l’accès à l’information sur les SfN et à contruire les parcours de formation et d’éducation sur ces solutions.
Seront abordées en priorité les Solutions fondées sur la Nature :
basées sur les réseaux d’aires protégées,
dans les mosaïques de milieux agricoles et naturels,
en milieu urbain,
en milieu côtier.
Les Solutions fondées sur la Nature
Le programme lancera à l’automne 2024 un premier appel à projets de recherche collaboratifs ainsi que des actions ciblées pour Solutions fondées sur la Nature d’équipements innovants pour la recherche, des formations supérieures et professionnelles dédiées aux SfN et la mise en place d’un réseau destiné à faciliter l’accès à l’expertise sur ces solutions dans les territoires.
Parmi ses actions ciblées, ce programme met en place un réseau de 11 living labs, en métropole et en outre-mer, pour co-construire et étudier des Solutions fondées sur la Nature dans des situations contrastées. Ces living labs sont des structures de recherche collaboratives qui regroupent des partenaires académiques, des acteurs publics (collectivités, gestionnaires d’aires protégées…), des entreprises, des associations et des citoyens pour co-créer, tester et évaluer des approches, des outils ou des usages nouveaux « grandeur nature » des Solutions fondées sur la Nature.
Tout au long du programme, l’ensemble des données et des connaissances scientifiques et techniques générées par les projets seront rendues accessibles aux communautés intéressées, en cohérence avec les politiques de science ouverte des deux organismes pilotes.
AMWI (hautes îles volcaniques de Polynésie française)
Antharès (ville de Lyon)
Bacchus (territoires viticoles près de Bordeaux)
Gascogne (vallées et coteaux de Gascogne)
LLUNAM (métropole de Montpellier)
Magellan (littoral de Guyane)
Medcoast (littoral méditerranéen)
Paris Île-de-France (ville de Paris et région Île-de-France)
Ponant (ville de Brest et mer d’Iroise)
Dans le cadre de France 2030, l’État consacre 3 milliards d’euros à la recherche à travers des programmes de recherche ambitieux (les PEPR), portés par les institutions de recherche pour consolider le leadership français dans des domaines clés liés ou susceptibles d’être liés à une transformation technologique, économique, sociétale, sanitaire ou environnementale et qui sont considérés comme prioritaires au niveau national ou européen.
Le Nouveau Bauhaus européen (NBE) est une initiative lancée par la Commission européenne pour rendre le Green Deal européen tangible tout en améliorant notre vie quotidienne. Il apporte des solutions durables pour transformer l’environnement bâti et les modes de vie dans le cadre de la transition verte, en associant la durabilité à des designs et conceptions innovants, limitant les émissions de CO2. En même temps, il rend ces solutions inclusives, accessibles et abordables pour tous, tout en respectant la diversité des lieux, des traditions et des cultures, d’Europe et d’ailleurs dans le monde.Le point surses progrès et la préparation de son prochain Festival à Bruxellesdu 9 au 13 Avril.
Depuis son lancement en 2021, le Nouveau Bauhaus européena déjà inspiré une communautéde près de 1.400 membres et démontré son impact à travers de nombreux projets et investissements, poursuivant ses objectifs en Europe et dans le monde. Près de 380 millions d’euros de fonds européens auront été engagés en faveur du Nouveau Bauhaus européen, depuis son lancement jusqu’en mars 2024.
En moins de trois ans, des projets du Nouveau Bauhaus européenont vu le jour danstous les États membres de l’UE mais aussi en Islande, Israël, Monténégro, Macédoine du Nord, Norvège, Serbie, Suisse, Turquie, Ukraine et Royaume-Uni. 90 millions d’euros ont été investis dans 20 projets de démonstration phares, axés sur la rénovation des bâtiments, la circularité, les arts, le patrimoine culturel, l’éducation, les villes intelligentes et la régénération urbaine et rurale.
Décernés chaque année, les Prix du Nouveau Bauhaus européen récompensent des projets exemplaires alignés sur les valeurs du NBE. En quatre éditions (2021-2024), les prix NBE ont reçu près de 5.000 candidatures.
Le Nouveau Bauhaus européen a lancé le NEB Lab et la NEB Academy. La plateforme NEB Lab permet aux membres de la communauté NBE de chercher des partenaires, se réunir et s’auto-organiser afin de proposer et mettre en œuvre des projets et initiatives NBE. La NEB Academy propose des formations de haute qualité, reconnues et accessibles, afin de renforcer les compétences en matière de construction durable et d’accélérer la transformation équitable et écologique du secteur du bâtiment.
Le Nouveau Bauhaus européen est actif pour soutenir la reconstruction durable et inclusive de l’Ukraine. La Commission a lancé en 2023 une série d’ateliers «Nouveau Bauhaus européen» de renforcement des capacités pour la reconstruction de l’Ukraine en partenariat avec des organisations ukrainiennes. Le renforcement des capacités vise à fournir à la fois une inspiration et une aide pratique à plus de 60 municipalités impliquées dans la reconstruction de l’Ukraine selon les valeurs du NBE.
Le Festival du Nouveau Bauhaus européen 2024
Le Festival du Nouveau Bauhaus européen se tiendra à Bruxelles du 9 au 13 avril 2024, au Parc du Cinquantenaire et au Musée d’Art et d’Histoire. Des événements satellites sont prévus dans le monde entier. Outre la célébration de l’art, de la culture et de la musique, le Festival propose des ateliers, expositions et tables rondes de haut niveau. Le programme du Festival est disponible sur la page web du Festival.
Cette année, le Festival accueille également la 4ème édition des Prix du Nouveau Bauhaus européen. 20 projets, concepts et idées alignés sur les valeurs du NBE seront récompensés, pour un total de 390.000 €. L’édition 2024 comprend une reconnaissance spéciale de l’effort de reconstruction et de relèvement de l’Ukraine et met l’accent sur les régions de l’UE confrontées à des contraintes socio-économiques plus intenses, ainsi que sur les endroits ayant le plus besoin d’évoluer vers une économie neutre en carbone.
Les Prix du Nouveau Bauhaus Européen 2024 mettent en valeur des projets durables, inclusifs et esthétiques partout en Europe.
Le “Network Impact Report” publié par EcoVadis pour la quatrième année consécutive, montre une accélération de l’adoption des bonnes pratiques RSE en entreprise, comme l’utilisation croissante des énergies renouvelables, la déclaration des émissions de gaz à effet de serre (GES), la mise en place de programmes d’égalité professionnelle, et plus encore.
Ce rapport explore la manière dont EcoVadis aide les 1200 acheteurs et 130 000 fournisseurs de son réseau à améliorer collectivement les pratiques RSE au sein des chaînes d’approvisionnement et à ainsi générer à grande échelle des impacts positifs sur les populations et la planète.
Ce rapport utilise les données de 47 000 fiches d’évaluation – publiées uniquement en 2023 – pour illustrer les améliorations des performances environnementales et sociales en mettant en lumière les actions concrètes mises en place sur des sujets allant du carbone à la diversité, l’équité et l’inclusion (DEI). Il souligne également le nombre de fournisseurs qui divulguent directement sur la plateforme EcoVadis des indicateurs clés liés à ces efforts.
La COP28 a mis en évidence la nécessité d’une collaboration plus étroite sur des questions clés en matière de développement durable, telles que la décarbonation. Le rapport de cette année montre comment le modèle d’impact EcoVadis permet aux entreprises de collaborer étroitement avec leurs fournisseurs en matière de durabilité afin de renforcer la transparence, d’obtenir des améliorations tangibles et d’étendre la création d’impacts positifs à l’ensemble des chaînes d’approvisionnements au bénéfice des populations et de la planète.
« Les entreprises reconnaissent que malgré les défis constants liés à la chaîne d’approvisionnement, à la macroéconomie et à la réglementation, il est crucial de convertir les engagements en actions immédiates pour assurer la résilience et le succès à long terme”.
Pierre-François Thaler, cofondateur d’EcoVadis.
Le modèle d’impact positif
Le modèle d’impact EcoVadis se compose de trois phases clés qui, ensemble, aident les entreprises à susciter des changements positifs dans leurs chaînes d’approvisionnement ou à améliorer leurs opérations directes. Il déclenche l’effet multiplicateur en cascade qui permet à une seule entreprise d’influencer l’approche et les efforts en matière de développement durable d’un grand nombre d’entreprises dans sa base d’approvisionnement. En fin de compte, cette collaboration entre les entreprises demandeuses et évaluées de notre réseau produit des résultats positifs pour les communautés, les économies et la planète.
Les acheteurs – cherchant à intégrer le développement durable dans leurs décisions – utilisent nos solutions pour cartographier les risques RSE dans leur chaîne d’approvisionnement, évaluer les performances de leurs fournisseurs et les engager vers une amélioration continue.
Les fournisseurs tirent parti des informations fournies par EcoVadis Ratings et des outils de la plateforme, tels que les plans d’action corrective et les modules d’e-learning de l’EcoVadis Academy, pour améliorer le système de gestion RSE, adopter les meilleures pratiques et rendre compte de leurs résultats.
EcoVadis permet aux entreprises de suivre et de communiquer les résultats de ce processus, ce qui aide les entreprises donneuses d’ordre et évaluées à affiner leur approche et à intensifier leurs efforts au bénéfice des populations et de la planète.
“L’intensification des initiatives pour la durabilité au sein de notre réseau illustre comment nos clients vont au-delà des aspects traditionnels de gestion des risques et de conformité pour progresser vers une création d’impacts positifs à grande échelle”.
En 2023, EcoVadis a publié 47 000 fiches d’évaluation, évaluant au total plus de 130 000 entreprises, représentant ainsi plus de 125 millions de travailleurs dans les chaînes d’approvisionnement mondiales. Ce rapport sur l’impact du réseau montre comment les entreprises peuvent améliorer de manière mesurable leur performance en matière de durabilité. Voici quelques-unes des meilleures pratiques adoptées pour la première fois en 2023 :
Carbone :
En 2023, le nombre d’entreprises déclarant leurs émissions de GES a été multiplié par sept (30 394)
18 000 entreprises produisent ou utilisent des énergies renouvelables
6001 entreprises ont formé leurs employés aux enjeux du climat et l’énergie (augmentation de 58 % par rapport à 2022)
Diversité, équité et inclusion :
20 000 entreprises ont adopté des politiques en matière de diversité, d’équité et d’inclusion (augmentation de 36% par rapport à 2022)
Plus de 6 000 entreprises mettent en œuvre des mesures tangibles en matière de DEI (soit une augmentation de près de 50 % depuis 2022)
4052 entreprises ont mis en œuvre des actions pour promouvoir l’équité salariale (augmentation de 40% par rapport à 2022)
EcoVadis index : données RSE anonymisées sur les entreprises évaluées en 2023
Le rapport met également l’accent sur les initiatives sectorielles au sein d’EcoVadis. Une initiative sectorielle est un groupe d’entreprises du même secteur, confrontées à des défis similaires et partageant des valeurs et convictions ESG, prêtes à s’engager dans un programme ambitieux de transformation de leur chaîne de valeur.
5 nouvelles initiatives sectorielles ont été lancées en 2023
Au total 11 initiatives sectorielles couvrant une gamme diversifiée de secteurs – de l’aviation aux soins de santé – utilisent désormais la plateforme et les solutions d’EcoVadis pour partager les données de performance de leurs chaînes de valeurs interconnectées et aborder collectivement les défis de leur secteur en matière de durabilité.
En 2023, 40% de tous les fournisseurs sont désormais couverts par une initiative.
Pour plus d’informations sur la manière dont EcoVadis contribue avec son réseau à la construction d’un avenir plus durable et pour accéder à l’étude de cas d’Astrazeneca sur son programme Achats Responsables, lisez le quatrième rapport annuel de Network Impact Report EcoVadis ci-après :
Le Réseau Action Climat (RAC) sort un kit sur le climat. Un outil de sensibilisation et de formation pour se sensibiliser ou sensibiliser les autres sur les enjeux du changement climatique. Le kit, réalisé par le RAC en partenariat avec l’Ademe, se base sur le dernier rapport du GIEC. Il peut se décliner en 4 versions, courtes ou longues en fonction des publics visés et du temps disponible.
Ce kit, réalisé par le Réseau Action Climat en partenariat avec l’ADEME, est destiné à tous les enseignants, militants, formateurs, médiateurs, bénévoles, professionnels, amateurs… et à toute personne souhaitant sensibiliser des publics aux enjeux du changement climatique. Son contenu, notamment basé sur le dernier rapport du GIEC, convient aussi bien à des participants sans connaissances préalables qu’à des publics plus informés.
Comprendre l’urgence climatique
Il se compose de deux éléments :
Une présentation, sous forme de diaporama au format pdf (disponible en quatre versions), qui contient les informations essentielles ;
Un livret, qui apporte des informations complémentaires aux diapositives ainsi que toutes les sources de la présentation
Connaître les conséquences du changement climatique
État des lieux des émissions de gaz à effet de serre
Agir face au changement climatique
En fonction de vos publics et du temps dont vous disposez, ce kit propose 4 versions de la présentation. Il faut compter environ 45 min à 1h pour la version courte, 1h30 à 2h pour la version longue.
La puissance totale du parc électrique EnR – hydroélectricité, éolien, solaire photovoltaïque et bioénergies confondus – s’élève, fin 2023 à environ 70 GW. Cela représente une hausse d’environ 5 GW sur l’année 2023, les filières « solaire photovoltaïque et éolien terrestre » comptant respectivement pour 3 137 MW et 1 221 MW de nouvelles capacités raccordées. Concernant la filière « éolien en mer », les parcs en cours de construction à Saint Brieuc & Fécamp représenteront à terme 993 MW (dont 360 MW installés en 2023).
Le volume de production renouvelable a représenté 30,9% de la consommation d’électricité de la France continentale au cours de l’année 2023. La production a nettement progressé à 135,6 TWh contre 110,4 TWh en 2022, toutes les filières contribuant à cette hausse de la production du fait du rétablissement des stocks hydrauliques et de l’ajout de nouvelles capacités pour les filières éolienne et solaire.
Solaire photovoltaïque
La puissance du parc solaire s’élève à 19 047 MW au 31 décembre 2023, l’augmentation du parc raccordé en 2023, de 3 137 MW, est en hausse de plus de 300 MW par rapport aux années 2021 et 2022. A fin 2023, la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) visait un parc de 20 100 MW (hors Corse), ce qui représente près de 1 GW d’écart par rapport à l’objectif, soit environ l’équivalent d’un semestre de retard.
Avec 21,6 TWh produits en 2023, en hausse de près de 16,5 % par rapport à 2022, la filière solaire confirme son développement et atteint un taux de couverture de 4,9 % de la consommation électrique annuelle de la France continentale. De juin à août, ce taux dépasse les 8 %.
Le parc éolien terrestre atteint 21 815 MW au 31 décembre 2023. Sur l’année, la croissance s’élève à 1 221 MW, soit une baisse de près de 500 MW après le rebond 2022. A fin 2023, la PPE visait un parc éolien terrestre hors Corse de 24 100 MW, objectif manqué de plus de 2 GW, ce qui correspond à près d’un an et demi de retard.
La filière a produit un volume record de 48,9 TWh sur les douze derniers mois, en hausse de 27,7% par rapport à l’année 2022. Le taux de couverture annuel de la consommation de la France continentale par l’éolien terrestre dépasse ainsi pour la première fois 11 % et s’établit à 11,1 % pour l’année 2023, en hausse de près de 3 points par rapport à 2022 (8,4 %).
Éolien en mer
Le parc éolien en mer fait son apparition dans cette édition du panorama de l’électricité renouvelable. Il atteindra 1 477 MW courant 2024, la puissance à terme des deux parcs en cours de construction à Saint-Brieuc et Fécamp (993 MW à terme) s’ajoutant à celle du parc de Saint-Nazaire. La puissance effectivement installée à fin décembre atteint 840 MW au total. A fin 2023, la PPE visait un parc éolien en mer (hors Corse) de 2 400 MW.
La filière a produit 1,9 TWh sur les douze derniers mois, en forte hausse par rapport à 2022 du fait de la montée en puissance du parc. Le volume de production de l’éolien en mer a représenté 0,4 % de la consommation française sur l’année.
Le parc hydroélectrique est stable avec une puissance installée de 25 684 MW (dont 222 MW en Corse). L’objectif PPE d’un parc hors Corse de 25 700 MW à fin 2023 est atteint à 99,1 %.
La production hydroélectrique renouvelable s’est élevée à 54,8 TWh en 2023, en forte augmentation par rapport à 2022 qui avait connu une forte sécheresse (+23,4 %). Le volume de production d’hydroélectricité renouvelable[1] a représenté 12,5 % de la consommation en France continentale pour l’année 2023.
bioénergies et déchets utilisés pour la production d’électricité qui peuvent être considérés renouvelables (voir note méthodologique)
Bioénergies électriques
La filière des bioénergies électriques (incluant la production à partir de déchets) atteint une puissance installée de 2 207 MW, avec 44 MW de nouvelles capacités.
Sa production renouvelable s’est élevée à 8,4 TWh sur l’année 2023, en baisse de 1,6% par rapport à 2022. La filière couvre ainsi toujours 1,9 % de l’électricité consommée en 2023 en France continentale.
« Le bonheur de tous ». C’est par ces mots et ce noble but que s’achève le préambule de la Déclaration des droits de l’homme. Et pourtant, nous en parlons si peu. Il faut dire qu’on ne sait pas toujours à qui il revient de traiter de ce vaste sujet. Le bonheur, est-ce politique ? économique ? culturel ? Le service Environnement de The Conversation est convaincu que c’est un sujet qu’il nous incombe, nous aussi, de traiter. Car notre bonheur peut dépendre de l’état de la biodiversité qui nous entoure. C’est une des conclusions de l’équipe de chercheurs de l’IRD ayant travaillé à la création d’un indice statistique sur le bonheur à la Réunion, sur le modèle du Bonheur National Brut du Bhoutan.
Mesurer le bonheur pour mieux penser l’avenir : l’initiative du Bonheur Réunionnais Brut
Pour qu’une réalité soit tangible, et pour pouvoir espérer, éventuellement la changer, encore faut-il pouvoir la mesurer. Mais que faire quand les indicateurs disponibles ne vous renseignent pas sur les paramètres que vous voudriez choisir comme moteurs de changements ?
Malgré de nombreuses critiques, le PIB reste, aujourd’hui encore, l’indicateur phare qui permet de jauger un territoire. Pourtant, la croissance économique qu’il indique n’est pas nécessairement synonyme de réduction des inégalités ou du bien-être de la population. Sur le plan environnemental, la quête de croissance économique semble également de plus en plus difficilement compatible avec un respect des limites planétaires.
Dès lors, il paraît nécessaire de ne pas se contenter de ce seul indicateur. Voici l’histoire, encore en cours d’écriture, d’une de ces alternatives, celle de la création de l’indicateur du bonheur réunionnais brut.
La possibilité d’une île moins dépendante ?
Ces dernières années, l’île de la Réunion a été traversée par diverses crises qui ont aggravé le sentiment de défiance envers le pouvoir centralisé en métropole et le monde de la recherche, tout en exacerbant, d’autre part le désir des Réunionnais de voir leur résilience territoriale renforcée, afin de rendre l’île moins dépendante des aléas extérieurs. Les prémisses de la pandémie de Covid-19 ont ainsi été vécues avec une certaine absurdité par les habitants de l’île, confinés au même moment que la France hexagonale, sans pourtant que le virus ait sévèrement touché La Réunion. Avant cela, le mouvement social des gilets jaunes s’était incarné dans ce territoire d’outre-mer avec des revendications particulières, mais aussi de rudes conséquences, des routes bloquées qui ont pu paralyser toute l’île et ses commerces.
Sur les côtes, enfin, cette dernière décennie, ce que l’on a appelé « la crise des requins » a également durablement entaché la confiance des habitants envers les scientifiques et les pouvoirs publics qui pouvaient peiner à expliquer la recrudescence d’attaques de requins et à trouver des solutions à cela jugées convenables pour la population.
Si l’on prend maintenant les indicateurs classiques pour brosser un portrait de l’île de la Réunion, la réalité dressée n’est pas très optimiste. Selon l’Insee, seule une personne en âge de travailler sur deux occupe un emploi, et la moitié des Réunionnais ont un niveau de vie inférieur à 1 380 euros par mois, ce qui place l’île à la quinzième position sur dix-huit dans le classement évaluant la richesse des régions françaises.
Pourtant la vie sur l’île demeure bien chère, avec des prix jusqu’à 37 % plus élevés pour l’alimentation qu’en France hexagonale. Ces derniers mois, la crise du commerce international en mer Rouge, avec les attaques répétées de navires par les miliciens houthis, ont, une nouvelle fois rappelé combien les Réunionnais pouvaient pâtir d’aléas extérieurs.
Mais les Réunionnais, eux, justement qu’ont-ils à dire de tout cela ? C’est notamment pour répondre à cette question, et penser des modèles de développement partant de leurs préoccupations, qu’est né, en 2020, le projet ISOPOLIS, à l’initiative de l’association réunionnaise ISOLIFE, de différents acteurs de la société civile (RISOM, le Réseau d’innovations sociales ouvertes mutualisées), et coordonné par l’IRD en partenariat avec le CNFPT (Centre National de la Fonction Publique Territoriale). Notre ambition commune était alors de créer un nouvel indicateur tourné autour du bonheur, afin d’évaluer les aspirations des sociétés réunionnaises. L’originalité de notre démarche réside entre cette nouvelle alliance entre différents acteurs de la société civile, de la science et de l’action publique.
Pour suivre au plus près les questions environnementales, retrouvez chaque jeudi notre newsletter thématique « Ici la Terre ».
Pour cela, notre inspiration a avant tout été l’indicateur du Bonheur National Brut créé au Bhoutan en 1972. Si, de prime abord, peu de choses semblent rapprocher ce royaume bouddhiste niché sur les contreforts de l’Himalaya, de l’île tropicale de la Réunion, lorsqu’on regarde de plus près, on peut néanmoins trouver quelques points de ressemblance. Une population de taille similaire par exemple, et une même ambition de moins dépendre des pays extérieurs, l’Inde et la Chine pour ce qui concerne le Bhoutan, coincé entre ces deux géants.
Enfin, la Réunion comme le Bhoutan disposent de territoires où les écosystèmes préservés sont encore importants, particularité à laquelle semblent tenir les populations. En 2007, 42 % de la surface de la Réunion ont ainsi été sanctuarisés sous la forme d’un parc national, tandis que la constitution bhoutanaise, elle, impose de conserver au moins 60 % du territoire sous couverture forestière. Les deux pays ayant, de ce fait, une superficie habitable limitée, ces ambitions environnementales, peuvent, pour certains, apparaître comme un frein aux développements de nouvelles activités et à la croissance économique.
le temple de Paro Taktsang, niché à flanc de falaise, dans un paysage de reliefs forestiers typique du Bhoutan. Aaron Santelices/Unsplash, CC BY
Mais le Bhoutan semble avoir décidé de ne plus privilégier celle-ci depuis la création, par son ancien roi Jigme Singye Wanchuck, de l’indicateur du Bonheur National Brut annoncé en 1972 et mis en place à la fin des années 1990. Inspiré par des valeurs spirituelles bouddhistes, le BNB est désormais un indicateur reconnu par l’OCDE et l’ONU et incorporé aux statistiques nationales du pays. Il a également été le moteur de divers projets de grandes ampleurs comme la quête de l’autonomie énergétique, et d’une empreinte carbone négative, et l’instauration d’une partie quotidienne du cursus scolaire des écoliers dédiés à l’éducation environnementale.
Concrètement, le BNB est le résultat de 250 questions posées sur neuf thématiques : le bien-être psychologique, la santé, l’éducation, l’utilisation du temps, la culture, la bonne gouvernance, la vitalité de la communauté, l’écologie et le niveau de vie.
Si nous avons conservé ces critères, nous avons néanmoins tâché de réduire le nombre de questions à 150, et fait en sorte d’adapter le questionnaire au cadre réunionnais, en ôtant par exemple, les interrogations liées au contexte bouddhiste bhoutanais, mais en ajoutant, à l’inverse, des questions sur l’impact de certains fléaux réunionnais, comme les cyclones présents du fait du climat tropical ou les embouteillages, omniprésents du fait de la quasi-absence de transports en commun sur l’île.
L’environnement : une clef du bonheur ?
Le questionnaire une fois établi, nous avons pu le tester auprès de 92 Réunionnais représentatifs de la société de l’île dans son ensemble (genre, âge, localisation géographique, niveau social…) à travers des séries d’entretiens d’une heure trente. Ce premier échantillon étant trop petit pour avoir une analyse quantitative représentative de la Réunion, il s’agissait pour nous avant tout, lors de cette première étape, de tester le questionnaire et d’avoir des éléments d’analyse qualitative.
Voici ce qu’il en est ressorti. Si plus de la moitié des personnes interrogées ont atteint un score de bonheur global supérieur à 66 %, des disparités sont également apparues. Les répondants de plus de 55 ans sont ceux qui présentaient par exemple les scores de bonheur les plus élevés. Le niveau de qualification, lui, semble en revanche ne pas être déterminant du bonheur.
Égalemennt, l’écologie, malgré des scores moyens de satisfaction plutôt faible, fait partie des domaines les plus déterminants, quand le niveau de vie et la gouvernance, eux semblent parmi les domaines les moins impactants pour les citoyens interrogés.
Parmi les impacts de l’environnement sur le bonheur général, nous pouvons par exemple noter que les habitants des régions centrales de l’île demeuraient les plus heureux. Or ces territoires escarpés sont bien plus verdoyants que les côtes, elles sous la pression de l’urbanisation, du fait notamment de l’augmentation de la population générale, qui a doublé ces cinquante dernières années.
Dans une nouvelle étude sur le bonheur que nous avons depuis réalisé auprès des lycéens, nous avons retrouvé cette importance de la biodiversité avec des scores de bonheur plus bas au sein des établissements scolaires où l’on ne trouve pas d’arbres, et donc pas d’ombre.
Les limites de l’exercice et les travaux futurs
Si ce premier test nous a donc permis de faire de l’analyse qualitative, nous tâchons désormais de pouvoir transformer l’indicateur en outil d’analyse quantitative à travers une collaboration IRD-Insee. Notre but serait, ainsi, de pouvoir rejoindre le cahier des charges des statistiques publiques, qui manquent, de leur côté, d’indicateur sur le bonheur et le bien-être.
Nous travaillons pour cela à réduire considérablement notre premier questionnaire à 20 questions, afin de pouvoir multiplier les portées de nos études, et nous sommes également en train de travailler à deux nouvelles études du bonheur réunionnais brut qui porteront sur 2000 Réunionnais pour la première, et sur 3000 lycéens pour la deuxième.
Le bonheur reste une idée neuve en statistique
« Le bonheur est une idée neuve en Europe. » déclarait le révolutionnaire Saint-Just dans une allocution restée célèbre, prononcée en 1794 devant la Convention nationale. Si depuis lors, l’aspiration au bonheur est devenue une revendication plutôt consensuelle, le bonheur, reste cependant encore bien absent du domaine des statistiques.
Notre projet de Bonheur Réunionnais Brut demeure de fait le premier travail scientifique de reproduction du Bonheur National Brut en France. Et si dans d’autres pays comme le Brésil ou la Thaïlande, ou à l’échelle d’une ville comme Seattle, des travaux de chercheurs ont été réalisés pour tenter d’adapter cet indicateur, jamais cela n’a abouti à l’incorporation d’un Bonheur National Brut dans les statistiques officielles de ces deux pays.
Par ailleurs, si les indicateurs existants dans les statistiques publiques françaises sont généralement construits en France métropolitaine, puis adaptés aux outre-mer, notre démarche est la première à viser le contraire en proposant un indice né d’une expérimentation dans un territoire d’outre-mer, qui pourrait ensuite bénéficier à d’autres régions de France.
Mais travailler sur le bonheur n’est pas toujours aisé, en France notamment, où nous avons pu constater que le mot bonheur générait même un certain malaise, du fait notamment d’une certaine confusion entre bonheur et bien-être personnel. Considéré comme purement subjectif, le bonheur et toute étude statistique qui pourrait lui être consacré, ont dès lors tendance à pâtir d’un manque de sérieux.
Pourtant, notre questionnaire, à l’instar de celui du Bhoutan, ne pose pas une seule fois la question « Êtes-vous heureux ? », mais s’échine à proposer une analyse multidimensionnelle reposant sur un ensemble de critères, pour certains subjectifs, comme la santé mentale, pour d’autres objectifs et extérieurs, comme le niveau de vie, l’éducation, l’utilisation du temps. Deux approches qu’il nous semble crucial de coupler pour jauger du bonheur d’un individu. « Le PIB mesure tout, sauf ce qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue », constatait avec humour l’homme politique américain Robert Kennedy. À travers l’indicateur du Bonheur, c’est bien le contraire que nous espérons faire.
Cet article s’inscrit dans le cadre d’un projet associant The Conversation France et l’AFP audio. Il a bénéficié de l’appui financier du Centre européen de journalisme, dans le cadre du programme « Solutions Journalism Accelerator » soutenu par la Fondation Bill et Melinda Gates. L’AFP et The Conversation France ont conservé leur indépendance éditoriale à chaque étape du projet.
Peut-on être trop heureux pour se préoccuper du climat ?
Le bonheur peut être à la fois un moteur et un frein à la préservation de l’environnement. Si les pays au niveau élevé de bien-être social semblent être aussi les plus soucieux du climat, la chercheuse en sciences économiques Abir Khribich (Université Côte d’Azur) rappelle qu’à l’échelle individuelle, la quête d’un bien-être absolu par quelques privilégiés peut entraver la soutenabilité de notre modèle commun.
Chaque année, ChangeNOW organise le plus grand événement des solutions pour la planète. Le sommet rassemble entrepreneurs, investisseurs, leaders du changement, décideurs politiques et participants grand public venus du monde entier dans un format inspirant et porté sur l’action. ChangeNOW a pour mission d’accélérer la transition écologique et sociale par le déploiement d’actions concrètes répondant aux grandes urgences environnementales et sociales.
Édition 2023
1000 solutions et actions concrètes pour la planète
Un ensemble de leaders du changement de classe mondiale
Intervenants 2024 : Un ensemble de leaders du changement de classe mondiale
L’ART POUR LE CHANGEMENT
Un programme de conférence
Les artistes sont des agents de changement inspirants, ils ont la capacité de traduire les émotions et de répandre la beauté et l’envie de changement, mieux que quiconque. Depuis les débuts de ChangeNOW, une place particulière a toujours été réservée aux artistes, aux designers et aux professionnels de l’art et de la culture. Chaque année, une exposition pluridisciplinaire invite les participants à l’événement à réfléchir aux grands défis environnementaux et sociaux du siècle.
Débat des élections européennes sur la transition écologique et sociale
Le premier grand débat démocratique entre les têtes de liste françaises aux Européennes, entièrement consacré aux enjeux de transition écologique et sociale, au sommet ChangeNOW. Cet événement marque une première dans l’histoire des campagnes électorales.
« L’Europe a été au cœur des principales avancées écologiques et sociales des dernières années. C’est pourquoi il nous a paru essentiel d’organiser et d’accueillir à ChangeNOW ce premier grand débat des élections Européennes sur ces questions. ».
Santiago Lefebvre, Président et Fondateur de ChangeNOW
Les images de l’édition 2024 de ChangeNOW
ChangeNOW mène des actions d’influence tout au long de l’année pour accélérer les projets à impact positif qui ont un fort potentiel de changement systémique.
Ce mardi 26 mars, « L’opération Milliard » a été officiellement lancée, avec la présentation d’un plan d’action ambitieux au Musée Social à Paris. Une réponse à l’appel de Bastien Sibille, visant à financer les projets de transition écologique qui prennent en compte les dimensions de justice sociale. Un cri du cœur qui a résonné auprès d’une première mobilisation d’un milliers d’acteurs au Collège des Bernardins à Paris, le 6 juillet 2023.
Le manifeste
La stratégie générale d’acquisition des fonds de l’opération Milliard repose sur plusieurs axes :
Le premier axe est de réunir 5 millions grâce à une Fondation citoyenne, alimentée par 5 à 10 000 citoyen·nes, pour garantir un processus démocratique et un ancrage territorial fort.
Le second, est de mobiliser 300 millions auprès d’acteurs financiers, bancaires ou mutualistes du secteur de l’économie sociale et solidaire, en cohérence avec les thèses d’investissement de l’opération Milliard.
Enfin, l’opération vise à obtenir 680 millions auprès des acteurs publics, principalement pour des investissements ou de la dette.
Le plan d’actions de l’opération Milliard, approuvé le 29 septembre 2023 par ses instances, s’articule autour de trois piliers : relier, renforcer, étendre
UN MOUVEMENT NÉ D’UNE VISION PARTAGÉE
L’opération Milliard intervient dans un contexte de tensions autour des questions de transitions écolo- giques et sociales. Un grand nombre d ’actrices et acteurs de terrain porte des projets de transformation pérennes, sur les plans sociaux et environnementaux. Or ces projets sont sous-financés au regard de ce qu’ils apportent au bien commun de la société et à l’environnement.
De ce déficit de financement découle deux problématiques :
Certains projets de transformation écologique ne peuvent pas attirer les investissements des fonds lucratifs car ils ne sont pas suffisamment rentables financièrement, dépendant ainsi des subventions publiques ou privées, qui ont considérablement diminué.. D’autres projets de transformation écologique requièrent des financements auprès des fonds d’investis- sement et des banques, mais ne sont pas suffisamment soutenus en raison de leur faible rentabilité ainsi que de leur gouvernance démocratique, empêchant ainsi les fonds de prendre le contrôle sur les projets.
L’ambition qui unit tous les acteurs de l’opération Milliard est claire : façonner un nouveau paradigme social et économique visant à réduire les inégalités et à sauvegarder les écosystèmes. Les investissements à la fois profitables et éthiques sont possibles et sont portés au quotidien par des milliers d’acteurs et d’actrices. La France et ses territoires regorgent de milliers d’initiatives innovantes, telles que la création de tiers-lieux, le déploiement de solutions de mobilité durable, la conversion à l’agriculture biologique, et les initiatives coopératives. Ces exemples illustrent non seulement le potentiel pour un changement positif mais servent également de fondement aux convictions du collectif.
STRATÉGIE ET AMBITIONS : LES GRANDES LIGNES DE L’OPÉRATION MILLIARD
A l’occasion du lancement de l’opération Milliard, un événement est organisé au Musée social de Paris en présence des membres et alliés du mouvement afin d’annoncer le plan d’actions de l’association, ses objectifs et sa gouvernance.
La stratégie générale d’acquisition des fonds de l’opération Milliard repose sur plusieurs axes :
Le premier axe est de réunir 5 millions grâce à une Fondation citoyenne, alimentée par 5 à 10 000 citoyen·nes, pour garantir un processus démocratique et un ancrage territorial fort. Le second, est de mobiliser 300 millions auprès d’acteurs financiers, bancaires ou mutualistes du secteur de l’économie sociale et solidaire, en cohérence avec les thèses d’investissement de l’opération Milliard.
Enfin, l’opération vise à obtenir 680 millions auprès des acteurs publics, principalement pour des investissements ou de la dette.
Le plan d’actions de l’opération Milliard, approuvé le 29 septembre 2023 par ses instances, s’articule autour de trois piliers : relier, renforcer, étendre.
RELIER
Création d’un récit commun de la transition écologique juste Articulation des réseaux et organisations existantes Développer et entretenir une confiance entre membres et alliés en partageant un réseau de lieux et un média commun
RENFORCER
Identifier les besoins de financement des organisations agissant pour la transition écologique juste
Mieux connaître les besoins et attentes des épargnants, financeurs et autres organisations vis-à-vis d’une transition écologique juste
Création d’un Fonds ad-hoc, avec une gouvernance démocratique des fonds levés
ÉTENDRE
Déploiement de l’organisation à travers la mise en place de structures territoriales Mise en place d’une gouvernance adaptée
L’opération Milliard prévoit de faire monter en compétences 10 000 actrices et acteurs sur les enjeux de financement de ces actions, grâce à une alliance solide et à une formation continue sur les meilleures pratiques.
UNE GOUVERNANCE NOUVELLE POUR UN FUTUR DURABLE
Le collectif a choisi une gouvernance associative démocratique, qui est actuellement en cours d’élabora- tion, alignée sur les pratiques vertueuses des associations établies par la loi de 1901. En ce qui concerne la gestion des fonds, l’ambition est de sélectionner les projets financés en collaboration avec des gouver- nances territoriales, citoyennes et démocratiques.
Bastien Sibille a lancé en 2023 le fonds pour la transition écologique et sociale. Crédits : Bastien Sibille.
« NOUS RÉSISTONS » : UN LIVRE DE BASTIEN SIBILLE AVEC CLAUDE ALPHANDÉRY
Bastien Sibille, Co-fondateur de Mobicoop et de l’alliance des Licoornes et Claude Alphandéry, ancien résistant, président d’honneur de France Active, du Labo de l’ESS et du Conseil national de l’insertion par l’activité économique, ont co-écrit ce livre dans le cadre du lancement de l’opération Milliard.
Ces deux personnalités marquantes de l’économie sociale et solidaire unissent leurs voix, en appelant à résister aux marchés qui détruisent le vivant et réclament la création d’un fonds doté d’un milliard d’euros pour une transition écologique juste.
L’opération Milliard est une force d’action civile qui a pour but de mener une transition écologique juste de l’économie en faisant évoluer les pratiques de financement afin de les mettre au service de modèles économiques compatibles avec la résorption des crises écologiques et sociales. www.operation-milliard.org
L’Institut Mines-Télécom avec le soutien de la Fondation Mines-Télécom, publie son 14e Cahier de veille technologique qui apporte un éclairage prospectif sur l’énergie. Face aux défis environnementaux actuels, le secteur de l’énergie doit entamer sa transition vers un avenir décarboné. Le Cahier de veille explore les perspectives d’une transition énergétique complexe mais vitale sous différents angles, les modes futurs de production, l’adaptation des réseaux, les modifications prévues des usages, la prise en charge des coûts collectifs. Enseignants-chercheurs, enseignantes-chercheuses et professionnels ont participé à l’élaboration de ce Cahier de veille dans une approche pluridisciplinaire en mettant en perspective innovations, recherche et pratiques à mettre en place.
À la croisée des problématiques environnementales, sociales, et géopolitiques, l’énergie rassemble des enjeux critiques. Si en France, elle a longtemps été perçue comme un bien abondant, la conjonction entre des crises internationales d’approvisionnements, un parc nucléaire vieillissant et une insuffisante diversification des sources a fait prendre récemment conscience au grand public de sa rareté. Or, de par son caractère hautement technologique et ses implications économiques et environnementales, la filière énergétique impose des choix délicats qui s’inscrivent dans le temps long.
UN MONDE EN ÉTAT D’ÉBRIÉTÉ ÉNERGÉTIQUE
Dans un contexte de transition écologique impérative pour faire face au changement climatique et à la finitude des ressources quelles qu’elles soient, quels seront alors les modes de production et leur mix ? Comment faudra-t-il adapter les réseaux ? Comment les usages en seront modifiés ? Quels coûts collectifs sont pris en charge par la puissance publique ?
Ce 14e Cahier de veille présente les travaux en cours au sein des laboratoires des écoles de l’Institut Mines-Télécom et des partenaires de l’Institut et de la Fondation Mines-Télécom pour préparer l’avenir de l’énergie. Un sujet qui touche aussi bien les professionnels de la filière, que les consommateurs finaux.
Au sommaire
I. Comprendre l’énergie
– Un monde en état d’ébriété énergétique
II. Les énergies de l’avenir
– Des déchets débordant d’énergie
– Vers une société hydrogène ?
– Solaire : énergie phare de la transition énergétique
– Une petite donnée pour l’énergie, un pas de géant pour la société
IV. Nouveaux usages et nouveau paradigme
– L’énergie d’avenir est celle que nous ne consommons pas
– À quoi ressemblera le mix électrique de demain ?
– L’urgence environnementale d’un renouveau énergétique
VERS UNE SOCIÉTÉ HYDROGÈNE ?
A propos de la Fondation Mines-Télécom
La Fondation Mines-Télécom, fondation reconnue d’utilité publique, soutient le développement de IMT et de ses huit écoles dans leurs missions de formation, de recherche et d’innovation. Elle rassemble plus de 90 entreprises mécènes et 4 200 donatrices et donateurs particuliers qui s’engagent à soutenir des projets concrets à forts impacts technologiques, industriels et sociétaux, autour du numérique, de l’énergie et de l’Industrie du futur ainsi que des actions de solidarité en faveur des étudiants. La Fondation Mines-Télécom finance ainsi, grâce au soutien des entreprises dont les partenaires fondateurs (BNP Paribas et Orange) et des alumni et parents d’élèves, une dizaine de programmes dans les domaines de la formation (bourses, programme d’open-innovation pour les élèves, MOOC), de la recherche (thèses, prix d’excellence, Académie franco-allemande et chaires d’enseignement-recherche), de l’innovation (prêts d’honneur aux start-up et soutien à l’incubation) et de la prospective (Cahiers de veille) ainsi que des actions en faveur du développement des écoles de l’IMT (bourses, ouverture sociale, équipements de pointe, aide à la mobilité internationale).
SOLAIRE : ÉNERGIE PHARE DE LA TRANSITION ÉNERGÉTIQUE
À propos de l’Institut Mines-Télécom
L’Institut Mines-Télécom est le 1er groupe public de Grandes Écoles d’ingénieurs et de management de France placé sous la tutelle du ministère de l’Économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique. Établissement public d’enseignement supérieur et de recherche, il est constitué de huit Grandes Écoles publiques : IMT Atlantique, IMT Mines Albi, IMT Mines Alès, IMT Nord Europe, Institut Mines-Télécom Business School, Mines Saint-Étienne, Télécom Paris et Télécom SudParis, et de 2 écoles filiales : EURECOM et InSIC. Il anime et développe un riche écosystème d’écoles partenaires, de partenaires économiques, académiques et institutionnels, acteurs de la formation, de la recherche et du développement économique.
Créées pour répondre aux besoins de développement économique et industriel de la France depuis le 19e siècle, les Grandes Écoles de l’Institut Mines-Télécom ont accompagné toutes les révolutions industrielles et des communications. Par la recherche et la formation d’ingénieures, d’ingénieurs, de managers, et de docteures et docteurs, l’Institut Mines-Télécom répond aux grands défis industriels, numériques, énergétiques et écologiques en France, en Europe et dans le monde.
Aujourd’hui l’Institut Mines-Télécom, fort de ses 10 écoles, imagine et construit un monde qui concilie sciences, technologies et développement économique avec le respect de la planète et des femmes et des hommes qui l’habitent. Il est doublement labellisé Carnot et forme chaque année plus de 13 600 élèves.
World Impact Summit 2024 s’est tenu les 7 et 8 mars à Bordeaux pour les professionnels engagés dans la transition écologique de leur entreprise. Deux jours pour découvrir des solutions concrètes et innovantes pour réussir la transformation environnementale de l’entreprise. Ce salon international a pour but de trouver des réponses adaptées aux besoins spécifiques de chaque entreprise :
Plus de 250 solutions concrètes pour une transition écologique efficace.
30 heures de contenu exclusif (conférences, ateliers et échanges avec des experts)
World Impact Summit 2024 | Aftermovie
Thème du World Impact Summit 2024 : l’engagement des femmes en faveur de la transition écologique
Elles sont les plus vulnérables face au changement climatique et ce sont aussi elles qui s’engagent pour diriger le changement. C’est face à ces constats, et afin de redonner aux femmes leur juste place dans les débats, que l’édition 2024 du World Impact Summit a choisit pour thème l’engagement des femmes dans la transition écologique.
Le festival Empow’Her “Agir pour un monde féministe”
Avez-vous déjà vu un monde véritablement équitable et durable ? Un monde où tous les individus ont leur place. Où chacun·e, quel que soit son âge, son genre ou ses origines, a le pouvoir de choisir sa vie. Un monde où l’on respecte autant les êtres vivants que la planète. Ce monde existe ! Il est vivant dans le regard de tous·tes celles et ceux qui luttent contre toutes les formes d’oppressions et de discriminations. Il est visible à qui ose observer notre société avec un regard critique et entrevoir de nouvelles perspectives. Ce monde plus équitable et plus durable, c’est un monde féministe… Et il vous donne rendez-vous lors de la 4ème édition du festival Empow’Her les 19, 20 et 21 avril au CENTQUATRE-PARIS. Trois jours de découvertes, de débats et de fêtes pour construire ensemble un monde féministe et égalitaire. Imaginer les choses autrement c’est le début du changement Parce que nous œuvrons tous les jours pour l’autonomisation des femmes à travers le monde, notre festival s’engage pour rendre visible la place des femmes et celle des minorités dans notre société et faire entendre leurs voix. Cet événement est placé sous le signe de l’engagement, du collectif et de la joie. Parce qu’éduquer le regard à voir et reconnaître ce qui nous opprime, décrypter les mécanismes de domination et de discrimination présents dans tous les domaines de notre vie, qu’elle soit publique et privée, c’est déjà le début du changement. Ensemble on va plus loin Nous sommes de plus en plus nombreux·ses à rêver, à croire et à voir que les choses peuvent changer ! À travers une programmation définie avec un comité de programmation collaboratif, cette édition 2024 rassemble tous·tes celles et ceux qui aspirent à plus d’équité et agissent contre toutes les formes d’op- pressions. Au total, plus de 40 conférences et ateliers réuniront artistes, penseur·ses et grand public au- tour des enjeux féministes de notre société : santé, sexualité, culture, politique, sport, média, économie et écologie. Un grand mouvement féministe, festif et collectif est à l’œuvre ! C’est en célébrant toutes les initiatives et en créant des espaces de rencontres et de partages que nous inspirerons le changement ! L’équipe Empow’Her
De quelle manière aborde-t-on l’impact positif au WIS ?
“Avoir un impact positif” : beaucoup en parlent, certains l’incarnent, mais peu sont capables d’en donner une définition claire. Avoir un impact positif : oui, mais pourquoi, de quelles manières et comment le mesurer ? Voilà une question importante pour le World Impact Summit qui valorise les solutions à impact positif, celles qui contribuent à la transition écologique de notre économie. Parce qu’il ne suffit pas de s’auto-proclamer ‘solution à impact’ pour avoir un impact positif, cette solution doit s’intégrer dans un contexte, répondre à un besoin et éviter au maximum les effets rebond*.
Partant du postulat que chaque activité humaine engendre forcément un impact sur ses parties prenantes (clients, fournisseurs, investisseurs, collaborateurs…) ou sur la planète, le WIS s’est fixé un objectif pour cet événement : offrir la possibilité à chaque participant de rencontrer les partenaires qui l’aideront à engager ou accélérer sa transformation écologique et réduire son impact.
Une méthodologie basée sur trois phases (comprendre – mesurer – agir) pour permettre à chaque acteur de s’engager dans une démarche à impact.
Comprendre
Comme le dit l’adage, “il faut réfléchir avant d’agir”. Cela vaut également pour la transition que nous devons mener à tous les échelons de notre société et économie.
Ce besoin de comprendre peut être observé à travers plusieurs prismes.
Comprendre les impacts de nos propres activités sur l’environnement : afin de pouvoir prendre des mesures adaptées. Ces impacts sont nombreux et à différentes échelles : une société de transport de marchandises n’aura pas le même impact sur l’environnement qu’un grand groupe d’assurances. Nous évoluons tous dans des secteurs d’activité possédant chacun leur caractéristiques et leurs impacts.
Mesurer
Lorsque l’on comprend ses impacts et de ce sur quoi il est possible de faire levier, il est nécessaire de les évaluer : c’est la mesure d’impact.
Cette étape est cruciale car elle donne les clés à chaque décideur de la quantité d’externalités négatives générées par ses activités et des postes sur lesquels il est le plus urgent d’agir.
Quels sont les outils de mesure à disposition des organisations ?
La méthodologie la plus connue est le bilan carbone. Il offre la possibilité à chaque organisation de calculer son impact à travers le prisme des émissions de GES (gaz à effet de serre) émises par ses activités. Pour cela, on y applique 3 scopes : les émissions de gaz à effet de serre directes (chauffage, transport…), les émissions de GES indirectes (émissions liées au processus de production) et toutes les autres émissions indirectes (achats de marchandises, communication…).
Les impacts d’ordre social : Il est également possible de considérer l’impact d’une organisation à travers le prisme de la création de nouveaux emplois, de la formation et l’éducation des jeunes générations, ou encore l’inclusion sociale des personnes en situation de handicap ou de grande pauvreté, etc.
L’impact sur la biodiversité et le vivant : ces approches sont généralement bien plus complexes qu’un simple bilan carbone, du fait que la biodiversité ne possède pas un unique indicateur, comme cela peut être le cas avec le carbone. La biodiversité dépend de la bonne santé d’écosystèmes entiers, de la survie d’espèces et de la diversité génétique. Cependant, il est possible de citer le Global Biodiversity Score® (GBS) pour les entreprises et institutions financières ou encore le Biodiversity Footprint for Financial Institutions (BFFI).
Il revient à chaque organisation de choisir sa porte d’entrée. Une chose est sûre, la comptabilité des organisations ne peut pas dépendre que d’une évaluation financière pour juger de sa bonne ou mauvaise santé. Elle devra également inclure des critères tels que les impacts sociaux ou environnementaux.
Agir
Compte tenu de l’urgence, il semble évident que nous devons agir en conséquence et rapidement. Mais l’urgence ne doit pas faire oublier qu’il est aussi important de prendre des mesures en connaissance de cause et basées sur des faits scientifiques et découlant d’un plan d’action.
Le champ des possibles est immense pour les entreprises et les collectivités. Que ce soit sur le volet de l’énergie, de la mobilité, de la gestion des déchets ou du numérique, nombreuses sont les solutions qui peuvent contribuer à la transformation des organisations et les aider à adopter de nouvelles pratiques, plus sobres et vertueuses.
L’essentiel réside dans la façon dont les organisations prennent des décisions. Une démarche à impact positif se doit d’être mûrement réfléchie car elle implique une mutation profonde de l’organisation. De plus, l’un des enjeux majeurs se situe dans sa capacité à intégrer l’ensemble de ses parties prenantes dans son processus de transformation.
Enfin, il est nécessaire, une fois l’action entreprise, d’évaluer l’impact des actions engagées, et d’adapter le plan d’action en conséquence.
Choisir les bonnes initiatives de transition écologique :
Les initiatives de transition sont nombreuses et variées. Voici quelques idées de mise en place d’actions concrètes intégrant les impacts environnementaux, sociaux et sociétaux de façon globale :
Agir pour les transports et la mobilité;
S’engager dans la rénovation énergétique, pour réduire la consommation énergétique (isolation des bâtiments, optimisation du chauffage…);
Maîtriser la gestion des déchets;
Investir dans les énergies décarbonnées;
Adopter les produits éco-responsables (confectionner des produits à partir de matériaux recyclés et/ou recyclables);
Intégrer une économie verte (procédés moins polluants ou moins consommateurs d’énergie et éco-activités);
Mettre en place des politiques de qualité de vie au travail, favoriser les liens sociaux au sein de l’entreprise;
Instaurer des politiques de lutte contre les discriminations, d’inclusion, d’égalité hommes femmes;
Promouvoir l’emploi durable, la formation, la transmission des savoirs, etc.
Il existe de multiples façons de mettre en œuvre une transformation profonde. Cela impose d’engager sa structure dans un long processus et de mobiliser sa chaîne de valeur dans la totalité. Mais face aux défis qui se dressent devant nous, il est encore possible d’engager un sursaut si l’ensemble des acteurs s’accordent sur le fait qu’il s’agit là d’un objectif commun. Ensemble, se transformer.
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