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Un guide pratique et des retours d’expérience pour aider les collectivités à décarboner le transport grâce à l’hydrogène

A l’occasion de la 11ème édition des Journées Hydrogène dans les Territoires, France Hydrogène publie un livret et un guide destinés aux collectivités souhaitant s’engager dans le déploiement de bus à hydrogène et de stations de distribution sur leurs territoires. Le guide Emploi-Formation de la filière hydrogène est inclus à cet article.

La mobilité hydrogène représente aujourd’hui une solution pour les collectivités souhaitant allier performance opérationnelle et engagement environnemental.

France Hydrogène

Les véhicules à hydrogène – bus, camions ou véhicules utilitaires – offrent une autonomie et un temps de recharge compétitifs par rapport aux solutions électriques traditionnelles, rendant leur intégration dans les flottes publiques particulièrement pertinente.

Avec ces deux publications, France Hydrogène souhaite proposer des outils pratiques et éclairants pour les collectivités engagées dans la transition vers une mobilité plus propre et poursuit son accompagnement des acteurs territoriaux.

Retours d’expérience sur le déploiement des bus à hydrogène

Avec 60 bus à hydrogène en service et plus de 130 en cours de déploiement, plusieurs villes et métropoles françaises ont déjà initié la conversion d’une partie de leur flotte.

État des lieux de développement de la filière BUS HYDROGÈNE en France

Pour partager ces expériences, France Hydrogène Mobilité publie
la brochure “Premiers déploiements de bus électriques à hydrogène en France : Retours d’expérience”.

ÉTAT DES LIEUX DES PROJETS DE DÉPLOIEMENT DE BUS HYDROGÈNE EN FRANCE EN MAI 2024

Ce document propose un panorama des déploiements de bus à hydrogène en cours, un point sur l’offre actuelle des constructeurs, enrichi par les témoignages des porteurs de projets et exploitants1.

SAFRA BUS – HYCITY : Bus hydrogène – Safra – Alb

Fiabilité du véhicule et des composants, consommation réelle, temps de recharge, performances du véhicule et de la station, accueil de la technologie par les chauffeurs et les usagers mais aussi aspects financiers, l’ensemble des sujets est abordé dans ce document qui vise à informer les collectivités dans leurs réflexions sur l’adoption des bus électriques à hydrogène et à les accompagner dans leur prise de décision.

Guide pratique pour déployer des stations hydrogène

Le déploiement de véhicules hydrogène s’accompagne d’un déploiement simultané d’une infrastructure de distribution d’hydrogène souvent associée à une production sur site dans une approche d’écosystème territorial.

France Hydrogène
Source : Projet de stratégie nationale hydrogène soumis à consultation en décembre 2023

A date, plus de 70 stations hydrogène sont en service dans les territoires.

France Hydrogène et la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR) publient le guide pratique “Déployer des stations hydrogène dans votre territoire”.

Source : Les premiers écosystèmes hydrogène – Bilan des appels à projets de déploiement Écosystèmes hydrogène 2018 et 2020, ADEME, 2023

Ce guide actualisé s’adresse aux collectivités territoriales, aux acteurs publics et aux porteurs de projets privés. Le guide offre une vue d’ensemble des enjeux liés à la mobilité hydrogène et plus spécifiquement à l’infrastructure de recharge, la règlementation, les politiques publiques et les
dispositifs de soutien, et fait le point sur l’offre de véhicules.

Le guide, résolument pratique, détaille, étape par étape, les 10 phases clés pour démarrer un projet de déploiement de station hydrogène : de la définition du besoin du territoire aux phases de construction, opération et maintenance de la station.

Guide Emploi-Formation de la filière hydrogène

Consilde Média Group publie, en partenariat avec France Hydrogène, le guide Emploi-Formation 2024-2025 de la filière hydrogène. Filière industrielle stratégique en France, le secteur de l’hydrogène génèrera à l’horizon 2030, entre 50 000 et 100 000 emplois directs ou indirects.

Métiers et compétences de la filière hydrogène

Avec 6 400 emplois directs travaillant dans la filière, ce potentiel concerne toute une chaîne de valeur en cours de déploiement : des fabricants d’équipements et de composants aux intégrateurs et fournisseurs de services. Le secteur est en pleine industrialisation et les acteurs industriels recrutent (on note une augmentation globale de +77% des offres d’emplois émises depuis 2019).

La tension se fait déjà sentir sur les plus de 80 métiers auxquels fait appel la filière. Ce guide gratuit dresse un panorama du développement de l’hydrogène et des implications en termes de compétences-métiers-formations. Avec un angle résolument pratique, il aborde dans ses 84 pages les métiers de la filière, les compétences spécifiques à l’hydrogène et les formations existantes en illustrant toutes ces thématiques au travers d’entretiens avec les acteurs industriels de la filière ainsi que ceux de la formation et de l’emploi.

Le guide propose 5 fiches métiers de la filière hydrogène, choisis notamment parmi ceux qui sont les plus recrutés.

Avec la volonté d’être utile au lecteur, le guide propose des fiches métiers – réalisées avec Adecco, LHH et Akkodis, filiales de The Adecco Group – choisis notamment parmi ceux qui sont les plus recrutés, complétées par des entretiens de salariés qui exercent ces métiers au sein des entreprises, comme le/la Chef/fe de projet hydrogène, métier actuellement le plus demandé par la filière.

Nous avons voulu construire ce guide pour donner un aperçu des métiers, des compétences et des formations déjà existantes dans la filière, un ensemble d’opportunités qui méritent d’être mieux connues.

Philippe Boucly, Président de France Hydrogène

Le guide est téléchargeable ici.

Ce guide annuel sera actualisé tous les ans.

  1. Le document livre plus particulièrement, les retours d’expérience détaillés du territoire de La Roche-sur-Yon (de la phase de commande des bus à leur mise en service en 2021), grâce à des entretiens menés avec la Compagnie des Transports Yonnais (CTY), filiale de RATP Dev, l’exploitant des bus et le SYDEV – Vendée Énergie, exploitant de la station de distribution de l’hydrogène. ↩︎

Questions Cdurable à Nathalie Kerhoas, nouvelle présidente de Bleu-Blanc-Coeur

Lors de son assemblée générale du 30 mai dernier, la démarche collective de qualité Bleu-Blanc- Cœur en faveur d’un modèle d’agriculture vertueux s’est transformée en SCIC1* (Société Coopérative d’Intérêts Collectifs) pour s’ancrer définitivement dans l’économie sociale et solidaire. Elle s’est aussi dotée d’une nouvelle présidente, Nathalie Kerhoas, qui a accepté de répondre aux neufs questions essentielles pour Cdurable.

D’origine et de formation agricole, mère de 2 enfants, son engagement est celui d’une femme très consciente du rôle nourricier et également du rôle environnemental et sociétal de notre alimentation. Elle a intégré l’association Bleu-Blanc-Cœur quelques mois après sa création en 2000. C’est elle qui incarnera désormais les valeurs du mouvement, les pieds bien ancrés sur terre et la tête tournée vers l’avenir !

Élue à l’unanimité le 30 mai, elle tient sa légitimité de ses actions depuis plus de 20 ans au sein d’un mouvement qu’elle a largement contribué à faire émerger autour de ce projet unique d’agriculture à vocation santé (de la Terre, des animaux et des hommes) construit autour de la science, de résultats mesurables et des valeurs humaines.

Une nouvelle gouvernance a été élue, forte de 34 administrateurs répartis au sein de 4 collèges :

  • les acteurs économiques,
  • les fondateurs et partenaires (collège dans lequel continueront à s’investir les 3 présidents historiques),
  • les membres de la communauté du bien manger
  • les salariés.
Améliorer la santé animale par leur alimentation

Bleu-Blanc-Cœur rassemble plus de 7.000 agriculteurs et éleveurs, pèse de 5 à 10% de parts de production dans les filières d’élevage en France, rassemble le plus grand mouvement du bien manger et du bien produire en France (avec plus de 32.000 membres de la communauté professionnels de santé, consommateurs, professionnels des métiers de bouches…)

Une agriculture créatrice de valeur au sein de la société

Nathalie Kerhoas continuera à impulser une dynamique de développement fondée sur la science, la mise en exergue des bénéfices nutritionnels et environnementaux des filières ayant adoptées des pratiques agroécologiques et animera un collectif d’acteurs engagés à créer de la valeur de l’amont à l’aval des filières, du producteur au consommateur !

Questions Cdurable ou c’est pas durable !?

Au delà des communiqués, qui ne présentent souvent que le « meilleur », et du développement durable, qui ne fait que tenter de réduire les impacts négatifs de sa croissance volumique, nous nous intéressons aujourd’hui, 20 ans après la création de Cdurable.info, aux questions essentielles. Alors Cdurable ou pas ? 9 questions qui nous invitent à Comprendre pourquoi Agir & Coopérer avec le vivant, Cdurable !

Nathalie Kerhoas nouvelle présidente de la SCIC Bleu-Blanc-Coeur

Nathalie Kerhoas, nouvelle présidente de Bleu-Blanc-Coeur, a accepté de répondre aux neufs questions Cdurable, essentielles comme les neufs besoins fondamentaux des êtres vivants dont les humains que nous sommes …

1 – Quelle est la nature de ma relation avec le vivant ?

Une relation qui se fonde sur l’humilité et le respect. Le vivant c’est un enjeu d’écosystèmes, d’équilibres et d’interrelations qui doivent fonctionner en symbiose. Charge à nous d’être respectueux de ce que la nature nous offre !

Nathalie Kerhoas nouvelle présidente de la SCIC Bleu-Blanc-Coeur

2 – Quels sont mes besoins et choix d’alimentation ?

Mes besoins et choix alimentaires :

  • Cuisiner des produits simples et naturels
  • Un repas équilibré à base de produits Bleu-Blanc-Cœur (incontournables à mes yeux en tant que maman !)
  • Des aliments issus de filières où le travail de l’agriculteur est valorisé
  • Un repas partagé et convivial
  • Des produits savoureux, avec une histoire (celle de son mode de production) et respectueux de l’équilibre de la nature (produits de saison, jamais d’éviction, de la couleur dans l’assiette…)

3 – Quel est mon type d’habitat actuel et idéal ?

Une maison de campagne, avec un jardin et un potager, des espaces verts (où il me plait d’observer mes colocataires que sont le rouge-gorge, le pivert et le jeune et fougueux écureuil).

Nathalie Kerhoas nouvelle présidente de la SCIC Bleu-Blanc-Coeur

4 – Quelle activité physique favorise mon bien-être et ma santé 

Ma principale activité physique c’est :

  • En week-end d’accompagner les activités sportives de mes filles (gym, basket, piscine) et de mon conjoint (hand)… ; en m’accordant quelques balades dominicales soit à vélo soit en footing
  • En semaine, lors de mes déplacements parisiens, toujours prendre les escaliers (surtout quand un escalator ou un ascenseur se présente à moi 😊 !)

5 – Quels savoirs m’ont permis de comprendre comment agir ?

Chez Bleu-Blanc-Cœur, nous avons un principe de base (savoir observer) et une seule vérité (le résultat validé par la science et la mesure).

Nathalie Kerhoas nouvelle présidente de la SCIC Bleu-Blanc-Coeur

L’observation et la science sont donc mes deux drivers au quotidien !

J’ajouterai que les rencontres, les échanges, l’écoute et le partage sont autant de principes et de valeurs humaines qui m’animent et me guident au quotidien.

6 – Quel est le sens que je donne à mon travail ?

Ma priorité dans mon travail c’est d’y trouver du sens, des valeurs, de l’énergie dans l’engagement et de vivre de belles rencontres humaines.

L’important pour moi est bien de transformer nos idées et projets en actions concrètes !

Nathalie Kerhoas nouvelle présidente de la SCIC Bleu-Blanc-Coeur

7 – Quelle énergie j’utilise pour mes usages et besoins ?

L’énergie puisée au sein de la passion et de l’engagement permise par le sens de mon action, de mon travail, de ma mission.

L’énergie de la fierté que procure dans les yeux de vos enfants votre engagement à leur apporter une alimentation savoureuse, meilleure pour leur nutrition et aussi pour notre environnement !

L’énergie de créer une proposition alimentaire nouvelle, qui fait sens et qui revendique le bon sens ; une énergie qui se décuple quand des freins et blocages viennent contrarier la bonne réalisation de cette mission. 

Pour mes usages et besoins, ma finalité est de m’appuyer sur des ressources énergétiques allant vers plus de sobriété (je dirai même plus de bon sens) :

Nathalie Kerhoas nouvelle présidente de la SCIC Bleu-Blanc-Coeur
  • Dans les déplacements (énergie musculaire – cf escaliers 😊), train, co-voiturage, vélo ou marche à pied dès que c’est possible (à la campagne)
  • Dans mon alimentation (en moyenne 20% de CO2 en moins grâce aux produits Bleu-Blanc-Cœur issus d’un mode de production orienté vers plus de nutrition et de durabilité
  • A la maison : en privilégiant les sources décarbonées d’énergie (isolation, chauffage…)

8 – Quelle est mon implication personnelle pour l’intérêt général ?

Une détermination et une implication élevées au service de notre projet du bien manger pour tous et du bien produire dans le respect des équilibres de la santé de la terre, des animaux et des hommes !

Nathalie Kerhoas nouvelle présidente de la SCIC Bleu-Blanc-Coeur

Nous militons chez Bleu-Blanc-Cœur pour l’accessibilité au plus grand nombre à une alimentation meilleure pour la santé et meilleure pour l’environnement. Cet enjeu de massification est un prérequis indispensable pour obtenir des impacts forts et durables ! Nous luttons donc contre le principe d’une alimentation à deux vitesses.

9  – Quels sont mes liens de coopération et ma participation au bien commun ? 

Un engagement sans faille depuis 24 ans dans le projet Bleu-Blanc-Cœur qui m’anime.

Nathalie Kerhoas nouvelle présidente de la SCIC Bleu-Blanc-Coeur

La présidence d’une structure coopérative (la nouvelle SCIC) basée sur la concertation, la co-construction, l’animation des filières (où parfois les intérêts entre les acteurs de l’amont ou de l’aval peuvent diverger), l’écoute, la recherche de l’intérêt général tout en ayant en tête l’intérêt de chacun et en concertant chaque maillon de la société

10 – Carte blanche : quel est le message essentiel que vous souhaitez faire passer à nos visiteurs ?

Soyez curieux, privilégiez l’observation et le bon sens et n’écoutez pas les beaux parleurs : remettez les bottes pour aller à la rencontre des agriculteurs, remettez le tablier pour cuisiner de bons produits, privilégiez le résultat aux moyens… 

Nathalie Kerhoas nouvelle présidente de la SCIC Bleu-Blanc-Coeur

Et prenez le temps d’aller vous informer sur la démarche Bleu-Blanc-cœur (www.bleu-blanc-coeur.com) : vous serez surpris de votre découverte et je ne doute pas que votre vision de l’alimentation sera nettement plus positive !

  1. Une SCIC est une Société Coopérative d’Intérêt Collectif, à gestion désintéressée et d’utilité sociale ↩︎

Un indice « actuariel » climatique sur les données françaises pour le secteur de l’assurance

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CNP Assurances, en partenariat avec la Chaire DIALog, publie un livre vert intitulé « Risque climatique et impact en assurance ». Cette chaire académique d’excellence étudie les méthodes modernes d’évaluation des risques combinant les techniques de la data science, de l’intelligence artificielle et des données massives. L’un des principaux résultats de ses travaux est l’adaptation d’indices climatiques actuariels pour améliorer l’évaluation et la mesure des risques climatiques en France.

Historique des indemnisations versées par les assureurs à la suite d’aléas naturels. Source : France Assureurs, 2022

De récentes études prévoient une augmentation de la fréquence et de la gravité des événements dus au changement climatique. Les inondations en Allemagne, en Suisse et en Italie ont récemment provoqué d’importants dégâts. Au Brésil, on assiste à un enchaînement d’événements climatiques extrêmes, entre inondations sans précédent dans le sud du Brésil et prévision d’une sécheresse « sévère » en cet été 2024.

Valeurs de l’ACI de 1961 à 2021.
Source : https://actuariesclimateindex.org/explore/.

Les conséquences du changement climatique seront vraisemblablement aussi profondes qu’étendues, en particulier dans des secteurs tels que l’assurance dommages, l’assurance santé et l’assurance vie. Elles peuvent représenter une menace pour la durabilité des programmes d’assurance, notamment parce que l’augmentation des indemnisations peut nécessiter une hausse des primes et du capital de solvabilité.

Pertes assurées liées aux catastrophes naturelles.
Source : https://www.swissre.com/media/press-release/nr-20191219-global-catastrophes-estimate.html.

C’est dans ce contexte que l’équipe de recherche de CNP Assurances et de la Chaire DIALog ont proposé une adaptation de l’Indice Actuariel Climatique aux données françaises. Cet indice est déjà utilisé par les pays nord-américains et les australiens. Le programme a pour objectif de mettre à disposition des acteurs privés et publics, notamment ceux du secteur de l’assurance, des outils factuels de mesure des aléas climatiques sur le long terme. Ces outils sont présentés dans le livre vert.

Valeurs de l’AACI sur la période de référence 1981-2010, et jusqu’à 2023.
Source : https://actuaries.asn.au/microsites/climate-index/explore/component-graphs

Une aide pour quantifier les effets du changement climatique sur les bilans des compagnies d’assurance, mesurer son impact sur la durabilité des activités assurantielles, tester la résilience des acteurs et aider à la définition de politique publique et de prévention.

Définition des composantes de l’ACI

Les données historiques n’étant plus représentatives de la situation actuelle en raison de l’évolution des conditions météorologiques, les assureurs doivent réévaluer les modèles de risque qu’ils utilisent et intégrer les projections relatives au changement climatique.

Vagues de chaleur et mortalité : Évolution du nombre de décès moyen (hors tendance) en fonction de l’indice de chaleur (intervalles de 1◦C) en France pour chaque jour des mois d’été de 1970 à 2003. L’indice est calculé à partir des données ERA5, et les données de décès proviennent de
l’INSEE. Polynôme du second ordre estimé (orange courbe).

Ce livre vert répond au besoin du secteur de disposer de mesure factuelle capable d’éclairer les experts de la gestion des risques. A titre d’application concrète pour le secteur, il étudie notamment la relation entre les vagues de chaleur et la mortalité humaine en France. Il souligne l’importance d’utiliser une approche basée sur des scénarios plus prospectifs lors de l’étude de l’impact futur de la chaleur sur la mortalité à des fins d’évaluation interne des risques et de la solvabilité, en complément des modèles actuels.

Des indices climatiques pour obtenir des projections précises des événements extrêmes

Afin d’aider les compagnies d’assurance à prévoir et à gérer les risques climatiques, des indices climatiques actuariels ont été définis. Nous connaissons l’indice des prix à la consommation (IPC), qui suit l’évolution du coût d’un panier standard de biens et de services au fil du temps. De la même façon, ces indices climatiques actuariels mesurent les risques climatiques à l’aide d’un panier d’événements climatiques extrêmes, et de fluctuations du niveau de la mer. Ces indices se concentrent sur les événements extrêmes plutôt que sur les moyennes car ceux-ci ont un impact plus important sur les assurés et leurs biens, et plus largement sur la société et l’économie.

Schéma d’une composante atmosphérique d’un modèle de climat à mailles et exemples de processus physiques.
Source : https://celebrating200years.noaa.gov/breakthroughs/climate_model/modeling_schematic.html.

L’Indice climatique actuariel français (ICAF)1* combine six composantes : les températures maximales et minimales, les précipitations, les sécheresses, la puissance du vent et le niveau des mers et océans. Tous les calculs sont agrégés au niveau régional, pour l’ensemble de la France et de la Corse, composante par composante.

Précipitations saisonnières par région. Les graphiques concernent la variable Précipitations, notée Pstd.
Valeurs saisonnières hivernales de Pstd, 2011-2022

« Quels sont les impacts systémiques des canicules ? Comment les épisodes de chaleur intense évolueront-ils à l’avenir ? Et quelles seront les conséquences sur les personnes et les biens matériels ? Autant de questions urgentes auxquelles les assureurs doivent trouver des réponses. La Chaire DIALog, partenaire de CNP Assurances, met à disposition des acteurs publics et privés des outils actuariels permettant de mieux appréhender l’impact de ces changements sur notre quotidien. »

Marie-Aude Thépaut
Directrice générale de CNP Assurances

  1. Les ICAF sont estimés avec une haute résolution, fixée 0,1x 0,1degré de latitude et de longitude, soit environ 122 km2, ce qui donne plus de 10 000 points de grille pour couvrir la France et la Corse. ↩︎

REEVES, le programme de Recherche sur les Espèces Exotiques Végétales EnvahissanteS

Avec le programme REEVES (Recherche sur les Espèces Exotiques Végétales EnvahissanteS), SNCF Réseau mène une démarche pionnière dans le monde des gestionnaires d’infrastructure. Il s’agit d’un ambitieux programme de recherche scientifique dont l’objectif est de trouver de nouveaux moyens pour réguler les plantes exotiques envahissantes. Réduire l’usage des pesticides, nocifs pour la biodiversité et pour la santé. Pour cela, le programme se concentre sur une solution naturelle et innovante : la concurrence végétale.

Les espèces exotiques envahissantes visées par le programme REEVES

En France comme ailleurs, les espèces exotiques envahissantes visées par le programme REEVES posent d’importants problèmes d’entretien et d’exploitation sur le réseau ferroviaire du fait de leur croissance rapide. En étudiant à la fois in situ et en laboratoire les interactions entre les espèces, les chercheurs vont pouvoir déterminer comment d’autres plantes permettent de réguler les espèces envahissantes, sans utiliser de pesticides, nocifs pour la biodiversité et pour la santé. Cette solution naturelle et innovante s’appelle la concurrence végétale.

À terme, c’est une méthodologie complète de restauration des milieux à partir de plantes « indigènes » qui sera mise au point, avec des applications pratiques pour tous les types d’espaces concernés. Cela au bénéfice de la biodiversité, puisque les espèces exotiques envahissantes constituent l’une des principales causes de son effondrement à travers le monde.

Les EEVE & leurs enjeux


SNCF Réseau cherche à trouver des moyens efficaces pour lutter, dans le respect de ses engagements écologiques, contre ces espèces à croissance rapide (jusqu’à 2 mètres en 3 semaines pour la renouée du Japon).

Les Espèces Exotiques Végétales Envahissantes (EEVE)

Qu’est-ce qu’une EEVE ?

Selon la définition de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) : « Une espèce exotique envahissante (EEE) est une espèce allochtone (non-autochtone) dont l’introduction par l’Homme (volontaire ou fortuite), l’implantation et la propagation menacent les écosystèmes, les habitats ou les espèces indigènes avec des conséquences écologiques, économiques ou sanitaires négatives. »

Le programme REEVES s’intéresse spécifiquement aux espèces végétales, les EEVE.

Les activités humaines en cause

Que cela soit volontaire ou non, ces plantes ont toujours été introduites par les humains. Bien que le phénomène ne soit pas récent, il s’est accéléré avec la mondialisation des échanges au cours du XXe siècle. Certaines plantes devenues envahissantes ont pu être introduites pour leurs qualités esthétiques, comme l’herbe de la Pampa, quand d’autres comme l’ambroisie à feuilles d’armoise ont voyagé clandestinement avec d’autres espèces ou marchandises.

De l’implantation à l’envahissement

Une fois arrivées dans un nouveau territoire, les plantes exotiques peuvent y trouver des conditions propices et parvenir à s’installer durablement. À plus forte raison lorsqu’elles n’y ont pas de compétiteur ou de prédateur naturel. Bien que cela ne soit pas toujours le cas, ces plantes exotiques peuvent devenir envahissantes. Elles vont alors menacer la biodiversité locale, avec parfois également des impacts néfastes sur la santé humaine ou sur les activités économiques.


Les talus ferroviaires font partie des espaces vulnérables aux Espèces Exotiques Végétales Envahissantes. Cela notamment car les travaux d’entretien de la végétation aux abords des voies ouvrent le milieu naturel et laissent l’opportunité à l’espèce envahissante de s’installer, de se développer et de s’imposer.

Prendre soin des corridors écologiques

Traversant d’innombrables milieux naturels et urbains, les lignes SNCF Réseau constituent de véritables corridors écologiques qui permettent aux espèces de se déplacer entre leurs habitats. La maintenance des abords ferroviaires peut ainsi impacter directement la biodiversité et l’équilibre écologique local.

« Conscients de notre responsabilité, nous nous mobilisons aux côtés des scientifiques pour réduire à la fois l’utilisation des produits phytosanitaires et le recours aux coupes mécaniques. SNCF Réseau ouvre la voie pour la mobilité durable et accélère sa propre transition écologique. »

Ève Silberstein, Directrice territoriale SNCF Réseau Grand Est

Les enjeux écologiques & sociaux

La lutte contre les Espèces Exotiques Végétales Envahissantes ne concerne pas seulement le réseau ferré français, ni même les gestionnaires d’infrastructure. Elle est un enjeu écologique et social important, car la prolifération de ces espèces peut avoir des répercussions en cascade et impacter concrètement la vie de chacun.

Une menace pour la biodiversité

Qu’il s’agisse de plantes, d’animaux ou d’autres éléments du vivant, les espèces exotiques envahissantes prennent la place des espèces autochtones et appauvrissent le paysage. Cela contribue à la déstabilisation des écosystèmes : par exemple, une EEVE donnée ne sera pas forcément adaptée aux pollinisateurs locaux, qui déclineront et joueront moins bien leur rôle, pourtant clé pour notre agriculture et notre alimentation.

Des risques pour notre santé

L’arrivée d’espèces exotiques envahissantes peut aussi s’accompagner de risques très directs pour notre santé. Le pollen d’une plante comme l’ambroisie à feuilles d’armoise, originaire d’Amérique du nord, provoque ainsi chaque année de fortes réactions allergiques, de la rhinite à la conjonctivite en passant par la toux, l’urticaire voire de graves crises d’asthme.

L’économie touchée elle aussi

Cette même plante pose également des problèmes en agriculture, où elle envahit les inter-rangs de certaines monocultures, provoquant des baisses de rendements, des contaminations de production, et des difficultés de récolte. L’élodée américaine peut former des herbiers si denses qu’elle arrive à obstruer les écoulements d’eau, colmater les pompes d’eau potable ou encombrer les barrages hydroélectriques.

1 DES 5 GRANDES CAUSES DE DÉCLIN DE LA BIODIVERSITÉ

La biodiversité décline aujourd’hui à un rythme alarmant, qui conduit les scientifiques à parler de
« 6e extinction de masse ».

Les espèces exotiques envahissantes sont l’une des principales causes de cet effondrement, aux côtés de l’artificialisation des milieux naturels, des différentes formes de pollution, de la surexploitation des ressources, et du changement climatique.

Le programme REEVES

Comprendre pour restaurer

L’objectif du programme REEVES est de mettre au point des solutions de gestion des plantes exotiques envahissantes en se basant sur la concurrence entre espèces végétales. Comprendre les interactions entre espèces et la façon dont certaines limitent l’accès des autres aux ressources (eau, nutriments, lumière…) doit permettre de définir une méthodologie adaptée pour la restauration pérenne des milieux.

Plante vivace herbacée originaire d’Asie, la renouée du Japon envahit les habitats perturbés. Elle peut pousser dans des sols très pauvres et très divers. Au printemps, ses jeunes tiges croissent rapidement, en moyenne de 4-5 cm par jour. Elles deviennent robustes et atteignent les 4 mètres de hauteur. À la fin de l’été, la plante produit jusqu’à 190 000 fleurs par tige. À l’automne, ses graines au taux de germination élevé sont dispersées par le vent et l’eau. Son système racinaire étendu rend lui aussi très difficile sa régulation : ses rhizomes mesurent jusqu’à 20 mètres et pénètrent jusqu’à 3 mètres de profondeur dans le sol. À partir de ces derniers, elle peut former des clones, sachant qu’il suffit de 0,7 g pour qu’un nouveau plant reparte et que ces rhizomes sont résistants au gel, au feu et peuvent vivre plus de 10 ans.

Un choix rigoureux d’espèces indigènes

Pour parvenir à un tel résultat, le travail commence par la sélection d’une palette végétale arbustive et herbacée parmi les espèces indigènes. Celles-ci doivent pouvoir concurrencer les 5 EEVE étudiées et particulièrement présentes dans le Grand Est ou le Sud. Le choix se fait selon des critères comme la hauteur et la vitesse de développement, ou encore l’adaptation aux conditions du sol (pH, drainance…) et du climat (hydrométrie, ensoleillement, températures moyennes…) au niveau local.

Également originaire d’Asie, l’ailante est un arbre qui peut croître jusqu’à 4 mètres par an pour atteindre sous nos latitudes 10 à 30 mètres de hauteur, avec une durée de vie de 30 à 50 ans. Il résiste aux habitats perturbés, et se retrouve dans des sols de différentes textures, naturels et modifiés par l’Homme : rocheux, sableux, argileux, calcaires… L’arbre se reproduit d’abord via ses grandes grappes de fruits, qui donnent des graines ailées, dispersées par le vent, l’eau et les oiseaux. Mais il est également capable de se reproduire lui-même de façon végétative : les perturbations naturelles (gel, feu) et les impacts provoqués par l’Homme (coupe ou fente des tiges) induisent une régénération via des pousses pouvant émerger de la racine, de la souche ou de la tige. Des rejets peuvent émerger jusqu’à 15 mètres du plan parent.

Des essais sur les talus ferroviaires…

À partir de là, des essais sont réalisés à la fois in situ sur les talus, et in vitro en laboratoire. Les premiers consistent à mettre à l’épreuve différentes stratégies de gestion, en associant entre eux des végétaux pour observer si cela freine ou non l’expression de l’EEVE ciblée. Des arbustes sont ainsi combinés à des plantes herbacées, chacun pouvant avoir un rôle complémentaire pour priver l’espèce envahissante de lumière, de nutriments, et s’avérer toxique pour elle.

Arbre originaire du Canada, le robinier faux-acacia a lui aussi une croissance rapide (même si moins spectaculaire) de 0,3 à 1,5 mètre par an et peut atteindre chez nous 20 à 30 mètres de haut. On le retrouve sur tous les types de sols, y compris pauvres en nutriments. Sa capacité à fixer l’azote lui permet de coloniser rapidement les milieux acides ou pollués. S’il produit des fruits (gousses contenant plusieurs graines), le robinier faux-acacia se reproduit principalement par voie végétative grâce à ses racines qui génèrent des rejets. Celles-ci peuvent rayonner jusqu’à 15 mètres autour de l’arbre et lui donnent un fort pouvoir de fixation au sol. Il est donc également difficile de le réguler.

…et des focus en laboratoire

Les travaux en laboratoire s’intéressent plus finement à deux des mécanismes à l’œuvre : les composés allélopathiques et les mycorhizes. Les composés allélopathiques sont des substances chimiques que les espèces (locales ou invasives) libèrent dans le sol et qui peuvent être toxiques pour une autre plante, limitant ainsi sa croissance. Les mycorhizes quant à elles sont une symbiose entre un champignon et une plante, qui permet à cette dernière de capter davantage de nutriments dans le sol.

Apprécié pour ses abondantes fleurs jaunes qui égayent les jardins en hiver, le mimosa n’en est pas moins une espèce végétale exotique envahissante, introduite au XVIIIe siècle depuis l’Australie. Cet arbre à croissance rapide peut mesurer entre 5 et 15 mètres. Pour ce qui est de sa reproduction, ses graines tombent au sol et peuvent être transportées sur de grandes distances par l’eau ou par les fourmis, friandes de son enveloppe. Ses fruits s’entrouvrent sous l’effet de la chaleur des incendies et les graines se libèrent et germent, la levée de leur dormance étant associée au passage du feu. Ces graines ont une durée de vie de 50 ans. Toutefois, l’essentiel de l’extension du peuplement du mimosa est assurée par les rejets générés par ses racines et ses souches. Ces derniers sont accentués lorsque les pieds se trouvent en état de stress, dus par exemple aux lésions des racines, à la taille ou à la coupe… soit précisément lorsque l’on tente de maîtriser la plante.

« On teste l’effet de plusieurs types d’aménagements au niveau du sol, avec une étude des communautés végétales pour voir comment elles se comportent dans le temps et comment se comportent les invasives. On essaie de voir comment on peut faciliter la réponse de la végétation spontanée pour contrôler cette explosion des invasives et essayer de s’inscrire dans une gestion durable des talus ferroviaires. »

Thierry Tatoni, Directeur de recherche à l’IMBE

Bien que parfois considérée comme indigène dans le bassin méditerranéen, la canne de Provence pourrait représenter une introduction ancienne en provenance d’Asie. Comme la renouée du Japon, elle figure aujourd’hui dans la liste des 100 espèces envahissantes (y compris hors végétaux) les plus nuisibles au monde, établie par l’UICN. Lorsque les conditions sont favorables, ses tiges peuvent pousser de 5 cm par jour, jusqu’à atteindre 6 mètres de hauteur. Elle forme également des populations très denses pouvant regrouper 80 tiges par mètre carré. La canne de Provence se reproduit essentiellement de façon végétative, en l’occurrence par extension de ses rhizomes, capables de couvrir des centaines de mètres. Les tiges tombées au sol sont également capables de s’enraciner à nouveau et de fournir de nouvelles repousses. La dispersion de fragments de rhizomes sur de nouveaux sites par les voies d’eau, inondations, ou travaux de terrassement contribue à sa prolifération.

Premiers résultats encourageants

Après des centaines d’heures de recherche et plus de 500 pages de rapports et de publications scientifiques, le programme REEVES est parvenu à des premiers résultats prometteurs sur les EEVE ciblées…

RENOUÉE DU JAPON : DES PISTES EN LABORATOIRE

Un affaiblissement de l’espèce invasive a été observé sur les stations expérimentales des Ardennes, dont les raisons restent à préciser en détails. Les équipes en laboratoire ont montré que deux espèces permettaient grâce aux composés allélopathiques qu’elles dégagent de réduire la prolifération de la renouée.

AILANTE : SUS AUX RACINES

Les expérimentations sur les talus ont relativement bien fonctionné puisque le nombre de rejets formés par l’EEVE sur les parcelles traitées avec des plantations est largement inférieur à celui sur les parcelles témoins. Cela est aussi potentiellement dû au travail initial du sol qui a pu endommager le système racinaire de l’ailante et limiter sa propagation.

ROBINIER FAUX-ACACIA : VERS UN AFFAIBLISSEMENT DES SEMENCES

Le comportement du robinier dans les stations expérimentales est relativement similaire à celui de l’ailante, avec un assez faible nombre de rejets observés, a fortiori en comparaison de la parcelle témoin. Là aussi le travail initial du sol a pu avoir une influence. En complément, les recherches en laboratoires ont montré l’efficacité des composés allélopathiques de 2 espèces natives sur les semences de robinier.

MIMOSA : 2 ESPÈCES NATIVES EFFICACES

Les parcelles expérimentales comptant des plantes de restauration ont été significativement moins recouvertes que les zones témoins. Cela montre un effet intéressant de ces végétaux sur l’espèce invasive qu’est le mimosa. L’IMBE1 a en effet montré en laboratoire que deux espèces ont un effet probant pour réduire la croissance du mimosa.

CANNE DE PROVENCE : 1 ESPÈCE À L’ACTION PROBANTE

Face à cette EEVE, comme pour le mimosa, des constats clairs ont émergé quant à l’efficacité d’une espèce native. Celle-ci permet pour le moment de limiter la hauteur et le nombre de feuilles de la canne de Provence, ce qui corrobore les résultats affichés en laboratoire par l’IMBE.


  1. Entre 2021 et 2023, l’Institut Méditerranéen de Biologie et d’Écologie (IMBE) de Marseille a réalisé un suivi des stations d’expérimentation sur les talus ↩︎

Pourquoi arracher les haies malgré les bénéfices environnementaux et sociaux de leur maintien ?

Depuis 40 ans, les haies font l’objet de politiques publiques qui tentent de dissuader les agriculteurs n’en voyant plus l’utilité de les arracher. Si l’inefficacité de ces politiques est dénoncée par le milieu associatif, la reconnaissance quasi unanime des nombreux bénéfices environnementaux et sociaux de leur maintien à différentes échelles ouvre de nouvelles perspectives.

Pourquoi les haies divisent-elles ?

Récuperation de trognes. CPIE Yonne et Nièvre, CC BY

Florence Pinton Lescure, AgroParisTech – Université Paris-Saclay et Thibaut Preux, Université de Poitiers

Les actions concernant la haie se sont de fait intensifiées depuis le premier plan de développement de l’agroforesterie lancé en 2015, que ce soit pour alerter sur sa disparition, stopper son érosion (Pacte pour la haie) ou dans un autre registre, simplifier les normes susceptibles de garantir sa conservation (adoption de la Loi d’orientation agricole en discussion. Mais cela suffira-t-il à construire de nouveaux récits en matière de savoir et de savoir-faire ?

Car la haie a toujours été un objet de politisation des rapports sociaux et cristallise aujourd’hui les tensions autour des modèles agricoles à privilégier.

Ce qui se joue actuellement ne porte pas tant sur la haie elle-même que sur la manière dont elle est perçue, pensée, reliée à l’agriculture et au paysage. Car si la haie est un objet matériel avec lequel on interagit, elle est tout autant un objet social et culturel, porteur de représentations et d’affects, qu’un objet naturel inséré dans des rapports sociaux évoluant dans le temps et l’espace. Voici comment.

La haie, produit des sociétés agraires à l’époque moderne

La haie bocagère apparaît en fait assez récemment dans l’histoire agraire et est étroitement associée aux sociétés paysannes. À la Révolution française, le changement du régime de propriété et d’usage des sols, avec le développement de la petite propriété paysanne et la disparition progressive des pratiques de pacage visant à empêcher la divagation du bétail, en particulier dans les campagnes de l’ouest rend possible l’édification de clôtures autour des parcelles.

Le développement rapide de l’élevage au XIXe siècle, autorisé par les progrès agronomiques, impose la séparation physique des activités d’élevage et de cultures, et la haie devient l’instrument de ce cloisonnement de l’espace agraire.

Un exemple de paysage de bocage dégradé à Burcy (Calvados). Thibaut Preux, CC BY

D’autres utilisations de la haie apparaissent en parallèle. Alors que les paysans sont progressivement exclus des espaces forestiers et de landes à partir du XVIe siècle, les haies vont pourvoir aux ressources forestières manquantes, notamment pour la production de bois de chauffage et de construction, de fourrage ainsi que pour l’alimentation humaine. Dans les espaces montagnards, les haies sont également plantées pour atténuer le ruissellement et leur rôle de brise-vent. Ce mouvement d’embocagement d’une partie des espaces ruraux français atteint son apogée dans les années 1930.

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La haie, obstacle à la modernisation agricole et symbole de l’archaïsme paysan

Mais les lois d’orientation agricole de 1960 et 1962 marquent le tournant productiviste de l’agriculture française. Les paysages produits par des systèmes agricoles de polyculture-élevage attelée se révèlent inadaptés à la nouvelle métrique imposée par les machines.

Le développement des cultures végétales au détriment des prairies permanentes fait perdre à la haie sa fonction initiale : contenir le bétail, en plus de constituer une gêne pour les cultures. Elle devient également le symbole d’un archaïsme paysan avec lequel il faut rompre pour entrer pleinement dans la modernité agricole. Dans cette période de rupture technique, sociale et économique du modèle agricole, les remembrements (aménagement foncier consistant en un regroupement des propriétés foncières, associé à des travaux visant à améliorer la productivité agricole (arasement de haies, drainage, recalibrage de cours d’eau)), mais surtout les initiatives individuelles d’arrachage ont entraîné la disparition de près de deux tiers des linéaires de haies dans la deuxième partie du XXe siècle.

Évolution du paysage agricole dans la région du Bessin (Calvados) entre 1998 et 2011
Évolution du paysage agricole dans la région du Bessin (Calvados) entre 1998 et 2011. Fourni par l’auteur

Ces arrachages s’accompagnent d’une dégradation qualitative de la trame bocagère conservée (trouées, disparition de strates, taille sévère, etc.). Le rythme de ces transformations est toutefois variable d’un espace à l’autre, selon l’intensité des transformations agricoles (agrandissement des exploitations, système productif, structure de la haie), des représentations paysagères et du contexte physique local (sols, climat, etc.).

Fourni par l’auteur

Des haies qui peinent à rassembler

La haie est alors progressivement réinvestie par des acteurs extérieurs au milieu agricole à partir des années 1980, d’abord en réaction aux conséquences paysagères et environnementales des remembrements, puis plus récemment, dans le cadre d’une pensée plus globale, articulant les concepts de l’agroforesterie avec une critique du productivisme agricole.

Avec la recomposition sociale des espaces périurbains et ruraux (entrée en minorité des agriculteurs, arrivée de nouvelles populations), ce mouvement de patrimonialisation attribue à la haie de nouvelles fonctions qui ne relèvent plus uniquement d’une gestion agricole, mais concernent aussi un territoire de vie et un paysage pour ses habitants (amélioration de la qualité de l’eau, préservation de la biodiversité, valorisation du patrimoine paysager, etc.).

Visite d’une parcelle de prairie, en Puisaye. CPIE Yonne et Nièvre, CC BY

Ces changements de perception s’accompagnent d’une intégration progressive de la haie aux politiques publiques, qu’il s’agisse de subventionner les agriculteurs pour l’entretien et la gestion de leurs haies (mesures agro-environnementales et climatiques versées dans le cadre de la PAC), de replanter des haies autour des points de captage en eau potable pour en préserver sa qualité, ou encore de classer les haies d’une collectivité dans le cadre d’un plan local d’urbanisme (PLU). Il s’agit finalement de réconcilier agriculture, environnement et aménagement, trois sphères qui sont restées longtemps étrangères l’une à l’autre.

Des contradictions qu’il reste à surmonter

Pourtant, ce regain d’intérêt pour la haie n’a pas permis d’entraver son érosion si l’on en croit l’évolution pointée par le dernier rapport du Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux (CGAAER). Loin de s’arrêter, l’érosion du bocage s’est accélérée sur la période la plus récente, avec une perte estimée à 23 500 km/an entre 2017 et 2021.

Plusieurs raisons peuvent être avancées pour expliquer cette apparente contradiction.

La première relève d’une législation peu contraignante, peu incitative et complexe qui s’est mise en place très lentement et dont l’application sur le terrain est très inégale. Elle ne permet toujours pas de compenser de façon équitable les efforts de ceux et celles qui choisissent de maintenir leur haie ou d’en replanter.

La seconde s’explique par le décalage entre les raisons utilitaires pour lesquelles les haies ont été plantées, et celles pour lesquelles elles devraient aujourd’hui être préservées et/ou plantées, qui relèvent principalement du registre environnemental et patrimonial. Ce glissement dans les fonctions et usages de la haie n’est pas clairement assumé dans les politiques publiques actuelles, ce qui entretient une certaine confusion dans les objectifs poursuivis.

Enfin, la troisième relève de la contradiction entre le statut juridique de la haie, qui la place dans le cadre d’une gestion privée par un binôme exploitant agricole/propriétaire, et son statut social, qui l’identifie comme bien commun dont les multiples fonctions bénéficient à tous (biodiversité, mitigation des effets du changement climatique, régulation hydrologique, aménités paysagères, etc.).

Un objet très politique

L’évolution des haies (linéaire total, formes, fonctions) est ainsi guidée par les transformations techniques, foncières et productives de l’agriculture (agrandissement et spécialisation des exploitations, intensification, etc.), qui se poursuivent voir s’amplifient dans certains secteurs agricoles face à la dérégulation des marchés (élevage laitier, par exemple).

Un exemple d’évolution du paysage agricole après reprise du parcellaire d’une exploitation cessant son activité par une autre exploitation (Bessin, Calvados, 2007-2011). Les parcelles ont été regroupées et les haies intermédiaires arasées. Thibaut Preux, 2019, CC BY

De façon parallèle, on constate ces dernières années un foisonnement d’acteurs et d’outils d’action collective qui agissent sur le territoire en faveur du bocage. Si l’on considère que plus nombreux sont les acteurs qui s’engagent autour d’une cause, plus la visibilité de celle-ci s’accroît, cette dynamique devrait avoir des conséquences positives sur la réhabilitation de la haie.

Le bocage devient un outil de médiation entre parties prenantes dans la mesure où la haie, bien que propriété privée, s’inscrit désormais dans un commun qu’il s’agit de préserver, voire de restaurer, face à des enjeux plus globaux.

Régénération naturelle de haie, Yonne, avril 2024. Florence Pinton, Fourni par l’auteur

En tant qu’objet hybride, à l’interface de nature et sociétés, la haie peut trouver dans la transition écologique un cadre favorable à sa réhabilitation. Pour laisser de la place aux haies dans les champs et le long des routes, l’enjeu est tout autant dans la valorisation économique et écologique de ses fonctionnalités, dans les nouveaux apprentissages que cela suppose pour les agriculteurs, et sans doute, dans une rupture plus nette avec l’orientation productiviste du modèle agricole français. Ce sont bien nos rapports au vivant qui sont au cœur de cette transition, de la parcelle au territoire.

Florence Pinton Lescure, professeure socio-anthropologie de l’environnement, AgroParisTech – Université Paris-Saclay et Thibaut Preux, Maître de conférences en géographie, Université de Poitiers

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

La consommation écoresponsable et les jeunes : faites ce qu’on dit, pas ce qu’on fait ?

Découvrez dans cet avis-d’expert, les 3 raisons pour lesquelles les jeunes peinent à aligner leurs pratiques de consommation avec leurs convictions écologiques, le fameux, « green gap », rédigé par Sasha Séjaï, Doctorante en marketing durable et comportement du consommateur, Catherine Allix-Desfautaux, Maître de conférences en marketing, et Olivier Badot, Professeur des universités associé à l’IAE CAEN, Université de Caen Normandie.

Les comportements de consommation des jeunes générations ne correspondent souvent pas aux valeurs environnementales qu’ils affichent. Shutterstock

Sasha Séjaï, Université de Caen Normandie; Catherine Allix-Desfautaux, Université de Caen Normandie et Olivier Badot, ESCP Business School

Le « green gap », l’écart entre les valeurs affichées en matière d’environnement et les comportements de consommation réels est un phénomène particulièrement intrigant chez les jeunes générations. Malgré une conscience aiguë des enjeux et un militantisme écologique manifeste, les pratiques de ces consommateurs semblent notablement en contradiction avec leurs convictions.

Le facteur financier est souvent identifié comme le frein numéro un à une consommation plus responsable. La précarité financière de la jeunesse, qui doit souvent financer ses études, son logement ou son alimentation avec de maigres rentrées d’argent, la conduit souvent vers des biens et services abordables, mais moins respectueux de l’environnement : enseignes de fast-fashion, chaînes de restauration rapide, compagnies aériennes low cost

Ce n’est cependant pas la seule explication. D’autres éléments, physiques et cognitifs notamment, entrent en jeu et font l’objet de nos travaux de thèse en cours.

Comment les « influenceurs éthiques » incitent leur public à sauver la planète

Limiter les efforts physiques

Dans les modèles d’économie classique, l’Homo œconomicus cherche à satisfaire ses besoins tout en minimisant ses coûts qui peuvent être financiers mais pas uniquement. L’achat de produits écoresponsables peut représenter, par exemple, un coût physique notable. Contrairement aux produits de consommation courante disponibles aussi bien en hypermarchés qu’en épiceries de proximité, les produits labellisés sont souvent dispersés à la fois dans des grandes surfaces classiques, des enseignes spécialisées, voire, même chez des petits producteurs locaux. Le consommateur doit à la fois se déplacer dans différents points de vente mais aussi y consacrer un temps plus important.

Une étudiante nous explique :

« J’aime beaucoup les friperies, mais il y en a peu, ou alors on ne les trouve pas toutes au même endroit donc il faut se déplacer. Avec ce genre de produits, on ne sait d’ailleurs jamais si on va trouver ce qu’on souhaite, donc on part sans être certain. C’est pour cela que parfois je renonce et je me replie sur des boutiques classiques ou en ligne : au moins je suis certaine de trouver ce que je veux. »

Antigaspi, avec moins d’emballages et des produits moins transformés, le vrac aurait tout pour plaire mais les clients continuent de regimber. LP/Olivier Lejeune

De même, le recyclage des emballages exige un effort de tri mais aussi parfois de se déplacer dans les différents points de collecte. Il en va de même pour le vrac, très plébiscité en théorie par les consommateurs mais posant des problèmes d’utilisation et de gestion tant pour les clients que les points de vente. De nombreux points de vente sont d’ailleurs en train de faire marche arrière en la matière.

L’utilisation des transports en commun implique d’accepter de marcher davantage pour accéder aux arrêts de bus ou métro, d’être tributaire des horaires qui ne sont pas toujours compatibles avec nos emplois du temps mais également de bénéficier d’une autonomie réduite comparée à un véhicule personnel.

Chez les jeunes des marches pour le climat, chacun cherche son mode d’action – ALAIN PITTON / NurPhoto via AFP

Et tous ces éléments interagissent comme en témoigne une autre étudiante :

« Les magasins bio ne sont pas desservis par les transports en commun dans ma ville et comme je ne suis pas véhiculée, ça fait un bout à pied. »

Le bio séduit davantage de jeunes

Une autre poursuit :

« J’étais obligée d’aller en voiture jusqu’aux magasins spécialisés et une fois sur place je passais un temps fou à trouver les produits, surtout pour les alternatives végétales, car les rayons sont différents des supermarchés classiques. »

L’adoption d’une consommation durable exige ainsi souvent une implication physique individuelle accrue pour accéder à ces produits, ce qui peut constituer une barrière significative pour un grand nombre de jeunes consommateurs.

Eco-anxiété, solastalgie, impression d’être un ovni : c’est quoi cette « angoisse saine » qui touche les 16-25 ans
Selon une étude de The Lancet Planetary Health, 64 % des jeunes en France jugent que le gouvernement ne prend pas assez leurs craintes en considération. Et 66 % déclarent que l’État ne peut pas être digne de confiance. © Hans Lucas via AFP

Privilégier la simplicité

Du point de vue cognitif, la prolifération des labels joue un rôle déterminant. Les consommateurs sont souvent perdus face à la surcharge d’informations sur la composition et l’origine des produits. Ils doivent non seulement comprendre ce que signifient les différents labels, mais aussi évaluer leur fiabilité et leur pertinence par rapport à leurs convictions personnelles.

Une enquêtée souligne :

« Pour moi, si c’est cher c’est que c’est local alors que parfois non. Les marques jouent sur l’image, des campagnes très stéréotypées avec une petite Française et quand je rentre chez moi, je me rends compte que c’est fabriqué en Chine ou au Bangladesh. »

Les différents scandales sanitaires alimentent le manque de confiance des consommateurs mais donnent aussi l’impression que face à l’ampleur de la situation, l’impact individuel sera insignifiant. Aussi, les biais de confirmation, la tendance naturelle que tout un chacun a de privilégier les informations qui confortent ses croyances et préjugés, peuvent amener les consommateurs à se rabattre sur des choix de consommation plus familiers et moins durables.

Comment expliquer le succès des applis anti-gaspi ?

Une étudiante explique ses choix ainsi :

« Généralement je renonce par souci de sécurité. Sur les produits électroniques reconditionnés, par exemple, tout ce qui touche à la garantie est assez flou : on ne sait pas jusqu’où c’est pris en charge. Pour un peu plus d’argent, je peux en avoir un neuf avec toutes les garanties nécessaires. »

Enfin, l’influence prédominante des réseaux sociaux et des normes qu’ils véhiculent contribue à façonner des injonctions de consommation auxquelles de nombreux jeunes se réfèrent au moment de prendre une décision. Dans tous les cas, cette prolifération d’informations plus ou moins contradictoires génèrent une surcharge cognitive chez les consommateurs qui les conduit à privilégier la simplicité et le prix.

Sephora, Red Bull, Etam et L’Oreal ( de g. à dr.) figurent parmi les marques les plus puissantes sur les réseaux sociaux, Instagram et TikTok en tête.

L’observation plutôt que l’entretien

Pour proposer des solutions efficaces, il semble impératif de ne pas se fier exclusivement aux déclarations des individus qui se révèlent peu fiables dans la prédiction de leurs comportements. Dès 1992, l’ouvrage Néo-Marketing soulignait déjà le risque pour les entreprises de se fonder uniquement sur les déclaratifs et attitudes des consommateurs qui, animés par un désir de valorisation de soi, multiplient les discours vertueux.

Pour répondre à cette problématique, le recours à la méthode des itinéraires développée par le Professeur Dominique Desjeux, professeur émérite en anthropologie à l’Université de Paris, peut s’avérer pertinent. Ce procédé consiste à analyser comment un produit ou un service s’inscrit dans un réseau enchevêtré d’interactions sociales, depuis la phase de recherche et de sélection jusqu’à l’utilisation et l’élimination du produit. Et ce, à partir d’observations empiriques plutôt que d’entretiens porteurs de biais plus ou moins conscients. L’École des Cultural Studies au Royaume-Uni a de fait montré, dès les années 1950, combien l’appareillage des enquêtes de consommation reposant sur du déclaratif rendait peu ou faussement compte des modes de vie de classes sociales au faible capital culturel.

Le but de ces approches plus immersives est de comprendre le processus d’acquisition d’un bien en le replaçant dans le contexte social afin d’identifier les différentes contraintes qui influencent les choix du consommateur. La consommation est alors appréhendée comme un processus longitudinal, ce qui permet de ne pas négliger les espaces et les étapes de consommation où peut se manifester le green gap.

La sensibilisation et l’éducation des jeunes consommateurs constituent ici des leviers pour faciliter la transition vers de nouveaux comportements. Pour ce faire, une transparence et une simplification accrue des labels peut s’avérer déterminante et leur permettre de faire des choix plus éclairés. En parallèle, il est essentiel de communiquer sur les bénéfices personnels que peut offrir une consommation éco-responsable, que ce soit en termes de coûts financiers, de santé ou même d’expérience d’achat. Cette stratégie vise à démontrer aux jeunes que leurs choix personnels ont un impact positif sur l’environnement mais avant tout sur leur propre bien-être.

Sasha Séjaï, Doctorante en marketing durable et comportement du consommateur, Université de Caen Normandie; Catherine Allix-Desfautaux, Maître de conférences en marketing, Université de Caen Normandie et Olivier Badot, Professeur titulaire de la chaire « Retailing 4.0 », ESCP Business School

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

Un MOOC pour comprendre la crise écologique et réinventer l’entreprise

Le MOOC gratuit et multi niveaux : Transformer l’entreprise pour la transition écologique, lancé en 2021 en accès libre par le Collège des Directeurs Développement Durable – C3D, est disponible en anglais et en français. Il a déjà séduit 225 000 personnes et s’enrichit aujourd’hui d’un cinquième module : l’Entreprise à visée Régénérative, pour former à la nécessité de transformer les modèles d’affaires.

L’objectif de ce module est de présenter le cadrage général d’un nouveau concept d’entreprise qui prend en compte la réintégration du vivant dans son modèle d’affaires.

Aujourd’hui, la création de la valeur économique est synonyme de destruction des conditions d’habitabilité de la planète. Ce n’est évidemment pas soutenable pour les entreprises et le dérèglement climatique qui s’exacerbe nous le rappelle en permanence.  

Pour concevoir et réaliser ce nouveau module, le C3D s’est appuyé sur des contributeurs du REGEN’Ecosystem, L’Entreprise Symbiotique, Lumia, la CEC et Axa Climate.

MOOC « Comprendre la crise écologique pour réinventer l’entreprise »

L’urgence écologique nous met face à une évidence : notre modèle de société n’est pas soutenable, et si nous voulons survivre collectivement, nous allons devoir révolutionner nos modes de production, de consommation et nos habitudes de vie

Inventer ce monde soutenable nécessite des connaissances et des compétences bien précises qui ne sont pas encore enseignées. Le système éducatif nous prépare actuellement à un monde qui n’existera de toute façon plus d’ici quelques années. Et le problème est le même dans nos entreprises. Si elles veulent continuer à exister, il faut réinventer l’entreprise, la rendre contributive. Parce qu’il n’y a pas d’entreprise qui gagne dans un monde qui perd !

Rassembler étudiants et professionnels de tous horizons autour de cet enjeu fondamental qu’est la transformation durable de notre société, c’est ce que propose ce MOOC C3D / Collectif PRE, réalisé en partenariat avec 7 réseaux reconnus sur ces sujets : l’ADEME, la Conférence des Grandes Écoles, le Collectif Génération Responsable, le Comité 21, le MEDEF, l’ORSE et le UN Global Compact France.

Au programme…

Adapté à de nombreux secteurs d’activité et accessible peu importe notre niveau de connaissance, ce MOOC de 10h environ, permet d’avancer pas à pas à travers un programme ludique décliné en cinq modules :

  • « Comprendre la crise écologique » ;
  • « Notre modèle socio-économique au cœur de la crise écologique »
  • « Comment réinventer l’entreprise face à la crise écologique »
  • « Passer à l’action pour la transition écologique »
  • « l’Entreprise à visée Régénérative »

Un accompagnement par les meilleurs experts reconnus, climatologues, experts de la biodiversité, de l’énergie, des économistes et des acteurs engagés. Des personnalités telles que Jean-Marc Jancovici (Shift Project, Carbone4), Valérie Masson-Delmotte (CEA), Dominique Bourg (Université de Lausanne), Gilles Bœuf (Sorbonne Université), Kalina Raskin (Ceebios), Emery Jacquillat (Camif) ou encore Monica de Virigiliis (Chapter Zero France)… sont venues apporter leurs témoignages.

Étudiants ou salariés en entreprise, ce MOOC est fait pour tous ! Il est accessible gratuitement en français, et en anglais. Il permet également d’obtenir une certification garantissant les connaissances et compétences essentielles pour un monde plus durable ; des compétences reconnues et recherchées dans les entreprises d’aujourd’hui à valoriser lors d’une recherche d’emploi ou auprès des employeurs.

Un engagement commun pour la transformation des entreprises

« L’objet du MOOC est d’apporter les bases méthodologiques pour réinventer la façon de créer de la valeur, sans utiliser l’environnement ou les droits humains comme variable d’ajustement ! Nous remercions tous les experts, reconnus par leurs pairs, d’avoir apporté leurs connaissances pour la réalisation de ce MOOC. Nous savons que nombre de citoyens sont en attente de moyens concrets pour faire de la transition écologique une réalité tangible, les éléments contenus dans ce MOOC vont leur permettre d’en devenir des acteurs. »

Fabrice Bonnifet, Président du C3D.

Comprendre la crise écologique pour réinventer l’entreprise

MOOC sur coorpacademy.com

« Pour faire face à l’urgence écologique, nous considérons qu’il est essentiel que les étudiants et professionnels soient bien formés pour comprendre et intégrer les enjeux écologiques dans leurs métiers. Ce MOOC est fait pour toutes les entreprises et écoles qui veulent prendre les enjeux écologiques à bras-le-corps, et former l’ensemble de leurs étudiants et de leurs salariés. Il permet d’avoir une première approche des enjeux de l’urgence écologique, avec pour objectif de donner envie aux apprenants d’approfondir leurs connaissances et d’aiguiser leur sens critique quant à l’urgence écologique. »

Mathis Perdriau, du collectif Pour un Réveil Écologique.

Le méthane dans les stratégies d’atténuation : un enjeu majeur.

Les émissions de gaz à effet de serre (GES) sont calculées grâce à un outil comptable, le Pouvoir de Réchauffement Global (PRG), utilisé dans la plupart des travaux liés à la lutte contre le réchauffement climatique. Ce décryptage analyse les pistes d’amélioration de cet indicateur afin de mieux tenir compte des spécificités des différents GES dans leur contribution au réchauffement climatique, notamment le méthane.

Ce décryptage a été rédigé par Christian de Perthuis, Professeur d’économie à l’Université Paris Dauphine-PSL, Christian Couturier, Directeur général de Solagro, et Sophie Szopa, Directrice de recherche du CEA, Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (IPSL – Université Paris-Saclay)

Ce décryptage a pour objectif d’approfondir la question de l’instrument de mesure des effets du méthane sur le climat, et constitue un signal d’alerte sur ce sujet.
Face à des résultats insuffisants en matière de politique écologique, il peut être tentant de vouloir modifier l’indicateur de référence et ainsi de « casser le thermomètre ». C’est ce qui est en train de se passer en matière de pesticides à la suite des manifestations du monde agricole.
Cette même tentation pourrait exister également pour le méthane, qui donne lieu lui aussi à des tentatives de remise en cause. Pour pouvoir comparer et additionner les émissions des différents gaz à effet de serre (GES), la communauté internationale s’appuie sur un paramètre qui ramène tous les gaz à un « équivalent-CO2 ». Mais des voix s’élèvent pour proposer d’autres « métriques » qui, selon elles, autoriseraient à alléger l’effort de réduction des émissions pour atteindre la « neutralité » climatique. Le présent décryptage démontre que, malgré certaines utilisations possibles, celles-ci ne peuvent pas jouer le même rôle dans les inventaires, décisions et programmes d’action.
Ce texte s’inscrit dans toute une série de travaux de La Fabrique Écologique autour du méthane :
– un premier décryptage rédigé par Benjamin Dessus et Bernard Laponche1, plaidant pour une politique beaucoup plus active de diminution des émissions de ce gaz ;
– un deuxième rédigé par Christian Couturier et François Demarcq2 soulignant l’importance majeure de la réduction des émissions de méthane, renforcée par la durée de vie limitée de ce gaz dans l’atmosphère terrestre, et appelant à une action rapide et ordonnée dans notre pays dont les émissions « territoriales » proviennent essentiellement de l’élevage des ruminants ;
– et enfin une note sur « Les prairies et l’élevage des ruminants au cœur de la transition agricole et alimentaire » (octobre 2022) examinant notamment les enjeux liés au climat, à la biodiversité et à la santé publique pour proposer une vision et des propositions pour l’avenir de l’élevage des ruminants dans notre pays.
Le lecteur pourra aussi se reporter à tous ces travaux.

Résumé

Évolution de la teneur moyenne en méthane de l’atmosphère terrestre – Source : NOAA – avril 2022.

Pour comptabiliser les émissions et construire des stratégies de réduction, il est apparu nécessaire de disposer d’un équivalent entre tous les gaz à effet de serre (GES). Le pouvoir de réchauffement global (PRG), qui permet de calculer un équivalent-CO2, est la métrique choisie au niveau international et utilisée dans tous les accords. Elle intègre les effets de ces gaz, en général sur 100 ans, mais ne reflète qu’imparfaitement les dynamiques différentes entre gaz à vie très longue comme le CO2 (plusieurs siècles) et le méthane, dont le pouvoir de réchauffement est très élevé mais qui disparaît dans l’atmosphère en quelques dizaines d’années.

Trajectoires mondiales de neutralité suivant 3 métriques
Source : IPCC, Global Warming of 1,5°C, Special Report, 2019, P68.


D’autres métriques ont été proposées. Ce décryptage les examine et analyse les enjeux associés à leurs utilisations éventuelles, en complément ou en substitution au PRG. Cette problématique est cruciale, car des choix effectués découlent les décisions politiques concernant les trajectoires de réduction des émissions, dans un contexte de croissance rapide de la teneur moyenne en méthane de l’atmosphère terrestre.

PRG et PRG* en schéma
Source : auteurs

Les métriques alternatives proposées ne reflètent pas les caractéristiques intrinsèques du méthane vis-à-vis de son pouvoir réchauffant mais sont conçues pour tester l’effet de trajectoires contrastées. Elles peuvent s’avérer utiles à ce titre mais souffrent toutefois de fortes limitations : mémoire courte (déconnexion des « responsabilités historiques »), utilisations non fondées à l’échelle d’un seul pays ou secteur, etc. Ce décryptage montrent qu’elles ne peuvent donc pas jouer le même rôle que le PRG dans les inventaires, décisions et programmes d’action. Il recommande plutôt de continuer à perfectionner le calcul et l’utilisation du PRG pour la conduite de politiques ambitieuses.

Quatre modes d’utilisation du PRG
Source : simulation des auteurs (avec les PRG calculés dans le 5ème rapport d’évaluation du GIEC)

Introduction

On ne peut pas additionner des choux et des carottes, avons-nous appris à l’école élémentaire. De même, on ne peut pas additionner les tonnes de CO2 et les tonnes de méthane, les deux principaux gaz à effet de serre rejetés par l’activité humaine. Si on veut mesurer leurs contributions respectives au réchauffement global, on doit les convertir dans une unité commune.
La méthode standard, adoptée par la convention cadre de 1992 sur le climat, consiste à utiliser le « pouvoir de réchauffement global » sur 100 ans (PRG100) calculé et publié dans les rapports du GIEC. Comme toute convention comptable, cette méthode simplifie une réalité bien plus complexe.
A la suite de l’adoption de l’Accord de Paris, la COP de Katowice a précisé en 2018 que cette métrique standard doit être utilisée pour confectionner les inventaires d’émission de gaz à effet de serre (GES) permettant d’établir et de rendre compte des objectifs d’atténuation de chaque pays. Elle ajoute qu’il est possible, le cas échéant, de compléter ces informations à l’aide d’autres métriques issues des travaux du GIEC3.
Au-delà de la confection des inventaires, la métrique du PRG est utilisée de multiples façons dans l’action climatique. Elle est à la base des calculs d’empreintes carbone mesurant l’impact climatique des différents biens et services. Elle permet également de mettre au point des instruments tarifaires pour donner une valeur économique aux externalités climatiques du méthane.
Dans ce contexte, certains acteurs se sont exprimés en faveur d’utilisation de métriques alternatives pour mieux tenir compte des spécificités du méthane dans sa contribution au réchauffement du climat. Sur la période récente, une proposition a particulièrement retenu l’attention, en particulier pour le secteur de l’élevage des ruminants4 et 5: celle d’appliquer le PRG du méthane, non plus au montant absolu de ses émissions, mais à leur variation en utilisant un indicateur dénommé PRG*.
Cette note examine les principales méthodes mentionnées dans les travaux du GIEC pour calculer les équivalences climatiques du méthane et du CO2. Elle passe ensuite en revue leurs implications pour la conduite des politiques climatiques. Elle préconise enfin de maintenir la métrique actuelle tout en l’améliorant à mesure des progrès des connaissances scientifiques.

Sommaire

I – Les données du problème : le méthane réchauffe plus fort mais moins longtemps

II – La métrique du PRG et ses utilisations en matière d’action climatique

III – Les méthodes alternatives de conversion du méthane en équivalent-CO2

IV – Du PRG au PRG*

V – Une simulation numérique

VI – Retour au réel : le PRG* indicateur frappé d’amnésie

VII – Du bon usage du concept de « neutralité »

VIII – Ne pas changer de thermomètre Conclusion : améliorer la métrique actuelle pour accélérer l’action

Messages clés

Le pouvoir de réchauffement global (PRG) permet de calculer un équivalent-CO2 à tous les gaz à effet de serre et est utilisé dans tous les accords internationaux. Il intègre les effets de ces gaz, en général sur 100 ans, mais ne reflète qu’imparfaitement les dynamiques différentes entre gaz à vie très longue comme le CO2 (plusieurs siècles) et le méthane, dont le pouvoir de réchauffement est très élevé mais qui disparaît dans l’atmosphère en quelques dizaines d’années.

la cible de neutralité suivant 3 métriques
Source des données : CITEPA, inventaire national

D’autres métriques ont été proposées, qui visent à caractériser les effets des variations des émissions. Mais elles ne peuvent pas jouer le même rôle que le PRG dans les inventaires, décisions et programmes
d’action, dans un contexte de croissance rapide de la teneur moyenne en méthane de l’atmosphère terrestre. Mieux vaudrait donc continuer à perfectionner le calcul et l’utilisation du PRG pour la conduite de
politiques ambitieuses.

Conclusion : améliorer la métrique actuelle pour accélérer l’action

Du fait de la courte durée de séjour du méthane dans l’atmosphère et de son intensité radiative élevée, il n’est pas possible d’avoir une équivalence climatique totale entre méthane et CO2. Comme le soulignent les travaux de recherche s’étant penchés sur la question, il n’y a pas de solution idéale pour opérer cette conversion des deux gaz en unité commune.
Une voie pour faire face à cette difficulté serait d’utiliser plusieurs métriques, par exemple suivant les horizons temporels visés ou l’historique des émissions passées. Si la pluralité des indicateurs est nécessaire pour la compréhension des mécanismes physiques, elle ne répond pas aux besoins de l’action climatique qui exige d’aligner les engagements des États et les comportements des acteurs grâce à une métrique unique. Comme dans l’économie des flux monétaires, la coexistence de deux métriques ou de deux monnaies serait très contreproductive.
Le meilleur des compromis possibles nous semble de conserver la métrique traditionnelle du PRG100 permettant d’aligner les stratégies d’atténuation des acteurs, tout en l’améliorant au gré des progrès de la connaissance scientifique. Sous cet angle, un apport utile sera d’intégrer les apports du 6ème rapport d’évaluation du GIEC qui distingue le PRG du méthane d’origine biogénique de celui rejeté par l’industrie des énergies fossiles.
Cette distinction permet de mieux positionner le secteur agricole, premier émetteur de méthane, dans les stratégies d’atténuation6. De par son caractère biogénique, les émissions de ce secteur devraient être comptabilisées avec un PRG100 légèrement plus faible que celui utilisé pour l’industrie des fossiles. Par ailleurs, les scénarios de stabilisation de la température à terme sont compatibles avec le maintien d’émissions résiduelles d’origine agricole à un niveau nettement plus bas que celles de la période récente. En revanche, l’utilisation du PRG* pour suggérer l’existence d’une neutralité atteinte sitôt que les rejets de méthane se stabilisent n’a pas de justification sérieuse au plan scientifique.
Pour renforcer l’action d’atténuation, il conviendrait également d’améliorer la qualité et la fiabilité des inventaires nationaux de GES qui constituent l’infrastructure sur laquelle repose l’établissement et le suivi des politiques d’atténuation. Pour les rejets de méthane d’origine fossile, les progrès de l’imagerie satellitaire suggèrent que les inventaires nationaux sont fortement sous-estimés7 et 8. Les émissions de méthane provenant de l’agriculture et de la gestion des déchets sont dans de nombreux pays calculés à partir de coefficients forfaitaires (méthodologie dite « Tier 1 ») qui simplifient la réalité. Pour mieux guider les actions de réduction, il conviendrait d’encourager la mise en œuvre de méthodes plus fines de calcul, documentées dans les guides méthodologiques du GIEC, mais encore trop rarement utilisées car demandant plus de moyens.
Autre voie prometteuse : la confection de budgets méthane associés aux budgets carbone calculés par le GIEC qui sont devenus des outils largement utilisés pour orienter l’action climatique. Le calcul des budgets méthane pose cependant de grandes difficultés méthodologiques du fait de la difficulté à caractériser les flux d’émission naturels et anthropiques9. Ainsi, sur la période récente, l’augmentation rapide du stock atmosphérique de méthane ne s’explique pas par les émissions anthropiques calculées dans les inventaires (annexe 4).
La comptabilisation du méthane repose sur le calcul de ses émissions et la métrique utilisée pour le convertir en équivalents CO2. Pour l’améliorer, l’urgent n’est pas de changer le thermomètre existant, mais de continuer à le perfectionner en fonction de l’évolution des connaissances.

Lire aussi :

  1. « Climat : omerta sur le méthane », janvier 2017 ↩︎
  2. « L’urgence de réduire les émissions de méthane – Focus sur l’élevage », novembre 2022 ↩︎
  3. FCCC/PA/CMA/2018/3/Add.2,, Decision 18/CMA.1, P.25 : https://unfccc.int/resource/tet/0/00mpg.pdf ↩︎
  4. Caspar L Donnison and Donal Murphy-Bokern 2024, Are climate neutrality claims in the livestock sector too good to be true? Environ. Res. Lett. 19 011001DOI 10.1088/1748-9326/ad0f75. ↩︎
  5. GWP* More Useful in Measuring Warming Cause by Livestock Methane Emissions, CLEAR center, UC-Davis, January 2023. ↩︎
  6. FAO. 2023. Methane emissions in livestock and rice systems – Sources, quantification, mitigation and metrics. Rome : https://doi.org/10.4060/cc7607en ↩︎
  7. T. Lauvaux et ali. Global assessment of oil and gas methane ultra-emitters, SCIENCE, 3 Feb 2022,Vol 375, Issue 6580 ,pp. 557-561 : DOI: 10.1126/science.abj4351 ↩︎
  8. https://www.cnrs.fr/fr/presse/des-emissions-massives-de-methane-par-lindustrie-petroliere-et-gaziere-detectees-depuis ↩︎
  9. Saunois, M. & ali., The Global Methane Budget 2000–2017, Earth Syst. Sci. Data, 12, 1561–1623, https://doi.org/10.5194/essd-12-1561-2020, 2020. ↩︎

Introduction à l’entreprise régénérative  : un parcours 100% digital de Butterfly School

La Butterfly School propose un parcours 100% digital pour penser croissance et décroissance, performance et ralentissement, observer les transformations possibles des modèles économiques, appliquer les principes du vivant au business, déconstruire l’entreprise pour mieux la recréer ensemble. Butterfly est un mouvement co-créé par AXA Climate, LUMIÅ, La Jolie Prod et Regenerescence pour amorcer une transition concrète vers l’idéal de l’entreprise régénérative.

Cette formation propose un mélange de vidéos, d’interviews, d’exercices pédagogiques et de lives hebdomadaires avec des experts et la communauté.

Elle s’adresse aux entreprises désireuses d’aller au-delà de la réduction d’impacts négatifs, pour se mettre sur la voie du régénératif, c’est à dire pour apprendre à opérer dans le respect des limites planétaires, en accord avec les principes du vivant.

La formation propose une double approche :

  • Business : autour de la transformation des modèles économiques, via le décryptage de cas concrets et variés d’entreprises qui ont ouvert la voie du régénératif.
  • Culturelle : pour questionner en profondeur la logique volumique du “toujours plus” et changer le regard qu’on porte sur l’entreprise.

S’inspirer des principes du vivant

Se connecter à la formidable capacité de création des systèmes vivants pour s’approprier leurs principes et les intégrer à nos quotidiens.

Le fascinant principe de sous-optimalité

L’exemple de la photosynthèse est éloquent. La capacité des plantes à capter la lumière du soleil et à la transformer en une autre type d’énergie est très faible. Quand un panneau solaire transforme jusqu’à 30% des photons en électricité, la photosynthèse plafonne péniblement à 2%. Mais cette sous-optimalité d’apparence dissimule une robustesse phénoménale. La couleur verte, en effet, absorbe bien moins l’énergie dans le spectre lumineux que le noir. Mais elle permet de capter la lumière même lorsque celle-ci est très faible (dans une forêt très dense et obscure, sous un ciel très nuageux plusieurs jours d’affilée…). Cela garantit une régularité pour l’organisme de la plante.

Imaginez que la nature décide d’optimiser la photosynthèse et de foncer le vert de ses feuilles jusqu’à tendre vers le noir. Son rendement s’en trouverait amélioré et les plantes aux feuilles sombres pourraient alors transformer en énergie 12 à 13% des rayons du soleil. Ce qu’elles gagneraient en rendement, elles le perdraient en capacité à capter la lumière dans des conditions d’obscurité prolongée.

La recherche de la performance a été remplacée par celle de la robustesse et de la résilience. La sous-optimalité sert à ça : être prêt à résister en temps de crise.

Déconstruire l’entreprise volumique

Avec simplicité, humour et empathie, il nous faut comprendre et déconstruire la logique volumique à l’œuvre dans la plupart de nos entreprises actuelles. Logique largement responsable des crises écologiques de notre époque.

Réduire nos impacts négatifs sur la planète ne suffit pas. Notre enjeu collectif : transformer nos entreprises extractives en entreprises régénératives.

nous transformons nos business models, nos organisations, nos missions collectives.

Nous changeons de paradigme : nos entreprises sont des êtres vivants, en connexion avec le reste du vivant.

Dévoiler l’entreprise régénérative

Apprendre à substituer à cette logique volumique le mouvement régénératif et acquérir des outils concrets. Découvrir l’entreprise comme un système vivant, intimement liée à des écosystèmes vivants, avec lesquels elle va entrer en équilibre.

La boussole des principes du vivant

L’exemple de Playa Viva et le tourisme régénératif

Rien à voir avec les hôtels 5 étoiles de la côte, leurs piscines bétonnées et leur nourriture industrielle. Lors de la conception de Playa Viva, il y a 15 ans, David a posé une intention pour ce resort : qu’il s’attache à régénérer son territoire, les communautés aux alentours et ses clients. Voire pourquoi pas créer un nouveau marché : le tourisme régénératif.

Il a fallu d’abord comprendre le lieu, son histoire, ses traditions, ses contraintes physiques, géologiques, hydrologiques. Puis il a fallu construire sans détruire, renoncer, faire des investissements osés et des choix ambitieux de réduction d’impacts. Il a fallu embarquer des clients dans l’aventure d’une nouvelle façon de voyager.

En repartant de la singularité de son territoire, Playa Viva a renoncé à considérer la performance financière comme une fin en soi et a commencé à la voir comme un moyen. Un moyen de vivre « bien » tout en dédiant une partie de la richesse accumulée à la préservation et à la régénération d’un lieu, de ses conditions de vie, de la vitalité de ses habitants et de son écosystème naturel.

Quinze ans plus tard, Playa Viva s’est développé sur le terreau de cette intention originelle, a tissé un réseau économique à l’échelle du bassin versant, a ramené l’eau sur un sol aride, tout en ouvrant un nouveau marché.

Pour tout comprendre, et pour rêver un peu, voici la vidéo :

Butterfly School – Playa Viva

Le Projet Butterfly

Accompagner les entreprises sur
le chemin du régénératif

Une entreprise régénérative opère comme un système vivant, dans le cadre des limites planétaires.

Elle se met au service des écosystèmes vivants, humains comme non-humains, pour régénérer les conditions de la vie sur Terre. Quels que soient sa taille, son territoire, son secteur d’activité, une entreprise peut s’engager sur le chemin du régénératif et faire basculer son modèle économique, sa culture et son organisation.

Les Éclaireurs

Une quarantaine d’éclaireurs français et internationaux – scientifiques, économistes, philosophes, activistes, entrepreneurs – partagent leur expérience et leur vision du monde pour nous aider à comprendre les défis de la régénération et reconsidérer notre lien au vivant humain et non humain, sous des points de vue nuancés et variés.

La démarche de Butterfly est née de trois intentions simultanées :

Réconcilier

Business et Culture pour permettre la mise en mouvement concrète d’entreprises en tant que systèmes vivants.

Faire évoluer

ensemble notre façon de voir le monde.

Régénérer

un champs de pratique dans lequel chaque système vivant développe ses capacités et son potentiel.

Le projet s’articule aujourd’hui autour de trois activités :

  • La formation, avec la Butterfly School qui donne des outils aux entreprises pour se mettre sur le chemin du régénératif
  • L’accompagnement à la transformation régénérative des entreprises sur leur modèles économiques, leur culture, leur organisation, leurs fonctions clés (Marketing, RH, Investissements,…)
  • L’ancrage des entreprises sur les territoires en lien avec les sujets géologie, eau, biodiversité, communautés,…

2023, année de croissance pour la finance solidaire

Un succès ininterrompu. C’est ce que confirme le nouveau baromètre de la finance solidaire FAIR. En 2023, les encours ont progressé de 15%, passant d’un total de 26,3 milliards d’euros à 30 milliards d’euros. Depuis 2008, c’est la troisième meilleure année de collecte d’épargne solidaire en valeur absolue, derrière 2020 et 2021. Le baromètre est publié dans La Croix du 19 juin.

FAIR et le quotidien La Croix viennent de publier la 22ᵉ édition du Baromètre de la finance solidaire !

Baromètre de la finance solidaire : tout pour mieux comprendre la finance solidaire et son évolution

Ce mercredi 19 juin, le Baromètre de la finance solidaire 2024, publié dans les pages du quotidien La Croix, vous dévoile :

  • les grandes tendances et l’impact de la finance solidaire en France (chiffres consolidés par l’Observatoire de la finance à impact social au 31/12/2023)
  • des reportages centrés sur des initiatives citoyennes qui ont vu le jour ou se sont développées grâce à la finance solidaire : Fermes en vie (Feve), Moulinot et Local en bocal
  • la liste des placements labellisés Finansol ainsi que des informations pratiques
  • et l’interview de Muhammad Yunus, prix Nobel de la paix en 2006

« Après une croissance ralentie en 2022, à + 7,4 %, le cru 2023 a renoué avec le rythme d’avant-Covid, à savoir une hausse entre 15 et 20 % »

Patrick Sapy, directeur général de FAIR.

+17,6%

C’est la hausse de l’épargne salariale soli- daire en 2023. Celle-ci augmente à un rythme plus soutenu que l’épargne salariale classique. La part du solidaire continue donc de croître au sein de l’épargne salariale : elle en représen- tait 9,5 % en 2023 contre 8,4 % en 2021

Quels établissements et entreprises proposent des placements labellisés Finansol ?

4,4 milliards d’euros.

C’est l’encours des fonds solidaires au sein des fonds communs de placement, Sicav et unités de compte des contrats d’assurances-vie. Ils ont bénéficié d’une forte augmentation en souscriptions nettes (550 millions d’euros) et d’un effet de marché positif de 400 millions d’euros.

Comment devenir épargnant solidaire ?

Épargner solidaire, c’est facile et accessible à tous !

Vous avez des économies et souhaitez les faire fructifier tout en soutenant l’accès à l’emploi, à la santé ou au logement, l’écologie ou encore l’entrepreneuriat dans les pays en développement ? Optez dès maintenant pour une économie plus respectueuse des hommes et de l’environnement : épargnez solidaire. Trois possibilités s’offrent à vous.

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VIA UNE ENTREPRISE SOLIDAIRE

« Le côté désintéressé de l’être humain est refoulé par le système capitaliste »

Muhammad Yunus, qui a sorti des millions de pauvres de la misère à l’aide du microcrédit, veut refonder le capitalisme grâce à l’altruisme. Il estimeque c’est la seule solution pour permettre à l’humanité de répondre aux défis sociaux et environnementaux auxquels elle est confrontée.

Dans votre livre « Vers une économie à trois zéros« , vous affirmez que le capitalisme a échoué
et que le « social business » permettra de se débarrasser de la pauvreté, du chômage
et des émissions de carbone. N’est-ce pas un peu utopique ?

M. Y. : Je ne vois pas comment le capitalisme pourrait régler le réchauffement climatique, le chômage ou les inégalités, puisqu’il a engendré toutes ces problématiques. Le capitalisme a poussé l’être humain à chercher le maximum de profits comme si celui-ci était seulement guidé par son intérêt particulier. Moi, je constate depuis quarante ans que les êtres humains ne sont pas uniquement égoïstes. Ils
sont également altruistes. Ils travaillent pour gagner de l’argent mais aussi pour améliorer la société,
l’environnement, aider les autres… Le côté désintéressé est totalement refoulé par le système capitaliste aujourd’hui. C’est pourquoi le « social business » complète le capitalisme. Si gagner de l’argent participe au bonheur, régler des problèmes sociaux ou environnementaux grâce à votre argent vous rendra encore plus heureux, c’est une expérience extraordinaire. Si vous ne me croyez pas, essayez !

L’usine de la Grameen Danone Foods produit des yaourts enrichis en micronutriments à des prix abordables, à Bogra (Bangladesh), depuis 2006. Sandro Di Carlo Darsa/Danone Communities

Baromètre FAIR La Croix 2024-2025

77% des Français ont adopté la sobriété énergétique pour faire baisser leurs factures

En partenariat avec Ipsos, l’Observatoire E.Leclerc des Nouvelles Consommations a interrogé les Français sur leurs pratiques en matière de sobriété énergétique. Il en ressort que les consommateurs ont largement adopté de nouveaux gestes d’économie d’énergie, principalement pour faire baisser leurs factures. Mais alors qu’ils aimeraient aller encore plus loin dans leur démarche, ils se considèrent mal accompagnés et mal informés pour être en mesure de le faire.

60% des Français ont adopté au moins une nouvelle pratique d’économie d’énergie en 2023

LES DÉPENSES ÉNERGÉTIQUES : UN POSTE DE DÉPENSE IMPORTANT AU SEIN DES FOYERS FRANÇAIS, NOTAMMENT EN MILIEU RURAL.

Les dépenses énergétiques représentent un poste budgétaire important pour les foyers français. La facture d’énergie (électricité, gaz, fioul) dédiée à leur logement s’élève à 138,8 euros en moyenne par mois (en zone rurale, elle atteint 155,8 euros/mois).

EN 2023, 6 FRANÇAIS SUR 10 ONT ADOPTÉ DE NOUVEAUX GESTES POUR RÉDUIRE LEUR CONSOMMATION D’ÉNERGIE.

C’est pourquoi, afin de réduire leur consommation d’énergie, 60% des Français ont adopté au moins un nouveau geste en 2023. Cet objectif d’économies (77 %) arrive d’ailleurs bien loin devant celui de la protection de l’environnement (18%).

UNE PROPORTION IMPORTANTE DE FRANÇAIS A D’ORES ET DÉJÀ INVESTI FINANCIÈREMENT POUR DIMINUER LEUR CONSOMMATION EN FAISANT RÉALISER DES TRAVAUX D’ISOLATION PAR EXEMPLE.

Alors que 99% de la population affirme avoir déjà mis en place des pratiques énergétiques auparavant, en moyenne, 13 nouveaux gestes ont été adoptés par les Français l’année dernière. Il s’agit en priorité de gestes simples à réaliser au quotidien, comme :

  • ●  Limiter en permanence le chauffage à 19 degrés dans toutes les pièces en hiver la journée (21% vs 51% qui avaient déjà adopté ce geste)
  • ●  Éteindre toujours ses appareils en marche, ou en veille, lorsqu’ils ne sont pas utilisés (20% vs 58%)
  • ●  Privilégier une douche rapide à un bain (19% vs 70%)
EN 2023, LES GESTES LES PLUS ADOPTÉS POUR RÉDUIRE LEUR CONSOMMATION D’ÉNERGIE SONT D’ABORD DES GESTES DU QUOTIDIEN.

Des gestes que les Français affirment majoritairement (75%) vouloir faire perdurer dans le temps, même si les prix de l’énergie reviennent à baisser.

EN REVANCHE, LES GESTES NÉCESSITANT DES INVESTISSEMENTS FINANCIERS RENCONTRENT PLUS DE FREINS, EN PARTICULIER CHEZ LES LOCATAIRES QUI AIMERAIENT POURTANT QUE CES TRAVAUX SOIENT FAITS.

En revanche, les nouvelles pratiques qui nécessitent un investissement financier peinent à convaincre. Si les Français affirment qu’ils aimeraient pouvoir réaliser des travaux au sein de leur habitat, ils déclarent ne pas en avoir les moyens notamment en ce qui concerne le fait d’installer des panneaux solaires (41%), une chaudière individuelle à haute performance énergétique (35%), ou encore de réaliser des travaux d’isolation (31%).

DES GESTES ADOPTÉS EN PRIORITÉ POUR DIMINUER LA FACTURE ÉNERGÉTIQUE, LA SAUVEGARDE DE L’ENVIRONNEMENT ARRIVE LOIN DERRIÈRE.

Le véhicule utilisé par les usagers représente quant à lui, un poste de dépense conséquent dans le budget des Français. Les automobilistes affirment que leur facture mensuelle dédiée (carburant et entretien) s’élève en moyenne à 112,3 euros par mois (130,7 euros en zone rurale). Près d’1 usager sur 4 envisage d’ailleurs d’acheter un véhicule électrique d’ici 5 ans (22%) et cela séduit encore davantage les jeunes de 18-24 ans qui sont 42% à l’envisager.

PLUS D’1 FRANÇAIS SUR 4 ENVISAGE D’ACHETER UN VÉHICULE ÉLECTRIQUE D’ICI MOINS DE 5 ANS, UN SOUHAIT PLUS FORT CHEZ LES CATÉGORIES LES PLUS AISÉES.

Avec ces nouvelles pratiques mises en place, 51% des Français constatent avoir réalisé des économies d’énergie et cela leur a permis de gagner en pouvoir d’achat. Cet impact perçu reste néanmoins modéré et les économies financières réalisées limitées :

●  46% : constatent des économies réalisées entre 11 et 50 euros

●  27% : 10 euros économisés ou moins

●  Et, pour seulement 13%, plus de 50 euros

PLUS D’1 FRANÇAIS SUR 2 ESTIME AVOIR PU RÉALISER DES ÉCONOMIES D’ÉNERGIES EN ADOPTANT DES GESTES POUR RÉDUIRE SA CONSOMMATION MAIS LEUR IMPACT EST PERÇU COMME MODÉRÉ.

Dans la majorité des cas, ces économies réalisées ont servi à financer des dépenses indispensables.

DANS LES FAITS, LES ÉCONOMIES RÉALISÉES PAR LES FRANÇAIS RESTENT LIMITÉES…

40% des consommateurs affirment qu’ils les ont utilisés par exemple pour l’alimentation ou les frais de santé… 28% ont épargné leurs économies, et seuls 20% en ont profité pour faire des achats plaisirs (loisirs, vêtements…).

… ET DANS LA MAJORITÉ DES CAS, CES ÉCONOMIES ONT ÉTÉ UTILISÉES POUR FAIRE FACE À DES DÉPENSES INDISPENSABLES.

Pour 92%, faire baisser la facture est un enjeu essentiel. Néanmoins, près d’1 Français sur 2 n’a pas connaissance des investissements qu’il pourrait mettre en place pour continuer à faire des économies d’énergies

PRÈS D’1 FRANÇAIS SUR 2 ESTIME QU’IL LUI SERA DIFFICILE D’ADOPTER PLUS DE GESTES POUR FAIRE PLUS D’ÉCONOMIES D’ÉNERGIE

Bien que les Français envisagent de faire perdurer leurs nouvelles habitudes, 47% considèrent qu’il leur sera difficile d’aller encore plus loin dans l’adoption de nouveaux gestes (notamment 60% des personnes âgées de 70 ans ou plus). Pour autant, la majorité des Français (60%) prévoit tout de même d’essayer d’en faire davantage dans les mois à venir (72% des plus jeunes, entre 18 et 24 ans).

MAIS LA MAJORITÉ D’ENTRE EUX PRÉVOIE DE LE FAIRE, MÊME SI SEULEMENT 1 FRANÇAIS SUR 10 DIT QU’IL LE FERA CERTAINEMENT.

Faire baisser la facture représente un enjeu important, voire essentiel pour l’ensemble des consommateurs (92%) et, parmi eux, principalement pour les locataires de leurs logements (94%).

MAIS LA MAJORITÉ D’ENTRE EUX PRÉVOIE DE LE FAIRE, MÊME SI SEULEMENT 1 FRANÇAIS SUR 10 DIT QU’IL LE FERA CERTAINEMENT.
ET LES FRANÇAIS SONT MAJORITAIREMENT CONVAINCUS DE POUVOIR FAIRE PLUS D’ÉCONOMIES D’ÉNERGIE, EN PARTICULIER DANS LEURS GESTES DU QUOTIDIEN.

Si les Français sont prêts à faire des efforts, près d’1 sur 2 avoue ne pas avoir connaissance des investissements qu’il pourrait mettre en place pour aller plus loin dans sa démarche d’économie d’énergie, ni connaissance des aides dont il pourrait disposer pour y arriver.

PRÈS D’1 FRANÇAIS SUR 2 NE CONNAÎT PAS LES INVESTISSEMENTS QU’IL POURRAIT FAIRE POUR FAIRE PLUS D’ÉCONOMIES ET LES AIDES DONT IL POURRAIT DISPOSER POUR Y ARRIVER.

En matière de sobriété énergétique, les Français attendent avant tout que les acteurs de l’énergie (82%), ainsi que les pouvoirs publics (81%) puissent les informer sur les bons comportements à adopter. Ils ont aussi des attentes envers les enseignes de grande surface, qui ont, pour près de 7 Français sur 10 (67%), un rôle à jouer.

POUR LES ACCOMPAGNER, LES FRANÇAIS ESTIMENT QUE LES ACTEURS DE L’ÉNERGIE ET LES POUVOIRS PUBLICS SONT LES MIEUX PLACÉS MAIS PRÈS DE 7 FRANÇAIS SUR 10 CONSIDÈRENT QUE LES ENSEIGNES DE GRANDE SURFACE ONT UN RÔLE À JOUER.

Les consommateurs sont aussi nombreux à considérer que les commerçants doivent fournir des efforts pour mettre en place des mesures efficaces (52% le considèrent pour les petits commerçants, 32% pour les enseignes de grande distribution).

LES FRANÇAIS ATTENDENT AUSSI PLUS D’EFFORTS EN MATIÈRE DE MESURES DE SOBRIÉTÉ ÉNERGÉTIQUE DE LA PART DE LA GRANDE DISTRIBUTION.

Méthodologie : Enquête réalisée par Ipsos, sur un échantillon de 1000 personnes interrogées par internet du 12 au 18 mars 2024 et respectant la méthode des quotas appliquée au sexe, à l’âge, à la profession, à la région et la catégorie d’agglomération.

Le marché français atteint un record selon l’Observatoire de l’Énergie Solaire Photovoltaïque

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Le marché solaire français confirme sa vigueur avec un rythme de raccordement trimestriel proche du gigawatt selon la 50ème édition de l’Observatoire de l’énergie solaire photovoltaïque. Il aura fallu du temps, mais la dynamique semble désormais enclenchée, déclare Antoine HUARD, Président de France Territoire Solaire.

Le volume des raccordements solaires atteint un record historique au 1er trimestre 2024


50ème édition de l’Observatoire de l’énergie solaire photovoltaïque
Evolution du parc photovoltaïque dans le Monde

La filière solaire française déploie des installations de toutes tailles, qui répondent à une forte demande des particuliers, des entreprises et des territoires.

Antoine HUARD, Président de France Territoire Solaire
Production d’électricité photovoltaïque en France

Afin d’assurer la pérennité de cette dynamique, la visibilité et la stabilité des dispositions réglementaires sont plus que jamais indispensables.

Antoine HUARD, Président de France Territoire Solaire
Analyse du parc photovoltaïque français

« L’instabilité autour de l’arrêté tarifaire sur les installations de 100 à 500 kW et la moindre visibilité du fait de la situation politique sont de nature à altérer la dynamique économique, l’investissement et l’emploi des entreprises du secteur, ainsi que toutes les retombées positives qui l’accompagnent – en termes de recettes fiscales pour les collectivités, de souveraineté industrielle ou de décarbonation »

Antoine HUARD, Président de France Territoire Solaire
Analyse du marché de l’autoconsommation

Par rapport au dernier trimestre, ce 1er trimestre est marqué :

  • par une légère hausse du segment «autoconsommation» (totale ou partielle), restant à un niveau très haut avec plus de 54 000 installations raccordées
  • par une stabilité du segment des installations domestiques (<9 kW), avec 186 MW raccordés,
  • par une légère hausse du segment des moyennes toitures (9à100kW), avec 112 MW raccordés,
  • par une très forte hausse du segment des grandes toitures (100 à 250 kW), avec un volume raccordé de 316 MW, ce qui est un record absolu.
  • par une hausse notable du segment des très grandes toitures (250 kW à 1 MW), avec un volume raccordé de 21 MW,
  • par une baisse significative du segment des grandes installations (1 MW et +), avec 277 MW raccordés.

La part d’électricité photovoltaïque dans la consommation brute d’électricité en France est de 2,2% au 1er trimestre 2024

50ème édition de l’Observatoire de l’énergie solaire photovoltaïque
Projets en file d’attente

La file d’attente sur le réseau de distribution est à nouveau marquée par une hausse par rapport au précédent trimestre. La file d’attente sur le réseau de transport n’est pas connue. Nous observons donc que le stock de projets atteint 23 GW au terme de ce 1er trimestre 2024.

Évolution des tarifs d’achat d’électricité solaire photovoltaïque en France

Le prix de marché de l’électricité est revenu aux environs de 60 €/MWh.

50ème édition de l’Observatoire de l’énergie solaire photovoltaïque

50ème édition de l’Observatoire de l’énergie solaire photovoltaïque

Comment concilier les enjeux économiques et les impératifs écologiques dans la gestion des déchets par les commerçants ?

A l’approche des Jeux Olympiques, la gestion des déchets des 153 000 commerces, 34 000 cafés, hôtels et restaurants d’Ile-de-France est une question incontournable au regard de la transition écologique. Les textes et normes applicables se sont multipliés depuis le début des années 90 et ont pu conduire à une complexification des démarches de prévention, de tri et de recyclage. Face à ce constat, la CCI Paris Ile-de-France a publié un rapport : « La gestion des déchets par les commerçants d’Ile-de-France : concilier les enjeux économiques et les impératifs écologiques ». Objectifs : dresser un état des lieux de la réglementation et proposer des pistes de réponse pour concilier enjeux économiques et impératifs écologiques.

Gestion des déchets par les commerçants d’Ile-de-France

La transition écologique est un enjeu incontournable et un levier de compétitivité pour les entreprises, quel que soit leur secteur d’activité.

Les entreprises sont engagées de longue date, notamment concernant la prévention et la gestion des déchets. Les obligations en la matière n’ont cessé de se multiplier depuis le début des années 1990 et sous l’impulsion de la loi du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage pour une économie circulaire dite « loi AGEC ».

Les professionnels les plus directement impactés par l’afflux de voyageurs, notamment pendant les J0, sont les commerces, cafés, hôtels et restaurants. Tous sont volontaires et conscients des enjeux mais face aux contraintes organisationnelles et financières, le contexte réglementaire et opérationnel des entreprises gagnerait à être clarifié.

État des lieux de la réglementation et des objectifs à atteindre en matière de prévention et de réduction des déchets

ÉTAT DES LIEUX DE LA RÉGLEMENTATION ET DES OBJECTIFS À ATTEINDRE EN MATIÈRE DE PRÉVENTION ET DE RÉDUCTION DES DÉCHETS

Enjeu majeur du XXIe siècle, la transition écologique impose de revoir l’organisation des entreprises mais aussi les modes de consommation. En matière de gestion des déchets, l’accent est mis sur la prévention, le tri et le recyclage. A titre d’exemple, la loi AGEC prévoit à l’échelle nationale la fin progressive de tous les emballages en plastique à usage unique d’ici 2040 ou encore le réemploi de 5 % des emballages mis sur le marché en France en 2023.

Des objectifs ambitieux et des échéances proches … Cela nécessite de faire appel à de nouveaux outils et de repenser les habitudes comme l’ensemble d’un système. D’où la mobilisation de plusieurs leviers par l’État, tous plus ou moins connus des entreprises mais dont la mise en œuvre à grande échelle est loin d’être généralisée.

Leviers en amont de la collecte des déchets :

  • l’éco-conception qui passe, par exemple, par la diminution de la masse de l’emballage ou l’augmentation de la recyclabilité
  • l’extension des filières de Responsabilité Élargie aux Producteurs (REP, reposant sur le principe « pollueur-payeur »), notamment celle des emballages professionnels issus du secteur de la restauration
  • la responsabilité sociale environnementale (RSE) par laquelle les entreprises identifient les risques environnementaux et sociétaux résultant de leur activité, de celle de leurs filiales, de leurs fournisseurs et de leurs sous-traitants.

Leviers en aval de la collecte des déchets :

  • l’obligation de tri de 5 à 9 flux : en 2016 cela visait le papier, le carton, le métal, le plastique, le verre et le bois. D’autres flux ont été ajoutés ou le seront, comme le tri des textiles programmé pour le 1er janvier 2025
  • la consigne pour réemploi : emballage pour lequel l’acheteur verse une somme d’argent (la consigne) qui lui est rendue lorsqu’il retourne l’emballage afin que ce dernier soit réemployé
  • la consigne pour recyclage : en échange d’une contrepartie (financière par exemple), les consommateurs rapportent leurs contenants vides en vue de leur recyclage
  • la collecte des biodéchets : déchets alimentaires ou végétaux. Ils représentent 30 % des déchets ménagers en France (source : Ademe)

Le commerçant joue un rôle fondamental dans la gestion des déchets produits par son activité, d’autant qu’il doit faire de la prévention et de la sensibilisation auprès de sa clientèle. Sur ce dernier point, les obligations des professionnels se sont intensifiées depuis 2016 :

Relever les nouveaux enjeux liés à la gestion des déchets

L’Ile-de-France c’est 153 000 commerces et près de 33 782 établissements de restauration1. La production de déchets et biodéchets qui en sont issus est aujourd’hui encore difficile à mesurer, notamment car une grande partie est assimilée aux déchets ménagers et donc collectée par le service public. Le chiffrage des « déchets d’activités économiques » (DAE) correspond essentiellement à ceux des gros producteurs, qui ont recours à des opérateurs privés, et à ceux de plus petites structures dont certains flux (cartons, huiles usagées…) peuvent faire l’objet de collectes séparées.

Des concessionnaires de marché peu impliqués dans le tri des déchets

Les contraintes économiques

Les actions visant à améliorer la gestion des déchets engendrent des coûts financiers à la charge des entreprises qui semblent avoir été sous-estimés (embauche de personnel formé, achat de matériel adapté, travaux de mise en conformité, immobilisation d’espace…). Par exemple, la contrainte temps peut s’avérer lourde au regard du rythme de réception des marchandises, en particulier dans la distribution alimentaire avec l’achalandage des rayons et le tri supplémentaire dans un secteur où les cadences sont déjà importantes.

A ces contraintes, s’ajoute une tarification locale souvent inadaptée, notamment avec le paiement de la Taxe d’Enlèvement des Ordures ménagères (TEOM), calculée sur la base de l’empreinte foncière et non pas sur le volume de déchets produits.

Autre questionnement, celui de l’absence de modèle d’affaires abouti concernant de nouveaux modèles économiques, tels que la collecte des biodéchets et la vente en vrac. Sur la première, on peut redouter que la concurrence accrue entre acteurs d’un marché encore immature aboutisse à la fragilisation des contrats conclus par les commerçants. Sur la seconde, la vente en vrac, c’est un dispositif encore en devenir (entretien des rayons chronophage, offre de produits limitée car les marques nationales sont encore réticentes…).

schéma 3

Le casse-tête logistique de la gestion des déchets

La gestion des déchets soulève des difficultés spécifiques dont il faut bien avoir conscience si on veut la rendre performante et efficiente.

Source : https://www.icompact.fr/legislation/valorisation-des-bio-dechets/

Pour ne mentionner que la problématique des biodéchets, la multiplication des collectes risque d’entraîner une congestion de la voirie et un encombrement de l’espace public, aggravé par l’obligation de collecte séparée impliquant l’installation de bacs dédiés. En zone dense, les professionnels se trouvent rapidement limités par des contraintes d’espaces. C’est particulièrement vrai pour les établissements de restauration rapide qui doivent prévoir de la place pour stocker de la vaisselle réemployable.

Par ailleurs, la formation aux nouveaux gestes de tri, à la gestion des déchets et au respect des règles d’hygiène est chronophage pour l’employeur qui doit sans cesse s’adapter dans un contexte où le turn-over des employés est important. Plus globalement, la connaissance des professionnels est encore insuffisante face à l’émergence de nouvelles pratiques comme la consigne, le compostage ou encore la méthanisation.

Enfin, les normes de réduction et de réemploi des emballages se heurtent à des normes d’hygiène très contraignantes qui peuvent menacer la réputation d’un établissement si elles ne sont pas respectées.

Des objectifs de réduction et de gestion des déchets qui répondent à des attentes sociétales mais qui cristallisent de nombreux enjeux politiques

Les collectivités locales sont souvent loin d’être prêtes pour appliquer l’ensemble des obligations en matière de collecte et de réduction des déchets. Elles ont alors tendance à prioriser la sensibilisation et la mise en place d’action à destination des particuliers.

D’autant que les nouveaux équipements devant être implantés peuvent faire l’objet d’un rejet de la part de la population (impact de la méthanisation…).

Enfin, certains leviers sont considérés comme trop expérimentaux. Ainsi la consigne pour recyclage aboutit parfois à une complexification du tri et est coûteuse à mettre en place, même si ses bénéfices en termes de gisement des matériaux collectés sont réels. Autre questionnement, celui sur l’intérêt environnemental de la réutilisation des emballages qui dépend de nombreux facteurs dont la standardisation des contenants et l’optimisation des distances.

RELEVER LES NOUVEAUX ENJEUX LIÉS À LA GESTION DES DÉCHETS

Les recommandations de la CCI Paris Ile-de-France pour faciliter la gestion des déchets des commerces et CHR

Si l’on peut craindre que les échéances de mise en œuvre des objectifs nationaux soient difficilement respectées, il est nécessaire d’amorcer une réflexion sur la création et le développement d’un écosystème favorable à la mise en conformité des commerçants, cafés, hôtels, restaurants. Il est indispensable de :

  • Sensibiliser, informer et former massivement les entreprises via des actions telles que la distribution de « guide de bonnes pratiques » ou encore l’organisation d’ateliers
  • Sensibiliser et communiquer auprès des citoyens à travers des messages nationaux pour pérenniser les bons gestes en matière de réduction des déchets
  • Faciliter la mise en relation des commerçants et CHR avec les prestataires privés
  • Alerter les professionnels sur le contenu des contrats et engagements souscrits
  • Valoriser les initiatives locales des commerçants pour ériger des modèles inspirants et accélérer le passage à l’action comme c’est le cas avec l’organisation des éco-défis
Plusieurs leviers sont mis en avant tels que l’éco-conception, le réemploi et la sobriété permettant de réduire la surconsommation d’emballages, notamment ceux en plastique, et de s’inscrire dans une démarche d’économie circulaire

Repenser les logiques organisationnelles de la collecte des déchets est également essentiel pour atteindre les objectifs fixés par la loi AGEC et accompagner les professionnels. Il est préconisé de :

  • Préserver un socle minimal de service public de collecte pour les TPE émettant de faibles quantités de déchets et ce, en incluant la collecte des biodéchets
  • Repenser le service de collecte en incitant les collectivités à revoir à terme le dimensionnement des poubelles des professionnels et la fréquence des collectes pour s’adapter aux nouvelles réglementations et inciter au tri
  • Privilégier l’expérimentation des solutions sur le « temps long » pour estimer leur faisabilité avant de les rendre obligatoires en pensant un modèle économique sur toute chaîne
  • Apporter des soutiens financiers et matériels adaptés comme le financement de diagnostic déchets pour les entreprises, le déploiement davantage de postes de manager de centre-ville ou encore l’octroi de crédit d’impôts pour les professionnels engagés dans les nouveaux gestes de tri
  • Encourager la mutualisation de la collecte entre professionnels pilotée par un manager de centre-ville pour encadrer la mise en place du dispositif et le pérenniser
  • Mesurer les conséquences organisationnelles de la consigne en tenant compte des spécificités des commerces situés en zone urbaine dense avant de rendre la consigne pour réemploi obligatoire
Au fil du temps, les obligations se sont intensifiées envers les commerçants et les restaurateurs/hôteliers à travers différents supports liés à l’acte d’achat. On citera en particulier la suppression de la mise à disposition des sacs plastique

Afin d’encourager les professionnels à s’investir dans le tri à la source et réduire le nombre de déchets produits, des conditions structurelles doivent être aménagées pour faciliter la mise en œuvre de ces nouvelles obligations. Il s’agit notamment de :

  • Impliquer et responsabiliser les concessionnaires de marchés dans la gestion des déchets en exigeant des bilans annuels chiffrés sur les déchets collectés et en insérant des clauses relatives à l’obligation de tri dans les contrats
  • Prévoir une capacité de méthanisation en adéquation avec les volumes de déchets franciliens à traiter puisqu’à l’horizon 2026, seulement 50 % du gisement francilien pourra être absorbé
  • Repenser et optimiser la tarification locale pour les entreprises ne faisant pas appel au service public de collecte en prévoyant notamment l’exonération de la Taxe d’Enlèvement des Ordures Ménagères (TEOM), en instaurant TEOMi pour calculer la taxation sur les volumes de déchets réellement collectés ou encore en harmonisant l’application de la Redevance spéciale (RS) pour les commerçants et CHR
  • Agréer dans les meilleurs délais l’Eco-organisme de la Responsabilité élargie des producteurs pour les emballages utilisés par les CHR

Auteur : Frédéric Amblard
Expertes : Céline Delacroix et Andréa Ribeiro

  1. selon les chiffres du Centre régional d’observation du commerce, de l’industrie et des services-Crocis ↩︎

La nécessité de repenser les périodes de promotions pour une réduction de leur impact environnemental

Rituel commercial saisonnier et ancré dans les habitudes des consommateurs, les soldes sont à l’aube d’une transformation nécessaire. Traditionnellement attendues, elles sont aujourd’hui confrontées à une réalité changeante : l’urgence écologique et une concurrence accrue de nouvelles formes de promotions.

Cette année, les soldes d’été démarrent le mercredi 26 juin 2024 et se termineront le mardi 23 juillet 2024

L’obsolescence des soldes traditionnelles

Les soldes traditionnelles, bien que toujours populaires, montrent des signes de désuétude. Les marques, soumises à la loi AGEC, doivent se débarrasser de leurs anciennes collections à chaque saison. Ce modèle est de plus en plus boudé par les consommateurs, surtout comparé à d’autres périodes de promotion comme le Black Friday. Le caractère limité dans le temps des soldes pousse à l’achat impulsif, souvent de produits superflus, soulevant des préoccupations écologiques majeures. De plus, l’essor du marché de la seconde main, proposant des articles neufs à des prix inférieurs, remet en question l’efficacité des soldes traditionnelles.

Une alternative durable

Pour atténuer les impacts environnementaux des soldes, Origami Marketplace, un acteur de la transformation digitale et de la stratégie RSE des marques, propose une alternative innovante : le développement de places de marché dédiées. Ces plateformes permettraient de répartir les promotions sur une période plus longue, réduisant ainsi les pics de pollution et offrant aux consommateurs des opportunités d’achat à prix réduits de manière continue.

Un nouveau cycle de vie pour les produits

Certaines catégories de produits, comme les articles retournés, pourraient être disponibles en ligne en permanence, offrant ainsi un nouveau cycle de vie aux produits qui ne peuvent être vendus comme neufs. Origami envisage de lancer une marketplace de déstockage en ligne, semblable à un village de marques virtuel, ouvert toute l’année. Un modèle qui s’inspire des plateformes de seconde main pour permettre aux marques de proposer efficacement leurs fins de stock et retours de produits.

Engagez votre entreprise dans une démarche circulaire

Il faut avoir une consommation raisonnée

Les soldes devraient permettre aux marques d’écouler efficacement leurs invendus tout en encourageant une consommation raisonnée. Elles offrent une opportunité d’acquérir des produits à moindre coût, sachant que la seconde main remplit également ce rôle de manière plus écologique. Les promotions doivent inciter les consommateurs à privilégier des produits de meilleure qualité plutôt que de succomber à une frénésie d’achats, un comportement qui ne correspond pas au modèle actuel des soldes.

Les soldes d’été 2024 pourraient marquer un tournant vers une consommation plus consciente et un impact environnemental réduit. Il est temps de repenser les périodes de promotions pour les aligner sur les impératifs écologiques de notre époque et les attentes des consommateurs modernes.

Comment s’adapter à la chaleur en gardant son logement frais tout l’été ?

Rester au frais dans son logement en été, tout en évitant de consommer trop d’énergie, c’est possible. Des aménagements adaptés du logement et du jardin permettent d’éviter de recourir à la climatisation. Et si l’installation d’un système de climatisation est nécessaire, il existe des solutions satisfaisantes pour limiter les coûts énergétiques et les risques pour l’environnement. Ce guide de l’Ademe fait le point sur les bons gestes et les aménagements permettant de protéger de la chaleur un logement, ainsi que sur les systèmes de climatisation.

Alors que les vagues de chaleur deviennent plus fréquentes et intenses, il est important d’aménager son logement pour préserver au mieux la fraîcheur et vivre de façon confortable pendant tout l’été, et explorer toutes les solutions avant de recourir à la climatisation.

Dans un contexte d’urgence climatique et de hausse des prix de l’énergie, limiter ses consommations d’électricité est essentiel et une climatisation consomme beaucoup plus d’énergie qu’on ne le croit.

Des solutions alternatives existent. Au-delà des simples comportements de « bon sens » comme fermer les volets et fenêtres en journée, aérer au bon moment, brasser l’air efficacement… il est possible de mieux protéger son logement de la chaleur, en installant des protections solaires, en engageant des travaux de rénovation, en végétalisant les alentours de la maison…

DES GESTES ESSENTIELS POUR ÉVACUER LA CHALEUR ET CAPTER LA FRAÎCHEUR

Effectuer les bons gestes au bon moment est indispensable pour rafraîchir votre logement. Stopper les rayons du soleil, aérer et capter la fraîcheur la nuit sont les clés d’un logement confortable 24 h / 24.

Le meilleur moyen de garder son logement frais en journée est d’empêcher la chaleur d’y entrer.

En soirée, la nuit, tôt le matin, quand l’air extérieur est frais, c’est le moment d’ouvrir.

un équipement acheté dans l’urgence pour faire face à une situation exceptionnelle risque fort de se révéler coûteux à l’usage et mal adapté.


Comment adapter son logement à la chaleur ?

Comment aménager son appartement quand il fait chaud ? Comment isoler sa maison ? Différentes solutions existent pour que votre logement reste confortable quand les températures augmentent. Certaines peuvent être mises en place rapidement, d’autres à plus long terme. Elles varient aussi en fonction de vos moyens financiers.


FAIRE DU JARDIN UN ÎLOT DE FRAÎCHEUR

Bien aménagé et bien végétalisé, votre jardin peut devenir votre meilleur allié pour lutter contre les vagues de chaleur.

LES SYSTÈMES POUR RAFRAÎCHIR ET CLIMATISER

Rafraîchisseurs d’air, climatiseurs et pompes à chaleur réversibles peuvent être des solutions d’appoint quand toutes les solutions ne suffisent pas pour garder un logement confortable. À condition de faire le bon choix.

Le géocooling est un système de rafraîchissement passif. Grâce à un échangeur, la chaleur captée par le circuit intérieur est transférée dans les capteurs enfouis dans le jardin sans utiliser la pompe à chaleur. Résultat ? La chaleur circule de l’intérieur vers l’extérieur uniquement grâce au circulateur ou à la pompe du forage.

RÉCENTE ET DURABLE : LA CLIMATISATION ADIABATIQUE

Elle fonctionne sur un principe naturel, consistant à rafraîchir l’air par évaporation d’eau. Aspiré par un ventilateur, l’air chaud passe à travers un filtre humidifié. En s’évaporant, l’eau absorbe la chaleur, refroidissant ainsi l’air qui peut être soufflé dans la pièce à rafraîchir. Ce climatiseur peut être installé en toiture ou en façade. L’air rafraîchi est diffusé à l’intérieur par un réseau simple de conduits ou directement dans la pièce.

Comment fonctionne le refroidissement adiabatique ?

Guide Ademe :
« Comment garder son logement frais tout l’été ? »

(Re)donner et faire confiance à la jeunesse dans notre société

La Fabrique Spinoza publie une étude scientifique qui dépeint et analyse, sans détours ou caricatures, la réalité complexe et nuancée de la jeunesse et ses bouleversements. Elle invite à repenser l’école comme aide à la construction de soi ; à refonder l’orientation pour que celle-ci ne soit pas un processus anxiogène mais au contraire une exploration enthousiasmante ; à réinventer le rapport au travail pour répondre à la quête de sens, d’utilité, de responsabilité et d’horizontalité à laquelle aspirent les jeunes.

Aujourd’hui, pour la première fois, cinq générations cohabitent dans la cité, à la maison et au travail. Cet intergénérationnel nous pousse vers de nouveaux modèles de société : plus inclusive, plus solidaire, plus plurielle. Mais plus de générations, c’est davantage de visions du monde, de façons d’agir, d’héritages et de cultures. Plus de générations, c’est un risque accru d’entretenir le mythe de la fracture intergénérationnelle

Jasmine Manet – directrice générale de Youth Forever

En s’appuyant sur une méthodologie rigoureuse (recherche documentaire et scientifique, interviews d’experts et spécialistes des neurosciences, entretiens qualitatifs), l’étude fait de très nombreuses propositions concrètes pour faire des jeunes des moteurs de la transformation de la société.

Ce que vous trouverez dans cette étude

L’étude est riche et touffue. Quelques repères pour agrémenter votre navigation.
Le corps de l’étude se divise en 4 grandes parties :

  1. PARTIE 1 : RÉALITÉS ET IMAGINAIRES AUTOUR DES JEUNESSES
  2. PARTIE 2 : DE LA CONFIANCE À LA CONSTRUCTION DE SOI
  3. PARTIE 3 : LA CONNAISSANCE DE SOI ET LES EXPÉRIMENTATIONS POUR ORIENTER LES JEUNES DANS LE TEMPS LONG
  4. PARTIE 4 : LES JEUNES : MOTEURS DE LA TRANSFORMATION DU TRAVAIL ET DE LA SOCIÉTÉ

Vous trouverez la table des matières en page 39.

En amont de la table des matières, vous croiserez dans cet ordre :

  1. Le plaidoyer de Maryan, la Marianne des jeunesses
  2. Un “résumé exécutif”
  3. Les 4 axes politiques tranchés
  4. Les 12 propositions chocs et brèves
  5. Les 14 principes pour une orientation refondée
  6. La préface de Jasmine Manet, directrice générale de Youth Forever
  7. Une présentation de la Fabrique Spinoza
  8. Les grands enseignements détaillés
  9. Un édito de Nicolas Bouteloup : que dirait Spinoza de la jeunesse ?
  10. L’introduction
  11. Notre méthodologie

12 propositions brèves et chocs

  1. Sensibiliser l’écosystème éducatif et d’orientation aux bouleversements de la jeunesse et installer les enseignants en “développeurs de confiance” ;
  2. Évaluer les établissements sur la capacité à délivrer un “gain de confiance” ;
  3. Créer un “Chèque éducation” ou “Pass orientation” financé à disposition des familles / jeunes ;
  4. Instaurer l’orientation comme un cours à part entière, évalué, et tout au long de la scolarité ;
  5. Repenser les étapes de l’orientation en incluant des activités organisées autour de la connaissance de soi et le développement des soft skills dès l’école primaire ;
  6. Instaurer et valoriser un droit opposable au “mécénat d’orientation” afin que les salariés puissent contribuer à orienter les jeunes ;
  7. Inverser le paradigme du stage en créant une plateforme où les stagiaires choisissent leurs entreprises (et refonder l’expérience du stage) ;
  8. Transformer (et élargir leurs fonctions) les espaces d’orientation en Centres de Développement de la Jeunesse ;
  9. Faire connaître à toute une classe d’âge le Service Civique qui conjugue exploration, temps long, connaissance de soi, “soft skills”, utilité, et sens de l’intérêt général ;
  10. Développer un parcours d’orientation inter-opérable en double entonnoir s’appuyant sur une cartographie dynamique des solutions publiques et de la société civile ;
  11. Créer un projet interdisciplinaire dans le secondaire permettant d’interroger “l’objet travail” ;
  12. Lancer une semaine de l’intergénérationnel en entreprise pour favoriser la compréhension mutuelle jeunes-seniors sur la relation au travail.

La nouvelle génération est épouvantable…

J’aimerais tellement en faire partie.

Oscar Wilde

Et si vous testiez le slow tourisme cet été ?

Imaginez-vous faire une randonnée sur un chemin de transhumance, apprendre la « cuisine blanche », organiser une fête ou encore récolter des herbes avec des maraîchers pendant vos prochaines vacances. Vous y êtes ? Ces exemples, tirés d’un vrai séjour, illustrent les ingrédients qui composent le slow tourisme. Alors, prêts à voyager autrement ? L’Ademe nous invite à tester le slow tourisme cet été !

D’où vient ce concept ?

Le slow tourisme s’inscrit dans le sillage du mouvement slow food initié en 1986 par Carlo Petrini. Face à l’installation d’un McDonald’s en plein centre de Rome, il avait voulu ramener les Italiens vers les restaurants traditionnels et familiaux.

Le slow tourisme renvoie lui aussi à un ré-ancrage local, incluant la nature, la culture et les habitants. Cette tendance a connu un nouvel élan avec la pandémie du Covid-19, qui a éloigné bon nombre de vacanciers du tourisme de masse. 

Le slow tourisme, l’art de découvrir un territoire à 360°

Le slow tourisme est la combinaison de 4 ingrédients clés : l’expérience, le temps, les mobilités bas carbone et la protection du patrimoine.

  • L’ « expérience » désigne le fait de choisir des activités de découverte du territoire qui impliquent la rencontre et l’échange avec les habitants.
  • Le « temps » se réfère au fait de choisir des temporalités plus lentes et plus riches : c’est le fameux « prendre son temps » !
  • Qui dit slow tourisme dit aussi les « mobilités bas carbone », plus précisément le fait de privilégier les transports collectifs et les mobilités douces pour se rendre à destination et pour se déplacer pendant le séjour. « Les mobilités à destination et sur place représentent 77 % des émissions de gaz à effet de serre liées au voyage explique Sophie Portier, Responsable du Fonds Tourisme Durable à l’ADEME, c’est pourquoi le slow tourisme doit intégrer les mobilités bas carbone (transport en commun, marche à pieds, vélo) ». 
  • Enfin, le slow tourisme intègre des activités liées à la protection et valorisation des patrimoines matériels et immatériels : cuisine, savoir-faire, architecture, nature… 
Le « slow tourisme », un tourisme alternatif pour un voyage plus respectueux de l’environnement.
© Arnaud Bouissou / Terra

Un slow touriste est quelqu’un de sensible au tourisme durable, prêt à partir en vacances  près de chez lui en transports en commun et curieux de découvrir le territoire sous toutes les coutures

Julie Dautriche, Cheffe de projet Formes émergentes de Tourisme à l’ADEME

Le slow tourisme, ce n’est pas « mange-prie-aime1» pour autant !

Attention toutefois… on met beaucoup de choses derrière le slow tourisme qui sont en réalité du slow washing. Or, il ne s’agit pas de simplement « prendre son temps »« faire un stage de yoga pour se ressourcer » ou « déconnecter des écrans » pendant une semaine.

Autre confusion à éviter : penser que le slow tourisme se confond avec le tourisme durable ou avec le tourisme responsable. Pour nous aider à y voir clair, l’ADEME propose la définition suivante : 

« le slow tourisme et l’éco-tourisme sont deux formes émergentes du tourisme responsable »

Ademe

La différence entre les deux ? Le slow tourisme intègre systématiquement les 4 ingrédients clés vus plus haut et pas seulement la dimension écologique. « La notion d’identité du territoire est très forte dans le slow tourisme, souligne Sophie Portier, il ne s’agit pas de faire des activités qu’on pourrait dupliquer n’importe où. L’expérience dans le Gers ne sera pas la même que dans la vallée de la Roya ! »

Slow Tourisme Lab – Slow tourisme, écotourisme, tourisme responsable quelles différences ?

Le slow tourisme en France, ça donne quoi ?

Des initiatives fleurissent un peu partout sur le territoire. Cucina Bianca par exemple, est une auberge située à La Brigue (06) qui est spécialisée dans la « cuisine blanche », un produit de la tradition pastorale des hautes vallées du Piémont, de la Ligurie et des Alpes-Maritimes. Elle a créé un séjour slow tourisme transfrontalier pour les personnes souhaitant découvrir cette spécialité. Au programme ? Découverte des lieux de production des ingrédients (rencontre avec les éleveurs et les bergers, randonnées nocturnes sur des chemins de transhumance), cours de cuisine avec initiation aux sügeli et pâtes fraîches locales (suivi d’une dégustation !), implication dans l’organisation d’un évènement festif et culturel autour de la Cucina Bianca…

La cucina bianca, qu’est ce que c’est ?

D’autres projets de slow tourisme naissent, avec toujours comme point de départ une spécificité locale : la remise en activité d’un rucher fortifié dans la vallée de la Roya évolue vers des randonnées et circuits à vélo, les itinéraires équestres en Occitanie se transforment en séjours découverte du patrimoine… 

Top des destinations slow tourisme en France

Quels sont les freins à son développement ?

Le slow tourisme implique de nouveaux modèles économiques et une façon inédite d’appréhender l’offre touristique elle-même« Il y a beaucoup de choses à inventer et pour cela les aides financières sont un coup de pouce au développement de la filière » explique Julie Dautriche, Cheffe de projet Formes émergentes de Tourisme à l’ADEME. « Les porteurs de projet doivent convaincre les banques, trouver un modèle à l’équilibre entre recettes et dépensesc’est une réflexion à mener, par exemple, avec les Chambres de Commerce et d’Industrie locales » souligne-t-elle.

Le Slow Tourisme : voyager autrement sur la Côte d’Azur !

Autre frein identifié : l’aspect juridique. Développer une offre de slow tourisme implique de proposer une pluralité d’activités, ce qui peut entraîner des structures juridiques complexes. « Pour les agriculteurs qui voudraient se diversifier avec le slow tourisme, c’est un casse-tête » précise Julie Dautriche. 
Même constat du côté des transports, un aspect crucial du slow tourisme. Car comment proposer une offre slow touristique lorsqu’on est dans un territoire mal desservi par les transports en commun ?

Le quatrième frein porte sur la « connaissance » du slow tourisme, qui est encore faible et mériterait une meilleure mise en valeur.

L’ADEME à la rescousse 

Le slow tourisme n’est pas un sujet nouveau. La Direction Générale des Entreprises (DGE) a mené des études dès 2019 pour favoriser son émergence. « La DGE l’a vu comme une opportunité de créer une nouvelle filière de tourisme durable pour relancer l’industrie touristique après la crise du Covid-19 » explique Julie Dautriche. 

Dans ce sens, deux appels à projets ont été opérés et lancés par l’ADEME en 2021 (73 lauréats, dont la Cucina Bianca) et en 2023 (56 lauréats) en partenariat avec le réseau des agences de tourisme et conseils régionaux (ADN Tourisme). « Nous avons compris que les porteurs de projets qui réussissaient le mieux étaient ceux qui étaient accompagnés par les acteurs des territoires » précise Sophie Portier. Avec un objectif clair en tête : créer une véritable filière du slow tourisme en France.

3 bonnes raisons de tester le slow tourisme cet été !

  1. Le slow tourisme est économique : nul besoin d’aller au bout du monde, vous pouvez vous évader en France (qui est la 1re destination touristique mondiale, rappelons-le).
  2. Le slow tourisme est différent : vous allez voyager comme vous ne l’avez jamais fait auparavant.
  3. Le slow tourisme est unique : chaque territoire vous proposera ses spécificités, aucune expérience ne se ressemblera.
Ademe
Slow tourisme dans le Lot secret …
  1. « Eat, Pray, Love » : titre d’un film américain de 2010, où l’héroïne, jouée par Julia Roberts, explore le monde différemment en visitant l’Italie, l’Inde et Bali. ↩︎

Le Manifeste rEUse : un engagement en faveur de l’économie circulaire et de la durabilité

L’Europe doit choisir la direction future du continent, en particulier en ce qui concerne les politiques environnementales, l’innovation économique et l’autonomie stratégique. À une époque où les préoccupations environnementales sont souvent éclipsées par des engagements superficiels, des associations et entreprises s’unissent pour défendre le manifeste rEUse en faveur de l’emballage durable, une initiative qui intègre l’urgence environnementale aux ambitions économiques et stratégiques de l’Europe. 

Chaque année, des millions de tonnes de déchets d’emballage contribuent à la mise en décharge et à la pollution des océans, exacerbant la crise mondiale de l’épuisement des ressources et de la dégradation de l’environnement. La réutilisation des emballages n’est pas seulement une option, mais une nécessité pour le développement durable. En réponse à ce problème urgent, des entreprises et des associations de premier plan de toute l’Europe ont annoncé leur adhésion au manifeste rEUse, s’engageant à opérer des changements révolutionnaires dans les systèmes de réutilisation des emballages afin de favoriser une économie circulaire.

Le Manifeste rEUse : un engagement en faveur de l’économie circulaire et de la durabilité

Le manifeste rEUse est une déclaration collective d’acteurs industriels de premier plan qui reconnaissent le besoin urgent de s’attaquer à la crise environnementale actuelle causée par le modèle « fabriquer, utiliser, gaspiller » qui prévaut actuellement. En signant ce manifeste, les entreprises et les associations s’engagent à mettre en œuvre et à promouvoir des systèmes de réutilisation à grande échelle, marquant ainsi une évolution significative vers des solutions d’emballage durables.

Principaux engagements du manifeste rEUse

  1. Adopter les systèmes de réutilisation : Mettre en place des systèmes solides dans toute l’Europe afin que les emballages puissent être réutilisés plusieurs fois, en s’appuyant sur des options de retour et une logistique efficaces.
  2. Design des systèmes et impact sur l’environnement : Passer d’emballages à usage unique à des emballages réutilisables afin de réduire considérablement les déchets, l’extraction de matières premières, la consommation d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre.
  3. Favoriser le changement : Améliorer les opérations, les chaînes d’approvisionnement et l’emballage des produits pour les aligner sur les principes de réutilisation et de circularité, en inspirant une participation plus large de l’industrie.
  4. Des infrastructures accessibles : Développer un réseau pour la collecte, le tri et le nettoyage efficaces des emballages réutilisables, afin d’améliorer la commodité et l’acceptation par les consommateurs.
  5. Approche collaborative : Favoriser la coopération entre les marques, les détaillants, les consommateurs, les organisations et les décideurs politiques pour renforcer les systèmes de réutilisation à travers le continent.
  6. Création d’emplois et croissance économique : Utiliser le passage aux systèmes de réutilisation comme catalyseur de nouvelles opportunités d’emploi et pour revigorer l’économie européenne.
  7. Une législation claire et ambitieuse : Plaider en faveur de politiques qui soutiennent l’adoption rapide de systèmes de réutilisation, en offrant une sécurité juridique et en encourageant les investissements.
  8. Innover pour la circularité : Investir en Recherche & Développement pour améliorer le design, l’efficacité et l’expérience utilisateur des emballages réutilisables.
  9. Éduquer et engager les consommateurs : Sensibiliser les consommateurs aux avantages environnementaux des emballages réutilisables et promouvoir les comportements durables.
  10. Des rapports transparents : Diffuser régulièrement les progrès accomplis dans la réalisation des objectifs de développement durable afin d’inspirer le plus grand nombre et ainsi garantir la responsabilité.

Reuse Economy : 10 leviers pour passer à l’échelle

Exploiter le “stock existant” pour sécuriser l’économie
Jusqu’ici, les modèles économiques reposent majoritairement sur l’extraction de ressources neuves. Or comment continuer à produire dans un monde de ressources contraintes ? La reuse economy propose de déplacer la création de valeur vers l’usage et la durée de vie des produits et des biens manufacturés. Réemploi, reconditionnement, réparation, remanufacturing, ces pratiques permettent de :
– réduire la dépendance aux importations
– sécuriser les approvisionnements
– stabiliser les coûts matières
– relocaliser des activités industrielles

Dans un contexte de tensions géopolitiques et de fragilisation des chaînes d’approvisionnement, la dépendance européenne aux matières premières devient un enjeu économique majeur. Pour certaines matières critiques, la dépendance européenne aux importations dépasse 90 %, exposant directement les industries aux tensions géopolitiques. 

Et si les ressources stratégiques de l’Europe étaient déjà sur son sol, dans les produits, équipements et matériaux qu’elle a déjà fabriqués ? Réemploi, réparation, reconditionnement, remanufacturing : sommes-nous capables d’exploiter ces gisements domestiques pour sécuriser notre souveraineté industrielle ? Quels mécanismes doit-on mettre en place pour y parvenir ? 

Ces questions stratégiques sont au cœur d’une publication collective1 « Reuse Economy : 10 leviers pour passer à l’échelle ». Elle propose un cadre opérationnel pour structurer l’ensemble des dimensions nécessaires à cette nouvelle économie et ainsi transformer ces ressources inexploitées en opportunité économique majeure pour l’Europe.

  1. 27 contributeurs européens, 5 nationalités :
    – Constance Bachoud, Directrice Innovation, R&D et RSE, Valdélia, France.
    – Guillaume Balas, Délégué général, Fédération Envie, France.
    – Maxime Bleskine, Cofondateur et Président, VoltR, France.
    – Carine de Boissezon, Chief Impact Officer, EDF, France.
    – Fabrice Bonnifet, Président, C3D, France.
    – Daniel Broche, Président, Reconomia, France.
    – Christian Bruère, Co Fondateur, Mob-ion, France.
    – Eva Comble, Cheffe de Projet Réemploi, EDF, France.
    – Catherine Conway, Director & Reuse Lead, GoUnpackaged, UK.
    – Stephan Cren, Head of Innovation, GS1, France.
    – Florent Curel, Responsable, Club de la Durabilité, France.
    – Valentin Fournel, Directeur Innovation Eco-conception & Réemploi, Citéo, France.
    – Régis Koenig, Directeur Réparation et Durabilité, Fnac-Darty, France.
    – Eric Launois, Co-Fondateur, Factoryz, France.
    – Justine Laurent, Directrice générale, Circulab, France.
    – Emmanuelle Ledoux, Directrice Générale, INEC, France.
    – Davide Mazzanti, Co-founder & CEO, Sykell, Allemagne.
    – Emmanuel Mossay, Professeur invité UCLouvain & UNamur, Belgique et Université du littoral de la côte d’Opale, France.
    – Boris Palmer, Maire deTübingen, Allemagne.
    – Baptiste Perrissin-Fabert, Directeur Général Délégué, Ademe, France.
    – André Peters, Sociologue certifié en Finances publiques – Chercheur associé, Belgique.
    – Paul Ploberger, Public Affairs Lead, Refurbed, Autriche.
    – Nadjib Renaï, Délégué Général, RCube, France
    – Fernando Rodriguez Mata, General Director, New ERA, Belgique.
    – Pierre-Emmanuel Saint-Esprit, Dir. Economie Circulaire et Décarbonation des Clients, Manutan, France.
    – Joan Marc Simon, Founder & executive director, Zero Waste Europe, Belgique.
    – Bertrand Swidersky, Directeur RSE, Carrefour, France. ↩︎

Un appel à l’action

L’alliance rEUse invite tous les chefs d’entreprise, les associations et les consommateurs à la rejoindre dans cette initiative cruciale. En signant le Manifeste rEUse, les parties prenantes s’engagent non seulement à améliorer les résultats environnementaux, mais aussi à favoriser la croissance économique et l’innovation au sein du secteur européen.

Ensemble, nous pouvons créer un avenir durable qui donne la priorité au bien-être de notre planète et de ses habitants.

La gestion des forêts françaises au cœur du combat pour le climat

La Journée mondiale de l’environnement, qui a eu lieu le 5 juin, a mis l’accent cette année sur l’urgence de la restauration des terres, de l’arrêt de la désertification et de la lutte contre la sécheresse. En France, ces trois grands défis liés aux effets du réchauffement climatique résonnent tristement avec les menaces qui pèsent sur les massifs forestiers. La restauration des forêts – l’une des principales pompes à carbone du pays – constitue en effet un enjeu majeur des prochaines années et de notre avenir climatique.

Les prairies, les broussailles et les savanes font partie d’un ensemble particulier d’écosystèmes qui couvre environ la moitié de la surface émergée de la planète et qui abrite des millions de personnes. Photo :Damian Patkowski/Unsplash

L’impact du dérèglement climatique sur les forêts françaises

Les effets du changement climatique n’ont pas épargné les forêts françaises. Les grandes vagues de chaleur et de sécheresse estivales qui sévissent en France depuis 2018 ont conduit à un dépérissement des arbres affectant aujourd’hui quelque 300 000 hectares. Un contexte qui a fait augmenter la mortalité des arbres de + 80% sur les dix dernières années, selon l’IGN, tandis que les experts constatent un ralentissement de leur croissance. Un des exemples les plus frappants des conséquences de cette sécheresse : les grands incendies de 2022 qui ont brûlé 61 921 hectares de forêt (soit sept fois plus que la moyenne annuelle).

Forêts françaises : un avenir lié au changement climatique

À cela s’ajoute le développement de maladies et la pullulation d’insectes qui s’attaquent aux massifs forestiers dont les défenses immunitaires sont devenues vulnérables en raison de la sécheresse. Avec les étés caniculaires et le manque d’eau, les arbres doivent en quelque sorte « choisir » entre l’énergie qu’ils mettent dans leur croissance et celle qu’ils mettent dans leurs défenses face aux nuisibles. Dans le même temps, des automnes trop doux ont favorisé le foisonnement de ces parasites, terminant de faire des arbres des proies faciles. Parmi les dégâts les plus notables : la prolifération du champignon « chalarose » – une maladie provoquée par le champignon « Chalara fraxinea » qui colonise les feuilles et les jeunes rameaux des frênes l’été, et fait chuter prématurément le feuillage dès mi-août – ainsi que de parasites comme les chenilles processionnaires qui dévorent les chênes, ou encore des scolytes qui ravagent les pins et les épicéas.

Nos forêts peuvent-elles survivre au réchauffement climatique ? © Getty – Guillaume Temin

Asséchés, brûlés et gangrénés de parasites, non seulement les arbres de nos forêts dépérissent et meurent sous les coups de butoir du réchauffement climatique, mais ils exercent moins efficacement leur fonction essentielle de « pompe à carbone » naturelle. En d’autres termes, ils absorbent (par photosynthèse) et stockent moins de CO₂ qu’auparavant tandis que le couvert forestier n’a jamais été aussi vaste et continue de s’étendre (17,3 millions d’hectares en France métropolitaine, soit 31 % du territoire). C’est notamment le cas en zone méditerranéenne où le stock de carbone affiche un niveau deux fois inférieur à celui du Grand Est. Si rien n’est entrepris, la France pourrait bien perdre sa première protection face aux émissions de CO₂. Aussi, l’urgence de la restauration des forêts françaises s’appuie sur le travail quotidien des forestiers et une adaptation des sylvicultures au climat de demain.

Forêt française : limiter l’uage du bois est une fausse bonne idée

L’urgence de la restauration de nos forêts

Cette politique de restauration est d’autant plus impérative que certaines espèces pourraient être menacées de disparition si les scénarios les plus pessimistes venaient à se produire. D’après une étude de la revue Nature Ecology & Evolution, ce serait près d’un tiers du réservoir d’espèces d’arbres européennes qui deviendrait inutilisable dans les prochaines années. C’est par exemple le cas du hêtre dans certaines forêts. Pour éviter les conséquences que de telles extinctions pourraient avoir sur l’économie, la biodiversité et le climat, les forestiers réfléchissent d’ores et déjà à planter les espèces d’avenir, c’est-à-dire celles qui ont la capacité de résistance suffisante pour traverser le siècle. Un véritable casse-tête, l’enjeu étant de pouvoir trouver des espèces à la fois susceptibles de survivre aux conditions climatiques actuelles (gel et dégel en hiver) et à celles pronostiquées en 2100 ; mais aussi compatibles pour cohabiter avec les espèces actuelles ; et qui répondent à des critères objectifs comme la conservation des habitats, le stockage du CO₂ et la production de bois.

Les forêts françaises souffrent du changement climatique, à l’instar de la forêt communale de Plateau d’Hauteville (Ain), le 8 juin 2023. © Maxppp – CATHERINE AULAZ

Par ailleurs, si ces études alarmistes ont le mérite d’éveiller les consciences, les évolutions futures du climat demeurent incertaines dans une large mesure. En effet, il ne s’agit pas non plus de se débarrasser des espèces actuelles condamnées par les études pour les remplacer par des essences exotiques. Cela pourrait provoquer l’apparition de nouveaux pathogènes, l’accélération de la baisse du puits de carbone et l’accentuation de la menace lors des périodes de gel.

Attaque de scolytes sur un massif d’épicéas dans les Vosges. Le réchauffement climatique augmente ces attaques en fragilisant les populations d’arbres plantées trop bas qui souffrent de la chaleur et de la sécheresse. (Yann Avril/Naturimages)

Le travail de boisement et de reboisement des forestiers est donc essentiel pour la survie des écosystèmes français et le maintien des puits de carbone. C’est seulement l’ancrage à long terme d’une sylviculture durable qui permettra aux forêts françaises de devenir résilientes face au changement climatique : développement de forêts « mosaïques » qui misent sur la diversification des essences ; contrôle de la dégradation des sols, des risques hydrauliques et des glissements de terrain ; récoltes d’assainissement permettant de prévenir l’expansion des ravageurs et des maladies etc. Grâce à ces pratiques durables mises en œuvre, les forestiers seront plus susceptibles de trouver les réponses adaptées aux défis environnementaux du 21e siècle.

Infographie : la “forêt mosaïque”, une nouvelle sylviculture face au changement climatique

Élections législatives : notre futur se joue maintenant !

« Nous sommes à la veille d’un moment historique » rappelle Greenpeace qui sort de sa neutralité comme certains syndicats. « Après le choc des élections européennes, qui ont vu l’extrême droite arriver en tête en France, puis de la dissolution de l’Assemblée nationale, nous aurons la possibilité de voter de nouveau les 30 juin et 7 juillet prochains. Face au risque de l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir, nous devons nous mobiliser pour éviter des régressions majeures sur les enjeux environnementaux et sociaux et nos libertés fondamentales. Une opportunité historique s’offre à nous pour construire une société plus juste, plus solidaire et respectueuse de la planète. Cette élection est donc cruciale. Voici pourquoi et comment aller voter.« 

Les représentants du collectif « Nouveau Front Populaire » présentent les principales mesures du contrat de rupture en conférence de presse

L’extrême droite, une menace ultime pour notre avenir

l’extrême droite représente le pire choix possible pour la protection du climat et de la biodiversité, pour l’amélioration de notre qualité de vie et de notre pouvoir d’achat et pour nos droits.

Si ces partis (d’extrême droite) se targuent de porter des mesures pour protéger les Françaises et les Français, la vérité est tout autre. Dernier exemple en date : Jordan Bardella revient sur la promesse de son parti d’abroger la réforme des retraites qui risque pourtant d’aggraver fortement les inégalités sociales. Sans compter qu’elle ne tient pas compte des conséquences du changement climatique sur la santé et les conditions de vie. 


ONG, fédérations et syndicats se mobilisent …

Appel de l’Intersyndicale à une marche unitaire le 15 juin à République (Paris)

Identifer les initiatives proches de chez soi, avec la cartographie des Résistances Locales d’Action Justice Climat qui appelle au réveil de toutes celles et tous ceux qui se battent pour la justice climatique et sociale.

« Ensemble, nous devons lutter, nous mobiliser, non seulement pour combattre les idées de l’extrême droite (…) mais aussi et surtout lutter pour une société juste, égalitaire, écologique, anti-raciste ». 

 » Notre modèle démocratique et notre capacité à réussir la transition écologique sont en jeu « 

France Nature Environnement, réunie en Assemblée Générale, « appelle tous les électeurs et toutes les électrices à s’unir contre les idées d’extrême-droite en votant pour un programme mettant le vivant et les plus vulnérables d’entre nous au cœur de ses préoccupations, défendant les libertés démocratiques et des politiques à même de répondre aux défis écologiques, économiques et sociaux de notre époque. »

Pour y voir plus clair, le Réseau Action Climat a publié une analyse de la législature 2022-2024 sur 11 propositions concrètes pour l’écologie et la justice sociale. Retrouvez également notre analyse des votes des élu·es des quatre partis ou coalitions majeures sur cinq thématiques principales : climat et justice sociale, agriculture, santé, biodiversité et démocratie.

Les entreprises de l’ESS France appellent à la mobilisation pour le renouveau de notre démocratie républicaine

Les entreprises et organisations de l’économie sociale et solidaire réunies au sein de l’organisation représentative ESS France lancent, lors du Congrès des 10 ans de la loi de l’ESS, un appel à la mobilisation pour la République.


L’extrême droite passe également totalement à côté des enjeux écologiques actuels et pousse même des propositions qui nous feraient reculer sur presque tous les secteurs environnementaux. Par exemple, le RN est prêt à tourner le dos aux énergies renouvelables, propose de prolonger l’autorisation de la vente de voitures thermiques et refuse de taxer le kérosène des avions. 

Ce parti s’est aussi donné pour cheval de bataille la lutte contre « l’écologie punitive » et revendique une écologie « nationale » basée sur le localisme et le protectionnisme. Cette stratégie de diabolisation cache avant tout une absence totale d’ambition climatique.

L’initiative du Front populaire, un espoir à consolider pour une justice environnementale et sociale 

Les élections européennes du 9 juin le prouvent : l’extrême droite a de plus en plus de poids en France. Suite aux résultats records qu’elle a obtenu à cette occasion, Emmanuel Macron a annoncé la dissolution de l’Assemblée nationale. Cette décision (…) met en péril notre démocratie, dans un contexte où la France est déjà bien fragilisée par de nombreuses crises.

La politique du gouvernement actuel est largement responsable de cette situation : en creusant les inégalités, en prenant l’initiative de régressions majeures sur des sujets écologiques et sociaux, en criminalisant et stigmatisant les activistes et les acteurs de l’écologie, en menant un exercice extrêmement autoritaire du pouvoir, en niant la voix des citoyens et des citoyennes, Emmanuel Macron a déroulé le tapis rouge à l’extrême droite, désormais aux portes du pouvoir.

Nous pouvons encore changer ce mauvais scénario. Cette décision de dissoudre l’Assemblée nationale peut représenter une opportunité unique de nous unir pour défendre

  • de vraies mesures sociales qui améliorent notre pouvoir d’achat et luttent contre les inégalités (…).
  • des mesures environnementales ambitieuses (…)

Nous devons nous mobiliser pour faire de ce moment politique majeur le point de départ vers un avenir durable, désirable et équitable pour toutes et tous, loin des discours de haine, de la division et du repli sur soi. En ce sens, nous saluons l’initiative courageuse portée par les responsables politiques de la gauche sociale et écologiste qui ont décidé de s’unir pour former un Front populaire qui doit porter un programme de changement radical pour répondre aux inquiétudes légitimes face aux crises actuelles. Nous les appelons à poursuivre leur travail indispensable d’union autour de valeurs partagées de justice sociale, de protection de l’environnement, d’égalité des droits et de la défense des libertés fondamentales.

Uni·es, nous sommes plus fort·es. Uni·es, nous pouvons répondre à la tentation du pire. Nous appelons à rejoindre les manifestations intersyndicales qui auront lieu le week-end des 15 et 16 juin dans toute la France.

Pourquoi votre vote aux élections législatives peut-il tout changer ?

L’Assemblée nationale : un rôle crucial !

En France, c’est l’Assemblée nationale qui fait les lois. En votant aux élections législatives, vous élisez les 577 député·es qui auront un réel pouvoir puisqu’ils et elles votent les lois et contrôlent l’action du gouvernement. 

Chaque département élit un·e ou plusieurs député·es en fonction de sa démographie. Ils et elles sont élu·es au suffrage universel direct et au scrutin majoritaire à deux tours. En d’autres termes : la candidate ou le candidat ayant le plus de voix au second tour est élu·e député·e.

Pourquoi ce scrutin est-il un moment historique ? 

Si le président Emmanuel Macron n’obtient pas la majorité lors des élections législatives les 30 juin et 7 juillet, il devra choisir un·e Premier·ère ministre, issu·e de la nouvelle majorité à l’Assemblée Nationale.

Après l’arrivée en tête du Rassemblement national aux élections européennes en France, Jordan Bardella risquerait par exemple de devenir Premier ministre. Cette cohabitation serait catastrophique pour l’avenir de notre pays et notre tissu social. Ce scénario cauchemardesque peut être évité en faisant le choix d’élire un maximum de député·es qui portent un programme ambitieux pour les enjeux environnementaux et sociaux à l’Assemblée nationale

Pourquoi l’abstention n’est-elle pas la solution ?

Alors que nous vivons un moment de bascule, il est essentiel que les citoyens et les citoyennes expriment leur choix pour l’avenir du pays. Ne pas voter reviendrait à renoncer à influencer les décisions politiques à venir, et à laisser les autres décider à sa place. Participer activement à ces élections permettra de faire entendre sa voix et d’espérer un futur désirable.

Comment savoir sur quelle liste électorale je suis inscrit·e ?

Est-il possible de n’être inscrit-e sur aucune liste électorale ?

Ai-je besoin de ma carte électorale pour voter ?

Comment je fais si je ne suis pas chez moi le week-end des élections ou que je vis dorénavant trop loin de mon bureau de vote ?

Aucun·e de mes proches ne peut aller voter à ma place, comment faire ?

Je suis disponible le jour des élections et je veux aider, quoi faire ?

Est-ce que je peux prendre autant de procurations que je le souhaite ?

Plus nous serons nombreuses et nombreux à faire entendre notre voix dans les urnes les 30 juin et 7 juillet prochains, plus nous pourrons faire front contre l’extrême droite et défendre un avenir durable et juste.

Veille environnementale : deux piliers pour une question stratégique

Sommes-nous dans une période de rupture ou de continuité ? Dans quelle mesure les transitions actuelles – écologiques, énergétiques, technologiques… – annoncent-elles des changements majeurs ? La tribune d’Arnaud Marquant, Directeur des opérations chez KB Crawl SAS, aborde les deux piliers stratégiques de la veille environnementale

La veille environnementale vise à évaluer à la fois le cadre réglementaire et les initiatives innovantes susceptibles de transformer les pratiques.

Ces questions sont essentielles, notamment pour le secteur agricole, qui traverse régulièrement des mutations de fond. Il est crucial aujourd’hui d’être extrêmement vigilant face à l’évolution de l’environnement.

Premier pilier : la veille réglementaire

Dans ce champ, la veille implique une observation attentive et continue. Elle est généralement définie comme la collecte d’informations variées concernant l’environnement du secteur d’activité. Cette veille couvre de multiples dynamiques, qui concernent les grands exploitants agricoles ainsi que l’agro-industrie dans son ensemble : informations, innovations, statistiques, données de santé, éléments environnementaux, réglementation, ainsi que les tendances et perspectives émergentes dans nos écosystèmes, dont l’impact n’est pas toujours immédiatement mesurable.

Pour simplifier, on pourrait diviser cette veille en deux axes principaux pour le secteur agro-industriel : le premier est réglementaire, et le second axé sur les initiatives et l’innovation. Le volet réglementaire est une veille approfondie, spécialisée et technique. Il s’agit de surveiller des domaines spécifiques comme la pollution de l’air intérieur, des sols, les rejets atmosphériques, le traitement des déchets ou encore celui des eaux. Pour ces sujets, des experts sont mobilisés pour analyser minutieusement les textes législatifs en discussion, ainsi que les lois adoptées – à l’échelle nationale mais également européenne.

Ces experts examinent chaque phrase, chaque mot, en évaluant leurs conséquences pour les agro-industriels, tous secteurs confondus. Leur objectif est d’extraire des lois et règlements les informations les plus pertinentes pour permettre aux professionnels de rester conformes au cadre environnemental et écologique tout en étant opérationnels. Ils interviennent également lorsque les textes réglementaires modifient certains seuils, nécessitant des investissements.

Second pilier : la veille de l’innovation et des initiatives

Ce premier axe de la veille environnementale doit être complété par une action centrée sur l’observation de l’innovation et des initiatives dans le secteur de l’agriculture et du développement durable. Cette veille est l’apanage des veilleurs, et les solutions techniques à leur disposition sont précieuses. Leur action se concentre en grande partie sur les mouvements des laboratoires et des incubateurs. Grâce à l’intelligence artificielle (IA) et au Machine Learning, il s’agit de repérer les initiatives, inventions et trouvailles, y compris les plus inattendues.

Quelles sont les tendances et inventions permettant de réduire l’empreinte carbone ? Telle est souvent la problématique observée, dans un contexte réglementaire exigeant des efforts et des résultats environnementaux. Les veilleurs surveillent également tout ce qui concerne l’utilisation et la gestion de l’eau, un sujet appelé à être réglementé plus strictement à l’avenir.

On comprend ici que la veille environnementale repose véritablement sur deux piliers : l’un est technique, l’autre lié à l’innovation. Dans un contexte aussi changeant que le nôtre, cet aspect est particulièrement important à observer et analyser. D’autant plus dans un secteur – l’agro-industrie – qui se situe à la croisée des problématiques environnementales et de santé publique, avec des enjeux territoriaux et identitaires majeurs dans notre pays.