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Un contrat de la filière pour faire plus de vélo(s) en France

Comme prévu dans le plan vélo et marche 2023-2027 et à la suite des États généraux de la filière économique du vélo en novembre 2022, l’État et France vélo signent un contrat de filière, dont l’objectif est de favoriser les coopérations entre les acteurs économiques du vélo pour renforcer et valoriser l’ensemble de l’écosystème vélo français.

Ce contrat constitue une réponse au besoin d’une filière économique du vélo, capable d’accompagner le développement du vélo partout en France. Pour mettre en œuvre cette ambition, la filière a défini 16 projets prioritaires pour les 3 années qui viennent et 6 projets à plus long terme.

Parmi ces projets, à noter le développement de l’assemblage de cycles en France, le renforcement des dispositifs de formation ou encore le développement de l’usage du vélo dans les trajets domicile – travail.

Dans l‘ambition française de donner accès à chaque Français à une solution de mobilité écologique, le vélo et la marche ont toute leur place.

Ces projets répondent à 4 enjeux majeurs :

  • réindustrialisation et innovation ;
  • transition écologique ;
  • attractivité de la destination France, des emplois et des formations ;
  • évaluation et communication.

6 PROJETS EMBLÉMATIQUES

Développer l’assemblage de cycles en France

Objectif : Répondre aux besoins du marché français de vélo en innovant et produisant de manière responsable.

Comment ? Soutenir les assembleurs français existants ou nouveaux pour augmenter leur capacité d’assemblage, accompagner la création de nouvelles usines partagées d’assemblage en marque blanche, développer des projets industriels de composants et accessoires vélos.

> L’appel à projets Industries du vélo France 2030 porté par l’Ademe est une des réponses de l’État pour favoriser la réindustrialisation du vélo en France.

Créer un score
pour le vélo

Objectif : Distinguer les vélos durables, responsables et éco-conçus par une information fiable à destination des consommateurs.

Comment ? Le cyclescore est un écoscore attribué aux modèles de vélos neufs qui permet de répondre à la question : « à quel point ce vélo est-il respectueux de la planète et des femmes et des hommes qui le fabriquent ». Il comporte un volet environnemental et un volet sociétal.

> Le projet développé en 2023-2024 par la filière vélo avec l’AFNOR et le soutien de l’Ademe est en cours de déploiement.


Livre blanc « 9 engagements pour un avenir durable »


Développer l’usage du vélo pour les trajets domicile-travail

Objectif : Renforcer l’attractivité et faciliter le déploiement des solutions à la disposition des actifs et des employeurs pour accélérer l’usage du vélo pour les trajets domicile-travail, que le vélo soit propriété de l’usager, loué ou mis à disposition par l’entreprise ou l’administration.

Comment ? Communiquer sur les dispositifs de prise en charge des trajets domicile-travail, renforcer leur lisibilité et inciter à les adopter, en particulier le FMD ou la prise en charge des vélos par l’employeur.

Renforcer et
étendre la marque
«Accueil vélo»

Objectif : Faire connaître la marque « Accueil Vélo » et la faire évoluer pour atteindre les 20 000 établissements labellisés à horizon 2030.

Comment ? Développer la marque Accueil Vélo pour atteindre les 20 000 établissements labellisés à horizon 2030 afin de répondre aux besoins grandissants des touristes à vélo, en améliorer la visibilité et le référencement dans toutes les étapes de préparation d’un voyage à vélo

Compléter et enrichir les dispositifs de formation

Objectif : Compléter et enrichir les dispositifs de formation aux métiers du vélo.

Comment ? D’une part, mieux connaître les métiers du vélo demain afin de compléter les cursus de formation grâce à des démarches prospectives ; d’autre part développer la prise en compte du vélo dans les formations initiales des professionnels de l’aménagement, de l’urbanisme, des mobilités, de l’architecture et des métiers de l’assemblage et industries du vélo, et pour cela réaliser un état des lieux de l’enseignement des modes actifs aujourd’hui et une enquête sur les débouchés, la typologie et le volume d’emplois, les employeurs.

> Études prospectives sur les métiers du cycle.
> Lancement de questionnaires en ligne sur l’enseignement des politiques modes actifs juin 2024.

Réaliser l’annuaire
de la filière vélo

Objectif : Favoriser l’interconnaissance et développer des relations entre les entreprises du vélo.

Comment ? Réaliser et valoriser des annuaires pro business en partenariat avec les différentes structures disposant déjà de travaux de recensement ou d’annuaires.

Le contrat de la filière économique du vélo a été signé en juin 2024 par les six ministres concernés (Transition écologique, Industrie, Transports, Tourisme, Sports, Emploi et Formation), et les six membres fondateurs (APIC, USC, FUB, CVTCM, Vélo et Territoires, France Vélo Tourisme).

Les membres fondateurs de la filière vélo

Comment accélérer la transition climatique avec un système alimentaire bas carbone, résilient et juste ?

A partir des constats sur les émissions et l’empreinte alimentaire, le Haut conseil pour le climat a réalisé une analyse des politiques alimentaires et agricoles à l’aune des enjeux climatiques. Il s’agit d’évaluer l’e­fficacité de l’action publique pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, développer les puits de carbone, réduire l’empreinte carbone et développer l’adaptation au changement climatique du système alimentaire. Il s’agit également d’aborder les impacts socio-économiques, environnementaux et sur la santé de ces différentes politiques publiques.

Le système alimentaire et la production agricole sont en première ligne des défis climatiques

Dans le cadre de ses missions, le Haut conseil pour le climat a réalisé un examen de l’empreinte carbone alimentaire et une analyse des politiques alimentaires et agricoles à l’aune des enjeux climatiques.

Le système alimentaire et la production agricole sont en première ligne des défis climatiques.

La production agricole est exposée à une augmentation des dommages causés par le réchauffement climatique, qui se répercutent sur l’ensemble du système alimentaire, présentant des risques élevés tant pour les agriculteurs que pour les consommateurs.

LES ÉMISSIONS DE GAZ À EFFET DE SERRE DE L’AGRICULTURE EN FRANCE

La France a les émissions du secteur de l’agriculture les plus élevées des États membres de l’Union européenne (UE) du fait de l’importance de son secteur agricole qui représente 17 % des émissions agricoles de l’UE

La France a les émissions du secteur de l’agriculture les plus élevées des États membres de l’Union européenne (UE) du fait de l’importance de son secteur agricole qui représente 17 % des émissions agricoles de l’UE

L’alimentation représente 22 % de l’empreinte carbone des Français, et les émissions qu’elle génère ne diminuent qu’insuffisamment au regard des objectifs climatiques. Accélérer la réduction des émissions de l’alimentation et de la production agricole, tout en protégeant l’avenir des professionnels et les consommateurs, nécessite d’intervenir sur l’ensemble du système alimentaire.

L’EMPREINTE CARBONE DU SYSTÈME ALIMENTAIRE

« Transformer le système alimentaire pour répondre aux défis auxquels il fait face – difficultés socio-économiques, santé, climat, environnement – nécessite une stratégie et une politique économique de long terme pour donner une vision claire des évolutions souhaitables pour les producteurs comme pour les consommateurs »

Corinne Le Quéré, présidente du Haut conseil pour le climat.
PART DE DIFFÉRENTS PRODUITS DANS L’EMPREINTE CARBONE DE L’ALIMENTATION DES FRANÇAIS*

La structure et le fonctionnement du système alimentaire freinent l’adoption de pratiques agricoles et alimentaires bas carbone, et limitent la possibilité de changements transformationnels.

Ces freins et verrous peuvent être levés par des changements profonds des systèmes agro-alimentaires, tels la revalorisation des revenus des agriculteurs et des éleveurs pour soutenir et accompagner leurs changements de pratiques, la réorientation des dispositifs de soutien, et la mobilisation des acteurs de la transformation, du stockage, du transport, de la distribution et de la restauration.

Complémentarité cultures-élevage

Sous réserve de faciliter leur déploiement, de nombreuses options pour l’atténuation et l’adaptation au changement climatique sont mobilisables dans toutes les composantes du système alimentaire, y compris pour la gestion des terres, les productions végétales et animales, la transformation et la distribution, les régimes et pratiques alimentaires et le gaspillage à chaque étape.

La diminution de la consommation de produits alimentaires intensifs en émissions permet de réduire l’empreinte carbone de la production agricole tout en évitant l’importation de produits alimentaires avec des effets de fuite aux frontières.

Les politiques agricoles et alimentaires actuelles sont peu mobilisées en appui aux politiques climatiques. Seule une coordination des politiques concernant l’agriculture, l’alimentation, la santé publique, le climat et l’environnement permettra de maximiser les synergies, de protéger les
agriculteurs français d’une forte augmentation des dommages causés par le changement climatique, de minimiser les coûts de la transition et de réduire les risques économiques pour les acteurs du système alimentaire, tout en garantissant l’accès à une alimentation durable et saine pour tous.

LE CHANGEMENT CLIMATIQUE AFFECTE L’AGRICULTURE ET DÉSÉQUILIBRE LE SYSTÈME ALIMENTAIRE

Avec une vision partagée de l’agriculture et de l’alimentation bas carbone, adaptée au climat de demain, la France pourrait porter au sein de la réforme de la Politique agricole commune de l’Union Européenne de 2028 la réduction des émissions du secteur agricole par au moins un facteur deux d’ici à 2050, et se rapprocher le plus possible de l’atteinte de la neutralité carbone pour le secteur agricole en augmentant fortement le stockage de carbone dans les sols agricoles et dans la biomasse.

Ceci réduirait la dépendance aux puits de carbone forestiers qui sont fragilisés par le changement climatique, et à la capture et au stockage technologique de carbone, qui sont des options plus coûteuses, limitées et risquées.

L’AGRICULTURE ÉVOLUE POUR S’ADAPTER

Pour faciliter la transformation en profondeur du système alimentaire au bénéfice de l’action climatique en préservant la production agricole et une nourriture accessible, le Haut conseil pour le climat propose plusieurs recommandations pour l’action publique en matière d’alimentation, de nutrition et d’agriculture en ciblant notamment la mobilisation de l’ensemble des acteurs du système alimentaire.

LES OPTIONS TECHNIQUES POUR RÉDUIRE LES ÉMISSIONS DE LA PRODUCTION AGRICOLE

Les recommandations visent à orienter le soutien vers les pratiques les moins
émettrices
et à développer une offre alimentaire bas carbone, dans une dynamique de transition juste.

POLITIQUES ET ACTION PUBLIQUE POUR UN SYSTÈME ALIMENTAIRE BAS CARBONE, RÉSILIENT ET JUSTE

RECOMMANDATIONS

Rapport grand public

A propos du Haut conseil pour le climat

Le Haut conseil pour le climat a été installé le 27 novembre 2018 et est inscrit dans la loi n°2019-1147 du 8 novembre 2019 relative à l’énergie et au climat. C’est un organisme indépendant, chargé d’évaluer l’action publique en matière de climat, d’émettre des avis et recommandations indépendants et objectifs sur l’action climatique du gouvernement, et d’éclairer les débats de manière neutre, dans une perspective de long-terme en tenant compte du contexte global. Il est
actuellement présidé par la climatologue franco-canadienne Corinne Le Quéré et composé de treize membres, désignés pour cinq ans et choisis pour leur expertise scientifique, technique et économique dans le domaine du climat.

Rapport Complet

Tenir le cap de la décarbonation pour protéger la population

Décarboner nos activités humaines, Protéger la population, qu’en dit le Haut Conseil pour le climat (HCC) ? Consolider, protéger, améliorer, tels sont les mots utilisés dans son dernier rapport 2024, indiquant encore la nécessité d’accélérer la transition écologique vers la décarbonation et l’objectif de neutralité carbone en 2050. Une analyse de Marta Torre-Schaub, directrice de recherche au CNRS rattachée à l’Université Paris 1, pour le Club des juristes.


Le rapport annuel 2024 « Tenir le cap de la décarbonation, protéger la population » dresse une analyse des émissions de gaz à effet de serre, du respect des budgets carbone, des impacts du changement climatique sur la dernière décennie et des besoins d’adaptation et présente l’évaluation du cadre d’action publique en France, des leviers pour l’action climatique nationale et internationale, ainsi que ses recommandations pour améliorer l’action publique en matière de climat.


Connaitre et anticiper les IMPACTS DU CHANGEMENT CLIMATIQUE
ET BESOINS D’ADAPTATION

hautconseilclimat.fr
Anomalie de température en moyenne annuelle observée en France métropolitaine

Conscient d’un climat qui se réchauffe vite et de l’inquiétude de la population vis-à-vis de ces changements et ses graves impacts, le Haut Conseil pour le Climat (HCC) dresse un état des lieux assorti de cinq recommandations.  

Enjeux d’adaptation en fonction de l’évolution de la température et de la hausse du niveau marin au XXe et XXIe siècles
Enjeux d’adaptation en fonction de l’évolution de la température et de la hausse du niveau marin au XXe et XXIe siècles

Pour la première fois, le HCC salue les avancées « significatives » des politiques publiques climatiques et son rapport dresse l’état des « résultats » produits. Il note toutefois que l’exposition accrue de la population, des écosystèmes, des infrastructures et des activités économiques aux conséquences du réchauffement climatique présente des risques majeurs.

Représentation de l’accroissement de besoins d’adaptation depuis 2011 en France

Suivi des ÉMISSIONS NATIONALES
ET RESPECT DES BUDGETS CARBONE

Quelles sont les principaux constats du rapport ?

Le rapport constate d’abord un rythme de baisse des émissions de gaz à effet de serre dont l’ampleur est cohérente avec une trajectoire de décarbonation permettant d’atteindre ses objectifs pour 2030.

Émissions territoriales et empreinte carbone de la France depuis 2010
Évolution des émissions de gaz à effet de serre entre 2012 et 2023

Il souligne ensuite que la France fait face à deux défis : la réindustrialisation et la souveraineté énergétique et alimentaire. Pour y parvenir, ce que le HCC nomme « l’action pour le climat » doit être à la fois durable et incitative.

Dans ce sens, le rapport insiste sur l’importance des investissements verts, du renouvellement des infrastructures et de régénération des écosystèmes forestiers.

Le rapport fait un deuxième constat positif en saluant l’évolution du cadre d’action des politiques publiques et des émissions sur la période du 2e budget carbone (2019-2023).

Respect du budget carbone 2019-2023 et alignement avec les objectifs 2030
Notes : Les baisses annuelles à réaliser sont calculées à partir de la différence entre l’objectif 2030 (de la SNBC 2 et du projet de SNBC 3) et les émissions réalisées en 2023 divisée par le nombre d’années restantes (7). Ce rythme annuel est comparé au rythme annuel moyen constaté durant la période du 2e budget carbone (2019-2023). Les objectifs 2030 et les budgets carbone du projet de SNBC 3, basés sur le format Secten 2023, ont été ajustés pour tenir compte des évolutions méthodologiques (calcul HCC, cf. annexe 2.4) en cohérence avec le format Secten 2024. Les proxy de 2023 pour l’agriculture, les déchets et l’UTCATF sont pris en compte ici.
*La SNBC 2 prévoyait une dégradation lente du puits.
**Les puits de carbone ont un objectif 2030 de 19 Mt éqCO 2 . La SNBC 2 n’ayant pas anticipé l’ampleur de la dégradation, l’objectif y est plus élevé, alors que les objectifs provisoires pour la SNBC 3 sont plus réalistes face à cet état de dégradation.
Source : Haut Conseil pour le Climat, d’après Citepa (2024) format Secten, SNBC 2 et projet de SNBC 3

Le rapport met toutefois en garde en indiquant à quelles conditions il sera possible de maintenir ce cap. En premier lieu, il est indispensable de remettre à jour les documents programmatoires permettant d’avoir une planification de la baisse des émissions et des politiques climatiques en cohérence avec les objectifs de 2030 et 2050. Le HCC souligne qu’il y a un retard notable dans l’élaboration des Plans énergie et climat, de la Stratégie nationale bas carbone et des Plans d’adaptation.

On rappellera qu’il s’agit de documents de nature contraignante, comme le Conseil d’État l’a affirmé dès 2020 (CE commune de Grande Synthe) ainsi que le TA de Paris en 2021 (Oxfam et al.). Le renouvellement de ces documents cadres est donc urgent.

Part des objectifs PPE 2 atteinte en 2022 et reste à combler d’ici 2028 – Capacité et production d’énergies renouvelables

En second lieu, le HCC prône un alignement plus robuste des politiques actuelles sur l’objectif européen de neutralité carbone en 2050. Enfin, les politiques d’adaptation doivent être renforcées, et ce, à l’égard des populations mais également des entreprises.

Quelles sont les nouveautés introduites par le texte ?

On peut noter plusieurs éléments nouveaux. L’intitulé du rapport, pour commencer, attire l’attention car la « population » est au centre du document1. La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a été saisie d’une requête déposée par Mr. Damien Carême, ancien maire de la ville de Grande Synthe, dans laquelle il avançait que les effets négatifs du changement climatique lui faisaient courir un risque pour sa vie. Il alléguait aussi que son domicile était en péril. La requête a été jugée irrecevable. Toutefois, le HCC semble bien conscient de la nécessité de protéger les populations contre les risques climatiques.

Tableau d’appréciation d’ensemble de la politique d’atténuation
Légende : * estimations provisoires 2023 ; ** report des émissions 2022 ; *** les puits de carbone, en fragilité, ont un objectif 2030 de -18,9 Mt éqCO2. La SNBC 2 n’ayant pas anticipé leur dégradation, l’objectif y est plus élevé, alors que les objectifs du projet de SNBC 3 sont plus réalistes face à cet état de dégradation. **** Le règlement UTCATF européen donne un objectif pour la France de puits de 31,4 Mt éqCO2 en 2030, l’objectif du projet de SNBC 3 est de 18,8 Mt éqCO2 en 2030. L’écart est de 12,6 Mt éqCO2 à répartir sur les 7 années qui restent, correspondant à 1,8 Mt éqCO2. Les objectifs sont ajustés techniquement pour être compatibles avec l’inventaire Secten 2024.
L’alignement avec la trajectoire pour 2030 est apprécié en comparant les dynamiques observées sur la période du deuxième budget carbone (en incluant les estimations pour 2023 notamment les proxy approximatifs pour les secteurs UTCATF et déchets) avec les baisses attendues à partir des objectifs 2030 et des émissions en 2023.
L’alignement avec la neutralité carbone 2050 est apprécié sur la base des dynamiques constatées, des évolutions annoncées et de leur cohérence avec les défis restant à relever dans le secteur pour contribuer à l’atteinte de la neutralité carbone d’ici 2050. L’appréciation d’ensemble intègre à la fois les appréciations sectorielles et des dimensions transversales comme les interactions entre secteurs ou les structuration d’ensemble de l’action climatique d’atténuation des émissions de GES.
Sources : HCC (2023) « Acter l’urgence, engager les moyens »

Le contexte international est intéressant pour une meilleure compréhension du rapport. On sait que la Cour internationale de justice et le Tribunal international de la mer se sont saisis récemment des questions liées aux obligations des États vis-à-vis de la protection des populations face aux risques liés au changement climatique. Le HCC semble conscient de ces nouveaux enjeux et prône un renforcement des politiques climatiques.

Émissions mondiales observées et trajectoires compatibles avec un réchauffement planétaire limité à 1,5 °C ou nettement sous 2 °C, comparées aux trajectoires avec les politiques actuelles, pour tous GES (à gauche) et le CO2 seulement (à droite)

La troisième nouveauté réside dans la place accordée aux entreprises. Cohérent avec sa prise de conscience des enjeux actuels pour la France, le HCC connaît l’importance du secteur privé à la fois pour la réindustrialisation et la souveraineté énergétique et alimentaire. Dans ce sens, le rapport exprime la nécessité de protéger les entreprises face aux risques climatiques.

Couvertures des publications grand public du HCC

Concrètement, quel est l’impact de ces préconisations sur le droit ?

Si le prochain gouvernement venait à suivre les recommandations du HCC, plusieurs conséquences juridiques en découleraient.

Premièrement, du point de vue normatif, le HCC souhaite créer une impulsion législative et réglementaire visant à adopter des documents légaux structurants précisant la trajectoire de décarbonation de manière réaliste, en cohérence avec les engagements européens et internationaux.

Architecture climatique européenne Fit for 55

Deuxièmement, et dans le prolongement de ce qui précède, le HCC insiste sur la nécessité d’identifier le financement pluriannuel garantissant une trajectoire claire, stable et lisible.

Schéma de financement du Pacte vert

En troisième lieu, le rapport préconise d’incorporer dans le corpus juridique des trajectoires d’adaptation. Le HCC recommande ainsi d’inclure les implications de la trajectoire de référence pour l’adaptation dans les lois, décrets, arrêtés, instructions et référentiels techniques. Cela doit être accompagné d’un renforcement des critères relatifs à l’adaptation dans les documents assurantiels et financiers. Le HCC est soucieux d’identifier les limites de l’adaptation et des transferts de « vulnérabilité ».

De ce fait, et en quatrième lieu, le rapport propose une mise à jour de l’évaluation collective des impacts du changement climatique. Cela permettra à la fois de protéger les ménages mais également les entreprises. L’on ne peut s’empêcher ici de penser à l’actualité. En effet, le rapport rendu par la commission d’enquête du Sénat au sujet du maintien de la souveraineté énergétique de la France et des activités du groupe Total, montrent bien la pertinence du sujet au regard des entreprises et la nécessité pour l’État d’intégrer cette priorité dans ses politiques législatives.

Dans le même temps, les arrêts rendus par la Cour d’appel de Paris le 18 juin, au sujet des plans de vigilance à la charge de trois entreprises françaises transnationales, confortent la vision du Haut Conseil pour le climat s’agissant des liens entre les risques climatiques et les entreprises.

S’agit-il d’un hasard provoquant un timing concordant ou est-ce plutôt le fruit d’un nouveau dialogue entre le Haut Conseil et le droit climatique ? Le fait est que le nouveau rapport montre une grande synchronie avec l’actualité juridique et judiciaire sur le climat, ce qui est à saluer.


A propos du HCC

Le Haut conseil pour le climat (HCC) est un organisme indépendant chargé d’évaluer l’action publique en matière de climat et sa cohérence avec les engagements européens et internationaux de la France, en particulier l’Accord de Paris, l’atteinte de la neutralité carbone en 2050, et le respect des budgets carbone de la France.
Présidé par la climatologue franco-canadienne Corinne Le Quéré, le HCC est composé de douze membres choisis pour cinq ans en raison de leur expertise scientifique, technique et économique dans les domaines des sciences du climat et des écosystèmes, de la réduction des émissions de gaz à effet de serre ainsi que de l’adaptation et de la résilience face au changement climatique.
Le HCC a été créé par le décret du 14 mai 2019, après avoir été installé le 27 novembre 2018 par le Président de la République. Il est inscrit dans la loi relative à l’énergie et au climat de 2019.
Aux termes du décret portant sa création, le Haut conseil pour le climat a deux missions principales :
Il rend chaque année un rapport sur le respect de la trajectoire de baisse des émissions de gaz à effet de serre, la bonne mise en œuvre des politiques et mesures pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et développer les puits de carbone.
Il rend un avis tous les 5 ans sur les projets de stratégie bas carbone et de budgets carbone et la trajectoire de baisse des émissions de gaz à effet de serre sur laquelle s’engage la France. Il évalue « la cohérence de la stratégie bas carbone vis-à-vis des politiques nationales et des engagements européens et internationaux de la France, en particulier de l’Accord de Paris et de l’aeinte de la neutralité carbone en 2050.
Pour ces deux missions, le HCC prend en compte les impacts sociaux-économiques de la transition pour les ménages et les entreprises, les enjeux de souveraineté et les impacts environnementaux.
Les rapports du HCC, fondés sur des analyses scientifiques, évaluent les politiques et mesures en place et prévues et formulent des recommandations pour aider la France à atteindre ses objectifs. Ils donnent un éclairage indépendant, factuel et rigoureux sur l’évolution des émissions de gaz à effet de serre de la France et sur ses politiques publiques, dans une perspective à long-terme. Tous les avis et rapports du Haut conseil pour le climat sont rendus publics.

  1. Cela est sans doute dû au contexte général européen et international dans lequel le rapport a été rédigé. En effet, trois décisions ont été rendues par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) le 9 avril dernier, dont une concernait la France. ↩︎

Des outils pour aider les gestionnaires de l’eau à s’adapter au changement climatique

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Le changement climatique s’accélère et affecte directement les ressources en eau dans les territoires avec des états de sécheresse de plus en plus intenses et récurrents ainsi que des périodes de fortes précipitations associées au risque d’inondation. Cela pose de nombreuses interrogations aux acteurs du monde de l’eau pour adapter leurs stratégies de gestion dans les territoires. L’INRAE et l’OiEau leur apportent des bases scientifiques solides et des outils de diagnostic et d’aide à la décision à l’échelle locale.

© CANVA

De manière inédite en Europe, le projet Explore2, soutenu par le ministère de la Transition écologique et l’OFB, fournit des projections hydroclimatiques en métropole à une échelle spatiale très fine et sur l’ensemble du XXIe siècle, en se basant sur les scénarios du GIEC et les dernières avancées scientifiques en hydrologie.

De manière complémentaire, le projet LIFE Eau&Climat, soutenu financièrement par la Commission européenne, a impliqué des organismes de gestion locale de l’eau et des structures scientifiques et techniques pour développer des outils permettant d’aider les gestionnaires de l’eau à mieux prendre en compte le changement climatique.

Explore2 : explorer les futurs possibles de l’eau selon les scénarios climatiques du GIEC

Porté par l’INRAE pour le volet scientifique et par l’OiEau pour le volet transfert des résultats, Explore2 s’inscrit dans la suite d’Explore 2070 pour mettre à jour les connaissances, données et modélisations grâce aux progrès scientifiques et techniques effectués entre les deux projets.

Construit selon la philosophie du GIEC, en fédérant une quarantaine de scientifiques, Explore2 s’appuie sur les derniers scénarios climatiques du GIEC pour simuler l’impact du changement climatique et donner à voir les futurs possibles des ressources naturelles en eau et des aléas hydro-climatiques en France jusqu’en 2100.

Inédit en Europe de par l’ampleur des données prises en compte et de la finesse de l’échelle, il fournit des projections climatiques sur 4 000 bassins versants en France hexagonale et en Corse pour une analyse territoriale à un maillage de 8 x 8 km. Les données et les modèles sont harmonisés sur l’ensemble du territoire, ce qui permet d’avoir des outils et méthodes communs pour tous les acteurs et de comparer les différents territoires.

: Disponibilité des modèles hydrologiques sur l’ensemble des points de simulation.

Dès le début, pour assurer la pleine compréhension des résultats et leur utilisation par les gestionnaires de l’eau, Explore2 a intégré des comités d’utilisateurs avec notamment des représentants des ministères, des agences et syndicats de l’eau, des collectivités et des bureaux d’étude. Ces comités ont échangé avec l’équipe scientifique sur la méthode, les hypothèses et choix de travail ou encore l’information « utile » à mettre à disposition et l’accompagnement à la prise en main des résultats.

Quelles évolutions des régimes hydrologiques en France hexagonale ? Représentation schématique du modèle couplé ISBA-CTRIP.

Cette médiation scientifique a permis de créer un pont entre les scientifiques et les acteurs opérationnels et de répondre au besoin urgent de réviser les plans d’adaptation au changement climatique en tenant compte des futurs possibles de la disponibilité des ressources en eau sur les territoires.

L’absence d’indication sur les autres régions ne signifie pas l’absence de changement. Les secteurs en pointillés sont les zones particulièrement sensibles au changement climatique

Explore 2 a produit des projections pour 3 scénarios1 d’émissions de gaz à effet de serre du GIEC : du moins émetteur compatible avec les accords de Paris au plus émetteur sans atténuation du changement climatique, en passant par le scénario intermédiaire avec une atténuation modérée du changement climatique.

Évolution de l’écart de température moyenne annuelle en France Métropolitaine au cours du XXIe siècle, 2006-2100 (par rapport à la moyenne de référence 1976-2005) pour les trois scénarios RCP2.6 en vert, RCP4.5 en jaune et RCP8.5 en rouge. Le trait continu correspond à la médiane lissée (moyenne glissante sur 10 ans). L’enveloppe de couleur illustre l’intervalle entre l’écart minimal et l’écart maximal de la distribution de l’ensemble Explore2-2024. Sur la période 1976-2005 l’écart par rapport à la moyenne de référence 1976-2005 ; le trait continu en gris correspond à la médiane lissée des simulations historiques; l’enveloppe en gris illustre l’intervalle entre l’écart minimal et l’écart maximal de la distribution de l’ensemble des simulations ; le trait discontinu noir sont l’écart des valeurs annuelles non lissé SAFRAN par rapport à la moyenne SAFRAN 1976-2005.

Le réchauffement en France métropolitaine se poursuivra avec en fin de siècle un réchauffement global à l’échelle de la France de +4 °C (fourchette : +3,1/+5,2 °C), avec des étés beaucoup plus chauds, +4,7 °C en moyenne (fourchette : +3,7/+7 °C) pour le scénario de fortes émissions. Les projections sur la pluviométrie montrent des différences très marquées entre hiver et été, avec une hausse de la pluviométrie de +24 % dans le Nord en hiver et +13 % dans le Sud, mais une forte baisse en été -23 % en moyenne sur le pays (fourchette : -49 %/+5 %) et jusqu’à -30% dans le Sud-Ouest.

Indicateur Précipitation journalière maximale : Évolution de l’écart relatif de précipitation maximale annuelle journalière en France Métropolitaine au cours du XXIe siècle, 2006-2100 (par rapport à la normale de référence 1976-2005) pour les trois scénarios RCP2.6 en vert, RCP4.5 en jaune et RCP8.5 en rouge. Le trait continu correspond à la médiane lissée (moyenne glissante sur 10 ans). L’enveloppe de couleur illustre l’intervalle entre l’écart minimal et l’écart maximal de la distribution de l’ensemble des simulations. Sur la période 1976-2005 l’écart par rapport à la normale de référence 1976-2005 ; le trait continu en gris correspond à la médiane lissée des simulations historiques; l’enveloppe en gris illustre l’intervalle entre l’écart minimal et l’écart maximal de la distribution de l’ensemble des simulations ; le trait discontinu noir sont l’écart des valeurs annuelles non lissé SAFRAN par rapport à la normale SAFRAN 1976-2005.

Les sécheresses hydrologiques seront beaucoup plus sévères2. Les débits estivaux sont à la baisse3 en fin de siècle. Les assèchements de cours d’eau4 en tête de bassin devraient également progresser dans la majorité des régions et seront plus précoces et plus longs.

Bilan hydrique : Évolution de l’écart du bilan hydrique annuel en France Métropolitaine au cours du XXIe siècle, 2006-2100 (par rapport à la normale de référence 1976-2005) pour les trois scénarios RCP2.6 en vert, RCP4.5 en jaune et RCP8.5 en rouge. Le trait continu correspond à la médiane lissée (moyenne glissante sur 10 ans). L’enveloppe de couleur illustre l’intervalle entre l’écart minimal et l’écart maximal de la distribution de l’ensemble des simulations. Sur la période 1976-2005 l’écart par rapport à la normale de référence 1976-2005 ; le trait continu en gris correspond à la médiane lissée des simulations historiques; l’enveloppe en gris illustre l’intervalle entre l’écart minimal et l’écart maximal de la distribution de l’ensemble des simulations ; le trait discontinu noir sont l’écart des valeurs annuelles non lissé SAFRAN par rapport à la normale SAFRAN 1976-2005.

Une variété de supports pour la diffusion des résultats a été créée pour optimiser le transfert des résultats et répondre à un panel étendu de besoins : des rapports techniques, des fiches de synthèse, les pages du portail DRIAS-Eau et un MOOC dont les contenus (texte et illustrations) ont pu être discutés en séance de comité des utilisateurs.

Quelles évolutions des régimes hydrologiques en France hexagonale ? Régions hydrographiques en France hexagonale.

Approfondir :

LIFE Eau&Climat : des outils pour faciliter la prise en compte du changement climatique dans la gestion locale de l’eau

Piloté par l’OiEau, le projet LIFE Eau&Climat répond au besoin des acteurs locaux de la gestion de l’eau de disposer d’outils leur permettant d’évaluer les effets du changement climatique sur leur territoire, de les prendre en compte dans leur planification et de mettre en œuvre des mesures d’adaptation.

Projet LIFE Eau&Climat

Le projet regroupe 14 partenaires5 incluant des organismes de gestion locale de l’eau et des organismes scientifiques, dont l’INRAE.

Concrètement, LIFE Eau&Climat a développé un outil de diagnostic des vulnérabilités à l’échelle locale des bassins et un outil de définition de trajectoires d’adaptation de la gestion de la ressource en eau au changement climatique sur le modèle de l’outil TACCT, développé par l’Ademe.

Le projet a également suscité la création d’un nouveau portail : DRIAS-Eau, extension de DRIAS-Climat, afin de faciliter l’accès des gestionnaires aux résultats scientifiques, notamment produits par Explore2, avec des cartographies des ressources en eau au XXIe siècle et les projections selon les différents scénarios climatiques jusqu’en 2100.  

Un des autres axes de travail du projet portait sur la mobilisation des acteurs du territoire autour du changement climatique. Il en a résulté un guide de recommandations et une boîte à outils compilant des retours d’expériences. Enfin, un livre blanc, sur le modèle d’un roman dont vous êtes le héros, guide l’utilisateur dans l’élaboration d’études rétrospectives et prospectives sur la ressource en eau, grâce à un cheminement qui suit ses besoins et objectifs.

Livrables et principaux résultats du projet LIFE Eau&Climat sur le site Gest’Eau

En complément de ces outils, diverses actions ont été menées tout au long du projet par les gestionnaires de l’eau dans leur territoire : réalisation d’études de gestion quantitative, modélisation hydrologique, organisation de journées d’échanges, création d’un observatoire citoyen, rédaction de guides à destination des collectivités…


En fournissant des projections hydrologiques à une échelle territoriale et des outils de diagnostic et d’aide à la prise de décision, les projets Explore2 et LIFE Eau&Climat accompagnent les acteurs du monde de l’eau, notamment au niveau local, pour construire des trajectoires et stratégies de gestion de l’eau adaptées au changement climatique.

Dans une logique de science ouverte et de partage des connaissances, tous les résultats, outils et guides d’utilisation sont accessibles via le centre de ressources Gest’eau de l’OiEau et celui du portail DRIAS-Eau porté par Météo-France pour les projections hydroclimatiques.

  1. Ces 3 scénarios ont été déclinés en 72 projections climatiques pour produire des modélisations et simulations d’évolution des ressources en eau (débits, précipitations, recharges en eau, niveaux de nappes…) jusqu’en 2100 au niveau national et par territoire. ↩︎
  2. En fin de siècle, la surface de la France hexagonale touchée par un événement de sécheresse météorologique (déficit de précipitations) aujourd’hui de type décennal double par rapport à la situation actuelle ; celle touchée par une sécheresse des sols triple. ↩︎
  3. Les débits estivaux en baisse autour de -30 % sous scénario d’émissions fortes ; autour de -12 % sous scénario d’émissions modérées ↩︎
  4. Sous le scénario de fortes émissions, ils devraient atteindre 27 % du territoire en fin de siècle contre 17 % actuellement. ↩︎
  5. Les outils développés dans le projet intègrent les besoins et retours d’expérience des gestionnaires locaux de la ressource en eau (structures porteuses des schémas d’aménagement et de gestion de l’eau – SAGE – et Commissions locales de l’eau – CLE – regroupant collectivités, établissements publics locaux, usagers, propriétaires fonciers…) et s’adressent plus largement à l’ensemble des professionnels du monde de l’eau. ↩︎

Cyclo-logistique, vélotaff et cyclotourisme, un atout santé pour l’humain et le vivant comme pour l’entreprise

Dans le plan France 2030, il est prévu 55 millions d’euros pour relancer la fabrication et l’assemblage de vélos dans l’Hexagone. Un Français sur quatre utilise son vélo au moins une fois par semaine, selon une enquête CSA publiée par le ministère des Transports. La cyclo-logistique délivre la ville, à l’heure des zones à faibles émissions, les entreprises encouragent l’utilisation du vélo par ses salariés, le cyclotourisme est devenu la première pratique d’itinérance touristique sur le territoire, devant la randonnée pédestre. Le vélo a un potentiel inexploité pour améliorer la santé selon le CNRS. En selle !

Résultat de l’enquête sur la pratique du vélo en France en 2023 – © Christophe Cazeau/ Terra

Le Ministère des Transports a publié les résultats d’une enquête inédite sur l’usage du vélo en France en 2023 qui révèle notamment que près de 40% des français pratiquent le vélo au moins une fois par mois.

“Il faut que cette croissance du monde décarboné profite à [notre] industrie. Sur le vélo, on avait pris du retard  »

Patrice Vergriete, Ministre délégué chargé des Transports

Doté d’une enveloppe de 55 millions d’euros, le dispositif visant à “faire du vélo un levier” pour l’économie française souhaite doper l’industrie tricolore du vélo, alors que la majorité des cycles vendus dans l’Hexagone est encore fabriquée à l’étranger. Près de 2,6 millions de vélos ont été vendus en France en 2022, dont seulement 850 000 unités y ont été fabriquées. En attendant que l’offre en France réponde à la demande croissante, acheter un vélo en ligne avec BIKE 24 par exemple, c’est facile !

Le vélo, un potentiel inexploité pour améliorer la santé

À partir d’une enquête sur les déplacements en France, une équipe de recherche internationale, dont le CNRS avec Philippe Quirion, directeur de recherche au Centre international de recherche sur l’environnement et le développement, a mené une évaluation quantitative de l’impact sanitaire de la pratique du vélo sur cinq pathologies chroniques et sur la mortalité toutes causes confondues. Elle a ensuite conclu qu’un kilomètre parcouru à vélo permet d’éviter environ un euro de coûts sociaux de santé. Ces résultats sont parus dans The Lancet Regional Health – Europe.

Manifestation pour le climat à Genève le 6 avril 2019. Pont du Mont-Blanc. « Au boulot à vélo plutôt qu’au fitness en auto ! ».

©MHM55 / Creative Commons Attribution – Share Alike 4.0 International license

Le vélo et la marche sont des modes de déplacement vertueux et avantageux

https://www.ecologie.gouv.fr/
© A. Bouissou/Terra

La marche et le vélo sont des modes de déplacement qui réunissent des atouts précieux au service de la transition écologique : accessible à tous, bénéfiques pour la santé comme pour l’environnement, plus rapides que les autres modes sur de courtes distances et en milieu urbain.

Le dispositif « Savoir Rouler à Vélo » apprend aux enfants à se déplacer en vélo pour l’entrée au collège et ancre les réflexes d’aller vers une mobilité décarbonnée dès le plus jeune âge.

Connaitre l’impact de nos déplacements sur le climat

Au boulot … à vélo !

Le programme Objectif Employeur Pro-Vélo accompagne les employeurs privés, publics et associatifs dans la promotion du vélo pour les déplacements domicile-travail et professionnels. Il propose un soutien financier et un accompagnement clé-en-main vers la labellisation Employeur Pro-Vélo.

Accessible à tous grâce aux aides à l’achat de vélo

L’État propose deux types d’aides à l’achat ou la location de vélo, cumulables entre elles : le bonus écologique et la prime à la conversion. Ces aides nationales, cumulables avec les aides locales, ont été élargies en 2022 et sont proposées jusqu’en 2027. Elle concernent également les vélos d’occasion vendus par des professionnels.  

Développer le vélotourisme

Pour faire de la France la première destination du cyclotourisme d’ici 2030, un travail en concertation avec les acteurs de la filière et des associations a permis d’élaborer une stratégie nationale du tourisme à vélo. Le programme ADEME Developper le vélotourisme accompagne les porteurs de projet dans le déploiement de la marque « Accueil vélo », l’aménagement de stationnements et la création d’aires de services.

https://www.francevelotourisme.com

Développez les livraisons à vélo cargo avec ColisActiv’

Le transport de marchandises à vélo est une solution propre, rapide et qui demande peu d’espace logistique urbain (espace dédié à la logistique en ville), adaptée à une grande partie des besoins de livraison en ville. Le programme ColisActiv’ aide financièrement la cyclologistique à être durablement plus compétitive que la livraison thermique.

La cyclo-logistique est une alternative socialement et économiquement soutenable, face à l’ubérisation du secteur de la livraison. Les collectivités territoriales encouragent ces nouveaux modèles économiques avec l’objectif de voir, à terme, les vélos cargos remplacer les camions dans les artères commerçantes. À l’heure des zones à faibles émissions, mobiliser l’économie sociale et solidaire facilite le report modal vers des véhicules à énergie musculaire avec assistance électrique.

Tout-voiture, on arrête tout et on réfléchit !

« À chaque argument avancé pour tenter de réduire la dépendance de nos sociétés à la voiture est opposé le droit à la liberté de se mouvoir. Celui-ci n’est pas contesté : la mobilité est un droit et une liberté. Mais elle ne peut être obtenue au prix d’embouteillages, de conséquences sur la santé, de gaspillage d’énergie et d’artificialisation des sols sans fin pour construire de nouvelles routes et autoroutes. » Un appel salutaire de l’auteur Ludovic Bu à stopper l’autobésité !

Comment lutter contre l’obésité automobile et l’injonction à se déplacer sans cesse ? Spécialiste des questions de mobilités, Ludovic Bu l’affirme : « oui, on peut se déplacer sans voiture. Il faut pour cela transformer les villes, favoriser les déplacements à pied et à vélo, mais aussi recréer de la proximité dans les zones périurbaines et rurales avec les services et les commerces dont chacun a besoin au quotidien.« 

Un livre, en partenariat avec Agir pour l’environnement, à paraître le 28 juin

Défendre et réinventer la démocratie par le bas pour opérer une transformation écologique et sociale de notre société

Depuis le 9 Juin, de nombreuses voix se font entendre pour appeler à une mobilisation contre l’extrême droit et pour une transition écologique et sociale. La croisade du RN contre les énergies renouvelables menace l’industrie française pour la Fondation Jean Jaurès. France Nature Environnement fait le point sur les votes et les programmes en appelant à voter pour le vivant. Fréquence Commune publie une tribune pour défendre et réinventer la démocratie par le bas en opérant une transformation écologique et sociale de notre société.

Voter oui, mais surtout préparer la suite pour combattre la montée de l’extrême-droite à sa source.

La montée du Rassemblement National et sa possible arrivée au pouvoir représente une grave menace pour l’État de droit et les fondements démocratiques de la France. Le projet politique du Rassemblement national, bien que présenté sous un vernis de respectabilité, reste profondément discriminatoire et autoritaire.

Il est donc crucial de prendre la mesure de l’enjeu et de se mobiliser en allant voter les 30 juin et 7 juillet pour défendre nos libertés fondamentales.


Élections législatives :
177 300 emplois dans l’industrie verte menacés par l’arrivée du RN à Matignon

La politique menée par le RN s’attaquerait directement à l’éolien et au solaire, au tournant vers la voiture électrique ou encore au déploiement des pompes à chaleur. De quoi inquiéter les industriels, qui face à un gouvernement hostile, pourraient choisir de fermer les usines en France pour les délocaliser dans des pays qui prennent vraiment le virage de la transition. En d’autres termes, d’après Neil Makaroff, expert associé à la Fondation Jean-Jaurès, le RN pourrait être à l’origine d’un grand plan social dans des filières pourtant prometteuses pour la réindustrialisation de l’économie.

Carte de France des principaux sites industriels liés à la production d’éoliennes, panneaux photovoltaïques, voitures et bus électriques, batteries et pompes à chaleur

Pour les personnes n’ayant pas la nationalité française, celles qui sont racisées, pour les personnes LGBTQIA+, pour les femmes, pour les chômeurs, et plus largement pour les personnes qui luttent pour une société plus juste, plus démocratique et plus écologique au quotidien, l’arrivée au pouvoir du Rassemblement national signifierait une régression majeure de leurs droits et libertés. Au-delà des restrictions par les lois, c’est aussi la recrudescence d’actes de violences et de discriminations, envers les personnes ciblées par leur idéologie, qui reste inquiétante à court terme.

La liberté d’expression et d’association, piliers essentiels de la démocratie, seraient également menacées. Le Rassemblement national a historiquement manifesté son hostilité envers les contre-pouvoirs, qu’il s’agisse des médias, des syndicats ou des associations.


LÉGISLATIVES 2024 : MOBILISONS-NOUS CONTRE L’EXTRÊME-DROITE ET POUR LE VIVANT !

Nous appelons « tous les électeurs et toutes les électrices à s’unir contre les idées d’extrême-droite en votant pour un programme mettant le vivant et les plus vulnérables d’entre nous au cœur de ses préoccupations, défendant les libertés démocratiques et des politiques à même de répondre aux défis écologiques, économiques et sociaux de notre époque. »

Les promesses lors des campagnes électorales, c’est bien, mais les actes c’est encore mieux ! Pour savoir pour qui voter les 30 juin et 7 juillet, quoi de mieux que d’analyser ce que les différents partis ont voté ces derniers mois ?
Ce que disent les programmes : Pour y voir plus clair et savoir si les programmes sont à la hauteur en matière d’environnement, FNE a analysé les programmes du Rassemblement National, du Nouveau Front Populaire et d’Ensemble Pour la République.

Les politiques néolibérales menées ces dernières décennies ont préparé le terrain pour cette montée de l’extrême-droite. Le démantèlement des services publics, particulièrement dans les zones rurales, et l’accroissement des inégalités ont nourri un sentiment d’abandon et de colère dont le Rassemblement national a su tirer profit.

LE GRAND ORAL DE LA SOCIÉTÉ CIVILE en replay !

Les hommes et les femmes politiques, de droite, du centre et de la gauche, portent une part de responsabilité partagée dans la crise de confiance actuelle. Leur incapacité à répondre aux attentes des citoyennes et des citoyens, leur incapacité à proposer un projet de société commun et leur posture de supériorité se targuant d’être les “représentant.e.s” du peuple sans jamais lui donner voix au chapitre sont aussi le terreau de la montée de l’extrême-droite.

Pour contrer la montée du fascisme, aujourd’hui et demain, il est crucial de créer des espaces de débat et de dialogue ouverts à tous, indépendamment des idéologies, au plus près des citoyennes et citoyens, dans les communes. C’est en favorisant les échanges et la compréhension mutuelle que nous pourrons faire prendre conscience des dangers que représente l’extrême-droite pour nos libertés individuelles et collectives. Cependant, ce cadre inclusif n’en demeure pas moins exigeant. Dans les assemblées citoyennes ainsi formées, tout discours raciste ou discriminatoire doit être fermement rejeté. Le respect mutuel, quel que soit son genre, sa race ou son statut social, est la condition sine qua non du dialogue et de la démocratie.


Le podcast des communes et des listes participatives

Des citoyens s’organisent en France pour réinventer la démocratie et réussir à répondre aux besoins fondamentaux des habitants.

Conscients du pouvoir citoyen au niveau local, ils s’organisent pour faire face aux défis sociétaux en se regroupant en listes citoyennes et participatives qui se présentent aux élections municipales pour gagner leur commune en 2026.

Ce podcast a 3 objectifs :

  • donner envie de monter une liste participative et citoyenne,
  • soutenir les citoyens qui se lancent dans cette aventure,
  • se rencontrer et faire mouvement.

La bataille ne s’arrêtera pas au vote des législatives de 2024. La république représentative crée un terrain propice à la colère populaire en polarisant la politique, en contraignant les gouvernant.e.s à la surenchère de promesses irréalisables pour se démarquer et en excluant la plupart des citoyennes et citoyens des décisions politiques. Fatiguée des promesses non tenues, de la domination d’une élite qui décide seule et dans laquelle elle ne se reconnaît pas, une partie des citoyennes et citoyens se tourne vers l’extrême-droite en cherchant une rupture politique.

La mairie est à vous … Deux ans avant les élections municipales de 2026, Actions Communes veut lancer la dynamique vers la victoire de centaines de collectifs d’habitantes et d’habitants dans leur commune.

Pourtant, l’expérience des communes participatives au pouvoir depuis 2020 démontre que renforcer la capacité d’agir des citoyennes et citoyens, en leur permettant de décider directement des lois et politiques publiques qui les concernent, peut contribuer à réduire les inégalités et construire une société plus juste et inclusive.

Assemblées citoyennes : accompagnement des municipalités et des listes participatives

Nous en sommes convaincus : bâtir une véritable alternative démocratique, capable de prendre en compte les besoins et les points de vue de chacun pour construire des solutions qui répondent à l’intérêt général, est notre meilleure arme pour lutter efficacement contre la menace fasciste.

La démocratie directe : tout savoir sur ses principes, ses modes de fonctionnement, ses avantages et ses inconvénients.

Nous resterons ainsi engagés aux côtés de toutes celles et ceux qui souhaitent organiser dans leurs communes des fonctionnements démocratiques et des instances de décision qui ouvrent un nouvel imaginaire de société. En cela, les élections municipales de 2026 sont un formidable rendez-vous autour duquel nous retrouver. Prendre le pouvoir pour le partager, c’est lutter contre l’obscurantisme et la division. Prendre le pouvoir pour le partager, c’est proposer une alternative concrète, joyeuse et transformatrice. 

Ondine Baudon, Bruno Cristofoli, Lisa Daoud, Elisabeth Dau, Eloïse Fontaine, Jonas George, Mathilde Houzé, Tristan Rechid et Thomas Simon de Fréquence Commune

Permettre de se rencontrer, de confronter ses idées sur un sujet précis pour construire ensemble, petit à petit et avec méthode, une proposition politique collective.
Bande annonce du film de 52mn de Manon Bachelot, produit par Fréquence Commune et ArtCam Production, sur la campagne des municipales de 2020 de la liste participative « Nous sommes » à Montpellier.

Lidl travaille avec le WWF pour offrir des choix de produits plus durables

Lidl, un distributeur majeur en Europe, et le WWF, l’une des plus grandes organisations indépendantes de protection de la Nature au monde, ont signé un accord de partenariat stratégique international, actif dans 31 pays pendant cinq ans. La coopération avec le WWF se concentre sur la chaîne de valeurs de Lid et vise à relever les défis environnementaux mondiaux, en permettant à un plus grand nombre de ménages d’avoir accès à des choix plus durables, en encourageant des modèles commerciaux qui respectent les écosystèmes naturels et les limites des ressources de la planète.

Ce partenariat est une nouvelle preuve de l’engagement en faveur de la durabilité que Lidl met en œuvre depuis des années dans le cadre de sa stratégie de développement durable.

Lidl – un des plus importants distributeurs de fruits et légumes en volumes de vente dans l’Hexagone – renforce son engagement en faveur de la durabilité en lançant sa «Tournée en Terres d’Avenir» à partir de Juin 2024. Cette initiative, ambitieuse et collaborative, réunit un large éventail d’acteurs, notamment des agriculteurs, producteurs ainsi que ONG, interprofessions et acteurs de la recherche et du conseil, dans le but de co-construire une stratégie garantissant des filières fruits et légumes durables pour approvisionner ses 1600 supermarchés.

L’objectif commun de ce partenariat est de proposer à ses clients un assortiment plus durable.

« UNIR NOS FORCES »

« En étant l’un des plus grands distributeurs alimentaires d’Europe, nous sommes conscients de notre responsabilité et de notre influence. Pour Lidl, la gestion durable de nos ressources n’est pas seulement une question de valeurs, c’est aussi la base de la viabilité de notre modèle d’entreprise sur le long terme.»

Michel Biero, Président de Lidl France
LIDL REJOINT L’ALLIANCE POUR LA PRÉSERVATION DES FORÊTS, COLLECTIF D’ENTREPRISES ENGAGÉES DANS LA LUTTE CONTRE LA DÉFORESTATION
LIDL RENOUVÈLE SON PARTENARIAT AVEC LES BANQUES ALIMENTAIRES POUR LA 11ÈME ANNÉE CONSÉCUTIVE
Chez Lidl, la responsabilité sociétale de l’entreprise est intrinsèque à notre modèle d’affaires.
NÉGOCIATIONS ANNUELLES OBLIGATOIRES : LIDL CONFIRME UN DIALOGUE SOCIAL DE QUALITÉ AVEC LES ORGANISATIONS SYNDICALES

Mise en circulation du premier véhicule à hydrogène vert de la grande distribution française

« Avec le soutien et l’expertise du WWF, nous allons faire passer notre engagement en faveur de la durabilité à la vitesse supérieure. Ce n’est qu’en travaillant ensemble que nous pourrons relever les grands défis mondiaux tels que le changement climatique et l’effondrement de la biodiversité. »

Michel Biero, Président de Lidl France

Lidl et le WWF ont déjà travaillé ensemble dans le cadre de coopérations, par exemple en Suisse et en Autriche.

Huile de palme : A l’avenir, Lidl Suisse a décidé de n’utiliser dans ses propres marques que de l’huile de palme durable, certifiée RSPO (Table ronde sur l’huile de palme durable).

Arrêter la dégradation de l’environnement dans le monde et construire un avenir où les êtres humains pourront vivre en harmonie avec la nature.

Mission du WWF
Alimentation : Favoriser des systèmes alimentaires durables

« La façon dont nous produisons et consommons la nourriture et l’énergie est l’un des principaux moteurs de la perte de biodiversité et du changement climatique. Afin d’arrêter et d’inverser ce qui est la plus grande crise à laquelle l’humanité est confrontée aujourd’hui, nous avons besoin d’actions audacieuses et urgentes pour changer nos systèmes alimentaires et énergétiques, et le secteur de l’alimentation et de la distribution a un rôle important à jouer dans la conduite de ce changement. »

Kirsten Schuijt, directrice générale du WWF International

« En tant que l’un des plus grands distributeurs mondiaux, Lidl dispose d’une influence internationale considérable pour susciter des changements durables dans le secteur de l’alimentation et de la distribution. »

Kirsten Schuijt, directrice générale du WWF International

UN IMPACT DÉMULTIPLIÉ DANS 31 PAYS

Ce nouveau partenariat avec le WWF élargit la portée de ce travail à l’échelle mondiale et démultiplie l’engagement de développement durable de Lidl au niveau international.

Lidl s’est fixé pour objectif :

  • d’améliorer l’accessibilité à des produits plus durables pour ses clients du monde entier ;
  • de collaborer avec le WWF pour améliorer ses chaînes d’approvisionnement ;
  • d’améliorer son offre en supermarché.

6 axes d’actions prioritaires pour donner cohérence et lisibilité à l’intégration des enjeux RSE faite par Lidl dans son activité :

  • préserver les ressources
  • protéger le climat
  • respecter la biodiversité
  • dialoguer avec les parties prenantes
  • promouvoir la santé
  • agir équitablement

Le partenariat avec le WWF soutiendra ces objectifs en se concentrant sur les champs d’action suivants :

  • Conservation et promotion de la biodiversité
  • Gestion responsable des ressources en eau
  • Protection du climat grâce à des objectifs climatiques fondés sur la science
  • Mise en place et développement de chaînes d’approvisionnement traçables, exemptes de déforestation et de conversion d’écosystèmes naturels
  • Approvisionnement responsable en matières premières essentielles et à risques telles que l’huile de palme, le soja, le cacao, le thé, le café, le bois et les produits à base de cellulose (ex. papier).
  • Approvisionnement responsable en poissons et fruits de mer et sauvegarde des zones de pêche et des stocks de poissons.
  • Défense d’une alimentation et d’une consommation plus saines et durables
  • Réduction des déchets alimentaires

Outre l’engagement de Lidl dans sa propre chaîne de valeur, l’entreprise s’engage aussi à soutenir divers projets de conservation du WWF afin de contribuer à la protection de l’environnement dans les régions où l’enseigne s’approvisionne.

Et si l’énergie propre était à portée de main ? Juste sous nos pieds …

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La géo-énergie pour le chauffage ou la climatisation des bâtiments est une énergie renouvelable disponible localement, tout le temps, sans intermittence et exploitable avec une faible empreinte au sol. Cela consiste à aller puiser dans le sol, sous terre, la fraîcheur en été ou la chaleur en hiver. La géo-énergie ou « géothermie de minime importance » est discrète mais son potentiel n’en est pas moins très important !

https://www.ign.fr/ignfab

On utilise la propriété du sous-sol de conserver une température constante d’environ 12-15°C toute l’année, en dessous d’une profondeur de 5 m et jusqu’à quelques dizaines de mètres.

https://geosophy.io
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Nappe d’eau souterraine

S’il y a une nappe d’eau sous le bâtiment, on produit cette eau avec un puits puis on la réinjecte avec un autre. Cette solution est possible en zone dense, on peut même forer de l’intérieur du bâtiment.

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Échangeur souterrain

S’il n’y a pas d’eau, on construit des « sondes » dans lesquelles on fait circuler un fluide en boucle fermée.

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Pompe à chaleur en complément

Partir de la température du sous-sol pour réchauffer ou rafraîchir un bâtiment à l’aide d’une pompe à chaleur permet d’utiliser celle-ci de façon bien plus optimale que si l’on part de l’air extérieur comme pour la plupart des climatiseurs classiques. Ce préchauffage ou pré-rafraîchissement gratuit permet en effet de diviser la consommation par quatre ou cinq.

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Free cooling

Pour le rafraîchissement des bâtiments, il est même possible quand les installations dans le bâtiment le permettent, ceux-ci disposant de plafonds ou planchers rayonnants, d’obtenir grâce au sous-sol vingt fois plus d’énergie que l’installation n’en nécessite : on parle alors de « free cooling », quand on fait directement circuler un fluide à la température du sous-sol, sans utilisation de pompe à chaleur.

Lauréat du 6e appel à projet « Énergie et climat » d’IGNfab1, Geosophy a bénéficié depuis 2021 de l’expertise, de l’appui du réseau et des données de l’IGN. En affinant ses cartes grâce aux bases de données de l’IGN, Geosophy a fortement sophistiqué sa modélisation du potentiel géo-énergétique du territoire français et amélioré ses prédictions de consommations énergétiques des bâtiments.

Atlas des cartes de l’anthropocène : Des cartes pour tracer notre avenir commun
Cette édition de l’Atlas montre l’influence des choix politiques de « consommation » et de recomposition de l’espace naturel : les choix du passé et la façon dont ils ont modelé le territoire français, d’une part, et les choix d’aujourd’hui répondant à de nouvelles problématiques, d’autre part.

A propos de l’IGN et d’IGNfab

L’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN) est l’opérateur public de l’État en matière d’information géographique et forestière en France.IGNfab est l’incubateur de projets créé par l’IGN pour accompagner les start-up et PME dans le développement de produits et services innovants qui utilisent la description du territoire et la géolocalisation, en leur apportant une expertise technique, une aide à la prise en main des données, un accès à son réseau institutionnel et partenarial, ainsi qu’à des territoires d’expérimentation pour tester leurs solutions.

« L’IGN et IGNfab sont des partenaires clés de Geosophy depuis 2021 : l’accès à leurs bases de données a été déterminant dans le renforcement de nos technologies de diagnostic géo-énergétique, au service de la transition énergétique des bâtiments et de la décarbonation de l’immobilier. »


Alice CHOUGNET, Présidente de Geosophy

A PROPOS DE GEOSOPHY

Cofondée en 2018 par Alice Chougnet, Geosophy a créé la première plateforme SaaS d’évaluation des ressources géo-énergétiques, une énergie locale, durable, non carbonée, discrète et silencieuse issue du sous-sol peu profond.

geosophy.io

  1. Geosophy et l’IGN ont reçu ce prix à l’occasion des rencontres estivales 2024 de Cap Digital, le 11 juin en présence de Nelly Garnier, conseillère régionale déléguée spéciale Smart Région de la Région Île-de-France. ↩︎

Les abeilles au cœur des transitions : à la fois pollinisateurs essentiels à notre alimentation et symbole de biodiversité

Les abeilles sont à la fois des pollinisateurs essentiels pour notre alimentation et un symbole de biodiversité avec près de 1000 espèces sauvages en France. Les objectifs de l’INRAE sont de mieux comprendre les pressions sur ces populations et de trouver des solutions sur le terrain, en conciliant production apicole, agricole et préservation des pollinisateurs. Ce dossier aborde l’essentiel des enjeux de recherche autour des abeilles à travers de nombreuses disciplines, en passant par l’écologie, la toxicologie, la génétique ou encore la sociologie.

Le taux de mortalité des colonies d’abeilles domestiques en France est aujourd’hui estimé entre 20 et 30 % par an, deux fois plus que la mortalité naturelle.

Sur la base des données actuellement disponibles, on estime que 9 % des espèces d’abeilles sauvages sont menacées en Europe.

L’enjeu n’est pas uniquement de préserver les abeilles pour leur service de pollinisation des cultures et des plantes sauvages mais aussi pour elles-mêmes et pour la place qu’elles occupent dans la biodiversité.

ITSAP – Institut de l’abeille

Depuis la fin des années 1990, marquée par une mortalité importante et soudaine dans les cheptels apicoles en Europe et dans le monde, des efforts de recherche inédits ont été déployés pour comprendre les causes de ce phénomène d’effondrement des colonies d’abeilles domestiques. Dans le même temps, un déclin des abeilles sauvages a été documenté, ce qui n’a fait que renforcer les préoccupations scientifiques et sociétales vis-à-vis de ces pollinisateurs.

ITSAP – Institut de l’abeille

Ces 15 dernières années, INRAE a mené de nombreux travaux de recherche qui ont mis en évidence les effets directs des pathogènes, pesticides, virus (qui peuvent aussi agir en interaction), et l’importance de la diversité des ressources en pollen dans ces phénomènes. Les scientifiques poursuivent aujourd’hui leurs analyses sur ces multiples pressions tout en développant une recherche appliquée, pour répondre à la nécessité d’apporter des solutions opérationnelles.

Depuis 2010, l’institut travaille en effet avec l’ITSAP (Institut technique et scientifique de l’abeille et de la pollinisation) au sein de l’UMT PrADE qui regroupe différents acteurs de la recherche et de l’innovation, pour accompagner les apiculteurs et répondre à leurs problématiques de terrain.

Impact des pesticides

De nouvelles questions de recherche émergent autour de la santé des abeilles, notamment concernant la grande diversité des produits auxquels elles sont exposées, de nature agricole et non agricole (produits vétérinaires apicoles, métaux lourds, micro-plastiques, polluants environnementaux), les nouvelles espèces invasives comme le petit coléoptère des ruches ou le frelon asiatique, et la compétition entre les abeilles domestiques et sauvages pour les ressources alimentaires.

Pour relever les défis qui concernent à la fois les apiculteurs, les agriculteurs et les gestionnaires d’espaces naturels, les chercheurs d’INRAE adoptent de nouvelles façons de travailler. Grâce à l’utilisation de systèmes d’enregistrement autonomes comme la ruche connectée, les chercheurs précisent leurs connaissances sur le lien entre les abeilles domestiques et leur environnement.

Les experts de l’INRAE présentent leurs travaux et derniers résultats à l’aide d’exemples concrets avant une session de questions/réponses.
Avec les interventions de :
– Thierry Caquet, directeur scientifique Environnement
– Mickaël Henry, directeur de recherche dans l’unité Abeilles et Environnement
– Fanny Mondet, chercheuse dans l’unité Abeilles et Environnement
– Florence Phocas, directrice de recherche dans l’unité Génétique animale et biologie intégrative
– Axel Decourtye, directeur général de l’Institut technique et scientifique de l’apiculture et de la pollinisation

Ils intègrent aussi des travaux de génétique pour la sélection d’abeilles plus résistantes aux parasites et établissent des ponts avec les sciences humaines et sociales. L’objectif est de mieux comprendre les pratiques et problématiques auxquelles sont confrontés les apiculteurs, et de proposer des solutions applicables économiquement, pour allier préservation de la biodiversité et production apicole et agricole.

Les enjeux ne se trouvent pas seulement dans les agrosystèmes mais également dans les zones et espaces naturels, où vivent certaines espèces rares, qui voient leur aire de distribution se réduire avec le changement climatique.

ITSAP – Institut de l’abeille

1. Les abeilles sous pressions

Abeilles sauvages et abeilles domestiques voient leurs populations s’éroder du fait de nombreuses pressions qui s’exercent sur elles. La destruction des habitats naturels et de leurs ressources florales, l’exposition aux pesticides et les effets du changement climatique sur la production de nectar sont des menaces auxquelles toutes les espèces d’abeilles sont exposées. En revanche, les abeilles domestiques qui vivent dans les ruches souffrent plus fortement des attaques par des prédateurs et parasites et sont plus vulnérables face aux virus. Les recherches menées à l’INRAE visent à comprendre comment et avec quelle intensité ces différentes pressions affectent la santé des abeilles et par quels moyens il est possible de les atténuer.

2. Vers une apiculture durable

23 kilos de miel. C’est la production moyenne d’une ruche française en une année. Derrière ce chiffre se cache une attention de tous les instants des apiculteurs qui doivent protéger leurs colonies de nombreuses menaces extérieures, tout en développant des stratégies de production qui leur sont propres. La diversité des profils et des pratiques en apiculture est un sujet d’étude pour INRAE afin de mieux comprendre les enjeux autour de cette activité. Des chercheurs de l’institut collaborent avec des partenaires comme l’ITSAP pour accompagner les apiculteurs vers des exploitations plus durables.

3. Construire des solutions

En France, 72,2 % des espèces cultivées pour l’alimentation humaine présentent une dépendance plus ou moins forte à l’action des insectes pollinisateurs. Partant de ce constat, le maintien de la production agricole et la préservation des abeilles et de tous les pollinisateurs représentent un défi commun. Dans cette logique, INRAE expérimente des pratiques avec les apiculteurs, agriculteurs et autres acteurs des territoires comme les parcs naturels ou encore les villes et métropoles, pour trouver des solutions alliant rendement et respect de la biodiversité. Les sciences participatives sont également un outil pour sensibiliser le grand public à l’existence des abeilles sauvages et l’impliquer dans leur sauvegarde.

ITSAP – Institut de l’abeille

Les abeilles au cœur des transitions



Canal-U : La plateforme audiovisuelle au service de la science ouverte

La Fondation Maison des sciences de l’homme nous rappelle l’existence de Canal-U, la Plateforme audiovisuelle de l’enseignement supérieur et de la recherche, pour « Explorer, Comprendre et Partager ». Constituée de 360 chaines, 25 000 intervenants et 50 000 ressources vidéos et podcasts en libre accès, ce fonds pluridisciplinaire est richement documenté pour explorer et partager la science autrement.

Canal-U est sur Instagram

Entretiens, conférences, colloques, cours, reportages… Canal-U propose un patrimoine audiovisuel scientifique donnant à voir la science d’hier et d’aujourd’hui.

Une plateforme pour produire des savoirs

Conçue pour répondre aux besoins de l’audiovisuel scientifique, la plateforme Canal-U est ouverte à toutes les institutions productrices de savoirs, sans restriction de disciplines ou de méthodologie. Universités, institutions de recherche, laboratoires ou fondations peuvent créer une chaine Canal-U et bénéficier d’un service sur mesure et gratuit pour héberger, diffuser, valoriser et partager leurs ressources audiovisuelles.

Un fonds pluridisciplinaire en libre accès

Canal-U met à disposition de tous les publics, en accès libre et gratuit, un fonds audiovisuel pluridisciplinaire qui couvre tous les domaines de la connaissance.

Entretiens, conférences, colloques, documentaires et cours sont disponibles au format vidéo ou podcast et organisés autour de 3 axes qui constituent les pierres angulaires du catalogue :

Des ressources documentées et enrichies

Chapitrages, sous-titrages, transcriptions,descriptions, documents associés…, Canal-U offre
toutes les fonctionnalités pour enrichir les ressources audiovisuelles et faciliter leur découverte par l’utilisateur
.

En parallèle, Canal-U garantit une documentation riche, précise et normée qui assure un référencement optimal des ressources et leur interopérabilité avec les systèmes d’information de l’enseignement supérieur et de la recherche

Exemple de la thématique Environnement et développement durable

Une expérience utilisateur fluide et dynamique

La plateforme propose un grand nombre de fonctionnalités pour effectuer des recherches complexes et parcourir le fonds par contenus associés. Un moteur de recherche à facettes et des métadonnées
enrichies
permettent de créer des recherches ciblées et de découvrir de nouvelles productions liées
par un même thème ou un même intervenant.

En tapant « vivant », parmi les 3 premières vidéos, on peut choisir S’inspirer du vivant de Gilles Boeuf

Un accès à la production audiovisuelle scientifique francophone

Dispositif national de référence, Canal-U réunit aujourd’hui plus de 360 contributeurs et constitue une porte d’entrée privilégiée sur la production audiovisuelle scientifique française et francophone.
Intégralement public et gratuit, Canal-U garantit un environnement pérenne et sécurisé propice à la création d’un patrimoine audiovisuel scientifique accessible à tous.

Une plateforme engagée pour la science ouverte

Depuis sa création en 2001, Canal-U s’inscrit dans le mouvement de la science ouverte.

Développée en conformité avec les principes FAIR (facile à trouver, accessible, interopérable et réutilisable), la plateforme est conçue pour assurer la diffusion et le partage des ressources audiovisuelles scientifiques au plus grand nombre. Le protocole OAI-PMH (Open Archives Initiative Protocol for Metadata Harvesting) permet une exposition et une collecte efficace de ses métadonnées par d’autres systèmes et plateformes de recherche.

Le support de la technologie oEmbed facilite l’intégration des vidéos dans des sites web ou
plateformes externes, rendant ainsi les contenus de Canal-U facilement intégrables et consultables au sein
d’autres écosystèmes numériques.


A propos de Canal-U

Créée en 2001, Canal-U est la plateforme audiovisuelle de l’enseignement supérieur et de la recherche au service de la science ouverte.

Spécialement conçue pour répondre aux besoins de l’audiovisuel scientifique, Canal-U est un dispositif national de l’enseignement supérieur et de la recherche soutenu par le Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et piloté par la Fondation Maison des sciences de l’homme.

Une plateforme dédiée à la diffusion et la communication scientifique

Ouverte à toutes les institutions productrices de savoirs, la plateforme permet de créer facilement, gratuitement et sans obligation d’exclusivité, une chaine pour héberger, valoriser et partager les ressources vidéo et podcast.

Intégralement publique, elle garantit un environnement sans publicité, pérenne et sécurisé, parfaitement intégré à l’écosystème de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Un fonds audiovisuel scientifique pluridisciplinaire en libre accès

Entretiens, conférences, colloques, cours, podcasts… grâce à ses nombreux contributeurs, Canal-U met à disposition de tous, en accès libre et gratuit, un fonds audiovisuel pluridisciplinaire et richement documenté.

Avec plus de 300 chaines et 40 000 ressources, la plateforme Canal-U donne à voir et à entendre la science d’hier et d’aujourd’hui dans toute sa diversité.

Une plateforme pour la science ouverte

Depuis sa création en 2001 par la Mission nouvelles technologies du ministère de l’enseignement supérieur, Canal-U s’inscrit dans le mouvement de l’accès ouvert à la science.

Développée dans le respect des principes FAIR (facile à trouver, accessible, interopérable et réutilisable), richement documentée, la plateforme Canal-U facilite la diffusion et le partage des contenus audiovisuels scientifique au plus grand nombre.

Reconnue en 2021 par le MESRI dans le cadre de sa politique de données, Canal-U s’inscrit pleinement dans le dispositif national en faveur de la Science ouverte.


A propos de la Fondation Maison des Sciences de l’Homme

La Fondation Maison des Sciences de l’Homme soutient une recherche innovante en sciences humaines et sociales, et diffuse les connaissances auprès du plus grand nombre.

Créée en 1963 par l’historien Fernand Braudel, la FMSH poursuit le projet initial « promouvoir, à l’échelle du monde, l’étude des sociétés humaines et des sciences humaines et sociales », tout en s’adaptant aux réalités contemporaines, pour construire un monde où le pluralisme des connaissances et leur libre circulation participent au progrès vers des sociétés plus inclusives et durables.

Depuis 60 ans, la FMSH fait progresser la connaissance grâce aux sciences humaines et sociales. Reconnue d’utilité publique, elle développe des infrastructures, des services et des programmes d’appui à la recherche au bénéfice de toutes les communautés scientifiques.

En soutenant chaque année près de 400 chercheurs du monde entier et en assurant la diffusion d’un vaste capital de ressources scientifiques, la FMSH est la première Fondation en sciences humaines et sociales en France.

Un modèle unique en Europe

Fondé sur la coopération internationale, le modèle de la Fondation repose sur trois piliers :

  • Organiser la libre circulation des scientifiques et des connaissances
    Conçus pour faciliter la circulation des chercheurs et des écrits, les programmes scientifiques et éditoriaux de la Fondation visent à décloisonner les domaines et multiplier les regards scientifiques pour enrichir la connaissance humaine.
  • Provoquer le dialogue interculturel et interdisciplinaire
    Interface de connexion entre communautés scientifiques, la Fondation conçoit et développe les infrastructures, services et programmes qui permettent le pluralisme intellectuel et l’inclusion sociale.
  • Diffuser les résultats de la recherche scientifique : la Fondation développe depuis sa création une expertise unique dans la diffusion et la distribution des résultats scientifiques. Elle garantit ainsi à tous – communautés scientifiques, décideurs publics et privés, acteurs de la société civile et citoyens – un accès ouvert et massif aux contenus pour agir et transformer positivement le destin des sociétés.

Ce modèle constitue la source de l’action de la Fondation, de sa force d’innovation, et sa justification face aux grands enjeux du monde moderne.


La Fondation Maison des Sciences de l’Homme est labellisée IDEAS.

Le label IDEAS est la marque de la qualité de son engagement sociétal.

Il atteste de leur démarche d’amélioration continue en matière de gouvernance, de gestion financière et d’évaluation de l’action.

Communication responsable : transparente et efficace en faveur d’une économie circulaire plus durable

Face à l’urgence environnementale, au renforcement des obligations réglementaires et aux attentes croissantes des consommateurs, Circul’R1 lance, en partenariat avec l’ADEME, la première coalition de grandes entreprises dédiée à la communication en lien avec l’économie circulaire. Cette initiative rassemble 9 acteurs : grandes entreprises qui intègrent des principes d’économie circulaire dans leurs modèles, agence de communication et des éco-organismes pour redéfinir les stratégies de communication en faveur d’une économie plus durable.

Comment mesurer la circularité des modèles économiques ?

face aux enjeux environnementaux auxquels nous sommes confrontés, la communication et le marketing sont contraints d’évoluer. Il ne s’agit plus de promouvoir la consommation, mais de sensibiliser, d’éduquer et d’encourager l’adoption de pratiques issues de l’économie circulaire2

Raphaël Masvigner, co-fondateur de Circul’R

L’INTÉRÊT D’UNE COALITION SUR LA COMMUNICATION EN MATIÈRE D’ÉCONOMIE CIRCULAIRE

L’économie circulaire est un modèle qui vise à préserver les ressources naturelles, limiter au maximum la production de déchets, réduire les émissions de CO2 et préserver la biodiversité. Elle se présente comme une opportunité de choix pour répondre aux enjeux environnementaux actuels.

Le guide du PDG visionnaire sur le développement durable (en anglais)

Selon une enquête de Bain & Company et le Forum économique mondial, 35 % des dirigeants ont classé la circularité parmi les priorités les plus élevées de leur organisation en 2022, soulignant son importance croissante.

Or, il apparaît que les entreprises éprouvent des difficultés à communiquer sur leurs engagements environnementaux : sur 1 100 contrôles réalisés par la DGCCRF en mai 2023, plus d’un quart des 2 communications étaient non conformes.

Guide pratique des allégations environnementales

Les entreprises ont besoin d’être accompagnées dans leurs stratégies de communication en matière d’économie circulaire et ainsi d’être en mesure de :

  • ●  Répondre aux exigences réglementaires nationales et européennes (devoir de vigilance, loi AGEC, loi Climat et Résilience, Green Claims Directive et CSRD) qui exigent des entreprises qu’elles fournissent des informations claires, précises et non trompeuses concernant leurs stratégies d’économie circulaire, les caractéristiques environnementales de leurs produits et de leurs emballages.
  • ●  Contribuer à promouvoir de nouveaux modes de consommation auprès des Français qui sont 77% à penser que mettre en scène des gestes et pratiques écoresponsables3 dans les publicités peut les encourager à adopter des comportements durables .
  • ●  Sortir du “tunnel carbone” qui s’observe dans de nombreuses stratégies de communication se concentrant essentiellement sur la réduction des émissions de carbone alors que l’économie circulaire permet d’adresser d’autres limites planétaires comme la préservation de la biodiversité, l’économie d’eau ou la conservation des ressources. Ainsi, les stratégies doivent non seulement viser la réduction des émissions de carbone, mais aussi intégrer une approche plus holistique et transparente de la durabilité environnementale.

La loi Climat et Résilience interdit l’utilisation du terme « neutralité carbone » dans les communications des entreprises, afin d’éviter toute confusion ou greenwashing.

DES LIVRABLES DANS LA CONTINUITÉ DES TRAVAUX DE L’ADEME

Les organisations membres de la coalition bénéficieront de l’expertise des éco-organismes Citeo, ecosystem, Refashion et Valdelia, ainsi que des équipes de Circul’R pour réfléchir collectivement sur les meilleures pratiques pour communiquer de manière transparente et efficace sur les démarches et offres de produits et services circulaires.

Soutenus par l’ADEME, les travaux de la coalition ont l’ambition d’aboutir à la publication en fin d’année 2024 d’un Guide de la communication en matière d’économie circulaire, qui s’inscrira dans la continuité du Guide de la communication responsable de l’ADEME et inclura un état des lieux des législations, des exemples sectoriels et des stratégies pour valoriser les actions circulaires.

“A travers cette coalition, notre ambition est de soutenir les professionnels du marketing et de la communication pour rendre désirable ces nouveaux modèles auprès de leurs différents publics.”

Raphaël Masvigner, co-fondateur de Circul’R
  1. réseau d’experts en économie circulaire ↩︎
  2. « à l’instar du réemploi, la seconde main, la location ou la réparation qui permettent de préserver les ressources, limiter la production de déchets et les émissions de CO2 » ↩︎
  3. 14ème baromètre de la consommation responsable – ADEME, mai 2021 ↩︎

Un guide pratique et des retours d’expérience pour aider les collectivités à décarboner le transport grâce à l’hydrogène

A l’occasion de la 11ème édition des Journées Hydrogène dans les Territoires, France Hydrogène publie un livret et un guide destinés aux collectivités souhaitant s’engager dans le déploiement de bus à hydrogène et de stations de distribution sur leurs territoires. Le guide Emploi-Formation de la filière hydrogène est inclus à cet article.

La mobilité hydrogène représente aujourd’hui une solution pour les collectivités souhaitant allier performance opérationnelle et engagement environnemental.

France Hydrogène

Les véhicules à hydrogène – bus, camions ou véhicules utilitaires – offrent une autonomie et un temps de recharge compétitifs par rapport aux solutions électriques traditionnelles, rendant leur intégration dans les flottes publiques particulièrement pertinente.

Avec ces deux publications, France Hydrogène souhaite proposer des outils pratiques et éclairants pour les collectivités engagées dans la transition vers une mobilité plus propre et poursuit son accompagnement des acteurs territoriaux.

Retours d’expérience sur le déploiement des bus à hydrogène

Avec 60 bus à hydrogène en service et plus de 130 en cours de déploiement, plusieurs villes et métropoles françaises ont déjà initié la conversion d’une partie de leur flotte.

État des lieux de développement de la filière BUS HYDROGÈNE en France

Pour partager ces expériences, France Hydrogène Mobilité publie
la brochure “Premiers déploiements de bus électriques à hydrogène en France : Retours d’expérience”.

ÉTAT DES LIEUX DES PROJETS DE DÉPLOIEMENT DE BUS HYDROGÈNE EN FRANCE EN MAI 2024

Ce document propose un panorama des déploiements de bus à hydrogène en cours, un point sur l’offre actuelle des constructeurs, enrichi par les témoignages des porteurs de projets et exploitants1.

SAFRA BUS – HYCITY : Bus hydrogène – Safra – Alb

Fiabilité du véhicule et des composants, consommation réelle, temps de recharge, performances du véhicule et de la station, accueil de la technologie par les chauffeurs et les usagers mais aussi aspects financiers, l’ensemble des sujets est abordé dans ce document qui vise à informer les collectivités dans leurs réflexions sur l’adoption des bus électriques à hydrogène et à les accompagner dans leur prise de décision.

Guide pratique pour déployer des stations hydrogène

Le déploiement de véhicules hydrogène s’accompagne d’un déploiement simultané d’une infrastructure de distribution d’hydrogène souvent associée à une production sur site dans une approche d’écosystème territorial.

France Hydrogène
Source : Projet de stratégie nationale hydrogène soumis à consultation en décembre 2023

A date, plus de 70 stations hydrogène sont en service dans les territoires.

France Hydrogène et la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR) publient le guide pratique “Déployer des stations hydrogène dans votre territoire”.

Source : Les premiers écosystèmes hydrogène – Bilan des appels à projets de déploiement Écosystèmes hydrogène 2018 et 2020, ADEME, 2023

Ce guide actualisé s’adresse aux collectivités territoriales, aux acteurs publics et aux porteurs de projets privés. Le guide offre une vue d’ensemble des enjeux liés à la mobilité hydrogène et plus spécifiquement à l’infrastructure de recharge, la règlementation, les politiques publiques et les
dispositifs de soutien, et fait le point sur l’offre de véhicules.

Le guide, résolument pratique, détaille, étape par étape, les 10 phases clés pour démarrer un projet de déploiement de station hydrogène : de la définition du besoin du territoire aux phases de construction, opération et maintenance de la station.

Guide Emploi-Formation de la filière hydrogène

Consilde Média Group publie, en partenariat avec France Hydrogène, le guide Emploi-Formation 2024-2025 de la filière hydrogène. Filière industrielle stratégique en France, le secteur de l’hydrogène génèrera à l’horizon 2030, entre 50 000 et 100 000 emplois directs ou indirects.

Métiers et compétences de la filière hydrogène

Avec 6 400 emplois directs travaillant dans la filière, ce potentiel concerne toute une chaîne de valeur en cours de déploiement : des fabricants d’équipements et de composants aux intégrateurs et fournisseurs de services. Le secteur est en pleine industrialisation et les acteurs industriels recrutent (on note une augmentation globale de +77% des offres d’emplois émises depuis 2019).

La tension se fait déjà sentir sur les plus de 80 métiers auxquels fait appel la filière. Ce guide gratuit dresse un panorama du développement de l’hydrogène et des implications en termes de compétences-métiers-formations. Avec un angle résolument pratique, il aborde dans ses 84 pages les métiers de la filière, les compétences spécifiques à l’hydrogène et les formations existantes en illustrant toutes ces thématiques au travers d’entretiens avec les acteurs industriels de la filière ainsi que ceux de la formation et de l’emploi.

Le guide propose 5 fiches métiers de la filière hydrogène, choisis notamment parmi ceux qui sont les plus recrutés.

Avec la volonté d’être utile au lecteur, le guide propose des fiches métiers – réalisées avec Adecco, LHH et Akkodis, filiales de The Adecco Group – choisis notamment parmi ceux qui sont les plus recrutés, complétées par des entretiens de salariés qui exercent ces métiers au sein des entreprises, comme le/la Chef/fe de projet hydrogène, métier actuellement le plus demandé par la filière.

Nous avons voulu construire ce guide pour donner un aperçu des métiers, des compétences et des formations déjà existantes dans la filière, un ensemble d’opportunités qui méritent d’être mieux connues.

Philippe Boucly, Président de France Hydrogène

Le guide est téléchargeable ici.

Ce guide annuel sera actualisé tous les ans.

  1. Le document livre plus particulièrement, les retours d’expérience détaillés du territoire de La Roche-sur-Yon (de la phase de commande des bus à leur mise en service en 2021), grâce à des entretiens menés avec la Compagnie des Transports Yonnais (CTY), filiale de RATP Dev, l’exploitant des bus et le SYDEV – Vendée Énergie, exploitant de la station de distribution de l’hydrogène. ↩︎

Questions Cdurable à Nathalie Kerhoas, nouvelle présidente de Bleu-Blanc-Coeur

Lors de son assemblée générale du 30 mai dernier, la démarche collective de qualité Bleu-Blanc- Cœur en faveur d’un modèle d’agriculture vertueux s’est transformée en SCIC1* (Société Coopérative d’Intérêts Collectifs) pour s’ancrer définitivement dans l’économie sociale et solidaire. Elle s’est aussi dotée d’une nouvelle présidente, Nathalie Kerhoas, qui a accepté de répondre aux neufs questions essentielles pour Cdurable.

D’origine et de formation agricole, mère de 2 enfants, son engagement est celui d’une femme très consciente du rôle nourricier et également du rôle environnemental et sociétal de notre alimentation. Elle a intégré l’association Bleu-Blanc-Cœur quelques mois après sa création en 2000. C’est elle qui incarnera désormais les valeurs du mouvement, les pieds bien ancrés sur terre et la tête tournée vers l’avenir !

Élue à l’unanimité le 30 mai, elle tient sa légitimité de ses actions depuis plus de 20 ans au sein d’un mouvement qu’elle a largement contribué à faire émerger autour de ce projet unique d’agriculture à vocation santé (de la Terre, des animaux et des hommes) construit autour de la science, de résultats mesurables et des valeurs humaines.

Une nouvelle gouvernance a été élue, forte de 34 administrateurs répartis au sein de 4 collèges :

  • les acteurs économiques,
  • les fondateurs et partenaires (collège dans lequel continueront à s’investir les 3 présidents historiques),
  • les membres de la communauté du bien manger
  • les salariés.
Améliorer la santé animale par leur alimentation

Bleu-Blanc-Cœur rassemble plus de 7.000 agriculteurs et éleveurs, pèse de 5 à 10% de parts de production dans les filières d’élevage en France, rassemble le plus grand mouvement du bien manger et du bien produire en France (avec plus de 32.000 membres de la communauté professionnels de santé, consommateurs, professionnels des métiers de bouches…)

Une agriculture créatrice de valeur au sein de la société

Nathalie Kerhoas continuera à impulser une dynamique de développement fondée sur la science, la mise en exergue des bénéfices nutritionnels et environnementaux des filières ayant adoptées des pratiques agroécologiques et animera un collectif d’acteurs engagés à créer de la valeur de l’amont à l’aval des filières, du producteur au consommateur !

Questions Cdurable ou c’est pas durable !?

Au delà des communiqués, qui ne présentent souvent que le « meilleur », et du développement durable, qui ne fait que tenter de réduire les impacts négatifs de sa croissance volumique, nous nous intéressons aujourd’hui, 20 ans après la création de Cdurable.info, aux questions essentielles. Alors Cdurable ou pas ? 9 questions qui nous invitent à Comprendre pourquoi Agir & Coopérer avec le vivant, Cdurable !

Nathalie Kerhoas nouvelle présidente de la SCIC Bleu-Blanc-Coeur

Nathalie Kerhoas, nouvelle présidente de Bleu-Blanc-Coeur, a accepté de répondre aux neufs questions Cdurable, essentielles comme les neufs besoins fondamentaux des êtres vivants dont les humains que nous sommes …

1 – Quelle est la nature de ma relation avec le vivant ?

Une relation qui se fonde sur l’humilité et le respect. Le vivant c’est un enjeu d’écosystèmes, d’équilibres et d’interrelations qui doivent fonctionner en symbiose. Charge à nous d’être respectueux de ce que la nature nous offre !

Nathalie Kerhoas nouvelle présidente de la SCIC Bleu-Blanc-Coeur

2 – Quels sont mes besoins et choix d’alimentation ?

Mes besoins et choix alimentaires :

  • Cuisiner des produits simples et naturels
  • Un repas équilibré à base de produits Bleu-Blanc-Cœur (incontournables à mes yeux en tant que maman !)
  • Des aliments issus de filières où le travail de l’agriculteur est valorisé
  • Un repas partagé et convivial
  • Des produits savoureux, avec une histoire (celle de son mode de production) et respectueux de l’équilibre de la nature (produits de saison, jamais d’éviction, de la couleur dans l’assiette…)

3 – Quel est mon type d’habitat actuel et idéal ?

Une maison de campagne, avec un jardin et un potager, des espaces verts (où il me plait d’observer mes colocataires que sont le rouge-gorge, le pivert et le jeune et fougueux écureuil).

Nathalie Kerhoas nouvelle présidente de la SCIC Bleu-Blanc-Coeur

4 – Quelle activité physique favorise mon bien-être et ma santé 

Ma principale activité physique c’est :

  • En week-end d’accompagner les activités sportives de mes filles (gym, basket, piscine) et de mon conjoint (hand)… ; en m’accordant quelques balades dominicales soit à vélo soit en footing
  • En semaine, lors de mes déplacements parisiens, toujours prendre les escaliers (surtout quand un escalator ou un ascenseur se présente à moi 😊 !)

5 – Quels savoirs m’ont permis de comprendre comment agir ?

Chez Bleu-Blanc-Cœur, nous avons un principe de base (savoir observer) et une seule vérité (le résultat validé par la science et la mesure).

Nathalie Kerhoas nouvelle présidente de la SCIC Bleu-Blanc-Coeur

L’observation et la science sont donc mes deux drivers au quotidien !

J’ajouterai que les rencontres, les échanges, l’écoute et le partage sont autant de principes et de valeurs humaines qui m’animent et me guident au quotidien.

6 – Quel est le sens que je donne à mon travail ?

Ma priorité dans mon travail c’est d’y trouver du sens, des valeurs, de l’énergie dans l’engagement et de vivre de belles rencontres humaines.

L’important pour moi est bien de transformer nos idées et projets en actions concrètes !

Nathalie Kerhoas nouvelle présidente de la SCIC Bleu-Blanc-Coeur

7 – Quelle énergie j’utilise pour mes usages et besoins ?

L’énergie puisée au sein de la passion et de l’engagement permise par le sens de mon action, de mon travail, de ma mission.

L’énergie de la fierté que procure dans les yeux de vos enfants votre engagement à leur apporter une alimentation savoureuse, meilleure pour leur nutrition et aussi pour notre environnement !

L’énergie de créer une proposition alimentaire nouvelle, qui fait sens et qui revendique le bon sens ; une énergie qui se décuple quand des freins et blocages viennent contrarier la bonne réalisation de cette mission. 

Pour mes usages et besoins, ma finalité est de m’appuyer sur des ressources énergétiques allant vers plus de sobriété (je dirai même plus de bon sens) :

Nathalie Kerhoas nouvelle présidente de la SCIC Bleu-Blanc-Coeur
  • Dans les déplacements (énergie musculaire – cf escaliers 😊), train, co-voiturage, vélo ou marche à pied dès que c’est possible (à la campagne)
  • Dans mon alimentation (en moyenne 20% de CO2 en moins grâce aux produits Bleu-Blanc-Cœur issus d’un mode de production orienté vers plus de nutrition et de durabilité
  • A la maison : en privilégiant les sources décarbonées d’énergie (isolation, chauffage…)

8 – Quelle est mon implication personnelle pour l’intérêt général ?

Une détermination et une implication élevées au service de notre projet du bien manger pour tous et du bien produire dans le respect des équilibres de la santé de la terre, des animaux et des hommes !

Nathalie Kerhoas nouvelle présidente de la SCIC Bleu-Blanc-Coeur

Nous militons chez Bleu-Blanc-Cœur pour l’accessibilité au plus grand nombre à une alimentation meilleure pour la santé et meilleure pour l’environnement. Cet enjeu de massification est un prérequis indispensable pour obtenir des impacts forts et durables ! Nous luttons donc contre le principe d’une alimentation à deux vitesses.

9  – Quels sont mes liens de coopération et ma participation au bien commun ? 

Un engagement sans faille depuis 24 ans dans le projet Bleu-Blanc-Cœur qui m’anime.

Nathalie Kerhoas nouvelle présidente de la SCIC Bleu-Blanc-Coeur

La présidence d’une structure coopérative (la nouvelle SCIC) basée sur la concertation, la co-construction, l’animation des filières (où parfois les intérêts entre les acteurs de l’amont ou de l’aval peuvent diverger), l’écoute, la recherche de l’intérêt général tout en ayant en tête l’intérêt de chacun et en concertant chaque maillon de la société

10 – Carte blanche : quel est le message essentiel que vous souhaitez faire passer à nos visiteurs ?

Soyez curieux, privilégiez l’observation et le bon sens et n’écoutez pas les beaux parleurs : remettez les bottes pour aller à la rencontre des agriculteurs, remettez le tablier pour cuisiner de bons produits, privilégiez le résultat aux moyens… 

Nathalie Kerhoas nouvelle présidente de la SCIC Bleu-Blanc-Coeur

Et prenez le temps d’aller vous informer sur la démarche Bleu-Blanc-cœur (www.bleu-blanc-coeur.com) : vous serez surpris de votre découverte et je ne doute pas que votre vision de l’alimentation sera nettement plus positive !

  1. Une SCIC est une Société Coopérative d’Intérêt Collectif, à gestion désintéressée et d’utilité sociale ↩︎

Un indice « actuariel » climatique sur les données françaises pour le secteur de l’assurance

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CNP Assurances, en partenariat avec la Chaire DIALog, publie un livre vert intitulé « Risque climatique et impact en assurance ». Cette chaire académique d’excellence étudie les méthodes modernes d’évaluation des risques combinant les techniques de la data science, de l’intelligence artificielle et des données massives. L’un des principaux résultats de ses travaux est l’adaptation d’indices climatiques actuariels pour améliorer l’évaluation et la mesure des risques climatiques en France.

Historique des indemnisations versées par les assureurs à la suite d’aléas naturels. Source : France Assureurs, 2022

De récentes études prévoient une augmentation de la fréquence et de la gravité des événements dus au changement climatique. Les inondations en Allemagne, en Suisse et en Italie ont récemment provoqué d’importants dégâts. Au Brésil, on assiste à un enchaînement d’événements climatiques extrêmes, entre inondations sans précédent dans le sud du Brésil et prévision d’une sécheresse « sévère » en cet été 2024.

Valeurs de l’ACI de 1961 à 2021.
Source : https://actuariesclimateindex.org/explore/.

Les conséquences du changement climatique seront vraisemblablement aussi profondes qu’étendues, en particulier dans des secteurs tels que l’assurance dommages, l’assurance santé et l’assurance vie. Elles peuvent représenter une menace pour la durabilité des programmes d’assurance, notamment parce que l’augmentation des indemnisations peut nécessiter une hausse des primes et du capital de solvabilité.

Pertes assurées liées aux catastrophes naturelles.
Source : https://www.swissre.com/media/press-release/nr-20191219-global-catastrophes-estimate.html.

C’est dans ce contexte que l’équipe de recherche de CNP Assurances et de la Chaire DIALog ont proposé une adaptation de l’Indice Actuariel Climatique aux données françaises. Cet indice est déjà utilisé par les pays nord-américains et les australiens. Le programme a pour objectif de mettre à disposition des acteurs privés et publics, notamment ceux du secteur de l’assurance, des outils factuels de mesure des aléas climatiques sur le long terme. Ces outils sont présentés dans le livre vert.

Valeurs de l’AACI sur la période de référence 1981-2010, et jusqu’à 2023.
Source : https://actuaries.asn.au/microsites/climate-index/explore/component-graphs

Une aide pour quantifier les effets du changement climatique sur les bilans des compagnies d’assurance, mesurer son impact sur la durabilité des activités assurantielles, tester la résilience des acteurs et aider à la définition de politique publique et de prévention.

Définition des composantes de l’ACI

Les données historiques n’étant plus représentatives de la situation actuelle en raison de l’évolution des conditions météorologiques, les assureurs doivent réévaluer les modèles de risque qu’ils utilisent et intégrer les projections relatives au changement climatique.

Vagues de chaleur et mortalité : Évolution du nombre de décès moyen (hors tendance) en fonction de l’indice de chaleur (intervalles de 1◦C) en France pour chaque jour des mois d’été de 1970 à 2003. L’indice est calculé à partir des données ERA5, et les données de décès proviennent de
l’INSEE. Polynôme du second ordre estimé (orange courbe).

Ce livre vert répond au besoin du secteur de disposer de mesure factuelle capable d’éclairer les experts de la gestion des risques. A titre d’application concrète pour le secteur, il étudie notamment la relation entre les vagues de chaleur et la mortalité humaine en France. Il souligne l’importance d’utiliser une approche basée sur des scénarios plus prospectifs lors de l’étude de l’impact futur de la chaleur sur la mortalité à des fins d’évaluation interne des risques et de la solvabilité, en complément des modèles actuels.

Des indices climatiques pour obtenir des projections précises des événements extrêmes

Afin d’aider les compagnies d’assurance à prévoir et à gérer les risques climatiques, des indices climatiques actuariels ont été définis. Nous connaissons l’indice des prix à la consommation (IPC), qui suit l’évolution du coût d’un panier standard de biens et de services au fil du temps. De la même façon, ces indices climatiques actuariels mesurent les risques climatiques à l’aide d’un panier d’événements climatiques extrêmes, et de fluctuations du niveau de la mer. Ces indices se concentrent sur les événements extrêmes plutôt que sur les moyennes car ceux-ci ont un impact plus important sur les assurés et leurs biens, et plus largement sur la société et l’économie.

Schéma d’une composante atmosphérique d’un modèle de climat à mailles et exemples de processus physiques.
Source : https://celebrating200years.noaa.gov/breakthroughs/climate_model/modeling_schematic.html.

L’Indice climatique actuariel français (ICAF)1* combine six composantes : les températures maximales et minimales, les précipitations, les sécheresses, la puissance du vent et le niveau des mers et océans. Tous les calculs sont agrégés au niveau régional, pour l’ensemble de la France et de la Corse, composante par composante.

Précipitations saisonnières par région. Les graphiques concernent la variable Précipitations, notée Pstd.
Valeurs saisonnières hivernales de Pstd, 2011-2022

« Quels sont les impacts systémiques des canicules ? Comment les épisodes de chaleur intense évolueront-ils à l’avenir ? Et quelles seront les conséquences sur les personnes et les biens matériels ? Autant de questions urgentes auxquelles les assureurs doivent trouver des réponses. La Chaire DIALog, partenaire de CNP Assurances, met à disposition des acteurs publics et privés des outils actuariels permettant de mieux appréhender l’impact de ces changements sur notre quotidien. »

Marie-Aude Thépaut
Directrice générale de CNP Assurances

  1. Les ICAF sont estimés avec une haute résolution, fixée 0,1x 0,1degré de latitude et de longitude, soit environ 122 km2, ce qui donne plus de 10 000 points de grille pour couvrir la France et la Corse. ↩︎

REEVES, le programme de Recherche sur les Espèces Exotiques Végétales EnvahissanteS

Avec le programme REEVES (Recherche sur les Espèces Exotiques Végétales EnvahissanteS), SNCF Réseau mène une démarche pionnière dans le monde des gestionnaires d’infrastructure. Il s’agit d’un ambitieux programme de recherche scientifique dont l’objectif est de trouver de nouveaux moyens pour réguler les plantes exotiques envahissantes. Réduire l’usage des pesticides, nocifs pour la biodiversité et pour la santé. Pour cela, le programme se concentre sur une solution naturelle et innovante : la concurrence végétale.

Les espèces exotiques envahissantes visées par le programme REEVES

En France comme ailleurs, les espèces exotiques envahissantes visées par le programme REEVES posent d’importants problèmes d’entretien et d’exploitation sur le réseau ferroviaire du fait de leur croissance rapide. En étudiant à la fois in situ et en laboratoire les interactions entre les espèces, les chercheurs vont pouvoir déterminer comment d’autres plantes permettent de réguler les espèces envahissantes, sans utiliser de pesticides, nocifs pour la biodiversité et pour la santé. Cette solution naturelle et innovante s’appelle la concurrence végétale.

À terme, c’est une méthodologie complète de restauration des milieux à partir de plantes « indigènes » qui sera mise au point, avec des applications pratiques pour tous les types d’espaces concernés. Cela au bénéfice de la biodiversité, puisque les espèces exotiques envahissantes constituent l’une des principales causes de son effondrement à travers le monde.

Les EEVE & leurs enjeux


SNCF Réseau cherche à trouver des moyens efficaces pour lutter, dans le respect de ses engagements écologiques, contre ces espèces à croissance rapide (jusqu’à 2 mètres en 3 semaines pour la renouée du Japon).

Les Espèces Exotiques Végétales Envahissantes (EEVE)

Qu’est-ce qu’une EEVE ?

Selon la définition de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) : « Une espèce exotique envahissante (EEE) est une espèce allochtone (non-autochtone) dont l’introduction par l’Homme (volontaire ou fortuite), l’implantation et la propagation menacent les écosystèmes, les habitats ou les espèces indigènes avec des conséquences écologiques, économiques ou sanitaires négatives. »

Le programme REEVES s’intéresse spécifiquement aux espèces végétales, les EEVE.

Les activités humaines en cause

Que cela soit volontaire ou non, ces plantes ont toujours été introduites par les humains. Bien que le phénomène ne soit pas récent, il s’est accéléré avec la mondialisation des échanges au cours du XXe siècle. Certaines plantes devenues envahissantes ont pu être introduites pour leurs qualités esthétiques, comme l’herbe de la Pampa, quand d’autres comme l’ambroisie à feuilles d’armoise ont voyagé clandestinement avec d’autres espèces ou marchandises.

De l’implantation à l’envahissement

Une fois arrivées dans un nouveau territoire, les plantes exotiques peuvent y trouver des conditions propices et parvenir à s’installer durablement. À plus forte raison lorsqu’elles n’y ont pas de compétiteur ou de prédateur naturel. Bien que cela ne soit pas toujours le cas, ces plantes exotiques peuvent devenir envahissantes. Elles vont alors menacer la biodiversité locale, avec parfois également des impacts néfastes sur la santé humaine ou sur les activités économiques.


Les talus ferroviaires font partie des espaces vulnérables aux Espèces Exotiques Végétales Envahissantes. Cela notamment car les travaux d’entretien de la végétation aux abords des voies ouvrent le milieu naturel et laissent l’opportunité à l’espèce envahissante de s’installer, de se développer et de s’imposer.

Prendre soin des corridors écologiques

Traversant d’innombrables milieux naturels et urbains, les lignes SNCF Réseau constituent de véritables corridors écologiques qui permettent aux espèces de se déplacer entre leurs habitats. La maintenance des abords ferroviaires peut ainsi impacter directement la biodiversité et l’équilibre écologique local.

« Conscients de notre responsabilité, nous nous mobilisons aux côtés des scientifiques pour réduire à la fois l’utilisation des produits phytosanitaires et le recours aux coupes mécaniques. SNCF Réseau ouvre la voie pour la mobilité durable et accélère sa propre transition écologique. »

Ève Silberstein, Directrice territoriale SNCF Réseau Grand Est

Les enjeux écologiques & sociaux

La lutte contre les Espèces Exotiques Végétales Envahissantes ne concerne pas seulement le réseau ferré français, ni même les gestionnaires d’infrastructure. Elle est un enjeu écologique et social important, car la prolifération de ces espèces peut avoir des répercussions en cascade et impacter concrètement la vie de chacun.

Une menace pour la biodiversité

Qu’il s’agisse de plantes, d’animaux ou d’autres éléments du vivant, les espèces exotiques envahissantes prennent la place des espèces autochtones et appauvrissent le paysage. Cela contribue à la déstabilisation des écosystèmes : par exemple, une EEVE donnée ne sera pas forcément adaptée aux pollinisateurs locaux, qui déclineront et joueront moins bien leur rôle, pourtant clé pour notre agriculture et notre alimentation.

Des risques pour notre santé

L’arrivée d’espèces exotiques envahissantes peut aussi s’accompagner de risques très directs pour notre santé. Le pollen d’une plante comme l’ambroisie à feuilles d’armoise, originaire d’Amérique du nord, provoque ainsi chaque année de fortes réactions allergiques, de la rhinite à la conjonctivite en passant par la toux, l’urticaire voire de graves crises d’asthme.

L’économie touchée elle aussi

Cette même plante pose également des problèmes en agriculture, où elle envahit les inter-rangs de certaines monocultures, provoquant des baisses de rendements, des contaminations de production, et des difficultés de récolte. L’élodée américaine peut former des herbiers si denses qu’elle arrive à obstruer les écoulements d’eau, colmater les pompes d’eau potable ou encombrer les barrages hydroélectriques.

1 DES 5 GRANDES CAUSES DE DÉCLIN DE LA BIODIVERSITÉ

La biodiversité décline aujourd’hui à un rythme alarmant, qui conduit les scientifiques à parler de
« 6e extinction de masse ».

Les espèces exotiques envahissantes sont l’une des principales causes de cet effondrement, aux côtés de l’artificialisation des milieux naturels, des différentes formes de pollution, de la surexploitation des ressources, et du changement climatique.

Le programme REEVES

Comprendre pour restaurer

L’objectif du programme REEVES est de mettre au point des solutions de gestion des plantes exotiques envahissantes en se basant sur la concurrence entre espèces végétales. Comprendre les interactions entre espèces et la façon dont certaines limitent l’accès des autres aux ressources (eau, nutriments, lumière…) doit permettre de définir une méthodologie adaptée pour la restauration pérenne des milieux.

Plante vivace herbacée originaire d’Asie, la renouée du Japon envahit les habitats perturbés. Elle peut pousser dans des sols très pauvres et très divers. Au printemps, ses jeunes tiges croissent rapidement, en moyenne de 4-5 cm par jour. Elles deviennent robustes et atteignent les 4 mètres de hauteur. À la fin de l’été, la plante produit jusqu’à 190 000 fleurs par tige. À l’automne, ses graines au taux de germination élevé sont dispersées par le vent et l’eau. Son système racinaire étendu rend lui aussi très difficile sa régulation : ses rhizomes mesurent jusqu’à 20 mètres et pénètrent jusqu’à 3 mètres de profondeur dans le sol. À partir de ces derniers, elle peut former des clones, sachant qu’il suffit de 0,7 g pour qu’un nouveau plant reparte et que ces rhizomes sont résistants au gel, au feu et peuvent vivre plus de 10 ans.

Un choix rigoureux d’espèces indigènes

Pour parvenir à un tel résultat, le travail commence par la sélection d’une palette végétale arbustive et herbacée parmi les espèces indigènes. Celles-ci doivent pouvoir concurrencer les 5 EEVE étudiées et particulièrement présentes dans le Grand Est ou le Sud. Le choix se fait selon des critères comme la hauteur et la vitesse de développement, ou encore l’adaptation aux conditions du sol (pH, drainance…) et du climat (hydrométrie, ensoleillement, températures moyennes…) au niveau local.

Également originaire d’Asie, l’ailante est un arbre qui peut croître jusqu’à 4 mètres par an pour atteindre sous nos latitudes 10 à 30 mètres de hauteur, avec une durée de vie de 30 à 50 ans. Il résiste aux habitats perturbés, et se retrouve dans des sols de différentes textures, naturels et modifiés par l’Homme : rocheux, sableux, argileux, calcaires… L’arbre se reproduit d’abord via ses grandes grappes de fruits, qui donnent des graines ailées, dispersées par le vent, l’eau et les oiseaux. Mais il est également capable de se reproduire lui-même de façon végétative : les perturbations naturelles (gel, feu) et les impacts provoqués par l’Homme (coupe ou fente des tiges) induisent une régénération via des pousses pouvant émerger de la racine, de la souche ou de la tige. Des rejets peuvent émerger jusqu’à 15 mètres du plan parent.

Des essais sur les talus ferroviaires…

À partir de là, des essais sont réalisés à la fois in situ sur les talus, et in vitro en laboratoire. Les premiers consistent à mettre à l’épreuve différentes stratégies de gestion, en associant entre eux des végétaux pour observer si cela freine ou non l’expression de l’EEVE ciblée. Des arbustes sont ainsi combinés à des plantes herbacées, chacun pouvant avoir un rôle complémentaire pour priver l’espèce envahissante de lumière, de nutriments, et s’avérer toxique pour elle.

Arbre originaire du Canada, le robinier faux-acacia a lui aussi une croissance rapide (même si moins spectaculaire) de 0,3 à 1,5 mètre par an et peut atteindre chez nous 20 à 30 mètres de haut. On le retrouve sur tous les types de sols, y compris pauvres en nutriments. Sa capacité à fixer l’azote lui permet de coloniser rapidement les milieux acides ou pollués. S’il produit des fruits (gousses contenant plusieurs graines), le robinier faux-acacia se reproduit principalement par voie végétative grâce à ses racines qui génèrent des rejets. Celles-ci peuvent rayonner jusqu’à 15 mètres autour de l’arbre et lui donnent un fort pouvoir de fixation au sol. Il est donc également difficile de le réguler.

…et des focus en laboratoire

Les travaux en laboratoire s’intéressent plus finement à deux des mécanismes à l’œuvre : les composés allélopathiques et les mycorhizes. Les composés allélopathiques sont des substances chimiques que les espèces (locales ou invasives) libèrent dans le sol et qui peuvent être toxiques pour une autre plante, limitant ainsi sa croissance. Les mycorhizes quant à elles sont une symbiose entre un champignon et une plante, qui permet à cette dernière de capter davantage de nutriments dans le sol.

Apprécié pour ses abondantes fleurs jaunes qui égayent les jardins en hiver, le mimosa n’en est pas moins une espèce végétale exotique envahissante, introduite au XVIIIe siècle depuis l’Australie. Cet arbre à croissance rapide peut mesurer entre 5 et 15 mètres. Pour ce qui est de sa reproduction, ses graines tombent au sol et peuvent être transportées sur de grandes distances par l’eau ou par les fourmis, friandes de son enveloppe. Ses fruits s’entrouvrent sous l’effet de la chaleur des incendies et les graines se libèrent et germent, la levée de leur dormance étant associée au passage du feu. Ces graines ont une durée de vie de 50 ans. Toutefois, l’essentiel de l’extension du peuplement du mimosa est assurée par les rejets générés par ses racines et ses souches. Ces derniers sont accentués lorsque les pieds se trouvent en état de stress, dus par exemple aux lésions des racines, à la taille ou à la coupe… soit précisément lorsque l’on tente de maîtriser la plante.

« On teste l’effet de plusieurs types d’aménagements au niveau du sol, avec une étude des communautés végétales pour voir comment elles se comportent dans le temps et comment se comportent les invasives. On essaie de voir comment on peut faciliter la réponse de la végétation spontanée pour contrôler cette explosion des invasives et essayer de s’inscrire dans une gestion durable des talus ferroviaires. »

Thierry Tatoni, Directeur de recherche à l’IMBE

Bien que parfois considérée comme indigène dans le bassin méditerranéen, la canne de Provence pourrait représenter une introduction ancienne en provenance d’Asie. Comme la renouée du Japon, elle figure aujourd’hui dans la liste des 100 espèces envahissantes (y compris hors végétaux) les plus nuisibles au monde, établie par l’UICN. Lorsque les conditions sont favorables, ses tiges peuvent pousser de 5 cm par jour, jusqu’à atteindre 6 mètres de hauteur. Elle forme également des populations très denses pouvant regrouper 80 tiges par mètre carré. La canne de Provence se reproduit essentiellement de façon végétative, en l’occurrence par extension de ses rhizomes, capables de couvrir des centaines de mètres. Les tiges tombées au sol sont également capables de s’enraciner à nouveau et de fournir de nouvelles repousses. La dispersion de fragments de rhizomes sur de nouveaux sites par les voies d’eau, inondations, ou travaux de terrassement contribue à sa prolifération.

Premiers résultats encourageants

Après des centaines d’heures de recherche et plus de 500 pages de rapports et de publications scientifiques, le programme REEVES est parvenu à des premiers résultats prometteurs sur les EEVE ciblées…

RENOUÉE DU JAPON : DES PISTES EN LABORATOIRE

Un affaiblissement de l’espèce invasive a été observé sur les stations expérimentales des Ardennes, dont les raisons restent à préciser en détails. Les équipes en laboratoire ont montré que deux espèces permettaient grâce aux composés allélopathiques qu’elles dégagent de réduire la prolifération de la renouée.

AILANTE : SUS AUX RACINES

Les expérimentations sur les talus ont relativement bien fonctionné puisque le nombre de rejets formés par l’EEVE sur les parcelles traitées avec des plantations est largement inférieur à celui sur les parcelles témoins. Cela est aussi potentiellement dû au travail initial du sol qui a pu endommager le système racinaire de l’ailante et limiter sa propagation.

ROBINIER FAUX-ACACIA : VERS UN AFFAIBLISSEMENT DES SEMENCES

Le comportement du robinier dans les stations expérimentales est relativement similaire à celui de l’ailante, avec un assez faible nombre de rejets observés, a fortiori en comparaison de la parcelle témoin. Là aussi le travail initial du sol a pu avoir une influence. En complément, les recherches en laboratoires ont montré l’efficacité des composés allélopathiques de 2 espèces natives sur les semences de robinier.

MIMOSA : 2 ESPÈCES NATIVES EFFICACES

Les parcelles expérimentales comptant des plantes de restauration ont été significativement moins recouvertes que les zones témoins. Cela montre un effet intéressant de ces végétaux sur l’espèce invasive qu’est le mimosa. L’IMBE1 a en effet montré en laboratoire que deux espèces ont un effet probant pour réduire la croissance du mimosa.

CANNE DE PROVENCE : 1 ESPÈCE À L’ACTION PROBANTE

Face à cette EEVE, comme pour le mimosa, des constats clairs ont émergé quant à l’efficacité d’une espèce native. Celle-ci permet pour le moment de limiter la hauteur et le nombre de feuilles de la canne de Provence, ce qui corrobore les résultats affichés en laboratoire par l’IMBE.


  1. Entre 2021 et 2023, l’Institut Méditerranéen de Biologie et d’Écologie (IMBE) de Marseille a réalisé un suivi des stations d’expérimentation sur les talus ↩︎

Pourquoi arracher les haies malgré les bénéfices environnementaux et sociaux de leur maintien ?

Depuis 40 ans, les haies font l’objet de politiques publiques qui tentent de dissuader les agriculteurs n’en voyant plus l’utilité de les arracher. Si l’inefficacité de ces politiques est dénoncée par le milieu associatif, la reconnaissance quasi unanime des nombreux bénéfices environnementaux et sociaux de leur maintien à différentes échelles ouvre de nouvelles perspectives.

Pourquoi les haies divisent-elles ?

Récuperation de trognes. CPIE Yonne et Nièvre, CC BY

Florence Pinton Lescure, AgroParisTech – Université Paris-Saclay et Thibaut Preux, Université de Poitiers

Les actions concernant la haie se sont de fait intensifiées depuis le premier plan de développement de l’agroforesterie lancé en 2015, que ce soit pour alerter sur sa disparition, stopper son érosion (Pacte pour la haie) ou dans un autre registre, simplifier les normes susceptibles de garantir sa conservation (adoption de la Loi d’orientation agricole en discussion. Mais cela suffira-t-il à construire de nouveaux récits en matière de savoir et de savoir-faire ?

Car la haie a toujours été un objet de politisation des rapports sociaux et cristallise aujourd’hui les tensions autour des modèles agricoles à privilégier.

Ce qui se joue actuellement ne porte pas tant sur la haie elle-même que sur la manière dont elle est perçue, pensée, reliée à l’agriculture et au paysage. Car si la haie est un objet matériel avec lequel on interagit, elle est tout autant un objet social et culturel, porteur de représentations et d’affects, qu’un objet naturel inséré dans des rapports sociaux évoluant dans le temps et l’espace. Voici comment.

La haie, produit des sociétés agraires à l’époque moderne

La haie bocagère apparaît en fait assez récemment dans l’histoire agraire et est étroitement associée aux sociétés paysannes. À la Révolution française, le changement du régime de propriété et d’usage des sols, avec le développement de la petite propriété paysanne et la disparition progressive des pratiques de pacage visant à empêcher la divagation du bétail, en particulier dans les campagnes de l’ouest rend possible l’édification de clôtures autour des parcelles.

Le développement rapide de l’élevage au XIXe siècle, autorisé par les progrès agronomiques, impose la séparation physique des activités d’élevage et de cultures, et la haie devient l’instrument de ce cloisonnement de l’espace agraire.

Un exemple de paysage de bocage dégradé à Burcy (Calvados). Thibaut Preux, CC BY

D’autres utilisations de la haie apparaissent en parallèle. Alors que les paysans sont progressivement exclus des espaces forestiers et de landes à partir du XVIe siècle, les haies vont pourvoir aux ressources forestières manquantes, notamment pour la production de bois de chauffage et de construction, de fourrage ainsi que pour l’alimentation humaine. Dans les espaces montagnards, les haies sont également plantées pour atténuer le ruissellement et leur rôle de brise-vent. Ce mouvement d’embocagement d’une partie des espaces ruraux français atteint son apogée dans les années 1930.

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La haie, obstacle à la modernisation agricole et symbole de l’archaïsme paysan

Mais les lois d’orientation agricole de 1960 et 1962 marquent le tournant productiviste de l’agriculture française. Les paysages produits par des systèmes agricoles de polyculture-élevage attelée se révèlent inadaptés à la nouvelle métrique imposée par les machines.

Le développement des cultures végétales au détriment des prairies permanentes fait perdre à la haie sa fonction initiale : contenir le bétail, en plus de constituer une gêne pour les cultures. Elle devient également le symbole d’un archaïsme paysan avec lequel il faut rompre pour entrer pleinement dans la modernité agricole. Dans cette période de rupture technique, sociale et économique du modèle agricole, les remembrements (aménagement foncier consistant en un regroupement des propriétés foncières, associé à des travaux visant à améliorer la productivité agricole (arasement de haies, drainage, recalibrage de cours d’eau)), mais surtout les initiatives individuelles d’arrachage ont entraîné la disparition de près de deux tiers des linéaires de haies dans la deuxième partie du XXe siècle.

Évolution du paysage agricole dans la région du Bessin (Calvados) entre 1998 et 2011
Évolution du paysage agricole dans la région du Bessin (Calvados) entre 1998 et 2011. Fourni par l’auteur

Ces arrachages s’accompagnent d’une dégradation qualitative de la trame bocagère conservée (trouées, disparition de strates, taille sévère, etc.). Le rythme de ces transformations est toutefois variable d’un espace à l’autre, selon l’intensité des transformations agricoles (agrandissement des exploitations, système productif, structure de la haie), des représentations paysagères et du contexte physique local (sols, climat, etc.).

Fourni par l’auteur

Des haies qui peinent à rassembler

La haie est alors progressivement réinvestie par des acteurs extérieurs au milieu agricole à partir des années 1980, d’abord en réaction aux conséquences paysagères et environnementales des remembrements, puis plus récemment, dans le cadre d’une pensée plus globale, articulant les concepts de l’agroforesterie avec une critique du productivisme agricole.

Avec la recomposition sociale des espaces périurbains et ruraux (entrée en minorité des agriculteurs, arrivée de nouvelles populations), ce mouvement de patrimonialisation attribue à la haie de nouvelles fonctions qui ne relèvent plus uniquement d’une gestion agricole, mais concernent aussi un territoire de vie et un paysage pour ses habitants (amélioration de la qualité de l’eau, préservation de la biodiversité, valorisation du patrimoine paysager, etc.).

Visite d’une parcelle de prairie, en Puisaye. CPIE Yonne et Nièvre, CC BY

Ces changements de perception s’accompagnent d’une intégration progressive de la haie aux politiques publiques, qu’il s’agisse de subventionner les agriculteurs pour l’entretien et la gestion de leurs haies (mesures agro-environnementales et climatiques versées dans le cadre de la PAC), de replanter des haies autour des points de captage en eau potable pour en préserver sa qualité, ou encore de classer les haies d’une collectivité dans le cadre d’un plan local d’urbanisme (PLU). Il s’agit finalement de réconcilier agriculture, environnement et aménagement, trois sphères qui sont restées longtemps étrangères l’une à l’autre.

Des contradictions qu’il reste à surmonter

Pourtant, ce regain d’intérêt pour la haie n’a pas permis d’entraver son érosion si l’on en croit l’évolution pointée par le dernier rapport du Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux (CGAAER). Loin de s’arrêter, l’érosion du bocage s’est accélérée sur la période la plus récente, avec une perte estimée à 23 500 km/an entre 2017 et 2021.

Plusieurs raisons peuvent être avancées pour expliquer cette apparente contradiction.

La première relève d’une législation peu contraignante, peu incitative et complexe qui s’est mise en place très lentement et dont l’application sur le terrain est très inégale. Elle ne permet toujours pas de compenser de façon équitable les efforts de ceux et celles qui choisissent de maintenir leur haie ou d’en replanter.

La seconde s’explique par le décalage entre les raisons utilitaires pour lesquelles les haies ont été plantées, et celles pour lesquelles elles devraient aujourd’hui être préservées et/ou plantées, qui relèvent principalement du registre environnemental et patrimonial. Ce glissement dans les fonctions et usages de la haie n’est pas clairement assumé dans les politiques publiques actuelles, ce qui entretient une certaine confusion dans les objectifs poursuivis.

Enfin, la troisième relève de la contradiction entre le statut juridique de la haie, qui la place dans le cadre d’une gestion privée par un binôme exploitant agricole/propriétaire, et son statut social, qui l’identifie comme bien commun dont les multiples fonctions bénéficient à tous (biodiversité, mitigation des effets du changement climatique, régulation hydrologique, aménités paysagères, etc.).

Un objet très politique

L’évolution des haies (linéaire total, formes, fonctions) est ainsi guidée par les transformations techniques, foncières et productives de l’agriculture (agrandissement et spécialisation des exploitations, intensification, etc.), qui se poursuivent voir s’amplifient dans certains secteurs agricoles face à la dérégulation des marchés (élevage laitier, par exemple).

Un exemple d’évolution du paysage agricole après reprise du parcellaire d’une exploitation cessant son activité par une autre exploitation (Bessin, Calvados, 2007-2011). Les parcelles ont été regroupées et les haies intermédiaires arasées. Thibaut Preux, 2019, CC BY

De façon parallèle, on constate ces dernières années un foisonnement d’acteurs et d’outils d’action collective qui agissent sur le territoire en faveur du bocage. Si l’on considère que plus nombreux sont les acteurs qui s’engagent autour d’une cause, plus la visibilité de celle-ci s’accroît, cette dynamique devrait avoir des conséquences positives sur la réhabilitation de la haie.

Le bocage devient un outil de médiation entre parties prenantes dans la mesure où la haie, bien que propriété privée, s’inscrit désormais dans un commun qu’il s’agit de préserver, voire de restaurer, face à des enjeux plus globaux.

Régénération naturelle de haie, Yonne, avril 2024. Florence Pinton, Fourni par l’auteur

En tant qu’objet hybride, à l’interface de nature et sociétés, la haie peut trouver dans la transition écologique un cadre favorable à sa réhabilitation. Pour laisser de la place aux haies dans les champs et le long des routes, l’enjeu est tout autant dans la valorisation économique et écologique de ses fonctionnalités, dans les nouveaux apprentissages que cela suppose pour les agriculteurs, et sans doute, dans une rupture plus nette avec l’orientation productiviste du modèle agricole français. Ce sont bien nos rapports au vivant qui sont au cœur de cette transition, de la parcelle au territoire.

Florence Pinton Lescure, professeure socio-anthropologie de l’environnement, AgroParisTech – Université Paris-Saclay et Thibaut Preux, Maître de conférences en géographie, Université de Poitiers

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

La consommation écoresponsable et les jeunes : faites ce qu’on dit, pas ce qu’on fait ?

Découvrez dans cet avis-d’expert, les 3 raisons pour lesquelles les jeunes peinent à aligner leurs pratiques de consommation avec leurs convictions écologiques, le fameux, « green gap », rédigé par Sasha Séjaï, Doctorante en marketing durable et comportement du consommateur, Catherine Allix-Desfautaux, Maître de conférences en marketing, et Olivier Badot, Professeur des universités associé à l’IAE CAEN, Université de Caen Normandie.

Les comportements de consommation des jeunes générations ne correspondent souvent pas aux valeurs environnementales qu’ils affichent. Shutterstock

Sasha Séjaï, Université de Caen Normandie; Catherine Allix-Desfautaux, Université de Caen Normandie et Olivier Badot, ESCP Business School

Le « green gap », l’écart entre les valeurs affichées en matière d’environnement et les comportements de consommation réels est un phénomène particulièrement intrigant chez les jeunes générations. Malgré une conscience aiguë des enjeux et un militantisme écologique manifeste, les pratiques de ces consommateurs semblent notablement en contradiction avec leurs convictions.

Le facteur financier est souvent identifié comme le frein numéro un à une consommation plus responsable. La précarité financière de la jeunesse, qui doit souvent financer ses études, son logement ou son alimentation avec de maigres rentrées d’argent, la conduit souvent vers des biens et services abordables, mais moins respectueux de l’environnement : enseignes de fast-fashion, chaînes de restauration rapide, compagnies aériennes low cost

Ce n’est cependant pas la seule explication. D’autres éléments, physiques et cognitifs notamment, entrent en jeu et font l’objet de nos travaux de thèse en cours.

Comment les « influenceurs éthiques » incitent leur public à sauver la planète

Limiter les efforts physiques

Dans les modèles d’économie classique, l’Homo œconomicus cherche à satisfaire ses besoins tout en minimisant ses coûts qui peuvent être financiers mais pas uniquement. L’achat de produits écoresponsables peut représenter, par exemple, un coût physique notable. Contrairement aux produits de consommation courante disponibles aussi bien en hypermarchés qu’en épiceries de proximité, les produits labellisés sont souvent dispersés à la fois dans des grandes surfaces classiques, des enseignes spécialisées, voire, même chez des petits producteurs locaux. Le consommateur doit à la fois se déplacer dans différents points de vente mais aussi y consacrer un temps plus important.

Une étudiante nous explique :

« J’aime beaucoup les friperies, mais il y en a peu, ou alors on ne les trouve pas toutes au même endroit donc il faut se déplacer. Avec ce genre de produits, on ne sait d’ailleurs jamais si on va trouver ce qu’on souhaite, donc on part sans être certain. C’est pour cela que parfois je renonce et je me replie sur des boutiques classiques ou en ligne : au moins je suis certaine de trouver ce que je veux. »

Antigaspi, avec moins d’emballages et des produits moins transformés, le vrac aurait tout pour plaire mais les clients continuent de regimber. LP/Olivier Lejeune

De même, le recyclage des emballages exige un effort de tri mais aussi parfois de se déplacer dans les différents points de collecte. Il en va de même pour le vrac, très plébiscité en théorie par les consommateurs mais posant des problèmes d’utilisation et de gestion tant pour les clients que les points de vente. De nombreux points de vente sont d’ailleurs en train de faire marche arrière en la matière.

L’utilisation des transports en commun implique d’accepter de marcher davantage pour accéder aux arrêts de bus ou métro, d’être tributaire des horaires qui ne sont pas toujours compatibles avec nos emplois du temps mais également de bénéficier d’une autonomie réduite comparée à un véhicule personnel.

Chez les jeunes des marches pour le climat, chacun cherche son mode d’action – ALAIN PITTON / NurPhoto via AFP

Et tous ces éléments interagissent comme en témoigne une autre étudiante :

« Les magasins bio ne sont pas desservis par les transports en commun dans ma ville et comme je ne suis pas véhiculée, ça fait un bout à pied. »

Le bio séduit davantage de jeunes

Une autre poursuit :

« J’étais obligée d’aller en voiture jusqu’aux magasins spécialisés et une fois sur place je passais un temps fou à trouver les produits, surtout pour les alternatives végétales, car les rayons sont différents des supermarchés classiques. »

L’adoption d’une consommation durable exige ainsi souvent une implication physique individuelle accrue pour accéder à ces produits, ce qui peut constituer une barrière significative pour un grand nombre de jeunes consommateurs.

Eco-anxiété, solastalgie, impression d’être un ovni : c’est quoi cette « angoisse saine » qui touche les 16-25 ans
Selon une étude de The Lancet Planetary Health, 64 % des jeunes en France jugent que le gouvernement ne prend pas assez leurs craintes en considération. Et 66 % déclarent que l’État ne peut pas être digne de confiance. © Hans Lucas via AFP

Privilégier la simplicité

Du point de vue cognitif, la prolifération des labels joue un rôle déterminant. Les consommateurs sont souvent perdus face à la surcharge d’informations sur la composition et l’origine des produits. Ils doivent non seulement comprendre ce que signifient les différents labels, mais aussi évaluer leur fiabilité et leur pertinence par rapport à leurs convictions personnelles.

Une enquêtée souligne :

« Pour moi, si c’est cher c’est que c’est local alors que parfois non. Les marques jouent sur l’image, des campagnes très stéréotypées avec une petite Française et quand je rentre chez moi, je me rends compte que c’est fabriqué en Chine ou au Bangladesh. »

Les différents scandales sanitaires alimentent le manque de confiance des consommateurs mais donnent aussi l’impression que face à l’ampleur de la situation, l’impact individuel sera insignifiant. Aussi, les biais de confirmation, la tendance naturelle que tout un chacun a de privilégier les informations qui confortent ses croyances et préjugés, peuvent amener les consommateurs à se rabattre sur des choix de consommation plus familiers et moins durables.

Comment expliquer le succès des applis anti-gaspi ?

Une étudiante explique ses choix ainsi :

« Généralement je renonce par souci de sécurité. Sur les produits électroniques reconditionnés, par exemple, tout ce qui touche à la garantie est assez flou : on ne sait pas jusqu’où c’est pris en charge. Pour un peu plus d’argent, je peux en avoir un neuf avec toutes les garanties nécessaires. »

Enfin, l’influence prédominante des réseaux sociaux et des normes qu’ils véhiculent contribue à façonner des injonctions de consommation auxquelles de nombreux jeunes se réfèrent au moment de prendre une décision. Dans tous les cas, cette prolifération d’informations plus ou moins contradictoires génèrent une surcharge cognitive chez les consommateurs qui les conduit à privilégier la simplicité et le prix.

Sephora, Red Bull, Etam et L’Oreal ( de g. à dr.) figurent parmi les marques les plus puissantes sur les réseaux sociaux, Instagram et TikTok en tête.

L’observation plutôt que l’entretien

Pour proposer des solutions efficaces, il semble impératif de ne pas se fier exclusivement aux déclarations des individus qui se révèlent peu fiables dans la prédiction de leurs comportements. Dès 1992, l’ouvrage Néo-Marketing soulignait déjà le risque pour les entreprises de se fonder uniquement sur les déclaratifs et attitudes des consommateurs qui, animés par un désir de valorisation de soi, multiplient les discours vertueux.

Pour répondre à cette problématique, le recours à la méthode des itinéraires développée par le Professeur Dominique Desjeux, professeur émérite en anthropologie à l’Université de Paris, peut s’avérer pertinent. Ce procédé consiste à analyser comment un produit ou un service s’inscrit dans un réseau enchevêtré d’interactions sociales, depuis la phase de recherche et de sélection jusqu’à l’utilisation et l’élimination du produit. Et ce, à partir d’observations empiriques plutôt que d’entretiens porteurs de biais plus ou moins conscients. L’École des Cultural Studies au Royaume-Uni a de fait montré, dès les années 1950, combien l’appareillage des enquêtes de consommation reposant sur du déclaratif rendait peu ou faussement compte des modes de vie de classes sociales au faible capital culturel.

Le but de ces approches plus immersives est de comprendre le processus d’acquisition d’un bien en le replaçant dans le contexte social afin d’identifier les différentes contraintes qui influencent les choix du consommateur. La consommation est alors appréhendée comme un processus longitudinal, ce qui permet de ne pas négliger les espaces et les étapes de consommation où peut se manifester le green gap.

La sensibilisation et l’éducation des jeunes consommateurs constituent ici des leviers pour faciliter la transition vers de nouveaux comportements. Pour ce faire, une transparence et une simplification accrue des labels peut s’avérer déterminante et leur permettre de faire des choix plus éclairés. En parallèle, il est essentiel de communiquer sur les bénéfices personnels que peut offrir une consommation éco-responsable, que ce soit en termes de coûts financiers, de santé ou même d’expérience d’achat. Cette stratégie vise à démontrer aux jeunes que leurs choix personnels ont un impact positif sur l’environnement mais avant tout sur leur propre bien-être.

Sasha Séjaï, Doctorante en marketing durable et comportement du consommateur, Université de Caen Normandie; Catherine Allix-Desfautaux, Maître de conférences en marketing, Université de Caen Normandie et Olivier Badot, Professeur titulaire de la chaire « Retailing 4.0 », ESCP Business School

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

Un MOOC pour comprendre la crise écologique et réinventer l’entreprise

Le MOOC gratuit et multi niveaux : Transformer l’entreprise pour la transition écologique, lancé en 2021 en accès libre par le Collège des Directeurs Développement Durable – C3D, est disponible en anglais et en français. Il a déjà séduit 225 000 personnes et s’enrichit aujourd’hui d’un cinquième module : l’Entreprise à visée Régénérative, pour former à la nécessité de transformer les modèles d’affaires.

L’objectif de ce module est de présenter le cadrage général d’un nouveau concept d’entreprise qui prend en compte la réintégration du vivant dans son modèle d’affaires.

Aujourd’hui, la création de la valeur économique est synonyme de destruction des conditions d’habitabilité de la planète. Ce n’est évidemment pas soutenable pour les entreprises et le dérèglement climatique qui s’exacerbe nous le rappelle en permanence.  

Pour concevoir et réaliser ce nouveau module, le C3D s’est appuyé sur des contributeurs du REGEN’Ecosystem, L’Entreprise Symbiotique, Lumia, la CEC et Axa Climate.

MOOC « Comprendre la crise écologique pour réinventer l’entreprise »

L’urgence écologique nous met face à une évidence : notre modèle de société n’est pas soutenable, et si nous voulons survivre collectivement, nous allons devoir révolutionner nos modes de production, de consommation et nos habitudes de vie

Inventer ce monde soutenable nécessite des connaissances et des compétences bien précises qui ne sont pas encore enseignées. Le système éducatif nous prépare actuellement à un monde qui n’existera de toute façon plus d’ici quelques années. Et le problème est le même dans nos entreprises. Si elles veulent continuer à exister, il faut réinventer l’entreprise, la rendre contributive. Parce qu’il n’y a pas d’entreprise qui gagne dans un monde qui perd !

Rassembler étudiants et professionnels de tous horizons autour de cet enjeu fondamental qu’est la transformation durable de notre société, c’est ce que propose ce MOOC C3D / Collectif PRE, réalisé en partenariat avec 7 réseaux reconnus sur ces sujets : l’ADEME, la Conférence des Grandes Écoles, le Collectif Génération Responsable, le Comité 21, le MEDEF, l’ORSE et le UN Global Compact France.

Au programme…

Adapté à de nombreux secteurs d’activité et accessible peu importe notre niveau de connaissance, ce MOOC de 10h environ, permet d’avancer pas à pas à travers un programme ludique décliné en cinq modules :

  • « Comprendre la crise écologique » ;
  • « Notre modèle socio-économique au cœur de la crise écologique »
  • « Comment réinventer l’entreprise face à la crise écologique »
  • « Passer à l’action pour la transition écologique »
  • « l’Entreprise à visée Régénérative »

Un accompagnement par les meilleurs experts reconnus, climatologues, experts de la biodiversité, de l’énergie, des économistes et des acteurs engagés. Des personnalités telles que Jean-Marc Jancovici (Shift Project, Carbone4), Valérie Masson-Delmotte (CEA), Dominique Bourg (Université de Lausanne), Gilles Bœuf (Sorbonne Université), Kalina Raskin (Ceebios), Emery Jacquillat (Camif) ou encore Monica de Virigiliis (Chapter Zero France)… sont venues apporter leurs témoignages.

Étudiants ou salariés en entreprise, ce MOOC est fait pour tous ! Il est accessible gratuitement en français, et en anglais. Il permet également d’obtenir une certification garantissant les connaissances et compétences essentielles pour un monde plus durable ; des compétences reconnues et recherchées dans les entreprises d’aujourd’hui à valoriser lors d’une recherche d’emploi ou auprès des employeurs.

Un engagement commun pour la transformation des entreprises

« L’objet du MOOC est d’apporter les bases méthodologiques pour réinventer la façon de créer de la valeur, sans utiliser l’environnement ou les droits humains comme variable d’ajustement ! Nous remercions tous les experts, reconnus par leurs pairs, d’avoir apporté leurs connaissances pour la réalisation de ce MOOC. Nous savons que nombre de citoyens sont en attente de moyens concrets pour faire de la transition écologique une réalité tangible, les éléments contenus dans ce MOOC vont leur permettre d’en devenir des acteurs. »

Fabrice Bonnifet, Président du C3D.

Comprendre la crise écologique pour réinventer l’entreprise

MOOC sur coorpacademy.com

« Pour faire face à l’urgence écologique, nous considérons qu’il est essentiel que les étudiants et professionnels soient bien formés pour comprendre et intégrer les enjeux écologiques dans leurs métiers. Ce MOOC est fait pour toutes les entreprises et écoles qui veulent prendre les enjeux écologiques à bras-le-corps, et former l’ensemble de leurs étudiants et de leurs salariés. Il permet d’avoir une première approche des enjeux de l’urgence écologique, avec pour objectif de donner envie aux apprenants d’approfondir leurs connaissances et d’aiguiser leur sens critique quant à l’urgence écologique. »

Mathis Perdriau, du collectif Pour un Réveil Écologique.

Le méthane dans les stratégies d’atténuation : un enjeu majeur.

Les émissions de gaz à effet de serre (GES) sont calculées grâce à un outil comptable, le Pouvoir de Réchauffement Global (PRG), utilisé dans la plupart des travaux liés à la lutte contre le réchauffement climatique. Ce décryptage analyse les pistes d’amélioration de cet indicateur afin de mieux tenir compte des spécificités des différents GES dans leur contribution au réchauffement climatique, notamment le méthane.

Ce décryptage a été rédigé par Christian de Perthuis, Professeur d’économie à l’Université Paris Dauphine-PSL, Christian Couturier, Directeur général de Solagro, et Sophie Szopa, Directrice de recherche du CEA, Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (IPSL – Université Paris-Saclay)

Ce décryptage a pour objectif d’approfondir la question de l’instrument de mesure des effets du méthane sur le climat, et constitue un signal d’alerte sur ce sujet.
Face à des résultats insuffisants en matière de politique écologique, il peut être tentant de vouloir modifier l’indicateur de référence et ainsi de « casser le thermomètre ». C’est ce qui est en train de se passer en matière de pesticides à la suite des manifestations du monde agricole.
Cette même tentation pourrait exister également pour le méthane, qui donne lieu lui aussi à des tentatives de remise en cause. Pour pouvoir comparer et additionner les émissions des différents gaz à effet de serre (GES), la communauté internationale s’appuie sur un paramètre qui ramène tous les gaz à un « équivalent-CO2 ». Mais des voix s’élèvent pour proposer d’autres « métriques » qui, selon elles, autoriseraient à alléger l’effort de réduction des émissions pour atteindre la « neutralité » climatique. Le présent décryptage démontre que, malgré certaines utilisations possibles, celles-ci ne peuvent pas jouer le même rôle dans les inventaires, décisions et programmes d’action.
Ce texte s’inscrit dans toute une série de travaux de La Fabrique Écologique autour du méthane :
– un premier décryptage rédigé par Benjamin Dessus et Bernard Laponche1, plaidant pour une politique beaucoup plus active de diminution des émissions de ce gaz ;
– un deuxième rédigé par Christian Couturier et François Demarcq2 soulignant l’importance majeure de la réduction des émissions de méthane, renforcée par la durée de vie limitée de ce gaz dans l’atmosphère terrestre, et appelant à une action rapide et ordonnée dans notre pays dont les émissions « territoriales » proviennent essentiellement de l’élevage des ruminants ;
– et enfin une note sur « Les prairies et l’élevage des ruminants au cœur de la transition agricole et alimentaire » (octobre 2022) examinant notamment les enjeux liés au climat, à la biodiversité et à la santé publique pour proposer une vision et des propositions pour l’avenir de l’élevage des ruminants dans notre pays.
Le lecteur pourra aussi se reporter à tous ces travaux.

Résumé

Évolution de la teneur moyenne en méthane de l’atmosphère terrestre – Source : NOAA – avril 2022.

Pour comptabiliser les émissions et construire des stratégies de réduction, il est apparu nécessaire de disposer d’un équivalent entre tous les gaz à effet de serre (GES). Le pouvoir de réchauffement global (PRG), qui permet de calculer un équivalent-CO2, est la métrique choisie au niveau international et utilisée dans tous les accords. Elle intègre les effets de ces gaz, en général sur 100 ans, mais ne reflète qu’imparfaitement les dynamiques différentes entre gaz à vie très longue comme le CO2 (plusieurs siècles) et le méthane, dont le pouvoir de réchauffement est très élevé mais qui disparaît dans l’atmosphère en quelques dizaines d’années.

Trajectoires mondiales de neutralité suivant 3 métriques
Source : IPCC, Global Warming of 1,5°C, Special Report, 2019, P68.


D’autres métriques ont été proposées. Ce décryptage les examine et analyse les enjeux associés à leurs utilisations éventuelles, en complément ou en substitution au PRG. Cette problématique est cruciale, car des choix effectués découlent les décisions politiques concernant les trajectoires de réduction des émissions, dans un contexte de croissance rapide de la teneur moyenne en méthane de l’atmosphère terrestre.

PRG et PRG* en schéma
Source : auteurs

Les métriques alternatives proposées ne reflètent pas les caractéristiques intrinsèques du méthane vis-à-vis de son pouvoir réchauffant mais sont conçues pour tester l’effet de trajectoires contrastées. Elles peuvent s’avérer utiles à ce titre mais souffrent toutefois de fortes limitations : mémoire courte (déconnexion des « responsabilités historiques »), utilisations non fondées à l’échelle d’un seul pays ou secteur, etc. Ce décryptage montrent qu’elles ne peuvent donc pas jouer le même rôle que le PRG dans les inventaires, décisions et programmes d’action. Il recommande plutôt de continuer à perfectionner le calcul et l’utilisation du PRG pour la conduite de politiques ambitieuses.

Quatre modes d’utilisation du PRG
Source : simulation des auteurs (avec les PRG calculés dans le 5ème rapport d’évaluation du GIEC)

Introduction

On ne peut pas additionner des choux et des carottes, avons-nous appris à l’école élémentaire. De même, on ne peut pas additionner les tonnes de CO2 et les tonnes de méthane, les deux principaux gaz à effet de serre rejetés par l’activité humaine. Si on veut mesurer leurs contributions respectives au réchauffement global, on doit les convertir dans une unité commune.
La méthode standard, adoptée par la convention cadre de 1992 sur le climat, consiste à utiliser le « pouvoir de réchauffement global » sur 100 ans (PRG100) calculé et publié dans les rapports du GIEC. Comme toute convention comptable, cette méthode simplifie une réalité bien plus complexe.
A la suite de l’adoption de l’Accord de Paris, la COP de Katowice a précisé en 2018 que cette métrique standard doit être utilisée pour confectionner les inventaires d’émission de gaz à effet de serre (GES) permettant d’établir et de rendre compte des objectifs d’atténuation de chaque pays. Elle ajoute qu’il est possible, le cas échéant, de compléter ces informations à l’aide d’autres métriques issues des travaux du GIEC3.
Au-delà de la confection des inventaires, la métrique du PRG est utilisée de multiples façons dans l’action climatique. Elle est à la base des calculs d’empreintes carbone mesurant l’impact climatique des différents biens et services. Elle permet également de mettre au point des instruments tarifaires pour donner une valeur économique aux externalités climatiques du méthane.
Dans ce contexte, certains acteurs se sont exprimés en faveur d’utilisation de métriques alternatives pour mieux tenir compte des spécificités du méthane dans sa contribution au réchauffement du climat. Sur la période récente, une proposition a particulièrement retenu l’attention, en particulier pour le secteur de l’élevage des ruminants4 et 5: celle d’appliquer le PRG du méthane, non plus au montant absolu de ses émissions, mais à leur variation en utilisant un indicateur dénommé PRG*.
Cette note examine les principales méthodes mentionnées dans les travaux du GIEC pour calculer les équivalences climatiques du méthane et du CO2. Elle passe ensuite en revue leurs implications pour la conduite des politiques climatiques. Elle préconise enfin de maintenir la métrique actuelle tout en l’améliorant à mesure des progrès des connaissances scientifiques.

Sommaire

I – Les données du problème : le méthane réchauffe plus fort mais moins longtemps

II – La métrique du PRG et ses utilisations en matière d’action climatique

III – Les méthodes alternatives de conversion du méthane en équivalent-CO2

IV – Du PRG au PRG*

V – Une simulation numérique

VI – Retour au réel : le PRG* indicateur frappé d’amnésie

VII – Du bon usage du concept de « neutralité »

VIII – Ne pas changer de thermomètre Conclusion : améliorer la métrique actuelle pour accélérer l’action

Messages clés

Le pouvoir de réchauffement global (PRG) permet de calculer un équivalent-CO2 à tous les gaz à effet de serre et est utilisé dans tous les accords internationaux. Il intègre les effets de ces gaz, en général sur 100 ans, mais ne reflète qu’imparfaitement les dynamiques différentes entre gaz à vie très longue comme le CO2 (plusieurs siècles) et le méthane, dont le pouvoir de réchauffement est très élevé mais qui disparaît dans l’atmosphère en quelques dizaines d’années.

la cible de neutralité suivant 3 métriques
Source des données : CITEPA, inventaire national

D’autres métriques ont été proposées, qui visent à caractériser les effets des variations des émissions. Mais elles ne peuvent pas jouer le même rôle que le PRG dans les inventaires, décisions et programmes
d’action, dans un contexte de croissance rapide de la teneur moyenne en méthane de l’atmosphère terrestre. Mieux vaudrait donc continuer à perfectionner le calcul et l’utilisation du PRG pour la conduite de
politiques ambitieuses.

Conclusion : améliorer la métrique actuelle pour accélérer l’action

Du fait de la courte durée de séjour du méthane dans l’atmosphère et de son intensité radiative élevée, il n’est pas possible d’avoir une équivalence climatique totale entre méthane et CO2. Comme le soulignent les travaux de recherche s’étant penchés sur la question, il n’y a pas de solution idéale pour opérer cette conversion des deux gaz en unité commune.
Une voie pour faire face à cette difficulté serait d’utiliser plusieurs métriques, par exemple suivant les horizons temporels visés ou l’historique des émissions passées. Si la pluralité des indicateurs est nécessaire pour la compréhension des mécanismes physiques, elle ne répond pas aux besoins de l’action climatique qui exige d’aligner les engagements des États et les comportements des acteurs grâce à une métrique unique. Comme dans l’économie des flux monétaires, la coexistence de deux métriques ou de deux monnaies serait très contreproductive.
Le meilleur des compromis possibles nous semble de conserver la métrique traditionnelle du PRG100 permettant d’aligner les stratégies d’atténuation des acteurs, tout en l’améliorant au gré des progrès de la connaissance scientifique. Sous cet angle, un apport utile sera d’intégrer les apports du 6ème rapport d’évaluation du GIEC qui distingue le PRG du méthane d’origine biogénique de celui rejeté par l’industrie des énergies fossiles.
Cette distinction permet de mieux positionner le secteur agricole, premier émetteur de méthane, dans les stratégies d’atténuation6. De par son caractère biogénique, les émissions de ce secteur devraient être comptabilisées avec un PRG100 légèrement plus faible que celui utilisé pour l’industrie des fossiles. Par ailleurs, les scénarios de stabilisation de la température à terme sont compatibles avec le maintien d’émissions résiduelles d’origine agricole à un niveau nettement plus bas que celles de la période récente. En revanche, l’utilisation du PRG* pour suggérer l’existence d’une neutralité atteinte sitôt que les rejets de méthane se stabilisent n’a pas de justification sérieuse au plan scientifique.
Pour renforcer l’action d’atténuation, il conviendrait également d’améliorer la qualité et la fiabilité des inventaires nationaux de GES qui constituent l’infrastructure sur laquelle repose l’établissement et le suivi des politiques d’atténuation. Pour les rejets de méthane d’origine fossile, les progrès de l’imagerie satellitaire suggèrent que les inventaires nationaux sont fortement sous-estimés7 et 8. Les émissions de méthane provenant de l’agriculture et de la gestion des déchets sont dans de nombreux pays calculés à partir de coefficients forfaitaires (méthodologie dite « Tier 1 ») qui simplifient la réalité. Pour mieux guider les actions de réduction, il conviendrait d’encourager la mise en œuvre de méthodes plus fines de calcul, documentées dans les guides méthodologiques du GIEC, mais encore trop rarement utilisées car demandant plus de moyens.
Autre voie prometteuse : la confection de budgets méthane associés aux budgets carbone calculés par le GIEC qui sont devenus des outils largement utilisés pour orienter l’action climatique. Le calcul des budgets méthane pose cependant de grandes difficultés méthodologiques du fait de la difficulté à caractériser les flux d’émission naturels et anthropiques9. Ainsi, sur la période récente, l’augmentation rapide du stock atmosphérique de méthane ne s’explique pas par les émissions anthropiques calculées dans les inventaires (annexe 4).
La comptabilisation du méthane repose sur le calcul de ses émissions et la métrique utilisée pour le convertir en équivalents CO2. Pour l’améliorer, l’urgent n’est pas de changer le thermomètre existant, mais de continuer à le perfectionner en fonction de l’évolution des connaissances.

Lire aussi :

  1. « Climat : omerta sur le méthane », janvier 2017 ↩︎
  2. « L’urgence de réduire les émissions de méthane – Focus sur l’élevage », novembre 2022 ↩︎
  3. FCCC/PA/CMA/2018/3/Add.2,, Decision 18/CMA.1, P.25 : https://unfccc.int/resource/tet/0/00mpg.pdf ↩︎
  4. Caspar L Donnison and Donal Murphy-Bokern 2024, Are climate neutrality claims in the livestock sector too good to be true? Environ. Res. Lett. 19 011001DOI 10.1088/1748-9326/ad0f75. ↩︎
  5. GWP* More Useful in Measuring Warming Cause by Livestock Methane Emissions, CLEAR center, UC-Davis, January 2023. ↩︎
  6. FAO. 2023. Methane emissions in livestock and rice systems – Sources, quantification, mitigation and metrics. Rome : https://doi.org/10.4060/cc7607en ↩︎
  7. T. Lauvaux et ali. Global assessment of oil and gas methane ultra-emitters, SCIENCE, 3 Feb 2022,Vol 375, Issue 6580 ,pp. 557-561 : DOI: 10.1126/science.abj4351 ↩︎
  8. https://www.cnrs.fr/fr/presse/des-emissions-massives-de-methane-par-lindustrie-petroliere-et-gaziere-detectees-depuis ↩︎
  9. Saunois, M. & ali., The Global Methane Budget 2000–2017, Earth Syst. Sci. Data, 12, 1561–1623, https://doi.org/10.5194/essd-12-1561-2020, 2020. ↩︎

Introduction à l’entreprise régénérative  : un parcours 100% digital de Butterfly School

La Butterfly School propose un parcours 100% digital pour penser croissance et décroissance, performance et ralentissement, observer les transformations possibles des modèles économiques, appliquer les principes du vivant au business, déconstruire l’entreprise pour mieux la recréer ensemble. Butterfly est un mouvement co-créé par AXA Climate, LUMIÅ, La Jolie Prod et Regenerescence pour amorcer une transition concrète vers l’idéal de l’entreprise régénérative.

Cette formation propose un mélange de vidéos, d’interviews, d’exercices pédagogiques et de lives hebdomadaires avec des experts et la communauté.

Elle s’adresse aux entreprises désireuses d’aller au-delà de la réduction d’impacts négatifs, pour se mettre sur la voie du régénératif, c’est à dire pour apprendre à opérer dans le respect des limites planétaires, en accord avec les principes du vivant.

La formation propose une double approche :

  • Business : autour de la transformation des modèles économiques, via le décryptage de cas concrets et variés d’entreprises qui ont ouvert la voie du régénératif.
  • Culturelle : pour questionner en profondeur la logique volumique du “toujours plus” et changer le regard qu’on porte sur l’entreprise.

S’inspirer des principes du vivant

Se connecter à la formidable capacité de création des systèmes vivants pour s’approprier leurs principes et les intégrer à nos quotidiens.

Le fascinant principe de sous-optimalité

L’exemple de la photosynthèse est éloquent. La capacité des plantes à capter la lumière du soleil et à la transformer en une autre type d’énergie est très faible. Quand un panneau solaire transforme jusqu’à 30% des photons en électricité, la photosynthèse plafonne péniblement à 2%. Mais cette sous-optimalité d’apparence dissimule une robustesse phénoménale. La couleur verte, en effet, absorbe bien moins l’énergie dans le spectre lumineux que le noir. Mais elle permet de capter la lumière même lorsque celle-ci est très faible (dans une forêt très dense et obscure, sous un ciel très nuageux plusieurs jours d’affilée…). Cela garantit une régularité pour l’organisme de la plante.

Imaginez que la nature décide d’optimiser la photosynthèse et de foncer le vert de ses feuilles jusqu’à tendre vers le noir. Son rendement s’en trouverait amélioré et les plantes aux feuilles sombres pourraient alors transformer en énergie 12 à 13% des rayons du soleil. Ce qu’elles gagneraient en rendement, elles le perdraient en capacité à capter la lumière dans des conditions d’obscurité prolongée.

La recherche de la performance a été remplacée par celle de la robustesse et de la résilience. La sous-optimalité sert à ça : être prêt à résister en temps de crise.

Déconstruire l’entreprise volumique

Avec simplicité, humour et empathie, il nous faut comprendre et déconstruire la logique volumique à l’œuvre dans la plupart de nos entreprises actuelles. Logique largement responsable des crises écologiques de notre époque.

Réduire nos impacts négatifs sur la planète ne suffit pas. Notre enjeu collectif : transformer nos entreprises extractives en entreprises régénératives.

nous transformons nos business models, nos organisations, nos missions collectives.

Nous changeons de paradigme : nos entreprises sont des êtres vivants, en connexion avec le reste du vivant.

Dévoiler l’entreprise régénérative

Apprendre à substituer à cette logique volumique le mouvement régénératif et acquérir des outils concrets. Découvrir l’entreprise comme un système vivant, intimement liée à des écosystèmes vivants, avec lesquels elle va entrer en équilibre.

La boussole des principes du vivant

L’exemple de Playa Viva et le tourisme régénératif

Rien à voir avec les hôtels 5 étoiles de la côte, leurs piscines bétonnées et leur nourriture industrielle. Lors de la conception de Playa Viva, il y a 15 ans, David a posé une intention pour ce resort : qu’il s’attache à régénérer son territoire, les communautés aux alentours et ses clients. Voire pourquoi pas créer un nouveau marché : le tourisme régénératif.

Il a fallu d’abord comprendre le lieu, son histoire, ses traditions, ses contraintes physiques, géologiques, hydrologiques. Puis il a fallu construire sans détruire, renoncer, faire des investissements osés et des choix ambitieux de réduction d’impacts. Il a fallu embarquer des clients dans l’aventure d’une nouvelle façon de voyager.

En repartant de la singularité de son territoire, Playa Viva a renoncé à considérer la performance financière comme une fin en soi et a commencé à la voir comme un moyen. Un moyen de vivre « bien » tout en dédiant une partie de la richesse accumulée à la préservation et à la régénération d’un lieu, de ses conditions de vie, de la vitalité de ses habitants et de son écosystème naturel.

Quinze ans plus tard, Playa Viva s’est développé sur le terreau de cette intention originelle, a tissé un réseau économique à l’échelle du bassin versant, a ramené l’eau sur un sol aride, tout en ouvrant un nouveau marché.

Pour tout comprendre, et pour rêver un peu, voici la vidéo :

Butterfly School – Playa Viva

Le Projet Butterfly

Accompagner les entreprises sur
le chemin du régénératif

Une entreprise régénérative opère comme un système vivant, dans le cadre des limites planétaires.

Elle se met au service des écosystèmes vivants, humains comme non-humains, pour régénérer les conditions de la vie sur Terre. Quels que soient sa taille, son territoire, son secteur d’activité, une entreprise peut s’engager sur le chemin du régénératif et faire basculer son modèle économique, sa culture et son organisation.

Les Éclaireurs

Une quarantaine d’éclaireurs français et internationaux – scientifiques, économistes, philosophes, activistes, entrepreneurs – partagent leur expérience et leur vision du monde pour nous aider à comprendre les défis de la régénération et reconsidérer notre lien au vivant humain et non humain, sous des points de vue nuancés et variés.

La démarche de Butterfly est née de trois intentions simultanées :

Réconcilier

Business et Culture pour permettre la mise en mouvement concrète d’entreprises en tant que systèmes vivants.

Faire évoluer

ensemble notre façon de voir le monde.

Régénérer

un champs de pratique dans lequel chaque système vivant développe ses capacités et son potentiel.

Le projet s’articule aujourd’hui autour de trois activités :

  • La formation, avec la Butterfly School qui donne des outils aux entreprises pour se mettre sur le chemin du régénératif
  • L’accompagnement à la transformation régénérative des entreprises sur leur modèles économiques, leur culture, leur organisation, leurs fonctions clés (Marketing, RH, Investissements,…)
  • L’ancrage des entreprises sur les territoires en lien avec les sujets géologie, eau, biodiversité, communautés,…

2023, année de croissance pour la finance solidaire

Un succès ininterrompu. C’est ce que confirme le nouveau baromètre de la finance solidaire FAIR. En 2023, les encours ont progressé de 15%, passant d’un total de 26,3 milliards d’euros à 30 milliards d’euros. Depuis 2008, c’est la troisième meilleure année de collecte d’épargne solidaire en valeur absolue, derrière 2020 et 2021. Le baromètre est publié dans La Croix du 19 juin.

FAIR et le quotidien La Croix viennent de publier la 22ᵉ édition du Baromètre de la finance solidaire !

Baromètre de la finance solidaire : tout pour mieux comprendre la finance solidaire et son évolution

Ce mercredi 19 juin, le Baromètre de la finance solidaire 2024, publié dans les pages du quotidien La Croix, vous dévoile :

  • les grandes tendances et l’impact de la finance solidaire en France (chiffres consolidés par l’Observatoire de la finance à impact social au 31/12/2023)
  • des reportages centrés sur des initiatives citoyennes qui ont vu le jour ou se sont développées grâce à la finance solidaire : Fermes en vie (Feve), Moulinot et Local en bocal
  • la liste des placements labellisés Finansol ainsi que des informations pratiques
  • et l’interview de Muhammad Yunus, prix Nobel de la paix en 2006

« Après une croissance ralentie en 2022, à + 7,4 %, le cru 2023 a renoué avec le rythme d’avant-Covid, à savoir une hausse entre 15 et 20 % »

Patrick Sapy, directeur général de FAIR.

+17,6%

C’est la hausse de l’épargne salariale soli- daire en 2023. Celle-ci augmente à un rythme plus soutenu que l’épargne salariale classique. La part du solidaire continue donc de croître au sein de l’épargne salariale : elle en représen- tait 9,5 % en 2023 contre 8,4 % en 2021

Quels établissements et entreprises proposent des placements labellisés Finansol ?

4,4 milliards d’euros.

C’est l’encours des fonds solidaires au sein des fonds communs de placement, Sicav et unités de compte des contrats d’assurances-vie. Ils ont bénéficié d’une forte augmentation en souscriptions nettes (550 millions d’euros) et d’un effet de marché positif de 400 millions d’euros.

Comment devenir épargnant solidaire ?

Épargner solidaire, c’est facile et accessible à tous !

Vous avez des économies et souhaitez les faire fructifier tout en soutenant l’accès à l’emploi, à la santé ou au logement, l’écologie ou encore l’entrepreneuriat dans les pays en développement ? Optez dès maintenant pour une économie plus respectueuse des hommes et de l’environnement : épargnez solidaire. Trois possibilités s’offrent à vous.

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VIA UNE ENTREPRISE SOLIDAIRE

« Le côté désintéressé de l’être humain est refoulé par le système capitaliste »

Muhammad Yunus, qui a sorti des millions de pauvres de la misère à l’aide du microcrédit, veut refonder le capitalisme grâce à l’altruisme. Il estimeque c’est la seule solution pour permettre à l’humanité de répondre aux défis sociaux et environnementaux auxquels elle est confrontée.

Dans votre livre « Vers une économie à trois zéros« , vous affirmez que le capitalisme a échoué
et que le « social business » permettra de se débarrasser de la pauvreté, du chômage
et des émissions de carbone. N’est-ce pas un peu utopique ?

M. Y. : Je ne vois pas comment le capitalisme pourrait régler le réchauffement climatique, le chômage ou les inégalités, puisqu’il a engendré toutes ces problématiques. Le capitalisme a poussé l’être humain à chercher le maximum de profits comme si celui-ci était seulement guidé par son intérêt particulier. Moi, je constate depuis quarante ans que les êtres humains ne sont pas uniquement égoïstes. Ils
sont également altruistes. Ils travaillent pour gagner de l’argent mais aussi pour améliorer la société,
l’environnement, aider les autres… Le côté désintéressé est totalement refoulé par le système capitaliste aujourd’hui. C’est pourquoi le « social business » complète le capitalisme. Si gagner de l’argent participe au bonheur, régler des problèmes sociaux ou environnementaux grâce à votre argent vous rendra encore plus heureux, c’est une expérience extraordinaire. Si vous ne me croyez pas, essayez !

L’usine de la Grameen Danone Foods produit des yaourts enrichis en micronutriments à des prix abordables, à Bogra (Bangladesh), depuis 2006. Sandro Di Carlo Darsa/Danone Communities

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