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Quel bilan tirer de l’analyse des rapports de durabilité des sociétés cotées ?

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Ce rapport de l’Autorité des marchés financiers fait le bilan des Déclarations de Performance Extra-Financières des sociétés cotées (DPEF) et accompagne les entreprises, à l’aide d’exemples et de rappels sur la réglementation, à évaluer leur état de durabilité avec la CSRD et les normes européennes sur le reporting de durabilité (« ESRS »).

Les résultats de la revue par l’AMF en 2023 et 2024 des informations de durabilité sont présentés par grands domaines de reporting

Le bilan de l’exercice de supervision des Déclarations de Performance Extra-Financières des sociétés cotées (DPEF), mené par l’AMF, a pour but de communiquer les points d’attention les plus récurrents ou importants qui sont pertinents dans la perspective de la nouvelle directive sur le reporting de durabilité des entreprises, la « CSRD ».

Ce rapport pédagogique est illustré d’exemples et de rappels sur la réglementation pour accompagner les entreprises pour cette première année de préparation à évaluer l’état de durabilité avec la CSRD et ses normes européennes sur le reporting de durabilité (« ESRS »).

Chaque année, l’AMF s’assure du respect des obligations de publication d’information en matière de durabilité des sociétés cotées (vérification de l’existence de la publication et, sur une sélection de sociétés, revue poussée du contenu). L’AMF poursuit ces missions de supervision dans le contexte de la CSRD.

Les revues par l’AMF des DPEF publiées en 2023 et 2024 étudiées dans ce rapport mettent en évidence le besoin de progression des entreprises en matière de reporting de durabilité dans la perspective de la CSRD.

Source : Vallourec, DEU 2023

Le grand nombre d’illustrations et bonnes pratiques présentées dans ce rapport témoignent aussi d’une appropriation progressive par les entreprises de certaines exigences des normes ESRS. Ces exemples peuvent aider les entreprises dans leur mise en œuvre de la CSRD.

Reconnaissant la courbe d’apprentissage nécessaire à tous les acteurs dans les
premières années de mise en œuvre de la CSRD, l’AMF invite les grandes entreprises à concentrer leurs efforts pour le premier exercice sur l’analyse de double matérialité, sur la structure et le périmètre de l’état de durabilité et sur le reporting taxonomie, en ligne avec les priorités de supervision européennes de l’ESMA en 2024.


L’AMF invite la Commission européenne, l’EFRAG et l’ESMA à continuer à œuvrer – en concertation avec les parties prenantes – pour apporter les réponses nécessaires aux nombreuses questions d’interprétation et d’application de la réglementation afin de guider les entreprises dans la préparation de leur état de durabilité.

Rapport AMF 2024 :
Bilan du reporting de durabilité des sociétés cotées

En pleine crise agricole, le Sommet Agroécologie Bordeaux met en lumière des solutions concrètes aux aléas climatiques

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En pleine crise agricole, la 2ème édition du Sommet, organisé à Bordeaux par l’association agroécologique de Carbouey, met en lumière des solutions concrètes mises en place par quelques exploitations assurant une certaine résilience face aux aléas climatiques, tout en réduisant l’impact des intrants et du matériel dont les coûts se sont envolés ces dernières années. 10 heures de vidéos sont disponibles pour revivre les temps forts des échanges.

L’agroécologie, qu’est-ce que c’est ?

L’association nous rappelle que l’agroécologie s’appuie sur 5 principes définis par Miguel Altieri

  • l’optimisation des flux de nutriments et le recyclage de la biomasse ;
  • la gestion de la matière organique du sol et la stimulation de son activité biotique ;
  • la minimisation des pertes en termes d’énergie solaire, d’eau et d’air par une gestion microclimatique et par une protection du sol ;
  • la diversification des espèces et des variétés génétiques cultivées dans le temps et dans l’espace ;
  • enfin, l’accroissement des interactions et des synergies biologiquement bénéfiques entre les cultures et avec ce qui les environne, l’ensemble devenant un agroécosystème.

L’agroécologie est entendue en premier lieu comme l’approche agronomique des sols pour remettre les cultures, dont la vigne, dans leur contexte écologique. Il en résulte une agriculture sans pesticides (chimiques ou de synthèse) ou avec peu de pesticides (naturels à base de tisanes ou autres purins).

L’agroécologie n’écarte aucun procédés (agroforesterie, permaculture…) pour remettre les cultures dans leur contexte écologique et se conçoit comme une approche globale au service du bien commun.

Concrètement, cela signifie partager avec le sol la matière produite par le biais de la photosynthèse, remettre des arbres dans les agrosystèmes, réactiver la vie du sol et le préserver, notamment par des couverts végétaux et par une limitation voire un arrêt du travail du sol,…

Le Sommet Agroécologie Bordeaux

Refaire de l’agriculture ce qu’elle est,
un outil multifonctionnel qui peut tout : nourrir l’homme et préserver le vivant tout autant.

sommet de l’agroécologie resilience alimentaire eau pierre hurmic ève demande maxime ghesquière athénée municipal

Le Sommet Agroécologie Bordeaux vise à éveiller les consciences, partager les savoirs et les pratiques vertueuses de l’agroécologie, en faisant intervenir des scientifiques et des praticiens de terrain.

Conscients qu’il n’existe pas un modèle unique de transition agroécologique, les organisateurs proposent des éléments de réflexion et des pistes de solution, pour refaire de l’agriculture ce qu’elle est : un outil multifonctionnel qui peut tout : nourrir l’homme et préserver le vivant tout autant. Cet événement marque aussi la volonté des acteurs de l’agroécologie de voir leurs pratiques valorisées et prises en considération dans les politiques publiques.

Replay du Sommet Agroécologie Bordeaux 2024

Les clés de l’agroécologie : flux, partage et équilibre

Les discours actuels encouragent « le stockage de carbone dans les sols et sous-sol » comme le « stockage » de l’eau pour l’irrigation et opposent les plantes cultivées aux « mauvaises herbes » ou la faune auxiliaire aux « parasites ». Or tous ces éléments font partie d’un système dynamique

Comprendre les cycles, accompagner les flux : une voie pour (se) ressourcer et permettre une agriculture nourricière.

Ainsi, les études montrent la nécessité de réaugmenter les réserves (eau et éléments nutritifs, organiques et minéraux) ; elles confirment que ça n’est possible qu’en intégrant les différentes échelles temporelles et spatiales dans ce fonctionnement dynamique. Cette dynamique des flux va du microscopique au paysage, de la saison au demi-siècle. Un constat qui amène un certain nombre de questions que le Sommet a exploré :

  • A la réserve intrinsèque au sol, mobilisable naturellement via des processus physiques, chimiques et biologiques, il est toujours possible d’apporter des amendements organiques et minéraux et de l’eau. Ceci est-il nécessaire au regard des apports naturels liés au fonctionnement des écosystèmes, sans risquer un déséquilibre ?
  • Les « mauvaises herbes » sont-elles réellement en concurrence avec les cultures ou participent-elles, avec les organismes du sol, à rendre à nouveau mobilisables les éléments, à réguler la température et l’humidité, à retrouver un équilibre plus durable ? A l’opposé, certaines interventions, physiques, chimiques ou biologiques n’auraient-elles pas pour conséquence de bloquer les flux ?

Il y a donc tout intérêt à basculer dans une vision dynamique du fonctionnement des systèmes (sols, plantes, paysages) et à comprendre l’interdépendance des stocks et flux.

L’objectif de ce Sommet est de donner des clefs pour que les acteurs du changement puissent comprendre les cycles, accompagner les flux et ouvrir une voie pour permettre une agriculture nourricière.

Un projet de Tiers-lieu et pôle d’activités éco-responsable et solidaire

Pôle d’excellence dédié à l’agroécologie, à la création d’espaces partagés, et à la mise en œuvre de solutions de bioéconomie, l’objectif du Carbouey est de mettre en œuvre un modèle innovant et structurant en territoire rural, basé sur l’agroécologie et mettant en œuvre des solutions de bioéconomie.

La Ferme lab de Carbouey, ci-dessous, a été labellisée FABRIQUE DE TERRITOIRE par l’Agence Nationale de la Cohésion des Territoires.

La ferme LAB de Carbouey : Tiers-lieu et pôle d’activités éco-responsable et solidaire
Pôle d’excellence dédié à l’agroécologie, à la création d’espaces partagés, et à la mise en œuvre de solutions de bioéconomie

A propos de l’association agroécologique de Carbouey

Constituée en 2020 par 16 membres fondateurs venant d’horizons divers : viticulteurs, maraîchers, paysans boulangers, avocat, architecte, comptable, journaliste. Elle a pour objet la diffusion, la communication, la vulgarisation, l’aide à la mise en œuvre des savoirs en agroécologie à destination de tous publics et en particulier, des jeunes agriculteurs et des agriculteurs qui veulent faire évoluer leurs pratiques.

L’association est née du triple constat fait par des praticiens de l’agriculture :

  • » de l’efficience des procédés déployés en agroécologie,
  • » de l’urgence de la nécessité de la transition écologique de l’agriculture française,
  • » du besoin d’accompagnement des porteurs de projet agricole.

170 000 entreprises mécènes soutiennent le financement de l’intérêt général !

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Selon les premiers chiffres du Baromètre du mécénat d’entreprise en France, édition 2024, dans un contexte politique national plein d’incertitudes, le cap des 170 000 entreprises mécènes est franchi pour soutenir toujours plus le financement de l’intérêt général ! Depuis 22 ans, le Baromètre du mécénat d’entreprise, porté par Admical1, analyse l’évolution du mécénat d’entreprise en France. Publiée tous les 2 ans l’étude repose sur les données fiscales déclarées par les entreprises à la Direction Générale des Finances Publiques ainsi que sur les résultats d’une enquête téléphonique menée par l’IFOP.

L’évolution du mécénat d’entreprise

Les premiers chiffres de l’étude soulignent la croissance de plus en plus importante de la pratique du mécénat au sein des entreprises :

  • Entre 2018 et 2023, le nombre d’entreprises déclarant des dons a été multiplié par 1,8 et le montant des dons déclarés par 1,4 pour atteindre le chiffre de 3 milliards d’euros en 2023.
  • Le nombre d’entreprises mécènes bénéficiant de la réduction d’impôt dépasse la barre des 170 000, contre 110 000 dans la dernière édition du Baromètre. Les 3/4 des grandes entreprises sont mécènes, tout comme la moitié des ETI, 1 PME sur 3 et 1 TPE sur 20.
  • Selon l’enquête IFOP-Admical, 17 % des entreprises mécènes ne déclarant pas leurs dons. Le montant de soutien global des entreprises aux structures d’intérêt général s’établit donc à 3,8 milliards d’euros, contre 3,6 milliards lors de la dernière édition du Baromètre.

« Cette nouvelle édition du Baromètre souligne à nouveau l’ancrage de plus en plus fort du mécénat dans les stratégies d’engagement des entreprises, grandes et petites, et leur volonté d’agir pour l’intérêt général, et ce, au plus près de leurs territoires ! »

Yann Queinnec, Délégué général, Admical

Baromètre 2024 : un ancrage territorial

Au-delà de ces chiffres en progression, le Baromètre 2024 conforte plusieurs réalités constatées chaque jour par Admical :

  • Le mécénat d’entreprise est incarné par l’engagement des TPE et PME : elles représentent 97 % des entreprises mécènes et 33 % du budget de mécénat. Les grandes entreprises, quant à elles, représentent 39 % du budget.
  • L’ancrage territorial s’accélère : 88 % des mécènes agissent au niveau local ou régional, c’est 12 points de plus que lors de la précédente édition. Renforcer l’ancrage territorial de l’entreprise devient la deuxième motivation à faire du mécénat (36 %) avec une forte progression de 9 points, après l’expression et l’incarnation des valeurs de l’entreprise en recul (40 %) et devant la valorisation de l’image et de la réputation de l’entreprise en recul également (32 %). A l’échelle des régions, on peut noter les Pays-de-la-Loire et la Bretagne qui se distinguent particulièrement !
  • Un net essor du mécénat sportif : les Jeux Olympiques et Paralympiques donnent un nouveau visage au mécénat d’entreprise. Le mécénat sportif apparaît en tête du classement pour la première fois en budget de mécénat (40 % du budget global du mécénat est dédié au sport, soit une progression de 12 points en 2 ans). 86 % des mécènes du sport soutiennent des associations sportives locales.

« Néanmoins, cette progression du mécénat sportif d’un point de vue budgétaire se fait au détriment de la culture et du social, dans un contexte économique dégradé, avec un risque de baisse des subventions accru : c’est inquiétant ! »

François Debiesse, Président, Admical

Mécénat culturel et de compétences

  • Le mécénat culturel conserve sa seconde position : 28 % des entreprises mécènes agissent dans le domaine culturel. La musique reste le sous-domaine pour lequel les mécènes s’engagent en priorité et concentre les montants les plus élevés, suivi des arts visuels et du théâtre, comme il y a deux ans. Phénomène mesuré pour la première fois, 36 % des projets de mécénat culturel intègrent une dimension «mécénat croisé» en s’alliant principalement à des enjeux de formation, d’insertion professionnelle, de solidarité ou d’environnement.
  • Priorité au mécénat de compétences : 20 % des mécènes placent le mécénat de compétences dans leurs 2 priorités dans les 2 ans à venir. Aujourd’hui, 16 % des entreprises mécènes proposent du mécénat de compétences, un chiffre stable par rapport à la dernière édition, démontrant l’ancrage de la pratique. Les entreprises sont plus ambitieuses dans le nombre de jours accordés aux collaborateurs (39 % accordent 6 jours ou plus par an, soit une augmentation de 35 points).

« Malgré un contexte d’incertitudes, 74 % des mécènes souhaitent maintenir leur budget de mécénat au même niveau dans les 2 prochaines années. »

Julie Bourdel, Directrice de la programmation et des études, Admical

Notes

  1. Le Baromètre du mécénat d’entreprise est porté par Admical en partenariat avec le MEDEF, la Fondation Groupe ADP, le ministère de la Culture, le ministère des Sports, de la jeunesse et la vie associative, Pro Bono Lab, l’Alliance pour le mécénat de compétences, avec le soutien du METI, de la CPME et du réseau Les entreprises s’engagent. ↩︎

Le Baromètre 2024 en infographie

Regards Croisés sur la Philanthropie

La restitution nationale du Baromètre du mécénat d’entreprise en France a lieu dans le cadre d’une Journée d’études intitulée « Regards croisés sur la philanthropie » le 13 décembre à l’Espace Reuilly, conjointement organisée par Admical, France générosités et l’Observatoire de la Philanthropie de la Fondation de France. Le 3ème panorama national des générosités est une édition conduite en partenariat avec Admical, l’Association Française des Fundraisers, le Centre Français des Fonds et Fondations, le Don en Confiance et l’INJEP. Cet événement doit permettre de mieux comprendre les défis et opportunités du secteur et d’ouvrir un dialogue sur l’évolution du mécénat.

L’industrie fossile alliée des climatosceptiques contre les énergies renouvelables ?

D’où vient le succès en France des ouvrages climatosceptiques ? Une clé, pour comprendre ce qui se joue, est de considérer les savoirs relatifs à l’énergie et de lever le voile sur les « pétrosavoirs » portés par l’industrie fossile, qui font tout pour rendre inaudibles les bonnes nouvelles relatives aux renouvelables et entravent l’action tant individuelle que collective. Pour sortir de l’impuissance, ce sont nos imaginaires qu’il convient de décarboner, mais il y a du travail car la proportion de Français qui doutent du caractère anthropique du changement climatique atteint désormais 30 %. Si le climatoscepticisme prospère encore, c’est aussi parce qu’il est le symptôme d’autodéfense d’un vieux monde qui refuse de mourir. Attention aux récits faciles, qu’ils relèvent du climatoscepticisme, du greenwashing, du technosolutionnisme ou même de la collapsologie : ils nous piègent dans un narratif confus qui repose davantage sur nos croyances que sur les faits. Une sélection The Conversation France.

Fresque Murale, île de Santiago, Cabo Verde (2024). Frédéric Caille, Fourni par l’auteur

Les « pétrosavoirs », alliés des climatosceptiques contre les énergies renouvelables

Derrière l’insolent succès des ouvrages climatosceptiques en France, c’est une véritable guerre culturelle qui se joue. Son enjeu ? Les connaissances relatives à l’énergie. On y trouve notamment les « pétrosavoirs », portés par l’industrie fossile, qui font tout pour rendre inaudibles les bonnes nouvelles relatives aux énergies renouvelables. Il est pourtant possible de décarboner nos imaginaires et de sortir des narratifs dystopiques qui nous plongent dans l’impuissance.


Une guerre culturelle a commencé. Continue, ouverte ou cachée, explicite ou détournée, elle concerne le destin de l’humanité tout entière. Elle concerne les savoirs autour de l’énergie, et plus particulièrement les contre-vérités diffusées par les « pétropouvoirs » internationaux.

En témoigne l’insolent succès, en librairie, des ouvrages climatosceptiques qui nourrissent explicitement le doute.

Le problème ? Ces « pétrosavoirs » retardent les engagements collectifs et individuels dans la sortie des énergies fossiles et la compréhension des fantastiques potentialités des énergies renouvelables de flux.

Fossiles contre renouvelables : s’empoisonner, quoi qu’il en coûte

L’IRENA (Agence internationale pour les énergies renouvelables, International Renewable Energy Agency en anglais) l’a exprimé clairement dans ses Perspectives des transitions énergétiques mondiales 2023 :

« Les investissements mondiaux dans toutes les technologies de transition énergétique ont atteint un niveau record de 1 300 milliards de dollars en 2022, mais les investissements dans les combustibles fossiles étaient près de deux fois supérieurs à ceux dans les énergies renouvelables ».

En termes clairs : les technologies renouvelables sont désormais largement disponibles et maîtrisées. Pourtant, le monde continue de foncer à pleine vitesse vers la catastrophe. Il faudrait tripler le niveau des capacités renouvelables installées annuellement pour conserver la possibilité de rester sur la trajectoire d’un réchauffement limité à 1,5 °C par rapport au niveau préindustriel à l’horizon 2050, ainsi que le prévoyait l’accord de Paris en 2015.

Ce niveau pourrait être atteint dans la prochaine décennie, 2025 se présentant comme une année charnière. Même la nécessité d’une « électricité de base non renouvelable » (nucléaire ou autre) vient d’être récemment modélisée comme inutile et trop coûteuse dans la stabilisation d’un système électrique basé sur les renouvelables. Comprendre : les énergies renouvelables peuvent se suffire à elles-mêmes.


Visuel d’illustration de la newsletter Ici la Terre représentant la planète Terre sur un fond bleu

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Qu’il soit difficile d’arrêter de fumer est une chose. Mais que vous décidiez de continuer à augmenter continuellement votre consommation journalière de cigarettes (plus de 15 % d’augmentation des investissements dans les fossiles durant les deux dernières années), alors que l’on vous a diagnostiqué depuis plusieurs décennies un cancer du poumon, en est une autre. C’est pourtant ce que fait l’humanité avec les énergies fossiles.

Les « Energy Humanities » à la rescousse

D’où vient cet irrationalisme énergétique global qui, comme on l’a vu plus haut, confine au suicidaire ? Tant les problèmes que les solutions mobilisent des connaissances de dimensions collectives et individuelles. S’y ajoutent aussi des enjeux de désinformation et de déni, de manque de confiance dans les capacités d’agir et de différences dans la relation au temps. En témoignent la difficulté à se projeter et la domination dans l’espace médiatique d’un « présentisme perpétuel »

Ainsi, la proportion de Français et Françaises qui doutent du caractère anthropique du réchauffement climatique a doublé en 20 ans pour désormais atteindre 30 %. Les intérêts économiques ou politiques les plus immédiats sont souvent invoqués, sous forme conjointe, pour le justifier.

Il existe toutefois une perspective de sciences humaines et sociales plus large et désormais bien documentée, notamment par les Environmental Humanities anglo-saxonnes. Le sous-champ des Energy Humanities – ou humanités énergétiques – est, à cet égard, particulièrement intéressant.


Manifestation contre la visite d’Etat de Donald Trump à Londres, le 4 juin 2019 ©Getty – Mike Kemp

Quand les « pétrosavoirs » s’emploient à amoindrir les bonnes nouvelles

Comme le souligne l’anthropologue Dominic Boyer, les grands acteurs des énergies fossiles mobilisent aujourd’hui un ensemble de « pétrosavoirs » très large afin de contrer la réalité de la transition énergétique et la possibilité de maîtriser le réchauffement climatique. Cela se fait soit frontalement, soit par la ruse : les faits sont déformés et émerge une « post-vérité » antidémocratique.

Ces acteurs ont mobilisé d’importants moyens pour diluer ou masquer la « bonne nouvelle », ainsi que l’a illustré le récent film français Goliath (2022) à travers le personnage de lobbyiste incarné par Pierre Niney.

Site éolien de La Ventosa, au Mexique, d’une puissance de 101 MW. Frédéric Caille, Fourni par l’auteur

Pourtant, les potentialités des techniques récentes des énergies renouvelables (solaire et éolien) sont bien réelles, de même que celles des réseaux intelligents ou de la sobriété énergétique. De nombreux chercheurs du domaine en témoignent, tels, en France, Daniel Lincot ou Philippe Bruyere. Ils soulignent que, grâce à ces progrès, une transition intégrale vers un mix énergétique totalement décarboné et dénucléarisé à l’échelle mondiale d’ici 2050 est possible.

Les faits leur donnent raison. Dans l’indifférence générale ou presque, l’éolien et le solaire ont, pour la première fois, dépassé les énergies fossiles dans l’UE au premier semestre 2024. Au-delà de la France, ce constat est aujourd’hui fermement défendu de l’autre côté de l’Atlantique, et pas seulement par le pionnier du domaine Amory Lovins.

Centrale solaire photovoltaque de 20 MW à Merina Ndakhar, au Sénégal. Frédéric Caille, Fourni par l’auteur

Mais il est plus tentant, pour les pétrosavoirs, d’envisager d’autres scénarios totalement farfelus, comme couvrir les déserts de panneaux photovoltaïques, ou de laisser entendre – à tort – que la poussière ou la chaleur empêcheraient la production d’électricité photovoltaïque en Afrique, surtout au moment même où l’Australie lance la plus grande centrale solaire au monde, d’une puissance équivalente à six réacteurs nucléaires.

Sortir des narratifs dystopiques

Le combat est donc engagé pour sortir de la domination des énergies fossiles dans la culture et dans les imaginaires, comme en témoignent par exemple les travaux du groupe Petrocultures. Il s’agit de l’une des guerres « contre-hégémoniques » les plus importantes de l’histoire de l’humanité, dont l’issue pourrait décider de sa survie.

Illustration représentant l’invention d’Augustin Mouchot pour concentrer l’énergie solaire. Le Petit inventeur, 1927

Faute de connaître les solutions énergétiques positives possibles et leur inscription dans le temps long, les populations actuelles se trouvent facilement exposées aux sirènes du climato-dénialisme.

Qui se souvient encore des travaux pionniers sur la récupération de la chaleur d’Augustin Mouchot (1825-1912) et des débuts de l’énergie solaire thermodynamique en France, dont Alexandre Mouthon a retracé les accomplissements dès les années 1970 ?

Centrale électrique fossile abandonne sur l’île de Santiago, Cabo Verde. Frédéric Caille, Fourni par l’auteur

Les narratifs dystopiques qui dominent les productions culturelles actuelles font ainsi écho aux saillies négationnistes de Donald Trump, et qu’importe si 2024 est une nouvelle fois l’année la plus chaude jamais enregistrée.

Il est également possible, comme le suggère Dominic Boyer, que ces narratifs correspondent à une forme de pouvoir « gérontocratique » déréalisé, comparable à la fin du système soviétique, sinon à un véritable « fascisme fossile » toujours plus menaçant, où se mêlent confusément les peurs identitaires et la défense des énergies du passé.

Dans ce contexte, les éditeurs qui prospèrent sur le marché du climatoscepticisme et des petrosavoirs sont des assassins et doivent être stigmatisés comme tels. Plus que jamais, il est urgent de déconstruire, partout et par tous les moyens, les offensives culturelles des pétrosavoirs et de faire comprendre que les énergies renouvelables sont une source d’espoir considérable pour l’ensemble des femmes et hommes de la planète. Il est possible d’échapper à la fatalité de l’accélération du réchauffement climatique et de permettre le développement humain et l’accès aux services vitaux et énergétiques pour toutes et tous, notamment en Afrique.

Frédéric Caille, Maître de Conférences HDR en Science Politique, ENS de Lyon

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.



Pourquoi le climatoscepticisme séduit-il encore ?

Albin Wagener, Institut catholique de Lille (ICL)

À l’heure où les effets du dérèglement climatique n’ont jamais été aussi prégnants, le climatoscepticisme prospère. Comment expliquer cet apparent paradoxe ?


Pancarte climatosceptique au milieu d’une manifestation australienne anti taxe carbone. Phillip Minnis/Shutterstock

C’est un paradoxe de notre époque : alors que les effets du changement climatique sont de plus en plus couverts par les médias et n’ont jamais été aussi saillants pour les populations, le climatoscepticisme reprend lui des forces au gré de l’actualité climatique. D’après un sondage mené par Ipsos et le Cevipof en 2023, ce sont 43 % de Français qui refusent de « croire » au réchauffement du climat.

Plusieurs fois annoncé comme dépassé ou cantonné à des sphères complotistes, le climatoscepticisme n’en finit pas de se régénérer. Si les origines de ce courant remontent aux États-Unis, il prospère chez nous aujourd’hui via des incarnations bien françaises, comme l’a montré le récent documentaire La Fabrique du mensonge sur le sujet. Tâchons-donc de revenir un peu en arrière pour comprendre le succès actuel de ces discours niant le dérèglement climatique. https://www.youtube.com/embed/_NhyGHon198?wmode=transparent&start=0 Extrait du plateau télévisé suivant la diffusion du documentaire La Fabrique du Mensonge : au cœur du déni climatique.

L’éternel retour du climatoscepticisme

Dans les années 1980, aux États-Unis, l’émergence et la propagation d’une « contre-science » du climat ont résulté de la mobilisation de think tanks liés au parti républicain et au lobbying de grandes entreprises, principalement dans le secteur de la production pétrolière, en s’inspirant par ailleurs des pratiques de l’industrie du tabac.

Le terme de « climatoscepticisme » est, à cet égard, lui-même aussi trompeur que révélateur : en liant « climat » et « scepticisme », le terme donne l’impression d’une posture philosophique vertueuse (notamment la remise en question critique et informée), et induit en erreur. Car il s’agit ici bien moins de scepticisme que de déni, voire de cécité absolue vis-à-vis de faits scientifiques et de leurs conséquences, comme le rappelle le philosophe Gilles Barroux.

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Mais qu’importe : au moment de l’accord de Paris et du consensus de plus en plus large sur le climat, le climatoscepticisme semblait réduit à portion congrue : en France, en 2019, la Convention citoyenne pour le climat montrait que le sujet pouvait être pris au sérieux tout en donnant lieu à des expérimentations démocratiques. Puis en août 2021, la loi « Climat et résilience » semblait ancrer un acte politique symbolique important, bien qu’insuffisant.

Pourtant, malgré ces évolutions politiques, le climatoscepticisme prospère aujourd’hui en s’éloignant de son incarnation et champ originel, puisqu’il constitue désormais une forme de discours, avec ses codes, ses représentations et ses récits. C’est précisément en cela qu’il est si dangereux : du point de vue linguistique, narratif et sémantique, il utilise des ressorts hélas efficaces, qui ont pour objectif d’instiller le doute (a minima) ou l’inaction (a maxima).


Claude Allègre, géochimiste qui fut député et ministre de l’Éducation nationale, de la Recherche et de la Technologie entre 1997 et 2000. ©Getty – Sophie Bassouls/Sygma/Sygma

Plus clairement, les sphères climatosceptiques vont par exemple utiliser des termes aux charges sémantiques équivoques (climatorassurisme, climatoréalisme…), remettre en question la véracité des travaux du GIEC, mettre en exergue les variations du climat à l’échelle du temps géologique (la Terre ayant toujours connu des périodes plus ou moins chaudes ou froides), ou bien encore expliquer que toute action mise en œuvre pour lutter contre le changement climatique relèverait en fait de l’autoritarisme liberticide. En d’autres termes, le doute est jeté sur tous les domaines, sans distinction.

De ce point de vue, il est important de noter que le climatoscepticisme peut prendre plusieurs formes : déni de l’origine anthropique du réchauffement, mise en exergue de prétendus cycles climatiques, remise en cause du rôle du CO2 ou technosolutionnisme chevronné sont autant de variables qui donnent sa redoutable vitalité au climatoscepticisme.

Mais que cachent les discours climatosceptiques ? Outre les intérêts économiques, on retrouve également la préservation d’un ordre social et de systèmes de domination spécifiques : domination de l’Homme sur ce que l’on appelle abusivement la « Nature » (incluant les autres espèces, l’intégralité de la biodiversité et les ressources), exploitation des ressources nécessaires à l’activité industrielle et économique, mais aussi domination de certaines communautés sur d’autres – notamment parce que les femmes ou les populations indigènes sont plus vulnérables au changement climatique, tout en représentant également les populations les plus promptes à proposer des innovations pour contrer ses impacts.

Tag de l’artiste Banksy à Camden en Grande-Bretagne,dénonçant le réchauffement climatique, où l’on peut voir les lettres
Tag de l’artiste Banksy à Camden en Grande-Bretagne,dénonçant le réchauffement climatique. Dunk/Flickr, CC BY-NC

L’efficacité du climatoscepticisme : le secret de sa longévité ?

Au-delà de sa pérennité, les recherches ont montré à quel point le climatoscepticisme restait efficace pour retarder l’action politique. Il ne s’agit pas ici de dire que la classe politique est climatosceptique, mais qu’un certain nombre d’acteurs climatosceptiques finissent par diffuser des discours qui font hésiter les décideurs, retardent leurs actions ou font douter quant aux solutions ou alternatives à mettre en place. La France n’échappe pas à cette tendance : entre les coups médiatiques de Claude Allègre, l’accueil de Greta Thunberg à l’Assemblée nationale ou encore les incursions de divers acteurs climatosceptiques (se désignant eux-mêmes comme climatoréalistes ou climatorassuristes), le paysage médiatique, politique et citoyen se retrouve régulièrement pollué par ce type de discours.

Doté de solides ressources financières, ce mouvement a pu contester les résultats scientifiques dans la sphère publique, afin de maintenir ses objectifs économiques et financiers. Le GIEC en a, par ailleurs, fait les frais de manière assez importante – et encore aujourd’hui ; régulièrement en effet, des scientifiques du GIEC comme Jean Jouzel ou Valérie Masson-Delmotte, qui se sont engagés pour porter de manière pédagogique les travaux collectifs dans l’espace médiatique, se sont retrouvés la cible de critiques, notamment sur la véracité des données traitées, ou la raison d’être financière du groupement scientifique mondial. Cela est notamment régulièrement le cas sur les réseaux sociaux, comme le montrent les travaux de David Chavalarias.

Climatoscepticisme : les raisons d’un succès

Au-delà de ces constats informatifs, une question émerge : pourquoi sommes-nous si prompts à embrasser, de près ou de loin, certaines thèses climatosceptiques ? Pourquoi cette forme de déni, souvent mâtinée de relents complotistes, parvient-elle à se frayer un chemin dans les sphères médiatiques et politiques ?

Pour mieux comprendre cet impact, il faut prendre en considération les enjeux sociaux liés au réchauffement climatique. En effet, cette dimension sociale, voire anthropologique est capitale pour comprendre les freins de résistance au changement ; si la réaction au changement climatique n’était qu’affaire de chiffres et de solutions techniques, il y a longtemps que certaines décisions auraient été prises.

En réalité, nous avons ici affaire à une difficulté d’ordre culturel, puisque c’est toute notre vie qui doit être réorganisée : habitudes de consommation ou pratiques quotidiennes sont concernées dans leur grande diversité, qu’il s’agisse de l’utilisation du plastique, de la production de gaz à effet de serre, du transport, du logement ou de l’alimentation, pour ne citer que ces exemples.

Le changement est immense, et nous n’avons pas toujours les ressources collectives pour pouvoir y répondre. De plus, comme le rappelle le philosophe Paul B. Preciado, nous sommes dans une situation d’addiction vis-à-vis du système économique et industriel qui alimente le changement climatique ; et pour faire une analogie avec l’addiction au tabac, ce ne sont jamais la conscience des chiffres qui mettent fin à une addiction, mais des expériences ou des récits qui font prendre conscience de la nécessité d’arrêter, pour aller vite. Cela étant, le problème est ici beaucoup plus structurel : s’il est aisé de se passer du tabac à titre individuel, il est beaucoup plus compliqué de faire une croix sur le pétrole, à tous les niveaux.

Manifestation où l’on peut voir une pancarte : System change not climate change.
La peur de changement systémique, notamment mis en avant par les militants écologiques, raison d’être du climatosceptisme ? Chris Yakimov/Flickr, CC BY-NC

Paradoxalement, c’est au moment où les effets du changement climatique sont de plus en plus couverts par les médias que le climatoscepticisme reprend des forces, avec une population de plus en plus dubitative. Ce qui paraît paradoxal pourrait en réalité être assez compréhensible : c’est peut-être précisément parce que les effets sont de plus en plus visibles, et que l’ensemble paraît de plus en plus insurmontable, que le déni devient une valeur refuge de plus en plus commode. Il s’agirait alors d’une forme d’instinct de protection, qui permettrait d’éviter de regarder les choses en face et de préserver un mode de vie que l’on refuse de perdre.

Si le climatoscepticisme nous informe sur nos propres peurs et fragilités, il est aussi symptomatique du manque de récits alternatifs qui permettraient d’envisager l’avenir d’une toute autre manière. En effet, pour le moment, nous semblons penser la question du changement climatique avec le logiciel politique et économique du XXè siècle. Résultat : des récits comme le climatoscepticisme, le greenwashing, le technosolutionnisme (le fait de croire que le progrès technique règlera le problème climatique), la collapsologie ou encore le colibrisme (le fait de tout faire reposer sur l’individu) nous piègent dans un archipel narratif confus, qui repose plus sur nos croyances et notre besoin d’être rassurés, que sur un avenir à bâtir.

De fait, le climatoscepticisme prospère encore car il est le symptôme d’autodéfense d’un vieux monde qui refuse de mourir. Sans alternative désirable ou réaliste, alors que nos sociétés et nos économies sont pieds et poings liés par la dépendance aux énergies fossiles, nos récits sont condamnés à tourner en rond entre déni, faux espoirs et évidences trompeuses.

C’est bien là tout le problème : si les chiffres sont importants pour se rendre compte de l’importance du changement et de ses conséquences (y compris pour mesurer les fameux franchissements des limites planétaires), ce n’est pas avec des chiffres seuls que l’on met en mouvement les sociétés et les politiques. Les tenants du climatoscepticisme ont parfaitement compris cette limite, en nous proposant les certitudes confortables d’un vieux monde inadapté, face aux incertitudes paralysantes d’un avenir qui sera radicalement différent du monde que nous connaissons, mais que nous avons le choix de pouvoir écrire.

Albin Wagener, Professeur en analyse de discours et communication à l’ESSLIL, chercheur au laboratoire ETHICS, Institut catholique de Lille (ICL)

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

La fusion nucléaire : l’énergie des étoiles bientôt sur Terre en France ?

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La Greentech européenne Gauss Fusion, spécialisée dans la fusion par confinement magnétique, s’implante en France avec l’ouverture d’un bureau près de Bordeaux. Sa mission est de faire de l’énergie de fusion une réalité en Europe. L’objectif est d’offrir dès 2040, avec la mise en service et la connexion au réseau électrique d’une première centrale à fusion, un approvisionnement électrique durable et indépendant, avec des prix stables et une disponibilité importante. L’énergie des étoiles bientôt sur Terre en France ?

Qu’est-ce que la fusion nucléaire ?

Le CEA nous rappelle que « la fusion nucléaire est une réaction physique qui se déroule au cœur des étoiles : des noyaux atomiques fusionnent, dégageant l’énergie à l’origine de la lumière et de la chaleur qu’émettent les étoiles« . Les quantités d’énergie libérée sont très importantes, ce qui pousse les scientifiques à chercher le moyen d’exploiter la fusion comme nouvelle source d’énergie durable, puisque les matières premières nécessaires sont pratiquement illimitées.

Le principe physique

Le noyau des atomes est composé de neutrons et protons, qui tiennent ensemble grâce à la force la plus intense de la nature : l’interaction forte, responsable de « l’énergie de liaison nucléaire ». Cette énergie peut être libérée de deux façons :

  • soit en cassant des noyaux lourds : c’est ainsi que fonctionne les centrales nucléaires actuellement ;
  • soit en fusionnant des noyaux légers : ce qui se passe dans les étoiles

Dans des conditions de température extrême (des millions de degrés Celsius), la matière se présente sous forme de plasma : ni solide, ni liquide, ni gazeuse, la matière est comparable à une « soupe » où noyaux et électrons ne sont plus liés, ils circulent librement. Lorsque deux noyaux « légers » se percutent à grande vitesse, ils peuvent fusionner, créant un noyau plus lourd : c’est la fusion nucléaire. Durant l’opération, une partie de l’énergie de liaison des composants du noyau est libérée sous forme de chaleur ou de lumière.

Maîtriser sur Terre une réaction à l’œuvre dans les étoiles, est un défi civilisationnel équivalent à celui de la conquête de l’espace. Enjeu : produire des gigawatts d’électricité à partir de quelques grammes de combustible.

CEA – L’essentiel sur la fusion nucléaire par confinement magnétique
  • Dans le cœur des étoiles, ce sont deux noyaux d’hydrogène, composés d’un proton, qui fusionnent pour donner un noyau plus lourd : l’hélium dont le noyau contient deux protons et un ou plusieurs neutrons.
  • Dans le Soleil, cette transformation se déroule en plusieurs étapes.
  • Sur Terre, pour récupérer de l’énergie, les scientifiques tentent d’utiliser la fusion de deutérium et de tritium, deux isotopes de l’hydrogène. Cette réaction donne naissance à un noyau d’hélium très chaud et libère un neutron de grande énergie.

Enjeu : créer et maintenir un plasma de fusion sur Terre

Pour récupérer de l’énergie à partir de la fusion nucléaire, il faut être capable de créer des conditions physiques similaires à celles des étoiles, et atteindre des températures de 150 millions de degrés (dix fois la température interne du Soleil). Ce défi scientifique et technologique posé aux chercheurs représente un important enjeu stratégique : la fusion pourrait devenir une nouvelle ressource d’énergie illimitée, sans risque majeur, et sans déchets hautement radioactifs à stocker.

Le CEA, acteur de la recherche scientifique et technologique

« S’engager activement au service de la souveraineté scientifique, technologique et industrielle de la France et de l’Europe pour un présent et un avenir mieux maîtrisés et plus sûrs.« 

Le CEA est un acteur majeur de la recherche, au service de l’État, de l’économie et des citoyens. S’appuyant sur une recherche fondamentale d’excellence, il apporte des solutions concrètes à leurs besoins dans quatre domaines principaux :


Le projet ITER :
la fusion nucléaire, l’énergie du futur ?

Le projet ITER : la fusion nucléaire, l’énergie du futur ?

Gauss Fusion veut accélérer l’industrialisation
de l’énergie de fusion en Europe

Gauss Fusion a pour objectif d’industrialiser la fusion par confinement magnétique et la rendre évolutive, pour contribuer d’ici 2040 à un approvisionnement énergétique durable et indépendant en Europe, avec des prix stables et une disponibilité quasi-illimitée. Pour y parvenir la greentech européenne réunit le savoir-faire industriel et la recherche européenne de pointe.

En 2040, mise en service et connexion au réseau électrique d’une première centrale à fusion à confinement magnétique basée sur le concept du stellarateur

Gauss Fusion ouvre un nouveau bureau en France

La Greentech européenne Gauss Fusion s’implante en France avec l’ouverture d’un bureau en France, près de Bordeaux. Elle ambitionne de créer un centre d’excellence de la fusion et d’accélérer ses projets de recherche, dont celui sur le cycle de combustion du tritium, élément nécessaire au démarrage du réacteur.

« À l’heure où les entreprises doivent accélérer leur décarbonation et réduire leurs coûts énergétiques, la fusion par confinement magnétique est l’une des technologies de création d’énergie verte les plus prometteuses »

Alain Rousset, Président de la Région Nouvelle-Aquitaine.
Wendelstein 7-X Stellarator (Picture: © Christian Lünig / arbeitsblende.de)

Bilan et perspectives du Pacte vert pour l’Europe, après 5 ans

Alors que la nouvelle Commission européenne vient d’être nommée avec à sa tête Ursula von der Leyen, renouvelée pour un deuxième mandat, le Pacte vert pour l’Europe fête ses 5 ans. Ce plan ambitieux vise à réduire de 55 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 et à atteindre la neutralité carbone en 2050. Les nouveaux équilibres politiques au sein du Parlement pourraient entraîner des blocages et rétropédalages. La Fabrique Écologique a demandé à Pascal Canfin1 de faire le bilan et tracer les perspectives de ce Pacte vert : dépendance énergétique, souveraineté alimentaire, transition juste, déforestation ou encore accords de libre-échange sont abordés avec, en filigrane, une question : n’est-il pas indispensable de développer un récit politique autour de la « souveraineté écologique » ?

Pourriez-vous nous retracer les grandes lignes du Pacte Vert pour l’Europe et de la démarche qui l’inspire ?

Depuis 2019, l’Union européenne a engagé une stratégie climatique d’ampleur pour faire de l’Europe une véritable puissance verte : le Pacte vert pour l’Europe, la loi européenne pour le climat et le plan « Fit for 55 » proposés en 2021, prévoient de réduire d’au moins 55 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, et d’atteindre la neutralité carbone en 2050.

Le Pacte vert c’est un ensemble de 70 textes sectoriels dont plus de 80 % ont déjà été adoptés lors de la dernière mandature. Les efforts engagés portent déjà leurs fruits : les émissions de gaz à effet de serre en Europe ont ainsi baissé de 8% entre 2022 et 2023 (-37% depuis 1990).

Intéressons-nous plus particulièrement au secteur de l’énergie. 

C’est une question stratégique s’il en est, où les politiques des États-membres sont marquées par des traditions différentes et aujourd’hui très impactées par la guerre en Ukraine.

Le Pacte vert a posé les bases de la décarbonation du secteur de l’énergie, qui représente encore 75% des émissions de gaz à effet de serre de l’UE. Le développement d’une électricité zéro carbone produite en Europe est indispensable pour renforcer notre indépendance stratégique. La guerre en Ukraine l’a montré, notre dépendance aux énergies fossiles, quasiment exclusivement importées, peut déstabiliser toute l’économie européenne.  Les mesures pour réduire cette dépendance sont d’ores et déjà structurantes :

  • Nous avons doublé les objectifs de développement des énergies renouvelables pour atteindre 42,5 % de la consommation d’énergie d’ici 2030.
  • Nous avons réformé le marché européen de l’électricité pour stabiliser et faire baisser les prix, qui peuvent désormais être décorrélés des énergies fossiles, notamment du gaz russe.

Nous devons continuer à massifier les investissements en faveur des énergies sans les opposer par idéologie. S’opposer aux renouvelables ou au nucléaire revient à se priver d’une partie de la solution et mènerait à une impasse face à des besoins en électrification qui ne vont cesser de croître. Les débats entre pro et anti-nucléaire sont stériles. A mes yeux les données du problème sont claires : les énergies renouvelables ont vocation à devenir majoritaire, mais le nucléaire est indispensable pour apporter du volume et stabiliser le réseau. Les scientifiques du GIEC prônent d’ailleurs cette approche sur deux jambes.

Justement comment l’Europe peut-elle prendre en compte la concurrence croissante des autres puissances (États-Unis, Chine) sur ce front du verdissement de l’économie ?

‍L’Europe a pris des mesures concrètes pour accélérer le déploiement de solutions technologiques : véhicules électriques et infrastructures de recharge nécessaires à leur déploiement, ENR, carburants alternatifs, les batteries…bref toutes les technologies clés de la transition.

C’est essentiel car la course à la localisation des technologies vertes est lancée partout dans le monde. Les États-Unis se sont dotés de l’IRA (Inflation Reduction Act) qui leur permet de mettre sur la table autour de 1000 milliards de dollars pour soutenir l’implantation d’usines, le déploiement des ENR et des voitures électriques. De son côté, la Chine a misé depuis longtemps sur des technologies clés de la transition comme les batteries, les voitures électriques ou encore les panneaux solaires.

Cette concurrence acharnée est à la fois une bonne nouvelle pour le climat puisqu’elle permet de massifier les technologies vertes, mais aussi un véritable risque pour l’Europe : celui de remplacer une dépendance par une autre. C’est pourquoi nous avons défini des technologies vertes clés que nous voulons produire chez nous. Grâce à l’Alliance européenne des batteries, nous déployons des giga factories partout en Europe, et notamment dans les Hauts de France qui vont devenir l’un des hubs européens de la mobilité électrique. Rien que dans la région de Dunkerque, ce sont près de 40 000 emplois qui doivent être créés dans les secteurs de l’automobile et de l’énergie décarbonée.

Quels sont alors les impacts de cette nouvelle politique industrielle européenne sur la doctrine de libre-échange traditionnelle de l’Union ?

Aujourd’hui c’est la fin de l’Europe naïve. Avec un constat simple : il n’est pas possible d’exiger de nos industriels de réduire leurs émissions de CO2, sans lutter contre le dumping climatique de leurs concurrents, qui ne paient pas le même prix du carbone. C’est pour cela que nous avons mis en place un « mécanisme d’ajustement carbone aux frontières » qui fonctionnera comme une écluse à l’entrée du marché européen. Si une tonne d’acier chinois a payé l’équivalent de 2 euros sur le carbone émis pour sa production et l’entreprise européenne 80 euros, alors la tonne chinoise paiera 78 euros lorsqu’elle entre sur le marché européen. Ce mécanisme, une première mondiale, commence déjà à porter ses fruits avant même son entrée en vigueur formelle en 2026 puisque des pays ont décidé d’adopter un prix du carbone par anticipation. La France défendait cette idée depuis 30 ans, nous en avons fait une réalité.

C’est une véritable bataille idéologique qui se joue en Europe entre les tenants du libre-échange et ceux qui mettent en avant l’autonomie stratégique. Les tarifs chinois sur les voitures électriques en 2024 ont été une autre occasion de montrer que nous étions prêts à réagir au risque d’importations massives de produits chinois, sur-subventionnés et parfois exportés vers l’Europe en dessous de leur cout de production !

Les transports sont le premier secteur émetteur de GES en France et à l’échelle européenne leur décarbonation nécessite d’être nettement accélérée. Comment le Pacte vert prend-il cette nécessité en compte ?

Les transports représentent un quart des émissions de gaz à effet de serre en Europe. Effectivement accélérer le rythme de leur décarbonation est crucial. La transition bas carbone est aussi une opportunité pour réduire notre dépendance aux énergies fossiles à la concurrence, chinoise notamment.

Avec l’interdiction de la vente de voitures neuves non « zéro émission de CO2 » en 2035, l’Union européenne veut faire évoluer son parc automobile vers la neutralité carbone et des véhicules « zéro émission », tout en accompagnant les consommateurs et l’industrie automobile. L’Europe favorise également ’accélération du déploiement d’un réseau de bornes de recharge.

Les constructeurs européens ont d’ailleurs engagé la transition du secteur avec le lancement de nouveaux modèles de véhicules électriques abordables sur le marché en 2024. Nous devons désormais soutenir davantage la demande avec des mesures d’aide à l’achat (leasing social, bonus…), et de soutien pour l’électrification des flottes de véhicules d’entreprises, qui représentent près de 50% des ventes de véhicules neufs.

Nous avons également adopté de nouvelles normes de réduction des émissions de CO2 pour les véhicules lourds neufs (les poids lourds représentent 6 % des émissions de l’UE), qui devront être à 90 % zéro émissions en 2040 et pour les bus (100 % zéro émissions en 2035 avec un traitement spécifique pour les bus utilisant le biométhane). Nous avons ainsi voté sous la précédente mandature toutes les nouvelles règlementations pour décarboner le transport routier. Plus globalement l’Union s’est engagée dans une stratégie de verdissement du fret et de report modal vers le ferroviaire.

L’Europe a également engagé la décarbonation des secteurs maritime et aérien avec des objectifs d’incorporation de carburants alternatifs notamment produits en Europe, et des investissements en matière de recherche et d’innovation (avion bas carbone…). A partir de 2025, les avions au départ de l’Europe devront embarquer une part de carburants d’aviation durables, de 2 % dans le kérosène des vols au départ de l’Europe en 2025 à 42% en 2045). En ce qui concerne le transport maritime, les navires de 5000 tonnes devront réduire leurs émissions de 80 % d’ici 2050.  Pour réduire la pollution de l’air dans les ports, les porte-conteneurs et les navires de croisière seront obligés d’utiliser l’alimentation électrique lorsqu’ils seront à quai à partir de 2030.

La diminution des émissions de gaz à effet de serre et de la pollution générées par les transports permettra d’améliorer sensiblement la qualité de l’air et la santé des citoyens. Que ce soit dans les ports ou sur nos routes, les solutions d’électrification sont à la fois bonnes pour le climat et pour notre santé.

La question de la juste répartition des efforts entre les personnes et les territoires est régulièrement soulevée lorsqu’il s’agit de mettre en œuvre les transitions écologiques. Comment l’Union va-t-elle réaliser cette transition juste ?

Pour la première fois, l’Union s’est dotée d’instruments pour accompagner les ménages et les entreprises dans une logique de solidarité et de justice face à la transition écologique :

  • Le fonds de transition juste (17,5 milliards d’€ pour 2021-2027) doit favoriser la modernisation de l’économie locale en atténuant les répercussions négatives sur l’emploi (technologies énergétiques propres, réhabilitation des sites industriels, reconversion des salariés…).
  • Le fonds social pour le climat (86,7 milliards d’€) accompagne les ménages et les PME les plus vulnérables via le financement de dispositifs d’aide comme le bonus écologique à l’achat d’un véhicule électrique, chèque énergie, etc.

Si ces outils financiers sont indispensables, ils n’épuisent pas le sujet de la transition juste. Nous devons aller plus loin dans le fait de contraindre des usages réservés aux « ultra riches » à se décarboner plus vite que la moyenne. Le débat sur les jets privés est à mon sens très révélateur car il touche la question clé de “l’exemplarité des élites”. Je ne suis pas favorable à l’interdiction des jets privés car ils rendent un service utile, certes utile à une infime partie de la population mais utile. En revanche, je ne vois aucune raison pour ne pas exiger d’eux qu’ils soient zéro émission avant tous les autres puisque les clients ont, par définition, les moyens de payer plus chers ce service. Même si cela représente une partie infime de nos émissions de CO2, c’est un sujet symbolique qui permet à chacun de comprendre que l’on demande plus à ceux qui ont plus. Cette dimension est absente aujourd’hui du Pacte vert, ce qui peut nuire à son acceptabilité.

Qu’en est-il des enjeux de biodiversité ?

La loi sur la restauration de la nature prévoit des mesures inédites pour restaurer les écosystèmes naturels dégradés et crée pour la première fois en Europe une gouvernance de la restauration de la nature : 20% de l’intégralité des terres et espaces marins de l’Union européenne feront l’objet de mesures de restauration d’ici 2030, ce qui alignera l’Europe avec ses engagements pris lors de l’accord de Kunming-Montréal en 2022.

Chaque État devra réaliser un plan de restauration pour traduire les objectifs de restauration et de bon état des écosystèmes naturels (marais, forêts, zones humides, dunes, espèces protégées…) en 2030, 2040 et 2050. Des mesures pour protéger les pollinisateurs et leurs habitats seront obligatoires dans tous les états européens. Cette loi met fin à certaines incohérences pour la protection des écosystèmes marins en imposant des mesures communes de protection (par exemple la protection des dauphins dans le golfe de Gascogne s’imposera désormais aux pêcheurs espagnols). La première menace sur les rendements agricoles c’est le dérèglement climatique. Restaurer la nature, c’est protéger la biodiversité, mais c’est aussi lutter contre l’érosion des sols contre les inondations avec des zones tampons naturelles, et ainsi protéger les rendements donc les revenus agricoles.

Nous avons aussi adopté un règlement actant la fin de la commercialisation dans le marché intérieur de produits issus de la déforestation tels que le café, le chocolat, l’huile de palme, le soja, le bœuf, etc. En cas de non-respect de ce règlement les entreprises s’exposent à une amende atteignant au minimum 4 % de leur chiffre d’affaires annuel dans l’Union européenne. Ce texte, largement initié par la France, est la première loi au monde de cette nature et j’en suis particulièrement fier. Ce texte constitue aussi une clause miroir pour nos agriculteurs qui sont de fait en concurrence avec des importations responsables de la déforestation. Désormais, ces produits ne pourront plus accéder au marché européen.

L’entrée en vigueur de ce texte qui devait avoir lieu au 1 janvier 2025 sera finalement repoussée d’un an pour permettre à tout le monde, entreprises comme pays tiers, d’être prêts.

Avec le règlement sur la déforestation et les débats très âpres qu’il provoque ne sommes-nous pas sur une véritable ligne de tension entre la tradition libre échangiste de l’Union et les priorités de la lutte contre les dérèglements écologiques ?

Il s’agit en effet désormais de mettre en cohérence le commerce et le climat. L’Europe ne se contente plus de se doter de normes très ambitieuses en matière d’environnement. Elle utilise la puissance du marché unique au service de ces objectifs en imposant des exigences à ses partenaires, tout en s’assurant de créer les conditions d’une concurrence plus loyale au bénéfice de ses propres entreprises.

A titre d’exemple, l’UE a commencé à mettre en place des mesures miroirs pour assurer une réciprocité des normes. C’est ce que nous avons fait avec le règlement sur les batteries, avec le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières, ou avec le règlement sur la déforestation importée. C’est le cas également avec les clauses miroirs en matière agricole, comme l’a démontré le récent contrôle de la commission européenne qui a conduit le Brésil à suspendre immédiatement une partie de ses exportations de viande bovine en Europe, faute de systèmes de traçabilité et de contrôle suffisants sur la présence d’hormones de croissance interdite en Europe.

Par ailleurs, nous avons mis en place une nouvelle doctrine sur les accords commerciaux qui font de l’Accord de Paris une clause essentielle, en incluant pour la première fois un mécanisme de sanctions (cf. Accord UE-Nouvelle-Zélande). Désormais, une violation grave des engagements sociaux et environnementaux, sera enfin suivie d’effets et pourra être sanctionnée. C’est pour cela que j’ai voté cet accord, avec l’immense majorité des députés socialistes et verts européens… à l’exception des députés français. Et c’est précisément parce que le texte de l’accord avec le Mercosur ne respecte pas cette nouvelle approche que j’y suis opposé.

Alors que la présidente de la Commission européenne vient de finaliser les négociations sur l’accord avec le Mercosur, rien n’est encore joué, puisque pour être ratifié, cet accord devra être adopté par le Conseil et par le Parlement européen dans les prochains mois. Ces votes seront d’ailleurs très serrés et dépendront en grande partie des pays qui rallieront le camp du non mené par la France, notamment l’Italie ou la Roumanie qui pourraient contribuer de façon décisive à constituer une minorité de blocage au Conseil.

Et maintenant, quelles perspectives ?

Les élections européennes de juin 2024 ont incontestablement changé la donne au Parlement européen. La majorité dite « progressiste » du groupe centriste Renew aux groupes de gauche en passant par les écologistes n’existe plus. En revanche, la majorité allant de la droite à l’extrême-droite, existe belle et bien. Et cette “union des droites” européenne a fait de la lutte contre le Pacte vert l’un de ses ciments. La donne politique a donc changé. Dans ce contexte, notre stratégie est d’abord de tenter de consolider la majorité centrale qui a largement soutenu le pacte vert dans la mandature précédente sous l’impulsion d’Ursula von der Leyen. Celle-ci a été réélue en juillet 2024 par la droite, le centre, les sociaux-démocrates et les verts. Sa politique doit donc refléter cette majorité et les récentes auditions des nouveaux commissaires ont montré que la ligne pro-Pacte vert était bien tenue. Les batailles seront donc moins au sein de la Commission qu’au Parlement, qui est aujourd’hui parmi les institutions européennes, celle où l’extrême-droite a le plus de pouvoir de nuisance.

Depuis 2019 je suis convaincu que la réussite du Pacte vert passe par la dépolarisation de l’action climatique. Gagner la bataille de la décarbonation implique de s’inscrire dans des politiques de temps long, qui ne sont pas soumises aux aléas de chaque échéance électorale. Il suffit de voir à quel point la situation américaine ultra polarisée, sur ce sujet comme sur beaucoup d’autres, empêche de mener des politiques de long terme de réduction des émissions. Elles sont mises en place par les Démocrates et détricotés par les Républicains. La trumpisation d’une partie de la droite européenne est donc la première menace contre le Pacte vert aujourd’hui. Pour la contrer, nous devons agir sur plusieurs fronts. Tout d’abord continuer à travailler avec les entreprises progressistes qui sont engagées dans la transition et qui montrent concrètement les voies de l’avenir. Deuxième front, échanger en permanence avec les députés du centre droit qui sont hostiles à ces alliances de fait avec les extrêmes droites. Il faut leur tendre la main pour préserver le Pacte vert. Troisièmement, continuer à élargir la façon dont nous parlons des politiques écologiques. Bien sûr elles sont bonnes pour le climat, c’est leur raison d’être première. Mais elles sont aussi bonnes pour notre compétitivité et pour notre indépendance géopolitique. Chaque année l’Europe dépense autour de 400 milliards d’euros pour acheter du gaz et du pétrole ! C’est une véritable saignée financière. Décarboner notre énergie c’est produire chez nous notre électricité en lieu et place d’importer des énergies fossiles. Développer un récit politique autour de la « souveraineté écologique » me semble essentiel dans un contexte de montée en puissance des nationalismes.

Dans la mandature qui s’ouvre je me battrai pour que l’on approfondisse notre Union de l’énergie zéro carbone de façon à ce qu’on se donne les moyens de gagner la bataille de l’électrification et donc de la souveraineté et de la sortie de notre dépendance aux fossiles. Le Clean Industrial Deal annoncé par Ursula von der Leyen constituera dès le début de l‘année 2025 le nouveau volet industriel du Pacte vert, avec de nouveaux outils pour investir encore davantage dans les industries propres et chaines de valeur stratégiques européennes, pour simplifier – sans déréguler – et accélérer la révolution industrielle verte. Nous devrons également compléter le Pacte vert en agissant de façon coordonnée en matière d’adaptation et de résilience aux effets du dérèglement climatique pour protéger les européens et les rendements agricoles, et donc notre souveraineté alimentaire, et mieux prévenir les conséquences des catastrophes climatiques dont nous avons encore vu un exemple dramatique à Valence ces dernières semaines.

Nous devons plus que jamais agir ensemble pour maintenir le cap, gagner ces batailles en additionnant les solutions technologiques sans dogmatisme, pour accélérer la construction de l’Europe puissance verte et souveraine !

Article écrit par Pascal Canfin


Notes

  1. député européen du groupe Renew Europe, membre de la délégation l’Europe ensemble, ancien président (2019-2024) et actuel coordinateur de la commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire pour Renew ↩︎

L’initiative « Une seule santé » ou One Health pour relever les défis planétaires

Les urgences sanitaires internationales telles que la pandémie de COVID-19, les épidémies d’Ebola et les menaces permanentes d’autres zoonoses, la sécurité alimentaire, les problèmes de résistance aux antimicrobiens (RAM), ainsi que la dégradation des écosystèmes et le changement climatique démontrent clairement la nécessité de systèmes de santé résilients et d’une action mondiale accélérée. Le livre « Une seule santé, S‘ouvrir à d‘autres savoirs » écrit par Nicolas Lainé1 aux Éditions Quae est disponible en librairie depuis le 10 Décembre 2024 et gratuit en version numérique.

Des enfants sont vaccinés lors d'une campagne de lutte contre la polio dans la région occidentale du Cameroun.
Des enfants sont vaccinés lors d’une campagne de lutte contre la polio dans la région occidentale du Cameroun.

Selon la Quadripartite – l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et l’Organisation mondiale de la Santé animale (OMSA) – la construction d’une planète plus saine, passe par agir d’urgence pour des engagements politiques vitaux, des investissements plus importants et une collaboration à tous les niveaux.

L’initiative « Une seule santé » est considérée comme la principale approche pour relever ces défis urgents et complexes auxquels la planète est confrontée.

Une seule santé/One Health : publication d’une définition opérationnelle
Une seule santé/One Health : publication d’une définition opérationnelle

Lors de leur première réunion annuelle en face à face, les dirigeants de ces quatre organisations ont ainsi lancé un appel sans précédent en faveur d’une action mondiale renforcée.

Une gouvernance intersectorielle

Dans cet appel à l’action, les dirigeants quadripartites invitent instamment tous les pays et les principales parties prenantes à accorder la priorité à l’approche « Une seule santé » dans l’agenda politique international. L’objectif est d’adopter et promouvoir une gouvernance intersectorielle renforcée de la santé.

Les services de planning familial au Malawi ont continué à fonctionner tout au long de la pandémie de la Covid-19.
Les services de planning familial au Malawi ont continué à fonctionner tout au long de la pandémie de la Covid-19.

L’approche « Une seule santé » devrait notamment servir de principe directeur dans les mécanismes mondiaux, y compris dans le nouvel instrument de lutte contre la pandémie et le fonds de lutte contre la pandémie, afin de renforcer la prévention, la préparation et l’intervention en cas de pandémie.

Il s’agit aussi d’un plan d’action conjoint quadripartite en faveur de l’unité d’action sanitaire, afin de favoriser une mise en œuvre plus large dans les secteurs concernés. Il faut mettre en place des effectifs intersectoriels pour l’initiative « Une seule santé » qui disposent des compétences, des capacités et des aptitudes nécessaires pour prévenir, détecter et contrôler les menaces pour la santé et y répondre de manière efficace.

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Ces quatre organisations appellent au renforcement et au soutien de la prévention des pandémies et des menaces sanitaires à la source, en ciblant les activités et les lieux qui augmentent le risque de propagation des zoonoses entre les animaux et les humains.

Pour cela, il faut accroître l’investissement et le financement des stratégies et des plans « Une seule santé » en assurant une mise en œuvre à grande échelle à tous les niveaux, y compris le financement de la prévention des menaces sanitaires à la source.

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Le livre Une seule santé, S‘ouvrir à d‘autres savoirs
écrit par Nicolas Lainé, en librairie depuis le 10/12/2024

Cet ouvrage propose une réflexion sur la manière d’intégrer l’expérience et le mode de vie des populations engagées avec les animaux et leur environnement pour mieux les mobiliser dans la gestion et la prévention des crises sanitaires à travers l’approche « Une seule santé », One Health.

Plébiscitée depuis la pandémie du Covid-19 par les scientifiques et les politiques, l’initiative « Une seule santé » ou One Health souligne l’interdépendance entre santé humaine, santé animale et santé environnementale, et associe ces disciplines autour d’une même approche. La mise en pratique de One Health nous engage aujourd’hui à une réflexion sur l’intégration d’autres formes de savoirs en santé, notamment ceux issus des communautés locales. En s’appuyant sur ses terrains d’enquête situés en Asie, Nicolas Lainé montre que les savoirs locaux sont dynamiques et en constante recomposition. Il souligne l’apport de certaines pratiques locales dans la prévention des risques sanitaires. Réduits à la fourniture d’informations ou de données, les détenteurs de ces « autres » savoirs sont souvent exclus du processus de production des connaissances. L’auteur propose au contraire d’intégrer toute la richesse et la complexité des rapports au vivant dans une mise en réseaux des savoirs locaux humains et non humains, en considérant toutes les parties prenantes comme des partenaires à part entière dans la recherche. Partant des promesses et de la montée en puissance de One Health, cet ouvrage interroge plus largement ce qui fait science.

Version numérique gratuite du livre

 


  1. Nicolas LAINÉ est anthropologue, chargé de recherche à l’IRD au sein de l’UMR PALOC (IRD-MNHN-CNRS). Ses travaux portent sur les relations humain-animal, la santé et les savoirs locaux en Asie du Sud et du Sud-Est. Il interroge les liens complexes entre biodiversité-société-santé et propose une réflexion sur la coproduction de savoirs. ↩︎

300 dirigeants affirment que la CSRD est un accélérateur de la compétitivité des entreprises

300 dirigeants, signataires d’une tribune publiée dans Les Échos, affirment que la CSRD est un accélérateur de la compétitivité des entreprises. Ceux qui prétendent le contraire et demandent un moratoire voire un retrait de dispositions majeures du Pacte Vert européen mettent en danger notre avenir économique, environnemental et social. Une autre tribune collective publiée dans Le Monde rappelle que les entreprises européennes ont beaucoup à perdre à ne pas anticiper les effets du changement climatique.

Tribune collective publiée dans les échos :

300 dirigeants et alumni de grandes écoles s’engagent pour le Pacte vert européen

👨‍🌾 Un enjeu de soutenabilité forte

Selon Gérald Naro et Alexandre Rambaud, la perspective d’une soutenabilité forte est fondée sur l’idée que les différentes formes de capital économique, humain et naturel sont complémentaires et non interchangeables. Certaines fonctions que le nature apporte, sont irremplaçables. Il en est de même pour les humains et leurs relations au sein de la société. Inestimables.

👩‍🎨 Un enjeu de souveraineté

Une étude menée par EcoVadis, basée sur plus de 100 000 évaluations d’entreprises, révèle que l’Europe de l’Ouest demeure la région de tête en matière de RSE. Les entreprises françaises se situent dans le Top 5 mondial. Défendre notre souveraineté, c’est aussi établir nos propres référentiels et réglementations. A ce titre, uniformiser le pilotage de la durabilité pour les entreprises européennes est un atout majeur.

🙆‍♂️ Un enjeu de justice

Maintenir le cap est un enjeu de justice : les nombreuses entreprises qui se sont déjà engagées dans la démarche doivent être encouragées, au risque de favoriser l’attentisme. La mise en place de la CSRD a été judicieusement pensée par étapes, avec des logiques de seuils pour créer un effet d’entraînement vertueux. Elle doit être suivie de la CS3D sur la diligence raisonnable, définissant des exigences RSE relatives aux chaînes d’activité, pour qu’une obligation de “faire” découle d’une obligation de “dire”. Il serait dramatique de casser cette dynamique.

👷‍♂️ Un enjeu opérationnel

Les 5 ateliers du business model régénératif permettent de poser sa stratégie CSRD. Le RegenBMC permet en effet de cartographier les activités de l’entreprise dans ses opérations et le long de la chaîne de valeur, d’identifier les principaux acteurs de la chaîne de valeur et d’élaborer un profil de chaque acteur qui rende compte de sa taille, de son secteur, de sa localisation et de la nature de ses activités.

Les 5 ateliers du business model régénératif permettent aussi d’activer sa stratégie de durabilité en lançant de nouveaux produits, services avec son réseau de partenaires.

Une approche basée sur l’économie de la mutualité, idéale pour collaborer avec les syndicats et partenaires sociaux, engager les clients, fournisseurs et investisseurs.

NOUS SOMMES VIVANTS, le collectif de la transition écologique


Tribune collective publiée dans Le Monde :

« Les opposants à la directive CSRD oublient que les entreprises européennes ont beaucoup à perdre à ne pas anticiper les effets du changement climatique »

La véritable asphyxie vient de l’inaction, pas de la transparence.

Plusieurs membres des patronats européens tirent à boulet rouge sur la CSRD, comme s’il fallait rendre responsable des déboires de l’économie européenne cette directive à peine entrée en vigueur. Est-ce pour faire oublier les vrais responsables de la sinistrose : l’instabilité politique, les prix de l’énergie, l’atonie du marché commun, le décrochage numérique européen, la faiblesse de l’investissement et l’absence de politique industrielle coordonnée ?

Ces critiques attribuent tous les maux à la directive européenne CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive). Cette réglementation pan-européenne, qui doit s’appliquer à près de 50 000 entreprises d’ici à 2027, est accusée de multiplier les contraintes administratives, de pénaliser les PME et de nuire à leur compétitivité. On oublie bien entendu son ambitieuse finalité, en se cachant derrière le faux nez de l’horreur du reporting ; préparer une économie durable et compétitive.

En France, Michel Barnier lui-même évoque la possibilité d’un moratoire. Feint-il d’ignorer que changer une directive européenne est un exercice à contretemps ? Cela prend deux à trois ans de consultations et de négociations, sans garantie d’un résultat adapté aux besoins actuels. Pendant ce temps, les entreprises resteraient dans l’incertitude, un handicap bien plus grave qu’un cadre clair.

Faut-il rappeler que le calendrier de la CSRD est progressif et réaliste : les grandes entreprises déjà soumises à la NFRD publieront leurs premiers rapports en 2025, les autres grandes structures suivront en 2026, et les PME cotées en 2027 avec des exigences simplifiées jusqu’en 2028. L’Europe laisse à chacun le temps de s’adapter.

Les critiques soulignent encore que la CSRD imposerait des charges disproportionnées, notamment aux PME. Pourtant, la directive intègre le principe de proportionnalité. Ceux qui ont réellement fait l’effort de lire les recommandations de l’EFRAG, organisme européen consultatif chargé de détailler les modalités de l’application de la directive, savent à quel point ces règles sont souples ; les entreprises déterminent elles-mêmes la “matérialité” des sujets ESG à reporter, c’est-à-dire leur pertinence pour leur activité. Il n’y a donc pas de contrainte inutile si le sujet est jugé non matériel. De même, les PME bénéficient de modèles simplifiés et d’un accompagnement progressif.

En fait, ce n’est pas la règle qu’il faut modifier, mais son application via un réel exercice pédagogique … Pour rendre la CSRD accessible à tous, il suffit en fait de mettre à disposition des entreprises des guides pratiques sectoriels, illustrant comment déterminer la matérialité et rapporter les données clés. Ce détail permettrait de montrer la réalité de la charge déclarative ; à peine 20 % des sujets listés méritent en fait d’être reportés — cette clarification aurait le mérite de rétablir la juste mesure de cet exercice d’évaluation des risques.

Ces mesures ne demandent ni moratoire ni révision, mais un effort de coordination entre les acteurs publics et privés. Ainsi, n’écoutez pas ceux qui dramatisent la situation pour des fins qui leur sont propres. Et encourageons les organisations patronales et les chambres de commerce à répondre aux questions des entreprises sans nourrir les fantasmes et phobies administratives.

Rappelons aussi qu’à l’âge de l’intelligence générative, les plateformes numériques permettent d’ores et déjà de simplifier la collecte et l’analyse des données ESG pour faire gagner un temps précieux de reporting, allégeant d’autant la contrainte…

Les opposants à la CSRD oublient enfin que les entreprises européennes ont tout à gagner à anticiper les attentes des investisseurs et des consommateurs, de plus en plus sensibles aux critères ESG. À moyen terme, elles ont énormément à perdre à ne pas anticiper les effets du changement climatique.

Le GIEC a évalué les impacts économiques potentiels du réchauffement climatique sur le PIB mondial. Selon le rapport de 2022, une augmentation de la température mondiale de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels pourrait entraîner une réduction du PIB mondial de 10 % d’ici à 2100. Si nous suivons la trajectoire actuelle et que le réchauffement atteint 4 °C, les pertes pourraient atteindre 23 % du PIB mondial. Certains secteurs sont menacés à très court terme, notamment l’agro-alimentaire pour lequel 30 % des chaînes d’approvisionnement pourraient être impactés dès 2030…

L’Union Européenne commettrait une erreur historique à se défaire d’une directive qui permet de préparer son économie à la réalité de la transition. C’est aussi un formidable levier d’influence, car l’Union légifère ainsi hors de ses frontières ; plus de 5 000 entreprises américaines qui travaillent en Europe y sont soumises.

La CSRD est déjà une réussite européenne ; elle enrichit à l’échelle du continent, et au-delà, le vocabulaire commun des entreprises. La véritable asphyxie viendrait de l’inaction, pas de la transparence en matière environnementale.

À la fin de ses Mémoires, Jean Monnet, un des pères fondateurs de l’Europe, écrivait : « les hommes n’acceptent le changement que dans la nécessité et ils ne voient la nécessité que dans la crise ». La crise climatique est palpable, visible en de nombreux endroits, déjà là. La CSRD est in fine la manifestation la plus évidente du changement nécessaire que doivent entreprendre les entreprises. Il ne faut pas s’étonner que certains grincent des dents; ils commencent à entrevoir la réalité et préfèrent détourner le regard. Aidons-les à la regarder en face…

Signataires :

Quel est l’impact socio-économique de la filière hydrogène ?

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L’hydrogène est-il une solution stratégique face aux défis de décarbonation, de réindustrialisation et de compétitivité économique ? France Hydrogène, en collaboration avec BDO, a réalisé une étude pour évaluer les retombées socio-économiques de la filière hydrogène en France, aujourd’hui et à l’horizon 2035. Les résultats sont en accord avec les ambitions de la Stratégie Nationale Hydrogène. À l’horizon 2035, la filière pourrait contribuer à hauteur de 13 milliards d’euros au PIB, créer 66 600 emplois et représenter 7 % de l’effort national de réindustrialisation.

En 2023, la filière hydrogène a déjà généré près d’un milliard d’euros de valeur ajoutée tout en soutenant plus de 16 400 emplois.

L’hydrogène, levier de croissance économique et industrielle pour la France

BDO et France Hydrogène ont mené une étude afin d’évaluer les retombées économiques et sociales de la filière hydrogène sur l’économie française à date et à l’horizon 2035. Les résultats de l’étude démontrent le fort potentiel de croissance économique et industrielle lié au développement de la filière en France et à l’international.


Alors que la crise énergétique récente a révélé la vulnérabilité de l’industrie européenne et qu’en France la réindustrialisation s’essouffle, Mario Draghi a rappelé, dans son rapport publié en septembre dernier, l’importance stratégique de la décarbonation, en particulier à travers le développement de la filière hydrogène, essentielle pour renforcer l’industrie européenne.


Pierre-Etienne Franc pour Le Grand Continent

« La production d’hydrogène à partir d’électricité renouvelable et à faible teneur en carbone est appelée à jouer un rôle fondamental non seulement dans la réussite des politiques énergétique, climatique et industrielle de l’Union, mais aussi à devenir un outil de sécurité énergétique et alimentaire dans un monde cassé.

Sans l’adoption à grande échelle de l’hydrogène renouvelable, il semble impossible d’avancer vers une sécurité énergétique et alimentaire réelle compatible avec nos ambitions climatiques.

L’émergence d’une économie de l’hydrogène à l’échelle de l’Union pourrait permettre de concrétiser cette vision« .


En France, la Stratégie Nationale Hydrogène, soutenue par les acteurs publics et privés, a permis de lancer de nombreux projets couvrant toute la chaîne de valeur de l’hydrogène, contribuant à la création d’une filière manufacturière et d’écosystèmes locaux de production, de distribution et d’utilisation de l’hydrogène.

Méthodologie de l’étude :
La méthodologie adoptée couvre l'ensemble de la chaîne de valeur de l'hydrogène renouvelable et bas-carbone. Robuste et auditable, cette méthodologie repose sur une analyse approfondie de l’activité économique de plus de 120 projets, 200 entreprises et 340 établissements. Pour chaque entreprise, trois indicateurs économiques ont été évalués (chiffre d’affaires, valeur ajoutée et emplois) selon 4 écosystèmes (activité directe, fournisseurs de rang 1, employés des entreprises et utilisateurs d’hydrogène).

En 2023, une filière créatrice de valeur et d’emplois

L’étude met en lumière l’impact de la filière hydrogène en 2023, à travers plusieurs chiffres significatifs. Il apparaît ainsi que la filière hydrogène génère actuellement près d’un milliard d’euros de valeur ajoutée, essentiellement portée par la production et les usages qui occupent 80% des emplois, avec, respectivement, 30% pour la production et 50% pour les usages.

Sur l’ensemble de sa chaîne de valeur, les activités de la filière soutiennent plus de 16 400 emplois dont 6 300 emplois directs. L’étude montre ainsi que chaque emploi direct dans la filière hydrogène pérennise 2 emplois auprès de ses fournisseurs (de premier rang) et du fait de l’activité des employés via les dépenses
des ménages et fiscales (emplois indirects et induits).

Ces données révèlent une filière en pleine expansion, générant déjà de la valeur et des emplois sur l’ensemble de sa chaîne de valeur. En illustrant son développement actuel, elles mettent en évidence un dynamisme économique à fort potentiel, qu’il convient d’exploiter pleinement.

En 2035, des bénéfices décuplés si les conditions sont réunies

Une contribution de 13 milliards d’euros au PIB1 et 66 600 emplois.

À l’horizon 2035, l’impact socio-économique de la filière hydrogène pourrait contribuer à hauteur de 13 milliards d’euros au PIB et générer 66 600 emplois. En particulier, la mobilité serait le principal moteur de cette croissance, contribuant de manière significative à la création de valeur et d’emplois, avec 54% de la valeur ajoutée générée par la filière issue des mobilités routière, ferroviaire, maritime et aérienne.

L’industrie et les carburants de synthèse seront également des piliers incontournables de cette dynamique concentrant 70% de l’activité de production d’hydrogène. Ainsi, ces projections montrent que l’hydrogène joue un rôle crucial dans l’effort de réindustrialisation de la France, avec une contribution de 7% à celui-ci2.

Une filière stratégique, avec un retour sur investissement optimal pour l’État.

L’étude démontre également un retour sur investissement particulièrement significatif pour les finances publiques, avec un apport estimé à 36 milliards d’euros en impôts, taxes et cotisations sociales d’ici 2035, soit un retour de 4 euros pour chaque euro annoncé en soutien par l’État3. En outre, les conclusions de l’étude révèlent également que la filière pourrait réduire de 8% le déficit de la balance commerciale en biens4.

Philippe Boucly, Président de France Hydrogène

« Face au risque de déclin industriel, la filière hydrogène représente une opportunité réaliste pour la France de transformer ses atouts en valeur ajoutée et de créer des emplois durables dans les territoires. L‘Etat doit réunir les conditions nécessaires pour assurer un déploiement pérenne de la filière. Des efforts ont certes été enclenchés, mais sont aujourd’hui insuffisants ».
Et ajoute : « C’est pourquoi, pour libérer ce potentiel, il est impératif d’agir rapidement, que l’Etat redonne un cap politique clair grâce à la Stratégie nationale hydrogène révisée et au mécanisme de soutien à la production et crée les conditions pour un approvisionnement compétitif et sécurisé en hydrogène. Développer des marchés pilotes pour nos industries clés, accélérer la transition vers une mobilité hydrogène et projeter la filière à l’international sont les conditions indispensables au maintien de la France dans le peloton de tête. L’heure est venue de saisir cette opportunité stratégique pour l’avenir de notre économie ».

  1. Indicateur économique permettant de mesurer la production de richesse, le produit intérieur brut (PIB) mesure la
    valeur de tous les biens et services produits dans un pays sur une année. ↩︎
  2. Sur la base des scénarios de réindustrialisation réalisés par France Stratégie et BPIFrance Le Lab avec un
    objectif de 12% de valeur manufacturière dans le PIB. ↩︎
  3. Au regard des 9 milliards d’euros de financements prévus par la Stratégie nationale hydrogène et le Plan
    France 2030 ↩︎
  4. Les effets de réduction des consommations d’énergie fossile (charbon, gaz naturel et pétrole) dus au
    développement de l’hydrogène électrolytique ne sont pas pris en compte dans le chiffrage ↩︎

Peut-on (sur)vivre dans un appartement low tech ?

Les low tech sont souvent associées à un atelier qui permet de bricoler, un potager, et un peu de temps — des choses peu compatibles avec un mode de vie urbain. Des expériences actuelles de la société civile, observées par un sociologue, soulignent l’importance de la communauté, voire d’un écosystème, pour relever le défi de vivre de peu en ville.

Peut-on vivre de peu dans un petit appartement en milieu urbain ? Une des expérimentations pour favoriser l’acceptabilité des low tech a lieu à Boulogne-Billancourt. Ici, Emma Bousquet-Pasturel, responsable du programme sciences participatives. Morgan Meyer, CC BY-NC-SA

Par Morgan Meyer, Mines Paris – PSL


Les low tech sont-elles compatibles avec nos modes de vie urbains ? Verra-t-on un jour des cultures de pleurotes, des douches à brumisation, des toilettes sèches et d’autres « basses technologies » dans nos appartements ? Difficile, diront les uns, car la ville est un endroit peu propice pour l’utilisation des low tech — faute d’espace, de temps, de terres cultivables et/ou d’envie de bricoler.

Possible, disent les autres. Ces derniers ont expérimenté différentes low tech dans leurs appartements à travers la France et dans d’autres pays. Ces expérimentations, impliquant près de 450 personnes, sont chapeautées par un programme de sciences participatives qui a commencé le 1er septembre et qui s’est terminé le 1er novembre 2024. Des chercheurs de différentes disciplines (ergonomie, psychologie, sociologie) et des institutions scientifiques comme le Centre national d’études spatiales collaborent au programme.

À l’heure où un nombre croissant de citoyens se questionne sur la sobriété, les déchets (on pense au mouvement zéro déchet) et l’écologie, analysons de plus près les types de sociabilité et d’attachements au monde vivant que les technologies permettent ou excluent.

Une biosphère urbaine

L’acteur central dans le domaine des low tech en France, l’association Low-tech Lab, s’est surtout fait connaître à travers des projets relativement exotiques. On pense au Nomade des Mers (un catamaran qui a fait le tour du monde entre 2016 et 2022) ou encore au projet Biosphère (vivre pendant quatre mois dans une tente dans le désert mexicain en 2023) — deux projets qui ont visé à expérimenter et documenter les low tech et qui ont donné lieu à des séries documentaires sur Arte.

Ces expériences souffraient toutefois du même angle mort, celui de savoir si les low tech peuvent être appropriées dans des lieux moins exotiques qu’un bateau ou un désert : la ville. Peut-on transposer les low tech en milieu urbain ?

Pour l’expérience actuelle, la Mairie de Boulogne-Billancourt, qui collabore avec le Low-tech Lab depuis 2019, a mis à disposition un appartement de 26 mètres carrés dans une ancienne crèche inoccupée. Corentin de Chatelperron (ingénieur de formation) et sa compagne Caroline Pultz (architecte de formation) vivent depuis juillet 2024 dans cet appartement transformé en « biosphère urbaine », un habitat urbain où sont expérimentés différents systèmes techniques et vivants et qui permet aux habitants de vivre en directe interaction avec leur écosystème local.

Le projet est ambitieux : tester un mode de vie sobre en eau et en énergie et viser la neutralité carbone (c’est-à-dire un équilibre entre émissions de gaz à effet de serre et leur absorption dans l’atmosphère).

criquets dans une boite
Élevage de criquets comme source de protéines. Morgan Meyer, CC BY-NC-SA

Cette biosphère urbaine est peuplée d’une trentaine de low techs. L’électricité provient de panneaux solaires installés sur le toit de la crèche, tandis que le gaz provient d’un dispositif baptisé « Albert le poney » — un biodigesteur qui a été démarré avec du crottin provenant d’un club d’équitation à proximité — localisé dans la cour du bâtiment.

Lieu de vie et d’expérimentation, mais aussi site de démonstration et de publicisation : la biosphère urbaine est un espace résolument hybride. L’objectif n’est pas seulement de tester les low tech et de démontrer leur faisabilité, mais aussi d’intéresser et interpeller un large public. Des vidéos postées sur les réseaux sociaux montrent — avec une certaine dose d’enthousiasme et d’humour — comment on vit au quotidien avec les low tech. Corentin de Chatelperron et Caroline Pultz s’y présentent comme des « écoptimistes », qui vivent la sobriété comme une épreuve positive et inventive.

« Il faut un monde fou pour faire tourner un appartement low tech »

Vivre dans un espace comme une biosphère urbaine est un exercice résolument collectif, comme l’explique Corentin de Chatelperron dans un entretien. Pour le dire autrement, une telle expérience rend visibles et palpables tous les liens entre un habitat et l’écosystème plus large dans lequel cet habitat s’insère. Exit l’anonymat des courses au supermarché et la méconnaissance de l’après-vie de nos déchets, bonjour aux personnes qui élèvent des mouches ou des grillons, qui cultivent des fruits et des légumes, et à la vie foisonnante d’un compost.

Pour reprendre les mots de deux géographes, une ville low tech est « une ville à faible intensité matérielle et à haute intensité relationnelle ». Selon une étude réalisée aux États-Unis et publiée en 2008, les habitants de villes low tech s’impliquent davantage dans des projets communautaires et font plus de volontariat — mais sont aussi plus sédentaires — que les habitants de villes high tech.

La conclusion à tirer est simple : la vie « low tech » est un style et une philosophie d’existence différents d’une vie « high tech ».

Afin de favoriser l’émergence de pratiques plus low tech, de nombreuses initiatives ont vu le jour ces dernières années. Parmi les plus de 500 projets répertoriés rien qu’en France, on peut mentionner la Fumainerie à Bordeaux, une association spécialisée dans filière de gestion des excréments provenant de toilettes sèches, ou encore la Lowbjethèque, une bibliothèque qui loue une vingtaine d’objets low tech (fours solaires, machines à laver à pédale, etc.) à La Garde dans le Var.

jeune femme sur un vélo
Gym low tech. Morgan Meyer, CC BY-NC-SA

Au-delà du monde des low tech, il y a une panoplie de mouvements qui promeuvent une autre façon de vivre en ville, dont Cittaslow, un mouvement lancé en Italie en 1999 qui milite pour vivre mieux et plus lentement en ville. Entre slow et low, il n’y a qu’un pas.

Le « monde fou » nécessaire pour développer des low tech comporte aussi de nombreuses espèces vivantes, comme des grillons, des larves, des champignons, ou des jeunes pousses. En plus du côté « tech », la vie dans un habitat low tech nécessite donc aussi un intérêt — et peut-être même un vrai « amour » — pour le vivant. Cet attachement au monde vivant ne va pourtant pas de soi, car la ville a été pendant longtemps pensée comme un lieu distant et séparé du vivant. L’ambition, c’est donc d’inventer un espace dans la ville qui valorise le vivant, la lenteur, la communauté, et la sobriété.

Aspects géopolitiques pour les villes

Au-delà de ces dimensions techniques et sociales, le déploiement — ou non — des low tech en ville est aussi une question d’ordre politique. La ville de Boulogne-Billancourt fait valoir son « engagement très fort en faveur de la transition écologique » et se présente comme « un territoire pionnier des solutions durables ». Pourtant, Boulogne-Billancourt n’est ni la seule ni la première ville à se positionner dans le domaine des low tech.

On peut même parler d’une géopolitique des low tech, avec certaines régions (comme l’ouest et le sud de la France) et certaines villes (comme Concarneau, Brest, Nantes, Grenoble, ou Lyon) fortement impliquées dans les low tech — avec un épicentre notable en Bretagne. Les low tech figuraient par ailleurs sur l’agenda de la commission « Transition économique » de l’Association internationale des maires francophones qui s’est réunie du 30 septembre au 1e octobre 2024 à Bordeaux.

Si les villes et les régions commencent à se positionner sur les low tech, les acteurs du low tech mènent, en parallèle, un travail politique sur les imaginaires et les futurs associés aux technologies. Car les critiques qui leur sont adressées sont nombreuses : les low tech représenteraient un retour en arrière, seraient anti-progrès, voir un fantasme. Pour les acteurs du low tech, c’est la fuite en avant et le tout high tech qui posent problème, d’où leurs efforts à rendre palpable et attrayant un futur plus sobre.

Une proposition radicale

L’analyse des données techniques, financières, ergonomiques et sociologiques recueillies par le programme de sciences participatives débutera fin novembre. Il s’agira d’analyser à la fois la faisabilité et la désirabilité des low tech. D’ores et déjà, on voit que si certaines low tech sont faciles à mettre en place, comme des douches à brumisation, d’autres sont plus complexes, comme la culture de spiruline (une algue riche en protéines et vitamines). D’autres difficultés sont d’ordre culturel, comme la réticence à manger des grillons — même si Le Monde se demandait si les grillons seraient « l’avenir culinaire de l’homme ».

capteurs de gaz
Il reste de la high tech dans cette expérimentation low tech – ici, des capteurs de gaz pour étudier la qualité de l’air intérieur (sulfure d’hydrogène, ammoniac, formaldéhyde…) qui peut être affectée par les activités low tech en cours de test. Morgan Meyer, CC BY-NC-SA

Une question récurrente est donc celle de la montée en échelle du low tech. Observera-t-on un développement comparable à certaines sciences citoyennes qui passionnent de nombreux amateurs, comme l’astronomie ou l’ornithologie, et voir peut-être 50000 ou 100000 voire plus de personnes se lancer dans les low tech ? Ou restera-t-on dans une pratique de niche qui aura du mal à percer contre des imaginaires plus « branchés » de la ville, comme la smart city et le tout high tech ?

La place que pourront occuper les low tech dans la ville n’est pas seulement une question de savoir-faire technique et de bricolage. C’est aussi, et surtout, une question de liens entre citoyens et d’attachements au monde vivant. En d’autres mots, les basses technologies demandent de grandes sociabilités.

Alors, peut-on vivre dans un appartement low tech ? Oui, mais à condition de revoir de fond en comble la signification du mot appartement. De son origine étymologique en italien, appartamento ou « lieu écarté », il faudrait aller vers une nouvelle définition, celle d’un connectamento. Une proposition du moins radicale.

Morgan Meyer, Directeur de recherche CNRS, sociologue, Mines Paris – PSL

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

Humanomorphe – La conspiration des bêtes, une œuvre entre polar classique et fable écologique

Au cœur du parc du Conseil, une réserve naturelle énigmatique et sévèrement gardée, se déroule l’ultime conférence mondiale sur le Grand Partage : une décision historique visant à séparer définitivement les zones sauvages des zones habitées par l’homme. Une œuvre entre polar classique et fable écologique de Fréville, auteur de Suisse romande, qui a accepté de répondre aux questions Cdurable.

Tandis que le monde retient son souffle, un drame éclate : Johanna, négociatrice en chef pour le Conseil, disparaît mystérieusement, probablement victime des activistes anti-Partage. Pour son mari, Richard, jardinier du parc, cette disparition est insupportable. Rongé par des cauchemars où il se métamorphose en renard, il décide de mener sa propre enquête. À mesure que le suspense s’intensifie, Humanomorphe questionne les frontières entre l’humain et l’animal, la civilisation et la nature.

Les humains sauveront-ils la planète ?

Les animaux sauveront-ils les hommes ? 

Qui exterminera qui ?

Avec des clins d’œil aux grands maîtres du polar, Humanomorphe rend hommage à Simenon et Preminger tout en empruntant les codes de l’enquête classique : un protagoniste à la fois vulnérable et obstiné, des rebondissements inattendus, une atmosphère oppressante. Johanna, personnage central malgré son absence, hante l’intrigue comme une ombre insaisissable, tandis que le monde animal, omniprésent, s’impose comme un protagoniste à part entière.

Mais le roman va plus loin,
explorant une idée audacieuse :
et si la séparation entre l’homme et l’animal n’était qu’une illusion ?

Dans ce récit où se croisent instinct, transformation et quête identitaire, Humanomorphe interroge les barrières que nous avons construites face à la nature.

À l’heure où la biodiversité décline et où l’urgence climatique nous pousse à redéfinir notre place sur Terre, Humanomorphe offre une plongée fascinante dans un futur proche empreint d’enjeux éthiques et écologiques.

À travers un suspense haletant et une écriture immersive, ce roman invite à repenser la relation entre l’humain et le vivant : sommes-nous vraiment si différents des animaux qui nous entourent ?

Dessin de l’auteur Fréville

À propos de l’auteur Fréville :

Né en 1970, fréville développe très tôt une passion pour la cartographie qui lui fait passer ses moindres moments de loisir à dessiner des cartes, et qui le conduira à faire des études d’urbanisme. Arbitre de foot pendant quinze ans, il a sillonné les banlieues les dimanches après-midi, arrivant sans connaître personne, repartant haï de tous, expérience très formatrice. Il développe ensuite un parcours professionnel erratique, donc passionnant, allant du Samu social de Paris au datamining de gestion de risques pour les banques, en passant par deux ans en Afrique comme Volontaire du progrès (tout un programme), comme enseignant et surtout backpacker. Une longue (et passionnante) parenthèse dans le marketing, plus précisément les études de marché, lui a permis de découvrir l’univers enivrant et effrayant du grand capital. Tout au long de cette carrière, il ne cesse d’écrire et publie ainsi douze romans et deux recueils de nouvelles. Auteur de Suisse romande, avec Humanomorphe il signe son quinzième ouvrage.

Fréville

Questions Cdurable !
ou c’est pas durable ?

Au delà des communiqués, qui ne présentent souvent que le « meilleur », et du développement durable, qui ne fait que tenter de réduire les impacts négatifs d‘une croissance volumique, nous nous intéressons aujourd’hui, 20 ans après la création de Cdurable.info, aux questions essentielles. Alors Cdurable ou pas ? 9 questions qui nous invitent à Comprendre pourquoi Agir & Coopérer avec le vivant, Cdurable !

Fréville

L’auteur d’Humanomorphe – La conspiration des bêtes, Fréville Laforge, a accepté de répondre aux neufs questions Cdurable, essentielles comme les neufs besoins fondamentaux des êtres vivants dont les humains que nous sommes …

1 – Quelle est la nature de ma relation avec le vivant ?

Je ne suis pas sûr de comprendre. Je fais partie du vivant, comme tout le monde, depuis le big bang si je puis dire.

2 – Quels sont mes besoins et choix d’alimentation ?

Mes besoins sont ceux d’un homme de 50 ans en relativement bonne santé. J’ai la chance de vivre à la campagne, dans une région avec beaucoup de vente directe d’agriculteurs. Nous pouvons acheter notre lait, notre fromage, nos légumes, nos viandes au producteur. Nos œufs nous sont offerts par nos voisins et nous produisons notre miel et nos confitures. Je suis par ailleurs depuis toujours un adepte des produits qui arrivent à échéance à prix réduits dans les supermarchés, cela fait souvent rire mes enfants qui se retrouvent avec des aliments inconnus.

© Fréville

3 – Quel est mon type d’habitat actuel et idéal ?

J‘habite une très vieille ferme, modernisée plusieurs fois mais qui n’a somme toute pas tellement changé dans sa structure et dans son style. Le crépis mériterait sérieusement d’être refait, mais nous trouvons que ça a son charme et que ça décourage les cambrioleurs. Je ne sais pas si c’est mon type idéal, mais le fait d’être dans une vieille maison, d’avoir un grand jardin qui monte vers une forêt, dans lequel nous avons nos ruches, et en plus à un kilomètre d’une gare, nous sommes très privilégiés.

© Fréville

4 – Quelle activité physique favorise mon bien-être et ma santé 

Je pratique la natation une fois par semaine depuis l’âge de 16 ans, c’est quasiment une drogue. Je suis arbitre de foot et donc j’ai un entrainement physique régulier sans rien d’extraordinaire.

5 – Quels savoirs m’ont permis de comprendre comment agir ?

Je ne prétends pas savoir comment agir. Je pense juste qu’on peut et qu’on doit faire chacun à notre échelle. La lecture de nombreux livres, par exemple Marchands de doute de Naomi Oreskes, m’a convaincu depuis longtemps sur la réalité à laquelle nous devons faire face.

6 – Quel est le sens que je donne à mon travail ?

Comme dit précédemment, faire résolument à son échelle ce qu’on peut autour de soi. J’ai appliqué les mêmes valeurs et la même approche lorsque j’étais cadre dans des grandes entreprises et maintenant en tant que chauffeur de bus.

© Fréville

7 – Quelle énergie j’utilise pour mes usages et besoins ?

Nous avons été très soulagés il y a quelques années de remplacer notre chaudière à gaz par une pompe à chaleur ! Nous aimerions installer des panneaux solaires, mais nous habitons un bâtiment classé, c’est compliqué. Nous utilisons pas mal de bois ramassé dans notre forêt.

8 – Quelle est mon implication personnelle pour l’intérêt général ?

Quelle question gigantesque et prétentieuse. Soyons simple : je suis chauffeur de bus, arbitre de foot, apiculteur amateur, président du conseil général de mon village (j’habite en Suisse, il n’y a pas d’équivalent en France), et je suis bénévole en soins palliatifs. J’aimerais considérer que mon écriture elle aussi est de l’ordre de l’intérêt général, mais franchement, j’ai des doutes.

Dessin de l’auteur Fréville

9 – Quels sont mes liens de coopération et ma participation au bien commun ?

Voir question précédente. Je ne suis pas sûr de comprendre la différence. Peut être puis je ajouter que je vote toujours, et que j’ai deux enfants.

10 – Carte blanche : quel est le message essentiel que vous souhaitez faire passer à nos visiteurs ?

Que face à des problèmes globaux il n’y a d’autre solution que collective.

Nous devons agir individuellement à notre échelle, mais nous devons construire des solutions globales. Pour cela voter, s’engager, discuter.

Adaptation aux changements climatiques : des ressources pour anticiper et agir

A l’occasion de son colloque sur « L’adaptation aux changements climatiques : l’ardente obligation des acteurs privés et publics des territoires », le Comité 21 a proposé une compilation des travaux réalisés depuis plus de 6 ans sur cet enjeu. Une base de ressources qui s’appuie sur l’expérience des politiques climat et adaptation de ses membres et partenaires.

Guide sectoriel
de l’adaptation aux changements climatiques

A l’occasion d’un colloque organisé en juin 2022 et intitulé « Adapter d’urgence nos secteurs économiques aux turbulences climatiques », le Comité 21 a publié un guide sectoriel de l’adaptation aux changements climatiques.

Le second tome du 6e rapport du GIEC appelait à une transformation profonde de nos modes de vie et activités. La multiplication des conséquences du changement climatique rend encore plus urgents la réduction de nos émissions de gaz à effet de serre et l’engagement sur la voie de la sobriété. Pour se préparer au climat de demain, les entreprises doivent ajuster, adapter ou transformer leur activité.

Le Comité 21 a créé un parcours d’accompagnement sur l’adaptation aux changements climatiques :

Merci aux deux rédacteurs de ce guide : Guillaume Simonet et Sarah Dayan.


Les Solutions d’adaptation fondées sur la Nature (SafN) : un tour d’horizon

Cette note constitue un condensé de la matière recueillie lors de deux années d’échanges sur la question des Solutions d’adaptation fondées sur la Nature (SafN), que ce soit à travers des webinaires trimestriels et des formations du Comité 21. Des exemples d’actions pouvant être mises en place par les collectivités et les entreprises y sont présentés, avec de multiples renvois vers des publications complémentaires qui approfondissent certains aspects plus techniques.

Sélection de ressources :

LES POLITIQUES CLIMAT ET ADAPTATION D’ENTREPRISES
MEMBRES ET PARTENAIRES DU COMITE 21 :

MEDEF : Ressources et conseils clefs pour l’adaptation :


L’insularité face aux changements climatiques : enjeux et défis

A quels défis spécifiques sont confrontés les territoires insulaires pour faire face aux changements climatiques ? L’autonomie, énergétique, alimentaire ou décisionnelle, peut-elle apporter une partie des réponses pour y accélérer la mise en place de stratégies d’adaptation ? Les réponses dans la vidéo de ce webinaire du cycle Adaptation aux changements climatiques du Comité 21, avec Astrid Abel (OFB), Benjamin Coudert (AFD) et Catherine Simonet (AFD)


20/03/2025 :
Les Universités de la Citoyenneté Écologique !

S’émerveiller devant la beauté d’un paysage, écouter le chant d’un oiseau ou le doux murmure d’une rivière … la (re)connexion à la nature nous rappelle la fragilité du monde qui nous entoure, et la nécessité d’agir pour le préserver.

Universités de la Citoyenneté Écologique : de l’expérience sensible à l’engagement collectif

Nos émotions jouent un rôle majeur dans notre capacité à construire un imaginaire commun, une vision partagée de nos sociétés et de nos territoires. Mais, de l’expérience sensible à l’engagement collectif, quel est le chemin ?

Le Comité 21 vous donne rendez-vous aux Universités de la citoyenneté écologique, les 20 et 21 mars 2025 à Ancenis (44), pour en débattre  !

Elu·es, agent·es, collaborateur·ices, citoyen·nes : accordez-vous une parenthèse de deux jours. Ne ratez pas l’occasion de partager des temps conviviaux et inspirants, avec des conférences, des ateliers collectifs et … des expériences qui éveillent chacun de nos sens !

👉 Inscrivez-vous via ce lien : cliquez ici


Adaptation aux changements climatiques :
l’ardente obligation des acteurs privés et publics des territoires

Quelques jours après la COP 29 pour le Climat, le Comité 21 a organisé au Palais du Luxembourg un colloque pour mettre en avant le rôle des acteurs publics et privés des territoires. Il a fait le point sur leur maturité en questionnant l’approche souvent fragmentée du sujet de l’adaptation aux changements climatiques, et exploré la difficile question du financement de l’adaptation et des nouveaux modèles économiques qu’elle suppose. Vous pouvez revivre tous les échanges en audio.


[Guide pratique]
Construire une stratégie locale de développement durable : l’agenda 2030 dans les collectivités

Fruit d’un travail collectif qui a réuni des acteurs investis sur leurs territoires dans la réalisation de l’Agenda 2030 et des Objectifs de Développement Durable (ODD), ce guide est un outil pour mettre en œuvre des politiques de développement durable ambitieuses et transversales dans les collectivités.


[Guide pratique] Adaptation aux changements climatiques du secteur de la santé :
Enjeux, méthodes et outils pour passer à l’action

Face à la multiplication des pressions et défis auxquels le secteur de la santé est confronté, s’adapter aux changements climatiques est un impératif immédiat. Ce guide dresse un état des lieux de la problématique et explore les barrières et leviers d’action pour anticiper et s’adapter aux changements climatiques dans le secteur de la santé.

Le guide Adaptation aux changements climatiques du secteur de la santé – Enjeux, méthodes et outils pour passer à l’action explore les barrières et leviers à l’anticipation et à la mise en place d’une adaptation aux changements climatiques transformationnelle dans le secteur de la santé.

Il propose une vision d’ensemble des nombreux impacts auxquels le secteur de la santé est confronté dans un contexte de changements climatiques (PARTIE 1) afin d’aider ses acteurs à se réorganiser grâce à des stratégies d’adaptation et des exemples d’actions inspirantes (PARTIE 2). La présentation d’outils, de pistes de financements, de possibilités d’accompagnement ou encore de retours d’expériences et de bonnes pratiques déjà à l’œuvre vient compléter ces éléments afin d’opérationnaliser l’accompagnement des acteurs de la santé dans l’adaptation aux changements climatiques (PARTIE 3).

Le guide s’adresse en priorité aux gestionnaires et professionnels d’établissements sanitaires et médico-sociaux publics et privés afin de les aider à s’approprier les enjeux d’adaptation aux change­ments climatiques, que ce soit dans le but d’en démarrer une déclinaison pratique ou en complément des efforts déjà engagés dans des actions de transition écologique.

Cette publication a reçu le soutien de l’Ademe, de la Banque des Territoires, et du Ministère de la Transition écologique, de l’Energie, du Climat et de la Prévention des risques.

> Consulter le guide complet

Décryptage du rapport public annuel de la Cour des Comptes dédié à l’action publique en faveur de l’adaptation au changement climatique : « Une ardente priorité publique : l’adaptation au changement Climatique », mars 2024

Livre Blanc sur la Transition énergétique du secteur cosmétique

Fruit d’un travail collaboratif avec l’avocate Corine Lepage, ancienne ministre de l’Environnement, ce livre Blanc publié par Cosmed, première association professionnelle des entreprises de la filière cosmétique, apporte une vision complète des enjeux énergétiques actuels. Il dresse une vue d’ensemble et opérationnelle des obligations, échéances, et éventuelles sanctions associées aux réglementations énergétiques actuelles et à venir. Il présente aussi les actions à mettre en œuvre pour engager les entreprises dans leur transition énergétique.

Cosmed Environnement : Le 1er service environnement développé spécialement pour les entreprises cosmétiques

Du diagnostic environnemental
à la communication responsable

Le diagnostic environnemental COSMED est spécifiquement développé pour les entreprises de la filière cosmétique. L’objectif est de permettre à l’entreprise de mettre en œuvre les actions et solutions pertinentes, de les évaluer dans le temps et de s’inscrire dans une démarche d’amélioration continue, via la définition d’une stratégie environnementale, qui respecte les exigences de la norme ISO 14001.


« La mutation du système énergétique n’est plus une option, mais une nécessité, initiée par les pouvoirs publics à travers de nouvelles réglementations. En tant qu’acteur économique majeur, le secteur cosmétique se doit d’être pleinement partie prenante de cette transition »

Jean-Marc Giroux, président de Cosmed.

Part des énergies renouvelables dans la consommation finale brute d’énergie et objectifs 2020 et 2030 Source : Commissariat général au développement durable, 25.05.2023)


Alors que le gouvernement français dévoile sa feuille de route pour l’énergie et le climat à l’horizon 2050, réaffirmant l’objectif de sortie des énergies fossiles, ce Livre Blanc apporte une aide aux entreprises de la filière cosmétique pour atteindre les objectifs ambitieux de la transition énergétique et avancer sur deux fronts : réduire les consommations par la sobriété et l’efficacité énergétiques, et développer la production et l’utilisation d’énergie décarbonée.

Plan national d’adaptation au changement climatique : La France s’adapte pour vivre à +4°C ?

Le secteur cosmétique, comme d’autres, est directement concerné par cette évolution cruciale et les nombreuses réglementations qui l’accompagnent.

« Objectif : réduire la part du pétrole et du gaz dans notre consommation énergétique de 60 % aujourd’hui à 42 % d’ici 2030, puis à 29 % d’ici 2035. »


Pacte vert pour l’Europe – Source : Pacte Vert

« Au moment où le Green Deal transforme profondément le système européen de l’énergie en le dotant d’objectifs contraignants et de moyens, plusieurs pays comme les États-Unis, le Japon, la Chine, la Russie, la Norvège… s’enthousiasment plus ou moins discrètement de la fonte des glaces dans l’Arctique. (…) L’objectif du maintien de l’augmentation de la température du globe à +1,5°C relèverait par conséquent du comportement vertueux et de la responsabilité des consommateurs (les entreprises et les populations) pendant que les États envisagent pour leur économie une nouvelle source d’énergie hautement carbonée. Paradoxe ? En vérité, les États sont entrés, eux aussi, en phase de transition, mais dans une échelle de temps différente de l’individu ou de l’entreprise. Les spécialistes du climat alertent sur l’urgence donc sur la nécessité d’un délai court pour rendre effective une transition aboutie. Ce délai reste imprécis pour l’individu, l’entreprise et les États, mais chacun comprend qu’il dépasse la durée d’une vie humaine, de celle d’une entreprise et même d’un État. Les actions en faveur du climat, et notamment les effets de la transition énergétique, ne seront pas visibles avant plusieurs générations.

Ce Livre Blanc de l’Énergie voulu par Cosmed vise à nourrir la motivation à agir des dirigeants de la filière cosmétique, à donner des clés concrètes pour comprendre et agir.

Des outils existent auprès des institutions comme les CCI, la BPI, l’ADEME et les organisations professionnelles, comme Cosmed.

Agir chacun à son niveau, malgré la complexité du sujet et de son cadencement dans l’entreprise, mais sans attendre désormais et sur le long terme. »



Périmètre d’application de la CSRD

« Aujourd’hui, le sujet de l’énergie concentre toutes les attentions. Celle du contribuable car le coût de l’énergie a une incidence sur les finances publiques ; il intéresse également les citoyens, car il est question d’indépendance, de souveraineté nationale, de développement industriel. Mais l’énergie concerne également les entreprises en qualité d’usagers qui sont confrontées à une hausse du prix de l’énergie qui pèse lourdement sur les comptes et peut même remettre en cause certaines activités.

Ceci étant, de quoi parle-t-on ? Il faut bien reconnaître que le système énergétique mondial est en profonde mutation.

Concernant les sources d’énergie, les objectifs de l’Accord de Paris, de l’Union européenne, mais surtout la volonté des entreprises de contribuer à décarboner l’économie nous engagent tous dans une transition de notre système énergétique. L’énergie ne se limite pas à l’électricité.

Concernant nos modes de consommation, au modèle historique d’un approvisionnement par un fournisseur d’énergie, les entreprises optent désormais pour de nouveaux procédés de consommation qui impliquent notamment de réfléchir à l’utilisation de leur propre foncier à disposition pour installer des centrales de production, au choix d’un approvisionnement sur le long terme, indépendant des marchés. S’insère également une réflexion globale sur la sobriété et l’efficacité énergétique en entreprise.

Ce livre blanc est pertinent pour les acteurs du secteur de la cosmétique désireux de se saisir de ces nouvelles opportunités. Il peut être vu comme un outil pratique à la mise en œuvre de la transition énergétique au sein des entreprises du secteur de la cosmétique. »


Les différents enjeux de la transition énergétique pour le secteur cosmétique

Livre blanc
Transition énergétique du secteur cosmétique

Marc Giroux, président de Cosmed, et Corinne Lepage, ancienne ministre de l’Environnement et avocate spécialisée en droit environnemental, ont présenté « Le Livre Blanc, réussir sa transition énergétique » le 5 Décembre 2024 au salon CFIC se tenant au parc des expositions CO’Met à Orléans

Guide sectoriel cosmétique
pour la réduction des gaz à effet de serre

Guide sectoriel cosmétique pour la réduction des gaz à effet de serre

Le guide sectoriel cosmétique pour la réduction des gaz à effet de serre, élaboré par Cosmed et l’ADEME, est un guide pratique visant à aider les entreprises cosmétiques à réaliser leur bilan carbone d’un point de vue méthodologique et stratégique sur 3 axes : la collecte des données, le choix de la méthode de calcul et la mise en place d’actions de réduction.

Développer la gouvernance environnementale participative par le jeu

À travers la description d’un jeu sérieux (‘Serious Game’ (SG)) sur les enjeux de la gestion de l’eau dans le bassin de la rivière Campoalegre en Colombie, l’article rédigé par Camilo Gonzalez et al. en 2024 pour la revue Water, “Supporting Multi-Stakeholder Participation Processes : A Serious Game Application for Watershed Management in Colombia, démontre que cet outil permet de faciliter la participation de différents acteurs à la gouvernance environnementale. C’est l’œil de la Fabrique Écologique.

La Fabrique Écologique retient trois points essentiels :

#1 Les SG sont décrits comme des activités ludiques permettant un apprentissage immersif et favorisant l’engagement des participants, faisant souvent appel à des compétences de médiation et de négociation. Le SG permet cet apprentissage chez les participants et les organisateurs, ces derniers récoltant des informations via le témoignage des premiers. Dans le jeu sur lequel est fondé cet article, l’objectif est de trouver collectivement la meilleure politique de gestion de l’eau possible en étudiant les effets que chacune de ces politiques pourraient avoir sur l’ensemble des acteurs du bassin de la rivière de Campoalegre en Colombie. Les participants en apprennent donc davantage sur les enjeux environnementaux, économiques et sociaux liés à la région et sur les politiques et les acteurs publics engagés dans la gestion de ce bassin.

 #2 Les divergences entre les différents acteurs d’un projet découlent souvent d’une vision limitée des impacts de leurs décisions respectives. Le SG permet une meilleure compréhension de l’ensemble des effets de ces décisions et favorise la concertation entre ces acteurs. Au fur et à mesure du jeu, les participants comprennent mieux les relations et interconnexions entre les différents enjeux et les actions de chacun. Le jeu leur permet de visualiser de manière très concrète ce qu’une politique valorisant tel ou tel acteur peut avoir comme effet sur les autres. Les auteurs ont observé qu’à la fin du jeu, les participants sont plus à même de prendre des décisions qui tiennent compte des intérêts de toutes les parties et d’arriver à des compromis, alors qu’ils étaient plus enclins à défendre uniquement leurs propres intérêts au début de la partie.

#3 Enfin, les SG amènent divers acteurs à participer activement à la gouvernance. Cet article le démontre en observant les résultats d’un SG portant sur la gestion des ressources en eau d’une région colombienne. Tout d’abord, les participants se sentent plus impliqués dans la prise de décision car ils peuvent comprendre l’ensemble de ses rouages. Leur participation à l’élaboration des politiques publiques est également très concrète car leurs témoignages peuvent être utilisés pour mettre en place des politiques socio-écologiques plus efficaces et équitables. Ainsi, le SG facilite la prise en compte de tous les acteurs interagissant avec le bassin pour mettre en place une planification juste et durable.

Serious Game results visualization: (a) maps; (b) bar charts; (c) heatmaps.

Les Serious Games en France

En France, les SG sont de plus en plus utilisés, principalement dans le monde de l’entreprise pour créer des formations professionnelles qui favorisent la cohésion des équipes travaillant ensemble. Le secteur de l’écologie s’empare progressivement de cet outil. La Fresque du climat en est l’exemple le plus connu, l’association éponyme ayant créé ces ateliers pédagogiques pour rendre ludique et accessible la sensibilisation aux enjeux climatiques. Cependant, les pouvoirs publics n’utilisent pas encore ou peu de SG et la Fresque du climat ne constitue pas un outil de gouvernance participative, tel que décrit dans cet article.

Solutré – Un jeu sérieux pour vivre la gouvernance territoriale : Le Serious Game Solutré est un jeu de plateau semi-coopératif d’aménagement et de développement soutenable. Il est conçu à partir d’un diagnostic territorial, pour vivre la gouvernance territoriale d’un patrimoine naturel protégé en milieu rural.

Loin d’être naïfs, les ‘serious games’ constituent de véritables outils de gouvernance participative. Méga-bassines, mines de lithium, construction d’autoroutes : autant de projets qui gagneraient à les intégrer dans leur gestion !

L’avis de Pauline Bureau, Vice-présidente de LFE

A propos de Camilo Andrés Gonzalez :

Camilo Andrés Gonzalez est chercheur associé chez SEI Latin America. Il appuie la réalisation de différents outils appliqués dans les processus de planification et de prise de décisions liés à la gestion de l’eau.

En avril 2021, il obtient le double diplôme de MSc en sciences et ingénierie de l’eau avec une spécialisation en hydroinformatique de l’Institut d’éducation à l’eau de l’UNESCO aux Pays-Bas, et en génie civil avec une spécialisation en ressources hydrauliques et en environnement de l’École colombienne d’ingénierie Julio Garavito.

Il a participé à des projets liés à l’analyse et à la modélisation hydrologiques et hydrauliques dans les cours d’eau, au transport des sédiments, aux risques d’inondation et aux études de risque, ainsi qu’aux travaux de drainage des routes.

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Vers un traité mondial pour mettre fin à la pollution plastique ?

Le cinquième Comité intergouvernemental de négociation (INC5) chargé d’élaborer un traité international juridiquement contraignant pour mettre fin à la pollution plastique s’est achevé tard le 1er décembre 2024 à Busan, en Corée du Sud. Les négociations ont échoué à aboutir à un accord et continueront à une date ultérieure …

La cinquième Assemblée des Nations Unies pour l’environnement a adopté en mars 2022 une résolution historique en vue de négocier un traité mondial de lutte contre la pollution plastique qui soit juridiquement contraignant et fondé sur une approche globale couvrant l’ensemble du cycle de vie des plastiques.

Après les quatre premières sessions de négociations qui se sont déroulées en Uruguay, en France, au Kenya et au Canada, la Corée du Sud accueillait le 5ème Comité intergouvernemental de négociation (CIN-5) du traité plastique du 25 novembre au 1er décembre 2024. 


PLASTIC TAC TIC TAC

Dans la bande dessinée PLASTIC TAC TIC TAC, parue en 2022, Capucine Dupuy et Terreur Graphique dénoncent l’omniprésence du plastique dans le monde d’aujourd’hui. Une bande dessinée qui a le mérite de nous faire rire sur ce sujet grave, avec des réflexions précises et sourcées pour aller plus loin.

Atlas du Plastique :
Faits et chiffres sur la crise du plastique

La Fondation Heinrich Böll, La Fabrique écologique et Zero Waste France ont lancé en 2020, avec le mouvement Break Free From Plastic, l’Atlas du Plastique, pour analyser les causes et effets de l’omniprésence du plastique dans nos vies quotidiennes et nos écosystèmes.

Par La Fondation Heinrich Böll , La Fabrique Écologique , Zero Waste France et Break Free From Plastic


La pollution plastique constitue une crise planétaire ayant des répercussions sur les écosystèmes, la biodiversité, le climat et la santé humaine.

En l’absence de nouvelles mesures de contrôle efficaces, la production de plastique devrait doubler en 20 ans et les déchets plastiques déversés dans l’océan devraient tripler d’ici 2040. Il s’agit d’une charge inacceptable pour les générations futures.

Nous exhortons les pays à s’unir pour s’attaquer aux sources de la pollution plastique et sauvegarder notre planète.

Un groupe de pays partageant les mêmes idées a pris l’initiative de former une coalition de pays ambitieux suite à l’adoption de la résolution 5/14 « Mettre fin à la pollution plastique : vers un instrument international juridiquement contraignant« .

La coalition de Haute Ambition pour mettre fin à la pollution plastique s’est engagée à développer un instrument international ambitieux et juridiquement contraignant basé sur une approche globale et circulaire qui garantit une action urgente et des interventions efficaces tout au long du cycle de vie des plastiques.

L’ambition commune est de mettre fin à la pollution plastique d’ici 2040. Au début des négociations du traité sur les plastiques, il a été défini trois objectifs stratégiques et sept résultats clés pour réussir à cet égard.

1. Limiter la consommation et la production de plastique à des niveaux durables

La consommation et la production de plastique ont atteint des niveaux insoutenables. La consommation de plastique a quadruplé au cours des 30 dernières années. La production mondiale de plastique a doublé entre 2000 et 2019 pour atteindre 460 millions de tonnes. Une grande partie de cette croissance est due à l’augmentation massive de la production de plastiques à usage unique pour les emballages et les biens de consommation, qui représente la moitié de la production de déchets plastiques. Les projections actuelles prévoient que la production de plastique doublera au cours des 20 prochaines années. Le monde ne sera pas en mesure de gérer le volume des déchets plastiques et d’éviter les fuites. Le traité sur la pollution plastique devrait inclure des mesures de contrôle qui minimiseront la demande de plastiques et augmenteront l’offre de plastiques recyclés pour être utilisés dans de nouveaux produits en plastique.

2. Permettre une économie circulaire pour les plastiques qui protège l’environnement et la santé humaine.

Les plastiques sont souvent conçus de manière à devenir des déchets, et une trop grande quantité de plastiques a des effets néfastes sur l’environnement et constitue un risque pour la santé humaine tout au long du cycle de vie. Les produits en plastique doivent être plus durables. Cela implique de s’attaquer aux problèmes liés aux produits chimiques dangereux qui sont à la fois ajoutés intentionnellement pour conférer aux matières plastiques des propriétés spécifiques, mais aussi inhérents à certains matériaux, et vecteurs d’autres substances. Ces produits chimiques dangereux peuvent entraver la réutilisation et le recyclage des matières plastiques. Le traité sur la pollution plastique plastiques doit généralement garantir des critères et des normes de conception des matières plastiques afin d’en assurer la durabilité, la recyclabilité et la sécurité, permettant ainsi une économie circulaire pour les matières plastiques qui protège l’environnement et la santé humaine. Il doit également garantir la transparence et la disponibilité des informations sur ces aspects de durabilité tout au long de la chaîne de valeur des plastiques.

3. Assurer une gestion et un recyclage écologiquement rationnels des déchets plastiques

Environ 9,2 milliards de tonnes de déchets plastiques ont été générés, dont moins de 10 % ont été recyclés, 14 % ont été incinérés et 76 % ont été mis en décharge ou rejetés dans l’environnement depuis 19507. Le développement des capacités de gestion des déchets nécessaires est plus rapide que la consommation de déchets plastiques. Les projections actuelles stipulent que les déchets plastiques qui s’écoulent dans l’océan tripleront d’ici 2040. Le traité sur la pollution plastique doit établir des dispositions visant à réduire les déchets plastiques et à assurer une collecte, un tri et une préparation écologiquement rationnels en vue de la réutilisation et du recyclage des déchets plastiques, afin de réintégrer les plastiques recyclés dans l’économie et d’éviter les fuites dans l’environnement.

Principaux éléments à fournir pour réussir

  1. Éliminer les plastiques problématiques, notamment par des interdictions et des restrictions.
  2. Développer des critères et des normes de durabilité globale pour les plastiques
  3. Fixer des niveaux de référence et des objectifs mondiaux de durabilité tout au long du cycle de vie des matières plastiques.
  4. Garantir la transparence de la chaîne de valeur des plastiques, y compris en ce qui concerne les matériaux et la composition chimique.
  5. Établir des mécanismes pour renforcer les engagements, les objectifs et les contrôles au fil du temps.
  6. Mettre en œuvre un suivi et des rapports à chaque étape du cycle de vie des plastiques.
  7. Faciliter une assistance technique et financière efficace des évaluations scientifiques et socio-économiques.

Membres de la Coalition de haute ambition

Antigua-et-BarbudaArméniel’Australiel’Autriche
l’Azerbaïdjanla BelgiqueBulgariele Burkina Faso
le Cap-VertCanadaChilila Colombie
Îles CookCosta RicaDanemarkla République dominicaine
ÉquateurEstonieUnion EuropéenneFinlande
FranceGabonGéorgieAllemagne
le Ghanale GroenlandGuinéeIslande
la République d’IrlandeIsraëlJaponla Jordanie
le LuxembourgMaldivesMaliMaurice
MexiqueÉtats fédérés de MicronésieMonacoMonténégro
les Pays-BasNouvelle-ZélandeNigériaNorvège
PalauPanamaPérouPortugal
République de CoréeRoumanieRwandaSénégal
les Seychellesla SlovénieIles SalomonEspagne
SuèdeSuisseLe Togoles Émirats arabes unis
Royaume-Unil’UruguayMalawiMoldavie
BenínUkraineKenyaFidji

La coalition de Haute Ambition pour mettre fin à la pollution plastique publie des déclarations et organise des événements pour sensibiliser et identifier les priorités pour les sessions de négociation du comité intergouvernemental de négociation (INC).

Intervention de la ministre Olga Givernet en plénière le 1er décembre à Busan

Dans ces négociations, la France dispose d’une expérience et d’une légitimité, tant sur la scène internationale qu’au sein de l’Europe, en particulier du fait des dispositions de sa loi anti-gaspillage pour une économie circulaire de février 2020.

Ainsi, la France joue un rôle moteur pour forger une position unifiée entre les 27 États membres de l’Union européenne, permettant ainsi à l’Europe de peser d’une seule voix en faveur d’un accord ambitieux lors de la session de Busan, couvrant l’ensemble du cycle de vie des plastiques.


Les chiffres de l’emballage plastique
en France en 2023

Recyclabilité, intégration de matières recyclées, réduction, décarbonation et réemploi : en France, les fabricants d’emballages plastiques augmentent leurs investissements dans l’innovation en faveur de la circularité

ELIPSO, l’association professionnelle des fabricants d’emballages plastiques en France

Les investissements des fabricants d’emballages plastiques français dans la R&D et l’économie circulaire sont en hausse ! Parallèlement aux négociations pour un traité mondial contre la pollution plastique à Busan (Corée du Sud), la filière dirige de plus en plus ses investissements en cours et à venir vers une production industrielle décarbonée, circulaire et résiliente.

Consciente que les principes des 3R (Réduire, Recycler, Réutiliser) sont essentiels, la filière veut aller plus loin en créant des matériaux alternatifs plus durables. Une démarche à laquelle il convient d’ajouter un quatrième “R” pour “Réinventer”, de sorte à bénéficier des avantages incomparables de ces matières tout en maîtrisant mieux leur impact.

Les principaux postes d’investissement en cours et à venir chez les fabricants français d’emballages plastiques concernent la recyclabilité, l’intégration de matières recyclées, la réduction, la décarbonation et le réemploi.

Pour accompagner ce mouvement :

  • les investissements en R&D de la filière s’élèvent à 20,8 millions d’euros en 2023 (+8% en 2023 vs 2022) soit autant que le soutien de France 2030 aux projets d’innovation et d’investissement de l’industrie du vélo.
  • dotés également d’une enveloppe de plus de 20 millions d’euros en 2023, les investissements liés à l’économie circulaire et aux nouvelles réglementations croissent de +3% sur la même période.

Ces indicateurs, issus d’une grande enquête menée par Elipso auprès des industriels du secteur1, démontrent que les fabricants d’emballages plastiques innovent davantage pour mieux répondre aux enjeux environnementaux et climatiques ainsi qu’aux questions sanitaires.

Ce niveau d’innovation promet de se maintenir ces prochaines années car les professionnels du secteur prévoient une montée en puissance des attentes de leurs clients (principalement les entreprises des secteurs de l’agroalimentaire, du Home Care et du Body Care2) par rapport à l’amélioration de leur empreinte carbone, à la recyclabilité et à l’intégration de matières recyclées dans les emballages plastiques.

Pour y répondre, les fabricants français entendent prioriser, parmi leurs investissements, la recyclabilité et l’allègement des emballages, ainsi que l’incorporation de recyclé dans leurs produits, le tout en anticipant le règlement européen qui rendra obligatoire l’incorporation de 30% à 35 % de matière recyclée dans les emballages plastique en 20303

Rendre l’emballage plastique recyclable et y intégrer davantage de MPR (Matières Plastiques Recyclées) témoigne de la volonté de la filière de s’adapter dans un contexte réglementaire complexe. L’incorporation de MPR se heurte toutefois à des limites, particulièrement concernant la disponibilité et la qualité de celles-ci ainsi que leur prix deux fois plus élevé que celui de la matière vierge.

Les entreprises françaises de l’emballage plastique ne comptent pas en rester là. 58% d’entre elles développent ou pensent développer prochainement des emballages biosourcés, biodégradables, compostables. Des contraintes s’exercent sur l’ambition collective de développement de ces résines spécifiques : un coût élevé, une faible disponibilité des matières et l’absence de filière spécifique de collecte et de traitement de ces déchets.

Les industriels du plastique sont pleinement engagés dans les enjeux environnementaux et liés à la santé humaine, au-delà même des obligations réglementaires : décarbonation, lutte contre la pollution plastique et sécurité sanitaire. Pour que ces investissements aient une portée utile, il est important de leur garantir une meilleure lisibilité et stabilité des cadres réglementaires européens et français, souvent en décalage.

Devant la nécessité de réindustrialisation de la France et compte tenu du poids grandissant des importations venant de Chine, la clarification et la mise en cohérence des obligations est nécessaire. Si l’industrie du plastique doit prendre ses responsabilités, la résolution de la question écologique ne pourra aboutir qu’en mobilisant tout l’écosystème : metteurs en marché, recycleurs et collectivités, éco-organismes et pouvoirs publics”, estime Gaël Bouquet, Délégué Général d’Elipso.

ELIPSO est le syndicat professionnel des fabricants français d’emballages plastiques (rigides et souples). Elipso accompagne et représente ses 125 adhérents (majoritairement des PME) sur les grands sujets de transformation et notamment celui d’une transition écologique vers une économie circulaire, dans un contexte réglementaire complexe. 

Pour plus d’informations : https://www.elipso.org/ 


LUTTE CONTRE LA POLLUTION PLASTIQUE :
LES DEMANDES DES ASSOCIATIONS

103 associations appelaient à réduire drastiquement les bouteilles en plastique au jour 3 des négociations du traité contre la pollution plastique, marqué par des divergences fortes. Elles n’auront pas été entendues …

Les associations françaises sur place, No Plastic In My Sea, Objectif zéro plastique et la Fresque du plastique, portent la voix des 103 associations à travers le monde signataires d’un appel à réduire drastiquement les bouteilles en plastique. L’appel co-signé par des associations d’Afrique, d’Amérique (Sud et Nord), d’Asie et d’Europe, insiste notamment sur :

  • la pollution massive due aux bouteilles plastiques, qui selon une étude de Nature Sustainibility constituent le deuxième produit plastique le plus retrouvé dans les océans
  • la croissance rapide de l’industrie de l’eau en bouteille (+73 % au cours des dix dernières années à l’échelle mondiale) qui selon un rapport de l’Université des Nations Unies n’est pas alignée stratégiquement sur l’objectif de fournir un accès universel à l’eau potable

Faire contrepoids face aux 21 représentants des lobbies de l’industrie des eaux et boissons

Présentes à Busan, les associations environnementales ont pu remettre l’appel à la délégation française et aux représentant de la commission européenne lors de réunions formelles.

Une opération a également permis de délivrer l’appel aux délégations présentes, à la Directrice du Programme des Nations Unies pour l’environnement, Inger Andersen, et au président du CIN (comité intergouvernemental de négociation), Luis Vayas Valdivieso

Cette présence forte permet de faire entendre des messages de réduction et de faire contrepoids aux discours centrés sur le recyclage portés par les lobbys des acteurs de l’eau et des boissons embouteillées représentés à Busan5, avec notamment :

 A noter,  220 lobbys de la pétrochimie ont également été dénombrés pour cette session de négociations.

«Nous parlons beaucoup de circularité mais nous ne devons pas tourner en rond »

Délégation Mexicaine en séance plénière de mercredi après-midi
Les produits en plastique jetés sont empilés sur l’île d’enfouissement de Thilafushi aux Maldives. Autrefois perçue comme un miracle pour sa commodité, notre relation avec les plastiques entraîne désormais la perte de la nature, crée des risques pour la santé et alimente la crise climatique.
Photo : Shutterstock/Mohamed Abdulraheem

Plusieurs réunions formelles et informelles des groupes de contact ont permis d’engager le travail sur l’ensemble du texte « non paper » proposé par le Président. Cependant, la réunion plénière a montré les difficultés à avancer sur des points de divergence qui restent majeurs sur différents sujets : production, vision du cycle de vie, prise en compte des produits chimiques, financements, vision du mandat initial, processus de négociation, mandat donné aux co-chairs de groupes de contacts notamment.

Des interventions de nombreux pays, d’Amérique du sud notamment mais aussi d’Afrique, du Pacifique et d’Europe ont exprimé leurs frustrations devant le peu d’avancées réalisées et appelé le Président à changer la dynamique de négociations …. Mais un véto de la Russie, de l’Inde et de l’Arabie Saoudite sur le fait de commencer à transférer des textes au groupe de rédaction juridique a bloqué cette volonté d’avancer.

Les États devaient un traité ambitieux aux générations futures.

Pour en savoir plus sur les positions des associations, voici le dossier de No Plastic In My SeaZero Waste France et Surfrider Foundation.

Pour en savoir plus sur les négociations et suivre les séances plénières


  1. ELIPSO, l’association professionnelle qui représente les fabricants d’emballages plastiques (rigides et souples) en France, a missionné l’institut d’études Xerfi en 2024 pour réaliser son enquête bisannuelle auprès de ses adhérents qui représentent 65% du CA du marché (7,2 milliards sur 11 milliards d’€). Le but de la démarche était de pouvoir disposer d’informations et de données objectives sur le poids réel du secteur et sur les actions mises en place en faveur de l’économie circulaire en 2023. ↩︎
  2. Produits d’entretien/hygiène et beauté cosmétique hygiène ↩︎
  3. Cet objectif est de 10 % pour certains emballages au contact sensible avec leur contenu. ↩︎
  4. Rapid single-particle chemical imaging of nanoplastics by SRS microscopy, PNAS, 2024 ↩︎
  5. Liste du 25 novembre communiquée par le secrétariat des négociations ↩︎

Transition énergétique : le financement n’est pas un long fleuve tranquille

Début mai 2024, s’exprimant sur le financement de la transition énergétique, le président de la Banque mondiale rappelait que « nous avons besoin du secteur privé pour obtenir les capitaux nécessaires ». Une évidence qui peine hélas à se frayer un chemin en France, avec un État très présent sur le volet communication, mais aux moyens de plus en plus contraints, et des acteurs privés encore trop averses au risque et trop souvent intimidés par des réglementations restrictives.

Alors que les taux d’endettement des pays de l’Union européenne sont de plus en plus élevés, les États rechignent davantage à montrer la voie en matière de financement de la transition écologique. Pourtant, le rapport Pisany-Ferry paru l’année dernière montre que la France devrait dépenser 70 milliards d’euros supplémentaires chaque année pour financer sa transition. Un chiffre qui monte à 400 milliards en passant à l’échelle européenne ! À l’heure des déficits publics records et des politiques d’austérité, le privé doit nécessairement prendre sa part.

Pourtant, malgré toute la bonne volonté de certains États comme la France, qui a justement mis en place de nombreux dispositifs en la matière (appels d’offres, subventions, banque publique d’investissement…), le secteur privé reste en retrait, se focalisant encore trop sur les têtes d’affiche de la GreenTech, voire sur les énergies fossiles, et délaissant une myriade d’entreprises qui, dans un secteur guidé par l’innovation, ont besoin d’être soutenues dans la durée pour faire leurs preuves.

Doubler les investissements dans la transition écologique

« Tout le monde sait très bien qu’il y a une bosse au début, c’est-à-dire qu’il faut amorcer la pompe avec de l’argent public », résume Benoît Leguet, directeur général de l’Institut de l’économie pour le climat (I4CE). À mi-chemin entre le public et le privé, Bpifrance entend justement jouer ce rôle d’initiateur à l’investissement.

La banque publique d’investissement a d’ores et déjà mobilisé 8,5 milliards d’euros dans 2 750 GreenTech différentes et devrait déployer 6,5 milliards d’euros supplémentaires d’ici à 2030. Certaines startups ont d’ailleurs levé des sommes colossales grâce au soutien de la Bpifrance, comme Verkor, qui a déjà levé, au total, 3 milliards d’euros (fonds publics comme privés) pour la réalisation de sa gigafactory de batteries bas-carbone, ou encore Electra, une startup spécialisée dans la recharge rapide pour véhicules électriques, qui a levé 304 millions d’euros en début d’année.

Pour autant, difficile de croire que l’État pourra faire davantage. Alors que le taux d’endettement de la zone euro atteint 85,6 %, il est de 110,6 % pour l’Hexagone, ce qui signifie que l’investissement public devra forcément être complété par un investissement privé massif. Ce constat est confirmé par un rapport de l’I4CE, qui explique que l’UE doit doubler ses investissements dans la transition énergétique, pour atteindre un investissement annuel moyen d’au moins 813 milliards d’euros, soit 5,1 % du PIB de l’UE.

Des financements privés encore trop modestes en France

Pourtant, du côté du secteur privé aussi, le compte n’y est pas vraiment non plus. Il y a d’abord un problème d’arbitrage dans l’affectation de l’argent disponible : selon un rapport d’Oxfam, en 2022, les entreprises non financières du CAC 40 ont largement préféré verser des dividendes à leurs actionnaires plutôt que d’investir dans la transition écologique… Le CAC 40 affiche d’ailleurs un niveau moyen d’investissements vert à 11 % seulement, en deçà de la moyenne européenne (15 %).

Concernant les banques françaises, elles ont certes réduit leurs investissements dans les hydrocarbures (14,5Mds en 2023 contre 24,8Mds en 2022), mais les ONG à l’initiative du rapport Banking on Climate Chaos, publié en début d’année 2024, estiment que « rien ne garantit » que les investissements des banques tricolores seront « fléchés vers des projets d’énergie renouvelable ».

Sans doute encore frileuses du fait du contexte international tendu, les banques privilégient les secteurs les moins risqués (immobilier, hydrocarbure…), quitte à délaisser les entreprises d’avenir de la GreenTech.

Le temps court de l’investisseur face au temps long de l’entrepreneur

R&D longue et coûteuse, incertitudes quant aux débouchés commerciaux, business plan bien souvent difficile à évaluer et rentabilité sur du (très) long terme… Il faut reconnaître que, sur le papier, beaucoup de GreenTech n’envoient pas forcément les bons signaux aux investisseurs et aux banques. « Oui, une jeune entreprise qui investit des millions d’euros dans la recherche n’est pas toujours rentable dans l’immédiat », reconnaît Vincent Sciandra, directeur de la startup Metron, spécialisée dans l’efficacité énergétique des sites industriels. « Mais plutôt que de regarder les colonnes du bilan comptable, ayons une vision prospective et pensons aux bénéfices à long terme : ils seront écologiques, sociétaux et financiers », soutient-il.

Des bénéfices indéniables pour les entrepreneurs et de nombreux citoyens engagés, mais qui peinent encore à convaincre les investisseurs. « Aujourd’hui, l’écosystème des start-up industrielles existe en France. Mais il n’est pas totalement abouti, notamment du fait des financements privés plus modestes qu’ailleurs », abonde Sarah Lamaison, co-fondatrice de Dioxycle, une startup qui développe une technologie de recyclage des émissions de CO2 pour les transformer en produits chimiques.

Les chiffres ne mentent pas : les investissements en capital-risque se sont effondrés en France en 2023, et même si le secteur des GreenTech est le seul à sortir son épingle du jeu, les fonds ont surtout été fléchés vers les « licornes », comme Verkor, qui a levé à elle seule 850 M€. Les autres, plus risquées, qui présentent moins de garanties de rentabilité à court terme, sont tout simplement délaissées. « Il y a un penchant court-termiste chez certains fonds de capital-risque. Pour beaucoup de start-up greentech industrielles, il faut au contraire du capital patient », soutient Damien Didier, qui gère les sujets ESG au sein du fonds Daphni.

En Chine et aux États-Unis, les sommes, elles, commencent à affluer massivement, sans doute grâce à une réglementation moins féroce que dans l’Union Européenne ou en France, où les banques sont fatalement amenées à tempérer leurs risques, notamment à cause des critères de Bâle III, qui imposent un niveau élevé de fonds propres et une gestion accrue des risques. Autant de raisons qui poussent donc les banques et les fonds privés traditionnels à continuer à accorder des financements aux énergies fossiles ou à une poignée d’entreprises de la GreenTech.

Face à ce constat, les acteurs de la finance durable et alternative proposent des solutions palliatives à l’impasse des investisseurs traditionnels.

Le crowdfunding durable et la finance alternative au secours de la GreenTech

Financer la transition énergétique sans crédit bancaire ? C’est le pari auquel veut croire la plateforme de crowdfunding Lumo, spécialisée dans le financement participatif durable. Elle a permis à la société française Gaussin de lever plus de 8 millions d’euros l’année dernière pour financer sa nouvelle gamme de véhicules zéro émission destinés au transport de marchandises.

Faisant intervenir aussi bien des investisseurs professionnels que des citoyens impliqués, le crowdfunding est une solution pour les GreenTech, surtout dans une période où les entreprises essuient de plus en plus de refus de la part de leurs partenaires bancaires. « Il y a un accès plus compliqué [au financement] pour les porteurs de projetsdurables », confirme Julien Hostache, président d’Enerfip, une autre plateforme de crowdfunding vert. « Nous tirons donc notre épingle du jeu avec une solution non bancaire qui permet d’adresser certains besoins ».

Certaines options sans endettement bancaire s’offrent aussi aux entreprises cotées, comme les obligations convertibles en actions (OCA). Ce sont des obligations « double », avec un financement sans dette, mais qui laisse la possibilité à l’investisseur de convertir sa créance en action s’il le souhaite. Certains fonds en ont fait leur spécialité, comme Alpha Blue Ocean (ABO), qui soutient des sociétés industrielles, à fort potentiel de croissance ou en retournement, dans tous les cas en fort besoin de liquidités. Le family office a ainsi débloqué 7,6 millions d’euros pour l’entreprise DBT, un expert français des bornes de recharge pour véhicules électriques. « Nous avons sélectionné ABO après un examen attentif du marché, explique Alexandre Borgoltz, le PDG. D’autant que le secteur des OCA n’a pas très bonne presse », faisant référence au caractère dilutif de ces obligations. Un choix qu’il ne regrette pas, puisqu’il répondait précisément à son besoin de financement. « ABO ne fait pas d’ingérence. (…) Le processus de levée de fonds a été rapide et flexible », précise-t-il, affirmant que ce partenariat financier a « sauvé » son entreprise. De fait, les fonds ont surtout permis à cette dernière d’accélérer son développement et le déploiement de ses nouvelles stations de recharge rapides un peu partout en France. Mais cet exemple reste assez rare dans le paysage français des entreprises cotées, bien au-delà de la GreenTech.

Plus largement, les valeurs françaises, surtout celles qui n’ont pas encore révélé leur potentiel de croissance, sont pénalisées par la faible appétence des Français pour l’investissement boursier, et leur préférence récurrente pour des placements « sûrs », peu compatibles avec le risque inhérent à l’innovation. Toute une culture, donc, peu propice à ce que les marchés prennent le relais de l’élan donné par l’investissement public…  

Le système alimentaire mondial absent du débat à la COP29 sur le changement climatique ?

Heura Foods, La Vie, HappyVore et Planted co-signent une tribune collective à l’issue du sommet de la COP29 sur le climat. Imagine-t’on une conférence sur le cancer du poumon où personne ne parle de la cigarette ? Où des centaines de lobbyistes du tabac empêchent les experts d’aborder l’impact du tabagisme. Impensable ? C’est pourtant exactement ce qui s’est passé à la COP29 selon le collectif d’entreprises engagées dans l’innovation végétale. Le système alimentaire reste étrangement absent du débat médiatique et politique, alors qu’il est responsable du tiers des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

Des centaines de lobbyistes de l’agriculture industrielle ont assisté au sommet de laCOP29 sur le climat à Bakou. En pleine crise climatique, avec des phénomènes extrêmes de plus en plus fréquents, le système alimentaire demeure étrangement absent du débat médiatique et politique. Pourtant, il est responsable de 34 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre1, dont plus de la moitié provient de la production animale (19,7 % au total2). Cela dépasse même les émissions du secteur des transports (16,2 %3).

Encore une fois, la COP29 a concentré son attention sur des secteurs plus évidents à désigner comme responsables, démontrant que nos institutions ne sont pas prêtes à interroger ce que nous mettons dans nos assiettes.

Le collectif demande que le système alimentaire devienne une priorité dans les discussions climatiques.

À la COP29, l’accent a été mis sur le financement de la lutte contre le changement climatique et sur des industries comme les combustibles fossiles, laissant de côté l’un des principaux problèmes structurels : l’impact colossal de l’industrie alimentaire.

Pendant ce temps, nous nous apprêtons à battre un nouveau record de températures, franchissant pour la première fois le seuil critique de 1,5°C au-dessus des niveaux préindustriels. Chaque année, nous normalisons l’exceptionnel, ignorant les avertissements des scientifiques.

Dans ce contexte, l’élevage intensif ne cesse de démontrer son obsolescence. Il occupe 83 % des terres agricoles mondiales4 tout en ne fournissant que 18 % des calories totales consommées5.

C’est également l’une des principales causes de déforestation, d’extinction des espèces, de perte de biodiversité et de pollution des eaux souterraines.

Ignorer cette inefficacité revient à renoncer à lutter efficacement contre la crise climatique.

Des solutions existent et doivent être soutenues

  • ●  Introduction de subventions : L’accélération de l’innovation végétale est essentielle pour rendre les solutions alimentaires durables accessibles et compétitives. « En tant qu’entreprises engagées, nous travaillons déjà à réduire les émissions de gaz à effet de serre grâce à des innovations concrètes dans nos processus de production ».
  • ●  Étiquetage environnemental obligatoire : Il y a 40 ans, l’étiquetage nutritionnel des aliments n’était pas obligatoire. Aujourd’hui, il est impensable d’acheter un produit sans connaître sa composition. Il est temps d’appliquer la même logique à l’impact environnemental de nos choix alimentaires. Introduire un étiquetage indiquant l’empreinte carbone des produits permettrait aux consommateurs de faire des choix plus responsables et de comprendre les répercussions de ce qu’ils mangent.
  • ●  La mise en œuvre de politiques fiscales : Dans l’optique de favoriser une consommation plus durable et plus saine.

Face à des défis exceptionnels, nous avons besoin de décisions tout aussi exceptionnelles.

Il est essentiel que les citoyens soient informés pour faire des choix éclairés et accélérer cette transition alimentaire.

Adopter des régimes à base de plantes n’est pas seulement un levier individuel puissant, mais également une solution alignée sur les objectifs en matière de santé et de climat.

Certes, face à l’ampleur des défis, il est facile de croire que nos décisions individuelles n’ont pas de poids et que la solution dépend uniquement des autres. Pourtant, les petits gestes sont puissants quand ils sont multipliés.

Par exemple, remplacer un aliment d’origine animale par une alternative végétale peut réduire considérablement les émissions de CO2. Ce geste simple a un impact concret : il équivaut à éviter les émissions d’un trajet en voiture de 15 km ou d’éteindre la lumière dans un foyer moyen pendant plusieurs jours.

En développant et en adoptant des solutions végétales, nous pouvons continuer à apprécier ce que nous aimons tout en répondant aux défis sanitaires et climatiques. Si les grandes institutions doivent assumer leur part de responsabilité, nos choix individuels, comme privilégier une alimentation végétale, nous permettent d’agir immédiatement et de devenir des acteurs du changement.

Ce message n’est pas un constat d’échec, c’est un vision tournée vers l’avenir. C’est un appel à prendre conscience que nos choix quotidiens peuvent transformer le monde. Ce que nous mettons dans nos assiettes impacte bien au-delà du repas : cela touche notre environnement, les ressources de la planète et l’avenir des générations futures.

Aujourd’hui est un excellent jour pour commencer à « voter avec sa fourchette ».


  1. Global greenhouse gas emissions from animal-based foods are twice those of plant-based foods’, X. Xu et al., 2021 / Climate Watch, the World Resources Institute, 2020 (OWID). ↩︎
  2. Global greenhouse gas emissions from animal-based foods are twice those of plant-based foods’, X. Xu et al., 2021 / Climate Watch, the World Resources Institute, 2020 (OWID). ↩︎
  3. Global greenhouse gas emissions from animal-based foods are twice those of plant-based foods’, X. Xu et al., 2021 / Climate Watch, the World Resources Institute, 2020 (OWID). ↩︎
  4. Human appropriation of land for food: the role of diet. Global environmental change. ↩︎
  5. Reducing foods’ environmental impacts through producers and consumers. J. Poore & T. Nemecek, 2018 ↩︎

A propos d’Heura

Nous sommes Marc et Bernat. C’est nous qui avons commencé à faire naître ce rêve.

Depuis notre plus jeune âge, nous menons des initiatives sociales et environnementales, et nous défendons les droits des animaux. Mais nous avons toujours voulu aller plus loin. En plus de fournir des informations au grand public et de faire la lumière sur l’impact négatif de l’industrie d’élevage, Nous souhaitons être des acteurs du changement et apporter une solution en proposant des produits 100 % végétaux, durables, sains et avec un goût À TOMBER PAR TERRE.

Heura Foods a été fondée en 2017, dans un coworking du centre de Barcelone, sur les côtes de la Méditerranée.

Mission sociale transformée en entreprise, son objectif est de fournir les outils permettant de changer le système alimentaire actuel et d’améliorer la durabilité, la santé et la nutrition de chacun.

En plus d’offrir des produits 100% végétaux, nous sommes 100% Méditerranéens.

Qu’est-ce que cela signifie ?

Nos produits respirent la gastronomie et l’héritage méditerranéens.

En bref, nous utilisons des ingrédients de haute qualité comme l’huile d’olive et des produits clean label aux valeurs nutritionnelles élevées et aux incroyables saveurs.

Pourquoi Heura®? Le lierre, heura en catalan, est une plante qui se propage rapidement et emplit le monde de vie, de nature et de couleur. C’est ce que nous recherchions lorsque nous avons créé la marque. Notre premier client fut une petite boutique du quartier de Poblesec à Barcelone.

Nous sommes actuellement présents dans plus de 10 pays et nous continuons à nous développer à un rythme vertigineux. Et ce n’est que le début !

Nous sommes venus révolutionner le système alimentaire actuel avec beaucoup, beaucoup de viande et de poisson végétal.

A propos de Planted

Nous c’est Planted

Nous créons de délicieuses viandes à partir de protéines végétales, en nous concentrant sur une texture et un goût parfaits.

Notre manifest

Nous créons de délicieuses viandes à partir de protéines végétales, en nous concentrant sur une texture et un goût parfaits.

Bouchée par bouchée, nous voulons réduire l’impact négatif de l’industrie de la viande traditionnelle sur notre planète tout en fournissant des protéines végétales saines et savoureuses.

Nos alternatives végétales à base de pois sont produites uniquement à partir d’ingrédients naturels, ne contiennent aucun additif et sauve des vies animales.

C’est en 2017, lors d’un séjour aux Etats-Unis, que Pascal Bieri découvre le marché des simili carnés. Si l’idée lui semble intéressante pour diminuer la consommation de viande, il est très vite déçu par le goût, la texture et la composition des produits riches en additifs.

L’idée de Planted germe très rapidement dans son esprit. De retour en Suisse, Pascal est décidé à proposer une réelle alternative, saine et goûteuse similaire à la viande.

Il contacte alors son cousin Lukas Böni, qui termine un doctorat en génie des procédés alimentaires. Tous deux vont s’associer et recruter Eric Stirnemann, un doctorant connaisseur des techniques d’extrusion par voie humide. En 2019, ils sont rejoints par Christoph Jenny, un expert financier avec une solide expérience dans le secteur de la restauration. Ensemble, ils créent une alternative végétale à la viande, saine et responsable. Un produit sans additifs mais riche en goût. C’est le début de la révolution Planted.

A propos de Happyvore

Un constat

Une lourde empreinte écologique de l’élevage, responsable de 14,5% des émissions de gaz à effet de serre et de 63% de la déforestation en Amazonie.

Les émissions de gaz à effet de serre issus de l’élevage représentent plus que la consommation de carburant des transports. On ne pourra pas dire qu’on ne savait pas !

De nos premiers pas à aujourd’hui

Guillaume Dubois et Cédric Meston décident de lancer HappyVore, car changer nos habitudes alimentaires en réduisant notre consommation de protéines animales au profit du végétal était devenu l’alternative évidente et même une urgence.

En 2019, l’aventure commence avec des mois de recherche et développement pour élaborer de nouveaux produits qui pourraient permettre à tous les Français.es de réduire leur consommation de viande au quotidien.

Se nourrir devait rester un plaisir et bon pour la santé. Alors, pas question de transiger sur le goût, la qualité nutritionnelle de nos produits, leur composition et bien sûr, remplir notre mission pour préserver la planète. C’est ce qui fédère toute l’équipe.

En septembre 2020, on marque à nouveau l’histoire, la nôtre (et presque celle de la France) : on ouvre une ligne de production de viande végétale en France.

2022, une nouvelle et grande étape, nous créons notre propre usine dans le Loiret, une région où l’on travaille traditionnellement la légumineuse.



Dès le début de l’aventure, nous avions en tête de vous proposer des produits bons pour vous, la planète et la société. Pour cela, nous sommes devenus très tôt une marque Bcorp.

Bcorp c’est quoi ? C’est un label reconnu internationalement, aujourd’hui considéré comme le plus complet en terme d’impact social, environnemental et sociétal.

Pour intégrer le mouvement Bcorp, il faut répondre à certains critères à plusieurs niveaux : environnement (gestion environnementale, eau, terre et vie), collaborateurs (rémunération, santé & bien-être, développement & formation, engagement & satisfaction), collectivité (diversité & inclusion, impact economique, engagement civique, politique fournisseur), clients (gestion de la clientèle), gouvernance (mission & engagement, éthique & transparence, gouvernance & finances).

Et pour faire tout ça, une équipe de choc

A propos de La Vie

Les meilleurs produits vegan de La Vie™

Parce que tout est bon sans l’cochon, voici nos produits vegan. Un lardon vegan exceptionnel dans vos carbonaras, un bacon végétarien magique dans vos burgers, un jambon végétal à croquer dans vos sandwichs.

VIANDE VÉGÉTALE :
L’ALIMENTATION DU FUTUR POUR LA VIE™

Notre mission dans La Vie™ ? Faire évoluer les gens de la viande animale à la viande végétale avec un grand sourire sur les lèvres, et du gras sur le bout des doigts. C’est pourquoi on s’engage à vous concocter de la viande végétale meilleure pour votre santé, celle de la planète et des animaux, sans aucun compromis sur le goût. Pour ceux qui, comme nous, aiment le goût de la viande mais préfèrent celui de la vie.

Le problème.

Autrefois on ne se posait pas trop de questions sur l’élevage intensif car on avait besoin de beaucoup de protéines, pas chères. Et puis on a augmenté, augmenté, et encore augmenté. Résultat des courses, l’élevage intensif aujourd’hui c’est :

  • 14,5% des émissions de CO2.
  • 27% d’occupation des sols, l’équivalent de tout le continent américain.
  • 77 milliards d’animaux partis en morceaux en 2021.

Donc en résumé, maintenant qu’on a la connaissance pour mesurer le problème et pour faire autrement, c’est le moment d’aller de l’avant avec la viande végétale. En français, on appelle ça le progrès.

(UNE DES) SOLUTIONS.

Bon, on va pas se mentir, la meilleure solution c’est de manger des fruits et des légumes locaux. Mais bon on ne va pas se re-mentir, c’est un peu ambitieux.

Notre solution, qui n’est pas la seule, est de produire de la viande végétale non pas à partir de gentils animaux, mais directement à partir des plantes qui les nourrissent.

En bref, si on simplifie le tout avec un beau dessin ça donne ça :

Chez La VieTM, nous aimons la viande, mais nous n’aimons pas son impact sur la vie. Nous sommes en mission pour aider les gens à passer d’un régime alimentaire à base d’animaux à une alimentation à base de plantes, tout en gardant un grand sourire sur leur visage. Notre technologie de produit unique et notre recette brevetée de graisse végétale, offre les expériences les plus juteuses semblables à de la viande jamais connues dans la catégorie.

Nous construisons un mouvement, un changement positif pour l’industrie et pour la planète.

Des plantes, avec amour.

Un nouveau programme de recherche sur les Solutions fondées sur la Nature

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Les Solutions fondées sur la Nature (SfN) sont des approches de protection, restauration ou gestion des écosystèmes pour relever les défis sociétaux et ayant des impacts positifs à la fois sur le plan social, environnemental, économique et sur la biodiversité. Le programme national de recherche a pour but de favoriser une recherche innovante et ambitieuse sur les SfN, en tant qu’approches systémiques.

L’État a confié au CNRS et à l’INRAE la direction scientifique de ce programme dont l’ANR est l’opérateur. Un programme national de recherche qui est mené en étroite collaboration avec la communauté nationale de la recherche publique et un grand nombre d’acteurs de la société.

Journées scientifiques 2024
du Programme national de recherche

Les premières Journées scientifiques du Programme national de recherche sur les Solutions fondées sur la Nature se sont déroulées début Octobre à l’Institut de botanique de l’Université de Montpellier. L’un des objectifs de ces Journées étaient de rassembler la communauté de chercheurs et d’acteurs mobilisés autour des Solutions fondées sur la Nature.

La journée du 9 octobre a été introduite par le Vice-Président de l’Université de Montpellier, François Pierrot, par la Présidente de l’Université Paul-Valéry Montpellier 3, Anne Fraïsse, par la Directrice adjointe du CNRS Écologie et Environnement, Agathe Euzen ainsi que par la Directrice générale déléguée d’INRAE pour la Science et l’Innovation, Carole Caranta. Les co-directeurs du Programme, Martine Hossaert et Philip Roche, ont ensuite présenté le Programme dans l’amphithéâtre Charles Flahault de l’Institut de botanique. Une présentation des différents projets ciblés stratégiques par leurs Responsables a présenté les objectifs attendus des projets ainsi que leurs niveaux d’avancement.

Après la présentation des 4 principaux enjeux de SOLU-BIOD, des ateliers ont été organisés afin d’identifier des questions de recherche complémentaires. L’objectif est d’être le plus exhaustif possible sur les problématiques à traiter en termes de Solutions fondées sur la Nature (SfN). La première journée s’est clôturée par la conférence de Jean-Paul Metzger sur la planification de SfN au Brésil.

Le 10 octobre, la seconde journée s’est ouverte sur un témoignage des actions autour des SfN de la ville de Montpellier par Stéphanie Grosset, Chargée de mission Biodiversité, ainsi que les actions mises en place par Egis en lien avec les SfN avec Olivier Taugourdeau, Chef de projets R&D. Des ateliers reprenant les questions de la veille en les adaptant par milieu prioritaire du Programme : milieu urbain, milieu agricole, milieu côtier et aires protégées.

La journée s’est conclue avec la conférence de Véronique Helfer sur les mangroves comme SfN pour l’atténuation au changement climatique et la résilience côtière puis la table-ronde inter-PEPR où la place des SfN a été abordée au sein d’autres programmes nationaux de recherche aux thématiques connexes, tels que :

« Les SfN en ville : des services fournis par la nature aux Solutions Fondées sur la Nature ? »

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Bandeau-Conf-Regards-croises-Logos-1024x390.png.
  • Quel(s) « intérêt(s) » des solutions fondées sur la nature (SFN), en particulier en ville ?
  • Comment appréhender ce nouveau paradigme des interactions nature-société ?
  • Quels « co-bénéfices » réels, pour la biodiversité et la société ?

Les SFN se situent au cœur de conflits d’usage des sols et autres espaces urbains, à l’intersection entre différents secteurs des politiques publiques et échelles de réflexion et d’intervention. Leur déploiement exige également la participation d’un ensemble complexe d’acteurs (collectivités, professionnels, citoyens, scientifiques…), ainsi que des changements sensibles dans les pratiques de gestion des environnements urbains. Ainsi, quels sont les principaux défis de la mise en œuvre des SFN ? Quelles sont les conséquences sociales et environnementales de leur déploiement, pour quels potentiels démocratique et écologique ?

Cycle de conférences Regards croisés sur le vivant en société

Un défi clé pour la biodiversité en Occitanie

Réseau national des living labs
sur les Solutions fondées sur la Nature

Le programme national de recherche sur les Solutions fondées sur la Nature a créé un réseau de onze living labs dans l’hexagone et en Outre-mer qui s’appuient ou non sur des structures pré-existantes comme des Zones Ateliers, des Observatoires Hommes-Milieux et des sites ateliers INRAE.

Le réseau national des onze living labs est opéré par l’ANR, Agence national de la recherche.

Des living labs pour co-construire
les Solutions fondées sur la Nature

Un living lab est une structure de recherche collaborative qui regroupe des acteurs publics, privés, des entreprises, des associations et des acteurs individuels. C’est une méthode où citoyens, habitants, usagers sont considérés comme des acteurs clés des processus de recherche et d’innovation. Le living lab a pour objectif de tester des services, des outils ou des usages nouveaux « grandeur nature ».

Il s’agit de sortir la recherche scientifique des laboratoires pour la faire descendre dans la vie de tous les jours, avec une vue stratégique sur les usages potentiels de ces technologies. La coopération, entre collectivités locales, entreprises, laboratoires de recherche et utilisateurs potentiels, favorise l’innovation ouverte, partage les réseaux et implique les utilisateurs dès la conception.

Encouragés par l’Union européenne en tant qu’outil innovant, les living labs ont été reconnus comme une approche bien adaptée à la conception et à la mise en œuvre des Solutions fondées sur la Nature (SfN). Ils sont très utiles pour établir la preuve de concept du fonctionnement et de l’efficacité des SfN et pour mieux comprendre leurs co-bénéfices pour la société humaine et la biodiversité, ainsi que leurs coûts.

Dans le cadre du Programme national de recherche sur les Solutions fondées sur la Nature, un réseau de onze living labs a été créé sur le territoire français. Ils partagent des méthodologies et une conception communes tout en tenant compte des spécificités locales de chaque territoire.

ASIRPA (Analyse de l’impact sociétal de la Recherche) est une méthode d’analyse des impacts des recherches d’Inrae.

Les Solutions fondées sur la Nature :
Promesses pour l’adaptation au changement climatique

Martine Hossaert, Co-directrice du programme, a présenté SOLU-BIOD le 1er octobre durant l’événement de Leonard, la plateforme de prospective et d’innovation du Groupe VINCI autour des Solutions fondées sur la Nature (SfN) et de l’adaptation au changement climatique.

LES SOLUTIONS FONDÉES SUR LA NATURE POUR DES VILLES CÔTIÈRES RÉSILIENTES

Adaptation à l’élévation du niveau de la mer :
Recomposer le futur des villes côtières

Note politique Sea’ties sur les SfN pour des villes côtières résilientes par la Plateforme Océan & Climat

Nouvel outil interactif pour adapter nos territoires au changement climatique avec les Solutions fondées sur la Nature

Cet outil offre des contenus adaptés à tout type de territoire et de contextes environnemental et climatique (forêts, littoral, montagne, urbain, agricole, etc.).

Ce nouvel outil interactif est pour les décideurs et techniciens prêts à passer à l’action face au changement climatique. Décliné en une publication spéciale et une boîte à outils, conçues pour les accompagner dans la mise en œuvre de Solutions fondées sur la Nature (SfN) afin d’adapter leur territoire aux défis climatiques.

Pour les guider dans leurs démarches d’adaptation, le projet Life ARTISAN met à leur disposition deux publications en ligne complémentaires :

Passez à l'action !

Une Publication Spéciale en ligne à destination des décideurs présente le concept de Solutions fondées sur la Nature (SfN), comment et pourquoi elles sont efficaces pour répondre à différents défis d’adaptation. Pour différents milieux et enjeux, une sélection de SfN sont expliquées et illustrées par des fiches de projets mis en œuvre avec succès partout dans l’Hexagone et l’Outre-Mer. Ce dossier intègre aussi des informations de coûts, les bénéfices et des témoignages de porteurs de projets.

➡️ Cliquez ici pour accéder à la Publication Spéciale

Passez à l'action !

Une Boîte à Outils en ligne des SfN pour l’adaptation de nos territoires au changement climatique à destination des techniciens. Des parcours détaillés, pour mettre en œuvre, étape par étape, une SfN pour l’adaptation dans différents types de milieux. Les clés de réussite pour mener à bien la mise en œuvre de SfN. Des ressources et outils incontournables pour passer à l’action.

➡️ Cliquez ici pour accéder à la Boîte à Outils

Plaquette de présentation
du Projet de recherche sur les SfN

Pourquoi l’Union européenne (UE) doit changer de banques pour soutenir la transition écologique ?

La Sustainable Banking Coalition (SBC), coalition européenne de banques et institutions financières engagées pour la durabilité sociale et environnementale, incluant Green-Got1 en France, appelle l’Union européenne (UE) à changer de banques pour soutenir la transition écologique. En encourageant l’UE et ses citoyens à déplacer leurs fonds vers des banques durables, la campagne vise à débloquer des milliards d’euros pour les projets et entreprises de la transition – un coup de fouet indispensable alors que l’UE cherche à combler le fossé des 10 000 milliards d’euros d’investissements verts.

Il est temps que l’UE
change de banque

La problématique :
des fonds mal alloués bloquent le progrès écologique

« De l’argent pour rien » semble encore être le refrain des discussions sur le financement de la transition écologique. Cependant, le défi à surmonter pour l’Europe n’est pas de trouver des fonds, mais plutôt de les utiliser correctement. Des milliards d’euros sont bloqués dans les banques traditionnelles partout en Europe, dont beaucoup continuent de financer des projets néfastes pour l’environnement.

Suite à une demande d’information2 à la Commission européenne sur les banques avec lesquelles elle collabore, il s’avère que les placements européens destinés à soutenir les objectifs climatiques sont détenus dans des institutions qui ne sont pas alignées avec ces objectifs. Manquant ainsi une opportunité cruciale de mobiliser du capital pour des investissements durables.

« Il y a un potentiel immense pour financer la transition écologique en choisissant des banques qui investissent réellement dans des activités durables et qui évitent les énergies fossiles », explique Andréa Ganovelli, CEO et co-fondateur de Green-Got. « Malheureusement, l’UE ne montre pas l’exemple, avec des fonds destinés à la transition écologique, souvent retenus dans les banques traditionnelles, qui ne respectent pas les objectifs climatiques. Si nous voulons que cette transition soit un succès, l’UE et ses citoyens doivent se mobiliser et transférer leurs fonds vers des banques durables ».

La solution : la campagne #EUSwitchBanks

La campagne #EUSwitchBanks appelle l’UE et ses citoyens à transférer leur argent vers des banques durables, pour créer un levier puissant et aligner les flux financiers européens sur ses ambitions climatiques. En soutenant des banques durables, qui réinvestissent les fonds dans des projets verts, chaque euro déposé peut être utilisé pour financer des prêts favorables au climat, amplifiant ainsi l’impact de chaque investissement jusqu’à dix fois3. Voilà une manière compétitive de faire avancer le Pacte Industrie Propre !

L’Europe a besoin de financements à une échelle sans précédent et cette campagne montre une manière accessible et efficace d’y parvenir. « En tant que GLS Bank, nous nous occupons de services bancaires durables sur le marché allemand depuis plus de 50 ans. Désormais, en tant que membre de la Sustainable Banking Coalition, nous montrons ensemble la voie à suivre. Unissons nos forces et passons à la durabilité, pour un avenir durable en Europe pour tous », souligne Aysel Osmanoglu, CEO de GLS Bank.

Le moment de changer

« Les financements nécessaires pour les transitions verte et numérique sont exorbitants » détaille Mario Draghi, ancien Président de la Banque Centrale Européenne, en soutien à l’initiative. « Pour y arriver, nous devons mobiliser l’épargne privée à une échelle sans précédent ».

Suite au renouvellement politique européen, la campagne #EUSwitchBanks propose un outil puissant pour répondre aux besoins de financement climatique. Ignoré jusqu’à présent dans les débats politiques, le secteur bancaire est désormais au cœur de l’appel à l’action.

Les fonds européens déposés dans des banques polluantes minent les objectifs climatiques de l’UE en soutenant indirectement les activités fossiles.

1 million d’euros déposés dans une banque fortement impliquée dans les énergies fossiles pourraient facilement entraîner des émissions de 650 tonnes de CO2, en fonction des activités financées par la banque. En revanche, si ces mêmes fonds étaient placés sur un compte bancaire durable, ils auraient un impact climatique négatif jusqu’à 6 fois inférieur4 !

« Aujourd’hui, il existe encore une dynamique de ‘David contre Goliath’ au sein de l’UE. Des géants bancaires conservateurs investissent dans des activités néfastes pour l’environnement, tandis que les banques vertes, plus petites, s’efforcent de trouver des solutions concrètes », explique Willem Vriesendorp, porte-parole de la SBC. « L’Union européenne et ses citoyens ont désormais le pouvoir de soutenir les ‘Davids’ en prenant part à la campagne #EUSwitchBanks. »

Comment participer

La campagne #EUSwitchBanks invite les citoyens, les banques et les décideurs politiques à passer à l’action pour soutenir la transition écologique. Changer de banque est l’un des moyens les plus simples et les plus impactants pour créer une durabilité impulsée par le marché.

Euroviews. L’argent des contribuables de l’UE dort encore dans certaines des banques les plus inamicales du monde

Appel à l’action :
il est temps que l’UE passe à des banques durables

En tant que citoyens profondément investis dans l’avenir de l’Europe, nous vous prions d’aligner les pratiques financières de l’UE sur ses ambitions climatiques. Actuellement, les fonds de l’UE sont déposés dans certaines des banques parmi les plus polluantes, comme le souligne le rapport 2024 sur les banques du système climatique. Ce qui sape les objectifs de durabilité de l’Europe et alimente la crise que nous nous efforçons de résoudre.

1 million de dollars détenus dans une banque liée aux énergies fossiles pendant un an pourraient facilement entraîner des émissions de 650 tonnes de CO2, sur la base des émissions financées par la banque. Alors que le même budget de l’UE détenu sur un compte bancaire durable aurait jusqu’à 6 fois moins d’impact négatif sur le climat. Si vous ne pouvez dépenser un euro qu’une seule fois… Eh bien, de cette façon, vous pourriez dépenser 1 euro 6 fois.

En tant que citoyens de l’UE, nous soutenons le pacte vert de l’UE et son leadership en matière d’action pour le climat, mais nous pensons que la Commission européenne peut faire beaucoup mieux à cet égard, et la solution est simple : ouvrir un compte bancaire durable.

Cela ne soutient pas seulement les objectifs climatiques en cohérence avec les objectifs politiques globaux de l’UE, mais cela renforce également la compétitivité de l’Europe en stimulant les investissements verts et en alimentant la croissance future. Il existe un déficit d’investissement climatique de 406 milliards d’euros par an pour atteindre les objectifs climatiques de l’UE à l’horizon 2030.

Les banques de la Commission européenne peuvent contribuer à combler cet écart.

Changer de comptes bancaires (dans la mesure du possible) est un moyen puissant et gratuit d’aligner les flux financiers de l’Europe sur ses ambitions en matière de climat. Ce faisant, la Commission peut montrer l’exemple et encourager les citoyens et les entreprises de l’UE à faire de même en déplaçant leurs fonds vers des banques durables.

Compte tenu de l’urgence climatique, le temps presse. Avec le nouveau mandat européen en place, nous demandons de donner la priorité à la transition avec des partenaires bancaires durables.

  1. Green-Got, l’institution financière française dédiée au financement de la transition écologique, a réussi son objectif de levée de fonds historique de 2 millions, puisque ce sont plus de 5 millions d’euros collectés exclusivement grâce à sa communauté en 24h. Cela illustre l’engagement croissant des citoyens pour une finance durable. ↩︎
  2. Source : Sustainable Banking Coalition ↩︎
  3. Source : Marilyn Waite Directrice du Climate FInance Fund dans Euronews ↩︎
  4. Source : Green Got ↩︎

Et si la transition écologique devenait une aventure collective, au cœur de chaque métier

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Comment passer de la prise de conscience des enjeux environnementaux à la mise en action, au cour de son métier ? Cette étude Les Nouveaux Géants s’intéresse à l’impact de la transition écologique sur l’évolution des métiers. L’objectif est d’identifier des pistes pour amorcer la transformation des fonctions les plus courantes en entreprise, et de proposer une vision prospective de ces fonctions.

Répartition des métiers en fonction de leurs zones d’impact préférentielles, sur la base des entretiens menés

Comment transformer les métiers pour concrétiser et
accélérer la transition écologique dans les entreprises ?

Le premier volet propose une cartographie des zones d’action qu’un métier peut explorer pour contribuer à la transition écologique de son entreprise, ainsi que des pistes à destination des responsables du plan de transformation des métiers, pour leur permettre de prioriser leurs actions.

Le second volet proposera une vision prospective de l’évolution de certains métiers (nouvelles missions et tâches, évolution des méthodes, outils et process, et socle de connaissances et compétences à acquérir).

Il ne s’agit pas tant de créer de nouvelles fonctions que de faire évoluer les compétences et les fiches de postes afin d’intégrer des missions en lien avec la transition écologique.

Il s’agit d’une orientation souhaitée à la fois par les travailleurs et par l’État, et qui se justifie également du point de vue des employeurs : internaliser et diffuser les missions au service de la transition écologique à l’ensemble des métiers permet une meilleure maîtrise et donc une plus grande créativité sur ces sujets, une réduction des coûts ainsi qu’une meilleure répartition de la charge de travail.

Ce dernier point contribue notamment à engager, responsabiliser et aligner l’ensemble des collaborateurs de l’entreprise sur les enjeux de la transition écologique.

L’internalisation et la diffusion des missions RSE permettent de résoudre un certain nombre de difficultés relatives à la mesure de la performance, à l’acceptabilité des nouvelles solutions, à la collecte des données sociales et environnementales et à l’embarquement des parties prenantes externes.

trois zones d’action pour chaque métier : directe, indirecte et systémique

Nous avons identifié trois zones d’action pour chaque métier : directe, indirecte et systémique

→ Pour en savoir plus, se référer à la partie 1

Chaque métier a un rôle à jouer dans la transition écologique de son entreprise, qui peut se décliner en trois zones d’action.

Il n’y a pas “les métiers de la transition”, et les autres : tous les métiers sont en transition car chacun peut avoir un impact au cœur de ses gestes métier. Trois zones d’action à explorer pour déployer son plein potentiel d’impact, dont l’activation peut différer en fonction des métiers : les zones
d’action à impact direct, indirect et systémique
.

Répartition des métiers en fonction de leurs zones d’impact préférentielles, sur la base des entretiens menés

Les métiers à fort impact direct sont ceux qui pilotent ou qui subissent directement les principaux impacts ou risques de l’entreprise, tandis que les métiers à fort impact indirect ou à fort impact systémique sont ceux qui, dans leurs missions quotidiennes, peuvent inciter les parties prenantes internes ou externes de l’entreprise à effectuer leur transition écologique.

Pour saisir pleinement sa responsabilité vis-à-vis de la transition écologique et identifier toutes les actions que chacun peut déployer au cœur de son métier, il est essentiel d’interroger chacune de ces trois zones.

→ Pour en savoir plus, se référer à la partie 2

La priorisation des métiers à transformer dépend du contexte de l’entreprise mais peut tenir compte de deux logiques

Il n’existe pas de solution universelle, d’ordre chronologique de transformation des métiers qui serait applicable à toutes les entreprises. La mise en œuvre de deux logiques de priorisation conviendront plus ou moins en fonction de la maturité de l’entreprise sur les sujets RSE, de sa culture managériale et de sa culture d’entreprise de manière générale.

→ Pour en savoir plus, se référer à la partie 3

Un travail toujours en cours

La version finale de ce rapport est prévue fin 2024. Elle intégrera les retours reçus, mais également
une vision prospective de chaque grande famille de métier :

  • Quelles sont les nouvelles missions, tâches, outils et méthodes dans le cadre de la transition écologique ?
  • Quelles sont les connaissances et compétences à acquérir ?
  • Vers quelles ressources se tourner ?

Que ce soit pour faire vos retours ou participer aux entretiens de la seconde étape, contactez Les Nouveaux Géants à l’adresse suivante : emeline.fasolato(et)lesnouveuxgeants.com

Ce qu’il faut retenir au sujet de l’évolution des métiers cross-secteurs dans le cadre de la transition écologique :

Tous les métiers doivent évoluer pour permettre la transition écologique

Dans la lignée des études menées au sujet de l’impact de la transition écologique sur l’emploi, les travaux de recherche effectués par Les Nouveau Géants confirment que l’ensemble des métiers sera amené à
intégrer des missions écologiques dans leurs pratiques quotidiennes
.

Rapport sur l’état des lieux de l’Écologie Industrielle et Territoriale (EIT) en France

Ce nouveau rapport sur l’état des lieux de l’Écologie Industrielle et Territoriale (EIT) en France est le fruit d’une collaboration entre l’ORÉE et l’ADEME. Il apporte une mise à jour complète du premier état des lieux, publié en 2020, et offre une vision globale et actualisée de l’évolution des démarches visant à optimiser les ressources sur les territoires par le partage, la mutualisation et la coopération entre acteurs économiques.

Niveaux de maturité des démarches analysées par région

En 2024, l’association ORÉE publie, en partenariat avec l’ADEME, un second état des lieux de l’Écologie Industrielle et Territoriale en France. Il fait suite à l’édition d’une précédente version parue en 2020. Il s’agit de bénéficier d’une vision globale des modes de fonctionnement des démarches d’EIT sur le territoire français en matière de gouvernance, de modèle économique et de résultats liés à ces projets et de formuler des recommandations pour développer l’EIT en France.

Existe-t-il à ce jour une structure locale pérenne qui porte la démarche ?

  • Les démarches sont majoritairement portées
    par une seule structure. Associations (31%) et collectivités (26%) en sont les représentants dominants.
  • 39% des démarches sont coportées1. Au total, 71 structures sont impliquées dans les
    25 démarches concernées par ce fonctionnement, soit 3 structures par démarche en moyenne.

Cette mission s’appuie sur l’analyse des données du référentiel de performances des démarches d’Écologie Industrielle et Territoriale (ELIPSE), lancé en décembre 2016 et mis à jour en 2022. Il permet aux animateurs de réaliser une auto-évaluation et un suivi de leur démarches grâce à 29 indicateurs évaluant les trois critères de pérennité énoncés précédemment (la gouvernance, le modèle économique et les activités mis en place).

Avez-vous défini un modèle économique permettant d’assurer et pérenniser l’animation de la démarche ?

À ce jour, 186 démarches sont recensées et actives sur la plateforme SYNAPSE. 71 d’entre elles constituent l’échantillon d’analyse pour l’état des lieux qui met en exergue quelques tendances sur la façon dont elles se déploient. À titre d’exemple, 96 % des projets évalués bénéficient du soutien politique d’un acteur local. La majorité des démarches sont portées par une collectivité ou une association.

Répartition des sources de financement de la démarche

Par ailleurs, la part de soutiens financiers régionaux (Régions, ADEME) reste majoritaire, représentant 43% du total des sources de financement des initiatives. Les plus matures d’entre elles bénéficient d’apports privés plus importants. En moyenne, les démarches mobilisent 1 équivalent temps-plein (ETP) pour 57 acteurs économiques.

De nouvelles opportunités de marché ont-elles été créées dans le cadre de la démarche EIT ?

70 % des démarches interrogées leur proposent plus de 10 rencontres par an. De nouveaux projets permettent également de créer de nouvelles activités sur le territoire confirmant l’intérêt d’intégrer l’EIT dans une politique de développement économique. Au-delà de données chiffrées, l’état des lieux comprend des retours d’expériences précieux pour illustrer le fonctionnement et les impacts des Démarches d’Écologie Industrielle et Territoriale (DEIT) françaises.

Quels services ont été mutualisés pour les entreprises/structures impliquées dans la démarche d’EIT ?

Les résultats de l’analyse des données d’ELIPSE ont permis de formuler des recommandations pour amplifier le développement de l’EIT dans les territoires et faciliter la pérennisation des projets, parmi lesquelles :

  • Coconstruire une stratégie nationale de l’EIT.
  • Renforcer l’animation du réseau SYNAPSE, réseau national des acteurs de l’EIT et développer les réseaux régionaux.
  • Poursuivre les travaux sur la pérennité des démarches d’EIT et des réseaux régionaux et reconduire l’analyse du déploiement de l’EIT en France.
  • Renforcer/valoriser l’offre de formations et acculturer tous les acteurs à l’EIT.
  • Développer le financement des démarches et des synergies en sensibilisant les financeurs et en renforçant l’identification et la mobilisation des dispositifs de financements.
  • Poursuivre l’animation et le développement du référentiel ELIPSE

Rapport complet sur l’Écologie Industrielle et Territoriale en France

L’Écologie Industrielle et Territoriale est une approche stratégique visant à optimiser les ressources sur les territoires par le partage, la mutualisation et la coopération entre acteurs économiques. Elle s’affirme aujourd’hui comme un levier essentiel de la transition écologique et économique.

Ce nouveau rapport analyse en profondeur les dynamiques actuelles de l’EIT, à travers des données récentes recueillies grâce au référentiel ELIPSE, l’outil d’auto-évaluation porté par ORÉE et soutenu par l’ADEME – qui permet aux animateurs de suivre les performances de leurs démarches à l’aide de 29 indicateurs spécifiques.

Le rapport recense 71 démarches d’EIT en France, fournissant ainsi un aperçu riche et détaillé des
initiatives en cours. Il présente également des retours d’expériences concrets qui illustrent les réussites
et les défis rencontrés dans la mise en œuvre de l’EIT au niveau local et régional. Parmi les points clés du
rapport :

  • Une analyse qualitative et quantitative des démarches, mettant en lumière leur fonctionnement en
    termes de gouvernance, de modèle économique et d’activités mises en place.
  • Des recommandations à destination des acteurs régionaux et nationaux pour encourager la
    pérennisation des initiatives d’EIT, favoriser leur déploiement et améliorer les outils d’évaluation,
    notamment le référentiel ELIPSE.

Ce document permet non seulement de dresser un panorama actuel de l’EIT en France, mais aussi de
fournir des pistes concrètes pour renforcer son impact dans les années à venir.

Depuis 2020 le nombre de démarches continue d’augmenter. Les résultats de cette étude montrent
qu’elles ont toujours besoin d’accompagnement au niveau national et régional pour pouvoir structurer leur Gouvernance, leur modèle économique et pérenniser leurs activités.

  1. Le coportage signifie que la démarche est portée par un minimum de deux
    structures différentes ↩︎