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Sécheresse agricole : comprendre pour s’adapter

L’agriculture est un des secteurs concernés par la multiplication des vagues de chaleur et des épisodes secs. Elle doit évoluer pour s’adapter à la sécheresse, qui peut devenir de plus en plus intense et fréquente sous l’effet du changement climatique. Cet enjeu est un des sujets de société majeurs sur lesquels les solutions apportées par la recherche sont très attendues. Décryptage de l’Institut National de Recherche pour l’Agriculture, l’Alimentation et l’Environnement – INRAE.

Ecologie des sciences et politiques environnementales : mariage impossible, union de raison ?

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La crise environnementale, encore plus que la crise du Covid-19, révèle la nécessité pour les décideurs publics d’utiliser les savoirs scientifiques pour concevoir des politiques environnementales efficaces. Si les diagnostics scientifiques sur l’érosion de la biodiversité et le changement climatique sont de plus en plus médiatisés, l’environnement peine à imprégner les agendas politiques. Politiques et scientifiques ne parlent pas le même langage, ont des calendriers opposés et ont du mal à trouver des espaces de confrontation et de propositions. Des initiatives, souvent locales, de co-construction des savoirs entre chercheurs, citoyens et décideurs publics, sont encore trop peu démocratisées et parfois mal calibrées. Cette note explicite les liens entre les savoirs scientifiques et la fabrique des politiques, tels qu’ils sont et comment ils pourraient être, en formulant trois propositions opérationnelles, au service de la transition écologique.

Plan d’actions pour le financement de la transition écologique

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Six mois après sa mise en place opérationnelle par la place financière de Paris, l’Institut de la finance durable (IFD) publie son premier rapport « Plan d’actions pour le financement de la transition écologique ». Un rapport, à la demande du Ministre de l’Économie à Yves Perrier, président de l’IFD, qui a pour objectif d’établir le plan de financement de la transition écologique en France et de constituer le Comité du financement chargé de piloter sa mise en œuvre (CFTE)[[Comité du financement de la transition écologique]].
Pour établir ce plan d’actions, l’IFD a réuni les acteurs de la place financière de Paris (économistes, banques, assurances, sociétés de gestion, fédérations professionnelles, en concertation avec la Direction générale du Trésor). Le rapport évalue les besoins d’investissements supplémentaires, identifie les ressources et outils mobilisables et propose enfin 11 recommandations pour financer la transition écologique en France.

Une feuille de route mondiale pour les crédits biodiversité

La France et le Royaume-Uni lancent une feuille de route mondiale visant à mettre en place un processus inclusif de co-conception vers des marchés de crédits biodiversité. Elle se penchera sur cinq défis clés en matière de conception des marchés de crédits biodiversité afin d’obtenir des résultats équitables, positifs et de haute intégrité pour les peuples et la planète.

Les objectifs du projet de loi « industrie verte »

La mobilisation de l’industrie est un enjeu crucial pour lutter contre le changement climatique. Personne ne peut plus contester l’urgence d’apporter des réponses à la crise climatique. La baisse des émissions de gaz à effet de serre n’est plus une option. Cela exige la mobilisation générale de tous les secteurs économiques dont l’industrie qui représente 18% des émissions de GES et tient donc une place importante dans l’objectif de la Stratégie nationale bas carbone (SNBC). La transition écologique est une chance pour l’industrie française et ses entreprises. Les mentalités évoluent, et avec elles les comportements. Des progrès technologiques s’accomplissent chaque jour sous l’effet des mutations en cours et demain. La formation est un axe fondamental pour réussir la transition écologique et rendre notre économie plus compétitive, offrir des perspectives nouvelles aux salariés et recruter une main d’œuvre qualifiée au sein de l’industrie.

Émirats arabes unis, Maldives, Monaco… les catastrophes écologiques que les millions n’arrivent pas à dissimuler

Grignoter des kilomètres carrés sur la mer pour bâtir des immeubles a pu sembler être une bonne idée il y a 30 ans. Mais la réalité de ces projets immobiliers ayant coûté des millions les rattrapent : malgré la communication officielle qui les entourent, ils symbolisent les pires menaces contre les littoraux. dubai_wingsuit_flying_trip__7623566780_.jpg Abu Dhabi, juin 2023. Des plongeurs sont en train de « repeupler » un récif coralien grâce à des « carreaux » de corail imprimés en 3D. Six ans après l’été meurtrier de 2017 au cours duquel ces Émirats ont perdu 70% de ses coraux, la prouesse technologique laisse rêveur. « Nous collaborons avec de nombreuses entreprises pour déployer un vaste réseau de carreaux coraliens, maximisant nos efforts collectifs pour restaurer les populations de coraux dans la région, explique Mayez Kabbara, directeur marketing d’Archireef. Notre solution est extrêmement prometteuse pour cette région. » Mais voilà, ce type de communication corporate ne réglera malheureusement aucun des vrais problèmes.

Dubaï ou la folie des grandeurs

La machine du réchauffement climatique, elle, est bel et bien lancée, à commencer par la hausse de température des océans qui « cuit » les coraux et les blanchissent. Mais elle n’est pas la seule en cause. Les désastres écologiques sur les littéraux ont aussi une origine bien humaine : ces trente dernières années, des kilomètres carrés de remblais ont permis aux promoteurs immobiliers de gagner en superficie pour construire de nouveaux complexes, en grignotant les littoraux. Au détriment de la faune et de la flore sous-marines, malgré la profession de foi de la municipalité de Dubaï. Tout le monde a en tête les îles artificielles au large de Dubaï, comme celles en forme de palmier ou de planisphère. Dans son documentaire Home (2009), le photographe écolo Yann Arthus-Bertrand décrivait ainsi Dubaï : « C’est un pays où l’impossible devient possible, comme de dessiner des îles sur la mer. Avec l’argent du pétrole, elle peut faire venir des millions de tonnes de matériaux. Dubaï est le totem d’une modernité totale devant lequel la Terre entière ne cesse de s’étonner. Dubaï est comme le nouveau phare de tout l’argent du monde. Rien ne semble plus éloigné de la Nature que Dubaï, alors que rien ne dépend plus de la Nature que Dubaï. » Car avec la montée des eaux, ce petit paradis artificiel se retrouvera recouvert par les flots quand la hausse de température globale excèdera les 3ºC. Seules les dizaines de milliards de dollars engloutis dans les projets immobiliers des Émirats ont autorisé cette folie des grandeurs. Mais il n’y a pas que les recettes des hydrocarbures d’Abu Dhabi – Dubaï ne dispose pas de ressources directes – qui expliquent l’appétit des promoteurs pour quelques kilomètres carrés supplémentaires gagnés sur la mer : cet appétit est là pour répondre à une demande très forte, comme l’a montré l’enquête intitulée Dubai Uncovered parue en 2022. En quelques années, Dubaï est surtout devenue la place forte de la spéculation immobilière pour blanchir l’argent sale. « L’attractivité immobilière de Dubaï repose sur des constructions luxueuses et spectaculaires comme l’île artificielle en forme de palmier, Palm Jumeirah, qui abrite le plus grand parc aquatique du Moyen-Orient au côté d’hôtels et des résidences de luxe, écrit Anne-Catherine Husson Traoré, directrice générale de Novethic. L’un des responsables russes de haut rang, Alexandre Borodaï, ciblé par les sanctions internationales, y a par exemple un très grand appartement dans une résidence qui dispose de piscines, de restaurants, d’un héliport et d’un service de sécurité actif 24h sur 24. Dubaï ferme les yeux sur la provenance des fortunes qui investit sur son territoire car c’est un pur paradis fiscal, c’est-à-dire qu’il n’a pas plus d’impôt sur le revenu que d’impôt sur le capital ou sur les sociétés. » Mais les Émirats arabes unis ne sont pas le seul État dans ce cas.

Les Maldives, l’autre paradis promis à couler

Ses images de carte postale, ses bungalows sur pilotis et ses lagons turquoise… Situé en plein milieu de l’océan Indien, cet archipel regroupant 1192 petites îles fait partie de la liste grise des paradis fiscaux publiée par l’Union européenne en 2021. Il vient aussi de faire la Une des journaux pour son projet d’île flottante située à quinze minutes en bateau de la capitale, Malé. La communication est habile : les travaux devraient être achevés d’ici 2028 au centre d’un lagon de 200 hectares et promettent 5000 logements, des restaurants, des hôtels, des entreprises et des écoles. « Les promoteurs souhaitent faire émerger une véritable ‘communauté’ sur cette île flottante qu’ils envisagent résiliente et écologique, écrit L’Usine nouvelle. Ce projet pourrait être une partie de la solution, que le gouvernement a choisi de financer au côté de deux acteurs néerlandais (Waterstudio et Dutch Docklands). » L’expérience vaut certainement le coup d’être tentée. Il faut dire que les Maldives sont très conscientes de la menace qui plane sur elles : avec 80% de son territoire à moins d’un mètre au-dessus du niveau de la mer, cet État est quasiment condamné à disparaître. Mais la réalité, ici comme à Dubaï, ce sont les innombrables projets immobiliers en cours de construction sur les remblais, au détriment des récifs coraliens. « Le remblayage est devenu la norme en l’espace d’une décennie, déplore Ibrahim Mohamed, consultant en environnement. Les deux tiers des îles habitées ont été agrandies, et des dizaines d’îles artificielles ont été créées. Ces grands travaux sont présentés comme l’unique option en matière de développement et d’adaptation face à la montée du niveau de la mer. » Résultat, en 20 ans, ces travaux ont fait disparaître la biodiversité locale. Le pire exemple est celui du complexe Hulhumalé Phase 2, dénoncé par tous les environnementalistes. « Notre économie entière dépend de la santé du système des récifs coralliens et des écosystèmes aquatiques », remarque pourtant Shafiya Naeem, directrice générale de l’institut de recherches marines des Maldives. Une sorte de suicide à petit feu pour l’archipel.

Monaco, principes aux orties

Plus proche de nous, la principauté de Monaco ne présente pas un bilan plus reluisant. Comme à Dubaï ou aux Maldives, les discours pro-environnementaux et la communication officielle ne résistent pas à la réalité du terrain. Ici, il ne s’agit de l’océan Indien ou de la mer d’Oman, mais de la Méditerranée. En 2015, la principauté a signé pour l’extension de 6 hectares sur la mer. Entamés en 2019, les travaux situés entre deux réserves marines protégées devraient s’achever en 2025. Avec, pour les promoteurs, un véritable pactole à la clé : cinq immeubles et quatorze villas de luxe XXL au tarif astronomique. La note d’intention des promoteurs et du constructeur assure que « la priorité est de protéger la faune et la flore » et que le « chantier aura à l’impact limité ». En somme, un « site pensé pour la mer », dans la ligne droite de la communication du Rocher qui présente Monaco comme une « cité durable ». Mais la technique utilisée – celle du recouvrement des fonds marins à 50m de profondeur par des caissons de béton de 25m de haut – laisse perplexes les défenseurs de l’environnement. « Les fonds sont très vite très profonds, explique le Pr. Alexandre Meinesz, biologiste et spécialiste de la Méditerranée. Il y a là une petite bordure près du littoral que l’on appelle les petits fonds marins : il s’agit d’une véritable nurserie avec 500 espèces d’algues et des milliers d’organismes marins et des petits poissons… plus loin les fonds sont très importants. En recouvrant ces petits fonds, on va réduire la biodiversité. Ce ne sont pas les travaux qui sont les plus dangereux. Les travaux et les pollutions n’ont qu’un impact temporaire, ce n’est rien à côté de cette destruction par recouvrement. Cet ouvrage va amplifier cette destruction irréversible. Monaco a déjà détruit, avec neuf ouvrages par recouvrement, 81% des petits fonds marins entre 0 et 10 mètres et 60% entre 10 et 20 mètres. » Monaco, Maldives, Dubaï… ces grands projets immobiliers ont tous un point commun : beaucoup de communication autour d’un impact environnemental supposément limité, et pourtant, des catastrophes pour les écosystèmes marins. Et ça, tous les millions de dollars du monde ne pourront le cacher très longtemps… Hubert Delanoe

 

Agriculture : pourquoi la bio marque-t-elle le pas en France ?

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La France a longtemps été la championne européenne de l’agriculture bio. Une agriculture axée sur « le respect de l’environnement et de la protection du climat, de la biodiversité, de la santé humaine et du bien-être animal », selon la réglementation européenne de 1991. Des pratiques en phase avec les impératifs de la transition écologique. C’est pourquoi le pacte vert européen a fixé un objectif de 25 % de surface en bio à l’horizon 2030. En 2021, la France occupait 10 % de sa surface agricole en bio. Mais les difficultés se multiplient ces dernières années et le secteur montre des signes de faiblesse. Jungle des labels, inflation, soutien public en retard : Stéphane Bellon de l’Inrae décrypte les racines de cette crise de la bio dans notre pays.

Dans un monde divisé et dangereux, les bienfaits du yoga sont précieux selon l’ONU

Célébrant l’union du corps, de l’esprit et de l’âme, des centaines d’amateurs de yoga, y compris des fonctionnaires et des membres du personnel de l’ONU, ont rempli la vaste pelouse du Siège de l’ONU à New York, mercredi, pour marquer la neuvième édition de la Journée internationale du yoga, célébrée chaque année le 21 juin.

Climat : le casse-tête de la « stratégie nationale bas carbone »

Fin mai, Élisabeth Borne annonçait que la « stratégie nationale bas carbone » (SNBC), la feuille de route fixant les trajectoires d’émission du pays d’ici 2050, était en cours de révision. La « SNBC-3 » doit désormais s’aligner sur nos engagements européens : en décembre 2020, l’Union européenne (UE) avait porté son objectif de réduction d’émission de gaz à effet de serre à 55 % entre 1990 et 2030, contre 40 % antérieurement. Une sacrée marche d’escalier à franchir en 7 ans seulement puisqu’il faut multiplier par trois le rythme de baisse des émissions de l’ensemble des gaz à effet de serre, transports internationaux inclus. Un objectif qui doit être atteint sans utiliser les crédits carbone internationaux. La contrainte porte donc sur les émissions brutes qui doivent être réduites et sur la capacité d’absorption du carbone atmosphérique qui doit être renforcée. Explications de Christian de Perthuis – Université Paris Dauphine – PSL

Adaptation aux changements climatiques : quels outils pour se projeter ?

Cette note rédigée par Guillaume Simonet, Expert associé du Programme adaptation aux changements climatiques au Comité 21, a été nourrie de deux webinaires : un débat sur les outils d’opérationnalisation de l’adaptation pour les territoires et organisations, et des scénarios climatiques en mars et avril 2023.

Le dessalement des eaux, quand l’utiliser et à quel prix ?

L’addition risque d’être salée ! Le bleu de notre planète peut s’avérer trompeur… Oui, l’eau est là presque partout sur Terre, mais seule une petite fraction est douce. Présente dans les océans, mers, glaciers ou nappes souterraines, l’eau est en effet à plus de 97% salée. Et sur ces 3% d’eau douce, seule une part infime nous est accessible. Face à la multiplicité des usages de cette ressource vitale et aux besoins accrus dans le contexte du réchauffement global, les initiatives pour tenter d’accroître sa disponibilité se multiplient. Il y a la réutilisation des eaux usées traitées, longtemps discrète en France, mais qui suscite depuis l’été 2022 un intérêt grandissant. Une autre piste concerne le dessalement. Une solution qui peut sembler évidente compte tenu de l’immensité des réserves d’eau salée. Corinne Cabassud (INSA Toulouse) nous explique en détail comment on dessale l’eau et revient sur le coût énergétique, très lourd, de ce processus.

Écoconception : nouvelles règles de l’UE pour que les produits durables deviennent la norme

  • L’objectif est de faire en sorte que les produits soient plus durables et faciles à réparer, à améliorer et à recycler
  • Interdiction de détruire les textiles et les appareils électroniques invendus
  • La Commission doit donner la priorité aux exigences en matière d’écoconception, par exemple pour l’acier, les textiles, les meubles, les pneumatiques et les produits chimiques
La commission de l’environnement a présenté ses propositions pour rendre les produits européens plus respectueux de l’environnement, plus durables et plus économes en énergie. Jeudi, la commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire (ENVI) a adopté sa position sur la révision du cadre européen pour fixer des exigences en matières d’écoconception applicables aux produits durables par 68 voix pour, 12 contre et 8 abstentions.

Des produits plus durables et des consommateurs mieux informés

Le rapport interdit l’obsolescence programmée, ce qui signifie que les fabricants ne doivent pas limiter la durée de vie d’un produit par des caractéristiques de conception et doivent mettre à disposition des mises à jour des logiciels, des consommables, des pièces de rechange et des accessoires pendant une durée appropriée. Les produits devraient également être faciles à réparer et les consommateurs devraient avoir accès à des instructions en matière de réparation. Les produits ne peuvent être vendus que s’ils sont accompagnés d’un « passeport produit », contenant des informations exactes et à jour. Ce passeport permettrait aux consommateurs et aux entreprises de faire des choix éclairés lors de l’achat de produits, de faciliter les réparations et le recyclage et d’accroître la transparence sur l’impact environnemental de ce qu’ils achètent. Les députés souhaitent que les consommateurs puissent comparer les passeports de produits via une plateforme en ligne.

Interdiction de détruire les invendus

Les opérateurs économiques qui détruisent des marchandises invendues devront déclarer le nombre annuel et le pourcentage de produits qu’ils ont rejetés, ainsi que les raisons. Sur la base de ces informations, les députés souhaitent que la Commission identifie les produits pour lesquels une interdiction de destruction devrait être introduite. En outre, le rapport demande une interdiction spécifique de la destruction des textiles et chaussures invendus, ainsi que des équipements électriques et électroniques, un an après l’entrée en vigueur de la loi.

Produits prioritaires

Les députés souhaitent que la Commission donne la priorité à un certain nombre de groupes de produits dans son premier plan de travail qui sera adopté dans les trois mois suivant l’entrée en vigueur des nouvelles règles. Ces produits prioritaires incluent le fer, l’acier, l’aluminium, les textiles (notamment les vêtements et les chaussures), les meubles, les pneus, les détergents, les peintures, les lubrifiants et les produits chimiques. RÈGLEMENT DU PARLEMENT EUROPÉEN ET DU CONSEIL établissant un cadre pour la fixation d’exigences en matière d’écoconception applicables aux produits durables
La rapporteure Alessandra Moretti (S&D, Italie) a déclaré: « Il est temps de mettre fin au modèle consistant à « prendre, fabriquer, jeter », si néfaste pour notre planète, notre santé et notre économie. Cette loi garantira que les nouveaux produits sont conçus de manière à apporter des avantages à tous, à respecter les limites de notre planète et à protéger l’environnement. Les produits durables deviendront la norme, ce qui permettra aux consommateurs d’économiser de l’énergie, de réparer et de faire des choix environnementaux intelligents lorsqu’ils font leurs achats, et, en fin de compte, d’économiser de l’argent« .
Prochaines étapes : Le rapport devrait être adopté lors de la session plénière de juillet 2023 et constituera la position de négociation du Parlement avec les gouvernements de l’UE sur la forme finale de la législation.

Contexte

Le 30 mars 2022, la Commission a présenté une proposition de règlement visant à établir un cadre général pour la fixation d’exigences en matière d’écoconception pour les produits durables et à abroger les règles actuelles qui se concentrent uniquement sur les produits liés à l’énergie. Les règles révisées s’appliqueront à presque tous les produits du marché intérieur (à l’exception des denrées alimentaires, des aliments pour animaux, des médicaments, des organismes vivants). La proposition fait partie d’un train de mesures sur l’économie circulaire, qui comprend également une stratégie européenne pour des textiles durables et une proposition visant à donner aux consommateurs les moyens d’agir pour la transition écologique. Annexes au RÈGLEMENT DU PARLEMENT EUROPÉEN ET DU CONSEIL établissant un cadre pour la fixation d’exigences en matière d’écoconception applicables aux produits durables

En savoir plus

 

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Adopter une vision européenne commune sur les réformes de l’architecture financière internationale pour le développement durable

Cette Note relate les échanges qui se sont tenus lors d’une table ronde organisée en mars 2023 par l’European Think Tanks Group (ETTG, réseau auquel appartient l’Iddri) sur le rôle de l’Europe dans la réforme de l’architecture financière internationale pour le développement durable. Quelles priorités sont en jeu et quelles actions sont possibles pour que l’Europe puisse pleinement peser sur les réformes en faisant valoir ses propres idées et en nouant des alliances progressistes avec des États tiers ? pour_le_site_11_.png

Extrait

Le contexte européen révèle que le type de réformes actuelles des banques multilatérales de développement et de l’architecture financière internationale pour le développement durable est en fait débattu depuis longtemps sous diverses formes et dans plusieurs forums. Cependant, en 2023, une véritable tribune permet d’aborder ces questions urgentes et de concrétiser un ambitieux programme de réformes. L’Europe a donc un rôle central à jouer pour atteindre cet objectif. Les parties concernées sont déjà d’accord sur un certain nombre de questions et il y aura de nombreuses occasions de les approfondir tout au long de l’année. Si une coalition européenne de « champions » pouvait émerger de ce processus pour appliquer concrètement et dans les plus brefs délais certaines des actions proposées et construire des alliances progressistes avec des pays du Sud, cela permettrait vraiment à l’Europe de rétablir la confiance et de retrouver sa crédibilité auprès de ses partenaires du monde entier. Adopter une vision européenne commune sur les réformes de l’architecture financière internationale pour le développement durable

CONCLUSION

Le contexte européen révèle que le type de réformes actuelles des BMD et de l’architecture financière internationale pour le développement durable est en fait débattu depuis longtemps sous diverses formes et dans plusieurs forums. Cependant, 2023 constitue une opportunité pour aborder ces questions urgentes et concrétiser un ambitieux programme de réformes. L’Europe a donc un rôle central à jouer pour atteindre cet objectif. Les parties concernées sont déjà d’accord sur un certain nombre de questions et il y aura de nombreuses occasions de les appro- fondir tout au long de l’année. Si une coalition européenne de « champions » pouvait émerger de ce processus pour appliquer concrètement et dans les plus brefs délais certaines des actions proposées et construire des alliances progressistes avec des pays du Sud, cela permettrait vraiment à l’Europe de rétablir la confiance et de retrouver sa crédibilité auprès de ses partenaires du monde entier.
Une note de Élise Dufief (Iddri), Danièle Fattibene (ETTG), Niels Keijzer (IDOS), San Bilal (ECDPM) et Frédérique Dahan (ODI)

Sommet pour un nouveau pacte financier mondial : quelles conditions de succès ?

Financement%20monde.png?itok=E8MVXcJf Les 22 et 23 juin prochains, Paris accueillera le Sommet pour un nouveau pacte financier mondial, sous l’égide du Président Emmanuel Macron, de la présidence indienne du G20, et de la Première ministre de la Barbade Mia Mottley. L’objectif annoncé est de jeter les bases d’un nouveau système pour relever les défis mondiaux communs, en particulier la lutte contre les inégalités, le changement climatique et la protection de la biodiversité, de définir les principes des réformes à venir et de fixer une trajectoire vers un partenariat financier plus équilibré entre le Sud et le Nord. Dans un contexte multilatéral crispé et de crises environnementales aiguës, qu’attendre d’un sommet à la fois nécessaire et sous tension ?

Un système défaillant, des enjeux cruciaux

Si les ambitions affichées pour ce sommet sont aussi fortes, c’est que les attentes sont importantes. Comme le rappellent les Nations unies , le constat de l’incapacité de l’architecture internationale actuelle à remplir ses missions essentielles et à soutenir un financement stable à long terme en faveur des Objectifs de développement durable est largement partagé. Les retards pris dans la mise en œuvre de l’Accord de Paris et de l’Agenda 2030 apparaissent de plus en plus dûs à des besoins de financement non couverts, notamment en raison de l’incapacité de l’architecture financière internationale à canaliser les ressources à l’échelle et à la vitesse nécessaires vers les économies les plus vulnérables du monde. Pour le secrétariat général des Nations unies, cet échec constitue une menace croissante et systémique pour le système multilatéral lui-même, car il entraîne une aggravation des disparités, de la fragmentation géoéconomique et des fractures géopolitiques à travers le monde. Début 2023, 52 pays en développement à revenu faible ou intermédiaire, représentant plus de 40 % de la population la plus pauvre du monde, étaient soit en situation de surendettement, soit exposées à un risque élevé de surendettement ; parmi eux, 25 ont des remboursements du service de la dette extérieure supérieurs à 20 % de leurs recettes totales[[PNUD, 2023.]]. Les coûts d’emprunt sont ainsi plus élevés pour les pays en développement sur les marchés financiers, surtout en tenant compte du risque de défaillance et de la volatilité des marchés, et de nombreux gouvernements endettés sont incapables d’investir suffisamment dans la réalisation des droits fondamentaux en matière de santé, d’éducation et de protection sociale. L’accès des pays aux liquidités en temps de crise varie considérablement, et seule une petite partie des droits de tirage spéciaux (DTS) est allouée aux pays en développement : le continent africain, qui abrite 1,4 milliard de personnes et plus de 60 % de l’extrême pauvreté dans le monde, n’a ainsi reçu que 5,2 % de la dernière émission de DTS. De fait, les pays à faible revenu réclament de plus en plus de progrès sur des questions telles que l’allègement de la dette, et dénoncent l’incapacité des pays riches à respecter les engagements mondiaux existants, comme celui de contribuer à hauteur de 100 milliards de dollars de financement climatique chaque année. Aujourd’hui, les flux de financement de la lutte contre le changement climatique n’atteignent pas les pays qui en ont le plus besoin, mais sont orientés là où il est le plus rentable . Au résultat, l’endettement des pays les plus pauvres ne fait qu’augmenter, et les rend encore plus vulnérables à la prochaine catastrophe. capture_d_e_cran_2023-06-16_a_17.03_39.png

Une nouvelle méthode, une nouvelle approche

Le défi pour le sommet de juin n’est donc ni plus ni moins que de reconstruire la confiance dans le système international et de déterminer des règles du jeu équitables et plus favorables aux pays en développement pour répondre aux enjeux de développement, de lutte contre le changement climatique et de protection de la biodiversité. Des discussions sont ainsi nécessaires à la fois sur la réforme des institutions issues de Bretton Woods qui ne peut plus être incrémentale, et sur ce qui dysfonctionne dans le système financier international et ses règles ; le tout en privilégiant un ancrage renforcé dans la réalité et les besoins des pays. Pour être efficace, la réforme du système financier doit mieux appuyer les dynamiques nationales existantes afin de mieux identifier les besoins et de contribuer à une approche cohérente permettant de trouver les solutions au niveau national, qui s’inscrivent dans des trajectoires de développement durable sur le long terme.
The 2022 Bridgetown Initiative
The 2022 Bridgetown Initiative
Un sommet ne peut seul répondre à ces différents défis, mais il doit pouvoir faire la démonstration d’un constat partagé et d’une volonté politique au plus haut niveau de trouver les solutions effectives aux problèmes identifiés. Le sentiment d’une conversation dispersée entre plusieurs espaces différents, et au sein de laquelle les pays les plus vulnérables estiment n’avoir que peu de voix, devra d’abord être dissipé. Et l’espace des solutions devra être plus ouvert aux innovations, trop souvent jugées irréalistes, tant économiquement que juridiquement, techniquement ou encore politiquement. Ces options, proposées notamment par la société civile, les Nations unies ou l’agenda de Bridgetown, doivent pourtant être analysées et débattues, en traitant les points clés qui empêchent une réforme réussie de l’architecture financière multilatérale :
  • l’échelle : répondre aux enjeux de développement, climatiques et environnementaux avant la fin de cette décennie nécessite un afflux massif de capitaux au-delà de ce que les pays peuvent mobiliser aujourd’hui. Au-delà du slogan, « passer de milliards à des milliers de milliards » nécessite un changement d’approche pour atteindre l’échelle ;
  • l’innovation : des approches et des instruments innovants sont nécessaires pour atteindre cette échelle, inaccessible dans le cadre de la structure actuelle.
  • le changement systémique : seule une approche radicale et globale peut permettre d’atteindre l’échelle et l’innovation nécessaires.
Our Common Agenda Policy Brief 6 – Reforms to the International Financial Architecture

Quels résultats possibles pour le sommet ?

Certaines limites et imperfections peuvent être corrigées dès cette année et dans les années à venir, malgré le manque de confiance dans le système. Parmi les possibles résultats du sommet pourraient être annoncés un cadre pour la suspension des remboursements de la dette pour les pays frappés par des catastrophes naturelles (voire les pandémies), un état des lieux de la façon dont les pays développés pourraient réacheminer leur allocation de droits de tirage spéciaux du FMI, de nouvelles voies pour réacheminer les DTS, et la présentation et éventuellement l’annonce de nouveaux partenariats pour une transition énergétique juste. Mais des changements progressifs, s’ils sont utiles, ne suffiront pas pour les pays qui en ont le plus besoin, ni pour rétablir la confiance entre les pays du Sud et les pays déjà industrialisés. Le chantier étant immense, le Sommet pour un nouveau pacte financier mondial n’est pas une fin en soi, mais doit contribuer à renforcer une dynamique politique sur un triple horizon temporel : (1) conforter lors du sommet un cadre politique et des coalitions pour le mettre en œuvre et des premières actions concrètes, (2) poser les bases pour des décisions plus difficiles en 2023 et 2024 dans le cadre du G20 en s’appuyant sur le leadership des présidences actuelle du G20 (Inde) et à venir (Brésil), (3) à l’horizon 2030 environ, ouvrir des discussions encore plus difficiles politiquement sur des mécanismes financiers internationaux (comme la création d’un nouveau mécanisme soutenu par des DTS pour accélérer les investissements dans la transition vers une économie sobre en carbone et la résilience) ou la mise à jour des règles du système financier pour mieux assurer la stabilité et la durabilité. Ces discussions sont indispensables pour jeter les bases d’un nouveau système capable de relever les défis communs. android-icon-192x192.png

 

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Le Secrétaire général des Nations Unies appelle à l’élimination des combustibles fossiles afin d’éviter une « catastrophe climatique »

Les pays doivent éliminer progressivement le charbon et les autres combustibles fossiles pour éviter une « catastrophe » climatique, a averti le Secrétaire général de l’ONU, jeudi à New York.
Les combustibles fossiles comme le charbon contribuent au changement climatique.
Les combustibles fossiles comme le charbon contribuent au changement climatique.
« Nous nous précipitons vers la catastrophe, les yeux grands ouverts », a fustigé António Guterres lors d’une conférence de presse au Siège de l’ONU à l’issue d’une réunion avec les leaders de la société civile en matière de climat venus du monde entier.
« Il est temps de se réveiller et d’agir », a dit M. Guterres.

Une catastrophe se profile à l’horizon

Les politiques actuelles conduisent à une augmentation de la température de 2,8 degrés. Il est encore possible de la limiter à 1,5 degré Celsius.

Le chef de l’ONU a affirmé qu’il était encore possible de limiter l’augmentation de la température mondiale à 1,5 degré Celsius, mais que cela nécessiterait une réduction de 45 % des émissions de carbone d’ici à 2030. Toutefois, les politiques actuelles conduisent à une augmentation de la température de 2,8 degrés d’ici la fin du siècle, ce qui « annonce une catastrophe », a souligné M. Guterres. Il a appelé à une action mondiale immédiate en faveur d’émissions nettes zéro « et cela doit commencer par le cœur pollué de la crise climatique : l’industrie des combustibles fossiles ».
« Regardons les choses en face. Le problème ne se limite pas aux émissions des combustibles fossiles. Il s’agit des combustibles fossiles, un point c’est tout », a déclaré le Secrétaire général.

Laisser les combustibles fossiles « là où ils doivent être » dans le sol

Les pays doivent progressivement éliminer les combustibles fossiles, « laisser le pétrole, le charbon et le gaz dans le sol, là où ils doivent être, et stimuler massivement les investissements dans les énergies renouvelables », a-t-il ajouté.
Pour se faire le chef de l’ONU a évoqué plusieurs instruments, dont le Pacte de solidarité climatique à travers lequel les pays riches aideraient les économies émergentes à réduire leurs émissions. Une autre proposition de programme d’accélération appelle les gouvernements à éliminer progressivement le charbon d’ici à 2040, à mettre fin au financement international public et privé du charbon et à transférer les subventions accordées aux combustibles fossiles vers les énergies renouvelables, entre autres mesures. La responsabilité des industries de combustibles fossiles « Mais l’industrie des combustibles fossiles et ceux qui la soutiennent ont une responsabilité particulière », a-t-il déclaré, soulignant leur revenu net faramineux de 4.000 milliards de dollars l’année dernière.
« Pourtant, pour chaque dollar dépensé pour le forage et l’exploration du pétrole et du gaz, seuls quatre cents ont été consacrés aux énergies propres et à la capture du carbone. Échanger l’avenir contre trente pièces d’argent est immoral », a regretté M. Guterres.

Prendre le devant de la transition

M. Guterres a insisté sur le fait que l’industrie des combustibles fossiles devrait utiliser ses ressources massives « pour conduire, et non entraver » la transition mondiale vers les énergies renouvelables. À l’heure actuelle, l’industrie « n’atteint même pas les objectifs très bas de réduction des émissions opérationnelles qu’elle s’est fixée », a déploré le chef de l’ONU. Il a appelé les entreprises de combustibles fossiles à présenter de nouveaux plans de transition crédibles, complets et détaillés qui prévoient la réduction des émissions « en amont et en aval de la chaîne de valeur » – de la production au raffinage, de la distribution et à l’utilisation. Ces plans doivent également fixer des objectifs clairs et à court terme en vue de la transition vers des énergies propres.

Cesser le trafic d’influence visant à freiner le progrès

« Les entreprises du secteur des combustibles fossiles doivent également cesser leur trafic d’influence et leurs menaces juridiques visant à freiner le progrès. Je pense en particulier aux récentes tentatives de subversion des alliances net zéro, en invoquant la législation antitrust », a-t-il déclaré.
« Les gouvernements ont un rôle essentiel à jouer pour rétablir la vérité. Ils doivent apporter leur contribution en rassurant clairement les citoyens. L’action collective en faveur du climat n’enfreint pas les règles antitrust : elle préserve la confiance du public », a-t-il ajouté.

La responsabilité des institutions financières

Les institutions financières doivent cesser d’investir dans le charbon, dans la prospection de nouveaux gisements de pétrole et de gaz et dans l’expansion des réserves de pétrole et de gaz – et investir plutôt dans la transition équitable dans les pays en développement.

Le chef de l’ONU a également demandé aux institutions financières d’élaborer des plans détaillés, en précisant qu’elles devaient encourager la transformation énergétique mondiale. Ces plans devraient inclure une stratégie explicite visant à éliminer progressivement les actifs liés aux combustibles fossiles de leurs portefeuilles afin de garantir l’alignement sur l’objectif de zéro émission nette, et divulguer toutes les activités de lobbying et d’engagement politique.
« Les institutions financières du monde entier doivent cesser de prêter, de souscrire et d’investir dans le charbon, où que ce soit – y compris dans les nouvelles infrastructures, centrales et mines de charbon », a-t-il déclaré.
« Elles doivent également s’engager à cesser de financer et d’investir dans la prospection de nouveaux gisements de pétrole et de gaz et dans l’expansion des réserves de pétrole et de gaz, en investissant plutôt dans la transition équitable dans les pays en développement », a fait valoir le chef de l’ONU.
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Risque de greenwashing de la finance durable : 70% des fonds seraient concernés selon le baromètre Weefin

Les institutions financières font de plus en plus face à une accumulation de critiques : elles sont régulièrement accusées de ne pas suffisamment prendre au sérieux les pratiques ESG et font l’objet d’accusations de greenwashing. Et pour cause : selon le baromètre de la finance durable réalisé par la Fintech à Impact WeeFin sur un panel de 50 fonds, 70% des fonds Article 8 et 9 présentent des problèmes structurels ou un risque élevé de greenwashing. capture_d_e_cran_2023-06-15_a_11.34_45.png WeeFin dévoile aujourd’hui son baromètre de la finance durable, résultat de l’étude des documents de communication ESG d’un panel de 50 fonds Article 8 et 9, et en particulier de l’analyse de leurs annexes précontractuelles SFDR. Une étude minutieuse menée depuis plusieurs mois par leurs équipes pour comprendre les causes de ces accusations et les obstacles auxquels les sociétés de gestion sont confrontées afin de pouvoir les aider à surmonter ces défis et les accompagner à adopter des stratégies plus ambitieuses en matière de durabilité. Deux premières études publiées respectivement en janvier et mars avaient déjà mis en exergue les interprétations et pratiques divergentes des investisseurs face aux consignes des régulateurs, puis les erreurs les plus fréquemment commises au sein des annexes précontractuelles (il en était notamment ressorti que seules 20% des annexes étudiées étaient pleinement conformes aux exigences réglementaires). Les résultats de ce baromètre parlent d’eux-mêmes : bien qu’une proportion d’acteurs du panel ait adopté une approche ESG ambitieuse qui dépasse les exigences réglementaires, la majorité d’entre eux a encore une marge de progression et doit mettre en œuvre de nombreuses mesures pour améliorer ses pratiques.

Synthèse

Ce baromètre de la finance durable établi par WeeFin révèle notamment que :
  • 70% des fonds analysés présentent des problèmes structurels ou un risque élevé de greenwashing ;
  • 62% des fonds à thématique environnementale (Article 8 et 9) n’ont pas de politique d’exclusion stricte des énergies fossiles ;
  • Les petites et grandes sociétés de gestions ont de plus forts risques d’être accusées de greenwashing ;
  • Chez les sociétés de gestion de taille moyenne, il y a une grande disparité : 30% d’entre elles ont des pratiques ESG que l’on pourrait qualifier d’irréprochables quand, 30% également présentent des problèmes structurels ;
  • 28% des fonds Article 8 et 36% des fonds Article 9 labellisés ISR disposent d’une poche d’investissement durable dont la définition ne respecte pas les critères réglementaires ;
  • 28% des fonds Article 8 et 24% des fonds Article 9 ne communiquent pas assez d’information ESG, preuve de la crainte des conséquences réglementaires et réputationnelles en cas d’erreur.

En réalité, quelle est la situation actuelle des pratiques ESG ?
En réalité, quelle est la situation actuelle des pratiques ESG ?
Concrètement, pour arriver à établir ces statistiques, WeeFin a analysé 50 fonds sur la base de critères précis. Chaque fonds s’est vu attribuer une note initiale de 100, à laquelle sont ensuite appliquées des pénalités en cas de constatation de ces critères. Si la note du fonds étudié se rapprochait de 100, son risque d’être accusé de greenwashing était faible. A l’inverse, plus la note s’éloignait de 100, plus le risque d’accusation de greenwashing s’intensifiait. Le plus haut score (97) a été attribué à un fonds Article le 8 généraliste d’une société dites de taille “moyenne”, tandis que le score le plus bas (26) a été attribué à un fonds Climat Article 9 d’une société dites de « grande » taille. Comment l’expliquer ?
Niveau d'ambition ESG et risque de greenwashing
Niveau d’ambition ESG et risque de greenwashing
Afin d’aller au delà de l’aspect quantitatif et pour proposer des solutions d’amélioration concrètes, WeeFin s’est intéressé aux causes entraînant ces risques de greenwashing. Bien qu’ils en existent plusieurs, 3 principales ont été identifiées (ci-dessous, par ordre décroissant) :
  • 1. Un niveau d’ambition ESG trop faible : inadéquation entre les engagements que le fonds est censé prendre en raison de sa labellisation, de sa dénomination durable ou de sa classification SFDR et le niveau d’ambition réel (exemples: absence d’indicateur d’émissions carbone scope 3 en LCA pour les fonds climats, non exclusion du charbon dans les fonds climat ou seuil supérieur à 5%) ;
  • 2. Une communication insuffisante : manque de précisions en matière de pratique et d’engagement en matière de durabilité (exemples: absence de réponse ou réponse hors sujet aux questions de l’annexe précontractuelle, absence d’informations sur ce que contient la poche “Autres”, c’est-à-dire non ESG) ;
  • 3. Communication disproportionnée : déséquilibre entre les déclarations et la réalité des engagements (exemples: longueur excessive de l’annexe précontractuelle alors l’ambition ESG est faible, présence du terme « durable » ou d’un terme thématique de type aqua, biodiversité ou climat dans le nom du fonds).
La crainte du Greenwashing est à la source d’un manque de transparence
La crainte du Greenwashing est à la source d’un manque de transparence
Afin de pouvoir établir un état des lieux des pratiques, WeeFin a analysé 50 fonds sur la base de critères précis. Ainsi, chaque fonds se voit attribué une note initiale de 100, à laquelle sont ensuite appliqués des pénalités en cas de constatation de ces critères. Si la note du fonds étudié se rapproche de 100, son risque d’être accusé de greenwashing est faible. A l’inverse, plus la note s’éloigne de 100, plus le risque d’accusation de greenwashing s’intensifie. Ces manquements découlent d’un manque d’expertise face à la complexité des sujets de durabilité (63% des fonds ayant une poche d’investissement durable n’ont pas de processus clair permettant de définir ce qu’est un investissement durable), à des données incomplètes et à des outils inadaptés. Baromètre de la finance durable
Notre baromètre montre que les institutions financières sont souvent démunies pour mettre en oeuvre leur thèse de durabilité, du fait du nombre et de l’hétérogénéité des enjeux auxquels elles font face, de l’accès aux bonnes données et au manque de temps nécessaire pour les analyser” explique Grégoire Hug, CEO et co-fondateur de WeeFin,Le coeur du problème réside souvent dans le manque de ressources, qui les empêche d’élaborer et de piloter efficacement une stratégie ESG pertinente et avec de l’ambition. C’est pour ces raisons que nous avons créé WeeFin : pour être un catalyseur de la finance durable en aidant les acteurs de la place à déployer le niveau d’exigence attendu”.

A propos de WeeFin

capture_d_e_cran_2023-06-15_a_11.34_56.png WeeFin est une fintech fondée en 2018 afin de démocratiser l’investissement socialement responsable (ISR). Sa plateforme Saas ESG Connect aide les acteurs de l’investissement à se réapproprier leurs stratégie ESG en optimisant le traitement de leurs données extra-financières et le respect de leurs obligations réglementaires. Pour plus d’informations : https://weefin.co/

 

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Du carburant durable pour décarboner le transport aérien ?

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A l’heure où les enjeux de transport aérien responsable sont cruciaux pour les constructeurs aéronautiques et pour les compagnies aériennes, l’Académie des technologies rappelle dans son rapport 2023 comment il sera possible de décarboner rapidement le secteur aérien. Décarboner dans un rapport de 10 à 1 le transport aérien, sans remettre en cause infrastructures aéroportuaires et flottes actuelles et à venir est possible grâce au carburant aviation durable (SAF / Sustainable Aviation Fuel).

Application « QuelProduit » : Un score environnemental fiable grâce au Planet-Score

L’UFC-Que Choisir met à la disposition des utilisateurs la nouvelle version de son application gratuite « QuelProduit » qui leur permet désormais, grâce au Planet-Score, de connaître la valeur environnementale de plus de 135 000 produits alimentaires. L’Association invite les consommateurs à l’utiliser au quotidien pour préserver leur santé et œuvrer par leurs achats à la préservation de l’environnement.

Comment la finance peut-elle contribuer à la décarbonation de nos économies ? Le point de vue de l’expert KEDGE Luis Reyes

Par Luis Reyes
Par Luis Reyes
Green, blue, social, sustainability-linked bonds, prêts à impact positif, labels verdissants, épargne verte… la liste des instruments et outils financiers censés contribuer à la décarbonation de nos économies ne cesse de croitre. La communication (légitime ou pas) sur leurs bienfaits non plus. Un nombre important d’initiatives, de règlementations (notamment dans l’Union Européenne, mais pas que !) et d’engagements ont déjà été entamés et ne cessent d’évoluer. A titre d’exemple, les bons thématiques sont des instruments traditionnels qui permettent de financer des thèmes d’investissement spécifiques en ciblant des Objectifs de Développement Durable. D’autres instruments de dette sont aussi en train d’apparaitre, notamment les prêts à impact positif. Luis Reyes, Directeur du Master of Science en Sustainable Finance de KEDGE Business School propose une explication simplifiée du rôle de la finance dans la transition bas carbone. Lorsqu’il s’agit de financer l’investissement, de quels instruments financiers traditionnels peuvent disposer les entreprises ? Les sociétés non-financières privées, qui fournissent la moitié de la valeur ajoutée annuelle en France, peuvent se financer par des moyens provenant du secteur privé ou bien du secteur public. Les premiers incluent les avoirs sous forme de dépôt, d’émission d’actions ou bien à travers des instruments de dette. Quant aux deuxièmes on distingue deux grands groupes : les titres de créance (qui incluent les obligations) et le crédit. Les entreprises peuvent aussi recevoir des subventions ou des avantages fiscaux qui proviennent du (ou bien sont actés par le) secteur public.

Quels instruments/outils financiers peuvent contribuer à la décarbonation de l’investissement ?

Parmi les moyens provenant du secteur privé, l’émission d’actions (et leur prix) peut être favorisée par la perception des acheteurs, influencés positivement par des campagnes de prestige pour les projets vertueux par exemple ou potentiellement le contraire lorsqu’elles sont calomnieuses pour certains projets moins respectueux des critères Environnementaux, Sociaux, de Gouvernance (ESG). Ces derniers, lorsqu’ils sont issus des agences de notation, peuvent également influencer le coût de la dette, les conditions d’octroi de celle-ci, leur maturité et/ou le montant des intérêts à verser. L’action climatique : un enjeu macroéconomique Avec comme objectif d’avoir une bonne image et de bonnes conditions pour obtenir un crédit, les entreprises font souvent appel à des cabinets d’audit ou de conseil, afin de valoriser les bonnes pratiques existantes et/ou de formuler une stratégie (entre autres de communication) pour mieux se positionner dans leur marché respectif. Une autre possibilité est l’émission d’obligations thématiques, dont les plus célèbres sont les green bonds ou les « prêts à impact positif » qui facilitent le financement des projets dits verts en ciblant soit l’utilisation des fonds, soit en engageant le débiteur à créer un impact grâce au montant emprunté. Mais attention, cela ne concerne pas tous ce qui est appelé « vert » [[Quelques [simulations réalisées pour l’économie française peuvent être trouvés dans l’ouvrage Économie appliquée] ] de Jacques Mazier et Luis Reyes]]. La réglementation, qui repose souvent sur un code éthique et/ou une liste de bonnes/mauvaises pratiques (comme la taxonomie verte, espèce de boussole de la finance durable) est un outil complémentaire qui peut contribuer à aligner les objectifs, les moyens à disposition (ou façons de faire) et les résultats.

Quel est le rôle des autorités économiques dans la décarbonation de l’investissement ?

Les autorités économiques d’un pays sont, de façon simplifiée, la banque centrale et l’administration publique. La première contrôle la circulation d’argent, qui se traduit par des changements dans le taux d’intérêt et la valeur relative de la monnaie nationale vis-à-vis d’autres monnaies, des prix des biens et services, des prix des actifs financiers, et elle joue aussi un rôle majeur dans la réglementation du secteur financier. La seconde joue un rôle clé également, notamment du point de vue budgétaire, fiscal, d’allocation de ressources et aussi règlementaire (surtout) sur le secteur réel. Les finances publiques, menées par ces deux instances, sont certainement un outil puissant pour faire face au défi de la transition climatique[[Certains exemples du second type incluent VW en 2015 ou bien plus récemment ORPEA et TotaEnergies.]]. Quelques questions à se poser à propos de cette dernière ; comment les administrations doivent-elles faire l’allocation de dépenses ? [Bien entendu, les grosses entreprises privées sont concernées puisqu’elles produisent souvent les biens et/ou services demandés par le secteur public]. Qui doit payer la facture : les ménages les plus aisés, les multinationales fortement financiarisées ? Faudra-t-il laisser la porte ouverte à un endettement public plus important ? Si oui, quels sont les montants à mobiliser, comment peuvent-ils être financés et sur combien de temps ? Enfin, quels instruments financiers doivent être favorisés ?
Prêts à impact positif : comment financer le développement durable pour un avenir meilleur ?
Prêts à impact positif : comment financer le développement durable pour un avenir meilleur ?
Puisqu’un émetteur important d’obligations vertes est l’Etat, ce dernier joue aussi un rôle direct (et non pas seulement de par ses activités régaliennes) en tant qu’acteur de la transition bas carbone en dirigeant les flux de capitaux, en tant qu’arbitre des initiatives de décarbonation en cours et en donnant des signaux forts sur comment la transition bas carbone doit (ou devrait) être menée.

En savoir plus sur Luis Reyes :

Luis Reyes est directeur du MSc Sustainable Finance, enseignant chercheur en économie et finance internationale, et co-titulaire de la Chaire LCL Finance à impact. Rattaché au SEEFAR, centre d’expertise à KEDGE Business School, il est titulaire d’un doctorat en modélisation macroéconomique par l’Université Paris 13. Ses recherches portent sur la modélisation stock-flux cohérente, l’inflation, le taux de change et la financiarisation.

A propos de KEDGE Business School

logo-68.png KEDGE Business School est une Ecole de management française de référence présente sur 4 campus en France (Paris, Bordeaux, Marseille et Toulon), 4 à l’international (2 en Chine à Shanghai et Suzhou, et 2 en Afrique à Dakar et Abidjan) et 3 campus associés (Avignon, Bastia et Bayonne). La communauté KEDGE se compose de 15 000 étudiants (dont 23% d’étudiants étrangers), 200 professeurs permanents (dont 50% d’internationaux), 300 partenaires académiques internationaux et 80 000 diplômés à travers le monde. KEDGE propose une offre de 38 formations en management et en design pour étudiants et professionnels, et déploie des formations sur-mesure pour les entreprises au niveau national et international. Depuis 2020, KEDGE a créé son propre Centre de Formation des Apprentis. Membre de la Conférence des Grandes Ecoles et accréditée AACSB, EQUIS et AMBA, labellisée EESPIG et certifiée Qualiopi, KEDGE Business School est une institution reconnue par l’Etat français, avec des programmes visés. KEDGE est classée par le Financial Times 39ème meilleure Business School en Europe en 2022 et 42ème mondiale pour son Executive MBA en 2022.
  • https://kedge.edu/

 

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Publicité, communication et transition écologique : comment agir au plan territorial ?

Réguler la publicité et mettre la communication au service des enjeux environnementaux sont deux leviers régulièrement cités pour accélérer la transition écologique. Les collectivités territoriales disposent d’une part des compétences pour réguler la publicité dans l’espace public et pratiquent la communication publique. Elles bénéficient donc de nombreuses opportunités pour faire évoluer les pratiques de communication publique et commerciale dans le sens de la transition écologique. Cette étude fait un état des lieux des leviers dont disposent les communes et intercommunalités pour mettre pleinement la communication, qu’elle soit publique ou commerciale, au service de la transition de leur territoire. Elle a été réalisée en partenariat avec l’ADEME, La Poste, Cap’Com, Intercommunalités de France et France urbaine.

La biodiversité est en déclin en France depuis 10 ans

À l’occasion des dix ans de la mise en ligne des premiers indicateurs, l’Observatoire national de la biodiversité (ONB) retrace les grandes tendances de la biodiversité au niveau national sur la dernière décennie. Quels constats peut-on dresser en 2023 à partir des indicateurs publiés par l’ONB ? Comment la biodiversité et les menaces qui pèsent sur elle ont-elles évolué sur le territoire ?

Un nouveau jour est possible

Les petits exploitants des pays en développement produisent un tiers de la nourriture de la planète. Afin de contrer les effets des changements climatiques sur la sécurité alimentaire et de réduire la pauvreté, le FIDA appelle à investir davantage dans les communautés rurales pour ouvrir la voie d’un monde meilleur. Demain est un nouveau jour. Mais que nous réserve-t-il ? Le Fonds international de développement agricole (FIDA) nous présente un film sur le pouvoir transformateur des investissements en faveur des petits producteurs qui nourrissent la planète, en amont du Sommet de Paris pour un nouveau pacte financier mondial