62 entreprises imaginent, produisent, diffusent et financent les récits avec le mouvement de la Convention des Entreprises pour le Climat (CEC) qui place les entreprises au cœur de la redirection écologique. Leurs dirigeants réalisent un parcours pour repenser leurs modèles d’affaires dans le cadre des limites planétaires et accélérer la bascule culturelle vers l’économie régénérative.
Les entreprises participantes :
Médias : Bayard, Konbini, My Little Paris, So Good, Vert, Voxe
Agences conseil, créa et média : Extrême Agency, Havas Paris, Ipama, La Netscouade, Nikita, Marsatwork, l’agence Mieux, Moonlike, Nouvel Air Studio, Qwamplify, Shortlinks, OMG – Omnicom, Pixelis, Publicis, Syneido, The Good Company, The Oval Office, WPP (BCW, Landor et GroupM)
RP & Influence : Look Sharp, Sœurette Productions
Etudes marketing : Enov
Evénementiel : Auditoire, OorZone
Annonceurs : Bouygues Construction, Club Med, Groupe Bonduelle, Leroy Merlin, Maeva, OnlyLyon
Production de jeux vidéo, production audiovisuelle : La Jolie Prod’, Miam ! Animation, Mobile Film Festival, Netflix, Nightshift, Oble TV, Séquences Clés Production, Ubisoft
Acteurs de l’éducation : AD Education, ESCP Business School, Narrativ
Culture : Le Centre International des Arts en Mouvements, la Cité européenne des scénaristes, Lunii
ESS : Coup de pousse, L’Arbre aux Étoiles, Mom’ârtre, Singa, Voisin Malin
Crédit photo : Naïade Plante
Retour sur la 1ère session de ce parcours, fin avril 2024 à l’Académie du Climat
Cette 1ère session avait pour objectif principal de poser le constat scientifique du dépassement des limites planétaires en lien avec nos modes de vie et les récits qui les façonnent. Il s‘agissait ensuite d’explorer le rôle et le pouvoir des récits dans la bascule culturelle nécessaire à un mode de vie soutenable.
Les 3 piliers pour une entreprise régénérative
Yamina Saheb, enseignante à PSIA et chercheuse à l’OFCE de Sciences Po Paris, autrice du volet III du rapport du GIEC et experte internationale des politiques d’atténuation du changement climatique, a partagé son constat sur l’état du climat à travers un graphe simplifié et humanisé. Elle a insisté sur la nécessité d‘une mobilisation collective pour parvenir à de nouvelles politiques et sur l’importance des mots dans nos récits. C’est d’ailleurs grâce à elle que, pour la première fois en 2022, le mot “sobriété “ est apparu dans le rapport du GIEC. La sobriété (un ensemble de mesures politiques et de pratiques du quotidien permettant d’éviter la demande en énergie, matériaux, sols, eau et toutes ressources naturelles tout en garantissant le bien-être de tous dans le respect des limites planétaires), a-t-elle rappelé, est notre seul scénario de survie possible.
Limites planétaires
Les participants ont assisté une conférence sur le progrès avec l’historien François Jarrige (maître de conférences en histoire contemporaine à l’Université de Bourgogne, auteur de On arrête parfois le progrès). Ils ont aussi écouté le témoignage de la réfugiée syrienne Nadia Al Soleman (Présidente Singa Nantes) interviewée par Hanieh Hadizadeh (Présidente Singa Paris). Ils ont pris connaissance de l’état des écosystèmes avec les chercheurs Judith Pigneur (géologue), Charlène Descollonges (spécialiste des hydrosystèmes), Françoise Gaill (océanographe et biologiste marine), Philippe Grandcolas (biologiste spécialisé en biodiversité) et Alexandre Joly (ingénieur en énergie).
imaginer les futurs possibles et désirables
Les méthodes d’accompagnement et l’expérience tête, cœur, corps vécue par les dirigeants pendant le parcours CEC s’appuient sur des pratiques et méthodologies de référence
Ils ont pris encore davantage conscience de la responsabilité des récits avec David Colon, enseignant et chercheur à Sciences Po (Paris), spécialiste de l’histoire de la propagande des industries polluantes. Ils sont entrés dans les aspects très concrets de leurs métiers en explorant les récits dominants dans la fiction avec Yasmina Auburtin (Imagine 2050), la part du traitement des questions environnementales dans les médias avec Eva Morel (Quota Climat), l’évolution du marché de la communication avec Renaud Fossard (Communication et Démocratie).
Ils ont aussi écouté Florent Souillot (Responsable du numérique des Editions Gallimard – Flammarion, co-fondateur de l’association Lève les Yeux) sur les conséquences de l’usage excessif des écrans sur le développement cognitif. Ils ont enfin voyagé dans l’espace et le temps pour commencer à imaginer les futurs possibles et désirables avec Jean-Pierre Goux (écrivain, mathématicien, ingénieur, auteur notamment de La Révolution Bleue) et Mathieu Baudin (Directeur de L’Institut des Futurs Souhaitables).
Diffusion et démultiplication
Ils ont échangé en petits groupes (camps de base) pour explorer leurs réactions personnelles, intégrer leurs apprentissages, commencer à agir de manière plus consciente et alignée sur les impératifs écologiques et sociaux contemporains.
Les marches à franchir pour un impact “net positif »
Dates et thématiques des sessions 2024 :
2e session (26 et 27 juin) : CHANGER DE CAP. Découvrir les récits nécessaires à un mode de vie soutenable, comprendre l’économie régénérative, projeter le rôle de son organisation dans la transformation de la société.
3e session (17 et 18 septembre) : (RE)LIRE LE MONDE. S’inspirer du vivant et d’autres cultures pour redéfinir notre rapport au monde, découvrir de nouvelles boussoles pour repenser les modèles d’organisation, de gouvernance et de performance.
4e session (5 et 6 novembre) : EXPÉRIMENTER EN COOPÉRATION. Découvrir la force mobilisatrice d’un travail en écosystème, l’émergence de nouveaux récits en coopération avec des créatifs et des entreprises alumnis d’autres CEC représentatives de différents secteurs, initier un livrable collectif en coopération.
5e session (17 et 18 décembre) : SE METTRE EN COHÉRENCE. S’inspirer de nouveaux modèles de leadership régénératifs, approfondir sa feuille de route en pensant l’embarquement de ses parties prenantes en particulier internes.
6e session (29 et 30 janvier 2025) : PRENDRE SON ENVOL. S’inspirer des travaux des autres participants, finaliser sa feuille de route, célébrer la fin du parcours, et présenter le travail collectif.
Rapport CEC : Une grande bascule vers l’entreprise régénérative
La transition vers la voiture électrique est l’un des leviers essentiels pour décarboner le secteur des transports à l’horizon 2050. La part de marché des véhicules électriques neufs a déjà atteint 17% en France en 2023 (15% dans l’Union européenne), contre 2% en 2019. Dans la continuité des analyses des effets du plan de relance, France Stratégie examine les dispositifs de soutien au développement des véhicules électriques. Actualisant par ailleurs des travaux publiés en 2022, les co-autrices explorent de manière approfondie les enjeux et les perspectives de transition vers une mobilité durable et son coût, tout en analysant les dispositifs de soutien existants par types de ménages.
Une analyse de l’impact des mesures de soutien sur la progression du marché de la voiture électrique et des effets sur les finances publiques
En France, l’intervention publique pour encourager l’adoption de la motorisation électrique repose principalement sur des subventions – comme la prime à la conversion (PAC) et le bonus écologique – et sur un malus portant sur les émissions de CO2 ou le poids.
D’après les estimations réalisées pour le comité d’évaluation du plan de relance, le bonus-malus expliquerait 40 % de la progression de la part de marché des véhicules électriques de 2019 à 2021, et un tiers de la réduction des émissions des véhicules neufs.
Le coût pour les finances publiques serait de 600 euros par tonne de CO2 évitée, voire 800 euros en tenant compte des pertes de recettes fiscales induites.
Bonus/Malus écologique et prime à la conversion, des dispositifs nécessaires mais pas toujours suffisants
Alors que les ménages représentent moins de la moitié des ventes de véhicules neufs, ils représentent les deux tiers des ventes de véhicules électriques. Mais les ménages modestes ne représentent que 15 % à 20 % des achats éligibles au bonus, malgré un bonus de 7 000 euros depuis 2023, contre 4 000 euros aujourd’hui pour les autres ménages.
Le surcoût à l’investissement entre des citadines électrique et thermique est rentabilisé par des gains à l’usage de trois à six ans pour un ménage modeste éligible au bonus et à la PAC (contre dix ans pour un ménage « supérieur »).
Pourtant, en dépit des aides, l’accès au neuf reste entravé par un investissement initial élevé, particulièrement pour les ménages modestes. C’est pourquoi l’essentiel des transactions de véhicules des ménages se font sur le marché de l’occasion (85 % en 2023), où l’offre en électrique est faible (1,5 % du parc est électrique en 2023).
Un accompagnement à poursuivre en particulier pour les ménages modestes sans alternative à la voiture individuelle
Le leasing social – qui ne requiert pas d’apport initial − est une alternative intéressante pour accélérer le passage à l’électrique ; il a connu un grand succès auprès des ménages modestes, qui en ont davantage bénéficié en six semaines début 2024 (50 000 dossiers) que du bonus écologique en une année (30 000 en 2023). Sous réserve d’une évaluation qui reste à conduire, le leasing social semble une voie à poursuivre tant que le marché de l’occasion électrique n’a pas atteint une taille suffisante.
Pour les ménages intermédiaires et supérieurs, il s’agira de trouver l’équilibre entre hausse du malus pour les véhicules thermiques et baisse du bonus pour l’électrique.
L’intervention publique gagnerait également à cibler des véhicules de taille raisonnable et produits avec de l’énergie décarbonée.Le score environnemental constitue une avancée importante en la matière.
Note d’analyse
La transition vers la voiture électrique est l’un des leviers essentiels pour décarboner le secteur des transports à l’horizon 2050. La part de marché des véhicules électriques neufs a déjà atteint 17 % en France en 2023 (15 % dans l’Union européenne), contre 2 % en 2019.
On peut être végane pour diverses raisons : pour la planète, pour sa santé ou par souci du bien-être animal. Le véganisme peut aussi être mis en avant en lien avec diverses ambitions et par de multiples moyens. Ainsi le véganisme se retrouve-t-il lié au développement de l’IA ou à la vente d’automobiles sans cuir animal. On parlera alors de « veganwashing » lorsque le véganisme est instrumentalisé. C’est l’objet du dernier livre de l’historien Jérôme Segal, qui publie aux éditions Lux « Veganwashing, l’instrumentalisation politique du véganisme ». Il y explique comment les véganes, alors même qu’ils représentent moins de 1 % de la population mondiale, font l’objet d’instrumentalisations politiques ou économiques grandissantes. Morceaux choisis où l’auteur interroge le positionnement des véganes face au développement de produits industriels véganes.
Produits véganes dans un supermarché autrichien. Tischbeinahe, CC BY
Si le capitalisme s’accommode bien du véganisme, c’est parce que celui-ci s’affirme comme un style de vie particulier participant à la construction identitaire et relevant également d’un courant, voire parfois d’une mode. Le véganisme comporte de ce fait une dimension ontologique importante, « végane » est un attribut du sujet, on « est » végane.
Dans un article sur les « opérations de veganwashing » et leur impact sur la lutte pour la cause animale en Italie, le chercheur en sciences politiques Niccolò Bertuzzi explique que le véganisme est historiquement anticapitaliste, mais que cette influence a aujourd’hui tendance à s’estomper pour des raisons pragmatiques :
« Les défenseurs des animaux ont réagi (et réagissent encore) de différentes manières aux opérations de veganwashing lancées de plus en plus fréquemment par les grandes compagnies et, plus généralement, par le capitalisme contemporain. Il est rare qu’ils […] revendiquent la nature historiquement antagoniste et contre-hégémonique du véganisme. Au contraire, la priorité accordée à l’amélioration des conditions de vie des animaux non humains, la considération d’une diminution immédiate du nombre de leurs morts, ou même une plus grande possibilité de choix pour les consommateurs humains, ont incité d’autres acteurs de l’arène à évaluer des positions conciliantes (ou même un soutien explicite) envers des acteurs fortement caractérisés par leur nature capitaliste (hégémonique). »
Lorsqu’on interroge les militants de la cause animale sur leurs positions par rapport aux grandes multinationales qui offrent des gammes de produits véganes, les réactions sont aussi variées qu’instructives.
Jérémy Dubois est cofondateur de Mission Sentience, une association qui sensibilise les jeunes à ce concept, et il anime des formations au militantisme animaliste. Pour lui, toute offre végane est bonne à prendre, car la nourriture a ceci de particulier que sa consommation est limitée par la satiété. « Tout steak végétal acheté est un steak animal en moins, car les gens n’en mangent pas deux en même temps », explique-t-il. Selon cette logique, l’accusation de veganwashing à l’encontre des industries serait un des effets collatéraux d’une action somme toute efficace.
Autrice d’un livre sur les manifestations linguistiques du spécisme, Marie-Claude Marsolier ne s’inquiète pas, elle non plus, de l’augmentation de l’offre en produits véganes proposés par l’industrie alimentaire. Elle y voit même des avantages qui pourraient s’avérer décisifs à long terme :
« Les multinationales de l’industrie de la viande, en développant des gammes de produits véganes, adoptent bien sûr une stratégie de diversification afin d’anticiper le potentiel développement du marché végétalien, donc sans que cela soit vraisemblablement motivé par des considérations éthiques. Cependant, en le faisant, elles apportent, d’une part, leur caution à des produits véganes, toujours suspects d’insuffisance sur le plan gustatif ou nutritionnel, et, d’autre part, elles réduisent le “fossé ontologique” entre produits carnés et végétaux (“D’accord, c’est pas du ‘vrai’ saucisson, mais c’est toujours fabriqué par la société X”). Enfin c’est aussi une assurance que ces compagnies ne lutteront pas activement contre le véganisme puisqu’elles sont à même de profiter d’un changement du marché en sa faveur. »
D’autres se réjouissent des prises de conscience que l’achat de ces produits peut susciter. Responsable de l’antenne française de Generation Vegan, Flavien Bascoul précise par exemple qu’« il ne faut pas s’imaginer que des gens qui se trouveraient conduits vers le véganisme pour des raisons x ou y, ne seraient pas capables d’en venir par la suite à réaliser que l’enjeu vis-à-vis des animaux est fondamental, dans une démarche végane ». De la même façon, Tobias Leenaert affirme que les changements d’avis sur certaines questions morales découlent parfois d’un changement de comportement au lieu de le provoquer :
« L’importance et le poids des arguments moraux en tant que moteur de changement sont relatifs. Nous voulons que les gens deviennent végétaliens parce qu’ils se soucient des animaux, et nous devons élever la conscience morale des gens si nous voulons obtenir un changement durable. Mais cette préoccupation pour les animaux peut résulter d’un changement de comportement pour d’autres raisons. C’est une voie plus indirecte, mais si elle fonctionne, nous devons l’utiliser. »
Le marché des « protéines alternatives » est en plein développement. Shutterstock
Flavien Bascoul, de son côté, propose en outre une expérience de pensée intéressante : « Imaginons le cas inverse : si une grande entreprise qui ne faisait que des produits véganes se mettait demain à diversifier son offre en vendant de la viande. Je ne pense pas que les lobbyistes pro-viande se questionneraient pour savoir si oui ou non ça va dans le sens de leurs intérêts… »
Dans l’ensemble, c’est plutôt le pragmatisme qui l’emporte. Laurent, un militant alsacien engagé dans les actions de terrain, est conscient de la prépondérance du capitalisme dans la société et fait le constat suivant :
« Bien sûr que c’est le capitalisme qui est derrière ces produits, mais je pense qu’il faut utiliser le système tel qu’il est, à notre avantage. Tout ce que ces grands groupes veulent, c’est faire des profits, et le végétal va prendre des parts de marché. Du coup, la part des produits d’origine animale va se réduire, moins d’animaux vont mourir. […] Fin 2021, Danone a décidé de transformer une usine dans le Gers qui utilisait du lait de vache pour en faire une usine de produits alternatifs végétaux, c’est une bonne chose ! Utilisons le capitalisme ! Je respecte les positions anarchistes ou anticapitalistes mais il faut être pragmatique. »
Tom Bry-Chevalier, doctorant de la Chaire Économie du Climat de l’université de Lorraine et spécialiste des viandes alternatives, va dans le même sens et estime que l’offre d’alternatives industrielles à la viande « participe à normaliser la nourriture végétale et à la rendre accessible. Sans être naïf sur les intentions des grandes marques (qui ne font probablement pas ça par pur altruisme), je vois mal comment on peut considérer que cela ne va pas dans le bon sens ».
Dans les sociétés occidentales, le végétarisme et le végétalisme sont essentiellement motivés par des préoccupations de santé ou par des préoccupations relatives au bien-être animal ou à la protection de la nature. Shutterstock, CC BY-SA
Un des premiers militants et penseurs de la cause animale en France a une position plus nuancée à ce sujet, mais souhaite tout de même garder l’anonymat. Selon lui, les alternatives proposées par les grandes compagnies doivent être encouragées, mais elles ne changeront pas grand-chose :
« Je pense qu’il s’agit d’une excellente chose. C’est une façon d’intégrer le véganisme dans une certaine normalité, de le faire sortir de son ghetto végane, et c’est ainsi que la consommation de produits d’origine animale devrait baisser dans les prochaines années. On sait désormais pertinemment que cette consommation ne baissera pas parce que les véganes seront de plus en plus nombreux, mais plutôt parce que le reste de la population mangera de plus en plus de produits végés et véganes, sans cesser pour autant de manger également des produits animaux, mais en quantité progressivement moindre. Le rêve de véganiser le monde en convainquant chaque personne de devenir végane ne se réalisera pas. Pas comme ça, en tout cas. »
La polarisation des véganes de part et d’autre d’un purisme du porte-monnaie (soucieux de ne pas financer telle compagnie en achetant ses saucisses végés, parce qu’elle produit aussi des saucisses de cadavres de cochons) est à mon avis un effet de leur crispation identitaire en tant que véganes ; si on veut réduire l’exploitation animale, alors les saucisses végés (même non véganes) de Herta sont une excellente chose, une bonne nouvelle, et il est logique d’encourager leur vente, si tant est que ce soit nécessaire.
Je pense cependant que ce n’est pas l’augmentation de la consommation de produits végés qui changera les choses pour les animaux, mais bien plus la lutte culturelle et politique pour changer notre rapport aux animaux et les lois qui les concernent – une lutte culturelle et politique un peu freinée par l’engouement pour la stratégie végane, qui a tendance à être hégémonique.
Mathilde Sapin, du collectif Anonymous for the Voiceless qui installe des écrans de télévision dans les rues piétonnes pour montrer des films sur l’exploitation animale, ajoute une dimension comparatiste :
« Je suis pour banaliser l’offre végétale, tout faire pour éviter qu’elle reste marginale […]. C’est une étape nécessaire, mais pas une fin en soi. Végétaliser les supermarchés ne sera pas suffisant sans éthique. Les Allemands, qui sont en avance sur l’offre végétale, consomment à peu près tout autant d’animaux terrestres que les Français chaque année (79 kg par personne) »
De la même façon, comme on l’a vu, malgré sa forte proportion de véganes et l’abondance de son offre végétale [et près de 4 % de sa population qui se déclare végane], Israël a une consommation de viande qui monte à 99 kilos par personne et par an. L’offre végane n’entraîne donc pas forcément une réduction de la souffrance animale.
Cet extrait est issu de « Veganwashing, l’instrumentalisation politique du véganisme », de Jérôme Segal, Lux éditeur, 168 pages. Lux, Fourni par l’auteur
Parmi les personnes interrogées, d’autres encore se demandent si ces gammes véganes des grands groupes ne se vendent pas au détriment de marques 100 % véganes qui, elles, intègrent la cause animale dans leur communication. De plus, on peut penser que les véganes gagneraient tout de même, sur le plan des idées, à dénoncer toutes les compagnies qui participent à l’exploitation animale, y compris celles qui végétalisent leur offre pour verdir leur image. Autrement dit, la question du veganwashing demeure et ne pourra être résolue tant qu’on réduira le véganisme à un simple boycott.
La forêt, qui couvre près d’un tiers du territoire de la France métropolitaine, souffre : des arbres meurent, victimes du réchauffement climatique ou d’attaques de ravageurs (insectes, champignons). Cependant, elle aide à réduire la concentration de CO2 dans l’atmosphère grâce au stockage et à la séquestration du carbone, d’une part, à la substitution des énergies fossiles par l’utilisation du bois pour le chauffage ou la construction, d’autre part. L’ONF, en collaboration avec des partenaires comme l’INRAE, a testé plusieurs solutions pour des forêts plus résilientes.
Les forêts souffrent du changement climatique
L’augmentation de la température à la surface de la terre modifie la répartition des pluies et des vents ce qui entraîne des évènements climatiques extrêmes plus fréquents. Les écosystèmes sont alors menacés et la forêt n’y échappe pas. Températures élevées et manque de pluie assèchent les sols. Les arbres ainsi privés d’eau, souffrent. On parle de stress hydrique et certaines essences voient leur feuillage sécher et tomber plus tôt dans la saison. Les forêts se trouvent alors plus exposées au risque d’incendie et aux attaques de parasites. Certains parasites prolifèrent, et en s’attaquant au tronc, aux feuilles et aux racines, ils peuvent conduire à la mort d’arbres déjà affaiblis par le réchauffement climatique.
Sapins dépérissants, Ventoux
Le manque d’eau, un risque réel pour les arbres.
Quand le besoin en eau de l’arbre est trop élevé par rapport à l’eau disponible dans le sol et que les stomates des feuilles (sortes de «pores» qui permettent les échanges gazeux) ne sont pas totalement fermés, des bulles d’air se forment dans les vaisseaux de l’arbre et empêchent la conduction de l’eau, créant une embolie que l’on appelle cavitation et qui conduit au dépérissement de l’arbre et à terme à sa mort.
Les conséquences :
En 2100, 50% de la forêt basculerait en inconfort climatique si l’on suit la prévision des +4° indiquée par le gouvernement dans sa trajectoire d’adaptation au changement climatique. Ces sécheresses à répétition mettent les arbres dans des états de stress hydrique important. Les sapins et les hêtres rougissent, les épicéas sont attaqués par les scolytes, les châtaigniers par la maladie de l’encre… Même le chêne, pourtant moins sensible aux variations climatiques, est concerné.
Résultat : une « tempête silencieuse »
La mortalité des arbres s’est accélérée dans des proportions sans précédent.
670 000 hectares de forêts sont touchées par des dépérissements dans l’hexagone (dont 300 000 ha de forêts publiques sur les 4,6 millions gérés par l’ONF).
Augmentation du taux de mortalité en 10 ans.
Capacité de séquestration du carbone divisée par 2 en 10 ans.
Les 3 atouts de la forêt et du bois face au changement climatique
Afin d’assurer leur croissance, les arbres absorbent le CO2 présente dans l’atmosphère. En France, 31,2 millions de tonnes de CO2 sont ainsi séquestrées chaque année dans les forêts.
Même coupés, les arbres continuent leur lutte contre le réchauffement climatique. Une partie du CO2 reste stocké dans le bois, un matériau durable. Le bois est aussi le matériau le plus renouvelable. Dans une forêt bien gérée, chaque arbre coupé laisse place à un nouvel arbre.
Le bois, substitué au ciment et à l’acier dans la construction, permet de limiter des rejets de CO2. Pour se chauffer on l’utilise à la place du charbon, du pétrole et du gaz naturel.
Séquestration, Stockage, Substitution, sont les 3 atouts de la forêt et du bois dans la lutte face au réchauffement climatique. On les appelle les 3S. Ils représentent 27% des émissions de CO2 en France.
1 tonne de CO2, c’est ce que peut stocker 1 m3 de produits fabriqués en bois.
Un panel de solutions pour des forêts plus résilientes
Face au changement climatique, on agit en terrain incertain. La meilleure formule est de tester plusieurs solutions. De nombreuses actions ont déjà été mises en place sur le terrain, depuis une dizaine d’années, grâce notamment aux travaux de recherche menés par l’ONF en collaboration avec des partenaires comme l’INRAE. Ces actions vont dans le sens d’une modification progressive un peu partout des forêts en France, avec l’impératif de créer les conditions d’une forêt plus diversifiée et équilibrée face aux enjeux climatiques, environnementaux et sociétaux.
1- Vers une forêt mosaïque
L’ONF a retenu le concept de forêt mosaïque comme fondement de l’adaptation des forêts aux changements climatiques. Le principe est la diversification, c’est-à-dire une forêt offrant un paysage varié, organisé en futaie régulière (arbres sensiblement de même âge au sein d’une même parcelle), irrégulière (arbres de tous âges au sein d’une même parcelle), zone de régénération naturelle, zones de plantations, îlots d’avenir où sont testées des essences nouvelles à caractère plus résistant aux sécheresses, tout en continuant d’y associer des zones en libre évolution (réserves biologiques, îlots de sénescence) nécessaires pour préserver la biodiversité.
2 – Privilégier la régénération naturelle
La régénération naturelle compte encore pour 80% de la régénération de la forêt. Cela signifie que l’ONF cherche en priorité à donner un coup de pouce à la nature. Les forestiers de l’ONF dégagent les jeunes pousses pour permettre leur croissance, tout en laissant se faire la germination naturelle des graines apportées par le vent ou par certains animaux.
Très vieux chêne, réservoir de biodiversité, forêt domaniale de Cadarache
Alors que les dépérissements s’accélèrent, l’ONF fait le choix d’accompagner les dynamiques d’évolution spontanées. Quatre cas de figure sont possibles :
La forêt est jugée apte à résister à l’évolution climatique (50% de la forêt française serait dans ce cas) : l’ONF poursuit sa stratégie « historique » de renouvellement par régénération naturelle. C’est le scénario de reconduction de l’existant.
La forêt en place est jugée vulnérable pour les essences-objectifs, mais d’autres essences présentes s’avèrent nettement mieux adaptées. L’objectif sera alors de favoriser ces dernières pour obtenir un mélange plus résilient. C’est le scénario de recombinaison entre espèces en place, par régénération naturelle.
La forêt en place est jugée vulnérable pour l’ensemble des essences qui la composent. Dans ce cas on ne peut plus se limiter à la seule régénération naturelle. Il faut injecter du « sang neuf » sous forme d’enrichissement par des provenances ou des essences plus résistantes, ayant des gênes issus d’autres essences au tempérament plus méridional. C’est le scénario de transformation sur base d’essences autochtones.
La forêt est située dans un secteur qui pourrait sortir des domaines biogéographiques et bioclimatiques connus de notre pays, pour basculer dans des situations climatiques connues uniquement à l’étranger. Les essences de secours seront donc elles aussi à identifier hors de France. Dans ce cas extrême, minoritaire en surface, l’introduction raisonnée et maitrisée d’espèces exotiques se justifie, sauf à considérer que le maintien d’une forêt à cet endroit n’est plus un objectif. On est là dans le domaine expérimental mené par le service Recherche, Développement et Innovation (RDI) de l’ONF, avec les projets d’îlot d’avenir et les dispositifs expérimentaux de diversification en gestion.
3 – Mettre en œuvre le renouvellement forestier
Le Gouvernement a lancé, à l’automne 2020, un plan de relance doté d’un volet forestier comprenant une mesure dédiée au renouvellement forestier, avec 60 millions d’euros et 10 100 ha pour la forêt domaniale. D’autres aides locales (Région, mécénat, compensation défrichement…) sont venues renforcer le dispositif gouvernemental d’aides au renouvellement forestier.
En Provence – Alpes – Côte d’Azur, cela s’est traduit au total par :
57 forêts publiques concernées 308 000 plants
510 hectares de forêts renouvelées ou enrichies.
Reconstitution d’un peuplement forestier, en forêt domaniale du Toulourenc (massif forestier du Mont-Ventoux), avec le soutien du plan de relance.
Dans le cadre du plan d’investissement France 2030, 500 millions d’euros ont été attribués aux forêts françaises qui s’ajoutent aux 300 millions d’euros déjà déployés en 2021 dans le cadre du Plan de Relance pour rendre la filière forêt-bois plus résiliente.
4 – Diversifier les ressources génétiques forestières
Verger conservatoire de pins de Salzmann
Pour réussir l’adaptation au changement climatique, même si la régénération naturelle reste privilégiée, il faudra recourir plus que par le passé à la plantation ou à l’enrichissement. Ceci nécessite de disposer de ressources génétiques adaptées. Pour cela, plusieurs leviers doivent être mobilisés :
les vergers à graines,
la valorisation des ressources génétiques forestières via les conservatoires et banques de graines méridionales ou rares,
la mise en place de dispositifs expérimentaux.
Ces dispositifs sont pilotés par le département Recherche, Développement et Innovation (RDI) de l’ONF qui réunit 70 chercheurs mobilisés aux côtés des forestiers.
En créant en pleine forêt des « îlots d’avenir », l’ONF cherche à connaitre les essences d’arbres qui, demain, sauront résister aux climats plus chauds et secs. Ce dispositif, unique en France, permettra de démultiplier les résultats des expérimentations et de tester de nouvelles essences et provenances d’arbres afin de sélectionner les plus adaptées. Un véritable laboratoire pour les chercheurs de l’ONF.
424 îlots d’avenir ont déjà été implantés en France dont 24 en région Provence-Alpes-Côte d’Azur, dans 6 forêts domaniales, totalisant 8 250 plants de 6 essences (sapin de Céphalonie, calocèdre, cèdre de l’Atlas, pin noir de Salzmann, sapin de Douglas, pin blanc de Bosnie).
Dispositifs expérimentaux réalisés en pépinière @Léa Penades
La forêt refuge pour la faune sauvage
Plusieurs inventaires ont permis t’attester la présence d’espèces remarquables.
Les oiseaux : plus de 150 espèces dont certaines vulnérables comme le Grand Duc d’Europe, la Chevêche, le Butor étoilé, le Crabier chevelu…
Les chiroptères (chauve-souris) : 11 espèces inventoriées, dont les plus intéressantes : la Barbastelle d’Europe, Le Noctule de Leisler, la Pipistrelle commune et soprane, le Molosse de Cestoni, le Petit rhinolophe…
Les insectes : de nombreux coléoptères saproxyliques sont des bio-indicateurs qui attestent de la qualité écologique des forêts comme la Lucane cerf-volant, le Grand Capricorne, le Taupin… Deux espèces très rares, le Pique-Prune et le Bupreste du chêne, inféodés aux troncs et cavités des vieux arbres feuillus.
Animaux de la forêt : les merveilles de la nature à découvrir absolument !
La forêt domaniale abrite aussi des espèces plus communes :
des grands mammifères : renard, blaireau, sanglier, chevreuil et des espèces introduites (mouflon de Corse et cerf Sika),
des petits mammifères : fouine, lièvre et lapin,
des oiseaux chassables : bécasse, grive, pigeon et perdrix rouge.
La thermoélectricité détrônera-t-elle le photovoltaïque ? Présentée comme une percée dans le domaine de l’énergie durable, cette technologie de pointe, qui recycle la chaleur résiduelle — habituellement perdue — pour alimenter notre avenir, est issue d’un partenariat franco-polonais. Serons-nous bientôt capables d’utiliser l’énergie électrique issue du recyclage ?
Mise en œuvre du pacte vert pour l’Europe : Rendre notre système énergétique propre
Ces dernières années, l’importance de passer aux sources d’énergie renouvelables est de plus en plus soulignée. Les instituts de recherche français, utilisant des technologies développées en Pologne, pourraient jouer un rôle clé dans la transformation énergétique vers un avenir vert.
Pour l’un c’est un déchet, pour l’autre un trésor
Ce vieux dicton illustre parfaitement l’idée de l’économie circulaire, qui vise à réutiliser ce qui devient actuellement un déchet. L’énergie traditionnelle n’utilise qu’environ 40% de l’énergie provenant du charbon et d’autres combustibles fossiles. Le reste, soit plus de la moitié, se disperse sous forme de chaleur résiduelle. Cette chaleur résiduelle pourrait être une source d’énergie gratuite, tout comme le vent ou le soleil.
Il est beaucoup moins coûteux d’utiliser l’énergie générée par un autre processus que de l’acheter ou de la produire, cela fonctionne comme tout processus de recyclage… mais appliqué à l’énergie. De plus, l’utilisation de l’énergie résiduelle peut améliorer l’efficacité industrielle et réduire les coûts énergétiques pour les consommateurs. La chaleur résiduelle pourrait remplacer une quantité significative de combustibles fossiles, contribuant à la transformation verte des systèmes énergétiques.
La France sait comment utiliser les “déchets des centrales électriques”
La France récupère déjà avec succès l’énergie du combustible nucléaire, et cela depuis près de 60 ans à l’usine de La Hague, avec la récupération des matériaux usés, qui peuvent être réutilisés pour alimenter à nouveau les centrales nucléaires.
La France deviendra-t-elle un pionnier de la thermoélectricité ?
La chaleur résiduelle disponible dans l’UE représente environ 2860 TWh d’énergie par an. C’est presque équivalent à la demande totale de l’UE pour le chauffage et l’eau chaude dans les bâtiments résidentiels et commerciaux, qui est de 3180 TWh par an dans les 27 pays de l’UE et au Royaume-Uni.
Face à la situation actuelle du marché de l’énergie et à l’épuisement progressif des sources d’énergie non renouvelables, les pays de l’Union européenne mettent de plus en plus l’accent dans leur législation sur l’utilisation des sources d’énergie renouvelables. L’un des principaux objectifs stratégiques de l’Union européenne est d’améliorer l’efficacité énergétique. L’objectif en matière d’efficacité énergétique a été fixé pour 2030 : une consommation d’énergie primaire ne dépassant pas 1 273 Mtoe, et une consommation d’énergie finale – 956 Mtoe, ce qui représente une amélioration de l’efficacité de 32,5%.
Un système énergétique efficace est celui dans lequel au moins 50% de l’énergie utilisée pour produire de la chaleur ou du froid provient de sources d’énergie renouvelables ou de chaleur résiduelle (par exemple, des installations industrielles ou des systèmes de canalisation) ou 75% de la chaleur provenant de la cogénération.
L’une des technologies qui permet de transformer cette énergie thermique résiduelle en énergie électrique sont les modules thermoélectriques. Les ingénieurs des centres polonais ont développé une petite version de ces modules, sans pièces mécaniques mobiles.
“Nos appareils produisent des matériaux thermoélectriques qui aideront à obtenir de l’énergie électrique sans utiliser de combustibles fossiles. Ils permettent d’utiliser la chaleur naturelle qui existe déjà dans notre environnement, par exemple du soleil ou de divers processus industriels, et de la convertir en électricité. Cela non seulement économise de l’énergie, mais prend également soin de notre planète et fournira aux générations futures plus d’énergie propre.”
Dr. Ing. Marcin Rosiński.
L’entreprise Genicore, qui a gagné la confiance de la NASA, est un leader dans le domaine des matériaux thermoélectriques. La machine qu’ils offrent, appelée U-FAST Glovebox1, occupe seulement 3 m², mais coûte autant qu’un grand appartement à Varsovie. Cet outil peut faciliter la production auparavant difficile de matériaux thermoélectriques.
Des recherches sur les matériaux thermoélectriques sont menées avec succès en Pologne depuis des années. Les scientifiques de Cracovie ont créé des modules thermoélectriques dix fois plus efficaces que les cellules photovoltaïques à des coûts de production similaires. Selon les créateurs, le processus technologique de production, ainsi que le coût du matériel de la nouvelle solution, ne diffèrent pas de celui d’un élément photovoltaïque de taille similaire.
“Compte tenu de la densité de puissance nettement supérieure des convertisseurs thermoélectriques, le prix pour 1W de puissance électrique devrait être nettement plus avantageux que celui des panneaux photovoltaïques”
Professeur Wojciechowski de Cracovie
Le prix plus l’efficacité dix fois supérieure permettent de poser la thèse que la thermoélectricité est l’une des tendances écologiques les plus importantes en énergie.
La thermoélectricité détrônera-t-elle le photovoltaïque ?
“Ce n’est pas nécessaire, elle peut même coexister avec le photovoltaïque. Des modules thermoélectriques placés dans une centrale solaire peuvent augmenter l’efficacité d’une installation photovoltaïque, qui occupe souvent des hectares entiers et de cette façon réduire même de 40% la surface nécessaire pour obtenir de l’alimentation”
Dr. Ing. Marcin Rosiński de la société Genicore basée à Varsovie.
Quelques dizaines de nanomètres, ce sont les dimensions des grains de matériaux produits, soit environ plusieurs centaines de fois moins que l’épaisseur d’un cheveu humain. Pour une production aussi précise, il faut des machines qui fonctionnent sous une pression de l’ordre de 35 tonnes et avec une intensité de courant de plusieurs milliers d’ampères2. De petites tailles qui peuvent contribuer à de grands changements dans le domaine de l’énergie.
La production d’appareils thermoélectriques permettent la collecte de l’énergie thermique nécessaire à la numérisation de l’industrie. Ces matériaux sont utilisés dans de nombreux domaines, tels que : la production d’énergie électrique verte à partir de la chaleur résiduelle, les dispositifs de sécurité industrielle, la protection contre les brûlures par contact, les alimentations pour les réseaux de chauffage urbain, les capteurs de fuite de gaz dans des endroits éloignés, la récupération de la chaleur résiduelle pour l’alimentation à distance dans l’IoT, et les systèmes de récupération de la chaleur résiduelle dans les industries caractérisées par une grande quantité de chaleur résiduelle.
La Thermoélectricité : Génération et refroidissement thermoélectrique – IUT DE SAINT NAZAIRE
La technologie thermoélectrique offre de nombreux avantages, tels que la capacité de fonctionner hors réseau, la durabilité et la production d’énergie renouvelable dans des endroits difficiles d’accès. Elle contribue également à réduire l’empreinte CO2 de l’industrie, à améliorer l’efficacité énergétique et à permettre la récupération de la chaleur résiduelle.
Les dispositifs polonais soutiennent la recherche française.
Testée et prouvée avec la NASA et d’autres agences spatiales, cette technologie est reconnue sur la scène internationale. Des machines, comme U-FAST Glovebox, permettent de préparer des poudres frittées sans exposition à l’atmosphère. C’est une nouvelle étape dans le processus innovant de frittage par plasma d’étincelles. Le CNRS a déjà passé commande d’une telle machine, ayant déjà acheté et testé un appareil du fabricant polonais. Mais ce n’est pas le seul à collaborer avec les Polonais – l’Université Paris-Est Créteil et l’ICMPE – Institut de Chimie et des Matériaux Paris-Est ont également équipé leurs laboratoires avec le premier appareil SPS créé par les Polonais.
Pas seulement pour l’énergie thermique
Selon les scientifiques, l’appareil de GeniCore produit des matériaux qui ont de nombreuses applications. Il n’est donc pas difficile d’imaginer une entité qui souhaiterait produire des matériaux sur commande pour des clients spécifiques dans de nombreux secteurs – presque tous, de l’énergie et des carburants, à la métallurgie et à la pétrochimie. Les thermoélectriques résolvent en effet divers problèmes. Partout où il y a des tuyaux et des équipements qui chauffent considérablement, ils améliorent la sécurité au travail, mais on peut aussi imaginer des batteries thermoélectriques qui ne se déchargent pas pour les besoins de l’IoT. Un autre avantage des thermoélectriques est qu’ils ne nécessitent aucun entretien, n’ont pas de pièces mobiles et peuvent produire de l’énergie pendant de nombreuses années.
Le magazine “Science” confirme qu’il y aura de nombreuses applications pour les matériaux thermoélectriques. La technologie ne sera pas seulement utile dans les centrales électriques. Elle sera également très efficace dans l’industrie automobile, utilisée par exemple pour créer une nouvelle génération de moteurs de voitures plus écologiques, ainsi que dans l’industrie lourde, dans les raffineries, les aciéries comme une énergie efficace et à faible émission.
En collaboration avec 12 partenaires européens, Genicore mène actuellement des recherches dans le cadre du projet de technologie thermoélectrique, permettant la réduction de la pollution par l’utilisation des déchets miniers.
Une chose est sûre, l’industrie énergétique mondiale s’oriente vers l’acquisition d’énergie rapide, bon marché, sans émission et utilisant des sources renouvelables. Dans ce contexte, la transformation est inévitable et les Français pourraient bien trouver la réponse à ces défis en passant à une économie circulaire dans ce secteur critique et sans sacrifice. Les problèmes liés à l’énergie verte seront-ils résolus par les Français en utilisant les réalisations polonaises ?
U-FAST Glovebox élimine ce qui rendait auparavant la production de thermoélectriques coûteuse et difficile en raison des conditions atmosphériques, permettant de produire des thermoélectriques dans des conditions de teneur en oxygène et d’humidité contrôlées. La combinaison de la technologie SPS (Spark Plasma Sintering) avec une chambre à gants (Glovebox) permet de fabriquer des matériaux par un processus de frittage directement après l’étape de synthèse mécanique. ↩︎
GeniCore se spécialise dans les machines Spark Plasma Sintering, une technologie de frittage qui permet la production rapide et économique de matériaux thermoélectriques. ↩︎
Implantée à côté de l’Unité de Valorisation Énergétique (UVE) du Syndicat mixte de traitement des déchets urbains du Val-de-Marne (SMITDUVM) à Créteil (94), la future station de production et de distribution d’hydrogène produira 1 tonne d’hydrogène par jour à partir de la valorisation énergétique des déchets. Après un chantier de 12 mois, la station fournira, dès 2025, une solution énergétique renouvelable1 à tous les acteurs de la mobilité verte du Val-de-Marne, et plus largement de l’Ile-de-France.
La plus puissante centrale de production et distribution d’hydrogène raccordée à une unité de valorisation énergétique (UVE) des déchets
Construite et exploitée par la société H2 Créteil, qui réunit SUEZ, SIPEnR, filiale du SIPPEREC et la Banque des Territoires, la future centrale utilisera l’électricité produite à partir de la combustion des déchets ménagers des 19 communes2 du SMITDUVM pour produire de l’hydrogène renouvelable par électrolyse de l’eau. SUEZ, qui exploite l’UVE de Créteil, met à disposition le terrain sur lequel seront installés les équipements de production et de distribution d’hydrogène.
Le groupe SUEZ fournira l’eau et l’électricité renouvelable nécessaires à la production d’hydrogène, financera la majorité du projet3 et pilotera la construction de la station. En 2025, la station produira 1 tonne d’hydrogène renouvelable par jour. A terme, elle pourra même doubler sa production et distribuer jusqu’à deux tonnes par jour.
«Le modèle de l’usine de Créteil repose sur le traitement le plus vertueux possible des déchets via leur valorisation énergétique. Cette future station hydrogène, produite à partir d’électricité verte et adaptée aux mobilités du futur, s’inscrit dans une logique de développement durable, seule réponse possible aux défis climatiques qu’affronte d’ores et déjà notre planète. »
Axel Urgin, Président du Syndicat Mixte de Traitement des Déchets Urbains du Val-de- Marne (SMITDUVM)
Contribuer à la transition écologique et énergétique des territoires
Une solution circulaire et locale pour accompagner la transition énergétique du territoire
Avec cette nouvelle infrastructure, le Syndicat mixte de traitement des déchets urbains du Val- de-Marne (SMITDUVM) agit pour la transition énergétique du territoire. La tonne d’hydrogène renouvelable, produite et distribuée chaque jour sur le site d’H2 Créteil, alimentera les flottes de véhicules lourds publics et des collectivités (bus, bennes à ordures ménagères, poids lourds, véhicules utilitaires, …) ainsi que les véhicules légers des particuliers.
Le site de Créteil présente une configuration optimale pour le développement de la mobilité hydrogène. Sa situation géographique, à une douzaine de kilomètres de Paris, présente un atout majeur : il est situé à proximité d’un nœud routier important (A86, RN 6 et RN 406) et de nombreuses zones commerciales. Les véhicules à hydrogène pourront rouler dans la zone à faibles émissions de la Métropole du Grand Paris et au-delà sans pollution.
Ce projet est l’un des premiers à produire localement un hydrogène d’origine renouvelable, à un prix aussi compétitif que celui du diesel. Il permettra d’éviter l’émission d’environ 1 500 tonnes d’équivalent CO2 par an.
« Ce projet s’inscrit dans la mission de SUEZ de permettre à ses clients de créer de la valeur sur tout le cycle de vie de leurs installations de gestion des déchets. Il vient compléter nos technologies de production d’énergie locale et durable à partir des déchets et des eaux usées : chaleur urbaine, électricité, gaz renouvelable. Il renforce notre action pour soutenir la transition énergétique du secteur de la mobilité. »
Sabrina Soussan, Présidente Directrice Générale de SUEZ
Faire de vos déchets une source d’énergie locale et renouvelable
Un pas de plus vers la transition écologique du Val-de-Marne
Cette centrale hydrogène s’inscrit dans le plan de développement engagé depuis de nombreuses années pour améliorer l’empreinte écologique de l’unité de valorisation énergétique, qui produit déjà de la chaleur pour alimenter le réseau de chauffage urbain de Créteil et de l’électricité, vendue sur le réseau public. Ce projet, soutenu et financé par l’ADEME, la Région Ile-de-France et la Commission Européenne, illustre la volonté des territoires de développer des énergies alternatives pour accélérer leur transition écologique.
Il s’inscrit dans la dynamique du plan hydrogène en France qui prévoit de consacrer 7 milliards d’euros d’ici à 2030 au développement de cette énergie d’avenir, bénéfique à la création d’emplois, à la qualité de l’air et à la lutte contre le changement climatique.
« SIPEnR déploie la transition énergétique avec les territoires. A Créteil, nous mettons notre ingénierie en commun avec SUEZ et la Banque des Territoires pour proposer aux habitants et aux entreprises une solution concrète, innovante et ambitieuse de mobilité bas carbone. »
Florence Crocheton-Boyer, Présidente de SIPEnR
L’énergie issue de l’UVE est une énergie de récupération ayant une origine à 50% renouvelable. Dans son contrat avec l’UVE exploitée par ValoMarne, H2 Créteil achète uniquement une partie de l’énergie renouvelable produite par l’UVE et s’en assure par la fourniture de garanties d’origine. ↩︎
Aux côtés de la société d’économie mixte SIPEnR, qui outre sa participation financière apportera son expertise du montage juridique, la Banque des Territoires, Groupe Caisse des Dépôts, partenaire de mise en œuvre du programme CEF Transport Alternative Fuels Infrastructure Facility de la Commission Européenne, apporte le solde du besoin en fonds propres du projet. ↩︎
Lancé début Juin à l’Académie du Climat, le MOOC IMAGINE 2050 est une formation en ligne destinée aux industries culturelles et créatives et aux entreprises. Avec une version gratuite pour les particuliers, grâce à une coalition de partenaires fondateurs et entreprises engagées.
Ce programme de 90 minutes à la pédagogie divertissante offre aux professionnel·le·s et à toute personne concernée par les récits, les outils nécessaires à la compréhension des enjeux et l’inspiration pour amorcer la promotion des récits socio-écologiques dont nos sociétés ont urgemment besoin.
Le MOOC IMAGINE 2050 est aussi une réponse directe à la responsabilité de ces métiers dans la représentation de modes de vie soutenables : en formant les créatif·ve·s, les journalistes, les auteur·rice·s, il devient possible d’observer bientôt des changements positifs et durables dans les messages véhiculés par les oeuvres et les contenus.
« Ce Mooc est pour Imagine 2050 un aboutissement : il permet de faire passer à l’échelle la métamorphose des leaders culturels et économiques, à laquelle nous oeuvrons depuis des années. Nous espérons qu’il contribuera à accélérer la mutation de notre rapport au monde et l’émergence d’un nouveau projet de société. »
Magali Payen, présidente d’Imagine 2050
Une formation en ligne pour changer nos récits de société.
À l’issue de ce MOOC, vos récits deviendront des outils de transformation massive, qu’ils soient des séries de fiction, des vidéos, des articles de presse, des reportages, des posts sur les réseaux sociaux, des chansons ou encore des spots publicitaires.
Une formation en ligne dynamique, joyeuse et ludique, conçue par des professionnel.le.s de la communication et de l’audiovisuel.
Les spécialités par métiers et par thématiques
Après les 90 minutes de formation du tronc commun du MOOC IMAGINE 2050, optez pour des modules complémentaires de 40 minutes avec une approche spécialisée pour vous perfectionner.
Objectifs pédagogiques :
Focaliser par métier (création publicitaire, fiction, jeu vidéo,…) et/ou par secteur d’activité (alimentation, mobilité, santé,…).
Proposer des grilles de lecture et présenter les outils existants.
Inspirer les professionnels avec des études de cas.
Demandez aussi un module sur-mesure
Votre entreprise a des besoins particuliers ? Besoin de former une branche spécifique de vos équipes aux enjeux de transition écologique ? Vous pouvez demander la réalisation d’un module sur-mesure, taillé pour les objectifs de votre entreprise.
La Journée Mondiale de l’Océan est un moment privilégié pour célébrer notre lien commun avec les océans. C’est l’occasion pour MSC de nous rappeler leur importance et la nécessité absolue de les protéger. Aujourd’hui, nos océans sont sous pression et plus d’un tiers des stocks mondiaux de poissons sont surexploités. Les bénéfices des pratiques de pêche plus durables pour la santé de nos océans sont étayés par des preuves scientifiques apportées par les experts du MSC.
Ensemble, protégeons nos océans par des choix durables.
MSC
La pêche durable c’est bien plus de poisson ?
16 millions de tonnes de produits de la mer sauvages supplémentaires pourraient être pêchés chaque année si les pêcheries mondiales étaient gérées de manière durable.
La pêche durable c’est bien plus de science ?
*Le MSC a accordé plus de 4 millions d’euros pour financer des projets qui nous aident à comprendre et à améliorer la vie dans les océans.
Protection des tortues marines. Des acteurs engagés pour une pêche palangrière de l’espadon durable à La Réunion
La pêche durable c’est bien plus de biodiversité ?
*Plus de 400 améliorations ont été apportées par les pêcheurs certifiés MSC pêche durable au cours des 3 dernières années pour aider à protéger la biodiversité de nos océans.
Ritu Singh, Responsable communication scientifique du MSC UK :
La pêche durable c’est bien plus de couleurs ?
*Saviez-vous que vous pouvez protéger l’océan et consommer du poisson ? En soutenant la pêche durable, vous participez à mettre plus de couleurs dans nos océans.
Explications avec Loren Hiller, Responsable partenariats entreprises du MSC UK & Irlande :
La pêche durable c’est bien plus de passion ?
*Plus de 38 millions de personnes travaillent dans le secteur de la pêche. Pour contribuer à protéger l’avenir de la pêche, nous récompensons les pratiques durables.
La pêche au bleu ! Embarquez avec les pêcheurs de hareng en mer du nord !
La pêche durable c’est bien plus de choix ?
*Vous pouvez trouver des produits avec le label bleu MSC dans 66 pays, provenant de plus de 500 pêcheries certifiées durables. MSC travaille avec les pêcheries et les acteurs du marché pour assurer une offre en produits de la mer durables près de chez vous.
Seth McCurry, Responsable partenariats entreprises du MSC UK et Irlande :
La pêche durable c’est bien plus pour tout le monde.
MSC
Plus de 500 pêcheries sont engagées pour une pêche plus durable et une amélioration continue de leurs pratiques. La pêche durable, c’est plus pour aujourd’hui, pour demain et pour les générations futures. C’est bien plus de poissons mais aussi bien plus de science, de biodiversité et de couleurs dans nos océans.
Pour une pêche équitable
Lettre Ouverte pour une Pêche Équitable
« Les fonds publics financent la pollution et l’épuisement de nos ressources côtières. Le processus actuel récompense les prises de volume élevé sans tenir compte de la surpêche, des dommages causés aux fonds marins ou des émissions. Depuis des décennies, les petits pêcheurs à faible impact pêchent de manière responsable, mais sont négligés. Au lieu de cela, les quotas et les subventions profitent à ceux qui font le plus de dégâts. Nous demandons au commissaire européen chargé de l’environnement, des océans et de la pêche de rendre la pêche équitable et de soutenir les pratiques responsables pour les populations et la planète en réaffectant les ressources et les opportunités.«
Nous sommes nombreux à en avoir conscience : adopter des modes de vie plus écologiques est devenu une nécessité. Pour autant, nous n’agissons pas de manière écologiquement vertueuse en toutes circonstances (loin de là), et, surtout, nous nous accordons, parfois inconsciemment, des « écarts » après avoir fourni une bonne action sur le plan environnemental. C’est ce qu’on appelle « l’effet de compensation morale », à découvrir dans ce nouvel article de notre série « Nos vies mode d’emploi ».
Circuler au quotidien en vélo mais s’autoriser ponctuellement à voyager en avion, petit arrangement avec sa conscience écologique. Vitalinka
« Écolo, oui mais » : ces petits arrangements avec nos consciences
Tant pis pour votre empreinte carbone, vous décidez finalement d’acheter ces délicieux avocats acheminés de l’autre bout du monde, ou, pire, de prendre l’avion vers cette destination tant rêvée, vous disant que c’est bien mérité, après tous les efforts que vous avez fournis pour l’environnement pendant l’année – achats durables, vélo pour vous rendre au travail, tri de vos déchets…
Hypocrisie environnementale ? Pas nécessairement. On appelle cela la compensation morale. D’abord observé en psychologie, ce biais comportemental désigne le fait qu’une précédente « bonne action » peut vous déculpabiliser et vous inciter à en réaliser une « mauvaise ».
La compensation morale, souvent inconsciente, est un arbitrage interne qu’opère l’individu. Pour le comprendre, aidons-nous d’une métaphore bancaire : imaginons que nous possédons une sorte de « compte moral » sur lequel nous recensons les bonnes et les mauvaises actions comme des crédits et des débits, le principe de base étant de maintenir le compte dans le positif, ou tout du moins à l’équilibre.
Acheter des yaourts 0 %, mais se laisser aller avec des goûters hyper-sucrés, craquer pour un soda glacé après une séance de sport, prendre l’ascenseur après être venu en vélo au travail… Cette compensation se retrouve dans des enchaînements d’efforts et de petites récompenses que nous nous attribuons sans nécessairement nous en rendre compte mais qui peuvent au final menacer l’atteinte de notre objectif initial.
Environnement et compensation morale
Il existe de multiples études documentant ce biais dans le domaine de l’environnement.
Ainsi, des chercheurs de l’université de Nankin en Chine, ont mené une expérience auprès de 80 individus qui ont réparti aléatoirement leurs achats entre un magasin en ligne de produits conventionnels et une boutique de produits biologiques.
Ils ont observé que les participants ayant acquis des produits biologiques ont consommé plus d’eau dans une tâche expérimentale ultérieure par rapport à ceux ayant acheté des produits conventionnels. De plus, ces mêmes personnes ont également reporté une intention plus faible de s’engager dans des actions en faveur de l’environnement.
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Parfois, il suffit qu’un proche, parent ou ami, réalise une action vertueuse, comme un don à une association environnementale ou l’achat d’un véhicule écologique, pour que l’individu se sente autorisé à relâcher ses efforts en termes d’achats de produits écologiques ou d’utilisation des transports en commun, ce qui rend incertains les bénéfices globaux de l’action vertueuse.
Exemple avec cette étude menée en 2019, qui met les participants dans une situation où ils imaginent qu’un proche fait le choix d’un réfrigérateur. Une partie des participants apprend que ce dernier a opté pour un réfrigérateur économe en énergie par souci environnemental, alors que l’autre partie est informée que ce proche s’est orienté vers un réfrigérateur conventionnel. Ceux dont le proche avait sélectionné un équipement économe en énergie ont exprimé des intentions comportementales pro-environnementales plus faibles.
Dans d’autres cas, le simple engagement mental à faire mieux ou plus dans le futur (« à partir du mois prochain, je recycle tous mes déchets ») permettrait à l’individu de se sentir libre d’en faire moins dans l’immédiat (« je ne trie rien aujourd’hui »). On fait ainsi face à une sorte de « procrastination écologique » : repousser à plus tard ma bonne action m’autorise dès maintenant à adopter un comportement peu souhaitable.
Le contexte social joue aussi sur les efforts en faveur de l’environnement. Ainsi, l’individu se prête plus volontiers à des actions vertueuses si une forme de contrôle social est exercée, par exemple par des collègues soucieux de l’environnement (et vérifiant que le chauffage du bureau n’est pas trop élevé et le papier de l’imprimante recyclé). S’il échappe à ce contrôle, l’individu peut se permettre quelques libertés (chauffer sa chambre d’hôtel de manière excessive en déplacement).
En conséquence, l’effet global sur l’environnement de la compensation morale est encore difficile à déterminer.
On sait cependant que la compensation morale peut complètement fausser l’évaluation qu’on peut faire d’une politique publique. Par le biais d’une expérience de terrain auprès de 154 ménages américains en 2011, dans la ville de Lynnfield (Massachusetts), près de Boston, des chercheurs ont dressé le bilan énergétique d’une politique de communication testée pour réduire la consommation d’eau domestique.
Il s’agissait d’un simple prospectus qui était distribué aux ménages, leur indiquant leur volume de consommation d’eau et celui de leurs voisins les plus économes. Ce prospectus est un « nudge » qui s’appuie sur une norme sociale (ici le niveau de consommation des voisins les plus efficaces) pour inciter les ménages à réduire leur consommation d’eau en se conformant à cette norme.
Si cette politique a bien eu l’effet escompté en réduisant la consommation d’eau de 6 %, elle a également eu pour conséquence indésirable d’augmenter la consommation d’électricité de ces mêmes ménages de 5,6 %. Ainsi, en faisant les comptes entre l’électricité économisée à ne pas chauffer l’eau (estimée à 0,5kWh/personne/jour) et l’électricité consommée en plus (0.89kWh/personne/jour) à cause de la compensation morale, le bilan de la politique est négatif et affiche une augmentation de la consommation globale d’électricité des ménages.
Comment habiter ce monde en crise, comment s’y définir, s’y engager, y faire famille ou société ? Notre nouvelle série « Nos vies mode d’emploi » explore nos rapports intimes au monde induits par les nouvelles réflexions technologiques, écologiques ou encore liées au genre survenues au tournant du XXIe siècle.
Les femmes plus respectueuses de l’environnement que les hommes
Nous pouvons tous être sujets à la compensation morale, dans le sens où chacun peut être susceptible de rationaliser ou de justifier un comportement moins vertueux en se livrant à des actions jugées méritantes pour compenser, même si ces actions ne sont que symboliques ou superficielles.
Cependant, l’ampleur et la fréquence de ce phénomène peuvent varier d’une personne à l’autre en fonction de ses valeurs personnelles et des raisons pour lesquelles la bonne action est accomplie.
Par exemple, ceux qui attachent une grande importance à la protection de l’environnement semblent avoir plus tendance à compenser une action vertueuse par une action moins vertueuse. Une explication à cela serait que plus on accorde de l’importance à l’environnement, plus l’action vertueuse réduirait notre culpabilité à réaliser ensuite une action moins vertueuse.
Enfin, une bonne action ne génère pas le même effet de compensation morale suivant si elle a été réalisée de manière volontaire ou obligatoire ou suivant si l’individu a été rémunéré pour la faire ou l’a réalisée gratuitement. Une étude montre que lorsque les individus sont payés pour réaliser une bonne action, cela ne génère pas ensuite de compensation morale. On peut penser que le fait d’être payé atténue l’aspect moral et gratifiant du fait d’avoir réalisé un geste vertueux.
Des pistes pour des politiques publiques plus efficaces
Toutes les politiques publiques qui visent à inciter les individus à adopter des comportements plus souhaitables collectivement peuvent engendrer cette compensation, ce qui remet en cause leur efficacité. Alors, existe-t-il des moyens pour l’atténuer ?
Si par exemple un individu investit dans une voiture électrique, il faudrait pour éviter qu’il compense cette bonne action en conduisant davantage, lui rappeler les raisons environnementales pour lesquelles il a choisi cet achat.
Cela pourrait prendre la forme d’un simple mail, ou d’un message au moment où il démarre la voiture.
Une autre approche pourrait être d’informer, au moment opportun, les individus sur le risque de l’effet de compensation et de les encourager à ne pas adopter une approche comptable de leurs bonnes actions. Cela revient à prendre conscience que certaines de nos actions (laisser les lumières allumées) peuvent annuler l’effet d’un effort préalable (prendre des douches plus courtes). Naturellement, une fois éclairés sur cet effet, nous pourrions nous trouver plus enclins à ajuster nos comportements et réduire la compensation afin d’éviter le sentiment du « tout ça… pour ça ! »
Enfin, s’efforcer d’orienter le discours sur le but final (je réduis mon empreinte carbone) plutôt que sur des actes isolés (je me déplace de plus en plus à vélo), en adoptant une vision plus globale pour faire en sorte que nos efforts pourrait également amener à une prise de conscience.
Nous espérons que la lecture de ce texte vous aidera à empêcher la compensation de votre prochaine BA pour l’environnement.
Sur le montant de nos impôts, le calcul de nos retraites, l’organisation de notre système éducatif ou de santé, l’Europe n’est pas décisionnaire. En matière de climat, cependant, elle pèse lourd.
Les objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre sont décidés à l’échelle de l’Union européenne (UE). Ainsi, c’est le Conseil des chefs d’État qui a adopté l’objectif de réduire de 55 % les émissions de gaz à effet de serre entre 1990 et 2030 pour viser la neutralité en 2050, décision ensuite traduite dans la loi par les députés sortants du Parlement européen.
L’UE joue également un rôle crucial dans la mise en œuvre des politiques climatiques. Les normes réglementaires, comme celle abondamment discutée par les candidats sur l’interdiction des ventes de voitures neuves thermiques à partir de 2035, sont européennes. C’est enfin l’UE qui a la main sur le système d’échange des quotas de CO₂, grand absent des débats malgré son rôle dans les réductions d’émission.
Pour mieux cerner les enjeux climatiques du scrutin, examinons où en est l’UE en matière de réduction d’émissions et les leviers dont elle dispose pour atteindre l’objectif de – 55 %.
L’empreinte carbone de l’UE diminue, mais pas assez rapidement
En 2023, les émissions brutes de l’UE (mesurées hors séquestration du CO2 par les forêts) sont en recul d’un tiers par rapport à 1990. Contrairement à une idée reçue, cette baisse ne résulte pas de délocalisations d’émissions de CO2 que nous réimporterions via l’achat de produits émetteurs à des pays tiers. Depuis 2005, l’empreinte de consommation de l’UE, qui inclut ces émissions incorporées aux importations, diminue au même rythme que les émissions sur le territoire de l’UE.
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S’il a fallu 33 ans pour réduire de 33 % les émissions, atteindre – 55 % sur les 7 ans qui restent d’ici 2030 est-il un objectif atteignable ? Il faut en réalité distinguer deux périodes :
Les émissions de l’UE ont stagné entre 1990 et 2005.
Depuis 2005, elles suivent une tendance baissière de 2 % par an, une fois gommées les fluctuations de court terme.
Évolution des émissions de gaz à effet de serre de l’UE. Agence Européenne de l’Environnement (estimation provisoire pour 2023), Fourni par l’auteur
La cause de cette rupture de tendance est clairement identifiable. 2005 marque le démarrage effectif des politiques climatiques européennes, avec l’entrée en vigueur du Protocole de Kyoto et celle du système d’échange de quotas de CO₂.
Pour atteindre l’objectif de – 55 %, il faudra doubler ce rythme de baisse tendanciel d’ici 2030. C’est l’objet de la panoplie des mesures du « Pacte vert » et de leurs déclinaisons sectorielles. Si on conteste ces mesures, ce qui est bien sûr le droit de chacun en démocratie, il faudra leur proposer des substituts ou renoncer à l’objectif de -55 %. C’est dans ces termes qu’il conviendrait d’organiser le débat public.
L’énergie et l’industrie en pointe, le transport à la traîne
Deux secteurs, la production d’énergie (électricité, chaleur, raffinage du pétrole) et l’industrie ont réalisé 80 % des réductions d’émissions (voir tableau ci-dessous). Ce sont les secteurs couverts par le système d’échange des quotas dont la réforme est un maillon essentiel du Pacte vert.
Un prix élevé du quota de CO2 accélère l’arrêt des centrales électriques utilisant le charbon ou d’autres combustibles fossiles. La suppression des allocations gratuites de quotas encore accordées à l’industrie manufacturière, couplée à la taxe carbone à la frontière, devra faciliter la décarbonation des procédés industriels les plus émetteurs en protégeant les secteurs concernés (acier, ciment, engrais…) de la concurrence des pays tiers.
Or, les candidats plébiscitent la taxe à la frontière mais bottent en touche sur les autres volets de la réforme du marché des quotas de CO2.
Les émissions générées par le transport – un quart du total, un tiers si on inclut les transports internationaux – sont encore nettement au-dessus de leur niveau de 1990. C’est dans ce secteur qu’il faut impérativement trouver des réductions d’émission supplémentaires d’ici 2030 en s’attaquant aux transports routiers, principale source d’émissions de CO2 du secteur, mais aussi à l’aérien et au fret maritime.
L’électrification des véhicules, visée sur les nouveaux véhicules par les normes européennes, n’est que l’un des vecteurs de cette transformation. Il faudra aussi jouer sur le partage entre transports individuels et collectifs, la vitesse des déplacements, leur nombre, l’organisation de la logistique. L’inclusion des transports domestiques dans un second système de quotas de CO2, à partir de 2027, devra faciliter cette transition vers la mobilité bas carbone qui implique aussi de repenser l’organisation des mobilités à l’échelle des territoires.
On aurait aimé que les candidats se prononcent sur les conditions sociales et économiques permettant l’émergence de cette mobilité bas carbone qui va impacter nos modes de vie.
Progrès sur les bâtiments, tête-à-queue agricole
Pour viser l’objectif de – 55 %, il faudra également consolider les baisses d’émissions dans l’agriculture et les bâtiments. La période récente a vu une accélération des réductions d’émission liées à l’usage des bâtiments (résidentiels ou professionnels), avec le renchérissement des factures à la suite du conflit ukrainien, mais aussi grâce au déploiement des pompes à chaleurs dont les effets s’additionnent à ceux des rénovations thermiques des bâtiments.
Sur l’agriculture, l’évolution récente a plutôt pris l’allure d’un tête-à-queue. La baisse passée des émissions agricoles, notamment dans l’élevage bovin, a été le reflet des difficultés économiques des producteurs, bien plus que le résultat de politiques climatiques embryonnaires. La PAC, par laquelle transite la majorité des soutiens agricoles, n’a que marginalement intégré les enjeux climatiques via des écoconditionnalités. Sous la pression du mouvement des agriculteurs, l’Europe a reculé sur les volets agricoles du Pacte vert qui privilégiaient la norme sur les instruments d’accompagnement économiques ou financiers.
Au-delà de formules incantatoires sur la souveraineté alimentaire ou l’agroécologie, il y a urgence à reconstruire la PAC pour assurer la résilience de l’agriculture européenne face au dérèglement climatique et faire refluer ses émissions. C’est particulièrement le cas en France où l’agriculture compte pour 20 % des émissions nationales, contre 11 % dans l’ensemble de l’UE.
L’affaiblissement du puits de carbone forestier
Sur les émissions brutes, l’UE est dans la bonne direction, avec un gros bémol pour l’agriculture, mais pas dans le bon tempo. On vient de le voir. Ce n’est pas le seul levier à mobiliser pour atteindre l’objectif de réduction de 55 %. Cela implique aussi de porter la séquestration du CO2 atmosphérique grâce aux forêts et aux autres puits de carbone à 310 millions de tonnes (Mt) de CO2 en 2030 (34 Mt pour la France). Or, en matière de séquestration du CO2, ce n’est pas le tempo qui est insuffisant, mais la direction suivie qui est mauvaise.
La capacité d’absorption des puits de carbone naturels de l’UE a perdu un peu plus de 100 Mt durant la dernière décennie et a été divisée par deux en France. La superficie des massifs forestiers continue de s’étendre, mais la croissance des arbres est affaiblie par les changements climatiques : sécheresses, tempêtes, incendies et surtout remontée des invasifs qui propagent de nouvelles maladies. Comme pour l’agriculture, il y a urgence à construire des politiques publiques qui protègent la capacité des puits de carbone forestiers face au durcissement des conditions climatiques.
Le match France/Allemagne
Pour atteindre l’objectif européen de – 55 % en 2030, chaque pays contribue différemment suivant la structure de son économie et ses contraintes domestiques. Ainsi, la France vise un objectif de réduction de – 50 % par rapport à 1990 et l’Allemagne de – 67 %. Les deux pays suivent des stratégies différentes en matière énergétique pour atteindre ces objectifs. L’Allemagne a choisi de se retirer du nucléaire et d’investir massivement dans l’énergie renouvelable. Pour certains, cette stratégie est une impasse conduisant à une « relance du charbon ». Pour d’autres, c’est la preuve que le renouvelable est « la solution ».
Examinons les faits. En 2023, l’Allemagne émet encore 8 tonnes équivalent CO2 par habitant, quand la France est descendue à 5,5 tonnes. L’écart provient principalement de la production d’électricité bien moins émettrice en France, où les trois-quarts du courant sont fournis par le parc nucléaire.
Mais l’Allemagne réduit nettement plus rapidement ses émissions qui sont, en 2023, en recul de 56 % sur le niveau de 1990, contre seulement – 30 % en France. L’écart résulte principalement de la forte baisse des émissions du secteur électrique allemand, où le charbon ne fournit plus que 26 % de l’électricité en 2023, contre près de 50 % 10 ans auparavant, grâce au développement accéléré des renouvelables. Il n’y a donc pas de relance du charbon en Allemagne, contrairement à une opinion répandue en France.
Émissions de gaz à effet de serre par habitant en France et en Allemagne. C. De Perthuis / Inventaires nationaux (chiffres provisoires pour 2023), Fourni par l’auteur
Pour autant, l’option de sortir en priorité du nucléaire a un coût élevé pour le climat, car elle ralentit le désinvestissement du charbon. L’arrêt de huit réacteurs à la suite de la catastrophe de Fukushima en 2011 a entraîné un recours accru aux centrales thermiques jusqu’en 2015. Sur la période récente, la fermeture des dernières centrales nucléaires (totale depuis avril 2023) a pesé sur l’offre d’électricité décarbonée en Allemagne et a contribué à la reprise temporaire des émissions du secteur électrique en 2021 et 2022.
Si l’Allemagne était sortie du nucléaire plus progressivement, les investissements massifs dans le renouvelable auraient permis un recul encore plus rapide des émissions de CO2.
L’exemple allemand nous montre combien il est important, dans le débat sur le nucléaire, de distinguer les choix concernant l’utilisation du parc existant de ceux concernant le nouveau nucléaire. Des éléments à verser au débat de ce côté du Rhin, si un jour les choix énergétiques y sont discutés au Parlement comme le prévoit explicitement la loi.
Le chercheur en sciences de la terre Aurélien Boutaud nous invite à questionner la lenteur de « l’écologie des petits pas » et de l’idéologie qui se cache derrière : le gradualisme. Après les climatosceptiques, les techno-solutionnistes, les gradualistes seraient-ils devenus des obstacles à l’urgente prise en compte du changement climatique ?
Etat d urgence climatique.
Le CO₂ nous tue à petit feu ? Ça tombe bien, les gradualistes ne sont pas pressés
« Si l’on met en place trop vite des politiques environnementales ambitieuses, cela va créer un chaos social… Cela va aussi ruiner l’économie » Cette façon d’appréhender les défis environnementaux vous est peut-être familière. Elle a en fait un nom, il s’agit du gradualisme. Dans son dernier ouvrage Déclarer l’état d’urgence climatique (Éditions Rue de l’Échiquier), le docteur en Sciences de la Terre, Aurélien Boutaud ausculte cette idéologie venue du monde de l’économie, prend acte de sa popularité et dresse son bilan, avant d’appeler à changer de logiciel. Morceaux choisis.
Dans son dictionnaire du vocabulaire sur le climat, [l’économiste américain] Herb Simmens définit le gradualisme climatique comme « la pensée selon laquelle des actions progressives visant à enrayer le changement climatique sont adaptées, ou sont tout ce qu’il est possible de faire sur le plan politique et économique ». Il s’agit donc d’agir… mais, surtout, sans se presser. Comme l’ont montré Michael Hoexter ou Alyssa Battistoni, le gradualisme est inspiré des théories économiques néoclassiques, d’après lesquelles la dégradation du climat est la conséquence d’un défaut de fonctionnement du marché.
Comme chacun sait, ce dernier ne prend pas en compte les impacts négatifs des activités sur l’environnement, puisque le fait de polluer est généralement gratuit. La solution des économistes est donc simple : il suffit de pallier ce défaut en accordant un prix aux pollutions, par exemple en taxant les émissions de CO2 ou en allouant aux entreprises des droits à polluer qu’elles pourront s’échanger sur un marché de quotas carbone. Dans tous les cas, l’idée sous-jacente est que ce « signal prix » inciterait les acteurs économiques à réduire « progressivement » leurs émissions de gaz à effet de serre. La dimension graduelle de la démarche est explicite : il s’agit bel et bien de diluer les changements sur des décennies pour ne surtout pas brusquer le marché. Et encore moins les entreprises.
Calculs fatals : comment l’économie a sous-estimé les dommages climatiques et encouragé l’inaction / David Spratt & Alia Armistead
Dans les années 1990, les économistes ont élaboré des équations qui tendaient à conforter leurs propres certitudes. William Nordhaus a ainsi développé un modèle théorique qui prétend démontrer qu’il coûtera moins cher aux générations futures de s’adapter au changement climatique qu’aux générations présentes de lutter contre. Intitulé « DICE », ce modèle préconise une réduction modeste et progressive des émissions, qui mènerait à un « optimum » de réchauffement de… 4 °C ! Des chercheurs quelque peu malicieux ont d’ailleurs montré que, en visant un réchauffement de 12 °C, le modèle DICE prévoyait encore un bilan économique positif ! Nous voici donc rassurés : la vie sur Terre peut disparaître, puisque la croissance sera sauvée. Et les railleries des écologistes n’auront pas empêché cette démonstration à la gloire du gradualisme d’être saluée par la confrérie des économistes : en 2018, alors que le GIEC publiait son rapport le plus alarmant, la banque de Suède accordait le « prix Nobel d’économie » à… William Nordhaus : le pape du gradualisme climatique.
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Développement durable, transition : le gradualisme est partout…
Au milieu des années 1990, dans un contexte international dominé par le libéralisme économique et la mondialisation, les négociations sur le climat ont assez naturellement laissé la porte ouverte à cette approche gradualiste inspirée de l’économie de l’environnement. Ainsi, le groupe 3 du GIEC, chargé de travailler sur les réponses socio-économiques au changement climatique, a été rapidement noyauté par les gradualistes. Conséquence inévitable : les messages d’alerte du groupe 1, essentiellement constitué de climatologues, n’ont eu de cesse d’être relativisés par les préconisations rassurantes du groupe 3, largement composé d’économistes.
C’est dans cet état d’esprit gradualiste que, en 1997, lors de la signature du protocole de Kyoto, les pays émergents sont parvenus à s’extraire de tout engagement, limitant les objectifs de réduction des émissions aux pays les plus industrialisés. Sans surprise, ces derniers ne se sont alors engagés que sur une baisse très modeste d’environ 5 % de leurs émissions en l’espace de quinze ans. Sous la pression des États-Unis, ces objectifs chiffrés ont par ailleurs été conditionnés à la mise en place de procédures d’inspiration libérale, caractérisées par l’attribution de quotas nationaux offerts aux entreprises les plus polluantes, et pouvant faire l’objet d’échanges sur un marché du carbone. Comme le souligne Alyssa Battistoni, les économistes néoclassiques sont ainsi parvenus à imposer dans l’agenda politique l’idée d’un changement incrémental et progressif, tout en atténuant le message alarmant des scientifiques.
Bien entendu, le cadre d’action international n’est pas le seul à être déterminant : à l’échelle nationale ou locale, de nombreux leviers ont été utilisés afin de réduire les émissions au cours des années 2000 et 2010. Que ce soit au nom du développement durable ou de la transition écologique, les stratégies nationales et autres plans climat territoriaux mobilisent aujourd’hui encore une pluralité d’outils qui vont bien au-delà des mesures économiques décrites ci-dessus. Mais bon gré mal gré, comme le remarque Margaret Klein Salamon, la fondatrice de The Climate Mobilization (TCM), même le mouvement environnementaliste et les partis les plus progressistes « se sont laissés engluer dans le gradualisme ».
Avec parfois la meilleure volonté du monde, ils se sont convaincus qu’ils apportaient leur modeste pierre à un édifice dont, en réalité, les fondations continuaient à être sabordées par l’industrie fossile et ses alliés. Durant ces années 2000 et 2010, l’idée la plus largement partagée consistait à penser que le changement était trop important pour être opéré rapidement : il fallait prendre son temps, voir loin (à l’horizon 2050 et au-delà), infléchir progressivement les décisions, modifier pas à pas les comportements, ne surtout pas contraindre ou interdire, être toujours positif, incitatif, et même ludique…
… et son bilan est catastrophique
Après presque trente ans de politiques climatiques sous influence gradualiste, le bilan de cette stratégie est catastrophique. Les engagements internationaux pris en 1997 dans le cadre du protocole de Kyoto avaient pour référence l’année 1990. Depuis cette date, les émissions annuelles de CO2, qui représentent la grande majorité des émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine, ont augmenté de 14 milliards de tonnes, soit une progression de 62 %. Cela équivaut à un accroissement moyen des émissions de près de 0,5 milliard de tonnes de CO2 chaque année. En volume annuel, cette croissance est même supérieure à celle connue durant les trente années précédentes (0,43 milliard de tonnes par an). Cela revient à dire que, non seulement les émissions n’ont pas baissé, mais elles ont continué de croître, et dans des volumes encore plus soutenus. Comme le montre le graphique ci-après, avec ou sans politique gradualiste, le résultat est à peu près le même !
Émissions mondiales de CO₂ entre 1750-2019. Fourni par l’auteur
Face à ce constat effarant, les gradualistes s’accrochent à quelques maigres signaux positifs, supposés annoncer de plus grands changements. Ils aiment également rappeler que, tout compte fait, les politiques qu’ils préconisent n’ont été sérieusement appliquées que dans une poignée de pays parmi les plus riches. Mais le bilan de ces derniers est-il pour autant plus positif ? Les pionniers du protocole de Kyoto et les soi-disant leaders de la transition sont-ils au moins parvenus à baisser leurs émissions de gaz à effet de serre de manière significative ?
L’exemple de la France permet de répondre à cette question. En réduisant ses émissions territoriales, la France fait en effet partie des bons élèves. Mais cette baisse est beaucoup trop modeste : elle atteint à peine les 20 % en trente ans. À un tel rythme, la neutralité carbone n’adviendrait pas avant le XXIIème siècle ! Surtout, ces gains sont très largement factices, puisqu’ils s’expliquent en grande partie par la délocalisation de certaines industries parmi les plus polluantes.
Déclarer l’état d’urgence climatique, Éditions de l’Échiquier. Fourni par l’auteur
En réintégrant les émissions incorporées dans les importations françaises, on constate que l’empreinte carbone de la France est restée désespérément stable et s’élève aujourd’hui à un niveau identique à celui de la fin des années 1990 : environ 650 millions de tonnes équivalent CO₂, soit près de dix tonnes par habitant et par an. En presque trente ans de politiques gradualistes, nous n’avons même pas commencé à réduire le contenu carbone de ce que nous consommons. Or pour atteindre la neutralité carbone, nous devrions à présent diviser en quelques années cette empreinte par un facteur 5 à 8. Comment comptons-nous le faire ? En conservant les mêmes recettes gradualistes ?
Drôle de limites que les limites planétaires. On vous en parle généralement pour vous annoncer qu’on les a dépassées. Elles sont au nombre de neuf et nous permettent de penser la crise environnementale au-delà du seul changement climatique. Car elles fixent divers seuils au-dessus desquels les conditions de la vie sur terre sont sérieusement menacées. Mais quelles sont ces limites ? Comment les mesure-t-on ? Qu’est-ce que ce cadre de pensée permet ? Les limites planétaires ont-elles elles aussi des limites ? Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les limites planétaires sans oser le demander, c’est justement le thème du webinaire proposé par The Conversation France avec les chercheurs Natacha Gondran (Mines Saint Étienne) et Aurélien Boutaud (Unité de Recherche Mixte UMR 5600 « Environnement, Villes et Sociétés »). Un évènement en partenariat avec AFP Audio.
Webinaire The Conversation : « À quoi servent les limites planétaires ? »
L’économiste Henri Jorda nous donne des raisons d’admirer l’escargot. La lenteur de ce gastéropode, nous rappelle-t-il, était considérée pendant tout le Moyen Âge comme un gage d’application et de persévérance, avant que la modernité et sa vitesse ne balaient tout. Aujourd’hui cependant, refuser de se presser ne serait-il pas une question de survie pour respecter les limites planétaires ?
La sagesse de l’escargot : une invitation à ralentir et à respecter les limites de la planète ?
Jusqu’à la fin du Moyen Âge, les animaux lents, comme l’âne et l’escargot, étaient associés à la sagesse. Mais, dès le XVe siècle, le temps ne doit plus être perdu car il vaut de l’argent, et la lenteur cesse d’être admirée. Aujourd’hui, avec la « Grande Accélération » qui essouffle la planète et les vivants, la sagesse de l’escargot redevient cependant un emblème des comportements à adopter par l’humanité, notamment pour le mouvement Slow et la décroissance. Retour sur les rapports contrastés que nous entretenons avec cette incarnation de la lenteur.
La disqualification de la patience et de la lenteur
À la fin du Moyen Âge, la patience était encore une qualité précieuse pour qui souhaitait faire des affaires. Les meilleures affaires étaient celles qui réclamaient le plus de temps, pour aller chercher la marchandise, la transporter, la vendre sur les marchés et les foires. La plus grande patience était alors récompensée par les plus grands profits, bien des années après la mise de fonds initiale.
Les marchands du Moyen Âge étaient de fait patients en affaire et suivaient très scrupuleusement les préceptes religieux en employant leur temps de manière utile, pour plaire à Dieu. Pour les chrétiens, le temps est un don divin qu’il ne faut pas gaspiller, car cela reviendrait à voler Dieu, un péché capital connu sous le nom de paresse. À partir du XIIIe siècle, la paresse devient même le péché qui connaît les condamnations morales les plus sévères, « la mère de tous les vices », car elle ouvre la porte à bien d’autres péchés, y compris capitaux, comme la gourmandise et la luxure.
Détail de l’Annonciation de Francesco Del Cossa. L’historien de l’art Daniel Arasse s’est interrogé sur la présence du gastéropode entre Marie et l’Ange Gabriel et rappelle, dans Histoires de peintures, que l’escargot était alors considéré comme né de la rosée du matin (et à cet égard similaire à la Vierge, née de la rosée des cieux) mais aussi, que l’escargot était peut-être une figure de Dieu lui-même (qui est représenté de forme et taille similaire à l’escargot dans le tableau de Del Cossa) car Dieu avait lui aussi été lent et méthodique, notamment en laissant passer un sacré laps de temps entre la chute et l’incarnation. Détail de l’Annonciation de Francesco Del Cossa, CC BY
Les péchés auront leur bestiaire, car commettre un péché, c’est être un animal n’ayant conscience ni du bien ni du mal. Comme la paresse est un péché intérieur et solitaire, s’observant difficilement, les animaux qui la représentent sont ceux qui se cachent, comme la chauve-souris et le hibou. Dès la fin du Moyen Âge, l’âne rejoint ce bestiaire de paresseux alors qu’il était jusque-là, dans la tradition biblique, associé à la patience, au travail obstiné et à la sagesse : dans la Genèse, c’est l’âne qui transporte Abraham et les charges de blé de Joseph.
Au tournant du XVe siècle, l’âne devient de fait celui qui n’avance pas et n’obéit pas, qui piétine sur place. Ce qui passait pour de l’opiniâtreté et de la sagesse devient de la sottise et de l’indolence. De la même manière, l’escargot et la limace, qui étaient jusque-là associés à la patience, seront les autres symboles de la paresse, pour leur lenteur, leur lâcheté (le limaçon rentre dans sa coquille) et leur diablerie (les cornes de l’animal). Ce bestiaire est réuni dans la gravure de Brueghel l’Ancien pour représenter la paresse.
Avec l’avènement de la modernité, la vitesse se trouve ensuite érigée comme vertu cardinale, associée à la puissance, et, à l’inverse, la lenteur connote la fragilité, à l’inadaptation. C’est ce que montre notamment l’historien Laurent Vidal dans Les Hommes lents. La civilisation européenne érige alors en contre-modèle de l’homme moderne, l’Indien d’Amérique et le hamac qui lui sert de symbole, forgeant ainsi une image d’homme sauvage, paresseux, lent, immoral.
À partir du XVIIIe siècle, les autres indolents seront les Noirs et les colonisés, représentés « sous la forme de simples corps soumis au pur régime des émotions », écrit Laurent Vidal. Enfin, les nouveaux hommes lents seront les ouvriers, dont les figures les plus connues de l’organisation du travail tâcheront de combattre la lenteur.
Cabane indienne et hamacs. Gravure de 1852 représentant les voyages de Christophe Colomb.
D’abord, l’ingénieur américain Frederick Taylor et son chronométrage des temps élémentaires destiné à augmenter la vitesse d’exécution, pour faire passer les ouvriers d’une « allure lente ordinaire » à une « allure très rapide », écrit-il dans la Direction des ateliers (1912). Puis, l’industriel américain Henry Ford et sa chaîne de montage, avec son tempo régulier qui fait perdre aux ouvriers toute autonomie dans l’emploi de leur temps car « la tâche vient à l’ouvrier et non l’inverse », dit-il dans Propos d’hier pour aujourd’hui (1926).
Enfin, le père du système de production Toyota, Taiichi Ohno, pour qui le stock est le mal absolu, du travail humain gaspillé, le symptôme d’organisations obèses par « excès de production ». Son antidote : développer les « capacités réflexes » en produisant juste à temps et en cultivant le changement par l’amélioration continue. Dans L’esprit Toyota (1989), il compare les ouvriers à des sportifs qui battent des records de productivité.
Cette mise en tension gagne désormais l’ensemble des organisations, qui éliminent toutes les sources de gaspillage, la première d’entre elles étant le temps. C’est ainsi que le lean management (mot à mot « gestion allégée ») se présente comme le meilleur remède à la lenteur des organisations qui ont laissé se développer en leur sein des stagnations, des arrêts, des opérations qui ne produisent aucune valeur. Le Lean réduit en permanence le temps passé entre la commande et la livraison du bien ou du service, et, pour cela, il réalise un flux continu en supprimant les temps d’attente, de déplacement, tous les temps perdus à ne pas gagner d’argent. Aucune minute n’est gaspillée car « chaque seconde de vie de chacun est précieuse », écrivent Michael Ballé et Godefroy Beauvallet, dans Le Management Lean (2013).
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La lenteur pour retrouver les plaisirs perdus
Si la lenteur a ainsi été disqualifiée par la modernité, elle a aussi été l’emblème de la résistance à l’ordre établi. C’est ainsi que les ouvriers, suspectés de flânerie, ralentissaient les cadences, freinaient collectivement, à la vue d’un chronomètre. Et tout au long de la modernité, la paresse et la lenteur ont fait l’objet d’éloges dénonçant les conditions de l’industrie, l’exploitation des humains et de la nature, l’enfermement disciplinaire de l’usine, l’exportation du travail par la colonisation… Dans ces éloges, la civilisation du travail a fabriqué un monde froid, technicien, bureaucratisé, artificiel, qu’il faut fuir pour retrouver le goût des plaisirs simples et le sens du merveilleux. Car les rêves ont été brisés par un travail qui mesure, calcule, programme et accélère le temps.
Depuis les années 1980, s’est constitué un mouvement autour de la lenteur, le Slow. Le journaliste et sociologue italien Carlo Petrini, fonde ainsi en 1986 l’association Slow Food, à la suite d’une protestation contre l’ouverture d’un McDonald’s à Rome. D’après ce mouvement, dont le symbole est l’escargot, il ne s’agit pas d’aller lentement tout le temps, mais de trouver le bon rythme : « Nous nous battons pour le droit à déterminer notre propre temps », dit Petrini. Aux antipodes du turbo-capitalisme, qui menace du surmenage la planète et ses habitants, la Slow Food privilégie, au contraire, le plaisir des repas, mais aussi les exploitations agricoles de petite échelle qui travaillent sans précipitation.
Pancarte Slow Food dans une manifestation à Berlin en 2020. Stefan Müller, CC BY
La promotion de la lenteur s’étend depuis à d’autres dimensions de la vie. C’est ainsi que plusieurs villes deviennent « lentes » en réduisant la place de l’automobile, machine qui exprime et alimente la passion de la vitesse. La lenteur se manifeste aussi dans le monde académique, avec la Slow Science qui résiste aux injonctions de productivité de la recherche connues sous le slogan « publish or perish » (mot à mot « publier ou périr »). La Slow Science cherche à promouvoir, dans le travail scientifique, le plaisir et la convivialité, pour apprécier « la qualité d’un travail bien fait » et « tirer plaisir et fierté de son travail ».
La décroissance par une révolution des mentalités
D’autres alternatives à l’accélération renvoient à ce qu’il est convenu d’appeler la décroissance. Pour l’une de ses figures françaises, l’économiste Serge Latouche, la décroissance pourrait réaliser les promesses trahies de la croissance capitaliste : travailler moins en gagnant plus, travailler tous grâce à la civilisation des loisirs, et ne plus travailler du tout grâce aux nouvelles technologies. La décroissance, selon Latouche, propose de retrouver la sagesse de l’escargot qui nous enseigne la « nécessaire lenteur ».
La décroissance s’inspire en cela du philosophe allemand Ivan Illich. C’est dans Le genre vernaculaire (1983) qu’Illich met en scène l’escargot pour représenter la « croissance négative » qu’il appelle de ses vœux pour apprendre à vivre dans certaines limites :
« L’escargot construit la délicate architecture de sa coquille en ajoutant l’une après l’autre des spires toujours plus larges, puis il cesse brusquement et commence des enroulements cette fois décroissants. C’est qu’une spire encore plus large donnerait à la coquille une dimension seize fois plus grande. Au lieu de contribuer au bien-être de l’animal, elle le surchargerait. Dès lors, toute augmentation de sa productivité servirait seulement à pallier les difficultés créées par cet agrandissement de la coquille au-delà des limites fixées par sa finalité. » (p. 53).
La critique décroissante porte, en définitive, sur la mesure de notre bonheur par un PIB qui doit toujours croître alors que la planète et les vivants atteignent leurs limites. Les coûts cachés de la croissance sont tellement nombreux (pollutions de la planète, maladies des vivants) que la croissance est devenue pathogène. La réduction du temps de travail est l’une des conditions nécessaires pour continuer à envisager l’existence humaine dans une planète vivable. Mais la sagesse de l’escargot est difficilement compatible avec le capitalisme financier qui requiert des profits à court terme.
La décroissance en appelle alors à une « révolution mentale », une déconstruction des imaginaires. Rien ne sera possible sans une « dépollution » de nos mentalités éduquées selon les principes d’efficacité et de vitesse qui, depuis le Moyen Âge, disqualifient la lenteur et la paresse. L’escargot a, pourtant, une forme de sagesse : point trop n’en faut pour éviter de s’effondrer dans sa coquille.
La réduction du temps de travail permettrait ainsi d’orienter l’emploi de notre temps vers des activités non profitables, mais nécessaires sur le plan social et écologique. Elle conduirait à une réduction des activités néfastes ou inutiles pour les humains et la planète, ce que l’économiste Timothée Parrique appelle le « grand ralentissement », qui doit d’abord concerner les activités dont l’empreinte écologique est la plus lourde.
Mais la compétition entre les nations, entre les organisations, entre les individus, rend impossible la victoire des escargots, sauf à changer les règles du jeu capitalistes fondées sur la concurrence, sauf à considérer que la vie humaine n’est pas une course.
Vous avez certainement déjà vu un chien obéir à la voix de son maître, sans laisse. Vous aimeriez vous aussi pouvoir promener un jour librement avec votre chien en ville, sans qu’il détourne le museau pour décoder toutes les odeurs laissées par un congénère et sans utiliser de laisse ou collier électrique. Un chien obéissant doit avant tout être complice et en confiance avec son maître.
La plupart des chiens que l’on croise en milieu urbain tirent sur leur laisse, qui ne semble être jamais assez longue … A ce sujet, lire l’avis d’Esprit Dog sur les chiens qui tirent sur leur laisse :
Si la laisse reste pourtant obligatoire dans certains lieux publics pour des raisons évidentes de sécurité, il est possible de dresser son chien à obéir sans sa laisse, dans le respect et la confiance réciproques !
Il est important de commencer par apprendre à votre chien à marcher en laisse à vos côtés. La laisse est alors à considérer comme un lien de communication qui, une fois détachée, lui permettra une liberté toute aussi importante pour répondre à ses propres besoins canins. Nombreux sont les chiens qui deviennent hyperactifs et aboient sans cesse, car une promenade en laisse courte génère beaucoup de frustration.
Promenade en laisse pour les besoins de l’humain ou celui du chien ?
L’humain est l’une des seules espèces animales qui marche en ligne droite. Alors que le chien en liberté suit un parcours d’odeurs et de distractions. Avec une laisse, le maitre impose son mode de fonctionnement à son chien. En l’obligeant à agir systématiquement à l’encontre de son instinct, inutile de se demander pourquoi le chien a des « problèmes de comportement » …
Un chien a besoin de pouvoir courir librement et explorer son environnement régulièrement.
Sur un terrain privé ou dans un parc public, pour laisser courir votre chien librement et par plaisir, vous devez vous assurer que vous garderez le contrôle à distance ! C’est l’obéissance sans laisse …
Promener son chien sans laisse ni collier impose du respect
Si vous êtes dans un lieu qui exige que votre chien porte un harnais, un collier ou une laisse, vous devez le faire ! Si vous le laissez libre dans là où c’est interdit, vous vous exposez à des plaintes et à des amendes pour infraction.
Un chien ne doit pas être laissé libre s’il ne répond pas au rappel de son maitre.
L’idée qu’un chien soumis doit obéir sans hésitation et en tout temps à son maître est un mythe. Un chien qui écoute son maitre sans laisse n’est pas plus soumis qu’un chien n’est dominant s’il ne suit son maitre que lorsqu’il est en laisse. Dans la nature, les chiens comme les loups se déplacent librement sans suivre au pas le « dominant ».
L’obéissance sans laisse nécessite beaucoup de pratique, en prenant en compte les différentes difficultés : durée, distance et distraction.
Une bonne relation avec son chien est une base essentielle pour obtenir l’obéissance sans laisse. Le travail consiste à apprendre à votre chien que rester près de vous a de la valeur pour lui. Les chiens aiment découvrir le monde en suivant leur odorat mais ce sont aussi des animaux opportunistes. Ce qui signifie qu’ils iront là où se trouve ce qui a le plus de valeur pour eux.
Il est donc impératif d’avoir de la valeur pour votre chien, au moins autant, sinon plus, que ce qui peut l’intéresser !
Outre les récompenses pour l’encourager à rester près de vous, votre chien doit apprendre que vous, son maitre humain, avez de la valeur : vous êtes agréable, présent par le corps et l’esprit quand vous êtes près de lui et vous avez une belle énergie dans vos interactions avec lui.
Quelques astuces pour atteindre l’obéissance sans laisse
#1 – Apprendre au chien qui s’enfuit à revenir : avant d’envisager de laisser votre chien libre, vous devez vous assurer d’en avoir le contrôle à tout moment, en lui apprenant à revenir quand vous l’appelez. Le rappel efficace est la base : récompensez-le dès qu’il ignore les distractions et revient vers vous sans hésitation.
Si vous souhaitez avoir un rappel infaillible avec votre chien, vous pouvez suivre les conseils d’Esprit Dog
#2 – Apprendre la position au pied à son chien ou à son chiot : l’astuce consiste à lui donner la plupart de ses récompenses lorsqu’il est près de votre jambe plutôt qu’en face de vous. Cela va aussi l’encourager à rester à vos côtés lors de la marche, pour des promenades sans tension sur la laisse jusqu’à arriver à une marche sans laisse !
Pour obtenir de l’aide et des conseils avisés, vous pouvez suivre l’une des formations en ligne de dressage de chiens par Esprit Dog :
À une semaine des élections européennes, et alors que s’ouvre à Bonn la préparation de la COP29 de décembre en Azerbaïdjan, le rapport Road to Net Zero (« En route vers la neutralité climatique ») de l’Institut Rousseau compile le travail de 150 chercheurs et experts de toute l’Europe. Il analyse et chiffre les investissements publics et privés nécessaires pour atteindre la neutralité carbone de l’Europe à horizon 2050. L’Ademe évalue les coûts d’adaptation aux changements climatique à 260 milliards d’euros par an, pour la France seulement, en cas d’inaction.
UNE TRANSITION GLOBALE, ÉCONOME ET AMBITIEUSE
Les niveaux de gaz à effet de serre atteignent des niveaux record. Les températures mondiales atteignent des niveaux records. L’élévation du niveau de la mer atteint un niveau record. La glace de mer de l’Antarctique est à un niveau record. C’est une cacophonie assourdissante de records battus.
Professeur Petteri Taalas, Secrétaire général de l’Organisation météorologique mondiale, 2023
LES BESOINS D’INVESTISSEMENTS CLIMAT SELON L’INSTITUT ROUSSEAU VS. COM UE1
Sources : Rapport RtNZ (2024) et Impact assessment « path to climate neutrality by 2050 » de la commission UE (2024) en euros 2022 et 2023 sur les 4 principaux secteurs étudiés.
Dans l’étude de la Commission européenne, le sur-investissement est même estimé à plus de 640 milliards d’euros par an mais les années considérées pour évaluer la « dépense actuelle » sont antérieures à celles du rapport Road to Net Zero (2019-2022), qui correspond à 1040 milliards d’euros d’investissements dans ces 4 secteurs (contre 1160 milliards en ajoutant l’agriculture, la R&D et les puits).
Comment décarboner tous les secteurs de l’économie ?
Combien d’investissements cela nécessite-t-il, par secteur, par pays, par mesure ?
À l’heure de l’austérité budgétaire, comment financer la transformation nécessaire de notre économie ?
Pour répondre à ces questions, l’Institut Rousseau a observé en détail sept grands pays – la France, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, les Pays-Bas, la Pologne et la Suède – pour évaluer les investissements publics et privés nécessaires pour atteindre les objectifs de neutralité carbone à l’horizon 2050. L’ensemble de ces résultats sont compilés au sein du rapport Road to Net Zero qui étudie dans le détail 37 leviers de décarbonation et plus de 70 politiques publiques.
Chacune de ces deux études constate que des investissements supplémentaires substantiels, par rapport à ceux prévus sur la même tendance (“les investissements tendanciels”), sont absolument nécessaires.
En revanche, la comparaison entre ces deux études met en exergue une différence d’approche notable : le scénario de la Commission européenne préconise une “simple” décarbonation des usages quand l’Institut Rousseau propose une transition écologique plus globale intégrant des mesures de réduction des consommations énergétiques.
De cette différence d’approche découle un triple constat. La transition écologique globale couplée à des mesures de réduction des consommations énergétiques que propose l’Institut Rousseau est :
– Deux fois moins coûteuse pour l’ensemble de l’économie par rapport aux scénarios reposant principalement sur l’électrification des secteurs énergivores.
– Possible, car s’appuyant sur des politiques déjà mises en œuvre dans certains pays ou régions d’Europe.
– Synonyme d’une bien plus grande souveraineté économique pour les pays de l’UE, en réduisant largement leur dépendance aux importations, de fossiles et de matériaux critiques à court terme, et de gaz verts à plus long terme.
UNE TRANSITION POSSIBLE ET SOUHAITABLE
Les politiques publiques nationales et locales étudiées dans le rapport prouvent qu’il est possible de réorienter la stratégie de l’Europe vers une transition globale limitant les investissements supplémentaires grâce à des efforts mieux ciblés.
Dans le secteur des transports, l’exemple de l’Autriche et du Danemark ont démontré que doubler les parts modales du ferroviaire (fret et voyageurs) et du vélo (dans les agglomérations) était réalisable en investissant massivement dans les infrastructures. L’extension de ces modèles permettra de réduire progressivement les flottes d’automobiles et de camions et leurs coûts associés (de l’achat des véhicules aux carburants).
Dans le secteur des bâtiments, des expérimentations locales en France et l’exemple de l’Allemagne démontrent qu’il est possible d’atteindre des rythmes de rénovation performante compatibles avec les objectifs climatiques (et dépasser les 2% du parc immobilier rénové chaque année) à la double condition : – De centrer les aides sur les rénovations globales (incluant l’isolation) et non sur les changements de systèmes de chauffage, comme c’est très majoritairement le cas actuellement. – De fournir un accompagnement technique systématique et gratuit aux propriétaires des logements (les aides sont aujourd’hui distribuées sans accompagnement, ce qui mène à des travaux non optimaux voire à de la fraude).
D’autres exemples de « politiques exemplaires » (encadrées dans le rapport principal) ont été utilisés pour préciser les soutiens publics nécessaires dans les différents domaines, avec des besoins relativement limités dans certains secteurs (notamment l’Énergie) et nettement plus importants dans d’autres (comme l’Agriculture).
Investissements dans le secteur des puits de carbone
Les besoins d’investissements supplémentaires et de modification des soutiens publics actuels sont très disparates en fonction des pays : de 2 fois moins que la moyenne de l’UE (+1,6% du PIB) pour l’Italie et -25% pour l’Allemagne à près de 2 fois plus pour la Pologne.
Au-delà de la nécessité de renforcer les investissements, le scénario détaillé par le rapport Road to Net Zero est également conditionné à la transformation des soutiens publics actuels, notamment dans leurs modalités. Ainsi, si l’Allemagne et l’Italie ont un besoin de dépenses publiques supplémentaires moins élevé, les modalités de leurs soutiens publics actuels doivent malgré tout être fortement modifiées.
Ces différences et leurs explications sont détaillées dans les « Synthèses pays » de l’Institut Rousseau et les principaux écarts entre pays sont résumés dans son « rapport synthétique en français ».
UNE TRANSITION AU SERVICE DES ENJEUX DE SOUVERAINETÉ DE L’UNION EUROPÉENNE
Outre l’économie de nouvelles dépendances aux gaz verts, la stratégie de transition globale mise en avant dans le rapport Road to Net Zero permet, contrairement aux politiques actuelles ou aux autres scénarios évoqués (comme par exemple celui de la Commission européenne), une réduction des dépendances extérieures nettement plus rapide et importante.
L’étude de la Commission européenne n’intégrant pas les investissements dans les infrastructures ferroviaires et cyclables (environ 100 milliards par an dans le rapport Road to Net Zero), l’Institut Rousseau a ajouté les investissements prévus sur le seul réseau « Trans-européen », estimés à au moins 65 milliards par an dans l’étude d’impact « réseaux de transports » de 2021 de la Commission (pour l’essentiel ferroviaires). ↩︎
La Banque mondiale a publié mardi dernier son rapport annuel sur l’état de la tarification carbone à travers le monde. Pour la première fois, les revenus mondiaux issus de la tarification carbone ont dépassé 100 milliards de dollars. Une partie de ces revenus pourrait être utilisée pour compenser son impact financier sur les citoyens, sous forme d’un « versement climat ». Une telle redistribution est déjà en place au Canada, en Suisse, en Autriche et bientôt en Allemagne.
104 milliards de dollars. C’est le montant qu’a rapporté la tarification carbone à travers le monde en 2023. Tous les ans, la Banque mondiale publie un état des lieux de la tarification carbone, et anticipe ses futures évolutions. La dernière version du rapport, publiée mardi dernier, est riche d’informations.
Appliquée par de plus en plus de pays, la tarification carbone consiste à mettre un prix explicite sur les émissions de gaz à effet de serre. Malgré l’impact sociétal qu’ont ces émissions à travers le changement climatique, elles demeurent gratuites en l’absence d’une tarification carbone. La tarification carbone permet de favoriser la sobriété, l’efficacité énergétique et d’accélérer le développement des alternatives bas-carbone comme les pompes à chaleur, les véhicules électriques, la géothermie, le train, les énergies renouvelables, et bien d’autres.
Qu’en disent les experts ? Est-ce une mesure vraiment utile pour réaliser la transition écologique ? Dans son dernier rapport, le GIEC souligne bien que la tarification du carbone est un levier efficace pour réduire les émissions : « Il y a une abondance de preuves que la tarification carbone réduit les émissions »1. Cependant, le rapport précise que « même si la couverture [de la tarification carbone] a augmenté pour atteindre plus de 20 % des émissions globales, l’étendue de la couverture et le prix du carbone sont plus bas que ce qui est nécessaire pour une diminution drastique des émissions »2 [2].
Actuellement, il y a plus de 75 initiatives de tarification carbone (taxe carbone ou marché carbone) réparties et mises en œuvre dans plus de 40 pays. Au total, ces 75 mécanismes couvrent 24 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Ce pourcentage de couverture est en rapide augmentation. Il y a 10 ans, à peine 7 % des émissions de gaz à serre mondiales étaient couvertes. Il y a 20 ans, c’était moins de 1 % ! Plusieurs pays sont en voie d’appliquer une tarification carbone, comme le Brésil, l’Inde, le Chili, la Colombie et la Turquie.
Cependant, le rapport souligne que le prix du carbone est encore bien souvent trop bas. Moins de 5 % des émissions mondiales sont couvertes par une tarification supérieure à 64 € par tonne de CO2e. Or, selon les experts de la Commission de haut niveau sur les prix du carbone (High-Level Commission on Carbon Prices), il faudrait un prix global du carbone autour de 75 € par tonne de CO2e à l’horizon 2030 pour respecter l’Accord de Paris et contenir le réchauffement climatique en dessous de 2°C d’ici la fin du siècle.
Comparé aux deux superpuissances économiques que sont les États-Unis et la Chine, l’Union européenne est championne en la matière. Son marché carbone, appelé système d’échange de quotas d’émission (SEQE), a été implémenté en 2005, et couvre les centrales électriques, les sites industriels polluants et l’aviation. Le « Pacte vert » européen prévoit son extension au transport maritime et à l’incinération des déchets. De plus, le commencement d’un nouveau marché carbone européen ciblant le secteur routier et le bâtiment est prévu pour 2027. Ainsi, l’UE sera la première superpuissance économique à couvrir plus de 75 % de ses émissions de gaz à effet de serre territoriales avec une tarification carbone.
Pour protéger les entreprises européennes d’une concurrence déloyale, une taxe carbone aux frontières va aussi être progressivement mise en place. Cette taxe carbone aux frontières est également une incitation forte pour les autres pays à mettre en œuvre chez eux leur propre tarification carbone. Plutôt que de payer la taxe carbone à la frontière européenne, les pays exportateurs peuvent choisir de mettre en place une tarification carbone sur leur territoire et conserver les revenus. C’est ce qui est prévu dans plusieurs pays, qui vont démarrer ou renforcer leur tarification carbone en réponse à la future taxe européenne, comme l’Inde, l’Indonésie, le Maroc, la Turquie, l’Ukraine ou l’Uruguay, toujours selon le rapport de la Banque mondiale.
En plus de réduire les émissions de gaz à effet de serre, la tarification carbone génère une source importante de revenus pour les gouvernements. Comme le rapport de la Banque mondiale l’indique, les revenus mondiaux issus de la tarification carbone ont dépassé 100 milliards de dollars pour la première fois en 2023. Plus de la moitié de ces revenus sont utilisés pour des investissements bas carbone. Environ un tiers des revenus sont alloués au budget des gouvernements et utilisés pour d’autres dépenses. Enfin environ 10 % des revenus sont utilisés pour une redistribution aux entreprises et aux ménages.
Pour renforcer la transparence, l’équité et l’acceptation de la tarification carbone, plusieurs pays ont fait le choix de redistribuer la majeure partie des revenus de leur tarification carbone directement aux citoyens. Une telle redistribution est déjà en place au Canada, en Suisse, en Autriche et bientôt en Allemagne. Dirk Messner, président de l’Umweltbundesamt (UBA, homologue allemand de l’ADEME), soutient publiquement que l’Allemagne devrait implémenter une redistribution et servir de modèle aux autres pays européens qui devront aussi compenser les impacts financiers qu’aura le futur marché carbone sur le transport routier et le bâtiment sur la population.
Au sein du Lobby Climatique Citoyen, nous proposons justement de redistribuer les revenus du marché carbone sur le transport routier et le bâtiment directement aux citoyens, sous forme d’un « versement climat » national. Cette mesure est équitable et transparente. Comme le Canada, la Suisse, l’Autriche et bientôt l’Allemagne, nous pouvons le faire ! Nous appelons nos représentants politiques au gouvernement à mettre en place une telle redistribution.
A l’approche de la saison estivale, les gestionnaires de milieux naturels et aquatiques de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur lancent un appel pour garantir une « juste part d’eau à la nature », car la nature n’est pas un usager de l’eau parmi d’autres, elle en est aussi la source.Une initiative qui s’accompagne de propositions, car des solutions existent et des projets innovants sont menés, avec de la technologie, des progrès et des solutions fondées sur la nature.
Centre d’Information sur l’Eau (C.I.eau) – Le cycle de l’eau
Sur notre planète, l’eau existe sous différents états : liquide dans les océans, les rivières, les lacs et les nappes, solide sous forme de glace, de neige et de givre ou gazeux dans l’air. Selon les conditions physico-chimiques, l’eau se déplace d’un état à un autre par évaporation, précipitation, infiltration et ruissellement.
La nature joue un rôle essentiel dans le grand cycle de l’eau. Quand les milieux naturels et aquatiques se dégradent, le cycle de l’eau se dégrade aussi. Ce qui contribue aux phénomènes de sécheresses et d’inondations croissants sous l’effet du changement climatique.
Même en vacances, chaque goutte compte !
La nature est souvent considérée comme un usager de l’eau au même titre que l’agriculture, l’industrie ou le tourisme alors qu’elle en est la source.
La part d’eau laissée à la nature est régulièrement réduite, voire sacrifiée dès lors qu’il y a tension entre les usages et ce, malgré les mises en garde des experts … avec des conséquences qui dramatiques comme pour le Parc national de Doñana en Andalousie !
Ce manque d’eau s’ajoute aux autres pressions qui détruisent la biodiversité. 41 % des espèces de vertébrés observées en région Sud voient leur population décliner entre 2000 et 2021. La technologie et le progrès ne suffiront pas à compenser le rôle inestimable assuré par la nature dans le grand cycle de l’eau.
Centre d’Information sur l’Eau (C.I.eau) – Pourquoi l’eau n’est-elle pas une ressource inépuisable ?
Les gestionnaires de milieux naturels et aquatiques de la région ont une connaissance précise, technique et scientifique, essentielle pour éclairer les politiques publiques. Ce qui en fait de véritables sentinelles de la nature. Ils nous alertent sur l’accélération de la dégradation de ces milieux, liée notamment au manque d’eau, dans un contexte où les besoins pour les humains sont en augmentation…
Il est temps de garantir sa juste part d’eau à la nature !1
Des solutions existent et des projets innovants voient le jour en s’appuyant sur l’expertise des gestionnaires et sur le concept des Solutions Fondées sur la Nature : préservation des espaces naturels, des zones humides, agroécologie, génie écologique, nature en ville et désimperméabilisation des sols etc.
Mieux comprendre les enjeux, partager les bonnes pratiques et les solutions pour permettre de garantir sa juste part d’eau à la nature.
Pourquoi doit-on garantir sa juste part d’eau à la nature ?
Le bassin méditerranéen est, et devrait rester, parmi les régions les plus affectées par le changement climatique, en particulier en ce qui concerne les précipitations et le cycle hydrologique. L’évolution des températures globales régionales va avoir des conséquences importantes en région Provence-Alpes-Côte d’Azur à la fois sur la santé des milieux aquatiques et sur nos usages de l’eau.
Changement climatique observé : la baisse des précipitationsChangement climatique observé : la hausse des températures
Cette tension de plus en plus intense sur l’eau impacte la faune et la flore de la région, déjà en forte diminution du fait de l’artificialisation des sols et de la surexploitation des ressources. Il est impératif de considérer le fonctionnement global de l’écosystème de chaque territoire et la place centrale de la nature.
Comment peut-on garantir sa juste part d’eau à la nature ?
Les Solutions Fondées sur la Nature permettent d’utiliser des techniques efficaces qui s’appuient sur le fonctionnement de la nature et contribuent à sa préservation : maintien des espaces naturels, des zones humides, agroécologie, génie écologique, nature en ville et désimperméabilisation des sols, …
Quand l’homme, à la sueur de son front, à force de courage et de détermination, redonne vie à la terre abandonnée.
C’est aussi une démarche initiée sur le plateau de Valensole en 2014.
Le plateau de Valensole a connu de profonds changements durant ces dernières décennies. Couverts d’amandiers à l’ombre desquels pâturaient des troupeaux de moutons au sortir de la seconde guerre mondiale, il s’est peu à peu départi de ses arbres et de ses ouailles pour laisser place à de vastes étendues de lavandin et de blé dur. A droite, le plateau de Valensole dans les années 60 avec ses petites parcelles et les nombreux amandiers et à gauche le plateau aujourd’hui. Source : Géoportail
Le projet de restauration de la rivière du Colostre vise à répondre aux obligations réglementaires, à préserver la ressource en eau et à laisser s’exprimer la biodiversité en accord avec les activités humaines et en garantissant la sécurité de chacun.
L’Action publique est nécessaire pour impulser des dynamiques locales, régionales et nationales, en matière de préservation de la biodiversité et de gestion de l’eau.
Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SDAGE) pour l’atteinte du bon état des milieux aquatiques et Plan de Bassin d’adaptation au Changement Climatique (PBACC) pour adapter les territoires au changement climatique
Sur le plan international, depuis plusieurs années, un nouveau champ juridique émerge pour redonner pleinement ses droits à la nature !
Un appel qui se fonde notamment sur les travaux menés lors d’une Université intitulée « L’eau et les gestionnaires de milieux face aux enjeux d’aujourd’hui et de demain », organisée par l’ARBE en septembre 2023 avec le soutien de la Région Sud, de l’État (DREAL, OFB, Agence de l’eau) en partenariat avec le Conservatoire des Espaces Naturels de Provence-Alpes-Côte d’Azur, la Tour du Valat, le Parc naturel régional du Verdon et le Département des Alpes de Haute-Provence. ↩︎
Les entreprises contribuent-elles réellement aux objectifs de développement durable définis par l’ONU ? Pas vraiment, d’après la Plateforme RSE de France Stratégie, qui pour éviter les dérives, formule 15 recommandations pour la Responsabilité sociétale des entreprises (RSE) permette d’atteindre les Objectifs de développement durable (ODD) à l’horizon 2030.
17 objectifs de développement durable portés par l’Organisation des Nations Unies d’ici à 2030
« Les Objectifs de développement durable donnent la marche à suivre pour parvenir à un avenir meilleur et plus durable pour tous. Ils répondent aux défis mondiaux auxquels nous sommes confrontés : pauvreté, inégalités, climat, dégradation de l’environnement, prospérité, paix et justice. interconnectés, il est important d’atteindre chacun de ces objectifs d’ici à 2030 ».
Le constat réalisé par l’ONU à l’occasion du mi-parcours de l’Agenda 2030 est alarmant : à peine 20 % des cibles des objectifs de développement durable (ODD) seront atteintes d’ici 2030 si la trajectoire actuelle est maintenue.
Source : SDSN (juin 2023), SDSN (2023), Sustainable Development Report 2023. Implementing the SDG Stimulus. Includes the SDG Index and Dashboards, op. cit
Les ODD constituent des engagements des États, mais la réalisation des ODD implique tous les acteurs économiques.
Source : SDSN (2023), Sustainable Development Report 2023. Implementing the SDG Stimulus. Includes the SDG Index and Dashboards, op. cit.
Les entreprises sont libres de transcrire les ODD, cibles et indicateurs dans le respect des normes qui s’appliquent. Les entreprises qui intègrent les ODD dans leurs stratégies donnent le signe de vouloir se placer au-delà des réglementations, à la condition bien sûr qu’elles les appliquent scrupuleusement. C’est notamment le cas des entreprises dont l’intégration des ODD dans leurs stratégies va au-delà des exigences réglementaires. Cette démarche relève d’un engagement volontaire.
Il existe peu de données disponibles pour l’intégration opérationnelle des ODD dans les stratégies des entreprises et celles-ci ne permettent pas de réaliser un état des lieux précis des contributions des entreprises françaises, européennes et internationales aux ODD. Le baromètre ODD mis en place par le Pacte mondial de l’ONU – Réseau France depuis plusieurs années permet toutefois d’apprécier la situation de ces entreprises membres.
Les données issues de cette enquête annuelle font apparaître que les ODD 3 « Bonne santé et bien-être », 5 « Égalité des sexes », 8 « Travail décent et croissance économique », 12 « Consommation et production responsables » et 13 « Mesures relatives à la lutte contre les changements climatiques » sont largement priorisés par les entreprises françaises.
Les ODD sont majoritairement utilisés par ces entreprises au travers d’une mise en parallèle avec leurs stratégies existantes.
Toutefois, les actions engagées en lien avec les ODD ne relèvent pas systématiquement d’une évaluation des impacts de l’entreprise et de sa chaîne de valeur.
Peu d’actions sont mises en œuvre par les entreprises françaises pour les ODD 1 « Pas de pauvreté », 2 « Faim « zéro » », 6 « Eau propre et assainissement », 14 « Vie aquatique » et 16 « Paix, justice et institutions efficaces ». Les ODD s’adressant en priorité aux États, certaines entreprises ne se sentent pas forcément légitimes sur ces ODD en particulier. Le manque d’opérationnalité et les difficultés de mise en œuvre expliquent en partie le manque d’actions des entreprises sur ces ODD.
Source : Pacte mondial de l’ONU – Réseau France, PwC (2024), Baromètre ODD et entreprises françaises en action. Édition 2023, op. cit
À l’échelle internationale et européenne, les données sont insuffisantes mais certaines enquêtes montrent une très faible contribution positive des entreprises aux ODD. Sur la base des données disponibles, peu d’entreprises utilisent les ODD et leurs cibles comme des leviers de transformation de leurs modèles d’affaires.
Pour réaliser l’Agenda 2030 et permettre la réalisation d’un modèle commun de paix et de prospérité pour les peuples et la planète, l’ensemble des parties prenantes a un rôle majeur à jouer.
La RSE et les ODD sont intimement liés. Intégrer les ODD à sa stratégie RSE est pertinent en cela que les ODD constituent un langage commun à l’ensemble des parties prenantes1 et que leurs cibles proposent des référentiels utiles pour l’action et l’évaluation.
Le portage inégal des ODD au niveau des politiques publiques et des instances entrepreneuriales constitue un frein majeur à lever pour favoriser l’intégration des ODD dans les stratégies RSE des entreprises, même si des évolutions positives ont été réalisées ces dernières années. Par ailleurs, une nécessaire mise en cohérence des programmes d’enseignement devrait faciliter davantage l’appropriation par tous des ODD et le développement des compétences nécessaires à la mise en œuvre des actions contribuant aux ODD.
En outre, l’analyse d’impact des contributions positives et négatives des stratégies RSE aux ODD est nécessaire, et des réponses pour ce faire doivent être apportées aux entreprises qui ne disposent pas nécessairement des ressources internes, humaines et budgétaires, dédiées à la RSE.
Mais les entreprises peuvent s’appuyer sur le dialogue social pour enrichir leur stratégie RSE, dont les ODD sont un élément de référence dans la norme ISO 26 000. Le rôle des fédérations professionnelles se révèle également très important dans la prise en compte de la dimension sectorielle des ODD afin d’accompagner les entreprises, et notamment les plus petites, pour utiliser les ODD de manière opérationnelle en fonction de leur secteur d’activité.
Par ailleurs, pour mobiliser et fédérer les acteurs aux enjeux du développement durable, l’échelon territorial est particulièrement approprié. Les collectivités territoriales jouent, à ce titre, un rôle majeur dans la mobilisation des acteurs locaux sur les territoires.
Source : IFA, ORSE et PwC France et Maghreb (2022), Baromètre (1re édition) : La Responsabilité sociétale des entreprises, nouvelle priorité stratégique des administratrices et administrateurs ?, op. cit.
L’État, quant à lui, doit mieux soutenir les entreprises dont les actions contribuent à l’atteinte des ODD en mobilisant les fonds publics et privés. Enfin, les investisseurs privés jouent également un rôle majeur : la finance dite « à impact » suscite de plus en plus d’intérêt auprès des investisseurs.
Les parties prenantes sont de plus en plus sensibles à la prise en compte des enjeux du développement durable par les entreprises mais également aux impacts de leurs activités.
Le renforcement du cadre réglementaire européen a pour objectif d’intégrer davantage ces préoccupations. Une entreprise qui n’incarne pas ces évolutions avec sérieux se mettra en péril par la perte de marchés, de financements, de clients, de potentiels nouveaux salariés, etc. Les attentes des parties prenantes créent ainsi des opportunités pour les entreprises et les réglementations sont un outil pour faciliter leur réponse à ces demandes sociétales.
Les nouvelles obligations réglementaires, et notamment la Corporate Sustainability Reporting Directive – CSRD, ne sont pas à voir comme des contraintes pour l’entreprise, mais comme des opportunités pour adapter, repenser ou réinventer son modèle d’affaires. Les nouvelles réglementations appellent les entreprises à remettre en question leurs modèles économiques et les invitent à adopter une approche plus holistique dans toutes les dimensions de leurs activités.
À cet égard, l’intégration des ODD dans les stratégies RSE sont un levier puissant à destination des entreprises pour s’engager dans la transition de leur modèle d’affaires.
Les ODD sont un outil facilitateur, une boussole qui permet aux entreprises de guider et structurer leurs actions, en réponse à l’intensification des attentes des parties prenantes pour créer les conditions d’un monde plus juste et durable.
Les travaux de l’ADEME et du Ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires sur l’économie circulaire appliquée à l’urbanisme ont permis d’identifier les principaux leviers d’action pour intégrer l’économie circulaire à la planification stratégique et l’aménagement opérationnel. Vidéo, guide, grille d’évaluation, matrice d’indicateurs … découvrez toutes les ressources des circuits de l’économie circulaire.
La frise « sobriété de l’aménagement urbain »
Démarche Économie Circulaire et Urbanisme de l’ADEME (ECU)
Cette vidéo présente l’intégration de l’économie circulaire dans les projets d’urbanisme à l’échelle de l’aménagement opérationnel et de la planification urbaine : la boite outils développée, l’ensemble des ressources, libres d’accès, à destination des porteurs de projet d’aménagements urbains. C’est l’objet de la démarche ECU de l’ADEME (Economie circulaire et Urbanisme)
14 territoires pionniers
L’ADEME a accompagné 14 territoires pionniers dans l’expérimentation de l’intégration de l’économie circulaire en activant les leviers de l’urbanisme à l’échelle de l’aménagement opérationnel et de la planification urbaine.
Projets issus de l’expérimentation Économie circulaire et urbanisme de l’ADEME
L’objectif est d’aiguiller un acteur désireux d’en savoir plus, un élu ou un porteur de projet, sur les outils et méthodes à mobiliser à chaque étape de sa démarche.
Grille de questionnement des usages d’un projet d’aménagement urbain
Cet outil a pour objectif d’identifier les questions à se poser pour guider la conception d’un projet d’aménagement urbain. Il est accessible en version Excel.
3. Déconstruction et réemploi : Éléments de contexte et de méthode pour une approche de la déconstruction et du réemploi dans le projet urbain, sur l’étude de cas du projet Cadran Solaire, porté par Grenoble Alpes Métropole et la ville de La Tronche
6. Approche circulaire de la mobilité : Éléments de contexte et de méthode pour une approche circulaire de l’organisation des mobilités, en particulier en territoire rural
7. Aide à la rédaction d’un CCTP de consultation d’un AMO ECU : Accompagne les maîtres d’ouvrage dans l’élaboration de leurs consultations d’AMO en Économie Circulaire · Pour des opérations d’aménagement urbain ou de NPNRU. · Pour le lancement d’une mission d’assistance à l’élaboration ou à la révision du SCOT
9. Grille de questionnements sur les usages d’un projet ECU : Des clés pour guider la définition et la conception des projets ECU en fonction de leur typologie et des usages.
10. Matrice d’indicateurs ECU : Permettre aux porteurs de projets d’appliquer une liste d’indicateurs mesurant l’intégration de l’économie circulaire à leur démarche, à chaque étape du projet.
Venez rencontrer et découvrir la France qui innove et entreprend en s’inspirant de la nature pour imaginer un autre futur, à Paris les 11 et 12 Juin 2024. Biomim’expo rassemble les acteurs et parties prenantes du Biomimétisme et des innovations bio-inspirées, les approches qui s’inspirent de la Nature pour innover et créer les conditions d’un modèle de développement renouvelé et respectueux de l’environnement.
Jamais, et nulle part ailleurs, un événement n’avait rassemblé un aussi large écosystème, d’excellence, d’audace, et d’avant-garde.
Biomim’expo est le rendez-vous référent sur le sujet du « biomimétisme ».
Prendre modèle sur quelque chose de plus grand que nous, quoi de plus évident au fond ?
Ce Village 2024 de l’équipe de France de la bio-inspiration (avec quelques internationaux) a doublé de taille versus la précédente édition !
Vous découvrirez que …
… des substituts aux molécules pétrosourcées existent, tant pour l’industrie que pour l’agriculture ;
… les microalgues, les plantes et la biodiversité moléculaire recèlent de trésors pour nous soigner, séquestrer le carbone ou purifier l’air ;
… l’architecture se réinvente pour repenser des habitats durables et harmonieux, avec, pour et comme le Vivant ;
… l’IA peut être intelligemment associée à la recherche pour mieux comprendre et nous inspirer de cette vie prodigieuse qui nous entoure et encore si mal connue ;
… nos modèles économiques et nos stratégies d’entreprises aussi peuvent être repensés et optimisés en prenant modèle sur la « Nature company » ;
… de nouveaux outils de collecte et d’interprétation des données peuvent aider à protéger la biodiversité et à réagir face au réchauffement climatique ;
… des plantes et des champignons peuvent dépolluer les sols ;
Vous verrez aussi qu’on peut associer la recherche et le sport de haut niveau pour allier performance sportive et performance environnementale ;
… que la bio-inspiration peut contribuer à réinventer la beauté et le soin tout en réduisant les impacts ;
… qu’on peut réinventer le cycle de l’eau en ville et en tirer de multiples bénéfices
… que de nouveaux imaginaires collectifs sont en train d’éclore ; que l’intelligence collective est créative ;
Vous découvrirez également …
… plus de 40 startups qui révolutionnent leurs métiers et filières par l’approche du biomimétisme et des innovations de rupture inspirées du Vivant …
… et une matériauthèque inédite de 300 échantillons d’une incroyable diversité.
Soutenir l’agriculture et renforcer la souveraineté alimentaire sont des ambitions qui s’ajoutent à celles des stratégies françaises et européennes. Afterres2050 est le premier scénario de transition agricole et alimentaire pour la France qui décrit un chemin de transition écologique pour concilier les différents enjeux et atteindre plusieurs objectifs : nourrir sainement 68 millions de personnes, ralentir la course du dérèglement climatique et s’y adapter, remplacer les ressources fossiles, faire face à la stagnation des rendements et à la perte des terres agricoles, maintenir et protéger les écosystèmes et la biodiversité, lutter contre les pollutions (eau, air, sol)…
Afterres2050 définit l’ensemble de leviers à activer pour y parvenir : régimes alimentaires, systèmes de culture et d’élevage, usage des surfaces et de la biomasse (pour l’énergie, la chimie, les matériaux), sylviculture, imports-exports…
Dans une vidéo tournée lors de la dernière université Afterres2050, Sylvain Doublet, responsable Prospective à Solagro et co-scénariste d’Afterres2050, livre un décryptage du scénario en 3 Actes :
du portrait de l’agriculture et de l’alimentation en France aujourd’hui,
aux engagements de la France (SNBC, SNANC, ZAN, PNNS, Stratégie nationale pour la biodiversité, directive pesticides, neutralité carbone…)
pour ensuite présenter la voie étroite à construire ensemble, en agissant à la fois sur l’offre et la demande, pour réussir la transition écologique.
Cette vidéo a été tournée dans le cadre de l’Université Afterres2050 organisée par Solagro en novembre 2023 à Toulouse, rassemblant 200 participant·e·s : agriculteurs·rices, scientifiques, membres de collectivités territoriales, de structures d’État, d’ONG, d’entreprises, d’organismes techniques… une diversité d’acteurs et actrices pour mettre en récits les transitions et engager l’action.
«La Stratégie nationale bas carbone exige une division par 6 des gaz à effet de serre de l’agriculture pour atteindre la neutralité carbone et un doublement de la quantité de biomasse-énergie, le plan national d’adaptation au changement climatique prévoit une résilience climatique du secteur agricole, la stratégie nationale biodiversité notamment une réduction massive des pesticides et un développement des infrastructures agroécologiques, la directive cadre sur l’eau le bon état qualitatif et quantitatif de 100% des masses d’eau, le plan national nutrition santé une nourriture saine pour la santé humaine et celle des écosystèmes…
Afterres propose une voie étroite quantifiée pour répondre à l’ensemble de ces objectifs de la transition écologique.
Chiffré et réaliste, le scénario s’enrichit de l’expérimentation de solutions dans de nombreux territoires – Terres de Sources, le PNR des Boucles de la Seine Normande, Valence Romans Agglo, le Grand Genève – et exploitations agricoles, notamment celles du réseau OSAÉ – Osez l’agroécologie. La transition vers une agriculture et une alimentation plus durable est possible, mais elle nécessite d’être soutenue. »
Sylvain Doublet responsable Prospective à Solagro et co-scénariste d’Afterres2050
Afterres 2050 : Un horizon pour l’agriculture et l’alimentation
Une étude Jacquet Brossard menée avec BVA révèle que pour une écrasante majorité des Français, les produits sources de plaisir peuvent être des alliés dans l’adoption de pratiques alimentaires durables. L’étude souligne aussi l’importance des discours positifs pour engager le plus grand nombre dans la transition alimentaire.
il faut réenchanter les récits, comme les recettes, pour faire du plaisir de se nourrir, un accélérateur de la transition alimentaire.
Jacquet Brossard
En bref, les infos à retenir:
1 Français sur 3 pense que l’alimentation est avant tout un moment de plaisir
Plus d’un Français sur deux déclare ne pas savoir ce qu’est la transition alimentaire mais 78% se sentent concernés par le sujet une fois la définition connue
Pour 2 Français sur 3, l’accès à des produits alliant plaisir et transition alimentaire est le 2ème levier le plus efficace (après l’accessibilité prix) pour favoriser la transition alimentaire
52% des Français ne sont ni motivés, ni confiants, vis-à-vis des discours actuels sur la transition alimentaire
La « transition alimentaire » : une notion encore méconnue des consommateurs
L’étude révèle que la notion de « transition alimentaire » demeure encore largement méconnue du grand public français. En effet, 53% des répondants de cette étude ont admis ne pas savoir ce qu’était la transition alimentaire, tandis que seulement 11% ont déclaré être capables de donner une définition précise.
Qu’est-ce que la transition alimentaire ? La transition alimentaire est l’évolution de notre modèle alimentaire vers plus de respect de la santé humaine, de notre planète et du bien-être des animaux. Elle regroupe toutes les actions que mettent en place les acteurs de la filière alimentaire pour y parvenir : producteurs, transformateurs, distributeurs, restaurateurs, consommateurs.
Dès lors que la notion est explicitée, l’intérêt des Français pour la transition alimentaire se révèle significatif.
✔ 78% des sondés déclarent se sentir concernés par cette démarche, témoignant d’une réelle volonté d’adopter une alimentation plus responsable.
✔ 60% des Français interrogés affirment mettre en place des actions en faveur de la transition alimentaire dans leur quotidien, comme consommer des produits de saison (81%).
Le plaisir, au cœur des pratiques alimentaires des Français : véritable levier en faveur de la transition alimentaire
Pour 1 Français sur 3, l’alimentation est avant tout un moment de plaisir. En effet, 93% des Français déclarent que le critère principal de choix dans leurs achats alimentaires est le goût.
Conséquence de cette prédominance du plaisir gustatif, 88% des Français trouvent qu’il est essentiel de conserver des produits sources de plaisir dans leur alimentation quotidienne. Une donnée soutenue par les résultats de la campagne « Top 30 marques préférées des Français », dans laquelle 9 des 10 premières marques préférées des Français viennent de l’industrie agro-alimentaire, démontrant ainsi le poids, et de fait, la responsabilité, des marques alimentaires, pour être moteurs de la transition et embarquer le plus grand nombre vers des pratiques plus vertueuses.
Plus encore, une large majorité de Français (86%) estiment que les produits sources de plaisir peuvent jouer un rôle crucial dans la transition vers une alimentation plus durable. Jacquet Brossard s’attache depuis plus de 100 ans à créer des produits plaisir, tout en intégrant des démarches d’amélioration continue des recettes, agissant ainsi aux côtés des Français soucieux d’adopter une alimentation plus vertueuse :
Réduction du sucre et du sel, suppression de l’huile de palme et réduction des additifs, sans faire de compromis sur le plaisir.
100% des produits Jacquet sont sans huile de palme, 73% des produits ont une teneur en sel <1,1%. 100% de la gamme pain de mie est sans sucres ajoutés. 95 % des références ont un Nutri-Score A ou B.
Réduction du sucre de 36% dans les brownies Brossard, 90% de la gamme est sans huile de palme ni sirop de glucose-fructose.
Plaisir et transition alimentaire : une alliance gagnante mais des actions et des discours positifs attendus
La légitimité des acteurs de la filière agricole
Une proportion significative de 35% des Français estime que les agriculteurs sont les acteurs les plus légitimes pour parler de transition alimentaire. Grâce à son modèle unique de filière intégrée « du grain au pain », composée de 400 agriculteurs français, Jacquet Brossard revendique ainsi 100% de blé français dans la composition de ses recettes afin de répondre aux attentes des consommateurs soucieux de l’origine et de la qualité des produits qu’ils consomment.
Des attentes vis à vis des discours ambiants
L’étude révèle des sentiments ambivalents vis-à-vis des discours actuels sur le sujet de la transition alimentaire. Preuve que les discours anxiogènes ne convainquent pas, 52% des interrogés déclarent ressentir une émotion négative (indifférence, anxiété…) en écoutant les récits actuels.
Pour favoriser la transition alimentaire, les actions jugées les plus impactantes par les Français sont :
La consommation de produits de saison (73%)
La consommation de produits locaux (69%)
Des actions souhaitées pour favoriser la transition alimentaire
Deux actions se démarquent pour favoriser la transition alimentaire : la proposition de prix plus abordables (81%) et l’accès à des produits qui allient plaisir et transition alimentaire (67%).
42% des Français se disent motivés à agir si les discours autour de l’alimentation et de notre modèle alimentaire français étaient plus positifs.
Etude BVA pour Jacquet Brossard
« Jacquet Brossard s’engage à proposer des produits de qualité et accessibles, tout en contribuant à des discours positifs et mobilisateurs autour de la notion de transition alimentaire, essentielle pour l’avenir de notre alimentation. En capitalisant sur ce qui a fait son succès : des produits « plaisir » ancrés dans le quotidien des Français, l’entreprise souhaite faire du plaisir de se nourrir, un accélérateur de la transition alimentaire.«
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