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Les entreprises s’engagent pour l’emploi des Seniors

Les entreprises sont appelées à s’engager face aux enjeux sociaux, sociétaux et environnementaux dans une campagne de communication de la Communauté “Les entreprises s’engagent”.Sa nouvelle thématique, “Les entreprises s’engagent pour l’emploi des Seniors”, permettra de sensibiliser et encourager le passage à l’action de ses 90 000 entreprises membres. L’objectif ? Faire changer la société de regard sur les seniors en recherche d’emploi.

Les entreprises s’engagent partout en France
Les clubs départementaux sont des coalitions inédites qui réunissent, dans chaque département, les entreprises de toutes tailles, mais aussi les services de l’Etat et les collectivités, des décideurs et des leaders engagés

Après avoir lancé un cycle de réflexion sur le maintien en emploi et le recrutement des séniors, pour penser des solutions concrètes face au défi du vieillissement de la population active, la Communauté “Les entreprises s’engagent” lance un programme dédié à l’emploi des seniors, afin de sensibiliser, diffuser les bonnes pratiques d’entreprises engagées sur cette thématique et d’inviter ainsi les entreprises à passer à l’action. 

La Communauté est convaincue qu’investir massivement sur les seniors de l’entreprise constitue non seulement un levier de performance pour l’entreprise et son écosystème, mais est aussi une chance pour l’intérêt général. Aujourd’hui, chaque entreprise est en capacité de permettre à chaque senior de s’épanouir professionnellement, grâce à un cadre adapté à ses besoins.

Pour y parvenir, la Communauté : 

  • Met à disposition 3 actions clés en main pour informer et sensibiliser ;
  • Mobilise des partenaires, notamment l’APEC et France Travail, afin d’accompagner concrètement les entreprises à passer à l’action ;
  • Organise un workshop d’une heure le 12 décembre à 11h30 ;
  • Organise des événements de sensibilisation et de passage à l’action partout en France avec les 101 clubs départementaux de la Communauté ;
  • Met à disposition un guide pratique co-réalisé avec l’ANACT (agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail) afin de prévenir l’usure professionnelle et favoriser le maintien à l’emploi.
Recrutez des profils expérimentés

Le Workshop

Chaque mois, une nouvelle thématique d’engagement des entreprises dans le Workshop de la Communauté. Au programme : des opportunités d’engagement concrètes pour son entreprise, des témoignages d’entreprises engagées qui partagent leurs bonnes pratiques et une séance de questions réponses.

Une heure pour passer à l’action !

Biodiversité : comment engager mon entreprise ?

Transition écologique : comment engager mon entreprise ?


Ils et elles dirigent une entreprise engagée

La Communauté française des entreprises engagées pour une société inclusive et un monde durable

Comment rentabiliser les investissements bas carbone ?

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« Investissements bas carbone : comment les rendre rentables ? » À la suite du rapport de Pisani-Ferry et Mahfouz (2023), cette Note d’analyse de France Stratégie a pour objectif d’affiner l’estimation des investissements nécessaires à la transition climatique, de quantifier la part rentable pour les ménages, entreprises et collectivités parmi ces investissements ainsi que les montants nécessaires pour rendre rentable ce qui ne l’est pas, et enfin d’évaluer les contraintes financières qui pèsent sur les ménages.

Sur environ 85 milliards d’euros d’investissements bruts nécessaires en moyenne chaque année entre 2024 et 2030 dans les bâtiments et les transports routiers, seul un tiers serait rentable sans intervention publique, si les prix de l’énergie restent à leur niveau de 2024. Leur rentabilité s’améliorerait dans le temps, en particulier dans les transports, notamment grâce aux avancées technologiques dont bénéficient les véhicules électriques.

En revanche, dans le bâtiment, les rénovations énergétiques, et en particulier l’isolation thermique, ne seraient généralement pas rentables avec nos hypothèses, sauf intervention significative du secteur public. Seul le changement de système de chauffage du fioul et du gaz vers des pompes à chaleur offrirait une rentabilité notable.

Pour rendre rentables les investissements non rentables, des transferts d’environ 19 milliards d’euros par an seraient nécessaires entre 2024 et 2030 (à comparer avec un volume de subventions estimé à environ 8 milliards d’euros dans le budget de l’État 2024 – sans compter les dispositifs non budgétaires telles que les CEE).

Pour limiter l’impact sur les finances publiques, des incitations réglementaires, des malus sur l’achat d’actifs bruns ou l’usage de taxes carbones pourraient être privilégiés pour réduire le coût pour les finances publiques. Lorsque des subventions sont nécessaires, elles devraient être adaptées aux revenus des ménages pour restreindre les effets d’aubaine et inciter les ménages les plus modestes à participer à la transition.

Néanmoins, même si la rentabilité est assurée, certains ménages font face à des contraintes financières qui les empêchent de réaliser ces investissements. Beaucoup ne disposent pas de liquidités suffisantes et pourraient rencontrer des difficultés à accéder au crédit. Par exemple, les remboursements d’un crédit pour l’achat d’une voiture électrique neuve dépasseraient 21 % des revenus pour la moitié des ménages français. Les ménages les moins aisés, en particulier, auront donc besoin d’un soutien supplémentaire pour financer ces investissements.

Investissements bas carbone : comment les rendre rentables ?

Conclusion

À la suite de Pisani-Ferry et Mahfouz (2023), France Stratégie estime qu’environ 85 milliards d’euros d’investissements verts bruts seront nécessaires en moyenne chaque année entre 2024 et 2030 dans le secteur du transport routier et du bâtiment. De son côté, I4CE a récemment estimé des besoins d’investissements verts bruts de 206 milliards d’euros en 2030. La Direction générale du Trésor envisage elle un besoin supplémentaire (c’est-à-dire net) de 110 milliards d’euros en 2030 par rapport à 2021. Néanmoins, ces montants ne sont pas directement comparables aux nôtres, notamment parce qu’ils couvrent un périmètre bien plus étendu que celui de cette note.

Dans notre scénario central, qui se fonde sur des prix de l’énergie stables et ne prend pas en compte les mesures de soutien existantes, un tiers de ces investissements verts bruts nécessaires seraient rentables. Ces investissements rentables concernent principalement le changement de mode de chauffage et l’adoption de véhicules électriques par les ménages, tandis que la rénovation thermique des bâtiments s’avère bien moins rentable.

Environ 19 milliards d’euros par an seraient nécessaires pour rendre rentable l’ensemble des investissements pour les ménages et les entreprises. Ce montant ne compense pas entièrement l’écart entre les investissements totaux et ceux qui sont rentables, car il est calibré pour rendre les investissements verts rentables grâce à des transferts aux ménages et aux entreprises et non pour couvrir l’ensemble de ces investissements.

Pour limiter l’impact sur les finances publiques si ces aides prenaient la forme de subventions, nous suggérons de les ajuster en fonction du revenu des ménages (par exemple, avec des montants variables selon les quartiles de revenus), ce qui permettrait de réduire les effets d’aubaine.

Concernant les véhicules électriques, bien que les montants totaux pour favoriser leur adoption devraient être augmentés à 2 milliards d’euros par an, les subventions par véhicule pourraient dans les prochaines années être nettement inférieures aux aides actuelles. Toutefois, l’étude se focalise uniquement sur la rentabilité, sans intégrer d’autres facteurs, à la fois monétaire (absence de trésorerie) et psychologique (incertitude sur les prix futurs, le développement du réseau de charge, etc.), pouvant justifier des subventions plus élevées. Par ailleurs, une annonce explicite indiquant que les subventions diminueront progressivement dans les années à venir pourrait encourager les ménages à accélérer leur transition vers les véhicules électriques.

Les rénovations des bâtiments nécessiteront d’être encouragées significativement pour que la France atteigne ses objectifs à l’aide de transferts de l’ordre de 17 milliards d’euros par an. Aujourd’hui, nous ne partons pas de zéro, loin de là : des soutiens très différents et peu coordonnés coexistent (MaPrimeRénov’, TVA à 5,5 %, CEE en particulier), mais leur efficacité est parfois remise en question. Il serait sans doute judicieux de supprimer l’avantage fiscal bénéficiant aux rénovations thermiques qui réduit la TVA de 10 % à 5,5 %, même si l’économie serait relativement faible (car sa suppression nécessiterait en miroir un soutien plus élevé à la rénovation pour la majorité des ménages).

Le renforcement des incitations pourrait également être de nature réglementaire (par exemple, pour les rénovations tertiaires non rentables) ou se traduire par des malus ou une taxe carbone, ce qui transférerait ce coût vers les ménages et les entreprises.

Par ailleurs, s’il est possible de rendre rentables les investissements grâce à des transferts, il existe aussi des freins non monétaires à l’adoption d’actifs bas carbone que les subventions ne résoudront pas. Pour la rénovation des bâtiments, des frictions peuvent exister au niveau des copropriétés. Pour la mobilité, la crainte d’un manque de bornes de recharge est un autre exemple de frein à l’adoption de véhicules électriques. L’incertitude concernant les prix futurs de l’énergie, des actifs ou le niveau des subventions pourrait aussi jouer.

Les transferts réellement nécessaires devront probablement être significativement supérieurs à ceux calculés dans cette note pour convaincre les agents économiques de réaliser ces investissements. De plus, dans certains cas, ceux-ci nécessiteront des investissements publics complémentaires non pris en compte dans cette étude (réseaux de bornes de charge pour les véhicules électriques, investissement dans les renouvelables pour s’assurer de prix de l’électricité abordable, etc.).

D’autre part, malgré des transferts qui assureraient la rentabilité des investissements verts, une partie de ces investissements pourrait rester difficile à réaliser pour un grand nombre de ménages. En effet, des investissements tels que l’achat d’une voiture électrique ou la rénovation thermique représentent des montants très conséquents. La plupart des ménages ne disposent pas d’une épargne suffisante pour les financer. Dès lors, le recours à l’emprunt devient nécessaire, mais les mensualités pourraient souvent dépasser 10 % du revenu disponible, rendant ces investissements inaccessibles pour certains, malgré leur rentabilité. Ce constat légitime les dispositifs existants tels que le prêt à taux zéro ou le leasing de voitures électriques.

Mettre en avant ses valeurs de durabilité permet-il de compenser de mauvais avis en ligne ?

Les initiatives de durabilité se multiplient dans divers secteurs, surtout dans l’hôtellerie et le tourisme. Les grandes chaînes hôtelières rivalisent pour être reconnues comme les plus durables, tandis que de petits hôtels adoptent également des pratiques durables. Cependant, comment ces déclarations interagissent-elles avec les avis en ligne ? Une étude récente montre que, malgré de bonnes évaluations, les consommateurs exigent des preuves tangibles de durabilité.

Source : https://www.entreprises.cci-paris-idf.fr/web/transition-ecologique/accompagnement-au-fonds-tourisme-durable

Faits marquants

  • Cette recherche met en lumière la manière dont les consommateurs traitent les signaux internes et externes à leur disposition sur le marché afin de faire des choix dans le secteur de l’hôtellerie et du tourisme
  • Les allégations en matière de durabilité réalisées par les entreprises augmentent l’intention d’achat des consommateurs.
  • Des avis et évaluations positives renforcent l’intention d’achat des consommateurs.
    • La combinaison de ces signaux interne et externe n’amplifie pas l’effet positif sur les intentions d’achat. Les consommateurs perçoivent ces signaux comme distincts, voire dissonants.

Résumé de la recherche

Les entreprises tendent à multiplier les affirmations concernant leur durabilité, même en l’absence de certifications indépendantes. Bien que ces signaux internes — émis par l’entreprise elle-même — soient souvent perçus comme moins fiables, leur impact réel dépend de la manière dont les clients les évaluent par rapport aux signaux externes, c’est-à-dire ceux émanant de sources tierces, relatifs aux performances antérieures de l’entreprise.

Les recherches ont porté sur l’impact séparé et combiné des allégations de durabilité auto-déclarées (c’est-à-dire de signaux internes) et des notations de performance agrégées (c’est-à-dire de signaux externes) sur les clients.

Une expérience a montré que les allégations de durabilité auto-déclarées comme les évaluations de performance augmentent sensiblement l’intention des clients de visiter un hôtel ou un restaurant. Cependant, il n’existe aucune preuve d’un effet d’interaction, autrement dit, la combinaison des deux signaux ne semble avoir aucun effet sur les clients.

Pour mieux comprendre, une étude qualitative a révélé des perceptions mitigées et paradoxales parmi les clients. Bien que les deux signaux soient perçus comme distincts (communiquant des attributs différents) et même dissonants (en communiquant des attributs opposés), ils sont également perçus comme s’influençant mutuellement dans la mesure où une note de performance élevée (ou au contraire moins) reflète positivement une allégation de durabilité autoproclamée, et vice versa. D’où un examen des stratégies de gestion pour communiquer les références en matière de durabilité par rapport aux performances globales de l’entreprise.

The combined (non)impact of self-declared sustainability claims and business performance ratings on customer intentions

Tribune :

Mettre en avant ses valeurs de durabilité permet-il de compenser de mauvais avis en ligne ?

Les initiatives de durabilité se multiplient dans divers secteurs, surtout dans l’hôtellerie et le tourisme. Les grandes chaînes hôtelières rivalisent pour être reconnues comme les plus durables, tandis que de petits hôtels adoptent également des pratiques durables. Cependant, comment ces déclarations interagissent-elles avec les avis en ligne ? Une étude récente montre que, malgré de bonnes évaluations, les consommateurs exigent des preuves tangibles de durabilité.

Une récente recherche intégrant une expérimentation suivie d’une analyse qualitative dans le secteur du tourisme analyse cette dynamique. Les résultats révèlent que malgré de bonnes évaluations de performance, les consommateurs attendent des preuves tangibles de durabilité et peuvent percevoir les déclarations de durabilité des entreprises mal notées comme des stratégies opportunistes pour masquer leurs faiblesses.

Source : https://lepietri.com/blog/lhotellerie-de-demain-durable-et-ecologique/

Perception des consommateurs : une déconnexion entre durabilité et performance

Pour les entreprises avec de bonnes évaluations : Les consommateurs voient la déclaration de durabilité comme un « bonus », mais pas un facteur déterminant. Cependant, ils s’attendent à ce que les entreprises fournissent des preuves concrètes de leur durabilité pour éviter les accusations de greenwashing. Si une entreprise a de bons résultats en matière de service ou de qualité, les clients attendent également que cet engagement se reflète dans des pratiques durables authentiques.

Pour les entreprises avec de mauvaises évaluations : Les déclarations de durabilité sont souvent perçues avec méfiance, voire comme une tentative de détourner l’attention des problèmes de performance. Les clients associent parfois ces déclarations à une stratégie opportuniste, surtout si les performances globales de l’entreprise sont faibles. La crédibilité de l’engagement durable est alors remise en question.

Stratégies pour les entreprises : adapter la communication en fonction de sa performance

Source : https://longtimelabel.com/actualite/criteres-label-durabilite/

Redresser la performance avant de communiquer sur la durabilité

Les entreprises dont les évaluations de performance sont faibles devraient d’abord se concentrer sur l’amélioration de leur service client et de la qualité avant de communiquer sur leurs actions de durabilité. Les consommateurs sont plus enclins à voir des déclarations de durabilité comme une stratégie de diversion si la performance générale est faible. Une amélioration visible des services, accompagnée d’une communication mesurée sur les actions environnementales, peut aider à redorer leur image. La transparence sur les efforts de redressement doit précéder la communication sur les initiatives écologiques.

Renforcer la crédibilité avec des preuves externes

Les entreprises bénéficiant de bonnes évaluations de performance ont une opportunité unique d’utiliser la durabilité pour renforcer leur position. Cependant, elles doivent veiller à ce que leurs déclarations soient perçues comme authentiques. L’obtention de certifications tierces (par exemple, des labels écologiques) peut augmenter la crédibilité et répondre aux attentes des clients qui souhaitent des preuves tangibles. La communication doit être claire et cohérente, avec des résultats mesurables publiés régulièrement pour éviter les accusations de greenwashing.

Dans les deux cas, les entreprises doivent veiller à ne pas sur-vendre leurs efforts de durabilité. Une approche transparente, soutenue par des preuves, renforcera la confiance des consommateurs.

Auteurs :

  • Victoria-Sophie Osburg, Associate Professor in Marketing, MBS School of Business, France
  • Vignesh Yoganathan, Professor of Marketing, Aston Business School, Royaume-Uni
  • Sihem Dekhili, Professor of Marketing, ESSCA School of Management, BETA-CNRS, France
  • Audrey Portes, Assistant Professor of Marketing, Montpellier Business School, France
  • Sona Klucarova, Assistant Professor of Marketing, University of Nebraska Omaha, États-Unis
La performance grâce à la durabilité

Économie circulaire : + d’1 Français sur 2 a acheté de l’occasion ou du reconditionné ces 2 dernières années


Une étude menée par Kantar et Recommerce auprès d’un échantillon de 1002 personnes interrogées sur le panel Métaskope révèle des résultats surprenants sur l’achat de produits reconditionnés et d’occasion dans diverses catégories de consommation. En dépit des freins perçus, cette pratique montre une adoption croissante, surtout parmi les consommateurs les plus aisés.

« Cette étude montre que l’adoption des produits reconditionnés est en forte croissance, surtout parmi les CSP+. Toutefois, pour franchir le cap et attirer encore plus de consommateurs, il est crucial de renforcer les garanties et d’assurer une qualité équivalente au neuf ».

Béatrice Guilbert, directrice conseil Brand Strategy, chez Kantar Insights

1- Les achats d’occasion et de reconditionné des Français

En moyenne, 55% des Français ont acheté de l’occasion ou du reconditionné dans au moins l’une des 10 catégories couvertes par l’étude au cours des deux dernières années. Plus précisément :

  • –  44% ont acheté des produits d’occasion
  • –  31% des produits reconditionnés.

A noter 88% des Français savent distinguer le reconditionné de l’occasion et en donnent une bonne définition.

La part de l’occasion ou du reconditionné par rapport à l’achat de produits neufs varie selon les catégories de produit, allant de 58% pour les jeux vidéo à 25% pour le petit électro-ménager.

Les achats de produits reconditionnés concernent surtout les smartphones et les produits électroniques, secteurs pour lesquels ce circuit est très dominant vs. l’occasion (smartphone : 38% de reconditionné dans les achats vs. 6% d’occasion / électronique : 32% vs. 14% des achats)

2. Pourquoi les consommateurs choisissent-ils l’occasion ou le reconditionné ?

Les alternatives au neuf sont principalement motivées par :

  • ●  La maîtrise du budget : 69% des répondants préfèrent l’occasion pour mieux gérer leurs dépenses.
  • ●  L’impact environnemental : 66% des consommateurs optent pour le reconditionné afin de réduire leur utilisation des ressources. L’engagement responsable importe particulièrement pour la mode et l’électroménager

60 % environ des acheteurs d’électroménager, de mode en occasion ou reconditionné le font pour limiter ou réutiliser les ressources naturelles

61% électroménager / 59% vêtements
  • ●  L’impact sociétal (via la création d’emploi des filières alternatives) est également un levier d’achat pour certaines catégories, notamment l’électroménager (47%) et le sport (43%)
  • ●  Le plaisir de chiner : 61% des acheteurs d’occasion apprécient ce type de shopping notamment pour le mobilier et la mode (55%), pour trouver de bonnes affaires
  • ●  Le goût du vintage : c’est particulièrement le cas pour les acheteurs de mobilier en occasion (45%)

3. Satisfaction et freins des alternatives au neuf

Les consommateurs restent globalement satisfaits de leurs achats, qu’ils soient neufs ou reconditionnés :

  • ●  Neuf : 8,7/10
  • ●  Reconditionné & Occasion : 8,1/10
  • ●  Électroménager reconditionné : 8,5/10

Cependant, certains freins persistent :

  • 66% doutent de la longévité des alternatives au neuf notamment pour l’électroménager (79%), l’électronique (74%) et les articles de sport (66%)
  • ●  Un plaisir d’achat supérieur pour le neuf, notamment pour la mode et le mobilier (59%)
  • ●  La préférence pour les dernières nouveautés notamment pour l’électroménager (51%) et l’électronique (52%)
  • ●  L’hygiène, notamment pour la mode (50%)

« Recommerce s’engage à offrir des produits reconditionnés de haute qualité, avec des garanties solides pour répondre aux attentes de nos clients. »

Augustin Becquet, Directeur Général de Recommerce

Évaluation de l’impact environnemental
d’un ensemble de produits reconditionnés


Est Ensemble ouvre la voie pour apaiser les autoroutes et en finir avec les fractures urbaines

En portant une nouvelle vision du rôle et de la forme des autoroutes, le collectif Est Ensemble veut (re)mettre les infrastructures au service du développement durable du territoire et de la santé de ses habitants, renverser la hiérarchie des priorités en matière de mobilité et recoudre les fractures sociales et territoriales. Les villes d’Est Ensemble souhaitent « ouvrir la voie » : dessiner un nouvel avenir pour les autoroutes, pour qu’elles accueillent une diversité d’usagers, des mobilités différentes et des usages collectifs conviviaux ; pour qu’elles ne coupent plus les villes en deux, mais qu’elles deviennent de véritables avenues, supports de vie urbaine, d’activité économique et de biodiversité.

Apaiser nos autoroutes est un levier puissant de la transition écologique, économique et sociale : aux côtés d’autres collectivités, les villes d’Est Ensemble sont prêtes à s’engager sur cette voie.

Plaidoyer pour l’apaisement des autoroutes d’est ensemble – 2024

Ouvrir la voie : Apaiser les autoroutes d’Est Ensemble, en finir avec les fractures urbaines

Dans les années 1960, les Français ont épousé l’automobile. Ils ont été encouragés par l’Etat qui a massivement investi dans la construction d’autoroutes urbaines, notamment en Île-de-France. La voiture devait nous apporter la liberté et la prospérité. Nous avons eu la pollution, la congestion, les fractures urbaines et sociales.

Illustrations © Guillaume Danel

Aujourd’hui, ce modèle est à bout de souffle. L’autoroute A3 transporte moins de passagers au quotidien que la ligne du 11 du métro, pourtant elle expose notre population à huit fois plus de dioxyde d’azote dans l’air que le seuil annuel recommandé par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Cette pollution est responsable d’un décès sur vingt, et même un décès sur dix pour les personnes les plus vulnérables.

Illustrations © Guillaume Danel

Nous aspirons à un cadre de vie meilleur pour tous les habitants d’Est Ensemble et en particulier pour ceux d’entre eux – 180 000 habitants – qui vivent à moins de 500 mètres d’une autoroute.

Illustrations © Guillaume Danel

Notre modèle de société dépendant du pétrole et tourné vers les mobilités individuelles n’a que soixante ans. Si l’on veut éviter la catastrophe climatique que les scientifiques nous annoncent, il est grand temps de prendre un virage pour utiliser et aménager autrement les autoroutes du Grand Paris, sur notre territoire les autoroutes A3 et A86.

Il est temps d’offrir une alternative crédible à ceux qui les empruntent en voiture solo, sur des petits trajets ou pour traverser notre territoire. Notre territoire, le moins bien desservi en transports en
commun en proche couronne, ne peut plus attendre les promesses de création ou de prolongement de lignes.

Ainsi, transformer les autoroutes est une condition de notre développement écologique, économique et social : mieux nous déplacer, être en meilleure santé, nous loger dignement, développer un réseau d’espaces verts pour que nos villes respirent et se rafraîchissent.

En portant une nouvelle vision du rôle et de la forme des autoroutes de notre territoire, nous entendons :

  • Mettre les infrastructures au service du développement durable du territoire et de la santé de ses habitants
  • Renverser la hiérarchie des priorités en matière de mobilité
  • Recoudre les fractures sociales et territoriales

Les villes d’Est Ensemble souhaitent « ouvrir la voie » et dessiner un nouvel avenir pour les autoroutes, pour qu’elles accueillent une diversité d’usagers, des mobilités différentes et des usages collectifs conviviaux ; pour qu’elles ne coupent plus les villes en deux, mais qu’elles deviennent de véritables avenues, supports de vie urbaine, d’activité économique et de biodiversité.

Cette transformation commence dès maintenant et doit se poursuivre dans le temps, pas à pas, mais fermement. Ainsi, ce plaidoyer porte une série de mesures qui se déclinent dès aujourd’hui pour permettre
de préparer demain et de porter une vision désirable pour après-demain.

Pour accompagner ces évolutions –déjà réalisées dans de nombreuses villes du monde comme Barcelone, Séoul, Bristol, Londres, Bruxelles, Portland ou Lyon– une nouvelle gouvernance des autoroutes doit être pensée à l’échelle régionale.

Les autoroutes apaisées d’Est Ensemble peuvent devenir un fil rouge entre les différents projets urbains du territoire. L’autoroute peut créer des liens plutôt que des fractures. Pour cela, il est indispensable de réarticuler aménagement et infrastructure. En effet, comment répondre aux objectifs de construction de logements et de renaturation des villes sans transformer notre mobilité ?

Apaiser nos autoroutes est un levier puissant de la transition écologique, économique et sociale : aux côtés d’autres collectivités et acteurs du Grand Paris, les villes d’Est Ensemble sont prêtes à s’engager sur cette voie.

Plaidoyer approuvé en Conseil de territoire du 24 septembre 2024

La Transition Écologique dans l’Administration Française

Le collectif « Une Fonction Publique pour la Transition Écologique » [FPTE] a publié début 2024 les résultats de son enquête annuelle, mettant en lumière les défis persistants de la transition écologique au sein de l’administration française malgré les engagements gouvernementaux.

Un Collectif engagé

Créée en 2021, l’association une Fonction Publique pour la Transition Écologique (FPTE) regroupe des agents et membres d’établissements publics
cherchant à intégrer les dimensions écologiques, sociales et environnementales dans les décisions et projets publics. Avec une page LinkedIn rassemblant plus de 8 000 abonnés, plus de 6 200 téléchargements de ses kits d’autoformation, l’intérêt des agents est croissant pour l’acquisition de compétences écologiques.

L’association a déjà mené plusieurs enquêtes sur la transition écologique dans l’administration, dont les résultats sont disponibles : http://fpte.fr/?page_id=357

Enquête 2023 : une mobilisation croissante

Les grands axes de l’enquête :

Quel est le niveau d’engagement des administrations ?
Quels sont les freins identifiés ?
Quelles actions devraient être menées en priorité ?
De quoi les agents publics ont-ils réellement besoin pour agir efficacement ?

L’enquête annuelle 2023 a réuni plus du double de réponses par rapport à l’année précédente, indiquant une mobilisation croissante des agents de la fonction publique. Les profils des répondants reflètent la diversité de la fonction publique, avec 65 % de femmes et une prédominance de la fonction publique territoriale, atteignant 51 % des réponses.

Formation : des disparités inquiétantes

40,8 % d’agents n’ont jamais suivi de formation

Bien que le pourcentage d’agents n’ayant jamais suivi de formation reste stable à 40,8 %, des disparités majeures subsistent. Les réponses des catégories A/A+ montrent un accès significatif à la formation (71 %), tandis que les catégories B et C accusent un retard important (34 %). Cette inégalité perçue pourrait entraver une transition efficace, soulignant le besoin d’une formation équitable pour tous les niveaux.


Ressources pour la formation

Pour un management écologique de la fonction publique
Guide avec série de fiches pratiques


Kit d’autoformation à la transition écologique

Des ressources pour tous les agents publics

Kit d’autoformation à la transition écologique, actualisé en 2025 !

Depuis janvier 2023, ce kit d’auto-formation est à disposition des agents publics. Il se compose de dossiers complets et de fiches de synthèse qui offrent à la fois une vision globale des enjeux et des pistes d’action concrètes pour intégrer la transition écologique dans leurs missions de service public.

Le kit couvre aujourd’hui une grande diversité de thématiques :

  • ✔️ Objectifs de Développement Durable (ODD) et leviers d’action pour les services public
  • ✔️ Budget vert et pilotage écologique des dépenses publiques
  • ✔️ Santé et transition écologique, avec un nouveau dossier sur la pollution médicamenteuse, l’antibiorésistance et l’organisation écoresponsable des services
  • ✔️ Protection de la biodiversité, gestion quantitative de l’eau, rénovation énergétique des bâtiments publics et bien d’autres sujets essentiels et bien plus …

Engagement et perception

74 % estiment que la mise en œuvre concrète ne répond pas aux enjeux

En dépit des politiques nationales annoncées et le lancement de la planification
écologique
, les répondants ne constatent aucune amélioration dans la prise en compte effective de la transition par leur administration : 57,5 % considèrent l’engagement de l’administration comme insuffisant et 74 % estiment que la mise en œuvre concrète ne répond pas aux enjeux. Le manque de moyens financiers et humains, ainsi que le défaut de motivation des dirigeants, demeurent des obstacles majeurs.

Initiatives réussies : une lueur d’espoir

Près d’un répondant sur trois indique avoir observé une initiative réussie dans leur contexte professionnel en matière de transition. Ces expériences positives sont attribuées à la volonté des élus et de la ligne managériale, soulignant l’importance du leadership dans la réussite des projets écologiques.

Conscience du rôle de l’administration dans la transformation sociale

Les agents publics interrogés sont très conscients du rôle de transformation plus global de la société que doivent jouer les administrations. Ils reconnaissent l’importance de leur impact dans des domaines tels que la commande publique et la mise en œuvre de décisions sectorielles, dépassant ainsi la simple mise en place d’écogestes. Cependant, les agents en première ligne des
politiques publiques identifient des risques de souffrance au travail liés à la lenteur, au manque de moyens et aux injonctions contradictoires dans la mise en œuvre de la transition. Comme le déclare l’un des répondants : « Au quotidien, c’est constamment : les choix ne sont pas éco-conçus ».

Appel à l’action

Face à ces constats, une Fonction Publique pour la Transition Écologique [FPTE] appelle l’État et les collectivités territoriales à renforcer les moyens budgétaires et humains dédiés à l’accompagnement de la transition.

Comme le souligne par exemple un participant à l’enquête : « Les petites communes veulent souvent bien faire dans leurs projets d’urbanisme mais manquent de moyens et de compétences. Sans aides financières et techniques majeures, les évolutions (et notamment l’application du zéro artificialisation nette) seront trop lentes. »

Les agents demandent des moyens réels sans être obligés de sacrifier d’autres missions de service public. Ils soulignent également la nécessité de renforcer la motivation des cadres et dirigeants en intégrant des objectifs écologiques dans les entretiens annuels, avancements de grade, déroulements de carrière et recrutements.

La cohérence entre politiques publiques et l’intégration de la transition écologique dans toutes les politiques sont des attentes majeures.

Dialogue social et collaboration

Les agents insistent sur la mobilisation de l’ensemble des versants, catégories et métiers de la fonction publique dans une approche collaborative de co-développement de solutions et de partage transversal de bonnes pratiques.

Enfin, la transition écologique doit être effectivement un objet de dialogue social pour adapter au mieux les organisations publiques à l’accélération de sa mise en œuvre.

Cette enquête est reconduite tous les ans et sert de baromètre de l’engagement des administrations dans le domaine environnemental.

Comment répondre ?

Le questionnaire est accessible au lien suivant : https://framaforms.org/enquete-action-publique-et-urgence-environnementale-2024-1725010315

Il s’adresse aux agents de toutes les fonctions publiques, quel que soit leur métier et leur statut.

Comment la participation citoyenne peut-elle accompagner les transitions de demain ?

La 8ème édition des rencontres européennes de la participation s’est tenue à Toulouse en juillet 2024. Organisées par Décider ensemble, elles ont rassemblé près de 2000 praticiens de la participation venus de toute l’Europe. La thématique de 2024 « Comment la participation peut-elle accompagner les transitions de demain ? » a donné lieu à une centaine d’ateliers, de débats, dont deux animés par la Région Occitanie avec le concours de l’équipe de la Région Citoyenne. Exemples d’outils innovants, pour mettre en pratique la démocratie participative, présentés lors de ces Rencontres.

Comme chaque année, l’objectif est de poser sur la table les freins, les écueils, les leviers de la participation, et ce sous toutes ses formes. Les intervenants venus de tout pays, viennent apporter témoignages et expertises, soulever des questions, proposer des outils innovants pour mettre en pratique la démocratie participative.

« Intégrer et toucher les 15–30 ans : l’un des défis des instances de concertation citoyenne ? » 

Animé par Marine Naudon, chargée de mission à la Région Occitanie

« Nous sommes en 2101 et vous êtes membre d’une association dont la mission est d’assurer et de garantir la représentativité des citoyens. Vous avez eu accès lors de vos recherches à des dossiers d’archives sur des méthodes de participation chez les 15–30 ans. » Voilà le postulat de départ de l’atelier réalisé par Marine Naudon, chargée de mission à la Région Occitanie. Les soixante personnes inscrites ont eu entre les mains des scénarios futuristes réalisés en amont avec des membres du conseil régional des jeunes. Un futur où, par exemple, une grande partie de la population est exclue du numérique. Un monde où les jeunes « ultra-connectés », sont paradoxalement « civiquement déconnectés ». Un autre scénario nous plonge dans un monde idéal, transgénérationnel, où l’on vit dans des habitats partagés. Pour Marine Naudon, il s’agissait de « susciter des réactions positives comme négatives, de s’extraire du présent et de ses contraintes pour se projeter dans un futur plus ou moins proche, possible ou non. L’objectif de ce voyage permet de renouveler notre regard sur les enjeux actuels de la participation chez les jeunes. » De cet atelier interactif et prospectif, différentes pistes ont émergé pour répondre à cet enjeu : donner aux jeunes le même poids dans la gouvernance; leur préserver des espaces informels et adaptés pour dialoguer. Il ressort également qu’il faut les accompagner dans la prise de parole en public, ou encore imaginer des évènements festifs et faire de l’intermédiation créative. Et enfin, autre préconisation qui est ressortie de cette plongée dans le futur : créer des passerelles entre les générations comme par exemple l’expérience de l’habitat partagé.

« Co construction d’un outil d’évaluation des coûts et bénéfices de la participation »

Animé par Alice Scotti, doctorante; CIRAD – UMR G-EAU et Julia Denat, chargée d’évaluation et de valorisation des démarches participatives à la Région Occitanie.

Alice Scotti est partie du constat que dans le domaine de la participation citoyenne, de très nombreux analystes ou acteurs pointent une problématique d’évaluation. Or chaque démarche devrait faire l’objet d’une analyse rétrospective, afin de rentrer dans un processus «  d’amélioration continue ». Elle préconise « d’enclencher pour chaque démarche un cycle d’évaluation : schématiquement : les « plus », les « moins », les améliorations à apporter, ce qui permet de structurer encore mieux les démarches suivantes. » Les échanges lors de cet atelier ont souligné l’importance de développer des outils d’évaluation adaptés, de considérer la diversité des coûts et des bénéfices, de promouvoir la transparence et la communication, et d’impliquer activement les parties prenantes dans le processus d’évaluation pour garantir la réussite des projets participatifs.

« Une commission consultative à la campagne, quesaquo ? »

En 2023, le département du Gers met en place une commission consultative citoyenne chargée de contrôler le dispositif du budget participatif : composée à parité de femmes et d’hommes, la CCC analyse et fait le bilan du dispositif. Cette instance de démocratie participative est composée de 68 citoyens, qui prennent part aux débats et aux prises de décisions politiques et font remonter les attentes des Gersoises et des Gersois dans leurs territoires. La commission et l’assemblée départementale travaillent de concert autour de questions aussi diverses que les enjeux de la ruralité, de la biodiversité, de la mobilité, ou encore de la formation de la jeunesse à la pratique de la politique. Lors des échanges, les participants se sont interrogés sur le volet formation des citoyens. L’occasion pour les membres de la CCC de témoigner de leur prise en charge : «  Dès le début du mandat citoyen une mallette numérique contenant de la documentation est remise à tous les citoyens titulaires. Les outils numériques cloud, courriels, klaxoon servent à compléter l’animation et conviennent aux conseillers citoyens de cette commission. »

« Mettre le citoyen au centre de nos projets de construction »

Animé par UrbanLink et de la DREAL Grand Est

Comment intégrer les usagers dans la transformation des espaces urbains, pour qu’ils soient au centre des projets de construction ? Comment et par quel biais s’exprime ce diagnostic social ? Pour les usagers qui font remonter leurs avis, se pose la question de où remonte cet avis, et de sa réelle traçabilité. L’expérience de UrbanLink et de la DREAL Grand Est a mis en exergue la dimension fédératrice des projets de rénovation : ils servent de catalyseurs pour connecter les citoyens entre eux. En encourageant la participation active des résidents, ces projets sont des opportunités pour créer des échanges qui ne se produiraient peut-être pas autrement. Par exemple, la conception d’espaces partagés comme des jardins communautaires, des aires de jeux ou des places publiques incite les habitants à se rencontrer et à tisser des liens. Pour optimiser le processus de co-conception, l’équipe de Urban Link utilise des outils type City Builders BIM. Ils permettent de visualiser les propositions des usagers dans un modèle 3D, facilitant ainsi la collaboration entre les différentes parties prenantes et assurant que les idées des utilisateurs sont intégrées de manière efficace et visible.

« Institutionnaliser la participation, innovation ou fossilisation ? L’exemple de la Belgique »

Institutionnaliser la participation citoyenne est-ce la cristalliser ? Quelle évolution du dispositif ? Ces questions étaient le point de départ de cette rencontre qui réunissait des représentants des Commissions délibératives mixtes du Parlement francophone bruxellois et le Service de la Participation de la Région bruxelloise. « Institutionnaliser permet-il vraiment d’innover ou de garder une liberté de ton et une indépendance ? » Question majeure, d’autant que la Belgique est devenue un laboratoire de l’innovation démocratique. Une des innovations est l’institutionnalisation du suivi de l’Assemblée citoyenne. Institutionnaliser c’est d’un côté, reconnaitre et valoriser la participation. Mais pour Jonathan Moskovic, ancien conseiller en innovations démocratiques au Parlement francophone bruxellois, à l’initiative des commissions délibératives mixtes, les risques sont de tomber dans une forme de fossilisation avec, précise-t-il « le risque d’un système qui ronronne, s’installe dans la routine. Les enjeux sont de trouver un équilibre, de cadrer sans trop scléroser les choses. » Les intervenants témoignent d’une administration investie, un gage de qualité pour le processus. « Le politique change mais l’administratif reste. Elle est le relais entre les experts et le parlement. » précise Jonathan Moskovic.

« Comment mobiliser en milieu rural sur les enjeux de transition écologique ? »

Intervenants : WPD (énergéticien européen), et l’association CPIE Val de Gartempe.

Wpd onshore France a présenté un projet éolien dans la Meuse. Ce projet a été réalisé avec une Assemblée Citoyenne d’une cinquantaine de participants. Ce sont eux, accompagnés par les intervenants de wpd, qui ont proposé un dimensionnement, une implantation et in fine l’ensemble du projet de territoire. Un projet éolien dans un village près de Nancy (180 habitants) a été co-décidé avec une assemblée d’une centaine de citoyens. Des ateliers de concertation ont permis d’ajuster les mesures en termes d’aménagement, de protection et d’environnement. Ainsi, l’axe de l’éolienne a été modifié suite à ces concertations, et les citoyens ont pu être informés des étapes de construction.
L’association CPIE Val de Gartempe est venue témoigner de 3 projets partagés : le réaménagement d’un espace qui a été réalisé en s’appuyant sur des rencontres avec les habitants et les élus et, via des ateliers participatifs, avec des enfants. Pour impliquer les citoyens dans une meilleure connaissance de leur patrimoine, l’association a mis en place des balades prospectives, et l’invitation à participer à l’élaboration d’un PLUI. Le troisième projet réunissait différents acteurs citoyens, – commune, région, agence de l’eau – avec pour objectif : « Mettre les lunettes des autres  », et croiser les regards autour de l’eau à travers un jeu de rôle. Il est ressorti de cet atelier différentes priorités : informer dès le début pour éviter les a priori, associer les citoyens à toutes les étapes de la conception à la finalisation ; rapprocher les élus des citoyens ; passer par les écoles pour développer la participation ; adapter les outils numériques aux personnes âgées ; aller sur des points clefs de rencontre pour communiquer sur les démarches, et enfin adapter le discours selon les profils des citoyens.


Les prochaines rencontres européennes de la participation se dérouleront du 17 au 19 mars à Strasbourg.

REP2024 : l’application officielle des Rencontres de la Participation

Bilan des 8ème Rencontres Européennes de la Participation 2024

Pour une nature en partage, accessible à tous les publics

Le Parc national a inauguré hier les nouveaux outils d’accessibilité de la Maison du tourisme et du Parc de Florac en présence d’élus et de représentants de GMF, de la Fondation Covéa et de l’Office français de la biodiversité (OFB). Une réalisation qui s’inscrit dans le cadre du mécénat GMF « la nature en partage », animé par l’OFB, avec pour objectif de faciliter l’accès à la nature dans les parcs nationaux pour tous les types de public.

Accueillir et sensibiliser les différents publics à la préservation de l’environnement est l’une des missions principales des parcs nationaux de France. Depuis 2008, GMF est engagée auprès des parcs nationaux en finançant des projets destinés à favoriser l’accès à la nature et à sa connaissance pour tous les types de public, notamment les personnes en situation de handicap.

Le mécénat GMF a permis la mise en place de plusieurs actions sur le territoire. En 2018, le Parc national a mis une joëlette à disposition du Pôle nature 4 saisons de la communauté de communes Causse Aigoual Cévennes Terres Solidaires. Ce fauteuil tout terrain co-piloté et mono-roue permet la pratique de la randonnée pour les personnes à mobilité réduite.

Handicaps auditif, mental et visuel : une accessibilité améliorée à la Maison du tourisme et du Parc

L’exposition permanente s’est enrichie d’images tactiles et de commentaires en braille afin de permettre aux visiteurs malvoyants de la découvrir. Grâce à de l’audiodescription, ils peuvent également être guidés dans les 8 univers de cet espace.


Nouvelle scénographique de la Maison du Tourisme et du Parc national © Thomas Burel – OFB

Les personnes en situation de handicap mental ont quant à elles accès à un livret en Facile à lire et à comprendre (FALC) pour les accompagner dans leur visite. Ce document a été conçu avec l’aide des résidents de la Maison d’Accueil Spécialisée de Meyrueis.

Enfin, les banques d’accueil ont été dotées de boucles magnétiques afin que les personnes malentendantes puissent échanger plus confortablement avec les agents.


Nouvelle scénographique de la Maison du Tourisme et du Parc national © Thomas Burel – OFB

Ces nouveaux outils s’ajoutent aux livrets en braille et dessinés en relief, déjà disponibles à la Maison du tourisme et du Parc de Florac.

La délégation a randonné sur une portion du « Chemin de Stevenson » (voie verte La cévenole), en compagnie de résidents de Maisons d’accueil spécialisées (MAS) du territoire, avec la participation d’agents du Parc national formés au handicap.


Sortie en joëlette sur la Voie cévenole à Saint Julien d’Arpaon © DR GMF

Depuis 2023, grâce à l’application de guidage GPS Openway, les personnes malvoyantes ont la possibilité de randonner en toute autonomie sur le GR70, plus connu sous le nom de « Chemin de Stevenson ». Elle a été développée par l’association Yvoir en partenariat avec le Parc national, GMF et l’association Sur le chemin de Robert-Louis Stevenson.

Un partenariat solidaire en exemples

Aire de pique-nique de Beausoleil © DR PNG ; Balade sur le chemin de Stevenson © Michel Helmbacher ; Remise du fauteuil Tiralo-plage de Gigaro © Ville de La Croix-Valmer ; Scénographie de la maison du Parc national à Saint-Etienne-de-Tinée © H. Lagarde ; Envie de Montagne © Sandrine Berthillot – PNV ; Plan du Lac © Emmanuelle Rondeau – OFB ; Exposition « Faune d’altitude » à la maison de Parc national de Briançon © Cyril Cousier – PNE ; Bouquetin ibérique © Flavien Luc – PNP ; Jeunes en service civique © DR PNCal ; Kit pédagogique GMF © DR PNRun ; Amazonie pour tous © Guillaume Feuillet – PAG ; Gîte de la gare à Leuglay © Céline Lecomte – PNF
  • Un belvédère spacieux, ouvert sur l’horizon a été aménagé au gîte Aire de Côte à Bassurels. La circulation s’effectue autour d’une maquette centrale qui évoque la végétation et le relief des Cévennes. Un cône d’écoute géant amplifie les « bruits » environnants.
  • L’agence Azimut Voyage basée au Vigan et bénéficiaire de la marque Esprit parc national-Cévennes a reçu un soutien pour développer des séjours éco-touristiques pour les personnes non-voyantes et malvoyantes.
  • Le Parc national veut permettre à un large public de découvrir les richesses de son territoire. Depuis 2021, une plateforme de découverte de la biodiversité est accessible à tous les handicaps au Mas de la Barque.
  • Un état des lieux de l’offre de découverte aux publics en situation de handicap a été effectué afin de mettre en place des actions concrètes. 5 agents du Parc national ont ainsi suivi une formation spécialisée afin d’adapter leurs animations à tous les publics.

Terre & Humanisme depuis 30 ans au service de l’agroécologie en France et dans le monde

Agriculteurs en colère, systèmes agricoles qui ne garantissent pas la souveraineté alimentaire des territoires en France et ailleurs, difficultés pour de nombreux Français à accéder à une alimentation saine et de qualité, sols appauvris, dérèglements climatiques … les questions autour de la terre, l’eau, l’alimentation et les solidarités ne manquent pas. L’agroécologie, qui concilie agriculture, écologie, productivité, activité humaine (dimensions économiques, sociales et politiques) et biodiversité, est hissée par les milieux scientifiques au 1er rang des solutions face aux changements climatiques. Terre & Humanisme fête ses 30 ans lundi 14 octobre à 11h à l’Académie du Climat pour en savoir plus sur l’agroécologie citoyenne et paysanne et les nouvelles expérimentations en France et dans le monde.

Au Mas de Beaulieu, lieu historique de Terre & Humanisme en Sud Ardèche : un des jardins pédagogiques

Terre & Humanisme : des actions locales, nationales et internationales

Expérimenter et transmettre sont les maîtres-mots de Terre & Humanisme qui, dans le sillage de
Pierre Rabhi, pratique et forme aux principes et méthodes de l’agroécologie. L’agroécologie citoyenne et paysanne. Celle qui peut se pratiquer en toute autonomie dans son jardin ou son potager, mais aussi dans une ferme à taille humaine.

4 ans de partenariat entre Terre & Humanisme et Habitat & Humanisme pour créer des « jardins agroécologiques et solidaires », de véritables îlots de nature pour les isolés qui reposent sur l’échange et l’entraide

Implantée en Sud Ardèche depuis 30 ans – jardins et potagers pédagogiques du Mas de Beaulieu, à
Lablachère – et dans le nord du Gard depuis 1 an – ferme pédagogique et de production la Noria à
Robiac-Rochessadoule -, Terre & Humanisme intervient aussi partout en France et à l’international.

Accompagner des paysans en zone semi-désertique dans le cadre de l’aménagement d’un bassin versant dans le sud du Maroc.
Terre & Humanisme apporte son expertise, avec le consultant en agroécologie Olivier Hébrard, pour revégétaliser les bassins versants en optimisant la ressource en eau, créer des zones de mise en défense et replanter des espèces endémiques

C’est en ce sens que l’association pionnière a, discrètement, depuis sa naissance en 1994, formé près de 450 animateurs en agroécologie, sensibilisé plus de 80 000 personnes dans le monde à l’agroécologie et plus de 4000 citoyens en France au jardinage et au potager.

Parce qu’elle veut créer des ponts sur ses territoires ardéchois et gardois, indispensables en ces temps
de division, et avec des publics en situation de vulnérabilité (pauvreté, âge, solitude…), elle a à cœur
de créer ou participer aux dynamiques locales : l’association expérimente la justice alimentaire avec
deux marchés de producteurs à prix différenciés avec le Collectif SSA 07 (Sécurité Sociale de l’Alimentation), le glanage solidaire, l’autonomie énergétique avec, entre autres, la micro-
méthanisation domestique

Vue aérienne de la Noria, nouvelle ferme-pilote de Terre & Humanisme dans le Gard

Ailleurs en France, l’association mène un projet de Jardins agroécologiques et solidaires avec Habitat & Humanisme pour sensibiliser des personnes en situation de vulnérabilité au soin de la terre, de leur alimentation et leur santé, tout en recréant du lien social.

Des jardiniers formateurs de Terre & Humanisme diagnostiquent et dynamisent les sols des jardins des Restos du Cœur

Pour les Restos du Cœur, ses jardiniers formateurs diagnostiquent et dynamisent les sols de leurs jardins et forment les salariés en insertion pour faire face aux aléas climatiques et améliorer l’offre alimentaire avec des produits sains et frais.

Marché de producteurs – Ferme de la Noria

A l’international, dans le contexte actuel très tendu, Terre & Humanisme et ses partenaires font
preuve de résistance et de résilience pour tenter de poursuivre leurs actions d’accompagnement, de
formation et de structuration des paysans et organisations en Méditerranée (Algérie, Maroc, Tunisie,
Liban, Palestine, Egypte) et Afrique de l’Ouest (Bénin, Burkina-Faso, Togo, Mali).

Une séance de formation au Burkina-Faso

Face aux nombreux défis de l’époque, Terre & Humanisme veut continuer à essaimer et intensifier ce long
travail de sensibilisation, d’accompagnement et de partage de ses expérimentations agroécologiques sur le terrain afin de donner au plus grand nombre les clefs du changement.

Les nouvelles expérimentations de Terre & Humanisme

En Ardèche, dans le Gard, sur d’autres territoires en France ainsi qu’en Afrique de l’Ouest et sur le pourtour méditerranéen. Les thèmes : la justice alimentaire, le glanage solidaire, l’autonomie énergétique, les jardins solidaires avec Habitat & Humanisme ou les jardins des Restos du Cœur, …

Comment se former à la RSE pour redonner un sens au travail et agir en responsable ?

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La directive européenne CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) impose de nouvelles obligations de reporting ESG (Environnement, Social, Gouvernance) dès cette année pour les entreprises soumises à DPEF (déclaration de performance extra-financière), et d’ici 2025 (avec un audit en 2026) pour un nombre important d’entreprises de taille moyenne. Comment se former à la RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) et redonner du sens au travail en agissant dans l’intérêt général ? Tour d’horizon.

Une école de management et Développement Durable

Le développement durable nécessite que les entreprises assument leur responsabilité sociétale. Former les managers de demain capables d’accompagner leur transformation, c’est la mission de l’École RSE, ESG Act, une école de management spécialisée en développement durable.

L’ESG Act propose trois bachelors ayant chacun leur spécialisation

Ces formations apportent une double compétence, management et RSE / Développement Durable, pour répondre à l’augmentation de la demande pour des métiers liés à la Responsabilité sociétale des entreprises.

ESG Act propose trois mastères ayant chacun leur spécialisation

ESG Act offre la possibilité d’effectuer les Mastères et le Bachelor 3ᵉ année en alternance.

L’école aide aussi les étudiants à trouver une entreprise grâce à son réseau de partenaires. Pour les étudiants post Bac comme pour les professionnels, choisir une formation RSE en alternance, c’est choisir un secteur d’avenir avec des débouchés vers des emplois qui ont du sens et servent l’intérêt général.

ESG Act est une école de management, basée à Paris, qui forme les futurs managers à développer une double expertise métier et développement durable / RSE afin d’accompagner les entreprises dans leur transformation.

Qu’est ce que la RSE ?

La RSE ou Responsabilité Sociétale des Entreprises a plusieurs définitions qui émanent de textes internationaux, élaborés après débats associant organisations patronales, syndicales et société civile :

  • Les lignes directrices de l’ISO (International Organisation for Standardization), définissent les standards internationaux sur le commerce des entreprises à l’origine de la norme ISO 26 000 sur la responsabilité sociétale des organisations
  • Les Principes directeurs de l’ONU, relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme, décrivent les étapes à suivre pour les différents acteurs afin de garantir et favoriser le respect des droits de l’homme par les entreprises.
  • Les principes directeurs de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) établissent des normes pour les entreprises multinationales qui peuvent affirmer leur responsabilité.

La Commission européenne s’est appuyée sur ces textes pour élaborer une définition de la RSE qui puisse revêtir une portée internationale, juridique et universelle.

« la RSE est la responsabilité des entreprises vis-à-vis des effets qu’elles exercent sur la société”.

Un cadre pour engager les entreprises en faveur d’un développement durable.

Pour assumer leur responsabilité sociétale, les entreprises doivent respecter la législation et les conventions collectives. Pour cela, elles doivent impliquer toutes leurs parties prenantes dans une démarche prenant en compte le respect des droits humains, du droit du travail, de l’environnement et de l’éthique dans leurs activités.

RSE Mode d’emploi par le Pacte Mondial Réseau France

Dans un monde où les ressources naturelles sont limitées et où les enjeux environnementaux et sociaux sont de plus en plus pressants, il est crucial d’adopter une vision plus holistique du développement. La Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) se présente comme un cadre idéal pour concilier performance économique, bien-être social et protection de l’environnement.

Le progrès ne peut plus être uniquement mesuré en termes de croissance économique ou de bénéfices financiers. Il doit également prendre en compte le bien-être des salariés, l’impact environnemental des activités commerciales et l’équité sociale. Cette redéfinition du progrès demande aux entrepreneurs de repenser leurs modèles d’affaires et d’intégrer des pratiques durables à chaque étape de leur chaîne de valeur.

5 étapes pour se reconvertir dans la RSE et l’impact : Guide pour les cadres en quête de sens

La recherche de sens dans le travail est un phénomène croissant depuis la prise de conscience environnementale et sociale, pendant la période du COVID. Un guide en 5 étapes pour réussir sa transition professionnelle.

L’auteur, Caroline Renoux a q
uinze ans d’expérience à la direction du cabinet de Birdeo, dans le recrutement pour les secteurs de la RSE et de l’impact positif.

Éditions Dunod – Parution le 16 octobre 2024

Extrait – Préface de François Gemenne

“(…) plusieurs courants de pensée plaident pour une transformation des modèles économiques des entreprises : décroissance, post-croissance, économie régénérative, entreprises à mission, économie circulaire… Le foisonnement est impressionnant à observer. (…) la CSRD est le marqueur le plus important de cette transformation pour les entreprises : pour la première fois, la performance d’une entreprise ne sera plus uniquement évaluée sur la base de ses résultats financiers, mais également en fonction de son impact environnemental et social. (…) la RSE définit littéralement une nouvelle métrique de la performance des entreprises. C’est une révolution copernicienne du rôle des entreprises dans la société. (…)” 

— François Gemenne, politologue et chercheur belge, enseignant vacataire à l’Institut d’études politiques de Paris, co-auteur du sixième rapport du Giec.

Guide repères « Mécénat et & RSE  : le nouveau paradigme de l’entreprise engagée »

Intérêt de l’entreprise et intérêt général peuvent-ils faire bon ménage ? “Coup de comm’”, “greenwashing” ? Le rapprochement entre mécénat et RSE est un nouvel horizon qu’aucun acteur public, privé, à but lucratif ou non, ne peut ignorer.

Fruit d’un travail collaboratif d’une trentaine d’experts aux profils variés, ce guide identifie les enjeux, les défis, les risques, les opportunités, les bonnes et mauvaises pratiques du point de vue des 3 acteurs essentiels d’une démarche d’engagement et de mécénat : les décideurs qui allouent les ressources, les opérateurs qui mettent en œuvre les dynamiques et les bénéficiaires.

Son objectif : apporter des points de repères pour éviter les confusions et poser les bases d’une articulation du mécénat et de la RSE respectueuse du cadre légal, fiscal et déontologique, qui permettent à toutes les entreprises de jouer pleinement leur rôle au service de l’intérêt général.

Porté par Admical, en partenariat avec Equanity, la Fondation de France et le Palais de Tokyo, le guide repère « Mécénat & RSE : le nouveau paradigme de l’entreprise engagée » sera présenté le 8 octobre 2024 lors d’une restitution nationale au Palais de Tokyo.

Après la cour d’appel de Paris, c’est au tour du tribunal judiciaire de Paris de se doter d’une chambre spécialisée sur la RSE et le devoir de vigilance des entreprises. L’”étau se resserre” donc autour des acteurs privés en matière de responsabilité juridique.

Clément Fournier – Journaliste économie durable – novethic.fr

Comment trouver le meilleur fournisseur d’électricité verte pour vous ?

Depuis l’ouverture du marché de l’énergie en 2007, les fournisseurs d’électricité se sont multipliés. 32 fournisseurs correspondent à ma recherche sur le site officiel energie-info pour un petit village rural d’une centaine d’habitants dans le Lot. Il est difficile de trouver parmi eux le meilleur fournisseur d’électricité verte car le critère du prix n’est pas le seul à prendre en compte nous rappelle elmy, qui fournit une électricité 100% verte et l’énergie d’agir pour la transition énergétique.

Pourquoi choisir un fournisseur d’électricité verte ?

Opter pour un fournisseur d’électricité verte, c’est faire un choix vertueux pour la transition énergétique et écologique.

L’électricité verte est produite à partir de sources d’énergie d’origine renouvelable comme le soleil, le vent et l’eau. C’est le choix d’une alternative inépuisable aux énergies fossiles, aussi polluantes que limitées, qui contribue à réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Choisir un fournisseur d’électricité verte, c’est cohérent avec l’adoption d’une démarche éco-responsable, qui incite tous les acteurs du marché de l’énergie à privilégier des modes de production plus respectueux de l’environnement.

Certains fournisseurs d’électricité verte soutiennent la production locale d’électricité, éolienne, solaire ou hydraulique. Ce qui permet la création d’emploi sur le territoire, pour l’installation, la maintenance et le développement de technologies responsables plus performantes.

Ces fournisseurs proposent souvent des services personnalisés, via une application notamment pour l’accompagnement à la maîtrise de sa consommation énergétique.

Choisir un fournisseur d’électricité verte peut donc favoriser une consommation d’énergie plus responsable, contribuer à la préservation de notre planète et stimuler une filière économique en plein essor.

Quel est le meilleur fournisseur d’électricité verte ?

Chercher le meilleur fournisseur d’électricité verte demande de prendre en compte plusieurs facteurs.

  1. Premièrement, le critère du prix. Le prix se compose du coût de l’abonnement mensuel en fonction de la puissance de votre compteur, le tarif du kilowattheure (kWh) multiplié par votre consommation annuelle, et les options tarifaires. Attention : ces tarifs peuvent évoluer au cours de la durée du contrat de l’offre.
  2. Deuxièmement, le critère de l’engagement vert. Les Garanties d’Origine permetent à un fournisseur d’électricité verte d’affirmer fournir une énergie d’origine renouvelable, sans pour autant acheter directement l’électricité auprès de producteurs d’énergie renouvelable. Le fournisseur elmy s’assure d’acheter conjointement les Garanties d’Origine et l’énergie correspondante.
  3. Troisièmement, le critère de la qualité du service client. Facilité de contact, efficacité des réponses ou possibilité de transmettre des index auto-relevés.

Ainsi, en prenant en compte ces trois critères, vous pourrez trouver le fournisseur d’électricité verte qui répond le mieux à vos besoins.

Liste des fournisseurs nationaux d’énergie (électrique et/ou gaz) aux particuliers

elmy s’approvisionne auprès des 36 installations renouvelables provenant de 20 producteurs partenaires, et à 100% en achat conjoint, le plus haut standard d’engagement du marché. C’est le seul moyen de garantir que la part énergie de votre facture (environ 35%) finance directement les énergies renouvelables.

Une offre d’électricité 100% verte labellisée VertVolt, seul label à garantir la production renouvelable.

Si vous changez de fournisseur, vous ne changez pas pour autant de compteur !

elmy se distingue par son offre unique et transparente, son service client, internalisé et réactif. Plus qu’un simple fournisseur, elmy se positionne comme un énergéticien au sens large, qui maîtrise tous les métiers de l’énergie.

elmy défend un modèle d’approvisionnement en énergie vertueux pour la transition écologique.

La sensibilité à la nature : Levier de transformation écologique et sociale

Les humains se sont peu à peu éloignés de la nature perdant à la fois leur contact avec elle et la connaissance qu’ils en avaient. Les chiffres montrent en effet que cette déconnexion avec notre environnement ne fait que s’aggraver de génération en génération, mais augmente également chez les familles les plus précaires. La nature s’éloignant de notre réalité, elle disparaît aussi peu à peu de nos imaginaires. Cependant, une volonté de renouer avec la nature permettrait non seulement au grand public peu sensible aux données scientifiques de se sentir davantage concerné par la crise écologique, mais aussi d’améliorer notre bien-être individuel.

Introduction

“L’essentiel est d’être ce que nous fit la nature ; on n’est toujours que trop ce que les hommes veulent que l’on soit”

Jean-Jacques Rousseau dans son Emile ou De l’éducation.

Cette maxime semble s’appliquer à merveille pour décrire le rapport de nos sociétés contemporaines à la nature ? Si l’appréhension progressive de la crise écologique, du rapport Meadows de 1972 à nos jours, a eu le mérite de provoquer, au moins chez une partie de la population, un grand sursaut quant à la nécessité de protéger notre planète, l’individu moderne ne semble pas s’être, pour autant, rapproché de la nature. Bien au contraire.

Loin d’interroger les fondements de leurs cultures politiques, le discours dominant paraît s’en tenir à une approche froide et rationnelle de la crise écologique, la résumant en courbes d’émissions de gaz à effet de serre et en projections hermétiques. Le travail des scientifiques, qui permet ces efforts, est essentiel ; mais suffit-il à infléchir les comportements collectifs ? Voici la question qui mérite d’être posée, alors que la crise écologique se manifeste, au quotidien, dans l’environnement immédiat des individus1, comme le prouve la multitude des faits :

En 40 ans, 60 % des oiseaux ont disparu des champs ; sur la même période, les espaces artificialisés ont augmenté de 72 % en France ; en Europe, depuis 1986, la période de floraison de 400 espèces végétales a reculé, en moyenne, de 32 jours.

Le présent décryptage part d’un constat simple : le langage de la transition écologique, tel qu’il est porté dans la sphère médiatique ou au travers des initiatives de politiques publiques, est insuffisant. Il ne descend pas assez profondément à la racine des imaginaires ; il se refuse encore à perturber les cosmogonies existantes qui fondent le rapport à la nature en faisant de l’Homme son “maître et possesseur”2.

En somme, notre inaction pourrait être le reflet de notre incapacité à éprouver la richesse et la beauté du vivant3. En conséquence, les incitations à réaliser la transition écologique sont elles-mêmes réduites et tendent à ne s’adresser qu’à ceux qui disposent de connaissances suffisantes, ou du moins à ceux qui se satisfont d’un discours purement scientifique. Du reste, une dialectique rationnelle ne suffit pas à emporter, de manière globale, l’adhésion de toute une population aux changements que suppose la réalisation de la transition écologique.

La théorie économique montre en effet que, pour qu’un individu accepte le coût d’une politique climatique, il faut qu’elle lui apparaisse tout à la fois redistributive, efficace et capable de satisfaire un ou plusieurs intérêts personnels4. Cette dernière condition, applicable génériquement à l’homo œconomicus, manque probablement, tandis que la nécessité de la transition est trop souvent présentée comme univoque et sans contrepartie, bien qu’elle soit pleinement justifiée.

Des politiques environnementales réussies supposent donc une logique transactionnelle entre leurs auteurs et leurs bénéficiaires. Avec ce décryptage, nous faisons le pari que le critère de l’intérêt personnel, que l’on appréhende de prime abord sous l’angle économique, pourrait trouver une atténuation, ou une réalisation partielle, dans la satisfaction d’une expérience sensible de l’individu à la nature.

Nous prenons aussi le pari que, ce faisant, les imaginaires qui fondent le rapport des individus à la nature deviendraient bien plus intenses et propices à la réalisation de la transition que ceux qui se structurent autour des seuls discours scientifiques, lesquels sont pleinement appropriables par une partie de la population seulement. Ainsi, plutôt que la réalisation d’un besoin immédiat, l’adhésion aux politiques environnementales trouverait un fondement dans une sensibilité retrouvée à la nature. Nous appelons cette hypothèse l’éco-sensibilité, contraction des termes écologie et sensibilité.

Certes, le terme d’écologie est très large et ne touche pas uniquement au rapport de l’individu à la nature. Mais c’est à dessein que nous parlons d’éco-sensibilité, car un lien plus étroit à la nature aurait une répercussion globale dans notre approche des enjeux écologiques, y compris lorsqu’ils touchent aux sujets climatiques, a priori sans liens directs. S’arrimer plus fermement à la nature revient en effet à sanctuariser une posture écologique, à créer les dispositions d’un imaginaire soucieux de la planète.

Mais l’éco-sensibilité n’aurait pas pour seul intérêt que de permettre d’accélérer la transition écologique. Comme nous le verrons dans les parties 3 et 4 de ce décryptage, elle peut aussi correspondre à un projet politique d’une ampleur plus large. En effet, plusieurs études scientifiques, réalisées pour l’essentiel depuis le début des années 2000, montrent que le fait, pour un individu, de développer un lien sensible à la nature, contribue à l’accroissement de sa stabilité et de son bien-être mental. Plus largement, elles montrent également que l’approfondissement du lien qu’entretient un collectif ou une organisation à la nature permet d’accroître la cohésion et la solidarité du groupe.

A triple titre, donc, l’éco-sensibilité semble pouvoir apparaître comme une doctrine politique nouvelle : en renforçant le lien sensible qui l’unit à la nature, l’individu peut augmenter son investissement dans l’effort de transition, mieux se porter personnellement et, enfin, mieux vivre en communauté. Reste, toutefois, à interroger la définition du “lien sensible” à la nature et les modalités de son renforcement.


I. Développer l’éco-sensibilité pour accélérer la transition écologique

La psychologie moderne, sous l’influence de l’américain Peter Khan, confère aujourd’hui une large place à la théorie de l’Amnésie environnementale générationnelle. Qu’est-ce à dire ? Nous vivons dans un monde au sein duquel la référence à la nature s’appauvrit, du fait de la disparition massive du vivant, de l’artificialisation brutale des espaces sauvages et des dérèglements climatiques.

“lorsqu’on ressent moins la nature, on a moins envie de la protéger”

Or, d’après la théorie de l’Amnésie environnementale, plus la référence à la nature d’une population donnée s’appauvrit, plus cette population réduit son investissement à pratiquer la transition. En arrière-plan, la théorie de l’Amnésie traduit une intuition simple : “lorsqu’on ressent moins la nature, on a moins envie de la protéger” ; et cette amnésie est “générationnelle”, car elle s’accroît de générations en générations

Le constat est posé : la nature se dépeuple des imaginaires et, pour les psychologues, ce reflux diminue l’engagement en faveur de la protection de la planète. Pour étayer ce retrait, plusieurs sources concordent. Dans la culture de masse, d’abord, le vivant s’appauvrit.

Les films d’animation de Disney en fournissent une illustration : d’après la chercheuse Anne-Caroline Prévot, qui a étudié les scènes des dessins animés de la firme américaine depuis ses premières créations, la fréquence et la durée des scènes consacrées aux paysages diminue, passant de 80% en 1940 (proportion parmi le total des scènes d’extérieur) à 50% dans les années 2000. Au surplus, quand elle est représentée, la nature est appauvrie : dans le film d’animation Blanche Neige (1937), Anne-Caroline Prévot recense la présence de 22 espèces animales dans les décors, contre 7 dans Lilo et Stitch (2002) et aucune dans le film Chicken little (2005).

Mais l’imaginaire ne se véhicule pas seulement au travers de la culture de masse. Il se forge aussi et surtout par l’expérience du grand air. Or, le périmètre de jeu et de balade des jeunes issus de milieux ruraux s’est considérablement réduit au cours des dernières décennies : dans un rapport publié en 2007 pour le compte de l’organisme Natural England, le docteur William Bird a étudié, sur 4 générations (1926-2007), les promenades des enfants d’une même lignée autour de leurs domiciles, à chaque fois lorsqu’ils avaient huit ans. Tandis que l’arrière-grand-père, en 1926, se promenait autour de sa maison dans un rayon de 9 km, cette distance s’est réduite à 2 km en 1950, du fait notamment de l’émergence de la voiture et de la généralisation de son usage, pour finalement chuter à 300 mètres en 2007. Cette étude reste certes qualitative ; il ne serait pas possible d’en tirer une loi générale, sauf à conduire une analyse globale sur un échantillon représentatif de la population. Elle nous dit, toutefois, l’ampleur des changements psychologiques qui, en un siècle, ont affecté le rapport de l’Homme à son espace.

Les enfants connaîtraient donc moins la Nature et, par là, en seraient davantage détachés. Ainsi, pendant les jours d’écoles, 39 % des enfants de 3 à 10 ans déclarent ne jamais jouer dehors5. En outre, cette présence au grand air est corrélée aux niveaux de revenus : plus un enfant est issu d’un foyer riche, plus il a de chances de jouer souvent dehors ; à l’inverse, l’appartenance à un foyer modeste est associée à des taux d’obésité et de sédentarité élevés. Au bénéfice de quoi se désencastrement se fait-il ? Au bénéfice des écrans, en premier lieu : l’ANSES montrait en 2020 que 49 % des enfants de 11 à 17 ans présentaient un “risque sanitaire très élevé”, défini comme le fait de passer plus de 4h30 par jour devant un écran et/ou de faire moins de 20 minutes d’activité physique quotidienne6.

Ces différents exemples, cités pêle-mêles, traduisent l’ampleur du grand désencastrement de l’Homme à l’égard de la nature, qui frappe une partie de la population. En suivant la théorie du syndrome d’Amnésie environnementale générationnel, ils expliquent une partie des freins qui contraignent l’action écologique. Faut-il pour autant en tirer la conséquence qu’un rétablissement du lien sensible à la nature, par la mise en œuvre de différentes politiques publiques, permettrait au monde vivant, dans toute sa richesse et sa complexité, de repeupler les imaginaires ? Tel est l’hypothèse que nous souhaitons défendre.

II. Quelle place pour le sensible dans la politique environnementale ?

Le lien sensible est d’abord un lien sensoriel. Il est ensuite un lien poétique. Du côté des cinq sens, la philosophie politique de Condillac enseigne que l’expérience sensorielle peut transformer la compréhension politique des choses ; telle est du moins la théorie qu’il défend dans son Traité des Sensations. Il fait l’hypothèse que “les sensations et les opérations de l’âme” sont “les matériaux de toutes nos connaissances”. En fait d’illustration, Condillac compare le citoyen à une statue inanimée, à qui l’on ferait connaître, épisodiquement et isolément, une sensation : faire sentir une fleur à la statue inerte, en décidant de réveiller seulement son odorat, c’est du même coup lui faire découvrir l’attention ; répéter de nouveau l’opération, c’est lui faire découvrir la mémoire ; activer ensuite les cinq sens, c’est mettre en cohérence les témoignages de l’expérience vécue et, de là, en déduire un ordre intelligible des choses.

La sensation est le véhicule et le terreau de la pensée : éprouver différentes sensations génère à la fois habitude et comparaison, il devient possible de reconnaître et hiérarchiser les compréhensions, dans l’ordre du plus au moins préférable. C’est là que réside pour partie l’intérêt d’une politique environnementale du sensible, ou politique éco-sensible : en multipliant les manifestations sensorielles de la nature dans la vie quotidienne du citoyen, celui-ci accoutumerait son imaginaire à la présence de la nature.

En suivant cette hypothèse, l’entomologiste Robert Pyle développe l’idée selon laquelle nos sociétés contemporaines devraient promouvoir des politiques “du filet à papillon. Expliquons-nous : pour lui, c’est le fait d’éprouver sensoriellement la nature, par la vue, les bruits, les odeurs et le toucher, mais aussi par l’exercice de la mémoire, qui crée chez l’être humain un attachement intime à l’environnement et, ce faisant, une volonté de le défendre. Il écrit ainsi : “je pense que l’une des plus grandes causes de la crise écologique est l’état d’aliénation personnelle par rapport à la nature dans lequel vivent de nombreux individus. En tant que culture, ce qui nous fait défaut, c’est un sens étendu de l’intimité avec le monde vivant. D’une certaine manière, l’histoire naturelle n’a jamais été aussi populaire ; pourtant peu sont ceux qui organisent leurs vies autour de la nature ou qui se laissent profondément émouvoir par elle. La profondeur de notre contact est trop souvent insuffisante. »7.

Pour accroître le lien sensoriel à la nature et lui permettre de réinvestir les imaginaires individuels, une “politique du filet à papillon” pourrait par exemple consister, pour les enfants, à recenser des espèces animales et végétales existantes sur un espace donné, les nommer et les compter, mesurer leurs rapports avec le reste de l’écosystème, identifier les sources qui le menacent et celles, au contraire, qui favorisent leur développement. Il s’agit, dans tous les cas, de redonner une physicalité à la nature, de l’éprouver matériellement, de la laisser pleinement faire obstacle en y confrontant l’usage des sens.

Mais le lien sensible n’est pas qu’un lien sensoriel ; il est encore un lien poétique. Il se définit dès lors par l’inclination d’un individu à s’émouvoir devant un objet ou un sujet, à ressentir, par lui, des émotions, des sensations et des sentiments. La sensibilité serait ainsi la caractéristique humaine qui donne au monde un sens dépassant sa seule rationalité visible. Elle s’opposerait donc à la “raison”8 : plutôt que de donner aux choses une vérité objective autour de laquelle peut émerger une unité de perception, la sensibilité varie selon les facultés, la culture et les habitudes de celui qui l’éprouve.

Symétriquement, le lien sensible à la nature ne s’éprouve pas seulement sensoriellement. Il s’agit, tout autant, de renforcer chez chaque individu la propension à la contemplation et à l’exaltation devant la nature. Quel meilleur moyen, à terme, pour inciter à pratiquer la transition ? Dans une formule pertinente, le philosophe Baptiste Morizot rejoint cette nécessité en appelant, lui-même, à “politiser l’émerveillement”. Il ajoute, dans un entretien au Monde, “Nous héritons d’une culture dans laquelle, dans une forêt, devant un écosystème, on « n’y voit rien », on n’y comprend pas grand-chose, et surtout, ça ne nous intéresse pas : c’est secondaire, c’est de la « nature », c’est pour les « écolos », les scientifiques et les enfants, ça n’a pas de place légitime dans le champ de l’attention collective, dans la fabrique du monde commun9.

S’il faut donc que l’éco-sensibilité soit caractérisée par un renforcement de la présence physique de la nature, par une démultiplication de ses manifestations sensorielles, au cœur des villes notamment, il faut encore qu’elle soit portée par des politiques éducatives, enseignant la beauté du monde vivant, la richesse de sa complexité et même la part d’énigmatique qu’il charrie.

Le lien sensible est précisément un lien de beauté, un lien d’émerveillement à préserver.


III. Développer l’éco-sensibilité pour améliorer le bien-être individuel

Nous l’avons annoncé en introduction : une politique éco-sensible n’aurait pas pour seul intérêt de démultiplier les incitations à la transition écologique ; elle pourrait revêtir, au surplus, les atours d’une nouvelle doctrine politique, permettant plus globalement d’accroître le bien-être individuel et, au niveau collectif, la cohésion sociale. D’abord, attardons-nous sur le premier de ces deux aspects : en quoi une politique qui renforcerait la présence de l’individu à la nature améliorerait-elle le bien-être de celui-ci ?

D’abord, la présence renforcée de la nature dans la vie quotidienne des individus produit des effets sur les relations interpersonnelles. Il faut saluer, à cet égard, le travail du chercheur français Jordy Stefan qui, dans sa thèse publiée en 2016 et intitulée Influence de la présence d’un élément de la nature sur la santé et les comportements prosociaux, s’est employé à réaliser la synthèse de l’ensemble des études conduites dans le champ de la psychologie et démontrant le lien bénéfique existant entre santé humaine et présence de la nature. Jordy Stefan a par ailleurs réalisé, lui-même, certaines expériences pour valider les hypothèses des articles de recherche sur lesquels il fondait ses travaux.

Il a ainsi démontré, à Lorient, ville depuis laquelle il a rédigé sa thèse, l’existence d’une corrélation entre sympathie interpersonnelle et contact à la nature. Pour ce faire, il a procédé à une expérimentation simple en souriant et en disant “bonjour” à un échantillon de 598 personnes, tantôt croisées en ville et tantôt croisées à la campagne. Résultat ; en ville, seulement 30 % des personnes croisées renvoient le sourire, contre 60 % dans la nature ; pour le “bonjour”, 40 % le renvoient en ville contre 70 % dans la nature et 68 % en bord de mer.

Cette “expérience de la sympathie” individuelle est réplicable à une échelle plus grande. Une étude de l’American Journal of Community Psychology, parue en 1998, a ainsi montré que dans un parc de logements neufs attribués aléatoirement à une population donnée, les logements qui étaient le plus proches de zones végétalisées conduisaient leurs résidents à avoir plus d’activités sociales et à être mieux connus de leurs voisins, par rapport aux résidents vivant plus loin de la végétation. Leur sentiment d’appartenance au quartier était également réputé plus fort10.

L’étude conclut ainsi que “dans les quartiers du centre-ville où les espaces communs sont souvent des no man’s lands arides, la présence d’arbres et l’herbe favorise l’utilisation commune de l’espace et les contacts sociaux informels entre voisins”, après avoir “constaté que chez 145 résidents de logements sociaux urbains âgés de 20 à 59 ans répartis au hasard dans 18 bâtiments architecturalement identiques, les niveaux de végétation dans les espaces communs prédisent à la fois l’utilisation des espaces communs et des [liens sociaux de quartier]”.

La présence de la nature a donc une incidence directe sur les relations interpersonnelles. Elle favorise la sympathie entre les individus et, même davantage, réduit l’agressivité et la violence entre eux. Tel est le sens étonnant des conclusions d’une seconde étude11, menée en partie par les mêmes chercheurs que celle précédemment mentionnée. Celle-ci a cherché à documenter le comportement de 145 mères célibataires dans un grand complexe résidentiel très défavorisé (la pauvreté accroissant les risques de violence et la vulnérabilité des sujets étudiés), où tous les aspects des logements étaient similaires à l’exception de la présence de la nature environnante. Au total, les résultats de l’étude ont montré que la violence, notamment à l’égard des enfants, diminuait considérablement chez les mères vivant à proximité d’arbres et de zones végétalisées, contrairement à celles vivant près de zones stériles et bétonnées.

Beaucoup d’autres études, parfois plus anecdotiques, décrivent le lien fascinant qui unit ce que nous avons choisi d’appeler l’éco-sensibilité, c’est à dire le développement d’un lien sensible à la nature, à l’épanouissement individuel : par exemple, les enfants sont moins punis par leurs professeurs et également moins absents dans les classes où sont installées des plantes vertes12 ; les personnes âgées voient leur concentration augmentée et leur espérance de vie allongée lorsqu’elle sont au contact prolongé de la nature13.

Accroissement de la sociabilité, réduction de l’irritabilité et de la violenceLe contact prolongé des individus à la nature a ainsi une incidence directe sur leur comportement, leur stabilité et leur bien-être mental ; et plus particulièrement lorsque ceux-ci souffrent de pathologies. Ainsi, il est par exemple prouvé que les personnes atteintes d’Alzheimer ont des comportements moins agressifs au moment de leur toilette, lorsque celle-ci s’accompagne des sons de la nature14.

C’est en effet là l’un des aspects de l’éco-sensibilité : comme le montre Jordy Stefan dans sa thèse, si la présence à la nature réelle procure un réconfort supplémentaire à l’individu, la présence d’une nature “artificielle”, par la vue de plantes en plastique ou l’écoute de sons enregistrés, tels que le bruit de la houle, procurent aussi des effets bénéfiques.

Toujours sur le plan sanitaire, l’éco-sensibilité peut avoir des effets sur la durée des périodes de convalescence des patients à l’hôpital. Ainsi, le fait d’avoir vue sur la nature plutôt que sur un bâtiment conduit, en période post-opératoire, à une baisse du temps moyen d’hospitalisation d’environ 0.74 jours15. C’est ainsi que se sont développés, à différents endroits et spécifiquement en France, des “jardins à but thérapeutique”, comme par exemple au Centre Hospitalier de Cholet, à l’EHPAD Notre-Dame des Anges à Lorgues ou encore à l’hôpital de Castelnaudary16.

Sous cet aspect, la présence continue de l’individu à la nature, par des politiques éco-sensibles, pourrait être source d’économies budgétaires pour l’ensemble de la société, en favorisant le développement du capital humain des individus (l’exemple des plantes dans les salles de classe en témoigne), en réduisant le coût économique de la délinquance ou encore en améliorant la performance du système de soin !

IV. Développer l’éco-sensibilité pour mieux vivre en société

Au total, le développement généralisé d’un lien sensible à la nature paraît être l’une des conditions pour mieux vivre, collectivement, en société : d’une part, en permettant d’accélérer la transition écologique ; d’autre part, en réduisant la violence interpersonnelle et en favorisant le bien-être de chacun

Mais au-delà de ces arguments, essentiellement tirés du champ de la psychologie, un rapprochement des sociétés contemporaines à la nature pourrait aussi profondément modifier les rapports de pouvoir et changer la face de la vie en communauté. Nous nous aventurons ici sur un chemin plus philosophique que strictement politique, mais qui mérite d’être interrogé.

Une présence renforcée à la nature véhiculerait-elle des valeurs nouvelles ? Le rétablissement d’un lien sensible au monde vivant environnant peut-il changer drastiquement les sociétés pour les rendre plus démocratiques, horizontales ou prospères ? Poser de telles questions revient, d’abord, à dresser un diagnostic réaliste sur l’état actuel des sociétés occidentales. Force est de constater qu’elles se caractérisent par une très grande désensibilisation au monde vivant qui les entoure, ce qui ne va pas sans certaines répercussions sur les modalités de leur gouvernance.

Progressivement, la logique extractiviste et la surconsommation ont relégué la question des sensibilités au titre des sujets naïfs et champêtres, bien trop bucoliques pour être traités sur le même plan que des thématiques aussi “sérieuses” que la production économique ou la misère sociale.

Parallèlement, tout au long du XXème siècle, le caractère sacré, parfois mystique, que pouvait revêtir la nature, déjà largement obéré par la distinction entre “nature” et “culture” si propre à la civilisation occidentale, s’est essoufflé au profit des promesses d’émancipation et de progrès que les nouvelles prouesses technologiques amenaient.

Pierre Charbonnier relève à ce titre fort justement combien le capitalisme moderne induit, dans les imaginaires collectifs, une étroite corrélation entre les concepts de “liberté” et d”abondance”, parfois au détriment de la protection de l’environnement17. Ce processus anthropologique massif est traditionnellement caractérisé par “la mort de Dieu”, largement reprise et étayée par Max Weber dans Le savant et le politique, ou encore par Sigmund Freud dans L’Avenir d’une Illusion.

Quelles seraient les modalités de la vie collective d’une société éco-sensible ?

Le développement d’un lien culturel nouveau à l’environnement, fondé sur la valorisation des expériences sensorielles et poétiques que peut procurer la nature, fournirait les conditions d’existence d’une vie collective moins violente ou brutale. Mais le rétablissement d’un lien sensible à la nature peut-il vraiment suffire à transformer la société ?

Pour les penseurs dits “matérialistes” comme Marx, seules les considérations économiques et sociales s’ajoutent au cerveau humain pour définir les rapports interindividuels et la place de chacun dans la société. Selon lui, en aucun cas un idéal sensible supérieur ne pourrait venir infléchir la loi d’airain de la condition sociale, seule métronome des rapports de pouvoir.

Cette opinion n’est pas celle d’autres philosophes qui, comme Rousseau, croient en l’existence d’un “état de nature” originel, chez l’être humain, se caractérisant par la bonté universelle et l’égalité de droit. Avant sa vie politique, Jean Jaurès, qui, philosophe, consacra une thèse à un sujet proche intitulé De la réalité du monde sensible, développa quant à lui l’idée selon laquelle l’expérience sensible préfigurait la formation intellectuelle des individus et constituait le socle irréductible de leur humanité : “à mesure que l’on s’élève dans l’échelle de la vie animale, écrit-il, on constate que les sens purement égoïstes se subordonnent peu à peu aux sens esthétiques et désintéressés”.

Plus généralement, pour sortir du champ de la sensibilité, l’idée que l’écologie serait vectrice de “valeurs” utiles à l’amélioration de la vie en société peut être avancée. Car l’attachement à la nature est à l’origine de valeurs politiques ; André Gorz s’emploie à le démontrer dans l’ensemble de son œuvre, certains prétendent même qu’il existerait une doctrine “écosocialiste. La nature ne porte-t-elle pas en elle, en effet, l’idéal de justice ? Il est certain, en tous les cas, que la gestion durable des biens communs suppose d’embrasser la grammaire de l’équité et de la juste répartition des responsabilités. Quid du féminisme ? Dans de nombreuses cosmogonies, la nature est le synonyme de la féminité ; c’est notamment le sens de la Pacha Mama, ou Terre mère, rappelée lors du sommet des peuples de Cochabamba en 2010.

Plus largement, le renouvellement de notre lien à la Nature pourrait se faire sous le signe d’une revalorisation du concept de “République”, laquelle s’inscrirait dans le cadre d’un projet de société plus global. Comme le montre Serge Audier dans la Cité Écologique18, la notion même de République, “chose commune”, renvoie à la nécessité de défendre ce qui doit être gouverné dans l’intérêt commun et non dans l’intérêt particulier.

Or, dans la pensée écologique, ce “commun” peut inclure, d’après l’auteur, “les vivants, les morts et les à-naître, mais aussi […] les “non-humains”. Le développement de l’éco-sensibilité peut aussi être le signe d’un renouvellement de nos représentations politiques, en faveur d’une meilleure prise en compte de l’environnement. D’ailleurs, dans de nombreux dispositifs publics, républicanisme et écologie peuvent se mêler dans un objectif commun : telle est l’hypothèse du service civique à vocation écologique, ou encore des régimes de propriété tenant compte de l’impératif de préservation de la Nature.

Pour l’ensemble de ces raisons, l’éco-sensibilité n’est pas qu’une doctrine écologiste. Elle a un intérêt réel dans le contexte de la crise environnementale, mais elle emporte plus largement des conséquences qui touchent aux fondements même de la vie de la cité.

Conclusion

Que faire de l’éco-sensibilité, ainsi définie ? Comme toute nouvelle doctrine d’action publique, elle présente le caractère d’être applicable de manière systématique. Par son ampleur et la simplicité des fondements intellectuels sur lesquels elle est assise, elle pourrait être intégrée comme l’une des nouvelles conditions de l’action publique. Pourquoi ne pas imaginer une végétalisation systématique de chaque nouvel espace public aménagé ? Ou encore, pourquoi ne pas intégrer dans l’ensemble des politiques éducatives un volet consacré au renforcement du contact à la Nature ?

Mais l’établissement définitif de l’éco-sensibilité devrait toutefois reposer sur un véritable changement de culture, en premier lieu au sein de la décision publique. A ce titre, nous ne pouvons que saluer l’avènement de nouveaux dispositifs de formation des cadres supérieurs de l’Etat, à l’image du programme “Mon parcours transition écologique”, qui entend former 25 000 hauts-fonctionnaires français aux principaux enjeux écologiques avant la fin de l’année 2024.

Ces initiatives méritent d’être poursuivies et d’intégrer, outre les concepts théoriques et abstraits expliquant scientifiquement la crise environnementale, des considérations plus sensibles tenant à l’importance du lien à la Nature pour l’épanouissement de l’usager du service public et l’émancipation du citoyen.

Car le rôle de la politique n’est-il pas, au fond, de faire le bonheur des Hommes ? Le bonheur ne passe-t-il pas, en grande partie, par l’expérience éprouvée par l’individu et les imaginaires qui la conditionnent ? En renforçant la présence du citoyen à la nature, nous pourrions accélérer le rythme de la transition écologique, favoriser le bien-être individuel et même renforcer la cohésion sociale. Il est urgent que les responsables politiques se dotent d’une véritable réflexion sur l’éco-sensibilité !


  1. Michel Magny, Aux Racines De l’Anthropocène, 2019. ↩︎
  2. Dans son Discours de la Méthode (1637, René Descartes écrit ainsi : “il est possible de parvenir à des connaissances qui soient fort utiles à la vie ; et qu’au lieu de cette philosophie spéculative qu’on enseigne dans les écoles, on en peut trouver une pratique, par laquelle, connaissant la force et les actions du feu, de l’eau, de l’air, des astres, des cieux, et de tous les autres corps qui nous environnent, aussi distinctement que nous connaissons les divers métiers de nos artisans, nous les pourrions employer en même façon à tous les usages auxquels ils sont propres, et ainsi nous rendre comme maîtres et possesseurs de la nature.’ ↩︎
  3. Serge Audier, La société écologique et ses ennemis, 2017. ↩︎
  4. Conseil d’Analyse Économique, Les Français et les politiques climatiques, 2023. ↩︎
  5. Enquête nationale nutrition santé (ENNS, 2006-2007). ↩︎
  6. Avis de l’ANSES relatif à l’évaluation des risques liés aux niveaux d’activité physique et de sédentarité des enfants et des adolescents, 14 septembre 2020. ↩︎
  7. Pyle RM (1978) The extinction of experience. Horticulture 56,64-67 ↩︎
  8. Piette, Albert, et Jean-Michel Salanskis, ed. Dictionnaire de l’humain. Nanterre : Presses universitaires de Paris Nanterre, 2018. ↩︎
  9. Interview au journal Le Monde, le 4 août 2020. ↩︎
  10. Kuo FE, Sullivan WC, Coley RL et Brunson L (1998) Fertile Ground for Community: Inner-City Neighborhood Common Spaces American Journal of Community Psychology 26, 6,1998. ↩︎
  11. Kuo FE and Sullivan WC (2001) Aggression and Violence in the inner city: Effects of Environment via Mental Fatigue. Environment and Behaviour 33 No4 July 2001 543-571. ↩︎
  12. Han, Ke-Tsung. (2009). Influence of Limitedly Visible Leafy Indoor Plants on the Psychology, Behavior, and Health of Students at a Junior High School in Taiwan. Environment and Behavior. ↩︎
  13. Ottosson J and Grahn P (2005) A comparison of leisure time spent in a garden with leisure time spent indoors: On measures of restoration in residents in geriatric care. Landscape Research 30 1 23-55 Jan 2005. ↩︎
  14. Whall A L, Black M E, Groh CJ, Yankou D, Kupferschmid BJ, and Foster, NL (1999). The effect of natural environments upon agitation and aggression in late stage dementia patients. Journal of Healthcare Safety, Compliance & Infection Control, 3(1), 31-35. ↩︎
  15. ULRICH R. (1984). « View through a window may influence recovery from surgery », Science, vol. 224, 421. 420-421. ↩︎
  16. Bethsabée De Gunzbourg, Histoire et devenir des jardins dans les établissements hospitaliers, POUR, 2014/4, n°224, pages 225 à 231. ↩︎
  17. Pierre Charbonnier, Abondance et liberté, 2020. ↩︎
  18. Serge Audier, La Cité Écologique, la Découverte, 2020. ↩︎

Mieux voir, sans lunette, c’est mieux vivre !

Porter des lentilles Acuvue Oasys‘, ça change tout ! Le champ de vision est comparable, selon les opticiens, à celui d’un œil sans défaut visuel. Tout devient plus clair, plus net et plus précis. Avec un champ de vision élargi, les activités sportives et de nature redeviennent possibles, là où le port de lunettes peut s’avérer gênant.

Marino Linic

En France, l’âge moyen auquel l’ado abandonne ses lunettes est environ 13 ans. Mais la pratique d’un sport peut par exemple pousser l’adoption des lentilles plus tôt que la moyenne.

Le sport et les lentilles de contact

Selon une étude américaine, 63% des porteurs de lunettes estiment que porter des lunettes est un handicap dans la pratique du sport. En effet, les lunettes peuvent être assez contraignantes selon le sport pratiQU2. La solution de substitution aux lunettes : les lentilles de contact.

50% des porteurs de lunettes les retirent lors de la pratique de leur sport afin d’éviter contraintes, gênes ou même source de stress (perte, casse).

80% des informations pertinentes et utiles au sportif proviennent de la vision.

Une vision optimale et confortable est fondamentale pour la pratique du sport.

Plus de confort, moins de danger

Corrigeant 90% des défauts visuels, myopie et hypermétropie, les lentilles souples présentent de nombreux bénéfices lors d’une activité sportive. Absence de buée ou de traces sur les verres, que vous pratiquiez un sport en intérieur ou en extérieur, votre champ de vision reste net.

Pas de danger non plus de perdre ou de casser vos lunettes ! Directement posées sur l’œil, elles apportent un confort optimal sans risque de se blesser l’arcade sourcilière ou le nez. De plus elles offrent une meilleure évaluation des distances, pour être plus performants.

De la souplesse

Pour les sports collectifs, de raquettes, de précision ou le jogging, les lentilles souples sont LA solution.

Elles épousent parfaitement la cornée de l’œil et procurent un champ visuel plus large. Les sports de contact comme le judo, le karaté ou le rugby interdisent le port des lunettes.

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Des sports déconseillés avec le port des lentilles

Les lentilles de contact ne sont pas adaptées aux sports nautiques.

Quelques conseils pour débuter avec des lentilles

Quand on décide d’utiliser des lentilles, il est normal d’avoir un peu d’appréhension. Passer des lunettes aux lentilles de contact nécessite d’apprendre à les mettre, retirer et nettoyer correctement.

Comment poser et retirer ses lentilles de contact ?

L’entretien des lentilles mensuelles ou bi-mensuelles

Les 10 commandements des lentilles de contact :

La beauté du regard et la qualité de la vision dépendent aussi du bon entretien des lentilles de contact. Pour gagner du temps dans la salle de bain au moment de la pose et avoir une bonne hygiène, les opticiens conseillent d’adopter « les 10 commandements » :

  • 1- Lavez-vous soigneusement les mains
  • 2- Installez-vous dans un endroit bien éclairé
  • 3- Retirez vos lentilles de contact de leur étui sans les pincer avec les ongles
  • 4- Pour éviter les inversions, prenez l’habitude de toujours commencer par la même lentille, droite ou gauche
  • 5- Enlevez une lentille à la fois
  • 6- Avant de retirer la seconde lentille, rangez la première
  • 7- Si vous avez oublié d’ôter vos lentilles de contact avant de dormir, attendez au moins une heure après votre réveil avant de les retirer ;
  • 8- Ne prêtez pas vos lentilles de contact
  • 9- Respectez le temps de port préconisé par l’ophtalmologiste et votre opticien Krys
  • 10- Ne dépassez pas la date limite d’utilisation de vos lentilles de contact
Adrian Swancar

Léonard de Vinci, en 1508, fut le premier à avoir eu l’idée des lentilles de contact. elles ne seront mises au point qu’en 1887 par l’ophtalmologiste allemand Adolph Eugene Fick, et c’est l’ophtalmologiste français Eugène Kalt qui en présentera la première application en 1888 devant l’Académie de médecine de Paris sur une patiente

wikipedia

UN NETTOYAGE RÉGULIER

Directement au contact des yeux, les lentilles de contact doivent impérativement être propres. Négliger leur entretien, c’est prendre le risque de développer des allergies et des infections. Et pourquoi prendre un tel risque quand seulement quelques minutes de nettoyage par jour suffisent ?

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Éliminer la pauvreté en regardant au-delà de la croissance

Dans un rapport passé inaperçu, Olivier de Schutter, rapporteur spécial de l’ONU sur l’extrême pauvreté et les Droits de l’Homme, remet en question la croissance comme levier de lutte contre la pauvreté. Il démontre au contraire que cette croyance augmente les inégalités et détruit l’environnement. D’autres voies sont possibles, au-delà de la croissance, défend-il.

UN Photo/Tobin Jones
Un expert de l’ONU appelle à abandonner le PIB comme indicateur de progrès.

L’approche dominante en matière de lutte contre la pauvreté repose sur une augmentation de la production économique globale (mesurée par le produit intérieur brut (PIB)), conjuguée à une redistribution postmarché au moyen d’impôts et de transferts.

Le « croissancisme » ne devrait pas nous détourner de l’impérieuse nécessité de fournir davantage de biens et de services propres à améliorer le bien-être et de réduire la production de tout ce qui est superflu, voire toxique.

Or, selon le Rapporteur spécial, on fait actuellement fausse route en se focalisant sur l’augmentation du PIB, qui n’est pas une condition préalable à la réalisation des droits humains ou à l’élimination de la pauvreté et des inégalités.

Tant que l’économie restera principalement orientée vers une maximisation des profits, elle répondra à la demande exprimée par les groupes les plus riches de la société, favorisera des formes extractives de production qui aggravent l’exclusion sociale au nom de la création de richesses et ne permettra pas aux personnes pauvres d’exercer leurs droits.

La transition d’une économie orientée par la recherche de profits vers une économie orientée par les droits humains est non seulement possible, mais elle est même nécessaire si l’on veut rester dans les limites planétaires.

Dans le présent rapport, le Rapporteur spécial explique les raisons pour lesquelles cette transition est nécessaire et ce à quoi elle pourrait ressembler1

Non, la croissance ne permet pas de lutter contre la pauvreté. C’est la conclusion du rapport publié début juillet par Olivier de Schutter, expert indépendant de l’ONU sur la pauvreté.

“Pendant des décennies, nous avons suivi la même recette éculée : faire croître l’économie d’abord, puis utiliser la richesse pour lutter contre la pauvreté. Ce n’est pas seulement malavisé, c’est dangereux. Au nom du PIB, nous poussons notre planète et ses habitants au bord du gouffre”

Rapporteur spécial de l’ONU

C’est l’un des documents les plus importants dans l’histoire des critiques de la croissance”, commente Timothée Parrique, économiste spécialiste de la décroissance et de la postcroissance. “Il fera date dans l’histoire économique moderne, réagit également Louis Raynaud de Lage, expert Impact Social et Environnemental au sein du cabinet de conseil Bartle. Parce qu’il est le premier rapport d’une organisation internationale unanimement reconnue à dénoncer l’absurde chemin que nous avons emprunté.

Les économies des pays riches ont connu une croissance bien au-delà de ce qui est nécessaire et pourtant, la pauvreté reste enracinée et les inégalités échappent à tout contrôle, constate Olivier de Schutter. @CCO

“Changer de cap”

Olivier de Schutter affirme que la croissance nous détourne de ce qui importe vraiment, à savoir l’élimination de la pauvreté et le bien-être de tous. La croissance “hégémonique”, pensée comme condition préalable à la création d’emplois et au financement des services publics et des politiques sociales est un “mythe” selon lui, qui conduit à la destruction de l’environnement et à une hausse des inégalités. Dans les pays riches, la croissance ne parvient en effet pas à réduire la pauvreté et les inégalités ni à créer des emplois, et elle pousse à transgresser plusieurs limites planétaires, affirme-t-il.

En outre, cette croissance a été alimentée par l’exploitation dans les pays du Sud d’une main d’œuvre bon marché et l’extraction non durable de ressources naturelles, pour produire des biens pour les pays du Nord et pour rembourser la dette extérieure. Dans les pays pauvres, où il est toujours nécessaire d’investir massivement, notamment pour la construction d’écoles et d’hôpitaux ou dans les transports ou les infrastructures électriques, la croissance peut encore être utile, mais cela nécessite de “changer de cap”, insiste Olivier de Schutter.

“Il faut abandonner le croissancisme, mirage qui nous empêche de renoncer à des modes de fonctionnement économiques qui, outre qu’ils sont inefficaces et trop gourmands en ressources, ne répondent pas aux besoins essentiels des personnes pauvres“.

Des mesures concrètes peuvent être prises dès maintenant pour nous remettre sur la bonne voie : abandonner le PIB comme indicateur de progrès, instaurer une garantie d’emploi, mieux valoriser le travail domestique et les soins non rémunérés, augmenter les salaires minima, limiter les richesses générées par les industries destructrices”

Olivier De Schutter (Belgique) a été nommé Rapporteur spécial sur les droits de l’homme et l’extrême pauvreté par le Conseil des droits de l’homme à sa 43e session en mars 2020

Mouvement “Beyond growth”

Le Rapporteur spécial de l’ONU défend une économie postcroissante, qui ne rimerait ni avec austérité ni avec récession. Elle ne serait plus orientée sur la recherche des profits mais sur les droits humains et la lutte contre les inégalités en “valorisant ce qui compte” et en produisant des biens et services plus utiles sur le plan social et plus durables sur le plan écologique. Cela aurait pour avantage de répondre aux besoins des populations, de réduire les émissions de gaz à effet de serre, mais aussi de mettre fin à “la course permanente au statut par la consommation” et ainsi rompre ce cercle vicieux qui engendre toujours plus d’inégalités, d’émissions de gaz à effet de serre….

Pour cela, il a retenu cinq priorités :

  • 1- stimuler l’économie sociale et solidaire,
  • 2- démocratiser le travail via la représentation syndicale notamment,
  • 3- partager l’emploi et réduire le temps de travail,
  • 4- lutter contre le consumérisme en interdisant par exemple la publicité et l’obsolescence programmée,
  • 5- fournir des services de base universels (logement décent, alimentation nutritive, eau, énergie, transports, accès au numérique).

Pour financer tout cela, il propose d’augmenter la taxe sur les successions, sur le carbone et l’impôt sur la fortune ou encore de mieux lutter contre l’optimisation fiscale.

Ce rapport fait suite à l’ouvrage “Changer de boussole, la croissance ne vaincra pas la pauvreté”, publié par Olivier de Schutter en mai 2023 aux éditions Les Liens qui libèrent. Il s’inscrit pleinement dans le mouvement Beyond growth qui vise à explorer les systèmes économiques au-delà de la croissance et qui commence à prendre de l’ampleur.

Entre avril et juin de cette année, des organisations à but non lucratif en Italie, en Autriche, au Danemark et en Irlande ont pris l’initiative de suivre les traces de la Conférence Beyond Growth 2023 du Parlement européen, qui a été pour certains le point culminant de la législature 2019-2024. Suite à son rapport, Olivier de Schutter va quant à lui mener des consultations en vue d’élaborer une feuille de route et de proposer des moyens de parvenir à l’objectif recherché.

  1. Les Rapporteurs spéciaux, les experts indépendants et les groupes de travail font partie de ce que l’on appelle les procédures spéciales du Conseil des droits de l’homme. Les procédures spéciales, le plus grand groupe d’experts indépendants du système des droits de l’homme des Nations unies, est le nom général des mécanismes indépendants d’enquête et de suivi du Conseil qui traitent soit de situations nationales spécifiques, soit de questions thématiques dans toutes les parties du monde. Les experts des procédures spéciales travaillent sur une base volontaire ; ils ne font pas partie du personnel des Nations unies et ne reçoivent pas de salaire pour leur travail. Ils sont indépendants de tout gouvernement ou organisation et travaillent à titre individuel. ↩︎

Les solutions fondées sur la nature (SFN) sont-elles économiquement rentables ?

Le travail de cette étude publiée dans la revue Science de l’Environment Total, a porté sur plus de 20 000 études scientifiques évaluant l’efficacité économique de ce type d’actions face aux catastrophes naturelles : inondations, vagues de chaleur, etc. Le résultat est sans appel : les Sfn se sont avérées rentables pour atténuer les risques dans 95 % des études recensées.

Résumé

Le potentiel des interventions écosystémiques, également connues sous le nom de Solutions fondées sur la nature (Sfn), pour la Réduction des Risques de Catastrophe (RRC) et l’Adaptation aux Changements Climatiques (ACC) est maintenant reconnu par les principales politiques nationales et les accords-cadres internationaux.

Toutefois, les données scientifiques disponibles sur leur viabilité économique et leurs incidences sur l’équité sont limitées. Nous avons examiné des études de langue anglaise avec des pairs, publiées entre 2000 et 2021, qui ont entrepris des évaluations économiques des Sfn pour la RRC et l’ACC.

Sur la base des résultats, 71 % des études ont indiqué que les Sfn se sont constamment avérées être une approche rentable pour atténuer les risques et 24 % des études ont révélé que les Sfn étaient rentables sous certaines conditions.

Les interventions écosystémiques les plus fréquemment trouvées pour atténuer les risques sont associées aux mangroves (80 %), aux forêts (77 %) et aux écosystèmes côtiers (73 %). Des études comparant le rapport coût-efficacité des Sfn et des solutions basées sur l’ingénierie pour atténuer certains risques ont montré que les Sfn ne sont pas moins efficaces que les solutions basées sur l’ingénierie.

Parmi ces études, 65 % ont montré que les Sfn est toujours plus efficaces en termes de risques d’atténuation par rapport aux solutions basées sur l’ingénierie et 26 % ont constaté que les Sfn sont partiellement plus efficaces.

Les résultats illustrent une série de facteurs, y compris les emplacements géographiques des Sfn analysées, leur contribution à la restauration et à l’augmentation de la biodiversité, leur structure de propriété, leur source de financement et les méthodologies économiques utilisées pour évaluer le rapport coût-efficacité et les effets de distribution. La situation géographique des observations Sfn incluses dans cette analyse a été examinée en tenant compte des projections mondiales de température et de précipitations.

Catalogue des Solutions fondées sur la Nature

Les écosystèmes et les services écosystémiques sont essentiels pour contribuer à la réduction des risques de catastrophe, du développement durable et de l’adaptation aux changements climatiques (Doswald et al., 2014; Cohen-Shacham et al., 2016; Brink et al., 2016; Chausson et al., 2020; Debele et al., 2023), et cela est maintenant reconnu par les principaux accords internationaux (par exemple, Sendai Framework for Disaster Risk Reduction (SFDRR).27, 2022), Convention sur la diversité biologique, 2022 (PNUE, 2022a).

Fiches sur les Solutions Fondées sur la Nature

Les avantages des interventions écosystémiques, également connues sous le nom de Solutions fondées sur la nature (Sfn) (Sudmeier-Rieux et al., 2021; Pereira et al., 2023) sont de plus en plus évidents.

Toutefois, les connaissances scientifiques sur le rapport coût-efficacité et les résultats de l’équité des Sfn sont limitées. Cette étude traite de ce déficit de connaissances en développant une base de données mondiale d’études évaluées par des pairs, publiées entre 2000 et 2021, réalisant une évaluation économique des Sfn.

L’étude se concentre sur deux types de Sfn : les approches écosystémiques de la Réduction des Risques de Catastrophe (Eco-RRC) et l’Adaptation aux
Changements Climatiques fondées sur les Ecosystèmes
(ACCE).

La cinquième session de l’Assemblée des Nations Unies pour l’environnement
(PNUE, 2022b) a adopté officiellement la définition des Sfn
intitulée :

« mesures visant à protéger, conserver, restaurer, utiliser de manière durable et gérer les écosystèmes naturels ou terrestres, côtiers et marins, et à adapter les défis sociaux, économiques et environnementaux, tout en assurant le bien-être humain, les services écosystémiques et les avantages de la biodiversité ».

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Le thème général de l’UNEA-5 est « Renforcer les mesures pour la nature afin d’atteindre les objectifs de développement durable ». Il place la nature au cœur de la reprise économique mondiale post-pandémique et appelle les États membres à soutenir la mise en œuvre des Sfn « en partenariat avec les communautés locales, les femmes et les jeunes ainsi qu’avec les peuples autochtones » (PNUE, 2022c).

Le Plan de mise en œuvre de Charm el-Cheikh issu de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques de 2022 (FCCC-COP27, 2022:2) fait référence aux Sfn pour la première fois dans l’histoire des négociations sur le climat et « souligne la nécessité urgente d’aborder, de manière globale et synergique, les crises mondiales interdépendantes des changements climatiques et de la perte de biodiversité dans le contexte plus large de la réalisation des objectifs de développement durable ».

De nombreuses organisations et gouvernements mondiaux, nationaux et locaux
investissent maintenant dans les approches Eco-RRC et ACCE dans le cadre des stratégies de relance économique verte de la COVID-19 (Commission européenne, 2020a; UICN, 2021; Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada, 2021).

La stratégie de l’UE en faveur de la biodiversité à l’horizon 2030 (Agence européenne pour l’environnement, 2021), pilier essentiel du Pacte vert pour l’europe, comprend un plan de restauration de la nature qui peut stimuler l’adoption de solutions fondées sur la nature.

Au cours de la CCNUCC-COP27, l’Administration des États-Unis de Biden-Harris a publié une feuille de route pour les solutions fondées sur la nature, qui contient des recommandations visant à transposer une Sfn pour faire face aux changements climatiques, aux pertes de nature et aux inégalités aux États-Unis d’Amérique (White House Council on Environmental Quality et al., 2022).

Il est essentiel de rassembler des preuves scientifiques sur les aspects économiques et financiers des Sfn. Selon la Commission européenne, plus de 200 millions d’euros ont été investis dans des projets de recherche et de démonstration Sfn entre 2016 et 2020, et plus de 200 millions d’euros pour la recherche sur les Sfn devraient être disponibles dans le cadre du Pacte vert pour l’Europe et Horizon Europe (Commission européenne, 2020a).

Malgré ces efforts, peu d’études évaluées par des pairs résument l’état des connaissances scientifiques sur les avantages économiques des Sfn et leurs résultats de répartition entre les groupes sociaux pour soutenir la prise de décision pluraliste sur les Sfn. Une plus grande attention est nécessaire pour combler ces lacunes en matière de recherche et élaborer des normes de performance des Sfn inclusives.

Un monde juste qui valorise et conserve la Nature“

Cette étude s’appuie sur une récente évaluation mondiale (Sudmeier-Rieux et al., 2021) qui a réalisé la première revue systématique de 529 études Eco-RRC évaluées par des pairs dans toutes les disciplines, cataloguant l’étendue de la confiance dans les écosystèmes pour la réduction des risques de catastrophe.

L’analyse va plus loin en examinant l’économie de la mise en œuvre des Sfn en termes de financement, de rentabilité, de co-avantages générés et d’éventuelles implications de la justice sociale dans un spectre multidimensionnel de groupes socio-économiques. Le potentiel véritablement pluralistes des Sfn pour transformer la société est évalué dans les dimensions matérielles et intangibles du pouvoir, y compris la recherche participative qui soutient la création de connaissances pluralistes (Lehmann et al., 2018; Woroniecki et al., 2020).

Outre l’étude de l’efficacité économique des Sfn, l’examen des articles analysaient le lien entre les Sfn mises en œuvre et les inégalités de revenus, le sexe, la race et l’appartenance ethnique, les groupes autochtones et les communautés locales et leur contribution aux objectifs de développement durable.

Une base de données mondiale de 402 observations, provenant de 87 articles examinés en anglais publiés entre 2000 et 2021, pour réaliser des évaluations économiques des interventions de l’Eco-RRC et de l’ACCE. Les Sfn analysées dans cette étude couvrent un éventail d’écosystèmes, englobant les écosystèmes naturels, gérés et nouvellement créés, ainsi que les écosystèmes à différents niveaux du continuum de restauration (Gann et al., 2019).

Les résultats illustrent de multiples facteurs, notamment la localisation géographique du NbS analysé, la source de financement et les méthodologies économiques utilisées pour évaluer le rapport coût-efficacité et les effets de répartition.


8 QUESTIONS À SE POSER
POUR METTRE EN ŒUVRE
LES SOLUTIONS FONDÉES SUR LA NATURE

Un guide d’appropriation du Standard mondial de l’UICN

LES SOLUTIONS FONDÉES SUR LA NATURE par l’UICN

Provence-Alpes-Côte d’Azur : changement climatique et pénuries d’eau, les défis qui attendent la région

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Parc national de Camargue. Richard Semik/Shutterstock

Isabelle Duhamel-Achin, BRGM et Marc Moulin, BRGM

Et si le scénario de 2022 se répétait ? Dans les Bouches-du-Rhône, plusieurs dizaines communes étaient placées en alerte renforcée sécheresse – et donc à des restrictions d’eau – à la fin juillet 2024. Il faut dire que la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA) est particulièrement vulnérable au risque de sécheresse.

Elle l’est à cause du climat méditerranéen qui y règne, mais aussi du fait d’une répartition inégale de la ressource en eau sur le territoire. Celle-ci peut conduire à une dépendance aux aménagements hydrauliques réalisés pour transférer l’eau abondante des zones alpines vers les zones plus déficitaires et densément peuplées du littoral.

Depuis plusieurs années, le BRGM multiplie les projets de recherche avec des partenaires locaux en PACA pour améliorer les connaissances du sous-sol et de ses ressources en eau.

De quoi améliorer la gestion collective de la ressource ? La sécheresse hors norme de 2022 a en tout cas entrainé une réflexion des collectivités sur la gestion partagée de la ressource.

Une répartition inégale des ressources en eau

La ressource en eau est plutôt abondante en PACA, mais elle est inégalement répartie dans l’espace et dans le temps, en fonction des saisons. Elle est parcourue par près de 46 000 kilomètres de cours d’eau, dont deux axes majeurs : le Rhône, qui traverse d’abord la région Auvergne-Rhône-Alpes, et la Durance, affluent du Rhône qui trouve sa source dans les Hautes-Alpes.

Le grand barrage de Serre-Ponçon, par exemple, conçu à l’origine comme un ouvrage destiné à la production d’hydro-électricité, joue un rôle de réservoir et de régulateur. Il permet de soutenir le manque d’eau pendant la période estivale, par un relargage progressif des réserves constituées en fonction des besoins du territoire.

Barrage de Serre-Ponçon. Pierre Metivier/Flickr, CC BY-NC

Il alimente tout un réseau de canaux d’irrigation et d’alimentation en eau dans plusieurs départements de la région grâce à une concession régionale gérée par la Société du Canal de Provence. Le canal de Marseille alimente la deuxième plus grande ville de France en nombre d’habitants à partir de la Durance. Les deux tiers de l’eau de surface de la région proviennent d’ailleurs de ce cours d’eau et de son affluent le Verdon. Le dernier tiers dépend du partage de l’eau du Rhône depuis la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Il existe aussi des projets de partage de l’eau (non aboutis pour l’instant) interrégionaux. Citons, parmi d’autres, celui vers la région Occitanie à partir du Rhône (projet Aqua Domitia). Les réflexions de gestion unifiée dépassent d’ailleurs les frontières : le fleuve Roya, qui prend sa source en France et termine sa course dans la plaine alluviale de Vintimille, en fournit un bon exemple. Un protocole international de gestion et d’étude de la nappe alluviale de la Roya existe et des projets d’étude et d’exploitation en commun sont à l’œuvre.

Des eaux souterraines encore peu exploitées

Outre les eaux de surface, 14 % des prélèvements pour l’alimentation en eau, tous usages confondus, proviennent des nappes d’eau souterraine. Pour l’eau potable, cette part se monte à 50 %. Les eaux souterraines représentent donc un enjeu crucial pour l’avenir : les débits des eaux de surface risquent de diminuer dans les décennies à venir sous l’effet du changement climatique.

Les masses d’eau souterraine en région PACA. BRGM, Marc Moulin, 2024, Fourni par l’auteur

Les eaux souterraines se retrouvent principalement au sein des nappes alluviales (en général peu profondes) ou des réservoirs karstiques (superficiels ou plus profonds). Dans la région, coexistent en effet divers types de formations rocheuses, aux propriétés hydrogéologiques variées :

  • Les domaines cristallins de socle (roches fracturées de type magmatique ou métamorphique des massifs des Maures-Estérel-Tanneron, du Mercantour ou du sud des Alpes). Ils sont réputés peu productifs en eaux souterraines.
  • les alluvions, anciennes ou récentes (limons, sables, graviers…) localisées principalement sur la bande côtière et dans les domaines de grandes plaines provençales, recélant des nappes superficielles qui bordent les principaux cours d’eau (la Durance, la Crau, le Gapeau, la Siagne, le Var…), qui sont les plus exploitées (environ 60 % des prélèvements d’eau),
Gouffre de la Fontaine de Vaucluse, photo prise en janvier 2024 : le niveau de l’eau est bas, avec cavité de dissolution (karst) visible sous la falaise calcaire. BRGM, Mélissande Ibba, Fourni par l’auteur
  • Les grands massifs dits karstiques (constitués de calcaires et dolomies, des roches carbonatées), accueillant des aquifères complexes encore assez peu exploités. Le fonctionnement de ces écoulements souterrains est souvent complexe et les réseaux qu’ils dessinent sous la surface ne sont pas encore entièrement connus. Leurs affleurements représentent le quart de la surface de la région.

Les ressources qu’ils accueillent sont souvent très réactives aux conditions hydroclimatiques. L’eau circule dans les cavités (karsts) créées par la dissolution naturelle de la roche, rendue semblable à un gruyère par l’écoulement de l’eau.

Photo du même lieu prise en mars 2024, niveau d’eau haut après de fortes pluies, la cavité n’est plus visible. BRGM, Mélissande Ibba, Fourni par l’auteur

Ils peuvent constituer de vastes réservoirs. Ils sont à l’origine de sources remarquables qui contribuent localement à l’alimentation des rivières, comme le montrent les photographies ci-dessus, prises à la Fontaine de Vaucluse.

Le changement climatique en Méditerranée

La disponibilité de la ressource en eau souterraine dépend des cycles hydroclimatiques, très contrastés en région méditerranéenne. Sur la façade maritime, un changement semble d’ores et déjà s’esquisser, avec une augmentation notable ces dernières années des températures moyennes et des vagues de chaleur prolongées pendant l’été.

Au-delà des seules températures, la fréquence d’autres événements météorologiques extrêmes, comme les fortes pluies, augmente également. Celles-ci peuvent entraîner des crues éclair dans les vallées encaissées des hauts reliefs sur les domaines alpins, des inondations et des dommages sur les infrastructures (par exemple la tempête Alex en 2020).

A l’inverse, les périodes prolongées sans pluie peuvent provoquer des sécheresses importantes, comme celle de 2022, d’autant plus impactantes qu’elles interviennent après des automnes avec faible pluviométrie et des hivers secs.

Des restrictions sur les usages de l’eau avaient été imposées en 2022 et 2023 par arrêtés préfectoraux pour limiter les volumes prélevés sur les nappes insuffisamment rechargées. De nombreuses collectivités du Var et des Alpes Maritimes avaient dû alors s’orienter vers des solutions alternatives transitoires : achat d’eau potable en citernes ou en bouteilles, arrêt de l’arrosage des espaces verts ou de l’alimentation des fontaines d’agrément et des piscines…

Le changement climatique pourrait également entraîner à terme une salinisation des aquifères côtiers dans les secteurs les plus densément peuplés sur la frange littorale.

En effet, avec la remontée du niveau marin, l’interface entre eau douce et eau salée dans le sous-sol sera amenée à se déplacer vers l’intérieur des terres. Cela va accentuer la vulnérabilité des captages d’alimentation en bord de mer, mais également dans les plaines (souvent agricoles) et dans les zones humides de basse altitude, en Camargue notamment.

Recherche et politiques locales, deux façons d’agir sur le risque de pénurie

La sécheresse extrême de 2022 a entraîné une réflexion collective sur la gestion partagée de la ressource en eau pour la planification territoriale. Dans ce contexte, le BRGM développe des modèles numériques pour mieux évaluer les impacts futurs du changement climatique sur la ressource et la recharge des nappes. Cela implique de simuler l’évolution des flux de masses d’eau et les interactions entre les eaux de surface et le niveau des nappes d’eau souterraine.

Les objectifs sont multiples : cibler des secteurs à fort potentiel où aller explorer de nouvelles ressources de substitution, mieux comprendre comment transitent ces flux sur notre territoire pour mieux les utiliser, reconstituer les stocks, voire même identifier les secteurs qui seront le plus en tension à l’avenir.

Ces éléments produits par le BRGM permettent de nourrir la réflexion politique au niveau local : choix de nouveaux aménagements, arbitrages dans les prises de décision… Citons plusieurs exemples de projets de recherche récents où le BRGM travaille en collaboration avec les partenaires locaux de la région PACA :

L’adaptation passe également par la mise en place d’actions concrètes ou d’expérimentations sur le territoire, par exemple :

  • la rénovation des réseaux des collectivités pour en réduire les fuites,
  • la désimperméabilisation des sols en milieu urbain. De quoi faciliter le transfert des pluies vers le sous-sol pour recharger les nappes.
  • la valorisation des eaux usées traitées pour lutter contre la sécheresse,
  • la mise en place de système d’irrigation agricole plus sobres, comme du goutte-à-goutte automatisé déclenché suivant les conditions météo ou des capteurs d’humidité des sols connectés,
  • des changements de pratiques avec des cultures adaptées à un climat plus chaud.

L’urgence à préserver l’eau en PACA

Rappelons enfin que le maintien d’une quantité d’eau suffisante dans les cours d’eau et les nappes est indispensable à leur bon fonctionnement et l’équilibre des écosystèmes. Selon les derniers chiffres de 2023, publiés sur le site EauFrance, seuls 48 % des milieux aquatiques en surface sont considérés en bon état écologique, 88 % sont en bon état quantitatif et 85 % en bon état chimique (c’est-à-dire, dont les niveaux de pollution sont conformes aux exigences réglementaires).

Il y a urgence : selon l’Agence de l’Eau, 40 % des territoires du bassin Rhône-Méditerranée seraient en tension car les besoins actuels et les prélèvements dépassent la capacité des ressources disponibles.

Un enjeu important pour la région PACA, par ailleurs soumise à de fortes pressions démographiques liées notamment au tourisme.

Isabelle Duhamel-Achin, Direction Régionale Provence-Alpes-Côte d’Azur, BRGM et Marc Moulin, Hydrogéologue, BRGM

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

Premier guide d’utilisation de l’ADN environnemental (ADNe) en milieu marin

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Le premier guide d’utilisation de l’ADN environnemental (ADNe) en milieu marin est disponible. Il a été conçu pour accompagner tous les acteurs de la biodiversité marine dans la mise en œuvre des méthodes d’analyse de l’ADNe, de l’acquisition à l’interprétation des données. C’est une méthode récente et innovante, non invasive et facilement déployable sur le terrain. Elle permet de détecter et d’inventorier les espèces présentes dans un milieu aquatique à partir de simples prélèvements d’eau.

Comprendre l’ADNe

L’ADN environnemental, ou ADNe, est défini comme l’ADN pouvant être extrait à partir d’échantillons environnementaux sans nécessiter d’isoler, au préalable, les organismes ciblés. Ainsi, grâce à l’analyse de l’ADNe, les espèces présentes dans un milieu donné peuvent être détectées par prélèvement et identification des traces d’ADN qu’elles laissent dans leur environnement.

Depuis 2008, cette méthode novatrice a démontré son efficacité dans le domaine de la biologie de la conservation, notamment pour la réalisation d’inventaires et de suivis de la biodiversité.

En permettant, entre autres, l’étude de l’ensemble des règnes du vivant et la détection d’espèces clés (protégées, menacées, exotiques envahissantes, etc.), cryptiques ou invisibles à l’œil nu, elle s’intègre comme un outil complémentaire aux autres méthodes de recensement de la biodiversité marine (captures, recensements visuels, hydroacoustique).

Écologie de l’ADNe

La distance de détection et la durée de persistance de l’ADNe sont influencées par son écologie, c’est-à-dire par la composition, l’origine, le transport et la dégradation des molécules d’ADN dans l’environnement. En milieu marin, l’ADNe tend à être dilué dans des volumes importants et est donc, généralement, présent en très faibles quantités dans la colonne d’eau.

La détectabilité des espèces dépend de la probabilité de prélever leur ADN dans le milieu, de la préservation de cet ADN au cours du processus analytique et de l’absence de contamination des échantillons considérés. Ainsi, lorsque l’objectif de l’utilisateur est d’obtenir une liste d’espèces la plus exhaustive possible tout en limitant les risques de faux-négatifs et de faux-positifs, il est nécessaire de choisir des méthodes d’échantillonnage et d’analyse respectant les plus hauts niveaux de précaution possibles.

Les méthodes déployées dans le cadre de Vigilife, et présentées pas à pas dans ce guide, ont été développées en ce sens

L’ADNe émerge comme
une avancée révolutionnaire
révélant le monde sous-marin
sous une nouvelle lumière.

Les mers et océans ont beau couvrir la majorité de notre planète en surface (70%) et en volume de l’espace habitable (98%), ils n’en restent pas moins une grande étendue opaque en termes d’appréhension visuelle et de connaissances.

Ce mélange d’immensité et d’inconnu est à l’origine de bien des histoires et légendes mais aussi une invitation aux expéditions et découvertes captivantes. Malgré les contraintes (luminosité, pression), la vie s’y épanouit de manière surprenante … pourtant, nous commençons seulement à en effleurer sa diversité et sa compréhension.

Aujourd’hui, alors que les activités humaines et leurs conséquences n’ont jamais autant menacé la biodiversité marine, il devient impératif d’utiliser toutes les ressources à notre disposition pour comprendre, préserver et restaurer les écosystèmes marins. Quoi de mieux que d’utiliser la molécule de base du vivant pour étudier la biodiversité ?

Recensement par photographie © IRD – Gilles Di Raimondo, Lengguru 2014

Chaque nouvelle technologie apporte son lot de promesses et l’ADN environnemental (ADNe) émerge comme une avancée révolutionnaire révélant le monde sous-marin sous une nouvelle lumière. Pour autant, le but n’est pas de remplacer les méthodes traditionnelles (caméras, acoustique, etc.) mais bien de les compléter, d’apporter d’autres réponses pour se poser de nouvelles questions.

Face au double impératif de lutte contre le changement climatique et l’insécurité alimentaire, le vaste océan apparaît comme un acteur central et pourtant méconnu. Dans ce contexte, les attentes envers l’ADNe, outil qui apparaît encore mystérieux voire suspicieux pour certains, sont encore plus fortes.

Mais que peut-on réellement détecter avec l’ADNe ? Quelles sont ses limites ? Comment ça marche ? De quels matériels a-t-on besoin ? Autant de questions auxquelles ce guide souhaite apporter des réponses claires et documentées.

Ce guide d’utilisation de l’ADN environnemental en milieu marin se veut être une ressource accessible et opérationnelle pour tous celles et ceux qui aspirent à mieux connaître, surveiller, comprendre, restaurer et protéger nos mers et océans.

Il offre une vue d’ensemble illustrée et documentée de cette technologie innovante, de son fonctionnement et de ses applications pratiques. Grâce à cet outil, les chercheurs, les étudiants, les gestionnaires de la nature, les décideurs politiques et même les citoyens peuvent désormais explorer les mystères de l’océan avec une précision inégalée.

Né d’une collaboration entre entreprises, établissements publics et organismes de recherche académique, ce guide est aussi le reflet de la responsabilité partagée que nous avons envers notre environnement marin et de la nécessaire coopération à mettre en place entre tous les acteurs. En partageant nos connaissances et nos expertises, nous souhaitons œuvrer pour que la biodiversité marine continue d’inspirer et d’émerveiller les générations futures.

Auteur du Guide : Carolane Giraud (SPYGEN), Pierre Boissery (Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse), Alicia Dalongeville (SPYGEN), Tony Dejean (SPYGEN), Julie Deter (Andromède Océanologie), Aurélie Lacoeuilhe (PatriNat), David Mouillot (Université de Montpellier)

Ni l’un ni l’autre sommes des biologistes moléculaires, mais nous avons vu dans l’ADNe une autre façon de répondre à nos questions. Alors, pourquoi pas vous ?

Julie Deter, maîtresse de conférences associée à l’Université de Montpellier, UMR MARBEC et cheffe de projets R&D à Andromède Océanologie
David Mouillot, professeur à l’Université de Montpellier, UMR MARBEC

GUIDE D’UTILISATION DE L’ADNe EN MILIEU MARIN

Ce guide, proposé par l’alliance internationale Vigilife, est l’un des livrables du projet eREF, financé par
l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse et porté par l’Université de Montpellier en partenariat avec les
entreprises Andromède Océanologie et SPYGEN.

Décryptage d’un climatosceptique par Thomas Wagner

Le youtubeur « Raptor » aux 700 K followers vient de publier une vidéo climatosceptique qui a déjà été vue 300 000 fois en moins de 24H ! Plus de 30 mensonges à réfuter … Thomas Wagner revient dans cette vidéo pour Bon Pote sur les principaux, en espérant que certaines personnes changent d’avis.

0:00​​ • Introduction

1:28​​ • Loi de Brandolini

3:15​​ • Steven Koonin, climatosceptique notoire, inspiration de sa vidéo

5:40​​ • Un réchauffement climatique d’origine humaine

11:49​ • Les modèles climatiques

15:10​ • La montée des eaux

17:30​ • Raptor expert en économie

19:30​ • Mensonges sur les ouragans

24:49​ • Les feux de forêt d’origine humaine

28:33​ • La science est « manipulée »

32:20​ • Consensus climatique vs consensus politique

35:43 • Pépite et conclusion

Sources :


A l’origine : la Vidéo du youtubeur Le Raptor
RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE :
DÉCRYPTAGE D’UNE ARNAQUE MONDIALE

Après quelques 2 années d’ellipse, le guerrier de la libération muni de la plus puissante des armes, la vérité, est de retour pour vous délivrer de l’emprise du tsukuyomi infini climatique.

Le Raptor

Réchauffement climatique: le rôle de la vapeur d’eau

Le Réveilleur fait le point dans cette vidéo sur le rôle de la vapeur d’eau dans le changement climatique.

Qu’est-ce qui fixe le contenu en vapeur d’eau dans l’atmosphère ? La vapeur d’eau peut-elle causer un changement climatique ? Peut-elle agir sur les changements climatiques sans être une cause ? Son rôle est-il étudié par les climatologues ? Est-ce que les émissions de vapeur d’eau par les sociétés humaines ont une influence sur le climat ?

L’entreprise à visée régénérative, la solution face à l’urgence écologique et aux enjeux sociétaux ?

Face à l’urgence écologique et aux multiples enjeux sociétaux, l’entreprise ne peut plus se contenter de limiter, d’éviter et de réduire l’impact négatif de ses activités, basées sur la croissance volumique. C’est de cette évidence qu’est né le concept d’entreprise à visée régénérative qui s’inspire de la méthode agricole du même nom. Il implique de repenser totalement la relation de l’entreprise au vivant et par là même le rôle de l’entreprise dans la société. Un nouveau modèle d’entreprise, qui respecte les limites planétaires tout en partageant mieux la valeur avec ses parties prenantes, la solution pour une économie symbiotique ?

La soutenabilité, c’est un développement durable qui répond aux besoins des générations présentes (en particulier des plus démunis) sans compromettre la capacité des générations futures à répondre à leurs propres besoins. Le développement durable, on est plutôt familier avec ce concept…Cependant, il existe deux visions de la soutenabilité dont on parle moins : l’une faible et l’autre forte.

🔴 La vision faible de la soutenabilité n’impose pas de hiérarchie entre les trois capitaux (écologique, social et économique) ce qui implique qu’il est possible de substituer un capital à l’autre (le capital économique l’emportant souvent sur le reste dans de nombreuses entreprises et marchés).

🟢 À l’inverse, la vision forte de la soutenabilité priorise les capitaux. L’environnement prévaut sur le social qui prévaut sur l’économie.

Et le lien avec le régénératif dans tout ça ? Eh bien, l’économie régénérative considère que réduire notre impact négatif sur l’environnement est nécessaire mais pas suffisant. Elle cherche donc à générer des impacts positifs nets, en s’appuyant sur la restauration et la régénération, répondant ainsi à une vision forte de la soutenabilité. L’économie régénérative vise ainsi à engager la société vers un espace sûr et juste en s’appuyant sur le vivant. Comment ? En créant des liens avec le vivant pour chacune des composantes du modèle économique. Ce mouvement n’étant possible qu’avec une raison d’être alignée et une gouvernance en accord avec cette connexion au vivant et les principes sous-jacents de l’entreprise régénérative.


L’entreprise régénérative : la seule option viable pour faire face au défi des limites planétaires ?

Le terme “entreprise régénérative” est de plus en plus utilisé. Alors avant que sa surutilisation dilue son sens premier et désigne d’autres réalités, voici notre synthèse sur le sujet.

Solenn Assathiany – Co-fondatrice de Mélibée |

Cette synthèse est basée sur les apprentissages de Solenn Assathiany, co-fondatrice de Mélibée, au sein de la CEC (Convention des Entreprises pour le Climat) et du parcours Butterfly sur l’entreprise régénérative (LUMIÅ AXA Climate). Découvrez ce que veut dire être une entreprise régénérative,
pourquoi c’est essentiel, les 3 piliers pour s’engager vers une voie régénérative et la différence avec les autres modèles d’entreprise engagées

Des entreprises pionnières comme celles qui ont suivi un parcours CEC (Mustela, Renault Trucks…) ou Ulterïa, POCHECO, Guyaki, Nexans, Interface évoluent peu à peu et montrent la voie vers le régénératif, car c’est un chemin, un champ en pleine exploration, qui va nécessiter de nombreuses expérimentations, de la R&D. Mais il est temps de se lancer !


Qu’est-ce que l’entreprise à visée régénérative ?

« Alors que le vivant s’effondre, alors que de plus en plus de zones du monde suffoquent dans un été 2024 le plus chaud jamais enregistré, alors que la ressource en eau est sous pression croissante, que nous croulons sous nos pollutions et sous les inepties de notre civilisation dégénérative, … il est plus qu’urgent de renverser la vapeur et d’engager un vaste travail de régénération. »

Christophe Sempels
Co-fondateur, Directeur Général et de la Recherche-Action chez LUMIA

Le régénéra-quoi ?

Pour découvrir en quelques minutes le régénératif, 5 vidéos issues des micro-learnings réalisés par LUMIA avec Les Nouveaux Géants. Christophe Sempels et Bertrand Thuillier nous expliquent les modèles économiques régénératifs ainsi que la régénération socio-écologique.

Ils sont tous les jours plus nombreux à s’y consacrer. Et une nouvelle ressource est désormais gratuitement à la disposition de tous pour soutenir ce mouvement : le module consacré à la régénération du MOOC « Comprendre la crise écologique pour réinventer l’entreprise » du Collège des Directeurs du Développement Durable (C3D) .

Christophe Sempels cite les voix inspirantes de nombreuses contributrices et contributeurs avec il a fait un joli binôme sur ce MOOC : Anna Le Faouder (CEC (Convention des Entreprises pour le Climat), Isabelle Delannoy (L’entreprise symbiotique), Thomas Breuzard (norsys et La Permaentreprise), Valérie BRUNEL (Kairos), Veronique Letellier (AXA Climate), LUMIÅ ainsi que des dirigeants d’entreprises qui témoignent sur leur chemin vers le régénératif : Guillaume DESNOES (Alenvi), Gilles Vermot Desroches (Schneider Electric), Arnaud Vanpoperinghe (Tikamoon, Alumni CEC) …

Ce nouveau module répond en 6 séquences de quelques minutes aux questions suivantes :

– Qu’appelle-t-on l’entreprise régénérative ?
– Quelles sont ses implications écologiques ?
– Comment revenir à un développement soutenable ?
– Comment transformer son modèle d’affaires ?
– Et enfin, comment démarrer une démarche régénérative ?

Etude LUMIA – « L’entreprise à visée régénérative : Fondamentaux et exemples de pionniers »

Lorsqu’un nouveau concept, tel que celui du régénératif, émerge, le risque est grand de s’y engouffrer en prenant insuffisamment la peine d’en explorer avec exigence le contenu, la signification, les modalités de mise en oeuvre et les opportunités qu’il présente aussi bien que les fausses promesses qu’il ne faut pas lui prêter.

Alors que de plus en plus d’entreprises se questionnent sur la régénération socio-écologique, cette étude de recherche-action inédite, qui s’appuie sur de nombreux exemples d’entreprises pionnières, fait émerger un socle conceptuel et méthodologique solide qui vise à entamer concrètement une évolution vers un modèle économique à visée régénérative.

Comment réduire ses impacts négatifs aux seuils incompressibles ? Comment générer des impacts positifs pour les écosystèmes et les communautés humaines ? Comment inscrire le régénératif au cœur du modèle économique…?

L’empreinte écologique du numérique représente 1,5 fois les émissions mondiales de gaz à effet de serre du secteur aérien !

L’association Biosphère Expérience, fondée par Corentin de Chatelperron et Caroline Pultz, expérimente un futur durable et désirable dans lequel les humains vivent en symbiose avec les autres espèces vivantes. Elle développe des technologies climatiques low-tech, c’est à dire accessibles, utiles et durables. Parce que l’empreinte du numérique représente 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, soit 1,5 fois celles du secteur aérien, les tutos du low-tech lab pour un habitat autonome en eau, énergie et alimentation et les travaux du ThinkTank The Shift Project nous invitent à réduire notre empreinte carbone.

L’empreinte écologique du numérique se divise en 3 parties : 60 % pour les terminaux (ordinateurs, smartphones, objets connectés), 15 % pour les data centers, et 25 % pour le réseau de transmission. La fabrication des terminaux est donc le principal coupable !

Pour réduire notre empreinte digitale, il est essentiel d’utiliser nos équipements le plus longtemps possible et d’opter pour des appareils reconditionnés. Mais pas que… Corentin de Chatelperron s’est penché sur une solution innovante :

il est possible d’optimiser son smartphone pour remplacer l’ordinateur ! Le Smart-Ordi

L’équipe de Biosphère Expérience a lancé en 2024 un programme de sciences participatives pour toutes celles et ceux souhaitant tester chez eux des systèmes et pratiques low-tech. Alimentation, valorisation des déchets ou encore économie d’eau : les 8 missions low-tech abordent des thématiques d’actualité et seront testées par de nombreuses personnes, partout en France et à l’étranger. Ces expériences citoyennes permettront de collecter un large panel de données techniques, sociologiques, ergonomiques, ou encore psychologiques sur la mise en place et l’usage de low-tech.

Plus de 1300 expériences citoyennes sont menées en France et à l’étranger depuis début juillet. Les participants sont prêts à débuter les expériences en septembre 2024.

Mission #1 : Woofing
Cueillir ses fruits et légumes frais, bio et de saison

Quel impact peut avoir la pratique maraîchère sur le lien qu’entretiennent les citadins avec le monde vivant, rural et agricole ? Pour le découvrir, participez à cette mission peu commune : dans une même ville, un groupe d’amis ou de collègues se retrouve chaque semaine pour travailler la terre dans une ferme bio et locale. À tour de rôle, vous consacrez du temps pour aider le maraîcher à cultiver ses fruits et légumes de saison. En fin de journée, vous repartez avec une récolte fraîchement cueillie. La fréquence et l’organisation sera fonction de la taille du groupe et de l’accord passé avec la ferme : cela peut prendre entre une demi-journée par semaine et une demi-journée par mois.

Mission #2 : Le jardin d’intérieur
Expérimenter la culture de jeunes pousses comestibles en bioponie


Cueillir et consommer au jour le jour ses propres plantes présente un grand intérêt gustatif et nutritif. Mais comment faire en ville et zone urbaine où peu d’espaces sont disponibles à la culture en terre ? Expérimentez la culture en bioponie ! Au lieu de pousser dans la terre, les racines des plantes sont plongées dans un bassin d’eau et d’engrais organiques en circuit fermé. L’intérêt de ce système ? Rendre accessible ces jeunes plantes riches en vitamines relativement chères à l’achat et permettre une plus longue conservation tout en utilisant 10 fois moins d’eau qu’une culture en terre.

Mission #3 : Menu low-tech
Vers une alimentation saine, durable et accessible


Prêts à changer vos habitudes alimentaires ? Comment manger sain, durable et économique? On vous a concocté un menu végétarien, bio et de saison, qui réponde au mieux aux besoins nutritifs journaliers, qui ne génère aucun déchet, tout en restant accessible financièrement. Au menu, de savoureux plats composés de céréales et de légumineuses, accompagnés de fruits et légumes frais, sublimés par des sauces délicieuses. À vous de jouer !

Mission #4 : La douche à brumisation
Vers une hygiène alliant pratiques durables, plaisir et bien-être


L’eau va devenir une ressource de plus en plus rare. Comment allier économie d’eau, plaisir et bien-être? Et si on réinventait la douche ? Nous vous proposons d’expérimenter la douche à brumisation en n’utilisant que 5 L d’eau : l’atmosphère brumeuse est créée par des buses, remplaçant notre actuel pommeau de douche, et permet d’utiliser moins d’eau pour une réelle sensation de confort.

Mission #5 : Miam, des grillons !
Élever des grillons et réveiller l’artiste culinaire qui sommeille en vous


Véritables bombes nutritionnelles, les grillons domestiques sont excellents pour leurs apports en vitamine B12 mais surtout pour leur quantité de protéine similaire à celle des produits carnés conventionnels. Mais élever des grillons domestiques émet 100 fois moins de gaz à effet de serre que la production de viande bovine tout en nécessitant 25 fois moins de nourriture, 2000 fois moins d’eau et 15 fois moins d’espace. Votre mission sera d’élever des grillons comestibles et d’explorer l’univers culinaire en expérimentant leur consommation. Grillons au reblochon, au piment ou encore au chocolat, vous aurez l’opportunité de présenter vos meilleures recettes à base de grillons.

Mission #6 : Des pleurotes maison
Cultiver des pleurotes et les déguster


Les champignons sont de véritables magiciens de la nature, capables de transformer les déchets cellulosiques comme la paille et le bois en délicieux aliments riches en nutriments. Malgré leur potentiel nutritif et leur saveur exquise, la consommation de certains types de champignons demeure peu accessible financièrement pour de nombreuses personnes. Ce frein pourrait être levé en réalisant sa propre culture de champignons et c’est ce que nous vous proposons. À partir d’un mélange de mycélium en grains avec des pellets de paille, et après une phase d’incubation d’un mois, vous obtiendrez un pain de mycélium complètement blanc et prêt à fructifier. Prêts à plonger dans l’univers fascinant des champignons ?

Mission #7 : les larves de BSF, star du compost
Transformer les déchets organiques en ressources précieuses


Plus de phosphore minéral dans les sols pour cultiver la terre ? Alors qu’ils sont principalement jetés, incinérés, enfouis, les déchets organiques de cuisine contiennent des nutriments précieux qui pourraient être recyclés pour fertiliser les sols et nourrir les plantes. Pourtant, il existe un moyen très facile de transformer ces matières en ressources précieuses. Les participants vont expérimenter leur conversion par des larves de mouches soldats noires. En décomposant ces déchets, préalablement broyés, les larves produisent en un temps record un compost hyper-nutritif pour les sols. Une fois adultes, les larves peuvent être valorisées comme nourriture pour volailles et le compost dans des jardins ou terrains agricoles.

Mission #8 : Toilettes vivantes
Valoriser les déchets humains en ressources précieuses


Forte consommation en eau, système énergivore d’assainissement des eaux noires, pas de valorisation des urines et des matières fécales : nos toilettes ne sont pas très astucieuses. Nous vous proposons une expérience inédite : mettre en place et expérimenter des toilettes vivantes dans votre quotidien. Il s’agit de toilettes sèches à séparation qui permettent de valoriser facilement les déchets humains grâce à l’action des larves de mouches soldats noires : en décomposant ces déchets, les larves produisent un compost de qualité en un temps record. Une fois adultes, les larves peuvent être valorisées comme nourriture pour volailles et le compost dans des jardins ou terrains agricoles.

Sélection des tutoriels les plus aboutis

Aujourd’hui, de nombreuses offres d’électricité sont dites « vertes ». Mais qu’est-ce que cela signifie ? Comment faire le bon choix ? Est-ce économique ? Qu’est-ce que le label VertVolt ? Johann Thomas, coordinateur scientifique et technique de l’ADEME démêle le vrai du faux.


« C’est frustrant de tomber vers le bas quand on saute d’un immeuble, et pourtant ça s’appelle la physique. »

Interrogé sur les perspectives de développement de l’intelligence artificielle, le coordinateur du programme Numérique Maxime Efoui-Hess revient pour France Inter sur le déploiement irréfléchi du numérique dans un contexte de raréfaction des ressources.

👉 Retrouvez son intervention complète

Les impacts environnementaux du Numérique

Le projet « Lean ICT » du Shift présente une réflexion sur les pratiques et actions permettant de limiter les impacts environnementaux directs et indirects du Numérique, tout en maximisant l’effet net des leviers du Numérique en matière de transition écologique. Il s’inscrit dans un contexte où la consommation énergétique du Numérique augmente plus vite que les prévisions, et où par extension, les émissions de gaz à effet de serre (GES) induites augmentent aussi.

Les publications

The Shift Project poursuit ses recherches sur l’impact environnemental du numérique et la sobriété numérique, afin de caractériser ce qu’implique la « sobriété numérique » en pratique.

C’est-à-dire, quelles questions concrètes mettre en lumière et quelles méthodologies suivre pour rendre notre système numérique effectivement compatible avec les contraintes énergie-climat, suivant des axes précis :

  • Les technologies intelligentes
  • La stratégie numérique et l’architecture d’entreprise
  • Les usages humains (santé humaine, construction de nos usages numériques)
  • La mise à jour des scénarios du rapport de 2018
  • La pertinence de la démarche de sobriété pour les DSI

👉 Retrouvez les travaux The Shift Project sur la sobriété numérique


Rapport du Haut Conseil pour le Climat 2024 : quelles solutions pour limiter la climatisation ?

Le 6ème rapport annuel du Haut Conseil pour le Climat (HCC) a notamment mis en garde sur l’insuffisance des mesures d’adaptation au dérèglement climatique et de son impact sur les plus fragiles. Héléna Hadjur, analyste Climat énergie chez Enerdata, bureau d’études spécialisé dans le secteur de l’énergie et de son impact sur le climat, s’est penché sur l’adaptation à la hausse des températures en France afin de dresser une analyse des scénarios de long terme en matière de consommation énergétique et de besoin en climatisation. Elle a accepté de répondre aux neufs questions essentielles pour Cdurable.

Arnaud Bouissou / Terra

Depuis la mise en place d’un Plan canicule en 2004, les vagues de chaleur continuent de provoquer une surmortalité dans l’ensemble de la population française, avec une surreprésentation des personnes les plus vulnérables (femmes, personnes âgées, enfants, et ménages modestes). En France, sur 33 000 décès annuels attribuables à la chaleur sur la période estivale1 entre 2014 et 2022, 23 000 décès concernaient des personnes âgées de 75 ans et plus. Les femmes ont également été plus impactées par les vagues de chaleur survenues en Europe avec 56 % de décès de plus que les hommes en lien avec la chaleur durant l’été 2022.

Dans son avis publié en juin 2024, l’Agence de la transition écologique (ADEME) souligne que même dans un scénario de respect des engagements climatiques français, 26% à 27% des bâtiments seraient exposés à un « risque très fort », c’est-à-dire situés sur un territoire exposé à des températures futures fortes et/ou dans un îlot de chaleur urbain. Sans régulation climatique, cette proportion pourrait atteindre 61% à 65%2. Ainsi, le recours à la climatisation ne sera pas un luxe mais une nécessité pour faire face aux vagues de canicules dans les prochaines années.

EnerFuture : Prévisions énergétiques mondiales exclusives à l’horizon 2050.

Cependant, sur la trajectoire actuelle et sans mesures alternatives, la consommation énergétique des climatiseurs en France augmenterait de 65% en 2030 et doublerait d’ici à 20503, nous éloignant largement d’une trajectoire compatible avec un réchauffement en dessous de 2°C. Le rapport du Haut Conseil pour le Climat a déjà mesuré une hausse de 25% des émissions de la climatisation dans le bâtiment entre 2016 et 2023.

Cumulated number of heat wave (HW) days calculated per year over the control period (1960–1989) and two future periods
(2020–2049 and 2070–2099) for the 9 regional climate model projections. The size of the circles corresponds to the mean intensity of
the heatwaves.
Early adaptation to heat waves and future reduction of air-conditioning energy use in Paris
Vincent Viguié et al 2020

Ainsi, même si l’usage des climatiseurs apparait comme nécessaire dans certains cas, leur utilisation n’est pas sans conséquence sur la hausse des émissions de gaz à effet de serre, responsable de l’élévation de la température. Trois enjeux surviennent face à l’explosion du nombre de climatiseurs. Le premier concerne la hausse de la consommation de l’électricité engendrée par l’utilisation de la climatisation. Or cette hausse de consommation n’est pas neutre en émissions carbones même en France où une partie de la production de l’électricité est carbonée, et pose en outre des questions sur l’approvisionnement et les infrastructures énergétiques.


Faut-il dire stop à la climatisation ?

Face aux vagues de chaleur à répétition, la climatisation est devenue un réflexe, mais les experts mettent en garde sur les risques d’une généralisation : réchauffement des villes, émissions de gaz à effet de serre … Ils plaident pour des politiques de rénovation afin de sortir des « bouilloires thermiques ». En 2022, 59% des Français déclaraient avoir souffert de la chaleur dans leur logement pendant au moins vingt-quatre heures. Un dossier de La Croix du jeudi 8 août 2024.


Un deuxième enjeu est la hausse locale des températures extérieures. Le rejet de chaleur vers l’extérieur par les climatiseurs est supérieur à la quantité prélevée à l’intérieur des bâtiments. Cet excès de chaleur impacte surtout les villes, déjà pénalisées par l’effet d’îlot de chaleur. Une étude de modélisation relayée par l’ADEME4 montre que l’utilisation généralisée de la climatisation pourrait augmenter les températures extérieures de 2,4°C à Paris lors d’épisodes caniculaires et jusqu’à 3,6 °C lors d’épisodes caniculaires encore plus extrêmes. Cela appellerait de nouveau à plus de besoins de climatisation pour combattre l’îlot de chaleur renforcé, et ainsi de suite, créant un effet de cercle vicieux (boucle de rétroaction positive).

Enfin, le fonctionnement des climatiseurs peut entrainer des fuites frigorigènes dans l’environnement si la fin de vie des systèmes est mal gérée. Les fluides frigorigènes sont eux-mêmes des GES puissants : par exemple, le réfrigérant R32, l’un des réfrigérants les plus employés actuellement, présente un pouvoir de réchauffement climatique 675 fois supérieur au CO₂5.

Base 100% = quantité de fluides frigorigènes mise sur le marché sur la période 2009-2012 en équivalent CO2
Objectif : -79% en 2030 , soit une division par 5

Pour limiter le recours à la climatisation et atténuer la hausse de la consommation d’énergie induite par celle-ci, le scénario EnerGreen d’Enerdata aligné avec une hausse des températures bien au-dessous de 2°C, s’appuie sur trois grands leviers (voir ci-dessous) :

  1. De la sobriété dans l’usage de la climatisation et des aménagements simples des bâtiments et des espaces (volets, stores, orientation des bâtiments, ventilation traversante, coursive, végétalisation, désimperméabilisation des sols, aération nocturne) afin d’améliorer le confort thermique. Cela contribue à la réduction de 47% de la consommation énergétique observée dans le scénario EnerGreen en 2030. Les collectivités territoriales jouent un rôle clé dans la mise en œuvre et l’accompagnement pour l’installation de ces infrastructures, sans quoi l’évolution des comportements est difficilement possible.
  2. La rénovation de l’enveloppe thermique des bâtiments (39% de la réduction de la consommation à 2030) au vu de l’inadaptation des bâtiments actuels aux vagues de chaleur et afin d’améliorer la performance énergétique des bâtiments (isolation des toitures, des façades, double vitrages).
  3. L’amélioration de l’efficacité énergétique des climatiseurs (14% de la réduction de la consommation à 2030) et l’utilisation de solutions actives plus performantes ou peu énergivores au-delà des climatiseurs (brasseurs d’air, puits climatiques, géothermie de surface).

En conclusion, en dépit des solutions passives alliant sobriété, aménagement et rénovation des bâtiments, le besoin de rafraîchir les bâtiments avec des équipements de production de froid devient progressivement inévitable ces prochaines années. Ce besoin en climatisation présente des enjeux en termes de consommation d’électricité, d’émissions de GES et de réchauffement local amplifiant notamment l’effet d’îlot de chaleur urbain créant un effet de cercle vicieux. D’autres équipements plus adaptés peuvent être déployés, tels que préconisés par l’ADEME : les pompes à chaleur en particulier géothermiques, et les réseaux de froid qui permettront de faire face à des vagues de chaleurs de plus en plus fréquentes en France. L’enjeu de la hausse des émissions liée à l’utilisation de la climatisation est également un enjeu mondial : le nombre total de climatiseurs a augmenté de 7% entre 2019 et 20236.

La Chine représentait en 2023 la plus forte demande mondiale (38%), suivie de l’Asie (excluant le Japon et la Chine), l’Amérique du Nord et l’Europe. 

Rapport 2024 du Haut Conseil pour le Climat

Anomalie de température en moyenne annuelle observée en France métropolitaine

Questions Cdurable ou c’est pas durable !?

Au delà des communiqués, qui ne présentent souvent que le « meilleur », et du développement durable, qui ne fait que tenter de réduire les impacts négatifs de sa croissance volumique, nous nous intéressons aujourd’hui, 20 ans après la création de Cdurable.info, aux questions essentielles. Alors Cdurable ou pas ? 9 questions qui nous invitent à Comprendre pourquoi Agir & Coopérer avec le vivant, Cdurable !

Héléna Hadjur

Héléna Hadjur, analyste Climat énergie chez Enerdata, a accepté de répondre aux neufs questions Cdurable, essentielles comme les neufs besoins fondamentaux des êtres vivants dont les humains que nous sommes …

1 – Quelle est la nature de ma relation avec le vivant ?

Je cherche au quotidien à créer des moments où je me retrouve au contact de la nature pour recharger mes batteries. J’ai la chance de m’être installée dans une ville où je peux facilement accéder à pied ou à vélo aux espaces naturels : montagnes, forêts, parois rocheuses, rivières. Après ma journée de travail, je vais plusieurs fois par semaine prendre le temps de passer des moments dans la nature. Au gré des saisons et de leurs changements, je ne me lasse pas de l’environnement alpin !

2 – Quels sont mes besoins et choix d’alimentation ?

Une alimentation variée, à dominante végétarienne, des produits non transformés et du bio principalement pour les fruits et légumes. Celle-ci n’est pas parfaite, j’aimerais consommer davantage de produits locaux et de petits producteurs !

3 – Quel est mon type d’habitat actuel et idéal ?

Mon habitat actuel : un appartement dans un immeuble collectif (pas une passoire énergétique mais pas parfaitement isolé pour autant) proche de toutes commodités, d’un petit parc et de mon travail pour me déplacer 100% à pied et à vélo.

Mon habitat idéal : une maison partagée et passive avec un petit potager en ville, ou proche de la ville pour continuer à me déplacer en modes doux !

4 – Quelle activité physique favorise mon bien-être et ma santé 

Des activités de plein air : le ski de randonnée et ski de fond l’hiver, du vélo de route, randonnées et roller l’été !

5 – Quels savoirs m’ont permis de comprendre comment agir ?

Des savoirs de terrain recueillis lors de mon expérience de trois ans en tant que Jeune Déléguée pour le Climat. Celle-ci m’a permis de participer aux COP25 à Madrid, COP26 à Glasgow et aux intersessions climatiques aux côté de la délégation interministérielle française. En étant plongée au sein des discussions théoriques et politiques et en rencontrant des négociateurs, et des associations venant du monde entier, j’ai davantage pris conscience des jeux politiques et de la difficulté à réunir les intérêts divergents de chaque acteur pour faire avancer (doucement) les engagements climatiques mondiaux. Ce n’est pas à cette échelle de discussion internationale que j’ai souhaité continuer à travailler, je me suis dirigée vers une plus petite structure pour davantage de concret, et une plus grande liberté d’action et d’expression.

Des savoirs pratiques et plus théoriques grâce à un master en politiques environnementales à Sciences Po Paris, riche d’une majorité d’étudiants internationaux et de professeurs-chercheurs ou issus du monde professionnel.

6 – Quel est le sens que je donne à mon travail ?

Via mon travail, je souhaite à mon échelle accompagner la transition de nos systèmes énergétiques et socio-économiques. En 2023, j’ai rejoint Enerdata, un bureau d’études indépendant et de conseil situé à Grenoble spécialisé dans l’analyse et la prévision des enjeux énergétiques et climatiques dans le monde à travers différents secteurs économiques. Au quotidien, je participe notamment à la rédaction d’études pour les acteurs publics (Commission européenne, gouvernements, collectivités, agences de l’énergie) ou privés, contribuant à porter l’information et montrer des voies de transitions possibles aux décideurs.

7 – Quelle énergie j’utilise pour mes usages et besoins ?

Au quotidien, l’énergie sociale, musicale, l’énergie de la nature, et le sommeil !

A la maison et au bureau, les solutions d’énergie passive pour modérer ma consommation : isolation et vêtements chauds l’hiver, volets et ventilateur l’été.
Pour mes déplacements du quotidien : l’énergie de mes jambes, à vélo et à pied.

8 – Quelle est mon implication personnelle pour l’intérêt général ?

Ça me paraitrait prétentieux de penser que mes actions contribuent à vraiment faire changer les choses pour l’intérêt général mais j’essaie à titre individuel de rester cohérente avec mon envie de faire évoluer le système énergétique, social et culturel, tout en restant consciente des limitations et du peu de pouvoir d’action dont nous disposons à titre personnel. D’où l’intérêt de s’engager à plusieurs : via l’associatif dans un premier temps, et aujourd’hui à travers le travail dans la transition énergétique que j’ai choisi.

9 – Quels sont mes liens de coopération et ma participation au bien commun ? 

La musique fait partie intégrante de mes occupations et de ma personnalité. Via les morceaux que je compose et les concerts, je me nourris des moments de plaisir partagés avec les auditeurs, mais j’essaie aussi de partager des messages qui me touchent en lien avec mon implication pour la cause environnementale. Mon 1er EP, « Terrien » auto-produit est sorti en 2019 et un second est en préparation évoquant des questions en lien avec les négociations climat, le plaisir à se retrouver en milieu alpin, ou des questionnements sur le rapport au corps et autrui.

HELENA HADJUR – Auteur, compositeur et interprète

10 – Carte blanche : quel est le message essentiel que vous souhaitez faire passer à nos visiteurs ?

Se faire plaisir tout en restant conscient et cohérent avec nos aspirations personnelles et la situation environnementale du monde actuel. Nos actions au quotidien, notre travail, nos voyages, déplacement et nos modes de consommations participent tous à faire évoluer la société, même si chacun reste libre de positionner son curseur à un degré différent et dans ses causes de prédilection. La question de l’équilibre entre motivations, besoins et limites de l’immédiat en comparaison avec besoins à moyens terme et long terme, reste essentielle pour rester acteurs de nos vies, tout en continuant à se faire du bien.  


  1. Entre le 1er juin et le 15 septembre ↩︎
  2. ADEME, juin 2024, Microsoft Word – AVIS CONFORT ETE _ Mis en page (ademe.fr) ↩︎
  3. Enerdata d’après EnerFuture, 2024 ↩︎
  4. Vincent Viguié et al 2020 : Early adaptation to heat waves and future reduction of air-conditioning energy use in Paris – IOPscience ↩︎
  5. Source :  ATEE Présentation (atee.fr) ↩︎
  6. JRAIA, Estimates of World Air Conditioner Demand (2024) ↩︎