Après deux ans de paralysie, le secteur touristique reprend doucement. La France, un des pays les plus visités au monde a subi de plein fouet la crise sanitaire. Cependant qu’en est-il des Français ? Majoritairement adeptes de l’hexagone pour leurs vacances, ils restent friands d’inédit et d’exotisme. Dans l’imaginaire collectif et via leur relation particulière aux DOM, les plus belles îles se trouveraient à l’autre bout du monde. The Island List brise ces préjugés, en proposant une découverte exclusive des nombreuses îles d’Europe, de la plus populaire à la plus discrète. Son objectif ? Inspirer sur des destinations proches et démontrer que l’exotisme ne se trouve pas de l’autre côté de la planète.
BLUE CORRIDOR Croatie
La Covid a-t-elle réellement modifié les habitudes de voyage des Français ?
Le tourisme a été l’un des premiers secteurs à être touché par la crise du coronavirus. L’occasion de repenser notamment les habitudes de voyage, et les pratiques, qui jusque-là s’avéraient déraisonnées, peu respectueuses de la planète et de ses habitants.
Pour cela, les professionnels ont dû s’adapter et redoubler d’influence pour attirer les voyageurs. L’enjeux ici, est de trouver un équilibre entre la survie du secteur et ses limites.
Pour 72% des voyageurs, rendre le tourisme durable est devenu une priorité[[Benoit Panel, cofondateur de Yescapa]].
Les agences, les compagnies de voyage ou encore le secteur de l’hôtellerie ont dû redoubler d’effort pour rassurer leur clientèle plus que jamais, notamment en ce qui concerne, l’hygiène, la souplesse des politiques de remboursement, des prix plus attractifs et une approche écologique évidente.
CANARIES Espagne
Les îles comme vecteur d’évasion
Depuis toujours, les îles font l’objet d’un certain fantasme par leur charme romantique. Lorsque ce mot est évoqué, les premières pensées se tournent vers les îles exotiques telles que la Guadeloupe, la Polynésie, ou les Seychelles.
Et pourtant, les îles européennes n’ont rien à envier à leurs consœurs tropicales. Il y a autant d’îles en Europe, qu’il y a de goûts : des plages les plus sauvages du nord des Pays-Bas, à celles de sable fin et eaux turquoises dans les Egades, elles sont 1 350 au total d’après The Island List.
Cependant le tourisme de proximité peut-il remplacer le tourisme international ? Les voyageurs sont de plus en plus sensibles au réchauffement climatique, et souhaitent désormais retrouver des lieux proches et moins fréquentés. Mais c’est autour de l’évasion que tout se joue : quel lieu pourrait alors mieux qu’une île exprimer ce désir d’ailleurs qui nous vient chaque année lorsque débarquent les beaux jours ?
BLUE CORRIDOR Croatie
The Island List, le guide d’inspiration qui répond aux attentes des Français
Sensibiliser les voyageurs au slow-tourisme est la meilleure stratégie à adopter pour les professionnels du voyage : cette attitude répond à des problématiques contemporaines, tels que les enjeux climatiques.
De plus, le slow tourisme invite les voyageurs à découvrir des espaces nouveaux, loin du grand public et du tourisme de masse que beaucoup cherchent à éviter à tout prix. C’est aussi l’occasion de revenir à un rythme de voyage plus sain, en ralentissant la cadence. On note que, selon l’OMT : 95% des voyageurs ne profitent que de 5% de la planète seulement.
C’est ce que propose The Island List : une cartographie unique des îles d’Europe, de la plus discrète à la plus emblématique. Une invitation à l’évasion véritable, avec une tout autre approche touristique. L’occasion aussi de (re)découvrir des îles moins connues du grand public, sans l’influence des médias, pour voyager hors des sentiers battus.
CYCLADES Grèce
A propos de The Island List
En guise de contribution à l’effort collectif pour minimiser le réchauffement climatique, The Island List est une nouvelle initiative altruiste dont le but est de démontrer que l’exotisme n’est pas forcément lointain. En capi- talisant sur l’imaginaire associé aux îles et la richesse de diversité de l’Europe, The Island List propose de faire découvrir aux européens la singularité des îles proches de chez eux. Ainsi, toutes les 3 semaines, une nouvelle destination est mise en avant sur le compte Instagram et développée en détail sur le site.
Avec une élégante identité graphique, un ton authentique et une haute exigence photographique, The Island List fait escale parmi les très diverses îles d’Europe. La « liste » est aussi bien composée d’îles peu connues que de destinations plus familières et pour lesquelles le site offre alors sa propre vision.
25 scientifiques de renom devant l’Assemblée du 20 au 22 juin pour former les 577 nouveaux député-es
Le symbole est fort ! Dès le lendemain du deuxième tour des élections législatives, 25 scientifiques experts des enjeux de climat et de biodiversité – auteurs du GIEC, de l’IPBES, économistes du climat, de l’environnement… – viendront devant l’Assemblée nationale dans une démarche totalement apartisane, aux côtés de la jeunesse engagée dans le collectif Pour un Réveil Écologique et de la société civile. Pendant 3 jours, du 20 au 22 juin, ils seront à disposition des député-es qui viendront chercher leur mallette d’accueil pour leur transmettre, via des formations d’une vingtaine de minutes, le consensus scientifique justifiant l’urgence à agir dans tous les secteurs.
Les faits scientifiques montrent que l’ampleur des changements de demain dépend des choix et des actions d’aujourd’hui pour préserver le climat et la biodiversité. Chaque fraction de degré de réchauffement supplémentaire est une menace pour les sociétés humaines (pour la santé, la sécurité alimentaire, les infrastructures…) et les écosystèmes. Cette nouvelle mandature n’a d’autre choix que d’être celle de l’adaptation à un climat changeant et celle de la réduction massive des émissions de gaz à effet de serre pour stabiliser le niveau de risques climatiques.
Le climat et la biodiversité n’attendront pas une nouvelle mandature pour se rappeler à nous ; partout, l’urgence environnementale s’accélère. La vague de chaleur qui va étouffer la France cette semaine en est un exemple parlant, avec des températures exceptionnelles voire records pour un mois de juin. Les transformations nécessaires posent de véritables défis dans tous les secteurs, mais représentent également de réelles opportunités, compte tenu des nombreux co-bénéfices à l’action climatique et environnementale (amélioration de la santé, réduction des inégalités…).
Cette initiative, basée sur une idée de Matthieu Orphelin, futur ex-député écologiste de Maine-et-Loire, et Christophe Cassou, climatologue, est une première mondiale. C’est la première fois qu’une session de formation est ainsi offerte aux nouveaux parlementaires. Ce bagage scientifique permettra de guider et irriguer l’ensemble des décisions des député-es lors de leur mandat et d’étoffer la mallette d’accueil. Celles et ceux qui participeront à ces formations recevront des documents synthétiques clés sur ces sujets.
C’est un premier rendez-vous dans ce mandat, en espérant qu’il puisse amener la présidence de l’Assemblée et du Sénat à organiser dans les prochains mois une formation plus poussée de tous les parlementaires sur ces enjeux, notamment à l’occasion de la sortie du rapport de synthèse du 6ème rapport du GIEC fin 2022 – début 2023 ou lors de la COP15 biodiversité en octobre 2022. Les premières expériences en commission développement durable à l’Assemblée et au Sénat en fin d’année dernière ont montré la nécessité d’élargir ce type de pédagogie à l’ensemble des décideurs, gouvernement compris.
Cet événement est co-organisé, au-delà des scientifiques et de la jeunesse représentée par Pour un Réveil Écologique, avec la société civile : le Réseau Action Climat et l’association Sciences Citoyennes apportent leur aide opérationnelle.
Un collectif de scientifiques et le collectif Pour un Réveil Écologique
Liste des scientifiques présents : (en date du 13/06)
Pierre-Marie Aubert, Laurent Bopp, Christophe Cassou, Michel Colombier, Couvet Denis, Wolfgang Cramer, Charlotte Francesiaz, François Gemenne, Philippe Grandcolas, Agnès Hallosserie, Emma Haziza, Gerhard Krinner, Goneri Le Cozannet, Louise Kessler, Sabrina Krief, Benoît Leguet, Nadia Maïzi, Xavier Poux, Magali Reghezza, Jean-Baptiste Sallée, Sophie Szopa, Hélène Soubelet, Lola Vallejo
Crée en 2007, le producteur et fournisseur d’électricité français spécialisé dans le photovoltaïque a connu une trajectoire ascendante notamment marquée par plusieurs succès à l’export. La filiale du groupe dirigé par Jean-Charles Naouri est désormais à la recherche de nouveaux capitaux nécessaires à la poursuite de son développement.
Dans un communiqué de presse publié le lundi 16 mai, le distributeur stéphanois a confirmé avoir initié le processus de cession de GreenYellow, suscitant l’attention de la presse et du marché. Le 7 juin, l’AGEFI a indiqué que le distributeur français avait reçu trois offres d’achat proches du montant avancé par la presse (soit 1,5 milliards d’euros), et provenant de fonds d’investissement.
Une filiale bien valorisée et implantée au sein de son secteur d’activité
Le groupe Casino a créé en 2007 cette filiale spécialisée dans la transition énergétique et les énergies renouvelables. Si GreenYellow a débuté son activité opérationnelle en installant des panneaux photovoltaïques en France, la filiale du groupe de Jean-Charles Naouri s’est récemment illustrée par ses succès à l’export. En juillet et août 2021, GreenYellow a en effet obtenu des contrats portants sur la réalisation de deux centrales solaires en Bulgarie (4 MWc) et au Sénégal (1,56 MWc). Plus récemment (avril 2022), c’est en Afrique du Sud que la filiale énergétique du groupe Casino a remporté deux contrats de premier plan avec les entreprises Retailability et PCC. Il s’agit pour GreenYellow d’accompagner ces acteurs sudafricains dans leur transition énergétique. La filiale photovoltaïque du groupe de Jean-Charles Naouri est aujourd’hui présente dans 16 pays et sur quatre continents. A la lumière de la reconnaissance internationale de la qualité des services de GreenYellow, il apparait donc que le groupe Casino ait réussi à faire de sa filiale énergétique une entreprise mure et bien valorisée. Dans la mesure ou le secteur photovoltaïque nécessite des investissements très importants (infrastructures et entretien), GreenYellow a désormais besoin d’un apport de nouveaux capitaux qui lui permettra de poursuivre sa croissance et de consolider sa position dans le secteur des énergies renouvelables.
Une cession permettant d’accélérer le désendettement du distributeur
Le groupe Casino souhaite vendre GreenYellow et la presse avait rapporté dès le début du mois de mai que cette cession (estimée autour de 1,5 milliards d’euros) intéresserait cinq fonds d’investissements spécialisés dans la transition énergétique. Le 7 juin, l’AGEFI a révélé que le distributeur stéphanois avait reçu trois offres d’achat, « pour des montants avoisinant le prix souhaité de 1,5 milliard d’euros ». Les propositions émanent des fonds d’investissement Macquarie, I Squared Capital et SHV.
D’après la presse française, les poids lourds de l’énergie TotalEnergies et Engie seraient potentiellement intéressés par la reprise de GreenYellow (une information qui n’a pas encore été confirmée par les intéressés. Dans un article paru le 7 juin, Les Echos précisent que « d’autres acquéreurs potentiels dont Engie ont réclamé un délai supplémentaire pour décider de leur candidature au rachat de GreenYellow ».
La vente prochaine de GreenYellow permettrait au distributeur français de combler les 1,2 milliards d’euros de vente restant à réaliser afin de clôturer le plan de cession d’actifs non stratégiques. Si l’exécution de ce dernier a été contrariée par la pandémie, le groupe Casino a déjà effectué des ventes d’actifs non stratégiques représentant 3,3 milliards d’euros, et annonce que le plan de cession (qui représente au total 4,5 milliards d’euros) sera complété d’ici fin 2023.
À l’approche des élections législatives, Natura Sciences, le média de l’urgence écologique, publie son premier documentaire Écologie : une histoire de ministres? (22 minutes), en accès libre ici et sur Youtube. Ce documentaire réalisé par notre journaliste Léo Sanmarty donne la parole à 7 anciens ministres de l’Écologie et de l’Environnement pour comprendre les freins et leviers de leur ministère, ainsi que son influence réelle sur Matignon et l’Élysée. Au menu : jeux de pouvoir, lobbies et planification écologique.
Emmanuel Macron promet que sa Première ministre Élisabeth Borne sera chargée de la planification écologique. Pour cela, elle sera épaulée par deux ministres : Amélie de Montchalin, à la Transition écologique et à la Cohésion des territoires, et Agnès Pannier-Runacher, à la Transition énergétique. Si leur nomination séduit les industriels, elle enchante moins les ONG écologistes.
Ce nouveau trio peut-il être à la hauteur du défi écologique et climatique ? Le ministre de l’écologie a-t-il vraiment le pouvoir de lancer des changements transformateurs dans la société ? La planification écologique voulue par Emmanuel Macron permettra-t-elle de vraiment mettre l’écologie au cœur du prochain quinquennat ? Pour répondre à ces questions, nous sommes allés à la rencontre de 7 anciens ministres de l’Écologie et de l’Environnement : Nathalie Kosciusko-Morizet, Jean-Louis Borloo, Barbara Pompili, Corinne Le page, Michel Barnier, Yves Cochet et Brice Lalonde. Nous avons également interrogé la journaliste Justine Reix, autrice de La poudre aux yeux: Enquête sur le ministère de l’écologie.
Un pouvoir limité et insuffisant
Yves Cochet, ministre de l’écologie entre 2001 et 2002, estime que le pouvoir de ce ministère reste trop faible. « De vraies victoires pour l’environnement nous n’en avons pas eues. Je ne suis pas fier de ce que j’ai fait », regrette-t-il. « Nous sommes seuls au gouvernement car nous sommes les uniques représentants écolo de Matignon », détaille-t-il.
« Les contraintes de ministre de l’Écologie sont multiples« , explique Justine Reix, journaliste pour le média Vice et autrice du livre « La poudre aux yeux : enquête sur le Ministère de l’Écologie« . « Petit chiffre très clair : l’écologie représente 10% du budget alloués aux Ministères, contre 21% pour l’éducation nationale par exemple. Le budget n’est pas la seule contrainte que doivent supporter les ministres de l’Écologie. On pourrait penser que les ministres s’aident, mais ce n’est pas du tout le cas. Les pires ennemis du Ministère de la Transition Écologique sont le plus souvent l’Agriculture et la Finance. »
Brice Lalonde, ministre de l’Environnement de 1991 à 1992 le concède : « J’allais chasser avec Michel Charasse – alors ministre du Budget – pour qu’il me fasse des ristournes dans le budget. Des magouilles ? J’étais obligé de faire ça pour être avantagé.«
Le Ministère de l’Agriculture et celui de la Transition écologique ne marchent pas main dans la main. Ce second est souvent contraint de s’effacer ou de suivre le même chemin. Les néonicotinoïdes, ces insecticides tueurs d’abeilles que le gouvernement Castex a réintroduit par dérogation jusqu’en 2023 en sont un exemple. Le ministère de la Transition écologique a dans un premier temps lutté contre ces insecticides pour ensuite introduire une dérogation pour les planteurs de betterave sous Barbara Pompili. La dernière ministre de l’Écologie du premier quinquennat d’Emmanuel Macron porte pourtant aujourd’hui un regard positif sur l’affaire. « Paradoxalement, cette affaire est une fierté. Car dès l’année prochaine, les néonicotinoïdes ce sera fini« , se réjouit-elle.
Des lobbies omniprésents qui freinent l’action
« J’ai senti le poids des intérêts privés. Mais le rôle du ministre c’est de résister à ça« , explique Michel Barnier, ministre de l’environnement de 1993 à 1995. Ministre de l’Écologie sous Jacques Chirac de 1995 à 1997, Corinne Lepage a été chahutée par les lobbies du nucléaire. « Lors de ma prise de fonction, ils ont tout fait pour que je dégage« , se souvient-elle. Elle ajoute : « mais je devais faire mon travail de ministre. Je n’avais pas d’états d’âme à avoir« .
L’avocate nous raconte l’affaire de l’ancien réacteur Superphénix alors situé dans la centrale nucléaire de Creys-Malville. En 1995, elle s’oppose au ministre de l’Industrie Franck Borotra et refuse de signer le décret d’autorisation de redémarrage du réacteur. Une prise de position qui met son poste de ministre en jeu puisque le Premier ministre de l’époque, Alain Juppé, est favorable au redémarrage du réacteur. « J’ai dit à Alain Juppé que je pouvais démissionner et qu’il pouvait nommer quelqu’un d’autre à ma place. Il est possible de faire ça quand on est ministre de l’Écologie, quitte à risquer sa peau« , martèle-t-elle.
La planification écologique aux mains de la Première ministre ?
Le Premier ministre, est celui qui tranche lors des litiges entre ministères. Il pèse donc indéniablement dans les actions du ministre de l’Écologie. Avec le deuxième quinquennat d’Emmanuel Macron, la Première Ministre Élisabeth Borne se charge directement de la planification écologique. En matière d’écologie, Brice Lalonde souligne l’importance d’avoir un Premier ministre « qui comprend de quoi il s’agit« .
Néanmoins, les profils d’Elisabeth Borne, Amélie de Montchalin et Agnès Pannier-Runacher ne convainquent pas tous les ministres interrogés. Yves Cochet le craint : « Cette planification écologique et énergétique va consister à convaincre les territoires d’accepter les EPR. On peut parler de Greenwashing avec cette planification écologique. »
Barbara Pompili est plus optimiste. « Cette planification écologique est une avancée, estime-t-elle. Il ne faut pas oublier qu’elle est nécessaire pour les objectifs de long terme« . Selon elle, dans un monde idéal « il n’y aurait pas de ministre de l’écologie« , car l’écologie doit s’intégrer dans tous les secteurs du gouvernement.
Alors que Jean-Luc Mélenchon compte sur une victoire de la NUPES aux législatives pour forcer la main à Emmanuel Macron à le nommer Premier ministre, il apparaît que la réussite de la planification écologique nécessitera une équipe gouvernementale ambitieuse. Elle devra également entraîner l’ensemble de la société civile, des collectivités locales et des acteurs économiques. Les élections législatives des 12 et 19 juin prochains constituent un point de rendez-vous important pour juger de la place qui sera accordée à la planification écologique, ainsi que sa portée.
Documentaire complet
Natura Sciences, le média de l’urgence écologique
Le média Natura Sciences a lancé en février 2022 sa nouvelle formule « Construisons 2030 ». Ce projet éditorial est axé sur la recherche de solutions à mettre en place d’ici 2030 pour construire une nouvelle société, plus respectueuse des humains et du vivant. Par cette refonte stratégique et ce nouveau positionnement éditorial, Natura Sciences évolue vers un format plus engagé, intégralement dédié au grand défi écologique et climatique de la décennie.
Natura Sciences, c’est un tout nouveau site Internet, spécialement développé pour la sortie de cette nouvelle formule, mais aussi «Construisons 2030, le récap’», la nouvelle newsletter hebdomadaire de l’écologie et du climat.
Elections législatives : l’évaluation des programmes par FNE
Les 12 et 19 juin, nous élirons nos député·es. Moins médiatisées que la présidentielle, ces élections sont pourtant importantes pour la transition écologique. France Nature Environnement a donc analysé les programmes des principaux candidats pour fournir une grille de lecture aux électeurs.Des élections importantes pour la transition écologique
Plusieurs lois importantes pour la transition écologique sont déjà prévues : une loi de simplification des projets d’énergies renouvelables dès juillet, des lois de finances annuelles qui décideront du budget alloué à la transition, une loi agricole d’ici la fin de l’année, une loi sur la transition énergétique en 2023…
Morgane Piederriere, responsable du plaidoyer à France Nature Environnement, témoigne : « Des député·e·s motivé·e·s peuvent se mobiliser pour que nos lois soient plus protectrices de l’environnement. Ils peuvent voter des amendements ambitieux pour modifier chaque projet de loi du gouvernement ou faire des propositions de lois sur ces sujets. Ils ont le pouvoir donc la responsabilité d’agir. Ceux de la majorité peuvent évidemment faire bien plus, c’est pourquoi cette élection est si importante.»Le mouvement France Nature Environnement mobilisé
Conscientes de ces enjeux, des fédérations et associations membres de France Nature Environnement se mobilisent pour faire savoir aux candidats que la protection de la nature et de l’environnement tient à cœur à leurs électeurs et leur faire connaître leurs attentes et propositions. Certaines ont organisé des campagnes pour interpeller sur la France que nous préparons pour 2050 si nous n’agissons pas, en imaginant ce que deviendront des sites touristiques chers aux Français (FNE Bretagne, FNE PACA) ; d’autres invitent les internautes à participer à des concours photos sur l’artificialisation des terres pour illustrer les demandes qu’elles adressent aux candidats (FNE IDF) ; d’autres encore organisent des débats avec les candidats comme FNE Normandie ou font des propositions pour interpeller les candidats (Humanité et Biodiversité). Et bien d’autres écrivent à leurs candidats avec toutes le même message : l’urgence est là, ils devront être à la hauteur.
Un hériscore pour mieux comprendre les programmes des partis
Il est parfois difficile de s’y retrouver dans les programmes des candidats aux élections. Nous avons donc mis en place le « hériscore », le score des hérissons. Climat, biodiversité, santé-environnement, façon de gouverner : nous avons évalué les propositions des principaux partis et coalitions à l’aune des grands enjeux environnementaux, en regardant aussi leurs promesses aux niveaux européen et international.
Arnaud Schwartz, président de France Nature Environnement, conclut : « Les député·es peuvent faire beaucoup pour la transition écologique. Ils peuvent aussi faire beaucoup contre cette transition. Au cours du mandat passé, les députés ont été soumis à la pression de nombreux lobbies, ce qui les a parfois conduits à voter des régressions du droit de l’environnement ou des mesures trop tièdes. Pour cette mandature, quelle que soit la majorité, si nous voulons tenir nos engagements et agir pendant qu’il est encore temps, nos députés doivent s’engager à ce que la transition écologique soit dans chacun des textes qu’ils voteront, le fil rouge de leur mandat. »
Un quinquennat écologique pour léguer un monde vivable
Lors de l’entre-deux tours, Emmanuel Macron a promis de faire de ce quinquennat un quinquennat écologique et de léguer un monde vivable. C’est une belle promesse. Elle doit engager davantage que ceux qui y croient. Elle doit engager celui qui l’a formulée. Nous avons souligné de grandes lacunes dans le volet environnemental du programme du candidat Macron. Pour tenir cette promesse d’un monde vivable et d’un quinquennat écologique, le président Macron devra aller au-delà de ce programme avec des chantiers prioritaires à mener : la gouvernance, le dialogue avec les acteurs de la transition écologique, les indicateurs de performance et plusieurs grands projets législatifs déjà au calendrier, sans oublier les importantes régressions du droit de l’environnement que nous avons subies, et qu’il faudra réparer.
1. Organiser le gouvernement pour mettre l’écologie au cœur de l’action du gouvernement : Emmanuel Macron a parlé d’un Premier ministre chargé de la planification écologique. Cette transversalité qui sera ainsi donnée à l’écologie est une bonne chose pour aller au-delà des mots, à condition que la transition écologique soit réellement la boussole de tous les ministères, les faiblesses et limites du ministère de l’écologie – le « ministère de l’impossible » – ayant été montrées et démontrées depuis longtemps. Ceci étant, pour que cela soit efficace, il est indispensable que ce futur Premier ministre ait à la fois un poids politique important avec la volonté de faire respecter et renforcer le droit de l’environnement et surtout une connaissance et une sensibilité à l’écologie très fortes avec une capacité à faire dialoguer les parties prenantes plutôt qu’à les opposer. Par ailleurs, il est absolument essentiel, au sein de l’ensemble des ministères, que les services en charge de la protection de la nature et de l’environnement, dont les moyens humains ont été réduits fortement ces dernières années, soient remis à niveau et qu’ils disposent des ressources nécessaires à la complétion de leurs missions.
Nos propositions pour les 100 premiers jours.
2. Climat, biodiversité, santé environnementale, agriculture : comme l’a indiqué Emmanuel Macron en fin de campagne, nous devons accélérer. Pour cela, France Nature Environnement fait 20 propositions : instauration d’un livret vert, renforcement de l’encadrement des activités dans les aires marines protégées, préservation des espèces menacées d’extinction… Il y a beaucoup à faire. Pour nous assurer que nous sommes sur la bonne trajectoire, nous avons besoin de nous reposer sur des indicateurs. Ces indicateurs devront être publiés fréquemment, de manière transparente et avec la publicité nécessaire pour maintenir une mobilisation du public sur ces sujets.
3. La France est riche de l’engagement bénévole de millions de ses citoyennes et citoyens pour la nature et l’environnement au sein de milliers d’associations. Ces femmes et ces hommes sont un rouage essentiel à l’éducation de la population et un contre-pouvoir indispensable aux forces économiques qui rechercheraient uniquement un profit de court terme sans veiller d’abord à la protection du bien commun et au bien-être des populations. Ces citoyennes et citoyens ont construit un socle de savoir et d’expertise essentiels. Bref, ils sont l’aiguillon qui alerte et prévient les erreurs. Ils sont le réservoir d’expertise pour concevoir des politiques publiques efficaces. Ils sont le relais pour favoriser la mise en place des meilleures pratiques. Il est essentiel que le prochain gouvernement engage et accepte un dialogue exigeant et constructif avec ces associations pour tenir le rythme nécessaire à la transition environnementale de notre société.
Profiter de la campagne des législatives pour remettre l’écologie au cœur des préoccupations
4. Enfin, trois sujets aux implications très profondes sur la nécessaire transition environnementale devront être traités dans les prochains mois : la nouvelle loi de programmation énergétique, la prochaine loi agricole et au sortir d’une pandémie mondiale causée par une zoonose, une grande loi de santé environnementale que nous appelons de nos vœux. Ces trois projets législatifs d’ampleur doivent être réussis. Il est donc essentiel qu’une gouvernance efficace de ces projets soit mise en place, associant toutes les parties prenantes. La prochaine campagne des élections législatives doit être l’opportunité de replacer l’écologie au cœur des débats. Nous appelons les électeurs à se saisir de ce moment pour interpeller les candidats de leur circonscription. En complément nous encourageons les journalistes à traiter pleinement ce sujet et aller au-delà des « titres chocs » pour le dire grossièrement. Les médias ont un pouvoir d’influence indéniable, le travail de conscientisation passe aussi par l’information.
Pour Arnaud Schwartz, Président de France Nature Environnement : « Le GIEC nous donne trois ans pour inverser la tendance de nos émissions de gaz à effet de serre. En regardant les autres indicateurs environnementaux, pour la biodiversité et la santé environnementale notamment – force est d’admettre que l’urgence à agir est générale. Nous devons donc réussir ce quinquennat sur le plan environnemental. C’est-à-dire être capables de travailler ensemble, de hausser nos niveaux d’exigence, de nous appuyer sur la science et les experts. C’est un changement de fond pour Emmanuel Macron. Nous sommes lucides sur son bilan mais pas découragés et toujours ouverts au dialogue. Nous ne pouvons pas attendre donc nous continuerons à alerter et dénoncer avec vigilance mais aussi à proposer sans relâche les conditions d’émergence d’une société juste et respectueuse des limites écosystémiques. »
Engagement Animaux 2022 rassemble 30 ONG de protection animale. Dans le cadre de la campagne électorale 2022, nous demandons à l’ensemble des candidats à la présidentielle et aux législatives de s’engager sur 22 mesures concrètes et prioritaires pour améliorer la condition animale lors du prochain quinquennat. `
22 mesures concrètes et prioritaires pour améliorer la condition animale
Animaux et société
Mesure 1 : Gouvernance – Organiser la représentation des animaux au niveau des institutions
Mesure 3 : Formation – Intégrer aux formations initiale et continue de tous les professionnels concernés la reconnaissance des animaux en tant qu’individus sensibles, la connaissance du lien entre les violences animales et humaines et les enjeux d’Une Seule Santé et de préservation de la biodiversité
Mesure 4 : Mettre en œuvre les ressources et moyens – humains, financiers, logistiques ou juridiques – nécessaires pour l’application des réglementations concernant les animaux Élevage, transport et abattage
Mesure 5 : Mettre fin à tout élevage en cages au profit de l’élevage avec accès au plein air d’ici 2027
Mesure 6 :
-* [Présidentielle] Conditionner les aides publiques aux investissements et pratiques améliorant le bien-être des animaux, interdire les importations de produits issus d’élevages qui ne respectent pas l’équivalent des normes européennes de protection animale et intégrer systématiquement des critères sur le bien-être animal dans la commande publique (cantines, prisons, hôpitaux, etc.)
-* [Législatives] Proposer ou soutenir les textes législatifs qui sont de nature à imposer l’intégration de normes de bien-être animal dans les politiques publiques, notamment en amendant les articles L. 230-5-1 et suivants du Code rural et de la pêche maritime afin que les produits d’origine animale de la commande publique respectent des standards élevés de bien-être animal.
Mesure 7 : Interdire les longs transports au sein de l’UE et les exportations vers les pays tiers d’animaux vivants.
Mesure 8 : Mettre un terme aux pratiques d’abattage les plus douloureuses. Expérimentation animale
Mesure 9 : Garantir le droit à l’objection de conscience en ce qui concerne l’expérimentation animale et la dissection durant les études.
Mesure 10 : Encourager l’utilisation et le développement des modèles non-animaux.
Mesure 11 : Garantir l’indépendance, la compétence et la transparence des comités d’éthique en expérimentation animale. Divertissements, captivité et exploitation des animaux
Mesure 12 : Dans le cadre de la mise en œuvre de la loi visant à lutter contre la maltraitance animale et conforter le lien entre les animaux et les hommes, un fonds propre devra être déployé pour la création, l’extension et le fonctionnement des structures d’accueil pour les animaux sauvages exotiques terrestres et aquatiques (cétacés). Source : https://www.code-animal.com/des-structures-daccueil-de-la-faune-sauvages-exotique-maintenant-en-france/
Mesure 13 : Abroger l’exception ouverte par l’article 521-1 du code pénal pour que la corrida ainsi que les combats de coqs ne puissent plus exister.
Mesure 14 : Interdiction de toutes formes de dressage, des spectacles des animaux sauvages et des mises en contact direct entre public et animaux sauvages. Animaux de compagnie et de loisir
Mesure 15 : Pour lutter contre la misère féline, soutenir financièrement et rendre obligatoire la stérilisation des chats errants par les communes et mener une campagne de sensibilisation des particuliers.
Mesure 16 : Soutenir la protection des animaux de compagnie et de loisir.
Mesure 17 : Encadrer le commerce et la détention des animaux de compagnie
Mesure 18 : Définir des conditions minimales de bien-être des animaux domestiques de compagnie et des équidés via la mise en place d’une réglementation et le lancement d’une campagne de communication. Animaux sauvages et biodiversité
Mesure 19 : Atteindre en 2030, 10 % de libre évolution sur chacun des écosystèmes terrestres et marins, en métropole et en outre-mer. En savoir plus sur la libre évolution de la nature : https://www.coordination-libre-evolution.fr/
Mesure 20 : Interdire la chasse au moins deux jours par semaine dont le dimanche, ainsi que les jours fériés et les vacances scolaires.
Mesure 21 : Supprimer la liste des espèces « nuisibles » et retirer de la liste des espèces chassables celles dont les populations sont en déclin ou menacées.
Mesure 22 : Interdire les pratiques de chasse et de piégeage cruelles et barbares à l’encontre des animaux sauvages (chasses traditionnelles, chasse à courre, la vénerie sous terre, chasse à l’arc, chasse en enclos, pièges tuants, mutilants et non sélectifs)
L’association Altruwe a fait appel à l’Ifop, leader des études d’opinion et expert des études marketing en France et à l’international pour mesurer le degré d’engagement des Français sur 16 grandes causes ayant fait l’objet de débats lors des campagnes électorales de 2022. L’étude a été menée, par les équipes Ifop Média & Digital, auprès d’un échantillon représentatif de 1 001 individus âgés de 18 ans et plus[[La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée) après stratification par région et catégorie d’agglomération. Les interviews ont été réalisées par questionnaire auto-administré en ligne, du 23 au 25 mars 2022.]].
EN SYNTHESE : 3 POINTS
Derrière le terme générique de « Solidarités » se cache des réalités très disparates : certaines grandes causes (les violences faites aux femmes, le bien-être animal, le grand âge) mobilisent 3 fois plus de français que d’autres (l’accueil des migrants, les droits LGBT+, la GPA/PMA)
Au-delà des causes en elle-même, on observe un clivage générationnel marqué notamment entre les 18-34ans d’un coté et les retraités de l’autre. Par exemple sur des thématiques comme l’Ecologie.
La crise sanitaire et le conflit international, bien qu’ayant engendré quelques initiatives solidaires spectaculaires, n’incitent que 1 français sur 10 à s’engager plus dans le tissus associatif (et seulement 1 jeune sur 12)
EN DETAIL :
Les résultats de l’enquête mettent en avant trois causes se détachant assez nettement des préférences d’engagement des Français : Les violences faites aux femmes (avec un taux d’engagement très probable à 27%), Le bien-être animal (à 26%), et Les conditions de vie des ainés (à 22%). A l’inverse, La GPA et PMA (5%), Les droits LGBT+ (7%) et L’accueil des migrants (8%) peinent à mobiliser. A noter, L’aide aux ukrainiens en guerre, thème d’actualité, se classe en 9ème position avec un taux à 16% des causes très probablement engageantes.
Base : Ensemble 18 ans et plus (1 001 ind.)
L’enquête révèle également un clivage entre les générations[[Ne sont mentionnées ici que les écarts statistiquement significatifs.]], en particulier entre les 18-34 ans et les séniors (les 50-64 ans ou les retraités), sur plusieurs grandes causes :
Le bien-être animal recueille 33% de réponses « engagement très probable pour cette cause » de la part des jeunes de 18-34 ans vs 18% des retraités uniquement, pour 26% de l’ensemble des Français.
La lutte contre la précarité étudiante mobilise également davantage les 18-34 ans (à 19%) que les retraités (9%) ou les 50-64 ans (à 7%).
Même constat pour Les droits LGBT+. Avec 13% de réponses « engagement très probable » chez les 18-34 ans vs 7% pour la population Française et uniquement 3% auprès des retraités.
La violence faite aux femmes est une autre grande cause qui sensibilise également les jeunes : 26% des Français affirment « s’engager très probablement » pour cette dernière, un taux qui monte à 33% chez les 18-34 ans. A l’inverse, les séniors (les retraités ou les 50-64 ans) sont moins enclins que la moyenne des Français à déclarer « très probablement s’engager » pour les causes ci-après:
La protection de la biodiversité (13% des retraités vs 18% en moyenne),
La transition écologique (12% des retraités vs 17% en moyenne),
L’insertion des jeunes (9% des 50-64 ans vs 14% en moyenne),
L’accueil des migrants (5% des 50-64 ans vs 9% en moyenne)
ou bien la cause sur La GPA et PMA (3% des 50-64 ans et 2% des retraités vs 6% en moyenne).
D’autres différences apparaissent selon les catégories de population :
Les violences faites aux femmes est une cause qui recueille beaucoup plus d’« engagement très probable » auprès des femmes (33%) que chez les hommes (19%). Elles sont également plus promptes à déclarer « s’engager très probablement » pour la cause du bien-être animal que les hommes (33% vs 18%).
Des priorités divergentes qui compliquent les prises de position politiques mais qu’il faudra dépasser pour construire les solidarités de demain.
« Nous observons au travers de ces résultats une très forte sensibilité des jeunes à ces questions, en particulier sur les causes solidaires et sur l’environnement. Cela montre bien l’engouement de cette population pour ces enjeux RSE. Reste à trouver comment réussir à les amener à s’engager au-delà de leurs convictions. » commente Isabelle Trévilly, directrice du pôle Média & Digital de l’Ifop.
Autre enseignement de l’étude : si le contexte actuel, avec la crise sanitaire et la guerre en Ukraine, montre l’importance des associations, les Français ne souhaitent pas pour autant s’engager dans le tissu associatif (20%). La majorité d’entre eux déclarent se recentrer sur leur cercle familial et amical (à 34%).
La période actuelle …
+ / – Ecarts significatifs à 95% par rapport à l’ensemble
Jérémie Mani et Yves Delnatte, co-fondateur d’altruwe, commentent ce résultat : « La pandémie de COVID-19, puis la guerre en Ukraine, ont rappelé l’importance de la solidarité sociale et internationale. De nombreux citoyens, notamment au sein des associations, se sont mobilisés et fait apparaitre les aspects positifs de la solidarité humaine. Pourtant, ce sondage montre une tendance générale au repli sur soi (34% des répondants) et des difficultés de mobilisations, notamment chez les plus jeunes!
Il nous semble plus que jamais essentiel de favoriser de nouvelles formes de solidarité et faire émerger de futures générations de bénévoles. C’est la raison d’être du réseau social altruiste « altruwe » et nous sommes décidés à redoubler d’effort pour créer ces vocations ».
“Notre raison d’être, c’est de promouvoir l’altruisme comme solution pragmatique aux défis du XXIe siècle.”
Entretien avec Jérémie Mani et Yves Delnatte, co-fondateurs d’Altruwe
Le réseau social Altruwe a fait appel au pôle Media & Digital pour réaliser une étude sur la période actuelle et son impact sur l’engagement des citoyens. Retour sur cette étude et les principaux enseignements avec Jérémie Mani et Yves Delnatte, co-fondateurs d’Altruwe.
Pouvez-vous nous présenter en quelques mots le réseau social altruwe ainsi que les raisons et le contexte de réalisation de cette étude ?
Altruwe se présente, comme vous l’indiquez, sous la forme d’un réseau social – gratuit et sans but lucratif – mettant en avant les contenus inspirants et les actions de celles et ceux qui s’engagent, par exemple dans les associations.
Notre raison d’être, c’est de promouvoir l’altruisme comme solution pragmatique aux défis du XXIe siècle. Cela peut paraitre utopique, cela l’est surement, mais nous avons créé une communauté grandissante de gens qui aspirent à changer d’époque. Et qui se reconnaissent dans les valeurs de l’altruisme, comme dénominateur commun à bon nombre d’actions inspirantes, que cela soit en faveur de la biodiversité, du climat, contre les inégalités sociales…
Peu importe la cause soutenue, cette communauté encourage l’action, crée des vocations, permet de dépasser les freins éventuels et d’aider chacun à identifier comment il peut aider autrui.
En collaborant avec Ifop, nous cherchions à comprendre en quoi la période actuelle, marquée par la pandémie et la guerre en Ukraine notamment, avait un impact sur l’engagement des citoyens. Aussi bien en temps passé que sur les causes qu’ils souhaitent soutenir. En cela, ce fut très instructif ! Notamment en montrant un clivage marqué entre générations sur les causes à défendre.
Toutes les associations cherchent à rajeunir leur base de bénévoles et à mieux appréhender les opportunités offertes par les solutions numériques. Et nous-mêmes étant organisé en un mouvement altruiste 100% numérique, nous souhaitions mieux comprendre les causes que souhaitent défendre les 18-34ans, les plus enclin à nous rejoindre.
Si le contexte actuel, avec la crise sanitaire et la guerre en Ukraine, montre l’importance des associations, les Français tendent à se recentrer sur leur cercle de relation proche plutôt que de s’engager dans des associations (34%), quels enseignements en tirez-vous ?
Il y a eu un effet trompe l’œil avec la crise du Covid-19 puis la guerre en Ukraine. De nombreux reportages télévisés ont montré la mobilisation des citoyens pour aider d’un coté les soignants, de l’autre les victimes ukrainiennes. Il faut applaudir ces mobilisations et plus encore le fait qu’elles soient médiatisés car, chez altruwe, nous croyons beaucoup au mimétisme social : plus on est témoin d’actes altruistes, plus on a de chance de le devenir soi-même.
Pourtant, le sondage montre clairement qu’un tiers des français est « incité à se recentrer sur son cercle familial, ce qui est plus important que s’engager dans des associations ». On peut d’ailleurs les comprendre : avec la pandémie et les restrictions de déplacements, il était difficile d’aller sur le terrain à l’appel d’associations voire dangereux pour sa santé et celles des proches que l’on pouvait contaminer.
Mais nous préférons voir le verre à moitié plein. En l’occurrence à 10% plein puisque c’est la proportion de ceux qui déclarent « être plus que jamais incités à prendre de leur temps pour s’engager ». A ceux là s’ajoutent les 15% (et même 22% chez les 18-34ans) pour qui « aimeraient s’engager mais manque de temps pour le faire ». Ce sont eux qui nous souhaitons convaincre en priorité, en leur facilitant la tâche.
Quelles perspectives de développement pour Altruwe pourriez-vous partager avec nous, et en quoi cette étude vous conforte dans certains de vos plans d’action ?
On sait tous que la pandémie a durablement changé la façon de travailler, notamment via le travail à distance. Mais c’est aussi partiellement vrai pour le monde associatif et bénévole ! Il y a désormais beaucoup plus de possibilités d’aider de chez soi, que ce soit de façon ponctuelle (pour mettre un pied dans ce monde) ou récurrente.
D’ailleurs, nous en bénéficions nous-même ; altruwe étant une association sans but lucratif, nous avons toute une équipe de bénévoles qui agissent à distance et effectuent un travail magnifique.
Ainsi, un des nouveaux partenariats dont on est le plus fier, est l’intégration dans altruwe de toutes les offres de missions du portail gouvernemental JeVeuxAider.gouv.fr . Ce sont des milliers de possibilités d’aider qui sont accessibles d’un clic, à tout moment, y compris à distance. De quoi convaincre une partie des 22% de 18-34 ans qui sont convaincus qu’il faut aider autrui mais manquent de temps ? Surement !
Tout cela nous conforte dans l’idée qu’un acteur 100% numérique, qui se met au service de l’engagement et de l’altruisme, peut probablement apporter sa pierre à l’édifice. C’est ce qui nous motive au quotidien !
Lancée fin 2021 par deux entrepreneurs à succès, Yves Delnatte et Jérémie Mani, altruwe est un mouvement digital qui promeut l’altruisme à travers un réseau social gratuit et sans lucratif, déjà soutenu par une vingtaine de personnalités inspirantes (dont Matthieu Ricard, Thierry Marx, Laurent Gounelle…).
– Réseau social, grand public : https://altruwe.com
– https://altruwe.org (notre concept et inspirations).
Un agriculteur s’occupe de ses cultures au Nigéria.« Cette planète est notre unique demeure », a déclaré le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, dans son message pour la Journée mondiale de l’environnement, qui sera célébrée ce dimanche, avertissant que les écosystèmes de la Terre « ne peuvent pas nous fournir tout ce que nous attendons actuellement d’eux ».
« Nous devons absolument préserver la pureté de son atmosphère, la richesse et la diversité de la vie sur Terre, ses écosystèmes et ses ressources limitées. Mais nous n’y parvenons pas. Nous en demandons trop à notre planète, afin de préserver des modes de vie qui ne sont pas durables. Les écosystèmes de la Terre ne peuvent pas nous fournir tout ce que nous attendons actuellement d’eux », a déclaré M. Guterres.
Il a noté que la Terre n’était pas la seule à en pâtir : « Nous en souffrons aussi ». Selon lui, une planète en bonne santé est indispensable, tant pour ses habitantes et habitants que pour la réalisation des 17 objectifs de développement durable.
La Terre fournit de la nourriture, de l’eau potable et des médicaments, régule le climat et nous protège des phénomènes météorologiques extrêmes. « Il est essentiel de gérer judicieusement la nature et de garantir un accès équitable aux services qu’elle offre, notamment pour les personnes et les communautés les plus vulnérables », a dit le chef de l’ONU.
La sécurité alimentaire au Mali est liée à la sécurité climatique.
Dégradation des écosystèmes
Plus de 3 milliards de personnes souffrent de la dégradation des écosystèmes. La pollution cause près de 9 millions de décès prématurés chaque année. Plus d’un million d’espèces végétales et animales risquent de disparaître, pour beaucoup dans les décennies à venir.
En outre, près de la moitié de l’humanité vit dans des zones où le climat pose un danger – ces personnes sont 15 fois plus susceptibles de mourir des effets des changements climatiques, tels que la chaleur extrême, les inondations et la sécheresse. Il y a une chance sur deux pour qu’au cours des cinq prochaines années, la hausse de la température moyenne mondiale dépasse la limite de 1,5 degré Celsius fixée par l’Accord de Paris. Et d’ici à 2050, le nombre de personnes déplacées chaque année par le dérèglement climatique pourrait dépasser 200 millions.
Signaux d’alarme
Selon le Secrétaire général, « nous ne pouvons plus ignorer les signaux d’alarme qui sonnent chaque jour un peu plus fort ». Il a noté que les participants au sommet de Stockholm sur l’environnement cette semaine ont réaffirmé qu’il fallait une planète en bonne santé pour atteindre les 17 objectifs de développement durable.
« Chacun et chacune d’entre nous doit prendre ses responsabilités afin d’éviter une catastrophe due à la triple crise qui conjugue changements climatiques, pollution et perte de biodiversité », a dit M. Guterres, pour qui les gouvernements doivent de toute urgence donner la priorité à l’action climatique et à la protection de l’environnement en prenant des mesures politiques qui favorisent le progrès durable.
« Les entreprises doivent placer la durabilité au cœur de leurs décisions, pour le bien de l’humanité comme pour celui de leur chiffre d’affaires », a-t-il dit, ajoutant que « chacun et chacune d’entre nous doit faire les choix qui comptent, qu’il s’agisse des politiques que nous soutenons, des aliments que nous consommons, des moyens de transport que nous choisissons ou des entreprises à qui nous donnons notre argent ».
« Nous pouvons toutes et tous faire des choix respectueux de l’environnement qui contribueront au changement dont nous avons besoin », a déclaré M. Guterres, notant que les femmes et les filles, en particulier, peuvent être de puissantes agentes de changement.
Le Secrétaire général a déclaré que l’ONU s’engageait de son côté à jouer un rôle moteur dans les efforts de coopération au niveau mondial, « car la seule solution viable est de vivre en accord avec la nature, et non d’essayer de la faire plier ».
Le Thi Luan utilise du biochar pour fertiliser ses champs dans la commune de Quang Chu, au Vietnam.
Tout le monde doit se mobiliser
La Directrice exécutive du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), Inger Andersen, a rappelé que la journée mondiale est née lors de la conférence des Nations Unies de 1972 dans la capitale suédoise, en partant du principe que « nous devons nous mobiliser pour protéger l’air, la terre et l’eau dont nous dépendons tous… [et] que le pouvoir des gens compte, et compte beaucoup ».
« Aujourd’hui, dans un présent et un avenir de vagues de chaleur, de sécheresses, d’inondations, d’incendies de forêt, de pandémies, d’air sale et d’océans remplis de plastique, il faut plus que jamais agir alors que nous sommes dans une course contre la montre », a-t-elle dit.
Mme Andersen a mis la responsabilité « sur nous tous ». Selon elle, les responsables politiques doivent voir au-delà des élections ; les institutions financières doivent financer la planète et les entreprises doivent prendre en compte la nature.
Sauvez-nous de ce « gâchis » environnemental, déclare le chef de l’ONU au sommet de Stockholm
Le Secrétaire général de l’ONU António Guterres (à droite) lors du sommet de Stockholm, en Suède.Le bien-être mondial est en danger – et c’est en grande partie parce que nous n’avons pas tenu nos promesses en matière d’environnement – a déclaré jeudi le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres.
Bien qu’il y ait eu des succès dans la protection de la planète depuis 1972, y compris le sauvetage de la couche d’ozone, M. Guterres a averti que « les systèmes naturels de la Terre ne peuvent pas répondre à nos demandes ».
« Sortez-nous de ce gâchis », a-t-il exhorté les délégués au sommet convoqué par l’Assemblée générale des Nations Unies à Stockholm, en Suède.
Il a appelé à l’action face à une « triple crise planétaire » causée par l’urgence climatique – « qui tue et déplace toujours plus de personnes chaque année » – la perte de biodiversité – qui menace « plus de trois milliards de personnes » – et la pollution et les déchets, « qui coûtent quelque neuf millions de vies par an ».
Toutes les nations devraient faire davantage pour protéger le droit humain fondamental à un environnement propre et sain pour tous, a insisté M. Guterres, en se concentrant en particulier sur « les communautés pauvres, les femmes et les filles, les peuples autochtones et les générations à venir ».
Se passer du PIB comme indicateur
Une partie de la solution consiste à se passer du produit intérieur brut (PIB) comme indicateur du poids économique des pays, a poursuivi le Secrétaire général, le décrivant comme un système comptable « qui récompense la pollution et les déchets ».
« N’oublions pas que lorsque nous détruisons une forêt, nous créons du PIB. Lorsque nous surexploitons, nous créons du PIB. Le PIB n’est pas un moyen de mesurer la richesse dans la situation actuelle du monde », a-t-il ajouté.
Après avoir appelé toutes les nations à s’engager davantage dans la mise en œuvre des 17 objectifs de développement durable et de l’Accord de Paris de 2015 pour lutter contre ces menaces, le Secrétaire général a également insisté sur le fait que des efforts supplémentaires étaient nécessaires pour ramener les émissions de gaz à effet de serre à zéro net d’ici 2050.
« L’air chaud nous tue », a-t-il déclaré, réitérant son appel à tous les pays pour qu’ils abandonnent les subventions aux combustibles fossiles et investissent dans les énergies renouvelables, tandis que les pays développés devraient « au moins doubler » leur soutien aux pays les plus pauvres afin qu’ils puissent s’adapter à un nombre croissant de chocs climatiques.
Soulignant que les nations coopèrent déjà pour protéger la planète sur de nombreux fronts, M. Guterres a noté qu’un nouveau cadre mondial de la biodiversité doit être finalisé pour inverser la perte de la nature d’ici 2030.
Des travaux sont également en cours pour établir un traité visant à lutter contre la pollution par les plastiques, a poursuivi le chef de l’ONU, et la Conférence des Nations Unies sur les océans à Lisbonne devrait galvaniser les efforts pour sauver nos mers.
« Si nous faisons ces choses, nous pouvons éviter une catastrophe climatique, mettre fin à une crise humanitaire et d’inégalité croissante et promouvoir un développement inclusif et durable », a-t-il déclaré, ajoutant que « chaque gouvernement, entreprise et individu a un rôle à jouer ».
Des éléphants dans le parc national de Kaziranga, en Inde.
Espoir
L’organisateur de la conférence, le Président de l’Assemblée générale, Abdulla Shahid, a déclaré qu’il y avait une vérité simple que tous doivent reconnaître : « le progrès humain ne peut pas se produire sur une Terre qui n’a plus assez de ses propres ressources, qui est gâchée par la pollution et qui est attaquée de manière implacable par une crise climatique de sa propre fabrication ».
Il a déclaré que les récentes initiatives d’action pour le climat, telles que la promotion d’un traité sur la pollution par les plastiques, lui « donnent de l’espoir », mais qu’elles devaient être intégrées dans un effort beaucoup plus large. « Nous avons besoin de solutions qui s’attaquent aux goulots d’étranglement communs qui affectent l’ensemble du programme environnemental, ce qui accélérera à son tour la mise en œuvre du Programme 2030 et favorisera une reprise résiliente et durable après la pandémie ».
Dans un développement connexe au sommet de Stockholm jeudi, une coalition soutenue par l’ONU de 1.000 parties prenantes de plus de 100 pays, a lancé un projet pour utiliser des outils numériques afin d’accélérer un développement écologiquement et socialement durable.
La Coalition pour la durabilité environnementale numérique (Coalition for Digital Environmental Sustainability) propose des moyens d’intégrer la durabilité dans tous les aspects de la numérisation. Cela comprend la mise en place de processus inclusifs à l’échelle mondiale pour définir des normes et des cadres de gouvernance pour la durabilité numérique, l’allocation de ressources et d’infrastructures, tout en identifiant les opportunités de réduire les dommages ou les risques potentiels de la numérisation, a déclaré le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE).
« Nous savons ce que nous devons faire » – Inger Andersen
S’adressant à la conférence, la cheffe du PNUE, Inger Andersen, a déclaré que 50 ans après la conférence initiale dans la capitale suédoise consacrée à l’environnement, une pléthore d’accords sont désormais en place, « couvrant tous les défis environnementaux ».
Mais, les résultats pratiques restent bien en deçà jusqu’à présent, a-t-elle averti, citant l’iniquité, l’injustice et les « signaux de détresse » de la triple crise planétaire.
« Nous connaissons, plus que jamais, les terribles conséquences d’avancer avec insouciance sur la voie d’un développement à forte intensité de carbone que nous avons extrait de la Terre », a-t-elle dit. « Mais nous savons aussi ce que nous devons faire. Et nous savons comment le faire ».
Les solutions scientifiques sont claires, « pour des changements transformationnels justes et équitables dans notre économie, nos systèmes financiers, nos modes de vie, notre gouvernance », a-t-elle ajouté.
« Stockholm+50 est une chance pour le monde de s’engager, une fois pour toutes, à réaliser ces transformations », a-t-elle déclaré aux délégués.
820 participants ont assisté au 2e congrès All Hemp de la filière chanvre organisé par InterChanvre les 30 et 31 mai derniers. La plénière du 30 mai a été accueillie au Sénat par Guillaume Gontard, architecte et sénateur, président du groupe Ecologie-Solidarité et Territoires. « Nous avons besoin de visibilité pour le chanvre », estime Guillaume Gontard. « L’objectif d’InterChanvre est d’apporter plus de valeur ajoutée aux producteurs, poursuit Franck Barbier, président d’InterChanvre. Nous mettons tout en œuvre pour que la valeur ajoutée du carbone revienne aux agriculteurs. » Lors de cette première journée, six tables rondes thématiques ont passé en revue les atouts du chanvre, notamment d’un point de vue environnemental, pour chacun de ses débouchés.Palais du Luxembourg, 30 mai 2022
Chanvre industriel et des semences de chanvre : comment augmenter la production ?
« Pour améliorer la marge des producteurs afin de garantir aux marchés les volumes nécessaires, il est indispensable d’augmenter les prix payés aux producteurs, de réduire les charges en optimisant la récolte, de faire reconnaître la captation carbone du chanvre et de développer des variétés adaptées aux marchés à plus forte valeur ajoutée », estime Stéphane Borderieux, président de la FNPC (Fédération nationale des producteurs de chanvre). Pour activer ce dernier levier, Hemp-it ADN (Coopérative des producteurs de semences de chanvre) investit 15 % de son chiffre d’affaires dans l’innovation variétale. « Le chanvre en France, c’est 1700 ha aujourd’hui. Revenir à 100 000 ha comme en 1830 n’est pas utopique à condition de lever un certain nombre de verrous techniques, économiques et réglementaires. » « L’agriculture française représente 3 % du PIB mais 20 % des émissions de gaz à effet de serre, fait remarquer Christian Huyghe, directeur scientifique de L’Inrae. Le chanvre à un rôle important à jouer pour réduire ces émissions et doit avoir sa place dans la planification écologique. »
Construction en chanvre : comment répondre à la réglementation environnementale RE2020 ?
Pour le secteur du bâtiment, le chanvre permet de proposer un produit de circuit court (maximum 100 km entre le producteur et le transformateur) qui apporte un grand confort de vie (excellente isolation par rapport à la chaleur ou au froid extérieurs, 70 % d’économie de chauffage) et qui peut être recyclé en fin de vie. « Nos objectifs sont de trouver des alternatives aux ressources non renouvelables (comme le sable) qui s’épuisent, d’offrir une qualité de vie aux habitants, de maîtriser les coûts de construction et de soutenir les filières, précise Fabien Guisseau de Grand Paris Aménagement, premier aménageur d’Ile-de-France. Le chanvre comme matériau de construction répond à peu près à tous ces objectifs.» « La rénovation énergétique est un enjeu majeur, rappelle Yolaine Paufichet, conseillère nationale de l’Ordre des architectes. La construction en chanvre a de sérieux atouts pour y répondre. Développer ce mode constructif passe par la sensibilisation et la formation des acteurs de ce secteur, un défi important.» La préfabrication en atelier de panneaux de béton de chanvre avec une ossature en bois, comme le propose Wall’up, est un des moyens de développer la construction en chanvre en réduisant les délais de séchage sur site.
Chanvre utilisé en plasturgie : quels gains environnementaux possibles ?
« Depuis cinq ans, des véhicules circulent avec un biocomposite plastique (fibres naturelles du chanvre combinées à un thermoplastique) à l’intérieur, plus léger que les matériaux habituellement utilisés, précise Pierre Demortain, directeur d’APM. 14 millions de véhicules (17 modèles) déjà en circulation en bénéficient, ce qui a évité l’utilisation de 6 500 t de ressources non renouvelables et l’émission de 100 000 t de CO2 grâce à l’allègement des véhicules (gain de poids pour les pièces avec chanvre allant jusqu’à 25 %). »
Textile : quelles solutions possibles pour le chanvre ?
« Le chanvre, comme le lin, peut constituer une réponse aux aspirations sociétales et à l’engagement croissant des marques de mode premium et luxe en matière de développement durable, estime Marie-Emmanuelle Belzung, déléguée générale de la Confédération Européenne Lin et Chanvre (CELC). On prédit au chanvre une trajectoire de développement identique à celle du lin. Les gains sont réels mais il faut le prouver aux grandes marques. » Une première ACV a été déterminée récemment : la fibre de chanvre a un impact sur le changement climatique 3 à 10 fois inférieur aux autres fibres textiles. Elle commence à intéresser certaines marques comme Le Slip Français (qui a déjà lancé un boxer et un polo avec 30 % de chanvre) à la recherche de matières premières locales et durables. « L’habillement est la 2e cause de pollution mondiale, explique Pascal Mortoire, directeur de La Chanvrière, coopérative impliquée dans le chanvre textile. Pour répondre à la croissance importante de la population mondiale et aux défis environnementaux, le chanvre, le lin et d’autres fibres ont un grand avenir. »
Alimentation : quels sont les intérêts du chènevis français ?
Le chènevis (la graine de chanvre) représente 11 % du poids total de la plante. « Ses atouts : sa teneur en protéines (24 % de la graine entière, 30 % de la graine décortiquée et 50 % de la graine deshuilée), la présence des 8 acides aminés essentiels, son ratio oméga 6/oméga 3 (environ 4), un profil très complet en micronutriments et l’absence d’allergènes, souligne Camille Berrocal de NutriMarketing. « Le chanvre est non seulement un super-aliment mais en même temps, un aliment plaisir, ce qui est rare », complète Christophe Latouche fondateur de L’Chanvre qui développe des produits alimentaires à base de chanvre depuis 20 ans. « Le chanvre peut répondre à bon nombre de textes réglementaires de Farm to Fork européen, souligne Irène Tolleret, députée européenne et fervente défenseure du chanvre.
Molécules du chanvre (CBD et autres) : un nouveau marché pour le chanvre ?
L’extraction des molécules de la fleur de chanvre permet d’obtenir de nombreuses molécules, principalement des cannabinoïdes (dont le CBD) et des terpènes. Depuis 2 ans, InterChanvre conduit des actions pour accompagner l’évolution du cadre réglementaire qui interdisait (jusqu’à l’arrêté du 31 décembre 2021) d’utiliser les fleurs et les feuilles du chanvre. « Tout reste à créer ou presque sur le marché du CBD et des cannabinoïdes, estime Grégory Dubourg, directeur de Nutrikéo et membre fondateur de l’UIVEC. 50 % de ce futur marché serait occupé par des compléments alimentaires pour ses propriétés relaxantes, anti-inflammatoires et anti-douleur, sevrage tabagique et récupération musculaire. » « Nous sommes attentifs à ce marché qui constitue une nouvelle opportunité de production, souligne Olivier Joreau, président de l’Union des Transformateurs de Chanvre (UTC). Mais nous restons prudents. D’après des premiers essais, il semble que la quantité de molécules ne soit pas assez importante en conduite de plein champ avec le chanvre industriel classique pour rentabiliser l’extraction. La conduite culturale semble a priori différente selon le débouché visé. Cela passera vraisemblablement aussi par de nouvelles variétés. Il faudra également s’assurer que c’est un plus pour le producteur de chanvre. Un comité scientifique (Inrae, Terres Inovia, Iteipmai, Hemp-it ADN, FRD, Plantik Biosciences et Leaf) a été créé pour accompagner ce développement.»
Et le cannabis thérapeutique ?
« L’usage médical des molécules du chanvre devrait être légalisé en mars 2023, précise Frantz Deschamps, président de Santé France Cannabis, structure créée en juin 2021 avec le soutien d’InterChanvre. Actuellement, 2 000 patients sont en expérimentation. Ça sera un médicament prescrit par un médecin et délivré en pharmacie. Il faut démarrer de façon urgente des travaux de recherche pour produire à terme ces médicaments. Il reste cependant encore un certain nombre de freins à lever, notamment réglementaires, pour que ce marché puisse voir le jour en France. »
Après cette première journée très riche et ouverte à tous, les professionnels de l’alimentation, de la construction, et des molécules ont pu approfondir l’usage du chanvre dans ces débouchés traités en simultané lors de la seconde journée.
À propos d’InterChanvre
Depuis 2003, InterChanvre structure la filière française du chanvre avec le soutien des ministères de l’Agriculture et des Finances.
L’interprofession est constituée de 2 collèges représentant les 1500 producteurs (FNPC) et les industriels (UTC) français du chanvre. Elle vise à promouvoir les qualités écologiques et économiques du chanvre, et à favoriser les activités de recherche scientifique et technique. La filière structurée du chanvre, premier producteur européen avec 20 000 hectares, dispose d’une interprofession dynamique qui souhaite apporter son expertise de la culture du chanvre industriel pour la production et la sécurisation de fleurs de chanvre.
Le chanvre Une culture « verte » incroyable
– Télécharger Le chanvre Une culture « verte » incroyable
Un article de l’œil N°43 écrit par Guillaume van der Schueren« Expanding ocean food production under climate change » est un article publié le 27 avril 2022 dans la revue Nature et écrit par Christopher M. Free, et al. L’océan et les ressources halieutiques seront fortement impactés par le changement climatique. Pour nourrir une population qui augmente et consomme toujours davantage de protéines animales, la mariculture (ou aquaculture marine) durable permettrait de répondre à la demande là où les quantités de poisson disponibles à la pêche promettent d’être insuffisantes à l’avenir.
Face aux scénarii climatiques futurs, les mesures d’adaptation de la pêche s’avèreront insuffisantes si l’on veut maintenir l’approvisionnement actuel per capita en produits de la mer. Bien qu’elle aussi mise au défi par les prévisions climatiques, la mariculture, qui est l’aquaculture en mer, offre de bonnes perspectives de croissance. Le taux de conversion des intrants («fish in, fish out», le ratio entre poisson sauvage consommé et poisson d’élevage produit) y ayant été grandement amélioré, elle est pérenne lorsqu’elle allie planification et gouvernance efficaces. L’aquaculture peut être opérée à terre, mais elle entre alors en concurrence pour l’espace avec la production agricole, l’élevage et enfin l’expansion urbaine toujours en cours. En outre, les effets du changement climatique se feront fortement sentir sur la production alimentaire continentale.
À l’échelle globale, les projections sont très inégales entre zones géographiques. Le changement climatique impactera différemment les océans polaires ou tropicaux par exemple. Du fait de perspectives démographiques très différentes entre régions, la pêche ne subira pas la même pression de la demande. Une meilleure gestion ne suffira pas à sauvegarder les niveaux de production, en particulier dans les pays tropicaux à faible revenu. Les échanges internationaux pourront être un recours mais le plus important reste le développement d’une mariculture durable, qui a l’avantage de n’occuper qu’un faible pourcentage de zone économique exclusive (ZEE). Cela peut être encore optimisé par la pratique dite multi-trophique intégrée, qui associe plusieurs organismes aquatiques pour recréer un système de service inter-espèces et économise l’espace.
La mariculture concerne les mollusques bivalves (moules, huîtres, etc.) et les poissons à nageoires. Cette seconde catégorie, moins impactée que la première par l’acidification des mers, offre un potentiel de croissance stable parmi tous les scénarii climatiques si elle est pratiquée de manière raisonnée, ou selon une planification compréhensive des écosystèmes locaux, l’optimisation des espèces élevées, l’élevage sélectif et les innovations dans la nourriture. Réduire la part de poisson de mer et augmenter celle d’aliments plus nutritifs et durables d’origine continentale (insectes, algues, etc.) préserve la ressource et tire parti d’un taux de conversion de la nourriture bien meilleur que celui du bétail. Ces mesures adaptatives de la mariculture permettraient de la rendre plus résiliente face au changement climatique, moins impactante sur l’environnement et capable de nourrir durablement les populations.
La mariculture en France
En France, le tableau est plutôt terne pour une activité à l’image socialement peu favorable et souffrant d’un déficit d’attractivité. S’ajoutent à cela des difficultés d’installations dues aux conflits d’usages et à l’obtention ardue d’autorisation, et une défaveur réglementaire et politique pour la mariculture de poissons à nageoires (pisciculture marine). Le pays est le deuxième producteur conchylicole européen (coquillages), secteur qui subit régulièrement des pertes du fait d’aléas climatiques (et autres causes), mais qui compte tout de même pour une large majorité de la mariculture nationale. La pisciculture marine (bar, daurade, etc.) reste aussi limitée par rapport à l’aquaculture terrestre (truite, caviar etc.) même si c’est une filière de qualité, tournée vers l’export et enregistrant de bonnes performances environnementales.
L’avis de Pauline Bureau, vice-présidente de LFE
« Prometteuse, la mariculture nous met au défi d’allier mesures de gouvernance, connaissances fines de nos écosystèmes maritimes locaux et enfin compréhension des risques climatiques sur ces écosystèmes. »
La Note de La Fabrique Ecologique « Circuits courts de l’énergie et solidarités énergétiques locales : Accélérer le développement de projets d’énergies renouvelables locales dans une dynamique circulaire » issue du groupe de travail co-présidé par Justine Bain Thouverez et Sébastien Delpont est désormais disponible en ligne et ouverte au débat collaboratif.
La crise actuelle du marché de l’énergie nous rappelle l’urgence de gagner en résilience à travers plus de sobriété et d’efficacité énergétique d’une part, et par un développement des énergies renouvelables locales d’autre part. Cette Note s’attelle à montrer les bénéfices des circuits courts de l’énergie tout en exposant les multiples freins qui entravent le développement de ces projets.
L’étude sur l’Index de Performance Environnementale menée conjointement par des chercheurs des universités de Yale et de Columbia compare les performances écologiques de 163 pays. L’Indice de Performance Environnementale (Environmental Performance Index – EPI) a été calculé sur 25 critères comprenant la qualité de l’environnement et l’impact de l’environnement sur la santé des populations. Plus il est élevé, meilleur c’est. Selon cette étude, l’Islande est le pays le plus propre du monde suivi, dans l’ordre, par : la Suisse, le Costa Rica, la Suède, la Norvège, l’Ile Maurice, la France, l’Autriche, Cuba et la Colombie.
Suite à la signature de l’Accord de Paris en 2015, la France s’est engagée à atteindre la neutralité carbone à horizon 2050. La Stratégie nationale bas carbone (SNBC) constitue la feuille de route française pour lutter contre le changement climatique : elle prévoit les actions à mettre en œuvre dans chaque secteur. Les coûts d’abattement des différentes solutions de décarbonation, c’est-à-dire leur coût rapporté aux émissions évitées, sont une donnée importante pour l’élaboration d’une stratégie climat efficace.
Après les transports et l’électricité, France Stratégie aborde l’hydrogène décarboné, dans le cadre de ses travaux sur les coûts d’abattement socioéconomiques.
▶ Lire le rapport
La nécessité d’un hydrogène décarboné
La Stratégie nationale bas-carbone française impose de diviser par au moins six les émissions territoriales de gaz à effet de serre. Atteindre de tels objectifs supposera de passer du système énergétique actuel, fondé principalement sur les combustibles fossiles, à un système fondé en premier lieu sur une électricité bas-carbone.
L’hydrogène brûle sans émettre directement de carbone. Le système énergétique actuel en mobilise déjà, pour les engrais azotés, la chimie, et d’autres usages industriels, mais cet hydrogène est aujourd’hui carboné, car dérivé de gaz méthane fossile (hydrogène « gris »).
Pour répondre aux objectifs climatiques et décarboner les usages pour lesquels le recours direct à de l’électricité n’est pas possible, l’hydrogène, avec ses dérivés (ammoniac, méthanol, e-fuels), apparaît nécessaire. Il pourrait aussi, dans le futur, contribuer au stockage d’énergie et à l’équilibrage des systèmes électriques. Il est donc appelé, sous réserve de parvenir à décarboner sa production, à jouer un rôle important dans les scénarios de neutralité carbone.
On calcule dans ce rapport des coûts d’abattement, c’est-à-dire les coûts, en euros par tonne de CO2 évitée, du recours à de l’hydrogène décarboné.
Plusieurs voies pour la production d’hydrogène décarboné
Diverses voies, souvent identifiées par des couleurs, permettent de produire de l’hydrogène. On a déjà mentionné l’hydrogène « gris », dérivé du méthane fossile et émetteur de CO2. L’hydrogène « bleu » est analogue à l’hydrogène « gris », mais il y ajoute la capture et le stockage géologique du CO2.
L’hydrogène « turquoise » est une voie relativement proche de l’hydrogène bleu – le carbone apporté par le méthane y est stocké sous forme de « noir de carbone » solide, plutôt que sous forme de CO2, mais elle n’est pas encore mature. Enfin l’électrolyse (hydrogène « vert », ou autres couleurs en fonction de l’origine de l’électricité) transforme de l’eau en hydrogène, avec une flexibilité temporelle forte, mais une consommation d’électricité élevée.
Coûts de production et coûts d’abattement
Dans le cadre des calculs, l’hydrogène décarboné fait apparaître les coûts d’abattement les plus avantageux quand il est consacré aux usages « spécifiques » de l’hydrogène, c’est-à-dire principalement ses usages industriels actuels, et la production d’acier primaire, aujourd’hui consommatrice de charbon.
Côté production, l’hydrogène « bleu » ressort comme une voie de décarbonation à moindre coût, pertinente dès le court terme – sous la réserve incontournable, toutefois, d’une bonne optimisation de son bilan climatique complet et, point crucial dans le contexte découlant de la crise des prix du gaz depuis 2021, et de la guerre en Ukraine en 2022, de la sécurisation de son approvisionnement en gaz. La voie turquoise apparaît potentiellement intéressante, avec des avantages et inconvénients par rapport à la voie bleue, mais sans qu’il soit possible, à ce jour, de mener des calculs complets.
L’hydrogène d’électrolyse est associé, dans les calculs menés, à des stockages géologiques d’hydrogène, nécessaires pour lisser sa production intermittente. Bien qu’une production massive apparaisse tributaire du très fort développement préalable de la production d’électricité décarbonée, et non souhaitable avant cela, cette voie ressort comme la plus souhaitable et potentiellement la moins coûteuse, à terme. Ainsi, les volumes limités d’hydrogène d’électrolyse accessibles à court terme, en l’état actuel du système électrique européen, n’enlèvent rien à l’enjeu des investissements de R & D et d’industrialisation nécessaires pour faire baisser les coûts, positionner l’industrie nationale et assurer que le système industriel de conversion de l’électricité excédentaire en hydrogène soit effectivement en place au moment où il pourra être massivement sollicité.
La commission sur les coûts d’abattement des émissions de gaz à effet de serre :
Suite au rapport de la commission Quinet, en février 2019, sur la valeur de l’action pour le climat, la commission sur les coûts d’abattement des émissions de gaz à effet de serre a été installée en septembre 2019. Elle est présidée par Patrick Criqui, directeur de recherche émérite au CNRS. Les coûts d’abattement des différentes solutions de décarbonation sont une donnée essentielle pour l’élaboration d’une stratégie climat efficace. Le recours aux coûts d’abattement socioéconomique contribue à identifier les actions de décarbonation susceptibles de maîtriser au mieux les coûts collectifs de l’atteinte des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Rapport – Les coûts d’abattement – Partie 4 – Hydrogène – Mai 2022 (PDF – 3.46 Mo)
L’OPPCI (Organisme professionnel de placement collectif immobilier) PWH vient d’obtenir le label ISR. Celui-ci atteste de la matérialité des engagements environnementaux et sociétaux de sa filiale Powerhouse Habitat, et récompense le volontarisme affiché en matière d’ESG par son gestionnaire, le groupe d’investissement immobilier TwentyTwo Real Estate.
Le label ISR, un gage de crédibilité
D’une validité de trois ans, ce label a été décerné suite à un audit approfondi, réalisé par l’AFNOR (Agence française de normalisation). Créé en 2016 par le ministère de l’Économie et des Finances, il fait référence en Europe et apporte un gage de crédibilité et une garantie de transparence de la gestion ISR pour les investisseurs. « Le label ISR permet aux investisseurs d’identifier facilement les produits d’épargne et d’investissement qui cherchent à concilier performance financière et extra-financière en intégrant la prise en compte de critères ESG (environnementaux, sociétaux et gouvernance) dans leurs processus d’investissement et de gestion », explique l’ASPIM (Association française des sociétés de placement immobilier).
Pour Scaprim, filiale française de TwentyTwo Real Estate, fondateur et gestionnaire de la foncière Powerhouse Habitat, l’obtention de ce label n’est pas une simple distinction, mais la validation d’une stratégie résolument tournée dès l’origine vers le logement à loyer abordable et la rénovation énergétique. Ainsi, Powerhouse Habitat a déjà réalisé « une amélioration globale de l’efficacité énergétique de 250 maisons qui a permis de réduire la facture énergétique des locataires de 66%, soit un gain d’environ trois classes du diagnostic de performance énergétique (DPE) ». Fort de ces succès, l’objectif est d’étendre ce plan de rénovation à plusieurs milliers de maisons qui composent son patrimoine.
L’obtention de ce label permet donc à Powerhouse Habitat de se positionner aujourd’hui comme un acteur majeur dans l’investissement responsable en immobilier résidentiel. « Nous gérons au total 18.400 logements, dont 6.900 au sein de Powerhouse Habitat, explique Daniel Rigny, le fondateur de TwentyTwo Real Estate. Nous avons démarré un plan de rénovation environnementale massif en investissant dans l’isolation et dans l’installation de pompes à chaleur qui sont aujourd’hui les outils techniques les plus efficaces pour réaliser des économies d’énergie et réduire les émissions de gaz à effet de serre.»
L’entreprise a également placé au cœur de sa stratégie ESG le soutien au marché de l’emploi dans toutes les régions de France où elle opère, pour cimenter son engagement sociétal. « En tant que gestionnaire, nous sommes très présents dans les territoires, notamment à travers notre activité résidentielle, et nous nous imposons de travailler avec des TPE, des PME et des artisans locaux poursuit Daniel Rigny. Nous avons 1.000 fournisseurs agréés, que nous faisons travailler de manière systématique, pour tous types de travaux. »
Le modèle investisseur-opérateur, tremplin pour l’ESG
Si le label ISR est venu confirmer les bonnes performances ESG du groupe, TwentyTwo Real Estate doit en partie celles-ci à son modèle d’investisseur-opérateur. Troisième property manager résidentiel en France, TwentyTwo Real Estate a en effet pour spécificité de couvrir l’ensemble de la chaîne de valeur, de l’acquisition des logements à leur remise aux normes environnementales, isolation thermique en tête, et le cas échéant leur mise sur le marché. Un modèle qui permet au groupe d’intégrer systématiquement des exigences ESG en amont du processus de décision d’investissement, et d’en assurer la matérialisation post-acquisition tout en maîtrisant les coûts et les délais.
« Nous nous concentrons sur des actifs qui nécessitent une gestion active ou un repositionnement », explique Daniel Rigny. « C’est là que réside la force de notre modèle d’investisseur-opérateur. Nous menons, par exemple, à Marseille, le repositionnement d’un ensemble résidentiel de 200 logements construit en 1974. Ce repositionnement respecte l’esprit initial du lieu, tout en l’adaptant à l’évolution des usages, en intégrant un volet « thermique » (isolation par extérieur, décarbonation du système de chauffage, remplacement des fenêtres et des systèmes d’aération naturels…), un volet « confort de vie » (installation de stores bannes pour diminuer la température du logement l’été, rénovation complète des appartements et des parties communes, réécriture de l’identité architecturale), ainsi qu’un volet « vivre ensemble » (création d’espaces de convivialité dans les tiers lieux, développement des pratiques collectives tels que le compostage et le jardinage, accentuation de la biodiversité, installation de boîtes à colis connectées favorisant autant les livraisons que les échanges entre voisins, création d’une identité visuelle inclusive favorisant le sentiment d’appartenance…). »
Tropisme résidentiel et qualité de vie
Les attentes de confort et de qualité de service dans le logement sont aussi désormais un critère d’évaluation ESG. En effet, les bailleurs doivent s’adapter aux nouveaux modes de vie, et la généralisation du télétravail amène son cortège de nouvelles exigences : confort thermique et frugalité énergétique, raccordement à la fibre, proximité des infrastructures de transport, luminosité et agencement des espaces de vie, présence d’espaces extérieurs et qualité de la relation entre bailleur et locataire… Autant de considérations jusqu’alors subsidiaires pour les locataires, et que le télétravail a érigé au rang de priorités absolues.
« Notre responsabilité est aussi sociétale, dans la mesure où ce nouveau rapport à l’habitat marque l’affirmation d’exigences de confort revues à la hausse, estime Daniel Rigny. C’est à nous, professionnels du secteur, qu’il appartient de développer une vision renouvelée de nos métiers, conjuguant l’infrastructure, l’humain, et la prise en compte des impératifs écologiques. » Une conviction qui se traduit concrètement dans les choix d’investissement de Powerhouse Habitat, qui axe sa stratégie de développement sur l’acquisition d’actifs résidentiels en zone tendue et une offre de logements à loyers abordables. La foncière résidentielle, qui a signé en 2021 deux des quatre plus grosses transactions dans le secteur résidentiel en France, entend ainsi « proposer une offre locative institutionnelle à un coût abordable, bénéficiant d’un fort niveau de service et de confort, en mettant en œuvre une gestion dynamique, des outils technologiques innovants, et un investissement dans l’efficacité énergétique des bâtiments. »
Les concentrations de gaz à effet de serre, l’élévation du niveau des mers, le réchauffement des océans et l’acidification ont tous établi de nouveaux records en 2021, tandis que certains glaciers ont atteint le point de non-retour, selon le dernier rapport phare de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), publié le 18 mai 2022
Huit jeunes ingénieur.es d’AgroParisTech ont appelé leurs camarades de promotion à déserter de leurs « jobs destructeurs » et à ouvrir « d’autre voies », lors de leur cérémonie de remise de diplôme, le 30 avril. Nous publions leur déclaration.
« Nous refusons de servir ce système »
Les diplômé.es de 2022 sont aujourd’hui réuni.es une dernière fois après trois ou quatre années à AgroParisTech. Nous sommes plusieurs à ne pas vouloir faire mine d’être fières et méritantes d’obtenir ce diplôme à l’issue d’une formation qui pousse globalement à participer aux ravages sociaux et écologiques en cours. Nous ne nous considérons pas comme les « Talents d’une planète soutenable » [nouvelle devise d’AgroParisTech].
Nous ne voyons pas les ravages écologiques et sociaux comme des « enjeux » ou des « défis » auxquels nous devrions trouver des « solutions » en tant qu’ingénieures.
Nous ne croyons pas que nous avons besoin de « toutes les agricultures ». Nous voyons plutôt que l’agro-industrie mène une guerre au vivant et à la paysannerie partout sur terre. Nous ne voyons pas les sciences et les techniques comme neutres et apolitiques. Nous pensons que l’innovation technologique et les start-up ne sauveront rien d’autre que le capitalisme. Nous ne croyons ni au développement durable, ni à la croissance verte, et pas plus à « la transition écologique », une expression qui sous-entend que la société pourra devenir soutenable sans qu’on se débarrasse de l’ordre social dominant.
« À nos yeux, ces jobs sont destructeurs et les choisir c’est nuire, en servant les intérêts de quelques uns »
AgroParisTech forme chaque année des centaines d’élèves à travailler pour l’industrie de diverses manières : trafiquer en labo des plantes pour des multinationales qui renforcent l’asservissement des agricultrices et les agriculteurs ; concevoir des plats préparés et des chimiothérapies pour soigner ensuite les maladies causées ; inventer des labels « bonne conscience » pour permettre aux cadres de se croire héroïques en mangeant mieux que les autres ; développer des énergies dites « vertes » qui permettent d’accélérer la numérisation de la société tout en polluant et en exploitant à l’autre bout du monde ; pondre des rapports RSE (Responsabilité sociale et environnementale) d’autant plus longs et délirants que les crimes qu’ils masquent sont scandaleux ; ou encore compter des grenouilles et des papillons pour que les bétonneurs puissent les faire disparaitre légalement.
À nos yeux, ces jobs sont destructeurs et les choisir c’est nuire, en servant les intérêts de quelques uns.
C’est pourtant ces débouchés qui nous ont été présentés tout au long de notre cursus à AgroParisTech. En revanche, on ne nous a jamais parlé des diplômé.es qui considèrent que ces métiers font davantage partie des problèmes que des solutions et qui ont choisi de déserter.
Nous nous adressons à celles et ceux qui doutent.
À vous qui avez accepté un boulot parce qu’« il faut bien une première expérience », à vous dont les proches travaillent à perpétuer le système, et qui sentez le poids de leur regard sur vos choix professionnels, à vous qui, assis.es derrière un bureau, regardez par la fenêtre en rêvant d’espace et de liberté, à vous qui prenez le TGV tous les week-ends, en quête d’un bien-être jamais trouvé, à vous qui sentez un malaise monter sans pouvoir le nommer, qui trouvez souvent que ce monde est fou, qui avez envie de faire quelque chose mais ne savez pas trop quoi, ou qui espériez changer les choses de l’intérieur et n’y croyez déjà plus.
« Un patron cynique, un SUV électrique, un fairphone et une carte de fidélité à la Biocoop ? »
Nous voulons vous dire que vous n’êtes pas seul.es à trouver qu’il y a quelque chose qui cloche… car il y a vraiment quelque chose qui cloche.
Nous avons douté, et nous doutons parfois encore. Mais nous refusons de servir ce système et nous avons décidé de chercher d’autre voies, de construire nos propres chemins.
Comment cela a-t-il commencé ?
Nous avons rencontré des gens qui luttaient et nous les avons suivis sur leurs terrains de lutte. Ils nous ont fait voir l’envers des projets qu’on aurait pu mener en tant qu’ingénieur.es. Je pense à Cristiana et Emmanuel, qui voient le béton couler sur leurs terres du plateau de Saclay, ou à ce trou desséché, compensation dérisoire à une mare pleine de tritons, et à Nico, qui voit de sa tour d’immeuble les jardins populaires de son enfance rasés pour la construction d’un écoquartier.
Ici et là, nous avons rencontré des personnes qui expérimentent d’autres modes de vies, qui se réapproprient des savoirs et savoir-faire pour ne plus dépendre du monopole d’industries polluantes ; des personnes qui comprennent leur territoire pour vivre de lui sans l’épuiser, qui luttent activement contre des projets nuisibles, qui pratiquent au quotidien une écologie populaire, décoloniale et féministe, qui retrouvent le temps de vivre bien et de prendre soin les uns et les unes des autres. Toutes ces rencontres nous ont inspiré.es pour imaginer nos propres voies.
Je suis en cours d’installation en apiculture dans le Dauphiné. J’habite depuis deux ans à la ZAD de Notre-Dame-des-Landes où je fais de l’agriculture collective et vivrière, entre autres choses. J’ai rejoint le mouvement des Soulèvements de la terre pour lutter contre l’accaparement et la bétonisation des terres agricoles à travers la France. Je vis à la montagne où j’ai fait un boulot saisonnier et je me lance dans le dessin. On s’installe en collectif dans le Tarn, sur une ferme Terres de Liens, avec un paysan-boulanger, des brasseurs et des arboriculteurs. Je m’engage contre le nucléaire près de Bure. Je me forme aujourd’hui pour m’installer demain et travailler de mes mains.
Nous considérons que ces façons de vivre sont plus que nécessaires et nous savons qu’elles nous rendront plus fort.es et plus heureux.ses.
Mais de quelle vie voulons-nous ?
Vous avez peur de faire un pas de côté parce qu’il ne ferait pas bien sur votre CV ? De vous éloigner de votre famille et de votre réseau ? De vous priver de la reconnaissance que vous vaudrait une carrière d’ingé agro ? Un patron cynique, un salaire qui permet de prendre l’avion, un emprunt sur 30 ans pour un pavillon, tout juste 5 semaines par an pour souffler dans un gîte insolite, un SUV électrique, un fairphone et une carte de fidélité à la Biocoop ?
« N’attendons pas d’être incapable d’autre chose qu’une pseudo-reconversion dans le même taf, mais repeint en vert. N’attendons pas le 12e rapport du GIEC »
Et puis… un burn out à quarante ans ?
Ne perdons pas notre temps !
Et surtout ne laissons pas filer cette énergie qui bout quelque part en nous ! Désertons avant d’être coincés par des obligations financières. N’attendons pas que nos mômes nous réclament des sous pour faire du shopping dans le métavers, parce que nous aurons manqué de temps pour les faire rêver à autre chose.
N’attendons pas d’être incapable d’autre chose qu’une pseudo-reconversion dans le même taf, mais repeint en vert. N’attendons pas le 12e rapport du GIEC qui démontrera que les États et les multinationales n’ont jamais fait qu’aggraver les problèmes et qui placera ses derniers espoirs dans les révoltes populaires.
Vous pouvez bifurquer maintenant.
Commencer une formation de paysan-boulanger, partir pour quelques mois de woofing, participer à un chantier dans une ZAD ou ailleurs, vous investir dans un atelier de vélo autogéré, ou rejoindre un week-end de lutte avec les Soulèvements de la Terre… Ça peut commencer comme ça.
À vous de trouver vos manières de bifurquer
● Une solution concrète et innovante pour la planète, pour lutter contre l’obsolescence prématurée
● Un label pionnier de la durabilité, l’un des principes fondamentaux de l’économie circulaire
● Pour une production durable et une consommation responsable, de plus en plus de fabricants se lancent dans la démarcheLONGTIME, le premier label européen de produits conçus pour durer a été sélectionné au salon ChangeNOW 2022, le plus grand rassemblement mondial d’innovations et de solutions concrètes pour la planète, dans la section « Change Habits ». En effet, LONGTIME est un outil pensé pour les consommateurs qui souhaitent limiter l’impact de leur achat et consommer plus responsable, un label pour les citoyens à la recherche d’une information fiable, à l’instar de l’application Yuka.LONGTIME le label de la durabilité en Europe
En fournissant une information claire et lisible sur le rapport longévité/prix d’un produit et sur ses possibilités de réparation, le label LONGTIME permet au consommateur de faire le choix d’un achat écologique et économique dont l’impact est mesurable :
Ne pas remplacer un équipement pour des raisons d’obsolescence perçue (volonté de changer alors que l’équipement fonctionne toujours) permet une économie de :
112€ / an pour un ordinateur portable et 65 kg CO2-eq
96€ / an pour un smartphone 5,5’’ et 20 kg CO2-eq, soit 70 kilomètres en voiture
169€ / an pour un robot tondeuse et 67 kg CO2-eq
Faire réparer permet de réaliser une économie :
90 kg CO2-eq, soit l’équivalent de 350 kilomètres en voiture, pour une télévision (40-49’’)
100 kg CO2-eq soit 390 kilomètres, pour un lave-linge
Source : Etude ADEME Evaluation environnementale et économique de l’allongement de la durée d’usage de biens d’équipements électriques et électroniques à l’échelle d’un foyer Avril 2020
LONGTIME est le premier label indépendant créé pour encourager la consommation et la fabrication de produits manufacturés durables, et favoriser une économie plus responsable, plus engagée et moins nocive pour l’environnement.
C’est un label exigeant, attribué par un organisme de contrôle impartial. Un outil pour faciliter le choix lors de l’achat, en offrant une information simple et vérifiée.
En incitant les consommateurs à mieux choisir et les fabricants à mieux produire, LONGTIME® offre une solution à la hauteur de l’urgence environnementale et aide à accélérer la transition vers une production plus durable.
« LONGTIME s’adresse aux fabricants qui veulent prendre part au changement en produisant différemment et aux consommateurs soucieux de réduire leur empreinte environnementale. Le label est demandé par de plus en plus de marques.
Participer à ChangeNOW est l’opportunité de renforcer notre positionnement international, de développer des partenariats et de toucher le grand public. » déclare Elsa Lomont, Cofondatrice du Label LONGTIME et Gérante de la SCOP Ethikis.
Au printemps 2022, 25 nouveaux produits obtiennent le label LONGTIME, soit un catalogue diversifié de 58 produits au total, pour les particuliers et les professionnels : mobilier de jardin et transats LAFUMA MOBILIER, valises DOT DROPS, poêles à granulés HOBEN et AW, diffuseur d’huile essentielles NATURE & DECOUVERTE, fours WHIRLPOOL, etc. l’intégralité des produits à découvrir sur l’annuaire LONGTIME.
À propos
Le label LONGTIME a été créé par la start-up toulousaine Ethikis ad Civis fondée en 2017 par Elsa Lomont et Florent Preguesuelo pour contribuer à l’essor de la consommation responsable et à la préservation de la planète. La création sous forme de société coopérative participative (SCOP) de cette start-up innovante traduit l’engagement sociétal de ses fondateurs.
LONGTIME labellise des produits robustes, réparables et conçus pour durer avec les objectifs de préserver l’environnement, guider le consommateur et valoriser les bonnes pratiques des fabricants.
Le label LONGTIME® bénéficie du soutien de l’ADEME, de la Région Occitanie et de BPIfrance.
Ethikis a reçu le certificat de la Commission Européenne « Seal of Excellence » pour le projet « LONGTIME®, Best practices and guideline to support and promote product longevity »
Après presque 3 ans de luttes, Chapelle-Darblay, dernier site français de fabrication de papier journal et d’emballage 100% recyclé, est sauvé de la délocalisation. Sa production va pouvoir prochainement redémarrer. C’est une victoire pour les salarié·e·s de l’usine et le collectif Plus jamais ça qui se sont associés à cette occasion. Les luttes sociales et écologiques menées collectivement peuvent payer.
L’usine avait été mise à l’arrêt depuis l’été 2020, par son ancien propriétaire le groupe UPM, qui souhaitait délocaliser l’activité de production de papier pour de simples raisons de rentabilités, en sacrifiant 217 emplois et au mépris des enjeux économiques, environnementaux, sociaux et territoriaux de l’activité de cette usine.
Ce 10 mai 2022 signe donc la fin de la menace de démolition et de la vente des machines presque centenaires de Chapelle-Darblay. Il marque ainsi l’épilogue de 2 ans de luttes et de nombreux rebondissements pour conserver l’usine sur le territoire. La métropole rouennaise, qui avait préempté le site et les machines, a en effet signé l’acte de vente à un consortium d’industriels, Fibre Excellence et Véolia.
“C’est un véritable modèle d’industrie vertueuse pour la transition écologique, s’inscrivant dans la logique d’une économie circulaire, avec sa chaudière biomasse, sa station d’épuration et la possibilité d’acheminer le papier recyclé par la Seine ou par le rail qui va renaître”, se félicite le collectif Plus jamais ça.
L’usine de Chapelle-Darblay était jusqu’à cette date, la seule usine en France capable de fabriquer du papier journal 100% recyclé. Jusqu’à sa fermeture, l’usine de Chapelle-Darblay recyclait une grande partie des déchets du quart Nord-Ouest de la France, jusqu’à la région parisienne.
Ce bras de fer est le résultat de la lutte sans faille des représentants du personnel de Chapelle-Darblay mais aussi de tous « les pap’ chap’ » – nom donné aux salarié·es de Chapelle-Darblay, de toute la CGT, du collectif Plus jamais ça, de tous ceux et celles qui ont soutenu « les pap’ chap’ », œuvré à la reprise de près comme de loin, et enfin également des élus locaux qui ont suivi et appuyé cette lutte.
C’est aussi le résultat de plusieurs mobilisations sur le site de l’usine, devant Bercy, et d’un rapport de force avec le gouvernement, mis face à ses responsabilités.
Il y avait incohérence entre appeler à relocaliser les activités industrielles et laisser fermer un site rentable et écologique !
A propos
Plus jamais ça : Alliance Pour Une Rupture Ecologique et Sociale
Plus jamais ça est né en janvier 2020 de la volonté de syndicats et d’associations environnementales de changer les termes du débat et de défendre une vision profondément sociale et environnementale de notre société.
Convaincu·e·s de la fausse opposition entre la préservation de la planète et la création d’emplois, entre la fin du mois et la fin du monde, nous avons décidé de porter ensemble des propositions fortes de rupture avec le système capitaliste défaillant.
Nos combats sont basés sur des actions concrètes, collectives et ancrées dans la réalité des luttes. Ils apportent une réponse aux crises que notre société traverse, qu’elles soient sociétales, environnementales, économiques ou sanitaires.
Nos membres fondateurs
« Nous en appelons à toutes les forces progressistes et humanistes, et plus largement à toute la société, pour reconstruire ensemble un futur, écologique, féministe et social, en rupture avec les politiques menées jusque-là et le désordre néolibéral. »
Face au défi du changement climatique, les Etats, les grandes entreprises et les banques s’accordent sur un objectif de neutralité carbone en 2050. Mais comment se débarrasser du charbon, du gaz et du pétrole en trente ans ? Comment transformer nos manières de nous déplacer, de nous chauffer, de nous nourrir et d’habiter pour limiter les effets catastrophiques du réchauffement ? C’est à ces questions – et à beaucoup d’autres – que le podcast « Chaleur humaine » tente de répondre. Le premier épisode est publié aujourd’hui sur le site du Monde.
« Le nouveau podcast et la nouvelle newsletter “Chaleur humaine” illustrent l’engagement du Monde en faveur de la transition climatique. C’est un axe majeur de compréhension de la société actuelle », explique Jérôme Fenoglio, directeur du Monde.
Le podcast est présenté par Nabil Wakim, journaliste du Monde spécialisé sur les questions d’énergie. Au Monde, Nabil Wakim a été successivement chef du service politique, rédacteur en chef et directeur de l’innovation éditoriale.
Sous forme de grand entretien, des experts, des acteurs impliqués, des responsables politiques, des personnes confrontées à ce changement, répondent de façon très concrète aux manières de faire face à ces enjeux.
« Avec “Chaleur Humaine”, explique Nabil Wakim, nous souhaitons entrer dans le vif du sujet : comment fait-on pour se passer des énergies fossiles ? Le mode de conversation est très ouvert, afin que les invités puissent, par leur expertise et leur expérience, apporter des réponses tangibles face aux enjeux climatiques, parler des changements présents et à venir de nos sociétés. »
Le premier épisode, publié mardi 10 mai, est consacré à ce que peut faire Emmanuel Macron au cours de son second mandat pour faire face au défi climatique. L’invité est Benoît Leguet, membre du Haut Conseil pour le climat, spécialiste des politiques climatiques.
En parallèle du podcast, une nouvelle newsletter hebdomadaire sera proposée aux lecteurs, à partir du 17 mai. Elle rassemblera notamment les meilleurs articles, vidéos et infographies de la rédaction du Monde consacrés à ce défi majeur.
Le podcast « Chaleur humaine » – Durée : environ 45 minutes, parution hebdomadaire, chaque mardi. Accessible sur toutes les plateformes d’écoute.
Les membres d’une communauté aident à préserver une forêt au Viet Nam.Développement durable (ODD)Les multiples crises auxquelles le monde est confronté (Covid-19, conflits, crise climatique et perte de biodiversité) font subir des effets dont on peut se relever avec l’aide des forêts, mais cela passe par une intensification des mesures requises pour déverrouiller leur potentiel, estime la FAO dans un nouveau rapport publié lundi.cb9363frpdf-1ad6.pdfDans l’édition 2022 de La Situation des forêts du monde, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) définit trois solutions forestières : mettre fin à la déforestation et restaurer les terres dégradées; développer l’agroforesterie; utiliser les forêts sur un mode durable et créer des chaînes de valeur respectueuses de l’environnement.
« La poursuite équilibrée et simultanée de ces objectifs touchant les forêts peut aider à endiguer les crises auxquelles l’humanité et la planète sont confrontées, tout en engendrant des atouts économiques durables, en particulier dans les communautés rurales (souvent isolées) », résume le Directeur général de la FAO, Qu Dongyu dans son avant-propos à ce rapport, présenté à l’occasion du XVe Congrès forestier mondial qui se tient à Séoul.
Les solutions sont proposées « en retenant l’idée que l’interdépendance des crises planétaires est porteuse de vastes implications économiques, sociales et environnementales qui n’admettent de solutions que si on les aborde dans leur totalité », ajoute M. Qu.
Les sociétés pourraient faire un meilleur usage des forêts en vue de préserver la biodiversité, de mieux assurer le bien-être humain et de dégager des revenus chez les populations rurales
Pas d’économie saine sans une planète en bonne santé
L’argumentaire développé dans le rapport est le suivant :
1. L’arrêt de la déforestation et l’entretien des forêts permettraient d’éviter l’émission de 3,6 +/- 2 gigatonnes d’équivalent dioxyde de carbone par an entre 2020 et 2050, dont environ 14% de ce qui est nécessaire jusqu’en 2030 pour maintenir le réchauffement planétaire en dessous de 1,5 °C, tout en sauvegardant plus de la moitié de la biodiversité terrestre.
2. La restauration des terres dégradées et l’expansion de l’agroforesterie – 1,5 milliard d’hectares de terres dégradées appellent une restauration, et l’augmentation du couvert arboré pourrait relancer la productivité agricole sur un milliard d’hectares supplémentaires. La restauration des terres dégradées par le boisement et le reboisement pourrait à bon compte retirer de l’atmosphère 1,5 gigatonnes d’équivalent dioxyde de carbone entre 2020 et 2050, ce qui reviendrait à retirer de la circulation 325 millions de voitures particulières à essence tous les ans.
3. L’utilisation durable des forêts et la création de chaînes de valeur respectueuses de l’environnement aideraient à répondre à la demande future de matières, sachant que la consommation mondiale de toutes les ressources naturelles est appelée à faire plus que doubler, en passant de 92 milliards de tonnes en 2017 à 190 milliards de tonnes en 2060; elles permettraient aussi de soutenir la durabilité des économies avec de meilleures perspectives d’emplois et des moyens de subsistance mieux assurés.
Les sociétés pourraient faire un meilleur usage des forêts et des arbres en vue de préserver la biodiversité, de mieux assurer le bien-être humain et de dégager des revenus, en particulier chez les populations rurales affirme le rapport, en ajoutant qu’il « ne saurait y avoir d’économie saine sans une planète en bonne santé ».
Cependant, les investissements actuels dans les forêts se situent très en deçà des besoins. Selon une estimation, la somme des financements des solutions forestières doit être triplée d’ici à 2030, et multiplié par quatre d’ici à 2050, pour que le monde atteigne les objectifs de neutralité en matière de climat, de biodiversité et de dégradation des terres, sachant que les besoins de financement pour la seule création de forêts et leur gestion sont estimés à 203 milliards de dollars par an d’ici à 2050.
Situation des financements pour la nature
Les solutions forestières: avancer dans leurs itinéraires
Le rapport présente ce que peuvent être les modalités d’une progression rapide dans les itinéraires des solutions forestières:
Orienter le financement de la relance sur des politiques visant le long terme par la création d’emplois durables et viables pour l’environnement, et mobiliser davantage le secteur privé dans les politiques d’investissement;
Développer la faculté d’agir des acteurs locaux, y compris les femmes, les jeunes et les populations autochtones, et leur offrir des incitations à adopter un rôle de premier plan dans les solutions forestières;
Procéder à une sensibilisation et engager un dialogue sur les politiques publiques concernant l’utilisation durable des forêts comme moyen d’atteindre des objectifs économiques et environnementaux simultanément;
Créer des synergies d’amplitude maximale entre les trois itinéraires de solutions forestières et entre les politiques agricoles, forestières et environnementales, en s’abstenant d’opérer des arbitrages autant que faire se peut.
Le rapport présente un large éventail d’exemples qui, dans le monde entier, illustrent l’importance vitale des forêts et des arbres pour les moyens de subsistance des populations, et signale un certain nombre d’initiatives qui accompagnent ces aspects– du rôle clé des produits forestiers non ligneux en Turquie et du bois-énergie en Géorgie à la sylviculture artisanale en Chine et au Vietnam, en passant par le charbon de bois de production durable en Côte d’Ivoire et la titrisation des droits fonciers en Colombie.
Activités de la FAO dans le secteur forestier
L’axe du Programme forestier de la FAO consiste à induire une transformation bénéfique pour les forêts et les populations qui en sont tributaires, en contribuant à la réalisation du Programme 2030 pour le développement durable et à la concrétisation des objectifs de développement durable. La démarche adoptée par la FAO associe des objectifs économiques, sociaux et environnementaux de façon équilibrée, afin de permettre à la génération actuelle de tirer parti des ressources forestières de la planète tout en préservant ces ressources qui doivent pouvoir répondre aux besoins des générations futures.
Nous utilisons des technologies telles que les cookies pour stocker et/ou accéder aux informations relatives aux appareils. Nous le faisons pour améliorer l’expérience de navigation. Consentir à ces technologies nous autorisera à traiter des données telles que le comportement de navigation ou les ID uniques sur ce site. Le fait de ne pas consentir ou de retirer son consentement peut avoir un effet négatif sur certaines fonctionnalités et caractéristiques.
Fonctionnel
Toujours activé
Le stockage ou l’accès technique est strictement nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de permettre l’utilisation d’un service spécifique explicitement demandé par l’abonné ou l’internaute, ou dans le seul but d’effectuer la transmission d’une communication sur un réseau de communications électroniques.
Préférences
Le stockage ou l’accès technique est nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de stocker des préférences qui ne sont pas demandées par l’abonné ou la personne utilisant le service.
Statistiques
Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement à des fins statistiques.Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement dans des finalités statistiques anonymes. En l’absence d’une assignation à comparaître, d’une conformité volontaire de la part de votre fournisseur d’accès à internet ou d’enregistrements supplémentaires provenant d’une tierce partie, les informations stockées ou extraites à cette seule fin ne peuvent généralement pas être utilisées pour vous identifier.
Marketing
Le stockage ou l’accès technique est nécessaire pour créer des profils d’internautes afin d’envoyer des publicités, ou pour suivre l’internaute sur un site web ou sur plusieurs sites web ayant des finalités marketing similaires.