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Le Pouvoir du Ministre de l’écologie et de la planification écologique : un premier documentaire de Natura Sciences, le média de l’urgence écologique

cp-natura-sciences-8juin_001.jpg À l’approche des élections législatives, Natura Sciences, le média de l’urgence écologique, publie son premier documentaire Écologie : une histoire de ministres? (22 minutes), en accès libre ici et sur Youtube. Ce documentaire réalisé par notre journaliste Léo Sanmarty donne la parole à 7 anciens ministres de l’Écologie et de l’Environnement pour comprendre les freins et leviers de leur ministère, ainsi que son influence réelle sur Matignon et l’Élysée. Au menu : jeux de pouvoir, lobbies et planification écologique. Emmanuel Macron promet que sa Première ministre Élisabeth Borne sera chargée de la planification écologique. Pour cela, elle sera épaulée par deux ministres : Amélie de Montchalin, à la Transition écologique et à la Cohésion des territoires, et Agnès Pannier-Runacher, à la Transition énergétique. Si leur nomination séduit les industriels, elle enchante moins les ONG écologistes. Ce nouveau trio peut-il être à la hauteur du défi écologique et climatique ? Le ministre de l’écologie a-t-il vraiment le pouvoir de lancer des changements transformateurs dans la société ? La planification écologique voulue par Emmanuel Macron permettra-t-elle de vraiment mettre l’écologie au cœur du prochain quinquennat ? Pour répondre à ces questions, nous sommes allés à la rencontre de 7 anciens ministres de l’Écologie et de l’Environnement : Nathalie Kosciusko-Morizet, Jean-Louis Borloo, Barbara Pompili, Corinne Le page, Michel Barnier, Yves Cochet et Brice Lalonde. Nous avons également interrogé la journaliste Justine Reix, autrice de La poudre aux yeux: Enquête sur le ministère de l’écologie.

Un pouvoir limité et insuffisant

Yves Cochet, ministre de l’écologie entre 2001 et 2002, estime que le pouvoir de ce ministère reste trop faible. « De vraies victoires pour l’environnement nous n’en avons pas eues. Je ne suis pas fier de ce que j’ai fait », regrette-t-il. « Nous sommes seuls au gouvernement car nous sommes les uniques représentants écolo de Matignon », détaille-t-il. « Les contraintes de ministre de l’Écologie sont multiples« , explique Justine Reix, journaliste pour le média Vice et autrice du livre « La poudre aux yeux : enquête sur le Ministère de l’Écologie« . « Petit chiffre très clair : l’écologie représente 10% du budget alloués aux Ministères, contre 21% pour l’éducation nationale par exemple. Le budget n’est pas la seule contrainte que doivent supporter les ministres de l’Écologie. On pourrait penser que les ministres s’aident, mais ce n’est pas du tout le cas. Les pires ennemis du Ministère de la Transition Écologique sont le plus souvent l’Agriculture et la Finance. » Brice Lalonde, ministre de l’Environnement de 1991 à 1992 le concède : « J’allais chasser avec Michel Charasse – alors ministre du Budget – pour qu’il me fasse des ristournes dans le budget. Des magouilles ? J’étais obligé de faire ça pour être avantagé. » Le Ministère de l’Agriculture et celui de la Transition écologique ne marchent pas main dans la main. Ce second est souvent contraint de s’effacer ou de suivre le même chemin. Les néonicotinoïdes, ces insecticides tueurs d’abeilles que le gouvernement Castex a réintroduit par dérogation jusqu’en 2023 en sont un exemple. Le ministère de la Transition écologique a dans un premier temps lutté contre ces insecticides pour ensuite introduire une dérogation pour les planteurs de betterave sous Barbara Pompili. La dernière ministre de l’Écologie du premier quinquennat d’Emmanuel Macron porte pourtant aujourd’hui un regard positif sur l’affaire. « Paradoxalement, cette affaire est une fierté. Car dès l’année prochaine, les néonicotinoïdes ce sera fini« , se réjouit-elle. Des lobbies omniprésents qui freinent l’action « J’ai senti le poids des intérêts privés. Mais le rôle du ministre c’est de résister à ça« , explique Michel Barnier, ministre de l’environnement de 1993 à 1995. Ministre de l’Écologie sous Jacques Chirac de 1995 à 1997, Corinne Lepage a été chahutée par les lobbies du nucléaire. « Lors de ma prise de fonction, ils ont tout fait pour que je dégage« , se souvient-elle. Elle ajoute : « mais je devais faire mon travail de ministre. Je n’avais pas d’états d’âme à avoir« . L’avocate nous raconte l’affaire de l’ancien réacteur Superphénix alors situé dans la centrale nucléaire de Creys-Malville. En 1995, elle s’oppose au ministre de l’Industrie Franck Borotra et refuse de signer le décret d’autorisation de redémarrage du réacteur. Une prise de position qui met son poste de ministre en jeu puisque le Premier ministre de l’époque, Alain Juppé, est favorable au redémarrage du réacteur. « J’ai dit à Alain Juppé que je pouvais démissionner et qu’il pouvait nommer quelqu’un d’autre à ma place. Il est possible de faire ça quand on est ministre de l’Écologie, quitte à risquer sa peau« , martèle-t-elle.

La planification écologique aux mains de la Première ministre ?

Le Premier ministre, est celui qui tranche lors des litiges entre ministères. Il pèse donc indéniablement dans les actions du ministre de l’Écologie. Avec le deuxième quinquennat d’Emmanuel Macron, la Première Ministre Élisabeth Borne se charge directement de la planification écologique. En matière d’écologie, Brice Lalonde souligne l’importance d’avoir un Premier ministre « qui comprend de quoi il s’agit« . Néanmoins, les profils d’Elisabeth Borne, Amélie de Montchalin et Agnès Pannier-Runacher ne convainquent pas tous les ministres interrogés. Yves Cochet le craint : « Cette planification écologique et énergétique va consister à convaincre les territoires d’accepter les EPR. On peut parler de Greenwashing avec cette planification écologique. » Barbara Pompili est plus optimiste. « Cette planification écologique est une avancée, estime-t-elle. Il ne faut pas oublier qu’elle est nécessaire pour les objectifs de long terme« . Selon elle, dans un monde idéal « il n’y aurait pas de ministre de l’écologie« , car l’écologie doit s’intégrer dans tous les secteurs du gouvernement. Alors que Jean-Luc Mélenchon compte sur une victoire de la NUPES aux législatives pour forcer la main à Emmanuel Macron à le nommer Premier ministre, il apparaît que la réussite de la planification écologique nécessitera une équipe gouvernementale ambitieuse. Elle devra également entraîner l’ensemble de la société civile, des collectivités locales et des acteurs économiques. Les élections législatives des 12 et 19 juin prochains constituent un point de rendez-vous important pour juger de la place qui sera accordée à la planification écologique, ainsi que sa portée.

Documentaire complet

Natura Sciences, le média de l’urgence écologique

logo_natura-sciences-desktop_color.png Le média Natura Sciences a lancé en février 2022 sa nouvelle formule « Construisons 2030 ». Ce projet éditorial est axé sur la recherche de solutions à mettre en place d’ici 2030 pour construire une nouvelle société, plus respectueuse des humains et du vivant. Par cette refonte stratégique et ce nouveau positionnement éditorial, Natura Sciences évolue vers un format plus engagé, intégralement dédié au grand défi écologique et climatique de la décennie. Natura Sciences, c’est un tout nouveau site Internet, spécialement développé pour la sortie de cette nouvelle formule, mais aussi «Construisons 2030, le récap’», la nouvelle newsletter hebdomadaire de l’écologie et du climat.

 

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