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Comment les cultivateurs et les transformateurs de pommes de terre peuvent tirer profit des dernières technologies de tri

Il n’est pas facile pour les producteurs et les transformateurs de pommes de terre de toujours garantir la sécurité alimentaire ou de répondre aux normes spécifiées par les clients. D’une part, toutes sortes de matières étrangères se mélangent aux pommes de terre lorsqu’elles sont récoltées. D’autre part, tout lot est susceptible de contenir quelques pommes de terre (voire beaucoup) de qualité inférieure. Et lorsque ces matières indésirables pénètrent dans le flux de produits d’une chaîne de transformation, elles peuvent être presque impossibles à détecter, alors que la réputation des entreprises dépend de leur élimination.

Pour ces raisons, les matières étrangères et les défauts de produits sont une préoccupation constante, et les technologies modernes peuvent y faire face. Les technologies de tri de TOMRA Food, à la pointe de l’industrie – machines de tri optique, modules spécifiques aux applications, trieuses à plusieurs voies, et la plateforme de données TOMRA Insight – sont dédiées à cette mission. Et des solutions de tri sont désormais disponibles pour une grande variété de produits à base de pommes de terre – depuis les pommes de terre tout juste sorties de terre ou stockées jusqu’aux emballages frais, aux chips, aux frites, aux autres produits congelés (tels que les quartiers, les tranches et les pommes de terre rissolées) et aux flocons et granulés déshydratés.

Ce qui surprend de nombreux transformateurs de pommes de terre, c’est que les trieuses peuvent faire bien plus que trier. Ces technologies très fiables permettent également de classer avec précision les produits en fonction des spécifications, de minimiser les faux rejets, d’augmenter les taux de récupération, de gérer des débits élevés, de gérer les pics de demande, de réduire le besoin d’interventions manuelles sur la ligne, de résoudre les problèmes de pénurie de main-d’œuvre, de réduire les temps d’arrêt et de réduire le coût total de possession de la ligne.

Tout cela signifie qu’investir dans des trieuses n’améliore pas seulement les performances de durabilité d’une entreprise en réduisant le gaspillage alimentaire, mais fournit également un retour sur investissement en améliorant les rendements et les bénéfices.

Comment les cultivateurs et les transformateurs de pommes de terre peuvent tirer profit des dernières technologies de tri
Comment les cultivateurs et les transformateurs de pommes de terre peuvent tirer profit des dernières technologies de tri

Trier la récolte

Bien que les produits à base de pommes de terre soient vendus sous de nombreuses formes, tous commencent leur voyage vers le marché de la même manière : frais du champ, non lavés. Les difficultés commencent immédiatement, car les pommes de terre récoltées sont souvent mélangées à toutes sortes de débris indésirables. Roches, cailloux, mottes de terre, bâtons, tiges, vignes, bois, bouteilles en plastique, mulots, fragments de verre – tout ce que vous voulez, vous pouvez le trouver dans un tas de pommes de terre fraîchement récoltées. Bien avant que ces matières étrangères ne menacent la sécurité alimentaire, elles encombrent la récolte et augmentent le besoin d’un espace de stockage. Elles aggravent également les risques de pourriture, de dégradation et de perte de produit dans le stockage des pommes de terre.

Les producteurs peuvent réduire ces risques en passant la récolte dans un pré-trieur avant le stockage, puis en triant à nouveau les pommes de terre avant de les laver et de les envoyer à la transformation. La machine la mieux adaptée à cette tâche est la TOMRA 3A, un trieur à capteurs conçu pour les cultures de racines fraîchement récoltées. Cette machine est généralement utilisée à l’entrée d’un hangar de stockage de pommes de terre pour assurer un nettoyage final après le passage de la culture fraîchement récoltée dans une niveleuse mécanique et un équipement d’enlèvement de la terre.

La TOMRA 3A utilise des caméras haute résolution et le proche infrarouge (NIR) pour identifier les pommes de terre vertes de valeur nulle. Elle fait la distinction entre matière organique (la culture) et inerte (matériau étranger), et est capable d’identifier une bonne culture qui pourrait autrement être confondue avec une motte de terre parce qu’elle est enrobée de terre. En raison de la brièveté des saisons de récolte, cette machine est conçue pour fonctionner à haute capacité, travaillant souvent dans les hangars de stockage à un rythme de 100 tonnes de l’heure. Et comme les producteurs peuvent stocker les pommes de terre à plusieurs endroits, cette machine est conçue pour être déplacée facilement d’un hangar à l’autre.

 

La TOMRA 3A élimine 95 % des cailloux, des mottes de terre et des épis de maïs, ainsi que 85 % des autres matières étrangères. Il arrive parfois qu’une petite quantité de corps étrangers demeure, alors la tâche d’éliminer ces corps étrangers – qui peuvent être plus petits et plus difficiles à détecter – est prise en charge par une trieuse plus sophistiquée, plus tard dans le processus de production. La TOMRA 3A réduit considérablement le travail de tri nécessaire à ces étapes ultérieures, ce qui permet de réduire les arrêts dus aux dommages causés par la machine et d’optimiser les équipements en aval.

 

Comment les cultivateurs et les transformateurs de pommes de terre peuvent tirer profit des dernières technologies de tri
Comment les cultivateurs et les transformateurs de pommes de terre peuvent tirer profit des dernières technologies de tri

Une trieuse conçue pour les transformateurs de pommes de terre   

Après que les pommes de terre aient été récoltées, pré-triées, stockées, généralement pré-triées à nouveau, puis lavées, les trieurs de la ligne de transformation doivent détecter et éjecter les matières étrangères et les défauts du produit, plus difficiles à voir. C’est important non seulement pour garantir la sécurité alimentaire et la qualité du produit, mais aussi pour éviter les perturbations sur la chaîne de production. Si des corps étrangers arrivent trop loin sur la ligne de fabrication des frites ou des chips, par exemple, ils peuvent casser les couteaux de tranchage et interrompre toute l’opération. 

 

Pour contrer ces menaces, la trieuse optique TOMRA 5A a été spécialement conçue pour les transformateurs de pommes de terre. Destinée à traiter les pommes de terre lavées et épluchées, généralement utilisées pour les frites, les chips et les produits à base de pommes de terre, cette machine de tri est équipée de bancs d’inspection optique supérieurs et inférieurs permettant de visualiser chaque objet individuel au vol. En utilisant une combinaison de LED pulsées, de caméra et de proche infrarouge (NIR), elle effectue une spectroscopie ciblée avec une précision de 1 mm. Les paramètres de la machine peuvent être réglés pour modifier avec précision les niveaux d’acceptation/de rejet des défauts subtils, des décolorations et des imperfections des pommes de terre, ainsi que la taille et la forme du produit.

 

La TOMRA 5A est réputée pour sa capacité à éliminer les corps étrangers, avec un taux d’élimination de 98 %, et à détecter très efficacement les pommes de terre pourries, les défauts de la pomme de terre et les restes d’épluchures.  Cela permet non seulement au transformateur de garantir la sécurité alimentaire, mais aussi de maximiser l’utilisation de toutes les pommes de terre utilisables et de réduire les déchets. Et tout en accomplissant tout cela, la TOMRA 5A est capable de fonctionner avec les capacités les plus élevées du secteur (en triant les pommes de terre frites, par exemple, à 54 tonnes de l’heure).

 

Toujours au niveau de la station de conditionnement, certaines grandes entreprises souhaitent aller au-delà de la réduction du nombre de trieurs manuels qu’elles emploient et éliminer complètement l’intervention humaine.

Cela peut être réalisé en complétant les machines de tri de TOMRA Food par une trieuse à voies multiples. Réputé pour sa capacité à manipuler les produits en douceur tout en maintenant le débit, le système MLS de TOMRA, leader sur le marché, trie et classe avec précision les pommes de terre (et autres légumes et fruits) en fonction du poids, de la taille, de la forme, de la couleur, des défauts de surface et de la qualité interne. 

 

Une option encore plus sophistiquée

La TOMRA 5B est une autre machine adaptée aux transformateurs de pommes de terre. Lorsque les produits passent sur le tapis de cette machine, les matières étrangères et les imperfections du produit sont détectées par des caméras à 360 degrés placées sur le tapis, un laser et des caméras hors du tapis. La combinaison de ces technologies porte le tri optique à un niveau encore plus élevé.

Elle convient aux produits de pommes de terre de spécialité, aux frites (qui doivent également être triées avec précision en fonction de leur taille) et aux chips/crisps. Comme le proche infrarouge de cette machine peut détecter les différences de densité, elle est capable de voir et d’éliminer les frites/croustilles qui se sont collées les unes aux autres en grappes par exemple. Le laser hors bande détecte jusqu’à 99 % des matières étrangères et peut voir si les frites contiennent une quantité excessive d’huile ou d’eau.  

La TOMRA 5B a été améliorée début 2021 par une mise à jour logicielle qui a ajouté de nouvelles fonctionnalités. L’une d’elles, Health Check, réduit le risque de perturbations de la ligne causées par des impuretées. Health Check vérifie automatiquement la propreté de la machine avant le tri et informe l’opérateur des surfaces à nettoyer. Et comme il fonctionne à distance, l’opérateur ou le responsable de ligne n’a même pas besoin de se rendre sur la ligne pour effectuer le Health Check.

Une autre fonction, Smart Ejection, utilise de nouveaux algorithmes de désassemblage qui améliorent l’efficacité de la production de frites. Smart Ejection améliore le rendement des produits bons ou mauvais de 25 à 100 %, etla qualité des flux acceptés en prenant des décisions encore plus précises sur les types et les groupes de défauts. Il réduit les fausses détections de défauts, afin de minimiser le gaspillage de produits – un autre bon exemple de retour sur investissement.  

 

Des commandes intelligentes et une plateforme de données

Les fonctions Health Check et Smart Ejection de TOMRA Insight sont de bons exemples de l’efficacité des machines de tri d’aujourd’hui, non seulement grâce à leurs  » yeux  » omniprésents – caméras, lasers et spectroscopie NIR – mais aussi grâce à l’évolution des logiciels et des commandes. Ces derniers ont apporté des fonctions faciles à programmer qui, il y a quelques années seulement, auraient été de l’ordre du rêve.

De nombreuses fonctions de contrôle sont désormais disponibles pour améliorer l’efficacité du tri dans le traitement des pommes de terre. Le tri par longueur, par exemple, garantit que les frites sont conformes à une catégorie prédéterminée. Le tri inverse récupère les bons produits dans les flux de récupération. SmartSort aide les opérateurs à définir facilement les spécifications de couleur et les paramètres de détection. Dynamic Cloud donne une vue en temps réel de tous les matériaux que la machine considère comme des défauts, ce qui permet d’affiner les paramètres de détection. Et Sort-to-Spec permet de trier facilement les lots en fonction de leur qualité, par exemple, les frites de qualité AAA et celles de qualité B.

 

L’acquisition de données est une autre évolution récente des technologies de tri, qui revêt une grande importance. En recueillant les données des machines de tri en temps quasi réel et en les stockant en toute sécurité dans le nuage, le service par abonnement TOMRA Insight transforme les machines de tri en appareils connectés, avec des datas qui libèrent des possibilités d’améliorations sur les machines.

L’exploitation de ces datas, auxquelles il est possible d’accéder de n’importe où et dans toutes les usines par le biais d’ordinateurs de bureau et de smartphone, est utile à bien des égards. Les temps d’arrêt sont réduits grâce à un entretien en quasi réel, à la maintenance prédictive, à la prévention des arrêts inopinés. Le débit est maximisé à chaque instant, en évaluant les variations de débit afin d’optimiser les équipements de tri. Les coûts d’exploitation sont réduits en identifiant les écarts de production et en analysant les causes potentielles. En outre, le tri qualité, est amélioré avec l’obtention de données précises sur la nature des défauts, ce qui permet de fonder les décisions sur des informations plus détaillées.    

 

Les trieurs sont désormais des outils de gestion rentables

TOMRA Insight fait passer le tri d’un processus opérationnel à un outil de gestion stratégique. De plus, cet outil s’améliore constamment, les fonctionnalités étant mises à jour toutes les trois semaines en fonction des priorités des clients. Ce n’est là qu’une illustration de la façon dont TOMRA

 

Tests sur les animaux : PETA appelle d’urgence les citoyens français à signer la pétition européenne

petafrance-headlines-lab-beagle-background.jpg Le 31 août 2022, date de clôture de l’initiative citoyenne européenne qui vise à mettre fin au calvaire des animaux de laboratoire, leur sort sera scellé. 200.000 signatures manquent encore pour s’assurer que la pétition à destination du Parlement européen soit recevable et que ces êtres vivants doués d’émotions n’aient plus à subir l’horreur des expérimentations scientifiques dédiées aux produits cosmétiques. Les tests sur les animaux sont autorisés dans l’Union européenne mais sont interdits pour les produits cosmétiques depuis 2009. Cependant, malgré la promesse d’une Europe sans tests sur les animaux pour les cosmétiques, ceux-ci ont toujours lieu car des essais sur les animaux continuent d’être exigés par l’Agence Européenne des Produits Chimiques (ECHA). Un paradoxe qui engendre la souffrance d’innombrables souris, lapins et autres individus innocents. Pour rappel, l’initiative citoyenne est un outil officiel permettant à chaque citoyen/ne européen/ne âgé/e d’au moins 18 ans, d’interpeller directement la commission européenne sur un sujet. Cette initiative, portée par plusieurs associations de protection animale dont PETA, doit atteindre plus d’1 million de signatures avant la date limite de collecte le 31 août prochain (soit 1,3 million de signatures nécessaires pour assurer le million de voix valides).

L’agence ECHA demande de nouvelles expérimentations animales sur des ingrédients connus pour être sûrs

L’Agence Européenne des produits chimiques demande de tester des ingrédients sur les animaux qui sont exclusivement utilisés dans les cosmétiques, alors même que bon nombre de ces substances sont utilisées en toute sécurité depuis des décennies. Si nous laissons cela se produire, des individus sensibles continueront d’être confinés dans des cages lugubres, empoisonnés, gavés ou injectés de substances avant d’être tués et disséqués. Cela alors qu’il existe des moyens éthiques et bien plus fiables pour générer des données relatives à la sécurité des ingrédients. Il est urgent que l’UE s’engage à privilégier l’utilisation et le développement de méthodes modernes, non-animales et bien plus pertinentes au cas humain afin d’assurer une réelle protection des consommateurs, de la planète et des animaux. Agissons maintenant. S’élevant d’une seule voix pour mettre fin à l’expérimentation animale dans l’industrie cosmétique, The Body Shop, Dove et les organisations de protections des animaux appellent tous les consommateurs à signer l’Initiative Citoyenne Européenne, une lettre ouverte afin d’exiger auprès de la Commission européenne :
  • 1 – La protection et le renforcement des lois visant à interdire le test sur les animaux : initier un changement législatif afin d’assurer la protection des consommateurs, des travailleurs et de l’environnement pour tous les ingrédients cosmétiques sans avoir recours à de nouveaux tests sur les animaux, de façon pérenne.
  • 2 – Une transformation de la réglementation européenne sur les ingrédients chimiques : garantir la protection de l’environnement et de la santé humaine en réglementant l’utilisation d’ingrédients chimiques sans avoir de nouveau recours à l’expérimentation animale.
  • 3 – La modernisation de la réglementation scientifique en Europe : s’engager, avant le terme de son mandat actuel, à proposer un projet de loi et une feuille de route avec pour objectif la fin de l’expérimentation animale dans toute l’Union européenne de manière pérenne.
capture_d_e_cran_2022-08-17_a_18.02_52.png Objectifs Avec l’interdiction, par l’UE, d’expérimenter les produits cosmétiques sur les animaux, c’était la promesse d’une Europe dans laquelle les animaux ne souffrent plus, ni ne meurent, pour des cosmétiques. Cette promesse n’a pas été tenue. Les autorités exigent toujours des expérimentations animales pour des ingrédients utilisés dans les cosmétiques, ce qui va à l’encontre des attentes et des souhaits du public et de l’intention des législateurs. Or, nous n’avons jamais disposé d’outils aussi puissants pour garantir la sécurité des produits cosmétiques sans expérimentation sur les animaux, ni d’occasion plus belle de révolutionner la protection humaine et environnementale. La Commission européenne doit maintenir et renforcer l’interdiction de l’expérimentation sur les animaux et favoriser la transition vers une évaluation de la sécurité des produits sans expérimentation animale. Nous invitons la Commission européenne à prendre les mesures suivantes:
  • 1. Garantir et renforcer l’interdiction de l’expérimentation animale pour les cosmétiques. Engager une modification législative pour assurer la protection des consommateurs, des travailleurs et de l’environnement envers tous les ingrédients cosmétiques sans que ces derniers soient testés sur des animaux quel que soit l’objectif ou le moment.
  • 2. Réformer la réglementation de l’UE relative aux produits chimiques. Garantir la protection de la santé humaine et de l’environnement en gérant les produits chimiques sans ajouter de nouvelles exigences en matière d’expérimentation animale.
  • 3. Moderniser la science dans l’UE. S’engager en faveur d’une proposition législative établissant une feuille de route pour l’élimination progressive de toutes les expérimentations animales dans l’UE avant la fin de la législature actuelle.
Page web de l’initiative dans le registre de la Commission européenne
Ensemble, nous avons pour objectif de récolter 1,3 million de signatures. Quel impact ? Envoyer un message clair, celui que les demandes de l’Agence Européenne des produits chimiques (ECHA) pour de nouveaux tests sur les animaux viennent rompre la politique en place sur l’expérimentation animale, pourtant soutenue par la Commission européenne et vont à l’encontre des souhaits des citoyens européens. Mais nous ne pouvons pas y parvenir seuls. Chaque citoyen européen peut signer la pétition et informer la Commission qu’il n’est pas question d’accepter qu’elle brise sa promesse. Celle d’une Europe où aucun animal ne devrait ni souffrir, ni mourir pour des shampoings, mascaras ou tout autre produit cosmétique.

Une cause soutenue par de nombreuses personnalités ainsi que des marques de cosmétiques

Défenseur des animaux de longue date, Paul McCartney apporte son soutien à l’initiative citoyenne européenne « Pour des cosmétiques sans cruauté ». En France, ce sont notamment Stomy Bugsy, Mr Poulpe, Jeremstar et Raphaël Mezrahi qui s’engagent dans une campagne choc de l’association afin d’inciter les Français à signer l’initiative citoyenne européenne. PETA, dont la devise dit notamment que « les animaux ne nous appartiennent pas et [que] nous n’avons pas à les utiliser pour nos expérimentations », s’oppose au spécisme, une vision du monde postulant une fausse supériorité de l’humain sur les autres animaux. – Pour plus d’informations, rendez-vous sur PETAFrance.comAgissez maintenant pour mettre fin aux tests sur les animaux en europe

 

La sobriété : Valeur et levier d’action de la jeunesse face à une crise multidimensionnelle – Une note du Comité 21 de Juillet 2022

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Cette note fait suite à une première publication du Comité 21 qui définissait la sobriété comme fil vert de la transformation. Pour poursuivre la réflexion, nous nous sommes interrogés sur le rôle de la jeunesse pour conduire cette transformation sobre. Nous remarquons tout d’abord que les jeunes doivent faire face aux nombreuses crises du 21ème siècle, en plus des inégalités et de leur manque de pouvoir. Ces nombreuses difficultés élèvent un mur face à la bonne volonté des jeunes qui entretiennent donc une relation paradoxale avec la sobriété. Alors comment garantir aux jeunes le devenir d’acteurs de la transformation ? La jeunesse parviendra-t-elle à mener la transition vers un modèle durable? Ou bien sera-t-elle passagère clandestine dans les bouleversements qui nous attendent ?

Introduction générale

L’année 2022 restera dans l’histoire comme une année frappée par la diversité et la multiplicité de ses crises : climat et biodiversité (de façon récurrente désormais), sanitaire depuis 2020, et économique du fait de la guerre en Ukraine et des autres conflits mondiaux. Plus de 17% des espèces animales et végétales françaises sont menacées de disparition[[Comité français de l’UICN, Muséum national d’Histoire naturelle et OFB. « Liste rouge des espèces menacées en France », mars 2021]] ; nous aurions dépassé une limite planétaire supplémentaire (5 dépassées sur 9[[Selon les données du Stockholm Resilience Center]]) ; des dizaines de milliers de tonnes de déchets médicaux[[Chiffres de l’OMS]] issus de la crise COVID-19 mettent à rude épreuve les systèmes de gestion des déchets ; les pénuries de matières premières se généralisent [[Les Echos, « Difficultés d’approvisionnement, la crise n’est pas encore terminée », 15 février 2022]] et les prix s’envolent à cause de la guerre en Ukraine[[France TV Info, « Crise Russie-Ukraine : gaz, blé, pétrole… Quelles sont les conséquences économiques possibles pour les Français ? », février 2022]].

Toutes ces crises révèlent des dysfonctionnements de notre société : un modèle de développement insoutenable pour la planète, la fragilité de nos systèmes de santé les plus avancés, notre dépendance énergétique etc. Ces perspectives assombrissent le quotidien des jeunes et leur avenir, en leur donnant l’impression qu’ils n’ont pas droit, contrairement aux générations de leurs parents, à l’insouciance, la légèreté et au rêve.

La jeunesse du 21ème siècle est contrainte de se projeter dans un monde au paroxysme de ses incertitudes, marqué par une triple crise planétaire et des instabilités sanitaires, géopolitiques et économiques. Ce qui distingue en effet cette génération des précédentes, est bien la difficile projection vers un avenir stable puisque les perspectives de multi crises sont avérées. Bien que le niveau de vie soit globalement meilleur que les générations antérieures (santé, éducation, soutien familial etc), il n’y a pas « d’après crise » dans laquelle nous pourrions nous projeter à notre échelle, comme on pouvait l’espérer d’un « après-guerre ».

Des responsables économiques ou politiques semblent attendre, de plus, que les solutions viennent des jeunes, de leur révolte, de leur optimisme et de leur vision nouvelle. La jeunesse, pourtant démunie, se retrouve alors un peu plus accablée de responsabilités. Ainsi, elle appelle à des modes de vie plus sobres, sans cependant avoir les moyens de convaincre les forces économiques en présence. Car les jeunes, s’ils souhaitent faire changer notre modèle, n’ont pas toujours la capacité ou la possibilité d’être entendus pour faire « bouger les choses ». Par ailleurs, ils ne sont pas tous égaux face à ces difficultés : jeune homme, jeune femme, jeune appartenant à une minorité LGBTQ, jeune en situation de handicap, étudiant (en faculté, en école privée, en études professionnelles spécialisées etc.), sans emploi, propriétaire, locataire, sans domicile, habitant chez ses parents, en premier emploi, proche-aidant d’un membre de son entourage, jeune parent, issu(e) d’une famille aisée, issu(e) d’une famille en situation de précarité, etc.

Aussi observe-t-on que les jeunes ont intégré dans leurs choix et leurs projets de vie l’ensemble de ces difficultés : beaucoup veulent consommer moins et mieux, travailler moins et vivre mieux[[France Info, « « Travailler moins pour vivre mieux » : qui sont ces jeunes qui prônent le « détravail » ? », 07/01/2022]] ou[[Le Monde, « Ces jeunes qui refusent d’avoir des enfants, entre acte écologique et angoisse de l’avenir », 02/09/2021]] encore refusent de faire des enfants pour des raisons écologiques.

Ces choix sont subis car ils répondent à des problèmes dont ils ne sont pas à l’origine mais dont ils sont et seront les principales victimes.

« En tant qu’humanité, que société, c’est complètement délirant de se dire que l’on fait grandir des gens dans une incertitude la plus totale [[Interview Le Monde, « Camille Etienne : « Quand le réel devient intolérable, il faut prendre en main l’histoire pour la dévier » », 10/12/2021]]», énonçait la jeune militante Camille Etienne . Alors comment les jeunes générations peuvent-elles vivre avec cette incertitude, cette angoisse ?

Paradoxalement, malgré ces crises multiples, 75% des 16-25 ans seraient optimistes pour leur avenir en France, selon le baromètre Jeunesse & Confiance publié en novembre 2021. Ils estiment qu’ils pourront compter sur leur entourage pour les soutenir en cas de crise, mais ils placent peu de leur confiance entre les mains des institutions, comme nous le verrons dans cette note. Leur optimisme et leur espoir nourrissent leurs actions : grèves du vendredi à l’école, marches pour le climat, pétitions, réseaux sociaux, orientation professionnelle engagée etc. Toutes ces actions galvanisent une partie de la jeunesse qui reprend espoir et se retrouve autour de la lutte contre le dérèglement environnemental. Plutôt que de subir le changement, les jeunes peuvent contribuer au changement. La sobriété est-elle un chemin possible pour y parvenir ?

La sobriété, fil vert de la transformation

Télécharger l’étude du Comité 21 sur La sobriété, fil vert de la transformation

Après avoir publié une étude sur la sobriété (La sobriété, fil vert de la transformation), nous nous intéressons dans cette note à la manière dont la jeunesse envisage la sobriété qu’elle semble prôner[[Pierre Bourdieu, Entretien avec Anne-Marie Métailié, Les jeunes et le premier emploi, Paris : Association des Ages,1978, pp.520-530.]]. Mais qu’est-ce que la jeunesse ? Selon Pierre Bourdieu, « la jeunesse n’est qu’un mot » (1978) . La jeunesse incarne un âge transitoire, le passage de l’enfant à l’adulte. Elle a évolué en fonction des périodes et des cultures. Pour certaines d’entre elles, le passage à l’âge adulte est symbolisé par des rituels[[Maia Pomadère, « Classes d’âge et rites de passage : des catégories problématiques pour le monde égéen à l’Âge du Bronze », article publié en 2017]], le mariage, ou encore la parentalité. En France, une loi du 21 juin 1907 fixait la majorité à 21 ans, et une seconde loi du 5 juillet 1974, toujours en vigueur, fixe la majorité légale à 18 ans. Passer à l’âge adulte induit l’obtention de son indépendance juridique : on devient un citoyen à part entière, responsable de ses actions. Cette responsabilité va de pair avec l’obtention du droit de vote. En période d’élections comme dernièrement, certains candidats proposent de réduire la majorité à 16 ans.

Cette majorité « juridique », qui donne accès à des droits économiques et sociaux plus avancés est- elle cohérente avec la maturité de ces jeunes adultes et leur capacité à prendre des décisions ? Les jeunes interrogés disant ne pas voter, alors qu’ils en ont le droit, se justifient souvent par leur manque de connaissances et de capacité à juger les projets des candidats. Selon une étude, réalisée par l’Observatoire de la maturité (entreprise de sondage IPSOS) auprès de 8 pays occidentaux[[Allemagne, France, Italie, Espagne, Grande Bretagne, USA, Chine et Japon]], le passage « réel » à l’âge adulte se situerait à 27 ans. Cette étude identifie en effet plusieurs périodes du développement des humains. Le CREDOC (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie) affirme également qu’« entre 18 et 30 ans, soit sur une douzaine d’années, les jeunes vivent un âge de la vie très spécifique, marqué par l’émancipation de la famille d’origine, la socialisation entre pairs, l’exploration du monde et l’adhésion à la modernité, en dépit de la faiblesse de leurs ressources. Il s’agit d’un temps aux limites floues, s’épanouissant entre la libération d’une existence bridée, celle de l’enfant, et l’entrée dans le statut d’adulte, défini par la conquête d’une place, professionnelle et sociale, et l’acceptation des responsabilités qui vont de pair . » [[CREDOC, Cahier de recherche « Les jeunes d’aujourd’hui : quelle société pour demain ? », décembre 2012]]

C’est donc d’abord par la construction du « moi » que les jeunes se définissent une place dans la société, qu’ils deviennent petit à petit des citoyens à part entière, et qu’ils acquièrent la capacité de devenir eux-mêmes acteurs de l’évolution de la société. Ces années de construction de leur personnalité sont marquées par la découverte, la recherche de sens et la projection dans le futur.

Lorsque nous mentionnerons la « jeunesse » dans notre analyse, nous parlerons donc des 17-30 ans qui sont les plus concernés par les conséquences de ces crises, même si nous considérons que la jeunesse est un concept multiforme et évolutif.

Il s’agira donc de tenter d’interpréter les réactions de la jeunesse face aux « multi crises », puis de considérer si la sobriété est pour eux, une réponse, une réaction, ou un engagement, enfin d’évaluer le rôle et l’influence que les jeunes peuvent avoir dans l’adoption d’un nouveau modèle plus sobre.

La sobriété : Valeur et levier d’action de la jeunesse face à une crise multidimensionnelle – Une note du Comité 21 de Juillet 2022

La sobriété : Valeur et levier d’action de la jeunesse face à une crise multidimensionnelle – Une note du Comité 21 de Juillet 2022

Télécharger la Note « La sobriété : Valeur et levier d’action de la jeunesse face à une crise multidimensionnelle » du Comité 21 de Juillet 2022

 

Documents joints

Les distributeurs s’engagent pour l’environnement, à l’instar du groupe Casino sous l’impulsion de Jean-Charles Naouri

Maillon central entre producteurs et consommateurs, le secteur de la grande distribution a un rôle crucial à jouer pour la préservation de l’environnement et de la biodiversité. Sous la pression des citoyens-consommateurs et l’impulsion de leurs dirigeants, les distributeurs s’engagent de plus en plus en faveur de la durabilité de la chaîne de production, des circuits courts et des partenariats avec des associations et ONG. Focus sur les actions du groupe Casino et la vision de son PDG, Jean-Charles Naouri, pour améliorer l’empreinte environnementale du distributeur dans un contexte de forte attente sociétale.

Comme d’autres distributeurs, le groupe Casino a fait le choix de proposer à ses clients une sélection élargie de produits issus de l’agriculture biologique, mais également des produits dits « responsables », privilégiant les circuits courts et les producteurs locaux, afin de garantir des produits plus sains et plus respectueux de l’environnement. Une offre de 33 000 références répartie sur les différentes enseignes alimentaires comme Monoprix, Franprix ou encore Casino, en constante augmentation, qui répondent à divers cahiers des charges reconnus par des organisations de défense des consommateurs et de l’environnement.

Une stratégie bio et durable qui répond à une demande des consommateurs

La part accrue prise notamment par les produits bio (25 000 références alimentaires) répond à une mutation profonde des priorités des consommateurs qui désirent de plus en plus de produits sains pour leur santé et responsables vis-à-vis de l’environnement. Une vague du produire et manger sain sur lequel le groupe Casino s’appuie depuis plusieurs années sous la férule de Jean-Charles Naouri, qui a fait de la proximité et du digital les deux principaux axes de développement du groupe de distribution. Au point d’en avoir fait un slogan : « mieux consommer, mieux manger, mieux produire ».

Comme certains autres acteurs du secteur, le groupe Casino a également développé des programmes de soutien à l’agroécologie visant à accompagner les producteurs locaux, à l’image du programme « Tous Cultiv’acteurs » lancé en 2015 par Monoprix, l’enseigne urbaine du Groupe, pour une agriculture plus respectueuse des abeilles et de la pollinisation des zones rurales, ou de « AgriPlus », un programme engageant vers le zéro résidu de pesticides (insecticides, fongicides et herbicides) pour un certain nombre de produits congelés, mais aussi de fruits et de légumes frais.

Des partenariats avec des associations locales

Les géants du secteur ont par ailleurs fait évoluer leur approche environnementale depuis plusieurs années en développant des partenariats avec des associations et ONG locales de défense de l’environnement autour de projets ciblés. Le groupe Casino ne fait pas exception à cette tendance de fond et a noué divers partenariats en France et à l’international sur des sujets en adéquation avec les problématiques rencontrées à la fois par les producteurs et les consommateurs. C’est notamment le cas du partenariat avec la Tropical Forest Alliance (TFA) qui œuvre à lutter contre la déforestation dans la chaîne d’approvisionnement.

Le groupe Casino est également actif dans la lutte contre la déforestation en Amérique du Sud, où sa filiale locale, Grupo Éxito, est l’un des leaders du secteur. C’est ce qui explique l’engagement du groupe de Jean-Charles Naouri pour garantir de meilleures conditions d’exploitation, notamment des troupeaux bovins, dans la forêt amazonienne. Dans ce contexte, Casino a signé fin 2017 le « Manifeste du Cerrado » pour lutter contre la déforestation du Cerrado en Amérique du Sud.

D’autres partenariats ont été initiés avec des associations œuvrant par exemple pour la production durable d’huile de palme comme la « Roundtable on Sustainable Palm Oil » ou la « Palm Oil Transparency Coalition ». Idem avec la question de la production de cacao, où le groupe Casino s’engage dans le cadre de l’initiative Française pour un Cacao Durable et la Retailer Cacao Collaboration.

L’exemple de la question de la déforestation liée au soja

Le groupe Casino s’est enfin particulièrement engagé ces dernières années pour limiter l’impact de la production de soja dans la déforestation. Avec d’autres distributeurs, le groupe de Jean-Charles Naouri a signé fin 2020 le « Manifeste pour une mobilisation des acteurs français pour lutter contre la déforestation » pour garantir que le soja brésilien utilisé pour l’alimentation des animaux d’élevage ne provienne pas de zones liées à la déforestation. Un manifeste dont la mise en œuvre est animée directement par l’ONG internationale Earthworm Foundation.

Autant d’exemples qui démontrent une prise de conscience du secteur de la distribution, pour avoir un impact positif sur l’environnement, alors que le secteur est traditionnellement associé à la massification de l’économie mondiale et et les dérèglements environnementaux.

 

Sécheresse 2022 : un moment historique pour remettre en question notre gestion de l’eau

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La sécheresse 2022 s’annonce déjà historique. Pour l’heure, 95 départements sont concernés par des mesures de restriction des usages de l’eau. 62 départements sont placés en crise, soit le dernier des quatre niveaux d’alerte. Outre le manque de pluie de ces derniers mois et du dernier hiver, cette sécheresse est aussi la conséquence d’une gestion de l’eau inadaptée à la réalité de nos ressources et incohérente par rapport aux connaissances scientifiques. Mauvaise gestion de l’eau et réchauffement climatique : France Nature Environnement revient sur les ingrédients de cette sécheresse gravissime pour notre pays et vouée à se répéter dans les prochaines années. La sobriété, la remise en cause du modèle agricole et la préservation des écosystèmes s’imposent aujourd’hui comme les seules solutions de sortie de crise.

Les éco-gestes à adopter chez soi pour comprendre et maitriser sa consommation d’énergie

Le 20 juillet, Olivier Véran a appelé les Français à faire “des petits gestes” pour économiser de l’énergie. Il a par exemple demandé aux particuliers de débrancher leurs appareils en veille, baisser la climatisation ou encore couper le wifi. Les éco-gestes à adopter chez soi, le choix et l’optimisation de ses équipements et appareils électroménagers, mais aussi le suivi de sa consommation d’énergie et les travaux de rénovation énergétique sont des solutions concrètes pour réaliser des économies d’énergie proposées par EDF. Ces éco-gestes resteront toutefois insuffisants par rapport aux enjeux de pouvoir d’achat avec la hausse des prix de l’énergie et aux incertitudes sur les approvisionnements de gaz et d’électricité cet hiver. ⅔ de la consommation d’un logement provenant en moyenne du chauffage, il y a donc urgence à accélérer la transition énergétique des logements en augmentant les aides à la rénovation énergétique et à l’installation de panneaux solaires, solutions permettant de réduire durablement et significativement les consommations d’énergie des particuliers.
Suivre sa consommation énergétique
Suivre sa consommation énergétique
Bien que convaincus de l’importance de ces “éco-gestes”, que certains opérateurs intègrent dans une application mobile de suivi avec, par exemple, une liste de gestes qui s’adapte à la situation de chacun et pour lesquels il est possible de chiffrer les économies qui peuvent être réalisées en €/an. Si l’on prend l’exemple d’un ménage de 4 personnes, qui se chauffe au gaz, vit dans une maison de 200 m2 et possède une facture annuelle (électricité et gaz) de 2 800 € :
  • ● Le simple fait de suivre régulièrement sa consommation permet d’être plus vigilant et d’économiser en moyenne 230 € à l’année ;
  • ● Baisser la température du chauffe-eau (entre 55 et 60°C) permet d’économiser jusqu’à 170 €/an ;
  • ● Installer un thermostat peut conduire à 80 € en moins sur l’année ;
  • ● Débrancher ses appareils en veille lors d’absences prolongées : -70 €/an ;
  • ● Faire sécher le linge à l’air libre : -45 €/an ;
  • ● Baisser son chauffage d’un degré : -40 €/an ;
  • ● Fermer ses stores/volets la nuit : -30 €/an ;
  • ● Laver le linge à basse température : -20 €/an.
Rien qu’avec ses petits gestes du quotidien, notre ménage peut économiser jusqu’à 685 € à l’année !
Optimiser ses équipements et électroménagers !
Optimiser ses équipements et électroménagers !
Mais si l’enjeu est de s’affranchir complètement du gaz russe, de retrouver notre indépendance énergétique, d’éviter les “black-out” et d’engager la transition vers une société plus durable, les éco-gestes ne suffiront pas. En moyenne, deux tiers de la consommation d’énergie d’un logement provient du chauffage : c’est donc sur ce poste qu’il faut travailler en priorité pour réduire significativement sa consommation. Mieux piloter son chauffage en le baissant d’un degré et en le coupant lors d’absences prolongées est donc un premier pas, mais d’autres solutions – plus engageantes mais également plus rentables – doivent être envisagées :
  • ● Isoler son logement ;
  • ● Installer un système de chauffage plus efficace et plus économique comme les pompes à chaleur ou les chauffages au bois (ce qui peut permettre de réduire jusqu’à la moitié de sa facture d’énergie).
Une solution complémentaire consiste à devenir son propre producteur avec le solaire en autoconsommation : c’est une option qui rencontre un très fort succès aujourd’hui, et pour laquelle les offres commencent à se multiplier.

 

Conférence de Rio : 30 ans déjà et dans 30 ans ?

Le Comité 21 ayant été créé à l’occasion de la Conférence de Rio en 1992, le 30e anniversaire de cette réunion internationale revêtait une importance particulière pour l’association. C’est pourquoi, elle a organisé le 18 mai dernier un colloque, en partenariat avec Open Diplomacy, intitulé « Rio+30+30 ». Quelques jours avant le sommet international Stockholm+50, l’événement a invité plusieurs dirigeants politiques et experts à s’exprimer sur l’avenir de la géopolitique mondiale du développement durable et sur les deux questions suivantes : Quel chemin parcouru depuis 30 ans ? Et quel chemin à parcourir dans les 30 années à venir ? Le Comité 21 vous invite à revivre cet événement grâce aux replays ci-dessous.

Les tendances du financement climatique observées par l’OCDE jusqu’en 2020

Climate%20change%20logo.jpg Les financements climatiques fournis et mobilisés par les pays développés au titre de la lutte contre le changement climatique dans les pays en développement ont atteint 83.3 milliards USD en 2020, selon une nouvelle analyse de l’OCDE. C’est une augmentation supplémentaire de 4 % depuis 2019, suivant une hausse de 1% entre 2018-2019. Toutefois, cela reste en deçà de l’objectif des pays développés de fournir et de mobiliser 100 milliards USD par an à partir de 2020 pour les pays en développement. L’augmentation des financements climatiques en 2020 est principalement attribuable à une progression des flux de financement publics. Tendances agrégées du Financement climatique fourni et mobilisé par les pays développés en 2013-2020 est la cinquième évaluation annuelle par l’OCDE des progrès accomplis en vue de la réalisation de l’objectif de la Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique (CCNUCC). Le rapport Tendances agrégées du Financement climatique de cette année est publié plus tôt que les années précédentes afin qu’il puisse contribuer au Rapport du Comité permanent du financement de la CCNUCC sur les progrès accomplis en vue de l’objectif et qui est en préparation pour la COP 27.
« Nous savons qu’il faut en faire davantage. Le financement du climat a augmenté entre 2019 et 2020 mais, comme nous l’avions anticipé, il est resté en deçà de l’augmentation nécessaire pour atteindre l’objectif de 100 milliards USD en 2020. » a déclaré Mathias Cormann, Secrétaire général de l’OCDE.
Analyse en français du rapport Tendances agrégées du Financement climatique de l’OCDE
« Alors que les pays continuent de se débattre avec les conséquences économiques et sociales de la pandémie de COVID-19 et de la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine, nous constatons que le changement climatique a des effets néfastes généralisés et entraîne des pertes et des dommages pour la nature et les personnes. »
« Les pays développés doivent continuer à intensifier leurs efforts conformément aux engagements affichés dans la perspective de la COP26, ce qui permettrait d’atteindre l’objectif des 100 milliards à partir de l’an prochain. Il s’agit d’un élément essentiel pour instaurer la confiance alors que nous continuons à approfondir notre réponse multilatérale au changement climatique. »
vcsprasset_3483695_753932_532ed79c-28ff-4495-b193-94c3c87696e4_0.png Entre 2013 et 2020, les financements climatiques publics ont représenté l’essentiel du total des financements, augmentant de 38 milliards USD en 2013 à 68.3 milliards USD en 2020. De l’ensemble de ces financements publics, les flux multilatéraux ont augmenté de 138 % durant la période 2013-2020, tandis que les flux bilatéraux ont crû de 40 %. Les financements climatiques privés mobilisés, pour lesquels des données comparables ne sont disponibles que depuis 2016, ont enregistré une hausse de près de 30 % au cours de la période 2016-2020, malgré une baisse entre 2019 et 2020. La part des crédits à l’exportation liés au climat dans le total du financement climatique reste faible. En 2020, la majorité des financements climatiques était dédiée à l’atténuation du changement climatique, mais les fonds affectés aux mesures d’adaptation ont continué de croître, comptant pour un tiers du total des financements. En matière d’atténuation du changement climatique, les financements ont ciblé avant tout les activités liées à l’énergie et aux transports, tandis que les fonds consacrés à l’adaptation ont été axés sur l’approvisionnement en eau et l’assainissement, ainsi que sur l’agriculture, la sylviculture et la pêche. Comme les années précédentes, les financements publics en 2020 se sont principalement composés de prêts, lesquels ont compté pour 71 % du total, soit une hausse de 8 % en volume par rapport à 2019. Le volume de financements climatiques publics fournis sous forme de dons a lui aussi progressé en termes absolus, représentant 26 % du total. Les pays en développement asiatiques ont été les principaux bénéficiaires du financement climatique durant la période 2016-2020, avec 42 % du total en moyenne, suivis de l’Afrique (26 %) et des Amériques (17 %). Concernant le niveau de revenu des pays bénéficiaires, 43 % des financements climatiques fournis et mobilisés par les pays développés pour les pays en développement ont été destinés aux pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure (PRITI), 27 % sont allés aux pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure (PRITS), 8 % ont été affectés aux pays à faible revenu (PFR) et 3 %, aux pays à revenu élevé (PRE). L’objectif que se sont fixé les pays développés de fournir et mobiliser 100 milliards USD par an pour aider les pays en développement à faire face au changement climatique devait être réalisé en 2020 et doit être maintenu jusqu’en 2025. Les scénarios de l’OCDE publiés en octobre 2021 ont montré que, si les engagements annoncés par les bailleurs de fonds bilatéraux et multilatéraux sont respectés, cet objectif serait être atteint en 2023 et surpassé dans la période jusqu’à 2025. Scénarios prospectifs du financement climatique fourni et mobilisé par les pays développés en 2021-2025 Note technique OCDE L’OCDE va poursuivre son analyse des développements du financement climatique au cours des prochains mois, avec des résultats qui seront publiés en septembre. Télécharger le rapport: Tendances agrégées du Financement climatique fourni et mobilisé par les pays développés en 2013-2020

A propos

logooecd_en.png À la quinzième Conférence des Parties à la CCNUCC tenue en 2009 à Copenhague (COP15), les pays développés se sont engagés à mobiliser collectivement 100 milliards USD par an à l’horizon 2020 afin d’aider les pays en développement à lutter contre le changement climatique en prenant des mesures concrètes d’atténuation, mises en œuvre de manière transparente. Formalisé à la COP16 à Cancun, cet objectif a été réaffirmé et prorogé jusqu’en 2025 à la COP21 à Paris. À la demande des pays développés, l’OCDE analyse régulièrement, depuis 2015, les progrès réalisés par rapport à cet objectif sur la base d’un cadre comptable rigoureux, en accord avec le résultat de la COP24 approuvé par l’ensemble des Parties à l’Accord de Paris concernant les sources de financement et les instruments financiers. Les chiffres de l’OCDE rendent compte de quatre composantes du financement climatique fourni et mobilisé par les pays développés : les financements climatiques publics bilatéraux, les financements climatiques publics multilatéraux attribuables aux pays développés, les crédits à l’exportation bénéficiant d’un soutien public en rapport avec le climat, et les financements privés mobilisés par les financements climatiques publics bilatéraux et multilatéraux attribuables aux pays développés. Coopérant avec plus d’une centaine de pays, l’OCDE est un forum stratégique international qui s’emploie à promouvoir des politiques propres à sauvegarder les libertés individuelles et à améliorer le bien-être économique et social des populations du monde entier. OECD, 2, rue André Pascal, PARIS, . FRANCE France

 

Documents joints

L’accès à un environnement propre et sain est un droit humain universel

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L’Assemblée générale des Nations Unies a adopté ce jeudi une résolution historique déclarant que l’accès à un environnement propre, sain et durable est un droit humain universel.

La résolution, basée sur un texte similaire adopté l’année dernière par le Conseil des droits de l’homme, appelle les États, les organisations internationales et les entreprises à intensifier leurs efforts pour garantir un environnement sain pour tous.

Le droit à un environnement sain est soutenu par l’Assemblée Générale de l’ONU

Climat et environnement
Le lac Tovel est l'un des plus charmants lacs alpins des Dolomites, situé dans le parc naturel Adamello Brenta dans le Trentin, en Italie.
Le lac Tovel est l’un des plus charmants lacs alpins des Dolomites, situé dans le parc naturel Adamello Brenta dans le Trentin, en Italie.
Fin juillet, l’Assemblée générale des Nations Unies, l’organe le plus représentatif de l’Organisation qui compte l’ensemble de ses 193 membres, doit voter sur un projet de résolution reconnaissant le droit des êtres humains à un environnement propre, sain et durable. Le projet de texte a été présenté par le Costa Rica, les Maldives, le Maroc, la Slovénie et la Suisse, à l’Assemblée en juin dernier, suite à l’adoption d’un texte similaire par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU en octobre 2021. La résolution reconnaît le droit à un environnement propre, sain et durable en tant que « droit de l’homme » essentiel à la pleine jouissance de tous les droits de l’homme. Elle appelle, entre autres, les États et les organisations internationales à adopter des politiques et à intensifier leurs efforts pour garantir un environnement propre, sain et durable pour tous. Mais pourquoi est-il important que l’ensemble des 193 membres des Nations Unies reconnaissent ce droit ? Que va signifier l’adoption de cette résolution pour les populations du monde entier ? Ce sont là quelques-unes des questions qu’a posé ONU Info lors de son entretien avec le Rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits de l’homme et l’environnement, David Boyd.
L'une des plus grandes menaces pour nos océans est la pollution d'origine humaine.
L’une des plus grandes menaces pour nos océans est la pollution d’origine humaine.

Quelle action va être entreprise par l’Assemblée générale ?

David Boyd : Il y aura probablement un vote sur la reconnaissance du droit à un environnement propre, sain et durable. Ce droit n’a pas été inclus dans la Déclaration universelle des droits de l’homme en 1948. Il s’agit donc d’une résolution historique qui va changer la nature même du droit international des droits de l’homme.
David Boyd, Rapporteur spécial sur les droits de l'homme et l'environnement.
David Boyd, Rapporteur spécial sur les droits de l’homme et l’environnement.

Pourquoi est-il important que les pays votent « oui » à cette résolution ?

C’est important parce que face à la triple crise environnementale à laquelle nous sommes confrontés – le changement climatique rapide, la perte de biodiversité et la pollution toxique omniprésente qui tue 9 millions de personnes chaque année – nous devons transformer la société, nous devons rapidement passer aux énergies renouvelables. Nous devons également passer à une économie circulaire, et nous devons désintoxiquer la société, et le droit à un environnement sain est l’un des outils les plus puissants dont nous disposons pour demander des comptes aux gouvernements.

Les résolutions de l’Assemblée générale ne sont pas contraignantes, pour autant les pays n’ont pas l’obligation légale de s’y conformer, alors comment pourraient-ils être tenus responsables ?

Les pays n’ont pas d’obligation légale, mais ils ont une obligation morale. En 2010, l’Assemblée générale a adopté une résolution reconnaissant pour la première fois le droit de chacun à l’eau et à l’assainissement. Cette résolution n’était pas non plus juridiquement contraignante ou exécutoire, mais elle a été le catalyseur d’une cascade de changements positifs qui ont amélioré la vie de millions de personnes. En effet, les pays ont réagi à cette résolution en modifiant leurs constitutions, leurs lois les plus élevées et les plus fortes. C’est ce qu’ont fait, entre autres, le Costa Rica, les Fidji, le Mexique, la Slovénie et la Tunisie. Et surtout, les États ont vraiment fait de l’exécution de leurs obligations en matière d’approvisionnement en eau potable une priorité absolue. Ainsi, [par exemple] au Mexique, le gouvernement a non seulement reconnu ce droit dans sa Constitution, mais a travaillé avec les communautés rurales pour fournir de l’eau potable à plus de 1.000 communautés rurales au cours de la dernière décennie. Le Canada a également travaillé avec les communautés autochtones pour améliorer les infrastructures d’eau et d’assainissement dans plus de 130 communautés au cours de la dernière décennie. Ces résolutions peuvent donc sembler abstraites, mais elles sont un catalyseur pour l’action et elles donnent aux gens ordinaires le pouvoir de demander des comptes à leurs gouvernements d’une manière très puissante.
La région de l'Amazonie, au Brésil.
La région de l’Amazonie, au Brésil.

Le Conseil des droits de l’homme a adopté le droit à un environnement sain l’année dernière. Avez-vous constaté des changements au niveau national depuis lors ?

Je pense qu’il y a eu des évolutions positives. Il est certain que l’on parle plus que jamais du droit à un environnement sain. Certains pays commencent à l’intégrer dans leur système juridique et des quantités de personnes à la base utilisent ce droit pour faire valoir que leur gouvernement devrait prendre des mesures plus énergiques en faveur du climat, de la qualité de l’air et de la biodiversité et des écosystèmes. L’effet ne se fait pas sentir du jour au lendemain, mais nous commençons déjà à en voir les premiers dividendes.

Quel est votre appel aux pays avant le vote ?

L’idéal serait que tous les pays du monde co-parrainent cette résolution et votent ensuite en sa faveur. Cela montrerait que tous les pays du monde comprennent l’importance d’un environnement sain pour l’avenir de l’humanité.
Le passage aux énergies renouvelables pourrait éviter 4 à 7 millions de décès dus à la pollution atmosphérique chaque année dans le monde.
Le passage aux énergies renouvelables pourrait éviter 4 à 7 millions de décès dus à la pollution atmosphérique chaque année dans le monde.

Un pays voterait-il « non » ? La mise en œuvre de cette résolution pose-t-elle des problèmes ?

Les pays ont des défis différents. Ainsi, certains pays ont une vision très conservatrice des droits de l’homme. D’autres pays, qui sont de grands producteurs de pétrole et de gaz, ont peut-être des craintes quant aux implications de la reconnaissance de ce droit.

Pourquoi le droit à un environnement sain devrait-il être reconnu comme un droit humain universel ?

La vie de tant de personnes sur cette planète est affectée par la crise climatique et la dégradation de l’environnement. Des milliards de personnes respirent aujourd’hui un air si pollué qu’il va réduire leur espérance de vie de plusieurs années. Des milliards de personnes dans le monde n’ont toujours pas accès à l’eau potable ou à une quantité suffisante d’eau. Des milliards de personnes dans le monde ne mangent pas des aliments sains et produits de manière durable, et nous souffrons tous du déclin de la biodiversité. Les gens doivent comprendre que la biodiversité est vraiment le fondement de la vie sur cette planète. Sans les plantes et les arbres qui produisent de l’oxygène, nous ne pourrions pas respirer. Sans les écosystèmes qui filtrent l’eau, nous aurions de très gros problèmes. Et la réalité est que nous avons besoin d’un climat sûr et vivable pour nous épanouir en tant qu’êtres humains. C’est pourquoi ce droit est d’une importance capitale. Depuis des décennies, les gouvernements promettent de nettoyer l’environnement et de faire face à l’urgence climatique, mais le droit à un environnement sain change la perspective des gens : ils ne supplient plus les gouvernements d’agir, ils exigent.

Que ferez-vous si la résolution est adoptée ?

Oh ! je sauterai de joie. Je serai tellement heureux et absolument ravi de la façon dont cela va augmenter et améliorer la qualité de vie des gens sur toute la planète.
Une femme avec un parapluie marche sous la pluie dans un champ
Une femme avec un parapluie marche sous la pluie dans un champ

Un appel au sein des Nations Unies

D’autres experts et Rapporteurs spéciaux des Nations Unies, la cheffe du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), Inger Andersen, ainsi que la Haute-commissaire aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, ont exprimé leur soutien à la reconnaissance du droit à un environnement sain au cours des derniers mois. En juin dernier, les résultats de la conférence Stockholm+50 recommandaient également aux États de « reconnaître et mettre en œuvre le droit à un environnement propre, sain et durable ». Cette action figure également parmi les priorités du Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, comme en témoignent Notre programme commun et l’Appel à l’action pour les droits de l’homme.

NOTE

Les Rapporteurs spéciaux des Nations unies, tels que M. Boyd, sont chargés de mandats thématiques ou nationaux spécifiques par le Conseil des droits de l’homme, dont le siège est à Genève, où ils rendent compte de leurs missions d’enquête ou de surveillance, généralement lors de l’une des trois sessions ordinaires annuelles du forum. Les postes d’experts au sein de la section des procédures spéciales du Conseil sont honorifiques et leurs titulaires ne sont pas rémunérés pour leur travail. onu_infos-2.png

 

Feux de forêts en Gironde : il faut construire le monde qui vient rappelle la SNPN

Depuis quelques jours la Gironde est confrontée à des feux de forêt violents sur des surfaces importantes. Ainsi, plus de 20 000 hectares ont malheureusement déjà brûlé, et les flammes sont encore actives même si les feux semblent désormais maîtrisés. L’urgence semblant désormais derrière nous, il est temps de tirer quelques analyses de ces événements, de remettre en perspective ces incendies et d’esquisser des pistes afin d’envisager l’avenir.

1. CES FEUX REPRÉSENTENT DES DÉSASTRES HUMAINS ET ÉCOLOGIQUES.

Ils provoquent d’abord des pertes économiques directes (filière forestière publique et privée ; campings et restaurants détruits) et indirectes (baisse de la fréquentation touristique en pleine saison, dévalorisation foncière…). Celles-ci peuvent être compensées en partie ou en totalité par la solidarité nationale. Ces incendies constituent aussi un choc culturel et patrimonial puissant pour les habitants car c’est le paysage et les imaginaires de cette terre de Gascogne qui sont affectés par les flammes. Seule une reconstruction qualitative associant la population peut effacer ou surmonter ce choc. Les pertes en matière de biodiversité sont immenses et ce sont deux écosystèmes forestiers très différents qui sont profondément affectés. Le premier est la forêt dite usagère du cordon dunaire, ancienne et relictuelle, très variée et d’une incroyable richesse écologique. Elle témoigne aussi de fonctions sociales héritées du Moyen âge dans son mode d’exploitation, qui constituent également un véritable patrimoine. La forêt de Landuras est une forêt d’exploitation, plus récente (les grands peuplements en pins maritimes datent du XIXe siècle et ont perduré jusqu’à présent) avec un modèle d’exploitation plus intensif, mais qui contient également une biodiversité significative et intéressante. Ce ne sont donc pas que les arbres qui sont affectés par les incendies, même s’ils en sont la partie la plus visible mais bien des écosystèmes forestiers dans l’ensemble de leurs composantes floristiques arborées, arbustives, et herbacées, mais aussi faunistiques, fongiques, microscopiques, etc.

2. APRÈS LE FEU IL EST IMPORTANT DE METTRE EN PLACE PLUSIEURS ACTIONS, AVEC DIFFÉRENTES TEMPORALITÉS.

D’abord, à court terme, il s’agit d’évaluer l’ampleur réelle des dégâts, économiques comme écologiques. Ces derniers peuvent être variables en surface et en intensité selon la façon dont le feu s’est comporté. Ensuite, à court et moyen terme, il s’agit de mettre en place des actions impactantes pour préserver ce qui subsiste et permettre la restauration des écosystèmes forestiers en conservant les potentialités écologiques et les capacités de régénération, et notamment :
  • Protéger et fixer les sols comme les dunes de l’érosion (vent marin, houle et tempêtes, pluies et ravinement). La pose de ganivelles, de freins à l’écoulement, la replantation d’oyats et d’autres techniques éprouvées peuvent être employées.
  • Protéger les sols du tassement (gros engins pour débarder le bois brûlé): les forestiers savent mettre en œuvre des techniques pour cela. Une aide financière de l’État pourrait être nécessaire pour compenser les éventuels surcoûts d’exploitation.
  • Protéger les espèces végétales et animales survivantes du piétinement et du dérangement (qui ajouteraient du stress supplémentaire). Il convient donc de limiter ou d’interdire temporairement les circulations humaines non indispensables, pendant un à deux ans, afin de laisser la nature tranquille.
  • Protéger les zones humides (mares, pannes dunaires, marais, ruisseaux…) de toute dégradation supplémentaire et du colmatage par des sédiments.
Enfin il est indispensable de prendre le temps de réfléchir à l’avenir de ce territoire, des humains qui y vivent et de sa biodiversité, et de se projeter à long terme. En effet, dans un contexte de réchauffement climatique prononcé qui va se renforcer, il est essentiel d’éviter le renouvellement d’un incendie d’ici 30 à 50 ans car ce pas de temps mettrait gravement en cause les écosystèmes et les espèces, et le devenir économique de la production forestière. La seule amélioration de la défense forestière contre les incendies (DFCI) et des moyens de lutte, même si elle est sans doute nécessaire, ne saurait suffire. Il paraît donc tout aussi indispensable d’accompagner également l’ensemble des propriétaires, forestiers et habitants de tout le territoire des landes de Gascogne (y compris celui qui n’a pas brûlé) pour éviter que se reproduisent de tels incendies en d’autres lieux et ainsi leur permettre de se projeter et de mieux construire un long terme viable, résistant et résilient. Pour cela, il apparaît nécessaire de repenser nos choix individuels et collectifs pour anticiper les changements environnementaux et climatiques et ne pas reproduire à l’identique un modèle économique et d’aménagement qui montre d’ores et déjà ses limites. En effet, une bonne partie de ces paysages végétaux n’ont pas beaucoup plus d’un siècle et les conditions climatiques, écologiques et sociales ont considérablement évolué depuis. Il est donc légitime de penser que d’autres solutions de renaturation sont possibles, voire souhaitables. Ainsi il paraitrait particulièrement mal avisé de replanter rapidement, massivement et de façon quasi exclusive en pins maritimes ou en espèces d’arbres exotiques à destination de la seule activité forestière industrielle.

3. DÉFINIR UNE TRAJECTOIRE ET UN PROJET DE TERRITOIRE BENEFIQUE A LA FOIS AUX HUMAINS ET A LA BIODIVERSITÉ

Il conviendrait davantage de privilégier une mosaïque paysagère avec :
  • Des espaces de régénération naturelle des écosystèmes et de la forêt où la biodiversité pourrait évoluer plus librement. La création d’espaces naturels protégés (espaces naturels sensibles, arrêtés de protection de biotope, réserves naturelles régionales ou nationales, parc national) pourrait permettre d’une part d’accompagner les propriétaires forestiers en difficulté économique en faisant racheter les parcelles par des structures comme le département, une association ou le Conservatoire du littoral, et d’autre part de constituer de réels réservoirs de biodiversité et d’expérimentation d’une adaptation aux changements climatiques. Ces espaces permettraient d’envisager une mutation et une diversification socio-économique avec une part plus importante d’éco-tourisme et de nouveaux métiers de gestion, de protection et de sensibilisation à l’environnement par exemple.
  • Des espaces de forêts de production mais avec davantage de mixité dans les boisements, intégrant systématiquement des essences endogènes, des cortèges variés, des modalités d’exploitation différenciées, etc. afin de sortir d’une logique de monoculture résineuse, et développant des expérimentations diversifiées pour ouvrir le champ des possibles face à un avenir incertain.
  • Des coupe-feux naturels larges et contenant une biodiversité riche afin de fragmenter le massif forestier. La restauration du caractère humide originel de parties de ce territoire gascon serait sans doute une solution à privilégier afin d’allier restauration des écosystèmes humides particulièrement menacés et raréfiés en France, reconstitution de fonctionnalités écologiques (ressource en eau par exemple) mises à mal par les changements environnementaux, réhabilitation de modes d’exploitation agro-pastoraux qui ont façonné l’identité gasconne pendant longtemps, et lutte contre les futurs incendies.

4. UNE MÉTHODE POUR CONSTRUIRE EN COMMUN L’AVENIR : LE DIALOGUE TERRITORIAL

Tout cela ne doit pas être décidé de façon verticale ou par l’influence de lobbies économiques sectoriels ou d’intérêts privés. Un dialogue territorial doit se mettre en place au niveau local, associant tous les élus, tous les acteurs, tous les habitants, et bénéficiant de l’éclairage de scientifiques indépendants, afin que ce territoire puisse construire collectivement une trajectoire et un avenir durable face aux changements environnementaux et climatiques qui s’accélèrent. Rémi LUGLIA, Président de la Société Nationale de Protection de la Nature

À propos de la SNPN

LOGO_SNPN_OFFICIAL_RVB.png La SNPN est une association à caractère scientifique qui se consacre à l’étude et à la protection de la nature, pour permettre aux écosystèmes et aux espèces d’exprimer le plus librement possible leurs potentialités adaptatives et évolutives. La qualité de leurs interrelations avec les sociétés humaines est également prise en compte. Fondée en 1854, elle est reconnue d’utilité publique depuis 1855. La SNPN a participé à la création de la convention de Ramsar de 1971 sur les zones humides et assure aujourd’hui sa politique de sensibilisation en France. L’action de la SNPN en faveur de ces milieux remarquables est quotidienne : elle gère deux réserves nationales en zones humides (Camargue et Grand-Lieu) et œuvre, depuis 2007, à la préservation des milieux humides d’Île-de-France. Enfin, elle coordonne et anime le laboratoire d’idées « Zones humides » qui émet des avis et fait des propositions pour la préservation de ces milieux.

 

Recul de la consommation des produits bio : quelles conséquences sur le dérèglement climatique et sur le pouvoir d’achat de demain ?

La consommation du bio en France est en baisse de 3,1% en valeur selon une étude de l’Institut de recherche et d’innovation publiée en février 2022. Sans doute à cause de la baisse du pouvoir d’achat. Mais, alors que c’est aujourd’hui que la planète a consommé toutes ses ressources disponibles pour l’année, nos choix ne sont pas anodins : l’alimentation de demain se prépare aujourd’hui, comme le rappelle le récent rapport de la Cour des Comptes sur l’agriculture biologique. Guy Deberdt, directeur général de Kaoka, spécialiste du cacao bio et éthique, a rédigé un avis d’expert sur le sujet, mettant notamment en avant que la déforestation et le pouvoir d’achat forment une spirale infernale.

Neutralité & séquestration : des propositions de gouvernance pour mieux intégrer les puits de carbone dans nos stratégies bas carbone. Une note du Comité 21

Le 7 juin dernier, le Comité 21 et l’Association Bilan Carbone (ABC) organisaient un webinaire sur le thème suivant : « Propositions de gouvernance pour mettre la séquestration au service de la neutralité carbone ». Ce premier travail de réflexion a été l’occasion de faire témoigner plusieurs acteurs du secteur : Nicolas Perrin (Enedis), Miriam Buitrago (ADEME), Vincent Girault (GRDF), et Marie-Véronique Gauduchon (Coopérative Carbone). Ils ont pu échanger sur le rôle de la séquestration dans l’atteinte de la neutralité carbone, sur l’appréhension par les politiques publiques de cet enjeu, ou encore sur les différentes échelles de gouvernance.

En amont de ces échanges, le Comité 21 et ABC ont co-rédigé une note intitulée « Neutralité & séquestration : des propositions de gouvernance pour mieux intégrer les puits de carbone dans nos stratégies bas carbone ? ». Cette note permet aux deux associations de développer des réflexions sur les modalités de gouvernance nécessaires pour faire de la séquestration une voie vers l’atteinte de la neutralité carbone.

introduction

A travers cette note, le Comité 21 et l’ABC présentent leurs réflexions sur la gouvernance utile pour la séquestration carbone, sujet que les deux organismes considèrent comme essentiels pour la réussite de l’atteinte de la neutralité carbone. Il s’agit en effet d’un levier indispensable. Pourquoi ce zoom sur l’enjeu de séquestration ? Nous pensons qu’il s’agit d’un levier indispensable pour l’atteinte de l’objectif que s’est fixé la France à travers la Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC), alors qu’il n’est souvent à ce stade traité que furtivement.

De nombreuses publications ont vu le jour ces derniers mois traitant de la neutralité, insistant particulièrement sur les besoins de définition et de compréhension. Nous souhaitons ici soulever les questions qui permettront de faire avancer la question du suivi et de l’absorption des émissions visant la neutralité carbone.

Nous reviendrons dans cette note sur quelques notions techniques utiles pour la bonne compréhension de la séquestration et nous nous focaliserons sur la gouvernance à mettre en place, aussi bien à l’échelle nationale que territoriale.

L’ABC et le Comité 21 ont souhaité s’associer pour la réalisation de cette publication pour plusieurs raisons. Nos deux associations travaillent sur ces enjeux climat depuis de nombreuses années et ont eu à plusieurs reprises l’occasion de collaborer. Nos réseaux respectifs d’acteurs engagés dans la transition nous ont fourni des témoignages que nous avons mobilisés pour illustrer concrètement nos affirmations et propositions autour des questionnements exprimés. En effet, d’un point de vue méthodologique nous avons pu questionner de nombreux experts que nous remercions.

Ce travail est un prélude à une série de documents approfondissant notre vision de la séquestration comme une des voies innovante et prometteuse pour atteindre la neutralité carbone.
Il est précisé que le traitement des océans comme source de séquestration n’entre pas dans le périmètre d’étude de cette publication car leur traitement aurait nécessité des études croisées avec les recherches internationales, alors que la publication a vocation à traiter des enjeux de gouvernance à l’échelle nationale.

L’ABC et le Comité́ 21 remercient chaleureusement les entreprises GRDF et ENEDIS pour leur soutien financier et leur collaboration tout au long de ce travail.

Sommaire

  • Le rôle de la séquestration dans l’atteinte de la neutralité carbone et sa place dans les politiques publiques et référentiels
    • Clarification des enjeux autour de la séquestration carbone
    • La place des puits de carbone et du secteur des terres dans les accords internationaux et politiques publiques
    • Panorama de la place des puits de carbone et du secteur des terres dans les normes, labels ou consortium autour de la neutralité carbone
  • Les enjeux en vue d’une gouvernance autour de la séquestration
    • À quelle échelle gouverner la séquestration ?
    • Quel périmètre géographique pour la réalisation des projets de préservation et développement des puits de carbone ?
    • Des acteurs divers, nombreux et inégaux face à l’enjeu de neutralité carbone
    • Enjeu de temporalité : la séquestration est un processus long et doit être anticipé
    • L’accès aux données et la sensibilisation des territoires, un enjeu crucial
  • Pistes pour mieux intégrer la séquestration dans la stratégie de neutralité carbone de la France
    • La Nécessité d’une impulsion stratégique de l’Etat pour orienter les territoires et les entreprises
    • Un rôle déterminant des régions (et des territoires) dans la définition et la mise en oeuvre des politiques de séquestration
    • Sensibiliser les décideurs et techniciens aux enjeux de la préservation et du développement des puits de carbone au sein des écosystèmes
    • Développer des dispositifs locaux favorisant le passage
    • La nécessité de mieux évaluer le potentiel de séquestration des territoires et des organisations à l’action et favorisant la coordination entre acteurs
    • Lutter contre l’artificialisation grâce aux outils fiscaux
    • La nécessaire complémentarité entre politique climatique et politique de préservation de la biodiversité

Neutralité & séquestration : des propositions de gouvernance pour mieux intégrer les puits de carbone dans nos stratégies bas carbone ?

Bilan du Forum Politique de Haut Niveau 2022

Le Forum Politique de Haut Niveau (FPHN) pour le développement durable est l’enceinte des Nations Unies pour le suivi, à l’échelle globale, de la mise en œuvre de l’Agenda 2030 et de ses 17 Objectifs de Développement Durable (ODD).

Cette année, il a eu lieu en présentiel du 5 au 15 juillet et le Comité 21 a eu le plaisir de faire partie de la délégation française présente à l’événement.

Pour faire un bilan du FPHN 2022 et pour partager les enseignements tirés de cet évènement, l’association a organisé un webinaire le 19 juillet dernier.

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Ressources pour se former sur le changement climatique et la biodiversité

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Vous souhaitez vous former sur le changement climatique, la biodiversité etc. et vous ne savez pas par où commencer ? Bonne nouvelle, il y en a pour tous les goûts, dans tous les formats. Voici une liste non exhaustive mais extrêmement pertinente sélectionnée avec soin par Le Bon Pote, média indépendant : vidéos, livres, podcats … des centaines d’heures de travail et de recherche pour sélectionner les ressources essentielles pour s’informer et se former. Merci à Thomas Wagner.

Outre-Mer : La Réunion révise sa programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE)

La dernière programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) de l’île de La Réunion opère un véritable tournant vert, en établissant de nouvelles priorités d’actions qui visent à atteindre une maîtrise de l’énergie. Au programme : beaucoup moins de fossiles et bien plus de biomasse, de photovoltaïque, d’énergie de récupération.

Un décret, paru jeudi 21 avril, rebat les cartes de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) de La Réunion, adoptée en 2017. Cette nouvelle mouture couvre deux périodes de cinq ans – de 2019 à 2023, puis de 2024 à 2028. Le texte détermine les priorités concernant « toutes les énergies du point de vue de la maîtrise de la demande, de la diversification des sources d’énergie, de la sécurité d’approvisionnement, du développement du stockage de l’énergie et des réseaux », développe le décret.

Dans le détail, la PPE encadre la mise en œuvre de la transition énergétique de l’île. Une synthèse de la préfecture de la région Réunion en énonce les points saillants : « les autorisations d’exploiter les centrales de production électrique » ; l’« optimisation de l’intégration des énergies renouvelables (EnR) sur le réseau » ; « le lancement d’appels d’offres photovoltaïques par la Commission de Régulation de l’Énergie, si les objectifs de développement de la filière fixés par la PPE ne sont pas atteints » ; la présentation d’un « plan stratégique [d’investissement] pour les exploitants produisant plus du tiers de la production électrique régionale » ; le « déploiement des bornes ouvertes au public pour la recharge des véhicules électriques.

Halte au fossile, bienvenue à la biomasse

La majorité des importations énergétiques de la Réunion sont des combustibles fossiles. L’une des priorités de cette nouvelle PPE est d’abandonner en grande partie le recours à ces énergies fossiles (charbon et du fioul lourd en tête) dès 2023. Comment ? En misant sur la conversion à la biomasse des centrales thermiques au charbon (Albioma) et au fioul (EDF PEI).

A l’avenir, les deux centrales d’Albioma carbureront majoritairement grâce à l’importation de pellets de bois (biomasse solide) pour remplacer le charbon. La centrale fioul EDF PEI sera, quant à elle, convertie à la biomasse liquide, issue d’huiles végétales (colza, tournesol, mais pas d’huile de palme, ni de soja), voire d’huiles organiques issues d’huiles de cuisson usagées et de graisses animales.

Sécurisation des approvisionnements

Nombre de ces ressources seront importées. Et la préfecture de La Réunion de rappeler que leur impact sur la biodiversité et la forêt est maîtrisé, compte tenu de l’exigence de conformité aux critères de durabilité de la biomasse issue du droit européen, et plus particulièrement de la directive RED II.

« Sur la zone d’approvisionnement identifiée, lorsqu’une tonne de bois est récoltée, il en pousse 1,9 tonne sur la même période. Les projets de combustion de biomasse inscrits à la PPE permettent également une forte réduction des émissions nettes de gaz à effet de serre par rapport à la situation actuelle (- 84 % pour la biomasse solide et – 65 % pour la biomasse liquide) », développe cette même synthèse.

Cap sur les EnR et la récupération

D’autres EnR que la biomasse seront mobilisées. La PPE fixe des objectifs ambitieux pour le développement du photovoltaïque qu’elle qualifie d’« ENR mature », et dont les « coûts de production [sont] en forte baisse ». L’objectif visé est de + 250 à +310 MW à l’horizon 2028 (190 MW actuellement). L’éolien terrestre vise +75 MW pour 2028 et inclut le renouvellement des centrales de Sainte-Rose et Sainte-Suzanne.

La PPE incite également à pousser d’autres projets moins significatifs sur l’île, comme la petite hydroélectricité, la géothermie, l’éolien offshore, ou encore l’énergie marine. Il est également prévu d’accélérer sur les combustibles solides de récupération afin d’atteindre une production de 130 kt/an. Soit 7 % de la production électrique annuelle de La Réunion.

Maîtriser la demande d’énergie  

Comme le dit l’adage : la meilleure énergie, c’est celle qu’on ne consomme pas. C’est pourquoi la PPE accorde une attention toute particulière à la question de la maîtrise de la demande en électricité (MDE). La programmation fixe un objectif de réduction de 8 % de consommation d’électricité en 2028. Ce qui correspond, peu ou prou, « à 438 GWh évités en 2028 ». Soit la consommation annuelle de 300 000 habitants.

A ce titre, il existe, depuis janvier 2019, un dispositif de financement des actions MDE nommé cadre territorial de compensation. Lequel « est spécifique aux ZNI (Zones non interconnectées au réseau métropolitain continental, ndlr) et chaque territoire concerné, dont La Réunion, élabore son propre cadre territorial de compensation », détaille la synthèse.

Cette MDE passera par tout un panel d’actions d’économies d’énergie mis en place pour le consommateur final. Citons : l’amélioration du bâti, la production d’eau chaude sanitaire par le solaire ou des technologies électriques performantes, ou encore le remplacement d’équipements existants par des matériels plus efficaces.

Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) La Réunion 2019-2028 Synthèse

 

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Crise climatique, pollution, perte de biodiversité : il faut changer notre relation avec la nature selon un rapport de l’IPBES soutenu par l’ONU

Climat et environnement
Un papillon perché sur une feuille dans la province d'Alajuela, au Costa Rica.
Un papillon perché sur une feuille dans la province d’Alajuela, au Costa Rica.
Lors d’un débat, mardi, à l’Assemblée générale, des hauts responsables des Nations Unies ont encouragé les habitants de la planète à changer leur relation avec la nature alors que la Terre est menacée par la crise climatique, la pollution et la perte de biodiversité.
« Nous savons que la situation est désastreuse. J’ai vu cela dans mon propre pays, les Maldives. Tout récemment, plus d’un tiers des îles habitées ont été touchées par la houle – inattendue à cette période de l’année, affectant les vies, les moyens de subsistance, l’agriculture, le sol et les habitations. Imaginez, quand la mer se précipite sur l’île, sans avertissement, et sans nulle part où aller », a raconté le Président de l’Assemblée générale, Abdulla Shahid, à l’ouverture de ce débat intitulé « Moment pour la nature ».
« Nous savons que nous acculés à cause de notre imprudence. Nous savons que cela ne fera qu’empirer, et rapidement, alors que nous continuons à retarder les actions nécessaires », a-t-il ajouté. Mais, selon lui, il « n’est pas trop tard ». « Nous sommes encore capables de changer les choses », a dit M. Shahid. « Ensemble, nous possédons le savoir-faire et les ressources pour réaliser des transformations durables ; des transformations qui peuvent nous mener vers un monde plus résilient et plus prospère ». Selon lui, l’Assemblée générale des Nations Unies a un rôle essentiel à jouer dans la sensibilisation, la promotion d’un consensus politique, la galvanisation de l’élan et l’orientation stratégique du système des Nations Unies en la matière. « Cette Assemblée peut faciliter les partenariats au sein de la communauté mondiale à l’échelle de l’ambition nécessaire », a-t-il souligné.
Lîle de Fuvahmulah, aux Maldives.
Lîle de Fuvahmulah, aux Maldives.

Les êtres humains ont la « clé des solutions »

Dans un message vidéo diffusé lors du débat, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a rappelé qu’une « planète saine est le fondement du bien-être humain, du développement durable et de la prospérité à long terme ». Face à la triple crise du dérèglement climatique, de la perte de biodiversité et de la pollution, les êtres humains détiennent la « clé des solutions » puisque « les activités humaines sont à l’origine de cette urgence planétaire », a-t-il affirmé. Selon le chef de l’ONU, « il est maintenant temps de transformer notre relation avec la nature et de tracer une nouvelle voie ». « Ensemble, nous pouvons et devons guider l’humanité sur la voie d’une vie en harmonie avec la planète », a-t-il déclaré. Il juge d’abord nécessaire de « limiter la hausse de la température mondiale à 1,5 degré Celsius ». « Lors de la conférence sur le climat COP 27 en Égypte, nous avons besoin d’engagements qui permettront une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 45% d’ici 2030 afin que nous puissions atteindre zéro émission nette d’ici le milieu du siècle », a-t-il dit. Deuxièmement, il faut « arrêter et inverser la perte de nature ». « Lors de la conférence sur la biodiversité COP 15 à Montréal, nous avons besoin d’un accord mondial audacieux qui s’attaque aux principaux moteurs de la perte de biodiversité », a-t-il dit.

Changer nos modes de consommation

Le Président du Conseil économique et social des Nations Unies (ECOSOC), Collen V. Kelapile, a également estimé qu’il fallait « faire tout ce que nous pouvons pour changer nos modes de consommation et de production ». « Nous devons émerger de l’autre côté du tunnel dans un monde qui agit de manière responsable, en répondant durablement aux besoins croissants de nos populations et en préservant la nature et notre environnement », a-t-il souligné dans un discours. « Si nous retrouvons l’équilibre avec la nature et limitons nos activités humaines, nous avons de bonnes chances de réussir. Nous le devons à nous-mêmes, et surtout aux générations futures », a-t-il ajouté. onu_infos.png

La valeur de la nature ne doit pas être supplantée par la poursuite du profit à court terme

Les abeilles jouent un rôle essentiel pour les plantes.
Les abeilles jouent un rôle essentiel pour les plantes.
Les valeurs que nous attribuons à la nature sont des éléments vitaux de nos cultures, identités, économies et modes de vie, qui devraient tous se refléter dans les décisions politiques concernant notre monde naturel, selon un nouveau rapport soutenu par l’ONU publié lundi. Le nouveau rapport d’évaluation de la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) constate toutefois que lors de la prise de décisions politiques, l’accent est trop mis sur les bénéfices à court terme et la croissance économique qui sous-évaluent souvent la nature. Organe scientifique et politique intergouvernemental indépendant, le secrétariat de l’IPBES est assuré par le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE). Dans le rapport approuvé samedi par les représentants des 139 États membres, les coprésidents Unai Pascual, Patricia Balvanera, Mike Christie et Brigitte Baptiste soulignent que les moyens d’intégrer la nature dans l’élaboration des politiques sont « en quantité limitée ». Priorité accordée aux valeurs marchandes Alors que les décisions économiques et politiques donnent surtout la priorité aux valeurs marchandes de la nature, comme dans la production alimentaire intensive, elles ne reflètent pas de manière adéquate la façon dont les changements dans le monde naturel affectent la qualité de vie des gens. De plus, l’élaboration des politiques néglige les nombreuses valeurs non marchandes associées aux contributions de la nature aux communautés, telles que la régulation du climat et l’identité culturelle. « Seulement 2% des plus de 1.000 études examinées consultent les parties prenantes sur les résultats de l’évaluation et seulement 1% des études impliquent les parties prenantes à chaque étape du processus d’évaluation de la nature », ont-ils expliqué. Trouver un équilibre « Vivre de, avec, dans et comme la nature » signifie fournir des ressources qui soutiennent les moyens de subsistance, les besoins et les désirs des gens, y compris la nourriture et les biens matériels, selon le communiqué de presse publié avec le rapport. Il se concentre également sur la vie non humaine, comme les droits intrinsèques des poissons d’une rivière à « prospérer indépendamment des besoins humains », et considère le monde naturel comme une « partie physique, mentale et spirituelle de soi ». « L’évaluation des valeurs fournit aux décideurs des outils et des méthodes concrets pour mieux comprendre les valeurs que les individus et les communautés ont à propos de la nature », a déclaré Mme Balvanera. Selon M. Christie, « l’évaluation est un processus explicite et intentionnel », qui dépend de « comment, pourquoi et par qui l’évaluation est conçue et appliquée ». Suivant cette logique, Mme Baptiste a ajouté que « reconnaître et respecter les visions du monde, les valeurs et les connaissances traditionnelles des peuples autochtones et des communautés locales permet aux politiques d’être plus inclusives, ce qui se traduit également par de meilleurs résultats pour les personnes et la nature ». Changement axé sur la durabilité et la justice Les auteurs ont identifié quatre « points de levier » centrés sur les valeurs pour créer les conditions nécessaires à un changement transformateur axé sur la durabilité et la justice. Cela va de la reconnaissance des diverses valeurs de la nature à l’intégration de la valorisation dans la prise de décision et la réforme des politiques, pour s’aligner sur les objectifs mondiaux de durabilité et de justice. « La biodiversité est en train de disparaître et les contributions de la nature aux populations se dégradent plus rapidement qu’à n’importe quel autre moment de l’histoire de l’humanité », a déclaré Ana María Hernández Salgar, présidente de l’IPBES. « C’est en grande partie parce que notre approche actuelle des décisions politiques et économiques ne tient pas suffisamment compte de la diversité des valeurs de la nature ».
Rapport d'évaluation de la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES)
Rapport d’évaluation de la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES)

 

Chaud Dedans ! La campagne de Wellfarm qui alerte sur les souffrances des animaux liées aux fortes chaleurs et au réchauffement climatique.

Avec sa grande campagne Chaud Dedans !, qui bénéficie d’un important soutien populaire, Welfarm alerte sur les souffrances des animaux liées aux fortes chaleurs et au réchauffement climatique. Source de propositions, nous venons de transmettre nos recommandations aux ministères de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, de la Santé et de la Prévention, au secrétaire général à la Planification écologique et à la secrétaire d’État chargée de l’Écologie. Elles sont issues de l’état actuel des connaissances scientifiques et de concertations avec des professionnels de l’élevage. Elles sont réalistes et certaines applicables dès à présent. index-4.png Créée à l’initiative de Welfarm, la campagne « Chaud Dedans ! » est inédite. Sous l’effet du changement climatique, l’intensité et la fréquence des épisodes de canicule vont augmenter, faisant peser des risques accrus sur le bien-être des animaux d’élevage. La campagne vise à alerter le grand public et les acteurs institutionnels sur les souffrances que les animaux d’élevage subissent en période de fortes chaleurs.

Adapter l’élevage au réchauffement climatique

Le 15 juillet, Welfarm a transmis ses recommandations au gouvernement. L’ambition générale est de protéger les animaux des températures excessives et de les laisser exprimer les comportements qui leur permettent de réguler leur température corporelle. Avec le soutien de France Nature Environnement (FNE), Welfarm défend la nécessité d’un mode d’adaptation au changement climatique considéré comme « transformationnel ». En d’autres termes, nous souhaitons que les conditions d’élevage et de transport des animaux changent en profondeur, dans le but de faire face de manière optimale aux effets du changement climatique.

Des conséquences déjà visibles pour les animaux et les éleveurs

En juin, la France a vécu l’une des plus précoces vagues de chaleur de son histoire, suivie par une autre qui sévit actuellement. Ces épisodes se multiplieront à l’avenir et les animaux d’élevage en souffrent déjà. Les éleveurs en subissent également les conséquences, notamment financières : les fortes chaleurs entraînent d’importantes mortalités, en particulier dans les élevages où les animaux sont maintenus à de fortes densités. Les épisodes caniculaires de 2019 en France ont par exemple entraîné une surmortalité de l’ordre de 40% dans les élevages de porcs et volailles1. Le 14 juin, Olivia Grégoire, alors porte-parole du gouvernement, a annoncé un nouveau programme de « renaturation des villes et des centres-villes » dotés de 500 millions d’euros pour faire face aux vagues de chaleur. Le gouvernement admet donc l’urgence de s’adapter au réchauffement climatique. Cette volonté d’adaptation ne doit pas se limiter aux villes et aux activités humaines mais s’étendre également aux animaux d’élevage.

Les principales revendications de Welfarm pour les élevages

DES MESURES À MOYEN TERME (TRANSFORMATIONNELLES)
  • Réduire les densités en élevage tout au long de l’année
  • Offrir un accès au plein air ou, a minima, à des jardins d’hiver ou courettes ; aménager les parcours extérieurs et les bassins pour les poissons pour permettre aux animaux de disposer de zones d’ombrage
  • Adapter le rythme d’activité des animaux terrestres ; permettre aux animaux terrestres d’adopter des positions et/ou d’aller dans des lieux de repos dans le bâtiment
  • Permettre aux animaux d’exprimer leurs comportements naturels ; privilégier une sélection génétique plus respectueuse des animaux (en privilégiant notamment les races rustiques)
  • Interdire les mutilations, qui peuvent nuire aux capacités de thermorégulation des animaux
  • Adapter le choix des sites et la conception des bâtiments

Les principales revendications de Welfarm pour les transports

DES MESURES À MOYEN TERME (TRANSFORMATIONNELLES)
  • Interdire les transports des animaux terrestres par plus de 30°C
  • Interdire les transports d’animaux par route de plus de 8 heures, quel que soit le lieu de destination final
  • Interdire les exportations d’animaux vivants à destination des pays tiers (hors Union européenne)
  • À titre transitoire, s’assurer qu’un plan d’urgence, comprenant des mesures dédiées aux fortes chaleurs, accompagne systématiquement tous les transports d’animaux

Des mesures d’urgence à mettre en place systématiquement et à court terme

Les recommandations suivantes, aussi portées par les filières, devraient être systématiquement mises en place pour prévenir le stress thermique des animaux.
  • Dans les élevages : garantir un accès permanent à une eau fraîche et propre, adapter les rations alimentaires (rations appétentes et digestives, distribution aux heures les moins chaudes…), gérer les paramètres d’ambiance dans les bâtiments et bassins (ventilation, brumisation…), limiter les interventions et les manipulations des animaux lors des heures chaudes.
  • Dans les transports : vérifier la disponibilité en eau, réduire les densités de chargement, charger et décharger les animaux sans délai, éviter les trajets en milieu de journée et lors des pauses, brumiser les animaux (en particulier pour les porcs et éventuellement les bovins, caprins et ovins), adapter les heures d’abattage.

Recommandations Fortes Chaleurs Wellfarm

Recommandations Fortes Chaleurs Wellfarm Toutes ces mesures, qu’elles soient d’ordre transformationnel ou d’urgence, ont vocation à être intégrées au Plan National Vagues de Chaleur et au Plan National d’Adaptation au Changement Climatique (PNACC-2).

TruckAlert, la première application permettant de signaler les bétaillères circulant malgré des températures caniculaires

capture_d_e_cran_2022-07-18_a_11.28_31.png Dans le cadre de Chaud Dedans !, Welfarm relance l’application TruckAlert. L’objectif : rendre visibles les millions de vaches, cochons, moutons, poules qui suffoquent chaque été en silence dans les camions. Quand Météo France annonce des températures supérieures à 30° C dans sa région, l’utilisateur reçoit une alerte sur son téléphone. Dès qu’il croise une bétaillère chargée d’animaux, il lui suffit de se connecter et d’appuyer sur « Je signale un camion ». Son téléphone est géolocalisé, l’heure et la température exactes sont enregistrées et envoyées à Welfarm. Ce travail de « lanceurs d’alerte » nous permet de montrer aux autorités à quel point les mesures actuelles pour protéger les animaux durant les épisodes de fortes chaleurs sont inefficaces. – Plus d’informations sur TruckAlert

À propos de WELFARM – Protection mondiale des animaux de ferme :

WELFARM est une association française et indépendante créée en 1994, dont la mission est reconnue d’utilité publique. Elle œuvre depuis plus de 25 ans pour une meilleure prise en compte du bien-être des animaux d’élevage à toutes les étapes de leur vie : élevage, transport et abattage. Welfarm emploie à ce jour près de 30 salariés et son siège social se situe à Metz (57). Forte du soutien de ses 29 000 membres et donateurs, l’association agit exclusivement grâce à leur générosité. WELFARM est membre du Comité d’Experts « bien-être animal » du ministère de l’Agriculture (CNOPSAV). WELFARM, 176, avenue André Malraux BP 80242, METZ CEDEX 1, . FRANCE France

À propos de France Nature Environnement :

France Nature Environnement est le plus grand mouvement français de protection de la nature et de l’environnement. Nous fédérons, au sein de 46 organisations adhérentes, plus de 9 000 associations présentes sur tout le territoire français, en métropole et outre-mer.

 

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Le rafraîchissement des villes par les arbres expliqué par l’INRAE

La préparation de la « ville durable » au changement climatique passe par une meilleure prise en compte du confort thermique dans l’espace urbain.

illustration du rafraîchissement des villes par les arbres
illustration du rafraîchissement des villes par les arbres
Parmi les stratégies d’adaptation des villes au changement climatique et notamment aux épisodes de chaleur extrême, la réintroduction d’arbres en milieu urbain est une voie prometteuse car, par leur transpiration et leur ombrage, ils ont un impact significatif sur le bilan thermique de l’atmosphère environnante. L’augmentation des surfaces végétales en ville semble une solution favorablement partagée par les habitants. L’impact positif du rafraichissement est renforcé par d’autres services écosystémiques que peut fournir la végétation aux habitants, comme par exemple la filtration de l’air, la biodiversité en ville et également l’aspect ludique et social. Mieux expliciter les interactions entre les arbres et la ville a donc constitué l’objet principal d’un projet ANR porté par l’UMR PIAF, COOLTREES, pour concevoir des villes durables où les aménagements arborés prennent tout leur sens et leur place. Les bénéfices thermiques potentiels des arbres dans un environnement urbain avaient jusqu’ici été peu étudiés, notamment pour les arbres de rue. Le feuillage constitue en fait une véritable carapace absorbante. L’impact des arbres est d’autant plus flagrant en plein soleil : la température mesurée est 7°C plus faible sous les arbres à 13 heures[[Ces valeurs sont celles modélisées pour une rue classique, bordée de bâtiments et plantée d’arbres de chaque côté.]]. Un outil de simulation, LASER.T, permettant de simuler l’impact des arbres sur le microclimat urbain et leur fonctionnement a été conçu et mis au point au cours du programme de recherche. Il simule de manière couplée les interactions thermo-radiatives entre les différents éléments d’un paysage urbain, végétation incluse, et est capable de spatialiser le microclimat au sein des houppiers. De même une base de données regroupant toutes les mesures effectuées entre 2014 et 2018 est également disponible. Le modèle sera mis à disposition en open source. Le développement d’une interface graphique permettra également son utilisation par des non scientifiques (techniciens des espaces verts et des parcs, aménageurs de l’espace urbain…), afin de leur permettre d’évaluer, par exemple, la pertinence d’un aménagement arboré.
Deux zones ombragées de la ville de Strasbourg.
Deux zones ombragées de la ville de Strasbourg.
Ce projet a donc permis d’avancer dans les connaissances des arbres en ville et de proposer un premier cadre de modélisation, mais qui reste à préciser et affiner : cela fait l’objet d’un nouveau programme de recherche ANR qui démarre, TIR4sTREEt, coordonné par l’INSA de Strasbourg et dont INRAE est partenaire (UMR PIAF et UMR Sylva). Un fascicule de vulgarisation et un site web ont été conçus pour présenter le projet COOLTREES et ses résultats, le modèle LASER.T et son utilisation, notamment pour les professionnels. Synthese_Cooltrees

 

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Les objectifs de développement durable sont atteignables « malgré ces temps difficiles », selon l’ONU

Développement durable (ODD)
Viki Bokanda, un garçon de 15 ans, apprend à coudre dans le centre de promotion sociale pour l'autonomisation des jeunes filles, à Kisangani, dans le nord-est de la République démocratique du Congo.
Viki Bokanda, un garçon de 15 ans, apprend à coudre dans le centre de promotion sociale pour l’autonomisation des jeunes filles, à Kisangani, dans le nord-est de la République démocratique du Congo.
Malgré deux ans d’une « lutte surréaliste » contre la pandémie de COVID-19 et des défis planétaires toujours plus nombreux, l’optimisme pour parvenir au développement durable ne faiblit pas, a déclaré ce mercredi le Président du Conseil économique et social des Nations Unies (ECOSOC), Collen V. Kelapile. Réunis dans la salle de l’Assemblée générale pour le Forum politique de haut niveau sur le développement durable depuis le 5 juillet, les Etats membres examinent comment des politiques de relance pourraient inverser les effets négatifs de la pandémie sur les efforts pour parvenir au développement durable. « Il est vrai que nous vivons désormais dans un monde où les conflits, les inégalités, la pauvreté et la souffrance s’aggravent, où l’on observe une instabilité économique, une crise énergétique et alimentaire imminente, une augmentation des niveaux d’endettement, un ralentissement des progrès vers l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes », a énuméré M. Kelapile, pour qui tous ces défis mondiaux ne doivent cependant en aucun cas entamer la détermination à agir. « L’un des messages clés entendus au cours des derniers jours de ce Forum politique de haut niveau est que malgré ces temps difficiles, il souffle continuellement un air d’optimisme, et que le Programme de développement durable à l’horizon 2030 nous offre un cadre pour reconstruire en mieux », a-t-il ajouté lors du segment ministériel du forum mercredi.

L’équité en matière de vaccins

Le monde est en grande difficulté, mais « nous sommes loin d’être impuissants », a déclaré à son tour le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, devant le forum. Il a présenté un plan de redressement commençant par la garantie d’un accès équitable aux vaccins, aux thérapies et aux tests contre la COVID-19 dans le monde entier. « Il est très important de produire un gros effort pour élargir le nombre de pays capables de produire des vaccins, des diagnostics et d’autres technologies d’avenir », a-t-il déclaré. Les pays doivent également redoubler d’efforts pour s’assurer que les futures épidémies soient mieux gérées, en renforçant les systèmes de santé et en garantissant une couverture sanitaire universelle.
Un agent de santé au Mali prépare l'une des 396 000 doses de vaccin contre la Covid-19 fournies au pays d'Afrique de l'Ouest par le biais de la facilité COVAX.
Un agent de santé au Mali prépare l’une des 396 000 doses de vaccin contre la Covid-19 fournies au pays d’Afrique de l’Ouest par le biais de la facilité COVAX.

Crise alimentaire et énergétique

Le chef de l’ONU a également souligné la nécessité de s’attaquer aux crises alimentaire, énergétique et financière en cours, déclarant que la production alimentaire de l’Ukraine, ainsi que les aliments et les engrais produits par la Russie, devaient être de retour sur les marchés mondiaux malgré la guerre faisant rage. « Nous avons travaillé dur sur un plan permettant d’exporter en toute sécurité les denrées alimentaires produites par l’Ukraine via la mer Noire et les denrées alimentaires et engrais russes vers les marchés mondiaux », a-t-il déclaré. « Je remercie les gouvernements concernés pour leur coopération continue ».

S’attaquer aux inégalités économiques

Toutefois, les crises actuelles ne peuvent être résolues sans une solution à la crise des inégalités économiques dans le monde en développement, a-t-il ajouté, appelant à davantage de ressources ainsi qu’à la flexibilité et à la compréhension de la part des institutions financières mondiales.
Une mère ukrainienne et son fils regardent une photo de famille dans leur chambre d'un centre d'hébergement pour réfugiés à Chisinau, en Moldavie.
Une mère ukrainienne et son fils regardent une photo de famille dans leur chambre d’un centre d’hébergement pour réfugiés à Chisinau, en Moldavie.
« Nous ne devons pas oublier que la majorité des personnes pauvres ne vivent pas dans les pays les plus pauvres ; elles vivent dans les pays à revenu intermédiaire.  Si elles ne reçoivent pas le soutien dont elles ont besoin, les perspectives de développement des pays à revenu intermédiaire fortement endettés seront sérieusement compromises », a-t-il ajouté. Le Secrétaire général a également appelé à une « nouvelle donne mondiale » pour que les pays en développement puissent obtenir une chance équitable de construire leur propre avenir, et à une réforme du système financier mondial pour qu’il « fonctionne pour les vulnérables, et pas seulement pour les puissants ».

Un forum en septembre sur l’éducation

La pandémie a révélé des inégalités flagrantes, tant au sein des pays qu’entre eux, et comme dans toutes les crises, ce sont les plus vulnérables et les plus marginalisés qui sont les plus touchés. « Il est temps de donner la priorité à l’investissement dans les personnes, de construire un nouveau contrat social, fondé sur une protection sociale universelle, et de remanier les systèmes d’aide sociale mis en place au lendemain de la Seconde Guerre mondiale », a déclaré M. Guterres. 
Des élèves de Bol, au Tchad, reçoivent des kits scolaires de la part de L'Éducation sans délai et de l'UNICEF.
Des élèves de Bol, au Tchad, reçoivent des kits scolaires de la part de L’Éducation sans délai et de l’UNICEF.
Tout espoir de résoudre les défis du monde commence par des investissements dans l’éducation, a-t-il ajouté, mais ce secteur aussi est « en proie à une crise d’équité, de qualité et de pertinence », selon lui. Le chef de l’ONU organisera un sommet en septembre pour que les dirigeants mondiaux s’engagent à nouveau à faire de l’éducation un bien public mondial.

La révolution des énergies renouvelables

Pour son dernier point, le chef de l’ONU a plaidé en faveur d’une action climatique ambitieuse, avertissant que la bataille pour maintenir la hausse de la température mondiale à 1,5 degré au-dessus des niveaux préindustriels sera gagnée ou perdue durant la décennie actuelle. « Mettre fin à la dépendance mondiale aux combustibles fossiles par une révolution des énergies renouvelables est la priorité numéro un », a-t-il déclaré. « J’ai demandé qu’il n’y ait pas de nouvelles centrales à charbon et qu’il n’y ait plus de subventions aux combustibles fossiles, car financer les combustibles fossiles est délirant, et financer les énergies renouvelables est rationnel ». capture_d_e_cran_2022-07-14_a_12.52_50.png

 

Sècheresse et raréfaction de la ressource en eau : s’adapter au changement climatique

capture_d_e_cran_2022-07-09_a_18.02_26.png Sol sec et craquelés, cours d’eau à sec ou au débit faible, incendies de forêts… Les signes de la sécheresse sont nombreux et avec des conséquences à court ou long terme qui peuvent avoir de sérieux impacts sur la population et l’écosystème. D’où vient la sécheresse ? Quelles sont les zones les plus touchées en France ? Comment agir pour lutter contre les risques de la sécheresse?

Qu’est-ce que la sècheresse ?

La sècheresse est un phénomène naturel qui se caractérise par un manque d’eau sur une durée suffisamment longue pour affecter les sols et la végétation. En France, on considère qu’il y a sécheresse lorsqu’aucune goutte de pluie (soit moins de 0,2 mm/jour) n’est tombée pendant 15 jours consécutifs. Il existe 3 types de sécheresse indépendantes mais qui peuvent se cumuler : – La sécheresse météorologique (ou atmosphérique) correspond à une pluviométrie trop faible sur une durée prolongée. – La sécheresse agricole existe lorsque le taux d’humidité dans les sols est trop faible pour assurer des bonnes conditions de cultures. – La sécheresse hydrologique se manifeste lorsque le niveau des cours (eaux souterraines dans les nappes phréatiques et eaux de surface dans les rivières, lacs et fleuves) d’eau baisse significativement, on parle alors d’étiage. ThinkstockPhotos-491962870-1.jpg Les causes naturelles Le déficit d’eau et des températures élevées sont les principales causes de sécheresse. En cas de précipitations insuffisantes en hiver et au printemps, les réserves d’eau ne peuvent pas se recharger suffisamment pour maintenir un équilibre hydrologique. Et si ce manque d’eau s’accompagne de températures élevées, cela entraîne une augmentation naturelle de l’évaporation et de l’évapotranspiration des plantes, avec pour conséquences un assèchement et une érosion des sols. Et le réchauffement climatique tend à favoriser ces phénomènes. capture_d_e_cran_2022-07-09_a_18.03_46.png Les causes humaines Une consommation d’eau excessive par les activités humaines peut entraîner une aggravation de la sécheresse. Lorsque les réserves d’eau diminuent en raison d’une météorologie défavorable (anticyclone persistant), elles ne sont pas toujours gérées efficacement par l’homme dans le cadre de ses exploitations agricoles, industrielles et domestiques. Une surexploitation des ressources en eau peut entraîner un assèchement des nappes phréatiques et menacer leur pérennité. Quelles sont les zones les plus touchées par la sécheresse en France ? Selon deux indices produits par des climatologues (SSWI : indice d’humidité des sols et SFI : indice hydrologique), la durée de la déshydratation des sols superficiels est plus importante en Provence, en Pays de la Loire, dans le bassin parisien et les plaines d’Alsace et de Limagne qu’ailleurs en France métropolitaine. En savoir plus sur les conséquences de la sécheresse sur la flore, les sols, la faune, pour l’homme, sur l’agriculture, sur l’alimentation en eau potable, sur la qualité de l’eau, sur la production d’électricité. Comment agir pour prévenir les risques ? Pour lutter contre les risques encourus par la sécheresse (manque d’eau pour la population, l’agriculture, la faune et la flore), il est important de mettre en place des mesures de prévention et de gestion des réserves. Comment faire en cas de sécheresse ? Pour faire face à une insuffisance d’eau en période de sécheresse, les préfets sont amenés à prendre des mesures de restriction sous forme d’arrêtés « Sécheresse » pour permettre de répondre aux besoins en eau prioritaires. Il existe 4 niveaux de limitation : vigilance, alerte, crise et crise renforcée.

Augmentation de l’irrigation agricole en France

Lors de la réunion du Comité d’Anticipation et de Suivi Hydrologique (CASH) du 18 mai 2022, France Nature Environnement alerte sur l’augmentation de l’irrigation en France qui ajoute des pressions sur une ressource en eau déjà gravement menacée. « La sécheresse actuelle est aussi sérieuse qu’elle était prévisible, dans un contexte de changement climatique et d’aggravation des phénomènes météorologiques extrêmes. Dès qu’un manque de précipitations hivernales survient, comme ce fut le cas début 2022, nous nous retrouvons face à une situation précaire vis-à-vis de la ressource en eau. C’est une mise en tension de tous les usages, que ce soit pour l’eau potable, le refroidissement des centrales nucléaires, la production d’hydroélectricité, de nombreuses productions économiques et bien sûr l’agriculture. Sur chaque territoire, l’eau est une ressource en partage entre usagers, qui doit être gérée collectivement dans le respect des milieux aquatiques. » nous rappelle FNE

La sobriété est la seule voie viable

En 2019, les Assises de l’eau ont mis autour de la table tous les usagers de l’eau et les acteurs de la protection des milieux aquatiques, afin d’arriver à des accords inédits, dont un objectif de réduction des prélèvements d’eau de 10 % en 5 ans et de 25 % en 15 ans. Les derniers chiffres de l’irrigation vont pour l’instant encore en sens inverse. Pour mieux gérer ces crises, vouées à se multiplier et à s’aggraver, il est nécessaire de mettre en place une réelle politique publique organisant la sobriété de tous les usages de l’eau. Ces usages sont interdépendants, et aujourd’hui le compte n’y est pas : les économies faites dans un secteur sont réduites à néant par la surconsommation d’un autre. Pour partager l’eau, il faut partager les efforts, et donc organiser collectivement la sobriété et que les prélèvements impactants soient effectivement réduits. La sobriété doit s’accompagner d’un ensemble de solutions fondées sur la nature : l’agroécologie, la préservation de zones humides et de paysages bocagers, la « désimperméabilisation » et la renaturation des sols, qui permettent de ralentir le cycle terrestre de l’eau douce. Elles favorisent leur stockage dans les sols et les nappes phréatiques et permettent d’assurer une meilleure disponibilité de la ressource, sans avoir à la stocker dans des infrastructures artificielles où l’eau s’évapore. Il est temps de revenir à l’objectif collectif des Assises de l’eau car nous ne ferons pas l’économie des économies d’eau !

CIEAU est le centre d’information sur l’eau.

logo.png DEPUIS 20 ANS, le Centre d’Information sur l’Eau (C.I.eau) a pour mission de faciliter la connaissance et la compréhension auprès d’un large public des éléments complexes sur la qualité de l’eau, sa consommation, les ressources, l’assainissement des eaux usées,. le service public, le métier de ceux qui s’occupent de l’eau.

 

Entre banalisation et alarmisme, comment bien communiquer sur le climat en période de canicule ?

CDURABLE.info relaye la tribune du Dr Helen ETCHANCHU, professeur associé et co-titulaire de la chaire COAST (Communication and organizing for sustainability transformation) à Montpellier Business School, sur la manière dont les médias doivent communiquer sur la canicule, pour ne pas tomber dans la banalisation ou l’alarmisme mais plutôt faire prendre conscience des réels enjeux climatiques liés à ces vagues de chaleurs. Ses recherches explorent le pouvoir du langage dans la transformation durable de nos sociétés. Elle est cofondatrice de OS4future, un mouvement académique engagé dans l’action pour le climat.