La FP2E a publié son huitième rapport sur les services publics d’eau et d’assainissement rédigé par un organisme indépendant, le Cabinet BDO. Il s’inscrit dans l’ère du changement climatique et de ses effets sur l’eau en Europe et en France, et met en perspective les constats et prévisions sur la raréfaction de l’eau avec les autres enjeux des services d’eau : qualité de l’eau, performances environnementales et sanitaires, financement notamment pour faire face aux besoins d’investissements. Sur cette dernière dimension, le rapport montre la permanence d’une fracture territoriale sur plusieurs indicateurs majeurs (taux de fuite, qualité de l’eau, gestion et connaissance des réseaux), entre les services de petite taille et la moyenne des services. Dans un contexte d’attentes sociétales fortes sur l’eau et de défis environnementaux pressants, le rapport relève l’affirmation d’une volonté politique pour l’eau et le renforcement des exigences, au niveau national et européen.
Des effets du changement climatique de plus en plus délétères sur l’eau
La menace que fait peser le dérèglement climatique sur l’eau (situations de stress hydrique plus prononcé, diminution des débits des cours d’eau, baisse du niveau de recharge des nappes…) se précise en France et en Europe. En 10 ans, plus de la moitié des départements métropolitains a subi une diminution supérieure à 5% du débit annuel moyen de leurs cours d’eau. Dans un avenir proche, selon plusieurs scénarii d’émission de gaz à effet de serre, le niveau de recharge des ressources souterraines – dont dépendent les deux tiers de l’approvisionnement en eau potable – sera inférieur à ce qu’il est actuellement.
Le changement climatique a également des impacts sur la qualité des ressources en eau, notamment en raison de la concentration plus importante des pollutions en cas de pénurie d’eau, ou encore sur la qualité des eaux de baignade. Sur cet indicateur, La France se situe seulement à la 21è place en Europe avec 75% d’eaux d’excellente qualité, vs 85% en Europe.
Des attentes renforcées et une conscience collective de la préservation de la ressource et de la qualité de l’eau
Sept Français sur dix craignent de manquer d’eau dans leur région en 2022, contre 37% il y a douze ans. Fait nouveau, pour 11% d’entre eux cette crainte porte sur un horizon proche (5 à 10 ans). Le sujet de la qualité est aussi une préoccupation pour trois Français sur 4 qui pensent que les ressources sont polluées. Pour y répondre, les deux tiers sont prêts à payer l’eau plus cher si cela permet d’améliorer la préservation des ressources naturelles, et 8 Français sur 10 sont prêts à consommer des légumes arrosés issus de la « REUT ».
Les prélèvements sur l’eau pour les usages domestiques s’élèvent à 5,3 milliards de m3 /an ces dernières années (données 2021), un volume inférieur de 500 millions de m3 en moyenne à celui des années 2000, alors que la population augmente chaque année. Par ailleurs, les services affichent des taux de fuite inférieurs à ceux de nos voisins européens (20% en France, à comparer à 23% en Espagne, 40% en Italie). Sur ce point les efforts doivent donc prioritairement se concentrer sur les services les moins performants, souvent des services de petite taille (moins de 3500 habitants).
La qualité de l’eau du robinet est également une attente forte des consommateurs. Près de 9 Français sur 10 ont confiance en l’eau du robinet et près de 7 sur 10 en boivent tous les jours. Les taux de conformité sont élevés en moyenne, avec cependant des performances moindres dans les services de petite taille. Dans les services gérés par les entreprises de l’eau, les analyses de l’eau sont en augmentation (13% de plus qu’en 2017) et les taux de conformité sont élevés (99,5% de conformité microbiologique et 98,3% de conformité physico-chimique).
Les eaux usées traitées, un potentiel non exploité
La réutilisation des eaux usées traitées reste peu développée en France, contrairement à certains de nos voisins européens. Inscrite dans le Plan Eau comme l’une des solutions prioritaires pour préserver la ressource en eau, des évolutions de la réglementation sont en cours dont les collectivités et les opérateurs des services attendent qu’elles facilitent la mise en œuvre des projets. En 2021, les entreprises de l’eau opéraient en France près de 50 centres de recyclage des eaux usées.
Cependant, les exigences se sont renforcées sur la présence de pesticides dans l’eau du robinet, et les techniques progressent, permettant à la fois de détecter plus de molécules et de les détecter à très faible échelle.
Face à cet enjeu de qualité, majeur pour maintenir la confiance en l’eau du robinet, la prévention à la source est le premier volet d’action. Le deuxième consiste à poursuivre les efforts d’innovation et de recherche & développement pour mettre au point des solutions curatives quand elles sont nécessaires. Les programmes de R&D auxquels les entreprises consacrent 112 millions d’euros par an couvrent notamment ce champ.
Des besoins de financement de plus en plus aigus
Face aux enjeux d’adaptation des services d’eau, le besoin accru de financement pour le fonctionnement des services d’eau et pour leurs nécessaires investissements fait l’objet d’un constat largement partagé.
Au-delà des réponses apportées par les subventions (plan Eau, France relance…), par le recours à l’emprunt, le rééquilibrage envisagé des redevances des agences de l’eau, le modèle économique du secteur est questionné. En effet, l’équilibre financier des services qui repose principalement sur la facturation aux volumes, est mis en cause conjoncturellement par l’inflation et plus durablement par la baisse des volumes, liée à l’impératif de sobriété.
« Les attentes sociétales à l’égard de la lutte contre les micropolluants et d’un développement des usages de l’eau plus raisonné encouragent encore davantage les professionnels de l’eau et l’assainissement à innover au service des collectivités, y compris en gestion de crise. Mais à l’heure où ces attentes se renforcent, et alors que les besoins en matière d’investissement sont importants, la question de l’avenir du financement des services publics d’eau et d’assainissement est au cœur des interrogations : l’équilibre financier des services, dont les coûts majoritairement fixes reposent sur la facturation aux volumes, est en effet mis en cause conjoncturellement par l’inflation et plus durablement par la baisse des volumes liée à l’impératif de sobriété », explique Arnaud Bazire, Président de la Fédération professionnelle des entreprises de l’eau.
Les entreprises de l’eau engagées dans les territoires pour affronter des nouveaux défis
Chaque jour, plus de 100 000 personnes travaillent au sein de la filière industrielle de l’eau française. Les 28 000 salariés des entreprises de la FP2E, dédiés à la gestion des services publics d’eau et d’assainissement, sont répartis sur l’ensemble du territoire national au travers d’un maillage local fin (785 points d’embauche) et l’emploi féminin a progressé de 9% depuis 2017. Les entreprises de l’eau assurent l’approvisionnement de près de 60% des Français en eau potable et la dépollution des eaux usées de 51% d’entre eux.
À l’international, les entreprises de l’eau emploient 71 000 personnes localisées sur tous les continents et desservent 161 millions de personnes en eau potable et 107 millions en assainissement. Le total d’abonnés à ces services à l’international a progressé de 12% depuis 2019. Ce dynamisme illustre la capacité des entreprises à exporter le savoir-faire français et à contribuer positivement au solde de la balance commerciale du pays.
Le rapport BDO-FP2E, 120 pages d’analyse et d’infographies inédites
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A propos de la FP2E
La Fédération Professionnelle des Entreprises de l’Eau) FP2E regroupe les entreprises assurant la gestion des services d’eau et d’assainissement en France, après mise en concurrence. Ses adhérents sont : Saur, Société des Eaux de Fin d’Oise, Sogedo, Suez et Veolia. En cohérence avec sa Raison d’être, l’objectif de la FP2E est d’apporter aux différentes parties prenantes (élus, représentants des consommateurs, responsables de l’autorité publique, ONGs, journalistes), un éclairage professionnel sur les thématiques des métiers de l’eau, en particulier les enjeux émergents au plan sanitaire et de l’adaptation au changement climatique.
Les résultats de l’enquête soulignent l’urgence de protéger les enfants et d’investir en leur faveur, y compris en matière d’éducation climatique, dans les décisions prises lors de la COP28.
Alors que les dirigeants de la planète se réunissent à l’occasion de la COP28, le nouveau sondage UNICEF-Gallup indique que la plupart des enfants et des jeunes disent avoir entendu parler du changement climatique, mais que seulement la moitié d’entre eux comprennent de quoi il s’agit.
Une étude inquiétante
Ce sondage mondial a révélé qu’en moyenne, 85 % des jeunes âgés de 15 à 24 ans interrogés dans 55 pays ont déclaré avoir entendu parler du changement climatique, mais seulement 50 % d’entre eux ont choisi la définition correcte de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) lorsqu’on leur a demandé de choisir entre « des changements climatiques saisonniers qui se produisent chaque année » et « des phénomènes climatiques plus extrêmes et une hausse des températures moyennes mondiales résultant de l’activité humaine ».
L’AUTRE CRISE CLIMATIQUE Pourcentage par classe d’âge ayant identifié la définition correcte ou incorrecte du changement climatique sur la base de deux options : Incorrect (violet) ou Correct (orange). Si ni l’un ni l’autre/autre chose (Rouge) Remarque : Le graphique ci-dessus est basé uniquement sur les données des personnes interrogées qui déclarent avoir entendu parler du changement climatique (en réponse à la question initiale de l’enquête sur le sujet). https://changingchildhood.unicef.org/fr
« Les jeunes comptent parmi les plus ardents héros du combat contre l’impact du changement climatique. Ils ont réclamé une action climatique dans les rues ou dans les salles de réunion, et il nous faut faire davantage pour que tous les enfants et les jeunes comprennent la crise qui pèse sur leur avenir »
« Lors de la COP28, les dirigeants doivent s’engager à faire en sorte que les enfants et les jeunes soient informés de la crise, qu’ils soient pris en compte dans les discussions et qu’ils participent aux décisions qui façonneront leur vie pour les décennies à venir ».
Catherine Russell, directrice générale de l’UNICEF,
Une connaissance inégalitaire
Les connaissances des jeunes sur le changement climatique sont les plus faibles dans les pays à revenu moyen inférieur et à faible revenu – les plus vulnérables aux impacts du changement climatique – comme le Pakistan (19 %), la Sierra Leone (26 %) et le Bangladesh (37 %).
Selon l’indice de risque climatique pour les enfants, publié par l’UNICEF en 2021, les enfants de ces trois pays sont classés comme étant extrêmement exposés aux impacts du changement climatique et aux conséquences de la dégradation de l’environnement, ce qui menace leur santé, leur éducation et leur protection, et les expose à des maladies mortelles.
Le projet « L’enfance en évolution »
Le sondage mondial – qui fait suite au projet initial Changing Childhood de 2021 – analyse les résultats obtenus par l’UNICEF à partir d’un sous-ensemble de questions du Gallup World Poll 2023. Outre le changement climatique, le sondage explore deux défis à long terme qui façonnent la vie des enfants et des jeunes : la confiance dans l’information et les contraintes qui pèsent sur le changement politique dans un monde globalisé.
Concernant la confiance en l’information, les résultats montrent que 60 % des jeunes interrogés utilisent les réseaux sociaux comme principale source de nouvelles et d’informations, mais que seuls 23 % d’entre eux font largement confiance à l’information diffusée sur ces plates-formes. En fait, les réseaux sociaux sont la source d’information à laquelle les jeunes font le moins confiance, toutes institutions confondues.
ÉLARGIR LA SENSIBILISATION Évolution de la sensibilisation au changement climatique, au cours des 15 dernières années, chez les personnes âgées de 15 ans et plus Remarque : Les données sont basées sur une médiane de 45 pays ayant participé aux enquêtes de 2007-2008 et de 2022-2023. https://changingchildhood.unicef.org/fr
Des jeunes engagés dans le combat contre le changement climatique
Conformément aux premières conclusions de l’enquête Changing Childhood, les données reflètent l’impact de la mondialisation sur cette génération, puisque 27 % des jeunes interrogés se considèrent comme des citoyens du monde, ce qui est plus élevé que pour n’importe quel autre groupe d’âge.
Cette conception plus large du monde que le sondage identifie chez la jeune génération peut laisser espérer davantage d’alliances et de collaborations transfrontalières pour lutter contre la crise climatique, l’érosion de la confiance et d’autres problèmes mondiaux.
« Cette étude offre de précieuses indications sur la manière dont les enfants et les jeunes perçoivent les trois enjeux qui façonnent notre monde à long terme, aujourd’hui et à l’avenir », a déclaré Joe Daly, associé principal chez Gallup. « Il est essentiel de mettre en lumière les perspectives des jeunes. Elle aide les décideurs politiques d’aujourd’hui à comprendre les besoins et les points de vue des générations montantes dans une ère de changement rapide et d’incertitude ».
En août, le Comité des droits de l’enfant des Nations unies a affirmé le droit des enfants à un environnement sain, non pollué et durable, suite à la reconnaissance par l’Assemblée générale des Nations unies, en juillet 2022, qu’un environnement sain, non pollué et durable est un droit de l’homme. Le document de référence traite explicitement de l’urgence climatique, de la destruction de la biodiversité et de la pollution persistante, et présente des contre-mesures pour protéger la vie et le futur des enfants.
SOURCES FIABLES ? Pourcentage de jeunes âgés de 15 à 24 ans qui ont une grande confiance dans : les réseaux sociaux le gouvernement national les infos des médias les organisations religieuses les scientifiques les médecins et soignants https://changingchildhood.unicef.org/fr
Des citoyens du Monde pourtant évincés des décisions politiques
Malgré ces droits, ratifiés par 196 États dans le cadre de la Convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant, et le fait que les enfants sont parmi les plus vulnérables aux impacts du changement climatique, ils demeurent largement ignorés dans les décisions prises pour faire face à la crise climatique, ce qui signifie que leurs vulnérabilités, leurs besoins et leurs contributions uniques sont souvent négligés.
Enfant du changement climatique
Lors du Sommet sur le changement climatique de la COP28, qui se déroule actuellement à Dubaï, l’UNICEF demande aux dirigeants mondiaux de veiller à ce que les décisions prises garantissent délibérément la protection des enfants et l’investissement dans ces derniers, y compris dans l’éducation au climat. Cela comprend :
Intégrer les enfants dans la décision finale de couverture de la COP28 et organiser un dialogue d’experts sur les questions relatives aux enfants et au changement climatique.
Intégrer les enfants et l’équité intergénérationnelle dans le bilan mondial (GST).
Inclure les enfants et les services essentiels résistants au climat dans la décision finale sur l’objectif mondial d’adaptation (OMA).
Veiller à ce que le Fonds des pertes et dommages et les modalités de financement tiennent compte des besoins des enfants et que les droits de l’enfant soient intégrés dans la gouvernance et le processus décisionnel du Fonds.
TROUVER SA MAISON Pourcentage de jeunes qui déclarent s’identifier le plus à : Leur ville ou région Leur pays Le monde https://changingchildhood.unicef.org/fr
Au-delà de la COP28, l’UNICEF appelle les parties à agir pour la protection de la vie, de la santé et du bien-être des enfants – notamment en adaptant les services sociaux essentiels, en donnant à chaque enfant les moyens d’être un acteur pour l’environnement, et en respectant les accords internationaux sur le développement durable et le changement climatique, y compris en réduisant rapidement les émissions de CO2.
« Ayant été témoin de la puissance du mouvement des jeunes pour le climat, je suis convaincue qu’informer et mobiliser encore plus de jeunes autour de la crise climatique pourrait contribuer à donner un coup de fouet au sentiment collectif d’urgence dont le monde a désespérément besoin »
Enquête, méthodologie et rapport du projet sont disponibles sur la plateforme interactive de l’Unicef, disponible en 10 langues.
Les 55 pays interrogés dans le cadre du sondage mondial UNICEF-Gallup 2023 sont les suivants : Afghanistan, Allemagne, Argentine, Azerbaïdjan, Bangladesh, Brésil, Cambodge, Cameroun, Colombie, Côte d’Ivoire, Égypte, Éthiopie, France, Ghana, Grèce, Guatemala, Inde, Indonésie, Irak, Japon, Kenya, Liban, Malawi, Malaisie, Mali, Maroc, Mexique, Mozambique, Myanmar, Népal, Nigeria, Pakistan, Pérou, Philippines, Roumanie, Afrique du Sud, Sénégal, Sierra Leone, Corée du Sud, Espagne, Tadjikistan, Tanzanie, Thaïlande, Tunisie, Turquie, Ouganda, Ukraine, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord, États-Unis d’Amérique, Venezuela, Viêt Nam, Yémen et Zimbabwe.
Ce sondage est la deuxième édition du projet Changing Childhood. La première enquête de ce type sondait plusieurs générations pour connaître leur point de vue sur le monde et sur ce que cela signifie d’être un enfant aujourd’hui. Après une enquête réalisée en 2021 auprès de 21 000 personnes dans 21 pays, cette enquête 2022-2023 a été menée auprès de plus de 55 000 personnes dans 55 pays – y compris les 21 pays étudiés dans le cadre du premier projet Changing Childhood – dans le cadre du Gallup’s World Poll. Des enquêtes représentatives au niveau national ont été menées dans des pays de toutes les régions et de tous les niveaux de revenus. L’UNICEF et Gallup ont analysé les données pour quatre groupes d’âge : 15-24, 25-39, 40-64 et plus de 65 ans.
À propos de Gallup
Gallup fournit des analyses et des conseils pour aider les dirigeants et les organisations à résoudre leurs problèmes les plus urgents. Combinant plus de 80 ans d’expérience et grâce à une portée mondiale, Gallup en sait plus sur les attitudes et les comportements des employés, des clients, des étudiants et des citoyens que n’importe quelle autre organisation dans le monde.
Face aux enjeux climatiques, écologiques, économiques et sanitaires liés à une consommation croissante de biens matériels, l’ADEME et le Ministère de la Transition écologique et de la cohésion des territoires ont lancé une grande campagne de mobilisation. Sur un ton humoristique et décalé, elle invite à se poser les bonnes questions avant d’acheter et à adopter les bons réflexes en matière de consommation responsable. L’occasion de s’interroger avec l’Association Communication & Démocratie comment démocratiser la communication commerciale ?
La 28ème conférence des 197 Etats parties à la Convention-Cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) ou COP28 se tient jusqu’au 12 décembre 2023 à Dubaï aux Emirats-Arabes-Unis. Publiés récemment, plusieurs rapports font le bilan des engagements ou alertent sur l’accélération de la crise écologique (la planète s’est déjà réchauffée de plus de 1,2 °C depuis l’ère préindustrielle) tandis que les émissions mondiales de gaz à effet de serre continuent de croître. L’association Adéquations a réalisé un dossier documentaire sur les enjeux de la COP 28, son programme, la mobilisation et les positions d’organisations des sociétés civiles, une présentation de rapports scientifiques récemment parus sur la crise écologique et climatique.
Allianz France et l’IFOP ont interrogé les Français afin de connaître leur vécu et leur perception des risques climatiques.
8 Français sur 10 en Hexagone sont inquiets des risques climatiques, deuxième sujet de préoccupation après l’inflation et devant l’insécurité.
Seuls 25% des Français en Hexagone se sont renseignés sur le niveau d’exposition de leur logement.
Malgré les risques, seuls 24% des Français en Hexagone ont équipé leur logement pour faire face à un évènement climatique de grande ampleur.
89% des Français qui pensent occuper un logement exposé aux risques climatiques, déclarent vouloir rester dans leur région, même si leur habitation est concernée.
Des tempêtes qui se succèdent, des vents d’une rare violence, des crues centennales, des records de températures, … les événements climatiques exceptionnels ne cessent de se multiplier en France, comme en Europe et partout dans le monde. Toitures arrachées, maisons inondées, habitants évacués, routes coupées, établissements scolaires fermés, nombreux foyers privés d’eau ou d’électricité, maisons fissurées, nappes phréatiques au plus bas niveau historique…, etc : les habitants des zones concernées doivent faire face à des situations inédites.
A l’heure des comptes, des discussions autour du régime CatNat et des grands débats à venir de la COP 28, comment se sentent les Français face aux risques climatiques ?
8 Français sur 10 en Hexagone sont inquiets des risques climatiques
Avec 80% des Français inquiets des risques climatiques en Hexagone, c’est le deuxième sujet de préoccupation des Français, après l’inflation (89%) et devant l’insécurité (77%).
Dans les Départements et Régions d’Outre-Mer (DROM), on observe la même hiérarchie des préoccupations qu’en Hexagone avec des scores qui diffèrent : l’inflation (90%), les risques climatiques (71%) et l’insécurité (70%).
78% des Français en Hexagone se sentent plus menacés par la sécheresse et les vagues de chaleur que par les autres risques climatiques (les averses de grêle occupent la deuxième position avec 69%).
Les habitants de la région Provence Alpes Côte D’Azur et de la Corse se sentent plus menacés que l’ensemble des Français : ils déclarent être exposés en moyenne à 5,6 risques climatiques contre 4,9 pour l’ensemble des Français.
Sans surprise, 81% des répondants dans les DROM sont inquiets des cyclones et des ouragans.
En Hexagone, 85% de ceux qui se sentent menacés ou exposés aux risques climatiques déclarent connaître au moins un comportement ou geste à adopter pour faire face au moment où le risque survient. Les comportements et gestes les plus connus sont ceux pour réagir et s’adapter à la sécheresse et aux vagues de chaleur (79%). A contrario, en cas de mouvements de terrain (éboulement, chute de blocs, glissement de terrain, coulées de boues, retrait gonflement des sols argileux), seuls 29% déclarent connaître les comportements et gestes adaptés.
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Des Français inquiets mais peu renseignés sur le niveau réel d’exposition de leur logement
En Hexagone, 53% des Français pensent que leur logement est exposé à un risque climatique.
Les Français qui habitent en maison ont un ressenti plus important. Par ailleurs, plus les Français se situent au Sud de la Loire et plus le sentiment d’être exposé s’accroît. Globalement, les habitants des régions Provence Alpes Côte d’Azur et de la Corse, Nouvelle Aquitaine et Occitanie ont le sentiment que leur logement est plus exposé (avec respectivement 62%, 59% et 58%).
Toutefois, cela relève de la perception car aujourd’hui, seuls 25% des Français en Hexagone déclarent s’être déjà renseignés sur le niveau d’exposition de leur logement aux risques climatiques.
Dans les DROM, 63% des répondants pensent que leur logement est exposé à un risque climatique.
Malgré les risques, encore trop peu de prévention
Malgré l’inquiétude des Français quant aux risques climatiques, seuls 24% d’entre eux en Hexagone déclarent avoir équipé leur logement pour faire face à un évènement climatique de grande ampleur. L’expérience des évènements climatiques dans les DROM semble avoir sensibilisé leurs habitants puisque 42% des répondants déclarent avoir équipé leur logement.
Finalement, que leur logement soit exposé ou non à un risque climatique, les Français sont attachés à la région dans laquelle ils ont construit leur vie et déclarent préférer y rester même si la zone est menacée. En effet, en dépit du fort taux d’inquiétude face aux évènements climatiques, 89% de ceux qui pensent occuper un logement exposé restent dans leur région parce que c’est là qu’ils travaillent, qu’ils ont leur famille, leurs amis.
Une discordance en matière de choix de logement
Si ¾ des Français déclarent que l’exposition à un risque climatique est un critère de choix important lors de l’achat d’un logement, 41% seulement ont le sentiment d’être bien informés sur ce type de risque au moment de l’emménagement.
Par ailleurs, 70% déclarent ne pas savoir si leur contrat d’assurance habitation prévoit une remise en état du logement tel qu’avant la survenue d’un sinistre.
L’assureur, un tiers de confiance pour la prévention des risques climatiques
42% des Français en Hexagone considèrent l’assureur comme légitime pour informer sur la prévention des risques climatiques et les moyens d’y faire face.
C’est sur ce sujet que les assureurs sont les plus attendus par les Français. D’ailleurs, ils sont le 3ème acteur le plus légitime après la Mairie et les collectivités locales (70%) et les pouvoirs publics (53%).
De façon plus générale, des attentes fortes sont exprimées de la part des Français en Hexagone pour que les assureurs s’engagent dans la lutte contre les risques climatiques : 77% s’expriment en ce sens, quasiment au même niveau que l’Etat (81%) et les collectivités locales (82%).
6571696220efaa6378007a61.pdf« Avec 80% des Français en Hexagone qui se déclarent inquiets des risques climatiques, les évènements de grande ampleur représentent une préoccupation majeure. En tant qu’acteur de la prévention et tiers de confiance, Allianz France entend jouer un rôle pédagogique essentiel auprès de ses assurés et des Français en général en diffusant une culture du risque pour améliorer la résilience du public face aux changements climatiques. Au-delà de la nécessité de sensibiliser et d’informer les populations, nous souhaitons contribuer au développement de solutions durables pour équiper les habitations et protéger les assurés et leurs biens.
Tempêtes, cyclones, inondations, sécheresses se multiplient. L’augmentation de la fréquence et de l’intensité de ces événements climatiques en métropole et en Outre-Mer soulèvent la question de l’assurabilité des risques. En tant qu’assureur, cet enjeu nous engage à agir, notamment au travers de partenariats public-privé pour maintenir la soutenabilité du régime d’indemnisation des catastrophes naturelles et renforcer le rôle de la prévention dans l’atténuation des risques et l’adaptation des comportements face au dérèglement climatique. C’est le sens de notre raison d’être « We secure your future » pour donner confiance en l’avenir et protéger le monde qui nous entoure » explique Pierre Vaysse, membre du Comité Exécutif d’Allianz France et Directeur Assurances de biens et responsabilité.
À propos d’Allianz
Allianz, acteur mondial et leader européen de l’assurance, propose une offre complète qui couvre tous les besoins en assurance, assistance et services financiers des particuliers, professionnels, entreprises et collectivités. Avec près de 159 000 salariés dans le monde, Allianz est présent dans plus de 70 pays, au service de 122 millions de clients.
Assureur généraliste, spécialiste du patrimoine, de la protection sociale, Allianz France s’appuie sur la richesse de son expertise et le dynamisme de ses 8 000 collaborateurs en France. Près de 7 000 intermédiaires commerciaux, Agents, Conseillers, Courtiers, Partenaires conseillent et accompagnent plus de 5 millions de clients qui font confiance à Allianz France.
Alors que les températures sont à la baisse depuis quelques semaines, les cafés, les écoles, les hôpitaux, les bureaux… font preuve de sobriété énergétique selon Enedis. Une baisse de -6,3% de la consommation d’électricité dans les bâtiments du secteur tertiaire a ainsi été constatée sur les 30 derniers jours par rapport à la même période l’année dernière, après neutralisation des écarts liés aux conditions météorologiques. Le chauffage représente le premier gisement, mais d’autres gestes et effets peuvent conduire à la baisse de la consommation d’électricité du secteur tertiaire : éclairage, informatique, … L’Observatoire français de la Transition Écologique permet d’observer les mutations à l’œuvre ainsi que les données énergétiques au plus près des territoires.
« La crise écologique est une crise de la raison. La raison a été transformée en véhicule de domination et de mort, mais elle peut et doit devenir un véhicule de libération et de vie. » V. P.
Comme la Critique de la raison pure à une autre époque, ce livre entend ouvrir une nouvelle ère pour la rationalité. En analysant l’édifice mortifère de la rationalité moderne et de la science à l’occidentale, Val Plumwood définit ce que serait une raison écologique – et la montre à l’œuvre, dans un texte puissant et acéré.
La dérive rationaliste de la culture occidentale a donné lieu à de dangereuses formes de déni écologique, qui s’étendent à des domaines aussi variés que l’économie, la politique, la science, l’éthique et la spiritualité. Le désastre écologique est ainsi à mettre au compte de cette raison malade – dualiste, patriarcale et impériale.
Première traduction d’un texte majeur d’une des grandes pionnières de l’écoféminisme
La philosophe met au jour les distorsions de la raison et de la culture qui ont donné lieu à de dangereuses formes de déni écologique. Elles ont eu un effet délétère dans des domaines aussi divers que l’économie, la politique, la science, l’éthique et la spiritualité, intensifié par la mondialisation. Une grande partie du désastre écologique est ainsi à mettre au compte de cette « rationalité » malade, masculiniste, impériale et toxique.
Nous nous faisons également, selon Plumwood, une fausse idée de notre identité – à commencer par un sentiment illusoire d’indépendance vis-à-vis de la nature et des lieux. En analysant l’édifice mortifère de la rationalité moderne et de sa science, l’auteur définit ce que serait une raison écologique et la montre à l’oeuvre, dans un texte puissant et acéré.
La Crise écologique de la raison dessine une image radicalement nouvelle de la façon dont notre culture doit changer pour devenir écologiquement rationnelle. Comme la Critique de la raison pure à une autre époque, ce livre entend ouvrir une nouvelle ère pour la rationalité.
Val Plumwood (1939-2008) est une philosophe écoféministe qui a joué un rôle majeur dans le développement des pensées de l’écologie depuis les années 1970. Elle est aussi l’autrice de Réanimer la nature (PUF, 2020) et de Dans l’œil du crocodile (Wildproject, 2021).
« Val Plumwood a résolu dans ce livre, de manière élégante et opérationnelle, l’un des problèmes fondateurs de la pensée écologique du 21e siècle : opérer la jonction entre la pensée écologique, les luttes sociales et les enjeux d’émancipation politique .»
Baptiste Morizot
Baptiste Morizot est un philosophe français. Il est entre autres l’auteur de L’Inexploré (Wildproject, 2023).
Pierre Madelin, auteur et traducteur, a grandi à Cuba et à Paris. Il est notamment l’auteur de Faut-il en finir avec la civilisation ? Primitivisme et effondrement (Ecosociété) et il est également le traducteur de nombreux essais de référence en humanités écologiques.
Une coédition Presses universitaires de France avec les éditions Wildproject, maison indépendante qui œuvre depuis sa création en 2008 à faire émerger les pensées écologiques et ayant également pour ambition de penser les relations entre humains et le reste des vivants.
Cet ouvrage fournit des éléments de contexte, des exemples et des méthodologies de trajectoires testées dans les territoires, pour éclairer la planification territoriale au regard de la transition écologique et engager une réflexion sur ces questions.Articulation entre les documents de planification.
Inondations, canicules et autres événements climatiques extrêmes sont au cœur de l’actualité. Leur fréquence, leur durée et leur intensité s’accélèrent en raison du changement climatique. En première ligne, les collectivités territoriales doivent mener la transition écologique pour en atténuer les causes et s’y adapter. En effet, considérant leur périmètre de compétences en matière d’aménagement du territoire, de développement économique, de mobilités, d’habitat, etc., 15% des émissions de gaz à effet de serre (voire indirectement 50%) sont imputables à leurs décisions. Leur implication est donc décisive pour atteindre des objectifs de neutralité carbone et d’adaptation au changement climatique.
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La planification peut et doit favoriser l’élaboration de « trajectoires de transition écologique », plurielle et différenciées, en prenant en considération les spécificités territoriales. Mais qu’est-ce qu’une trajectoire ? La planification contemporaine est-elle adaptée aux enjeux ? Comment aller vers une planification plus « dynamique » et « adaptative » des territoires afin de répondre aux temporalités écologiques ?
Les quatre scénarios de Transition(s) 2050
Sommaire
PARTIE 1. PLURALITÉ DES TRAJECTOIRES
Comprendre le contexte européen et national des trajectoires pour la transition écologique
• Transition(s) 2050
• La prospective au service de la transition écologique
• Des territoires en chemin vers la planification bas-carbone
PARTIE 2. QUELLES APPROCHES MÉTHODOLOGIQUES ? APPLICATIONS SUR LES TERRITOIRES FRANÇAIS
Les adaptation pathways et leur déclinaison française pour les territoires : la démarche Tacct
• Trajectoires d’adaptation des littoraux d’outre-mer dans un contexte de changement climatique
• Trajectoires d’adaptation sectorielle de l’économie bleue : le tourisme en Corse
• Définir et suivre des trajectoires bas-carbone de référence à l’échelle des collectivités territoriales
• Décliner les trajectoires de décarbonation à l’échelle des territoires : le cas de Dunkerque
• Chiffrer les coûts de la mise en oeuvre de trajectoires de transition et d’adaptation
PARTIE 3. VERS UNE PLANIFICATION DYNAMIQUE, VOIRE « ADAPTATIVE » DES TERRITOIRES ?
La Métropole européenne de Lille et son métabolisme : quels enjeux ?
• Expérimenter le Grenoble d’après : trajectoires et lignées d’aménagement d’une cité écologique
• Les trajectoires ZAN au coeur des politiques territoriales
• Trajectoires de rafraîchissement urbain et planification urbaine
• Planification écologique et trajectoires de transition : hypothèses pour un âge 2 des SCoT 2
• Vers une planification adaptative de la transition : la Communauté d’agglomération du Pays de Grasse
Schéma de synthèse des changements à anticiper pour les territoires à l’horizon 2050L’auteur : Élodie Briche est docteure en géographie-climatologie.
Elle coordonne la recherche-développement en urbanisme durable
au pôle Aménagement des villes et territoires de l’ADEME. Elle est également intrapreneure et pilote la start-up d’État Plus fraîche que ma ville de l’ADEME.Logo-Quaesite-2020.png?1701930613
Éditions Quæ | 312 pages | 29 € Coll. Matière à débattre et décider
En vente le 7 décembre 2023
Le ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires a mandaté le Cerema pour le pilotage de l’opération « Sentiers de Nature ».Les sentiers sont l’incarnation du besoin de nature, de respiration et d’évasion. Doté de 10 millions d’euros, « Sentiers de Nature » a l’ambition de développer les sentiers de marche et de randonnée en plaines, collines, plateaux, et zones péri-urbaines, tout en restaurant leurs abords en y intégrant les dimensions écologique, paysagère et de biodiversité.
Lancé en septembre 2022, l’opération a suscité près de 150 candidatures de collectivités et d’associations. Le dossier de presse ci-dessous présente les 60 lauréats déjà sélectionnés pour créer, restaurer, préserver et donner accès à chacun à la nature.
Un challenge que le Cerema a eu à cœur de mener en apportant aux territoires et ses acteurs sa capacité à intégrer les expertises indispensables à l’adaptation des territoires au changement climatique et sa proximité avec les collectivités et les partenaires.
Sarah El Haïry, Secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, chargée de la Biodiversité, se réjouit du succès rencontré par l’appel à projets et adresse ses chaleureuses félicitations aux lauréats.
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A propos du Cerema
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Le Cerema est un établissement public relevant du ministère de la Transition écologique, premier établissement à pilotage partagé entre l’État et les collectivités territoriales. Il est présent partout en métropole et dans les Outre-mer grâce à ses 26 implantations et ses 2 500 agents.
Détenteur d’une expertise nationale mutualisée, le Cerema accompagne l’État et les collectivités territoriales pour la transition écologique, l’adaptation au changement climatique et la cohésion des territoires par l’élaboration coopérative, le déploiement et l’évaluation de politiques publiques d’aménagement et de transport. Doté d’un fort potentiel d’innovation et de recherche incarné notamment par son institut Carnot Clim’adapt, le Cerema agit dans 6 domaines d’activités : Expertise & ingénierie territoriale, Bâtiment, Mobilités, Infrastructures de transport, Environnement & Risques, Mer & Littoral.
Sentiers de Nature
visuel_sobriete_10pourcent-cest-possible-2-23fd1.png?1678376850L’électrification des usages, devenue la priorité de la stratégie de décarbonation du Gouvernement, conduit la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) à projeter une forte hausse de la demande électrique dans la décennie à venir. L’Association négaWatt soutient, comme l’ensemble des acteurs de l’énergie, l’électrification comme un des leviers de lutte contre le dérèglement climatique. Mais elle souligne les risques d’une électrification trop poussée pour être maîtrisée, et propose pour y répondre des solutions fondées sur la maîtrise des consommations.
Le projet de PPE actuellement en consultation vient confirmer la stratégie gouvernementale visant à électrifier massivement nos usages énergétiques. Dans ce document, la production d’électricité en France augmente de 10 % d’ici 2030 (soit 570 TWh) et de 22 % d’ici 2035 (soit 640 TWh), une évolution cohérente avec le dernier bilan prévisionnel de RTE, le gestionnaire du réseau électrique [[- Bilan prévisionnel, RTE]]. Cette électrification rapide concerne la quasi-totalité des secteurs : industrie, transports, bâtiment.
Points de vigilance sur une électrification trop rapide
Un équilibre incertain aussi bien en énergie…
Des interrogations existent quant à la capacité de développement d’une production électrique décarbonée suffisante à l’horizon 2030-2035 pour répondre aux nouveaux usages. Quoi que l’on pense de la construction de nouveaux réacteurs nucléaires, aucun ne pourra être opérationnel avant 2035 pour répondre à la hausse de la demande électrique. Les efforts de l’industrie pour démarrer l’EPR de Flamanville et redresser la performance du parc existant ne permettront au mieux que de ramener sa production au niveau historique.
La consommation supplémentaire pourrait être couverte par les énergies renouvelables dont le délai de construction est beaucoup plus court que celui du nucléaire. Deux bémols à ce constat : d’abord, les objectifs de développement du photovoltaïque proposés par le projet de PPE sont relativement ambitieux, mais ils ne le sont pas du tout pour l’éolien terrestre. Par ailleurs, de forts doutes subsistent sur les moyens mis en place permettant leur réalisation : dans la précédente PPE, aucun de ces objectifs n’a été atteint, et la France n’a toujours pas atteint, trois ans après, ceux fixés au niveau européen pour 2020.
… qu’en puissance
L’équilibre du système électrique doit être assuré aussi bien en énergie, avec un volume annuel de production et d’imports au moins équivalent à la consommation, qu’en puissance, c’est à dire avec un équilibre assuré à chaque instant entre l’électricité produite et importée et l’électricité consommée ou exportée.
Les nouveaux usages considérés d’ici 2030, notamment le déploiement des pompes à chaleur dans le bâtiment, conduisent à une augmentation de la puissance maximale appelée, la “pointe électrique”. RTE montre dans son dernier bilan prévisionnel que cette pointe pourrait augmenter sensiblement, conduisant, dans son scénario de référence, à un écart de 5 à 10 GW entre production et consommation. Des leviers sont identifiés pour combler cet écart, mais certains sont assez incertains [[RTE suppose par exemple qu’en 2030 70% des recharges de véhicules électriques soient pilotées.]].
Sobriété et efficacité : des mesures indissociables de l’électrification
Afin de modérer ce rythme d’électrification – intenable en l’état actuel des politiques publiques – sans renoncer aux objectifs de décarbonation et de réindustrialisation, négaWatt appelle à intégrer au plus vite des mesures de sobriété et d’efficacité énergétique. En maîtrisant et en réduisant les consommations d’électricité, on réduit la pression sur la production et on évite ainsi le “mur électrique” qui se dresse à l’horizon 2030-2035.
En l’absence d’une action forte sur les leviers sobriété et efficacité, deux conséquences se dessinent pour pallier les déséquilibres évoqués précédemment : l’importation d’électricité potentiellement carbonée (si elle est produite à partir d’énergies fossiles) en provenance des pays voisins (s’ils le peuvent, car eux aussi envisagent une forte électrification) ou une forme de sobriété subie avec par exemple des délestages (organisation de coupures d’électricité localisées et temporaires).
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L’exemple du bâtiment et des pompes à chaleur
Dans le bâtiment, l’installation de pompes à chaleur (PAC) comme mode de chauffage décarboné est un exemple concret des risques et des leviers identifiés précédemment. Si leur rôle est essentiel dans la décarbonation du bâtiment, leur développement doit être maîtrisé et organisé.
La stratégie actuelle du gouvernement consistant à déployer massivement les PAC sans les associer nécessairement à un bon niveau d’isolation risque d’engendrer une pointe électrique supplémentaire de 6 GW à l’horizon 2030 [[RTE, Bilan prévisionnel 2023, Principaux résultats, p84.]]. Elle pourrait même aller jusqu’à une quinzaine de gigawatts en cas d’accumulation de conditions défavorables [[Toujours selon RTE.]].
Pour réduire cette pointe, il est indispensable d’installer des PAC dans des logements performants ou simultanément à une rénovation complète et performante [[Les risques liés à l’installation massive de PAC sans action forte sur l’isolation des logements sont expliqués dans cette note coproduite par l’Association négaWatt et le CLER – Réseau pour la transition énergétique.]].
Note – Pompes à chaleur et rénovation performante, une combinaison gagnante
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La démarche négaWatt – sobriété, efficacité, déploiement des renouvelables – permet de décarboner nos usages tout en réduisant les besoins de consommation électrique et donc les tensions sur le système électrique. L’Association négaWatt rappelle la nécessité d’intégrer cette approche globale dans les préconisations des travaux en cours (PPE, SNBC, Loi de production énergie, etc.).
Synthèse scénario négaWatt 2022
L’azote, à la fois allié de l’agriculture et menace pour la planète. C’est l’invention la plus importante de l’histoire moderne, plus encore que l’avion, l’énergie nucléaire ou la télévision, selon les historiens. Il s’agit du procédé Haber-Bosch : derrière ce nom peu connu se cachent les deux chimistes allemands qui ont réussi à synthétiser l’azote. On retrouve cet élément en grandes quantités dans l’air, mais il est également indispensable dans les sols pour assurer la croissance des plantes. Qu’il vienne à manquer, et ce sont les récoltes qui sont compromises. La découverte de ces chimistes a permis le développement rapide des engrais minéraux et l’essor de l’agriculture intensive. Aujourd’hui, l’utilisation massive de ces engrais est à l’origine du dérèglement du cycle de l’azote. Un phénomène inquiétant considéré comme une des limites planétaires qui menacent l’habitabilité-même de la Terre. Le biogéochimiste Gilles Billen de la Sorbonne Université nous explique comment nous en sommes arrivés là et se pose la question : peut-on nourrir la planète sans ces engrais azotés ?
La généralisation d’engrais azotés a permis l’essor de l’agriculture industrielle, déréglant au passage le cycle biogéochimique de l’azote.
Comment l’agriculture industrielle bouleverse le cycle de l’azote et compromet l’habitabilité de la terre
Alerte rouge ! Six des neuf Limites planétaires sont désormais dépassées. Et l’agriculture industrielle porte une lourde responsabilité. C’est ce que rapporte l’équipe de scientifiques réunie autour de Johan Rockström, dans un article paru en septembre dernier.
Pour rappel, les limites planétaires sont des valeurs d’indicateurs de perturbation au-delà desquelles la dynamique du système Terre s’engage dans une dérive incontrôlable et irréversible qui compromet l’habitabilité même de notre planète. Ce concept de dépassement est clair pour la plus connue de ces limites, celle qui concerne le réchauffement du climat. Pour maintenir l’accroissement de la température moyenne du globe en dessous de 1,5 °C, et éviter ainsi, sinon le changement climatique déjà en cours, du moins son emballement au-delà de ce qui est supportable, il faut maintenir la teneur en CO2 atmosphérique en dessous d’un certain seuil, ce qui nécessite d’atteindre rapidement une neutralité des émissions de CO2.
Sur 9 variables du système Terre monitorées, 6 font aujourd’hui l’objet d’un dépassement de frontière planétaire. Stockholm Resilience Centre, CC BY
La pertinence d’une telle limite globale en ce qui concerne le climat est facile à admettre parce que le cycle du carbone est ouvert sur l’ensemble de la planète et le CO2 émis (ou capté) en n’importe quel endroit du globe affecte immédiatement l’ensemble de l’atmosphère. Il en va différemment pour la limite planétaire relative à l’azote, dont le dépassement résulte en grande partie et de façon plus complexe de l’industrialisation de la production agricole.
Mais comment l’agriculture peut-elle affecter le cycle de l’azote ? Comment celui-ci a-t-il pu atteindre un point de dépassement ? L’industrialisation de l’agriculture est-elle indispensable pour nourrir l’humanité ? Faisons le point.
Le cycle naturel de l’azote
Pour commencer, il faut bien se représenter le cycle naturel du carbone et de l’azote, deux des principaux éléments constitutifs de la matière vivante, dans la forêt par exemple. Le fonctionnement de la forêt repose sur l’équilibre entre d’une part la production végétale, qui transforme les formes minérales (inorganiques) du carbone et de l’azote en biomasse (organique), et d’autre part la décomposition de cette biomasse par les animaux, les champignons ou les microorganismes qui la reminéralisent.
Mais alors que la forme inorganique du carbone (le CO2) est présente dans l’atmosphère, uniformément distribuée à l’échelle du globe et prélevée par les plantes au niveau de leurs feuilles, l’azote, lui, est reminéralisé dans le sol et prélevé par les racines des plantes. La fermeture du cycle de l’azote doit ainsi être locale : toute perte entraîne un risque d’appauvrissement du sol qui compromet la poursuite de la croissance végétale.
Gilles Billen, Fourni par l’auteur
Or, l’azote minéral présent dans les sols, est très mobile. Il existe sous plusieurs formes, l’ammoniac (NH3, NH4+) très volatile, le protoxyde d’azote (N2O) gazeux, le nitrate (NO3-) très soluble. Les pertes d’azote vers l’atmosphère et vers les eaux souterraines sont donc importantes, et c’est bien ce qui fait de l’azote l’élément limitant principal de la production des végétaux.
Pourtant, l’azote est présent largement dans l’atmosphère : il en constitue même 78 %, mais il s’y trouve sous sa forme moléculaire N2, un gaz inerte que la plupart des organismes sont incapables d’utiliser. Seule une classe de végétaux, les légumineuses (pois, lentilles, haricots ; trèfle, luzerne ; mais aussi certains arbres comme l’acacia), sont capables de puiser dans ce stock d’azote gazeux grâce à une association symbiotique avec des bactéries disposant des enzymes nécessaires pour transformer l’azote moléculaire en protéines. C’est cette fixation symbiotique qui compense les pertes environnementales naturelles d’azote et permet la pérennité du fonctionnement des écosystèmes terrestres.
Violences dans les champs : un documentaire sur les dérives de l’agriculture industrielle en Bretagne
Agressions entre agriculteurs, accaparement des terres, menaces contre des élus de la République, atteintes à l’environnement, aux humains, au vivant : le système agro-industriel productiviste s’impose, aujourd’hui, en France par la violence, dégradant les rapports entre paysans, abîmant leurs relations avec la terre et leurs animaux. Comment ce modèle économique, introduit durant l’après-guerre afin de moderniser l’agriculture et de nourrir les Français, est-il devenu en quelques décennies un système maltraitant qui peine à se réformer ? Des paysans, des experts et des décideurs du monde agricole, las de constater et de subir cette violence dans leur quotidien, livrent leurs témoignages.
Maison de production : Vivement Lundi / France Télévisions / Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) / Procirep / Angoa Réalisé par : Nicolas Legendre, Magali Serre
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Agriculture et fertilisation
Dans le cas des systèmes agricoles, le cycle de l’azote est structurellement ouvert. À chaque récolte de végétaux, l’azote qui y est contenu est emporté loin du sol dont il provient. Pour éviter l’appauvrissement du sol, il est donc nécessaire de lui restituer par un moyen ou par un autre l’azote qui lui a été soustrait tant par la récolte elle-même que par les pertes environnementales : c’est l’objet de la fertilisation.
Gilles Billen, Fourni par l’auteur
Il existe de nombreux modes de fertilisation. L’épandage des excréments des animaux et des hommes qui ont consommé les plantes constitue la manière la plus naturelle d’assurer le bouclage du cycle de l’azote, mais il peut être malaisé si le lieu de consommation des aliments est éloigné de celui de leur production. Par contre, l’épandage sur les terres arables des déjections du bétail nourri sur des pâturages semi-naturels voisins peut constituer le moyen d’un transfert de fertilité de ces pâturages vers les terres arables.
C’était la base de la fertilisation des systèmes de polyculture-élevage traditionnels. Le recours à des rotations culturales dans lesquelles alternent les céréales et les légumineuses constitue également un moyen de fournir aux céréales l’azote fixé par les légumineuses qui les précèdent sur la même parcelle. En climat tropical, la coexistence d’arbres fixateurs d’azote et de cultures herbacées permet aussi un apport d’azote par fixation symbiotique. On le voit, les moyens traditionnels d’assurer la fertilisation des sols agricoles ne manquent pas.
Depuis à peine plus d’un siècle, les engrais industriels sont venus s’ajouter à cette panoplie. À la veille de la Première Guerre mondiale, les chimistes allemands Fritz Haber et Karl Bosch mettent au point le procédé qui permet, sous haute pression et à haute température, de forcer la réaction de l’azote de l’air avec l’hydrogène (alors issu du charbon, et aujourd’hui du gaz naturel) pour produire de l’ammoniac (NH3) puis de l’acide nitrique.
Si ce procédé sert tout d’abord à produire des explosifs (dont la fabrication nécessite beaucoup d’acide nitrique !), il permettra ensuite de produire en masse des engrais azotés de synthèse, qui assureront bientôt une part croissante de la fertilisation des sols agricoles, rendant désuète la polyculture-élevage et ouvrant la voie à l’intensification et à la spécialisation de l’agriculture, désormais adossée à l’industrie chimique lourde.
« Le développement extraordinaire [du procédé Haber Bosch] est bien davantage que le départ d’une nouvelle industrie. Il représente rien moins que le début d’une nouvelle ère ethnologique dans l’histoire de l’humanité, une nouvelle époque cosmique. ».
Et c’est bien de cela qu’il s’agit : cette nouvelle ère s’appelle l’Anthropocène, et aujourd’hui à l’échelle du monde, la quantité d’azote réactif introduite annuellement par l’industrie des engrais dans la biosphère, dépasse celle apportée par l’ensemble des processus naturels de fixation biologique. À l’échelle de la planète, la vitesse de circulation de l’azote a donc plus que doublé.
Les pertes environnementales d’azote
Ce qui pose problème dans cette accélération, ce sont les pertes environnementales d’azote qui en résultent. En effet, plus on utilise d’engrais azotés pour augmenter les rendements agricoles, plus l’azote apporté perd en efficacité et plus augmentent les pertes par lessivage et volatilisation (Figure 2). On appelle surplus azoté cet excès d’azote amené aux sols par rapport à la quantité effectivement exportée par la récolte.
C’est la raison pour laquelle dans la démarche de définition des limites planétaires au-delà desquelles la viabilité de l’homme sur terre n’est plus garantie, l’équipe de Rockström a retenu la valeur du surplus azoté agricole. La valeur plafond de ce surplus, définie pour protéger localement l’eau et l’air, varie largement selon les régions du monde, mais leur somme à l’échelle du globe peut-être estimée à 60 millions de tonnes d’azote (60 TgN/an), à comparer à la valeur actuelle de près de 130 TgN/an.
Cet écart colossal entre la limite à ne pas dépasser et la valeur effective actuelle justifie l’objectif récemment affiché par la Commission Européenne et par la Conférence sur la Biodiversité des Nations unies de réduire de moitié les pertes environnementales d’azote à l’horizon 2030.
Réduire de moitié les pertes d’azote de l’agriculture pour respecter les limites planétaires ne pourra pas se faire par de simples ajustements de pratiques. Les fabricants d’engrais industriels font miroiter les progrès que pourraient apporter l’agriculture de précision, l’usage d’inhibiteurs de la nitrification dans les sols, l’amélioration variétale des plantes cultivées, etc.
Tout indique que ces progrès, s’ils ouvrent de nouveaux marchés juteux à l’industrie des agro-fournitures, n’entraîneront qu’une réduction marginale des pertes d’azote : le premier levier pour accroître l’efficience et diminuer les pertes, est la réduction de la production agricole elle-même !
Gilles Billen, Fourni par l’auteur
Nourrir le monde sans pourrir la planète
Mais peut-on raisonnablement désintensifier l’agriculture sans compromettre la sécurité alimentaire d’un monde qui atteindra 10 milliards de bouches à nourrir en 2050 ? La réponse est oui selon un grand nombre d’études récentes. Mais à condition d’accompagner cette désintensification par trois changements structurels majeurs du système agro-alimentaire tout entier.
Le premier consiste à généraliser les systèmes de cultures qui ont fait leurs preuves dans l’agriculture biologique, basés sur des rotations longues et diversifiées alternant céréales et légumineuses, ce qui permet de se passer des engrais de synthèse comme des pesticides.
La plantation de légumineuses, ici pois chiche permet d’enrichir les sols en azote.
Le second levier consiste à reconnecter l’élevage et les cultures, avec des animaux nourris sur les seules ressources fourragères locales (herbe, légumineuses fourragères, grains seulement quand ceux-ci peuvent être produites en excédent des besoins humains) et dont les excréments peuvent être recyclés sur place, assurant la fermeture maximale du cycle de l’azote.
L’élevage industriel étant ainsi abandonné, la part de produits animaux dans le régime alimentaire humain doit être substantiellement réduite : c’est le troisième levier. Un régime alimentaire où les produits carnés et lactés sont réduits à 30 % du total des apports de protéines (contre 65 % en France actuellement) serait non seulement plus sain, en ce qu’il permettrait de réduire les risques de maladies cardio-vasculaires et de certains cancers, mais serait également plus équitable, en ce qu’il diminuerait la part de la production agricole aujourd’hui consacrée à l’alimentation du bétail, et pourrait être généralisé à tous les humains de la planète. À l’échelle de l’Europe, il a été montré qu’un tel scénario agro-écologique est le seul qui permette effectivement de réduire de moitié les pertes environnementales d’azote et les émissions de gaz à effet de serre de l’agriculture.
Il faut donc dépasser l’idée que seule la poursuite de l’intensification de la production agricole industrielle, de sa spécialisation et de l’accroissement du commerce international des produits agricoles permettra d’assurer les besoins alimentaires croissants de la planète. Bien au contraire, ce modèle agricole est aujourd’hui clairement identifié comme cause de perturbation majeure du fonctionnement planétaire. Nourrir la population mondiale future tout en respectant l’habitabilité du monde ne pourra se faire que grâce à des changements structurels majeurs du système agro-alimentaire mondial alliant sobriété, reconnexion et agro-écologie.
Cet article s’inscrit dans le cadre d’un projet associant The Conversation France et l’AFP audio. Il a bénéficié de l’appui financier du Centre européen de journalisme, dans le cadre du programme « Solutions Journalism Accelerator » soutenu par la Fondation Bill et Melinda Gates. L’AFP et The Conversation France ont conservé leur indépendance éditoriale à chaque étape du projet.
Une des pistes les plus prometteuses est le développement des légumineuses, en rotation de culture ou en guise d’engrais verts. Car cette famille de plantes détient une faculté unique : celle de capter l’azote de l’atmosphère pour le transférer dans les sols et faciliter ainsi la croissance des autres cultures. Cinq chercheurs en agronomie du Cirad de retour du terrain nous rapportent le potentiel et les limites de ces techniques à Madagascar.
Cultiver des légumineuses pour utiliser moins d’engrais minéraux et nourrir la planète ?
Cultiver des légumineuses pour utiliser moins d’engrais et nourrir la planète
Pour augmenter les rendements des céréales en Afrique, la production d’engrais verts à travers la culture de légumineuses est prometteuse. Mais certains obstacles subsistent.
par Lalaina Ranaivoson, Aude Ripoche, François Affholder, Gatien Falconnier et Louise Leroux (CIRAD)
De nos jours, les consommateurs cherchent de plus en plus à aligner leurs valeurs environnementales avec leurs décisions financières. C’est dans ce contexte que l’éco-épargne et les placements responsables gagnent en intérêt. Ces pratiques financières visent à soutenir des entreprises et des projets respectueux de l’environnement tout en générant des rendements financiers.
L’éco-épargne, une manière de donner un sens à l’épargne
En tant que client, on se demande souvent comment réussir à faire rimer banque et écologie. L’éco-épargne, ou épargne verte, est un moyen par lequel vous pouvez déposer votre argent dans des comptes d’épargne ou des certificats de dépôt auprès d’institutions financières qui s’engagent à investir ces fonds dans des projets à vocation écologique. Ces projets peuvent inclure des initiatives telles que les énergies renouvelables, la conservation de la biodiversité, l’efficacité énergétique et la gestion de l’eau. Les fonds déposés ne sont pas simplement destinés à générer des intérêts pour le titulaire du compte, mais ils sont également investis de manière à avoir un impact positif sur l’environnement.
Le pouvoir des placements responsables
Les placements responsables eux, sont des investissements dans des fonds ou des actions d’entreprises qui adoptent des pratiques durables, éthiques et socialement responsables. Cela signifie que les investisseurs cherchent à soutenir des entreprises qui respectent des normes environnementales et sociales élevées, tout en générant des bénéfices financiers. Ces investissements peuvent inclure des domaines tels que les énergies propres, les technologies vertes, les entreprises socialement responsables, et bien d’autres. En misant sur des entreprises qui intègrent la durabilité dans leur modèle commercial, vous jouez un rôle actif dans la promotion de pratiques plus respectueuses de l’environnement.
Leurs impacts positifs dans la réduction de l’empreinte écologique
Ces deux moyens ont la capacité à générer un impact positif sur la planète et la société tout en offrant des avantages financiers. Les projets financés par l’éco-épargne contribuent à la réduction des émissions de carbone, à la protection de la biodiversité et à la création d’emplois dans des secteurs respectueux de l’environnement. De même, les placements responsables encouragent les entreprises à adopter des pratiques plus durables en récompensant celles qui le font déjà, tout en faisant pression sur celles qui doivent encore améliorer leur performance en matière de durabilité.
Comment puis-je intervenir dans cette durabilité en tant que client ?
Pour les clients qui souhaitent contribuer à la transition écologique grâce à leurs choix financiers, commencez par rechercher des banques, coopératives de crédit et institutions financières qui proposent des produits d’éco-épargne et de placements responsables. Assurez-vous qu’elles ont des politiques claires en matière de durabilité. Il est important de diversifier vos investissements pour réduire les risques financiers. Investir dans un portefeuille de placements responsables vous permettra de soutenir une variété d’entreprises et de projets respectueux de l’environnement. Les institutions financières sérieuses fournissent des rapports de durabilité qui détaillent l’impact de leurs investissements. Il est conseillé de prendre le temps de consulter ces rapports pour vous assurer que vos investissements contribuent réellement à la durabilité. N’hésitez pas à vous renseigner sur les développements récents en matière d’investissement durable et faites entendre votre voix en tant que client pour encourager davantage les pratiques responsables.
Alors que le COP28 se déroule depuis une semaine avec comme priorité la sortie des énergies fossiles, les Amis de la Terre France alertent, dans un rapport sur la dépendance de notre système agricole et alimentaire à ces énergies fossiles. Inflation des prix des denrées alimentaires, dépendance au gaz ou pétrole et aux pays autoritaires producteurs de ces énergies, impacts sur le climat, l’environnement, la santé publique, gouffre financier pour l’État et les agriculteurs : l’addiction de notre agriculture aux engrais de synthèse n’est plus tenable. Alors que les engrais azotés sont identifiés comme un problème pour le climat, la solution proposée par les industriels et acceptée par l’État – les engrais décarbonés – est une illusion. L’hydrogène, la captation et la séquestration du CO2 (CCS), … : les techniques pour décarboner les engrais sont incertaines, inefficaces, coûteuses et ne remettent pas en cause la dépendance aux ressources fossiles.
Le cabinet Colombus Consulting publie la 8e édition de son étude annuelle consacrée à la santé financière des producteurs d’électricité européens. En 2022, les producteurs d’électricité, hors EDF, ont connu une forte augmentation de leurs chiffres d’affaires et EBITDA[[L’EBITDA, acronyme de « Earnings Before Interest, Taxes, Depreciation and Amortization » est un indicateur financier américain pour mesurer la rentabilité brute du cycle d’exploitation de l’entreprise.]], dans un contexte de baisse de consommation de l’électricité en Europe. Malgré une stratégie forte en faveur du développement des énergies renouvelables, la dynamique enclenchée reste perfectible.
La tribune « COP28 : l’ESS, un potentiel inexploité face à la crise climatique », signée par les dirigeants du Groupe SOS à l’international[[Les signataires de la tribune « COP28 : l’ESS, un potentiel inexploité face à la crise climatique », dirigeants du Groupe SOS à l’international : Frédéric Bailly, vice-président exécutif, Groupe SOS, Alexandre Lourié, directeur général international, Groupe SOS, Kevin Goldberg, président de l’association Groupe SOS International, Victorine A Ndeye, Ministre de la Microfinance et de l’Economie Sociale et Solidaire du Sénégal, Jeroo Billimoria, fondatrice Catalyst 2030 et directrice générale de Child and Youth Finance International, Chékéba Hachémi, présidente fondatrice de l’association Afghanistan Libre, Pauline Effa, directrice générale, partenariat France et Afrique, Yasmine Hamraoui, présidente, French Impact et partner chez Impact Partners, Nigel Kershaw, président The Big Issue Group, co-fondateur, Big Issue Invest et The Big Exchange, Nicolas Messio, président de l’association PULSE et de l’association PPI – People Power Inclusion, Robin Richa, directeur général, Arcenciel, Arnaud Mourot, directeur général Europe, Ashoka et président fondateur de l’association PLAY International, Patrice Papet, président de Planète Urgence, Marie-José Moinier, présidente de l’association Santé Sud, Bruno Chatelier, cofondateur du fond de dotation DDB share, Diane Binder, fondatrice et directrice générale de Regenopolis, Owen Marsh, cofondateur de l’association Ambitions Transitions et administrateur du Groupe SOS, Pénélope Silice, responsable développement international & communication, Groupe SOS, Amandine Hersant, directrice générale, Planète Urgence, Guillemette Petit, directrice générale, PLAY International, Anne-Leïla Batel, directrice générale, PULSE, Benjamin Soudier, directeur général, Santé Sud, Damien Thierry, directeur général, Ateliere Fara Frontiere, Audrey Negui, directrice générale, PPI – People Power Inclusion, Tony Bernard, directeur général, Impact Tank, Xuan-Dai Veret, directrice générale, Groupe SOS Consulting, Baptiste Pécriaux, directeur général, Impact Campus.]], alerte sur les difficultés d’accès des structures de terrain aux plus grands fonds climatiques, alors que les modalités de fonctionnement du fonds pertes et dommages sont encore en discussion à la COP 28, et sur le potentiel inexploité de l’ESS face à la crise climatique.
La communauté mondiale réunie à la COP 28 se félicite du financement de 225 millions d’euros d’un fonds « pertes et dommages » permettant de relever les défis urgents posés par la crise climatique dans les pays les plus vulnérables. Alors que le déploiement du fonds reste à préciser, il convient de rappeler qu’il existe une solution systémique sous-utilisée : le développement de l’Économie Sociale et Solidaire (ESS). En partageant la valeur et le pouvoir avec les acteurs économiques locaux soucieux de leur impact environnemental, elle offre un potentiel inexploité pour l’adaptation au changement climatique et l’atténuation de ses effets dévastateurs.
Aujourd’hui, l’économie, en raison de ses activités non durables, accentue la crise climatique ; elle devrait la combattre. Le Sommet pour un nouveau pacte financier mondial organisé par la France cette année a souligné que la justice climatique passe par une réforme de notre modèle économique et financier actuel ; il convient de passer de la parole aux actes. Hélas, les fonds climatiques les plus importants suivent une logique de fonctionnement et d’attribution tellement restrictive qu’ils excluent les acteurs économiques de terrain. Le Fonds vert pour le climat, par exemple, ne finance directement que de grosses organisations, pour la plupart internationales, et nécessite un mécanisme d’accréditation pouvant prendre jusqu’à trois ans afin d’être éligible à son financement. Les structures locales, au plus proche des besoins, ne peuvent pas y prétendre. C’est anachronique.
L’avancée du fonds « pertes et dommages » est porteuse d’espoir. Il doit dédommager les pays en développement, qui n’émettent qu’une minorité des émissions de gaz à effet de serre, mais en subissent de plein fouet les conséquences. C’est une opportunité à ne pas manquer. Il est crucial d’y intégrer l’action des acteurs locaux de l’ESS et de leur consacrer des ressources financières substantielles : les associations, coopératives, entreprises sociales qui renforcent l’autonomie des populations locales et favorisent le développement durable sans opposer écologie, impact social et économie.
Le potentiel de l’ESS est immense, particulièrement en Afrique, qui est en première ligne face à la crise climatique, mais aussi pionnière en matière d’innovations sociales et écologiques. Aujourd’hui, le continent africain subit 35 % des pertes humaines causées par la crise climatique, alors qu’elle émet moins de 5 % des gaz à effet de serre. Des solutions sont portées par le tissu local de l’ESS, mais elles méritent encore d’être mises à l’échelle. Par exemple, les coopératives de petits producteurs de vanille de Madagascar permettent de partager la valeur tout en diffusant des pratiques agricoles plus écologiques. La restauration des espaces de mangrove dégradés du littoral du Cameroun permet de créer des emplois dans les associations locales des communautés les plus vulnérables. En Casamance, dans le sud du Sénégal, les porteurs de projets à impact social et environnemental se multiplient dans les incubateurs d’entreprises et allient rentabilité économique et bienfaits d’intérêt général.
L’économie sociale et solidaire est un impensé du combat écologique ; elle est pourtant une solution incontournable. Elle offre une voie vers la résilience à partir du tissu économique de terrain. Intégrer l’ESS dans l’action climatique, lui garantir un accès adéquat aux financements et favoriser un environnement politique favorable – les Nations-Unies ont déjà appelé à sa reconnaissance par tous ses Etats-Membres dans une résolution d’avril dernier – sont des étapes essentielles vers un avenir durable et inclusif. À l’heure où le monde perd confiance dans la COP, entre lenteur des négociations et peur du « green-washing », il est essentiel de rappeler avec force qu’une économie fondamentalement écologique existe : c’est l’économie sociale et solidaire. Elle est le vecteur d’un changement systémique pour la justice climatique. C’est le message que nous, acteurs du changement, portons à la COP 28.
L’ESS en France
En France, les sénateurs ont débattu des moyens dédiés à l’Économie sociale et solidaire (ESS) au sein du Projet de loi de Finances (PLF) pour 2024. Deux amendements importants pour le développement de l’ESS ont été adoptés : un amendement visant à financer la fonction Accueil, orientation et information des Chambres régionales de l’Economie Sociale et Solidaire (CRESS) à hauteur de 2,5 millions d’euros et un second proposant une augmentation du financement de l’ESS à hauteur de 4 millions d’euros.
Ces amendements s’inscrivent dans les priorités annoncées par Olivia Grégoire pour le développement de l’ESS, une forme d’économie représentant 200 000 entreprises et 2,5 millions d’emplois, essentielle pour le quotidien des Français, plus soucieuse des personnes, plus sobre quant à la pression exercée sur les ressources naturelles, présente dans tous les territoires et innovante dans de nombreux secteurs stratégiques.
La situation du réseau des CRESS illustre le manque de moyen dédiés au développement de l’ESS.
Les CRESS fédèrent les acteurs de l’ESS en région et sont reconnues par la loi ESS de 2014. L’article 6 de celle-ci leur attribue des missions légales relatives à la représentation, l’appui à la création, au développement et au maintien des entreprises de l’ESS (associations, coopératives, fondations, mutuelles, sociétés commerciales de l’ESS). Malgré toute l’importance des missions légales qui leurs sont confiées, l’Etat ne les finance qu’à hauteur de 80 000 euros par CRESS, un montant largement insuffisant pour leur permettre de répondre aux besoins de développement des entreprises et organisations de l’ESS, ce qui de fait les prive de chances.
Les crédits dédiés au développement transversal de l’ESS dans le budget de l’Etat sont de 19,2 millions d’euros, une somme à comparer aux 800 millions d’euros affectés cette année par le gouvernement espagnol au développement de l’ESS.
Placer l’ESS au cœur des planifications écologiques et sociales à venir
Olivia Grégoire a fixé comme l’une de ses priorités une meilleure coordination de l’écosystème de l’ESS avec les collectivités territoriales et les chambres consulaires, car une telle coordination ne pourra aboutir sans moyens supplémentaires dédié au développement de l’ESS sur l’ensemble du territoire.
A propos d’ESS France
Reconnue par la loi du 31 juillet 2014 relative à l’ESS, ESS France fédère les organisations nationales représentant les différentes formes statutaires de l’Économie sociale et solidaire (ESS) ainsi que les Chambres régionales de l’ESS, et toute autre personne morale qui souhaite s’investir dans ses activités. Depuis les territoires, jusqu’à l’échelle européenne et internationale, ESS France contribue, depuis plus de vingt ans, au développement de l’ESS dans toutes ses dimensions.
Groupe SOS International
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Le Groupe SOS agit à l’international en faveur de l’atteinte des Objectifs de développement durable (ODD). Les ONG, associations et entreprises sociales du Groupe SOS interviennent auprès des acteurs locaux de plus de quarante pays, accompagnent les organisations de la société civile locale, accélèrent la nouvelle génération d’entreprises sociales, solidaires et écologiques, partagent les meilleures innovations sociales et environnementales et mettent la finance au service des objectifs de développement durable.
UCly – Remise des Trophées des Entreprises Responsables
La cérémonie de remise des Trophées des Entreprises Responsables aux PME de la région Auvergne Rhône-Alpes a eu lieu le 5 décembre à l’UCLy. Il s’est inscrit dans la continuité du projet de recherche-action coopérative PrIORRA (Pratiques Innovantes des Organisations Responsables en Rhône-Alpes) piloté par l’Unité de Recherche CONFLUENCE : Sciences et Humanités de l’UCLy pour co-construire avec 20 chercheurs et 21 entreprises volontaires des outils opérationnelles et des méthodes responsables mises à disposition des TPE PME du territoire.
Cette cérémonie, organisée par l’UCLy et parrainée par la région AURA, la CCI Aura, et la CPME 69, a réuni un parterre prestigieux de professionnels, d’entrepreneurs, d’enseignants et de chercheurs.
Cet événement a mis à l’honneur les entreprises et les personnes engagées en matière de Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE).
Bureau d’Ingénieurs conseils en géologie, géophysique, géotechnique, hydrogéologie et génie civil.
Pourquoi cette reconnaissance ? : La raison d’être de Géolithe est particulièrement bien formulée et communiquée ainsi que partagée avec les salariés et les parties prenantes.
Thématique 2 – INSUFFLER UNE CULTURE DE MANAGEMENT DE L’ERREUR
Société DECORTES (38 Pont Évêques) représentée par Patrice Lebrun
Société spécialisée dans la construction de bâtiments modulaires.
Pourquoi cette reconnaissance ? : Decortes démontre une capacité à accompagner ses managers dans l’innovation et l’amélioration continue en intégrant les erreurs possibles et rencontrées.
Handishare est une SAS sous statut d’entreprise adaptée d’assistance aux fonctions support des entreprises (RH, Achats, Informatique, Gestion comptable…).
Pourquoi cette reconnaissance ? : La prise en compte de la vulnérabilité des salariés est inerrante à l’activité d’Handishare. Elle est très bien illustrée par le biais des brochures, des présentations partagées avec les salariés et les parties prenantes, y compris au travers du bilan social.
Entreprise APLIM (73 Saint-Jeoire-Prieuré) représentée par Claire Lefebvre
Aplim est le leader des solutions informatiques pour piloter les établissements d’enseignement et un acteur incontournable de l’Éducation Nationale.
Pourquoi cette reconnaissance ? : La RSE et les différents thèmes afférents sont partagés avec les salariés. Aplim a été très modeste dans ses déclarations mais les preuves en attestent.
Bureau d’Ingénieurs conseils en géologie, géophysique, géotechnique, hydrogéologie et génie civil.
Pourquoi cette reconnaissance ? : Géolithe travaille non seulement sur les actions environnementales mais s’investit aussi dans divers partenariats locaux pour avancer dans ce domaine.
Développement et intégration de systèmes connectés pour industriels et marques grand public (apps mobiles, logiciel embarqué…).
Pourquoi cette reconnaissance ? : Inventhys s’engage au-delà de son activité première avec des partenaires territoriaux et développe par la même des innovations sociales.
Thématique 7 – FORMALISER ET SÉCURISER JURIDIQUEMENT SES PRATIQUES RSE
Entreprise INFRAMET (43 Sainte-Florine) représentée par Marc Antoine Pereira
Entreprise indépendante, spécialisée dans le développement, la fabrication et l’installation de pylônes et infrastructures de télécommunication au service des propriétaires, aménageurs et exploitants de réseaux radio.
Pourquoi cette reconnaissance ? : Par la multiplication de documents formalisant sa démarche RSE (charte éthique, charte RSE, code de conduite fournisseur…), Inframet illustre une démarche à impact sur son activité et ses partenaires.
Adrien BERTRAND, Directeur de Cabinet du Recteur, UCLy.
Marie BUI-LETURCQ, VR Transition Ecologique Responsabilité Sociétale Qualité, UCLy
Anaïs CANDELAS, DRH Qantis.
Virginie CARTIER, Coordinatrice PrIORRA, Directrice de la Vie et de l’Expérience Etudiantes, UCLy.
Olivier DEDIEU, Directeur du média économique en ligne Lyon-Entreprises.
Stéphanie NOTIN, Coordinatrice RSE Groupe et Responsable juridique environnement, Groupe Vicat.
Isabelle PRIM-ALLAZ, Pr des Universités – Marketing, Université Lyon 2, Membre du Laboratoire Coactis.
Perspectives
Virginie Cartier, enseignante-chercheur et coordinatrice du projet PrIORRA à l’UCLy, exprime sa gratitude envers les entreprises partenaires, tous les participants, les partenaires et les membres du jury pour leur engagement et leur contribution à la réussite de ce projet de recherche-action coopérative.
Selon elle, « le projet PrIORRA ouvre d’autres possibilités de collaboration entre chercheurs et entreprises. À titre d’exemple trois premiers modules de formation dédiés aux entreprises du territoire seront proposés au second semestre par l’UCLy afin de les soutenir dans l’application de leurs pratiques en matière de RSE. D’autres seront bientôt formalisés afin de capitaliser sur les compétences acquises ces derniers mois ».
Virginie Cartier souligne également que l’outil d’autodiagnostic sera reconduit tous les deux ans constituant ainsi un baromètre RSE dont les résultats seront mis à disposition des entreprises, des institutions et des chercheurs.
À propos des Trophées PrIORRA
Trophées des entreprises responsables
Le projet PrIORRA est un programme de recherche-action coopérative d’accompagnement dédié aux TPE-PME du territoire. Ce projet rassemble aux côtés de l’Unité de Recherche CONFLUENCE : Sciences et Humanités de l’UCLy, les AEH et le Ciedel. 20 chercheurs et 21 entreprises partenaires ont co-construit des outils et méthodes responsables directement applicables dans les organisations. La région AURA a co-financé ce projet à l’aide du fonds FEDER (Fonds Européen de Développement Régional).
PrIORRA se positionne comme un véritable laboratoire d’innovations sociales en Rhône-Alpes, en proposant des solutions concrètes et durables pour répondre aux défis de la transition écologique et sociale.
https://priorra.fr/
À propos de l’UCLy (Université Catholique de Lyon)
Croiser les savoirs pour un monde durable
Fondée en 1875, l’UCLy est un établissement privé d’enseignement supérieur et de recherche, à but non lucratif. Elle est reconnue d’utilité publique et labellisée Établissement d’Enseignement Supérieur Privé d’Intérêt Général (EESPIG).
Située sur 3 campus au cœur des villes de Lyon et d’Annecy, et possédant également une antenne au Puy-en-Velay, elle propose 113 formations diplômantes aux normes européennes, au sein de ses 6 pôles facultaires et 5 écoles d’enseignement supérieur (dont l’ESDES Grande École de Commerce et l’ESTBB École d’ingénieurs en Biotechnologies). Chaque année, elle accueille 11 700 étudiants et auditeurs libres, dont plus de 2 100 étudiants étrangers. L’Unité de Recherche « Confluence : Sciences et Humanités » est au cœur de la pédagogie de l’UCLy. Accréditée par le HCÉRES, elle est composée de 8 pôles complémentaires qui couvrent 24 disciplines. Très attentive aux évolutions du monde, l’UCLy veut aujourd’hui apporter une réflexion éthique et donner du sens à la transformation de notre société mondialisée.
www.ucly.fr
Trophées des entreprises responsablesLes 7 thématiques de cet autodiagnostic
Dans le monde, nous pêchons près de 90,3 millions de tonnes de poissons. Près de 93% de nos stocks mondiaux sont pleinement exploités (57,3%) ou surexploités (35,4%) estime la FA0. Cette surpêche met en péril la sécurité alimentaire de nombreux pays. Désormais, plus de la moitié des produits de la mer que nous consommons est issue de l’aquaculture. Cependant, les impacts de cette filière sur l’environnement et sur la santé des poissons sont loin d’être négligeables. Avec son label, l’ONG Aquaculture Stewardship Council souhaite rendre l’aquaculture plus responsable.
Depuis quelques années, les supermarchés coopératifs se développent sur le territoire métropolitain. Portés par des consommateurs réunis en coopérative, ils visent à rendre abordable une alimentation saine et durable. Les supermarchés coopératifs disposent de plusieurs leviers pour réduire les prix. De plus, les règles de fonctionnement reposent sur des principes démocratiques (égalité de représentation des bénévoles, implication dans le choix des produits, etc.). Enfin, la forme de supermarché vise à toucher un nombre important de consommateurs. A l’aide d’une enquête de terrain, cette nouvelle étude documente les initiatives de supermarchés coopératifs et questionne le caractère démocratique et écologique de ces alternatives à la grande distribution.
Alors que les dirigeants mondiaux réunis à l’occasion de la 28e Conférence mondiale pour le climat (COP28) devraient s’engager à tripler les capacités d’énergies renouvelables d’ici à 2030, des obstacles politiques communs entravent le déploiement de ces énergies renouvelables dans certaines des plus grandes économies du monde. C’est ce que révèle un nouveau rapport intitulé Financing the Energy Transition: How Governments Can Maximise Corporate Investment (Financer la transition énergétique : comment les gouvernements peuvent maximiser les investissements des entreprises), publié par l’organisation internationale à but non lucratif Climate Group.
L’initiative RE100 de Climate Group1 collabore avec plus de 400 entreprises dont les besoins combinés en électricité sont supérieurs à ceux de la France et qui se sont engagées à utiliser 100 % d’énergie renouvelable dans l’ensemble de leurs activités. Bien qu’elles investissent des milliards de dollars pour y parvenir, des obstacles politiques et réglementaires empêchent ces entreprises d’investir dans l’électricité renouvelable sur de nombreux marchés. Selon Climate Group, cette situation affecte par ricochet l’élimination progressive des combustibles fossiles.
Le rapport, présenté aujourd’hui lors de la COP28, met en évidence les lacunes politiques communes qui freinent huit économies du G20, les prenant comme exemples des défis auxquels de nombreux pays sont confrontés à travers le monde. Le rapport, qui se concentre sur l’Argentine, la Chine, le Japon, l’Indonésie, l’Inde, le Mexique, la Corée du Sud et l’Afrique du Sud, propose des recommandations visant à éliminer les obstacles, et ainsi permettre aux pays de saisir les opportunités économiques de la transition énergétique et d’accélérer la course vers l’objectif zéro émission.
En Corée du Sud, par exemple, 129 des 226 gouvernements locaux (57 %) ont adopté des décrets exigeant que les installations solaires soient situées à une distance minimale de 100 à 1 000 mètres des zones résidentielles et des routes ; excluant tout développement de l’énergie solaire dans de vastes régions du pays.
« Les énergies renouvelables sont la ruée vers l’or du XXIe siècle, mais beaucoup d’entreprises, États, régions et pays en sont toujours privés. L’ère des combustibles fossiles bon marché est révolue, et il est temps que les gouvernements prennent des mesures simples pour ouvrir leurs marchés à des milliards de dollars d’investissements d’entreprises dans une électricité renouvelable propre et abordable. C’est formidable que des pays parlent activement de tripler leurs capacités d’énergies renouvelables, mais ils devront faire tomber des barrières dans leur propre pays s’ils souhaitent réellement tenir cette promesse ».
Sam Kimmins, directeur de l’énergie chez Climate Group
Les obstacles identifiés dans le rapport se répartissent en trois thèmes communs. Premièrement, la disponibilité de l’électricité renouvelable dans un pays ou une région. Deuxièmement, l’accessibilité de cette électricité aux entreprises. Enfin, le coût de cette énergie sur certains marchés, souvent disproportionné par rapport au coût nettement inférieur de l’électricité renouvelable dans d’autres régions du monde. Les défis posés par les environnements réglementaires restrictifs et les barrières commerciales sont également explorés.
À l’approche de la COP28, les demandes de mesures supplémentaires en faveur de l’élimination progressive des combustibles fossiles et d’un leadership plus fort de la part des plus grandes économies mondiales se sont multipliées. Des tendances encourageantes sont apparues en début d’année, lorsque les pays du G20 se sont engagés à tripler les capacités d’énergies renouvelables d’ici à 2030, en s’appuyant sur des objectifs et politiques existants. Pour cela, il est essentiel que les gouvernements éliminent les obstacles politiques les plus courants qui cimentent les combustibles fossiles et ralentissent la transition mondiale vers le zéro émission.
« Le marché des énergies renouvelables devrait atteindre 2,15 billions de dollars d’ici à 2025, les investissements durables ayant dépassé 35 billions de dollars en 2020. Les opportunités commerciales sont donc énormes pour les pays qui, en collaboration avec les entreprises, privilégient la durabilité et la course vers le net zéro. Continuer à promouvoir les combustibles fossiles au détriment des énergies renouvelables, ou ne pas soutenir ces dernières au moyen de politiques et structures de marché adéquates, est une voie sans issue »
Sam Kimmins, directeur de l’énergie chez Climate Group
Les recommandations politiques présentées dans le rapport, que les pays peuvent mettre en œuvre pour libérer le vaste potentiel économique des énergies renouvelables, sont les suivantes :
Mettre en place un environnement réglementaire favorisant l’approvisionnement des entreprises et l’accessibilité des énergies renouvelables.
Accroître la transparence et l’additionnalité des certificats d’énergie renouvelable (CER).
Faciliter les procédures des PPA (accords d’achat d’électricité) complexes, notamment en remédiant au manque de transparence et de mesures incitatives.
Comprendre et modifier les disparités géographiques et régionales quant à la disponibilité des PPA, et harmoniser les réglementations et procédures contractuelles relatives aux PPA.
Créer des conditions équitables, afin de garantir que les énergies renouvelables soient abordables.
Créer des conditions équitables permettant à l’électricité renouvelable de concurrencer justement les combustibles fossiles, et reflétant la compétitivité des coûts de production de l’électricité renouvelable.
Éliminer les subventions aux combustibles fossiles, pour mettre fin à la concurrence déloyale avec les énergies renouvelables et réduire la charge fiscale qui pèse sur les contribuables.
Encourager et augmenter la disponibilité afin de garantir des énergies renouvelables en quantité suffisante.
Travailler avec les services publics ou les fournisseurs d’électricité pour offrir aux entreprises des solutions d’approvisionnement en électricité renouvelable améliorées.
Résoudre les problèmes d’autorisation et d’implantation, qui limitent inutilement les possibilités d’installation de nouvelles infrastructures de production d’électricité à partir de sources renouvelables.
Promouvoir les investissements directs dans des projets d’énergie renouvelable sur site et hors site.
Outre la Corée du Sud, le rapport inclut d’autres exemples de pays où les politiques ont des répercussions directes sur les investissements privés dans l’infrastructure énergétique de la région. En 2018, année de l’arrivée au pouvoir du président Andrés Manuel López Obrador, le Mexique a enregistré 5 milliards de dollars d’investissements étrangers directs dans le secteur de l’énergie. En 2021, ce chiffre est tombé à 600 millions de dollars ; une chute attribuée au discours pro-énergie fossile qui a dissuadé les investisseurs.
À l’inverse, le programme sud-africain REIPPP (Renewable Independent Power Producer Programme) a stimulé l’investissement dans le développement des énergies renouvelables, et 256 milliards de rands sud-africains (17,32 milliards de dollars US) ont été mobilisés dans le cadre de ce programme. Cependant, le réseau sud-africain a du mal à les intégrer, démontrant la nécessité d’investir aussi dans les infrastructures.
En adoptant les recommandations formulées dans le rapport, les pays pourraient débloquer des milliards de dollars d’investissements, avec pour objectif global de lutter contre le changement climatique et d’aider les pays à atteindre leurs objectifs de zéro émission.
Le rapport examine principalement les pays où les principaux obstacles et défis sont les plus marqués. Les études sont basées sur des données recueillies auprès de plus de 400 entreprises membres du RE100, ainsi que sur des entretiens avec des membres, des partenaires locaux indispensables sur les marchés évalués, et des instances publiques concernées. Ces données ont été étayées par des sources de données internationales et locales accessibles au public.
À propos de Climate Group
Climate Group encourage l’action pour le climat. Rapidement. Notre objectif est un monde sans émissions nettes de carbone d’ici 2050, et une plus grande prospérité pour tous. Nous nous concentrons sur les systèmes qui produisent le plus d’émissions et où nous sommes le plus susceptibles de faire évoluer les choses. Pour ce faire, nous créons des réseaux importants et influents, et obligeons les organisations à assumer la responsabilité de leurs actes et à concrétiser leurs engagements. Nous partageons nos accomplissements afin de montrer à d’autres organisations ce qu’elles sont capables de faire. Fondée en 2004, notre organisation internationale à but non lucratif dispose de bureaux à Londres, Amsterdam, Pékin, New Delhi et New York. Nous sommes fiers de faire partie de la coalition We Mean Business.
www.theclimategroup.org
À propos de RE100
RE100 est une initiative mondiale qui réunit les entreprises les plus influentes du monde engagées en faveur d’une électricité 100 % renouvelable. Menée par Climate Group, notre mission est de promouvoir le changement vers des réseaux 100 % renouvelables, à la fois au travers des investissements directs de nos membres et en collaborant avec les décideurs politiques pour accélérer la transition vers une économie propre. L’initiative compte plus de 400 membres, allant des marques de produits ménagers aux fournisseurs d’infrastructures essentielles et d’industries lourdes. Totalisant un chiffre d’affaires de plus de 6,6 billions de dollars, nos membres représentent 1,5 % de la consommation mondiale d’électricité, soit une demande en électricité annuelle supérieure à celle du Royaume-Uni. RE100 a été créée en partenariat avec CDP.
www.there100.org
RE100 est l’initiative mondiale des entreprises en matière d’énergies renouvelables qui rassemble des centaines de grandes et ambitieuses entreprises engagées en 100 % d’électricité renouvelable. ↩︎
Enquête du Comité 21 et de France Villes et territoires Durables Novembre 2023Quelles pratiques de sobriété dans les collectivités locales ? Quelle acceptabilité ? Quels freins et leviers ? France Villes et territoires Durables et Le Comité 21 ont mené l’enquête ! Afin d’examiner les initiatives de sobriété adoptées par les collectivités territoriales, le Comité 21 et France Villes et Territoires Durables ont chercher à évaluer l’acceptabilité des actions de sobriété, leur impact à court et à long terme, et à repérer des pratiques inspirantes.
Cette étude met en lumière les pratiques, les obstacles et les leviers des politiques de sobriété au niveau local tels qu’ils se manifestent actuellement, tout en interrogeant les perspectives pour les transformer en véritables moteurs de changement pour les territoires.
A quel secteur s’appliquent vos initiatives en matière de sobriété ?
Résumé
Réflexe conjoncturel ou démarche davantage structurelle, la sobriété dans les territoires s’organise.
Ce travail recense des initiatives inspirantes (pages 6 à 8) dans de nombreux champs d’action (page 9), dans un contexte de prise de conscience croissante de l’urgence écologique. Pourtant, il semble que les considérants énergétiques restent la principale motivation, avec la hausse des prix de l’énergie en 2022.
Ces initiatives sont souvent venues étayer des démarches préexistantes (page 2).
Deux leviers sont identifiés : la nécessaire acculturation des agents et élus, ainsi que le paramètre financier, qui semble rester un frein indépassable dans la démarche. Si l’on observe une pluralité d’outils, les indicateurs sont encore peu nombreux et concernent au premier chef les bâtiments et les flux de la collectivité, loin d’une approche territoriale (page 3).
La perception de ces démarches est encore mitigée malgré leurs nombreux co-bénéfices, financiers et en montée en compétence (page 5). Côté gouvernance, les démarches peinent à infuser de manière transversale, pointant le nécessaire changement de culture collective chez les élus et agents (page 3).
Cette étude pose la question de la pérennisation de la démarche de sobriété. Elle implique la mobilisation de l’ensemble des parties prenantes dans le cadre d’un projet de société équitable et dépassant le seul périmètre énergétique (page 10).
Dérèglement climatique, effondrement de la biodiversité, acidification des océans, perturbation du cycle de l’eau… Le dépassement des limites biophysiques de la Terre menace les écosystèmes et le devenir des sociétés humaines.
Fortement impactés par des enjeux environnementaux, sanitaires et socio-économiques de plus en plus prégnants, les territoires sont conduits à rompre avec un modèle d’aménagement obsolète et refonder leur vision de la prospérité. Dans ce contexte, les collectivités locales ont un rôle clé à jouer pour fédérer l’ensemble des parties prenantes publiques et privées autour d’un projet de société résilient.
Dans cette optique, la sobriété offre plusieurs leviers d’actions :
Tout projet doit dorénavant être compatible avec les limites physiques dont dépend l’habitabilité de la planète. Éviter, réduire, anticiper les impacts de tout projet sur l’ensemble de son cycle de vie doit devenir un réflexe avant tout arbitrage.
Considérée comme une action positive et non comme un simple renoncement, elle doit jouer un rôle bénéfique en réduisant l’empreinte environnementale des activités : sobriété énergétique, foncière, en matériaux, en émissions de carbone, en production de déchets, sobriété financière également, pour mieux redéployer les ressources au bénéfice de la qualité de vie et de la solidarité envers les plus fragiles.
En stoppant l’étalement urbain, le territoire sobre préserve les sols fertiles, protège la ressource en eau, régénère la biodiversité et bénéficie ainsi des indispensables services écosystémiques rendus par la nature.
En valorisant l’existant (produits manufacturés, bâtiments, infrastructures…) et en intensifiant ses usages, le territoire sobre inspire de nouvelles solidarités et de nouvelles pratiques coopératives des espaces partagés.
En rapprochant emploi, activités, services et logement, il réduit les stress chroniques inhérents aux transports et flux logistiques.
La sobriété, au-delà du fait qu’elle apparaît désormais incontournable pour des raisons physiques indépassables, peut devenir un réflexe et une stratégie collective bénéfique pour les collectivités, les territoires, et la qualité de vie des habitants. Elle est un levier pour la juste répartition des efforts individuels et collectifs face aux enjeux socio- environnementaux.
Fort de ce contexte, et d’une vision partagée des enjeux de la sobriété, le Comité 21 et France Villes et territoires Durables ont décidé d’engager une enquête sur la mise en œuvre opérationnelle de ce concept au sein des collectivités territoriales, visant à répondre aux questions suivantes :
• Comment s’incarne la sobriété dans les collectivités ? Est-elle une réponse conjoncturelle ou un changement structurel ?
• Comment est-elle concrètement mise en œuvre (abandon de certains projets, mutualisation d’équipement, chronotopie…) ?
• Quels acteurs ont été mobilisés ? Quelle a été l’acceptabilité des démarches menées ? • Quels bénéfices en a tiré la collectivité ? Quels co-bénéfices ont été identifiés ?
Notre démarche a été menée en complémentarité avec la 27e Région, qui a également lancé en mai une enquête collaborative pour tenter de mieux comprendre les processus de décision et de pilotage à l’œuvre dans les collectivités pour faire face aux enjeux croissants de sobriété. Au-delà du socle d’actions largement consensuelles prises à l’hiver dernier pour réduire la consommation énergétique, la démarche entend surtout mettre en lumière les modalités de la décision : qui décide ? Pourquoi et comment ? Quels critères et quels outils d’aide à la décision et d’évaluation ?
Les enseignements, qui seront partagés sur le site de l’association en fin d’année, visent à dessiner des chemins possibles pour (ré)ouvrir l’espace de la décision dans un contexte de tensions fortes sur les ressources. Ils invitent ainsi à sortir d’une vision de « gestion de la crise énergétique » pour penser et outiller des stratégies de sobriété assumées et créatrices de valeurs.
c21-fvd_quelles-pratiques-de-la-sobriete-dans-les-collectivites-locales-novembre-2023.pdf
A propos du Comité 21
Le Comité 21 a pour mission de permettre aux organisations publiques et privées de se réinventer face aux limites planétaires et à l’épuisement des ressources.
Son action couvre un large éventail d’expertises sur le développement durable (adaptation aux changements climatiques, ODD, dialogue parties prenantes, RSE, impacts, biodiversité, citoyenneté écologique, villes durables, sobriété…).
Sa méthode permet aux acteurs de s’approprier les enjeux et d’ identifier les actions à mettre en oeuvre.
Depuis 1995, le Comité 21 fédère les acteurs du développement durable en France. Il regroupe des collectivités locales, des entreprises, des associations, des établissements d’enseignements supérieurs et des citoyens. Le réseau compte plus de 450 adhérents.
Publication du Bilan mondial de l’action climat 2023
Depuis cinq ans, l’Observatoire Climate Chance publie le Bilan mondial de l’action climat, un panorama unique des actions mises en œuvre par les acteurs non-étatiques du monde entier pour réduire les émissions de CO2 de la production d’électricité, des transports, des bâtiments, de l’industrie, des déchets et de l’usage des sols. Bilan mondial de l’action climat 2023
À l’occasion du 1er bilan global (Global Stocktake) des progrès collectifs réalisés dans le cadre de l’Accord de Paris finalisé lors de la COP28, cette 6e édition du Bilan analyse les stratégies des entreprises, des gouvernements locaux et de la société civile pour impulser l’action climatique depuis 2015.
Malgré l’Accord de Paris et la Covid-19, les émissions mondiales de CO2 continuent de croître “Ce rapport se veut lucide sur la réalité de la situation. Nous ne tiendrons pas l’objectif de stabilisation du climat sous les 1,5 °C d’augmentation des températures ; l’objectif 2 °C, aux conséquences déjà plus dévastatrices, s’éloigne aussi.
Mais au-delà des constats, Climate Chance est mue par la volonté de mobiliser et de renforcer l’action. Ce Bilan montre ainsi la multiplication des initiatives, le succès d’actions ambitieuses, la mutation réelle de certains secteurs et le rôle clé des territoires. Des signaux positifs existent donc, même si nous n’éludons pas dans ce rapport une tendance très claire à l’échelle mondiale : l’uniformisation des modes de vie sur des modèles très consuméristes. La bataille culturelle de la sobriété est loin d’être gagnée.
Ce sixième Bilan mondial de l’action climat se veut donc une participation à la connaissance de la réalité de l’action. Sans analyse lucide, il est impossible de définir des scénarii crédibles de stabilisation du climat, nécessaires pour entraîner mobilisation et engagement à la hauteur des enjeux« .
Ronan Dantec, président de l’Association Climate Chance.La production d’électricité à base de renouvelables augmente… mais la production fossile ne baisse toujours pas10 Grands Enseignements dressent un état des lieux des progrès réalisés par les acteurs non-étatiques depuis la signature de l’Accord de Paris. Ils permettent une lecture transversale de l’évolution des émissions et de l’action climat mise en œuvre au niveau mondial entre 2015 et 2022, en s’appuyant sur les publications spécialisées disponibles.
Les politiques de décarbonation pas à la mesure des besoins de rénovation et de construction
#1 Malgré l’Accord de Paris et la Covid-19, les émissions mondiales de CO2 continuent de croître.
#2 La production d’électricité à base de renouvelables augmente… mais la production fossile ne baisse toujours pas.
#3 La transition des motorisations carbonées vers l’électrique surpassée par la demande croissante de transport.
#4 Les politiques de décarbonation pas à la mesure des besoins de rénovation et de construction.
#5 Hydrogène, CCUS… les technologies de rupture restent marginales
#6 Déjà très faible, le recyclage recule, mais de nouvelles filières industrielles circulaires se développent.
#7 La déforestation ralentit…mais n’empêche pas l’effondrement du puits de carbone.
#8 Lointains, peu mesurables, les engagements net zéro des entreprises en manque de plans de transition crédibles et de suivi des progrès.
#9 Au cœur de l’innovation et de l’action pour le climat, les territoires cherchent un changement d’échelle pour tenir les objectifs 2030 .
#10 La conflictualisation protéiforme de l’action civile pour le climat, entre succès juridiques et difficiles applications.
La transition des motorisations carbonées vers l’électrique surpassée par la demande croissante de transport
Renforcer l’action en mobilisant et fédérant les acteurs dans les territoires
La lutte contre le changement climatique a besoin de la contribution et de l’engagement de tous les acteurs
Les gouvernements locaux, les entreprises, la société civile organisée et les citoyens ont déjà entre leurs mains les leviers de transformation bas carbone de nos sociétés, mais, cette transition ne peut se concrétiser sans outiller les acteurs et casser les silos entre eux.
L’accélération de l’action dans la lutte contre le changement climatique et la préservation des écosystèmes, dans les territoires, nécessite un dialogue et une collaboration de l’ensemble des acteurs non-étatiques dans leur diversité : gouvernements locaux, entreprises, société civile. Nous établissons des liens entre les thématiques, les secteurs et les parties prenantes. En reliant les acteurs, les politiques, les stratégies, les engagements et les initiatives au niveau infranational, national et mondial, nous renforçons l’action à tous les niveaux.
C’est avec cet objectif que l’association Climate Chance a été créée dans le prolongement d’un premier événement fédérateur, le Sommet Climat et Territoires à Lyon en 2015, ayant rassemblé les acteurs du climat en amont de la COP21 à Paris.
Depuis sa création en 2015, Climate Chance travaille au rapprochement des acteurs engagés dans la mise en œuvre des accords internationaux sur le Climat, la Biodiversité et la Désertification, en cohérence avec les Objectifs de Développement Durable. Il s’agit de la seule association internationale cherchant à fédérer l’ensemble des acteurs non-étatiques d’Europe et d’Afrique : gouvernements locaux, entreprises, organisations de la société civile, mais aussi médias, chercheurs et citoyens, œuvrant ainsi à l’accélération de l’action dans les territoires.
L’Association Climate Chance soutient ainsi le rôle central des territoires dans l’action climatique et le lien indissociable entre les agendas du climat, de la biodiversité, de la désertification, en cohérence avec les Objectifs de Développement Durable (ODD).
Le déploiement de nos actions et leur impact au service de la création d’un environnement favorable à l’accélération de l’action climat confirment chaque année l’intérêt d’une telle structure.
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