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10 victoires de POLLINIS en 2023 pour empêcher l’extinction des pollinisateurs !

L’équipe de POLLINIS se bat, depuis plus de 10 ans, grâce au soutien d’une poignée de citoyens déterminés, pour forcer un changement de paradigme agricole et oeuvrer à une transition vers un modèle vertueux, bénéfique aux agriculteurs, aux populations et à l’environnement, et non plus dicté par les profits de quelques multinationales agro-industrielles. Rétrospectives des 10 victoires de l’année 2023.

Derrière le réideau vert : une enquête POLLINIS
Derrière le réideau vert : une enquête POLLINIS

POLLINIS agit pour :

  • empêcher l’extinction de milliers d’espèces d’abeilles, de papillons, de bourdons, de syrphes, de bombyles, et de la prodigieuse variété d’insectes pollinisateurs qui ont évolué depuis des millénaires avec les plantes dont ils assurent la reproduction…
  • transmettre à nos enfants, et leurs enfants après eux, ces services écosystémiques indispensables à la production de la majorité des fruits et légumes dont tous les êtres humains ont besoin pour se nourrir…
  • restaurer l’honneur et la fierté du travail d’agriculteur, et redonner à ceux qui assurent la lourde charge de nourrir le monde les moyens de vivre dignement de leur travail en prenant soin de protéger l’environnement que nous laisserons aux générations futures…

10 victoires de POLLINIS en 2023 pour empêcher l’extinction des pollinisateurs !

Grâce aux 22 000 citoyens qui ont décidé de s’engager aux côtés de POLLINIS en soutenant financièrement les actions de l’association en 2023, des batailles ont été menées contre les lobbys dans les Parlements et institutions européennes et nationales, et la lutte a continué jusque devant les Tribunaux. Des projets scientifiques et de terrain ont été menés pour protéger les insectes pollinisateurs avant que l’agrochimie n’ait décimé leurs dernières populations. Et grâce au soutien des citoyens, ils ont remporté de belles avancées, dont voici 10 d’entre elles.

1. Victoire en justice contre l’Etat pour l’obliger à sauvegarder la biodiversité

Malgré les pressions de l’industrie agrochimique qui s’est invitée dans le procès pour peser de tout son poids contre nos arguments, nous avons tenu bon et convaincu les juges, qui ont finalement tranché pour un jugement historique en faveur du vivant. Le Tribunal a ainsi reconnu, pour la première fois dans l’Histoire, la responsabilité de l’État dans l’effondrement du Vivant, et ses insuffisances dans l’évaluation des risques des pesticides.

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2. Mobilisation des citoyens contre l’introduction de nouveaux OGM en Europe

Face aux géants mondiaux qui veulent faire main basse sur l’agriculture européenne en imposant leurs organismes génétiquement modifiés contre la volonté des agriculteurs et des citoyens, face à la Commission européenne qui propose une loi pour leur dérouler le tapis rouge au mépris des risques pour les pollinisateurs et les écosystèmes, nous avons fait front commun avec plus de cinquante organisations européennes environnementales, citoyennes et agricoles, et mobilisé près d’un demi-million de citoyens. Nous avons été reçus au cabinet de la Première ministre, du ministre de l’Environnement, et par de nombreux députés européens, et nous avons démarré des actions en magasins pour informer les consommateurs qui n’auront plus la possibilité de choisir une alimentation naturelle sans OGM.

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3. Victoire contre les néonicotinoïdes tueurs d’abeilles enterrés à tout jamais

Après des années de bataille en France pour obtenir l’interdiction et le retrait total de ces pesticides, identifiés par des centaines d’études scientifiques et par les autorités sanitaires comme mortels pour les abeilles, l’acharnement de POLLINIS a été consacré par le Conseil d’Etat qui a annulé les dernières dérogations qui permettaient encore à certains exploitants de déverser des néonicotonoïdes dans les champs malgré leur interdiction, faisant suite à une décision de la Cour de justice de l’Union européenne. Grâce à votre mobilisation sans faille, plus aucune de ces molécules funestes ne devrait être désormais déversée dans la nature !

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4. Aide aux scientifiques pour mieux connaître et protéger les pollinisateurs

Grâce aux contributions des donateurs de l’association, un premier recensement des espèces d’abeilles sauvages de l’île de Groix a permis d’identifier pas moins de 88 espèces sur ce territoire spécifiquement préservé. Nous avons aussi continué à travailler avec des scientifiques dans les Parcs nationaux de forêts et de la Vanoise, pour étudier la vie des abeilles mellifères sauvages et recenser les pollinisateurs sauvages.

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« On pensait qu’il n’y avait plus de colonies d’abeilles dans nos forêts. On en a trouvé quatre qui ont survécu. C’est une étude vraiment importante pour enrichir les connaissances sur les colonies à l’état sauvage et […] établir des statuts de conservation de l’espèce »

Dr Fabrice Requier, spécialiste de l’écologie et des pollinisateurs.

5. Lutte renforcée pour libérer l’agriculture européenne des pesticides toxiques

Après avoir activement contribué à la mobilisation historique de plus d’un million de citoyens européens qui, par une Initiative Citoyenne Européenne (ICE) ont exigé la sortie des pesticides, nous avons participé aux négociations sur le règlement sur l’usage durable des pesticides (SUR) et apporté notre soutien à Sarah Wiener, députée européenne, pour sa version du projet visant à réduire l’usage et le risque des pesticides de 50% en Europe d’ici 2030.

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6. Scandale des pesticides génétiques ARNi testés en plein champs en France

Après de premières analyses suggérant le risque potentiel pour les pollinisateurs et les insectes auxiliaires de cette nouvelle classe de pesticides capables d’interférer avec l’expression génétique des insectes, nous avons publié une série d’enquêtes inédites pour informer le plus large public possible du lobbying actif des firmes pour faire autoriser rapidement leurs produits en Europe en tentant d’échapper à la réglementation. Leur stratégie : faire passer ces produits pour du “contrôle biologique”, et participer à l’élaboration des protocoles censés déterminer la dangerosité de leurs propres produits pour permettre leur commercialisation. POLLINIS a aussi révélé que de premiers tests avaient été réalisés en plein champs en France et a demandé des comptes aux autorités à ce sujet.

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L’enquête en 4 volets de POLLINIS montre les manœuvres des firmes pour imposer leurs nouveaux pesticides génétiques en Europe.

7. Visibilité des pollinisateurs et de leur extinction silencieuse

Avec 156 retombées médiatiques, un compte Instagram en hausse de 378% et de nombreuses coopérations audiovisuelles et évènementielles, nous avons exposé ces précieux mais méconnus butineurs au regard du grand public, et avons rendue visible leur dramatique extinction. Grâce à deux nouvelles affiches pédagogiques sur les papillons de France qui viennent compléter notre affiche sur les abeilles sauvages, nous espérons que ces précieux butineurs pourront s’imposer dans de nombreux foyers et salles de classe, afin de sensibiliser les jeunes générations et s’assurer qu’elles aient à coeur leur essentielle protection dans leurs choix futurs.

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8. Lutte contre la mainmise des lobbys dans les procédures d’autorisation

Après un long combat en justice contre la Commission européenne pour obtenir les documents secrets du SCoPAFF, ce comité technique aux débats confidentiels qui a empêché pendant près de 10 ans la mise en place de protocoles de tests de la toxicité des pesticides avant leur autorisation qui auraient pu épargner des millions d’abeilles, la Cour de Justice de l’UE nous a donné raison et a obligé la Commission à nous livrer 78 documents. Nous avons continué la lutte pour que ces protocoles ne tombent pas dans l’oubli, et participé à l’élaboration de leur version actualisée en empêchant les lobbys d’imposer leurs désideratas, avec l’objectif de ne plus permettre à des pesticides toxiques pour les abeilles d’être mis sur le marché et utilisé dans la nature en Europe.

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9. Défense du droit des individus et des organisations à protéger leur environnement

Face aux grandes firmes agro-industrielles qui tentent de détourner les moyens de l’Etat pour réduire au silence les opposants à l’agriculture intensive et aux pesticides, nous sommes allés jusqu’au bout de notre procès contre la cellule de surveillance des militants écologistes Demeter, et avons soutenu les Soulèvements de la Terre dans la contestation de leur dissolution répressive devant le Conseil d’Etat.

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10. Procédure en justice contre la prolongation abusive d’un dangereux pesticide SDHI

Alors que plusieurs études scientifiques mettent en garde contre les effets potentiellement délétères pour les abeilles et la santé humaine de cette classe de pesticides qui s’attaquent à la respiration cellulaire, les autorités européennes ont décidé de prolonger arbitrairement l’autorisation du fongicide SDHI Boscalid. Une décision que nous avons attaquée en justice, en dénonçant dans un rapport le système inique qui permet de telles dérogations, tandis qu’en France une nouvelle vague d’interpellation des ministres de la Santé, de l’Agriculture et de la Transition écologique a mobilisé 56 000 personnes pour une interdiction des fongicides SDHI sur notre territoire.

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Chacune de ces victoires, chacune de ces actions, a été rendue possible grâce au soutien et à la persévérance d’une poignée de citoyens : 22 000 personnes ont fait un don à l’association en 2023, parmi 1,2 million de sympathisants.

Face aux montagnes d’argent des firmes agrochimiques et leurs armées de lobbyistes qui disposent de moyens illimités pour imposer leur loi aux décideurs nationaux et européens, POLLINIS a certes peu de moyens – mais l’association a le nombre, et sa détermination pour :

  • empêcher la mise en place de la réglementation autorisant les produits issus des biotechnologies en Europe, dont l’unique but est de pérenniser un modèle agricole destructeur du vivant et des moyens de subsistance des agriculteurs ;
  • réviser d’urgence les procédures d’évaluation européennes et nationales qui ont permis l’emploi massif de pesticides chimiques aux effets catastrophiques, qui prétendent aujourd’hui évaluer les NGT et les pesticides génétiques de la même manière, en exonérant les laboratoires et les firmes agrochimistes – et désormais, agro-génétiques – de toutes responsabilités financières ou morales quant aux effets de leurs produits sur l’environnement et la santé ;
  • amorcer d’urgence, de façon collective, un changement radical dans la manière de produire notre nourriture pour permettre aux agriculteurs de se passer de tout intrants chimiques ou génétiques dans les années qui viennent, et de se libérer du joug étouffant des firmes agro-industrielles.

L’association refuse les financements publics, ou même d’entreprises privées pour ne pas mettre POLLINIS à leur merci, et risquer d’être réduits au silence lorsqu’il s’agit de révéler un scandale, comme celui des pesticides génétiques testés en plein champs en France au mépris des risques pour notre santé et notre environnement…

POLLINIS a fait le choix de garantir son indépendance et sa liberté d’action en s’appuyant sur les dons de personnes qui ont à cœur de protéger les abeilles et la nature, et refusent de laisser sacrifier l’environnement et leur alimentation pour garantir les profits de quelques multinationales bien placées.

Par leurs dons, des personnes courageuses et acharnées permettent à POLLINIS de soulever des montagnes pour protéger les abeilles et les pollinisateurs sauvages, et perpétuer pour des millénaires encore leurs indispensables services de reproduction des plantes sur Terre !

Pour les aider à continuer et amplifier ces actions salutaires pour la biodiversité et le futur de notre système alimentaire, vous pouvez rejoindre les rangs des donateurs de POLLINIS !

► FAIRE UN DON A POLLINIS
► FAIRE UN DON A POLLINIS

Faire front commun avec les apiculteurs, les agriculteurs, les scientifiques, au nom de plus d’un million de citoyens en défense des pollinisateurs et du vivant, pour reprendre le pouvoir des mains des lobbys, et les empêcher de décimer ce qui reste encore de colonies d’abeilles et de pollinisateurs !

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Quels sont les enjeux écologiques des élections européennes ?

Les prochaines élections européennes seront cruciales pour l’avenir de l’Europe et la réussite de l’action climatique et écologique. Une vraie priorité politique a été donnée à l’action climatique et environnementale avec le « Green Deal », ou Pacte vert, pour se mettre sur la trajectoire des accords de Paris en matière de changement climatique. Mais la montée électorale des partis dits « populistes », dans presque tous les pays de l’Union, s’effectue sur une base très hostile à l’écologie et à la transition climatique, sur fond de climato-scepticisme. Pour contrecarrer cette tendance, il faut mener une analyse précise et lucide sur ce qui contribue à alimenter ce sentiment anti-climat. La Fabrique écologique nous éclaire avec 25 notes sur les principaux enjeux écologiques, avec le bilan de la mandature qui s’achève, un état des lieux de la thématique en question et des propositions à débattre.

Accélérer le passage à l’action pour la résilience des stations de montagne

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Un séminaire de travail Green Cross a eu lieu début janvier 2024 à Bourg Saint-Maurice les Arcs, en partenariat avec la Mairie et l’Office du Tourisme, l’Institut pour la Recherche du Groupe Caisse des Dépôts et Pierre et Vacances. Il a fait émerger de nombreuses pistes de solutions co-construites avec les 120 socio-professionnels participants, les 3 territoires invités (Val d’Aoste, Suisse, Briançonnais) qui ont auparavant fait l’objet d’une expédition apprenante, ainsi que les différents réseaux mobilisés en amont – plus de 2000 contacts.

Financer la transition énergétique française : enjeux et solutions

Financer la transition énergétique française : enjeux et solutions
Financer la transition énergétique française : enjeux et solutions

Lors de la COP28 à Dubaï, le directeur général de l’Agence internationale pour les énergies renouvelables s’est déclaré « très inquiet » quant aux capacités de financement de la transition énergétique mondiale. Un phénomène qui touche particulièrement la France, où nombre d’investisseurs se montrent frileux face au risque intrinsèque d’un secteur d’innovation, contraignant les entreprises à explorer des voies alternatives. Explications.

En novembre 2022, le président de la République, Emmanuel Macron, rappelait les enjeux clés pour la France : « Nous avons un avenir si nous savons tenir ensemble trois grands objectifs : le climat, l’industrialisation et la souveraineté ». Pour cela, l’accompagnement des entreprises nationales engagées dans ce secteur est essentiel. Un rapport du Trésor du 5 décembre 2023 souligne que 110 milliards d’euros supplémentaires, en investissements tant publics que privés, seront nécessaires pour mettre en place la transition énergétique française. Un effort indispensable, les industriels français engagés pour la décarbonation rencontrant de plus en plus de difficultés pour financer leurs innovations.

Investissements bas-carbone en 2021 et 2030Le référentiel ABCDE des coûts d’abattement et exemple d’application à la rénovation énergétique

Le référentiel ABCDE des coûts d’abattement et exemple d’application à la rénovation énergétique

Bpifrance et l’Ademe proposent un certain nombre d’outils aux entreprises engagées dans la transition énergétique pour se développer. Cependant, malgré les promesses du président de la République, les temps sont durs. Paul-François Fournier, directeur innovation de Bpifrance rappelait en mai 2023 dans Les Echos que les 22 milliards d’euros investis en 2022 par son organisme n’étaient pas suffisants. « Le privé doit prendre le relais pour le financement de l'innovation en France », martelait-il. Un rapport de la cour des comptes daté de 2021 soulignait également les efforts à fournir par la France dans ce domaine, en dépit des progrès réalisés. Les magistrats se montraient presque inquiets des conséquences de ce manque d’investissement sur l’innovation : « La position de la France, un peu au-dessus de la moyenne européenne, ne saurait satisfaire alors même que la position de l’Union Européenne s’érode par rapport à ses compétiteurs et notamment la Chine ».

Evolution des aides publiques directes et des incitations fiscales à la R&D des entreprises entre 2006 et 2017 (en pourcentage du PIB)
Evolution des aides publiques directes et des incitations fiscales à la R&D des entreprises entre 2006 et 2017 (en pourcentage du PIB)

Le rendez-vous manqué du secteur bancaire

De son côté, le secteur privé réussit-il à compléter les investissements de l’Etat, comme le souhaite Paul-François Fournier ? Les financements classiques auprès des banques ne sont malheureusement plus aussi simples d’accès pour les entreprises engagées dans la transition énergétique… Alexandre Borgoltz, directeur général de DBT (Douaisienne Basse Tension), une PME pionnière dans les bornes de recharge pour véhicules électriques, expliquait récemment ses difficultés à financer son entreprise par ce biais malgré des perspectives de développement intéressantes. « Sur un marché qui n’était financièrement pas assez mûr, nous nous sommes retrouvés à sec au tournant des années 2020, explique ce chef d’entreprise. Or, quand vous êtes une PME qui traverse trois ans “dans le rouge”, il n’y a plus aucune banque pour vous soutenir ».

Le cas de cette entreprise est emblématique de son secteur, avec des besoins en financement souvent urgents, mais des perspectives de croissance plus lointaines, puisqu’il s’agit de cycles d’innovation… Une réalité qui effraie souvent les investisseurs privés. De plus, le secteur s’est doté de règlementations plus strictes depuis la crise des subprimes de 2008. Les accords de Bâle III, conclus en 2010, ont cherché à consolider le secteur bancaire en réduisant son exposition aux risques les plus élevés. Le revers de la médaille est qu’un certain nombre de PME et d’ETI, gourmandes en fonds propres, se sont retrouvés en difficulté pour poursuivre leur croissance, ou franchir les caps difficiles de leur business plan.

Ces difficultés à trouver des investissements “classiques” venant de partenaires publics ou privés sont un véritable fardeau pour l’économie française et sa compétitivité dans le domaine de l’énergie. Le rapport de la cour des comptes cité précédemment pointait ainsi les importantes limites des entreprises françaises en termes d’investissement en R&D. En 2020, la France avait consacré 2,2 % de son PIB à ce secteur essentiel à la compétitivité, loin de l’objectif de 3 % fixé par l’Union européenne et atteint par plusieurs pays, comme la Suède (3,27 % du PIB) ou l’Autriche (3,05 % du PIB).

Qu'est-ce qu'une OCABSA ?
Qu’est-ce qu’une OCABSA ?

La clef sous la porte… ou le recours aux OCABSA ?

Depuis plusieurs années maintenant, des financements alternatifs sont proposés pour pallier les défaillances des financements “classiques” publics et privés. Plusieurs types de solutions sont en effet envisageables selon que les entreprises sont cotées ou non : Crowdfunding, business angel, PACEO (Programmes d’Augmentation de Capital par Exercice d’Options) ou encore OCABSA (Obligations Convertibles en Actions avec Bons de Souscription d’Actions). Cette dernière option permet à une société cotée de sécuriser un financement sous la forme d'obligations convertibles au profit d’un investisseur. Une pratique qui n’est pas nouvelle sur le marché selon Edouard Narboux, PDG d’Aether Financial Services, entreprise spécialisée dans les transactions financières : « Ce type de financement alternatif a commencé au début des années 2000 avec les PACEO, une interprétation française des « equity line » réalisées aux Etats-Unis. Les OCABSA représentent une évolution de ce type de financement afin de répondre aux émetteurs dont le profil et les besoins ont évolué dans le temps ».

Plusieurs acteurs proposent aujourd’hui cette solution pour aider des entreprises dans l’impasse. Très engagés aux côtés des dirigeants, ces investisseurs ne craignent pas de se projeter vers des retours sur investissement pas immédiats, appuyés sur des business plans solides. C’est le cas d’Alpha Blue Ocean (ABO). C’est vers ce family office créé en 2017 qu’Alexandre Borgoltz s’est orienté lorsqu’il a cherché un financement alternatif : « En février 2020, nous avons signé un premier accord de financement avec Alpha Blue Ocean. Cela nous a permis d’honorer le carnet de commandes en cours et de « rebooster » toute l’activité. Je peux dire que ce partenariat financier nous a sauvé. Et c’est grâce à ce financement que nous pouvons afficher aujourd’hui de grandes ambitions ».

Frédéric Sutterlin, associé chez ABO, expliquait récemment les avantages liés aux OCABSA : « Nous nous substituons aux banques pour financer des activités risquées. Pour ces sociétés cotées, il est nécessaire de se financer par le marché. Nous proposons alors cette solution qui permet d’éviter que des sociétés déposent le bilan avant même d’avoir essayé de montrer leur potentiel ».

Si cet outil est décrié, car il a tendance à diluer les actionnaires, il reste une solution particulièrement intéressante pour ces derniers sur le moyen/long terme. Cyril Courtonne, président du conseil d’administration de Vergnet, groupe spécialisé dans la production d’énergie renouvelable, a également eu recours à ce mode de financement pour sortir l’entreprise d’une passe difficile. Il témoigne avoir été très clair avec ses actionnaires dès le départ : « Nous avions conscience de l'évolution du cours de bourse mais sans ce financement, la société, les emplois et le cours de l'action n'existeraient plus. Nous avions un double objectif : sauver le cours et la société. […] Nous avons scrupuleusement suivi et nous suivons toujours l'ensemble des recommandations de l'AMF pour informer le marché des caractéristiques et de l'effet dilutif de notre contrat de financement. L'actionnaire peut, de manière parfaitement éclairée, choisir d'investir ou non dans la société ». Une forme de pédagogie qui permet de profiter dans les meilleures conditions des avantages offerts par cet outil financier.

Le secteur des énergies nouvelles est de fait un terrain de rencontre favorable à une offre et à une demande de financement qui s’accordent au diapason du risque, autour de business plans solides ne courant pas après les bénéfices immédiats, mais proposant des solutions industrielles novatrices. Alors que se joue peut-être une guerre mondiale de l’énergie sous nos yeux, il serait malheureux pour la compétitivité française dans le domaine de la transition énergétique de manquer d’oxygène…

 

Aider les entreprises à relever le défi de l’adaptation climatique

Son expérience de l’accompagnement des organisations sur la voie d’une transition durable a permis à AXA Climate et sa Climate School de réaliser un module de formation et un guide sur l’adaptation. Conçues pour favoriser une prise de conscience générale et un passage à l’action immédiat, ces deux ressources visent à accompagner les entreprises dans l’élaboration de leurs stratégies d’adaptation au changement climatique.

« Paysannes, paysans, sauvez-nous », un livre manifeste pour une agriculture de soin et de sens

L’agriculture française est à bout.

A bout d’un système qui a demandé aux agriculteurs de produire toujours plus quitte à utiliser des dopages chimiques présentés comme « progrès technique ». A bout de travailler toujours plus pour gagner de moins en moins. A bout aussi de ne plus recevoir une reconnaissance des citoyens inquièts des questions d’environnement qui les conduisent à un agri-bashing. A bout d’avoir suivi aveuglément les conseils des semenciers déguisés en technicien agricole de leurs coopératives. A bout d’avoir été trompés.

Plus de 50% des agriculteurs français seraient en perte s’ils ne recevaient pas des subventions de la PAC. Mais à qui profitent ces subventions qui asservissent en fait ceux à qui elles « profitent » ? Certainement pas aux agriculteurs à qui on offre cyniquement une « aide » pour compenser les prix de vente insuffisants que leur travail mériterait. Les Industries agro-alimentaires en amont et les grandes surfaces en aval, les ont pris en étau pour leur confisquer l’essentiel de la valeur ajoutée. Ils sont devenus leurs esclaves. Les subventions de la PAC servent en fait ces entités.

Pris en étau entre les industries agro-alimentaires et les grandes surfaces qui leur confisquent l’essentiel de la valeur ajoutée, les agriculteurs gagnent mal leur vie. Leur déclin agricole semble inexorable.

Victimes donc c’est certain, mais aussi coupables. Coupables de ne pas avoir su s’organiser économiquement pour faire front. Coupables de ne pas s’être suffisamment intéressé à la commercialisation de leurs produits et à leur transformation, coupables de n’avoir pas su considérer leur rôle économique au-delà de leur exploitation. Coupables d’avoir laissé échapper le contrôle d’outils qui devaient les servir. Les coopératives en grossissant sont passées sous le contrôle d’une technostructure ordinaire, le Crédit Agricole est devenu une banque classique. Coupables de ne pas s’être suffisamment formés en croyant que le bon sens suffisait et qu’il suffisait d’être né paysan pour être compétent.

Aujourd’hui il faut sauver l’agriculture et les agriculteurs. C’est un enjeu national. Tout le monde est concerné à commencer par les consommateurs qui doivent accepter de payer plus cher le vrai prix des produits agricoles. Celui d’un produit de qualité qui fera de l’alimentation un facteur de santé (Que ton médicament soit ton aliment et que ton aliment soit ton médicament disait Hippocrate). Mais pour retrouver la dignité qu’ils méritent, les agriculteurs doivent retrouver leurs habits de paysans, revenir à l’écoute de la terre et de la Nature et apprivoiser le progrès technique pour en faire un allié bienfaisant.

Et pourtant, de nouveaux paysans arrivent et s’installent. Ils portent un espoir puissant : celui de développer de nouveaux modèles socio-économiques performants et plus respectueux de la nature et des humains.

Seront-ils assez nombreux pour repeupler les campagnes, entretenir les paysages et nourrir la population ? Les fils d’agriculteurs ne veulent plus de ce métier : il y a aujourd’hui 3 départs pour 1 installation. C’est la porte grande ouverte pour des exploitations de plus en plus grandes et une agriculture industrielle inquiétante. La collectivité doit aider impérativement ceux qui restent pour qu’ils puissent s’adapter pour une agriculture respectueuse des sols, de l’environnement et des hommes. Et puis, il faut tout aussi impérativement aider les NIMA (Non Issus du Milieu Agricole) qui sont souvent porteurs de modèles innovants tant sur les plans production que sur les plans économiques et sociaux, et qui pourraient bien être parmi les sauveurs les plus importants de la nouvelle agriculture qui doit advenir…

Envoyé spécial France Télévision du 1er Février 2024 : Au coeur du monde agricole

« Paysannes, paysans, sauvez- nous »

C’est à nous d’abord les consommateurs de montrer par notre consommation ce que nous voulons pour notre agriculture. Devenir un consom’acteur c’est accepter de payer plus cher s’il le faut (ce n’est pas toujours nécessaire), d’apprendre à cuisiner des produits naturels (non transformés) et de faire ainsi de nos paysans, de nos éco-paysans, des acteurs du changement. Durablement.

Ces fermes à taille humaine favorisent des pratiques agricoles biologiques qui protègent et valorisent notre lien à la nature. Ces nouveaux « actifs agricoles » travaillent en respectant les sols, produisent des aliments sains et goûteux, contribuent à l’embellissement des paysages. Par leurs comportements solidaires (AMAP, ventes directes), ils revivifient des territoires.

Bernard Gervais

Bernard Gervais présente et illustre tous ces sujets dans son livre sorti le 1er février : « Paysannes, paysans, sauvez- nous », un livre manifeste, documenté et pertinent sur ce monde agricole en plein mutation.

Sélène est partie d’un cancer à 21 ans après une année de lutte. Cette maladie fait des victimes de plus en plus nombreuses. Et des enfants !

C’est une maladie de civilisation. Même si ses causes sont multifactorielles, l’alimentation joue un rôle important dans cette épidémie. La qualité de nos aliments s’est beaucoup dégradée au point que l’on trouve même des perturbateurs endocriniens dans les fœtus !

On ne peut plus ignorer le lien entre les produits de l’agriculture industrielle avec ses intrants chimiques et le cancer qui touche aussi les agriculteurs. Ils sont victimes et coupables (comme d’autres) d’avoir suivi une idéologie du produire à tout prix qui conduit à une impasse dangereuse.

Au point de menacer le devenir de la Terre des humains.

À contre-courant de ces dérives mortifères, apparaissent des paysans écologistes, des écopaysans. Eux pratiquent une agriculture responsable, souvent bio, commercialisent eux-mêmes leurs produits, les transforment et développent rapidement des écosystèmes où complémentarité rime avec solidarité. Autour de leurs fermes, ils créent des liens qui revivifient les villages, embellissent les paysages et construisent de nouvelles communautés.

Fondation Au Nom de Sélène

La Fondation Au Nom de Sélène veut promouvoir ces écopaysans qui portent l’espoir de changements profonds pour l’agriculture bien sûr mais peut-être aussi pour le vivre ensemble.

Bernard Gervais est Président de la fondation « Au nom de Sélène » et l’auteur du livre.

Le mot de Bernard Gervais pour : Paysannes, paysans, Sauvez-nous

Le mot de Bernard Gervais pour : Paysannes, paysans, Sauvez-nous

Sélène est le prénom de la fille de Linda et Bernard. Elle est partie à 21 ans des suites d’un cancer après une année de lutte.

Pour que cette maladie n’arrive pas aux autres et pour retrouver un sens à la vie, Linda et Bernard ont décidé de créer la Fondation « Au Nom de Sélène » sous égide de la Fondation Terre de Liens.

La Fondation met en valeur les paysannes et les paysans qui œuvrent quotidiennement à une agriculture et une alimentation respectueuses de la nature et des humains. Elle y associe des citoyens prêts à agir (sous forme de parrainages) pour construire une communauté solidaire.

Elle vise à :

  • Promouvoir des paysans qui pratiquent une agriculture respectueuse de l’environnement et des hommes.
  • Associer des citoyens qui sont prêts à participer au financement de leurs projets
  • Construire une communauté de paysans et de citoyens qui partagent les mêmes valeurs.
  • Aider à l’installation des « Non Issus du Milieu Agricole » (NIMA).

Ensemble, nous sommes les artisan(e)s d’une agriculture de sens et de soin.

Mettre l’humain au cœur du changement

Le livre de Bernard Gervais : Mettre l’humain au coeur du changement
Le livre de Bernard Gervais : Mettre l’humain au coeur du changement

Depuis 40 ans, le régime libéral déréglementé prôné par Reagan et Thatcher règne en maître sur les conditions de nos vies sociales et personnelles. Il a généré une évolution technologique d’une rapidité jamais vue dans l’histoire des sociétés humaines.

Après avoir fait la démonstration de son efficacité après la seconde guerre mondiale pour améliorer sensiblement les conditions de vie matérielle des hommes, le système s’est petit à petit emballé au point que les citoyens semblent en avoir perdu la maîtrise. Le rôle de la finance dans les dérèglements de l’économie a été moteur et explique beaucoup de la perte de sens dont souffrent nos sociétés et du désenchantement de ses citoyens.

C’est l’histoire de ces dérèglements qui est expliqué ici, avec des exemples qui en sont des manifestations.

Mais ce livre est aussi un manifeste pour réagir et pour que les citoyens reprennent en mains leur destin commun et lui donne un visage plus humain.


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La maison d’éditions Plume Libre, créée en 2019, s’intéresse à tous les auteurs qui souhaitent exprimer leurs idées originales, partager leur art et leurs savoirs dans des textes empreints de poésie quelquefois, de sincérité toujours.
Plume Libre édite des romans, des récits, des livres de sensibilisation sur des sujets techniques ou pointus, très actuels et qui impactent notre quotidien à tous.

Documents joints

Le Collectif Paysages de l’Après-Pétrole recherche des solutions positives aux manifestations agricoles

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A l’heure où ces lignes sont écrites, la seule réponse aux manifestations agricoles de ces derniers jours semble devoir être une nouvelle régression environnementale négociée entre ceux qui co-gèrent le déclin de la société paysanne depuis des décennies. Le Collectif Paysages de l’Après-Pétrole ne pouvait donc rester silencieux face à ces nouvelles menaces sur les paysages de nos campagnes et sur les paysans qui en assurent la gestion avec plus de vaillance que de confort matériel.

Le Collectif PAP intervient à sa manière par la recherche de solutions positives…

Diversité et sobriété :

Deux leviers à mettre en avant pour sortir par le haut des crises agricoles. Choisissons nos mots. Il n’y a pas une crise de l’agriculture française, mais des crises qu’endurent les paysans français. Les agricultures sont encore diverses en France, les tensions subies aussi. Postuler leur unité fait le jeu de ceux qui veulent amplifier leur puissance au détriment de notre santé et de celle de la planète, et qui prétendent représenter les petits alors que leur modèle en programme l’élimination.

Pâturage dans le marais de Brouage.
Pâturage dans le marais de Brouage.

Le premier levier est la diversité des agricultures de France, du moins quand elle subsiste encore malgré les politiques de nivellement menées depuis un demi-siècle.

Contrairement à d’autres territoires sur les cinq continents, notre pays est encore riche d’une diversité de sols, de climats et donc de paysages. Cette diversité est à l’origine de nos terroirs, de leurs particularités locales et de leurs traditions culinaires reconnues dans le monde entier, source de revenus comme de dynamiques socio-culturelles. Évitons que les filières de masse ne continuent à les réduire, car cette diversité alimente les dizaines de millions de séjours de touristes, la réputation majeure de nos produits agricoles pour l’exportation et des paysages diversifiés dont l’harmonie doit être reconnue dans les politiques publiques comme une valeur majeure de notre bien-vivre ensemble.

Paysage traditionnel du plateau de Valensole où la culture du lavandin est associée à des amandiers dont on assure la replantation. L’enherbement favorise la lutte biologique contre la cicadelle, l’herbe est contrôlée par le pâturage ovin.
Paysage traditionnel du plateau de Valensole où la culture du lavandin est associée à des amandiers dont on assure la replantation. L’enherbement favorise la lutte biologique contre la cicadelle, l’herbe est contrôlée par le pâturage ovin.

Il faut préserver et reconquérir cette diversité par des politiques de réaménagement foncier appropriées et des allocations à la transition vers des pratiques agroécologiques. Il faut notamment réorienter à cet effet des aides européennes qui continuent actuellement à conforter le système dominant, malgré les perches tendues
par la nouvelle PAC, que la France a refusé de saisir, contrairement à plusieurs pays voisins.

Diversité des agricultures veut dire diversité de savoir-faire, diversité de produits, résilience des marchés et rempart contre la standardisation des assiettes et la simplification des paysages ; or ces paysages fournissent des services écosystémiques qui appuient les rendements agricoles.

Quels coûts pour le traitement des eaux polluées laisserons-nous à nos enfants ? Quelle technologie ruineuse et incertaine remplacera les insectes pollinisateurs et les auxiliaires des cultures qui s’abritent dans les arbres champêtres et les haies ?

Face à des moyens de production plus coûteux, à des prix de vente aléatoires et à des événements climatiques de moins en moins prévisibles, la diversité des productions et des compétences est un gage de succès. Les agriculteurs de notre pays ne se reconnaissent pas dans les intérêts des oligarques de la chimie ou de la grande distribution, ni dans des paysages de champs uniformes aux tailles toujours croissantes, où les auxiliaires de culture ont disparu et où les oiseaux sont morts comme d’ailleurs toute vie dans les sols.

Troupeau de Manech à tête rousse pour la production du fromage AOP Ossau-Iraty.
Troupeau de Manech à tête rousse pour la production du fromage AOP Ossau-Iraty.

Le second levier pour sortir de ces crises agricoles est de sortir de l’ébriété de puissance : Toujours plus d’intrants, de surfaces, de mécanisation est l’unique réponse des dirigeants pour ce « marché » qui endette les exploitants avant de les éliminer.

A l’inverse, la nécessité de sobriété prendra deux formes pour l’agriculture dans les Paysages de l’Après-Pétrole.

  • La dimension spatiale : agrandir toujours les exploitations agricoles diminue inexorablement le nombre de celles et ceux qui vivent de la terre. En créant des paysages d’une uniformité désespérante, cet agrandissement des « structures » et de leurs parcelles les affaiblit et affaiblit les villages comme les espaces ruraux qui se vident de leurs forces. L’enjeu est de diminuer progressivement la taille des fermes de France et de leurs parcelles en cessant de rêver à une rivalité absurde avec l’Argentine, l’Australie, le Brésil ou les grandes plaines nord-américaines.
  • La seconde dimension à rechercher est la sobriété énergétique. Les transformations de notre agriculture ont mobilisé toujours plus d’énergie carbonée pour construire les hangars, pour irriguer, pour produire matériels et équipements, pour les faire tourner et transporter les aliments du bétail, et aussi pour fabriquer une
    quantité colossale d’engrais et pesticides de synthèse. L’addiction de nos process agricoles aux énergies fossiles est patente, alors que nous devons tous, citoyens, entrepreneurs et collectivités, sortir de cette dépendance mortifère. Entrer dans la sobriété énergétique devient alors une vraie chance pour les agriculteurs, notamment les plus fragiles, en augmentant leur autonomie, en diminuant leurs charges, en les
    incitant à produire des énergies renouvelables et en reconnaissant le rôle joué par leurs sols dans le stockage du carbone.
Le bocage, un milieu d’un intérêt écologique et paysager majeur, aujourd’hui menacé par un manque d’entretien et de reconnaissance dans les politique publiques.
Le bocage, un milieu d’un intérêt écologique et paysager majeur, aujourd’hui menacé par un manque d’entretien et de reconnaissance dans les politique publiques.

La sobriété (à conquérir) et la diversité (à restaurer) des agricultures de France sont les facteurs-clé de leur avenir. Elles traduisent une attente de nos sociétés et sont les gages d’une politique agroécologique efficace. Une belle opportunité pour conjuguer économie et harmonie, pour promouvoir, terroir par terroir, des projets agricoles partagés avec le soutien de tous dans les villes comme dans les campagnes.

Philippe Pointereau : « LE PAYSAGE RURAL AURA-T-IL À NOUVEAU LE GOÛT DE NOTRE ASSIETTE ? »

Philippe Pointereau : « LE PAYSAGE RURAL AURA-T-IL À NOUVEAU LE GOÛT DE NOTRE ASSIETTE ? »

Marc Benoît : « LES AGRONOMES ET LES PAYSAGES : QUELQUES OUTILS ET MÉTHODES POUR ENGAGER LES TRANSITIONS »

Marc Benoît : « LES AGRONOMES ET LES PAYSAGES : QUELQUES OUTILS ET MÉTHODES POUR ENGAGER LES TRANSITIONS »

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Peut-on sacrifier la biodiversité sur l’autel de la crise agricole ?

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La biodiversité sacrifiée sur l’autel de la crise agricole

Le Premier Ministre a annoncé plusieurs mesures d’urgence destinées à calmer la colère des agriculteurs français. Une partie d’entre elles ne vise qu’à affaiblir les réglementations environnementales en faveur de la préservation de la biodiversité, pourtant aucunement responsables de la détresse paysanne, en revenant sur les rares avancées écologiques dans le secteur agricole sous la pression de l’agro-industrie.

En mai 2023, une étude du CNRS mettait en évidence la disparition des oiseaux des champs en Europe, qui ont perdu 60 % de leurs effectifs en à peine quarante ans, soit 800 millions d’oiseaux disparus. Au-delà des oiseaux, c’est en réalité toute la chaine du vivant qui s’est effondrée dans nos campagnes depuis la deuxième guerre mondiale, victime des pesticides, du remembrement et de la mécanisation à outrance, au nom de l’indépendance
alimentaire
. Or, dans un texte publié en juin 2023, plus de 3 000 scientifiques démontraient que notre souveraineté alimentaire est désormais surtout menacée par le changement climatique et l’effondrement de la biodiversité, essentielle pour la fertilité des sols et la pollinisation de nombreuses cultures.

L’écologie en pause ? A lire dans La Croix du 5 février 2024

En poussant à l’agrandissement des exploitations, à la standardisation des pratiques et à la productivité à bas prix, le modèle agro-industriel dominant en Europe s’est avéré extrêmement néfaste pour la nature et le climat : énergies pour les machines et l’import/export, disparation des structures bocagères, produits phytosanitaires, épuisement des ressources en eau, massacre aveugle des animaux sauvages susceptibles d’être nuisibles aux rendements, etc.

La LPO est solidaire des paysans qui revendiquent de produire une alimentation saine et de toucher des revenus dignes en préservant les écosystèmes et les paysages. Notre association est également favorable à un partage plus équitable entre les agriculteurs des aides de la Politique agricole commune (PAC), en favorisant l’utilisation de cet argent public pour accompagner la transition agroécologique. Enfin, la LPO souhaite que l’agriculture biologique soit davantage soutenue par une politique alimentaire ambitieuse et soutient la mise en place de mesures miroirs sur les produits d’importation afin de ne plus favoriser le moins-disant écologique.

https://defendingpeasantsrights.org/fr/accueil/

Ceux qui aujourd’hui cherchent opportunément à opposer la protection de l’agriculture à celle de la nature sont les tenants d’un modèle ultra-libéral dont les profits sont confisqués par la grande distribution et les industriels sur le dos des agriculteurs, que les gouvernements successifs et la FNSEA ont guidé dans l’impasse actuelle avec l’aide de la PAC. Pour que les exploitants vivent justement de leur métier, il est nécessaire de faciliter leur engagement massif dans la transition écologique. Plusieurs mesures d’urgence annoncées par Gabriel Attal pour tenter de juguler rapidement la crise en cours vont à l’encontre d’un tel objectif :

Frein sur la réduction des pesticides

Impacts des produits phytopharmaceutiques sur la biodiversité et les services écosystémiques : résultats de l’expertise scientifique collective INRAE-Ifremer
Impacts des produits phytopharmaceutiques sur la biodiversité et les services écosystémiques : résultats de l’expertise scientifique collective INRAE-Ifremer

La mise en place d’une production agricole moins dépendante aux intrants chimiques est plus que jamais une urgence sanitaire et écologique. Les connaissances sur les effets délétères de ces molécules sur la santé humaine et l’environnement se renforcent chaque année, comme en attestent plusieurs expertises collectives récentes, notamment celles de l’Inserm et de l’INRAE/IFREMER.

Malgré ces conséquences reconnues, la réaction nécessaire n’a pas eu lieu au niveau français ni à l’échelle européenne, En témoignent les échecs cuisants des précédents « plans Ecophyto » successifs en France, dont le Premier Ministre vient d’annoncer la mise à l’arrêt. Les ressources mobilisées ont certes été considérables, mais seule une partie des financements a effectivement été dirigée vers l’accompagnement des agriculteurs dans la réduction de l’usage des pesticides. En novembre 2023, le Parlement européen a prolongé de 10 ans l’autorisation du glyphosate avant de rejeter le projet de règlement sur l’usage durable des produits phytosanitaires.

Pour l’année 2022, le NODU (pour « Nombre de Doses Unités »), l’indicateur de référence sur l’utilisation des pesticides, était de nouveau en augmentation de 3,5% par rapport à 2021 et les quantités de substances actives vendues étaient aussi reparties à la hausse, repassant au-dessus des 68 000 tonnes/an. En réponse, le gouvernement souhaite maintenant changer d’indicateur…

La LPO attend du gouvernement qu’il réaffirme son ambition de réduire de moitié l’utilisation de produits phytopharmaceutiques à l’horizon 2030 par rapport à la période 2015-2017. Cette diminution est indispensable pour garantir à la fois la résilience des écosystèmes ruraux et protéger la santé des agriculteurs, des consommateurs et de la biodiversité.

Pourquoi tant de haies ?

Mesure 23 de la Stratégie Nationale Biodiversité 2030 : Favoriser les haies
Mesure 23 de la Stratégie Nationale Biodiversité 2030 : Favoriser les haies

Gabriel Attal a déclaré qu’il comptait réduire de 14 à 1 les normes s’appliquant aux haies. S’il est vrai que la destruction de ces structures végétales essentielles à la biodiversité est très règlementée, le sujet ne concerne en réalité que l’agriculture intensive, responsable de la disparition de plus de 20 000 km de haies par an. Depuis 1950, près de 70% des haies ont ainsi disparu des bocages français. Causes de cette hémorragie : le regroupement des parcelles agricoles, la mécanisation de l’agriculture, l’expansion urbaine, le non entretien des haies existantes et le déclin de l’élevage extensif.

Habitats indispensables à la survie de nombreuses espèces sauvages, les haies limitent l’érosion des sols, participent au stockage du carbone, régulent la ressource en eau, fournissent de l’ombre pour le bétail, tout en ayant un effet coupe-vent. Annoncer la simplification de leur destruction est contraire à la Stratégie nationale biodiversité 2030 du gouvernement, et contradictoire avec l’engagement pris lors du lancement du « Pacte en faveur de la haie » le 29 septembre 2023. Le Ministre de l’Agriculture avait alors annoncé un objectif de replantation inédit visant un gain net total de 50.000 km de haies d’ici 2030. Plus de 100 millions d’euros ont été budgété par l’Etat pour mener à bien cette action. Comment expliquer un tel changement de politique publique en quelques mois ?

J’achève les jachères

Alouette des champs
Alouette des champs

L’Etat français vient de convaincre la Commission européenne de lever l’obligation de consacrer aux jachères au moins 4% des terres cultivées, exigée en contrepartie des aides publiques de la PAC. Il s’agit d’un recul sans précédent que nous dénonçons et nous comptons sur les agriculteurs soucieux de la biodiversité pour ne pas appliquer cette nouvelle déréglementation. Les jachères représentent en France 300 000 hectares de terres arables, soit moins de 2% de la surface totale, et la grande majorité est constituée de sols pauvres ou difficiles d’accès présentant un potentiel de production très limité. Elles jouent en revanche un rôle écologique essentiel : amélioration de la qualité des eaux, lutte contre l’érosion, restauration des sols, protection intégrée des cultures, séquestration du carbone et accueil de la faune sauvage. L’Alouette des champs, la Perdrix grise ou encore l’Œdicnème criard, trois oiseaux en mauvais état de conservation typiques des milieux ruraux, sont ainsi en moyenne 3 fois plus nombreux en période de reproduction sur les exploitations comprenant des jachères aménagées.

Zones humides contre mégabassines

Méga bassines, non merci !
Méga bassines, non merci !

Les zones humides disparaissent sur Terre trois fois plus vite que les forêts. Plus du tiers ont disparu depuis 1970, principalement en raison de l’urbanisation et de l’agriculture intensive. En France, cette proportion passe à plus de 60%. Seuls 6% des zones humides françaises, qui hébergent 50% des oiseaux et 30% des espèces végétales, sont actuellement estimées en bon état de conservation. Dans un contexte de réchauffement climatique, l’intensité des épisodes récurrents de sécheresses et d’inondations rappelle désormais chaque année cruellement leur rôle essentiel dans le cycle de l’eau.

Alors que tous les feux étaient au vert pour renforcer la protection de ces refuges pour la biodiversité, avec notamment l’annonce en novembre dernier d’y consacrer un Parc National et un engagement à en restaurer 50 000 hectares d’ici 2026, le chef du gouvernement fait aujourd’hui machine arrière et décrète une pause dans la cartographie des zones humides et des tourbières destinée à leur préservation.

En parallèle, il annonce de nouvelles dispositions pour limiter les recours contre les projets de retenues collinaires, dont les mégabassines. La LPO n’est pas favorable à la création de ces retenues d’eau géantes destinées à maintenir voire accroitre les surfaces irriguées consacrées à l’agriculture intensive et, au premier chef, à la culture du maïs dans des régions où la pluviométrie n’est pas propice à sa production.

La LPO demande un moratoire sur les réserves de substitution et continuera de mobiliser tous les moyens juridiques nécessaires pour éviter le développement de ces installations qui ne bénéficient qu’à une minorité d’exploitations et fragilisent un peu plus chaque jour la ressource en eau, notre bien commun. Selon le dernier rapport du GIEC, près de 80% des bassins hydrographiques du monde devraient être affectés de manière critique par les pénuries d’eau d’ici à 2050. La France ne sera pas épargnée.

Police désarmée

Agent de police de l'Office français de la biodiversité dans l'exercice de ses fonctions.
Agent de police de l’Office français de la biodiversité dans l’exercice de ses fonctions.

Gabriel Attal envisage de placer les agents de l’Office français de la biodiversité (OFB) sous la tutelle des préfets tout en s’interrogeant sur la pertinence de leur port d’arme, ce qui constituerait une atteinte grave à la légitimité de cette police de l’environnement. Avec environ 1700 inspecteurs, les effectifs de l’OFB sont déjà notoirement insuffisants et peinent à faire respecter le droit en matière de préservation des la nature. En 2023, 3 000 contrôles ont été effectués sur les 400 000 exploitations agricoles françaises, soit 0,75%.

La LPO soutient sans réserve les actions de contrôle et de sensibilisation menées par l’OFB et appelle au renforcement de cet établissement public dédié à la préservation de vivant.

Chardonneret.
Chardonneret.

Grenelle ou grenades

Les réglementations environnementales existent afin de garantir le bon fonctionnement et la durabilité des systèmes agricoles et alimentaires en protégeant les agriculteurs, les consommateurs et les écosystèmes face aux menaces sanitaires, socio-économiques, géopolitiques, climatiques et écologiques.

Face à ce défi aussi vital que complexe, l’affrontement est stérile et même contreproductif. La mobilisation paysanne traduit le désarroi des agriculteurs face à des injonctions contradictoires entre le maintien structurel d’un modèle devenu délétère et les impératifs de transition écologique. Comme lors du Grenelle de l’environnement de 2007, il est urgent de rassembler l’ensemble des acteurs pour élaborer des solutions innovantes et prendre des décisions courageuses à la hauteur des enjeux.

Pour Allain Bougrain Dubourg, Président de la LPO : « En mettant dos à dos la protection de l’agriculture et celle de la nature, le gouvernement créé un écran de fumée qui occulte les véritables problèmes des paysans, avant tout d’ordre économique et liés au modèle ultra-libéral de production alimentaire détruisant la biodiversité depuis plus d’un demi-siècle. Ce recul inédit en matière environnementale ne s’inscrit pas dans une démarche d’avenir. L’exception agricole française ne pourra pas se construire en méprisant la nature dont nous dépendons. »

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LPO Agir pour la biodiversité
LPO Agir pour la biodiversité

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La France s’adapte … à +4°C ?

Face au constat implacable que les effets du réchauffement climatique sont déjà visibles sur notre territoire et vont continuer à s’aggraver, Christophe Béchu a réuni élus, citoyens, acteurs, société civile et experts pour échanger sur la nécessaire adaptation de la France face au +4 °C prévu d’ici la fin du siècle. « La France s’adapte » est le prélude du troisième plan d’adaptation au changement climatique (PNACC-3) qui contient une cinquantaine de mesures articulées autour de quatre axes : « protéger les Français » ; « adapter les territoires et assurer la continuité des infrastructures et des services essentiels » ; « assurer la résilience de l’économie » ; « préserver les milieux naturels et culturels ».

Commerce Équitable France appelle à un commerce vraiment plus juste

Alors que les mobilisations massives d’agriculteur·rices en France et en Europe ne faiblissent pas, Commerce Équitable France nous rappelle que l’agriculture et l’alimentation sont l’affaire de toutes et tous. L’engagement historique du commerce équitable en faveur de la juste rémunération des paysan·nes et ses résultats concrets en matière de transformation des modes de production agricole pour répondre aux défis climatiques montrent qu’une autre voie est possible !

Journée mondiale des zones humides : un mois en France pour redécouvrir leur importance pour le bien-être humain

Du 30 janvier au 1er mars, partout en France, de nombreuses associations et collectivités proposent à un large public de (re)découvrir l’importance de protéger les zones humides à l’occasion de la Journée mondiale des zones humides (JMZH)

Journée mondiale des zones humides 2026

40 ans de protection des zones humides en France 

Protection contre les inondations, les sécheresses, les tempêtes ; sources de nourriture, d’eau potable ; lieux de loisirs et de détente; sources de revenus … les services rendus chaque jour par les zones humides sont nombreux et indispensables. Et pourtant elles font partie des écosystèmes les plus menacés dans le monde et continuent de disparaître à un rythme 3 fois plus rapide que les forêts. 

L’année 2026, marque en France les 50 ans de la loi de protection de la Nature de 1976, mais aussi (et surtout) les 40 ans de la convention de Ramsar sur les zones humides en désignant sa première zone humide d’importance internationale : la Camargue.

40 ans plus tard, 55 sites Ramsar ont été désignés par la France, qui s’apprête à mettre en œuvre son premier Plan national de restauration de la Nature.

Mais les zones humides restent menacées.

La Journée mondiale des zones humides

Créée en 1997, la JMZH commémore chaque année le 2 février, l’anniversaire de la signature de la Convention de Ramsar (ville iranienne) sur les zones humides. Elle fait partie des journées internationales officielles de l’ONU qui invite l’ensemble des pays à célébrer les zones humides.

De nombreux événements (sorties nature, conférences, projections de films, chantiers nature, activités culturelles, etc.) sont organisés dans le monde entier pour découvrir et comprendre l’importance des zones humides.

Très investie, la France représente chaque année plus de la moitié des animations mondiales !

Zones humides et savoirs traditionnels : célébrer le patrimoine culturel” est le thème choisi pour l’édition 2026 de la JMZH. Il met en évidence que les zones humides sont à l’origine d’un patrimoine exceptionnel (naturel, culturel, architectural, économique …) qui doit être protégé, en tenant compte des usages et savoirs des populations qui les habitent depuis toujours.

Toutes les animations proposées dans le cadre de la JMZH 2026 sont recensées sur la plateforme “J’agis pour la nature”, créée et animée par la Fondation pour la Nature et l’Homme. Il y a déjà plus de 750 animations recensées dans toute la France !

Les zones humides : sources de vie à protéger !


Journée Mondiale des Zones Humides 2026 :
participez aux animations près de chez vous !

Journée Mondiale des Zones Humides 2026 : participez aux animations près de chez vous !

La biodiversité des milieux humides français 2025

Marais, lagunes, estuaires, mangroves… Les milieux humides sont présents partout en France, de l’Hexagone à l’Outre-mer. Ils abritent une biodiversité exceptionnelle et sont des éléments fondamentaux du grand cycle de l’eau. Ces milieux, assurant de très nombreux services aux sociétés humaines, sont pourtant particulièrement menacés et se dégradent rapidement. 

Reprenant les chiffres clés de ses indicateurs sur les milieux humides, l’ONB dresse ici un panorama en 12 pages, couvrant la France hexagonale et ultramarine, sur l’état de la biodiversité au sein de ces milieux fragiles, les pressions qui s’y exercent et les réponses apportées pour les protéger et les restaurer.

Quel est leur état aujourd’hui, et leurs tendances sur ces dernières décennies ? Pour cela, l’Observatoire National de la Biodiversité (ONB), au travers de son groupe Thématique « Milieux humides », suit un jeu de 33 indicateurs couvrant aussi bien la biodiversité des milieux humides, les pressions qui pèsent sur eux, les actions en leur faveur… Périodiquement remis à jour, ces indicateurs dessinent un panorama évolutif de ces milieux fragiles

Malgré des politiques développées depuis les années 1990 en leur faveur, ces milieux continuent de disparaître au profit de l’urbanisation, des infrastructures de transports et des retenues d’eau. Leur dégradation impacte déjà les services que rendent les milieux humides à la société. 

Cependant, certaines mesures ont porté leurs fruits. Ainsi, diverses espèces d’oiseaux d’eau, ainsi que la Loutre et le Castor, voient leurs populations réaugmenter. La connaissance de ces milieux, essentielle à leur préservation, s’accroît de jour en jour, tout comme l’intérêt du public à leur égard. 

Le 31 janvier 2025, à l’occasion de la journée mondiale sur les zones humides, l’ONB a publié une première synthèse accessible et illustrée faisant état des chiffres clés sur cette biodiversité riche et fragile, des pressions qui la menacent et des réponses apportées au niveau national pour la protéger et la restaurer

Ce document de l’ONB, rédigé en partenariat par la Tour du Valat, Ramsar France, l’OFB, le SDES, l’Agence de l’Eau Rhône Méditerranée Corse, le Forum des Marais Atlantiques, la DEB du Ministère chargé de l’Ecologie et l’OIEau, poursuit une série initiée en 2023 avec les milieux forestiers.

Ramsar : La Convention sur les zones humides

Journée mondiale des zones humides 2024

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Du 2 au 29 février, dans toute la France, de nombreuses associations et collectivités proposent à un large public de (re)découvrir l’importance des zones humides à l’occasion de la Journée mondiale des zones humides !

https://twitter.com/ONU_fr/status/1753283100618956966?ref_src=twsrc%5Etfw

Les zones humides, sources de bien-être humain

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C’est le thème retenu pour l’édition 2024 de la Journée mondiale des zones humides (JMZH). Il rappelle que le bien-être des populations est étroitement lié à la bonne santé des zones humides ; et ce depuis très longtemps. La dégradation continue et rapide – 3 fois plus vite que les forêts – de ces écosystèmes qui comptent parmi les plus utiles pour répondre aux crises – climat, eau, biodiversité – que nous traversons actuellement, doit nous inciter tous à agir pour préserver et restaurer les zones humides.

Protection contre les inondations, les sécheresses, les tempêtes ; sources de nourriture, d’eau potable ; lieux de loisirs, de détente, de contemplation… les services rendus chaque jour par les zones humides sont nombreux et indispensables. Elles sont véritablement notre assurance-vie dès aujourd’hui et pour demain.

La Journée mondiale des zones humides

En 2021, l’Assemblée générale des Nations unies a proclamé « Journée mondiale des zones humides » le 2 février, date anniversaire de la signature de la Convention de Ramsar (ville iranienne) sur les zones humides. L’ensemble des pays de l’ONU est invité à célébrer les zones humides. À cette occasion de nombreux événements sont organisés dans le monde entier pour découvrir et comprendre l’importance des zones humides.

En France, de nombreuses structures se mobilisent chaque année pour proposer un programme varié de plusieurs centaines d’animations (sorties nature, conférences, projections de films, chantiers nature, activités culturelles, etc.) partout en métropole et en Outre-mer pendant tout le mois de février.

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La France championne de la JMZH

Sous l’impulsion d’une coordination nationale menée par l’association Ramsar France et appuyée par de nombreux réseaux d’acteurs, un programme de plus de 600 animations – sorties nature, conférences, projections de films, activités culturelles, … – est organisé partout en France. Cela représente chaque année plus de la moitié des activités recensées dans le monde à l’occasion de la JMZH !

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Lancement national le 1er février 2024 à Lattes (Hérault)

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L’association Ramsar France avec l’EPTB Lez et le Pôle-relais lagunes méditerranéennes, organisent, le 1er février 2024, une journée de lancement national, avec le soutien de l’Office français de la biodiversité (OFB).

Cet évènement organisé chaque année dans un nouveau territoire lié aux zones humides, montre l’importance pour les collectivités, en partenariat étroit avec les associations, à agir en faveur de la préservation des zones humides.

Cette journée réunira des professionnels des zones humides autour de la question « Les zones humides, territoires de demain ? » qui sera traitée sous l’angle des zones humides sources de bien-être et de l’adaptabilité des zones humides au changement climatique.


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La JMZH est coordonnée en France par :

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Protection des milieux humides

Protection des milieux humides
[infographie] Les milieux humides, amortisseurs du changement climatique

A propos de l’OFB

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Établissement public de l’État créé le 1er janvier 2020, l’Office français de la biodiversité est placé sous la tutelle des ministres de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, et de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire. Il a pour missions la surveillance, la préservation, la gestion et la restauration de la biodiversité terrestre, aquatique et marine, ainsi que la gestion équilibrée et durable de l’eau, dans l’Hexagone et en Outre-mer.

Il est chargé de développer la connaissance scientifique et technique des espèces, des milieux et de leurs usages, de surveiller et de contrôler les atteintes à l’environnement, de gérer des espaces protégés, d’appuyer la mise en œuvre des politiques publiques, et de mobiliser l’ensemble de la société, acteurs socio-économiques comme citoyens.

OFB, Protéger le vivant, préserver notre avenir

Ressources : l’INRAE passe ses recherches en revue pour nous aider à mieux comprendre le monde qui nous entoure

Au sommaire de ce numéro, l’INRAE nous donne les clés pour comprendre comment l’agriculture et la forêt peuvent être source d’énergie renouvelable, décrypte l’édition du génome des plantes avec ses enjeux et ses limites et enfin explore les Solutions fondées sur la Nature.

Agriculture et forêts, sources d'énergie
Agriculture et forêts, sources d’énergie

Vous voulez tout savoir sur les techniques d’édition du génome des plantes ? Vous pensez que l’agriculture et les forêts peuvent être sources d’énergie ? Vous voulez mettre en place des Solutions fondées sur la Nature ?

Éditer le génome des plantes
Éditer le génome des plantes

Éclairage des enjeux et solutions tirées des recherches de l’INRAE, à retrouver dans Ressources n° 5. Et pour savourer sa lecture sur papier, Ressources vous attend en librairie.

Des Solutions fondées sur la Nature
Des Solutions fondées sur la Nature

Alimentation, environnement, agriculture : et si la science éclairait nos débats ?

Agriculture et forêts, sources d’énergie

Éditer le génome des plantes

Des Solutions fondées sur la Nature

A propos de Ressources

À une époque où la rapidité de circulation et de traitement fausse parfois l’information, INRAE propose de nous arrêter sur des sujets de société qui nous concernent tous.La revue Ressources vise à informer, décrypter, donner à réfléchir.

Avec, dans chaque numéro, trois dossiers développés à partir de nos travaux de recherche, Ressources propose des chiffres clés, des infographies, une synthèse de nos travaux et des références pour renforcer vos connaissances, favoriser l’analyse et donner des perspectives aux enjeux d’avenir.

Ces dossiers sont accessibles sur cette page. Vous pouvez aussi découvrir la revue et savourer le plaisir de sa lecture papier chez votre libraire ou sur le catalogue Quae au prix de 12 €. Vous y embarquerez pour un voyage au cœur d’INRAE avec des éléments de notre actualité, des images de notre quotidien et un dicton clin d’œil pour nous rappeler que sans connaître l’infiniment petit ou le très grand, nos anciens avaient (presque) tout compris.

Bonne lecture !

 

« L’agriculture en quête de sens » à lire dans La Croix

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Les manifestations d’agriculteurs se multiplient partout en France, avec 77 points de blocage recensés jeudi 25 janvier à la mi-journée. À l’heure de la crise climatique, le secteur est confronté à une multitude d’injonctions contradictoires. Selon le Haut Conseil pour le climat, il existe pourtant une voie pour une agriculture durable et rémunératrice. Un dossier de La Croix.

Agriculture : Les Français face à leurs contradictions

La crise met en avant les injonctions contradictoires auxquelles sont confrontés les agriculteurs

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La crise agricole fait ressortir les fortes tensions entre des exigences difficilement compatibles, notamment entre la protection de l’environnement et les prix bas, ou encore les objectifs politiques affichés et la réalité du terrain.

L’arbitrage entre prix bas et consommation responsable

Les Françaises et les Français veulent « manger mieux », c’est-à-dire sain, mais aussi « local » et « responsable ». Selon l’Observatoire société et consommation (Obsoco), le critère le plus important au moment de l’achat d’un produit alimentaire, c’est le fait qu’il soit produit en France. Les consommateurs français sont également 66 % à porter attention à la juste rémunération des producteurs. Avec le retour de l’inflation depuis deux ans, le critère du prix a cependant pris une place de plus en plus importante. « La volonté de consommer sain et responsable est toujours là, assure Emily Mayer, experte de la consommation à l’institut Circana. Mais la contrainte est telle que ce n’est pas toujours possible. » En deux ans, les prix de l’alimentaire ont augmenté de 22 %. Les ventes de produits bio, elles, dégringolent depuis 2020, après une progression continue. « C’est le cas des œufs bio, trop chers. En revanche, celles des œufs de plein air progressent : aux yeux des consommateurs, c’est un bon compromis, un surcoût acceptable », nuance-t-elle. Les dépenses alimentaires, par ailleurs, ne pèsent pas de la même manière pour tout le monde. « La moitié des Français les plus modestes disent devoir se restreindre pour des raisons financières, contre un quart seulement des plus aisés », avance Agnès Crozet, directrice associée à l’Obsoco.

À ses yeux, chacun doit prendre sa part de responsabilité et le faire selon ses moyens : « La transition écologique et alimentaire sera difficilement soutenable si on n’accompagne pas la partie de la population la plus précaire. »

Des agriculteurs coresponsables et victimes de la crise environnementale

Le sujet fâche, mais c’est un fait : en France, le modèle agricole a des conséquences néfastes sur le climat et l’environnement. L’agriculture représente 18 % des émissions totales de PPP
gaz à effet de serre du pays, selon le dernier rapport du Haut Conseil pour le climat (HCC). C’est le deuxième secteur le plus émetteur après les transports.

La production agricole est en outre l’une des premières causes de l’érosion de la biodiversité. Selon l’Office français de la biodiversité (OFB), les écosystèmes sont fragilisés par la conversion de milieux naturels en surfaces agricoles et surtout par l’utilisation d’intrants (pesticides, engrais). Ces produits chimiques détériorent aussi la qualité des sols et s’y infiltrent jusqu’aux nappes phréatiques, menaçant les ressources en eau potable.

Moteur de la crise environnementale, l’agriculture en est aussi une des premières victimes. Le changement climatique accentue et multiplie les phénomènes météorologiques extrêmes : des sécheresses, qui mettent cultures et élevages en situation de stress hydrique ; des températures extrêmes, menaçant la survie des cheptels ; des inondations, emportant les cultures et détériorant la qualité des sols… « Ces événements combinés et en cascade exposent (les agriculteurs à des) pertes de rendement additionnelles », avance la présidente du HCC, Corinne Le Quéré. Avec un réchauffement moyen de 2 °C, la plupart des « cultures en France seraient exposées à des pertes moyennes de rendement de plus de 10 % par rapport aux rendements actuels », estime le rapport.

La tension entre autosuffisance alimentaire et environnement

Pour certains, les normes environnementales seraient trop nombreuses, trop lourdes et nuiraient à la compétitivité de l’agriculture française. C’est l’un des moteurs de la mobilisation des agriculteurs, à commencer par l’obligation de maintenir, à partir de 2024, 4% des terres en jachère, imposée par la nouvelle PAC (politique agricole commune), qui veut faire de l’Europe une championne de la transition. À l’inverse, d’autres estiment que la question environnementale est instrumentalisée, et que la PAC est encore trop « productiviste », favorisant davantage les grandes exploitations au détriment de la transition.

« Nous ne sommes pas dans un productivisme acharné, juge Vincent Chatellier, économiste à l’Inrae. Et la baisse en France de l’autosuffisance alimentaire pour certaines productions crée un sentiment de décrochage. » Le pays importe désormais 20 % de sa consommation de viande bovine ou 30 à 40 % de ses volailles. Prix de vente, charges, départs à la retraite des exploitants… les moteurs dépassent le débat autour des normes.

« En revanche, l’une des raisons de la mobilisation pourrait être dans une dissociation entre les objectifs politiques affichés et la réalité du terrain, poursuit le chercheur. Quand l’Europe vise 25 % de surface de bio en 2030 contre 10 % aujourd’hui, alors que les marchés ne sont pas porteurs, les agriculteurs s’interrogent. Ou lorsque l’on s’attaque aux pesticides sans que les pertes de volumes soient couvertes par une hausse des prix. »

Si certaines revendications de la FNSEA visent spécifiquement des mesures environnementales, le débat dépasse le cas de politiques spécifiques aux yeux de Vincent Chatellier : « Il semble que beaucoup critiquent avant tout la sur-administration ». Dans cette protestation multiforme, la Confédération paysanne demande par exemple une simplification des démarches, sans pour autant revenir en arrière sur l’environnement.

Un exécutif en tenaille entre le terrain français et les compromis européens

En octobre 2017, Emmanuel Macron plaidait pour « inventer une nouvelle France agricole, car le modèle dans lequel nous nous sommes enferrés n’est pas soutenable ». Six ans après, les oppositions dénoncent les contradictions du camp présidentiel, qui tente de concilier agriculture et transition écologique. « Il faut que l’exécutif cesse d’avoir un double langage » sur les normes environnementales, a affirmé mercredi 24 janvier le président du Sénat, Gérard Larcher. « On n’a pas le droit de dire à Paris que l’on soutient les agriculteurs et de faire le contraire à Bruxelles », a renchéri François-Xavier Bellamy, eurodéputé et tête de liste LR aux élections européennes.

Il est reproché aux macronistes d’avoir œuvré au compromis sur la nouvelle politique agricole commune (PAC), approuvée en novembre 2021 et en vigueur depuis ce mois de janvier. Ou d’avoir sou- tenu l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et la Nouvelle-Zélande en novembre 2023. L’eurodéputé Renaissance Pascal Canfin est en particulier la cible des protestations. Président de la commission environnement au Parlement européen, il est l’artisan du « pacte vert » de l’UE, qui cristallise la colère même s’il n’est pas encore en vigueur.

Il est aussi reproché à l’exécutif ses revirements. Dernier exemple marquant : la France s’est abstenue, en novembre 2023, lorsque la Commission européenne a décidé de renouveler l’autorisation du glyphosate dans l’UE pour dix ans. En 2017, Emmanuel Macron avait pourtant promis une interdiction totale du pesticide en France, « au plus tard dans trois ans », avant de changer d’avis en 2019. L’année suivante, le gouvernement avait été contraint de changer de pied sur une réintroduction temporaire des insecticides néonicotinoïdes, « tueurs d’abeilles », pour la culture de la betterave. Avant de renoncer à cette dérogation en janvier 2023.

  • Par Sarah Dupont, Camille Richir, Corinne Laurent et Maxime Bertail

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L’agriculture et l’écologie sont condamnées à réussir ensemble selon la LPO

La transition agroécologique s’impose pour assurer la souveraineté alimentaire, lutter contre le réchauffement climatique, stopper l’effondrement de la biodiversité et ainsi préserver l’ensemble du vivant, humains compris.

Politique Agricole Commune: l'UE veut-elle tuer la nature ?
Politique Agricole Commune: l’UE veut-elle tuer la nature ?

Les agriculteurs français expriment leur colère. Nombreux désignent les réglementations environnementales, notamment européennes, comme étant les premières causes de leurs difficultés, et les associations de protection de la nature comme les complices de leur détresse.

Pointée du doigt, l’Union Européenne a en réalité plutôt été contrainte de limiter ses ambitions en matière de verdissement de l’agriculture sous la pression des lobbies et des gouvernements. La Politique agricole commune 2021-2027 perpétue en effet le financement massif d’une agriculture intensive qui détruit la nature, épuise les ressources en eau et alimente la crise climatique.

En juillet dernier, le Parlement européen a adopté in extremis une loi visant à imposer aux États membres de restaurer les milieux naturels endommagés par les activités humaines qu’après que le domaine agricole ait été exclu du champ d’application. En novembre, les eurodéputés ont prolongé de 10 ans l’autorisation du glyphosate avant de rejeter le projet de règlement sur l’usage durable des produits phytosanitaires, qui devait réduire de moitié leur utilisation d’ici 2030.

Faites revenir les oiseaux sur vos terres !
Faites revenir les oiseaux sur vos terres !

La LPO travaille depuis très longtemps avec le monde agricole, car nos objectifs convergent : produire une alimentation saine et garantir des revenus dignes aux paysans en préservant les écosystèmes et les paysages. Lancé en 2018, notre programme « Des terres et des ailes » accompagne par exemple les agriculteurs dans la mise en œuvre d’actions concrètes afin de restaurer la biodiversité rurale.

Bruant proyer (Emberiza calandra), aussi appelé proyer d'Europe.
Bruant proyer (Emberiza calandra), aussi appelé proyer d’Europe.

En mai 2023, une étude du CNRS mettait en évidence la disparition des oiseaux des champs en Europe, qui ont perdu 60 % de leurs effectifs en à peine quarante ans. Au-delà des oiseaux, c’est toute la chaine du vivant qui s’est effondrée dans nos campagnes, victime des pesticides, du remembrement et de la mécanisation à outrance, sacrifiant les équilibres naturels sur l’autel des profits de l’agro-industrie et de la grande distribution.

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Pour Allain Bougrain Dubourg, Président de la LPO : « Les contraintes environnementales ne doivent pas être considérées comme un frein mais comme le chemin d’une agriculture durable. Il est inacceptable que les agriculteurs français soient pénalisés par une mondialisation visant le profit. Il est tout autant inadmissible que la vindicte populaire désigne la protection de la nature comme bouc émissaire des malheurs agricoles. Il est urgent de conjuguer et unir les bonnes volontés pour sortir des malentendus. »

> Lire aussi : Pour une agriculture plus juste et plus vertueuse, les propositions de France Nature Environnement

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Pour une agriculture plus juste et plus vertueuse

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Le profond mal-être des agriculteurs et agricultrices s’expriment par des manifestations en France et en Europe. Ils demandent à pouvoir vivre dignement de leur travail. Une revendication plus que légitime. France Nature Environnement dévoile ses 15 propositions pour sortir de la crise, fondées sur l’agroécologie et une meilleure rémunération des agriculteurs et agricultrices.

L’Anthropocène : une nouvelle ère géologique née de l’influence humaine ?

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À travers ce choix entre l’anthropocène « ère de l’Homme » et l’anthroproblème qui décrit son impact sur la planète, ce sont deux visions de l’avenir qui s’opposent. D’un côté certains pensent que la technologie suffira à garantir indéfiniment notre sécurité face à des phénomènes naturels toujours plus violents, de l’autre on peut faire le choix radical de maîtriser nos émissions de gaz à effet de serre pour ne pas provoquer une tempête qui risque d’emporter le toit, la maison… et ses habitants. Anthropocène… ou anthro-problème ? Une question d’étymologie et surtout d’échelle à laquelle répond Vincent Huault, Maître de conférence en paléontologie et stratigraphie à l’Université de Lorraine.

Une vraie souveraineté alimentaire pour la France

L’État a abandonné en décembre 2023 son projet de taxer l’usage des pesticides et des retenues d’eau. En novembre, l’Europe reconduisait l’autorisation du glyphosate pour 10 ans et abandonnait l’objectif de réduction de 50 % de l’usage des pesticides à l’horizon 2030. Comment en est-on arrivé là ? En plus du lobbying de la FNSEA et de l’état de crise permanent dans laquelle vivent les agriculteurs, la question de la souveraineté alimentaire est devenue l’argument permettant de poursuivre des pratiques qui génèrent des catastrophes écologiques et humaines majeures. Il existe pourtant d’autres voies nous explique Harold Levrel, Professeur en économie de l’environnement à AgroParisTech – Université Paris-Saclay pour The Conversation France.

De la protection de la nature au patrimoine naturel : une prise de conscience collective plus que nécessaire

En Europe, les initiatives pour sauvegarder notre héritage culturel se multiplient : journées européennes du patrimoine, musées, fonds publics ou privés dédiés à la restauration d’œuvres d’art et de bâtiments historiques… Pourtant, dans le même temps, un autre type de patrimoine mérite tout autant notre attention : le patrimoine naturel, ce legs vivant si précieux que nous devons préserver avec autant de soin.

Une tribune d'Eglantine Petit, membre du conseil de la Fondation Etrillard, mécène environnemental
Une tribune d’Eglantine Petit, membre du conseil de la Fondation Etrillard, mécène environnemental

La nature agressée, une menace pour nous tous

Dès 1972, l’Unesco a inscrit la nature dans le champ d’action de la Convention du patrimoine mondial, devenue l’un des instruments internationaux les plus efficaces pour préserver les sites naturels extraordinaires de la planète1. Cette initiative répond à l’urgence de préserver la biodiversité alors que la réduction des espaces naturels s’accélère : un million d’espèces sont menacées d’extinction et 85 % des zones humides ont disparu

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Dans le même temps, la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) a alerté sur l’érosion accélérée du patrimoine naturel mondial. Sur environ 6 000 plantes cultivées historiquement pour notre alimentation, moins de 200 le sont désormais3. Plus alarmant encore, 66 % de la production végétale mondiale se résume à 9 espèces4.

À cette disparition s’ajoute la destruction massive des forêts, estimée à 10 millions d’hectares chaque année d’après la FAO. Ce recul n’a rien d’anodin et doit nous alerter. En effet, il a un impact direct sur l’équilibre planétaire et humain, accentuant les problématiques existantes liées au changement climatique, ainsi qu’à la dégradation de notre santé physique et mentale.

Pourtant, les nombreux bénéfices des sites naturels ne sont plus à démontrer, ils contribuent, entre autres, à réduire les risques et impacts des catastrophes naturelles5. De même, les 69 millions d’hectares de forêts de ce patrimoine absorbent environ 190 millions de tonnes de CO2 chaque année6. Cela équivaut à environ 45% des émissions de CO2 émises par la France en 2022. Dans le domaine de la santé, des recherches ont prouvé que les personnes vivant près d’espaces verts ont un risque réduit de dépression et d’anxiété. Il n’est donc plus temps de tergiverser !

Prix du Patrimoine Naturel - 4ème édition
Prix du Patrimoine Naturel – 4ème édition

Le patrimoine naturel : un legs à préserver pour les générations futures

Parler de patrimoine pour évoquer la nature est loin d’être un non-sens, puisque ce terme intègre la dimension de transmission : ce que nous léguons aux générations futures. Or, si de nouveaux textes à portée juridique ou symbolique ont suivi la démarche initiée par l’Unesco – on peut citer entre autres la Convention du Conseil de l’Europe sur le paysage7, ou encore la Convention de Berne8 -, ils restent encore beaucoup à faire pour préserver notre capital naturel si menacé.

L’inventaire du patrimoine naturel intègre ainsi les richesses écologique, faunistique, floristique, géologique, pédologique, minéralogique et paléontologique. Parce qu’elles nous sont précieuses, elles méritent autant d’attention qu’une toile de maître ! Il est donc urgent d’agir pour changer notre approche et prolonger la démarche patrimoniale initiée par l’Unesco.

Des actions concrètes pour engager, inspirer et sauvegarder

Que ce soit à l’échelle mondiale, nationale, régionale ou individuelle, des quantités d’initiatives créatives et porteuses d’espoir existent, contribuant à la conservation et au développement de sites naturels. Nous devons également soutenir les projets qui éduquent la conscience collective et sensibilisent toutes les générations à la protection de la biodiversité.

C’est le cas de la Fondation Etrillard, qui participe, au travers de son « Prix du Patrimoine Naturel », au financement des projets porteurs de solutions, qui répondent à des questions aussi larges que la pénurie d’eau, la réhabilitation des terres agricoles, le développement de zones d’agroforesterie et apportent des réponses concrètes à la dépollution des terres pour les réinscrire dans un cercle vertueux ou encore au développement de méthodes innovantes pour cultiver et nourrir les populations, …

Parce qu’il est vivant, ce patrimoine doit en effet être traité différemment, en interagissant avec lui, non pas pour le contrôler, mais pour lui permettre d’exprimer toute sa richesse. Il s’agit d’envisager sa préservation sous un angle positif, en prouvant qu’il n’est pas trop tard et que nous pouvons encore agir. C’est par des initiatives, comme celle de la Fondation Etrillard, que nous pourrons susciter des vocations et offrir au grand public un discours éducatif exempt d’éco-anxiété.

Les quartiers pauvres ont un avenir

Quinze ans après les émeutes urbaines à Clichy-sous-Bois puis dans plusieurs banlieues françaises, l’Institut Montaigne publie le rapport “Les quartiers pauvres ont un avenir”. Ce travail casse les idées reçues sur les dynamiques à l’oeuvre dans ces territoires et décrypte avec des faits et des chiffres, le besoin de mobilité sociale en France.

S’appuyant sur 300 tableaux statistiques, 40 cartes et 35 entretiens individuels, cette publication dresse un état des lieux inédit de la situation des quartiers pauvres de la ville (QPV). Elle les décrit dans leurs spécificités par rapport au reste de la France en insistant sur trois maux qui les minent : l’échec scolaire, la sur-délinquance et le trafic de drogue. Sa conclusion pour la politique de la ville de demain est sans appel : la réalité de ces quartiers est plus encourageante qu’il n’y paraît mais il est temps de changer de stratégie, d’investir dans les dans les habitants plutôt que dans les bâtiments.

Résilience des territoires littoraux et insulaires face au dérèglement climatique

Les territoires littoraux et insulaires sont particulièrement vulnérables aux divers effets du dérèglement climatique. Ces effets ont un impact économique, social et écologique qu’il convient d’analyser et d’anticiper, tout en mettant en avant des retours d’expérience et pistes de solution pour que les territoires concernés puissent agir dans le sens d’une plus grande résilience. C’est pourquoi Green Cross France et Territoires (GCFT), avec le soutien de l’Institut pour la Recherche de la Caisse des Dépôts, a réalisé une analyse des enjeux prioritaires pour la résilience des territoires littoraux et insulaires, dont les résultats sont présentés dans le présent cahier de recherche.

Agir pour la transition écologique et devenir technicien supérieur du développement durable

Concours de technicien supérieur du développement durable (TSDD)
Concours de technicien supérieur du développement durable (TSDD)

Le ministère de la Transition Écologique et de la Cohésion des territoires annonce l’ouverture des inscriptions au concours de « Technicien Supérieur du Développement Durable » (TSDD) : Souvent méconnu, ce concours offre une opportunité aux personnes passionnées par les enjeux écologiques de se tourner vers des métiers de la transition écologique, de la lutte contre le dérèglement climatique, de la mobilité durable, de la construction de logements, ou encore de la préservation de l’environnement. Selon le profil des candidats, plusieurs possibilités de carrière s’offrent à eux, notamment en tant que chargé de la lutte contre l’habitat indigne, chargé de la police de l’eau ou chargé de projet mobilité propre, et d’autres nombreux métiers à découvrir.

Les candidats ont jusqu’au 9 janvier 2024 pour s’inscrire au concours, via cette plateforme.

« Technicien Supérieur du Développement Durable » : qu’est-ce que c’est ?

Le Technicien Supérieur du Développement Durable agit quotidiennement pour favoriser des transports propres, aménager les villes, développer le logement, économiser l’énergie, gérer les ressources, maîtriser l’urbanisation ou encore prévenir les risques naturels. Il est amené à conseiller les acteurs locaux sur le terrain, réaliser des études et piloter des projets à caractère technique. Il peut être affecté tant dans un bureau pour coordonner des équipes et des projets, que sur le terrain pour contrôler, étudier ou intervenir sur différents sujets. Des opportunités d’enseignements ou de formations professionnelles sont également envisageables.

Comment candidater au concours ?

Pour être éligible au concours, le candidat doit être titulaire d’un bac+2 minimum ou justifier d’une expérience d’au moins quatre années dans le secteur public. Ceux qui candidatent dans la spécialité « techniques générales » du concours, choisissent, lors de leur inscription, la région dans laquelle ils exerceront leurs fonctions à partir du 1er septembre 2024.

Une fois lauréats, ils suivront une formation qualifiante à Valenciennes.

Quelles perspectives professionnelles ?

Après avoir occupé pendant 3 ans leur premier poste, le technicien aura la liberté de postuler sur un des nombreux postes proposés sur tout le territoire, en métropole et en outremer. Il pourra changer de domaine s’il le souhaite.

Le concours, ouvert au grade de technicien principal, offre des perspectives d’évolution vers des postes de technicien en chef, voire d’ingénieur des travaux public’ de l’État, notamment grâce à des concours internes, des examens professionnels ou des promotions.

Les inscriptions au concours TSDD sont ouvertes du 28 novembre 2023 au 9 janvier 2024.