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Technologies propres : financement et commercialisation d‘innovations

« Financement et commercialisation d’innovations dans le domaine des technologies propres » est une analyse des innovations dans le domaine des technologies propres en Europe (avec un aperçu des tendances par secteur, pays et entreprise). Cette nouvelle étude OEB-BEI1 met en avant les activités des inventeurs dans ce secteur et le soutien dont ils ont besoin pour commercialiser leurs inventions.

  • L’Allemagne et la France sont à l’avant-garde des inventions propres et durables dans l’UE
  • Les inventions développées en Europe concernent principalement les technologies énergétiques à faible teneur en carbone, la mobilité propre et les alternatives aux plastiques

La transition vers une économie plus propre et plus durable entraine une course à l’innovation dans laquelle l’Europe figure parmi les principaux acteurs.


Tendances relatives aux FBI liées aux technologies propres et durables, 1997-2021

Il existe aujourd’hui plus de 750 000 familles de brevets internationaux (FBI) dans le monde liées aux technologies propres et durables, soit près de 12 % de toutes les FBI.


Part de FBI liées aux technologies propres, 2017-2021

Les brevets soutiennent la commercialisation de technologies propres et durables.


UE – Commercialisation de technologies propres et durables

Les disparités de financement entre les entreprises de l’UE et des États-Unis se confirment dans le cas des technologies propres.


Financement reçu par les entreprises à différents stades de croissance, montant du financement en USD (médian), 2013-2023

La capacité des entreprises à passer à l’échelle supérieure diffère considérablement d’une région à l’autre, les entreprises innovantes de l’UE étant confrontées à un déficit de financement par rapport aux entreprises américaines.


Utilisation de différentes formes de financement externe pour les activités liées aux technologies propres

Lorsqu’on examine les obstacles à la commercialisation des technologies propres et durables, l’accès au financement apparaît comme un défi particulièrement délicat pour les petites entreprises.


UE – Le manque de financement est un obstacle majeur à la commercialisation de technologies propres et durables

Plus de 30 % des entreprises de l’UE considèrent le manque de financement comme un obstacle important à la commercialisation de technologies propres et durables.

Le marché unique européen : un catalyseur essentiel pour développer l’innovation propre et durable.


Marché actuel et futur pour les innovateurs de l’UE dans le domaine des technologies propres

Relever les défis : renforcer l’innovation et la cohérence réglementaire

Deep Tech Finder pour trouver des startups européennes prêtes déposer des brevets …

L’enjeu principal réside dans la mise en contact entre les investisseurs et les startups de haute technologie. L’automne dernier, l’OEB a lancé le Deep Tech Finder, un outil qui regroupe les profils de quelque 9 000 startups européennes prêtes à investir ainsi que des informations sur leurs portefeuilles de brevets. Les investisseurs peuvent ainsi plus facilement identifier des startups prometteuses et vice-versa.

Deep Tech Finder

L’Office européen des brevets (OEB) et la Banque européenne d’investissement (BEI) ont publié un rapport conjoint intitulé: « Financement et commercialisation d’innovations dans le domaine des technologies propres ». Cette étude révèle qu’entre 1997 et 2021, plus de 750 000 inventions liées aux technologies propres et durables ont été publiées, soit près de 12 % de l’ensemble des inventions de cette période. Ce nombre a augmenté de 33 % entre 2016 et 2021, avec près de 55 000 inventions enregistrées rien qu’en 2021. L’étude comprend également une enquête complète sur les innovateurs de l’UE dans le domaine des technologies propres, laquelle met en avant leurs activités dans ce secteur et le soutien dont ils ont besoin pour commercialiser leurs inventions.

  1. L’Office Européen des Brevets (OEB) et la Banque Européenne d’Investissements (BEI) ↩︎

Vers une industrie du pneu durable grâce au noir de carbone récupéré ?

Le noir de carbone récupéré (rCB) est un vecteur de décarbonation pour l’industrie du pneumatique, selon le livre blanc publié par la société de conseil Emerton. Un substitut au noir de carbone vierge (CB) dérivé de combustibles fossiles, actuellement utilisé pour la fabrication de pneu. Une ressource inexploitée, issue des innombrables pneus en fin de vie, pour décarboner la production pneumatique. Une révolution verte pour un pneu durable ?

Robert Laursoo

Qu’est-ce que le noir de carbone ?

Le noir de carbone (carbon black en anglais, ou CB) est une matière première issue de la combustion incomplète de produits pétroliers lourds, également appelée noir de carbone vierge (vCB). Il est couramment utilisé dans les produits d’usage quotidien de couleur noire tels que les pneus de voiture.

Son substitut, le noir de carbone récupéré (rCB), produit par pyrolyse thermique, présente deux avantages :

  • Tout d’abord, il fournit un moyen durable de recycler les pneus usagés dont le rCB est dérivé.
  • Deuxièmement, il décarbone la production de pneus, car la production de rCB génère cinq fois moins d’émissions de carbone que la production conventionnelle à base de combustibles fossiles (vCB).

Recycler 500 000 tonnes de pneus en fin de vie

La demande mondiale de noir de carbone en 2023 s’élève à environ 18 millions de tonnes par an et, selon Emerton, le potentiel de substitution du rCB devrait augmenter au cours des prochaines années.

Le marché européen du noir de carbone représente déjà près de 15 % de la demande mondiale, estimée à 18 millions de tonnes par an en 2023. Emerton estime dans son livre blanc que le rCB a le potentiel de remplacer 10% à 20 % des utilisations traditionnelles.

Limité par sa qualité inférieure au CB vierge, dans sa capacité à remplacer un pneu usagé par un pneu neuf, compte tenu de la consommation actuelle, le CB récupéré pourrait représenter 250 à 550 000 tonnes par an rien qu’en Europe, soit une valeur estimée à plusieurs centaines de millions d’euros.

Les efforts de Recherche & Développement en cours visent à améliorer les processus de production et la qualité du CB récupéré pour le rendre adapté à un plus large éventail d’applications.

Ilya Chunin

Un nouvel écosystème pour l’approvisionnement en pneus usagés

La chaîne d’approvisionnement initiale en noir de carbone impliquait trois acteurs :

  • les fournisseurs et les raffineurs de pétrole,
  • les producteurs de CB vierge
  • les utilisateurs finaux, principalement les fabricants de pneus.

L’introduction de CB récupéré modifie cette chaîne d’approvisionnement, en ajoutant trois acteurs principaux :

  • les producteurs et les entreprises de valorisation du noir de carbone récupéré (rCB!,
  • les fournisseurs de pneus en fin de vie
  • les autorités réglementaires.

Plusieurs fonds d’investissement ont contribué à l’émergence de ce nouveau marché du rCB


De déchet à élément de valeur : extraction novatrice du noir de carbone à partir de pneus usagés

Le noir de carbone, plus connu sous le nom de suie, est abondamment utilisé dans l’industrie manufacturière. Le projet CBreCYCLE développe une nouvelle méthode d’extraction et de purification du noir de carbone contenu dans les pneus recyclés, afin de réduire les émissions et d’économiser les ressources naturelles.

Si vous ne travaillez pas dans des secteurs manufacturiers spécifiques, vous n’avez peut-être jamais entendu parler du noir de carbone. Plus connu sous le nom de suie, son usage est omniprésent. Il améliore la durabilité et la résistance à l’usure des pneus. Il est également utilisé dans la production de plastiques, d’encres et de revêtements pour ses propriétés colorantes. L’importance du noir de carbone réside dans sa polyvalence et son rôle fondamental pour ces applications.

La principale méthode de production de noir de carbone consiste à brûler du pétrole brut, ce qui implique la consommation de ressources naturelles et génère des émissions de CO2 et d’autres gaz à effet de serre nocifs. Le projet CBreCYCLE a mis au point une technique qui permet de se passer de noir de carbone « vierge ».

Un procédé qui permet de récupérer le noir de carbone à partir de pneus recyclés est une alternative rentable pour la production de cette ressource vitale. Nous n’éliminerons pas le besoin de noir de carbone, mais nous pouvons rendre son extraction beaucoup plus respectueuse de l’environnement»

Martyna Sztaba, coordinatrice du projet CBreCYCLE, travaille chez Syntoil, en Pologne, qui a accueilli le projet

Quels obstacles au déploiement à grande échelle ?

Les principaux défis auxquels sont confrontés les producteurs de rCB consistent à garantir une qualité constante des produits, à remédier à l’état immature de la technologie de pyrolyse, à surmonter
la lente adoption de nouveaux produits par l’industrie et à parvenir à la normalisation de la filière.

L’introduction du comité ASTM11 D36 en 2017, avec son système de notation de la qualité rCB, marque une évolution positive vers la résolution de ces défis et la promotion de la coordination au sein de l’industrie.

Des capacités suffisantes pour répondre à la demande ?

Aujourd’hui, une douzaine d’acteurs du rCB produisent ensemble environ 20 kt par an de noir de carbone récupéré. Récemment, en mars 2023, la société suédoise Enviro, soutenue par Michelin, a annoncé son ambition d’atteindre une capacité de traitement supérieure à 35 OOO tonnes par an de RCb d’ici 2030.

Cependant, la capacité installée actuelle (~20 kt par an) et la capacité supplémentaire annoncée (~232 kt par an) sont insuffisantes pour répondre à la demande estimée de noir de carbone récupéré en Europe (250-550 kt par an).

L’état actuel du secteur pose de nombreuses questions à tous les acteurs concernés. L’objectif est d’assurer sa capacité à conclure des accords commerciaux et financiers à long terme, à augmenter les capacités de production et à réduire les risques règlementaires et technologiques pour les investisseurs.

  1. Comité national American Society for Testing and Materials ↩︎

Une journée pour Changer le système !

Alors que 700 millions de personnes dans le monde sont encore dans l’extrême pauvreté, la mesure d’impact envisage l’entreprise à travers son rôle social et environnemental, sa responsabilité économique et financière, mais aussi politique vis-à-vis de l’intérêt général. Elle invite à une vision systémique de l’impact. Dans l’accès à la santé, l’égalité des chances, la cohésion sociale, la lutte contre la précarité, la biodiversité ou la protection de l’environnement, l’entreprise a un rôle politique à jouer. Aux côtés des acteurs de l’ESS et des pouvoirs publics, elle peut inciter le changement de regard de toute la société sur l’impact, elle peut changer le système.

L’Impact Tank organisait le 18 avril 2024 au Conseil économique social et environnemental, la deuxième édition du Sommet de la Mesure d’Impact

Des spécialistes de renommée mondiale ont partagé leurs recherches et leurs expériences sur le terrain, ouvrant ainsi la voie à de nouvelles perspectives et collaborations. Ce sont 350 intervenant.e.s dont l’expertise a fait du #SMI2024 un espace pour explorer les méthodes innovantes de mesure et d’évaluation de l’impact social, environnemental et économique.

Replay du Live au CESE1 – 18/04/24

Le Sommet de la Mesure d’Impact, c’est toute une communauté déterminée à agir en faveur d’une transition juste. Ils ont relevé ce défi qui concrétise l’ambition d’Impact Tank de CHANGER LE SYSTÈME !🔥

➡️ Plus de 4 000 visiteurs
➡️ 50 000 personnes connectées
➡️ 300 intervenants
➡️ Plus d’une centaine de chercheurs

Ce Sommet témoigne aussi de l’engagement de tout un écosystème, comme celui de ses partenaires, essentiels pour faire de cet événement un succès et permettent de continuer à relever ensemble des défis pour un avenir plus inclusif, durable et équitable.


Mur des solutions d’Impact Tank

L’IMPACT TANK identifie, objective et diffuse les innovations sociales les plus prometteuses sur la base de leurs évaluations d’impact. D’horizons divers, de natures différentes, ces innovations sociales répondent toutes efficacement à un besoin social. Les mesures d’impact de chacune d’elles sont partagées en accès libre.


IMPACT TERRITORIAL DES ENTREPRISES :
L’IMPACT TANK REMET SES RECOMMANDATIONS AU GOUVERNEMENT POUR CHANGER LE SYSTÈME

A l’occasion du Sommet de la Mesure d’Impact 2024, l’Impact Tank a remis à Olivia Grégoire, ministre déléguée des entreprises, du tourisme et de la consommation, son rapport Mesurer l’impact social & l’ancrage territorial des entreprises. Un rapport sur l’impact des entreprises, de leurs politiques de responsabilité sociale et environnementale et de leurs actions de mécénat dans les territoires fragiles, urbains, péri-urbains et ruraux. Il formule des recommandations d’action publique en faveur de l’engagement local des entreprises.

Le groupe de travail a réuni des collectivités territoriales, des agences de développement économique, ainsi que de nombreuses entreprises et fondations (Fédération Nationale des Caisses d’Epargne, AXA France, EDF, La Poste, Fondation Accenture, Veolia, Biocoop, KPMG, Fondation Nature & Découvertes, Fnac Darty, Loxam, Accor, Sodexo…), aux côtés du chercheur Timothée Duverger, responsable de la Chaire Territoires de l’ESS à Sciences Po Bordeaux, et de la Directrice du Laboratoire ESSEC Evaluation et Mesure d’Impact Social et Environnemental, Elise Leclerc.  

Pour soutenir les innovations sociales mentionnées dans le rapport, Impact Tank, la Fondation La France s’engage et le ministère de la Transformation et de la Fonction Publiques ont sélectionné 10 structures qu’ils vont accompagner dans leur changement d’échelle. Ils les aideront en particulier à lever les freins administratifs qui entravent aujourd’hui leur développement.

Rapport « Mesurer l’impact social & l’ancrage territorial des entreprises « 

À l’échelle des territoires, l’entreprise est un acteur de référence de la transition juste. A son initiative ou sous la pression réglementaire, en lien étroit avec ses parties prenantes, elle est amenée à renforcer sa politique RSE, jusqu’à transformer les territoires et apporter une réponse à leurs enjeux écologiques et sociaux.

A l’issue de treize mois d’étude et d’auditions, le groupe de travail a construit un référentiel d’indicateurs communs de mesure d’impact social de l’action des entreprises, à la croisée des pratiques observées sur le terrain et des préconisations du monde de la recherche. Ces indicateurs permettent de documenter, piloter et rendre compte des actions menées par une organisation, mais aussi de fédérer les acteurs publics et privés autour d’un langage commun.

Le rapport formule une série de recommandations afin de faire évoluer le cadre institutionnel et politique et d’encourager l’impact social et écologique des entreprises dans les territoires :

  • Intégrer l’impact dans les stratégies économiques du territoire, en sensibilisant et en aidant les acteurs économiques à développer leur mesure d’impact.
  • Développer des stratégies de « résilience productive » grâce à la commande publique et privée, en privilégiant l’économie de proximité et circulaire.
  • Créer une stratégie « France coopération » pour instituer l’ingénierie du territoire, en renforçant les pôles territoriaux de coopération économique (PTCE), en territorialisant les contrats à impact social, en développant le modèle des joint-ventures sociales (JVS), en investissant le champ des monnaies locales pour relocaliser les activités économiques sur le territoire et favoriser la transition écologique.
  • Structurer l’ESS dans les territoires, en renforçant les CRESS (Chambres Régionales de l’ESS).
  • Soutenir les expérimentations locales à impact social, en pérennisant l’inclusion économique par les « territoires zéro chômeur de longue durée » et en encourageant l’expérimentation d’une sécurité sociale de l’alimentation durable territorialisée.

Le rapport recommande aussi de favoriser le développement de la finance à impact et de la finance solidaire, le recours au microcrédit, ou encore l’expérimentation de nouveaux modèles de gouvernance pour une transformation coopérative de l’entreprise

Engagement des entreprises dans les territoires

L’IMPACT TANK a produit un rapport de recommandations concrètes présentant les facteurs clés de succès, les résultats et les leviers de mise à l’échelle de solutions prometteuses.

10 PROJETS D’INNOVATIONS SOCIALES

Impact Tank s’est associé à La France s’engage et au ministère de la Transformation et de la Fonction Publiques, dans le cadre d’un programme commun baptisé « La Fonction Publique s’engage », pour sélectionner 10 structures issues des groupes de travail de l’Impact Tank et des programmes d’accompagnement de La France s’engage. L’objectif est de créer des passerelles entre la fonction publique et ces organisations, afin de les aider à changer d’échelle et déployer plus largement les solutions qu’elles proposent en réponse à des besoins sociaux.

Amazones. L’association a pour objectif d’implanter des espaces dédiés aux femmes confrontées au cancer en Outre-Mer. Ces espaces participatifs, non médicalisés, permettent aux femmes et leurs proches, de rompre l’isolement en leur offrant un lieu de rencontres et d’écoute, des activités autour du bien-être et de la santé, ainsi qu’un accompagnement à l’insertion en cas de précarité ou de rupture professionnelle.

Resonantes. En 2015, l’association nantaise développe la 1ère application gratuite destinée aux victimes de violences faites aux femmes, à leurs proches et aux témoins : App-Elles. Cet outil leur permet d’alerter leurs proches – en partageant leur position GPS et le micro de leur mobile en temps réel –, de contacter les secours, les gendarmeries, les associations et plateformes d’écoute spécialisées et de s’informer sur les dispositifs d’aides locales et nationales.

Granny Geek. L’entreprise sociale assiste, accompagne et acculture à distance des seniors dans leur vie numérique au quotidien. Le projet se base sur une idée “contre-intuitive” de passer par le distanciel pour accompagner des seniors éloignés du numérique (hotline dédiée, cours particuliers en visioconférence…). En 2022, 15 000 personnes ont participé aux visioconférences Granny Geek et 1 000 personnes ont été dépannées et accompagnées.

Each One. L’Entreprise Solidaire d’Utilité Sociale (ESUS) accompagne des réfugiés et nouveaux arrivants en créant des passerelles entre leurs compétences et les besoins des entreprises. Elle propose un accompagnement clé en main qui combine formation métier, accompagnement socio-administratif et sensibilisation à l’inclusion.

ETRE. L’École de la Transition Écologique sensibilise et accompagne aux nouveaux métiers de la transition écologique. Elle s’adresse aux jeunes de 16 à 26 ans en difficulté pour les former à partir de méthodes pédagogiques adaptées et favoriser une insertion durable dans ce secteur d’avenir. Le réseau compte aujourd’hui 20 écoles en France hexagonale.

Le Choix de l’Ecole. L’association, partenaire conventionné de l’Education nationale, agit pour améliorer l’attractivité du métier d’enseignant, dans un contexte difficile de recrutement. Pour cela, elle accompagne des jeunes diplômés et jeunes actifs dans leurs projets de reconversion comme enseignants en éducation prioritaire.

Un Toit vers l’emploi. L’entreprise produit des maisons en bois à bas coûts (tiny houses) et les propose à la location dans le cadre d’un parcours de réinsertion sociale et professionnelle à destination de personnes sans domicile fixe. Six maisons ont été implantées dans la ville de Rouen en 2020, avec un objectif de 40 maisons fabriquées par an d’ici 2025.

Caracol. L’association développe l’habitat solidaire et coopératif par la mise en place de colocations mixtes et interculturelles. Elle gère des biens immobiliers vacants en les mettant à disposition temporaire de publics en situation de fragilité et de personnes réfugiées qu’elle accompagne vers un logement durable.

Signes de sens. L’association a pour ambition d’agir pour une société plus inclusive en rendant l’information, la culture et l’apprentissage accessibles à tous, et en particulier aux personnes en situation de handicap sensoriel, psychique, cognitif ou mental.

Visitatio / Voisins et Soins. L’association a mis au point un modèle innovant pour accompagner les personnes en fin de vie à domicile. Avec l’aide de soignants spécialisés, les bénévoles accompagnent les malades, soutiennent les proches, épaulent les médecins traitants et les infirmières de villes. A date, 152 bénévoles ont été formés, pour 550 personnes accompagnées et 1 039 aidants soulagés.

UN PARTENARIAT POUR LEVER LES FREINS

Dans le cadre de leur programme commun « La Fonction Publique s’engage », l’Impact Tank, La France s’engage et le ministère de la Transformation et de la Fonction Publiques vont mettre en relation ces 10 porteurs de projets avec des hauts fonctionnaires référents. Ces derniers s’engagent à accompagner les initiatives pour lever les freins qui les entravent, au regard du contexte réglementaire et législatif, des politiques gouvernementales et du fonctionnement des administrations publiques.

Par exemple, l’entreprise Un Toit vers l’Emploi se heurte aujourd’hui aux contraintes réglementaires en matière d’urbanisme, très peu de PLU autorisant les tiny houses. Le partenariat avec La France s’engage et le ministère aura pour objectif de déterminer comment intégrer ces habitations dans les PLU et faire reconnaître officiellement ce type de construction comme un logement social agréé.

« La mesure d’impact peut contribuer à transformer nos territoires et à accélérer leur transition environnementale, économique et sociale »

« Notre rapport contribue à changer le système en proposant des recommandations d’actions publiques à l’échelle nationale. Notre programme APIS participe à la même ambition en passant par les acteurs de terrain, ceux qui innovent, pour les connecter avec l’administration et les aider à changer d’échelle ».

Agnès Audier et Tony Bernard, respectivement Présidente et Directeur Général de l’Impact Tank.

A propos de La France s’engage

La Fondation La France s’engage accélère les innovations sociales et environnementales sur tous les territoires. Par un concours national, elle sélectionne les projets à fort impact social les plus novateurs qui couvrent des besoins d’intérêt général dans les domaines les plus essentiels : éducation, santé, emploi, transition écologique, égalité femmes-hommes, inclusion, numérique, culture. Elle amplifie leur croissance à travers :  un label, une dotation financière conséquente, un accompagnement sur 3 ans permettant de démultiplier leur impact social et de favoriser leur développement territorial. 

« Servir l’intérêt général et l’utilité sociale est le moteur des porteurs de projets sélectionnés, comme il est celui des femmes et des hommes qui s’engagent au service de l’État.

« La Fonction Publique s’engage », nous pour créer plus de synergies avec l’économie sociale et solidaire pour produire les grandes réformes sociales du futur.

Demain, l’innovation sociale inspirera les politiques publiques pour une société plus juste. »

Damien Baldin, Directeur général de La France s’engage

Autre publication d’Impact Tank

L’impact sociétal et les entreprises

L’IMPACT TANK a produit un rapport de recommandations concrètes présentant les facteurs clés de succès, les résultats et les leviers de mise à l’échelle de solutions prometteuses.

Plus de publications des groupes de travail d’Impact Tank

  1. Conseil Économique, Social et Environnemental (CESE) ↩︎

Est-il vraiment plus intéressant d’utiliser la biodiversité que de la préserver ?

il est économiquement plus intéressant d’utiliser la biodiversité que de la préserver

Une croyance fondée sur des analyses locales de court terme selon Helene Soubelet de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité et Denis Couvet, Professeur en écologie et gestion de la biodiversité au Muséum national d’histoire naturelle (MNHN).

Entre services rendus par la nature et préservation de la biodiversité, des injonctions contradictoires

La nature contribue de façon matérielle et immatérielle à nos existences. Martin Dalsgaard / Unsplash, CC BY-SA

Helene Soubelet, Fondation pour la recherche sur la biodiversité et Denis Couvet, Muséum national d’histoire naturelle (MNHN)

Dans un contexte européen et national où les enjeux agricoles semblent mener à opposer préservation de la biodiversité – par exemple des insectes et oiseaux communs – et défis économiques, la prise en compte de nos dépendances à la biodiversité apparaît de plus en plus cruciale.

On constate ainsi qu’intégrer les logiques économiques dans les politiques de transition écologique et agricole conduit à des injonctions contradictoires : soit protéger la biodiversité afin d’améliorer la fertilité des sols ou l’épuration des eaux, soit utiliser des intrants chimiques pour augmenter ou conserver des rendements.

Pour comprendre ce phénomène, nous proposons d’explorer la notion de « contribution de la nature aux humains » : elle distingue trois types de relations humaines à la biodiversité, distinctes par leurs écologies et leurs enjeux socio-économiques.

Contributions matérielles, immatérielles et régulatrices

Débutons par les contributions matérielles, qui se présentent sans surprise sous forme de biens et de services. Les bénéfices sont échangés sur des marchés divers, avec une régulation politique. Les modes d’appropriation par les humains (entreprise, filière, État…) déterminent qui a accès à la biodiversité et est en mesure de la préserver, par exemple en plantant et entretenant des haies sur des surfaces agricoles.

Les contributions immatérielles, ensuite, sont fournies par la qualité d’un paysage, la présence d’une espèce emblématique, et sont d’ordre mental, spirituel, éducatif. Elles procurent des bénéfices à la fois matériels (création d’emploi par le tourisme de nature) et immatériels (maintien d’identité). Les espaces naturels, réserves, parcs nationaux profitent à la fois aux habitants, touristes et visiteurs, et à la biodiversité, à l’ensemble des êtres vivants.


A lire aussi : Revoir notre vision de la nature pour réconcilier biodiversité et agriculture

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Le troisième type concerne les contributions régulatrices : associées aux fonctions écologiques des écosystèmes, elles sont représentées par la qualité de l’air et de l’eau, la régulation du climat ou des pathogènes et n’ont souvent pas de bénéfices directs et immédiats.

Contrairement aux catégories précédentes, elles ne sont le plus souvent pas reconnues socialement, bien qu’elles bénéficient également à l’ensemble des humains et autres vivants sur un territoire donné. Citons l’exemple de la pollinisation, dont personne n’est tenu responsable, la qualité des eaux ou encore l’état de santé des communautés d’oiseaux et d’insectes.

Les abeilles sauvages et domestiques pollinisent un tiers des plantes que nous consommons. Simon Klein, CC BY-NC-ND

Arbitrages et injonctions contradictoires

L’arbitrage le plus répandu entre contributions matérielles, immatérielles et régulatrices se fait généralement en faveur des premières. Ainsi, on privilégie la production de bois aux dépens de la biodiversité forestière, on draine des zones humides pour augmenter les surfaces agricoles. Ce choix découle de la croyance selon laquelle il est économiquement plus intéressant d’utiliser la biodiversité que de la préserver, croyance fondée sur des analyses locales de court terme.

Des évaluations plus longues et portant sur de plus larges échelles, soulignent pourtant la pertinence économique à protéger la nature associée aux contributions régulatrices et immatérielles, qui profitent à l’ensemble des parties prenantes humaines et non humaines.

Des chevaux paissent dans une zone humide
Réserve de Wicken Fen, au Royaume-Uni, précieuse zone humide. Gailhampshire/Flickr, CC BY-NC-ND

En d’autres termes, il existe des coûts sociaux importants aux usages matériels de la nature, qui se font aux dépens de ces deux autres types de contributions. C’est le cas de la déforestation, qui a comme effet d’accélérer le changement climatique. Cela mène à des injonctions contradictoires entre préserver et utiliser la nature.

Un problème de justice environnementale

Ces différentes injonctions sont d’autant plus antagonistes que leurs coûts sont inégalement répartis, avec souvent un impact plus fort sur les populations défavorisées.

Ces populations « subventionnent » alors de façon indirecte les contributions matérielles en subissant davantage les externalités, qui se traduisent socialement par des risques accrus d’expositions aux toxiques et aux aléas (comme les feux, les inondations…). La gestion de ces risques se traduit par des solutions ou des conséquences coûteuses (assurances, maladies), qui posent des problèmes aigus de justice.

Dans un tel contexte, il est pertinent de distinguer trois composantes de la justice environnementale :

  • la justice de reconnaissance (comprendre et reconnaître la diversité des points de vue, ceux des naturalistes, des agriculteurs, des collectivités territoriales),
  • la justice procédurale (permettre une participation inclusive et équitable aux processus de décision, aussi bien des entrepreneurs que des jeunes générations ou des femmes)
  • et la justice distributive (répartir équitablement les bénéfices issus de la biodiversité et des contributions de la nature).

Injustice distributive

Alors que des avancées ont été obtenues en matière de justice procédurale et de justice de reconnaissance, la justice distributive semble moins bien traitée, exigeant des gouvernances plus équitables dans la répartition des ressources et des risques.

Ces derniers, liés notamment à l’ignorance de l’importance des contributions régulatrices et immatérielles de la nature, perpétuent et exacerbent un cercle vicieux qui conduit à des pièges socioécologiques, spécialement pour les groupes les plus vulnérables. Ainsi, les ménages les plus pauvres dans les pays du sud utilisent le bois pour la cuisson de la nourriture, tout en accélérant la déforestation et donc en nuisant au renouvellement des écosystèmes forestiers dont ils dépendent.

Une survivante prie sur les décombres de sa maison détruite à Derna, après les inondations en Libye, le 18 septembre 2023. Karim Sahib/AFP

Les expressions de « gaspillage économique » ou de « défaillances des marchés » sont parfois associées à ces externalités. À l’échelle internationale, cela concerne les pays pauvres exportant des produits primaires (riz, café, fibres, huile de palme, minéraux) et conduit à un transfert en faveur des pays importateurs, en particulier les pays riches, qui sont exemptés de leurs coûts lorsque le prix final des produits n’inclut pas une compensation des externalités négatives subies dans les pays producteurs.

Le problème associé à ces « subventions cachées » est que le prix trop bas des produits finaux stimule des consommations superflues voire néfastes au regard des capacités de la planète. Ces processus délétères, qui affectent en priorité les plus vulnérables, sont souvent encouragés par des dépenses de recherche et développement orientées préférentiellement vers de nouveaux produits et technologies riches en externalités négatives – tels que des plastiques peu recyclables ou les OGM lorsqu’ils favorisent l’homogénéisation des paysages.


Pour la survie des oiseaux, la qualité du lieu de reproduction est plus importante que le lieu d’hivernage selon une étude1

Une étude des données de baguage d’oiseaux en période de reproduction publiée dans la revue scientifique Ecology, montre que les variations de survie adulte annuelle de 16 espèces de passereaux communs sont synchrones à 76%. Elle révèle ainsi que ces variations dépendent principalement de la qualité du site de reproduction, et non du lieu d’hivernage, différents pour ces espèces migratrices ou non. Une étude réalisée par des équipes du Muséum national d’Histoire naturelle (Unités Mixtes de Recherche CESCO et MECADEV) et du CNRS (Unités Mixtes de Recherche CEFE et CEBC).

En période de reproduction, les communautés d’oiseaux de latitudes tempérées sont composées de deux groupes d’espèces : les espèces qui passent tout leur cycle annuel dans leur région de reproduction ou à proximité (quelques centaines de kilomètres), et les espèces migratrices à longue distance qui passent 4-5 mois en France et le reste en voyage vers et sur leurs aires d’hivernage africaines. Ces migrations saisonnières sont réputées risquées, exposant les oiseaux à de multiples nouveautés (prédateurs, ressources, compétition) et contraintes physiologiques (effort physique, déficit de sommeil, phénologie). Malgré cela, l’étude révèle que les variations entre années de survie des adultes des 16 espèces de passereaux les plus communs en France sont très fortement synchronisées : elles sont communes à 76% entre les espèces, comprenant 9 résidentes ou migratrices à courte distance et 7 migratrices à longue distance. Autrement dit, les années de forte – ou faible – mortalité sont majoritairement les mêmes sur l’ensemble des espèces, quelles que soient leurs stratégies migratoires. En somme, ce n’est pas la dangerosité du trajet qui compte mais la qualité du lieu de reproduction. Ce résultat, complété par quelques autres références récentes discutées dans l’article, soutient que les qualités des conditions environnementales dans lesquelles les oiseaux se reproduisent ont une incidence déterminante sur leur probabilité de survivre jusqu’à la saison de reproduction suivante, même pour les espèces ne passant que le tiers de l’année dans leur aire de reproduction. Cela renforce l’idée qu’il est prioritaire de maintenir des écosystèmes diversifiés et fonctionnels sous nos latitudes, pour préserver la biodiversité commune aviaire, y compris celle que nous partageons à l’échelle inter-continentale.

Pour chaque espèce, répartition spatio-temporelle des 242 sites du territoire métropolitain utilisés dans cette étude. La couleur correspond au nombre d’années pour lesquelles nous avons estimé la survie dans nos modèles. La durée réelle de la surveillance sur le site est toujours d’au moins un an supplémentaire. La taille en points indique le nombre total de captures utilisées dans les analyses, excluant les individus de passage, pour un site donné.

Référence : Ghislain Manon, Timothée Bonnet, Ugoline Godeau, Olivier Dehorter, Olivier Gimenez and Pierre-Yves Henry. 2024. “Synchrony in Adult Survival is Remarkably Strong among Common Temperate Songbirds across France.” Ecology.

DOI : https://doi.org/10.1002/ecy.4305


Le rôle des arbitrages publics

Ces réflexions mettent en lumière l’importance de la notion de justice distributive, dans les décisions publiques et privées portant sur la biodiversité et les activités humaines qui l’affectent. L’État et les Nations unies ont un rôle majeur à jouer, leurs responsabilités étant de défendre l’intérêt général et d’éviter des injonctions contradictoires entre efficacité économique, préservation d’environnement et justice sociale.

Une de nos recherches récentes souligne la nécessité d’avoir des institutions de qualité pour contourner ces contradictions.

Il apparaît donc urgent, en amont de chaque décision publique incluant le soutien aux activités économiques, d’aborder et répondre aux questions suivantes :

  • Quelle est l’ampleur des pertes supportées par les écosystèmes ou les groupes sociaux les plus défavorisés en cas d’extension des contributions matérielles ? Quelles sont les modalités d’appropriation de ces contributions matérielles, qui en bénéficie ?
  • Comment les différentes catégories de contributions de la nature peuvent-elles être protégées par la puissance publique ?
  • Quels arbitrages entre ces diverses contributions encourageraient la justice environnementale, la préservation des écosystèmes et la réponse aux demandes humaines, d’une manière compréhensible pour l’ensemble des parties prenantes ?

Helene Soubelet, Fondation pour la recherche sur la biodiversité et Denis Couvet, Professeur en écologie et gestion de la biodiversité, Muséum national d’histoire naturelle (MNHN)

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

  1. Une étude du Muséum national d’Histoire naturelle (Unités Mixtes de Recherche CESCO et MECADEV) et du CNRS (Unités Mixtes de Recherche CEFE et CEBC). ↩︎

La réappropriation citoyenne de l’énergie est essentielle à la transition énergétique  

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La réappropriation citoyenne de l’énergie est indispensable pour répondre à la crise climatique et assurer la transition énergétique des territoires. L’implication citoyenne dans la production d’énergie favorise un système énergétique plus juste, démocratique et respectueux de l’environnement, un enjeu crucial dans un contexte de crise énergétique mondiale. La Fondation Terre Solidaire, persuadée que l’énergie est un enjeu majeur de la transition écologique et solidaire, considère qu’une implication de chacun et une mobilisation sans relâche sont plus que jamais nécessaires.

L’énergie n’est pas un bien comme les autres : elle est essentielle à la vie et au bon fonctionnement de nos sociétés au même titre que l’alimentation ou l’eau.

Fondation Terre Solidaire

L’alimentation est souvent la porte d’entrée lorsqu’on commence à s’intéresser aux enjeux de transition écologique et solidaire. Nous avons envie de savoir comment est produit ce que nous mangeons, comment cela arrive jusqu’à notre assiette. Pourquoi ne pas se poser ces mêmes questions quand il s’agit de l’énergie ?

La transition énergétique dans les territoires avec Centrales Villageoises

Concevoir la transition énergétique dans les territoires avec Centrales Villageoises

Contexte / Problème à résoudre

L’appropriation citoyenne et locale des projets est un facteur essentiel pour la réussite de la transition énergétique. Qu’ils soient à l’initiative des citoyens ou co-construits en coopération avec les acteurs publics et privés locaux, l’ancrage territorial favorise l’acceptation locale des projets, la mobilisation de l’épargne au profit de l’économie locale et la sensibilisation aux enjeux de la transition énergétique.

Alors que les projets citoyens représentent une tendance forte dans les pays voisins comme l’Allemagne ou le Danemark, les initiatives ont encore du mal à émerger en France, en raison d’un contexte réglementaire et financier moins favorable. En outre, les montages juridiques, techniques et financiers de ces projets sont complexes. Il est important pour les nouveaux porteurs de projets de pouvoir bénéficier d’accompagnement et retours d’expériences.

Solutions proposées

Les outils mis en place dans le réseau des Centrales Villageoises permettent à tout collectif émergent de bénéficier d’un modèle « pas à pas » pour parvenir à développer un premier projet photovoltaïque sur toiture. Cependant, cette source d’information doit continuellement être mise à jour et enrichie pour accompagner les évolutions réglementaires et techniques.

La réappropriation citoyenne de l’énergie

La réappropriation citoyenne de l’énergie

En France, comme dans de nombreux pays, la question de l’énergie est peu présente dans les débats du quotidien. Beaucoup moins présente que la question de l’alimentaire par exemple, cependant ces interrogations énergétiques ne sont pas moins importantes. Le système énergétique français a bien évidemment sa part de responsabilité dans cette absence de questionnement. Pour une majorité de la population, le sujet de l’énergie est dans les mains de l’État. Cependant, les français s’intéressent et s’impliquent de plus en plus dans l’énergie, notamment via des projets citoyens.

L’idée d’une gestion citoyenne et collective de l’énergie ne date pas d’aujourd’hui. Dans de nombreuses sociétés traditionnelles, les communautés se partageaient déjà les ressources et leur gestion. Au XXe siècle, l’émergence de coopératives énergétiques permettent aux citoyens de s’associer pour développer et gérer des installations d’énergies propres et abordables, tout en renforçant la participation démocratique et la responsabilité sociale de chacun. En 1978, la première éolienne citoyenne du monde est mise en service au Danemark.

La prise de conscience des enjeux environnementaux a propulsé ces initiatives. Les citoyens jouent un rôle de plus en plus important dans des projets d’énergie solaire, éolien ou encore hydroélectrique, souvent en partenariat avec les acteurs locaux. L’envie du citoyen de réduire sa dépendance aux grands fournisseurs d’électricité a également accru ce changement des mentalités.


Pour une transition énergétique juste et durable en Europe

Mais qu’est-ce qu’un projet d’énergie citoyen ?

On dit qu’un projet d’énergie est « citoyen » quand celui-ci ouvre majoritairement son capital au financement collectif et sa gestion aux acteurs locaux. Les principales caractéristiques de ce type de projets sont la gouvernance partagée, l’intérêt du territoire, l’investissement public et citoyen, ainsi que la dynamique locale. Les retombées économiques locales renforcent l’activité et l’emploi dans les territoires concernés par les projets d’énergie citoyens. Cette coopération produit éaussi des externalités positives pour les agriculteurs, les acteurs de la mobilité urbaine, ou encore pour la compréhension des enjeux énergétique.

Aujourd’hui, les initiatives énergétiques citoyennes ont encore du mal à se développer en France, par rapport à celles du voisin allemand par exemple. La situation réglementaire et financière est en grande partie la raison de ce retard. Les démarches juridiques et techniques complexes freinent souvent les nouveaux porteurs de projets.

Sport & Climat : l’énergie humaine du citoyen

« Sport et écologie :
je t’aime moi non plus ? »

Peur du loup en France : comment démêler le vrai du fantasme ?

Loup, y es-tu ? Ce carnivore regagne peu à peu du terrain dans les campagnes françaises, où sa présence divise. Ses adversaires brandissent la peur ancestrale du « grand méchant loup », une figure récurrente des contes pour enfants. Mais domine-t-elle encore aujourd’hui ? Ugo Arbieu (Université Paris-Saclay) a mené une enquête sociale de terrain sur les émotions associées au loup en France. Et ses résultats remettent en question les idées reçues : la surprise et l’intérêt l’emportent le plus souvent sur les émotions négatives comme la peur. L’occasion de d’interroger sur les spécificités de la protection du loup ailleurs en Europe. L’exemple espagnol, où le loup bénéficie d’une protection stricte, montre comment le contexte politique peut influencer la façon dont est conçue la protection de la nature, explique Hanna Petterson (Université d’York).

Chris Ensminger

Comprendre la diversité des émotions suscitées par le loup en France

Ugo Arbieu, Université Paris-Saclay

À la simple évocation de son nom dans une conversation, les regards changent et trahissent des émotions contrastées. Le loup est un animal qui ne laisse personne insensible dans les campagnes françaises. Réaliser des enquêtes sociales sur son compte, comme nous l’avons fait dans une étude récemment publiée dans la revue People and Nature, relève souvent d’une gageure.

En témoignent les réactions contrastées auxquelles j’ai fait face pendant cette enquête de terrain. Alors qu’elle s’apprête à répondre favorablement à ma demande d’entretien depuis son jardin dans lequel elle s’affaire, cette septuagénaire de Tartas tourne immédiatement les talons pour se réfugier chez elle en claquant la porte :

« Ah non, c’est le Mal cette bête-là, ne comptez pas sur moi ! »

Philipp Pilz

Quelques semaines plus tard, à Villegly, le visage d’une jeune femme s’illumine au contraire dans l’entrebâillement de la porte :

« Le loup ? Ça c’est un signe, regardez, c’est mon animal fétiche, je l’a-do-re ! » s’exclame-t-elle en relevant sa manche pour me montrer un tatouage de l’animal recouvrant tout son bras.

Marek Szturc

Enfin, ce n’est ni d’enthousiasme ni de peur qu’il s’agit chez ce jeune agriculteur des environs de Puy-Guillaume, mais plutôt d’une certaine forme de colère et d’impuissance face aux problèmes que peut poser ce prédateur aux éleveurs :

« Vous comprenez, on voit ce qui se passe dans les Alpes et on n’a pas envie de ça du tout chez nous. C’est un bel animal, certes, mais c’est tout. »

Les loups gagnent du terrain

C’est pour mieux comprendre cette diversité d’émotions et d’attitudes envers le loup (Canis lupus), que j’ai mené une enquête dans le milieu rural français au printemps 2019. En effet, depuis 1992, les loups ont recolonisé une partie du territoire depuis l’Italie.

À la faveur d’une législation européenne favorable, on dénombrait 92 zones de présence permanentes (ZPP) au moment de l’étude en 2019, c’est-à-dire ces territoires où trois indices de présence ont été relevés pendant deux hivers consécutifs. Ce nombre a augmenté depuis, avec 145 ZPP pour 128 meutes à l’été 2021).


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Cette présence lupine n’est pas sans défis pour plusieurs secteurs d’activités, comme l’agriculture et en particulier le pastoralisme (en raison d’attaques sur le cheptel), la chasse (à cause de la compétition perçue pour le gibier), voire le tourisme (présence de chiens de protection des troupeaux perturbant les randonneurs).

Cette recolonisation naturelle du territoire représente aussi un phénomène positif pour certains qui y voient une reconquête du monde sauvage, une valeur ajoutée dans les écosystèmes, associée à des expériences positives potentielles.

Des débats émotionnels, mais peu de recherches sur les émotions associées au loup

La coexistence entre les humains et les loups est une question éminemment politique donnant souvent lieu à des débats passionnés, émotionnellement très chargés et pourtant, peu de recherches ont été menées sur les émotions associées au loup, exception faite des travaux pionniers du professeur Maarten Jacobs dans le contexte européen.

Avec une équipe d’une dizaine de personnes, nous avons donc interrogé les habitants de communes sélectionnées au hasard en milieu rural et semi-rural, qui sont plus directement concernés par la cohabitation avec les loups que les habitants des grandes métropoles, dont on sait déjà qu’ils ont des attitudes plus favorables envers le loup.

Carte de France représentant la distribution des villes et villages ruraux sélectionnés au hasard pour l’étude. Cliquez sur chaque ville pour voir le nombre de participants à l’étude et la distance à la zone de présence permanente de loups la plus proche de celle-ci.

L’enjeu de cette étude était de s’intéresser aux émotions (ou états émotionnels) exprimées en réaction à différentes situations impliquant les loups. L’enjeu était d’aller plus loin que les travaux précédents qui portaient sur des émotions décontextualisées associées à l’animal (ou dispositions émotionnelles).

La surprise et la curiosité avant la peur

En d’autres termes, plutôt que de demander aux participants « quelles émotions vous évoquent les loups, d’une manière générale ? », nous voulions savoir « quelles sont les émotions que vous évoquent ces loups, dans ce contexte précis ? » Les participants pouvaient exprimer une ou plusieurs émotions parmi sept émotions dites basiques : l’intérêt, la peur, la joie, la colère, la surprise, la tristesse, le dégoût, à diverses intensités.

Pour ce faire, nous avons extrait six vidéos de la plate-forme YouTube décrivant des interactions possibles entre des humains et des loups. Il s’agissait de séquences filmées par des amateurs afin de rendre la sensation d’immersion dans ces différentes situations la plus crédible possible.

Vidéo de 10 secondes présentant un contexte d’interaction avec une meute de loups traversant un champ.

Nos analyses montrent que la surprise est l’émotion la plus souvent exprimée par les participants à l’enquête, suivie de l’intérêt et de la peur. Ce résultat montre d’abord que les gens ne s’attendent pas à rencontrer des loups dans les paysages ruraux français, quand bien même ceux-ci sont dans une dynamique de recolonisation en France depuis plus de trente ans.

Cet effet de surprise explique partiellement pourquoi les observations de loups sont souvent relayées dans la presse, certaines populations locales n’ayant jamais été confrontés à cette présence. Il est pourtant admis que les loups sont capables de parcourir des distances de l’ordre de plusieurs centaines de kilomètres en phase de dispersion (lorsque les jeunes loups quittent leur meute pour s’installer dans un nouveau territoire).

Des émotions intenses, mais peu d’hostilité

Qu’en est-il des émotions négatives ? Elles sont bien présentes dans les réponses des participants à l’enquête, mais la peur et la colère ne sont pas les états émotionnels les plus souvent exprimés.

L’émotion de la colère, souvent mentionnée dans les débats publics portant sur la conservation des loups en France, ne semble pas associée au loup lui-même, mais plutôt à certains contextes d’interaction précis impliquant le milieu agricole (meute aperçue traversant un champ, individu isolé aperçu rôdant autour de bovins).

La colère, qui est une émotion qui trouve sa racine dans des sentiments d’injustice, reflète donc les conflits humains liés à la gestion des loups, plutôt qu’une aversion particulièrement forte envers l’animal.

es émotions liées aux loups dépendent beaucoup des contextes de rencontre, et en particulier des conflits humains liés à sa gestion. Alex Gomille, Author provided (no reuse)

Dans l’ensemble, la grande diversité des émotions exprimées, avec des intensités variables selon les contextes d’interaction, ne dépeint pas une atmosphère particulièrement hostile envers le loup dans les paysages ruraux français. Certains contextes d’interaction décrivant une certaine proximité avec les humains (loups observés sur un chemin de randonnée ou sur une route) suscitent des émotions intenses et, pour deux de ces contextes, relativement positives.

Les émotions, moteur de la construction des attitudes envers les loups

L’étude démontre par ailleurs un lien très étroit entre les émotions exprimées par les participants et les attitudes qu’ils ont envers les loups. Contrairement aux émotions, qui sont des réactions aux vidéos, les attitudes font intervenir une évaluation positive ou négative des loups et de leur recolonisation du territoire. Les attitudes impliquent des processus cognitifs plus réfléchis.

Dans notre étude, la colère et la joie étaient les émotions qui exerçaient la plus forte influence sur la formation des attitudes. En revanche, la peur, bien que représentée dans la plupart des études sur les émotions envers les grands carnivores, avait une influence deux fois moins importante que la joie d’observer des loups dans la nature.

Nos recherches confirment donc que les émotions sont des moteurs puissants pour comprendre la construction des attitudes favorables ou défavorables aux loups. Elles jouent ainsi un rôle crucial dans les processus de décisions qui régissent la conservation des grands carnivores.

La fin du grand méchant loup ?

Une meilleure compréhension de ces émotions permettrait de dépassionner certains débats, et notamment d’atténuer les peurs irrationnelles vis-à-vis de ces animaux, les attaques sur les humains étant quasi inexistantes en Europe.

Cette compréhension permettrait aussi de ne pas négliger les émotions positives telles que la joie et la curiosité envers ces animaux. Ainsi, on ne verrait plus seulement les coûts, mais aussi les bénéfices potentiels associés à la présence de ces animaux dans notre environnement, ce qui constituerait un véritable changement de paradigme.

Ces résultats soulignent aussi le décalage important entre les émotions exprimées par le grand public, très diverses selon les différents contextes d’interaction avec les loups, et les représentations généralement négatives des grands carnivores dans la presse. Il convient de mieux étudier ce décalage pour dépeindre la conservation des grands carnivores de manière plus précise et plus juste.

Groupe de louveteaux. Alex Gomille, Author provided (no reuse)

En effet, les médias ont un rôle crucial dans la construction des récits autour de la coexistence entre les humains et la faune sauvage, et d’autant plus dans la formation des attitudes vis-à-vis du loup. Le paysage médiatique français n’y fait pas exception.

Enfin, il est primordial que la recherche sur les dimensions humaines de la conservation des grands carnivores soit encouragée. Dans le cadre du Plan National d’Action 2024-2029 « loup et activités d’élevage », et dans la continuité de la majorité des études scientifiques publiées à ce jour en France et des récents Appels à Projets du ministère de la Transition écologique, l’accent a surtout été mis sur les aspects écologiques de la recolonisation du loup (prévision des zones de recolonisation, des attaques, effets des tirs de prélèvement sur les dynamiques de population, etc.).

Bien que nécessaires à bien des égards, ces études ne traitent qu’une partie des défis posés par la recolonisation des loups, qui ont aussi des enjeux affectifs, cognitifs, comportementaux, sociaux et économiques, liés aux divers acteurs impliqués dans la coexistence avec ces animaux.

Ugo Arbieu, Chercheur postdoctoral, Université Paris-Saclay


Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.


La protection du loup en Europe, une question éminemment politique ? L’exemple de l’Espagne

Les loups font leur retour dans toute l’Europe, mais cela ne fait pas l’unanimité. Ramon Carretero/Shutterstock

Hanna Pettersson, University of York

Après des siècles de persécution, les loups font leur retour dans de nombreuses régions d’Europe. Rien qu’au cours de la dernière décennie, ils ont élargi leur aire de répartition de plus de 25 % sur le continent.

Cette résurgence a été mise en évidence en septembre 2023 à la suite d’une déclaration controversée d’Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne. Elle a déclaré : « La concentration de meutes de loups dans certaines régions d’Europe est devenue un véritable danger pour le bétail et potentiellement aussi pour les humains. J’invite les autorités locales et nationales à prendre les mesures qui s’imposent ».

Mais quelles sont les bonnes mesures à prendre ? Les récentes décisions des États membres de l’UE ne reflètent pas de réel consensus sur la question.

Le Sénat suisse, par exemple, a voté en faveur d’un assouplissement des restrictions concernant l’abattage de ses quelque 200 loups afin de protéger le bétail qui se déplace librement dans les Alpes. L’Espagne, qui abrite plus de 2 000 loups et se targue de ses systèmes de pâturage extensifs, a adopté une position opposée.

En 2021, le gouvernement espagnol a déclaré les loups strictement protégés. Son objectif est d’augmenter la population de loups de 18 % et d’encourager les agriculteurs à mettre en œuvre des mesures de protection du bétail, telles que l’installation de clôtures ou l’élevage de chiens de garde.

L’examen des motivations de l’Espagne en matière de protection peut permettre de mieux comprendre ce qui pousse les pays à adopter des approches aussi différentes en matière de coexistence.

Ursula von der Leyen, à l’occasion d’une conférence de presse.
Présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Alexandros Michailidis/Shutterstock

Qu’entend-on par « coexistence » ?

Dans le cadre d’une nouvelle recherche que j’ai menée avec plusieurs collègues, nous avons étudié la manière dont les Espagnols interprètent et vivent la coexistence avec les loups.

Nos résultats ont révélé trois points de vue distincts et, dans une certaine mesure, contradictoires sur ce que signifie la coexistence et sur la manière dont elle devrait être réalisée :

  • Les « traditionalistes » sont profondément attachés aux paysages, aux moyens de subsistance et à la biodiversité qui ont évolué ensemble pendant des millénaires de pastoralisme en liberté. Ils considèrent que les hommes font partie de la nature et interprètent la coexistence comme un état dans lequel le loup est contrôlé pour ne pas perturber les activités pastorales.
  • Les « protectionnistes » voudraient restaurer la nature « sauvage » (avec un minimum d’influence humaine) et pensent que le loup catalyserait ce processus. Ils voient la coexistence comme un état où les activités humaines sont contrôlées afin que les loups puissent se déplacer librement.
  • Les « pragmatiques » sont moins attachés à un certain type de nature qu’aux relations et au contexte de chaque lieu. Ils considèrent la coexistence comme un état où les besoins des différents groupes (y compris les loups) sont équilibrés.

L’assouplissement ou le renforcement de la protection des loups en est venu à représenter ces différentes visions de l’avenir. Chacune offre des avantages à certaines personnes et à certaines espèces sauvages et présente des défis pour d’autres. En conséquence, le sujet est devenu profondément politique.

Les politiques de la conservation du loup

En Espagne, la proposition de protéger les loups a été avancée par des protectionnistes, et alignée sur l’agenda du gouvernement de gauche en place. Podemos, l’un des partis de la coalition de gauche, a soumis une proposition pour une protection stricte des loups en 2016 (alors que le parti était encore dans l’opposition), en collaboration avec des groupes de défense des loups.

En revanche, les partis politiques espagnols de droite y étaient fermement opposés. Ces partis ont tendance à cibler les électeurs ruraux, pour qui le retour des carnivores symbolise la disparition des cultures pastorales.

La proposition a finalement été approuvée par le gouvernement sur la base de la « valeur scientifique, écologique et culturelle » des loups, des critères largement subjectifs. On pourrait par exemple affirmer que le renard, qui n’est pas protégé, possède des valeurs similaires. Ces critères ne tiennent pas compte de l’impact que des mesures strictes de protection des loups pourraient avoir sur d’autres valeurs culturelles ou écologiques, telles que les systèmes d’élevage pastoral.

La décision de l’Espagne a également été influencée par le point de vue des protectionnistes sur le statut de conservation du loup. Une espèce classée comme ayant un statut « favorable » (ce qui est approprié pour garantir sa survie à long terme) dans la directive Habitats de l’UE peut, dans certains cas, être chassée. Cependant, les défenseurs de l’environnement ne sont pas d’accord sur les critères et les données sur lesquels ce statut devrait être basé.

Par exemple, une évaluation soumise à la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) en 2018 indique que la population ibérique de loups est importante, stable et en lente expansion. En revanche, un rapport publié par un groupe de défense des loups en 2017 affirmait qu’il y avait eu plus de loups tués que de loups nés en Espagne cette année-là.

Ce dernier a été accusé d’être partial et non scientifique. Toutefois, cela n’a pas empêché le ministère espagnol de l’Environnement d’utiliser ce rapport pour reclasser l’état de conservation des loups de « favorable » (comme dans les rapports précédents) à « défavorable ». En d’autres termes, les informations ont été interprétées, sélectionnées et présentées de manière à justifier une protection accrue.

Le gouvernement suédois, dirigé par une coalition de droite depuis 2022, cherche à obtenir l’inverse. Il a ordonné à l’Agence de protection de l’environnement d’examiner si le seuil établi pour le statut favorable, fixé à un minimum de 300 en 2019, pouvait être abaissé pour justifier une augmentation de l’abattage des loups.

Free-roaming sheep in Spain.
Moutons en liberté dans le parc national des Pics d’Europe, Asturies, Espagne. Hanna Pettersson, CC BY-NC-SA

De quelle nature parle-t-on ?

Pour combler le fossé politique entre la protection et la persécution du loup, ainsi qu’entre la restauration de paysages « sauvages » et pastoraux, il est nécessaire de réévaluer la manière dont les décisions sont prises et dont les preuves sont prises en compte.

La science joue un rôle crucial dans l’évaluation des différentes options politiques et de leurs conséquences, telles que l’effet d’une augmentation de la population de loups sur le comportement des moutons ou des cerfs. Mais elle ne peut pas déterminer la « bonne » ligne de conduite. Ce choix dépend de ce dont les personnes, le bétail et la faune sauvage dans un lieu donné ont besoin pour bien vivre. En d’autres termes, le contexte est important.

Dans la plupart des cas, la question n’est pas de choisir entre « ceci ou cela », mais plutôt de savoir comment obtenir « un peu de tout ». Réconcilier les différents intérêts et trouver une voie à suivre nécessite la participation du public et, généralement, une médiation professionnelle. Ce sont ces actions que la Commission européenne devrait encourager dans les États membres.

Dans cette optique, il est inquiétant de constater que le pragmatisme est largement négligé dans le débat. En fin de compte, la coexistence durable des humains et des loups ne dépend pas du fait que les loups soient chassés ou protégés, ni même de la taille de la population de loups. Elle dépend plutôt de la manière dont ces décisions sont prises.

Hanna Pettersson, Postdoctoral Research Associate, University of York

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.


Merci à Sarah Sermondadaz, cheffe de rubrique Environnement + Énergie

Ingénieure de formation, journaliste scientifique par vocation. Elle a notamment travaillé pour Sciences et Avenir, puis pour le jeune média suisse Heidi.news, dont elle a été rédactrice en chef adjointe. Elle a également donné des cours à l’Académie du journalisme et des médias de l’Université de Neuchâtel et à l’ESJ de Lille. Elle est diplômée de l’INSA de Lyon, de l’ESJ de Lille, et a un MBA en administration des entreprises de l’IAE de Paris.

Le vélo, une solution pour développer localement une mobilité inclusive et durable

20% de la population française est en situation de « précarité mobilitaire ». Des dispositifs de mobilité douce sont déployés par les collectivités territoriales pour répondre à ce besoin de mobilité, notamment pour les plus précaires. Cet inégal accès au « pouvoir bouger » invite le Club des villes et territoires cyclables et marchables à dresser un panorama des solutions apportées par les collectivités territoriales et lancer l« Investir pour le vélo », une plateforme numérique sur les coûts de mise en place d’une politique vélo inclusive, locale et durable.

« Le concept de mobilité inclusive tente de répondre à l’inégal accès au « savoir bouger’ » et au « pouvoir bouger »», nous rappelle le Club des villes et territoires cyclables et marchables dans un état des lieux de cette précarité de la mobilité et un panorama des solutions apportées par les collectivités territoriales.

Apporter une solution de mobilité à des habitant.es en situation de précarité est un enjeu crucial pour les collectivités. L’objectif est de permettre à chacun de pouvoir être mobile afin de faciliter les liens sociaux et l’insertion professionnelle.


Françoise Rossignol, présidente du CVTCM

Mode de transport économique et bon pour la santé1 le vélo est une solution de mobilité accessible, y compris pour les plus vulnérables. Elle permet de renforcer l’autonomie dans leurs déplacements et d’élargir leur périmètre de mobilité. Depuis les années 1990, le secteur de la mobilité inclusive émerge pour répondre aux besoins de mobilité dans une perspective d’accès à l’emploi.

L’accompagnement passe encore essentiellement par l’accès aux modes motorisés individuels (mobylette, permis de conduire et prêt de voiture) et collectifs (covoiturage). Depuis les années 2000, le secteur se structure avec le soutien des collectivités territoriales, de l’État et des fondations, à l’instar du laboratoire de la mobilité inclusive2.

Rapport « Mobilité solidaire : pour un passage à l’échelle – Retours d’expériences des rencontres Tous Mobiles en région »

« A pied et à vélo dans les quartiers prioritaires »

“Agir pour une mobilité inclusive”


L’absence de solution de mobilité diminue les chances de recrutement et peut conduire à un isolement social.


Françoise Rossignol, présidente du CVTCM

Aujourd’hui, à travers plus de 400 dispositifs recensés sur le territoire d’aide à la mobilité pour les plus précaires, des collectivités territoriales agissent pour construire des solutions tournées vers les mobilités actives avec les acteurs de la mobilité inclusive et de l’insertion professionnelle. Au total, ce sont près de 150 000 personnes accompagnées en France chaque année.


Le vélo comme mode de transport fait assurément partie de la solution. Il permet d’ouvrir une voie d’émancipation accessible et sans contraindre le budget des ménages. Le coût annuel d’un vélo revient à moins de 500€ par an, dix fois moins que celui d’une voiture.


Françoise Rossignol, présidente du CVTCM
La filière économique du cycle porte toutes les composantes du secteur, de la formation à l’emploi en passant par la réindustrialisation.

Comment ça roule ?

La plateforme Comment ça roule ? permet de mesurer et comprendre la circulation des vélos dans plus de 80 territoires (comprenant plus de 100 000 habitants).

L’objectif ?

Mieux inventer les villes cyclables de demain.

Découvrez les chiffres de la circulation vélo dans les collectivités du Club des villes et territoires cyclables et marchables.

« Investir pour le vélo »
la plateforme numérique sur le coût des politiques vélo

  • La conception et la mise en œuvre (moyens humains, études externalisées, comptage vélo)
  • Les aménagements (pistes cyclables, voie verte, bande cyclable, zone 30…)
  • Les services et animations (Vélo en libre-service, vélo en location longue durée, aide à l’acquisition, apprentissage)
  • L’animation et la communication (éléments de communication imprimés, fête du vélo, challenge vélo)

Politiques cyclables : combien ça coûte ? 

La plateforme « Investir pour le vélo », a pour but d’informer sur les actions de politique publique possibles en matière de mobilité active, estimer les budgets liés aux plans vélo, identifier et comparer les aides, aménagements et services pour l’utilisation du vélo sur un territoire.

UNE PLATEFORME GRATUITE, ÉVOLUTIVE ET COLLABORATIVE

« Investir pour le vélo » permet de mieux rendre compte et d’informer les collectivités utilisatrices grâce aux coûts régulièrement actualisés, partage de nouvelles données et à des exemples de projets enrichis au fil des contributions. Les utilisateurs sont invités à contribuer et mettre en commun leurs expériences, qu’ils soient impliqués dans la conception ou la mise en œuvre de projets cyclables.

Les données de la plateforme sont issues d’une diversité de sources :

  • Enquête auprès des adhérents du Club et des collectivités territoriales volontaires
  • Analyse et traitement d’informations d’organismes nationaux (ADEME, MTES) et d’acteurs économiques de la filière vélo
  • Appels à projets et bilans d’opérations
  • Les données partagées par les utilisateurs (collectivités, fournisseurs ou prestataires)
Les bénéfices individuels et collectifs des mobilités actives font autorité Faire entendre cette voix et développer une autre culture des mobilités reste encore un objectif.

Cycling, l’annuaire des acteurs du vélo en région

Les acteurs économiques se retrouvent classés par région ou dans les territoires d’outre-mer ; les acteurs nationaux et internationaux sont référencés dans une rubrique spécifique.

Les catégories : assembleurs, marques ; clusters régionaux ; composants, accessoires, équipements du cycliste ; expertise et conseil ; mobilier urbain et stationnement vélo ; organismes de formation ; réseaux de distribution ; services vélo. 


Vertueux pour l’environnement et la santé, le vélo est un mode efficace pour favoriser l’insertion sociale et professionnelle. Il permet une vision inclusive de la mobilité et de plus en plus de collectivités inventent des solutions durables et accessibles à toutes et tous.


Françoise Rossignol, présidente du CVTCM
  1. Gassiot, Marion, et al. « Pratiques quotidiennes du vélo à Nantes : approche croisée de la santé et de la mobilité », Santé Publique, vol. 1, no. HS, 2016, pp. 75-82. ↩︎
  2. Deux décennies de mobilité inclusive, Émergence et déploiement d’une innovation à la croisée du territoire et du social, Éric Le Breton ↩︎

10 propositions de la LPO pour ramener de la nature en ville, s’adapter au changement climatique et améliorer le bien-être des citadins

La révision du plan national pour la Nature en ville, menée par le Ministère de la Transition Écologique et de la Cohésion des Territoires, s’inscrit dans La Stratégie Nationale Biodiversité 2030, qui prévoit de « ramener de la nature en ville pour s’adapter aux conséquences du changement climatique et améliorer le bien-être des citadins ». Associée à ces travaux, la LPO prône un changement de paradigme afin de s’appuyer sur la préservation du vivant pour rendre les villes plus résilientes au changement climatique tout en luttant contre l’effondrement de la biodiversité.

Hirondelle de fenêtre au nid © Nicolas Macaire LPO

L’étalement urbain est à l’origine de 70 % des 30 000 hectares d’espaces naturels et agricoles qui disparaissent chaque année en France en raison de l’artificialisation des sols. Certaines espèces sauvages se sont adaptées au milieu urbain et s’y sont développées. La ville peut créer des espaces propices ou défavorables à la faune. L’architecture des bâtiments et les méthodes de gestion des espaces végétalisés vont être déterminantes.

La ville peut créer des espaces propices ou défavorables à la faune. L’architecture des bâtiments et les méthodes de gestion des espaces végétalisés vont être déterminantes pour la survie des oiseaux, mammifères, insectes et autres reptiles qui partagent nos espaces de vie. 

La rénovation énergétique peut avoir des conséquences désastreuses sur la nidification des hirondelles et des martinets, l’aménagement des combles peut condamner une colonie de chauve-souris, la construction d’une clôture peut couper la route aux hérissons, l’éclairage peut perturber les espèces nocturnes, une piscine ou une façade de verre peut devenir un obstacle mortel, etc.

Les conséquences sont déjà mesurables : selon le Suivi temporel des oiseaux communs (STOC) coordonné par la LPO et le Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN), entre 1989 et 2019, les espèces des milieux bâtis ont perdu plus du quart de leurs effectifs. Plus spécifiquement, un quart des hirondelles de fenêtre, la moitié des martinets noirs, les trois-quarts des moineaux parisiens ont disparu en moins de 20 ans.


Lors d’une rencontre du Club U2B (Urbanisme, Bâti, Biodiversité) réunissant plus de 200 participants au Ministère de la Transition Écologique et de la Cohésion des Territoires, la LPO a présenté ses propositions pour rendre les villes plus résilientes aux évolutions du climat tout en luttant contre l’effondrement du vivant.


Le programme « Nature en Ville » de la LPO a pour objectif d’articuler toutes les échelles de l’habitat humain, de l’agglomération au toit-terrasse, afin de partager le territoire avec la faune. Il s’adresse aux collectivités territoriales afin de faire du vivant le fil conducteur de l’aménagement urbain, par l’acculturation et l’apport de solutions. La LPO porte 10 mesures prioritaires et réalistes pour le mettre en œuvre :

  1. Développer et partager la connaissance de l’état de la biodiversité sur le territoire national, en s’appuyant notamment sur des Atlas de la biodiversité communales (ABC) qualitatifs et aux protocoles unifiés
  2. Renforcer les trames écologiques et cartographier les points noirs des continuités écologiques, afin de prioriser les actions en matière de renaturation
  3. Former et mobiliser les élus et les acteurs de l’aménagement urbain, notamment pour assurer le respect de la réglementation relative aux espèces protégées
  4. Systématiser l’intégration de règles favorables à la biodiversité dans les outils de planification urbaine tels que les PLUi, pour en faire de leviers de protection de la nature
  5. Préserver l’existant à l’échelle du projet urbain en réalisant des diagnostics pédologiques et écologiques pour identifier précisément les impacts et préserver les sols fonctionnels
  6. Protéger les espèces sauvages du bâti dans les travaux de rénovation en assurant leur meilleure prise en compte dans les normes de construction et de rénovation.
  7. Favoriser l’installation du vivant en ville, en favorisant le maintien et la création d’espaces végétalisés, qui apportent le gite et le couvert à la faune sauvage1.
  8. Amplifier la lutte contre les pollutions lumineuses et sonores en faisant appliquer la réglementation qui est à ce jour très peu respectée
  9. Optimiser la renaturation des sols artificialisés en promouvant les méthodologies de réhabilitation des sols dans les marchés publics
  10. Intégrer la biodiversité dans les labels et certifications liés au bâti, tel que le label RGE.

Le développement humain qui se fait au détriment de la nature a aujourd’hui atteint ses limites planétaires. En ville comme partout ailleurs, il est urgent de redonner au reste du vivant la place qui est la sienne : parmi nous

Allain Bougrain Dubourg, Président de la LPO
LPO – Hirondelle de fenêtre Armel Deniau

1 – Partager la connaissance de l’état de la biodiversité sur le territoire national

Par la multiplication d’atlas de la biodiversité communale (ABC) aux protocoles identiques, qualitatifs et incluant des critères de prospection au sein du bâti et des friches.

La connaissance de la biodiversité à l’échelle de chaque territoire est essentielle pour déterminer les zones à enjeux forts. Les ABC constituent une opportunité intéressante à cet égard mais nécessitent un travail d’homogénéisation méthodologique et la mise en place d’une capitalisation des données au niveau national. Dans un contexte de lutte contre l’artificialisation des sols (Zéro artificialisation nette – ZAN), les friches industrielles représentent une réserve de foncier à mobiliser. Mais ces espaces servent d’habitat pour certaines espèces et constituent des éléments de trames écologiques. Il est donc nécessaire de réaliser des diagnostics au sein des friches d’un territoire afin d’adapter leur usage (logements, bureaux, parc écologique, etc.) aux enjeux en termes de biodiversité.

2 – Renforcer les trames écologiques et prioriser les enjeux de renaturation

En cartographiant les points noirs au niveau des terres comme des cours d’eau.

https://www.trameverteetbleue.fr

Le milieu urbain, peu végétalisé et très compartimenté par des murs et clôtures, rend la ville difficilement franchissable pour la faune. Les espèces inféodées aux milieux aquatiques rencontrent des difficultés similaires de déplacement en raison notamment de l’artificialisation voire l’enterrement des cours d’eau. Les points noirs de rupture des continuités écologiques sont à cartographier afin d’identifier les priorités d’action.

3 – Mobiliser élus et acteurs de l’aménagement urbain pour la prise en compte de la biodiversité

En les formant sur la réglementation relative aux espèces protégées ainsi que sur les outils et leviers existants pour préserver le patrimoine naturel.

La loi du 10 juillet 1976 relative à la protection de la nature protège de nombreuses espèces et leur habitat. Méconnue, elle est peu respectée en milieu urbain, où les besoins de la faune et de la flore sont le plus souvent ignorés. Former élus et acteurs de l’aménagement à la nécessité et aux moyens de prendre en compte la biodiversité s’avère incontournable pour parvenir à préserver efficacement le vivant.

4 – Faire des outils de planification urbaine des leviers de protection de la nature

En systématisant, notamment dans les Plan locaux d’urbanisme (inter)communaux (PLU(i)), l’intégration de règles favorables à la préservation et au renforcement du vivant en ville

Chaque collectivité territoriale doit être en mesure de préserver la biodiversité sur son territoire et de retranscrire dans les documents d’urbanisme la mise en œuvre de règles et d’actions contraignantes visant à répondre aux enjeux (exemple : imposer des clôtures perméables, des plantations de haies, des espèces végétales locales, etc.).

5 – Préserver l’existant

Par la réalisation obligatoire d’études d’impact basées sur des diagnostics pédologiques et écologiques pour chaque site de projet d’aménagement urbain.

Projet et suivi travaux sols vivants – ZAC Fabien-Bonneuil Sur Marnes (94) – http://www.hekladonia.com

Un projet d’aménagement doit être réfléchi à l’aide de l’étude des parcelles concernées et de leur environnement proche afin de réduire au maximum les impacts potentiels sur le vivant. Les diagnostics pédologiques, encore très peu utilisés, permettent de préserver les sols fonctionnels et d’identifier les sites dégradés pouvant être renaturés.

6 – Protéger les espèces du bâti

Par la sensibilisation des acteurs de la rénovation urbaine aux impacts de leurs opérations, la réalisation de diagnostics écologiques spécifiques et leur prise en compte dans les normes de construction et rénovation.

Prendre en compte les espèces du bâti dans la construction neuve

Les constructions humaines sont utilisées par certaines espèces protégées comme zones de nidification, repos et alimentation. La réglementation n’est pas suffisamment appliquée car peu de diagnostics écologiques sont réalisés pour ce type de projets.

Biodiversité et bâti Lorsque l’on construit ou que l’on rénove, accueillir la petite faune sauvage est essentiel pour les espèces qui dépendent du bâti, et cela enrichit aussi notre cadre de vie !

7 – Favoriser l’installation du vivant en ville

En réalisant des espaces végétalisés favorables à la faune sauvage.

Cerema – Pour une ville vivante et vivable, Renaturons !

Les espaces végétalisés sont à (re)penser dans une logique de préservation de la biodiversité et de résilience climatique en impliquant tous les publics (collectivités, citoyens et entreprises). Il est urgent de faire comprendre l’importance écologique des zones dédiées à la flore spontanée et en libre évolution.

Cerema – Arnaud Bouissou – TERRA

8 – Amplifier la lutte contre les pollutions lumineuses et sonores

En appliquant la réglementation prévue et en sensibilisant élus, professionnels et citoyens aux impacts négatifs sur le vivant.

La pollution lumineuse représente une perturbation majeure pour la faune et flore nocturnes. La réglementation en vigueur est très peu respectée, notamment en ce qui concerne les mesures d’extinction des éclairages. Moins connus, les impacts liés au bruit sont eux aussi conséquents. La méthodologie pour la réalisation d’une trame blanche reste à établir.

Lutte contre la pollution sonore : le gouvernement lance l’expérimentation de radars sonores en 2022

9 – Optimiser la renaturation

En promouvant des méthodologies écologiques de réhabilitation des sols artificialisés incluses dans les marchés publics.

https://youtu.be/mDY2vD8tZaQ
Abritant plus du quart de la biodiversité de la planète, les sols assurent des fonctions essentielles à la vie qui peuvent être altérées de façon quasi irréversible lorsqu’ils sont artificialisés.

Afin de réellement favoriser le vivant en ville. Il s’agit bien de renaturer et non de reverdir, ce qui doit figurer clairement dans les cahiers des charges des marchés publics. Par ailleurs, la filière « économie circulaire » des terres est à organiser afin de systématiser l’utilisation de terres provenant de chantiers en cours lors de ces opérations (l’utilisation de terres agricoles devant être strictement interdite).

https://youtu.be/2iT4EOnaBis

10 – Intégrer la protection de la biodiversité dans les labels et certifications

Liés à la préservation de l’environnement


Capitales Françaises de la Biodiversité

Certaines certifications environnementales généralistes sont dépourvues d’axe biodiversité : ainsi le label RGE, remis aux acteurs de la rénovation, ne délivre pas de connaissances sur les espèces protégées du bâti et sur les solutions existantes pour les préserver dans le cadre des travaux.

Le programme « Territoires engagés pour la nature » vise à faire émerger, reconnaître et valoriser des plans d’actions en faveur de la biodiversité. Il s’adresse aux communes et intercommunalités quelle que soit leur taille, qu’elles soient débutantes ou initiées en matière de biodiversité.

  1. Rappel : la LPO préconise de suspendre les travaux d’entretien des jardins et espaces verts, pour ne pas déranger la faune sauvage pendant sa période de reproduction, de mi-mars à fin août. ↩︎

Face aux menaces que l’humanité fait peser sur son environnement, la communauté scientifique dénonce l’inaction climatique du pouvoir politique

« Une défiance grandissante s’installe dans notre communauté scientifique vis-à-vis du pouvoir politique ». Malgré les pressions insoutenables que l’humanité fait peser sur son environnement, en particulier sur l’océan, le pouvoir politique tient des « discours déconnectés du réel et pratique la course de lenteur », fustige un collectif de 260 scientifiques, dont le climatologue Jean Jouzel, dans une tribune au « Monde ». Faut-il un référendum citoyen pan-européen pour obtenir un sursaut du pouvoir politique, comme le réclame dans le Monde l’eurodéputé Pierre Larrouturou pour « sauver le climat et la cohésion sociale » ?

Parmi les signataires, le climatologue Jean Jouzel, ici à Paris le 20 septembre 2023. – © Mathieu Génon / Reporterre

« Comme scientifiques, nous pensons que ne pas participer à la légitimation de discours déconnectés du réel est une responsabilité éthique. » Le ton de la tribune est d’une virulence rare de la part de scientifiques, comme le remarque Reporterre. Signée par 260 chercheurs, dont le climatologue Jean Jouzel, et publiée dans Le Monde le 18 avril, elle dresse une liste implacable de l’inaction écologique délétère du gouvernement français.

La Convention citoyenne pour le climat ? Prometteuse, mais « ces espoirs ont finalement été douchés ». La planification écologique ? Sans cesse repoussée, « dans une nouvelle course de lenteur, à rebours du volontarisme des annonces initiales ». L’annonce de 30 % d’aires marines protégées ? « De fait, il est aujourd’hui démontré que la proportion des eaux nationales réellement protégées, avec un impact effectif sur la biodiversité, ne s’élève qu’à 1,6 % (et seulement 0,04 % dans les eaux métropolitaines, d’après des données de 2021). »

« La liste des pressions insoutenables que l’humanité fait peser sur son environnement, en particulier sur l’océan qui occupe les trois quarts de la surface de notre planète, est longue : réchauffement climatique, acidification des océans, désoxygénation, aménagements littoraux et hauturiers, déchets plastiques, pollutions, exploitation des ressources minières ou vivantes (surpêche).« 

Il en résulte des effets néfastes considérables pour la nature et les sociétés humaines qui vont s’aggraver si rien ne change. (…) pratiquement tous les signaux sur l’océan et le climat sont au rouge.

Depuis plus de 50 ans, la communauté scientifique travaille à identifier et alerter la société sur les dangers que ces pressions font courir à l’humanité. Face à ces menaces, le gouvernement français rappelle le constat scientifique et engage des initiatives démocratiques inédites comme la mise en place de la convention citoyenne sur le climat. Mais force est de constater que la loi Climat et résilience n’est pas à la hauteur ni du défi à relever ni des engagements pris par le Président au regard des 149 propositions de mesures concrètes formulées par les citoyens.


La Cour européenne des droits de l’Homme a condamné la Suisse pour violation de la Convention des droits de l’Homme, donnant raison à une association de femmes âgées qui attaquait l’inaction du pays face au changement climatique. La juridiction européenne a par ailleurs rejeté un recours contre la France et a jugé irrecevable la requête de jeunes Portugais contre 32 États. France 24

Que faire face à l’inaction publique ?

La planification écologique, annoncée par Christophe Béchu en septembre 2023, à la demande du Haut Conseil pour le climat, n’a pas donné lieu à un réel changement de méthode, malgré le lancement de « COP territoriales« . Une course de lenteur, pour le collectif de chercheurs, qui enchaîne les « désillusions » et dénonce le contraste entre les annonces politiques et l’inaction climatique, qui ne fait qu’accentuer la défiance. Et c’est sans compter les « exemptions sans fin » ou la faiblesse des mesures prises pour lutter efficacement contre la pollution plastique.

Les auteurs appellent à prendre trois mesures fortes pour redresser la barre :

  • renouer avec l’esprit de la Convention citoyenne pour le climat dans une loi Climat et Résilience 2 ;
  • assurer aux aires marines protégées françaises un niveau élevé de protection ;
  • intégrer les plastiques à la liste des entités dangereuses et œuvrer à un traité plastique ayant un réel impact.

Toujours confiants dans l’élan qu’une nation comme la France pourrait insuffler à la transformation écologique, il nous paraît un devoir professionnel et citoyen de promouvoir des actions comme celles ci. Ne pas en tenir compte continuerait, pour nos dirigeants politiques, de faire monter les risques d’un échec collectif face à l’un des plus grands défis planétaires que l’humanité ait connus.

Climat : « Une défiance grandissante s’installe dans notre communauté scientifique vis-à-vis du pouvoir politique » Tribune du Collectif dans le Monde

Un référendum pan-européen pour sauver le climat et la cohésion sociale ?

Peut-on encore gagner la bataille du climat ? Peut-on éviter le chaos ?

L’élu européen Pierre Larrouturou préconise, dans une tribune au « Monde », un électrochoc pour sauver le climat et la cohésion sociale. Il propose d’utiliser les élections du 9 juin pour changer radicalement nos politiques, tant au niveau européen qu’au niveau national. « Le nombre de catastrophes climatiques a triplé en trente ans et la concentration en CO₂ dans l’atmosphère augmente aujourd’hui trois fois plus vite que dans les années 1970.« 

A l’occasion de la présentation de son plan pour « verdir » l’industrie, en mai 2023, Emmanuel Macron a appelé à une « pause » dans la réglementation européenne, afin de préserver les acteurs locaux soumis à la concurrence des pays moins-disants du point de vue écologique, comme la Chine.

« Faire une pause », comme l’a proposé Emmanuel Macron, serait « pure folie« . Au contraire, « il faut accélérer et se donner les moyens financiers de réussir une métamorphose rapide de notre modèle économique » propose Pierre Larrouturou.

Investir dans la rénovation thermique de tous nos bâtiments, dans les transports en commun et les énergies renouvelables, aider les agriculteurs à baisser leurs émissions et à s’adapter au réchauffement … Rien qu’en France, on peut créer 900 000 emplois si on se donne les moyens de financer une politique ambitieuse de lutte contre le changement climatique.

Une banque du climat et de la biodiversité ?

Rapporteur général du budget de l’Union en 2021, il a pu expliquer aux décideurs européens le pacte finance-climat que Jean Jouzel, Anne Hessel et lui défendent depuis dix ans pour doter l’Europe d’une grande banque du climat et de la biodiversité. Une banque qui serait capable d’octroyer 300 milliards de prêts à taux zéro pour accélérer la transition écologique en Europe et dans les pays du Sud !

L’Europe ne peut pas être simplement guidée par les critères financiers qui risquent, selon l’eurodéputé, de plonger des millions d’européens dans la précarité en imposant chaque année des coupes budgétaires dans l’éducation, la santé ou les politiques climatiques. Sa liste “Changer l’Europe” propose 10 mesures d’urgence pour réorienter l’Europe, en soumettant deux traités au vote des peuples européens : un Pacte Finance-Climat et un Traité Emploi-Pouvoir d’Achat

Plus d’informations sur le site changerleurope.com

Approuver ces traités le même jour partout en Europe grâce à un référendum pan-européen ? L’idée vient du grand philosophe allemand Jürgen Habermas. Après 5 années passées au cœur du système comme député et Rapporteur Général du Budget, Pierre Larrouturou est convaincu qu’il s’agit du seul moyen de provoquer un sursaut.

Parmi les mesures proposées figure aussi la semaine de 4 jours et une taxe sur la spéculation financière.

Comment améliorer le confort de votre domicile grâce aux subventions pour des travaux d’isolation ?

Les conséquences du dérèglement climatique rendent chaque année plus urgent d’engager des travaux de rénovation pour les « passoires thermiques ». L’isolation de votre logement peut vous protéger efficacement de la chaleur en été, du froid en hiver comme de l’humidité tout en réduisant votre facture énergétique. Quels sont les travaux à prévoir en priorité et quelles aides financières pour vous aider ?

Quels travaux d’isolation envisager en priorité ?

Une enquête sur les Travaux de Rénovation Énergétique dans les Maisons Individuelles (TREMI) est réalisée tous les trois ans par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie.

Si un ménage sur deux en France ne réalise pas de travaux d’isolation dans la maison, estimant qu’elle n’en a pas besoin, 84% de ceux qui ont réalisé au moins une opération de rénovation énergétique sont satisfaits du résultat obtenu en termes de confort et de diminution de leurs consommations d’énergie.

Ressenti des ménages en maisons individuelles à l’issue des travaux. –
Source : enquête Tremi 2020, exploitation Ademe

Le pictogramme « maison verte » correspond aux ménages dont les travaux de rénovation ont permis une amélioration d’au moins deux classes du Diagnostic de performance énergétique – DPE de leur maison.

Le pictogramme « maison grise » représente l’ensemble des ménages ayant engagé des travaux de rénovation.

Outil statistique de l’Observatoire DPE

Tous les travaux n’ont pas la même efficacité énergétique. Le toit de la maison est la principale source de déperdition de chaleur. Il est donc important de commencer par isoler les combles, puis viennent les murs et les ouvertures portes et fenêtres. Lisolation du sol, cave ou sous-sols viendra en dernier.

L’isolation thermique permet non seulement de protéger du froid en hiver et de la chaleur en été, mais aussi de réduire sa consommation d’énergie tout en augmentant la valeur de votre bien immobilier. Et vous participez également à réduire vos émissions de gaz à effet de serre.

Outre une bonne isolation de votre logement, un système de ventilation efficace, un chauffage performant et une bonne régulation de la température sont essentiels pour améliorer votre confort.

MaPrimeRénov’ est la principale aide de l’État pour la rénovation énergétique

Quelles aides peuvent vous aider à financer vos travaux de rénovation ?

De MaPrimeRénov’ à la prime Éco Énergie en passant par l’éco-prêt à taux zéro et la TVA réduite, de nombreux dispositifs d’accompagnement et d’aides financières existent pour éliminer les passoires thermiques.

MaPrimeRénov’ est la principale aide de l’État pour que la rénovation énergétique des maisons individuelles soient à la portée de tous les ménages. Améliorer le confort thermique de son logement, c’est aussi lui donner plus de valeur : les prix des maisons classées A ou B sont valorisées 5 à 10 % de plus en cas de revente.

Les travaux éligibles aux aides financières de l’état – MaPrimeRénov’

Les Certificats d’Économie d’Énergie (CEE) sont un dispositif de soutien aux ménages qui réalisent des travaux de rénovation énergétique. L’aide peut être accordée sous différentes formes, selon le fournisseur d’énergie retenu : prime en chèque, bons d’achat, réductions, services gratuits … Son calcul tient compte de l’ampleur des économies d’énergie réalisées.

Les primes énergie, comme par exemple la prime éco énergie auchan, ont été créées grâce au dispositif des certificats d’économies d’énergie. Des CEE sont attribués aux fournisseurs d’énergie à condition qu’ils incitent financièrement leurs clients à réaliser des travaux d’économie d’énergie. La Prime Éco Énergie, et son Bonus selon votre niveau de ressources, peuvent être cumulées avec ma PrimeRénov’ ou encore l’éco-prêt à taux zéro.

Exemple de guide pratique pour constituer votre dossier travaux éligibles à la Prime éco-énergie Auchan

Et si la Terre nous parlait ? Huit principes de vie inspirés des peuples racines

Il existe des sociétés humaines qui n’ont pas de mot pour dire « ennemi ». Où la liberté est un principe inhérent à la vie. Où le mot richesse signifie « préserver l’eau pure ». Où les chefs n’ont pas le pouvoir. Où les champs ont un cœur. Où les enfants ne font pas de crises d’opposition. Où les notions de passé, de futur, s’inversent, ou parfois sont absentes. Où le « je » n’existe pas sans le « nous ». Où l’être humain apprend à devenir un don, un remède, pour la nature. « Et si la Terre nous parlait. Huit principes de vie inspirés des peuples racines » écrit par la journaliste Frederika Van Ingen, paru le 1er Mai aux éditions Les Liens qui Libèrent, est une sélection Cdurable !

Bien plus que des étrangetés, ces particularités nous indiquent d’autres façons possibles d’être au monde, d’autres modes de relation. Elles traduisent en réalité une connaissance profonde du fonctionnement de la vie, des écosystèmes, et une capacité à s’y inclure que nos sociétés ont perdu. À l’écoute de la Terre depuis leurs origines, les cultures ancestrales des peuples racines portent en elles le sens de ce que signifie « être humain » : faire société pour contribuer aux équilibres de la vie.

Face à nos crises écologiques, sociales, politiques et philosophiques majeures, elles sont sources d’inspiration. À travers des exemples issus de ces peuples, ce livre propose huit lois ou principes inspirés de leurs visions du monde, pour régénérer, en nous et entre nous, une culture symbiotique.

A propos de l’auteur

Frederika Van Ingen est journaliste. Sa recherche se concentre sur les sagesses qui relient harmonieusement, écologie, bien-être, médecine, psychologie, art, spiritualité. Elle a publié notamment Ce que les peuples racines ont à nous dire (LLL) et a créé le « Cercle des Passeurs » pour défendre ces traditions.

Jeux Olympiques : un accélérateur de la transition écologique ?

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La France a l’ambition de faire des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 un évènement qui intègre les enjeux climatiques. Une opportunité historique de montrer qu’il est possible de conjuguer sport et défi climatique, avec l’objectif ambitieux de diviser par 2 les émissions de gaz à effet de serre de ces Jeux par rapport à l’édition de Londres. Construction du village des athlètes, transports en commun décarbonés et pistes cyclables, amélioration de la qualité de l’eau avec le plan baignade dans la Seine, choix d’infrastructures pérennes et protégeant la biodiversité, réduction des déchets avec une démarche globale de circularité …

Hôte de la COP21, Paris est devenu le symbole de la lutte contre le changement climatique. Pour le WWF France, la candidature de Paris aux Jeux de 2024 ne devait pas se limiter à proposer les Jeux « les plus verts », mais les premiers Jeux alignés avec les objectifs de l’Accord de Paris ! Ce respect de l’Accord de Paris imposait de proposer une stratégie de réduction drastique de ses émissions par rapport aux éditions précédentes des Jeux et de garantir une neutralité carbone grâce à la compensation de ses émissions.

Des Jeux responsables pour un héritage durable

  • La ville de demain : le village des athlètes sera transformé en éco-quartier après les jeux ;
  • La qualité de l’eau de la Seine et de la Marne : le plan Baignade permettra de s’y baigner ;
  • L’impact environnemental : limitation des constructions neuves, prise en compte de la biodiversité, lutte contre le plastique à usage unique, … ;
  • Des mobilités durables et accessibles : extension des lignes du métro (14), du RER (E) et du tram (T3B), un réseau cyclable olympique (415 km)

Ces Jeux seront les premiers à atteindre les objectifs de l’Accord de Paris sur le climat avec l’ambition de diviser par deux leur empreinte carbone par rapport aux éditions précédentes

Mieux transporter et se déplacer

Une offre de transports fiable, efficace et décarbonée doit garantir le déplacement des spectateurs tout en permettant la continuité d’activité de la vie sociale, économique et culturelle.

  • UNE OFFRE DE TRANSPORTS EN COMMUN RENFORCÉE ET EFFICACE
  • DES TRANSPORTS PLUS ACCESSIBLES À TOUS
  • LE DÉVELOPPEMENT DU RÉSEAU CYCLABLE

Mieux aménager, bâtir et se loger

La sobriété et la durabilité sont au cœur des Jeux de Paris 2024 avec 95 % des sites utilisés qui sont des infrastructures déjà existantes ou temporaires. Les quelques ouvrages construits spécialement pour l’évènement par la SOLIDEO feront l’objet d’une reconversion après les Jeux.Le village des athlètes, labellisé Éco-Quartier, a été conçu dans une démarche de ville durable et sera réhabilité pour accueillir des habitants après les Jeux.

Le village des athlètes des Jeux Olympiques et Paralympiques Paris 2024 – Solideo
  • LE VILLAGE DES ATHLÈTES :
    • Contribue à protéger la biodiversité (toitures favorables aux insectes et oiseaux, clôtures perméables permettant le passage de la petite faune, 9000 arbres et arbustes plantés…)
    • Maîtrise le budget carbone (répond aux exigences du Plan Climat, respecte la trajectoire de neutralité carbone pour 2050 en utilisant des matériaux biosourcés et en concevant des bâtiments peu énergivores
    • équipés de panneaux solaires et de systèmes géothermiques).
    • Sobre en énergie et adapté au climat de 2050 (les bâtiments sont raccordés au réseau alimenté par les énergies renouvelables – géothermie et installations photovoltaïques -, revêtements de sol, présence de végétaux et d’eau dans les espaces publics …)

Mieux préserver l’environnement et la biodiversité

  • PLAN BAIGNADE ET AMÉLIORATION DE LA QUALITÉ DE LA SEINE ET DE LA MARNE
  • PROTECTION DES ESPACES ET DES ESPÈCES NATURELLES

Quels sont les avantages d’un logiciel agricole pour une fertilisation de précision, des cultures saines et de meilleurs rendements ?

Les solutions logicielles au service de l’agriculture sont nombreuses et proposent de digitaliser la gestion complète d’une exploitation agricole, du semis à la récolte. Quels sont les avantages de cette transformation numérique du monde agricole ? Est-ce un moyen d’améliorer les pratiques pour une agriculture durable et performante ?

90% des agriculteurs investissent plus de 7h par semaine de leur temps dans des tâches administratives et cette durée va augmenter ces prochaines années

Vers une 3ème voie de l’agriculture ?

L’agriculture est souvent divisée en deux approches distinctes : une dite « intensive » ou « agro-industrielle », qui favorise les monocultures avec l’utilisation d’engrais, de produits phytosanitaires et un arrosage régulier pour maximiser les rendements et répondre aux besoins du marché (industrie agro-alimentaire et export sur le marché mondial). L’autre dite « extensive » ou « agro-écologique », qui favorise les polycultures, le couvert végétal en l’absence de labour ou la restauration des haies pour préserver la biodiversité propice à la conservation d’un sol vivant pour une production biologique et une vente directe en circuit court.

Et si la transformation numérique du monde agricole pouvait favoriser l’émergence d’une troisième voie pour une agriculture durable, positive et agroécologique pour les Hommes comme pour la planète ? Une agriculture basée sur des résultats, prouvés et mesurés, qui réconcilie les attentes des consommateurs-citoyens et la préservation de l’environnement, tout en assurant aux agriculteurs une juste rémunération. C’est la promesse des solutions logicielles dédiées à l’accompagnement des exploitants agricoles vers des pratiques à la fois plus performantes et plus durables.

Gagnez du temps grâce aux connecteurs machines : zéro ressaisie des données, enregistrement automatique des données en temps réel, connexion avec les solutions référentes du marché : Aptimiz, Scopix, Alvie, MyEasyFarm

Qu’est-ce qu’un logiciel agricole ? 

Les logiciels agricoles sont de plus en plus souvent utilisés par les agriculteurs pour piloter leur exploitation. Ils ont en effet pour objectif de simplifier la gestion globale des parcelles cultivées, de planifier la production agricole comme la gestion du bétail, et d’obtenir un meilleur rendement.

Certains logiciels sont spécialisés pour répondre aux différents besoins de l’exploitant agricole. Par exemple, un logiciel agricole pour la fertilisation, le suivi des parcelles dédiées à la culture et/ou à l’élevage, la possibilité de consulter en temps réel certaines données pour évaluer l’état des récoltes présent et à venir, le suivi météorologique, la pluviométrie, la cartographie GPS de la zone utilisée par l’agriculteur …

Les solutions les plus complètes intègrent une formation à la prise en main du logiciel pour servir d »outil de comptabilité en même temps que d’une assistance quotidienne au pilotage de l’exploitation agricole et ainsi permettre un gain de temps maximum, notamment pour la déclaration PAC

Le logiciel agricole Smag Farmer : du semis à la récolte, gérer son exploitation de A à Z

Que vous cultiviez des céréales, des légumes, des fruits ou toute autre culture, SMAG Farmer simplifie le pilotage réglementaire, agronomique et économique des exploitations agricoles.

Smag Farmer
Géolocaliser les parcelles arboricoles, consulter les interventions réalisées au verger, saisir vos observations en direct avec prise de photo

Pourquoi utiliser un logiciel agricole ? 

AVANTAGES

  • Gain de temps : moins de temps consacré à la gestion et plus pour la production
  • Surveillance en temps réel : de l’état des parcelles cultivées comme de celui de l’élevage du bétail
  • Gestion optimisée : de l’emploi de main d’œuvre comme de l’utilisation du matériel de production 
  • Suivi du rendement : évaluation quotidienne du rendement de l’exploitation agricole
  • Traçabilité des produits utilisés : utile notamment en cas de contrôle sanitaire
Simplifier la déclaration PAC en 5 étapes

Inconvénients

  • Une utilisation parfois difficile de la solution logicielle sans accompagnement ou formation
  • Un coût supplémentaire pour l’acquisition du logiciel et/ou de l’abonnement à amortir
  • Une indisponibilité possible sur le terrain, liée à l’absence de réseau ou de fonctions adaptées
Gérer un verger au quotidien avec le logiciel agreo

Des Assises nationales pour construire l’avenir du vivant dans le milieu urbain

Les Assises nationales de l’animal en ville 2024 sont une initiative des rédactions du magazine 30 Millions d’amis et de Peuple-animal.com, édités par 1Health, premier groupe de médias et de services à se positionner dans la perspective d’une seule santé, humaine, animale et environnementale. Cette première édition des Assises nationales de l’animal en ville a jeté les bases d’une nouvelle ambition pour les villes de demain, où les animaux auront tous leur place, dans le respect des besoins et des apports mutuels entre les espèces du vivant (dont nous faisons partie).

© Lechatnoir/Istockphoto

Redonnons à la nature sa place au cœur de nos villes

La ville peut créer des espaces propices ou défavorables à la faune sauvage. Certaines espèces s’y sont adaptées et développées ; pour d’autres, il s’agit d’un lieu de passage obligé entre deux territoires. L’architecture des bâtiments et les méthodes de gestion des espaces végétalisés vont alors être déterminantes pour la survie des oiseaux, mammifères, insectes et autres reptiles qui partagent nos lieux d’habitation.

L’urbanisation et la bétonisation sont la cause principale de l’effondrement de la biodiversité en ville, en privant la faune sauvage du gite et du couvert nécessaire à sa survie. Fortement d’actualité, les opérations de rénovation énergétique des bâtiments peuvent ainsi entraîner des conséquences désastreuses sur la nidification des hirondelles et des martinets. Autre exemple, l’aménagement des combles peut condamner une colonie de chauve-souris. L’éclairage nocturne perturbe les insectes, tandis que la réfection d’une clôture peut couper la route aux hérissons, et une piscine devenir un piège mortel, etc.

Les conséquences sont déjà visibles : selon le Suivi temporel des oiseaux communs (STOC) coordonné par la LPO et le Museum d’Histoire Naturelle, les espèces des milieux bâtis ont perdu 27,6 % de leurs populations en France entre 1989 et 2019.

La LPO prône un changement de paradigme afin de s’appuyer sur la préservation du vivant pour rendre les villes plus résilientes face aux évolutions du climat tout en luttant contre l’effondrement de la biodiversité.

Allain Bougrain Dubourg
Président de LPO

Les habitants des villes sont en attente sur le sujet : 61 % des personnes interrogées dans le sondage IPSOS réalisé pour le magazine 30 millions d’amis et Peuple Animal appellent à une politique ambitieuse de préservation de la biodiversité en ville.

Les premières Assises de l’Animal en Ville permettent de mettre en lumière les solutions concrètes pour créer les conditions du respect et du retour de la faune sauvage dans le milieu urbain.

En ville, comme ailleurs, redonnons à la nature la place qui est la sienne : parmi nous.

Les 20 propositions des Assises de l’animal en ville 2024

Ce livre blanc présente 20 propositions issues des travaux des Assises nationales. Elles doivent permettre de trouver des solutions nouvelles ou renforcées afin de redonner toute sa place dans l’espace urbain aux animaux domestiques et à la faune sauvage, tout en conciliant les usages avec lesquels ils partagent le territoire.

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LE CHIEN : favoriser sa présence et le partage du territoire

  • FORMER LES PROPRIÉTAIRES
  • LABELLISER LES PROFESSIONNELS
  • OUVRIR L’ACCÈS AUX TRANSPORTS EN COMMUN
  • AMÉNAGER DES ESPACES VERTS CANINS
  • RENFORCER L’IMPLICATION CITOYENNE DES PROPRIÉTAIRES DE CHIENS

LE CHAT : Maîtriser la prolifération et l’errance

  • RENDRE LA STÉRILISATION OBLIGATOIRE
  • FAIRE DE LA LUTTE CONTRE L’ERRANCE FÉLINE ET L’ABANDON UNE CAUSE NATIONALE EN 2025
  • STOPPER L’ENTRÉE DES CHATS EN FOURRIÈRE
© tostphoto/Istockphoto

FAUNE SAUVAGE : Préserver et restaurer la faune sauvage en ville

  • FAVORISER DES HABITATS ET AMÉNAGEMENTS FAVORABLES À LA FAUNE SAUVAGE
  • REPENSER LE PROJET D’AMÉNAGEMENT URBAIN AUTOUR DE LA BIODIVERSITÉ
  • RÉALISER DES ESPACES VÉGÉTALISÉS FAVORABLES À LA FAUNE SAUVAGE
  • RÉDUIRE LA POLLUTION SONORE ET LUMINEUSE
  • RECONNECTER LES HABITANTS AU VIVANT DANS LA VILLE
  • MOBILISER LES ÉLUS ET ACTEURS DE L’AMÉNAGEMENT URBAIN POUR LA PRISE EN COMPTE DE LA BIODIVERSITÉ
  • REPRÉSENTER LES NON HUMAINS DANS LES CONSEILS MUNICIPAUX
JohnnyH5/Istockphoto

LIMINAIRES : La cohabitation est-elle possible ?

  • AMÉLIORER LA GESTION DES DÉCHETS
  • DÉVELOPPER ET ADAPTER LE MOBILIER URBAIN POUR LES PIGEONS
  • CRÉER UNE APPLICATION POUR LA RECONNAISSANCE DES ESPÈCES
  • INCLURE LES LIMINAIRES DANS LA RELATION SYNDIC/BAILLEURS/OCCUPANTS
Suzy, la nounou du collège

TOUTES ESPÈCES : éduquer et sensibiliser

  • SENSIBILISER LES JEUNES PUBLICS

Télécharger le Livre blanc de l’animal en ville

Quarante-deux villes, trois agglomérations de villes, une région et cent vingt associations, organisations professionnelles, experts, chercheurs et entreprises concernés par la problématique de l’animal en ville, ont partagé leurs expériences, réfléchi aux besoins du présent et proposé des recommandations pour l’avenir.

10 apprentissages clés du Baromètre RSE 2024

Vendredi, une start-up sociale pionnière dans l’intégration de l’engagement au cœur de la culture des entreprises, en collaboration avec Kantar Insights et 11 partenaires, nous dévoile les résultats de la troisième édition de son Baromètre RSE 2024. Une étude de référence de la Responsabilité Sociale et Environnementale des entreprises qui identifie dix apprentissages clés pour une accélération à la hauteur de l’urgence et pour la construction d’un futur positif !

Votre entreprise a-t-elle déjà mis en place des actions d’engagement solidaire ou de philanthropie ?

C’est pour “pour pallier l’absence d’une mesure commune des pratiques RSE” que Vendredi a lancé la première édition de ce Baromètre ouvert il y a trois ans. Son intention est de proposer un outil pour comprendre les changements en cours et permettre à chaque entreprise de se comparer et s’inspirer des pratiques des autres.

Si la RSE s’est imposée au sein des entreprises, sa nécessité n’étant plus remise en question, elle doit encore démontrer son efficacité et ses capacités à engendrer des transformations profondes et durables.

la RSE est-elle en train de connaître une accélération à la hauteur de l’urgence sociale et environnementale ?

Le Baromètre RSE 2024 répond à cette question et identifie dix apprentissages clés pour une accélération à la hauteur de l’urgence et pour la construction d’un futur positif !

1 – Plus de ressources au service de la RSE

Quel est le budget annuel mis à disposition de votre département RSE ?

Les entreprises sont de plus en plus nombreuses à dédier du temps et de l’argent à la RSE : 78% des organisations interrogées (contre 70% en 2022) et 76% y allouent un budget (contre 68% en 2022). La taille des équipes et les enveloppes budgétaires augmentent également, même si les ressources dédiées sont encore perçues comme insuffisantes.

2 – La RSE s’impose dans la stratégie de l’entreprise

La RSE est-elle directement représentée au sein du COMEX/comité de direction ?

En s’intéressant de plus en plus à la RSE, le COMEX permet au sujet de devenir central, et d’impacter les prises de décisions : dans 70% des entreprises interrogées, la RSE est rattachée au COMEX (contre 63% en 2022). Le COMEX est d’ailleurs la partie prenante la plus impliquée autour du sujet : il est “moteur” ou “favorable” dans 93% des entreprises répondantes.

3 – L’environnement, une thématique RSE prioritaire

Sur quelle(s) cause(s) avez-vous déjà sensibilisé vos salarié·es ?

L’environnement est l’enjeu central des politiques RSE, et un champ d’action pour toutes les entreprises, peu importe leur maturité. C’est le premier thème de sensibilisation des salarié·es (90% des entreprises interrogées ont déjà sensibilisé leurs équipes au sujet), mais aussi un sujet autour duquel les actions se structurent de plus en plus : 68% des entreprises déclarent avoir réalisé un bilan carbone, contre 47% en 2022.

4 – Des évolutions légales impactent les pratiques

D’après vous, à quel point ces éléments motivent la mise en place d’actions RSE dans votre entreprise ?

Le cadre légal et son évolution, comme la récente CSRD, ont une influence grandissante sur les démarches RSE des entreprises concernées : la réponse à ces obligations est devenu le moteur principal de passage à l’action des ETI et des grandes entreprises (GE). Cela se fait ressentir sur leurs pratiques concrètes, comme la mesure de l’empreinte carbone : 96% des GE ont déjà réalisé un bilan carbone, contre 89% en 2022.

5 – Des façons d’agir & causes prioritaires qui évoluent

D’après vous, à quel point ces éléments motivent la mise en place d’actions RSE dans votre entreprise ?

Face aux mutations des besoins des attentes, certains thèmes RSE sont priorisés, comme la santé mentale des équipes (65% des entreprises sensibilisent à ce sujet, contre 49% en 2022) ou la diversité socio-économique (70% agissent autour de ce sujet, contre 55% en 2022). Les façons d’agir se transforment également : les Fresques sont par exemple en plein essor, avec 60% des entreprises qui en ont déjà organisé (contre 41% en 2022)

6 – La mobilisation des salariés, une nécessité

Avez-vous déjà mené des actions de sensibilisation de vos salarié·es autour des enjeux sociaux et environnementaux ?

Les entreprises, conscientes de la nécessité d’embarquer leurs équipes, sont de plus en plus nombreuses à activer ce levier ! Mais cela reste encore difficile pour nombre d’entre elles : seuls 17% considèrent leurs équipes comme “motrices” de leur politique RSE. Les jours d’engagement au travail, aux bénéfices réels pour mobiliser largement ses équipes, est une pratique qui se développe, mais reste peu répandue : 28% des entreprises l’ont mis place, contre 23% en 2022.

7 – Des causes peu abordées dont il faut se saisir

Quelles sont les causes prioritaires sur lesquelles vous engagez vos salarié·es ou mettez en place des actions de philanthropie ?

Certaines thématiques sont peu intégrées dans les plans d’actions RSE. L’aide et l’insertion des réfugiés, qui avait émergé en 2022 suite à la guerre en Ukraine, redevient très minoritaire : seuls 8% des entreprises sensibilisent à ce sujet. Les questions LGBTQIA+, abordées par 19% des entreprises, sont toujours la cause sociale la moins abordée. Enfin, la biodiversité est un sujet environnemental émergent : 32% des entreprises l’abordent, et 30% souhaitent se lancer.

8 – Des freins prégnants sur lesquels se focaliser

D’après vous, à quel point les facteurs ci-dessous sont-ils des freins au déploiement de la politique RSE au sein de votre entreprise ?

Malgré une hausse significative des budgets et équipes dédiées, le manque de ressources est toujours le principal obstacle au déploiement de la RSE : 82% des entreprises considèrent le manque de temps et d’équipe comme un frein important, soit autant qu’en 2022 ; et une majorité (65%) déclarent manquer de budget. Par ailleurs, la difficulté de mesurer l’impact et le ROI des actions RSE est un véritable enjeu, considéré comme frein important par 74% des entreprises.

9 – S’inspirer de la maturité des grandes entreprises

Plus de moyens, des stratégies mieux structurées, des actions plus diversifiées… Les grandes entreprises (GE) sont les plus matures en matière de RSE : 98% des GE ont un budget dédié, contre 76% de l’échantillon global ; ou encore 61% ont au moins un label RSE, contre 39% au global. Cet écart peut être perçu comme une opportunité : de par leur influence et leur capacité à inspirer, les GE doivent ouvrir la voie à la transition profonde des TPE et PME.

10 – Des signaux faibles d’accélération de la RSE

Classez les parties prenantes suivantes en fonction de la pression qu’elles exercent sur la mise en place d’actions RSE dans votre entreprise

Certains signaux permettent d’imaginer que la RSE va connaître une véritable accélération dans les années à venir. La représentation croissante de la RSE au sein du COMEX, par exemple, va permettre aux entreprises d’avoir un budget plus conséquent, mais aussi de mieux impliquer l’ensemble de leurs équipes. La priorité mise dans la sensibilisation des équipes, également, va permettre de rendre plus durable la transition et augmentant la part de salariés mobilisés.

Télécharger le Baromètre de la RSE 2024

Baromètre RSE 2024

Les technologies liées à l’hydrogène sont elles pertinentes pour atteindre les objectifs de développement durable ?

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Ce rapport est l’œuvre d’une cinquantaine d’étudiants scientifiques tirés au sort pour participer à la première « Convention scientifique étudiante ». Lancée en 2023 par la Société des Ingénieurs et Scientifiques de France (IESF) sous le haut patronage du ministre chargé de l’Industrie et de l’Énergie, elle avait pour tâche de dire dans quelle mesure « les technologies liées à l’hydrogène sont pertinentes pour atteindre les objectifs de développement durable » et quels devraient en être les usages prioritaires.

La Convention Scientifique Étudiante (CSE) est une initiative lancée en 2023 par le Comité Jeunes Promotions (JP) de la fédération des Ingénieurs Et Scientifiques de France (IESF). Elle a pour but de réunir des étudiants scientifiques – du master au doctorat – choisis au hasard pour représenter ce spectre de la population.

Sur le format des Conventions Citoyennes (Climat, Fin de Vie, …), encadrés par des animateurs et garants, quatre sessions de deux jours, rythmées par des conférences et des débats ont permis de rassembler experts et intervenants issus de la recherche, de l’industrie, des institutions, des ONG et du monde politique.

La question qui a été posée à la Convention est la suivante :

Dans quelle mesure et à quelles conditions les technologies liées à l’hydrogène sont-elles pertinentes pour atteindre les objectifs de développement durable, dans un monde aux ressources finies ? Quels devraient être les usages prioritaires ?

Les rencontres avec des spécialistes d’horizons variés ont éclairé leur compréhension des enjeux liés à l’hydrogène et enrichi les réflexions menées collectivement. Le résultat de cette Convention est un ensemble de recommandations, établies à l’issue de débats animés sur la production et l’utilisation de l’hydrogène. Ce rapport a été exclusivement élaboré par cette assemblée de jeunes scientifiques.

Un contexte d’urgence pour la transition énergétique

Le sixième rapport du GIEC tire la sonnette d’alarme : les émissions de gaz à effet de serre dues aux activités humaines ont réchauffé le climat à un rythme sans précédent. La température de la surface du globe s’est déjà élevée de 1,1 °C par rapport à la période pré-industrielle. Quelles que soient nos actions, ce réchauffement atteindra 1,5 °C dès le début des années 2030. L’utilisation massive d’énergie fossile contribue grandement à ce réchauffement mondial. Le mix énergétique de la France, bien que moins carboné par rapport à d’autres pays industrialisés, reste émetteur net de Gaz à effet de serre (GES). La part en énergie fossile représente toujours 50 % de l’énergie consommée en 2022 dans notre pays. La limitation du réchauffement climatique ne sera possible, selon les experts du GIEC, qu’en accélérant la baisse des émissions de GES. Il est donc crucial pour les jeunes générations, de s’impliquer dans cette transition énergétique.

Dans la recherche de solutions futures aux besoins énergétiques, il est essentiel d’intégrer les objectifs de développement durable (ODD) à la recherche d’énergies décarbonées. L’engouement actuel pour l’hydrogène, par son potentiel de décarbonation, rend nécessaire de réaliser une évaluation globale des impacts de ce nouveau vecteur d’énergie, ainsi que sa faisabilité. L’objectif est d’en dégager une vision systémique des atouts et points d’attentions du développement d’une filière hydrogène française.

Aujourd’hui, 95 % de l’hydrogène est consommé par le secteur industriel en France. Les trois plus importants sont le raffinage de produits pétroliers (60 %), la synthèse d’ammoniac, principalement pour les engrais (25 %) et la chimie (10 %)​​. Essentiellement issu d’une production carbonée, seul 2 % de l’hydrogène provient d’énergies renouvelables.

L’hydrogène est perçue comme une promesse dans la transition énergétique mondiale, avec des stratégies ambitieuses déployées partout dans le monde. La Commission européenne a annoncé, en 2020, un objectif de déploiement de 40 GW d’électrolyseurs d’ici 2030, pour produire 10 millions de tonnes d’hydrogène.

En France, dont la stratégie vise la souveraineté énergétique, une feuille de route prévoit l’installation de 6,5 GW de capacité de production bas-carbone d’ici 2030, soutenue par un investissement de 9 milliards d’euros sur dix ans. L’Allemagne mise massivement, en plus d’une production locale (5 GW​​), sur l’importation pour subvenir à ses besoins internes. La Chine prévoit de produire des électrolyseurs pour l’exportation et d’investir dans la production d’hydrogène.


Hydrogène Vert : un décollage amorcé mais un marché à plusieurs vitesses selon une Étude Les Échos.

Quelles opportunités concrètes pour les secteurs de l’énergie, de l’industrie et des transports ?

L’étude « Hydrogène vert, décollage amorcé » que vient de publier Les Échos Études livre une vision unique et sans concession des perspectives du marché de l’hydrogène renouvelable en France. Derrière les
effets d’annonces et les projections prometteuses, toutes les filières ne présentent pas le même potentiel. Si le décollage est imminent pour les usages industriels, la donne est toute autre pour la mobilité hydrogène.

GUETTYIMAGES

La filière hydrogène

Parmi les éléments les plus abondants à la surface de la Terre, l’atome d’hydrogène est lié à d’autres types d’atomes dans l’eau, les hydrocarbures ou la biomasse. La molécule de dihydrogène (deux atomes d’hydrogène) n’existe pratiquement pas à l’état pur sur Terre. La majorité de l’hydrogène doit donc être produite à partir de sources d’énergie primaire pour être utilisé en tant que vecteur énergétique pour transporter l’énergie et en tant que matière première comme molécule chimique.

Une des problématiques de l’hydrogène est sa faible densité énergétique : il prend 4,6 fois plus de place que l’essence pour stocker une même quantité d’énergie. Un autre enjeu est la sécurité : l’hydrogène a beau être très peu dense, les explosions sont très dangereuses.

I. Production

Actuellement, d’après l’AIE, 95 Mt d’hydrogène​​ sont consommées à l’échelle mondiale, majoritairement par les industries chimiques et pétrolières. La France en consomme 1 Mt par an et l’Europe 8 Mt​​. 94% de la production est effectuée à partir d’énergie fossile en France​​, un procédé très polluant puisque la production d’1 kg d’hydrogène génère plus de 10 kg de CO2e​​ : par exemple, la production d’hydrogène en France représente aujourd’hui 3 % des émissions de GES nationales​​. Le tableau ci-dessous présente tous les modes de production de l’hydrogène.

Source : Revue de l’Énergie, Hors-série octobre 2021

Si beaucoup d’industriels considèrent l’hydrogène comme un vecteur énergétique clef dans leur stratégie de décarbonation, il est nécessaire que cette molécule soit produite de façon décarbonée. C’est pourquoi la production d’hydrogène vert, rose ou bleu apparaît pertinente.

Ne pas développer de nouvelles capacités de production d’hydrogène par vaporeformage et captation du carbone (hydrogène bleu)

Mais la production d’hydrogène bleu ne permettra pas de sortir de notre dépendance aux énergies fossiles

Tendre uniquement vers le développement des filières de production d’hydrogène vert et rose

La production d’hydrogène vert ou rose repose sur le procédé d’électrolyse, qui utilise de l’électricité décarbonée et de l’eau pour produire de l’hydrogène. Le déploiement et la pertinence d’une filière de production d’hydrogène bas-carbone reposent sur certaines conditions.

Accélérer l’investissement dans la R&D des électrolyseurs pour améliorer les rendements et développer des technologies de rupture, plus économes en ressources (électrolyse haute température, diminution de l’empreinte matière, gestion de l’eau, etc.).

II. Distribution

Le réseau de transport de gaz actuel n’est pas adapté au transport d’hydrogène, sauf au prix de lourds investissements. L’autre solution de transport longue distance consiste à fabriquer un nouveau réseau de gazoducs, ce qui est encore plus onéreux et pose des enjeux d’acceptation et d’impacts sur la biodiversité. Les difficultés du transport de l’hydrogène soulignent la pertinence d’une production locale, permettant de réduire les distances parcourues.

Développer la production d’hydrogène proche des lieux d’usage afin de minimiser les distances de transport.

III. Stratégies nationales

La stratégie française doit s’intégrer dans la stratégie européenne. Par ailleurs, produire de grandes quantités d’hydrogène nécessite un renforcement du réseau électrique et une augmentation des capacités de production d’électricité décarbonée.

Au regard de la consommation d’électricité, de matières premières et du coût de l’hydrogène, la production sera nécessairement limitée et ne permettra pas de satisfaire tous les besoins envisagés par les acteurs économiques pour décarboner leur filière. Ceci justifie la priorisation des usages et le recours à la sobriété pour diminuer notre consommation d’énergie. C’est seulement dans un contexte de sobriété que les technologies liées à l’hydrogène apparaissent pertinentes pour atteindre nos objectifs de développement durable.

Soutenir une production locale d’hydrogène en France en développant l’ensemble de la chaîne de valeur.

Les usages

La Convention scientifique étudiante sur l’hydrogène a identifié trois domaines potentiels de développement de la technologie hydrogène :

  • Les mobilités, qu’elles soient routières, ferroviaires, maritimes ou aériennes
  • L’industrie
  • L’équilibrage du réseau électrique

Mobilités

En France, 80 % des déplacements effectués par la SNCF sont réalisés par des trains électriques. Le ferroviaire représente moins de 0,5 % des émissions totales de GES du secteur du transport, ce qui en fait le mode de transport le moins émetteur de carbone.

Ne pas prioriser le développement du train à hydrogène en France.

L’infographie ci-dessous présente la place potentielle du train à hydrogène dans le trafic ferroviaire.

Source : Alstom, “Hydrogen trains”, Stéphane Kaba, 01/2024

Aujourd’hui, plus de 80 % du volume de marchandises mondial transite par les mers et le secteur maritime est responsable de près de 3 % des émissions de GES soit environ 1 Gt CO2e.

Effectuer une transition vers des carburants de synthèse, à base d’hydrogène (e-carburants, hydrogène liquide, hydrogène gazeux) pour les navires marchands.

On retrouve sur le graphique ci-dessous une répartition des carburants en fonction des types de navires prenant en compte la puissance nécessaire à la propulsion et les capacités de stockage à bord.

Optimum des options zéro-émissions pour différents navires
(Source : Hydrogen Europe, 2020)

Repenser le trafic maritime global dans l’optique de décarboner au maximum la filière tout en intégrant l’hydrogène dans son mix énergétique.

La mobilité routière représente en France 30 % des émissions de GES, dont la moitié est imputable à la mobilité individuelle.

Planifier, à l’échelle européenne, l’usage de l’hydrogène pour la mobilité routière lourde.

Ne pas développer l’usage de l’hydrogène pour les véhicules légers.

L’aviation est responsable de 3 % des émissions de gaz à effet de serre dans le monde. Une étude de l’Ademe indique que pour respecter les objectifs des plans européens, la production de SAF (Sustainable Aviation Fuel), en France en 2050, nécessiterait entre 25 et 108 TWh d’électricité selon les scénarios envisagés​​. Ainsi, il semble nécessaire d’ajouter des mesures de sobriété, avec le report modal, en complément des solutions technologiques.

Ne pas encourager les technologies fondées sur l’utilisation directe de l’hydrogène (piles à combustible et combustion directe) pour la mobilité aérienne.

Industrie

Les industries sont une priorité en matière de décarbonation en France. Elles représentent une part importante des émissions françaises de gaz à effet de serre (18 %​​). Les trois principaux secteurs industriels concernés par les émissions de gaz à effet de serre sont :

  • La sidérurgie ;
  • L’industrie chimique incluant les engrais et le raffinage ;
  • La cimenterie.

Prioriser l’usage de l’hydrogène dans l’industrie, à des fins de décarbonation, en excluant l’utilisation d’argent public pour la branche industrielle de raffinage du fait de son incompatibilité avec les objectifs de décarbonation.

Source : Carbone 4 – Étude Hydrogène

Équilibrage réseau

Le réseau électrique comprend la production, le transport, la distribution et la régulation de l’électricité. La production en électricité doit être égale à la consommation à tout instant. L’hydrogène peut avoir un rôle à jouer dans l’équilibrage du réseau électrique.

Ne pas envisager l’importation d’hydrogène pour l’équilibrage du réseau électrique.

Conclusion

L’hydrogène n’est pas une solution miracle, mais une technologie pertinente nécessitant d’être développée pour des usages prioritaires, à condition de respecter les objectifs de développement durable et de sobriété. La production d’hydrogène étant contrainte, il est nécessaire de prioriser ses usages. La Convention scientifique étudiante recommande la hiérarchisation suivante :

Rapport de la Convention scientifique étudiante sur l’hydrogène

Les 10 principes du Code mondial d’éthique du tourisme

Cadre de référence fondamental pour le tourisme responsable et durable, le Code mondial d’éthique du tourisme est un ensemble de 10 principes destinés à guider les principaux acteurs du développement touristique. Le Code, qui s’adresse aussi bien aux pouvoirs publics qu’aux professionnels du voyage, aux populations et aux touristes, a pour objet d’accroitre les effets bénéfiques du tourisme tout en limitant son incidence négative sur l’environnement, le patrimoine culturel et les sociétés à travers le monde.

« Le tourisme est un véritable moteur de la solidarité et du développement. Nous avons tous intérêt à tirer pleinement parti de sa capacité à rassembler les personnes et les populations, dans le respect du Code mondial d’éthique du tourisme. De la sorte, le tourisme pourra continuer d’ouvrir de meilleures perspectives et d’être un vecteur du développement durable pour des millions de gens à travers le monde. »

Zurab Pololikashvili,
Secrétaire général de l’OMT,
août 2020
La Convention de l’OMT relative à l’éthique du tourisme

Le Code a été adopté en 1999 par l’Assemblée générale de l’Organisation mondiale du tourisme. Deux ans plus tard, l’Assemblée générale des Nations Unies a encouragé expressément l’OMT à favoriser un suivi efficace de ses dispositions. Le Code n’est pas juridiquement contraignant mais il prévoit néanmoins un mécanisme d’application volontaire à travers le rôle confié au Comité mondial d’éthique du tourisme qui peut être saisi par les parties prenantes de questions liées à l’application et à l’interprétation du document.

Les 10 principes du Code couvrent les composantes économiques, sociales, culturelles et environnementales des voyages et du tourisme :

1 – Contribution du tourisme à la compréhension et au respect mutuels entre hommes et sociétés

La compréhension et la promotion des valeurs éthiques communes à l’humanité, dans un esprit de tolérance et de respect de la diversité des croyances religieuses, philosophiques et morales, sont à la fois le fondement et la conséquence d’un tourisme responsable ; les acteurs du développement touristique et les touristes eux-mêmes se doivent de porter attention aux traditions ou pratiques sociales et culturelles de tous les peuples, y compris celles des minorités et des populations autochtones, et de reconnaître leur richesse. (…)

2 – Le tourisme, vecteur d’épanouissement individuel et collectif

Le tourisme, le plus souvent associée au repos, à la détente, au sport, à l’accès à la culture et à la nature, doit être conçu et pratiqué comme un moyen privilégié de l’épanouissement individuel et collectif ; pratiqué avec l’ouverture d’esprit nécessaire, il constitue un facteur irremplaçable d’auto-éducation personnelle, de tolérance mutuelle et d’apprentissage des différences légitimes entre peuples et cultures, et de leur diversité. (…)

3 – Le tourisme, facteur de développement durable

Il est du devoir de l’ensemble des acteurs du développement touristique de sauvegarder le milieu naturel, dans la perspective d’une croissance économique saine, continue et durable, propre à satisfaire équitablement les besoins et les aspirations des générations présentes et futures. L’ensemble des modes de développement touristique permettant d’économiser les ressources naturelles rares et précieuses, notamment l’eau et l’énergie, ainsi que d’éviter la production de déchets, devront être privilégiés et encouragés par les autorités publiques nationales, régionales et locales. (…)

4 – Le tourisme, utilisateur du patrimoine culturel de l’humanité et élément contribuant à son enrichissement

Les ressources touristiques appartiennent au patrimoine commun de l’humanité ; les communautés sur les territoires desquelles elles se situent ont, vis-à-vis d’elles, des droits et des obligations particuliers. Les politiques et activités touristiques sont menées dans le respect du patrimoine artistique, archéologique et culturel, qu’elles doivent protéger et transmettre aux générations futures ; un soin particulier est accordé à la préservation et mise en valeur des monuments, sanctuaires et musées, de même que des sites historiques ou archéologiques, qui doivent être largement ouverts à la fréquentation touristique. (…)

5 – Le tourisme, activité bénéfique pour les pays et communautés d’accueil

Les populations locales sont associées aux activités touristiques et participent équitablement aux bénéfices économiques, sociaux et culturels qu’elles génèrent, et spécialement aux créations d’emplois directes et indirectes qui en résultent. Les politiques touristiques doivent contribuer à l’amélioration des niveaux de vie des populations des régions visitées et répondent à leurs besoins ; la conception urbanistique et architecturale et le mode d’exploitation des stations et hébergements doivent viser à leur intégration dans le tissu économique et social local ; à compétence égale, l’emploi de la main-d’œuvre locale doit être recherché en priorité. (…)

6 – Obligations des acteurs du développement touristique

Les acteurs professionnels du tourisme ont l’obligation de fournir aux touristes une information objective et sincère sur les lieux de destination, et sur les conditions de voyage, d’accueil et de séjour ; ils assurent la parfaite transparence des clauses des contrats proposés à leurs clients, tant en ce qui concerne la nature, le prix et la qualité des prestations qu’ils s’engagent à fournir que les contreparties financières en cas de rupture unilatérale desdits contrats. (…)

7 – Droit au tourisme

La possibilité d’accéder, directement et personnellement, à la découverte des richesses de la planète constitue un droit également ouvert à tous les habitants du monde ; la participation toujours plus étendue au tourisme national et international doit être considérée comme l’une des meilleures expressions possibles de la croissance continue du temps libre, et ne pas se voir opposer d’obstacles. Le droit au tourisme pour tous doit être regardé comme le corollaire de celui au repos et aux loisirs, et notamment du droit à une limitation raisonnable de la durée du travail et à des congés payés périodiques (…)

8 – Liberté des déplacements touristiques

Les touristes et visiteurs bénéficient, dans le respect du droit international et des législations nationales, de la liberté de circuler à l’intérieur de leur pays comme d’un État à un autre, conformément à l’article 13 de la Déclaration universelle des droits de l’homme ; ils doivent pouvoir accéder aux zones de transit et de séjour ainsi qu’aux sites touristiques et culturels sans formalité exagérée ni discrimination. Les touristes et visiteurs se voient reconnaître la faculté d’utiliser tous les moyens de communication disponibles (…)

9 – Droits des travailleurs et des entrepreneurs de l’industrie touristique

Les droits fondamentaux des travailleurs salariés et indépendants de l’industrie touristique et des activités connexes doivent être assurés sous le contrôle des administrations tant de leurs États d’origine que de celles des pays d’accueil, avec un soin particulier compte tenu des contraintes spécifiques liées notamment à la saisonnalité de leur activité, à la dimension globale de leur industrie et à la flexibilité qu’impose souvent la nature de leur travail. (…)

10 – Mise en œuvre des principes du Code mondial d’éthique du tourisme

Les acteurs publics et privés du développement touristique coopèrent dans la mise en œuvre des présents principes et se doivent d’exercer un contrôle de leur application effective. Les acteurs du développement touristique reconnaissent le rôle des institutions internationales, au premier rang desquelles l’Organisation mondiale du tourisme, et des organisations non gouvernementales compétentes en matière de promotion et de développement du tourisme, de protection des droits de l’homme, d’environnement ou de santé, dans le respect des principes généraux du droit international.

Comité mondial d’éthique du tourisme

Institué en 2003, le Comité mondial d’éthique du tourisme est l’organisme impartial chargé de l’interprétation, de l’application et de l’évaluation des dispositions du Code mondial d’éthique du tourisme établi par l’OMT.

#travelenjoyrespect

Le touriste responsable

Afin de faciliter la compréhension par les touristes des principes du Code mondial d’éthique du tourisme, le Comité mondial d’éthique du tourisme a préparé une version du Code plus brève et plus conviviale sous forme de dépliant, « Le touriste et le voyageur responsables » (2005). Avec l’Année internationale du tourisme durable pour le développement, les « Conseils pratiques pour être un voyageur responsable » (2017) reprennent les principes du Code visant directement les touristes, pour aider les voyageurs à adopter un comportement encore plus responsable.

Contexte du Code mondial d’éthique du tourisme

Le Code mondial d’éthique du tourisme offre un cadre de référence aux fins du développement responsable et durable du tourisme mondial. Il s’inspire de nombreuses déclarations analogues et codes professionnels préexistants dans le secteur en y insufflant un nouvel élan, à l’image de la société en mouvement de ce début du XXIe siècle.

Comprendre les enjeux de la CSRD – Corporate Sustainability Reporting Directive

Tennaxia, précurseur français des logiciels de pilotage de la performance durable des entreprises et investisseurs, décrypte pour nous les grands thèmes de la CSRD à travers une web série dédiée. Grâce aux explications d’experts et de consultants, [re]découvrez les grands enjeux et attentes du législateur en matière de rapport de durabilité de l’entreprise.

La CSRD, qu’est-ce que c’est ?

La CSRD est une déclinaison du Green Deal européen pour 50 000 entreprises, dont près de 80% qui ne rapportaient pas jusqu’à présent de données et informations environnementales, sociales et de gouvernance (ESG).

Son objectif : engager la transition écologique de ces entreprises, comme un vecteur de la durabilité de leur modèle.

La CSRD donne une nouvelle dynamique aux 20 ans d’expérimentation en France du reporting extra-financiers. De reporting « rétroviseurs » qui font en fin d’année le constat des données RSE, la CSRD engage les entreprises dans un reporting de transformation, qui induit l’engagement sur des trajectoires, avec des objectifs fixés qu’il faudra piloter et sur lesquels il faudra rendre compte.

#1 Le rapport de durabilité

Quel est son contenu ? A quels objectifs doit-il répondre ? Quelles notions recouvre-t-il ?
Avec Bertrand Desmier, Senior Advisor pour Tennaxia, qui nous donne les clés pour bien réaliser son rapport de durabilité.

#2 La donnée et les ESRS

Qu’est-ce qu’une donnée extra-financière ou ESG ? Quel est l’attendu ? Que sont les ESRS ?
Avec Clémentine Crépon-Thomas, Consultante RSE et référente CSRD logiciel pour Tennaxia, qui nous décrypte les grands enjeux liés à la donnée.

#3 Aborder la CSRD : de la théorie à la pratique

Comment aborder la CSRD ? Quels sont les facteurs clés de succès de la mise en œuvre du reporting ? Quels sont les bénéfices ?
Avec Patricia Savin, Présidente de l’association Orée et Associée de DS Avocats, qui répond à ces questions.

#4 Le gap analysis

Qu’est-ce que la gap analysis ? A quelle étape intervient-il et comment le mener à bien ?
Avec Véronique Pincas, Directrice de projets RSE de Tennaxia, qui nous explique cette notion.

#5 L’audit

Qui sera en capacité d’auditer les entreprises soumises à la CSRD ? Que fera l’auditeur ? Quels seront ses objectifs ?
Avec Emmanuel Thierry, Global CSRD Task Force Leader chez Mazars, qui répond à ces questions pour la web série de Tennaxia.

#6 Chaîne de valeur et parties prenantes

Qu’est-ce que la chaîne de valeur ? Comment savoir jusqu’où remonter ? Quelles parties prenantes interroger ?

Avec Mélanie Deal, consultante RSE Senior de Tennaxia, qui répond à ces questions.

Lutte contre la dépendance énergétique : les politiques énergétiques française et européenne en 2024

Depuis 2019, la France a intégré dans sa législation l’objectif de la neutralité carbone d’ici 2050, conformément à l’Accord de Paris sur le changement climatique. Cette mobilisation pour le climat implique de nombreux défis : redéfinir le système énergétique, garantir l’approvisionnement en énergie, préserver la compétitivité et protéger les consommateurs français. La diversification des sources d’énergie est un élément clé pour réduire la dépendance aux énergies fossiles.

Urgence à se détourner des combustibles fossiles

Pour limiter l’impact du réchauffement climatique sur les sociétés, les pays du monde entier se sont fixé un objectif en 2015, avec l’Accord de Paris, de maintenir l’augmentation de la température mondiale bien en dessous de 2°C d’ici 2100 par rapport aux niveaux préindustriels, et de poursuivre les efforts pour limiter cette augmentation à 1,5°C. Atteindre ces objectifs, essentiels pour maintenir une planète vivable, nécessite des actions immédiates, rapides et à grande échelle pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. L’ambition est notamment d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 et de réduire la consommation d’énergie finale de 50% par rapport à 2012.

Le secteur des transports est particulièrement dépendant des produits pétroliers, qui représentent 91% de la consommation d’énergie finale. Dans le bâtiment, le gaz et le pétrole comptent pour près de la moitié de la consommation d’énergie primaire. La réduction de cette dépendance passe notamment par l’accélération de la diversification énergétique au niveau national et européen. Cela est d’autant plus important dans un contexte où les bénéfices records de TotalEnergies soulignent l’importance du secteur pétrolier pour l’économie française.

CA et résultat de Total SE par PolesSociétés : toutes les données légales et financières de plus de 12 millions d’entreprises françaises, fournies par Infogreffe.

Les initiatives françaises en matière de politique énergétique

Pour atteindre ces objectifs ambitieux, la France met en place plusieurs mesures et actions. Le développement des énergies renouvelables est à la fois une priorité environnementale et économique. Les investissements dans ce secteur se multiplient, avec pour objectif de porter la part des énergies renouvelables à 40% de la production d’électricité d’ici 2030.

Le gouvernement français soutient également la transition vers la mobilité électrique en mettant en place des incitations financières pour encourager l’achat de véhicules électriques et en finançant le déploiement de bornes de recharge sur tout le territoire. L’objectif est d’atteindre 100 000 bornes de recharge publiques d’ici la fin 2022, et que 10% des véhicules neufs vendus en France soient électriques ou hybrides en 2030.

Dans le secteur du bâtiment, la rénovation énergétique joue un rôle crucial pour réduire les consommations énergétiques et ainsi diminuer le recours aux énergies fossiles. Le gouvernement français met donc en place des dispositifs d’aide financière, comme « MaPrimeRénov' », pour soutenir les travaux de rénovation énergétique des logements des particuliers.

Coopération européenne en matière de politique énergétique

L’Union européenne (UE) est également un acteur clé dans la transition énergétique. Elle a adopté en 2018 un ensemble ambitieux de politiques énergétiques à l’horizon 2030, dont l’objectif principal est de permettre aux États membres de coopérer efficacement afin d’accélérer la transition vers une énergie propre et sûre.

Parmi les initiatives majeures au niveau européen, on retrouve le Green Deal, lancé fin 2019. Ce plan d’action prévoit un ensemble de mesures visant à faire de l’Europe le premier continent climatiquement neutre d’ici 2050. Il s’articule autour de plusieurs domaines clés, tels que l’énergie propre, l’efficacité énergétique, les transports durables et la protection de la biodiversité.

L’UE soutient également la construction d’infrastructures énergétiques transfrontalières, grâce au Mécanisme pour l’interconnexion en Europe (MIE). Ce programme vise à renforcer les interconnexions entre les réseaux nationaux et à favoriser le développement des énergies renouvelables dans toute l’Europe, tout en contribuant à la sécurité de l’approvisionnement en énergie.

Échec de la réduction des déchets et dysfonctionnements du principe pollueur-payeur

Dans son nouveau rapport, l’association Zero Waste France dresse un bilan critique de l’application du principe pollueur-payeur, à travers le système de Responsabilité élargie du producteur (REP) et des éco-organismes. Alors que le gouvernement envisage la création d’une instance de régulation de ce système, l’association demande plus de contrôles et de sanctions pour les entreprises pollueuses, et davantage de soutien aux alternatives, telles que le réemploi. Elle appelle à inscrire dans la loi des trajectoires de réduction de la production, afin de respecter la limite de +1,5°C fixée par l’Accord de Paris.

Un système en échec face à l’impératif de réduction des déchets

Mise en place dès 1993 pour les emballages, la Responsabilité élargie du producteur (REP) consiste à faire porter aux entreprises qui commercialisent des produits la responsabilité de leur fin de vie.

A travers des éco-organismes, les producteurs contribuent ainsi à financer le service public de gestion des déchets. Depuis 2020, avec la loi anti-gaspillage (AGEC), les obligations qui incombent aux entreprises dans le cadre de la REP se sont étendues afin d’engager la transformation de nos modes de production et de consommation.

C’est pourquoi les particuliers peuvent désormais bénéficier d’un bonus réparation de 50 euros de réduction sur le coût de réparation d’un lave-linge ou d’une reprise de leur canapé usagé au moment d’en acheter un nouveau.

Enfin, la REP a vocation à soutenir le développement d’alternatives, telles que la seconde main ou la consigne pour réemploi des bouteilles. Mais alors que la loi AGEC a fixé un objectif de réduction de 15 % des quantités de déchets ménagers et assimilés (DMA) produits par habitant d’ici à 2030 par rapport à 2010, ceux-ci ont connu une hausse de 5% entre 2019 et 2021, passant de 580 kg / habitant à 611 kg / habitant, selon l’ADEME.

Dans son rapport “Pollueurs, pas payeurs : un bilan de la responsabilité élargie des producteurs”, Zero Waste France montre que la REP manque son objectif de contribuer à la prévention des déchets.

Les différents mécanismes prévus dans ce cadre sont insuffisants, retardés et mal appliqués »
« Ces leviers ne sont pas assez incitatifs pour enrayer la crise de surproduction des déchets et de gaspillage des ressources”.

Bénédicte Kjaer Kahlat, responsable des affaires juridiques de l’association ZeroWaste France

Des tendances préoccupantes dans 4 secteurs phares

Zero Waste France prend part aux instances consultatives de suivi des filières soumises à la REP. A ce titre, l’association a pu élaborer une analyse critique des données publiques clés en matière de prévention et réduction des déchets dans 4 filières emblématiques : les emballages ménagers ; les textiles ; les équipements électriques et électroniques ; et les éléments d’ameublement.

Ces 4 filières représentent plus de 60% du volume des déchets gérés via la REP en France. “Dans toutes ces filières, nous observons sur la période 2017-2022 une tendance de fond à la hausse des quantités de produits commercialisées”, détaille Bénédicte Kjaer Kahlat. “Cette augmentation va jusqu’à 60% pour les équipements électriques et électroniques et 88% pour les éléments d’ameublement, et ce, malgré une baisse conjoncturelle dans ces secteurs en 2022, liée à la crise économique et à l’inflation”. 

Pollueur-payeur ou pollueur-décideur ? Le conflit d’intérêt au coeur-même de la REP

Le réemploi et la seconde main se développent de manière très insatisfaisante. Dans le secteur des emballages, le développement du réemploi, via notamment la consigne, souffre d’une absence de soutien et de pilotage de l’Etat ; dans le secteur des équipements électriques et électroniques, les équipements collectés et réemployés via les éco-organismes ne représentent même pas 1% du total des produits commercialisés. En cause selon Zero Waste France : le conflit d’intérêt au cœur-même de la REP. 

Dans le système actuel, les industriels fixent leurs propres règles et ne paient pas à la hauteur des pollutions qu’ils causent : au lieu du principe pollueur-payeur nous sommes dans une situation de pollueur-décideur”.

Charlotte Soulary, responsable du plaidoyer de Zero Waste France

Par exemple dans le cas du réemploi, comme ils n’ont aucun intérêt à encourager un modèle qui viendrait concurrencer leurs produits neufs, et comme la loi ne fixe aucune trajectoire ambitieuse, ils font le strict minimum. Dès lors, il ne faut pas s’étonner du développement poussif de cette filière”.

Charlotte Soulary, responsable du plaidoyer de Zero Waste France

Face aux pollutions, le besoin d’interdictions

En aval, la part des déchets mise en décharge ou incinérés peine à diminuer. Par exemple, près de la moitié des meubles jetés (47%) finissent enfouis ou brûlés en incinérateur.

A quel moment va-t-on arrêter les frais ?”, questionne Charlotte Soulary. “Beaucoup d’argent public est investi pour parvenir à gérer la fin de vie de produits nocifs pour la santé et l’environnement. Tenter de recycler ce qui ne l’est pas aujourd’hui n’est pas suffisant, nous avons aussi besoin d’interdictions”.

Charlotte Soulary.

Pour une reprise en main démocratique de la REP 

Pour une politique publique efficace de prévention des déchets, Zero Waste France détaille dans son rapport plusieurs propositions pour réformer en profondeur la gouvernance de la REP. L’association souligne la nécessité pour les pouvoirs publics d’aller au-delà de ce seul mécanisme, pour une pleine application du principe du pollueur-payeur. 

On ne peut pas laisser les clés du camion à ceux dont le seul intérêt est de produire et vendre toujours plus : c’est aller droit dans le mur”, alerte Charlotte Soulary. “Ce n’est pas aux acteurs économiques de définir seuls la route à suivre : il en va de l’avenir de la planète et de la santé des citoyens et citoyennes. Pour que le principe pollueur-payeur puisse pleinement s’appliquer, le Parlement et le gouvernement doivent s’emparer des enjeux de la REP et reprendre en main le débat démocratique sur les modes de production et de consommation”. 

Charlotte Soulary

Les propositions de Zero Waste France pour réduire plus efficacement les déchets

  • Mettre en place une instance indépendante de régulation et de sanctions, afin de renforcer les mécanismes de contrôle.
  • Appliquer des pénalités financières réellement dissuasives pour les marques en fonction du nombre de produits commercialisés et de leur impact environnemental tout au long du cycle de vie.
  • Fixer des objectifs contraignants de prévention des déchets et des trajectoires de réduction de la production dans les différentes filières, afin de respecter la limite de +1,5°C fixée par l’Accord de Paris.
  • Adopter des mesures fiscales à même d’intégrer les coûts environnementaux dans le signal prix des produits polluants et à usage unique.
  • Interdire les matières non recyclables et/ou nocives pour la santé et l’environnement.
  • Soutenir l’émergence d’alternatives, notamment le réemploi, la seconde main et la réparation. 

Traité mondial sur la pollution plastique

A l’occasion des négociations internationales pour mettre fin à la pollution plastique, Zero Waste France se mobilise aux côtés de ses partenaires associatifs afin de demander l’adoption d’une réglementation ambitieuse mettant en œuvre le principe pollueur-payeur dans le traité mondial contre la pollution plastique.

La note ci-dessous s’appuie sur un bilan des filières françaises, leurs bonnes pratiques comme leurs lacunes, afin de fournir des recommandations pour une bonne mise en œuvre du système REP au niveau national, ainsi que pour une pleine application du principe pollueur-payeur dans le futur traité international contre la pollution plastique.

En finir avec la pollution plastique

Réussir la transition écologique par l’approche paysagère, une note de la Fabrique écologique

Octobre 2023

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Note ouverte à la co-construction citoyenne

Réussir la transition écologique par l’approche paysagère
Réussir la transition écologique par l’approche paysagère

Dans l’imaginaire collectif, le paysage fait référence à la nature, aux peintures et aux cartes postales. Il s’agit d’un joyau qu’il faut impérativement protéger de toute modification. Cette idée qui nous est véhiculée depuis le plus jeune âge se heurte à la transition écologique. On observe une certaine réticence à l’installation d’éoliennes dans nos beaux paysages français. Mais si ce ne sont pas des infrastructures dédiées à la transition énergétique qui transformeront nos paysages, quelles modifications subiront-ils ? Celles liées aux effets du dérèglement climatiques : incendies, inondations et autres catastrophes naturelles. Le paysage n’est pas figé mais mouvant car vivant. En effet, le paysage est constitué d’une multitude d’écosystèmes interconnectés. Par définition, le paysage ne peut être statique. Il n’est pas seulement rural, il existe aussi en milieu urbain. Il s’agit d’un objet construit socialement, politiquement et collectivement. Placer le paysage au centre de la transition écologique représente un enjeu de justice et d’inclusion sociale, et de démocratie.

Cette Note met en lumière le rôle central du paysage dans la transition écologique et propose des actions concrètes pour repenser notre rapport au paysage. Elle est issue du groupe de travail coprésidé par Bertrand Folléa et Jean-Pierre Thibault.

Synthèse de la Note

En dépit d’un a priori sympathique, rassembleur et positif, le paysage semble frappé d’invisibilité dans le cadre des politiques d’aménagement et de gestion du territoire. Il est caricaturalement réduit soit à une image de carte postale dont il s’agit d’assurer la protection, soit à l’ajout de quelques éléments décoratifs –le plus souvent végétaux– à un aménagement ou à un équipement, soit encore à une simple appréciation subjective « de goûts et de couleurs », qui devrait s’effacer. Il s’est de fait effacé au cours des dernières décennies devant des politiques publiques plus “sérieuses” car plus quantifiables. Au premier rang de celles-ci, les politiques sectorielles supposées répondre aux défis écologiques majeurs contemporains : climat, énergie, biodiversité, gestion de l’eau et des risques naturels, sécurité alimentaire, etc.

Or, les réponses à tous ces défis sont à décliner et à intégrer entre elles à l’échelle de chaque territoire, chacun possédant une singularité sociale, économique et environnementale qui rend inadaptées des solutions nationalement formatées. Ces déclinaisons doivent partir du paysage c’est-àdire de la géographie, de l’histoire et de la perception du territoire par les citoyens. Une telle démarche fournirait les éléments d’une transition écologique globale plus compréhensible, plus cohérente, plus harmonieuse, et surtout plus démocratique.

Le paysage ne nécessite pas de pré-requis techniques compliqués : il suffit de le parcourir ensemble, d’échanger sur ses valeurs, de confronter les regards et les disciplines qui concourent à son aménagement (écologie, agronomie, urbanisme, architecture, ingénieries diverses…), de révéler les processus qui le transforment et les enjeux qui lui sont liés, pour dégager ainsi un consensus sur la manière dont on va y aborder les différentes dimensions de la transition écologique, puis s’engager collectivement dans celle-ci en solidarité avec ses voisins et au bénéfice de la planète.

Cette méthode intégrative et démocratique s’appuie sur le passé pour imaginer le futur, distingue ce qui doit rester de ce qui peut ou devrait changer.

Elle fait des citoyens les acteurs et non plus les spectateurs d’une transition écologique qui cesse d’être fortuite et/ou imposée, ou même “acceptable” pour devenir ce qu’elle nécessite d’être : désirable.

Faute d’avoir recours à une telle méthode, les politiques publiques techniques qui tentent de conduire la transition écologique d’en haut se heurtent à des incompréhensions sociales croissantes qui a minima freinent leur efficacité, voire alimentent des visions politiques irrationnelles, alors même que l’urgence invite à allier accélération du changement, efficacité des résultats, cohésion territoriale et justice sociétale.

Ainsi, l’artificialisation des sols (étalement urbain par les lotissements, zones d’activités, infrastructures), les ouvrages de défense qui traduisent la réponse ordinaire des établissements humains aux aléas climatiques appelés à s’aggraver considérablement (digues ou enrochements le long des rivières ou des rivages marins), ou encore les conséquences spatiales de l’intensification agricole (équipements hydrauliques, arasement de haies, déprise et enfrichement en montagne) sont également mises en cause dans leurs manifestations concrètes ou dans leur traduction juridique (le plus souvent quantitatives et mécanistes comme le « ZAN »).

Or la déclinaison territoriale des réponses est une affaire de nuances appropriées et non de superposition. Dans plusieurs cas, que décrit la note, les communautés locales sont parvenues à établir des contre-projets territoriaux qualitatifs qui suscitent l’adhésion et la participation collectives et non la crispation sur un passé plus ou moins mythifié, dans des conflits nourris de fausses bonnes solutions.

De même, face à l’érosion de la biodiversité, aux conséquences potentiellement dramatiques pour notre survie humaine (pollinisation, santé publique…), les politiques menées peinent, par leur abstraction, à mobiliser l’opinion, alors que la promotion des structures paysagères permettant sa résilience (bocages, marais, forêts aux essences diversifiées, nature en ville, etc.) assurerait une mobilisation bien plus large.

Enfin des populations ou des collectivités locales avancent “le paysage” (celui de la carte postale) comme principal argument à opposer aux aménagements nécessaires en matière de transition énergétique : les contestations croissantes envers l’implantation d’éoliennes et autres dispositifs de production d’énergie renouvelable, pour le coup, appelés à se massifier, en sont les signes les plus évidents. Là encore, des contre-projets issus du territoire et de ses différents acteurs (dont la note analyse les succès) parviennent, à l’opposé du cadre national qui favorise l’opportunisme foncier des opérateurs privés, l’anarchie et l’inégalité territoriale, à dépasser ces oppositions et à produire une contribution inventive et efficace au processus de transition énergétique.

Parmi eux, certains Territoires à énergie positive (TEPOS), des parcs naturels régionaux, des Grands Sites de France et des porteurs de “plans de paysage”, procédure trentenaire dont certains des plus récents sont explicitement orientés vers la transition énergétique.

Il s’agit donc de mettre les moyens d’agir à la disposition des territoires désireux de s’approprier par le paysage les différentes dimensions de la transition écologique, mais aussi des instances régionales ou nationales qui conçoivent et mettent en œuvre des politiques sectorielles se matérialisant dans le paysage. Autrement dit, les compétences, le cadre de travail, et les moyens financiers appropriés.

Pour placer le paysage au centre de la transition écologique, le groupe de travail a élaboré 3 propositions :

  • 1. Former les décideurs et sensibiliser aux enjeux paysagers.
  • 2. Développer des plans de paysage pour la transition écologique.
  • 3. Financer la valorisation paysagère par des taxes.

Réussir la transition écologique par l’approche paysagère

Note définitive n° 50 – Avril 2024


La Fabrique Écologique, 150-154 rue du Faubourg Saint-Martin, 75010 France

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