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Quels sont les 50 sites industriels les plus émetteurs de CO2 en France ?

Les 50 sites industriels les plus polluants sont responsables à eux seuls de 7,3% des émissions françaises de gaz à effet de serre en 2023, auxquelles s’ajoutent les pollutions de l’air, de l’eau et des sols, aux lourdes conséquences non seulement sur le climat, mais aussi sur notre santé à tous et toutes, notamment pour les personnes vivant à proximité de ces sites. Ce rapport, rédigé par le Réseau Action Climat avec la contribution de France Nature Environnement, identifie ces 50 sites, leurs stratégies de décarbonation, les investissements nécessaires mais aussi les aides publiques déjà reçues, et les plus mauvais élèves en matière de respect des règlementations environnementales.

Pour la deuxième année consécutive, le Réseau Action Climat a réalisé un état des lieux de la transition écologique de l’industrie française, responsable de 17,5 % des émissions nationales. L’accent a été mis sur les 50 sites industriels les plus polluants, responsables à eux seuls de 7,3 % des émissions nationales de gaz à effet de serre en 2023. Ce rapport examine les stratégies de décarbonation, les investissements nécessaires et les aides publiques déjà versées à ces 50 sites. 

VUE D’ENSEMBLE DES POTENTIELS DES SOLUTIONS DE RÉDUCTION DES ÉMISSIONS DE GAZ À EFFET DE SERRE DE L’INDUSTRIE ET DE LEURS COÛTS : Contribution potentielle à la réduction des émissions mondiales nettes pour 2030 en GtCO2eq/an
Crédit : SPM.7 IPCC Sixth Assessment ReportWorking Group III: Mitigation of Climate Change

France Nature Environnement s’est associée à l’écriture du rapport pour souligner que l’impact de l’industrie sur l’environnement ne se limite pas au climat : certains des 50 sites sont aussi responsables de pollutions de l’air, de l’eau et des sols pouvant avoir des conséquences graves sur la biodiversité et la santé humaine. Ce rapport présente également un bilan des infractions environnementales commises par de grandes entreprises industrielles en France, dont ArcelorMittal, partenaire des Jeux Olympiques

Partenaire des Jeux olympiques 2024, l’entreprise ArcelorMittal bat des records 🏅
🌫 Rejet d’émission : ses 2 sites principaux à Fos-sur-Mer et Dunkerque représentent à eux seuls 16% des émissions de l’industrie française.
⚖ Violation des réglementations environnementales : en 2022, ArcelorMittal a dépassé les limites légales d’émissions de particules fines dans l’air pendant 240 jours (65% de l’année) sur son site de Fos-Sur-Mer, et ce malgré des mises en demeures répétées.
Étonnamment, les habitant·es de Fos-sur-Mer et d’une commune voisine ont deux fois plus de cancers que la moyenne nationale.
Pour les pollutions du seul site d’ArcelorMittal à Dunkerque, le coût pour la société est estimé à 450 millions d’euros (2021).
LA PLUPART DE CES SITES SE CONCENTRENT DANS LES BASSINS INDUSTRIELS DE DUNKERQUE, FOS-SUR-MER, LE HAVRE ET DU GRAND EST.

L’accent a été mis sur les 50 sites industriels les plus polluants. Ce rapport a été rédigé en mai 2024, avant la tenue des élections européennes du 9 juin et la dissolution de l’Assemblée nationale qui s’en est suivie1. Les constats et recommandations du Réseau Action Climat sont les suivants :

  • 1- L’industrie n’a pas encore entrepris sa décarbonation et affiche des réductions d’émissions portées par la baisse de la production en France. Avec une réduction des émissions de 7,8% entre 2022 et 2023, l’industrie est l’un des secteurs économiques qui a le plus réduit ses émissions en France
    mais cette réduction repose pour moitié 2 sur la baisse de la production de produits tels que le ciment et l’acier. Ainsi, l’industrie doit encore prouver que sa décarbonation est engagée et pérenne.
© TR STOK / Shutterstock
  • 2 – La planification écologique orchestrée par le gouvernement a donné lieu à l’élaboration, par les entreprises de l’industrie, de feuilles de route de décarbonation des 50 sites les plus émetteurs de gaz à effet de serre. Ce travail est désormais en cours sur plus d’une centaine de sites industriels. En dépit du manque de transparence envers la société civile sur le contenu de ces feuilles de route, que le Réseau Action Climat a de nombreuses fois dénoncé, les rares éléments rendus publics donnent un aperçu de l’orientation prise par l’industrie pour se décarboner : le recours aux solutions technologiques. Or, la réduction d’émissions attendue pour 2030 (-36,5% par rapport aux niveaux de 2023) requiert une transformation digne d’une révolution industrielle reposant sur des évolutions de procédés, mais aussi sur l’économie circulaire et la sobriété, deux leviers de décarbonation indispensables qui doivent être bien davantage investis par les industriels.
RÉPARTITION DES ÉMISSIONS DE CO₂E DU SECTEUR DE L’INDUSTRIE MANUFACTURIÈRE ET CONSTRUCTION EN FRANCE
Données Citepa (2024)

Le Réseau Action Climat demande aux pouvoirs publics des garanties solides en échange de cette aide publique avec entre-autres :

  • respecter la stratégie de décarbonation,
  • fixer une date d’arrêt des hauts fourneaux au charbon,
  • éviter tout verrouillage carbone (rénovation et captage des émissions des hauts fourneaux etc.)
CHAÎNE DE VALEUR DU CCUS : CAPTAGE, STOCKAGE, UTILISATION DU CO2
  • 3 – Les technologies de captage, stockage ou d’utilisation du carbone industriel sont de nouveau plébiscitées par les entreprises mais présentent de nombreuses limites, qui en font une solution de dernier recours, pour réduire les émissions résiduelles qui ne peuvent être supprimées ou évitées, une fois les autres solutions de décarbonation déployées. En raison de ce rôle secondaire, les investissements doivent se concentrer sur les leviers principaux de décarbonation de l’industrie plutôt que sur celui-ci.
Les 50 sites les plus émetteurs de CO2
Les 50 sites les plus émetteurs de CO2

Par ailleurs, l’orientation de l’industrie française vers des solutions de captage du carbone doit faire l’objet d’un débat public, d’autant plus dans le contexte actuel d’explorations des capacités de stockage de CO2 dans le sous-sol français.

  • 4 – L’impact des stratégies de décarbonation des industriels sur les emplois et compétences ne semble pas avoir été évalué par les industriels dans le cadre du travail des feuilles de route. Cette dimension doit être anticipée au plus vite pour les salariés et faire l’objet d’un dialogue social pour garantir une transition écologique juste.
ÉVOLUTION TEMPORELLE DES ÉMISSIONS DE L’INDUSTRIE EN FRANCE ET OBJECTIF POUR 2030
  • 5 – La révolution industrielle nécessaire pour opérer la décarbonation de l’industrie existante nécessite d’importants investissements, évalués par l’Institut Rousseau à 48 milliards d’euros d’ici 2050, avec un déficit d’investissement actuellement évalué à 27 milliards d’euros. Le soutien financier de l’État est donc essentiel pour assurer la décarbonation de l’industrie. Néanmoins, ce soutien ne doit plus se faire sans contrepartie des industriels sur la tenue d’engagements environnementaux et sociaux.
LAFARGE – HOLCIM – Sites Lafarge – Holcim considérés : Saint-Pierre-La-Cour, Teil, Martres-Tolosane, Port-la-Nouvelle, La Malle, Val d’Azergues, Altkirch.
  • 6 – Alors que la problématique de l’impact de l’industrie sur le climat semble avoir été prise en main par les pouvoirs publics, ce n’est pas le cas des autres pollutions générées par les activités industrielles, qui ont des impacts délétères sur la santé des riverains et travailleurs. Parmi les 50 sites, beaucoup commettent des infractions environnementales, notamment en raison du manque de contrôles que le Réseau Action Climat recommande d’augmenter à un minimum de 30 000 par an. Les sanctions financières doivent également être revues à la hausse pour devenir réellement dissuasives, cela peut par exemple prendre la forme d’une sanction proportionnelle au chiffre d’affaires de l’entreprise.
ARCELOR MITTAL – Sites de Fos-sur-Mer, Dunkerque, Florange
  • 7 – ArcelorMittal, fleuron de l’acier de haute qualité en France, illustre parfaitement la nécessité de conditionner les aides publiques. Malgré une stratégie de décarbonation imprécise, incomplète (peu
    d’informations ont été communiquées sur la décarbonation du site de Fos-sur-Mer), mouvante et contradictoire (construction de nouveaux hauts fourneaux au charbon dans d’autres pays) ainsi que de multiples infractions environnementales ayant des conséquences néfastes sur les populations riveraines des mines et sites sidérurgique du groupe, ArcelorMittal France devrait recevoir une aide publique à la décarbonation s’élevant à 850 millions d’euros.
YARA FRANCE – Site du Havre
  1. La mention « gouvernement » dans le texte fait référence au gouvernement d’Elizabeth Borne puis de Gabriel Attal, sans distinction, étant donné que la politique industrielle a été poursuivie, notamment
    avec le maintien de Bruno Lemaire, en tant que Ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique, et de Roland Lescure en tant que ministre délégué chargé de l’industrie. ↩︎
  2. Haut Conseil pour le Climat. (2024). Tenir le cap de la Décarbonation, protéger la population – Rapport annuel 2024 ↩︎

Puisque la mer monte … Transformer la vulnérabilité d’un territoire en opportunité

Une digue édifiée au XIXe siècle … Une buse sous la digue, par où
s’écoule la Saâne mais infranchissable pour les poissons migrateurs. Derrière la digue, un camping municipal menacé de fermeture administrative. En cause l’élévation du niveau de la mer, les submersions marines et les crues de la Saâne, que la buse ne permet pas d’évacuer. Comme une baignoire dont la bonde serait trop étroite … On fait quoi ? Un projet qui transforme la vulnérabilité d’un territoire en opportunité. Pour la première fois en France, un camping menacé par le recul du trait de côte est déplacé et s’adapte aux attentes des vacanciers du XXIe siècle.

La Saâne n’est pas un long fleuve tranquille …

Entre les premières réflexions et l’arrivée des pelleteuses, plus de vingt ans se sont écoulés.

Dans les années qui viennent, plusieurs dizaines de campings devront être relocalisés sur tous les littoraux français. En réinventant son équipement touristique, la commune de Quiberville-sur-Mer montre la voie. Cette opération est l’une des actions-phares du projet de territoire Basse Saâne 2050, salué -et en partie financé- par l’Union européenne et par l’État, qui vise à adapter la basse vallée de la Saâne aux nouvelles conditions climatiques.

Les porteurs du projet nous racontent l’histoire du projet et nous décrivent le futur visage de la vallée.

L’idée d’un projet territorial dans la basse vallée s’est imposée d’elle-même au fil des ans et des réflexions. Le Syndicat des bassins versants, en juin 2000, a constaté le traumatisme lié aux récents épisodes de crues de la Saâne, qui a causé d’énormes dégâts. Au camping de Quiberville-sur-Mer, caravanes et mobilhomes ont flotté dans 1,80 m d’eau pendant plusieurs semaines !

En cause, la digue, qui protège de la mer mais retient l’eau dans les terres en cas de crues, et la buse d’écoulement de la rivière, dont le débit ne permet pas à l’eau de s’évacuer rapidement. A cette époque, on ne pense qu’à réguler les crues de la rivière. Le dérèglement climatique, la montée du
niveau marin, le recul du trait de côte, tout cela n’est pas dans les esprits. Et le syndicat fait ce qu’il sait
faire : gérer les crues ! Puisque le problème venait de la digue, après plusieurs années de calculs et d’études il a proposé d’ouvrir cette digue sur 30 à 40 m, ce qui permettait à l’eau de s’écouler rapidement.

Ce projet n’a pas fait l’unanimité … et en 2010, le projet est retoqué. Fin de l’histoire ?

Pas du tout ! D’abord parce que le problème des crues n’était pas résolu, et parce que d’autres thématiques sont apparues, comme la submersion marine, la qualité des eaux de baignade, etc.
I fallait aussi trouver une solution pour restaurer la continuité écologique à l’embouchure puisque
c’est une obligation réglementaire.

Projet territorial Basse Saâne 2050 (Seine-Maritime)

Le Conservatoire du littoral est désigné pour porter le nouveau projet, bénéficier d’études sociologiques et
économiques, poser les bonnes questions en termes d’aménagement de ce territoire. Sans perdre de vue les questions de vulnérabilité et de résilience, mais en intégrant, par exemple, la question de
l’avenir du camping de Quiberville-sur-Mer, qui est un poumon économique de la commune.

Pas d’argent, pas de projet !
LE NOUVEL ÉQUIPEMENT TOURISTIQUE. Situé en retrait de la côte et en hauteur, il offrira une vue majestueuse sur la vallée et la mer, et proposera des prestations conformes aux nouvelles attentes des touristes.

Mais déplacer le camping, construire une station d’épuration, reconnecter la rivière à la mer, tout cela coûte cher … Oui, mais quand les Anglais leur ont proposé de candidater ensemble pour le programme européen PACCo (Promouvoir l’Adaptation aux Changements Côtiers), le territoire a pu se mobiliser en urgence et bénéficier de ces financements importants pour passer en phase opérationnelle.

Les financements PACCo ont permis de « débloquer » la première brique : la relocalisation du camping. Sans elle, pas de restauration de la continuité écologique. Et grâce à la réflexion conduite sur le camping et sur l’économie touristique, ils ont pu intégrer le volet assainissement au dossier PACCo. Ce qui va leur permettre de régler aussi la question de la reconnexion de la Saâne à la mer.

CAMILLE SIMON – Chargée du projet de territoire au Conservatoire du littoral

 » Quand je suis arrivée, je n’avais pas conscience de l’étendue des compétences et des connaissances que ce projet pouvait demander : biodiversité, zones humides, hydraulique, tourisme et camping, assainissement, suivis de chantier, archéologie, pyrotechnique, communication, gestion de projet, management, animation (auprès des petits comme des grands), financements, prêts, urbanisme, marchés publics, agriculture, chasse, pêche, randonnée, photographie, réglementation… « 

Redonner à la Saâne un espace d’expansion en cas de cruesLa connecter à la merRelocaliser le camping municipal de Quiberville-sur-Mer et les bungalows de Sainte-Marguerite-sur-Mer … Construire une station d’épuration à Longueil … Restaurer la biodiversité

Tous ces chantiers qui, mis bout à bout, constituent l’ossature du projet de territoire Basse Saâne 2050, nécessitent que les maîtres d’ouvrage s’assurent la propriété des terrains concernés. La « maîtrise foncière » est donc au cœur du projet territorial. Elle est assurée par plusieurs acteurs, qui ont chacun leurs règles, leurs méthodes, et leurs compétences : le Conservatoire du littoral, l’Établissement public foncier de Normandie (EPFN), la Société d’aménagement foncier et d’établissement rural (SAFER). Et, bien sûr, les communes concernées et la Communauté de communes Terroir de Caux

Travaux de restauration de la continuité écologique sur la commune de St Crespin : une renaturation sur 400 mètres a été menée sur une propriété privée située au lieu-dit La Ravine.

Chaud dedans ! Les animaux aussi souffrent des fortes chaleurs.

Animaux haletant à cause de la chaleur, agonisant dans des élevages surpeuplés, entassés en plein cagnard dans les camions et les navires bétaillers… Chaque été, les animaux aussi souffrent des fortes chaleurs. Avec le réchauffement climatique, ces souffrances deviendront leur quotidien si personne n’agit ! Welfarm lance sa campagne Chaud dedans ! Et nous invite à signer la pétition pour demander au gouvernement des mesures ambitieuses pour transformer les conditions d’élevages et de transport des animaux.

Chaud dedans ! Dans une France à +4°C, les animaux vont suffoquer

WELFARM DEMANDE AU GOUVERNEMENT DES MESURES AMBITIEUSES POUR TRANSFORMER LES CONDITIONS D’ÉLEVAGE ET DE TRANSPORT DES ANIMAUX :

  • Plus d’espace pour les animaux dans les bâtiments et pour les poissons dans les bassins
  • Un environnement adapté aux besoins spécifiques des animaux terrestres et aquatiques
  • L’arrêt des transports d’animaux par fortes chaleurs et de leurs exportations vers les pays tiers (hors Union européenne)

Kit militant : Chaud Dedans !  Dans une France à +4°C, les animaux vont suffoquer
Le kit militant se compose de 20 tracts, d’une feuille de pétition, d’un crayon de papier et d’un petit goodie pour vous remercier d’agir aux côtés de Welfarm !Pour recevoir le kit militant de la campagne gratuitement par voie postale, merci de remplir le formulaire.

3 demandes pour mettre un terme aux souffrances subies par les animaux en période de fortes chaleurs :

1 – Réduire les densités dans les élevages

Chaque animal devrait disposer de plus d’espace dans les bâtiments

Lors des canicules, les densités extrêmes dans les élevages sont sources de souffrances pour les animaux et de surmortalité. En 2019, les vagues de chaleur ont entraîné une surmortalité de 40% dans les élevages de porcs et volailles !1

Nous demandons donc au gouvernement d’agir pour réduire les densités dans les élevages de volailles et porcs.

Tous les poissons devraient disposer de plus de m3 d’eau dans les bassins d’élevage

La pollution de l’eau et le manque d’oxygène s’intensifient avec le nombre d’animaux dans les bassins, et plus encore en période de fortes chaleurs.

Les poissons devraient toujours pouvoir nager dans des eaux de qualité, qui ne soient pas surpeuplées. Nous demandons donc de réduire les densités de poissons dans les bassins.

2 – GARANTIR UN ENVIRONNEMENT adapté AUX BESOINS DES ANIMAUX

Chaque animal terrestre devrait avoir accès au plein air aménagé avec des zones d’ombre

Les animaux devraient avoir accès à des pâtures ou parcours afin de bénéficier d’un environnement plus diversifié, nécessaire à l’expression de leurs comportements naturels. Les animaux devraient avoir le choix de se mettre à l’abri, à l’intérieur comme en extérieur. Pour mieux les protéger des fortes températures, les espaces en plein air devraient être ombragés, notamment grâce à des arbres, arbustes et haies.

Des aménagements devraient également être mis en place pour permettre aux animaux de se rafraîchir : notamment grâce à des zones de baignade pour les canards et les oies et la possibilité de prendre des bains de boue pour les cochons.

Tous les poissons devraient nager dans des bassins qui répondent à leurs besoins spécifiques

Pour réguler la température de l’eau, nous demandons que les bassins de pisciculture soient suffisamment profonds et qu’une partie de leur surface soit ombragée. Fournir des zones d’ombrage aux poissons permet aussi de limiter le développement d’algues qui nuisent à la qualité de l’eau.

Puisque le taux d’oxygène de l’eau diminue avec l’augmentation de la température, les bassins devraient également être équipés de dispositifs d’oxygénation de l’eau.

3 – INTERDIRE LES TRANSPORTS PAR FORTES CHALEURS

Aucun animal ne devrait être transporté par fortes chaleurs

Le règlement européen sur le transport d’animaux impose que la température à l’intérieur de l’habitacle des véhicules n’excède jamais les 30, voire 35°C. En France, il est, en plus, interdit de transporter des animaux entre 13h et 18h dans les départements placés en vigilance canicule orange ou rouge. Toutefois, ces dispositions ne sont ni suffisantes, ni toujours respectées en pratique. Chaque année, des animaux continuent de souffrir des fortes chaleurs dans des camions et navires bétaillers surchargés.

Nous demandons donc de définir des seuils de températures spécifiques à chaque espèce transportée et d’imposer une stricte interdiction des transports hors de cette zone de confort thermique (soit, interdire les transports au-delà de 22°C pour les truies, 25°C les bovins, chevaux, cochons et 28°C pour les moutons non tondus).

Aucun animal ne devrait être exporté vers les pays tiers de l’Union européenne (Maroc, Turquie, Algérie,…)

Les transports à destination des pays tiers de l’Union européenne sont particulièrement préoccupants. Ces trajets peuvent durer plusieurs jours, voire semaines, alterner voyages par route et par mer et nécessiter de longs temps d’attente aux frontières. Une fois arrivés à destination dans les pays tiers, les transporteurs ne sont parfois pas tenus de respecter des limites de température dans les camions.

Par conséquent, nous demandons l’interdiction des exportations d’animaux à destination des pays tiers pour limiter le risque que les animaux aient à souffrir des fortes chaleurs pendant le transport.

Depuis 1994, WELFARM agit pour améliorer le bien-être des animaux d’élevage à toutes les étapes de leur vie (élevage, transport, abattage).

AGIR AVEC WELFARM, C’EST :

  • Lutter contre l’élevage intensif et ses dérives
  • Contribuer à l’amélioration des conditions de vie des animaux
  • Participer à l’émergence d’une société où l’animal est respecté pour sa valeur intrinsèque

Association française indépendante, WELFARM est financée uniquement par la générosité publique. L’association bénéficie du label Don en confiance. Sa mission est reconnue d’utilité publique.

  1. Rapport du Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux, Décembre 2020 ↩︎

Quelles sont les 12 solutions les plus efficaces pour rafraichir les villes ?

Montpellier, Toulouse, Paris, Grenoble et Lyon permettent aux résidents et aux touristes d’accéder à des lieux rafraîchissants pour se détendre et découvrir la richesse botanique de chaque ville : espaces verts, parcs ombragés et projets innovants dédiés à la fraîcheur urbaine. Découvrons avec 420 arbres comment ces cinq métropoles se réinventent pour offrir des escapades « végétales » en plein cœur de la ville.

Été en ville, comment les îlots de fraîcheur urbains rendent nos visites agréables ?
© Lesechos.fr

En cette période de canicule, la question n’a jamais été autant d’actualité : comment rafraichir nos villes ?
Voilà quelques solutions pour abaisser la température de nos rues :

  • 1- Mettre des pelouses
  • 2- Utiliser l’arrosage urbain
  • 3- Installer des fontaines
  • 4- Monter des structures d’ombrage
  • 5- Utiliser un revêtement de couleur claire
  • 6- Multiplier les toitures végétalisées
  • 7- Améliorer l’isolation thermique
  • 8- Préférer les revêtements drainants
  • 9- Planter des arbres
  • 10- Installer des brumisateurs
  • 11- Associer toitures et façades végétalisées
  • 12- Créer un plan d’eau
Les abris rafraîchissants : une solution contre les vagues de chaleur urbaines

Il est également possible de favoriser la circulation des voitures dans certaines zones, créer des espaces de rafraîchissement pour les plus vulnérables et mutualiser la consommation de climatisation, etc…

Les arbres, une solution pour réduire la mortalité estivale

Végétaliser nos lieux de vie
pour les rendre plus désirables

Infographie réalisée par Le Monde.

Angers adopte une charte de l’arbre pour une ville plus verte
En juin 2024, Angers a renforcé son engagement écologique avec la charte de l’arbre ajoutée au schéma directeur des paysages (2019) et au plan Nature en ville (2021) 🌱Cette charte présente la politique arboricole communale et les orientations stratégiques pour la gestion à long terme des arbres à Angers.

Les parcs et jardins, une richesse culturelle et environnementale

Créer un parcours de tourisme végétal en milieu urbain avec les parcs et jardins publics vient naturellement à l’esprit. Ces espaces verts emblématiques de nombreuses villes françaises et riches en histoire sont non seulement des lieux de rencontre mais aussi des lieu de rafraîchissement importants. La couverture végétale du sol et l’ombre procurée par les arbres créent de véritables îlots de fraîcheurs en ville.

LES RÔLES ET BIENFAITS DE L’ARBRE – Charte de l’arbre d’Angers

À Montpellier, le jardin des plantes est à visiter. Créé en 1593, il est le plus ancien jardin botanique de France. En marchant le long de ses bambous ou en s’asseyant sur un banc face aux serres tropicales, on ressent la fraîcheur fournie par les plantes et les points d’eau.

Pour chaque ville, le site https://www.nosvillesvertes.fr/ propose le pourcentage de patrimoine arboré, le pourcentage de patrimoine arboré dans la totalité de la commune (ville et campagne), mais aussi la surface verte en ville exprimée en terrains de football, et cette même surface indiquée en m² par habitant.

Les points d’eau, jolis et utiles !

Les cours d’eau, les fontaines et jeux d’eau sont un réel atout pour la température environnante. En effet, l’évaporation de l’eau absorbe la chaleur, réduisant la température ambiante de 2 à 5°C !!! Ces points d’eau sont souvent le cadre de belles promenades le long des rivières et des cours d’eau, ainsi que de magnifiques structures architecturales pour les fontaines et les bassins.

Comment rendre votre ville plus verte ?

À Paris, les touristes se dirigent vers la Seine et les nombreux bassins des Tuileries pour l’Histoire et la beauté des lieux. Mais ils remarqueront certainement la baisse de température et la fraicheur ressenties aux alentours de ces points d’eau.

À Grenoble, les habitants profitent des berges de l’Isère. Les aménagements paysagers autour de la rivière créent des espaces verts agréables et rafraîchissants pour les promeneurs et les cyclistes. Grenoble est d’ailleurs en train de développer le projet Mikado, un nouveau parc qui s’étendra sur plusieurs communes et créera ainsi une trame écologique importante !

La reconquête des berges de l’Isère consiste à trouver un nouveau rapport avec la rivière, et plus largement avec l’eau dans un contexte de réchauffement climatique. Aujourd’hui, plusieurs énergies convergent pour que l’Isère occupe une place plus importante dans le paysage des Grenoblois.es, et dans leurs activités.

Les arbres remarquables

L’association A.R.B.R.E.S. décerne le label d’arbre « remarquable », reconnu par le Ministère de la Transition écologique, qui invite les touristes à venir s’émerveiller sur ces prouesses de la nature !

À Montpellier, un cèdre de 30m de haut pousse depuis plus de 200ans au sein de l’ancien hôtel Deyde dans le quartier Ecusson.

L’arbre se dresse dans le jardin de l’hôtel Deydé, situé rue du Cannau, près de la préfecture.
Photo Céline Gallais pour Le Midi Libre

Rendre vos balades plus fraîches et vertes

À Toulouse, la ville souffre de l’effet de rétention de chaleur de ses façades. La couleur foncée de ses briques retient la chaleur et il en résulte des températures extrêmes dans le centre-ville. Toulouse a mis en place un plan de rafraîchissement global. Au-dessus de la place du Capitole ou le long de l’avenue Alsace Lorraine, des rubans suspendus abaissent la température de 4°C. Leur couleur réfléchit la lumière et diminue la chaleur au sol, idéal pour visiter les rues de la capitale d’Occitanie au frais !

© Photo 20minutes.fr

20minutes.fr

À Paris, la terrasse du musée Guimet des arts asiatiques est l’endroit parfait pour boire un verre et admirer ce toit terrasse végétalisé. Le musée a décidé de couvrir ses toits par des plantes originaires d’Asie pour continuer la visite dans cet écrin de verdure ! On peut admirer la vue sur les toits de Paris et la Tour Eiffel et sentir la fraîcheur apportée par les plantes de la terrasse.

© Photo Guimet.fr

La gestion du stress thermique

Des jets d’eau peuvent aussi palier l’augmentation du stress thermique en ville.

La finance durable, nouvelle norme d’une économie verte ?

« Les transformations en cours montrent que la finance durable pourrait devenir la norme, avec une économie verte dominant le paysage financier« . Le numéro d’août de Réalités Industrielles explore les différentes dimensions de la finance durable à travers quatre parties principales : les fondements de la finance durable, le cadre réglementaire et institutionnel, les banques et investisseurs institutionnels, et enfin, les défis et perspectives éthiques. Il a été coordonné par Sandrine Lemery, Présidente du conseil de surveillance du Fonds de Réserve pour les Retraites – FRR, & Laure Tabouy, Neuroscientifique et éthicienne, Université Paris-Saclay et Agence de la biomédecine.

La réglementation relative aux critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) en France a connu une évolution importante ces dernières années, en cohérence avec les objectifs européens en matière de finance durable.

Les règlements SFDR et MiFID2, ainsi que la directive CSRD, ont été introduits pour améliorer la transparence des produits financiers, renforcer les obligations des conseillers en investissement, et harmoniser la publication d’informations extra-financières par les entreprises. Ces mesures visent à permettre aux investisseurs de mieux identifier les produits financiers correspondant à leurs objectifs ESG, et aux entreprises de rendre compte de leurs performances de manière plus transparente.

Croissance du nombre de signataires des principes pour l’investissement responsable (PRI)
(Source : https://dwtyzx6upklss.cloudfront.net/Uploads/z/s/n/pri_ar2023_smaller_file_8875.pdf).

Par ailleurs, 2023 a vu émerger en France un consensus concernant le financement de la transition climatique en France avec des besoins d’investissement climat estimés notamment par le rapport de Jean Pisani Ferry et Selma Mahfouz à un ordre de grandeur de 100 milliards d’euros par an en 2030, et la nécessité d’une forte augmentation des crédits publics pour accompagner les acteurs dans la transition.

La finance durable devient ainsi un pilier essentiel de notre économie, cherchant à intégrer des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) dans les décisions financières pour promouvoir un développement économique responsable.

La cartographie sur la finance durable en France (Source : Cette cartographie digitale et collaborative est proposée par Finance for Tomorrow et l’Institut Louis Bachelier, en collaboration avec le FIR – Forum pour l’investissement responsable dans l’écosystème des acteurs français de la recherche en finance verte et durable pour le rendre plus accessible aux professionnels de la finance, aux chercheurs et aux étudiants,
(Source : https://institutdelafinancedurable.com/actualites/cartographie-acteurs-recherche-finance-durable/).

Ce numéro de Réalités Industrielles explore les différentes dimensions de la finance durable à travers quatre parties principales : les fondements de la finance durable ; le cadre réglementaire et institutionnel ; les banques et investisseurs institutionnels ; et enfin, les défis et perspectives éthiques.

Ce numéro est coordonné par deux personnes ayant deux profils différents mais qui se sont rejointes par leur volonté de faire avancer, de manière collaborative, les réflexions sur les enjeux de la finance qui se présentent à nous en 2024.

1 – Les fondements de la finance durable

Les principes de base de la finance durable reposent sur l’intégration des critères ESG dans les pratiques financières courantes. Grégoire Postel-Vinay, membre du Conseil général de l’économie, rappelle que la question des usages moraux de l’argent est ancienne, marquée par des interdictions et des encouragements à privilégier certaines pratiques. Il met en lumière les critères de sélection des fonds éthiques et RSE et leurs évolutions, en lien avec les enjeux économiques et industriels, notamment ceux liés au changement climatique. Il souligne que ces fonds, longtemps marginaux, sont en train de devenir une réalité économique majeure, répondant aux attentes croissantes des épargnants dans un contexte où le rôle de régulateur social des États diminue.

Raphaël Trotignon, économiste chargé du pôle énergie et climat de Rexecode, analyse le rôle du « prix du carbone » comme incitation économique à la décarbonation et à la réorientation des flux financiers vers des technologies bas-carbone. En Europe, un nouveau système d’ajustement carbone aux frontières vise à compenser les effets pervers d’une tarification incomplète du carbone. Bien que cette initiative soit destinée à protéger l’industrie européenne de la concurrence déloyale, Raphaël Trotignon avertit que sa mise en œuvre pourrait paradoxalement accroître le déficit de compétitivité de l’industrie européenne, mettant en lumière les défis complexes de la régulation dans la finance durable.

Les actions de recherche du Centre interdisciplinaire Energy4Climate (E4C) (Source : https://www.e4c.ip-paris.fr/#/fr/research/introduction).

Patricia Crifo, professeur à l’École polytechnique, explore l’impact des chaires de finance verte et durable dans la transformation de la recherche et de l’enseignement supérieur. Depuis deux décennies, ces chaires ont développé des plateformes collaboratives innovantes, réunissant universitaires, industriels et décideurs pour promouvoir les pratiques de finance durable. Patricia Crifo montre comment ces initiatives contribuent à transformer les dynamiques d’enseignement et de recherche grâce à des approches interdisciplinaires et à l’innovation. Ces chaires jouent un rôle important dans la formation des futurs dirigeants et professionnels capables de relever les défis de la durabilité, en catalysant un changement de paradigme vers un système financier plus résilient et inclusif.

2 – Le cadre réglementaire et institutionnel

Le cadre réglementaire et institutionnel est fondamental pour structurer et orienter la finance durable. François Guy Trébulle, doyen honoraire de l’École de Droit de la Sorbonne, professeur de droit à Paris 1 Panthéon-Sorbonne, se penche sur la question de l’accompagnement juridique de la finance durable. Il souligne que ce cadre passe par des textes spécifiques, principalement d’origine européenne, mais aussi par une intégration des facteurs de durabilité dans l’ensemble du droit applicable aux entreprises. François Guy Trébulle rappelle que la loi Pacte de 2019 a réécrit l’article 1833 du Code civil, stipulant que les entreprises doivent être gérées en prenant en considération les enjeux sociaux et environnementaux. Cette intégration juridique est essentielle pour que la durabilité ne reste pas un concept vague, mais devienne une réalité contraignante pour toutes les entreprises.

Alexandre Montay, délégué général du Mouvement des entreprises de taille intermédiaires (M-ETI), souligne que si la création du concept d’ETI en France a permis de mieux prendre en compte leurs particularités, alors qu’elles contribuent pour environ un tiers à la richesse nationale, il n’en est pas encore de même au niveau européen. Il plaide pour qu’il en soit ainsi et pour que le puissant flux normatif européen lié au Pacte Vert prenne en compte les spécificités des mid-caps, afin de ne pas dégrader leur compétitivité et par effet d’éviction de les mettre sur le bord du chemin de financements et de marchés porteurs au profit de productions dans des pays moins contraignants du point de vue environnemental. Il souhaite ainsi, dans l’intérêt même des objectifs environnementaux, que l’impératif de proportionnalité s’impose aux normes de durabilité.

Patrick de Cambourg, président du Sustainability Board de l’EFRAG, aborde l’importance de l’information de durabilité comme un second pilier de l’information normée des entreprises. Il explique que bien que l’information financière ait atteint un bon niveau de maturité, elle présente des limites importantes.

Patrick de Cambourg plaide pour une information de durabilité qui couvre les impacts, risques et opportunités des entreprises en matière ESG. Cette transition de l’auto-régulation vers des politiques publiques souligne le besoin croissant de transparence et de responsabilité dans la communication des entreprises.

Logo du label ISR
(Source : ministère chargé des Finances)

Michèle Pappalardo, présidente du label ISR (Investissement socialement responsable), discute de l’évolution du label ISR créé en 2016 pour encourager les démarches de finance durable. Initialement ambitieux, le label a dû être révisé en 2023 pour renforcer son exigence et sa crédibilité. Cette révision impose aux fonds labellisés de s’adapter à des critères plus stricts, assurant ainsi aux investisseurs et épargnants la réalité des pratiques de finance durable.

Michèle Pappalardo souligne que cette évolution est essentielle pour maintenir la confiance des investisseurs et des épargnants, et pour permettre à la place financière française de continuer à jouer un rôle majeur dans le développement de la finance durable.

Évolution du nombre de fonds labellisés ISR (Source : comité du label ISR)

Emmanuelle Assouan, directrice générale de la Stabilité financière et des Opérations de la Banque de France, présente le Network of Central Banks and Financial Supervisors for Greening the Financial System (NGFS), une coalition lancée en 2017 pour verdir le système financier. Le NGFS compte aujourd’hui 150 membres et représente près de 90 % du PIB mondial et des émissions de gaz à effet de serre.

Emmanuelle Assouan explique que le NGFS vise à mieux comprendre les interdépendances entre le système financier et la nature, intégrant de fait les risques climatiques et environnementaux dans les missions des banques centrales et superviseurs financiers.

Chaines de transmission des risques financiers liés à la nature (Source : NGFS (2023), Nature-related Financial Risks : A Conceptual Framework to guide Action by Central Banks and Supervisors).

Éric Lombard, directeur général de la Caisse des Dépôts et Consignations, expose le rôle de cette institution dans la finance verte. Éric Lombard souligne que la Caisse des Dépôts, grâce à son modèle unique alliant métiers de prêteur, investisseur et opérateur, est bien positionnée et mobilise 100 Mds€ sur les cinq prochaines années des flux financiers nécessaires à la transformation écologique. Les nouvelles opportunités offertes par la taxonomie européenne et la directive CSRD permettront de mieux cibler les investissements verts, renforçant ainsi l’ambition du Groupe.

Marie-Anne Barbat Layani, présidente de l’AMF, examine l’importance de la régulation pour promouvoir un écosystème financier durable. Elle met en avant le rôle crucial de la Place financière de Paris dans la finance durable et l’importance d’un tandem entre innovation de marché et régulation publique. L’AMF est pleinement mobilisée pour garantir la transparence et la protection des investisseurs, assurant ainsi la crédibilité des produits financiers verts.

Gabrielle Siry, experte nationale détachée à la Commission européenne, retrace l’évolution de la réglementation financière durable en Europe depuis l’Accord de Paris. Gabrielle Siry explique que l’approche de la finance durable s’est élargie de la prise en compte des risques financiers à l’évaluation de l’impact environnemental des activités financières. Elle souligne les nouveaux enjeux, tels que l’influence de la perte de biodiversité sur la stabilité financière et le déficit de couverture assurantielle contre les catastrophes naturelles en Europe.

3 – Les banques et investisseurs institutionnels

Les banques et les investisseurs institutionnels jouent un rôle crucial dans la promotion et la mise en œuvre de la finance durable. Jean-Laurent Bonnafé, administrateur directeur général de BNP Paribas, ouvre cette section en décrivant comment la banque est profondément ancrée dans la société, accompagnant ses clients dans leurs projets tout en répondant aux défis environnementaux et sociaux actuels tels que le réchauffement climatique et la perte de biodiversité. Jean-Laurent Bonnafé souligne l’importance de la transition et de la transformation, en précisant que BNP Paribas adapte ses modèles économiques et ses offres bancaires pour répondre à ces enjeux.

Il met en avant la nécessité de temps pour expérimenter et mettre en place des réglementations, tout en soulignant que la transformation vers une finance durable est un marathon, pas un sprint.

Poids des énergies fossiles et des énergies bas-carbone dans le stock de financement à la production d’énergies de BNP Paribas

Cyril Rousseau, directeur financier de la BEI, met en lumière le rôle des obligations vertes, sociales et durables lancées par la BEI en 2007. Ces instruments financiers, désormais émis à hauteur de 600 Mds€ par an, illustrent l’évolution de la gouvernance vers des cadres réglementaires officiels. Cyril Rousseau discute de la taxonomie européenne et de ses défis d’application, en soulignant l’importance d’une approche proactive et graduelle. La BEI s’engage à soutenir des investissements verts à hauteur de 1000 Mds€ sur la décennie 2021-2030, démontrant ainsi son rôle de fer de lance dans la finance durable en Europe.

Évolution des émissions d’obligations vertes, sociales et durables de 2007 à 2023, par instrument, en milliard d’euros
(Source : Bloomberg New Energy Finance, données à fin 2023).

Florence Lustman, présidente de France Assureurs, aborde les enjeux et défis de la finance durable pour les assureurs. Elle explique que les assureurs sont des acteurs clés dans la lutte contre le dérèglement climatique, non seulement en protégeant contre les sinistres liés aux événements naturels, mais aussi en orientant leurs investissements vers des entreprises répondant aux critères ESG.

Évolution des émissions d’obligations climat et durables de la BEI, en milliards d’euros,
et en part du programme d’émissions obligataires de la BEI (Source : BEI, fin 2023).

Florence Lustman souligne que les investissements nécessaires pour réussir la transition écologique se chiffrent en milliers de milliards d’euros, et que les assureurs jouent un rôle crucial en accompagnant la transition du « brun » vers le « vert ».

Périmètre actuel des obligations climat et durables de la BEI (Source : BEI, mai 2024)

Pascal Demurger, directeur général de la MAIF, discute de la manière de faire réussir la finance durable à une époque où un mouvement anti-ESG se développe aux États-Unis. Pascal Demurger plaide pour avancer avec conviction et rationalité, sans abandonner la logique de rendement. Il souligne que l’engagement et la normalisation de la finance durable sont essentiels pour maintenir l’élan et éviter la stagnation ou la régression. La MAIF gère son portefeuille de 20 Mds€ d’actifs en respectant ces principes, démontrant qu’un équilibre entre rentabilité et impact positif est possible.

Laurence Bauduin, présidente de l’Institut des actuaires, examine le rôle des actuaires dans la finance verte. Les actuaires, experts en évaluation et gestion des risques, sont garants des équilibres à long terme du système assurantiel et financier. Laurence Bauduin explique que l’intensification des risques climatiques et géopolitiques place les actuaires en position de référence pour gérer ces nouveaux défis. Les actuaires ont notamment un rôle à jouer sur l’adaptation de certains régimes d’assurance, sur la financiarisation de l’assurance et la décarbonation des passifs d’assurance, mais également dans la collaboration avec les scientifiques d’autres disciplines pour adapter les modèles aux objectifs de l’Accord de Paris.

Margot Ursin, consultante au cabinet Leyton, aborde la nouvelle réalité du conseil financier aux entreprises dans le contexte du Pacte Vert Européen. Elle explique que les entreprises doivent jongler entre des horizons de temps à moyen et long terme pour leurs plans de transition et les actions concrètes à court terme. Les sociétés de conseil financier jouent un rôle clé en aidant les entreprises à accéder à des dispositifs de financement et à trouver des leviers pour leurs plans de transition. Margot Ursin souligne que le verdissement et la durabilité sont essentiels pour une économie compétitive et moderne.

Marie Brière, responsable de la veille investisseurs et des partenariats académiques chez Amundi, discute de l’impact des investisseurs responsables. Sur la base d’une revue de littérature, elle examine la relation entre la politique de responsabilité sociale des entreprises (RSE) et leur performance financière, ainsi que l’influence des investisseurs responsables. Brière met en avant le rôle de l’engagement actionnarial, qui permet aux investisseurs d’influencer les politiques des entreprises et la société dans son ensemble. Elle souligne l’importance de comprendre l’évolution des préférences des investisseurs envers les considérations ESG.

Fanny Picard, présidente du fonds Alter Equity, clôt cette section en discutant du financement des start-ups pour la transition vers une économie inclusive et durable. Fanny Picard explique que les start-ups jouent un rôle crucial en développant des solutions innovantes aux enjeux sociaux et environnementaux. Le financement de ces start-ups, notamment par les fonds à impact, est stratégique pour réussir cette transition. Fanny Picard plaide pour un soutien accru des investisseurs institutionnels, à la fois du point de vue éthique et financier, pour favoriser une économie durable.

4 – Défis et perspectives éthiques

Visuel du « code vert » (Source : Benefits and Pensions Monitor).

La finance durable ne peut se développer efficacement sans prendre en compte les défis et les perspectives éthiques. Anne-Catherine Husson-Traore, directrice générale de Novethic, discute des nuances du greenwashing ou écoblanchiment, un terme utilisé pour décrire les pratiques trompeuses des entreprises qui se présentent comme plus respectueuses de l’environnement qu’elles ne le sont réellement. Anne-Catherine Husson-Traore souligne que plus les entreprises verdissent leur communication, plus les attaques sur leurs allégations environnementales sont virulentes. Les accusations d’écoblanchiment sont fréquentes, mais tendent à regrouper des mensonges avérés, des communications exagérées et des pratiques vertes aux impacts limités. Pour la finance durable, il est crucial de distinguer ces différentes pratiques afin de maintenir la crédibilité et la confiance des investisseurs et du public.

Visuel des différentes pratiques du greenwashing (Source :
Planet Tracker Rapport Greenwashing Hydra)

Laure Tabouy, neuroscientifique et éthicienne à l’Université Paris-Saclay et à l’Agence de la biomédecine, aborde les questions éthiques soulevées par la responsabilité sociale des entreprises (RSE). Laure Tabouy souligne l’importance d’orienter des masses considérables d’épargne pour répondre aux enjeux environnementaux, sanitaires et sociaux. Elle explique que les évolutions réglementaires actuelles, telles que la directive CSRD, rendent impératif de repenser les méthodes du monde financier et met en avant l’approche One Health qui intègre les relations complexes entre la santé humaine, animale et environnementale dans les décisions d’investissement.

Comparaison de la lisibilité des diverses doctrines des régulateurs financiers (Source : Novethic)

L’éthique doit devenir la pierre angulaire de la finance durable, impliquant un engagement actif de la part des acteurs financier pour intégrer la durabilité dans tous les aspects de leurs activités.

Les 17 objectifs de développement durable de l’Onu (Source : https://www.undp.org/fr/sustainable-development-goals).

Dorothée Browaeys, journaliste et auteur, spécialisée dans l’analyse des enjeux économiques et politiques de l’écologie, explore le concept de la comptabilité écologique comme moteur d’une économie éco-compatible. Elle critique les modèles économiques actuels, basés sur le PIB, qui sont aveugles à la destruction des milieux naturels.

Concept du One Health (source : https://www.inrae.fr/alimentation-sante-globale/one-health-seule-sante )

Dorothée Browaeys propose que la comptabilité, si elle devient écologique, permette de mesurer les impacts socio-environnementaux des organisations et de promouvoir des pratiques de production respectueuses de l’environnement. En France et ailleurs, de nombreux travaux de recherche et d’expérimentation visent à intégrer le capital naturel dans les mesures de performance des organisations, préparant dès lors l’émergence de nouveaux modèles d’affaires durables en accord avec les régulations européennes du Pacte Vert.

Mise en œuvre du concept One Health
(source : https://www.who.int/fr/news/item/01-12-2021-tripartite-and-unep-support-ohhlep-s-definition-of-one-health ).

Conclusion

Ce numéro vise à offrir une compréhension de la finance durable selon les différents points de vue de ses acteurs, en examinant ses fondements, son cadre réglementaire et institutionnel, le rôle des banques et des investisseurs institutionnels, ainsi que les défis et perspectives éthiques. Les transformations en cours montrent que la finance durable pourrait devenir la norme, avec une économie verte dominant le paysage financier. Toutefois, pour garantir le succès de cette transition, il est crucial de maintenir l’élan et l’ambition du changement, tout en prenant en compte les complexités éthiques et réglementaires inhérentes à ce domaine.

Les huit grands risques liés au changement climatique qu’il faut anticiper

De la résurgence de microbes anciens à la fin des assurances immobilières, en passant par les techniques de modification du rayonnement solaire et l’éco-anxiété des jeunes, un nouveau rapport publié cette semaine par le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) et le Conseil international de la science (CIS) anticipe les « défis émergents » concernant le climat.

Dans une démarche prospective de moyen et long terme, l’étude identifie huit grands changements qui accélèrent la triple crise actuelle (changement climatique, perte en nature et biodiversité, pollution et déchets).

Toute l’originalité du rapport consiste à pointer, à l’intérieur des 8 changements, 18 « signaux de changement ». Ces tendances lourdes qui représentent des risques sérieux et plus rarement des promesses de progrès ont été identifiées par des centaines d’experts à travers le monde, via des consultations.

Ce rapport important, intitulé «Naviguer vers de nouveaux horizons – Prospectives mondiales sur la santé planétaire et le bien-être humain», s’attaque à la complexité d’une « polycrise » dont les rouages sont entremêlés. Il servira en septembre aux discussions du Sommet de l’avenir des Nations Unies.

© UNICEF/Mark Naftalin
Des enfants marchent à côté de champs inondés à Bentiu, dans l’État d’Unity, au Soudan du Sud.

1 – Changement climatique « irréversible » et risques pour la santé

Selon le rapport, « le monde se rapproche de plus en plus d’un changement environnemental qui pourrait être irréversible ».

Un vaste système de courants océaniques, dénommé Circulation méridienne de retournement de l’Atlantique – dont le Gulf Stream fait partie – représente un élément clé de régulation du climat. Or, son effondrement pourrait se produire dès 2057, selon des études.

« À cette vitesse, et compte tenu de l’ampleur des répercussions qui s’ensuivraient, il serait pratiquement impossible de s’adapter » au changement climatique.

Quatre « signaux de changements » sonnent en outre comme autant d’alertes. La fonte du pergélisol arctique (« permafrost » en anglais) risque de libérer des microbes anciens et de générer de épidémies. Ce phénomène a déjà provoqué en 2016 une épidémie d’anthrax en Sibérie, tuant hommes et animaux.

De nouvelles zoonoses, des maladies infectieuses transmises de l’animal à l’homme comme le SRAS, Ebola ou le Covid-19, sont aussi possibles. La résistance des virus augmente face aux antibiotiques, ce qui rendra des maladies banales plus difficiles à soigner.

Enfin, le risque d’impacts imprévus de produits chimiques et matériaux nocifs est réel, dans la mesure ou à peine 5 % des produits chimiques connus font l’objet de mesures dans l’environnement.

2 – Rareté des ressources minières nécessaires à la transition

Grand paradoxe de l’adaptation au changement climatique : la demande de minéraux et métaux rares, essentiels pour alimenter la transition vers une consommation nette nulle, devrait être multipliée par quatre d’ici à 2040. L’extraction de lithium, de cuivre, de cobalt, de nickel et de terres rares, entre autres, risque non seulement d’aggraver la pollution et les déchets, mais aussi de déclencher de nouveaux conflits.

Autre risque signalé : l’expansion rapide de l’activité spatiale et des débris spatiaux orbitaux, qui peut endommager la couche d’ozone et nuire à la stabilité géopolitique.

3 – Intelligence artificielle, transformation numérique et technologie

L’intelligence artificielle (IA) et la transformation numérique peuvent certes apporter des solutions. Elles n’en auront pas moins des répercussions sur l’environnement. Elles vont impliquer une demande accrue de minéraux et d’éléments issus de terres rares, ainsi que des ressources en eau pour répondre à la demande des centres de données.

L’utilisation de l’IA dans les systèmes d’armement et les applications militaires, ainsi que le développement de la biologie synthétique, doivent être examinés sous l’angle de l’environnement.

Un signal de changement positif porte sur « l’émergence d’un état d’esprit d’apprentissage continu et « d’exnovation » » – un terme qui renvoie à l’habitude, qui serait mieux acceptée, de changer radicalement de modèles de consommation et de production. Ce qui pousserait à un « nouveau paradigme dans lequel le statu quo ne serait plus accepté et où les transitions durables prévaudraient ».

Second point : le possible « déploiement de la modification du rayonnement solaire ». Cette géo-ingénierie vise à renvoyer dans l’espace les reflets du soleil, pour limiter la hausse des températures.

Elle aurait un impact immédiat sur le changement climatique, mais comporte de nombreux risques (effets indésirés dans les régions polaires et les tropiques, risque de réchauffement accru en cas de cessation, risque de voir les efforts d’atténuation compromis, etc). « Choisir d’ignorer ces technologies maintenant pourrait aussi comporter des risques, en laissant la société et les décideurs mal préparés et malavisés », note le rapport.

4 – Une nouvelle ère de conflits

Les conflits armés et la violence augmentent et évoluent. « Entre 2021 et 2023, une hausse spectaculaire du nombre des victimes a été causée par quatre conflits : la guerre civile en Ethiopie et au Soudan, l’invasion russe de l’Ukraine et le conflit à Gaza ». Pas moins de 59 conflits étatiques entre 34 pays ont été enregistrés sur cette période, soit « le plus haut niveau depuis 1946 ».

Ces conflits dégradent et polluent les écosystèmes, aggravant la vulnérabilité des populations affectées. Les « signaux de changements », ici, portent sur une mutation dans la façon de faire la guerre. L’apparition de systèmes d’armes autonomes et à intelligence artificielle est redoutée, ainsi que « l’utilisation abusive d’agents biologiques ».

5 – Déplacements forcés massifs

Une personne sur 69 est aujourd’hui déplacée de force, près de deux fois plus qu’il y a dix ans. Avec 120 millions de personnes déplacées en avril 2024, en raison des conflits ou du changement climatique, 1,5 % de la population mondiale est touchée.

Les risques associés à ce phénomène portent sur l’apparition d’espaces rendus inhabitables par le changement climatique, avec des déplacements de population qui deviendraient la norme.

La cheffe du Programme alimentaire mondial (PAM), Cindy McCain, examine les ravages provoqués par une sécheresse aggravée par El Niño en Zambie.
© WFP/Nkole Mwape

La cheffe du Programme alimentaire mondial (PAM), Cindy McCain, examine les ravages provoqués par une sécheresse aggravée par El Niño en Zambie.

6 – Les inégalités se creusent

« Les 10 % les plus riches concentrent plus des trois quarts de la richesse globale, tandis que les 50 % les plus pauvres n’ont que 2 % ou presque rien ». Conséquence écologique : « les 1 % les plus riches et les 66 % les plus pauvres génèrent le même niveau d’émissions », 16 % des émissions totales.

Deux tendances possibles sont associées à ces inégalités. Le « micro-environnementalisme privatisé » tiendrait à la « création d’habitats à accès privé, parfois artificiels, offrant les services d’un écosystème stable » à des particuliers qui seraient « des membres payants », et la fin des assurances telles qu’on les connaît sur des biens situés dans des zones trop exposées.

En clair, les assurances ne voudraient plus couvrir les zones devenues trop risquées. Ce qui « contraindrait les gouvernements à intervenir pour empêcher l’effondrement du marché immobilier ».

7 – Désinformation, déclin de la confiance et polarisation

Le rapport relève la prolifération de la désinformation et des « fake news ». Un phénomène flagrant dans la récente crise du Covid-19, mais aussi la diffusion de thèses climato-sceptiques, avec des répercussions politiques se traduisant par une montée du populisme.

L’un des risques associés porte sur « la prise de décision de plus en plus détachée des preuves scientifiques, (…) sous l’effet de rhétoriques populistes et de pressions communautaires ».

Autre danger : « l’éco-anxiété, une crise émergente, cachée mais évidente ». Cette crise aurait des conséquences sur la santé mentale des enfants et des jeunes, affectant le bien-être général.

Des subventions croissantes au secteur pétrolier représentent un autre risque, en empêchant les investissements de se faire dans les énergies propres, avec un recul dans les efforts de transition énergétique.

Enfin, des risques accrus de corruption dans la compensation des émissions de carbone se font jour. Ce scénario verrait « proliférer les projets frauduleux de séquestration du carbone, sapant les efforts d’atténuation ». La confiance dans les marchés de compensation du carbone s’effondrerait.

8 – Gouvernance climatique

La gouvernance est en mutation, marquée par une confiance en berne dans les institutions publiques et l’influence croissante d’acteurs non étatiques : ONG, multinationales, « super-riches », sociétés de mercenaires et crime organisé.

Après le sommet de Copenhague en 2009 (COP 15), les limites des processus inter-gouvernementaux sont apparues clairement, de même que le besoin d’une approche plus décentralisée de la gouvernance climatique. Aujourd’hui, le cadre réglementaire des traités internationaux est complété par des actions menées par des réseaux transnationaux de villes, de sociétés et de groupes de la société civile.

Les tendances liées à la gouvernance portent sur de « nouveaux outils pour réorienter les flux financiers mondiaux » : les exigences des gouvernements sur l’impact environnemental des opérateurs économiques et les pénalités imposées ont un effet concret sur le cours des actions en bourse et les investissements.

La résilience locale en réseau verrait des communautés « frustrées par les échecs des gouvernements »  devenir « la première force motrice » des actions destinées à augmenter la résilience face au climat.

Quelles solutions ?

« Le rythme rapide du changement, de l’incertitude et des évolutions technologiques auquel nous assistons, sur fond de turbulences géopolitiques, signifie que tout pays peut être déstabilisé plus facilement et plus souvent », selon Inger Andersen, directrice exécutive du PNUE.

Des pistes sont cependant esquissées vers des solutions. Le rapport recommande ainsi d’adopter un nouveau contrat social qui engage un éventail diversifié de parties prenantes, y compris les populations autochtones, et permette aux jeunes de participer plus activement et de repenser les mesures de progrès.

Les gouvernements et les sociétés peuvent également introduire des objectifs et des indicateurs à plus court terme afin d’être plus « agiles » et adaptables en matière de gouvernance face au climat.

Enfin, le travail sur la connaissance des enjeux, le suivi et les données permettrait de « guider la gouvernance » de manière éclairée, espère le rapport.

Article produit par le Centre d’information des Nations Unies pour l’Europe occidentale, basé à Bruxelles


Naviguer vers de nouveaux horizons
Prospectives mondiales sur la santé planétaire et le bien-être humain

Afin de mieux gérer les incertitudes et les changements perturbateurs actuels et futurs, tout en s’acquittant efficacement de son mandat, le PNUE a mis en œuvre une approche institutionnalisée de la prospective stratégique et de l’analyse de l’horizon en vue de développer une culture d’anticipation et d’orientation vers l’avenir.

Le dérèglement climatique attise les risques d’incendies et méga-feux de forêts

L’INRAE confirme que le dérèglement climatique induit une hausse des risques d’incendies à des niveaux inédits, menaçant des zones jusque-là épargnées. Les feux de forêts, historiquement concentrés sur le pourtour méditerranéen et la Corse, la Gironde, les Landes et le Lot et Garonne, vont s’étendre à de nouvelles régions dans les années à venir. Le Haut-Languedoc, les Causses, les Cévennes et les Monts d’Ardèche, l’arrière-pays provençal, les 2/3 nord des Landes et une partie de la Dordogne sont concernés par cette expansion. À l’expansion géographique s’ajoute l’intensification des grands feux (plus de 100 ha) aussi bien dans le Sud-Ouest que dans le Sud-Est.

92 % des feux sont d’origine humaine. Et ce n’est pas qu’une affaire de pyromane ! Thomas Curt, directeur de recherche

La Provence, 17 juin 2023

Décryptage – Risque incendie

Comprendre et prévenir le risque incendie, appuyer les politiques publiques et aider à la décision, soutenir la régénération des forêts sont les 3 piliers sur lesquels les travaux d’INRAE reposent. Voici un aperçu des recherches et expérimentations que ses scientifiques développent en France, en partenariat avec Météo France et l’ONF (Office national des forêts), pour prévenir le risque incendie, mieux comprendre les feux, s’en prémunir et aider les écosystèmes à s’adapter et se régénérer.

Qu’est-ce qu’un feu de forêt ? Un mégafeu ?

C’est dans le Sud-Est que la progression des surfaces brûlées serait la plus importante. Globalement, l’intensification des feux de plus de 20 ha pourrait même aboutir à la réunion des 3 zones à risque historiques : Sud-Est, comprenant le pourtour méditerranéen et la Corse, Sud-Ouest et Centre-Ouest pourraient ne faire qu’une d’ici 2090, dans le scénario le plus pessimiste d’augmentation des émissions de gaz à effet de serre (GES).

Projections pour le XXIe siècle

Pour prévenir ces risques et appuyer les politiques publiques, réaliser et affiner ces projections et cartographier les risques à l’échelle des régions concernées semble primordial. Ce travail a été réalisé par INRAE en envisageant 2 scénarios :

  • 1 – stabilisation des émissions de GES à un niveau faible (RCP* 4.5)
  • 2 – progression au rythme actuel (RCP* 8.5).

Pour mémoire, le scénario RCP 4.5 correspond approximativement à la trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique (TRACC) proposée par le gouvernement en mai 2023.

Dans la zone Sud-Est

  • Hausse de l’activité moyenne des feux dès 2030, de +13 à +22 % selon ce que l’on mesure : surface brûlée, nombre de feux qui échappent (plus d’1 ha), nombre de grands feux (plus de 100 ha).
  • Accentuation de ces tendances à horizon 2050, de +34 à +67 %, selon ce que l’on mesure.
  • Augmentation du nombre de grands feux, passant d’une moyenne de 7 à 10 par an en 2050, et jusqu’à 20 feux par an en 2090, si les émissions continuent d’augmenter.
  • Lors des années extrêmes qui se produisent en moyenne moins d’1 fois par décennie, on pourra atteindre jusqu’à 40 grands feux par an, quel que soit le scénario, contre 18 aujourd’hui.
  • Dans les 2 scénarios, de nouvelles zones seront touchées, à l’instar du Haut-Languedoc, des Causses, des Cévennes, des Monts d’Ardèche et de l’arrière-pays provençal, bien que les ⅔ des hausses d’activité des feux concerneront la zone à risque « historique » (le pourtour méditerranéen).
  • La période propice à l’activité des feux s’étale dans le temps, pouvant démarrer plus tôt et se poursuivre au-delà de la plage actuelle, ce qui nécessite d’adapter la période de mise en œuvre des dispositifs opérationnels et mobilise davantage le personnel impliqué.

Les brigades de sapeurs-pompiers seront davantage sollicitées, sur plusieurs départs de feux à la fois. Aujourd’hui, on dénombre en moyenne 1,8 journée par an avec 7 feux de plus de 1 ha. En s’appuyant sur nos projections, on peut s’attendre à une dizaine de journées de ce type d’ici 2090. Ces demandes d’intervention sur des sinistres concomitants, et la dispersion des moyens qui en résultera, multiplieront la fréquence des feux qui échappent au contrôle, devenant ainsi des incendies de grande ampleur.

Dans la zone Sud-Ouest

  • Hausse de l’activité moyenne des feux dès 2030, de +14 % à +23 %, selon ce que l’on mesure : surface brûlée, nombre de feux qui échappent (plus d’1 ha), nombre de grands feux (plus de 100 ha).
  • Accentuation de ces tendances dès 2050.
  • Entre 2001 et 2020, on constatait moins de 1 grand feu (de plus de 100 ha) en moyenne par an. D’ici 2090, ce chiffre pourrait doubler, de même que la superficie brûlée.
  • Concentration des dommages lors des années extrêmes, durant lesquelles on dénombrera en moyenne 6 feux par an (contre 3,7 actuellement). L’écart entre années extrêmes et années moyennes est largement supérieur à celui de la zone Sud-Est.
  • La majorité des feux significatifs (plus de 20 ha) auront lieu dans la zone à risque « historique ».
  • De nouveaux territoires entreront dans la zone à risque principale : les ⅔ nord des Landes, la Dordogne, et dans une moindre mesure l’ouest du Lot-et-Garonne, où plus de la moitié des feux de plus de 1 ha devraient avoir lieu.
  • Émergence de nombreux feux de petite taille, ce qui nécessite la mise en œuvre d’une politique de prévention et de lutte sur des zones étendues.
  • Les périodes propices à l’activité des feux (début de printemps et été) s’étalent progressivement dans le temps, pour aboutir dès 2050 à une période d’activité continue entre la fin de l’hiver et le début de l’automne.

Là encore, les pompiers et la sécurité civile seront largement sollicités du fait d’interventions concomitantes et sur une plus longue période, la saison à risque devenant continue entre la fin de l’hiver et le début de l’automne en 2050.

Pleins feux sur les incendies du futur. Comment et où le risque incendie va-t-il évoluer dans les prochaines décennies ? Les scientifiques INRAE cherchent à mieux comprendre les facteurs responsables des incendies de forêt dans un contexte de changement global.

Toutefois, l’ampleur de ces changements, tant au niveau des régions qu’à l’échelle nationale, dépend des évolutions futures de la végétation (fournissant plus ou moins de combustible) ainsi que des politiques de prévention et de lutte, dont cette prospective ne tient pas compte.

Dans certaines régions, à l’instar de la Bretagne ou des Vosges, les activités de feux pourraient avoir été sous-estimées, faute d’observation de feux de plus de 20 ha dans ces zones sur l’ensemble de la période 2008-2020.

Cette approche, réalisée pour le ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, s’appuie sur des données fournies par l’Office national des forêts, Météo-France et différents instituts météorologiques internationaux, ainsi que sur des modélisations probabilistes INRAE. Elles complètent les études de Météo-France sur les indices de danger opérationnel et celle de l’ONF sur l’évolution de la sensibilité de la végétation aux feux. Ces trois études ont été analysées par la mission d’inspection interministérielle portant sur la Politique de prévention et de lutte contre l’incendie de forêt dans un contexte d’extension et d’intensification du risque dû au changement climatique. Cette analyse est synthétisée dans un rapport de mission rendu public fin 2023. Les travaux INRAE contribueront donc à enrichir l’information disponible pour les ministères, les préfectures et les services de l’État afin d’aider les préfectures à prioriser leurs actions de prévention et de lutte.

* RCP : scénarios GIEC de modélisation du climat futur selon diverses hypothèses d’évolution du niveau de la concentration des GES.

POUR ALLER PLUS LOIN 

Replay du séminaire UVED : Changements climatiques et feux de forêt en France, avec François Pimont

REFERENCES :

Questions Cdurable à Fabien Sécherre, porte-parole de Jobs that makesense

Permettre à chacun de (re)donner du sens à son travail grâce à l’économie verte et solidaire, c’est l’ambition de Jobs that makesense, une plateforme d’emplois et de formations à impact positif. Son porte-parole, Fabien Sécherre, a accepté de répondre aux neufs questions essentielles pour Cdurable.

Toute l’équipe de Jobs that makesense veut (re)donner à chacun·e la chance de trouver un emploi qui a du sens.

Fabien Sécherre, porte parole de Jobs that makesense pense que nous allons bientôt assister à la revanche des territoires sur les centre-villes car hors des métropoles, des gigafactories, des fermes éoliennes et les commerces en circuit court se multiplient. L’économie verte devient donc une opportunité pour lutter contre le chômage dans les territoires de manière concrète.

Nous croyons profondément que choisir un travail à impact positif est un moyen d’agir concrètement pour la transition écologique et sociale.

Trouver un job qui a du sens


Nous voulons donner à chacun·e la chance de trouver un emploi qui a du sens.


Jobs that makesense réunit toutes celles et tous ceux qui veulent mettre leur vie professionnelle au service d’une société inclusive et durable : entrepreneur·es passionné·es, acteur·ices engagé·es de l’économie sociale et solidaire, organismes de formation pour les métiers de demain et candidat·es talentueux·ses en quête de sens. Objectif : accompagner 10 millions de personnes vers une carrière à impact positif.

Jobs est un service gratuit porté par l’association makesense.

Bienvenue là où l’impact compte vraiment.
Sur jobs, les acteurs les plus ambitieux de l’économie sociale et solidaire publient leurs offres d’emploi.

Rejoignez-les et passez à l’action.

Vous pouvez l’utiliser pour accélérer votre projet et participer à construire une société plus respectueuse, inclusive et durable.

Jobs that makesense est la réponse de l’association makesense aux millions de français·es qui souhaitent redonner du sens à leur vie professionnelle.

Questions Cdurable ou c’est pas durable !?

Au delà des communiqués, qui ne présentent souvent que le « meilleur », et du développement durable, qui ne fait que tenter de réduire les impacts négatifs de sa croissance volumique, nous nous intéressons aujourd’hui, 20 ans après la création de Cdurable.info, aux questions essentielles. Alors Cdurable ou pas ? 9 questions qui nous invitent à Comprendre pourquoi Agir & Coopérer avec le vivant, Cdurable !

Fabien Secherre, Porte-parole de Jobs That Makesense

Fabien Secherre, Porte-parole de Jobs That Makesense a accepté de répondre aux neufs questions Cdurable, essentielles comme les neufs besoins fondamentaux des êtres vivants dont les humains que nous sommes …

1 – Quelle est la nature de ma relation avec le vivant ?

Je suis né dans un petit village d’une trentaine d’habitants, entouré par la nature. Aujourd’hui habitant à Paris, c’est indispensable pour moi de revenir à la campagne autant que possible pour me reconnecter au vivant. Je suis fasciné par la complexité, et en même temps la simplicité apparente, des mécanismes du vivant. Ce qui m’interpelle particulièrement, c’est aussi la lenteur, l’économie de chaque interaction, bien loin de l’agitation. Je tente de m’en inspirer dans ma vie personnelle et professionnelle.

2 – Quels sont mes besoins et choix d’alimentation ?

Je suis un vrai gourmet ! J’adore passer du temps à cuisiner ou des petites soirées resto entre amis. Je diminue la part de mon alimentation carnée, sans pour autant être végétarien. Le plus important pour moi, c’est dès que je le peux d’opter pour des filières courtes.  

3 – Quel est mon type d’habitat actuel et idéal ?

Il est double : mon appartement parisien que je conçois comme une bulle de sérénité, et la maison familiale à la campagne, avec de vastes ouvertures sur la nature; les arbres foisonnants et la valse des oiseaux. J’aime cet équilibre ville / campagne. 

4 – Quelle activité physique favorise mon bien-être et ma santé ?

Le yoga et la randonnée. 

  • le yoga pour redescendre après une longue semaine, ou pour entamer la journée avec sérénité tout en contrant les mauvaises postures d’un travail de bureau
  • La randonnée à la fois pour la beauté des paysages de montagne, pour déconnecter totalement et me réveiller en bivouac dans des lieux incroyables 

5 – Quels savoirs m’ont permis de comprendre comment agir ?

En découvrant les milliers d’emplois qui existent déjà au service de la redirection écologique et solidaire, j’ai compris que le meilleur moyen d’agir, c’était justement de mobiliser les savoirs acquis lors de mes études et mes expériences professionnelles – pour moi des compétences en marketing et communication – et de les mettre au service d’une cause qui me tient à cœur – la redirection écologique. Si chacun utilise sa force de travail et ses compétences professionnelles pour des projets à impact social et environnemental, alors on pourra changer les choses en profondeur.

6 – Quel est le sens que je donne à mon travail ?

Il est le fruit d’un savant équilibre entre engagement et respect des temps. Engagement, car j’ai besoin que mon activité professionnelle soit utile à la planète et à la société (le pour quoi on travaille). Respect des temps, car j’ai à cœur de limiter mon temps de travail et maximiser mon temps libre, respectant ainsi l’un des slogans de Mai 68 que j’affectionne particulièrement : “travailler pour vivre, et non vivre pour travailler”. Aussi important soit le travail dans nos vies, et aussi engagé qu’on puisse être dans ses missions, il est important de se rappeler à chaque instant que la vie ne se résume pas à son travail.

7 – Quelle énergie j’utilise pour mes usages et mes besoins ?

Ce qui me donne de l’énergie au quotidien, c’est surtout les centaines de messages que l’on reçoit de candidates et candidats qui nous disent avoir trouvé leur voie professionnelle, une formation ou un emploi qui a du sens grâce à Jobs that makesense.
Pour mes déplacements, je suis un grand fan de marche – j’ai la chance de pouvoir aller travailler à pied – et de train. Je crois d’ailleurs que ça fait partie du bien être au travail : pourvoir s’y rendre avec des moyens de mobilité douce : transports publics, marche, vélo…

8 – Quelle est mon implication personnelle pour l’intérêt général ?

C’est d’abord par mon travail que j’essaye de servir le plus possible l’intérêt général, en permettant aux structures de l’économie sociale et solidaire et de l’impact de recruter des profils engagés autour de leur raison d’être, et en permettant à chacun de trouver un travail ou une formation qui l’épanouisse. A titre personnel, je m’étais pas mal engagé politiquement il y a quelques années, c’est toujours un axe d’engagement qui me tient particulièrement à cœur.

9 – Quels sont mes liens de coopération et ma participation au bien commun ?

Chez Jobs that makesense, nous croyons à la coopération et à la force du collectif

Au-delà d’un outil de recrutement et d’un site d’offres d’emploi et de formations, nous formons un réseau de plus de 8000 organisations à impact et 100 organismes de formation aux compétences clés de la redirection écologique et solidaire. On a déjà permis à des entrepreneurs sociaux de rencontrer leurs associés, à des recruteurs d’échanger des CV pour trouver la meilleure recrue, à des organismes de formation de monter des programmes en commun,…

10 – Carte blanche : quel est le message essentiel que vous souhaitez faire passer à nos visiteurs ?

Engagez-vous professionnellement pour les causes qui vous tiennent à cœur !

Il existe des milliers d’opportunités dans l’ESS et dans l’économie de l’impact, quel que soit le niveau d’étude, quel que soit le métier. Et mettez-vous en mouvement sans plus attendre, en consultant les offres d’emploi et de formation sur Jobs that makesense, en rencontrant des professionnels qui vous inspirent, ou encore en vous inspirant d’articles et de lectures sur les parcours de reconversion professionnelle !


Transformer notre rapport au Vivant
avec Jean-Pierre Goux et Pierre Gilbert

Une soirée, le 21 Mars 2024, pour encourager l’introspection collective et inventer de nouvelles manières de cohabiter, en favorisant des approches durables et épanouissantes. Avec Jean-Pierre Goux et Pierre Gilbert.

L’anthropocène… n’est-ce pas plutôt le début d’autre chose ? Voilà la question qu’aborderont nos deux intervenants pour explorer de nouvelles manières de faire corps, et faire cœur avec le vivant. Entre réflexions, émerveillement et prises de conscience, cette rencontre propose de redéfinir collectivement ce que pourrait être un nouveau paradigme pour l’humanité, avec une vision alternative aspirant à réorienter notre perception et notre sensibilité par rapport du vivant. Elle encourage une introspection collective pour explorer de nouvelles manières de cohabiter, en favorisant des approches durables et épanouissantes.

En présence de :

  • Jean-Pierre Goux, mathématicien, ingénieur, entrepreneur, écrivain, conférencier et acteur engagé dans l’écologie. Son expertise se situe dans les domaines de la transition écologique, de l’énergie, de l’économie, de la prospective, de la technologie, de l’espace et des récits. Il est l’auteur du Siècle bleu et de Révolution bleue.
  • Pierre Gilbert, co-fondateur de Sator.fr, il est aussi prospectiviste en matière de risques climatiques. Auteur de Géomimétisme, réguler le changement climatique grâce à la nature, il concentre ses recherches sur les solutions de régénération bioinspirées. Co-auteur des 3 manifestes pour une écologie culturelle, il s’intéresse également à la psychologie de la transition, et notamment au rôle de l’inconscient individuel et collectif.

Cet événement s’inscrit dans le cadre de la campagne Villes et vivant orchestrée par makesense, Moho et Ceebios.

Les Jeux olympiques de Paris 2024 sont-ils compatibles avec un monde neutre en carbone ?

Les organisateurs l’ont promis. Le bilan carbone des Jeux olympiques de Paris 2024 doit être divisé par deux par rapport aux éditions de Londres (2012) et Rio (2016). Est-ce réaliste ? Ces promesses pourront-elles être tenues ? La spécialiste de la durabilité Anne de Bortoli (ENPC, Polytechnique Montréal) a fait les comptes pour The Conversation France.

Les transports liés aux Jeux pèsent dans l’empreinte carbone globale de l’événement. Ludovic MARIN/AFP

Anne de Bortoli, École des Ponts ParisTech (ENPC)

Panem et circenses, « du pain et des jeux », disaient les Romains de l’antiquité. Le 26 juillet prochain, quatre milliards de téléspectateurs – presque la moitié de l’humanité – visionneront les Jeux olympiques de 2024, avec une grosse dizaine de millions de visiteurs attendus à Paris.

Comme lors de chaque mégaévénement, sportif ou non d’ailleurs, se pose la question de son bilan environnemental, social et économique. Et en particulier sa compatibilité avec les objectifs climatiques internationaux. Les JO de Paris 2024 entendent ainsi être les premiers compatibles avec l’accord de Paris sur le climat.

À cet égard, les organisateurs des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 ont annoncé des ambitions très élevées : émettre deux fois moins de gaz à effet de serre que les éditions précédentes. Le Comité d’organisation des Jeux olympiques (COJO) promettait des « Jeux écolos » dès avril 2021 et même d’atteindre la neutralité carbone, en retirant de l’atmosphère davantage de gaz à effet de serre que les émissions générées par les Jeux. La référence à la neutralité carbone a toutefois été discrètement abandonnée dans les communications ultérieures.

Les promesses à l’épreuve de la réalité

Dans ces conditions, la promesse de « Jeux écolos » peut-elle être tenue ? La question s’est rapidement posée. Des organismes comme l’ADEME, dans un avis rendu en mai 2022, dénoncent le recours à l’étiquette « neutre en carbone » pour les événements, produits ou entreprises lorsque basée sur des crédits de compensation carbone, qui s’apparenterait à une pratique de greenwashing. À ce titre, l’Union européenne prévoit d’interdire les labels de neutralité carbone des produits basés sur la compensation d’ici à 2026.

Un exemple frappant de ce type de « compensation-washing » est la Coupe du monde de football 2022 au Quatar. Celle-ci avait été vertement critiquée pour ses allégations de neutralité carbone, et plusieurs organisations avaient dénoncé les déclarations de la FIFA en ce sens.

Dans le cas des Jeux de Paris, l’objectif est donc de réduire par deux les émissions par rapport aux JO de Rio en 2016 et de Londres en 2012, qui auraient émis environ 3,5 millions de tonnes équivalent CO2 (Mt CO2 eq). Cependant, ces Jeux faisaient partie des moins écologiques et la méthodologie de calcul des émissions utilisée avait été critiquée, ce qui a d’ailleurs poussé la publication d’un cadre de calcul standardisé pour les Jeux olympiques en 2018.

Le budget carbone maximum pour Paris 2024 a ainsi été fixé à 1,58 Mt CO2 eq. Cet objectif reste ambitieux si l’on considère que les Jeux de Tokyo 2020, organisés en pleine pandémie et sans spectateurs, ont quand même généré près de 2 Mt CO₂ eq.

Les Jeux de Tokyo, en 2020, étaient sans spectateurs du fait de la pandémie de Covid-19. AP Photo/Jae C. Hong

Comment les JO polluent

Les postes d’émissions de gaz à effet de serre les plus importants lors des mégaévénements sont traditionnellement le transport des participants et la construction des bâtiments et infrastructures, comme l’a montré une récente étude scientifique. Le bilan carbone estimé à ce jour pour les JO 2024, et communiqué par le COJO, se répartit en trois parts relativement égales :

  • le déplacement des participants et des spectateurs (qui devrait représenter un quart des émissions, dont 9 % pour celui des athlètes et des officiels),
  • la construction (avec environ 25 % pour les constructions permanentes dont 8 % pour les infrastructures temporaires, et à peu près autant pour les systèmes énergétiques temporaires, comme les générateurs.
  • et enfin les opérations (restauration, hébergement, logistique, sécurité, etc.), qui représentent le dernier quart.
Bilan carbone attendu des JOP de Paris 2024. Anne de Bartoli, Fourni par l’auteur

Évidemment, le bilan carbone des JO 2024 n’est pas confirmé puisque l’événement n’a pas encore eu lieu. Les quantités et types de matériaux de construction utilisés ne sont peut-être pas encore consolidés, et la participation finale reste hypothétique. Mais la grande incertitude sur le bilan à ce jour est liée au transport.

Bilan carbone des modes de transport longue distance. Anne de Bortoli, Fourni par l’auteur

Il faudra notamment attendre d’avoir des données précises sur le nombre final de participants, leur provenance, et les moyens de transport utilisés pour rejoindre l’événement et se déplacer sur site. Les transports aériens (du fait de leur fort impact carbone) et le retard des lignes de transport en commun du Grand Paris Express, notamment, pourraient augmenter les émissions prévues, tout comme le risque de grève des cheminots à l’approche de l’événement.

Bilan carbone des modes de transport urbains à Paris. Anne de Bortoli, Fourni par l’auteur

La construction controversée d’un nouveau diffuseur autoroutier dans le cadre des JO augmentera aussi probablement les émissions routières à long terme. En effet, la recherche a prouvé depuis longtemps que la construction d’infrastructures routières nouvelles (et plus encore d’autoroutes) génère une hausse de trafic durable.

Le COJO promet que le bilan carbone effectif sera publié à l’automne, après les Jeux. On espère que le calcul de l’empreinte carbone sera communiqué de manière transparente, reproductible, et que le chiffre aura été vérifié par un organisme indépendant, ce qui correspond aux bonnes pratiques en matière de reporting environnemental.


Pour suivre au plus près les questions environnementales, retrouvez chaque jeudi notre newsletter thématique « Ici la Terre ». Abonnez-vous dès aujourd’hui.


Des Jeux plus verts, vraiment ?

Concrètement, les organisateurs des JO 2024 mettent en avant plusieurs solutions pour réduire les émissions. À y regarder de plus près, celles-ci présentent plusieurs limites.

Premier point intéressant : des constructions neuves limitées, puisque sur les 26 sites de compétitions, 95 % des infrastructures sont existantes ou temporaires. Les constructions nouvelles ont aussi été conçues pour être moins émettrices en CO2 que la moyenne.

Par exemple, le centre aquatique et son ossature en bois, ses panneaux photovoltaïques sur le toit et ses sièges en matériaux locaux recyclés. Cette dernière mesure ne change toutefois rien au bilan carbone du centre aquatique du fait de la masse de plastique et de son empreinte carbone par kilogramme relativement restreintes comparées aux masses et empreintes carbone massiques d’autres matériaux, notamment bétons et métaux. Mais on salue la réduction des déchets plastiques (le vrai point noir des impacts environnementaux des plastiques !) et l’impact positif sur l’économie locale.

Le village olympique, quant à lui, vise une empreinte carbone inférieure de 30 % à celle d’un projet de construction classique, en utilisant du bois sourcé localement. Mais il y a un problème : la référence choisie – la tonne CO₂ eq par mètre carré – semble très élevée par rapport aux valeurs constatées par les études spécialisées, qui évaluaient en 2022 l’empreinte carbone du bâti européen à 210 kg CO2 eq par mètre carré en moyenne sur tout son cycle de vie. Notons d’ailleurs qu’il n’est pas précisé par le COJO si l’objectif porte sur l’impact pour la construction uniquement ou pour toute la durée de vie (incluant l’utilisation ultérieure des bâtiments).

Un objectif de 100 % d’énergies renouvelables a aussi été annoncé, s’appuyant sur des systèmes photovoltaïques et géothermiques, des groupes électrogènes fonctionnant aux biocarburants et l’achat d’électricité renouvelable avec certificats de garantie d’origine – un mécanisme dont le bénéfice carbone est toutefois décrié par la communauté scientifique.

Côté restauration, deux tiers des repas servis seront végétariens, ce qui réduit leur impact par deux par comparaison aux repas omnivores, et 25 % des produits seront locaux. Mais cette dernière mesure ne garantit pas une plus faible empreinte carbone contrairement à la croyance populaire ! Dans tous les cas, la restauration ne représente que 1 % du budget carbone estimé des Jeux. L’offre de restauration végétarienne serait plutôt de « l’évangélisation alimentaire », pour réduire la consommation des produits animaux très carbonés (viandes et produits laitiers).

Reste enfin la si controversée compensation carbone, avec des engagements pas toujours clairs. Des projets de reforestation, de préservation de forêts, ou de développement d’énergie renouvelable sont ainsi envisagés par le COJO, pour une compensation de 100 % des gaz à effet de serre émis par l’événement.

Un engagement louable… si les projets de compensation sont de qualité. En effet, l’impact réel des crédits de compensation carbone est largement contesté par la communauté scientifique. Les arbres des projets forestiers peuvent mourir de façon anticipée (du fait de la sécheresse, des maladies et nuisibles, ou des feux de forêt), le financement des crédits carbone ne générer le stockage de CO2 escompté ou encore le compter en double – voire triple – du fait de méthodes de comptabilisation douteuse, telles celles révélées par une vaste enquête de début 2023. Des normes de qualité et de vérification de la véracité des crédits de compensation carbone existent, mais leur mise en œuvre et vérification reste difficile.

Des mégaévénements incompatibles avec l’accord de Paris ?

La communauté de recherche est divisée sur la durabilité des mégaévénements. Certains, comme Martin Müller, de l’Université de Lausanne, et ses collègues, estiment que, de par leur échelle, ils ne peuvent pas être durables et servent principalement les intérêts financiers et le plaisir de l’élite. D’autres y voient une opportunité d’innovation, de développement durable, et de sensibilisation à la durabilité.

Concrètement, l’empreinte carbone attendue des JO 2024 est de 1,6 Mt CO2 eq pour 13 à 16 millions de visiteurs, soit environ 100 à 125 kg CO2 eq par personne. C’est relativement peu comparé à l’empreinte carbone annuelle moyenne d’un Français, qui s’élève à 10 t CO2 éq. À titre d’exemple, 100 kg eq CO2 correspond aux émissions générées en parcourant 500 km en voiture ou 10 000 km en métro, ou encore en consommant 31 burgers de bœuf ou 83 bouteilles de vin.

Mais pour respecter l’accord de Paris visant à limiter le réchauffement climatique à moins de 1,5 à 2 °C d’ici 2100 par rapport aux températures préindustrielles, il faut limiter drastiquement l’empreinte carbone annuelle de chacun à moins de 2 t CO₂ eq. Il serait juste que les pays riches, qui sont responsables de la vaste majorité des émissions, assument la majeure partie des réductions d’émissions.

Des chercheurs ont proposé plusieurs solutions pour améliorer la durabilité des futurs mégaévénements : réduire la taille des événements, organiser une rotation entre quelques villes pour éviter la construction de nouvelles infrastructures, ou encore mettre en place des normes de durabilité indépendantes et confier l’évaluation de la durabilité à un organisme indépendant.

Ce qui est sûr est qu’il est temps de réinventer les JO et mégaévénements pour les rendre plus durables et alignés avec les objectifs climatiques internationaux. Il paraît évident que les impacts environnementaux liés à l’héritage urbain des mégaévénements dépassent largement l’impact direct de l’événement. Les Jeux peuvent donc être un levier environnemental et social pour l’avenir, par exemple via la rénovation urbaine : isolation thermique des bâtiments, déploiement d’infrastructures d’énergies renouvelables et de transport actif et en commun, ou encore création d’espace de loisirs urbains pour éviter le fameux « effet Barbecue » des urbains qui quittent la ville le week-end et génèrent ainsi beaucoup de GES. Les effets de l’héritage des Jeux de Barcelone de 1992 sont un merveilleux exemple de rénovation urbaine réussie.

Les Jeux peuvent – et doivent – devenir un investissement pour une ville plus verte, plus juste et plus conviviale, à la condition de respecter des règles de développement strictes, qui restent à définir par un standard international. Car rappelons qu’il est vital que nos modes de consommation respectent les limites planétaires pour assurer un avenir décent à tous, et ce, en priorisant les besoins physiologiques et de sécurité selon la pyramide de Maslow. Or, notre sécurité alimentaire, entre autres, est mise en danger par les changements climatiques. Alors, soyons solidaires et responsables. Du pain et des Jeux : pourquoi pas. Des Jeux ou du pain pour tous : non !


La recherche du Dr. Anne de Bortoli est financée par le CIRAIG, centre de recherche spécialisé dans les métriques de durabilité, à Polytechnique Montréal.

Anne de Bortoli, Chercheuse en carboneutralité et durabilité des transports et infrastructures au CIRAIG (Polytechnique Montréal), chercheuse associée au laboratoire Ville Mobilité Transport (ENPC), École des Ponts ParisTech (ENPC)

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.


Ces Jeux posent en tout cas la question de l’adaptation des grandes compétitions sportives aux enjeux climatiques. L’Agence de la transition écologique (Ademe) a justement publié un avis à ce sujet, et appelle à repenser en profondeur ces événements. Il s’agit non seulement de les adapter aux conditions climatiques de demain, mais aussi de les rendre plus compatibles avec les enjeux de la transition écologique, explique Amandine Richaud Crambes (Ademe).

Deux porteurs de torches se relaient lors du relais des flammes olympiques et paralympiques, en amont des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, à Bordeaux, dans le sud-ouest de la France, le 23 mai 2024. Christophe Archambault / AFP

JO, Coupes du monde, championnats… Comment adapter les compétitions sportives aux enjeux climatiques ?

Amandine Richaud Crambes, Ademe (Agence de la transition écologique)

Dans quelques semaines, les Jeux olympiques et paralympiques 2024 s’ouvriront à Paris. Événement fédérateur à l’influence planétaire, cette compétition fait partie, comme les Coupes du monde et les grands championnats internationaux, des grands événements sportifs internationaux (Gesi).

Ces mégaévénements, qui se définissent par leur caractère discontinu, original, international et doté d’une composition globale hors norme, sont capables d’atteindre des millions de personnes à travers le monde par la médiatisation et contribuent donc à diffuser les valeurs du sport et à faire naître chez les spectateurs le goût pour les « activités physiques et sportives ».

L’enjeu est essentiel, dans un contexte où la sédentarité, la santé mentale et l’obésité sont des problèmes majeurs de santé publique. Or désormais, le changement climatique s’invite à son tour dans l’équation.

D’une part, la fréquence et l’intensité accrues des épisodes climatiques extrêmes viennent perturber nos pratiques sportives et nous appellent à les adapter. Lors du marathon de Sydney en 2023, 260 coureurs ont dû arrêter la course notamment pour des vomissements, des cas de déshydratation, des maux de tête ou encore des malaises : les exemples se multiplient lors des grands événements sportifs, le changement climatique heurte de plein fouet la pratique sportive.

D’autre part, le changement climatique nous oblige à réfléchir à l’impact du sport, de son industrie et des grands événements sportifs sur l’environnement. Si les mobilités actives comme le vélo ou la marche à pied contribuent non seulement à la santé mais aussi à la décarbonation de nos activités, la pratique sportive (infrastructures, compétitions, surconsommation de produits dérivés…) est également génératrice de lourdes conséquences : émissions de gaz à effet de serre, dégradation des espaces naturels et de la biodiversité, production de déchets, gaspillage alimentaire et, de plus en plus, pollution numérique.

Dans ce contexte, l’Agence de la transition écologique (Ademe) vient de publier un avis afin d’aider à repenser ces événements fédérateurs pour les adapter dès aujourd’hui aux conditions climatiques de demain et les rendre plus compatibles avec les enjeux de la transition écologique.

Prise de conscience progressive

Depuis quelques années déjà, les organisateurs successifs des différentes compétitions sportives mondiales se sont employés à faire des efforts pour adapter ces événements aux enjeux climatiques.

D’autant qu’une réticence grandissante s’est ancrée au sein des populations à l’idée d’accueillir ces compétitions : les impacts locaux inégaux qu’elles génèrent – entre bénéfices économiques, coûts sociaux et dégradations environnementales, comme ce fut le cas lors des JO de 2016 à Rio avec la destruction de zones protégées – ne les rendent plus si attractifs.

Cela entraîne une raréfaction des candidatures d’accueil, d’autant que leur modèle économique apparaît de plus en plus fragile et que la consommation de ces événements a évolué, octroyant une part croissante au numérique.

Si les mesures des impacts des Gesi ont longtemps été purement économiques, les impacts environnementaux ont commencé à être pris en compte. Ainsi, les jeux de Vancouver en 2010 ont pour la première fois mis en œuvre des objectifs écologiques – construction d’infrastructures en matériaux biosourcés, réflexion sur leur déconstruction. Depuis, la question environnementale a systématiquement été intégrée à la communication des villes d’accueil.

Quant aux JOP2024 de Paris, le cap fixé est qu’ils soient les plus ambitieux en matière écologique. Ainsi, les organisateurs ont souhaité réduire de moitié leur empreinte environnementale par rapport aux précédentes éditions, et espèrent de ne pas dépasser un budget carbone de 1,5 million de tonnes de CO2.

En comparaison, Rio en 2016 et Londres en 2012 en avaient émis respectivement 3,6 et 3,4 tonnes. Les trois postes les plus réfléchis pour répondre à cela ont été les déplacements, les opérations (logistique, hébergement, restauration, etc.) et les constructions.

La nécessité de mieux mesurer les impacts

Malgré ces efforts louables, il n’est pas possible d’affirmer que l’impact environnemental des Gesi – on estime aujourd’hui que les JO ou la Coupe du monde de football émettent chacun entre 1,5 et 4 millions de tonnes équivalent CO2 de GES – a baissé au cours des dernières années. Les JOP2024 l’ont d’ailleurs reconnu, en renonçant à revendiquer la neutralité carbone de l’événement, et en se contentant de s’engager à faire mieux.

D’abord parce que ces événements engendrent systématiquement des effets rebonds : les impacts qui entourent la venue massive de visiteurs dans une ville pendant plusieurs semaines, l’avenir des infrastructures créées pour l’occasion…

Ensuite, car ces efforts sont concomitants, au fil des années, d’autres évolutions. En premier lieu l’ampleur croissante qu’ils ont prise ces dernières décennies avec la mondialisation, la professionnalisation du sport et sa médiatisation, menant à un gigantisme générateur de dégâts majeurs. Aux visiteurs qui affluent du monde entier en avion s’est ajouté le nombre croissant de spectateurs suivant nuit et jour les compétitions en direct.

Malgré les enjeux économiques qu’ils représentent aussi, il s’agit aussi de limiter les impacts de ces flux numériques. En effet, ils représentent aujourd’hui le 3e poste le plus consommateur et le plus polluant des Gesi.

Or il nous manque des outils pour mieux cerner les conséquences des grandes compétitions sportives. Une méthodologie commune et partagée d’évaluation des impacts et des indicateurs (au-delà du seul carbone) qui capitaliserait sur les retours d’expériences des événements les plus récents serait utile. Cela permettrait de renforcer en amont les exigences des cahiers des charges, avec des obligations de résultat sur la diminution des impacts négatifs, environnementaux et également sociaux.

C’est dans cette optique et dans le cadre des JOP2024, que l’Ademe a développé Coach Climat événements, un outil qui permet d’estimer et comprendre les émissions de gaz à effet de serre des événements sportifs français et aider les organisateurs à tendre vers des actions de décarbonation.

Un changement de paradigme

Il en découle une conséquence importante. Décarboner les Jeux olympiques ou les Coupes du monde de football grâce à, par exemple, des infrastructures écoconçues et mieux adaptées à la chaleur, la limitation de la pollution intérieure ou encore le recyclage, sont des mesures indispensables, mais qui ne suffiront pas à l’avenir. Un autre modèle apparaît inévitable, qui se projette dans un climat post-2030 et anticipe un niveau d’exigence bien supérieur en termes d’impact et d’adaptation au changement climatique.

Il s’agit à terme de repenser ces compétitions en questionnant leur nature et leur organisation. Du choix des saisons à laquelle on les programme, aux horaires, en passant par le format et les sports pratiqués. Faut-il régionaliser certaines compétitions ? Répartir leur organisation en plusieurs lieux ? Interroger le rôle de certains sponsors ? Et même l’évolution de la pratique de certains sports ?

En effet, la hausse du niveau de la mer, l’accroissement de la fréquence des épisodes de submersion et l’érosion côtière provoqueraient la relocalisation de presque un quart des clubs de voile situés sur les littoraux français (soit 131 clubs sur 576). Même question sur le ski et les sports d’eaux vives, alors que selon une étude publiée dans Nature Climate Change, le changement climatique menace la quasi-totalité des stations de ski européennes ainsi que la quantité d’eau issue de la fonte des neiges.

La place des athlètes

portrait d’un cycliste
Guillaume Martin, cycliste français. Wikimedia, CC BY-NC-SA

Pour impulser ce changement de modèle, les athlètes eux-mêmes ont un rôle à jouer. Ainsi, Guillaume Martin, leader français de l’équipe Cofidis a pris part à son septième Tour de France tout en évoquant « une forme de culpabilité » à y participer d’un point de vue écologique.

Certains vont jusqu’à abandonner la pratique de leur sport par conviction : Stan Thuret, skipper professionnel français, annonçait en mars 2023 qu’il mettait un terme à sa carrière devenue selon lui incompatible avec l’urgence climatique.

Avant lui, le quadruple champion du monde de Formule 1, l’allemand Sébastian Vettel, avait aussi renoncé à sa passion jugée trop polluante, tout comme Sarah Guyot, kayakiste française multiple championne du monde.

C’est aussi la notion de performance à interroger : les performances sportives sont impactées par les pollutions et le changement climatique, qui renforce les épisodes caniculaires.

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Il a été démontré par exemple que la chaleur, en particulier, avait des effets néfastes sur les scores d’endurance et la concentration des footballeurs. Concernant l’athlétisme ou les marathons, la médecine a montré que le corps est le plus performant lorsque la température est autour de 26 °C et qu’une température de +2 °C diminue de plusieurs secondes, voire quelques minutes, les résultats.

Alors que la réponse est aujourd’hui essentiellement technologique – équipements toujours plus techniques pour demeurer performants – rappelons que leur production n’est pas sans conséquence sur l’environnement et qu’elle ne peut donc à elle seule compenser l’évolution des conditions climatiques. C’est aussi la santé physique et mentale des athlètes qui est en jeu, et une vision du sport que l’on souhaite véhiculer au grand public.

Amandine Richaud Crambes, Coordinatrice scientifique et technique – Ingénieure Environnement, Urbaniste, Ademe (Agence de la transition écologique)

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.


Les JO Paris 2024 les plus écologiques de l’histoire ?

Alors que le Secrétaire général de l’ONU appelle à l’action contre la chaleur extrême, après trois jours consécutifs les plus chauds jamais enregistrés, la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Paris 2024 se déroule sur la Seine. Historiques, écologiques et responsables ? Une étude Greenly de l’Impact carbone des JO de Paris, un dossier de La Croix et le regard des ONG nous éclairent sur la question suivante : les JO 2024 à Paris respectent ils durablement le vivant mieux que les précédentes éditions ? A suivre …

Appel du Secrétaire général à l’action contre la chaleur extrême

La Terre se réchauffe et devient de plus en plus dangereuse pour tous les êtres humains, partout dans le monde. Pour s’attaquer à la racine du problème, les pays doivent éliminer progressivement les combustibles fossiles, de manière rapide et équitable.

« Cette semaine, le monde a connu les trois jours les plus chauds jamais enregistrés.
Mais regardons les faits en face : les températures extrêmes ne sont plus un phénomène d’un jour, d’une semaine ou d’un mois.
La Terre devient de plus en plus chaude et dangereuse pour tout le monde, partout.

Des milliards de personnes sont confrontées à une épidémie de chaleur extrême. On estime que la chaleur tue près d’un demi-million de personnes par an.
Nous savons ce qui le motive : le changement climatique induit par l’homme, chargé de combustibles fossiles.
La chaleur extrême est la nouvelle anomalie. Mais la bonne nouvelle, c’est que nous pouvons sauver des vies et limiter son impact. »

© Unsplash/Timo Volz
Les températures ont atteint des records partout dans le monde en 2024.
Chaleur extrême : le chef de l’ONU appelle à protéger les plus vulnérables, les travailleurs et les économies


Le Human Adaptation Institute (HAI), spécialisé dans les études scientifiques en conditions réelles de vie et dirigé par l’explorateur-chercheur Christian Clot, lance un vaste programme d’étude des risques liés aux grandes chaleurs et aux canicules. Suite aux missions Deep Climate qui ont permis d’étudier des groupes mixtes dans plusieurs conditions climatiques différentes, HAI lance le programme Heatadapt, qui étudiera les effets de la chaleur durant plusieurs années sur différentes populations, au travail comme dans la vie quotidienne.
L’un des volets importants de ce programme est l’étude « Citoyens.ennes face aux grandes chaleurs » de science participative citoyenne, à laquelle peuvent participer toutes personnes habitant en France de plus de 18 ans. 
Le plus grand nombre de participants est requis afin d’assurer la qualité des résultats. L’ensemble des résultats sera communiqué dans un premier temps aux participants, puis à tout le monde et particulièrement aux décideurs pour les éclairer au moment de prendre des décisions liées aux climats futurs. Pour s’inscrire, il suffit d’entrer votre mail sur la page https://adaptation-institute.com/etude-participative-sur-ladaptation-a-la-chaleur/ pour consulter toutes les informations concernant l’étude.

Aujourd’hui, l’ONU a lancé un appel à l’action mondiale axé sur :

🔸Prendre soin des plus vulnérables.
🔸Renforcer la protection des travailleurs.
🔸Renforcer la résilience.
🔸Limiter l’augmentation de la température
🔸Éliminer progressivement les combustibles fossiles

Le rapport du #GIEC de 2021 s’appuyait sur des observations disponibles jusqu’à 2019-2020. Le prochain rapport du GIEC est attendu vers 2027. Entre-temps, voici une réactualisation d’indicateurs clés de l’état du #climat et de l’influence humaine sur celui-ci…

Impact carbone des JO : Paris met Londres KO selon Greenly

Neuf ans après la COP21, le monde revient à Paris à l’occasion des jeux Olympiques 2024. Avec un programme ambitieux pour rendre cet événement le plus durable possible, les organisateurs cherchent à minimiser son impact environnemental. Greenly a étudié les différents leviers activés en vue d’atteindre cet objectif, et tâche d’octroyer une analyse aussi globale que possible de l’événement du point de vue environnemental.

Pour réduire l’empreinte carbone de cet événement international à 1,58M tCO2e, ce qui correspond à diviser par 2 par rapport aux JO de Londres (3,3M tCO2e) et de Rio (3,6M tCO2e), plusieurs actions ont été mises en place. Bien que l’impact réel ne puisse être véritablement évalué qu’à la fin des Jeux, l’étude Greenly fait ressortir les milliers de tCO2e évitées.

Constructions, consommation électrique, repas, transports et déplacements, plusieurs postes à fortes émissions sont passés au crible par les experts Greenly pour mettre en exergue les économies réalisées qui permettent de réduire les émissions.

●        Sites Olympiques : représentant seulement 5% de l’ensemble des sites, le bilan du mètre carré des nouvelles constructions, telles que le Village Olympique, devrait être de 0,7 tCO2e, contre 1 tCO2e. Réduction de 30% grâce à l’utilisation du bois d’œuvre, du béton bas-carbone et du transport fluvial pour acheminer les gravats excavés (3 000 tCO2 évités avec son équivalence camion).

Village olympique de Paris 2024 : les coulisses d’un lieu unique, écologique et tourné vers l’avenir

●        Énergies renouvelables : avec le déploiement de panneaux photovoltaïques sur certains sites clés tels que le Village Olympique et le Centre Aquatique, ainsi qu’une centrale solaire flottante de 720m2 de panneaux sur la Seine, Paris 2024 table sur une économie de 13 000 tCO2e.

●        Restauration flexitarienne et responsable : représentant seulement 1% des émissions totales des Jeux, Paris 2024 a prévu d’atteindre 50% de repas végétariens servis et 80% des déchets alimentaires compostés. L’objectif est de réduire de moitié l’empreinte carbone de chaque repas pour permettre une économie de 13 520 tCO2e.

●        Transports en commun et mobilité douce : proximité des lieux de compétition avec le Village Olympique facilement accessible.

●        D’autres actions non chiffrées : adoption d’une stratégie d’achat responsable et mise en œuvre de pratiques d’économie circulaire se traduisant par la fabrication des 11 000 sièges à partir de matériaux recyclés de sites comme l’Aréna Porte de la Chapelle et le Centre Aquatique Olympique de Saint-Denis ou encore la revente des meubles après les Jeux. Les organisateurs se sont également engagés à entièrement compenser les émissions inévitables en soutenant des projets de compensation.

Le Centre Aquatique aux JO de Paris 2024, un exemple phare d’infrastructure éco-conçue et pensée pour l’héritage 

Seul établissement entièrement construit en vue des Jeux Olympiques de Paris 2024 de façon pérenne, le Centre Aquatique – basé à Saint-Denis – a vu les choses en grand avec ce projet d’infrastructure écoresponsable. Le site, qui accueillera la natation artistique, le plongeon et le water-polo du 27 juillet au 11 août, n’a pas ménagé ses efforts pour penser à l’après-Jeux.


Des Jeux plus écolos et plus sociaux – Un dossier La Croix

Avant l’ouverture des Jeux olympiques de Paris, les entreprises de l’économie sociale et solidaire se félicitent d’avoir été associées à un événement d’une telle ampleur. Le secteur a relevé le défi et fait preuve de son professionnalisme, estiment ses représentants. Pour La Croix, Bernard Thibault, coprésident du comité de suivi de la charte sociale des JO, salue l’intégration des syndicats aux préparatifs.


Rapport pré-Jeux « Livrer des Jeux plus responsables »
publié en mai 2024

Rapport d’évaluation de la Stratégie « Héritage & Durabilité » de Paris 2024

La fiscalité au service de l’environnement : comment et pour quoi ?

Aux côtés de l’innovation technologique et de la contrainte règlementaire, les impôts, taxes et autres redevances peuvent être utilisés pour sanctionner des pratiques polluantes, favoriser des comportements vertueux pour la défense du climat et de l’environnement, ou financer la transition énergétique de certaines filières. Exemples.

La fiscalité est un outil important au service des pouvoirs publics pour favoriser et/ou financer la transition écologique, en incitant les ménages et les entreprises à adopter des comportements favorables à l’environnement. Selon la définition de l’OCDE, la fiscalité environnementale est ainsi définie comme « l’ensemble des impôts, taxes et redevances dont l’assiette est constituée par un polluant ou, plus généralement, par un produit ou un service qui détériore l’environnement ou qui se traduit par un prélèvement sur des ressources naturelles ».

Autrement dit, cette fiscalité écologique s’applique aux actions générant des dommages environnementaux : réchauffement climatique, pollutions, consommation de ressources rares, déchets… Plus bâton que carotte, en renchérissant le coût de ces actions, elle contribue à limiter les pollutions et les atteintes à l’environnement, et représente un moyen de modifier le comportement des acteurs, conformément au principe du « pollueur-payeur ».

Cette fiscalité environnementale porte ainsi sur les énergies fossiles, les transports, les ressources naturelles, les produits rejetés dans l’environnement, ou encore sur l’impact des constructions humaines sur les sols ou la biodiversité. Applicable aux particuliers comme aux entreprises, elle se traduit sous forme de taxes directes comme la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP), detaxes indirectes comme l’accise sur les énergies, et de contributions diverses comme la redevance pour la modernisation des réseaux de collecte.

Une quarantaine d’impôts en faveur de l’environnement

La fiscalité environnementale regroupe ainsi près d’une quarantaine d’impôts, disséminés dans le code des impositions sur les biens et services, le code des douanes, le code de l’environnement ou le code de l’énergie. Le nombre important de dispositifs est à la hauteur des enjeux. La fiscalité environnementale s’inscrit en effet dans la volonté du gouvernement français de réduire d’ici 2030 la consommation d’énergie fossile de 55 % par rapport à 1990, et d’atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050 (Accord de Paris, loi énergie-climat).

En 2021, le montant des recettes fiscales environnementales s’élevait en France à 54,7 milliards d’euros (contre 41 Md€ en 1995). Les taxes énergétiques, de loin les plus importantes, représentent 82 % de l’ensemble des recettes de la fiscalité environnementale française, le montant de taxes sur les produits pétroliers, appelée taxe intérieure de consommation des produits énergétiques (TICPE) pesant à elle seule 68 % de l’ensemble de la fiscalité énergétique. La TICPE constitue d’ailleurs la cinquième recette fiscale, derrière la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), l’impôt sur le revenu, l’impôt sur les sociétés et la taxe foncière. Les taxes sur les transports représentent 11 % des recettes et concernent principalement les taxes sur les certificats d’immatriculation automobiles ou sur les opérateurs du transport (concessionnaires d’autoroute, aviation civile). Les taxes portant sur les pollutions émises ne représentent que 6 % des recettes et celles portant sur le prélèvement des ressources naturelles moins de 1 %, en raison notamment de la faible activité extractive de la France.

En 2021, les recettes des taxes environnementales françaises représentaient 2,17 % du produit intérieur brut (PIB), soit un niveau légèrement moins important que la moyenne de l’Union européenne (2,24 %), la France se classant selon ce critère au 16e rang européen (sur 27).

L’efficacité de la fiscalité environnementale

Plusieurs taxes environnementales ont prouvé leur efficacité. En particulier, les taxes sur la consommation d’énergies fossiles ont permis de réduire leur consommation en France et en Europe, en comparaison aux États-Unis notamment. L’Etat estime qu’une hausse de 10 % du coût des énergies fossiles permet de réduire de 6 % leur consommation à long terme, diminuant en même temps les nuisances associées : pollution atmosphérique, émissions de gaz à effet de serre… La tarification incitative des déchets constitue un autre exemple probant. Elle vise à faire payer le service d’enlèvement des déchets en fonction du poids réel de déchets produit par chaque ménage : moins un ménage produit de déchets, moins il sera facturé. Elle a permis de réduire de 30 % le volume de la poubelle grise là où elle a été mise en place.

Financer la transition énergétique des transports

Taxe due lors de la première immatriculation d’un véhicule de tourisme en France, le « malus écologique » vise, quant à lui, à favoriser l’achat des véhicules moins polluants. En effet, plus le véhicule est polluant, plus la taxe est élevée. Ce malus s’applique en fonction des caractéristiques du véhicule, selon des seuils d’émissions en dioxyde de carbone (CO2), de puissance administrative et/ou de poids du véhicule. De plus, la fiscalité écologique permet de diminuer d’autres types de fiscalité : en taxant la pollution, on peut en effet réduire d’autant les taxes sur le travail, l’investissement ou l’innovation. La fiscalité écologique peut ainsi induire un « double dividende » : un dividende écologique, d’une part, avec une baisse des comportements néfastes à l’environnement, et un dividende économique d’autre part, où la baisse concomitante des taxes pesant sur le travail ou sur le capital permet de relancer l’activité et de rendre le système économique plus performant.

La fiscalité peut également être utilisée pour encourager les financements et l’innovation pour des pratiques plus vertueuses. C’est le cas par exemple de la « taxe au tonnage » appliquée au transport maritime : les armateurs européens paient un impôt forfaitaire calculé selon le tonnage de leurs navires plutôt que l’impôt sur les bénéfices. Un régime fiscal qui fonctionne également selon le principe du pollueur-payeur : qui transporte plus, paye plus. A l’origine mesure défensive contre les pavillons de complaisance, ce régime de taxation, adopté en France en 2003, a également permis de favoriser l’essor du pavillon français, de la flotte de commerce nationale et de l’emploi dans la filière maritime de notre pays, en mettant les armateurs français à armes égales avec leurs concurrents européens et mondiaux. Les trois premiers transporteurs maritimes mondiaux sont d’ailleurs européens et bénéficient de ce régime de taxation : l’italo-suisse MSC (Mediterranean Shipping Company), le danois Maersk, et le français CMA CGM… Tout comme leurs principaux concurrents asiatiques. Plus favorable que le régime de l’impôt sur les sociétés, cette taxation particulière a aussi pour objectif d’améliorer la compétitivité des armateurs européens face aux flottes de pays moins regardants : c’est autant de navires qui se plient aux exigences environnementales les plus drastiques au monde, en plus de permettre à l’Europe de disposer d’une « logistique souveraine » avec une flotte de transport maritime sous pavillons européens.

Cette taxe au tonnage s’applique aujourd’hui à plus de 80 % de la flotte maritime mondiale, et notamment dans 22 Etats membres de l’Union européenne (UE). Dans la pratique internationale actuelle, ce régime de taxation est utilisé en particulier comme un instrument d’incitation au verdissement pour encourager la modernisation et l’amélioration des performances environnementales des flottes marchandes. Il favorise en effet les investissements dans le transport maritime, en particulier pour sa décarbonation. Un enjeu majeur car la navigation sur les océans du monde est aujourd’hui responsable d’environ 3 % des émissions de gaz à effet de serre. C’est l’une des raisons pour lesquelles l’OCDE, l’UE et le G7 sont unanimes pour reconnaître l’utilité de ce système. Ce régime doit ainsi aider la filière à assurer sa transition énergétique, qui nécessitera des investissements massifs d’ici à 2050. La démarche « France Mer 2030 », lancée en novembre 2022 par le gouvernement français, prévoit d’ailleurs la création d’un fonds d’investissement maritime alliant financement public et privé, pour mettre en œuvre la décarbonation du transport maritime.

Levier de compétitivité, ce régime d’imposition répond aussi à un enjeu de souveraineté, particulièrement dans le contexte géopolitique actuel. Les évaluations publiques confirment d’ailleurs la pertinence de ce dispositif pour maintenir les centres de décision des compagnies en France et la maîtrise des chaînes logistiques. Aujourd’hui, près de 90 % des marchandises mondiales passent en effet par la mer et 72 % des importations et exportations en France en dépendent : transport des matières premières, des produits énergétiques, alimentaires, manufacturés, des câbles de télécommunication… Autant de biens indispensables à notre quotidien et à notre autonomie stratégique.

Chauffage : faire des économies tout en préservant le climat, zoom sur le chauffage à granulés de bois

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Opter pour des solutions de chauffage écologiques, comme le chauffage aux granulés, permet d’agir efficacement tout en économisant sur la facture de chauffage. En choisissant des systèmes de chauffage respectueux de l’environnement et utilisant des ressources renouvelables, nous réduisons nos émissions de CO2, diminuons notre dépendance aux combustibles fossiles tels que le pétrole et le gaz, et limitons nos dépenses.

Comment se chauffer de manière écologique ?

Beaucoup de systèmes de chauffage utilisent encore des combustibles fossiles, fioul et gaz, ce qui est non seulement mauvais pour le climat mais aussi coûteux. Au contraire, les solutions de chauffage écologiques utilisent des énergies renouvelables et de ce fait sont des solutions décarbonées, c’est-à-dire neutres en CO2. Parmi les systèmes disponibles, le chauffage aux granulés de bois est particulièrement respectueux du climat. La chaudière à granulés offre ainsi une utilisation entièrement automatisée pour une chaleur réellement respectueuse du climat. Un nouveau chauffage à granulé (également appelé « pellet ») permet d’économiser autant de CO2 que les émissions de trois voitures essence parcourant 15 000 km par an.

Le granulé de bois : un concentré d’énergie respectueux de l’environnement

Lorsqu’un arbre entre dans une scierie, environ 60 % de son volume sert à faire du bois d’œuvre, c’est-à-dire des planches ou des poutres. Le reste du volume est composé de sous-produits de sciage, essentiellement de la sciure.

Le granulé est fabriqué à partir de ces sous-produits, simplement par compression de la sciure. Ainsi, le bois d’œuvre va remplacer le béton, l’acier et le plastique tout en stockant du carbone, et le granulé de bois remplacera le fioul ou le gaz pour le chauffage des bâtiments. Le cycle parfait.

Majoritairement fabriqué en France, localement, dans une centaines d’unité de granulations, un chiffre qui ne cesse de grimper année après année, le granulé s’est installé dans le paysage énergétique du pays.

Parfaitement adapté à la maison individuelle

La chaudière à granulés propose le même niveau de confort qu’un chauffage fioul ou gaz. Le granulé de bois est stocké dans une réserve assurant une année entière d’autonomie. Ce stockage , la plupart du temps un silo en tissu renforcé, est rempli annuellement par un camion souffleur, et son volume est très réduit en raison de l’extrême compacité du granulé. Le combustible est amené automatiquement à la chaudière en fonction des besoins, et ensuite la chaudière gère tout : allumage, alimentation, décendrage et nettoyage. Pour les appareils les plus performants, la régulation est connectée et permet de piloter la chaudière depuis son smartphone, en toute simplicité. Une chaudière à granulés moderne offre un chauffage confortable, assure également la production de l’eau chaude sanitaire, et trouve ainsi parfaitement sa place dans une maison, ce qui explique son succès depuis plusieurs années.

Un chauffage économique

Si l’installation et l’achat d’une chaudière à granulés de bois est très encouragée par les pouvoirs publics avec des aides financières importantes, c’est surtout à l’usage que le granulé de bois est particulièrement intéressant. Énergie la moins chère, elle permet de réduire de plus de 30 % à 50 % sa facture de chauffage par rapport au fioul.

Alors que le prix de l’énergie pèse chaque jour de plus en plus lourd sur les revenus des ménages, le passage aux énergies renouvelables permet souvent de réduire ce poids tout en allégeant notre facture climatique. C’est le moment de changer !

Que valent les offres d’électricité à prix fixe ?

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Pour leur abonnement d’électricité, les consommateurs disposent de plusieurs choix. Ils peuvent souscrire un contrat au tarif réglementé auprès d’EDF, le fournisseur historique. Les offres de marché constituent une autre option envisageable.

Contrat électricité : deux types d’offres de marché

L’offre à prix fixe

Parmi les offres de marché proposées, il existe l’offre à prix fixe. Avec ce type de contrat, le fournisseur d’électricité garantit le même prix par kilowattheure sur une durée fixe. La période de blocage du prix, connue au moment de la souscription, peut être d’un an, voire de plusieurs années. À la fin, un nouveau montant est proposé au client.

L’offre à prix indexé

Il existe la possibilité de choisir une offre d’électricité à prix indexé. Dans ce cas, le prix du kilowattheure évolue à la hausse ou à la baisse, selon les fluctuations du marché. Le client est informé de chaque changement du tarif.

Le blocage du prix concerne uniquement le kilowattheure HT. Les taxes applicables, telles que la TVA ou la taxe d’acheminement, peuvent évoluer. Le coût de l’abonnement peut, lui aussi, varier.

Quels sont les avantages et les inconvénients d’une offre d’électricité à prix fixe ?

Un prix fixe garanti

Par rapport à une offre à prix indexé, dont le prix par kilowattheure fluctue selon l’état du marché, une offre à prix fixe est synonyme d’un tarif bloqué. C’est à la fois un avantage et un inconvénient. Le client est effectivement protégé des fortes hausses du coût de l’énergie, mais il ne profite pas non plus des baisses. Sur le marché de l’énergie, les hausses sont cependant plus fréquentes que les baisses.

Une offre d’électricité à prix fixe représente donc une solution intéressante pour les consommateurs qui apprécient la stabilité et cherchent à éviter les mauvaises surprises. Elle permet une meilleure maîtrise du budget énergétique.

Des contrats ajustés en conséquence

Avec une offre d’électricité à prix fixe, il arrive souvent que le fournisseur d’électricité ait ajusté les tarifs et les modalités du contrat, afin de tenir compte des fluctuations du prix de l’électricité. Pour cette raison, n’hésitez pas à comparer les tarifs en vigueur chez les différents fournisseurs d’énergie. Les acteurs sont nombreux sur ce marché, ce qui entraîne une concurrence entre eux pour proposer les prix les plus attractifs.

Certains fournisseurs proposent une offre d’électricité verte

Quelques astuces pour réduire sa facture d’électricité

Maîtriser sa facture d’électricité passe naturellement par le choix d’un fournisseur d’énergie et d’une offre tarifaire, mais pas uniquement.

En effet, pour réduire ses factures d’électricité, des gestes simples s’avèrent efficaces, par exemple :

• éteindre les lumières inutiles,

• couper les appareils électriques en veille à l’aide de multiprises à interrupteur,

• baisser légèrement le chauffage,

• prendre des douches plus courtes.

Pour consommer moins d’électricité, il est aussi préférable d’utiliser des éclairages à LED et de choisir des appareils électroménagers avec une bonne classe énergétique. Des travaux d’isolation thermique et le remplacement d’anciens équipements de chauffage permettent également de réaliser des économies sur sa facture d’électricité.

Adapter la France au changement climatique : nous ne sommes pas prêts !

A l’heure où une nouvelle Assemblée nationale se forme et qu’un nouveau gouvernement se dessine, Oxfam France publie une étude sur les politiques d’adaptation de la France au changement climatique. Les conclusions sont claires : les pouvoirs publics n’anticipent pas assez les politiques et les investissements nécessaires à l’adaptation et ne protègent à ce jour pas les citoyennes et citoyens face aux conséquences du changement climatique.

Oxfam révèle que plus de la moitié des droits humains est menacée en France du fait de l’improvisation des pouvoirs publics en matière d’adaptation et en l’absence de politique globale ambitieuse.

Changement climatique :
nous ne sommes pas prêt⸱es !

Retour sur le Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC)

Dès son arrivée au ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, Christophe Béchu a fait de l’adaptation au changement climatique une priorité de son action. Il était et reste persuadé qu’adapter la France aux effets du dérèglement climatique est une nécessité pour préserver notre prospérité, nos libertés et notre puissance dans un monde qui change vite.

Cela ne signifie pas que la France a renoncé à diminuer ses émissions de gaz à effet de serre. C’est même le contraire : les émissions de notre pays ont baissé de près de 6% en 2023, comme jamais auparavant dans notre histoire.

Pour préparer le pays à un réchauffement qui pourrait atteindre 4°C à la fin du siècle, une grande stratégie publique a permis d’émaborer le Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC). Ce document est le résultat d’un travail des administrations de l’Etat et des parties prenantes pour préparer toutes les composantes de la vie de la Nation à la nouvelle donne climatique.

Le 3ème PNACC était sur le point d’être mis à consultation lorsque l’Assemblée nationale a été dissoute. Le Gouvernement démissionnaire ne pourra pas endosser la responsabilité d’une stratégie qui engage l’avenir du pays sur plusieurs décennies. Il appartiendra au futur gouvernement d’en assumer la responsabilité politique.

Fondé sur la science, la trajectoire de réchauffement qui lui sert de boussole est une trajectoire scientifique robuste et largement partagée. Ce Plan concerne l’ensemble de la vie de la Nation et s’adresse à tous les publics (entreprises, citoyens, jeunes, collectivités, agriculteurs …)

  • Au niveau normatif, elle est pragmatique puisqu’elle mêle incitations, recommandations, normes techniques et règles de droit positif à édicter
  • Au niveau temporel, elle prévoit des mesures immédiates, de moyen terme et de long terme ;
  • Au niveau territorial, elle propose une responsabilisation des collectivités territoriales et une différenciation locale afin de faire émerger les solutions du terrain.
  • Au niveau justice et finance, les mesures du PNACC visent à éviter le coût abyssal pour la collectivité de l’inaction ou de la « mal-adaptation » et propose une refonte de nos mécanismes d’indemnisation et de prévention en direction des ménages les plus modestes.

J’ai mesuré l’impérieuse nécessité pour la puissance publique de préparer la Nation au monde qui nous attend. J’ai la conviction qu’avec une stratégie, un cap et une volonté, la France restera quoi qu’il arrive libre, prospère et belle. Le PNACC est une première étape sur ce long chemin de l’adaptation, auquel j’ai été heureux et fier d’apporter une pierre

Christophe Béchu


Adaptation au changement climatique : les chiffres clés

  • Au moins 26 des 50 droits fondamentaux de l’UE sont directement menacés en France du fait de la négligence de l’État en matière d’adaptation, dont le droit à la santé, le droit à l’éducation, ou encore, le droit à un logement digne.
  • 1,3 million d’enfants français en maternelle seront exposés à une chaleur excédant 35° dans les classes d’ici 2030. 55% des écoles maternelles françaises seront concernées et dans 4 départements, – les Bouches du Rhône, la Seine-Saint-Denis, Paris et la Gironde -, ce seront 100% des maternelles.
  • Aujourd’hui, 36% des travailleur⸱euses sont déjà exposé⸱es aux chaleurs extrêmes sur leur lieu de travail.
  • D’ici 2100, 5% des hôpitaux français seront menacés de fermeture à cause des aléas climatiques extrêmes, et 3% des écoles primaires et 2,3% des maisons de retraite seront affectés par la montée des eaux.

Face aux conséquences des changements climatiques, les inégalités se creusent en France

Comme le reste du monde, la France est touchée de plein fouet par la crise climatique. L’été 2023 a été l’un des plus chauds mesurés en France, tandis que l’année 2022 a vu se cumuler tous les aléas climatiques extrêmes : sécheresse, mégafeux, orages violents… On considère que 62% de la population française est exposée de manière forte ou très forte aux risques climatiques.

Record de chaleur en Aout 2023 – © tameteo

Changement climatique et inégalités s’alimentent réciproquement : si ce sont les plus riches qui émettent le plus de gaz à effet de serre et qui donc aggravent le plus la crise climatique, ce sont les plus vulnérables qui sont en première ligne des conséquences de cette crise. Les ménages pauvres et modestes, les femmes, les enfants, les personnes âgées et les groupes marginalisés sont parmi les plus affectés.

Le rapport d’Oxfam révèle, qu’en Europe, les 20% les plus riches sont mieux protégés que les 20% les plus pauvres. En cause : des politiques publiques et actions d’adaptation qui bénéficient en premier lieu aux plus riches.

Les droits fondamentaux sont menacés en France

Dans son rapport, Oxfam a calculé qu’au moins 26 des 50 droits fondamentaux inscrits aux articles de la Charte des droits fondamentaux de l’Union Européenne sont menacés si l’Union européenne et la France ne se donnent pas les moyens d’adapter les populations aux effets du dérèglement climatique. Cette menace concerne des droits aussi centraux que le droit à la santé, à l’éducation ou encore, le droit à un logement digne.

Dans le domaine de la santé par exemple, d’ici 2100, 5% des hôpitaux français seront menacés de fermeture du fait de l’inadaptation des infrastructures aux événements climatiques extrêmes.

Le droit du travail en manque d’adaptation

A l’image de l’ensemble du cadre règlementaire et législatif français, le droit du travail n’est pas pensé pour une France à +4°C. Aujourd’hui, 36% des travailleurses françaises en France sont déjà exposées aux chaleurs extrêmes sur leur lieu de travail.

Parmi les professions les plus vulnérables face aux conséquences du changement climatique, on retrouve notamment les travailleur⸱ses du bâtiment, les agriculteur⸱rices et les personnels soignants.

A ce jour, le code du travail ne propose aucune règle précise en cas de vague de chaleur et ne comporte, par exemple, aucune indication de température maximale au-delà de laquelle il serait interdit de travailler ou qui pourrait justifier de l’exercice du droit de retrait.

Les politiques d’adaptation en France : la grande improvisation

Le rapport d’Oxfam montre que l’adaptation à la française est une adaptation non planifiée, en réaction et par à-coup. Les pouvoirs publics attendent que les catastrophes se produisent pour tenter de les réparer.

Pourtant, la France s’est dotée depuis 2011 d’un Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC), qui vise à présenter des mesures concrètes pour limiter les effets négatifs du dérèglement climatique en France. Mais ce plan est une coquille vide, sans aucune mesure concrète traduisible en actes politiques avec des objectifs atteignables et ambitieux.

Par ailleurs, l’approche des pouvoirs publics est aujourd’hui sectorielle. Il n’existe pas de vision globale de l’adaptation et encore moins d’analyse sociale des politiques publiques envisagées.

Adaptation : les recommandations d’Oxfam

Oxfam appelle à une planification socialement juste de l’adaptation en France et formule plusieurs recommandations en ce sens :

  • Plusieurs dizaines de milliards d’euros par an justement répartis pour l’adaptation en France, assorti d’un système fiscal juste ;
  • Une adaptation démocratique et transparente appuyée sur des analyses de vulnérabilité et sur une institution nouvelle composée de citoyen⸱nes chargée de décider de l’adaptation d’un territoire donné ;
  • Des investissements publics conditionnés à des critères d’efficacité et de réduction des inégalités ;
  • Un Plan national d’adaptation au changement climatique opposable et contraignant permettant de rendre l’État redevable vis à vis des citoyen⸱n⸱es pour qui des droits sont menacés ;
  • Un droit du travail réformé et adapté aux effets du changement climatique afin de garantir une protection juridique aux travailleur⸱euses ;
  • Une adaptation juste au niveau international, la France devant assumer pleinement sa responsabilité historique dans le changement climatique en finançant, à la hauteur des besoins, l’adaptation des pays du Sud global.

Rapport Changement climatique : nous ne sommes pas prêts

Tout comprendre de l’adaptation au changement climatique

Mettre la relation entre l’humain et la nature au cœur des décisions

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“Towards a better future for biodiversity and people : Modelling Nature Futures” est un article rédigé par Kim et al. en 2023 et publié par la revue Global Environmental Change. Son intérêt réside dans l’introduction d’un outil conceptuel, le Nature Futures Framework (NFF), qui permet d’élaborer des scénarios futurs désirables pour la nature et les humains. Un décryptage rédigé par Cléa Blanchard, Chargée de mission à La Fabrique Écologique.

De cet article, La Fabrique Écologique retient trois points essentiels :
#1 Selon l’IPBES, les politiques actuelles sont insuffisantes pour faire face à la perte alarmante de biodiversité à l’échelle mondiale. Pour y remédier, il est nécessaire de revitaliser le lien entre les humains et la nature, en modifiant nos normes, croyances et comportements. Le Nature Futures Framework (NFF) (référentiel pour l’avenir de la nature) est un outil permettant de développer des scénarios locaux, régionaux et nationaux qui positionnent les relations entre l’homme et la nature au cœur de la gouvernance. Le NFF distingue trois principales valeurs : Nature for Nature (NN), qui valorise la biodiversité pour elle-même et met l’accent sur la diversité des espèces, des habitats et des processus naturels ; Nature for Society (NS), qui met en avant les bénéfices que la nature procure à la société, tels que la provision de ressources naturelles ; et Nature as Culture (NC), qui reconnaît les liens profonds entre les sociétés humaines, leurs cultures, traditions et croyances, et la nature. Ces trois perspectives sont liées et se renforcent mutuellement.
#2 Le Nature Futures Framework (NFF) offre une approche intégrée pour guider les politiques publiques. En adoptant ce prisme, les décideurs impliquent les parties prenantes locales, les scientifiques et les détenteurs de connaissances traditionnelles. Des ateliers et des consultations communautaires peuvent co-créer des scénarios intégrant les trois valeurs (NN, NS et NC), mieux adaptées aux contextes locaux. Cette approche inclusive et participative est essentielle dans le processus de décision. Les décideurs peuvent utiliser les scénarios produits dans ce cadre pour guider les stratégies de protection de la biodiversité (plans de conservation, politiques de revitalisation et réensauvagement) et s’assurer que celles-ci soient en phase avec les communautés qui interagissent avec les écosystèmes en question.
#3 Utilisé dans divers contextes mondiaux, le NFF a permis de créer des scénarios lors du premier atelier des jeunes de l’IPBES. Cette approche a également facilité l’élaboration de stratégies pour l’avenir de parcs nationaux et d’autres espaces protégés en tenant compte des besoins de conservation des habitats critiques (NN) tout en promouvant des pratiques agricoles durables (NS) et en respectant les pratiques culturelles traditionnelles de gestion des terres (NC). De plus, le NFF encourage l’adoption de solutions basées sur la nature, telles que restaurer les mangroves pour protéger les côtes et soutenir les moyens de subsistance locaux, solutions qui articulent les trois valeurs (NS/NN/NC).

La biodiversité en France

En France, la biodiversité est très fragilisée, avec environ un tiers des espèces animales et végétales considérées comme menacées ou quasi-menacées selon l’UICN. La Stratégie Nationale Biodiversité 2030 (SNB), adoptée en novembre 2023, vise à inverser cette tendance. Ses quatre axes prioritaires sont : réduire les pressions sur la biodiversité, restaurer les écosystèmes dégradés, mobiliser tous les acteurs et garantir les moyens nécessaires. Malgré ses ambitions, la SNB fait face à des défis tels que la coordination des efforts et la gestion des impacts croissants de l’urbanisation, de l’agriculture intensive et du changement climatique.

« Les mesures prises pour protéger la biodiversité dépendent de la façon dont nous la conceptualisons. Le NFF permet une conceptualisation plus exhaustive, dépassant l’idée que celle-ci serait un inventaire d’espèces rares et variées à protéger comme l’on mettrait sous verre sa collection de monnaies. »

L’avis de Pauline Bureau, Vice-présidente de LFE

La méthode de la Méthode : concentré de la recherche, de la pensée et de l’œuvre de la vie d’Edgard Morin

En 1977, Edgar Morin publie le premier volume d’une série qui allait devenir l’œuvre maîtresse de sa vie de chercheur, La Méthode, dont la parution en 6 tomes va s’étaler sur une trentaine d’années. L’instigateur de la pensée complexe défie les classements disciplinaires afin d’affronter nos problèmes fondamentaux et globaux. Il élabore une méthode qui relie les connaissances et opère dans le même mouvement une réforme de la pensée et une refondation de l’humanisme. Martine Boulart, Présidente du Fonds culturel de l’Ermitage, qui a nommé à l’unanimité Edgar Morin lauréat du 3ème Prix “Littérature et Nature”, nous partage sa connaissance de cet humaniste centenaire.

Ce que personne ne sait, c’est qu’en 1983, Edgar Morin perd le manuscrit de ce qui devait alors constituer le 3ème et dernier tome de la série. Ses multiples expériences existentielles et intellectuelles ont entre-temps créé de nouvelles arborescences, des ramifications éducatives, sociologiques et politiques qui permettent à la pensée complexe, dont il est l’instigateur, de se concrétiser et de s’épanouir. Malgré la perte de ce manuscrit, l’aventure de La Méthode se poursuit donc jusqu’au début du 21ème siècle.

Défiant les classements disciplinaires, La Méthode est une œuvre-monde. Afin d’affronter nos problèmes fondamentaux et globaux, elle élabore une méthode qui relie les connaissances et elle opère dans le même mouvement une réforme de la pensée et une refondation de l’humanisme. C’est lorsqu’il pense mettre un point final à la série en 2006 avec la parution du tome 6 (Ethique) qu’Edgar Morin retrouve le manuscrit perdu qu’il va mettre 20 ans à reprendre et à aboutir. Le présent texte ne remplace donc pas les volumes 3 à 6 qui ont suivi mais les annonce et, en quelque sorte, les mûrit.

  • Tome 1 : La Nature de la Nature aux éditions du Seuil, 1977
  • Tome 2 : La Vie de la Vie aux éditions du Seuil, 1980
  • Tome 3 : La Connaissance de la Connaissance aux éditions du Seuil, 1986
  • Tome 4 : Les Idées aux éditions du Seuil, 1991
  • Tome 5 : L’Humanité de l’Humanité aux éditions du Seuil, 2001
  • Tome 6 : Éthique aux éditions du Seuil, 2006
  • Tome 7 : La méthode de La Méthode aux éditions Actes Sud, 2024

“Ce livre n’est pas un fragment retrouvé, c’est la pensée à son stade d’ébullition conclusive, non seulement récapitulatrice, mais surtout organisatrice qui s’y trouve. Je n’ai jamais depuis ressenti un tel élan dans un état quasi chamanique. C’est pour moi une joie immense que de savoir que le concentré de la recherche, de la pensée et de l’œuvre de ma vie va se trouver offert à la lecture grâce aux éditions Actes Sud.”

Edgard Morin

“Nous avons besoin d’une méthode de connaissance qui traduise la complexité du réel, reconnaisse l’existence des êtres, approche le mystère des choses.”

Edgard Morin

Sommaire, avant-propos et introduction

Edgard Morin, par Martine Boulart, Présidente du Fonds culturel de l’Ermitage

Edgar Morin m’inspire depuis plusieurs décennies, je me sens sa fille spirituelle, adepte de la pensée complexe ou tout est relié et interdépendant dans un esprit de transdisciplinarité, de la pensée constructiviste ou nature et culture s’enrichissent sans cesse, de la philosophie bouddhiste ou Yin et Yang se complètent, du taoïsme ou l’esprit de la vallée recueillent les eaux des différents courants … J’adore son coté autodidacte qui, comme Marguerite Yourcenar, n’a pas besoin de se soumettre à un professeur pour réfléchir, sa tendresse pour la vie et son regard malicieux sur le monde, sa compréhension de la nature qui s’auto organisme et qui contient en son cœur l’émergence du sujet, son désir de comprendre l’action de l’homme dans la nature, ou l’intelligence procède de la contextualisation, son besoin de repenser l’éducation pour replacer l’humain au cœur d’une communauté de destin et sa croyance que le pire n’est jamais certain …

Martine Renaud Boulart


Edgar Nahoum, dit Edgar Morin, né le 8 juillet 1921 à Paris 9, est un sociologue et philosophe français, antifasciste et résistant.

Biographie

Edgar Nahoum naît à Paris en 1921. Ses parents, Vidal Nahoum et Luna née Beressi, Juifs originaires de Salonique de lointaine ascendance italienne, sont commerçants. Il grandit dans un environnement non pratiquant, sa famille étant « moderne et laïcisée depuis trois générations ». Fils unique, il perd sa mère peu avant l’âge de dix ans. Fait naturellement très important de sa vie, la mort précoce de sa mère est liée au fait qu’elle avait dès 1917 une lésion du cœur à cause de laquelle on lui avait en principe interdit d’avoir un enfant, pensant qu’elle ne survivrait pas à l’accouchement.

Militant antifasciste en Espagne puis résistant communiste en France

En 1936, pendant la guerre d’Espagne, son premier acte politique est d’intégrer une organisation libertaire, Solidarité internationale antifasciste, pour préparer des colis à destination de l’Espagne républicaine. Il entre en 1942 dans la Résistance communiste au sein des Forces unies de la jeunesse patriotique. Il intègre ensuite le mouvement de Michel Cailliau, le MRPGD (Mouvement de résistance des prisonniers de guerre et déportés). En 1943, il est commandant dans les Forces françaises combattantes et est homologué comme lieutenant. Son mouvement fusionne avec celui de François Mitterrand, il devient le MNPGD (Mouvement national des prisonniers de guerre et déportés).

Il adopte alors le pseudonyme de Morin (l’anecdote veut que, lors d’une réunion de résistants à Toulouse, le jeune Edgar Nahoum s’est présenté sous le nom d’Edgar Magnin, en référence au personnage de Malraux dans L’Espoir. Mais une camarade avait compris « Morin » et il n’avait pas cherché à rectifier.)

Il devient attaché à l’état-major de la 1re Armée française en Allemagne (1945), puis chef du bureau « Propagande » dans le Gouvernement militaire français (1946). À la Libération, il écrit L’An zéro de l’Allemagne où il dresse un état des lieux de l’Allemagne, insistant sur l’état mental du peuple vaincu, en état de « somnambulisme », en proie à la faim et aux rumeurs. Ce livre arrive au moment du tournant communiste, où après la stigmatisation de la culpabilité allemande, Staline déclare qu’Hitler passe et que le peuple allemand reste.

Maurice Thorez l’invite à écrire dans l’hebdomadaire Les Lettres françaises. Il demande au philosophe Martin Heidegger, dont il reprend le concept d’ère planétaire, un texte pour la revue Fontaine de Max-Pol Fouchet, et le N° 54 de l’été 1946 (L’hymne « Tel qu’en un jour de fête », sur un poème d’Hölderlin, traduit par Joseph Rovan).

Membre du Parti communiste français depuis 1941, il s’en éloigne à partir de 1949 et en est exclu en 1951, pour avoir écrit un article dans le journal France Observateur. « Ce fut comme un chagrin d’enfant, énorme et très court », dira-t-il.

Études :

Comme il l’indique dans un entretien pour la revue CNRS Le Journal, il est avant tout autodidacte, titulaire d’une licence en histoire et géographie et d’une licence de droit. Il indique avoir suivi des cours de philosophie, d’économie et de sciences-politiques, disciplines pour lesquelles il n’a pas obtenu de diplômes. Il indique par ailleurs : « J’ai pourtant fait une carrière au CNRS. J’ai été élu maître de recherche sans avoir écrit de thèse de doctorat »

Compagnon de route du Parti communiste de 1942 à 1951
puis indépendant de tout parti :

Dans un article en anglais intitulé « L’honneur de la vérité » et détaillant ses relations avec le Parti communiste français, Edgar Morin indique ainsi les circonstances de son engagement en 1942 : « j’étais un communiste de guerre, c’est-à-dire que j’étais entré en résistance au moment de la première résistance de Moscou, de la première contre-offensive et de Pearl Harbour, une période où, avant Stalingrad, un espoir était possible ». Il est alors proche de nombreux intellectuels « compagnons de route » de ce parti comme Georges Friedmann ou Jean-Paul Sartre. Selon sa notice dans le Maitron, « Edgar Morin fut exclu en 1951».

Depuis 1951, il est en revanche indépendant de tout parti politique, tout en se considérant de gauche, comme l’attestent les déclarations qu’il a exprimées au terme de la brève expérience de gestion socialiste sous la direction de Jospin. Dans un long texte de 1993 prenant de grandes distances avec « la conception marxienne de la société », tout comme avec les diverses conceptions du socialisme, tant « soviétique » que « social-démocrate », il conclut en effet en soulignant l’écart considérable résidant entre la « gestion socialiste » des affaires du monde avec les ambitions auxquelles il était nécessaire de s’atteler aujourd’hui : « Civiliser la terre, transformer l’espèce humaine en humanité, devient l’objectif fondamental et global de toute politique aspirant non seulement à un progrès, mais à la survie de l’humanité. Il est dérisoire que les socialistes, frappés de myopie, cherchent à moderniser, social- démocratiser, alors que le monde, l’Europe, la France sont affrontés aux problèmes gigantesques de la fin des Temps modernes ».

Carrière :

Avec l’appui de Maurice Merleau-Ponty, de Vladimir Jankélévitch et de Pierre George, il entre en 1950 au CNRS et fait partie du Centre d’études sociologiques dirigé par Georges Friedmann.

Edgar Morin est à l’origine de plusieurs revues : Arguments (1956-1962), la Revue française de sociologie (1960) et Communications.

En 1965, il conduit une étude transdisciplinaire, au sein d’une vaste recherche de la DGRST, mobilisant de multiples disciplines, sur une commune en Bretagne, publiée sous le nom de La Métamorphose de Plodémet (1967), sur la commune de Plozévet (Finistère) où il séjourne près d’un an. Ce fut un des premiers essais d’ethnologie dans la société française contemporaine.

Il s’intéresse très vite aux pratiques culturelles, qui sont encore émergentes et mal considérées par les intellectuels : L’Esprit du temps (1960), La Rumeur d’Orléans (1969). Il cofonde la revue Arguments en 1956. Il dirige le CECMAS (Centre d’études des communications de masse) de 1973 à 1989, qui publie des recherches sur la télévision, la chanson dans la revue Communications.

Durant les années 1960, il part près de deux ans en Amérique latine où il enseigne à la Faculté latino-américaine des sciences sociales de Santiago du Chili. En 1969, il est invité à l’Institut Salk de San Diego. Il y retrouve Jacques Monod, l’auteur de Le Hasard et la Nécessité et conçoit les fondements de la pensée complexe et de ce qui deviendra sa Méthode.

Directeur de recherche émérite au CNRS depuis 1993, Edgar Morin est docteur honoris causa de plusieurs universités à travers le monde. Son travail exerce une forte influence sur la réflexion contemporaine, notamment dans le monde méditerranéen, en Amérique latine et jusqu’en Chine, Corée, Japon. Il crée et préside l’Association pour la pensée complexe (APC).

Morin a écrit plusieurs ouvrages revenant sur son passé, dont Autocritique en 1959, Vidal et les siens en 1989, Itinérance en 2006, Mon chemin en 2008 et Les souvenirs viennent à ma rencontre en 2019.

Vie familiale :

En 1946, au sortir de la Deuxième Guerre Mondiale, il épouse la philosophe Violette Chapellaubeau (Hautefort, Dordogne, 4 août 1917 – Paris, 2 décembre 2003), rencontrée pendant cette guerre, en 1940, à Toulouse (où les deux jeunes étudiants avaient fui et où elle était une étudiante résistante en philosophie et sociologie également) lors d’un cours de philosophie sur Vladimir Jankélévitch, mais remariée en 1969 avec Pierre Naville, veuf la même année de Denise née Kahn, en optant cependant pour le nom d’usage de Naville-Morin.

Ils avaient eu deux filles, la sociologue Irène Nahoum-Léothaud (en 1947) et l’anthropologue Véronique Nahoum-Grappe (en 1948). En 1970, il épouse Johanne Harrelle, sa compagne depuis 1964, dont il divorce en restant son ami jusqu’à ce qu’elle meure en 1994. En 1982, il épouse Edwige Lannegrace, dont il est veuf en 2008.

Depuis 2012, pour la troisième fois, il est marié à la sociologue marocaine naturalisée française Sabah Abouessalam née le 13 avril 1959 à Marrakech, avec qui il a notamment rédigé le livre L’homme est faible devant la femme (Presses de la Renaissance, 2013), puis en 2020 Changeons de voie – Les leçons du coronavirus (Denoël, 2020). En 2013, Sabah Abouessalam a aussi essayé avec lui de réhabiliter une ferme écologique propriété de sa famille dans la région de Marrakech en s’inspirant de l’agro-écologie de Pierre Rabhi

Prises de position

Edgar Morin affirme un point de vue « d’incroyant radical ». Il est membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la décennie de la culture de paix et de non-violence. Il apprécie, à cet égard, le bouddhisme qui est une religion sans dieu.

Il s’intéresse de plus en plus au processus de la mondialisation où « le vaisseau spatial terre est propulsé par trois moteurs couplés science/technique/économie, mais est dépourvu de pilote.

Cela prépare deux avenirs antagonistes, l’un de catastrophes (dégradation de la biosphère, multiplication des armes nucléaires, économie soumise à la spéculation financière, crise des civilisations traditionnelles et crise de la civilisation occidentale, multiplication des conflits et des fanatismes), l’autre de « transhumanisme » permettant de retarder la mort sans vieillir et de confier aux robots toutes les tâches ennuyeuses et pénibles.

Mais cette dernière perspective d’homme augmenté, purement quantitative, ignore la nécessité d’un énorme progrès moral et intellectuel pour éviter les catastrophes et ne pas soumettre l’humanité à une algorithmisation qui la robotiserait »

En 2002, il participe à la fondation du Collegium international éthique, politique et scientifique, sous la présidence de Milan Kučan, président de la République de Slovénie, et dont Sacha Goldmann, Michel Rocard, puis Stéphane Hessel, furent successivement secrétaires généraux, avec l’ambition de convaincre les nations et l’ONU d’œuvrer à une coopération internationale pour trouver les réponses éthiques et appropriées qu’attendent les peuples du monde face aux nouveaux défis de notre temps.

Il participe à la création en mars 2012 du collectif Roosevelt avec l’aide de Stéphane Hessel, Michel Rocard et de nombreux intellectuels et personnalités publiques de la société civile et politique. Ce collectif présente quinze propositions pour éviter un effondrement économique, élaborer une nouvelle société, lutter contre le chômage endémique et créer une Europe démocratique.

En 2013, il soutient publiquement le chef Raoni dans son combat contre le barrage de Belo Monte. Il participe avec ce dernier et de nombreux autres intellectuels, juristes et politiques au lancement d’un tribunal moral pour les crimes contre la nature et le futur de l’humanité, lors de la Conférence « Rio+20 ». En 2013, il s’associe avec la tribune publiée par le mouvement End ecocide in Europe et cosignée par douze autres intellectuels, soutenant l’initiative citoyenne européenne « Arrêtons l’écocide en Europe ».

En 2019, il déclare que c’est le pouvoir de l’argent qui est à l’origine de la dégradation de l’écologie.

Le 2 juillet 2015, il fait partie des premiers signataires, avec d’autres personnalités, d’une pétition demandant que la France accueille Edward Snowden et Julian Assange, à la suite de la lettre ouverte de ce dernier au président de la République François Hollande.

Prenant position en 2002 sur le conflit israélo-palestinien, il considère que « les juifs d’Israël, descendants des victimes d’un apartheid nommé ghetto, ghettoïsent les Palestiniens. On a peine à imaginer qu’une nation de fugitifs, issue du peuple le plus persécuté de l’histoire de l’humanité soit capable de se transformer, en deux générations à l’exception d’une admirable minorité, en peuple méprisant ayant satisfaction à humilier »

Le sociologue pense qu’il y a eu, de 2018 à 2020, de fortes interactions entre le déchaînement de l’anti-islamisme et la recrudescence de l’ancien antisémitisme, celui-ci étant lié à un nouvel anti-judaïsme issu de la politique d’Israël et répandu dans le monde arabe.

Toutefois, selon lui, l’accusation d’antisémitisme demeure brandie de façon intempérante et indue par les défenseurs intégristes de la politique colonisatrice israélienne face à toute critique de cette politique.

En 2018, il qualifie l’encyclique Laudato si’ du pape François de texte providentiel, d’acte 1 d’un appel pour une nouvelle civilisation, reprenant la formule de Mikhaïl Gorbatchev de « maison commune », qu’il compare à sa formulation d’une vue complexe

La pensée qui relie

Edgar Morin utilise le terme de « reliance » pour indiquer le besoin de relier ce qui a été séparé, disjoint, morcelé, détaillé, compartimenté, classé, trié… en disciplines, écoles de pensée…

Il aime aussi envisager les choses dans une combinaison de confrontation, complémentarité, concurrence, coopération, les quatre en étroite synergie dynamique.

Il prône l’attitude d’ouverture. Il aime à dire qu’il est animé par un certain « esprit de la vallée », en référence au Tao. L’esprit de la vallée recueille les « eaux » qui viennent de différents versants.

Il a avancé sept principes-guides pour une pensée qui relie, principes qui sont complémentaires et interdépendants.

  • 1 – Le principe d’auto-éco-organisation : Les choses vivantes sont des systèmes auto-organisateurs qui sans cesse s’auto-produisent et par là-même dépensent de l’énergie pour entretenir leur autonomie et doivent donc puiser de l’énergie dans leur milieu, dont elles dépendent pour être autonomes
  • 2 – Le principe systémique ou organisationnel : L’idée systémique est à l’opposé de l’idée réductionniste car « le tout est plus que la somme des parties ». Les émergences, qualités ou propriétés nouvelles apparaissent dans l’organisation d’un nouveau produit que les composants ne possédaient pas. « Le tout est moins que la somme des parties » également car certaines qualités des composants sont inhibées par l’organisation de l’ensemble
  • 3 – Le principe hologrammatique : Chaque cellule est une partie d’un tout — l’organisme global —, mais le tout est lui-même dans la partie : la totalité du patrimoine génétique est présente dans chaque cellule individuelle, la société est présente dans chaque individu-citoyen, en tant que tout, à travers son langage, sa culture, ses normes
  • 4 – Le principe de boucle rétroactive : « L’effet agit sur la cause » referme le processus de causalité de linéarité ouverte « la cause agit sur l’effet ». Comme dans un système autonome de chauffage où le thermostat régule le fonctionnement. Comme l’homéostasie des organismes vivants
  • 5 – Le principe de boucle récursive : C’est une boucle génératrice dans laquelle les produits et les effets sont eux-mêmes producteurs et causateurs de ce qui les produit. Chaque être vivant est produit et producteur dans le système de reproduction. Les individus produisent la société dans et par leurs interactions, et la société, en tant que tout émergeant, produit l’humanité des individus en leur
    apportant le langage et la culture
  • 6 – Le principe dialogique : Relation complexe entre deux entités ou instances concurrentes et antagonistes, qui sont en même temps complémentaires. Elles se nourrissent l’une de l’autre, tout en s’opposant et se combattant. Edgar Morin utilise la métaphore du yin yang. Exemples : « autonomie / dépendance », « passion / raison », « égocentrisme / Altruisme », « individu / société / espèce » dialogiques présentes en chaque être humain, « ordre / désordre / interactions / organisation » (présente dès la naissance de l’Univers)
  • 7 – Le principe de réintroduction du connaissant dans toute connaissance : Tout objet-machine, tout objet-processus inventés contient du « sujet » qui les a conçus. De la perception à la théorie scientifique, toute connaissance est une reconstruction / traduction pour un esprit / cerveau dans une culture et un temps donnés.« L’humanisme ne saurait plus être porteur de l’orgueilleuse volonté de dominer l’Univers. Il devient essentiellement celui de la solidarité entre humains, laquelle implique une relation ombilicale avec la nature et le cosmos. »

La pensée complexe :

Ce concept, dont la première formulation se trouve dans le livre Science avec conscience (1982), exprime une forme de pensée acceptant les imbrications de chaque domaine de la pensée et la transdisciplinarité. Le terme de complexité est pris au sens de son étymologie « complexus » qui signifie « ce qui est tissé ensemble » dans un enchevêtrement d’entrelacements (plexus).

Le Paradigme perdu :

En septembre 1972, au Centre international d’études bioanthropologiques et d’anthropologie fondamentale (CIEBAF) devenu ensuite le Centre Royaumont pour une science de l’homme, Edgar Morin co-organise le colloque international L’Unité de l’Homme, avec Jacques Monod et Massimo Piatelli-Palmarini. Sa communication, Le Paradigme perdu : la nature humaine, transformée et enrichie, deviendra un livre qui paraîtra l’année suivante. Il y est dit que nature et culture sont indissociables l’une de l’autre, chacune produisant l’autre dans une boucle récursive permanente.

Ont été réunis des biologistes, anthropologues, sociologues, mathématiciens, cybernéticiens afin de faire se rapprocher (reliance) les points de vue, les oppositions et les options fondamentales des spécialités et de leurs épistémologies. Un ouvrage en trois tomes réunit les contributions des participants au colloque:

  • T1 : Le primate et l’homme ;
  • T2 : Le cerveau humain ;
  • T3 : Pour une anthropologie fondamentale.


La Méthode

La Méthode est l’œuvre majeure d’Edgar Morin. Comprenant six volumes au total (qui peuvent être lus dans le désordre), on pourrait la qualifier d’encyclopédie (qui met en cycle les savoirs) : la méthode y est déroulée de façon cyclique, pour ne pas dire répétitive, s’appliquant à de nombreuses notions dont certaines sont reprises ci-après.

Le premier tome, intitulé La Nature de la nature, où sont traités les concepts d’ordre et de désordre, de système, d’information, etc. du monde physique.

Le second, intitulé La Vie de la vie, aborde le vivant, la biologie.

Les troisième et quatrième tomes abordent le thème de la connaissance.

Le troisième est intitulé La Connaissance de la connaissance. Il aborde la connaissance du point de vue anthropologique. Il y ouvre le chantier de l’épistémologie complexe.

Le quatrième tome de La Méthode, Les Idées, d’après les mots d’Edgar Morin, « pourrait aussi en être le premier ». En effet, « il constitue l’introduction la plus aisée à « la connaissance de la connaissance » et de façon inséparable au problème et à la nécessité d’une pensée complexe ». Il complète l’œuvre épistémologique du troisième tome en abordant la connaissance du point de vue collectif ou sociétal (« l’organisation des idées »), puis au niveau de la « vie des idées », qu’il appelle la noologie. Il traite en particulier dans un dernier chapitre des notions philosophiques de langage, de logique et de paradigme, auxquelles il applique sa méthode.

Dans une note de lecture, Jean-Louis Le Moigne souligne l’importance du dernier chapitre de ce tome 4 qu’Edgar Morin consacre à « la Paradigmatologie » : « encore un néologisme nouveau, dira-t-on ? Sans doute, mais il me semble si fécond pour nous permettre d’entendre la richesse de l’univers pensable sans commencer par l’appauvrir en la simplifiant ». Jean-Louis Le Moigne cite pour conclure Edgar Morin : « Nous en sommes au préliminaire dans la constitution d’un paradigme de complexité lui-même nécessaire à la constitution d’une paradigmatologie. Il s’agit non de la tâche individuelle d’un penseur mais de l’œuvre historique d’une convergence de pensées. » Selon les mots de Morin, la paradigmatologie est « le niveau qui contrôle tous les discours qui se font sous son emprise et qui oblige les discours à obéir ».

Le cinquième tome (L’Humanité de l’humanité, L’Identité humaine) est consacré à la question de la trinité humaine : Individu – Société – Espèce.

La Méthode se termine par un sixième tome intitulé Éthique, qui envisage les incertitudes et les contradictions éthiques et prône une éthique de la compréhension.

Conscience planétaire et politique de civilisation :

Avec Terre-Patrie, écrit en 1993, (avec Anne-Brigitte Kern), Edgar Morin en appelle à une « prise de conscience de la communauté du destin terrestre », véritable conscience planétaire : « C’est en Californie, en 1969-1970, que des amis scientifiques de l’université de Berkeley m’ont éveillé la conscience écologique », rapporte-t-il, avant de s’alarmer : « Trois décennies plus tard, après l’assèchement de la mer d’Aral, la pollution du lac Baïkal, les pluies acides, la catastrophe de Tchernobyl, la contamination des nappes phréatiques, le trou d’ozone dans l’Antarctique, l’ouragan Katrina à La Nouvelle-Orléans, l’urgence est plus grande que jamais ».

En 2007, il est l’auteur de L’An I de l’ère écologique : la Terre dépend de l’homme qui dépend de la Terre. Le livre comporte un dialogue avec Nicolas Hulot. Cette conscience doit s’accompagner pour Edgar Morin d’une nouvelle « politique de civilisation », pour sortir de cet « âge de fer planétaire… préhistoire de l’esprit humain ».

La politique de civilisation, explique Edgar Morin, « vise à remettre l’homme au centre de la politique, en tant que fin et moyen, et à promouvoir le bien-vivre au lieu du bien- être »

L’économiste Henri Bartoli appelle d’ailleurs à replacer l’homme au centre de l’économie (l’économie doit être au service de la vie et non l’inverse). Plus concrètement, partant du constat que la civilisation moderne génère souvent mal-être profond et individualisme, il propose de s’attacher « à régénérer les cités, à réanimer les solidarités, à susciter ou ressusciter des convivialités, à régénérer l’éducation ».

L’expression « politique de civilisation » a été reprise par le président de la République française Nicolas Sarkozy, lors de ses vœux du 31 décembre 2007. Edgar Morin s’est montré très nuancé quant à cette utilisation du concept : « Je ne peux exclure que M. Sarkozy réoriente sa politique dans ce sens, mais il ne l’a pas montré jusqu’à présent et n’en donne aucun signe. » « J’ai deux désaccords très importants avec Sarkozy : sur la politique extérieure, où je vois un alignement sur Bush et sur l’intérieur et la politique inhumaine envers les immigrés. Pour le reste, il y a une marge d’incertitude et il peut évoluer Le chef de l’État est un personnage plastique, en mouvement. Il n’a pas encore pris conscience du caractère radical d’une politique de civilisation. »

Les Sept Savoirs nécessaires à l’éducation du futur :

Edgar Morin, dans son avant-propos, classe cet opus comme l’ultime d’une trilogie :

  • La tête bien faite. Repenser la réforme, réformer la pensée, 1999 ;
  • Relier les connaissances, 1999 ;
  • Les Sept Savoirs nécessaires à l’éducation du futur, 2000.

Il y dégage les sept thèmes qui doivent devenir fondamentaux dans les enseignements.

Penser la crise : l’abîme ou la métamorphose ?

La réflexion d’Edgar Morin plonge au cœur des mouvements de l’histoire, faite de sauts et de soubresauts, loin de l’idée de progrès linéaire, comme il l’explique à un journaliste de Sciences humaines au cours d’une conférence de décembre 2008: « La réflexion sur le monde d’aujourd’hui ne peut s’émanciper d’une réflexion sur l’histoire universelle. Les périodes calmes et de prospérité ne sont que des parenthèses de l’histoire. Tous les grands empires et civilisations se sont crus immortels – les empires mésopotamien, égyptien, romain, perse, ottoman, maya, aztèque, inca… Et tous ont disparu et ont été engloutis. Voilà ce qu’est l’histoire : des émergences et des effondrements, des périodes calmes et des cataclysmes, des bifurcations, des tourbillons des émergences inattendues. » Et parfois, ajoutera-il à la fin de sa conférence :

« Au sein même des périodes noires, des graines d’espoir surgissent. Apprendre à penser cela, voilà l’esprit de la complexité. »

Bibliographie : La méthode de la méthode

Selon Edgar Morin, pour comprendre le monde, il faut associer les principes antagonistes d’ordre et de désordre, en y adjoignant celui d’organisation. Reprenant les idées d’Héraclite et de Weaver, Morin oppose la complexité désorganisée et la complexité organisée.

« La complexité s’impose d’abord comme une impossibilité de simplifier, elle surgit là où l’unité complexe produit ses émergences… La complexité n’est pas la complication ». Ce qui est compliqué peut se réduire à un principe simple comme un écheveau embrouillé ou un nœud de marin.

Comment se développe l’intelligence ? Une pensée incapable d’envisager le contexte et le complexe planétaire rend aveugle et irresponsable, l’intelligence doit non seulement découper, cloisonner et isoler, mais aussi relier et recomposer. On peut dire que la connaissance progresse principalement par capacité à contextualiser et à globaliser.

C’est une œuvre monde qui refonde l’humanisme en élaborant une méthode pour s’approcher du mystère des choses … Nous le savons bien … Mais il faut faire un gros effort théorique pour persévérer dans cette démarche !

Comment j’ai utilisé la psychologie systémique en entreprise dans le cadre de mon programme de leadership à HEC :

La méthode :

  • Définir clairement le problème en termes concrets.
  • Examiner les solutions déjà essayées
  • Définir clairement l’objectif de changement auquel on veut aboutir
  • Formuler et mettre en œuvre un projet pour effectuer ce changement

Les outils d’intervention systémique :

  • La dissociation, la méta position
  • La métaphore
  • Le fantasme du pire …
  • La question miracle, la technique du « comme si »
  • La définition d’objectif
  • Le recadrage
  • La prescription du symptôme et des résistances
  • L’alternance illusoire
  • L’injonction paradoxale.
  • La recherche des exceptions

Protégeons la biodiversité, le réseau vital dont nous dépendons tous

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Selon un sondage réalisé par Harris Interactive pour l’Office français de la biodiversité (OFB), 99% des citoyens ont déjà entendu parler de biodiversité et 52% savent précisément de quoi il s’agit. L’OFB lance une campagne de communication dédiée à la protection de la biodiversité. 

Cette enquête permet de mieux apprécier l’évolution de la préoccupation des Français pour la nature et le monde vivant (enquête réalisée auprès d’un échantillon représentatif de 2 000 personnes1).

Une familiarité avec la notion de biodiversité qui progresse

Spontanément, les Français définissent la biodiversité comme la pluralité du vivant (espèces, êtres vivants, faune, flore) au sein d’un ensemble naturel. 75% des citoyens ont conscience que les êtres humains font partie de la biodiversité, un chiffre en légère hausse par rapport à 2022 malgré quelques disparités, notamment selon l’âge ou le niveau de diplôme. Leur connaissance du sujet s’est faite via des canaux nombreux et divers, parmi lesquels la télévision, la presse et les échanges interpersonnels. Les données d’ensemble masquent des divergences fortes entre les générations : chez les plus âgés, l’information est davantage issue des médias traditionnels alors qu’elle est un peu plus issue d’interactions interpersonnelles chez les plus jeunes (bouche-à-oreille et réseaux sociaux).

L’érosion de la biodiversité, de plus en plus attribuée à l’activité humaine

Concernant l’évolution de la biodiversité au cours des dernières décennies, le constat n’est pas consensuel : seuls 54% des citoyens estiment que celle-ci a reculé en France sur les 30 dernières années. La prise de conscience progresse néanmoins sur notre responsabilité : 78% des Français attribuent la perte de biodiversité observée au cours des 30 dernières années à l’activité humaine soit 12 points de plus par rapport à 2022. Le sentiment d’être soi-même responsable de la perte de biodiversité est plus fort chez les tranches d’âge intermédiaires (35-49 ans) que chez les plus jeunes ou les plus âgés.

Loin d’être pessimistes, les Français pensent très massivement qu’il est encore temps d’agir pour préserver la biodiversité

Si deux Français sur trois estiment que l’érosion de la biodiversité peut conduire à un changement drastique de la qualité de vie des générations futures, ils sont aussi une majorité à penser qu’il est très important de se mobiliser pour la protection de la biodiversité. Un Français sur deux y voit même un enjeu crucial, un chiffre en hausse par rapport à 2022 (+ 6 points). Les Français font état d’un niveau d’attente réel en matière de politique publique concernant la biodiversité, quoiqu’en léger recul par rapport à la vague précédente.

Très massivement, les Français se sentent aujourd’hui concernés par l’état de la biodiversité, avec un niveau d’implication fort de la part de plus d’un tiers de la population. Parmi les actions pour préserver la biodiversité, les efforts pour consommer moins au quotidien semblent plus fréquents que le soutien à des structures engagées (qu’il s’agisse de participation financière ou de bénévolat). Les Français estiment que des recommandations sur les actions à mettre en œuvre pour préserver la biodiversité seraient le levier le plus à même de les mobiliser, davantage d’informations scientifiques sur le sujet étant également souhaitées.

Humains, plantes, animaux, micro-organismes, nous faisons tous partie du grand réseau du vivant ! La biodiversité c’est la vie sous toutes ses formes. Elle est partout : dans les lacs, les océans, dans les campagnes et les villes, les montagnes, jusque dans nos corps.

C’est la diversité du vivant et des relations qui s’y tissent qui créent les conditions de notre vie sur terre. Or la biodiversité décline à un rythme sans précédent et les activités humaines en sont la cause. Les extinctions d’espèces s’accélèrent. Les milieux se dégradent. Sans cette richesse, l’humain aussi est menacé. Nous mettons à mal nos propres moyens de subsistance, notre qualité de vie et même nos modèles économiques.

La bonne nouvelle c’est qu’en tant que membre de cette grande famille du vivant, nous faisons partie de la solution ! Chacun à notre échelle nous pouvons agir pour sauvegarder la biodiversité.

Office Français de la Biodiversité

Protégeons la biodiversité, le réseau vital dont nous dépendons tous #tousbiodiversité

L’Office français de la biodiversité (OFB) a lancé le 8 juillet 2024 une campagne de communication dédiée à la protection de la biodiversité. Il s’agit de la première grande prise de parole sur ce sujet vers le grand public, avec un dispositif de communication d’envergure. Financée par le Ministère de la transition écologique dans le cadre de la Stratégie nationale biodiversité (biodiversite.gouv.fr), cette campagne vise à mobiliser les Français pour protéger la biodiversité et passer à l’action. Elle aborde la biodiversité sous l’angle de l’interdépendance des espèces, pour inciter chacun et chacune à prendre conscience de son appartenance au vivant et à agir pour préserver les écosystèmes.

la biodiversité n’est pas seulement une question de survie, nous sommes tous connectés à ce réseau vital. Chaque espèce, chaque écosystème est une espèce essentielle à ce puzzle complexe et il est urgent d’agir pour le préserver.

Office Français de la Biodiversité

On a tous un rôle à jouer

Citoyens, État, collectivités ou entreprises, chacun peut agir pour préserver la biodiversité.

Qu’est-ce que la biodiversité ?

La biodiversité est fondamentale. Elle crée les conditions indispensables pour rendre la Terre habitable pour les humains.

L’oxygène que nous respirons est produit par les océans et par la photosynthèse opérée par les organismes végétaux. Notre eau, notre alimentation, nos vêtements, notre santé, nos maisons, tout ce que nous touchons vient de la biodiversité ou en est dépendant.

Par exemple, la biodiversité est la clé de notre eau potable. Les végétaux, les champignons et les micro-organismes contribuent à purifier l’eau qui s’infiltre dans le sol jusqu’aux nappes phréatiques, en dégradant les pollutions organiques et en piégeant les métaux lourds. Ce sont aussi des bactéries ou des plantes qui nettoient nos eaux usées dans les stations d’épuration.

La préservation de la biodiversité apporte ainsi d’innombrables bénéfices : éviter de nouvelles épidémies, lutter contre les aléas climatiques, trouver de nouveaux médicaments, collecter des matériaux pour se loger, se nourrir… ou simplement se ressourcer dans la nature.

Participez à la consultation citoyenne

Une consultation citoyenne a été lancée le 25 juin et durera jusqu’au 22 septembre 2024. Chacun est invité à faire des propositions, afin de construire ensemble un plan d’actions concrètes pour préserver la biodiversité avec un impact décisif et durable sur l’ensemble du territoire.
  1. L’étude commandée par l’OFB à Harris Interactive a été réalisée par internet du 27 mars au 2 avril 2024 auprès d’un échantillon de 2058 Français âgés de 15 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée grâce à la méthode des quotas appliquée aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle, région et taille d’agglomération d’habitation de l’interviewé(e). ↩︎

Installer un Kit Solaire en 5 étapes

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Les offres de kits solaires se multiplient pour répondre à la recherche croissante de solutions énergétiques durables et économiques. Ces kits offrent un moyen accessible de transformer l’énergie solaire en électricité utilisable en version fixe à la maison ou nomade pour le camping-car et le bateau. Qu’est ce qu’un kit solaire, quels sont ses composants, ses avantages, comment l’installer et quelques conseils pour choisir le kit correspondant à vos besoins spécifiques.

Ricardo Gomez Angel

Le volume des raccordements solaires atteint un record historique au 1er trimestre 2024

50ème édition de l’Observatoire de l’énergie solaire photovoltaïque

Qu’est-ce qu’un Kit Solaire ?

Un kit de panneaux solaires ou photovoltaïques, est un ensemble de composants nécessaires pour installer soi-même un système de production d’électricité à partir de l’énergie solaire. Il contient des panneaux, un contrôleur de charge, un onduleur, des batteries (optionnelles selon les kits) ainsi que tous les câbles et fixations nécessaires. Ces kits sont conçus pour être une solution tout-en-un, simplifiant le processus d’installation pour les utilisateurs.

Composants d’un Kit Solaire

Panneau solaire photovoltaïque
Contrôleur de charge
  1. Panneaux Solaires : Ils sont l’élément principal du kit, permettant de convertir la lumière solaire en électricité. Ils sont disponibles en différentes tailles et puissances, selon les besoins énergétiques.
  2. Contrôleur de Charge: Il régule la tension et le courant provenant des panneaux solaires pour charger les batteries de manière optimale et éviter les surcharges.
  3. Onduleur: Il convertit le courant continu (CC) produit par les panneaux solaires en courant alternatif (CA), utilisable par la plupart des appareils ménagers.
  4. Batteries: Bien que toutes les configurations ne nécessitent pas de batteries, elles sont essentielles pour stocker l’énergie pour une utilisation ultérieure, particulièrement lorsque le soleil ne brille pas.
  5. Câbles et Fixations: Ils sont nécessaires pour connecter tous les composants entre eux et fixer les panneaux solaires en place.

Batterie

Avantages du Kit Solaire

Le kit panneau solaire allie la réduction des coûts énergétiques à la protection de l’environnement par l’utilisation de l’énergie renouvelable du soleil.

Réduction des Coûts Énergétiques

Le principal avantage d’un kit de panneaux solaires est la réduction significative des factures d’électricité. Une fois l’installation amortie, l’électricité générée par les panneaux solaires est quasiment gratuite, ce qui permet des économies substantielles sur le long terme.

Énergie Durable et Renouvelable

Les panneaux solaires utilisent l’énergie du soleil, une ressource à la fois renouvelable et inépuisable. Utiliser un kit solaire contribue à réduire l’empreinte carbone en choisissant une source d’énergie propre et durable.

Indépendance Énergétique

Un kit solaire permet de réduire la dépendance aux réseaux électriques traditionnels, voire devenir totalement autonome en énergie, avec l’autoconsommation. Ce qui est particulièrement utile dans les zones reculées ou en cas de coupures de courant.

Facilité d’Installation et de Maintenance

Les kits solaires sont conçus pour être faciles à installer, même sans compétence technique avancée. Une fois installé, il y a peu de maintenance, à part un nettoyage régulier des panneaux pour leur assurer une efficacité maximale.

Quelles aides en 2024 pour installer des panneaux solaires en 2024 afin d’auto-consommer ou revendre son surplus d’électricité ?

Comment Installer un Kit Solaire ?

L’installation d’un kit de panneaux solaires peut apparaitre complexe, mais avec une planification adaptée et les bonnes instructions, cela peut être relativement simple. Voici les 5 étapes à suivre pour installer un kit solaire.

Étape 1: Préparation

Avant de commencer l’installation, il est indispensable de faire une évaluation des besoins énergétiques pour déterminer la taille et le nombre de panneaux solaires nécessaires. Il est également très important de choisir un emplacement optimal pour les panneaux, généralement le toit de la maison ou un espace ouvert bénéficiant d’une exposition maximale au soleil.

Étape 2: Installation des Panneaux Solaires

Fixez les panneaux solaires à la structure choisie à l’aide des éléments fournis dans le kit. Assurez-vous que les panneaux sont orientés et inclinés de manière à maximiser leur exposition au soleil.

Étape 3: Connexion du Contrôleur de Charge

Le contrôleur de charge doit être connecté entre les panneaux solaires et les batteries (si elles sont utilisées). Il est important de suivre les instructions du fabricant pour ces connexions pour assurer un fonctionnement efficace et sécurisé.

Étape 4: Installation de l’Onduleur

Connectez l’onduleur aux batteries et au tableau électrique principal de la maison ou de l’installation. L’onduleur transformera le courant continu des panneaux en courant alternatif utilisable par les appareils ménagers de la maison.

Étape 5: Test et Mise en Service

Une fois tous les composants connectés, il ne reste plus qu’à effectuer un test complet du système pour s’assurer que tout fonctionne correctement. Vérifier les connexions, tensions et courants pour vérifier que le système est prêt à fournir de l’énergie.

Choisir le Bon Kit Solaire

Offre de kits solaires à la vente par Google

Comment choisir le bon kit solaire adapté à vos besoins en performance et capable de vous donner entière satisfaction ? Quelques conseils pour vous aider à faire le meilleur choix.

Évaluez vos Besoins Énergétiques

Avant de choisir un kit solaire, il faut évaluer vos besoins énergétiques, c’est à dire la consommation quotidienne moyenne d’électricité de votre foyer, pour déterminer la puissance nécessaire de votre installation.

Choisissez la Qualité et la Durabilité

Investir dans des panneaux solaires de haute qualité peut garantir une meilleure performance et une plus longue durée de vie. Les marques réputées ont des garanties solides pour sécuriser votre investissement.

Pensez à l’Extension Future

Si vous prévoyez d’apporter des ajouts dans le futur à votre système solaire, pour en augmenter la puissance par exemple, choisissez un kit évolutif qui permet d’ajouter facilement des panneaux supplémentaires ou d’autres composants.

Évaluez le Support et le Service Après-Vente

Préférez un fournisseur qui offre un bon support technique et un service après-vente fiable à un kit solaire premier prix sans garantie. Cela sera utile en cas de problèmes ou de questions après l’installation.

En conclusion

Le kits de panneaux solaires sont une solution pratique et économique pour tirer parti de l’énergie solaire. Réunissant tous les composants pour faciliter le processus d’installation, votre kit vous permettra de bénéficier d’une indépendance énergétique à la maison.

Ensauvager les villes pour réconcilier nature et société

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56 % de la population mondiale habite en ville, une proportion qui atteint 80 % en France. Ce contexte d’urbanisation modifie en profondeur les relations entre humains et nature. Il pose aussi des défis majeurs de durabilité. Et si ensauvager les villes permettait de réconcilier nature et société ? Protéger les arbres, végétaliser les toits, développer les friches, restaurer les rivières… pour ramener la nature en ville. Concevoir des villes qui permettent de favoriser la biodiversité urbaine, d’augmenter les interactions entre humain et non-humain, tout en améliorant le bien-être et la santé des citadins. Un article de Sébastien Bonthoux, INSA Centre Val de Loire et Simon Chollet pour The Conversation France

Parc de l’Arrou, situé à proximité du centre-ville de Blois. Le plan de gestion de ce parc évolue pour progressivement intégrer des zones de prairies et de friches dans le paysage du site, tout en maintenant l’entretien des chemins et des zones d’accueil pour les usagers. Sébastien Bonthoux, Fourni par l’auteur

Aujourd’hui, 56 % de la population mondiale habite en ville, une proportion qui atteint 80 % en France. Ce contexte d’urbanisation modifie en profondeur les relations entre humains et nature. Il pose aussi des défis majeurs de durabilité.

D’un côté, les transformations paysagères urbaines participent au déclin de la biodiversité en homogénéisant les communautés biologiques à large échelle. De l’autre, l’omniprésence des paysages urbains et les changements de modes vie contribuent au déclin de l’expérience de nature des citadins. Ceci a des effets néfastes sur la santé, mais aussi sur la volonté de promouvoir des actions en faveur de la biodiversité.

Pour remédier à ces problèmes, il importe de trouver des manières de planifier et de concevoir des villes qui permettent de favoriser la biodiversité urbaine, d’augmenter les interactions entre humain et non-humain, tout en améliorant le bien-être des citadins.

Approche de conservation apparue à la fin des années 1980 en Amérique du Nord, le rewilding (ré-ensauvagement) vise à encourager des écosystèmes autonomes et fonctionnels en limitant la domination et le contrôle humain. Le rewilding a jusqu’à maintenant été principalement appliqué et discuté dans des environnements présentant une faible densité de population ou dans des secteurs marqués, ces derniers temps, par la déprise agricole.

Dans un article récemment publié dans Biological Reviews, nous avons proposé d’étendre ce concept aux milieux très anthropisés que sont les villes.

Ensauvagement urbain

Ramener la nature en ville

Qu’est-ce que l’ensauvagement urbain (urban wilding) ? Il s’agit d’augmenter l’autonomie des écosystèmes en promouvant des espaces urbains avec un minimum d’interventions humaines. C’est-à-dire : un minimum de plantations et de maintenance.

Cette vision ne vise ni à atteindre un état écologique de référence passé ni à privilégier des communautés biologiques en particulier, mais à promouvoir la spontanéité des processus écologiques. Par exemple, la colonisation, le libre développement des plantes et la circulation des animaux dans les sites urbains. Ainsi, elle se distingue de la végétalisation classique, où les espèces sont sélectionnées par des choix de plantation et des pratiques de maintenance (enrichissement des sols, désherbage, enlèvement du bois mort…).

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L’ensauvagement peut se décliner sur des espaces urbains de toutes tailles et aux usages contrastés. Il peut s’agir d’espaces agricoles ou naturels imbriqués dans la matrice urbaine, de lieux où les interventions humaines sont réduites de manière intentionnelle (parcs et jardins écologiques), d’espaces sauvages informels (friches, terrains vagues) mais aussi des espaces construits (toits, murs, trottoirs).

Nous avons cherché à déterminer sous quelles conditions l’approche d’ensauvagement urbain pouvait favoriser une meilleure cohabitation entre nature et société en ville. Pour cela, nous avons synthétisé un large panel de littérature interdisciplinaire (plus de 270 articles scientifiques). Cela nous a permis :

  • d’identifier les processus écologiques à travers lesquels l’ensauvagement promeut la biodiversité urbaine,
  • d’évaluer les attitudes des citadins à l’égard des espaces sauvages urbains,
  • et enfin de discuter l’intégration de l’approche d’ensauvagement dans la fabrique de la ville.

Favoriser la biodiversité

Crédit photo : Alexandre Beaudoin

La synthèse de littérature montre que l’ensauvagement favorise la biodiversité en ville à travers deux processus.

À l’inverse de la végétalisation classique, où les plantations et semis sont souvent basés sur de mêmes gammes d’espèces, la promotion de la végétation spontanée facilite l’expression de plantes diversifiées, en réponse aux multiples conditions environnementales urbaines (paramètres physico-chimiques des sols, microclimat). On retrouve notamment cette forte diversité végétale dans les friches urbaines.

Exemples de conceptions urbaines intégrant l’approche d’ensauvagement. (A) Forêt urbaine aux Prairies Saint Martin, Rennes (__ S. Bonthoux) ; (B) EcoVillage des Noés, Val-de-Reuil (APM Architectur) ; (C) Square de l’île Mabon, Nantes (JD. Billaud/Samoa) ; (D) Rue Jean Lenine, Saint-Denis (DR) ;_ (E) Toit paysager avec de la végétation spontanée, Paris (Topager) ; _(F) Murs prototype pour intégrer de la végétation spontanée, Paris (Agence ChartierDalix). Fourni par l’auteur

Ensuite, la diminution des pratiques de maintenance permet de favoriser la diversité végétale, alors qu’une forte fréquence de tonte ne va sélectionner que certaines espèces adaptées à la coupe régulière comme la pâquerette ou le pâturin annuel. Une attention particulière doit cependant être conservée à l’égard des espèces exotiques envahissantes.

À l’échelle de la ville, la réduction de ces interventions encourage une diversité de stades végétaux, du stade herbacé au stade arboré, avec des compositions floristiques variées, qui sont des ressources alimentaires et des habitats écologiques pour une grande diversité d’espèces animales – en particulier les insectes, fortement en déclin à l’échelle globale.

Recréer du lien entre nature et citadins

L’ensauvagement urbain promeut des activités humaines moins interventionnistes et plus attentives aux milieux naturels spontanés mais ne signifie pas pour autant l’absence de présence humaine.

Au contraire, notre synthèse de littérature révèle que les espaces sauvages urbains peuvent contribuer à améliorer le cadre de vie des citadins, en créant des interactions et des expériences qualitatives autour de la nature. Par exemple pour les enfants, les espaces modérément gérés présentent des opportunités de jeux telles que la cueillette, l’observation ainsi que des parcours et des cachettes dans la végétation.

Avec toutefois un avertissement : certains aspects des espaces sauvages, comme la végétation dense qui réduit la visibilité, peuvent engendrer de l’anxiété ou un sentiment de négligence et d’abandon.

Ces attitudes négatives peuvent être atténuées grâce à des interventions légères. Par exemple la création de chemins bien tracés, de petites zones récréatives gérées ou l’installation de petits mobiliers pour signaler que les espaces sauvages urbains restent accessibles pour les habitants et ne sont pas abandonnés.

Repenser le rapport ville-nature

Repenser la place de l’arbre en ville – Le cimetière La Forêt de la ville de Blois. Réputée pour son important patrimoine végétal, elle a arrêté les pesticides dès 2008. Reporterre

La notion d’ensauvagement urbain requestionne donc en profondeur les relations ville-nature. Historiquement, les villes couvraient des espaces beaucoup moins importants qu’aujourd’hui et étaient des lieux conçus par et pour les hommes, où la végétation, perçue comme une structure ornementale, était sélectionnée et contrôlée. L’ensauvagement urbain modifie radicalement cette vision, en proposant de reconnaître l’altérité des autres êtres vivants et de partager une partie de nos villes avec eux.

Cela implique d’être inventif et subtil dans l’agencement urbain pour décliner les espèces sauvages à de multiples échelles spatiales : espaces publics, sites résidentiels et commerciaux, infrastructures de mobilités urbaines, centres historiques et patrimoniaux…

Enfin, il importe que les enjeux de biodiversité de l’ensauvagement n’aillent pas à l’encontre, mais s’allient aux enjeux sociaux. La mise en œuvre de cette approche requiert une gouvernance juste et inclusive pour favoriser les discussions entre citoyens, élus, services municipaux et scientifiques.

Sébastien Bonthoux, Maître de conférences, ENP INSA CVL, UMR CNRS CITERES, INSA Centre Val de Loire et Simon Chollet, Maître de conférences en sciences du vivant

Audrey Muratet, écologue et botaniste, étudiait, ici en 2017, une friche à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Certains végétaux qui y poussent ont développé d’étonnantes stratégies de survie en milieu hostile. © Émilie Massemin / Reporterre

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

Les Solutions fondées sur la Nature (SfN) offrent la possibilité de recréer un littoral désirable demain et pour tous 

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Réputées peu coûteuses et faciles à mettre en œuvre, les solutions fondées sur la nature (SfN)1sont mises en avant pour lutter contre les effets du changement climatique, dont l’érosion côtière. Mais rares sont les travaux qui font la démonstration de leur pertinence globale, écologique, technique, financière… . L’enseignante-chercheuse Virginie Duvat livre pour Diagonal les principaux enseignements du projet de recherche ADAPTOM qui évalue la mise en œuvre de SfN en Outre-mer. 

  • Mise à jour 2026 : Vidéo « Plage sauvage » de France Nature Environnement Occitanie-Méditerranée
Appel à projets « Des solutions fondées sur la nature pour adapter les territoires côtiers à l’érosion » – MTECT/DGALN

Enseignements du projet de recherche ADAPTOM
qui évalue la mise en œuvre de SfN en Outre-mer

Pour la seconde fois, les Solutions fondées sur la Nature font l’objet d’un appel à projets porté par le ministère de la Transition écologique et de la cohésion des territoires (MTECT), pour la gestion des risques littoraux. Avec cette nouvelle édition, le ministère veut s’attaquer aux incertitudes qui pèsent encore sur l’efficacité de telles solutions, ici pour lutter contre l’érosion côtière. Et il souhaite s’inspirer du projet de recherche ADAPTOM – qui évalue la mise en œuvre de SfN dans les territoires insulaires tropicaux habités d’outre-mer – pour élaborer une méthodologie d’évaluation des SfN sur le littoral métropolitain. Virginie Duvat, professeure de géographie à La Rochelle Université, chercheuse au laboratoire LIENSs et coordinatrice du projet ADAPTOM, en livre pour Diagonal les principaux enseignements.   

Du 30 avril au 30 septembre 2024 : Un appel à projets pour une meilleure évaluation des SfN
Avec l’appel à projets “Des solutions fondées sur la nature pour adapter les territoires côtiers à l’érosion, le ministère en charge de la transition écologique prévoit l’élaboration d’une méthode pour évaluer les projets de SfN. Il s’agit de dépasser le simple suivi technique et scientifique des projets, comme ce fut le cas pour la précédente édition (2019-2023) intitulée Des solutions fondées sur la nature pour des territoires littoraux résilients”. Prévue pour être construite avec l’ensemble des porteurs de projets et l’appui d’une autorité scientifique, cette démarche s’apparente à celle menée par Virginie Duvat dans le cadre du projet ADAPTOM.
Pour en savoir plus sur l’appel à projets “Des solutions fondées sur la nature pour adapter les territoires côtiers à l’érosion” : Lire 3 questions à Simon Vidal, responsable du bureau de la gestion des espaces maritimes et littoraux au MTECT
Restaurer les formations végétales indigènes du littoral dans les zones aménagées, Club Med des Boucaniers, Martinique © Julien Masinsky


Quels types de SfN avez-vous étudiés dans le cadre d’ADAPTOM ? 

Les projets que j’ai étudiés dans les territoires d’outre-mer tropicaux insulaires concernent surtout la restauration d’écosystèmes, principalement de mangroves et de végétation indigène du littoral. Il s’agit donc de SfN “classiques”.

Nous avons aussi pu identifier des opérations hybrides, qui impliquent notamment du rechargement sédimentaire de plage, associé à du dragage de port (Saint-Gilles, La Réunion), ou à l’implantation d’un brise-lame sous-marin pour éviter les fuites sédimentaires responsables de l’érosion d’une plage (Ile de Moorea, Polynésie Française).  

Élevage de coraux et de micro-fragments de corail à Moorea pour restaurer des récifs dégradés
© Virginie Duvat

Pour en savoir plus :  

Capsule vidéo du projet Réciprocité de restauration de la mangrove en Martinique 

Capsule vidéo du projet CARIB-COAST de revégétalisation des plages en Guadeloupe 

Il existe donc des SfN “pures” et des SfN “hybrides” ? 

Je ne pense pas qu’il faille ainsi catégoriser les SfN. Il me semble plus intéressant de les penser sous forme de gradient. Au sein même des SfN, il y a toute une gamme d’actions allant de la protection des écosystèmes existants à la création de toute pièce d’un nouvel écosystème. Plus on accroît le degré d’intervention anthropique, plus les solutions sont hybrides. Et l’hybridation se développe pour optimiser l’efficacité des actions. 

Avez-vous réussi à mesurer l’efficacité des SfN en outre-mer ? 

Souvent, lorsqu’on cherche à déterminer l’efficacité d’une SfN, par exemple dans le cas de la restauration d’une mangrove, on évalue le taux de survie et le taux de croissance des plants… C’est un premier pas, mais ces éléments ne nous disent pas si la SfN est efficace pour réduire l’érosion côtière.  

Restauration de mangrove, Estuaire de La Coulée, Nouvelle-Calédonie
© Virginie Duvat

Aujourd’hui, et y compris sur les projets de SfN ayant le plus fort potentiel de réduction du risque d’érosion côtière, cette capacité de réduction du risque n’est justement pas ou pas bien évaluée. Cela s’explique peut-être par la prédominance des acteurs provenant du champ de l’écologie dans le portage des SfN, et par le manque d’implication de géomorphologues pouvant apporter un appui sur la détermination des indicateurs d’efficacité technique. Des progrès qui vont dans ce sens s’observent aux Antilles, où le BRGM apporte son appui à l’Office national des forêts pour mesurer la captation de sédiments sur des sites ayant fait l’objet de restauration végétale.  

Quels éléments avez-vous pu évaluer ? 

Lorsqu’on cherche des solutions à l’érosion côtière, le réflexe est trop souvent de se concentrer sur l’efficacité technique à réduire le risque. Mais aujourd’hui, la bonne conception technique ne suffit pas à garantir la réussite d’un projet de SfN.

Pour qu’une solution puisse être mise en œuvre avec succès et donner des résultats probants, il est important d’intégrer d’autres aspects, comme les conditions favorisant son déploiement et son succès, qui dépendent de divers paramètres. L’un d’eux est le contexte territorial.  

La gouvernance est aussi très importante. Elle peut être source d’échec lorsque les porteurs de projets de SfN, faute de légitimité, ne parviennent pas à embarquer avec eux l’ensemble des parties prenantes concernées.

L’acceptabilité sociale compte aussi, et j’ai pu constater des cas de vandalisme ou de vol de matériaux nuisant à la mise en œuvre de SfN. 

C’est avec une grille d’analyse aussi large que celle-là qu’on peut mesurer le potentiel adaptatif d’un projet de SfN, ce qui suppose une approche interdisciplinaire multicritères. Il est important de s’interroger sur ce qui va permettre de soutenir la mise en œuvre et le succès de la SfN, sans se cantonner à son efficacité technique. 

Indicateurs d’évaluation des SfN dans le projet ADAPTOM 

Cette évaluation vous a-t-elle permis de confirmer ou d’infirmer certaines idées reçues sur les SfN ? 

On dit souvent que les SfN sont peu coûteuses. Dans les îles tropicales, on estime qu’elles sont 2 à 5 fois moins chères que l’ingénierie côtière. Mais ce calcul concerne uniquement la phase de mise en œuvre ! Les SfN requièrent, en amont, des études qui ne sont en général pas prises en compte dans les calculs de coût.

Revégétalisation littorale par l’association Bwara, Poé, Nouvelle-Calédonie © Virginie Duvat

En aval, elles demandent de mobiliser du personnel pour la maintenance. Quand elles impliquent une opération technique (comme du rechargement en sable), il faut en général la réitérer tous les 3 à 5 ans. Ces différents coûts sont le plus souvent oubliés ou sous-estimés, ce qui nuit à l’opérationnalisation financière de certains projets de SfN.

Enfin, on considère que les SfN sont nécessairement des “solutions sans regrets” car à bénéfices multiples : elles permettent d’accroître les ressources (notamment pour la pêche lorsqu’on restaure la mangrove), elles peuvent servir les intérêts de l’industrie touristique et le bien-être des habitants (par exemple, en cas de rechargement sédimentaire d’une plage).

La plage rechargée en sable de Tahiamanu, sur l’île de Moorea, en Polynésie française, dans le cadre du projet RESCCUE ©Virginie Duvat

Mais dans les cas d’échec, les SfN sont justement “à regrets”. À Mayotte comme à Wallis et Futuna, il existe des exemples malheureux. Le manque de connaissances, le défaut de légitimité ou de capacité du porteur de projet, ou le refus de la SfN par la population, ont condamné la mise en œuvre de la SfN ou ses résultats. Dans de tels cas, il existe un risque de démotivation de la population et une perte de crédibilité du porteur.

Tous les acteurs ne peuvent pas se lancer sans l’accompagnement nécessaire dans la mise en œuvre de SfN. 

Face à ces incertitudes persistantes, comment favoriser le passage aux SfN ? 

Il est toujours difficile de changer les pratiques. Tous les acteurs sont impliqués dans des dépendances au sentier2. Par exemple, parce que l’on sait faire de l’ingénierie technique, on se tourne naturellement vers elle. Or, on sait aujourd’hui que cette manière de procéder est maladaptative : elle génère une augmentation du risque sur le long terme. 

S’adapter aux pressions climatiques, ce n’est pas résister, c’est prendre acte de ces pressions et repenser la manière dont on aménage et dont on vit nos territoires. Il faut voir cette bifurcation comme un défi à relever dès maintenant ! 

Si on se demande quel est le littoral que l’on désire pour demain, la réponse ne sera pas celle d’un littoral fixé par des digues et ainsi rendu inaccessible. Il s’agira d’un littoral à forte valeur paysagère, où l’on peut se rendre librement pour pratiquer différentes activités…

Les SfN offrent cette opportunité de recréer un littoral désirable demain et pour tous.

En revanche, les SfN ne sont pas possibles partout. Pour prendre un exemple, j’habite à la Rochelle. Sur une partie du linéaire côtier, le bâti est dense et il a quasiment les pieds dans l’eau. Déployer une SfN demande de la place, de reconstituer une zone tampon en avant du bâti. Dans certains cas, la configuration des sites ne le permet pas. 

La méthode d’évaluation ADAPTOM 
Le projet ADAPTOM, co-financé par la Fondation de France, répond à l’appel à projet 2022-2024 sur “les futurs du monde littoral et de la mer”. Il vise à évaluer le potentiel des SfN pour réduire les risques côtiers et favoriser l’adaptation au changement climatique dans les territoires d’outre-mer insulaires français. Une grande partie du projet a consisté en la construction d’une grille d’évaluation des SfN à partir de deux démarches complémentaires : l’analyse de l’existant dont le standard mondial de l’UICN et l’analyse des besoins des acteurs des Outre-mer. La méthode d’évaluation ADAPTOM comporte 8 grands critères (contexte, gouvernance, financement, acceptabilité sociale, efficacité, suivi, externalités, contribution plus large à l’adaptation du territoire) recouvrant 30 indicateurs. 
À ce jour, elle a été appliquée à 26 projets de SfN côtières, dont 10 dans la Caraïbe (7 en Guadeloupe et 3 en Martinique), 11 dans le Pacifique (6 en Polynésie française et 5 en Nouvelle-Calédonie) et 5 à La Réunion.  Aujourd’hui, cette méthode, dont la pertinence a été éprouvée face à la rugosité du terrain, va être appliquée aux îles du sud-ouest de l’océan Indien dans le cadre du projet ADAPTNAT soutenu par l’Agence française de développement. Parce que cette méthode est générique, elle pourrait tout à fait être appliquée aux littoraux de la France hexagonale. 

Comment déterminer le bon équilibre entre SfN et solutions techniques lourdes ?  

L’articulation entre SfN et ingénierie côtière est d’abord à penser dans l’espace. On peut recréer des espaces naturels autour des digues par exemple. C’est le cas à Fidji dans le Pacifique, où le gouvernement privilégie aujourd’hui une nouvelle mesure, le nature based seawall  – une solution hybride entre ingénierie et SfN. Ce type d’initiative permet de mieux intégrer les ouvrages au paysage, et d’éviter de trop artificialiser le tout en assurant une protection efficace dans des secteurs les plus exposés au risque.

Gestion souple du trait de côte, Plage des Salines, le Gosier en Guadeloupe par maintien des feuilles de sargasses pour contenir l’érosion© Virginie Duvat

Cette articulation est ensuite à penser dans le temps. À partir de 2040-2050, il va falloir reculer sur un certain nombre de côtes. Ce recul offrira une seconde chance aux SfN, à travers la possibilité de mettre en place des SfN “de deuxième génération”. Il faudra démolir et requalifier les espaces libérés des constructions. Cela va permettre de conduire des SfN ambitieuses y compris dans des zones actuellement urbanisées dans lesquelles elles sont inenvisageables aujourd’hui.  

Construire des trajectoires d’adaptation du littoral au changement climatique nécessite donc de penser en termes de combinaisons de solutions, en intégrant l’espace et le temps. En gardant à l’esprit qu’il faudra faire évoluer les solutions au gré de l’augmentation des pressions climatiques.■  

Propos recueillis par Naïla Tensi (5 juillet 2024). “Les SfN offrent la possibilité de recréer un littoral désirable demain et pour tous”. Revue Diagonal à l’adresse https://doi.org/10.58079/11y65


  1. L’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) définit les SfN comme l’ensemble des actions qui visent à protéger, gérer plus durablement, restaurer, ou recréer des écosystèmes pour adresser un défi sociétal, tout en apportant des bénéfices à la biodiversité et au bien être humain. ↩︎
  2. La dépendance au sentier est un concept d’économie et de sciences politiques selon lequel une fois un “sentier” d’action emprunté (ici le recours à l’ingénierie technique), il génère des dynamiques auto-renforçantes desquelles il est difficile de s’extraire. ↩︎

Plage Sauvage : Court métrage de France Nature Environnement

« Plage Sauvage« , le court métrage de France Nature Environnement Occitanie – Méditerranée a été diffusé en avant-première le 21 janvier dernier à Villeneuve-lès-Maguelone (34), voir l’article du Midi Libre.

La plage de Villeneuve-lès-Maguelone est une des rares plages naturelles dans les alentours de la métropole de Montpellier. Situé entre les étangs d’un côté et la mer de l’autre, cet espace littoral unique abrite un écosystème remarquable et occupe une place particulière dans le cœur de celles et ceux qui sont habitué.e.s à le fréquenter.

Néanmoins, avec l’évolution des usages (bateaux à moteur, vélos électriques, etc.), le développement démographique de la métropole et l’évolution des aspirations de la société, la fréquentation de cette plage évolue depuis quelques années. A titre d’exemple, certains jours d’été, plus de 200 bateaux ont pu être observés en train de jeter l’ancre sur la partie qui était jusque-là la moins fréquentée, car peu accessible à pied.

« Plage Sauvage » tente de montrer comment l’évolution des usages de la nature peut impacter l’expérience des espaces naturels ainsi que la biodiversité qu’ils abritent, des petits fonds côtiers aux milieux dunaires. L’objectif est également de donner à voir comment les acteurs locaux s’approprient ces enjeux pour chercher à mieux partager et protéger ce bien commun.


Panorama de l’organisation et la performance des services publics de l’eau et d’assainissement

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L’Observatoire des services publics d’eau et d’assainissement, piloté par l’Office français de la biodiversité avec l’appui des services de l’État, vient de publier son quatorzième rapport, à partir des données publiées par les collectivités sur l’exercice 2022. Ce rapport a vocation à présenter un panorama de l’organisation et de la performance des services publics de l’eau, d’assainissement collectif et non collectif. Il est accessible sur le site services.eaufrance.fr.

Un prix total de l’eau en forte augmentation, suivant l’évolution de l’inflation

Le prix de l’eau potable et de l’assainissement collectif est en forte augmentation par rapport à l’année 2021 : prix global moyen de l’eau TTC au 1er janvier 2023 (pour une consommation annuelle moyenne par foyer de 120 m³ sur la base de la consommation d’eau de référence INSEE) de 4,52 €/m3 (contre 4,34 €/m3 au 1er janvier 2022), dont 2,21 €/m3 pour l’eau potable et 2,31 €/m3 pour l’assainissement collectif. Cela représente une facture 542,40€/an, soit 45,20€/mois pour l’abonné.

Sur la période 2012-2022, la hausse du prix de total de l’eau est de 1,6% (en moyenne annuelle), assez proche de l’inflation (1,3 %).

Cette hausse est tirée par l’augmentation du prix de l’assainissement collectif (2,2% par an en moyenne sur la même période), contre 1% par an pour le prix de l’eau potable. La forte augmentation constatée entre 2021 et 2022 peut être rapprochée de la hausse importante des prix de l’énergie.

Un rendement du réseau de distribution d’eau potable en légère amélioration

A l’échelle nationale, le rendement moyen du réseau de distribution d’eau potable est de 81,3% en 2022. Il reste assez stable sur les dernières années.  

La proportion de services non conformes au regard du respect des dispositions du décret « fuites » pour le rendement du réseau de distribution d’eau potable est également stable, évaluée à 18% en 20221.

Le taux de conformité des dispositifs d’assainissement non collectif continue sa progression avec 67% en 2022, contre 63,4% en 2021, 61,5% en 2020 et 58,8% en 2019.

La consommation d’eau reste stable, avec des disparités géographiques fortes

La consommation domestique moyenne par habitant est évaluée à hauteur de 54,6m³ par an, cette valeur est relativement stable sur les 13 dernières années (54m³ par exemple en 2010).

Cette moyenne cache par ailleurs des disparités géographiques importantes. Le climat, l’impact potentiel des piscines privées peuvent expliquer pour partie les plus fortes consommations constatées dans le sud, comme le département des Alpes-Maritimes (moyenne départementale la plus élevée avec 89,4m³ par habitant) ou des Landes (73,3m³).

La Martinique (68,1m³) et la Réunion (85,5m³) sont caractérisées par des niveaux de consommation supérieurs à la moyenne nationale. Cela peut s’expliquer en partie par le développement résidentiel, la pression démographique et l’arrosage extérieur (qui est une pratique répandue), et uniquement pour la Réunion, par un prix assez faible.

Dans l’Hexagone, la dispersion est plus importante, avec une tendance de consommation domestique supérieure à la moyenne pour les départements les plus au sud, et les départements littoraux du sud-ouest et du sud-est.

Si on met en regard cette carte avec celle des prix, on constate que les niveaux de consommation plus élevés se situent, souvent, dans les zones où les prix sont plus bas que la moyenne.

Une disparité de connaissance technique du patrimoine

La connaissance et la gestion patrimoniale des réseaux d’eau potable sont plus approfondies que celle des réseaux d’assainissement. En 2022, l’indicateur est évalué respectivement à 103 et 67 points (sur un total de 120 points). En assainissement collectif, des efforts sont à réaliser en Guadeloupe, dans les Hauts-de-France et en Île-de-France (valeurs inférieures à 50 points en 2022).

Les effets de la loi NOTRe

Conséquence de la loi NOTRe, le regroupement des communes en intercommunalité continue.  Après une forte croissance entre 2019 et 2020, le regroupement continue plus lentement depuis deux ans : on dénombre 13 061 collectivités en 2022 (soit 6% de moins qu’en 2021, mais 45% de moins qu’en 2010). Pour rappel, on dénombrait 24 033 collectivités pour 37 846 services en 2010.

En termes de nombres de services, cela se traduit en 2022 par un total 24 975 services comprenant 10 518 services d’eau potable, 12 043 services d’assainissement collectif et 2 409 services d’assainissement non collectif.

Une progression ralentie de l’intercommunalité en 2022

Le taux de gestion intercommunale traduit la proportion de communes ayant transféré toutes leurs compétences eau et assainissement au niveau intercommunal. Ce taux de gestion intercommunale continue de progresser en 2022 (mais de manière plus lente), il est évalué à hauteur de 70,2% en 2022, contre 69,6% en 2021, et 68,7% en 2020.

Campagne de saisie des indicateurs 2023 : de nouvelles obligations

La saisie sous Sispea des indicateurs 2023 des services publics d’eau potable et d’assainissement est ouverte, et devra être réalisée au plus tard le 15 octobre 2024.A compter de l’exercice 2023, l’obligation réglementaire de saisie des indicateurs est étendue à tous les services publics d’eau et d’assainissement, quelle que soit leur taille (ordonnance du 22 décembre 2022).
A noter : la vérification du référentiel descriptif des collectivités, des services et des ouvrages 2023 et 2024 est un préalable avant de débuter la saisie des données. 
Schéma du petit cycle de l’eau avec la description des missions pour les compétences eau potable et
assainissement collectif
  1. Rendement seuil exigé par le Décret n°2012-97 du 29 janvier 2012 relatif à la définition d’un descriptif détaillé des réseaux des services publics de l’eau et de l’assainissement et d’un plan d’actions pour la réduction des pertes d’eau du réseau de distribution d’eau potable. ↩︎