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Le dividende territorial : un outil de la responsabilité territoriale des entreprises

Et si les entreprises redistribuaient une partie de leurs bénéfices pour le bien commun de leur territoire d’ancrage ? C’est ce que propose Eric Delannoy1 dans cette note de la Fondation Jean-Jaurès2, où il démontre que le dividende territorial peut être un outil privilégié de responsabilité territoriale des entreprises.

Agir au niveau local permet non seulement de maximiser son impact, mais aussi de renforcer les coopérations avec les écosystèmes locaux, notamment avec l’économie sociale et solidaire et les collectivités.

Timothée Duverger
Responsable de la Chaire TerrESS à Sciences Po Bordeaux et chercheur au Centre Émile Durkheim

  1. Président fondateur de Tenzing Conseil ↩︎
  2. Cette note est publiée dans le cadre des travaux menés au sein de l’observatoire de l’expérimentation et de l’innovation locales de la Fondation Jean Jaurès. ↩︎

Eric Delannoy – Président fondateur chez Tenzing Conseil

À l’heure où les urgences sociales et écologiques exigent des réponses concrètes, le dividende territorial incarne une nouvelle forme d’engagement des entreprises. Dans cette note, Éric Delannoy, économiste et président fondateur de Tenzing Conseil, propose de réinvestir localement une part des bénéfices des entreprises, afin que celles-ci contribuent à la cohésion des territoires et à la préservation du bien commun.

Les adaptations auxquelles nous obligent collectivement le dérèglement climatique et les fractures sociales requièrent une mobilisation de moyens de plus en plus importants que l’État seul, surendetté, ne peut assumer. Alors que les territoires ne sont pas exposés aux mêmes risques et n’ont pas accès aux mêmes opportunités, nous sommes de plus en plus contraints de trouver la meilleure manière de mobiliser la puissance économique des entreprises au plus près des besoins de chaque territoire et de créer des coopérations fécondes avec les écosystèmes locaux. La mise en place par chaque entreprise rentable d’un dividende territorial permettrait de remplir cette ambition.

Pour la deuxième année consécutive, le Crédit mutuel Alliance fédérale et la Maif ont annoncé la mise en place d’un dividende sociétal afin de financer des projets d’intérêt général : 15% des bénéfices pour l’un, 10% des bénéfices pour un dividende écologique pour l’autre. En allouant une part des profits à des initiatives de préservation du bien commun, le dividende sociétal correspond à une démarche stratégique de répartition de la valeur créée par l’entreprise. Il prend acte que les parties prenantes silencieuses (l’environnement physique et climatique ainsi que l’environnement social) non seulement contribuent à la performance économique de l’entreprise au même titre que le travail et le capital, mais sont directement affectées par son activité. L’entreprise se doit d’en prendre soin. 

Issu à la fois d’une longue tradition de responsabilité sociale et environnementale de l’entreprise (RSE), d’une inscription dans la loi française et de la récente prise de conscience par nos concitoyens que les écosystèmes sociaux, économiques et environnementaux sont interdépendants, ce nouvel outil de gestion est de nature à faire évoluer l’imaginaire capitaliste qui assigne l’entreprise à la seule génération de profit, comme fin en soi. Inscrit au niveau des décisions stratégiques de la gouvernance, le dividende sociétal décentre l’entreprise de son intérêt propre immédiat en faisant de la préoccupation de l’intérêt général une composante clé de l’intérêt privé.

L’enjeu pour la société est de taille. Si chacune des entreprises bénéficiaires – celles-ci représentant les trois quarts des entreprises de manière assez constante dans le temps – consacrait 5% de ses profits dans un dividende sociétal, cela permettrait de mobiliser autour de 10 milliards d’euros chaque année pour mettre en œuvre des projets de lutte contre le dérèglement climatique ou contre les fractures sociales. Soit près de deux fois le budget annuel de France 2030, sans augmentation des impôts.

Comment réussir à le généraliser sans que cela passe par la contrainte ? Trouver les bons leviers de motivation revient à rendre le partage de la valeur désirable, ce qu’il est possible de réaliser par deux voies complémentaires. La première consiste à convaincre les actionnaires qui devront mettre la main à la poche que les bénéfices secondaires demeurent bien supérieurs à ce à quoi ils renoncent, mais sur des temporalités différentes : un renoncement immédiat pour des bénéfices futurs. L’extension de l’incitation fiscale qui existe déjà pour le mécénat dans le cadre de la loi Aillagon de 2003 serait de nature à résoudre cette difficulté. Elle trouve d’ailleurs sa justification économique par les coûts évités pour l’État et par le soutien que le dividende sociétal apporterait au tissu associatif. 

La deuxième voie se fonde sur la capacité à faire prendre aux actionnaires la « bonne » décision parce qu’ils se sentent concernés. Herbert Simon, prix Nobel d’économie et précurseur de la science comportementale, a montré que la prise de décision d’un agent économique s’appuie non pas sur une rationalité pure et parfaite mais sur la prise en compte d’éléments de contexte multifactoriels dont les émotions, les biais cognitifs, l’expérience propre et les valeurs de vie. Appliqué aux décisions de gestion, ce théorème implique que le dividende sociétal est d’autant plus facile à décider que le dirigeant et l’actionnaire sont directement confrontés à la fois aux conséquences des différents dysfonctionnements de leur environnement immédiat et aux possibles effets préventifs ou curatifs de leur contribution destinée à les réduire, c’est-à-dire par leur propre confrontation au réel. La notion de proximité, centrale dans la définition même d’un territoire, nous semble donc jouer ici un rôle clé.

Dans cette perspective, le dividende sociétal enclenché dans une perspective territoriale sera qualifié de dividende territorial du fait que sa dimension d’implémentation géographique lui confère une promesse d’efficacité spécifique dans le champs sociétal ou environnemental. En plus de la proximité physique, la notion de territoire porte en soi une proximité humaine d’action et d’intérêts croisés. Un territoire n’existe qu’au travers de ses écosystèmes locaux identifiables par les interactions qui les régissent et les communautés d’intérêts qui lui donnent ses contours et son sens. Ceux qui prennent des décisions sont les mêmes que ceux qui en subissent les conséquences : la proximité est responsabilisante.

Le dividende territorial : outil privilégié de la responsabilité territoriale des entreprises

Le dividende territorial – forme territorialisée du dividende sociétal – répond ainsi à la critique qui lui est faite de ne pas pouvoir produire ses effets au niveau macro-économique du fait de l’émiettement des initiatives micro-économiques : la somme des initiatives totalisant plusieurs milliards de financements n’équivaudrait pas à l’effet systémique d’une politique publique d’un montant du même ordre de grandeur. Nous faisons le pari (qui mériterait d’être mesuré plus précisément) que cet émiettement sur des milliers d’entreprises réparties dans les territoires est compensé par une meilleure pertinence des actions locales et une meilleure efficacité de leur mise en œuvre. Car c’est d’abord à cette échelle que se vivent les effets du dérèglement climatique et les fractures sociales qui y prennent des formes spécifiques, beaucoup plus que dans les grandes métropoles et les lieux de pouvoir où se décident les politiques publiques.

« Les formes de précarité diffèrent selon les régions, la solidarité et l’entraide s’exercent par essence localement, la disparition des espèces se joue différemment selon la géographie, et les instruments de lutte contre le changement climatique varient selon que l’on se trouve à la montagne, en bord de mer, en ville ou à la campagne. L’ancrage territorial et la proximité avec les caractéristiques socioculturelles locales constituent en soi des gages d’efficacité de l’action plus encore que le niveau des montants alloués parce qu’ils permettent un meilleur ciblage des bénéficiaires et une mobilisation des leviers au plus proche de leurs besoins ».

Sans remettre en cause l’utilité des politiques publiques nationales qui seules ont un pouvoir de changement systémique lorsqu’elles sont bien implémentées, l’action à l’échelle nationale doit néanmoins être complétée par des politiques territorialisées, à même de dépasser les intérêts contradictoires des différents lobbies, l’incompatibilité du nécessaire jeu démocratique de la représentation nationale avec l’urgence à agir et le poids du jacobinisme centralisateur éloigné des problématiques de terrain. Quant aux acteurs économiques locaux, ils ne peuvent rester indifférents aux problématiques de leur territoire qui les concernent au premier chef. Dans cette perspective, la responsabilité territoriale des entreprises (RTE) vise à « engager des dynamiques de coopérations ancrées dans des solutions concrètes coconstruites pour le bien commun » pour tenter de pallier l’inertie d’un État surendetté et endogame.

Agir au niveau local : maximiser l’impact macro-économique du dividende sociétal

La RTE mise sur l’action collective de l’ensemble des acteurs du territoire. En intégrant le développement local dans leurs activités, les entreprises cherchent à avoir un impact positif sur la société, à contribuer au bien-être des communautés locales et à promouvoir une croissance économique durable. L’objectif est de contribuer positivement au développement durable des régions dans lesquelles les entreprises opèrent, tout en renforçant leur propre réputation et leur légitimité. Si le bien-fondé de la RTE ne fait plus débat, les questions de ses modalités et de son financement restent entières. Quels moyens les entreprises doivent-elles y consacrer ? À quelle hauteur, selon quel rythme et avec quelles modalités de pilotage ? Le dividende territorial correspond à la modalité de gestion qui répond efficacement à l’ensemble de ces questions.

Alors que le dividende sociétal vise à intégrer la responsabilité vis-à-vis des « parties prenantes silencieuses » au niveau des décisions stratégiques de l’entreprise pour accroître sa résilience à long terme, sa déclinaison territoriale met la RTE au bon niveau décisionnel. Ainsi, le dividende territorial, parce qu’il est élevé au rang de stratégie de répartition de la valeur, échappe en grande partie aux logiques d’actions opportunistes (motivation fréquente du mécénat local) souvent liées aux connivences relationnelles que la relation de proximité a permis de construire. Il se présente comme un outil de pérennisation du rôle politique de l’entreprise sur son territoire en alignant le choix des contributions sur les valeurs et engagements spécifiques de l’entreprise.

Au cœur du rôle politique se situe la logique de coopération. Faire en sorte que l’entreprise soit le plus harmonieusement possible intégrée dans l’environnement dans lequel elle opère suppose une imbrication des intérêts réciproques qui sous-tend la logique de coopération : pour que l’entreprise soit prospère, elle a besoin d’opérer dans un territoire dynamique, aux aménagements modernes et avec des bassins d’emploi aux formations adaptées à ses besoins.

Le dividende territorial comme modalité de coopération entre les entreprises et les écosystèmes locaux

Parce que l’entreprise a une histoire avec son territoire d’implantation, parce qu’elle emploie souvent des familles entières sur plusieurs générations, elles-mêmes imprégnées de la culture locale et des réseaux de solidarité, la proximité géographique se transforme en proximité sociale, les intérêts des dirigeants étant plus congruents avec ceux des salariés que dans les grands centres urbains. Toutes les catégories sociales sont concernées par les mêmes problématiques, même si elles n’ont évidemment pas les mêmes leviers pour y faire face : la distance pour envoyer les enfants à l’université reste la même pour tous, mais tous n’auront pas les mêmes moyens pour la parcourir. Cela arrangera pourtant tout le monde de développer les infrastructures de mobilité. Dans le champ environnemental, les animaux et végétaux vivent dans des écosystèmes locaux et la préservation de la biodiversité verra son efficacité d’autant plus décuplée qu’elle sera adaptée aux problématiques, territoire par territoire : un projet de préservation de lieux d’espèces protégées ne s’appuiera ni sur les mêmes associations ni sur les mêmes entreprises en région Nouvelle-Aquitaine ou Auvergne-Rhône-Alpes. En somme, les territoires ne sont pas exposés aux mêmes risques et n’ont pas accès aux mêmes opportunités.

Les chaînes de solidarité et les coopérations avec les collectivités territoriales et les acteurs spécialisés seront d’autant plus facilement activées que ceux-ci sont dans les faits tous concernés par les sujets qu’ils traitent. Ainsi, l’action au niveau local est facilitée à la fois par l’existence d’écosystèmes locaux activables, une convergence des intérêts qui réduit les injonctions contradictoires et permet l’émergence de solutions concrètes partagées. Se sentir concerné, meilleur déclencheur d’un changement de politique de répartition de la valeur, prend ici un sens plus concret que jamais, entre personnes qui se connaissent et se reconnaissent.

En somme, la cohésion sociale résulte d’une vision partagée d’une même réalité vécue et des défis à relever et du sentiment que les efforts sont proportionnés aux capacités de chacun. Le dividende territorial traduit la mise à disposition d’une partie de la puissance économique des entreprises locales pour contribuer à l’effort commun, en cohérence avec la place qu’elle souhaite avoir dans le territoire.

Cette tendance est confirmée par les entreprises elles-mêmes : sachant que le mécénat correspond à la forme la plus basique du dividende sociétal, 88% des mécènes privilégient des actions locales ou territoriales. Elle est également plébiscitée par 42% des Français qui estiment que les petites et moyennes entreprises jouent un rôle indispensable dans le bien commun de leur territoire ou de leur région, loin devant les associations (25%) et juste derrière les collectivités territoriales. Pour autant, les coopérations entre entreprises et collectivités locales sont citées par 43% des Français comme moyen crédible de lutter contre le dérèglement climatique contre 19% pour les entreprises seules. Enfin, 72% des Français se déclarent en faveur du conditionnement des aides à des engagements chiffrés de la part des entreprises. Ce résultat plaiderait en faveur de la mise en place d’incitations fiscales pour celles qui opteront pour un dividende sociétal ou territorial…

Installer des contre-pouvoirs implicites 

Résumons-nous : parce que la proximité territoriale crée des convergences d’intérêt et facilite la communauté de vue sur des défis partagés, les dirigeants et les actionnaires d’entreprises territorialisées seront plus enclins à déclencher les moyens pour les relever par la mobilisation d’un dividende territorial. Et parce qu’il met la préoccupation de l’intérêt général au niveau stratégique de l’entreprise, le dividende territorial favorise les coopérations avec les écosystèmes non marchands locaux. 

Ce faisant, le dividende territorial rend plus difficile le détournement ou l’appropriation de l’intérêt général au profit de l’intérêt privé, critique qui pouvait être faite au dividende sociétal. La systématisation de l’action collective imbriquant acteurs des sphères publiques, privées, marchandes et non marchandes nécessite de faire vivre en permanence un accord entre tous les acteurs sur les finalités et les moyens pour y parvenir. Cela pose par ailleurs la question légitime d’un pilotage collectif de cette manne privée.

Comment faire accepter à des dirigeants que non seulement une partie de leurs profits va être consacrée à des projets d’intérêt général, mais qu’en plus ils ne garderont pas la maîtrise du pilotage des contributions ? Notons que cette question n’est pas nouvelle, puisque même dans le cadre d’un simple mécénat, de nombreuses entreprises donatrices demandent des garanties de la bonne utilisation de leurs dons à la fois par un fléchage et par une demande souvent excessive d’une mesure d’impact à réaliser par le donataire.

À partir du moment où le dividende territorial présente les mêmes caractéristiques territorialisées que le dividende sociétal, à savoir principalement l’absence de financement d’initiatives ayant un impact direct sur la chaîne de valeur de l’entreprise (du ressort de la RSE) et l’absence de recherche de retour sur investissement (ROI) financier visible qui caractérise sa démarche désintéressée, un pilotage commun centré sur la finalité (quelle solution à quel problème ?) peut être envisagé, car l’intérêt propre de l’entreprise n’est pas mis en danger. Une piste consisterait à définir des structures d’économie mixte opérées pour partie en bénévolat pour piloter la collecte et l’allocation des sommes ou des moyens : fonds de dotations thématiques à parité entre collectivités locales, organismes compétents (associations, ONG, entreprises sociales…) et entreprises engagées, sur une problématique donnée et sur un périmètre géographique donné. Ces structures auraient par ailleurs l’objectif d’accroître leurs moyens en captant les fonds européens dédiés au développement des territoires : le fonds européen de développement régional, le fonds pour une transition juste, ou encore le fonds social européen.

Cette logique collective non seulement met des limites à la captation des bénéfices par les seuls acteurs privés, mais, en miroir, permet également de contourner la décision publique de manière bien plus efficace qu’au niveau national lorsqu’elle est plus clientéliste que pertinente. Cela crée donc des contre-pouvoirs implicites internes que la logique d’action devrait permettre de réguler. Ceci suppose donc d’être capable d’en mesurer l’efficacité, le juge de paix de dernier ressort. La finalité et la mise en œuvre concrète guident l’organisation.

Ainsi, en faisant fonctionner les logiques d’intérêt dans chaque territoire, il devrait être plus facile de convaincre la gouvernance de chaque entreprise rentable de dégager un dividende territorial représentant 5% de ses bénéfices annuels pour les consacrer à la construction de sa résilience future. Il deviendrait alors un levier pour réengager les personnes sur les territoires en donnant les moyens pour faire vivre les solidarités et les savoir-faire locaux loin de l’hubris technocratique. Agir vite et mieux, telle est son ambition en profitant de la puissance économique des entreprises concernées par les défis à relever. Comment alors éviter le risque de repli localiste ? Les grandes sociétés coopératives ou mutualistes l’ont compris depuis toujours : conjuguer centralisation des fonctions régaliennes tout en préservant l’ancrage territorial, à l’instar de la Maif dont les projets éligibles au dividende écologique15 décidé et piloté depuis le siège sont choisis par les sociétaires des territoires pour résoudre des enjeux locaux. 

Note au format .pdf

Un Livre Blanc pour accompagner les RH dans le défi des compétences face à la transition écologique

Face à l’accélération des dérèglements climatiques, la question n’est plus de savoir si les entreprises doivent se transformer, mais comment. Au-delà des aspects techniques ou économiques, la transition écologique représente un défi fondamentalement humain. Dans ce contexte, les entreprises sont appelées à repenser les métiers, développer de nouvelles compétences, recruter et fidéliser les talents engagés. Face à ces mutations, les Ressources Humaines prennent une place centrale aux côtés des dirigeants et des équipes RSE pour conduire le changement. AXA Climate et PageGroup publient un Livre Blanc pour accompagner les RH dans le défi des compétences face à la transition écologique

Des enjeux concrets et chiffrés

  • Entre 2023 et 2024, la demande mondiale de talents verts a augmenté deux fois plus vite que l’offre (11,6% versus 5,6%)1
  • D’ici 2050, la France prévoit la création de 1,1 million d’emplois liés à la transition écologique2.
  • Pourtant, 1 emploi vert sur 5 ne sera pas pourvu faute de profils qualifiés d’ici 20303.

AXA Climate, filiale du groupe AXA spécialisée dans l’adaptation au changement climatique, et PageGroup, cabinet de recrutement international, se sont associés pour publier un Guide à destination des directions et responsables RH pour accompagner la transformation des compétences dans un contexte de transition écologique. Il fait suite à deux précédentes publications sorties en 2022 et 2024. Enrichie d’exemples concrets et d’outils opérationnels, cette nouvelle feuille de route propose un cadre clair pour identifier les besoins en compétences, structurer les formations et adapter les recrutements aux nouveaux enjeux environnementaux.

« Le changement climatique transforme en profondeur les attentes des salariés et les compétences recherchées. La fonction RH devient un acteur clé pour piloter cette mutation »

Marion Robert, directrice du programme Green RH chez AXA Climate School

Un contenu structuré pour une mise en action rapide

Cette publication propose une méthode en cinq étapes pour structurer sa stratégie Green RH :

  1. définition d’un cap stratégique,
  2. classification des besoins,
  3. diagnostic des ressources existantes,
  4. construction de trajectoires de développement adaptées,
  5. puis mesure et ajustement de l’action.

Finance, marketing, R&D, supply chain… tous les métiers sont concernés et doivent être passés au crible pour comprendre les compétences, techniques et comportementales, indispensables pour engager et réussir sa transition écologique.

Ce premier diagnostic permet d’établir une cartographie précise de la situation de l’entreprise face aux enjeux environnementaux. Les réponses à
ces questions constituent la base de la future feuille de route de l’organisation. Pour garantir son succès, il est important de partager celle-ci aux collaborateur·trices, en veillant à s’assurer de leur compréhension et de leur engagement dans la démarche.

« 2025 est réellement une année charnière pour la RSE. Alors que de nombreuses organisations naviguent aujourd’hui dans un contexte complexe et connaissent des baisses de budgets, la sensibilisation et la formation des équipes en place sont plus que jamais cruciales pour accompagner la montée en compétences transverses »

Hortense Pelpel, experte Recrutement RSE chez PageGroup.

Le livre blanc explore les modalités de formation à activer : de simples modules de sensibilisation à des programmes de reconversion complets. Il aborde enfin les leviers RH pour recruter autrement, fidéliser des talents engagés et aligner performance et durabilité.

Plusieurs entreprises pionnières telles que Leroy Merlin, Icade, Lagardère, Saint-Gobain…, partagent des approches concrètes pour illustrer comment la transition écologique rebat les cartes des compétences et pousse les RH à repenser les contours des métiers.

  1. Source : LinkedIn Green Skills Report (https://economicgraph.linkedin.com/content/dam/me/economicgraph/en-us/PDF/Global-Green-Skills-Report-2024.pdf) ↩︎
  2. Source : Ademe (https://infos.ademe.fr/magazine-octobre-2021/dossier/transition-ecologique-et-emploi-un-cercle-vertueux/) ↩︎
  3. Source : LinkedIn Green Skills Report ↩︎

Livre Blanc « Transition environnementale : les clés pour répondre au défi des compétences« 

Qui, pour parler au nom de la nature, intervenir dans le débat public et donner des leçons de démocratie ? 

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À l’occasion de l’Assemblée générale 2025 de France Nature Environnement (FNE) à Strasbourg pour un moment fort de démocratie associative et d’échanges, le Président Antoine Gatet a posé comme un défi ces trois questions de légitimité publique : Qui êtes-vous pour parler au nom de la nature ? Qui êtes-vous pour intervenir dans le débat public ? Qui êtes-vous pour donner des leçons de démocratie ? C’est à ces trois questions que le rapport annuel d’activité répond et que l’engagement militant pour la protection de la nature et la construction d’un monde vivable répond par la pratique et l’engagement.

Qui sommes-nous pour parler au nom de la nature ? 

« Nous sommes les associations naturalistes qui construisent la connaissance du vivant et la gestion d’espaces naturels, les pieds dans la nature. Nous sommes les associations citoyennes qui reconnectons les humains au vivant par nos actions de sensibilisation et d’éducation à la nature. Nous sommes les citoyennes et les citoyens sentinelles de la nature. Nous sommes les associations qui défendons devant la justice les rivières, les fleuves, l’Océan, les espèces animales et végétales et leurs habitats naturels, contre les destructions, les pollutions, les activités humaines irresponsables.

L’année du pôle Nature : Préserver et restaurer les écosystèmes et leurs fonctionnalités, gérer de manière soutenable et équitable les ressources naturelles dans une logique de sobriété : tels sont les deux piliers de l’intervention du pôle Nature. Ses quatre réseaux défendent la richesse écologique des territoires terrestres et marins, la multifonctionnalité des forêts et le juste partage d’une eau de qualité.

Parce que nous sommes aussi la nature et le vivant, nous défendons la santé de la planète et donc notre propre santé.« 

Qui sommes-nous pour intervenir dans le débat public ? 

« Nous sommes les associations citoyennes agissantes porteuses d’une expertise territoriale du faire, et non du discours simpliste et populiste.

Zooms sur les projets phares des pôles thématiques de FNE, les actions des services supports et les temps forts de l’année 2024

Dans nos 12 domaines d’expertise, nous sommes la mémoire de 60 ans de construction et d’évaluation des politiques publiques environnementale, quelle que soit la couleur politique des responsables publics. Nous sommes les actrices de la liberté associative, de la liberté d’expression, de la liberté de manifestation, de la démonstration des possibles par le faire ensemble, en alliance avec les organisations syndicales et sociales, sur les territoires« .

Qui sommes-nous pour donner des leçons de démocratie ? 

« Nous sommes des structures humaines et sociales transparentes financièrement, exemplaires dans nos espaces démocratiques internes. Entièrement vouées à la défense de l’intérêt général, de manière désintéressée.

L’année du pôle Transitions : Le pôle Transitions se donne pour objectif d’encourager les nécessaires transitions vers une planète vivable.  Plus précisément, le pôle souhaite encourager :  le passage à un mix énergétique 100 % énergies renouvelables (EnR), la sortie du « tout voiture » vers des mobilités plus sobres, et la généralisation du modèle agricole agroécologique. En lien avec ces différents usages, la transition foncière consiste à considérer le foncier comme une ressource précieuse qui doit être partagée équitablement entre activités humaines et respect de la biodiversité.

Nous sommes les premières contributrices au débat public environnemental dans les instances de dialogue, dans les consultations publiques, à toutes les échelles territoriales. Nous portons la rigueur de la science, la complexité du dialogue social et environnemental respectueux de l’autre, de la diversité d’opinions, des controverses et de l’action non violente. Nous portons devant la justice le respect de l’État de droit par les décideurs publics quels qu’ils soient. Nous sommes tout cela.

Nous revendiquons haut et fort cette identité, nos valeurs humanistes de tolérance, de dialogue, d’indépendance, de protection des libertés, de la démocratie et de l’État de droit.

Nous réaffirmons dans l’action notre objectif statutaire de faire émerger une société soutenable, s’ajustant de manière démocratique, juste et équitable, aux limites de la biosphère. Nous revendiquons la parole dans la gestion de la chose publique, « res publica », politique dans le sens « qui concerne les citoyennes et citoyens d’un État ».

France Nature Environnement est le premier mouvement citoyen de protection de la nature et de l’environnement en France. Depuis plus de 50 ans, nous défendons la nature et promouvons des solutions conciliant qualité de vie et préservation du vivant.

Nous sommes les 50 fédérations territoriales et associations nationales membres directes de FNE et leurs 950 000 adhérentes et adhérents. Nous sommes les 200 femmes et hommes directement engagé·es bénévolement au niveau national et les 50 femmes et hommes salarié·es au niveau national, engagé·es dans nos 12 réseaux thématiques et dans nos services fédéraux. Nous sommes aussi les 350 000 femmes et hommes engagé·es dans les 6 200 associations locales fédérées, partout en France hexagonale et d’outre-mer.

Nous sommes tout cela, et nous portons en nous les solutions au désordre mondial et national, par notre engagement local, par nos actions exemplaires et joyeuses. Voilà notre plus belle légitimité publique. Voilà le sens de notre engagement démocratique au service du vivant et de nos enfants.

Voilà présenté dans ce rapport d’activité le détail d’une année de nos engagements. Engagements qui ne font que se renforcer face à l’immensité des défis démocratiques qui viennent s’ajouter aux défis écologiques que nous relevons depuis bientôt 60 ans. Merci à tous et toutes pour votre engagement et pour votre soutien de quelque nature qu’il soit.

Une instabilité politique qui impacte le plaidoyer

« Suite à la dissolution de l’Assemblée nationale, les idées d’extrême droite étaient annoncées aux portes du pouvoir, et nous avions décidé collectivement de nous mobiliser et de porter une motion forte pour rappeler que « le succès de ces idées lors des prochaines élections serait une grave menace à la fois pour notre planète et notre démocratie ».

Un an plus tard, la crise politique est toujours là, la légitimité des responsables politiques est au plus bas, la progression des idées illibérales au plus haut. Cette crise a produit et continue de produire des politiques publiques régressives en matière de protection de la nature et de construction d’un monde vivable, régressives en matière aussi de démocratie et de libertés associatives.

Le gouvernement « Bayrou » a succédé à un éphémère gouvernement « Barnier », comme un dernier pied de nez à notre héritage écologique. Les régressions environnementales se sont multipliées, tout comme les violences contre nos militantes et militants et nos locaux associatifs, en particulier dans le cadre de ce que l’on a nommé la « crise agricole », de la part, en vérité, d’une partie seulement du monde agricole : celui des syndicats productivistes qui n’ont fait qu’élargir contre nous la violence déjà déployée contre la nature et le vivant par leurs pratiques hors sol

Ces crises démocratiques et agricoles ont cela de commun qu’elles ont révélé leur nature systémique, leurs faiblesses structurelles et leur caractère global. Elles se déploient aujourd’hui aussi au niveau international et européen.

Après 50 ans de construction du droit de la protection de la nature et de la démocratie environnementale, cette dernière année a été marquée par des reculs sans précédents de la place de la démocratie participative, des services publics de l’environnement et des politiques pourtant nécessaires à la construction d’un monde vivable.

Face à un Parlement et un Gouvernement en perte de légitimité élective, la démocratie participative et la voix de la société civile présentaient l’évidence de la solution démocratique. Le personnel politique issu de la démocratie représentative a fait le choix inverse, celui de s’écarter un peu plus de la parole citoyenne, en remettant en cause la légitimité de la démocratie participative, de la parole et de l’expertise de la société civile organisée.

C’est à ces trois questions de légitimité publique (Qui êtes-vous pour parler au nom de la nature ? Qui êtes-vous pour intervenir dans le débat public ? Qui êtes-vous pour donner des leçons de démocratie ?) que l’engagement militant de France Nature Environnement répond par la pratique et l’engagement pour la protection de la nature et la construction d’un monde vivable.

Mobilisé·es plus que jamais pour la nature et l’environnement, pour construire un monde vivable, pour un engagement citoyen joyeux et solidaire.« 

Des supérettes automatisées dans les zones rurales dépourvues de commerces pour revitaliser les campagnes

Api, la jeune entreprise à mission, qui revitalise les campagnes en installant des supérettes automatisées dans les zones rurales dépourvues de commerces, vient d’être certifiées B Corp pour son impact. Lucie Chaplain, responsable impact d’Api qui a piloté la certification BCorp, a accepté de répondre aux questions essentielles pour Cdurable.

Api : une entreprise à mission pour un impact sur le pouvoir d’achat et la vitalité des zones rurales

Après sa sélection en avril au sein de l’indice Impact 40/120 du Mouvement Impact France, qui sélectionne les futurs « champions » de la transition environnementale et sociale, Api vient d’obtenir la certification B Corp, moins de 3 ans après l’ouverture de sa première supérette en Charente en novembre 2022.

Julien Nau – Co-fondateur Api Distribution

Cette certification vient officialiser notre positionnement d’entreprise à impact qui est dans notre ADN depuis l’origine du projet. Nous sommes fiers d’intégrer cette communauté d’entreprises qui agissent pour un futur plus soutenable et plus équitable. Cette certification reconnaît que notre mission de revitaliser les campagnes de manière responsable est nécessaire et utile.

Depuis 2024, Api est entreprise à mission. Elle a défini sa mission en ces termes :

Défenseurs du pouvoir d’achat et de lx, nous implantons des super supérettes au cœur des villages, pour apporter aux habitants des services de proximité, essentiels et innovants.

Avec les équipes d’Api, nous mobilisons les acteurs de nos territoires afin de contribuer avec audace au développement du monde rural.”

Ses engagements reposent sur 3 piliers :  

La supérette
Proposer un modèle de distribution de proximité, qui permet de réduire les inégalités territoriales et les impacts sur l’environnement
Le monde rural
Devenir un partenaire incontournable des habitants du monde rural
Les humains
Valoriser et développer le capital humain au sein de l’entreprise et sur nos territoires

Quelles ambitions pour Api ?

Api ambitionne de devenir l’enseigne préférée des Français du monde rural et continue d’ouvrir de nouvelles supérettes. L’impact de son modèle sera d’autant plus important et démultiplié que le nombre de supérettes grandit.

Nous espérons pouvoir transformer concrètement le modèle de distribution alimentaire en ruralité pour qu’il soit plus sobre, plus économe en kilomètres et en temps pour les ruraux.”

Lucie Chaplain, responsable impact d’Api.

Cette vision, l’équipe de l’enseigne souhaite continuer à la porter auprès des pouvoirs publics et des instances compétentes pour défendre l’équité territoriale et l’accès aux services essentiels en ruralité, y compris aux côtés d’acteurs engagés autour de ces problématiques, ou en travaillant autour de certaines problématiques précises (sourcing producteurs, gestion des déchets alimentaires, etc.) avec d’autres startups à impact.

Rapport Impact d’Api

Questions Cdurable à Lucie Chaplain, responsable impact d’Api

Questions Cdurable !
ou c’est pas durable ?

Au delà des communiqués, qui ne présentent souvent que le « meilleur », et du développement durable, qui ne fait que tenter de réduire les impacts négatifs d‘une croissance volumique, nous nous intéressons aujourd’hui, 20 ans après la création de Cdurable.info, aux questions essentielles. Alors Cdurable ou pas ? 9 questions qui nous invitent à Comprendre pourquoi Agir & Coopérer avec le vivant, Cdurable !

Lucie Chaplain, responsable impact d’Api a accepté de répondre aux 9 questions essentielles Cdurable !?

1 – Quelle est la nature de ma relation avec le vivant ?

J’ai grandi à Paris mais j’ai passé toutes mes vacances dans la maison de mes grands-parents dans l’Allier où nous avions un potager, de la vigne et une cinquantaine d’arbres fruitiers. C’était ma bouffée d’oxygène, les mains et les pieds dans la terre toute la journée, à manger les fruits et légumes à la source. C’est ce qui a fait naître ma vocation et m’a poussé à devenir ingénieur agronome.

J’ai un immense respect pour le monde animal et végétal, sans qui nous ne serions rien.

La nature me fait du bien et je lui dois beaucoup.

2 – Quels sont mes besoins et choix d’alimentation ?

Je suis épicurienne, j’aime vraiment (beaucoup) manger et goûter à tout. Ma faim guide mes humeurs. Dès que j’en ai eu l’âge et les moyens, j’ai fait le choix de « mieux » manger, et pour moi cela passe par 2 principes assez fondamentaux : manger de saison et au plus proche de chez moi. Aucune raison de manger des tomates marocaines en hiver car la nature ne nous en offre pas !

Je me réjouis de ce que je trouve chez mon maraîcher local (oui, je mange beaucoup de choux et de courges l’hiver mais j’ai de très bonnes recettes !). Nous faisons une fois par an le cochon dans les landes entre amis, et j’achète moins de viande : 2 colis par an chez un éleveur bovin près de chez moi. Je ne suis pas pour les pratiques radicales en la matière, juste revenir à des réflexes de bon sens.

3 – Quel est mon type d’habitat actuel et idéal ?

Je dirais que mon habitat actuel correspond à mon idéal et il m’a fallu du temps pour l’obtenir. Nous avons quitté Paris en 2020 pour venir s’installer sur l’île d’Oléron. Nous avons une grande maison avec un jardin et un terrain potager. Nous l’avons meublée avec beaucoup de seconde main. Si les travaux étaient à refaire, nous ferions des choix plus écologiques sur l’isolation et le système de chauffage. Je suis entourée par la mer, la forêt et les marais. Je n’ai pas besoin de plus à l’heure actuelle.

4 – Quelle activité physique favorise mon bien-être et ma santé ?

Je fais de la danse classique depuis toute petite. Il y a une vraie harmonie entre la musique, le mouvement du corps et la rigueur que cette pratique implique. C’est un équilibre pour moi. Je cours, et je fais du yoga chaque semaine également, mais les bienfaits ne sont jamais équivalents au plaisir que me procure la danse.

5 – Quels savoirs m’ont permis de comprendre comment agir ?

Ma formation d’ingénieur agronome a posé les fondations pour comprendre le monde du vivant, sa complexité et la richesse qu’il représente. Tout ce que j’ai appris durant ces années m’a permis de capter que la nature est aussi fragile que précieuse. Cela a fait naître en moi des vraies convictions que j’essaye de défendre aujourd’hui dans ma vie professionnelle et personnelle, et auprès des gens que je rencontre.

6 – Quel est le sens que je donne à mon travail ?

Je travaille pour vivre, et je ne vis pas pour travailler. J’ai trop besoin de mon équilibre pro/perso. Et malgré tout, mon travail tient une place très importante dans ma vie. Ce n’est pas une question de temps passé, mais de niveau d’implication. Il doit être source d’épanouissement et en phase avec mes valeurs, sinon je le quitte.

Api, c’est une équipe de plus de 50 personnes qui travaillent chaque jour avec enthousiasme et détermination au service d’une mission commune : défendre le pouvoir d’achat des habitants du monde rural et participer à la redynamisation des territoires.

Aujourd’hui, j’ai choisi d’œuvrer pour le monde rural, en proposant aux villages ruraux un modèle de distribution alimentaire plus sobre, qui permet de réduire les inégalités territoriales et les impacts négatifs sur l’environnement.

Je crois réellement que notre projet peut contribuer à changer les habitudes et rendre service.

7 – Quelle énergie j’utilise pour mes usages et besoins ?

Chez nous, c’est l’électricité notre première source d’énergie. Mais on la consomme avec parcimonie et nous transmettons aux enfants quelques réflexes pour préserver les ressources comme le compostage, la réutilisation de l’eau, …  Je suis passée à la voiture électrique depuis 3 ans.

Lucie Chaplain, responsable impact d’Api

8 – Quelle est mon implication personnelle pour l’intérêt général ?

Je m’efforce de transmettre ce que je sais, je sensibilise mes proches, mes collègues dès que j’en ai l’occasion. Toujours sans jugement, mais avec encouragement. Mon poste de responsable RSE est fait pour ça ! 

Et en donnant du sens avec des petits exemples du quotidien qui touchent tout le monde, plutôt que des grandes théories. A ma petite échelle je fais ce que je peux dans mes actions du quotidien (réduction de la voiture, de la viande, douche 1 jour sur 2, zéro fruits exotiques, compost, ….) Je suis persuadée que nous y arriverons en incitant plutôt qu’en punissant

9 – Quels sont mes liens de coopération et ma participation au bien commun ?

Au sein des villages où nous installons nos supérettes, nous créons une vraie communauté de gens engagés dans le projet : maires, élus, habitants, producteurs locaux, associations … C’est avec ce collectif que nous agissons en recréant du lien social, en animant des ateliers sur le bien-manger, en livrant des paniers de courses aux personnes isolées

Je suis aussi animatrice pour la fresque du Climat qui est un bon outil accessible au plus grand nombre pour faire prendre conscience de l’urgence climatique et de l’impact de l’Homme sur l’environnement.

10 – Carte blanche : quel est le message essentiel que vous souhaitez faire passer à nos visiteurs ?

Toujours se demander dans ses choix ou ses actions :

est-ce qu’il y a quelque chose que je peux faire mieux ? ou m’abstenir de faire ? Et ne jamais se décourager car chaque petit effort compte, imaginez si 60 000 millions de personnes faisaient ce petit effort ?!

Et c’est ce que nous nous efforçons de faire chez Api au quotidien. 

Défenseur du pouvoir d’achat et de la vitalité des campagnes, Api implante des super-supérettes au cœur des villages, pour apporter aux habitants des services de
proximité, essentiels et innovants. Avec les équipes d’Api, sont mobilisés les acteurs des territoires afin de contribuer avec audace au développement du monde
rural.

La station d’épuration du Pays d’Aix rénove sa Zone de Rejet Végétalisée

Inaugurée en mai 2024 par la Régie des Eaux du Pays d’Aix, la nouvelle Zone de Rejet Végétalisée de la Station d’Épuration a été pensée comme un laboratoire de 15 000 m2 permettant de développer un écosystème et une biodiversité exceptionnels. Créée initialement en 2011, elle joue un rôle d’espace tampon avant le rejet des eaux usées traitées dans la rivière l’Arc. Bilan écologique de ce projet, un an après sa réhabilitation

Parmi les premières Zone de Rejet Végétalisée (ZRV) en région Sud, ce dispositif en complément de la station d’épuration se distingue par l’exemplarité de sa rénovation, réunissant les conditions favorables pour l’implantation et le développement d’une biodiversité végétale et animale riche, aussi bien terrestre qu’aquatique.

Un corridor écologique de 1,5 hectare

Crédits photos : SUEZ / Level 2 / William Daniels

Outre son rôle en faveur de la biodiversité locale, la ZRV a également pour but d’améliorer l’impact du rejet dans la rivière de l’Arc.

Plus d’un mois de travaux et 100 000 € d’investissement porté par la Régie des Eaux du Pays d’Aix ont été nécessaires pour reconfigurer les berges, ré-équilibrer l’écosystème et mettre en place de nouvelles méthodes de gestion.

Les changements structurels qui ont été apportés reposent notamment sur le remodelage et le terrassement des berges en pentes douces.

François Laurent, Directeur Général de la Régie des Eaux du Pays d’Aix

Reprofilage des berges en pentes douces, diminution de l’emprise des zones de passage, création d’ilots et de risbermes, réintroduction d’espèces typiques de zones humides, gestion différenciée du site et réduction du fauchage / faucardage…

deux lignes de bassins communicants, avec des réservoirs tous différents, favorisent la circulation de l’eau et évitent tout problème de stagnation.

Une réimplantation et la réintroduction d’espèces végétales permet de recréer, autour des bassins, un couvert végétal typique des zones humides, reconnu pour sa pertinence écologique.

François Laurent, Directeur Général de la Régie des Eaux du Pays d’Aix

Toutes ces modifications sont le fruit d’une réflexion d’ensemble, incluant un aménagement paysager remarquable grâce à la plantation de plus de 5 200 végétaux parmi lesquels 400 pieds d’arbustes et 4000 hélophytes (plantes de marais).

Véritable vivier pour la biodiversité, la Zone de Rejet Végétalisée de la Station d’Épuration d’Aix-Ouest améliore chaque jour, en moyenne, la qualité de 3 300 m3 d’eaux usées traitées sur les ouvrages d’épuration et avant rejet dans l’Arc.

En 2023, ce sont plus d’un million de m3 d’eaux usées qui ont été traités dans la station avant d’être rejetés de manière diffuse dans l’Arc, via 5 points de rejets.

Cette solution locale, indispensable au soutien du débit du cours d’eau, notamment en été, permet de préserver la qualité du milieu récepteur ainsi que la biodiversité.

Un rôle de sensibilisation à la préservation et à la restauration des milieux naturels

1. des plus jeunes…

Sensibilisés tout au long de l’année sur les thématiques environnementales, des écoliers visiteront la Station d’Épuration. L’objectif : faire comprendre au jeune public le fonctionnement de la station d’épuration, comment l’eau (qui est également l’eau qui alimente leur école !) est traitée et nettoyée, où elle va ensuite… L’occasion de découvrir, grâce à un atelier de plantation, ce qu’est une Zone de Rejet Végétalisée.


Le concept de ZRV relève
de l’arrêté du 21/07/2015. Classées en 4 catégories (prairie, bassin, fossé et autres), elles remplacent les canalisations de rejet des eaux épurées. En 2011, on comptait plus de 560 ZRV en France. (données Etat des lieux national des ZRV – EPNAC, 2012)

Les ZRV offrent plusieurs avantages, de par leurs fonctions hydrauliques, écologiques et paysagères plus intéressantes que les canalisations enterrées : coût moindre, solution durable et résiliente, amélioration de la qualité des rejets … et l’accueil favorable à la biodiversité et la création de nouveaux milieux naturels.


2. … mais aussi des usagers

Distribution de compost réalisé à partir des boues extraites du traitement des eaux usées de la station d’épuration,

C’est la première fois qu’une distribution de compost est organisée par la Régie des Eaux du Pays d’Aix. Réalisé à partir des boues extraites du traitement des eaux usées de la station d’épuration, et transformé ensuite dans un site dédié, le compost est distribué aux usagers. Sa composition répond à la norme française NFU 44-095 et offre une alternative à l’engrais organique ou support de culture. Un guide est remis aux usagers pour les aider à l’utilisation de ce compost.

Bilan écologique du projet un an après

Inauguré le 17 mai 2024, le nouveau projet écologique de la zone de rejet végétalisée (ZRV) de la station d’épuration d’Aix Ouest a fêté ses 1 an en mai 2025. Pensée dès l’origine comme un espace tampon en sortie de station, la ZRV a été repensée pour mieux soutenir la biodiversité locale et renforcer les continuités écologiques. Les premiers résultats confirment une dynamique positive, portée par une gestion différenciée et des aménagements ciblés.

« L’enjeu dépasse les aspects hydraulique et réglementaire en termes de traitements pour inclure des dimensions écologiques majeures. Avec cette ZRV repensée, nous souhaitons contribuer à freiner l’érosion de la biodiversité et la raréfaction des zones humides »

François LAURENT
Directeur Général de la Régie des Eaux du Pays d’Aix

Des indicateurs positifs après un an d’exploitation

Zone de rejet végétalisée de la Station d’épuration Aix Ouest, juillet 2025

Une trajectoire écologique encourageante :

  • 85 % de reprise des arbres plantés en 2024 (saules, peupliers, aulnes…)
  • Développement significatif d’un couvert végétal typique de zones humides (menthe aquatique, cresson, véronique d’eau, massettes, roseaux)
  • Retour des amphibiens dans les bassins
  • Une prairie fleurie s’est installée sur les espaces terrestres, suite à une seule fauche tardive en 2024
  • Des espèces végétales typiques de zones humides et soumises à la pression anthropique ont été observées, comme la renoncule scélérate ou le populage des marais.

Ces résultats confirment que la ZRV suit une trajectoire écologique conforme aux attentes, et qu’elle est désormais en capacité de jouer pleinement son rôle de réservoir de biodiversité.

4 leviers pour redonner une dynamique écologique à la ZRV

Les travaux menés en 2023-2024 ont permis de restructurer en profondeur l’espace :

  • Reprofilage des berges en pentes douces, création d’îlots et d’habitats variés pour diversifier la faune et la flore,
  • Interconnexion des bassins pour favoriser la circulation de l’eau et stabiliser le régime hydraulique,
  • Réintroduction de végétaux adaptés (arbres, hélophytes, espèces herbacées),
  • Mise en place d’une gestion différenciée, limitant les interventions au strict nécessaire et favorisant l’installation spontanée de végétation.

Un suivi écologique a également été mis en place, pour évaluer la trajectoire du site et adapter les interventions au fil des saisons.

Le jeu de la CLE pour comprendre les enjeux de la transition dans la peau des acteurs d’une Commission Locale de l’Eau

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Le jeu de la CLE1 est un nouveau jeu sérieux destiné aux collégiens et lycéens pour mieux comprendre les enjeux de la transition en se glissant dans la peau des acteurs d’une Commission Locale de l’Eau. En incarnant maires, associations, industriels, agriculteurs…, les élèves apprennent à gérer durablement l’eau sur un territoire fictif inspiré du bassin versant de la Seine.

Un jeu de rôles pour comprendre les problématiques locales liées à l’eau

Le jeu de la CLE est un jeu de rôles axé sur les enjeux liés à l’eau à l’échelle d’un territoire. Pensé pour être animé en classe par un enseignant, il est destiné à des élèves de la 4e à la Terminale. Autour d’un scénario réaliste et d’un territoire fictif inspiré du bassin versant de la Seine, 7 personnages aux intérêts divergents (élus, agriculteurs, industriels, associations, services de l’État…) coopèrent, argumentent et négocient pour atteindre un objectif commun : préserver durablement la ressource en eau.

Ils doivent négocier, argumenter et collaborer pour atteindre l’objectif commun de préserver cette ressource vitale dans un contexte de sécheresse.

Pierre-Henry Dodart – Administrateur de l’État engagé pour la transition écologique
45 élèves se sont initiés au jeu de la CLE lors de la journée interacadémique du 13 mai dernier.

Ce jeu immersif, à la fois ludique et formateur, mobilise des compétences transversales – prise de parole, négociation, esprit critique – tout en sensibilisant les jeunes aux enjeux concrets de la gestion de l’eau et du développement durable.

Un excellent outil pédagogique pour comprendre les enjeux politiques et environnementaux tout en développant des compétences transversales telles que l’esprit critique, la prise de parole et la négociation.

Pierre-Henry Dodart – Administrateur de l’État engagé pour la transition écologique

Tous les documents composant le jeu de la CLE

Livret pédagogique

Discours du maire

Fiches des personnages

  1. Co-créé par la DRIEAT, l’ARB, la région Île-de-France et la cellule transfert du PIREN-Seine animée par ARCEAU IdF ↩︎

Pourquoi l’ESG dérange ? Anatomie d’un retournement stratégique

Porté par une vague de scepticisme venue d’outre-Atlantique, l’ESG traverse une crise de confiance qui rebat les cartes de l’investissement durable. Pourquoi l’ESG dérange ? Anatomie d’un retournement stratégique par Candice Boclé, Directrice Investissement Responsable chez Mandarine Gestion. Ce backlash pourrait néanmoins pousser les entreprises à dépasser la logique de conformité pour faire de l’ESG un véritable levier de transformation stratégique.

Gamme des fonds ISR – Mandarine Gestion

Les racines du backlash de l’ESG

Entre « green fatigue » et retour du réel, l’ESG fait face depuis quelques années à son propre paradoxe. Plus il devient incontournable, plus il suscite du scepticisme. Depuis son origine, l’ESG prétend offrir un cadre universel pour évaluer la durabilité. Mais en réalité, les critères varient d’un pays à l’autre, d’un secteur à l’autre et même d’un acteur à l’autre. Résultat : deux entreprises peuvent obtenir des scores ESG élevés tout en ayant des pratiques très différentes, ce qui alimente la confusion et la méfiance. 

De nombreuses entreprises publient des rapports ESG détaillés sans transformation réelle de leur modèle économique. Ce décalage entre la communication et l’action nourrit l’accusation de greenwashing et affaiblit la crédibilité du concept. Des discours simplistes et des preuves insuffisantes ont érodé la confiance dans certaines approches ESG, tandis que la vision manichéenne du Net Zero, de la diversité et de la labellisation des fonds a créé de nouveaux risques réputationnels.

Par ailleurs, face à l’éternel débat de la surperformance ou non des fonds ESG, beaucoup d’investisseurs peinent à mesurer la matérialité des critères utilisés. Il existe des études montrant que certaines questions liées à la durabilité génèrent effectivement des rendements à long terme, mais cela ne signifie pas nécessairement que tout ce qui relève de l’ESG va améliorer les rendements. Si l’ESG est bénéfique sur le long terme, pourquoi son adoption est-elle perçue comme une contrainte réglementaire coûteuse ?


Les notes ESG Mandarine Gestion sont centralisées dans l’outil propriétaire ESG-View ® (base spécifique de données ESG) développé par Mandarine Gestion. Cet outil élaboré en 2014 recense les données ESG quantitatives et qualitatives des fournisseurs de données ESG externes d’une part et des analyses complémentaires de l’équipe ESG d’autre part. Alimenté en temps réel au gré des mises à jour des fournisseurs ESG, il sert également de réceptacle pour le suivi des controverses. Les fournisseurs de données ESG utilisés ont été sélectionnés pour couvrir les univers d’investissement des fonds (Global, Europe, France…) : ISS, Sustainalytics, S&P Trucost, Ethifinance, Bloomberg. La notation ESG propriétaire de Mandarine Gestion s’articule autour de 4 thèmes principaux : Environnement (E), Social (S), Gouvernance (G) et Parties Prenantes (PP). Un système de malus vient impacter la notation ESG des valeurs concernées en fonction de la gravité des controverses.
Pour chacun de ces 4 piliers E, S, G et PP, l’équipe ESG a la possibilité d’ajuster la notation à la hausse ou à la baisse suite à une analyse qualitative approfondie, à une nouvelle controverse ou à un dialogue avec la société, afin de s’affranchir des biais propres aux agences de notations ESG ainsi qu’à la fréquence de leurs mises à jour. ESG-View® sert également à construire des filtres ESG adaptés à chaque process de gestion ESG des portefeuilles, notamment dans le cadre de réduction d’univers pour les fonds labélisés ISR, qui concernent une majorité des encours de la société de gestion. Les notations ESG issues de ESG-View® sont directement accessibles dans les outils de passation d’ordre des gérants, de manière à leur fournir en temps réel les notes ESG des positions en portefeuille. Il est enfin possible d’y calculer des mesures ESG au niveau du fonds et de les comparer à leurs indices de référence. ESG-View® est donc central dans la chaîne de valeur de sélection de titres en portefeuille et est générateur d’échanges ente équipe de gestion et d’analyse ESG.

Quand l’Europe régule : l’ESG piégé par son propre arsenal normatif

Il ne fait guère de doute que l’UE, dont l’économie stagne, doit réduire les formalités administratives. La jungle règlementaire avec ses quelque 14 000 actes juridiques adoptés entre 2019 et 2024 n’a pas aidé. Le coût de la mise en conformité de la directive sur le reporting extra-financier (CSRD) varie entre 150 000 euros pour les entreprises non cotées et 1,5 million d’euros pour les entreprises cotées. La Commission a proposé de reporter les délais et d’exempter environ 90% des entreprises initialement assujetties à la directive CSRD. La confusion règne et porte atteinte au climat des affaires en Europe. En effet, les grandes entreprises soulignent qu’il est difficile de fournir des données ESG de leurs chaînes d’approvisionnement si leurs fournisseurs ne jouent pas le jeu. Les petites entreprises ne savent pas si elles doivent poursuivre leurs efforts en matière de collecte de données ou abandonner. Beaucoup craignent que la Commission se précipite pour apaiser – et imiter – les États-Unis, en plein virage pro-business. 

Mise en perspective nécessaire : impact réel ou relatif sur les flux ?

L’environnement géopolitique tendu, notamment avec le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, a certes affaibli les priorités climatiques et introduit des risques juridiques pour les stratégies ESG. Ces préoccupations ont été plus vives aux États-Unis mais gagnent également du terrain en Europe. En termes de conséquences concrètes sur les flux, il convient de relativiser la décollecte nette enregistrée au premier trimestre 2025 (-8,6 milliards de dollars) pour les fonds ESG (selon les données de Morningstar).

En effet, la nouvelle réglementation européenne sur la dénomination des fonds ESG a clairement joué un rôle. Depuis novembre 2024 pour les nouveaux fonds (et mai 2025 pour les fonds existants), l’ESMA impose des critères stricts pour l’utilisation de termes comme « ESG », « durable » ou « impact » dans les noms de fonds. A titre d’exemple, un fonds ne peut utiliser le mot « durable » que s’il investit au moins 50 % dans des actifs considérés comme durables. Par ailleurs, les fonds doivent exclure certains secteurs controversés (armes, énergies fossiles, etc.) pour pouvoir se revendiquer ESG. Certains investisseurs ont interprété ces ajustements comme un aveu de greenwashing passé. Ce climat de prudence a entraîné une baisse des encours des fonds ESG, devenant moins nombreux sur le marché. Enfin, cette décollecte représente seulement 0,2% des encours totaux de fonds ESG, ce qui incite à relativiser. 


RISQUE PHYSIQUE, RISQUE DE TRANSITION ET STRATÉGIE BIODIVERSITÉ
Risques liés au changement climatique : risques physiques, risques de transition
L’Accord de Paris adopté en 2015 a fait émerger un consensus au niveau international afin de limiter le réchauffement climatique à +1,5°C d’ici 2100 par rapport à l’ère préindustrielle. Pour limiter la hausse des températures à +1,5°C, il est nécessaire de respecter un budget carbone à environ 1 000 Gt à horizon 2050. Selon l’Agence Internationale de l’Energie (AIE), il est nécessaire de s’aligner vers une trajectoire de neutralité carbone en 20500 afin de respecter l’Accord de paris. Cela implique que la demande en hydrocarbures devrait baisser à un rythme tel qu’aucun nouveau champ pétrolier, gazier ou charbon ne serait nécessaire.
Dans ce cadre, la politique Énergies Fossiles de Mandarine Gestion reprend les recommandations de l’AIE. Elle s’applique à tous les OPC ouverts. En parallèle, Mandarine Gestion s’engage à cesser tout investissement ou à détenir des titres d’entreprises exposées au charbon d’ici 2030.
En 2024 Mandarine Gestion a fait évoluer sa politique charbon pour la rendre plus exigeante avec l’intégration de nouveaux critères restrictifs. Le premier critère est l’intégration d’un seuil relatif plafonnant la capacité maximum de génération d’énergie à partir de charbon thermique à 20% du mix de production total. Le second seuil relatif porte sur la part de chiffre d’affaires réalisé dans la production d’énergie à base de charbon thermique, ici encore le plafond est fixé à 20%. Enfin, le dernier critère limitant est un seuil absolu qui porte sur la puissance installée des
centrales à charbon thermique, toute entreprise dépassant le seuil de 5GW est exclue des périmètres. Grâce à l’instauration de ces seuils, Mandarine Gestion parvient à accompagner les acteurs actifs et engagés dans la sortie du charbon.
Afin d’aligner ses investissements avec l’AIE, Mandarine a pris la décision d’exclure tout nouvel investissement, à partir du premier janvier 2026, dans les entreprises du secteur pétro-gazier sauf si elles respectent les trois critères suivants :
> Engagement à ne plus développer de nouveau projet d’expansion upstream et midstream.
> Trajectoire de réduction de la production de pétrole et de gaz suivant les objectifs de l’AIE.
> 50% minimum de CAPEX consacrés au le développement d’ENR pour l’upstream et dans le verdissement de son activité pour le midstream.
Des engagements actionnariaux sont menés avec les sociétés qui sont exposées aux énergies fossiles. Sont principalement posées des questions autour des feuilles de route de sortie des expositions aux énergies fossiles à court et moyen terme. Des décisions de gestion sont ensuite prises pour limiter les risques liés aux énergies fossiles (physique, règlementaire). Les résultats sont disponibles dans le rapport annuel de vote et d’engagement sur le site internet de la société de gestion.
Stratégie Biodiversité
La biodiversité désigne l’ensemble des êtres vivants ainsi que les écosystèmes dans lesquels ils vivent. Ce terme comprend également les interactions des espèces entre elles et avec leurs milieux
L’érosion de la biodiversité et le réchauffement climatique sont aussi importants et prioritaires l’un que l’autre, et sont fondamentalement liés (source OCDE)
Les enjeux :
> 60% des écosystèmes dans le monde sont dégradés
> 50% de notre économie dépend directement de cette biodiversité
En matière de biodiversité, dès 2020, Mandarine Gestion a décidé de rejoindre l’initiative du Finance for Biodiversity Pledge. A travers cette initiative, des banques, gestionnaires d’actifs, assureurs et fonds d’impact, gérant plus de 3 000 milliards d’euros d’actifs, se sont collectivement engagés à collaborer, à s’engager, à évaluer leur propre impact sur la biodiversité, à fixer des objectifs et à établir des rapports sur les questions liées à la biodiversité.
En 2020, l’équipe ESG de Mandarine Gestion a développé un outil propriétaire permettant de mesurer l’exposition des investissements aux risques liés à la biodiversité. Cet outil, appelé le Mandarine Biodiversity Score, s’articule autour de 3 piliers :
> Un pilier « déclaratif » : positionnement public de l’entreprise tel que l’existence de politique sur la biodiversité, politique sur le changement climatique, gestion de la qualité environnementale, politique de la gestion de l’eau, politique de réduction des déchets, engagement auprès du SBTi. Sources : Bloomberg et SBTi.
> Un pilier « données de pression ». Il récence le positionnement statique ainsi que la dynamique (évolution 5 ans) des entreprises par rapport à un univers global sur des indicateurs environnementaux responsables de l’érosion de la biodiversité : les émissions de GES, les déchets, les polluants de l’air et du sol, les polluants de l’eau et l’utilisation des ressources naturelles. Source : Trucost.
> Un pilier « activité ». Les secteurs d’activités sont analysés par rapport à leur dépendance et leur impact vis-à-vis de la biodiversité (selon trois niveaux, low, high et medium). Cette analyse prend en compte les activités directes des entreprises ainsi que leur chaîne de valeur. Une lecture de l’alignement à la Taxonomie Européenne des secteurs est également incluse. Sources : Trucost, Bloomberg, Recherche interne.
Ces 3 piliers : « déclaratif », « données de pressions » et « activité » sont équipondérés pour aboutir à une note finale, exprimée en pourcentage, de 0% à 100%, 100% étant le profil le moins risqué, 0% le profil le plus risqué face à l’érosion de la biodiversité. L’intérêt pour une approche intégrant les aspects climat, biodiversité et ressources naturelle dans cet outil est partagé par un nombre croissant de clients.

L’IA au service de l’ESG : une réponse stratégique au backlash actuel ?

A condition d’être utilisée pour renforcer la rigueur et la traçabilité des engagements des sociétés, l’Intelligence Artificielle peut représenter un levier puissant pour un secteur en pleine mutation. 

L’IA a en effet l’avantage d’accélérer l’analyse de la durabilité en traitant rapidement de grands ensembles de données. Cependant, elle ne peut remplacer le jugement humain, en particulier lorsqu’il s’agit de facteurs qualitatifs tels que la culture d’entreprise, l’intention des dirigeants ou la crédibilité des stratégies de neutralité carbone. Les investisseurs qui réussiront sauront combiner l’IA avec une expertise robuste dans l’intégration de l’ESG : aller au-delà des slogans pour privilégier la nuance, la transparence et des données rigoureuses sur des enjeux matériels. Dans ce contexte, l’IA apparaît comme un outil précieux.

En somme, l’ESG est pris entre son ambition de transformation systémique et les limites de son application concrète. C’est ce tiraillement qui alimente le backlash actuel. Si l’Europe et les gestionnaires de fonds ne renoncent pas à leurs ambitions climatiques, le recul des États-Unis sur l’investissement durable offre une fenêtre d’opportunité aux gestionnaires européens, qui commencent à capter une part croissante des capitaux redéployés.

Candice Boclé, Directrice Investissement Responsable chez Mandarine Gestion

Candice Boclé occupe depuis 2024 le poste de Directrice Investissement Responsable chez Mandarine Gestion. Auparavant, elle a été Responsable des Spécialistes ESG chez Carmignac à Londres (2020-2023), après avoir exercé la fonction de Spécialiste ESG chez Capital Group, également à Londres (2014-2020). Elle a débuté sa carrière chez Generali Investments, où elle a été Responsable de Projets Marketing (2008-2011), puis Analyste ISR (2012-2014).

Candice Boclé est diplômée du Master Économie et Finance de Sciences Po Bordeaux, du Master Marketing de l’IAE Bordeaux (2008) et titulaire d’un MBA de la London Business School (2020).

Mandarine en bref

Une finance utile à l’économie

Mandarine est l’un des principaux gestionnaires d’actifs indépendants français. Sa mission est de proposer à ses clients des solutions d’investissement innovantes qui contribuent au financement durable de l’économie. 

Gérant de conviction, Mandarine offre des fonds d’investissement gérés activement qui se déclinent sur toutes les classes d’actifs cotés – actions, obligations et multi-actifs.

Ces expertises s’inscrivent dans la démarche responsable de la société, historiquement engagée dans l’investissement durable pour allier performance économique et impact sociétal. Cet engagement se concrétise par l’obtention de nombreux labels européens (dont les labels ISR et Greenfin), le financement de l’économie sociale et solidaire (ESS) et des fonds de partage.

Les solutions et les services de Mandarine s’adressent à tous, investisseurs professionnels, particuliers, associations et fondations.      

Née du rapprochement des équipes de Mandarine Gestion et Meeschaert Asset Management, Mandarine est membre du Groupe LFPI, l’un des premiers gestionnaires d’actifs indépendants multi-stratégies en Europe.

« L’action climatique s’affaiblit alors que les impacts du changement climatique s’aggravent »

Le Haut conseil pour le climat publie son 7ème rapport annuel sur l’action climatique de la France, l’efficacité de ses politiques et leur cohérence avec la trajectoire de baisse des émissions de gaz à effet de serre. Alors que le pilotage de l’action climatique s’affaiblit et que les impacts du changement climatique s’aggravent, le Haut conseil pour le climat appelle à relancer l’action climatique en France.

Relancer l’action climatique pour atteindre la neutralité carbone en 2050.

Suivi des émissions de gaz à effet de serre : Analyse des dernières données d’émissions annuelles de GES disponibles

En 2024, les émissions de gaz à effet de serre ont continué de diminuer, mais à un rythme nettement moins important qu’en 2023. Si la France veut atteindre la neutralité carbone en 2050, il faut aller beaucoup plus loin et relancer l’action climatique. Quelles actions prioriser ?

Explications avec deux membres du Haut conseil pour le Climat : Céline Guivarch, directrice de recherche à l’École nationale des ponts et chaussées, et Marion Guillou, Présidente 2024 de l’Académie d’agriculture de France.

Relancer l’action climatique face à l’aggravation des impacts et à l’affaiblissement du pilotage

En 2024, le rythme de décarbonation a beaucoup ralenti en France. Le rythme de réduction des émissions de gaz à effet de serre est incompatible avec l’objectif de neutralité carbone en 2050.

Alors que les deux tiers des émissions de gaz à effet de serre de la France sont liés à l’usage des combustibles fossiles, l’atteinte de nos objectifs dépend en particulier de la sortie des énergies fossiles.

Le Citepa a mis à jour son estimation des émissions de gaz à effet de serre, publiée dans l’édition 2025 du rapport Secten. Ces nouveaux résultats permettent d’éclairer la trajectoire récente de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) en France.
Émissions de GES hors puits de carbone et budget carbone : Les émissions de gaz à effet de serre [GES] en France poursuivent leur trajectoire de réduction. En moyenne entre 2019 et 2023, hors puits de carbone, elles s’élèvent à 406 MtCO2e/an, ce qui est en dessous du 2nd budget carbone ajusté de 425 Mt CO2e /an, budget en vigueur (SNBC-2) pour la période. En prenant en compte l’UTCATF (Utilisation des terres, changement d’affectation des terres et foresterie), les émissions de GES en France s’élèvent en moyenne à 370 Mt CO2e /an, pour un budget ajusté de 380 Mt CO2e /an pour la période 2019-2023. Hors puits de carbone, elles ont diminué entre 2022 et 2023 de 27,4 Mt CO2e, soit de 6,8% et tous les grands secteurs émetteurs participent à cette réduction : -7Mt pour l’industrie de l’énergie, -7,2 Mt pour l’industrie manufacturière, -5,6 Mt pour les transports, -6,9 Mt pour les bâtiments et -0,5 Mt pour l’agriculture.
D’après cette nouvelle estimation,  les émissions de GES diminuent en 2024, mais de façon plus faible qu’entre 2022 et 2023, avec une réduction de 1,8% par rapport à 2023, soit -6,9 Mt CO2e (hors puits de carbone). C’est le secteur de l’industrie de l’énergie qui enregistre la plus forte baisse, de 10,2% par rapport à 2023. En revanche, après une baisse de presque 7 Mt CO2e (-10,7%) entre 2022 et 2023, les émissions de GES associées à l’usage des bâtiments diminuent de seulement 0,4 Mt CO2e (-0,7%) entre 2023 et 2024.

Les conditions de l’action collective pour le climat doivent être retrouvées, dans un contexte de polarisation accrue de la société. Le renforcement de l’accompagnement social est notamment central pour assurer la réussite des politiques climatiques, éviter l’aggravation des inégalités et permettre l’accès à la transition pour tous.

Il est devenu essentiel de consolider rapidement le cadre d’action publique et de renforcer les actions structurelles, avec une gouvernance solide et un cap clair pour 2030 et pour la décennie suivante 2030-2040.


« Ce rapport explique sur 400 pages pourquoi leur politique climatique est insuffisante et dangereuse pour les Français  » pour Thomas WagnerBonPote.com

Le rythme de réduction des émissions de GES a ralenti très fortement

Mis à part la production d’énergie, “principal contributeur à la baisse des émissions en 2024, le rythme de réduction des émissions de GES a ralenti très fortement pour tous les secteurs et nécessite sans délai une relance des politiques de décarbonation

Ce graphique est particulièrement éclairant pour comprendre où nous en sommes par secteur sur le territoire français : nous pouvons clairement voir l’effondrement du rythme de la baisse des émissions dans tous les secteurs, sauf dans le secteur de la production d’énergie :


Résumé

Rapport Complet

Dans ce rapport annuel 2025, le Haut conseil pour le climat formule une série de recommandations


Voir aussi :

Comment ne pas dépasser les limites planétaires ?

Olivia Alvarez-Guilbaud, dirigeante de l’agence Machin Bidule, apporte une réponse à cette question essentielle aux citoyen-ne-s, élu-e-s et entreprises.


Retraite : cette bascule émotionnelle dont personne ne parle (ou si peu)

On la présente comme une délivrance. Un aboutissement mérité après des décennies de labeur. La retraite serait ce moment de liberté tant attendu, cette pause bienveillante au bout de la course. Mais derrière le vernis des discours officiels, que vivent vraiment celles et ceux qui s’apprêtent à quitter la scène professionnelle ? La réponse par Marie Argence, CEO d’Emoticonnect, une technologie novatrice, basée sur l’IA conversationnelle et analytique, visant à mesurer les émotions des consommateurs.

Excitation, anxiété, vertige, vide, euphorie… Les émotions liées à la retraite ne rentrent pas dans les cases des formulaires administratifs. Elles débordent, bousculent, déroutent. Et surtout, elles ne sont que très rarement prises en compte.

Retraite : un passage plus intime que prévu

C’est dans ce cadre que nous avons voulu comprendre ce qui se joue réellement dans cette transition. Grâce à notre technologie d’analyse émotionnelle issue de travaux menés avec le CNRS, nous avons analysé plus de 250 000 interactions numériques sur une période de douze mois : verbatims publics, forums, commentaires, témoignages spontanés.

Notre objectif était simple : dépasser les clichés et explorer, émotion par émotion, ce que signifie vraiment « partir à la retraite » aujourd’hui.

Quelles émotions sommes nous capables de décrypter ?  Nous n’avons pas de limites ! Inspiré des travaux d’un scientifique appelé Robert Plutchik et plus particulièrement sa roue des émotions, ce classement des différentes réactions émotives qui existent en 8 grandes familles et plus encore grâce aux données prédictives et programmes de R&D en santé mentale. 

L’intime révélé par les données

Loin des enquêtes classiques, notre approche permet de détecter les signaux faibles, ces petits riens qui trahissent les grandes secousses intérieures :

  • La peur de perdre un rôle social
  • La sensation d’être mis·e sur la touche
  • La libération sincère après des années de pression
  • Le besoin de reconnaissance au moment de passer le relais
  • Ou encore l’enthousiasme de se réinventer enfin

Résultat : une cartographie émotionnelle inédite.

  • 30 % des verbatims analysés expriment de l’anxiété, révélant un besoin criant de repères, d’écoute et de projection.
  • 25 % évoquent un soulagement, souvent ambivalent : libération après l’usure… ou sortie contrainte ?
  • Viennent ensuite des ressentis plus silencieux : perte d’identité (15 %), solitude (10%), mais aussi projection positive et renouveau (15 %).

La retraite, loin d’être une simple fin de cycle, apparaît comme une métamorphose émotionnelle, souvent invisible mais profondément structurante.

Le soulagement : une émotion en trompe-l’œil ?

« Je suis soulagé de partir. » Cette phrase, souvent entendue, semble dire le confort retrouvé. Mais en creux, elle révèle parfois une autre réalité : « je ne tenais plus », « je n’avais pas le choix », « je ne me sentais plus à ma place ». Le soulagement, isolé, n’est pas toujours une bonne nouvelle.

C’est pourquoi il est essentiel de croiser les émotions : le soulagement associé à la joie ou à un projet personnel devient un levier de renouveau. Mais accompagné de vide ou d’anxiété, il peut signaler une détresse larvée.

Jacqueline, l’IA émotionnelle d’Emoticonnect

Prévoir les émotions pour mieux accompagner

Notre analyse va plus loin : elle permet de prédire des comportements probables en fonction des émotions exprimées.

  • L’anxiété mène souvent à un désengagement progressif, un repli sur soi.
  • La perte d’identité se traduit par une baisse d’estime de soi.
  • À l’inverse, les personnes projetées vers de nouveaux projets montrent une énergie de reconstruction.

Et ce que révèlent certains signaux faibles, c’est encore plus frappant :

« Je verrai bien… »,

« On tourne la page »,

« J’ai plus vraiment d’envie »…

Derrière ces formules discrètes, ce sont souvent des appels à l’aide non formulés.

Repenser la retraite comme une étape de vie à part entière

Alors que faire ? Voici quatre leviers concrets :

  • 1. Agir en amont : préparer la retraite dès les premières interrogations, pas seulement au moment du pot de départ.
  • 2. Individualiser l’accompagnement : tous les départs ne se ressemblent pas. Il faut sortir des solutions standards.
  • 3. Célébrer les parcours : valoriser l’histoire professionnelle, transmettre, ritualiser la sortie.
  • 4. Créer des ponts sociaux : encourager les projets, les engagements, les nouvelles appartenances.

Une voix collective à écouter

Cette étude le montre : la retraite n’est ni un « clap de fin », ni un long repos sans contours. C’est une étape pleine d’ambivalence, d’élans et de ruptures. Il est temps de changer de regard : d’écouter ce que les individus ressentent vraiment, et d’offrir un accompagnement à la hauteur de ce basculement existentiel.

Car au fond, il ne s’agit pas de finir. Il s’agit de continuer autrement


Étude : Partir à la retraite : libération ou panique ?

Jacqueline, l’IA émotionnelle d’Emoticonnect

Jacqueline,
une IA qui vous parle…
avec le cœur

Jacqueline, c’est plus qu’un outil. C’est une présence numérique bienveillante, à la croisée de l’intelligence artificielle et de l’intelligence émotionnelle. Son objectif ? Offrir des retours rapides et sensibles aux utilisateurs sur leurs interactions écrites – qu’il s’agisse de messages internes, de verbatims clients ou de publications sociales.

Son ton est humain, son approche est simple et son moteur est unique : elle détecte, comprend et reformule les émotions, pour que chacun se sente écouté, sans être jugé. Une vraie révolution pour les organisations qui souhaitent replacer l’humain au cœur de leurs décisions.

Les Vieux Schnocks

Les Vieux Schnocks, est une solution inédite dans l’univers de la reconversion professionnelle ! Chaque mois, les bénéficiaires reçoivent une box contenant des ressources pratiques, des exercices ciblés, et des éléments inspirants pour avancer à leur rythme vers leur projet entrepreneurial.

La box Vieux Schnock

Une réponse concrète à un enjeu de société

Avec une population active vieillissante et une espérance de vie de plus en plus longue, les codes
changent. Même si les seniors représentent une force vive pour les entreprises, ces derniers manifestent parfois l’envie d’une nouvelle vie, plus alignée ou simplement l’envie de réaliser un rêve ou un projet.

Un format mensuel, une progression pas à pas

L’approche mensuelle permet une progression structurée, tous les mois, pas à pas. Chaque box est conçue autour d’une thématique clé : identifier ses compétences, définir un projet, comprendre les enjeux administratifs et financiers, ou encore se familiariser avec le marketing digital. Ce format permet aux participants de rester motivés et concentrés sur leurs objectifs tout en se sentant guidés.

La box mensuelle dédiée à la reconversion professionnelle des seniors dans l’entrepreneuriat. Lancement officiel septembre 2025

Marie-Laure Delanef : « Respirer n’est pas seulement un acte vital mais un lien social, environnemental et émotionnel »

Créée en 1989, Holiste produit et commercialise le célèbre Bol d’air Jacquier, une méthode d’oxygénation cellulaire imaginée dès 1947 par René Jacquier. Un « élan collectif au service de la santé intégrative » qui s’attache à conjuguer innovation, savoir-faire et respect du vivant. Son adhésion à la Convention des Entreprises pour le Climat (CEC) relève d’une conception résolument collective du fonctionnement de l’entreprise et d’un engagement historique dans la préservation du vivant. Marie-Laure Delanef, Présidente de Holiste, a accepté de répondre aux 9 questions essentielles Cdurable.

L’oxygénation cellulaire : l’allié pour une bonne santé tout au long de sa vie

Le Bol d’air Jacquier, une innovation en santé régénérative

Le Bol d’air Jacquier est le fruit d’une rencontre entre science, nature et ingénierie. Ce dispositif unique, transforme certaines molécules issues de l’essence de pin maritime en vecteur d’oxygénation cellulaire naturelle. Cette méthode soutient l’organisme sans l’agresser.
Holiste est né en 1989 de la rencontre entre
René Jacquier et de Marie-Laure Delanef, qui a
perçu immédiatement le potentiel santé de cette
invention. La création de l’entreprise fut un véritable défi. Il a fallu tout imaginer, de la mise au point technique au design, en passant par la production industrielle jusqu’au marketing. La réalisation du procédé précis et fiable de création du transporteur d’oxygène a permis une industrialisation robuste et durable.
Le Bol d’air Jacquier est fabriqué en France et l’équipe Holiste répare toutes les générations d’appareils. Aujourd’hui, l’entreprise réunit 27 personnes et livre 2 000 appareils par an.

Le gemmage réinventé

Le gemmage est la méthode de récolte de résine de pin qui permet d’obtenir l’essence nécessaire au fonctionnement du Bol d’air.
Pratiquée à l’acide sulfurique – un procédé incompatible avec l’exigence de qualité et d’éthique de Holiste – cette technique, abandonnée dans les Landes, méritait d’être repensée.
Holiste a donc développé une méthode inédite de
récolte respectueuse de l’arbre, de la faune et de l’opérateur
. La récolte se fait en vase clos avec un activant biologique, à l’abri de l’air et des impuretés pendant quatre mois d’été. Ce procédé innovant est porté par la marque BioGemme, créée pour structurer et sécuriser une nouvelle filière de
gemmage à Biscarrosse, dans les Landes (40).
« Nous avons réussi à produire une résine d’une
grande qualité avec une productivité doublée par
rapport aux standards mondiaux. Après distillation, on obtient l’Orésine, le consommable du Bol d’air,
et Kolphéa, une colophane exceptionnelle, non allergisante aux applications multiples
», précise
Marie-Laure Delanef.

Questions Cdurable à Marie-Laure Delanef, Présidente de Holiste

Questions Cdurable !
ou c’est pas durable ?

Au delà des communiqués, qui ne présentent souvent que le « meilleur », et du développement durable, qui ne fait que tenter de réduire les impacts négatifs d‘une croissance volumique, nous nous intéressons aujourd’hui, 20 ans après la création de Cdurable.info, aux questions essentielles. Alors Cdurable ou pas ? 9 questions qui nous invitent à Comprendre pourquoi Agir & Coopérer avec le vivant, Cdurable !

La fondatrice et présidente d’Holiste, Marie-Laure Delanef, se réjouit de cette extension des locaux de Marcigny . Photo Emmanuel Daligand

1 – Quelle est la nature de ma relation avec le vivant ? 

« Elle est intimement associée à l’air, l’air transformé par les plantes, l’air que nous respirons, que nous partageons, pierre angulaire du vivant humain, animal, végétal.- l’indispensable soutient de notre énergie, de notre vitalité -celui qu’on incorpore et celui qu’on lâche-invisible, mystérieux, contenant l’oxygène, ce gaz paradoxal précieux indispensable à la vie mais aussi potentiellement toxique qui règle notre existence du premier souffle jusqu’au dernier ... »

2 – Quels sont mes besoins et choix d’alimentation ?

« Manger est pour moi, un acte à la fois sensoriel, émotionnel, énergétique et joyeux, une méditation solitaire mais plus souvent le support et l’animation de rencontres, une invitation au partage … un art fragile de l’éphémère

Je perçois les aliments autrement qu’en termes de protéines, enzymes, glucides etc, mais selon leur nature, leur mouvement, leur saison. Je ne crois pas à une alimentation universelle valable pour tous : certaines personnes ont besoin de viande, d’autres non ; certains digèrent mieux l’humide, d’autres le sec. Ce qui me fait du bien un jour ne me convient pas forcément le mois suivant. Alors j’écoute, j’ajuste, je ressens.

Ce qui me guide avant tout, c’est le plaisir d’un plat coloré, vivant, qui sent bon la terre ou le soleil. J’aime cuisiner, toucher les matières, sentir monter les parfums, écouter mon instinct, composer un tableau : avec du cru et du cuit, du chaud et du froid, du moelleux et du croquant. C’est un moment de joie discrète, presque méditative, qui « s’alimente » de produits locaux, bio si possible, de légumes de saison cultivés près de chez moi.

J’aime cette sensation d’ancrage que procure une alimentation vivante, non transformée, choisie avec soin.

Seulement voilà, c’est ma vision idéalisée car la réalité d’une vie professionnelle faite de déplacements et d’inévitables repas au restaurant chamboule tout et bien souvent ce n’est plus qu’un souhait … »

3 – Quel est mon type d’habitat actuel et idéal ?  

« J’habite une maison en bord de Loire, en pleine nature, construite en pisé et galets en 1633. Elle incarne une architecture vernaculaire, écologique avant l’heure : les matériaux proviennent du lieu même, les tuiles d’argile ont été cuites à quelques kilomètres, la restauration a été faite exclusivement avec des matières naturelles –terre, chanvre, chaux, pigments naturels, bois…

Elle garde la chaleur l’hiver, la fraîcheur l’été. Un poêle norvégien suffit pour les grands froids. Elle abrite un petit capharnaüm de livres, d’objets, d’œuvres d’art et accueille avec douceur. Cette maison, c’est ma seconde peau.

Si je devais construire aujourd’hui, ce serait une maison adossée au nord à une paroi de terre, avec un toit végétalisé, très moderne et écologique, tournée vers l’extérieur sur une vue magnifique et panoramique, une maison ou l’on est à la fois dehors et dedans, intégrée dans le sol et protégée par lui, mi-caverne mi- promontoire. En fait j’envisage l’habitat comme une prolongation du corps, un espace de soin, de silence, de beauté.  Un espace imaginaire sans doute comme on peut tous en rêver   !!!« 

4 – Quelle activité physique favorise mon bien-être et ma santé ? 

La marche me ressource. Je la pratique souvent, seule, comme une méditation en mouvement et avec d’autres à l’écoute de la respiration commune qui s’en dégage, l’empathie qui est alors mise en jeu, la relience, l’altérité.

J’ai également intégré les étirements progressifs en excentriques selon la méthode Evolis – un travail profond, respectueux du corps, qui régénère les muscles, agit sur l’équilibre postural. Une pratique douce et puissante à la fois, qui redonne souplesse et liberté, amplitude et habilité motrice. J’aime cette pratique : c’est comme un effort sans effort.  

Le travail en excentrique « c’est deux fois plus de muscle en deux fois moins de temps et très peu d’effort cardiaque ! »

5 – Quels savoirs m’ont permis de comprendre comment agir ? 

« Ce sont des savoirs pluriels tissés au fil du temps, au croisement de différentes disciplines, de rencontres et d’une quête personnelle animée par la curiosité. C’est dans l’écoute des complémentarités que j’ai trouvé des repères pour agir, penser, transmettre :

  • Les savoirs traditionnels, comme la médecine chinoise et l’homéopathie, que j’ai étudiées conjointement. ils m’ont ancrée dans une pensée systémique où rien n’est séparé : le corps, l’émotion, l’environnement, les rythmes… A travers ce prisme, j’ai appris à observer le vivant dans sa globalité et à reconnaître les singularités.
  • Les connaissances scientifiques, en particulier en biologie cellulaire et en biophysique m’a permis de comprendre les mécanismes subtils de l’oxygénation, de la régénération cellulaire et la manière dont le corps dialogue en permanence avec son environnement.
  • Les savoirs écologiques. Ils sont sans cesse nourris de rencontre, d’études et de partage. Dans la lignée du rapport Meadows et du Club de Rome, j’ai été marquée par les voix contemporaines qui prolongent cette conscience des limites planétaires et des interdépendances : Marc-André SelosseOlivier Hamant, ou encore Gunter Pauli, avec son modèle d’économie bleu, qui propose une vision systémique et inspirée du vivant de l’entreprise régénérative
  • Et puis, les savoirs sensibles, mystérieux, insaisissables mais puissants : ceux que l’on acquiert par l’expérience directe, par l’écoute du corps, l’observation patiente de la nature et par le lien intime que l’on tisse avec elle.

C’est dans cette trame transdisciplinaire, mêlant rigueur et réceptivité, pensée rationnelle et sensibilité vécue, que je puise aujourd’hui les fondements de mon engagement et la vision que je porte au sein de Holiste.« 

Marie-Laure Delanef, fondatrice et directrice du laboratoire Holiste.? © Pascal Jacquet

6 – Quel est le sens que je donne à mon travail ? 

« Il s’inscrit dans une vision intégrative de la santé et trouve son sens premier dans l’oxygénation cellulaire via le bol d’air. Il tire son sens de son utilité concrète, aujourd’hui plus que jamais, comme solution pour mieux vivre à l’ère des pollutions — atmosphériques, alimentaires, émotionnelles. Il s’agit d’offrir à chacun la possibilité de renforcer son terrain, de soutenir ses fonctions vitales, de retrouver de l’énergie, de la clarté, de la stabilité et un équilibre métabolique propice à l’auto-guérison.

Ce travail contribue à améliorer les fonctions cellulaires, à rétablir les conditions d’un fonctionnement harmonieux et à ouvrir un champ des possibles : celui d’une santé augmentée, d’une vitalité renouvelée, d’une longévité active et consciente, d’une voie vers l’hyper-santé, vers une immunité dynamique, soutenue par une ressource aussi essentielle qu’universelle : l’oxygène, cet invisible qui nous entoure, nous traverse, nous relie.

En somme, ce que je défends, c’est une écologie intérieure nourrie par une ressource fondamentale : l’air que nous respirons. Et à travers lui, une vision élargie de la santé, comme un art de vivre en lien avec soi, avec les autres, avec le monde. »

7 –  Quelle énergie j’utilise pour mes usages et besoins ?  

« Comme tout le monde, j’utilise de l’électricité, du gaz, du carburant, du numérique… et je vis cette contradiction : savoir que nos usages collectifs nous conduisent dans une impasse. J’essaie de rester sobre sans tomber dans l’ascèse, en choisissant ce qui est juste et possible dans ma vie, ici et maintenant.

Je ne crois pas qu’un mode de vie individuel suffit. Nous sommes déjà dans  « le grille-pain » : un monde sous tension, où l’atmosphère, les sols, les corps sont en surchauffe. Il ne manque pas grand-chose pour que le système s’emballe. Et il est illusoire de croire qu’on pourra répondre à cela avec une solution uniquement climatique ou technologique.

Pour moi, il est plus question d’un basculement du regard.
Sortir de la fuite en avant, repenser nos besoins, renouer avec la nature, c‘est à dire en faire partie. »

Le bol d’air Jacquier

8 – Quelle est mon implication personnelle pour l’intérêt général ? 

Je m’implique dans des projets à la croisée de la santé, de l’écologie et de la recherche, avec le désir d’explorer des voies nouvelles pour prendre soin du vivant.

L’air, que nous respirons à chaque instant, m’apparaît comme un lien universel, intime et politique.

Proposer un air bénéfique tel qu’il est présent dans les forêts de pin (entre autre), à l’inverse de l’air pollué qui provoque des milliers de morts chaque année, c’est s’engager pour un bien commun fondamental : la qualité de l’air.

Mais il s’agit surtout de s’en servir mieux. C’est dans cet esprit que j’ai développé le Bol d’air Jacquier, un dispositif biomimétique qui rend l’oxygène de l’air plus disponible pour les cellules. Il soutient ainsi les fonctions vitales de l’organisme, dans une approche préventive et curative en stimulant le métabolisme global.

Mon engagement s’inscrit dans cette vision élargie de la santé : une écologie de l’être humain, en relation avec son environnement, à la recherche d’un équilibre durable. »

Une invention sous le signe du biomimétisme : Marie-Laure Delanef rencontre René Jacquier en 1989. Ce chimiste, à l’esprit visionnaire, utilise des méthodes de pensée et d’observation qui lui permettent d’aborder de nombreux domaines, de la chimie classique, organique et tinctoriale, à la physique et à la biologie. Il s’intéresse à la biosynthèse et fait de nombreuses découvertes dans ce domaine.

9 – Quels sont mes liens de coopération et ma participation au bien commun ? 

Je participe activement à des dynamiques collectives — scientifiques, entrepreneuriales et citoyennes — pour faire circuler des savoirs transdisciplinaires, imaginer un nouvelle écologie du lien et de la santé dans sa globalité, m’aventurer dans la transformation. Respirer ensemble, coopérer avec des chercheurs, des soignants, des artisans, des associations ou des entreprises engagées, créer des ponts entre les mondes et balbutier vers un nouveau paradigme qui ne sait encore rien de lui-même.« 

10 – Carte blanche : quel est le message essentiel que vous souhaitez faire passer à nos visiteurs ?

« Le concept de « respiration commune » : respirer n’est pas seulement un acte vital mais un lien social, environnemental et émotionnel.

Inspirés par la nature, la science et le politique, les mots deviennent autant de souffles partagés

Il y a un lien entre la respiration et l’état du monde. Respirer n’est pas seulement un acte vital – c’est un acte fondamentalement relationnel. Chaque inspiration nous relie à plus grand que nous : à l’air que nous partageons, aux arbres qui le régénèrent, aux autres êtres qui, eux aussi, vivent de ce même souffle invisible. Combien de fois l’air que je respire a-t-il déjà été respiré ? Peut-être respirons nous l’air d’Aristote ou de Lao Tseu ?

La respiration est notre premier langage commun, bien avant les mots. Elle nous unit dans l’intime et le collectif. Elle est sociale quand elle s’accorde au rythme d’un groupe, émotionnelle quand elle traduit l’agitation ou l’apaisement, environnementale quand elle dépend de la qualité de l’air que nous partageons.

Inspirés par la nature, éclairés par les savoirs, engagés dans le champ du politique, faisons de la respiration un espace de convergence, un terrain d’alliance entre humains et non-humains, entre disciplines et sensibilités.« 

Lire  Respire de Murielle Macé, qui explore magnifiquement cette respiration partagée entre corps, monde et langage.

La Comptabilité Ecologique : un levier au service des agriculteurs et de la nature 

Après huit ans d’expérimentation de la Comptabilité Ecologique C.A.R.E. dans les Fermes d’Avenir, la boîte à outils qui en révèle les atouts pour les exploitations agricoles s’enrichit d’un guide pédagogique. Cette approche innovante permet d’évaluer les coûts de préservation des capitaux naturels et humains et ouvre la voie à une répartition plus équitable de ces charges, au profit des agriculteurs et du bien commun. 

La Comptabilité écologique : Compter ce qui compte pour conserver ce qui est capital !

Comptabilité et écologie : s’unir pour mieux verdir ?

Alors que la « Loi de « simplification » Agricole fait débat en raison du recul qu’il augure pour la biodiversité, le chiffrage des coûts de la transition agroécologique s’impose.

Fermes d’Avenir maintient que l’agriculture doit continuer à appliquer un principe de « non-régression environnementale » et jouer un rôle déterminant dans la préservation des capitaux naturels et humains, et être justement rémunérée pour ses services environnementaux.

En effet, la mise en place de pratiques agroécologiques par les agriculteurs permet de protéger voire de régénérer nos biens communs (eau, climat, biodiversité).

Une étude récente pilotée par la Fédération Nationale des Coopératives d’Utilisation du Matériel Agricole (FNCUMA) avec le soutien de la Chaire Comptabilité Ecologique, et que Fermes d’Avenir a accompagnée, donne le cap :  sur un échantillon de 10 fermes laitières diagnostiquées, les coûts de préservation des capitaux naturels et humains s’élèvent entre 81 000 € et 280 000 € selon le mode de culture mis en place par les fermes.

Des coûts qui doivent être mieux répartis pour dessiner un nouveau modèle, plus juste et bénéfique à tous.

14 fiches pédagogiques sur la CSE

Chiffrer la préservation des capitaux naturels et humains : un enjeu crucial pour comprendre et mieux rémunérer les agriculteurs 

La Comptabilité Ecologique mesure avec précision le coût de préservation de la Nature (l’eau, la biodiversité, le sol, le climat) et de l’Humain (les travailleurs sur la ferme, les riverains et habitants du territoire) sur une ferme, tant en termes de pratiques agricoles que d’organisation nécessaires pour préserver ces capitaux essentiels à la transition écologique.

Loin de donner un prix à la nature, par définition inestimable, elle propose au contraire de calculer les coûts de préservation de celle-ci via des pratiques soutenables.

Basée sur le modèle C.A.R.E de la Chaire Comptabilité Ecologique d’AgroParisTech appliqué à l’agriculture, cette approche comptable a été testée en 2022 sur 7 fermes du réseau Fermes d’Avenir, puis en 2023-2024 dans le cadre d’un projet piloté par la FNCUMA et accompagné par Fermes d’Avenir, la Chaire Comptabilité Ecologique et une dizaine de partenaires.

Appliqué sur une dizaine de fermes laitières de Bretagne (bio et non bio), le projet a fourni des ordres de grandeur des coûts de préservation de la Nature et de l’Humain sur ces fermes

Les enseignements clés du projet de Comptabilité Ecologique

Les principaux freins des agriculteurs à la mise en place de démarches de préservation sont le manque de filières valorisant leurs efforts, d’appui technique et de temps, mais aussi et surtout le manque de financements.

L’expérimentation montre que les fermes ne peuvent pas soutenir toutes les dépenses1 liées à la préservation des capitaux naturels et humains.

La Comptabilité Ecologique met en évidence la nécessité de réajuster les aides agricoles et les mécanismes de financement et incite à repenser le partage des coûts entre les différentes parties prenantes sur un territoire pour soutenir l’agriculture durable.

Ces résultats doivent donc interpeller les acteurs territoriaux (élus, agences publiques, entreprises…) sur leur responsabilité dans le financement, et donc la réalisation des actions de préservation de nos biens communs par l’agriculture. Pour ce faire, Fermes d’Avenir appelle à :  

  • 🔹 Faire de la Comptabilité Ecologique un outil de dialogue et de travail afin d’orienter efficacement le financement des actions de préservation menées par les agriculteurs (via des prix garantis, subventions, PSE…) ou cocréer des filières locales résilientes (création de débouchés, facilitation d’approvisionnements…) ;  
  • 🔹Se servir de la Comptabilité Ecologique pour enrichir des bases de données sur les états de la Nature et de l’Humain et évaluer avec précision les coûts des actions de préservation qui sont propres au territoire. 

7 résultats d’expérimentations sur des fermes agroécologiques du réseau Fermes d’Avenir

Le Guide pédagogique de la Comptabilité Ecologique C.A.R.E.

Pourquoi faut-il changer notre manière de compter ?

Aujourd’hui, l’urgence de la transition écologique se justifie par l’accélération alarmante des dérèglements climatiques, l’effondrement de la biodiversité et l’épuisement des ressources naturelles. Face à cette réalité, il devient impératif de repenser nos modes de production, de consommation et, plus généralement, de calcul de la valeur. Sur ce dernier point, il nous faut réapprendre à “compter ce qui compte”

Depuis 2017, Fermes d’Avenir est pionnière dans l’application au secteur agricole d’une approche de Comptabilité Ecologique particulière : la méthode C.A.R.E. Cette approche considère l’humain et la nature comme des capitaux à préserver et intègre leurs coûts de préservation directement dans l’exercice comptable des fermes.

En quoi la Comptabilité Ecologique C.A.R.E. est-elle un levier essentiel de la transition agricole ?

L’application de C.A.R.E. sur des fermes amène notamment à identifier et chiffrer les pratiques nécessaires à la préservation des capitaux naturels et humains (eau, sols, biodiversité, climat) : planter des haies, réduire le travail du sol, ajouter des couverts végétaux, se verser un salaire décent… 

Or, pour mettre en œuvre toutes ces actions nécessaires à la préservation ou remise en état des capitaux naturels et humains, les agriculteurs devraient engager des moyens financiers qu’ils ne peuvent pas assumer seuls dans le contexte actuel. C.A.R.E. met notamment en évidence cette « dette écologique non remboursée » des fermes.

C’est le premier pas pour que les acteurs des territoires (publics, privés, consommateurs) comprennent les niveaux de financements qui seraient nécessaires pour garantir une vraie transition agroécologique. En, ce sens la Comptabilité Ecologique est, pour Fermes d’Avenir, un outil essentiel du changement. 

Fermes d’Avenir et Blue Bees :
10 ans d’actions pour l’agroécologie

A propos de Fermes d’Avenir

Fermes d’Avenir est une association du Groupe SOS qui soutient le développement de l’agroécologie depuis 2013.

Sa mission est de rendre les modèles agroécologiques viables et désirables afin qu’ils se diffusent partout en France. Sa vision est illustrée par la Fleur de l’Agroécologie : une agriculture qui nourrit les Français et qui rémunère les agriculteurs dans le respect des limites planétaires.

Pour ce faire, son équipe d’une vingtaine de personnes organise ses programmes autour de 5 pôles:

  • Sensibilisation : Faire rayonner les modèles viables de l’agroécologie, influencer sur la nécessité de les financer collectivement. 
  • Formation : Former la nouvelle génération d’agriculteurs et d’agricultrices en leur transmettant les clefs de viabilité des fermes agroécologiques.
  • Accompagnement : Donner des méthodes pour la concrétisation de projets agroécologiques.
  • Financement : Soutenir des projets agroécologiques par le financement participatif.
  • Agroforesterie: Accompagner et financer l’agroforesterie et d’autres pratiques agroécologiques au sein des fermes.

  1. La réalisation de l’entièreté des actions de préservation nécessaires au respect des bons état écologiques nécessiterait un investissement supplémentaire situé entre 4000 € et 158 000 € par ferme, qui entraînerait un déficit du modèle économique des fermes. ↩︎

Le livret A est-il toujours intéressant face à l’inflation en 2025 ?

Le livret A fait figure de mastodonte dans le paysage de l’épargne française. Plébiscité pour sa sécurité, sa simplicité de souscription et sa fiscalité avantageuse, c’est un produit d’épargne de référence pour près de 55 millions de Français. Face à une conjoncture économique incertaine, marquée par une inflation durable, les épargnants sont de plus en plus nombreux à se poser cette question : le livret A est-il encore un placement attractif en 2025 ? Décryptage.

Un taux en baisse, à mettre en perspective avec une inflation ralentie

Depuis le 1ᵉʳ février 2025, le taux du livret A a été abaissé à 2,4 %, contre 3 % entre août 2023 et janvier 2025. Ce revirement marque la fin de deux années de gel exceptionnel, suite à une initiative du gouvernement destinée à sécuriser l’épargne des Français en période de forte inflation. Cette dernière, de fait, a fortement ralenti depuis quelques mois, pour atteindre 1,3 % fin décembre 2024, selon l’Insee.

Évolutions de l’indice des prix à la consommation

Le taux a donc été recalculé selon la formule réglementaire, qui prend à la fois en compte l’inflation moyenne des six derniers mois et les taux interbancaires.

À la faveur de ce contexte économique plus stable, le livret A offre à nouveau une rémunération positive, en dépit de la récente baisse de son taux. Il se révèle donc plus attractif qu’auparavant… même s’il doit toujours être envisagé comme un placement de précaution.

N’hésitez pas à vous fier à au comparatif des différents livrets d’épargne sur cette page pour déterminer quel produit d’épargne correspond le mieux à vos attentes et à votre situation.

Quelle place le livret A peut-il occuper dans une stratégie d’épargne en 2025 ?

Avec un taux désormais supérieur à l’inflation, le livret A peut à nouveau être considéré comme un produit d’épargne pertinent. Il présente l’avantage d’être net d’impôts, sans blocage des fonds ni durée d’engagement. Toutefois, il reste plafonné à 22 950 € par personne et ses intérêts ne sont pas capitalisables. Autrement dit, ils ne génèrent pas eux-mêmes de nouveaux intérêts. Il s’agit donc avant tout d’un placement à court terme, apte à couvrir des dépenses imprévues ou des besoins d’argent ponctuels.

Pour pallier la perte de pouvoir d’achat qui résulte des périodes inflationnistes, les experts financiers conseillent de privilégier une approche plus diversifiée pour vous constituer un patrimoine. En d’autres termes, il vaut mieux éviter de concentrer l’ensemble de votre capital sur des supports peu rémunérateurs comme le livret A.

Pour financer des projets à long terme et/ou générer une plus-value, d’autres placements peuvent être envisagés en complément, comme le Plan d’épargne logement, le Plan d’épargne retraite (PER) ou l’assurance-vie. Une stratégie d’épargne équilibrée repose donc sur la savante combinaison d’un socle sécurisé et de placements plus dynamiques, destinés à préparer l’avenir.

Livret A : un produit redynamisé sans être la panacée

La situation du livret A en 2025 est paradoxale : alors que son taux de rémunération baisse, il retrouve du potentiel grâce au ralentissement de l’inflation. Il peut donc devenir le pilier d’une stratégie d’épargne efficace ayant pour objectif de protéger une partie de votre capital, tout en le gardant disponible.

Au vu de son rendement modeste par rapport aux autres placements, il ne peut pas se suffire à lui-même. Il doit donc être envisagé par les épargnants dans une stratégie d’épargne globale, pensée en fonction de leurs objectifs personnels, du niveau de risque accepté et de leurs projets à court terme et long terme.

Comment mesurer son impact vers une économie à visée régénérative ?

L’Impact Tank, premier think-tank dédié à l’économie à impact positif créé à l’initiative du Groupe SOS et de quatre universités (Sciences Po, Sorbonne Université, Conservatoire National des Arts et Métiers, Paris Dauphine-PSL), rend public lors du Sommet de la transformation durable, son dernier rapport sur l’économie à visée régénérative.

Le rendez-vous annuel de la transformation durable le 25 juin 2025 au Pavillon d’Armenonville à Paris !
Le Sommet de la Transformation Durable, organisé par Décideurs Magazine et 100 Transitions, réunira plus de 600 décideurs issus des directions générales, RSE, juridiques, ainsi que des sphères politiques, économiques et associatives. Tous partagent une ambition commune : accélérer la transition écologique et mettre en œuvre des solutions concrètes.

Conclusions du rapport

En janvier 2025 à Davos, les principaux leaders issus du monde politique, économique, des institutions internationales, des ONG et de la recherche, se sont réunis lors du World Economic Forum. À cette occasion, l’organisation a publié un panorama actualisé des risques mondiaux : 1 125 dirigeants présents au forum ont été invités à évaluer la gravité des risques potentiels à horizon de 2 ans et de 10 ans, permettant ainsi d’identifier les menaces perçues comme les plus significatives.

Les quatre principaux risques soulevés à 10 ans sont tous environnementaux :

  1. événements climatiques extrêmes,
  2. perte de biodiversité et effondrement des écosystèmes,
  3. changements critiques du système Terre,
  4. pénurie de ressources naturelles.


L’économie régénérative, un changement de paradigme économique
Visualisation du modèle World3 présentant les évolutions des différentes variables

Face à ces risques, notre économie doit développer sa résilience, c’est-à-dire sa capacité à les anticiper, à s’adapter et à les surmonter.

Dans cette nécessaire transition, l’expérience a montré que l’écologie perçue comme punitive suscite de vives résistances, comme en témoignent la crise des Gilets jaunes à partir de 2018, la mobilisation des agriculteurs en 2024 ou encore le rejet croissant de l’ESG aux États-Unis et en Europe.

Pour refonder l’économie de demain, il est donc nécessaire de concevoir une transition juste et désirable.

L’économie régénérative représente une voie prometteuse.


Diagramme des limites planétaires (actualisation de septembre 2024)
Comme le montre le schéma ci-dessus, plusieurs limites sont déjà franchies ou sur le point de l’être.

L’économie régénérative constitue un changement de paradigme considérable : il ne s’agit plus seulement de limiter les impacts négatifs des activités humaines, mais bien de créer des dynamiques positives qui régénèrent les écosystèmes naturels et sociaux et contribuent au développement de leur plein potentiel.

Ce modèle repose sur :

  1. l’intégration des principes du vivant,
  2. la coopération entre les acteurs
  3. et la redéfinition des finalités économiques.

Les travaux de ces dernières décennies, de la pensée systémique de Donella Meadows à l’économie du Donut de Kate Raworth, en passant par la régénération appliquée à l’agriculture ou à l’industrie, convergent tous vers un constat : les trajectoires actuelles sont insoutenables et appellent à une refonte profonde des modèles économiques et organisationnels.


L’économie régénérative vient répondre à une crise environnementale et sociale sans précédent
Cadre du Donut : En 2012, Kate Raworth, économiste à Oxford, présente un travail de recherche « Un espace sûr et juste pour l’humanité : Pouvons-nous vivre à l’intérieur du donut ?», avant la conférence des Nations unies sur le développement durable Rio+20. Elle y propose une approche équilibrée entre limites sociales et planétaires pour un développement durable de l’économie qu’elle développera dans un livre cinq ans plus tard. L’anneau intérieur du donut représente les fondations sociales (liées aux objectifs de développement durable), tandis que l’anneau extérieur symbolise les neuf limites planétaires nécessaires à la stabilité de la planète

Il ne s’agit plus d’améliorer l’existant à la marge, mais bien de repenser les principes fondamentaux de création de valeur, d’interactions avec le vivant et d’équilibres entre exploitation et régénération.

Toutefois, si des concepts et des outils existent, leur mise en œuvre demeure encore marginale et fragmentée. L’économie régénérative ne peut se construire sans une mobilisation collective forte, impliquant les entreprises, les États, les collectivités, les citoyens et les scientifiques.


La trajectoire vers l’économie régénérative issue des travaux du groupe de travail de l’AFNOR SPEC, Économie régénérative

Les cadres méthodologiques, bien que de plus en plus structurés – notamment via les référentiels de la CSRD, la SPEC de l’AFNOR ou des initiatives comme le Regen Ecosystem – doivent encore être consolidés et généralisés.

C’est en ce sens que notre groupe de travail a construit un référentiel commun d’indicateurs de mesure d’impact qui capitalise sur les référentiels existants et a été enrichi des réflexions menées avec un grand nombre d’organisations (entreprises, ONG, acteurs publics et chercheurs).

Afin de garantir une meilleure appropriation des indicateurs par les entreprises, nous avons choisi d’ancrer le suivi des effets des initiatives régénératives dans le cadre de la directive CSRD. Pour ce faire, les normes ESRS ont été traduites en « familles d’effets attendus », elles-mêmes déclinées en indicateurs concrets.


Trajectoire du design organisationnel écologique
Le principe de régénération, du secteur agricole à l’application aux modèles économiques : Aux origines de la régénération, l’agriculture régénératrice et une extension progressive de la pensée régénérative à l’ensemble des champs économiques

Cette approche permettra d’identifier et de structurer les impacts qu’une entreprise peut anticiper en adoptant une démarche régénérative.


Modèle symbiotique de la ville de Kalundborg

Dans cette marche ambitieuse vers des modèles régénératifs, les initiatives existantes doivent se garder de deux écueils.

  1. D’une part, elles doivent éviter la tentation du greenwashing : se prévaloir d’une démarche régénérative si l’essentiel de leur activité nuit au vivant.
  2. D’autre part, elles doivent veiller à éviter toute dérive vers une forme de radicalité qui exclurait des acteurs économiques : l’économie régénérative ne saurait être réservée à un cercle restreint d’initiés. Elle doit se présenter comme un chemin ouvert et accessible à toutes les organisations, exigeant, mais centré sur l’essentiel : remettre l’économie au service du vivant et du développement de son plein potentiel.

Les deux approches de soutenabilité

La régénération doit proposer une véritable réinvention des récits qui façonnent nos aspirations collectives. Il est nécessaire de dépasser le mythe de la croissance infinie et du progrès basé sur l’accumulation matérielle pour redonner du sens à nos activités économiques et sociales.


L’intégration des principes du vivant

La transition vers une économie régénérative n’est pas une simple évolution, mais une transformation qui touche à la fois les modes de production, de consommation et de gouvernance.

La transition vers une économie régénérative est un défi à la mesure des enjeux du XXIe siècle et une opportunité inédite de réconcilier l’économie avec le vivant.

Un référentiel inédit pour guider la transition

Le rapport de l’Impact Tank propose un référentiel opérationnel aligné avec les grands référentiels internationaux, et enrichi de dimensions propres à l’économie régénérative (relation au vivant, orientation temporelle, gouvernance partagée). Il constitue ainsi une ressource opérationnelle pour les acteurs y compris pour ceux qui sont concernés par la directive CSRD, en leur offrant une grille d’analyse complémentaire à la double matérialité et aux normes ESRS.

En mettant l’accent sur les contributions positives, il invite les organisations à dépasser la logique de conformité pour faire de la mesure d’impact un véritable levier d’innovation, de résilience et de transformation écologique et sociale.

Ce référentiel s’articule autour de trois dimensions clés :

  • Réduire ses impacts négatifs, en adoptant une sobriété choisie, c’est-à-dire un engagement collectif pour vivre durablement dans le cadre des limites planétaires, tout en assurant un socle de bien-être commun.
  • Générer des impacts positifs nets, en s’appuyant sur des démarches volontaires (comme la certification internationale Cradle to Cradle ou la directive CSDDD) et en outillant les acteurs pour identifier, mesurer et valoriser leur contribution effective à la régénération.
  • Contribuer à un changement systémique, en transformant les modèles de production, de gouvernance et de coopération, à partir d’une approche interdépendante du vivant.

Des initiatives concrètes pour inspirer l’action publique et privée

Plus de 50 projets à “marqueurs régénératifs” ont été analysés dans le cadre du rapport. Parmi eux, quatre initiatives emblématiques illustrent la diversité des approches et leur capacité à transformer les modèles économiques :

  • Amarenco : producteur d’énergie solaire, Amarenco développe des fermes agrivoltaïques qui associent production d’électricité, régénération des sols et biodiversité. Chaque projet est conçu en coopération avec les agriculteurs, dans une logique de co-bénéfices écologiques et économiques.
  • Fermes d’Avenir : ce réseau pionnier de l’agriculture régénérative accompagne des exploitations agricoles engagées dans l’agroécologie, soutient la formation des paysans et favorise la résilience alimentaire des territoires.
  • Norsys : entreprise de services numériques engagée dans une démarche de permaentreprise, Norsys intègre les principes de durabilité à tous les niveaux : gouvernance partagée, sobriété numérique, implantation territoriale et redistribution équitable de la valeur.
  • Labelemmaüs : structure d’insertion issue du mouvement Emmaüs, elle se positionne comme contre-modèle dans le paysage du e-commerce, en combinant économie circulaire et inclusion sociale.

15 recommandations phares pour structurer le passage à l’échelle des projets économiques

Ce rapport porte enfin 15 recommandations à destination des entreprises pour s’engager concrètement dans une visée régénérative, ainsi qu’aux acteurs publics à l’échelle nationale et locale, pour faire évoluer le cadre institutionnel et politique en vue de faciliter la bascule régénérative des entreprises.

Il propose notamment :

  • De créer une plateforme nationale de mesure d’impact standardisée et accessible à tous, regroupant méthodes, indicateurs et bases de données pour harmoniser les démarches et faciliter la comparaison entre acteurs.
  • De former les hauts fonctionnaires et managers de la fonction publique aux enjeux de l’économie régénérative, à l’économie du vivant et aux trajectoires de transformation, pour faire de l’État un catalyseur de changement.
  • D’intégrer l’économie régénérative dans les PLU et PLUi pour piloter l’impact au plus près du terrain, en y inscrivant des objectifs de renaturation, de préservation des ressources, de résilience climatique et de revitalisation du lien social à l’échelle locale.

FAIR Future : un programme d’éducation au commerce équitable pour sensibiliser les jeunes aux défis alimentaires et climatiques de demain

Le monde de l’éducation est en pleine transformation pour faire face aux défis climatiques et alimentaires d’aujourd’hui et de demain. Le programme FAIR Future du collectif Commerce Équitable France outille les enseignant·es, les éducateur·rices et les étudiant·es sur les enjeux de consommation responsable, de la transition alimentaire et de la justice économique en France et dans le Monde. FAIR Future a déjà permis de sensibiliser 16 000 jeunes en 2024 et ambitionne de former plus de 30 000 jeunes dans les 3 années à venir.

Génération équitable : Le Commerce Équitable pour et par les étudiant⸱es

Éduquer pour transformer : l’urgence d’un enseignement adapté

Dès 2022, le rapport de Jean Jouzel1 destiné à la Ministre de l’enseignement supérieur a mis en évidence le retard de l’enseignement supérieur français dans la formation des professionnel·les de demain face aux défis climatiques.


Ce constat a initié un vaste mouvement d’adaptation des formations. Depuis, de l’école primaire à l’enseignement supérieur, les programmes évoluent pour mieux préparer les jeunes aux défis environnementaux, économiques et sociaux.

La loi impose désormais aux établissements d’intégrer l’éducation au développement durable (EDD) dans leurs cours et cela entraîne des défis majeurs d’adaptation des programmes scolaires et de formation du personnel enseignant.

Cependant, si les enseignant·es sont généralement volontaires, ils ne disposent pas toujours des ressources et des outils pédagogiques nécessaires pour mener à bien cette nouvelle mission.

L’éducation au commerce équitable clefs en main : Des outils pédagogiques, ressources, formations pour comprendre et faire découvrir le commerce équitable, ses enjeux, et les moyens d’agir autour de soi !

FAIR Future : un programme pour accompagner les transitions éducatives

Le programme FAIR Future d’éducation au commerce équitable a été conçu pour accompagner ces évolutions et fournir des contenus, de la connaissance, de la compétences, des outils pédagogiques et des lieux de dialogue et d’échange pour faciliter ces transitions éducatives.

Le mouvement du commerce équitable ne s’investit pas seulement dans la structuration de filières alimentaires durables et rémunératrices pour les producteur·rices. Il est également composé d’acteur·rices de l’éducation populaire qui s’appuient sur les expériences du commerce équitable pour en faire un véritable levier éducatif.

Les terrains d’apprentissage sont nombreux : systèmes alimentaires durables, transition écologique de l’agriculture, relations commerciales internationales, responsabilité sociétale des entreprises (RSE), sociologie des comportements de consommation, citoyenneté locale et citoyenneté globale etc. Autant de thématiques clés pour former une jeunesse consciente des défis du XXIe siècle.

Cette palette d’opportunités, documentée, étudiée et nourrie par la démarche de commerce équitable, est valorisée dans le cadre du programme FAIR Future. De la maternelle à l’éducation supérieure, Commerce Équitable France, Artisans du Monde, Fair(e) un monde équitable, Bio consom’acteurs, Ingénieurs sans Frontières et l’Association pour le tourisme équitable et solidaire proposent des animations pédagogiques et des outils adaptés à chaque âge.

Le programme FAIR Future est porté par 7 organisations de commerce équitable, réunies en un consortium dont Commerce Equitable France est chef de file.

« L’éducation au commerce équitable permet d’approfondir des thématiques essentielles autours des modèles économiques qui permettent d’opérer la transition écologique. Nos jeunes doivent être accompagnés pour qu’ils puissent jouer un rôle actif pour bâtir un monde plus durable. »

Julie Stoll, Déléguée Générale de Commerce Équitable France.

Une nouvelle plateforme pour une communauté éducative engagée

En 2024, FAIR Future a permis de sensibiliser près de 16 000 jeunes, et ambitionne de contribuer à former plus de 30 000 jeunes dans les 3 années à venir. En effet, en 2025, Commerce Équitable France et ses membres passent à la vitesse supérieure pour structurer et renforcer leur communauté éducative en ligne, créée en septembre 2024.

La communauté en ligne FAIR future regroupe déjà plus d’une centaine d’enseignant·es et d’animateur·rices associatif·ves. Un espace gratuit dédié aux acteur·rices éducatif·ves engagée·es (enseignant·es, personnel non éducatif, militant·es et bénévoles, etc) qui propose :

  • Un accès direct à des ressources pédagogiques adaptées aux différents niveaux scolaires,
  • Des webinaires et formations pour accompagner les enseignant·es dans l’intégration du commerce équitable dans leurs cours,
  • Un espace d’échange favorisant le partage d’expériences et la co-construction de projets pédagogiques innovants.
Les Jeunes en Action pour un Commerce Équitable ! (JACE)

« La communauté FAIR Future offre un espace d’échange stimulant et inspirant,
permettant aux acteur·rices éducatif·ves de partager leurs outils et expériences
pour sensibiliser les jeunes générations aux enjeux du commerce équitable et du
développement durable. »

Juliette, Chargée de projet à la Fédération Artisans Du Monde.

Guide « Du commerce équitable dans ma cantine » : un outil pour une restauration collective responsable

Décryptage collectif de la Stratégie Nationale pour l’Alimentation, la Nutrition et le Climat

  1. Sensibiliser et former aux enjeux de la transition écologique et du développement durable dans l’enseignement supérieur, Jean Jouzel, Luc Abaddie, février 2022. ↩︎

European Global Impact Score : une application en ligne gratuite pour calculer l’impact environnemental global des produits textiles

Face à la confusion en matière d’affichage environnemental pour l’habillement, la seule voie désormais reconnue par l’Europe est le référentiel PEFCR Apparel & Footwear officiellement validé par la CE en mai dernier. Avec son application en ligne European Global Impact Score, Glimpact rend accessible gratuitement ce référentiel à tous les acteurs du secteur de la mode.

Calculez le coût environnemental de vos produits : Ecobalyse permet de comprendre et d’exprimer les impacts environnementaux des produits distribués en France par le calcul d’un coût en points d’impact : le coût environnemental.

Dans un contexte de très grande confusion autour de l’affichage environnemental des produits textiles et chaussures, notamment entretenu par la France qui persiste à vouloir imposer son dispositif Ecobalyse, une méthode dérogatoire au nouveau règlement sur l’éco-conception des produits durables (ESPR) adopté par l’Union européenne et entré en vigueur en juillet 2024, Glimpact continue de s’aligner sur le seul cadre méthodologique reconnu par l’Europe pour le secteur du textile et des produits de la mode : le PEFCR Apparel & Footwear que la Commission Européenne a officiellement validé le 15 mai dernier.


Position officielle de l’UE sur l’Ecobalyse selon la France

Pour Agnès Pannier-Runnacher, Ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité, de la Forêt, de la Mer et de la Pêche, c’est une « Victoire française ! La Commission européenne valide l’affichage du coût environnemental des vêtements.« 

Merci à Marguerite Dorangeon, CEO de Clear Fashion, pour sa contribution à rétablir une information complète et fiable.

Affichage environnemental textile :
c’est acté.
Maintenant, on agit.

« Le décret d’affichage environnemental textile a été validé par la Commission européenne. Une étape réglementaire clé — mais pour que cela transforme réellement le secteur, il faut le rendre visible, compréhensible, concret. C’est notre mission chez Clear Fashion.« 

🇫🇷🇪🇺 Le décret français est officiellement notifié par l’Union européenne ! Clear Fashion aide à rendre les produits textiles lisibles, visibles, conformes… et désirables.

Un cadre méthodologique européen désormais clair et opposable

Ce cadre découle de décisions entérinées par l’Europe au cours des derniers mois. Le 18 juillet 2024, l’Union européenne a ainsi franchi une étape majeure avec l’entrée en vigueur de son règlement sur l’éco-conception des produits durables (ESPR – Ecodesign for Sustainable Products Regulation).

Pour la première fois, un cadre général et une méthode scientifique unifiés se sont imposés à tous les États membres pour mesurer et afficher l’empreinte environnementale des produits de grande consommation.

Méthode d’empreinte environnementale : PEF (Product Environmental Footprint)

Ce cadre, c’est la méthode PEF (Product Environmental Footprint) prenant en compte les 16 catégories d’impact (carbone, eau, ressources fossiles, écotoxicité, biodiversité…) mesurés tout au long des étapes du cycle de vie des produits.

Pour le secteur des produits textiles et des chaussures, la Commission européenne a ensuite validé officiellement, le 15 mai dernier, un référentiel sectoriel spécifique : le PEFCR Apparel & Footwear, fruit d’un travail mené au niveau européen, depuis plus de 4 années, en étroite concertation avec des acteurs et autres organisations représentant plus de 50% du secteur de la mode.

C’est sur cette base claire que seront définies les exigences et obligations en matière d’éco-conception et le futur « passeport digital » qui s’imposeront à tous les industriels du secteur pour l’application du règlement ESPR, par voie d’acte délégué de la Commission européenne secteur par secteur, celui pour les vêtements et les chaussures étant prévu à l’horizon 2026.

Les éco-scores nationaux sont désormais caducs

Dans ce nouveau paysage européen, les méthodes nationales divergentes – et notamment Ecobalyse en France – sont privées de base légale. Si leur utilisation n’a été que tolérée par la Commission européenne mais seulement à titre volontaire et transitoire et sous la condition qu’elles ne soient jamais rendues obligatoires, elles ne préparent en rien les entreprises aux futures obligations européennes. « Pire, elles alimentent une confusion néfaste pour les consommateurs comme pour les industriels » selon Glimpact.

Un même produit pourrait afficher un score différent selon le pays, remettant en cause l’unité du marché européen, et fragilisant les efforts de transition écologique à l’échelle continentale des entreprises1. La Commission européenne n’a pas validé le dispositif Ecobalyse. En revanche, la Commission européenne a validé le référentiel PEFCR Apparel & Footwear comme seul cadre de référence pour le secteur de la mode.

Le référentiel européen est désormais le seul qui prévaut

L’European Global Impact Score : une application pour permettre aux marques de se préparer à l’application du règlement sur l’éco-conception

C’est dans ce contexte, qui demande de la clarté pour les acteurs de la mode, que Glimpact déploie l’application European Global Impact Score, première solution en ligne conforme aux exigences européennes2 permettant dès à présent et gratuitement à tous les acteurs de :

  • Calculer l’empreinte environnementale de leurs produits selon le cadre méthodologique officiel du PEFCR Apparel & Footwear ;
  • Comprendre les facteurs explicatifs de l’impact de leurs collections et surtout identifier les leviers concrets pour engager des démarches d’éco-conception efficaces ;
  • Simuler différentes scenarios d’éco-conception pour réduire efficacement l’empreinte environnementale globale de leurs collections

Une contribution majeure à la transition écologique du secteur

Cette application marque une étape décisive. Elle remet entre les mains des industriels et des marques un outil fiable, conforme aux règles européennes, et pensé pour les aider à anticiper les évolutions réglementaires à venir. Elle exprime aussi un choix clair : dans le flou ambiant, la seule bonne voie est celle du référentiel PEFCR Apparel & Footwear, scientifiquement fondé, juridiquement stabilisé, validé par la Commission européenne et commun à tous les États membres.

En donnant un accès simple, immédiat et gratuit à cet outil, Glimpact entend contribuer activement à la transition écologique de la mode européenne, mais aussi à l’affirmation d’une souveraineté environnementale fondée sur la science, et non sur l’arbitraire ou les agendas politiques.

2 autres applis citoyennes Glimpact :

Parce que chacun devrait avoir en main les moyens de comprendre les principales composantes de son impact et savoir comment agir efficacement pour le réduire. Même si elle repose sur une méthode complexe, Glimpact rend cette évaluation accessible à chaque citoyen.

Glimpact Scan

Glimpact Scan permet à chacun de s’informer objectivement sur l’impact des produits alimentaires qu’il achète et d’exercer son pouvoir de choisir.
Scannez le code-barre d’un produit, découvrez son impact global et comment celui-ci se décompose par types d’impact et cycles de vie, comparez avec les autres produits du même segment pour savoir lequel privilégier.

MyGlimpact

MyGlimpact permet à chacun d’évaluer l’impact environnemental de son mode de vie, de le confronter aux limites planétaires et d’identifier les meilleures façons de le réduire.Rentrez votre profil type de consommation, puis personnalisez votre réponse sur chacun des postes de consommations (de la nourriture à l’habillement en passant par votre logement et vos pratiques de mobilité) et vous obtiendrez votre impact environnemental global, calculé en nombre de planètes qu’il faudrait si tous les humains vivaient selon vos habitudes. Découvrez enfin les sources de votre impact et les meilleurs conseils pour le réduire.

  1. comme la Commission européenne l’a clairement rappelé à la France dans le cadre de son examen de ses décrets d’application de la loi Climat et résilience instituant la méthode Ecobalyse ↩︎
  2. et notamment au seul cadre méthodologique validé par la Commission européenne, le PEFCR Apparel & Footwear ↩︎

L’eau en 2050 : une France à sec ? De graves tensions sur les écosystèmes et les usages sont à anticiper …

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Sauf transformation radicale des usages, les prélèvements et plus encore les consommations d’eau devraient fortement croître entre 2020 et 2050. Dans le prolongement des travaux de France Stratégie sur la prospective territorialisée de la demande en eau à l’horizon 2050, le Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan publie une note d’analyse et un document de travail pour confronter la demande future en eau aux ressources projetées en 2050. A l’échelle de la France découpée en quarante bassins versants, les auteurs identifient les périodes de l’année au cours desquelles des tensions sur la ressource en eau de surface pourraient apparaître, avec des besoins environnementaux ou des demandes humaines en eau non satisfaits. 

Nombre de mois où la situation hydrique calculée via les consommations s’aggrave entre 2020 et 2050, pour trois scénarios d’usage

Un travail inédit qui documente et analyse les conflits d’usages de l’eau 

Dans leurs nouvelles analyses, les auteurs mobilisent plusieurs indicateurs afin d’évaluer la tension hydrique à laquelle seront potentiellement confrontés les écosystèmes et les usages humains, d’ici à 2050, selon trois scénarios : « tendanciel », qui prolonge les tendances passées ; « politiques publiques », qui simule la mise en place de politiques publiques récemment annoncées ; et « de rupture », qui se caractérise par un usage sobre de l’eau.

A l’horizon 2050, des tensions identifiées pour les écosystèmes et pour les activités humaines 

Sous l’effet combiné d’une diminution des ressources en eau et d’une augmentation de la demande tant en prélèvements – correspondant à la quantité totale extraite de l’environnement – qu’en termes de consommation – représentant l’eau évapotranspirée donc non restituée directement au milieu naturel – les auteurs anticipent une dégradation progressive de la situation hydrique sur l’ensemble du territoire hexagonal.

A l’horizon 2050, sans inflexion des tendances actuelles (scénario tendanciel), en cas de printemps-été sec, 88 % du territoire hexagonal serait en situation de tension hydrique modérée ou sévère en été s’agissant des prélèvements d’eau. Dans le scénario de rupture, 67 % du territoire hexagonal serait en situation de tension hydrique.

« Ces tensions pourraient même être aggravées par la dégradation de la qualité de l’eau, qui réduirait encore la quantité d’eau disponible pour les différents usages humains, notamment la consommation d’eau potable. Pour une ressource aussi vitale, un constat aussi grave nécessite une prise de conscience immédiate et des actions renforcées à court terme. Personne n’imagine vivre, en France, avec des restrictions massives et chroniques, entièrement subies« , alerte dans son édito Clément Beaune, Haut-commissaire à la Stratégie et au Plan. 

Une nécessaire transformation des usages

Face à ces constats, les auteurs exposent différentes solutions afin de limiter les pressions sur les écosystèmes, ainsi que les conflits entre les différents usagers de l’eau.

La régulation du développement de l’irrigation par les pouvoirs publics, le soutien à des pratiques agroécologiques plus sobres en eau, ou bien encore le soutien à des actions de sobriété énergétique dans l’ensemble des activités humaines sont autant de solutions qui devront être mobilisées.

La Note d’Analyse

Concernant les besoins environnementaux, du fait du changement climatique, les écosystèmes pourraient subir à l’horizon 2050 des situations de stress chronique plusieurs années consécutives sur toute la France hexagonale, en particulier dans le sud-ouest et le sud-est. Les prélèvements humains viendront accroître cette pression sur les milieux ; un effort de sobriété s’impose.

S’agissant des usages humains, sans inflexion des tendances actuelles, 88 % du territoire hexagonal pourraient être en situation de tension modérée ou sévère en été en matière de prélèvements. Des restrictions d’usage de l’eau pour les activités agricoles, industrielles ou pour les particuliers seraient alors probables sur la quasi-totalité du territoire, comme en 2022. La tension relative aux consommations pourrait être forte dans le sud-ouest et le sud-est de la France, en raison de la part importante de l’eau consommée, du fait notamment de l’irrigation des cultures.

Enfin, la situation hydrique devrait être amenée à se dégrader entre les horizons 2020 et 2050, non seulement en été, mais aussi en hiver, dans la très grande majorité de la France hexagonale. Il faut voir là l’effet combiné d’une diminution de la ressource en eau et d’une augmentation de la demande en prélèvements et surtout en consommations. Ces constats appellent à planifier dès aujourd’hui les transformations des pratiques qui permettront de limiter les pressions sur les écosystèmes et les conflits entre les différents usages de l’eau.

Auteurs :

Hélène Arambourou

Adjointe au directeur

Simon Ferrière

Chef de projet

et Arthur Gaillot, Conseiller scientifique

Le document de travail

Confrontation entre la ressource en eau et la demande à l’horizon 2050

Lire aussi :

Eau potable et pollution : peut-on encore boire l’eau du robinet ?

Paysages en transition : clés pour un futur désirable

Et si nos paysages devenaient les moteurs de la transition écologique ? Comment aménager des territoires à la fois beaux, fonctionnels et durables ? Alliant théorie, méthode et retours d’expérience, le Collectif Paysages de l’après-pétrole (PAP) publie en septembre un ouvrage majeur « Changeons de paysage ! ». Ce livre propose une approche sensible, démocratique et systémique pour répondre aux défis environnementaux, sociaux et esthétiques de notre époque.

Pourquoi le paysage est-il essentiel à la transition ?

La définition officielle du paysage selon la Convention européenne du paysage, adoptée à Florence le 20 octobre 2000 et intégrée au Code de l’environnement français depuis 2016 : « Le paysage désigne une partie de territoire, telle que perçue par les populations, dont le caractère résulte de l’action de facteurs naturels et/ou humains et de leurs interrelations. »

Le paysage comme levier transversal de la transition écologique et énergétique

Le paysage n’est pas seulement un décor ; il est un puissant levier pour accélérer la transition écologique et énergétique. En adoptant une démarche paysagère, nous pouvons créer des territoires résilients, équitables et durables.

Le paysage joue un rôle transversal en liant biodiversité, agriculture, énergie, urbanité et ruralité. Il offre une vision à 360 degrés permettant de repenser nos territoires en intégrant les dimensions écologiques, sociales, économiques et culturelles. C’est un véritable levier d’action pour relever les défis climatiques et sociétaux auxquels nous sommes confrontés.

Perception du paysage par les populations, programme d’observation du paysage suisse © Markus Forte / Ex-press / OFEV

L’urgence de la transition

Les paysages que nous connaissons aujourd’hui sont empreints d’histoire et de patrimoine, d’espaces naturels préservés, mais aussi d’espaces façonnés par les activités humaines et leurs besoins en énergie.

La transition est un impératif collectif et immédiat.

Les crises climatiques, la perte de biodiversité et les fractures sociales exigent des réponses transversales et inclusives. Le paysage, en tant que fil conducteur, nous invite à transformer nos territoires en espaces de vie équitables, sobres et durables.

Nouveaux paysages agroforestiers à la Bergerie de Villarceaux dans le Vexin français
© Centre d’écodéveloppement de Villarceaux – Les Bobines du paysage

Synthèse des grands enjeux :

  • Biodiversité : Protéger les écosystèmes et renforcer leur rôle en tant que puits de carbone, créer des corridors écologiques pour maintenir et enrichir le vivant.
  • Agriculture : Accompagner la transition agroécologique par des pratiques respectueuses des sols et de la biodiversité.
  • Énergie : Promouvoir des énergies renouvelables intégrées harmonieusement dans les paysages locaux.
  • Urbanité et ruralité : Créer des ponts entre espaces urbains et ruraux pour renforcer la résilience territoriale et la solidarité entre habitants.
Apaisement au cours du fleuve Charente, à Saintes © Gilles Lecuir

La transition écologique et énergétique est un défi complexe touchant de nombreux aspects de notre société. Qu’il s’agisse de la transition agroécologique ou de l’intégration harmonieuse des énergies renouvelables, le paysage est au cœur des solutions.

Pourquoi la transition écologique ne se fera pas sans le paysage

Les crises climatiques et la perte de biodiversité ont déjà des impacts profonds sur nos territoires :

  • La montée des eaux affecte de plus en plus souvent les espaces habités.
  • Les sécheresses récurrentes qui dévastent les forêts et impactent les productions agricoles.
Tracker photovoltaïque dans un parcours de volailles arboré, Voivres, Sarthe © Laurence Renard – La Fabrique du Lieu

Les épisodes climatiques extrêmes nous amènent à redéfinir nos manières de vivre et de penser. Face à ces réalités, ignorer le paysage reviendrait à naviguer sans boussole. Adopter une démarche paysagère permet non seulement de mieux anticiper ces mutations, mais aussi de les transformer en opportunités pour rendre nos territoires plus résilients, plus beaux et plus fonctionnels. Sans cette approche, la transition sera plus difficile et moins efficace.

Une vision collective pour construire des territoires résilients d’après-pétrole

Le Collectif PAP propose une méthode fédératrice et participative pour construire des territoires résilients. Fort de l’expertise agrégée de ses membres, le collectif offre des retours d’expérience et des méthodes éprouvées depuis une trentaine d’années.

Cette approche permet de rassembler toutes les parties prenantes autour de projets de territoire, en valorisant les singularités locales et en favorisant l’implication de tous

Le Collectif PAP et les «papistes» lors du Printemps des PAP 2025, à Toulon © Chloé Moutot

Le Collectif et la méthode PAP

10 ans au service du paysage avec 80 experts de l’aménagement

Fondé en 2015, le Collectif PAP est un think tank qui rassemble des professionnels, élus et acteurs issus de diverses approches et disciplines autour de la transition écologique, vue par le prisme du paysage (agronomes, paysagistes, architectes, urbanistes et chercheurs en sciences sociales…).

Trente ans après la première loi sur les paysages du quotidien (1993), le collectif PAP contribue par ses analyses à valoriser les bonnes pratiques et à mesurer les impacts des approches paysagères qui s’inscrivent dans un temps long. Depuis cette Loi, un chemin significatif a été parcouru avec les collectivités locales pour avancer vers un avenir durable.

Depuis la colline, vue sur la commune de Cornimont © A. Bougel – Parc naturel des Ballons des Vosges

Mission

La mission du collectif PAP est de promouvoir la méthode paysagère comme vecteur de projets territoriaux sobres et équitables, intégrant le dimensions écologiques, sociales, économiques, énergétiques et culturelles.

Osons les paysages de l’après-pétrole pour garantir à tous des espaces de vie où l’environnement est respecté et où règnent l’équité sociale et la beauté !

Lieu de récréation et de pastoralisme urbain, parc de Gerland à Lyon © Rémi Janin – Agence Fabriques

Objectifs clés

Rendre la transition écologique attractive et accessible à tous : « Nous croyons en l’implication et la montée en compétences de chacun pour construire un futur durable et désirable« .

Valoriser l’ancrage des communautés humaines dans des territoires singuliers : Partir des spécificités locales pour créer des territoires résilients et adaptés aux défis actuels.

La méthode PAP

La méthode PAP repose sur une approche sensible et contextualisée, ancrée dans les particularités géographiques et l’histoire singulière des territoires.

Elle valorise la diversité des usages et l’expérience des habitants, considérés comme détenteurs d’une connaissance essentielle des dimensions naturelles, sociales et économiques des lieux.

Les six principes clés de la méthode PAP

  1. Partir des ressources naturelles et humaines locales ;
  2. Promouvoir des aménagements qui répondent à plusieurs fonctions ;
  3. Croiser les regards pour une vision globale et cohérente ;
  4. Impliquer les habitants dans la co-construction des projets ;
  5. Valoriser la beauté des territoires et du cadre de vie ;
  6. Travailler sur différentes échelles, du site au territoire.

Dossier de présentation

Former des leaders hybrides pour un monde D.I.S.R.U.P.T.I.F.

ESCP Business School présente son plan stratégique 2026–2030, Audace & Unité, une ambition collective tournée vers l’avenir pour former une nouvelle génération de leaders capables de s’épanouir dans un monde marqué par la complexité, l’incertitude et la transformation.

Ce plan repose sur une conviction simple mais forte : réussir dans un monde en mutation exige bien plus que des compétences en gestion. Cela requiert des talents hybrides, à l’intersection des disciplines, des cultures et des secteurs.

Audace & Unité marque une nouvelle étape dans la transformation de l’ESCP : de la première école de commerce au monde (1819) à la première Université européenne de management (2030) — réaffirmant son ambition académique, sa mission sociale et sa portée mondiale.

Former des leaders hybrides pour un monde D.I.S.R.U.P.T.I.F.

Face aux défis croisés de la digitalisation, de la géopolitique, de la soutenabilité et de l’inclusion, les leaders d’aujourd’hui doivent conjuguer agilité, pensée critique et vision systémique. ESCP qualifie cet environnement de D.I.S.R.U.P.T.I.F. : Digitalisé, Inclusif, Soutenable, Rapide, Ultra-connecté, Transformateur, Imprévisible, Flexible.

« À l’heure des grandes mutations, où agilité, inclusion et responsabilité ne sont plus des options mais des impératifs, ESCP s’affirme comme une force audacieuse et unie dans l’enseignement du management. Notre plan stratégique 2026–2030 n’est pas seulement une feuille de route : c’est un manifeste collectif, forgé par les voix de plus de quatre mille membres de notre communauté. Notre engagement est renforcé : former des leaders capables de transformer la société avec empathie, éthique et excellence, » souligne Léon Laulusa, Directeur général de ESCP Business School.

Une nouvelle architecture académique pour relever les défis contemporains

Pour concrétiser cette vision, d’ici 2030, ESCP se dotera de deux nouvelles écoles — ESCP School of Technology et ESCP School of Governance — devenant la première Université européenne de management, ancrée dans son ADN historique et académique.

  • ESCP Business School, cœur historique de l’institution, portera les formations d’excellence en management, finance, marketing, développement durable et entrepreneuriat.
  • ESCP School of Technology, créée d’ici 2027, formera les leaders de l’innovation numérique, de l’IA, de la data et des technologies émergentes.
  • ESCP School of Governance, créée d’ici 2029, sera dédiée à la géopolitique, aux affaires publiques, au droit international et à la stratégie – formant une nouvelle génération de dirigeants aptes à appréhender les complexités économiques et politiques d’un monde globalisé avec vision et responsabilité.

Ces écoles travailleront ensemble pour offrir des compétences hybrides, l’apprentissage d’un leadership éthique aligné sur les valeurs humanistes d’ESCP, répondant directement aux attentes des employeurs et aux aspirations des étudiants. Cette nouvelle université européenne de management s’enracinera dans l’excellence académique et sera enrichie par la diversité de ses disciplines, de ses campus et de sa communauté.

« À ESCP, nous ne faisons pas qu’enseigner le leadership — nous le vivons, à travers notre façon d’écouter, d’innover et d’impliquer notre communauté. Ce plan reflète notre identité profonde et notre ambition de réinventer l’éducation au management avec intégrité et impact » ajoute Francesco Rattalino, Directeur Général-Adjoint chargé des Affaires Académiques et de l’Expérience Étudiante.

Objectifs ambitieux, impacts mesurables

Le plan Audace & Unité fixe des ambitions mesurables, spécifiques à la trajectoire de croissance de l’École :

D’ici 2030, ESCP vise à :

  • Former plus de 12 000 étudiants de 150+ nationalités
  • Recruter 300 professeurs de 50 nationalités avec parité de genre
  • Atteindre +300 M€ de chiffre d’affaires, avec un modèle durable
  • Maintenir ESCP dans le Top 5 du Classement FT European Business School (EBS)

Pour accompagner ces objectifs, l’ESCP investira dans de nouveaux programmes, tels qu’un Global Master in Management (en partenariat avec CEIBS), et lancera au moins quatre nouveaux MSc, dont un pionnier en Business dans l’industrie spatiale.

Se développer avec sens et respect

D’ici 2030, l’ESCP renforcera la vie sur ses campus et l’engagement de sa communauté, favorisera une empreinte mondiale plus inclusive et durable et accroîtra son ouverture sociale en élargissant ses dispositifs de bourses et d’égalité des chances.

À ESCP, nous croyons que le talent et l’ambition doivent permettre l’accès à l’excellence. C’est pourquoi nous étendons notre fonds de bourses de 9 millions d’euros afin d’ouvrir davantage de portes dans les années à venir. D’ici 2030, l’Extension School de l’ESCP sera également développée pour offrir des formats de formation continue plus accessibles et plus flexibles.

ESCP étendra son rayonnement international tout en réaffirmant son ancrage européen. L’École intensifiera ses efforts de recrutement dans les pays du Sud et nouera de nouvelles alliances académiques avec des institutions de premier plan en innovation et entrepreneuriat.

Cette dynamique sera soutenue par un investissement de 320 millions d’euros, destiné à transformer les campus de ESCP en écosystèmes tournés vers l’avenir.

Au cœur de cette ambition se trouve la synergie entre les alumni, la Fondation et l’École — une communauté unie pour porter une croissance durable et une innovation continue. Dans cet élan, la Fondation ESCP a récemment lancé une campagne de levée de fonds de 100 millions d’euros, pour permettre à l’École d’élargir sa mission et son impact. La devise est claire : « Quand ESCP s’élève, nous nous élevons tous ».

Au service de la société

La recherche et la technologie continueront de jouer un rôle central, portées par les cinq instituts interdisciplinaires de ESCP (LIGhTS), qui couvrent des thématiques allant du développement durable à la géopolitique, et renforcées par l’usage pionnier de l’intelligence artificielle — notamment avec l’intégration des licences ChatGPT Edu à tous les niveaux de l’École.

ESCP renforce également son engagement en faveur de l’impact social et environnemental, avec la création d’un Conseil consultatif sur le développement durable, le suivi de l’empreinte carbone et l’augmentation de son fonds de bourses.

« À ESCP, la recherche, la technologie et l’inclusion ne sont pas des priorités distinctes : ce sont des leviers interconnectés au service du progrès sociétal. Nous insufflons du sens dans chaque dimension de notre écosystème académique, des formations initiales à l’Executive Education », déclare Véronique Tran, Vice-Présidente Exécutive et Doyenne de la formation continue et des relations entreprises.

Avec Audace & Unité, ESCP ouvre une nouvelle voie, guidée par l’intelligence collective, portée par des valeurs partagées et animée par une mission : diriger non seulement avec excellence mais avec sens.

Retours d’expérience des administrateurs et secrétaires de conseil sur la mise en œuvre du rapport de durabilité (CSRD)

En mai 2025, l’Institut Français des Administrateurs (IFA) a diffusé un sondage1 auprès de ses adhérents afin de mieux comprendre leur expérience de la directive CSRD et, en particulier, leur retour d’expérience du premier exercice de publication (vague 1) ou de préparation (vagues 2 et 3) du rapport de durabilité.

Ce sondage a été lancé peu après la publication de la directive (UE) 2025/794, dite « Stop the clock », au Journal officiel de l’Union européenne le 16 avril 2025, avec une entrée en vigueur le lendemain2. Ce sondage s’est également tenu dans le sillage de la loi française du 30 avril 2025, dite « DDADUE 5 », et plus précisément de son article 7, qui a aligné le droit national sur les premières mesures d’ajustement introduites par la directive européenne.

Les réponses recueillies reflètent ainsi un moment charnière : les administrateurs étaient informés des reports de calendrier et des allègements envisagés, sans que ceux-ci aient encore été pleinement transposés dans l’ensemble du droit français.

Les comités en charge du suivi des questions relatives à l’élaboration et au contrôle des informations en matière de durabilité

Le sondage mené par l’IFA auprès de ses adhérents administrateurs et secrétaires de conseil met en lumière une dynamique d’appropriation réelle, avec des pratiques contrastées selon que les entreprises appartiennent à la vague 1 – soumises dès 2025 à l’obligation de publication – ou aux vagues 2 et 3, dont les échéances sont plus lointaines.

Il révèle également une forte attente d’accompagnement et de simplification.

Ce qu’il faut retenir du retour d’expérience des administrateurs et secrétaires de conseil sur la CSRD

Les bénéfices perçus / attendus liés à la préparation et à la publication du rapport de durabilité

Une dynamique d’appropriation bien engagée

Les conseils d’administration se sont saisis du sujet : 3 entreprises sur 4 ont déjà discuté de la CSRD en conseil, et la quasi-totalité des entreprises de la vague 1 ont intégré le sujet à chaque étape clé du processus (matérialité, approbation du rapport, suivi des travaux).

Une répartition partagée des responsabilités

La gouvernance de la durabilité s’appuie principalement sur les comités d’audit et RSE, avec une montée en puissance des modèles de co-supervision (38 % sur l’échantillon total et 47% pour les entreprises de la vague 1). Une répartition des rôles émerge progressivement.

La formation, moteur clé d’appropriation

Plus de 2 administrateurs sur 3 ont suivi une formation sur la CSRD – un chiffre qui grimpe à 73 % dans la vague 1. Celles-ci sont jugées utiles par 94 % des participants. Dans la moitié des cas, elles ont été proposées par l’entreprise.

Des bénéfices perceptibles, encore partiels

70 % évoquent une meilleure compréhension des enjeux ESG, 68 % soulignent l’émergence d’indicateurs de pilotage adaptés, et 66 % constatent une implication renforcée de la direction générale. Seuls 58 % notent un effet positif sur le dialogue avec les parties prenantes.

Les difficultés ou écueils auxquels les entreprises ont été confrontées dans le cadre de la mise en œuvre du rapport de durabilité

Une complexité perçue comme excessive

66 % indiquent une charge interne trop importante, 63 % des coûts externes jugés trop importants, et 72 % des entreprises de la vague 1 estiment que le rapport coût/bénéfice est défavorable à ce stade.

Un consensus fort pour simplifier, sans affaiblir

Des mesures de simplification sont-elles nécessaires ?

74 % des répondants (et 80 % dans la vague 1) appellent à un allègement du dispositif. Les priorités ? Réduction du nombre d’indicateurs, stabilisation normative, et mise à disposition d’outils mutualisés pour limiter la charge individuelle.

Les administrateurs s’expriment : quelles sont les mesures de simplification nécessaires ?

  1. Sondage IFA mené du 28 avril au 30 mai 2025 auprès de ses adhérents. 147 répondants : 84 % administrateurs, 11 % secrétaires de conseil. 57 % de l’échantillon relève de la vague 1 (publication en 2025 sur l’exercice 2024), 43 % des vagues 2 et 3. Parmi les administrateurs, 94 % exercent un mandat non exécutif : administrateur indépendant (55 %), représentant les salariés (14 %), représentant les actionnaires (12 %), et non indépendant (9 %). Les secrétaires de conseil représentent 79 % des répondants non-administrateurs (92 % pour la vague 1). Les principaux secteurs représentés sont l’industrie/énergie (24 %) et la banque/finance (21 %). ↩︎
  2. Cette directive constitue le premier volet du paquet plus large appelé « Omnibus », présenté par la Commission européenne le 26 février 2025 dans l’objectif d’alléger la charge administrative pesant sur les entreprises. Concrètement, la directive « Stop the clock » reporte de 2 ans l’entrée en vigueur du reporting de durabilité pour certaines sociétés (par exemple, les grandes entreprises initialement concernées dès 2026 sur leur exercice 2025 ne le seront désormais qu’en 2028 sur leur exercice 2027). Elle allonge d’un an le délai de transposition de la directive européenne sur le devoir de vigilance des entreprises en matière de durabilité (CS3D). ↩︎

En conclusion

Ce sondage met en évidence une dynamique d’appropriation réelle de la directive CSRD par les conseils d’administration.

Il révèle des expériences contrastées entre les entreprises de la vague 1, qui ont souvent vécu leur premier exercice comme lourd et complexe, et celles des vagues 2 et 3, qui projettent un potentiel de transformation stratégique encore à concrétiser.

Si la volonté d’intégration est bien là, elle se heurte à une mise en œuvre souvent jugée coûteuse, techniquement difficile et parfois déconnectée des priorités stratégiques.

Les retours d’expérience pointent une tension persistante entre conformité ,réglementaire et utilité pour la gouvernance.

Plus que jamais, l’enjeu est de recentrer l’exercice sur sa finalité : éclairer les décisions du conseil et soutenir les trajectoires de durabilité des entreprises.

Note de l’IFA sur les retours d’expérience (CSRD)

État de l’environnement en France : 4 défis liés à l’épuisement des ressources naturelles, la pollution, le changement climatique et le déclin de la biodiversité

Le Rapport sur l’état de l’environnement en France répond à un objectif : apporter des clés de lecture sur les grands enjeux de la transition écologique. Publié tous les 4 ans par le Commissariat général au développement durable, ce rapport fournit des informations objectives, fiables et scientifiquement fondées. Il répond à l’engagement qu’a pris la France en ratifiant la convention d’Aarhus en 2002, de rendre l’information environnementale accessible et compréhensible à tous les citoyens. Cette édition 2024 s’articule autour de quatre défis environnementaux, étroitement liés : l’épuisement des ressources naturelles, la pollution des milieux naturels, le changement climatique, et le déclin de la biodiversité.

Une information fiable et partagée, levier de la transition écologique

Quatre défis environnementaux en interaction

Il y a tout juste trente ans, paraissait en France le premier Rapport sur l’état de l’environnement. Trente années qui ont été marquées par une prise de conscience de plus en plus forte des questions liées à l’environnement et à sa protection, alors même que les manifestations du changement climatique se faisaient plus concrètes et intenses sur toutes les parties du globe.

Les parutions successives de ce rapport depuis 1994 répondent à un même objectif : partager la connaissance pour renforcer la prise en compte des enjeux environnementaux dans les décisions collectives et individuelles, et contribuer à la concrétisation de la transition écologique.

C’est dans ce même esprit que paraît l’édition 2024 : fournir des clés de lecture et de compréhension pour faciliter la bonne appropriation de sujets complexes par nature.

Ce rapport met en exergue les grands enseignements du rapport. Il s’articule autour de quatre problématiques intrinsèquement liées :

  • 1- l’épuisement des ressources naturelles,
  • 2- la pollution des milieux naturels,
  • 3- le changement climatique
  • 4- le déclin de la biodiversité.

Pour chacune de ces thématiques, des progrès sont observés dans certains domaines, encouragés par de nombreuses politiques publiques et actions individuelles ou collectives. Néanmoins, le bilan demeure préoccupant.

Construire un monde vivable pour les générations futures reste le grand défi posé à toute l’humanité.

1 – Ressources naturelles : entre dépendance aux importations et raréfaction

Comment évolue l’état des populations de poissons pêchés ?
Source : SDES, d’après données FAO, sauf pour 2000 en France où une estimation a été faite à partir des données Ifremer, dont la méthodologie est
légèrement différente de celle de la FAO.

Production d’énergie, construction, agriculture, etc. : les ressources naturelles sont indispensables au bon fonctionnement de la société et de l’économie.

Mais alors que nos besoins en ressources naturelles sont importants, de nombreux défis se posent : l’impact de leur extraction sur l’environnement, la place encore prépondérante des énergies fossiles très émettrices de gaz à effet de serre, la dépendance aux importations, la possible raréfaction de certaines ressources stratégiques, etc.

Ce contexte renforce dès lors un double impératif : réduire les consommations et renforcer l’utilisation plus vertueuse des ressources.

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2 – Pollution des milieux naturels : une menace pour l’environnement et la santé

En France, tous les milieux naturels sont touchés par la pollution, qu’il s’agisse de l’air, des sols ou des eaux.

Liés principalement aux activités humaines (agriculture, industrie, transport, etc.), les polluants s’accumulent dans les écosystèmes et représentent une menace pour la biodiversité et la santé humaine.

Alors que certaines pollutions sont surveillées depuis des décennies, des polluants moins surveillés suscitent une attention grandissante rendue possible par l’amélioration des capacités de détection des laboratoires. Ces risques croissants soulignent l’urgence d’intensifier les actions de prévention et de réduction des impacts.

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3- Changement climatique : des effets de plus en plus perceptibles

Quels sont les secteurs les plus émetteurs de GES en France ?
Source : SDES, d’après Citepa, format Secten, juin 2024

Les impacts du changement climatique sont de plus en plus concrets tant pour les équilibres naturels que pour la santé humaine.

Alors que les scientifiques prévoient un réchauffement planétaire de + 3 °C au niveau mondial (+ 4 °C pour le territoire français) d’ici la fin du siècle avec la poursuite des politiques mondiales existantes, ces bouleversements vont encore s’amplifier.

Dans ce contexte, les enjeux climatiques sont de plus en plus présents dans le débat public et font l’objet d’engagements internationaux. Des progrès sont d’ailleurs constatés en France (réduction des émissions des gaz à effet de serre ou encore diminution de l’empreinte carbone des Français).

Néanmoins, les actions individuelles et collectives doivent être renforcées pour à la fois freiner le réchauffement climatique et s’adapter à ses conséquences.

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4 – Biodiversité : Une nature sous pression

Cinq exemples d’atteinte à la biodiversité en France métropolitaine

La France, avec ses territoires ultramarins, abrite une biodiversité d’une richesse inestimable, ce qui en fait l’un des pays les plus riches au monde en termes d’espèces et d’écosystèmes.

Cependant, ces derniers sont aujourd’hui fragilisés par les nombreuses pressions exercées par les activités humaines. Agriculture intensive, urbanisation, pollution, surpêche, etc. : ces actions altèrent profondément les écosystèmes, mettant en péril les espèces animales et végétales, ainsi que les services essentiels qu’ils nous fournissent.

Dans ce contexte, la restauration des milieux naturels et la protection des espèces sont des enjeux cruciaux.

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Rapport 2024 sur l’État de l’environnement en France

5 bonnes raisons d’aimer les arbres et d’en planter partout

L’arbre participe à l’enrichissement et la restructuration des sols en captant le CO2 atmosphérique, en nourrissant la vie du sol et en s’y ancrant avec ses racines. Il permet ainsi de lutter contre la dégradation, l’appauvrissement et l’érosion des sols. L’arbre associé à d’autres végétaux lutte ainsi efficacement contre la désertification et les glissements de terrain. 5 bonnes raisons d’aimer les arbres et d’en planter partout par Team for the Planet et une sélection de ressources de l’IRD, Des enfants et des arbres, A tree for you et l’ADEME, en partenariat avec l’ONF (Office National des Forêts).

1- Un arbre adulte peut absorber jusqu’à 22 kg de CO₂ par an.

C’est l’équivalent des émissions de CO2 d’un SUV… tous les 100 km.

Sur 40 ans, un arbre absorbe environ 1 tonne de CO₂ (Il faut donc 1 vie entière à un arbre pour absorber l’équivalent du trajet Paris – News York).

Les forêts mondiales absorbent environ 2,6 milliards de tonnes de CO₂ chaque année !

Agroforesterie et bien-être animal en Bretagne

Grâce à la photosynthèse, l’arbre capte du CO2 et l’utilise pour construire son tronc, ses branches, ses feuilles et ses racines. Il contribue à en stocker dans le sol, luttant ainsi contre l’effet de serre (pour en savoir plus sur l’absorption carbone).

Les essences d’arbres plantées seront choisies pour leur capacité à s’adapter au changement climatique.

2 – Les arbres peuvent réduire la température ambiante de 2 à 8°C par évapotranspiration et ombrage.

L’arbre régule le cycle de l’eau. Il favorise son infiltration dans les sols, réduisant ainsi les risques d’inondation et d’érosion.

Il en évapore une part importante, créant un microclimat local plus frais et humide, améliorant ainsi le bien-être des humains et des animaux d’élevage.

Une zone urbaine avec 40 % de couverture arborée peut être jusqu’à 5°C plus fraîche que les zones bétonnées avoisinantes.

Vous voulez des villes agréables à vivre ? Laissez tomber la clim’, elle réchauffe l’extérieur et crée de véritable villes-fournaises. Plantez des arbres !

Face à l’aridité, la puissance de l’arbre. Inspirations paysannes et marocaines pour l’agroforesterie
De Geneviève MichonIRD Éditions

3 – Dans les villes, chaque arbre planté rapporte entre 2 et 5 fois son coût en services écosystémiques

(réduction du chauffage/climatisation, qualité de l’air, santé publique).

New York City estime que ses 5,2 millions d’arbres lui font économiser plus de 120 millions $ par an.

Qu’on ne vienne pas nous dire que ça coûte cher : ça évite d’énormes dépenses.

Agriculteurs à l’ombre des forêts du monde. Agroforesteries vernaculaires
De Geneviève MichonIRD Éditions/Actes Sud

4 – Une forêt mature peut intercepter jusqu’à 76 % des précipitations, réduisant drastiquement les risques d’inondations.

Les racines des arbres augmentent également la perméabilité des sols, ce qui favorise la recharge des nappes phréatiques, dont nous aurons de plus en plus besoin.

Des Enfants et des Arbres

5 – Si nous laissions la nature reboiser 900 millions d’hectares de terres, cela permettrait de capturer jusqu’à 205 milliards de tonnes de CO₂

Soit 2/3 du CO₂ émis par les humains depuis la révolution industrielle (étude publiée dans Science, 2019).

Sans parler de tous les bénéfices pour la biodiversité …

L’arbre, associé à des cultures en agroforesterie ou exploité en forêt dans des conditions durables, participe à la diversification des revenus des communautés et au développement de l’emploi dans les territoires.

Ainsi, les populations deviennent les premières protectrices des plantations et sont plus résilientes face au dérèglement climatique.

Plantez des arbres pour la planète et les communautés locales

L’arbre abrite et nourrit de nombreuses espèces animales, champignons et bactéries utiles, contribuant ainsi à une biodiversité plus riche.

En agroforesterie, l’arbre installé autour ou au sein des cultures permet de limiter l’utilisation des insecticides ou des fongicides, en favorisant la présence des espèces animales auxiliaires.

La diversité des essences d’arbres plantées sur les projets favorise la biodiversité végétale et l’embellissement des paysages.

A propos de Team for the Planet

Pour aider les arbres à ralentir le changement climatique, vous pouvez rejoindre l’aventure Team for the Planet sur team-planet.com

Team for the Planet rassemble de l’argent pour détecter et déployer 100 innovations mondiales contre les gaz à effet de serre.

L’arbre emblématique de la connexion au Vivant

Malheureusement, les arbres et les forêts de façons générales subissent des bouleversements et sont exposées à des menaces qui les fragilisent : des événements climatiques extrêmes qui s’intensifient à cause du changement climatique, des maladies et des ravageurs, un déséquilibre de la biodiversité …

  • Comment la forêt réagit-elle à ces menaces ?
  • Comment l’aider à s’adapter pour y faire face ?

Pour mieux comprendre la vie des forêts, les dangers qui les menacent et les solutions à développer, l’ADEME, en partenariat avec l’ONF (Office National des Forêts) propose une exposition pédagogique.

Solycème | Coop du Vivant propose des sorties en forêt pour revenir aux fondamentaux de ce qui nous fait du bien, prendre un nouveau souffle et se reconnecter avec ces ressources précieuses, fragiles mais si inspirantes !

Solycème est une coopérative d’experts, acteurs de la durabilité, issus du monde de l’entreprise, réunis par une conviction : la connexion au Vivant renforce les organisations et leurs équipes.