Les catastrophes écologique, climatique et énergétique menacent les modes de vie de la société. Pourtant, les risques de pénuries lui font faire un pas de géant dans sa prise de conscience d’une nécessaire sobriété. Une sobriété forcée, qui ne doit pas faire l’économie d’être désirable afin de devenir réelle. Pour cela, la proposition de nouveaux imaginaires et récits est essentielle.La conférence « Imagine 2050 » s’est tenue le 22 Sept. devant un large public des milieux de la culture et des médias, dont le rôle est d’amener la société à imaginer collectivement ses futurs soutenables et souhaitables. Un premier pas vers une formation nécessaire aux enjeux écologiques et climatiques.
Comment les activités humaines mettent-elles en péril l’habitabilité de la Terre ? Quels sont les scénarios des scientifiques et des prospectivistes sur l’évolution de nos modes de vie dans les prochaines décennies ? Comment rendre désirable la sobriété ? Comment de nouveaux récits inspirants peuvent-ils aider à bifurquer vers une société plus équitable et respectueuse du vivant ?
Autant de questions, dans l’état actuel des récits collectifs relatés dans les médias, films, documentaires, séries, chansons, jeux vidéo et publicité, auxquelles il n’est pas aisé de répondre. Encore moins de se projeter sans tomber dans le registre dystopique des fictions post-apocalyptiques, à l’image de Mad Max, ou technosolutionnistes comme Don’t look up ou Black Mirror.
accueil-visuel-histoire-background.svgL’imaginaire de la sobriété reste à inventer. C’est pour cette raison que Magali Payen (présidente fondatrice d’Imagine 2050) et Laurent Esposito (directeur d’Imagine 2050) offrent à ceux qui écrivent et réalisent les histoires, réelles ou fictionnelles, un cadre de réflexion et d’action sur des enjeux politiques et créatifs en questionnant les imaginaires de la société de consommation.
Conférence « Imagine 2050 » : une expérience de prospective pour les récits du futur
Pour rendre compte du caractère systémique du dérèglement climatique et de la chute de la biodiversité, les conférenciers Paloma Moritz (journaliste à Blast), Emma Stokking (porte-parole du Plan de Transformation de l’Economie Française au Shift Project) et Côme Girschig (ingénieur, Ecole des Ponts et Chaussées) ont vulgarisé les résultats de 15 scénarios prospectifs issus de 10 rapports scientifiques (GIEC, ADEME, IPCC, IPBES, Haut Conseil pour le Climat, The Shift Project, RTE, Négawatt).
Ils ont ensuite synthétisé et illustré les conclusions des trois grands scénarios possibles pour l’avenir :
Un effondrement en cas de business as usual, avec un réchauffement global à +4/5°C ;
Les solutions technologiques, même utilisées avec discernement, sont incapables d’endiguer les catastrophes en cours et à venir ;
La sobriété étant la seule voie à prendre pour contenir le réchauffement et protéger le vivant.
Ils ont conclu avec la proposition d’“utopies lucides” enthousiasmantes qui respectent le plafond des 9 limites planétaires et le plancher de la justice sociale (Théorie du Donut de Kate Raworth).
La formation des créateurs de contenu aux enjeux climatiques et écologiques
Il semblerait que l’urgence à former leurs équipes à ces enjeux ait été comprise par un grand nombre d’acteurs, notamment au sein des médias, et ce n’est sûrement qu’un début.
Pour concrétiser ce qui a été initié lors de la conférence, Imagine 2050 propose des accompagnements en trois temps adaptés à chaque métier – rédacteurs en chef, journalistes, scénaristes, réalisateurs, documentaristes, créateurs de jeux vidéo, communicants et publicitaires… :
L’acculturation ou la vulgarisation de connaissances scientifiques et sociétales pour mettre une équipe à niveau : ateliers ou conférences spécifiques, Fresque du Climat, Fresque de la Biodiversité, Fresque du Numérique… ;
La focalisation pour comprendre les spécificités de la transition pour les industries culturelles au travers de leur impact environnemental – mais aussi de leurs vulnérabilités aux chocs énergétiques et climatiques – et de l’impact psychologique et social des récits actuels sur les imaginaires : ateliers, expertise sur l’éco-production ou Fresque des Nouveaux Récits ;
L’activation en accompagnant les auteurs dans des processus créatifs qui prennent en compte les réalités physiques et les futurs désirables : ateliers participatifs de design fiction, relecture de scénarios, initiation au journalisme de solutions, résidences d’auteurs…
Imagine 2050, un Think and Do Tank de mobilisation
En 2018, Magali Payen a créé l’entreprise Imagine 2050 pour (r)éveiller les leaders culturels face aux crises écologiques et accélérer la transformation de la société vers la sobriété et le respect du vivant par de nouveaux récits.
C’est ce qui a été expérimenté en 2021, par exemple, avec l’accompagnement de la production de la série à succès Plus Belle La Vie. Apport de contenus d’expertise, construction d’une cohérence narrative, mobilisation de personnalités militantes pour jouer leurs rôles… Imagine 2050 a aidé au développement de plusieurs arches narratives, dont une autour de la protection de la biodiversité.
Accompagner les médias, la culture et les entreprises dans leur transition écologique et solidaire.
Pourquoi ? Parce que parmi les 9 limites planétaires, 6 sont documentées à ce jour et elles sont déjà largement dépassées.
Sans même en avoir conscience, nous vivons dans une bulle. Notre système de valeurs, notre idée du bonheur, notre conception de la réussite… tout ce qui fait le sel du quotidien et le moteur de nos vies vient d’une construction sociale à laquelle nous adhérons et qui est devenue la norme.
Aujourd’hui, le récit dominant a rendu “normaux” des comportements qui malmènent la vie sur terre, épuisent les ressources et creusent les inégalités : consumérisme et individualisme débridés, déconnexion de la nature pour mieux la dominer… Décidons que c’est le récit d’avant et qu’en tant que raconteurs d’histoires, il nous appartient d’en écrire un nouveau !
Inspirer de nouveaux imaginaires pour réduire la pression sur le vivant exercée par nos modes de vie.
Former et accompagner les créateur.rices de contenus.
Avec qui ? Notre équipe et nos intervenants sont issus des métiers de l’audiovisuel, du cinéma et du journalisme. Nous sommes tous des professionnels aguerris de la transition écologique.
Imagine 2050 est un ‘Think and Do Tank’ capable d’accompagner petites et grandes structures dans une démarche de mobilisation environnementale, sociale et sociétale. Nous bénéficions d’une expérience forte et pluridisciplinaire dans l’industrie des contenus.
Notre pédagogie est basée sur l’intelligence collective pour mieux ancrer les connaissances et faire émerger les idées par la facilitation. Au-delà de notre équipe coeur, nous faisons appel à un large réseau d’intervenants de haut-niveau et de partenaires référents sur la transition écologique et sociale.
Transformer les métiers de la culture, des médias et de la communication.
Avec quels outils ? Nous créons des outils sur-mesure et adaptons ceux du marché aux spécificités de vos métiers.
Cinéma et programmes de télévision : Dans l’audiovisuel, notre objectif est de donner aux directeur·rice·s et conseiller·e·s de programme, producteur·rice·s, auteur·rice·s, un cadre de compréhension des enjeux climat, biodiversité, énergie et justice sociale.
Puis de les aider à créer des contenus populaires et joyeux qui embarquent les audiences vers un modèle de société plus respectueux de la nature et plus solidaire.
Journalisme : Avec nos formateurs reconnus dans le journalisme, nous proposons des méthodes de recherche et de traitement de l’information adaptées à la complexité du monde et des crises écologiques. L’ambition est de comprendre les faits exposés par les scientifiques, de développer une vision systémique des enjeux (réchauffement climatique, effondrement de la biodiversité, crise énergétique, épuisement des ressources, résilience alimentaire, sobriété…), de trouver des sources d’information pertinentes, de repérer les fake news, le lobbying et le greenwashing, de savoir bien illustrer ses sujets et de proposer à vos publics une information de qualité qui embarque des solutions réalistes.
Responsabilité Sociale et Environnementale : Dans les organisations, nous outillons les équipes opérationnelles, les responsables RSE et les membres du comité de direction pour questionner les externalités de l’entreprise et bifurquer vers des activités plus durables, plus équitables, plus respectueuses du vivant. L’ensemble des outils proposés par Imagine 2050 offrent une réflexion en lien avec la Théorie du Donut de l’économiste Kate Raworth, qui prend en compte le plafond environnemental et le plancher social face à la double urgence écologique et sociale. Au travers de modules de formation spécifiques pour les collaborateurs et pour les comités de direction, nous vous aidons à développer une vision systémique de la RSE afin de réussir la transformation écologique de l’organisation. Nous abordons notamment les volets stratégie, business, ressources humaines, gouvernance et communication de la responsabilité sociale et environnementale des entreprises.
Publicité et communication responsables : Nous donnons aux planneurs stratégiques, aux créatifs publicitaires et aux communicants un cadre de compréhension des enjeux climat, biodiversité, énergie et justice sociale, ainsi qu’une grille de lecture des risques de greenwashing, socialwashing ou genderwashing.Nous proposons des méthodes d’implémentation des sujets de transition dans une approche qui n’est ni anxiogène, ni technique, ni culpabilisante, ni moralisatrice, ni mièvre. Nous croyons à des récits publicitaires joyeux qui embarquent les audiences vers un modèle de société plus respectueux de la nature et plus solidaire. Pour relever ce défi, nous accompagnons les marques et les consommateurs sur une trajectoire de sobriété. Produire moins mais mieux, démoder la surconsommation, créer de nouveaux rôles modèles tirés vers un nouvel idéal de vie : moins de biens, plus de lien !
Magali Payen, présidente fondatrice d’Imagine 2050 – ex Canal+ et productrice à impact dans le cinéma, Magali a aussi créé en 2018 le mouvement citoyen #OnEstPrêt et lancé au festival de Cannes de 2022 la société de production Newtopia avec Marion Cotillard et Cyril Dion. Elle est membre au CA du Mouvement Impact France.
Laurent Esposito, directeur d’Imagine 2050 – ex journaliste et directeur du numérique de groupes comme Prisma Media ou Canal+, après avoir suivi la LabSession de l’Institut des Futurs souhaitables, Laurent a dirigé l’association La Fresque du Climat. Début 2022, il a rejoint Imagine 2050 pour accompagner la transition écologique dans les industries créatives et culturelles.
A l’occasion de la Semaine de la finance responsable, l’ACT-Alliance contre le tabac interpelle les institutions et le grand public sur l’opacité et le manque d’exigence des fonds d’investissements dits « responsables ». Notre collectif engagé dans la lutte contre le tabagisme déplore que l’industrie du tabac ne soit pas encore expressément exclue du label ISR (dédié à la finance) mais aussi de nombreux autres labels censés récompenser les réels efforts des entreprises pour leurs programmes RSE (Responsabilité Sociétale et Environnementale).
Une campagne de sensibilisation pour exiger une finance sans tabac
Alors que plus de la moitié des Français pensent aujourd’hui que la finance durable peut avoir un impact sur notre société[[Sondage OpinionWay pour « Les Echos » et BlackRock – Novembre 2021.]], il est à ce jour très difficile de savoir exactement ce que finance son épargne. Afin d’aider le consommateur à privilégier les investissements responsables, des fonds dits « verts » ont été créés, censés soutenir les entreprises vertueuses au niveau social et environnemental.
Néanmoins, ces fonds ont été pointés du doigt à plusieurs reprises pour leur manque d’exigence. A titre d’exemple, le label ISR – Investissement Socialement Responsable – créé par le ministère de l’Economie et des Finances et à ce jour le plus connu et le plus répandu, n’exclut pas expressément l’industrie du tabac.
En cours de refonte, le label ISR prévoit d’exclure de sa nouvelle mouture le charbon et les énergies fossiles non conventionnelles, sans toutefois mentionner explicitement l’exclusion du tabac. Il est incompréhensible aujourd’hui qu’un tel secteur, incompatible avec les objectifs de développement durable poursuivis par le label, ne fasse pas l’objet d’une exclusion. Au cours des douze derniers mois, l’ACT a interpellé à plusieurs reprises les instances gouvernementales, sans succès.
C’est pourquoi, l’ACT lance sa campagne de sensibilisation nommée « Label Imposture » à destination du grand public et des institutions. A travers un spot de 1’30 min, l’ACT réclame une finance responsable sans tabac, où les valeurs portées par les fonds d’investissements se reflètent dans les secteurs d’activités financés. En ligne sur la chaîne YouTube de l’association et sur l’ensemble des réseaux sociaux, ce spot fera l’objet d’une amplification média dédiée tout au long de la Semaine de la Finance Responsable (du 29 septembre au 7 octobre).
« Quand on connaît l’étendue des dégâts qu’elle cause, il est inacceptable que l’industrie du tabac puisse s’approprier les enjeux de responsabilité sociétale et environnementale. L’OMS elle-même estime qu’il y a une « contradiction inhérente » entre les activités de l’industrie du tabac et la promotion d’une démarche RSE. », explique Marion Catellin, Directrice de l’ACT-Alliance contre le tabac. « Ne soyons pas dupes : la démarche RSE n’est qu’un moyen pour l’industrie du tabac de redorer son blason. Notre revendication pour une finance sans tabac doit s’appliquer aussi aux autres secteurs : les fabricants, fournisseurs et distributeurs de tabac ne peuvent en aucun cas être qualifiés de « responsables ». Tous les acteurs ayant la charge de décerner des labels ou certifications RSE doivent en prendre conscience ».
Politique RSE : une stratégie marketing de l’industrie du tabac pour redorer son image
Pour répondre aux préoccupations actuelles des consommateurs, l’industrie du tabac développe depuis plusieurs années des programmes RSE promettant d’agir positivement sur la société et l’environnement tout en étant économiquement viable. Plutôt qu’une véritable démarche, les enjeux de RSE sont avant tout l’occasion pour les cigarettiers de redorer leur image et de mener des actions de greenwashing :
Pour faire face à la perte de vitesse du marché des cigarettes traditionnelles dans les pays développés, l’industrie du tabac a mis sur le marché dès 2015 des produits présentés comme étant « à risques réduits », tels que le tabac chauffé. Si aucune étude ne permet de conclure que ce dispositif comporte moins de risques pour la santé que les produits du tabac classiques, les profits eux sont bien réels : selon le rapport d’activité 2021 de PMI, 50 % des revenus du cigarettier devraient provenir des nouveaux produits du tabac et de la nicotine[[Gill O. Marlboro maker calls for cigarette ban in Britain. The Telegraph [Internet]. 24 juill 2021; Disponible sur: https://www.telegraph.co.uk/business/2021/07/24/marlboro-maker- calls-cigarette-ban-britain/]].
Ces efforts mis en avant ne compensent en aucun cas l’activité mortifère des cigarettiers. A titre d’exemple, entre 2014 et 2020, PMI a dépensé plus de 13 millions de dollars américains pour financer des projets environnementaux[[PMI, Transparency in all we do, Website; undated, https://www.pmi.com/our-views-and-standards/standards/transparency]]. Sur cette même période, l’entreprise a réalisé un bénéfice équivalent à plus de 180 milliards de dollars américains, directement issus de la vente de ses produits nocifs[[Macrotrends, Philip Morris Revenue 2010-2021, Website, https://www.macrotrends.net/stocks/charts/PM/philip-morris/revenue]].
Ces actions superficielles permettent néanmoins à l’industrie du tabac d’être présente voire récompensée lors de grands temps forts RSE :
Ce mois-ci, la filiale française de Philip Morris a été accueillie au salon Produrable, « le plus grand rendez-vous européen des Acteurs et des Solutions de l’économie durable ».
En 2021, British American Tobacco figurait dans l’indice DJSI World (Dow Jones Sustainability Indices). Seule entreprise du tabac récompensée par cet indice, cette distinction la classait parmi les 10 % d’entreprises les plus performantes en matière de développement durable.
L’an dernier, Japan Tobacco International a reçu, pour la troisième année consécutive, le score « A » du Carbon Disclosure Project saluant ses efforts opérationnels dans la lutte contre le changement climatique et la préservation des ressources en eau.
Par la nature même de son activité, l’industrie du tabac est incompatible avec la notion de RSE, définie par la Commission européenne comme étant « l’intégration volontaire par les entreprises de préoccupations sociales et environnementales à leurs activités commerciales et leurs relations avec les parties prenantes ».
Santé, droits humains, environnement : l’industrie du tabac ne peut être labellisée
Avec plus de 8 millions de morts par an[[Global Burden of Disease [database].Washington, DC: Institute of Health Metrics; 2019. IHME,]] dont 75 000 recensés uniquement sur le territoire français, le tabagisme reste la première cause de mortalité évitable[[Bonaldi C, Boussac M, Nguyen-Thanh V. Estimation du nombre de décès attribuables au tabagisme, en France de 2000 à 2015. Bull Epidémiol Hebd. 2019;(15):278-84. http://beh. santepubliquefrance.fr/beh/2019/15/2019_14_2.html]]. Comme le confirmait encore récemment une étude publiée dans The Lancet[[The Lancet. The global burden of cancer attributable to risk factors, 2010–19: a systematic analysis for the Global Burden of Disease Study 2019. Août 2022]], un tiers des cancers dans le monde sont attribuables au tabac. Aujourd’hui, un tel produit entraînant le décès prématuré d’un consommateur sur deux n’obtiendrait jamais d’autorisation de mise sur le marché[[WHO Report on the Global Tobacco Epidemic, 2011: The MPOWER package. Geneva: World Health Organization; 2 WHO Report on the Global Tobacco Epidemic, 2011: The MPOWER package. Geneva: World Health Organization; 2011.011.]].
Au-delà de ses conséquences désastreuses sur la santé publique, l’industrie du tabac porte atteinte aux droits humains :
Selon l’OMS, ce sont 1,3 million d’enfants qui travaillent illégalement dans les champs de tabac, au détriment de leur éducation et de leur santé[[The guardian ‘‘Child labour: the tobacco industry’s smoking gun’’; 2011. Disponible sur : http://www.guardian.co.uk/global-development/2011/sep/ 14/malawi-child-labour-tobacco- industry].]]. Comme alertait l’ACT dans sa campagne « Changeons leur futur », ces enfants souffrent de la « maladie du tabac vert » : en travaillant dans les plantations, ils absorbent par la peau autant de nicotine que celle contenue dans 50 cigarettes[[M.C. Kulik, S.A. Bialous, S. Munthall and W. Max, Tobacco growing and the sustainable development goals, Malawi, Bulletin of the World Health Organisation, 9 February 2017, accessed July 2020 dans CSR: Child Labour – TobaccoTactics [Internet]. Disponible sur: https://tobaccotactics.org/wiki/csr-child-labour/]].
Afin de faire prospérer leur business, les cigarettiers n’hésitent pas à recruter les consommateurs dès le plus jeune âge. Grâce à des stratégies marketing bien rôdées, ce sont plus de 200 000 mineurs qui tombent chaque année en France dans le tabagisme[[Arrêter de fumer et ne pas rechuter : la recommandation 2014 de la HAS [Internet]. Haute Autorité de Santé.
Disponible sur: https://www.has-sante.fr/jcms/c_1719643/fr/arreter-de-fumer-et-ne-pas-rechuter-la-recommandation-2014-de-la-has]]. Parmi eux, plus des 2/3 deviendront des fumeurs réguliers[[Birge M, Duffy S, Miler JA, Hajek P. What proportion of people who try one cigarette become daily smokers? A meta-analysis
of representativesurveys. Nicotine Tob Res 2018;20:1427–33. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/29126298/]].
L’industrie du tabac est également l’une des plus polluantes au monde, de la production à la consommation de ses produits :
Chaque année ce sont environ 200 000 hectares de terre qui sont défrichés pour la culture du tabac ; soit l’équivalent de la surface du pays Luxembourg (2,584 km2)6.
Cette même culture gaspille 22 milliards de tonnes d’eau par an, l’équivalent de 7,5 millions de piscines olympiques[[Zafeiridou M, Hopkinson NS, Voulvoulis N. Cigarette smoking: an assessment of tobacco’s global environmental footprint across its entire supply chain. Environ Sci Technol. 2018;52(15):8087–94. doi:10.1021/acs.est.8b01533.]].
En termes de CO2, elle émet annuellement 84 millions de tonnes de monoxyde de carbone, autant qu’un pays comme le Pérou[[Zafeiridou M, Hopkinson NS, Voulvoulis N. Cigarette smoking: an assessment of tobacco’s global environmental footprint across its entire supply chain. Environ Sci Technol. 2018;52(15):8087–94. doi:10.1021/acs.est.8b01533.]].
Enfin, elle est à l’origine des 4,5 trillions de mégots jetés chaque année dans la nature[[Tik Root, Cigarette butts are toxic plastic pollution. Should they be banned? National Geographic., 9 August, 2019, https://www. nationalgeographic.com/environment/article/cigarettes-story-of-plastic; Novotny; S. Aguinaga Bialous; L. Burt; C. Curtis; V. Luiza da Costa; S. Usman Iqtidar; Y. Liu; S. Pujari; E. Tursan d’Espaignet, “The environmental and health impacts of tobacco agriculture, cigarette manufacture and consumption”, Bull World Health Organ. 2015 Dec 1; 93(12): 877–880, https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/ PMC4669730/]]. La majorité d’entre eux comporte un filtre en acétate de cellulose, un additif plastique difficilement biodégradable pouvant polluer jusqu’à 500 litres d’eau[[Slaughter E. et al. Toxicity of cigarette butts, and their chemical components, to marine and freshwater fish. TobControl. 2011;20(Suppl1): i25-i29. doi:10.1136/tc.2010.040170]] et qui représente le deuxième déchet plastique le plus retrouvé sur les plages de l’Union européenne.
A propos de l’ACT-Alliance contre le tabac
L’ACT-Alliance contre le tabac est un collectif d’associations reconnu d’intérêt général, loi 1901, engagé au service de la santé publique. Depuis l’entrée en vigueur de la Loi Evin en 1991, l’ACT œuvre depuis près de trente ans pour défendre le bien-être de tous face aux intérêts de l’industrie du tabac.
En tant que porte-parole de ses associations membres, l’ACT se fait le devoir d’éclairer par les faits les manipulations de cette industrie et de peser sur le débat public pour un avenir plus durable.
Sa détermination dans la lutte contre le tabac a permis de franchir des étapes décisives en matière de santé publique en France. C’est à travers des campagnes d’information et de plaidoyer que l’ACT poursuit son combat contre des fabricants redoublant d’efforts pour normaliser la consommation, sous différentes formes, de ses produits addictifs.
Par son action fédératrice, l’ACT mobilise collectivement décideurs, acteurs de santé publique, de l’environnement, des droits humains, de la finance, ainsi que les médias pour voir émerger en 2032 la première génération en France libérée des méfaits du tabac et de son industrie.
Des femmes travaillant dans un site d’énergie solaire en Indonésie.Le nombre d’emplois dans le secteur mondial des énergies renouvelables a atteint 12,7 millions l’an dernier, soit un bond de 700.000 de plus en un an, malgré les effets persistants de la pandémie de COVID-19 et la montée de la crise énergétique, selon un nouveau rapport.
Ce rapport intitulé « Énergies renouvelables et emploi : Revue annuelle 2022 », souligne que la taille du marché national est l’un des facteurs majeurs de la création d’emplois dans les énergies renouvelables, au même titre, entre autres, que le coût de la main-d’œuvre. L’énergie solaire s’avère être le secteur qui connaît la croissance la plus rapide. En 2021, il fournissait 4,3 millions d’emplois, soit plus d’un tiers de la main-d’œuvre mondiale actuelle dans les énergies renouvelables.
Le nouveau rapport a été publié par l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA) en collaboration avec l’Organisation internationale du travail (OIT), à l’occasion du Forum mondial d’action pour l’énergie propre de Pittsburgh, aux États-Unis.
Des emplois résilients
Face aux préoccupations croissantes que suscitent le changement climatique, la relance après la pandémie de COVID-19 et les perturbations des chaînes d’approvisionnement, les pays manifestent un intérêt de plus en plus marqué pour la décentralisation de ces chaînes d’approvisionnement et la création d’emplois au niveau national. Le rapport décrit à quel point il est essentiel de compter sur des marchés nationaux solides pour ancrer une dynamique d’industrialisation des énergies propres. Le développement des capacités d’exportation de technologies renouvelables en dépend également, ajoute-t-il.
« En dépit des nombreuses difficultés, les emplois dans les énergies renouvelables restent résilients, et il a été prouvé qu’ils constituent un moteur fiable de création d’emplois », a déclaré Francesco La Camera, Directeur général de l’IRENA. « Je conseille aux gouvernements du monde entier de mener des politiques industrielles qui encouragent la création d’emplois décents dans le secteur des énergies renouvelables au sein de leurs propres pays ».
Le rapport montre qu’un nombre croissant de pays crée des emplois dans les énergies renouvelables, et que près des deux tiers de tous ces emplois se trouvent en Asie. À elle seule, la Chine représente 42% du total mondial, suivie par l’UE et le Brésil (10% chacun), puis les États-Unis et l’Inde (7% chacun).
Selon le Directeur général de l’OIT, Guy Ryder, « au-delà des chiffres, une attention croissante est portée à la qualité des emplois et aux conditions de travail dans les énergies renouvelables, en vue d’assurer un emploi décent et productif ». « La part croissante de l’emploi des femmes suggère que des politiques et des formations dédiées peuvent considérablement améliorer la participation des femmes dans les professions liées aux énergies renouvelables ainsi que l’inclusion et, en définitive, la réalisation d’une transition juste pour tous », a-t-il ajouté.
Des ouvriers nettoient des panneaux solaires à Manille, aux Philippines.
Evolutions au niveau régional
Le rapport met en lumière un certain nombre d’évolutions majeures au niveau régional et national. Ainsi, les pays d’Asie du Sud-Est sont en train de devenir d’importants centres de fabrication photovoltaïque et de gros producteurs de biocarburants. La Chine est le principal fabricant et installateur de panneaux solaires photovoltaïques, et crée un nombre croissant d’emplois dans l’éolien offshore. L’Inde a quant à elle ajouté plus de 10 gigawatts d’énergie solaire photovoltaïque, ce qui a généré de nombreux emplois dans le domaine de l’installation, mais le pays reste fortement dépendant des panneaux importés.
L’Europe, qui représente aujourd’hui environ 40 % de la production éolienne mondiale et est le plus gros exportateur d’équipements éoliens, tente de reconstituer son industrie de fabrication de panneaux solaires photovoltaïques. Le rôle de l’Afrique est encore limité, mais le rapport souligne qu’il existe des possibilités d’emploi croissantes dans le domaine des énergies renouvelables décentralisées, en particulier pour soutenir le commerce local et l’agriculture, entre autres activités économiques.
Sur le continent américain, le Mexique est le premier fournisseur de pales d’éoliennes. Le Brésil, qui reste quant à lui le premier employeur dans le domaine des biocarburants, crée également de nombreux emplois dans les installations éoliennes et solaires photovoltaïques. Les États-Unis d’Amérique commencent à mettre en place une infrastructure industrielle à l’échelle nationale pour leur secteur naissant de l’éolien offshore.
Dans le cadre d’une transition juste, le rapport insiste sur le fait que l’expansion des énergies renouvelables doit être soutenue par des mesures politiques globales, dont la formation des travailleurs, afin de garantir des emplois décents, de qualité, bien rémunérés et diversifiés.
Alutrade, la plus grande entreprise indépendante de recyclage de l’aluminium, spécialiste de l’extrusion au Royaume-Uni, est la première entreprise au monde à bénéficier de la nouvelle solution de tri sophistiquée basée sur des capteurs. Le nouveau X-TRACT™, l’unité de tri des métaux rayons X la plus avancée de TOMRA, a permis à Alutrade d’obtenir de l’aluminium, pur à 99 %, destiné à une utilisation en tant qu’aluminium recyclé.
Répondre à la demande de l’industrie pour un aluminium recyclé de qualité supérieure
La nouvelle unité X-TRACT™ a été installée en mars 2021 dans l’usine de recyclage d’Alutrade à Oldbury, à Birmingham. Elle traite 42 000 tonnes de déchets par an. Le matériau d’entrée de l’usine comprend des extrusions métalliques provenant de différents types de déchets de construction, tels que des fenêtres et des portes, mais aussi des canettes en aluminium. Lorsque les matières entrantes arrivent à l’usine d’Alutrade à Oldbury, elles sont d’abord pré-découpées en bouts d’un à deux mètres de long, puis encore re-broyées par un broyeur à marteaux. Des aimants et des séparateurs à courant de Foucault sont ensuite utilisés pour séparer les métaux ferreux et non ferreux, en éliminant tous les contaminants en vue de l’étape de tri suivante.
Après la séparation magnétique, une combinaison de machines de tri à base de capteurs TOMRA est utilisée pour traiter, trier et récupérer la fraction d’aluminium cible. Deux anciennes machines TOMRA X-TRACT™ – installées respectivement en 2017 et 2018 – sont programmées pour capturer les fractions d’aluminium de plus de 30 mm ; la nouvelle machine cible les fractions d’aluminium plus petites, entre 10 et 30 mm, en éliminant tout contenu en métaux lourds de l’aluminium. Les unités X-TRACT™ trient les métaux en fonction de la différence de densité atomique, en éliminant tout métal lourd.
Les clients d’Alutrade sont basés dans le monde entier, ils exigent la plus haute pureté d’aluminium pour leur processus de refonte, car la moindre teneur en métaux lourds affecte les spécifications de la fusion. Andrew Powell, directeur chez Alutrade LTD, explique : « Au cours des cinq dernières années, nous avons travaillé en étroite collaboration avec TOMRA et notre principal client, et nous avons fait de nombreux essais pour arriver à ce niveau de pureté, qui réponde aux niveaux de pureté exceptionnellement élevés requis pour le processus de refonte. La petite taille de grain de 10 à 30 mm capturée par la nouvelle machine est de l’aluminium pur à 99 %, ce qui signifie que nous pouvons la vendre à un prix beaucoup plus élevé à nos clients qui l’utilisent dans la production de nouveaux produits en aluminium. Qui plus est, la nouvelle version de X-TRACT™ a ouvert de nouvelles opportunités de marché international pour Alutrade, car nous pouvons désormais nous approvisionner auprès de plus de fournisseurs, et revendre aussi les produits de métaux lourds éjectés. «
Le nouvel X-TRACT™ – une solution supérieure
Bien que les deux anciennes machines TOMRA X-TRACT™ de l’usine d’Oldbury aient permis à Alutrade de capturer les fractions d’aluminium supérieures à 30 mm, obtenir des fractions plus petites n’était pas envisageable. Grâce à une nouvelle conception de capteur à rayons X, le nouvel X-TRACT™ peut séparer des fractions très petites, jusqu’à 5 mm, et on attend des niveaux de pureté encore plus élevés.
Le nouvel X-TRACT™ de TOMRA utilise le même processus de séparation des métaux par densité atomique que la précédente version de la machine. Mais il offre des capacités de détection par rayons X bien supérieures. La solution peut garantir un aluminium recyclé de qualité supérieure, destiné directement à la refonte, et qui ne contient pas de métaux lourds. L’unité X-TRACT™ de nouvelle génération présente un certain nombre de nouvelles caractéristiques innovantes, notamment un tri beaucoup plus rapide (jusqu’à 3,8 mètres par seconde) et une capacité accrue. Un nouveau capteur XRT à haute résolution assure une détection plus précise, des temps de traitement plus courts, et un débit plus élevé. La source de rayons X à haute puissance (jusqu’à 1 000w) est capable de traiter plusieurs applications et tailles de grains. Une chambre de séparation plus grande réduit les pertes de matériaux en améliorant la trajectoire des objets triés et un nouveau capot de capture assure un accès plus sûr et une maintenance plus rapide.
L’unité X-TRACT™ d’Alutrade est connectée à TOMRA Insight, la plateforme on demand d’analyse des données basée sur le cloud, sécurisée, quasiment en temps réel. Cette plateforme permet aux clients de transformer leurs trieurs en appareils connectés et de faire passer le tri d’un processus opérationnel à un outil de gestion stratégique. En générant des données de grande valeur, TOMRA Insight aide à maximiser le débit de l’usine, à augmenter les performances de tri et à optimiser la qualité de la production.
A propos du partenariat de longue date entre Alutrade et TOMRA, Andrew Powell d’Alutrade ajoute : » Alutrade utilise des unités X-TRACT™ depuis quatre ans pour garantir la qualité des produits que nous fournissons à nos clients. Cela nous a permis d’instaurer la confiance entre nous et nos clients. Dès le premier jour de fonctionnement, TOMRA nous a aidés à améliorer les taux de récupération de l’aluminium. En utilisant les unités X-TRACT™, nous avons pu améliorer notre production afin qu’elle puisse rester au Royaume-Uni plutôt que d’être exportée. « Investir dans le nouveau X-TRACT™ nous a permis de créer une boucle d’économie circulaire, en reconvertissant l’aluminium en aluminium utilisé dans des produits de haute qualité. De sorte qu’un cadre de fenêtre peut être recyclé en un nouveau cadre de fenêtre. Avec de faibles coûts opérationnels, une sécurité améliorée et des capacités de tri supérieures, le nouveau X-TRACT™ se distingue définitivement en termes de solutions de recyclage de l’aluminium disponibles sur le marché mondial du recyclage des métaux. «
Terence Keyworth, Segment Manager Metal Recycling North/East Europe, ajoute : » TOMRA et Alutrade travaillent ensemble depuis plus de dix ans. L’usine d’Alutrade à Oldbury était donc un site idéal pour nous permettre de tester et de prouver les capacités de notre nouveau X-TRACT™. Mettre au point ce premier prototype dans cet environnement industrialisé, a été très passionnant. Nous sommes ravis qu’Alutrade ait été si impressionné par les capacités de tri de cette nouvelle technologie et nous sommes impatients de déployer d’autres installations dans les mois à venir. »
TOMRA Recycling conçoit et fabrique des technologies de tri basées sur des capteurs pour l’industrie mondiale du recyclage et de la gestion des déchets afin de transformer la récupération des ressources et de créer de la valeur dans les déchets. La société a été la première à développer des applications avancées de tri des déchets et des métaux utilisant la technologie proche infrarouge (NIR) à haute capacité pour extraire le maximum de valeur des ressources et maintenir les matériaux dans une boucle d’utilisation et de réutilisation. À ce jour, plus de 8 200 systèmes ont été installés dans 100 pays du monde entier.
Le spécialiste français du reconditionné Yes Yes arrive dans les hypermarchés du groupe Casino sous forme de corners dans deux magasins, l’un à Bordeaux Pessac, l’autre à Marseille La Valentine. Ce partenariat illustre la stratégie du distributeur stéphanois de transformer ses plus grands magasins en marketplace physique accueillant des enseignes spécialisées.
Depuis quelques semaines, les clients des hypermarchés Casino de Pessac et de Marseille La Valentine ont pu découvrir une nouvelle marque : Yes Yes. Le groupe Casino a misé sur cette entreprise normande proposant des smartphones reconditionnés made in France pour créer des shop-in-shop au sein du rayon high-tech. Le distributeur stéphanois a déjà signé un partenariat avec C&A pour animer son rayon textile, avec La Grande Récré pour le jouet, avec Claire’s pour les accessoires ou encore avec Cdiscount pour l’électroménager.
Pour Latifa Moutai, directrice de l’offre et des partenariats des enseignes Casino, ces corners entrent dans la vision du groupe Casino de transformer ses plus grands magasins en marketplace physique abritant des enseignes spécialisées. Yes Yes, comme les autres marques, reverse au Groupe de Jean-Charles Naouri une commission prélevée sur son chiffre d’affaires.
« Nous avons deux personnes de chez nous en permanence sur le corner, qui présente nos produits et notre offre. Annemasse ouvrira prochainement, puis viendra Paris Masséna. D’autres ouvertures se feront selon les premiers résultats en 2023, mais l’ambition est d’ouvrir plusieurs dizaines de shop-in-shop » explique le cofondateur de Yes Yes, David Mignot à Republik Retail.
Ce partenariat permet à Yes Yes, créée il y a 4 ans en ligne, de se développer sans avoir à investir pour le moment dans la construction de son propre réseau. Notons que l’entreprise a toutefois ouvert sa propre boutique en janvier dernier, à Caen. Le chiffre d’affaires du point de vente a doublé en 6 mois, pour atteindre les 3,2 millions d’euros. David Mignot espère atteindre 5,5 millions d’euros en chiffre d’affaires d’ici la fin de l’année. Des résultats qui illustrent l’attrait des Français pour le reconditionné. D’après l’analyste de données Gfk, il s’est vendu 3,1 millions de smartphones reconditionnés en 2021 (+20% vis-à-vis de 2020), achetés à 47% sur des plateformes en ligne.
L’hydrogène renouvelable et bas carbone font partie de la panoplie des solutions incontournables pour décarboner le système énergétique et plusieurs secteurs industriels. La France a lancé un plan ambitieux, principalement focalisé sur la prochaine décennie, mais cette stratégie n’est pas exempte d’angles morts, qui sont l’objet de ce rapport.
La présente Note[[Cette Note est actuellement ouverte à la co-construction citoyenne. Ceci signifie que chacun(e) peut contribuer à son amélioration en faisant des commentaires et surtout en proposant des amendements précis, soit ci-dessous ou par email à l’adresse contact@lafabriqueecologique.fr. À l’issue de cette période collaborative, le groupe de travail qui a rédigé le document initial se réunira une dernière fois pour retenir les amendements jugés pertinents. Leurs auteurs seront dans ce cas sollicités pour que leur nom figure, s’ils le souhaitent, dans la fiche de présentation de la note en tant que contributeur. La version définitive sera ensuite publiée.]] a réuni pendant plusieurs mois un groupe de travail constitué de différents types d’acteurs. Elle pose plusieurs recommandations pour développer la filière de l’hydrogène bas carbone en France et en Europe.
Le projet L’Intelligence collective au service de la RSE porté par Réseau Canopé a été retenu dans le cadre de l’Appel à défis Innovation écoresponsable du Commissariat général au développe- ment durable et de la Direction interministérielle de la transformation publique. Ce projet doté de 40 000 euros vise notamment à soutenir le déploiement de la démarche RSE dans l’ensemble des process de l’opérateur national de formation tout au long de la vie. Réseau Canopé propose de nombreuses ressources en formation sur l’EDD et lance fin 2022 une offre de formation à la transition écologique.
L’APPEL À DÉFIS
La directrice générale de Réseau Canopé, Marie-Caroline Missir, recevra ce prix le 16 septembre 2022 à 14h à l’Assemblée nationale lors d’une session spéciale « Les services publics font la transition ». L’enveloppe de 40 000 euros attribuée à Réseau Canopé pour trois ans s’inscrit dans l’axe « Formation – Développer la pédagogie et la connaissance des agents en matière de développement durable » de l’appel à défis.
– L’appel à défis vise à encourager la prise en compte du développement durable dans les services publics de l’État en s’appuyant sur des méthodes qui favorisent la co-construction de l’action publique avec les agents et les usa- gers. Il veille à favoriser l’ouverture, la transversalité, et le décloisonnement des structures, l’action, l’agilité et l’ex- périmentation. Le projet de Réseau Canopé a répondu positivement aux trois critères de sélection : impact auprès d’un large public
Co-construction avec les agents
Réalisme par rapport au calendrier
PROJET DU RÉSEAU CANOPÉ : « L’INTELLIGENCE COLLECTIVE AU SERVICE DE LA RSE »
Le projet vise à :
participer à un déploiement de la démarche RSE dans l’ensemble de ses process de Réseau Canopé ;
réinterroger l’ensemble de ses projets et de ses actions au regard du développement durable en associant l’expertise technique et l’expertise d’usage, l’innovation et la créativité de ses personnels.
LA RESPONSABILITÉ SOCIÉTALE ET ENVIRONNEMENTALE DU RÉSEAU CANOPÉ
Du fait de sa mission au service de la formation tout au long de la vie des enseignants, Réseau Canopé souhaite répondre aux grands enjeux du développement durable, que ce soit dans les formations qu’il propose ou dans la manière dont ils impactent son organisation et son fonctionnement. En juin 2021, Réseau Canopé a lancé une démarche RSE, au service du contrat d’objectifs et de performance, projet de l’établissement sous tutelle du ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse pour la période 2022-2024.
L’ambition RSE de Réseau Canopé est de réduire son impact environnemental, d’améliorer les conditions de vie de ses personnels et de ses usagers, tout en veillant à la soutenabilité économique de son activité.
Cet engagement est conçu à deux niveaux : le premier s’articule autour de l’offre de formations pour permettre aux enseignants de nourrir leur expertise et leurs pratiques pédagogiques (cf. Communiqué à paraître à l’occasion de la semaine du développement durable). Le second niveau mobilise l’ensemble des agents de Réseau Canopé, en les accompagnant concrètement dans l’appropriation de ces enjeux.
LA RSE EN ACTES : L’EXEMPLE DES ENJEUX ENVIRONNEMENTAUX
La politique de Réseau Canopé en matière de lutte contre le dérèglement climatique porte sur la maîtrise de la consommation d’énergies et des fluides, des mobilités durables concernant les trajets professionnels, domicile – travail mais aussi les trajets de ses usagers pour participer aux formations et réunions de travail. La politique des achats intègre progressivement la diminution des gaz à effet de serre (GES) , en privilégiant des fournisseurs ayant une politique de réduction des GES.
D’autres actions ciblées : gestion des déchets (recyclage, réduction papier), utilisation durable des ressources, prévention des pollutions, économie circulaire (plateforme d’échange de biens, réemploi, matières recyclées), achats publics responsables, optimisation du parc immobilier (surfaces occupées, locaux mal isolés), réduction des émissions carbone), sobriété numérique.
LA FORMATION DES ENSEIGNANTS À L’EDD : QUELQUES EXEMPLES DE RESSOURCES
Réseau Canopé accompagne les changements structurels et de pratiques associés à l’EDD en proposant des formations par exemple sur :
La mise en place des éco-délégués (un parcours magistère « Engager des éco-délégués »)
La méthodologie de projet et l’accompagnement des labellisations (13 sessions de formation,
La sobriété numérique / le numérique responsable (31 sessions de formation, notamment un webinaire intitulé « Transition écologique et compétences numériques »)
La consommation responsable, en relation avec les ODD 3, 6, 7, 12 (énergie, alimentation, déchets, mobilité, eau) (91 sessions de formation ; une websérie d’éducation à la maîtrise de l’énergie : Les énergivores ; des séries de vidéos sur la plateforme Les Fondamentaux sur les fruits et légumes et sur l’alimentation)
L’éco-citoyenneté (21 sessions de formation, un temps fort « Éducation à l’éco-citoyenneté » organisé en mars 2022)
Les fondamentaux de l’EDD (92 sessions de formation)
L’enseignement des questions socialement vives / des thématiques sujettes à controverses (un parcours magistère « Aborder les questions socialement vives en EDD »)
Les objectifs de développement durable (47 sessions de formation, un dossier pédagogique et des kits de posters relatifs aux 17 ODD récupérables dans les Ateliers Canopé)
La biodiversité et le lien avec la nature, en relation avec les ODD 14 et 15 (73 sessions de formation, un parcours magistère « Une action école collège : biodiversité », deux parcours magistères sur la thématique de l’école dehors « Enseigner dehors en cycle 2 et 3 », « Enseigner dehors dans le secondaire »)
Le climat et l’éducation au changement climatique, en relation avec l’ODD 13 (25 sessions de formation)
La particularité de la mission poursuivie par Réseau Canopé vise également à amplifier l’impact sociétal que constitue l’éducation dans le contexte de la transition écologique et numérique.
A propos de RÉSEAU CANOPÉ
Opérateur du ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, Réseau Canopé a pour mission la formation tout au long de la vie et le développement professionnel des enseignants. Il les accompagne notamment dans l’appropriation des outils et environnement numériques.
Mission : former les enseignants tout au long de la vie
Positionné au cœur des enjeux de la transformation numérique de l’éducation, Réseau Canopé est missionné par le ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse pour assurer la formation de chaque enseignant, tout au long de sa vie, qu’il exerce dans le premier ou le second degré, et notamment la formation au numérique et par le numérique.
Reconnu pour la qualité des process mis en œuvre pour ses actions de formation, Réseau Canopé est certifié Qualiopi par Afnor Certification.
En savoir plusDossier de présentation
1, avenue du Futuroscope Téléport 1 – Bâtiment @4 – CS 80158 86961 FUTUROSCOPE Cedex
Les populations sont exposées à des polluants d’origine environnementale avec des probabilités et niveaux d’exposition très variables. Ainsi, en France, de 48 000 à 97 000 décès prématurés seraient liés à la pollution atmosphérique chaque année. Existe-t-il une corrélation entre ces expositions et les niveaux de vie des populations concernées ?
Pour apporter un premier éclairage de la double exposition aux inégalités environnementales et sociales, France Stratégie a conduit une analyse croisée de six types de pollutions des sols et de l’air pour l’ensemble des communes de France métropolitaine en fonction de caractéristiques socioéconomiques des populations.
Les grandes villes concentrent des pollutions, notamment des sols et de l’air, qui constituent autant de facteurs de risques potentiels pour les enfants et les jeunes, plus nombreux à résider dans ces territoires. Les zones agricoles et anciennement industrielles regroupent expositions fortes à d’autres polluants et désavantages sociaux, notamment en termes de chômage et de taux de pauvreté.
Étude Inégalités environnementales et sociales se superposent-elles ?
Les effets sanitaires des combinaisons de polluants chez des populations particulières constituent une préoccupation de santé publique majeure. Des travaux de cartographie croisée des pollutions sont nécessaires pour dresser le panorama de ces combinaisons, préalable à l’examen des inégalités d’exposition des populations aux pollutions des milieux. Leur réalisation se heurte néanmoins à plusieurs obstacles méthodologiques.
Pour apporter un premier éclairage de la double vulnérabilité aux inégalités environnementales et sociales, nous avons conduit une analyse croisée de six types de pollutions des sols et de l’air pour l’ensemble des communes de France métropolitaine en fonction de caractéristiques socioéconomiques des populations. Pour les pollutions de l’air, les données n’étant le plus souvent disponibles qu’au niveau intercommunal, nous avons considéré que le niveau de pollution était homogène au sein d’une intercommunalité donnée.
Les sols contaminés sont globalement concentrés dans les villes fortement peuplées, alors que dans le cas des pollutions de l’air, d’importantes disparités territoriales sont observées en fonction des polluants. La construction d’un indice d’exposition multiple (IEM) aux pollutions permet d’avoir une vision synthétique des combinaisons de facteurs de risques sanitaires : les métropoles présentent ainsi un IEM quatre fois supérieur à la moyenne nationale.
Mais l’existence d’effets croisés selon les territoires brouille ce message national. Si au niveau national les ouvriers et les employés semblent nettement surreprésentés dans les communes les moins polluées, ces résultats sont infirmés dans certains territoires où un fort IEM apparaît corrélé à la précarité sociale. Par exemple, dans les zones industrielles, les chômeurs et les ouvriers sont plus souvent localisés dans les communes à fort IEM. Les zones rurales, plus fortement exposées aux pollutions d’origine agricole, sont caractérisées par un niveau de vie médian inférieur de 9 % à la moyenne, un taux de pauvreté plus élevé et une population beaucoup plus âgée.
Ces résultats devraient être confirmés par l’analyse de jeux de données plus complets. Notre étude souligne la nécessité d’appréhender la question des inégalités environnementales en distinguant clairement les zones agricoles des zones industrielles et urbaines, pour lesquelles les enjeux sanitaires et les structures sociodémographiques sont très différentes. La mise en œuvre de politiques de prévention des risques différenciées devrait être privilégiée.
Pollution de l’air, pollution des sols : quels territoires font face à des expositions multiples ?
La pollution des sols fait référence à divers polluants d’origine physique (le plomb) ou chimique (composants organiques, pesticides). Les communes densément peuplées sont davantage exposées à la pollution des sols : 88% des villes de plus de 50 000 habitants présentent des sols non conformes à au moins un seuil réglementaire, contre 2% des villes de moins de 2000 habitants. Les zones fortement polluées sont plus souvent les grandes agglomérations (10 %), suivies des zones résidentielles et industrielles (7 %). Les sols de la région des Hauts-de-France semblent particulièrement pollués, avec 9 % de ses communes concernées représentant 51 % de la population de la région. En termes de pollutions de l’air, on constate de fortes disparités territoriales. Les zones agricoles sont particulièrement exposées à l’ammoniac, issu essentiellement des engrais azotés ou des effluents d’élevage, tandis que les zones industrielles le sont au dioxyde de soufre et les métropoles, au niveau desquelles le trafic routier est plus important, aux particules fines.
Des inégalités environnementales différenciées en fonction de la taille de la commune
La construction d’un indice d’exposition multiple (IEM) aux pollutions permet d’avoir une vision synthétique des combinaisons de facteurs de risques sanitaires. A l’échelle nationale, l’IEM évolue selon le niveau de vie médian de la commune avec un format en U : les populations les plus pauvres et les populations les plus aisées vivent dans les communes à plus fort IEM. Lorsqu’on conduit l’analyse en distinguant les grandes villes et les villes moyennes des petites communes, le constat est différent. Alors que l’IEM est globalement croissant avec le niveau de vie dans les communes de moins de 5000 habitants, les grandes communes apparaissent en moyenne plus exposées aux pollutions que les petites communes, et ce quel que soit le niveau vie médian.
Parce que les métropoles concentrent les cadres et les jeunes, ces populations sont davantage exposées à la pollution, notamment de l’air : en Ile-de-France, 43 % des cadres résident dans des communes à haut niveau d’exposition pour cinq des six pollutions. Le lien entre inégalités d’exposition et inégalités sociales dans les grandes villes n’est donc pas univoque. Alors que les cadres y sont en moyenne plus nombreux que sur l’ensemble du territoire, ils sont rarement localisés dans les communes présentant les indices d’exposition multiple les plus bas ou les plus élevés, les moins et les plus polluées. Les chômeurs sont fortement représentés dans les communes à plus haut IEM. Les ouvriers sont quant à eux sous-représentés dans les communes dont l’IEM est élevé.
Les centres-villes et leurs banlieues proches, statistiquement plus pollués, regroupent à la fois des quartiers à hauts et très bas revenus tandis que les zones périurbaines moins polluées sont de plus en plus aisées. Ainsi, Bobigny, qui figure dans les 5 % des communes nationales les plus pauvres, et Le Vésinet, qui figure dans les 5 % des communes nationales les plus riches, ont un IEM proche.
Des communes pauvres plus exposées aux pollutions
Les conclusions obtenues avec l’IEM au niveau national peuvent différer quand on se concentre sur certaines pollutions ou sur certaines zones.
Ainsi, on observe une relation fortement décroissante entre sols pollués et niveau de vie de la commune : 70 % des 10 % des communes les plus pauvres sont exposées à la pollution de leurs sols, contre 42 % des 10 % des communes les plus riches. Cet écart est marqué pour les villes moyennes et petites villes, beaucoup plus polluées que la moyenne nationale.
En zones industrielles, les chômeurs sont fortement représentés dans les communes à plus fort IEM ; les ouvriers, beaucoup plus nombreux qu’en moyenne nationale, semblent également plus souvent localisés dans les communes à plus fort IEM. Si on regarde la part d’individus vivant dans ces territoires sous le seuil de pauvreté selon leur IEM, on observe que le taux de pauvreté croît bien avec l’exposition aux pollutions : alors que les communes à IEM nul font face à un taux de pauvreté de 14 %, ce taux atteint 19 % en moyenne dans les communes à IEM maximal.
Les zones rurales sont plus pauvres avec une population plus âgée, comme c’est le cas en Bretagne. Ces territoires sont peu « surexposés » à l’ensemble des pollutions étudiées mais fortement exposés à l’ammoniac, essentiellement d’origine agricole et aux particules fines pouvant être issues des moissons.
Le casse-tête méthodologique d’une analyse des inégalités environnementales
La grande difficulté d’un travail empirique sur les inégalités environnementales tient à la disponibilité des données. L’absence de données épidémiologiques permettant d’étudier la répartition géographique de maladies susceptibles d’être induites par certains polluants nous contraint à nous intéresser aux facteurs de risques de maladies, et non aux maladies elles-mêmes. Les données relatives aux pollutions sont disponibles de manière très disparate selon les territoires et la nature des pollutions. Cette limite nous contraint à réduire notre analyse à l’échelle communale ou intercommunale, alors qu’une analyse infracommunale serait nécessaire. Enfin, toutes les pollutions ne font pas l’objet de mesures en continu dans le temps et certaines ne sont documentées qu’en termes de respect des normes réglementaires d’analyse.
Malgré ces limites, cette première analyse permet de mettre en avant la corrélation entre exposition multiple aux polluants et précarité sociale pour certains territoires. Elle montre que certaines communes sont multi-exposées, ce qui appelle des mesures ambitieuses de lutte contre les pollutions, ainsi que des actions de prévention sanitaires adaptées aux spécificités territoriales, en distinguant notamment zones agricoles et zones urbaines.
A propos de France Stratégie
Institution autonome, placée auprès du Premier ministre, France Stratégie contribue, par ses propositions, à l’action publique et éclaire le débat. Elle réalise des études originales sur les grandes évolutions économiques et sociales, et les enjeux de soutenabilité. Elle produit également des évaluations de politiques publiques à la demande du gouvernement. Les résultats de ses travaux s’adressent aux pouvoirs publics et aux citoyens.
France Stratégie se situe au 20, avenue de Ségur 75007 Paris.
Adresse postale : France Stratégie – TSA 90725 – 75334 PARIS Cedex 07
Bien avant l’être humain, de nombreuses espèces animales ont su édifier des habitats prodigieux. Que cette fièvre bâtisseuse soit l’œuvre d’une vie ou d’un jour, elle déploie en tous lieux des arts-et-métiers remarquables – terrasser, maçonner, charpenter, coudre ou tisser – et développe une architecture parfaitement intégrée à son environnement.
Suivant leurs besoins et leur espèce, ces animaux s’ingénient à échafauder des foyers sur mesure, organiser avec leurs congénères des cités durables voire créer, à l’aide d’association intime et pérenne, des paysages fondateurs…
LE TEASER DU FILM
ÉPISODE 1 : DES FOYERS SUR MESURE
Diffusion Arte :
LUNDI 3 OCTOBRE À 18H55DES FOYERS SUR MESURE
Édifier des maisons modulables et évolutives n’est pas un savoir-faire strictement humain. Dans cet épisode intitulé « des foyers sur mesure », le rat des moissons, le castor, le blaireau et le fournier roux nous emmènent à la découverte de leurs constructions surprenantes.
DES FOYERS SUR MESURE
Fabriquées en bois, en feuilles ou en terre, ces habitations, parfaitement intégrées à leur environnement, répondent toutes à des préoccupations identiques aux nôtres : stocker de la nourriture, se reproduire, mettre sa famille à l’abri des intempéries et des prédateurs…
Réalisation : Geoffroy de La Tullaye
ÉPISODE 2 : DES CITÉS DURABLES
Diffusion Arte :
MARDI 4 OCTOBRE À 18H55DES CITÉS DURABLES
Si construire des villes semble être l’apanage des civilisations humaines, de nombreuses communautés animales ont été capables d’aménager des cités aux infrastructures parfois aussi complexes que les nôtres…
Mais les villes des animaux bâtisseurs sont, elles, toujours pleinement intégrées à leur environnement.
DES CITÉS DURABLES
Édifier avec les moyens du bord, ces différentes réalisations urbaines préfigurent à leur manière, nos banlieues pavillonnaires, nos barres HLM, nos villes souterraines et nos cités fertiles.
Réalisation : Lucas Allain
ÉPISODE 3 : DES PAYSAGES FONDATEURS
Diffusion Arte :
MERCREDI 5 OCTOBRE À 18H55DES PAYSAGES FONDATEURS
Les animaux paysagistes sont les grands démiurges des écosystèmes de notre planète. Grâce à leur ténacité, outillés de leurs seuls mandibules, bouche, pattes ou tentacules, ils ont façonné le cœur des savanes, des forêts, des cours d’eau, et même des océans.
DES PAYSAGES FONDATEURS
Termite, ver de terre, corail et castor vont ainsi nous prouver qu’habiter un territoire et l’aménager, n’est pas qu’une question de force ou de technologie, mais d’art de vivre, qui leur permet d’entreprendre ces chantiers fabuleux et de répondre à leurs besoins, sans compromettre l’existence des autres espèces…
Réalisation : Geoffroy de La Tullaye
Une collection de : Geoffroy de La Tullaye
Réalisée par : Geoffroy de La Tullaye & Lucas Allain
Produite par : Carine Nonnenmacher
Écrite par : Geoffroy de La Tullaye, Lucas Allain et Marie Alart
Commentaire : Geoffroy de La Tullaye, Laurent Martein en collaboration avec Lucas Allain
Narrateur : Pierre-Alain de Garrigues
Montage : Fred Lossignol, Delphine Piau
Musique : Gabriel Marini et Anthony Touzalin
Image : Lucas Allain, Geoffroy de La Tullaye, Adrien Mendoza, Basile Gerbaud, Frédéric Fèbvre, Samuel Guiton, Guillermo Kloetzer & Marcelo Casacuberta, Romain Guénard, Nicolas Goudeau-Monvois, Renaud Leroux, Kevin Peyrusse, Marta Sostres
Une coproduction : ARTE G.E.I.E., DOCLAND Yard, BIGLO Productions
« Nous allons dans la mauvaise direction ». C’est ce qui ressort du nouveau rapport sans équivoque sur le climat, élaboré par plusieurs institutions en coordination avec l’Organisation météorologique mondiale (OMM). L’Assemblée générale de l’ONU a reconnu les défis croissants que rencontre la communauté internationale et rappelé que ces difficultés légitiment plus que jamais le rôle diplomatique et pragmatique des Nations Unies. Car si le monde se tourne vers l’ONU pour obtenir des réponses, le nouveau Président de l’Assemblée a promis que l’Organisation souhaite incarner l’espoir et ferait tout son possible pour trouver des solutions aux défis auxquels le monde est confronté.
La Terre est notre unique actionnaire.Pour donner le coup d’envoi de ses 50 prochaines années d’existence, l’entreprise se donne pour objectif de devenir une entreprise citoyenne plutôt qu’une entreprise publique.Patagonia annonce aujourd’hui un changement de propriétaire, près de 50 ans après sa création par Yvon Chouinard. À compter d’aujourd’hui, la famille Chouinard transfèrera la totalité de sa propriété à deux nouvelles entités : Patagonia Purpose Trust et Holdfast Collective. Plus important encore, chaque dollar qui n’est pas réinvesti dans Patagonia sera distribué sous forme de dividendes pour protéger la planète.
Le Patagonia Purpose Trust possèdera désormais toutes les actions avec droit de vote de la société (2% de l’ensemble des actions) et constituera une structure juridique pérenne afin de préserver l’objectif et les valeurs de Patagonia, s’assurer que l’intention du fondateur sera respectée dans le temps et démontrer, en tant qu’entreprise à but lucratif, que le capitalisme est compatible avec la protection de la planète.
Le Holdfast Collective possèdera toutes les actions sans droit de vote (98 % du total) et utilisera chaque dollar reçu de la part de Patagonia pour protéger la nature et la biodiversité, soutenir des communautés en développement et lutter contre la crise environnementale. Chaque année, les bénéfices qui ne seront pas réinvestis dans l’entreprise seront distribués par Patagonia au Holdfast Collective sous forme de dividendes pour aider à lutter contre la crise climatique. L’entreprise prévoit de verser un dividende annuel d’environ 100 millions de dollars en fonction de sa santé financière.
Yvon Chouinard, fondateur de Patagonia
Yvon Chouinard, fondateur de Patagonia, ancien propriétaire et membre actuel du conseil d’administration, explique sa vision : « Cela fait un demi-siècle que nous avons commencé notre aventure en tant qu’entreprise responsable. Si nous voulons avoir le moindre espoir de voir notre planète prospérer dans 50 ans, nous devons tous faire tout notre possible avec les ressources dont nous disposons. En tant que chef d’entreprise que je n’ai jamais voulu être, je fais ma part. Au lieu d’extraire la valeur de la nature et de la transformer en richesse, nous utilisons la richesse créée par Patagonia pour protéger la source. Nous faisons de la Terre notre seule actionnaire. Je suis très sérieux lorsqu’il s’agit de sauver cette planète« .
Yvon Chouinard, fondateur de Patagonia
Patagonia restera une entreprise certifiée B Corp et continuera de reverser 1% de son chiffre d’affaires chaque année à des ONG de terrain. La direction de l’entreprise ne changera pas : Ryan Gellert en restera PDG et la famille Chouinard continuera de siéger au conseil d’administration de la marque avec Kris Tompkins, Dan Emmett, la Dr Ayana Elizabeth Johnson, Charles Conn, président du conseil d’administration, et Ryan Gellert. La famille Chouinard dirigera également l’actionnaire majoritaire de l’entreprise, le Patagonia Purpose Trust, en élisant et en supervisant le conseil d’administration de Patagonia, et en guidant le travail philanthropique mené par le Holdfast Collective. En travaillant ensemble, le conseil d’administration de Patagonia et le Patagonia Purpose Trust œuvreront au succès continu de l’entreprise sur le long terme tout en veillant à ce qu’elle reste fidèle à son objectif et à ses valeurs.
Ryan Gellert, PDG et membre du conseil d’administration de Patagonia, a déclaré : « Il y a deux ans, la famille Chouinard a mis au défi quelques-uns d’entre nous de développer une nouvelle structure avec deux objectifs centraux. Ils voulaient que nous protégions la raison d’être de l’entreprise et que nous dégagions immédiatement et perpétuellement plus de fonds pour lutter contre la crise environnementale. Nous pensons que cette nouvelle structure permettra d’atteindre ces deux objectifs et nous espérons qu’elle inspirera une nouvelle façon de faire des affaires en donnant la priorité aux Hommes et à la planète« .
L’entreprise a d’abord partagé la nouvelle avec ses employés lors d’une grande conférence interne hier. Peu après, le site web Patagonia.com a été mis à jour pour signaler que la Terre est désormais la seule actionnaire de la marque, avec notamment une lettre du fondateur Yvon Chouinard.
L’avis des membres du conseil d’administration de Patagonia
« J’ai rencontré Yvon pour la première fois lorsqu’il avait environ 24 ans et aujourd’hui, il en a presque 84. Au cours de toutes ces années, sa vision n’a jamais vacillé. Il voulait faire les choses à sa façon et selon ses propres conditions. Et bien qu’il soit en bonne santé aujourd’hui, il voulait avoir un plan en place pour l’avenir de l’entreprise et celui de la planète. Je crois que ce plan auquel lui et sa famille ont participé est tectonique. Il rendra l’entreprise plus compétitive et ses employés du monde entier seront à jamais responsabilisés par sa finalité. »
– Kristine McDivitt Tompkins« À chaque fois que vous lisez un nouveau rapport scientifique, il est clair que la crise climatique est plus rapide et pire que nous le pensions. Les enjeux ne pourraient pas être plus élevés. Si nous voulons protéger la nature et soutenir les communautés, les entreprises ne peuvent pas continuer à adhérer au modèle économique dominant. Patagonia a fissuré le moule pendant des décennies, et l’a maintenant brisé. Dorénavant, il me tarde de savoir quelles entreprises seront les prochaines à franchir le pas. »
– Dr Ayana Elizabeth Johnson« Le système actuel du capitalisme a fait ses profits à un coût énorme, notamment l’augmentation celui des inégalités et des dommages environnementaux à grande échelle sans compensation. Le monde est littéralement en feu. Les entreprises qui créent le prochain modèle de capitalisme grâce à un engagement profond envers un but précis n’attireront pas seulement plus d’investissements, de meilleurs employés et une plus grande fidélité des clients. Elles représentent également l’avenir des entreprises si nous voulons construire un monde meilleur, et cet avenir commence avec ce qu’Yvon fait maintenant. »
– Charles Conn, président du conseil d’administration
« En tant que fondateur d’une société qui existe depuis près de 50 ans, j’ai vu les impacts positif et négatif qu’une entreprise peut avoir sur ses communautés et ses employés. Nous-mêmes et beaucoup d’autres prenons des mesures significatives pour atténuer l’impact que nous avons sur la planète, mais la nouvelle structure de propriété de Patagonia introduit un nouveau modèle qui va bien au-delà de tout ce qui existe aujourd’hui. Ce qui est tout à fait dans l’esprit de mon ami de longue date et collègue écologiste, Yvon Chouinard. » – Dan Emmett
À propos de Patagonia
«Notre entreprise existe pour sauver notre planète»
Fondée par Yvon Chouinard en 1973, Patagonia Works (« Patagonia ») est une entreprise certifiée B Corporation basée à Ventura, en Californie.
Membre fondateur de 1% pour la planète, l’entreprise est reconnue internationalement pour la qualité de ses produits et son activisme environnemental. Sa structure de propriété unique démontre que la Terre est sa seule actionnaire : les bénéfices qui ne sont pas réinvestis dans l’entreprise sont versés sous forme de dividendes pour protéger la planète.
Patagonia développe ses activités dans les domaines de l’habillement et de l’équipement, de l’alimentation et des activités annexes par l’intermédiaire des filiales suivantes : Patagonia, Inc. (vêtements et équipements), Patagonia Provisions (alimentation), Patagonia Media (livres, films et projets multimédias), Fletcher Chouinard Designs, Inc. (planches de surf), Tin Shed Ventures, LLC (investissements), Worn Wear, Inc. (vêtements usagés et recyclés) et Great Pacific Child Development Center (garde d’enfants et développement sur place).
Le modèle de la croissance comme source d’une prospérité croissante dans un monde unifié mondial a vécu. La surexploitation des ressources naturelles et ses conséquences négatives sur le bien être rendent impérieux un changement majeur de destination de l’activité productive. Dans ce contexte, l’économie circulaire, au cœur de notre thématique d’investissement, peut permettre de réconcilier bien être et prise en compte de la rareté des ressources.
L’économie circulaire esquissée dès 1966 par l’économiste britannique Kenneth Boulding préconise que l’Homme s’inscrive dans un système écologique capable d’une reproduction continue de toute forme matérielle.
Les composantes que nous retenons particulièrement dans notre orientation de gestion sont les suivantes et nous donnerons quelques exemples choisis, loin d’être exhaustifs de la circulation de cette thématique dans votre fonds :
pm-sytic-point-marche_092022-3.pdf
1. Approvisionnement durable et achats responsables
L’objectif pour votre fonds est de pouvoir apprécier la mise en œuvre d’une politique de sélection par les entreprises de fournisseurs ayant les meilleures pratiques destinées à limiter les rebuts d’exploitation et l’impact environnemental de l’exploitation des matières énergétiques et minérales ou de l’exploitation agricole et forestière. Notre grille d’analyse ESG intègre ainsi systématiquement une évaluation de la gestion des fournisseurs, sous l’angle de l’utilisation raisonnée par ces derniers des matière premières (labellisation Eco Vadis des fournisseurs par exemple) et de la réduction du nombre de fournisseurs pour pouvoir en assurer un suivi plus pointu.
2. Écologie territoriale
Favoriser les échanges de flux ou une mutualisation de besoins. Pilier de l’économie circulaire, l’écologie industrielle et territoriale vise à optimiser les ressources sur une zone d’activité donnée, qu’il s’agisse d’énergies, d’eau, de matières, de déchets mais aussi d’équipements et d’usages quotidiens (la ville du quart d’heure).
Veolia conçoit, développe et gère des réseaux de chauffage urbains dans plusieurs grandes métropoles, ce qui permet d’optimiser les consommations d’énergie à l’échelle locale. Son portefeuille représente une puissance installée de 21,100 MW et associe de grands réseaux urbains, comme celui de Varsovie (1,700 km de longueur et 18,000 bâtiments raccordés), à des éco-réseaux de petite taille. Des procédés innovants sont mis au moins, comme la capture des calories du collecteur d’eaux usées de la ville d’Issy-les-Moulineaux pour produire de la chaleur.
3. Économie de la fonctionnalité
Cette forme d’économie collaborative privilégie l’usage à la possession et tend à vendre des services liés aux produits plutôt que les produits eux-mêmes. Les politiques de développement des transports publics participent de cette thématique. Le fonds S.YTIC participe à leur financement via des entreprises du secteur du BTP comme Eiffage (acteur du développement du Grand Paris dans des métiers variés comme le génie électrique, le génie civil ou la construction) ou du rail comme Alstom (production de matériel roulant et solutions à destination de l’ensemble des systèmes ferroviaires pour améliorer leur efficacité et allonger leur durée de vie).
4. Allongement de la durée d’usage
Passe par le recours du consommateur à la réparation, à la vente, au don, ou à l’achat d’occasion dans le cadre du réemploi et de la réutilisation. Adevinta (Leboncoin) est ainsi un exemple emblématique de cette thématique.
5. Recyclage
Traitement et valorisation des matières premières contenues dans les déchets collectés en vue de leur réutilisation dans de nouveaux produits : Dans le cas de la production de verre, Verallia utilise de plus en plus de calcin (débris de verre récupérés) dans la fabrication de ses produits. Son taux d’incorporation dans les fours a considérablement augmenté au cours des dernières années. Ce taux pourrait techniquement atteindre jusqu’à 95 % pour certaines teintes.
Tomra Systems, le leader mondial dans la fabrication de machines qui permettent de trier et de récupérer automatiquement les bouteilles usagées en verre et en plastique, notamment à l’aide de capteurs qui permettent de rapidement identifier les différents types de bouteilles s’inscrit également dans cette thématique.
De même, l’opérateur téléphonique Orange a mis en place une filière de collecte et de recyclage des mobiles (taux de collecte des mobiles usagés en Europe : 20.4% en 2021).
Laurent SAINT AUBIN, Directeur de la Gestion Actions
Les indices boursiers généralistes
A propos de Sofidy
Depuis 1987, Sofidy conçoit et développe des produits d’investissement et d’épargne (SCPI, OPCI, SC, SIIC, OPCVM Immobilier, Fonds dédiés) orientés principalement vers l’immobilier de commerces, et de bureaux. Avec 7,6 milliards d’euros d’encours immobiliers sous gestion au 31/12/2021, Sofidy gère pour le compte de plus de 50 000 épargnants, et un grand nombre d’institutionnels, un patrimoine immobilier constitué d’environ 4 400 actifs commerciaux et de bureaux. Sofidy est une filiale de Tikehau Capital.
A propos de S.YTIC
S.YTIC, FCP Actions Européennes, vise à investir dans les actions de sociétés européennes cotées que Sofidy considère comme capables d’en tirer des avantages et opportunités offertes par l’écosystème particulier des grandes villes développées du monde. La prise en compte de critères ESG (Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance) est étroitement liée à la stratégie du fonds et sert à valider l’éligibilité des entreprises investies dans le fonds.
– www.lelabelisr.fr/fonds/s-ytic-p/
Créée en 2015 à l’École nationale supérieure de paysage, la Chaire Paysage et énergie a pour partenaires RTE, l’ADEME et le ministère de la Transition Écologique et de la Cohésion des Territoires. Elle mène des actions pour montrer comment la démarche de paysage peut efficacement concrétiser la transition énergétique et écologique dans les territoires. Dans ce cadre, elle organise et mène des ateliers pédagogiques, de la recherche, de la création et communique le fruit de ses travaux.
Ces deux dernières années, elle a réalisé trois ouvrages de nature très diverses pour intéresser des publics complémentaires :
L’ouvrage Paysages et énergies, une mise en perspective historique de Sylvain Allemand, paru aux éditions Hermann (2021), montre comment, au cours de l’histoire, les énergies ont façonné nos paysages, et réciproquement. Cette plongée du passé au présent révèle à quel point la transition contemporaine prend sens dans une acception dynamique des paysages, bien loin de la carte postale figée pour l’éternité. À destination du grand public
Paysages et énergies : Une mise en perspective historique
Le guide Transition énergétiques : vers des paysages désirables (2022) raconte 16 expériences de transition énergétique vécues en France, qui ont en tout ou partie emprunté la démarche de paysage. Il en tire 10 enseignements pour inviter les territoires à mettre en œuvre une transition énergétique porteuse de sens.
À destination des professionnels de l’aménagement et des décideurs publics et privés Innovant et audacieux, le guide méthodologique Transition énergétique : vers des paysages désirables proposé par la Chaire Paysage et énergie de l’École nationale supérieure de paysage aborde, au travers de seize expériences de paysage menées en faveur des énergies renouvelables et de dix enseignements pour les territoires, la manière de concrétiser plus efficacement la transition énergétique et écologique.
Avant-propos
Certes les objectifs fixés par l’État en matière de transition énergétique sont clairs.
Certes les collectivités les reprennent et les déclinent dans leurs documents de planification.
Certes les Français, lorsqu’on les sonde, apparaissent largement favorables à cette transition, et notamment au développement des énergies renouvelables.
Et pourtant …
Pourtant, sur le terrain, de nombreux conflits se font jour depuis plus de vingt ans entre les pour et les contre, voire entre les pro et les anti. Les éoliennes au premier chef, mais aussi les panneaux photovoltaïques, les méthaniseurs, la biomasse des bocages, les barrages hydroélectriques, les lignes et les postes électriques, soulèvent presque partout des oppositions au fil de leur développement.
N’y aurait-il pas un problème de méthode ?
Comment concrétiser plus efficacement la transition énergétique et écologique ?
En la rendant désirable ! propose la démarche de paysage.
Longtemps pratiquée à bas bruit par les paysagistes concepteurs, promue par une petite branche du Ministère de l’écologie et conduite par quelques collectivités et développeurs convaincus, cette méthode se pose en alternative à la démarche aménagiste héritée du XXe siècle. En matière d’énergie, elle reste encore expérimentale et rare. Cet ouvrage met en lumière seize expériences vécues dans les territoires à travers la France. Certaines concernent un type d’énergie renouvelable : éolien, photovoltaïque, biomasse, méthanisation, microhydroélectricité, … D’autres sont plus globales et développent le mix énergétique. D’autres enfin abordent la sobriété. Elles représentent des situations paysagères dans leur diversité et réparties dans l’hexagone. On trouvera ainsi des cas en milieu « naturel » (montagne, forêt), y compris en site patrimonialisé ; des exemples en milieu urbain ; d’autres en milieu rural ; d’autres enfin en reconversion (friches). L’ouvrage fait la part belle au récit de la mise en place du projet énergie/paysage, depuis les prémisses et préparatifs jusqu’aux suivis de gestion et aux prolongements, en passant par les temps de conception et concertation, ainsi que de réalisation. Les acteurs et les outils font l’objet d’une attention particulière, car la démarche de paysage n’étant pas institutionnalisée (elle n’entre pas dans les obligations réglementaires), c’est à travers des initiatives locales spécifiques qu’on peut la déceler.
Toutes ces expériences ont fait l’objet d’une démarche qui n’a pas réduit le paysage à une toile de fond inconsistante, ni à une carte postale figée pour l’éternité, ni à une décoration végétale alibi. Au contraire, toutes ont vu le paysage comme un projet désirable et essentiel, que la transition énergétique, et plus globalement écologique, doit contribuer à façonner. Le guide explique les principes de la démarche paysagère ainsi mise au jour. Il en tire dix enseignements pour que les acteurs des territoires, élus, techniciens, services de l’État, développeurs énergéticiens et professionnels de l’aménagement, s’emparent de cette méthode et la mettent en application.
Bertrand FolléaLe guide Transition énergétiques : vers des paysages désirables (2022)
– Consulter et télécharger le Guide Transition énergétique : vers des paysages désirables
L’imagier Paysage et énergie propose de rendre plus concrets l’énergie, ses chiffres et ses enjeux, en les mettant en paysage à travers des illustrations commentées. Sont représentés l’évolution des paysages au fil du temps et des énergies, les défis contemporains de la transition énergétique, puis les nouveaux paysages qui pourraient naître, en fonction des choix que l’on fera, fondés ici sur les tous récents scénarios bas carbone tracés par l’ADEME. À destination du grand public et des enseignants
L’imagier Paysage et énergie« Chacun à sa façon, ces trois ouvrages montrent que la transition n’est pas forcément un chemin de croix punitif, pavé de contraintes, exigeant en efforts et en sacrifices douloureux. Les paysages de l’après-pétrole sont certes très différents de ceux hérités des Trente Glorieuses, mais, à condition qu’on accompagne leur transformation et qu’on les imagine de manière créative, ils peuvent offrir un cadre et un mode de vie mieux qu’acceptables : désirables. »
Bertrand Folléa, Directeur de la Chaire Paysage et énergiePartenaires et membres de la Chaire paysage et énergie
École nationale supérieure de paysage
10, rue du Maréchal-Joffre
78000 Versailles
Mouvement UNISSON(S) : Vers une Architecture Bas Carbone et du VivantAvec son manifeste, le mouvement UNISSON(S) soutenu par le Nouveau Bauhaus Européen et porté par A4MT, Construction 21, Contrast-e, l’Institut Français pour la Performance du Bâtiment (IFPEB), et Dominique Boré, Présidente d’honneur de la Maison de l’Architecture Ile-de-France et membre de l’Académie d’Architecture, réunit les acteurs de la conception, construction, de l’aménagement, du paysage et de l’industrie afin de promouvoir l’émergence d’une nouvelle architecture, socle de l’évolution des enjeux de la transition écologique.
Ce manifeste vise à rassembler la matière grise des architectes et les encourager dans leur engagement en faveur d’une nouvelle architecture et ainsi permettre au secteur de la construction et de l’immobilier de réduire son impact environnemental.
L’A4MT (Action for Market Transformation), l’Institut Français de la Performance du Bâtiment (IFPEB), Construction21 et le New European Bauhaus 2022 s’unissent autour du manifeste « l’architecture du bas carbone et du vivant ».
Ce manifeste vise à rassembler la matière grise des architectes et les encourager dans leur engagement en faveur d’une nouvelle architecture et ainsi permettre au secteur de la construction et de l’immobilier de réduire son impact environnemental.
A l’origine du projet, l’architecte est mobilisé en amont des acteurs de la filière et a ainsi un rôle essentiel sur la conduite du projet.
Le manifeste UNISSON(S) a ainsi pour ambition de faire émerger une nouvelle architecture en réunissant autour de l’architecte l’ensemble de la filière pour revisiter le rapport à la nature et aux besoins de chacun.
Mouvement UNISSON(S) : Vers une Architecture Bas Carbone et du Vivant
Mouvement UNISSON(S) : Vers une Architecture Bas Carbone et du Vivant
Une tendance historique de fond est à l’œuvre dans la société : mettre fin à la dégradation voire la souffrance que nos pratiques modernes font porter à l’environnement.
Le changement climatique et l’effondrement de la biodiversité sont avérés. Si les conséquences sur le dérèglement du système Terre et la survie de l’espèce humaine en particulier sont incontestables, les derniers rapports d’experts – le GIEC pour le climat, l’IPBES pour la biodiversité – affirment cependant notre capacité à limiter les effets de ce double bouleversement. C’est par nos choix politiques et nos actions que nous pouvons concrétiser la transition écologique.
Jamais les citoyens n’ont exprimé aussi clairement leur souhait de vivre en meilleure harmonie avec le vivant, d’avoir une société qui respecte les limites et les ressources planétaires.
Parmi les premiers secteurs à générer un impact négatif sur notre environnement (40 % des émissions de gaz à effet de serre, destruction et fragmentation des écosystèmes, cause majeure d’érosion du vivant), et dans le même temps acteur incontournable de la vie de la cité, le secteur de la construction et de l’immobilier a amorcé sa mue, à l’aide de démarches volontaires autant qu’à marche forcée. Avec l’ambition de réinventer nos villes, concours, appels à manifestations d’intérêt ou encore appels à projets ont élargi le champ des compétences évaluées et ont accru l’exigence.
Et les solutions sont là : utilisation de matériaux à faible impact carbone dont les bio et géo sourcés, rénovation et réemploi via l’économie circulaire, maîtrise de la performance énergétique et le bioclimatisme, respect et réintroduction du vivant dans les projets sont autant de preuves d’une évolution en marche. De façon très innovante, la France met en place en 2022 une Réglementation Environnementale de la construction qui relève le premier défi environnemental du temps – le changement climatique – en contraignant le contenu carbone des ouvrages.
Et voilà qu’avec ces nouvelles exigences, notre vision s’élargit à la culture architecturale.
Car, n’y a-t-il pas une nouvelle pensée architecturale à faire émerger en réponse à la dissonance environnementale visible d’un bâtiment, et son inadéquation aux défis du temps ? Avec un minimum de connaissances techniques on regarde désormais avec désolation toute construction neuve à la performance énergétique minimale, un bioclimatisme raté ou sans ambition, une biodiversité oubliée, issus du «faire comme d‘habitude parce que c’est ce qu’on sait faire », avec des procédés carbonés. Qu’en sera-t-il du projet qui comme une injure à l’intelligence, n’aura pas convoqué la modularité, le bas carbone, les énergies renouvelables ou le réemploi, la préservation des ressources finies et la mémoire de nos constructions passées ?
Le propos est excessif, la critique de l’habitude trop violente ? Pas plus que les bouleversements climatiques et sociétaux qui nous attendent si nous ne conduisons pas cette révolution dans l’acte de bâtir. La folie désormais serait de continuer comme hier, alors même que les solutions techniques sont déjà connues pour la plupart.
Le résultat concret, dans nos villes, est pourtant encore trop souvent décevant. Certains acteurs hélas, perclus par le poids des habitudes, continuent d’ignorer les connaissances scientifiques et refusent d’intégrer les progrès techniques. Ils dévoient la bonne conscience des citoyens et pratiquent un marketing trompeur, plutôt que de faire œuvre d’une nécessaire pédagogie.
Dans les cas heureusement de plus en plus nombreux de projets dits vertueux, où la recherche du « mieux » guide sincèrement la conception, malgré l’alignement de fonctionnalités et l’atteinte de performances, lorsque le projet « coche toutes les cases », le résultat est assez fade : il lui manque un sens.
De toutes les évolutions favorables en cours de développement rapide, cette architecture est le socle de l’évolution des nouveaux enjeux pour la cité et de toute une nouvelle culture à partager. De l’intégration d’injonctions parfois contradictoires, de l’analyse d’une somme de données, après consultation des parties prenantes, du commanditaire aux usagers, le maitre d’œuvre trace un chemin, écrit un projet, sans conteste et par essence imparfait mais en aucun cas « tiède ».
C’est au premier des arts de se révéler dans une pensée nouvelle et de faire synthèse des solutions constructives pour un projet, le tout n’étant pas simplement la somme des parties mais bien une subtile harmonie. Seul l’architecte saura donner à nos sociétés la vision d’ensemble nécessaire pour matérialiser notre ambition collective de concevoir et construire autrement.
C’est pourquoi, nous nous engageons à fédérer, encourager et promouvoir tous les acteurs de la filière qui s’engagent dans l’élaboration d’une nouvelle architecture. Pour y parvenir, nous prenons le parti de recenser et de donner à voir des expériences concrètes, en décryptant, leurs réussites comme leurs écueils. Nous souhaitons susciter le débat entre les spécialistes et créer le dialogue avec la société tout entière, à travers une itinérance dans les différentes régions de France, pour permettre le développement d’un regard critique et avisé de nos concitoyens non experts. En plus de son ancrage et de son rayonnement hexagonal, notre dynamique se veut être la représentante d’une «école française» au sein du nouveau Bauhaus européen promu avec la même intention politique par la Commission européenne.
L’enjeu n’est rien de moins que d’encourager l’émergence d’une nouvelle architecture.
Nous nous engageons à fédérer dans la seule voie possible, celle de la traduction créative et culturelle d’un nouveau pacte écologique, social et économique pour la cité : un choix politique.
Le mouvement UNISSON(S) réunit donc les architectes, les paysagistes, les maîtres d’ouvrages, les concepteurs, les élus, les écoles et tous les métiers de l’aménagement et de la ville, intuitu personae et via leurs entreprises ou organisations.
Ensemble, nous souhaitons que cette architecture d’un monde nouveau, celle du bas carbone et du vivant, émerge rapidement afin de répondre de façon concrète et sensible, pour le bâti, la ville, le vivant, au désir puissant de la société pour cette nouvelle économie des ressources.
Ré-UNIR, UNIR … UNISSON(S) tous les architectes pour faire émerger une nouvelle architecture !
Ré-UNIR, UNIR … UNISSON(S) NOUS AUTOUR DE tous les architectes pour faire émerger une nouvelle architecture !
Stéphane Ifker (X 1993), Senior Partner chez Antin Infrastructure Partners, son épouse Agnès Nicolas Ifker, dirigeante dans le secteur de l’éducation, Eric Labaye, Président de l’École polytechnique, et Frédéric Oudéa, Président de la Fondation de l’École polytechnique, annoncent le lancement du Fonds Ifker pour le climat.
Grands donateurs dans le cadre de la deuxième Campagne de levée de fonds (2016-2021), Stéphane et Agnès Ifker renouvellent leur engagement pour l’École polytechnique avec un don de 8 millions d’euros.
Ce don permettra de financer la recherche en faveur de la transition énergétique, et plus spécifiquement le projet « Réduction des émissions de CO2 : entre gestion intelligente de l’énergie et séquestration carbone » lancé par le centre interdisciplinaire Energy4Climate.
L’humanité est confrontée à un défi climatique d’une ampleur inégalée et dont l’origine humaine ne fait plus de doute. Maintenir le réchauffement climatique en dessous de la limite de 2°C implique un changement majeur dans la production d’énergie en favorisant les énergies bas carbone (nucléaires et renouvelables entre autres). En effet, ces technologies bas carbone devront produire la totalité des besoins en électricité et représenter les deux tiers de la production totale d’énergie, tous secteurs confondus. Les principaux défis des politiques énergétiques nécessitent de gros efforts de recherche interdisciplinaire et des programmes de formation, pour fournir des solutions qui peuvent être rapidement déployées par le secteur socio-économique, financier et par la puissance publique, via la régulation.
Créé en juin 2019 par l’Institut Polytechnique de Paris et l’École des Ponts, le centre interdisciplinaire Energy4Climate (E4C) vise à répondre à ces enjeux de recherche grâce à l’expertise scientifique de 26 laboratoires partenaires et de plus de 200 chercheurs. Alors que son ambition est d’accélérer la transition énergétique par le biais de la recherche, de la formation et de l’innovation, E4C a développé des démonstrateurs à taille réelle intégrés à trois bâtiments du campus : le Drahi – X Novation Center où sont expérimentées des solutions de gestion intelligente de l’électricité, un bâtiment résidentiel qui permet l’expérimentation en autoconsommation collective, et l’observatoire atmosphérique SIRTA (Site Instrumental de Recherche par Télédétection Atmosphérique) qui est équipé d’un micro-réseau électrique de recherche modulable et d’une ferme agrivoltaïque.
Grâce au soutien exceptionnel de Stéphane et Agnès Ifker, le centre Energy4Climate est aujourd’hui en mesure d’accélérer son action en lançant le projet « Réduction des émissions de CO2 : entre gestion intelligente de l’énergie et séquestration carbone ». Levier décisif dans le déploiement de la transition énergétique sur le terrain, il permettra de créer deux nouvelles plateformes technologiques :
Le tout premier dispositif d’extraction et de revalorisation du CO2 de l’eau
Installé sur le lac de l’École polytechnique, ce démonstrateur permettra de capter le CO2 présent dans l’eau et de le transformer en carburant synthétique (en méthanol dans un premier temps). Pour ce faire, il s’appuiera sur une méthode innovante d’extraction du CO2 développée en conduisant au sein du centre E4C des études sur le photovoltaïque flottant, sur les processus électrochimiques, sur l’acceptabilité socio-technique ou encore sur la viabilité économique.
Le premier démonstrateur à taille réelle de stockage et d’optimisation de l’énergie thermique et électrique
Le projet de smart grid thermique-électrique vise à intégrer à un quartier d’habitation un réseau thermique permettant la gestion et le stockage géothermique inter-saisonnier, couplé à un réseau électrique fondé sur la production photovoltaïque, l’utilisation de batteries et la mise à disposition de bornes de recharge de véhicules électriques. Ce démonstrateur permettra d’analyser le couplage intelligent électrique-thermique avec des prévisions multi-échelle de temps, de quelques heures à la saison, mais aussi de développer des algorithmes d’optimisation et de gestion. Il pourrait engendrer des gains d’énergie de l’ordre de 60 %.
Comme les trois démonstrateurs déjà existants, ces nouvelles plateformes s’inscriront au cœur du campus de l’Institut Polytechnique de Paris, véritable laboratoire vivant de la transition énergétique.
« Alors que le changement climatique et ses conséquences dévastatrices ne peuvent plus être niés, nous avons souhaité soutenir la recherche de pointe menée à l’École polytechnique en faveur de la transition énergétique. À travers notre engagement, nous voulons donner aux chercheurs les moyens de développer des projets ambitieux au service du bien commun et aider l’X à se positionner comme une référence mondiale et un moteur sur ces thématiques », témoignent Agnès et Stéphane Ifker qui rejoignent le « Cercle du Président », catégorie de Grands donateurs dont l’engagement dépasse les trois millions d’euros.
« L’X a mis depuis 2019 le développement durable au cœur de ses missions de formation, de recherche et d’innovation. Le don exceptionnel que viennent d’effectuer Agnès et Stéphane Ifker, que je tiens à chaleureusement remercier, permet une accélération majeure du centre interdisciplinaire Energy4Climate en développant des plateformes technologiques uniques, et un renforcement de la place de l’X et d’IP Paris parmi les leaders de la recherche autour de la transition énergétique. », indique Eric Labaye, Président de l’École polytechnique et Président de l’Institut Polytechnique de Paris.
Frédéric Oudéa, Président de la Fondation de l’École polytechnique déclare : « Je tiens à saluer l’engagement exceptionnel d’Agnès et de Stéphane Ifker qui apportent, avec une extrême générosité, un soutien décisif au centre Energy4Climate. Ce don exemplaire, le plus significatif en faveur de la recherche reçu par la Fondation de la part de donateurs particuliers, illustre le rôle clé que joue la communauté polytechnicienne dans l’avenir de l’École, et plus largement dans la résolution des grands défis de notre époque. »
À PROPOS DE L’ÉCOLE POLYTECHNIQUE
Largement internationalisée (41% de ses étudiants, 40% de son corps d’enseignants), l’École polytechnique associe recherche, enseignement et innovation au meilleur niveau scientifique et technologique. Sa formation promeut une culture d’excellence à forte dominante en sciences, ouverte sur une grande tradition humaniste. À travers son offre de formation – bachelor, cycle ingénieur polytechnicien, master, programmes gradués, programme doctoral, doctorat, formation continue – l’École polytechnique forme des décideurs à forte culture scientifique pluridisciplinaire en les exposant à la fois au monde de la recherche et à celui de l’entreprise. Avec ses 23 laboratoires, dont 22 sont unités mixtes de recherche avec le CNRS, le centre de recherche de l’X travaille aux frontières de la connaissance sur les grands enjeux interdisciplinaires scientifiques, technologiques et sociétaux. L’École polytechnique est membre fondateur de l’Institut Polytechnique de Paris.
Créée en 1987 par vingt grandes entreprises françaises à l’initiative de Bernard Esambert (X 1954), alors Président du Conseil d’administration de l’École polytechnique et avec le soutien de l’Association des anciens élèves et diplômés de l’École, la Fondation de l’X rapproche l’École, ses élèves et ses enseignants-chercheurs du monde de l’entreprise. Elle a pour missions principales d’aider à l’évolution de l’enseignement à l’École polytechnique, de développer la recherche et le transfert de technologies avancées vers l’industrie française, de financer le développement de l’X, et ainsi de contribuer à son rayonnement français et international.
Le souci écologique représente une préoccupation majeure pour une large majorité de Français. Les enjeux sont connus, les comportements les plus nuisibles aussi, en particulier lorsqu’il s’agit de consommation. En effet, 69% des Français estiment que la lutte contre le changement climatique doit passer par une modification importante de nos modes de vie (source). Et la sobriété est de mise. Selon le troisième volet du dernier rapport du GIEC, la baisse de la demande en énergie et la diminution de la consommation de biens et de services à l’échelle individuelle sont vues comme des leviers pour réduire les émissions de CO2.
Seulement, le ton souvent grave parfois culpabilisant des défenseurs des causes environnementales génère de l’anxiété. Demeure alors un sentiment d’impuissance et d’incapacité. Sans doute une voie médiane entre le discours d’alerte et la pédagogie légère est-elle à travailler pour qui voudra sensibiliser sans culpabiliser ou stresser.
C’est, précisément, la démarche de Delphine Raymond, animatrice du podcast L’autruche et le colibri. Ici, la fantaisie est de mise avec le pari d’un optimisme sain et entraînant. Elle ne surjoue pas l’expertise. La simplicité a ici valeur de parti pris et repose sur sa proximité avec l’auditeur. Ni journaliste, ni scientifique, Delphine n’en est pas moins compétente car l’information est finalement accessible pour qui voudra bien la collecter.
À partir de sa propre expérience, celle d’une Française désireuse d’aller vers un mode de vie à la fois plus sain et plus responsable, elle a opéré une transition qui s’est avérée plus complexe qu’envisagée. Trouver des informations justes et cohérentes, identifier les marques réellement engagées pour éviter celles qui surfent sur la tendance d’un monde plus vert, de façon trompeuse. Il était temps de faire le tri.
Encourager une consommation éthique sans prendre des airs de moralisatrice
Comprendre les conséquences sur l’environnement d’une consommation « classique », trouver des alternatives pour consommer de manière raisonnée et durable en focalisant son attention sur les marques françaises. Voilà la mission que se donne Delphine, dans une manière bien à elle, mais adaptée aux nécessités de la communication actuelle. La série des podcasts a valeur de guide et on s’y reporte en toute confiance.
L’information est précise et décryptée, mais le ton est résolument décalé et le format des audios systématiquement inférieur à 15 minutes (un format plus court encore est à venir).
On se fait une idée précise du champ couvert par Delphine par la simple liste des épisodes :
1. Quelle gourde ?!
2. Corvée de lessive
3. Dans tes dents !
4. Déo et des bas…
5. Qui porte la culotte (menstruelle) ?
6. Joyeux Noël Félix !
7. La douche froide
8. Sur le fil – partie 1
9. Sur le fil – partie 2
10. Chaud cacao !
11. Ménage la planète
L’hygiène prend une place importante, mais c’est là une démarche qui se comprend aisément quand on sait à quel point les produits cosmétiques ou d’entretien peuvent être polluants. Pour exemple, non seulement les produits ménagers polluent l’air intérieur, mais ils impactent aussi l’air extérieur, l’eau et les sols…
Il faut reconnaître aussi que les questions d’hygiène occasionnent un souci majeur dans la vie quotidienne car ses conséquences sociales ne sont pas négligeables.
Podcasts L’Autruche et le Colibri
Une large audience, appelée à s’étendre encore
Pour l’heure, les femmes représentent 60% des auditeurs, mais la répartition du public est homogène, entre 25 et 55 ans. Chacun vient y trouver les réponses qui le concernent, au sujet de l’hygiène, mais aussi à propos de la mode ou de l’alimentation.
Delphine aime à le répéter :
« Si chacun y met du sien, on y arrivera bien !«
Les épisodes à venir se chargeront très probablement de toucher un nombre sans cesse croissant de colibris en devenir.
À l’origine du projet
Comme pour quantité de Français, la crise sanitaire a valeur de tournant dans la vie de Delphine. Ce temps fut celui de la remise en question profonde. Pour Delphine, ce sera l’engagement vers une transition écologique. Il lui fallait trouver du sens à son quotidien alors même que son activité professionnelle n’y suffisait plus.
« Syndrome de l’autruche ou action du colibri ? Certains font le choix de faire l’autruche et de refuser de voir les choses et d’autres décident de faire leur part, comme le colibri de la légende amérindienne. Je suis encore les deux… Une partie de moi a encore ce réflexe de refuser de voir le danger et une autre partie fait ce travail de sensibilisation. Ces deux oiseaux m’ont d’ailleurs inspiré une fable. »
Delphine Raymond
Les recherches sont nécessaires, mais impossible de trouver une source qui centralise toutes les données requises. Puisque ce site internet n’existe pas, il faut le créer ! Du manque jaillit l’idée, et du projet naît une responsabilité nouvelle : rechercher, analyser et communiquer les informations et conseils que d’autres cherchent sans doute aussi.
Et pour transmettre l’enthousiasme et la jovialité qui font sa personnalité, le format podcast sera choisi. Le jour de ses 45 ans sera la date emblématique de lancement du podcast.
À propos de Delphine, la créatrice du podcast
Delphine, la créatrice du podcast L’Autruche et le Colibri
Menant une vie familiale à proximité de Nice, Delphine est une femme dynamique, créative et résolument engagée dans sa cause.
Son expertise en marketing et en communication lui offre plus de 20 ans d’activités dans le secteur de la cosmétique. Et, pour que la transition soit totale, elle opère cette année un virage pour aller se consacrer aux énergies renouvelables.
Pour en savoir plus
Site web : https://podcasts.audiomeans.fr/l-autruche-et-le-colibri-0b5749448e3a
Le consensus scientifique est clair : la crise climatique et le déclin rapide de la biodiversité sont en cours, et les activités humaines en sont à l’origine. Dans son 6ème rapport, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) insiste sur le rôle crucial des médias pour « cadrer et transmettre les informations sur le changement climatique ». Face à l’urgence absolue de la situation, les journalistes doivent modifier leur façon de travailler pour intégrer pleinement cet enjeu dans le traitement de l’information. C’est l’objet de la Charte pour un journalisme à la hauteur de l’urgence écologique, fruit d’un travail collectif et signée par 500 journalistes et des dizaines de rédactions et organisations.
Bettina Laville et Philippe Dessertine publient un édito sur la nécessité de changer urgemment de modèle que CDURABLE.info partage :
Quand le Comité 21 a présenté, le 17 février dernier dans un webinaire, son document sur la sobriété, il concluait : « Intégrer la transition durable et la sobriété dans notre civilisation devient une urgence fondamentale. Elle s’impose à l’ensemble des acteurs de la société, de différentes manières : les citoyens comme moteurs d’impulsion du changement, les entreprises comme acteurs économiques qui proposent des solutions efficaces aux citoyens, et les territoires comme grands garants de la transition qui accompagnent ces acteurs et les soutiennent ».Bettina LAVILLE Présidente Fondatrice et Présidente d’honneur COMITÉ 21
Cela s’est déroulé une semaine avant l’invasion de l’Ukraine par la Russie, et aujourd’hui, l’impératif de sobriété a envahi le champ politique, à cause de la pénurie énergétique qui s’annonce. Aussi est-elle vécue comme une contrainte géopolitique pénalisante, alors qu’elle est d’abord le cœur de la réponse au réchauffement climatique. Or la sobriété ne sera acceptable que si elle porte du sens, qu’elle devient un mode de vie partagée, au lieu d’être une contrainte insupportable. Bien sûr, pour ce faire, il faut qu’elle épargne les plus faibles, que l’expression « sobriété désirable » agace à juste titre car elle les renvoie à une pauvreté subie. Mais il y a deux manières de considérer la sobriété : crise passagère due à la Guerre en Ukraine, ou première brique d’un monde en ordre de bataille contre le réchauffement climatique ; nous avions choisi, dans le document cité plus haut, cette dernière option.
En effet, ou bien la crise énergétique relance le recours aux énergies fossiles, au-delà d’ajustements ponctuels (et l’on peut dire adieu évidemment au maintien à 1,5 degrés de réchauffement dans ce siècle, déjà illusoire en 2015, et même aux 2 degrés), ou bien on inscrit cette contrainte dans une dynamique globale où l’on fait le choix des économies d’énergie et du recours aux énergies renouvelables et au nucléaire.
Philippe DESSERTINE Président COMITÉ 21
Le changement de modèle, sur lequel le Comité 21 travaille d’arrache pied, peut être une dynamique mobilisatrice, et pas « le pire », comme on peut l’entendre. Le pire, c’est de continuer comme avant. La planète affolée nous l’a assez dit cet été et risque de le redire en automne, avec une canicule qui s’annonce aux Etats Unis, des crues dans toute l’Europe, et des inondations dans le Sud Est asiatique.
Dans ces conditions, les négociations climatiques de la COP 27 s’annoncent difficiles, car l’OUA (Organisation de l’unité africaine) a déjà rappelé que, sans les crédits annoncés depuis si longtemps, les pays du continent compteraient sur le développement de leurs ressources gazières et pétrolières… Au-delà de l’excellente nouvelle de la Loi Climat/santé de Biden, qui a comme objectif de réduire de 50% les émissions américaines pour 2030, il faudra que les Etats concilient les mesures de court terme (approvisionnement énergétique le plus « propre » possible), et de long terme (maitrise du réchauffement), qui, on le sait se joue dans les 10 prochaines années cruciales…
A force d’attendre, le long terme se joue dans le court terme. Ce long terme se décline bien sûr en changement de modèle économique, mais aussi en refonte des solidarités internationales, fondées sur le respect des ODD. Pour cela l’année 2023, avec à la fois le Bilan mondial des émissions et le Sommet du Futur, sera cruciale, car les bouleversements internationaux sont géophysiques et géopolitiques, et c’est sur ces deux réalités qu’il faut rebâtir une gouvernance internationale efficace.
Philippe Dessertine, Président du Comité 21 Bettina Laville, Présidente d’honneur du Comite 21
Comité 21
Le Comité 21 est le plus grand réseau français des acteurs du développement durable. Il regroupe toutes les organisations ainsi que les citoyens qui veulent avoir un impact positif sur la société.
Depuis 1995, le Comité 21 fédère les acteurs du développement durable en France. Il regroupe à la fois des collectivités locales, des entreprises, des associations, des établissements d’enseignements supérieurs et des citoyens. Son action se décline au niveau national et en région, en particulier dans le « Grand Ouest » où le Comité 21 dispose d’un établissement depuis 2010.
Son action contribue à transformer la société vers un modèle durable en s’appuyant sur l’Agenda 2030 et les 17 Objectifs mondiaux du Développement Durable (ODD).
Anticiper, accompagner, transformer… la mission du Comité 21 n’a jamais eu autant de sens qu’aujourd’hui. Depuis 25 ans, nous proposons une large palettes de services pour:
Anticiper les mutations qu’elles soient environnementales, technologiques, démographiques ou réglementaires (veille, décryptage, analyses des tendances)
Accompagner les acteurs pour les aider à adopter des démarches « proactives » face aux mutations (parcours d’accompagnement, formations, boite à outils)
Transformer la société, à travers une série de propositions qui conjuguent le réalisme et la recherche du progrès économique, social et environnemental (think tank, réseau d’experts)
Le Comité 21 dispose d’une expertise reconnue sur le développement durable, au croisement des enjeux publics et privés. Son action se focalise sur des sujets variés, tels que la responsabilité sociétale des entreprises (RSE), l’économie circulaire, la neutralité carbone, la résilience territoriale, l’adaptation aux changements climatiques, la citoyenneté écologique ou encore la santé environnementale.
En 2022, l’établissement National du Comité 21 proposera une large palette de services, de décryptages et d’analyses, ainsi que des outils d’accompagnement :
Une veille permanente sur les actualités du développement durable (réglementation, bonnes pratiques, publications, décryptages …).
Des accompagnements opérationnels, ainsi que des formations pour accélérer et augmenter l’impact des stratégies mises en œuvre sur le territoire :
Le Parcours « Nouveaux enjeux de la RSE », destiné aux chefs d’entreprises, aux dirigeants associatifs et à tous ceux qui s’intéressent de près ou de loin à l’impact de leurs activités.
L’accompagnement bilan carbone pour réaliser son bilan carbone et son plan d’action climat
Le Parcours « Agenda 2030 local », dont l’objectif est de décliner concrètement les ODD à l’échelle locale.
Le Parcours « Adaptation aux changements climatiques » avec des méthodologies, des outils et des bonnes pratiques existantes pour intégrer l’ACC dans ses stratégies.
Les Ateliers de la Citoyenneté Écologique, dont l’objectif est d’examiner les nouvelles formes d’expression citoyenne.
Des travaux à dimension prospective, pour accélérer la transformation des organisations et des territoires. Le Comité 21 approfondira la question des “nouveaux modèles”, dans la continuité de nos travaux sur la sobriété, pour permettre aux organisations – publiques et privées – de se réinventer face à l’accélération des mutations (changements climatiques, épidémies, déclin de la biodiversité́ et des milieux, inégalités sociales fortes …). Il soumettra également aux candidats à l’élection présidentielle les mesures qu’il juge essentielles pour le prochain quinquennat.
Une Université de la citoyenneté écologique, qui vise à renforcer l’implication des citoyens, en leur donnant des clés de compréhension et d’actions sur l’écologie. Le rôle des collectivités, des entreprises, des associations et des établissements d’enseignements et de recherche y sera particulièrement interrogés.
Un Colloque international Rio+30+30 pour illuster le chemin parcouru depuis ces 30 dernières années, et le chemin à parcourir dans les 30 prochaines.
Alors que les 16e Assises des déchets se tiendront dans quelques jours (le 23 septembre de 9h30 à 13h), Thierry Meunier, président de l’association organisatrice, porte un message fort : il est grand temps d’accélérer la transition vers des modèles plus circulaires et durables en favorisant l’innovation, les échanges et l’implication de tous les acteurs.
Les dernières Assises des déchets ont eu lieu en 2019. Qu’est-ce qui a changé depuis ?
Thierry Meunier, président de l’association organisatrice des Assises des Déchets Le monde et la perception que nous en avons ont été profondément modifiés. Nous étions déjà très sensibilisés aux impacts des plastiques, au tri à la maison ou à l’organisation des 5 flux au sein de nos entreprises. Nous savions déjà que les déchetteries, les REP et les différentes formes de recyclage allaient avoir un rôle majeur à jouer, tout comme la lutte contre les exactions et les dépôts sauvages en périphérie des grandes agglomérations.
Aujourd’hui, nous mesurons avec encore plus d’acuité toute l’importance de nos actes de consommation ainsi que celle de nos comportements, tant individuels que collectifs, vis-à-vis de ce que nous délaissons.
Que nos choix soient motivés par leur impact sur le plan environnemental ou sur la santé, ou pour ne plus s’aveugler sur la limitation physique et la raréfaction des ressources en différentes matières comme en énergie, il est temps d’agir : comment établir, rapidement et dans le cadre de l’économie circulaire, une forme de souveraineté ou de retour à une souveraineté territoriale en fonction de chaque catégorie de ce que nous consommons et de ce qui résulte de notre consommation ?
Quel est le rôle d’un événement comme les Assises ?
Parler du “déchet” ne devrait pas être tabou. Tous nos déchets méritent d’être analysés et considérés avec objectivité, sous toutes leurs facettes et en tenant compte de toutes les parties prenantes.
Il est crucial d’appréhender les enjeux les plus concrets et pragmatiques liés aux déchets, que ce soit dans leurs aspects économiques, techniques, sociaux, réglementaires, logistiques… y compris pour anticiper les portes ouvertes aux déviances éventuelles, les orientations interlopes de certains flux, ou la part de prise en charge collective qui est incontournable pour amorcer, sinon soutenir des filières d’avenir.
Les Assises des déchets se veulent un lieu de rencontre, de communication, d’échanges, de débats et de présentations tant des innovations que des problématiques émergentes, dans un monde qui a déjà changé et qui nous fait la démonstration qu’il nous faut d’urgence réviser nos modes de vie. Il faut aller vers plus de résilience, plus d’adaptabilité ou de souplesse dans un intérêt commun où la solidarité, l’éducation, la responsabilité comme la prise en compte des intérêts collectifs à long terme doivent primer.
Quelle est la particularité de cette 16e édition des Assises des déchets ?
La crise sanitaire a profondément perturbé notre calendrier : initialement, cette session était prévue en octobre 2021, puis a été reportée en janvier 2022 avant d’être transformée sous une forme plus contemporaine et plus compacte : notre premier Web’Assises des déchets, gratuit, le 23 septembre 2022.
Il faut ici saluer la confiance des partenaires et amis de l’association des Assises, qui n’ont jamais douté pour soutenir la manifestation et nous aider à rebondir en dépit de toute cette adversité. Et c’est finalement une chance, car les pré-inscriptions à ce jour sont plus que significatives, avec un véritable rayonnement international.
Comment expliquez-vous ce succès ?
Nous vivons un contexte de tension internationale, de retour de l’inflation, d’inquiétude voire de remise en question de la façon de couvrir nos besoins énergétiques. Mais, paradoxalement, le sujet ou le mot « déchet » a, semble-t-il, disparu depuis plusieurs mois des médias ou des annonces médiatiques.
Est-ce parce que depuis la première loi des déchets en 1975 en France, nous en aurions fait assez en matière de filières et de prise en charge, de prévention, de réglementation jusqu’à généraliser aujourd’hui des mécanismes de responsabilité des metteurs sur le marché, avec une police environnementale dotée de moyens significatifs, etc ? Malheureusement non.
Il est certain que notre société, dans un cadre européen, a bâti depuis 50 ans un véritable système technique, économique, réglementaire pour nous garantir un impact minimum de nos déchets, ou mieux maintenant, pour de véritables valorisations dont certaines sont particulièrement ancrées dans notre économie, telles que pour le verre, l’aluminium et autres métaux, le carton, les véhicules hors d’usage, plus récemment en ce qui concerne les déchets du BTP ou la valorisation plus systématique des déchets organiques.
Il n’en reste pas moins qu’à ce jour des questions nouvelles continuent de se poser avec opportunité, qu’elles méritent toujours débats et échanges contradictoires, plus spécifiquement en ce qui concerne l’analyse de la pertinence des nouvelles filières, les expérimentations locales, souvent originales et qui font sens, les nouveaux besoins sinon les adaptations conjoncturelles ou prospectives des filières existantes. Ce sont ces raisons qui nous motivent à faire évoluer et prolonger les Assises des Déchets.
Comment se déroulera ce nouveau rendez-vous ?
Le 23 septembre, nous aborderons les aspects les plus urgents et les plus sensibles dans le secteur des déchets. L’introduction du webinaire se veut courte et incisive. Elle s’appuiera sur les attentes et les préoccupations de trois témoins de la génération montante.
Nous proposerons dans la foulée une séance plénière (Plus rapide, plus forte, plus solidaire : ensemble accélérons la transition), avec l’intervention du ministère et des professionnels. Chacun pourra ensuite assister à l’un des trois ateliers prévus pour l’édition 2021 : « se désintoxiquer des plastiques », « les multifacettes des bio-déchets », « Avantage REP ».
La clôture des débats permettra de proposer à tous de nourrir la réflexion et de formuler des attentes pour les prochaines éditions des Assises des déchets. Nous évoquerons aussi les premières pistes de cadrage de la prochaine édition, prévue les 27 et 28 septembre 2023 en présentiel, comme l’opportunité d’alterner à l’avenir nos deux formules de congrès pour toucher le plus de personnes possible. Car le déchet est l’affaire de tous !
A l’issue d’une élection sans candidat, le Conseil d’administration de B Lab France, renouvelé lors de l’Assemblée générale de l’association, a élu Thomas Breuzard et Camila Garcia Quijano co-présidents de B Lab France le 29 août 2022. Ensemble, ils se sont engagés à contribuer activement au déploiement de la vision du mouvement B Corp, celle d’une économie qui encourage les entreprises à se transformer et à placer leur impact sociétal et environnemental au cœur de leur modèle d’affaires.
Un Conseil d’administration renouvelé et renforcé
Lors de l’Assemblée générale de juin dernier, le mouvement B Corp a renouvelé son Conseil d’administration et renforcé ses instances de Gouvernance pour répondre à l’impératif d’accélérer la transformation de l’économie française et européenne. Le mouvement a veillé à respecter les équilibres pour refléter le mouvement B Corp et l’économie française plus largement. Ainsi le Conseil d’administration compte autant de femmes que d’hommes, couvre l’ensemble des tailles d’entreprises, diversifie les expertises et accueille des représentants de la société civile engagés au quotidien.
Le Conseil d’administration, nommé pour 3 ans, se compose désormais de :
5 membres élus représentant des entreprises B Corp, un par catégorie de taille
d’entreprise.
TPE:Elizabeth Soubelet, Co-fondatrice de Ma Bonne Etoile
PME:Thomas Breuzard, Directeur permaentreprise au sein de Norsys
ETI:Emilie Lowenbach, Directrice RSE et communication d’Ecotone
Grande entreprise : Camila Garcia Quijano, Directrice de la RSE Bledina / Danone France
International : Nicolas Marotte, Directeur général d’Innocent Drinks
5 personnes qualifiées
Elisabeth Laville,Utopies,
Germain L’Hostis, Manifeste étudiant pour un réveil écologique
Sophia MartinKtiri,RAISEVentures
Taoufik Vallipuram, Oui share France
Mathias Vicherat, Sciences-po Paris
2 membres observateurs
Sarah Huisman-Coridian, Equanty
Jacques Veyries, Paris Initiative Entreprise
La co-présidence, une première pour le mouvement B Corp !
Suite à l’Assemblée générale, le Conseil d’administration a ouvert un processus de prise de décision innovant et ambitieux cher au mouvement pour choisir un nouveau président. C’est donc sans candidat que l’élection s’est déroulée afin de garantir l’équité des chances à tous ses membres. Deux personnalités se sont distinguées : Thomas Breuzard et Camila Garcia Quijano.
Les membres du Conseil d’administration ont décidé de saisir cette chance de renforcer encore la représentativité du mouvement par une co-présidence inédite. Les statuts de B Lab France seront donc prochainement adaptés pour confirmer cette co-présidence.
« Le mouvement B Corp est un formidable levier de transformation en profondeur des entreprises et de la vision de notre économie, ainsi que la base d’une interdépendance radicale avec le vivant et entre nous. Je suis très heureuse de représenter à la fois la voix des grandes entreprises et celles des femmes en assurant la co-présidence du mouvement avec Thomas. Pour moi, c’est la suite d’engagement personnel et professionnel, dans un contexte de mutation sociétale et environnementale sans précédent. Je continuerai à mettre toute mon énergie pour accélérer durablement cette transformation, dont ne nous pouvons plus nous en passer ! » déclare Camila Garcia Quijano, Co-président de B Lab France.
« Depuis toujours Norsys expérimente de nouveaux modèles de développement plus respectueux de l’Homme et de la planète. B Corp, qui incarne l’exigence en la matière, ainsi que la recherche d’impact plutôt que la déclaration d’intention, est venue, naturellement compléter nos dispositifs et justifie mon implication au sein de la cette formidable communauté depuis 2019. Je suis ravi de co-présider le mouvement avec Camila. C’est à la fois une reconnaissance unique et un engagement fort qui nous oblige. » précise Thomas Breuzard, Co-président de B Lab France.
B Corp, plus qu’un label, un mouvement de fond qui s’amplifie rapidement
Né en 2006, le mouvement B Corp accueille aujourd’hui plus de 5 000 entreprises dans 75 pays. C’est en 2014 que le mouvement fait son entrée en France sous l’impulsion du cabinet Utopies et en 2019 que naît l’association B Lab France. Aujourd’hui, de plus de 240 entreprises ont été labellisées en France représentant environ 30 000 collaborateurs et 10 milliards d’euros de chiffres d’affaires cumulés. Une progression rapide ces 3 dernières années, qui coïncide avec une prise de conscience accélérée de la nécessité de revoir nos modèles d’affaires et réconcilier but lucratif et bien commun.
Fidèle à sa mission, le mouvement multiplie les initiatives pour accélérer encore cette transformation vers une économie plus inclusive, équitable et régénératrice pour tous les humains ET le vivant dont ils font partie. Concrètement, ce changement d’échelle passe par divers axes de travail et une ligne de conduite dans une époque de l’immédiateté – grandir avec justesse et mesure :
Le renforcement des équipes B Lab France qui devraient compter une douzaine de collaborateurs d’ici la fin d’année, et plus d’une centaine à l’échelle européenne ;
Le renforcement des capacités d’audit et de vérification. Celles-ci ont été multipliées par 4 en 2 ans au sein du B Lab Global Standards Trust ;
L’inclusion des très grandes entreprises dans un chemin d’exigence toujours plus élevé, afin de maximiser l’impact du mouvement ;
La sensibilisation et l’aide au passage à l’action de l’ensemble des acteurs économiques sur leur mesure d’impact, en particulier lié à leur modèle d’affaires ;
La poursuite d’un travail de fond aux côtés des décideurs publics français et européens, pour modifier en profondeur la boussole de performance des entreprises.
B Corp, le label des entreprises à impact du XXIème siècle
Devenir B Corp, ce n’est pas seulement obtenir un label : c’est s’engager sur un chemin de transformation, exigeant et passionnant, et plus que jamais indispensable pour relever les défis de notre temps !
La démarche B Corp s’appuie sur un questionnaire en ligne gratuit et ouvert à toutes les entreprises, quels que soient leur taille ou leur secteur d’activités : le “Business Impact Assessment” ou “BIA”. Il permet de mesurer à la fois l’impact des opérations et celui du modèle d’affaires. Les entreprises les plus avancées peuvent ensuite demander la labellisation “Entreprise B Certifiée”. Des solutions existent pour être accompagné tout au long de la démarche.
IMPACT DES OPÉRATIONSDes standards élevés autour de 5 piliers
Gouvernance
• Mission & engagement
• Ethique & transparence
• Gouvernance & finances.
Collaborateurs
• Rémunération
• Santé & bien-être
• Développement & formation
• Engagement & satisfaction
Collectivité
• Diversité & inclusion
• Impact économique
• Engagement civique
• Politique fournisseurs.
Environnement
• Gestion environnementale
• Air & climat
• Eau
• Terre & vie.
Clients
• Gestion de la clientèle.
Évaluation B Impact Assessment (BIA)
L’Évaluation B Impact Assessment (BIA) est une plateforme sécurisée et gratuite
Cet outil fut conçu pour vous aider à mesurer et à gérer l’impact positif de votre entreprise sur différents domaines d’impact. Pour en savoir plus sur les domaines d’impact pris en compte dans le BIA, nous vous invitons à consulter notre série de vidéos explicatives.
ÉTAPE 1 : Mesurer son impact avec le BIAMesurer son impact avec le BIA
Chaque entreprise est invitée à répondre aux 200 questions du Business Impact Assessment ou BIA pour évaluer concrètement l’impact de ses opérations et son modèles d’affaires autour de 5 piliers : la Gouvernance, les Collaborateurs, la Collectivité, l’Environnement et les Clients.
ÉTAPE 2 : Demander la labellisationDemander la labellisation
Les entreprises ayant obtenu un score final de plus de 80 points peuvent demander à devenir “Entreprise B Certifiée”. Leurs réponses au BIA font l’objet d’un processus rigoureux d’audit et de vérification de la part de la branche audit de l’organisation B Lab. Les entreprises en création peuvent bénéficier du statut de « B Corp pending » en attendant de passer par le processus de vérification et d’audit dans un délai de 12 mois.
ÉTAPE 3 : Rejoindre la communautéRejoindre la communauté
Toute « Entreprise B Certifiée » signe ensuite une déclaration d’interdépendance, où elles s’engagent à soutenir de façon active le développement d’une économie plus inclusive, régénératrice et contributive.
ÉTAPE 4 : Modifier ses statutsModifier ses statuts
L’entreprise doit procéder à une modification de ses statuts afin de pérenniser sa décision de mettre son impact social, environnemental et sociétal au cœur de sa raison d’être. Une modification qui offre des synergies et des complémentarités avec les nouveaux régimes en droit français tels que définis par loi PACTE.
À propos de B CorpTM
B Corp est un mouvement international qui souhaite dessiner un nouveau chemin vers une économie plus inclusive, équitable et régénératrice. Il invite toutes les entreprises à repenser leur rôle au sein de la société en mettant leur impact social, sociétal et environnemental au cœur de leur raison d’être et de leur modèle d’affaires. B Corp, c’est ainsi : – Des standards communs et des outils-boussoles pour mesurer, inspirer et piloter l’impact de l’entreprise (BIA & SDG Manager) – Un label international exigeant pour reconnaître les meilleures pratiques en termes environnemental, social et sociétal et impliquant un changement de statuts – Une communauté active pour s’entraider et progresser collectivement – Des programmes pour engager et avancer ensemble, par exemple sur le Climat. Le mouvement compte aujourd’hui près de 5 000 Entreprises B certifiées dans 75 pays, de toutes tailles et tous secteurs, dont plus de 200 en France.
Alors que le Gouvernement s’apprête à soumettre à l’examen du Parlement le projet de loi relatif à l’accélération des énergies renouvelables, le Cérémé (Cercle d’étude réalités écologiques et mix énergétique), a procédé à l’analyse de ce texte et a constaté qu’il appelle des critiques fondamentales :
1. Le titre de ce projet de loi montre que celui-ci se trompe d’objectif. L’objectif que les pouvoirs publics doivent viser est en effet d’atteindre la neutralité carbone. Il est donc anormal que le texte se limite aux EnR intermittentes et que le nucléaire, qui est décarboné et pilotable, en soit exclu. Le Cérémé appelle le gouvernement à proposer un projet de loi relatif à l’accélération des énergies décarbonées et non des seules énergies renouvelables.
2. Ce texte repose sur l’idée que la France serait en retard. Or, cette affirmation est fausse : la France est en avance sur ses objectifs de décarbonation par rapport à d’autres pays qui, comme l’Allemagne, ont développé plus massivement les énergies renouvelables intermittentes et qui doivent donc les compenser par des énergies fossiles (gaz ou charbon) en l’absence de vent ou de soleil.
3. Le relèvement des seuils de soumission à l’évaluation environnementale pour certains projets éoliens est contraire au principe de non-régression environnementale. L’article 3 du projet de loi permettrait de dispenser d’évaluation environnementale certains projets. Cette disposition va à l’encontre du principe de non-régression, adopté en 2016 par la loi sur la reconquête de la biodiversité, selon lequel « la protection de l’environnement ne peut faire l’objet que d’une amélioration constante ».
4. La reconnaissance aux EnR intermittentes d’un intérêt public majeur aurait de lourdes conséquences sur la biodiversité : certains projets d’énergies intermittentes seraient présumés satisfaire à la condition relative à l’existence d’une RIIPM (raison impérative d’intérêt public majeur), l’une des conditions à remplir pour leur délivrer une autorisation de déroger à l’interdiction de destruction d’espèces protégées. Ainsi, seraient supprimées les protections apportées à la faune et à la flore face aux promoteurs des énergies intermittentes. Et ce de manière permanente, car la rédaction présentée ne comporte pas de limitation dans le temps.
5. La disposition consistant à faire bénéficier les ménages résidant à proximité d’un parc éolien d’un avantage sur leur facture sort du champ de l’éthique. Dans la mesure où il est prouvé que de tels projets sont nuisibles aux riverains et à la protection de la biodiversité, il est malsain de chercher à obtenir leur consentement par le biais d’un rabais financier.
Ainsi, le Cérémé est convaincu que les orientations générales et les mesures de ce projet de loi ne sont pas adaptées aux réels besoins de la France et des Français et a formulé des propositions en conséquence, appuyées par les travaux menés par le Think Tank depuis deux ans.
Dans la note ci-dessous, vous trouverez une analyse plus complète de ce texte et les propositions alternatives que préconise le Cérémé.
Note de positionnement : projet de loi relatif à « l’accélération des énergies renouvelables »
1. L’ordre réel des urgences est inversé par projet de loi, qui place au premier rang la production d’énergies renouvelables intermittentes alors qu’une priorité plus efficace est de relancer la production d’énergie nucléaire totalement décarbonée, moins coûteuse et garante de la souveraineté nationale dans ce domaine fondamental. Ainsi que la chaleur renouvelable.
2. Le projet méconnaît les engagements du Président de la République destinés à réellement consulter et prendre en compte l’avis des populations et des élus locaux.
3. Le projet sacrifie au développement des EnR intermittentes la protection de l’environnement et de la santé. La nécessité de prendre en compte la protection de l’environnement et de la santé est constitutionnellement consacrée par :
+ La Charte de l’Environnement, et notamment par ses articles 1 (« chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé ») et 6 (« Les politiques publiques doivent promouvoir un développement durable. A cet effet, elles concilient la protection et la mise en valeur de l’environnement, le développement économique et le progrès social »).
+ La décision du Conseil Constitutionnel du 12 août 2022 selon laquelle « la préservation de l’environnement doit être recherchée au même titre que les autres intérêts fondamentaux de la Nation » et « les choix destinés à répondre aux besoins du présent ne doivent pas compromettre la capacité des générations futures à satisfaire leurs propres besoins ».
La législation environnementale existante issue de nos lois fondamentales ne doit pas être considérée comme un obstacle à la transition énergétique : au contraire elle témoigne de tout ce qu’il importe de préserver pour protéger l’avenir des générations futures.
Il faut donc prendre le temps de travailler ces questions complexes en veillant à s’appuyer à la fois sur une évaluation environnementale de qualité et sur une évaluation économique incontestable des solutions proposées.
Aucune urgence n’étant avérée, il est indispensable que le projet de loi présenté :
+ se cantonne aux dispositions de progrès qu’il peut contenir ici ou là, ou à des dispositions réellement préparatoires à la SFEC 2050 et d’une PPE 2023-2033 qui, peut-on espérer, sauront concilier durablement l’énergie et l’environnement ;
+ comporte également des dispositions concourant à alléger les contraintes de procédures portant sur des énergies décarbonées alternatives, telles que le nucléaire, dans le respect le plus strict des exigences de sécurité.
7 propositions du Cérémé
Le 12 décembre 2020, Antonio Guterres, secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU), lance un appel à « déclarer l’état d’urgence climatique ». Il ouvre le sommet destiné à relancer les efforts de lutte contre le réchauffement climatique, cinq ans après l’accord de Paris, en ces termes:
« J’appelle aujourd’hui les responsables du monde à déclarer l’état d’urgence climatique dans leur pays jusqu’à ce que la neutralité carbone soit atteinte ».
Convaincu du bien-fondé de ces propos, le Cérémé formule plusieurs propositions afin de contribuer au débat sur le mix énergétique et faire en particulier évoluer la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) en France.
Ces propositions ont pour objectif, si elles sont effectivement mises en œuvre, de permettre à la France d’aller vers une économie plus profondément et plus rapidement décarbonée, plutôt que de s’éloigner de cet objectif.
1 – Réviser en profondeur la politique française de l’énergie en la focalisant sur les objectifs à atteindre et non sur les moyens à développer.
L’analyse détaillée de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (cf. Note) montre que les moyens envisagés actuellement ne permettent pas d’atteindre l’objectif de baisse des émissions de gaz à effet de serre recherché.
En cohérence avec de nombreuses voix s’élevant aujourd’hui de manière croissante dans le débat public et au sein des instances de décision, le Cérémé a cherché à apporter une vision constructive au-delà de la seule analyse critique de la politique énergétique actuelle.
Nous avons donc établi un scénario alternatif simulant l’inflexion de la politique énergétique actuelle traduite dans la PPE, sur la base d’un critère simple : faire tous les choix structurants sur la base prioritaire de leur contribution à la décarbonation du système énergétique, en recherchant l’atteinte des deux seuls objectifs contraignants auxquels la France s’est engagée : diminuer ses émissions de gaz à effet de serre de 40% par rapport à 1990, et porter la part des renouvelables (chaleur, électricité) à 32% en 2030.
Ce scénario non seulement donne une vision claire de l’avantage que cette rationalisation de la décision apporterait à l’atteinte de nos objectifs climat, mais met en lumière également les bénéfices induits supplémentaires nets à même de pérenniser et d’étendre cette décarbonation.
Les principaux résultats de ce scénario sont les suivants :
Réduction des émissions de CO2 de 35 % (moins 30 millions de tonnes), vision 2019, par rapport aux objectifs de la PPE se limitant à moins 26% ;
Réduction des émissions de CO2 de 48%, vision 1990, dès 2028 (objectif européen -40% en 2030);
Réduction de la consommation finale d’énergie de 16% (80 TWh) par rapport à un objectif de 13% dans la PPE, et ce dès 2028 ;
Economie nette en soutiens publics : 20 milliards d’euros (dont 15 milliards liés aux coûts de raccordements), malgré le poids du passé;
Libération de près de 50 milliards d’investissements privés immédiatement disponibles pour d’autres actions en faveur de la transition énergétique et notamment pour aider les ménages et les entreprises à investir directement dans la transition énergétique (mise aux normes, pompes à chaleur, géothermie individuelle, rénovation énergétique du bâti existant etc.) ;
Augmentation de la proportion de capacité de production pilotable au sein du système électrique à 86% (vs. 76% dans la PPE) ;
Amélioration de la gestion des pointes de consommation avec un moindre recours à des importations aujourd’hui à l’empreinte carbone supérieure, et réduction du risque d’exposition à un black-out ;
Préservation de notre niveau d’indépendance énergétique.
2 – Systématiser l’emploi d’indicateurs chiffrés permettant de mesurer la contribution à ces objectifs des politiques proposées.
Le Cérémé propose que les décisions prises au nom de la transition écologique et solidaire soient systématiquement présentées selon leur impact en CO2 évité / € investi.
Prend acte de l’impérative nécessité que chaque effort mené par la force publique au nom des français soit dédié aux objectifs de la Nation de la manière la plus efficace qui soit, et ce au regard des efforts considérables consentis par tous cette dernière année et des enjeux tout aussi considérables à venir;
Fait écho aux appels à plus de considération donnée à la science;
S’inscrit dans la continuité de l’initiative gouvernementale d’établir le budget en base « carbone »;
Et relève de l’intérêt démocratique supérieur de la nation en participant à une communication plus transparente et plus inclusive du public dont est de plus en plus sollicité l’avis.
L’ensemble des politiques publiques doivent être alignées sur ces objectifs.
3 – Tendre, dans une approche technologiquement neutre, vers des exigences règlementaires imposant aux différents moyens de production disponibles des contraintes équivalentes en termes d’impact environnemental, y compris de recyclabilité, d’émissions de gaz à effet de serre, de sécurité, de sûreté, de transparence et d’acceptabilité par les populations avoisinantes.
Le Cérémé propose qu’un champ cohérent de contraintes règlementaires et législatives soit opposé par la force publique aux différentes filières industrielles sollicitées dans le cadre de la transition énergétique.
Cette « équité dans le traitement » doit les inciter à maintenir et exercer un niveau équivalent d’amélioration continue, au-delà de la seule capacité de décarbonation structurellement associée à l’une ou l’autre des options technologiques ou des procédés choisis, et faire que l’atteinte des objectifs climat ne signifie pas la dégradation des autres indicateurs environnementaux (notamment biodiversité), sanitaires, sociaux et économiques qui fondent le modèle de société français.
4 – Suspendre les projets en cours d’étude ou d’instruction, dont la valeur ajoutée directe et mesurable pour l’atteinte des objectifs de décarbonation du système énergétique n’est pas démontrée, pour permettre un débat approfondi sur la stratégie en matière de mix énergétique au regard des objectifs de réduction des gaz à effets de serre.
Parce que le développement des énergies renouvelables électriques, comme l’éolien ou le solaire, est devenu un sujet d’ordre politique, celles-ci suscitent des débats passionnés. Chaque partie invoque ses experts, études, statistiques, … aux conclusions trop souvent contradictoires.
Fort de ce constat, le Cérémé estime plus que jamais nécessaire de reposer les termes du débat et d’objectiver les bénéfices et les risques associées à ces énergies à l’industrialisation récente, pour lesquelles le retour d’expérience demande à être suivi et communiqué au rythme progressif de leur déploiement.
Etant donné les capacités déjà déployées sur lesquelles ce retour d’expérience est seulement en cours de réalisation, les sommes considérables engagées ainsi que le phénomène de verrouillage pour plusieurs décennies vers lequel chaque projet entraîne la collectivité, le Cérémé propose la suspension immédiate de tous les projets en cours d’études ou d’instruction actuellement en cours pour donner au pouvoir politique, aux citoyens, aux scientifiques et aux industriels, le temps nécessaire à une réévaluation objective de la réponse aux attentes émises initialement en termes d’impact écologique, climatique, économique et sur l’attractivité des territoires concernés.
5 – Mutualiser les enseignements tirés des limites observées après 20 ans de politique énergétique, notamment en faveur des énergies renouvelables électriques, partout dans le monde, à commencer par l’Union Européenne.
Si les objectifs en matière d’émissions de gaz à effet de serre sont globaux pour l’Union Européenne et leur intégration progressive de plus en plus réelle à l’échelle physique des systèmes et de leurs impacts, chaque pays fait encore ses propres choix en matière de mix énergétique. Cette diversité européenne dans des contextes de développement relativement similaires donne la possibilité précieuse de faire l’analyse comparée des différents choix pouvant être exercés dans ce domaine.
Or aujourd’hui, il semble n‘exister aucun lieu de mise en commun dépassionnée des connaissances et analyses issues de l’application de ces politiques énergétiques.
A l’heure où les décisions sont prises au nom de la planète, le Cérémé est convaincu qu’il est plus que jamais opportun, et nécessaire, de s’informer de ce qui est fait au-delà des frontières nationales, notamment en Allemagne où les résultats de la politique de l’« Energiewende », emblématique de la vision retranscrite au sein de la PPE française, sont désormais largement contestés, mais également auprès des autres pays européens ayant fait des choix différents, tels que l’Angleterre ou la Finlande, afin de faire l’évaluation dépassionnée de leurs bilans respectifs autant que de leurs applicabilités en France.
6 – Promouvoir l’utilisation pour tous les sujets relevant de la lutte contre le changement climatique de la dénomination « énergie décarbonée », qui devrait être reconnue comme un label en remplacement des dénominations et labels « énergie verte » ou « énergie renouvelable » qui ne reflètent pas l’impact sur le climat.
Electricité renouvelable, énergie renouvelable, … le terme « renouvelable » est devenu un argument marketing employé sans discernement, et surtout sans corrélation avec l’empreinte carbone réelle de ce à quoi il est associé, dans le but avéré de répondre aux attentes des consommateurs soucieux de contribuer à l’urgence climatique. Dans un contexte énergétique, renouvelable est un terme décevant, car il désigne le fait qu’une source d’énergie peut être renouvelée, sans considération du fait qu’elle le soit effectivement ou pas (cas de la biomasse et des bioénergies qui le sont relativement peu) et sans prendre en compte l’empreinte carbone du reste du processus mis en œuvre pour fournir le service énergétique associé. L’acception « renouvelable » ne traduisant pas une contribution positive, mesurable et systématique à la lutte contre le changement climatique, toutes ses utilisations sont propices à manipulation et greenwashing. Pour autant il est utilisé, dans un objectif de préservation du climat, dans les lois françaises, les directives européennes, les propositions de régulations financières, la promotion des offres dites vertes etc. et autres labels ayant vocation à traduire un bénéfice apporté au climat.
Convaincu qu’il est important d’avoir une approche la plus objective possible regardant les effets en termes d’émissions de CO2 de nos choix de société, notamment en ce qui concerne l’énergie, le Cérémé appelle à l’emploi du concept d’énergie ou de service décarboné, à travers un label spécifique, à chaque fois que le bénéfice qui y est associé concerne le changement climatique.
7 – Aligner les décisions des services de l’État et des collectivités locales sur la politique publique décidée.
Afin que les mesures prises aient l’efficacité que l’importance et l’urgence des enjeux qu’elles adressent nécessitent, il apparaît par ailleurs essentiel que soit assurée l’actualisation des textes de référence de toutes natures : qualification des énergies au regard de l’intérêt collectif, procédures applicables, urbanisme, aides publiques et modalités contractuelles associées, contrôle, suivis environnementaux, santé des riverains.
Propositions législatives du Cérémé pour construire une transition écologique juste et efficace
Pour accompagner l’inflexion stratégique qu’il propose, afin de concilier efficacité énergétique, adhésion des citoyens et protection de l’environnement, le Cérémé soumet pour la mandature à venir une plate-forme comportant :
Cinq mesures pour les 100 premiers jours de la mandature : abrogation du décret du 21.04.2020 portant PPE, suspension des autorisations et instructions de nouveaux projets éoliens afin de prendre le temps et la réflexion nécessaires pour réviser les règles applicables, modification de la distance entre éoliennes et habitations, reconnaissance du droit des communes à refuser de tels projets, réinsertion de l’éolien dans le Code de la santé publique.
Une réforme coordonnée des Codes juridiques concernés : Énergie, Environnement, Urbanisme, Santé Publique.
50 mesures pour une candidature (document pdf) pour une politique énergétique de la raison, à laquelle répondra aussi l’annonce de la création d’un Défenseur de l’Environnement, sur le modèle du Défenseur des Droits.
Qui est le Cérémé ?
Le Cérémé est un think tank créé en mars 2020. Il s’est fixé pour mission sociale d’alerter l’opinion publique et les responsables du pays sur les enjeux fondamentaux associés à la stratégie de la France et de l’Union Européenne à l’égard du mix énergétique, et de convaincre les décideurs de la nécessité de mettre en œuvre des approches rationnelles et mesurables : l’énergie de la raison.
Organisation à but non lucratif, indépendante, le Cérémé défend l’intérêt général de la France dans ses choix de politique énergétique sur la base d’analyses chiffrées, de calculs vérifiables et d’idées validées par les meilleurs experts du secteur de l’énergie. Susciter des débats et les réflexions propres à enrichir et à faire vivre une approche rationnelle est le moyen d’action privilégié par le Cérémé.
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