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Développement durable : l’ONU réclame une transformation radicale du système financier mondial

Alors que le système financier mondial est incapable d’amortir efficacement les impacts des crises mondiales actuelles sur les pays du Sud, l’ONU a appelé vendredi à la nécessité urgente d’une augmentation significative du financement du développement durable.
Des élèves se lavent les mains dans un point de lavage des mains nouvellement construit dans une école primaire du district de Pemba, en Zambie.
Des élèves se lavent les mains dans un point de lavage des mains nouvellement construit dans une école primaire du district de Pemba, en Zambie.
« Les multiples crises d’aujourd’hui aggravent les chocs sur les pays en développement – en grande partie à cause d’un système financier mondial injuste, court-termiste, sujet aux crises et qui exacerbe les inégalités », a averti le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, à l’occasion de la publication du rapport sur la Relance des ODD (Objectifs de développement durable).
« Nous devons augmenter massivement le financement abordable à long terme en alignant tous les flux de financement sur les ODD et en améliorant les conditions de prêt des banques multilatérales de développement », a souligné le chef de l’ONU. « Le coût élevé de la dette et les risques croissants de surendettement exigent une action décisive pour mettre au moins 500 milliards de dollars par an à la disposition des pays en développement et convertir les prêts à court terme en dette à long terme à des taux d’intérêt plus bas ».
Deux jeunes garçons dans la localité de Gorora, dans l'État de la mer Rouge, au Soudan.
Deux jeunes garçons dans la localité de Gorora, dans l’État de la mer Rouge, au Soudan.

Un système financier qui fonctionne pour tous

À mi-chemin de l’échéance du Programme de développement durable à l’horizon 2030, les progrès sur les ODD ne sont pas là où ils doivent être. Pour inverser cette tendance, la Relance des ODD souligne la nécessité pour la communauté internationale de mobiliser des investissements pour les ODD – mais, ce faisant, de créer une nouvelle architecture financière internationale qui garantirait que le financement est automatiquement investi pour soutenir des transitions justes, inclusives et équitables pour tous les pays. Le système financier mondial actuel – créé à l’origine pour fournir un filet de sécurité mondial en cas de choc – est celui dans lequel la plupart des pays les plus pauvres du monde ont vu leurs paiements au titre du service de la dette monter en flèche de 35% en 2022. La « grande fracture financière » continue de proliférer, laissant les pays du Sud plus sensibles aux chocs. Les pays en développement ne disposent pas des ressources dont ils ont besoin de toute urgence pour investir dans la relance, l’action climatique et les ODD, ce qui les met encore plus en retard lors de la prochaine crise – et encore moins susceptibles de bénéficier des transitions futures, y compris la transition verte. En novembre 2022, 37 des 69 pays les plus pauvres du monde étaient soit à haut risque, soit déjà surendettés, tandis qu’un pays à revenu intermédiaire sur quatre, qui abritent la majorité des personnes extrêmement pauvres, courait un risque élevé de crise budgétaire. En conséquence, le nombre de personnes supplémentaires tombant dans l’extrême pauvreté dans les pays en situation de surendettement ou à haut risque de le devenir est estimé à 175 millions d’ici 2030, dont 89 millions de femmes et de filles. Même avant la récente hausse des taux d’intérêt, les pays les moins avancés qui empruntaient sur les marchés internationaux des capitaux payaient souvent des taux de 5 à 8%, contre 1% pour de nombreux pays développés.
Edward Ndopu, Défenseur des ODD et fondateur de Stratégies globales pour une éducation incluse, originaire d'Afrique du Sud.
Edward Ndopu, Défenseur des ODD et fondateur de Stratégies globales pour une éducation incluse, originaire d’Afrique du Sud.

Compenser les conditions de marché défavorables

La Relance des ODD vise à compenser les conditions de marché défavorables auxquelles sont confrontés les pays en développement grâce à des investissements dans les énergies renouvelables, la protection sociale universelle, la création d’emplois décents, les soins de santé, une éducation de qualité, des systèmes alimentaires durables, les infrastructures urbaines et la transformation numérique. Augmenter le financement de 500 milliards de dollars par an est possible grâce à une combinaison de financements concessionnels et non concessionnels qui se renforcent mutuellement. Les réformes de l’architecture financière internationale font partie intégrante de la relance des ODD. Comme le souligne le Programme d’action d’Addis-Abeba, le financement du développement durable ne se limite pas à la disponibilité de ressources financières. Les cadres politiques nationaux et mondiaux influencent les risques, façonnent les incitations, ont un impact sur les besoins de financement et affectent le coût du financement. La Relance des ODD définit trois domaines d’action immédiate :
  1. Premièrement, s’attaquer au coût élevé de la dette et aux risques croissants de surendettement, notamment en convertissant les emprunts à court terme à taux d’intérêt élevé en dette à long terme (plus de 30 ans) à des taux d’intérêt plus bas.
  2. Deuxièmement, augmenter massivement le financement à long terme abordable pour le développement, notamment en renforçant la base de capital des banques multilatérales de développement, en améliorant les conditions de leurs prêts et en alignant tous les flux de financement sur les ODD.
  3. Troisièmement, étendre le financement d’urgence aux pays qui en ont besoin, notamment en intégrant des clauses de catastrophe et de pandémie dans tous les prêts souverains, et émettre plus automatiquement des droits de tirage spéciaux en temps de crise.

Rôle central des institutions financières internationales

Les institutions financières internationales restent au cœur de cet agenda. Dans l’immédiat, les banques multilatérales de développement peuvent agir de trois manières importantes.
  1. Premièrement, les banques multilatérales de développement doivent augmenter massivement le volume des prêts, y compris les prêts concessionnels. Cela peut être réalisé en augmentant leurs fonds propres, en tirant mieux parti des capitaux existants et en mettant en œuvre les recommandations de l’examen du cadre d’adéquation des fonds propres du G20, et en réorientant les droits de tirage spéciaux via les banques multilatérales de développement.
  2. Deuxièmement, les banques multilatérales de développement doivent améliorer les conditions de leurs prêts, notamment par des prêts à plus long terme, des taux d’intérêt plus bas, davantage de prêts en monnaies locales et l’inclusion de tous les pays vulnérables dans les programmes de prêt.
  3. Troisièmement, les banques multilatérales de développement – ainsi que tous les acteurs publics et privés – doivent explicitement intégrer les ODD dans leur cadrage, leurs opérations et toutes les étapes du processus de prêt et des clauses de catastrophe et de pandémie doivent être intégrées dans tous les contrats de dette pour fournir un soulagement immédiat en période de crise.
Comme l’a souligné le Secrétaire général de l’ONU, la relance des ODD, bien qu’ambitieuse, est réalisable. Mais pour que cela se produise, « une volonté politique urgente de prendre des mesures concertées et coordonnées pour mettre en œuvre cet ensemble de propositions interconnectées en temps opportun est essentielle ».
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Lancement du Rotary GREEN Start-Up Challenge en ligne du 24 au 26 février 2023

capture_d_e_cran_2023-02-15_a_16.40_52.png Soutenant le plan gouvernemental France 2030, en faveur de l’innovation entrepreneuriale et l’émergence de filières économiques d’excellence pour répondre aux futurs défis écologiques et technologiques, les Rotary clubs de France, Corse, Monaco, Belgique, Luxembourg, lancent la 2ème édition du Rotary Green, le Start-Up Challenge 100% Digital

Édition 2021 : enjeux & bilan

Le premier Rotary GREEN Start-Up Challenge européen en ligne organisé en avril 2021 à Toulon, en période de confinement, avait permis de réunir, durant 3 jours, 80 candidats en provenance de diverses régions de France, Monaco et provinces belgo-luxembourgeoises. Ils avaient été accompagnés par 20 professionnels de renom, experts en stratégie d’entreprise, coaching, finance, juridique et développement durable pour les aider à partir de l’émergence d’une idée à affiner leur projet novateur, tout en les stimulant vers la création d’entreprise. 7 entreprises créées Sur les 10 finalistes nominés, 5 lauréats avaient été récompensés par 5 prix s’appuyant principalement sur des heures de conseil (40 heures pour le Rotary green Or, 30 heures pour l’Argent, 20 heures pour le Bronze et 2 consultations de 3 heures pour les Prix spécial du jury et le Prix du public). Les 5 projets primés ont donné naissance à 5 entreprises, toutes en cours de développement :
  • Or : WORM GENERATION
  • Argent : AGRILANT
  • Bronze : LA PETITE REDINGOTE (Ex EMBALLONS-NOUS)
  • Prix spécial du jury : WEBO
  • Prix spécial du Public : LES P’TITS MOUSSES
  • Deux projets nominés – COMPOSTEO et CHAGA NUTRITION ont également abouti à une création d’entreprise.

Quels nouveaux objectifs pour ce Challenge digital 2023 ?

logorotarygreen.jpg Modalités de participation et Prix Le Challenge est ouvert aux étudiants, doctorants, chercheurs, décideurs, développeurs, communicants. Les participants peuvent s’inscrire dès maintenant sur la plateforme en ligne www.rotarygreen.org Les lauréats bénéficient de formations professionnelles sur plusieurs mois en coaching et accompagnement en finance, stratégie, juridique, marketing, management par des chefs d’entreprise expérimentés ainsi que d’une visibilité médiatique pré et post-event nationale (presse, radio,TV, internet, réseaux sociaux) et internationale, grâce au Rotary Mag, partenaire principal couvrant les pays francophones. Ce Challenge leur offre enfin l’opportunité d’enrichir leurs carnets d’adresses en s’appuyant sur le réseau professionnel européen rotarien couvrant la France, Corse, les Principautés d’Andorre et de Monaco, la Belgique et le Grand-Duché de Luxembourg.

Programme

  • Vendredi 24 février 2023, en direct de Toulon
    • 16h30 : lancement du Rotary GREEN Start-Up Challenge sous le parrainage d’Armel Le Cléac’h, skipper professionnel, vainqueur du Vendée Globe 2016-2017. Présentation via visioconférence par chaque candidat de son projet en présence de 15 experts qui sélectionneront les 10 meilleurs. Réorganisation des groupes de travail.
  • Samedi 25 février 2023
    • Tous les participants et mentors professionnels aident les nominés à affiner leur projet. Témoignages des lauréats 2021.
  • Dimanche 26 février 2023
    • Présentation des 10 projets au jury durant 10 mn ; sélection des 5 lauréats finalistes.
    • 18h30 : Cérémonie de remise des prix en présence de Jennifer Jones, Présidente du Rotary International 2022-2023

L’environnement : un enjeu prioritaire pour le Rotary

capture_d_e_cran_2023-02-15_a_16.45_19.png Dès sa nomination en juillet 2022 à la Présidence du Rotary International, Jennifer Jones a confirmé la feuille de route 2022-2023, centrée sur un 7ème axe thématique majeur : l’environnement, « fondamental pour notre avenir ». L’organisation entend participer activement à la protection de la planète, en soutenant :
  • Les communautés dans la préservation des ressources naturelles, l’usage de pratiques durables (agriculture, pêche, aquaculture) et l’éducation pour encourager l’éco-responsabilité
  • Le développement d’initiatives locales au profit d’une économie circulaire autonome
Grâce aux efforts des rotariens, 18.4 millions de subventions mondiales de la Fondation Rotary ont ainsi été alloués depuis 2019 au secteur environnemental et notamment au développement économique territorial.

Pacte vert européen et plan France 2030 : des budgets à la hausse

L’Union Européenne a instauré un pacte vert pour l’Europe et déployé des stratégies incitatives afin d’atteindre la neutralité climatique à l’horizon 2050. Elle a ainsi mobilisé pour la période 2021-2027 un budget de près de 75 milliards d’euros dédié aux entreprises qui consacreraient notamment leur R & D et leurs activités à la décarbonation de l’économie, aux technologies énergétiques propres et à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Un Fonds doté de 17,5 milliards d’euros a été constitué pour les aider à alléger les coûts sociaux et économiques résultant de la transition écologique. Dans le cadre du plan France 2030, le Gouvernement, pour répondre aux mêmes enjeux, a débloqué cette année un budget de 33,9 milliards d’euros en faveur de l’environnement (hors impact exceptionnel de la hausse des prix de l’énergie et les dépenses qui lui sont liées), soit plus de 4,5 milliards d’euros par rapport à l’année 2022.

« Notre objectif 2023 : booster l’économie verte en régions »

« Forts du succès de la première édition digitale, lancée en pleine pandémie, en avril 2021, qui a permis aux 5 lauréats finalistes de créer leur entreprise, les Rotary clubs de France, Corse, Belgique, Luxembourg, Andorre et Monaco participant à cette initiative, ont souhaité conforter cette dynamique entrepreneuriale en lançant cette seconde édition en ligne les 24,25 et 26 février prochains. L’outil visio, aisé, green et accessible à tout porteur de projet reste de mise et confortera un rythme soutenu, allégé par l’alternance de pauses détente et d’animations ludiques virtuelles. Le Rotary GREEN Start-Up Challenge 2023 continue à privilégier des idées et projets alliant technologie numérique et innovation environnementale durable. » explique Jean-Jacques Titon co-organisateur de cette initiative aux côtés d’une équipe soudée et opérationnelle de 10 membres experts en communication et marketing digital. « Nous nous appuyons dans le cadre de cette organisation sur de nombreux clubs Rotaract (18- 30 ans) dont nous parrainons les projets entrepreneuriaux. C’est dans notre ADN. L’objectif de cette nouvelle édition est d’attirer des porteurs de projets novateurs nationaux et européens, accélérant la transition écologique territoriale. »

Les chiffres du Green business

En 2019, l’économie verte représentait près de 1,1 million d’emplois soit 3,9 % de l’emploi total national dont 2,3% dédiés à la protection de l’environnement ou à la gestion durable des ressources naturelles. Tendance 2023 : la blue economy (aquaculture, énergies renouvelables, tourisme et biotechnologies marines) génère 500 milliards d’euros de revenus par an et représente 5,4 millions d’emplois. Source : www.economie.gouv.fr

A propos du Rotary International

rotary-logo-color-2019-simplified.svg Le Rotary est une organisation humanitaire internationale, fondée par Paul Harris en 1905 à Chicago aux Etats-Unis. Elle compte plus de 1,4 million de membres –dirigeants et professionnels solidaires représentant tous les secteurs de l’économie mondiale au sein des 46 000 Rotary clubs répartis dans plus de 200 pays et territoires sur les 5 continents. A travers sa Fondation et ses clubs, le Rotary mobilise ses membres autour de sept axes stratégiques d’interventions pour apporter un changement durable dans le monde :
  • la construction de la paix et la prévention des conflits,
  • l’approvisionnement en eau potable,
  • l’assainissement et l’hygiène,
  • la prévention et le traitement des maladies,
  • la santé des mères et des enfants,
  • l’alphabétisation et l’éducation,
  • le développement des économies locales,
  • la préservation et la protection de l’environnement.
– www.rotary.org/fr

 

Une meilleure gestion des prairies renforce la capacité des sols à stocker du carbone selon la FAO

L’amélioration des pratiques de gestion des prairies – de vastes zones couvertes d’herbe, notamment utilisées pour le pâturage des animaux – peut renforcer la capacité des sols en tant que puits de carbone et aider les pays à atteindre leurs objectifs climatiques, selon un nouveau rapport de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
L'amélioration des pratiques de gestion des prairies peut renforcer la capacité des sols en tant que puits de carbone et aider les pays à atteindre leurs objectifs climatiques.
L’amélioration des pratiques de gestion des prairies peut renforcer la capacité des sols en tant que puits de carbone et aider les pays à atteindre leurs objectifs climatiques.
Après les océans, les sols sont le deuxième plus grand réservoir de carbone sur Terre. Ils jouent un rôle important dans le changement climatique en raison de la grande quantité de carbone actuellement stockée dans la matière organique du sol. La FAO a donc mesuré le niveau de stockage de carbone organique du sol (COS) dans les prairies. L’étude a ainsi révélé que si la teneur en COS dans les 0-30 premiers centimètres des prairies disponibles augmentait de 0,3% après 20 ans de mise en œuvre de pratiques de gestion qui améliorent la séquestration du carbone organique du sol, 0,3 tonne de C/ha par an pourrait être capturée. « L’évaluation de l’état actuel des systèmes de prairies et de leur potentiel de séquestration du carbone dans le sol est essentielle pour mieux comprendre les avantages des services des prairies pour la sécurité alimentaire, la conservation de la biodiversité et l’atténuation du changement climatique », a indiqué Thanawat Tiensin, Directeur de la Division de la production et de la santé animales de la FAO. « Ce rapport fournit une analyse complète de l’état des stocks de carbone et des compensations potentielles dans les sols des prairies dans le monde. Il peut également servir de référence pour les travaux futurs visant à améliorer la séquestration du carbone dans les sols grâce à une gestion durable des pâturages », a-t-il ajouté.

L’importance des prairies

Les sols peuvent agir à la fois comme sources et comme puits de carbone, et de nombreuses prairies, qui contiennent environ 20% du carbone organique du sol mondial, ont subi des pertes en raison des activités humaines telles que le pâturage intensif du bétail, les activités agricoles et d’autres activités d’utilisation des terres. Selon le rapport, la plupart des prairies du monde présentent un bilan carbone positif, ce qui signifie que la terre est stable ou bien entretenue. Toutefois, un bilan carbone négatif a été constaté en Asie de l’Est, en Amérique centrale et du Sud, et en Afrique au sud de l’équateur, ce qui signifie que ces stocks sont susceptibles de diminuer en raison des contraintes anthropiques combinées aux conditions climatiques. Cette tendance pourrait toutefois être inversée en stimulant la croissance des plantes, en capturant le carbone dans le sol et en protégeant le carbone dans les sols hautement organiques, tels que les prairies semi-naturelles (non gérées par l’homme). Cela pourrait également signifier la mise en œuvre de mesures de rotation, de planification ou d’adaptation du pâturage pour les animaux.
Jardins communaux, district de Kaabong dans la région de Karamoja, Ouganda.
Jardins communaux, district de Kaabong dans la région de Karamoja, Ouganda.

Jardins fourragers dans les pays d’Afrique orientale

Le rapport a ainsi étudié le cas du Kenya et de l’Ouganda où des mesures ont été prises pour améliorer les stocks de COS, comme par exemple la création de jardins fourragers dans les pays d’Afrique orientale. Ainsi, plus de 40.000 petits agriculteurs au Kenya et en Ouganda ont créé des jardins avec des calliandras, souvent utilisés comme plante fourragère et qui permettent d’augmenter la production de lait et améliorer la santé des vaches. De plus, leur système racinaire dense permet aussi de lutter contre l’érosion des sols. Mais on en sait peu sur leur potentiel de séquestration du carbone dans le sol. D’après l’étude, l’établissement de ces jardins pourrait entraîner une augmentation du carbone du sol de 0,03 tonne C/ha par an. Le rapport explore également les options possibles pour l’intensification des systèmes de pâturage en réponse à la demande croissante de produits animaux et à la concurrence des terres. Il s’agit notamment d’améliorer les apports de carbone provenant des racines et des résidus des plantes en gérant le prélèvement de la biomasse végétale par le pâturage ou en augmentant la production de fourrage par l’amélioration des espèces, l’irrigation et la fertilisation.
Agriculteurs au travail au Guatemala.
Agriculteurs au travail au Guatemala.

Manque d’incitations pour les agriculteurs

L’étude souligne que le manque d’incitations pour les agriculteurs à améliorer les pratiques de gestion, et la difficulté actuelle à surveiller avec précision les stocks et les changements de carbone organique du sol sont les principales raisons pour lesquelles les COS ne sont pas inclus dans les plans climatiques nationaux qui sont au cœur de l’Accord de Paris. Les résultats du rapport pourraient favoriser l’inclusion d’objectifs relatifs aux COS dans les plans nationaux, améliorant ainsi leur transparence pour le suivi et la comparaison des progrès des politiques relatives aux sols. Les auteurs soulignent également que l’estimation du stock mondial de carbone dans les sols reste très incertaine et qu’il est urgent d’améliorer à la fois les méthodes géostatistiques et la fiabilité des données relatives aux propriétés des sols, des animaux et de la végétation et à leur échange de carbone. Le rapport indique enfin qu’il est crucial de générer des données locales, en particulier pour les régions sous-représentées comme l’Afrique, et d’explorer les différences entre l’ensemble de données existant.
Systèmes ingénieux du patrimoine agricole mondial - FAO
Systèmes ingénieux du patrimoine agricole mondial – FAO

 

L’ONU appelle à passer à l’action pour faire face à la montée du niveau des mers

Devant le Conseil de sécurité, réuni ce mardi 14 février pour un débat sur l’élévation du niveau des mers et ses implications pour la paix et la sécurité, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, et le Président de l’Assemblée générale, Csaba Kőrösi, ont exhorté les Etats à montrer leur volonté politique pour éviter les catastrophes humanitaires et les conflits qu’annonce la montée des océans.
La montée des eaux menace les villages du Bengal Occidental, en Inde
La montée des eaux menace les villages du Bengal Occidental, en Inde
« La montée des mers engloutit l’avenir », a déclaré António Guterres. « Elle n’est pas seulement une menace en soi. C’est un multiplicateur de menaces ».
Rappelant le « déluge de problèmes » que vont subir les centaines de millions de personnes vivant dans les petits États insulaires en développement et d’autres zones côtières de faible altitude à travers le monde, dont l’existence pourrait même être compromise, les menaces pour les vies humaines, l’accès à l’eau, à la nourriture et aux soins de santé, le Secrétaire général a décrit les dégâts causés par l’intrusion de l’eau salée pour les emplois et pour des économies entières dans des industries clés comme l’agriculture, la pêche et le tourisme, mais aussi pour les infrastructures vitales de pays, en particulier si la montée des mers est associée à des phénomènes météorologiques extrêmes. Le chef de l’ONU, s’appuyant sur les données récentes de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), a rappelé que le niveau moyen mondial de la mer a augmenté plus rapidement depuis 1900 qu’au cours de tout siècle précédent au cours des 3.000 dernières années. De plus, l’océan s’est réchauffé plus rapidement au cours du siècle dernier qu’à tout autre moment au cours des 11.000 dernières années, et l’OMM confirme que même un réchauffement climatique miraculeusement limité à 1,5 degré Celsius n’empêcherait pas une élévation importante du niveau de la mer.

Des risques, de Shanghai et New York

« Mais chaque fraction de degré compte », a-t-il réitéré. « Si les températures augmentent de 2 degrés, cette élévation pourrait doubler, avec de nouvelles augmentations de température entraînant une augmentation exponentielle du niveau de la mer ».
Le Secrétaire général a passé en revue des pays comme le Bangladesh, la Chine, l’Inde et les Pays-Bas tous à risque quel que soit le scénario, mentionné l’impact pour des mégapoles de tous les continents, allant de Lagos, Bangkok, Dhaka, Jakarta à Mumbai, Shanghai et New York.
Le Pakistan a été durement affecté l'été dernier par des inondations catastrophiques.
Le Pakistan a été durement affecté l’été dernier par des inondations catastrophiques.
Après avoir cité les 900 millions de personnes, une sur dix sur Terre, qui vivent dans des zones côtières à basse altitude, et les ravages de l’eau de mer sur les cultures déjà visibles du Vanuatu à la Somalie, le chef de l’ONU a rappelé que la fonte des glaces – 270 milliards de tonnes perdues chaque année au Groenland – menace aussi les bassins fluviaux de l’Himalaya, causant les inondations monstres du Pakistan, et à terme, l’atrophie future des grands fleuves d’Asie.

Opter pour l’aide et la justice climatique

Mais par-delà les mises en garde contre un prochain « exode des populations mondiales à une échelle biblique », et une imminente concurrence féroce pour l’eau, source d’instabilité et de conflits, António Guterres a tenu à appeler à l’action. D’abord, en s’attaquant à la cause profonde de la montée des mers, la crise climatique, qui si elle dépasse les 1,5 degré Celsius garantissant un avenir vivable, pourrait en approchant des 2,8 degrés condamner à mort des pays vulnérables. Cette perspective exige à ses yeux une « action plus concertée pour réduire les émissions et garantir la justice climatique », passant par l’octroi de ressources nécessaires aux pays en développement. Ce plan exige, selon lui, la mise en œuvre du fonds de pertes et dommages, l’engagement de 100 milliards de dollars de financement climatique pour les pays les moins riches, le doublement du financement de l’adaptation et la mobilisation de ressources financières privées à un coût raisonnable.
Le Secrétaire général Antonio Guterres durant le débat du Conseil de Sécurité sur l'élévation du niveau des mers.
Le Secrétaire général Antonio Guterres durant le débat du Conseil de Sécurité sur l’élévation du niveau des mers.

Consolider la paix

Cette approche, explique António Guterres, doit aller de pair avec une meilleure compréhension des causes profondes de l’insécurité, et traiter un éventail beaucoup plus large de facteurs qui compromettent la sécurité – de la pauvreté, de la discrimination et de l’inégalité, des violations des droits de l’homme aux catastrophes environnementales comme l’élévation du niveau des mers. Il a ainsi rappelé le rôle du Fonds pour la consolidation de la paix qui soutient activement les efforts de résilience face aux effets des changements climatiques, et l’importance de la prévoyance autant que des alertes précoces contre les catastrophes naturelles

Revoir le droit, et… les droits humains

Enfin, il a abordé l’impact de la montée des mers sur tous les cadres juridiques et de droits de l’homme, avec la diminution des masses continentales, et les risque de conflits liés à l’intégrité territoriale et aux espaces maritimes, qui exigent de combler les lacunes des cadres juridiques existants. Le chef de l’ONU a aussi souhaité des réponses juridiques innovantes aux effets de l’élévation du niveau des mers sur les déplacements forcés, sur l’existence du territoire terrestre de certains Etats et à fortiori sur le droit international des réfugiés. « Les droits humains des personnes ne disparaissent pas parce que leurs maisons disparaissent », a-t-il rappelé, notant à cet égard le travail de la Commission du droit international sur le maintien du statut des Etats malgré la perte de territoire, par la cession ou l’attribution de portions de territoire à un État touché, ou même l’établissement de confédérations d’États. Pour sa part, Csaba Kőrösi, Président de l’Assemblée générale des Nations Unies, a appelé devant le Conseil de sécurité à « élever collectivement nos ambitions » et souligné les propos d’éminents scientifiques réunis à l’Assemblée générale pour un débat sur « le climat, les conflits et la coopération » qui tous ont encouragé les dirigeants du monde à adopter une approche pangouvernementale et pansociétale de ces questions. « Nous avons les données. Nous avons les cadres. Ce qu’il faut maintenant – comme toujours – c’est la volonté politique d’agir », a-t-il martelé.

Des poissons dans les sous-sols de l’ONU

Csaba Kőrösi n’a pas ménagé non plus l’ONU à ce propos, évoquant le souvenir de l’ouragan Sandy en 2012 à New York, après lequel « des poissons nageaient au milieu des serveurs du siège des Nations Unies », et l’organisation n’avait pas échappé non plus aux critiques sur son silence et son impréparation face au changement climatique. « Sommes-nous prêts, avons-nous tiré les leçons de la prévention ? » a t-il demandé, avant d’exhorter les Etats à profiter « des nouvelles fenêtres de coopération et d’inclusion qu’ouvrent les urgences climatiques » et à renforcer leurs expertises locales. Sinon, a-t-il conclu, dans un rappel des conséquences de l’élévation des mers, « il est possible, je le crains, que cette Assemblée compte moins de 193 membres à l’horizon 2100, ou même 2050 ». onu_infos-18.png

 

Impact(s), responsabilité et performance globale, l’avis de la plateforme RSE

avis_rse_-_impacts_-_header.png La notion d’impact a d’abord été mobilisée dans le cadre des politiques publiques, afin de mesurer l’efficacité des programmes et de servir d’outil d’aide à la décision et à la bonne affectation des deniers publics. Elle a également été utilisée par les acteurs de l’ESS, qui avaient besoin de faire valoir l’impact social positif de leur activité afin d’attirer investisseurs et subventions. Progressivement, les acteurs du monde financier et économique se sont saisis de cette notion.

La montée de la notion d’impact

L’impact d’une entreprise peut se définir comme « l’effet qu’une entreprise a ou peut avoir sur l’économie, l’environnement et les populations, incluant notamment son effet sur les droits humains, comme résultat des activités ou des relations d’affaires de l’entreprise. Les impacts peuvent être avérés ou potentiels, négatifs ou positifs, à long ou court terme, intentionnels ou non, réversibles ou irréversibles. La notion d’impact vise la contribution de l’entreprise, négative ou positive, au développement durable [[Définition de l’impact issue des travaux de l’Efrag (European Financial Reporting Advisory Group).]] ».
Cette notion permet de poser un regard renouvelé sur la responsabilité de l’entreprise vis- à-vis de son environnement social et naturel et de l’ensemble de ses parties prenantes. La responsabilité sociétale de l’entreprises se définit effectivement au sens de la norme ISO 26000 comme « la responsabilité d’une organisation vis-à-vis des impacts de ses décisions et de ses activités sur la société et sur l’environnement, se traduisant par un comportement transparent et éthique qui :
  • contribue au développement durable, y compris à la santé et au bien-être de la société ;
  • prend en compte les attentes des parties prenantes ;
  • respecte les lois en vigueur et est compatible avec les normes internationales ;
  • est intégré dans l’ensemble de l’organisation et mis en œuvre dans ses relations. ».
Penser l’impact de l’entreprise au sens des conséquences de son activité permet ainsi d’approfondir la réflexion autour de la responsabilité de l’entreprise, en définissant la manière dont elle contribue au développement durable et dont elle prend en considération le dialogue avec ses parties prenantes, s’appuyant sur des données concrètes objectivées à l’aide de méthodologies de mesure d’impact. La notion d’impact s’ancre donc au cœur de la responsabilité sociale de l’entreprise, et engendre des enjeux nouveaux. Les entreprises sont confrontées à la nécessité de mesurer leur impact, et doivent s’interroger sur les méthodologies et périmètres de mesure d’impact adéquats. Enfin, plus qu’une simple démarche de mesure, l’analyse d’impact vise surtout à être intégrée à la stratégie de l’entreprise afin de développer un modèle d’affaires plus durable.

La nécessité de la mesure d’impact

L’intérêt croissant pour la notion d’impact est porté par un certain nombre de parties prenantes qui attendent notamment des acteurs économiques une transparence accrue au sujet de leurs activités et de leurs conséquences non seulement économiques, mais également sociales et environnementales. Les entreprises ont effectivement été invitées à participer à la transition vers un modèle économique, social et environnemental plus durable, notamment en contribuant à la mise en œuvre des Objectifs de développement durable des Nations unies. Elles sont ainsi appelées à évaluer leur impact afin de répondre à ces sollicitations croissantes. Cela est rendu nécessaire non seulement pour se conformer à des exigences réglementaires nouvelles [[Ces obligations d’information ne concernent actuellement que certaines entreprises. La directive CSRD prévoit que l’obligation d’établir un rapport de durabilité ne s’applique qu’aux entreprises présentant un total de bilan supérieur à vingt millions d’euros, un chiffre d’affaires supérieur à quarante millions d’euros ou un nombre de salariés moyen supérieur à deux cent cinquante ou aux petites et moyennes entreprises dites « entités d’intérêt public ».]], mais aussi plus généralement pour répondre aux attentes des diverses parties prenantes qui sont de plus en plus en demande de ce type d’informations. C’est le cas des investisseurs, notamment dans le cadre de la finance à impact, mais aussi des donneurs d’ordres ou encore des consommateurs. La notion d’impact étant large, il convient d’identifier les méthodes adaptées aux objectifs, spécificités et contraintes de l’entreprise. S’agit-il de mesurer l’impact à des fins de communication aux investisseurs ou aux consommateurs, à des fins de pilotage interne, à des fins de conformité réglementaire ?

L’objet de la mesure d’impact

La notion d’impact recouvre l’ensemble des conséquences de l’activité d’une entreprise sur son environnement et ses parties prenantes. Il convient de déterminer le périmètre de l’analyse d’impact et d’adopter une démarche adaptée à la nature de l’activité, aux moyens dont dispose l’entreprise ainsi qu’à l’objectif de l’analyse. Ainsi, il est possible de mesurer l’impact :
  • à l’échelle d’un produit, d’un secteur d’activité, d’une business unit, d’une zone géographique ;
  • à des fins de conformité réglementaire ;
  • à des fins de communication avec ses parties prenantes (investisseurs, clients, donneurs d’ordres, etc.) ;
  • à des fins de pilotage interne.
Il est donc nécessaire de réfléchir et de préciser le périmètre et l’objet de l’étude d’impact, afin de choisir une méthodologie adaptée et de communiquer les résultats de la manière la plus transparente et objective possible.

Le choix d’une méthodologie de mesure d’impact adaptée

Définir le périmètre et l’objectif de l’étude d’impact permet d’adapter en conséquence la méthodologie de mesure d’impact à mettre en œuvre. Il convient particulièrement de tenir compte, dans le choix de la méthode :
  • du secteur d’activité ;
  • des moyens dont dispose l’entreprise et de la manière dont elle souhaite organiser l’étude d’impact. Il est possible de l’externaliser, tout comme il est possible d’y consacrer des moyens humains et techniques en interne. Cela dépend de la fréquence, de l’objectif poursuivi et des ressources humaines et financières dont dispose la structure ;
  • des exigences réglementaires auxquelles est soumise l’entreprise.

L’ancrage de l’impact dans la stratégie de l’entreprise

Mesurer les impacts d’une entreprise participe à identifier et à développer la contribution de l’entreprise à la société, offrant un support pour optimiser ses impacts positifs et réduire ses impacts négatifs. L’impact permet effectivement de penser la performance globale de l’entreprise afin de développer un modèle d’affaires plus durable. La performance globale s’entend non seulement de la performance financière de l’entreprise, mais également de sa performance environnementale et sociale. Ancrer la notion même d’impact dans la gouvernance et la stratégie de l’entreprise permet de développer un modèle d’affaires plus responsable en intégrant les conséquences de l’activité de l’entreprise sur son environnement et ses parties prenantes aux décisions stratégiques de l’entreprise. Intégrer l’impact au cœur de la stratégie de l’entreprise nécessite notamment d’ancrer cette notion au cœur de sa gouvernance, afin de permettre sa prise en compte au plus haut niveau de l’entreprise. L’objectif est, au-delà de la mesure de l’impact, de valoriser la notion même et la nouvelle vision de l’entreprise qu’elle véhicule, offrant de nouvelles perspectives de dialogue stratégique. Cette valorisation peut passer par la création de comités dédiés à l’impact. Cet ancrage de la notion d’impact dans la stratégie de l’entreprise peut également être porté par la définition d’une raison d’être [[Au sens de l’article 1835 du code civil, « principes dont la société se dote et pour le respect desquels elle entend affecter des moyens dans la réalisation de son activité ». Ils peuvent être ou non intégrés aux statuts.]] ou par l’adoption de la qualité de « société à mission [[Au sens de l’article L210-10 du code de commerce. Il s’agit pour une entreprise d’affirmer publiquement sa raison d’être, ainsi qu’un ou plusieurs objectifs sociaux et environnementaux qu’elle se donne pour mission de poursuivre dans le cadre de son activité. Cette qualité est rendue possible sous plusieurs conditions cumulatives, notamment la mise en œuvre d’un comité de suivi de la raison d’être et l’audit par un organisme tiers indépendant.]] ». Une manière de favoriser la prise en compte de l’impact dans les choix stratégiques de l’entreprise est de recourir à des méthodes de monétarisation de l’impact. Celles-ci visent à traduire certaines conséquences sociales ou environnementales des activités de l’entreprise en valeur monétaire, permettant leur meilleure appréhension et comparabilité avec les données financières et offrant la possibilité de réaliser des arbitrages ou de valoriser certaines données. Cependant, la monétarisation présente certaines limites méthodologiques et conceptuelles et est une démarche à mettre en œuvre avec prudence. L’intégration de l’impact à la stratégie de l’entreprise doit se faire de manière adaptée au secteur d’activité et aux moyens humains et financiers de l’entreprise, notamment afin que celle-ci reste appréhendable par les PME et TPE. Ainsi, l’intérêt premier de la notion d’impact est de permettre aux entreprises de penser leur activité en tenant compte de ses conséquences sur leurs parties prenantes dans un temps long. Cette démarche est non seulement une réponse à la demande émanant des marchés, des parties prenantes et du régulateur, mais constitue également un instrument pertinent pour développer de nouveaux axes de pilotage stratégique, ancrant l’activité de l’entreprise dans une logique de performance globale et dans une perspective plus durable. Impact(s), responsabilité et performance globale, l’avis de la plateforme RSE logo__france_strate_gie.png

 

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100 propositions pour accélérer la transition écologique de l’économie et des entreprises

Le Grand Défi des entreprises pour la planète est une initiative unique qui fédère le monde économique. A l’issue d’une année de travaux d’intelligence collective, ses 100 propositions pour accélérer la transition écologique de l’économie et des entreprises sont présentées au Conseil Économique Social et Environnemental (CESE).

Développer une économie verte au Togo pour alléger la pression sur la forêt et augmenter les revenus

Au Togo, les populations puisent dans leur environnement non seulement pour leur subsistance mais également pour leur sécurité alimentaire et hydrique. Cependant, de nombreuses espèces végétales et animales dont elles dépendent ont disparu en raison d’une croissance démographique rapide et de l’exploitation non durable des ressources.
Coopérative apicole autour du Parc Fazao-Malfakassa, au Togo.
Coopérative apicole autour du Parc Fazao-Malfakassa, au Togo.
Afin de soulager la pression humaine sur la forêt, le programme sur l’Homme et la biosphère de l’UNESCO a mis en œuvre un projet sur trois ans en collaboration avec le ministère togolais de l’Environnement et des ressources forestières, ainsi que des organisations non gouvernementales locales et des communautés rurales. Lors de la première phase, l’UNESCO a entrepris une série d’études et d’enquêtes pour déterminer l’état de la biodiversité et identifier les opportunités de marché.
Selon Enang Moma, du Bureau de l’UNESCO à Abuja au Nigéria, « celles-ci comprenaient un exercice de cartographie des parties prenantes, des consultations avec la communauté locale, une évaluation des besoins, une étude socio-économique, un inventaire de la biodiversité dans le parc national de Fazao-Malfakassa et, enfin, une étude de marché et des analyses de produits ».
L’étude socio-économique a révélé que les habitants étaient principalement des agriculteurs, des chasseurs et des cueilleurs de produits forestiers. Les agriculteurs cultivaient des cultures telles que le maïs, l’igname, le soja, le niébé et les graines de sésame. Certains récoltaient également du miel et du beurre de karité à partir des amandes d’un arbre (Vitelleria paradoxa), mais ces produits leur rapportaient moins de 2 dollars par jour.
Un chasseur togolais reconverti en agriculteur nourrit son bétail.
Un chasseur togolais reconverti en agriculteur nourrit son bétail.

Trois industries artisanales vertes phares

Le personnel de l’UNESCO a présenté les résultats des différentes études aux communautés locales, maires, chefs traditionnels, gestionnaires de parcs et au ministère de l’Environnement. Toutes les parties ont ensuite convenu de développer trois moyens de subsistance « verts » pour augmenter les revenus des communautés, à savoir l’apiculture, la valorisation des noix de karité et l’élevage de ruminants. Pour développer ces trois moyens de subsistance, l’UNESCO a organisé plus de 620 ménages en 28 coopératives. Près de 45% de ces ménages étaient dirigés par des femmes. Des hommes, des femmes et des jeunes ont été formés à la gestion d’entreprise et aux processus connexes, à l’emballage et à la comptabilité, ainsi qu’à l’entretien et à la manutention des équipements. En parallèle, ils ont appris la gestion de l’environnement et la conservation de la biodiversité. Les communautés participantes ont reçu des équipements modernes leur permettant de produire du miel et de la cire de qualité supérieure et en plus grande quantité. À mesure que la productivité augmentait, les revenus tirés de la vente de cire et de miel augmentaient également. Cela a permis aux familles d’acheter de la nourriture et des motos, de s’offrir de nouveaux vêtements et de financer la scolarisation de leurs enfants.

Profiter de la peur qu’ont les éléphants des abeilles

Les éléphants ont une peur profonde des abeilles et ils préfèrent rester à bonne distance lorsque des ruches sont placées tous les 20 m environ le long de tout couloir migratoire qu’ils empruntent. Étant donné que les troupeaux d’éléphants traversent régulièrement le parc national de Fazao-Malfakassa au Togo, l’apiculture a été l’un des trois moyens de subsistance que l’UNESCO a développé avec les communautés rurales entre juin 2019 et août 2022 pour compléter leurs revenus tout en protégeant la biodiversité locale. L’apiculture pourrait ainsi éviter aux cultures d’être piétinées par des troupeaux d’éléphants et aux villageois d’entrer en conflit avec les pachydermes.
Coopérative de valorisation du beurre de karité autour du Parc Fazao-Malfakassa, Togo.
Coopérative de valorisation du beurre de karité autour du Parc Fazao-Malfakassa, Togo.

Les multiples vertus du beurre de karité

Les femmes locales ont appris à récolter des noix de karité sauvages (Vitellaria paradoxa), à les décortiquer et à faire bouillir les amandes avec de l’eau, puis à récupérer le beurre lorsqu’il durcirait. Selon la présidente de la coopérative du village de Fazao, Mme Afissa Ibrahim, « ce processus nous a permis de vendre nos amandes à un prix plus élevé que les années précédentes ». Les femmes ont également appris que ce beurre végétal gras avait des propriétés médicinales et pouvait être utilisé comme onguent et hydratant pour la peau, offrant de nouvelles perspectives commerciales. La récupération des amandes de karité a réduit l’abattage de ces arbres pour la production de charbon de bois dans la zone. Les femmes qui ramassent les amandes ont entrepris une campagne de sensibilisation au sein de la communauté sur la nécessité de protéger l’arbre à karité, maintenant qu’elles connaissent sa valeur.
Pour Mme Bèzéwapéyélé Ali, « l’UNESCO nous a apporté un grand soulagement en nous apprenant comment créer de la richesse à partir de nos ressources forestières sans les détruire. Avant, nous gagnions très peu de nos produits agricoles car nous ne savions pas comment les transformer. Avec le projet de l’UNESCO, la plupart d’entre nous, les femmes et les jeunes, ont appris à gérer des moyens de subsistance durables et nous avons maintenant un meilleur revenu pour subvenir à nos besoins ».

Des braconniers reconvertis

En même temps, la promotion de l’élevage ovin et caprin a converti les braconniers en éleveurs de ruminants. L’élevage d’animaux domestiques a permis aux populations fauniques locales de se rétablir. Ceci, à son tour, a facilité le repérage des animaux sauvages, offrant ainsi la perspective de développer une activité touristique reposant sur l’observation des animaux. En parallèle, des fosses fumières ont été construites pour produire du compost. Cet engrais naturel a stimulé la productivité agricole et rendu les exploitations plus durables. Dans le même temps, l’augmentation du nombre de têtes de bétail a permis d’ajouter des protéines animales au régime alimentaire de la population et de générer davantage de revenus.

Une future réserve de biosphère ?

Le projet a été conçu et mis en œuvre par l’UNESCO grâce à un financement de 970.396 dollars du Fonds de partenariat pour le développement entre l’Inde et les Nations Unies obtenu par l’intermédiaire du Bureau des Nations Unies pour la coopération Sud-Sud. Il s’inscrit à la fois dans les Objectifs de développement durable à l’horizon 2030 et dans le cadre de l’Agenda 2063 de l’Union africaine, dans la mesure où il contribue à la gestion durable des ressources naturelles, à la conservation de la biodiversité et à la préservation de la paix. Depuis que le projet est terminé, les communautés locales travaillent avec le gouvernement et les scientifiques togolais pour préparer leur candidature pour que le parc national de Fazao-Malfabassa soit désigné Réserve de biosphère par l’UNESCO, afin d’ancrer la conservation de la biodiversité et l’économie verte dans le plan communautaire de développement à long terme.
Programme sur l’Homme et la biosphère (MAB)
Programme sur l’Homme et la biosphère (MAB)

 

L’ONU veut protéger les pays les moins avancés du ralentissement économique mondial

​​​​​​Le Programme d’action de Doha, adopté l’année dernière, propose un « plan directeur » pour sortir les nations du monde les moins avancées de la pauvreté dans le contexte de la récession financière mondiale actuelle, a déclaré mercredi le Président de l’Assemblée générale des Nations Unies.
Madagascar fait partie des 46 Pays les moins avancés (PMA) désignés par les Nations Unies.
Madagascar fait partie des 46 Pays les moins avancés (PMA) désignés par les Nations Unies.
Ce programme d’action a été conçu comme une feuille de route allant jusqu’en 2031, pour favoriser des relations renforcées entre les pays les moins avancés (PMA) et leurs partenaires de développement. « Le monde est sous le choc des effets en cascade de défis complexes et imbriqués, de limitations structurelles et de capacités budgétaires limitées qui font des pays les moins avancés les premiers et souvent les plus durement touchés », a déclaré le Président de l’Assemblée générale, Csaba Kőrösi, à l’ouverture d’un événement de haut niveau de l’Assemblée générale et du Conseil économique et social (ECOSOC) sur ce programme, qui est un accélérateur de la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030. PROGRAMME D’ACTION DE DOHA EN FAVEUR DES PAYS LES MOINS AVANCÉS 2022–2031 La réunion était coorganisée par le Bureau du Haut Représentant des Nations Unies pour les pays les moins avancés, les pays en développement sans littoral et les petits États insulaires en développement (UN-OHRLLS). « Le Programme d’action de Doha est un ensemble complet pour relever les défis préexistants des PMA, leurs vulnérabilités, et les remettre sur la bonne voie pour réaliser le Programme 2030 », a déclaré Rabab Fatima, la Haute Représentante, qui agira en tant que Secrétaire générale de la Conférence PMA5 (#LDC5).
« Cela signifiera gagner la bataille des Objectifs de développement durable dans les PMA. Et cela signifie aussi intégrer plus d’un milliard de personnes, qui sont les plus en retard, aux avantages du développement mondial », a-t-elle ajouté.
Les projections de ralentissement de la croissance économique mondiale se déroulent dans un contexte sombre de montée en flèche de l’inflation, de chaînes d’approvisionnement mondiales fragmentées et de la triple menace des crises alimentaire, énergétique et financière, a pour sa part déclaré le Président de l’Assemblée générale, M. Kőrösi. Les pays les moins avancés qui subissent les effets prolongés de ces crises interconnectées sont souvent les moins responsables des tendances mondiales qui s’abattent sur eux, y compris le changement climatique.

Le Programme de Doha ouvre une nouvelle fenêtre

Les 46 PMA – dont l’appartenance est examinée tous les trois ans par le Comité pour le développement – sont des pays à faible revenu confrontés à de graves obstacles structurels au développement durable. Ils sont très vulnérables aux chocs économiques et environnementaux et ont de faibles niveaux de capital humain. Avec « l’effet domino » de leurs limitations qui menacent d’annuler des décennies de progrès en matière de développement face aux crises actuelles, a déclaré M. Kőrösi, le Programme d’action de Doha « ouvre une nouvelle fenêtre ». Le programme d’action, qui sera actif de 2022 à 2031, « manifeste une nouvelle génération d’engagements renouvelés et renforcés » parmi leurs partenaires de développement, y compris le secteur privé, la société civile et les gouvernements à tous les niveaux, a-t-il ajouté.

« L’objectif est de fournir une voie pour surmonter les impacts des crises mondiales en cours, construire une reprise durable et inclusive après la pandémie et renforcer la résilience contre les chocs futurs »

Certaines des caractéristiques innovantes du programme d’action comprennent la création d’une université en ligne, la création de plates-formes pour soutenir la science, la technologie et l’ingénierie en ligne au niveau universitaire, et la création d’un centre de soutien à l’investissement. L’objectif est de fournir une voie pour surmonter les impacts des crises mondiales en cours, construire une reprise durable et inclusive après la pandémie et renforcer la résilience contre les chocs futurs, soit pour nous aider tous à nous remettre sur la bonne voie avec l’Agenda 2030, a déclaré M. Kőrösi.
« C’est le moment de faire preuve de solidarité avec les pays les plus vulnérables en respectant les engagements au lieu de revenir en arrière », a ajouté le Président de l’Assemblée générale.
Les 46 pays les moins avancés doivent faire leur part pour étendre leurs filets de sécurité sociale et améliorer l’environnement national grâce à la bonne gouvernance et à l’amélioration de l’efficacité, et les partenaires de développement doivent également tenir leurs promesses, a-t-il ajouté.

Conférence de l’ONU à Doha

capture_d_e_cran_2023-02-11_a_11.57_51.png Faisant écho à ce sentiment, le thème « Du potentiel à la prospérité » a été adopté pour le deuxième segment de la cinquième Conférence des Nations Unies sur les pays les moins avancés, qui se tiendra à Doha du 5 au 9 mars prochain. Les dirigeants mondiaux, les partenaires de la société civile et du secteur privé et les jeunes se réuniront pour élaborer des plans de mise en œuvre du Programme d’action, que les États membres avaient adopté lors du premier segment, qui s’est tenu le 17 mars de l’année dernière au Siège des Nations Unies. Une déclaration sur leurs efforts et les défis à venir devrait être adoptée lors de la conférence de Doha. Pour le Président de l’Assemblée générale, la conférence sera une « occasion capitale de renouveler l’engagement mondial à soutenir les membres les plus pauvres et les plus exposés de notre famille humaine ». « Grâce à la science, à la technologie et à l’innovation, nous avons les outils pour construire des reprises durables », s’est-il félicité. Encourageant les efforts collectifs pour s’assurer que le plan d’action est mis en œuvre à temps, ces initiatives « nous donneront à tous la chance de rattraper notre retard sur nos objectifs de 2030 », a-t-il dit. Pour marquer le début de la conférence de Doha, l’UN-OHRLLS a collaboré avec l’Administration postale des Nations Unies pour émettre, le 5 mars, une série de trois timbres-poste. onu_infos-18.png

 

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Climat : l’étendue de la banquise dans l’Antarctique n’a jamais été aussi faible en janvier

L’étendue combinée des banquises de l’Arctique et de l’Antarctique a été la plus faible jamais enregistrée pour le mois de janvier, a indiqué jeudi l’Organisation météorologique mondiale (OMM).
Icebergs dans la mer de Bellingshausen en Antarctique.
Icebergs dans la mer de Bellingshausen en Antarctique.
Selon l’observatoire du changement climatique Copernicus (C3S) de l’Union européenne et le National Snow and Ice Data Center (NSIDC) américain, l’étendue de la banquise autour de l’Antarctique a atteint un nouveau record à la baisse pour un mois de janvier, battant celui établi en 2017. De plus, il s’agit de la troisième plus faible mesure pour un mois de janvier pour l’Arctique. L’étendue de la banquise est l’un des indicateurs climatiques utilisés par l’OMM dans ses rapports sur l’état du climat mondial. La température est un autre indicateur, et les huit dernières années ont été les plus chaudes jamais observées. Janvier a été le septième mois le plus chaud jamais enregistré, indique l’observatoire. De plus, il s’agit du troisième mois de janvier le plus chaud pour l’Europe, qui a connu des températures exceptionnellement douces le jour de l’an. Le rapport indique aussi que l’Arctique se réchauffe plus de deux fois plus vite que la moyenne mondiale. En 44 ans d’observations satellites, la banquise a reculé de manière spectaculaire. La banquise de l’Arctique atteint généralement son étendue maximale annuelle fin février ou début mars, lorsque celle de l’Antarctique atteint son étendue minimale. Ainsi le record minimum date de février 2022, ou l’étendue de la banquise de l’Antarctique était la plus faible avec 2,26 millions de kilomètres carrés de glace mesurés par le National Snow and Ice Data Center.
Vue aérienne de la fonte des glaciers sur l'île King George, en Antarctique.
Vue aérienne de la fonte des glaciers sur l’île King George, en Antarctique.

Effets du changement climatique

Chaque année, à cette époque, l’été ronge la banquise autour de l’Antarctique. Mais cette année, l’Antarctique occidental, en particulier, a été plus chaud que d’habitude, ce qui, combiné à des vents forts et à de grandes vagues, a contribué à créer d’immenses zones libres de glace dans la région allant de la mer de Weddell, et à l’ouest vers la mer de Ross, en passant par la péninsule antarctique. Il s’agit d’une immense zone où la banquise est bien inférieure à la normale. Cela porte son étendue totale autour de l’Antarctique à un niveau record bas pour le mois de janvier. « Tout au long de l’année dernière, l’étendue de banquise a été généralement faible en Antarctique, et cela laisse des traces car la nouvelle banquise qui se forme au cours de l’hiver devient plus fragile et risque de se briser plus facilement et à fondre », a déclaré Gorm Dybkjær, chercheur au Centre national de recherche sur le climat de l’Institut danois de météorologie. « Cela se transforme rapidement en un cercle vicieux où la banquise aura du mal à se reconstituer, comme on le voit dans l’océan Arctique », a-t-il ajouté. Selon le chercheur, Il est encore trop tôt pour conclure si la banquise continue de rétrécir en Antarctique ou s’il s’agit simplement de fluctuations naturelles à long terme du climat. « Nous avons besoin d’une base statistique plus solide avant de pouvoir évaluer si les changements sont dus au changement climatique. Nous pouvons toutefois affirmer que la diminution de l’étendue de la banquise en Antarctique correspond à ce que nous prévoyons en cas d’augmentation de la température mondiale », a-t-il ajouté. « Quoi qu’il en soit, il est certain que nous suivrons de près cette évolution dans les années à venir, ainsi que celle de la banquise autour de l’Arctique », a conclu Gorm Dybkjær. onu_infos-18.png

 

Crise alimentaire mondiale : « Une action urgente s’impose » selon 5 organisations internationales

Alors que des millions de personnes dans le monde continuent de souffrir de la faim, les dirigeants de cinq organisations internationales humanitaires, financières et commerciales ont appelé à une mobilisation urgente pour éviter l’aggravation de la crise alimentaire et nutritionnelle mondiale.
Un collecteur de dons de nourritures pour une banque alimentaire dans un marché de Lima, au Pérou
Un collecteur de dons de nourritures pour une banque alimentaire dans un marché de Lima, au Pérou
Les dirigeants de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), du Fonds monétaire international (FMI), du Groupe de la Banque mondiale (GBM), du Programme alimentaire mondial (PAM) et de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) ont appelé, dans un communiqué conjoint, à secourir les « points chauds de la faim » et à faciliter le commerce, entre autres mesures. Ils ont conseillé aux pays d’assurer un équilibre entre les interventions urgentes à court terme et les efforts de résilience à plus long terme.

Des disponibilités alimentaires bientôt au plus bas

Selon leur communiqué, l’inflation alimentaire reste élevée à la suite des chocs de la pandémie de COVID-19, de l’urgence climatique, de la guerre en Ukraine, des perturbations de la chaîne d’approvisionnement et de la hausse des taux d’intérêt. Près de 350 millions de personnes dans 79 pays souffrent d’insécurité alimentaire aiguë et la sous-alimentation est en augmentation. La situation devrait s’aggraver, car les disponibilités alimentaires mondiales vont tomber à leur niveau le plus bas en trois ans. Les besoins sont particulièrement criants dans 24 pays identifiés comme des points chauds de la faim, dont 16 en Afrique.

Inquiétude pour les points chauds de la faim

« Nous appelons les gouvernements et les donateurs à soutenir les efforts déployés au niveau des pays pour répondre aux besoins dans les points chauds, partager des informations et renforcer la préparation aux crises », ont déclaré les dirigeants.
Ils ont souligné que le PAM et la FAO avaient besoin de fonds d’urgence pour venir en aide immédiatement aux plus vulnérables. Le PAM et ses partenaires ont atteint un nombre record de personnes l’année dernière. L’agence onusienne a fourni une aide alimentaire et nutritionnelle à plus de 140 millions de personnes grâce à un montant record de 14 milliards de dollars de contributions. La FAO a également investi 1 milliard de dollars pour soutenir plus de 40 millions de personnes dans les zones rurales avec des interventions agricoles, tandis que la Banque mondiale a fourni un programme de 30 milliards de dollars pour la sécurité alimentaire couvrant une période de 15 mois jusqu’en juillet. Des fonds doivent également être mobilisés afin que que le Fonds fiduciaire pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FFRPC) du FMI puisse fournir des financements concessionnels aux pays les plus pauvres. Par ailleurs, son nouveau guichet ‘Choc alimentaire’ a jusqu’à présent soutenu l’Ukraine, le Malawi, la Guinée et Haïti. Les donateurs et les gouvernements devraient également apporter leur appui à l’Alliance mondiale pour la sécurité alimentaire, qui promeut une meilleure préparation aux crises.
Des projets de développement agricole aident à réduire la pauvreté dans des communautés rurales du Népal
Des projets de développement agricole aident à réduire la pauvreté dans des communautés rurales du Népal

Faciliter les échanges commerciaux

Les dirigeants des cinq organisations ont appelé à faciliter les échanges commerciaux, à améliorer le fonctionnement des marchés et à renforcer le rôle du secteur privé.
« Les pays devraient minimiser les distorsions commerciales, renforcer la fourniture de biens publics et permettre au secteur privé de contribuer de manière significative à l’amélioration des résultats en matière de sécurité alimentaire », ont-ils préconisé.
En outre, ils ont exhorté les gouvernements à éviter les politiques telles que les restrictions à l’exportation, qui peuvent avoir un impact sur les populations pauvres des pays à faible revenu qui importent des denrées alimentaires, tout en plaidant pour un soutien aux mesures de facilitation des échanges qui améliorent la disponibilité des aliments et des engrais.

Le rôle crucial des biens et services publics

Bien que les pays aient levé certaines interdictions d’exportation sur le blé et le riz, ils ont averti que de nouvelles restrictions et interdictions, en particulier sur les légumes, entravent la disponibilité dans le monde entier.
« La sécurité alimentaire mondiale peut être renforcée si les gouvernements soutiennent à la fois les producteurs et les consommateurs de denrées alimentaires de manière intelligente et ciblée, par exemple en renforçant la fourniture de biens et services publics de manière à améliorer durablement la productivité agricole », ont-ils déclaré.
La Banque mondiale dispose d’une plate-forme de 6 milliards de dollars qui aide les agriculteurs à accéder aux engrais et autres fournitures essentielles, tout en aidant les entreprises privées à faire des investissements à plus long terme, précise le communiqué.

Réformer des subventions nuisibles

Les pays devraient également réformer et réaffecter les subventions préjudiciables à des programmes plus ciblés et plus efficaces en faveur de la sécurité alimentaire mondiale et de systèmes alimentaires durables.
« A l’échelle mondiale, la réponse à l’inflation par la protection sociale prend le plus souvent la forme de subventions, dont la moitié sont non ciblées, inefficaces et coûteuses pour des gouvernements déjà sous pression », ont déclaré les dirigeants. « Il faudrait intensifier le soutien aux pays pour renforcer et déployer des stratégies de protection sociale globales, réalisables et adaptées aux chocs ».

Soutenir l’agriculture durable

Ils ont en outre souligné la nécessité de réexaminer et de réformer le soutien à l’agriculture. Alors que cette aide représentait environ 639 milliards de dollars par an entre 2016 et 2018, et qu’elle a augmenté depuis lors, les agriculteurs n’ont reçu que 35 cents pour chaque dollar dépensé.
« Une grande partie de ce soutien encourage l’utilisation inefficace des ressources, fausse les marchés mondiaux ou sape la durabilité environnementale, la santé publique et la productivité agricole », ont-ils déclaré.
Le financement devrait plutôt servir à renforcer la résilience et la durabilité du système agroalimentaire, notamment par l’adoption de bonnes pratiques agricoles, par la recherche et l’innovation, et par l’amélioration des infrastructures.
« Des mesures sont déjà en cours pour relever les défis structurels sous-jacents en matière de protection sociale et sur les marchés des denrées alimentaires et des engrais, mais une action plus concertée dans ces trois domaines clés est nécessaire pour éviter une crise prolongée », ont-ils noté.
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Quel type de moteur dans une voiture électrique ?

Le 8 juin 2022, le Parlement européen a voté l’interdiction des ventes de voitures neuves thermiques en 2035 sur son territoire. Aujourd’hui, la vente de véhicules électriques représente 10 % des ventes de voitures particulières en Europe. La principale qualité d’une voiture électrique est qu’elle ne produit pas de GES (gaz à effet de serre). Sur le plan énergétique, elle consomme moins d’énergie que les véhicules à moteur thermique. Tout cela grâce à son moteur. Saviez-vous qu’il en existe de plusieurs types ? _michael_marais_unsplash.jpg

CONTEXTE :

203 000 véhicules électriques ont été vendus en France en 2022 selon les chiffres du cabinet AAA Data. Alors que le marché automobile connaît des difficultés, le segment des voitures électriques ne connaît pas la crise avec 20 % de croissance entre 2021 et 2022. Autrement dit, en 2022, un Français sur cinq a choisi d’acheter une voiture électrique ou une hybride électrique. Cette popularité s’inscrit dans un contexte législatif européen qui prévoit la fin de la commercialisation de véhicules neufs à moteurs thermiques à l’horizon 2035. Cette mesure intervient dans le cadre des objectifs européens de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) avec pour échéances -55 % en 2030 et la neutralité carbone en 2050. Le marché de l’automobile électrique est donc à un tournant. chuttersnap_unsplash.jpg Selon un sondage Ifop pour Ovo Energy France publié en 2021, les automobilistes ont bien conscience que la fin des véhicules 100 % thermiques (essence, diesel) est inévitable. Malgré cela, le sondage montre que de nombreux doutes persistent dans l’esprit des conducteurs. Ainsi, parmi les sondés, 60 % estiment que le qualificatif « cher » s’applique bien à la voiture électrique, et 36 % jugent que « les coûts d’achat et de fonctionnement » sont un frein important à l’acquisition. Or cette interprétation est erronée. Si le coût à l’achat d’un véhicule électrique est bien souvent supérieur à celui de son homologue thermique, le rapport s’inverse lorsqu’on regarde le coût d’usage sur plusieurs années. « Cela montre qu’il y a encore des stéréotypes bien ancrés qui font que l’enthousiasme des Français pour l’électrique reste mesuré », observe Frédéric Dabi, directeur général de l’Ifop. Et l’une des premières mesures est d’expliquer comment fonctionne une voiture électrique et avec quel type de moteur elle est équipée.

COMPRENDRE

chad_kirchoff_unsplash.jpg Contrairement aux véhicules à combustion, les véhicules électriques ne dégagent pas de gaz à effet de serre ni de particules fines. Cependant, l’un des éléments clés d’un véhicule électrique est son moteur, et il existe différents types de moteurs utilisés dans ces derniers. Les moteurs à courant continu (CC) sont les plus anciens et les plus simples. Ils fonctionnent en convertissant directement le courant électrique en mouvement rotatif. Ils sont souvent utilisés dans les véhicules électriques à faible puissance, tels que les scooters et les vélos électriques. Les moteurs à courant alternatif (CA), également connus sous le nom de moteurs synchrones, sont plus récents et plus complexes. Ils fonctionnent en convertissant le courant électrique en un champ magnétique qui entraîne la rotation du moteur. Les moteurs à courant alternatif sont plus efficaces et plus puissants que les moteurs à courant continu, ils sont donc souvent utilisés dans les véhicules de taille moyenne à grande, comme les voitures électriques. Il y a deux types de moteurs à courant alternatif dans les véhicules électriques : les moteurs à aimant permanent (PMAC) et les moteurs à induction (IM). Les moteurs à aimant permanent sont plus efficaces et plus coûteux que les moteurs à induction. Les moteurs à induction sont plus communs dans les véhicules électriques en raison de leur prix moins élevé et de leur fiabilité éprouvée. Il y a aussi les moteurs à induction à rotor cage qui sont plus utilisés pour les voitures électriques de grandes puissances. markus_spiske_unsplash_copie.jpg En utilisant un moteur électrique, les véhicules électriques peuvent être plus efficaces sur le plan énergétique que les véhicules à combustion. Les moteurs électriques ont en effet une efficacité de rendement élevée, c’est-à-dire qu’ils convertissent une grande proportion de l’énergie électrique qu’ils reçoivent en énergie mécanique. En outre, ils n’ont pas besoin de systèmes de transmission ou de boîte de vitesses, ce qui les rend encore plus efficaces et plus faciles à entretenir.
Article publi-rédactionnel Volkswagen – VerticalY

 

Pour une mobilité sobre : la révolution des véhicules légers

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La voiture électrique ne pourra répondre seule à la nécessité de réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre liés aux transports, et plus largement aux impacts écologiques et sociaux de la voiture. Pourtant, c’est la solution portée en priorité par les pouvoirs publics. Cette Note de La Fabrique Écologique et du Forum Vies Mobiles « Pour une mobilité sobre : la révolution des véhicules légers » défend qu’une autre voie plus efficace est possible : développer une nouvelle gamme de véhicules beaucoup plus légers. A mi-chemin entre le vélo et la voiture : il s’agit des véhicules du type vélo à assistance électrique, tricycle, vélo mobile, triporteur, mini voiture…

L’économie de l’eau au centre de la 1ère séance d’information scientifique à l’Assemblée générale des Nations Unies

Lors de la première séance d’information scientifique consacrée au thème de l’eau à l’Assemblée générale des Nations Unies, le 7 février, d’éminents scientifiques ont averti que la demande en eau dépassera bientôt l’offre. Une situation qui exige à leurs yeux une tarification correcte de l’eau et de rendre durables ses systèmes de gestion et de conservation.
Des femmes à un point de distribution d'eau au Soudan du Sud
Des femmes à un point de distribution d’eau au Soudan du Sud
Dans son allocution d’ouverture, le Président de l’Assemblée générale, Csaba Kőrösi, a appelé les États Membres à « écouter les scientifiques, à les interpeller, à poser des questions, discuter, formuler le soutien que vous attendez de nos négociations ici même dans cette salle ».
« Nous avons franchi les limites planétaires de l’eau pour la première fois dans l’histoire de l’humanité. Nous avons modifié le cycle mondial de l’eau », a déclaré pour sa part Tharman Shanmugaratnam, co-président de la Commission mondiale sur l’économie de l’eau et ministre principal à Singapour, devant un auditoire composé d’États membres, d’observateurs et de représentants de la société civile au siège de l’ONU à New York.
M Shanmugaratnam a noté que nous assistons partout dans le monde à ce scénario – marqué par des sécheresses et des inondations affectant les mêmes régions, et signes d’une « tragédie de l’eau contaminée qui dure depuis longtemps sans faire les gros titres ». Selon les chiffres de l’ONU, un enfant de moins de 5 ans sur cinq meurt chaque minute à cause de la diarrhée. En raison de la mauvaise gestion humaine au cours de l’histoire, la demande en eau devrait dépasser l’offre de 40% à la fin de cette décennie, a averti M. Shanmugaratnam. Cette séance d’information a eu lieu moins de six semaines avant la Conférence des Nations Unies sur l’eau, la première conférence internationale axée sur l’eau organisée par les Nations Unies depuis 1977.
Le Yamuna, un fleuve pollué en Inde
Le Yamuna, un fleuve pollué en Inde

Potentiels et défis

Le ministre principal a déclaré que malgré la crise actuelle de l’eau, l’humanité dispose des outils nécessaires pour remettre sa gestion sur les rails, tant du point de vue des données et des informations que des connaissances scientifiques, de la technologie, des capacités et du financement. La clé est d’organiser les capacités et les ressources de manière à conserver l’eau localement et globalement, et de les coordonner avec les efforts de lutte contre le changement climatique et la perte de biodiversité.
« Nous devons dépasser cette idée que la tarification de l’eau est nocive pour les pauvres », a-t-il déclaré. « C’est la tarification de l’eau et le bon ciblage des subventions qui permettent d’investir dans les systèmes, de s’étendre à toute une population et de favoriser l’équité, car les systèmes de subventions d’aujourd’hui profitent aux personnes les plus aisées dans de nombreuses sociétés ».
Il est urgent maintenant d’encourager la conservation, d’étendre les systèmes d’approvisionnement en eau – y compris les systèmes de distribution et les subventions aux pauvres, par le biais d’incitations sociales ou directes ciblées, a-t-il ajouté. Entre autres recommandations, il a évoqué la coopération internationale pour renforcer les capacités de la main-d’œuvre et soutenir les institutions multinationales et régionales.
Ces initiatives reposent sur la science et les données : « Si nous voulons faire de la science une force unificatrice, nous devons combler les lacunes dans les données », a-t-il dit.
Des propositions telles que le suivi et la vérification des informations sur l’eau dans les États membres font partie des « nouvelles donnes » lancées en octobre dernier lors d’une consultation sur l’eau et la durabilité organisée par le Président de l’Assemblée générale Csaba Kőrösi avec 1.200 scientifiques, représentants du secteur privé et de la société civile. Cette rencontre a débouché sur 10 points d’inflexion qui incluent la création d’un mécanisme de validation scientifique, l’organisation d’un système mondial d’information sur l’eau, et l’éducation et le renforcement des capacités pour apporter la science et les données aux questions de politique de l’eau. M. Kőrösi devrait présenter ces facteurs de changement lors de la Conférence des Nations Unies sur l’eau en mars.
Des files d'attentes interminables pour la distribution d'eau en Somalie
Des files d’attentes interminables pour la distribution d’eau en Somalie

La nature transversale de l’eau

Pour sa part Aromar Revi, Directeur de l’Institut indien pour les établissements humains, également membre de la Commission mondiale sur l’économie de l’eau a souligné la nature intégrale de l’eau dans les objectifs de développement durable (ODD) et dans l’atténuation du changement climatique. Il a noté le « grand potentiel économique et de développement non réalisé » de l’utilisation de l’eau en tant que principe organisateur permettant d’accélérer la mise en œuvre des ODD, ainsi que des objectifs climatiques et de biodiversité. Mais il a mis en garde contre les arbitrages entre la nourriture, l’eau et l’énergie, citant le conflit potentiel entre les biocarburants et la production alimentaire dans les zones où l’eau est rare. « Ils doivent être réunis dans chaque région pour permettre un ensemble de transitions vers la prospérité, le bien-être humain et la santé des écosystèmes », a-t-il dit.

Comment tarifer l’eau

La question de la tarification adéquate de l’eau a été soulevée par María Fernanda Espinosa, membre de la Commission mondiale sur l’économie de l’eau et Présidente de la 73e session de l’Assemblée générale. Evoquant les principes de coopération, de durabilité et d’égalité des sexes qui serviront de base à la tarification de l’eau Mme Espinosa a rappelé qu’il s’agit « de belles paroles, mais que la vraie question est de savoir comment le faire dans la pratique ». Elle a souligné un labyrinthe de législations inégales sur l’eau à travers les continents. Il existe environ 500 mécanismes réguliers dans le monde liés à l’eau, deux conventions sur l’eau – dont aucune n’a plus de 39 États membres signataires – et plus de 140 États membres ont demandé que l’ONU nomme un envoyé pour l’eau. Où cela nous mène-t-il ?, a-t-elle demandé à l’auditoire : « Y a-t-il besoin d’une maison de l’ONU pour l’eau ? Y a-t-il besoin d’un espace intergouvernemental sur l’eau, que nous n’avons pas? Faut-il mettre en place un mécanisme global pour l’environnement afin d’assurer une plus grande cohérence et coordination entre les accords multilatéraux sur l’environnement ? »

Élargir les sources de financement

« D’autres éléphants ne sont pas dans la pièce, comme le secteur privé et les institutions financières multilatérales », a plaisanté Henk Ovink, Envoyé spécial pour les affaires internationales de l’eau des Pays-Bas, parlant de la nécessité d’une approche intersectorielle de la gestion de l’eau, et notant que la réunion d’information était restée axée sur les gouvernements.
Évoquant la Conférence des Nations Unies sur l’eau le mois prochain, il a déclaré qu’« une conférence des Nations Unies ne suffit pas à changer pas le monde. L’eau a besoin d’un foyer institutionnel, politique et avec nous tous, y compris un lien plus étroit avec les travaux de l’Assemblée générale ».
Source : ONU Infos
Source : ONU Infos

 

Pourquoi la voie vers la transition écologique passe par la route

Le secteur des transports est responsable de 30 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) en France et la route en est la principale cause. Utilisée massivement par les Français dans leur vie quotidienne, la route ne pourra pas être remplacée du jour au lendemain, si tant est que ce soit possible. Il est toutefois envisageable de faire évoluer les pratiques pour en réduire drastiquement son empreinte carbone, et ainsi se donner une chance d’atteindre les objectifs écologiques ambitieux que s’est fixé la France. « La route, par sa place centrale dans les mobilités, doit être pensée comme un acteur de la transition écologique », a affirmé le ministre délégué en charge des Transports Clément Beaune, à l’occasion d’un colloque coorganisé par Vinci Autoroutes, la revue L’Hémicycle, la Fabrique Écologique et Mobilettre, le 31 janvier dernier. Cet évènement, auquel ont participé des experts de la mobilité, des chercheurs et des politiques, a été l’occasion de montrer à quel point les infrastructures routières sont restées pendant longtemps un « impensé » de la transition écologique, alors qu’elles sont au cœur du quotidien des Français. Cependant, le colloque a aussi et surtout permis de montrer que les idées ne manquent pas pour décarboner la route. Qu’il s’agisse du développement des transports collectifs et du co-voiturage, de la multiplication des bornes de recharge électrique, ou du développement de la multimodalité, toutes ces initiatives permettent de réduire les émissions de GES du secteur.

La voiture, outil privilégié de la décarbonation des transports

En France, 85 % des déplacements en voiture se font avec une seule personne dans l’habitacle (« autosolisme »), et souvent pour des trajets courts (quelques kilomètres à peine). Bien sûr, pour les petits trajets, souvent réalisés en zone urbaine, les alternatives possibles sont évidentes : marche à pied, vélo, transports en commun. Mais pour les trajets en zone rurale ou périurbaine, le défi est beaucoup plus compliqué à relever, car il n’existe, en pratique, aucune alternative ou presque à la voiture individuelle. « Beaucoup de gens sont extrêmement dépendants de leur voiture », expliquait François Gemenne, géopolitologue et membre du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), à l’occasion du colloque du 31 janvier. « En France, les logements périurbains ont été pensés pour la voiture ». La résolution du problème passe, en grande partie, par une décarbonation des véhicules thermiques. Selon un sondage réalisé par IPSOS, 90 % des Français ont déclaré vouloir réduire l’impact écologique de leurs déplacements quotidiens, mais seulement un répondant sur cinq a indiqué avoir l’intention d’acquérir un véhicule électrique dans les cinq prochaines années. Les freins à l’achat sont connus : outre le prix et l’autonomie des batteries, le manque de stations de recharge ressort le plus souvent dans les sondages sur le sujet. François Roudier, porte-parole de la Plateforme automobile, confirme que « le gros problème de l’électrique n’est pas chez les constructeurs, mais dans les infrastructures ». Même son de cloche du côté de l’association Avere, qui estime qu’il est « primordial de prévoir assez de points de recharge pour ravitailler l’ensemble des véhicules électriques », mais insiste surtout sur « la qualité de service » et sur le fait que « ces infrastructures doivent être placées au bon endroit et à la bonne puissance ». L’Etat s’était fixé un objectif de 100 000 points de recharge installés partout en France pour la fin 2022. « Nous n’y sommes pas encore », observe Clément Molizon, délégué général d’Avere-France. « Au 31 décembre, on comptait 82.107 points de recharge. […] Mais la dynamique engagée est importante. On a installé en deux ans ce qu’on aurait auparavant installé en dix ans ». Une dynamique également constatée sur les autoroutes concédées. « 70 % des aires de services du réseau autoroutier ont des bornes de recharge rapides ou ultrarapides », détaille Christophe Hug, directeur général adjoint de Vinci Autoroutes, à l’occasion du colloque. « Nous visons les 100 % fin 2023 ». Antoine Pellion, secrétaire général à la planification écologique, a déclaré que tout allait être fait pour continuer à « investir dans le réseau routier, notamment pour l’électrifier ». C’est une bonne nouvelle, car l’aide des pouvoirs publics sera effectivement indispensable. Le raccordement par Enedis peut s’avérer très coûteux et les pouvoirs publics n’ont peut-être pas tout à fait pris la mesure de l’ampleur de la tâche. Avec seulement 100 millions d’euros investis en faveur des bornes électriques en France, contre 2 milliards en Allemagne, l’État va devoir rapidement mettre la main au portefeuille s’il souhaite soutenir efficacement les mobilités électriques. Qu’elle soit thermique (pour l’heure) ou électrique, la voiture restera un acteur incontournable pour penser les politiques de transport. La décarbonation de la route devra aussi passer par le développement de nouveaux usages, notamment collectifs : transports en commun, co-voiturage, report modal… Autant de nouvelles pratiques à développer qui réduiront davantage l’empreinte carbone du secteur.

Vers un transport routier écoresponsable

Les autoroutes françaises, qui sont majoritairement concédées, disposent de millions de kilomètres de voiries en très bon état. Elles représentent donc l’infrastructure idéale pour mettre en pratique des usages routiers écoresponsables et des alternatives à la voiture individuelle. La Convention citoyenne pour le Climat avait par exemple proposé de réserver des voies aux véhicules partagés ou à faible émission, une solution que Grenoble a mis en œuvre sur l’A48. De son côté, André Broto, expert des questions de mobilité routière et ancien directeur de la stratégie de Vinci Autoroutes, a affirmé, à l’occasion du colloque du 31 janvier dernier, qu’on ne pourra « pas se passer des routes et des autoroutes ». Il propose donc la mise en place de milliers de gares routières, « par exemple aux entrées des autoroutes : on y trouverait un bouquet de services, avec des autocars […], du covoiturage, des « cars Macron », des taxis… ». Le résultat attendu serait une décarbonation importante des déplacements du quotidien. La mise en place de ces transports collectifs entre aussi en résonance avec des questions sociales. « La route doit préserver l’égalité entre les territoires », a rappelé lors du colloque Lucile Schmid, cofondatrice de la Fabrique écologique, un think tank spécialisé dans les questions environnementales. « Comment fait-on pour desservir de manière correcte des petites villes si les emplois sont désormais relocalisés ? Comment organise-t-on des infrastructures qui correspondent à la vie de demain ? ». La réponse pourrait se trouver du côté de la multimodalité, c’est-à-dire en améliorant les passages entre voiture individuelle et transports collectifs, qu’ils soient routiers ou ferroviaires. « La route est l’outil de proximité et de mobilité le plus important. Mais nous devons accélérer le report modal », a confirmé Clément Beaune. « Pour faire le dernier kilomètre, il n’y a guère que la route qui rende ce service de la mobilité du quotidien ». Mais la route ne doit plus être, pour le ministre, le « seul maillon » de la chaîne, et devenir « complémentaire des autres modes de transports ». Cette multimodalité sera d’autant plus essentielle aux classes populaires, qui ne pourront pas forcément s’offrir un véhicule électrique au cours des toutes prochaines années. Des classes populaires souvent plus éloignées des centres urbains et qui sont par conséquent plus dépendantes de leur voiture. Que ce soit donc pour renforcer la cohésion des territoires ou pour réduire l’empreinte carbone des infrastructures de transport, le développement d’une route plus durable est une véritable nécessité. Les acteurs privés et les pouvoirs publics devront poursuivre sur la voie engagée et redoubler d’efforts pour favoriser des pratiques innovantes et moins émettrices en carbone. C’est indispensable si la France souhaite atteindre ses objectifs climatiques.

 

L’ONU veut donner la priorité à l’humain dans la réalisation des Objectifs de développement durable

A l’ouverture d’une nouvelle session de la Commission du développement social, la Présidente du Conseil économique et social de l’ONU (ECOSOC) a déclaré lundi qu’il était impératif de donner la priorité à l’être humain, si l’on veut réaliser les 17 Objectifs de développement durable (ODD) d’ici l’échéance de 2030.
Les jeunes d'Haïti ont les compétences requises pour trouver du travail dans les usines de confection.
Les jeunes d’Haïti ont les compétences requises pour trouver du travail dans les usines de confection.
« Donner la priorité à l’humain signifie que nous devons créer des opportunités pour les jeunes d’accumuler des connaissances et des compétences pertinentes pour le marché du travail par l’éducation, la formation et une expérience professionnelle précoce », a déclaré Lachezara Stoeva. Selon elle, les faibles projections actuelles en matière de croissance économique mondiale l’exigent tout simplement.
Dans un contexte de crises mondiales multiples et interconnectées, il est essentiel de donner aux gens les outils nécessaires pour construire des sociétés et des économies résilientes afin de faire avancer les efforts visant à réaliser le Programme de développement durable à l’horizon 2030. À l’ouverture de la soixante et unième session de la Commission, la Présidente de l’ECOSOC a présenté les meilleurs moyens d’y parvenir.

A mi-chemin de l’échéance de 2030

À mi-chemin, bientôt, de l’échéance de 2030 pour la réalisation de l’ensemble des 17 ODD, elle a déclaré que les États membres ont des responsabilités claires alors que le monde poursuit sa transition vers des économies et des sociétés à faible émission de carbone et respectueuses de l’environnement.
« Pour assurer une transition équitable et inclusive, les gouvernements ont la responsabilité de donner la priorité aux personnes », a-t-elle déclaré.
Ils doivent soutenir les régions, les industries et les travailleurs confrontés aux plus grands défis de la transition vers une économie verte, a-t-elle ajouté. Cela nécessite des politiques qui facilitent la reconversion des travailleurs, ainsi qu’une série d’autres actions, notamment une aide à la recherche d’emploi adaptée, des cours d’apprentissage flexibles, des programmes d’emploi et des incitations à l’embauche et à la transition.
Lachezara Stoeva, présidente de la session 2023 du Conseil économique et social (ECOSOC).
Lachezara Stoeva, présidente de la session 2023 du Conseil économique et social (ECOSOC).

Une protection sociale universelle

L’adoption d’une approche centrée sur l’être humain passe en partie par la mise en place d’un filet de sécurité sociale universel permettant à chacun d’accéder à une protection complète, adéquate et durable, a-t-elle déclaré. Le rôle critique des systèmes de protection sociale – mis à nu par la pandémie de COVID-19 – reste partie intégrante des efforts des États pour construire des économies et des sociétés résilientes afin d’atteindre les objectifs de l’Agenda 2030. Investir dans les capacités humaines est également essentiel pour répondre aux demandes émergentes et futures du marché du travail, déjà affecté par des facteurs tels que la transformation numérique, les tendances démographiques et le changement climatique, a-t-elle déclaré.
« Ces transformations structurelles nécessitent des efforts supplémentaires en matière d’éducation, de formation et d’apprentissage tout au long de la vie », a-t-elle déclaré. « Ces efforts doivent instiller les valeurs d’inclusion, de durabilité et de partenariat inscrites dans l’Agenda 2030 ».
Au cours de sa soixante et unième session, la Commission se concentrera sur la dimension sociale du développement durable. Les discussions porteront sur la création d’un travail décent et sur son lien avec les inégalités et la pauvreté.

Passer de la parole aux actes

À la veille du sommet sur les ODD qui se tiendra en septembre, la Présidente de l’ECOSOC a déclaré : « Nous devons travailler ensemble pour traduire nos discussions et nos conclusions en actions concrètes en vue de réaliser les ODD d’ici à 2030 ». Les conclusions de la Commission alimenteront le sommet, où les dirigeants mondiaux assureront le suivi et l’examen de la mise en œuvre de l’agenda 2030. Le rassemblement marquera le point exact à mi-chemin de l’échéance de 2030 pour la réalisation des objectifs de développement durable.

À propos de l’ECOSOC

capture_d_e_cran_2023-02-08_a_17.35_30.png Placé au cœur même du système des Nations Unies, le Conseil économique et social promeut les trois dimensions – économique, sociale et environnementale – du développement durable. C’est le lieu central à partir duquel des débats s’engagent, des idées nouvelles émergent, des consensus se forgent autour des voies à suivre et des actions sont coordonnées pour poursuivre les objectifs arrêtés au niveau international. Le Conseil a également pour fonction d’assurer le suivi des grandes conférences et réunions au sommet organisées par les Nations Unies. ecosoc-chamber.jpg C’est l’un des six principaux organes de l’Organisation des Nations Unies constituée par la Charte des Nations Unies en 1945.

 

Fin du monde et fin du mois, même combat ?

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Parce que la transition écologique ne pourra se faire sans envisager la situation selon le prisme social, ce décryptage de Margot Cazin pour La Fabrique écologique revient sur les différents types d’inégalités environnementales et dresse un état des lieux de la situation et du débat. Il examine les rapprochements entre les mouvements pour l’action écologique et ceux en faveur de la justice sociale, en remettant en question le principe de responsabilité individuelle pour envisager l’action de l’État et des entreprises. Les inégalités environnementales sont nombreuses et frappent principalement les pays les plus pauvres, et à l’intérieur de ceux-ci, les classes populaires. L’écologie ne peut donc se réduire à une culpabilisation des citoyens et consommateurs, sans quoi nous n’avancerons jamais. L’État a un rôle essentiel à jouer, tout comme les entreprises qui ne devraient plus pouvoir agir en toute impunité.

Qui est responsable pour la gestion des réfugiés climatiques ? L’Oeil de la Fabrique écologique

Dans le cadre de sa rubrique « L’Œil de La Fabrique Écologique« , présentant dans une fiche courte un document international aux idées novatrices, peu ou pas commenté dans le débat public français, La Fabrique Écologique a le plaisir de vous présenter l’Œil n°46 : Qui est responsable pour la gestion des réfugiés climatiques ?

Qui est responsable pour la gestion des réfugiés climatiques ? L'Oeil de la Fabrique écologique
Qui est responsable pour la gestion des réfugiés climatiques ? L’Oeil de la Fabrique écologique

ARTICLE DE L’OEIL – N°46

Who takes responsibility for the climate refugees ?” est un article publié en 2017 dans la revue International Journal of Climate Change Strategies and Management et écrit par Bayes Ahmed. L’article propose des solutions et méthodes pour la gestion des réfugiés climatiques en s’appuyant sur une étude de cas concrète : le Bengladesh.

  • #1- La multiplication des évènements climatiques et l’augmentation de leur intensité crée un contexte de plus en plus propice à la migration massive de populations, notamment en partance des régions les plus vulnérables face à ces catastrophes. Le Bengladesh, dont environ la moitié de la population vit à moins de cinq mètres au-dessus du niveau de la mer, fait partie des pays les plus exposés. Si le scénario des 2°C d’augmentation des températures globales s’actualise, 34 millions de bengladais devraient trouver refuge dans d’autres pays pour fuir la montée des eaux. Ainsi, nous utilisons le terme « réfugiés climatiques » pour désigner des personnes qui doivent quitter leur foyer et leur communauté à cause des effets du changement climatique[[Il existe un important débat autour de la dénomination des migrants contraints de se déplacer. Des chercheur·e·s ont commencé à utiliser le terme de « réfugié climatique », puis cette dénomination a beaucoup été reprise en dehors du milieu académique. Cependant, elle est juridiquement fausse vis-à-vis de la Convention de Genève de 1951 relative au statut des réfugiés. Son utilisation est également contestée car elle permettrait aux États de contourner leur obligation de donner l’asile.]].
  • #2- Si le Bengladesh est vulnérable face au changement climatique, il n’est classé que 162ème sur 199 en termes de production de CO2 selon une étude de la Banque Mondiale (2014), engageant ainsi la responsabilité des pays les plus pollueurs. Il n’existe cependant aucune convention internationale pour encadrer la gestion des réfugiés climatiques. En réponse, l’article propose un modèle de réinstallation de ces réfugiés dans les pays qui produisent le plus de CO2. Quatre paramètres ont été identifiés comme pertinents pour identifier ces pays : les émissions de CO2 et le revenu national brut (RNB) par habitant, l’indice de développement (IDH) et la consommation des ressources de la planète par habitant. En prenant en compte ces données, on observe que seulement 10 pays produisent 69 % du total mondial de CO2, tandis que les pays les moins développés portent le fardeau de cette pollution sous la forme d’impacts climatiques.
  • #3- L’article suggère 7 propositions phares pour la gestion des réfugiés climatiques :
    • 1. Le développement d’une méthode de calcul pour déterminer leur répartition dans des pays d’accueil.
    • 2. Une convention internationale et juridique pour les réfugiés climatiques.
    • 3. Un plan d’hébergement immédiat à court terme dans les pays voisins en cas d’urgence, et un plan de réinstallation à long terme dans les pays responsables, selon les besoins.
    • 4. Un système de surveillance pour identifier les catastrophes climatiques et évaluer le nombre de personnes déplacées.
    • 5. Un système de suivi cumulatif pour mesurer les pays consommant le plus de ressources et qui produisent le plus de CO2 dans un délai donné.
    • 6. Un système de pénalisation immédiate des pays responsables avec obligation de fournir l’aide humanitaire dans les pays victimes.
    • 7. Un système d’indemnisation des pays victimes pour les pertes et dommages causés par les évènements climatiques et le déploiement de plans de réinstallation.

Situation en France

En décembre 2020, une première avancée pour la reconnaissance des évènements climatiques comme facteur de risque a été initiée. Compte tenu des difficultés respiratoires dont Sheel, migrant bengladais, souffrait, il ne pouvait retourner au Bengladesh en raison de la qualité de l’air du pays. La Cour d’Appel de Bordeaux a alors annulé son obligation de quitter le territoire français, permettant à Sheel de bénéficier du statut d’étranger malade. C’est la première fois que la pollution atmosphérique est considérée dans l’évaluation des risques encourus. En France aucun statut juridique légal n’existe pour les réfugiés climatiques, l’affaire Sheel permettrait de développer des suites juridiques.

L’avis de Pauline Bureau, Vice-présidente de LFE

« Si une gestion qui tienne compte des responsabilités historiques se présente comme une réponse juste à la question des réfugiés climatiques, elle dépend d’une reconnaissance de ce statut dans le droit national et international, pour l’instant lacunaire ».

Article écrit par Sinnappu Sutharteena


Qui est responsable pour la gestion des réfugiés climatiques ? L’Oeil de la Fabrique écologique

Documents joints

Photovoltaïque : le best of des fake news les plus répandues par Stéphane Maureau – CEO de UNITe

L’énergie photovoltaïque a fait des progrès fulgurants durant les 10 dernières années. Le rendement des panneaux s’est accru de 25% et le prix a été divisé par…10 ! Cela bouleverse le rôle que peut tenir le photovoltaïque dans la transition énergétique. De nombreux décideurs n’avaient pas vu venir ces progrès et, dans les débats actuels, on constate qu’ils sont encore nombreux à ne pas avoir pris en compte les données réelles du photovoltaïque d’aujourd’hui : on entend encore de nombreux arguments qui n’ont plus lieu d’être au sujet de cette énergie. Il est temps de distinguer le vrai du faux !
Par Stéphane Maureau, Directeur Général – CEO de UNITe
Par Stéphane Maureau, Directeur Général – CEO de UNITe

AU SUJET DE LA FABRICATION

Les modules PV utiliseraient des terres rares. Faux Les modules PV utilisés aujourd’hui ne contiennent pas de terres rares. Le composant principal est le silicium : il sert à faire les cellules PV, qui sont prise en sandwich entre 2 plaques de verre. (Le verre est aussi fait avec du silicium !) Mais NB : aucune terre rare dans le photovoltaïque ! Il y aurait bientôt pénurie de silicium. Faux Le silicium, le 2ème atome le plus présent sur terre (juste après l’oxygène), et facile d’accès (partout dans la croûte terrestre). Il n’y a pas de pénurie de silicium et il n’y en aura pas. Il n’y a pas de pénurie de matière première. Parfois, en raison de la forte croissance de la demande, il y a des demandes supérieures à la capacité des usines qui purifient le silicium. Cela est temporaire et résolu par l’augmentation de capacité de ces usines. La rareté des matériaux n’est donc pas un frein pour le déploiement du PV à grande échelle. En fait s’il y devait y avoir un point de vigilance ce serait sur l’argent, utilisé comme conducteur entre les cellules… on pourrait avoir à le remplacer par un autre conducteur, si le marché PV continue son ultra croissance.

AU SUJET DE SON INTERET ECONOMIQUE

capture_d_e_cran_2023-02-06_a_14.42_36.png C’est cher et non compétitif Ce n’est plus vrai du tout C’était vrai il y a 10 ans et encore plus il y a 20 ans. Le prix des panneaux était si élevé que le prix de revient de l’électricité solaire n’était pas compétitif face au réseau électrique. Le photovoltaïque étaient donc utilisé là où il n’y avait pas d’accès possible au réseau (par exemple les réémetteurs en montage.) Mais en 20 ans cela a changé de manière extraordinaire ! En 20 ans le prix des panneaux a été divisé par 100 ! Cela a été réussi grâce aux pays qui ont compris, il y a 20 ans, qu’il y avait un énorme potentiel de baisse de prix, à condition de faire grossir les volumes fabriqués. D’abord le Japon, puis l’Allemagne, la Chine, les Etat Unis ont bien identifié ce potentiel : Ils ont subventionné le photovoltaïque pour faire grossir le marché et ainsi faire baisser les prix. Et cela a porté ses fruits :
  • De 2012 à 2022, les prix du PV ont été divisés par 10 (et ils avaient déjà été divisés par 10 dans la décennie précédente. Les prix des panneaux PV ont donc été divisés par 100 en 20 ans !
D’autres évolutions ont rendu l’électricité solaire compétitive :
  • Le rendement qui était de 10% dans les années 1970, est de 24% aujourd’hui et se rapprochera des 30% sous peu…
  • La durée de vie est passée de 10 ans dans les années 80, à plus de 40 ans aujourd’hui. Les garanties des constructeurs sont de 30 ou 35 ans, avec moins de ½ % de perte de puissance par an ! Dans 35 ans, un panneau acheté aujourd’hui fonctionnera encore et aura plus de 82% de la Puissance initiale ! Quel autre produit industriel à une telle durée de vie et une telle garantie ?
  • Les onduleurs (qui transforment le courant continue des panneaux en courant alternatif qui peut être injecté dans le réseau électrique ont gagné en rendement, et baissé en prix)
  • Le métier d’exploitation de centrale PV c’est fortement professionnalisé en 20 ans.
En conséquence de tous ces progrès, le prix de l’électricité PV a diminué de manière spectaculaire. Le solaire PV est maintenant compétitif par rapport aux autres sources d’énergie électrique
  • l’électricité solaire coûte entre 5 centimes le kWh (50€/MWh) (pour une grande centrale au sol) et 16 centimes kWh (160€/MWh) pour une petite installation en toiture.
Le nucléaire des centrales de dernière génération est de plus de 10 centimes/kWh (100€/MWh)

L’électricité solaire est donc désormais compétitive, y compris par rapport au nucléaire. Et ce n’est pas fini, la baisse des coûts du solaire va continuer.

On dit que cela coûte une fortune en subvention et demande beaucoup d’aides publiques Ce n’est plus vrai du tout Développer les énergies renouvelables a coûté de l’argent public, le temps d’aider le marché à décoller, jusqu’à ce que cette énergie soit compétitive. Aujourd’hui les solaire est compétitif ! D’ailleurs, Aujourd’hui, ce sont les énergies renouvelables qui apportent des recettes à l’Etat et non l’inverse. Les montants sont très importants : la CRE (Commission de Régulation de l’Energie) indique, que, dans les conditions actuelles toutes les filières d’énergies renouvelables en métropole continentale représenteront des recettes pour le budget de l’Etat, pour une contribution cumulée, de plus de 30 Md€ au titre de 2022 et 2023 Les filières contributives sont, par ordre d’importance : l’éolien terrestre, le photovoltaïque à hauteur, l’hydroélectricité et le biométhane.

Fin 2024, les EnR auront rapporté plus à l’Etat qu’elles n’ont coûté depuis qu’elles sont soutenues !

Le PV ne rapporterait rien aux communes ? Faux La production d’électricité photovoltaïque est soumise à l’IFER, qui est un impôt prélevé au profit des collectivités territoriales. Une partie de cet IFER est reversée directement aux communes sur lesquelles sont installées les centrales photovoltaïques. Ordre de grandeur : une installation au sol de 20MW apporte plus de 60 000 € / an aux collectivité locales (Département et communauté de communes) dont au moins 20% directement à la Commune.

Un parc PV sur une commune permet de baisser les impôts locaux ou de financer des projets locaux, sans solliciter les contribuables !

Le photovoltaïque ne produit pas par temps couvert et en hiver. En France, ça ne produirait presque pas. Faux Un panneau produit plus en été par beau temps qu’en hivers pas temps nuageux, c’est une évidence. Cependant, un panneau PV produit bien de l’électricité toute l’année. Pour preuve : les réémetteurs de télécom en haute montagne sont alimentés par des panneaux solaires, toute l’année. Ils fonctionnement été comme hivers. La quantité d’énergie produite sur l’année est importante. En France, en moyenne 1kWc (soit 5m²) environ 1300 kWh/an (1,3 MWh/an), soit un peu plus de la moitié de la consommation électrique moyenne d’un français (2200 kWh/an). En France, bien que l’on ne soit qu’au début, en 2021, le solaire PV a déjà fourni 3% de l’énergie électrique consommée en France (contre 2,8 % en 2020), (3% = 14,3TWh) Les panneaux solaires ne fonctionneraient que s’ils sont exactement orientés plein Sud Faux Un panneau produit le maximum annuel s’il est orienté plein sud. Mais il ne perd que quelques % s’il est orienté sud-est ou sud-ouest. Aujourd’hui les panneaux sont bifaciaux, cela signifie de même la face arrière produit : si elle est orientée vers le sol, est fait de l’électricité grâce à la luminosité réfléchie sur le sol, que l’on appelle l’albédo. L’orientation et l’inclinaison des panneaux est une question d’optimisation de la production, mais on a une véritable souplesse d’installation.

AU SUJET DE LA PERTINENCE ENVIRONNEMENTALE

2023-01-photo-le-tout-lyon.jpg Une installation PV fournit-elle plus d’énergie que ce qui a été consommé pour sa fabrication ? Oui ! Beaucoup beaucoup plus ! En France, un système PV utilisant des modules en silicium monocristallin fournit l’énergie qui a été nécessaire pour sa fabrication est de moins de 2 ans depuis des années. Il est même passé en dessous de 1 an avec les dernières générations de panneaux, qui utilisent de moins en moins de matière, pour une puissance de plus en plus forte). Or un panneau dure plus de 40 ans. Un panneau fournit donc 40x plus d’énergie qu’il n’en consomme lors de sa fabrication. Ce ratio est donc excellent et place le photovoltaïque parmi les meilleures énergies. Un panneau PV pollue et ne se recycle pas ? Faux et archi faux En masse, près de 95 % d’un module en fin de vie est valorisé. La filière est parfaitement organisée. Aujourd’hui on récupère le silicium (du verre et des cellules) pour en refaire du verre. Le cadre en aluminium (un autre matériau qui se recycle très bien). Le métal argent qui est utilisé pour les connexions électriques. Il ne reste que 5% de matière non recyclée, mais l’amélioration continue. Le recyclage est bien organisé : l’éco-organisme SOREN, se charge de collecter les panneaux usagés, et de les recycler. Faire recycler un panneau ne coûte rien à son propriétaire, quelle que soit la marque et l’origine du panneau, car une éco participation a été payée initialement pour financer la collecte, le tri et le recyclage. La France est l’un de premier opérateur européen de cette activité de recyclage. Bref un panneau solaire se recycle très bien et la filière est bien organisée. Un système PV émettrait beaucoup de CO2 Faux Le solaire est l’une des sources d’électricité très faiblement émettrice de CO2 ! Une installation PV (sur toiture à base de panneaux en silicium monocristallin) émet en moyenne 30 gCO2eq/kWh. (Ce, en intégrant tout le cycle de vie, y compris si le panneau vient de Chine) C’est 16 à 33 x moins que les énergies fossiles. (Les centrales à énergie fossiles (à gaz, charbon ou fioul) émettent 500 à 1000 gCO2eq/kWh.) C’est 8 x moins que la moyenne des énergie électriques du réseau européen (les émissions moyennes du système électrique européen étaient de 231 gCO2eq/kWh en 2020 soit 8 x plus. Non seulement le PV émet peu de CO2, mais, avec la prolongation de la durée de vie d’un panneau, et la perspective de fabrication de panneaux en Europe, les progrès techniques de fabrication font que ce ratio pourra encore s’améliorer en descendant jusqu’à ce ratio pourra encore s’améliorer en tombant à 15g puis 10 CO2eq/kWh !

Bref : le photovoltaïque est l’une des meilleures solutions pour produire de l’électricité décarbonée

Une installation PV au sol dégraderait les sols. Faux ! Les producteurs d’installation PV, à partir de panneaux installés au sol s’engagent à tout démonter à la fin du projet (dans 30 ou 40 ans) s’il n’est pas reconduit pour une nouvelle période (ce qui sera souvent fait en plaçant une nouvelle génération de panneaux). C’est assez simple car les supports sont généralement fixés sur des pieux battus ou vissés dans le sol (sans le moindre béton). NB : soulignons que toute grande installation PV au sol fait l’objet d’une étude d’impact environnemental préalablement à l’obtention de son permis de construire ! agrivoltaisme.jpg Le photovoltaïque au sol c’est visuellement hideux Tout est relatif ! Ce n’est certes pas invisible, mais c’est souvent très discret : de nombreuses personnes roulent chaque matin à côté d’un champs PV (au sol le long d’une autoroute, sans le savoir, car des haies installées à la périphérie cachent bien le site. En tous cas, ce n’est pas en hauteur, cela ne fait pas de bruit… l’impact visuel est souvent très limité. En tous cas c’est moins visible qu’une centrale au charbon, qu’une centrale nucléaire, etc, etc NB l’étude d’impact prend en compte l’impact visuel lors de la conception du projet.

AU SUJET DE L’EXPLOITATION DES CENTRALES

Les panneaux solaires, demandent beaucoup d’entretien. Faux. Parmi tous les moyens de production d’électricité, le photovoltaïque est celui qui demande le moins d’entretien : pas de mécanique, aucune pièce en mouvement, pas de carburant à apporter… etc. C’est bien pour cela que nos satellites sont tous électrifiés par panneaux solaires (il n’est pas nécessaire d’envoyer un “astronaute de maintenance” tous les mois !) Mais aussi les balises en mer, les réémetteurs télécom en haute montagne, les refuges alpins, etc. Partout où il est difficile d’envoyer un technicien de maintenance, le photovoltaïque a été choisi avant tout pour sa simplicité d’entretien. C’est aussi cette simplicité qui explique que les panneaux aient une garantie de 35 ans. Cependant, dans une installation PV il y a aussi des onduleurs électroniques. Ils ont en général une durée de vie de 10 à 15 ans. Ils sont généralement contrôlés à distance et remplacés lorsque nécessaire….

En bref de l’entretien oui, mais beaucoup moins que les autres moyens de production d’électricité.

Un panneau solaire, c’est fragile ? Faux. C’est plus solide qu’une fenêtre de toit. C’est équivalent à un pare-brise d’automobile… et plus solide que des tuiles. Bref, ce n’est pas incassable, mais ce n’est pas fragile.

AU SUJET DE LA VISION A L’ÉCHELLE NATIONALE, A MOYEN TERME

La France est en retard sur ses objectifs C’est Vrai, malheureusement La programmation pluriannuelle de l’énergie prévoit 20 GW installés en 2023 et entre 35 et 44 GW en 2028. En septembre 2021, 13,2GW étaient raccordés, soit 66% de l’objectif 2023. La Fr est le seul pays de l’UE en retard sur ses engagements. Le rattrapage du retard coûtera 500M€ au Gvt français (et donc au contribuable). La France annonce qu’elle veut accélérer et changer d’échelle et développer plus de « fermes solaires ». Une ferme solaire, c’est du photovoltaïque sur une ferme agricole ? Non Cette expression vient d’une traduction littérale de l’anglais « photovoltaïc farm ». Un ferme photovoltaïque est tout simplement une installation de panneaux photovoltaïques, au sol, sur un grand terrain, pour produire de l’électricité. En bon français on devrait dire une « centrale photovoltaïque ».

Développer plus de fermes solaires, c’est développer plus d’installations de grande surface…

A ce sujet, on dit que Les surfaces nécessaires seraient hallucinantes Faux Ayons les ordres de grandeur en tête : La France à l’ambition de multiplier par 10 la puissance PV installée d’ici 2050 (annonce rappelée par le Pdt lors de son discours à Belfort en 2022. Multiplier le parc installé par 10 revient à atteindre 100 à 130 GW installés en 2050. => la production sera alors de 160 TWh/an, soit 25% de la conso totale d’élec (qui sera de 640 TWh/an) Quelle surface faudra-t-il ? Si la moitié est installé sur des toitures, des parkings, l’autre moitié devra être installée au sol (c’est nécessaire pour atteindre l’objectif et pour produire une énergie très compétitive). Il faudrait donc installer 65 GW au sol ? Cela demanderait environ 60 000 ha = soit seulement 0,2% de la SAU, soit 2 millièmes des terres agricoles (* : La SAU totale de la France est de 29 millions d’ha). Et on ferait cela en 22 ans (d’aujourd’hui à 2055), il faudrait donc trouver 2 700 ha/an (60 000 / 22 = env 2727) Pour avoir un point de repère : C’est 10x fois moins que les terres que l’on affecte chaque année à la construction de maisons (27 000 ha par an en moyenne sur 2006-2016)

Non la production d’une part importante de notre électricité par énergie solaire ne demande pas des surfaces hallucinantes. Nous n’aurons pas de choix cornélien à faire entre souveraineté énergétique et souveraineté alimentaire ! Donc la France a raison de vouloir accélérer !

Les énergies renouvelables seraient un risque pour la stabilité du réseau ? Faux Pour l’instant on fait de l’ordre de 3% du mix électrique en PV. L’objectif est de monter à 25% d’ici à 2050. Cela ne fera ne fera pas courir de risque sur la stabilité du réseau. Et c’est RTE qui le dit : RTE est le gestionnaire du réseau de transport d’électricité, changé notamment d’assurer la stabilité du réseau à moyen et long terme. Par ailleurs, RTE souligne aussi, qu’il est indispensable d’accélérer le développement des énergies renouvelables pour répondre à la croissance de la demande d’électricité en France (quelle que soit la part qui serait produite par le nucléaire.) Pour aller au-delà de 25%, après 2050, il faudra sans doute continuer d’améliorer nos solutions de flexibilité et de stockage. Des travaux sont déjà en cours, mais il n’y a aucune raison de ne pas accélérer jusqu’en 2050. Les panneaux solaires sont fabriqués en Chine C’est vrai… tout comme votre téléphone portable. C’est vrai et c’est regrettable : avant moratoire des projets industriels étaient en préparation. Les tergiversations françaises les ont fait renoncer… Lorsque nous nous sommes arrêté les Chinois ont accéléré. Ils ont eu raison. Heureusement, ce n’est pas inéluctable : des projets de Giga Usines de production de panneaux solaires en France sont de nouveau à l’étude. C’est économiquement tout à fait possible, car le surcoût d’une main d’œuvre européenne (par rapport à la main d’œuvre chinoise) est compensé par la réduction des coûts de transport. Et on a toutes les compétences pour réussir une industrie PV en France
  • Une R&D de haut niveau à l’INES
  • Des champions des semi-conducteur (STM),
  • Des champions de la conversion d’énergie (Schneider)
  • Des industriels du Verre Saint-Gobain
  • De grande compétence en ingénierie industrielle.

Plusieurs projets de construction d’usine en France et en Europe sont en cours.

Mais alors le PV contribue-t-il à notre indépendance énergétique ? Oui ! Il faut bien distinguer l’usine et le carburant ! Lorsqu’un panneau est installé, (d’où qu’il vienne) il va produire de l’électricité, là où il est installé, pendant 40 ans, sans que l’on n’ait rien à importer (ni gaz, niche charbon, ni uranium…) Le « carburant » est le rayonnement solaire. Aucun pays ne peut ne couper ce robinet-là. Donc même avec des panneaux importés, le solaire contribue à notre indépendance. Et ce sera encore plus vrai, encore plus satisfaisant, lorsque nous produirons les panneaux en France…

Donc oui le PV contribue à notre indépendance énergétique

Ajoutons que
  • Le PV peut se mettre en œuvre très vite si on le souhaite, au cœur des territoires
  • Le PV contribue aussi la baisse des prix de l’électricité donc au pouvoir d’achat des consommateurs et à la compétitivité de notre économie,
  • Le PV contribue à la décarbonation de notre énergie
  • Le PV peut apporter des services utiles au monde agricole
  • Le PV contribuera certainement à la réindustrialisation de la France
Il est urgent d’évacuer les arguments faux ou surannés et les polémiques stériles. Le photovoltaïque est l’une de plus belle raison d’être optimistes face aux défis actuels : Il faut que nous nous y engagions de manière unie, avec enthousiasme…

À propos de UNITe

capture_d_e_cran_2023-02-06_a_14.37_36.png Fondé en 1985, le groupe UNITe développe, construit et exploite des centrales de production d’électricité locale et durable : des centrales hydroélectriques, des parcs éoliens et des installations photovoltaïques. Le groupe s’attèle depuis plus de 35 ans à unir besoin d’énergie et respect de l’environnement, et s’impose aujourd’hui comme l’un des principaux producteurs indépendants d’électricité décarbonée, locale, durable et compétitive en France, avec plus de 60 sites de production. Avec sa filiale GREEN-ACCESS, le groupe occupe également une position de leader sur la vente de Garanties d’Origine. UNITe est un groupe indépendant, agile, financièrement solide, ancré dans les territoires, avec des compétences reconnues dans le secteur des énergies renouvelables. Actuellement, en France, l’entreprise loue de nombreux terrains sur le très long terme (35 ans et plus) pour y déployer des installations photovoltaïques au sol.

 

Protéger les zones humides pour protéger la biodiversité

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Malgré leur bienfaits, les zones humides végétalisées du monde entier, sont menacées, polluées ou dégradées en raison du changement climatique et du développement humain, a averti le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), à l’occasion de la Journée mondiale des zones humides.

L’appel de l’ONU à la mobilisation pour réaliser le Programme de développement durable d’ici 2030

capture_d_e_cran_2023-02-01_a_18.58_24.png Alors que les indicateurs en matière de pauvreté, de biodiversité et d’égalité des genres ne vont pas dans la bonne direction, de hauts responsables des Nations Unies ont appelé mardi à ne pas baisser les bras et à se mobiliser pour réaliser le Programme de développement durable à l’horizon 2030.
Une fillette de 6 ans vivant dans un bidonville au Caire, en Egypte.
Une fillette de 6 ans vivant dans un bidonville au Caire, en Egypte.
« Nous sommes loin d’être là où nous devrions être. Sur presque tous les indicateurs clés – pauvreté et exclusion ; conflits et déplacements ; émissions de CO2 et perte de biodiversité ; et promotion de l’égalité des sexes – nous allons dans la mauvaise direction », a constaté la Vice-Secrétaire générale de l’ONU, Amina Mohammed, dans un message vidéo adressé aux participants d’une réunion du Forum de partenariat du Conseil économique et social (ECOSOC).
capture_d_e_cran_2023-02-01_a_18.58_45.png Dans un contexte où la solidarité et la confiance dans le monde s’effondrent et où les pays en développement sont enfermés dans une spirale de la dette, la numéro deux de l’ONU a toutefois appelé la communauté internationale à ne pas baisser les bras.
« Nous devons nous éveiller à ce moment véritablement existentiel ; et à l’opportunité que nous offrent les transitions énergétique, alimentaire, numérique et sociale », a-t-elle déclaré. « Nous devons nous montrer à la hauteur de ce moment historique. Et nous avons besoin de tout le monde sur le pont. Les gouvernements doivent montrer la voie ».
La Vice Secrétaire générale de l'ONU, Amina Mohammed.
La Vice Secrétaire générale de l’ONU, Amina Mohammed.

Travailler ensemble

Selon elle, il n’est possible de réussir que « si nous travaillons ensemble, avec des partenaires clés faisant preuve de leadership, d’ambition et d’action ». Elle a mentionné notamment les jeunes, qui peuvent « proposer des solutions nouvelles, créatives et audacieuses à des défis anciens et tenaces », mais aussi les gouvernements locaux et régionaux, la communauté scientifique, et le secteur privé. Mme Mohammed a rappelé qu’en septembre, chefs d’Etat et de gouvernement se réuniront pour un Sommet des objectifs de développement durable (ODD) pour faire le point sur ces objectifs avant l’échéance de 2030. La Présidente de l’ECOSOC, Lachezara Stoeva, a noté pour sa part que la tâche de reconstruire nos sociétés de manière inclusive et équitable peut sembler insurmontable mais que « cela nous offre une occasion rare de repenser fondamentalement les aspects pratiques du développement durable ». Selon elle, le Programme de développement durable à l’horizon 2030, le Programme d’action d’Addis-Abeba, le Cadre de Sendai et l’Accord de Paris sur le changement climatique « restent nos meilleurs outils pour surmonter les obstacles, réduire les risques et forger un avenir meilleur défini par la paix, l’équité et la durabilité ».

Être plus ambitieux

« Afin de parvenir à un avenir plus durable et inclusif pour nos huit milliards d’entre nous, nous devons trouver de meilleures façons de travailler ensemble. Nous avons besoin d’un partenariat mondial audacieux et sans précédent pour faire reculer l’extrême pauvreté, alléger le fardeau de la dette et mobiliser des financements », a dit Mme Stoeva.
« Nous devons relever radicalement nos ambitions pour fournir un soutien multilatéral plus ciblé et harmonisé aux communautés et aux personnes risquant d’être laissées pour compte », a-t-elle ajouté.
Selon elle, bien que les gouvernements portent la responsabilité principale de faire en sorte que cela se produise, ils ne peuvent le faire sans la participation active de tous les secteurs de la société. « Nous devons tirer parti des connaissances et des ressources de tous les acteurs – qu’il s’agisse de scientifiques, de jeunes, de gouvernements locaux, de la société civile ou du secteur privé – et favoriser des partenariats véritablement transformateurs et qui changent la donne ». capture_d_e_cran_2023-02-01_a_18.59_09.png

 

Le « Diag Ecoconception » pour améliorer la performance environnementale des produits et services des entreprises, par Bpifrance et l’ADEME

Bpifrance et l’ADEME renforcent leur offre d’accompagnement aux entreprises dans leur transformation environnementale. Le nouveau « Diag Ecoconception » doit permettre à plusieurs centaines d’entreprises par an d’améliorer la performance environnementale de leurs offres avec la mise en œuvre d’une démarche d’écoconception grâce à un tarif subventionné à hauteur de 60 ou 70 % selon la taille de l’entreprise. Ce nouveau Diagnostic vient compléter l’offre d’accompagnement et de conseil en faveur de la transition énergétique et écologique des entreprises mise en place par Bpifrance et l’ADEME, après les « Diag Eco-Flux » et « Diag Décarbon’Action » lancés depuis 2020. Ce nouveau dispositif s’appuie sur une démarche d’écoconception qui vise à prendre en considération les aspects environnementaux du processus de conception et développement des produits, services et procédés, dans le but de réduire les impacts environnementaux négatifs tout au long de leur cycle de vie. Ce dispositif piloté par Bpifrance, avec le soutien et l’expertise du Pôle Ecoconception, et cofinancé par l’ADEME s’adresse aux PME qui souhaitent améliorer la performance environnementale de leurs produits, services ou procédés grâce à une évaluation environnementale de ceux-ci ou le cas échéant en s’inscrivant dans une démarche d’obtention de l’Ecolabel européen. Il permet également aux entreprises de :
  • Former leurs équipes à l’écoconception ;
  • Intégrer la démarche d’écoconception dans leur stratégie en la mettant en place concrètement et de façon pérenne dans leur organisation.
Pour Guillaume Mortelier, Directeur exécutif en charge de l’Accompagnement de Bpifrance, « Ce nouveau diagnostic est un véritable outil de transformation des entreprises : il intègre les enjeux de l’environnement dès la conception du produit ou du service et pour toute sa durée de vie. Il sert ainsi notre ambition de déployer des solutions au plus près des entrepreneurs pour agir contre le dérèglement climatique et c’est une demande de plus en plus forte des consommateurs ».
Pour Baptiste Perrissin-Fabert, Directeur Général Délégué par interim de l’ADEME « L’écoconception n’est plus une option pour les entreprises mais une nécessité, pour augmenter leur résilience face aux différentes crises et répondre aux nouvelles attentes des consommateurs. Grace au Diag Ecoconception, les PME vont pouvoir identifier les leviers d’action les plus efficaces. L’ADEME et Bpifrance accompagneront tous les dirigeants prêts à inscrire l’écoconception dans leur stratégie pour réussir leur transition écologique et pour gagner en compétitivité. »
Concrètement, les entreprises seront accompagnées par un Bureau d’Etudes spécialiste de l’Analyse de Cycle de Vie référencé par Bpifrance. Cette démarche, qui durera de 6 à 8 mois, permettra :
  • D’analyser le contexte de l’entreprise et définir le périmètre et les enjeux ;
  • De sensibiliser les équipes internes à l’écoconception et former un référent écoconception dans l’entreprise ;
  • De réaliser une évaluation environnementale basée sur l’analyse du cycle de vie du produit, service ou procédé concerné ;
  • D’identifier, formaliser et chiffrer des leviers d’écoconception, en maîtrisant le risque de transfert d’impact ;
  • De préparer la mise en œuvre de ce plan d’actions via un premier dimensionnement technico-économique de celui-ci.
Cette démarche est adaptée pour l’obtention d’une certification de type « Ecolabel européen » sur un produit ou service de l’entreprise. Le « Diag Ecoconception » pourra également d’être complété par des dispositifs opérés par Bpifrance ou l’ADEME pour mettre en œuvre les recommandations issues du Diagnostic.

A propos de Bpifrance

capture_d_e_cran_2023-01-31_a_11.19_57.png Bpifrance finance les entreprises – à chaque étape de leur développement – en crédit, en garantie et en fonds propres. Bpifrance les accompagne dans leurs projets d’innovation et à l’international. Bpifrance assure aussi leur activité export à travers une large gamme de produits. Conseil, université, mise en réseau et programme d’accélération à destination des startups, des PME et des ETI font également partie de l’offre proposée aux entrepreneurs. Grâce à Bpifrance et ses 50 implantations régionales, les entrepreneurs bénéficient d’un interlocuteur proche, unique et efficace pour les accompagner à faire face à leurs défis.
  • Plus d’information sur : www.Bpifrance.fr

A propos de l’Ademe

capture_d_e_cran_2023-01-31_a_11.22_18.png À l’ADEME – l’Agence de la transition écologique -, nous sommes résolument engagés dans la lutte contre le réchauffement climatique et la dégradation des ressources. Sur tous les fronts, nous mobilisons les citoyens, les acteurs économiques et les territoires, leur donnons les moyens de progresser vers une société économe en ressources, plus sobre en carbone, plus juste et harmonieuse. Dans tous les domaines – énergie, économie circulaire, alimentation, mobilité, qualité de l’air, adaptation au changement climatique, sols… – nous conseillons, facilitons et aidons au financement de nombreux projets, de la recherche jusqu’au partage des solutions. À tous les niveaux, nous mettons nos capacités d’expertise et de prospective au service des politiques publiques. L’ADEME est un établissement public sous la tutelle du ministère de la Transition écologique et du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation.
  • www.ademe.fr