Dans l'actualité :

Méthanisation : un levier pour l’agroécologie ?

La méthanisation est-elle vraiment un levier pour l’agroécologie ? Aude Dziebowski,...

Pourquoi créer une taxe sur la spéculation financière ?

Agir pour le climat soutient la mise en place...

Fédérer agriculteurs et entreprises pour régénérer notre terre

L’agriculture, c’est 40% des surfaces terrestres et 25% des...

Qui est responsable pour la gestion des réfugiés climatiques ? L’Oeil de la Fabrique écologique

Dans le cadre de sa rubrique « L’Œil de La Fabrique Écologique« , présentant dans une fiche courte un document international aux idées novatrices, peu ou pas commenté dans le débat public français, La Fabrique Écologique a le plaisir de vous présenter l’Œil n°46 : Qui est responsable pour la gestion des réfugiés climatiques ?
Qui est responsable pour la gestion des réfugiés climatiques ? L'Oeil de la Fabrique écologique
Qui est responsable pour la gestion des réfugiés climatiques ? L’Oeil de la Fabrique écologique

ARTICLE DE L’OEIL – N°46

Who takes responsibility for the climate refugees ?” est un article publié en 2017 dans la revue International Journal of Climate Change Strategies and Management et écrit par Bayes Ahmed. L’article propose des solutions et méthodes pour la gestion des réfugiés climatiques en s’appuyant sur une étude de cas concrète : le Bengladesh.
  • #1- La multiplication des évènements climatiques et l’augmentation de leur intensité crée un contexte de plus en plus propice à la migration massive de populations, notamment en partance des régions les plus vulnérables face à ces catastrophes. Le Bengladesh, dont environ la moitié de la population vit à moins de cinq mètres au-dessus du niveau de la mer, fait partie des pays les plus exposés. Si le scénario des 2°C d’augmentation des températures globales s’actualise, 34 millions de bengladais devraient trouver refuge dans d’autres pays pour fuir la montée des eaux. Ainsi, nous utilisons le terme « réfugiés climatiques » pour désigner des personnes qui doivent quitter leur foyer et leur communauté à cause des effets du changement climatique[[Il existe un important débat autour de la dénomination des migrants contraints de se déplacer. Des chercheur·e·s ont commencé à utiliser le terme de « réfugié climatique », puis cette dénomination a beaucoup été reprise en dehors du milieu académique. Cependant, elle est juridiquement fausse vis-à-vis de la Convention de Genève de 1951 relative au statut des réfugiés. Son utilisation est également contestée car elle permettrait aux États de contourner leur obligation de donner l’asile.]].
  • #2- Si le Bengladesh est vulnérable face au changement climatique, il n’est classé que 162ème sur 199 en termes de production de CO2 selon une étude de la Banque Mondiale (2014), engageant ainsi la responsabilité des pays les plus pollueurs. Il n’existe cependant aucune convention internationale pour encadrer la gestion des réfugiés climatiques. En réponse, l’article propose un modèle de réinstallation de ces réfugiés dans les pays qui produisent le plus de CO2. Quatre paramètres ont été identifiés comme pertinents pour identifier ces pays : les émissions de CO2 et le revenu national brut (RNB) par habitant, l’indice de développement (IDH) et la consommation des ressources de la planète par habitant. En prenant en compte ces données, on observe que seulement 10 pays produisent 69 % du total mondial de CO2, tandis que les pays les moins développés portent le fardeau de cette pollution sous la forme d’impacts climatiques.
  • #3- L’article suggère 7 propositions phares pour la gestion des réfugiés climatiques :
    • 1. Le développement d’une méthode de calcul pour déterminer leur répartition dans des pays d’accueil.
    • 2. Une convention internationale et juridique pour les réfugiés climatiques.
    • 3. Un plan d’hébergement immédiat à court terme dans les pays voisins en cas d’urgence, et un plan de réinstallation à long terme dans les pays responsables, selon les besoins.
    • 4. Un système de surveillance pour identifier les catastrophes climatiques et évaluer le nombre de personnes déplacées.
    • 5. Un système de suivi cumulatif pour mesurer les pays consommant le plus de ressources et qui produisent le plus de CO2 dans un délai donné.
    • 6. Un système de pénalisation immédiate des pays responsables avec obligation de fournir l’aide humanitaire dans les pays victimes.
    • 7. Un système d’indemnisation des pays victimes pour les pertes et dommages causés par les évènements climatiques et le déploiement de plans de réinstallation.

Situation en France

En décembre 2020, une première avancée pour la reconnaissance des évènements climatiques comme facteur de risque a été initiée. Compte tenu des difficultés respiratoires dont Sheel, migrant bengladais, souffrait, il ne pouvait retourner au Bengladesh en raison de la qualité de l’air du pays. La Cour d’Appel de Bordeaux a alors annulé son obligation de quitter le territoire français, permettant à Sheel de bénéficier du statut d’étranger malade. C’est la première fois que la pollution atmosphérique est considérée dans l’évaluation des risques encourus. En France aucun statut juridique légal n’existe pour les réfugiés climatiques, l’affaire Sheel permettrait de développer des suites juridiques.

L’avis de Pauline Bureau, Vice-présidente de LFE

« Si une gestion qui tienne compte des responsabilités historiques se présente comme une réponse juste à la question des réfugiés climatiques, elle dépend d’une reconnaissance de ce statut dans le droit national et international, pour l’instant lacunaire ».
Article écrit par Sinnappu Sutharteena
Qui est responsable pour la gestion des réfugiés climatiques ? L’Oeil de la Fabrique écologique

 

Documents joints

A lire

Méthanisation : un levier pour l’agroécologie ?

La méthanisation est-elle vraiment un levier pour l’agroécologie ? Aude Dziebowski,...

Un monde sans argent inspire partage et rencontres …

Un monde sans argent, une idée du Grand Projet...

Quels sont les enjeux écologiques des élections européennes ?

Les prochaines élections européennes seront cruciales pour l’avenir de...

Accélérer le passage à l’action pour la résilience des stations de montagne

Un séminaire de travail Green Cross a eu lieu...

Newsletter

spot_img

Sur Cdurable

Fédérer agriculteurs et entreprises pour régénérer notre terre

L’agriculture, c’est 40% des surfaces terrestres et 25% des...

Roots of Tomorrow : un Jeu Vidéo gratuit pour comprendre l’agroécologie

Gamabilis, studio indépendant français, a créé Roots of Tomorrow,...

Etudiant-e ? Secoue ton campus !

D’après la Consultation Nationale Étudiante 2023, 74% des étudiant·es...

Bachelor ACT, un diplôme pour les métiers porteurs de sens

Alors que de plus en plus de jeunes expriment...

Méthanisation : un levier pour l’agroécologie ?

La méthanisation est-elle vraiment un levier pour l’agroécologie ? Aude Dziebowski, Université de Strasbourg; Emmanuel Guillon, Université de Reims Champagne-Ardenne (URCA); Romain Debref, Université de Reims...

Pourquoi créer une taxe sur la spéculation financière ?

Agir pour le climat soutient la mise en place d'une taxe européenne sur les transactions financières dont les recettes serviraient la transformation écologique de...

Fédérer agriculteurs et entreprises pour régénérer notre terre

L’agriculture, c’est 40% des surfaces terrestres et 25% des émissions de gaz à effet de serre. L’agriculture régénératrice permet de séquestrer du carbone dans...