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Pourquoi bouder l’alimentation bio malgré la réduction de l’écart de prix avec les produits conventionnels ?

Choisit-on consciemment ce que l’on mange ? Chaque jour, nous favorisons, à travers nos choix alimentaires, un type d’agriculture plutôt qu’un autre. Les aliments ultra-transformés par l’industrie agro-alimentaire représentent une part toujours plus grande de notre alimentation. Et l’agriculture biologique est confrontée à un paradoxe, soulevé par les chercheurs en économie et gestion Cindy Lombart, Olga Untilov (Audencia ) et Didier Louis (Université de Nantes) pour The Conversation France.  Le label AB a mieux résisté à l’inflation que le modèle industriel et a désormais des prix plus proches des produits conventionnels, mais il est de plus en plus boudé par le consommateur. 

L’alimentation bio toujours boudée malgré la réduction des écarts des prix avec les produits conventionnels

Les produits bio ont subi une nette perte de popularité en 2023. monticello/Shutterstock

Cindy Lombart, Audencia; Didier Louis, Université de Nantes et Olga Untilov, Audencia

Le constat est sans appel : les Français délaissent les produits biologiques. En 2023, leurs ventes ont baissé en volume (-11,3 %) et en valeur (-3,1 %), dans les enseignes bio, type Biocoop, La Vie Claire (-8,6 %), ainsi qu’en grandes et moyennes surfaces (-4,6 %). Pourtant, les écarts de prix entre produits alimentaires bio et conventionnels se sont réduits. Alors comment expliquer cette perte de succès des produits labellisés AB ?

Les raisons de cette chute ?

Le prix du caddy reste le nerf de la guerre. Et dans leur grande majorité (71 %), les consommateurs perçoivent les prix des produits biologiques comme trop élevés, par rapport aux bénéfices qu’ils apportent et aux prix des produits conventionnels. Dans les faits, les produits biologiques sont généralement de 20 à 30 % plus chers. Cette différence de prix est encore davantage un frein à l’achat des produits biologiques pour les consommateurs occasionnels et pour les consommateurs fortement préoccupés par leur pouvoir d’achat.

Ensuite, les consommateurs ne semblent plus nécessairement convaincus par les promesses fondatrices des produits biologiques : bon pour leur santé et bon pour l’environnement. Ils ne sont que 17 % à penser que manger sainement signifie manger des produits biologiques. L’apparition d’autres labels environnementaux, tels que Label Naturel, Haute Valeur Environnementale (HVE), a également brouillé les perceptions des consommateurs. Ces derniers ne savent pas ce que recouvrent ces différents labels avec leurs points de différences et de similarités.

Enfin, d’autres promesses plaisent plus aux consommateurs, telles que la promesse de produits locaux. Une grande majorité de consommateurs (86 %) déclare faire davantage confiance à un produit local qu’à un produit biologique. Et cela pour plusieurs motifs : meilleure qualité, prix plus justes, levier de soutien de l’économie locale et de protection de l’environnement. Dès lors, certains consommateurs compensent la consommation de produits biologiques par la consommation de produits locaux. D’autres privilégient le bio local dont les ventes sont en croissance de 3,9 %

Les produits locaux bénéficient eux d’une bonne réputation auprès des consommateurs. SvetlanaSF/Shutterstock

L’impact de l’inflation sur les prix des produits biologiques

Les taux d’inflation à 2 chiffres (11,9 %) en 2023 (vs 3,1 % début 2024) ont marqué les esprits des Français autant que les étiquettes de prix. Les prix ont fortement augmenté. Le pouvoir d’achat est ainsi devenu la 1ère préoccupation des Français (77 %) et ils ont davantage pris l’habitude de comparer les prix (62 %).Or, plus les individus sont préoccupés par leur pouvoir d’achat, moins ils achètent de produits biologiques.

Les prix des produits biologiques n’ont certes pas été épargnés par l’inflation. Mais l’écart avec les produits conventionnels est resté stable ou, pour certains produits, a pu diminuer. Par exemple, le beurre bio a vu son prix passer de 10 euros/kg en janvier 2021 à 11 euros/kg en décembre 2022 quand le beurre non bio a vu son prix passer de 8 euros/kg à 10 euros/kg.

Les produits bio ont de fait mieux résistés à l’inflation que les produits conventionnels, car ils n’ont logiquement pas été impactés par la hausse des coûts des produits phytosanitaires, principalement produits en Russie. Quant aux produits bio locaux, ils ont été moins impactés par les fluctuations des cours sur les marchés mondiaux, liées à la guerre en Ukraine.

Mais malgré la réduction des écarts de prix entre les produits bio et les conventionnels, un cercle vicieux s’est mis en place. Les consommateurs ont acheté moins de produits biologiques et les enseignes, surtout les grandes et moyennes surfaces, ont fait des coupes dans leurs assortiments en défaveur des produits biologiques (-10,9 %). Les espaces dédiés en magasins, qui ne proposaient que des produits biologiques, ont été supprimés.

Les produits biologiques sont, pour la plupart, retournés dans les rayons de leurs catégories de produits d’origine, près des produits conventionnels, non biologiques. Un déplacement loin d’être anodin, qui a de fait contribué à rendre les produits biologiques moins visibles et attractifs, et qui a rendu la comparaison entre produits biologiques et conventionnels encore plus simple, notamment aux niveaux des prix, les produits étant à nouveau côte à côte. Les consommateurs ont dès lors davantage noté le différentiel de prix entre produits conventionnels et biologiques, en défaveur des produits biologiques.


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Des constats à relativiser !

Ce désengouement apparent des consommateurs français pour les produits biologiques est cependant à relativiser en fonction de différents profils de consommateurs. D’après la fondation Jean-Jaurès et Circana, la surconsommation de produits biologiques est la plus importante pour les conso-style « hyper urbains cosmopolitains » et « quartiers bourgeois ». Donc, même si les produits bio sont en moyenne plus chers, ce ne serait pas pour autant le revenu qui expliquerait cette surconsommation localisée, mais davantage un niveau de diplôme plus élevé ainsi qu’un degré d’urbanité plus important. Un constat qui rejoint celui de l’Agence Bio et de l’Obsoco qui indiquent que les consommateurs convaincus par le bio (29 %) sont des CSP +, diplômés. Ces conclusions posent cependant la question de la démocratisation des produits biologiques afin de toucher plus de profils de consommateurs et des consommateurs regardant avant tout les prix.


Aliments ultra-transformés : comment ils modèlent notre agriculture

L’industrie agro-alimentaire qui produit un très grand nombre d’aliments ultra-transformés (AUT) vendus en masse dans nos super et hypermarchés reste sans visage médiatique. Si le grand public a de plus en plus conscience que ces produits sont néfastes pour la santé, il est sans doute plus ignorant de la façon dont les aliments ultra-transformés modèlent notre agriculture.


Une notion à intégrer : celle de prix juste

Cette question du prix est bien plus vaste que la seule étiquette finale apposée sur le produit. Car elle correspond rarement à ce qu’on appelle le prix juste, c’est-à-dire

« le prix raisonnable et justifié aux yeux des consommateurs prend en compte de façon exhaustive l’ensemble des coûts (économiques, environnementaux et sociaux) engendrés tout au long du cycle de vie du produit.

Il garantit une valeur au consommateur et une transparence, ainsi qu’une répartition équitable des coûts et profits entre tous les acteurs de la chaîne de valeur ».

Autre divergence notable : celle entre le prix indiqué et le véritable coût d’un produit, si l’on inclut les coûts cachés (les impacts environnementaux et sanitaires de la production, comme de la consommation). En 2020, aux États-Unis, il était estimé qu’en incluant le montant des coûts cachés de l’alimentation, on arrivait à près du double des dépenses alimentaires. En Allemagne, certains supermarchés ont décidé d’expliciter cette différence en affichant côte à côte le prix de vente et le coût environnemental d’un produit.

En France, plus de la moitié des consommateurs (62 %) ne comprennent pas bien, pour les prix des produits alimentaires, ce qui revient à chaque acteur de la chaîne de production.

Il est important que les consommateurs perçoivent le prix des produits biologiques comment étant justes. Car ces prix justes leur permettent d’être davantage satisfaits, d’avoir davantage confiance et d’acheter davantage de produits biologiques.

Une solution ponctuelle : les promotions

Les promotions, en plus d’éventuels prix bas ou petits prix selon les appellations, pourraient être un moyen de recruter de nouveaux consommateurs et de baisser les prix, de façon ponctuelle. La majorité des consommateurs (55 %) attendent qu’un produit soit en promotion pour l’acheter. Quel que soit leur niveau de préoccupation pour leur pouvoir d’achat, les consommateurs vont davantage acheter des produits biologiques en promotion, par rapport aux mêmes produits conventionnels qui ne sont pas en promotion.

En revanche, quand les consommateurs les plus fortement préoccupés par leur pouvoir d’achat ont le choix entre des produits biologiques en promotion et les mêmes produits conventionnels en promotion, ils vont davantage acheter les produits conventionnels. Autrement dit le signal de la promotion profite davantage aux produits conventionnels qu’aux produits biologiques. De surcroît, cette technique marketing, qu’est l’offre de promotions, pose la question, pour les consommateurs plus fidèles, de sa justesse et d’une potentielle dégradation de l’image responsable des produits biologiques, au bénéfice de leur image prix.

Une solution pérenne : les affiches en magasins et/ou en rayons

Si les promotions semblent ainsi n’être qu’une solution ponctuelle, la mise en avant des produits bio, en utilisant des affiches en magasins et/ou en rayons, pourrait s’avérer plus efficace. En effet, rendre les produits bio plus « visibles » permettrait à certains non-consommateurs (22 %) de développer le réflexe d’acheter et de consommer ces produits. Les affiches en magasins et/ou en rayons pourraient mettre en avant des éléments liés à l’impact sur la santé de l’agriculture biologique et/ou l’impact environnemental de celle-ci, car seulement la moitié de Français considèrent avoir suffisamment d’informations quant à ces aspects.

Cindy Lombart, Professeure de marketing, Audencia; Didier Louis, Maître de conférences, techniques de commercialisation, IUT de Saint-Nazaire, Université de Nantes et Olga Untilov, Professeur assistant en marketing, Audencia

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

Stockage intersaisonnier de chaleur : la solution de chauffage – climatisation durable et décarbonée

Le stockage intersaisonnier de chaleur consiste à mettre en place des systèmes capables de stocker de la chaleur en été pour une utilisation en hiver et inversement. Dans son dernier rapport, l’Académie des technologies souligne l’efficacité de ce stockage pour réduire la consommation d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre des bâtiments. Elle recommande son déploiement en France, en assurant un soutien comparable aux autres énergies renouvelables.

Illustration du stockage thermique en aquifère. Source : IF Technology

Les Systèmes de Stockage Intersaisonnier de Chaleur (STES) stockent activement la chaleur en été dans le sous-sol, pour réchauffer en hiver, et le froid en hiver pour rafraîchir en été. La chaleur qu’ils utilisent peut provenir de sources d’énergie renouvelable bas-carbone, tels les panneaux solaires thermiques, ou de récupération de la chaleur des eaux usées ou de l’industrie. Ce stockage actif les distingue des systèmes de géothermie classiques qui utilisent la chaleur naturellement disponible dans le sous-sol. On peut l’appeler géothermie à recharge active intersaisonnière.

Illustration du stockage thermique en champ de sondes.
Source : Underground Energy (noter que les sondes peuvent aussi être sous les bâtiments)

Cette famille de technologies propose une alternative écologique et économique aux systèmes de chauffage et de climatisation conventionnels. Elle permet de réduire la consommation d’énergie des bâtiments et limite les émissions de gaz à effet de serre.

Elle est un atout pour atteindre l’objectif national de production de 100 TWh de chaleur fournie par la géothermie d’ici 2040. Le défi à relever est ambitieux : il nécessite l’installation de 3 GW de puissance chaque année, c’est-à-dire autant que la puissance totale installée jusqu’en 2020.

Schéma du réseau d’échange thermique de Paris-Saclay.

Le principe n’est pas nouveau, avec des réalisations en Allemagne, au Canada, aux Pays-Bas et en Suisse. Par exemple, la chaleur solaire stockée sur le site de Drake Landing, un écoquartier au Canada, couvre près de 90 % du besoin annuel de chauffage pour une cinquantaine de maisons, malgré un besoin de chauffage environ deux fois plus important que dans le Nord de la France.


Exemple d’économie circulaire :

Réutiliser une partie de la chaleur produite par un data center pour reproduire un mécanisme naturel de photosynthèse en utilisant une partie du CO2 capté pour faire pousser des algues, et les recycler en biomasse.

Infographie Data Center biocirculaire (Crédit photo : Data4)
Data4, opérateur et investisseur français sur le marché des data centers, et l’Université Paris-Saclay annoncent une première mondiale : l’expérimentation d’une forêt d’algues sur un data center. Ce projet, porté par une équipe pluridisciplinaire et multi-métiers (spécialistes biomasse, numérique, IA, physique/chimie, économie, etc) de la Fondation de l’Université Paris-Saclay et les équipes de Data4 sur le site essonnien du groupe situé à Marcoussis, consiste à réutiliser une partie de la chaleur produite par un data center pour reproduire un mécanisme naturel de photosynthèse en utilisant une partie du CO2 capté pour faire pousser des algues, et les recycler en biomasse.

Malgré sa maturité technique, son adoption reste encore très limitée en France pour des raisons multiples : méconnaissance du public, cadre législatif et réglementaire actuel, filières industrielles inadaptées.

L’Académie des technologies émet dans son rapport cinq recommandations pour favoriser le déploiement des STES en France :

  1. adapter les réglementations, notamment en ajustant les limites de puissance et de profondeur pour la géothermie ;
  2. assurer un financement comparable aux autres énergies renouvelables, avec un accent sur les subventions pour les études de faisabilité ;
  3. encourager des formations spécialisées pour les professionnels du bâtiment, de l’architecte au promoteur, de l’installateur au foreur, et développer des outils de simulation accessibles ;
  4. mettre en place des campagnes d’information et de sensibilisation du public et des parties prenantes pour promouvoir l’adoption des STES ;
  5. soutenir la recherche et le développement dans ce domaine.

Le stockage intersaisonnier de chaleur: un atout pour le climat et la souveraineté

Tu veux changer les choses ? Avec l’ingénierie tu peux vraiment tout faire !

En France, il manque 20 000 ingénieurs et ingénieures diplômés chaque année. Syntec-Ingénierie, la fédération professionnelle de l’ingénierie, lance une campagne de communication qui s’adresse aux 13-18 ans pour augmenter le nombre de talents intéressés par les métiers de l’ingénierie, en transformant leur curiosité naturelle en orientation. A toutes celles et ceux qui sont à la recherche de sens et d’action, l’ingénierie déclare : « Avec l’ingénierie, tu peux vraiment tout faire ». La campagne s’appuie sur une mini-série vidéo de 3 épisodes et un site ludique et immersif qui invite les jeunes à découvrir des débouchés et métiers faits pour eux, à travers un test de personnalité.

Tu veux changer les choses ?
Avec l’ingénierie, tu peux vraiment
tout faire !

Protéger l’environnement et la biodiversité, agir pour le climat, améliorer les villes et modes de vie, inventer grâce aux technos du futur, développer de nouvelles énergies et des transports plus propres, dépolluer l’eau, faire des villes plus vertes, aider à vivre en bonne santé, recycler tous les matériaux, adapter les villes au changement climatique, réduire la pollution, nous connecter, créer ensemble les futurs dont nous rêvons …

Michel Kahan, président de Syntec-Ingénierie

« À toutes celles et ceux qui veulent changer les choses : l’ingénierie est un formidable levier d’action pour imaginer et faire advenir un monde plus désirable ! Nos entreprises recrutent, dans tous les secteurs et à tous niveaux de compétences.
Alors, rejoignez-nous ! »

Michel Kahan, président de Syntec-Ingénierie

Transformer la curiosité naturelle en orientation

La campagne, qui se déploiera sur 2 ans, s’adresse aux jeunes à la recherche de sens et d’action. Elle comprend 2 temps forts en 2024 : dès maintenant, en ciblant celles et ceux qui s’interrogent encore sur leur orientation post-Bac ; et à la rentrée scolaire prochaine, au moment de la découverte des métiers et formations.


Alors que les entreprises d’ingénierie recrutent sur tout type de poste à tous niveaux de formation, elles rencontrent de grandes difficultés à trouver les talents dont elles ont besoin. Et pour cause, 20 000 ingénieurs et ingénieures manquent à l’appel tous secteurs confondus. Rien que dans l’ingénierie, ce sont 15 000 professionnels et professionnelles qui font défaut (technicien(ne)s, botanistes, énergéticien(ne)s, etc.) et seul 1 ingénieur(e) diplômé sur 3 est une femme. Face à ce constat, la fédération professionnelle de l’ingénierie entend donc intéresser de nouveaux publics aux métiers de l’ingénierie, en ciblant prioritairement les profils féminins et ceux traditionnellement éloignés de ces métiers.

3 vidéos pour découvrir l’ingénierie dans notre vie courante.

« Avec l’ingénierie, tu peux développer de nouvelles énergies, créer des transports plus propres, dépolluer l’eau, faire des villes plus vertes, aider à vivre en bonne santé, recycler tous les matériaux, adapter les villes au changement climatique, réduire la pollution… »

Syntec Ingénierie

Les vidéos seront diffusées largement en streaming sur TF1+, ainsi que sur les réseaux sociaux utilisés par la génération Z, à savoir : TikTok, Instagram et Youtube.

Un test de personnalité pour orienter les talents de demain

Pour inciter à passer à l’action, un site baptisé vraiment-tout.fr, basé sur la gamification, prend la forme d’un test de personnalité immersif. Les internautes sont invités à répondre à un court questionnaire sur leurs goûts et intérêts. En fonction des réponses, 4 grands débouchés professionnels sont alors proposés :

  • protéger l’environnement et la biodiversité ;
  • améliorer les villes et modes de vie ;
  • agir pour le climat ;
  • inventer grâce aux technos du futur…

Les jeunes intéressés ont la possibilité de consulter des fiches métiers complètes, comprenant des exemples de grands projets, mais aussi des informations pratiques sur l’orientation ou les matières à privilégier, que l’on soit au collège, au lycée, ou en études supérieures.

Optimiste et pragmatique, la campagne invite les jeunes qui le souhaitent à passer à l’action et à prendre en main leur avenir pour concevoir, avec l’ingénierie, les futurs dont ils et elles rêvent.

Syntec ingénierie

Un autre monde est atteignable

Restauration de la nature : une victoire citoyenne pour la biodiversité !

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Le Parlement européen a franchi une étape décisive pour restaurer et protéger de la biodiversité en Europe en adoptant le règlement sur la restauration de la nature. Une victoire à quelques voix près, malgré une campagne de désinformation sans précédent et de multiples tentatives de torpillage du texte dénoncées par les ONG. Proposé dans le cadre du « Green Deal » de l’UE, ce règlement vise à restaurer 20% des terres et mers européennes d’ici 2030, avec un objectif ultime de 100% de restauration des espaces dégradés d’ici 2050.

Restauration de la nature : une victoire historique​

Avec plus de 80% d’habitats naturels en mauvais état, et 70% de sols en mauvaise santé, l’UE se dote des moyens nécessaires pour pérenniser les modes de vie de ses citoyen·nes et de son économie.

France Nature Environnement
Quel est l’état actuel de la nature dans l’UE ?

Le texte environnemental le plus ambitieux depuis 30 ans selon FNE

Pour la première fois, le texte fixe des objectifs opérationnels clairs, un dispositif de suivi et une redevabilité des Etats membres pour restaurer les écosystèmes dégradés. Parmi les principaux objectifs et mesures :

  • Restauration de 20% des terres et mers européennes d’ici 2030
  • Restauration de 100% des espaces dégradés d’ici 2050
  • Inversion du déclin des populations de pollinisateurs 
  • Mesures de restauration des écosystèmes terrestres, marins, agricoles, forestiers, urbains et des cours d’eau
  • Obligation de mettre en place des mesures pour prévenir la détérioration des écosystèmes
  • Obligation de mettre en place des mesures pour restaurer les populations d’oiseaux (espèces parapluies)
  • Plantation de 3 milliards d’arbres supplémentaires
  • Fixation d’échéances pour combler les lacunes en matière de connaissance de l’état de conservation des habitats
Ce que la nature donne gratuitement

Restaurer la biodiversité pour l’humain et la nature

La biodiversité décline à un rythme sans précédent dans le monde, et en Europe, avec des conséquences dévastatrices.

Près de 30 % des papillons des prairies ont été perdus depuis 1991

Selon la Commission européenne, 81% des habitats et des écosystèmes de l’UE sont en mauvais état de conservation. En France, seulement 20% des habitats sont en bon état de conservation en métropole sur la période 2013-2018. Un chiffre qui baisse même à 6% pour les écosystèmes marins et côtiers et pour les écosystèmes humides (données de l’Observatoire national de la biodiversité). Une dégradation qui a un impact sur les espèces végétales et animales. Le rapport de la Commission européenne sur l’état de conservation de la nature dans l’Union européenne montre que les populations d’oiseaux déclinent et que 63 % des autres espèces ont un état de conservation jugé « insuffisant » ou « médiocre » (EUR-lex).

De l’importance des salamandres: 30 ans de protection de la nature en Europe

Rappelons que cette érosion dramatique de la biodiversité est liée aux activités humaines. A l’échelle mondiale, les cinq grands facteurs d’érosion de la biodiversité sont l’artificialisation des milieux naturels, la surexploitation des ressources, le changement climatique (d’origine anthropique), la pollution, et enfin les espèces invasives et envahissantes. Et l’érosion de la biodiversité menace directement la pérennité de nos modes de vie. Le Forum économique mondial a estimé en 2020 que plus de 50% du PIB mondial (soit 44 000 milliards de dollars) dépend de la nature et de ses services. La nature est en effet le support de nombre d’activités essentielles à notre existence et nos économies : production alimentaire, extraction de matériaux renouvelables (comme le bois ou les fibres textiles), assainissement de l’eau, régulation du climat, ou encore protection contre les catastrophes naturelles (glissements de terrain et inondations par exemple).

La hausse des risques liés à la nature: pourquoi la crise qui s’aggrave dans la nature compte pour les entreprises et l’économie

Ainsi, la restauration des écosystèmes au sein desquels (et par lesquels) nous vivons relève d’un impératif scientifique et social, pas d’un choix idéologique. Après l’inefficacité des engagements volontaires passés, l’inscription d’une obligation légale de restauration dans les textes européens est un signal fort. Ce signal est d’autant plus important que l’UE s’est engagée pour la biodiversité au niveau international, via l’accord de Kunming-Montréal dont elle a soutenu l’ambition, et elle se doit désormais d’être exemplaire et de montrer la voie aux autres pays. Au sein de l’Union, le cadre et les ambitions partagées du règlement sur la restauration de la nature viendront donner cohérence et ampleur aux efforts de restauration déjà portés à certaines échelles nationales ou dans les territoires par de nombreux acteurs (collectivités, syndicats mixtes, associations, exploitants en agroforesterie, usagers de la nature, etc.). 

« L’effondrement de la biodiversité et les changements climatiques menacent nos sociétés et doivent entrainer une mobilisation massive et urgente. Alors que la France s’engage sur la régression environnementale, l’Europe résiste aux pressions sectaires pour servir l’intérêt général. Nous ne POURRONS PAS nous exonérer d’une planète saine et durable. »

Allain Bougrain Dubourg, Président de la LPO
En votant « oui » à la restauration des écosystèmes, le Parlement européen montre qu’il peut encore avoir une discussion honnête sur l’avenir de l’agriculture. Un billet d’Agnès Hallosserie, Directrice du programme Biodiversité à l’IDDRI

Une victoire citoyenne face à des stratégies électoralistes

Voté de justesse (329 voix pour sur 628 député.es présent.es en séance, soit 14 de plus que les 315 requises), le texte a survécu, bien qu’affaibli, aux efforts sans précédent déployés par les partis de droite et d’extrême-droite pour le torpiller :

  • Inversant causes et conséquences, les opposants au texte ont déclaré que celui-ci aurait des effets néfastes sur l’agriculture, la pêche et la société en général, menaçant la sécurité alimentaire de l’Europe et les emplois. A ce titre, le Parti Populaire européen a appelé au rejet du texte (voir résolution du PPE), rejoignant les partis d’extrême droite et entrainant dans son sillage une partie du centre-droit.
  • L’argumentaire sur la sécurité alimentaire a été largement démonté par les scientifiques, qui ont été plus de 6 000 à dénoncer la désinformation à l’œuvre, en mettant en exergue les véritables menaces pour nos systèmes de production : le changement climatique et la perte de biodiversité et de services écosystémiques – et l’urgence de protéger et restaurer la nature.
#RestoreNature

Face à cela, la mobilisation de l’ensemble de la société civile a porté ses fruits (citoyen·nes, scientifiques, organisations paysannes et environnementales, entreprises…). Cette victoire témoigne de l’attente forte des citoyen·nes pour des mesures environnementales ambitieuses, à l’approche des élections européennes du 9 juin 2024.

Installer des panneaux solaires en 2024

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Alors que les coûts de l’énergie explosent, le prix de vente du surplus d’électricité généré par des panneaux photovoltaïques est désormais indexé sur l’inflation. Les tarifs de rachat pour la vente totale d’énergie solaire font aussi l’objet d’une réévaluation. Est-ce le bon moment pour installer des panneaux solaires sur son toit ?

Le soleil produit en 1h l’énergie que l’Humanité consomme en 1 an

Lancer une machine à laver ou allumer la lumière coûte de plus en plus cher. Depuis le 1er février 2024, la facture d’électricité a augmenté pour 20 millions de ménages dont le contrat dépend du tarif réglementé. Un contexte qui incite plus de foyers à réfléchir à l’installation de panneaux solaires pour produire de l’électricité. En France, la production d’électricité d’origine solaire photovoltaïque s’élève à près de 20 TWh au cours des trois premiers trimestres 2023. En hausse de près de 20 % par rapport à la même période en 2022, selon les derniers chiffres donnés par le ministère de l’Écologie. « Depuis que l’énergie solaire photovoltaïque a commencé à se déployer en France à la fin des années 2000, jamais la capacité des nouvelles installations raccordées n’avait atteint un tel volume : près de 3,2 GW en 2024 » constate Antoine HUARD, Président du  think-tank (groupe de réflexion) France Territoire Solaire.

Une hausse favorisée par une série de mesures incitatives pour promouvoir le déploiement des énergies renouvelables. Parmi ces dispositifs, l’Obligation d’Achat (OA) solaire permet aux particuliers de vendre aux fournisseurs d’électricité tout ou partie de l’énergie qu’ils produisent grâce à leurs panneaux photovoltaïques.

Qu’est-ce que l’obligation d’achat (OA) solaire ?

Depuis 2000, EDF et les Entreprises Locales de Distributions (ELD) sont dans l’obligation de racheter tout ou partie de l’énergie produite par les particuliers. Ce dispositif est baptisé Obligation d’Achat (OA) et s’applique aux installations photovoltaïques agréées, on parle alors d’OA solaire.

L’autoconsommation solaire

Deux possibilités s’offrent alors au particulier producteur photovoltaïque : l’autoconsommation avec revente de surplus ou la vente totale auprès d’un fournisseur. Dans le premier cas, le particulier consomme l’électricité qu’il produit grâce à ses panneaux solaires. Si sa production ne lui permet pas une pleine autonomie énergétique, il peut être raccordé au réseau et acheter le complément à son fournisseur d’énergie. Dans le deuxième cas, le consommateur peut revendre le surplus d’électricité si sa production est supérieure à ses besoins. Selon les chiffres de France Territoire solaire, l’autoconsommation totale ou partielle représente au niveau national près de 40% des installations au quatrième trimestre 2023 avec près de 53 000 installations raccordées. La Commission de régulation de l’énergie met à jour sur son site les tarifs pour la vente totale de sa production photovoltaïque.

Le prix du kilowatt-heure (kWh) réévalué en fonction de l’inflation

Le kWh en surplus remis sur le réseau est désormais indexé sur l’inflation et réévalué tous les trimestres. Pour connaître les tarifs d’achat en temps réel consultez la page dédiée sur le site photovoltaique.info. 

Transformez l’énergie du soleil en économies sur votre facture d’électricité !

Quelles aides pour financer votre installation solaire photovoltaïque ?

La prime à l’autoconsommation photovoltaïque, un coup de pouce à l’installation

Les installations qui permettent l’autoconsommation (installations de vente en surplus), sont éligibles à une prime à l’investissement. Cette aide financière est dégressive et variable en fonction de la puissance de l’installation. La prime à l’investissement offerte pour chaque installation d’une puissance inférieure à 100 kWc (kilowatts-crête) en cas de revente du surplus non consommé est désormais versée en une seule fois (Arrêté du 8 février 2023 – JO du 17 février). Ce versement effectué par EDF Obligation d’Achat interviendra à la première échéance de facturation de l’électricité. Le détail des conditions est consultable dans l’arrêté tarifaire du 6 octobre 2021. Pour des surfaces de 0 à 3 kWc, ce coup de pouce de l’État s’élève à environ 510 € du kilowatt-crête.

A savoir : les montants de la prime et du tarif initial d’achat sont fixés au moment de la demande de raccordement auprès du gestionnaire du réseau. Ils ne seront effectifs qu’après la mise en service de l’installation et la signature du contrat d’achat. Le contrat d’achat est conclu pour une durée de 20 ans. Pour pouvoir bénéficier des aides publiques, le recours à une entreprise qualifiée est obligatoire. Autrement dit, l’installation doit toujours être effectuée par un artisan qualifié Reconnu Garant de l’Environnement (RGE). Pour trouver un professionnel RGE proche de chez vous, vous pouvez consulter le site gouvernemental France Rénov.

Autoconsommation photovoltaïque : comment ça marche? Pour auto-consommer son électricité, c’est simple. Les panneaux solaires installés sur votre toit sont raccordés à un ou plusieurs onduleurs qui convertissent le courant continu produit en courant alternatif identique à celui du réseau et utilisable chez soi. Un compteur communicant (comme les compteurs Linky) permet de mesurer conjointement la production injectée sur le réseau et la consommation soutirée d’électricité. L’ensemble de l’installation est raccordé au réseau national d’électricité. Source : Ministère de la Transition écologique.

Les installations photovoltaïques raccordées au réseau d’une puissance inférieure ou égale à 3 kWc peuvent bénéficier d’un taux de TVA à 10 %.

Le soutien financier des collectivités territoriales : Certaines régions et communes proposent des subventions pour l’installation de panneaux solaires. Les conditions et les montants varient selon les collectivités, il est donc important de se renseigner auprès de sa mairie ou de sa région. Par exemple, la Région Occitanie propose Rénov’Occitanie un dispositif d’avance de subvention pour les ménages modestes et très modestes selon le barème de l’Anah. Citons également, Toulouse Métropole qui propose aux habitants une prime solaire. Sont éligibles à cette aide, les solutions d’injection ou d’autoconsommation individuelle et collective. Attention cependant. Par arrêté publié au Journal Officiel le 9 octobre 2021, les installations photovoltaïques ne peuvent plus cumuler les tarifs et aides nationales avec les aides locales.

L’éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) : Ce prêt sans intérêt est destiné à financer les travaux de rénovation énergétique dans les logements anciens. L’article 71 de la loi de finances pour 2024 prévoit des modifications concernant l’Éco-PTZ. L’Agence nationale de l’habitat (Anah) propose aussi des aides financières pour les propriétaires occupants aux revenus modestes. Certaines banques (Banque Populaire, Caisse d’Épargne, Crédit Agricole…) proposent un éco-PTZ pour financer le reste à charge de travaux éligibles à MaPrimeRénov’.

Production photovoltaïque : réalisez votre estimation

Besoin d’aide pour votre projet photovoltaïque ?

Pour vous aider à vous y retrouver :

Consultez le site photovoltaique.info.fr. Ce site soutenu par l’ADEME (l’Agence de la transition énergétique) est une mine d’infos pour retrouver toutes les informations utiles liées à la filière solaire.

Vous pouvez contacter un conseiller France Rénov dans le cadre de votre projet de rénovation énergétique. Un accompagnement gratuit pour obtenir des informations sur la faisabilité de votre projet photovoltaïque et sur sa rentabilité. Il pourra vous aider autour du dispositif MaPrimeRénov.

Évaluez la rentabilité de votre installation à l’aide de l’outil gratuit évaluer mon devis photovoltaïque.

L’autoconsommation avec revente de surplus

Efficacité, rénovation et transition énergétique : ambition 2030

Chantier prioritaire de la planification écologique, la rénovation énergétique des logements accuse un retard considérable. Comment la France peut-elle faire mieux et accélérer les travaux, dans un contexte de crises géopolitique, sociale, économique et écologique ? Dans le dernier numéro de Notre énergie les propositions d’experts et professionnels pour passer à la vitesse supérieure. Biologiste, chercheur à l’INRAE et directeur de l’Institut Michel Serres, Olivier Hamant s’érige contre la notion de performance qui domine dans les réflexions actuelles sur la lutte contre le changement climatique. Sa conviction ? L’avenir de la planète passe par la robustesse.

En matière d’énergie, on parle beaucoup d’efficacité, d’efficience et de performance… Qu’en pensez-vous ?

Pour moi ce triptyque résume parfaitement le phénomène d’emprise dont nous sommes collectivement victimes. Depuis des années nous nous auto-persuadons qu’il n’y a d’autres voies pour freiner le changement climatique que d’optimiser nos systèmes – à commencer par nos systèmes énergétiques pour les rendre toujours plus performants, c’est-à-dire à la fois plus efficaces (visant à atteindre un objectif) et plus efficients (avec le moins de moyens possible). Dans un monde stable et abondant en ressources, cette performance peut faire sens. C’est d’ailleurs ce qu’on observe chez certains parasites. Mais dans le monde extrêmement fluctuant qui est le nôtre, ce dogme nous enferme dans une voie étroite qui est très fragile : la performance réduit le champ des possibles. Il nous empêche aussi d’anticiper les éventuels effets rebonds. Sur ce point, je voudrais rappeler le paradoxe de Jevons : on rend nos outils moins énergivores, mais cela crée de nouveaux besoins, et en fin de compte, on observe que la consommation globale des ressources augmente. Un exemple : c’est en partie les gains d’efficience énergétique des avions qui expliquent le boom des vols touristiques.

Quel modèle proposez-vous au regard de ce constat ?

Inspirons-nous du vivant ! Le modèle que je défends c’est celui de la robustesse qui consiste à maintenir un système stable malgré les fluctuations. La robustesse, c’est le propre du vivant et cela depuis la nuit des temps, c’est la raison de sa subsistance malgré des conditions parfois très hostiles. Comment font-ils ? Les êtres vivants ne sont pas robustes et performants, ils sont robustes parce qu’ils ne sont pas performants. Il s’agit de valoriser les points faibles, de mettre du jeu dans les rouages, bref, le contraire de l’optimisation.

Réseau des Territoires à énergie positive : Crée par le CLER – Réseau pour la transition énergétique, le réseau TEPOS réunit les territoires qui visent la couverture de leurs besoins énergétiques par les énergies renouvelables locales.

Et comment entre-t-on dans l’ère de la robustesse ?

Au niveau des sociétés humaines, cela implique aussi de prendre le chemin inverse de celui de la performance. La performance aime la précision, le contrôle, la vitesse d’exécution, la standardisation, la planification – toutes valeurs qui réduisent nos options. C’est bien trop fragile quand surgit un événement climatique extrême ou une pandémie mondiale. Dans le monde qui vient, nous devrons cultiver la diversité des savoirs et des pratiques et la circularité comme dans les écosystèmes vivants où le gâchis de l’un est la ressource des autres – une idée très éloignée de l’efficience qui déteste le gâchis, par définition ! Nous devrons aussi retrouver le goût de la lenteur et de l’aléatoire et développer notre capacité à coopérer, en plaçant le bien commun au-dessus des objectifs individuels. Ça n’a rien d’utopique, c’est d’ores et déjà l’état d’esprit de l’agroécologie, de la convention citoyenne pour le climat (dans son déroulement, pas dans les suites qui lui ont été données) ou de l’économie de la fonctionnalité et de la coopération. Placer l’impératif de robustesse d’abord permet simplement d’évacuer les solutions inadaptées à un monde fluctuant, et de s’engager, sans regret, dans un monde nettement plus riche en interactions.

Lutte contre la précarité énergétique avec Slime

12 millions de personnes en France sont touchées par la précarité énergétique.  Pour agir concrètement contre ce fléau, le CLER – Réseau pour la transition énergétique pilote depuis 2013 un dispositif clé : le programme national Slime. Depuis 2024, il est désormais éligible à un co-financement par l’État dans le cadre du Pacte des Solidarités

« La rénovation énergétique des logements est un des principaux moyens identifiés par le gouvernement pour atteindre nos objectifs climatiques. La loi de finances 2024 prévoit 1,6 milliard d’euros supplémentaires pour la financer, portant à 5 milliards d’euros le budget total qui y sera consacré l’année prochaine. Il est indispensable d’orienter ce financement vers les rénovations les plus performantes et les ménages les plus modestes. Et bien entendu  de cesser d’encourager les mono-gestes de travaux, comme le remplacement d’une chaudière par une pompe à chaleur.

Face à la hausse actuelle des prix de l’énergie, écologie et justice sociale sont indissociables !  La baisse des émissions de gaz à effet de serre doit s’accompagner d’une baisse des factures et de la précarité énergétique. Seule une rénovation globale performante, de type BBC, permettra à la fois de mettre les ménages à l’abri des hausses de prix de l’énergie et d’atteindre nos engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour 2030.  N’attendons plus ! » 

Delphine Mugnier, co-présidente du CLER-Réseau pour la transition énergétique

Que veut le Rassemblement national sur le climat ?

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À l’approche des élections européennes, le Pacte vert est attaqué par l’extrême droite européenne qui veut son abolition. Neil Makaroff, expert des politiques climatiques européennes, décrypte, dans cette note de la Fondation Jean Jaurès, les positions du Rassemblement national (RN) et de Reconquête en matière climatique. Si ces derniers se présentent comme les défenseurs de « l’écologie positive », leurs déclarations et votes au Parlement européen correspondent à un tout autre agenda, celui de la régression climatique allant à l’encontre de la nécessaire transition écologique et du soutien aux classes populaires.

Du renoncement à l’Accord de Paris au rejet du Pacte vert

Premier enseignement, le Rassemblement national comme Reconquête tournent le dos à l’Accord de Paris sur le climat et à sa déclinaison dans l’Union européenne (UE). En 2016, le ton était donné. Marine Le Pen, alors députée européenne, a refusé de ratifier l’Accord de Paris sur le climat en s’abstenant au Parlement européen. Elle fut suivie par tous les députés du parti frontiste, dont Nicolas Bay, aujourd’hui Reconquête. Même si en 2022, la candidate Le Pen a affirmé ne pas vouloir sortir de l’Accord de Paris, tous les éléments de son programme et le vote de ses députés au Parlement européen montrent qu’elle n’a aucune intention de le respecter. Les députés du RN siégeant au Parlement européen se sont opposés à de grandes lois du Pacte vert.


Le projet « M l’écologie » de Marine Le Pen


Lors du débat sur la loi européenne sur le climat, Jordan Bardella a expliqué que la trajectoire climatique de l’UE était « sacrificielle » pour notre économie. Il justifie son opposition par le fait que la France ne pèserait que 1% des émissions mondiales, oubliant au passage nos émissions liées aux importations qui doublent notre empreinte climatique, et notre responsabilité historique dans le dérèglement climatique. Le dirigeant du parti prône le « patriotisme économique » et le « localisme » comme solutions pour lutter contre la crise climatique. Pourtant, les députés RN et Reconquête n’ont pas soutenu la taxe carbone aux frontières de l’UE. Ils ont voté contre en commission et se sont abstenus en plénière. Cette dernière fait payer le prix du CO2 aux biens industriels importés et protège donc les entreprises européennes contre le dumping climatique d’autres pays.

Une croisade contre les outils de la transition écologique

Deuxième enseignement, le RN a lancé́ une croisade contre les technologies vertes qui constitueraient pourtant le socle de notre future indépendance énergétique. Et cela quel qu’en soit le prix en termes d’emplois et de potentiel économique.

En pleine crise énergétique et alors que la guerre menée par la Russie en Ukraine est directement financée par nos importations de gaz, pétrole et charbon, Marine Le Pen promet l’arrêt des projets solaires et le démantèlement des éoliennes. Les députés européens du RN et de Reconquête lui emboîtent le pas au sein du Parlement européen en votant contre le doublement de la part des énergies renouvelables prévu par le Pacte vert. Jugées inutiles par l’extrême droite, les énergies renouvelables ont pourtant fait économiser 100 milliards d’€ aux Européens.

La même opposition s’exprime à l’encontre du véhicule électrique. Au Parlement européen, les députés du RN sont montés au créneau pour dénoncer et s’opposer à la fin de vente des moteurs essence, diesel et hybrides neufs en 2035. L’opposition de Marine Le Pen et de Jordan Bardella à la voiture électrique laisse planer le risque d’un retournement de la législation européenne sur le sujet si l’extrême droite obtient un grand nombre de sièges aux prochaines élections. Revenir en arrière constituerait une menace directe pour les 20 000 emplois dans les Hauts-de-France concernant la vallée européenne de la batterie.


Le projet de reconquête : Pour la France de demain

Le programme de Reconquête! Pour la France de demain

Aucune pour les classes moyennes et populaires

Troisième enseignement : bien qu’il se considère comme le défenseur des classes moyennes et populaires, le RN s’oppose aux solutions européennes qui pourraient aider les ménages dans la transition.

Les députés RN et Reconquête au Parlement européen accusent l’UE d’être responsable de l’explosion des factures d’électricité des Français. Un coupable est désigné : le marché européen de l’électricité. Le marché n’étant pas calibré pour répondre à une situation de crise a vu les prix de l’électricité augmenter en 2022. Ce marché assure le bon fonctionnement de l’approvisionnement des Français en électricité. Mieux encore, la reforme de ce marché qui a abouti en 2023 devrait permettre de stabiliser les prix. Elle inclut également une mesure pour interdire les coupures d’électricité́ pour les plus précaires. Mesure sur laquelle les députés du Rassemblement national se sont abstenus et ceux de Reconquête ont voté́ contre.

S’opposer aux mesures du Pacte vert : ne pas soutenir les classes moyennes et populaires

Alors que les classes moyennes et les plus précaires sont touchés par la hausse des prix du gaz, du fioul et des carburants, le RN rejette en bloc toutes les mesures du Pacte vert qui pourraient les aider à réduire leurs factures énergétiques. Bien qu’il appelle de ses vœux à accélérer la rénovation des logements, Jordan Bardella et ses députés se sont opposés à la loi européenne sur l’obligation de rénovation des passoires thermiques.

De même, les députés d’extrême droite ont voté contre le Fonds social pour le
climat. Ce fonds vient pourtant en aide aux ménages qui souhaitent rénover leur logement, accéder à un véhicule électrique ou installer une pompe à chaleur par exemple. Loin de vouloir aider ceux qui ont le plus besoin de s’affranchir des énergies fossiles, le RN défend la baisse de la TVA sur le gaz, le fioul et les carburants à 5,5% au lieu de 20% à l’échelle nationale. En parallèle, le RN et Reconquête se sont opposés à une mesure forte en faveur de la justice sociale : la taxation des superprofits des géants du pétrole, gaz et charbon. Les taxer permettrait de financer les aides pour les ménages et de mettre en place un bouclier énergétique. Mais les députés d’extrême droite ont refusé de taxer les entreprises des énergies fossiles dans le but de redistribuer aux plus précaires.

Élections européennes : que veut le Rassemblement national sur le climat ?

Par Neil Makaroff

À propos de la Fondation Jean-Jaurès

Première des fondations politiques en France, la Fondation Jean-Jaurès est reconnue d’utilité publique en 1992, date de sa création par Pierre Mauroy. Sa mission est, à court terme, d’influencer les politiques publiques par ses analyses et ses propositions, et, à moyen terme, de contribuer à repenser en profondeur, à l’échelle internationale, européenne et nationale, la social-démocratie.

Altitude Agriculture, le 1er outil quantifiant l’impact du changement climatique sur les productions agricoles

En s’appuyant sur les données issues du dernier rapport du GIEC, Altitude Agriculture d’AXA Climate permet de quantifier le risque climatique pesant sur les productions agricoles à horizon 2030 et 2050, en tenant compte des spécificités locales de l’exploitation, de la typologie des sols et des cultures. Cette plateforme digitale innovante permet d’anticiper les besoins en eau, de mesurer l’impact du stress hydrique et d’aléas climatiques précis sur les rendements et de tester différents scenarii d’adaptation.

Définir une stratégie d’adaptation

Altitude permet de définir les mesures d’adaptation les plus efficaces à mettre en place, compte tenu des caractéristiques du système de production : choix de variétés plus résilientes, décalage des périodes de production, amélioration de la qualité des sols, optimisation de l’irrigation… L’outil identifie également les zones géographiques de production les plus propices à l’exploitation de telle ou telle variété. Enfin, Altitude simule la variation des rendements et la marge financière de l’exploitant agricole, en fonction du scenario d’adaptation, et est capable de projeter des rotations optimales dans un contexte climatique futur.

L’exemple des petits pois

En 2021, après plusieurs campagnes en-dessous des objectifs de production, le service Agro Bonduelle Hauts-de-France et les producteurs de la région ont sollicité AXA Climate pour la réalisation d’une étude sur la compréhension des tendances climatiques à l’œuvre et sur l’identification de leviers d’adaptation à mettre en place au sein des zones de cultures concernées.

Cette étude a permis :

  • D’identifier quelles étaient les séquences climatiques défavorables aux pois ;
  • De projeter les évolutions climatiques d’une zone à l’autre à horizon 2030 et 2050 ;
  • De lancer des initiatives d’adaptation pour les zones concernées, notamment en décalant les périodes de production.

De ces efforts, déployés avec la volonté de sécuriser l’activité des producteurs, est née une initiative : la construction d’un outil de prospective climatique, Altitude Agriculture.

« Altitude est un outil pertinent pour caractériser et évaluer les risques climatiques, présents et futurs, encourus par les cultures. Il est une aide précieuse pour identifier les mesures d’adaptation à mettre en place »

Arnaud Bardon Debats, directeur de la performance agronomique du groupe Bonduelle.

Une étude inédite mesurant les impacts du changement climatique sur les semences de légumes et de céréales

Carottes, petits pois, pommes de terre… Les filières agricoles sont particulièrement exposées aux conséquences du changement climatique. Axa Climate, en partenariat avec SEMAE, l’interprofession des semences et plants, publie les résultats de son étude sur le devenir de plusieurs filières françaises de semences de légumes, de légumineuses ou encore de céréales, d’ici à 2030.

Chiffres

+ 13 %. C’est l’augmentation moyenne du niveau de risque (tous risques confondus en lien avec un manque d’eau, des températures élevées ou du gel) pour les productions de semences en France d’ici 2030. Cette augmentation moyenne du risque atteindra + 19% d’ici 2050.

54%. C’est la part du risque lié à la disponibilité de l’eau dans les moments critiques des cultures de semences. Ce risque est et restera le risque n°1.

+40%. C’est l’augmentation de la part des risques liés aux excès de chaleur estivale dès 2030.

60%. C’est le pourcentage des 380 000 hectares actuellement dédiés à la production de semences qui seront soumis à un risque fort ou extrême d’ici 2050 (contre 27% aujourd’hui).

10%. C’est la part de cette surface totale qui sera soumise à un risque extrême et qui ne pourra plus être cultivée avec les mêmes espèces qu’actuellement, d’ici 2050.


AXA Climate

Réduire nos impacts négatifs sur la planète ne suffit pas. Notre enjeu collectif : transformer nos entreprises extractives en entreprises régénératives.
Pour cela, nous transformons nos business models, nos organisations, nos missions collectives. Ce mouvement de transformation nous anime.

Nous changeons de paradigme : nos entreprises sont des êtres vivants, en connexion avec le reste du vivant.

AXA Climate est une entité fondée au sein du groupe AXA, dédiée à l’adaptation climatique et environnementale. Réduire les impacts négatifs ne suffit pas, l’enjeu est désormais d’engager les entreprises dans la voie d’une économie régénérative. AXA Climate propose plus de 40 heures de formation digitale entreprises et organismes publics et éducatifs, afin d’accompagner leurs collaborateurs dans l’évolution de leurs métiers. Aujourd’hui, ce sont plus de 160 organisations qui intègrent la Climate School, la rendant accessible à plus de 6 millions de personnes à travers le monde.  AXA Climate conseille les secteurs de l’agroalimentaire, de l’industrie, de la finance et de la fonction publique pour qu’ils réussissent leur adaptation et aient un impact positif sur la planète. Enfin, grâce à l’assurance paramétrique, elle indemnise en quelques heures les entreprises et les populations, lorsqu’elles subissent une catastrophe liée à la nature ou au climat afin de contribuer à la résilience et à la régénération de nos écosystèmes.

Que répondre aux arguments anti-écolo ?

Le « Manuel de risposte écologique » de Jérémy Bismuth aborde 30 arguments anti-écolo passés au crible, déconstruits avec méthode et humour. Tous les principaux thèmes de l’écologie y sont abordés : biodiversité, agriculture, alimentation, climat, énergie, et une dernière partie consacrée à la cause animale. Par l’auteur et réalisateur de la chaîne YouTube plusieurs fois récompensée Ami des lobbies.

« Manuel de risposte écologique » de Jérémy Bismuth

Tous les principaux thèmes de l’écologie y sont abordés : biodiversité, agriculture, alimentation, climat, énergie, et une dernière partie consacrée à la cause animale. Par l’auteur et réalisateur de la chaîne YouTube plusieurs fois récompensée Ami des lobbies.

Les idées reçues ont la vie dure, les prétextes à l’inaction sont confortables, et de nombreux arguments anti-écologiques, issus du lobbying industriel, sont maintenant bien installés dans notre société, et peuvent jaillir à tout moment, lors d’un plateau télé, d’une discussion dans chez le coiffeur, ou d’un repas de famille. Et bien que nous sentions ces raisonnements bancals, fallacieux ou même absurdes, nous n’avons pas toujours les mots pour y répondre.

Les arguments anti-écolo, Jeremy Bismuth les connaît bien. Depuis cinq ans, il écrit et réalise les épisodes d’Ami des lobbies, websérie qui parle d’écologie et de cause animale « à l’envers », faisant l’éloge des activités et industries qui détruisent le vivant, pour mieux les décrédibiliser. Cinq ans à débusquer les freins de la transition écologique et à en analyser le discours pour mieux le déconstruire, études scientifiques, sketchs et déguisements ringards à l’appui.

Ce guide est destiné à tous ceux qui ne pensent pas “après moi le déluge”, qui croient possible un monde durable et qui veulent s’armer intellectuellement afin de participer aux débats sur tous les grands enjeux écologiques.

5 grands thèmes passés en revue (biodiversité, agriculture (alimentation et climat), énergie, écologie générale et cause animale).  

30 arguments qui balaient les principales questions sensibles de l’écologie et de la cause animale (déforestation, pesticides, voiture électrique, éoliennes, climatos-cepticisme, véganisme…), fournissant ainsi à la fois la connaissance, mais aussi la rhétorique pour répondre aux attaques anti-écolo.  

Un texte vivant, empreint d’humour et d’impertinence, articulé sous la forme d’un dialogue entre un anti-écolo forcené qui assène un argument et l’auteur qui le déconstruit méthodiquement et avec humour.

Des infographies réalisées par l’auteur, à la fois scientifiques et décalées. Avec à chaque fois des pistes de réflexion sur la protection du vivant, et des invitations à l’action.

Ecouter

Écologie, comment répondre aux idées reçues ?

Podcast de Benoît Prospero sur France Bleu avec Jeremy Bismuth

L’auteur : Jeremy Bismuth

Né en 1985, Jeremy Bismuth passe tous les étés de son enfance dans le village aveyronnais de ses grands-parents (village dans lequel il vit aujourd’hui). Son grand-père lui apprend à regarder la nature et les animaux qui l’entoure comme de vrais trésors, à s’en émerveiller. En découle naturellement un profond respect pour le vivant en général et le sauvage en particulier, ainsi que le besoin de le protéger. Réalisateur et photographe, il décide en 2019 d’allier ses deux passions pour l’image et la nature en entamant l’écriture de la websérie Ami des lobbies, qui compte aujourd’hui plus de 123 000 abonnés.

« Manuel de riposte écologique », comment répondre avec humour
TV5MONDE du 25 Mar. 2024 à 14h15 (TU)
Par Patrice Férus


 » Petit manuel de répartie écologique  » de Margot Jacq

Le Petit manuel de répartie écologique est là pour vous aider à muscler… votre répartie écologique. Publié aux éditions Les Liens qui Libèrent, ce livre en forme de boîte à outil argumentative, humoristique et facile d’accès, a l’allure d’un petit guide de survie.

« Comme vous probablement, je suis souvent partagée entre évoquer le sujet de l’écologie qui me tient particulièrement à cœur, et puis la crainte de casser l’ambiance, de paraître arrogante, ou de braquer l’autre. La peur également que mes arguments s’emmêlent dans ma tête et que les chiffres et les sources se brouillent dans mon esprit ».

Margot Jacq

« C’est à l’issue d’un débat quelque peu mouvementé avec mon beau-père qui affirmait “ne pas croire à la finitude des ressources” que la nécessité d’aiguiser mes arguments sur les questions écologiques m’est apparue essentielle. Car tout ce que je pouvais lire, écouter ou visionner sur le sujet était en vrac dans ma tête : les chiffres parcellaires et les sources imprécises. Il fallait donc que je prenne des notes et que je structure ma pensée dans un guide pour piocher au moment opportun des arguments pertinents. »

Dans la lutte contre le réchauffement climatique, les opposants à un changement de société radicale ne se ressemblent pas. Et leurs arguments non plus.

Il y a :

les nouveaux sceptiques (“Tu sais, c’est pas bien grave ce réchauffement climatique. Il y a toujours eu des fluctuations du climat, c’est juste un phénomène naturel !”) qui remettent en cause les consensus scientifiques sur le climat ;

les immobilistes (“Arrêtez de me dire ce que je dois faire à la fin… C’est pas les petits gestes individuels qui vont nous sauver”) qui estiment qu’il est trop tard pour agir et que notre marge de manœuvre est si limitée qu’il ne sert à rien d’essayer ;

les économico-anxieux (“Mais comment vous allez financer tout ça ?”) qui sont davantage préoccupés par la bonne santé des indicateurs économiques que par l’effondrement écologique ;

les optimistes candides (“Mais ma chérie, en compensant nos émissions, nous serons neutres en carbone d’ici 2050 !”) qui se félicitent des efforts de décarbonation alors que les objectifs fixés ne sont pas atteints ;

les techno-solutionnistes (“Je me suis acheté une voiture électrique. Il est beau mon bolide, non ? Et surtout 100 % écolo”) qui, plutôt que sur la sobriété, misent sur des avancées technologiques pour résoudre les problèmes environnementaux ;

les dissonants cognitifs (“J’ai pris l’avion vingt fois cette année mais c’était pour donner des conférences en lien avec le thème du climat”) qui connaissent l’urgence écologique, mais ne modifient pas ou trop peu leur mode de vie…

Le caractère protéiforme de ce scepticisme exigeait une réponse claire et précise dans un style didactique. C’est chose faite avec ce livre qui finira par convaincre tous ceux qui doutent encore de l’urgence d’agir.

Margot Jacq est spécialiste de la transition écologique des territoires. Ce Petit manuel est son premier livre.

A l’heure de l’urgence climatique et de l’effondrement des écosystèmes, il n’a jamais été aussi pressant d’agir. Mais pour agir, il faut au préalable être convaincu. Or, les thèses climatosceptiques et autres idées éco-dénialistes gagnent du terrain, d’où la nécessité de s’outiller intellectuellement pour convaincre son interlocuteur en faisant appel à sa raison et à son coeur.

Ce petit guide propose 35 réponses pour déconstruire des discours anti-écologiques que l’on entend fréquemment et qui mènent à l’inaction. L’objectif : décortiquer certaines idées reçues, apporter des faits scientifiques et proposer des alternatives au modèle actuel pour ouvrir le champ des possibles sur un monde désirable, plus juste et plus respectueux du vivant.

Bref, un guide tout en bienveillance et en humour qui vous donnera quelques clefs pour contre-attaquer verbalement et éviter le syndrome « Oh, zut, j’aurais dû lui dire ça ! »”

Commerce équitable : gadget ou voie d’avenir pour l’agriculture française ?

Alors que les agriculteur·rices réclament des mesures pour faire face aux difficultés qui touchent l’ensemble de leur profession, les acteur·rices du Commerce Équitable Origine France sont présents au Salon international de l’agriculture pour faire connaître leurs filières, leurs produits et leurs résultats tant en terme d’amélioration du revenu des agriculteur·rices que d’accompagnement à la transition agroécologique.

Le commerce équitable se développe dans les filières agricoles françaises

Connu du grand public pour garantir des prix rémunérateurs pour les producteur·rices de café ou de cacao, le commerce équitable se décline aussi depuis près de 10 ans dans les filières agricoles françaises. Bénéficiant d’un cadre légal précis et strictement encadré par des labels, le commerce équitable “Made in France” s’est fortement développé ces dernières années.

Les labels alimentaires de commerce équitable

Aujourd’hui, plus de 12 000 agriculteurs et agricultrices sont engagés en commerce équitable sur l’ensemble du territoire français, soutenus par plus de 100 entreprises agroalimentaires. On dénombre désormais 1500 références de produits alimentaires français issus du commerce équitable vendues dans tous les circuits de distribution, ce qui représentent annuellement près de 750 Millions d’Euros de ventes.

Le commerce équitable : garantir des revenus décents pour les agriculteur·rices … pour mieux relever le défi de la transition écologique !

Dans notre pays, un trop grand nombre d’agriculteur·rices peinent à vivre de leur métier. Or, l’urgence climatique exige de leur part une transformation en profondeur des systèmes de production agricole tant pour s’adapter aux nouvelles réalités climatiques et que pour diminuer l’impact du secteur sur l’environnement” explique Julie Maisonhaute, Déléguée Générale Adjointe de Commerce Équitable France et responsable de la structuration du secteur des filières françaises.  

Les solutions existent mais les chemins de transition agroécologique sont souvent complexes à mettre en œuvre et nécessitent d’importants investissements. Le climat d’insécurité économique dans lequel évoluent les agriculteur·rices se révèle particulièrement dissuasif pour engager ces transformations.

Pourtant, reculer sur la transition écologique de notre agriculture et de notre alimentation, n’est pas une solution. “Le commerce équitable appliqué aux filières françaises montre que la sécurité économique est un facteur déterminant d’accélération des transitions. D’ailleurs, plus de 50% de produits équitables sont également labellisés bio !”, affirme Julie Stoll, Déléguée Générale de Commerce Équitable France.  

Nos travaux montrent que les 3 engagements phares du commerce équitable sont de formidables leviers pour activer les transitions agroécologiques dans les filières agricoles françaises

Julie Maisonhaute

Engagement N°1 : Des moyens économiques plus équitables

Un partenariat de commerce équitable implique la mise en place d’un prix rémunérateur pour les agriculteur·rices, basé sur le calcul des coûts de production et une négociation équilibrée avec l’acheteur. En parallèle, un fond de développement abondé par l’acheteur, permet aux producteur·rices d’investir dans des projets collectifs.

Engagement N°2 : Une sécurisation économique avec des contrats longue durée

Une partenariat de commerce équitable implique la mise en place de contractualisations de longues durées entre les groupements de producteurs et leurs acheteurs. Elles sont assorties d’engagements sur les prix et les volumes, et de rencontres régulières favorisant des relations commerciales équilibrées.  

Engagement N°3 : Une gouvernance démocratique renforcée au service de projets collectifs

Les partenariats de commerce équitable bénéficient à des producteurs organisés collectivement au sein de structures à gouvernance démocratique. Ces groupements sont des espaces de dialogue pour forger et formaliser des stratégies de changement. Ce sont des espaces de mutualisation des ressources pour investir dans des outils de valorisation des produits, mais aussi se doter d’un accompagnement technique de qualité.

Des filières inspirantes pour l’agriculture française !  

Les filières de commerce équitable offrent aujourd’hui des exemples inspirants de résilience et de transition : une juste rémunération des producteur·rices, un engagement durable entre les acteurs de la filières – producteur·rices et transformateur·rices – et une solidarité active au sein des groupements de producteur·rices, sont des leviers puissants pour transformer les pratiques agricoles et les rendre plus écologiques et plus résilientes face au dérèglement climatique.

Décarbonation de notre alimentation, régénération de la biodiversité, résilience face à la sécheresse, relocalisation des productions françaises, quelques exemples des enjeux auxquels le commerce équitable “Made in France” permet de répondre :

  • Dans le Sud-Ouest, la filière leader de production de soja bio Made in France est en commerce équitable.
  • En Bretagne, le commerce équitable permet de relocaliser la culture de sarrasin, et dans les Monts du Lyonnais, la production de fraises et de framboises.
  • Pour décarboner notre alimentation, l’union de coopératives AgriBio Union accompagne les producteurs de céréales et de protéines végétales bio dans leurs stratégies de régénération de la biodiversité.
  • La coopérative Uni-Vert s’appuie sur ses partenariats de commerce équitable pour investir dans des techniques de production de fruits et légumes permettant de maximiser la capacité des sols à retenir l’eau pour faire face aux périodes de sécheresse toujours plus fréquentes et intenses.

3 propositions de Commerce Équitable France pour concilier juste rémunération des agriculteur·rices français·es et transition agroécologique

Parce que le commerce équitable est une solution pour garantir des revenus décents aux agricultrices et agriculteurs français, parce que les filières de commerce équitable participent activement à la souveraineté alimentaire du pays tout en accélérant la transition agroécologique de notre alimentation, “les acteurs du secteur demandent à ce que la France se dote d’une stratégie pour accompagner le changement d’échelle des filières françaises de commerce équitable” affirme Julie Stoll, Déléguée Générale de Commerce Équitable France. *

1. Un plan de structuration à grande échelle des filières agricoles françaises de commerce équitable

  • Création d’un fond dédié “Avenir Équitable”, sur le modèle du fond “Avenir Bio” pour soutenir l’amorçage et le développement de filières équitables,
  • Soutien aux démarches de labellisation de commerce équitable “Made in France”,
  • Mise en œuvre du dispositif de reconnaissance publique des labels de commerce équitable, afin de garantir une information fiable aux consommateur·rices,
  • Obligation de reporting de la part des grandes et moyennes surfaces sur leur politique de référencement des produits durables et issus du commerce équitable.

2. Des politiques publiques ambitieuses de soutien à la consommation de produits durables, de qualité et issus du commerce équitable pour tous

  • Des taux de TVA réduits pour les produits issus du commerce équitable,
  • Le renforcement des moyens pour la mise en œuvre effective des objectifs d’alimentation durable dans la restauration collective publique et privée,
  • Le soutien aux initiatives de sécurité sociale de l’alimentation,
  • La transparence et l’encadrement des marges sur l’ensemble des filières agroalimentaires.  

3. Passer d’une logique de libre échange à une logique d’échange équitable

La révision des accords commerciaux pour protéger l’agriculture paysanne et écologique, en France, en Europe comme dans les pays du Sud, doit devenir une priorité de la politique commerciale européenne. La mise en concurrence de modèles agricoles aux exigences et aux performances sociales et écologiques très hétérogène est délétère pour le revenu des agriculteur·rices (en France comme partout dans le monde !), comme pour leur capacité à s’engager et à valoriser leurs pratiques agroécologiques.

Ressources

Baromètre de confiance envers les fruits et légumes frais

Avec + 4,9 % d’après l’INSEE, l’inflation des produits de la vie courante s’est poursuivie en 2023, entraînant des changements durables dans le comportement d’achat des Français depuis 2 ans. A l’occasion du Salon international de l’agriculture (SIA), Interfel, l’Interprofession des fruits et légumes frais et FranceAgriMer ont présenté les résultats du baromètre de confiance 2023 envers les fruits et légumes frais. Cette enquête annuelle depuis 2014 permet de mesurer et suivre l’évolution de la confiance des consommateurs français vis-à-vis des fruits et légumes frais.

Ce baromètre, issu d’une enquête on-line réalisée par l’institut CSA, a pour objectifs de comprendre quelles sont les sources d’inquiétudes et quels sont les leviers de confiance associés à la consommation de fruits et légumes frais, et de mesurer l’impact de l’actualité autour de la filière sur la perception et les comportements d’achat des Français.

Dans ce but, une peu plus de 1 000 individus, âgés de 18 ans et plus, représentatifs de la population française ont été interrogés du 23 novembre au 1er décembre 2023.

Une confiance bien ancrée à l’égard des fruits et légumes frais

Auprès des Français, les produits frais se maintiennent en première position (96 % de confiance au sein de l’univers alimentaire – devant les produits surgelés (88 %), les conserves (86 %) et les plats cuisinés (56 %).

En 2023, 94 % des Français indiquent avoir confiance dans les fruits et légumes frais ; un indicateur de confiance qui reste stable pour la 4e année consécutive et positionne les fruits et légumes au même niveau que le pain.

Cette confiance repose essentiellement sur l’origine des produits, 1er facteur de réassurance cité spontanément par 3 Français sur 10 (30 %), suivi par l’aspect des produits (26 %) et enfin la maîtrise de l’approvisionnement (21 %) – achat chez des acteurs jugés de confiance ou encore achat de produits de saison…

Comme pour l’indicateur de confiance, la satisfaction globale envers les fruits et légumes se maintient à un niveau élevé (82 %).

TOP 5 des acteurs de confiance pour s’informer sur les fruits et légumes frais

Le TOP 5 des acteurs de confiance reste identique par rapport à 2022 :

  • 1er : les associations de consommateurs, historiquement en tête ;
  • 2e : les professionnels de santé, la famille/les amis et les primeurs/commerçants ;
  • 3e : Les agriculteurs (ex aequo avec les scientifiques).

Contexte inflationniste : les Français davantage attentifs au prix

On note une attention accrue au niveau du prix des fruits et légumes, positionnant à nouveau ce critère au 2e rang des critères d’achat, avec 44% (+ 13 points en 2 ans) des Français qui le considèrent comme déterminant dans leur acte d’achat, derrière la saisonnalité et la provenance ou l’origine du produit. Malgré ce contexte, les Français restent fortement attachés à la consommation de fruits et légumes : 85% indiquent que « manger au moins 5 portions de fruits et légumes par jour est essentiel ou important ».
 

Inflation et « Glissement de gamme » : une attention plus marquée sur le prix des fruits et légumes

Pour maîtriser leur budget, les Français maintiennent leurs actions mises en place depuis 2022. En effet, 70 % (+4 points) des Français indiquent comparer davantage les prix des fruits et légumes entre et au sein d’un même point de vente.

Autre stratégie, les Français opèrent ce que l’on appelle un « glissement de gamme », en achetant moins de fruits et légumes avec des logos ou labels ou d’origine France ou locale (50 %, stable par rapport à 2022).

Enfin, 47 % indiquent également acheter davantage de fruits et légumes qu’ils considèrent de saison.

Les critères de choix auxquels les Français prêtent attention lorsqu’ils achètent des fruits et légumes frais

Les jeunes français plus sensibles à la thématique du changement climatique

Les Français prennent conscience de l’impact du changement climatique à plus long terme : en effet, 9 Français sur 10 pensent que notre alimentation va changer dans le futur en raison de ce phénomène, dont 60 % fortement et 21 % très fortement.

Ce résultat est encore plus élevé chez les jeunes âgés de 18 à 24 ans : 73 % pensent qu’elle changera fortement et, 40 %, très fortement. Ainsi, 61 % des Français se disent prêts à consommer davantage d’aliments d’origine végétale en raison du changement climatique, avec une prédominance chez les jeunes de 18-24 ans (82 %) et 25-34 ans (77 %).

En conclusion, cette 10e édition du baromètre de confiance montre à quel point les Français gardent un très bon niveau de confiance, une très forte satisfaction et un fort attachement envers les fruits et légumes frais ; en atteste la part élevée de Français pour qui il est important d’en consommer au moins 5 quotidiennement. Et, pour continuer d’en consommer dans un contexte d’inflation globale, les Français adoptent des comportements stratégiques d’achat.

Baromètre de confiance fruits et légumes frais
Synthèse d’étude réalisée sur les données de l’enquête 2023


Source : Baromètre de confiance envers les fruits et légumes frais, enquête menée par l’institut CSA auprès d’un échantillon de 1 006 individus représentatifs de la population française (23 novembre au 1er décembre 2023) pour FranceAgriMer et Interfel.


Injecter le biométhane issu des stations d’épuration urbaines dans le réseau de gaz

Le Synteau, avec la Banque des Territoires, GRDF, AMORCE, FNCCR, FP2E et ATEE Club Biogaz, publie un guide technique sur l’injection de biométhane produit à partir des boues de stations d’épuration urbaines (STEU). Son objectif est d’accompagner les décideurs à chaque étape d’un projet d’exploitation. Il s’appuie sur un retour d’expérience de 10 ans réalisé auprès de 35 maîtres d’ouvrage d’unités de méthanisation stations d’épuration urbaines (STEU) en injection. Les enseignements tirés nourrissent la description des problématiques auxquelles sont confrontés les porteurs de projet, autant économiques, règlementaires, qu’environnementales. C’est un outil de développement de ces installations au bénéfice de la transformation écologique des territoires.

Nîmes – Eau de Nîmes Métropole – ©Veolia

Un guide technique pour les acteurs-clés de la filière

Ce rapport est destiné à tous les acteurs concernés par la filière biométhane mais s’adresse particulièrement aux collectivités, maîtres d’ouvrages sur les évolutions de leurs stations d’épuration, ainsi qu’aux institutionnels, en charge de décliner les politiques de développement de projet de décarbonation.

Principe de la méthanisation

Il propose un état des lieux des enseignements sur la méthanisation en injection des stations d’épuration urbaines et se penche sur plusieurs aspects majeurs :

  • cadre règlementaire appliqué aux installations,
  • choix de conception et d’exploitation technique,
  • performance et incidents d’exploitations, structurations contractuelles les plus fréquentes,
  • financement,
  • perspectives d’optimisation et d’innovation des sites.
Station d’épuration de Bourges Plus © Yannick Pirot

Un outil pour atteindre des objectifs d’économie circulaire, énergétiques et environnementaux des territoires

La production de biométhane à partir des boues des STEU permet de produire une énergie renouvelable locale et de diminuer les émissions de gaz à effet de serre. Elle s’inscrit dans un modèle d’économie circulaire et contribue à l’atteinte de la neutralité carbone en 2050. Il s’agit donc d’une mesure clé dans la mise place d’un Plan Climat Air Energie Territorial (PCAET), devenu obligatoire pour toutes intercommunalités de plus de 20 000 habitants. D’autant plus qu’elle permet de réduire le volume de boues produites de 25 à 40 %, ce qui contribue à réduire le coût du service d’assainissement pour la collectivité.

Mulhouse Sausheim – UVE/Méthanisation – ©Baudoin/SUEZ

Au-delà des enjeux liés à l’énergie, à la réduction des émissions de CO2 et à la valorisation des déchets, la méthanisation permet de produire du digestat, un engrais naturel substituable aux engrais chimiques. Celui-ci peut être épandu sur les terres agricoles ou composté, lorsque la qualité des boues le permet.

Quelques chiffres sur le développement de la filière

Évolution de l’injection biométhane issu de STEU en France depuis 2016, état au 1er janvier 2024

En janvier 2024, 47 stations d’épuration urbaines injectent du biométhane dans le réseau de distributon de gaz, soit cinq fois plus de sites qu’en 2018. Cela représente 565 GWh/an de capacité installée, soit l’équivalent de la consommation en chauffage et en eau chaude sanitaire de plus de 77 400 logements1 ou de 2 260 bus2 roulant au BioGNV. La capacité de biométhane injecté pourrait doubler d’ici à 2030 et atteindre 1 TWh supplémentaire grâce au potentiel mobilisable sur une centaine de stations d’épuration.

Les chiffres clés au 01/01/2024 du biométhane en station de traitement d’eaux urbaines en France
  1. Consommation moyenne d’une maison bien isolée (construite après 2006) de 120 m2 de 4 habitants : 7,3 MWh/an (Selectra) ↩︎
  2. Consomma�on moyenne d’un bus : 250 MWh/an (ADEME) ↩︎
STEU d’Aubenas – ©Stereau

AGIR avec …

Le Synteau est le syndicat national des entreprises du traitement de l’eau et représente l’expertise technique en matière de réalisation d’installations de production de biométhane sur les stations d’épuration. Il rassemble 25 adhérents spécialisés dans la conception et la construction d’installations de traitement de l’eau et de gestion des boues issues des effluents urbains et industriels. Il est l’interlocuteur des services de l’Etat et œuvre pour favoriser les évolutions techniques pour des installations plus performantes et s’inscrivant dans l’économie circulaire.

Aquagir : le collectif des acteurs de l’eau

Afin d’accélérer et de massifier les projets de gestion des eaux dans les territoires, l’ANEB, la Banque des Territoires, le BRGM, le Cercle Français de l’eau, France Water Team et l’UIE (Union des Industries et Entreprises de l’Eau) créent le collectif aquagir

Élu(e)s pour agir ? Rejoignez le réseau Ademe !

Gilles Pérole est adjoint au maire de Mouans-Sartoux (06) depuis 30 ans, délégué à l’enfance, l’éducation et l’alimentation. Grâce à son action, l’impact carbone de l’alimentation des habitants de sa commune a baissé de 20 %. Membre actif de plusieurs réseaux, il connaît d’expérience la force du collectif et témoigne de la réussite de sa démarche. Aujourd’hui, il appelle les élu(e)s de France à accélérer la transition écologique : « Rejoignez le Réseau ADEME Élus pour agir » !

À Mouans-Sartoux, on mange deux fois plus bio que la moyenne française

« Il n’y a pas de temps à perdre » dit Gilles Pérole. L’adjoint au maire de Mouans-Sartoux, une ville de 10 000 habitants dans les Alpes Maritimes (06), nous rappelle que « changer son alimentation et les modes de production » est une solution simple et efficace pour lutter contre le réchauffement climatique.

La transition alimentaire représente 25 % des solutions pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris… sans investissement massif à réaliser en amont !

À Mouans-Sartoux, les habitants ont diminué de 20 % en moyenne l’impact carbone de leur alimentation ; les plus motivés allant même jusqu’à 42 %, comme l’indique une étude scientifique de l’Université Côte d’Azur en 2023. « Depuis 2012, nous avons une cantine 100 % bio, dont 96 % des légumes proviennent de la ferme municipale » explique Gilles Pérole. « La cantine produit 1 100 repas par jour et les agriculteurs de la ferme municipale sont salariés par la commune ».

Les 20 et 21 juin 2024, Mouans-Sartoux accueillera les premières rencontres des fermes municipales de France : il y en a désormais 90 !

La recette du succès : la volonté, les moyens… et le réseau

« Je crois beaucoup à l’échange de pratiques entre élus, techniciens et collectivités »

Depuis 2018, l’élu a échangé avec plus de 750 collectivités sur leurs projets alimentaires et participé activement au développement du réseau Biocanteens avec 9 collectivités européennes. Le but : essaimer des cantines scolaires 100 % bio partout en Europe.

Pendant 2 ans, dans le cadre du réseau « Cantines Durables-Territoires Engagés », la ville de Mouans-Sartoux a accompagné 7 collectivités dans le déploiement d’une politique alimentaire territoriale respectueuse de l’environnement et de la santé des citoyens.

DIPLÔME D’ÉTABLISSEMENT
Chef de projet en alimentation durable
Option collectivité territoriale

« Nous avons aussi créé en 2016 un diplôme universitaire pour former des chefs de projets en alimentation durable avec l’Université Côte d’Azur ». Et ça marche ! 112 collectivités ont déjà formé leurs agents avec ce diplôme.

« J’invite les collectivités à rejoindre le Réseau Élus pour agir

Ce club servira à échanger nos bonnes pratiques,

c’est une réponse incontournable à l’urgence écologique ».

Gilles Pérole
Aménagez votre territoire : Intégrez les enjeux de la transition écologique sur votre territoire et projetez le ainsi dans le monde de demain.

Le réseau « Élus pour agir »

C’est un réseau opéré par l’ADEME et destiné aux élus de communes, d’EPCI, de Départements et de Régions. Objectif : donner au plus grand nombre les clés de compréhension et de passage à l’action sur les sujets de la transition écologique et énergétique sur leur territoire.

Présentation du programme Territoire Engagé Transition Écologique

12 mars 2024 : 1er événement Élus pour agir !

Un webinaire en présence de nombreux invités et des événements dans chaque région. Pour rejoindre ce réseau qui compte déjà plus de 1 300 membres, inscrivez-vous ici !

En savoir plus

Quand les agriculteurs s’impliquent dans les énergies renouvelables

Quand agriculteurs et riverains d’un territoire s’associent pour développer des projets d’énergie renouvelables, les résultats ne se font pas attendre. L’énergie partagée citoyenne, c’est ça ! L’Ademe a interrogé Marc Mossalgue, responsable communication d’Énergie Partagée et Alain Cholet, agriculteur dans le Maine et Loire, pour en savoir plus.

Énergie Partagée, c’est quoi ?

Énergie Partagée fédère et accompagne les acteurs de l’énergie citoyenne en France. ​​Cette dynamique existait déjà outre-Rhin et au Danemark lorsqu’elle est arrivée en 2010 en France. « Nous sommes passés de zéro à 350 projets en une dizaine d’années » explique Marc Mossalgue, responsable communication du mouvement. Par « projets », comprenez des installations photovoltaïques, mais aussi des parcs éoliens, des méthaniseurs, des chaufferies bois et un peu d’hydroélectrique, tout ça pour produire de l’électricité et de la chaleur renouvelables.

« Le photovoltaïque l’emporte en nombre mais pas en production, car ce qui produit le plus, c’est l’éolien » précise Marc. Aujourd’hui, le mouvement Énergie Partagée compte 40 salariés qui accompagnent différents projets citoyens, même les plus complexes.

Canopée agricole TSE à Brouchy (Somme), dotée d’un système d’irrigation innovant – crédit photo TSE

Nous encourageons le développement des énergies renouvelables de façon locale, avec les habitants, les collectivités territoriales et tous les acteurs d’un territoire. La transition énergétique doit s’effectuer partout en France et il est impératif que les citoyens s’impliquent, à la fois financièrement et dans la gouvernance.

Marc Mossalgue, Responsable communication d’Énergie Partagée

Comment ? En se constituant en groupements bien sûr ! Depuis sa création, Énergie Partagée a accompagné des projets portés par 828 collectivités et 30 538 actionnaires citoyens.

Photo de groupe des membres du mouvement Energie Partagée avec une banderole et devant une éolienne dans un champ
©Julien Challandes

Les agriculteurs, moteur de la coopération citoyenne

Une part croissante des projets accompagnés par Énergie Partagée implique de près ou de loin des agriculteurs. « C’est quand on arrive sur des projets de grande envergure en milieu rural que les agriculteurs entrent en scène. Ils ont souvent des responsabilités locales et une réelle implication dans la trajectoire de leur territoire » indique Marc. Sur le terrain, ce sont de vrais accélérateurs de projets ! « Les agriculteurs n’ont pas froid aux yeux, ils savent manipuler des investissements lourds avec des sommes importantes et se projeter sur plusieurs années. Ils se connaissent entre eux et sont habitués à travailler ensemble. Quand ils font équipe avec les autres citoyens et les collectivités, les projets vont loin » précise Marc. Les agriculteurs sont là depuis longtemps et pour longtemps. C’est pourquoi ils ne s’engagent que sur des projets qui ont du sens pour eux et pour le territoire. « Ils apportent de la solidité et de la légitimité aux projets d’énergie renouvelable » estime Marc.

UNITe fait le point sur les différentes manières d’envisager le photovoltaïque sur les terres agricoles

Quelles sont les ENR les plus plébiscitées ?

« Il n’y a pas de classement particulier » explique Marc. « Les citoyens choisissent en fonction de leur territoire, de leurs appétences et leurs ressources ». Ainsi, même si le photovoltaïque est la solution la plus facile à mettre en place, certains territoires vont se tourner vers l’éolien, plus lourd à développer. C’est le cas du Maine-et-Loire, où Alain Cholet a participé au déploiement d’un des 3 parcs éoliens citoyens lancés entre 2020 et 2021.

En Dordogne, une ferme pionnière sur le biogaz carburant

Alain Cholet, un agriculteur dans le vent !

Il est aujourd’hui retraité, après toute une vie passée sur l’exploitation agricole familiale (reprise depuis par son frère et son neveu). Mais en 2016, alors qu’il gère plus de 60 vaches laitières et des élevages de lapins, Alain Cholet décide de se lancer dans un nouveau projet avec les citoyens de sa commune à Beaupréau-en-Mauges : la création d’un parc éolien. « Comme tout chef d’entreprise, j’aime relever les défis » explique-t-il. « J’ai découvert le projet lors d’une réunion publique et je me suis rapidement engagé ». Un groupement citoyen, composé à 85 % d’habitants de la commune, se constitue après la réunion pour acheter et prendre la gérance de la construction et exploitation du futur parc. « Il a fallu créer une société, solliciter des juristes, décrocher des soutiens financiers, dont celui d’Énergie Partagée… » énumère Alain. Les discussions avec le développeur angevin, david énergies, durent un an et demi. En 2019, la société est créée et compte 220 actionnaires citoyens possédant 60 % des parts (les 40 % restants allant à une autre société). Coût de l’opération : 12 millions d’euros. En 2021, les 3 éoliennes entrent en service, avec une production moyenne de 23 500 MWh par an, soit l’équivalent la consommation électrique annuelle de 20 000 personnes (hors chauffage et eau chaude sanitaire). L’électricité est revendue à Enercoop à des prix indexés sur l’inflation et les actionnaires citoyens touchent une rémunération supérieure à la rémunération du livret A. « Notre priorité est de rembourser le prêt » précise Alain. « Le succès du projet montre bien que quand on se met ensemble autour de la table, les choses avancent. Les projets citoyens ont un gros potentiel ! ». À bon entendeur.

L’installation agrivoltaïque Sun’Agri de la SEFRA à Étoile-sur-Rhône

Intégrer les ENR dans les territoires : une question d’équilibre

Depuis quelques années, les projets citoyens changent d’échelle. « Sur le solaire par exemple, en complément des toitures classiques, on va progressivement aussi sur des installations autour du foncier agricole » indique Marc. « Il faut donc être extrêmement vigilant pour ne pas mettre en concurrence la production d’énergie et la production agricole ». Energie Partagée soutient ainsi des projets d’installations photovoltaïques sur des hangars agricoles et exploités par des coopératives locales. En témoignent deux inaugurations en mai 2023 dans le Loir-et-Cher : une toiture photovoltaïque de 18kW sur une ferme par Énergies Vendômoises et une autre de 100kW sur un hangar agricole par Blais’Watt. Le mouvement a édicté différentes chartes de bonne conduite sur 3 filières pour encadrer le développement des ENR dans le sens de l’intérêt général. La plus récente encadre ainsi le développement du photovoltaïque au sol, en particulier sur les enjeux agricoles. Quant à la méthanisation, Énergie Partagée encourage les projets qui valorisent les déchets agricoles et biodéchets des collectivités dans un périmètre limité. « On ne veut pas du modèle allemand de giga structures avec des camions sur la route ! » s’exclame Marc. Cette année, un méthaniseur sera mis en service à Blois, porté par 25 agriculteurs avec le soutien d’Energie Partagée.

En savoir plus :


En Occitanie, Voltaïca transforme les hangars agricoles en centrales solaires

Objectif : permettre aux agriculteurs de répondre aux besoins de la transition écologique tout en générant des revenus et en développant leurs exploitations

Voltaica

L’agriculture et les énergies renouvelables – www.pleinchamp.com

Pour un numérique soutenable !

Depuis 2020, l’Arcep collecte auprès des principaux opérateurs télécoms des données sur leur empreinte environnementale, qui ont permis la publication des deux premières éditions de l’enquête annuelle « Pour un numérique soutenable ». Dans une troisième édition, à paraître au début de l’année 2024, figureront également les données collectées auprès des opérateurs de centre de données et des fabricants de terminaux.

L’Arcep met en ligne sa nouvelle décision de collecte de données environnementales, homologuée le 15 février 2024. L’Arcep élargit ainsi sa collecte de données aux équipementiers de réseaux mobiles, en se concentrant sur les principaux types d’équipements constituant un site mobile. Les indicateurs à renseigner concernent notamment :

  • les volumes d’équipements vendus en France ;
  • les émissions de gaz à effet de serre de ces équipements ;
  • les volumes de terres rares et métaux précieux utilisés pour leur fabrication.
L’empreinte carbone du numérique, c’est quoi ?

L’Arcep précise également la collecte de données engagée auprès des opérateurs de communications électroniques, des opérateurs de centres de données et des fabricants de terminaux. En particulier, pour les opérateurs de centres de données, la collecte de données inclura dorénavant des indicateurs portant notamment sur leur emprise au sol ou la quantité de fluides frigorigènes qu’ils émettent dans l’atmosphère.

Ces nouveaux indicateurs ont été définis après une série d’échanges avec les acteurs concernés par la collecte, puis soumis à consultation publique. Une dizaine de contributions ont été reçues. Sont publiés ce jour :

  • la décision de collecte,
  • les questionnaires à renseigner par chaque catégorie d’acteurs,
  • les notices de définition des indicateurs,
  • les réponses reçues à la consultation publique.

L’enquête annuelle « Pour un numérique soutenable », un outil au service du débat public et de la réflexion pour une stratégie bas carbone du numérique

Avec son enquête annuelle « Pour un numérique soutenable », l’Arcep poursuit 4 objectifs :

  • Informer les citoyens, les acteurs publics et l’ensemble des parties prenantes sur les impacts environnementaux du secteur numérique ;
  • Identifier les activités des acteurs économiques susceptibles d’avoir un impact sur l’environnement ;
  • Inciter les acteurs à cibler leurs actions vers les mesures les plus efficaces en matière d’impact environnemental ;
  • Suivre l’évolution de ces indicateurs dans le temps, permettant d’apprécier les effets des actions de protection de l’environnement mises en place par les entreprises et de fournir des éléments pertinents pour l’évaluation des politiques publiques sur le numérique et l’environnement et, en particulier, des actions de l’Autorité en la matière.
La démarche « Pour un numérique soutenable » et les nouveaux pouvoirs de l’Arcep

En juin 2020, l’Arcep a lancé une plateforme de travail « Pour un numérique soutenable », appelant associations, institutions, opérateurs, entreprises du numérique, personnalités intéressées à y contribuer. Après cinq ateliers thématiques et deux « grandes discussions » auxquels 127 participants se sont joints, l’Arcep a publié un rapport d’étape, fruit de ces échanges, et alimenté par 42 contributions écrites d’acteurs participants. Dans ce rapport, le régulateur formulait 11 propositions pour conjuguer développement des usages et réduction de l’empreinte environnementale du numérique, parmi lesquelles figurait la création d’un baromètre environnemental. En 2021, le Gouvernement a confié à l’Arcep la mission de construire un baromètre environnemental portant sur l’ensemble de l’écosystème numérique. La « loi Chaize », visant à renforcer la régulation environnementale du numérique par l’Arcep, a donné de nouveaux pouvoirs à l’Arcep en lui permettant de collecter des données environnementales non seulement auprès des opérateurs de communications électroniques, mais également auprès des fournisseurs de services de communication au public en ligne, des opérateurs de centres de données, des fabricants d’équipements terminaux, des équipementiers de réseaux et des fournisseurs de systèmes d’exploitation.

Pour en savoir plus : Grand dossier « L’empreinte environnementale du numérique »

Documents associés :

A propos de l’Arcep

L’Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse, arbitre expert et neutre au statut d’autorité administrative indépendante, est l’architecte et la gardienne des réseaux d’échanges internet, télécoms fixes, mobiles et postaux en France.

Un nouveau cadre national pour la coexistence du loup et des activités d’élevage

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Les plans nationaux d’action ont déjà permis d’atteindre le seuil de viabilité démographique du loup en France. La population de cette espèce protégée est en croissance dans plusieurs départements et le front de colonisation s’étend. Le nouveau Plan National d’Actions 2024-2029 sur le loup et les activités d’élevage doit permettre de concilier la protection de l’espèce et l’aide à la profession agricole face à la menace de la prédation. Ce plan conforte le dialogue avec l’ensemble des acteurs concernés.

L’Etat a présenté les trois premiers projets de textes d’application du PNA :

  •     Un nouvel arrêté cadre sur les tirs,
  •     Une nouvelle instruction technique aux préfets en matière de gestion de la réponse à la prédation lupine sur les activités d’élevage,
  •     Un nouvel arrêté relatif aux barèmes d’indemnisation des dommages subis par les élevages victimes des prédations par le loup, l’ours et le lynx.

Ces trois textes et le PNA ont été publiés et sont disponibles sur les sites internet du Ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires et du Ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire.

Ressources utiles

En ce qui concerne les tirs de défense, le nouvel arrêté-cadre permet « l’usage des caméras d’observation nocturne« , « supprime l’obligation d’éclairage pour les louvetiers et permet de passer à deux tireurs, voire trois (selon les circonstances locales), pour les tirs de défense simple. »

Considérant la non-protégeabilité des troupeaux, les préfets pourront délivrer désormais, dès la première attaque, des autorisations de tirs de défense aux éleveurs victimes d’attaques lupines.

Enfin, les barèmes d’indemnisation des dommages causés aux élevages par les prédations par le loup, l’ours et le lynx (pertes directes) sont revalorisés par arrêté à hauteur de +33 % pour les ovins et de +25 % pour les caprins.

Le PNA prévoit le financement de plusieurs mesures de recherche dont une étude sur les apports écosystémiques de la présence lupine et sur les nouveaux outils de protection innovants.

Concilier souveraineté alimentaire, transition écologique et préservation de la biodiversité est notre ambition.

La décorrélation entre la croissance du loup et l’évolution d’animaux d’élevage prédatés démontre que ce chemin est possible, si l’on apporte aux éleveurs des solutions de protection efficaces et des moyens de défendre leurs troupeaux.

Christophe Béchu, Ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires

La France apporte son appui dans la procédure engagée par la Commission européenne sur le sujet du reclassement du loup d’espèce « strictement protégée » à espèce « protégée » sur le fondement des données scientifiques qui permettent de caractériser un meilleur état écologique des populations de loup en Europe.

J’ai voulu que le Plan National d’Actions 2024-2029 sur le loup et les activités d’élevage s’ancre pleinement dans le réel.

Réalité scientifique : celle de la conservation de l’espèce qui est désormais assurée.

Réalité vécue par les éleveurs : celle de l’augmentation des attaques de loups qui mettent en danger les activités d’élevage,

Ce PNA est donc un rééquilibrage pour concilier conservation de l’espèce et sauvegarde des activités d’élevage.

Marc Fesneau, Ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire

Nous pouvons nous féliciter d’avoir permis de rétablir la viabilité du loup en France, qui est une espèce protégée.

nous pouvons protéger le loup et sécuriser les éleveurs qui participent à faire vivre nos territoires ruraux. robustes.

Hervé Berville, Secrétaire d’Etat chargé de la Mer et de la Biodiversité

Le portage foncier agricole : levier pour une agriculture en transition ?

Alors que la France entend se doter en 2024 d’une loi en faveur du renouvellement des générations agricoles – duquel dépend notre souveraineté alimentaire, les nouveaux chiffres de Terre de Liens montrent qu’il sera impossible d’endiguer la disparition des fermes et des agriculteur·trices si létat maintient son niveau actuel d’investissement. Telles que programmées, les aides de l’Etat ne couvrent que 0,5% des besoins en installation. Avec le portage foncier agricole, Terre de Liens contribue à dépasser le plafond de terre de l’installation pour de nouveaux agriculteurs.

Agir pour la Biodiversité, un geste Terre à Terre

Bientôt une France sans paysan·nes ?

La colère et le désespoir exprimés avec force lors des mobilisations de janvier pourraient laisser croire que plus personne ne veut être paysan ou paysanne. À quelques jours de l’ouverture du salon de l’agriculture, Terre de Liens bat en brèche l’idée selon laquelle il y aurait une crise des vocations.

Les candidat·es existent, mais un véritable plafond de terre les empêche d’accéder au foncier : l’accès aux terres est un tel parcours du combattant que seul·es 10 à 15 000 d’entre elles·eux s’installent chaque année. Or, il en faudrait 20 à 25 000 pour assurer la relève agricole. En effet, d’ici 2030, un quart des agriculteurs et agricultrices partira à la retraite.

Des paysan·nes sans ferme

La France ne manque pas de terres : 26 millions d’hectares de terres agricoles, soit la moitié du territoire métropolitain. Elle a de quoi nourrir bien plus que sa population. Pourtant notre souveraineté alimentaire est menacée : nous dédions 40% de nos terres à l’exportation, ce qui nous contraint à importer la production de neuf millions d’hectares.

Il est urgent de réorienter notre agriculture pour qu’elle ne soit plus tournée vers l’export et la spéculation mais vers sa fonction première : être nourricière. De nombreux candidat·es portent ce projet mais ils et elles n’arrivent pas à accéder aux terres agricoles : être informé·e qu’une ferme se libère est difficile, le prix de la terre est élevé et la régulation du marché est défaillante.

Des fermes intransmissibles

Un million d’hectares changent de main tous les ans, mais moins de la moitié permet des installations car le reste part à l’agrandissement. Ainsi, en 50 ans, la surface moyenne des fermes a augmenté de 50 hectares. Résultat : des fermes spécialisées, démesurées, fortement mécanisées, qui sont hors de portée financièrement et qui correspondent trop rarement aux projets d’installation et aux demandes de la société.

Le portage foncier est un levier idéal pour l’installation : il permet à des structures d’acquérir des hectares pour les mettre à disposition de celles et ceux qui veulent les travailler sans s’endetter. Le rapport de Terre de Liens montre que certains acteurs du portage foncier recherchent une rentabilité qui aggrave la financiarisation du foncier agricole et qui est incompatible avec la transition agroécologique. Mais à rebours de ces modèles existe un portage des terres agricoles par et pour les citoyen·nes.

Un portage foncier d’intérêt général à portée de budget…

Ce portage foncier d’intérêt général contient des potentialités et externalités positives nombreuses : restructurer les fermes, créer des emplois, dynamiser les territoires, rendre le métier d’agriculteur plus attractif, assurer la fonction nourricière des terres agricoles, et accélérer la transition avec le bail rural environnemental. Autant de raisons qui font du portage foncier un dispositif à accompagner pour prendre à bras le corps la transformation de notre agriculture et le renouvellement des générations. Terre de Liens estime qu’avec 1,4 milliard d’euros par an, le portage foncier permettrait d’installer 7000 personnes de plus, et ainsi d’atteindre 75 % des besoins d’installations chaque année

… mais sous-investi par le gouvernement

Si le président Macron a créé un « fonds Entrepreneurs du vivant » doté de 400 millions d’euros pour renouveler les générations agricoles, seuls 15 % seraient consacrés au portage foncier. Cette enveloppe de 80 millions d’euros sur 10 ans ne permettrait que 43 installations par an sur toute la France… là où le renouvellement des générations, et avec lui notre résilience alimentaire, nécessite l’installation de 10 000 agriculteur·trices supplémentaires par an. Les aides programmées à ce jour ne concernent donc que 0,5% des installations nécessaires.

Les moyens ne sont clairement pas au rendez-vous des ambitions du gouvernement qui a pourtant promis “d’investir dans une alimentation saine, durable et traçable, afin d’accélérer la révolution agricole et alimentaire sur laquelle la France est un pays leader” (France 2030, objectif 6).
Terre de Liens sera particulièrement attentif à ce que la prochaine grande loi agricole, promise en septembre 2022 par E. Macron, et dont l’arrivée devant le parlement devrait intervenir au printemps, apporte des réponses à la hauteur de l’urgence agricole, alimentaire et environnementale à laquelle la France fait face. 

Le portage foncier agricole – Rapport intégral #3 Terre de Liens

A propos de Terre de Liens

Terre de Liens s’appuie sur une dynamique associative et citoyenne qui permet d’acquérir des terres agricoles, d’installer une nouvelle génération paysanne sur des fermes en agriculture biologique. Ces lieux recréent du lien entre paysans et citoyens, tout en favorisant la biodiversité et le respect des sols.

Les prairies et parcours : des systèmes vivants pour la transition agroécologique  

Les prairies naturelles ou permanentes et parcours, riches en biodiversité, présentent de nombreux atouts pour la transition agroécologique. Ils aident les agriculteurs à temporiser les effets du réchauffement climatique, tout en contribuant à valoriser leur production. Ainsi, certains agriculteurs les utilisent dans une démarche respectueuse de l’environnement et du territoire et participent à leur conservation et à leur entretien. Les 28 finalistes locaux du Concours général Agricole des pratiques agro-écologiques – Prairies & parcours seront récompensés lors de la remise des prix au SIA le 28 février 2024.

« L’effondrement de la biodiversité et le changement climatique sont des constats préoccupants. Les prairies naturelles favorisent cette biodiversité, en respectant les insectes et les abeilles de notre territoire. Elles sont résilientes face aux aléas du changement climatique et la sécheresse. Il est essentiel pour les éleveurs de les conserver »

Citation de Daniel DEBRUS – éleveur à Montredon-Labessonnié (81) – l’un des 28 finalistes du concours général des pratiques agro-écologiques, catégorie Prairies parcours.
Prairies et parcours : De quoi parle-t-on ?

Les prairies naturelles ou permanentes, peu ou pas mécanisées, sont pâturées et/ou fauchées pour nourrir le bétail. Les parcours sont des espaces agro-pastoraux valorisés principalement par le pâturage de troupeaux, difficilement cultivables du fait de caractéristiques pédoclimatiques inadaptées.

En France, les prairies permanentes couvrent 7,9 millions d’ha. Elles sont la principale source, avec les surfaces en herbe, de fourrage pour les herbivores (plus de la moitié des cultures fourragères). Les prairies permanentes sont reconnues et protégées par la PAC depuis 1992. Elles figurent dans les cahiers des charges de certains produits labellisés AOP. En effet, le fourrage issu des prairies permanentes a une influence forte sur la qualité gustative et nutritionnelle de la viande et des produits laitiers, tandis que la diversité des espèces végétales a un effet bénéfique sur la santé animale.

Depuis quelques années, certains territoires subissent une pression environnementale intense avec le réchauffement climatique. Très riches en biodiversité floristique, les prairies et parcours présentent des avantages agro-écologiques pour les exploitations agricoles :

  • La diversité des espèces végétales favorise une bonne résilience des prairies face aux aléas climatiques et permet une souplesse d’exploitation à la production agricole.  Elle contribue à la préservation des oiseaux, reptiles, petits mammifères et insectes.
  • Les prairies et parcours ne sont pas retournés, et stockent ainsi de grandes quantités de carbone.
  • Leur biomasse importante et de composition variée procure un fourrage autonome de qualité et flexible dans le temps.
  • La densité d’herbe assure la filtration et l’épuration de l’eau tandis que les nombreuses racines retiennent mieux l’eau : un système efficace pour lutter contre la sécheresse et l’érosion des sols.

Ces prairies et parcours contribuent activement à la préservation écologique de leurs territoires, avec des espèces endémiques locales.

Des agriculteurs récompensés pour leur respect des prairies et parcours au SIA

Les prairies naturelles ou permanentes et les parcours sont essentiels dans une approche agro-écologique pour valoriser la production agricole dans des territoires à forte contraintes environnementales. Des agriculteurs les utilisent et les préservent dans cet objectif, c’est pourquoi ils ont été 140 à participer au Concours Général des Pratiques Agro-écologiques – Prairies et parcours dans 28 territoires en France. Chaque territoire a élu son finaliste, les 28 sont invités au salon international de l’agriculture pour la remise des prix.

Ce concours récompense les pratiques des acteurs des territoires répondant aux enjeux environnementaux, climatiques et agricoles, tout en assurant une production de qualité. Il comprend quatre catégories :

  • 1- Pâturage prioritaire ou exclusif (toutes sections de gradient d’altitude confondues)
  • 2- Fauche prioritaire (en zone de plaine et de piémont)
  • 3- Fauche prioritaire (en zone de montagne)
  • 4- Fauche exclusive (toutes sections de gradient d’altitude confondues)

« En plein mois de mai, quand je viens sur les prairies naturelles de la ferme, je suis toujours frappé par la multitude de couleurs. Je suis conscient que ce ne sont pas les parcelles les plus productives, mais toutes ces couleurs me donnent à imaginer le plaisir de mes brebis d’aller chercher des goûts, des textures et des couleurs différentes, comme si je leur offrais une belle salade composée. Au-delà du visuel, je suis convaincu que cette diversité donne un goût particulier à mon fromage » se réjouit Pierre MONACO, éleveur en Territoire Montagne du Pays Basque, Nouvelle Aquitaine (64).

Les chiffres clés des prairies et des parcours

LES ATOUTS ET CARACTÉRISTIQUES DES PRAIRIES ET PARCOURS EN FRANCE, AU CŒUR DES TERRITOIRES ET AU MENU DES RUMINANTS

Les produits issus du pétrole ont une empreinte carbone plus élevée qu’estimée 

De nouvelles données publiées récemment influencent de manière significative les comparaisons ACV des plastiques issus du carbone renouvelable et des plastiques issus du pétrole brut.

Depuis des années, les experts ACV (Analyse de Cycle de Vie) discutent de la manière de comparer équitablement les produits fabriqués à partir du pétrole brut et ceux fabriqués à partir de la biomasse, du captage et de l’utilisation du carbone (CCU) et du recyclage.

Cependant, un aspect est régulièrement mis en avant: alors que tous les impacts environnementaux possibles de produits innovants fabriqués à base de carbone renouvelable sont scrutés à la loupe, cette évaluation semble moins rigoureuse pour les produits issus du pétrole brut. Pour ces produits fossiles, on applique souvent des valeurs standard qui ne tiennent pas pleinement compte des différences régionales, qui manquent également de granularité et de transparence et qui ne tiennent pas compte d’un certain nombre d’aspects à un niveau de détail aussi poussé que celui qui est exigé pour les produits non fossiles.

Cependant, les deux dernières mises à jour de la base de données suisse ecoinvent, qui sert de base pour de nombreuses ACV européennes, ont commencé à remédier à certains de ces déséquilibres en incluant des données actualisées sur les matières premières fossiles et les matières plastiques. Depuis fin 2023, de nouvelles données sur l’approvisionnement en pétrole brut et en gaz naturel ont été appliquées et considèrent pour la première fois les émissions involontaires de méthane pendant l’extraction et le traitement des ressources fossiles. 

Le logiciel d’analyse du cycle de vie du développement durable des produits (GaBi) s’appuie sur les bases de données ACV les plus robustes au monde

Une autre base de données pertinente développée par Sphera (GaBi) travaille également à la mise à jour de sa base de données en conséquence.


« La version 3.9 d’ecoinvent introduit une révision complète des données sur l’approvisionnement en gaz naturel et en pétrole brut. Plus précisément, cette version comprend une mise à jour des chaînes d’approvisionnement en gaz naturel et en pétrole brut (production, transport à longue distance et distribution régionale) afin de refléter la situation de l’approvisionnement mondial en 2019. La couverture géographique de la base de données est élargie avec des données sur la production de gaz naturel et de pétrole brut dans différents pays et régions. La base de données ecoinvent couvre désormais 90 % de la production mondiale de pétrole brut et près de 80 % de celle de gaz naturel. En outre, la mise à jour introduit des combinaisons de consommation régionale pour le pétrole brut en Amérique du Nord et en Europe, ainsi qu’une offre de gaz naturel nouvelle ou mise à jour dans 44 pays, sur la base de la situation en 2019. »

« Le secteur des produits chimiques est mis à jour afin d’améliorer la représentation des données pour les précurseurs chimiques essentiels et leurs dérivés, tels que les alcènes à chaîne courte (éthylène, propylène, butène et butadiène), les aromatiques monocycliques (benzène, toluène et xylènes [p-, o-, mélangés]), l’oxyde d’éthylène et l’éthylène glycolD’autres mises à jour importantes comprennent l’expansion de la couverture technologique et géographique pour l’éthylène, le propylène, l’hydrogène et le méthanol. Plus précisément, ecoinvent introduit des données pour la Chine, les États-Unis et l’Europe. »


En outre, une collaboration entre l’IFEU, PlasticsEurope et ecoinvent a permis d’améliorer le niveau de désagrégation des données publiées pour le vapocraquage et la production de polyoléfines (PE, PP), de PVC et de PET, ce qui a accru la transparence des données publiées pour ces procédés.

Grâce à ces mises à jour, l’empreinte carbone moyenne du pétrole brut, du gaz naturel et des produits dérivés a augmenté de manière significative. L’empreinte du naphta fossile a presque doublé et celle des matières plastiques de base a augmenté d’environ 30 % (PET 26 %, PE 34 % et PP 30 %).

Il s’agit là d’un premier pas important pour réexaminer en détail les effets du pétrole brut et des matières premières fossiles et les inclure dans les évaluations du cycle de vie, car ils sont la principale cause du changement climatique provoqué par l’homme.

L’impact de ces nouvelles données pour les produits fossiles sera d’autant plus significatif pour les plastiques issus du carbone renouvelable, quand leur empreinte carbone est comparée à celle de produits fossiles. De nombreuses empreintes carbone seront recalculées sur la base des données actualisées et l’on s’attend à ce que les comparaisons antérieures entre les plastiques fossiles et non fossiles évoluent davantage en faveur de ces derniers.

Par exemple, alors que l’empreinte carbone associée à la production de plastiques biosourcés était généralement inférieure de 20 à 30 % à celle des plastiques d’origine fossile, on s’attend désormais à ce que les plastiques biosourcés émettent 40 à 50 % de CO2eq en moins que la production de leurs équivalents d’origine fossile.

Michael Carus, directeur exécutif de RCI, déclare que « La défossilisation de l’industrie chimique est encore plus importante pour la protection du climat qu’on ne le pensait auparavant. L’importance du carbone biosourcé et basé sur le COcapté a été minimisée parce que les données relatives au pétrole brut et au gaz naturel ont été systématiquement sous-estimées. Avec ces nouvelles données, une nouvelle étape a été franchie pour reconnaître l’impact réel de l’utilisation du pétrole sur le climat. Les responsables politiques ont désormais une raison supplémentaire de soutenir plus fermement la transition de l’industrie chimique vers l’abandon du carbone fossile. »

Les résultats devraient avoir un impact significatif sur la politique européenne, qui n’a jusqu’à présent que peu soutenu les alternatives à base de carbone renouvelable. Les produits biosourcés, ainsi que les produits à base de CO2 capté ou recyclés, pourraient jouer un rôle beaucoup plus important dans la politique future, par exemple dans le règlement sur les emballages et les déchets d’emballages (PPWR) et dans le document sur la trajectoire de transition de la Commission européenne pour l’industrie chimique, actuellement en cours de préparation.

Pour bien comprendre ces nouveaux développements et leur implication, la RCI envisage un nouveau projet pour évaluer les empreintes fossiles mises à jour dans ecoinvent avec d’autres grandes bases de données d’ACV comme Gabi et CarbonMinds et étudier les différences et leurs conséquences. Les premiers résultats seraient accessibles pour les membres de la RCI.

La Renewable Carbon Initiative


La RCI regroupe différentes entreprises, institutions et associations qui abordent les défis de la transition vers le carbone renouvelable avec des approches différentes. Les opinions exprimées dans ses communiqués de presse et publicationsne reflètent pas nécessairement les politiques et opinions de tous les membres de la RCI.  L’initiative pour le carbone renouvelable (« Renewable Carbon Initiative », RCI) est un réseau international de plus de 60 entreprises de premier plan qui soutiennent l’accélération de la transition du carbone fossile au carbone renouvelable (biosourcé, basé sur le CO2 et recyclé) pour tous les produits chimiques et matériaux organiques. Les activités de la RCI sont axées autour de publications de rapports scientifiques, de prises de position sur différents sujets, ainsi que sur la défense des intérêts et la collaboration entre parties prenantes. La RCI défend activement l’utilisation du carbone renouvelable comme principe directeur pour l’industrie chimique et les matériaux associés.

www.renewable-carbon-initiative.com

Pour une transition écologique, équitable et solidaire de notre agriculture et de notre alimentation

A loccasion du Salon de l’agriculture, 12 ONG réunies au sein du collectif Cap Nature & Biodiversité dénoncent la volonté de faire de l’écologie le bouc émissaire de la crise agricole, et demandent l’élaboration concertée de solutions associant la protection de l‘agriculture à celle de l’environnement. Parce que  » Une alimentation saine et une production durable ne se feront pas sans la biodiversité « 

En 40 ans, l’Europe a perdu 800 millions d’oiseaux, et la France 800 000 agriculteurs.

Ces deux effondrements démographiques concomitants ont une origine commune. En favorisant les monocultures mécanisées sur des surfaces gigantesques traitées aux pesticides, l’agriculture intensive a en un demi-siècle bouleversé les zones rurales et engendré une profonde crise sociale, économique et écologique.

Pourtant, certains responsables politiques et syndicaux ont opportunément choisi de désigner les normes et les contraintes environnementales comme principales responsables de cette crise, au lieu de remettre en cause les importantes inégalités dans la distribution des aides publiques et la répartition des profits.

Comment garantir à la fois la souveraineté alimentaire de la nation, la sécurité sanitaire des consommateurs et des producteurs, des revenus dignes pour les paysans, le bien-être animal et la sauvegarde des milieux naturels ? Face à ces multiples défis qu’affrontent l’agriculture et l’élevage, la préservation de l’environnement et de la biodiversité, loin d’être un handicap, constitue un atout essentiel.

Plutôt que d’alimenter une mise en opposition stérile et devant l’enchaînement hâtif de régressions environnementales décrétées par le Gouvernement sous la pression de tracteurs téléguidés par les syndicats majoritaires, nos organisations de protection de la nature proposent de réunir l’ensemble des acteurs concernés afin de construire sereinement des solutions innovantes visant à refondre nos systèmes alimentaires, repenser le métier d’agriculteur et restaurer les écosystèmes naturels.

Dans la perspective d’un tel dialogue constructif, nous partageons notre analyse et nos propositions dans le document “Une alimentation saine et une production durable ne se feront pas sans la biodiversité »


Exemple d’engagement de la distribution avec Lidl

« L’avenir, ça se cultive. »

L’enseigne Lidl est présente au Salon International de l’Agriculture pour démontrer son engagement en faveur de la filière agricole. Elle défend un meilleur partage de la valeur et une agriculture plus durable, compatibles avec une offre qualitative vendue au meilleur prix.

Méthanisation : un levier pour l’agroécologie ?

La vue, le bruit ou l’odeur. Tels sont les arguments régulièrement invoqués par les opposants aux projets d’énergies renouvelables tels que les éoliennes ou les unités de méthanisation agricole. Au-delà de ces nuisances redoutées par les riverains, la méthanisation est-elle une chance pour l’agroécologie ? Peut-elle transformer les agriculteurs en énergiculteurs ? De nombreux modèles émergent, entre complexification de l’activité agricole, nouveaux rapports de force et risques de contestation locale. Malgré tout, il existe une ligne de crête qui permettrait aux agriculteurs de tirer leur épingle du jeu, écrivent Aude Dziebowski (Université de Strasbourg), Emmanuel Guillon et Romain Debref (Université de Reims Champagne-Ardenne) et Yves Leroux (Université de Lorraine) pour The Conversation France.

Valoriser nos déchets pour produire du gaz vert : l’enjeu de la méthanisation

La méthanisation est-elle vraiment un levier pour l’agroécologie ?

Aude Dziebowski, Université de Strasbourg; Emmanuel Guillon, Université de Reims Champagne-Ardenne (URCA); Romain Debref, Université de Reims Champagne-Ardenne (URCA) et Yves Leroux, Université de Lorraine

C’est l’un des débouchés industriels de la collecte des biodéchets obligatoire depuis le 1er janvier 2024. Ce sont les agriculteurs qui ont été les premiers pionniers de la méthanisation, qui constitue aujourd’hui un enjeu sociétal, à la croisée de l’économie, du social et de l’environnemental.

L’ouvrage « Idées reçues sur la méthanisation agricole », paru en octobre 2023 au Cavalier Bleu Éditions et dirigé par Aude Dziebowski, Emmanuel Guillon et Philippe Hamman, entreprend de démystifier les idées reçues véhiculées tant par les pro que par les anti méthanisation.

Nous en reproduisons ci-dessous un chapitre. Malgré son intérêt, la méthanisation agricole ne se résume pas à une « énergie verte » et questionne les évolutions des mondes ruraux dans leur globalité. C’est notamment le cas pour l’agroécologie, où la méthanisation est généralement vue comme levier. La réalité, comme souvent, est plus complexe.

L’ouvrage a également fait l’objet d’une présentation lors d’une journée d’étude dédiée, dont une captation est accessible en ligne.


Les articles scellant l’union de la méthanisation avec l’agroécologie se multiplient dans les médias professionnels agricoles (par exemple ici ou ), en même temps que le sujet s’immisce dans les canaux grand public comme la radio et justifie l’émergence de programmes de recherche dédiés, à l’instar de MéthaLAE.

Agroécologie : de quoi parle-t-on ?

D’importants débats épistémologiques demeurent sur la polysémie de l’agroécologie et les conditions de sa mise en œuvre, a fortiori puisque la notion n’embarque pas les mêmes implications selon l’échelle de gouvernance considérée. Au niveau international, la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) décrit l’agroécologie comme :

  • « une solution qui peut contribuer à transformer les systèmes alimentaires en appliquant les principes écologiques à l’agriculture et en veillant à une utilisation régénérative des ressources naturelles et des services écosystémiques, tout en répondant au besoin de systèmes alimentaires socialement équitables. »
  • « L’agroécologie réunit une science, un ensemble de pratiques et un mouvement social : elle se présente maintenant comme un domaine transdisciplinaire qui couvre l’ensemble des dimensions écologique, socio-culturelle, technologique, économique et politique des systèmes alimentaires. »
  • « Les pratiques agroécologiques mettent à profit, préservent et améliorent les processus biologiques et écologiques dans la production agricole, afin de réduire l’utilisation d’intrants commerciaux (combustibles fossiles…) et de constituer des écosystèmes agricoles plus diversifiés, plus résilients et plus productifs »

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Tout en concluant qu’« il n’existe pas de limite claire universellement admise quant à ce qui est agroécologique et ce qui ne l’est pas », la FAO précise ce qu’elle considère comme 13 principes agroécologiques : le recyclage, la réduction des intrants, la santé du sol, la santé et le bien-être animal, la biodiversité, les effets de synergie, la diversification économique, la production conjointe de connaissances autochtones et scientifiques, les valeurs sociales, l’équité, la connectivité, la gouvernance des terres et ressources naturelles, et enfin la participation.


Méthanisation agricole : un nouveau guide WWF en partenariat avec GRDF pour accompagner la durabilité de la filière

Quatre ans après avoir posé les bases de la durabilité de la méthanisation agricole, le WWF France publie une nouvelle étude sous la forme d’un état des lieux critique de l’évolution de cette filière stratégique au cours des dernières années. Réalisée en partenariat avec GRDF et appuyée par plusieurs entretiens et un large éventail de références, celle-ci offre un éclairage sur les défis et les opportunités que représentent son passage à l’échelle soutenable, au regard des quatre axes de travail formulés en 2020. Le travail réalisé résulte en une série de recommandations à destination des acteurs de la filière et des institutions publiques, en particulier des collectivités territoriales d’où émergent des initiatives positives.

Une filière face à des défis et des opportunités

La filière de la méthanisation agricole se trouve aujourd’hui face à des injonctions contradictoires. Elle est confrontée à l’impératif de combiner performance économique et exemplarité, notamment en matière de maîtrise des risques de pollution et d’intégration territoriale. Elle doit également stimuler la transition agroécologique des fermes qui alimentent les unités de méthanisation, alors que certains méthaniseurs sont encore alimentés par des systèmes agricoles intensifs parfois éloignés des modèles les plus vertueux.

Pour répondre à ces enjeux, ce nouveau rapport détaille une série de recommandations. Ces propositions visent à encourager une nouvelle dynamique répondant aux défis socio-environnementaux et soulignent le caractère multifonctionnel de la méthanisation, au-delà de la production de biogaz.

Quatre axes de travail pour analyser l’évolution de la durabilité de la méthanisation agricole

Pour structurer sa réflexion sur l’évolution de la filière depuis 2020, le WWF France s’est appuyé sur les quatre recommandations formulées à la fin du précédent rapport. 

  1. Renforcer un socle commun favorisant le respect des conditions de durabilité
  2. Poursuivre la recherche et les expérimentations
  3. Accompagner la professionnalisation de la filière
  4. Valoriser l’intégration des projets de méthanisation dans leur territoire
Méthanisation agricole : un nouveau guide pour accompagner la durabilité de la filière

D’abord un cas d’étude pour pays émergents

En France, la définition proposée par le ministère de l’Agriculture et de la souveraineté alimentaire converge. Pour les deux instances, l’agroécologie consiste aussi, au-delà de l’intensification des systèmes naturels, à l’intégration de nouvelles technologies innovantes… une orientation high-tech bien loin du modèle de développement socio-économique promu à la genèse de l’agroécologie, dès les années 1970.

En effet, c’est à cette période qu’émergent les premières recherches (par exemple en France en 1983 ou au Canada en 1979) de synergies entre agroécologie et méthanisation. On retrouve plusieurs cas d’études dans les pays en voie de développement, qui sont à la recherche de nouveaux modèles pour s’assurer une autosuffisance alimentaire de qualité et adaptée aux milieux, tout en cherchant à produire leurs propres énergies dans un monde où les pays développés imposent leurs dépendances au pétrole, au charbon et au nucléaire.

À présent, l’agriculteur issu de pays développés s’engage dans cette voie, particulièrement en France. Il se retrouve ainsi au cœur de la transition écologique en cherchant à dégager un équilibre entre ses intérêts économiques et la préservation du milieu naturel.

Le développement d’une filière européenne

En Europe, le recours à la méthanisation répond d’abord à la volonté de produire de l’énergie « verte » et, ensuite, de réduire les émissions de gaz à effet de serre, en particulier pour les méthanisations à base d’effluents. L’usage de l’agroécologie convoque d’autres critères, comme la gestion des adventices (mauvaises herbes) sans produits phytosanitaires, le bouclage des cycles de l’azote et du phosphore, ainsi que l’impact sur la biodiversité. Bien qu’important, ce dernier point reste encore mal compris.

Les synergies requièrent inévitablement de l’espace pour se déployer, tout en reposant sur de nouveaux itinéraires techniques qui peuvent modifier les rotations, à l’image de l’introduction des cultures intermédiaires à vocation énergétique (CIVE), des dates de semis et de récolte, ainsi que les traitements phytosanitaires et fertilisations associés. Une modification spatio-temporelle s’observe sur les paysages, qui affecte la disponibilité des ressources pour la faune et la flore (par exemple, types et périodes de couvert, d’alimentation).

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De fait, le vivant s’adapte plus ou moins facilement à ces nouvelles modalités d’exploitation de l’espace au risque d’influencer les dynamiques des populations (par exemple, répartition, attractivité/ répulsion spécifique, risques de mortalité issue de dates précoces de fauche).

Au-delà de l’aspect écologique, trois opportunités de compétitivité apparaissent, qui instaurent un nouvel équilibre en matière de création de profits, de rentes et de filières face aux pressions exercées par les filières puissantes et stabilisées, comme les coopératives dominantes multinationales financiarisées.

– Premièrement, comme l’a démontré le projet de recherche Métha’Revenus, la production énergétique accorde un complément de revenu et un gain d’autonomie à l’agriculteur. Avec la cogénération, il obtient en plus de la chaleur qui lui permet de sécher sa biomasse à faible coût sur son exploitation (exemple des céréales).

– Deuxièmement, les économies d’intrant se perçoivent aussi en récupérant du digestat (soit la matière obtenue après digestion anaérobie dans un méthaniseur). Les rendements sont améliorés de 20 à 25 % sur les cultures en agriculture biologique (AB) (céréales, prairies), ainsi que la fertilité des sols (davantage de vers de terre et de matières organiques). Elles permettent d’assurer la transition vers l’AB, dont l’objectif est d’atteindre les 25 % de surface agricole si l’on se réfère à la stratégie européenne Farm to Fork. Cependant, son usage se heurte au potentiel de fertilisation en azote et en phosphore qui peut limiter fortement les rendements des sols.

– Troisièmement, les certifications environnementales qui se rattachent à ces initiatives constituent une nouvelle forme de segmentation du marché permettant de capter de nouvelles sources de profit et de gagner en indépendance financière. Il conviendra tout de même de rester prudent car tous ces avantages peuvent inciter à l’intensification de l’agroécologie et engendrer des effets pervers.

Pour bénéficier de ces opportunités, l’agriculteur se doit de complexifier considérablement la gestion de son exploitation à partir de nouvelles compétences  : l’expérimentation et l’apprentissage, individuels ou « de paysans à paysans », deviennent des facteurs clés de réussite.

Ils permettent une résilience singulière de chaque exploitation, qui devient plus agile pour faire face aux anticipations et répondre aux pressions systémiques subies. Cela n’est possible que grâce à une réorganisation du travail de l’agriculteur qui aspire à une meilleure qualité de vie. Certes, mais à quel prix ?

Une méthanisation chronophage

Deux craintes omniprésentes dans la culture agricole peuvent s’objectiver avec la mise en œuvre et le suivi d’un projet de méthanisation agricole individuel : le coût et la disponibilité de la main d’œuvre, et la difficulté à se libérer du temps. Si elle peut permettre de gagner du temps sur la conduite de certaines activités (par exemple, la manutention du fumier et du lisier), voire même alléger considérablement la charge de travail des agriculteurs insérés dans des projets collectifs, la méthanisation peut au contraire se révéler chronophage dans le cas de projets individuels, a fortiori s’agissant des éleveurs, puisque sa mise en œuvre exige une vigilance et une disponibilité de tous les instants.

Pris en étau entre la gestion de leur ferme et la maintenance de leur unité de méthanisation, il n’est pas rare que les agriculteurs doivent engager un nouveau salarié à plein temps, dans une dynamique de supervision constante ; ici, la mobilisation du temps de gestion peut être conséquente, alors que certains des bénéfices attendus n’arriveront qu’à moyen/long terme. Cette forme d’agriculture articulée autour des compétences des agriculteurs est « intensive en main d’œuvre » : encore faut-il trouver du personnel qui soit à la fois formé et compétent en matière de méthanisation, un obstacle couramment rencontré dans l’activité agricole.

D’où la nécessité d’apprendre également à s’organiser et travailler en collectif afin d’avoir accès à certaines ressources cruciales, parmi lesquelles l’insertion dans des réseaux d’agriculteurs pour la circulation de connaissances et l’accompagnement rigoureux d’interlocuteurs qualifiés – on pense à la création d’un réseau national de fermes de référence avec l’Association des méthaniseurs de France.

En résumé, ce nouveau modèle de développement se heurte à celui, dominant, qui souhaite conserver ses propres standards en matière de financement, d’assurance, de taille critique acceptable selon le droit de l’environnement. Les enjeux en matière d’innovation sont importants. L’alliance méthanisation et agroécologie, reposant sur des techniques d’expérimentation singulières, de partage d’information communautaire et des innovations sur mesure – incluant high- et low-tech –, se confronte aux institutions financières et juridiques qui prônent la standardisation.

De l’agriculture à l’énergiculture

Il existe cependant un large spectre de profils d’agriculteurs qui évoluent entre deux paradigmes opposés, des modèles alternatifs – non productivistes – jusqu’au modèle d’énergiculture. Dès lors, certains modèles privilégiés en France sont là pour contribuer à la transition énergétique, mais non forcément écologique.

Dans de telles conditions, ceux souhaitant profiter de ces synergies sont à l’heure actuelle en minorité et leurs faibles revenus les rendent inaudibles pour ces institutions. Se pose alors la question de l’intervention des politiques publiques pour contrer cette vision monolithique de la transition.

En effet, le tandem méthanisation-agroécologie porte à la fois des enjeux identitaires, culturels et de territorialité, interrogeant la sphère démocratique. Ce faisant, il s’agit de penser de nouvelles structures de gouvernance décentralisées laissant une place de choix à chacun dans la réappropriation des outils techniques et dans la prise de décision collective en matière de « bonnes trajectoires » de gestion des ressources.

Un cadre multiscalaire permettrait à l’agriculteur de restaurer son image professionnelle et sa relation à la société civile par le biais de son engagement dans la transition écologique.

Le risque de contestation locale

Pour autant, son intégration à échelle micro-locale peut s’avérer à double tranchant : cette visibilité renouvelée peut, dans le cas où son projet de méthanisation devient un objet de politisation contestataire locale, l’exposer à de vives critiques au sein du tissu territorial de proximité, entraîner sa mise au ban et renforcer une solitude professionnelle, une pression réglementaire et socio-environnementale et une défection populaire déjà largement déplorées au sein du monde agricole.

En butte à l’hostilité de certains de leurs pairs et/ou à la contestation citoyenne puisqu’ils façonnent un paysage des énergies renouvelables déjà en proie à une acceptabilité sociale fragile, les agriculteurs engagés dans la méthanisation courent également un risque social.

Des verrous sociotechniques demeurent, qui nous rappellent l’importance de penser toute l’intrication des différentes échelles de gouvernance des pratiques agroécologiques, de l’exploitation au territoire, sans oublier le rôle prégnant des organismes professionnels agricoles (négoces, coopératives, syndicats agricoles, Chambres d’agriculture) et des systèmes alimentaires et énergétiques.

Devant de telles tensions, on assiste à une montée en puissance du lobbying de la part des agriculteurs minoritaires pour faire face aux décisions politiques : des communautés d’intérêt s’organisent en syndicats et réseaux d’agriculteurs (par exemple, le CIVAM de l’Oasis) de manière à créer leurs propres standards et références, et proposer un encadrement technique conforme aux règles de l’agroécologie autour d’un système d’échange adapté (par exemple, approvisionnement contre digestat) pour pallier la hausse des coûts des coproduits et renforcer l’autonomie.

Finalement, cette réappropriation du pouvoir d’agir permet aux agriculteurs investis dans l’agroécologie de renforcer leur modèle productif, de monter en qualité et de trouver une symbiose entre leur environnement et leur activité économique, facilitant leur conversion à une activité plus intégrée (la méthanisation, l’agriculture biologique, etc.) dans laquelle ils sont autonomes et maîtrisent tous les outils… à l’inverse de l’énergiculteur qui, bien qu’initialement animé par une recherche d’autonomie, devient un prestataire de services.

Aude Dziebowski, Doctorante en sociologie des mondes ruraux, Université de Strasbourg; Emmanuel Guillon, , Université de Reims Champagne-Ardenne (URCA); Romain Debref, Maître de conférences, Université de Reims Champagne Ardenne, Université de Reims Champagne-Ardenne (URCA) et Yves Leroux, , Université de Lorraine

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