Notre société consomme beaucoup plus de ressources que ce que notre planète est capable de reconstituer, avec des conséquences néfastes pour le climat, l’environnement, la biodiversité et la santé des populations. Les collectivités ont l’immense défi de réorienter notre société vers plus de sobriété en énergie, matériaux, ressources, espaces et de repenser les capacités de résilience de leurs territoires. Ce kit a été conçu par France Nature Environnement pour aider les collectivités à adopter une démarche de sobriété dans tous les domaines, en s’appuyant sur des pratiques déjà mises en œuvre avec succès en France ou à l’étranger.
France Nature Environnement se mobilise pour accompagner la société française dans cette transition vers un modèle plus sobre, permettant de ramener l’empreinte écologique de la France de 3 planètes aujourd’hui à 1,5 en 2030 et 1 en 2050.
Le Salon des Maires et des Collectivités Locales est un temps d’échange privilégié entre les sociétés exposantes, les élu·es et autres décideurs et décideuses locaux. En amont des élections municipales en 2026, l’événement a pour but de lancer des solutions innovantes plus adaptées aux citoyen·nes et à la transition écologique.
Ce salon est organisé en partenariat avec L’AMF, Les Eco Maires et l’Union Professionnelle du Génie écologique(UPGE) filière incontournable sur l’ensemble des activités humaines pour réparer, protéger ou renaturer les espaces de vie face aux réalités climatiques et écologiques.
Néanmoins, il faut garder en tête que des dispositifs tels que le SCE (Zone Soumise à Contrainte Environnementale) et la DUP (Déclaration d’Utilité Publique) permettant d’interdire l’utilisation de pesticides dans certaines zones existent déjà mais sont sous-utilisés. Ils doivent être plus fortement activés par les préfets et préfètes, en parallèle d’un accompagnement des agriculteurs et agricultrices vers des modèles sans pesticides dans les territoires qui peinent à délivrer de l’eau potable conforme aux seuils réglementaires.
Pour connaitre les principaux leviers à activer par les collectivités afin d’enclencher une démarche de sobriété en s’appuyant sur des pratiques qui ont démontré leur efficacité, voici 10 fiches sobriétérédigées par les expert·es FNE.
10 FICHES PRATIQUES POUR AGIR EN TANT QUE COLLECTIVITÉ
Souvent interprétée à tort comme synonyme de privation, de décroissance ou de retour en arrière, la sobriété se définit plutôt comme la recherche au niveau individuel et collectif d’un équilibre entre besoins et juste répartition des ressources disponibles. C’est donc un levier indispensable pour une transition vers un monde plus juste et plus soutenable.
Ce kit se compose d’une pochette (ci-dessus) qui présente les principaux enjeux en matière de sobriété et les leviers dont disposent les collectivités, ainsi que de 10 fiches thématiques consultables et téléchargeables individuellement ci-dessous. Chaque fiche propose des leviers d’action concrets pour les collectivités, illustrés par des exemples.
Les collectivités, largement impactées par la crise énergétique liée notamment à l’invasion de l’Ukraine, ont vu leurs dépenses énergétiques bondir depuis 2021, amputant leur budget de fonctionnement et leur capacité à agir pour la transition écologique. Comment les collectivités peuvent-elles favoriser la sobriété énergétique de leurs territoires ?
POUR UN USAGE RAISONNÉ ET ÉQUITABLE D’UNE RESSOURCE PRÉCIEUSE
Le changement climatique bouleverse le cycle de l’eau et implique des sécheresses plus longues et plus fréquentes, ainsi que des élévations de température qui tendront à accroître la demande en eau (domestique, agricole). Comment les collectivités peuvent-elles contribuer à un partage équitable de la ressource tout en préservant la quantité nécessaire au bon fonctionnement des milieux ?
Depuis les années 1990, la pollution lumineuse a presque doublé en France : l’éclairage public représente plus de 11 millions de points lumineux. Biodiversité, santé, énergie, coûts : les impacts de la pollution lumineuse sont connus, tout comme les leviers pour la réduire. Comment les collectivités peuvent-elles agir pour une sobriété lumineuse de leur territoire et pour le retour des étoiles ?
POUR UNE AGRICULTURE POUR UNE AGRICULTURE RESPECTUEUSE DU VIVANT
Le système alimentaire actuel, agro-industriel, orienté vers le « produire plus » à travers l’intensification et l’industrialisation de l’agriculture, surexploite les ressources (énergie, sols, eau…). Pourtant, d’autres modèles agricoles plus respectueux de l’environnement existent. Comment les collectivités peuvent-elles favoriser la transition vers un modèle agroécologique plus durable ?
Le secteur textile est le 5e plus gros émetteur de gaz à effet de serre et l’une des industries les plus polluantes au monde. La fast fashion, voire l’ultra fast fashion, a engendré une production effrénée, une surconsommation et un gaspillage toujours plus important, avec des impacts à chaque étape (production, fabrication, transport, entretien, fin de vie). Si les enjeux sont mondiaux, comment les collectivités peuvent-elles agir à leur niveau pour favoriser des modes de production et de consommation plus sobres ?
POUR UN ÉLEVAGE PLUS DURABLE AU SERVICE D’UNE ALIMENTATION PLUS SAINE
La consommation de viande par an et par habitant·e a plus que doublé en volume en France au XXe siècle. Cette dynamique favorise le recours aux importations et le développement de systèmes d’élevage intensifs en France, avec des impacts néfastes sur la santé et l’environnement. Comment les collectivités peuvent-elles encourager une consommation de viande plus sobre et contribuer à la transformation des pratiques d’élevage ?
MODÉRER LA DEMANDE DE TRANSPORTS ET ADAPTER L’OFFRE
Le secteur des transports est le premier responsable des émissions de gaz à effet de serre en France et dans le monde, et est également une source non-négligeable d’émissions de particules fines et d’artificialisation des sols. La voiture individuelle est à la fois le mode de déplacement privilégié des Français·es et la 1re source d’émissions de GES du secteur des transports. Comment les collectivités peuvent-elles participer à la réduction des impacts des transports tout en offrant un service de mobilité efficace à leur population ?
MAÎTRISER UNE «DÉMATÉRIALISATION» AUX IMPACTS BIEN RÉELS
Omniprésent dans nos vies, le numérique a permis de réduire l’impact de certaines activités, par exemple via le télétravail (réduction des transports quotidiens). Mais la « dématérialisation » repose sur des milliards d’équipements matériels et a des conséquences très concrètes sur l’environnement. Outre le coût énergétique généré par les flux de données, le principal impact a lieu lors de la fabrication (extraction de terres rares, émissions de gaz à effet de serre, déchets…). Comment les collectivités peuvent-elles agir pour une consommation responsable du numérique ?
La politique de construction plutôt que de rénovation génère une quantité importante de déchets, notamment dans le bâtiment, dont les filières de valorisation sont encore peu ou pas développées. Comment les collectivités peuvent-elles favoriser la réhabilitation des bâtiments et la réutilisation des matériaux issus de démolitions ?
L’étalement urbain cause de nombreux problèmes sociaux et environnementaux aggravés par la crise énergétique et le changement climatique. Comment les collectivités peuvent-elles mobiliser leurs compétences et leurs outils pour y faire face ?
L’Agence LUCIE, pionnière de la labellisation RSE en France, lance LUCIE ESG, le premier label français aligné sur la Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD). Une initiative qui vise à transformer les exigences de reporting extra-financier en opportunités concrètes pour les entreprises de toutes tailles.
LUCIE ESG, le premier label français aligné sur la Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD)
Un label adapté à l’évolution du paysage réglementaire
Alors que la CSRD étend progressivement son champ d’application à un nombre croissant d’entreprises, y compris les PME, LUCIE ESG propose une réponse pratique aux défis posés par cette nouvelle réglementation.
Pourquoi un label centré sur cette directive européenne ?
Ce choix vise à simplifier le processus pour les entreprises engagées, en évitant la duplication des effortsentre le diagnostic ISO 26000 et le reporting ESRS. Le label permet non seulement de répondre aux exigences de transparence, mais aussi d’améliorer la performance globale des organisations en matière de responsabilité sociétale et environnementale.
Le label LUCIE ESG a été conçu pour :
Capitaliser sur les travaux de déclaration CSRD en les transformant en plans d’action concrets
Optimiser le processus de diagnostic de labellisation
Convertir l’obligation réglementaire en unedémarche motivante et porteuse de sens
Accompagner les organisations de toutes tailles dans leur transition vers une gouvernance plus responsable
Une approche structurée et pragmatique
S’appuyant sur l’expertise reconnue de l’Agence LUCIE et son comité indépendant de labellisation, ce label propose une méthodologie rigoureuse qui :
Intègre la structure des European Sustainability Reporting Standards (ESRS)
Sélectionne des indicateurs-clés communs avec les ESRS
Évalue la maturité des entreprises sur la base de résultats concrets
Accorde le label en fonction de la pertinence du plan d’action et non sur le rapport ESG
Application de la directive CSRD
Un outil adapté à toutes les entreprises
LUCIE ESG s’adresse non seulement aux entreprises directement soumises à la CSRD, mais aussi à leurs filiales et partenaires, ainsi qu’aux PME souhaitant anticiper les futures exigences ou répondre aux demandes de leurs clients et financeurs.
« Avec LUCIE ESG, nous offrons aux entreprises un moyen efficace de transformer une obligation réglementaire en une véritable opportunité de progrès. Ce label permettra aux organisations de toutes tailles de s’engager concrètement et de manière atteignable dans une démarche RSE, tout en optimisant leurs efforts de reporting. »
Philippe Vachet, Directeur Général de l’Agence LUCIE
Le label LUCIE ESG est disponible dès maintenant pour les entreprises souhaitant s’engager dans une démarche de progrès alignée sur les standards européens actuels et à venir.
Directive de l’UE en ce qui concerne la publication d’informations en matière de durabilité par les entreprises
Depuis 2007, LUCIE développe des solutions pour permettre à toutes les organisations de progresser en RSE
À propos de l’Agence LUCIE :
Fondée par Alan Fustec et solidement implantée à Paris, l’Agence LUCIE est la première agence de labellisation RSE en France, déterminée à orienter les organisations vers un rôle actif dans la transition vers une société plus durable. Elle offre à sa communauté une panoplie complète d’outils, de programmes de formation, et de labels spécifiquement conçus pour encourager la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE). Ce qui distingue le label LUCIE, est l’indépendance totale de son comité de labellisation, garantissant une évaluation objective et impartiale des démarches RSE des entreprises. L’objectif indéfectible qui guide son action est d’impulser un progrès continu en ce qui concerne le respect des limites planétaires et la réduction de l’empreinte carbone. À l’heure actuelle, l’Agence LUCIE rassemble une communauté dynamique de 1400 membres, s’appuie sur une équipe de 20 collaborateurs engagés, et dispose d’un centre de formation unique en son genre, proposant pas moins de six labels distincts (LUCIE ESG, LUCIE Progress, LUCIE 26 000, LUCIE Positive, LUCIE NR, et LUCIE Auto-évaluation accompagnée), qui attestent de son engagement inébranlable envers une RSE de premier plan.
L’Agence RSE qui vous accompagne vers une transition durable. L’Agence LUCIE est un centre de solutions RSE qui propose un ensemble d’outils, de formations et de labels dédiés à la responsabilité sociétale des entreprises.
Dans un contexte économique incertain, où les entreprises jonglent avec des priorités budgétaires souvent drastiques, une question essentielle se pose : l’avenir de la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) est-il en danger ? Dans cette tribune, Olivier Soudée, CEO et co-fondateur d’Haliro, décrypte la réduction des budgets et l’évolution de la fonction RSE. Olivier Soudée propose des pistes concrètes pour repenser la RSE et la transformer en un véritable levier stratégique de création de valeur durable.
Performance extra financière : Obtenir les informations RSE et agir pour la durabilité de votre entreprise. CSRD, ESRS, PPWD, REACH …
L’avenir de la RSE est-il en danger ?
Dans un contexte économique marqué par des incertitudes et une pression accrue sur les budgets, il est légitime de se poser la question : l’avenir de la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) est-il en danger ?
Derrière ce questionnement, deux préoccupations majeures se dessinent. La première concerne les budgets alloués à la RSE, de plus en plus sous pression en raison du ralentissement économique. La seconde touche à la fonction même de la RSE au sein des entreprises, qui semble, pour certains, perdre de son impact et de sa visibilité.
Le ralentissement des budgets : un frein à la RSE ?
Les entreprises sont aujourd’hui confrontées à une révision drastique de leurs priorités financières, avec des ajustements souvent sévères. Les budgets RSE, souvent perçus comme non essentiels dans un contexte de crise ou de réduction des coûts, subissent des coupes qui rendent difficile le financement de projets à long terme. Les équipes RSE se voient ainsi contraintes de jongler avec des ressources limitées, ce qui peut conduire à un éparpillement des initiatives et à une difficulté à maintenir une cohérence dans l’engagement sociétal de l’entreprise.
Il est frappant de constater que, dans ce contexte, certains services RSE, au lieu d’être soutenus, sont considérés comme des postes à éliminer ou des dépenses secondaires. De plus en plus, les responsables RSE se retrouvent avec des budgets qui ne correspondent pas à la complexité des missions qui leur sont assignées, ce qui rend difficile la mise en œuvre de stratégies pérennes et impactantes.
L’évolution de la fonction RSE : entre visibilité et réelles transformations
Le rôle du responsable RSE dans l’entreprise semble également évoluer, voire se diluer dans certains cas. Bien que la fonction de la RSE soit plus que jamais nécessaire pour répondre aux défis environnementaux et sociaux actuels, elle peine parfois à se maintenir au centre des préoccupations stratégiques. Beaucoup d’entreprises attribuent désormais des budgets de RSE limités, voire réduits à des actions ponctuelles ou symboliques. Dans certains cas,la fonction RSE est réduite à un faire-valoir, un élément de communication plus que d’action.
Cette perception pose la question de la véritable transformation vers un avenir durable. Le véritable enjeu réside dans la capacité de la RSE à être un moteur de changement en interne. Or, force est de constater que l’intégration des équipes et des collaborateurs dans des projets RSE est souvent un défi. La réglementation est souvent perçue comme une contrainte plutôt qu’une opportunité, et l’on peine à embarquer les collaborateurs sur des enjeux à long terme. Les initiatives RSE sont parfois vues comme trop complexes ou trop éloignées des réalités du terrain.
Repenser la RSE : un changement de paradigme nécessaire
Pour que la RSE reste un levier stratégique et non un simple sujet de communication, il est essentiel que les entreprises repensent la manière dont elles l’intègrent dans leurs pratiques. Cela nécessite un véritable changement de culture et une volonté de faire évoluer les mentalités à tous les niveaux. La RSE ne doit pas être perçue comme une contrainte administrative ou un simple “nice to have1”, mais comme une véritable opportunité de transformation, tant pour l’entreprise que pour la société.
Le rôle des responsables RSE doit également être redéfini. Ceux-ci doivent être armés pour dépasser les obstacles administratifs et les contraintes budgétaires, et parvenir à démontrer la valeur ajoutée de la RSE dans un cadre plus large, celui de la création de valeur durable à long terme. Cela nécessite un investissement plus fort dans la formation des équipes, une meilleure collaboration inter-départementale et une stratégie plus systématique qui va au-delà de l’initiative ponctuelle.
Des résumés contextualisés de chaque source documentaire : à chaque interrogation de la base de données HALIRO, vous recevez des réponses selon des données vérifiées et officielles.
En conclusion, l’avenir de la RSE n’est pas nécessairement en danger, mais il dépend de notre capacité collective à repenser la manière dont nous abordons cette fonction. Si les budgets se resserrent, il appartient aux entreprises de trouver de nouveaux moyens d’intégrer la RSE dans leur ADN et de donner à cette fonction toute la légitimité et les ressources nécessaires pour jouer son rôle de transformation durable. C’est un défi de taille, mais essentiel pour répondre aux enjeux écologiques, sociaux et économiques du monde de demain.
Fondée par Olivier Soudée, Haliro est une plateforme qui simplifie la mise en place des stratégies RSE grâce à l’intelligence artificielle. Elle aide les entreprises à naviguer dans la complexité des réglementations ESG en fournissant des analyses rapides et précises, adaptées à chaque secteur d’activité. Haliro transforme la conformité en un atout de durabilité et de performance.
La remise des prix Créadie de l’Adie (Association pour le droit à l’initiative économique) coïncide avec la sortie de son étude d’impact triennale. Les lauréats 2024 illustrent l’impact du microcrédit accompagné comme levier d’insertion professionnelle mais également comme chemin d’épanouissement personnel pour les plus de 25 000 personnes à qui l’Adie permet chaque année de rebondir, se réinventer et redynamiser leur territoire en créant et développant des entreprises pérennes.
Les entrepreneurs financés par l’Adie créent des entreprises pérennes
L’étude d’impact 2024 de l’Adie est sans ambiguïté : le microcrédit accompagné permet une insertion professionnelle durable et la création d’entreprises pérennes. Près de 8 entrepreneurs sur 10 financés par l’association entre 2021 et 2022 sont toujours en activité après 3 ans et 95% d’entre eux sont aujourd’hui insérés professionnellement.
C’est bien la preuve qu’avec un prêt de quelques milliers d’euros et un accompagnement approprié, il est possible de créer une entreprise viable et de générer un revenu dans la durée. C’est pourquoi la création d’entreprise n’est plus seulement un moyen efficace de sortir du chômage et des minima sociaux, mais de plus en plus souvent un choix de préférence.
Créer, Réussir, S’épanouir : Étude d’impact 2024 de l’action de l’Adie sur l’entrepreneuriat et l’insertion sociale
L’Adie publie les résultats de sa nouvelle étude d’impact qui démontre que son microcrédit accompagné est une voie efficace pour créer, réussir et s’épanouir à travers la création d’entreprise.
Alors que de plus en plus de Français sont tentés par la création d’entreprise, l’Adie poursuit son action pour lever les freins qui empêchent les personnes issues de milieux populaires de donner vie à leur projet, faute de moyens. Sa nouvelle étude d’impact apporte la démonstration non seulement que le microcrédit accompagné donne des résultats tangibles et même impressionnants sur le plan économique, à l’échelle des individus et des territoires où ces entreprises s’implantent, mais aussi que l’entrepreneuriat populaire est une source d’épanouissement et de fierté personnelle.
Les lauréats des Prix Créadie illustrent ce qu’est la réussite entrepreneuriale pour toutes et tous
Au-delà de son impact économique, l’action de l’Adie s’apprécie à l’aune des vies qu’elle transforme et des trajectoires personnelles des personnes à qui elle a permis de rebondir, de se réinventer ou de se révéler. En mettant chaque année à l’honneur de petits entrepreneurs au départ sans capital ni accès au crédit bancaire, les Prix Créadie bousculent les codes de la réussite.
Étude réalisée avec Archipel&Co auprès de 2 814 bénéficiaires d’un microcrédit professionnel de l’Adie entre le 1er janvier 2021 et le 31 décembre 2022. ↩︎
“ Ce que réussir veut dire, ce sont les entrepreneurs eux-mêmes qui savent nous le raconter magnifiquement. Rebond après un coup dur, désir d’indépendance, recherche de sens, amour d’un métier ou d’un savoir-faire, réalisation d’un rêve – il y a tant et tant d’histoires singulières qu’il serait vain de tenter de les résumer en mots ou en chiffres : il faut les entendre une à une, avec intérêt d’abord, puis avec admiration.”
Frédéric Lavenir Président de l’Adie
Lauréats des Prix Créadie 2024
Depuis 15 ans, le Prix Créadie est l’unique concours qui distingue les initiatives des petits entrepreneurs des territoires dont les initiatives n’auraient pas pu voir le jour sans l’Adie. Les lauréats 2024 illustrent l’impact du microcrédit accompagné non seulement comme levier d’insertion professionnelle mais aussi comme chemin d’épanouissement personnel pour les plus de 25 000 personnes à qui elle permet chaque année de rebondir, se réinventer et redynamiser leur territoire en créant et développant des entreprises pérennes.
Parce que réussir, c’est aussi rebondir et se reconstruire.
7 lauréats Creadie 2024 qui le prouvent :
Soumiya El Fellaoui, 35 ans, Châteaurenard (Bouches-du-Rhône), Fondatrice de Soumiya EL FELLAOUI Aide administrative à domicile, lauréate Créadie Rebond 2024
« Ma boîte, c’est mon autonomie dans tous les sens du terme. Je me sens libre, indépendante et pleine d’espoir. »
Soumiya est une jeune maman épanouie, vendeuse en boulangerie, quand sa vie bascule. Le 19 juin 2013, alors qu’elle est enceinte de son deuxième enfant, elle est victime d’un violent accident de la route. Son bébé est épargné, mais Soumiya devient paraplégique. S’en suivent des difficultés financières, puis une séparation.
Mais Soumiya est une battante. Au lieu de baisser les bras, elle se réinvente, se forme à la gestion administrative et à la comptabilité. Une fois formée, elle investit toute son énergie dans le projet de se mettre à son compte pour proposer ses services aux entreprises. Mais quand cette maman célibataire en situation de handicap demande 3 000 € à la banque pour se lancer, la réponse est « non ». C’est alors qu’elle se tourne vers l’Adie qui lui accorde le projet nécessaire à la création de son entreprise d’assistance administrative à domicile en août 2023. “Para mais pas finie”, comme elle aime à le répéter, Soumiya se réjouit de ce rêve accompli.
Mudathir Ibrahim Moussa, 30 ans, Limoges (Haute-Vienne), Créateur d’Electricité Mod, lauréat Créadie Jeunes 2024
« Mon entreprise reflète tout ce que j’ai accompli. »
Après avoir perdu une partie de sa famille, ses amis, et en danger de mort, Mudathir, alors étudiant à l’université, fuit le Soudan et entreprend un voyage périlleux à travers le désert lybien, la Méditerranée et l’Italie pour demander l’asile politique en France. Un an après son arrivée en octobre 2017, il est orienté vers Limoges, où il obtient son statut de réfugié politique et apprend le français. Comme il a déjà travaillé dans le domaine avec son grand frère, il décide de se former au métier d’électricien, travaille sur de nombreux chantiers partout en France puis revient à Limoges, bien décidé à se mettre à son compte.
Grâce à l’accompagnement et à un financement de l’Adie, Mudathir concrétise son projet et lance son entreprise Électricité Mod, spécialisée dans les installations électriques pour particuliers et professionnels à Limoges. Il voit désormais l’avenir avec optimisme, avec des ambitions de développement et de formation dans les énergies renouvelables.
Tania Manokaka, 43 ans, Rennes (Ille-et-Vilaine), Fondatrice de LETPER, entreprise de laverie et blanchisserie pour particuliers et professionnels, lauréate Créadie économie sociale et solidaire 2024
« Mon entreprise représente le savoir et les valeurs que je veux transmettre aux autres. »
Après 15 ans de carrière dans le domaine de l’industrie, Tania a envie d’apporter de la nouveauté à sa vie professionnelle. C’est en lavant un jour ses couettes dans une laverie qu’elle trouve l’inspiration pour créer sa propre entreprise. Forte de sa solide formation commerciale, elle recrute ses premiers clients dans son réseau, trouve le local parfait – une laverie en libre-service à l’arrière de laquelle elle aménage un service de blanchisserie – et lance “LetPer : le temps passe et repasse”.
Mais ce qui compte peut-être le plus pour Tania, c’est que LetPer n’est pas qu’une entreprise, c’est une entreprise d’insertion. Et ce qui fait de LetPer une entreprise prospère, c’est autant la qualité des services qu’elle fournit aux entreprises et aux particuliers que les emplois qu’elle crée.
Frédéric Guery, 40 ans, La Chaise-Dieu (Haute-Loire), Fondateur de Cyborg Informatique, lauréat Créadie Vitalité des territoires 2024
« Grâce à mon entreprise, j’ai pu réaliser mes objectifs de vie. »
Frédéric Guery est le geek de son village de 647 âmes, à plus de 40 km de la ville la plus proche. En octobre 2021, avec 16,50 euros en poche, alors interdit bancaire, cet ancien soudeur et cuisinier décide de vivre de sa passion pour la technologie en entreprise. Il transforme le rez-de-chaussée de sa maison en boutique et lance Cyborg Informatique, qui propose des services de réparation et la vente de matériel informatique et téléphonique.
En 3 ans, son activité se développe rapidement. Avec le soutien de l’Adie, cet entrepreneur passionné embauche son cousin et sa mère pour l’aider et ouvre une seconde entreprise : une quincaillerie, Calypso, où il vend également des objets de décoration.
Ludivine Blanc, 49 ans, Marseille (Bouches-du-Rhône), Fondatrice de Valwast, solution de traitement des déchets par déshydratation thermique, lauréate Créadie Transition écologique inclusive 2024
« Mon entreprise c’est ma voix, ma façon d’exprimer l’impact que je veux avoir sur l’environnement. »
Depuis l’âge de 13 ans, Ludivine pratique la plongée sous-marine et constate au fil des années, la croissance préoccupante du nombre de déchets. Lorsqu’elle découvre la déshydratation thermique, une technologie innovante de traitement des déchets, c’est le déclic. Après une carrière de 26 ans dans le secteur de l’assurance, elle décide de donner un nouveau sens à sa vie professionnelle, motivée par le désir de s’engager pour l’environnement.
En mars 2020 à Marseille, elle fonde fonde Valwast. Freinée par la pandémie, elle trouve dans le microcrédit de l’Adie la ressource pour se maintenir à flot et financer les flyers, les affiches, le site internet dont elle a besoin pour faire connaître sa solution qui non seulement permet de diviser par 5 le poids des déchets de cuisine organiques mais en plus de les valoriser comme engrais.
Aujourd’hui, Valwast connaît un succès florissant : depuis le 1er janvier 2024, toutes les entreprises ont l’obligation de trier et de faire valoriser leurs biodéchets, et la solution de Ludivine est parfaitement adaptée pour les accompagner dans leur mise en conformité avec cette réglementation.
Laurence Caddet, 61 ans, Lovagny (Haute-Savoie), Créatrice de Dansent les Aiguilles, lauréate Créadie Coup de cœur 2024
« Mettre ses mains en activité, ça permet de trouver la sérénité et le bien-être. J’ai le sentiment de contribuer à un monde meilleur pour mes enfants et petits-enfants. »
Il aura fallu un burn out pour que Laurence se décide à créer son entreprise après des années de travail comme institutrice et salariée au sein d’une association d’accueil des migrants. Depuis mars 2023, cette maman de 6 enfants propose des ateliers de couture et de tricot pour partager la joie de faire “danser les aiguilles” et de pouvoir dire “c’est moi qui l’ai fait” après avoir appris à réaliser la tenue de ses rêves.
Basée à Lovagny, en Haute-Savoie, elle se déplace de village en village auprès d’une clientèle diverse, composée notamment d’adultes isolés et d’enfants présentant des troubles du comportement. Elle qui, par conscience écologique, a cessé d’utiliser sa voiture depuis 30 ans, décide de partir à la rencontre de ses clients sur un vélo cargo électrique que le microcrédit de l’Adie lui permet de financer. Laurence se réjouit aujourd’hui de ce nouveau mode de vie nomade qui lui permet de créer des rencontres humaines qui n’auraient pas pu avoir lieu sans le vélo.
Marika Gicquel, 45 ans, Soustons (Landes), Tapissière décoratrice et sellière, lauréate Créadie Coup de cœur 2024
« Mon entreprise est pour moi un refuge dans lequel je me recentre et je me reconstruis. C’est un second départ, un lieu où je me forge une nouvelle trajectoire. »
Après le décès de sa petite fille de 10 ans, pour éviter de sombrer dans le chagrin, Marika décide de changer de métier en se tournant vers une profession à la fois manuelle et méditative : la tapisserie.
Bien que passionnée de travaux manuels et ayant toujours bricolé, cette spécialiste de massages Shiatsu décide, par souci de légitimité, de prendre le temps de se former à la tapisserie d’ameublement à Mont-de-Marsan. Un CAP tapisserie et un CAP sellerie en poche, Marika trouve un local de 80 mètres carrés à Soustons, et y crée, en octobre 2023, l’Atelier Croupion.
Elle y rénove des sièges de tous styles, confectionne des rideaux et des coussins et propose des services en sellerie pour divers véhicules, en collaboration avec des artisans locaux et en utilisant des tissus soigneusement sélectionnés auprès de producteurs français et européens. Le champ des possibles est assez vaste pour que les journées ne se ressemblent pas et que Marika ne s’ennuie jamais.
Son carnet de commandes est rempli des mois à l’avance. Marika développe son activité avec sérénité et le souci de la maintenir à un rythme et une taille humaine. Elle envisage d’accueillir des stagiaires afin de transmettre et perpétuer ce savoir-faire séculaire.
Trouvez l’agence de l’Adie la plus proche
L’Adie c’est un réseau de 180 agences sur toute la France, aussi bien en métropole que dans les territoires outre-mer.
L’Adiedepuis 35 ans au service de l’entrepreneuriat populaire
Par Sébastien Augé, auteur d’Argent trop cher (Librinova, 2023).
Pourquoi le monde marche-t-il sur la tête, les pieds tournés vers les étoiles ? Pourquoi sommes-nous confrontés à des problèmes aussi variés que le changement climatique, les vols, les arnaques, le burn-out ou encore les inégalités sociales ?
C’est de ce questionnement amer que, dans la tête d’une poignée de citoyens répartis un peu partout en France, est née la même réflexion originale. Identifiant que les mécanismes liés à l’argent empêchent ce dernier d’être un outil neutre face aux dérives monétaires, ils se sont attaqués à la source. C’est ainsi qu’ils se sont confrontés à une nouvelle question déconcertante mais tout à fait fascinante : peut-on réorganiser la société plus efficacement sans avoir à utiliser l’argent ni même le troc ? En d’autres termes, vivre dans une société où nous sommes bénévoles et dans laquelle tout est gratuit.
Le concept d’un monde sans argent n’est pas souvent pris au sérieux car il paraît naïf et déconnecté de la réalité. Mais cette utopie cesse d’être grotesque à partir du moment où on se décide à l’étudier. Après tout, en médecine on traite la cause, en psychologie on traite la cause, alors pourquoi ne pas faire de même en sociologie ? Ainsi, depuis quelques années, des penseurs contemporains ont recherché et rassemblé une foule d’informations. Leurs conclusions sont unanimes et déroutantes : non seulement une société sans argent serait tout à fait viable, mais elle permettrait de résoudre un grand nombre de problèmes de même que les défis écologiques de notre siècle.
L’argent n’est pas une panacée ni même l’aboutissement de l’évolution économique. Les neurosciences démontrent d’ailleurs que l’argent diminue l’altruisme, les comportements éthiques et le contact social. Le simple fait de penser à l’argent diminue déjà les comportements d’entraide.
En effet, la rareté relative de l’argent et sa nécessité pour assurer nos besoins fondamentaux nous poussent à l’individualisme. Compétition, concurrence et guerre commerciale sont des incontournables de notre système économique. Il semblerait que nous ayons tout misé sur un outil qui a le triste don de nous retourner les uns contre les autres et ainsi d’exacerber nos défauts les plus sombres.
Pourtant, l’être humain reste un animal sociable, c’est d’ailleurs le premier constat fait par ces chercheurs post-monétaires. L’une des premières questions pertinentes qu’ils se sont posées sur la faisabilité d’une société a-monétaire est de savoir si les citoyens vont continuer de travailler si tout leur est accessible. Une étude sur les gros gagnants du loto révèle que 88 % d’entre eux continuent de travailler. Un quart des Français exercent une activité bénévole. Sans oublier l’immense communauté sur Internet qui développe des logiciels gratuits ou qui complète Wikipédia.
L’argent n’est pas un moteur indispensable à la bonne marche d’une société. Mais une autre question de taille s’impose. Si tout est gratuit, cela entraînera-t-il une surconsommation ? Cette question aurait détourné plus d’une personne de ce projet. Mais ce n’est point le cas.
Selon Jean-Philippe Huber, fondateur du « grand projet » du Mocica, qui œuvre à la mise en place d’une société sans argent, nous consommerons beaucoup moins que dans une société monétaire qui pousse à l’achat.
Il n’y aura plus de matraquage publicitaire, d’obsolescence programmée, d’objets jetables, de mode éphémère, etc.
Dans une telle société, la possession individuelle n’a plus aucun sens. Rapporter en magasin un livre, un jouet, un vêtement ou un bijou avant d’en prendre un nouveau devient un geste banal. Mutualiser dans les quartiers les outils de bricolage et de jardinage tombe sous le sens. Le partage et la mise en commun deviennent la norme. Yann Porte, cofondateur de l’association Motris, le démontre par la pratique. Ses quatre « trucothèques » installées à Metz où il est possible de donner, de prendre ou d’emprunter gratuitement ne désemplissent pas.
Au premier abord, difficile de concevoir que la gratuité totale soit à même de générer plus d’heures de travail et d’efficacité qu’un emploi rémunéré. Finalement, ce qu’il reste surtout à savoir, c’est si l’être humain est capable de se détacher de ce dogme millénaire qu’est l’argent.
Roman « Argent trop cher : Immersion dans un monde sans argent«
Livre Broché. 350 pages. Prix 17,90 € + frais de port colissimo. 100 % des bénéfices sont réinvestis dans la communication pour véhiculer le concept auprès d’un large public. Après avoir renseigné votre adresse de livraison, renseignez en bas de page le champ “A quel nom souhaitez-vous la dédicace ?” pour avoir le roman dédicacé.
Et si l’argent disparaissait ?
Et si l’argent disparaissait ?
Ce roman imagine l’avènement d’un monde en rupture avec quatre mille ans d’histoire monétaire et de troc. Loin de caresser une vague utopie, il prend le sujet à bras-le-corps et envisage avec réalisme, sous toutes ses faces, le déploiement d’une société où gratuité, partage et bénévolat induisent de nouveaux paradigmes qui en révèlent toute la cohérence.
Sébastien, mettant en scène avec humour sa vie familiale, son métier dans le webmarketing et sa passion pour le rock, projette son quotidien dans cette ère nouvelle et débusque jusqu’aux changements infimes qui l’impacteraient.
Embarquez pour une histoire étonnante qui remet en question avec sagacité les fondations de notre société et invite à voir autrement nos croyances et nos habitudes de vie…
« Argent trop cher » à lire gratuitement !
Vous pouvez lire gratuitement le roman de Sébastien Augé « Argent trop cher »
Un monde sans argent est une utopie saugrenue… jusqu’au jour où on se décide à l’étudier !
Ce nouvel essai littéraire, résultat de quatre années de recherche, paraîtra en 2025. Recherche d’éditeur en cours
Une (r)évolution par la gratuité !
« L’argent, loin de nous servir, nous condamne au silence ! Et aujourd’hui, la population n’a pas son mot à dire, sur un système qui exacerbe les inégalités et l’individualisme. Pourtant une alternative (r)évolutionnaire émerge : abolir l’argent pour redonner à chacun le pouvoir d’agir, grâce au bénévolat, au partage et à la gratuité.«
« Une histoire qui commence par vous. Du plus local au plus global, construisons ensemble la société de demain. Rejoignez le Grand Projet pour un monde libre, équitable et bienveillant. »
Les Sites Naturels de Compensation, Restauration et Renaturation (SNCRR), nés de la Loi Industrie-Verte en 2023, viennent renouveler les Sites Naturels de Compensation (SNC) issus de la Loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages en 2016. Cette publication du CDC Biodiersité analyse le positionnement de ce dispositif, à l’intersection des besoins des territoires, des attentes des entreprises et des engagements nationaux, européens et internationaux en matière de restauration des écosystèmes dégradés.
Les objectifs des Sites Naturels de Compensation, Restauration et Renaturation (SNCRR)
✓ Être au service d’une démarche de planification écologique globale et anticipée ;
✓ Lutter contre la faiblesse constatée et étudiée de la compensation à la demande ;
✓ Assurer une plus-value environnementale au profit des territoires grâce à une efficacité écologique accrue ;
✓ Massifier l’action en faveur du vivant grâce à l’ouverture de ces sites aux financements volontaires.
Aperçu de la chronologie schématique du montage et fonctionnement du dispositif SNCRR
Le dispositif
Le dispositif des Sites Naturels de Compensation, Restauration et Renaturation (SNCRR) permet de :
✓ Proposer une offre de compensation ;
✓ Proposer une offre d’actions de restauration volontaire ;
✓ Réaliser des opérations additionnelles pouvant donner lieu à l’attribution de crédits carbone au titre du label « bas carbone ».
Les enjeux de ce Dossier
✓ Proposer des clés de compréhension pour favoriser l’appropriation du dispositif par l’ensemble des parties-prenantes qu’il implique ;
✓ Démontrer l’intérêt de cet outil pour les acteurs économiques, la biodiversité et les besoins des territoires afin que ces projets se multiplient.
Édito
de
Marianne Louradour
Présidente de CDC Biodiversité
Avec une chute moyenne de 69% des populations de mammifères, d’oiseaux, d’amphibiens, de reptiles et de poissons entre 1970 et 2018 à l’échelle globale, la mise en œuvre d’actions de préservation, de restauration et de renaturation des écosystèmes apparait aujourd’hui comme une urgence vitale pour le maintien des équilibres biophysiques mais aussi socio-économiques.
À titre d’exemple, chaque année en France la valeur des productions alimentaires qui peuvent être attribuées aux seuls insectes pollinisateurs représente entre 2,3 et 5,3 milliards d’euros (Commissariat Général au Développement Durable, 2016).
Le Cadre mondial pour la biodiversité Kunming-Montréal (GBF) a été adopté lors de la quinzième réunion de la Conférence des Parties (COP 15) après un processus de consultation et de négociation d’une durée de quatre ans. Ce cadre historique, qui soutient la réalisation des objectifs de développement durable et s’appuie sur les plans stratégiques précédents de la Convention, trace une voie ambitieuse pour atteindre la vision mondiale d’un monde vivant en harmonie avec la nature d’ici 2050. Parmi les éléments clés du Cadre figurent 4 objectifs pour 2050 et 23 cibles pour 2030.
L’adoption au consensus en 2022 du Global Biodiversity Framework (GBF), semble témoigner d’une prise de conscience générale sur ce sujet. Parmi les différentes cibles retenues à horizon 2030, certaines font preuve d’un haut degré d’ambition tel que la restauration d’au moins 30% des zones dégradées d’écosystèmes terrestres, d’eau douces, côtiers et marins d’ici 2030.
Hiérarchie des normes oblige, la troisième Stratégie Nationale pour la Biodiversité 2030 publiée par le gouvernement français en novembre 2023 s’inscrit dans la continuité de cet accord sans pour autant être un texte opposable du point de vue juridique.
C’est la mesure 38 de cette stratégie visant à renforcer les moyens innovants de financement en faveur de la biodiversité qui a retenu l’attention des équipes de la Mission économie de la biodiversité. Traduite réglementairement et de manière anticipée par l’article 15 de la loi n° 2023-973 du 23 octobre 2023 relative à l’industrie verte, elle définit les contours d’un nouveau véhicule permettant l’atteinte des objectifs de préservation de la biodiversité : celui des Sites Naturels de Compensation de Restauration et de Renaturation (SNCRR).
Ce dispositif a vocation à renforcer les Sites Naturels de Compensation (SNC) en permettant notamment de diversifier les sources de revenu pour l’opérateur grâce à l’élargissement de la gamme de produits qu’il peut émettre, et donc en faciliter la sécurisation économique de l’opération.
Objectif Zéro Artificialisation Nette
Sa transcription dans une loi liée à la réindustrialisation du pays traduit une volonté politique de conciliation entre la relocalisation des activités du secteur secondaire et l’atteinte des objectifs environnementaux que la France s’est fixée, il s’inscrit dans le contexte de politiques publiques récentes comme celle du ZAN (Loi Climat et Résilience, 2021) et ranime l’importance de l’atténuation et de la neutralisation des incidences liées à l’aménagement (objectif d’absence de perte nette à l’échelle des projets).
Plus largement, ce nouveau véhicule entre aussi en résonance avec les enjeux d’accroissement des flux financiers privés en faveur de la biodiversité.
Éviter, réduire, compenser » (ERC) : en quoi consiste cette démarche ?
S’il permet toujours de répondre aux obligations réglementaires françaises de compensation écologique dans le cadre du respect de la Séquence ERC, l’ouverture à la commercialisation d’unités de restauration écologique volontaires – hors du seul cadre réglementaire de la compensation écologique – permise par les SNCRR répond aux enjeux que posait le GBF dans sa cible 19 :
mobiliser de nouvelles ressources financières, pour atteindre 200 milliards de dollars par an, issues en partie de flux financiers privés.
Elles pourront également donner lieu à la reconnaissance de réductions d’émissions au titre du label bas-carbone. À ce titre, ce véhicule pourrait aussi être le récipiendaire de stratégies d’acteurs privés souhaitant travailler et explorer la structuration de stratégies de No Net Loss1 à l’échelle de leurs entités sans qu’elles y soient encore contraintes à ce jour.
Enfin, à l’heure où j’écris cet édito, le projet de Règlement européen restauration a été définitivement adopté par le Conseil de l’Union européenne. L’ensemble des équipes de CDC Biodiversité se joignent à moi pour s’en féliciter. Là encore les SNCRRs tout en proposant de créer des synergies et des leviers entre opérations réglementaires et engagement volontaire des acteurs privés semblent s’inscrire pleinement dans la réponse aux besoins prégnants de restauration des espaces dégradés.
La potentielle démultiplication des capacités d’action pour le vivant qu’ils pourraient permettre apporte une réponse non négligeable pour satisfaire au futur Règlement européen, tout en agissant dès maintenant.
CDC Biodiversité accompagne les enjeux de conciliation du développement économique avec un haut niveau d’ambition écologique depuis plus de 15 ans. Elle en a fait sa raison d’être. Grâce à l’expérience de terrain de la société et des équipes, et grâce au travail de la Mission Économie de la Biodiversité, nous sommes aujourd’hui en mesure de vous présenter des premières analyses de ce nouveau dispositif.
Mission économie de la biodiversité
Nous livrons ces réflexions dans le but de favoriser l’appropriation du dispositif par le plus grand nombre de parties prenantes possible, mais aussi de susciter des interrogations sur les bonnes pratiques permettant le succès du dispositif.
Il reste beaucoup à faire, cette publication amorce aussi une réflexion structurelle sur la place de ce nouveau dispositif au sein de la séquence éviter-réduire-compenser, mais aussi au sein des stratégies de contributions volontaires des acteurs.
A l’occasion de la Semaine Européenne de Réduction des Déchets (du 16 au 24 novembre 2024), FNE Occitanie-Méditerranée publie les résultats de deux enquêtes menée sur l’effectivité du tri à la source des biodéchets : l’une auprès des hébergements touristiques, l’autre auprès du grand public.
Biodéchets et tri à la source
Les biodéchets sont définis à l’article L. 541-1-1 du code de l’environnement et regroupent une partie des déchets organiques (soit biodégradables) : les déchets alimentaires dits « de cuisine et de table » (restes de repas…) et les déchets de parc et de jardin dits « déchets verts » comme les tontes de pelouse, les feuilles mortes, ou encore les tailles de haies.
Ces déchets sont particulièrement importants car ils constituent un tiers de nos ordures ménagères.
Depuis le 1er janvier 2024, tous les biodéchets doivent être triés à la source et valorisés Les Réseaux Compost Citoyens accompagnent tous les productrices et producteurs de matières organiques (restes alimentaires et des espaces verts) à la réduction et à la valorisation locale et citoyenne de leurs déchets.
Depuis le 1er janvier 2024, l’obligation de tri à la source des biodéchets concerne l’ensemble des producteurs : professionnels, collectivités et particuliers (cf. loi du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire dite loi AGEC).
FNE OCMED a réalisé un petit mémo pour tout savoir sur le tri à la source des biodéchets :
Enquête FNE OCMED auprès des hébergements touristiques
Bien que s’agissant de producteurs concernés par l’obligation de tri à la source des biodéchets depuis plusieurs années, très peu de données existent quant à l’effectivité du tri dans ces établissements.
L’enquête a été réalisée en 2024 auprès de 1 300 hébergements touristiques présents sur le territoire d’action de FNE Occitanie-Méditerranée (départements du Gard, de la Lozère, de l’Hérault, de l’Aude et des Pyrénées Orientales). 115 établissements ont répondu.
Types d’hébergements consultés :
Les hôtels
Les campings
Les résidences de tourisme ou villages vacances
Les auberges de jeunesse ou centres sportifs
40% des établissements faisant le tri des biodéchets ont mis en place d’autres initiatives
L’ADEME et Too Good To Go ont réalisé un livre de Recettes et astuces anti-gaspi.
Et si on apprenait à cuisiner sans rien jeter ?
Pour éviter le gaspillage alimentaire, la créativité est toujours l’ingrédient numéro un. Ce guide est pratique pour nous aider à utiliser au mieux les produits qui se trouvent dans notre cuisine. Que ce soit en transformant nos restes ou en apprenant à utiliser des morceaux qu’on sait généralement peu cuisiner, on y trouve de nombreuses solutions.
Chaque recette donne des idées étonnantes pour cuisiner avec trois fois rien, utiliser nos restes et nos ingrédients mal aimés : par exemple, comment transformer nos restes de poisson en curry, comment « pimper » quelques pommes de terre à l’eau ou comment donner une seconde vie à des tranches de pain rassis.
Semaine européenne de la réduction des déchets (SERD) 2024 – Manger mieux, gaspiller moins Atelier cuisine pour enfants. Dès le plus jeune âge, le bien manger, sans gaspiller peut s’apprendre, pour le plus grand bonheur de toutes et tous.
Enquête FNE OCMED auprès du grand public
Au vu de l’évolution récente de la réglementation en matière de tri à la source des biodéchets pour les particuliers, nous avons souhaité interroger le grand public sur ses pratiques de tri.
Les particuliers des départements du Gard, de la Lozère, de l’Hérault, de l’Aude et des Pyrénées Orientales ont donc été interrogés sur leurs pratiques de tri des biodéchets à leur domicile.
300 personnes ont répondu au questionnaire en ligne.
Participer à une action de la SERD près de chez soi
Chaque année, lors de la dernière semaine de novembre, des collectivités, entreprises, établissements scolaires, associations et particuliers organisent des actions partout en Europe pour promouvoir la réduction des déchets et encourager des pratiques de consommation durable.
Le Collectif En Vérité1s’associe à l’appel de plus de 1250 professionnels de santé et scientifiques pour rendre le Nutriscore obligatoire en Europe. Alors que certains acteurs économiques ont la tentation de se désengager, les membres du Collectif maintiennent fermement leur engagement pour un affichage nutritionnel obligatoire, soutenant ainsi les demandes de la société civile et de la communauté scientifique.Impact environnemental, origine et nutrition sont les trois piliers de la transparence, auquel s’ajoute en 2025 une juste répartition de la valeur.
Les marques du Collectif montrent chaque jour qu’il est possible de se mobiliser pour l’intérêt général, même lorsque certaines notes peuvent être perfectibles. Une étude récente de Kantar, réalisée en novembre, souligne que les produits indiquant leur Nutriscore, même dans les catégories D et E, se vendent mieux que ceux sans affichage.
Cela démontre l’intérêt des consommateurs pour une transparence totale, quelle que soit la note finale.
2026 : un appel pour rendre le Nutri-Score obligatoire
Affichage environnemental : tout comprendre sur la nouvelle méthode de calcul
Après plusieurs années de travaux techniques, un cap vient d’être franchi : la méthode de calcul du coût environnemental des produits alimentaires intègre désormais, au-delà du climat, l’origine des matières premières, les pratiques agricoles et la biodiversité.
Les marques qui s’engagent pour la transparence Face à la défiance croissante des consommateurs envers les acteurs de l’alimentaire, un constat s’impose : les démarches isolées ne suffisent plus. Pour regagner la confiance, il faut que l’information soit portée par des tiers de confiance extérieurs, garants de la robustesse et de la sincérité des informations présentes sur les emballages.
Une évolution décisive qui change la donne :
elle permet de différencier des produits au sein d’une même catégorie
elle rend visibles les écarts entre productions françaises et importations
elle transforme l’affichage environnemental en levier économique et stratégique
Calendrier réglementaire : décret pour poser le cadre réglementaire dernier semestre 2026
Le Collectif En Vérité, à l’initiative d’une coalition d’acteurs économiques engagés (industriels et distributeurs) sur ce sujet, a travaillé sur l’infographie ci-dessous. Zoom sur l’exemple du bœuf et d’un plat cuisiné pour illustrer les impacts concrets.
2025 : la juste répartition de la valeur, 4ème pilier !
Après avoir travaillé sur la transparence alimentaire à travers ses trois premiers piliers (l’affichageenvironnemental, la nutrition et l’origine), le Collectif En Vérité franchit une nouvelle étape en lançantson quatrième pilier : la juste répartition de la valeur. Un enjeu central, encore insuffisamment traitédans la filière agroalimentaire, alors qu’il conditionne à la fois la qualité de notre alimentation, notresanté, la vitalité des territoires agricoles et notre souveraineté alimentaire. Trop souvent réduite à uneinjonction réglementaire, la question du partage équitable de la valeur reste source de tensions dans ledébat public, alors même que derrière chaque prix se joue l’équilibre de toute la chaîne, de l’amontagricole jusqu’au consommateur. Avec ce nouveau pilier, le Collectif veut ouvrir la voie à des solutionsiconoclastes et ambitieuses, mais toujours réalistes, capables de réunir l’ensemble des acteurs de lafilière autour d’un même objectif : bâtir un système alimentaire plus juste et durable.
« La juste répartition de la valeur est d’abord un enjeu économique central, Qui conditionne lasurvie des filières, qui doit être augmenté par l’intégration de la valeur sociale et de la valeurenvironnementale.
La force de notre collectif est de rassembler à la fois des agriculteurs, des industrielset des distributeurs.
Une force collective pour faire des propositions au service dechacun et au bénéfice des consommateurs »
Une dynamique déjà en marche avec en ligne de mire les élections présidentielles
● Avril 2025 : premier atelier avec les adhérents pour identifier les pratiques existantes et les freins. Trois convictions fondatrices en sont ressorties :
La répartition doit commencer par le producteur et concerner l’ensemble de la filière.
Les citoyens-consommateurs doivent être associés à l’élaboration des solutions.
Une coalition d’acteurs engagés est indispensable pour nourrir un débat public éclairé.
● Août – septembre 2025 : état des lieux des dispositifs existants et premières réflexions autour de solutions inédites.
● Septembre-octobre 2025 : validation d’une première liste de propositions opérationnelles.
● Octobre 2025 : organisation d’un deuxième atelier, consacré aux pratiques de la distribution.
● Novembre – décembre 2025 : conduite d’une étude consommateurs afin de mesure les leviers d’adhésion.
● Fin 2025 : préparation de l’argumentaire nécessaire au plaidoyer, en vue de l’intégrationdes propositions dans les programmes des prochaines élections présidentielles.
La coopérative Biocoop, membre du Collectif, illustre déjà la démarched’une juste répartition de la valeur
Pionnière et engagée dans le commerce équitable, Biocoop représente 17 % du marché du commerce équitable en France (pour moins de 1 % du commerce alimentaire).
Un quart de son chiffre d’affaires provient de produits labellisés « commerce équitable ».
Elle nourrit la réflexion en matière de juste répartition grâce à ses expérimentations sur l’affichage de la décomposition du prix.
Participation à un projet pilote inédit : l’affichage clair de la juste rémunération
Affichage de la rémunération des agriculteurs : appel aux volontaires !
Dans le cadre de l’Appel à Manifestation d’Intérêt (AMI) « Affichage Rémunération » piloté par le Bureau des relations économiques et statuts des entreprises (BRESE), le Collectif En Vérité porte un projet intitulé « Du producteur au consommateur : un collectif engagé pour une transparence équitable ». Ce projet, qui démarrera en janvier 2026, sera testé sur la filière laitière avec deux gammes de yaourts :
et un yaourt bio brassé nature sous la marque Les 2 Vaches. Concrètement, l’affichage prendra la forme de labels (Agri Éthique France et Fair For Life) intégrés aux emballages. Ces labels mettront en avant trois engagements clés une rémunération équitable des producteurs, calculée à partir de leurs coûts de production réels ainsi que des pratiques agricoles durables et le maintien de l’emploi agricole local.
Ce pilote, soutenu par le ministère de l’Agriculture à travers l’AMI, vise à poser les bases d’un soclecommun reproductible à l’échelle de la filière agroalimentaire, en intégrant non seulement la rémunération, mais aussi les dimensions sociales, environnementales et d’origine.
Manger sain, manger bien. Grâce au Nutri-Score, système d’étiquetage allant de A à E, chacun pour trouver facilement les aliments ayant la meilleure qualité nutritionnelle ! Source : Publicité Leclerc
Quels sont les enjeux pour les marques ?
Les enseignes ont intérêt à promouvoir le NutriScore. Cela permet de mettre en lumière le travail qu’elles effectuent pour améliorer leurs propres produits. Le Nutriscore apparaît comme un tiers de confiance. Ce n’est pas un sigle inventé par la marque. Celles qui ne l’affichent pas sont bien plus pénalisées qu’elles ne le pensent (cf dernière étude Kantar).
Pourquoi ce combat est-il essentiel ?
Au sein du Collectif En Vérité, nous croyons fermement que la transparence alimentaire est un droit fondamental. Au-delà du Nutriscore, nous plaidons pour que des informations comme le niveau d’ultra-transformation et la présence d’additifs dangereux soient également rendues visibles. Cela permettrait une transparence nutritionnelle complète, permettant aux consommateurs de mieux comprendre ce qu’ils consomment et de faire des choix plus sains pour eux-mêmes et leurs familles.
Une coalition pour agir
Le Collectif En Vérité veut fédérer les forces de cette coalition de professionnels, scientifiques, associations et acteurs engagés pour pousser la législation française et européenne vers une obligation de transparence. Nous appelons le ministère de la Santé à soutenir cette mesure essentielle pour la santé publique et la protection des consommateurs. Mobilisons-nous ensemble pour que chaque citoyen ait accès à des informations nutritionnelles complètes et puisse faire des choix alimentaires éclairés !
Marques du Collectif En Vérité
En Vérité est une association loi 1901 regroupant des marques réunies autour d’une ambition commune : permettre aux consommateurs de savoir ce qu’ils mangent, quel que soit le produit.
Conscientes de leur responsabilité, les marques engagées au sein du collectif « En Vérité » demandent au législateur d’imposer à toutes les marques alimentaires des règles de transparence communes.
L »objectif du collectif est d’aboutir à un étiquetage commun qui évaluerait quatre critères d’impact essentiels, ceux réclamés par les Français :
Type d’agriculture,
Origine,
Additif,
Qualité nutritionnelle…
Nous, marques alimentaires, sommes au cœur du système. Nos choix impactent la santé des gens mais aussi notre économie, l’emploi des paysans, la préservation de nos écosystèmes… La transparence ne peut être l’affaire de quelques marques engagées : elle doit être obligatoire pour toutes !
Manifeste
Se nourrir devrait être l’acte le plus simple du monde. Pourtant, c’est devenu un véritable casse-tête !
Entre mentions obligatoires, tournures volontairement imprécises et labels en tout genre, faire ses courses est un parcours du combattant. Les Français ne savent jamais exactement ce qu’ils achètent. Provenance, additifs, ingrédients… : d’une marque à l’autre, le consommateur passe un temps fou à chercher et à déchiffrer sur les emballages des mentions pas toujours compréhensibles, absentes voire carrément trompeuses. Ces informations sont pourtant essentielles pour son alimentation, pour sa santé, pour l’économie de son pays, pour la planète.
Le consommateur est libre de ses choix. Mais sans information claire et lisible, le choix est-il vraiment libre ?
Pour faire un choix en toute liberté, il faut connaître la vérité sur les produits. Alors, que faire ? De nouveaux labels ? De nouveaux interdits ? De nouvelles contraintes ? Au contraire : tout ce dont le consommateur a besoin, c’est de simplicité, d’homogénéité et de clarté.
Qu’un produit soit bio ou issu d’autres pratiques agricoles, made in France ou importé, qu’il soit fabriqué avec ou sans additif – peu importe, pourvu que toutes ces informations soient clairement accessibles au consommateur qui s’apprête à choisir !
Appel pour créer une obligation de dire la vérité, qui s’appliquerait à TOUTES les marques.
Comment ?
En demandant à ce que la transparence soit obligatoire sur l’étiquetage de tous les produits alimentaires, avec des critères communs à toutes les marques.
Ces critères doivent au minimum permettre aux Français de connaître la vérité sur 4 critères essentiels, ceux qui impactent le plus leur santé et leur environnement et qui correspondent à leurs attentes en termes d’information.
Ces critères doivent au minimum permettre aux Français de connaître la vérité sur les impacts environnementaux des produits qu’ils achètent.
En demandant à ce que la transparence soit obligatoire sur tous les produits alimentaires, avec des critères communs à toutes les marques, le Collectif intègre l’impact environnemental.
D’où les matières premières proviennent-elles réellement ?
Parce que cette information, lorsqu’elle n’est pas tout simplement absente, manque souvent de clarté (notamment à cause de la confusion entre « origine France », « produit en France » et « transformé en France »).
Il est urgent de donner aux Français le pouvoir de choisir sans ambiguïté l’origine des produits qu’ils consomment.
Parce que l’alimentation est la base de la santé, les consommateurs attendent de savoir précisément ce que leur apportent les produits qu’ils consomment.
Les indicateurs plébiscités, comme Yuka ou le Nutriscore, démontrent ce besoin de savoir.
Mais l’approche à la portion ou le degré de transformation par exemple restent aujourd’hui dans l’angle mort. Les informations sur les additifs restent invisibles ou excessivement complexes à comprendre. La loi permet même à de nombreux auxiliaires technologiques de ne pas apparaître dans les listes d’ingrédients !
L’information nutritionnelle doit être plus juste, plus claire, plus complète.
Tout savoir en un coup d’œil
Ces 4 vérités sont le socle permettant aux Français de savoir en un coup d’œil ce qu’ils achètent réellement. L’information devrait être harmonisée et appliquée à l’ensemble des marques alimentaires pour permettre aux consommateurs de choisir en connaissance de cause.
Nourrir des gens n’est pas juste un métier, et encore moins un simple business : c’est une responsabilité.
La vérité, à plus forte raison lorsqu’elle impacte la santé des Français, ne peut plus être une option facultative, ni un choix marketing. Au contraire, c’est une magnifique opportunité de rétablir un véritable lien de confiance avec les consommateurs.
Vouloir restreindre l’information est toujours un échec. Que ce soit à court terme pour les marques ou à moyen terme pour la santé des consommateurs et la préservation de notre planète, nous avons tout à gagner à parier sur l’intelligence et le discernement des Français.
Des référentiels existent, ils peuvent être améliorés mais doivent être exploités. Les informations sont disponibles, elles doivent être harmonisées et simplifiées. Pour que toutes les marques jouent le jeu, en l’absence d’une autorité de régulation de l’alimentation, la loi doit définir des règles de transparence communes à toutes.
Rien de plus simple alors pour les marques que de les mettre en œuvre collectivement sur leurs produits !
Lorsqu’il s’agit d’alimentation, un produit ne doit rien avoir à cacher.
association de Loi 1901, reconnue d’intérêt général par les pouvoirs publics est le premier et le seul collectif d’acteurs économiques mobilisés en faveur de l’intérêt général pour tous. ↩︎
Alors que près de 8 Français sur 10 sont convaincus de la nécessité d’agir pour préserver l’environnement, au-delà de la motivation de départ, il n’est pas toujours facile de rester dans l’action dans la durée ! L’entrepreneure et autrice Lætitia Blondel partage une autre vision de l’écologie, libératrice, qui offre l’opportunité d’évoluer vers des journées positives et stimulantes. Sur la base de son expérience de l’accompagnement au changement, Lætitia Blondel a ainsi développé le concept Écologaï pour faire de l’écologie une vraie philosophie de vie.Elle aaccepté de répondre aux neufs questions essentielles pour Cdurable.
« Allier bien-être, épanouissement personnel et engagement écologique«
Parce qu’il y a le quotidien et son rythme survolté, les injonctions contradictoires, les écogestes tellement nombreux qu’il semble impossible de tous les appliquer… très vite, de contraintes en obligations, le découragement est là. On sature face à cette charge mentale supplémentaire et à ce sentiment de frustration qui s’intensifie. Pire : le moindre faux pas génère de la culpabilité et donc de la négativité. Qui va parfois jusqu’au burn-out écologique.
Intégrée comme une philosophie de vie, l’écologie n’est plus une contrainte mais une libération
Alors pour changer la donne, l’entrepreneure et autrice Lætitia Blondel casse les codes en partageant une autre vision de l’écologie. Elle ose l’écologie libératrice, celle qui offre l’opportunité d’évoluer vers des journées positives et stimulantes.
Sur la base de ses années d’expérience dans la sensibilisation et l’accompagnement au changement, Lætitia Blondel a ainsi développé le concept Écologaï pour faire de l’écologie une vraie philosophie de vie.
Adopter des gestes durables devient enfin joyeux et motivant
Et si l’écologie cessait d’être une contrainte pour devenir une libération ?
Cette année à Noël, plutôt qu’une énième boite de chocolat, on offre un cadeau à impact positif qui fera du bien aux gens qu’on aime (famille, amis, collaborateurs…). Un cadeau qui va les aider à changer de vie et de vision du monde.
“Mon approche repose sur une vision globale de l’écologie, au-delà des simples écogestes, pour inviter à une transformation personnelle, respectueuse de soi, des autres, et de la planète”
LætitiaBlondel
Conçu sous forme de cahier d’exercices pratiques et accessibles, son livre permet ainsi à chacun de faire évoluer son quotidien vers un mode de vie durable, pas à pas.
Vivre de manière écologique, c’est l’opportunité de plus de simplicité, plus de liens, plus de collaborations et plus de bien-être au quotidien dans le respect de tout ce(ux) qui nous entoure.
La personnalisation. Rien n’est imposé, chacun évolue à son rythme. Au fil des pages, après avoir pris conscience de leur contexte personnel, les lecteurs vont progressivement explorer de nouvelles façons de vivre et d’agir. Sans (se) culpabiliser : la philosophie holistique et bienveillante de l’autrice est à adapter en fonction du quotidien, de ses impératifs et de son énergie du moment.
Des idées concrètes. Chaque page regorge de conseils pratiques et d’astuces faciles à mettre en œuvre, que ce soit à la maison, au travail ou dans la vie quotidienne. Top pour acquérir de bonnes habitudes durables !
Un format engageant. Avec son approche ludique, ce livre invite à réfléchir tout en passant à l’action. En reprenant le pouvoir : les lecteurs vont découvrir comment faire des choix de vie qui font sens, afin d’être plus alignés sur leurs valeurs et leurs convictions.
Un cadeau qui fait sens. Offrir ce livre, c’est mettre de la joie sous le sapin tout en contribuant à construire un monde meilleur.
“Nous traversons actuellement une crise écologique qui a des impacts sans précédent sur le climat et la biodiversité. Ces dérèglements sont dus à une vision anthropocentrée de l’écologie qui place l’humain en haut de la pyramide de la vie (schéma A).
Longtemps, nous avons pensé que nous pourrions exploiter les ressources de manière illimitée alors que nous vivons dans un monde fini. Cela a probablement permis de grands progrès, de grandes découvertes, mais nous nous apercevons aujourd’hui que cette trajectoire est dangereuse.
Il ne s’agit ici ni de se blâmer ni de culpabiliser, et encore moins de désespérer car il est encore possible d’agir. Trop tard pour éviter certains changements, mais encore temps pour limiter les dégâts.
En adoptant une vision qui place l’humain comme une composante de l’écosystème, nous retrouvons la place qui est la nôtre pour vivre en harmonie avec le vivant en respectant et en prenant soin de ce qui nous entoure.
C’est sur ce principe qu’est conçu ce cahier d’exercices : une vision globale de l’écologie qui va bien au-delà des écogestes.”
À propos de Laetitia Blondel, facilitatrice en transition écologique et autrice
Laetitia Blondel a exercé durant plus de 20 ans dans le secteur de l’industrie. Avec, toujours, l’environnement comme préoccupation quotidienne.
D’ailleurs, après avoir été technicienne de traitement de l’eau, Laetitia a intégré le service environnement de son entreprise. Elle obtient ensuite un diplôme d’ingénieur, grâce auquel elle devient Responsable du service de maintenance industrielle. Ce poste se révèle particulièrement enrichissant puisqu’elle y acquiert une véritable expertise en amélioration, structuration et organisation. Autant de compétences dont elle se sert encore aujourd’hui dans ses accompagnements.
Au fil du temps, forte de plusieurs expériences professionnelles, Laetitia commence à s’interroger sur ce qu’elle a réellement envie de faire. Elle se remet ainsi plusieurs fois en question et envisage différentes reconversions professionnelles. En parallèle, elle effectue un travail de développement personnel entamé suite à des épreuves personnelles.
C’est à ce moment-là qu’elle a un premier déclic en découvrant le film “Demain” de Cyril Dion. Laetitia réalise alors qu’elle a toutes les cartes en main pour décider de transformer son quotidien et agir à son échelle pour améliorer le monde.
Elle commence à se former à la décoration intérieure, la rénovation énergétique des logements et les matériaux biosourcés. Elle effectue aussi sa propre transition quotidienne en changeant ses habitudes pour alléger son empreinte.
C’est précisément à cet instant qu’un deuxième grand déclic va changer sa vie. En suivant le MOOC “Permaculture” de l’Université des Colibris, elle découvre que les principes de la permaculture peuvent s’appliquer dans tous les domaines de la vie !
Le passage à l’entrepreneuriat : la création de Vers un coin de paradis
En 2019, Lætitia lance sa propre entreprise afin d’accompagner des femmes et des hommes dans la transformation en douceur de leur quotidien et au sein de leur entreprise. Elle leur permet ainsi de prendre soin d’eux, des autres et de la nature.
Pour moi, l’écologie est une philosophie de vie qui nous aide à concevoir un quotidien plus simple, durable et heureux, dans lequel chacun de nous s’épanouit pleinement.
Ainsi, son approche est holistique et englobe tous les aspects de notre quotidien : travail, maison, environnement, santé, nature…
Une passion : écrire
Lors d’une expatriation en Australie, Lætitia découvre son amour pour l’écriture. Elle s’occupe de l’édition d’un journal à destination des expatriés et l’idée d’un livre émerge, en lien avec l’évolution de sa structure Vers un Coin de Paradis et l’élaboration de sa philosophie de vie Ecologaï.
Soutenue et encouragée par des amies et par son entourage, elle se lance dans l’écriture de son livre, accompagnée d’un coach qui l’aide à construire le cahier d’exercices.
Avec une ambition : démocratiser l’accès à cette manière de penser et d’agir en aidant chaque lecteur à développer son propre Ecologaï au quotidien. Lætitia utilise d’ailleurs son livre pour soutenir sa démarche de coaching et elle l’offre à ses clients en entreprise ou en collectivité.
Ce compagnon de transformation écologique personnelle, à la fois évolutif et durable, est ainsi le vecteur “grand public” de cette philosophie de vie qui me semble être une vraie réponse aux enjeux de notre monde.
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Informations pratiques
EAN13 : 9791039704069
Éditeur : Gereso
Nombre de pages : 292
Dimensions : 19 x 13,5 x 1,7 cm
Prix : 23 €
Questions Cdurable ! ou c’est pas durable ?
Au delà des communiqués, qui ne présentent souvent que le « meilleur », et du développement durable, qui ne fait que tenter de réduire les impacts négatifs d‘une croissance volumique, nous nous intéressons aujourd’hui, 20 ans après la création de Cdurable.info, aux questions essentielles. Alors Cdurable ou pas ? 9 questions qui nous invitent à Comprendre pourquoi Agir & Coopérer avec le vivant, Cdurable !
Laetitia Blondel, facilitatrice en transition écologique et autrice, a accepté de répondre aux neufs questions Cdurable, essentielles comme les neufs besoins fondamentaux des êtres vivants dont les humains que nous sommes …
1 – Quelle est la nature de ma relation avec le vivant ?
Je trouve la nature très inspirante. Elle est à la fois abondante et sobre, efficace et lente. Elle est aussi magnifique et d’une extrême intelligence.
Dans ma vision de l’écologie, la nature a une place importante. Elle constitue le 4ème pilier du concept que j’ai appelé Ecologaï; une vision holistique de l’écologie qui commence par soi pour mieux prendre soin des autres et tout ce(ux) qui nous entoure.
Il me semble que ce qui nous a éloigné d’un mode de vie respectueux de l’environnement tient entre autres choses du fait que nous nous sommes éloignés de la nature, de son fonctionnement, de sa beauté. Je pense que nous devons absolument renouer nos liens avec la nature pour prendre conscience de notre impact sur elle, nous émerveiller de sa magie et nous réconcilier avec les cycles de la vie. Et cela peut tout simplement commencer par des balades en forêt, ou quelques plantations sur son balcon.
« On aime ce qui nous a émerveillé et on protège ce que l’on aime«
JY. Cousteau
2 – Quels sont mes besoins et choix d’alimentation ?
L’alimentation occupe une grande place dans mon quotidien : à la fois dans le choix de mes produits que dans la façon de les cuisiner. Elle est à la fois garante de notre bonne santé, comme le disait Hippocrate, mais impacte également fortement l’environnement (gaz à effet de serre, pollutions, détérioration des sols et des océans,…).
Choisir une alimentation saine, le plus végétale possible produite de manière responsable et de préférence de manière locale (et en vrac); voilà le curseur de mes achats au quotidien. En consommant ainsi, je cultive la fierté de soutenir une agriculture (ou une pêche) qui prend soin des terres (des mers), des animaux et des agriculteurs, desquels nous nous sommes bien souvent trop éloignés. Recréer du lien dans ces filières offre du sens, un sens que je trouve quand je m’engage auprès de mon amap, quand je commande du poisson chez Poiscaille, ou quand j’achète des produits locaux au marché.
3 – Quel est mon type d’habitat actuel et idéal ?
J’habite actuellement dans un appartement équipé d’un balcon sur lequel j’ai plaisir à faire pousser fleurs, plantes aromatiques ou médicinales et également quelques légumes. Voir la nature depuis chez moi est important. Dans l’idéal, j’aurai aimé habiter plus proche d’un coin de nature pour m’y promener plus souvent !
Je suis très vigilante sur mes consommations d’eau et d’énergie et je suis d’ailleurs très heureuse d’avoir contribué à l’installation d’un composteur collectif et à l’engagement de la copropriété pour des travaux de rénovation énergétique. Développer le vivre et le faire ensemble me semble important, surtout lorsque l’on réside en immeuble.
4 – Quelle activité physique favorise mon bien-être et ma santé
Voilà plus de 15 ans que je pratique le yoga de manière régulière. Cela me fait beaucoup de bien et je dirai presque qu’il a changé ma vie. Au-delà des bénéfices physiques, il m’a ouvert à une vision holistique de la vie et m’a permis de retrouver une forme de sérénité au quotidien par la détente et la prise de recul qu’il m’offre.
Plus récemment, avec mon mari, nous nous sommes lancés dans la randonnée sur les chemins des GR1 et GR10 et cela m’apporte aussi beaucoup de bienfaits tout en nourrissant mon besoin de reconnexion à la nature. J’y vois d’ailleurs beaucoup de liens avec la démarche de transition écologique !
Je dirais que cela ne se limite pas aux savoirs théoriques que j’ai pu glaner au fil des lectures, des vidéos ou documentaires. Cette compréhension du « comment agir » est beaucoup passée par l’expérience et l’observation/écoute de personnes inspirantes.
Je crois d’ailleurs que nous sous-estimons beaucoup notre pouvoir d’inspiration et que nous avons là une force incroyable pour faire bouger les lignes ! J’ajouterai que je suis émerveillée par les savoirs ancestraux, enseignés de la nature, qui ont passé des millénaires et nous apprennent encore aujourd’hui une grande sagesse à la fois dans l’être, le faire et l’avoir.
6 – Quel est le sens que je donne à mon travail ?
Le sens que je donne au travail a profondément changé entre ma vie d’avant où les vacances et la retraite me semblaient être le graal de tout bon salarié et où l’exigence de la performance, de l’avancement étaient les maîtres mots.
Aujourd’hui, mon travail je l’ai choisi : il m’offre la liberté dont j’ai besoin pour agir à ma manière à la fois dans le fond et la forme.
Il m’offre cette liberté incroyable de pouvoir suivre mes besoins et avancer à mon rythme. Il est enfin une source d’épanouissement et de réalisation incroyables : une manière de faire sens tout en ayant de l’impact.
« Choisissez un travail que vous aimez et vous n’aurez pas à travailler une seul jour de votre vie »
Confucius
7 – Quelle énergie j’utilise pour mes usages et besoins ?
Bien sûr mon énergie personnelle dont je prends soin. Mais aussi une énergie que je souhaite être la plus responsable possible. En ce sens, je suis sociétaire d’Enercoop, un fournisseur d’énergie renouvelable et locale qui me semble être la plus engagée. Mais bien sûr, la meilleure énergie est celle que je n’utilise pas et je suis soucieuse de limiter ma consommation au quotidien.
8 – Quelle est mon implication personnelle pour l’intérêt général ?
J’ai dédié mon activité professionnelle à l’intérêt général. Grâce à mes accompagnements personnalisés, mes ateliers pratiques ou d’intelligence collective mais aussi mon livre ou le podcast Les Eco-enthousiastes, j’ai à cœur de partager les fondements d’une écologie simple et heureuse.
Mon implication ne se limite pas à mon activité professionnelle; elle est également omniprésente dans mon quotidien (la cohérence est essentielle à mes yeux dans tous les domaines de ma vie) à travers mes actions et mes décisions.
9 – Quels sont mes liens de coopération et ma participation au bien commun ?
Au-delà de mon activité professionnelle, j’essaie de contribuer à mon échelle auprès de mon entourage, avec mes voisins ou en donnant mon temps à des associations.
Dans tous les cas, la coopération et le lien sont essentiels pour réussir la transformation de société devenue désormais nécessaire.
C’est pour cela que je me suis spécialisée dans l’intelligence collective, notamment en perfectionnant ma pratique via un Diplôme Universitaire fraîchement obtenu. J’œuvre au quotidien pour que l’intelligence collective nous permette de construire une société sûre, juste et désirable.
Avoir un impact positif sur les ODD à son échelle
10 – Carte blanche : quel est le message essentiel que vous souhaitez faire passer à nos visiteurs ?
Mon message tient en une citation :
» Ne doutez jamais qu’un petit nombre de citoyens volontaires et réfléchis peut changer le monde ; en fait, cela se passe toujours ainsi. »
Margaret Mead
Même si les « petits gestes » sont parfois décriés, ils sont essentiels au changement de société. Car c’est en incarnant nous même au quotidien les changements que nous voulons voir dans le monde qu’ils parviendront à émerger et à faire société.
C’est en inspirant les autres par nos actions et en montrant l’enthousiasme d’un quotidien plus écologique que nous arriverons à faire changer le monde. L’écologie doit devenir à la mode; elle doit donner envie – il s’agit juste d’en faire connaître les bénéfices.
France Stratégie et l’Inspection générale de l’environnement et du développement durable (IGEDD) publient une note d’analyse et un rapport sur les impacts territoriaux du télétravail et sa prise en compte dans les politiques publiques en termes d’aménagement du territoire. Le sujet est abordé sous quatre angles : la mobilité quotidienne et les transports, la mobilité résidentielle et le logement, l’immobilier de bureau, l’émergence de nouveaux lieux de travail (tiers-lieux et espaces de coworking). L’analyse est enrichie de focus sur les dynamiques à l’œuvre dans les Métropoles de Rennes, Toulouse et Lyon. La note étudie les conditions dans lesquelles le télétravail pourrait être un levier pour la lutte contre le dérèglement climatique.
Une inégale pratique du télétravail selon les territoires
En 2023, 19 % des salariés français, en majorité des cadres, ont eu recours au télétravail au moins un jour par semaine. Plus fréquent dans les grandes agglomérations − hors région parisienne, 22 % des salariés qui résident dans les agglomérations de plus de 200 000 habitants télétravaillent, contre moins de 13 % dans les autres agglomérations −, la pratique du télétravail est inégalement répartie selon les territoires en raison de la structure des emplois : plus de 50 % des emplois sont télétravaillables en Île-de-France, contre moins de 40 % dans les autres régions.
Mobilité quotidienne : des effets contrastés du télétravail
Le télétravail entraîne une baisse de la fréquence des trajets domicile-travail mais il est aussi associé à des distances domicile-travail plus longues : les télétravailleurs résident en effet plus loin de leur lieu de travail (28 km en moyenne) que les autres actifs (14 km). Or, plus les distances domicile-travail sont longues, plus les trajets ont tendance à être effectués en voiture.
En région parisienne, le télétravail n’a pas diminué le trafic routier, mais il a conduit à réduire la fréquentation des transports en commun en particulier certains jours de la semaine (lundi, mercredi et vendredi).
A la RATP, le trafic a globalement baissé entre octobre 2019 et octobre 2023 et près de la moitié de cette baisse s’expliquerait par le développement du télétravail. Des tendances similaires sont observées dans d’autres grandes métropoles comme Lyon, la circulation automobile baissant en revanche à Rennes ou Toulouse, sans que cette diminution puisse être directement imputée au télétravail.
La fréquentation des TER a quant à elle fortement augmenté (21% entre 2019 et 2023) bien que cette hausse ne puisse être attribuée au seul télétravail
Des stratégies immobilières des entreprises de relocalisation vers les centres urbains et les zones attractives
Le télétravail favorise une réduction partielle des surfaces de bureaux dans les plus grandes métropoles et dans les entreprises. Mais d’autres facteurs influencent leurs stratégies immobilières afin d’inciter leurs salariés à plus de présence sur site par des espaces de travail plus attractifs. On observe ainsi une tendance à la relocalisation des bureaux vers les centres-villes au détriment des périphéries qui, lorsqu’elles sont dépourvues d’aménités (transports, services, commerces), connaissent des taux élevés de vacance tertiaire sans perspective de réutilisation rapide des surfaces disponibles. Ces évolutions présentent en outre un risque d’éviction du logement dans les quartiers centraux ou les mieux connectés.
Quelle prise en compte dans les politiques publiques ?
Le télétravail produit des effets diffus sur les territoires, avec une accentuation modeste des tendances en cours, difficiles à mesurer du fait du manque de données finement territorialisées qui limitent son exploitation comme levier des politiques publiques. Les auteurs indiquent qu’il pourrait pourtant, sous certaines conditions, jouer un rôle dans le rééquilibrage des territoires et dans la lutte contre le dérèglement climatique en appui d’autres politiques visant la réduction des émissions liées aux déplacements du quotidien.
Institution autonome, placée auprès du Premier ministre, France Stratégie contribue, par ses propositions, à l’action publique et éclaire le débat. Elle réalise des études originales sur les grandes évolutions économiques et sociales, et les enjeux de soutenabilité. Elle produit également des évaluations de politiques publiques à la demande du gouvernement. Les résultats de ses travaux s’adressent aux pouvoirs publics et aux citoyens.
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Les impacts territoriaux du télétravail : angle mort des politiques publiques ?
Le télétravail pratiqué par près de 19 % des salariés français en 2023. Son adoption dépend de l’emploi occupé mais aussi des décisions des entreprises et des individus. A-t-il un impact sur l’aménagement des territoires ? La mission a choisi d’investiguer les impacts territoriaux du télétravail au niveau national, y compris la région capitale, puis plus particulièrement à l’échelle de trois systèmes territoriaux centrés autour de métropoles : Rennes, Toulouse et Lyon.
Le télétravail, concernant avant tout les cadres, est plus fréquent dans les centres des grandes agglomérations que dans leur périphérie ou que dans les unités plus petites, car praticable de manière inégale selon les territoires en raison de la structure des emplois.
S’agissant des choix de lieu de résidence, il ne se constate pas de modifications sensibles des flux entre les régions, les métropoles et les villes moyennes ou les espaces périurbains ou ruraux, imputables au développement du télétravail.
En Île-de-France et Lyon, le télétravail sans diminuer le trafic routier a permis de réduire la fréquentation des transports en commun aux heures de pointe, la circulation automobile baissant en revanche à Rennes et Toulouse. Concernant les déplacements de moyenne distance, la fréquentation des TER s’est fortement accrue, l’augmentation du prix des carburants pour automobile ayant manifestement joué un rôle.
Le télétravail favorise une réduction partielle des surfaces de bureaux dans les plus grandes métropoles et entreprises. D’autres facteurs influencent les stratégies immobilières des sociétés cherchant d’abord à rendre leurs espaces de travail plus attractifs et propices aux échanges collectifs pour inciter à la présence sur site.
Une tendance à la relocalisation des bureaux vers les centres-villes, offrant aménités et connections, au détriment des périphéries urbaines, est ainsi observée. Lorsqu’elles sont dépourvues d’aménités (transports, services, commerces), ces dernières connaissent des taux élevés de vacance de l’immobilier tertiaire sans perspective de réutilisation rapide des surfaces disponibles.
Ces évolutions présentent en outre un risque d’éviction du logement dans les quartiers centraux ou les mieux connectés. Le télétravail, loin de détendre le marché du logement, renforce la demande, en particulier dans les zones à forte attractivité touristique et dans celles bien dotées en aménités urbaines.
Sur le plan environnemental, bien que le télétravail contribue à réduire le nombre de trajets domicile-travail, il entraîne d’autres effets tels que la multiplication des déplacements pour d’autres motifs ou l’allongement de la distance domicile-travail, sans réduire nécessairement l’usage de la voiture.
Le caractère diffus du télétravail et de faible intensité sur les territoires limite son exploitation comme levier des politiques publiques, alors qu’il pourrait jouer un rôle dans le rééquilibrage des territoires et l’adaptation au changement climatique, en favorisant fortement l’individualisation des rythmes de vie, et en faveur de politiques des temporalités en parallèle des politiques spatiales.
La consommation de viande est le principal poste d’émissions de gaz à effet de serre de notre alimentation. Le mentionner suffit à déchaîner des réactions passionnées, voire passionnelles. Le monde ne se divise pas uniquement entre les amateurs d’entrecôte d’un côté et ceux de protéines végétales de l’autre, il existe toute une palette de nuances. Cette voie du milieu s’appelle le flexitarisme. Mais permet-il vraiment de réduire l’empreinte carbone de son alimentation ? Tom Bry-Chevalier, doctorant en économie de l’environnement (Université de Lorraine), s’est plongé dans les chiffres.
Le flexitarisme, contraction de « flexible » et de « végétarien », est un régime alimentaire qui n’exclut pas la consommation occasionnelle de produits d’origine animale.
Reste un constat : dans nos pays industrialisés, le végétarisme se développe surtout au sein des classes les plus aisées. À l’échelle mondiale, toutefois, on observe une augmentation de la consommation de protéines carnées, rappelle l’historienne des sciences et de l’environnement Valérie Chansigaud (Université Paris Cité). Cela ne veut pas dire que le végétarisme n’a aucune influence globale, mais que la consommation de viande reste un marqueur social très ancré dans de nombreuses cultures.
La végétalisation de l’alimentation est l’un des principaux leviers pour réduire son empreinte carbone au niveau individuel. Le flexitarisme, qui n’exclut pas la consommation occasionnelle de viande ou autres produits animaux, peut sembler un bon compromis. Que disent les chiffres ?
Il n’est donc pas surprenant de constater que près d’un quart des Français déclarent réduire volontairement leur consommation de viande et suivre un régime « flexitarien », contraction de « flexible » et de « végétarien ».
Derrière ce nouveau régime alimentaire, une idée simple : profiter des avantages de l’alimentation végétarienne, tout en continuant à consommer des produits d’origine animale, mais avec davantage de modération.
Mais le flexitarisme tient-il réellement ses promesses sur le plan environnemental ? S’agit-il d’une option intéressante pour préserver la planète ? On fait le point.
Quelle définition pour le flexitarisme ?
L’évaluation de l’impact environnemental du flexitarisme se heurte à un premier problème : sa définition. En effet, même dans la littérature scientifique, il n’existe, à ce jour, pas de définition consensuelle du flexitarisme, dont la compréhension peut être très différente d’une personne à l’autre.
Certaines personnes se disant flexitariennes consomment ainsi de la viande une fois par semaine, quand d’autres en consomment une fois par jour. Ainsi, sur les 24 % des Français déclarés flexitariens, 7 % consomment de la viande encore tous les jours, 12 % plusieurs fois par semaine, et 5 % seulement sont des consommateurs occasionnels.
Ce flou et l’hétérogénéité des pratiques font du flexitarisme un concept difficile à saisir. Au point que même Interbev, le lobby de la viande bovine, a tenté de se l’approprier avec sa campagne « naturellement flexitariens ».
Au-delà de la question de la fréquence à laquelle on mange de la viande, certaines approches du flexitarisme mettent aussi l’accent sur le type de viande consommée. On considère souvent qu’il faut cibler en premier lieu la viande rouge, qui émet le plus de gaz à effet de serre et qui nécessite le plus de terres. Cependant, là encore, il n’existe pas de préconisations précises. Ainsi à quantité égale de viande consommée, certains régimes flexitariens pourraient avoir un impact bien plus lourd pour l’environnement que d’autres.
Émissions de gaz à effet de serre par kilogramme de produit alimentaire. Our World in Data, Fourni par l’auteur
L’autre problème, c’est de savoir si l’on peut se fier aux pratiques et régimes alimentaires déclarés par les individus eux-mêmes. Il existe par exemple un biais de désirabilité sociale, qui fait que pour se présenter sous un jour favorable aux yeux de ses interlocuteurs, on pourra par exemple minimiser ses consommations de viande ou/et de poisson.
À propos du végétarisme – qui est pourtant clairement défini comme une alimentation excluant la consommation de chair animale** – une enquête de 2021 de l’IFOP pour FranceAgriMer notait que près de la moitié des personnes rapportant avoir un régime sans viande déclarent consommer occasionnellement de la viande ou du poisson. Dans la mesure où cette enquête observait que près de 30 % des flexitariens autodéclarés consommaient de la viande quotidiennement, le même problème est donc à craindre à propos du flexitarisme.
L’enquête observait néanmoins que les flexitariens consomment globalement moins de types de viande différents. Ils consomment ainsi moins de veau, de mouton et d’agneau que les omnivores – à l’exception notable de la volaille, qu’ils consomment dans les mêmes proportions.
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La consommation de viande par tête tend à stagner depuis une dizaine d’années en France. À ce titre, il serait peut-être ambitieux de voir dans l’augmentation du nombre de flexitariens déclarés l’expression d’une révolution dans le régime alimentaire des Français, plutôt qu’une pratiques de consommation déjà relativement standard à laquelle on aurait simplement donné un nouveau nom.
L’empreinte environnementale du flexitarisme
Ces difficultés sémantiques n’ont pas empêché un certain nombre d’études de s’intéresser à l’impact environnemental de régimes pouvant s’apparenter au flexitarisme, souvent en prenant le parti d’expliciter la quantité et le type de viande consommés.
Ainsi dans le rapport spécial du GIEC de 2019, plusieurs régimes de type flexitarien (régime végane, plusieurs gradations de flexitarisme, régime à base de poisson) ont été comparés au végétarisme et au véganisme.
Il en ressort que l’alimentation végane est celle permettant de réduire le plus les émissions de gaz à effet de serre, suivie de l’alimentation végétarienne, puis d’un régime flexitarien (ici défini comme n’incluant qu’une seule portion de viande par semaine). Celui-ci présente toutefois un potentiel intéressant pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.
Enfin, les régimes méditerranéens, pescétariens et « frugal et juste (fair and frugal) », également assimilables à des régimes flexitariens, favorisent également une réduction modérée des émissions de gaz à effet de serre par rapport à une alimentation très carnée. Une alimentation remplaçant 75 % des viandes et produits laitiers de ruminants par d’autres viandes (catégorie « carnivore soucieux du climat (climate carnivore) ») permet d’atteindre des réductions d’un ordre de grandeur similaire, soulignant le poids exceptionnel de la viande rouge.
D’autres études (par exemple en 2014 et en 2023) aboutissent à des résultats similaires pour ce qui est des émissions de gaz à effet de serre, tout en prenant également en compte des questions connexes : demande de terres agricoles, consommation d’eau, eutrophisation ou encore impact sur la biodiversité.
Empreinte environnementale des différents régimes alimentaires en matière d’émissions de gaz à effet de serre, d’utilisation des sols, d’utilisation de l’eau, de potentiel d’eutrophisation et d’impact sur la biodiversité. Le point à droite représente l’empreinte environnemntale d’un gros mangeur de viande (plus de 100 g par jour). Scarborough et al. (2023), Fourni par l’auteur
Les études scientifiques sont donc claires : plus une alimentation est végétalisée, moins son empreinte environnementale est élevée. De la même façon, plus un régime flexitarien limite les apports en viande, notamment bovine, plus son impact sur l’environnement s’en verra réduit.
À noter que les produits laitiers sont également une source importante d’émissions de gaz à effet de serre, expliquant la différence non négligeable d’émissions entre une alimentation végane et une alimentation végétarienne. En conséquence, il peut également s’agir, de la même façon que la réduction des apports de viande bovine, d’un levier pertinent de réduction des émissions de gaz à effet de serre dans le cadre d’un régime flexitarien.
L’environnement est-il gagnant si davantage de personnes s’alimentent selon un régime flexitarien ? La réponse est oui, du moins si celui-ci s’accompagne d’une réduction significative des apports en viande. Cependant, il faut noter qu’aucune étude ne suggère que le flexitarisme soit préférable au véganisme sur le plan environnemental : ses bénéfices restent largement corrélés avec le degré de végétalisation de l’alimentation.
Les campagnes de promotion de viande et de lait: un changement notable d’orientation des politiques publiques européennes Publicité en faveur du boeuf financée par l’UE.
Gaz à effet de serre ou bien-être animal ? Le dilemme de l’omnivore
Et si l’empreinte carbone de l’alimentation n’était pas la seule variable qu’il conviendrait de prendre en compte ? La priorité généralement admise du flexitarisme est de réduire la consommation de viande bovine, qui à elle seule permet une réduction non négligeable des émissions de gaz à effet de serre et de l’usage des terres. Mais cette emphase sur la réduction de viande bovine peut se faire au détriment du bien-être animal, dans ce que l’on pourrait nommer le « dilemme de l’omnivore ».
A gauche, le nombre d’individus nécessaires pour produire une tonne de viande. À droite, les émissions de gaz à effet de serre par tonne de viande produite. Our World in Data, Fourni par l’auteur
Bien que la viande rouge soit celle qui a le plus fort impact environnemental, c’est également celle qui génère le moins de souffrance animale par kilogramme de viande. Non seulement parce qu’une vache est un animal bien plus gros qu’un poulet, produisant donc plus de viande par individu abattu, mais aussi parce qu’elles sont moins souvent issues d’élevages intensifs.
Or, on observe en France depuis quelques années une tendance à la réduction de la viande de bœuf au profit de la viande de poulet, notamment en raison de motivations liées à la santé et l’environnement. Les personnes tentées par une alimentation flexitarienne peuvent donc se retrouver face à un arbitrage difficile à opérer entre éthique et environnement.
Le flexitarisme n’a donc rien de révolutionnaire, mais il peut donc constituer un outil utile dans la stratégie de réduction globale de la consommation de viande. Le tout est de garder en tête qu’au niveau individuel, l’alimentation végétale reste préférable.
Peu après la COP 16 Biodiversité et alors que s’ouvre la COP 29 Climat, voici une sélection de 5 ouvrages pour éclairer les enjeux liés au changement climatique et à l’érosion de la biodiversité, aux éditions Tana et Les Liens qui Libèrent.« Précisions sur la fin du monde » d’Yves Cochet, « S’adapter au changement climatique » et « Biodiversité » dans la collection Fake or Not, « Le grand retournement » de Marine de Guglielmo Weber & Rémi Noyon, et « Agir pour l’eau » de Charlène Descollonges.
Précisions sur la fin du monde
Que faire face à la catastrophe politique, écologique et sociale imminente ? Pour le scientifique et ancien ministre Yves Cochet, cela ne fait aucun doute : en ces temps incertains et bouleversés, il est urgent de replacer la question de l’effondrement au cœur du débat public.
Tout se passe comme prévu. Après plus de cinquante ans de prophéties catastrophiques de la part de certains lanceurs d’alerte, la réalité accomplit ce qui semblait inimaginable à l’époque : la possibilité d’un effondrement systémique mondial proche devient plausible aux yeux d’une minorité, tandis que, massivement, l’immense majorité croit encore que le marché, la croissance et la technologie parviendront à résoudre les problèmes actuels, notamment les inégalités et la « crise écologique ».
Depuis environ trente ans, des centaines d’experts, de journalistes, de politiques et autres essayistes tentent d’élaborer des centaines de scénarios, de plans, de « solutions » à cette « crise écologique » bien que les indicateurs de l’état de santé du système-Terre ne cessent de démontrer l’inanité de ces efforts. Cependant, personne ou presque ne se demande pourquoi ces insuffisances répétées continuent-elles ? Ou pourquoi, bien qu’informé, chacun continue-t-il sa vie antérieure ? Ou encore pourquoi les gouvernements n’agissent-ils pas, alors qu’ils savent ?
Pour Yves Cochet, ces déboires puisent tous leur source dans une représentation erronée du monde réel, munie de croyances et de notions héritées d’une cosmologie calamiteuse. En posant l’hypothèse que les individus comme les décideurs agissent selon leur croyance (leur cosmologie), le scientifique démontre que cette représentation erronée conduit à des actes individuels et collectifs qui détruisent le système-Terre et accroissent les inégalités.
Yves Cochet est ancien ministre de l’Écologie et scientifique. Membre des Verts, puis du parti EELV il est l’auteur de nombreux ouvrages parmi lesquels Pétrole apocalypse (Fayard), Anti-manuel d’écologie (Bréal) et Devant l’effondrement (Les liens qui libèrent). Il est l’un des fondateurs de l‘institut Momentum – un groupe de réflexion sur l’imminence de l’effondrement de la civilisation industrielle et des moyens à mettre en œuvre pour tenter de réduire son ampleur.
S’adapter au changement climatique
Les accords de Paris en 2015 avaient fixé la limite du réchauffement climatique à + 1,5 °C ou + 2 °C grand maximum d’ici la fin du siècle, sous peine de chaos. Le ministère de la Transition écologique parle maintenant de + 4 °C en France (c’est-à-dire + 3 °C de réchauffement planétaire).
D’ores et déjà, alors que nous ne sommes qu’à + 1,3 °C, nous connaissons des événements climatiques de plus en plus intenses et dévastateurs. Nous savons que les sécheresses longues vont empirer, que les températures caniculaires vont augmenter et que les inondations dévastatrices vont se multiplier. La litanie des conséquences est interminable : baisse des rendements agricoles, pénurie d’eau douce, diminution de nos capacités à produire de l’électricité, effondrement de la biodiversité, incendies hors norme, villes étuves, retrait/gonflement des argiles qui menacent les bâtiments, élévation du niveau des mers et des océans et menaces sur les littoraux…
Puisque réduire drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre pour stopper ces phénomènes délétères nous est impossible, nous devons aujourd’hui prendre la mesure de ce que cette adaptation à ces nouvelles conditions de vie veut dire. Et de la manière dont elle interroge la démocratie. Ilian Moundib examine l’ensemble des conséquences sur notre vie quotidienne du changement climatique qui s’annonce et explore toutes les pistes qui sont à notre portée pour y faire face : infrastructures, modes de production, organisation sociale, démocratie locale…
Alors, pour faire fonctionner notre système économique, on pompe massivement et on rejette là où ça nous arrange, on détourne les cours de l’eau, on endigue les rivières, on construit des barrages et des retenues, on bétonne les zones humides, on déforeste à tour de bras, on pollue, on modifie le climat…
Il est urgent de regarder l’eau douce autrement que comme une ressource à contrôler, éternellement disponible. Enjeu politique, la gestion de l’eau doit devenir collective et démocratique, sous peine de multiplier les conflits d’usage, voire des guerres de l’eau.
Ilian Moundib est ingénieur en résilience climatique. Diplômé de l’École Centrale de Lyon et de l’Imperial College, membre du conseil scientifique de l’Institut Rousseau, il a publié plusieurs rapports à destination des pouvoirs publics français sur la sobriété hydrique et l’adaptation climatique de la France. Il est consultant, conférencier et formateur indépendant sur les questions d’adaptation aux risques climatiques.
Fake or Not scrute nos modes de consommation, fournit une boîte à outils qui aiguise l’esprit critique et décrypte les enjeux environnementaux qui fond débat. La collection donne la parole aux experts, aux chercheurs et aux scientifiques qui analysent et décodent chaque sujet en s’appuyant sur des données et des chiffres vérifiés. L’objectif : penser l’avenir de nos démocraties, agir à son échelle et s’engager pour un futur désirable.
Biodiversité
La biodiversité s’effondre partout sur la planète. Certains évoquent même une extinction massive du vivant. Où en est-on vraiment ? L’écosystème planétaire est un écheveau d’interactions, d’échanges, à tous les niveaux et à toutes les échelles. C’est ce que nous, humains, sommes en train de détruire.
En 30 ans, 70% des insectes volants ont disparu en Europe. Près de 60% des oiseaux des champs se sont volatilisés sur la même période. Nous nous acheminons vers une campagne silencieuse et un monde sur lequel règnent les animaux d’élevage et les humains. Le monde sauvage se réduit comme peau de chagrin.
Nos impacts sont protéiformes. Nous artificialisons sans limite et détruisons les habitats, nous cultivons avec des substances qui tuent les insectes et la vie du sol, nous réchauffons le climat, provoquant assèchements, incendies, températures caniculaires ou inondations à répétition qui détruisent le vivant. Nous faisons circuler des espèces entre les continents qui s’installent aux dépens des espèces locales … Nous avons pris possession de l’intégralité de la nature.
Nos modes de vie ont des impacts partout sur la planète et nous seuls, humains, décidons, du haut de notre puissance sans limite, de ce qui peut vivre et ce qui devra disparaître. Alors que la biodiversité est un tissu de vies animales, végétales, bactériennes où tout est en connexion avec tout. Et les équilibres du vivant sont les garants de notre survie puisque nous dépendons totalement de ce qu’offre la nature : pour nous nourrir et pour boire, pour nous vêtir, nous chauffer, construire …
Philippe Grandcolas est écologue et systématicien de formation. Il a créé, développé et dirigé pendant dix ans, l’Institut de Systématique, Évolution, Biodiversité, une unité mixte du CNRS, du Muséum national d’Histoire naturelle, de Sorbonne Université, de l’École Pratique des Hautes Études et de l’Université des Antilles, comprenant plus de 200 systématiciens et biologistes de l’évolution. Il est aujourd’hui directeur de recherche au CNRS et directeur adjoint scientifique de l’Institut Écologie et Environnement du CNRS. Il représente le CNRS au conseil d’administration de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB).
Le grand retournement Comment la géo-ingénierie s’infiltre dans les politiques climatiques
Et si, après avoir déréglé le climat au point de menacer la vie sur Terre, nous décidions de le contrôler ? Plutôt que de changer nos habitudes et confronter les intérêts des industries fossiles, devons-nous pousser encore plus loin notre « aménagement » du système Terre ? Cette enquête édifiante et fouillée explore la géo-ingénierie : dernier recours ou dangereux leurre ?
Depuis les années 1970, des scientifiques envisagent de recouvrir la planète d’un voile d’aérosols stratosphériques pour réguler l’énergie solaire et réduire les températures. D’autres cherchent à optimiser les cycles naturels du carbone pour absorber l’excès de CO2. Ces approches, bien que différentes, sont regroupées sous le terme de géo-ingénierie. Jadis perçues comme des idées dangereuses, elles sont de plus en plus acceptées.
Face à l’incompatibilité de notre système économique avec celui de la Terre, certain·es envisagent de réformer ce dernier. L’aspiration du dioxyde de carbone est incluse dans les scénarios du GIEC, malgré les doutes sur son efficacité. La possibilité d’un « voile solaire » est étudiée en détail. Certain·es y voient un moyen de ralentir le réchauffement sans toucher aux bases du capitalisme. D’autres le considèrent comme un dernier recours pour éviter des catastrophes irréversibles.
Une minorité rêve même d’un « Anthropocène heureux » où nous contrôlerions les cycles naturels de la Terre.
Cet ouvrage retrace l’histoire de ces projets, explore la culture scientifique et philosophique qui les sous-tend, et examine leurs implications en termes de gouvernance et de conflits géopolitiques. Une préoccupation majeure demeure : que ces solutions incertaines retardent les changements nécessaires et transforment l’urgence climatique en climat d’urgence, propice à des interventions risquées.
Marine de Guglielmo Weber est chercheuse en environnement, énergie et matières premières stratégiques à l’Institut de recherche stratégique de l’école militaire (Irsem).
Docteure en sciences de l’information et de la communication – chercheuse, autrice – Littérature d’anticipation, géopolitique des changements climatiques et de la géo-ingénierie
Rémi Noyon est journaliste au Nouvel Obs, chef adjoint de la rubrique idées, où il travaille sur les questions environnementales
Agir pour l’eau Le mode d’emploi citoyen
Après L’Eau dans la collection Fake or not ?, Charlène Descollonges propose dans ce nouvel ouvrage des mesures concrètes, souhaitables et applicables en France pour protéger l’eau. Elle explique comment passer à l’action et mettre en pratique des changements à tous les niveaux (individuel, collectif, économique, politique, sociétal), en s’appuyant sur de nombreux exemples ainsi que différents retours d’expérience en France et à travers le monde.
Un guide pratique qui donne envie d’agir pour protéger l’eau à l’échelle individuelle et collective, et se préparer aux crises de l’eau.
Chaque mesure concrète est détaillée pour faciliter la compréhension et permettre au lecteur de se lancer :
Quelle est la facilité de mise en œuvre ?
Quel est le niveau d’engagement requis ?
Quel est le coût de mise en œuvre ? Quelles aides sont possibles ?
Quel est l’impact sur l’eau ?
L’eau, Fake or not ? Repenser notre gestion de l’eau sans fake news : économies et partage de l’eau, amélioration de la qualité de l’eau, restauration du cycle hydrologique.
L’eau est notre bien commun, indispensable aux humains, à tous les écosystèmes et à l’ensemble du vivant. Naturellement, l’eau chemine à l’intérieur d’un grand cycle fermé et infini. Mais ça, c’était avant que les humains ne mettent à leur service l’eau douce partout sur la planète, l’eau pour boire, irriguer, produire de l’énergie, transformer ou fabriquer … Alors, pour faire fonctionner notre système économique, on pompe massivement et on rejette là où ça nous arrange, on détourne les cours d’eau, on endigue les rivières, on construit des barrages et retenues, on bétonne les zones humides, on déforeste à tour de bras, on pollue, on modifie le climat … Il est urgent de regarder l’eau douce autrement que comme une ressource à contrôler, éternellement disponible. Enjeu politique, la gestion de l’eau doit devenir collective et démocratique, sous peine de multiplier les conflits d’usage, voire des guerres de l’eau.
Charlène Descollonges est ingénieure hydrologue, spécialisée dans la gestion de la ressource en eau et des milieux aquatiques. Titulaire d’un double diplôme Master et Ingénieur, elle a travaillé pendant 5 ans avec des élus et les acteurs du bassin versant de l’Arve. Elle est spécialisée dans la gestion stratégique de la ressource en eau et des milieux aquatiques. Elle a piloté des études sur l’équilibre quantitatif et le partage de la ressource en eau. Elle exerce aujourd’hui en tant que consultante indépendante, auteure et conférencière engagée. Elle intervient auprès des décideurs politiques, des dirigeants d’entreprise, des acteurs agricoles, financiers, de l’eau et de l’énergie. Elle a cofondé l’association Pour une Hydrologie Régénérative, qui vise à restaurer le cycle de l’eau à l’échelle des territoires pour améliorer leur résilience face aux sécheresses, aux inondations et à l’érosion.
La voiture, autrefois symbole de liberté individuelle, est aujourd’hui l’une des principales causes de pollution urbaine. En France, le secteur des transports représente près de 30 % des émissions de gaz à effet de serre (GES), avec l’automobile en première ligne. Pourtant, paradoxalement, la voiture pourrait devenir une partie de la solution à cette crise environnementale, à condition qu’elle devienne partagée et que l’électrique prenne une place croissante dans cette transition.Daniela Simões, PDG et cofondatrice de miio, aaccepté de répondre aux neufs questions essentielles pour Cdurable.
Émissions de gaz à effet de serre du transporte) = estimations préliminaires. Champ : France entière (métropole + DROM = périmètre Kyoto). Source : Citepa, inventaire format Secten, avril 2022
Ces dernières années, la mobilité partagée a pris une place croissante dans les débats publics et les politiques de transport. Covoiturage, autopartage, vélos en libre-service, scooters électriques : ces solutions se sont multipliées, répondant aux besoins de flexibilité tout en contribuant à la réduction de l’empreinte carbone des déplacements.
Près de 900 000 trajets de covoiturage sont réalisés chaque jour en France (Observatoire du covoiturage), mais le Plan national de covoiturage (2023-2027) vise à tripler ce nombre pour atteindre 3 millions de trajets quotidiens. Si cet objectif est atteint, cela permettrait de réduire les émissions de 4,5 millions de tonnes de CO2 par an, soit environ 1 % des émissions annuelles de la France. La voiture individuelle, lorsqu’elle est partagée, devient ainsi un vecteur efficace de transport collectif.
Covoiturage : une nécessité pour lutter contre l’autosolisme
Le principal enjeu réside dans l’autosolisme : en France, 9 conducteurs sur 10 voyagent seuls pour les trajets domicile-travail (Ministère de la transition écologique). Cette habitude, qui est presque devenue une norme, est l’une des raisons majeures de l’impact écologique de la voiture. Pour remédier à cette situation, les autorités publiques ont pris des mesures fortes pour encourager le covoiturage au quotidien, notamment avec des incitations financières et le développement d’infrastructures spécifiques.
Note : 54 % des déplacements en voiture de moins de 20 km sont effectués par un conducteur seul. Champ : France métropolitaine, mode de transport principal, déplacements en voiture pondérés par la distance. Source : SDES-Insee, enquête mobilité des personnes 2018-2019
Le Plan national de covoiturage du quotidien fixe des objectifs clairs : il ne s’agit pas seulement de tripler les trajets en covoiturage, mais aussi de changer les mentalités et de rendre cette pratique courante pour les trajets domicile-travail. Ce plan inclut des mesures incitatives comme des subventions aux collectivités pour développer des plateformes locales de covoiturage ou des parkings adaptés.
La voiture partagée n’est qu’un volet de la mobilité partagée. Les services de vélos et de scooters en libre-service se multiplient également dans les villes françaises. À Paris, le nombre de trajets en Vélib’ a atteint 44,3 millions en 2022 et depuis le début du mois de septembre, les Franciliens étaient plus de 4,1 millions de courses recensées au 24 septembre 2024, dont 53 % en VAE (Vélo à Assistance Électrique), soit en moyenne 171.288 courses chaque jour.
Ces services permettent de désengorger les routes, de réduire la pollution sonore et atmosphérique et de proposer des alternatives flexibles aux habitants des zones urbaines. Cependant, pour que ces pratiques deviennent la norme, les infrastructures doivent suivre. Des villes comme Amsterdam et Copenhague montrent qu’avec des investissements massifs dans les pistes cyclables et les services de partage, les trajets en voiture individuelle peuvent être significativement réduits. Aux Pays-Bas, 27 % des trajets sont réalisés à vélo, contre seulement 3 % en France, ce qui illustre bien l’importance de l’infrastructure.
La place du vélo aux Pays-Bas : Le vélo, un style de vie
Une transition nécessaire pour l’avenir
Face à l’urgence climatique, il est impératif de revoir nos modes de déplacement. La voiture individuelle, dans sa forme actuelle, n’est plus adaptée aux enjeux écologiques d’aujourd’hui. Mais en devenant partagée, elle pourrait jouer un rôle clé dans la réduction des émissions de CO2, tout en répondant aux besoins de flexibilité des usagers.
Pour réussir cette transition, il est essentiel que tous les acteurs – entreprises, collectivités locales, et citoyens – s’engagent. Des incitations financières pour encourager le covoiturage et l’autopartage, des investissements dans les infrastructures de modes de transport doux, et une sensibilisation à grande échelle seront nécessaires pour changer les habitudes de mobilité. Si les freins à l’adoption sont levés, la mobilité partagée peut devenir un pilier central de la transition écologique.
En définitive, la mobilité partagée, qu’il s’agisse de covoiturage, d’autopartage, ou de services de vélos et de scooters, offre une opportunité de repenser la façon dont nous nous déplaçons. Elle peut non seulement réduire notre empreinte carbone, mais aussi améliorer la qualité de vie en ville en réduisant le trafic et en rendant l’espace public plus agréable. Ensemble, nous pouvons créer un avenir plus durable, où la mobilité sera à la fois plus intelligente et plus respectueuse de l’environnement.
La voiture, en devenant partagée, pourrait-elle devenir l’une des solutions aux problèmes qu’elle a participé à créer ?
L’autopartage en France
A propos de Daniela Simões
Daniela Simões, cofondatrice et PDG de miio, s’est inspirée de sa propre expérience avec les véhicules électriques pour créer une start-up qui a pour but de simplifier la mobilité électrique et la recharge. Titulaire d’un Master en informatique et faisant partie des Forbes 30 Under 30 au Portugal, l’entrepreneuse de 27 ans a également lancé l’application miio pour faciliter la transition énergétique et potentialiser la croissance de la mobilité électrique en Europe. miio compte actuellement plus de 300 000 utilisateurs dans trois pays différents, et fournit un service complet et personnalisé aux propriétaires de VE.
Questions Cdurable ! ou c’est pas durable ?
Au delà des communiqués, qui ne présentent souvent que le « meilleur », et du développement durable, qui ne fait que tenter de réduire les impacts négatifs d‘une croissance volumique, nous nous intéressons aujourd’hui, 20 ans après la création de Cdurable.info, aux questions essentielles. Alors Cdurable ou pas ? 9 questions qui nous invitent à Comprendre pourquoi Agir & Coopérer avec le vivant, Cdurable !
Daniela Simões, PDG et cofondatrice de miio, a accepté de répondre aux neufs questions Cdurable, essentielles comme les neufs besoins fondamentaux des êtres vivants dont les humains que nous sommes …
1 – Quelle est la nature de ma relation avec le vivant ?
Ma relation avec le vivant repose sur un profond respect pour la vie et un engagement pour la durabilité. Je suis végétarienne, je roule en voiture électrique et utilise les transports en commun autant que possible. Ces choix m’aident à réduire mon empreinte écologique et à contribuer à un avenir plus respectueux de l’environnement. Je crois en l’harmonie avec la nature et en la nécessité de prendre des décisions responsables pour préserver la planète et toutes ses formes de vie.
2 – Quels sont mes besoins et choix d’alimentation ?
Mes choix alimentaires sont guidés par un équilibre entre ma santé et ma responsabilité environnementale. Je privilégie les produits frais et locaux, et j’essaie d’éviter au maximum les emballages, en optant pour des produits en vrac. Ces choix sont le reflet de ma volonté de consommer de manière plus durable.
3 – Quel est mon type d’habitat actuel et idéal ?
Mon habitat actuel mêle la vie urbaine pratique et l’accès à la nature. Mon habitat idéal combinerait encore davantage ces deux éléments, avec des espaces communautaires dynamiques, des espaces dédiés au sport, à la beauté naturelle et aux opportunités de développement personnel.
4 – Quelle activité physique favorise mon bien-être et ma santé ?
Le CrossFit est une pratique qui m’a beaucoup apporté. Il renforce mon corps tout en développant ma résilience mentale et mon sens de la discipline. L’activité physique m’aide à rester centrée et à aborder les défis quotidiens avec énergie et clarté.
Les savoirs qui m’ont le plus marquée proviennent de deux sources : des mentors qui ont partagé leur expérience et les leçons tirées de ma propre vie. Apprendre à équilibrer individualité et responsabilité collective a été essentiel pour orienter mes actions.
6 – Quel est le sens que je donne à mon travail ?
Mon travail est une occasion de contribuer au changement. Chez miio, je participe à l’évolution de la mobilité électrique, un secteur qui allie innovation et durabilité. C’est très gratifiant de savoir que nos efforts aident à construire un avenir plus propre et plus connecté.
7 – Quelle énergie j’utilise pour mes usages et besoins ?
Je puise mon énergie dans les énergies renouvelables, tant de manière littérale que figurée. Professionnellement, je soutiens les solutions d’énergie propre, et personnellement, je m’appuie sur un mode de vie équilibré, entourée d’une équipe formidable et d’amis qui m’inspirent. J’apprécie aussi les voyages et les nouvelles expériences, qui m’apportent un regain d’énergie et me poussent à continuer d’apprendre. Cette combinaison me permet de rester motivée et pleine d’énergie pour atteindre mes objectifs.
8 – Quelle est mon implication personnelle pour l’intérêt général ?
Mon engagement personnel se traduit par la création de solutions durables qui bénéficient à la fois aux individus et à la société. Je crois en la capacité de chacun à faire des choix responsables, respectueux de l’environnement. De plus, je suis profondément investie dans le bien-être et le développement de l’équipe miio, pour qu’elle puisse s’épanouir dans un environnement axé sur la collaboration, l’innovation et le sens commun.
9 – Quels sont mes liens de coopération et ma participation au bien commun ?
La coopération est au cœur de mon approche. En travaillant avec des équipes et des partenaires variés, je m’efforce de trouver des solutions aux défis communs, notamment en matière de durabilité et de mobilité. Au sein de mon équipe, je mets un point d’honneur à maintenir un environnement de travail inclusif, où chacun se sent écouté et capable de contribuer. Cela passe par une communication claire, un respect mutuel et un dialogue ouvert, tout en garantissant un bon équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, pour que chacun puisse se développer tant individuellement que collectivement.
10 – Carte blanche : quel est le message essentiel que vous souhaitez faire passer à nos visiteurs ?
Les choix que nous faisons aujourd’hui façonneront le monde de demain.
Chaque décision, qu’elle soit grande ou petite, doit être prise avec réflexion, empathie et avec l’engagement de bâtir un avenir meilleur et plus inclusif pour tous.
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Alors que la protection de la faune sauvage reste largement inexplorée, Animal Cross publie « Article 0 », un manifeste inédit pour ouvrir un nouveau chapitre dans la reconnaissance des droits des animaux sauvages. Cet ouvrage, préfacé par Jean-Baptiste Andréa, prix Goncourt 2023, se distingue par ses propositions concrètes pour réformer notre approche envers la biodiversité. Ce plaidoyer pour le respect de la vie sauvage s’attaque aux pratiques nuisibles à la faune et propose des mesures précises, allant de la création d’espaces de libre évolution à une réduction des subventions aux activités polluantes. Dans un format accessible et étayé, le livre souhaite sensibiliser, informer et transformer les regards, en rappelant que chaque être vivant mérite un espace de vie protégé.
Tous les êtres vivants sont libres et égaux, en devoirs et en droits
Pour Benoît Thomé, président d’Animal cross, « L’égalité ne signifie pas la similitude, mais une égale considération morale. Chaque être vivant existe pour lui-même, avec sa propre valeur, et ne doit pas être réduit à un simple outil au service de l’homme. C’est un changement de paradigme que nous proposons : passer d’une vision utilitariste, où la nature et les êtres vivants sont exploités, voire même dominés et terrassés, à une vision respectueuse où la vie est célébrée dans toutes ses formes. Cet Article 0 incarne un idéal antispéciste, où les êtres vivants, qu’ils soient animaux, végétaux ou même minéraux, méritent un respect égal.«
Plusieurs idées traversent cette déclaration.
Sensibilité animale et respect de la vie, les deux poumons de la protection animale
Deux courants de pensée sont à l’origine de la protection des animaux en France, et ailleurs. La protection des animaux se fonde d’abord sur l’idée que l’animal est un être sensible. C’est le courant dominant en Occident. L’autre courant voit surtout en lui un être vivant. C’est le courant dominant en Orient, dont est issu cette phrase.
Le premier courant s’appuie sur la perception de l’animal comme un être sensible. La phrase de J. Bentham, chef de l’école utilitariste anglaise au XIXᵉ siècle est connue. Il écrit, à propos des animaux : « La question n’est pas : « Peuvent-ils raisonner ? Peuvent-ils parler ? Mais : Peuvent-ils souffrir ? » Après lui, et progressivement, s’impose cette idée que l’animal ressent douleur, souffrance et angoisse. L’homme, souvent à l’origine de cette souffrance, doit s’attacher à diminuer cette souffrance, et même à la supprimer. Allant plus loin, nombre de nos contemporains décrivent l’animal comme un être qui possède un « monde intérieur ». Il n’éprouve pas seulement la souffrance mais une palette de sentiments et d’émotions, il est doué d’une conscience. Il possède une perception singulière de son environnement, c’est-à-dire le monde qui l’entoure. De cette tradition nait la présentation de l’animal comme être sensible dans notre droit (Code rural art. L214.1 1976, Code civil art. 515-14 2015).
Le deuxième courant de pensée voit dans l’animal un être vivant. La protection lui est due en fonction de la vie qui l’habite et qu’il convient de respecter. L’interdiction de tuer l’animal n’est pas fondée seulement par le fait qu’il a un intérêt à vivre (P. Singer et son école) mais au nom du respect de la vie.
Cette conception est très profonde dans le bouddhisme, le jaïnisme, et certaines traditions hindoues. « Au cours des siècles, les religions traditionnelles indiennes ont développé des principes fondés sur la vie sous toutes ses formes. Les interrogations sur celles-ci n’étaient pas limitées aux humains mais incluaient aussi les animaux. (…) Ahimsa, l’un des principes fondamentaux de l’hindouisme, prône la non-violence et le respect de toute vie »1. En Inde, cette conception est à l’origine de la possibilité pour les régions indiennes d’interdire l’abattage des vaches et également du devoir de compassion envers les animaux (constitution de 1950)2, même si la réalité vécue par les animaux semble beaucoup moins rose. Cette conceptionprotège la vie animale comme les autres vies.
La figure qui incarne cette conception en Occident est St François d’Assise. Au XIIIème siècle, il s’émerveille du feu, de l’eau, du vent. Il prêche aux animaux, qui sont donc jugés dignes de le comprendre et de louer Dieu. En traversant les siècles, citons Gandhi et Albert Schweizer, disciple de Gandhi, qui écrit « je suis vie qui veux vivre entourée de vie qui veux vivre ».
Si Animal Cross reconnait bien l’animal comme un être sensible et doué d’une conscience, nous sommes plus proches du second courant de pensée, qui nous tourne vers le respect de la vie, et ce, quelle que soit la forme de cette vie.
Plantes et minéraux : des êtres vivants, comme les animaux
Entre la sensibilité animale et la protection de la vie, le passage devrait être fluide et plus explicite des principes qui l’animent.
La difficulté vient du fait que certaines personnes dénient la sensibilité aux autres êtres vivants « non animaux ». Humains et animaux participeraient à la communauté des êtres sensibles, dans une continuité biologique, comme « animaux humains » et « animaux non humains », quand les végétaux, ne parlons pas des minéraux, en seraient exclus parce qu’ils ne ressentiraient rien. Les végétaux ne participeraient pas ainsi à la « communauté des intérêts » parce qu’ils n’auraient pas d’intérêt à ne pas souffrir.
A la fin des années 1940, Aldo Léopold, américain considéré comme le père de l’écologie contemporaine, proposait déjà d’intégrer les animaux et la nature dans la communauté des vivants. « L’éthique de la terre élargit simplement les frontières de la communauté de manière à y inclure le sol, l’eau, les plantes et les animaux ou, collectivement, la terre »3.
Rappelons que les découvertes scientifiques sur la sensibilité végétale n’en sont qu’à leur début4. Dans son livre La vie secrète des arbres, le forestier allemand P. Wohlleben raconte comment les arbres communiquent entre eux par les racines, se préviennent en cas de maladie ou de prédateurs5. Plus encore que les recherches sur les animaux, les recherches sur les végétaux sont limitées par l’incapacité des chercheurs à concevoir le psychisme des végétaux, à développer les outils et à monter les expériences pour les faire apparaître. « Quand les capacités cognitives des végétaux seront connues, quand leur vie sensorielle et leurs besoins seront reconnus, notre façon de considérer les plantes évoluera6 ». Certaines expériences peuvent faire toucher du doigt la sensibilité du végétal, comme lorsqu’on voit les arbustes des bords d’une route déchiquetés, les fleurs décapitées, par des engins de voirie. La sensibilité des plantes à la musique semble aussi une piste d’investigation intéressante7.
Les personnes qui ne mangent pas de viande préfèrent s’accrocher à cette idée que les végétaux ne souffrent pas pour défendre leur régime alimentaire car, pensent-ils, si on accorde une sensibilité à la carotte, alors elle aussi, à son tour, ne souhaite pas être mangée, pas plus que le cochon, et la salade pas plus que le veau.
En fait, toutes ces personnes devraient retourner le problème dans l’autre sens. Les végétaux sont sensibles mais ils sont capables d’accepter qu’on les mange. Ils n’en ressentent pas de douleur, contrairement au cochon et au veau que l’abattoir terrorise.
Quant à la sensibilité du minéral, elle est méconnue. Un cœur est « dur comme de la pierre », qui justement n’en aurait pas. L’être minéral est le premier dans l’ordre d’apparition de cette terre. Non seulement il précède les autres, mais les autres procèdent de lui. Il donne sa forme aux autres et les habille.
Certains minéraux particuliers comme les montagnes nous inspirent. Nous devinons dans leur forme incroyable (comme le Cervin ou le Pic du Midi d’Ossau) une présence particulière, celle d’un géant assoupi. Ne tirons pas de conclusion hâtive du fait que la plupart d’entre nous ne sommes pas conscients du fait que le minéral est vivant. Cela reflète plutôt notre propre retard. Au fur et à mesure que nous changerons, l’évidence apparaîtra.
Pour finir, nous écrivons « domaines de la nature » et non « règnes de la nature » car la notion de règne implique la notion d’objet d’expérience pour les scientifiques. La classification en règne est utile scientifiquement mais le terme de « domaine » correspond mieux à la réalité de ces êtres, elle les décrit comme des personnes à leur tour.
Pour conclure, Animal Cross étend donc la non-discrimination entre les espèces non seulement aux animaux, mais aussi aux végétaux et aux minéraux. D’où la phrase « tous les êtres vivants… naissent et demeurent libres et égaux en devoirs et en droits ».
Animaux, végétaux, minéraux, humains : tous égaux
L’égalité ne signifie pas que tous les êtres sont similaires, mais qu’ils méritent une égale considération morale. L’égalité signifie que toute vie a une valeur égale.
Animal Cross affirme la valeur intrinsèque des êtres vivants, c’est-à-dire qu’ils existent pour eux-mêmes. Cette valeur prime sur leur valeur instrumentale8. Un être n’existe pas par rapport à un autre. Les bancs de poisson ne sont pas des « ressources halieutiques ». Les vaches ne sont nées pour être des usines à lait. Les chevaux ne peuvent être réduits à d’agréables compagnons pour pratiquer l’équitation.
Tous les êtres sont une fin en soi, pour reprendre un langage plus philosophique. Tous les êtres possèdent une valeur intrinsèque, qui est égale, qu’ils soient des êtres humains ou pas. La célèbre maxime morale devient alors : “Agis de telle sorte que tu traites la vie, en ta personne ou celle d’un autre être vivant, comme une fin, et jamais simplement comme un moyen”9.
En reprenant le vocabulaire antispéciste, on dirait que tout être vivant a droit à une égale considération. « Que chacun compte pour un et qu’aucun ne compte pour plus d’un. » (J. Bentham)
L’animal n’existe pas par rapport à l’homme, la nature non plus. Dans son livre Tant qu’il y aura des cages, S. Wise montre comment cette idée a traversé les siècles depuis l’Antiquité, à savoir que la nature n’avait de raison d’être que pour l’homme, comme si elle lui était destinée, et qu’il est au sommet de la Grande chaine de l’Être. Il note d’ailleurs qu’avec l’ère moderne cette conception perdure et malgré le développement des sciences, qui montre tous les êtres vivants, indifféremment, issus de l’évolution après le big bang. « Depuis Aristote « la nature a fait les animaux pour l’homme ». C’était l’anthropocentrisme téléologique. La partie « téléologique » signifie que tout dans la nature est imprégnée dans ce but. Tout a une fin. « Anthropocentrisme » veux dire que le monde est conçu pour nous »10.
Individu, groupe social et espèce, tous ont une vie à défendre
Un animal existe d’abord pour lui-même. Il n’est pas le représentant d’une espèce, une partie ou une quantité d’un tout. Pour autant, les groupes sociaux et les espèces existent aussi bien entendu. Ainsi, un étourneau sansonnet compte pour lui-même, et une nuée d’étourneaux compte aussi. L’espèce des étourneaux sansonnet (Sturnus vulgaris11) a aussi sa propre réalité. De même un thon existe pour lui-même, et le banc de thon a aussi une existence. L’espèce des thons albacores aussi (thunnus albacares).
Tous libres, c’est-à-dire sans propriétaire
La liberté s’entend en tant qu’absence de propriétaire.
La désappropriation de l’animal est un élément fondamental dans le chemin vers sa personnalité juridique12.
Dès lors que les animaux ont des droits, il n’est plus pensable qu’ils puissent avoir un propriétaire. Quand l’esclave était un bien, il pouvait être possédé par un maître. Dès lors que l’esclavage a été aboli (1848 en France), un homme ne pouvait plus posséder un autre homme. Il en va de même des animaux. Le statut de « propriété » de l’animal devrait disparaitre au fur et à mesure qu’il est considéré comme une personne, en commençant par les animaux de compagnie.
Si l’animal n’a plus de « maître », son ancien maître devient son protecteur, qui lui garantit gite et couvert, son avocat, qui exprime ses besoins et défend ses droits.
En attendant un changement de règlementation, qui n’arrivera peut-être pas demain, il est important que les protecteurs des animaux considèrent leur animal domestique comme un être libre, sans maître, qu’ils n’exercent pas sur lui une domination mais une éducation, tenant compte de ses besoins et envies. Quand un animal est vendu, par exemple par un refuge, le prix payé ne doit pas être compris comme la valeur de l’animal (« une vie n’a pas de prix ») mais comme une indemnisation financière de son ancien gardien pour le travail effectué et pour ses frais.
Dans une période provisoire, il vaut mieux un propriétaire qui protège son « bien » qu’un bien sans propriétaire, qui serait livré à toutes les personnes mal intentionnées. Ainsi, la protection qu’un État accorde à une zone maritime, par exemple sous forme d’aire maritime protégée, est bien préférable à une zone maritime sans propriétaire, comme les zones maritimes internationales, livrées à une flotte de pêche sans scrupule.
Des êtres vivants qui ont tous des devoirs
Une raison souvent invoquée pour refuser d’accorder la personnalité juridique aux animaux est que les droits ne sont accordés qu’à ceux qui respectent des devoirs. A quoi les penseurs de protection animale répondent que les droits sont accordés aux êtres humains aussi quand ils sont des jeunes enfants ou des déficients mentaux, incapables de respecter des devoirs13. Le juriste américain T. Reagan distinguent les sujets moraux, capables d’agir selon des préceptes moraux, aux patients moraux, incapables de faire le bien comme le mal, mais qui ont droit au respect de la vie inhérente qu’ils possèdent.
Une voie plus directe serait de se rendre compte et de reconnaître les contributions immenses des êtres vivants, autres que les êtres humains, à cette vie sur terre. L’utilité des êtres vivants pour les autres êtres est le « devoir » auquel Animal cross fait référence.
Dans un foyer, un chien apporte de la gaieté. Un chat qui ronronne sur le ventre de sa maîtresse est son meilleur anti-dépresseur. Un âne témoigne à son gardien une égalité d’âme en tout temps qui stabilise son caractère.
Dans son livre « L’animal sujet de droit14 », l’association Animal Cross essaie de montrer comment tous les animaux dit « nuisibles » jouent un rôle dans l’écosystème : les geais transportent des glands et multiplient des chênes, les corvidés sont les charognards des routes, les sangliers sont les jardiniers de la nature en éliminant de nombreuses larves dans les champs, etc.
Les « services » que la nature rend à la planète sont les devoirs qu’elle accomplit. L’arbre capte le carbone, purifie l’air et le rafraichit en cas de forte chaleur. Les forêts abritent les animaux sauvages, les montagnes et glaciers rendent la neige sous forme d’eau, les sols filtrent la pollution etc. Il a été maintes fois démontré que les services rendus par la nature et les écosystèmes sont colossaux15.
Certains argumentent qu’animaux, végétaux ou minéraux ne le font pas « volontairement ». Qu’ils ne font que « suivre leur nature » ou « exprimer leur matière », alors que la notion de « devoir » inclut le respect délibéré d’une loi morale ou civile. Cela dépend sans doute de la manière dont on les regarde. Le chien est-il contraint d’aimer son maître ou, en l’aimant, suit-il son inclination, confirmant ainsi sa nature ? Et qui peut parler à la place d’un arbre ? Peu importe la réponse à ces questions, car nul ne peut contester la contribution des autres domaines de la nature à l’équilibre de la vie sur cette terre.
En conclusion, les êtres vivants autres que les êtres humains ont accompli leurs devoirs les premiers, sans attendre un retour. Ils sont à jour de leur obligation. Il serait grand temps que les êtres humains remplissent en contrepartie leurs devoirs envers eux, car le déséquilibre dans la relation est devenu bien trop grand pour que la terre reste viable.
Comme une évidence, des êtres vivants qui doivent avoir des droits
André Géraud, journaliste, avait rédigé une déclaration des droits de l’animal en 1924, dans laquelle il demandait que les animaux aient des droits. Depuis, cette idée fait doucement son chemin. Cette évidence a déjà été développée par d’autres16 et beaucoup discutée depuis l’inscription dans le Code civil de la sensibilité de l’animal (art 515-14).
Cette égalité ne signifie pas que les êtres doivent avoir les mêmes droits. « Aux humains les droits des humains, aux grands singes, les droits des grands singes ». Pour expliciter les droits des animaux sauvages, l’association Animal Cross a proposé une déclaration de leurs droits.
La division dans notre droit, issue du droit romain, oppose les personnes aux choses. Nous laissons aux juristes le soin de trouver la personnalité juridique appropriée aux animaux, soit en les reconnaissant comme des personnes juridiques, soit, mais les juristes hésitent encore plus dans cette voie, à trouver une troisième catégorie, à côté des personnes et des choses.
« Sans la personnalité juridique, on est invisible pour le droit civil, on n’a pas de droit et on pourrait aussi bien être mort » déclare le juriste américain S. Wise.
Quoiqu’il en soit, il ne s’agit pas seulement d’extraire les animaux de la catégorie des choses, mais de mettre fin de manière définitive à cette Summa divisio opposant ceux qui dominent et possèdent à ceux qui subissent et sont possédés, les oppresseurs et les opprimés, mettre fin à ce droit de vie et de mort que les êtres humains s’accordent sur leur entourage non humain. Si « tous les êtres vivants, les domaines de la nature, sont égaux en droits », alors il convient de faire voler en éclat le principe de l’opposition des personnes et des choses pour refonder le droit. On en n’est pas encore là…
La vision historique : la réconciliation avec tous les domaines de la nature est notre nouvelle frontière
En 1789 les révolutionnaires français déclarent que les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits.
La phrase originelle des révolutionnaires n’était pas destinée à en rester là, elle appelait un développement concernant l’égalité aussi des êtres humains avec les autres êtres vivants. Derrière la déclaration de 1789 se cachait la promesse d’une autre égalité, celle entre tous les êtres vivants. Cette égalité plus large était déjà en germe dans la première déclaration. Il suffisait de comprendre l’élan qui l’avait fait naître.
Centrés sur eux-mêmes, les hommes n’ont pas compris que l’égalité devait aussi s’étendre aux autres domaines de la nature. En particulier, les Français n’ont pas été au rendez-vous de leur propre Histoire17. Au fur et à mesure que leurs conditions de vie s’amélioraient, qu’ils n’étaient plus accablés par les affres de la famine (ou qu’ils l’étaient moins), la désolation de la maladie, le fléau des guerres, les hommes avaient la possibilité de se tourner moins vers eux-mêmes et plus vers les autres. L’amélioration de leur niveau de vie était une formidable chance pour accueillir la vie autour d’eux. Pour la plupart des lecteurs, la phrase (« Tous les êtres vivants… ») est sans doute une utopie, une fiction qui n’arrivera jamais, voire même la rêverie d’une association qui a perdu le contact avec la réalité.
En France, l’abolition de l’esclavage ne se produisit qu’en 1848, le vote des femmes en 1946 etc. 230 ans plus tard l’égalité de droits n’est pas encore parfaite entre les hommes, loin s’en faut.
L’égalité avec les autres êtres vivants sera l’engagement d’Animal cross pour les décennies à venir.
« La réconciliation avec tous les domaines de la nature, l’antispécisme incluant animaux, végétaux et minéraux, est notre nouvelle frontière, l’avenir des générations actuelles et futures, l’aube d’une nouvelle humanité, l’espérance d’une nouvelle fraternité. La faire advenir est le devoir de chacun.«
O. Le Bot, Cours de droit constitutionnel animalier↩︎
O. Le Bot, Cours de droit constitutionnel animalier↩︎
P. Wohlleben, Nos amis les arbres, Edition les Arènes, p 20↩︎
P. Wohlleben, Nos amis les arbres, Edition les Arènes, p 252↩︎
Il existe un certain nombre de publications sur ce sujet. Voir par ex : Collins M, Foreman J. The effect of sound on the growth of plants. Canadian Acoustics 2001Jun.1 V. Chivukula and S. Ramaswamy, Effect of Different Types of Music on Rosa Chinensis Plants, International Journal of Environmental Science and Development, Vol. 5, No. 5, October 2014↩︎
La Convention de Rio de 1992 affirme en même temps la valeur intrinsèque de la biodiversité (Préambule) et la conservation de cette diversité et son utilisation (article 1), maintenant ainsi l’ambiguïté entre conservation et utilisation↩︎
La maxime de Kant est centrée sur l’homme : « Agis toujours de telle sorte que tu traites l’humanité, en ta personne et en la personne d’autrui, comme une fin et jamais simplement comme un moyen. »↩︎
S. Wise, Tant qu’il y aura des cages, Edition Septentrion p.38↩︎
Pour être plus précis « sturnus vulgaris » et « thunnus albacares » désigne le genre et l’espèce si on utilisait la taxonomie, c’est-à-dire la classification des êtres vivants↩︎
L. Boisseau Sowinski, Thèse sur la désappropriation de l’animal↩︎
Voir un résumé dans J.B. Wilmer, L’éthique animale, Que sais-je p.28↩︎
« Vocation : L’animal sujet de droit. Propositions pour de nouveaux horizons » livre publié en octobre 2019, disponible sur le site d’Animal Cross.↩︎
Voir par exemple la valorisation économique de la biodiversité et la publication en 2005 par l’ONU du Millenium ecosystem assessment↩︎
-P. Marguénaud, 1992. L’animal en droit privé [Animals In Private Law], Paris, Presses Universitaires de France. A sa suite toute l’école française. Voir par exemple : David Chauvet. Four Kinds of Nonhuman Animal Legal Personification. Global journey of animal law. 2020-03-28↩︎
« Liberté, égalité, fraternité » de tous les êtres vivants↩︎
Pour répondre à l’urgence des enjeux liés aux spécificités ultramarines (climats, vulnérabilités, disponibilité et coût des matériaux, traditions et modes d’habiter) et à la nécessité d’une plus grande sobriété des bâtiments, plus de 300 professionnels ultramarins de la construction se sont engagés dans une démarche de mutualisation des expertises et de partage des expériences. Les Assises de la Construction Durable en Outre‑mer est un travail collaboratif qui a permis de définir 4 axes de travail et une une instance de coordination ultramarine pour structurer les prémices d’une filière de la construction durable en Outre-mer. Un Livre Blanc consigne ces propositions.
Après 15 mois de travail ayant réuni 11 territoires ultramarins et plus de 300 professionnels, les Assises de la Construction Durable en Outre-mer1 se concluent avec l‘édition d’un Livre Blanc de la construction durable en Outre-mer, résultat d’une large concertation.
Ce document est structuré autour de 4 axes de travail :
la formalisation de normes locales,
le soutien à l’innovation
la sensibilisation et le partage de la connaissance
l’accompagnement des professionnels.
Il préconise la création d’une instance de coordination ultramarine.
Cette initiative collective ouvre la voie à des actions concrètes pour réduire les coûts de construction et renforcer la résilience des bâtiments ultramarins face aux importants défis environnementaux auxquels ils sont confrontés, tout en valorisant les savoir-faire locaux.
Ces efforts visent également à faire émerger des solutions innovantes qui pourraient être adoptées sur le territoire hexagonal, face aux effets du changement climatique.
Pour répondre à l’urgence des enjeux liés aux spécificités ultramarines (climats, vulnérabilités, disponibilité et coût des matériaux, traditions et modes d’habiter) et à la nécessité d’une plus grande sobriété des bâtiments, les professionnels ultramarins de la construction se sont engagés dans une démarche de mutualisation des expertises et de partage des expériences. Chaque territoire ultramarin a participé activement à des concertations, qui se sont conclues en février 2024 lors d’une réunion à Paris où quarante rapporteurs ont présenté des propositions issues des territoires.
Ce travail collaboratif a permis de définir 4 axes de travail et la création d’une organisation inter‐outre‐mer pour structurer les prémices d’une filière ultramarine de la construction durable. Il propose notamment des référentiels spécifiques pour les territoires ultramarins, en lien avec les arbitrages budgétaires du dispositif qui succédera au Programme Local d’Observation et de Mobilisation (Plan Logement Outre-Mer 2019-2022).
Ces axes de travail structurent un ensemble d’actions à réaliser à court, moyen et long termes :
1. Soutenir l’innovation et en assurer l’évaluation dans une approche régionale :
Cet axe vise à explorer les moyens de laboratoire et la contribution scientifique des Outre-mer dans une logique de collaboration tant nationale qu’internationale. Il met en avant le potentiel des techniques constructives et des matériaux innovants propres aux territoires ultramarins, à l’instar des techniques vernaculaires et des matériaux biosourcés et géosourcés. En s’appuyant sur l’expertise locale, ces solutions offrent une meilleure acceptation par les populations locales, qui y retrouvent leurs usages et leur culture.
Pour atteindre ces objectifs, plusieurs actions sont envisagées comme la promotion de la recherche universitaire sur les matériaux tropicaux et les solutions durables, l’organisation d’une coopération régionale pour partager matériaux, savoirs et savoir-faire avec les pays voisins ainsi que l’étude de l’opérationnalité de la mesure d’exemption du marquage CE, à partir des travaux du CSTB. Cette dernière constitue un levier essentiel pour surmonter les contraintes économiques et écologiques liées à l’importation de matériaux conformes aux normes européennes. Inspirée par la Nouvelle-Calédonie, qui utilise déjà des produits non marqués CE tout en garantissant la qualité des ouvrages, cette démarche étudie la faisabilité produit par produit en fonction de ses performances dans son pays d’origine et de sa pertinence face aux besoins locaux. Ces actions visent non seulement à améliorer les pratiques de construction, mais aussi à sensibiliser les acteurs du secteur à l’importance de l’innovation dans la transition vers des infrastructures plus durables.
« Le territoire est l’échelle qui réconcilie local et global, dans laquelle les individus peuvent se retrouver en termes d’identité, et qui permettra de faire remonter des savoir-faire et de régénérer le bon sens des anciens. »
Yannick Bruneau (Saint Barthelemy)
ÉcoQuartier Cœur de ville, La Possession RAPPORT D’INCUBATION 2024 Diffuser les pratiques de bioclimatisme
2. Formaliser des référentiels pour les Outre‐mer :
Chaque territoire ultramarin possède un savoir-faire local en matière de construction, adapté à son climat et à ses ressources, mais souvent ignoré par les référentiels actuels, conçus pour l’Hexagone.
L’un des axes de travail identifiés par les Assises est donc de produire des référentiels spécifiques aux territoires ultramarins, en collaboration avec les instances nationales, et d’ajuster les normes et labels pour correspondre aux usages et à l’architecture locale.
« Les règlements complexes nous desservent. Beaucoup de territoires ont des voisins puissants avec des normes différentes. En étant autorisé à importer des matériaux des pays voisins, on sera en conformité, à la fois pour avoir des synergies, pour avoir des économies d’échelle et pour avoir des choses plus intelligentes, plus adaptées à notre territoire. »
Stéphane Lambert, Briques de Guyane
Il s’agit notamment de promouvoir un « Réflexe Outre-Mer », pour que chaque référentiel prenne systématiquement en compte les spécificités climatiques et géographiques des territoires dès qu’ils sont concernés.
Cette démarche implique par exemple de recenser, prioriser et adapter les référentiels actuels (réglementations, normes, DTU, ATEC…) aux spécificités des Outre-mer, en prenant en compte des facteurs comme les conditions climatiques et les risques naturels.
3. Sensibiliser et partager la connaissance avec les professionnels ultramarins :
Les professionnels de la construction en Outre-mer disposent de ressources et de guides spécifiques, mais ces outils restent souvent sous-exploités ou méconnus. Pourtant, la montée en compétences de tous les acteurs locaux est un facteur clé pour la durabilité et la résilience des constructions dans ces territoires. Dans ce contexte, il devient indispensable de valoriser les outils existants, de faciliter l’accès à l’information et de promouvoir un partage de connaissances plus fluide entre pairs.
L’une des missions prioritaires identifiées consiste à maintenir et animer des outils de partage inter-outre-mer. Bien que des ressources existent, comme PERGOLA de l’AQC ou les centres de ressources du réseau Bâtiment Durable, leur visibilité reste encore limitée.
« Si on fait monter en compétences tous les acteurs de la construction, le risque est réduit. »
Paul Quistin, Guadeloupe
Pour y remédier, il apparaît nécessaire de mettre en place une animation continue dédiée au recensement des études, à leur diffusion et à la communication auprès des acteurs locaux. Cette initiative favoriserait la mutualisation des connaissances et des savoir-faire, tout en améliorant les compétences des professionnels de la construction dans l’ensemble des territoires ultramarins. En renforçant cette dynamique de partage d’information, l’action vise à créer un réseau solide et pérenne, où les solutions locales peuvent être mieux valorisées et adaptées aux défis spécifiques de chaque région.
4. Accompagner les acteurs de la filière (acteurs économiques, assureurs, maîtres d’ouvrages, acteurs du bâtiment au sens large) :
Il a été identifié un besoin d’aider les structures accompagnant les entreprises et maîtres d’ouvrage sur tous les territoires, en leur fournissant des outils sur mesure et à jour. Il est primordial que les maîtres d’ouvrage puissent intégrer des exigences adaptées au contexte ultramarin dans leurs cahiers des charges. Ces référentiels sont souvent essentiellement connus des acteurs du territoire d’origine du référentiel. Les MAO ne sont pas toujours informés de ces référentiels en raison d’un manque de communication et parfois de formation.
« En France, la première recommandation professionnelle sur la brique de terre crue est l’aboutissement d’une expérimentation qui s’est étalée sur plus de quarante ans. Il était nécessaire de, d’abord, comprendre les cultures et intelligences constructives pour ensuite aboutir à l’élaboration d’un référentiel. Un travail pluridisciplinaire préalable est utile à la filière pour définir un produit, une solution, une réglementation. »
Melvyn Gorra, Mayotte
Afin de mettre en œuvre toutes ces actions collaboratives, la mise en place d’une organisation pouvant répondre aux besoins nationaux et territoriaux en s’alimentant des expériences et expertises locales est essentielle. Cette instance inter-outre-mer aura notamment pour objectif de coordonner le financement des actions définies dans le Livre Blanc. Elle s’appuiera sur des cellules locales pour rassembler les expertises locales et les parties prenantes de l’acte de construire par territoire.
« Les Assises ont été un moment de renforcement du collectif. Nous avons travaillé ensemble sur les mêmes thèmes. La feuille de route est tracée. Nous avons un projet sur lequel nous pouvons nous engager pour donner de la visibilité et concrétiser cette orientation pour une construction vertueuse dans nos territoires. »
Alçay Mourouvaye, La Réunion
Avec la remise de ce Livre Blanc, la feuille de route est désormais établie. Dès obtention de financements, la mise œuvre des premières actions ainsi que le montage de l’instance Inter-outre-mer se feront sous la gouvernance du Programme OMBREE, jusqu’à ce que cette instance soit déployée et autonome. Dans leur diversité, les territoires ultramarins joueront ainsi davantage leur rôle naturel de territoires pionniers, voire préfigurateurs des référentiels de construction hexagonaux futurs et adaptés face aux multiples défis qu’impose le changement climatique.
L’objectif de cette note de La Fabrique Écologique est de traiter deux outils prioritaires pour atteindre l’objectif de zéro artificialisation nette, la réduction du nombre de logements vacants et la fiscalité sur le non bâti. Ces deux domaines sont très peu abordés dans le débat et les politiques publiques. Il est pourtant essentiel, pour la réussite de l’objectif de ZAN, que les mesures à prendre ne se résument pas à des exigences d’urbanisme, mais réforment aussi les instruments publics qui incitent au contraire à l’artificialisation.
Introduction
De l’UE1 à la profession agricole, chacun admet que le rythme d’artificialisation des terres est insoutenable. Elle constitue un des principaux facteurs d’érosion de la biodiversité2, et l’étalement urbain favorise les émissions de gaz à effet de serre (GES). Il est donc important d’adapter la fiscalité des terres agricoles et des espaces naturels à cette priorité.
L’objectif de ZAN apparaît pour la première fois en France dans le plan biodiversité 2018-2024. En 2021, la loi Climat et résilience intègre un objectif de « zéro artificialisation nette » (ZAN) d’ici 2050. Cet objectif est aligné sur celui de la feuille de route de l’UE « pour une Europe efficace dans l’utilisation de ses ressources » de 2011. Ce document prévoit de « supprimer d’ici à 2050 toute augmentation nette de la surface de terres occupée».
L’artificialisation des sols est définie dans la loi Climat et résilience comme « l’altération durable de tout ou partie des fonctions écologiques d’un sol, en particulier de ses fonctions biologiques, hydriques et climatiques, ainsi que de son potentiel agronomique par son occupation ou son usage ». Il s’agit de la dégradation des espaces naturels, agricoles et forestiers par l’activité humaine.
L’artificialisation « nette » est « le solde de l’artificialisation et de la renaturation des sols constatées sur un périmètre et sur une période donnés »3. Ainsi, la loi Climat et résilience vise d’ici 2050 un équilibre entre surface de sols artificialisés et surfaces renaturées, et, d’ici 2031 un maximum d’artificialisation égal à 50 % du nombre d’hectares artificialisés entre 2011 et 2021.
Atteindre ces objectifs nécessite de réduire fortement l’artificialisation des terres. Mais cette réduction est difficile à mettre en œuvre, notamment car elle peut se heurter à des habitudes ou à des projets de nombreux acteurs et de secteurs d’activité. Elle peut affecter par exemple les communes rurales qui ont besoin de revitaliser leur économie, ce qui nécessite de construire de nouveaux logements et infrastructures de services.
En 2023, une nouvelle loi dite ZAN vise à « faciliter la mise en œuvre dans les territoires des objectifs de zéro artificialisation nette ». Ce texte apporte quelques assouplissements par rapport à la loi de 2021. Il prévoit notamment une enveloppe minimale d’un hectare à artificialiser entre 2021 et 2031 pour chaque commune. Il précise que la consommation d’espace attachée aux projets d’envergure nationale ou européenne n’est pas comptabilisée dans les enveloppes de surface pouvant être artificialisée des régions, mais dans un forfait national à part, fixé à 12 500 hectares pour la période 2021-2031. Les modalités de déclinaison dans les documents d’urbanisme de l’objectif du ZAN restent néanmoins contestées, comme le montre un récent rapport du Sénat4.
De leur côté, la réflexion et les décisions ont peu avancé sur les différents autres outils qui, au-delà de la planification de l’usage des sols, permettraient d’enrayer la croissance de l’artificialisation. Il n’a par exemple été effectué aucun bilan complet des politiques publiques qui aboutissent à un encouragement de l’artificialisation. C’est aussi le cas pour l’impact des règles fiscales ou d’octroi de subventions publiques, qui ont pourtant une puissante capacité d’inciter ou de freiner certaines pratiques, notamment en matière de développement de projets.
La Fabrique Écologique a publié en 2021 une note sur l’artificialisation des sols5. Ce document énumère notamment les dispositifs fiscaux qui encouragent l’artificialisation et n’incitent pas à la sobriété foncière, mais n’analyse pas ces questions afin d’en faire découler des recommandations précises.
L’objectif de cette note est de traiter deux outils prioritaires pour atteindre l’objectif de zéro artificialisation nette, la réduction du nombre de logements vacants et la fiscalité sur le non bâti. Ces deux domaines sont très peu abordés dans le débat et les politiques publiques. Il est pourtant essentiel, pour la réussite de l’objectif de ZAN, que les mesures à prendre ne se résument pas à des exigences d’urbanisme, mais réforment aussi les instruments publics qui incitent au contraire à l’artificialisation.
Géraud Guibert Président de La Fabrique Ecologique et co-auteur de la Note
SYNTHÈSE
La lutte contre l’artificialisation des terres est essentielle pour la réussite de la transition écologique. Dans notre pays, la surface moyenne d’un département est artificialisée tous les 10 ans. Un tel rythme est non seulement néfaste à notre agriculture, mais a aussi des conséquences très négatives sur la biodiversité, dont la diminution rapide est très préoccupante. Les sols abritent plus d’un quart de la biodiversité mondiale. Ils assurent des fonctions essentielles comme le stockage du carbone, la régulation du cycle de l’eau ou la production de biomasse.
Depuis 2021, l’objectif du zéro artificialisation nette (ZAN) est fixé par la loi, avec un calendrier et des étapes. Des dispositions ont été prises pour intégrer ces préoccupations aux règles et plans d’urbanisme. Mais les mesures prises sont contestées, comme le montrent les travaux du Sénat, notamment un récent rapport sur ce sujet. Leur atténuation ou leur report aboutirait à une remise en cause de la possibilité même d’atteindre l’objectif.
PROPOSITIONS
Ces règles pourraient en revanche être complétées par des mesures sur les différents autres outils qui peuvent contribuer à atteindre cet objectif. La terre et son usage ont marqué l’histoire de notre pays. Le droit de propriété constitue un des éléments fondateurs de la révolution française. Mais, plus largement, il s’agit de contribuer à réduire les gaspillages de terres qui interviennent dans leur mode d’utilisation.
Cette note vise ainsi à traiter, de manière non exhaustive, de deux domaines indispensables pour limiter l’artificialisation des sols : la réduction du nombre de logements vacants et l’adaptation de la fiscalité sur le non bâti. Ces deux sujets, peu évoqués dans le débat et les politiques publiques, mériteraient de donner lieu à des mesures fortes.
La note critique le projet d’extension du prêt à taux zéro aux territoires dont le marché immobilier est détendu.
Dans cette perspective le groupe de travail porte trois propositions :
#1 – Donner une vraie priorité à une réduction du nombre de logements vacants, avec une politique volontariste, fiscale et financière, et une amélioration de la rentabilité locative des logements anciens.
#2 – Prévoir une disparition progressive de la fiscalité sur les terres non bâties à dimension écologique.
#3 – Introduire des dispositions fiscales innovantes pour protéger les terres agricoles de l’artificialisation.
Sommaire
I. L’indispensable réduction du nombre de logements vacants
I. Les logements vacants, un apport potentiel important
II. La réduction de la vacance de logement, impensée des politiques et du débat public.
II. La nécessaire réduction de l’écart fiscal entre les terres bâties et non bâties
I. Une faible rentabilité des terres agricoles en France
II. … aggravée par la fiscalité sur les terres non bâties
Agence européenne pour l’environnement. (2019). Terres et sols en Europe – Du béton urbain à perte de vue ? Commission Européenne. (2012). Lignes directrices concernant les meilleures pratiques pour limiter, atténuer ou compenser l’imperméabilisation des sols. Document de travail. doi: 10.2779/79012 ; Commission européenne. (2020). Stratégie de l’UE en faveur de la biodiversité à l’horizon 2030 – Ramener la nature dans nos vies. Communication de la Commission européenne. Bruxelles. ↩︎
IPBES. (2019). Le rapport de l’évaluation mondiale de la biodiversité et des services écosystémiques – Résumé à l’intention des décideurs. Secrétariat de l’IPBES. ↩︎
LOI n° 2021-1104 du 22 août 2021 portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience face à ses effets (1) (J.O. du 24 août 2021). ↩︎
Ben Haggard est cofondateur de Regenesis Group et pionnier de l’approche du développement régénératif. Il explore les relations complexes entre les dimensions humaines, naturelles et économiques qui soutiennent la vitalité d’un lieu. Ben nous partage son expertise unique à l’occasion de la sortie en français de son livre avec Pamela Mang, « Régénérer : Principes fondateurs et pratiques inspirantes pour les entreprises et les territoires » aux Éditions Rue de l’Échiquier.
Régénérer : Principes fondateurs et pratiques inspirantes pour les entreprises et les territoires.
Ce livre propose un cadre clair pour intégrer les principes régénératifs dans nos pratiques professionnelles, nous invitant à devenir des participants co-créatifs dans nos écosystèmes.
Dans le contexte des diverses approches de la régénération proposées, en quoi votre approche du développement régénératif est-elle unique ?
L’école de pensée dont je suis issu explore les thèmes de la pensée régénérative et de la pratique régénérative depuis environ sept décennies. Elle trouve ses origines dans deux écoles : le développement organisationnel et la permaculture, qui est mon domaine de formation. Regenesis, le groupe que j’ai co-fondé il y a presque 30 ans, a travaillé pour rassembler ces deux champs de la régénération, et c’est ce qui a donné naissance à ce que nous appelons le “développement régénératif”.
Dans notre approche, nous partons du postulat que chaque territoire sur cette planète est unique. Il a son propre caractère et sa propre expression. Cela découle de nombreux facteurs géologiques, biologiques, et écologiques distinct, en plus des facteurs culturels, économiques, et propres aux activités humaines.
Quand on considère tous ces éléments, on observe que chaque lieu sur Terre est unique. Pourtant, nous abordons ces lieux comme s’ils étaient interchangeables et génériques. Nous avons donc choisi de découvrir le génie de chaque lieu. Dans chaque projet, nous commençons par appréhender le territoire comme une entité vivante. Nous œuvrons en harmonie avec lui pour que chaque construction, chaque activité nouvelle permette ainsi une expression plus authentique de son identité et de son potentiel futur.
Peut-être pouvez-vous utiliser un exemple pour illustrer cela ?
C’est un projet qui figure dans le livre et pour lequel j’ai beaucoup d’affection. Il se trouve sur la côte du Mexique, où un promoteur souhaitait créer un hôtel sur la plage à côté d’un village traditionnel. L’équipe de Regenesis a examiné le site et a constaté qu’il était très fragile car constitué d’une bande de sable connectée à un lagon, entouré de monoculture de palmiers et vulnérable aux ouragans.
À la grande surprise du porteur de projet, le site s’est avéré être un site archéologique avec une ancienne pyramide cachée sous la colline. Cela a conduit le promoteur à consulter les anciens du village, qui étaient parfaitement conscients de cela, la connaissance du territoire s’étant transmise de génération en génération.
Le promoteur est finalement tombé amoureux du lieu. Il a fini par voir cet endroit comme une communauté pleine de sens et puissante et ils ont ainsi tout recommencé à zéro.
Ils ont conçu un projet destiné à régénérer l’écosystème, la santé du village, les systèmes agricoles de la région, l’habitat des tortues et d’autres espèces importantes. Ils sont passés de l’état d’étrangers exploitant les bénéfices de ce lieu à celui d’initiés travaillant avec le caractère du territoire pour le faire évoluer.
Et en fin de compte, ce projet est devenu l’un des exemples phares du tourisme régénératif dans le monde.
Comment adopter ces idées en pratique, même sans lien direct apparent avec les systèmes vivants, comme à Paris par exemple ?
Paris est un lieu très intéressant, complexe et stratifié. Les questions sur la manière de travailler de manière régénérative sont vraiment fascinantes et peut-être incontournables lorsqu’il s’agit de grands systèmes urbains. Alors que nous y voyons souvent que des constructions humaines, il y a toujours une réalité géologique sous-jacente, une réalité hydrologique sous-jacente, une réalité écologique et climatologique. La mesure dans laquelle une ville se met en harmonie avec ces réalités et ces dynamiques organisatrices sous-jacentes est cruciale. Le développement régénératif favorise des approches spécifiques à chaque territoire, entre les quartiers autour de la Seine et ceux des collines par exemple. La recherche de solutions adaptées à chaque contexte est en fait le moyen le plus puissant pour prendre la responsabilité de la manière dont nous vivons sur cette planète.
Je voudrais comprendre comment vous conciliez l’idée de ne pas appliquer des pratiques génériques tout en ayant développé une méthodologie rigoureuse et réplicable. Comment ces deux facettes se combinent-elles ?
Ce qui distingue l’approche du développement régénératif, c’est notre façon de penser, en utilisant des “frameworks” basés sur les systèmes vivants. Ainsi, si la façon de penser est rigoureuse et peut être déployée en relation avec tout système vivant, les solutions et actions concrètes qui vont être imaginées ne sont pas réplicables car elles sont sourcées dans la singularité du territoire. Nous ne nous concentrons pas simplement sur de nouvelles stratégies de recyclage, de transports ou de récupération d’eau. Nous nous demandons quelles stratégies demande ce lieu spécifique. Cette approche permet de diriger l’ingéniosité et la créativité humaines vers une appropriation et une différenciation adaptée à chaque lieu. Cela signifie prendre ses responsabilités.
Comment vous est donc venue l’idée qu’il pourrait être utile d’écrire un livre à ce sujet ?
Je pense qu’on a dû nous le demander (rires). Pour répondre à cette demande, nous avons dû effectuer un travail de rétro-ingénierie. Cela nous a pris deux ans pour comprendre quelle était la structure de pensée qui nous permettait d’obtenir ces résultats remarquables. Nous ne faisions pas que répondre à un cahier des charges, ou une liste de critères. Nous répondions intuitivement à une entité complexe, vivante, dynamique et changeante. Le résultat a donc été de pouvoir transmettre la méthodologie dont nous parlions précédemment.
Y avait-il un projet particulier sur lequel vous travailliez à l’époque, qui servait de support à cette réflexion ?
Aux États-Unis, il y a souvent un fort antagonisme entre les citoyens locaux et les promoteurs. Nous avons donc aidé un promoteur à comprendre ce qui était important pour les habitants et pourquoi ils appréciaient leur lieu de vie. Cela a permis de créer un langage commun et de réviser les plans de développement pour refléter ces valeurs, en cherchant à préserver ce qui rend un endroit unique et précieux. Il ne s’agissait pas simplement de répondre aux demandes des gens, mais de comprendre pourquoi ils tiennent profondément à un territoire. Au lieu de se concentrer sur des besoins spécifiques, il s’agit de demander : Qu’est-ce qui, dans ce territoire, revêt une importance telle que vous estimez impératif de le préserver ? Et comment pouvons-nous assurer sa protection, son développement et son évolution durable à l’avenir ? C’est une base de relation complètement différente.
Je vais vous donner ma propre définition du développement régénératif. Lorsque nous régénérons quelque chose, nous permettons l’évolution de son essence dans un nouveau contexte, d’une nouvelle manière.
En tant qu’êtres humains, nous avons la capacité d’apporter une contribution à la vie de notre planète qui pourrait être fondamentalement différente de celle que nous offrons aujourd’hui. Nous avons accumulé une énorme quantité de pouvoir. Mais ce pouvoir n’est plus au service des principes du vivant.
La conscience humaine a une grande capacité à penser en termes de passé, de présent et aussi de futurs. Et c’est l’un des aspects fondamentaux de notre potentiel en tant qu’espèce. Nous pouvons reconnaître le potentiel d’une situation et agir en conséquence pour que ce potentiel se manifeste. Nous sommes des catalyseurs de l’évolution, si nous choisissons de l’être.
La manière d’aborder les défis mondiaux, c’est d’inventer des réponses appropriées aux territoires particuliers où nous vivons et travaillons. Plutôt que de choisir des solutions seulement technologiques, nous croyons que la réponse doit être de revenir à une relation d’amour et d’affection avec les endroits où nous vivons. Nous apprenons à comprendre en profondeur notre contexte, à l’appréhender suffisamment pour interagir harmonieusement avec lui, et à découvrir de nouvelles façons d’y être indigène.
La Tournée du Climat et de la Biodiversité est une exposition scientifique accessible à partir du CM1, proposant au public de comprendre les enjeux du changement climatique et de l’érosion de la biodiversité, afin de réfléchir aux choix de sociétés futures. Les visiteurs peuvent librement et gratuitement visiter l’exposition, seuls, en famille, entre collègues ou amis … La visite de l’exposition virtuelle permet d’apprendre en s’amusant, guidé par un, une ou plusieurs scientifiques spécialistes de thématiques abordées : « les Messagers du climat et de la biodiversité ».
Le format « exposition virtuelle » permet d’approfondir ses connaissances en prenant le temps de déployer les modules, lire les textes ou les écouter en version vocale. C’est un outil pertinent pour toucher un public plus nombreux, qui n’aurait pas pu avoir accès à l’exposition « version bois ».
L’exposition bois a été entièrement captée par une agence spécialisée, afin de la transformer en visite virtuelle. Chacun peut désormais bénéficier depuis chez soi de la qualité des contenus scientifiques proposés par la Tournée. C’est une occasion d’approfondir ses connaissances en prenant le temps de naviguer, déployer les modules, lire les textes ou les écouter en version vocale. Des enregistrements vidéo ponctuent l’exposition virtuelle, se rapprochant de cette rencontre si singulière entre le visiteur et le scientifique. Derrière l’écran, les scientifiques ayant conçu ces contenus sont bien réels, ils ont joué le jeu de l’enregistrement de capsules vidéo en studio, à la mi-octobre. Nous souhaitons nous inscrire dans un processus d’amélioration continue pour une expérience se rapprochant au maximum du réel. Ainsi, l’exposition virtuelle sera bientôt complétée d’une version numérique du jeu de la balance pour identifier comment réduire son empreinte carbone. Chaque visiteur pourra aussi également bientôt apporter sa propre contribution à l’arbre des solutions (numérique)
Un voyage dans l’espace et le temps
Guidés par les scientifiques « Messagers du climat et de la biodiversité », le visiteur franchit les trois étapes qui permettent de comprendre les changements en cours du climat et de la biodiversité et de découvrir les manières possibles d’agir, afin d’en limiter la portée. L’exposition se compose de trois espaces.
1. Les mécanismes du climat et de l’évolution de la biodiversité avec le climat
“Le climat de la Terre, c’est l’histoire du cycle de l’eau, du carbone et des grands équilibres énergétiques, mais c’est aussi l’histoire du vivant.” L’exposition débute par la présentation de la Terre et de ses composantes et explique que son climat dépend du soleil mais aussi du cycle du carbone et de l’effet de serre dans lesquels les humains sont impliqués. Pour les jeunes visiteurs un quizz propose de distinguer le climat de la météo.
« Le climat varie naturellement. » Renseignés par des archives naturelles dans les glaces, les stalagmites et les arbres, véritables témoins des changements du climat, les scientifiques ont pu établir les principales causes naturelles de ces changements. Mais les volcans, réchauffent-ils ou refroidissent-ils le climat ?
« La végétation terrestre naturelle s’adapte à ces conditions climatiques, mais celles-ci évoluent dans le temps et, avec elles, le vivant, qui s’efforce de les suivre. » Le visiteur est amené à découvrir les écosystèmes faits d’interdépendance entre les espèces et les milieux. Il découvre la biodiversité et ses différents niveaux de réalité et avec elle la diversité du vivant dans un tas de terre, un litre d’eau de mer ou un corps humain. Les plus jeunes visiteurs peuvent suivre un escargot tout au long de ce parcours.
« Les êtres vivants font face aux changements environnementaux (naturels ou induits par l’humain) au moyen de l’adaptation, l’acclimatation et la migration. »
Au travers d’espèces emblématiques comme l’oie, l’ours, le poisson des glaces et la cigogne blanche, les visiteurs découvrent comment les êtres vivants font face aux variations naturelles des climats.
2. Le rôle des humains sur les évolutions en cours et à venir, et leurs conséquences dans le monde et en France
“La prise en compte des facteurs humains permet de reproduire le réchauffement observé.” Dans cet espace, des preuves sont apportées du rôle déterminant des humains sur l’évolution du climat récent. On s’y interroge sur les scénarios climatiques du XXIe siècle, allant d’un scénario « à hauts risques » à un scénario « sobre ».
« Désormais, les régions et les personnes les plus exposées et les plus vulnérables font et feront face à des risques plus élevés. » Le scénario à hauts risques se décline sur des changements futurs qui poursuivent et amplifient les changements déjà observés à l’échelle planétaire sur la fonte des glaces, l’augmentation du niveau de la mer, certains événements extrêmes et la baisse des ressources en eau. Mais le scénario sobre, qui ne permet pas d’éviter certains changements, les atténue fortement. Ces scénarios se déclinent à l’échelle de la France et les visiteurs sont amenés à comparer les effets des deux scénarios sur les événements extrêmes, l’enneigement, les risques côtiers, les forêts et la vigne, en feuilletant un livre de cartes.
« La réintroduction d’une espèce par l’humain ou son retour naturel ne peut réussir que si les habitats sont restaurés et en capacité de l’accueillir de façon pérenne. » Le scénario à hauts risque se traduirait par des disparitions majeures d’espèces. D’ailleurs, le processus amorcé montre ses prémisses chez certaines espèces dont la démographie et la biomasse sont déclinantes. Mais quelques exemples comme le brochet dans la Seine, la fourmi moissonneuse en région méditerranéenne ou le vautour des régions de montagne montrent des chemins vers un rétablissement de populations jadis très menacées.
« L’IPBES (Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques) a classé la liste des cinq menaces qui pèsent sur la biodiversité ». Le changement climatique n’est que la troisième menace qui pèse sur la biodiversité et il est important de considérer aussi les quatre autres : les changements d’usage des terres et de la mer, l’exploitation des êtres vivants, la pollution et les espèces invasives.
3. Les actions possibles pour limiter la portée de ces changements, du collectif à l’individu, de la planète au territoire local.
« Non, il ne nous reste pas que 3 ans pour garder une planète viable. » « Il n’est jamais trop tard pour agir. » Cet espace présente des solutions possibles pour faire face aux défis du changement climatique et de l’érosion de la biodiversité et invite le visiteur à débattre avec les scientifiques présents au cours de la visite. Agir pour le climat vise à contenir le réchauffement planétaire nettement en dessous de 2 °C par rapport au niveau préindustriel et de poursuivre les efforts pour qu’il se limite à 1,5 °C. Cet objectif va demander des efforts importants de réduction des émissions de gaz à effet de serre et donc une transformation profonde des modes de vie, de consommation et de production. Il faudra dans le même temps s’adapter aux changements inévitables.
« De l’individuel au collectif, de la prise de décisions locales jusqu’au niveau mondial, nous sommes tous acteurs de cette transformation. » Le visiteur est d’abord invité à faire un diagnostic des émissions mondiales selon différents points de vue et à identifier quels sont les secteurs qui en France doivent être considérés comme prioritaires. Les visiteurs les plus jeunes, mais aussi les adultes, sont orientés vers un diagnostic individuel des émissions sous forme de jeu leur permettant aussi d’identifier ce qui est prioritaire à leur niveau.
Les actions possibles sont ensuite déclinées pour les deux secteurs sociaux et économiques clés que sont les transports et les bâtiments et pour deux domaines qui touchent à l’ensemble des secteurs, à savoir les énergies et le numérique. Chaque visiteur peut y voir des actions qui se décident au niveau des États, des entreprises, des collectivités territoriales mais aussi au niveau individuel. Les visiteurs plus jeunes sont amenés à s’interroger sur leur façon de se déplacer ou sur leur usage du numérique.
Agir pour la biodiversité, c’est d’abord agir en profondeur contre les causes de son déclin dans chacune de nos activités : comment se nourrir, se loger, se déplacer, produire… sans continuer à dégrader la biodiversité. C’est aussi restaurer la nature, partout où elle a été dégradée, et préserver son potentiel évolutif.
« La biodiversité porte en elle-même une histoire que l’on peut voir comme un patrimoine qui se mesure en millions d’années d’évolution. » Les visiteurs sont amenés à s’interroger sur les enjeux de la préservation de la biodiversité. Depuis la production de notre dioxygène jusqu’aux liens avec la santé humaine en passant par son rôle de régulation du climat, ce sont de multiples raisons d’agir qui sont évoquées.
Les actions possibles sont ensuite déclinées dans différents domaines comme l’éducation, l’urbanisme, l’alimentation ou l’agriculture. Les exemples choisis permettent de mesurer l’interdépendance entre la préservation de la biodiversité et la lutte contre les effets des changements climatiques. Par exemple l’agroécologie et le stockage du carbone dans les sols font de l’agriculture un des domaines où ces deux objectifs peuvent être utilement combinés.
« La sagesse de la nature » transporte le lecteur dans un voyage à travers les mystères de la nature, l’invitant à découvrir les profondeurs du lien intime qui le connecte au monde naturel et vivant. Une invitation à redécouvrir l’immense sagesse de la nature et ses bienfaits. À travers la géométrie des formes, l’équilibre des éléments vivants et les cycles éternels des saisons, ce livre réveille un émerveillement devant la nature et révèle un art de vivre en harmonie sur Terre.Évelyne Monsallier a accepté de répondre aux neufs questions essentielles pour Cdurable.
Dans une période où la quête de bien-être et de reconnexion à la nature s’intensifie, Evelyne Monsallier propose une approche unique, avec son nouvel ouvrage « La sagesse de la nature« , à la recherche du bien-être holistique inspiré des enseignements naturels.
Ce véritable guide pratique pour se reconnecter au vivant réunit des informations, réflexions et pratiques concrètes pour retrouver un équilibre physique, émotionnel et spirituel, en harmonie avec la nature …
Se laisser guider vers une meilleure compréhension de notre place dans l’univers, de notre relation avec la nature et découvrir comment écouter la voix subtile de la Terre, rencontrer les esprits bienveillants qui veillent sur les écosystèmes et vivre en harmonie avec toute forme de vie.
Évelyne Monsallier, Dre Msc. D. en sciences métaphysiques, est une entrepreneure multicasquettes dans le domaine de la nature, du mieux-être et de la spiritualité.
Ouvrir son cœur et son esprit à la beauté intemporelle et à la magie de la nature. Réveiller notre connexion sacrée avec elle et apprendre comment cette relation peut nous aider à vivre heureux et en équilibre sur Terre.
“Là, une grande paix m’envahit. Attentif aux sons et aux odeurs, je m’éveille à la présence tranquille du monde végétal. Je me sens vivant, à la surface de la planète Terre, à l’instant présent de l’évolution de l’Univers.”
Hubert Reeves
Cet ouvrage invite à renouer avec les enseignements des éléments naturels, à travers une approche holistique du bien-être. L’auteure partage des réflexions et des pratiques inspirées de son lien profond avec la nature, permettant à chacun de retrouver paix intérieure et équilibre spirituel.
Un livre pour se reconnecter à la nature
La sagesse de la nature est une invitation à découvrir les enseignements de la nature et à les intégrer dans notre quotidien pour atteindre un équilibre spirituel et émotionnel. Evelyne Monsallier, auteure, coach, naturopathe et conseillère en aromathérapie, phytothérapie et herboristerie, souhaite offrir à ses lecteurs des réflexions et des pratiques inspirées par la nature, guidées par une approche holistique du bien-être.
L’approche d’Évelyne se distingue par sa vision globale, liant les enseignements de la nature aux éléments spirituels. Le livre invite à une compréhension plus profonde des énergies naturelles et de leur influence sur le bien-être physique, émotionnel, et mental de tout un chacun.
Des pratiques issues des énergies naturelles
Dans son livre, Evelyne Monsallier partage des pratiques concrètes et des réflexions issues de ses expériences personnelles et professionnelles. L’ouvrage explore divers thèmes liés à la nature et à la spiritualité, offrant aux lecteurs des outils pour se reconnecter à leur propre équilibre intérieur.
De la méditation inspirée par les cycles naturels, aux exercices pour éveiller sa connexion intérieure, en passant par les remèdes naturels, les élixirs et l’utilisation des énergies subtiles, chaque chapitre est pensé comme un guide pratique et inspirant pour favoriser le bien-être au quotidien.
4 raisons de lire La sagesse de la nature
Une approche globale : La vision holistique d’Évelyne relie la nature, la lumière et les énergies subtiles pour offrir une méthode complète de bien-être. Sa méthode combine les principes des trois couleurs primaires de la lumière à notre constitution énergétique, les propriétés des couleurs, des sons, des plantes et des cristaux, permettant aux lecteurs de comprendre comment harmoniser leur équilibre physique, émotionnel et mental.
Des outils concrets : La sagesse de la nature propose des pratiques et des réflexions ancrées dans le réel. Les lecteurs pourront y découvrir des techniques pour utiliser les énergies subtiles de la nature dans leur vie quotidienne, que ce soit à travers des méditations, des remèdes et élixirs naturels ou des routines basées sur les cycles naturels.
Une alliance du monde naturel et spirituel : Ce livre lie la nature et la spiritualité, avec à la clé des outils pour se reconnecter à soi-même. Il explore comment les éléments naturels, comme les plantes, les fleurs, les cristaux, les couleurs et la lumière, peuvent devenir des alliés dans le cheminement spirituel de chacun.
Formations et accompagnement personnalisé : En tant que fondatrice de l’École Internationale de Chromobioénergie, Évelyne propose des formations pour les praticiens en thérapies naturelles. Ce livre s’inscrit dans cette démarche pédagogique, offrant des bases et des réflexions pour ceux qui souhaitent approfondir leurs connaissances dans le domaine du bien-être holistique et de la chromobioénergie.
Questions Cdurable ! ou c’est pas durable ?
Au delà des communiqués, qui ne présentent souvent que le « meilleur », et du développement durable, qui ne fait que tenter de réduire les impacts négatifs d‘une croissance volumique, nous nous intéressons aujourd’hui, 20 ans après la création de Cdurable.info, aux questions essentielles. Alors Cdurable ou pas ? 9 questions qui nous invitent à Comprendre pourquoi Agir & Coopérer avec le vivant, Cdurable !
Évelyne Monsallier, auteure, coach, naturopathe et conseillère en aromathérapie, phytothérapie et herboristerie, a accepté de répondre aux neufs questions Cdurable, essentielles comme les neufs besoins fondamentaux des êtres vivants dont les humains que nous sommes …
1 – Quelle est la nature de ma relation avec le vivant ?
Ma relation avec le vivant est fondamentalement spirituelle et profondément respectueuse de chaque forme d’existence. J’aborde chaque élément de la nature – qu’il s’agisse des plantes, des animaux, des cristaux, des éléments ou des énergies subtiles – comme un être conscient et vibrant, possédant sa propre sagesse et une énergie unique.
En tant que praticienne en chromobioénergie®, j’ai développé une sensibilité accrue aux vibrations de la vie dans toutes ses formes et dimensions. Cette relation m’invite à explorer non seulement les cycles naturels, mais aussi les interconnexions invisibles qui unissent tout ce qui existe, afin de guider chacun vers une harmonie profonde, physique et spirituelle, avec la Terre et l’univers.
2 – Quels sont mes besoins et choix d’alimentation ?
Mon alimentation privilégie les produits frais, de saison, issus de l’agriculture biologique autant que possible ou raisonnée, et je favorise les circuits courts. Je consomme avec plaisir des produits locaux issus de la production ou de l’élevage de fermiers de la vallée que je connais.
Je crois en une alimentation en harmonie avec les saisons, où chaque aliment est respecté pour son énergie vitale et ses bienfaits.
Les herbes médicinales occupent également une place de choix dans mon alimentation et mes préparations. Je fais attention aux espèces protégées et ne prélève qu’une toute petite partie de fleurs dans un champ sans jamais déterrer la racine. J’ai écrit notamment, dans mon livre « La pharmacie naturelle des Anges », un texte à propos des règles de base de la cueillette. J’encourage chacun à écouter les besoins profonds de son corps et à privilégier une nourriture qui soutient à la fois sa santé et l’équilibre de la planète.
3 – Quel est mon type d’habitat actuel et idéal ?
Mon habitat actuel est un chalet en bois niché dans les Hautes-Alpes, dans une zone Natura 2000, où la nature règne en maître et m’offre chaque jour un spectacle enchanteur. Ce chalet, dont j’ai moi-même réalisé les plans en tant que maître Feng Shui, a été construit en collaboration avec un constructeur traditionnel de la vallée. Pour optimiser l’harmonie du lieu, j’ai effectué une étude de géobiologie afin de positionner le chalet sur le réseau sacré de Saint Michel Apollon, profitant ainsi d’une vibration très élevée, oscillant entre 90 000 et 900 000 unités Bovis.
J’ai également étudié la circulation du Qi et de la lumière dans chaque pièce, équilibrant les éléments pour créer un espace harmonieux. À l’extérieur, nous avons collaboré avec le constructeur, tandis que mon mari et moi avons pris soin de l’aménagement intérieur, orientant chaque planche en fonction de son énergie naturelle et de son sens de polarité.
Chaque jour, je partage des moments uniques avec les habitants de cette nature préservée. Dès le matin, au moment du petit-déjeuner, je suis entourée de mésanges, de rouge-gorges, de geais, de merles, et même de pics-verts qui ont trouvé ici un refuge grâce à mes soins attentifs, surtout en hiver. Le coucou fait son apparition chaque année à la même époque. C’est avec bonheur que j’observe leur nombre croître, créant une véritable symphonie de vie autour de mon chalet. Des écureuils espiègles viennent jouer sur ma terrasse et semblent parfois prêts à entrer pour s’abriter du froid et il n’est pas rare de croiser des chevreuils au lever ou au coucher du soleil, ou même un renard curieux qui s’aventure près de chez moi.
Mon jardin, bien que modeste, comprend un espace enchanté que j’appelle mon « jardin des fées » ; un petit potager, ainsi qu’un espace pour mes plantes médicinales et des fleurs persistantes pour mes élixirs et remèdes naturels.
Mon rêve serait de vivre dans un habitat complètement autonome, fonctionnant à partir d’énergies renouvelables et optimisé selon des principes de géobiologie, mais les contraintes financières ne nous ont pas permis de le réaliser entièrement. Cependant, nous avons fait de notre mieux pour respecter et préserver l’environnement qui nous entoure, privilégiant une approche en symbiose avec la Terre.
4 – Quelle activité physique favorise mon bien-être et ma santé ?
Je pratique des activités douces et en lien avec la nature, comme la marche en pleine nature, la randonnée en montagne, le VTT, le yoga et la méditation en mouvement. J’aime explorer les sentiers, m’imprégner de l’énergie des arbres et des éléments naturels. Ces activités me permettent de rester connectée au vivant, tout en cultivant force, souplesse, et équilibre intérieur. Pour moi, le mouvement doit être un moyen d’harmoniser le corps et l’esprit.
Mon parcours m’a fait explorer de nombreux domaines, des sciences de la santé aux médecines douces, de la métaphysique à la chromobioénergie. Mon expérience personnelle, enrichie par ma formation et mes rencontres, m’a enseigné à écouter et à observer la nature pour en tirer les leçons.
La sagesse des anciens et les connaissances scientifiques m’ont guidée dans ma compréhension de l’interconnexion entre la Terre, les énergies et la santé humaine.
6 – Quel est le sens que je donne à mon travail ?
Je souhaite aider chacun à se reconnecter avec la nature et à retrouver un équilibre profond entre le corps, l’esprit et l’environnement. J’aspire à offrir un espace de guérison et de compréhension où chaque individu peut explorer les bienfaits de la nature pour son propre bien-être, tout en prenant conscience de sa responsabilité en tant que gardien de la Terre.
7 – Quelle énergie j’utilise pour mes usages et besoins ?
Dans la mesure du possible, j’utilise des sources d’énergie renouvelables et veille à limiter ma consommation. Je privilégie le bois pour le chauffage et envisage peut-être d’autres sources d’énergie renouvelable pour l’avenir, comme les panneaux solaires.
Cependant, pour moi, la notion d’énergie dépasse l’électricité ou le chauffage. Elle englobe aussi l’énergie subtile qui circule dans mon environnement. J’accorde une attention particulière à ce que chaque objet, chaque espace de mon habitat respecte une harmonie naturelle et énergétique, en alignement avec les principes du Feng Shui et de la géobiologie.
8 – Quelle est mon implication personnelle pour l’intérêt général ?
À travers mes livres, mes formations et mes conférences, j’essaie de transmettre une vision de la santé et du bien-être en harmonie avec la nature. Mon engagement s’exprime également dans la création d’élixirs et de pratiques de chromobioénergie, qui visent à sensibiliser chacun à la beauté et à la puissance de la nature, tout en encourageant une consommation respectueuse de ses ressources.
9 – Quels sont mes liens de coopération et ma participation au bien commun ?
Mon travail dans le domaine du bien-être et de la santé naturelle m’a permis de tisser des liens avec d’autres praticiens et professionnels du bien-être, avec qui je partage mes savoirs et pratiques. Je suis également en pleine démarche pour établir des connexions avec des spécialistes de la nature et des acteurs de la préservation de l’environnement.
Ces échanges et futures collaborations s’inscrivent dans mon engagement pour contribuer à une prise de conscience collective sur l’importance de la nature dans notre équilibre global. Mon objectif est d’unir nos forces pour sensibiliser et agir ensemble, avec une approche respectueuse et durable pour notre planète.
10 – Carte blanche : quel est le message essentiel que vous souhaitez faire passer à nos visiteurs ?
Le message essentiel que je souhaite transmettre est que la nature est notre plus grand maître et notre plus grand soutien.
Dans un monde où la technologie tend à nous éloigner de plus en plus du vivant, il est crucial de nous rappeler que nous sommes profondément liés à la Terre. Selon ma vision, la Terre est une véritable arche de vie, conçue pour abriter tout ce dont l’être humain a besoin pour se nourrir, se soigner et s’épanouir.
Elle contient en elle des trésors naturels, des plantes médicinales aux minéraux, qui répondent aux besoins de notre corps, de nos émotions et de notre esprit. La nature est généreuse. Elle co-crée avec la lumière. En effet, elle s’imprègne de la lumière solaire afin de donner naissance à des plantes, des fleurs, des fruits… pour nous nourrir et nous soigner. Grâce à ses énergies et à ses cadeaux, nous pouvons retrouver la santé, la sérénité et une harmonie durable, tout en respectant cette arche qui nous soutient depuis l’aube de l’humanité.
Agnès PANNIER-RUNACHER, ministre de la Transition écologique, de l’Énergie, du Climat et de la Prévention des risques, François DUROVRAY, ministre délégué auprès de la ministre du Partenariat avec les territoires et de la Décentralisation, chargé des Transports, et Olga GIVERNET, ministre déléguée chargée de l’Énergie, ont présenté aujourd’hui la Stratégie nationale bas-carbone (SNBC) et la Programmation pluriannuelle de l’Énergie (PPE), deux textes stratégiques désormais ouverts à la concertation du public jusqu’au 15 décembre 2024.
Publiés aujourd’hui, ces documents actent l’adoption par la France d’objectifs extrêmement ambitieux :
En matière de climat, la Stratégie nationale bas-carbone (SNBC) est mise à jour avec désormais un objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 50% d’ici 2030, contre 40% précédemment;
En matière de mix énergétique, la Programmation pluriannuelle de l’Énergie (PPE) est mise à jour avec l’objectif de passer d’une consommation énergétique à 60% carbonée à une consommation énergétique à 60% décarbonée d’ici à 2030.
À l’horizon 2050, l’atteinte de la neutralité carbone implique de réduire au maximum les émissions résiduelles. L’évolution des puits naturels et technologiques sera également déterminante pour l’atteinte de notre objectif.
Définissant la trajectoire et les objectifs de la France pour mener sa transition climatique et énergétique, la SNBC et la PPE constituent, avec le Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC), le socle d’une action cohérente, intégrée et ambitieuse: la Stratégie Française pour l’Énergie et le Climat. Ils traduisent également la mise en cohérence avec les objectifs européens inscrits dans le Pacte vert pour l’Europe (paquet Fit for 55 ).
Ces objectifs sont en totale adéquation avec les nouvelles mesures qui entreront en vigueur dès 2025 : L’obligation de réaliser un bilan carbone d’entreprise pour les structures de plus de 250 salariés.
La Stratégie Française pour l’Énergie et le Climat
Quelle articulation avec les autres documents de planification ?
La France travaille depuis 2021 à la révision des 3 documents de planification en matière de climat et d’énergie : la Stratégie nationale bas-carbone (SNBC), la Programmation pluriannuelle sur l’énergie (PPE) et le Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC).
Ces 3 documents constituent la Stratégie Française pour l’énergie et le climat (SFEC), qui vise à traiter de manière cohérente les enjeux de décarbonation et à renforcer l’articulation entre l’atténuation et l’adaptation au changement climatique :
La SNBC et la PPE prennent en compte les variabilités de l’évolution du climat futurpour que la stratégie climatique et énergétique de la France soit résiliente.
La SNBC et la PPE se fondent sur le même scénario de référence et doivent garantir pour tous les secteurs (transports, agriculture, bâtiments, industrie, énergie, déchets) une adéquation entre le besoin et la ressource (énergie, capacité industrielle des filières, disponibilités de compétences…) à chacun des horizons temporels 2030 et 2050.
La SNBC et la PPE visent à contribuer à l’objectif collectif de l’Accord de Paris : maintenir l’élévation de la température moyenne bien en-dessous de 2 °C et si possible à 1,5 °C.
La SNBC définit la feuille de route en matière d’atténuation pour l’ensemble des secteurs, production et transformation d’énergie compris, et la PPE traduit de manière plus opérationnelle, pour les 10 années à venir, les orientations de la politique énergétique.
Ces documents s’appuient sur un important travail de modélisation qui permet de s’appuyer sur un scénario de transition climatique et énergétique fiable et crédible, et ce pour tous les secteurs d’activité – avec notamment un fort focus sur les mobilités propres.
Stratégie de développement des mobilités propres
Répartition des émissions au sein des aires urbaines, Source : ENTD2008, DEEM Cerema Consommation d’énergie finale des transports domestiques (hors soutes internationales) (historique et projections) (source : Bilan énergétique de la France, SDES, édition 2022 ; modélisations DGEC ; périmètre Kyoto (France et territoires d’outre-mer) Equation de Kaya appliquée aux transports (source : Aurélien Bigo, Les transports face au défi de la transition énergétique. Explorations entre passé et avenir, technologie et sobriété, accélération et ralentissement, 2020)
Créée en 2015, la Stratégie nationale bas-carbone (SNBC) est la feuille de route de la France pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Autrement dit, c’est notre cadre d’action en matière d’atténuation du changement climatique.
3ème Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC) : Analyses et recommandations du Comité 21
La troisième Stratégie Nationale Bas Carbone vient renforcer le scénario issu de la précédente et des mesures prises jusqu’à fin 2023, ce qui conduirait à une baisse des émissions de la France de seulement 40%. Des mesures supplémentaires s’avèrent donc nécessaires ; mais l’effondrement des puits de carbone forestier constitue une contrainte nouvelle, qui débouche sur un objectif de la SNBC3 limité à 50% (soit 251 millions de tonnes équivalent CO2), cinq points en deçà de l’objectif du Pacte Vert d’une diminution de 55% des émissions entre 1990 et 2030.
La consultation en cours sur la SNBC, sur la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) et du Plan National d’Adaptation au Changement Climatique (PNACC), intervient avec retard, sans préciser certaines orientations (empreinte carbone, horizon 2050…) ni conduire l’évaluation environnementale. Le Comité 21 considère nécessaire de publier rapidement la SNBC, la seule cause pertinente justifiant un nouveau décalage pouvant être le vote d’une loi d’approbation, qui aurait l’avantage de renforcer la crédibilité de cette Stratégie et de permettre à la représentation nationale de débattre de ces questions.
Le Comité 21, attaché au dialogue entre parties prenantes, fondement de l’ODD 17, a décidé de participer à cette consultation et souhaite à l’avenir être plus étroitement associé aux phases de concertation.
Programmation pluriannuelle de l’énergie
Créée par la loi du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte, la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) est un outil de pilotage de la politique énergétique de la France, qui fixe les priorités d’actions pour atteindre la neutralité carbone en 2050, une nécessité pour répondre au défi climatique.
Elle fixe des objectifs concrets dans les domaines de consommation et de production énergétique (baisse des consommations, développement des énergies renouvelables et du nucléaire, etc.) pour les dix années à venir.
Parce que les changements induits par de tels objectifs touchent l’ensemble de la société, les citoyens sont au cœur de cet exercice de programmation. Deux concertations nationales et une consultation du public ont été organisées depuis fin 2021, permettant à chacun de s’exprimer sur les choix de politiques publiques et sur les objectifs associés.
A l’issue de cette concertation publique, le Gouvernement procédera à l’analyse des avis des citoyens, des acteurs institutionnels et des entreprises, et en publiera une synthèse.
La plateforme de simulation « France Net Zéro », développée par Carbone 4 en partenariat avec la Fondation européenne pour le climat (ECF), l’ADEME et la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC), a été mise en ligne le 4 novembre 2024.
Initié par le Groupe AFNOR et L’ENTREPRISE SYMBIOTIQUE et co-construit avec de nombreux experts multisectoriels1, ce document établit un cadre structuré pour identifier, reconnaître et encourager les projets régénératifs. Grâce à des exemples concrets, il propose une alternative à l’économie extractive en soutenant des initiatives régénératives, tout en visant à éviter le « regen-washing » et les abus de cette notion.
Méthode de critérisation de l’étendue régénérative d’un projet entre les paradigmes d’exploitation, de préservation et de régénération appliquée aux quatre écosystèmes (L’entreprise symbiotique, 2024)
« L’économie régénérative est un modèle d’activités agissant pour l’intégrité du vivant, humain et non-humain, et soutenant la vitalité des écosystèmes écologiques et sociaux avec lesquels il coconstruit, dans une spatialité définie. Sa création de valeur se caractérise par une prospérité écologique, sociale et économique, en intégrant le renouvellement continu, en qualité et en quantité, des matériaux, de l’énergie, des ressources naturelles et des capacités vivantes humaines et non-humaines. »
Répartition des critères de caractérisation d’un projet selon les paradigmes Exploiter, Préserver, Régénérer, qualifiant leur soutien à la vitalité des écosystèmes écologiques et sociaux, leur création de prospérité économique et leur intégration du renouvellement continu, en qualité et en quantité des ressources naturelles, (dont matière et énergie)
Les critères proposés évaluent ainsi :
Le soutien à la vitalité des systèmes vivants
Le soutien à la vitalité des systèmes sociaux
La création de prospérité économique
L’intégration du renouvellement continu en qualité et en quantité des ressources naturelles (dont matière et énergie)
Ce guide, publié sous forme d’une AFNOR Spec, accompagne les acteurs de secteurs émergents en définissant les bonnes pratiques à partager. À terme, il pourrait évoluer vers une norme « classique » lorsque le sujet sera plus mature, consolidant ainsi une base solide pour les entreprises souhaitant évoluer dans ce cadre.
L’action sur équilibres identifiés par les limites planétaires pour une économie régénérative (Isabelle Delannoy, 2020)
L’économie régénérative est un modèle d’activités agissant pour l’intégrité du vivant, humain et non-humain, et soutenant la vitalité des écosystèmes écologiques et sociaux avec lesquels il coconstruit, dans une spatialité définie.
Sa création de valeur se caractérise par une prospérité écologique, sociale et économique, en intégrant le renouvellement continu, en qualité et en quantité, des matériaux, de l’énergie, des ressources naturelles et des capacités vivantes humaines et non-humaines.
L’espace juste et s˚r ou Donut (K. Raworth, 2017)
Triple régénération
La triple régénération est intrinsèque à l’économie régénérative.
Pour être durable le système doit être capable de se régénérer dans ces trois domaines : écologique, sociale et économique.
▪ Régénérationécologique : toute action qui favorise le plein potentiel des services rendus par les écosystèmes vivants. Il maximise la production de services écologiques par unité de surface mobilisée et encourage la désartificialisation des sols (en repartant des sols, les paysages sont aussi régénérés dans leur ensemble), des cours d’eau … ▪ Régénérationsociale : toute action qui favorise directement et indirectement l’emploi de qualité, le sens du travail, l’organisation et la sécurité le permettant ; le lien social, le bien-être des individus (physique, physiologique, mental), l’augmentation de ses possibilités de choix et de ses capacités d’agir pour son épanouissement (mode d’acquisition de revenus, de compétence, de relations, d’accès à des services, aspirations, culture) notamment sur le territoire où l’acteur est implanté. ▪ Régénérationéconomique : création des conditions économiques et financières qui favorisent directement et indirectement l’épanouissement de ses parties prenantes, par l’échange ou le partage de la valeur, par l’augmentation de la disponibilité des facteurs de production, par la diminution des charges ou encore par l’accès facilité au marché.
Les principes d’une économie régénérative au regard des modèles existants
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