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Choisir le hors sentier comme pratique pédagogique : un éloge collectif de la « bartasse »

Les Éditions Cafard et le FRENE ont publié le livre « Éloge de la bartasse – Le hors sentier comme pratique pédagogique », un ouvrage collectif qui met en lumière l’importance de sortir des sentiers battus dans l’éducation. La bartasse est une pratique inspirée du maquis, qui encourage l’exploration audacieuse de la nature, loin des chemins balisés. En s’enforestant, les éducateurs et les apprenants développent leur motricité, leur imagination, et renforcent leur lien avec le vivant. Les auteurs et autrices partagent dans ce livre, gratuit dans sa version numérique, expériences et réflexions accumulées au fil de plusieurs années de pratiques de terrain.

S’immerger dans la nature
Illustration : Cassandre Faugeroux

Le FRENE et la Dynamique Sortir !

Animée par Le FRENE, la Dynamique Sortir ! rassemble depuis 2008 des acteurs·rices de
l’éducation à l’environnement, de l’éducation nationale, de l’éducation populaire et des activités
physiques de pleine nature souhaitant promouvoir l’éducation dans la nature, pour tous.tes, tout au
long de la vie
.

Réseau Français d’Éducation à la Nature et à l’Environnement

SORTIR DES SENTIERS, CRÉER SON CHEMIN…

Pédagogie de l’aventure
Illustration : Cassandre Faugeroux

Manifeste de la Dynamique Sortir !

Le hors sentier favorise non seulement l’autonomie et l’émancipation, mais permet aussi une meilleure appréhension des risques et l’apprentissage du collectif.

« La bartasse est une expression et une pratique du maquis. Elle vise à sortir du chemin sans crainte de traverser buissons et broussailles.

Bartasser, c’est faire un pas de côté, s’enforester, partir à l’aventure,… pour en revenir toujours un peu plus vivant·e·s.

Mais quels sont les intérêts pédagogiques de la bartasse ? Dans quelles conditions sortir du sentier avec un groupe ? En pleine forêt ou à travers champs, nous avons trouvé matière à développer la motricité, l’attention, l’imagination et notre lien au vivant ; favoriser l’autonomie et l’émancipation ; appréhender les risques et apprendre à fonctionner de manière collective.

A l’époque du hors sol, nous cherchons des voies pour toucher terre. La bartasse nous est apparue comme une piste éducative à ouvrir. Nous l’arpentons depuis plusieurs années avec la Dynamique Sortir et, à travers cet ouvrage, nous vous partageons nos expériences et réflexions. Cet écrit collectif valorise le hors sentier comme approche pédagogique. Il invite à sortir des chemins tout tracés. »

Télécharge le livre en PDF ou Commander la version papier

Informations complémentaires :

  • Date de publication : 01 septembre 2024
  • Éditeur : Éditions Cafard et FRENE
  • Illustrations : Cassandre FAUGEROUX
  • Nombre de pages : 92
  • ISBN : 978-2-490003-12-9
  • Dimensions : 14,8 × 21 × 0,5 cm
Faire collectif
Illustration : Cassandre Faugeroux

Le projet « Bartasse »

Ce projet d’écriture collective a été initié aux rencontres nationales Sortir de janvier 2019 dans les Pyrénées-Orientales, stimulé par une itinérance de terrain sur le thème du hors sentier. Plusieurs ateliers d’écriture, d’échanges et d’immersions nature se sont ensuite tenus aux rencontres Sortir suivantes,
en Vendée, en Ardèche et dans le Luberon, complétés par du travail à distance et deux résidences pédagogiques en Corrèze et en Vendée.

Je n’ai jamais aimé les rangs et les chemins tout tracés. A l’orée du bois, il y a différents types de chemins : avec certains, on va dans la nature ; avec d’autres, on part s’enforester. Sur certains, on balade notre public comme un vase qu’on remplit ; sur d’autres, on les ballade comme une source qu’on laisse jaillir. La forêt, on peut y entrer en touriste, en voyageur, en poète, en pisteur, avec toutes sortes de projets. Mais en route, le mieux est de se perdre, car on ne va jamais aussi loin que lorsqu’on ne sait pas où l’on va. Lorsqu’on s’égare, les projets font place aux surprises et c’est alors que la bartasse commence. Elle m’a ouvert un nouveau rapport au monde. J’y ai trouvé un terreau d’affects fertiles pour l’action, l’expression et la coopération. Faire côtoyer la vie, s’enraciner dans ce dehors, l’inspirer, s’en inspirer, l’exprimer ensemble et voir jusqu’où se propagent les jeunes pousses. Mes plus beaux instants, c’est quand on est ensemble en pleine bartasse, au milieu de nulle part, mais au centre de tout, en état de « vagabondir ». Les sentir chez eux, savoir qu’ils n’ont plus besoin de moi pour aller en forêt, qu’une partie de leur enfance habite ici, connectée à ce que la vie a de plus réel.

Julien
Pistes pédagogiques
Illustration : Cassandre Faugeroux

Même si elles sont essentielles, le collectif a fait le choix de ne pas aborder les questions réglementaires et de respect des milieux naturels. Loin d’inciter tout un chacun à pratiquer le hors sentier partout, tout le temps et n’importe comment, ce document concerne celles et ceux qui savent se méfier du « trop » en immersion nature (froid, chaud, difficile) et de ses effets contreproductifs sur les personnes.

Les propositions d’aventures ne font jamais l’économie de la sécurité physique, morale et affective.

Cet ouvrage s’adresse aussi à celles et ceux qui mesurent les impacts potentiels de nos pratiques éducatives sur les écosystèmes : périodes de nidification des rapaces, contraintes du droit de propriété, réglementation des activités de randonnée et des espaces protégés, sensibilité des tourbières, des pentes érodées, des sites trop fréquentés, des dunes, des ruisseaux ou des marais.

Lorsqu’on décide de cheminer hors sentiers, il s’agit de doser, s’adapter, se renseigner, savoir qui on emmène et pourquoi, limiter la taille des groupes, s’interdire certains itinéraires et périodes sensibles…

Mais, selon le collectif, il est inexact d’affirmer de manière absolue « qu’une balade hors sentier abime la nature ». L’impact environnemental d’une progression hors sentiers, préparée, encadrée, occasionnelle et en petit groupe dans le maquis ou en forêt est minime. Nous dérangerons peut-être quelques animaux mais l’important est de mesurer les risques, les mettre en balance avec les bénéfices escomptés et faire ses choix.

Être convaincu·e·s de l’intérêt d’aventures hors sentier, en immersion dans des milieux peu aménagés, nous donne l’opportunité de nous lier de manière plus intime avec les non-humains.

Cela ouvre des possibles éducatifs qui permettent d’agir sur notre relation au vivant, nos capacités à prendre des risques, à agir collectivement et à s’émanciper, c’est à dire à répondre à quelques besoins fondamentaux des individus et des sociétés.

Bien sûr, l’éducation nature accomplit cela aussi sur les sentiers, dans les rues et les cours d’écoles. Pas besoin de bartasser pour éduquer à l’environnement ! Pour certain·e·s, cheminer au plein air sur des chemins de campagne est déjà quelque chose d’exceptionnel, source de grande aventure,… et s’embarquer dans les ronces n’est pas toujours la panacée.

Les limites de la bartasse sont nombreuses mais, ayant fait le parti pris de l’éloge, l’ouvrage ne s’attardera pas dessus. Le propos des auteurs n’est pas pour autant de dénigrer le sentier, en affirmant que la bartasse « c’est plus et mieux ! » Le hors sentier est plutôt une option qui s’offre à nous et que nous pouvons explorer, de temps à autres, lorsque qu’avec ce groupe et à ce moment là, cela paraît pertinent.

ÉLOGE DE LA BARTASSE
Le hors sentier comme pratique pédagogique
Version numérique

Les KPIs environnementaux : des indicateurs de performance essentiels pour piloter la transition écologique d’une entreprise responsable

Face à l’urgence climatique, il est impératif pour les entreprises responsables d’identifier l’impact environnemental de leur activité. Les KPIs environnementaux (key performance indicators ou indicateurs-clés de performance) sont des outils essentiels pour piloter la transition écologique et mesurer les progrès vers des objectifs durables.

Indicateurs et outils de mesure : Évaluer l’impact des activités humaines sur la biodiversité ?

Exemples de KPIs environnementaux ou indicateurs-clés de performance environnementale :

  • ➡️ Émissions de CO2 : Suivre les émissions directes et indirectes et établir des objectifs de réduction.
  • ➡️ Consommation d’énergie : Analyser la consommation énergétique et l’intégration des énergies renouvelables.
  • ➡️ Gestion des déchets : Suivre des volumes de déchets générés, valorisés et éliminés.
  • ➡️ Consommation d’eau : Optimiser l’utilisation de l’eau dans les processus industriels et commerciaux.
  • ➡️ Impact sur la biodiversité : Mesurer les effets des activités de l’entreprise sur les écosystèmes locaux.
  • ➡️ Produits et services durables : Suivre la part des produits éco-conçus ou ayant un faible impact environnemental.

Un KPI Environnemental peut être un aspect, un événement ou un impact environnemental …

Les entreprises qui adoptent ces indicateurs (KPIs) s’engagent activement pour l’environnement et se positionnent comme leaders dans la transition vers un modèle économique plus durable.

Imed HARKAT – Environmental Engineering | ESG | QHSE

Mise en place d’un Système de Management Environnemental (SME)

Le document « Les Indicateurs de Performances Environnementales » constitue l’annexe technique n°1 du rapport intitulé « Mise en place d’un Système de Management Environnemental (SME)1 ».

Les Indicateurs de Performances Environnementales

Le principal objectif de ce document2 est de présenter des lignes directrices synthétiques et, pratiques en vue d’aider les entreprises à développer une méthode d’évaluation de leur gestion
environnementale en utilisant des indicateurs de performance adaptés
.

Depuis quelques années, la plupart des entreprises ont pris conscience la nécessité de développer un outil d’évaluation de leur performance environnementale : « il est difficile de géré ce qui n’est pas mesuré ». Mais, nombreux sont les organismes (certifiées ou pas) qui éprouvent des difficultés pour mettre en place une méthode adaptée pour évaluer leur performance.

Plusieurs outils ont été développés afin d’aider les sociétés dans l’élaboration de leur panel d’indicateurs de performance environnementale. Une norme et un rapport technique ont été publiés récemment sur ce sujet par l’ISO.

Principes de mise en œuvre ESG : Découvrez comment l’IWA 48 soutient la gestion de la performance environnementale, sociale et de gouvernance (ESG) et facilite l’évaluation et le reporting selon les cadres existants, afin d’assurer la cohérence, la comparabilité et la fiabilité du reporting et des pratiques ESG à l’échelon mondial.

Qu’est-ce qu’un Indicateur de Performance Environnementale (IPE) ?

Un indicateur de performance environnementale est un outil qui fournit des informations sur les progrès réalisés par l’entreprise en matière d’environnement3.

Quelques indicateurs utilisés dans les entreprises :

    • L’évolution de la consommation annuelle en eau par rapport à un objectif fixé,
    • Le nombre d’objectifs « environnement » atteints en une année par rapport au nombre d’objectifs fixés,
    • L’évolution du tonnage des déchets mis en décharge au cours des dernières années,

    Idéalement, les indicateurs utilisés doivent être évalués par rapport à une performance antérieure, une référence réglementaire et/ou un objectif fixé par l’entreprise.

    Composition, structure et fonction de la biodiversité, présentées comme des sphères interconnectées, englobant plusieurs niveaux d’organisation / Source: NOSS, 1990. TRAD. VIMAl, 2010.

    Indicateurs et outils de mesure :
    Évaluer l’impact des activités humaines sur la biodiversité


    Pour qui et pourquoi élaborer des indicateurs de performance environnementale (IPE) ?

    Les deux missions des indicateurs de performance environnementales sont essentiellement l’aide à la décision et la communication (reporting) des informations. Ils sont très utiles en interne mais aussi pour la communication des informations à l’extérieur de l’entreprise.

    Utilité des indicateurs

    Les indicateurs doivent permettre de traiter l’information et de réduire le nombre de paramètres nécessaires pour rendre compte d’une situation. Ils facilitent la compréhension et l’interprétation des résultats.

    En interne, il est souvent nécessaire de disposer de plusieurs « niveaux » d’indicateurs. Plus on s’éloigne du stade strictement opérationnel, plus le nombre d’indicateurs doit être réduit. La direction désire, en effet, avoir une vision globale de la situation. Par contre, les opérateurs doivent disposer de données opérationnelles détaillées pour pouvoir réagir rapidement sur le terrain.

    A quel type d’organisme s’adressent ces outils ?

    La mise en place d’indicateurs de performance environnementale peut être intéressante pour tout type d’organisme qu’il soit certifié ou pas4. L’indicateur de performance peut être utilisé par des organisations de toutes tailles (de la PME à la grande entreprise ou la multinationale) et de tout type d’activité5.

    Pour les entreprises non certifiées, les indicateurs permettront d’identifier les principaux problèmes environnementaux de l’entreprise, d’agir pour tenter de les résoudre et d’évaluer si les actions menées ont été efficaces

    La construction des Indicateurs de Performance Environnementale peut également constituer une première étape pour la mise en place ultérieure d’un Système de Management Environnemental. Pour les entreprises qui mettent en place un Système de Management Environnemental (SME), l’utilisation des indicateurs de performance environnementale est vivement recommandée à divers stades :

    • lors de l’analyse environnementale initiale et de l’identification des aspects et impacts significatifs (tableau de bord de la situation initiale),
    • pour suivre l’évolution des objectifs fixés,
    • pour vérifier si le SME est efficace,
    • pour communiquer facilement les principales informations relatives à l’environnement,
    L’ISO 14001 entre en révision

    Combien d’indicateurs faut-il mettre en place ?

    Le nombre d’indicateurs de performance à développer dans un organisme est fonction de plusieurs paramètres (activités de l’entreprise, objectifs fixés…). Il convient, toutefois, d’optimiser le tableau de bord d’indicateurs : trop d’indicateurs rendent le résultat confus et occultent la vue d’ensemble que l’on veut obtenir, tandis que trop peu d’indicateurs risquent de ne pas être représentatif de l’ensemble de la situation de l’entreprise.

    De plus, la mise en place d’un système d’évaluation des performances environnementales demande un certain temps (collecte des données, traitement de l’information, communication…). Il est donc important de développer des indicateurs pertinents.

    Management environnemental : comment en faire, comment s’y former, comment le montrer ?

    En ce début de 21e siècle, la transition écologique est sur toutes les lèvres. Allant de pair avec les notions de sobriété, voire de frugalité – bas-carbone, efficacité énergétique – cette thématique constitue le pilier environnemental du triptyque social-écologique-économique propre aux concepts de développement durable et de RSE.

    Elle fait aussi intervenir la notion d’empreinte : empreinte écologique, empreinte carbone, empreinte biodiversité… C’est-à-dire le préjudice que cause une activité aux ressources, à la nature ou au climat, exprimé en tonnes équivalent CO2 pour le carbone. Appliquée au monde des déchets, elle introduit la notion d’économie circulaire et de cycle de vie.

    Tous ces sujets environnementaux doivent être traités dans l’entreprise. Ils doivent être pilotés au niveau stratégique, faire l’objet d’indicateurs pertinents suivis dans le temps, dans une logique d’amélioration continue. C’est ce qu’on appelle le management environnemental. Pour cela, il existe un outil efficace, reconnu comme tel partout dans le monde : l’ISO 14001.

    Pour le ou la responsable environnement que de l’entreprise, le groupe AFNOR dispose d’une palette de solutions bâties autour de cette norme, afin de pouvoir bâtir un système de management solide, le piloter en mode amélioration continue, monter en compétences, et faire reconnaître les progrès avec les bons signes distinctifs.

    Découvrir les outils et bonnes pratiques de l’AFNOR pour déployer un système de management environnemental solide

      1. Ce document a été élaboré dans le cadre d’une missions de soutien à la mise en place d’un Système de
        Management Environnemental dans les PME : Indicateurs de Performance Environnementale et stratégies de communication
        , confiée à la FUL par la DGRNE de septembre 98 à septembre 2000. ↩︎
      2. Ce document a été élaboré dans le cadre d’une mission, confiée à la FUL, subventionnée par le MINISTÈRE DE LA RÉGION WALLONNE ↩︎
      3. La norme ISO 14 031 définit l’indicateur de performance environnementale comme « une expression
        spécifique qui fournit des informations sur les résultats obtenus par la direction d’un organisme concernant ses aspects environnementaux
        ». ↩︎
      4. La norme ISO 14031 mentionne qu’elle peut être utilisée indépendamment de la norme ISO 14001. Mais
        contrairement à la norme ISO 14001, la norme ISO 14031 ne permet pas la certification d’une entreprise. ↩︎
      5. Le projet de rapport technique TR/ ISO 14032 fournit des exemples de mise en place d’indicateurs de
        performance dans divers types d’organismes : des entreprises de divers secteurs, un hôtel, un hôpital, … ↩︎

      170 actions pour lutter contre le changement climatique : un guide pour transformer la sensibilisation en impact concret

      Face à la crise climatique, la connaissance est un pouvoir, mais l’action est le véritable catalyseur du changement. Pour Pierre-Henry Dodart, Administrateur de l’État engagé pour la transition écologique, « 170 actions pour lutter contre le changement climatique » est un guide précieux qui transforme la sensibilisation en impact concret. Que vous soyez un particulier souhaitant agir ou une organisation déterminée à impulser le changement, ce guide vous donnera des pistes.

      Présentation du guide par Pierre-Henry Dodart

      Pierre-Henry Dodart
      Administrateur de l’État engagé pour la transition écologique

      Ce qui rend ce guide intéressant et utile selon Pierre-Henry Dodart, Administrateur de l’État engagé pour la transition écologique

      • 1️⃣ Pragmatique et universel car il propose 10 actions pratiques pour chacun des 17 Objectifs de Développement Durable (ODD). Ces idées visent à intégrer des changements simples dans la vie quotidienne, tout en tenant compte des différences culturelles, économiques et sociales.
      • 2️⃣ Le document rappelle que la consommation excessive est un problème majeur, mais que réduire la consommation mondiale ne peut être universellement appliqué. Une large part de la population n’a toujours pas accès aux besoins vitaux. Le guide invite chacun à réfléchir à ses besoins réels, tout en adoptant des alternatives respectueuses de l’environnement.
      • 3️⃣ Un éventail d’actions interconnectées qui couvrent des domaines variés, de la lutte contre la pauvreté à l’éducation, en passant par la santé, l’énergie ou encore l’égalité des genres. Chaque action est conçue pour être adaptée à votre environnement personnel, tout en favorisant un impact collectif4️⃣ Une approche collective et collaborative en mettant en avant des solutions communautaires, comme la création de hubs locaux pour le climat ou l’adoption de politiques vertes inclusives. Il souligne également l’importance de l’implication des jeunes et des populations marginalisées, en leur donnant les moyens d’agir.

      Quelques points clés à retenir :

      • ✔️ S’adapter à son contexte : les actions proposées sont basiques, mais doivent être ajustées aux situations locales pour être efficaces.
      • ✔️ Favoriser le changement systémique : les efforts individuels, bien qu’essentiels, doivent s’accompagner de plaidoyers collectifs pour des politiques climatiques plus ambitieuses.
        ✔️ Repenser les interactions globales : les ODD sont interconnectés, et agir sur un levier peut générer des impacts positifs dans d’autres domaines.

        À une époque où les effets du changement climatique s’intensifient, ce guide est une ressource pour comprendre et agir. Il essai de démontrer que, malgré l’ampleur des défis, chacune et chacun peut contribuer à construire un avenir plus résilient.

      Introduction

      Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité & les services écosystémiques IPBES
      Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité & les services écosystémiques IPBES

      La température moyenne sur terre augmente à un rythme anormalement rapide et menace l’équilibre des écosystèmes de notre planète.

      Les températures extrêmes, les inondations, les incendies à grande échelle et les extinctions massives d’espèces sont principalement attribuées à notre mode de consommation non durable, qui peut
      être observé depuis le début de l’ère industrielle. Par conséquent, et puisque nous dépendons des ressources naturelles, de nombreuses vies humaines sont de plus en plus menacées.

      Au lieu de baisser les bras, nous voulons agir dans la lutte contre le changement climatique et vous encourager à nous rejoindre. L’objectif est de maintenir l’augmentation de la température moyenne mondiale à moins de 2° C au-dessus des niveaux préindustriels. Cette mission est urgente pour la survie des êtres humains et c’est pourquoi nous devons tous participer – chacun est appelé à contribuer car nous dépendons tous de notre environnement naturel pour subsister à nos besoins.

      Cette brochure fait partie de la « Série 170 » lancée par le Projet de Changement de la Perception (PCP) des Nations Unies. Il vous donne 10 suggestions pour chacun des 17 Objectifs de Développement Durable (ODD) sur ce que vous pouvez faire au quotidien pour protéger l’environnement et aider à atténuer les effets du changement climatique.

      10 actions pour les 17 Objectifs de Développement Durable (ODD)

      Parce que « nos actions pour sauver la planète ne doivent pas ralentir« , les Nations Unies nous donne 10 suggestions pour chacun des 17 Objectifs de Développement Durable (ODD) sur ce que nous pouvons faire au quotidien pour protéger l’environnement et aider à atténuer les effets du changement climatique.

      170 actions pour lutter contre le changement climatique


      Multi-quoi ? Bref guide sur le multilatéralisme et son rôle au quotidien

      Le multilatéralisme est essentiel pour établir et conserver la paix, améliorer la qualité de nos vies et défendre les droits humains. Il est également indispensable dans la gestion de problèmes internationaux complexes, ou de crises sanitaires. Lorsque plusieurs pays affrontent un même problème ensemble, ils obtiennent inévitablement de meilleurs résultats.

      Multi-quoi ? a été inspiré et conçu par le Projet de Changement de Perception de l’Office des Nations Unies à Genève, dans le but de contribuer à une meilleure compréhension de ce concept. Ce site vise à présenter à un public vaste et non spécialisé, une notion complexe et souvent mal comprise, en mettant non seulement en avant le rôle essentiel que ce concept joue dans le système international, mais aussi son impact concret dans nos vies quotidiennes.

      La planification écologique au défi de la territorialisation

      Ce rapport est le premier d’un programme d’études développé au sein de l’École urbaine de Sciences Po avec l’appui de l’Institut pour la recherche de la Caisse des dépôts et consignations. Adossé à un enseignement consacré depuis 2022 aux stratégies économiques territoriales à l’heure des transitions écologique et énergétique, ce programme de travail est d’abord consacré à la nouvelle démarche de planification écologique et ses efforts de territorialisation, puis centré sur les besoins de financement public et privé des politiques de décarbonation et de transition écologique (quatrième trimestre 2024).

      Ce programme a vocation à s’élargir en 2025-2026 à l’analyse détaillée de stratégies territoriales énergie-climat et au chantier plus spécifique de la décarbonation de l’industrie.

      Vers des feuilles de route régionalisées

      Le premier volet du programme s’intéresse au lancement de la concertation décentralisée, engagée à partir de l’automne 2023, en vue d’établir les feuilles de route régionales de la planification.

      Planification écologique : top départ des COP régionales dans le Grand Est Planification écologique : top départ des COP régionales dans le Grand Est
      Planification écologique : top départ des COP régionales dans le Grand Est Planification écologique : top départ des COP régionales dans le Grand Est

      Cette ambition de régionaliser la stratégie française énergie-climat (SFEC) est l’une des principales nouveautés de la nouvelle planification. A travers des conférences des parties prenantes (COP), elle esquisse un effort significatif de territorialisation des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre, de baisse des consommations énergétiques et de production d’énergies bas carbone.

      Une telle ambition présuppose un changement de méthode par rapport aux modes de territorialisation empruntés lors des deux premiers cycles de planification énergie-climat issus de la loi Transition écologique pour une croissance verte (TECV) d’août 2015.

      Source : Ministère de la Transition écologique
      Commentaires : la stratégie nationale bas carbone détermine des budgets d’émissions (« budgets carbone ») par période quinquennale afin d’organiser la trajectoire graduée vers la neutralité carbone. Celle-ci suppose une compensation des émissions résiduelles, inévitables, par des émissions « négatives » à travers l’absorption de carbone via la séquestration (essentiellement photosynthèse).

      Ce rapport s’appuie sur des entretiens, essentiellement au premier semestre 2024, avec des représentants de différentes parties prenantes de la planification. Environ 80 entretiens semi-directifs d’une heure trente à deux heures ont été conduits à ce stade. La liste des personnalités rencontrées, disponible en annexe du rapport, comprend des représentants des pouvoirs publics nationaux (parlementaires, préfets, dirigeants d’agences nationales ou de grands opérateurs publics…), de collectivités (principalement régions et intercommunalités), de fédérations professionnelles, d’associations et organisations non gouvernementales, d’entreprises publiques et privées, de consultants et d’experts.

      Par ailleurs, une revue de littérature comprend aussi bien des travaux académiques, des documents
      stratégiques
      des différents niveaux d’autorités publiques, des rapports (ministères, Parlement, Cour des Comptes, Inspections générales…) ou des scénarios mis en débat par des organisations telles que RTE, l’ADEME, le Shift Project, Negawatt… Le rapport s’appuie aussi sur une abondante information accessible en ligne sur les sites institutionnels et observatoires divers.

      Il est apparu indispensable de prendre en considération les éventuelles inflexions des ambitions nationales du plan France nation verte présenté en 2023 et du plan national intégré énergie climat (PNIEC) adressé à la Commission européenne en juillet 2024, puis les possibles changements d’orientations et de méthode proposés par le nouveau gouvernement.

      Quelques interrogations entourent encore l’avenir du secrétariat général à la planification écologique (SGPE), présenté dans le rapport comme le fer de lance de la nouvelle stratégie française, doté d’importants pouvoirs de coordination. Son repositionnement peut être perçu comme un recul du chantier de planification au sein des priorités nationales, dans un contexte dominé par les tensions budgétaires et les efforts de réduction du déficit public.

      L’intention initiale du gouvernement Barnier était de mettre en débat, dans les meilleurs délais, les trois documents constitutifs de la stratégie française énergie-climat. Les retards accumulés depuis plusieurs mois d’instabilité gouvernementale font risquer à la France d’encourir de nouvelles condamnations contentieuses pour inaction climatique ou pour manquement à nos engagements européens.

      La présentation de ces documents est intervenue fin octobre et début novembre 20241 au moment même où est remis ce rapport d’étape. Au cours du premier semestre 2025, un deuxième volet de l’étude devrait analyser plus en détail les orientations des documents nationaux et de leurs déclinaisons régionales (feuilles de route) qui n’étaient pas disponibles lors de la rédaction de ce rapport.

      L’architecture des documents de planification (Source : CEREMA)
      Commentaires : ce graphique souligne les rapports de compatibilité ou de simple prise en compte reliant les documents nationaux, régionaux et locaux. Au niveau national, la PPE doit être compatible avec la stratégie bas carbone. Les schémas régionaux (SRADDET ou SRCAE dans les régions où ce document subsiste) doivent prendre en compte la SNBC. Les documents locaux sont dans un rapport de comptabilité ou de prise en compte avec le seul document régional.

      Ce rapport est, à ce stade du processus de concertation, centré sur les grands enjeux de la planification et la répartition des responsabilités.

      Source : Secten, Citepa

      C’est la « descente d’échelle » de la planification qui est ici questionnée, à travers d’une part la transposition nationale des orientations décidées collégialement au niveau européen par les États-membres et, surtout, les ambitions nouvelles de territorialisation de ces politiques.

      Ce travail a permis d’interroger les attendus de la planification écologique, de la nouvelle signification qui lui est donnée par les décideurs et de la recherche d’alignement des stratégies et priorités publiques.

      Le lancement à la fin de l’année 2023 des « COP régionales » illustre des scènes de « gouvernance multi-niveaux » qui s’imposent aux politiques publiques les plus complexes, mobilisant des compétences éclatées et des instruments d’intervention multiples2.

      Source : Haut conseil pour le climat

      L’auteur du rapport s’est également inspiré des analyses et clefs de lecture proposées par le chercheur François-Mathieu Poupeau dans plusieurs de ses publications3.

      L’installation de ces COP régionales et des groupes de travail qui les ont matérialisées est abordée après avoir présenté le contexte spécifique dans lequel cette planification s’est engagée, marquée par les nouvelles ambitions du Pacte vert européen et du mot d’ordre « Fit fo 55 » (ajustement à 55% de l’objectif de réduction des émissions GES à l’horizon 2030 par rapport à l’année 1990).

      Le troisième chapitre porte sur la réception de la démarche par les parties prenantes et l’adhésion aux modélisations nationales. Le rapport analyse les marges de flexibilité offertes à la déclinaison des objectifs, région par région, afin d’entrer dans un exercice de différenciation et de « sur-mesure » des feuilles de route régionales.

      Dans le quatrième chapitre deux chantiers connexes sont abordés, qui se sont traduits par des scènes de négociation parallèles mais indissociables des travaux des COP :

      Enfin, les trois derniers chapitres proposent de dégager les enseignements généraux de ce travail d’enquête et d’entretiens. Il est notamment question de réinterroger les capacités planificatrices de l’État, aussi bien dans le temps que dans l’espace.

      Source : service statistique (SDES) du ministère de la transition écologique.
      Commentaires : Les différentes énergies renouvelables ont vu leur volumes de production presque doubler en trente ans, avec 345 TWh, mais ne pourvoient les consommations finales des Français qu’à hauteur de 22%. Le bois énergie représente près d’un tiers de cette production, suivi par l’hydro-électricité. Ces deux sources, à la fois historiques et majoritaires, présentent des potentiels de développement relativement limités pour l’avenir.

      Malgré sa complexité organisationnelle et sa diffraction en une multitude d’opérateurs ou d’autorités indépendantes, l’État reste l’entité politique redevable en dernier ressort du respect par la France de ses
      engagements européens.

      Il est de fait invité à jouer le rôle de « maître des horloges » et le chef d’orchestre d’une vaste polyphonie. L’État est également de plus en plus tenu à un impératif de résultat devant les juridictions et exposé à un risque de condamnation pour « inaction climatique »4.

      L’exercice de la planification-climat, assorti d’objectifs chiffrés et datés, soulève lors de sa mise en œuvre des questions considérables en termes de moyens budgétaires, de leviers fiscaux et réglementaires, de coûts de coordination et de transaction avec les parties prenantes mais aussi d’acceptabilité sociale.

      Parmi ces questions, figure celle portant sur le sens à donner à l’ambition planificatrice. Même si elle renoue avec l’esprit de la planification concertée « à la française » des années 1950-1980, plus ou moins prolongée par les contrats de plan État-région qui en ont pris le relais avec la décentralisation5, la planification écologique est-elle en capacité de redevenir une « réductrice d’incertitudes » en fixant des caps et des points de convergence des initiatives publiques et privées ?

      Avancer, à ce stade, des réponses définitives serait imprudent mais il est déjà possible de synthétiser les questionnements des acteurs rencontrés et les améliorations suggérées pour tendre dans une telle direction.

      Le contexte des entretiens du premier semestre 2024, marqué par le remaniement gouvernemental, les suites des manifestations agricoles et les divers gels de crédits budgétaires ont fortement pesé sur les avis recueillis, alimentant un certain scepticisme quant à la capacité effective de l’État à fixer des trajectoires claires et stables à des horizons aussi ambitieux que 2030, 2035 et 2050.

      Le rapport propose une relecture transversale des défis auxquels entend répondre la planification à travers les six grands chantiers thématiques de « France nation verte ». Sont recensés les points durs de la planification et mis en discussion les leviers actuellement identifiés pour atteindre les objectifs.

      Sont notamment évoqués :

      • les objectifs de réduction des émissions liées aux activités de production (industrie, agriculture, construction),
      • les politiques d’efficacité énergétique concernant le logement et les bâtiments,
      • la décarbonation des mobilités,
      • la trajectoire retenue pour transformer le modèle énergétique national et adapter les infrastructures de réseau en conséquence.
      Source : Ministère de la Transition écologique39
      Commentaires : cette carte réalisée au 31 décembre 2023 met en évidence la progressive généralisation des PCAET, notamment dans les composantes du territoire national les plus densément peuplées. 750 intercommunalités sur 1254 sont « obligées » de réaliser ce document. 60% ont adopté leur plan climat (sur le fondement de la loi TECV) et 37% achèvent la démarche. 130 autres intercommunalités se sont par ailleurs engagées sur une base volontaire, parfois en s’associant à plusieurs à l’échelle d’un syndicat mixte (PETR, SCOT…)

      Le dernier chapitre aborde le volet socio-économique de la planification. Il se veut très synthétique
      sur les besoins de financement public et privé des transitions dans la mesure où une deuxième publication sera consacrée à ce sujet dans le cadre du programme d’études.

      Ce chapitre s’intéresse aux impacts attendus de la planification sur l’emploi, les compétences et l’organisation des grandes filières économiques. Dans la plupart d’entre elles sont actuellement mises en balance par les acteurs concernés des menaces et des opportunités, avec des efforts d’estimation des gains et des pertes à attendre.

      Ces différentes filières ne sont pas simplement sollicitées pour s’adapter aux transitions ou en subir les contraintes. Il leur est largement demandé d’en devenir les agents actifs, de proposer de nouveaux modèles économiques et d’apporter des solutions techniques pour transformer les modes de production et de consommation.

      Objectifs des SRADDET et de la SNBC 2 : un désalignement constaté après 2030
      Source : Ministère de la transition écologique, Négawatt
      Commentaires : Réalisés durant la phase de passage de la SNBC 1 à la SNBC 2, les SRADDET n’ont pas tous pu intégrer des nouveaux objectifs « net zéro » des accords de Paris. Leurs objectifs cumulés en termes de réduction d’émission restent assez proches de la trajectoire en 2030 mais sont deux fois supérieurs à la nouvelle cible en 2050. Dans les régions sans SRADDET (Ile-de-France, collectivités d’Outre-mer, Corse), ces objectifs figurent dans les schémas régionaux climat air énergie (SRCAE) qui demeurent.

      Ce qui est perçu souvent comme un « coût » correspond parfois tout simplement à ce qui fera la création de richesse et la valeur de demain.

      Ce premier volet du programme d’études recouvre un périmètre déjà très large qui est proche de celui qui figurait au cœur des COP régionales. Il porte essentiellement sur la dimension énergie-climat de la planification et accorde une place centrale aux trajectoires du Pacte vert et du « fit for 55 ».

      Ce travail n’évoque que de manière laconique des sujets aussi fondamentaux que la gestion de l’eau (dont la planification s’organise à l’échelle des bassins hydrographiques et sous la responsabilité des comités de bassins), la stratégie nationale biodiversité, les enjeux de qualité de l’air… qui font l’objet de plans sectoriels.

      De même, bien que le plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC) soit l’un des trois volets constitutifs de la stratégie française énergie-climat, les enjeux cruciaux qu’il a vocation à traiter ne peuvent être approfondis dans le cadre de ce premier rapport faute d’avoir pu disposer à temps du projet de 3ème plan national d’adaptation présenté seulement à la fin du mois d’octobre 20246. Ces sujets seront abordés dans la deuxième phase de l’étude.

      1. Le projet de plan national d’adaptation au changement climatique a été officialisé le 25 octobre 2024 lors du déplacement du Premier ministre dans le Rhône. Les nouveaux projets de stratégie nationale bas carbone (SNBC) et de programmation pluriannuelle de l’énergie ont été présentés par le gouvernement le 4 novembre suivant. ↩︎
      2. La notion de « gouvernance multi-niveaux » est attribuée en général au chercheur Garry Marks et très liée à l’origine aux transactions entre niveaux institutionnels au sein de l’Union européenne et de la politique de cohésion (fonds structurels). Elle prend une signification forte avec les questions énergétiques et écologiques dans lesquelles les sièges des responsabilités sont très polycentriques et étagés, investies fortement par la Communauté européenne dès les années 1970. La gouvernance multi-niveaux est promue activement par la Convention européenne des Maires pour le climat et l’énergie. Voir Covenant of Mayors for Climate & Energy, Gouvernance à multiniveaux dans l’action (climatique), 2021, 26 p. ↩︎
      3. François-Mathieu Poupeau, Analyser la gouvernance multi-niveaux, PUG, 2017, 253 p. ↩︎
      4. Décision du Conseil d’Etat n°427301 du 19 novembre 2020. ↩︎
      5. CGET, Les contrats de plan État-région, Histoire et perspectives, La documentation française, 2017, 140 p. ↩︎
      6. La France a été l’un des premiers pays au monde à se doter d’un plan climat, dès 2005, et une stratégie nationale d’adaptation au changement climatique en 2006. Le premier plan national d’adaptation (PNACC-1) est issu du Grenelle de l’environnement et sera publié en 2011. Le deuxième PNACC date de 2018. Ces plans ont fait progresser les savoirs et les outils de modélisation tout en infusant dans
        les documents de planification territoriaux et sectoriels des volets adaptation. Ils ont également influencé les normes techniques, les métiers d’ingénierie et de la construction, les grands gestionnaires de réseaux, les professions agricoles… Le troisième PNACC intègre un scénario possible de réchauffement de + 4° en France à l’horizon 2100. Il se compose de 5 axes et de 51 mesures. Voir Document de présentation du PNACC 3, 70 pages. ↩︎

      AMULETTE : des jeux d’imagination éducatifs pour les enfants de 3 à 10 ans

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      Amulette sort pour Noël un nouveau kit « Si j’étais en mission au zoo« , après le succès de « Si j’étais la maîtresse« . Un format de jeu immersif où l’on apprend en s’amusant, avec une gamme de coffrets d’imitation pour les 6-10 ans. L’objectif : développer les facultés d’imagination des enfants, menacées par la multiplication des images et écrans, et répondre à leur besoin de se projeter joyeusement dans l’avenir. Fabienne Blain Pierre, la créatrice, a accepté de répondre aux questions Cdurable.

      Imaginer un rôle ou un métier tout en s’amusant

      Des jeux authentiques qui ont du sens

      Les jeux Amulette sont pensés pour solliciter la curiosité naturelle des enfants autour de thématiques qui ont du sens pour eux : jouer à la maîtresse, au vétérinaire, au restaurant…

      Allant bien au-delà de l’imitation gestuelle, la multitude d’accessoires détaillés et amusants leur offre la possibilité de s’imaginer vraiment dans le métier ou le rôle qui les fait rêver.

      L’objectif est de développer leur confiance, leurs compétences et leur imagination pour forger les adultes qu’ils deviendront demain.

      Permettre aux enfants de retrouver l’émotion et l’amusement des jeux de leurs parents et grands-parents.

      Si j’étais en mission au zoo

      Des jeux éducatifs

      Les jeux sont conçus en collaboration avec des professionnels et enseignants. Ils s’inspirent d’approches pédagogiques éprouvées, comme Freinet et Montessori.

      Les supports d’activité sont ludiques et riches en contenus pour permettre à l’enfant de s’approprier des connaissances et de développer son attention aux autres. L’enfant joue à organiser sa classe, son cabinet médical, son poney club etc. seul, avec ses amis ou ses peluches.

      Idéal pour développer sa confiance, ses compétences et son imaginaire loin des écrans.

      Des jeux éco-responsables et made in france

      Corollaire d’un concept où les enfants se projettent positivement dans l’avenir, Amulette est membre du collège « Fabricants » de l’ACFJF – Association des créateurs-fabricants de jouets français et privilégie naturellement depuis ses débuts le Made in France.

      Les coffrets et l’essentiel des accessoires constituant les kits d’imitation sont réalisés et conditionnés dans des ateliers en France.

      Seuls les accessoires impossibles à trouver en France sont importés. Les coffrets sont fabriqués dans la Drôme. Les éléments imprimés, composants principaux des jeux, proviennent de papiers issus de forêts gérées durablement (certifications PEFC) et sont réalisés par des imprimeurs labellisés Imprim’Vert, situés dans la Sarthe, en Corrèze et en région parisienne.

      Certains accessoires valorisent le patrimoine national : la petite cloche pour sonner la récréation du jeu Ma première école est par exemple une authentique clochette de vache fabriquée dans l’une des dernières fonderies artisanales.

      Amulette s’entoure d’un réseau de fournisseurs avec lesquels les relations sont fondées sur le contact personnel, la confiance et la durée. Tous ont à cœur de promouvoir une économie de proximité, de contrôler la qualité de bout en bout et d’allier tradition artisanale et innovation

      L’histoire d’Amulette

      Rien ne prédestinait Fabienne, diplômée de Sciences Po et économiste dans un établissement financier à créer une entreprise de jouet. C’est en observant sa fille de 7 ans jouer face à ses peluches le rôle de la maîtresse d’école que l’envie lui est venue de créer un premier jeu, très vite couronné de succès.

      Sur un thème cher aux enfants, Si j’étais la maîtresse repose sur l’imitation et reflète de façon décalée la vraie vie de l’école élémentaire, ses rituels et ses programmes scolaires. Copies à corriger, photo de classe, menus de la cantine : du plus vrai que nature pour se projeter avec allégresse dans le rôle du maître ou de la maîtresse.

      Depuis 2000, toute une gamme de jeux éducatifs et amusants a vu le jour : Mon restaurant, Si j’étais le vétérinaire … Conquis par le réalisme du concept, les enfants peuvent « comme les grands » s’amuser en toute autonomie, signer avec solennité une ordonnance pour nounours ou régaler leurs doudous d’un plat du jour.

      D’une histoire individuelle, Amulette est résolument devenue une entreprise engagée. Proposer des nouveautés oui, mais surtout des jeux authentiques et régulièrement remis à jour.

      Distribués en boutiques ou en ligne, déjà près de 800 000 jeux ont été vendus depuis la création de la marque.

      Maintenant, ce sont les premiers clients qui achètent les jeux pour leurs propres enfants !

      Si j’étais en mission au zoo

      Un jeu spécialement destiné aux enfants, fille ou garçon, de 6 à 10 ans qui aiment les jeux de gestion et sauver les animaux ! Le kit contient plus de 50 accessoires pour imaginer le vrai quotidien d’un parc animalier, qui veille au bonheur des animaux et à la satisfaction de ses visiteurs. Guidés par un carnet de missions passionnant et amusant, les enfants pourront imaginer tous les aspects de la vie d’un zoo.

      • Sauver et préserver des animaux d’espèces menacées et veiller au respect de leur bien-être,
      • Recruter du personnel compétent pour s’en occuper,
      • Accueillir et informer les visiteurs,
      • Organiser des animations et gérer le zoo …

      Mon Premier restaurant

      Destiné aux enfants de 5 à 10 ans, Mon Premier Restaurant permet de recréer à la maison l’univers d’un vrai repas au restaurant. Le kit contient plus de 40 accessoires gais, éducatifs et riches en détailsLes enfants peuvent prendre des réservations, dresser les tables, régaler leurs doudous d’un plat du jour et calculer les additions. 

      • La vraie carte de restaurant permet de choisir parmi 10 menus amusants de différents styles : du gastronomique à la tendance food truck en passant par la cuisine thaï, les glaces ou l’ambiance coffee shop !
      • Tous les accessoires sont soigneusement imités : Menu du jour à remplir, commandes, registre de réservations, carnet de chèques… avec même une toque de Chef !  

      Si j’étais le docteur

      Le coffret Si j’étais le docteur propose aux enfants de 6 à 10 ans de soigner tous leurs amis à la maison. Les supports amusants et instructifs sont orientés vers une approche positive de la santé ! Des fiches et livrets gais et soigneusement conçus et du petit matériel médical (stéthoscope qui fonctionne vraiment, lunettes pour les tests de vision…) sur un métier – médecin – et un thème – la santé –  particulièrement prisés des enfants. 

      L’enfant organise des consultations comme en vrai avec les petits cas cliniques amusants proposés. Il examine ses patients, rédige les ordonnances, remplit les carnets de santé, fait passer des radios et examens. Avec même des bons pour aller mieux et un livre en salle d’attente pour rassurer tous les petits patients !

      Si j’étais la maîtresse

      Le coffret Si j’étais la maîtresse contient tout le matériel pour imaginer la classe de ses rêves. Destiné aux enfants de 6 à 10 ans, il leur permet de se projeter avec allégresse dans le rôle du maître ou de la maîtresse seul avec leurs doudous ou à plusieurs. Il reflète de façon décalée la vraie vie de l’école élémentaire, ses rituels et ses programmes scolaires.

      Le coffret inclut de nombreux accessoires miniatures, précis et amusants : cahiers, petits livres de classe, copies à corriger. Avec une ardoise et ses craies pour écrire, mais aussi le menu de la cantine, le livre d’appel, l’emploi du temps, les bons points pour récompenser les élèves et même la photo de classe !
      Les accessoires proposés se combinent facilement avec d’autres jouets : poupées, nounours, tableau noir…Tous les accessoires pour jouer à la vraie maîtresse ou au vrai maître d’école primaire !

      Découvrir tous Les jeux Amulette

      Portrait de maman Fabienne

      Qu’y a-t-il à l’origine d’Amulette ? Ou plutôt « qui » car il s’agit d’une vraie histoire, celle de Juliette 7 ans à l’époque. Elle passait des heures à préparer des copies pour sa classe de nounours. Pour l’aider, Fabienne, sa mère, entreprit un dimanche de lui créer sur son ordinateur des petites dictées à corriger. Juliette demanda alors d’autres accessoires. Se prenant au jeu, Fabienne finit par réaliser à la maison des dizaines d’accessoires et, devant l’enthousiasme qu’ils suscitaient auprès des copines de Juliette, décida d’éditer un jeu. C’est ainsi que sont nés ensemble en 2000 le jeu « Si j’étais la maîtresse » et l’entreprise Amulette.

      Amulette garde de son histoire son âme artisanale et authentique qui guide le développement de ses jeux. Pas de nouveautés éphémères ni de conception standardisée. La gamme Amulette compte peu de références, mais des jeux phares sur des thèmes d’imitation qui ont du sens pour les enfants.
      Des jeux qui sont toujours conçus de façon soigneuse et en famille, au plus près de la sensibilité des enfants et des références de leur âge. 

      Questions Cdurable !
      ou c’est pas durable ?

      Au delà des communiqués, qui ne présentent souvent que le « meilleur », et du développement durable, qui ne fait que tenter de réduire les impacts négatifs d‘une croissance volumique, nous nous intéressons aujourd’hui, 20 ans après la création de Cdurable.info, aux questions essentielles. Alors Cdurable ou pas ? 9 questions qui nous invitent à Comprendre pourquoi Agir & Coopérer avec le vivant, Cdurable !

      Fabienne Blain Pierre – Créatrice des jeux Amulette

      Fabienne Blain Pierre, créatrice des jeux Amulette, a accepté de répondre aux neufs questions Cdurable, essentielles comme les neufs besoins fondamentaux des êtres vivants dont les humains que nous sommes …

      1 – Quelle est la nature de ma relation avec le vivant ?

      Une relation d’émerveillement qui ne m’a jamais quittée depuis l’enfance. J’étais fascinée par la beauté et le miracle de la nature, des plantes et des fleurs que ma mère plantait dans notre jardin à la vivacité et l’affection des animaux qui m’entouraient. La naissance d’un bébé me semble relever du miracle et j’aimerais que tous les enfants grandissent dans un monde préservé qui respecte leur personnalité et leurs besoins.

      2 – Quels sont mes besoins et choix d’alimentation ?

      Comme beaucoup de personnes de ma génération, j’ai grandi avec des repas structurés autour de la viande pour tendre aujourd’hui vers une cuisine majoritairement végétarienne, préoccupée par les enjeux écologiques et la souffrance animale. Mais aussi parce que j’adore les légumes, leurs couleurs et leurs formes rigolotes.

      3 – Quel est mon type d’habitat actuel et idéal ?

      Je suis parisienne, très sensible au patrimoine et à la beauté de la ville, et en appartement. Je rêverais d’une cité plus végétalisée, plus organisée autour des aspirations fondamentales des habitants et en particulier des enfants : retrouver plus de convivialité, jouer dehors, respirer un air non pollué… et d’un habitat rénové qui tout en conservant son cachet historique serait plus écologique.

      4 – Quelle activité physique favorise mon bien-être et ma santé

      Je préfère de très loin des activités en extérieur ! Je marche au quotidien le plus possible pour ne pas passer l’essentiel de mon temps sur une chaise devant un écran 😊, et dès que je peux m’évader, je nage, je randonne à ski ou à pied. J’adore la montagne où je passe toujours mes étés.

      5 – Quels savoirs m’ont permis de comprendre comment agir ?

      Bizarrement, c’est l’évolution des normes dans le secteur du jouet – avec notamment l’interdiction des phtalates au début des années 2000 – qui m’a fait réaliser l’ampleur des risques et la nécessité de proposer des jouets conçus différemment : suppression progressive des plastiques, choix d’imprimeurs Imprim vert, de papiers certifiés issus de forêts gérées durablement et fabrication en France pour limiter les transports.

      6 – Quel est le sens que je donne à mon travail ?

      Je suis dans une démarche de transmission de ce qui m’est cher : créer des jeux qui permettent aux enfants de rêver, d’apprendre et de se construire, tout en cultivant des valeurs comme l’autonomie, la créativité, la curiosité et l’empathie. Ma plus grande reconnaissance, c’est lorsque des « anciens enfants » viennent me dire à quel point mes jeux ont compté dans leur enfance.

      7 – Quelle énergie j’utilise pour mes usages et besoins ?

      Amulette n’a pas d’utilisation directe d’énergie, sa production étant entièrement sous-traitée. Les industries graphiques utilisent gaz et électricité mais nos fournisseurs français ont fait d’énormes efforts pour optimiser les process et s’équiper des dernières générations de machines, assurant une consommation d’énergie, de papier et de consommables au plus juste.

      8 – Quelle est mon implication personnelle pour l’intérêt général ?

      Je suis de très longue date fortement impliquée dans des associations en faveur de l’éducation des enfants défavorisés d’une part et du soutien aux personnes les plus fragiles d’autre part.

      9 – Quels sont mes liens de coopération et ma participation au bien commun ?

      Amulette coopère avec d’autres petites ou grandes entreprises du secteur du jouets qui, comme nous, développent des jeux originaux et made in France. Nous sommes adhérents de l’ACFJF qui promeut solidairement la création et la fabrication française dans le secteur et organise des événements pour faire connaître nos savoir-faire et favoriser leur maintien sur le territoire.

      10 – Carte blanche : quel est le message essentiel que vous souhaitez faire passer à nos visiteurs ?

      Les enfants d’aujourd’hui devront réinventer le monde et ils vont avoir besoin d’imagination.

      Les jeux d’imagination, dont les nôtres, cultivent cette faculté. C’est indispensable aujourd’hui où elle est menacée par l’omniprésence des images (des écrans ou powerpoint) qui s’imposent à tous et atrophient notre propre création d’images mentales. Or l’imagination détermine bien d’autres facultés : la créativité bien sûr mais aussi l’empathie, qui permet d’imaginer ce que ressentent les autres, ou la confiance, indispensable pour imaginer un futur positif.

      Les options pour réaliser le changement transformateur nécessaire de toute urgence pour mettre fin à l’effondrement de la biodiversité

      Des changements profonds et fondamentaux dans la façon dont les individus perçoivent et interagissent avec le monde naturel sont nécessaires de toute urgence pour enrayer et inverser la perte de biodiversité et préserver la vie sur Terre, prévient un nouveau rapport historique de la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES).

      Le rapport d’évaluation de l’IPBES sur les causes sous-jacentes de la perte de biodiversité, les déterminants des changements transformateurs et les options pour atteindre la vision 2050 pour la
      biodiversité – rapport sur les changements transformateurs – s’appuie sur le rapport d’évaluation mondiale de l’IPBES de 2019, qui a révélé que le seul moyen d’atteindre les objectifs de développement mondiaux est de procéder à un changement transformateur, et sur le rapport d’évaluation des valeurs de l’IPBES 2022.

      Préparé pendant trois ans par plus de 100 experts issus de 42 pays de toutes les régions du monde, le rapport explique ce qu’est le changement transformateur, comment il se produit et comment l’accélérer pour un monde juste et durable.

      Agir immédiatement pourrait générer
      10 000 milliards de dollars en valeur d’opportunité commerciale et soutenir
      395 millions d’emplois d’ici 2030

      Le rapport estime que le coût des actions visant à mettre fin et à inverser la perte de biodiversité et le déclin de la nature dans le monde, même en retardant d’une décennie, est deux fois plus élevé que celles mises en œuvre tout de suite. Agir immédiatement peut également débloquer d’énormes opportunités commerciales et d’innovation grâce à des approches économiques durables, telles que l’économie positive à l’égard de la nature, l’économie écologique et l’économie centrée sur la Terre
      nourricière. Selon des estimations récentes, plus de 10 000 milliards de dollars en valeur d’opportunité commerciale pourraient être générés et 395 millions d’emplois pourraient être soutenus à l’échelle mondiale d’ici 2030.

      Le cadre du changement transformateur pour un monde juste et durable.
      – La section A indique les points de vue, les structures et les pratiques (les spirales dorées intérieures) fortement façonnés par les causes sous-jacentes de la perte de biodiversité et du déclin de la nature (anneau gris continu).
      – La section B montre les changements de points de vue, de structures et de pratiques qui brisent l’influence des causes sous-jacentes lorsqu’ils sont guidés par les quatre principes clés du changement transformateur (anneau bleu).
      – La section C illustre un monde juste et durable, avec des points de vue, des structures et des pratiques prédominants alignés sur les principes du changement transformateur. Ce cadre peut être utilisé par différents groupes d’acteurs pour aider à identifier où et comment ils peuvent promouvoir, accélérer et faire évoluer le processus de changement transformateur vers un monde juste et durable.

      « Il est urgent d’opérer un changement transformateur pour un monde juste et durable, car la fenêtre
      d’opportunité se referme pour enrayer et inverser la perte de biodiversité et pour empêcher le
      déclenchement du déclin potentiellement irréversible et l’effondrement prévu des fonctions clés des
      écosystèmes
      », a déclaré la professeure Karen O’Brien (Norvège/États-Unis), coprésidente de
      l’évaluation avec le professeur Arun Agrawal (Inde et États-Unis) et le professeur Lucas Garibaldi
      (Argentine). « Dans le cadre des tendances actuelles, il existe un risque important que plusieurs
      points de basculement biophysiques irréversibles soient franchis, notamment le dépérissement des
      récifs coralliens de basse altitude, le dépérissement de la forêt amazonienne et la perte des calottes
      glaciaires du Groenland et de l’Antarctique occidental. Un changement transformateur est
      également nécessaire car la plupart des approches précédentes et actuelles de la conservation, qui
      visent à réformer plutôt qu’à transformer les systèmes, n’ont pas réussi à stopper ou à inverser le
      déclin de la nature dans le monde, ce qui a de graves répercussions sur l’économie mondiale et le
      bien-être humain
      . »

      Relation entre les défis et les obstacles au changement transformateur.
      Cette figure représente la roue des défis interconnectés (différentes couleurs) et des obstacles (différentes lettres) au changement transformateur. Elle illustre la relation entre ces défis, qui sont interconnectés par des points de vue, des structures et des pratiques associés aux causes sous-jacentes de la perte de biodiversité et du déclin de la nature. Leur caractère intriqué à ce niveau profond explique comment ils se renforcent mutuellement, mais montre également comment chaque obstacle au sein d’un défi est un point d’entrée pour catalyser un changement transformateur qui peut modifier les points de vue, les structures et les pratiques et ainsi déclencher des changements plus larges dans d’autres défis {adapté de la figure 4.2}. Le tableau décrit les obstacles en détail (A, B et C : correspondent au chapitre 4, section 4.2.1. ; D, E, F, G : section 4.2.2., H, I, J, K : section 4.2.3, L, M, N, O : section 4.2.4, et P, Q, R, S, T : section 4.2.5).

      Approuvé à Windhoek, en Namibie, par la plénière de l’IPBES, composée de 147 gouvernements membres de l’IPBES, le rapport définit le changement transformateur comme des changements fondamentaux à l’échelle du système des points de vue – façons de penser, de savoir et de voir ; des structures – façons d’organiser, de réglementer et de gouverner ; et des pratiques – façons de faire, de se comporter et d’interagir.

      Les configurations actuelles dominantes, des points de vue, des structures et des pratiques, perpétuent et renforcent les causes sous-jacentes de la perte de biodiversité et du déclin de la nature. Il est essentiel de les transformer pour respecter les engagements mondiaux en faveur d’un monde juste et durable.

      Dendrogramme affichant la proportion d’occurrences de termes associés à des stratégies ou des actions.
      L’épaisseur du trait dans le dendrogramme représente la proportion d’occurrences de 566 termes associés à 22 actions et 5 stratégies sur le titre et le résumé des documents apparaissant dans au moins une stratégie principale (n = 420 523).

      « Promouvoir et accélérer le changement transformateur est essentiel pour atteindre les 23 objectifs
      orientés vers l’action du Cadre mondial pour la biodiversité Kunming-Montréal d’ici 2030 et les quatre
      objectifs du Cadre mondial pour la biodiversité Kunming-Montréal d’ici 2030, ainsi que pour réaliser
      la Vision 2050 pour la biodiversité, qui décrit un monde où toutes les formes de vie peuvent
      s’épanouir
      », a déclaré le professeur Agrawal. « Le changement transformateur est rarement le
      résultat d’un seul événement, d’un seul moteur ou d’un seul acteur. Il est mieux compris comme des
      changements que chacun d’entre nous peut créer, et de multiples changements en cascade qui se
      déclenchent et se renforcent les uns les autres, souvent de manière inattendue
      . »

      Les causes sous-jacentes de la perte de biodiversité identifiées par le rapport sont :

      • la déconnexion des personnes de la nature
      • la domination sur la nature et les autres personnes ;
      • la concentration inéquitable du pouvoir et de la richesse ;
      • la priorisation des gains individuels et matériels de court terme.
      Exemples de philosophies et de modes de vie autochtones et relationnels.
      De nombreuses philosophies autochtones s’expriment à travers des langages, des concepts et des pratiques relationnels fondés sur une éthique de la sollicitude qui reconnaît l’importance du respect et de la réciprocité entre les humains et la nature (tableau 5.3). La revitalisation et le soutien de ces cultures, de ces langages et de ces philosophies offrent des possibilités de passer de relations de domination anthropocentriques à des relations de sollicitude écocentriques pour tous. La figure représente un petit échantillon de concepts/pratiques qui sont placés de manière esthétique pour illustrer la diversité des philosophies autochtones et autres philosophies relationnelles.

      « Aussi complexe et difficile que soit la lutte contre ces causes sous-jacentes de la perte de
      biodiversité, elle est possible
      », a déclaré le professeur Garibaldi. « L’histoire nous a montré que les
      sociétés peuvent se transformer à une échelle immense – comme elles l’ont fait pendant la révolution
      industrielle. Bien que cette époque ait engendré des coûts environnementaux et humains terribles,
      elle constitue la preuve qu’un changement fondamental à l’échelle du système est possible, même
      s’il s’est produit sur une période beaucoup plus longue que celle nécessaire pour un changement
      transformateur actuel pour un monde juste et durable. Pour atteindre nos objectifs communs de
      développement mondial aujourd’hui, nous devons nous lancer dans une nouvelle transformation –
      une transformation qui conserve et restaure de toute urgence la biodiversité de notre planète au lieu
      de l’épuiser, tout en permettant à chacun de prospérer
      . »


      Revoir notre manière de comprendre le monde
      si nous voulons réussir la transition écologique.

      Prenons l’exemple du système solaire, avec Pierre-Henry Dodart : « beaucoup d’entre nous l’ont étudié comme un modèle statique où les planètes tournent autour du Soleil. Mais en réalité, tout est en mouvement. Notre système solaire traverse la galaxie dans une danse complexe, influencée par des forces gravitationnelles multiples. Changer notre manière de voir les choses peut transformer notre rapport au monde« .

      Les pensées systémique, critique et exploratoire sont essentielles pour intégrer cette complexité.

      Pierre-Henry Dodart
      • La pensée systémique permet de comprendre les interactions dans des systèmes vastes et interconnectés.
      • La pensée critique pousse à remettre en question les modèles simplifiés.
      • La pensée exploratoire incite à relier des idées issues de disciplines diverses et à expérimenter des approches nouvelles pour mieux appréhender la complexité.

      Crédit Video : Vito Technology

      Cette « danse cosmique » est une belle métaphore pour apprendre à voir les connexions invisibles, à s’ouvrir à la complexité, et à agir pour un avenir durable.

      Pierre-Henry Dodart

      Dépasser des visions figées pour adopter une perspective dynamique et interconnectée est indispensable pour la réussite de la transition écologique !

      • Le Soleil et ses planètes tournent autour du centre de la Voie lactée, un immense disque galactique. Un tour complet, appelé « année galactique », prend entre 225 et 250 millions d’années.
      • Situé dans un des bras spiraux de la galaxie, notre système solaire se déplace en suivant la rotation de la Voie lactée. Le système solaire voyage à environ 828 000 kilomètres par heure autour du centre galactique. Ce mouvement elliptique inclut une oscillation verticale, rendant le trajet encore plus complexe.

      Les auteurs ont créé et analysé une base de données regroupant des centaines d’études de cas
      distinctes portant sur des initiatives dans le monde ayant un potentiel transformateur
      . Leur analyse montre que des résultats positifs pour divers indicateurs économiques et environnementaux peuvent être obtenus en une décennie ou moins.

      L’analyse démontre également que les initiatives qui s’attaquent à un plus grand nombre de facteurs indirects de perte de biodiversité et de déclin de la nature, et celles dans lesquelles divers acteurs travaillent ensemble, aboutissent à des résultats plus positifs pour les sociétés, les économies et la nature.

      Différents groupes d’acteurs collaborent étroitement les uns avec les autres et les initiatives impliquant une plus grande collaboration entre les groupes d’acteurs produisent des résultats plus positifs.
      Faisant écho aux exemples démontrant que tous les groupes d’acteurs peuvent collaborer selon diverses combinaisons, une analyse de réseau des initiatives ayant un potentiel de transformation dans la base de données d’études de cas d’évaluation du changement transformateur révèle que quatre groupes d’acteurs interagissent étroitement pour poursuivre un changement transformateur (A). La largeur des lignes représente le nombre d’initiatives que deux groupes d’acteurs partagent, tandis que la taille des cercles correspond au nombre d’initiatives dans lesquelles chaque groupe d’acteurs est impliqué.
      Les panneaux inférieurs (B et C) montrent que lorsque davantage de groupes d’acteurs collaborent, les initiatives produisent des contributions de la nature plus positives aux personnes et aux résultats socioéconomiques (p < 0,01). Ces résultats sont un indice composite d’un ensemble diversifié d’indicateurs.

      Principes et obstacles

      Le rapport identifie quatre principes pour guider un changement transformateur délibéré :

      • 1 – l’équité et la justice ;
      • 2 – le pluralisme et l’inclusion ;
      • 3 – les relations humaines – nature respectueuses et réciproques ;
      • 4 – l’apprentissage et l’action adaptatifs.

      En parlant des obstacles qui empêchent les changements transformateurs et renforcent le statu quo, la professeure O’Brien a déclaré : « Les impacts des actions et des ressources consacrées à empêcher le changement transformateur, par exemple par le biais du lobbying des groupes d’intérêt ou de la corruption, éclipsent actuellement ceux consacrés à la conservation et à l’utilisation durable de la biodiversité. »

      Le rapport identifie également cinq défis majeurs au changement transformateur :

      • 1 – les relations de domination sur la nature et les personnes, en particulier celles qui sont apparues et ont été propagées à l’époque coloniale et qui persistent dans le temps ;
      • 2 – les inégalités économiques et politiques ;
      • 3 – les politiques inadéquates et les institutions inadaptées ;
      • 4 – les modes de consommation et de production non durables, y compris les habitudes et les pratiques individuelles ;
      • 5 – l’accès limité aux technologies propres et aux systèmes de connaissance et d’innovation non coordonnés.

      « Les causes sous-jacentes de la perte de biodiversité et du déclin de la nature créent également
      des inégalités et des injustices
      », a déclaré le professeur Agrawal. « Ceux qui ont le plus bénéficié
      des activités économiques associées aux dommages causés à la nature – en particulier les acteurs
      riches – ont plus d’opportunités et de ressources pour créer le changement. Le faire tout en
      impliquant d’autres personnes dans des processus de décision équilibrés peut libérer à la fois la
      capacité d’agir et les ressources nécessaires pour créer le changement
      . »

      5 Stratégies

      Le rapport sur les changements transformateurs, qui englobe des idées et des preuves provenant de divers systèmes de connaissances, disciplines et approches, met en évidence cinq stratégies clés et des actions associées qui ont des effets complémentaires et synergiques, et que les pays et les personnes peuvent poursuivre pour faire avancer le changement transformateur délibéré pour la durabilité mondiale :

      1. Conserver, restaurer et régénérer les lieux qui ont une valeur pour les individus et la nature et qui illustrent la diversité bioculturelle : Cela inclut un accent sur les lieux de patrimoine bioculturel – où les actions fondées sur la territorialité, telles que les activités de restauration, peuvent également soutenir les valeurs culturelles, la production durable et la biodiversité. Un exemple en est le Programme de foresterie communautaire au Népal – intégrant la politique forestière décentralisée dans les besoins, les points de vue et les pratiques des communautés locales pour restaurer et gérer les forêts dégradées.
      2. Impulser des changements systématiques et intégrer la biodiversité dans les secteurs les plus responsables du déclin de la nature : Les secteurs de l’agriculture et de l’élevage, de la pêche, de la foresterie, des infrastructures et du développement urbain, de l’exploitation minière et des combustibles fossiles contribuent fortement aux pires résultats pour la nature. Les approches transformatrices telles que l’utilisation multifonctionnelle et régénératrice des terres peuvent promouvoir une variété d’avantages pour la nature et les gens. « Des études ont suggéré que l’augmentation de la biodiversité, la protection des habitats naturels et la réduction des intrants externes dans les paysages agricoles peuvent améliorer la productivité des cultures, par exemple en renforçant l’abondance et la diversité des pollinisateurs », a déclaré le professeur Garibaldi.
      3. Transformer les systèmes économiques pour la nature et l’équité : Les subventions publiques explicites mondiales aux secteurs qui entraînent le déclin de la nature allaient de 1 400 milliards de dollars à 3 300 milliards de dollars par an en 2022 et le financement public total des subventions nuisibles à l’environnement a augmenté de 55 % depuis 2021. On estime qu’il faut entre 722 et 967 milliards de dollars par an pour gérer durablement la biodiversité et maintenir l’intégrité des écosystèmes. Actuellement, 135 milliards de dollars par an sont consacrés à la conservation de la biodiversité, ce qui laisse un déficit de financement de la biodiversité de 598 à 824 milliards de dollars par an. Voici quelques-unes des mesures qui pourraient être prises pour faire avancer les transformations nécessaires : internaliser les coûts environnementaux et utiliser une véritable comptabilité analytique, réformer les subventions dans les secteurs qui contribuent à la perte de biodiversité et au déclin de la nature, reconsidérer les dettes mondiales, un plus grand engagement positif du secteur privé, établir la durabilité
        comme un principe fiscal de base, et redéfinir les objectifs, les métriques et les indicateurs pour reconnaître les dimensions sociales (y compris culturelles), économiques et environnementales, ainsi que les différentes valeurs de la nature.
      4. Transformer les systèmes de gouvernance pour qu’ils soient inclusifs, responsables et adaptatifs : L’intégration de la biodiversité dans les politiques sectorielles et la prise de décision, l’engagement d’une plus grande diversité d’acteurs et la responsabilisation des acteurs sont des éléments importants dans la transformation des systèmes de gouvernance pour des résultats plus justes et durables pour les individus et la nature. Un exemple de ce type d’approche de la gouvernance est la gestion spatiale basée sur les écosystèmes de la réserve marine des Galápagos, qui soutient la pêche et le tourisme durables – vitaux pour plus de 30 000 résidents et 300 000 visiteurs annuels.
      5. Changer les points de vue et les valeurs pour reconnaître l’interconnexion entre les individus et la nature : De nombreux comportements humains sont habituels, appris dans des conditions sociales et environnementales – et ils peuvent être changés. Améliorer la visibilité des comportements souhaités et les soutenir par des mesures politiques ciblées peut catalyser et soutenir de nouvelles normes sociales et de nouveaux comportements. Il est également important de cultiver un sentiment de connexion avec la nature, ainsi que l’apprentissage et l’éducation transformatifs, les activités expérientielles basées sur la nature et la cocréation de connaissances en combinant différents systèmes de connaissances, y compris les connaissances autochtones et locales.
      Carte illustrant le rôle crucial des mouvements sociaux dans la lutte contre les facteurs de perte de biodiversité et dans la promotion de changements transformateurs.
      La carte illustre le rôle essentiel que jouent les mouvements sociaux dans la lutte contre les facteurs directs de perte de biodiversité et dans la promotion de changements transformateurs, notamment dans les zones hautement prioritaires pour la conservation. Les formes géométriques indiquent l’emplacement des mouvements sociaux contestant les menaces pesant sur les objectifs du Cadre mondial de la biodiversité Kunming-Montréal (n=2 802).
      [Forme carrée] : mouvements sociaux entraînant des résultats régressifs (par exemple, échec des décisions de justice, criminalisation, violence) ;
      [Forme circulaire] : mouvement social entraînant des résultats réformistes (par exemple, améliorations environnementales, solutions techniques) ;
      [Forme triangulaire] : mouvement social entraînant des résultats ayant un potentiel transformateur (par exemple, annulation ou retrait de l’activité menaçant la nature).

      Visions du changement transformateur

      Les visions sont d’une importance fondamentale pour inspirer un changement transformateur. Les
      auteurs ont évalué plus de 850 visions distinctes d’un monde durable pour la nature et les individus
      . Ils constatent que les visions d’un meilleur avenir pour les humains et la nature sont abondantes, mais que la plupart d’entre elles ne changent pas le statu quo.

      « La diversité des sociétés, des économies, des cultures et des peuples signifie qu’aucune théorie ou approche unique ne permet de comprendre complètement le changement transformateur ou la manière d’y parvenir », a déclaré la professeure O’Brien. « De nombreux systèmes de connaissances, y compris les connaissances autochtones et locales, offrent des perspectives complémentaires sur la manière dont le changement se produit et sur la manière de promouvoir, d’accélérer et d’orienter le changement nécessaire à un monde juste et durable. »

      Les systèmes de connaissances autochtones et locales proposent des philosophies, des éthiques de soins et de réciprocité, des valeurs et des pratiques qui permettent de façonner des approches de changement transformateur. Il s’agit notamment de l’utilisation de connaissances ancestrales, incarnées et expérientielles et de perspectives non-humaines de compréhension du monde, dans les décisions liées à la conservation.

      Les visions dans lesquelles les peuples autochtones et les communautés locales jouent un rôle significatif ont plus de chances de faire progresser le changement transformateur.

      Les visions d’une vie en harmonie avec la nature ont plus de chances de réussir lorsqu’elles
      émergent d’approches inclusives, basées sur les droits et les processus des parties prenantes
      , et lorsqu’elles intègrent la collaboration pour le changement à travers les secteurs.

      Les synergies entre principes, visions, approches et stratégies permettent de surmonter les obstacles et les défis et d’orienter les actions et initiatives vers des changements transformateurs pour un monde juste et durable.
      Des stratégies et des actions transformatrices peuvent être identifiées et mises en œuvre pour atteindre des objectifs mondiaux, tels que les 23 cibles d’action du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal. Par exemple, dans le cas de la cible 14 (« Intégrer la biodiversité dans la prise de décision à tous les niveaux »), le principal défi de mise en œuvre réside dans l’inadéquation des politiques et des institutions. Les actions identifiées comprennent le renforcement de la biodiversité dans la gouvernance intégrée et le renforcement de l’apprentissage par le biais d’une gouvernance informée, responsable et adaptative.
      Les résultats souhaités sont facilités par le développement de capacités transformatrices, qui font référence aux connaissances, compétences, attitudes et ressources nécessaires pour réaliser un changement transformateur.
      La réalisation du potentiel de changement transformateur pour un monde juste et durable nécessite une approche à l’échelle de la société et de l’ensemble du gouvernement, avec des rôles pour chacun. Cette évaluation démontre que les principes, les visions, les approches et les stratégies peuvent fonctionner en synergie pour surmonter les obstacles et les défis qui entravent le changement transformateur. Elle conclut que le changement transformateur est difficile, complexe, exigeant mais aussi urgent, nécessaire et possible.

      Des rôles pour tous

      L’un des messages clés du rapport est que chaque personne et chaque organisation a un rôle à
      jouer pour créer des changements transformateurs
      à plusieurs niveaux, mais que les coalitions
      d’acteurs et de groupes d’acteurs sont plus efficaces dans la poursuite d’un changement transformateur que les changements poursuivis individuellement. Ces coalitions comprennent les citoyens, les peuples autochtones et les communautés locales, les organisations de la société civile, les organisations non gouvernementales, les syndicats, les bailleurs de fonds, les organisations confessionnelles, les gouvernements à tous les niveaux, le secteur privé, les institutions financières et la communauté scientifique.

      Les gouvernements, à tous les niveaux, se révèlent essentiels pour engager diverses coalitions d’acteurs étatiques et non étatiques. Ils sont de puissants catalyseurs du changement transformateur lorsqu’ils favorisent la cohérence des politiques, adoptent et appliquent des réglementations plus strictes en faveur de la nature et des contributions de la nature à la population dans les politiques et les plans des différents secteurs, déploient des outils économiques et fiscaux novateurs, éliminent progressivement ou réforment les subventions nuisibles à l’environnement et promeuvent la coopération internationale.

      Le rapport constate que les actions gouvernementales actuelles en faveur d’un changement transformateur sont compromises par une inadéquation entre l’ampleur des défis liés à la biodiversité et la compétence d’institutions distinctes et cloisonnées, ou par la durée de mise en œuvre des politiques par rapport à la durée entre les élections qui peuvent amener au pouvoir de nouvelles autorités politiques qui s’opposent à de telles politiques.

      La société civile joue un rôle important et efficace dans l’instauration d’un changement
      transformateur en mobilisant les citoyens
      , en créant des initiatives qui propagent le changement et en demandant aux gouvernements et au secteur privé de rendre compte de leurs pratiques néfastes.

      Le rapport constate qu’une manière de soutenir le changement transformateur est de soutenir et
      d’amplifier les initiatives de la société civile pour un monde juste et durable et de protéger les
      défenseurs de l’environnement contre la violence et les violations des droits
      .

      « Nous remercions les coprésidents et tous les auteurs du rapport sur les changements
      transformateurs d’avoir montré clairement qu’il existe une voie vers un monde plus juste et plus
      durable
      », a déclaré Anne Larigauderie, Secrétaire exécutive de l’IPBES. « Agir de manière décisive
      maintenant pour changer les points de vue, les structures et les pratiques afin de s’attaquer aux
      causes sous-jacentes de la perte de la biodiversité sera extrêmement difficile, mais c’est urgent,
      nécessaire et possible
      . »

      En chiffres – Principales statistiques du rapport

      • >50% : Proportion du PIB mondial annuel généré par des activités économiques
        modérément à fortement dépendantes de la nature, s’élevant à 58 000 milliards de dollars.
        Page 6 de 11
      • 13 000 milliards de dollars : Valeur annuelle des industries fortement dépendantes de la
        nature, représentant 15 % du PIB mondial.
      • 31 000 milliards de dollars : Valeur annuelle des industries modérément dépendantes de la
        nature, représentant 37 % du PIB mondial.
      • 10 000 milliards de dollars : Valeur estimée des opportunités commerciales qui pourraient
        être générées tout en soutenant 395 millions d’emplois dans le monde d’ici 2030.
      • 55 % : Augmentation du financement public des subventions nuisibles à l’environnement
        depuis 2021.
      • 10 700 milliards de dollars : Estimation des coûts externes annuels des secteurs les plus
        responsables du déclin de la nature.
      • <15 % : Proportion mondiale de forêts certifiées comme étant gérées de manière durable.
      • 46 955 : Menaces environnementales documentées et contestées par la société civile,
        analysées par les auteurs.
      • ~ 40 % : Proportion de zones protégées et d’écosystèmes intacts dans 87 pays gérés par
        les peuples autochtones et les communautés locales ou bénéficiant de leurs droits
        fonciers.
      • 39.2 % : Proportion de la richesse mondiale détenue par les 1 % les plus riches de la
        population mondiale en 2021, avec 1,85 % détenu par les 50 % les plus pauvres.
      Rapport Nexus ipbes : Alimentation, biodiversité, climat, eau et santé : tout est lié !

      Orientations pratiques pour réaliser le potentiel de transformation des politiques, projets et autres initiatives dans n’importe quel secteur.

      Rapport sur les changements transformateurs (anglais)

      A propos de l’ipbes

      5 propositions pour adapter les points de vente au changement climatique

      Fort d’une collaboration avec le gouvernement sur les stratégies d’adaptation au changement climatique, Perifem, la fédération technique du commerce et de la distribution, confirme sa mobilisation pour un commerce durable et partage 5 propositions, dans le cadre de la consultation publique relative au 3ᵉ Plan National d’Adaptation au Changement Climatique (PNACC-3).

      L’objectif est de renforcer l’adaptation des 48 000 espaces commerciaux adhérents à Perifem face au changement climatique.

      Ces propositions s’articulent autour de trois des cinq axes stratégiques du plan national d’adaptation au changement climatique de la France :

      • 1 Protection des populations,
      • 2 Résilience des territoires
      • 3 Adaptation des activités humaines

      Pour rendre le commerce plus durable, la fédération a déjà chiffré le coût de la décarbonation des points de vente1 et analysé les différents problèmes posés pour permettre un dialogue constructif.  Sa réponse à la consultation publique sur le 3eme PNACC concerne la mesure intégrant les enjeux d’adaptation dans les dispositifs d’aide aux entreprises.

      Un soutien financier est crucial pour permettre au secteur de réaliser les investissements nécessaires tout en sécurisant ses activités à court terme.

      5 propositions de Perfem pour adapter les points de vente au changement climatique

      1 – Faire des parkings de véritables îlots de fraicheur

      Sur l’axe dédié à la protection de la population, il est possible de contribuer à la renaturation des villes par la mise en place d’îlots de fraîcheur sur les 70 millions de m² d’aires de stationnement des magasins et centres commerciaux.

      Des aménagements qui contribueraient à réduire les températures urbaines, à atténuer les effets des canicules et à renforcer la résilience des territoires face aux vagues de chaleur.

      Les obligations d’intégrer des dispositifs de gestion des eaux pluviales et d’ombrage sur les parcs de stationnement traduisent une volonté, renforcée ces dernières années, d’utiliser ces espaces pour répondre aux enjeux du développement durable. En effet, les parcs de stationnement constituent des espaces artificialisés dont l’usage se prête à l’installation d’ombrières photovoltaïques ou à la plantation d’arbres, ainsi qu’à une gestion durable des eaux pluviales favorisant la perméabilité des sols.

      La mise en œuvre de ces solutions nécessite une révision de l’article 40 de la loi APER2 et de son décret d’application. Ces textes qui imposent une couverture extensive par des ombrières photovoltaïques empêchent la mixité des aménagements (végétalisation et production d’énergie).

      Perifem appelle à une harmonisation des réglementations pour permettre une véritable renaturation des espaces. La mise en œuvre de solutions, en complément de la végétalisation, intègrent la perméabilisation des sols, susceptible d’être freinée par l’article 40.

      Perifem souhaite une meilleure cohérence entre le PNACC, les documents de planification publique et les réglementations en vigueur. Certaines contradictions, notamment entre les Plans Locaux d’Urbanisme (PLU) et l’article 40 de la loi APER, génèrent des difficultés pour les projets d’aménagement qui risquent de s’intensifier si elles ne sont pas rapidement corrigées.

      2 – Limiter la consommation d’eau en généralisant la télé-relève

      Sur l’axe résilience des territoires, concernant la nécessité de préserver la ressource en eau, la fédération demande la généralisation des compteurs d’eau équipés de dispositifs de télétransmission, indispensables pour permettre un suivi en temps réel des consommations. Cette pratique, déjà systématique pour l’électricité et le gaz, devrait être étendue à l’eau.

      Télérelevé des compteurs d’eau : en route vers la ville intelligente

      Mettre en place un guichet unique chez les fournisseurs d’eau permettrait de faciliter l’accès aux données de consommation pour les grandes enseignes multisites et ainsi optimiser leurs efforts de réduction.

      3 – Adapter les référentiels techniques

      Dans le domaine des normes techniques, il est nécessaire de réviser les référentiels pour tenir compte des évolutions climatiques, en particulier pour les équipements à longue durée de vie. Les systèmes de froid commercial, par exemple, devront être adaptés pour fonctionner de manière optimale en cas de canicules répétées. Une mise à jour des normes techniques d’ici 2025, avec des critères clairs, est donc essentielle pour guider les fabricants et les utilisateurs dans cette transition.

      4 – Créer une boîte à outils pour adapter les points de vente

      Pour l’axe adaptation des activités humaines, Perifem va lancer en 2025 une étude des risques climatiques encourus par les points de vente. Ce guide sectoriel présentera les enjeux et les solutions pour adapter les points de vente aux risques climatiques en tenant compte des spécificités locales et des types d’équipements.

      Une boîte à outils permettra à chaque enseigne de mettre en œuvre des solutions adaptées à ses besoins.

      5 – Un cadre administratif unique

      Enfin, l’importance d’un reporting efficace des actions d’adaptation ne doit pas masquer le risque d’une multiplication des cadres et des obligations administratives, complexes et coûteuses pour les entreprises.

      Pour simplifier ces démarches, la fédération propose de regrouper les exigences dans un cadre unique, ce qui permettrait aux entreprises de se concentrer davantage sur la mise en œuvre d’actions concrètes et de mieux valoriser leurs efforts auprès des investisseurs.

      Conclusion

      En conclusion, perifem réaffirme son engagement en faveur de l’adaptation au changement climatique et appelle à une harmonisation des réglementations, un accompagnement financier renforcé et une simplification des démarches administratives. Ces propositions visent à garantir la résilience du commerce et de la distribution tout en soutenant les ambitions du PNACC-3.

      Les Français et les enjeux environnementaux dans les commerces (2021)


      1. 18,3 milliards de 2024 à 2029, un chiffrage réalisé dans le cadre du rapport « décarbonation et commerce » du Conseil National du Commerce. ↩︎
      2. Loi relative à l’accélération de la production d’énergies renouvelables ↩︎

      La démocratie environnementale face à la réalité : expertises et concertations

      Le livre Démocratie environnementale, expertise et concertation, écrit par Michel Badré sort en librairie le 19 décembre 2024. L’auteur livre son retour d’expérience de pratiques d’expertise et de dialogue avec le public dans trois projets sensibles récents : le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, le plan de gestion des déchets radioactifs et la relance de nouveaux réacteurs nucléaires.

      La démocratie environnementale face à la réalité

      Dans notre société démocratique, comment s’exerce le droit reconnu à toute personne d’accéder aux informations et de participer à la préparation des décisions sur les grands projets ?

      Comment l’exercice de ces droits s’intègre-t-il dans le processus de décision ?
      Les réponses apportées à ces questions dans la conduite de trois projets sensibles, objets de vifs débats de société, sont décrites :

      • 1 – la médiation mise en place en 2017 par le gouvernement sur le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes,
      • 2 – le débat public de 2019 sur le plan de gestion des matières et déchets radioactifs,
      • 3 – le débat public de 2023 sur le lancement de deux nouveaux réacteurs nucléaires EPR2 à Penly.

      Michel Badré a été impliqué dans la conduite des débats sur ces trois opérations, en position d’indépendance par rapport aux décideurs et aux parties prenantes favorables ou hostiles aux projets débattus.

      C’est un retour d’expérience personnel et non une réflexion théorique qu’il livre ici. Son analyse montre que la compréhension partagée des enjeux techniques et sociaux, dans toute leur complexité, rend ces débats efficaces. Elle prend du temps, mais c’est le gage de solutions durablement acceptées par la société, à la hauteur des défis environnementaux de notre époque.

      Sommaire

      Notre-Dame-des-Landes et la médiation de 2017
      Historique du projet, de sa naissance à son abandon
      Les autres questions soumises à expertise
      Que conclure de ces travaux de la mission de médiation ?
      Le Plan national de gestion des matières et déchets radioactifs
      Le contexte général du plan et de son élaboration
      La préparation du débat public
      La clarification des controverses techniques
      Le déroulement du débat
      Les apports du débat
      Que conclure sur le plan de gestion des matières et déchets radioactifs ?
      Le programme de lancement de nouveaux réacteurs EPR2 par EDF
      Le contexte électronucléaire des 50 dernières années
      La préparation et le déroulement du débat
      Les suites du débat
      Que conclure de ce débat sur les réacteurs EPR2 ?
      Questions et enseignements communs
      Pourquoi se concerter ?
      Comment sont prises les décisions sur des projets ou des programmes ?
      Complexité, fluidité : des procédures simplifiables ?
      Quelles questions mettre en débat ? Quelles informations utiliser ?
      Avec qui se concerter et sous quelle forme ?
      Quel dialogue entre les experts, les politiques, et le public ?
      Quelques réflexions pour conclure
      Une participation inclusive ?
      Une délibération discursive ?
      Des résultats « acceptables en raison » ?

      Extrait

      A propos de l’auteur

      Michel Badré, polytechnicien et ingénieur forestier de formation, a exercé pendant 40 ans dans le secteur public de l’environnement.

      Il a mis en place et présidé l’Autorité environnementale de 2009 à 2014.

      Il a été membre puis vice-président du Conseil économique, social et environnemental de 2015 à 2021, et membre puis président du Comité d’éthique commun INRAE-Ifremer-Cirad-IRD de 2017 à 2024.

      Commander l’ouvrage papier ou sa version pdf gratuite

      « La scène se passe en 2006, dans une salle de cinéma d’une ville du Sud-Est de la France. Il s’y tient une séance d’un débat organisé par la Commission nationale du débat public (CNDP), sur la politique des transports dans la vallée du Rhône. À côté d’un élu du département, du président
      d’une association de protection de la nature et du directeur départemental de l’équipement, j’y représente à la tribune
      le ministère chargé de l’Environnement. Nos échanges sont assez laborieux et abstraits, faute d’une préparation sérieuse entre nous. Le public somnole, jusqu’à un réveil brutal,
      provoqué par une dame qui s’est levée au fond de la salle, très en colère, et nous interpelle : « Arrêtez ! D’abord, je ne
      comprends rien à ce que vous dites. Ensuite, vous vous parlez tout le temps entre vous quatre, au lieu de nous parler à nous, dans la salle. Et puis tout cela, ça n’a pas de cœur ! ». Elle prend ses affaires et s’en va sans attendre la réponse, qui aura du mal à venir
      . » (…)


      Participation du public dans le champ environnemental

      Du 04 novembre au 22 décembre 2024, suivez la formation en ligne « La participation du public dans le champ environnemental » proposée par le CNFPT, en partenariat avec le Commissariat général au développement durable (CGDD) du ministère de la Transition écologique et la CNDP.


      Les entreprises françaises sont-elles prêtes à entrer dans les limites planétaires ?

      Le dépassement des limites planétaires est une réalité palpable au quotidien. Inondations dévastatrices, sécheresses prolongées, pénuries de matières premières : ces phénomènes, de plus en plus fréquents et intenses, sont les conséquences directes de la pression exercée par les activités humaines sur les écosystèmes.‏ Quel est l’impact environnemental des entreprises françaises et celui de celles engagées en RSE ? Respectent-elles ou non les limites planétaires ? L’écosystème, composé de Goodwill-management, l’Agence Lucie et Kerlotec, œuvre depuis 21 ans à la transition écologique et sociale des entreprises. L’occasion d’une étude pour répondre à ces questions essentielles.

      L’économie du Donut – (Kate Rayworth, 2018)

      Quel est l’impact environnemental des entreprises françaises ?

      Une méthode de triple comptabilité

      Thésaurus-3K, prend en compte les limites planétaires pour son volet Environnemental et établit des quotas pour les entreprises et leur chaîne de fournisseurs. Partant des limites planétaires, il est possible d’établir des quotas pour chaque entreprise :

      Quels sont les impacts évalués ?

      L’étude évalue 8 impacts environnementaux :

      • Les émissions de gaz à effet de serre
      • Pollution atmosphérique
      • Déchets solides
      • Consommation de matières fossiles et minérales
      • Pollution de l’eau
      • Consommation d’eau
      • Artificialisation des sols
      • Destruction de la biodiversité

      Un constat : les entreprises françaises dépassent de 3x leur quota de limites planétaires

      Les entreprises françaises dépassent de 3x leur quota de limites planétaires

      L’Entreprise France, c’est-à-dire l’ensemble des entreprises françaises , excède ses quotas de limites planétaires
      d’un facteur 3.

      Quelle est la part des entreprises françaises engagées en RSE ?

      Quel est l’impact environnemental des entreprises engagées en RSE ?

      Avec la méthode de triple comptabilité, l’empreinte environnementale de plus de
      50 entreprises fortement engagées (labellisées ISO 26000, ayant fait leur bilan carbone, entreprises à missions, se déclarant à impact positif…) a été étudiée.

      Aucune ne respecte ses quotas de limites planétaires.

      Elles réduisent leurs impacts de 20 à 30 % au mieux et passent donc de 3 à 2,4 voire 2,1 planètes. Ce qui a amené Lucie à définir deux niveaux de RSE :

      • La RSE 1.0 : réduire ses impacts
      • La RSE 2.0 : respecter les limites planétaires

      Le nombre d’entreprises fortement engagées a été multiplié par 8 en 6 ans.

      Si ce rythme se maintient, 100 % des entreprises seront engagées en RSE 1.0 dans une décennie. Les entreprises fortement engagées doivent donc maintenant passer à la RSE 2.0, qui demande très souvent un changement de modèle économique et prend 10 ans. En attendant, il faut progresser … La RSE 1.0 n’est donc pas suffisante mais elle est nécessaire voire indispensable selon Alan Fustec, fondateur du label Lucie.

      Le monde change

      Depuis 2010, le référentiel mondial de la RSE est la norme ISO 26 000 (Lucie 26000, Engagé RSE de l’AFNOR, PME + mais aussi Ecovadis, Vigeo…. et indirectement même Bcorp). Il sert à évaluer la performance RSE des entreprises.

      L’UE a choisit un nouveau référentiel, non pas de performance mais de reporting : la CSRD

      Pourquoi appuyer un label de performance
      sur les ESRS et la CSRD ?

      Dans les deux référentiels les sujets sont les mêmes mais ne sont pas classés de la même façon. Le référentiel de reporting (CSRD) va s’imposer comme grille de lecture, y compris pour la performance RSE. Il n’y aura pas une grille pour le reporting et une autre pour la performance en Europe.

      Cependant, la CSRD ne prévoit aucun système de mesure de performance. Elle dicte des normes de reporting : si votre indicateur carbone est conforme à la norme CSRD, vous respectez la loi :

      • qu’elle que soit sa valeur,
      • et que vous progressiez ou pas.

      En 2023, les entreprises labellisées soumises à la CSRD se sont interrogées sur les correspondances entre leur label (LUCIE 26000) et leur nouvelle obligation de reporting (CSRD). Pour leur simplifier la vie, l’Agence Lucie a intégré son système de mesure de performance (et donc de labellisation) à cette norme.
      Par ailleurs toutes les entreprises non assujetties à la CSRD (moins de 250 personnes) vont devoir fournir des indicateurs CSRD à leurs grands clients : un label de performance RSE branché sur la CSRD répond à ces attentes. D’où l’idée de reconstruire le référentiel LUCIE selon les normes ESRS (European Sustainability Reporting Standards).

      La Stratégie du Y

      Le dépassement des limites planétaires, c’est concret

      Pour s’adapter, beaucoup d’entreprises vont devoir muter dans les 10 ans.

      Et elles doivent le faire pour ne pas aggraver la situation (respect des limites planétaires). Mais la mutation linéaire est vraiment dangereuse et n’est donc pas conduite. La stratégie du Y est plus prudente. Elle projette à 10 ans au moins.

      Nous n’avons pas d’autre choix que de faire rentrer au plus vite (dans les 10 ans) nos entreprises dans les limites planétaires.

      Cela impose une profonde mutation du modèle économique. La logique de « Fast Fashion » s’appuie sur un business model qui n’est pas durable. Mais une entreprise qui répond au réel besoin primaire de “s’habiller” sera dans le monde d’après. 

      Nous sommes dans une période de très grande incertitude sur l’économie à long terme : Quel va être l’impact des sécheresses et canicules à venir sur l’économie ? Que fera-t-on après un pic du cuivre ou du phosphore à horizon 2028 ?

      Pour des raisons éthiques comme économiques à long terme, nous sommes confrontés à « un défi de bifurcation »

      C’est pourquoi Alan Fustec, Timothée Fustec et Arnaud Bergero ont mis au point la stratégie du Y qui définit un plan de développement bifide de l’entreprise. La transformation n’est pas brutale (car trop risquée), mais progressive et expérimentale. 

      Testée d’abord en R&D puis sous forme d’une petite unité pilote, la stratégie du Y est ensuite développée en parallèle du canal historique et finit par le supplanter.

      La méthode pour le canal hystérique est radicalement nouvelle

      Singularité : une importance particulière est accordée au développement de la valeur immatérielle (capital humain, savoir-faire, marques…).

      Établissement d’un plan de passage progressif d’un chiffre d’affaires intégralement fondé sur les activités
      historiques à une activité hybride historique et nouvelle.

      Étude « Les entreprises françaises respectent-elles les limites planétaires ? »

      Comment utiliser la CSRD pour piloter la transition d’une entreprise ?

      La Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD) redéfinit le cadre du reporting Environnemental, Social et de Gouvernance (ESG) pour les entreprises européennes. Elle a comme objectif une transparence accrue des rapports de durabilité, l’intégration des enjeux durables dans la stratégie, et une harmonisation des pratiques à l’échelle européenne. Une sélection de Guides pratiques en français pour accompagner l’entreprise vers la conformité en 4 étapes.

      CSRD ?
      Piloter la transition de mon entreprise

      Vous retrouverez dans ce guide pratique de la Direction Générale des Entreprises toutes les ressources essentielles pour répondre aux questions que soulève la CSRD.

      La CSRD est une directive européenne qui vise à harmoniser la publication d’informations en matière de durabilité.

      Face aux demandes croissantes de la part des donneurs d’ordre, financiers, investisseurs – dues aux évolutions de la pratique des affaires –, et à la multiplication des reporting de données environnementales, sociales et de gouvernance (ESG) parfois difficiles à acquérir, la CSRD a pour objectif d’adopter un langage commun, unique et harmonisé pour simplifier ce reporting, rationaliser les demandes faites aux entreprises et leur permettre de piloter leurs performances en améliorant la transparence et la fiabilité de ces données.

      Le Portail RSE

      Afin d’accompagner les entreprises dans leur mise en conformité à cette directive, le ministère de l’Économie, des Finances et de l’Industrie a lancé le Portail RSE : un service public gratuit permettant de réaliser pas-à-pas son rapport de durabilité.

      © Portail RSE

      Réaliser le rapport de durabilité

      Phase 1 : Analyse de double matérialité

      Phase 2 : Collecter les données de son entreprise

      Phase 3 : Rédiger son rapport de durabilité

      La CSRD et le reporting de durabilité

      La Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD) annonce une nouvelle ère pour le reporting de durabilité. Elle redéfinit le cadre du reporting ESG pour les entreprises européennes avec pour objectifs : une transparence accrue, l’intégration des enjeux durables dans la stratégie et une harmonisation des pratiques à l’échelle européenne.

      4 étapes vers la conformité :

      • 1️⃣ Analyse de double matérialité : impact + risques financiers.
      • 2️⃣ Analyse des écarts : où se situent les manques ?
      • 3️⃣ Plan d’action SMART pour combler ces lacunes.
      • 4️⃣ Reporting annuel en format digital standardisé.

      La CSRD est mise en œuvre dès 2025 pour les grandes entreprises, les PME non cotées ne sont pas (encore) obligées mais peuvent adopter une démarche volontaire …

      La CSRD, bien plus qu’une directive : un levier pour accélérer la transition vers une économie durable !

      Ce guide pratique a été créé par la Cellule Développement Durable d’AKT for Wallonia.

      Le reporting de durabilité au service de la résilience et de la performance des coopératives agricoles.

      Ce guide de la Coopération agricole est destiné à accompagner la réalisation et le pilotage du reporting de durabilité des coopératives agricoles, défini par la directive CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive), et à construire un chemin de conformité progressif, adapté à la taille et la maturité de chaque organisation, utile à la performance et la pérennité de la coopérative.

      CSRD Essentials : Le guide ultime de la directive de l’UE sur la publication d’informations en matière de durabilité par les entreprises

      Un guide du GRI (Global Reporting Initiative) en collaboration avec les Editions Lefevre Sarrut, pour un récapitulatif d’ensemble de la directive.

      ESRS et CSRD

      Depuis le 1er janvier 2024, la CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive), est entrée en vigueur. Cette directive européenne oblige les grandes entreprises à fournir un rapport extra-financier sur le développement durable. Ce rapport doit se conformer aux normes européennes standardisées. À savoir, l’ESRS (European Sustainability Reporting Standards).

      ESRS ou European Sustainability Reporting Standards

      ESRS, des standards adoptés dans le cadre de la CSRD

      Le 31 juillet 2023, la Commission européenne a adopté le référentiel ESRS. Cet ensemble de normes européennes a été élaboré par l’EFRAG, (European Financial Reporting Advisory Group), un organisme indépendant réunissant différentes parties prenantes.

      Ce standard est rendu nécessaire dans le cadre de la CSRD car la directive impose aux grandes entreprises de fournir un rapport extra-financier. L’European Sustainability Reporting Standards définit des critères relatifs aux questions environnementales, sociales et de gouvernance (ESG)

      L’objectif de l’ESRS est double : marquer une nouvelle étape dans la transition vers une économie européenne durable, tout en renforçant la transparence. 

      • Transparence : grâce aux informations contenues dans le rapport extra-financier, les investisseurs peuvent comprendre l’impact des entreprises dans lesquelles ils placent leur argent. Idem pour les consommateurs qui sont de plus en plus nombreux à prendre conscience des enjeux environnementaux. Ils préfèrent acheter auprès d’entreprises engagées (sans greenwashing).  
      • Développement durable : en se basant sur des critères objectifs, les entreprises peuvent orienter leurs efforts en matière d’environnement, de gouvernance et d’impact sociétal. Et comme leurs actions impactent leur réputation, elles ont tout intérêt à agir de manière éco-responsable.

      Bon à savoir : l’ESRS est un standard visant à uniformiser les critères de développement durable à l’échelle européenne. À ce titre, il tient compte d’autres normes internationales, comme l’International Sustainability Standards Board (ISSB) et la Global Reporting Initiative (GRI).

      Déployer les ESRS :
      Un outil de pilotage au service de la transition

      L’Autorité des Normes Comptables (ANC) a publié la version complète de son guide pédagogique sur le déploiement des ESRS. Ce guide inclut trois nouvelles fiches thématiques :

      • 🏭 E2 : Pollution (7 questions, 10 pages)
      • 💧 E3 : Eau et ressources marines (6 questions, 9 pages)
      • ♻️ E5 : Utilisation des ressources et économie circulaire (8 questions, 9 pages)

        Pourquoi un guide sur les ESRS est-il préparé par l’ANC ?
        1️⃣ Faciliter la compréhension des ESRS et promouvoir des pratiques de marché homogènes
        2️⃣ Adapter la mise en application des ESRS au cadre français en dépassant les problèmes de traduction

        Les fiches ont été préparées par les services de l’ANC en concertation avec des organisations représentant les entreprises, auditeurs et experts-comptables. Elles ont été discutées et validées par la Commission des normes d’information en matière de durabilité et le Collège de l’ANC, puis transmises à l’EFRAG pour garantir la cohérence européenne.

      Quels progrès de l’Éducation au Développement Durable pour atteindre les 17 Objectifs définis par les Nations Unies ?

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      Et si l’éducation au développement durable n’était pas la bonne voie à suivre dans sa construction actuelle ? C’est l’hypothèse d’une étude de l’université Northumbria qui met en évidence les lacunes de l’éducation au développement durable (EDD) dans la résolution des crises environnementales. Coordonnée par l’UNESCO depuis 2019 qui fait un point à mi-chemin vers 2030 sur les progrès et voies de l’EDD quin vise à intégrer les objectifs de développement durable (ODD) à travers le monde.

      Donner aux jeunes un rôle actif face au changement climatique : enjeux et perspectives éducatives

      L’Éducation au Développement Durable (EDD)

      Une représentation correcte des objectifs de développement durable devrait montrer que la satisfaction des objectifs économiques repose sur la satisfaction des objectifs de société, elle-même conditionnée à la satisfaction des objectifs concernant la biosphère. Rendre compte de ces liens de dépendance, de cette hiérarchie, est tout à fait possible, et même aisé. À condition de présenter les objectifs de développement durable sous la forme d’une pyramide à 3 étages, où chaque étage repose sur ce qu’il y a en-dessous.

      Critiquée pour son accent sur la croissance économique, souvent au détriment de l’environnement, et pour son approche anthropocentrique qui néglige la valeur intrinsèque des espèces non humaines et des écosystèmes.

      Pierre-Henry Dodart
      Réimaginer l’éducation pour l’Anthropocène : vers une éducation négéntropique

      🚫 Critique de l’approche actuelle

      L’article argumente que l’EDD promeut une illusion de durabilité en combinant croissance économique, justice sociale et protection de l’environnement, sans adresser suffisamment les causes profondes de l’insoutenabilité.

      Il plaide pour une réorientation de l’EDD vers une véritable durabilité écologique dans les études de commerce, en soulignant l’importance des modèles d’affaires transformateurs basés sur la décroissance, l’économie circulaire et l’économie d’équilibre.

      🌱 Vers une véritable durabilité écologique

      La critique souligne les tendances hégémoniques du développement durable et les insuffisances de l’EDD, notamment son incapacité à remettre en question le néolibéralisme et à reconnaître les limites planétaires.

      Il est suggéré que l’éducation à la durabilité nécessite un paradigme basé sur l’écopédagogie, qui intègre l’intégrité écologique et promeut le bien-être pour tous dans les limites des capacités planétaires.

      📚 L’écopédagogie comme solution

      L’approche écopédagogique, enracinée dans la pédagogie critique, offre une voie vers une éducation à la durabilité authentique, en encourageant une conscience critique des causes racines de l’oppression et des injustices environnementales, et en agissant pour transformer la société.

      Elle met l’accent sur la réduction de la consommation de ressources, le respect des limites planétaires et la promotion de modèles d’affaires plus durables.

      ✨ Recommandations

      L’article recommande une refonte de l’EDD et des cours d’éthique des affaires, pour mieux reconnaître les limites planétaires et adopter une perspective moins anthropocentrique.

      Il suggère que les principes écologiques et la pédagogie critique offrent une base solide pour une véritable éducation à la durabilité, capable de promouvoir le bien-être de tous dans le respect des limites de notre planète.

      Pour en savoir plus au quotidien sur l’éducation et la transformation écologique, n’hésitez pas à suivre Pierre-Henry Dodart, qui partage régulièrement des articles, des réflexions et des ressources sur ces thématiques essentielles. Vous pouvez également visiter son blog où il publie des synthèses détaillées d’articles académiques.


      À mi-chemin vers 2030 : progrès et voies vers l’EDD

      Ce webinaire a fait le point sur les progrès et la mise en œuvre du programme Éducation au développement durable (EDD) pour 2030. Ont été partagées les informations sur les initiatives nationales EDD pour 2030 et les projets de l’UNESCO, la présentation de pratiques innovantes et prometteuses des organisations partenaires et ls points d’actions pour le réseau en 2025 au niveau mondial et régional.


      Jeunes auteurs pour la justice climatique : l’initiative Young Climate Authors en Inde

      12 stratégies pour surmonter les résistances et renforcer l’acceptabilité de la transition écologique

      Dans un contexte de mécontentement croissant vis-à-vis des politiques climatiques, le chercheur Théodore Tallent propose douze stratégies pour surmonter les résistances et renforcer l’acceptabilité de la transition écologique. Ces recommandations visent à rendre le discours et les actions climatiques plus justes, désirables et ancrés dans le quotidien des individus.

      Voici une synthèse des points pour réorienter la politique climatique.

      • 🌍 1. Articuler le discours autour de la transition juste : il faut que la transition écologique soit équitable, prenant en compte les différences entre individus et régions pour répartir les coûts et les bénéfices de manière juste.
      • 💬 2. Dépasser les seuls aspects économiques : le discours sur la transition écologique doit aborder les dimensions sociales et culturelles pour être engageant et désirable.
      • 🔄 3. Séquencer le discours et les mesures : il faut organiser les actions et le discours de manière progressive, commençant par des mesures positives et engageantes avant d’introduire les contraintes nécessaires.
      • 🏠 4. Inscrire le problème écologique dans le quotidien des individus : le changementclimatique doit être présenté comme un problème direct et concret qui affecte la vie quotidienne des gens.
      • 🌟 5. Mentionner les solutions concrètes et mettre en valeur les réussites : souligner des exemples concrets de réussite dans la transition écologique est essentiel pour motiver et inspirer l’action.
      • 🌐 6. Territorialiser les politiques publiques et les discours écologiques : les actions et les discours doivent être adaptés aux spécificités de chaque territoire pour permettre à tous de s’engager.
      • 🆔 7. Prendre en compte le rôle des identités : il faut reconnaître et respecter les diverses identités des personnes lorsqu’on parle de transition écologique pour éviter la résistance et favoriser l’acceptation.
      • 😢 8. Prendre en considération le rôle des émotions : les émotions jouent un rôle important dans la manière dont les gens réagissent aux politiques climatiques, il faut donc les adresser correctement.
      • 👥 9. Situer l’action climatique dans les référentiels individuels : relier l’action climatique aux valeurs et priorités personnelles des individus rend le message plus pertinent et efficace.
      • 🎤 10. Considérer l’importance du messager : le choix de la personne qui porte le message écologique est central pour son acceptation, car elle doit être perçue comme légitime et digne de confiance.
      • 11. Reconnaître ce que les individus font déjà : il est essentiel de valoriser les actions environnementales déjà entreprises par les individus pour encourager une plus grande participation.
      • 🗣️ 12. Considérer que l’ensemble du discours politique compte : l’efficacité du discours sur la transition écologique dépend de la perception plus large du discours politique général. Une approche cohérente et crédible est nécessaire pour gagner la confiance des citoyens.
      Réimaginer l’éducation à la paix : l’approche innovante de la pédagogie critique à l’Université de Lund

      Vers une éducation durable authentique : intégrer l’écopédagogie et la décroissance dans les études de commerce

      L’éducation à la durabilité est au cœur des préoccupations globales, notamment à travers les Objectifs de Développement Durable (ODD) définis par les Nations Unies. Ces objectifs ont pour ambition de concilier progrès économique, équité sociale et préservation de l’environnement. Cependant, de plus en plus de voix s’élèvent pour remettre en question la manière dont ces ODD sont mis en œuvre, notamment dans les études de commerce. L’enseignement de la durabilité s’appuie souvent sur une approche qui ne remet pas en question les modèles économiques traditionnels axés sur la croissance infinie. Cet article explique la nécessité de passer d’une éducation pseudo-durable à une véritable éducation à la durabilité, axée sur l’écopédagogie et la décroissance.

      Construire une éducation axée sur la durabilité environnementale en valorisant l’exploration collaborative

      Quels sont les résultats de « La Grande Consultation des Agriculteurs » ?

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      The Shift Project et The Shifters présentent les résultats de « La Grande Consultation des Agriculteurs », une étude qualitative suivie d’une enquête quantitative ayant recueilli l’avis de 7 711 agriculteurs et agricultrices sur l’avenir de leur secteur. 80% sont prêts à accélérer la transition environnementale de leur secteur et souhaitent adopter des pratiques agronomiques plus durables

      Pour une agriculture bas carbone, résiliente et prospère 

      Cette grande consultation s’inscrit dans le cadre d’un programme plus large mené par The Shift Project depuis l’été 2023, ayant débouché sur la publication du rapport « Pour une agriculture bas carbone, résiliente et prospère » le 28 novembre 2024, ainsi que sur deux rapports complémentaires sur l’emploi et la formation agricoles, et sur la place de l’innovation technologique dans la transformation du secteur.

      Quelles technologies pour une agriculture bac carbone, résiliente et prospère ?

      Quels actifs avec quelles compétences pour une agriculture bas carbone, résiliente et prospère ?

      La grande consultation des agriculteurs

      Cette consultation a été menée en deux temps : une première enquête qualitative a été réalisée de mars à mai, puis une enquête quantitative a été diffusée via un questionnaire en ligne ouvert du 4 juin au 5 octobre 2024, relayé par près d’une centaine d’organisations agricoles (chambres d’agriculture, syndicats, filières, associations, entreprises, collectifs, etc.) et par le réseau bénévole des Shifters.

      Un contexte a priori peu propice à la transition

      Un redressement des données a été fait selon trois critères : région, surface agricole utile, signes d’identification de la qualité et de l’origine, et les données du recensement agricole 2020 pour la France métropolitaine.

      Un attachement au métier au delà des difficultés économiques

      La Grande Consultation des Agriculteurs révèle que la grande majorité des agriculteurs sont prêts à accélérer la transition environnementale de leur secteur : plus de 80 % des répondants souhaitent adopter des pratiques agronomiques plus durables, et seulement 7 % déclarent ne pas souhaiter s’engager ou accélérer la transition de leur exploitation.

      Le changement climatique, le prix de l’énergie et les risques liés aux produits phytosanitaires sont trois préoccupations majeures des agriculteurs : 86 % des répondants considèrent que le changement climatique représente un risque pour la viabilité de leur exploitation, la hausse du prix de l’énergie et la dépendance aux énergies fossiles sont des sources d’inquiétude pour plus de 70 % des sondés, et 75 % des répondants s’inquiètent des effets des produits phytosanitaires sur leur santé. Les préoccupations en lien avec les risques environnementaux sont particulièrement marquées chez les jeunes et chez les femmes, deux cibles stratégiques pour le renouvellement des générations.

      Des agriculteurs inquiets pour la viabilité de leur ferme, en particulier le climat inquiète 86%

      L’enquête révèle aussi que les agriculteurs ne pourront pas mener cette transition sans une vision claire pour l’avenir du secteur et sans un soutien massif de la société et des pouvoirs publics : 86 % des répondants réclament des objectifs clairs et stables, et 87 % posent une condition financière pour s’engager ou accélérer leur transition, en particulier en étant rémunérés pour les services environnementaux rendus et en étant protégés contre une concurrence internationale qu’ils jugent déloyale. 77 % souhaitent en outre une mise en œuvre décentralisée qui permette de prendre en compte les spécificités régionales.

      Produits phytosanitaires | Une source d’inquiétude pour les 3/4 des agriculteurs, en premier lieu pour leur propre santé

      Enfin, 87 % des agriculteurs se sentent mal représentés dans le débat public. The Shift Project et les Shifters espèrent leur permettre de faire davantage entendre leur voix en poursuivant la mobilisation du secteur dans les prochains mois.

      Projet agriculture du Shift Project

      COP régionales de la planification écologique : quelles leçons en tirer un an après ?

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      Ce Document de propositions de l’IDDR, centré sur le cas français des COP régionales de la planification écologique initiées à l’automne 2023, examine leur contribution à la mise en œuvre de la Stratégie nationale pour la biodiversité (SNB) et propose des recommandations pour la poursuite des travaux des Régions.

      COP régionales de la planification écologique :
      quelles leçons en tirer ?

      Les stratégies nationales françaises dédiées à la biodiversité mises en œuvre depuis le début des années 2000 ont jusqu’ici échoué à stopper sa perte. En cause, la difficulté à déployer les mesures à tous les échelons d’action, au-delà d’acteurs tels que le ministère et les agences de l’environnement ou les acteurs de la conservation, ainsi que leur caractère national, qui ne favorise pas la prise de mesures aux endroits et à l’ampleur les plus idoines.

      Des innovations en matière de gouvernance ont été mises en place dans différents pays d’Europe au cours des deux dernières années afin de mieux porter la question de la biodiversité dans les projets de développement des territoires, comme la planification écologique en France, le programme national néerlandais pour les zones rurales (NPLG) et l’accord vert tripartite au Danemark.

      Ce Document de propositions, centré sur le cas français des COP régionales de la planification écologique initiées à l’automne 2023, examine leur contribution à la mise en œuvre de la Stratégie nationale pour la biodiversité (SNB) et propose des recommandations pour la poursuite des travaux des Régions.

      Il pourra notamment informer la manière dont les COP se mobiliseront en 2025 autour des enjeux liés à l’adaptation à la suite de la présentation du troisième Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC).

      Enjeux, thématiques et chantiers de la planification écologique

      Messages Clés

      Les enjeux de la biodiversité devraient, tout comme les questions climatiques, être abordés dans les COP de manière transversale. Les questions de restauration des écosystèmes concernent en effet par exemple les acteurs du logement, du transport ou de l’alimentation.

      Cette transversalité est nécessaire pour assurer la cohérence entre les actions en faveur de la transition dans une perspective de « ne pas nuire »,
      mais aussi pour identifier les solutions apportées par la biodiversité en faveur d’un développement territorial résilient.

      La dimension de concertation des COP régionales pourrait être renforcée en croisant les expertises au sein des différents groupes thématiques, dans l’idée de construire une vision collective pour le développement social, économique et environnemental du territoire.

      L’identification de projets spécifiques pour la mise en œuvre de la transition par les collectivités devrait découler de leurs besoins exprimés, en fonction de leurs enjeux prioritaires de développement territorial, plutôt qu’être opérée de
      manière descendante à partir des leviers identifiés au niveau régional. Cette approche améliorerait l’appropriation des leviers par les collectivités et la pertinence des projets proposés.

      Entrée en vigueur de la loi sur la restauration de la nature qui contribuera à restaurer les écosystèmes dégradés

      La prise en compte de la biodiversité dans les feuilles de route régionales de la planification écologique doit faire l’objet d’une amélioration constante, afin d’assurer une déclinaison adéquate de la SNB.

      La mise en œuvre du PNACC, mais également l’élaboration du plan national pour la restauration de la nature, sont l’occasion de revenir sur le sujet de la biodiversité dans les COP régionales et de déployer les modalités de gouvernance présentées.

      5 critères de réussite de la planification écologique

      Le tour d’horizon de la littérature1 par Mariam Fofana et Agnès Hallosserie pour l’Iddri, a permis d’identifier cinq critères de réussite de la planification écologique, qui dépassent la seule biodiversité ou la réduction des émissions de gaz à effet de serre et soulignent la nécessité d’une approche intégrée à l’ensemble des enjeux d’un territoire et leurs interactions.

      • Définition claire des objectifs : fixer des objectifs précis dans le temps et l’espace pour une planification mesurable.
      • Inventaire et analyse des données : intégrer une vision transversale des interactions du système grâce à une collecte et une analyse approfondies des données.
      • Pertinence des propositions : enrichir la planification par des données socio-économiques (utilisation des forêts, poids industriel, sensibilités culturelles) pour une prise en compte globale de la biodiversité.
      • Scénarios alternatifs et concertation : proposer des scénarios alternatifs permet d’élargir les sphères de concertation et de faciliter les négociations entre acteurs, en recherchant un consensus sur les objectifs et les méthodes.
      • Mise en œuvre, suivi et évaluation : assurer un suivi rigoureux avec des rôles clairs, en tenant compte du soutien politique à toutes les échelles et des priorités sectorielles et territoriales.

      Ces recommandations soulignent l’importance de « spatialiser » le dialogue, afin d’identifier les points de tension et localiser précisément les zones où les interventions sont les plus pertinentes. Les outils de modélisation, comme la cartographie ou les systèmes d’information géographique, sont efficaces pour cette démarche, à condition que leur lecture soit simplifiée afin que chacun puisse les comprendre et les utiliser.

      De plus, bâtir les conditions propices à un consensus dès les premières étapes de l’élaboration des plans reste un défi majeur. Enfin, bien que l’approche participative nécessite des ressources humaines et financières importantes, elle reste souvent essentielle pour renforcer les collaborations, aligner les intérêts des acteurs et construire un langage commun, clé de la réussite de la planification écologique (Iddri, 2024).

      1. Cette revue de la littérature repose sur la compilation de 80 articles publiés entre les années 1970 et aujourd’hui, dont 10 ont été sélectionnés pour une analyse approfondie. À noter que cette recherche ne visait pas à évaluer les plans ou politiques publiques de planification mentionnés dans la littérature ↩︎

      Synthèse de la revue de littérature relative à la planification écologique

      Biodiversité et planification écologique

      Explorer le potentiel des politiques de planification écologique pour atteindre les objectifs pour la biodiversité

      Contexte et enjeux

      Les politiques intégrées pour l’environnement, impliquant une coordination entre les différents secteurs afin de réduire les impacts de l’aménagement du territoire et des activités économiques, sont identifiées depuis plus d’une décennie comme un enjeu majeur pour lutter contre le déclin de la biodiversité.

      Cependant, ces appels n’ont pas porté leurs fruits et le « verdissement » des secteurs en faveur de la biodiversité au cours de la dernière décennie n’a pas été à l’échelle.

      L’évaluation mondiale de la biodiversité et des services écosystémiques, publiée en 2019 par l’IPBES (Plateforme scientifique et politique intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques), souligne que la planification multisectorielle et la création d’équilibres localement pertinents sont des approches pour atteindre la durabilité

      La planification écologique et ses concepts apparentés relèvent de ces approches promues par l’IPBES. Cependant, leur application tâtonne. Des initiatives telles que la planification écologique en France permettent d’étudier la mise en application de ces politiques intégrées et la manière dont elles peuvent répondre aux enjeux environnementaux, à différentes échelles.

      La « territorialisation » (déclinaison dans les régions) de la planification écologique donne du corps aux transitions sectorielles, en les inscrivant dans le contexte des écosystèmes naturels en présence, avec les enjeux qui leur sont propres.

      La planification écologique révèle les usages conflictuels potentiels des terres et des mers, entre les activités existantes (par exemple, l’agriculture intensive) et les enjeux environnementaux, ou entre enjeux environnementaux eux-mêmes (course à l’espace pour la production durable pour l’alimentation humaine, animale, l’énergie issue de la biomasse ou l’implantation d’infrastructures de production d’énergie renouvelable, et la conservation de la biodiversité).

      Elle rend ainsi plus explicites les conséquences des choix d’aménagement des territoires. En soulignant le rôle des élus locaux dans la planification écologique, la territorialisation permet également de rapprocher ces enjeux des citoyens, en les remettant en contexte dans l’environnement proche de chacun.

      Si la dimension climat (atténuation, adaptation) est relativement bien prise en compte dans ces politiques, c’est moins le cas pour la biodiversité, qui est pourtant le deuxième pilier de la transition écologique. La biodiversité reste traitée dans les politiques comme une contrainte ou un élément limitant, nécessitant une gestion des impacts.

      Cela met en difficulté la réalisation des objectifs adoptés dans le cadre de la Convention sur la diversité biologique (CDB) ou des stratégies nationales qui en découlent, et limite les réponses apportées dans les autres champs de la planification écologique (logement, climat, agriculture etc.), qui sont alors majoritairement technologiques ou techniques.

      Une approche tenant compte de la biodiversité appellerait des transformations plus systémiques. 

      Restaurer la biodiversité en France : marges de manœuvre et opportunités

      Objectifs

      L’Iddri observe et analyse ces processus politiques en France, afin de confirmer leur potentiel pour renouveler la gouvernance et la mise en œuvre des politiques pour la biodiversité, y compris dans leur articulation avec les enjeux climat.

      L’objectif est d’en tirer :

      • une analyse critique de la manière dont la planification écologique, dans ses dimensions spatiale, temporelle et relative à la gouvernance, intègre les enjeux pour la biodiversité, en lien avec les stratégies nationales pour la biodiversité ;
      • la formulation de propositions, notamment en termes de méthode et de gouvernance, pour améliorer la manière dont la planification écologique contribue à l’intégration de la biodiversité dans l’aménagement du territoire et les activités socio-économiques.

      Quel bilan tirer de l’analyse des rapports de durabilité des sociétés cotées ?

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      Ce rapport de l’Autorité des marchés financiers fait le bilan des Déclarations de Performance Extra-Financières des sociétés cotées (DPEF) et accompagne les entreprises, à l’aide d’exemples et de rappels sur la réglementation, à évaluer leur état de durabilité avec la CSRD et les normes européennes sur le reporting de durabilité (« ESRS »).

      Les résultats de la revue par l’AMF en 2023 et 2024 des informations de durabilité sont présentés par grands domaines de reporting

      Le bilan de l’exercice de supervision des Déclarations de Performance Extra-Financières des sociétés cotées (DPEF), mené par l’AMF, a pour but de communiquer les points d’attention les plus récurrents ou importants qui sont pertinents dans la perspective de la nouvelle directive sur le reporting de durabilité des entreprises, la « CSRD ».

      Ce rapport pédagogique est illustré d’exemples et de rappels sur la réglementation pour accompagner les entreprises pour cette première année de préparation à évaluer l’état de durabilité avec la CSRD et ses normes européennes sur le reporting de durabilité (« ESRS »).

      Chaque année, l’AMF s’assure du respect des obligations de publication d’information en matière de durabilité des sociétés cotées (vérification de l’existence de la publication et, sur une sélection de sociétés, revue poussée du contenu). L’AMF poursuit ces missions de supervision dans le contexte de la CSRD.

      Les revues par l’AMF des DPEF publiées en 2023 et 2024 étudiées dans ce rapport mettent en évidence le besoin de progression des entreprises en matière de reporting de durabilité dans la perspective de la CSRD.

      Source : Vallourec, DEU 2023

      Le grand nombre d’illustrations et bonnes pratiques présentées dans ce rapport témoignent aussi d’une appropriation progressive par les entreprises de certaines exigences des normes ESRS. Ces exemples peuvent aider les entreprises dans leur mise en œuvre de la CSRD.

      Reconnaissant la courbe d’apprentissage nécessaire à tous les acteurs dans les
      premières années de mise en œuvre de la CSRD, l’AMF invite les grandes entreprises à concentrer leurs efforts pour le premier exercice sur l’analyse de double matérialité, sur la structure et le périmètre de l’état de durabilité et sur le reporting taxonomie, en ligne avec les priorités de supervision européennes de l’ESMA en 2024.


      L’AMF invite la Commission européenne, l’EFRAG et l’ESMA à continuer à œuvrer – en concertation avec les parties prenantes – pour apporter les réponses nécessaires aux nombreuses questions d’interprétation et d’application de la réglementation afin de guider les entreprises dans la préparation de leur état de durabilité.

      Rapport AMF 2024 :
      Bilan du reporting de durabilité des sociétés cotées

      En pleine crise agricole, le Sommet Agroécologie Bordeaux met en lumière des solutions concrètes aux aléas climatiques

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      En pleine crise agricole, la 2ème édition du Sommet, organisé à Bordeaux par l’association agroécologique de Carbouey, met en lumière des solutions concrètes mises en place par quelques exploitations assurant une certaine résilience face aux aléas climatiques, tout en réduisant l’impact des intrants et du matériel dont les coûts se sont envolés ces dernières années. 10 heures de vidéos sont disponibles pour revivre les temps forts des échanges.

      L’agroécologie, qu’est-ce que c’est ?

      L’association nous rappelle que l’agroécologie s’appuie sur 5 principes définis par Miguel Altieri

      • l’optimisation des flux de nutriments et le recyclage de la biomasse ;
      • la gestion de la matière organique du sol et la stimulation de son activité biotique ;
      • la minimisation des pertes en termes d’énergie solaire, d’eau et d’air par une gestion microclimatique et par une protection du sol ;
      • la diversification des espèces et des variétés génétiques cultivées dans le temps et dans l’espace ;
      • enfin, l’accroissement des interactions et des synergies biologiquement bénéfiques entre les cultures et avec ce qui les environne, l’ensemble devenant un agroécosystème.

      L’agroécologie est entendue en premier lieu comme l’approche agronomique des sols pour remettre les cultures, dont la vigne, dans leur contexte écologique. Il en résulte une agriculture sans pesticides (chimiques ou de synthèse) ou avec peu de pesticides (naturels à base de tisanes ou autres purins).

      L’agroécologie n’écarte aucun procédés (agroforesterie, permaculture…) pour remettre les cultures dans leur contexte écologique et se conçoit comme une approche globale au service du bien commun.

      Concrètement, cela signifie partager avec le sol la matière produite par le biais de la photosynthèse, remettre des arbres dans les agrosystèmes, réactiver la vie du sol et le préserver, notamment par des couverts végétaux et par une limitation voire un arrêt du travail du sol,…

      Le Sommet Agroécologie Bordeaux

      Refaire de l’agriculture ce qu’elle est,
      un outil multifonctionnel qui peut tout : nourrir l’homme et préserver le vivant tout autant.

      sommet de l’agroécologie resilience alimentaire eau pierre hurmic ève demande maxime ghesquière athénée municipal

      Le Sommet Agroécologie Bordeaux vise à éveiller les consciences, partager les savoirs et les pratiques vertueuses de l’agroécologie, en faisant intervenir des scientifiques et des praticiens de terrain.

      Conscients qu’il n’existe pas un modèle unique de transition agroécologique, les organisateurs proposent des éléments de réflexion et des pistes de solution, pour refaire de l’agriculture ce qu’elle est : un outil multifonctionnel qui peut tout : nourrir l’homme et préserver le vivant tout autant. Cet événement marque aussi la volonté des acteurs de l’agroécologie de voir leurs pratiques valorisées et prises en considération dans les politiques publiques.

      Replay du Sommet Agroécologie Bordeaux 2024

      Les clés de l’agroécologie : flux, partage et équilibre

      Les discours actuels encouragent « le stockage de carbone dans les sols et sous-sol » comme le « stockage » de l’eau pour l’irrigation et opposent les plantes cultivées aux « mauvaises herbes » ou la faune auxiliaire aux « parasites ». Or tous ces éléments font partie d’un système dynamique

      Comprendre les cycles, accompagner les flux : une voie pour (se) ressourcer et permettre une agriculture nourricière.

      Ainsi, les études montrent la nécessité de réaugmenter les réserves (eau et éléments nutritifs, organiques et minéraux) ; elles confirment que ça n’est possible qu’en intégrant les différentes échelles temporelles et spatiales dans ce fonctionnement dynamique. Cette dynamique des flux va du microscopique au paysage, de la saison au demi-siècle. Un constat qui amène un certain nombre de questions que le Sommet a exploré :

      • A la réserve intrinsèque au sol, mobilisable naturellement via des processus physiques, chimiques et biologiques, il est toujours possible d’apporter des amendements organiques et minéraux et de l’eau. Ceci est-il nécessaire au regard des apports naturels liés au fonctionnement des écosystèmes, sans risquer un déséquilibre ?
      • Les « mauvaises herbes » sont-elles réellement en concurrence avec les cultures ou participent-elles, avec les organismes du sol, à rendre à nouveau mobilisables les éléments, à réguler la température et l’humidité, à retrouver un équilibre plus durable ? A l’opposé, certaines interventions, physiques, chimiques ou biologiques n’auraient-elles pas pour conséquence de bloquer les flux ?

      Il y a donc tout intérêt à basculer dans une vision dynamique du fonctionnement des systèmes (sols, plantes, paysages) et à comprendre l’interdépendance des stocks et flux.

      L’objectif de ce Sommet est de donner des clefs pour que les acteurs du changement puissent comprendre les cycles, accompagner les flux et ouvrir une voie pour permettre une agriculture nourricière.

      Un projet de Tiers-lieu et pôle d’activités éco-responsable et solidaire

      Pôle d’excellence dédié à l’agroécologie, à la création d’espaces partagés, et à la mise en œuvre de solutions de bioéconomie, l’objectif du Carbouey est de mettre en œuvre un modèle innovant et structurant en territoire rural, basé sur l’agroécologie et mettant en œuvre des solutions de bioéconomie.

      La Ferme lab de Carbouey, ci-dessous, a été labellisée FABRIQUE DE TERRITOIRE par l’Agence Nationale de la Cohésion des Territoires.

      La ferme LAB de Carbouey : Tiers-lieu et pôle d’activités éco-responsable et solidaire
      Pôle d’excellence dédié à l’agroécologie, à la création d’espaces partagés, et à la mise en œuvre de solutions de bioéconomie

      A propos de l’association agroécologique de Carbouey

      Constituée en 2020 par 16 membres fondateurs venant d’horizons divers : viticulteurs, maraîchers, paysans boulangers, avocat, architecte, comptable, journaliste. Elle a pour objet la diffusion, la communication, la vulgarisation, l’aide à la mise en œuvre des savoirs en agroécologie à destination de tous publics et en particulier, des jeunes agriculteurs et des agriculteurs qui veulent faire évoluer leurs pratiques.

      L’association est née du triple constat fait par des praticiens de l’agriculture :

      • » de l’efficience des procédés déployés en agroécologie,
      • » de l’urgence de la nécessité de la transition écologique de l’agriculture française,
      • » du besoin d’accompagnement des porteurs de projet agricole.

      170 000 entreprises mécènes soutiennent le financement de l’intérêt général !

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      Selon les premiers chiffres du Baromètre du mécénat d’entreprise en France, édition 2024, dans un contexte politique national plein d’incertitudes, le cap des 170 000 entreprises mécènes est franchi pour soutenir toujours plus le financement de l’intérêt général ! Depuis 22 ans, le Baromètre du mécénat d’entreprise, porté par Admical1, analyse l’évolution du mécénat d’entreprise en France. Publiée tous les 2 ans l’étude repose sur les données fiscales déclarées par les entreprises à la Direction Générale des Finances Publiques ainsi que sur les résultats d’une enquête téléphonique menée par l’IFOP.

      L’évolution du mécénat d’entreprise

      Les premiers chiffres de l’étude soulignent la croissance de plus en plus importante de la pratique du mécénat au sein des entreprises :

      • Entre 2018 et 2023, le nombre d’entreprises déclarant des dons a été multiplié par 1,8 et le montant des dons déclarés par 1,4 pour atteindre le chiffre de 3 milliards d’euros en 2023.
      • Le nombre d’entreprises mécènes bénéficiant de la réduction d’impôt dépasse la barre des 170 000, contre 110 000 dans la dernière édition du Baromètre. Les 3/4 des grandes entreprises sont mécènes, tout comme la moitié des ETI, 1 PME sur 3 et 1 TPE sur 20.
      • Selon l’enquête IFOP-Admical, 17 % des entreprises mécènes ne déclarant pas leurs dons. Le montant de soutien global des entreprises aux structures d’intérêt général s’établit donc à 3,8 milliards d’euros, contre 3,6 milliards lors de la dernière édition du Baromètre.

      « Cette nouvelle édition du Baromètre souligne à nouveau l’ancrage de plus en plus fort du mécénat dans les stratégies d’engagement des entreprises, grandes et petites, et leur volonté d’agir pour l’intérêt général, et ce, au plus près de leurs territoires ! »

      Yann Queinnec, Délégué général, Admical

      Baromètre 2024 : un ancrage territorial

      Au-delà de ces chiffres en progression, le Baromètre 2024 conforte plusieurs réalités constatées chaque jour par Admical :

      • Le mécénat d’entreprise est incarné par l’engagement des TPE et PME : elles représentent 97 % des entreprises mécènes et 33 % du budget de mécénat. Les grandes entreprises, quant à elles, représentent 39 % du budget.
      • L’ancrage territorial s’accélère : 88 % des mécènes agissent au niveau local ou régional, c’est 12 points de plus que lors de la précédente édition. Renforcer l’ancrage territorial de l’entreprise devient la deuxième motivation à faire du mécénat (36 %) avec une forte progression de 9 points, après l’expression et l’incarnation des valeurs de l’entreprise en recul (40 %) et devant la valorisation de l’image et de la réputation de l’entreprise en recul également (32 %). A l’échelle des régions, on peut noter les Pays-de-la-Loire et la Bretagne qui se distinguent particulièrement !
      • Un net essor du mécénat sportif : les Jeux Olympiques et Paralympiques donnent un nouveau visage au mécénat d’entreprise. Le mécénat sportif apparaît en tête du classement pour la première fois en budget de mécénat (40 % du budget global du mécénat est dédié au sport, soit une progression de 12 points en 2 ans). 86 % des mécènes du sport soutiennent des associations sportives locales.

      « Néanmoins, cette progression du mécénat sportif d’un point de vue budgétaire se fait au détriment de la culture et du social, dans un contexte économique dégradé, avec un risque de baisse des subventions accru : c’est inquiétant ! »

      François Debiesse, Président, Admical

      Mécénat culturel et de compétences

      • Le mécénat culturel conserve sa seconde position : 28 % des entreprises mécènes agissent dans le domaine culturel. La musique reste le sous-domaine pour lequel les mécènes s’engagent en priorité et concentre les montants les plus élevés, suivi des arts visuels et du théâtre, comme il y a deux ans. Phénomène mesuré pour la première fois, 36 % des projets de mécénat culturel intègrent une dimension «mécénat croisé» en s’alliant principalement à des enjeux de formation, d’insertion professionnelle, de solidarité ou d’environnement.
      • Priorité au mécénat de compétences : 20 % des mécènes placent le mécénat de compétences dans leurs 2 priorités dans les 2 ans à venir. Aujourd’hui, 16 % des entreprises mécènes proposent du mécénat de compétences, un chiffre stable par rapport à la dernière édition, démontrant l’ancrage de la pratique. Les entreprises sont plus ambitieuses dans le nombre de jours accordés aux collaborateurs (39 % accordent 6 jours ou plus par an, soit une augmentation de 35 points).

      « Malgré un contexte d’incertitudes, 74 % des mécènes souhaitent maintenir leur budget de mécénat au même niveau dans les 2 prochaines années. »

      Julie Bourdel, Directrice de la programmation et des études, Admical

      Notes

      1. Le Baromètre du mécénat d’entreprise est porté par Admical en partenariat avec le MEDEF, la Fondation Groupe ADP, le ministère de la Culture, le ministère des Sports, de la jeunesse et la vie associative, Pro Bono Lab, l’Alliance pour le mécénat de compétences, avec le soutien du METI, de la CPME et du réseau Les entreprises s’engagent. ↩︎

      Le Baromètre 2024 en infographie

      Regards Croisés sur la Philanthropie

      La restitution nationale du Baromètre du mécénat d’entreprise en France a lieu dans le cadre d’une Journée d’études intitulée « Regards croisés sur la philanthropie » le 13 décembre à l’Espace Reuilly, conjointement organisée par Admical, France générosités et l’Observatoire de la Philanthropie de la Fondation de France. Le 3ème panorama national des générosités est une édition conduite en partenariat avec Admical, l’Association Française des Fundraisers, le Centre Français des Fonds et Fondations, le Don en Confiance et l’INJEP. Cet événement doit permettre de mieux comprendre les défis et opportunités du secteur et d’ouvrir un dialogue sur l’évolution du mécénat.

      L’industrie fossile alliée des climatosceptiques contre les énergies renouvelables ?

      D’où vient le succès en France des ouvrages climatosceptiques ? Une clé, pour comprendre ce qui se joue, est de considérer les savoirs relatifs à l’énergie et de lever le voile sur les « pétrosavoirs » portés par l’industrie fossile, qui font tout pour rendre inaudibles les bonnes nouvelles relatives aux renouvelables et entravent l’action tant individuelle que collective. Pour sortir de l’impuissance, ce sont nos imaginaires qu’il convient de décarboner, mais il y a du travail car la proportion de Français qui doutent du caractère anthropique du changement climatique atteint désormais 30 %. Si le climatoscepticisme prospère encore, c’est aussi parce qu’il est le symptôme d’autodéfense d’un vieux monde qui refuse de mourir. Attention aux récits faciles, qu’ils relèvent du climatoscepticisme, du greenwashing, du technosolutionnisme ou même de la collapsologie : ils nous piègent dans un narratif confus qui repose davantage sur nos croyances que sur les faits. Une sélection The Conversation France.

      Fresque Murale, île de Santiago, Cabo Verde (2024). Frédéric Caille, Fourni par l’auteur

      Les « pétrosavoirs », alliés des climatosceptiques contre les énergies renouvelables

      Derrière l’insolent succès des ouvrages climatosceptiques en France, c’est une véritable guerre culturelle qui se joue. Son enjeu ? Les connaissances relatives à l’énergie. On y trouve notamment les « pétrosavoirs », portés par l’industrie fossile, qui font tout pour rendre inaudibles les bonnes nouvelles relatives aux énergies renouvelables. Il est pourtant possible de décarboner nos imaginaires et de sortir des narratifs dystopiques qui nous plongent dans l’impuissance.


      Une guerre culturelle a commencé. Continue, ouverte ou cachée, explicite ou détournée, elle concerne le destin de l’humanité tout entière. Elle concerne les savoirs autour de l’énergie, et plus particulièrement les contre-vérités diffusées par les « pétropouvoirs » internationaux.

      En témoigne l’insolent succès, en librairie, des ouvrages climatosceptiques qui nourrissent explicitement le doute.

      Le problème ? Ces « pétrosavoirs » retardent les engagements collectifs et individuels dans la sortie des énergies fossiles et la compréhension des fantastiques potentialités des énergies renouvelables de flux.

      Fossiles contre renouvelables : s’empoisonner, quoi qu’il en coûte

      L’IRENA (Agence internationale pour les énergies renouvelables, International Renewable Energy Agency en anglais) l’a exprimé clairement dans ses Perspectives des transitions énergétiques mondiales 2023 :

      « Les investissements mondiaux dans toutes les technologies de transition énergétique ont atteint un niveau record de 1 300 milliards de dollars en 2022, mais les investissements dans les combustibles fossiles étaient près de deux fois supérieurs à ceux dans les énergies renouvelables ».

      En termes clairs : les technologies renouvelables sont désormais largement disponibles et maîtrisées. Pourtant, le monde continue de foncer à pleine vitesse vers la catastrophe. Il faudrait tripler le niveau des capacités renouvelables installées annuellement pour conserver la possibilité de rester sur la trajectoire d’un réchauffement limité à 1,5 °C par rapport au niveau préindustriel à l’horizon 2050, ainsi que le prévoyait l’accord de Paris en 2015.

      Ce niveau pourrait être atteint dans la prochaine décennie, 2025 se présentant comme une année charnière. Même la nécessité d’une « électricité de base non renouvelable » (nucléaire ou autre) vient d’être récemment modélisée comme inutile et trop coûteuse dans la stabilisation d’un système électrique basé sur les renouvelables. Comprendre : les énergies renouvelables peuvent se suffire à elles-mêmes.


      Visuel d’illustration de la newsletter Ici la Terre représentant la planète Terre sur un fond bleu

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      Qu’il soit difficile d’arrêter de fumer est une chose. Mais que vous décidiez de continuer à augmenter continuellement votre consommation journalière de cigarettes (plus de 15 % d’augmentation des investissements dans les fossiles durant les deux dernières années), alors que l’on vous a diagnostiqué depuis plusieurs décennies un cancer du poumon, en est une autre. C’est pourtant ce que fait l’humanité avec les énergies fossiles.

      Les « Energy Humanities » à la rescousse

      D’où vient cet irrationalisme énergétique global qui, comme on l’a vu plus haut, confine au suicidaire ? Tant les problèmes que les solutions mobilisent des connaissances de dimensions collectives et individuelles. S’y ajoutent aussi des enjeux de désinformation et de déni, de manque de confiance dans les capacités d’agir et de différences dans la relation au temps. En témoignent la difficulté à se projeter et la domination dans l’espace médiatique d’un « présentisme perpétuel »

      Ainsi, la proportion de Français et Françaises qui doutent du caractère anthropique du réchauffement climatique a doublé en 20 ans pour désormais atteindre 30 %. Les intérêts économiques ou politiques les plus immédiats sont souvent invoqués, sous forme conjointe, pour le justifier.

      Il existe toutefois une perspective de sciences humaines et sociales plus large et désormais bien documentée, notamment par les Environmental Humanities anglo-saxonnes. Le sous-champ des Energy Humanities – ou humanités énergétiques – est, à cet égard, particulièrement intéressant.


      Manifestation contre la visite d’Etat de Donald Trump à Londres, le 4 juin 2019 ©Getty – Mike Kemp

      Quand les « pétrosavoirs » s’emploient à amoindrir les bonnes nouvelles

      Comme le souligne l’anthropologue Dominic Boyer, les grands acteurs des énergies fossiles mobilisent aujourd’hui un ensemble de « pétrosavoirs » très large afin de contrer la réalité de la transition énergétique et la possibilité de maîtriser le réchauffement climatique. Cela se fait soit frontalement, soit par la ruse : les faits sont déformés et émerge une « post-vérité » antidémocratique.

      Ces acteurs ont mobilisé d’importants moyens pour diluer ou masquer la « bonne nouvelle », ainsi que l’a illustré le récent film français Goliath (2022) à travers le personnage de lobbyiste incarné par Pierre Niney.

      Site éolien de La Ventosa, au Mexique, d’une puissance de 101 MW. Frédéric Caille, Fourni par l’auteur

      Pourtant, les potentialités des techniques récentes des énergies renouvelables (solaire et éolien) sont bien réelles, de même que celles des réseaux intelligents ou de la sobriété énergétique. De nombreux chercheurs du domaine en témoignent, tels, en France, Daniel Lincot ou Philippe Bruyere. Ils soulignent que, grâce à ces progrès, une transition intégrale vers un mix énergétique totalement décarboné et dénucléarisé à l’échelle mondiale d’ici 2050 est possible.

      Les faits leur donnent raison. Dans l’indifférence générale ou presque, l’éolien et le solaire ont, pour la première fois, dépassé les énergies fossiles dans l’UE au premier semestre 2024. Au-delà de la France, ce constat est aujourd’hui fermement défendu de l’autre côté de l’Atlantique, et pas seulement par le pionnier du domaine Amory Lovins.

      Centrale solaire photovoltaque de 20 MW à Merina Ndakhar, au Sénégal. Frédéric Caille, Fourni par l’auteur

      Mais il est plus tentant, pour les pétrosavoirs, d’envisager d’autres scénarios totalement farfelus, comme couvrir les déserts de panneaux photovoltaïques, ou de laisser entendre – à tort – que la poussière ou la chaleur empêcheraient la production d’électricité photovoltaïque en Afrique, surtout au moment même où l’Australie lance la plus grande centrale solaire au monde, d’une puissance équivalente à six réacteurs nucléaires.

      Sortir des narratifs dystopiques

      Le combat est donc engagé pour sortir de la domination des énergies fossiles dans la culture et dans les imaginaires, comme en témoignent par exemple les travaux du groupe Petrocultures. Il s’agit de l’une des guerres « contre-hégémoniques » les plus importantes de l’histoire de l’humanité, dont l’issue pourrait décider de sa survie.

      Illustration représentant l’invention d’Augustin Mouchot pour concentrer l’énergie solaire. Le Petit inventeur, 1927

      Faute de connaître les solutions énergétiques positives possibles et leur inscription dans le temps long, les populations actuelles se trouvent facilement exposées aux sirènes du climato-dénialisme.

      Qui se souvient encore des travaux pionniers sur la récupération de la chaleur d’Augustin Mouchot (1825-1912) et des débuts de l’énergie solaire thermodynamique en France, dont Alexandre Mouthon a retracé les accomplissements dès les années 1970 ?

      Centrale électrique fossile abandonne sur l’île de Santiago, Cabo Verde. Frédéric Caille, Fourni par l’auteur

      Les narratifs dystopiques qui dominent les productions culturelles actuelles font ainsi écho aux saillies négationnistes de Donald Trump, et qu’importe si 2024 est une nouvelle fois l’année la plus chaude jamais enregistrée.

      Il est également possible, comme le suggère Dominic Boyer, que ces narratifs correspondent à une forme de pouvoir « gérontocratique » déréalisé, comparable à la fin du système soviétique, sinon à un véritable « fascisme fossile » toujours plus menaçant, où se mêlent confusément les peurs identitaires et la défense des énergies du passé.

      Dans ce contexte, les éditeurs qui prospèrent sur le marché du climatoscepticisme et des petrosavoirs sont des assassins et doivent être stigmatisés comme tels. Plus que jamais, il est urgent de déconstruire, partout et par tous les moyens, les offensives culturelles des pétrosavoirs et de faire comprendre que les énergies renouvelables sont une source d’espoir considérable pour l’ensemble des femmes et hommes de la planète. Il est possible d’échapper à la fatalité de l’accélération du réchauffement climatique et de permettre le développement humain et l’accès aux services vitaux et énergétiques pour toutes et tous, notamment en Afrique.

      Frédéric Caille, Maître de Conférences HDR en Science Politique, ENS de Lyon

      Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.



      Pourquoi le climatoscepticisme séduit-il encore ?

      Albin Wagener, Institut catholique de Lille (ICL)

      À l’heure où les effets du dérèglement climatique n’ont jamais été aussi prégnants, le climatoscepticisme prospère. Comment expliquer cet apparent paradoxe ?


      Pancarte climatosceptique au milieu d’une manifestation australienne anti taxe carbone. Phillip Minnis/Shutterstock

      C’est un paradoxe de notre époque : alors que les effets du changement climatique sont de plus en plus couverts par les médias et n’ont jamais été aussi saillants pour les populations, le climatoscepticisme reprend lui des forces au gré de l’actualité climatique. D’après un sondage mené par Ipsos et le Cevipof en 2023, ce sont 43 % de Français qui refusent de « croire » au réchauffement du climat.

      Plusieurs fois annoncé comme dépassé ou cantonné à des sphères complotistes, le climatoscepticisme n’en finit pas de se régénérer. Si les origines de ce courant remontent aux États-Unis, il prospère chez nous aujourd’hui via des incarnations bien françaises, comme l’a montré le récent documentaire La Fabrique du mensonge sur le sujet. Tâchons-donc de revenir un peu en arrière pour comprendre le succès actuel de ces discours niant le dérèglement climatique. https://www.youtube.com/embed/_NhyGHon198?wmode=transparent&start=0 Extrait du plateau télévisé suivant la diffusion du documentaire La Fabrique du Mensonge : au cœur du déni climatique.

      L’éternel retour du climatoscepticisme

      Dans les années 1980, aux États-Unis, l’émergence et la propagation d’une « contre-science » du climat ont résulté de la mobilisation de think tanks liés au parti républicain et au lobbying de grandes entreprises, principalement dans le secteur de la production pétrolière, en s’inspirant par ailleurs des pratiques de l’industrie du tabac.

      Le terme de « climatoscepticisme » est, à cet égard, lui-même aussi trompeur que révélateur : en liant « climat » et « scepticisme », le terme donne l’impression d’une posture philosophique vertueuse (notamment la remise en question critique et informée), et induit en erreur. Car il s’agit ici bien moins de scepticisme que de déni, voire de cécité absolue vis-à-vis de faits scientifiques et de leurs conséquences, comme le rappelle le philosophe Gilles Barroux.

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      Mais qu’importe : au moment de l’accord de Paris et du consensus de plus en plus large sur le climat, le climatoscepticisme semblait réduit à portion congrue : en France, en 2019, la Convention citoyenne pour le climat montrait que le sujet pouvait être pris au sérieux tout en donnant lieu à des expérimentations démocratiques. Puis en août 2021, la loi « Climat et résilience » semblait ancrer un acte politique symbolique important, bien qu’insuffisant.

      Pourtant, malgré ces évolutions politiques, le climatoscepticisme prospère aujourd’hui en s’éloignant de son incarnation et champ originel, puisqu’il constitue désormais une forme de discours, avec ses codes, ses représentations et ses récits. C’est précisément en cela qu’il est si dangereux : du point de vue linguistique, narratif et sémantique, il utilise des ressorts hélas efficaces, qui ont pour objectif d’instiller le doute (a minima) ou l’inaction (a maxima).


      Claude Allègre, géochimiste qui fut député et ministre de l’Éducation nationale, de la Recherche et de la Technologie entre 1997 et 2000. ©Getty – Sophie Bassouls/Sygma/Sygma

      Plus clairement, les sphères climatosceptiques vont par exemple utiliser des termes aux charges sémantiques équivoques (climatorassurisme, climatoréalisme…), remettre en question la véracité des travaux du GIEC, mettre en exergue les variations du climat à l’échelle du temps géologique (la Terre ayant toujours connu des périodes plus ou moins chaudes ou froides), ou bien encore expliquer que toute action mise en œuvre pour lutter contre le changement climatique relèverait en fait de l’autoritarisme liberticide. En d’autres termes, le doute est jeté sur tous les domaines, sans distinction.

      De ce point de vue, il est important de noter que le climatoscepticisme peut prendre plusieurs formes : déni de l’origine anthropique du réchauffement, mise en exergue de prétendus cycles climatiques, remise en cause du rôle du CO2 ou technosolutionnisme chevronné sont autant de variables qui donnent sa redoutable vitalité au climatoscepticisme.

      Mais que cachent les discours climatosceptiques ? Outre les intérêts économiques, on retrouve également la préservation d’un ordre social et de systèmes de domination spécifiques : domination de l’Homme sur ce que l’on appelle abusivement la « Nature » (incluant les autres espèces, l’intégralité de la biodiversité et les ressources), exploitation des ressources nécessaires à l’activité industrielle et économique, mais aussi domination de certaines communautés sur d’autres – notamment parce que les femmes ou les populations indigènes sont plus vulnérables au changement climatique, tout en représentant également les populations les plus promptes à proposer des innovations pour contrer ses impacts.

      Tag de l’artiste Banksy à Camden en Grande-Bretagne,dénonçant le réchauffement climatique, où l’on peut voir les lettres
      Tag de l’artiste Banksy à Camden en Grande-Bretagne,dénonçant le réchauffement climatique. Dunk/Flickr, CC BY-NC

      L’efficacité du climatoscepticisme : le secret de sa longévité ?

      Au-delà de sa pérennité, les recherches ont montré à quel point le climatoscepticisme restait efficace pour retarder l’action politique. Il ne s’agit pas ici de dire que la classe politique est climatosceptique, mais qu’un certain nombre d’acteurs climatosceptiques finissent par diffuser des discours qui font hésiter les décideurs, retardent leurs actions ou font douter quant aux solutions ou alternatives à mettre en place. La France n’échappe pas à cette tendance : entre les coups médiatiques de Claude Allègre, l’accueil de Greta Thunberg à l’Assemblée nationale ou encore les incursions de divers acteurs climatosceptiques (se désignant eux-mêmes comme climatoréalistes ou climatorassuristes), le paysage médiatique, politique et citoyen se retrouve régulièrement pollué par ce type de discours.

      Doté de solides ressources financières, ce mouvement a pu contester les résultats scientifiques dans la sphère publique, afin de maintenir ses objectifs économiques et financiers. Le GIEC en a, par ailleurs, fait les frais de manière assez importante – et encore aujourd’hui ; régulièrement en effet, des scientifiques du GIEC comme Jean Jouzel ou Valérie Masson-Delmotte, qui se sont engagés pour porter de manière pédagogique les travaux collectifs dans l’espace médiatique, se sont retrouvés la cible de critiques, notamment sur la véracité des données traitées, ou la raison d’être financière du groupement scientifique mondial. Cela est notamment régulièrement le cas sur les réseaux sociaux, comme le montrent les travaux de David Chavalarias.

      Climatoscepticisme : les raisons d’un succès

      Au-delà de ces constats informatifs, une question émerge : pourquoi sommes-nous si prompts à embrasser, de près ou de loin, certaines thèses climatosceptiques ? Pourquoi cette forme de déni, souvent mâtinée de relents complotistes, parvient-elle à se frayer un chemin dans les sphères médiatiques et politiques ?

      Pour mieux comprendre cet impact, il faut prendre en considération les enjeux sociaux liés au réchauffement climatique. En effet, cette dimension sociale, voire anthropologique est capitale pour comprendre les freins de résistance au changement ; si la réaction au changement climatique n’était qu’affaire de chiffres et de solutions techniques, il y a longtemps que certaines décisions auraient été prises.

      En réalité, nous avons ici affaire à une difficulté d’ordre culturel, puisque c’est toute notre vie qui doit être réorganisée : habitudes de consommation ou pratiques quotidiennes sont concernées dans leur grande diversité, qu’il s’agisse de l’utilisation du plastique, de la production de gaz à effet de serre, du transport, du logement ou de l’alimentation, pour ne citer que ces exemples.

      Le changement est immense, et nous n’avons pas toujours les ressources collectives pour pouvoir y répondre. De plus, comme le rappelle le philosophe Paul B. Preciado, nous sommes dans une situation d’addiction vis-à-vis du système économique et industriel qui alimente le changement climatique ; et pour faire une analogie avec l’addiction au tabac, ce ne sont jamais la conscience des chiffres qui mettent fin à une addiction, mais des expériences ou des récits qui font prendre conscience de la nécessité d’arrêter, pour aller vite. Cela étant, le problème est ici beaucoup plus structurel : s’il est aisé de se passer du tabac à titre individuel, il est beaucoup plus compliqué de faire une croix sur le pétrole, à tous les niveaux.

      Manifestation où l’on peut voir une pancarte : System change not climate change.
      La peur de changement systémique, notamment mis en avant par les militants écologiques, raison d’être du climatosceptisme ? Chris Yakimov/Flickr, CC BY-NC

      Paradoxalement, c’est au moment où les effets du changement climatique sont de plus en plus couverts par les médias que le climatoscepticisme reprend des forces, avec une population de plus en plus dubitative. Ce qui paraît paradoxal pourrait en réalité être assez compréhensible : c’est peut-être précisément parce que les effets sont de plus en plus visibles, et que l’ensemble paraît de plus en plus insurmontable, que le déni devient une valeur refuge de plus en plus commode. Il s’agirait alors d’une forme d’instinct de protection, qui permettrait d’éviter de regarder les choses en face et de préserver un mode de vie que l’on refuse de perdre.

      Si le climatoscepticisme nous informe sur nos propres peurs et fragilités, il est aussi symptomatique du manque de récits alternatifs qui permettraient d’envisager l’avenir d’une toute autre manière. En effet, pour le moment, nous semblons penser la question du changement climatique avec le logiciel politique et économique du XXè siècle. Résultat : des récits comme le climatoscepticisme, le greenwashing, le technosolutionnisme (le fait de croire que le progrès technique règlera le problème climatique), la collapsologie ou encore le colibrisme (le fait de tout faire reposer sur l’individu) nous piègent dans un archipel narratif confus, qui repose plus sur nos croyances et notre besoin d’être rassurés, que sur un avenir à bâtir.

      De fait, le climatoscepticisme prospère encore car il est le symptôme d’autodéfense d’un vieux monde qui refuse de mourir. Sans alternative désirable ou réaliste, alors que nos sociétés et nos économies sont pieds et poings liés par la dépendance aux énergies fossiles, nos récits sont condamnés à tourner en rond entre déni, faux espoirs et évidences trompeuses.

      C’est bien là tout le problème : si les chiffres sont importants pour se rendre compte de l’importance du changement et de ses conséquences (y compris pour mesurer les fameux franchissements des limites planétaires), ce n’est pas avec des chiffres seuls que l’on met en mouvement les sociétés et les politiques. Les tenants du climatoscepticisme ont parfaitement compris cette limite, en nous proposant les certitudes confortables d’un vieux monde inadapté, face aux incertitudes paralysantes d’un avenir qui sera radicalement différent du monde que nous connaissons, mais que nous avons le choix de pouvoir écrire.

      Albin Wagener, Professeur en analyse de discours et communication à l’ESSLIL, chercheur au laboratoire ETHICS, Institut catholique de Lille (ICL)

      Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

      La fusion nucléaire : l’énergie des étoiles bientôt sur Terre en France ?

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      La Greentech européenne Gauss Fusion, spécialisée dans la fusion par confinement magnétique, s’implante en France avec l’ouverture d’un bureau près de Bordeaux. Sa mission est de faire de l’énergie de fusion une réalité en Europe. L’objectif est d’offrir dès 2040, avec la mise en service et la connexion au réseau électrique d’une première centrale à fusion, un approvisionnement électrique durable et indépendant, avec des prix stables et une disponibilité importante. L’énergie des étoiles bientôt sur Terre en France ?

      Qu’est-ce que la fusion nucléaire ?

      Le CEA nous rappelle que « la fusion nucléaire est une réaction physique qui se déroule au cœur des étoiles : des noyaux atomiques fusionnent, dégageant l’énergie à l’origine de la lumière et de la chaleur qu’émettent les étoiles« . Les quantités d’énergie libérée sont très importantes, ce qui pousse les scientifiques à chercher le moyen d’exploiter la fusion comme nouvelle source d’énergie durable, puisque les matières premières nécessaires sont pratiquement illimitées.

      Le principe physique

      Le noyau des atomes est composé de neutrons et protons, qui tiennent ensemble grâce à la force la plus intense de la nature : l’interaction forte, responsable de « l’énergie de liaison nucléaire ». Cette énergie peut être libérée de deux façons :

      • soit en cassant des noyaux lourds : c’est ainsi que fonctionne les centrales nucléaires actuellement ;
      • soit en fusionnant des noyaux légers : ce qui se passe dans les étoiles

      Dans des conditions de température extrême (des millions de degrés Celsius), la matière se présente sous forme de plasma : ni solide, ni liquide, ni gazeuse, la matière est comparable à une « soupe » où noyaux et électrons ne sont plus liés, ils circulent librement. Lorsque deux noyaux « légers » se percutent à grande vitesse, ils peuvent fusionner, créant un noyau plus lourd : c’est la fusion nucléaire. Durant l’opération, une partie de l’énergie de liaison des composants du noyau est libérée sous forme de chaleur ou de lumière.

      Maîtriser sur Terre une réaction à l’œuvre dans les étoiles, est un défi civilisationnel équivalent à celui de la conquête de l’espace. Enjeu : produire des gigawatts d’électricité à partir de quelques grammes de combustible.

      CEA – L’essentiel sur la fusion nucléaire par confinement magnétique
      • Dans le cœur des étoiles, ce sont deux noyaux d’hydrogène, composés d’un proton, qui fusionnent pour donner un noyau plus lourd : l’hélium dont le noyau contient deux protons et un ou plusieurs neutrons.
      • Dans le Soleil, cette transformation se déroule en plusieurs étapes.
      • Sur Terre, pour récupérer de l’énergie, les scientifiques tentent d’utiliser la fusion de deutérium et de tritium, deux isotopes de l’hydrogène. Cette réaction donne naissance à un noyau d’hélium très chaud et libère un neutron de grande énergie.

      Enjeu : créer et maintenir un plasma de fusion sur Terre

      Pour récupérer de l’énergie à partir de la fusion nucléaire, il faut être capable de créer des conditions physiques similaires à celles des étoiles, et atteindre des températures de 150 millions de degrés (dix fois la température interne du Soleil). Ce défi scientifique et technologique posé aux chercheurs représente un important enjeu stratégique : la fusion pourrait devenir une nouvelle ressource d’énergie illimitée, sans risque majeur, et sans déchets hautement radioactifs à stocker.

      Le CEA, acteur de la recherche scientifique et technologique

      « S’engager activement au service de la souveraineté scientifique, technologique et industrielle de la France et de l’Europe pour un présent et un avenir mieux maîtrisés et plus sûrs.« 

      Le CEA est un acteur majeur de la recherche, au service de l’État, de l’économie et des citoyens. S’appuyant sur une recherche fondamentale d’excellence, il apporte des solutions concrètes à leurs besoins dans quatre domaines principaux :


      Le projet ITER :
      la fusion nucléaire, l’énergie du futur ?

      Le projet ITER : la fusion nucléaire, l’énergie du futur ?

      Gauss Fusion veut accélérer l’industrialisation
      de l’énergie de fusion en Europe

      Gauss Fusion a pour objectif d’industrialiser la fusion par confinement magnétique et la rendre évolutive, pour contribuer d’ici 2040 à un approvisionnement énergétique durable et indépendant en Europe, avec des prix stables et une disponibilité quasi-illimitée. Pour y parvenir la greentech européenne réunit le savoir-faire industriel et la recherche européenne de pointe.

      En 2040, mise en service et connexion au réseau électrique d’une première centrale à fusion à confinement magnétique basée sur le concept du stellarateur

      Gauss Fusion ouvre un nouveau bureau en France

      La Greentech européenne Gauss Fusion s’implante en France avec l’ouverture d’un bureau en France, près de Bordeaux. Elle ambitionne de créer un centre d’excellence de la fusion et d’accélérer ses projets de recherche, dont celui sur le cycle de combustion du tritium, élément nécessaire au démarrage du réacteur.

      « À l’heure où les entreprises doivent accélérer leur décarbonation et réduire leurs coûts énergétiques, la fusion par confinement magnétique est l’une des technologies de création d’énergie verte les plus prometteuses »

      Alain Rousset, Président de la Région Nouvelle-Aquitaine.
      Wendelstein 7-X Stellarator (Picture: © Christian Lünig / arbeitsblende.de)

      Bilan et perspectives du Pacte vert pour l’Europe, après 5 ans

      Alors que la nouvelle Commission européenne vient d’être nommée avec à sa tête Ursula von der Leyen, renouvelée pour un deuxième mandat, le Pacte vert pour l’Europe fête ses 5 ans. Ce plan ambitieux vise à réduire de 55 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 et à atteindre la neutralité carbone en 2050. Les nouveaux équilibres politiques au sein du Parlement pourraient entraîner des blocages et rétropédalages. La Fabrique Écologique a demandé à Pascal Canfin1 de faire le bilan et tracer les perspectives de ce Pacte vert : dépendance énergétique, souveraineté alimentaire, transition juste, déforestation ou encore accords de libre-échange sont abordés avec, en filigrane, une question : n’est-il pas indispensable de développer un récit politique autour de la « souveraineté écologique » ?

      Pourriez-vous nous retracer les grandes lignes du Pacte Vert pour l’Europe et de la démarche qui l’inspire ?

      Depuis 2019, l’Union européenne a engagé une stratégie climatique d’ampleur pour faire de l’Europe une véritable puissance verte : le Pacte vert pour l’Europe, la loi européenne pour le climat et le plan « Fit for 55 » proposés en 2021, prévoient de réduire d’au moins 55 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, et d’atteindre la neutralité carbone en 2050.

      Le Pacte vert c’est un ensemble de 70 textes sectoriels dont plus de 80 % ont déjà été adoptés lors de la dernière mandature. Les efforts engagés portent déjà leurs fruits : les émissions de gaz à effet de serre en Europe ont ainsi baissé de 8% entre 2022 et 2023 (-37% depuis 1990).

      Intéressons-nous plus particulièrement au secteur de l’énergie. 

      C’est une question stratégique s’il en est, où les politiques des États-membres sont marquées par des traditions différentes et aujourd’hui très impactées par la guerre en Ukraine.

      Le Pacte vert a posé les bases de la décarbonation du secteur de l’énergie, qui représente encore 75% des émissions de gaz à effet de serre de l’UE. Le développement d’une électricité zéro carbone produite en Europe est indispensable pour renforcer notre indépendance stratégique. La guerre en Ukraine l’a montré, notre dépendance aux énergies fossiles, quasiment exclusivement importées, peut déstabiliser toute l’économie européenne.  Les mesures pour réduire cette dépendance sont d’ores et déjà structurantes :

      • Nous avons doublé les objectifs de développement des énergies renouvelables pour atteindre 42,5 % de la consommation d’énergie d’ici 2030.
      • Nous avons réformé le marché européen de l’électricité pour stabiliser et faire baisser les prix, qui peuvent désormais être décorrélés des énergies fossiles, notamment du gaz russe.

      Nous devons continuer à massifier les investissements en faveur des énergies sans les opposer par idéologie. S’opposer aux renouvelables ou au nucléaire revient à se priver d’une partie de la solution et mènerait à une impasse face à des besoins en électrification qui ne vont cesser de croître. Les débats entre pro et anti-nucléaire sont stériles. A mes yeux les données du problème sont claires : les énergies renouvelables ont vocation à devenir majoritaire, mais le nucléaire est indispensable pour apporter du volume et stabiliser le réseau. Les scientifiques du GIEC prônent d’ailleurs cette approche sur deux jambes.

      Justement comment l’Europe peut-elle prendre en compte la concurrence croissante des autres puissances (États-Unis, Chine) sur ce front du verdissement de l’économie ?

      ‍L’Europe a pris des mesures concrètes pour accélérer le déploiement de solutions technologiques : véhicules électriques et infrastructures de recharge nécessaires à leur déploiement, ENR, carburants alternatifs, les batteries…bref toutes les technologies clés de la transition.

      C’est essentiel car la course à la localisation des technologies vertes est lancée partout dans le monde. Les États-Unis se sont dotés de l’IRA (Inflation Reduction Act) qui leur permet de mettre sur la table autour de 1000 milliards de dollars pour soutenir l’implantation d’usines, le déploiement des ENR et des voitures électriques. De son côté, la Chine a misé depuis longtemps sur des technologies clés de la transition comme les batteries, les voitures électriques ou encore les panneaux solaires.

      Cette concurrence acharnée est à la fois une bonne nouvelle pour le climat puisqu’elle permet de massifier les technologies vertes, mais aussi un véritable risque pour l’Europe : celui de remplacer une dépendance par une autre. C’est pourquoi nous avons défini des technologies vertes clés que nous voulons produire chez nous. Grâce à l’Alliance européenne des batteries, nous déployons des giga factories partout en Europe, et notamment dans les Hauts de France qui vont devenir l’un des hubs européens de la mobilité électrique. Rien que dans la région de Dunkerque, ce sont près de 40 000 emplois qui doivent être créés dans les secteurs de l’automobile et de l’énergie décarbonée.

      Quels sont alors les impacts de cette nouvelle politique industrielle européenne sur la doctrine de libre-échange traditionnelle de l’Union ?

      Aujourd’hui c’est la fin de l’Europe naïve. Avec un constat simple : il n’est pas possible d’exiger de nos industriels de réduire leurs émissions de CO2, sans lutter contre le dumping climatique de leurs concurrents, qui ne paient pas le même prix du carbone. C’est pour cela que nous avons mis en place un « mécanisme d’ajustement carbone aux frontières » qui fonctionnera comme une écluse à l’entrée du marché européen. Si une tonne d’acier chinois a payé l’équivalent de 2 euros sur le carbone émis pour sa production et l’entreprise européenne 80 euros, alors la tonne chinoise paiera 78 euros lorsqu’elle entre sur le marché européen. Ce mécanisme, une première mondiale, commence déjà à porter ses fruits avant même son entrée en vigueur formelle en 2026 puisque des pays ont décidé d’adopter un prix du carbone par anticipation. La France défendait cette idée depuis 30 ans, nous en avons fait une réalité.

      C’est une véritable bataille idéologique qui se joue en Europe entre les tenants du libre-échange et ceux qui mettent en avant l’autonomie stratégique. Les tarifs chinois sur les voitures électriques en 2024 ont été une autre occasion de montrer que nous étions prêts à réagir au risque d’importations massives de produits chinois, sur-subventionnés et parfois exportés vers l’Europe en dessous de leur cout de production !

      Les transports sont le premier secteur émetteur de GES en France et à l’échelle européenne leur décarbonation nécessite d’être nettement accélérée. Comment le Pacte vert prend-il cette nécessité en compte ?

      Les transports représentent un quart des émissions de gaz à effet de serre en Europe. Effectivement accélérer le rythme de leur décarbonation est crucial. La transition bas carbone est aussi une opportunité pour réduire notre dépendance aux énergies fossiles à la concurrence, chinoise notamment.

      Avec l’interdiction de la vente de voitures neuves non « zéro émission de CO2 » en 2035, l’Union européenne veut faire évoluer son parc automobile vers la neutralité carbone et des véhicules « zéro émission », tout en accompagnant les consommateurs et l’industrie automobile. L’Europe favorise également ’accélération du déploiement d’un réseau de bornes de recharge.

      Les constructeurs européens ont d’ailleurs engagé la transition du secteur avec le lancement de nouveaux modèles de véhicules électriques abordables sur le marché en 2024. Nous devons désormais soutenir davantage la demande avec des mesures d’aide à l’achat (leasing social, bonus…), et de soutien pour l’électrification des flottes de véhicules d’entreprises, qui représentent près de 50% des ventes de véhicules neufs.

      Nous avons également adopté de nouvelles normes de réduction des émissions de CO2 pour les véhicules lourds neufs (les poids lourds représentent 6 % des émissions de l’UE), qui devront être à 90 % zéro émissions en 2040 et pour les bus (100 % zéro émissions en 2035 avec un traitement spécifique pour les bus utilisant le biométhane). Nous avons ainsi voté sous la précédente mandature toutes les nouvelles règlementations pour décarboner le transport routier. Plus globalement l’Union s’est engagée dans une stratégie de verdissement du fret et de report modal vers le ferroviaire.

      L’Europe a également engagé la décarbonation des secteurs maritime et aérien avec des objectifs d’incorporation de carburants alternatifs notamment produits en Europe, et des investissements en matière de recherche et d’innovation (avion bas carbone…). A partir de 2025, les avions au départ de l’Europe devront embarquer une part de carburants d’aviation durables, de 2 % dans le kérosène des vols au départ de l’Europe en 2025 à 42% en 2045). En ce qui concerne le transport maritime, les navires de 5000 tonnes devront réduire leurs émissions de 80 % d’ici 2050.  Pour réduire la pollution de l’air dans les ports, les porte-conteneurs et les navires de croisière seront obligés d’utiliser l’alimentation électrique lorsqu’ils seront à quai à partir de 2030.

      La diminution des émissions de gaz à effet de serre et de la pollution générées par les transports permettra d’améliorer sensiblement la qualité de l’air et la santé des citoyens. Que ce soit dans les ports ou sur nos routes, les solutions d’électrification sont à la fois bonnes pour le climat et pour notre santé.

      La question de la juste répartition des efforts entre les personnes et les territoires est régulièrement soulevée lorsqu’il s’agit de mettre en œuvre les transitions écologiques. Comment l’Union va-t-elle réaliser cette transition juste ?

      Pour la première fois, l’Union s’est dotée d’instruments pour accompagner les ménages et les entreprises dans une logique de solidarité et de justice face à la transition écologique :

      • Le fonds de transition juste (17,5 milliards d’€ pour 2021-2027) doit favoriser la modernisation de l’économie locale en atténuant les répercussions négatives sur l’emploi (technologies énergétiques propres, réhabilitation des sites industriels, reconversion des salariés…).
      • Le fonds social pour le climat (86,7 milliards d’€) accompagne les ménages et les PME les plus vulnérables via le financement de dispositifs d’aide comme le bonus écologique à l’achat d’un véhicule électrique, chèque énergie, etc.

      Si ces outils financiers sont indispensables, ils n’épuisent pas le sujet de la transition juste. Nous devons aller plus loin dans le fait de contraindre des usages réservés aux « ultra riches » à se décarboner plus vite que la moyenne. Le débat sur les jets privés est à mon sens très révélateur car il touche la question clé de “l’exemplarité des élites”. Je ne suis pas favorable à l’interdiction des jets privés car ils rendent un service utile, certes utile à une infime partie de la population mais utile. En revanche, je ne vois aucune raison pour ne pas exiger d’eux qu’ils soient zéro émission avant tous les autres puisque les clients ont, par définition, les moyens de payer plus chers ce service. Même si cela représente une partie infime de nos émissions de CO2, c’est un sujet symbolique qui permet à chacun de comprendre que l’on demande plus à ceux qui ont plus. Cette dimension est absente aujourd’hui du Pacte vert, ce qui peut nuire à son acceptabilité.

      Qu’en est-il des enjeux de biodiversité ?

      La loi sur la restauration de la nature prévoit des mesures inédites pour restaurer les écosystèmes naturels dégradés et crée pour la première fois en Europe une gouvernance de la restauration de la nature : 20% de l’intégralité des terres et espaces marins de l’Union européenne feront l’objet de mesures de restauration d’ici 2030, ce qui alignera l’Europe avec ses engagements pris lors de l’accord de Kunming-Montréal en 2022.

      Chaque État devra réaliser un plan de restauration pour traduire les objectifs de restauration et de bon état des écosystèmes naturels (marais, forêts, zones humides, dunes, espèces protégées…) en 2030, 2040 et 2050. Des mesures pour protéger les pollinisateurs et leurs habitats seront obligatoires dans tous les états européens. Cette loi met fin à certaines incohérences pour la protection des écosystèmes marins en imposant des mesures communes de protection (par exemple la protection des dauphins dans le golfe de Gascogne s’imposera désormais aux pêcheurs espagnols). La première menace sur les rendements agricoles c’est le dérèglement climatique. Restaurer la nature, c’est protéger la biodiversité, mais c’est aussi lutter contre l’érosion des sols contre les inondations avec des zones tampons naturelles, et ainsi protéger les rendements donc les revenus agricoles.

      Nous avons aussi adopté un règlement actant la fin de la commercialisation dans le marché intérieur de produits issus de la déforestation tels que le café, le chocolat, l’huile de palme, le soja, le bœuf, etc. En cas de non-respect de ce règlement les entreprises s’exposent à une amende atteignant au minimum 4 % de leur chiffre d’affaires annuel dans l’Union européenne. Ce texte, largement initié par la France, est la première loi au monde de cette nature et j’en suis particulièrement fier. Ce texte constitue aussi une clause miroir pour nos agriculteurs qui sont de fait en concurrence avec des importations responsables de la déforestation. Désormais, ces produits ne pourront plus accéder au marché européen.

      L’entrée en vigueur de ce texte qui devait avoir lieu au 1 janvier 2025 sera finalement repoussée d’un an pour permettre à tout le monde, entreprises comme pays tiers, d’être prêts.

      Avec le règlement sur la déforestation et les débats très âpres qu’il provoque ne sommes-nous pas sur une véritable ligne de tension entre la tradition libre échangiste de l’Union et les priorités de la lutte contre les dérèglements écologiques ?

      Il s’agit en effet désormais de mettre en cohérence le commerce et le climat. L’Europe ne se contente plus de se doter de normes très ambitieuses en matière d’environnement. Elle utilise la puissance du marché unique au service de ces objectifs en imposant des exigences à ses partenaires, tout en s’assurant de créer les conditions d’une concurrence plus loyale au bénéfice de ses propres entreprises.

      A titre d’exemple, l’UE a commencé à mettre en place des mesures miroirs pour assurer une réciprocité des normes. C’est ce que nous avons fait avec le règlement sur les batteries, avec le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières, ou avec le règlement sur la déforestation importée. C’est le cas également avec les clauses miroirs en matière agricole, comme l’a démontré le récent contrôle de la commission européenne qui a conduit le Brésil à suspendre immédiatement une partie de ses exportations de viande bovine en Europe, faute de systèmes de traçabilité et de contrôle suffisants sur la présence d’hormones de croissance interdite en Europe.

      Par ailleurs, nous avons mis en place une nouvelle doctrine sur les accords commerciaux qui font de l’Accord de Paris une clause essentielle, en incluant pour la première fois un mécanisme de sanctions (cf. Accord UE-Nouvelle-Zélande). Désormais, une violation grave des engagements sociaux et environnementaux, sera enfin suivie d’effets et pourra être sanctionnée. C’est pour cela que j’ai voté cet accord, avec l’immense majorité des députés socialistes et verts européens… à l’exception des députés français. Et c’est précisément parce que le texte de l’accord avec le Mercosur ne respecte pas cette nouvelle approche que j’y suis opposé.

      Alors que la présidente de la Commission européenne vient de finaliser les négociations sur l’accord avec le Mercosur, rien n’est encore joué, puisque pour être ratifié, cet accord devra être adopté par le Conseil et par le Parlement européen dans les prochains mois. Ces votes seront d’ailleurs très serrés et dépendront en grande partie des pays qui rallieront le camp du non mené par la France, notamment l’Italie ou la Roumanie qui pourraient contribuer de façon décisive à constituer une minorité de blocage au Conseil.

      Et maintenant, quelles perspectives ?

      Les élections européennes de juin 2024 ont incontestablement changé la donne au Parlement européen. La majorité dite « progressiste » du groupe centriste Renew aux groupes de gauche en passant par les écologistes n’existe plus. En revanche, la majorité allant de la droite à l’extrême-droite, existe belle et bien. Et cette “union des droites” européenne a fait de la lutte contre le Pacte vert l’un de ses ciments. La donne politique a donc changé. Dans ce contexte, notre stratégie est d’abord de tenter de consolider la majorité centrale qui a largement soutenu le pacte vert dans la mandature précédente sous l’impulsion d’Ursula von der Leyen. Celle-ci a été réélue en juillet 2024 par la droite, le centre, les sociaux-démocrates et les verts. Sa politique doit donc refléter cette majorité et les récentes auditions des nouveaux commissaires ont montré que la ligne pro-Pacte vert était bien tenue. Les batailles seront donc moins au sein de la Commission qu’au Parlement, qui est aujourd’hui parmi les institutions européennes, celle où l’extrême-droite a le plus de pouvoir de nuisance.

      Depuis 2019 je suis convaincu que la réussite du Pacte vert passe par la dépolarisation de l’action climatique. Gagner la bataille de la décarbonation implique de s’inscrire dans des politiques de temps long, qui ne sont pas soumises aux aléas de chaque échéance électorale. Il suffit de voir à quel point la situation américaine ultra polarisée, sur ce sujet comme sur beaucoup d’autres, empêche de mener des politiques de long terme de réduction des émissions. Elles sont mises en place par les Démocrates et détricotés par les Républicains. La trumpisation d’une partie de la droite européenne est donc la première menace contre le Pacte vert aujourd’hui. Pour la contrer, nous devons agir sur plusieurs fronts. Tout d’abord continuer à travailler avec les entreprises progressistes qui sont engagées dans la transition et qui montrent concrètement les voies de l’avenir. Deuxième front, échanger en permanence avec les députés du centre droit qui sont hostiles à ces alliances de fait avec les extrêmes droites. Il faut leur tendre la main pour préserver le Pacte vert. Troisièmement, continuer à élargir la façon dont nous parlons des politiques écologiques. Bien sûr elles sont bonnes pour le climat, c’est leur raison d’être première. Mais elles sont aussi bonnes pour notre compétitivité et pour notre indépendance géopolitique. Chaque année l’Europe dépense autour de 400 milliards d’euros pour acheter du gaz et du pétrole ! C’est une véritable saignée financière. Décarboner notre énergie c’est produire chez nous notre électricité en lieu et place d’importer des énergies fossiles. Développer un récit politique autour de la « souveraineté écologique » me semble essentiel dans un contexte de montée en puissance des nationalismes.

      Dans la mandature qui s’ouvre je me battrai pour que l’on approfondisse notre Union de l’énergie zéro carbone de façon à ce qu’on se donne les moyens de gagner la bataille de l’électrification et donc de la souveraineté et de la sortie de notre dépendance aux fossiles. Le Clean Industrial Deal annoncé par Ursula von der Leyen constituera dès le début de l‘année 2025 le nouveau volet industriel du Pacte vert, avec de nouveaux outils pour investir encore davantage dans les industries propres et chaines de valeur stratégiques européennes, pour simplifier – sans déréguler – et accélérer la révolution industrielle verte. Nous devrons également compléter le Pacte vert en agissant de façon coordonnée en matière d’adaptation et de résilience aux effets du dérèglement climatique pour protéger les européens et les rendements agricoles, et donc notre souveraineté alimentaire, et mieux prévenir les conséquences des catastrophes climatiques dont nous avons encore vu un exemple dramatique à Valence ces dernières semaines.

      Nous devons plus que jamais agir ensemble pour maintenir le cap, gagner ces batailles en additionnant les solutions technologiques sans dogmatisme, pour accélérer la construction de l’Europe puissance verte et souveraine !

      Article écrit par Pascal Canfin


      Notes

      1. député européen du groupe Renew Europe, membre de la délégation l’Europe ensemble, ancien président (2019-2024) et actuel coordinateur de la commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire pour Renew ↩︎

      L’initiative « Une seule santé » ou One Health pour relever les défis planétaires

      Les urgences sanitaires internationales telles que la pandémie de COVID-19, les épidémies d’Ebola et les menaces permanentes d’autres zoonoses, la sécurité alimentaire, les problèmes de résistance aux antimicrobiens (RAM), ainsi que la dégradation des écosystèmes et le changement climatique démontrent clairement la nécessité de systèmes de santé résilients et d’une action mondiale accélérée. Le livre « Une seule santé, S‘ouvrir à d‘autres savoirs » écrit par Nicolas Lainé1 aux Éditions Quae est disponible en librairie depuis le 10 Décembre 2024 et gratuit en version numérique.

      Des enfants sont vaccinés lors d'une campagne de lutte contre la polio dans la région occidentale du Cameroun.
      Des enfants sont vaccinés lors d’une campagne de lutte contre la polio dans la région occidentale du Cameroun.

      Selon la Quadripartite – l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et l’Organisation mondiale de la Santé animale (OMSA) – la construction d’une planète plus saine, passe par agir d’urgence pour des engagements politiques vitaux, des investissements plus importants et une collaboration à tous les niveaux.

      L’initiative « Une seule santé » est considérée comme la principale approche pour relever ces défis urgents et complexes auxquels la planète est confrontée.

      Une seule santé/One Health : publication d’une définition opérationnelle
      Une seule santé/One Health : publication d’une définition opérationnelle

      Lors de leur première réunion annuelle en face à face, les dirigeants de ces quatre organisations ont ainsi lancé un appel sans précédent en faveur d’une action mondiale renforcée.

      Une gouvernance intersectorielle

      Dans cet appel à l’action, les dirigeants quadripartites invitent instamment tous les pays et les principales parties prenantes à accorder la priorité à l’approche « Une seule santé » dans l’agenda politique international. L’objectif est d’adopter et promouvoir une gouvernance intersectorielle renforcée de la santé.

      Les services de planning familial au Malawi ont continué à fonctionner tout au long de la pandémie de la Covid-19.
      Les services de planning familial au Malawi ont continué à fonctionner tout au long de la pandémie de la Covid-19.

      L’approche « Une seule santé » devrait notamment servir de principe directeur dans les mécanismes mondiaux, y compris dans le nouvel instrument de lutte contre la pandémie et le fonds de lutte contre la pandémie, afin de renforcer la prévention, la préparation et l’intervention en cas de pandémie.

      Il s’agit aussi d’un plan d’action conjoint quadripartite en faveur de l’unité d’action sanitaire, afin de favoriser une mise en œuvre plus large dans les secteurs concernés. Il faut mettre en place des effectifs intersectoriels pour l’initiative « Une seule santé » qui disposent des compétences, des capacités et des aptitudes nécessaires pour prévenir, détecter et contrôler les menaces pour la santé et y répondre de manière efficace.

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      Ces quatre organisations appellent au renforcement et au soutien de la prévention des pandémies et des menaces sanitaires à la source, en ciblant les activités et les lieux qui augmentent le risque de propagation des zoonoses entre les animaux et les humains.

      Pour cela, il faut accroître l’investissement et le financement des stratégies et des plans « Une seule santé » en assurant une mise en œuvre à grande échelle à tous les niveaux, y compris le financement de la prévention des menaces sanitaires à la source.

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      Le livre Une seule santé, S‘ouvrir à d‘autres savoirs
      écrit par Nicolas Lainé, en librairie depuis le 10/12/2024

      Cet ouvrage propose une réflexion sur la manière d’intégrer l’expérience et le mode de vie des populations engagées avec les animaux et leur environnement pour mieux les mobiliser dans la gestion et la prévention des crises sanitaires à travers l’approche « Une seule santé », One Health.

      Plébiscitée depuis la pandémie du Covid-19 par les scientifiques et les politiques, l’initiative « Une seule santé » ou One Health souligne l’interdépendance entre santé humaine, santé animale et santé environnementale, et associe ces disciplines autour d’une même approche. La mise en pratique de One Health nous engage aujourd’hui à une réflexion sur l’intégration d’autres formes de savoirs en santé, notamment ceux issus des communautés locales. En s’appuyant sur ses terrains d’enquête situés en Asie, Nicolas Lainé montre que les savoirs locaux sont dynamiques et en constante recomposition. Il souligne l’apport de certaines pratiques locales dans la prévention des risques sanitaires. Réduits à la fourniture d’informations ou de données, les détenteurs de ces « autres » savoirs sont souvent exclus du processus de production des connaissances. L’auteur propose au contraire d’intégrer toute la richesse et la complexité des rapports au vivant dans une mise en réseaux des savoirs locaux humains et non humains, en considérant toutes les parties prenantes comme des partenaires à part entière dans la recherche. Partant des promesses et de la montée en puissance de One Health, cet ouvrage interroge plus largement ce qui fait science.

      Version numérique gratuite du livre

       


      1. Nicolas LAINÉ est anthropologue, chargé de recherche à l’IRD au sein de l’UMR PALOC (IRD-MNHN-CNRS). Ses travaux portent sur les relations humain-animal, la santé et les savoirs locaux en Asie du Sud et du Sud-Est. Il interroge les liens complexes entre biodiversité-société-santé et propose une réflexion sur la coproduction de savoirs. ↩︎

      300 dirigeants affirment que la CSRD est un accélérateur de la compétitivité des entreprises

      300 dirigeants, signataires d’une tribune publiée dans Les Échos, affirment que la CSRD est un accélérateur de la compétitivité des entreprises. Ceux qui prétendent le contraire et demandent un moratoire voire un retrait de dispositions majeures du Pacte Vert européen mettent en danger notre avenir économique, environnemental et social. Une autre tribune collective publiée dans Le Monde rappelle que les entreprises européennes ont beaucoup à perdre à ne pas anticiper les effets du changement climatique.

      Tribune collective publiée dans les échos :

      300 dirigeants et alumni de grandes écoles s’engagent pour le Pacte vert européen

      👨‍🌾 Un enjeu de soutenabilité forte

      Selon Gérald Naro et Alexandre Rambaud, la perspective d’une soutenabilité forte est fondée sur l’idée que les différentes formes de capital économique, humain et naturel sont complémentaires et non interchangeables. Certaines fonctions que le nature apporte, sont irremplaçables. Il en est de même pour les humains et leurs relations au sein de la société. Inestimables.

      👩‍🎨 Un enjeu de souveraineté

      Une étude menée par EcoVadis, basée sur plus de 100 000 évaluations d’entreprises, révèle que l’Europe de l’Ouest demeure la région de tête en matière de RSE. Les entreprises françaises se situent dans le Top 5 mondial. Défendre notre souveraineté, c’est aussi établir nos propres référentiels et réglementations. A ce titre, uniformiser le pilotage de la durabilité pour les entreprises européennes est un atout majeur.

      🙆‍♂️ Un enjeu de justice

      Maintenir le cap est un enjeu de justice : les nombreuses entreprises qui se sont déjà engagées dans la démarche doivent être encouragées, au risque de favoriser l’attentisme. La mise en place de la CSRD a été judicieusement pensée par étapes, avec des logiques de seuils pour créer un effet d’entraînement vertueux. Elle doit être suivie de la CS3D sur la diligence raisonnable, définissant des exigences RSE relatives aux chaînes d’activité, pour qu’une obligation de “faire” découle d’une obligation de “dire”. Il serait dramatique de casser cette dynamique.

      👷‍♂️ Un enjeu opérationnel

      Les 5 ateliers du business model régénératif permettent de poser sa stratégie CSRD. Le RegenBMC permet en effet de cartographier les activités de l’entreprise dans ses opérations et le long de la chaîne de valeur, d’identifier les principaux acteurs de la chaîne de valeur et d’élaborer un profil de chaque acteur qui rende compte de sa taille, de son secteur, de sa localisation et de la nature de ses activités.

      Les 5 ateliers du business model régénératif permettent aussi d’activer sa stratégie de durabilité en lançant de nouveaux produits, services avec son réseau de partenaires.

      Une approche basée sur l’économie de la mutualité, idéale pour collaborer avec les syndicats et partenaires sociaux, engager les clients, fournisseurs et investisseurs.

      NOUS SOMMES VIVANTS, le collectif de la transition écologique


      Tribune collective publiée dans Le Monde :

      « Les opposants à la directive CSRD oublient que les entreprises européennes ont beaucoup à perdre à ne pas anticiper les effets du changement climatique »

      La véritable asphyxie vient de l’inaction, pas de la transparence.

      Plusieurs membres des patronats européens tirent à boulet rouge sur la CSRD, comme s’il fallait rendre responsable des déboires de l’économie européenne cette directive à peine entrée en vigueur. Est-ce pour faire oublier les vrais responsables de la sinistrose : l’instabilité politique, les prix de l’énergie, l’atonie du marché commun, le décrochage numérique européen, la faiblesse de l’investissement et l’absence de politique industrielle coordonnée ?

      Ces critiques attribuent tous les maux à la directive européenne CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive). Cette réglementation pan-européenne, qui doit s’appliquer à près de 50 000 entreprises d’ici à 2027, est accusée de multiplier les contraintes administratives, de pénaliser les PME et de nuire à leur compétitivité. On oublie bien entendu son ambitieuse finalité, en se cachant derrière le faux nez de l’horreur du reporting ; préparer une économie durable et compétitive.

      En France, Michel Barnier lui-même évoque la possibilité d’un moratoire. Feint-il d’ignorer que changer une directive européenne est un exercice à contretemps ? Cela prend deux à trois ans de consultations et de négociations, sans garantie d’un résultat adapté aux besoins actuels. Pendant ce temps, les entreprises resteraient dans l’incertitude, un handicap bien plus grave qu’un cadre clair.

      Faut-il rappeler que le calendrier de la CSRD est progressif et réaliste : les grandes entreprises déjà soumises à la NFRD publieront leurs premiers rapports en 2025, les autres grandes structures suivront en 2026, et les PME cotées en 2027 avec des exigences simplifiées jusqu’en 2028. L’Europe laisse à chacun le temps de s’adapter.

      Les critiques soulignent encore que la CSRD imposerait des charges disproportionnées, notamment aux PME. Pourtant, la directive intègre le principe de proportionnalité. Ceux qui ont réellement fait l’effort de lire les recommandations de l’EFRAG, organisme européen consultatif chargé de détailler les modalités de l’application de la directive, savent à quel point ces règles sont souples ; les entreprises déterminent elles-mêmes la “matérialité” des sujets ESG à reporter, c’est-à-dire leur pertinence pour leur activité. Il n’y a donc pas de contrainte inutile si le sujet est jugé non matériel. De même, les PME bénéficient de modèles simplifiés et d’un accompagnement progressif.

      En fait, ce n’est pas la règle qu’il faut modifier, mais son application via un réel exercice pédagogique … Pour rendre la CSRD accessible à tous, il suffit en fait de mettre à disposition des entreprises des guides pratiques sectoriels, illustrant comment déterminer la matérialité et rapporter les données clés. Ce détail permettrait de montrer la réalité de la charge déclarative ; à peine 20 % des sujets listés méritent en fait d’être reportés — cette clarification aurait le mérite de rétablir la juste mesure de cet exercice d’évaluation des risques.

      Ces mesures ne demandent ni moratoire ni révision, mais un effort de coordination entre les acteurs publics et privés. Ainsi, n’écoutez pas ceux qui dramatisent la situation pour des fins qui leur sont propres. Et encourageons les organisations patronales et les chambres de commerce à répondre aux questions des entreprises sans nourrir les fantasmes et phobies administratives.

      Rappelons aussi qu’à l’âge de l’intelligence générative, les plateformes numériques permettent d’ores et déjà de simplifier la collecte et l’analyse des données ESG pour faire gagner un temps précieux de reporting, allégeant d’autant la contrainte…

      Les opposants à la CSRD oublient enfin que les entreprises européennes ont tout à gagner à anticiper les attentes des investisseurs et des consommateurs, de plus en plus sensibles aux critères ESG. À moyen terme, elles ont énormément à perdre à ne pas anticiper les effets du changement climatique.

      Le GIEC a évalué les impacts économiques potentiels du réchauffement climatique sur le PIB mondial. Selon le rapport de 2022, une augmentation de la température mondiale de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels pourrait entraîner une réduction du PIB mondial de 10 % d’ici à 2100. Si nous suivons la trajectoire actuelle et que le réchauffement atteint 4 °C, les pertes pourraient atteindre 23 % du PIB mondial. Certains secteurs sont menacés à très court terme, notamment l’agro-alimentaire pour lequel 30 % des chaînes d’approvisionnement pourraient être impactés dès 2030…

      L’Union Européenne commettrait une erreur historique à se défaire d’une directive qui permet de préparer son économie à la réalité de la transition. C’est aussi un formidable levier d’influence, car l’Union légifère ainsi hors de ses frontières ; plus de 5 000 entreprises américaines qui travaillent en Europe y sont soumises.

      La CSRD est déjà une réussite européenne ; elle enrichit à l’échelle du continent, et au-delà, le vocabulaire commun des entreprises. La véritable asphyxie viendrait de l’inaction, pas de la transparence en matière environnementale.

      À la fin de ses Mémoires, Jean Monnet, un des pères fondateurs de l’Europe, écrivait : « les hommes n’acceptent le changement que dans la nécessité et ils ne voient la nécessité que dans la crise ». La crise climatique est palpable, visible en de nombreux endroits, déjà là. La CSRD est in fine la manifestation la plus évidente du changement nécessaire que doivent entreprendre les entreprises. Il ne faut pas s’étonner que certains grincent des dents; ils commencent à entrevoir la réalité et préfèrent détourner le regard. Aidons-les à la regarder en face…

      Signataires :