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Environnement et climat : l’impact des projets stratégiques LIFE de l’UE est difficile à cerner

Il est difficile de déterminer dans quelle mesure les projets stratégiques LIFE contribuent à bâtir une Europe plus verte, selon un nouveau rapport de la Cour des comptes européenne. Les projets stratégiques financés par le programme LIFE de l’UE sont conçus pour aider les États membres à mettre en œuvre leurs plans et stratégies en matière d’environnement et de climat. En impliquant les principales parties prenantes – souvent au-delà des bénéficiaires directs –, en mobilisant des fonds supplémentaires et en traversant les cycles politiques, ces projets contribuent à jeter une passerelle entre stratégie et mise en œuvre.

L’essentiel en un coup d’œil

  • Les projets ne se concentrent pas toujours sur les besoins environnementaux et climatiques les plus pressants des États membres
  • Le montant des financements supplémentaires mobilisés est impossible à établir avec précision
  • Le suivi inadéquat des projets empêche d’évaluer clairement leur impact

701 millions d’euros versés à 70 projets LIFE

Au total, 701 millions d’euros ont été versés à 70 projets stratégiques au titre du programme LIFE sur le budget 2014‑2020 (soit entre 7 et 16 millions d’euros chacun). Depuis 2021 et jusqu’à avril 2025, 436 millions d’euros ont été alloués à 25 autres projets (soit entre 10 et 30 millions d’euros par projet).

Types d’activités soutenues par les projets stratégiques LIFE
Source: Cour des comptes européenne

« Les projets stratégiques LIFE apportent un soutien précieux, en aidant les acteurs à unir leurs forces et à attirer des financements supplémentaires», a déclaré Joëlle Elvinger, la Membre de la Cour responsable de l’audit. « Toutefois, des faiblesses persistent dans la hiérarchisation des besoins, le suivi des progrès et le partage des résultats. En outre, les effets à long terme et la durabilité des avantages des projets manquent souvent de clarté.»

Quels financements supplémentaires ?

Exemples de sources de financement complémentaire
Source: Cour des comptes européenne, sur la base d’informations transmises par la Commission.

Les projets stratégiques LIFE sont censés mobiliser des financements supplémentaires provenant d’au moins une autre source, européenne, nationale ou privée, pour contribuer à la mise en œuvre d’un plan ou d’une stratégie donnés. Bien que les 22 projets audités aient tous œuvré en ce sens, les auditeurs concluent que l’absence d’orientations claires sur ce qui constitue un « financement mobilisé » et le manque de supervision de la part de la Commission européenne empêchent d’évaluer comment ces financements supplémentaires contribuent à la mise en œuvre des stratégies. Par ailleurs, sans méthodologie standard pour suivre ces financements, il est difficile de déterminer le volume des investissements publics ou privés que les projets attirent.

Rôles et responsabilités
Source: Cour des comptes européenne.

Les projets ne répondent pas toujours aux besoins environnementaux ou climatiques

Les auditeurs ont également constaté que les projets ne répondent pas toujours aux besoins environnementaux ou climatiques les plus pressants des États membres, ce qui peut limiter les avantages pour les pays et régions concernés.

Faible utilisation des plateformes à l’échelle de l’UE par les projets stratégiques LIFE
Source: Cour des comptes européenne.

Le rapport souligne aussi que les enseignements tirés et les bonnes pratiques sont rarement partagés sur des plateformes à l’échelle de l’UE, ce qui réduit les possibilités de les reproduire et d’optimiser leur impact.

Il existe également un risque que les plans post-LIFE, censés garantir que les avantages des projets stratégiques perdurent au-delà de la période de financement initiale, ne suffisent pas à assurer la durabilité des résultats une fois le financement LIFE terminé. L’efficacité de ces plans est en outre limitée par l’absence d’orientations précises sur leur contenu et par des faiblesses dans leur conception.

Sélection des projets stratégiques LIFE
Source: Cour des comptes européenne

Les projets LIFE ne sont pas suffisamment évalués

Les projets stratégiques LIFE ne sont pas non plus suffisamment évalués au regard des principaux objectifs, tels que les changements en matière de gouvernance, la gestion et l’implication des parties prenantes, ou encore le renforcement des capacités et le caractère reproductible des résultats. Selon les auditeurs, les mécanismes de suivi sont hétérogènes.

Sans approche de suivi appropriée, il est difficile d’évaluer la performance globale des projets stratégiques LIFE et leur contribution aux objectifs environnementaux et climatiques de l’UE.

Recommandations

Les auditeurs invitent la Commission européenne à veiller à ce que les projets soient mieux alignés sur les besoins environnementaux et climatiques spécifiques des États membres, à fournir des orientations plus claires sur les financements supplémentaires mobilisés et à promouvoir l’utilisation de plateformes européennes pour diffuser et reproduire les bonnes pratiques.

Ils recommandent également d’impliquer activement les organismes chargés de mettre en œuvre les stratégies sous-jacentes (à savoir les plans, stratégies et cadres d’action que soutiennent les projets stratégiques LIFE) afin de garantir que les projets continuent à produire des résultats au-delà de la période de financement.

Informations générales

Le programme LIFE a été lancé en 1992 pour répondre à divers défis environnementaux et climatiques de l’Union européenne, notamment la pollution de l’air et de l’eau, la perte de biodiversité et le changement climatique.

Les projets stratégiques LIFE visent à jeter une passerelle entre stratégie et mise en œuvre
Source: Cour des comptes européenne.

La Commission européenne y a introduit des « projets intégrés » en 2014, puis des « projets stratégiques » en 2021. Ces deux types de projets, regroupés sous l’appellation « projets stratégiques », visent à aider l’UE à créer une passerelle entre stratégie et mise en œuvre.

La Cour des comptes européenne a publié son premier rapport relatif au programme LIFE il y a 12 ans. Ce nouvel audit vise à expliquer les résultats des projets stratégiques LIFE. À cette fin, les auditeurs de l’UE ont examiné 22 projets stratégiques sur les 95 qui avaient été financés par LIFE au moment de l’audit.

Rapport spécial 2025 « Projets stratégiques LIFE »

Le rapport spécial 25/2025 intitulé « Projets stratégiques LIFE » est disponible sur le site internet de la Cour, accompagné d’une fiche synoptique reprenant les principaux faits et constatations.

85 organisations mobilisées pour un budget européen faisant de la protection de l’environnement une priorité

Motion du 8 décembre 2025

Rédigée à l’initiative de la Fédération des
Conservatoires d’espaces naturels

Le 18 juillet dernier, la Commission européenne a présenté un projet de budget européen (cadre financier pluriannuel – CFP) pour la période 2028-2034. De manière générale, les enjeux environnementaux y sont relégués au second rang ; la disparition du programme LIFE en étant le symbole le plus évocateur.

Pourtant, les conséquences du changement climatique et de l’effondrement de la biodiversité sont largement documentées, et les sociétés européennes en subissent les conséquences au quotidien.

A l’occasion de la Journée mondiale pour le climat du 8 décembre, les partenaires et bénéficiaires français de projets LIFE, réunis lors des Journées InterLIFE, partagent leur très forte inquiétude suite à ces annonces.

Depuis plus de 30 ans, le programme LIFE était le seul programme européen exclusivement dédié aux enjeux environnementaux. Au fil des années, LIFE a permis la mise en œuvre d’innombrables projets innovants et structurants, portés par des collectivités territoriales, des entreprises, des associations… Ces projets ont bénéficié aux différents tissus socio-économiques locaux comme à notre environnement.

Depuis 2014, le programme LIFE a permis de mobiliser en Europe près de 5Mds€, cofinançant 2 260 projets. A l’échelle française, ce sont 330 projets qui ont été cofinancés à hauteur de 430M€.

Protection et restauration de notre patrimoine naturel, préservation de la ressource en eau, transition énergétique, adaptation au changement climatique, transition agroécologique, économie circulaire … la plus-value des projets LIFE, tout comme leur exemplarité, est largement partagée et reconnue.

Au-delà de cet effet levier pour les territoires, le programme LIFE agissait également comme un véritable programme ambassadeur de l’Europe au niveau local, et contribuait pleinement à la poursuite de la construction européenne en favorisant le partage d’expériences entre États membres.

Les partenaires et bénéficiaires de projets LIFE s’interrogent sur la continuité du financement de plusieurs politiques publiques européennes majeures, Natura 2000 en tête. Le financement du règlement européen sur la restauration de la nature, déjà incertain, se trouve lui aussi largement menacé. Le programme LIFE contribuait, également à la mise en œuvre de nombreuses politiques publiques européennes dans d’autres secteurs : climat, agriculture, économie…

Les partenaires et bénéficiaires de projets LIFE alertent tout particulièrement sur le devenir de la branche Nature & Biodiversité. Historiquement construit autour de ce volet, le programme LIFE n’a pas d’équivalent pour la mise en œuvre de projets d’envergure pour préserver la biodiversité.

L’absence de ligne budgétaire consacrée à l’objectif Nature & Biodiversité dans le futur budget européen est très inquiétante.

Ainsi, c’est 35 ans de réussites au plus près des territoires qui prennent fin brutalement, et avec, notre capacité collective à agir très concrètement dans les territoires pour répondre aux défis socio-économiques et environnementaux.

Journées InterLIFE 2025 © Mathilde Cassé – CEN Occitanie

Face à cette situation, les partenaires et bénéficiaires français de projets LIFE souhaitent interpeller la Commission européenne, les députés européens, l’Etat français ainsi que les élus locaux afin de défendre un budget européen faisant des défis environnementaux une priorité. Ils appellent à :

  • Assurer une véritable cohérence des politiques publiques européennes en matière environnementale
  • Inclure dans le budget européen des objectifs spécifiques pour chaque enjeu (protection de la biodiversité, économie circulaire, atténuation et adaptation au changement climatique, transition énergétique)
  • Associer à chacun de ces objectifs des lignes budgétaires garanties, à la hauteur des enjeux et des objectifs fixés
  • Renforcer l’accompagnement des acteurs des territoires en matière d’accès au co-financement et de montage de projet

Les partenaires et bénéficiaires de projets LIFE se tiennent à disposition pour échanger et contribuer aux négociations autour du prochain Cadre financier pluriannuel de l’Union européenne.

Municipales 2026 : les Français·es attendent des engagements sur la réduction des déchets

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À moins de 6 mois des élections municipales, un sondage réalisé par le réseau Zero Waste précise les attentes des Français·es en matière de gestion des ordures ménagères. Le constat est clair : les citoyens et citoyennes attendent des engagements forts en faveur de la réduction des déchets. Zero Waste France appelle toutes les listes candidates à s’en saisir pour nourrir les programmes électoraux. 

Plus de 2 000 personnes interrogées 

Dans la perspective des élections municipales en mars prochain, du 1er juillet au 1er décembre 2025, 19 groupes locaux Zero Waste ont interrogé 2 068 citoyens et citoyennes dans 10 régions métropolitaines et 1 territoire ultramarin, afin de mieux comprendre leurs attentes en matière de gestion et prévention des déchets. Adapté aux enjeux de chaque territoire, ce sondage a été administré à la fois en ligne et en face-à-face dans l’espace public pour toucher une pluralité d’habitant·es.

Chloë Dumas, Responsable de la mobilisation citoyenne auprès des groupes locaux

les résultats sont extrêmement clairs : les citoyennes et citoyens attendent des candidats et candidates aux municipales qu’ils et elles s’engagent pour la réduction des déchets. Les Françaises et les Français veulent des solutions très concrètes, simples et efficaces. Ils et elles sont prêts à changer leurs pratiques si les communes mettent en place des mesures adaptées”.

Principaux chiffres

Principaux enseignements 

Les déchets font partie de notre quotidien et les mesures de prévention et de réduction apportent des résultats rapides, visibles et concrets.”

Noémie Brouillard, Chargée de projets Zero Waste France

Une appréciation globalement moyenne du service public de gestion des déchets : avec une note moyenne de 3,28 sur 5, l’appréciation globale du service public de gestion des déchets est neutre, voire plutôt positive. Cependant, les excellentes appréciations restent rares, et une part non négligeable des habitant·es ne parvient pas à formuler un avis clair.

Un faible niveau de connaissance des modes de traitement et des coûts : 58,6 % des personnes interrogées déclarent ne pas savoir où, ni comment leurs déchets sont traités, et 85,3 % déclarent manquer d’informations sur le coût réel de la gestion des déchets, mais souhaitent en savoir davantage.

Une attente marquée autour d’un système de tarification plus juste : 62,7 % se déclarent favorables à une véritable tarification incitative, donc à une facturation en fonction de la quantité de déchets produite, associée à des solutions permettant aux citoyen·ne de réduire leurs déchets.

Une volonté importante de sortir du tout-jetable, avec une demande d’exemplarité vis-à-vis des communes : 89,8 % des personnes interrogées souhaitent que leur commune soutienne la mise en place de contenants consignés dans les commerces et 81,96 % voudraient de la vaisselle réemployable pour les événements organisés par leur commune.

Un fort potentiel d’adhésion au tri à la source des déchets alimentaires, mais un manque d’information et d’accès : 22 % des personnes interrogées ne sont pas du tout au courant des dispositifs permettant le tri des déchets alimentaires sur leur territoire, et 36,8 % considèrent ne pas avoir de solution de tri à la source des biodéchets à proximité. Pourtant, parmi les personnes qui estiment avoir un accès insuffisant ou inexistant à une solution de tri/compostage des déchets alimentaires, 88,8 % sont intéressées par ces solutions.

Pauline Debrabandere, Responsable plaidoyer et campagnes chez Zero Waste France

Les élections municipales de 2026 vont se dérouler dans un contexte dégradé, marqué par des coupes budgétaires et une possible accession au pouvoir de l’extrême droite dans de nombreuses communes et intercommunalités”.
Dans ce contexte, tous les citoyens et citoyennes ont un rôle à jouer pour demander aux listes candidates des engagements forts en faveur de la protection de l’environnement et de la santé humaine.”

Dossier complet

La réduction et la prévention des déchets, des enjeux au niveau communal

Moins 30% d’ordures ménagères avec la mise en place d’une tarification incitative

Pour rappel, la gestion des déchets est une compétence des intercommunalités (métropoles,  communautés d’agglomération, communautés de communes…) : dans ce cadre, les élu·es des communes contribuent à certaines décisions concernant la collecte et le traitement des ordures ménagères. En outre, les communes bénéficient d’un large éventail de compétences, qui leur permettent d’agir directement sur la prévention et réduction de différentes catégories de déchets, par exemple à travers : 

  • le développement de la vaisselle réemployable dans l’événementiel culturel et sportif.
  • la suppression de la vaisselle à usage unique et/ou en plastique dans les cantines scolaires ;
  • la mise en place de couches et autres textiles sanitaires lavables ou compostables dans les crèches ; 
  • le soutien aux initiatives de réemploi et de réparation des objets du quotidien. 

Enfin, les communes doivent appliquer les lois (LTECV 2015, EGALIM 2018, AGEC 2020) relatives à leurs compétences, notamment en ce qui concerne la lutte contre le gaspillage alimentaire et l’interdiction de certains contenants et ustensiles plastiques dans la restauration collective et l’événementiel. 

Le rôle des collectivités locales dans la lutte contre le plastique à usage unique

Noémie Brouillard, Chargée de projets Zero Waste France

Qu’il s’agisse de la consigne, du tri à la source des déchets alimentaires, ou de la suppression du plastique dans les services liés à la petite enfance, les sujets liés aux déchets sont porteurs pour les candidat·es aux municipales


Demandes de Zero Waste France

Budget 2026 : l’enjeu d’une fiscalité incitative pour réduire les déchets enfouis et incinérés

2025 : une année de lutte contre les reculs écologiques

L’année 2025 a été marquée par une forte mobilisation de l’équipe et des nombreux militant·es du réseau Zero Waste : biodéchets, plastique, traitements polluants ou encore déchets d’équipements électriques et électroniques …

Militant⸱es du réseau Zero Waste lors des Rencontres Annuelles, mars 2025. Crédit photo : Lucia Trouiller

Enjeux environnementaux : en quoi l’éducation transforme-t-elle les comportements des jeunes ?

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L’entrée dans le monde étudiant bouleverse les habitudes de vie des jeunes. Cette transition vers l’autonomie est-elle alors propice à l’adoption de comportements respectueux de l’environnement ? Quelques éclairages à partir des derniers résultats d’enquête de l’Observatoire de la vie étudiante.

Le souci de protéger l’environnement peut conduire à adapter ses comportements au quotidien, en privilégiant notamment des modes de transports à faibles émissions. Shutterstock

Par Magali Jaoul-Grammare de l’Université de Strasbourg et Anne Stenger de l’Inrae


Au-delà des incitations monétaires, souvent temporaires, l’éducation peut constituer un levier durable en faveur des comportements pro-environnementaux (CPE). Si un niveau d’éducation élevé favorise la compréhension des enjeux écologiques, ses effets sur les CPE restent toutefois variables, voire parfois négatifs. D’autres facteurs interviennent : genre, âge, revenu, milieu social ou style de vie.

Nous nous sommes penchées sur les déterminants des pratiques alimentaires et de mobilité des étudiant·es à partir de l’enquête 2023 « Conditions de vie des étudiants », incluant les deux questions suivantes : « Pour des raisons écologiques, avez-vous changé vos habitudes alimentaires (moins de viande, manger bio…) ? » ; « Pour des raisons écologiques, avez-vous changé vos habitudes de transport (moins de déplacements, autres modes de transports) ? »

Connaissances et émotions, des facteurs de changement

Une personne soucieuse de l’environnement peut réduire sa consommation, privilégier une alimentation végétale, locale ou de saison, et adopter des régimes à faible impact. Dans les transports, elle choisira des modes à faibles émissions ou limitera ses déplacements. Toutefois, la santé, les habitudes, les normes sociales et les contraintes économiques influencent aussi ces choix, où les motivations environnementales se mêlent à des dimensions sociales et éducatives.

Les individus mieux informés adoptent plus facilement des comportements pro-environnementaux. L’éducation, formelle ou informelle, transmet connaissances et valeurs écologiques, renforçant pensée critique et conscience durable. Le milieu social reste déterminant : les foyers aisés accèdent plus aisément aux produits bio ou aux véhicules électriques, tandis que les plus modestes dépendent des transports publics.

Le mode de vie étudiant influe aussi : la transition vers l’autonomie modifie les habitudes et conduit à distinguer différents profils, de l’engagé à l’indifférent, etc. Enfin, le sport diffuse de plus en plus des valeurs écologiques.

Fourni par l’auteur

Les émotions, notamment négatives, constituent un levier important du changement de comportement. L’écoanxiété – mal-être et inquiétude face au réchauffement climatique – influence les comportements, bien que ses effets varient selon les études.

Des diplômés écoanxieux

Résultats de la première étude en France pour mesurer avec précision l’éco-anxiété dans la population

Depuis 2020, l’enquête « Conditions de vie des étudiants » mesure ce phénomène via une question sur l’inquiétude climatique. En 2023, 87 % des répondants se disent inquiets, surtout les femmes, et cette proportion reste stable malgré l’aggravation des crises. L’écoanxiété diffère également selon le milieu social et scolaire.

Enfin, les conditions de vie influencent aussi les comportements : les étudiants vivant chez leurs parents changent moins, tandis que les difficultés financières favorisent l’adaptation alimentaire mais freinent la mobilité durable.

Fourni par l’auteur

Parmi les étudiants interrogés en 2023, un tiers a modifié à la fois ses habitudes alimentaires et de transport pour des raisons environnementales. Ces changements varient selon le sexe, le milieu social, le niveau d’études et la sensibilité au climat.

Les étudiantes adaptent davantage leur alimentation (18 % contre 9 % des hommes), tandis que les étudiants modifient plus souvent leurs transports (23 % contre 18 %). Les plus diplômés, issus de milieux aisés, écoanxieux ou engagés, changent plus fréquemment leurs comportements : 35 % des étudiants inquiets du climat modifient les deux, contre 7 % des non inquiets.

La participation à des conférences ou à des manifestations, ainsi que la pratique sportive, favorisent les comportements pro-environnementaux : 34 % des sportifs ont changé leurs habitudes, tandis que les effets du tabac ou de l’alcool restent incertains. Les contraintes matérielles jouent aussi : les urbains adaptent davantage leurs transports (21 % contre 15 % en zones rurales) mais moins leur alimentation (14 % contre 21 %). Les étudiants autonomes (38 %) changent plus souvent que ceux vivant chez leurs parents (19 %).

L’éducation à l’environnement et au développement durable – cese

Des freins économiques et géographiques

Les facteurs associés aux changements alimentaires et de transport sont similaires : les femmes, les étudiants sportifs, inquiets du climat ou mieux éduqués sont plus enclins à modifier leurs pratiques. Le niveau d’études reste déterminant : les étudiants de master adoptent plus souvent des comportements durables, étayant le rôle de l’éducation.

Le cadre de vie compte également : la ruralité favorise les changements alimentaires mais freine la mobilité durable, tandis que vivre seul ou en résidence les encourage. Les contraintes financières, en revanche, limitent surtout les changements de transport. Enfin, 34 % des étudiants souhaiteraient changer leur alimentation et 27 % leurs transports sans y parvenir, freinés par leurs conditions économiques ou géographiques : vivre chez ses parents restreint les marges de manœuvre alimentaires, tandis que l’éloignement urbain et le manque de moyens limitent la mobilité durable.

Certaines caractéristiques – milieu social aisé, bon niveau scolaire, engagement environnemental, inquiétude climatique ou pratique sportive – favorisent les comportements pro-environnementaux dans l’alimentation et le transport.

L’enquête « Conditions de vie des étudiants » reste toutefois limitée : elle ne détaille ni les actions concrètes ni la chronologie des changements, rendant difficile l’évaluation des effets leviers ou rebonds. Toutefois l’éducation, formelle ou informelle, demeure un levier central pour encourager les comportements pro-environnementaux, par la sensibilisation, la diffusion de connaissances et la transmission intergénérationnelle.

Le renforcement de l’éducation environnementale, l’accès gratuit à des ateliers ou conférences, surtout dans les zones défavorisées, illustrent cette voie. D’autres leviers peuvent compléter cette action : sport durable, mobilités actives et politiques sociales réduisant les inégalités.

Magali Jaoul-Grammare, Chargée de Recherche CNRS en Economie, Université de Strasbourg et Anne Stenger, Directrice de recherche en économie, Inrae

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

Le premier zoo virtuel d’Europe peut-il éveiller les consciences sur le bien-être animal ?

De plus en plus décriés, les zoos jouent pourtant un rôle dans la sensibilisation du public à la sauvegarde des espèces sauvages. À Bruxelles, le premier zoo en réalité virtuelle aurait-il trouvé la formule gagnante ?

En ouvrant son Zoo du futur, l’association Gaia fait le pari que le public continuera de s’émerveiller et à se sensibiliser à la cause animale, sans avoir besoin de garder les animaux en captivité. Ici, l’image numérique d’un tigre dans la simulation en réalité virtuelle. Gaia/Reality Matters, Fourni par l’auteur

Par Pierre-Henry Leveau de l’Université d’Angers

Inauguré à Bruxelles en septembre 2025 et ouvert au public jusqu’au 30 décembre 2025, le Zoo du futur, premier zoo européen 100 % virtuel promet l’émerveillement d’un zoo, mais sans cages. Imaginé par l’association de protection animale Gaia, en collaboration avec le studio d’expériences immersives Reality Matters, le Zoo du futur propose au public de repenser la relation entre humains et animaux en lui permettant d’admirer une pléiade d’animaux en liberté dans des environnements naturels reconstitués numériquement.

Deux technologies immersives rendent possible la découverte de ces univers numériques : la réalité virtuelle (VR) via des casques afin d’observer les animaux ainsi que la réalité augmentée via une application mobile pour interagir avec des modules pédagogiques (quiz, informations sur les animaux). L’ambition du projet est double : et si la VR ne servait pas seulement à divertir mais aussi à éduquer afin d’encourager des comportements plus responsables ?

Ayant travaillé sur les effets de la VR sur les consommateurs, le Zoo du futur constitue donc un terrain d’observation privilégié pour comprendre comment les technologies immersives modifient les pratiques touristiques et culturelles. Dans le cadre de ces recherches, je me suis entretenu avec plusieurs acteurs de cette initiative.

Débat : Des zoos, pour quoi faire ?
Visiteurs et babouins de Guinée s’observant mutuellement au Parc zoologique de Paris. F-G.Grandin/MNHN, CC BY-NC

Renouveler l’expérience du public

Ces technologies immersives impactent plusieurs dimensions dans le vécu du visiteur. La première correspond à la métaversification de l’expérience, c’est-à-dire que le digital agrémente désormais les lieux marchands, culturels et touristiques réels. Dans le cas du zoo bruxellois, trois univers thématiques en VR offrent une expérience immersive aux visiteurs : la savane, la banquise et la jungle.

La seconde dimension correspond à l’aspect multisensoriel offert par les nouvelles technologies, qui, à l’instar d’une expérience réelle, stimulent plusieurs, voire tous les sens. Le Zoo du futur combine sons d’ambiance, diffusion d’odeurs et interaction virtuelle qui impliquent les mouvements du visiteur « pour essayer d’avoir l’immersion la plus aboutie possible », comme l’indique Sébastien de Jonge, le directeur des opérations de Gaia que j’ai pu interroger au cours de mes recherches. Lorsque le visiteur s’équipe du casque VR, il voit subitement un éléphant qui s’approche, ses yeux qui plongent dans les siens, sa trompe qui s’élève. Il essaye de toucher l’animal, persuadé de sentir sa présence. L’illusion sensorielle est palpable et l’émotion réelle.

Image numérique d’un éléphant dans la savane
La confrontation avec un éléphant en réalité virtuelle a le potentiel de provoquer plus d’émotions, en permettant de s’approcher et d’interagir avec l’animal. Gaia/Reality Matters, Fourni par l’auteur

La troisième dimension correspond à l’empowerment du consommateur, c’est-à-dire la capacité à agir activement avec son corps et à interagir avec les objets de l’environnement virtuel. En permettant de s’immerger à la première personne dans des environnements virtuels aux graphismes très réalistes, la VR séduit le public qui s’attend désormais à être davantage acteur de son expérience que de simplement avoir à écouter une histoire.

Pour Andy Van den Broeck, fondateur de Reality Matters, la VR est complémentaire à l’expérience réelle, voire magnifiée. Il souligne que « dans un zoo réel, vous ne pouvez pas vous approcher aussi près des animaux pour les observer, ou vous déplacer librement et interagir dans ces grands espaces naturels ». De plus, le zoo virtuel enrichit l’expérience avec de la réalité augmentée afin d’offrir une interaction ludique et éducative avec les animaux.

Un singe tamarin-lion doré et son petit né en 2020 à la Ménagerie, le zoo du Jardin des plantes à Paris. E.Baril/MNHN, CC BY-NC

Provoquer l’empathie pour des animaux, même virtuels

Ces dimensions concourent à stimuler un sentiment d’incarnation, c’est-à-dire à l’illusion d’être le personnage virtuel. L’une des forces de la VR réside dans sa capacité à faire vivre une expérience d’incarnation dans laquelle on n’observe pas seulement, mais où l’on réfléchit et réagit émotionnellement d’une façon semblable que lors d’une expérience réelle (Leveau et Camus, 2023).

L’apprentissage par la pratique est une des forces de la VR. L’implication active favorise la mémorisation et l’acquisition des compétences grâce à une compréhension plus concrète et une meilleure appropriation de la situation que la simple lecture d’un document, par exemple. La pyramide de l’apprentissage établi par le chercheur en éducation américain Edgar Dale confirme qu’on apprend mieux lorsqu’on est acteur de la situation d’apprentissage. Un individu retiendrait selon lui seulement 10 % de ce qu’il lit, contre 90 % de ce qu’il dit et fait.

Image numérique d’un panda dégustant du bambou
Plonger le visiteur dans un environnement virtuel offre aussi l’occasion de lui faire découvrir les animaux tels qu’ils se comportent dans leur environnement naturel, et non dans un enclos artificiel. Gaia/Reality Matters, Fourni par l’auteur

Les technologies immersives développent également l’empathie. Alors que, dans un zoo classique, on contemple des animaux réels, mais privés de liberté, le zoo virtuel exhibe des animaux numériques dans leur habitat naturel. À ce jour, « les visiteurs réfléchissent en termes de protection des espèces, pas d’individus », insiste Sébastien de Jonge. Le zoo virtuel invite à donc renverser le regard en valorisant l’animal comme un être vivant singulier et en proposant une alternative concrète et positive, tout en questionnant les conditions de vie des animaux dans les zoos traditionnels, sans pour autant attaquer leurs méthodes frontalement.

On constate que la gamification interactive associée à la VR, telle que les quiz interactifs sur l’espace vital d’un éléphant, déclenche une prise de conscience et des changements de comportements concrets. Selon Sébastien de Jonge, la réaction du public quant au bien-être des animaux à l’issue de l’expérience virtuelle en témoigne en provoquant des questionnements sur les alternatives à faire valoir. Ainsi, plonger les visiteurs dans des environnements naturels reconstitués en VR suscite une réflexion sur la captivité animale tout en préservant la dimension pédagogique des zoos. Cette approche, en phase avec les attentes des associations de défense animale, invite aussi chacun à repenser son rapport au vivant et à adopter des choix de consommation plus responsables.

Tirer parti des envies contradictoires des consommateurs

C’est précisément le basculement de spectateur passif à acteur impliqué qui confère un rôle inédit dans la sensibilisation éthique et environnementale. L’expérience en VR permet non seulement d’apprendre en interagissant de manière plus directe, mais aussi d’interroger nos modes de consommation et de loisirs. En proposant une alternative plus responsable dans les activités de récréations et de loisirs, la VR agit sur les comportements de manière vertueuse.

À cet effet, la VR contribue à des pratiques marketing plus éthiques en se substituant ponctuellement comme une alternative durable au voyage physique ou en contribuant à un tourisme plus inclusif auprès de certains publics (seniors, PMR, etc.). Pour le zoo, la VR contribue à donner l’illusion d’une expérience réelle sans nuire aux écosystèmes. Gaia défend ce modèle : « Le Zoo du futur, pour nous, c’est une campagne comme une autre », confie Sébastien de Jonge. Les tarifs volontairement bas, à 12 € l’entrée, ne sont pas rentables et confirment cette logique.

Mais qu’en est-il réellement du côté des consommateurs ? Dans un sondage réalisé auprès de 100 personnes, en France, en septembre 2025, 83,4 % déclarent préférer visiter un zoo réel plutôt qu’un zoo virtuel. Pourtant, plus de 98 % d’entre elles déclarent être sensibles au bien-être et aux conditions de vie des animaux en captivité. Ce paradoxe s’observe d’une part à travers le succès commercial des plus grands zoos en Europe, dont la fréquentation dépasse annuellement le million de visiteurs, comme au zoo de Barcelone, d’autre part à travers la multiplication de fermetures de delphinariums (Marineland en France en 2025 ou encore le dernier delphinarium en Belgique, Boudewijn Seapark, dont la fermeture administrative est actée pour 2037).

La plaine africaine du zoo de Beauval dans le Loir-et-Cher. Daniel Jolivet/FlickR, CC BY-SA

Inciter le changement de comportements

Enfin, 95 % des personnes interrogées nous ont confié être prêtes à adapter leurs comportements de consommation pour mieux respecter le bien-être des animaux en privilégiant un zoo virtuel plutôt qu’un zoo réel. Ainsi, nous espérons, comme Sébastien de Jonge, que cette fiction-réalité puisse « simplement allumer une lumière dans l’esprit du public » et conduire les zoos à se réinventer pour concilier bien-être animal avec viabilité économique. En cas de succès, le projet temporaire pourrait devenir permanent et esquisser pour les zoos un business model inédit.

Néanmoins, il ne faut pas oublier que ces technologies génèrent une pollution numérique et que la VR est réputée inciter le visiteur à se rendre dans la réalité sur le lieu qu’il a virtuellement exploré. Un tel dispositif risque donc de s’avérer contre-productif, à l’opposé des ambitions affichées par l’association, malgré la vocation première du projet de conjuguer émerveillement, pédagogie et respect du bien-être animal. Avec son zoo virtuel, Gaia démontre cependant le potentiel de la VR au-delà du simple divertissement : la technologie ouvre la voie à des pratiques plus soutenables et à un modèle économique écocentrique, fondé sur la valeur intrinsèque du vivant.

Pierre-Henry Leveau, Maître de conférences en sciences de gestion et du management à la Faculté de Tourisme, Culture et Hospitalité; membre du laboratoire GRoupe de Recherche ANgevin en Économie et Management, Université d’Angers

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

L’Urgence d’une Transformation Systémique pour qu’un avenir durable reste un choix possible

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Le rapport « Perspectives de l’environnement mondial – Un avenir que nous choisissons« , publié le 9 décembre 2025 par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), nous explique pourquoi investir dans la Terre maintenant peut générer des milliers de milliards de dollars de bénéfices pour tous.

Credit: freedomnaruk/Envato

En bref

L’Urgence d’une Transformation Systémique : Synthèse du GEO-7.

Nous sommes entrés en « territoire inconnu ». La septième édition des Perspectives de l’environnement mondial (GEO-7) dresse le constat d’interconnexion de crises climatique, de la biodiversité et de la pollution qui ne s’additionnent plus simplement, mais se multiplient et s’auto-renforcent, menaçant de nous faire franchir des points de bascule irréversibles.

Avec une trajectoire actuelle de réchauffement de 2,4 à 3,9 °C, les politiques existantes sont jugées insuffisantes pour garantir la sécurité humaine et écologique.

Pourtant, ce rapport réfute le fatalisme et affirme qu’un avenir durable reste un choix possible, à condition d’abandonner les approches incrémentales pour des transformations systémiques radicales.
GEO-7 identifie le système économique et financier comme le levier principal : sa réforme est le prérequis indispensable pour débloquer la transition des autres systèmes vitaux (alimentation, énergie, matériaux). Cela implique une réorientation massive des flux financiers, notamment l’élimination de 1 500 milliards de dollars annuels de subventions néfastes, et l’adoption de nouveaux indicateurs de richesse intégrant le capital naturel au-delà du seul PIB.

Cette transition représente une opportunité économique majeure : l’inaction coûtera infiniment plus cher que l’action, tandis que la transformation pourrait générer des bénéfices globaux atteignant 20 000 milliards de dollars par an d’ici 2070.

Pour y parvenir, une approche « pangouvernementale » et « pansociétale », adaptée aux réalités régionales, est préconisée : les pays à revenu élevé doivent montrer la voie et financer la dette écologique, tandis que les économies émergentes doivent être soutenues pour opérer un saut technologique (leapfrogging) vers des infrastructures durables.

Messages clés du rapport GEO7 publié par le PNUE

Traduction du résumé du rapport « GEO – Global Environment Outlook 7 – A future we choose »


1 – Crises environnementales

Malgré les efforts mondiaux et les appels à l’action, notre planète est déjà entrée en territoire inconnu, confrontée aux crises environnementales mondiales du changement climatique, de la perte de biodiversité, de la dégradation des terres et de la désertification, ainsi que de la pollution et des déchets. Ces crises interconnectées, qui minent le bien-être humain et sont principalement causées par des systèmes de production et de consommation non durables, se renforcent et s’exacerbent mutuellement et doivent être traitées ensemble.

La situation s’aggrave :

  • Le rythme du réchauffement climatique sera probablement supérieur aux estimations centrales des projections précédentes du GIEC, augmentant le risque de franchir de manière irréversible plusieurs points de bascule climatiques au cours des prochaines décennies. Ceux-ci incluent des changements majeurs dans la circulation océanique, la perte accélérée des calottes glaciaires, le dégel généralisé du pergélisol, le dépérissement des forêts et l’effondrement des écosystèmes des récifs coralliens.
  • Un million d’espèces sur les huit millions estimées sont menacées d’extinction, certaines d’ici quelques décennies. Les populations de beaucoup d’autres espèces sont en déclin, et leur diversité génétique est considérablement érodée.
  • On estimait qu’entre 20 et 40 pour cent de la surface terrestre était dégradée en 2022. Entre 2015 et 2019, au moins 100 millions d’hectares (soit la taille de l’Éthiopie ou de la Colombie) de terres fertiles et productives ont été dégradés chaque année dans le monde.
  • Les déchets solides annuels dépassent actuellement 2 milliards de tonnes et, compte tenu des tendances actuelles, devraient augmenter jusqu’à 3,8 milliards de tonnes d’ici 2050.
Transformer les principaux systèmes humains est essentiel pour faire face aux crises environnementales mondiales. La figure montre que l’ensemble des facteurs engendre une demande croissante de matières premières, d’énergie et d’alimentation, satisfaite par des systèmes de production et de consommation non durables, eux-mêmes intégrés à des systèmes économiques, financiers et de gouvernance non durables. Il en résulte une pression accrue sur les émissions de gaz à effet de serre et de polluants, des changements d’affectation des sols, l’utilisation et l’exploitation des ressources, ainsi que la prolifération d’espèces exotiques envahissantes, autant de causes profondes des crises environnementales mondiales. Par conséquent, pour résoudre ces crises, il est indispensable de transformer les systèmes économiques et financiers, de gestion des matières premières et des déchets, énergétiques et alimentaires.

Ces crises environnementales causent des dommages économiques et sociaux substantiels, notamment aux infrastructures, aux transports et aux services de base, nuisant aux emplois, aux moyens de subsistance, à la croissance économique et à la sécurité, et minant la santé et le bien-être humains, ainsi que la sécurité alimentaire, énergétique et hydrique pour tous, les populations défavorisées étant touchées de manière disproportionnée. Ces crises inversent déjà les acquis du développement socio-économique en augmentant la pauvreté et les inégalités, et en diminuant l’espérance de vie. Elles ne peuvent plus être considérées comme de simples questions environnementales ; ce sont aussi des questions économiques, de développement, de gouvernance, de sécurité, sociales, morales et éthiques.

La plupart des objectifs et cibles environnementaux convenus (ou adoptés) au niveau international ne seront probablement pas atteints avec les politiques et pratiques existantes, y compris ceux de la CCNUCC, de l’Accord de Paris, de la CDB, du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal et du Cadre stratégique de la CNULCD 2018-2030, ainsi que les normes de pollution de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

  • Par exemple, presque toutes les dimensions de la biodiversité devraient s’aggraver, éloignant le monde de la réalisation des objectifs de biodiversité de 2050 du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal.
  • Selon si et comment les politiques actuelles et les contributions déterminées au niveau national sont mises en œuvre, la température moyenne mondiale devrait augmenter de 2,4 à 3,9 °C au-dessus des niveaux préindustriels au cours de ce siècle. Ces projections sont bien en deçà de l’objectif de température à long terme de l’Accord de Paris, qui est de maintenir l’augmentation de la température moyenne mondiale nettement en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels et de poursuivre les efforts pour limiter l’augmentation de la température à 1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels.

La hausse de la consommation mondiale de ressources, y compris les matériaux, l’énergie, l’eau et la nourriture, est principalement alimentée par des modes de vie de plus en plus gourmands en ressources, en particulier dans les pays à revenu élevé, ainsi que par la croissance économique, les changements démographiques et l’urbanisation. Cette demande croissante est satisfaite par une production et une consommation non durables sur le plan environnemental dans le contexte des systèmes économiques, financiers et de gouvernance actuels, qui sont eux-mêmes inadaptés pour relever ces défis de manière durable. Cela conduit à des pressions toujours croissantes dues au changement d’utilisation des terres, à l’utilisation et à l’exploitation des ressources, aux émissions de gaz à effet de serre et de polluants, et aux espèces exotiques envahissantes. Collectivement, ce sont les causes sous-jacentes des crises environnementales mondiales interconnectées du changement climatique, de la perte de biodiversité, de la dégradation des terres et de la désertification, ainsi que de la pollution et des déchets.


Nouveaux scénarios de réalisation des objectifs du GEO-7
Pour illustrer comment atteindre les objectifs mondiaux, le GEO-7 a élaboré deux scénarios de réalisation des objectifs contrastés. Ces scénarios combinent différents ensembles de solutions au sein de cinq systèmes interdépendants (détaillés dans les encadrés 11.1 et 11.2). Leur comparaison avec les tendances actuelles met en évidence l’ampleur et les efforts nécessaires, et conclut à la nécessité d’une action coordonnée et sans précédent. La transformation axée sur les comportements est impulsée par l’évolution des valeurs et des normes sociétales vers la suffisance, accompagnée d’une baisse significative de la consommation, notamment dans les pays riches. La transformation axée sur les technologies vise à atteindre les objectifs grâce aux gains d’efficacité et aux technologies propres dans un monde économiquement globalisé et marchandisé.

2 – Solutions transformatrices

Des trajectoires de solutions transformatrices sont possibles – des approches systémiques, pan-gouvernementales et sociétales, à l’échelle et au rythme nécessaires, peuvent permettre d’atteindre les objectifs environnementaux et fournir des avantages sociaux et économiques.

Atteindre les objectifs et cibles environnementaux convenus (ou adoptés) au niveau international exige la transformation des systèmes économiques et financiers, des matériaux/déchets, de l’énergie et de l’alimentation – les systèmes humains – ainsi que la transformation de la manière dont le système environnemental est géré pour la durabilité et la résilience.

L’analyse des scénarios du GEO-7 montre que les objectifs environnementaux convenus (ou adoptés) au niveau international peuvent encore être atteints, mais qu’ils nécessiteront une action sans précédent. Il existe de multiples voies pour y parvenir, avec des bénéfices pour les populations et la planète. Cela nécessite de combiner des solutions transformatrices cohérentes et coordonnées au sein et entre les systèmes – économiques et financiers, matériaux/déchets, énergie, alimentation et environnement – et les objectifs de bien-être et environnementaux, afin de minimiser les compromis potentiels et de tirer parti des synergies.

Un cadre de transformation est essentiel pour la formulation et la mise en œuvre stratégique de trajectoires de solutions à travers les systèmes, les régions et les échelles. Les trajectoires de solutions doivent se concentrer sur des transformations à l’échelle du système, en identifiant ce qui doit être développé, progressivement éliminé, évité et préservé. Elles doivent articuler des solutions à court et à long terme, anticiper et réduire les incertitudes, impliquer une pluralité d’acteurs et de perspectives, et aborder explicitement la nature politique du changement.

Il existe une fenêtre d’opportunité qui se réduit rapidement pour adopter et mettre en œuvre avec succès les solutions nécessaires à la transformation des systèmes.

Les gouvernements et les organisations intra- et intergouvernementales, en collaboration avec le secteur privé, les institutions financières, le monde universitaire et la société civile, doivent :

  • coproduire des politiques et trajectoires de solutions,
  • développer et déployer des technologies appropriées,
  • fournir le niveau de financement nécessaire et
  • motiver et accélérer les changements institutionnels, sociaux et culturels
    Ceux-ci doivent être réalisés à un rythme, une échelle, un niveau d’intégration et une profondeur sans précédent, tout en réformant les pouvoirs existants, tels que les intérêts particuliers, et les structures économiques qui perpétuent les inégalités. Bien que certains progrès soient réalisés, ils ne se produisent pas au rythme et à l’échelle nécessaires.

Les avantages économiques de l’action dépassent les coûts de la transformation, car les dommages causés par les crises environnementales mondiales deviendront de plus en plus graves au cours des prochaines décennies. Les avantages macroéconomiques annuels globaux de la transformation sont estimés débuter vers 2050 et augmenter pour atteindre environ 20 000 milliards de dollars US par an d’ici 2070, et plus de 100 000 milliards de dollars US par an d’ici 2100, représentant plus de 25 pour cent du PIB mondial projeté en 2100.

Atteindre les objectifs environnementaux, parallèlement aux avantages sociaux et économiques, nécessite une approche pangouvernementale et pansociétale. Cela implique d’identifier et de capitaliser sur des solutions qui profitent simultanément à plusieurs systèmes, et qui sont justes et équitables, en assurant la participation de tous les agents du changement, tels que les acteurs et les réseaux d’acteurs. Cela implique également de changer les attitudes et les comportements, de réformer les structures de gouvernance nationales et multilatérales existantes et de prendre en compte les diverses visions du monde et systèmes de connaissances.

La transformation vers la durabilité peut être mieux servie par des actions réparatrices qui accordent une plus grande place aux perspectives des peuples autochtones et les intègrent davantage dans l’élaboration des politiques et les processus décisionnels.
Cette figure présente les perspectives des peuples autochtones sur les futurs souhaités identifiés dans le GEO-7. Dialogue sur les connaissances autochtones et les connaissances locales

Les connaissances, les valeurs et les modes de vie des peuples autochtones et des communautés locales contribuent aux transformations vers des avenirs durables et justes. Ils offrent des concepts de relations humain-nature basés sur une éthique du soin et des modes d’organisation des économies qui adoptent une approche holistique du bien-être. En s’appuyant sur des pratiques de gestion durable et des stratégies d’adaptation, les connaissances autochtones et les connaissances locales peuvent fournir des orientations concrètes sur les actions relatives au soin des territoires et de la vie, ainsi qu’en relation avec l’énergie, l’alimentation, la gouvernance et les économies.


Transformation des systèmes : exemples de solutions proposées dans GEO-7
Chaque chapitre consacré à un système détaille ces pistes de solution et les actions nécessaires pour accélérer la transformation.

3 – Transformation économique

La transformation des systèmes économiques et financiers débloquera celles des systèmes de matériaux/déchets, de l’énergie et l’alimentation, et améliorera la gestion de l’environnement.

La transformation des systèmes économiques et financiers est une condition préalable à la transformation des autres systèmes, notamment :

  • l’élimination progressive et la réaffectation des subventions nuisibles à l’environnement, d’environ 1 500 milliards de dollars US par an provenant de l’énergie, de l’alimentation et de l’exploitation minière ;
  • l’internalisation des externalités sociales et environnementales dans les prix des biens et services d’environ 45 000 milliards de dollars US par an provenant des systèmes énergétiques et alimentaires;
  • le dépassement des mesures traditionnelles de l’activité économique, et spécifiquement du produit intérieur brut (PIB) tel qu’il est conventionnellement mesuré, en incluant le capital naturel et le bien-être humain dans la prise de décision;
  • et l’alignement des flux financiers sur les objectifs environnementaux internationaux pour transformer les systèmes énergétiques, matériels/déchets et alimentaires.
    Cela inclurait la fourniture de l’investissement estimé à 6000-7000 milliards de dollars US par an (Cela représente environ 7% du PIB de 2025) nécessaire pour atteindre zéro émission nette de gaz à effet de serre (GES) dans le monde d’ici 2050, ainsi que le comblement d’un déficit estimé à 700 milliards de dollars US par an pour la mise en œuvre du Cadre mondial de la biodiversité. Cela pourrait être fait tout en tenant compte des besoins des parties les plus pauvres et les plus vulnérables de la population grâce à des mécanismes compensatoires.

La transformation du système des matériaux/déchets nécessite la mise en œuvre d’une économie circulaire mondiale, notamment :

  • l’élimination des déchets dès la conception de la production et de la consommation (par exemple, dans les systèmes énergétiques, alimentaires et hydriques);
  • l’orientation des investissements pour assurer la circularité dans l’économie, la production et la consommation;
  • le développement de marchés efficaces pour les matériaux secondaires,
  • la création d’un système commercial mondial transparent pour les biens et services circulaires,
  • et une transformation sociétale inclusive vers des modes de vie durables.
    Cela peut réduire considérablement la production de déchets et les pertes économiques, dépassant 8 100 milliards de dollars US par an, associées à la pollution environnementale. Cela peut également aider à éviter des augmentations significatives des activités extractives pour les minéraux critiques de la transition énergétique, offrant des co-bénéfices environnementaux clairs et abordant d’autres problèmes, y compris la crise mondiale de la pollution plastique.

La transformation du système énergétique mondial nécessite une approche multidimensionnelle qui aborde simultanément l’accès à l’énergie et la pauvreté et s’aligne sur les objectifs et cibles environnementaux convenus (ou adoptés) au niveau international, notamment :

  • la diversification de la production d’énergie, y compris l’utilisation accrue des technologies d’énergie renouvelable, par exemple le solaire et l’éolien, tout en accélérant simultanément l’élimination progressive des combustibles fossiles sans dispositif d’atténuation,
  • l’électrification des services énergétiques finaux dans les transports, l’industrie, le logement et l’agriculture,
  • la promotion d’une production et d’une distribution efficaces;
  • l’incitation aux pratiques de gestion de la demande, et
  • la garantie de la durabilité des minéraux critiques de la transition énergétique.
Tirer parti des interactions systémiques pour accélérer les transformations
Le système environnemental constitue le socle, intégrant les systèmes alimentaires, énergétiques et de gestion des matériaux/déchets, ce qui reflète leur interdépendance et leur impact sur l’environnement. Les systèmes économiques et financiers jouent un rôle central dans la transformation de l’ensemble des systèmes. Leur transformation est une condition préalable à toute transformation efficace des systèmes alimentaires, énergétiques et de gestion des matériaux. Ils déterminent le fonctionnement de ces systèmes et influencent directement les résultats environnementaux. Selon leur structure, ils peuvent soit faciliter, soit freiner la transformation.

4 – Le contexte régional

La conception des trajectoires de solutions doit être adaptée au contexte social, économique et écologique de chaque région.

La transformation du système alimentaire nécessite des actions de la part des décideurs politiques, des régulateurs, de l’industrie alimentaire, du secteur financier, des agriculteurs, des chercheurs, des communautés et des individus, notamment :

  • passer à des régimes alimentaires sains et durables, y compris une plus grande consommation d’aliments d’origine végétale;
  • adopter des pratiques de production alimentaire plus durables et résilientes ;
  • réduire les pertes et le gaspillage alimentaires et améliorer la circularité dans l’ensemble des systèmes alimentaires;
  • accélérer le développement et l’adoption de nouvelles protéines alternatives, telles que la viande cultivée,
  • et réformer les marchés et le commerce alimentaires, par exemple en diversifiant les chaînes d’approvisionnement de l’agro-industrie et en encourageant les pratiques écologiquement responsables.

Une gestion améliorée du système environnemental pour la durabilité et la résilience nécessite des actions, notamment :

  • protéger, conserver et restaurer les écosystèmes et la biodiversité, conjointement avec des pratiques de gestion durable des terres,
  • adopter une gouvernance adaptative pour sauvegarder les droits, l’accès et les avantages des peuples autochtones sur leurs terres traditionnelles, et tirer parti de leurs connaissances;
  • adopter la mise en œuvre à grande échelle de solutions fondées sur la nature, pour restaurer et maintenir des systèmes socio-écologiques sains,
  • et garantir que la bioéconomie émergente est circulaire et durable.

Les crises environnementales mondiales affectent négativement chaque région du monde, bien qu’avec une grande variabilité, freinant le développement socio-économique, les conséquences les plus graves étant subies par les populations les plus vulnérables et défavorisées. Au sein de chaque région, les différences sous-régionales en matière de vulnérabilité, de capacité et de priorités doivent être reconnues lors de l’adaptation des trajectoires de transformation.

Credit: © UNEP

Les régions sont interconnectées par des systèmes humains et naturels pilotés par des processus tels que le commerce, l’investissement, le tourisme, la migration, l’invasion d’espèces et les flux de services écosystémiques, qui peuvent avoir des avantages, comme le commerce international, ainsi que des impacts négatifs, par exemple l’exploitation de la main-d’œuvre et des ressources naturelles. À mesure que les systèmes se transforment au niveau régional, ces dynamiques peuvent changer. Les trajectoires de solutions présentées dans le GEO-7 pour transformer les systèmes et leurs implications sont spécifiques à chaque région, ce qui tient compte de leurs priorités communes et différenciées mais spécifiques.

Des trajectoires de solutions et des transformations de systèmes sur mesure sont nécessaires pour aborder les problèmes spécifiques à chaque région ou pays, en tenant compte de leurs circonstances socioculturelles, économiques, de développement, environnementales, de gouvernance et financières, ainsi que des problèmes communs à toutes les régions.

Reconnaissant que tous les pays se soucient d’une croissance économique durable, les pays à revenu élevé peuvent plus facilement adopter des politiques vertes ambitieuses, réduire la consommation de ressources, reconnaître le principe de responsabilité commune mais différenciée, arrêter l’exportation d’impacts environnementaux négatifs et tirer parti de la durabilité mondiale grâce à la finance et aux capacités technologiques. Les pays à revenu intermédiaire peuvent adopter le développement d’infrastructures innovantes et des politiques vertes.

Les pays à faible revenu peuvent surmonter des défis tels que la faim et la pauvreté, améliorer les moyens de subsistance, construire des communautés et des infrastructures résilientes au climat, tout en réduisant les émissions en sautant les étapes des technologies obsolètes (technologie « saute-mouton » ou leapfrogging) et en tirant parti d’investissements ciblés et du soutien international.

L’ADEME publie un guide « anti greenwashing » pour lutter contre la désinformation

L’Agence de la Transition Écologique (ADEME) publie, en collaboration avec le CGDD – Commissariat général au développement durable et la DGCCRF – Ministère de l’Économie, un guide « anti greenwashing » pour garantir la sincérité et l’exactitude des allégations environnementales ainsi que la solidité des preuves mobilisées pour lutter contre la désinformation.

En 2023-2024, la DGCCRF a contrôlé plus de 3 000 entreprises sur leurs allégations environnementales : plus de 15 % des professionnels présentaient des manquements graves relevant du greenwashing. Ces pratiques entretiennent la confusion, nourrissent la défiance et trompent les consommateurs.

La loi encadre aujourd’hui le sujet et le greenwashing est interdit. Code de la consommation, lois Climat et Résilience et AGEC, future directive européenne : le cadre juridique s’est considérablement renforcé.

Le greenwashing expose désormais les organisations à des risques juridiques et financiers.

Sylvain Waserman – Président de l’Ademe

Dans ce contexte, il est essentiel que les communicants et les décideurs soient en capacité de :

  • Comprendre les risques liés aux allégations environnementales
  • Analyser leurs messages pour identifier ce qui relève — ou non — du greenwashing
  • Garantir la sincérité, l’exactitude des propos et la solidité des preuves mobilisées pour lutter contre la désinformation

Ce guide est un outil opérationnel pour accompagner les acteurs de la communication et de la RSE vers une posture de communication responsable et crédible, conforme à leurs obligations.

Le guide « anti greenwashing »

Le greenwashing est aujourd’hui un phénomène largement répandu, alors qu’il est reconnu comme un frein majeur à la transition écologique.

Les signes de greenwashing à bannir de vos communications et, en miroir, les caractéristiques d’un message plus responsable

Pour répondre à l’évolution du cadre réglementaire européen et national, qui interdit les allégations environnementales trompeuses, l’ADEME publie la nouvelle édition 2025 de son Guide anti-greenwashing.
Il a pour vocation d’accompagner les acteurs de la communication et de la RSE vers une posture de communication plus responsable, pour trouver le juste équilibre entre greenhushing et greenwashing.

Il propose 5 principes opérationnels :

  1. Valider la pertinence et la performance de l’action : s’assurer que l’avantage environnemental est significatif, qu’il est évalué par des méthodes scientifiquement reconnues ;
  2. Bannir les termes globalisants et ambigus comme « écologique », « vert », « responsable » ;
  3. Garantir la solidité, la clarté et l’accessibilité des preuves pour étayer toute affirmation ;
  4. Utiliser des éléments visuels et sonores des preuves pour étayer toute affirmation en évitant l’assimilation directe du produit à des éléments naturels et les logos évoquant la nature ;
  5. Mettre en place une gouvernance de prévention notamment en renforçant la procédure de relecture et de validation des contenus, avec l’appui du juridique et de la RSE.
Le schéma ci-dessus illustre la manière dont les « 5 règles clés d’une communication environnementale robuste » sont intégrées aux caractéristiques d’un message plus responsable (en miroir des catégories d’allégations interdites). Cette catégorisation complémentaire permet notamment de mettre en avant les enjeux du choix des visuels et de la représentation des modes de vie

Merci aux co-auteurs Valérie Martin, dont l’engagement à l’ADEME sur la communication responsable est de longue date, et Mathieu Jahnich. Merci également à tous les relecteurs de ce guide, ainsi qu’à l’accompagnement précieux du CGDD et de la DGCCRF.

L’outil en ligne anti greenwashing

Afin de vous aider à comprendre les enjeux d’un message plus responsable, à décrypter la « mécanique du greenwashing » et à vous poser les bonnes questions pour éviter le greenwashing, l’ADEME vous propose un test d’auto-évaluation en complément du guide téléchargeable.

Greenwashing, où en êtes-vous ? Faites le test !

Ecosia engage 1 million d’Euros pour la création d’un Prix Nobel du Climat

Ecosia, le moteur de recherche européen qui consacre 100 % de ses bénéfices à l’action climatique, engage 1 million d’euros pour la création, par le Comité Nobel et l’Académie royale des sciences de Suède, d’un « Prix pour le Climat et la Santé Planétaire » dès 2026. Une initiative d’Ecosia qui vise à encourager l’innovation et la mise en place de projets et de solutions pour promouvoir la santé de la planète. Ce nouveau prix annuel récompenserait des contributions exceptionnelles à la réduction des causes et des conséquences du changement climatique.

Ecosia vient de déposer 1 000 000 € chez un notaire à Berlin, dans le seul but de contribuer à créer un prix Nobel du climat

Ecosia se dit prêt à envisager un soutien durable à ce prix, afin que les solutions climatiques trouvent leur place dans la tradition Nobel. L’entreprise est également ouverte à l’idée de partager la gestion de la dotation avec d’autres organisations engagées pour la justice climatique. Ecosia n’exercerait aucune influence sur les nominations ou les lauréats, conformément au principe qui régit aujourd’hui le Prix d’économie.

Les valeurs d’Ecosia

Pourquoi un Prix Nobel pour le Climat et la Santé Planétaire ?

Car la crise climatique s’accélère et qu’un grand nombre d’idées qui pourraient transformer notre avenir ne bénéficient pas encore de l’attention internationale requise pour une adoption rapide et généralisée.

Il n’existe pas de prix Nobel destiné à mettre en lumière les scientifiques, innovateur·ices, communautés, décideur·euses et mouvements qui travaillent pour s’assurer que notre planète reste vivable. Une telle visibilité ne serait pas purement symbolique : elle pourrait contribuer à accélérer la transformation culturelle dont notre époque a besoin.

Critères proposés pour les candidatures

Le prix proposé vise à distinguer des personnes, des collectifs ou des entreprises ayant réalisé des progrès majeurs en matière d’innovation climatique, de réduction de l’empreinte carbone, d’introduction de régulations ou d’organisation de campagnes en faveur du climat. Il vise notamment à mettre en lumière les contributions dans les domaines suivants :

  1. Gouvernance – la conception et la mise en œuvre de réglementations et d’institutions efficaces permettant d’encourager les investissements durables, d’accélérer la transition énergétique et de renforcer la stabilité des sociétés
  2. Expansion de la prospérité et des marchés – le déploiement rapide de solutions et modèles économiques éprouvés qui créent des marchés pour une prospérité durable et sécurisent l’avenir de l’économie
  3. Mobilisation locale – la capacité à unir des intérêts divers autour de solutions pratiques, ancrées localement, qui donnent du pouvoir aux communautés

« Notre invitation adressée à l’Académie exprime notre volonté de soutenir le Comité Nobel et l’Académie royale des sciences de Suède afin de garantir que le prix continue de refléter les défis et les opportunités de notre époque »

Christian Kroll, PDG d’Ecosia
Christian Kroll, PDG d’Ecosia

« La manière dont nous nous adaptons à la crise climatique définit l’humanité. Nous croyons fermement que ce nouveau prix mettra en lumière, récompensera et inspirera les innovations révolutionnaires et les personnes dévouées qui travaillent sans relâche pour assurer notre survie et celle des générations futures. »

Christian Kroll, PDG d’Ecosia

Appel à la reconnaissance des solutions en faveur du climat

Créer un nouveau prix Nobel du Climat est important pour reconnaître et stimuler les avancées en matière de protection de l’environnement sur la scène mondiale. Cette initiative a déjà reçu le soutien de responsables publics et de voix engagées pour le climat.

Luisa Neubauer, l’activiste allemande pour le climat.

« Un prix pour le climat et la santé planétaire encouragerait les populations du monde entier à concevoir des solutions, améliorer les politiques et mobiliser les communautés pour agir. Il est grand temps que la tradition Nobel reconnaisse enfin la plus grande crise de notre époque »

Luisa Neubauer, l’ activiste allemande pour le climat.
Andreas Huber, directeur général de l’Association allemande du Club de Rome

« L’Association allemande du Club de Rome soutient l’idée d’un prix Nobel pour la protection du climat et la santé planétaire. L’idée originelle du prix Nobel – honorer ceux qui apportent le plus grand bénéfice à l’humanité – s’applique aujourd’hui avant tout à celles et ceux qui protègent les fondements mêmes de notre existence. »

À l’heure actuelle, le Prix Nobel comprend six catégories (physique, chimie, physiologie et médecine, littérature, paix et économie). Un Prix pour le Climat et la Santé Planétaire ne remplacerait ni ne concurrencerait les catégories existantes, mais s’inscrirait dans la tradition Nobel en valorisant le leadership climatique. Ce prix suivrait le précédent établi en 1969, lorsque le Prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel a été créé grâce à une dotation indépendante et confié à l’Académie royale des sciences de Suède pour son administration. Un prix doté d’un tel prestige pourrait contribuer à accélérer les progrès à un moment où cela compte plus que jamais.

Alors que la crise climatique s’aggrave, la création d’un nouveau Prix pour le Climat et la Santé Planétaire permettra d’attirer une attention publique essentielle sur ce sujet. Le nouveau prix répondrait à l’intention d’Alfred Nobel de célébrer les réalisations ayant « apporté le plus grand bénéfice à l’humanité »

Ecosia : « le navigateur le plus écolo au monde

Agissez pour l’environnement
en naviguant sur Internet

Pour défendre la démocratie, soutenons le pluralisme et l’indépendance des médias

L’information n’a jamais été aussi essentielle et pourtant aussi vulnérable. Coop-médias, une centaine d’organisations et de médias partenaires et des milliers de citoyens.nes appellent à une mobilisation collective pour faire de l’information un bien commun dans une tribune publiée dans l’Humanité. Nous publions cet appel collectif signé par des médias indépendants dont Cdurable.info et des personnalités de l’ESS.

Une info 100% indépendante

Le journalisme vit des heures décisives : invisibilisation des sources par les moteurs de recherche, vols de contenus par l’IA, ingérences étrangères et faux sites d’actualités, ou encore deepfakes ; toutes ces tendances affectent la qualité de l’information qui nous parvient et la confiance que nous y plaçons. Cette situation a de quoi nous tracasser.

Comme disait la philosophe Hannah Arendt en 1974 : « Un peuple qui ne peut plus rien croire ne peut se faire une opinion. Il est privé non seulement de sa capacité d’agir mais aussi de sa capacité de penser et de juger. Et, avec un tel peuple, vous pouvez faire ce qu’il vous plaît. » 

Fort heureusement, des initiatives comme coop-médias se développent pour lutter contre la désinformation et la CNewsite aïgue

Hallucinations, anxiété, climato-scepticisme, complotite sévère, polémique compulsive : certains symptômes de la CNewsite sont sans appel.

Tribune

Jamais depuis des décennies l’information n’a été à la fois si précieuse et si fragile. Les mutations profondes du paysage médiatique — concentration économique, transformations numériques, précarisation des métiers… — fragilisent le pluralisme et appauvrissent le débat public. Face à cet enjeu démocratique majeur, une mobilisation collective est indispensable pour refaire de l’information un bien commun.

Médias français, qui possède quoi ? Le Monde Diplomatique

Selon les dernières études disponibles, onze milliardaires, pour la plupart à la tête de groupes industriels extérieurs au secteur des médias, contrôlent 81 % des ventes de presse quotidienne nationale, 95 % des hebdomadaires généralistes et près de la moitié des audiences radio et télé. Cette concentration, conjuguée à la montée en puissance des grandes plateformes numériques — elles-mêmes propriétés d’une poignée d’hommes d’affaires — dont les logiques algorithmiques invisibilisent de nombreux médias, captent les revenus publicitaires et favorisent l’émotion plutôt que l’information, accroît le risque d’influences économiques ou politiques, réduit la diversité éditoriale et pèse sur la qualité du débat démocratique.

Les effets sont déjà visibles : appauvrissement de la qualité éditoriale, traitement partiel voire insuffisant de sujets d’intérêt général pourtant centraux pour notre société : questions sociales, écologiques, sanitaires, situation des minorités, initiatives citoyennes…

Data for Good – QuotaClimat – Science Feedback : Quels sont les récits récurrents de désinformation climatique dans les médias ?
19 récits trompeurs, infondés, erronés, ou bien sortis de leur contexte

À titre d’exemple, les ONG QuotaClimat, Science Feedback et Data for Good ont démontré que la désinformation climatique a triplé entre janvier et août 2025, avec 529 narratifs de mésinformation et 19 cas de désinformation. S’agissant de la représentation sociale, l’Arcom souligne que les catégories socio-professionnelles modestes sont nettement sous-représentées dans les médias, principalement à la télévision : elles apparaissent deux fois moins souvent à l’écran que leur poids réel dans la société, et leur présence a été divisée par deux en moins de dix ans.

Sans surprise, cette crise du paysage médiatique nourrit la défiance des citoyennes et citoyens : près des deux tiers des Françaises et des Français déclarent ne pas faire confiance aux médias pour traiter les grands sujets d’actualité.

Pourtant, cette situation n’est pas une fatalité. Un écosystème médiatique dynamique et pluraliste existe déjà, porté par des acteurs variés : des médias historiques engagés dans des démarches ambitieuses pour garantir leur indépendance (sanctuarisation du capital, chartes, partenariats…), des structures indépendantes qui explorent angles et récits innovants, des initiatives citoyennes qui réinventent les modèles de gouvernance, d’organisation et de financement.

Parmi ces acteurs, les médias indépendants jouent un rôle clé dans l’ambition d’un journalisme d’intérêt général : enquêtes approfondies, analyses sociales et économiques pointues, attention particulière portée aux initiatives locales, exploration des solutions, mise en lumière de celles et ceux qu’on entend moins, voire pas du tout. Ils enrichissent le débat démocratique et offrent des perspectives souvent absentes des grands flux d’information. Pourtant, ils peinent à se développer à la hauteur de leur utilité sociale et se heurtent à des obstacles structurels : taille modeste, insuffisance des soutiens publics et privés, domination économique des grands groupes.

Comme dans l’énergie, le logement ou l’agriculture, des initiatives — souvent portées par la société civile et l’économie sociale et solidaire — émergent pour offrir des réponses concrètes aux difficultés rencontrées par ces projets d’utilité publique : le Fonds Presse Libre, la Maison des médias libres, ou encore Coop-médias, coopérative permettant aux citoyennes et citoyens de se réapproprier l’information en investissant leur épargne pour financer une presse libre et indépendante.

Nous lançons donc cet appel :

Soutenons un écosystème médiatique réellement diversifié. Lisons les médias indépendants, finançons-les, défendons-les, et demandons aux pouvoirs publics qu’ils protègent réellement le pluralisme.

Car l’information n’est pas une marchandise : c’est un bien commun !

Signer la tribune

Liste des premiers signataires

NOE Julien – Président de Coop-médias / SADDIER Jérôme – Président du Crédit Coopératif / BATTY Marc- Président de FEVE / SIBILLE Bastien – Président de l’opération Milliard / DE ROSTOLAN Maxime- Entrepreneur dans l’écologie / BRUNET Matthieu – Président de Windcoop / SIFAOUI Mohamed Rochdi- Directeur général de Tënk / PRATS Séverin- Président éthi’Kdo, Kadoresto et Ethik Pay / DE COINTET Alice- Directrice de Windcoop / ACHOUR Youssef – Président-Directeur Général Upcoop / BATIOT Bérengère – Co-fondatrice CoopCircuits / MEURICE Guillaume – La Dernière / MONTAGUT Adrien – Codirigeant de Commown / CHALEIL Ivan – Président du Directoire de la Nef / RIEUSSEC-FOURNIER Martin – Co-Président Les Cahiers pour décider et agir / DELPECH Béatrice – Directrice générale adjointe d’ENERCOOP / DUVAL Guillaume – Ancien rédacteur en chef du mensuel Alternatives Economiques / FAURE Olivier – Premier secrétaire du Parti Socialiste / AUTAIN Clémentine – Députée de Seine-Saint-Denis / VALLAUD Boris – Président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale / BELLAREDJ Fatima – Déléguée Générale Confédération générale des Scop et des Scic / ESTEBAN Ricardo – Directeur général PETIT BAIN SCIC / AGNOUX Emilie – Le Sens du Service Public / MOLARD Mathieu – Co-rédacteur en chef de StreetPress / VIGOT Coline – Membre du conseil d’administration de Coop-médias / QUEF Juliette – Présidente de Vert le média / MIS Jamil – Président de Bureau Collectif / ROUAUD Carole – Politis, et membre du conseil d’administration de Coop-médias / Renaud Allioux – Co-Fondateur Preligens / Luc Monvoisin – Fondateur de KATABA / Lefebvre Lucas – Cofondateur et DG de La Fourche / Heuzé-Sarmini Tara – Entrepreneuse à impact et enseignante à SciencesPo / SONRIER Maël Entrepreneur dans les énergies renouvelables / LE FALHER Sylvain – Co-Fondateur et CEO d’Hello Watt / KURKDJIAN Maxime – Investisseur et Mécène pour la démocratie / HOSTACHE Julien – Co-fondateur et Président d’Enerfip / ROBERT Denis – Fondateur de Blast / COHEN DE TIMARY Olivier – Directeur de la publication Socialter / Raingeard Virgile – CEO et Fondateur de Figures / GENTILHOMME Isabelle – Coordinatrice nationale du Mouvement Colibris / Souche Cyrille – Fondateur de Cdurable.info / Du Roy Ivan – Co-fondateur de Basta! / Létourneau Simon – Co-fondateur Carbo, Co-Ambassadeur Impact France / CAMIER Nicolas – Coordinateur du Portail des médias indépendants / CHAMUSSY Antoine – Co-fondateur et DG d’Avelana / BLANCHE Olivier – Directeur général de Terre vivante / BINET Hélène – Porte-parole de makesense / GLEIZE Simon – Cofondateur de Rembobine / Champagne Antoine – Rédacteur en chef de Reflets.info / THUILLEZ Maxime – Fondateur du Greenletter Club / SPAN Caroline – Entrepreneure et activiste pour la démocratie / Arnould Marie – Rédactrice en chef Les 4 Saisons / LAURENT Alexandre – Directeur de la rédaction de Next / QUINTARD Clément – Cofondateur et rédacteur en chef de Fracas / Julliard Jean-François – directeur général de Greenpeace France / Callot Cyrielle – PDG les Alchimistes / JADOT Yannick – Sénateur de Paris / SERVANT Millie – Rédactrice en chef de Climax / BRACHET Alexandre – Président du groupe Upian / DENIAUD Jean-Paul – Rédacteur en chef de Pioche! / ROBACHE Théo – Animateur d’événements engagés / Lozac’hmeur Alizée – Co-fondatrice Makesense et Administratrice d’Impact France / Couronne Vincent- Cofondateur et DG du média Les Surligneurs / Brousse Maxime – co fondateur Selency / De Hulster Sébastien – Président de Watou, Bellevilles / Krasniewski Stéphane – Président du SMA – Syndicat des Musiques Actuelles / GRANDCOLAS Laurence – Présidente de la Concorde / Labrunie Renan – Co-fondateur Keenest / Paquot Pierre – Président TeleCoop / Kempf Hervé – Fondateur de Reporterre / LAFFORGUE Laetitia – Co-présidente de l’UFISC / GODRON Henri – Président de BIOCOOP / Blanchard Louis-Marie – Co-président des Citoyen-ne-s pour le Renouvellement de la Démocratie / Faure Frédéric – Vice-président de Biocoop / Valains Yann – Président Maryan / Sautter Christian – Président d’honneur de France Active / Maschino Sylvain – Co-fondateur Agence Latéral / WELGRYN Lou – Data For Good / JOLIE Laurent – Co-fondateur Lalilo & Expliq / DOUX Marine – Cofondatrice et directrice éditoriale de Médianes / LESAFFRE Philippe – Cofondateur et rédacteur en chef du média Le Zéphyr / JEANNEAU Laurent – directeur de la rédaction d’Alternatives Economiques / SERRE Magali – Présidente de Disclose / BERTIN Marie – Rédactrice en chef Les Autres Possibles / MOUSSET Pierre – Journaliste – Chargé d’éducation aux médias – Les Autres Possibles / YAMAMOTO Youlie – Porte-parole d’Attac France / TEHIO Nathalie – Présidente de la LDH

Les médias indépendants réunis par coop-médias

Un média indépendant au sens du SPIIL (Syndicat de la presse et de l’information Indépendante) est une structure revendiquant la transparence, l’indépendance et l’autonomie vis-à-vis des pressions politiques,  économiques ou idéologiques.

Il met en œuvre tous les moyens nécessaires pour assurer l’indépendance éditoriale de sa rédaction, dans le respect de la Charte de Munich des droits et des devoirs des journalistes.

Il se caractérise par son engagement dans le journalisme d’investigation, son intégrité éditoriale et son choix de traiter des sujets souvent délaissés par les médias traditionnels.

La Charte coop-médias

Les médias membres de la coopérative

Locaux, nationaux, gratuits, payants, d’actualité, spécialisés… Une cinquantaine de médias indépendants ont décidé de rejoindre la coopérative depuis son lancement en octobre 2024.

Entrepreneuriat : Regards sur son utilité économique, sociale, territoriale et environnementale

Guidé par la volonté de comprendre en quoi l’entrepreneuriat peut être aujourd’hui un levier concret de transformation de notre société, l’Observatoire de l’Utilité d’Entreprendre est un baromètre établi avec l’institut OpinionWay, dédié à confronter les perceptions d’un panel de 1 000 Français·e·s, 500 Entrepreneur·e·s et une centaine d’associations, autour du rôle de l’entrepreneuriat dans notre société. Une enquête qualitative, menée par la Fondation Entreprendre auprès de 25 acteurs associatifs de l’accompagnement entrepreneurial, pour identifier les 10 principaux enseignements de l’Observatoire.

Cette première édition, qui a nécessité près de 13 mois de travail, a permis à la Fondation Entreprendre de dresser plusieurs constats, mais également d’identifier de nouvelles pistes d’intervention pour que l’entrepreneuriat puisse agir comme un réel levier de transformation positive de notre société, au service de l’intérêt général.

Le baromètre sera édité tous les deux ans et l’enquête qualitative sera enrichie régulièrement au regard des avancées du secteur associatif.

L’OBSERVATOIRE DE L’UTILITÉ D’ENTREPRENDRE
« Regards sur un entrepreneuriat d’utilité économique, sociale, territoriale et environnementale. »

Les 10 principaux enseignements issus de l’Observatoire

1. L’entrepreneuriat : avant tout un moyen de donner du sens à son action.

Si la dimension économique de l’entreprise occupe une place prépondérante dans les considérations des entrepreneurs, ils sont 89% à faire de la quête de sens le moteur principal de leur démarche. Une dimension partagée par l’opinion publique qui voit à 96% l’entrepreneuriat comme un moyen de trouver et de donner du sens à son travail. Dans cette même logique, 91% des porteurs de projet considèrent qu’entreprendre leur permet d’aligner valeurs personnelles et travail.

2. La création d’entreprise est plus accessible qu’on ne le croit.

Là réside une divergence de point de vue entre les entrepreneurs et le grand public : 55% des citoyens surestiment la difficulté d’entreprendre et jugent l’entrepreneuriat difficile d’accès, contre seulement 27% des entrepreneurs. Une preuve de la persistance du stéréotype de « l’entrepreneur élite », et de la nécessité de « démystifier » et de montrer qu’il est, contrairement aux idées reçues, à la portée d’une grande diversité de profils.

3. L’entrepreneuriat : une aventure collective plutôt qu’individuelle.

La création d’entreprise est avant tout considérée comme une aventure collective où l’épanouissement des individus en central : 75% des jeunes entreprises interrogées mettent en place des politiques RH axées sur le bien-être au travail, le développement des compétences et l’égalité salariale.

Les entrepreneurs souhaitent également impliquer davantage leurs collaborateurs dans les décisions, avec des employés consultés dans 57% des cas. Pour autant, la gouvernance de l’entreprise demeure centralisée : 2 entreprises sur 5 seulement partagent le pouvoir décisionnel avec leurs salariés.

4. La force de l’ancrage et de la coopération territoriale.

En écho à une volonté soutenue par l’opinion publique (à hauteur de 89%), les porteurs de projets sont de plus en plus impliqués dans leurs territoires : 71% d’entre eux s’estiment assez ou très ancrés localement. Un ancrage qui se traduit de plusieurs manières : la création d’emploi (pour 86% des entrepreneurs), ainsi que le recours à des fournisseurs locaux (84% des entreprises interrogées y font appel).

L’entrepreneuriat s’avère être un catalyseur de coopération sur le territoire, et contribue par-là même à sa (re)vitalisation.

5. L’engagement social et environnemental des entrepreneurs est en hausse.

Les porteurs de projet estiment d’ores et déjà répondre positivement aux enjeux sociaux, sociétaux, environnementaux et économiques : 76% des répondants considèrent que leur entreprise a impact social positif modéré à significatif, 69% un impact positif sociétal, 66% un impact positif économique, 51% un impact positif environnemental.

À noter, ce dernier aspect constitue une préoccupation grandissante chez les entrepreneurs puisque 68% d’entre eux pensent que l’entrepreneuriat devrait jouer un rôle important ou essentiel pour résoudre les enjeux de la transition écologique (34% se fixent des objectifs concrets pour y parvenir).

Du côté de l’opinion publique, les jeunes (18–24 ans) sont les plus exigeants : 59% pour d’entre eux souhaitent que l’activité même de l’entreprise soit axée sur un enjeu social ou environnemental.

6. De nouvelles formes d’entrepreneuriat se développent.

Pour l’opinion publique comme pour les entrepreneurs, « l’entreprise » demeure la structure entrepreneuriale de référence. À ceci près que la forme de l’entreprise connaît une évolution profonde, tout particulièrement chez les entrepreneurs de moins de 30 ans. Ils sont de plus en plus nombreux à adopter ou vouloir adopter de nouveaux modèles socio-économiques (social et solidaire pour 63% ; collaboratif pour 62% ; circulaire pour 55% ; régénératif pour 52%) ou bien à opter pour des modèles d’entreprises engagées (l’entreprise à mission pour 59% ; B-Corp pour 44%).

Des chiffres qui illustrent le volontarisme des entrepreneurs à renforcer l’utilité sociale et environnementale de leur projet.

7. Le secteur associatif joue un rôle unique dans la création d’entreprise.

Les conclusions quantitatives et qualitatives illustrent la place majeure occupée par les réseaux d’accompagnement associatif dans le processus de création d’entreprise. Tout d’abord parce que les associations sont les partenaires de proximité des entrepreneurs par leur ancrage local, mais également en ce qu’elles sont en capacité d’accompagner des publics fragiles, de favoriser l’accessibilité de l’entrepreneuriat et d’intégrer les 4 dimensions de la création d’entreprise.

8. Pour être utile, l’entrepreneuriat doit respecter 4 impératifs.

Les résultats de l’enquête terrain montrent que, pour constituer un levier de transformation positive de notre société et de notre planète, l’entrepreneuriat doit intégrer 4 dimensions à part égale.

  • La première consiste en la « posture » de l’entrepreneur et sa capacité à vouloir faire ensemble, un critère indispensable.
  • La deuxième concerne « l’intention » de l’entrepreneur, soit la démarche qui transforme une envie en un objectif concret et un projet viable.
  • Le « projet », dans un troisième temps, qui se doit d’être incarné et pensé dans la longévité.
  • Finalement, la « coopération » est la source même de l’entrepreneuriat : un entrepreneur n’est pas seul et n’a jamais vocation à l’être.

9. L’entrepreneuriat est source d’effets positifs massifs.

Au-delà de considérations strictement macroéconomiques l’entrepreneuriat se distingue par sa capacité à créer de la valeur socio-économique (l’ADIE estime que 1€ investi dans une entreprise permet une création de valeur de 4,94€) ; à favoriser le retour à l’emploi durable ; et à contribuer à la vitalité et l’attractivité des territoires.

Le processus de création entrepreneuriale est également vertueux en ce qu’il favorise l’insertion professionnelle, augmente la pérennité des entreprises et renforce les compétences techniques ainsi que relationnelles des porteurs de projets.

10. L’entrepreneuriat : un levier au fort potentiel … mais qui nécessite un meilleur déploiement.

L’Observatoire identifie plusieurs freins à la démocratisation de l’entrepreneuriat : une culture entrepreneuriale limitante ; un manque de reconnaissance et des financements moindres pour les acteurs associatifs de l’accompagnement ; un entrepreneuriat parfois trop cloisonné et trop centralisé dans le fonctionnement des pouvoirs publics ; une offre d’accompagnement qui ne rencontre pas toujours son public et un manque d’ingénierie.

Inventons, ensemble, l’entrepreneuriat dont la société a besoin

Le livre blanc de l’Observatoire

Ces enseignements et leurs analyses sont disponibles dans le Livre Blanc, réalisé avec la participation de Thomas Huriez, fondateur de la marque 1083, Elisabeth Laville, fondatrice de l’agence Utopies, ou encore Amir REZA-TOFIGHI, président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME).

« L’Observatoire de l’utilité d’entreprendre a pour objectif d’explorer ce que représente l’entrepreneuriat en France aujourd’hui : ses perceptions, ses motivations, ses impacts. Il met également en lumière le travail de terrain des structures associatives, qui aux côtés des porteurs de projets, activent tout le potentiel de l’utilité d’entreprendre. Elles renforcent la dimension collective de l’entrepreneuriat, de son impact économique, social et environnemental. Grâce à cet Observatoire, nous souhaitons démontrer de façon objective et pragmatique que l’entrepreneuriat est un réel levier de transformation positive de notre société et de notre pays. Un levier qui rassemble économie et intérêt général, entreprise et citoyens.» Thibault de Saint Simon, Directeur Général de la Fondation Entreprendre.

Forum mondial de la Démocratie : comment la raviver?

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L’édition 2025 du Forum mondial de la Démocratie1 a réunit intellectuels, responsables politiques, militants, experts et jeunes du monde entier pour débattre de la question de la démocratie en péril et de la possibilité de la relancer. Plusieurs questions clés ont été abordées, constituant une contribution au Nouveau Pacte démocratique pour l’Europe, un processus de consultation stratégique et politique lancé par le Conseil de l’Europe afin de trouver des solutions pour renforcer les fondements de la démocratie, amplifier ses bénéfices, restaurer la confiance et innover dans ses formes.

Questions abordées

  • Quelles sont les causes sociales et économiques à l’origine de l’indifférence et de la méfiance à l’égard de la démocratie et comment y remédier ?
  • Quel rôle les partis politiques, les organisations et mouvements de la société civile, l’éducation formelle et non formelle, les médias et les fournisseurs d’accès à l’internet, ainsi que les institutions publiques à tous les niveaux, peuvent-ils jouer dans la reconstruction de la culture démocratique et le rétablissement de la confiance en la démocratie ?
  • Comment les politiques publiques et la contribution des acteurs non étatiques peuvent-elles contribuer à renforcer l’accès et la participation à la culture, la liberté de création et la diversité culturelle ?
  • Quels outils pouvons-nous mobiliser pour garantir que les autorités publiques démocratiques protègent l’intégrité et le pluralisme de l’espace public d’information ?
  • Comment promouvoir un débat public éclairé et pluraliste, soutenir la liberté artistique, encourager la diversité et permettre une participation citoyenne plus équitable et plus significative ?
  • Les innovations démocratiques telles que les mécanismes délibératifs et participatifs, les chambres de citoyens, la sélection par tirage au sort, etc. peuvent-elles contribuer à renouveler la démocratie, rétablir la confiance et à rassembler les citoyens ?

Nouveau Pacte démocratique pour l’Europe

Le Forum est organisé par le Conseil de l’Europe, en partenariat avec la Ville de Strasbourg, la Collectivité Européenne d’Alsace, la Région Grand Est et le Ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères. Cet événement constitue une contribution au Nouveau Pacte démocratique pour l’Europe, un processus de consultation stratégique et politique lancé par le Conseil de l’Europe afin de trouver des solutions pour renforcer les fondements de la démocratie, amplifier ses bénéfices, restaurer la confiance et innover dans ses formes.

Les résultats de ce processus orienteront les travaux du Conseil de l’Europe afin de rendre la démocratie concrète et porteuse de sens pour tous.

Pourquoi un Nouveau Pacte Démocratique pour l’Europe ?

Le recul démocratique, la désinformation, l’impunité et l’autoritarisme fragilisent la démocratie en Europe. Les citoyennes et citoyens ressentent une peur et une frustration croissantes.

Ils voient l’ordre international fondé sur des règles se déliter sous leurs yeux. Ce même ordre international qui a bâti et protégé nos sociétés démocratiques.

Cette situation survient à un moment où la sécurité démocratique, c’est-à-dire la résilience de nos institutions, de nos libertés et de nos valeurs, constitue notre première ligne de défense face aux menaces actuelles.

La réponse doit être collective. Il n’existe pas de solution miracle.

Avec le Nouveau Pacte Démocratique, le Conseil de l’Europe s’allie à ses partenaires pour faire évoluer les solutions existantes et en imaginer de nouvelles. Pour les identifier, un vaste processus de consultation est indispensable.

Le Pacte se veut un processus collectif et inclusif. Il ne s’agit pas de réinventer la démocratie, mais de consolider ses fondations, d’en maximiser les bénéfices et d’en réinventer les formes, afin de la rendre concrète pour toutes et tous, en particulier les jeunes générations. Les orientations définies durant la phase de consultation au cours de l’année 2026 façonneront les travaux à venir.

Forum Mondial de la démocratie 2025

La démocratie en péril : comment la raviver ?

  1. Strasbourg, 5-7 novembre 2025 ↩︎

Désintoxiquer la nature : un nouveau cadre d’action contre les pollutions chimiques et leurs effets systémiques sur la biodiversité

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Comment ramener notre emprise toxique  » à des niveaux qui ne nuisent pas à la biodiversité ni aux fonctions et services des écosystèmes1  » ? C’est une tâche collective selon l’ouvrage, de l’Office français de la biodiversité consacré aux pollutions chimiques, qui allie informations et références scientifiques à des contenus opérationnels orientés vers la mise en œuvre de solutions.

L’humanité face au nexus « pollutions chimiques et biodiversité » : quatre grands enjeux
L’intrication des impacts des changements globaux, de la pollution et du déclin de la biodiversité
L’inflation chimique : les limites planétaires, et celles de la connaissance, sont dépassées
Le besoin de transparence et de traçabilité quant à la composition et à la nocivité environnementale des produits mis sur le marché
„Des coûts socio-économiques majeurs, et de grands défis pour les politiques publiques internationales

Les pollutions chimiques et leurs effets sur la biodiversité

La chimie de synthèse présente dans l’agriculture, les plastiques, les médicaments et bien d’autres produits – nous aide encore aujourd’hui à répondre à des besoins importants. Mais sa présence de plus en plus massive dans notre environnement dépasse maintenant une limite critique pour la planète.

Cette surabondance de produits chimiques provoque une pollution progressive, souvent invisible, de la nature : l’eau, les sols, l’air et l’ensemble du vivant.

Origines et nature de différents types de pollution

Toutes les formes de vie sont touchées, alors même que les écosystèmes sont déjà fragilisés par le changement climatique et la surexploitation des ressources. La journée mondiale des sols est une occasion de consulter ce nouvel ouvrage qui s’adresse à tous les lecteurs désireux de :

  • construire ou parfaire des contenus pédagogiques,
  • infléchir certaines décisions privées ou publiques (consommation, production, investissement…),
  • instiller davantage de cohérence dans les actions institutionnelles ou citoyennes, voire introduire des innovations techniques ou organisationnelles.
Part des cinq principaux facteurs d’érosion de la biodiversité dans la perturbation des six grandes caractéristiques des écosystèmes, ou variables essentielles de la biodiversité
La taille des ronds de couleur reflète le niveau d’effet des différents facteurs d’érosion sur chaque variable de biodiversité.
N indique le nombre d’études disponibles pour l’analyse dans chaque variable.
D’après Jaureguiberry et al., 2022 : C. Gutiérrez / Humboldt Institute – GEO BON

Au sommaire

Pollutions chimiques : de quoi parle-t-on exactement ?

Tendances mondiales actuelles à la hausse de la production de l’industrie chimique, exprimées en termes de croissance relative entre 2000 et 2017 :
1. Capacité de production mondiale pour l’ensemble de l’industrie chimique, la production de plastiques et les ingrédients actifs des pesticides ;
2. Capacité de production par habitant en poids pour les principaux monomères et solvants : benzène, butadiène, éthylène, propylène, toluène et xylène ;
3. Consommation mondiale d’antibiotiques. D’après Linn et al., 2022

Partie 1 – L’humanité face au nexus « pollutions chimiques et biodiversité » : quatre grands enjeux

  • 1.1 L’intrication des impacts des changements globaux, de la pollution, et du déclin de la biodiversité
  • 1.2 L’inflation chimique : les limites planétaires, et celles de la connaissance, sont dépassées
  • 1.3 Le besoin de transparence et de traçabilité quant à la composition et à la nocivité environnementale des produits mis sur le marché
  • 1.4 Des coûts socio-économiques majeurs, et de grands défis pour les politiques publiques internationales
Fourchettes d’accroissement prévu, par rapport à 2015, de l’usage des produits pharmaceutiques en Allemagne jusqu’en 2045.
D’après Civity, 2017

Partie 2 – Intoxication de la nature : ce que nous savons

  • 2.1 Les principales voies de transfert des polluants vers l’environnement
  • 2.2 La biodiversité des écosystèmes terrestres. Résister à la dispersion et à l’accumulation des contaminants
  • 2.3 La biodiversité aquatique continentale. Survivre dans les eaux de l’anthropocène
  • 2.4 La biodiversité marine : des écosystèmes complexes particulièrement vulnérables aux pollutions
  • 2.5 Les pollutions ignorent les frontières entre les compartiments écologiques
  • 2.6 Au bilan : une nature intoxiquée
Représentation schématique des fonctions et niveaux trophiques (positions dans la chaîne alimentaire) des espèces dans les écosystèmes terrestres et aquatiques.

Partie 3 – Agir contre les pollutions écotoxiques : des solutions à mobiliser de façon plus décisive

  • 3.1 La nécessité d’adapter la conception et l’évaluation des produits issus de la chimie de synthèse
  • 3.2 Vers une sobriété chimique, catalyseur d’innovations pour les différents secteurs socio-économiques. Pistes et leviers pour réduire et adapter les usages des produits chimiques
  • 3.3 Les outils de diagnostic et de gestion des pollutions écotoxiques

Partie 4 – Activer résolument le processus de désintoxication de notre biosphère

  • 4.1 L’indispensable renforcement de la prise en charge politique des produits et contaminants écotoxiques
  • 4.2 Une seule combinaison gagnante : transparence, solidarité écologique et sobriété chimique
Stratégie intégrée de lutte contre la pollution plastique urbaine, associant une prise en compte du secteur économique (en rouge) visant à réguler la nature des matériaux approvisionnés sur le territoire autant que la gestion des déchets collectés, l’organisation de changements dans les pratiques potentiellement polluantes des usagesrs locaux (en orange), et l’optimisation de la gestion du territoire pour prévenir, connaître et réguler les flux de déchets échappant à la collecte (en violet).

Bibliographie
Glossaire 
Acronymes, sigles et vocabulaire des politiques publiques environnementales
Résumé et mots-clés 

Désintoxiquer la nature (pollutions chimiques), Comprendre pour argir, OFB, 2025 (.pdf) – 180 p. pages

Aller plus loin

Découvrir aussi

  1. Cadre mondial de la biodiversité, 2022 ↩︎

Les communs : ces collectifs qui partagent des ressources et règles pour répondre à un objectif d’intérêt général

Les communs, ces collectifs qui partagent des ressources et se dotent de règles pour les protéger et les faire fructifier tout en répondant à un objectif d’intérêt général, sortent progressivement de leur confidentialité. Ils partagent des pratiques convergentes avec l’Économie Sociale et Solidaire (ESS). Valérie Peugeot, administratrice de la Fondation Crédit Coopératif, illustre ce concept de « communs » par de exemples de projets soutenue par la Fondation : la forge des communs éducatifs, Panoramax et la Coop des Communs.

Réseau francophone des communs

ESS et communs, des pratiques convergentes

Valérie Peugeot, administratrice de la Fondation Crédit Coopératif

 » Ces femmes et ces hommes essaiment dans les territoires, portés notamment par des tiers lieux nourriciers, des fab-labs, ou encore à travers des projets d’habitat ou de jardin partagés.

A l’échelle nationale, certains communs numériques inspirent des acteurs publics avec lesquels ils nouent des partenariats, à l’image de la forge des communs éducatifs ou de Panoramax, l’alternative libre pour photo-cartographier les territoires. « 

Penser ensemble économie, lien social et institutions

 » ESS et Communs ont beaucoup en partage. Dans les deux cas, il s’agit de penser d’un seul tenant des enjeux économiques – comment créer de la valeur tout en échappant aux logiques d’accumulation –, des dynamiques sociales – comment remettre du collectif dans des sociétés atomisées – et des gouvernances – comment inventer les institutions capables de soutenir et solidifier ces dynamiques.

Cartographie des courants français des communs. Depuis 2009, dans la lignée des travaux d’Elinor Ostrom, les communs sont revenus sur le devant de la scène en tant que mode d’agir politique, mais aussi comme méthode et levier pour l’action. Ils suscitent des dynamiques de transformation de nos organisations et de nos institutions, d’une brûlante actualité pour une justice sociale ET environnementale. 

La cartographie des courants français des communs, réalisée par la Coop des Communs, met en exergue les processus de transformation au sein des structures de l’ESS qui reflète cette convergence.

Enfin et surtout, dans une période de régression démocratique et de sentiment d’impuissance, ESS et communs nous rappellent que les possibles sont multiples. Sans chercher à rabattre l’un sur l’autre, ces deux mondes sociaux peuvent se nourrir mutuellement pour continuer d’inventer les chemins alternatifs.

Le lauréat des Prix de l’Inspiration en ESS 2023, Noeux Environnement qui a réhabilité une friche commerciale en site démonstrateur dédié à la transition écologique et solidaire, illustre bien cette notion de chemin. « 

Valérie Peugeot, administratrice de la Fondation Crédit Coopératif

La Forge des communs numériques éducatifs ?
C’est une communauté d’enseignantes et d’enseignants qui créent et partagent des logiciels et des ressources éducatives libres.
Ces outils sont conçus pour être utiles à leurs collègues et à leurs élèves, dans leur pratique quotidienne.
Tout cela se passe dans un espace de travail collaboratif en ligne, qui rassemble plusieurs milliers de projets.
Chacun peut utiliser ces ressources, les adapter à ses besoins, et surtout, y contribuer librement.
Un lieu ouvert, vivant, fait par et pour la communauté éducative !

Cahier de recherche « Gouvernance territoriale et accès aux ressources naturelles : outiller la pratique du commun »

Les politiques locales, qu’il s’agisse de l’eau, des forêts, des parcs naturels, du foncier agricole ou encore de l’aménagement urbain, reposent largement sur une gouvernance territoriale descendante qui laisse peu de place à une gestion adaptative et inclusive des ressources naturelles associant les usagers et les populations concernées.

Après un premier travail sur les relations fonctionnelles entre communs et collectivités locales, La Coop des Communs étudie, à travers plusieurs cas d’études, les outils favorisant les conventions entre des acteurs de nature hétérogène pour trouver des solutions à l’accès aux ressources.


Panoramax fédère les initiatives d’une large communauté (collectivités, contributeurs OSM, IGN, services publics) participant au géocommun de bases de vues de terrain.

La Coop des Communs

Le projet

Soutenir l’apport des communs aux nouvelles trajectoires de l’action collective 

En réalisant une cartographie des communs en France depuis 2009 pour éclairer et outiller les acteurs portant des projets de communs, et plus généralement des mouvements de transformation sociale qui s’y intéressent, et pour diffuser-animer les livrables qui seront produits auprès de différents publics engagés dans l’action collective pour une transition juste.

Le contexte

Depuis une dizaine d’année, le langage « des communs » irrigue la sphère médiatique des acteurs de la transition, désignant pêle-mêle des jardins partagés, dispositifs de gestion de ressources ou espaces naturels, logiciels libres, plateformes et encyclopédies en ligne, systèmes d’accès à l’alimentation etc … Le concept suscite à la fois un intérêt de principe mais également des confusions ou incompréhensions, tant au sein de l’ESS que des acteurs publics.

Convaincue que dans un contexte de crise démocratique ces modèles sont essentiels pour des collectifs de citoyens auto-organisés et des collectivités œuvrant pour une transition juste, la Coop des Communs engage un travail de fond pour mieux qualifier ce que sont et font « les communs » et leurs conditions de réussite, afin d’outiller ceux qui s’inscrivent déjà dans cette approche mais également ceux qui s’y intéressent ou la pratiquent sans s’en réclamer.

La structure

La Coop des Communs a été créée en 2016 pour développer la réflexion et l’expérience entre acteurs et chercheurs des communs et de l’ESS, constituer un centre de ressources, dialoguer avec les pouvoirs publics et les autres pays. L’association compte 81 membres personnes physiques, elle est agréée Éducation Populaire. 

La Coop des Communs a pour ambition de revitaliser l’ESS à partir de la philosophie et des pratiques des communs, tout en permettant aux communs de s’enrichir de l’expérience de l’ESS.

Composée de praticiens et chercheurs, elle développe une vision politique des communs qui renforce le pouvoir d’agir collectif des personnes, pour répondre aux enjeux socio-écologiques complexes en mettant en avant la capacité de s’auto-organiser au service d’un intérêt général défini en commun.

L’avis de la fondation

« Dans un contexte d’accélération des défis socio-écologiques et de fragilisation démocratique, l’approche par les communs questionne et expérimente de nouvelles pratiques, notamment sur la propriété et l’usage de ressources naturelles, les outils numériques et la gouvernance de l’intérêt général. Les communs comme « mode d’action » restent néanmoins peu ou mal compris, voire « récupérés » sans base solide, et difficilement appropriables en dehors des cercles d’initiés. 

En 7 ans, la Coop des Communs a largement défriché le sujet en faisant travailler des personnes en dehors de leurs « silos » habituels, et souhaite transformer ces acquis en éléments opérationnels utilisables par des collectifs (citoyens, ESS, acteurs publics). Forte de son expertise et de ses méthodes de travail, elle entend dresser et diffuser une cartographie explicative des leviers apportés par les communs.« 

Les communs de proximité

  • Sous la direction de Benjamin Coriat, Justine Loizeau et Nicole Alix

Parler aujourd’hui des communs de proximité répond à au moins deux actualités. Dans un contexte où l’impératif de la transition écologique se consolide tandis que la dégradation des services publics sur les territoires ne permet plus de pallier les exclusions créées par un marché lucratif en extension sur de nouvelles sphères de l’activité humaine (social, santé, culture, éducation, accès à une alimentation digne…), les initiatives citoyennes qui prennent en charge l’intérêt général se multiplient, y compris dans des domaines où on ne les attendait pas. Comment nommer ces initiatives de proximité ?

Par ailleurs, la théorie et la pratique des communs ne cessent de s’enrichir dans la lignée légitimée par Elinor Ostrom. On parle désormais de communs fonciers, numériques, urbains, ou même globaux. Pourquoi ne pas ajouter les communs de services de proximité ?

Dans cet ouvrage collectif, les auteurs explorent des initiatives et réfléchissent à partir d’une définition proposée par Benjamin Coriat. Ils caractérisent les communs de proximité par trois critères interreliés :

  • (1) une initiative citoyenne et autogouvernée,
  • (2) dont la visée est le service de l’intérêt général, dont l’accès reste ouvert,
  • (3) ancrée sur le territoire et respectueuse des écosystèmes dans lesquels elle est insérée.

La Coop des Communs a réuni pendant trois ans des personnes praticiennes et du monde de la recherche qui se sont mises à l’écoute et l’analyse d’autres, actrices de terrain venues présenter leurs expériences et leurs questions. Le présent ouvrage est le résultat de ce travail collectif.


Le Portail des communs

L’Institut Tamarack a créé une boîte à outils de l’impact collectif

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Cette boîte à outils de l’impact collectif, créée par l’Institut Tamarack, apporte les connaissances nécessaires pour ancrer solidement une initiative d’impact collectif. Des outils pour explorer les conditions préalables à la mise en œuvre et les différentes phases d’une initiative d’impact collectif à long terme.

Au delà de « faire ensemble » ou « co-construire », réussir une action collective structurée, durable et transformatrice est souvent la partie la plus difficile. Cette boîte à outils de l’impact collectif de l’Institut Tamarack propose une démarche claire et éprouvée pour aider des acteurs très différents à construire une stratégie commune, à la maintenir dans le temps et à produire des résultats tangibles.

L E C O N T I N U U M D E L A C O L L A B O R A T I O N
LES CINQ CONDITIONS DE L’IMPACT COLLECTIF

6 enseignements clés par Pierre-Henry Dodart

Pierre-Henry Dodart, Administrateur de l’État engagé pour la transition écologique
  • 1️⃣ Sans bases solides, l’impact collectif ne démarre pas : Le guide rappelle que trois préconditions sont indispensables : des personnes influentes capables de rassembler, un sentiment partagé d’urgence, et des ressources suffisantes (financières, humaines ou en nature) pour tenir sur plusieurs années. Dans une transition écologique marquée par la fragmentation des acteurs, ces trois éléments conditionnent la capacité à avancer ensemble.
  • 2️⃣ Les cinq conditions fondatrices restent le cœur du modèle : Plan d’action commun, système d’évaluation partagé, activités qui se renforcent mutuellement, communication continue et infrastructure de soutien. Le guide montre comment les opérationnaliser, avec des outils très concrets pour éviter les malentendus et construire une vision réellement partagée.
  • 3️⃣ La collaboration est un chemin, pas un slogan : Le continuum de collaboration permet de situer un collectif : simple coordination, coopération, ou véritable intégration. Un outil particulièrement utile pour des démarches TE où chacun n’a pas le même rythme ni les mêmes marges de manœuvre.
  • 4️⃣ Le plan d’action commun doit être précis, réaliste et mesurable : Définir l’enjeu, clarifier la portée, identifier les données nécessaires, repérer les actions existantes, prioriser les changements déterminants sont proposé proposés comme des canevas pour structurer une action collective qui tient dans le temps.
  • 5️⃣ L’évaluation n’est pas un reporting mais une culture d’apprentissage : Cartographie de l’écosystème d’évaluation, journal des effets, indicateurs partagés… L’enjeu n’est pas seulement de mesurer, mais de créer un apprentissage collectif continu. Un point essentiel lorsqu’on travaille sur des transformations longues et complexes.
  • 6️⃣ La confiance, les valeurs et les relations sont la véritable infrastructure : Roue de l’engagement, principes communs, clarification des rôles… plusieurs outils visent explicitement à renforcer la qualité des relations entre partenaires et sans cette dimension, aucune dynamique de transition ne tient dans la durée.
L E C O N T I N U U M D E L A C O L L A B O R A T I O N

Ce document montre qu’avoir un impact ne dépend pas seulement de l’ajout de nouveaux projets, mais de créer les conditions qui permettent réellement d’agir ensemble.

Pierre-Henry Dodart
Administrateur de l’État engagé pour la transition écologique
L E S C I N Q P H A S E S D U D É V E L O P P E M E N T D ’ I N I T I A T I V E S D ’ I M P A C T C O L L E C T I F

Une boite à outils de l’impact collectif

Les outils et les ressources de cette boîte à outils sont le fruit de plus de vingt ans de travail dans le domaine du développement des communautés et de partenariats avec des acteurs et actrices de changement qui agissent à l’échelle locale partout dans le monde.

Lorsqu’il allie un engagement à long terme et rassemble des expert·e·s des enjeux dont il est question et des personnes ayant une expérience vécue de ces derniers, l’impact collectif est une démarche efficace.

Ce livre électronique vous permettra de vous lancer avec suffisamment de connaissances tirées de l’expérience pratique pour vous aider à poser des questions pertinentes aux bonnes personnes tout au long de votre parcours.

Section 1 – Qu’est-ce que l’impact collectif? 

L’impact collectif est une « approche structurée de collaboration intersectorielle ayant pour but de résoudre des enjeux sociaux et environnementaux complexes à grande échelle ». D’abord défini par John Kania et Mark Kramer de FSG dans un article publié dans le Stanford Social Innovation Review (en anglais) à l’hiver 2011, l’impact collectif comprend trois conditions préalables et cinq conditions de mise en oeuvre, qui, lorsqu’elles sont appliquées de manière rigoureuse, ont permis de démontrer une efficacité remarquable pour répondre à un vaste ensemble d’enjeux sociaux.

Section 2 – Les conditions préalables à l’impact collectif

Trois conditions sont préalables à toute démarche d’impact collectif : des personnes influentes, un sentiment d’urgence et des ressources adéquates. Réunies, ces trois conditions contribuent au démarrage réussi d’une initiative d’impact collectif. Une bonne analyse de ces conditions permet aux groupes d’entreprendre le travail de sensibilisation requis sur le terrain pour ultimement générer un élan autour de l’enjeu. 

Section 3 – Un plan d’action commun

Il existe un certain nombre de facteurs à prendre en compte pour créer un plan d’action commun visant à générer un impact populationnel. Au-delà d’une vision partagée, un plan d’action commun inclut non seulement la définition collective d’un même enjeu par de multiples partenaires provenant de différents secteurs, mais il implique également une compréhension commune des partenaires autour de cet enjeu et des stratégies à mettre en place pour le résoudre.

Section 4 – Un système d’évaluation commun

L’engagement formel à évaluer les progrès accomplis à l’aide d’indicateurs communs préalablement convenus constitue l’une des caractéristiques distinguant l’approche d’impact collectif des autres formes de collaboration. Outre la nécessité de s’entendre sur quelques indicateurs populationnels sur lesquels votre initiative d’impact collectif tente d’avoir un impact, un système d’évaluation commun exige également la mise en place de systèmes permettant la collecte, l’analyse et l’interprétation de données de façon collective. 

Section 5 – Des activités se renforçant mutuellement

Les activités se renforçant mutuellement désignent les programmes et les services offerts qui contribuent à générer les effets visés par votre initiative d’impact collectif. Cette condition de l’impact collectif implique d’abord de s’entendre sur les principaux effets visés; puis de définir les façons de coordonner les programmes et les services offerts; et d’identifier des points de jonction entre différentes activités ou différents programmes complémentaires afin de combiner les stratégies pour atteindre les effets visés.

Section 6 – Une communication continue 

La quatrième condition de l’impact collectif réside dans la communication continue. Elle est essentielle pour que vos partenaires provenant de différents secteurs développent un langage commun et une même compréhension de ce que vous cherchez à accomplir ensemble. Plus largement, la communication continue permet d’informer et de sensibiliser les membres de votre communauté sur l’état d’avancement de votre initiative d’impact collectif.

Conditions de réussite selon les cinq phases de votre initiative d’impact collectif.

Section 7 – Une infrastructure de soutien

Une étude approfondie des infrastructures de soutien menée par FSG est arrivée aux conclusions suivantes : les infrastructures de soutien ont une utilité indéniable; elles favorisent l’alignement autour de la vision et guident la coordination des stratégies; elles sont en mesure de s’adapter et de rectifier le tir au fil du temps; elles guident les travaux en se basant sur les données; et elles contribuent à influencer l’opinion publique et les politiques.

Section 8 – Passer à l’action

Cette section propose des outils pour rassembler les conditions dans un cadre pour la mise en oeuvre de votre initiative d’impact collectif, de façon simple et articulée.

L’impact collectif

Le cadre d’impact collectif a été lancé en 2011 par John Kania et Mark Kramer du FSG dans un article, paru dans le magazine Stanford Social Innovation Review, qui décrit certains des ingrédients clés permettant aux initiatives à l’échelle d’une communauté de passer d’une situation où les « actions et les résultats sont fragmentés » à une « action commune menant à un impact collectif profond et durable ». Ces conditions sont les suivantes : un plan d’action commun, un système d’évaluation commun, des activités se renforçant mutuellement, une communication continue et une infrastructure de soutien.

Pour Paul Born, ancien co-directeur général de l’Institut Tamarack, « Kania et Kramer ont si bien compris le travail que nous faisons, et l’ont décrit d’une manière si limpide qu’ils ont en fait jeté les bases d’une nouvelle approche pour le changement à l’échelle des communautés. »

Depuis 2011, la popularité de l’impact collectif a explosé. Il est actuellement utilisé à travers le monde par des coalitions et des initiatives collaboratives qui luttent contre la pauvreté, l’itinérance, le changement climatique, les injustices, l’échec scolaire et de nombreux autres enjeux.

Le cadre d’impact collectif développé par le FSG fait l’objet d’améliorations depuis une dizaine d’années grâce aux contributions de nombreux partenaires du Collective Impact Forum, une plateforme en ligne administrée par le FSG. Le Collective Impact Forum présente de nombreux exemples d’initiatives d’impact collectif en cours et rassemble régulièrement les leaders d’infrastructures de soutien et les membres des communautés pour faire évoluer cette approche.

L’Institut Tamarack joue le rôle de catalyseur aux côtés du Collective Impact Forum depuis sa création et bénéficie des connaissances et des ressources de cet important réseau de développement sur le terrain.

Pour le dixième anniversaire de l’impact collectif, le Collective Impact Forum et ses partenaires, dont l’Institut Tamarack, ont produit une série rétrospective d’articles qui ont contribué à façonner la pratique de l’impact collectif.

L’Institut Tamarack reconnait l’importance d’un engagement à long terme dans le cadre d’une initiative d’impact collectif.

Pour résoudre des enjeux aussi complexes que la pauvreté, une collaboration intersectorielle intentionnelle, sur plusieurs années et rassemblant des partenaires divers et investis, est essentielle.

En 2016, l’Institut Tamarack a publié l’article Impact collectif 3.0 qui se base sur le cadre décrit par Kania et Kamer et approfondit sa compréhension de l’impact collectif pour en tirer le meilleur parti.

L’initiative de l’Institut Tamarack, Communautés éliminant la pauvreté (CEP), rassemble plus de 400 municipalités à travers le Canada depuis 20 ans. Elle fait le lien entre la théorie de l’impact collectif et la pratique sur le terrain. En 2020, CEP a publié son rapport d’impact et d’actions locales qui, associées à des investissements publics fédéraux, provinciaux et municipaux, ont réduit la pauvreté pour près de 1,1 million de Canadien·ne·s. C’est donc une démonstration claire que le travail collectif génère un impact.

Plus récemment, l’Institut Tamarack a adopté une démarche d’impact collectif dans le cadre de son projet Communautés bâtissant l’avenir des jeunes, un partenariat sur cinq ans entre l’Institut Tamarack, le gouvernement du Canada et vingt communautés réparties au Canada dont l’objectif est de développer des approches impliquant la communauté pour favoriser la réussite des jeunes.

Dans chaque communauté, des organismes communautaires, des représentant·e·s du gouvernement local, des résident·e·s, des jeunes, des expert·e·s des enjeux dont il est question et des personnes ayant une expérience vécue de ces derniers se rassemblent et coordonnent des stratégies locales visant à accompagner la transition des jeunes de leurs études à l’emploi. Ces tables rondes offrent l’avantage supplémentaire de permettre aux communautés du réseau d’apprendre les unes des autres.

Les apprentissages d’une communauté sont ainsi partagés avec les autres. Il en résulte une intelligence collective et des connaissances qui sont transmises, évaluées et appliquées par d’autres partenaires. C’est ce qui fait la force de l’impact collectif à grande échelle.

L’Institut Tamarack croit au pouvoir et à l’importance de l’impact collectif pour résoudre des enjeux complexes qui touchent les communautés au Canada, en Amérique du Nord et ailleurs. Il a collaboré, soutenu et appris d’initiatives d’impact collectif en Amérique du Nord, en Australie, en Nouvelle-Zélande, à Singapour, au Royaume-Uni, et ailleurs dans le monde.


Diversité des origines en entreprise : du diagnostic à l’outil opérationnel pour mesurer l’impact social et sociétal

Ce rapport de l’Impact Tank traite de l’impact social et sociétal de la diversité des origines sociales, géographiques, culturelles et ethniques en entreprise. Il aborde aussi les défis particuliers que rencontrent les personnes réfugiées, qui occupent une place à part dans le débat public sur l’immigration. 

« Le Label Diversité n’est pas une récompense attestant de l’atteinte d’un « niveau » de diversité. Il s’agit plutôt d’un levier d’amélioration des processus, de la gestion des ressources humaines, des pratiques de management et des relations avec l’environnement. Il permet de mieux formaliser, structurer, outiller et évaluer son action et ses cadres d’action »

Piloté par Loïc Fourot et Matthieu Tardis, il est le fruit d’un travail collectif de plus de 13 mois, qui a réuni chercheurs, entreprises, acteurs publics et organisations de l’économie sociale et solidaire, pour d’aboutir à :

  • Un référentiel commun de mesure d’impact, qui peut être mobilisé par les acteurs publics comme privés, pour suivre leurs progrès en matière d’inclusion, à toutes les étapes du parcours professionnel des individus : l’orientation professionnelle et le premier contact avec l’employeur, l’accompagnement pour améliorer l’employabilité, le recrutement, le quotidien en entreprise et l’évolution des carrières.
  • Une quinzaine de recommandations à destination des pouvoirs publics et des entreprises pour améliorer la prise en charge et l’efficacité de la lutte contre les discriminations, ainsi que pour accompagner les entreprises du secteur privé dans la mise en place et la mesure d’impact de leurs politiques diversité et inclusion.

Panorama de l’évaluation d’impact social en France 2025

Depuis 2021, l’IMPACT TANK et le Labo E&MISE de l’ESSEC explorent chaque année les pratiques de mesure d’impact en France. L’édition 2025 met particulièrement en lumière l’interdépendance entre impact social et impact environnemental et les émotions suscitées par la démarche d’évaluation d’impact au sein des équipes

Diversité des origines : l’impact social au cœur de l’entreprise

Le premier programme de mentorat « réfugiés-salariés » en entreprise. Kodiko accompagne les personnes réfugiées dans leur insertion professionnelle et leur recherche d’emploi, à travers la mise en relation avec des salariés en entreprise.

Depuis le retour de Donald Trump à Washington, certaines grandes entreprises rétropédalent en matière de diversité et inclusion. Pourtant, beaucoup maintiennent le cap, aux États-Unis comme en Europe. La période peut être l’occasion de réaffirmer un European way du vivre-ensemble. Un modèle qui, sans nier les tensions, cherche à les apaiser par le droit, la discussion et la solidarité.

Effets et impact

Avec le reporting de durabilité et la mesure d’impact comme boussoles, l’Europe peut incarner la stabilité et offrir des cadres communs d’évaluation et de passage à l’action pour les entreprises. C’est tout l’enjeu du dernier rapport de l’Impact Tank sur la « Diversité des origines : l’impact social au cœur de l’entreprise », remis à Matthias Ott, Délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT+ :

Bâtir un référentiel commun de mesure d’impact des politiques en faveur de l’inclusion et de la diversité des origines sociales, géographiques, culturelles et ethniques, à toutes les étapes du parcours professionnel des individus en entreprise.

Ces impacts sont d’abord économiques – gain de performance économique et sociale pour les entreprises – mais aussi profondément politiques : renforcement du lien social, contribution au vivre ensemble, insertion professionnelle dans l’emploi durable et professionnalisation, amélioration du bien-être individuel et collectif.

Geev, l’appli pour donner et récupérer des objets gratuits, près de chez soi

À l’approche des fêtes, la consommation change de visage. C’est ce que révèle un sondage mené auprès de 4 600 utilisateurs de l’application Geev, dont une grande majorité reconnaît qu’en décembre, elle consomme différemment. Près de 1 sondé sur 2 se dit moins regardant sur son impact écologique pendant cette période. Cette indulgence saisonnière, en partie assumée, s’accompagne toutefois d’une conscience aiguë des conséquences de ces excès.

À Noël, 84 % des Français s’autorisent à consommer davantage… tout en restant tiraillés entre plaisir et responsabilité

Les Français consomment plus … mais savent qu’ils le font à l’encontre de leurs principes

Les données du sondage montrent que la période des fêtes agit comme une parenthèse : on dépense davantage, on achète plus vite, parfois sans véritable nécessité.

La période est vécue comme une indulgence ponctuelle : on s’autorise davantage, tout en sachant que ce n’est pas aligné avec les efforts faits le reste de l’année. Un constat qui se confirme dans les chiffres :

86 % des répondants déclarent consommer de façon moins responsable à Noël que le reste de l’année.

Pour autant, ce relâchement ne signifie pas que les préoccupations écologiques disparaissent. Les répondants expliquent clairement être conscients de l’impact de cette consommation plus chargée : le sentiment de « faire trop » existe, même si l’esprit de fête prend le dessus.

Entre plaisir d’offrir et culpabilité : une ambivalence qui s’installe durablement

Si la générosité reste centrale à Noël, elle vient pour beaucoup avec une pointe de malaise :

67 % des répondants déclarent ressentir une forme de culpabilité écologique lorsqu’ils offrent un cadeau neuf, signe que l’acte d’offrir n’est plus détaché des enjeux d’impact.

Cette tension – très présente au sein de la communauté Geev, particulièrement sensibilisée aux enjeux de réemploi – traduit un dilemme devenu structurel : comment concilier la joie d’offrir avec la volonté de consommer de manière plus juste ?

Pour beaucoup, c’est un arbitrage difficile. On veut faire plaisir sans renoncer aux valeurs de sobriété acquises tout au long de l’année… mais la pression sociale et l’envie de bien faire l’emportent souvent.

Geev Shop Toulouse : le 1er magasin dédié au don !

Le 1er magasin de 300m2 dédié au don !

Découvrez à La Galerie Espaces Fenouillet, à côté de Cultura, le tout premier Geev Shop, un lieu unique dédié au don et à l’économie circulaire, pour le plus grand bonheur de la planète et de votre portefeuille.

Le Geev Shop incarne la mission et les valeurs de l’application Geev dans un magasin réel. Apportez vos objets inutilisés et adoptez les objets qui vous sont utiles ! 🔄

Prêts à vivre
une nouvelle expérience du don ? 💛

La seconde main séduit largement, mais reste freinée par la pression sociale

Une autre dynamique ressort avec force du sondage : la montée en puissance de la seconde main comme alternative valable pour Noël.

Près de 80 % des répondants estiment qu’un cadeau d’occasion peut être tout aussi précieux qu’un cadeau neuf, et 60 % affirment que cela ne diminue en rien la magie de Noël.

Cependant, un obstacle persiste : 1 personne sur 2 avoue avoir déjà renoncé à offrir un cadeau d’occasion de peur d’être jugée. Le regard des proches pèse encore lourd dans l’acte d’offrir, et la norme du “cadeau neuf” reste profondément ancrée.

Pourtant, une aspiration forte se dessine : près de 80 % des personnes interrogées souhaitent que Noël évolue vers un modèle plus circulaire et plus responsable. Et 1 sur 4 déclare donner les cadeaux non utilisés après les fêtes – plutôt que de les laisser dormir dans un tiroir ou de les revendre.

Autrement dit, les pratiques évoluent, même si les freins culturels subsistent.


#GivingTuesday est un mouvement mondial qui célèbre et encourage la générosité, l’engagement et la solidarité.
Que vous soyez un particulier, une organisation à but non lucratif, une école, une institution ou une entreprise rejoignez le mouvement !
Vous aussi donnez du temps, de l’argent, des objets, de la nourriture, du sang, des compétences ou tout simplement de la voix pour rendre le monde meilleur !

Donnez une nouvelle vie à vos objets
Plus utile que jeter,

plus rapide que vendre

  • Publiez en quelques secondes : Prenez votre objet en photo, ajoutez une description et c’est déjà publié !
  • Quand ça vous arrange : Les personnes intéressées vous contactent, vous choisissez à qui donner, vous fixez un créneau, et le tour est joué !
  • Sans contraintes : Votre objet trouve preneur sans bouger de chez vous… c’est pratique et vous gagnez du temps !

À propos de Geev :

La période de Noël amplifie nos contradictions : on veut faire plaisir, mais on aimerait rester cohérent avec ses valeurs. La seconde main s’impose comme une réponse évidente, même si le poids des habitudes reste fort.

Hakim Baka, cofondateur de Geev

Geev, l’appli pour redonner vie
aux objets du quotidien.

Le site internet et l’application mobile Geev permettent de donner et récupérer gratuitement de la nourriture et des objets inutilisés. Vous cherchez des vêtements de seconde main, des meubles d’occasion, des appareils électroménagers, de la décoration, des livres ou encore des jouets pour enfants ? Sur Geev, vous trouverez des milliers d’annonces d’objets gratuits. C’est une solution utile, locale, éco-responsable et anti-gaspillage qui permet de faire des économies.

Donner une seconde vie aux objets au lieu de les jeter, c’est s’engager dans l’économie circulaire et faire un geste pour la planète et l’environnement en limitant notre impact carbone.

Téléchargez Geev pour rejoindre notre communauté engagée !

Quel est le principe de Geev ?

Geev est la 1ère application de don d’objets entre particuliers en France. Parce qu’on a tous une bonne raison de donner, Geev rend le don accessible à tous, partout et tout le temps. Grâce à la géolocalisation, les utilisateurs peuvent trouver les dons les plus proches de chez eux.

Geev est gratuit ?

Oui, utiliser Geev est gratuit pour tous ceux qui souhaitent participer au don et à la récupération d’objets entre particuliers. Voici les détails importants à connaître :

  • 1. Accès et utilisation sans frais : L’accès à la plateforme Geev, que ce soit via l’application mobile ou le site web, ne nécessite aucun paiement. Les utilisateurs peuvent s’inscrire, naviguer parmi les annonces, et publier leurs propres dons gratuitement.
  • 2. Geev Plus : une formule pour améliorer l’expérience. Pour ceux désirant améliorer leur expérience sur Geev, il existe la formule Geev Plus qui offre des avantages exclusifs tels que la possibilité d’accéder à certaines annonces en première, de contacter sans limite et de récupérer 6 fois plus d’objets ou de pouvoir naviguer sans publicité.

Allain Bougrain Dubourg : « Nous ne sommes pas au-dessus du vivant, nous en faisons partie »

Allain Bougrain Dubourg, président de la LPO, signe La biodiversité pour les nuls (First Éditions), un guide à la fois accessible et éclairant, pour comprendre, admirer et protéger le vivant dans toute sa diversité. Dans un entretien accordé à Cdurable.info, il revient sur l’urgence de réapprendre à observer et ressentir le monde naturel qui nous entoure.

« La nature nous invite à la lucidité et à l’émerveillement »
Depuis quarante ans, Allain Bougrain Dubourg donne une voix à celles qu’on n’entend pas. Les espèces menacées, les milieux fragiles, les oiseaux en particulier, auxquels il a consacré l’essentiel de sa vie. Des émissions Terre des bêtes et Animalia, qui ont marqué l’histoire de l’audiovisuel, à la présidence de la LPO (Ligue de Protection des Oiseaux) qu’il occupe depuis 1986, son nom est devenu indissociable de la protection de la nature en France. Sous son impulsion, l’association a remporté des victoires décisives de l’interdiction de la chasse à la glu à la reconnaissance du préjudice écologique après l’affaire Erika.

Avec La biodiversité pour les Nuls, il propose un ouvrage grand public, aussi rigoureux qu’accessible, conçu pour éclairer un sujet souvent mal compris. Près de 500 pages pour revenir sur l’histoire du vivant, les mécanismes de son effondrement, mais aussi les solutions existantes et les initiatives inspirantes. L’auteur s’entoure de grands témoins tels que Pascal Picq, Jane Goodall, Alain Baraton, Isabelle Autissier ou encore Boris Cyrulnik pour raconter, transmettre et donner envie d’agir.

Plus qu’un manuel, il est une manière « d’offrir aux lecteurs un socle pour agir avec lucidité plutôt qu’avec fatalisme ». On a voulu en discuter avec lui.

La Biodiversité pour les nuls (First Editions) pour découvrir le vivant dans toute sa diversité, du règne végétal aux vertébrés avec l’autopsie d’un déclin et les outils de l’espoir. Il offre un panorama des institutions, associations et initiatives issues de la société.

« La biodiversité mérite qu’on la raconte simplement »

Cdurable : Quel est le levier principal de votre nouveau livre ? S’agit-il d’éveiller, d’alerter, d’émerveiller… ou tout cela à la fois ?

Allain Bougrain Dubourg : C’est tout cela à la fois. La nature nous invite à la curiosité, d’abord, parce qu’elle regorge de comportements singuliers et de situations étonnantes qui nous poussent à chercher des réponses. Et puis il y a l’émerveillement. Victor Hugo disait : « Le beau est plus utile que l’utile ». Il y a une telle beauté dans la nature qu’on en oublie presque son utilité.

Ensuite, même si je ne prétends pas sauver la planète avec un livre, il peut contribuer, modestement, à enrayer le déclin. On me pose très souvent cette question : « Qu’est-ce que je peux faire ? » Je réponds d’abord : adhérez à une association de protection de la nature ! Il y en a plein de formidables. Et plus nous sommes nombreux, plus nous sommes entendus. C’est aussi un tissu social précieux. On y crée des liens d’affection, d’amitié, de convivialité et parfois même un véritable engagement de vie.

« Ce n’est pas seulement la cause que l’on défend, C’est aussi l’épanouissement que procure l’engagement ».

Pourquoi publier ce livre aujourd’hui ? Ressentiez-vous une urgence particulière ?

Allain Bougrain Dubourg : Cette collection est très singulière et j’ai découvert avec surprise qu’elle n’avait jamais abordé la biodiversité. C’était un manque. L’éditeur a été enthousiaste. Et puis ce livre constitue aussi un document de synthèse : il présente tous les grands établissements publics qui travaillent sur la biodiversité, le Muséum, le CNRS, l’IFREMER, l’IRD, l’INRAE… On découvre leurs coulisses, leurs recherches, leur utilité pour la société.

Le livre va de la création de la vie jusqu’à la biodiversité dans la philosophie, le cinéma ou la littérature. Pour simplifier l’origine du vivant, on part de la formation de la Terre, il y a 4,5 milliards d’années. La vie apparaît un milliard d’années plus tard. Des chiffres vertigineux sauf peut-être pour un habitué de Bercy !

Un scientifique a eu cette idée géniale : résumer l’histoire du vivant à une semaine. Tout commence le lundi à 0 h. Un milliard d’années plus tard, nous sommes mercredi à midi. Les dinosaures n’arrivent que le dimanche à 16 h et disparaissent à 19 h. Lucie apparaît à minuit moins trois minutes. Le Christ, à minuit moins un quinzième de seconde. Et la révolution industrielle, au XIXᵉ et XXᵉ siècle, à minuit moins un quarantième de seconde. En un quarantième de seconde, nous sommes devenus maîtres de la planète. Cela donne une idée de notre responsabilité… et des dégâts que nous avons causés.

« Pas une écologie punitive : une écologie lucide »

Votre livre parle à la fois de déclin et de beauté du vivant. Comment avez-vous réussi à transmettre cette émotion et ce lien sensible au lecteur ?

Allain Bougrain Dubourg : Ségolène Royal a popularisé l’expression « écologie punitive ». J’en ai assez de ce terme qui a fait beaucoup de mal. Il ne s’agit pas d’écologie punitive, mais d’écologie lucide. Elle pose des constats qui nous obligent à changer nos comportements, certes, mais pour aller vers plus de bonheur, un bonheur durable. Mais montrer le déclin reste nécessaire.

« aujourd’hui, 67 % des mammifères sur la planète sont du bétail, 30 % sont des humains. Cela fait 97 %. Les mammifères sauvages, de l’écureuil à la baleine bleue, ne représentent plus que 3 %. On ne vivra pas hors sol. »


Hubert Reeves, par provocation amicale, affirmait que l’humanité a toujours surmonté les crises et qu’on trouverait bien une autre planète. Je n’ai aucune envie de ce futur-là. Nous exploitons la Terre comme s’il nous en fallait trois pour satisfaire nos besoins. Il faut revisiter ce paradigme. Mais encore une fois : dans un esprit de bonheur, pas de punition.

Quelle expérience avec le vivant vous semble la plus révélatrice de sa capacité à nous toucher  ?

Allain Bougrain Dubourg : Cela dépend de la sensibilité de chacun. Un simple coucher de soleil, qui n’est pas vivant mais baigne tout le vivant, peut suffire. D’autres sont touchés par le monde marin, d’autres par les insectes.

La crise du Covid a été un moment intéressant. Enfermés, les gens ont soudain entendu le silence puis les sons de la nature. Beaucoup ont découvert une attention nouvelle. À la LPO, nous avions lancé, un peu comme une provocation bienveillante, l’idée de « Confinés mais aux aguets ». Nous partagions des petites fiches pour identifier les oiseaux depuis son jardin ou sa fenêtre. En quelques jours, nous avons reçu plus d’un million de retours ! Certains témoignaient : « On entend un chant qu’on prend pour une mésange… ou un verdier. Maintenant, on veut savoir. » Des vocations sont nées ainsi.

Le problème, c’est qu’en devenant urbains au milieu du siècle dernier, nous avons coupé le lien sensible avec la nature. Avant, c’était le grand-père, même chasseur, qui emmenait voir les têtards devenir grenouilles. Aujourd’hui, ces invitations existent de moins en moins. Il faut recréer ce lien, réapprendre à écouter, regarder, toucher, goûter. Réveiller nos sens.

Allain Bougrain Dubourg sur France Inter dans La Terre au carré.

« Un combat en chasse un autre »

En quarante ans, vous avez mené de nombreux combats à la LPO. Quels ont été plus les plus difficiles ?

Allain Bougrain-Dubourg : Je ne voulais pas être président. Je disais que je n’avais ni le temps ni les compétences. J’ai accepté pour trois ans et j’y suis resté. J’ai d’abord découvert le braconnage des tourterelles des bois dans le Médoc. Des oiseaux revenant d’Afrique le 1ᵉʳ mai, un jour que certains chasseurs leur consacraient pour les abattre, alors que la chasse était fermée. Près de 30 000 oiseaux tués chaque année sur les 70 000 qui passaient. J’ai cru, naïvement, qu’avec deux ou trois reportages, ce scandale cesserait. Cela a duré vingt ans.

J’en ai parlé à François Mitterrand, qui m’a répondu qu’il ne pouvait rien faire surréaliste. Il a fallu l’aide de Brigitte Bardot, Sophie Marceau, Hubert Reeves, Théodore Monod. Et finalement, un préfet, Jean Giraud, a compris que ce n’était pas une tradition mais du braconnage. En trois ans, il a réglé la situation. Cela a été très violent : menaces de mort, pressions… l’un des combats les plus durs.

Il y a eu aussi l’affaire de l’Erika avec dix ans de procédure contre Total. La LPO a lancé la notion de « préjudice écologique ». Nous avons gagné. Ce préjudice figure désormais dans le Code civil. Puis sont venus d’autres combats : la glue, les chasses illégales… Et hier encore, je déjeunais avec la nouvelle ministre de la Transition écologique. Un combat en chasse un autre.

« Mes deux guides sont simples : le respect du droit et l’écoute de la science »

Le préjudice écologique est aujourd’hui inscrit dans la loi. Comment jugez-vous son application ?

Allain Bougrain-Dubourg : Elle progresse. Je me souviens de magistrats me disant : « Très bien, l’environnement… mais regardez ma pile : viols, meurtres, maltraitances. Vos tourterelles des bois, on verra quand on aura une minute. » Aujourd’hui, il y a eu formation et maturité. La LPO a même créé un MOOC avec l’École nationale de la magistrature pour montrer l’importance de la biodiversité dans le droit.

Mes deux guides sont simples : le respect du droit et l’écoute de la science. Quand l’argumentaire scientifique ne suffit pas, nous allons devant les tribunaux. On nous traite de procéduriers, mais nous gagnons 90 % des affaires. Cela signifie que nous ne faisons que rappeler la loi. La justice est désormais bien plus ouverte aux enjeux écologiques.

Dans votre livre, vous évoquez aussi des histoires positives. Y en a-t-il une qui vous tient particulièrement à cœur ?

Allain Bougrain-Dubourg : Oui, plusieurs. On parle aujourd’hui de sixième extinction, et c’est vrai. Mais dans les années 1970, la situation était dramatique aussi. Il restait moins de dix couples de gypaètes barbus en France. Aujourd’hui, il y en a plus de 1500. Il restait trente castors dans la vallée du Rhône ; il y en a désormais 30 000. Le vautour fauve avait disparu des Cévennes ; il est aujourd’hui une attraction touristique. Le faucon pèlerin avait disparu à cause du piégeage, il niche désormais à Paris ou Albi.

Toutes les espèces emblématiques ont été sauvées grâce à trois leviers : la loi, l’engagement des associations, le travail des scientifiques. Et il faut le dire, les politiques étaient plus ouverts à la protection qu’ils ne le sont aujourd’hui, où chaque projet de protection déclenche des levées de boucliers.

Ce que nous avons réussi dans les années 1970, nous devons le réussir aujourd’hui. Mais la tâche est plus difficile. Il ne s’agit plus seulement de sauver une espèce, mais des populations entières, des millions d’insectes perdus à cause d’une agriculture intensive. Il faut revoir entièrement notre modèle agricole.

« Les animaux m’ont éveillé. Ils m’ont appris les potentialités du bonheur »

Qu’est-ce que le vivant vous a appris que le monde humain ne vous a pas appris ?

Allain Bougrain-Dubourg : Beaucoup de choses. Mais je ne renie pas le monde humain, j’ai eu des mentors merveilleux. Enfant, Jean Rostand m’a pris sous son aile. Théodore Monod, Hubert Reeves, Alain Bombard. J’ai eu la chance de connaître une génération où l’on pouvait rencontrer des êtres admirables, dans une relation plus profonde qu’aujourd’hui. Il n’y avait pas Internet, pas l’urgence permanente. Jean Rostand, par exemple, m’écrivait de longues lettres raturées. Aujourd’hui, cette profondeur manque parfois.

Quant aux animaux, ils m’ont éveillé. Ils m’ont appris les potentialités du bonheur. J’ai vécu tant de moments prodigieux. Je leur dois beaucoup. Je rêvais, enfant, de l’ours polaire, du manchot, du pangolin, de l’anaconda. J’ai eu la chance de les rencontrer, souvent avec des scientifiques. Et surtout, j’ai eu la chance de partager ces rencontres. Partager est aussi important que vivre.

« Nous ne vivrons pas hors sol »

Comment remettre le vivant au cœur du débat public ?

Allain Bougrain-Dubourg : Sur le climat, malgré quelques climatosceptiques, un grand blond de l’autre côté de l’Atlantique, notamment, les effets sont visibles : sécheresses, inondations, recul du trait de côte… On sait de quoi on parle. La biodiversité, c’est différend.

« Quand vous dites que le vison d’Europe ou la tortue d’Hermann disparaissent, on vous répond : « Et alors ? Je ne savais même pas qu’ils existaient. » Il est difficile de montrer l’urgence. »

Mais j’ai une ambition éthique : nous sommes les dominants, donc nous avons un devoir envers les plus faibles. Et les plus faibles, aujourd’hui, c’est tout le vivant dont nous dépendons entièrement. Nous ne vivrons pas hors sol. La disparition des pollinisateurs le montre déjà.

Alors oui, parfois il faut être utilitariste pour convaincre. Mais au fond, je voudrais que nous soyons simplement dans l’éthique, dans la communion légitime entre nous et le reste du vivant.

« C’est encore possible »

Quel message aimeriez-vous que les lecteurs emportent en refermant votre livre ?

Allain Bougrain-Dubourg : Que c’est encore possible. Sans démagogie. J’ai filmé la migration des gnous entre la Tanzanie et le Kenya, la reproduction du corail sur la Grande Barrière, une araignée tissant sa toile, une mésange rapportant une chenille au nid. Toutes ces beautés quotidiennes sont bouleversantes. Et elles sont gratuites. Pas besoin d’aller au bout du monde pour s’émerveiller.

« Saint Augustin disait : « On perd moins à se perdre dans sa passion qu’à perdre sa passion. » Perdez-vous dans votre passion. »

Des coffrets de Noël pour une beauté sobre et régénérative

Le choix dʼun coffret de cosmétiques naturels pour Noël, à l’inverse du BlackFriday et de la surconsommation, recentre les fêtes sur lʼutile, le durable et la qualité des ingrédients plutôt que sur lʼaccumulation dʼobjets superflus. Solutions pour agir au quotidien, les coffrets composés de soins naturels, routines ciblées (cheveux, visage, barbe) et kits DIY1, sont un moyen concret de réduire les déchets, les substances controversées et de soutenir une cosmétique plus respectueuse des écosystèmes.

Vous êtes nombreux à vous être lancés dans l’élaboration de vos cosmétiques maison. Déodorants, crèmes, shampoings …

Réconcilier bien-être personnel et impact environnemental en choisissant un coffret de soins naturels pour prendre soin de ma peau, de ma santé et du vivant

Un Noël sous le signe de la sobriété joyeuse

En choisissant un coffret pour Noël, composé de soins naturels, il est possible de conjuguer plaisir dʼoffrir, santé et réduction de lʼempreinte environnementale. Dans un contexte de crise climatique et de raréfaction des ressources, la période de Noël questionne de plus en plus notre manière de consommer. Opter pour des cadeaux utiles, durables et sains permet de transformer ce moment en opportunité de changement sans renoncer au plaisir de faire et de se faire plaisir.

Les coffrets cosmétiques naturels, une alternative responsable

Les coffrets de soins naturels et bio sʼinscrivent dans cette dynamique, en privilégiant des ingrédients dʼorigine végétale, issus de lʼagriculture biologique. Ils limitent lʼexposition à certaines substances controversées présentes dans les cosmétiques conventionnels, tout en réduisant la pollution liée à leur fabrication et à leur fin de vie. De plus en plus de marques travaillent sur des emballages allégés, recyclables ou réutilisables, afin de limiter les déchets générés par les fêtes.

Soutenir une agriculture biologique respectueuse des sols, de l’eau et de la biodiversité, sans intrants de synthèse et sans OGM

Quand bien-être rime avec respect du vivant

Les coffrets de Noël proposés par des acteurs engagés comme Aroma-Zone mettent en avant des univers bien-être variés : soin du visage, des cheveux, de la barbe, aromathérapie ou encore parfums dʼambiance, tout en restant centrés sur des ingrédients naturels. Dans la sélection de coffrets cadeaux Noël, on retrouve des kits prêts à lʼemploi pour une routine beauté clé en main ainsi que des kits de cosmétique maison pour créer soi-même ses soins, ce qui réduit le gaspillage et redonne du sens au geste de soin. Cette approche valorise une cosmétique plus sobre, plus transparente et plus proche des ressources végétales.

Le Baume de soin aux fleurs des îles
Ce beurre fondant au parfum enivrant de fleurs de îles est idéal pour les peaux sèches et s’utilise aussi bien sur le visage et le corps. Les macérâts de Vanille et Monoï nourrissent et satinent la peau, tout en apportant leurs senteurs divines à ce soin voluptueux. Découvrez comment créer simplement ce baume aux odeurs d’été.

Le coffret pour Noël comme acte dʼengagement

Choisir un coffret pour Noël naturel, cʼest envoyer un message fort à ses proches : celui dʼune attention portée à leur santé autant quʼà lʼenvironnement.

Offrir des soins composés dʼhuiles végétales, dʼhuiles essentielles, de beurres et dʼextraits naturels, plutôt que des produits ultra-transformés et sur-emballés, contribue à une économie plus respectueuse des écosystèmes. Certains coffrets, notamment ceux pensés pour les hommes, les peaux sensibles ou les cheveux bouclés, encouragent chacun à adopter une routine durable adaptée à ses besoins, évitant ainsi lʼaccumulation de produits inutilisés dans les salles de bains.

Lʼattrait du “faire soi-même” pour une beauté circulaire

Les kits de cosmétique maison proposés permettent dʼapprendre à fabriquer ses propres soins, en contrôlant les ingrédients et les quantités. Cette démarche est en phase avec la logique de circularité, car elle incite à mieux utiliser chaque matière première, à limiter les emballages et à rallonger la durée de vie des contenants réutilisables. Elle développe aussi une forme de citoyenneté écologique :

Comprendre ce que lʼon met sur sa peau,
cʼest mieux comprendre lʼimpact de ses choix sur les milieux naturels et les filières agricoles qui fournissent ces ingrédients.

Pots et flacons réutilisables pour cosmétiques naturels fait maison

Des parfums dʼambiance et moments cocon plus verts

Recette Do It Yourself de « bougie décorative scintillante » – Aroma Zone

Les fêtes sont aussi synonymes dʼambiances chaleureuses : bougies, senteurs épicées, atmosphère réconfortante. Les coffrets Noël qui regroupent des parfums dʼambiance, des crèmes mains ou des soins cocooning limitent lʼusage de dérivés pétrochimiques et de parfums de synthèse, au profit de compositions inspirées des huiles essentielles et extraits naturels. En privilégiant des produits concentrés, multi-usages ou rechargeables, ces coffrets participent à une forme de sobriété heureuse chère aux acteurs de la transition écologique.

Comment choisir un coffret pour Noël vraiment durable ?

100% d’origine naturelle – Vegan – Édition limitée
5 soins fondants, gourmands et sensoriels pour un teint lumineux, une peau sublimée, des lèvres réparées, des mains nourries et protégées. Une édition limitée réunie dans un coffret magique, un cadeau idéal aux couleurs de Noël et de l’hiver.

Pour rester fidèle à lʼesprit de Noël responsable, quelques critères peuvent guider le choix du coffret pour Noël. Il est souhaitable de privilégier :

  • Des formules riches en ingrédients naturels et, si possible, issus de filières bio ou équitables, afin de soutenir des pratiques agricoles plus respectueuses des sols et de la biodiversité.
  • Des emballages réduits, recyclables ou réutilisables, qui limitent les déchets post-fêtes et sʼinscrivent dans une logique de sobriété matérielle.
  • Des coffrets réellement utiles au quotidien, adaptés au type de peau, de cheveux ou au mode de vie de la personne, pour éviter le gaspillage et encourager lʼusage sur le long terme.

Donner du sens aux fêtes grâce à la cosmétique naturelle

En définitive, un coffret de soins naturels bien choisi peut incarner la volonté de concilier plaisir des fêtes et responsabilité environnementale. Les gammes de coffrets cadeaux Noël qui valorisent des ingrédients naturels, des emballages maîtrisés et des usages durables permettent d’agir concrètement, au quotidien, pour une société plus sobre, plus juste et plus respectueuse du vivant.

Offrir ce type de présent, cʼest participer à la diffusion dʼune culture du soin – de soi, des autres et de la planète – au cœur même dʼun moment traditionnellement marqué par la surconsommation.

  1. Do it yourself : à faire soi-même ↩︎

Jouer un rôle dans la transition énergétique : un cours certifiant et gratuit pour les acteurs du changement

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Le MOOC “Become a Player of Energy Transition” est désormais disponible en français ! Ce cours certifiant et gratuit, développé avec l’International Trade Centre (ITC – ONU) et Schneider Electric, propose un parcours accessible, concret et actionnable pour comprendre les enjeux de la transition énergétique et passer à l’action.

Avec l’Académie 21 d’Atelier 21, l’International Trade Centre (ITC – ONU) et Schneider Electric contribuent à enrichir les compétences des acteurs de terrain et à accompagner les transitions de manière accessible et inspirante.

Promis, suivre le MOOC ne vous obligera pas à grimper sur un toit équipé d’un casque jaune fluorescent.
Mais ça peut clairement vous éviter d’y monter sans comprendre comment fonctionne une installation solaire 

N’hésitez pas à partager cette formation autour de vous pour faire rayonner la transition énergétique !

Au programme

  • Les fondements de la transition énergétique
  • Les technologies clés (solaire, stockage, efficacité…)
  • Les modèles économiques et sociaux de la transition
  • Des retours d’expérience internationaux
  • Des outils opérationnels pour agir dès maintenant

Une formation gratuite, ouverte à toutes et tous, pensée pour les professionnels, étudiants, entrepreneurs, décideurs publics… et toutes celles et ceux qui souhaitent contribuer activement à une énergie plus durable.

Description du Cours

Ce cours présente aux participants le concept de « transition énergétique », défini comme un double mouvement vers la durabilité énergétique grâce à la transition vers les énergies renouvelables et à une utilisation plus efficace de l’énergie déjà produite.

Il commence par démontrer l’importance de cette transition énergétique compte tenu des défis que pose le changement climatique pour l’épanouissement humain, et présente une variété de solutions d’énergie renouvelable qui pourraient contribuer, et ont déjà contribué, à relever ces défis.
Il contextualise ensuite les enjeux de la transition énergétique à travers diverses études de cas réparties sur une vaste zone géographique, allant des pays développés aux pays en développement.

Enfin, il conclut en fournissant des conseils et des astuces pour devenir un acteur efficace de cette transition énergétique, notamment en termes de création de liens efficaces avec les réseaux locaux et internationaux intéressés par cette même question.

Après avoir terminé ce cours, les participants seront en mesure

  • d’Expliquer comment mettre en œuvre diverses solutions sur le terrain, élaborer des stratégies d’économie d’énergie, utiliser des outils de suivi de la consommation d’énergie et explorer de nouvelles technologies énergétiques;
  • de Réduire l’empreinte carbone des logements individuels grâce à l’analyse des sources d’énergie et à la mise en œuvre de solutions adaptées;
  • de Comprendre le contexte énergétique et les besoins locaux, s’autoformer, entrer en contact avec des réseaux internationaux et des personnes partageant les mêmes idées et souhaitant jouer un rôle dans la transition énergétique;
  • d’Établir des relations avec les fournisseurs locaux d’énergie renouvelable.

Un partenariat avec



L’ITC – Sustainable Trade Academy

+ de 100 cours en ligne gratuits

L’ITC – Sustainable Trade Academy a enregistré plus de 600.000 inscriptions individuelles dans ses cours et a délivré plus de 150.000 certificats d’achèvement, contribuant à renforcer les compétences commerciales internationales des gens du monde entier, y compris dans les pays en développement traditionnellement mal desservis et les pays les moins avancés.

L’ITC – Sustainable Trade Faculty

Exploiter le commerce durable et inclusif pour le développement économique

L’agroécologie peut-elle verdir l’agriculture française et stimuler l’emploi rural ?

L’avenir de l’agriculture française réside-t-il dans l’agroécologie ? Longtemps façonnée par un modèle productiviste qui a détruit des emplois, la biodiversité et le climat, l’agriculture est aujourd’hui confrontée à un double défi : préserver l’environnement tout en créant des emplois durables et valorisants. Entre promesses de modernisation non tenues et essor de pratiques plus respectueuses de l’environnement, cet article de Sarah Champagne, Coordinatrice des programmes Transition énergétique, écologique et sociale à la Fondation Heinrich Böll, examine comment la transition agroécologique pourrait devenir une bouée de sauvetage économique et sociale pour les territoires ruraux.

Comment garantir que les emplois du secteur agroécologique soient réellement bien rémunérés et valorisants, tout en veillant à ce que les prix alimentaires restent accessibles à tous ?   Informations sur la licence

L’agriculture conventionnelle bénéficie du soutien des pouvoirs publics français depuis des décennies, souvent au détriment des moyens de subsistance des petits agriculteurs et de la santé des consommateurs. Elle repose sur une promesse : rendre l’alimentation accessible à tous (« nourrir le monde ») tout en éradiquant la pauvreté rurale et en modernisant les métiers agricoles en les rendant moins pénibles. Dans l’ensemble, la France et l’Europe n’ont pas tenu cette promesse.

C’est pourquoi, afin d’ouvrir la voie à des alternatives plus viables, un certain nombre d’agriculteurs se tournent désormais vers des pratiques agroécologiques.

Les avantages environnementaux de l’agroécologie sont incontestables, mais qu’en est-il de ses avantages socio-économiques ?

Sarah CHAMPAGNE, Coordinatrice des programmes Transition énergétique, écologique et sociale

Peut-elle réellement créer et maintenir des emplois durables et valorisants, tant à la ferme qu’aux alentours ? 


Nourrir demain : l’agroécologie ou comment repenser notre rapport à la terre

Au cœur du savoir, le podcast de l’ICP

Rencontre entre Benoît Sibille et Luis Barraud

Le système agricole est à bout de souffle : sols stériles, précarité des producteurs, gaspillage alimentaire… Pourtant, partout en France, des agriculteurs et des citoyens expérimentent de nouvelles façons de produire et de consommer.

Benoît Sibille, Philosophe et Enseignant-chercheur à l’ICP, et Luis Barraud, Consultant, spécialiste des questions de la régénération et de l’alimentation (Dellarocca Régénération), partagent leur vision : et si la clé résidait dans la régénération des sols, mais aussi dans la réappropriation de nos choix alimentaires ?

Entre techniques innovantes et changements de mentalités, cet épisode montre comment l’agriculture peut redevenir un levier d’espoir, pour la planète comme pour nos sociétés.

Fondé en 1875, héritier des collèges d’Humanités, l’Institut Catholique de Paris regroupe 6 facultés, 6 instituts spécialisés et une unité de recherche « Religion, Culture et Société » sur 3 campus à Paris, Reims et Rouen.


Croissance infinie et emplois faciles : la fausse promesse de l’agriculture conventionnelle

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les gouvernements européens ont mis en œuvre un nouveau modèle agricole visant à garantir l’accès à l’alimentation pour tous les Européens. Le travail agricole devait également devenir moins pénible physiquement grâce à des machines modernes, principalement importées d’outre-Atlantique.

Conformément à ce nouveau modèle économique de productivité et de croissance rapides, l’agriculture était elle aussi censée améliorer constamment sa productivité, notamment par la mécanisation des travaux agricoles. La recherche de rendements accrus et d’une rentabilité à court terme a conduit les agriculteurs à se spécialiser dans un ou quelques types de production. Dans le massif limousin, par exemple, l’élevage bovin s’est rapidement développé dans les années 1980 car il était moins exigeant en main-d’œuvre que l’élevage ovin.  La spécialisation dans l’élevage bovin a permis de simplifier les méthodes agricoles et d’agrandir les exploitations, laissant de nombreuses tourbières en friche. De plus, l’élevage bovin étant moins exigeant en main-d’œuvre et plus productif, et les exploitations s’agrandissant sans cesse, le nombre d’emplois agricoles a diminué : aujourd’hui en France, il ne reste que  8 % du nombre d’agriculteurs de 1950. Ce phénomène est aujourd’hui reconnu comme l‘une des principales causes du déclin rural, tant sur le plan de la vie sociale que sur celui des opportunités d’emploi :

Les habitants des zones rurales ont tendance à migrer vers les villes à la recherche de meilleures conditions de vie

D’après  les données officielles, un tiers des exploitations agricoles et 80 000 emplois agricoles ont disparu entre 2000 et 2020, tandis que la superficie moyenne des exploitations a doublé en 30 ans. En France, seules les grandes exploitations (136 ha ou plus) ont vu leur nombre augmenter ces dernières décennies. Plus inquiétant encore, on observe en France de grandes entreprises – dont les activités ne sont pas nécessairement liées à l’agriculture – acquérir de vastes parcelles agricoles, certaines s’étendant sur des milliers d’hectares. Leur pouvoir d’achat étant bien supérieur à celui des petits exploitants, le prix des terres s’envole. Un cercle vicieux se met alors en place :  plus l’exploitation est grande, plus elle devient chère et inaccessible aux petits agriculteurs souhaitant s’y installer. 

licence infos

La Terre aux paysan•nes : l’agro-industrie hors-champ !


Enfin, et surtout, l’agriculture conventionnelle, fortement dépendante des pesticides, des engrais et de la taille des haies de synthèse pour agrandir les surfaces cultivées, met gravement en péril la biodiversité et le climat. Par conséquent, les événements extrêmes tels que les sécheresses et les inondations, qui ne font que s’aggraver avec le changement climatique, ont des conséquences extrêmement négatives sur les rendements et donc sur l’emploi (actuel et futur). La production agricole actuelle tendant déjà à stagner, les perspectives à moyen et long terme sont sombres. 


L’AGROÉCOLOGIE : Inscrire l’agriculture dans la transition


L’agroécologie : une alternative prometteuse à l’agriculture conventionnelle

Malgré la tendance récente des gouvernements européens à réduire leur soutien à la transition écologique, la demande de produits alimentaires plus respectueux de l’environnement demeure forte, créant un marché prometteur pour les produits agroécologiques. Cependant, cela ne peut se faire sans un véritable soutien des décideurs politiques. Contrairement aux idées reçues, les avantages ne sont pas seulement environnementaux : les retombées économiques positives peuvent également être nombreuses.

Tout d’abord, la forte dépendance de l’agriculture conventionnelle aux produits agrochimiques et aux technologies de pointe a un coût. Les petits exploitants se retrouvent, de gré ou de force, pris dans un engrenage dont il est de plus en plus difficile de sortir : tandis que d’autres investissent dans des machines plus performantes et des intrants chimiques (dont les prix sont liés à la volatilité des marchés internationaux), ils sont contraints de suivre le mouvement pour rester compétitifs, ce qui se traduit souvent par un  endettement accru.

À l’inverse, l’agroécologie ne requiert ni produits agrochimiques ni machines de pointe : une transition vers cette approche permettrait donc de réduire la dépendance des agriculteurs à l’égard de l’agro-industrie et d’améliorer potentiellement leurs conditions de vie

Alors que  plus de 80 études récentes démontrent que les transitions écologiques offrent plus d’emplois agricoles par unité et nécessitent une charge de travail plus importante que l’agriculture conventionnelle, des données empiriques soulignent également les avantages de l’agroécologie sur le maintien des emplois ruraux. 

De manière générale, les montagnes françaises se prêtent moins à l’agriculture conventionnelle car elles offrent moins d’espace pour les grandes exploitations, et les conditions climatiques rigoureuses exigent une main-d’œuvre plus importante par hectare.

C’est pourquoi, dans de nombreux paysages montagneux, l’agriculture à petite échelle est restée la norme, préservant davantage d’emplois agricoles qu’ailleurs, mais favorisant également l’essor d’un tourisme durable, qui a à son tour créé et diversifié des emplois locaux. 

Sans compter que ces emplois sont à l’opposé de ce que l’anthropologue David Graeber qualifiait de « Bullshit Jobs » (travail inutile) : bien que le travail dans les fermes biologiques soit souvent plus chronophage, il est aussi plus gratifiant.

En effet, savoir qu’ils sont appréciés des consommateurs locaux et en lien direct avec eux contribue grandement au bien-être mental des agriculteurs.

Parallèlement, des liens plus étroits avec les agriculteurs permettent de restaurer le respect de leur profession :

les consommateurs savent d’où proviennent leurs aliments et sont rassurés quant à leur impact positif sur leur santé et l’environnement.

En ce sens, l’agroécologie offre une alternative plus humaine et interdépendante où les agriculteurs, mais aussi les habitants des zones rurales et les consommateurs, reprennent le pouvoir face aux multinationales de l’agroalimentaire comme Bayer et Yara. En renforçant le lien entre producteurs et consommateurs grâce à des circuits courtsl’agroécologie crée une multitude de marchés équitables et locaux, impliquant des échanges directs, mais aussi indirects, « du producteur au consommateur » via le développement d’entreprises régionales commercialisant des produits agroécologiques et leurs dérivés. Elle offre ainsi espoir et un avenir viable aux zones rurales souvent délaissées par les pouvoirs publics, tout en consolidant concrètement les communautés locales.



Le secteur agroalimentaire de l’UE a un besoin urgent d’un changement radical.

Alors, pourquoi ne nous tournons-nous pas tous massivement vers l’agroécologie ? Comme souvent, la réponse tient en quatre mots : manque de volonté politique. Le système agroalimentaire est complexe ; un changement de paradigme radical est donc nécessaire pour parvenir à une transition véritablement verte et équitable.

Voici quelques mesures importantes que la France et l’Europe devraient mettre en œuvre afin d’apporter le changement tant nécessaire.

Réformer la PAC

Agroécologie : le principe-clé d’une PAC durable

La politique agricole commune (PAC) de l’UE subventionne les exploitations agricoles en fonction de leur taille : plus l’exploitation est grande, plus elle reçoit de subventions. Bien que les exploitations agroécologiques aient tendance à avoir des taux d’emploi et des rendements par hectare plus élevés, elles sont généralement plus petites ; par conséquent, elles reçoivent moins de subventions que les grandes exploitations conventionnelles. Depuis des années, de nombreuses ONG, agriculteurs et experts réclament une réforme en profondeur de la PAC afin que les exploitations qui créent davantage d’emplois par hectare bénéficient d’un soutien accru de l’UE.

Réorienter et augmenter les subventions vers les exploitations agroécologiques permettrait également de compenser la hausse des coûts de main-d’œuvre, le travail étant mieux rémunéré. Actuellement, les prix des produits issus de pratiques agroécologiques sont supérieurs à ceux des produits conventionnels, mais pas suffisamment pour compenser le surcroît de main-d’œuvre nécessaire dans ces exploitations


Tout ce que vous devez savoir sur l’agro-écologie

Accroître le soutien financier aux pratiques agricoles durables et à l’alimentation saine

Le principal défi est donc le suivant : comment garantir que les emplois dans le secteur agroécologique soient véritablement bien rémunérés et valorisants, tout en veillant à ce que les prix alimentaires restent accessibles à tous ?

Il est essentiel de rappeler que les agriculteurs ont droit à un revenu décent, les ouvriers agricoles à un salaire décent et les consommateurs à une alimentation adéquate.

L’agroécologie offre la possibilité de concilier ces trois droits, mais seulement si les décideurs politiques et les distributeurs s’engagent à y contribuer.



Il est du devoir de la France et de l’UE, avant toute chose, de garantir ces droits fondamentaux. Elles peuvent y parvenir en subventionnant davantage l’accès des citoyens à une alimentation agroécologique, assurant ainsi des débouchés commerciaux aux agriculteurs locaux. De nombreuses initiatives locales, souvent menées collectivement par la société civile et des élus écologistes ou de gauche, montrent la voie à suivre. À Montpellier, la Sécurité sociale de l’alimentation, et dans de nombreuses villes vertes, la mise en place de menus locaux, bio et végétariens dans les cantines scolaires, ont un impact très positif à cet égard.

Deuxièmement, si nous voulons rendre le travail agricole plus attractif, les revenus des agriculteurs et les salaires des ouvriers agricoles doivent impérativement être décents, c’est-à-dire bien supérieurs à ce qu’ils sont aujourd’hui. Afin que cette évolution n’affecte pas négativement le pouvoir d’achat des classes moyennes et populaires, le surcoût devrait être supporté en priorité par les transformateurs et les distributeursdont les profits ont atteint des niveaux records ces dernières années. Les agriculteurs devraient pouvoir signer des contrats équitables avec l’industrie agroalimentaire, basés sur leurs dépenses réelles d’exploitation. De plus, nos décideurs politiques devraient les accompagner dans cette démarche.

Un soutien accru à la recherche

À l’heure actuelle, les recherches montrent des résultats plutôt positifs, tant quantitativement que qualitativement, concernant l’emploi dans les exploitations agroécologiques. Cependant, les données empiriques sur l’impact de l’agroécologie sur les conditions de travail sont rares et, pour l’instant, les conclusions sont mitigées. Entre autres, les recherches universitaires  manquent sur la santé, notamment sur les conséquences du travail dans les exploitations agroécologiques sur la santé mentale. De plus, bien que les agriculteurs et les ouvriers agricoles perçoivent généralement le travail dans les exploitations agroécologiques comme plus valorisant que dans les exploitations conventionnelles, la main-d’œuvre y est souvent sous-payée et les conditions de travail ne sont pas toujours bonnes – ces exploitations dépendent en partie de volontaires internationaux ou de travailleurs migrants bénéficiant d’une faible protection juridique. Ces situations ne sont en aucun cas viables si l’on souhaite attirer des agriculteurs sur le long terme. 

« Cet été, on travaillait de 6 h du matin à 6 h du soir pour ramasser 500 cageots de tomates et de courgettes par jour », assure à Reporterre un travailleur. – © Anthony Micallef / Reporterre

L’agriculture durable est une question de choix

L’agroécologie recèle un fort potentiel d’amélioration de l’emploi, des conditions de travail et de la santé, mais ses bénéfices concrets dépendent largement du soutien qu’elle reçoit, ou non, de la part des détenteurs du pouvoir économique et politique. En fin de compte, c’est une question de choix :

si nous voulons que l’agriculture et l’alimentation profitent à notre planète, à nos agriculteurs et à nous-mêmes, plutôt qu’à une poignée de milliardaires de l’agro-industrie, nous devons nous mobiliser collectivement pour les défendre.


Article original en anglais « Greening French Agriculture: Can Agroecology Boost Rural Employment ? » publié sur https://www.boell.de/en/agroecology-our-roots-of-change

45% des français prêts à voter aux prochaines élections pour un candidat qui ferait de l’écologie une priorité

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L’Europe doute, la France encore plus, et pourtant l’écologie reste au coeur des préoccupations. Contrairement au récit dominant, les Européens n’abandonnent ni leurs inquiétudes climatiques ni leur désir d’agir. Ils demandent une transition juste, lisible et cohérente. C’est ce que montre l’étude Europulse 2025, menée dans 25 pays auprès de 50 000 personnes, et que décrypte pour Cdurable.info Antoine Bristielle, docteur en science politique, spécialiste de l’opinion publique, directeur de l’Observatoire de l’opinion de la Fondation Jean-Jaurès et directeur du Think Thank Project Tempo France.

Antoine Bristielle, docteur en science politique, spécialiste de l’opinion publique, directeur de l’Observatoire de l’opinion de la Fondation Jean-Jaurès et directeur du Think Thank Project Tempo France. Il revient pour Cdurable.info sur les principaux enseignements qu’il tire de l’étude Europulse 2025 qu’il a dirigé.

L’atmosphère politique européenne ressemble à un ciel d’orage qui n’en finit plus de s’épaissir. Les chiffres de l’étude Europulse 2025 menée par Project Tempo en témoignent. Une majorité d’Européens estime que leur pays va droit dans le mur. En France, c’est pire encore.

72% des Français pensent que le pays va dans la mauvaise direction

« 72% des Français pensent que le pays va dans la mauvaise direction. C’est un niveau de pessimisme parmi les plus élevés d’Europe, plus haut qu’en Hongrie, qu’en Grèce ou qu’en Slovaquie, » explique Antoine Bristielle, auteur de l’étude. Ce pessimisme ne vient pas seulement des portefeuilles. Il a une origine plus profonde, presque existentielle. « Les Français ont l’impression que plus rien ne peut être décidé collectivement. Il y a un vrai sentiment d’inquiétude majeure et d’épuisement démocratique, avec l’idée que tout est bloqué ».

Ce constat s’étend à l’évaluation de la situation économique : 48% des Européens estiment que l’économie dans leur région d’habitation est en déclin, un chiffre qui atteint 53% en France. Par ailleurs, ces inquiétudes concernant l’évolution économique générale, se perçoivent également au niveau individuel. Seulement 33% des Européens considèrent que leur situation économique va s’améliorer dans l’année à venir, un chiffre qui tombe à 27% en France, faisant à nouveau de la France un des pays où le pessimisme est le plus élevé en Europe.

Seulement 65% des Français considèrent que le changement climatique est une réalité et qu’il est causé par l’activité humaine. En Italie ou Grèce, c’est 70% et 80% au Portugal. Europulse 2025

65% des Français considèrent que le changement climatique est une réalité et qu’il est causé par l’activité humaine

Pourtant, derrière cette sidération politique, un autre enseignement surgit, qui déjoue les récits les plus répandus : les inquiétudes économiques ne se traduisent pas par un rejet de l’écologie. « On s’attendrait à ce que la peur du lendemain économique pousse les citoyens à dire : « L’environnement, c’est secondaire. » Mais ce n’est pas ce que nous observons dans les données, » insiste Antoine Bristielle.

Ainsi, parmi les enseignements de l’étude, l’idée d’un « backlash » écologique, si souvent invoquée, s’effrite. Les Européens continuent de juger le dérèglement climatique réel, grave, urgent même si leurs priorités immédiates se bousculent. 63% des Français déclarent déjà en ressentir les conséquences.

63% des Français perçoivent déjà des effets du changement climatique. Europulse 2025

Pourquoi alors cette impression persistante d’une Europe qui tournerait le dos à la transition ? « Il y a deux grandes confusions, » tranche Antoine Bristielle. « La première, c’est de confondre l’évolution des partis politiques avec celle de la société. Certains partis ont reculé sur ces questions, oui. Mais ce mouvement ne reflète pas un recul de l’opinion. La seconde, c’est de confondre la hiérarchie des priorités avec l’importance accordée aux sujets. Le climat n’a pas disparu des préoccupations, il est simplement concurrencé par une urgence économique qui s’est aggravée. »

« Quand la peur est trop intense et que l’on a l’impression qu’il n’existe aucune solution, on entre dans une forme de déni »

Ce glissement des priorités n’efface rien. Les Européens décrivent un quotidien où se mêlent éco-anxiété et angoisse financière. Ils disent voir les effets du dérèglement climatique très concrètement mais une part d’entre eux résiste encore à reconnaître l’origine humaine du phénomène. Non par idéologie, mais par protection psychologique. « Quand la peur est trop intense et que l’on a l’impression qu’il n’existe aucune solution, on entre dans une forme de déni » explique Antoine Bristrielle. « Pas un déni du changement climatique lui-même, mais un déni du lien avec l’activité humaine. C’est une manière de retrouver un peu de contrôle. »

51% des Français considèrent qu’à l’heure actuelle on leur demande déjà trop de sacrifices personnels pour la transition écologique

La France, là encore, se distingue. Plus de la moitié des Français estiment avoir déjà trop contribué à la transition écologique. Non pas par rejet du climat, mais par impression d’injustice insiste Antoine Briestielle. « Les mesures de transition ont souvent pesé sur les ménages. Il existe désormais une demande forte d’équité, de clarté et de transparence : qu’est-ce qui est demandé à qui ? Quelles obligations pèsent sur les entreprises ? »

66% des Français sont favorables à un accroissement de la recherche dans les technologies bas-carbone. Europulse 2025

Les Européens se disent prêts à modifier certaines pratiques, à condition qu’on ne leur demande pas de porter seuls le poids de la transition. Plus la situation économique est dégradée, plus ce besoin d’équité se renforce explique le chercheur. « Les citoyens disent : « Nous sommes prêts à faire notre part, mais nous ne voulons pas être les seuls. » Ils veulent que les entreprises, notamment celles qui sont hors Union Européenne et importent en Europe, fassent aussi des efforts. Ils veulent une transition où chacun contribue réellement. »

« Il y a un sentiment ces dernières années qu’on a misé uniquement sur la modification des comportements individuels pour faire face au changement climatique, alors qu’en réalité c’est une vraie transformation globale de la société qui est demandée ».

Cette demande est d’autant plus vive que l’information circule mal. « Une grande part de la population n’a aucune idée du type de mesures qui peuvent peser sur les entreprises » constate Antoine Bristielle. « Prenez le marché carbone ou le principe du pollueur-payeur : ce sont des notions qui parlent peu au grand public. Sur le principe général, les gens sont d’accord, « ceux qui polluent le plus doivent payer le plus ». Mais dès qu’on entre dans des mesures concrètes, on se heurte à un vrai déficit d’information. Beaucoup ignorent totalement ce qui existe déjà, comment ces dispositifs fonctionnent, ou comment ils pourraient être appliqués ».

56% des Français pensent qu’une politique environnementale ambitieuse peut avoir un effet bénéfique sur l’économie du pays. Ils sont 68% en Italie. Europulse 2025

« Ce manque de visibilité est l’un des angles morts majeurs de la transition écologique aujourd’hui » poursuit Antoine Bristielle. « Même concernant les efforts que certaines entreprises commencent à faire pour réduire leur impact, la plupart des citoyens n’en savent rien. Résultat : on a le sentiment que les seules mesures réellement tangibles sont celles qui s’adressent aux individus, qui viennent limiter ou modifier leur comportement, tandis que les actions des entreprises et des industries restent floues ou perçues comme largement insuffisantes ».

« Ce manque de clarté nourrit une suspicion diffuse. D’où la nécessité de mieux expliquer ce qui est fait, ce qui reste à faire, et surtout comment se financent ces transformations. Sans transparence sur ces zones d’ombre, il sera très difficile de construire une adhésion solide à la transition ».

« Sur la question du financement de la transition, c’est très frappant : aucune option ne recueille une majorité. Cela montre bien qu’il n’existe pas de débat structuré sur le sujet, ni d’information suffisante » poursuit Antoine Bristielle. « Aujourd’hui, dans les grands médias, on parle très peu du fond des politiques environnementales. Quand l’environnement apparaît à l’antenne, c’est presque toujours sous l’angle de la catastrophe : une sécheresse exceptionnelle, un incendie massif, un épisode climatique extrême… C’est seulement dans ces moments-là que le sujet réémerge. Mais les discussions approfondies, les explications pédagogiques, les comparaisons de scénarios, elles, sont quasiment absentes. On peut consacrer des heures de débats à l’immigration ou à l’insécurité, et presque rien aux enjeux climatiques. C’est un premier manque majeur ».

« Le deuxième, c’est que beaucoup de mécanismes environnementaux sont décidés à l’échelle européenne, puis transposés en droit français. Et pour le citoyen moyen, ce niveau de décision paraît lointain, technocratique, souvent incompréhensible. Quand on évoque par exemple l’ETS2 ou d’autres dispositifs européens, c’est une véritable langue étrangère pour qui ne suit pas précisément ces questions ».

41% des Européens ne se sentent pas représentés par les défenseurs de l’environnement

L’étude pointe également un décalage sociologique entre les citoyens et ceux qui portent aujourd’hui le discours environnemental. « Beaucoup ne se sentent pas représentés par les défenseurs de l’environnement, non pas parce qu’ils rejettent l’écologie, mais parce qu’ils ne se reconnaissent pas dans le profil milieu urbain, aisé, souvent proche de la gauche radicale, qui porte aujourd’hui ces messages » explique Antoine Bristielle. « Il n’y a pas de rejet du fond, mais une dissonance du porte-voix. » Les fractures territoriales ne portent donc pas sur l’importance accordée au climat, mais sur la manière d’en parler, de le rendre concret, d’en faire un projet collectif.

45% des Français disent qu’ils voteront pour un candidat qui fait de l’écologie une priorité

C’est peut-être là que se loge l’un des enseignements les plus inattendus d’Europulse. « 47% des Européens et 45% des Français disent qu’ils voteront pour un candidat qui fait de l’écologie une priorité. Pas une option, une priorité. » Ce chiffre, Antoine Bristielle l’avoue, l’a lui-même surpris. « Cela montre bien que l’environnement n’est pas un thème périphérique. C’est une véritable priorité, un sujet de préoccupation qui ne flotte pas vaguement dans l’air mais qui peut peser concrètement sur les choix électoraux ».

45% des Français manifestent leur volonté de voter aux prochaines élections pour un candidat que ferait de l’écologie une priorité. En Espagne, ils sont prêts de 58%. Europulse 2025

« Ce constat est en total décalage avec le débat public actuel en France. Dans cette pré-campagne des municipales, on entend des prises de position très prudentes, voire frileuses » observe Antoine Bristielle. « Pour en discuter régulièrement avec des maires et des futurs candidats, je vois bien leur état d’esprit. Beaucoup sont presque paniqués. Ils ont l’impression que l’environnement est un sujet explosif, trop complexe, potentiellement mal perçu par leur électorat. Résultat : ils reculent, ils édulcorent, ils n’osent plus proposer de mesures ambitieuses. Pourtant, les données montrent très clairement qu’il n’y a pas de “backlash” écologique ».

« La demande de politiques environnementales plus fortes est toujours solide et majoritaire. Il y a un vrai besoin d’information pour rappeler cette réalité aux responsables politiques »

Au fond, les citoyens ne demandent qu’une chose que l’écologie redevienne un projet collectif, compréhensible et équitable. « La clé, c’est la justice. La justice entre citoyens, et la justice entre citoyens et entreprises. Si l’on veut que la transition fonctionne, elle doit d’abord être perçue comme juste. »

Quand la permaentreprise rencontre la robustesse du vivant : comprendre les synergies

C’est l’histoire d’une rencontre. Celle de la robustesse et de la permaentreprise. Mais aussi celle de Sylvain Breuzard et d’Olivier Hamant, qui les a conduits à travailler ensemble. En croisant leurs visions, mais aussi leurs regards de biologiste et de dirigeant d’entreprise, ils ont exploré un terrain commun : s’inspirer des principes du vivant pour faire évoluer notre modèle de développement. 

Au-delà des évidences, Sylvain Breuzard et Olivier Hamant ont creusé leurs modèles respectifs, confronté leurs visions et fait émerger des idées mutuellement bénéfiques. De cette coopération fertile est née une série de réflexions qu’ils ont décidé de partager avec un objectif commun : opérationnaliser la robustesse !

Olivier Hamant et Sylvain Breuzard

Le Livre blanc – épisode 1

les fondements de la robustesse et du modèle permaentreprise

Si tu n’es pas encore totalement familier avec les fondements de la robustesse et du modèle permaentreprise, ce 1er épisode devrait t’éclairer. Voici le livre blanc « Quand la permaentreprise rencontre la robustesse – épisode 1 : comprendre les synergies ». 

En quelques slides, ce 1er épisode présente le modèle permaentreprise développé par un chef d’entreprise, de l’autre l’approche de la robustesse inspirée du vivant portée par un biologiste et surtout ce qui les unit au service d’organisations viables dans un futur vivable.


La permaentreprise :
un modèle viable pour un futur vivable

Infographie issue du livre “La permaentreprise : un modèle viable pour un futur vivable” de Sylvain Breuzard

Webinaire GenAct : Dialogue entre Sylvain Breuzard et Olivier Hamant

Le dialogue entre Sylvain Breuzard et Olivier Hamant lors du webinaire organisé par GenAct le 12 novembre est exceptionnellement accessible à toutes et tous en replay. 

Merci à GenAct, la première association qui fédère et développe les compétences de toutes celles et tous ceux qui souhaitent s’engager efficacement pour transformer les entreprises et les organisations dans le cadre des limites planétaires  !

La permaentreprise rencontre la robustesse

Olivier Hamant : Construire la robustesse et ringardiser la performance

Olivier Hamant
Chercheur à l’INRAE, directeur de l’institut Michel Serres, auteur de « La 3ème voie du vivant » et « Antidote au culte de la performance »

Olivier Hamant est chercheur à l’INRAE, directeur de l’institut Michel Serres et auteur de « La 3ème voie du vivant » et « Antidote au culte de la performance »

Une sélection de 100 posts sur LinkedIn pour Construire La Robustesse et ringardiser la performance

La raison d’être de norsys

Durant l’année 2018, norsys s’est questionné à propos du sens profond que l’entreprise donne à son activité, la manière dont elle définit son utilité afin de trouver son repère, sa raison d’être : 

  • Si notre entreprise disparaissait, qui le regretterait vraiment ? 
  • A quels clients et acteurs de la société civile manquera-t-elle le plus et pourquoi ? 
  • Combien de temps faudra-t-il pour qu’un concurrent comble le vide qu’elle laisserait ?

​En s’interrogeant autour de ces trois grandes réflexions, norsys a traduit sa raison d’être en une phrase manifeste ancrée sur le parcours de 25 ans de l’entreprise, tout en faisant émerger de nouveaux projets :

“ Concevoir avec une préoccupation humaine et éthique des usages du numérique efficaces afin de contribuer à l’évolution positive du monde ”.  

La raison d’être n’est ni un slogan publicitaire, ni une baseline commerciale ; elle définit une entreprise de la manière la plus fondamentale possible, à travers le sens profond qu’elle donne à son activité et la manière dont elle définit son utilité pour le monde.

Les premiers impacts de la raison d’être : 

  • Modification des statuts de l’entreprise  
  • Alignement de la mission de la fondation norsys sur la raison d’être : préserver la planète et réduire les injustices sociales
  • Création d’un conseil d’éthique  
  • Lancement d’un projet visant la neutralité en carbone de norsys  

Voir le dernier rapport Performance Globale