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Baromètre de confiance envers les fruits et légumes frais

Avec + 4,9 % d’après l’INSEE, l’inflation des produits de la vie courante s’est poursuivie en 2023, entraînant des changements durables dans le comportement d’achat des Français depuis 2 ans. A l’occasion du Salon international de l’agriculture (SIA), Interfel, l’Interprofession des fruits et légumes frais et FranceAgriMer ont présenté les résultats du baromètre de confiance 2023 envers les fruits et légumes frais. Cette enquête annuelle depuis 2014 permet de mesurer et suivre l’évolution de la confiance des consommateurs français vis-à-vis des fruits et légumes frais.

Ce baromètre, issu d’une enquête on-line réalisée par l’institut CSA, a pour objectifs de comprendre quelles sont les sources d’inquiétudes et quels sont les leviers de confiance associés à la consommation de fruits et légumes frais, et de mesurer l’impact de l’actualité autour de la filière sur la perception et les comportements d’achat des Français.

Dans ce but, une peu plus de 1 000 individus, âgés de 18 ans et plus, représentatifs de la population française ont été interrogés du 23 novembre au 1er décembre 2023.

Une confiance bien ancrée à l’égard des fruits et légumes frais

Auprès des Français, les produits frais se maintiennent en première position (96 % de confiance au sein de l’univers alimentaire – devant les produits surgelés (88 %), les conserves (86 %) et les plats cuisinés (56 %).

En 2023, 94 % des Français indiquent avoir confiance dans les fruits et légumes frais ; un indicateur de confiance qui reste stable pour la 4e année consécutive et positionne les fruits et légumes au même niveau que le pain.

Cette confiance repose essentiellement sur l’origine des produits, 1er facteur de réassurance cité spontanément par 3 Français sur 10 (30 %), suivi par l’aspect des produits (26 %) et enfin la maîtrise de l’approvisionnement (21 %) – achat chez des acteurs jugés de confiance ou encore achat de produits de saison…

Comme pour l’indicateur de confiance, la satisfaction globale envers les fruits et légumes se maintient à un niveau élevé (82 %).

TOP 5 des acteurs de confiance pour s’informer sur les fruits et légumes frais

Le TOP 5 des acteurs de confiance reste identique par rapport à 2022 :

  • 1er : les associations de consommateurs, historiquement en tête ;
  • 2e : les professionnels de santé, la famille/les amis et les primeurs/commerçants ;
  • 3e : Les agriculteurs (ex aequo avec les scientifiques).

Contexte inflationniste : les Français davantage attentifs au prix

On note une attention accrue au niveau du prix des fruits et légumes, positionnant à nouveau ce critère au 2e rang des critères d’achat, avec 44% (+ 13 points en 2 ans) des Français qui le considèrent comme déterminant dans leur acte d’achat, derrière la saisonnalité et la provenance ou l’origine du produit. Malgré ce contexte, les Français restent fortement attachés à la consommation de fruits et légumes : 85% indiquent que « manger au moins 5 portions de fruits et légumes par jour est essentiel ou important ».
 

Inflation et « Glissement de gamme » : une attention plus marquée sur le prix des fruits et légumes

Pour maîtriser leur budget, les Français maintiennent leurs actions mises en place depuis 2022. En effet, 70 % (+4 points) des Français indiquent comparer davantage les prix des fruits et légumes entre et au sein d’un même point de vente.

Autre stratégie, les Français opèrent ce que l’on appelle un « glissement de gamme », en achetant moins de fruits et légumes avec des logos ou labels ou d’origine France ou locale (50 %, stable par rapport à 2022).

Enfin, 47 % indiquent également acheter davantage de fruits et légumes qu’ils considèrent de saison.

Les critères de choix auxquels les Français prêtent attention lorsqu’ils achètent des fruits et légumes frais

Les jeunes français plus sensibles à la thématique du changement climatique

Les Français prennent conscience de l’impact du changement climatique à plus long terme : en effet, 9 Français sur 10 pensent que notre alimentation va changer dans le futur en raison de ce phénomène, dont 60 % fortement et 21 % très fortement.

Ce résultat est encore plus élevé chez les jeunes âgés de 18 à 24 ans : 73 % pensent qu’elle changera fortement et, 40 %, très fortement. Ainsi, 61 % des Français se disent prêts à consommer davantage d’aliments d’origine végétale en raison du changement climatique, avec une prédominance chez les jeunes de 18-24 ans (82 %) et 25-34 ans (77 %).

En conclusion, cette 10e édition du baromètre de confiance montre à quel point les Français gardent un très bon niveau de confiance, une très forte satisfaction et un fort attachement envers les fruits et légumes frais ; en atteste la part élevée de Français pour qui il est important d’en consommer au moins 5 quotidiennement. Et, pour continuer d’en consommer dans un contexte d’inflation globale, les Français adoptent des comportements stratégiques d’achat.

Baromètre de confiance fruits et légumes frais
Synthèse d’étude réalisée sur les données de l’enquête 2023


Source : Baromètre de confiance envers les fruits et légumes frais, enquête menée par l’institut CSA auprès d’un échantillon de 1 006 individus représentatifs de la population française (23 novembre au 1er décembre 2023) pour FranceAgriMer et Interfel.


Injecter le biométhane issu des stations d’épuration urbaines dans le réseau de gaz

Le Synteau, avec la Banque des Territoires, GRDF, AMORCE, FNCCR, FP2E et ATEE Club Biogaz, publie un guide technique sur l’injection de biométhane produit à partir des boues de stations d’épuration urbaines (STEU). Son objectif est d’accompagner les décideurs à chaque étape d’un projet d’exploitation. Il s’appuie sur un retour d’expérience de 10 ans réalisé auprès de 35 maîtres d’ouvrage d’unités de méthanisation stations d’épuration urbaines (STEU) en injection. Les enseignements tirés nourrissent la description des problématiques auxquelles sont confrontés les porteurs de projet, autant économiques, règlementaires, qu’environnementales. C’est un outil de développement de ces installations au bénéfice de la transformation écologique des territoires.

Nîmes – Eau de Nîmes Métropole – ©Veolia

Un guide technique pour les acteurs-clés de la filière

Ce rapport est destiné à tous les acteurs concernés par la filière biométhane mais s’adresse particulièrement aux collectivités, maîtres d’ouvrages sur les évolutions de leurs stations d’épuration, ainsi qu’aux institutionnels, en charge de décliner les politiques de développement de projet de décarbonation.

Principe de la méthanisation

Il propose un état des lieux des enseignements sur la méthanisation en injection des stations d’épuration urbaines et se penche sur plusieurs aspects majeurs :

  • cadre règlementaire appliqué aux installations,
  • choix de conception et d’exploitation technique,
  • performance et incidents d’exploitations, structurations contractuelles les plus fréquentes,
  • financement,
  • perspectives d’optimisation et d’innovation des sites.
Station d’épuration de Bourges Plus © Yannick Pirot

Un outil pour atteindre des objectifs d’économie circulaire, énergétiques et environnementaux des territoires

La production de biométhane à partir des boues des STEU permet de produire une énergie renouvelable locale et de diminuer les émissions de gaz à effet de serre. Elle s’inscrit dans un modèle d’économie circulaire et contribue à l’atteinte de la neutralité carbone en 2050. Il s’agit donc d’une mesure clé dans la mise place d’un Plan Climat Air Energie Territorial (PCAET), devenu obligatoire pour toutes intercommunalités de plus de 20 000 habitants. D’autant plus qu’elle permet de réduire le volume de boues produites de 25 à 40 %, ce qui contribue à réduire le coût du service d’assainissement pour la collectivité.

Mulhouse Sausheim – UVE/Méthanisation – ©Baudoin/SUEZ

Au-delà des enjeux liés à l’énergie, à la réduction des émissions de CO2 et à la valorisation des déchets, la méthanisation permet de produire du digestat, un engrais naturel substituable aux engrais chimiques. Celui-ci peut être épandu sur les terres agricoles ou composté, lorsque la qualité des boues le permet.

Quelques chiffres sur le développement de la filière

Évolution de l’injection biométhane issu de STEU en France depuis 2016, état au 1er janvier 2024

En janvier 2024, 47 stations d’épuration urbaines injectent du biométhane dans le réseau de distributon de gaz, soit cinq fois plus de sites qu’en 2018. Cela représente 565 GWh/an de capacité installée, soit l’équivalent de la consommation en chauffage et en eau chaude sanitaire de plus de 77 400 logements1 ou de 2 260 bus2 roulant au BioGNV. La capacité de biométhane injecté pourrait doubler d’ici à 2030 et atteindre 1 TWh supplémentaire grâce au potentiel mobilisable sur une centaine de stations d’épuration.

Les chiffres clés au 01/01/2024 du biométhane en station de traitement d’eaux urbaines en France
  1. Consommation moyenne d’une maison bien isolée (construite après 2006) de 120 m2 de 4 habitants : 7,3 MWh/an (Selectra) ↩︎
  2. Consomma�on moyenne d’un bus : 250 MWh/an (ADEME) ↩︎
STEU d’Aubenas – ©Stereau

AGIR avec …

Le Synteau est le syndicat national des entreprises du traitement de l’eau et représente l’expertise technique en matière de réalisation d’installations de production de biométhane sur les stations d’épuration. Il rassemble 25 adhérents spécialisés dans la conception et la construction d’installations de traitement de l’eau et de gestion des boues issues des effluents urbains et industriels. Il est l’interlocuteur des services de l’Etat et œuvre pour favoriser les évolutions techniques pour des installations plus performantes et s’inscrivant dans l’économie circulaire.

Aquagir : le collectif des acteurs de l’eau

Afin d’accélérer et de massifier les projets de gestion des eaux dans les territoires, l’ANEB, la Banque des Territoires, le BRGM, le Cercle Français de l’eau, France Water Team et l’UIE (Union des Industries et Entreprises de l’Eau) créent le collectif aquagir

Élu(e)s pour agir ? Rejoignez le réseau Ademe !

Gilles Pérole est adjoint au maire de Mouans-Sartoux (06) depuis 30 ans, délégué à l’enfance, l’éducation et l’alimentation. Grâce à son action, l’impact carbone de l’alimentation des habitants de sa commune a baissé de 20 %. Membre actif de plusieurs réseaux, il connaît d’expérience la force du collectif et témoigne de la réussite de sa démarche. Aujourd’hui, il appelle les élu(e)s de France à accélérer la transition écologique : « Rejoignez le Réseau ADEME Élus pour agir » !

À Mouans-Sartoux, on mange deux fois plus bio que la moyenne française

« Il n’y a pas de temps à perdre » dit Gilles Pérole. L’adjoint au maire de Mouans-Sartoux, une ville de 10 000 habitants dans les Alpes Maritimes (06), nous rappelle que « changer son alimentation et les modes de production » est une solution simple et efficace pour lutter contre le réchauffement climatique.

La transition alimentaire représente 25 % des solutions pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris… sans investissement massif à réaliser en amont !

À Mouans-Sartoux, les habitants ont diminué de 20 % en moyenne l’impact carbone de leur alimentation ; les plus motivés allant même jusqu’à 42 %, comme l’indique une étude scientifique de l’Université Côte d’Azur en 2023. « Depuis 2012, nous avons une cantine 100 % bio, dont 96 % des légumes proviennent de la ferme municipale » explique Gilles Pérole. « La cantine produit 1 100 repas par jour et les agriculteurs de la ferme municipale sont salariés par la commune ».

Les 20 et 21 juin 2024, Mouans-Sartoux accueillera les premières rencontres des fermes municipales de France : il y en a désormais 90 !

La recette du succès : la volonté, les moyens… et le réseau

« Je crois beaucoup à l’échange de pratiques entre élus, techniciens et collectivités »

Depuis 2018, l’élu a échangé avec plus de 750 collectivités sur leurs projets alimentaires et participé activement au développement du réseau Biocanteens avec 9 collectivités européennes. Le but : essaimer des cantines scolaires 100 % bio partout en Europe.

Pendant 2 ans, dans le cadre du réseau « Cantines Durables-Territoires Engagés », la ville de Mouans-Sartoux a accompagné 7 collectivités dans le déploiement d’une politique alimentaire territoriale respectueuse de l’environnement et de la santé des citoyens.

DIPLÔME D’ÉTABLISSEMENT
Chef de projet en alimentation durable
Option collectivité territoriale

« Nous avons aussi créé en 2016 un diplôme universitaire pour former des chefs de projets en alimentation durable avec l’Université Côte d’Azur ». Et ça marche ! 112 collectivités ont déjà formé leurs agents avec ce diplôme.

« J’invite les collectivités à rejoindre le Réseau Élus pour agir

Ce club servira à échanger nos bonnes pratiques,

c’est une réponse incontournable à l’urgence écologique ».

Gilles Pérole
Aménagez votre territoire : Intégrez les enjeux de la transition écologique sur votre territoire et projetez le ainsi dans le monde de demain.

Le réseau « Élus pour agir »

C’est un réseau opéré par l’ADEME et destiné aux élus de communes, d’EPCI, de Départements et de Régions. Objectif : donner au plus grand nombre les clés de compréhension et de passage à l’action sur les sujets de la transition écologique et énergétique sur leur territoire.

Présentation du programme Territoire Engagé Transition Écologique

12 mars 2024 : 1er événement Élus pour agir !

Un webinaire en présence de nombreux invités et des événements dans chaque région. Pour rejoindre ce réseau qui compte déjà plus de 1 300 membres, inscrivez-vous ici !

En savoir plus

Quand les agriculteurs s’impliquent dans les énergies renouvelables

Quand agriculteurs et riverains d’un territoire s’associent pour développer des projets d’énergie renouvelables, les résultats ne se font pas attendre. L’énergie partagée citoyenne, c’est ça ! L’Ademe a interrogé Marc Mossalgue, responsable communication d’Énergie Partagée et Alain Cholet, agriculteur dans le Maine et Loire, pour en savoir plus.

Énergie Partagée, c’est quoi ?

Énergie Partagée fédère et accompagne les acteurs de l’énergie citoyenne en France. ​​Cette dynamique existait déjà outre-Rhin et au Danemark lorsqu’elle est arrivée en 2010 en France. « Nous sommes passés de zéro à 350 projets en une dizaine d’années » explique Marc Mossalgue, responsable communication du mouvement. Par « projets », comprenez des installations photovoltaïques, mais aussi des parcs éoliens, des méthaniseurs, des chaufferies bois et un peu d’hydroélectrique, tout ça pour produire de l’électricité et de la chaleur renouvelables.

« Le photovoltaïque l’emporte en nombre mais pas en production, car ce qui produit le plus, c’est l’éolien » précise Marc. Aujourd’hui, le mouvement Énergie Partagée compte 40 salariés qui accompagnent différents projets citoyens, même les plus complexes.

Canopée agricole TSE à Brouchy (Somme), dotée d’un système d’irrigation innovant – crédit photo TSE

Nous encourageons le développement des énergies renouvelables de façon locale, avec les habitants, les collectivités territoriales et tous les acteurs d’un territoire. La transition énergétique doit s’effectuer partout en France et il est impératif que les citoyens s’impliquent, à la fois financièrement et dans la gouvernance.

Marc Mossalgue, Responsable communication d’Énergie Partagée

Comment ? En se constituant en groupements bien sûr ! Depuis sa création, Énergie Partagée a accompagné des projets portés par 828 collectivités et 30 538 actionnaires citoyens.

Photo de groupe des membres du mouvement Energie Partagée avec une banderole et devant une éolienne dans un champ
©Julien Challandes

Les agriculteurs, moteur de la coopération citoyenne

Une part croissante des projets accompagnés par Énergie Partagée implique de près ou de loin des agriculteurs. « C’est quand on arrive sur des projets de grande envergure en milieu rural que les agriculteurs entrent en scène. Ils ont souvent des responsabilités locales et une réelle implication dans la trajectoire de leur territoire » indique Marc. Sur le terrain, ce sont de vrais accélérateurs de projets ! « Les agriculteurs n’ont pas froid aux yeux, ils savent manipuler des investissements lourds avec des sommes importantes et se projeter sur plusieurs années. Ils se connaissent entre eux et sont habitués à travailler ensemble. Quand ils font équipe avec les autres citoyens et les collectivités, les projets vont loin » précise Marc. Les agriculteurs sont là depuis longtemps et pour longtemps. C’est pourquoi ils ne s’engagent que sur des projets qui ont du sens pour eux et pour le territoire. « Ils apportent de la solidité et de la légitimité aux projets d’énergie renouvelable » estime Marc.

UNITe fait le point sur les différentes manières d’envisager le photovoltaïque sur les terres agricoles

Quelles sont les ENR les plus plébiscitées ?

« Il n’y a pas de classement particulier » explique Marc. « Les citoyens choisissent en fonction de leur territoire, de leurs appétences et leurs ressources ». Ainsi, même si le photovoltaïque est la solution la plus facile à mettre en place, certains territoires vont se tourner vers l’éolien, plus lourd à développer. C’est le cas du Maine-et-Loire, où Alain Cholet a participé au déploiement d’un des 3 parcs éoliens citoyens lancés entre 2020 et 2021.

En Dordogne, une ferme pionnière sur le biogaz carburant

Alain Cholet, un agriculteur dans le vent !

Il est aujourd’hui retraité, après toute une vie passée sur l’exploitation agricole familiale (reprise depuis par son frère et son neveu). Mais en 2016, alors qu’il gère plus de 60 vaches laitières et des élevages de lapins, Alain Cholet décide de se lancer dans un nouveau projet avec les citoyens de sa commune à Beaupréau-en-Mauges : la création d’un parc éolien. « Comme tout chef d’entreprise, j’aime relever les défis » explique-t-il. « J’ai découvert le projet lors d’une réunion publique et je me suis rapidement engagé ». Un groupement citoyen, composé à 85 % d’habitants de la commune, se constitue après la réunion pour acheter et prendre la gérance de la construction et exploitation du futur parc. « Il a fallu créer une société, solliciter des juristes, décrocher des soutiens financiers, dont celui d’Énergie Partagée… » énumère Alain. Les discussions avec le développeur angevin, david énergies, durent un an et demi. En 2019, la société est créée et compte 220 actionnaires citoyens possédant 60 % des parts (les 40 % restants allant à une autre société). Coût de l’opération : 12 millions d’euros. En 2021, les 3 éoliennes entrent en service, avec une production moyenne de 23 500 MWh par an, soit l’équivalent la consommation électrique annuelle de 20 000 personnes (hors chauffage et eau chaude sanitaire). L’électricité est revendue à Enercoop à des prix indexés sur l’inflation et les actionnaires citoyens touchent une rémunération supérieure à la rémunération du livret A. « Notre priorité est de rembourser le prêt » précise Alain. « Le succès du projet montre bien que quand on se met ensemble autour de la table, les choses avancent. Les projets citoyens ont un gros potentiel ! ». À bon entendeur.

L’installation agrivoltaïque Sun’Agri de la SEFRA à Étoile-sur-Rhône

Intégrer les ENR dans les territoires : une question d’équilibre

Depuis quelques années, les projets citoyens changent d’échelle. « Sur le solaire par exemple, en complément des toitures classiques, on va progressivement aussi sur des installations autour du foncier agricole » indique Marc. « Il faut donc être extrêmement vigilant pour ne pas mettre en concurrence la production d’énergie et la production agricole ». Energie Partagée soutient ainsi des projets d’installations photovoltaïques sur des hangars agricoles et exploités par des coopératives locales. En témoignent deux inaugurations en mai 2023 dans le Loir-et-Cher : une toiture photovoltaïque de 18kW sur une ferme par Énergies Vendômoises et une autre de 100kW sur un hangar agricole par Blais’Watt. Le mouvement a édicté différentes chartes de bonne conduite sur 3 filières pour encadrer le développement des ENR dans le sens de l’intérêt général. La plus récente encadre ainsi le développement du photovoltaïque au sol, en particulier sur les enjeux agricoles. Quant à la méthanisation, Énergie Partagée encourage les projets qui valorisent les déchets agricoles et biodéchets des collectivités dans un périmètre limité. « On ne veut pas du modèle allemand de giga structures avec des camions sur la route ! » s’exclame Marc. Cette année, un méthaniseur sera mis en service à Blois, porté par 25 agriculteurs avec le soutien d’Energie Partagée.

En savoir plus :


En Occitanie, Voltaïca transforme les hangars agricoles en centrales solaires

Objectif : permettre aux agriculteurs de répondre aux besoins de la transition écologique tout en générant des revenus et en développant leurs exploitations

Voltaica

L’agriculture et les énergies renouvelables – www.pleinchamp.com

Pour un numérique soutenable !

Depuis 2020, l’Arcep collecte auprès des principaux opérateurs télécoms des données sur leur empreinte environnementale, qui ont permis la publication des deux premières éditions de l’enquête annuelle « Pour un numérique soutenable ». Dans une troisième édition, à paraître au début de l’année 2024, figureront également les données collectées auprès des opérateurs de centre de données et des fabricants de terminaux.

L’Arcep met en ligne sa nouvelle décision de collecte de données environnementales, homologuée le 15 février 2024. L’Arcep élargit ainsi sa collecte de données aux équipementiers de réseaux mobiles, en se concentrant sur les principaux types d’équipements constituant un site mobile. Les indicateurs à renseigner concernent notamment :

  • les volumes d’équipements vendus en France ;
  • les émissions de gaz à effet de serre de ces équipements ;
  • les volumes de terres rares et métaux précieux utilisés pour leur fabrication.
L’empreinte carbone du numérique, c’est quoi ?

L’Arcep précise également la collecte de données engagée auprès des opérateurs de communications électroniques, des opérateurs de centres de données et des fabricants de terminaux. En particulier, pour les opérateurs de centres de données, la collecte de données inclura dorénavant des indicateurs portant notamment sur leur emprise au sol ou la quantité de fluides frigorigènes qu’ils émettent dans l’atmosphère.

Ces nouveaux indicateurs ont été définis après une série d’échanges avec les acteurs concernés par la collecte, puis soumis à consultation publique. Une dizaine de contributions ont été reçues. Sont publiés ce jour :

  • la décision de collecte,
  • les questionnaires à renseigner par chaque catégorie d’acteurs,
  • les notices de définition des indicateurs,
  • les réponses reçues à la consultation publique.

L’enquête annuelle « Pour un numérique soutenable », un outil au service du débat public et de la réflexion pour une stratégie bas carbone du numérique

Avec son enquête annuelle « Pour un numérique soutenable », l’Arcep poursuit 4 objectifs :

  • Informer les citoyens, les acteurs publics et l’ensemble des parties prenantes sur les impacts environnementaux du secteur numérique ;
  • Identifier les activités des acteurs économiques susceptibles d’avoir un impact sur l’environnement ;
  • Inciter les acteurs à cibler leurs actions vers les mesures les plus efficaces en matière d’impact environnemental ;
  • Suivre l’évolution de ces indicateurs dans le temps, permettant d’apprécier les effets des actions de protection de l’environnement mises en place par les entreprises et de fournir des éléments pertinents pour l’évaluation des politiques publiques sur le numérique et l’environnement et, en particulier, des actions de l’Autorité en la matière.
La démarche « Pour un numérique soutenable » et les nouveaux pouvoirs de l’Arcep

En juin 2020, l’Arcep a lancé une plateforme de travail « Pour un numérique soutenable », appelant associations, institutions, opérateurs, entreprises du numérique, personnalités intéressées à y contribuer. Après cinq ateliers thématiques et deux « grandes discussions » auxquels 127 participants se sont joints, l’Arcep a publié un rapport d’étape, fruit de ces échanges, et alimenté par 42 contributions écrites d’acteurs participants. Dans ce rapport, le régulateur formulait 11 propositions pour conjuguer développement des usages et réduction de l’empreinte environnementale du numérique, parmi lesquelles figurait la création d’un baromètre environnemental. En 2021, le Gouvernement a confié à l’Arcep la mission de construire un baromètre environnemental portant sur l’ensemble de l’écosystème numérique. La « loi Chaize », visant à renforcer la régulation environnementale du numérique par l’Arcep, a donné de nouveaux pouvoirs à l’Arcep en lui permettant de collecter des données environnementales non seulement auprès des opérateurs de communications électroniques, mais également auprès des fournisseurs de services de communication au public en ligne, des opérateurs de centres de données, des fabricants d’équipements terminaux, des équipementiers de réseaux et des fournisseurs de systèmes d’exploitation.

Pour en savoir plus : Grand dossier « L’empreinte environnementale du numérique »

Documents associés :

A propos de l’Arcep

L’Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse, arbitre expert et neutre au statut d’autorité administrative indépendante, est l’architecte et la gardienne des réseaux d’échanges internet, télécoms fixes, mobiles et postaux en France.

Un nouveau cadre national pour la coexistence du loup et des activités d’élevage

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Les plans nationaux d’action ont déjà permis d’atteindre le seuil de viabilité démographique du loup en France. La population de cette espèce protégée est en croissance dans plusieurs départements et le front de colonisation s’étend. Le nouveau Plan National d’Actions 2024-2029 sur le loup et les activités d’élevage doit permettre de concilier la protection de l’espèce et l’aide à la profession agricole face à la menace de la prédation. Ce plan conforte le dialogue avec l’ensemble des acteurs concernés.

L’Etat a présenté les trois premiers projets de textes d’application du PNA :

  •     Un nouvel arrêté cadre sur les tirs,
  •     Une nouvelle instruction technique aux préfets en matière de gestion de la réponse à la prédation lupine sur les activités d’élevage,
  •     Un nouvel arrêté relatif aux barèmes d’indemnisation des dommages subis par les élevages victimes des prédations par le loup, l’ours et le lynx.

Ces trois textes et le PNA ont été publiés et sont disponibles sur les sites internet du Ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires et du Ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire.

Ressources utiles

En ce qui concerne les tirs de défense, le nouvel arrêté-cadre permet « l’usage des caméras d’observation nocturne« , « supprime l’obligation d’éclairage pour les louvetiers et permet de passer à deux tireurs, voire trois (selon les circonstances locales), pour les tirs de défense simple. »

Considérant la non-protégeabilité des troupeaux, les préfets pourront délivrer désormais, dès la première attaque, des autorisations de tirs de défense aux éleveurs victimes d’attaques lupines.

Enfin, les barèmes d’indemnisation des dommages causés aux élevages par les prédations par le loup, l’ours et le lynx (pertes directes) sont revalorisés par arrêté à hauteur de +33 % pour les ovins et de +25 % pour les caprins.

Le PNA prévoit le financement de plusieurs mesures de recherche dont une étude sur les apports écosystémiques de la présence lupine et sur les nouveaux outils de protection innovants.

Concilier souveraineté alimentaire, transition écologique et préservation de la biodiversité est notre ambition.

La décorrélation entre la croissance du loup et l’évolution d’animaux d’élevage prédatés démontre que ce chemin est possible, si l’on apporte aux éleveurs des solutions de protection efficaces et des moyens de défendre leurs troupeaux.

Christophe Béchu, Ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires

La France apporte son appui dans la procédure engagée par la Commission européenne sur le sujet du reclassement du loup d’espèce « strictement protégée » à espèce « protégée » sur le fondement des données scientifiques qui permettent de caractériser un meilleur état écologique des populations de loup en Europe.

J’ai voulu que le Plan National d’Actions 2024-2029 sur le loup et les activités d’élevage s’ancre pleinement dans le réel.

Réalité scientifique : celle de la conservation de l’espèce qui est désormais assurée.

Réalité vécue par les éleveurs : celle de l’augmentation des attaques de loups qui mettent en danger les activités d’élevage,

Ce PNA est donc un rééquilibrage pour concilier conservation de l’espèce et sauvegarde des activités d’élevage.

Marc Fesneau, Ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire

Nous pouvons nous féliciter d’avoir permis de rétablir la viabilité du loup en France, qui est une espèce protégée.

nous pouvons protéger le loup et sécuriser les éleveurs qui participent à faire vivre nos territoires ruraux. robustes.

Hervé Berville, Secrétaire d’Etat chargé de la Mer et de la Biodiversité

Le portage foncier agricole : levier pour une agriculture en transition ?

Alors que la France entend se doter en 2024 d’une loi en faveur du renouvellement des générations agricoles – duquel dépend notre souveraineté alimentaire, les nouveaux chiffres de Terre de Liens montrent qu’il sera impossible d’endiguer la disparition des fermes et des agriculteur·trices si létat maintient son niveau actuel d’investissement. Telles que programmées, les aides de l’Etat ne couvrent que 0,5% des besoins en installation. Avec le portage foncier agricole, Terre de Liens contribue à dépasser le plafond de terre de l’installation pour de nouveaux agriculteurs.

Agir pour la Biodiversité, un geste Terre à Terre

Bientôt une France sans paysan·nes ?

La colère et le désespoir exprimés avec force lors des mobilisations de janvier pourraient laisser croire que plus personne ne veut être paysan ou paysanne. À quelques jours de l’ouverture du salon de l’agriculture, Terre de Liens bat en brèche l’idée selon laquelle il y aurait une crise des vocations.

Les candidat·es existent, mais un véritable plafond de terre les empêche d’accéder au foncier : l’accès aux terres est un tel parcours du combattant que seul·es 10 à 15 000 d’entre elles·eux s’installent chaque année. Or, il en faudrait 20 à 25 000 pour assurer la relève agricole. En effet, d’ici 2030, un quart des agriculteurs et agricultrices partira à la retraite.

Des paysan·nes sans ferme

La France ne manque pas de terres : 26 millions d’hectares de terres agricoles, soit la moitié du territoire métropolitain. Elle a de quoi nourrir bien plus que sa population. Pourtant notre souveraineté alimentaire est menacée : nous dédions 40% de nos terres à l’exportation, ce qui nous contraint à importer la production de neuf millions d’hectares.

Il est urgent de réorienter notre agriculture pour qu’elle ne soit plus tournée vers l’export et la spéculation mais vers sa fonction première : être nourricière. De nombreux candidat·es portent ce projet mais ils et elles n’arrivent pas à accéder aux terres agricoles : être informé·e qu’une ferme se libère est difficile, le prix de la terre est élevé et la régulation du marché est défaillante.

Des fermes intransmissibles

Un million d’hectares changent de main tous les ans, mais moins de la moitié permet des installations car le reste part à l’agrandissement. Ainsi, en 50 ans, la surface moyenne des fermes a augmenté de 50 hectares. Résultat : des fermes spécialisées, démesurées, fortement mécanisées, qui sont hors de portée financièrement et qui correspondent trop rarement aux projets d’installation et aux demandes de la société.

Le portage foncier est un levier idéal pour l’installation : il permet à des structures d’acquérir des hectares pour les mettre à disposition de celles et ceux qui veulent les travailler sans s’endetter. Le rapport de Terre de Liens montre que certains acteurs du portage foncier recherchent une rentabilité qui aggrave la financiarisation du foncier agricole et qui est incompatible avec la transition agroécologique. Mais à rebours de ces modèles existe un portage des terres agricoles par et pour les citoyen·nes.

Un portage foncier d’intérêt général à portée de budget…

Ce portage foncier d’intérêt général contient des potentialités et externalités positives nombreuses : restructurer les fermes, créer des emplois, dynamiser les territoires, rendre le métier d’agriculteur plus attractif, assurer la fonction nourricière des terres agricoles, et accélérer la transition avec le bail rural environnemental. Autant de raisons qui font du portage foncier un dispositif à accompagner pour prendre à bras le corps la transformation de notre agriculture et le renouvellement des générations. Terre de Liens estime qu’avec 1,4 milliard d’euros par an, le portage foncier permettrait d’installer 7000 personnes de plus, et ainsi d’atteindre 75 % des besoins d’installations chaque année

… mais sous-investi par le gouvernement

Si le président Macron a créé un « fonds Entrepreneurs du vivant » doté de 400 millions d’euros pour renouveler les générations agricoles, seuls 15 % seraient consacrés au portage foncier. Cette enveloppe de 80 millions d’euros sur 10 ans ne permettrait que 43 installations par an sur toute la France… là où le renouvellement des générations, et avec lui notre résilience alimentaire, nécessite l’installation de 10 000 agriculteur·trices supplémentaires par an. Les aides programmées à ce jour ne concernent donc que 0,5% des installations nécessaires.

Les moyens ne sont clairement pas au rendez-vous des ambitions du gouvernement qui a pourtant promis “d’investir dans une alimentation saine, durable et traçable, afin d’accélérer la révolution agricole et alimentaire sur laquelle la France est un pays leader” (France 2030, objectif 6).
Terre de Liens sera particulièrement attentif à ce que la prochaine grande loi agricole, promise en septembre 2022 par E. Macron, et dont l’arrivée devant le parlement devrait intervenir au printemps, apporte des réponses à la hauteur de l’urgence agricole, alimentaire et environnementale à laquelle la France fait face. 

Le portage foncier agricole – Rapport intégral #3 Terre de Liens

A propos de Terre de Liens

Terre de Liens s’appuie sur une dynamique associative et citoyenne qui permet d’acquérir des terres agricoles, d’installer une nouvelle génération paysanne sur des fermes en agriculture biologique. Ces lieux recréent du lien entre paysans et citoyens, tout en favorisant la biodiversité et le respect des sols.

Les prairies et parcours : des systèmes vivants pour la transition agroécologique  

Les prairies naturelles ou permanentes et parcours, riches en biodiversité, présentent de nombreux atouts pour la transition agroécologique. Ils aident les agriculteurs à temporiser les effets du réchauffement climatique, tout en contribuant à valoriser leur production. Ainsi, certains agriculteurs les utilisent dans une démarche respectueuse de l’environnement et du territoire et participent à leur conservation et à leur entretien. Les 28 finalistes locaux du Concours général Agricole des pratiques agro-écologiques – Prairies & parcours seront récompensés lors de la remise des prix au SIA le 28 février 2024.

« L’effondrement de la biodiversité et le changement climatique sont des constats préoccupants. Les prairies naturelles favorisent cette biodiversité, en respectant les insectes et les abeilles de notre territoire. Elles sont résilientes face aux aléas du changement climatique et la sécheresse. Il est essentiel pour les éleveurs de les conserver »

Citation de Daniel DEBRUS – éleveur à Montredon-Labessonnié (81) – l’un des 28 finalistes du concours général des pratiques agro-écologiques, catégorie Prairies parcours.
Prairies et parcours : De quoi parle-t-on ?

Les prairies naturelles ou permanentes, peu ou pas mécanisées, sont pâturées et/ou fauchées pour nourrir le bétail. Les parcours sont des espaces agro-pastoraux valorisés principalement par le pâturage de troupeaux, difficilement cultivables du fait de caractéristiques pédoclimatiques inadaptées.

En France, les prairies permanentes couvrent 7,9 millions d’ha. Elles sont la principale source, avec les surfaces en herbe, de fourrage pour les herbivores (plus de la moitié des cultures fourragères). Les prairies permanentes sont reconnues et protégées par la PAC depuis 1992. Elles figurent dans les cahiers des charges de certains produits labellisés AOP. En effet, le fourrage issu des prairies permanentes a une influence forte sur la qualité gustative et nutritionnelle de la viande et des produits laitiers, tandis que la diversité des espèces végétales a un effet bénéfique sur la santé animale.

Depuis quelques années, certains territoires subissent une pression environnementale intense avec le réchauffement climatique. Très riches en biodiversité floristique, les prairies et parcours présentent des avantages agro-écologiques pour les exploitations agricoles :

  • La diversité des espèces végétales favorise une bonne résilience des prairies face aux aléas climatiques et permet une souplesse d’exploitation à la production agricole.  Elle contribue à la préservation des oiseaux, reptiles, petits mammifères et insectes.
  • Les prairies et parcours ne sont pas retournés, et stockent ainsi de grandes quantités de carbone.
  • Leur biomasse importante et de composition variée procure un fourrage autonome de qualité et flexible dans le temps.
  • La densité d’herbe assure la filtration et l’épuration de l’eau tandis que les nombreuses racines retiennent mieux l’eau : un système efficace pour lutter contre la sécheresse et l’érosion des sols.

Ces prairies et parcours contribuent activement à la préservation écologique de leurs territoires, avec des espèces endémiques locales.

Des agriculteurs récompensés pour leur respect des prairies et parcours au SIA

Les prairies naturelles ou permanentes et les parcours sont essentiels dans une approche agro-écologique pour valoriser la production agricole dans des territoires à forte contraintes environnementales. Des agriculteurs les utilisent et les préservent dans cet objectif, c’est pourquoi ils ont été 140 à participer au Concours Général des Pratiques Agro-écologiques – Prairies et parcours dans 28 territoires en France. Chaque territoire a élu son finaliste, les 28 sont invités au salon international de l’agriculture pour la remise des prix.

Ce concours récompense les pratiques des acteurs des territoires répondant aux enjeux environnementaux, climatiques et agricoles, tout en assurant une production de qualité. Il comprend quatre catégories :

  • 1- Pâturage prioritaire ou exclusif (toutes sections de gradient d’altitude confondues)
  • 2- Fauche prioritaire (en zone de plaine et de piémont)
  • 3- Fauche prioritaire (en zone de montagne)
  • 4- Fauche exclusive (toutes sections de gradient d’altitude confondues)

« En plein mois de mai, quand je viens sur les prairies naturelles de la ferme, je suis toujours frappé par la multitude de couleurs. Je suis conscient que ce ne sont pas les parcelles les plus productives, mais toutes ces couleurs me donnent à imaginer le plaisir de mes brebis d’aller chercher des goûts, des textures et des couleurs différentes, comme si je leur offrais une belle salade composée. Au-delà du visuel, je suis convaincu que cette diversité donne un goût particulier à mon fromage » se réjouit Pierre MONACO, éleveur en Territoire Montagne du Pays Basque, Nouvelle Aquitaine (64).

Les chiffres clés des prairies et des parcours

LES ATOUTS ET CARACTÉRISTIQUES DES PRAIRIES ET PARCOURS EN FRANCE, AU CŒUR DES TERRITOIRES ET AU MENU DES RUMINANTS

Les produits issus du pétrole ont une empreinte carbone plus élevée qu’estimée 

De nouvelles données publiées récemment influencent de manière significative les comparaisons ACV des plastiques issus du carbone renouvelable et des plastiques issus du pétrole brut.

Depuis des années, les experts ACV (Analyse de Cycle de Vie) discutent de la manière de comparer équitablement les produits fabriqués à partir du pétrole brut et ceux fabriqués à partir de la biomasse, du captage et de l’utilisation du carbone (CCU) et du recyclage.

Cependant, un aspect est régulièrement mis en avant: alors que tous les impacts environnementaux possibles de produits innovants fabriqués à base de carbone renouvelable sont scrutés à la loupe, cette évaluation semble moins rigoureuse pour les produits issus du pétrole brut. Pour ces produits fossiles, on applique souvent des valeurs standard qui ne tiennent pas pleinement compte des différences régionales, qui manquent également de granularité et de transparence et qui ne tiennent pas compte d’un certain nombre d’aspects à un niveau de détail aussi poussé que celui qui est exigé pour les produits non fossiles.

Cependant, les deux dernières mises à jour de la base de données suisse ecoinvent, qui sert de base pour de nombreuses ACV européennes, ont commencé à remédier à certains de ces déséquilibres en incluant des données actualisées sur les matières premières fossiles et les matières plastiques. Depuis fin 2023, de nouvelles données sur l’approvisionnement en pétrole brut et en gaz naturel ont été appliquées et considèrent pour la première fois les émissions involontaires de méthane pendant l’extraction et le traitement des ressources fossiles. 

Le logiciel d’analyse du cycle de vie du développement durable des produits (GaBi) s’appuie sur les bases de données ACV les plus robustes au monde

Une autre base de données pertinente développée par Sphera (GaBi) travaille également à la mise à jour de sa base de données en conséquence.


« La version 3.9 d’ecoinvent introduit une révision complète des données sur l’approvisionnement en gaz naturel et en pétrole brut. Plus précisément, cette version comprend une mise à jour des chaînes d’approvisionnement en gaz naturel et en pétrole brut (production, transport à longue distance et distribution régionale) afin de refléter la situation de l’approvisionnement mondial en 2019. La couverture géographique de la base de données est élargie avec des données sur la production de gaz naturel et de pétrole brut dans différents pays et régions. La base de données ecoinvent couvre désormais 90 % de la production mondiale de pétrole brut et près de 80 % de celle de gaz naturel. En outre, la mise à jour introduit des combinaisons de consommation régionale pour le pétrole brut en Amérique du Nord et en Europe, ainsi qu’une offre de gaz naturel nouvelle ou mise à jour dans 44 pays, sur la base de la situation en 2019. »

« Le secteur des produits chimiques est mis à jour afin d’améliorer la représentation des données pour les précurseurs chimiques essentiels et leurs dérivés, tels que les alcènes à chaîne courte (éthylène, propylène, butène et butadiène), les aromatiques monocycliques (benzène, toluène et xylènes [p-, o-, mélangés]), l’oxyde d’éthylène et l’éthylène glycolD’autres mises à jour importantes comprennent l’expansion de la couverture technologique et géographique pour l’éthylène, le propylène, l’hydrogène et le méthanol. Plus précisément, ecoinvent introduit des données pour la Chine, les États-Unis et l’Europe. »


En outre, une collaboration entre l’IFEU, PlasticsEurope et ecoinvent a permis d’améliorer le niveau de désagrégation des données publiées pour le vapocraquage et la production de polyoléfines (PE, PP), de PVC et de PET, ce qui a accru la transparence des données publiées pour ces procédés.

Grâce à ces mises à jour, l’empreinte carbone moyenne du pétrole brut, du gaz naturel et des produits dérivés a augmenté de manière significative. L’empreinte du naphta fossile a presque doublé et celle des matières plastiques de base a augmenté d’environ 30 % (PET 26 %, PE 34 % et PP 30 %).

Il s’agit là d’un premier pas important pour réexaminer en détail les effets du pétrole brut et des matières premières fossiles et les inclure dans les évaluations du cycle de vie, car ils sont la principale cause du changement climatique provoqué par l’homme.

L’impact de ces nouvelles données pour les produits fossiles sera d’autant plus significatif pour les plastiques issus du carbone renouvelable, quand leur empreinte carbone est comparée à celle de produits fossiles. De nombreuses empreintes carbone seront recalculées sur la base des données actualisées et l’on s’attend à ce que les comparaisons antérieures entre les plastiques fossiles et non fossiles évoluent davantage en faveur de ces derniers.

Par exemple, alors que l’empreinte carbone associée à la production de plastiques biosourcés était généralement inférieure de 20 à 30 % à celle des plastiques d’origine fossile, on s’attend désormais à ce que les plastiques biosourcés émettent 40 à 50 % de CO2eq en moins que la production de leurs équivalents d’origine fossile.

Michael Carus, directeur exécutif de RCI, déclare que « La défossilisation de l’industrie chimique est encore plus importante pour la protection du climat qu’on ne le pensait auparavant. L’importance du carbone biosourcé et basé sur le COcapté a été minimisée parce que les données relatives au pétrole brut et au gaz naturel ont été systématiquement sous-estimées. Avec ces nouvelles données, une nouvelle étape a été franchie pour reconnaître l’impact réel de l’utilisation du pétrole sur le climat. Les responsables politiques ont désormais une raison supplémentaire de soutenir plus fermement la transition de l’industrie chimique vers l’abandon du carbone fossile. »

Les résultats devraient avoir un impact significatif sur la politique européenne, qui n’a jusqu’à présent que peu soutenu les alternatives à base de carbone renouvelable. Les produits biosourcés, ainsi que les produits à base de CO2 capté ou recyclés, pourraient jouer un rôle beaucoup plus important dans la politique future, par exemple dans le règlement sur les emballages et les déchets d’emballages (PPWR) et dans le document sur la trajectoire de transition de la Commission européenne pour l’industrie chimique, actuellement en cours de préparation.

Pour bien comprendre ces nouveaux développements et leur implication, la RCI envisage un nouveau projet pour évaluer les empreintes fossiles mises à jour dans ecoinvent avec d’autres grandes bases de données d’ACV comme Gabi et CarbonMinds et étudier les différences et leurs conséquences. Les premiers résultats seraient accessibles pour les membres de la RCI.

La Renewable Carbon Initiative


La RCI regroupe différentes entreprises, institutions et associations qui abordent les défis de la transition vers le carbone renouvelable avec des approches différentes. Les opinions exprimées dans ses communiqués de presse et publicationsne reflètent pas nécessairement les politiques et opinions de tous les membres de la RCI.  L’initiative pour le carbone renouvelable (« Renewable Carbon Initiative », RCI) est un réseau international de plus de 60 entreprises de premier plan qui soutiennent l’accélération de la transition du carbone fossile au carbone renouvelable (biosourcé, basé sur le CO2 et recyclé) pour tous les produits chimiques et matériaux organiques. Les activités de la RCI sont axées autour de publications de rapports scientifiques, de prises de position sur différents sujets, ainsi que sur la défense des intérêts et la collaboration entre parties prenantes. La RCI défend activement l’utilisation du carbone renouvelable comme principe directeur pour l’industrie chimique et les matériaux associés.

www.renewable-carbon-initiative.com

Pour une transition écologique, équitable et solidaire de notre agriculture et de notre alimentation

A loccasion du Salon de l’agriculture, 12 ONG réunies au sein du collectif Cap Nature & Biodiversité dénoncent la volonté de faire de l’écologie le bouc émissaire de la crise agricole, et demandent l’élaboration concertée de solutions associant la protection de l‘agriculture à celle de l’environnement. Parce que  » Une alimentation saine et une production durable ne se feront pas sans la biodiversité « 

En 40 ans, l’Europe a perdu 800 millions d’oiseaux, et la France 800 000 agriculteurs.

Ces deux effondrements démographiques concomitants ont une origine commune. En favorisant les monocultures mécanisées sur des surfaces gigantesques traitées aux pesticides, l’agriculture intensive a en un demi-siècle bouleversé les zones rurales et engendré une profonde crise sociale, économique et écologique.

Pourtant, certains responsables politiques et syndicaux ont opportunément choisi de désigner les normes et les contraintes environnementales comme principales responsables de cette crise, au lieu de remettre en cause les importantes inégalités dans la distribution des aides publiques et la répartition des profits.

Comment garantir à la fois la souveraineté alimentaire de la nation, la sécurité sanitaire des consommateurs et des producteurs, des revenus dignes pour les paysans, le bien-être animal et la sauvegarde des milieux naturels ? Face à ces multiples défis qu’affrontent l’agriculture et l’élevage, la préservation de l’environnement et de la biodiversité, loin d’être un handicap, constitue un atout essentiel.

Plutôt que d’alimenter une mise en opposition stérile et devant l’enchaînement hâtif de régressions environnementales décrétées par le Gouvernement sous la pression de tracteurs téléguidés par les syndicats majoritaires, nos organisations de protection de la nature proposent de réunir l’ensemble des acteurs concernés afin de construire sereinement des solutions innovantes visant à refondre nos systèmes alimentaires, repenser le métier d’agriculteur et restaurer les écosystèmes naturels.

Dans la perspective d’un tel dialogue constructif, nous partageons notre analyse et nos propositions dans le document “Une alimentation saine et une production durable ne se feront pas sans la biodiversité »


Exemple d’engagement de la distribution avec Lidl

« L’avenir, ça se cultive. »

L’enseigne Lidl est présente au Salon International de l’Agriculture pour démontrer son engagement en faveur de la filière agricole. Elle défend un meilleur partage de la valeur et une agriculture plus durable, compatibles avec une offre qualitative vendue au meilleur prix.

Méthanisation : un levier pour l’agroécologie ?

La vue, le bruit ou l’odeur. Tels sont les arguments régulièrement invoqués par les opposants aux projets d’énergies renouvelables tels que les éoliennes ou les unités de méthanisation agricole. Au-delà de ces nuisances redoutées par les riverains, la méthanisation est-elle une chance pour l’agroécologie ? Peut-elle transformer les agriculteurs en énergiculteurs ? De nombreux modèles émergent, entre complexification de l’activité agricole, nouveaux rapports de force et risques de contestation locale. Malgré tout, il existe une ligne de crête qui permettrait aux agriculteurs de tirer leur épingle du jeu, écrivent Aude Dziebowski (Université de Strasbourg), Emmanuel Guillon et Romain Debref (Université de Reims Champagne-Ardenne) et Yves Leroux (Université de Lorraine) pour The Conversation France.

Valoriser nos déchets pour produire du gaz vert : l’enjeu de la méthanisation

La méthanisation est-elle vraiment un levier pour l’agroécologie ?

Aude Dziebowski, Université de Strasbourg; Emmanuel Guillon, Université de Reims Champagne-Ardenne (URCA); Romain Debref, Université de Reims Champagne-Ardenne (URCA) et Yves Leroux, Université de Lorraine

C’est l’un des débouchés industriels de la collecte des biodéchets obligatoire depuis le 1er janvier 2024. Ce sont les agriculteurs qui ont été les premiers pionniers de la méthanisation, qui constitue aujourd’hui un enjeu sociétal, à la croisée de l’économie, du social et de l’environnemental.

L’ouvrage « Idées reçues sur la méthanisation agricole », paru en octobre 2023 au Cavalier Bleu Éditions et dirigé par Aude Dziebowski, Emmanuel Guillon et Philippe Hamman, entreprend de démystifier les idées reçues véhiculées tant par les pro que par les anti méthanisation.

Nous en reproduisons ci-dessous un chapitre. Malgré son intérêt, la méthanisation agricole ne se résume pas à une « énergie verte » et questionne les évolutions des mondes ruraux dans leur globalité. C’est notamment le cas pour l’agroécologie, où la méthanisation est généralement vue comme levier. La réalité, comme souvent, est plus complexe.

L’ouvrage a également fait l’objet d’une présentation lors d’une journée d’étude dédiée, dont une captation est accessible en ligne.


Les articles scellant l’union de la méthanisation avec l’agroécologie se multiplient dans les médias professionnels agricoles (par exemple ici ou ), en même temps que le sujet s’immisce dans les canaux grand public comme la radio et justifie l’émergence de programmes de recherche dédiés, à l’instar de MéthaLAE.

Agroécologie : de quoi parle-t-on ?

D’importants débats épistémologiques demeurent sur la polysémie de l’agroécologie et les conditions de sa mise en œuvre, a fortiori puisque la notion n’embarque pas les mêmes implications selon l’échelle de gouvernance considérée. Au niveau international, la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) décrit l’agroécologie comme :

  • « une solution qui peut contribuer à transformer les systèmes alimentaires en appliquant les principes écologiques à l’agriculture et en veillant à une utilisation régénérative des ressources naturelles et des services écosystémiques, tout en répondant au besoin de systèmes alimentaires socialement équitables. »
  • « L’agroécologie réunit une science, un ensemble de pratiques et un mouvement social : elle se présente maintenant comme un domaine transdisciplinaire qui couvre l’ensemble des dimensions écologique, socio-culturelle, technologique, économique et politique des systèmes alimentaires. »
  • « Les pratiques agroécologiques mettent à profit, préservent et améliorent les processus biologiques et écologiques dans la production agricole, afin de réduire l’utilisation d’intrants commerciaux (combustibles fossiles…) et de constituer des écosystèmes agricoles plus diversifiés, plus résilients et plus productifs »

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Tout en concluant qu’« il n’existe pas de limite claire universellement admise quant à ce qui est agroécologique et ce qui ne l’est pas », la FAO précise ce qu’elle considère comme 13 principes agroécologiques : le recyclage, la réduction des intrants, la santé du sol, la santé et le bien-être animal, la biodiversité, les effets de synergie, la diversification économique, la production conjointe de connaissances autochtones et scientifiques, les valeurs sociales, l’équité, la connectivité, la gouvernance des terres et ressources naturelles, et enfin la participation.


Méthanisation agricole : un nouveau guide WWF en partenariat avec GRDF pour accompagner la durabilité de la filière

Quatre ans après avoir posé les bases de la durabilité de la méthanisation agricole, le WWF France publie une nouvelle étude sous la forme d’un état des lieux critique de l’évolution de cette filière stratégique au cours des dernières années. Réalisée en partenariat avec GRDF et appuyée par plusieurs entretiens et un large éventail de références, celle-ci offre un éclairage sur les défis et les opportunités que représentent son passage à l’échelle soutenable, au regard des quatre axes de travail formulés en 2020. Le travail réalisé résulte en une série de recommandations à destination des acteurs de la filière et des institutions publiques, en particulier des collectivités territoriales d’où émergent des initiatives positives.

Une filière face à des défis et des opportunités

La filière de la méthanisation agricole se trouve aujourd’hui face à des injonctions contradictoires. Elle est confrontée à l’impératif de combiner performance économique et exemplarité, notamment en matière de maîtrise des risques de pollution et d’intégration territoriale. Elle doit également stimuler la transition agroécologique des fermes qui alimentent les unités de méthanisation, alors que certains méthaniseurs sont encore alimentés par des systèmes agricoles intensifs parfois éloignés des modèles les plus vertueux.

Pour répondre à ces enjeux, ce nouveau rapport détaille une série de recommandations. Ces propositions visent à encourager une nouvelle dynamique répondant aux défis socio-environnementaux et soulignent le caractère multifonctionnel de la méthanisation, au-delà de la production de biogaz.

Quatre axes de travail pour analyser l’évolution de la durabilité de la méthanisation agricole

Pour structurer sa réflexion sur l’évolution de la filière depuis 2020, le WWF France s’est appuyé sur les quatre recommandations formulées à la fin du précédent rapport. 

  1. Renforcer un socle commun favorisant le respect des conditions de durabilité
  2. Poursuivre la recherche et les expérimentations
  3. Accompagner la professionnalisation de la filière
  4. Valoriser l’intégration des projets de méthanisation dans leur territoire
Méthanisation agricole : un nouveau guide pour accompagner la durabilité de la filière

D’abord un cas d’étude pour pays émergents

En France, la définition proposée par le ministère de l’Agriculture et de la souveraineté alimentaire converge. Pour les deux instances, l’agroécologie consiste aussi, au-delà de l’intensification des systèmes naturels, à l’intégration de nouvelles technologies innovantes… une orientation high-tech bien loin du modèle de développement socio-économique promu à la genèse de l’agroécologie, dès les années 1970.

En effet, c’est à cette période qu’émergent les premières recherches (par exemple en France en 1983 ou au Canada en 1979) de synergies entre agroécologie et méthanisation. On retrouve plusieurs cas d’études dans les pays en voie de développement, qui sont à la recherche de nouveaux modèles pour s’assurer une autosuffisance alimentaire de qualité et adaptée aux milieux, tout en cherchant à produire leurs propres énergies dans un monde où les pays développés imposent leurs dépendances au pétrole, au charbon et au nucléaire.

À présent, l’agriculteur issu de pays développés s’engage dans cette voie, particulièrement en France. Il se retrouve ainsi au cœur de la transition écologique en cherchant à dégager un équilibre entre ses intérêts économiques et la préservation du milieu naturel.

Le développement d’une filière européenne

En Europe, le recours à la méthanisation répond d’abord à la volonté de produire de l’énergie « verte » et, ensuite, de réduire les émissions de gaz à effet de serre, en particulier pour les méthanisations à base d’effluents. L’usage de l’agroécologie convoque d’autres critères, comme la gestion des adventices (mauvaises herbes) sans produits phytosanitaires, le bouclage des cycles de l’azote et du phosphore, ainsi que l’impact sur la biodiversité. Bien qu’important, ce dernier point reste encore mal compris.

Les synergies requièrent inévitablement de l’espace pour se déployer, tout en reposant sur de nouveaux itinéraires techniques qui peuvent modifier les rotations, à l’image de l’introduction des cultures intermédiaires à vocation énergétique (CIVE), des dates de semis et de récolte, ainsi que les traitements phytosanitaires et fertilisations associés. Une modification spatio-temporelle s’observe sur les paysages, qui affecte la disponibilité des ressources pour la faune et la flore (par exemple, types et périodes de couvert, d’alimentation).

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De fait, le vivant s’adapte plus ou moins facilement à ces nouvelles modalités d’exploitation de l’espace au risque d’influencer les dynamiques des populations (par exemple, répartition, attractivité/ répulsion spécifique, risques de mortalité issue de dates précoces de fauche).

Au-delà de l’aspect écologique, trois opportunités de compétitivité apparaissent, qui instaurent un nouvel équilibre en matière de création de profits, de rentes et de filières face aux pressions exercées par les filières puissantes et stabilisées, comme les coopératives dominantes multinationales financiarisées.

– Premièrement, comme l’a démontré le projet de recherche Métha’Revenus, la production énergétique accorde un complément de revenu et un gain d’autonomie à l’agriculteur. Avec la cogénération, il obtient en plus de la chaleur qui lui permet de sécher sa biomasse à faible coût sur son exploitation (exemple des céréales).

– Deuxièmement, les économies d’intrant se perçoivent aussi en récupérant du digestat (soit la matière obtenue après digestion anaérobie dans un méthaniseur). Les rendements sont améliorés de 20 à 25 % sur les cultures en agriculture biologique (AB) (céréales, prairies), ainsi que la fertilité des sols (davantage de vers de terre et de matières organiques). Elles permettent d’assurer la transition vers l’AB, dont l’objectif est d’atteindre les 25 % de surface agricole si l’on se réfère à la stratégie européenne Farm to Fork. Cependant, son usage se heurte au potentiel de fertilisation en azote et en phosphore qui peut limiter fortement les rendements des sols.

– Troisièmement, les certifications environnementales qui se rattachent à ces initiatives constituent une nouvelle forme de segmentation du marché permettant de capter de nouvelles sources de profit et de gagner en indépendance financière. Il conviendra tout de même de rester prudent car tous ces avantages peuvent inciter à l’intensification de l’agroécologie et engendrer des effets pervers.

Pour bénéficier de ces opportunités, l’agriculteur se doit de complexifier considérablement la gestion de son exploitation à partir de nouvelles compétences  : l’expérimentation et l’apprentissage, individuels ou « de paysans à paysans », deviennent des facteurs clés de réussite.

Ils permettent une résilience singulière de chaque exploitation, qui devient plus agile pour faire face aux anticipations et répondre aux pressions systémiques subies. Cela n’est possible que grâce à une réorganisation du travail de l’agriculteur qui aspire à une meilleure qualité de vie. Certes, mais à quel prix ?

Une méthanisation chronophage

Deux craintes omniprésentes dans la culture agricole peuvent s’objectiver avec la mise en œuvre et le suivi d’un projet de méthanisation agricole individuel : le coût et la disponibilité de la main d’œuvre, et la difficulté à se libérer du temps. Si elle peut permettre de gagner du temps sur la conduite de certaines activités (par exemple, la manutention du fumier et du lisier), voire même alléger considérablement la charge de travail des agriculteurs insérés dans des projets collectifs, la méthanisation peut au contraire se révéler chronophage dans le cas de projets individuels, a fortiori s’agissant des éleveurs, puisque sa mise en œuvre exige une vigilance et une disponibilité de tous les instants.

Pris en étau entre la gestion de leur ferme et la maintenance de leur unité de méthanisation, il n’est pas rare que les agriculteurs doivent engager un nouveau salarié à plein temps, dans une dynamique de supervision constante ; ici, la mobilisation du temps de gestion peut être conséquente, alors que certains des bénéfices attendus n’arriveront qu’à moyen/long terme. Cette forme d’agriculture articulée autour des compétences des agriculteurs est « intensive en main d’œuvre » : encore faut-il trouver du personnel qui soit à la fois formé et compétent en matière de méthanisation, un obstacle couramment rencontré dans l’activité agricole.

D’où la nécessité d’apprendre également à s’organiser et travailler en collectif afin d’avoir accès à certaines ressources cruciales, parmi lesquelles l’insertion dans des réseaux d’agriculteurs pour la circulation de connaissances et l’accompagnement rigoureux d’interlocuteurs qualifiés – on pense à la création d’un réseau national de fermes de référence avec l’Association des méthaniseurs de France.

En résumé, ce nouveau modèle de développement se heurte à celui, dominant, qui souhaite conserver ses propres standards en matière de financement, d’assurance, de taille critique acceptable selon le droit de l’environnement. Les enjeux en matière d’innovation sont importants. L’alliance méthanisation et agroécologie, reposant sur des techniques d’expérimentation singulières, de partage d’information communautaire et des innovations sur mesure – incluant high- et low-tech –, se confronte aux institutions financières et juridiques qui prônent la standardisation.

De l’agriculture à l’énergiculture

Il existe cependant un large spectre de profils d’agriculteurs qui évoluent entre deux paradigmes opposés, des modèles alternatifs – non productivistes – jusqu’au modèle d’énergiculture. Dès lors, certains modèles privilégiés en France sont là pour contribuer à la transition énergétique, mais non forcément écologique.

Dans de telles conditions, ceux souhaitant profiter de ces synergies sont à l’heure actuelle en minorité et leurs faibles revenus les rendent inaudibles pour ces institutions. Se pose alors la question de l’intervention des politiques publiques pour contrer cette vision monolithique de la transition.

En effet, le tandem méthanisation-agroécologie porte à la fois des enjeux identitaires, culturels et de territorialité, interrogeant la sphère démocratique. Ce faisant, il s’agit de penser de nouvelles structures de gouvernance décentralisées laissant une place de choix à chacun dans la réappropriation des outils techniques et dans la prise de décision collective en matière de « bonnes trajectoires » de gestion des ressources.

Un cadre multiscalaire permettrait à l’agriculteur de restaurer son image professionnelle et sa relation à la société civile par le biais de son engagement dans la transition écologique.

Le risque de contestation locale

Pour autant, son intégration à échelle micro-locale peut s’avérer à double tranchant : cette visibilité renouvelée peut, dans le cas où son projet de méthanisation devient un objet de politisation contestataire locale, l’exposer à de vives critiques au sein du tissu territorial de proximité, entraîner sa mise au ban et renforcer une solitude professionnelle, une pression réglementaire et socio-environnementale et une défection populaire déjà largement déplorées au sein du monde agricole.

En butte à l’hostilité de certains de leurs pairs et/ou à la contestation citoyenne puisqu’ils façonnent un paysage des énergies renouvelables déjà en proie à une acceptabilité sociale fragile, les agriculteurs engagés dans la méthanisation courent également un risque social.

Des verrous sociotechniques demeurent, qui nous rappellent l’importance de penser toute l’intrication des différentes échelles de gouvernance des pratiques agroécologiques, de l’exploitation au territoire, sans oublier le rôle prégnant des organismes professionnels agricoles (négoces, coopératives, syndicats agricoles, Chambres d’agriculture) et des systèmes alimentaires et énergétiques.

Devant de telles tensions, on assiste à une montée en puissance du lobbying de la part des agriculteurs minoritaires pour faire face aux décisions politiques : des communautés d’intérêt s’organisent en syndicats et réseaux d’agriculteurs (par exemple, le CIVAM de l’Oasis) de manière à créer leurs propres standards et références, et proposer un encadrement technique conforme aux règles de l’agroécologie autour d’un système d’échange adapté (par exemple, approvisionnement contre digestat) pour pallier la hausse des coûts des coproduits et renforcer l’autonomie.

Finalement, cette réappropriation du pouvoir d’agir permet aux agriculteurs investis dans l’agroécologie de renforcer leur modèle productif, de monter en qualité et de trouver une symbiose entre leur environnement et leur activité économique, facilitant leur conversion à une activité plus intégrée (la méthanisation, l’agriculture biologique, etc.) dans laquelle ils sont autonomes et maîtrisent tous les outils… à l’inverse de l’énergiculteur qui, bien qu’initialement animé par une recherche d’autonomie, devient un prestataire de services.

Aude Dziebowski, Doctorante en sociologie des mondes ruraux, Université de Strasbourg; Emmanuel Guillon, , Université de Reims Champagne-Ardenne (URCA); Romain Debref, Maître de conférences, Université de Reims Champagne Ardenne, Université de Reims Champagne-Ardenne (URCA) et Yves Leroux, , Université de Lorraine

Lire aussi :

Au nom du paysage ? Éoliennes, méthaniseurs… pourquoi les projets renouvelables divisent

Pourquoi créer une taxe sur la spéculation financière ?

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Agir pour le climat soutient la mise en place d’une taxe européenne sur les transactions financières dont les recettes serviraient la transformation écologique de notre continent et l’aide aux pays en développement. Vous pouvez vous associer à la campagne d’interpellation du ministre de l’économie et des finances, à la veille de son déplacement à Gand, où il doit retrouver ses homologues européens.

Chacune et chacun de nous paye 20% de TVA sur ses achats quotidiens et même 5,5% pour se nourrir. Au 1er février, le gouvernement a augmenté de 10% la taxe sur l’électricité pour les ménages et les petits commerçants et vient d’annoncer 10 milliards de coupes dans les services publics fondamentaux. Pendant ce temps, les marchés financiers sont à des niveaux jamais vus et les banques continuent de payer 0,0% de taxe sur les achats de produits financiers.

la France doit créer une taxe

sur la spéculation financière

Pour mettre fin à l’injustice fiscale

Plus besoin de supprimer des milliards d’euros dans les services publics, d’augmenter les taxes sur les ménages et petites entreprises et d’imposer l’austérité pour tous, Agir pour le climat a trouvé l’argent magique !

Bruno Le Maire représente la France dans les négociations européennes portant sur les nouvelles ressources financières à dégager pour financer les grands chantiers à mener. La France bloque les négociations au niveau européen pour créer une taxe sur les transactions financières (qui rapporterait près de 60 milliards tous les ans) malgré les demandes répétées de la Commission Européenne.

Le projet de taxe sur les transactions financières (TTF) remonte à septembre 2011 :
une taxe pouvant aller jusqu’à 0,1% pour les transactions sur les titres (actions et obligations) ;
une taxe minime de 0,01% sur les autres produits financiers retenus.

A trois reprises depuis 3 ans, le Parlement européen a demandé la création d’une taxe sur les transactions financières qui pourrait rapporter jusqu’à 60 milliards d’euros chaque année. Allemagne, Belgique, Italie, Espagne… Tous nos grands voisins sont d’accord. La France est le seul pays qui bloque la négociation.

L’Europe bouge et une réelle fenêtre d’opportunité s’est ouverte ! Nous pouvons faire changer la position de la France. Pour cela, nous interpellons aujourd’hui massivement le Ministre de l’économie …

En Europe, nous sommes passés de 5.500 milliards d’euros échangés en 2012 à 7.350 milliards en 2022, sur les principaux indices boursiers. Sur les marchés monétaires, où l’on achète et vend des euros ou des dollars, ce sont plus de 6.500 milliards de dollars qui sont échangés chaque jour. Oui, il n’y a jamais eu autant d’argent sur les marchés financiers… et pourtant, c’est un secteur qui n’est quasiment pas taxé.

Si les marchés financiers culminent, c’est aussi le cas de la richesse des milliardaires et multimillionnaires. L’ascension est vertigineuse : la fortune des 500 Français les plus riches a été multipliée par 12 depuis 1996, dépassant le cap symbolique des 1.000 milliards d’euros en 2022. Contrairement à beaucoup d’entre nous, eux n’ont pas souffert de la pandémie ni de la flambée des prix liée à la guerre en Ukraine, bien au contraire. 

Notre mission est d’interpeller Bruno Le Maire avant la prochaine réunion des ministres des finances européens qui aura lieu entre le 22 et le 24 février. Nous pouvons faire changer la position de la France et enfin obtenir cette taxe sur la spéculation !

Agir pour le climat soutient la mise en place d’une taxe européenne sur les transactions financières dont les recettes serviraient la transformation écologique de notre continent et l’aide aux pays en développement. Le Conseil des ministres de l’économie et des finances de l’Union européenne (Ecofin) du 12 mars et le Conseil des chefs d’État et de gouvernement des 21 et 22 mars sont de nouvelles occasions d’interpeller l’exécutif français sur le sujet via cette plateforme

Fédérer agriculteurs et entreprises pour régénérer notre terre

L’agriculture, c’est 40% des surfaces terrestres et 25% des émissions de gaz à effet de serre. L’agriculture régénératrice permet de séquestrer du carbone dans les sols et de réduire les émissions des exploitations agricoles. Au-delà du carbone, cette agriculture contribue à l’enrichissement de la biodiversité, à un meilleur stockage de l’eau. Elle œuvre aussi pour une alimentation saine et sûre, et des exploitations agricoles soutenables. ReGeneration soutient les agriculteurs engagés dans cette transition vers des modèles durables et résilients, tout en permettant aux entreprises engagées de contribuer à réduire leur empreinte environnementale de manière certifiée, fiable et incontestable.

L’agriculture régénératrice est l’avenir de la planète

A l’instar de l’initiative 4 pour 1000, l’entreprise à mission ReGeneration est convaincue que l’agriculture régénératrice est une solution rapide pour stocker du carbone en grande quantité dans les sols.

Pourquoi l’Initiative « 4 pour 1000 » : les Sols pour la Sécurité Alimentaire et le Climat ?

Déployée à grande échelle, l’agriculture régénératrice répond à 3 enjeux majeurs :

– 1. lutter activement contre le dérèglement climatique,

– 2. construire des exploitations agricoles soutenables et résilientes,

  • – 3. assurer une alimentation saine et sûre en quantité suffisante.

Pour transformer l’agriculture rapidement et massivement, il est nécessaire d’apporter aux agriculteurs qui s’engagent dans ce changement, d’une part, un soutien financier du bon niveau au bon moment et, d’autre part, un accompagnement agronomique dans leurs pratiques culturales.

Agriculteurs : Régénération accompagne et finance la transition de votre exploitation.

De manière à apporter la plus haute valeur aux agriculteurs et à attester de la globalité de l’impact de l’agriculture régénératrice, ReGeneration a élaboré ses propres méthodologies, fondées sur des mesures concrètes

Ces méthodologies, loin des simples modèles, reposent sur des mesures au début de la période d’accompagnement des agriculteurs partenaires, en années 5 et 10, avec des validations intermédiaires.

Mieux que des crédits carbone : elles aboutissent à l’émission de crédits de contribution climatique.

Chaque crédit de contribution climatique inclut un crédit carbone et, au-delà du carbone, comporte les indicateurs d’une dynamique de progrès de la biodiversité et des ressources en eau. Ces crédits, les plus fiables et les plus complets du marché, répondent aux exigences des entreprises engagées pour l’agriculture et le climat.

Entreprises : Au-delà des crédits carbone, investissez dans une contribution climatique durable et mesurable.

Un impact environnemental positif global et incontestable et une contribution de l’entreprise à la reconstruction d’une agriculture locale, durable et souveraine !

Investir dans les Crédits de Contribution Climatique (TripleC) permet, au-delà des simples crédits carbone, d’inclure le stockage du carbone, l’amélioration de la biodiversité et des ressources en eau. Crédits qui reposent sur des méthodologies robustes et des protocoles de mesure rigoureux, sur le terrain.

Une entreprise qui agit sincèrement pour le climat est une entreprise qui met en place des actions traçables et transparentes, dont l’impact est réel et mesurable. À défaut, c’est s’exposer à être taxé de greenwashing et perdre sa crédibilité ; c’est prendre le risque de voir ses clients se détourner et son image de marque se dégrader.

Au-delà de la réduction de leurs émissions, investir dans des crédits carbone est la voie privilégiée par les entreprises engagées pour le climat. Encore faut-il que ces crédits offrent l’assurance d’une contribution réelle au stockage de carbone, mesurable et vérifiable. Car tous les crédits carbone ne se valent pas.

L’intégrité des crédits dans lesquels une entreprise investit est un critère majeur, avant leur prix. Agir sincèrement pour le climat est profitable, non seulement pour la planète, mais aussi pour l’entreprise elle-même, parce que la réalité de son engagement constitue un levier d’attractivité pour les clients et talents.

Il n’y a pas que le carbone dans la vie

Pour une entreprise engagée, agir sincèrement pour le climat, c’est avoir un impact global, au-delà du carbone.

Agir pour la planète, c’est aussi agir pour préserver la biodiversité, les ressources en eau, reconstruire une agriculture durable et une souveraineté alimentaire

ReGeneration

Roots of Tomorrow : un Jeu Vidéo gratuit pour comprendre l’agroécologie

Gamabilis, studio indépendant français, a créé Roots of Tomorrow, un jeu de stratégie dédié aux métiers agricoles. Le joueur a la possibilité de choisir un scénario, correspondant à un type d’exploitations agricoles et de l’animer selon des enjeux économiques, sociétaux et environnementaux. À l’occasion du Salon de l’agriculture 2024, le studio présente le tout nouveau scénario du jeu : un élevage bovin dans le Cantal

Etudiant-e ? Secoue ton campus !

D’après la Consultation Nationale Étudiante 2023, 74% des étudiant·es considèrent la mobilisation et l’action citoyenne comme des solutions efficaces dans la lutte contre le changement climatique. Et vous ? Le RESES s’est saisi des chiffres clés de cette consultation pour mobiliser les étudiant·es sur les sujets qui les préoccupent. Grâce à des affiches, posts et une page qui rassemble tous les outils, conseils et ressources pour passer à l’action. Il est temps de donner au monde étudiant les clés pour secouer leurs campus !

Tu portes des sujets en lien dans ton asso, tu veux motiver les étudiant.es à s’engager ou tu ne te sens pas entendu par ton établissement ?

Cette campagne est faite pour toi !  

La campagne secoue ton campus

Pourquoi c’est important ?

D’après la CNE 2023, 74% des étudiant·es considèrent la mobilisation et l’action citoyenne comme des solutions efficaces dans la lutte contre le changement climatique. Cependant, le principal frein à l’engagement étudiant est le manque de temps (52%). Le monde étudiant est une force essentielle pour construire le monde et faciliter son engagement est crucial pour permettre à ces dernier·ères de se mobiliser pour des causes qui leur semblent justes.

Que faire ?

Le RESES recommande, un aménagement des parcours et des cours pour encourager l’engagement des étudiant·es. Cette valorisation de l’engagement des étudiant·es peut prendre différentes formes : la création d’Unités d’Enseignement ou de crédits ECTS (Système européen de transfert et d’accumulation de crédits) dédiés, l’aménagement de parcours pour les étudiant·es engagé·es, la mise à disposition de moyens (salles, matériels etc.).

Comment ?

Je passe à l’action

Pourquoi c’est important ?

D’après la CNE 2023, seul·es 31% des étudiant·es pensent que le point de restauration de leur établissement prend en compte la transition écologique. Leurs priorités sont l’accès à des produits de saison et/ou locaux (54 %), la réduction  des emballages et du plastique (48 %) et la proposition de produits bios/équitables (35 %). Cela montre que l’engagement écologique des étudiant·es se retrouve dans leurs attentes vis-à-vis de leurs campus et qu’il est important de prendre ces revendications en compte. 

Que faire ?

Pour répondre à ces attentes, le RESES recommande un accompagnement et un financement de la transformation de l’offre alimentaire sur les campus pour qu’elle soit plus durable, saine et accessible à toutes et tous. Les établissements peuvent également créer des cahiers des charges de l’alimentation durable pour le choix des prestataires de restauration privés. 

Comment ?

Je passe à l’action

Pourquoi c’est important ?

D’après la CNE 2023, ​​91% des étudiant·es estiment que leur campus n’agit pas suffisamment pour la transition écologique. Ces chiffres montrent la place majeure qu’accordent les étudiant·es à l’écologie, tant dans leurs attentes vis-à-vis de leurs établissements que dans leurs choix personnels et professionnels. 

Que faire ?

Le RESES recommande en réponse à ces résultats, la généralisation de l’obtention du label DD&RS à l’ensemble des établissements de l’enseignement supérieur afin de garantir une prise en compte de la Transition Écologique sur les campus. L’obtention de ce label permettra de répondre aux attentes des étudiant·es vis-à-vis de leurs campus.

Comment ?

Je passe à l’action

Pourquoi c’est important ?

D’après la CNE 2023, 90% des étudiant·es estiment pertinent qu’une entreprise change de modèle économique pour y intégrer les enjeux écologiques. Les récentes actualités dans les différents forums des métiers et remises de diplôme montrent les attentes des étudiant·es vis-à -vis des entreprises et de leur insertion professionnelle. Les établissements du supérieur se doivent d’écouter ces aspirations et d’intégrer ces attentes. 

Que faire ?

Le RESES recommande donc le développement de chartes partenariales encadrant et valorisant les structures vertueuses pour l’environnement et de l’ESS au sein  des établissements de l’Enseignement Supérieur. Ces chartes pourront concerner à la fois les partenariats financiers, les partenariats de gouvernance et les partenariats d’insertion. 

Comment ?

Je passe à l’action

Rapport CNE

LE GUIDE DU RESES POUR FAIRE DU PLAIDOYER SUR TON CAMPUS

Pour mener des actions de plaidoyer sur un campus étudiant, voici le guide plaidoyer du RESES :

21 résolutions pour agir en faveur des zones humides, de l’humanité et de la nature

La 14e conférence des pays signataires de la Convention de Bonn pour la protection et la conservation des espèces animales migratrices (COP 14 CMS) s’est tenue du 12 au 17 février 2024 à Samarcande en Ouzbékistan. Elle a rassemblé 2 000 délégués venant de 130 pays. Un plan d’action stratégique pour la protection des espèces migratrices a été adopté à son issue, dressant une liste d’actions jusqu’en 2032 pour tenter d’améliorer la conservation de ces espèces.

Le premier rapport sur l’état des espèces migratrices dans le monde dresse un constat sans appel : une espèce sur cinq serait menacée d’extinction. Pour inverser cette situation, les pays signataires de la Convention de Bonn ont adopté un nouveau plan stratégique pour les espèces migratrices, dont les objectifs doivent guider leurs mesures nationales jusqu’en 2032. En parallèle, de nombreuses espèces en danger ont été inscrites aux annexes de la Convention afin d’interdire leur prélèvement ou d’établir une coopération internationale en vue de leur conservation. Des résolutions marquantes ont aussi été votées sur l’exploitation minière des fonds marins, la conservation du jaguar et les captures accidentelles d’espèces marines.

COP14 – Ce que l’on peut attendre des espèces aquatiques migratrices ?

Les six objectifs du plan stratégique 2024-2032 consistent en :

  • 1 – L’amélioration de l’état de conservation des espèces migratrices,
  • 2 – Le maintien et la restauration des habitats et aires de répartition des espèces migratrices pour favoriser leur connectivité,
  • 3 – L’élimination ou la réduction significative des menaces pesant sur les espèces migratrices,
  • 4 – La mise en œuvre de la CMS s’appuyant sur des connaissances, des capacités et des ressources adéquates,
  • 5 – Le soutien à la mise en œuvre de la CMS par une gouvernance efficace, y compris l’utilisation des meilleures données scientifiques et informations disponibles et le travail en collaboration,
  • 6 – Le renforcement du profil de la CMS et les synergies avec d’autres cadres internationaux pertinents.
COP14 – Que peut-on attendre des oiseaux migrateurs ?

Au cours de la COP14 CMS, la délégation française a annoncé une contribution financière volontaire de 200 000 €, apportée par l’Office français de la biodiversité, aux deux initiatives du Secrétariat de la Convention portant sur la connectivité écologique et le prélèvement illégal d’espèces migratrices.

COP14 – Que peut-on attendre des mammifères terrestres migrateurs ?

La France s’engage pour la préservation de la biodiversité ; au niveau international, avec un financement doublé en faveur de la biodiversité, porté à 1 milliard d’euros d’ici 2025, et au niveau national, avec l’adoption en novembre 2023 de la Stratégie nationale biodiversité 2030 (SNB).

Pour atténuer la pression sur les espèces migratrices, la SNB prévoit notamment une réduction de 50 % de la pollution lumineuse en France d’ici 2030 et le renforcement des trames écologiques, pour améliorer la circulation des espèces.

Crise agricole : analyser les vrais problèmes et éviter les fausses solutions …

Revenus agricoles, haires, jachères, ecophyto… : voici une analyse rapide et, quand c’est pertinent, une « remise en contexte » des principaux arguments avancés par la FNSEA et la Coordination Rurale à la veille du Salon de l’Agriculture. Pour chaque thème, des liens permettent d’aller plus loin vers des documents de référence. C’est le debunk de France Nature Environnement

Crise agricole : que retenir ?

Crise agricole : de graves reculs environnementaux qui ne résoudront pas le problème

Revenus, normes, plan Ecophyto, contrôles, accords de libre-échange… La récente crise agricole a permis de mettre en lumière les nombreux points de tension qui secouent la profession. À la suite des annonces du gouvernement et à l’approche du Salon international de l’agriculture, France Nature Environnement fait le point sur les vrais problèmes et les fausses solutions qui ont été avancées jusqu’à présent.

Revenus agricoles et partage de la valeur

  • Les revendications des agriculteurs sur leur revenu sont légitimes : 18% des membres de ménages agricoles vivaient sous le seuil de pauvreté (contre 13% des membres des ménages ayant des revenus d’activité) (INSEE 2021)
  • Les problèmes réels de rémunération proviennent notamment d’une répartition injuste de la valeur entre producteurs et grande distribution. En 2022, les éleveurs ont perçu 4% de moins sur le prix d’un 1L de lait demi-écrémé qu’en 2021, au profit de la grande distribution (+188%) et de l’industrie agro-alimentaire (+64%).
  • Le modèle agro-industriel actuel et les politiques agricoles et commerciales qui l’accompagnent, entretenues par les gouvernements successifs et la FNSEA (le syndicat majoritaire), broient les agriculteurs et les écosystèmes dont ils dépendent. Cela les rend vulnérables aux crises économiques et géopolitiques : ces 3 dernières années, les coûts de production ont augmenté de 30% à cause des prix de l’énergie, engrais de synthèse, pesticides. Cela concerne principalement l’agriculture industrielle. (INSEE)
  • Pour jouer sur la compétitivité prix des denrées alimentaires envoyées sur les marchés mondiaux, l’agro-industrie profite d’un rapport de force inégalitaire pour baisser les prix des productions agricoles, allant même jusqu’à payer les agriculteurs en dessous des prix de revient (ex : lait) .

Quelles sont les raisons de fond de la crise agricole ?

Un article rédigé pour la Fondation Terre Solidaire par Aurélien Dufour, étudiant à l’Ecole de journalisme de Cannes

Quelles solutions pour assurer un revenu décent aux agriculteurs ?

  • La transparence sur les marges des industries agro-alimentaires et de la grande distribution, et l’encadrement des marges, notamment sur les produits issus de l’agriculture biologique, où la grande distribution augmente ses marges
  • Une application stricte et contrôlée de la loi EGALIM
  • Un plan de soutien à l’agriculture biologique, de 300 millions d’euros
  • Un accompagnement de la transition agroécologique, qui rend les agriculteurs.trices moins dépendants des importations, et donc plus résilients face aux chocs économiques, environnementaux et géopolitiques.

Pour aller plus loin :

Filière laitière : mieux répartir la valeur pour assurer un élevage durable en France (FNH,
2023).

FNH – Fondation pour la Nature et l’Homme

L’heure des comptes pour les supermarchés (RAC, 2023)

RAC – Réseau Action Climat

Simplification des normes

Les principales “normes” mentionnées en environnement ne concernent que l’agriculture industrielle utilisatrice de pesticides (autorisations ICPE ou IOTA, donc seulement les plus grosses exploitations).

Les simplifications qui sont demandées par les agriculteurs.trices sur le terrain sont plutôt sur le volet administratif, pas sur le volet environnemental.

Pour aller plus loin :

Crise agricole : que retenir ?

50 mesures de simplifications nécessaires pour faciliter le redressement des fermes fragilisées (Solidarité Paysans, 2024)

Solidarité Paysans

Mise à l’arrêt du plan Écophyto


C’est un scandale sanitaire, une régression grave pour la santé des citoyen·nes. Gabriel Attal semble oublier que si France Nature Environnement essaye de faire baisser l’utilisation des produits phytosanitaires, c’est parce qu’ils sont cancérogènes (y compris et surtout pour les agriculteur.ices) et une des causes majeures de l’effondrement des populations d’insectes et d’oiseaux.

Pour aller plus loin :

Impacts des produits phytopharmaceutiques sur la biodiversité et les services
écosystémiques (INRAE, 2022)

Schéma général de la contamination de l’environnement par produits phytopharmaceutiques sur la biodiversité et les services écosystémiques
INRAE

Expertise scientifique collective : la diversité végétale, une solution agroécologique pour la protection des cultures, ou comment la biodiversité peut nous permettre de nous passer des pesticides

INRAE

Expertise collective Pesticides et Santé, présomption forte de liens entre exposition aux pesticides et six pathologies pour les professionnels, et présomption forte de liens entre
exposition in utero ou pendant l’enfance et certains cancers. (Inserm, 2021)

INSERM

Réglementation des haies

Depuis 1950, la France a perdu 70% de son bocage. Malgré les politiques de plantation mises en
place, la tendance s’accélère avec 23 500 km de linéaire qui disparaissent chaque année.

Les annonces de la FNSEA et du gouvernement mentionnant 14 réglementations qui pèseraient
sur les agriculteurs est trompeuse
: c’est la même chose que de dire qu’à une intersection routière, on est face à un feu rouge, un stop, un passage à niveaux et un cédez-le-passage ! Il y a différentes règles qui s’appliquent dans des cas précis (par exemple, si on est dans une aire de captage d’eau, en zone Natura2000, à proximité d’un site classé…) mais qui ne se superposent jamais toutes ensemble.

Zones humides

50% de la surface des zones humides en France a disparu entre 1960 et 1990. Depuis les années
2000, cette disparition se poursuit à un rythme moins élevé mais qui reste préoccupant. Les zones humides offrent un système naturel efficace de régulation des périodes de sécheresse, les détruire revient à augmenter les besoins en irrigation.

Curage des cours d’eau

Le curage massif est une fausse bonne idée. En effet, un gros curage permet à l’eau de passer
et de s’évacuer plus vite, mais l’eau arrive plus vite en aval et risque d’accentuer les inondations.

Contrôles par les services de l’État et de l’Office français de la biodiversité (OFB)

Les agent·es de l’OFB sont déjà sous le contrôle des préfets et agissent dans le cadre des plans
de contrôle administratif discutés sous leur autorité. Sur le volet judiciaire, ils sont sous
l’autorité du procureur de la République
et il n’est pas possible de les mettre sous l’autorité du
préfet.

Accords de libre-échange

Les accords de libre-échange créent une concurrence entre les agriculteurs et agricultrices du monde entier, dans une logique de marché et de compétitivité prix qui entraîne les prix vers le
bas et donc met une pression sur le revenu agricole.

De plus, ces accords permettent l’arrivée sur les marchés français et européen de denrées
produites avec des pratiques interdites ici
, comme avec des pesticides non autorisés. C’est pourquoi il est nécessaire de revoir les accords de libre-échange, de refuser le Mercosur, et de mettre en place des mesures miroirs.

Jachères

La Politique Agricole Commune européenne (PAC) prévoit une obligation de surfaces d’intérêt écologique pour avoir droit au paiement vert de son premier pilier, dont font partie les jachères.
Remettre en cause les jachères n’est pas pertinent car :

Pour aller plus loin :

Crise alimentaire et guerre en Ukraine:11 questions pour démêler le vrai du faux (FNH, 2022)

FNH

Souveraineté alimentaire

La souveraineté alimentaire est “le droit des peuples à une alimentation saine et culturellement appropriée produite avec des méthodes durables, et le droit des peuples de définir leurs propres systèmes agricoles et alimentaires » (Via Campesina, 1996). Le gouvernement récupère cette notion sous un angle uniquement économique, en cherchant la “compétitivité de la Ferme France” au détriment des conditions de vie des agriculteurs, de la préservation de l’environnement et de la capacité des pays tiers à maintenir leur paysannerie. Quelques éléments essentiels à la souveraineté alimentaire :

  • La préservation des capacités productives dans la durée, et donc la préservation des ressources, de la biodiversité et de la vie des sols et des écosystèmes, soit la transition agroécologique et le soutien à l’agriculture biologique
  • L’arrêt des dépendances aux intrants, pesticides et engrais, à l’alimentation animale importée, à l’énergie. C’est l’agriculture industrielle productiviste qui en est le plus dépendante. Cela rend les agriculteurs vulnérables aux crises économiques et géopolitiques.
  • Un objectif d’autonomie alimentaire du pays par la création de filières locales, notamment sur les protéines végétales, l’arboriculture ou le maraîchage (filières dans lesquelles la France dépend des importations). Cela repose sur la transition de l’élevage, pour mieux allouer les terres, qui servent massivement à l’alimentation animale.
  • La participation des citoyen·nes et des paysan·nes à la définition du système alimentaire
  • Un revenu décent aux paysan·nes
  • La production alimentaire doit être la priorité de la production agricole.
  • Les échanges internationaux, nécessaires, ne doivent pas se faire au détriment des marchés agricoles d’autres pays, notamment de ceux qui ont des paysannes et paysans

Un monde sans argent inspire partage et rencontres …

Un monde sans argent, une idée du Grand Projet MOCICA qui prend vie à Saint-Louis … Si un espace de gratuité peut revêtir plusieurs visages et se décliner sous différents noms, la finalité reste toujours la même : nourrir l’idée d’un monde sans argent et lui donner vie dans nos esprits et dans notre quotidien. Et dans ce domaine, l’association Saint-Louis – Assemblée MOCICA ne manque ni d’idées, ni de créativité, pour faire avancer les principes de gratuité et de partage


Voici un aperçu de quelques-unes des actions menées par ses bénévoles :

La Place de Partage

Un moment unique fait de rencontres et de partages, dans la joie et la convivialité. Grâce à un espace mis à la disposition des habitants, chaque personne qui le souhaite peut venir partager ce qu’elle n’utilise plus, et prendre ce qui lui convient. Des programmes riches et variés s’adressent à tous les goûts et à tous les âges :

👉 Activités pour enfants  
👉 Repas partage  
👉 Ateliers pour les adultes 
👉 Concert d’artistes et spectacles
👉 Stands de vêtements, chaussures, livres, jeux, accessoires, plantes, graines

Ce sont les bénévoles et contributeurs / contributrices qui font avancer l’idée du Grand Projet, parmi lesquels : 

👉 Des ingénieurs du son 
👉 Des artistes et musiciens 
👉 Des commerçants (pâtisseries, boulangeries, institut de beauté, etc.)
👉 Des associations et la ville de Saint-Louis (soutien logistique)

Voici une vidéo, pour vous faire une petite idée : Le marché et la boutique de dons, un évènement des plus généreux !

Place de partage de l’assemblée MOCICA de Saint-Louis

Cet évènement est organisé tous les lundis au Verval, avec quelques dizaines de paniers de fruits et légumes préparés par les bénévoles, puis offerts aux habitants. Et à cette occasion, la boutique de gratuité, ouverte à tou(te)s, permet à chaque habitant de choisir ce qu’il veut, parmi les dons proposés.

Sur cette journée, plusieurs ateliers sont également proposés, comme l’atelier de cuisine, de jardin ou de couture, entre autres :

La journée santé et bien-être !

Une journée dédiée exclusivement à la santé et au bien-être des petits et des grands !
Grâce à la participation de professionnels, tous bénévoles, les habitants profitent d’une variété d’activités de qualité, pour prendre soin d’eux, se détendre et s’amuser. dont voici un petit échantillon très inspirant : 

👉 coiffure et maquillage 
👉 massage ayurvédique 
👉 kiné et ostéopathie pratique cranio-sacrée 
👉 Initiation méditation marmailles 
👉 Art thérapie 
👉 Atelier cercle de partage 
👉 Jeu Day-Dream pour petits et grands 
👉 Jeu de bulles géantes pour petits et grands

L’atelier « jardinage marmailles »

Une activité ludique et pratique pour apprendre aux enfants à jardiner et leur permettre, entre autres, de se responsabiliser, développer leur confiance et apprécier le travail d’équipe et la coopération.  En apprentis jardiniers, les enfants préparent la zone à planter. Après avoir enlevé les pierres sur le terrain, construit et installé leurs bordures, ils ont humidifié la terre. Une fois la terre retournée, ils ont pu planter les boutures de tomates cerises et les œillets. Ils avaient tous hâte de revenir voire grandir leurs bébés plantes.

Et c’est encore eux qui ont préparé les diverses boutures pour qu’ils soient distribués lundi au marché. On vous livre quelques photos de l’aventure :

 » Une histoire qui commence par vous.

Du plus local au plus global, construisons ensemble la société de demain.

Rejoignez le Grand Projet pour un monde libre, équitable et bienveillant. »

L’équipe MOCICA

Chaque personne est unique et possède des talents qui lui sont propres.

 Dans un monde sans argent, le vivant n’est plus réduit à une valeur marchande,
mais élevé dans son potentiel

 pour le bénéfice de tou(te)s !

Loi AGEC : quel bilan ?

L’ONG Reloop, une association internationale engagée dans l’économie circulaire des emballages et la lutte contre la pollution liée aux déchets sauvages via la mise en place de consigne sur les boissons, et l’ensemble des 28 structures co-signataires (dont On est Prêt, Mouvement Impact France, Fondation Tara Océan, EC2027…) présentent leurs recommandations et propositions dans une note “Pour la pleine mise en œuvre de la loi Agec”. 


A l’occasion du 4ème anniversaire de l’adoption de la loi AGEC, les associations environnementales et les acteurs économiques ont souhaité dresser un bilan exhaustif de la loi et de son application. 

La loi Anti-Gaspillage pour une Economie Circulaire (AGEC) entend accélérer le changement de modèle de production et de consommation afin de limiter les déchets et préserver les ressources naturelles, la biodiversité et le climat.

www.ecologie.gouv.fr

En dépit des efforts déployés, les co-auteurs notent des retards persistant dans l’application de certains dispositifs, ce qui fragilise la portée du texte. 


En particulier, les membres de la coalition attirent votre attention sur :

  • Volet réduction : contrairement à l’objectif de réduire de 50% la mise sur le marché de bouteilles en plastique d’ici 2030, les derniers chiffres montrent une augmentation de 4% de ces mises sur le marché en 2022 (par rapport à 2021)
  • Volet réemploi : l’objectif d’atteindre les 5% d’emballages réemployés en 2023 ne semble pas atteint. Le déploiement de la vaisselle réutilisable dans la restauration rapide n’est d’ailleurs pas toujours appliqué. 
  • Sur la consigne : en dépit du cadre légal qui impose l’adoption d’un système de consigne mixte (réemploi et recyclage) en fonction des performances de collecte, le dispositif a été mis de côté par le Gouvernement. Ce retard entrave non seulement nos objectifs de collecte des bouteilles plastique et de canette mais aussi notre capacité à déployer à l’échelle nationale le réemploi et lutter efficacement contre les déchets sauvages. 

L’ensemble de ces acteurs appellent les parlementaires et le gouvernement à prendre les décisions nécessaires pour répondre aux freins identifiés sur chacun de ces volets, et à exploiter pleinement le potentiel de la loi. 

4 ans après, quel bilan pour la réduction des déchets ?

8 études ADEME 2023 sur la collecte et la consigne pour recyclage / réemploi
Le « brand audit” du mouvement Break Free From Plastic met en évidence le lien direct entre volume de produits en plastique mis sur le marché et volume des pollutions : https://brandaudit.breakfreefromplastic.org/

AGIR

Chacun peut contribuer par ses achats (en évitant les emballages en plastique) et ses comportements (en triant pour faciliter le recyclage) à la réduction, la réutilisation et le recyclage des emballages.

En Camargue, une Very’table cuisine végétale créative et gourmande

La tendance végétale s’impose dans la gastronomie française. En 2020, Culina Hortus à Lyon est élu meilleur restaurant végétarien du monde. En 2021, Claire Vallée hisse la cuisine végan au rang des étoiles Michelin. De grands chefs proposent désormais leur carte 100% végétale, de Florent Pietravalle (La Mirande à Avignon) à Thierry Marx (Onor à Paris). Avec 145 restaurants étoilés Michelin proposant un menu végétalien ou végétarien, la France est même le pays le plus « greenstronomique » au monde en 2022. Un phénomène qui ne touche pas uniquement les tables étoilées. A Lunel dans l’Hérault, le chef Matthieu Boulard est d’un de ces nouveaux ambassadeurs de la bistronomie végétale. Avec l’ambition de démocratiser la cuisine végétale en la rendant accessible au plus grand nombre.

Lunel, aux portes de la Camargue. Un vendredi soir. Entre le centre ville et la gendarmerie, la circulation est dense. Il est 18h. Sur les trottoirs, rares sont les piétons à se balader dans ce quartier populaire. Encore moins lorsque le vent hivernal s’engouffre dans les rues plongées dans la pénombre et vous pousse à accélérer le pas. Ici, au croisement des avenues du Général de Gaulle et du Colonel Simon, on ne passe pas à pieds par hasard… C’est pourtant bien ici.

Sur la façade, l’enseigne discrète et scintillante nous indique que nous sommes arrivés au bon endroit : Le Very’table. On frappe à la porte vitrée sur laquelle est accolé un logo « VegOResto ». Un homme d’une trentaine d’années ouvre la porte, tout sourire. « Salut, c’est Matthieu, bienvenue ». L’homme jovial porte un t-shirt noir estampillé Sea Shepherd. « Je vous sers un verre ? ». Au comptoir, Elodie Ciriani-Boulard, la femme de Matthieu, est au téléphone. « Le Very’table bonsoir. Oui… je regarde… Non, désolé pour samedi soir c’est complet ». Elodie esquisse un sourire en parcourant son agenda. Elle se rappelle… Il y a encore deux ans, lorsque le téléphone sonnait, elle devait préciser « Vous connaissez notre cuisine ? C’est une carte entièrement végétale ». « Aujourd’hui, je ne précise plus que l’on est vegan. » Une satisfaction personnelle pour Elodie et Matthieu qui ont opéré une mutation complète de leur restaurant en quelques mois. Autour d’une table, quelques amis boivent un verre avec le couple de restaurateurs. L’occasion d’échanger ensemble sur leur parcours.

Matthieu Boulard et Elodie Ciriani-Boulard proposent une cuisine végane créative et éthique. Photo : DN pour Cdurable

De la restauration traditionnelle en terre camarguaise…

Lorsqu’en 2016 Matthieu reprend le local commercial du restaurant de son ancien patron, il mise sur la cuisine traditionnelle qui a fait la renommée du lieu. Prisé pour son foie gras et ses plats de viande en sauce à base de kangourou ou… de crocodile, le restaurant ne désemplit pas. Le chef, créatif, assure. Les années passent.

… au déclic

Un événement familial va bouleverser les habitudes. « Un jour Matthieu m’appelle », témoigne Elodie, « il me dit, ton fils ne veut pas manger. Je lui ai fait ses nuggets, il n’en veut plus. Il ne veut pas de steak haché. Il ne veut plus manger de viande ». Leïan avait alors 9 ans. Quelques jours auparavant, la petite famille était devant l’écran. Une simple page de pub pour une marque de célèbres nuggets. « Maman, les nuggets ce sont des poulets ? » lui avait alors demandé son fils. Une prise de conscience du petit dernier qui a amené toute la famille a modifier ses habitudes. « Il nous a dit qu’il n’était plus possible pour lui de manger des animaux. Ils étaient, à ses yeux, des amis ». « Nous nous sommes concertés avec Matthieu . Il était évident que nous devions le soutenir dans sa démarche. Nous en discutions déjà ensemble à vrai dire. Du jour au lendemain nous sommes tous passés végétariens, même mon fils aîné ».

« Nul ne peut ignorer le réchauffement climatique, ses conséquences aujourd’hui et la question du bien-être animal. Partant de ce constat, nous sommes devenus végétariens »

Le choix d’une métamorphose heureuse

A partir cet événement familial, tout s’est enchaîné à la maison comme au restaurant. Quand Elodie et Matthieu s’engagent, il n’y a pas de demi-mesure. A la maison, Elodie s’informe toujours plus. « Le passage au tout végétal s’est fait en douceur. Il n’est pas simple de sortir d’un schéma d’alimentation que l’on connaît depuis toujours et nous n’avions que peu de connaissances de la cuisine végétale ». Sur les réseaux sociaux, elle suit sur Instagram les comptes de plusieurs influenceuses véganes comme Mélanie sur Leculdepoule. Elle consulte le site et les livres de l’association L214 qui regorgent de conseils et de recettes. Matthieu s’engage à Sea Shepherd… Puis le couple prend la décision d’adopter un régime alimentaire complètement végétal.

Elodie se forme et devient sommelière, spécialisée en vins naturels et vivants. Elle conçoit une carte qui fait référence « au fil de ses rencontres avec les vignerons et de ses coups de coeur humains et gustatifs ». Certains clients font des kilomètres pour partir avec leurs cartons d’une sélection de vins. C’est le cas de Régis qui toque à la porte. Ce soir en moto, il vient prendre une dizaine de bouteilles. Pour cet amateur d’apéros, la halte s’impose. « J’habite près de Ganges. A chaque fois que je viens dans le secteur pour voir des amis, je m’arrête ici.».

« Les grands changements semblent impossibles au début et inévitables à la fin » Bob Hunter, membre fondateur de Greenpeace

En cuisine, la révolution est en marche. Désormais entrées et desserts sont 100% d’origine végétale. Les plats sont toujours proposés avec l’option viande ou poisson mais la version végane devient centrale. Même dans la liste de burgers qui font la réputation du restaurant, les versions véganes supplantent celles à la viande. « C’était important pour nous d’être cohérents avec notre démarche personnelle » se rappelle Elodie. « A cette époque de transition, nous proposions encore de la viande et du poisson pour nos habitués ». « Cela nous semblait compliqué de faire autrement » confirme Matthieu. A Lunel, au pays de l’abrivado, l’évolution était déjà gonflée.

Une carte 100% végétale renouvelée chaque semaine au rythme des saisons

Avec le temps, il devenait de plus de plus difficile pour Matthieu de continuer à cuisiner avec les odeurs de cuisson des viandes et poissons. Comment concilier leurs valeurs personnelles à la nécessité économique d’un restaurant situé dans une ville comme Lunel ? Ils décident cependant de passer le cap. « Cela a surpris. Nous étions obligés de préciser à chaque réservation que notre carte était désormais 100% végétale ». Cette métamorphose n’a pas été simple dans un premier temps. De nombreux clients habitués des lieux ont été déstabilisés dans leurs habitudes.

Sabrina a découvert la cuisine végétale grâce à ses amis Mathhieu et Elodie.
Sabrina a découvert la cuisine végétale grâce à ses amis Matthieu et Elodie. Photo DN

Pour tenir le choc, ils décidèrent alors de se séparer de la grande salle de restauration pour se recentrer dans un espace plus petit, le bar adjacent. Les premiers mois ont été assez difficiles. Mais avec le temps, et avec un excellent bouche à oreille, le restaurant réussi à passer le cap. Sur Google, les avis des clients sont dithyrambiques. « C’est mérité » se réjouit Sabrina, une amie du couple de restaurateurs. Cette dynamique quadragénaire n’est pas végétarienne. « Moi quant je viens ici, je me régale » confie Sabrina qui a découvert cette cuisine végétale qu’elle ne connaissait pas. Avec un fort apriori, échaudée par ses expériences précédentes. « Tu vois, style, la feuille de salade avec de l’accompagnement à 20 balles, tu la trouves encore dans plein de restos du coin. » « Matthieu, lui, c’est un chef incroyable. Je suis toujours surprise par sa créativité, le mélange de saveurs dans ses plats. Il a beaucoup de talent».

Ce soir c’est complet. Il est 19h30, les premiers clients arrivent. Matthieu rejoint la cuisine, Elodie apporte les cartes.

Au menu sont notamment proposés : Noix de pleurote avec céleri décliné en purée et brunoise, avec sa crème de sésame torréfié, ou le pavé haricot rouge et betterave accompagné de patate douce avec sa réduction d’oignon rouge. Le menu entrée, plat, dessert est à 27 euros. « Pour Matthieu s’est important que sa table reste accessible » explique Elodie. « On l’avait laissé des années à 21 euros. Mais à ce tarif, on ne s’en sortait pas ». Une manière pour eux de ne pas oublier leurs origines modestes. La galère, ils l’ont connu étant jeunes. Aujourd’hui, ils militent pour une démocratisation de la cuisine végétale. Pour qu’elle ne reste pas réservée à une élite.

Bruno un fidèle client du Very’table. Photo DN

« C’est mon restaurant préféré » confie Bruno, client fidèle. « Je reviens chaque semaine avec mon compagnon. C’est jamais la même carte ». Artiste passé par l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts, il a réalisé une fresque colorée sur le mur principal de la nouvelle salle. Sa manière à lui de remercier Elodie et Matthieu pour leur travail. « Je me suis d’abord documenté sur les espèces sauvages emblématiques de la Camargue ». Au mur parmi les espèces représentées, un Guêpier, un huppe fasciée ou une tortue Herman d’Europe. « Une espèce de tortue présente uniquement en Camargue gardoise » précise Bruno. Bien loin des représentations locales de la vie naturelle composée de chevaux et taureaux… « Même si on ne pouvait pas échapper au flamand rose, l’espèce emblématique de notre région ».

La fresque réalisée par Bruno – Photo DN

Ce soir, d’autres clients fidèles sont là. La plupart ne sont pas végétariens comme « 90% des clients qui viennent chez nous » précise Elodie. « Au départ, certains sont arrivés avec beaucoup de préjugés, ils repartent enchantés. Ils reviennent en famille, avec des amis. » Il règne une bonne ambiance dans la salle. Au dessous du slogan « In Tofu we Trust», il y a aussi celles et ceux qui dégustent déjà le dessert. Ce soir un millefeuille de meringue aux clémentines de Corse avec sa mousse mascarpone et grand marnier. « C’est une tuerie » s’extasie une cliente. « Aussi bon que la dernière fois quant il y avait le cheesecake mangue et kiwis ! » C’est tout le sens du travail de Matthieu, celui d’initier par le plaisir des papilles à la cuisine végétale ceux qui en sont éloignés. La présentation des plats, créative et soignée, suscite le plaisir des yeux. L’occasion de redécouvrir pour certains des produits qu’ils ont « détestés » à la cantine comme la betterave qui figure à la carte ce soir. Pour Elodie, qui se définit elle même comme éco-anxieuse, faire ce travail de pédagogie est sa manière d’agir. « Nous voulons initier les gens à la cuisine végétale. Par le plaisir, pour qu’ils puissent prendre conscience que manger sainement, c’est se faire du bien à soi et à la planète ».

Il y aussi des clients végans. Certains font des kilomètres pour venir manger ici. « On a pas beaucoup d’offres sur Montpellier » explique une jeune femme venue avec une amie. « Et c’est souvent de la cuisine rapide style fastfood ouvert le midi uniquement ».

Et demain ? transmettre et former

Il est 23h. La salle se vide. Matthieu sort de cuisine. Autour d’un rhum arrangé maison, il se détend un peu. L’occasion d’interroger le couple sur leur avenir. Matthieu et Elodie ont d’autres projets. « Ouvrir un food-truck pour faire des plats à emporter » résume Elodie. « La cuisine de Matthieu cela nécessite beaucoup d’heures de travail. Ces journées commencent à 6h et s’enchaînent jusqu’à la fin du service du soir. C’est pourquoi nous souhaitons aujourd’hui vendre notre activité ». Pour adopter un autre rythme de vie plus lent et plus proche de la nature. A l’image de la Cheffe Claire Vallée. L’ancienne patronne d’« ONA » (pour « Origine Non Animale »), premier restaurant végan à recevoir une étoile au « Michelin », s’est résignée à le fermer. « Par manque de staff », regrette-t-elle dans son portrait que lui a consacré Libération. « Il y a beaucoup de travail sur chaque assiette, pas mal de préparation ». Dans un secteur déjà en difficultés de recrutement, l’absence de personnel formé à la cuisine végétale est une difficulté supplémentaire. Pour Matthieu, la solution passe par la transmission du savoir-faire. « J’aimerai proposer des cycles de formation à la cuisine végétale aux centres de la région ». En France, le lycée des Métiers Jacques de Romas (Lot-et-Garonne) fait figure d’exception. Il est le premier a proposer une formation complémentaire de un an en Cuisine Végétale. L’Institut Cordon Bleu Paris a créé également son Diplôme d’Alimentation Végétale et Gastronomie. Cette formation de trois mois est dispensée par de grands Chefs sous la direction du Chef Eric Briffard, Meilleur Ouvrier de France en 1994. Il ne reste plus qu’à souhaiter qu’un(e) chef(fe) nouvellement formé(e) fasse le pari de reprendre l’activité du Very’Table à Lunel. Si l’aventure de la cuisine végétale démocratique et créative vous tente, n’hésitez pas à prendre contact avec Matthieu. Le chef garde à coeur de transmettre son savoir et son amour pour la cuisine végétale.

Consultez le site du restaurant Le Very’table.

Le Very’Table est ouvert du mercredi midi au samedi soir. Réservation conseillée au 09 83 55 27 37.

9 avenue du Général de Gaulle 34400 LUNEL

Photo : DN

Nous vous invitons également à consulter la page Instagram du restaurant. Elodie, aussi photographe professionnelle, sublime les plats confectionnés en cuisine par Matthieu :

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L’Occitanie est la région française la plus impactée par le changement climatique selon le GIEC. A Montarnaud, au nord de Montpellier, un laboratoire dédié à la transition écologique est menacé d’expulsion par la mairie. Le maire invoque une application stricte du droit face aux risques d’incendie. Sur place, c’est l’incompréhension parmi les coopérateurs de Macondo et leurs soutiens. Reportage au cœur d’un tiers-lieu emblématique de l’écologie aujourd’hui en sursis.