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La décroissance sauvera-t’elle (tout) le monde ?

« Mais si les Chinois et les Indiens ne font rien, à quoi bon tenter, nous, de réduire notre empreinte carbone ? » Vous avez sans doute déjà entendu une telle idée, listée parmi les douze excuses les plus utilisées pour justifier l’inaction climatique1. Pour les économistes Claudius Gräbner-Radkowitsch (Université de Flensburg) et Birte Strunk (The New School), inciter les pays du Sud à décroître est-ce néocolonial ? Albert Bouffange (Sciences Po Lyon) et ses co-auteurs, pensent que selon les façons de calculer le PIB, concilier croissance et réduction des gaz à effets de serre s’avère plus ou moins réaliste.

Au milieu d’une manifestation contre la réforme des retraites, une pancarte prônant la décroissance. FREDERICK FLORIN/ AFP

Quelle place pour le Sud global dans la décroissance ?

Claudius Gräbner-Radkowitsch, Europa-Universität Flensburg et Birte Strunk, The New School

Le constat est sans appel : les activités humaines sont la principale cause du réchauffement climatique mais aussi d’autres crises environnementales, telles que l’aggravation de la perte de biodiversité. Cependant, la question sur les mesures à prendre pour faire face à ces crises reste elle sujet à débat. Dans les milieux politiques, la solution la plus promue demeure celle la « croissance verte », qui consiste à rendre les activités économiques respectueuses de l’environnement.

Décroissance ou croissance verte ?

Mais l’idée de croissance verte n’implique pas de réduire les activités économiques pour éviter la destruction de l’environnement. Bien au contraire, les économies du monde entier y sont encouragées à poursuivre leur croissance. Les détracteurs du concept de croissance verte soulignent dès lors le succès limité de cette approche, en convoquant pour cela l’évolution de la lutte contre le changement climatique et la perte de biodiversité, ces dernières décennies.

Malgré les efforts déployés depuis les années 1970 en matière de politique climatique mondiale, les émissions continuent d’augmenter de manière exponentielle : comme le montre le Rapport sur les inégalités dans le monde, près de la moitié des émissions historiques ont été émises après 1990. Il semble ainsi que le statu quo actuel, fait de petits changements politiques, d’innovations technologiques ou de modifications du comportement humain ne suffit pas à empêcher la crise climatique et l’effondrement de la biodiversité. Partant de ce constat, le concept de « décroissance » s’impose de plus en plus comme une alternative à la croissance verte, car il constitue une critique plus radicale du paradigme actuel.

Les origines de la décroissance

La décroissance est un discours académique et un mouvement militant qui a émergé à la fin des années 2000 en Europe, en particulier en France. Il a été conceptualisé par des penseurs comme le philosophe André Gorz et l’économiste Serge Latouche, avant d’être popularisé dans le monde anglo-saxon par des chercheurs comme l’économiste Tim Jackson. Ces partisans de la décroissance affirment que l’incapacité à lutter efficacement contre la destruction de l’environnement s’explique en grande partie par le modèle économique mondial actuel, centré sur la croissance économique et le profit. Car ce n’est pas la seule activité « humaine » qui a provoqué le réchauffement de la planète, mais surtout l’activité économique promue par les pays du Nord depuis la révolution industrielle.

À l’origine, cependant, cette critique de la croissance n’était pas toujours liée aux enjeux écologiques. Le mouvement de la décroissance est plutôt né d’une critique du mode de vie occidental, de ses récits de progrès et de développement, et si le volet écologique de cette critique de la croissance a pris de l’ampleur ces dernières années, elle n’était au départ qu’un des nombreux piliers de la critique de la décroissance.

« La seule croissance durable, c’est la décroissance » assure ce pochoir. Paul Sableman, CC BY

Qu’en est-il des pays du Sud ?

Aujourd’hui, la majorité des spécialistes de la décroissance affirment que, puisque les pays du Nord sont responsables de la plupart des dégâts environnementaux sur notre planète, ce sont principalement ces pays qui devraient réduire leur activité économique pour éviter une catastrophe écologique. Mais qu’en est-il des pays du Sud ? La décroissance s’applique-t-elle aussi à eux ? Doivent-ils également « décroître » ? Mais est-ce que cela n’impliquerait pas, alors, une démarche néo-coloniale, où les pays du Nord définissent à nouveau l’ordre du jour du développement mondial ? D’autant plus que certains pays plus pauvres pourraient avoir besoin de croître pour lutter contre la pauvreté. Et si la décroissance ne s’appliquait dès lors qu’au Nord, n’impacterait-elle pas quand même le Sud ? Et ces effets seraient-ils bons ou mauvais pour les habitants des pays les plus pauvres ?

Nous avons voulu trouver des réponses à toutes ces questions et avons pour cela passé en revue la littérature académique sur la décroissance. En partant d’environ 1000 publications sur la décroissance, nous avons abouti à un ensemble de 52 publications qui évoquaient tout à la fois la décroissance et le Sud global. Ironiquement, la majorité d’entre elles était rédigée par des chercheurs du Nord.

Une lecture attentive de ces publications a révélé l’existence d’une série de réponses nuancées à ces questions, que l’on peut grosso modo diviser en deux positions : celles qui soulignent les « défis » qu’il y à à allier les appels à la décroissance et les préoccupations du Sud global, et celles qui en présentent les synergies.

Lorsqu’on se penche, d’abord, sur les défenseurs de la décroissance partisans d’une synergie avec les enjeux des Sud, on retrouve trois arguments principaux. La décroissance serait inspirée par des penseurs du Sud, la décroissance permettrait d’achever la décolonisation des Sud, enfin, la dépendance à l’égard de la croissance serait tout aussi problématique dans les Nord et dans les Sud.


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Des penseurs et mouvements du Sud comme source d’inspiration et comme alliés

Les partisans de la décroissance soulignent souvent que nombre de leurs idées originelles ne proviennent pas des universitaires occidentaux qui ont inventé le terme « décroissance », mais plutôt de voix autochtones, d’universitaires et de mouvements d’activistes des Sud. Sont par exemple cités par l’anthropologue Jason Hickel le philosophe et historien d’origine sri-lankaise Ananda Coomaraswamy, le poète, philosophe et réformateur social bengali Rabindranath Tagore ou les économistes indiens Radhakamal Mukerjee et J.C. Kumarappa.

Bien que ces penseurs n’utilisent pas le terme « décroissance », mais se réfèrent plus fréquemment à des concepts tels que le Sumak kawsay (« ou Buen Vivir ») latino-américain ou l’Ubuntu africain, leurs idées et leurs concepts ont été une source d’inspiration essentielle pour le développement du discours sur la décroissance dans les pays du Nord. C’est cet argument qui est de loin le plus souvent avancé dans la littérature sur la décroissance et le Sud.

La décroissance au Nord comme décolonisation du Sud

Au-delà des similitudes au niveau conceptuel, la décroissance pourrait également fournir une occasion concrète de briser la division inégale du travail à l’échelle mondiale. Dimension visible notamment par l’extraction des ressources principalement effectuée dans le Sud et souvent associée à des coûts sociaux et écologiques considérables.

Vue aérienne d’une mine d’or au Brésil. Tarcisio Schnaider/Shutterstock

Ces matières premières sont ensuite exportées vers le Nord, où elles sont transformées en biens de consommation et souvent revendues au Sud. Cependant, la plupart des bénéfices économiques restent dans les pays déjà riches du Nord. L’argument selon lequel le Nord devrait dès lors « payer pour l’exploitation coloniale passée et présente dans le Sud », pour emprunter les mots du chercheur en écologie politique Federico Demaria et de ses co-auteurs, est au cœur de ce cadrage très typique du discours contemporain sur la décroissance.

La dépendance à l’égard de la croissance est problématique dans le Nord comme dans le Sud

Enfin, plusieurs chercheurs affirment qu’il n’est jamais bon pour un pays de dépendre de la croissance économique pour assurer sa stabilité sociétale, que ce pays soit situé au Nord ou au Sud. Ils soulignent qu’à elle seule, la croissance ne permet pas de sortir de la pauvreté : la distribution des richesses et les institutions sont tout aussi importantes, si ce n’est plus.

Si la décroissance est comprise comme un appel à rendre les économies plus indépendantes de la croissance, c’est-à-dire à rendre les prestations sociales et le bien-être des personnes moins dépendants d’une économie en expansion constante, alors la décroissance dans ce sens pourrait s’appliquer à la fois au Nord et au Sud, « en empêchant les pays du Sud d’être piégés dans l’impasse » à laquelle les économies de croissance conduiraient pour Serge Latouche.

Environ deux tiers des articles sur la décroissance et le Sud global suivent cette vision d’une synergie entre décroissance des Nord et intérêts des Sud. Mais, d’autres chercheurs évoquent eux les défis qu’il y a à lier les deux.

La décroissance est un concept inadapté au Sud

Certains soulignent par exemple que le cadrage et l’orientation théorique de la décroissance appliqués aux Sud ne sont tout simplement pas très attrayants pour ses habitants des pays du Sud.

S’appuyant sur des entretiens avec des universitaires et des activistes du Sud, ces sources affirment que le langage de la décroissance est souvent exclusivement axé sur le contexte du Nord, que ses débats sont trop détachés des luttes concrètes auxquelles les gens sont confrontés dans le Sud, et que le cadre général est trop eurocentré.

Ainsi, même si les mouvements et les universitaires du Sud sont d’accord avec certaines des idées de la décroissance, ils ne veulent pas utiliser son langage. En d’autres termes, le Nord pourrait continuer à apprendre du Sud, mais le Sud a très peu à apprendre de la décroissance en tant que concept, et plutôt que de se présenter comme une alliance naturelle, les chercheurs du Nord et du Sud devraient « renforcer les synergies potentielles, par une reconnaissance affirmée des barrières » soulignent par exemple l’économiste Beatriz Rodríguez Labajos et ses co-auteurs.

Le danger de la décroissance en tant que projet néocolonial

De même, si la décroissance, en tant que concept occidental, était imposée au Sud comme un concept pour tous, il ne s’agirait dès lors d’un projet néocolonial. En outre, les critiques affirment que dans le système économique mondial actuel, la décroissance dans les pays du Sud signifierait que ces pays seraient privés de la voie vers la prospérité que les pays du Nord ont empruntée, souvent sur le dos de ces pays plus pauvres.

De fait, le discours de la décroissance ne prête pas assez attention aux racines coloniales du développement, et ce manque d’attention à l’histoire coloniale représente un défi pour ce mouvement, surtout s’il se revendique comme un projet décolonial.



Le problème des dépendances mondiales

Enfin, il existe des dépendances globales qui provoqueraient des défis pour le Sud si le Nord mettait en œuvre des politiques de décroissance. Ce défi, contrairement aux deux autres, est plus matériel que conceptuel : un nombre important d’individus dans le Sud dépendent d’activités économiques liées aux exportations dans le Nord.

Une réduction de ces activités dans le Nord pourrait dès lors, au moins à court terme, avoir des effets néfastes sur les populations du Sud. Une baisse significative de la demande dans le Nord aurait des répercussions négatives sur de nombreux habitants du Sud, qui tirent leurs revenus de la vente de produits aux clients aisés du Nord.

Un dilemme fondamental pour la décroissance

Ce dernier point, l’interdépendance entre le Nord et le Sud, constitue un dilemme pour la décroissance. Car il peut à la fois être perçu comme une motivation et un obstacle à la décroissance. Pour ses partisans, la solution à ce dilemme ne peut être l’abandon de l’idée de décroissance dans le Nord. Comme ils le soulignent, il est cynique de justifier des schémas d’exploitation par l’argument selon lequel l’arrêt de l’exploitation aggraverait encore la situation des exploités. Mais dans le même temps, ils doivent reconnaître que des réformes institutionnelles non négligeables des systèmes internationaux de commerce, de finance, de politique et de droit sont nécessaires si l’on veut éviter des conséquences indésirables pour les populations du Sud.

Mais le mouvement de la décroissance n’a pas encore discuté concrètement de la forme que pourraient prendre ces réformes institutionnelles mondiales. C’est donc l’une des travaux les plus importants pour les spécialistes de la décroissance que de faire avancer ces débats et de formuler des suggestions viables sur la manière d’aborder efficacement le problème des dépendances structurelles mondiales et de concrétiser la promesse d’un changement radical de système pour le bien de tous les habitants de la planète.


Cet article s’inscrit dans le cadre d’un projet associant The Conversation France et l’AFP audio. Il a bénéficié de l’appui financier du Centre européen de journalisme, dans le cadre du programme « Solutions Journalism Accelerator » soutenu par la Fondation Bill et Melinda Gates. L’AFP et The Conversation France ont conservé leur indépendance éditoriale à chaque étape du projet.


Claudius Gräbner-Radkowitsch, Junior Professor of Pluralist Economics, Europa-Universität Flensburg et Birte Strunk, PhD candidate in economic, The New School

Les émissions de gaz à effet de serre peuvent-elles suivre une trajectoire différente de la croissance économique ? Shutterstock

Une croissance moins polluante ? Encore faut-il savoir ce que l’on entend par croissance…

Albert Bouffange, Sciences Po Lyon; Baptiste Andrieu, Université Grenoble Alpes (UGA); Florence Jany-Catrice, Fondation Maison des Sciences de l’Homme (FMSH) et Pierre-Yves Longaretti, Inria

À mesure que le changement climatique se fait une place dans le débat politique et économique, les discussions se polarisent de plus en plus autour de la possibilité ou non d’un « découplage ». Derrière ce terme, une question simple : la réduction des impacts environnementaux peut-elle avoir lieu en même temps que l’on continue à faire croître les systèmes économiques ? Un récent article de Gregor Semieniuk, économiste à la Banque mondiale en aborde un aspect crucial et sous-discuté : mesurons-nous correctement l’activité économique ?

Le « découplage » est celui de deux courbes, dont on veut savoir si elles peuvent se séparer, voire évoluer, de manière contraire : celle des émissions de gaz à effet de serre, et celle de la croissance économique, c’est-à-dire la variation du produit intérieur brut (PIB) réel : peut-on voir croître la courbe du PIB réel dans le temps, tandis que celle des émissions augmente moins vite (« découplage relatif »), voire baisse (« découplage absolu ») ? On considère ici le PIB réel car il rend les différentes années comparables en tenant compte de l’inflation (contrairement au PIB nominal). C’est toujours le PIB réel dont il est question lorsque l’on manipule des séries temporelles.

Le plus souvent dans le débat sur le découplage, la focale est portée sur la question des émissions de gaz à effet de serre (EGES) ou de l’énergie et donc sur le seul problème climatique. Or, il ne s’agit que d’une seule des neuf limites planétaires identifiées aujourd’hui par la communauté scientifique. Il y a théoriquement autant de débats sur le « découplage » que d’indicateurs environnementaux dont on regarde l’évolution dans le temps : consommation d’énergie, extraction de matière première, empreinte environnementale générale, etc.

Chacun de ces indicateurs environnementaux, il faut le souligner, fait l’objet de questionnements sur la pertinence de la mesure, sur sa fiabilité, sur sa construction. Les scientifiques cherchent à savoir si l’on mesure bien ce que l’on espère mesurer et si les phénomènes sont bien captés par la statistique. Entend-on, par exemple, par émissions d’un pays celles liées à ce qui est produit sur son territoire ou bien à ce qui est consommé par ses habitants, ce qui inclut les émissions liées aux biens importés ?

Le PIB, lui, est à l’inverse toujours pris comme allant de soi. L’usage de cet indicateur reste rarement interrogé. Or, à quel point les séries de PIB donnent-elles une représentation « juste » de nos économies ? Le fait est que lorsque l’on prend en compte l’incertitude statistique liée à la « bonne » mesure de l’activité économique, la marge d’erreur sur l’identification d’un « découplage » augmente. Et avec elle, l’incertitude ou la prise de risque, liée aux stratégies de « croissance verte », par opposition aux paradigmes de sobriété, de post-croissance ou de décroissance. L’article récemment publié par Gregor Semieniuk aborde justement la question de cette manière : mesure-t-on correctement l’activité économique ou, dit autrement, le PIB est-il un indicateur fiable pour cela ?

Des conventions et des erreurs qui se cumulent

On peut identifier différentes étapes critiques dans le calcul du PIB, qui pourraient mener à une incertitude quant à sa valeur dans le cadre du débat sur le découplage. Premièrement se pose la question du périmètre. Au fil du temps, les conventions comptables ont élargi les domaines d’activités dans le calcul, pour des raisons souvent techniques mais aussi sociopolitiques. Par exemple, les activités financières n’ont été ajoutées qu’en 1968 aux recommandations de calcul de comptabilité nationale. Avant cela, elles ne « comptaient » pas dans l’indicateur, car considérées comme improductives. De même en 1977, ce sont les services rendus par les administrations publiques qui ont été incluses au périmètre du PIB, témoignant de changements importants, en particulier dans l’idée que les activités publiques produisent des richesses.

Deuxièmement, certaines productions n’ont pas de prix de marché, et leur valeur est, par convention, associée à leur coût de production. C’est le cas précisément de ces services non marchands fournis par les administrations publiques. Une production assurée par un service public vaut ainsi en général moins que la même production assurée par une entreprise privée, le coût de production étant inférieur au prix de marché, qui intègre, quant à lui, le profit.

Troisièmement, et c’est une étape absolument décisive, on calcule le PIB « réel », aussi appelé « en volume », en le corrigeant de l’évolution des prix pour permettre une analyse dans le temps. En France, l’Insee reste relativement discret sur ses méthodes de calcul de l’inflation. Les biens et services composant le panier sur lequel l’indicateur des prix est construit sont, par exemple, toujours secrets. Cela est notamment l’héritage d’enjeux et de pressions politiques très fortes sur sa valeur : le lecteur ou la lectrice imagineront sans peine l’intérêt que pourrait avoir un gouvernement à mesurer une inflation faible quand les prestations sociales, les pensions ou autres salaires minimums y sont indexés.

La philosophie elle-même du calcul de l’inflation a drastiquement évolué dans le temps, passant d’un indicateur représentatif d’une famille ouvrière « type » de la région parisienne, à un indicateur qui ambitionne de représenter le coût de la vie pour un consommateur « moyen » théorique. Ces conventions ont chacune leur légitimité, mais il faut avoir conscience que l’inflation dans sa définition actuelle mesure une sorte de coût de la vie qui n’est ressenti par personne stricto sensu.

Outre la composition du panier de biens et services, le calcul de l’inflation fait aussi l’objet de conventions quant à la manière de tenir compte de variations dans la composition du panier de biens et services, en particulier les variations de qualité. Les débats sont toujours actifs autour de sa « bonne » mesure, et certaines estimations varient, au niveau international, du simple au double, souvent à la baisse.

Imaginons bien ce que cela représente : si l’inflation est plus forte ou plus basse de X points de pourcentage, alors le PIB déflaté, celui que l’on manipule tous les jours et pour toutes les comparaisons historiques, accuse une erreur dans les mêmes proportions chaque année, et donc de manière cumulative ! Sans même mentionner le problème des prix relatifs qui changent dans le temps et qui modifient sensiblement les valeurs des séries historiques selon le point de référence.

Découplage ou recouplage ? Cela dépend en partie de la définition

Dans cette discussion sur la confiance que l’on peut accorder au PIB dans le débat sur le découplage, les travaux de Gregor Semieniuk sont les premiers, à notre connaissance, à regarder l’impact des différentes définitions du PIB, élaborées au fil du temps, sur les résultats de découplage. L’auteur retrace ainsi les différentes séries de PIB proposées au fil du temps et les « révisions structurelles » adoptées, et qui concernent la méthode de calcul, son périmètre ou l’année de référence pour l’inflation.

La tendance est claire : plus les définitions sont récentes, plus le PIB actuel est élevé, et plus la croissance passée est forte (le graphique présenté plus haut dans l’article, tiré de l’étude de Semieniuk, en donne une illustration pour les définitions de 1978 et de 2018). Cela pose cependant la question redoutable de la « bonne » définition pour se représenter notre histoire économique : celle de 1950 ou celle de 2020 ? Celle de 1950 était assurément jugée plus pertinente à l’époque pour décrire l’économie. Chaque version est heuristique au moment où elle a été élaborée.

Or, les résultats de « découplage » ou de « recouplage » varient grandement selon les séries de PIB utilisées. Avec les définitions récentes, la croissance historique est plus forte qu’avec une définition plus « industrielle » du PIB, et il est donc plus aisé pour la courbe associée de s’écarter de celle des impacts environnementaux. Ce second graphique, tiré aussi de l’étude de Semieniuk, illustre cela avec l’énergie : dans un cas, les statistiques renvoient l’image d’une économie qui a besoin de 50 % de moins d’énergie pour produire une unité de richesse. Dans l’autre, le progrès n’a été que de 30 %. Le seul changement est la définition de l’indicateur de mesure de l’économie – le PIB.

On peut ainsi comparer les différents résultats de « découplage » selon les définitions du PIB dans le temps. En changeant simplement la mesure de l’activité économique, que l’on prend d’habitude pour évidente, Semieniuk transforme pour certains pays des découplages en recouplages, et vice-versa (!). Plus la définition est ancienne, plus les pays passant à la situation de découplage sont nombreux, mais en moyenne ce sont 10 à 30 pays qui passent d’une situation à son opposé en termes de découplage lorsque l’on change la définition du PIB, alors qu’on peut considérer qu’il s’agit là d’un artefact statistique.

Comparer dans le temps et dans l’espace

Un degré supplémentaire de confusion s’ajoute lorsque l’on souhaite comparer différents pays. Idéalement, les séries de PIB doivent être comparables d’un pays à l’autre et ne pas dépendre des différences induites par les monnaies nationales. L’idée est qu’un même PIB par habitant représente un même niveau de vie, c’est-à-dire l’accès à un même ensemble de biens et services « types ». Pour cela, on recourt aux données en « parité de pouvoir d’achat » (PPA), dont la méthodologie est encore plus délicate que celle de la mesure de l’inflation : comment comparer rigoureusement les « pouvoirs d’achat » dans tous les pays du monde, alors que les cultures de consommation sont peu comparables ?

À nouveau, on retrouvera différentes mesures dont les conventions ont évolué au fil du temps. Et lorsque l’on analyse les données pour un même pays, les taux de croissance et la valeur du PIB en PPA dans leurs différentes versions produisent des résultats parfois sensiblement éloignés. A priori, le principe de la PPA est plus juste pour les comparaisons internationales qu’une simple conversion des monnaies nationales en dollar car les taux de change varient selon les années et pour des raisons parfois simplement spéculatives. Cependant, il demande un certain numéro d’équilibrisme méthodologique.

Cela nous amène à une autre conséquence, notamment pour les pays où les statistiques sont fragiles : si les taux de croissance des pays du Sud sont sur ou sous-estimés, cela implique des changements majeurs dans la crédibilité des réductions d’émissions qu’on leur demande dans les scénarii de lutte contre le changement climatique. Un PIB surévalué porte un regard très optimiste sur les tendances passées de performance environnementale comparée à la performance économique, et les tendances vont être prolongées dans les modèles de transition, utilisés notamment par le GIEC.

Rappelons, pour finir, que l’étude de Gregor Semieniuk ne regarde qu’un seul des différents aspects de la définition du PIB (celui des prix relatifs). Mettre sur la table la question de la crédibilité du calcul du PIB et, surtout, celle de sa nécessaire et si délaissée interprétation, ouvre la porte à davantage de remises en question de la manière dont on se représente le chemin parcouru par nos économies, et celui qui nous reste à parcourir vers l’atténuation du changement climatique. Sa signification, si souvent présentée comme évidente, est en réalité un délicat problème. Plus généralement encore se pose la question de ce que la croissance du PIB peut réellement dire sur la santé et l’évolution de l’activité économique. Dans quelle mesure nous racontons-nous des histoires ?

Albert Bouffange, Doctorant en économie, Sciences Po Lyon; Baptiste Andrieu, Doctorant en sciences de la terre et de l’environnement, Université Grenoble Alpes (UGA); Florence Jany-Catrice, Professeur d’économie à l’Université de Lille, co-titulaire de la chaire Reconversion écologique, travail, emploi et politiques sociales du Collège d’études mondiales, FMSH., Fondation Maison des Sciences de l’Homme (FMSH) et Pierre-Yves Longaretti, Chercheur CNRS dans l’équipe « Soutenabilité, Territoires, Environnement, Économie et Politique », Inria


La croissance verte : une idée qui suscite de plus en plus de scepticisme auprès des universitaires Shutterstock

Il reste donc beaucoup à faire pour penser la croissance et ses alternatives, mais une chose est certaine : la possibilité d’une croissance verte demeure de plus en plus chimérique pour les universitaires, malgré le consensus autour de cette idée dans les sphères politiques, notent Ivan Savin (ESCP) et Lewis King (Universitat Autonoma de Barcelona).

La croissance verte de moins en moins crédible pour les universitaires

Ivan Savin, ESCP Business School et Lewis King, Universitat Autònoma de Barcelona

Pour son discours sur l’état de l’Union Européenne la semaine dernière, Ursula von der Leyen, cheffe de la Commission européenne, n’a pas dévié de sa ligne habituelle. Décrivant sa vision d’une Europe économiquement dynamique et durable à l’ère du changement climatique, elle a appelé l’UE à accélérer le développement du secteur des technologies propres, « de l’éolien à l’acier, des batteries aux véhicules électriques ». « En ce qui concerne le Green Deal européen, nous nous en tenons à notre stratégie de croissance », a-t-elle conclu.

Rien de très révolutionnaire, en somme. La notion de croissance verte, c’est-à-dire l’idée que les objectifs environnementaux peuvent être alignés sur une croissance économique continue – reste l’orthodoxie économique commune à de grandes institutions telles que la Banque mondiale et l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

L’OCDE a quant à elle promis de « renforcer leurs efforts pour poursuivre des stratégies de croissance verte […], en reconnaissant que la croissance verte et la croissance peuvent aller de pair », tandis que la Banque mondiale a appelé à une « croissance verte inclusive » où « l’écologisation de la croissance est nécessaire, efficace et abordable ».

Dans son Green Deal européen, l’UE a défini la croissance verte comme « une base pour soutenir les niveaux d’emploi et garantir les ressources nécessaires à l’augmentation du bien-être public […] en transformant la production et la consommation de manière à concilier l’augmentation du PIB avec les limites environnementales. »

En dépit de ce consensus au niveau des organisations, notre nouvelle enquête menée auprès de près de 800 chercheurs en politique du Climat du monde entier révèle, elle, un scepticisme généralisé à l’égard de ce concept de croissance verte dans les pays à revenu élevé, avec notamment de plus en plus d’ouvrages affirmant que ce principe n’est ni viable ni souhaitable. Au lieu de cela, d’autres paradigmes post-croissance, dont la « décroissance » et l’« acroissance » ( agrowth en Anglais ) gagnent du terrain.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a fait de nombreuses références implicites à la croissance verte dans son discours annuel devant le Parlement européen le 13 septembre 2023. Frederick Florin/AFP

Différencier la croissance verte de l’acroissance et de la décroissance

Mais que signifient ces termes ?

La « Décroissance » est une école de pensée proposant une réduction planifiée de la consommation matérielle dans les pays riches afin de créer des sociétés plus durables et plus équitables. De leur côté, les partisans de « l’acroissance » choisissent d’adopter une vision neutre de la croissance économique, et de se concentrer sur la réalisation de la durabilité indépendamment des fluctuations du PIB.

Pour résumer, les deux positions se montrent donc sceptiques à l’égard du paradigme prédominant de la « croissance verte », la décroissance représentant cependant une vision plus critique de la croissance économique.

Une grande partie du débat porte sur le concept de « découplage » (decoupling en anglais), c’est-à-dire sur la question de savoir si l’économie peut croître sans que la dégradation de l’environnement ou les émissions de gaz à effet de serre n’augmentent en conséquence. Il s’agit d’une rupture du lien historique entre la croissance du PIB et ses effets néfastes sur l’environnement. Pour que la croissance verte soit réussie, il faut un découplage absolu plutôt relatif. En d’autres termes, les émissions doivent diminuer au cours de la croissance économique, et non simplement croître plus lentement.

Les partisans de la croissance verte affirment que le découplage absolu est réalisable à long terme, bien que les avis soient partagés sur la question de savoir si la croissance économique sera affectée à court terme. Les partisans de la décroissance critiquent le fait que le découplage absolu est réalisable à l’échelle mondiale et peut être atteint au rythme rapide requis pour rester dans les limites des objectifs de l’Accord de Paris. Une étude récente a révélé que les taux actuels de découplage dans les pays à revenu élevé sont loin d’être suffisants pour limiter le réchauffement de la planète à un niveau nettement inférieur à 2 °C, comme le prévoit l’accord de Paris.

La position des partisans de l’accroissance se traduit elle par des points de vue plus mitigés et intermédiaires sur le débat sur le découplage. Certains affirment que le découplage est potentiellement plausible avec les bonnes politiques, mais qu’il faut se concentrer sur les politiques plutôt que sur les objectifs, car cela revient à confondre les moyens et les fins. D’autres soutiennent que le débat est largement hors de propos car le PIB est un mauvais indicateur du progrès sociétal – il existe à cet égard un « paradoxe du PIB » s’étonnant du fait que l’indicateur continue d’être dominant en économie et en politique malgré ses défaillances largement reconnues.

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7 experts climatiques sur 10 sont sceptiques à l’égard de la croissance verte

Parmi les universitaires, quelle école de pensée domine ?

Dans le cadre d’une enquête récente menée auprès de 789 chercheurs internationaux ayant publié sur les politiques d’atténuation du changement climatique, nous avons pu interroger leurs positions vis-à-vis du débat sur la croissance. 73 % de tous les répondants ont exprimé des points de vue alignés sur les positions de « l’acroissance » ou de la « décroissance », la première étant la plus populaire. Nous avons constaté que les opinions variaient en fonction du pays et de la discipline du répondant (voir la figure ci-dessous).

la croissance verte, la décroissance et l’acroissance se répartissent selon les disciplines scientifiques
Le graphique montre l’école de pensée adoptée par 789 chercheurs mondiaux, en fonction de l’origine géographique et de la discipline scientifique. Fourni par l’auteur

Alors que l’OCDE elle-même plaide fortement en faveur de la croissance verte, les chercheurs de l’UE et des autres pays de l’OCDE ont fait preuve d’un grand scepticisme. En revanche, plus de la moitié des chercheurs des pays non membres de l’OCDE, en particulier dans les économies émergentes telles que les BRICS, se sont montrés plus favorables à la croissance verte.

Fractures disciplinaires

En plus de ces divergences géographiques, il existe un fossé disciplinaire. Les chercheurs en sciences sociales, à l’exclusion des économistes orthodoxes, étaient les plus sceptiques à l’égard de la croissance verte. En revanche, les économistes et les ingénieurs se sont révélé les plus favorables au concept de croissance verte, possiblement du fait d’une confiance dans le progrès technologique et les modèles économiques conventionnels qui suggèrent que la croissance économique et les objectifs climatiques sont compatibles.

Notre analyse a également tâché d’évaluer les possibles liens entre ces différentes théories à propos de la croissance et le PIB par habitant du pays d’origine des chercheurs. Une tendance se dégage : plus le revenu national augmente, plus le scepticisme à l’égard de la croissance verte s’accroît. À des niveaux de revenus plus élevés, les experts soutiennent de plus en plus l’argument post-croissance selon lequel, au-delà d’un certain point, les coûts socio-environnementaux de la croissance peuvent l’emporter sur les bénéfices.

Les résultats étaient encore plus prononcés lorsque nous tenions compte de l’indice de développement humain ajusté aux inégalités (IDHI), un outil statistique visant à évaluer le niveau de développement des pays en tenant compte des inégalités en matière de santé, d’éducation, de genre, et de revenu. Les résultats montrent alors que d’autres critères que le strict revenu, tels que l’inégalité et le développement global, pourraient influencer ces points de vue.

Dans un monde en proie au dérèglement climatique comme aux disparités socio-économiques, ces résultats ne doivent pas être ignorés. Ils soulignent la nécessité d’un dialogue plus élargi sur le développement durable, allant au-delà du paradigme conventionnel de la croissance verte.

La pensée post-croissance n’est plus une position marginale

Bien qu’Ursula von der Leyen se soit clairement rangée dans le camp de la croissance verte, les positionnements des universitaires de plus en plus critiques de la croissance verte se fraient progressivement un chemin dans le débat politique. En mai 2023, le Parlement européen a accueilli une conférence sur le thème « Au-delà de la croissance » à l’initiative de 20 députés européens issus de cinq groupes politiques différents et soutenus par plus de 50 organisations partenaires. Son principal objectif était de discuter de propositions politiques visant à dépasser l’approche selon laquelle la croissance du PIB national est la principale mesure du succès.

Six gouvernements nationaux et régionaux – l’Écosse, la Nouvelle-Zélande, l’Islande, le Pays de Galles, la Finlande et le Canada – ont rejoint le partenariat Wellbeing Economy Governments (WEGo) dont l’objectif premier est de passer à “une économie conçue pour servir les gens et la planète, et non l’inverse”.

Il est clair que la pensée post-croissance n’est plus une position marginale et radicale au sein de ceux qui travaillent sur les solutions au changement climatique. Il convient dès lors d’accorder une plus grande attention aux raisons pour lesquelles certains experts jugent la croissance verte peu réaliste, ainsi qu’aux alternatives potentielles axées sur des concepts plus larges de bien-être sociétal plutôt que sur une réflexion limitée à la croissance du PIB.

Ivan Savin, Associate Professor of Business Analytics at ESCP Business School, Madrid campus & Research Fellow at ICTA-UAB, ESCP Business School et Lewis King, Lecturer in climate policy and green economics, Universitat Autònoma de Barcelona

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons.

  1. d’après une étude parue dans  Cambridge University Press ↩︎

La surconsommation des smartphones : un fléau qui ravage la planète

Dans un monde où la technologie évolue à grande vitesse, la durabilité et le recyclage des appareils électroniques est primordial. À l’occasion de la Journée Mondiale du Recyclage, e-Recycle, spécialiste français du reconditionnement de smartphones met en lumière une réalité souvent ignorée à travers une infographie édifiante : la surconsommation des smartphones est un fléau qui ravage la planète.

Fort heureusement, les consciences s’éveillent de plus en plus autour des défis environnementaux et les modes de consommation tendent à devenir plus raisonnés. La bonne nouvelle ? La vente de téléphones neufs a connu une légère baisse au cours de ces dernières années, au profit du marché du téléphone reconditionné qui fait de plus en plus d’adeptes. Cette tendance à la baisse est particulièrement bénéfique pour l’environnement puisque 78 % de l’empreinte carbone du secteur numérique est directement liée à la fabrication des appareils.

Source : e-recycle.com

Journée mondiale du recyclage

La « journée du recyclage » a été instituée en 1994 aux États-Unis et son objectif principal était alors de promouvoir la consommation de produits fabriqués à partir de matériaux recyclés.

Elle est devenue journée « mondiale » en 2018, plus précisément le 18 mars. C’est une initiative du BIR (Bureau of International Recycling) qui a rapidement été relayée dans le monde entier afin de présenter les enjeux liés au recyclage.

En France, on retrouve le FEDEREC (la Fédération Professionnelle des Entreprises du Recyclage) pour piloter une grande campagne d’information et de sensibilisation en vue de cette journée. De nombreuses associations se sont jointes au mouvement et mènent de nombreuses actions à l’échelon local.

75% de nos emballages ménagers sont produits à partir de matériaux recyclés.

Certains pays (Allemagne par exemple) réutilisent leur bouteilles de verre et d’autres pas (France par exemple)…

La réflexion actuelle sur le recyclage porte sur un enjeu écologique majeur car la production de nouveaux matériaux, comparativement à la réutilisation de matériaux existants, constitue une économie essentielle sur le plan énergétique et sur celui des rejets.

Recycler sans se tromper

Le reconditionnement, une action concrète pour inverser la tendance

En 2021, ce sont 1,2 millions de téléphones qui ont été collectés afin d’être recyclés et reconditionnés par les opérateurs. Bien qu’extrêmement faible au regard des 113 millions de smartphones inutilisés, ce chiffre démontre le réel intérêt des Français pour le reconditionnement, qui tend à croître de plus en plus.

Un intérêt croissant pour les smartphones reconditionnés

Près de 59 % des français se disent prêts à opter pour le reconditionné, et 45 % d’entre eux ont déjà franchi le pas en achetant un téléphone reconditionné ou bien de seconde main.

3 raisons expliquent cet engouement croissant pour le reconditionnement :

  • Le prix, pour 66 %.
  • Favoriser le recyclage et l’emploi, pour 43 %.
  • La garantie, pour 42 %.

À PROPOS D’E-RECYCLE :

Basée à Lyon, e-Recycle a été créée en 2014 par Clément Bongibault et Arnaud Guillaume pour démocratiser l’achat d’occasion en proposant des produits de seconde main de qualité. Un reconditionnement certifié Service France Garanti.

• Les produits sont traçables et proviennent de particuliers et d’entreprises en France ;

• Le reconditionnement est intégralement réalisé dans ses ateliers lyonnais.

Par des pratiques responsables et l’offre de solutions durables, e-Recycle s’engage en faveur d’un futur plus vert.

Helios est le compte bancaire le plus vert de France en 2023

L’argent sur les comptes en banque ne dort pas, il pollue ! Que ce soit dans des comptes courants ou des livrets d’épargne, l’argent circule dans un système qui finance des industries dont nous n’avons pas le contrôle. Les trois principales banques françaises ont injecté près de 350 milliards de dollars dans des projets liés aux énergies fossiles depuis 2015, alimentant ainsi la crise climatique. Des modèles bancaires alternatifs émergent, parmi lesquels se distingue Helios. D’une transparence rare dans le monde bancaire, cette fintech a publié pour la deuxième année consécutive un bilan carbone détaillé de ses investissements, révélant des émissions six fois moins importantes que les plus grandes banques françaises.

Affiche helios à la station de métro Bonne Nouvelle à Paris.

Nous sommes face à un problème global et pressant. Les activités humaines fortement émettrices de CO2 sont directement à l’origine du dérèglement climatique. Pour ne pas rendre notre planète invivable demain, il est encore temps d’agir. L’urgence de la situation nécessite de limiter le développement des industries les plus polluantes : énergies fossiles, agriculture intensive, production de pesticides chimiques, fast-fashion. Mais il est également nécessaire de financer la transition écologique, en soutenant les secteurs essentiels à notre futur désirable : agriculture durable, mobilité douce, énergies renouvelables, traitement des déchets, assainissement de l’eau.

ON A TOUS LE POUVOIR DE CHANGER L’AVENIR. VOTRE ARGENT PEUT FAIRE
LA DIFFÉRENCE.

Hélios

« Banques : des engagements climat à prendre au 4ème degré »

Source : Oxfam France

Votre argent ne dort pas, il pollue.

L’argent de votre compte courant et de vos livrets d’épargne circule dans la banque et permet de financer des industries que vous n’avez pas choisies.

Les 3 plus grandes banques françaises ont alloué près de 350 milliards de dollars aux énergies fossiles depuis 2015 sans que vous en ayez conscience.

Avec une intensité carbone estimée à 100 tCO2e/M€, les comptes helios ont la plus faible intensité carbone du secteur en 2023.

helios : une alternative bancaire qui finance la transition écologique. 

Depuis sa création, helios est intransigeant sur l’impact de son modèle et va beaucoup plus loin que les autres acteurs du secteur bancaire à travers trois piliers :

  • la traçabilité des dépôts : savoir précisément où va l’argent.
  • la séparation des dépôts : exclure les secteurs polluants de nos investissements.
  • la création de financements : utiliser les dépôts pour financer des projets qui accélèrent la transition écologique.

Grâce à ce modèle unique et à une communauté engagée, helios a pu investir 6 millions d’euros dans la transition écologique.

Grâce à ce modèle unique, helios peut flécher les investissements des dépôts de ses clients uniquement vers des projets pour la transition écologique.

Comment sont choisis les projets à financer ?

  • Non aux énergies fossiles.
  • Oui aux entreprises françaises implantées en France, et dont le projet n’est pas à un stade avancé pour s’assurer que le financement fait la différence.
  • Oui uniquement aux secteurs identifiés par le GIEC (la liste est juste ici).
  • 100% transparents : nos clients ont un droit de regard sur leur impact au quotidien.

C’est grâce à notre haute exigence en matière d’impact que nous avons été audités compte le plus vert de France en 2023 par Greenly. 

Le fléchage des fonds, un enjeu crucial

La maîtrise du fléchage des fonds est bien évidemment la clef. À ce jour, helios est la seule banque en mesure d’affecter ses investissements à la transition écologique. Depuis 2020, plus de 320 millions d’euros ont été déposés chez helios, et donc sortis des grandes banques polluantes, pour être investis dans des projets au service d’un monde plus juste et respectueux de l’environnement.

Parmi les récents projets financés par helios, on peut citer :

La station d’épuration Maera pour Montpellier Assainissement, dont la rénovation et la modernisation ont permis à ce jour de réutiliser plus de 70 000 m3 d’eau

Kwita Wijet, une centrale photovoltaïque en Nouvelle-Calédonie, qui alimente aujourd’hui plus de 1 700 foyers

L’entreprise Carbios, à l’origine d’un procédé de bio recyclage des matières plastiques, grâce à laquelle 50 000 tonnes de PET ont d’ores et déjà été recyclées.

Découvrez les projets à impact financés par helios grâce à ses clients

Mode : comment passer du jetable au durable ?

Christophe Béchu, ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, a réuni les acteurs de l’écosystème de la mode, chercheurs, associations, personnalités du monde de l’influence et industriels du textile sur le thème « de l’ultra fast fashion à la mode durable », afin d’échanger sur les enjeux d’une mode française durable et accessible à tous.

Arnaud Bouissou / Terra

Quel est l’impact environnemental de la mode ultra rapide ?

L’industrie textile est devenue l’une des plus impactantes pour notre environnement : elle représente environ 8% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde.

Non à la « fast-fashion » ! La montée en puissance de nombreuses enseignes dites de « fast‑fashion », ou « mode éphémère » (Shein, Temu…), est lourde de conséquences environnementales, sociales et économiques. La proposition de loi n°2129, visant à réduire l’impact environnemental de l’industrie textile, déposée à l’Assemblée nationale le 30 janvier 2024 a été débattue devant la Commission du développement durable et de l’aménagement du territoire de l’Assemblée le 7 mars

L’essor de l’ultra fast-fashion amplifie le coût environnemental de cette activité : la production mondiale de vêtements a doublé en 14 ans tandis que la durée de vie des vêtements a diminué d’un tiers.

Shein, Decathlon, Zara… Pour réguler la fast-fashion, encore faut-il bien la définir

Quelques chiffres clés :

  • 7 500 litres : c’est le volume d’eau nécessaire pour fabriquer un jean, soit l’équivalent de l’eau bue par un être humain pendant sept ans (source : ONU) ;
  • 20% de la pollution des eaux est imputable à la texture / finition et au traitement des textiles d’habillement dans le monde (source : Parlement européen) ;
  • 95% : c’est la part des habits français importés (source : Fédération indépendante du made in France et selon l’UIT).
« Fast fashion » : cinq chiffres fous sur la mode jetable et son empreinte écologique

Ensemble, mettons un stop à la fast-fashion – Les Amis de la Terre

Proposition de loi anti fast-fashion : une opportunité historique pour la coalition Stop Fast-Fashion

Alors qu’une proposition de loi sur la fast-fashion sera débattue jeudi 14 mars à l’Assemblée nationale, les organisations réunies au sein de la coalition Stop Fast-Fashion appellent les députés et le gouvernement à se saisir de cette opportunité historique de mettre fin à ce système de surproduction délétère, et à adopter un texte ambitieux qui cible toutes les enseignes de fast-fashion. 

150 milliards de vêtements sont produits chaque année, représentant jusqu’à 10% des émissions de gaz à effet de serre mondiales.

La proposition de loi déposée par Anne-Cécile Violland (Horizons) définit la fast-fashion en fonction des quantités de modèles proposés et des fréquences de renouvellement des collections. Elle prévoit de pénaliser financièrement cette pratique via un malus sur les produits textiles, pouvant aller jusqu’à 10€ par article, ainsi que d’interdire la publicité pour la fast-fashion, y compris au travers d’influenceur·euses.

La coalition Stop Fast-Fashion, qui réunit 8 organisations engagées pour en finir avec les ravages de cette industrie, demande à fixer des critères ambitieux pour freiner le renouvellement permanent des collections. La société civile souhaite en effet que toutes les marques qui proposent plus de 5 000 modèles par an soient considérés comme relevant de la fast-fashion, et que cette loi s’applique notamment à toutes les plateformes de commerce en ligne. 

La fast-fashion correspond à une production effrénée de vêtements et à une course vers les coûts de production les plus bas. Elle piétine le droit de l’environnement et perpétue des violations des droits humains des personnes qui fabriquent nos vêtements. Surproduction, exploitation des travailleur·euses, conditions de travail indignes, travail forcé, travail des enfants, violences de genre, pollutions, capitalisme débridé, montagnes de vêtements de mauvaise qualité envoyées à l’autre bout du monde…

Ces mesures permettraient de ne pas pénaliser uniquement Shein ou Temu mais également des marques comme Zara, Primark, H&M ou Action, ainsi que des plateformes comme Amazon, dont les pratiques ont des effets délétères sur l’environnement. Restreindre la portée de la loi à deux marques serait contre-productif et ne permettrait pas de répondre aux problèmes systémiques de l’industrie textile. 

Le modèle de la fast-fashion n’est plus soutenable, il faut agir !

La fast-fashion, une catastrophe sociale et écologique

Le modèle de la fast-fashion et ses lourds impacts sociaux et environnementaux apparaissent dès les années 2000. Aujourd’hui, le secteur textile représente près de 10 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre et 70 % des vêtements vendus en France sont fabriqués en Asie du Sud-Est où la main d’œuvre est exploitée. Avec 3,3 milliards d’articles commercialisés en France en 2022, jamais autant de vêtements et de chaussures n’ont été vendus sur le territoire. La plupart étant produits à l’autre bout du monde dans des conditions de travail difficiles et précaires, parfois déshumanisantes et dangereuses. Ce modèle contribue au déclin structurel du secteur de l’habillement et du textile français, qui a perdu près de 10 000 emplois en un an et plus de 300 000 emplois depuis les années 90

Collectif Stop Fast-fashion

Quelles solutions envisagées ?

Le ministre a annoncé, pour réduire les impacts environnementaux de ce secteur :

  1. Le soutien à une initiative parlementaire qui interdit la publicité pour les entreprises d’ultra fast-fashion. Cette interdiction concernera aussi les influenceurs : il ne sera plus possible d’encourager à l’achat d’un vêtement d’une marque d’ultra fast-fashion.
     
  2. La mise en place d’un dispositif de bonus / malus sur les vêtements. L’ultra fast-fashion sera plus chère qu’elle ne l’est aujourd’hui et la mode durable moins chère grâce à un bonus.
     
  3. Le renforcement de l’information du consommateur :
    • Les marques d’ultra fast-fashion devront afficher sur leur site internet un double message de sensibilisation à leur impact environnemental et d’encouragement au réemploi de ces produits ;
    • La concertation sur l’affichage environnemental sur les vêtements doit aboutir avant la fin de l’année. C’est un enjeu de transparence pour le consommateur. Le cycle de vie du produit et son coût pour l’environnement devront être facilement accessibles pour l’acheteur.
       
  4. Le lancement d’une campagne de communication pour promouvoir le textile français et lutter contre l’ultra fast-fashion. Cette campagne sera préparée en partenariat avec l’ADEME et le MEDEF.
     
  5. Le portage par le Gouvernement d’une proposition de coalition internationale pour interdire les exportations de déchets textiles vers les pays qui ne sont pas en capacité de les gérer durablement, dans le cadre de la Convention de Bâle.
Vous avez dit mode durable?

« La France engage la lutte contre la mode ultra-rapide »

à lire dans l’édition de La Croix du jeudi 7 mars 2024 et sur la-croix.com
Une proposition de loi visant à encadrer la mode ultra-rapide, débattue ce jeudi 7 mars à l’Assemblée nationale, prévoit notamment de faire passer à 10 € l’écocontribution payée sur chaque vêtement par les enseignes les plus polluantes. Objectif : rétablir une juste concurrence entre cette mode du « tout jetable » et les vêtements produits en France de manière durable.

Paysans de Demain soutient la résilience dans l’agriculture locale

Quel est le point commun entre le collectif de vigneronnes Gypsy Queen, Flora du Domaine Le Clos de la Soif dans les Pyrénées-Orientales ou encore l’association Chemin Cueillant dans l’Hérault ? Ces porteurs de projet agricole figurent parmi les lauréats « coups de coeur » du concours Paysans de Demain. Organisé par l’association France Active Airdie-Occitanie, la première édition de ce concours témoigne de la vitalité d’une filière alimentaire locale et résiliente.

Un concours pour soutenir la résilience et l’innovation dans l’agriculture locale

Deuxième région agricole de France, l’Occitanie est aussi la première région bio de France : plus de 13 000 producteurs engagés en 2023 avec 600 000 hectares bios (soit plus de 20 % des surfaces régionales). Pourtant, le secteur est aujourd’hui fragilisé par l’inflation. France Active Airdie-Occitanie, qui accompagne et finance depuis 30 ans des entreprises engagées, est confrontée aux difficultés de financement de nombreux petits exploitants. Le concours Paysans de Demain vise à soutenir les paysans et paysannes engagé-es dans la transition agroécologique et solidaire. Plus de 70 acteurs de l’agriculture issus des départements de l’Aude, du Gard, de l’Hérault, de la Lozère et des Pyrénées-Orientales ont pu exposer leurs solutions résilientes ou innovantes pour faire face au défi climatique.

« Lors de notre accompagnement des porteurs de projets agricoles, nous avons remarqué un nombre croissant d’installations sur de petites exploitations innovantes à forte valeur ajoutée » explique Marc Nougier, conseiller en Financement Solidaire Agricole à Airdie-Occitanie. Ces projets s’inscrivent dans un contexte où les attentes sociales se font plus pressantes, pour une alimentation locale, protectrice et créative de lien entre les paysan-nes, la société et les écosystèmes. « Nous voulons nous positionner avec l’ensemble de nos partenaires dans le soutien au monde de l’agriculture paysanne afin de faciliter leur accès à la transition agroécologique » poursuit Marc Nougier.

Au total, 60 000 euros de primes ont été attribués par ce fonds d’innovation pour récompenser 18 initiatives parmi les plus prometteuses et inspirantes qui contribuent à la transition agroécologique et solidaire.

Un Girls band dans les vignes catalanes

Le collectif Gypsy Queen réunit Céline, Julie, Alix et Perrine quatre néo vigneronnes dans les Pyrénées-Orientales. Prix coup de coeur de France-Active Airdie-Occitanie dans la catégorie Paysannes de Demain. Crédit Photo : Instagram

Près d’un projet sur deux présenté au concours est porté par des femmes. A l’image du Collectif Gypsy Queen, formé de quatre néo vigneronnes des Pyrénées-Orientales, qui a eu une idée singulière : plutôt que de faire du vin chacune de leur côté, pourquoi ne pas faire un vin en collectif  ? Et nature de surcroît ! Rassemblées grâce à l’intuition d’une autre vigneronne, Virginie Maignien du domaine La Spanda, Céline Boudin, Julie Claveau, Perrine Loeuilleux (Domaine L’âme Bleue) et Alix ont produit une cuvée remarquable et remarquée par Libération. « Une claque ! » résumait alors la journaliste Marie-Ève Lacasse, saluant aussi l’esprit qui anime Gypsy Queen : « une bande de copines qui s’entraident, qui s’apprécient et qui rigolent beaucoup ensemble. Un univers féminin rarissime dans le «Mondovino». » L’obtention du prix va permettre au collectif de financer la création d’un salon dédié au vin nature.

Le cheval vigneron de retour dans la vallée de l’Agly

Flora Fores est aussi vigneronne et produit du vin naturel. Son domaine, Le Clos de la Soif, est également situé dans les Pyrénées-Orientales à Latour de France. Attachée aux techniques ancestrales et à la nature, elle travaille uniquement en traction animale une parcelle de carignan, mourvèdre et grenache, sans aucun produit chimique. À la force de ses bras, Flora est aidée par son cheval Tormac. « Mon seul associé ! » aime dire la vigneronne. « Pour moi, il est primordial de réconcilier l’humain, l’animal et le végétal ».

Le terroir que travaille Flora est particulier : les terres de la vallée de l’Agly sont arides. Le climat de la région est méditerranéen, avec peu de précipitations et beaucoup de soleil (300 jours par an). La mer est assez loin, il y a peu de résurgences sur les collines où se développent les vignes et l’environnement est minéral (Gneiss), ce qui renforce la chaleur en été. « Malgré ces contraintes, j’utilise des techniques ancestrales qui m’ont permis de cultiver ces terres spécifiques » témoigne Flora. « Il est indispensable pour moi de planter des arbres et diverses plantes qui font la biodiversité, d’être en contact quotidien avec la terre et le végétal. Et c’est pareil pour le travail avec les animaux, qui sont d’ailleurs essentiels pour le sol, grâce à la matière organique qu’ils produisent. Tous ces éléments fonctionnent en harmonie et participent à l’enrichissement de la biodiversité et au bon fonctionnement de l’écosystème dont la vigne a tant besoin pour fructifier. »

Également projet coup de cœur pour les équipes de France Active Airdie-Occitanie, Flora va pouvoir investir dans une climatisation à la cave pour mieux conserver ses vins lors des grandes chaleurs.

Citons parmi les autres lauréats, le projet présenté par Agnès Zuccali à Sorbs dans l’Hérault (en couverture de notre article). Dans ses jardins d’Altou, Agnès associe culture de petits fruits, verger et plantes aromatiques pour produire tisanes et confitures. Exposée à la sécheresse, elle va pouvoir grâce au concours Paysans de Demain récupérer et stocker les eaux de toiture pour ne plus dépendre de l’eau de ville. Dans Le Midi Libre, Agnès précise que la réalisation de ce projet lui permettra de créer une zone de test pour des cultures plus fragiles.

Un laboratoire paysan mobile pour mesurer la fertilité des sols

Chemin Cueillant est un collectif qui rassemble une trentaine de paysan-nes (vigneronnes, maraîchers, transformatrices, arboriculteurs, éleveuses, apiculteurs et jardinières) dans le Minervois (Hérault). L’agroécologie paysanne est au cœur du projet associatif. Les membres de Chemin Cueillant défendent une culture paysanne basée sur la solidarité et l’organisation collective. « Face à un contexte agricole qui nous isole et menace le maintien de notre activité, nous encourageons la complémentarité et la solidarité plutôt que la concurrence » expliquent les porteurs de projet. Le jury du Concours Paysans de Demain a particulièrement apprécié la mise en œuvre d’un laboratoire mobile paysan. Le laboratoire permet d’explorer les pratiques agricoles qui favorisent durablement la fertilité des sols cultivés en Méditerranée. Des sols souvent appauvris en matière organique et qui retiennent peu l’eau. Chaque année, un prélèvement du sol est effectué chez tous les membres du groupe et analysé. « Cela nous permet d’explorer une grande diversité de pratiques : travail du sol, non-labour, enherbement, couvert semé, fertilisation organique, amendements… » précisent les membres de l’association Chemin Cueillant. « Nous nous retrouvons ensuite pour comprendre les résultats obtenus et les mettre en lien avec les pratiques agricoles mobilisées ».

L’association Chemin Cueillant a obtenu le coup de coeur dans la catégorie Territoires du Concours Paysans de Demain. Crédit photo : Chemin Cueillant.

Le laboratoire paysan est ainsi un moyen de favoriser une montée en compétence collective sur la fertilité des sols par l’échange, la mise en commun, la formation et l’expérimentation. Cette mise en commun est une des solutions encouragées par France Active Airdie-Occitanie. « Nous mettons notre métier de financeur solidaire au service d’une agriculture qui crée du lien » résume son Président, Patrick Jacquot. Avec le succès de cette première édition du Concours Paysans de Demain, une seconde édition est en préparation avec le concours de partenaires techniques (Inrae, Terres Vivantes, les chambres d’agriculture de l’Hérault et du Gard), financiers (Banque des Territoires, la MSA, le Département de l’Hérault) et bancaires (Crédit Agricole, Crédit Mutuel et la Banque Populaire du Sud). Pour en savoir plus, contacter Marc Nougier.

La région Occitanie soutient la filière bio en difficulté

Le concours Paysans de Demain s’inscrit dans une dynamique territoriale avec le Pacte Vert régional. La Région a lancé un nouveau Plan Bi’O ambitieux pour aider les producteurs régionaux. L’objectif est double : à l’horizon 2027, l’Occitanie souhaite atteindre 25% de surfaces agricoles en bio (contre 20% aujourd’hui) et doubler la part du bio dans l’alimentation des ménages (soit 12%).

Adopter des pratiques plus durables n’est pas simple pour nos agricultrices et agriculteurs. Cela nécessite de repenser les systèmes de production, d’investir dans du matériel… Pour les soutenir dans cette démarche, la Région propose le « Contrat agriculture durable ». Un accompagnement individuel pour définir et sécuriser leur projet de transition agroécologique sur cinq ans. Pour les guider, 59 structures ont été sélectionnées et plus de 230 conseillers formés sur toute l’Occitanie. Depuis le lancement en juin 2023, près de 200 demandes de contrat ont déjà été formulées. L’ambition de la Région est d’atteindre le cap des 10 000 contrats réalisés d’ici 2027.

Trouver un hébergement éco-responsable au juste prix

Lancée il y a 3 ans, GreenGo est une plateforme française de réservations d’hébergements éco-responsables qui veut être l’alternative française et équitable aux sites de réservations en ligne de logements. Partant du constat que le tourisme représente aujourd’hui plus de 10% des émissions mondiales de CO2, l’entreprise à mission souhaite apporter une solution de tourisme durable, plus local et plus responsable, pour le « moins loin et mieux ».

GreenGo : une sélection de pépites aux petits oignons !

Avec une sélection de plus de 10 000 logements écologiques et durables situés partout en France, 100 000 nuitées réservées sur le site et une communauté de plus de 200 000 personnes, GreenGo permet aux voyageurs soucieux de leur impact environnemental de trouver des idées de séjours authentiques, parfois insolites, en accord avec leurs valeurs.

GreenGo s’appuie sur une plateforme technologique de 1er rang

Le voyage moins (loin), mieux.

Avant, on voyageait souvent au bout du monde. Mais ça c’était avant. Avant de comprendre l’impact et l’enjeu climatique. Avant de découvrir les innombrables trésors à 2 pas de chez nous, accessibles avec une si faible empreinte écologique.

Un enjeu majeur face à une pénurie de solutions

Le déclic

2 amoureux au bout du monde réalisent à quel point la France est belle. Deux jeunes mariés en voyage de noces : 1 semaine en Occitanie, 3 mois en Patagonie… Le rêve de leur vie. Soudain, la prise de conscience. Au bout du monde, ils constatent les effets concrets du réchauffement et en se renseignant, ils découvrent l’impact de leur voyage. Stupéfiant. Et puis, le déclic. Ils repensent à cette semaine en Occitanie, à l’Aveyron, au cassoulet de Castelnaudary, aux cèpes cueillis dans les Pyrénées… Mais pourquoi aller si loin si souvent, alors qu’on a tant de trésors si proches ? Marqué, Guillaume lâche tout et appelle des copains. Les prises de conscience sont alignées, les volontés d’agir aussi. C’était le début de l’aventure.

Alors on s’est demandé : que pouvons nous faire pour inciter à mieux voyager ?

Guillaume Jouffre – co-fondateur de GreenGo
GreenGo revendique la 1ère offre d’hébergements durables en France

Au-delà de l’environnement, de créer une start-up en associant quatre profils d’ingénieurs dont 3 jeunes polytechniciens, il y avait une mission plus large à accomplir : construire un modèle différent. Un modèle qui privilégie la qualité à la quantité, le local au lointain, le responsable au polluant, l’éthique au profit. Pour de vrai.

Une conférence de Jean-Marc Jancovici marque le début de l’aventure pour Guillaume et ses associés
GreenGo veut rendre plus simple le tourisme durable

Aujourd’hui, pour réaliser cette mission, l’entreprise construit la première plateforme qui facilite les voyages bas carbone. Une alternative de voyage durable aux grandes plateformes internationales.

Une alternative authentique, française, équitable et responsable. Pour mettre en avant certaines valeurs et développer un projet de transition, tous ensemble.

GreenGo : une charte en 3 points

Critères durables et CO₂. Une vraie démarche.

100 critères durables dont 10 critères fondamentaux pour un résumé de l’essentiel. Une évaluation CO₂ par nuit, afin que les hébergeurs puissent mesure leur empreinte carbone.

10 critères fondamentaux : les plus importants pour catégoriser la durabilité d’un hébergeur selon nous. Et pour vous donner un résumé clair, précis, concis.

Raison d’être

Les fondateurs

Rapport sur l’état mondial des bâtiments et de la construction

Le Rapport sur l’état mondial des bâtiments et de la construction, publié par le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) et l’Alliance mondiale pour les bâtiments et la construction (GlobalABC), fournit un aperçu annuel des progrès du secteur des bâtiments et de la construction à l’échelle mondiale. Le rapport examine l’état des politiques, financements, technologies et solutions pour vérifier si le secteur est aligné sur les objectifs de l’Accord de Paris. Il fournit aux parties prenantes des preuves pour persuader les décideurs politiques et l’ensemble de la communauté du bâtiment et de la construction de prendre des mesures.

Comme le rappelle cette édition, le secteur du bâtiment et de la construction contribue de manière significative au changement climatique mondial, représentant environ 21 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. En 2022, les bâtiments étaient responsables de 34 % de la demande mondiale d’énergie et de 37 % des émissions de dioxyde de carbone (CO2) liées à l’énergie et aux processus.

Part des bâtiments dans la consommation énergétique finale totale en 2022 (à gauche) et part des bâtiments dans l’énergie mondiale et émissions de procédés en 2022 (à droite)

La mise à jour 2022 du Global Buildings Climate Tracker (GBCT) dresse un tableau inquiétant : l’écart entre l’état actuel et la trajectoire de décarbonisation souhaitée est important.

Pour s’aligner sur l’échéance de 2030, une augmentation annuelle de dix points de décarbonisation est désormais nécessaire, ce qui représente un bond considérable par rapport aux six points prévus par an à partir de 2015.

Photo de Matteo Flaminio – Unsplash

Cette année, les chapitres approfondis sont les suivants : Adaptation et méthodes de construction résilientes ; Innovations dans les cas d’affaires ainsi que Solutions basées sur la nature et conception biophilique.

Photo de Ricardo Gomez Angel – Unsplash

Quels sont les droits des générations futures ?

Reposant sur les travaux d’un groupe d’experts – chercheur·ses, praticiens de la justice et représentants de la société civile – l’étude proposée par l’IERDJ rappelle les origines de cette notion de « Droits des générations futures » et se concentre sur son application à la matière environnementale. Elle évoque les questions soulevées par leur prise en compte dans le processus démocratique avant d’aborder son appropriation par les juridictions à travers le monde. 

Conçue comme un levier d’action par la société civile face à l’inertie des gouvernements, la saisine du juge a produit des décisions retentissantes, reconnaissant aux États comme aux acteurs privés une responsabilité environnementale au nom des générations futures.

De l’intérêt à agir à la réparation du préjudice causé, l’étude révèle un droit des générations futures produit d’un droit de l’humanité présente et future ancrée dans un vivant qui possède sa propre valeur.

La notion de générations futures est ancienne mais sa consécration dans des textes juridiques est tardive. Sans jamais vraiment la définir, penseurs et juristes du XVIIIe siècle s’emparent de la notion pour former leur argumentation autour de la liberté des générations à venir de pouvoir réviser les lois faites par les générations présentes. Au XIXe siècle, la notion est cette fois mobilisée pour dénoncer les inégalités entre les générations. Ainsi, en 1832, l’économiste Jean Baptiste Say condamne t’il la dette publique qui grève les revenus des générations futures.

Le développement au cours des XIXe et XXe siècles des parcs nationaux et autres réserves naturelles inscrit la notion dans une dimension environnementale voire écologique qui ne la quittera plus : c’est au nom des générations futures que la Nature est et doit être protégée.

À mesure que le monde prend conscience de la vulnérabilité du genre humain et de son environnement, la notion de générations futures glisse lentement vers celle de droit des générations futures. Au souci de la communauté internationale de préserver le devenir de l’humanité, inscrit dans le préambule de la Charte des Nations unies en 1945, succède vingt ans plus tard le souci de cette même communauté de préserver l’environnement de l’Homme au nom des générations futures.

« Nous, Peuples des Nations unies, [sommes] résolus à préserver les générations futures du fléau de la guerre »

Préambule de la Charte des Nations unies

Cette préoccupation s’exprime en 1972 avec la Conférence internationale de Stockholm qui assigne aux gouvernements « le devoir solennel de protéger et d’améliorer l’environnement pour les générations présentes et futures ». Dans les années 1980, le rapport Brundtland, Notre avenir à tous (1987), consacre la notion de « développement durable », défini comme « un développement qui répond aux besoins du présent, sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs1 ». La déclaration issue de la Conférence des Nations unies sur l’environnement et le développement réunie à Rio de Janeiro en juin 1992 proclame que « Le droit au développement doit être réalisé de façon à satisfaire équitablement les besoins relatifs au développement et à l’environnement des générations présentes et futures. »

Au XXIe siècle naissant, les générations futures deviennent une réalité incontournable. Les États commencent à les intégrer dans leurs constitutions. En 2015, l’Accord de Paris engage les parties signataires à « respecter, promouvoir et prendre en considération leurs obligations respectives concernant […] l’équité entre les générations ». La notion de générations futures est plastique et son champ
d’application évolutif. Il ne peut se limiter à l’environnement. Trois types de patrimoines seraient à explorer en plus du patrimoine écologique : la dette publique ; le patrimoine culturel ; le patrimoine génétique.

Néanmoins, on ne peut qu’être frappés par le fait qu’en ce début de XXIe siècle, la notion de générations futures nouvellement entendue comme ouvrant des obligations à l’égard de l’humanité à venir, exprime la préoccupation ressentie depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale face
aux effets inédits de la puissance technologique développée par l’espèce humaine. Le contexte de la responsabilité a radicalement changé. Les questions juridiques soulevées par la prise en considération des générations futures reposent sur une éthique théorisée dans l’ouvrage fondateur de Hans Jonas, publié en 1979 – Le Principe responsabilité – qui peut ainsi être résumée : « Agis de telle sorte que les effets de ton action soient compatibles avec la permanence d’une vie authentiquement humaine sur terre2 ». Cette responsabilité à l’égard de générations qui n’existent pas encore et avec lesquelles aucune réciprocité n’est possible, soulève des défis éthiques et politiques majeurs. Pour Jonas, « La question est : comment construire ce “nous” de sorte qu’il puisse prendre ses distances par rapport aux intérêts du présent et qu’il accepte des obligations envers le futur ? ».

Il faut prendre garde à ce que la notion de droit(s) des générations futures ne soit contreproductive en donnant le sentiment que les risques concernent un avenir lointain. Selon Dominique Bourg, les générations présentes vont déjà commencer à vivre le cauchemar d’Hans Jonas. Ce qui est en jeu dès aujourd’hui est la réduction de l’habitabilité de la planète. Ce qu’on pensait être lointain est en cours. Des événements extrêmes et l’augmentation de leur fréquence, contribuent à fragiliser nos capacités de production alimentaire. « Nous sommes déjà les générations futures ! Et plus encore nos enfants qui vivront encore dans la seconde moitié du siècle3 ». Il est donc nécessaire de contextualiser la notion, probablement en l’arrimant à d’autres comme celle de « biens communs » ou de « patrimoine commun de l’humanité ». La notion d’irréversibilité est aussi centrale. Il y aurait en quelque sorte trois intérêts à imbriquer : ceux des humains actuels ; ceux des humains à venir ; ceux des entités naturelles, en premier lieu le climat.

Mais comment prendre en considération ces générations, qui n’existent pas encore, dans le processus de décision démocratique ?

Penser le droit des générations futures en démocratie n’a rien d’évident tant la préférence pour le présent de ce type de régime est patente. S’ajoute à cette myopie démocratique, le fait que les droits humains issus de la Révolution française ont été largement organisés autour de libertés, qui procèdent de l’article 4 de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789 : « La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui ». Comme le souligne Dominique Bourg, il manque toutefois à cet article un adverbe : « qui ne nuit pas immédiatement à autrui4 ».

Le constat, devenu de plus en plus difficile à nier, d’une humanité installée dans une maison en feu et de la finitude possible du vivant sur Terre du fait de l’action humaine est une expérience que les Modernes n’avaient pas. C’est par ce biais, celui de la préoccupation écologique, qu’à partir de la fin du siècle dernier et du début du XXIe siècle, la préoccupation du long terme et les générations futures sont entrées dans l’ordre constitutionnel. La nécessaire préservation de la nature et les notions de
générations futures et de long terme sont répandues dans un grand nombre de constitutions de toutes les régions du monde. En France, la Charte de l’environnement a intégré le bloc constitutionnel en 2005.

Souhaitant aller plus loin et introduire dans les institutions elles mêmes la préoccupation pour le temps long, des projets, inaboutis en France, ont tenté de créer des pouvoirs nouveaux ou de réformer les pouvoirs existants afin de représenter et de défendre les générations futures. Le Conseil pour le droit des générations futures créé en 1993 par le président de la République, auprès duquel il était placé, sous la houlette du commandant Jacques Yves Cousteau, a fait long feu. Se faisant l’écho des débats sur l’instauration d’une assemblée citoyenne du futur, le président de la République a annoncé devant le parlement réuni en Congrès à Versailles, le 3 juillet 2017, la transformation du Conseil économique, social et environnemental en chambre du futur, sans que ce projet n’aboutisse. Plus récemment, l’institution possible d’une sorte de « représentant du peuple » est apparue dans les débats, proposée par
la Convention citoyenne pour le climat puis dans un rapport parlementaire, commandé par le Premier ministre en 20215.

Qu’il s’agisse de la dette ou de l’écologie, des voix critiques se sont élevées pour souligner que la préservation des générations futures se fait au détriment des classes les plus défavorisées et que l’effort à accomplir n’est pas équitable. La critique se fait plus acerbe encore du côté de certains penseurs de pays en voie de développement contestant que des règles restrictives doivent s’appliquer
à des pays qui consomment et polluent peu à l’échelle de la planète.

Si les générations futures se fraient difficilement un chemin au sein des institutions démocratiques, elles semblent progresser plus sûrement dans la jurisprudence, au premier chef la jurisprudence constitutionnelle. Cela a d’abord été le cas en Amérique latine, qui fait figure de pionnière, notamment avec la jurisprudence Dejusticia, par laquelle la Cour suprême colombienne, le 5 avril 2018,
a décidé à la fois que les générations futures et l’Amazonie colombienne sont sujets de droit. Il est intéressant de pointer l’existence d’autres systèmes que le nôtre et de présenter des modèles « écocentristes6 » 7 qui permettent notamment de reconnaître des droits aux entités naturelles.

La récente décision de la Cour constitutionnelle fédérale allemande, du 24 mars 2011, a retenu l’attention en Europe, par le recours à la notion de générations futures et l’émergence d’une analyse intertemporelle des droits fondamentaux. Plus récemment, le Conseil constitutionnel français a lui aussi pris appui sur la notion de générations futures dans sa décision n° 2022843 DC du 12 août 2022.

L’Affaire du Siècle et la Marche du Siècle : Victoire historique pour le Climat !


Les droits des générations futures sont portés en justice, dans de nombreux endroits du monde, en particulier dans le contexte des contentieux climatiques. Loin de se concentrer dans les pays anglosaxons, notamment les États-Unis, volontiers perçus comme des territoires favorables aux procès en tous genre, ils concernent toutes les zones géographiques. La France ne fait pas exception. Après avoir suscité l’étonnement et le scepticisme, ils attirent l’attention d’autant plus que les juges accueillent les demandes des plaideurs et y répondent parfois de façon favorable, dans de retentissantes décisions. Les procès sont utilisés comme une arme par une partie de la société civile, pour pallier l’inaction des États et les activités néfastes d’un point de vue écologique de certaines entreprises. Le tribunal est conçu comme une tribune. Aux procès se superpose la menace du recours au procès. Par ailleurs, et c’est un paradoxe, même perdus, ces procès peuvent être des victoires dans le chemin vers la conscientisation des juges et de la société.

D’un point de vue juridique, on relève que ces contentieux s’appuient sur les accords internationaux conclus par les États, auxquels sont conférés une force contraignante qui n’allait pas de soi, au premier chef l’Accord de Paris. Ces actions sont l’expression d’une crise de légitimité des décideurs publics, qu’ils appartiennent au pouvoir législatif ou exécutif et d’un espoir placé dans les décisions de justice. La jeunesse semble la mieux à même de porter ces actions, au sein d’une société civile qui interpelle le juge, lui demandant de trancher des débats à la fois juridiques et hautement politiques. Incarnant l’avenir, elle opère le lien entre générations présentes et futures. Ce faisant, elle soulève la question de la légitimité du juge à trancher en cette matière, voire à enjoindre à l’État à trancher ce type de contentieux, qui mériterait d’être davantage exploré tout particulièrement en France où tradition jacobine et culture politique française (où la notion d’impartialité est absente) maintiennent le juge et l’évolution de son positionnement dans un angle mort. Ces forces rassemblées contribuent à un usage innovant du droit, les plaideurs mêlant des notions, des principes, des normes issues de leur droit national – en droit constitutionnel, droit administratif, civil et pénal – mais aussi du droit européen et du droit international.

C’est en s’appuyant sur cette combinaison d’influences que les juges se prononcent, parfois en faisant une interprétation extensive des notions qui existent dans leur droit. Les actions en justice sont le plus souvent menées en relation avec les droits humains : on semble assister à une « fondamentalisation » du droit des générations futures. Pour l’essentiel, le juge se voit poser trois questions que le groupe de réflexion a exploré :
– Les générations futures ont-elles un intérêt à agir ?
– Comment appréhender le dommage aux générations futures à l’aune des conditions du préjudice réparable ?
– Comment mettre en œuvre la réparation du préjudice aux générations futures ?

Il a également souligné certains fondements juridiques sur lesquels se sont appuyées les cours pour rendre des décisions relatives au droit des générations futures. Ils présentent la particularité d’être étroitement reliés les uns aux autres. Ils peuvent être source d’une réflexion pour les
juridictions et les professionnels concernés.

Droit des générations futures : « 3 questions » à Sonya Djemni-Wagner, magistrate

La notion d’irréversibilité tient une place majeure dans les jurisprudences de plusieurs juridictions. La notion de budget carbone, introduite par le GIEC au début des années 2010 et renforcée par l’Accord de Paris, sert de fondement à la notion d’irréversibilité dans les procès climatiques. Évoquer un
stock limité d’émissions plutôt qu’une hausse des moyennes mondiales de température permet d’analyser les émissions présentes comme une spoliation des générations futures, et ainsi d’adopter une perspective d’équité.

Dans plusieurs décisions figure une référence au principe de solidarité intergénérationnelle, qui permet de répondre à la question de l’intérêt à agir puisqu’il existe dans cette logique un lien entre générations futures et présentes, sans exclure ces dernières. La théorie de l’équité intergénérationnelle, développée par Edith Brown Weiss7, se fonde sur l’idée que toutes les générations ont une place égale par rapport au système naturel et qu’il n’y a aucune raison de préférer les générations passées, présentes ou futures à cet égard.

La question du droit des générations futures est étroitement liée à celle des droits de l’humanité. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, de tels droits ont été proclamés, comme dans la Déclaration universelle des droits de l’Homme. La notion de crime contre l’humanité, formulée par les procès de Nuremberg et de Tokyo puis consacrée par la Convention sur la prévention et la répression du crime de génocide de 1948, va également dans le sens d’une humanité disposant de droits. À cet égard, le contexte hors du commun de la Seconde Guerre mondiale et de la Shoah, alimente la réflexion juridique
relative au droit des générations futures, en opérant un parallèle entre ceux qui n’existent plus et ceux qui n’existent pas encore, parallèle qui peut fonder un intérêt à agir.

La notion de fiction juridique, familière au droit français, est ici une alternative à la construction d’une protection fondée sur la qualification préalable de sujet de droit. Il est également possible de combiner fiction juridique et principe de fraternité, ici transgénérationnel, reconnu récemment par le Conseil constitutionnel comme un principe à valeur constitutionnelle8. Michel Borgetto, évoquant une « grande décision », inédite, estime que le principe « matriciel » de fraternité se déploie dans deux grandes directions : celle du social et de la solidarité, d’une part, et celle du « vivre ensemble », d’autre part. On peut imaginer qu’il se déploie dans une troisième direction : celle de la protection de l’environnement et des générations futures.

Parmi les fondements juridiques les plus fructueux figure celui du devoir de vigilance (duty of care), utilisé à la fois contre les États et contre les entreprises. De ce point de vue, l’affaire Urgenda est exemplaire. Les juges néerlandais utilisent une notion classique du droit international – elle désigne alors
l’obligation d’un État de ne pas porter préjudice à un autre État – pour fonder une obligation d’agir d’un État envers ses citoyens face à un risque majeur. C’est en recourant à cette notion qu’ils combinent à celle d’équité, étudiée plus haut, et à celle de « communs » (ainsi est qualifiée l’atmosphère), que les juges néerlandais ont pu établir le lien de causalité leur permettant de reconnaître l’existence d’un dommage futur9.

Il semble que ce soit à l’émergence d’une exigence d’anticipation des entreprises qu’on assiste, fondée sur la nécessité de prévenir les violations des droits de l’Homme nées du non-respect des trajectoires identifiées dans les rapports du GIEC et entérinées par les Accords de Paris.

Dans la grande conversation mondiale, que provoquent le(s) droit(s) des générations futures, la justice peut penser de nouveaux outils et les articuler. Ainsi, récemment, Guy Canivet estimait il cette réflexion importante pour la Cour de cassation, qui pourrait mettre en place une politique de juridiction ou politique jurisprudentielle, dresser un inventaire des grandes décisions de droit civil, identifier les contentieux potentiels qui pourraient être concernés, définir une méthode en collaboration avec les juridictions
du fond pour l’application des nouveaux principes par les juges du fond. Si elle n’est pas aisée à manier et comporte des ambigüités, la notion de droit(s) des générations futures garde une force évocatrice intacte, comme en témoigne le discours sur l’état de l’Union prononcé par la présidente Ursula Von der Leyen le 14 septembre 2022 :

« Toute action de notre Union devrait être inspirée par un principe simple. Le principe selon lequel nous ne devrions pas mettre en péril l’avenir de nos enfants. Le principe selon lequel nous devrions léguer un monde meilleur à la génération suivante. Et c’est pourquoi, Mesdames et Messieurs les députés, je crois qu’il est temps de consacrer la solidarité entre les générations dans nos traités. Il est temps de renouveler la promesse européenne ».

Extrait du discours sur l’état de l’Union prononcé par la présidente Ursula Von der Leyen le 14 septembre 2022


La notion est suffisamment forte pour inspirer des projets à l’échelle européenne et mondiale. Elle mobilise une partie de la société civile qui saisit les juges, là aussi à l’échelle planétaire, sur ce fondement. Elle conduit à faire évoluer le droit en dépassant la question de la personnalité juridique. Elle permet à la fois d’arrimer le futur au présent et le sort des entités naturelles à celui des humains. La notion n’a pas qu’une valeur philosophique ou politique, elle vaut en droit. Comme le soulignait Laurent Fonbaustier, « être juriste, c’est s’interroger sur la façon de faire muter le droit de façon systémique ».

Dans cette perspective, le droit des générations futures est donc le droit de l’humanité présente et future ancrée dans un vivant qui possède sa propre valeur.

Rapport Droit(s) des générations futures

  1. Notre avenir à tous, Rapport Brundtland, Commission des Nations unies sur l’Environnement et le Développement, 1987. ↩︎
  2. Hans Jonas, Le Principe responsabilité. Une éthique pour la civilisation technologique, Paris, Flammarion, Champs essais, 2013 [1979]. ↩︎
  3. Dominique Bourg, « Les générations futures… c’est vous », Revue Projet, 2015/4 (N° 347), p. 6-14. ↩︎
  4. Dominique Bourg, « À quoi sert le droit de l’environnement ? Plaidoyer pour les droits de la nature », Les Cahiers de la Justice, 2019/3 (N° 3), p. 407-415. ↩︎
  5. Cécile Muschotti, députée de la 2e circonscription du Var, parlementaire en mission auprès de la ministre chargée de la Transition écologique, Création d’un défenseur de l’environnement et des générations futures, 2021. ↩︎
  6. Voir contribution de Nadia Belaïdi en annexe. ↩︎
  7. Edith Brown Weiss, « In Fairness To Future Generations and Sustainable Development », American university International Law Review, Volume 8, 1992, p. 19-26 ↩︎
  8. Décision n° 2018-717/718 QPC du 6 juillet 2018, M. Cédric H. et autre [Délit d’aide à l’entrée, à la circulation ou au séjour irréguliers d’un étranger]. ↩︎
  9. Cf. Marta Torre-Schaub, « La justice climatique. À propos du jugement de la Cour de district de La Haye du 24 juin. 2015 », Revue internationale du droit comparé, n° 3, 2016, p. 699-722. ↩︎

Activités touristiques pour les amoureux de la nature

Quand les amoureux de la nature ferment les yeux pour quelques instants, ils imaginent les sites, les odeurs et les sons de la jungle, d’un hôtel isolé dans la forêt où il n’y a pas de touristes, où la très envoûtante odeur des fleurs sauvages dans un voyage d’ascension exaltante vers des sites inoubliables. Nous vous invitons à découvrir sur le site Best Western France nombreux de ces sites incontournables. Vous ne serez pas déçus.

Matt Whitacre – Unsplash

Il y a beaucoup d’activités dans lesquelles les touristes peuvent passer leur temps, mais un amoureux de la nature qui aime observer les animaux sauvages et les plantes apprend de la nature à s’adapter à de nouvelles circonstances. Ces circonstances lui rappellent que la terre change constamment pour nous montrer sa beauté sous la forme la plus simple, ce qui nous aide à nous débarrasser de la fatigue de la vie quotidienne et à nous concentrer sur nos objectifs dans un monde chaotique.

© MEIGNEUX / CŒURS DE NATURE / SIPA

L’exploration

Explorer à pied est une merveilleuse manière de s’immerger dans la nature et d’apprécier les paysages. Des promenades de joie dans les prairies et les forêts jusqu’à l’ascension difficile des collines, n’oubliez pas de prendre des chaussures confortables, de l’eau, une carte ou un GPS pour vous offrir une expérience sûre et divertissante.

6 Bonnes raisons de faire du VTT

Vélo et VTT

De nombreuses institutions proposent des services de location de vélo ou des partenariats avec des boutiques de location locales. Que vous choisissiez de conduire le long de routes calmes, ou sur des voies montagneuses difficiles, ou de parcourir de magnifiques vignobles, le vélo est un moyen unique de découvrir la beauté d’une région. Rappelez-vous de porter un casque, d’apporter un kit de réparation et de suivre les règles de la circulation locale lors du parcours.

Tor­tue luth sur la plage de l’Amana – © O. Jo­bard / Coeurs de Na­ture / SIPA

Les activités aquatiques

Les activités aquatiques sont indispensables pour les aventuriers. Du kayak et de la pêche et à la navigation, il y a une multitude de possibilités d’accès à l’eau. De nombreux établissements proposent des petits-déjeuners comprenant l’accès à des équipements comme des kayaks.

Linus Muheim – Unsplash

Observation de la vie sauvage

Les campagnes offrent souvent un accès facile aux zones sauvages riches, telles que les parcs nationaux ou les réserves naturelles. Que ce soit pour voir des oiseaux, identifier des plantes et des animaux locaux, ou capturer des paysages magnifiques avec votre appareil photo, ces zones offrent un refuge aux amateurs de la nature. Pensez à vous joindre aux visites guidées ou à faire appel à des experts locaux qui peuvent vous aider à améliorer votre expérience en partageant leurs connaissances.

Les aventures sont pleines d’excitation

L’escalade de roche, ou même le parachutisme ne sont que quelques exemples des aventures les plus spectaculaires qui peuvent être faites dès le matin. Bien qu’elles puissent exiger un certain niveau d’expérience ou de formation, elles offrent une occasion unique de dépasser vos limites et de créer des souvenirs mémorables. Assurez-vous de sélectionner des opérateurs reconnus et que vous suivez des conseils d’experts pour garantir une expérience sûre et agréable.

Dossier : faire du vélo

Que vous préfériez marcher, faire du vélo, faire du sport aquatique, ou regarder la faune sauvage, la beauté de la région environnante fournit un cadre idéal pour des expériences mémorables. Donc, faites vos valises, et préparez-vous à explorer des sites incroyables

Quelles perspectives sur les ressources mondiales 2024

Le monde est confronté à une triple crise planétaire : le changement climatique, la perte de biodiversité, la pollution et les déchets. L’économie mondiale consomme de plus en plus de ressources naturelles, alors que le monde n’est pas sur la bonne voie pour atteindre les objectifs de développement durable.

La communauté scientifique n’a jamais été aussi alignée et résolue sur la nécessité d’une transformation mondiale urgente vers l’utilisation durable des ressources. Cette édition 2024 du Perspectives des ressources mondiales (Global Resources Outlook) met en lumière la manière dont les ressources sont essentielles à la mise en œuvre efficace du Programme pour le développement durable à l’horizon 2030 et des accords multilatéraux sur l’environnement pour lutter contre la triple crise planétaire. Le rapport rassemble les meilleures données, modélisations et évaluations disponibles pour analyser les tendances, les impacts et les effets distributifs de l’utilisation des ressources. Il s’appuie sur plus de 15 ans de travail du Panel international sur les ressources, y compris des évaluations scientifiques et des contributions des pays, d’un vaste réseau de parties prenantes sur le terrain et d’experts régionaux.

Le rapport illustre comment, depuis l’édition 2019 de ce rapport, les tendances à la hausse de l’utilisation des ressources mondiales se sont poursuivies ou accélérées. Il montre également que la demande de ressources devrait continuer à augmenter au cours des prochaines décennies. Cela signifie que, sans une action urgente et concertée, l’extraction des ressources pourrait augmenter de 60 % d’ici 2060 par rapport aux niveaux de 2020, ce qui entraînerait des dommages et des risques croissants.

Toutefois, ce destin n’est pas scellé. Le rapport décrit également les possibilités d’inverser les tendances négatives et de mettre l’humanité sur la voie de la durabilité.

Pour ce faire, il est essentiel de prendre des mesures politiques audacieuses afin d’abandonner progressivement les activités non durables, d’accélérer la mise en place de moyens responsables et innovants pour répondre aux besoins humains et de créer des conditions propices à l’acceptation sociale et à l’équité dans le cadre des transitions nécessaires. Il s’agit notamment d’agir d’urgence pour intégrer les ressources dans la mise en œuvre des accords multilatéraux sur l’environnement, définir des modes d’utilisation durable des ressources et mettre en place des incitations financières, commerciales et économiques appropriées.

Le chemin vers la durabilité est de plus en plus escarpé et étroit, et la fenêtre d’opportunité se referme. La science est claire : la question clé n’est plus de savoir si une transformation vers une consommation et une production durables des ressources au niveau mondial est nécessaire, mais comment y parvenir maintenant. La prise en compte de cette réalité, sur la base des concepts évolutifs d’une transition juste, est un élément essentiel de toute solution crédible et justifiable pour aller de l’avant.

Quand la permaculture inspire l’habitat et l’entreprise

Notre mode de développement n’est plus viable. Il creuse les inégalités, consume la bio-régénérescence de la planète et accélère le dérèglement climatique. Il y a urgence à en changer. Or un mode de production existe, plus respectueux des humains et de la nature, et dont l’entreprise comme l’habitat pourrait s’inspirer : c’est la permaculture.

LA PERMAENTREPRISE
Un modèle viable pour un futur viable, inspiré de la permaculture

Sylvain Breuzard propose aux dirigeants un nouveau modèle de développement qu’il a lui-même mis en place dans son organisation : la permaentreprise. Celle-ci est basée sur trois principes éthiques indissociables : « prendre soin des humains », « préserver la planète », « se fixer des limites et redistribuer équitablement les richesses ».

Les 3 principes éthiques de la permaculture : Les 3 éthiques de la permaculture sont proches des piliers du développement durable mais plus engagées :
– Prendre soin de l’humain
– Prendre soin de la Terre
– Répartir équitablement

Dans ce livre, l’auteur nous donne la méthode complète et les outils pour devenir une permaentreprise, et parvenir à élaborer un référentiel propre à chaque entreprise, véritable feuille de route au quotidien. Enrichi d’une réflexion sur le dirigeant de demain, le « permadirigeant« , et des retours d’expériences de dix dirigeants ayant déployé le modèle, ce livre vous donne toutes les clés pour passer à l‘action, contribuer à bâtir un futur vivable !

“Mon objectif est de partager mon expérience et d’inspirer les dirigeants parce que je suis convaincu que les entreprises, vu leur puissance et leurs capacités d’action, pourraient devenir les leviers les plus importants pour lutter contre la dégradation sociale et environnementale du monde.”

Sylvain Breuzard

Sylvain Breuzard est le PDG de norsys, un groupe de services numériques qualifié de « société à mission », ISO 26000 et certifié B Corp. Il est ancien président national du Centre des Jeunes Dirigeants d’entreprise (2002-2004) où il a développé le modèle de performance globale de l’entreprise. Il est, par ailleurs, créateur du réseau Etincelle, qui vise à rendre entrepreneurs de leur vie les jeunes en rupture scolaire. Il a été président de Greenpeace France (2011-2023).

Préface : David Holmgren, cocréateur de la permaculture.

Postface : Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT.

> Commander La permaentreprise aux Editions Eyrolles

L’HABITAT PERMACOLE
Guide pratique de la maison écologique et autonome inspirée par la permaculture

L’habitat permacole est un écosystème habité qui repense l’acte de construire, d’aménager et de vivre avec la permaculture, pour subvenir aux besoins de ses occupants en prenant soin de la planète.

Les 12 principes de conception de la permaculture : L’application des 12 principes de conception fonctionnels permettent de créer des écosystèmes en permaculture.

Alexandre BODIN propose un guide illustré destiné aux professionnels et étudiants souhaitant s’approprier le concept d’habitat permacole, ainsi qu’aux porteurs de projets de résilience.

Après avoir défini l’habitat permacole, il présente la méthode de conception, les principales particularités constructives, paysagères et agricoles ainsi qu’une démarche de démocratisation appliquées à 4 études de cas d’habitat : urbain, périurbain, rural et territorial.

Extrait :

Alexandre Bodin est l’inventeur du concept d’habitat permacole. Il est président fondateur du bureau d’études Logiscopia – qui aide ceux qui le désirent à mettre en place ce mode de vie novateur –, et président cofondateur de Permacopia, l’association des professionnels de la permaculture. Ingénieur diplômé de l’EPITA, permaculteur, maître d’œuvre, ingénieur pédagogique spécialisé dans la reconversion professionnelle et formateur occasionnel, il intervient sur divers projets en lien avec la transition écologique.

Ayman Ghanem est illustrateur, architecte diplômé de l’ENSA de Nantes et membre de Permacopia.

Mai Laila est illustratrice, architecte du paysage et membre de Permacopia.

La fleur permaculturelle : Pour créer des écosystèmes habités adaptés aux humains, la permaculture se décline sur toutes les activités humaines. C’est ce que représente La fleur de la permaculture.

TABLE DES MATIÈRES

  • PARTIE 1 PENSER L’HABITAT PERMACOLE
  • CHAPITRE 1. Distinguer habitat durable, écologique et permacole
  • DIFFÉRENCIER L’HABITAT DURABLE ET L’HABITAT ÉCOLOGIQUE
  • L’habitat durable
  • L’habitat écologique
  • CARACTÉRISER L’HABITAT PERMACOLE
  • La catégorie écologique
  • La catégorie d’autonomie individuelle
  • La catégorie d’autonomie collective
  • La représentation synthétique
  • CHAPITRE 2. Concevoir l’habitat permacole
  • DESIGNER AVEC LA PERMACULTURE
  • Faciliter la conception grâce aux principes de la permaculture
  • Le principe du « non-agir »
  • L’approche systémique et holistique
  • « Le problème est la solution »
  • Le biomimétisme
  • Les principes fonctionnels
  • La méthode Vobredim
  • La mise en œuvre agile de Vobredim
  • CONCEVOIR UN HABITAT AVEC LA MÉTHODOLOGIE PERMACOLE
  • Modéliser un écosystème habité
  • Modéliser le logement
  • Modéliser le jardin
  • Modéliser un terrain et son environnement étendu
  • Organiser l’habitat avec le zonage
  • Positionner les guildes permacoles et les éléments constructifs
  • CHAPITRE 3. Construire l’habitat permacole
  • CHOISIR UN MODE DE CONSTRUCTION ÉCOLOGIQUE
  • Les matériaux de construction et les matériaux isolants
  • Pour un autre BTP : le Bois-Terre-Paille
  • Focus sur la construction bois
  • Focus sur la construction terre
  • Focus sur la construction paille
  • APPLIQUER LA PERMACIRCULARITÉ AU BÂTIMENT
  • Économie circulaire et permacircularité
  • L’économie circulaire
  • L’économie authentiquement circulaire
  • L’économie permacirculaire
  • L’économie authentiquement permacirculaire
  • Mettre en œuvre la permacircularité dans le bâtiment
  • CHAPITRE 4. Cultiver l’habitat permacole
  • PRATIQUER LE JARDINAGE NATUREL AVEC L’ENSAUVAGEMENT
  • Une définition du jardinage naturel
  • Le jardinage naturel en permaculture
  • Une définition de l’ensauvagement
  • L’ensauvagement, en pratique
  • GÉRER L’EAU ET S’ADAPTER AU RELIEF AVEC LE KEYLINE DESIGN
  • La gestion de l’eau
  • Les baissières
  • Le keyline design
  • Implantation du keyline et réalisation des baissières
  • Notions d’hydrologie et dimensionnement
  • CULTIVER AVEC L’AGROFORESTERIE, L’AGROÉCOLOGIE ET L’AGRICULTURE RÉGÉNÉRATRICE
  • Cultiver avec les haies
  • L’agroforesterie
  • L’agroécologie
  • L’agriculture régénératrice
  • La transition agricole
  • CHAPITRE 5. Autonomiser l’habitat permacole
  • PRODUIRE SES ALIMENTS
  • Concevoir les cultures
  • Planifier et cultiver
  • Transformer et conserver
  • Cuisiner ses aliments
  • CAPTER ET UTILISER L’EAU
  • Le captage
  • Le stockage
  • Le filtrage
  • L’utilisation de l’eau
  • L’assainissement
  • La réutilisation
  • PRODUIRE SON ÉNERGIE
  • L’énergie solaire
  • La biomasse
  • Le bois
  • Le biogaz
  • Les couches chaudes
  • Le vent
  • Les cours d’eau
  • La géothermie
  • Stocker l’énergie électrique
  • FAIRE APPEL AUX LOW-TECH POUR L’AUTONOMIE TECHNOLOGIQUE
  • La démarche low-tech
  • Des low-tech pour l’habitat
  • CHAPITRE 6. Démocratiser l’habitat permacole
  • FAIRE OU FAIRE FAIRE ?
  • Faire soi-même : l’autoproduction dans le bâtiment
  • L’autoconception
  • L’autoconstruction
  • Conseils pour l’autoproduction
  • Conseils pour les chantiers participatifs
  • Avis sur l’autoproduction
  • Faire faire : l’approche professionnelle classique
  • Une nouvelle approche professionnelle dédiée
  • Le designer d’habitat permacole
  • La maîtrise d’œuvre permacole
  • Le suivi agile des projets permacoles
  • L’accompagnement individuel permacole
  • Les différents profils du designer permacole
  • DÉVELOPPER L’HABITAT PERMACOLE À GRANDE ÉCHELLE
  • Promouvoir des métiers d’avenir
  • Inventer les nouveaux métiers de la permaculture
  • Former aux métiers de l’habitat permacole
  • Créer des collectifs de professionnels
  • Développer une organisation professionnelle
  • Outiller l’approche professionnelle de l’habitat permacole
  • Outiller avec le BIM
  • LIM, CIM, TIM, PIM
  • Une plateforme permacole unifiée
  • Des outils digitaux dédiés
  • Diffuser cette innovation socio-écologique
  • L’habitat permacole : une innovation socio-écologique
  • Recherche-action et innovation sociale
  • La recherche comme levier de diffusion
  • Les Permascop : utopie d’un essaimage
  • Les structures coopératives
  • Essaimer des petites structures collaboratives
  • Les Permascop
  • PARTIE 2 ÉTUDES DE CAS
  • CHAPITRE 7. Habitat permacole en milieu urbain : jardin de 50 à 300 m²
  • CONTEXTE DU CAS D’ÉTUDE DE RÉNOVATION
  • Présentation de l’habitat à rénover
  • Présentation du pavillon à rénover
  • Présentation du jardinet urbain
  • Évaluation permacole avant rénovation
  • PRÉSENTATION DU PROJET DE RÉNOVATION ET D’AMÉNAGEMENT
  • Présentation du pavillon rénové
  • Présentation du jardinet permacole
  • Un jardin de 120 m²
  • Avec un jardin de 300 m²
  • Avec un jardin de 50 m²
  • Évaluation permacole après rénovation
  • Démarche mise en œuvre pour ce projet
  • Étape de la vision
  • Étape de l’observation
  • Étape des bordures et ressources
  • Étape de l’étude et du design
  • Étape de l’implantation
  • Étape de la maintenance
  • FOCUS SUR DES ÉLÉMENTS URBAINS CARACTÉRISTIQUES
  • Les guildes potagères
  • Les aménagements extérieurs
  • L’abri de jardin
  • Les cultures surélevées ou hors-sol
  • Les châssis
  • L’agriculture urbaine
  • Évaluation permacole étendue incluant la zone 6
  • CHAPITRE 8. Habitat permacole périurbain et microferme : jardin de 1 000 m²
  • CONTEXTE DU CAS D’ÉTUDE DE CONSTRUCTION
  • Présentation du logement conventionnel proposé et de son jardin
  • Évaluation permacole du projet de construction conventionnel
  • PRÉSENTATION DU PROJET DE CONSTRUCTION PERMACOLE
  • Présentation du logement écologique
  • Présentation du jardin permacole
  • Évaluation du projet permacole neuf
  • Démarche mise en œuvre pour ce projet
  • Étape de la vision
  • Étape de l’observation
  • Étape des bordures et ressources
  • Étape de l’étude
  • Étape du design
  • Étape de l’implantation
  • Étape de la maintenance
  • FOCUS SUR DES ÉLÉMENTS PÉRIURBAINS CARACTÉRISTIQUES
  • Les différences avec le modèle urbain
  • Les guildes permacoles
  • Une guilde paysagère
  • Guildes potagères vivaces et aromatiques
  • Guildes de haies champêtres et comestibles
  • Guildes d’établissement
  • Du poulailler à la micro basse-cour
  • Généralités sur le poulailler
  • Poulailler à parcours tournant
  • Vers la basse-cour
  • Évaluation permacole du poulailler
  • L’atelier
  • Présentation de l’atelier
  • Organisation de l’atelier
  • Aménagement de l’atelier
  • Évaluation permacole de l’atelier
  • CHAPITRE 9. Habitat permacole en milieu rural : terrain de 2 à 6 ha
  • CONTEXTE DU CAS D’ÉTUDE RURAL
  • Présentation des bâtiments à réhabiliter
  • La maison
  • La grange
  • Le hangar
  • Présentation du terrain initial
  • Évaluation permacole avant la réhabilitation
  • PRÉSENTATION DU PROJET DE RÉNOVATION
  • Présentation des bâtiments permacoles
  • La maison principale
  • La grange et le hangar
  • Présentation du terrain permacole
  • Évaluation permacole après réhabilitation
  • Évaluation du cas d’étude rural
  • Évaluation possible d’un habitat rural participatif
  • Démarche mise en œuvre pour ce projet
  • Étape de la vision
  • Étape de l’observation
  • Étape des bordures et ressources
  • Étape de l’évaluation
  • Étape du design
  • Étape de l’implantation pour la maison
  • Étape de l’implantation pour le terrain
  • Étape de la maintenance
  • FOCUS SUR DES ÉLÉMENTS RURAUX CARACTÉRISTIQUES
  • Les différences avec le modèle périurbain
  • Les bâtiments
  • L’espace agricole
  • L’autosuffisance alimentaire réelle
  • Les annexes multifonctionnelles
  • Les guildes permacoles
  • Les jardins-forêts
  • Les mares et les étangs
  • La rotation des cultures en zone 3
  • Les annexes agricoles
  • La grange
  • Le hangar
  • L’atelier de transformation
  • CHAPITRE 10. Habitat permacole territorial rural : à partir de 100 ha
  • CONTEXTE DU CAS D’ÉTUDE TERRITORIAL
  • Présentation du domaine
  • Présentation des bâtiments à réhabiliter
  • Présentation du domaine rural paysager
  • Évaluation permacole avant réhabilitation
  • PROJET DE TRANSITION DU DOMAINE
  • Présentation des bâtiments permacoles
  • Présentation du terrain permacole
  • Les chemins
  • Les réduits boisés
  • Les guildes agroécologiques
  • La permacircularité du domaine
  • La circularité à différentes échelles
  • Les indicateurs permacirculaires
  • Évaluation permacole après transition
  • Démarche mise en œuvre pour ce projet
  • L’étape de la vision
  • L’étape de l’observation, les bordures et les ressources
  • L’étape de l’étude
  • L’étape du design
  • L’étape de l’implantation
  • L’étape de la maintenance
  • FOCUS SUR DES ÉLÉMENTS TERRITORIAUX CARACTÉRISTIQUES
  • Les guildes agroécologiques
  • Composition des guildes agroécologiques
  • Utilisation des guildes agroécologiques
  • Les productions variées d’une guilde agroécologique
  • Travailler avec les animaux
  • Les écolieux permacoles
  • De « lieu-dit » à « écolieu »
  • La création d’un écolieu
  • Exemples d’écolieux sur le domaine
  • Les tiers-lieux, fabriques de territoire
L’habitat permacole

> Commander l’habitat permacole aux Editions Eyrolles

Pourquoi bouder l’alimentation bio malgré la réduction de l’écart de prix avec les produits conventionnels ?

Choisit-on consciemment ce que l’on mange ? Chaque jour, nous favorisons, à travers nos choix alimentaires, un type d’agriculture plutôt qu’un autre. Les aliments ultra-transformés par l’industrie agro-alimentaire représentent une part toujours plus grande de notre alimentation. Et l’agriculture biologique est confrontée à un paradoxe, soulevé par les chercheurs en économie et gestion Cindy Lombart, Olga Untilov (Audencia ) et Didier Louis (Université de Nantes) pour The Conversation France.  Le label AB a mieux résisté à l’inflation que le modèle industriel et a désormais des prix plus proches des produits conventionnels, mais il est de plus en plus boudé par le consommateur. 

L’alimentation bio toujours boudée malgré la réduction des écarts des prix avec les produits conventionnels

Les produits bio ont subi une nette perte de popularité en 2023. monticello/Shutterstock

Cindy Lombart, Audencia; Didier Louis, Université de Nantes et Olga Untilov, Audencia

Le constat est sans appel : les Français délaissent les produits biologiques. En 2023, leurs ventes ont baissé en volume (-11,3 %) et en valeur (-3,1 %), dans les enseignes bio, type Biocoop, La Vie Claire (-8,6 %), ainsi qu’en grandes et moyennes surfaces (-4,6 %). Pourtant, les écarts de prix entre produits alimentaires bio et conventionnels se sont réduits. Alors comment expliquer cette perte de succès des produits labellisés AB ?

Les raisons de cette chute ?

Le prix du caddy reste le nerf de la guerre. Et dans leur grande majorité (71 %), les consommateurs perçoivent les prix des produits biologiques comme trop élevés, par rapport aux bénéfices qu’ils apportent et aux prix des produits conventionnels. Dans les faits, les produits biologiques sont généralement de 20 à 30 % plus chers. Cette différence de prix est encore davantage un frein à l’achat des produits biologiques pour les consommateurs occasionnels et pour les consommateurs fortement préoccupés par leur pouvoir d’achat.

Ensuite, les consommateurs ne semblent plus nécessairement convaincus par les promesses fondatrices des produits biologiques : bon pour leur santé et bon pour l’environnement. Ils ne sont que 17 % à penser que manger sainement signifie manger des produits biologiques. L’apparition d’autres labels environnementaux, tels que Label Naturel, Haute Valeur Environnementale (HVE), a également brouillé les perceptions des consommateurs. Ces derniers ne savent pas ce que recouvrent ces différents labels avec leurs points de différences et de similarités.

Enfin, d’autres promesses plaisent plus aux consommateurs, telles que la promesse de produits locaux. Une grande majorité de consommateurs (86 %) déclare faire davantage confiance à un produit local qu’à un produit biologique. Et cela pour plusieurs motifs : meilleure qualité, prix plus justes, levier de soutien de l’économie locale et de protection de l’environnement. Dès lors, certains consommateurs compensent la consommation de produits biologiques par la consommation de produits locaux. D’autres privilégient le bio local dont les ventes sont en croissance de 3,9 %

Les produits locaux bénéficient eux d’une bonne réputation auprès des consommateurs. SvetlanaSF/Shutterstock

L’impact de l’inflation sur les prix des produits biologiques

Les taux d’inflation à 2 chiffres (11,9 %) en 2023 (vs 3,1 % début 2024) ont marqué les esprits des Français autant que les étiquettes de prix. Les prix ont fortement augmenté. Le pouvoir d’achat est ainsi devenu la 1ère préoccupation des Français (77 %) et ils ont davantage pris l’habitude de comparer les prix (62 %).Or, plus les individus sont préoccupés par leur pouvoir d’achat, moins ils achètent de produits biologiques.

Les prix des produits biologiques n’ont certes pas été épargnés par l’inflation. Mais l’écart avec les produits conventionnels est resté stable ou, pour certains produits, a pu diminuer. Par exemple, le beurre bio a vu son prix passer de 10 euros/kg en janvier 2021 à 11 euros/kg en décembre 2022 quand le beurre non bio a vu son prix passer de 8 euros/kg à 10 euros/kg.

Les produits bio ont de fait mieux résistés à l’inflation que les produits conventionnels, car ils n’ont logiquement pas été impactés par la hausse des coûts des produits phytosanitaires, principalement produits en Russie. Quant aux produits bio locaux, ils ont été moins impactés par les fluctuations des cours sur les marchés mondiaux, liées à la guerre en Ukraine.

Mais malgré la réduction des écarts de prix entre les produits bio et les conventionnels, un cercle vicieux s’est mis en place. Les consommateurs ont acheté moins de produits biologiques et les enseignes, surtout les grandes et moyennes surfaces, ont fait des coupes dans leurs assortiments en défaveur des produits biologiques (-10,9 %). Les espaces dédiés en magasins, qui ne proposaient que des produits biologiques, ont été supprimés.

Les produits biologiques sont, pour la plupart, retournés dans les rayons de leurs catégories de produits d’origine, près des produits conventionnels, non biologiques. Un déplacement loin d’être anodin, qui a de fait contribué à rendre les produits biologiques moins visibles et attractifs, et qui a rendu la comparaison entre produits biologiques et conventionnels encore plus simple, notamment aux niveaux des prix, les produits étant à nouveau côte à côte. Les consommateurs ont dès lors davantage noté le différentiel de prix entre produits conventionnels et biologiques, en défaveur des produits biologiques.


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Des constats à relativiser !

Ce désengouement apparent des consommateurs français pour les produits biologiques est cependant à relativiser en fonction de différents profils de consommateurs. D’après la fondation Jean-Jaurès et Circana, la surconsommation de produits biologiques est la plus importante pour les conso-style « hyper urbains cosmopolitains » et « quartiers bourgeois ». Donc, même si les produits bio sont en moyenne plus chers, ce ne serait pas pour autant le revenu qui expliquerait cette surconsommation localisée, mais davantage un niveau de diplôme plus élevé ainsi qu’un degré d’urbanité plus important. Un constat qui rejoint celui de l’Agence Bio et de l’Obsoco qui indiquent que les consommateurs convaincus par le bio (29 %) sont des CSP +, diplômés. Ces conclusions posent cependant la question de la démocratisation des produits biologiques afin de toucher plus de profils de consommateurs et des consommateurs regardant avant tout les prix.


Aliments ultra-transformés : comment ils modèlent notre agriculture

L’industrie agro-alimentaire qui produit un très grand nombre d’aliments ultra-transformés (AUT) vendus en masse dans nos super et hypermarchés reste sans visage médiatique. Si le grand public a de plus en plus conscience que ces produits sont néfastes pour la santé, il est sans doute plus ignorant de la façon dont les aliments ultra-transformés modèlent notre agriculture.


Une notion à intégrer : celle de prix juste

Cette question du prix est bien plus vaste que la seule étiquette finale apposée sur le produit. Car elle correspond rarement à ce qu’on appelle le prix juste, c’est-à-dire

« le prix raisonnable et justifié aux yeux des consommateurs prend en compte de façon exhaustive l’ensemble des coûts (économiques, environnementaux et sociaux) engendrés tout au long du cycle de vie du produit.

Il garantit une valeur au consommateur et une transparence, ainsi qu’une répartition équitable des coûts et profits entre tous les acteurs de la chaîne de valeur ».

Autre divergence notable : celle entre le prix indiqué et le véritable coût d’un produit, si l’on inclut les coûts cachés (les impacts environnementaux et sanitaires de la production, comme de la consommation). En 2020, aux États-Unis, il était estimé qu’en incluant le montant des coûts cachés de l’alimentation, on arrivait à près du double des dépenses alimentaires. En Allemagne, certains supermarchés ont décidé d’expliciter cette différence en affichant côte à côte le prix de vente et le coût environnemental d’un produit.

En France, plus de la moitié des consommateurs (62 %) ne comprennent pas bien, pour les prix des produits alimentaires, ce qui revient à chaque acteur de la chaîne de production.

Il est important que les consommateurs perçoivent le prix des produits biologiques comment étant justes. Car ces prix justes leur permettent d’être davantage satisfaits, d’avoir davantage confiance et d’acheter davantage de produits biologiques.

Une solution ponctuelle : les promotions

Les promotions, en plus d’éventuels prix bas ou petits prix selon les appellations, pourraient être un moyen de recruter de nouveaux consommateurs et de baisser les prix, de façon ponctuelle. La majorité des consommateurs (55 %) attendent qu’un produit soit en promotion pour l’acheter. Quel que soit leur niveau de préoccupation pour leur pouvoir d’achat, les consommateurs vont davantage acheter des produits biologiques en promotion, par rapport aux mêmes produits conventionnels qui ne sont pas en promotion.

En revanche, quand les consommateurs les plus fortement préoccupés par leur pouvoir d’achat ont le choix entre des produits biologiques en promotion et les mêmes produits conventionnels en promotion, ils vont davantage acheter les produits conventionnels. Autrement dit le signal de la promotion profite davantage aux produits conventionnels qu’aux produits biologiques. De surcroît, cette technique marketing, qu’est l’offre de promotions, pose la question, pour les consommateurs plus fidèles, de sa justesse et d’une potentielle dégradation de l’image responsable des produits biologiques, au bénéfice de leur image prix.

Une solution pérenne : les affiches en magasins et/ou en rayons

Si les promotions semblent ainsi n’être qu’une solution ponctuelle, la mise en avant des produits bio, en utilisant des affiches en magasins et/ou en rayons, pourrait s’avérer plus efficace. En effet, rendre les produits bio plus « visibles » permettrait à certains non-consommateurs (22 %) de développer le réflexe d’acheter et de consommer ces produits. Les affiches en magasins et/ou en rayons pourraient mettre en avant des éléments liés à l’impact sur la santé de l’agriculture biologique et/ou l’impact environnemental de celle-ci, car seulement la moitié de Français considèrent avoir suffisamment d’informations quant à ces aspects.

Cindy Lombart, Professeure de marketing, Audencia; Didier Louis, Maître de conférences, techniques de commercialisation, IUT de Saint-Nazaire, Université de Nantes et Olga Untilov, Professeur assistant en marketing, Audencia

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

Stockage intersaisonnier de chaleur : la solution de chauffage – climatisation durable et décarbonée

Le stockage intersaisonnier de chaleur consiste à mettre en place des systèmes capables de stocker de la chaleur en été pour une utilisation en hiver et inversement. Dans son dernier rapport, l’Académie des technologies souligne l’efficacité de ce stockage pour réduire la consommation d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre des bâtiments. Elle recommande son déploiement en France, en assurant un soutien comparable aux autres énergies renouvelables.

Illustration du stockage thermique en aquifère. Source : IF Technology

Les Systèmes de Stockage Intersaisonnier de Chaleur (STES) stockent activement la chaleur en été dans le sous-sol, pour réchauffer en hiver, et le froid en hiver pour rafraîchir en été. La chaleur qu’ils utilisent peut provenir de sources d’énergie renouvelable bas-carbone, tels les panneaux solaires thermiques, ou de récupération de la chaleur des eaux usées ou de l’industrie. Ce stockage actif les distingue des systèmes de géothermie classiques qui utilisent la chaleur naturellement disponible dans le sous-sol. On peut l’appeler géothermie à recharge active intersaisonnière.

Illustration du stockage thermique en champ de sondes.
Source : Underground Energy (noter que les sondes peuvent aussi être sous les bâtiments)

Cette famille de technologies propose une alternative écologique et économique aux systèmes de chauffage et de climatisation conventionnels. Elle permet de réduire la consommation d’énergie des bâtiments et limite les émissions de gaz à effet de serre.

Elle est un atout pour atteindre l’objectif national de production de 100 TWh de chaleur fournie par la géothermie d’ici 2040. Le défi à relever est ambitieux : il nécessite l’installation de 3 GW de puissance chaque année, c’est-à-dire autant que la puissance totale installée jusqu’en 2020.

Schéma du réseau d’échange thermique de Paris-Saclay.

Le principe n’est pas nouveau, avec des réalisations en Allemagne, au Canada, aux Pays-Bas et en Suisse. Par exemple, la chaleur solaire stockée sur le site de Drake Landing, un écoquartier au Canada, couvre près de 90 % du besoin annuel de chauffage pour une cinquantaine de maisons, malgré un besoin de chauffage environ deux fois plus important que dans le Nord de la France.


Exemple d’économie circulaire :

Réutiliser une partie de la chaleur produite par un data center pour reproduire un mécanisme naturel de photosynthèse en utilisant une partie du CO2 capté pour faire pousser des algues, et les recycler en biomasse.

Infographie Data Center biocirculaire (Crédit photo : Data4)
Data4, opérateur et investisseur français sur le marché des data centers, et l’Université Paris-Saclay annoncent une première mondiale : l’expérimentation d’une forêt d’algues sur un data center. Ce projet, porté par une équipe pluridisciplinaire et multi-métiers (spécialistes biomasse, numérique, IA, physique/chimie, économie, etc) de la Fondation de l’Université Paris-Saclay et les équipes de Data4 sur le site essonnien du groupe situé à Marcoussis, consiste à réutiliser une partie de la chaleur produite par un data center pour reproduire un mécanisme naturel de photosynthèse en utilisant une partie du CO2 capté pour faire pousser des algues, et les recycler en biomasse.

Malgré sa maturité technique, son adoption reste encore très limitée en France pour des raisons multiples : méconnaissance du public, cadre législatif et réglementaire actuel, filières industrielles inadaptées.

L’Académie des technologies émet dans son rapport cinq recommandations pour favoriser le déploiement des STES en France :

  1. adapter les réglementations, notamment en ajustant les limites de puissance et de profondeur pour la géothermie ;
  2. assurer un financement comparable aux autres énergies renouvelables, avec un accent sur les subventions pour les études de faisabilité ;
  3. encourager des formations spécialisées pour les professionnels du bâtiment, de l’architecte au promoteur, de l’installateur au foreur, et développer des outils de simulation accessibles ;
  4. mettre en place des campagnes d’information et de sensibilisation du public et des parties prenantes pour promouvoir l’adoption des STES ;
  5. soutenir la recherche et le développement dans ce domaine.

Le stockage intersaisonnier de chaleur: un atout pour le climat et la souveraineté

Tu veux changer les choses ? Avec l’ingénierie tu peux vraiment tout faire !

En France, il manque 20 000 ingénieurs et ingénieures diplômés chaque année. Syntec-Ingénierie, la fédération professionnelle de l’ingénierie, lance une campagne de communication qui s’adresse aux 13-18 ans pour augmenter le nombre de talents intéressés par les métiers de l’ingénierie, en transformant leur curiosité naturelle en orientation. A toutes celles et ceux qui sont à la recherche de sens et d’action, l’ingénierie déclare : « Avec l’ingénierie, tu peux vraiment tout faire ». La campagne s’appuie sur une mini-série vidéo de 3 épisodes et un site ludique et immersif qui invite les jeunes à découvrir des débouchés et métiers faits pour eux, à travers un test de personnalité.

Tu veux changer les choses ?
Avec l’ingénierie, tu peux vraiment
tout faire !

Protéger l’environnement et la biodiversité, agir pour le climat, améliorer les villes et modes de vie, inventer grâce aux technos du futur, développer de nouvelles énergies et des transports plus propres, dépolluer l’eau, faire des villes plus vertes, aider à vivre en bonne santé, recycler tous les matériaux, adapter les villes au changement climatique, réduire la pollution, nous connecter, créer ensemble les futurs dont nous rêvons …

Michel Kahan, président de Syntec-Ingénierie

« À toutes celles et ceux qui veulent changer les choses : l’ingénierie est un formidable levier d’action pour imaginer et faire advenir un monde plus désirable ! Nos entreprises recrutent, dans tous les secteurs et à tous niveaux de compétences.
Alors, rejoignez-nous ! »

Michel Kahan, président de Syntec-Ingénierie

Transformer la curiosité naturelle en orientation

La campagne, qui se déploiera sur 2 ans, s’adresse aux jeunes à la recherche de sens et d’action. Elle comprend 2 temps forts en 2024 : dès maintenant, en ciblant celles et ceux qui s’interrogent encore sur leur orientation post-Bac ; et à la rentrée scolaire prochaine, au moment de la découverte des métiers et formations.


Alors que les entreprises d’ingénierie recrutent sur tout type de poste à tous niveaux de formation, elles rencontrent de grandes difficultés à trouver les talents dont elles ont besoin. Et pour cause, 20 000 ingénieurs et ingénieures manquent à l’appel tous secteurs confondus. Rien que dans l’ingénierie, ce sont 15 000 professionnels et professionnelles qui font défaut (technicien(ne)s, botanistes, énergéticien(ne)s, etc.) et seul 1 ingénieur(e) diplômé sur 3 est une femme. Face à ce constat, la fédération professionnelle de l’ingénierie entend donc intéresser de nouveaux publics aux métiers de l’ingénierie, en ciblant prioritairement les profils féminins et ceux traditionnellement éloignés de ces métiers.

3 vidéos pour découvrir l’ingénierie dans notre vie courante.

« Avec l’ingénierie, tu peux développer de nouvelles énergies, créer des transports plus propres, dépolluer l’eau, faire des villes plus vertes, aider à vivre en bonne santé, recycler tous les matériaux, adapter les villes au changement climatique, réduire la pollution… »

Syntec Ingénierie

Les vidéos seront diffusées largement en streaming sur TF1+, ainsi que sur les réseaux sociaux utilisés par la génération Z, à savoir : TikTok, Instagram et Youtube.

Un test de personnalité pour orienter les talents de demain

Pour inciter à passer à l’action, un site baptisé vraiment-tout.fr, basé sur la gamification, prend la forme d’un test de personnalité immersif. Les internautes sont invités à répondre à un court questionnaire sur leurs goûts et intérêts. En fonction des réponses, 4 grands débouchés professionnels sont alors proposés :

  • protéger l’environnement et la biodiversité ;
  • améliorer les villes et modes de vie ;
  • agir pour le climat ;
  • inventer grâce aux technos du futur…

Les jeunes intéressés ont la possibilité de consulter des fiches métiers complètes, comprenant des exemples de grands projets, mais aussi des informations pratiques sur l’orientation ou les matières à privilégier, que l’on soit au collège, au lycée, ou en études supérieures.

Optimiste et pragmatique, la campagne invite les jeunes qui le souhaitent à passer à l’action et à prendre en main leur avenir pour concevoir, avec l’ingénierie, les futurs dont ils et elles rêvent.

Syntec ingénierie

Un autre monde est atteignable

Restauration de la nature : une victoire citoyenne pour la biodiversité !

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Le Parlement européen a franchi une étape décisive pour restaurer et protéger de la biodiversité en Europe en adoptant le règlement sur la restauration de la nature. Une victoire à quelques voix près, malgré une campagne de désinformation sans précédent et de multiples tentatives de torpillage du texte dénoncées par les ONG. Proposé dans le cadre du « Green Deal » de l’UE, ce règlement vise à restaurer 20% des terres et mers européennes d’ici 2030, avec un objectif ultime de 100% de restauration des espaces dégradés d’ici 2050.

Restauration de la nature : une victoire historique​

Avec plus de 80% d’habitats naturels en mauvais état, et 70% de sols en mauvaise santé, l’UE se dote des moyens nécessaires pour pérenniser les modes de vie de ses citoyen·nes et de son économie.

France Nature Environnement
Quel est l’état actuel de la nature dans l’UE ?

Le texte environnemental le plus ambitieux depuis 30 ans selon FNE

Pour la première fois, le texte fixe des objectifs opérationnels clairs, un dispositif de suivi et une redevabilité des Etats membres pour restaurer les écosystèmes dégradés. Parmi les principaux objectifs et mesures :

  • Restauration de 20% des terres et mers européennes d’ici 2030
  • Restauration de 100% des espaces dégradés d’ici 2050
  • Inversion du déclin des populations de pollinisateurs 
  • Mesures de restauration des écosystèmes terrestres, marins, agricoles, forestiers, urbains et des cours d’eau
  • Obligation de mettre en place des mesures pour prévenir la détérioration des écosystèmes
  • Obligation de mettre en place des mesures pour restaurer les populations d’oiseaux (espèces parapluies)
  • Plantation de 3 milliards d’arbres supplémentaires
  • Fixation d’échéances pour combler les lacunes en matière de connaissance de l’état de conservation des habitats
Ce que la nature donne gratuitement

Restaurer la biodiversité pour l’humain et la nature

La biodiversité décline à un rythme sans précédent dans le monde, et en Europe, avec des conséquences dévastatrices.

Près de 30 % des papillons des prairies ont été perdus depuis 1991

Selon la Commission européenne, 81% des habitats et des écosystèmes de l’UE sont en mauvais état de conservation. En France, seulement 20% des habitats sont en bon état de conservation en métropole sur la période 2013-2018. Un chiffre qui baisse même à 6% pour les écosystèmes marins et côtiers et pour les écosystèmes humides (données de l’Observatoire national de la biodiversité). Une dégradation qui a un impact sur les espèces végétales et animales. Le rapport de la Commission européenne sur l’état de conservation de la nature dans l’Union européenne montre que les populations d’oiseaux déclinent et que 63 % des autres espèces ont un état de conservation jugé « insuffisant » ou « médiocre » (EUR-lex).

De l’importance des salamandres: 30 ans de protection de la nature en Europe

Rappelons que cette érosion dramatique de la biodiversité est liée aux activités humaines. A l’échelle mondiale, les cinq grands facteurs d’érosion de la biodiversité sont l’artificialisation des milieux naturels, la surexploitation des ressources, le changement climatique (d’origine anthropique), la pollution, et enfin les espèces invasives et envahissantes. Et l’érosion de la biodiversité menace directement la pérennité de nos modes de vie. Le Forum économique mondial a estimé en 2020 que plus de 50% du PIB mondial (soit 44 000 milliards de dollars) dépend de la nature et de ses services. La nature est en effet le support de nombre d’activités essentielles à notre existence et nos économies : production alimentaire, extraction de matériaux renouvelables (comme le bois ou les fibres textiles), assainissement de l’eau, régulation du climat, ou encore protection contre les catastrophes naturelles (glissements de terrain et inondations par exemple).

La hausse des risques liés à la nature: pourquoi la crise qui s’aggrave dans la nature compte pour les entreprises et l’économie

Ainsi, la restauration des écosystèmes au sein desquels (et par lesquels) nous vivons relève d’un impératif scientifique et social, pas d’un choix idéologique. Après l’inefficacité des engagements volontaires passés, l’inscription d’une obligation légale de restauration dans les textes européens est un signal fort. Ce signal est d’autant plus important que l’UE s’est engagée pour la biodiversité au niveau international, via l’accord de Kunming-Montréal dont elle a soutenu l’ambition, et elle se doit désormais d’être exemplaire et de montrer la voie aux autres pays. Au sein de l’Union, le cadre et les ambitions partagées du règlement sur la restauration de la nature viendront donner cohérence et ampleur aux efforts de restauration déjà portés à certaines échelles nationales ou dans les territoires par de nombreux acteurs (collectivités, syndicats mixtes, associations, exploitants en agroforesterie, usagers de la nature, etc.). 

« L’effondrement de la biodiversité et les changements climatiques menacent nos sociétés et doivent entrainer une mobilisation massive et urgente. Alors que la France s’engage sur la régression environnementale, l’Europe résiste aux pressions sectaires pour servir l’intérêt général. Nous ne POURRONS PAS nous exonérer d’une planète saine et durable. »

Allain Bougrain Dubourg, Président de la LPO
En votant « oui » à la restauration des écosystèmes, le Parlement européen montre qu’il peut encore avoir une discussion honnête sur l’avenir de l’agriculture. Un billet d’Agnès Hallosserie, Directrice du programme Biodiversité à l’IDDRI

Une victoire citoyenne face à des stratégies électoralistes

Voté de justesse (329 voix pour sur 628 député.es présent.es en séance, soit 14 de plus que les 315 requises), le texte a survécu, bien qu’affaibli, aux efforts sans précédent déployés par les partis de droite et d’extrême-droite pour le torpiller :

  • Inversant causes et conséquences, les opposants au texte ont déclaré que celui-ci aurait des effets néfastes sur l’agriculture, la pêche et la société en général, menaçant la sécurité alimentaire de l’Europe et les emplois. A ce titre, le Parti Populaire européen a appelé au rejet du texte (voir résolution du PPE), rejoignant les partis d’extrême droite et entrainant dans son sillage une partie du centre-droit.
  • L’argumentaire sur la sécurité alimentaire a été largement démonté par les scientifiques, qui ont été plus de 6 000 à dénoncer la désinformation à l’œuvre, en mettant en exergue les véritables menaces pour nos systèmes de production : le changement climatique et la perte de biodiversité et de services écosystémiques – et l’urgence de protéger et restaurer la nature.
#RestoreNature

Face à cela, la mobilisation de l’ensemble de la société civile a porté ses fruits (citoyen·nes, scientifiques, organisations paysannes et environnementales, entreprises…). Cette victoire témoigne de l’attente forte des citoyen·nes pour des mesures environnementales ambitieuses, à l’approche des élections européennes du 9 juin 2024.

Installer des panneaux solaires en 2024

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Alors que les coûts de l’énergie explosent, le prix de vente du surplus d’électricité généré par des panneaux photovoltaïques est désormais indexé sur l’inflation. Les tarifs de rachat pour la vente totale d’énergie solaire font aussi l’objet d’une réévaluation. Est-ce le bon moment pour installer des panneaux solaires sur son toit ?

Le soleil produit en 1h l’énergie que l’Humanité consomme en 1 an

Lancer une machine à laver ou allumer la lumière coûte de plus en plus cher. Depuis le 1er février 2024, la facture d’électricité a augmenté pour 20 millions de ménages dont le contrat dépend du tarif réglementé. Un contexte qui incite plus de foyers à réfléchir à l’installation de panneaux solaires pour produire de l’électricité. En France, la production d’électricité d’origine solaire photovoltaïque s’élève à près de 20 TWh au cours des trois premiers trimestres 2023. En hausse de près de 20 % par rapport à la même période en 2022, selon les derniers chiffres donnés par le ministère de l’Écologie. « Depuis que l’énergie solaire photovoltaïque a commencé à se déployer en France à la fin des années 2000, jamais la capacité des nouvelles installations raccordées n’avait atteint un tel volume : près de 3,2 GW en 2024 » constate Antoine HUARD, Président du  think-tank (groupe de réflexion) France Territoire Solaire.

Une hausse favorisée par une série de mesures incitatives pour promouvoir le déploiement des énergies renouvelables. Parmi ces dispositifs, l’Obligation d’Achat (OA) solaire permet aux particuliers de vendre aux fournisseurs d’électricité tout ou partie de l’énergie qu’ils produisent grâce à leurs panneaux photovoltaïques.

Qu’est-ce que l’obligation d’achat (OA) solaire ?

Depuis 2000, EDF et les Entreprises Locales de Distributions (ELD) sont dans l’obligation de racheter tout ou partie de l’énergie produite par les particuliers. Ce dispositif est baptisé Obligation d’Achat (OA) et s’applique aux installations photovoltaïques agréées, on parle alors d’OA solaire.

L’autoconsommation solaire

Deux possibilités s’offrent alors au particulier producteur photovoltaïque : l’autoconsommation avec revente de surplus ou la vente totale auprès d’un fournisseur. Dans le premier cas, le particulier consomme l’électricité qu’il produit grâce à ses panneaux solaires. Si sa production ne lui permet pas une pleine autonomie énergétique, il peut être raccordé au réseau et acheter le complément à son fournisseur d’énergie. Dans le deuxième cas, le consommateur peut revendre le surplus d’électricité si sa production est supérieure à ses besoins. Selon les chiffres de France Territoire solaire, l’autoconsommation totale ou partielle représente au niveau national près de 40% des installations au quatrième trimestre 2023 avec près de 53 000 installations raccordées. La Commission de régulation de l’énergie met à jour sur son site les tarifs pour la vente totale de sa production photovoltaïque.

Le prix du kilowatt-heure (kWh) réévalué en fonction de l’inflation

Le kWh en surplus remis sur le réseau est désormais indexé sur l’inflation et réévalué tous les trimestres. Pour connaître les tarifs d’achat en temps réel consultez la page dédiée sur le site photovoltaique.info. 

Transformez l’énergie du soleil en économies sur votre facture d’électricité !

Quelles aides pour financer votre installation solaire photovoltaïque ?

La prime à l’autoconsommation photovoltaïque, un coup de pouce à l’installation

Les installations qui permettent l’autoconsommation (installations de vente en surplus), sont éligibles à une prime à l’investissement. Cette aide financière est dégressive et variable en fonction de la puissance de l’installation. La prime à l’investissement offerte pour chaque installation d’une puissance inférieure à 100 kWc (kilowatts-crête) en cas de revente du surplus non consommé est désormais versée en une seule fois (Arrêté du 8 février 2023 – JO du 17 février). Ce versement effectué par EDF Obligation d’Achat interviendra à la première échéance de facturation de l’électricité. Le détail des conditions est consultable dans l’arrêté tarifaire du 6 octobre 2021. Pour des surfaces de 0 à 3 kWc, ce coup de pouce de l’État s’élève à environ 510 € du kilowatt-crête.

A savoir : les montants de la prime et du tarif initial d’achat sont fixés au moment de la demande de raccordement auprès du gestionnaire du réseau. Ils ne seront effectifs qu’après la mise en service de l’installation et la signature du contrat d’achat. Le contrat d’achat est conclu pour une durée de 20 ans. Pour pouvoir bénéficier des aides publiques, le recours à une entreprise qualifiée est obligatoire. Autrement dit, l’installation doit toujours être effectuée par un artisan qualifié Reconnu Garant de l’Environnement (RGE). Pour trouver un professionnel RGE proche de chez vous, vous pouvez consulter le site gouvernemental France Rénov.

Autoconsommation photovoltaïque : comment ça marche? Pour auto-consommer son électricité, c’est simple. Les panneaux solaires installés sur votre toit sont raccordés à un ou plusieurs onduleurs qui convertissent le courant continu produit en courant alternatif identique à celui du réseau et utilisable chez soi. Un compteur communicant (comme les compteurs Linky) permet de mesurer conjointement la production injectée sur le réseau et la consommation soutirée d’électricité. L’ensemble de l’installation est raccordé au réseau national d’électricité. Source : Ministère de la Transition écologique.

Les installations photovoltaïques raccordées au réseau d’une puissance inférieure ou égale à 3 kWc peuvent bénéficier d’un taux de TVA à 10 %.

Le soutien financier des collectivités territoriales : Certaines régions et communes proposent des subventions pour l’installation de panneaux solaires. Les conditions et les montants varient selon les collectivités, il est donc important de se renseigner auprès de sa mairie ou de sa région. Par exemple, la Région Occitanie propose Rénov’Occitanie un dispositif d’avance de subvention pour les ménages modestes et très modestes selon le barème de l’Anah. Citons également, Toulouse Métropole qui propose aux habitants une prime solaire. Sont éligibles à cette aide, les solutions d’injection ou d’autoconsommation individuelle et collective. Attention cependant. Par arrêté publié au Journal Officiel le 9 octobre 2021, les installations photovoltaïques ne peuvent plus cumuler les tarifs et aides nationales avec les aides locales.

L’éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) : Ce prêt sans intérêt est destiné à financer les travaux de rénovation énergétique dans les logements anciens. L’article 71 de la loi de finances pour 2024 prévoit des modifications concernant l’Éco-PTZ. L’Agence nationale de l’habitat (Anah) propose aussi des aides financières pour les propriétaires occupants aux revenus modestes. Certaines banques (Banque Populaire, Caisse d’Épargne, Crédit Agricole…) proposent un éco-PTZ pour financer le reste à charge de travaux éligibles à MaPrimeRénov’.

Production photovoltaïque : réalisez votre estimation

Besoin d’aide pour votre projet photovoltaïque ?

Pour vous aider à vous y retrouver :

Consultez le site photovoltaique.info.fr. Ce site soutenu par l’ADEME (l’Agence de la transition énergétique) est une mine d’infos pour retrouver toutes les informations utiles liées à la filière solaire.

Vous pouvez contacter un conseiller France Rénov dans le cadre de votre projet de rénovation énergétique. Un accompagnement gratuit pour obtenir des informations sur la faisabilité de votre projet photovoltaïque et sur sa rentabilité. Il pourra vous aider autour du dispositif MaPrimeRénov.

Évaluez la rentabilité de votre installation à l’aide de l’outil gratuit évaluer mon devis photovoltaïque.

L’autoconsommation avec revente de surplus

Efficacité, rénovation et transition énergétique : ambition 2030

Chantier prioritaire de la planification écologique, la rénovation énergétique des logements accuse un retard considérable. Comment la France peut-elle faire mieux et accélérer les travaux, dans un contexte de crises géopolitique, sociale, économique et écologique ? Dans le dernier numéro de Notre énergie les propositions d’experts et professionnels pour passer à la vitesse supérieure. Biologiste, chercheur à l’INRAE et directeur de l’Institut Michel Serres, Olivier Hamant s’érige contre la notion de performance qui domine dans les réflexions actuelles sur la lutte contre le changement climatique. Sa conviction ? L’avenir de la planète passe par la robustesse.

En matière d’énergie, on parle beaucoup d’efficacité, d’efficience et de performance… Qu’en pensez-vous ?

Pour moi ce triptyque résume parfaitement le phénomène d’emprise dont nous sommes collectivement victimes. Depuis des années nous nous auto-persuadons qu’il n’y a d’autres voies pour freiner le changement climatique que d’optimiser nos systèmes – à commencer par nos systèmes énergétiques pour les rendre toujours plus performants, c’est-à-dire à la fois plus efficaces (visant à atteindre un objectif) et plus efficients (avec le moins de moyens possible). Dans un monde stable et abondant en ressources, cette performance peut faire sens. C’est d’ailleurs ce qu’on observe chez certains parasites. Mais dans le monde extrêmement fluctuant qui est le nôtre, ce dogme nous enferme dans une voie étroite qui est très fragile : la performance réduit le champ des possibles. Il nous empêche aussi d’anticiper les éventuels effets rebonds. Sur ce point, je voudrais rappeler le paradoxe de Jevons : on rend nos outils moins énergivores, mais cela crée de nouveaux besoins, et en fin de compte, on observe que la consommation globale des ressources augmente. Un exemple : c’est en partie les gains d’efficience énergétique des avions qui expliquent le boom des vols touristiques.

Quel modèle proposez-vous au regard de ce constat ?

Inspirons-nous du vivant ! Le modèle que je défends c’est celui de la robustesse qui consiste à maintenir un système stable malgré les fluctuations. La robustesse, c’est le propre du vivant et cela depuis la nuit des temps, c’est la raison de sa subsistance malgré des conditions parfois très hostiles. Comment font-ils ? Les êtres vivants ne sont pas robustes et performants, ils sont robustes parce qu’ils ne sont pas performants. Il s’agit de valoriser les points faibles, de mettre du jeu dans les rouages, bref, le contraire de l’optimisation.

Réseau des Territoires à énergie positive : Crée par le CLER – Réseau pour la transition énergétique, le réseau TEPOS réunit les territoires qui visent la couverture de leurs besoins énergétiques par les énergies renouvelables locales.

Et comment entre-t-on dans l’ère de la robustesse ?

Au niveau des sociétés humaines, cela implique aussi de prendre le chemin inverse de celui de la performance. La performance aime la précision, le contrôle, la vitesse d’exécution, la standardisation, la planification – toutes valeurs qui réduisent nos options. C’est bien trop fragile quand surgit un événement climatique extrême ou une pandémie mondiale. Dans le monde qui vient, nous devrons cultiver la diversité des savoirs et des pratiques et la circularité comme dans les écosystèmes vivants où le gâchis de l’un est la ressource des autres – une idée très éloignée de l’efficience qui déteste le gâchis, par définition ! Nous devrons aussi retrouver le goût de la lenteur et de l’aléatoire et développer notre capacité à coopérer, en plaçant le bien commun au-dessus des objectifs individuels. Ça n’a rien d’utopique, c’est d’ores et déjà l’état d’esprit de l’agroécologie, de la convention citoyenne pour le climat (dans son déroulement, pas dans les suites qui lui ont été données) ou de l’économie de la fonctionnalité et de la coopération. Placer l’impératif de robustesse d’abord permet simplement d’évacuer les solutions inadaptées à un monde fluctuant, et de s’engager, sans regret, dans un monde nettement plus riche en interactions.

Lutte contre la précarité énergétique avec Slime

12 millions de personnes en France sont touchées par la précarité énergétique.  Pour agir concrètement contre ce fléau, le CLER – Réseau pour la transition énergétique pilote depuis 2013 un dispositif clé : le programme national Slime. Depuis 2024, il est désormais éligible à un co-financement par l’État dans le cadre du Pacte des Solidarités

« La rénovation énergétique des logements est un des principaux moyens identifiés par le gouvernement pour atteindre nos objectifs climatiques. La loi de finances 2024 prévoit 1,6 milliard d’euros supplémentaires pour la financer, portant à 5 milliards d’euros le budget total qui y sera consacré l’année prochaine. Il est indispensable d’orienter ce financement vers les rénovations les plus performantes et les ménages les plus modestes. Et bien entendu  de cesser d’encourager les mono-gestes de travaux, comme le remplacement d’une chaudière par une pompe à chaleur.

Face à la hausse actuelle des prix de l’énergie, écologie et justice sociale sont indissociables !  La baisse des émissions de gaz à effet de serre doit s’accompagner d’une baisse des factures et de la précarité énergétique. Seule une rénovation globale performante, de type BBC, permettra à la fois de mettre les ménages à l’abri des hausses de prix de l’énergie et d’atteindre nos engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour 2030.  N’attendons plus ! » 

Delphine Mugnier, co-présidente du CLER-Réseau pour la transition énergétique

Que veut le Rassemblement national sur le climat ?

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À l’approche des élections européennes, le Pacte vert est attaqué par l’extrême droite européenne qui veut son abolition. Neil Makaroff, expert des politiques climatiques européennes, décrypte, dans cette note de la Fondation Jean Jaurès, les positions du Rassemblement national (RN) et de Reconquête en matière climatique. Si ces derniers se présentent comme les défenseurs de « l’écologie positive », leurs déclarations et votes au Parlement européen correspondent à un tout autre agenda, celui de la régression climatique allant à l’encontre de la nécessaire transition écologique et du soutien aux classes populaires.

Du renoncement à l’Accord de Paris au rejet du Pacte vert

Premier enseignement, le Rassemblement national comme Reconquête tournent le dos à l’Accord de Paris sur le climat et à sa déclinaison dans l’Union européenne (UE). En 2016, le ton était donné. Marine Le Pen, alors députée européenne, a refusé de ratifier l’Accord de Paris sur le climat en s’abstenant au Parlement européen. Elle fut suivie par tous les députés du parti frontiste, dont Nicolas Bay, aujourd’hui Reconquête. Même si en 2022, la candidate Le Pen a affirmé ne pas vouloir sortir de l’Accord de Paris, tous les éléments de son programme et le vote de ses députés au Parlement européen montrent qu’elle n’a aucune intention de le respecter. Les députés du RN siégeant au Parlement européen se sont opposés à de grandes lois du Pacte vert.


Le projet « M l’écologie » de Marine Le Pen


Lors du débat sur la loi européenne sur le climat, Jordan Bardella a expliqué que la trajectoire climatique de l’UE était « sacrificielle » pour notre économie. Il justifie son opposition par le fait que la France ne pèserait que 1% des émissions mondiales, oubliant au passage nos émissions liées aux importations qui doublent notre empreinte climatique, et notre responsabilité historique dans le dérèglement climatique. Le dirigeant du parti prône le « patriotisme économique » et le « localisme » comme solutions pour lutter contre la crise climatique. Pourtant, les députés RN et Reconquête n’ont pas soutenu la taxe carbone aux frontières de l’UE. Ils ont voté contre en commission et se sont abstenus en plénière. Cette dernière fait payer le prix du CO2 aux biens industriels importés et protège donc les entreprises européennes contre le dumping climatique d’autres pays.

Une croisade contre les outils de la transition écologique

Deuxième enseignement, le RN a lancé́ une croisade contre les technologies vertes qui constitueraient pourtant le socle de notre future indépendance énergétique. Et cela quel qu’en soit le prix en termes d’emplois et de potentiel économique.

En pleine crise énergétique et alors que la guerre menée par la Russie en Ukraine est directement financée par nos importations de gaz, pétrole et charbon, Marine Le Pen promet l’arrêt des projets solaires et le démantèlement des éoliennes. Les députés européens du RN et de Reconquête lui emboîtent le pas au sein du Parlement européen en votant contre le doublement de la part des énergies renouvelables prévu par le Pacte vert. Jugées inutiles par l’extrême droite, les énergies renouvelables ont pourtant fait économiser 100 milliards d’€ aux Européens.

La même opposition s’exprime à l’encontre du véhicule électrique. Au Parlement européen, les députés du RN sont montés au créneau pour dénoncer et s’opposer à la fin de vente des moteurs essence, diesel et hybrides neufs en 2035. L’opposition de Marine Le Pen et de Jordan Bardella à la voiture électrique laisse planer le risque d’un retournement de la législation européenne sur le sujet si l’extrême droite obtient un grand nombre de sièges aux prochaines élections. Revenir en arrière constituerait une menace directe pour les 20 000 emplois dans les Hauts-de-France concernant la vallée européenne de la batterie.


Le projet de reconquête : Pour la France de demain

Le programme de Reconquête! Pour la France de demain

Aucune pour les classes moyennes et populaires

Troisième enseignement : bien qu’il se considère comme le défenseur des classes moyennes et populaires, le RN s’oppose aux solutions européennes qui pourraient aider les ménages dans la transition.

Les députés RN et Reconquête au Parlement européen accusent l’UE d’être responsable de l’explosion des factures d’électricité des Français. Un coupable est désigné : le marché européen de l’électricité. Le marché n’étant pas calibré pour répondre à une situation de crise a vu les prix de l’électricité augmenter en 2022. Ce marché assure le bon fonctionnement de l’approvisionnement des Français en électricité. Mieux encore, la reforme de ce marché qui a abouti en 2023 devrait permettre de stabiliser les prix. Elle inclut également une mesure pour interdire les coupures d’électricité́ pour les plus précaires. Mesure sur laquelle les députés du Rassemblement national se sont abstenus et ceux de Reconquête ont voté́ contre.

S’opposer aux mesures du Pacte vert : ne pas soutenir les classes moyennes et populaires

Alors que les classes moyennes et les plus précaires sont touchés par la hausse des prix du gaz, du fioul et des carburants, le RN rejette en bloc toutes les mesures du Pacte vert qui pourraient les aider à réduire leurs factures énergétiques. Bien qu’il appelle de ses vœux à accélérer la rénovation des logements, Jordan Bardella et ses députés se sont opposés à la loi européenne sur l’obligation de rénovation des passoires thermiques.

De même, les députés d’extrême droite ont voté contre le Fonds social pour le
climat. Ce fonds vient pourtant en aide aux ménages qui souhaitent rénover leur logement, accéder à un véhicule électrique ou installer une pompe à chaleur par exemple. Loin de vouloir aider ceux qui ont le plus besoin de s’affranchir des énergies fossiles, le RN défend la baisse de la TVA sur le gaz, le fioul et les carburants à 5,5% au lieu de 20% à l’échelle nationale. En parallèle, le RN et Reconquête se sont opposés à une mesure forte en faveur de la justice sociale : la taxation des superprofits des géants du pétrole, gaz et charbon. Les taxer permettrait de financer les aides pour les ménages et de mettre en place un bouclier énergétique. Mais les députés d’extrême droite ont refusé de taxer les entreprises des énergies fossiles dans le but de redistribuer aux plus précaires.

Élections européennes : que veut le Rassemblement national sur le climat ?

Par Neil Makaroff

À propos de la Fondation Jean-Jaurès

Première des fondations politiques en France, la Fondation Jean-Jaurès est reconnue d’utilité publique en 1992, date de sa création par Pierre Mauroy. Sa mission est, à court terme, d’influencer les politiques publiques par ses analyses et ses propositions, et, à moyen terme, de contribuer à repenser en profondeur, à l’échelle internationale, européenne et nationale, la social-démocratie.

Altitude Agriculture, le 1er outil quantifiant l’impact du changement climatique sur les productions agricoles

En s’appuyant sur les données issues du dernier rapport du GIEC, Altitude Agriculture d’AXA Climate permet de quantifier le risque climatique pesant sur les productions agricoles à horizon 2030 et 2050, en tenant compte des spécificités locales de l’exploitation, de la typologie des sols et des cultures. Cette plateforme digitale innovante permet d’anticiper les besoins en eau, de mesurer l’impact du stress hydrique et d’aléas climatiques précis sur les rendements et de tester différents scenarii d’adaptation.

Définir une stratégie d’adaptation

Altitude permet de définir les mesures d’adaptation les plus efficaces à mettre en place, compte tenu des caractéristiques du système de production : choix de variétés plus résilientes, décalage des périodes de production, amélioration de la qualité des sols, optimisation de l’irrigation… L’outil identifie également les zones géographiques de production les plus propices à l’exploitation de telle ou telle variété. Enfin, Altitude simule la variation des rendements et la marge financière de l’exploitant agricole, en fonction du scenario d’adaptation, et est capable de projeter des rotations optimales dans un contexte climatique futur.

L’exemple des petits pois

En 2021, après plusieurs campagnes en-dessous des objectifs de production, le service Agro Bonduelle Hauts-de-France et les producteurs de la région ont sollicité AXA Climate pour la réalisation d’une étude sur la compréhension des tendances climatiques à l’œuvre et sur l’identification de leviers d’adaptation à mettre en place au sein des zones de cultures concernées.

Cette étude a permis :

  • D’identifier quelles étaient les séquences climatiques défavorables aux pois ;
  • De projeter les évolutions climatiques d’une zone à l’autre à horizon 2030 et 2050 ;
  • De lancer des initiatives d’adaptation pour les zones concernées, notamment en décalant les périodes de production.

De ces efforts, déployés avec la volonté de sécuriser l’activité des producteurs, est née une initiative : la construction d’un outil de prospective climatique, Altitude Agriculture.

« Altitude est un outil pertinent pour caractériser et évaluer les risques climatiques, présents et futurs, encourus par les cultures. Il est une aide précieuse pour identifier les mesures d’adaptation à mettre en place »

Arnaud Bardon Debats, directeur de la performance agronomique du groupe Bonduelle.

Une étude inédite mesurant les impacts du changement climatique sur les semences de légumes et de céréales

Carottes, petits pois, pommes de terre… Les filières agricoles sont particulièrement exposées aux conséquences du changement climatique. Axa Climate, en partenariat avec SEMAE, l’interprofession des semences et plants, publie les résultats de son étude sur le devenir de plusieurs filières françaises de semences de légumes, de légumineuses ou encore de céréales, d’ici à 2030.

Chiffres

+ 13 %. C’est l’augmentation moyenne du niveau de risque (tous risques confondus en lien avec un manque d’eau, des températures élevées ou du gel) pour les productions de semences en France d’ici 2030. Cette augmentation moyenne du risque atteindra + 19% d’ici 2050.

54%. C’est la part du risque lié à la disponibilité de l’eau dans les moments critiques des cultures de semences. Ce risque est et restera le risque n°1.

+40%. C’est l’augmentation de la part des risques liés aux excès de chaleur estivale dès 2030.

60%. C’est le pourcentage des 380 000 hectares actuellement dédiés à la production de semences qui seront soumis à un risque fort ou extrême d’ici 2050 (contre 27% aujourd’hui).

10%. C’est la part de cette surface totale qui sera soumise à un risque extrême et qui ne pourra plus être cultivée avec les mêmes espèces qu’actuellement, d’ici 2050.


AXA Climate

Réduire nos impacts négatifs sur la planète ne suffit pas. Notre enjeu collectif : transformer nos entreprises extractives en entreprises régénératives.
Pour cela, nous transformons nos business models, nos organisations, nos missions collectives. Ce mouvement de transformation nous anime.

Nous changeons de paradigme : nos entreprises sont des êtres vivants, en connexion avec le reste du vivant.

AXA Climate est une entité fondée au sein du groupe AXA, dédiée à l’adaptation climatique et environnementale. Réduire les impacts négatifs ne suffit pas, l’enjeu est désormais d’engager les entreprises dans la voie d’une économie régénérative. AXA Climate propose plus de 40 heures de formation digitale entreprises et organismes publics et éducatifs, afin d’accompagner leurs collaborateurs dans l’évolution de leurs métiers. Aujourd’hui, ce sont plus de 160 organisations qui intègrent la Climate School, la rendant accessible à plus de 6 millions de personnes à travers le monde.  AXA Climate conseille les secteurs de l’agroalimentaire, de l’industrie, de la finance et de la fonction publique pour qu’ils réussissent leur adaptation et aient un impact positif sur la planète. Enfin, grâce à l’assurance paramétrique, elle indemnise en quelques heures les entreprises et les populations, lorsqu’elles subissent une catastrophe liée à la nature ou au climat afin de contribuer à la résilience et à la régénération de nos écosystèmes.

Que répondre aux arguments anti-écolo ?

Le « Manuel de risposte écologique » de Jérémy Bismuth aborde 30 arguments anti-écolo passés au crible, déconstruits avec méthode et humour. Tous les principaux thèmes de l’écologie y sont abordés : biodiversité, agriculture, alimentation, climat, énergie, et une dernière partie consacrée à la cause animale. Par l’auteur et réalisateur de la chaîne YouTube plusieurs fois récompensée Ami des lobbies.

« Manuel de risposte écologique » de Jérémy Bismuth

Tous les principaux thèmes de l’écologie y sont abordés : biodiversité, agriculture, alimentation, climat, énergie, et une dernière partie consacrée à la cause animale. Par l’auteur et réalisateur de la chaîne YouTube plusieurs fois récompensée Ami des lobbies.

Les idées reçues ont la vie dure, les prétextes à l’inaction sont confortables, et de nombreux arguments anti-écologiques, issus du lobbying industriel, sont maintenant bien installés dans notre société, et peuvent jaillir à tout moment, lors d’un plateau télé, d’une discussion dans chez le coiffeur, ou d’un repas de famille. Et bien que nous sentions ces raisonnements bancals, fallacieux ou même absurdes, nous n’avons pas toujours les mots pour y répondre.

Les arguments anti-écolo, Jeremy Bismuth les connaît bien. Depuis cinq ans, il écrit et réalise les épisodes d’Ami des lobbies, websérie qui parle d’écologie et de cause animale « à l’envers », faisant l’éloge des activités et industries qui détruisent le vivant, pour mieux les décrédibiliser. Cinq ans à débusquer les freins de la transition écologique et à en analyser le discours pour mieux le déconstruire, études scientifiques, sketchs et déguisements ringards à l’appui.

Ce guide est destiné à tous ceux qui ne pensent pas “après moi le déluge”, qui croient possible un monde durable et qui veulent s’armer intellectuellement afin de participer aux débats sur tous les grands enjeux écologiques.

5 grands thèmes passés en revue (biodiversité, agriculture (alimentation et climat), énergie, écologie générale et cause animale).  

30 arguments qui balaient les principales questions sensibles de l’écologie et de la cause animale (déforestation, pesticides, voiture électrique, éoliennes, climatos-cepticisme, véganisme…), fournissant ainsi à la fois la connaissance, mais aussi la rhétorique pour répondre aux attaques anti-écolo.  

Un texte vivant, empreint d’humour et d’impertinence, articulé sous la forme d’un dialogue entre un anti-écolo forcené qui assène un argument et l’auteur qui le déconstruit méthodiquement et avec humour.

Des infographies réalisées par l’auteur, à la fois scientifiques et décalées. Avec à chaque fois des pistes de réflexion sur la protection du vivant, et des invitations à l’action.

Ecouter

Écologie, comment répondre aux idées reçues ?

Podcast de Benoît Prospero sur France Bleu avec Jeremy Bismuth

L’auteur : Jeremy Bismuth

Né en 1985, Jeremy Bismuth passe tous les étés de son enfance dans le village aveyronnais de ses grands-parents (village dans lequel il vit aujourd’hui). Son grand-père lui apprend à regarder la nature et les animaux qui l’entoure comme de vrais trésors, à s’en émerveiller. En découle naturellement un profond respect pour le vivant en général et le sauvage en particulier, ainsi que le besoin de le protéger. Réalisateur et photographe, il décide en 2019 d’allier ses deux passions pour l’image et la nature en entamant l’écriture de la websérie Ami des lobbies, qui compte aujourd’hui plus de 123 000 abonnés.

« Manuel de riposte écologique », comment répondre avec humour
TV5MONDE du 25 Mar. 2024 à 14h15 (TU)
Par Patrice Férus


 » Petit manuel de répartie écologique  » de Margot Jacq

Le Petit manuel de répartie écologique est là pour vous aider à muscler… votre répartie écologique. Publié aux éditions Les Liens qui Libèrent, ce livre en forme de boîte à outil argumentative, humoristique et facile d’accès, a l’allure d’un petit guide de survie.

« Comme vous probablement, je suis souvent partagée entre évoquer le sujet de l’écologie qui me tient particulièrement à cœur, et puis la crainte de casser l’ambiance, de paraître arrogante, ou de braquer l’autre. La peur également que mes arguments s’emmêlent dans ma tête et que les chiffres et les sources se brouillent dans mon esprit ».

Margot Jacq

« C’est à l’issue d’un débat quelque peu mouvementé avec mon beau-père qui affirmait “ne pas croire à la finitude des ressources” que la nécessité d’aiguiser mes arguments sur les questions écologiques m’est apparue essentielle. Car tout ce que je pouvais lire, écouter ou visionner sur le sujet était en vrac dans ma tête : les chiffres parcellaires et les sources imprécises. Il fallait donc que je prenne des notes et que je structure ma pensée dans un guide pour piocher au moment opportun des arguments pertinents. »

Dans la lutte contre le réchauffement climatique, les opposants à un changement de société radicale ne se ressemblent pas. Et leurs arguments non plus.

Il y a :

les nouveaux sceptiques (“Tu sais, c’est pas bien grave ce réchauffement climatique. Il y a toujours eu des fluctuations du climat, c’est juste un phénomène naturel !”) qui remettent en cause les consensus scientifiques sur le climat ;

les immobilistes (“Arrêtez de me dire ce que je dois faire à la fin… C’est pas les petits gestes individuels qui vont nous sauver”) qui estiment qu’il est trop tard pour agir et que notre marge de manœuvre est si limitée qu’il ne sert à rien d’essayer ;

les économico-anxieux (“Mais comment vous allez financer tout ça ?”) qui sont davantage préoccupés par la bonne santé des indicateurs économiques que par l’effondrement écologique ;

les optimistes candides (“Mais ma chérie, en compensant nos émissions, nous serons neutres en carbone d’ici 2050 !”) qui se félicitent des efforts de décarbonation alors que les objectifs fixés ne sont pas atteints ;

les techno-solutionnistes (“Je me suis acheté une voiture électrique. Il est beau mon bolide, non ? Et surtout 100 % écolo”) qui, plutôt que sur la sobriété, misent sur des avancées technologiques pour résoudre les problèmes environnementaux ;

les dissonants cognitifs (“J’ai pris l’avion vingt fois cette année mais c’était pour donner des conférences en lien avec le thème du climat”) qui connaissent l’urgence écologique, mais ne modifient pas ou trop peu leur mode de vie…

Le caractère protéiforme de ce scepticisme exigeait une réponse claire et précise dans un style didactique. C’est chose faite avec ce livre qui finira par convaincre tous ceux qui doutent encore de l’urgence d’agir.

Margot Jacq est spécialiste de la transition écologique des territoires. Ce Petit manuel est son premier livre.

A l’heure de l’urgence climatique et de l’effondrement des écosystèmes, il n’a jamais été aussi pressant d’agir. Mais pour agir, il faut au préalable être convaincu. Or, les thèses climatosceptiques et autres idées éco-dénialistes gagnent du terrain, d’où la nécessité de s’outiller intellectuellement pour convaincre son interlocuteur en faisant appel à sa raison et à son coeur.

Ce petit guide propose 35 réponses pour déconstruire des discours anti-écologiques que l’on entend fréquemment et qui mènent à l’inaction. L’objectif : décortiquer certaines idées reçues, apporter des faits scientifiques et proposer des alternatives au modèle actuel pour ouvrir le champ des possibles sur un monde désirable, plus juste et plus respectueux du vivant.

Bref, un guide tout en bienveillance et en humour qui vous donnera quelques clefs pour contre-attaquer verbalement et éviter le syndrome « Oh, zut, j’aurais dû lui dire ça ! »”

Commerce équitable : gadget ou voie d’avenir pour l’agriculture française ?

Alors que les agriculteur·rices réclament des mesures pour faire face aux difficultés qui touchent l’ensemble de leur profession, les acteur·rices du Commerce Équitable Origine France sont présents au Salon international de l’agriculture pour faire connaître leurs filières, leurs produits et leurs résultats tant en terme d’amélioration du revenu des agriculteur·rices que d’accompagnement à la transition agroécologique.

Le commerce équitable se développe dans les filières agricoles françaises

Connu du grand public pour garantir des prix rémunérateurs pour les producteur·rices de café ou de cacao, le commerce équitable se décline aussi depuis près de 10 ans dans les filières agricoles françaises. Bénéficiant d’un cadre légal précis et strictement encadré par des labels, le commerce équitable “Made in France” s’est fortement développé ces dernières années.

Les labels alimentaires de commerce équitable

Aujourd’hui, plus de 12 000 agriculteurs et agricultrices sont engagés en commerce équitable sur l’ensemble du territoire français, soutenus par plus de 100 entreprises agroalimentaires. On dénombre désormais 1500 références de produits alimentaires français issus du commerce équitable vendues dans tous les circuits de distribution, ce qui représentent annuellement près de 750 Millions d’Euros de ventes.

Le commerce équitable : garantir des revenus décents pour les agriculteur·rices … pour mieux relever le défi de la transition écologique !

Dans notre pays, un trop grand nombre d’agriculteur·rices peinent à vivre de leur métier. Or, l’urgence climatique exige de leur part une transformation en profondeur des systèmes de production agricole tant pour s’adapter aux nouvelles réalités climatiques et que pour diminuer l’impact du secteur sur l’environnement” explique Julie Maisonhaute, Déléguée Générale Adjointe de Commerce Équitable France et responsable de la structuration du secteur des filières françaises.  

Les solutions existent mais les chemins de transition agroécologique sont souvent complexes à mettre en œuvre et nécessitent d’importants investissements. Le climat d’insécurité économique dans lequel évoluent les agriculteur·rices se révèle particulièrement dissuasif pour engager ces transformations.

Pourtant, reculer sur la transition écologique de notre agriculture et de notre alimentation, n’est pas une solution. “Le commerce équitable appliqué aux filières françaises montre que la sécurité économique est un facteur déterminant d’accélération des transitions. D’ailleurs, plus de 50% de produits équitables sont également labellisés bio !”, affirme Julie Stoll, Déléguée Générale de Commerce Équitable France.  

Nos travaux montrent que les 3 engagements phares du commerce équitable sont de formidables leviers pour activer les transitions agroécologiques dans les filières agricoles françaises

Julie Maisonhaute

Engagement N°1 : Des moyens économiques plus équitables

Un partenariat de commerce équitable implique la mise en place d’un prix rémunérateur pour les agriculteur·rices, basé sur le calcul des coûts de production et une négociation équilibrée avec l’acheteur. En parallèle, un fond de développement abondé par l’acheteur, permet aux producteur·rices d’investir dans des projets collectifs.

Engagement N°2 : Une sécurisation économique avec des contrats longue durée

Une partenariat de commerce équitable implique la mise en place de contractualisations de longues durées entre les groupements de producteurs et leurs acheteurs. Elles sont assorties d’engagements sur les prix et les volumes, et de rencontres régulières favorisant des relations commerciales équilibrées.  

Engagement N°3 : Une gouvernance démocratique renforcée au service de projets collectifs

Les partenariats de commerce équitable bénéficient à des producteurs organisés collectivement au sein de structures à gouvernance démocratique. Ces groupements sont des espaces de dialogue pour forger et formaliser des stratégies de changement. Ce sont des espaces de mutualisation des ressources pour investir dans des outils de valorisation des produits, mais aussi se doter d’un accompagnement technique de qualité.

Des filières inspirantes pour l’agriculture française !  

Les filières de commerce équitable offrent aujourd’hui des exemples inspirants de résilience et de transition : une juste rémunération des producteur·rices, un engagement durable entre les acteurs de la filières – producteur·rices et transformateur·rices – et une solidarité active au sein des groupements de producteur·rices, sont des leviers puissants pour transformer les pratiques agricoles et les rendre plus écologiques et plus résilientes face au dérèglement climatique.

Décarbonation de notre alimentation, régénération de la biodiversité, résilience face à la sécheresse, relocalisation des productions françaises, quelques exemples des enjeux auxquels le commerce équitable “Made in France” permet de répondre :

  • Dans le Sud-Ouest, la filière leader de production de soja bio Made in France est en commerce équitable.
  • En Bretagne, le commerce équitable permet de relocaliser la culture de sarrasin, et dans les Monts du Lyonnais, la production de fraises et de framboises.
  • Pour décarboner notre alimentation, l’union de coopératives AgriBio Union accompagne les producteurs de céréales et de protéines végétales bio dans leurs stratégies de régénération de la biodiversité.
  • La coopérative Uni-Vert s’appuie sur ses partenariats de commerce équitable pour investir dans des techniques de production de fruits et légumes permettant de maximiser la capacité des sols à retenir l’eau pour faire face aux périodes de sécheresse toujours plus fréquentes et intenses.

3 propositions de Commerce Équitable France pour concilier juste rémunération des agriculteur·rices français·es et transition agroécologique

Parce que le commerce équitable est une solution pour garantir des revenus décents aux agricultrices et agriculteurs français, parce que les filières de commerce équitable participent activement à la souveraineté alimentaire du pays tout en accélérant la transition agroécologique de notre alimentation, “les acteurs du secteur demandent à ce que la France se dote d’une stratégie pour accompagner le changement d’échelle des filières françaises de commerce équitable” affirme Julie Stoll, Déléguée Générale de Commerce Équitable France. *

1. Un plan de structuration à grande échelle des filières agricoles françaises de commerce équitable

  • Création d’un fond dédié “Avenir Équitable”, sur le modèle du fond “Avenir Bio” pour soutenir l’amorçage et le développement de filières équitables,
  • Soutien aux démarches de labellisation de commerce équitable “Made in France”,
  • Mise en œuvre du dispositif de reconnaissance publique des labels de commerce équitable, afin de garantir une information fiable aux consommateur·rices,
  • Obligation de reporting de la part des grandes et moyennes surfaces sur leur politique de référencement des produits durables et issus du commerce équitable.

2. Des politiques publiques ambitieuses de soutien à la consommation de produits durables, de qualité et issus du commerce équitable pour tous

  • Des taux de TVA réduits pour les produits issus du commerce équitable,
  • Le renforcement des moyens pour la mise en œuvre effective des objectifs d’alimentation durable dans la restauration collective publique et privée,
  • Le soutien aux initiatives de sécurité sociale de l’alimentation,
  • La transparence et l’encadrement des marges sur l’ensemble des filières agroalimentaires.  

3. Passer d’une logique de libre échange à une logique d’échange équitable

La révision des accords commerciaux pour protéger l’agriculture paysanne et écologique, en France, en Europe comme dans les pays du Sud, doit devenir une priorité de la politique commerciale européenne. La mise en concurrence de modèles agricoles aux exigences et aux performances sociales et écologiques très hétérogène est délétère pour le revenu des agriculteur·rices (en France comme partout dans le monde !), comme pour leur capacité à s’engager et à valoriser leurs pratiques agroécologiques.

Ressources