Aux côtés de l’innovation technologique et de la contrainte règlementaire, les impôts, taxes et autres redevances peuvent être utilisés pour sanctionner des pratiques polluantes, favoriser des comportements vertueux pour la défense du climat et de l’environnement, ou financer la transition énergétique de certaines filières. Exemples.
La fiscalité est un outil important au service des pouvoirs publics pour favoriser et/ou financer la transition écologique, en incitant les ménages et les entreprises à adopter des comportements favorables à l’environnement. Selon la définition de l’OCDE, la fiscalité environnementale est ainsi définie comme « l’ensemble des impôts, taxes et redevances dont l’assiette est constituée par un polluant ou, plus généralement, par un produit ou un service qui détériore l’environnement ou qui se traduit par un prélèvement sur des ressources naturelles ».
Autrement dit, cette fiscalité écologique s’applique aux actions générant des dommages environnementaux : réchauffement climatique, pollutions, consommation de ressources rares, déchets… Plus bâton que carotte, en renchérissant le coût de ces actions, elle contribue à limiter les pollutions et les atteintes à l’environnement, et représente un moyen de modifier le comportement des acteurs, conformément au principe du « pollueur-payeur ».
Cette fiscalité environnementale porte ainsi sur les énergies fossiles, les transports, les ressources naturelles, les produits rejetés dans l’environnement, ou encore sur l’impact des constructions humaines sur les sols ou la biodiversité. Applicable aux particuliers comme aux entreprises, elle se traduit sous forme de taxes directes comme la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP), detaxes indirectes comme l’accise sur les énergies, et de contributions diverses comme la redevance pour la modernisation des réseaux de collecte.
Une quarantaine d’impôts en faveur de l’environnement
La fiscalité environnementale regroupe ainsi près d’une quarantaine d’impôts, disséminés dans le code des impositions sur les biens et services, le code des douanes, le code de l’environnement ou le code de l’énergie. Le nombre important de dispositifs est à la hauteur des enjeux. La fiscalité environnementale s’inscrit en effet dans la volonté du gouvernement français de réduire d’ici 2030 la consommation d’énergie fossile de 55 % par rapport à 1990, et d’atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050 (Accord de Paris, loi énergie-climat).
En 2021, le montant des recettes fiscales environnementales s’élevait en France à 54,7 milliards d’euros (contre 41 Md€ en 1995). Les taxes énergétiques, de loin les plus importantes, représentent 82 % de l’ensemble des recettes de la fiscalité environnementale française, le montant de taxes sur les produits pétroliers, appelée taxe intérieure de consommation des produits énergétiques (TICPE) pesant à elle seule 68 % de l’ensemble de la fiscalité énergétique. La TICPE constitue d’ailleurs la cinquième recette fiscale, derrière la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), l’impôt sur le revenu, l’impôt sur les sociétés et la taxe foncière. Les taxes sur les transports représentent 11 % des recettes et concernent principalement les taxes sur les certificats d’immatriculation automobiles ou sur les opérateurs du transport (concessionnaires d’autoroute, aviation civile). Les taxes portant sur les pollutions émises ne représentent que 6 % des recettes et celles portant sur le prélèvement des ressources naturelles moins de 1 %, en raison notamment de la faible activité extractive de la France.
En 2021, les recettes des taxes environnementales françaises représentaient 2,17 % du produit intérieur brut (PIB), soit un niveau légèrement moins important que la moyenne de l’Union européenne (2,24 %), la France se classant selon ce critère au 16e rang européen (sur 27).
L’efficacité de la fiscalité environnementale
Plusieurs taxes environnementales ont prouvé leur efficacité. En particulier, les taxes sur la consommation d’énergies fossiles ont permis de réduire leur consommation en France et en Europe, en comparaison aux États-Unis notamment. L’Etat estime qu’une hausse de 10 % du coût des énergies fossiles permet de réduire de 6 % leur consommation à long terme, diminuant en même temps les nuisances associées : pollution atmosphérique, émissions de gaz à effet de serre… La tarification incitative des déchets constitue un autre exemple probant. Elle vise à faire payer le service d’enlèvement des déchets en fonction du poids réel de déchets produit par chaque ménage : moins un ménage produit de déchets, moins il sera facturé. Elle a permis de réduire de 30 % le volume de la poubelle grise là où elle a été mise en place.
Financer la transition énergétique des transports
Taxe due lors de la première immatriculation d’un véhicule de tourisme en France, le « malus écologique » vise, quant à lui, à favoriser l’achat des véhicules moins polluants. En effet, plus le véhicule est polluant, plus la taxe est élevée. Ce malus s’applique en fonction des caractéristiques du véhicule, selon des seuils d’émissions en dioxyde de carbone (CO2), de puissance administrative et/ou de poids du véhicule. De plus, la fiscalité écologique permet de diminuer d’autres types de fiscalité : en taxant la pollution, on peut en effet réduire d’autant les taxes sur le travail, l’investissement ou l’innovation. La fiscalité écologique peut ainsi induire un « double dividende » : un dividende écologique, d’une part, avec une baisse des comportements néfastes à l’environnement, et un dividende économique d’autre part, où la baisse concomitante des taxes pesant sur le travail ou sur le capital permet de relancer l’activité et de rendre le système économique plus performant.
La fiscalité peut également être utilisée pour encourager les financements et l’innovation pour des pratiques plus vertueuses. C’est le cas par exemple de la « taxe au tonnage » appliquée au transport maritime : les armateurs européens paient un impôt forfaitaire calculé selon le tonnage de leurs navires plutôt que l’impôt sur les bénéfices. Un régime fiscal qui fonctionne également selon le principe du pollueur-payeur : qui transporte plus, paye plus. A l’origine mesure défensive contre les pavillons de complaisance, ce régime de taxation, adopté en France en 2003, a également permis de favoriser l’essor du pavillon français, de la flotte de commerce nationale et de l’emploi dans la filière maritime de notre pays, en mettant les armateurs français à armes égales avec leurs concurrents européens et mondiaux. Les trois premiers transporteurs maritimes mondiaux sont d’ailleurs européens et bénéficient de ce régime de taxation : l’italo-suisse MSC (Mediterranean Shipping Company), le danois Maersk, et le français CMA CGM… Tout comme leurs principaux concurrents asiatiques. Plus favorable que le régime de l’impôt sur les sociétés, cette taxation particulière a aussi pour objectif d’améliorer la compétitivité des armateurs européens face aux flottes de pays moins regardants : c’est autant de navires qui se plient aux exigences environnementales les plus drastiques au monde, en plus de permettre à l’Europe de disposer d’une « logistique souveraine » avec une flotte de transport maritime sous pavillons européens.
Cette taxe au tonnage s’applique aujourd’hui à plus de 80 % de la flotte maritime mondiale, et notamment dans 22 Etats membres de l’Union européenne (UE). Dans la pratique internationale actuelle, ce régime de taxation est utilisé en particulier comme un instrument d’incitation au verdissement pour encourager la modernisation et l’amélioration des performances environnementales des flottes marchandes. Il favorise en effet les investissements dans le transport maritime, en particulier pour sa décarbonation. Un enjeu majeur car la navigation sur les océans du monde est aujourd’hui responsable d’environ 3 % des émissions de gaz à effet de serre. C’est l’une des raisons pour lesquelles l’OCDE, l’UE et le G7 sont unanimes pour reconnaître l’utilité de ce système. Ce régime doit ainsi aider la filière à assurer sa transition énergétique, qui nécessitera des investissements massifs d’ici à 2050. La démarche « France Mer 2030 », lancée en novembre 2022 par le gouvernement français, prévoit d’ailleurs la création d’un fonds d’investissement maritime alliant financement public et privé, pour mettre en œuvre la décarbonation du transport maritime.
Levier de compétitivité, ce régime d’imposition répond aussi à un enjeu de souveraineté, particulièrement dans le contexte géopolitique actuel. Les évaluations publiques confirment d’ailleurs la pertinence de ce dispositif pour maintenir les centres de décision des compagnies en France et la maîtrise des chaînes logistiques. Aujourd’hui, près de 90 % des marchandises mondiales passent en effet par la mer et 72 % des importations et exportations en France en dépendent : transport des matières premières, des produits énergétiques, alimentaires, manufacturés, des câbles de télécommunication… Autant de biens indispensables à notre quotidien et à notre autonomie stratégique.
Opter pour des solutions de chauffage écologiques, comme le chauffage aux granulés, permet d’agir efficacement tout en économisant sur la facture de chauffage. En choisissant des systèmes de chauffage respectueux de l’environnement et utilisant des ressources renouvelables, nous réduisons nos émissions de CO2, diminuons notre dépendance aux combustibles fossiles tels que le pétrole et le gaz, et limitons nos dépenses.
Comment se chauffer de manière écologique ?
Beaucoup de systèmes de chauffage utilisent encore des combustibles fossiles, fioul et gaz, ce qui est non seulement mauvais pour le climat mais aussi coûteux. Au contraire, les solutions de chauffage écologiques utilisent des énergies renouvelables et de ce fait sont des solutions décarbonées, c’est-à-dire neutres en CO2. Parmi les systèmes disponibles, le chauffage aux granulés de bois est particulièrement respectueux du climat. La chaudière à granulés offre ainsi une utilisation entièrement automatisée pour une chaleur réellement respectueuse du climat. Un nouveau chauffage à granulé (également appelé « pellet ») permet d’économiser autant de CO2 que les émissions de trois voitures essence parcourant 15 000 km par an.
Le granulé de bois : un concentré d’énergie respectueux de l’environnement
Lorsqu’un arbre entre dans une scierie, environ 60 % de son volume sert à faire du bois d’œuvre, c’est-à-dire des planches ou des poutres. Le reste du volume est composé de sous-produits de sciage, essentiellement de la sciure.
Le granulé est fabriqué à partir de ces sous-produits, simplement par compression de la sciure. Ainsi, le bois d’œuvre va remplacer le béton, l’acier et le plastique tout en stockant du carbone, et le granulé de bois remplacera le fioul ou le gaz pour le chauffage des bâtiments. Le cycle parfait.
Majoritairement fabriqué en France, localement, dans une centaines d’unité de granulations, un chiffre qui ne cesse de grimper année après année, le granulé s’est installé dans le paysage énergétique du pays.
Parfaitement adapté à la maison individuelle
La chaudière à granulés propose le même niveau de confort qu’un chauffage fioul ou gaz. Le granulé de bois est stocké dans une réserve assurant une année entière d’autonomie. Ce stockage , la plupart du temps un silo en tissu renforcé, est rempli annuellement par un camion souffleur, et son volume est très réduit en raison de l’extrême compacité du granulé. Le combustible est amené automatiquement à la chaudière en fonction des besoins, et ensuite la chaudière gère tout : allumage, alimentation, décendrage et nettoyage. Pour les appareils les plus performants, la régulation est connectée et permet de piloter la chaudière depuis son smartphone, en toute simplicité. Une chaudière à granulés moderne offre un chauffage confortable, assure également la production de l’eau chaude sanitaire, et trouve ainsi parfaitement sa place dans une maison, ce qui explique son succès depuis plusieurs années.
Un chauffage économique
Si l’installation et l’achat d’une chaudière à granulés de bois est très encouragée par les pouvoirs publics avec des aides financières importantes, c’est surtout à l’usage que le granulé de bois est particulièrement intéressant. Énergie la moins chère, elle permet de réduire de plus de 30 % à 50 % sa facture de chauffage par rapport au fioul.
Alors que le prix de l’énergie pèse chaque jour de plus en plus lourd sur les revenus des ménages, le passage aux énergies renouvelables permet souvent de réduire ce poids tout en allégeant notre facture climatique. C’est le moment de changer !
Pour leur abonnement d’électricité, les consommateurs disposent de plusieurs choix. Ils peuvent souscrire un contrat au tarif réglementé auprès d’EDF, le fournisseur historique. Les offres de marché constituent une autre option envisageable.
Contrat électricité : deux types d’offres de marché
L’offre à prix fixe
Parmi les offres de marché proposées, il existe l’offre à prix fixe. Avec ce type de contrat, le fournisseur d’électricité garantit le même prix par kilowattheure sur une durée fixe. La période de blocage du prix, connue au moment de la souscription, peut être d’un an, voire de plusieurs années. À la fin, un nouveau montant est proposé au client.
L’offre à prix indexé
Il existe la possibilité de choisir une offre d’électricité à prix indexé. Dans ce cas, le prix du kilowattheure évolue à la hausse ou à la baisse, selon les fluctuations du marché. Le client est informé de chaque changement du tarif.
Le blocage du prix concerne uniquement le kilowattheure HT. Les taxes applicables, telles que la TVA ou la taxe d’acheminement, peuvent évoluer. Le coût de l’abonnement peut, lui aussi, varier.
Quels sont les avantages et les inconvénients d’une offre d’électricité à prix fixe ?
Un prix fixe garanti
Par rapport à une offre à prix indexé, dont le prix par kilowattheure fluctue selon l’état du marché, une offre à prix fixe est synonyme d’un tarif bloqué. C’est à la fois un avantage et un inconvénient. Le client est effectivement protégé des fortes hausses du coût de l’énergie, mais il ne profite pas non plus des baisses. Sur le marché de l’énergie, les hausses sont cependant plus fréquentes que les baisses.
Une offre d’électricité à prix fixe représente donc une solution intéressante pour les consommateurs qui apprécient la stabilité et cherchent à éviter les mauvaises surprises. Elle permet une meilleure maîtrise du budget énergétique.
Des contrats ajustés en conséquence
Avec une offre d’électricité à prix fixe, il arrive souvent que le fournisseur d’électricité ait ajusté les tarifs et les modalités du contrat, afin de tenir compte des fluctuations du prix de l’électricité. Pour cette raison, n’hésitez pas à comparer les tarifs en vigueur chez les différents fournisseurs d’énergie. Les acteurs sont nombreux sur ce marché, ce qui entraîne une concurrence entre eux pour proposer les prix les plus attractifs.
Certains fournisseurs proposent une offre d’électricité verte
Quelques astuces pour réduire sa facture d’électricité
Maîtriser sa facture d’électricité passe naturellement par le choix d’un fournisseur d’énergie et d’une offre tarifaire, mais pas uniquement.
En effet, pour réduire ses factures d’électricité, des gestes simples s’avèrent efficaces, par exemple :
• éteindre les lumières inutiles,
• couper les appareils électriques en veille à l’aide de multiprises à interrupteur,
• baisser légèrement le chauffage,
• prendre des douches plus courtes.
Pour consommer moins d’électricité, il est aussi préférable d’utiliser des éclairages à LED et de choisir des appareils électroménagers avec une bonne classe énergétique. Des travaux d’isolation thermique et le remplacement d’anciens équipements de chauffage permettent également de réaliser des économies sur sa facture d’électricité.
A l’heure où une nouvelle Assemblée nationale se forme et qu’un nouveau gouvernement se dessine, Oxfam France publie une étude sur les politiques d’adaptation de la France au changement climatique. Les conclusions sont claires : les pouvoirs publics n’anticipent pas assez les politiques et les investissements nécessaires à l’adaptation et ne protègent à ce jour pas les citoyennes et citoyens face aux conséquences du changement climatique.
Oxfam révèle que plus de la moitié des droits humains est menacée en France du fait de l’improvisation des pouvoirs publics en matière d’adaptation et en l’absence de politique globale ambitieuse.
Changement climatique : nous ne sommes pas prêt⸱es !
Dès son arrivée au ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, Christophe Béchu a fait de l’adaptation au changement climatique une priorité de son action. Il était et reste persuadé qu’adapter la France aux effets du dérèglement climatique est une nécessité pour préserver notre prospérité, nos libertés et notre puissance dans un monde qui change vite.
Cela ne signifie pas que la France a renoncé à diminuer ses émissions de gaz à effet de serre. C’est même le contraire : les émissions de notre pays ont baissé de près de 6% en 2023, comme jamais auparavant dans notre histoire.
Le 3ème PNACC était sur le point d’être mis à consultation lorsque l’Assemblée nationale a été dissoute. Le Gouvernement démissionnaire ne pourra pas endosser la responsabilité d’une stratégie qui engage l’avenir du pays sur plusieurs décennies. Il appartiendra au futur gouvernement d’en assumer la responsabilité politique.
Fondé sur la science, la trajectoire de réchauffement qui lui sert de boussole est une trajectoire scientifique robuste et largement partagée. Ce Plan concerne l’ensemble de la vie de la Nation et s’adresse à tous les publics (entreprises, citoyens, jeunes, collectivités, agriculteurs …)
Au niveau normatif, elle est pragmatique puisqu’elle mêle incitations, recommandations, normes techniques et règles de droit positif à édicter
Au niveau temporel, elle prévoit des mesures immédiates, de moyen terme et de long terme ;
Au niveau territorial, elle propose une responsabilisation des collectivités territoriales et une différenciation locale afin de faire émerger les solutions du terrain.
Au niveau justice et finance, les mesures du PNACC visent à éviter le coût abyssal pour la collectivité de l’inaction ou de la « mal-adaptation » et propose une refonte de nos mécanismes d’indemnisation et de prévention en direction des ménages les plus modestes.
J’ai mesuré l’impérieuse nécessité pour la puissance publique de préparer la Nation au monde qui nous attend. J’ai la conviction qu’avec une stratégie, un cap et une volonté, la France restera quoi qu’il arrive libre, prospère et belle. Le PNACC est une première étape sur ce long chemin de l’adaptation, auquel j’ai été heureux et fier d’apporter une pierre
Christophe Béchu
Adaptation au changement climatique : les chiffres clés
Au moins 26 des 50 droits fondamentaux de l’UE sont directement menacés en France du fait de la négligence de l’État en matière d’adaptation, dont le droit à la santé, le droit à l’éducation, ou encore, le droit à un logement digne.
1,3 million d’enfants français en maternelle seront exposés à une chaleur excédant 35° dans les classes d’ici 2030. 55% des écoles maternelles françaises seront concernées et dans 4 départements, – les Bouches du Rhône, la Seine-Saint-Denis, Paris et la Gironde -, ce seront 100% des maternelles.
Aujourd’hui, 36% des travailleur⸱euses sont déjà exposé⸱es aux chaleurs extrêmes sur leur lieu de travail.
D’ici 2100, 5% des hôpitaux français seront menacés de fermeture à cause des aléas climatiques extrêmes, et 3% des écoles primaires et 2,3% des maisons de retraite seront affectés par la montée des eaux.
Face aux conséquences des changements climatiques, les inégalités se creusent en France
Comme le reste du monde, la France est touchée de plein fouet par la crise climatique. L’été 2023 a été l’un des plus chauds mesurés en France, tandis que l’année 2022 a vu se cumuler tous les aléas climatiques extrêmes : sécheresse, mégafeux, orages violents… On considère que 62% de la population française est exposée de manière forte ou très forte aux risques climatiques.
Changement climatique et inégalités s’alimentent réciproquement : si ce sont les plus riches qui émettent le plus de gaz à effet de serre et qui donc aggravent le plus la crise climatique, ce sont les plus vulnérables qui sont en première ligne des conséquences de cette crise. Les ménages pauvres et modestes, les femmes, les enfants, les personnes âgées et les groupes marginalisés sont parmi les plus affectés.
Le rapport d’Oxfam révèle, qu’en Europe, les 20% les plus riches sont mieux protégés que les 20% les plus pauvres. En cause : des politiques publiques et actions d’adaptation qui bénéficient en premier lieu aux plus riches.
Les droits fondamentaux sont menacés en France
Dans son rapport, Oxfam a calculé qu’au moins 26 des 50 droits fondamentaux inscrits aux articles de la Charte des droits fondamentaux de l’Union Européenne sont menacés si l’Union européenne et la France ne se donnent pas les moyens d’adapter les populations aux effets du dérèglement climatique. Cette menace concerne des droits aussi centraux que le droit à la santé, à l’éducation ou encore, le droit à un logement digne.
Dans le domaine de la santé par exemple, d’ici 2100, 5% des hôpitaux français seront menacés de fermeture du fait de l’inadaptation des infrastructures aux événements climatiques extrêmes.
Le droit du travail en manque d’adaptation
A l’image de l’ensemble du cadre règlementaire et législatif français, le droit du travail n’est pas pensé pour une France à +4°C. Aujourd’hui, 36% des travailleur⸱ses français⸱es en France sont déjà exposé⸱es aux chaleurs extrêmes sur leur lieu de travail.
Parmi les professions les plus vulnérables face aux conséquences du changement climatique, on retrouve notamment les travailleur⸱ses du bâtiment, les agriculteur⸱rices et les personnels soignants.
A ce jour, le code du travail ne propose aucune règle précise en cas de vague de chaleur et ne comporte, par exemple, aucune indication de température maximale au-delà de laquelle il serait interdit de travailler ou qui pourrait justifier de l’exercice du droit de retrait.
Les politiques d’adaptation en France : la grande improvisation
Le rapport d’Oxfam montre que l’adaptation à la française est une adaptation non planifiée, en réaction et par à-coup. Les pouvoirs publics attendent que les catastrophes se produisent pour tenter de les réparer.
Pourtant, la France s’est dotée depuis 2011 d’un Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC), qui vise à présenter des mesures concrètes pour limiter les effets négatifs du dérèglement climatique en France. Mais ce plan est une coquille vide, sans aucune mesure concrète traduisible en actes politiques avec des objectifs atteignables et ambitieux.
Par ailleurs, l’approche des pouvoirs publics est aujourd’hui sectorielle. Il n’existe pas de vision globale de l’adaptation et encore moins d’analyse sociale des politiques publiques envisagées.
Adaptation : les recommandations d’Oxfam
Oxfam appelle à une planification socialement juste de l’adaptation en France et formule plusieurs recommandations en ce sens :
Plusieurs dizaines de milliards d’euros par an justement répartis pour l’adaptation en France, assorti d’un système fiscal juste ;
Une adaptation démocratique et transparente appuyée sur des analyses de vulnérabilité et sur une institution nouvelle composée de citoyen⸱nes chargée de décider de l’adaptation d’un territoire donné ;
Des investissements publics conditionnés à des critères d’efficacité et de réduction des inégalités ;
Un Plan national d’adaptation au changement climatique opposable et contraignant permettant de rendre l’État redevable vis à vis des citoyen⸱n⸱es pour qui des droits sont menacés ;
Un droit du travail réformé et adapté aux effets du changement climatique afin de garantir une protection juridique aux travailleur⸱euses ;
Une adaptation juste au niveau international, la France devant assumer pleinement sa responsabilité historique dans le changement climatique en finançant, à la hauteur des besoins, l’adaptation des pays du Sud global.
Rapport Changement climatique : nous ne sommes pas prêts
“Towards a better future for biodiversity and people : Modelling Nature Futures” est un article rédigé par Kim et al. en 2023 et publié par la revue Global Environmental Change. Son intérêt réside dans l’introduction d’un outil conceptuel, le Nature Futures Framework (NFF), qui permet d’élaborer des scénarios futurs désirables pour la nature et les humains.Un décryptage rédigé par Cléa Blanchard, Chargée de mission à La Fabrique Écologique.
De cet article, La Fabrique Écologique retient trois points essentiels :
#1 Selon l’IPBES, les politiques actuelles sont insuffisantes pour faire face à la perte alarmante de biodiversité à l’échelle mondiale. Pour y remédier, il est nécessaire de revitaliser le lien entre les humains et la nature, en modifiant nos normes, croyances et comportements. Le Nature Futures Framework (NFF) (référentiel pour l’avenir de la nature) est un outil permettant de développer des scénarios locaux, régionaux et nationaux qui positionnent les relations entre l’homme et la nature au cœur de la gouvernance. Le NFF distingue trois principales valeurs : Nature for Nature (NN), qui valorise la biodiversité pour elle-même et met l’accent sur la diversité des espèces, des habitats et des processus naturels ; Nature for Society (NS), qui met en avant les bénéfices que la nature procure à la société, tels que la provision de ressources naturelles ; et Nature as Culture (NC), qui reconnaît les liens profonds entre les sociétés humaines, leurs cultures, traditions et croyances, et la nature. Ces trois perspectives sont liées et se renforcent mutuellement.
#2 Le Nature Futures Framework (NFF) offre une approche intégrée pour guider les politiques publiques. En adoptant ce prisme, les décideurs impliquent les parties prenantes locales, les scientifiques et les détenteurs de connaissances traditionnelles. Des ateliers et des consultations communautaires peuvent co-créer des scénarios intégrant les trois valeurs (NN, NS et NC), mieux adaptées aux contextes locaux. Cette approche inclusive et participative est essentielle dans le processus de décision. Les décideurs peuvent utiliser les scénarios produits dans ce cadre pour guider les stratégies de protection de la biodiversité (plans de conservation, politiques de revitalisation et réensauvagement) et s’assurer que celles-ci soient en phase avec les communautés qui interagissent avec les écosystèmes en question.
#3 Utilisé dans divers contextes mondiaux, le NFF a permis de créer des scénarios lors du premier atelier des jeunes de l’IPBES. Cette approche a également facilité l’élaboration de stratégies pour l’avenir de parcs nationaux et d’autres espaces protégés en tenant compte des besoins de conservation des habitats critiques (NN) tout en promouvant des pratiques agricoles durables (NS) et en respectant les pratiques culturelles traditionnelles de gestion des terres (NC). De plus, le NFF encourage l’adoption de solutions basées sur la nature, telles que restaurer les mangroves pour protéger les côtes et soutenir les moyens de subsistance locaux, solutions qui articulent les trois valeurs (NS/NN/NC).
La biodiversité en France
En France, la biodiversité est très fragilisée, avec environ un tiers des espèces animales et végétales considérées comme menacées ou quasi-menacées selon l’UICN. La Stratégie Nationale Biodiversité 2030 (SNB), adoptée en novembre 2023, vise à inverser cette tendance. Ses quatre axes prioritaires sont : réduire les pressions sur la biodiversité, restaurer les écosystèmes dégradés, mobiliser tous les acteurs et garantir les moyens nécessaires. Malgré ses ambitions, la SNB fait face à des défis tels que la coordination des efforts et la gestion des impacts croissants de l’urbanisation, de l’agriculture intensive et du changement climatique.
« Les mesures prises pour protéger la biodiversité dépendent de la façon dont nous la conceptualisons. Le NFF permet une conceptualisation plus exhaustive, dépassant l’idée que celle-ci serait un inventaire d’espèces rares et variées à protéger comme l’on mettrait sous verre sa collection de monnaies. »
En 1977, Edgar Morin publie le premier volume d’une série qui allait devenir l’œuvre maîtresse de sa vie de chercheur, La Méthode, dont la parution en 6 tomes va s’étaler sur une trentaine d’années. L’instigateur de la pensée complexe défie les classements disciplinaires afin d’affronter nos problèmes fondamentaux et globaux. Il élabore une méthode qui relie les connaissances et opère dans le même mouvement une réforme de la pensée et une refondation de l’humanisme. Martine Boulart, Présidente du Fonds culturel de l’Ermitage, qui a nommé à l’unanimité Edgar Morin lauréat du 3ème Prix “Littérature et Nature”, nous partage sa connaissance de cet humaniste centenaire.
Ce que personne ne sait, c’est qu’en 1983, Edgar Morin perd le manuscrit de ce qui devait alors constituer le 3ème et dernier tome de la série. Ses multiples expériences existentielles et intellectuelles ont entre-temps créé de nouvelles arborescences, des ramifications éducatives, sociologiques et politiques qui permettent à la pensée complexe, dont il est l’instigateur, de se concrétiser et de s’épanouir. Malgré la perte de ce manuscrit, l’aventure de La Méthode se poursuit donc jusqu’au début du 21ème siècle.
Défiant les classements disciplinaires, La Méthode est une œuvre-monde. Afin d’affronter nos problèmes fondamentaux et globaux, elle élabore une méthode qui relie les connaissances et elle opère dans le même mouvement une réforme de la pensée et une refondation de l’humanisme. C’est lorsqu’il pense mettre un point final à la série en 2006 avec la parution du tome 6 (Ethique) qu’Edgar Morin retrouve le manuscrit perdu qu’il va mettre 20 ans à reprendre et à aboutir. Le présent texte ne remplace donc pas les volumes 3 à 6 qui ont suivi mais les annonce et, en quelque sorte, les mûrit.
Tome 1 : La Nature de la Nature aux éditions du Seuil, 1977
Tome 2 : La Vie de la Vie aux éditions du Seuil, 1980
Tome 3 : La Connaissance de la Connaissance aux éditions du Seuil, 1986
Tome 4 : Les Idées aux éditions du Seuil, 1991
Tome 5 : L’Humanité de l’Humanité aux éditions du Seuil, 2001
Tome 6 : Éthique aux éditions du Seuil, 2006
Tome 7 : La méthode de La Méthode aux éditions Actes Sud, 2024
“Ce livre n’est pas un fragment retrouvé, c’est la pensée à son stade d’ébullition conclusive, non seulement récapitulatrice, mais surtout organisatrice qui s’y trouve. Je n’ai jamais depuis ressenti un tel élan dans un état quasi chamanique. C’est pour moi une joie immense que de savoir que le concentré de la recherche, de la pensée et de l’œuvre de ma vie va se trouver offert à la lecture grâce aux éditions Actes Sud.”
Edgard Morin
“Nous avons besoin d’une méthode de connaissance qui traduise la complexité du réel, reconnaisse l’existence des êtres, approche le mystère des choses.”
Edgard Morin, par Martine Boulart, Présidente du Fonds culturel de l’Ermitage
Edgar Morin m’inspire depuis plusieurs décennies, je me sens sa fille spirituelle, adepte de la pensée complexe ou tout est relié et interdépendant dans un esprit de transdisciplinarité, de la pensée constructiviste ou nature et culture s’enrichissent sans cesse, de la philosophie bouddhiste ou Yin et Yang se complètent, du taoïsme ou l’esprit de la vallée recueillent les eaux des différents courants … J’adore son coté autodidacte qui, comme Marguerite Yourcenar, n’a pas besoin de se soumettre à un professeur pour réfléchir, sa tendresse pour la vie et son regard malicieux sur le monde, sa compréhension de la nature qui s’auto organisme et qui contient en son cœur l’émergence du sujet, son désir de comprendre l’action de l’homme dans la nature, ou l’intelligence procède de la contextualisation, son besoin de repenser l’éducation pour replacer l’humain au cœur d’une communauté de destin et sa croyance que le pire n’est jamais certain …
Martine Renaud Boulart
Edgar Nahoum, dit Edgar Morin, né le 8 juillet 1921 à Paris 9, est un sociologue et philosophe français, antifasciste et résistant.
Biographie
Edgar Nahoum naît à Paris en 1921. Ses parents, Vidal Nahoum et Luna née Beressi, Juifs originaires de Salonique de lointaine ascendance italienne, sont commerçants. Il grandit dans un environnement non pratiquant, sa famille étant « moderne et laïcisée depuis trois générations ». Fils unique, il perd sa mère peu avant l’âge de dix ans. Fait naturellement très important de sa vie, la mort précoce de sa mère est liée au fait qu’elle avait dès 1917 une lésion du cœur à cause de laquelle on lui avait en principe interdit d’avoir un enfant, pensant qu’elle ne survivrait pas à l’accouchement.
Militant antifasciste en Espagne puis résistant communiste en France
En 1936, pendant la guerre d’Espagne, son premier acte politique est d’intégrer une organisation libertaire, Solidarité internationale antifasciste, pour préparer des colis à destination de l’Espagne républicaine. Il entre en 1942 dans la Résistance communiste au sein des Forces unies de la jeunesse patriotique. Il intègre ensuite le mouvement de Michel Cailliau, le MRPGD (Mouvement de résistance des prisonniers de guerre et déportés). En 1943, il est commandant dans les Forces françaises combattantes et est homologué comme lieutenant. Son mouvement fusionne avec celui de François Mitterrand, il devient le MNPGD (Mouvement national des prisonniers de guerre et déportés).
Il adopte alors le pseudonyme de Morin (l’anecdote veut que, lors d’une réunion de résistants à Toulouse, le jeune Edgar Nahoum s’est présenté sous le nom d’Edgar Magnin, en référence au personnage de Malraux dans L’Espoir. Mais une camarade avait compris « Morin » et il n’avait pas cherché à rectifier.)
Il devient attaché à l’état-major de la 1re Armée française en Allemagne (1945), puis chef du bureau « Propagande » dans le Gouvernement militaire français (1946). À la Libération, il écrit L’An zéro de l’Allemagne où il dresse un état des lieux de l’Allemagne, insistant sur l’état mental du peuple vaincu, en état de « somnambulisme », en proie à la faim et aux rumeurs. Ce livre arrive au moment du tournant communiste, où après la stigmatisation de la culpabilité allemande, Staline déclare qu’Hitler passe et que le peuple allemand reste.
Maurice Thorez l’invite à écrire dans l’hebdomadaire Les Lettres françaises. Il demande au philosophe Martin Heidegger, dont il reprend le concept d’ère planétaire, un texte pour la revue Fontaine de Max-Pol Fouchet, et le N° 54 de l’été 1946 (L’hymne « Tel qu’en un jour de fête », sur un poème d’Hölderlin, traduit par Joseph Rovan).
Membre du Parti communiste français depuis 1941, il s’en éloigne à partir de 1949 et en est exclu en 1951, pour avoir écrit un article dans le journal France Observateur. « Ce fut comme un chagrin d’enfant, énorme et très court », dira-t-il.
Études :
Comme il l’indique dans un entretien pour la revue CNRS Le Journal, il est avant tout autodidacte, titulaire d’une licence en histoire et géographie et d’une licence de droit. Il indique avoir suivi des cours de philosophie, d’économie et de sciences-politiques, disciplines pour lesquelles il n’a pas obtenu de diplômes. Il indique par ailleurs : « J’ai pourtant fait une carrière au CNRS. J’ai été élu maître de recherche sans avoir écrit de thèse de doctorat »
Compagnon de route du Parti communiste de 1942 à 1951 puis indépendant de tout parti :
Dans un article en anglais intitulé « L’honneur de la vérité » et détaillant ses relations avec le Parti communiste français, Edgar Morin indique ainsi les circonstances de son engagement en 1942 : « j’étais un communiste de guerre, c’est-à-dire que j’étais entré en résistance au moment de la première résistance de Moscou, de la première contre-offensive et de Pearl Harbour, une période où, avant Stalingrad, un espoir était possible ». Il est alors proche de nombreux intellectuels « compagnons de route » de ce parti comme Georges Friedmann ou Jean-Paul Sartre. Selon sa notice dans le Maitron, « Edgar Morin fut exclu en 1951».
Depuis 1951, il est en revanche indépendant de tout parti politique, tout en se considérant de gauche, comme l’attestent les déclarations qu’il a exprimées au terme de la brève expérience de gestion socialiste sous la direction de Jospin. Dans un long texte de 1993 prenant de grandes distances avec « la conception marxienne de la société », tout comme avec les diverses conceptions du socialisme, tant « soviétique » que « social-démocrate », il conclut en effet en soulignant l’écart considérable résidant entre la « gestion socialiste » des affaires du monde avec les ambitions auxquelles il était nécessaire de s’atteler aujourd’hui : « Civiliser la terre, transformer l’espèce humaine en humanité, devient l’objectif fondamental et global de toute politique aspirant non seulement à un progrès, mais à la survie de l’humanité. Il est dérisoire que les socialistes, frappés de myopie, cherchent à moderniser, social- démocratiser, alors que le monde, l’Europe, la France sont affrontés aux problèmes gigantesques de la fin des Temps modernes ».
Carrière :
Avec l’appui de Maurice Merleau-Ponty, de Vladimir Jankélévitch et de Pierre George, il entre en 1950 au CNRS et fait partie du Centre d’études sociologiques dirigé par Georges Friedmann.
Edgar Morin est à l’origine de plusieurs revues : Arguments (1956-1962), la Revue française de sociologie (1960) et Communications.
En 1965, il conduit une étude transdisciplinaire, au sein d’une vaste recherche de la DGRST, mobilisant de multiples disciplines, sur une commune en Bretagne, publiée sous le nom de La Métamorphose de Plodémet (1967), sur la commune de Plozévet (Finistère) où il séjourne près d’un an. Ce fut un des premiers essais d’ethnologie dans la société française contemporaine.
Il s’intéresse très vite aux pratiques culturelles, qui sont encore émergentes et mal considérées par les intellectuels : L’Esprit du temps (1960), La Rumeur d’Orléans (1969). Il cofonde la revue Arguments en 1956. Il dirige le CECMAS (Centre d’études des communications de masse) de 1973 à 1989, qui publie des recherches sur la télévision, la chanson dans la revue Communications.
Durant les années 1960, il part près de deux ans en Amérique latine où il enseigne à la Faculté latino-américaine des sciences sociales de Santiago du Chili. En 1969, il est invité à l’Institut Salk de San Diego. Il y retrouve Jacques Monod, l’auteur de Le Hasard et la Nécessité et conçoit les fondements de la pensée complexe et de ce qui deviendra sa Méthode.
Directeur de recherche émérite au CNRS depuis 1993, Edgar Morin est docteur honoris causa de plusieurs universités à travers le monde. Son travail exerce une forte influence sur la réflexion contemporaine, notamment dans le monde méditerranéen, en Amérique latine et jusqu’en Chine, Corée, Japon. Il crée et préside l’Association pour la pensée complexe (APC).
Morin a écrit plusieurs ouvrages revenant sur son passé, dont Autocritique en 1959, Vidal et les siens en 1989, Itinérance en 2006, Mon chemin en 2008 et Les souvenirs viennent à ma rencontre en 2019.
Vie familiale :
En 1946, au sortir de la Deuxième Guerre Mondiale, il épouse la philosophe Violette Chapellaubeau (Hautefort, Dordogne, 4 août 1917 – Paris, 2 décembre 2003), rencontrée pendant cette guerre, en 1940, à Toulouse (où les deux jeunes étudiants avaient fui et où elle était une étudiante résistante en philosophie et sociologie également) lors d’un cours de philosophie sur Vladimir Jankélévitch, mais remariée en 1969 avec Pierre Naville, veuf la même année de Denise née Kahn, en optant cependant pour le nom d’usage de Naville-Morin.
Ils avaient eu deux filles, la sociologue Irène Nahoum-Léothaud (en 1947) et l’anthropologue Véronique Nahoum-Grappe (en 1948). En 1970, il épouse Johanne Harrelle, sa compagne depuis 1964, dont il divorce en restant son ami jusqu’à ce qu’elle meure en 1994. En 1982, il épouse Edwige Lannegrace, dont il est veuf en 2008.
Depuis 2012, pour la troisième fois, il est marié à la sociologue marocaine naturalisée française Sabah Abouessalam née le 13 avril 1959 à Marrakech, avec qui il a notamment rédigé le livre L’homme est faible devant la femme (Presses de la Renaissance, 2013), puis en 2020 Changeons de voie – Les leçons du coronavirus (Denoël, 2020). En 2013, Sabah Abouessalam a aussi essayé avec lui de réhabiliter une ferme écologique propriété de sa famille dans la région de Marrakech en s’inspirant de l’agro-écologie de Pierre Rabhi
Prises de position
Edgar Morin affirme un point de vue « d’incroyant radical ». Il est membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la décennie de la culture de paix et de non-violence. Il apprécie, à cet égard, le bouddhisme qui est une religion sans dieu.
Il s’intéresse de plus en plus au processus de la mondialisation où « le vaisseau spatial terre est propulsé par trois moteurs couplés science/technique/économie, mais est dépourvu de pilote.
Cela prépare deux avenirs antagonistes, l’un de catastrophes (dégradation de la biosphère, multiplication des armes nucléaires, économie soumise à la spéculation financière, crise des civilisations traditionnelles et crise de la civilisation occidentale, multiplication des conflits et des fanatismes), l’autre de « transhumanisme » permettant de retarder la mort sans vieillir et de confier aux robots toutes les tâches ennuyeuses et pénibles.
Mais cette dernière perspective d’homme augmenté, purement quantitative, ignore la nécessité d’un énorme progrès moral et intellectuel pour éviter les catastrophes et ne pas soumettre l’humanité à une algorithmisation qui la robotiserait »
En 2002, il participe à la fondation du Collegium international éthique, politique et scientifique, sous la présidence de Milan Kučan, président de la République de Slovénie, et dont Sacha Goldmann, Michel Rocard, puis Stéphane Hessel, furent successivement secrétaires généraux, avec l’ambition de convaincre les nations et l’ONU d’œuvrer à une coopération internationale pour trouver les réponses éthiques et appropriées qu’attendent les peuples du monde face aux nouveaux défis de notre temps.
Il participe à la création en mars 2012 du collectif Roosevelt avec l’aide de Stéphane Hessel, Michel Rocard et de nombreux intellectuels et personnalités publiques de la société civile et politique. Ce collectif présente quinze propositions pour éviter un effondrement économique, élaborer une nouvelle société, lutter contre le chômage endémique et créer une Europe démocratique.
En 2013, il soutient publiquement le chef Raoni dans son combat contre le barrage de Belo Monte. Il participe avec ce dernier et de nombreux autres intellectuels, juristes et politiques au lancement d’un tribunal moral pour les crimes contre la nature et le futur de l’humanité, lors de la Conférence « Rio+20 ». En 2013, il s’associe avec la tribune publiée par le mouvement End ecocide in Europe et cosignée par douze autres intellectuels, soutenant l’initiative citoyenne européenne « Arrêtons l’écocide en Europe ».
En 2019, il déclare que c’est le pouvoir de l’argent qui est à l’origine de la dégradation de l’écologie.
Le 2 juillet 2015, il fait partie des premiers signataires, avec d’autres personnalités, d’une pétition demandant que la France accueille Edward Snowden et Julian Assange, à la suite de la lettre ouverte de ce dernier au président de la République François Hollande.
Prenant position en 2002 sur le conflit israélo-palestinien, il considère que « les juifs d’Israël, descendants des victimes d’un apartheid nommé ghetto, ghettoïsent les Palestiniens. On a peine à imaginer qu’une nation de fugitifs, issue du peuple le plus persécuté de l’histoire de l’humanité soit capable de se transformer, en deux générations à l’exception d’une admirable minorité, en peuple méprisant ayant satisfaction à humilier »
Le sociologue pense qu’il y a eu, de 2018 à 2020, de fortes interactions entre le déchaînement de l’anti-islamisme et la recrudescence de l’ancien antisémitisme, celui-ci étant lié à un nouvel anti-judaïsme issu de la politique d’Israël et répandu dans le monde arabe.
Toutefois, selon lui, l’accusation d’antisémitisme demeure brandie de façon intempérante et indue par les défenseurs intégristes de la politique colonisatrice israélienne face à toute critique de cette politique.
En 2018, il qualifie l’encyclique Laudato si’ du pape François de texte providentiel, d’acte 1 d’un appel pour une nouvelle civilisation, reprenant la formule de Mikhaïl Gorbatchev de « maison commune », qu’il compare à sa formulation d’une vue complexe
La pensée qui relie
Edgar Morin utilise le terme de « reliance » pour indiquer le besoin de relier ce qui a été séparé, disjoint, morcelé, détaillé, compartimenté, classé, trié… en disciplines, écoles de pensée…
Il aime aussi envisager les choses dans une combinaison de confrontation, complémentarité, concurrence, coopération, les quatre en étroite synergie dynamique.
Il prône l’attitude d’ouverture. Il aime à dire qu’il est animé par un certain « esprit de la vallée », en référence au Tao. L’esprit de la vallée recueille les « eaux » qui viennent de différents versants.
Il a avancé sept principes-guides pour une pensée qui relie, principes qui sont complémentaires et interdépendants.
1 – Le principe d’auto-éco-organisation : Les choses vivantes sont des systèmes auto-organisateurs qui sans cesse s’auto-produisent et par là-même dépensent de l’énergie pour entretenir leur autonomie et doivent donc puiser de l’énergie dans leur milieu, dont elles dépendent pour être autonomes
2 – Le principe systémique ou organisationnel : L’idée systémique est à l’opposé de l’idée réductionniste car « le tout est plus que la somme des parties ». Les émergences, qualités ou propriétés nouvelles apparaissent dans l’organisation d’un nouveau produit que les composants ne possédaient pas. « Le tout est moins que la somme des parties » également car certaines qualités des composants sont inhibées par l’organisation de l’ensemble
3 – Le principe hologrammatique : Chaque cellule est une partie d’un tout — l’organisme global —, mais le tout est lui-même dans la partie : la totalité du patrimoine génétique est présente dans chaque cellule individuelle, la société est présente dans chaque individu-citoyen, en tant que tout, à travers son langage, sa culture, ses normes
4 – Le principe de boucle rétroactive : « L’effet agit sur la cause » referme le processus de causalité de linéarité ouverte « la cause agit sur l’effet ». Comme dans un système autonome de chauffage où le thermostat régule le fonctionnement. Comme l’homéostasie des organismes vivants
5 – Le principe de boucle récursive : C’est une boucle génératrice dans laquelle les produits et les effets sont eux-mêmes producteurs et causateurs de ce qui les produit. Chaque être vivant est produit et producteur dans le système de reproduction. Les individus produisent la société dans et par leurs interactions, et la société, en tant que tout émergeant, produit l’humanité des individus en leur apportant le langage et la culture
6 – Le principe dialogique : Relation complexe entre deux entités ou instances concurrentes et antagonistes, qui sont en même temps complémentaires. Elles se nourrissent l’une de l’autre, tout en s’opposant et se combattant. Edgar Morin utilise la métaphore du yin yang. Exemples : « autonomie / dépendance », « passion / raison », « égocentrisme / Altruisme », « individu / société / espèce » dialogiques présentes en chaque être humain, « ordre / désordre / interactions / organisation » (présente dès la naissance de l’Univers)
7 – Le principe de réintroduction du connaissant dans toute connaissance : Tout objet-machine, tout objet-processus inventés contient du « sujet » qui les a conçus. De la perception à la théorie scientifique, toute connaissance est une reconstruction / traduction pour un esprit / cerveau dans une culture et un temps donnés.« L’humanisme ne saurait plus être porteur de l’orgueilleuse volonté de dominer l’Univers. Il devient essentiellement celui de la solidarité entre humains, laquelle implique une relation ombilicale avec la nature et le cosmos. »
La pensée complexe :
Ce concept, dont la première formulation se trouve dans le livre Science avec conscience (1982), exprime une forme de pensée acceptant les imbrications de chaque domaine de la pensée et la transdisciplinarité. Le terme de complexité est pris au sens de son étymologie « complexus » qui signifie « ce qui est tissé ensemble » dans un enchevêtrement d’entrelacements (plexus).
Le Paradigme perdu :
En septembre 1972, au Centre international d’études bioanthropologiques et d’anthropologie fondamentale (CIEBAF) devenu ensuite le Centre Royaumont pour une science de l’homme, Edgar Morin co-organise le colloque international L’Unité de l’Homme, avec Jacques Monod et Massimo Piatelli-Palmarini. Sa communication, Le Paradigme perdu : la nature humaine, transformée et enrichie, deviendra un livre qui paraîtra l’année suivante. Il y est dit que nature et culture sont indissociables l’une de l’autre, chacune produisant l’autre dans une boucle récursive permanente.
Ont été réunis des biologistes, anthropologues, sociologues, mathématiciens, cybernéticiens afin de faire se rapprocher (reliance) les points de vue, les oppositions et les options fondamentales des spécialités et de leurs épistémologies. Un ouvrage en trois tomes réunit les contributions des participants au colloque:
T1 : Le primate et l’homme ;
T2 : Le cerveau humain ;
T3 : Pour une anthropologie fondamentale.
.@edgarmorinparis : "Il n'y a pas de pensée capable d'affronter les grands problèmes fondamentaux de notre nation et notre planète. C'est ce vide intellectuel qui s'est manifesté en France dans la désintégration des partis de gauche et la sclérose des partis de droite" pic.twitter.com/WgYs0gY3GJ
La Méthode est l’œuvre majeure d’Edgar Morin. Comprenant six volumes au total (qui peuvent être lus dans le désordre), on pourrait la qualifier d’encyclopédie (qui met en cycle les savoirs) : la méthode y est déroulée de façon cyclique, pour ne pas dire répétitive, s’appliquant à de nombreuses notions dont certaines sont reprises ci-après.
Le premier tome, intitulé La Nature de la nature, où sont traités les concepts d’ordre et de désordre, de système, d’information, etc. du monde physique.
Le second, intitulé La Vie de la vie, aborde le vivant, la biologie.
Les troisième et quatrième tomes abordent le thème de la connaissance.
Le troisième est intitulé La Connaissance de la connaissance. Il aborde la connaissance du point de vue anthropologique. Il y ouvre le chantier de l’épistémologie complexe.
Le quatrième tome de La Méthode, Les Idées, d’après les mots d’Edgar Morin, « pourrait aussi en être le premier ». En effet, « il constitue l’introduction la plus aisée à « la connaissance de la connaissance » et de façon inséparable au problème et à la nécessité d’une pensée complexe ». Il complète l’œuvre épistémologique du troisième tome en abordant la connaissance du point de vue collectif ou sociétal (« l’organisation des idées »), puis au niveau de la « vie des idées », qu’il appelle la noologie. Il traite en particulier dans un dernier chapitre des notions philosophiques de langage, de logique et de paradigme, auxquelles il applique sa méthode.
Dans une note de lecture, Jean-Louis Le Moigne souligne l’importance du dernier chapitre de ce tome 4 qu’Edgar Morin consacre à « la Paradigmatologie » : « encore un néologisme nouveau, dira-t-on ? Sans doute, mais il me semble si fécond pour nous permettre d’entendre la richesse de l’univers pensable sans commencer par l’appauvrir en la simplifiant ». Jean-Louis Le Moigne cite pour conclure Edgar Morin : « Nous en sommes au préliminaire dans la constitution d’un paradigme de complexité lui-même nécessaire à la constitution d’une paradigmatologie. Il s’agit non de la tâche individuelle d’un penseur mais de l’œuvre historique d’une convergence de pensées. » Selon les mots de Morin, la paradigmatologie est « le niveau qui contrôle tous les discours qui se font sous son emprise et qui oblige les discours à obéir ».
Le cinquième tome (L’Humanité de l’humanité, L’Identité humaine) est consacré à la question de la trinité humaine : Individu – Société – Espèce.
La Méthode se termine par un sixième tome intitulé Éthique, qui envisage les incertitudes et les contradictions éthiques et prône une éthique de la compréhension.
Conscience planétaire et politique de civilisation :
Avec Terre-Patrie, écrit en 1993, (avec Anne-Brigitte Kern), Edgar Morin en appelle à une « prise de conscience de la communauté du destin terrestre », véritable conscience planétaire : « C’est en Californie, en 1969-1970, que des amis scientifiques de l’université de Berkeley m’ont éveillé la conscience écologique », rapporte-t-il, avant de s’alarmer : « Trois décennies plus tard, après l’assèchement de la mer d’Aral, la pollution du lac Baïkal, les pluies acides, la catastrophe de Tchernobyl, la contamination des nappes phréatiques, le trou d’ozone dans l’Antarctique, l’ouragan Katrina à La Nouvelle-Orléans, l’urgence est plus grande que jamais ».
En 2007, il est l’auteur de L’An I de l’ère écologique : la Terre dépend de l’homme qui dépend de la Terre. Le livre comporte un dialogue avec Nicolas Hulot. Cette conscience doit s’accompagner pour Edgar Morin d’une nouvelle « politique de civilisation », pour sortir de cet « âge de fer planétaire… préhistoire de l’esprit humain ».
La politique de civilisation, explique Edgar Morin, « vise à remettre l’homme au centre de la politique, en tant que fin et moyen, et à promouvoir le bien-vivre au lieu du bien- être »
L’économiste Henri Bartoli appelle d’ailleurs à replacer l’homme au centre de l’économie (l’économie doit être au service de la vie et non l’inverse). Plus concrètement, partant du constat que la civilisation moderne génère souvent mal-être profond et individualisme, il propose de s’attacher « à régénérer les cités, à réanimer les solidarités, à susciter ou ressusciter des convivialités, à régénérer l’éducation ».
L’expression « politique de civilisation » a été reprise par le président de la République française Nicolas Sarkozy, lors de ses vœux du 31 décembre 2007. Edgar Morin s’est montré très nuancé quant à cette utilisation du concept : « Je ne peux exclure que M. Sarkozy réoriente sa politique dans ce sens, mais il ne l’a pas montré jusqu’à présent et n’en donne aucun signe. » « J’ai deux désaccords très importants avec Sarkozy : sur la politique extérieure, où je vois un alignement sur Bush et sur l’intérieur et la politique inhumaine envers les immigrés. Pour le reste, il y a une marge d’incertitude et il peut évoluer Le chef de l’État est un personnage plastique, en mouvement. Il n’a pas encore pris conscience du caractère radical d’une politique de civilisation. »
Les Sept Savoirs nécessaires à l’éducation du futur :
Edgar Morin, dans son avant-propos, classe cet opus comme l’ultime d’une trilogie :
La tête bien faite. Repenser la réforme, réformer la pensée, 1999 ;
Relier les connaissances, 1999 ;
Les Sept Savoirs nécessaires à l’éducation du futur, 2000.
Il y dégage les sept thèmes qui doivent devenir fondamentaux dans les enseignements.
Penser la crise : l’abîme ou la métamorphose ?
La réflexion d’Edgar Morin plonge au cœur des mouvements de l’histoire, faite de sauts et de soubresauts, loin de l’idée de progrès linéaire, comme il l’explique à un journaliste de Sciences humaines au cours d’une conférence de décembre 2008: « La réflexion sur le monde d’aujourd’hui ne peut s’émanciper d’une réflexion sur l’histoire universelle. Les périodes calmes et de prospérité ne sont que des parenthèses de l’histoire. Tous les grands empires et civilisations se sont crus immortels – les empires mésopotamien, égyptien, romain, perse, ottoman, maya, aztèque, inca… Et tous ont disparu et ont été engloutis. Voilà ce qu’est l’histoire : des émergences et des effondrements, des périodes calmes et des cataclysmes, des bifurcations, des tourbillons des émergences inattendues. » Et parfois, ajoutera-il à la fin de sa conférence :
« Au sein même des périodes noires, des graines d’espoir surgissent. Apprendre à penser cela, voilà l’esprit de la complexité. »
Bibliographie : La méthode de la méthode
Selon Edgar Morin, pour comprendre le monde, il faut associer les principes antagonistes d’ordre et de désordre, en y adjoignant celui d’organisation. Reprenant les idées d’Héraclite et de Weaver, Morin oppose la complexité désorganisée et la complexité organisée.
« La complexité s’impose d’abord comme une impossibilité de simplifier, elle surgit là où l’unité complexe produit ses émergences… La complexité n’est pas la complication ». Ce qui est compliqué peut se réduire à un principe simple comme un écheveau embrouillé ou un nœud de marin.
Comment se développe l’intelligence ? Une pensée incapable d’envisager le contexte et le complexe planétaire rend aveugle et irresponsable, l’intelligence doit non seulement découper, cloisonner et isoler, mais aussi relier et recomposer. On peut dire que la connaissance progresse principalement par capacité à contextualiser et à globaliser.
C’est une œuvre monde qui refonde l’humanisme en élaborant une méthode pour s’approcher du mystère des choses … Nous le savons bien … Mais il faut faire un gros effort théorique pour persévérer dans cette démarche !
Comment j’ai utilisé la psychologie systémique en entreprise dans le cadre de mon programme de leadership à HEC :
La méthode :
Définir clairement le problème en termes concrets.
Examiner les solutions déjà essayées
Définir clairement l’objectif de changement auquel on veut aboutir
Formuler et mettre en œuvre un projet pour effectuer ce changement
Selon un sondage réalisé par Harris Interactive pour l’Office français de la biodiversité (OFB), 99% des citoyens ont déjà entendu parler de biodiversité et 52% savent précisément de quoi il s’agit. L’OFB lance une campagne de communication dédiée à la protection de la biodiversité.
Cette enquête permet de mieux apprécier l’évolution de la préoccupation des Français pour la nature et le monde vivant (enquête réalisée auprès d’un échantillon représentatif de 2 000 personnes1).
Une familiarité avec la notion de biodiversité qui progresse
Spontanément, les Français définissent la biodiversité comme la pluralité du vivant (espèces, êtres vivants, faune, flore) au sein d’un ensemble naturel. 75% des citoyens ont conscience que les êtres humains font partie de la biodiversité, un chiffre en légère hausse par rapport à 2022 malgré quelques disparités, notamment selon l’âge ou le niveau de diplôme. Leur connaissance du sujet s’est faite via des canaux nombreux et divers, parmi lesquels la télévision, la presse et les échanges interpersonnels. Les données d’ensemble masquent des divergences fortes entre les générations : chez les plus âgés, l’information est davantage issue des médias traditionnels alors qu’elle est un peu plus issue d’interactions interpersonnelles chez les plus jeunes (bouche-à-oreille et réseaux sociaux).
L’érosion de la biodiversité, de plus en plus attribuée à l’activité humaine
Concernant l’évolution de la biodiversité au cours des dernières décennies, le constat n’est pas consensuel : seuls 54% des citoyens estiment que celle-ci a reculé en France sur les 30 dernières années. La prise de conscience progresse néanmoins sur notre responsabilité : 78% des Français attribuent la perte de biodiversité observée au cours des 30 dernières années à l’activité humaine soit 12 points de plus par rapport à 2022. Le sentiment d’être soi-même responsable de la perte de biodiversité est plus fort chez les tranches d’âge intermédiaires (35-49 ans) que chez les plus jeunes ou les plus âgés.
Loin d’être pessimistes, les Français pensent très massivement qu’il est encore temps d’agir pour préserver la biodiversité
Si deux Français sur trois estiment que l’érosion de la biodiversité peut conduire à un changement drastique de la qualité de vie des générations futures, ils sont aussi une majorité à penser qu’il est très important de se mobiliser pour la protection de la biodiversité. Un Français sur deux y voit même un enjeu crucial, un chiffre en hausse par rapport à 2022 (+ 6 points). Les Français font état d’un niveau d’attente réel en matière de politique publique concernant la biodiversité, quoiqu’en léger recul par rapport à la vague précédente.
Très massivement, les Français se sentent aujourd’hui concernés par l’état de la biodiversité, avec un niveau d’implication fort de la part de plus d’un tiers de la population. Parmi les actions pour préserver la biodiversité, les efforts pour consommer moins au quotidien semblent plus fréquents que le soutien à des structures engagées (qu’il s’agisse de participation financière ou de bénévolat). Les Français estiment que des recommandations sur les actions à mettre en œuvre pour préserver la biodiversité seraient le levier le plus à même de les mobiliser, davantage d’informations scientifiques sur le sujet étant également souhaitées.
Humains, plantes, animaux, micro-organismes, nous faisons tous partie du grand réseau du vivant ! La biodiversité c’est la vie sous toutes ses formes. Elle est partout : dans les lacs, les océans, dans les campagnes et les villes, les montagnes, jusque dans nos corps.
C’est la diversité du vivant et des relations qui s’y tissent qui créent les conditions de notre vie sur terre. Or la biodiversité décline à un rythme sans précédent et les activités humaines en sont la cause. Les extinctions d’espèces s’accélèrent. Les milieux se dégradent. Sans cette richesse, l’humain aussi est menacé. Nous mettons à mal nos propres moyens de subsistance, notre qualité de vie et même nos modèles économiques.
La bonne nouvelle c’est qu’en tant que membre de cette grande famille du vivant, nous faisons partie de la solution ! Chacun à notre échelle nous pouvons agir pour sauvegarder la biodiversité.
Office Français de la Biodiversité
Protégeons la biodiversité, le réseau vital dont nous dépendons tous #tousbiodiversité
L’Office français de la biodiversité (OFB) a lancé le 8 juillet 2024 une campagne de communication dédiée à la protection de la biodiversité. Il s’agit de la première grande prise de parole sur ce sujet vers le grand public, avec un dispositif de communication d’envergure. Financée par le Ministère de la transition écologique dans le cadre de la Stratégie nationale biodiversité (biodiversite.gouv.fr), cette campagne vise à mobiliser les Français pour protéger la biodiversité et passer à l’action. Elle aborde la biodiversité sous l’angle de l’interdépendance des espèces, pour inciter chacun et chacune à prendre conscience de son appartenance au vivant et à agir pour préserver les écosystèmes.
la biodiversité n’est pas seulement une question de survie, nous sommes tous connectés à ce réseau vital. Chaque espèce, chaque écosystème est une espèce essentielle à ce puzzle complexe et il est urgent d’agir pour le préserver.
Office Français de la Biodiversité
On a tous un rôle à jouer
Citoyens, État, collectivités ou entreprises, chacun peut agir pour préserver la biodiversité.
Qu’est-ce que la biodiversité ?
La biodiversité est fondamentale. Elle crée les conditions indispensables pour rendre la Terre habitable pour les humains.
L’oxygène que nous respirons est produit par les océans et par la photosynthèse opérée par les organismes végétaux. Notre eau, notre alimentation, nos vêtements, notre santé, nos maisons, tout ce que nous touchons vient de la biodiversité ou en est dépendant.
Par exemple, la biodiversité est la clé de notre eau potable. Les végétaux, les champignons et les micro-organismes contribuent à purifier l’eau qui s’infiltre dans le sol jusqu’aux nappes phréatiques, en dégradant les pollutions organiques et en piégeant les métaux lourds. Ce sont aussi des bactéries ou des plantes qui nettoient nos eaux usées dans les stations d’épuration.
La préservation de la biodiversité apporte ainsi d’innombrables bénéfices : éviter de nouvelles épidémies, lutter contre les aléas climatiques, trouver de nouveaux médicaments, collecter des matériaux pour se loger, se nourrir… ou simplement se ressourcer dans la nature.
Participez à la consultation citoyenne
Une consultation citoyenne a été lancée le 25 juin et durera jusqu’au 22 septembre 2024. Chacun est invité à faire des propositions, afin de construire ensemble un plan d’actions concrètes pour préserver la biodiversité avec un impact décisif et durable sur l’ensemble du territoire.
L’étude commandée par l’OFB à Harris Interactive a été réalisée par internet du 27 mars au 2 avril 2024 auprès d’un échantillon de 2058 Français âgés de 15 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée grâce à la méthode des quotas appliquée aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle, région et taille d’agglomération d’habitation de l’interviewé(e). ↩︎
Les offres de kits solaires se multiplient pour répondre à la recherche croissante de solutions énergétiques durables et économiques. Ces kits offrent un moyen accessible de transformer l’énergie solaire en électricité utilisable en version fixe à la maison ou nomade pour le camping-car et le bateau. Qu’est ce qu’un kit solaire, quels sont ses composants, ses avantages, comment l’installer et quelques conseils pour choisir le kit correspondant à vos besoins spécifiques.
50ème édition de l’Observatoire de l’énergie solaire photovoltaïque
Qu’est-ce qu’un Kit Solaire ?
Un kit de panneaux solaires ou photovoltaïques, est un ensemble de composants nécessaires pour installer soi-même un système de production d’électricité à partir de l’énergie solaire. Il contient des panneaux, un contrôleur de charge, un onduleur, des batteries (optionnelles selon les kits) ainsi que tous les câbles et fixations nécessaires. Ces kits sont conçus pour être une solution tout-en-un, simplifiant le processus d’installation pour les utilisateurs.
Composants d’un Kit Solaire
Panneau solaire photovoltaïque
Contrôleur de charge
Panneaux Solaires : Ils sont l’élément principal du kit, permettant de convertir la lumière solaire en électricité. Ils sont disponibles en différentes tailles et puissances, selon les besoins énergétiques.
Contrôleur de Charge: Il régule la tension et le courant provenant des panneaux solaires pour charger les batteries de manière optimale et éviter les surcharges.
Onduleur: Il convertit le courant continu (CC) produit par les panneaux solaires en courant alternatif (CA), utilisable par la plupart des appareils ménagers.
Batteries: Bien que toutes les configurations ne nécessitent pas de batteries, elles sont essentielles pour stocker l’énergie pour une utilisation ultérieure, particulièrement lorsque le soleil ne brille pas.
Câbles et Fixations: Ils sont nécessaires pour connecter tous les composants entre eux et fixer les panneaux solaires en place.
Batterie
Avantages du Kit Solaire
Le kit panneau solaire allie la réduction des coûts énergétiques à la protection de l’environnement par l’utilisation de l’énergie renouvelable du soleil.
Réduction des Coûts Énergétiques
Le principal avantage d’un kit de panneaux solaires est la réduction significative des factures d’électricité. Une fois l’installation amortie, l’électricité générée par les panneaux solaires est quasiment gratuite, ce qui permet des économies substantielles sur le long terme.
Énergie Durable et Renouvelable
Les panneaux solaires utilisent l’énergie du soleil, une ressource à la fois renouvelable et inépuisable. Utiliser un kit solaire contribue à réduire l’empreinte carbone en choisissant une source d’énergie propre et durable.
Indépendance Énergétique
Un kit solaire permet de réduire la dépendance aux réseaux électriques traditionnels, voire devenir totalement autonome en énergie, avec l’autoconsommation. Ce qui est particulièrement utile dans les zones reculées ou en cas de coupures de courant.
Facilité d’Installation et de Maintenance
Les kits solaires sont conçus pour être faciles à installer, même sans compétence technique avancée. Une fois installé, il y a peu de maintenance, à part un nettoyage régulier des panneaux pour leur assurer une efficacité maximale.
Quelles aides en 2024 pour installer des panneaux solaires en 2024 afin d’auto-consommer ou revendre son surplus d’électricité ?
Comment Installer un Kit Solaire ?
L’installation d’un kit de panneaux solaires peut apparaitre complexe, mais avec une planification adaptée et les bonnes instructions, cela peut être relativement simple. Voici les 5 étapes à suivre pour installer un kit solaire.
Étape 1: Préparation
Avant de commencer l’installation, il est indispensable de faire une évaluation des besoins énergétiques pour déterminer la taille et le nombre de panneaux solaires nécessaires. Il est également très important de choisir un emplacement optimal pour les panneaux, généralement le toit de la maison ou un espace ouvert bénéficiant d’une exposition maximale au soleil.
Étape 2: Installation des Panneaux Solaires
Fixez les panneaux solaires à la structure choisie à l’aide des éléments fournis dans le kit. Assurez-vous que les panneaux sont orientés et inclinés de manière à maximiser leur exposition au soleil.
Étape 3: Connexion du Contrôleur de Charge
Le contrôleur de charge doit être connecté entre les panneaux solaires et les batteries (si elles sont utilisées). Il est important de suivre les instructions du fabricant pour ces connexions pour assurer un fonctionnement efficace et sécurisé.
Étape 4: Installation de l’Onduleur
Connectez l’onduleur aux batteries et au tableau électrique principal de la maison ou de l’installation. L’onduleur transformera le courant continu des panneaux en courant alternatif utilisable par les appareils ménagers de la maison.
Étape 5: Test et Mise en Service
Une fois tous les composants connectés, il ne reste plus qu’à effectuer un test complet du système pour s’assurer que tout fonctionne correctement. Vérifier les connexions, tensions et courants pour vérifier que le système est prêt à fournir de l’énergie.
Choisir le Bon Kit Solaire
Offre de kits solaires à la vente par Google
Comment choisir le bon kit solaire adapté à vos besoins en performance et capable de vous donner entière satisfaction ? Quelques conseils pour vous aider à faire le meilleur choix.
Évaluez vos Besoins Énergétiques
Avant de choisir un kit solaire, il faut évaluer vos besoins énergétiques, c’est à dire la consommation quotidienne moyenne d’électricité de votre foyer, pour déterminer la puissance nécessaire de votre installation.
Choisissez la Qualité et la Durabilité
Investir dans des panneaux solaires de haute qualité peut garantir une meilleure performance et une plus longue durée de vie. Les marques réputées ont des garanties solides pour sécuriser votre investissement.
Pensez à l’Extension Future
Si vous prévoyez d’apporter des ajouts dans le futur à votre système solaire, pour en augmenter la puissance par exemple, choisissez un kit évolutif qui permet d’ajouter facilement des panneaux supplémentaires ou d’autres composants.
Évaluez le Support et le Service Après-Vente
Préférez un fournisseur qui offre un bon support technique et un service après-vente fiable à un kit solaire premier prix sans garantie. Cela sera utile en cas de problèmes ou de questions après l’installation.
En conclusion
Le kits de panneaux solaires sont une solution pratique et économique pour tirer parti de l’énergie solaire. Réunissant tous les composants pour faciliter le processus d’installation, votre kit vous permettra de bénéficier d’une indépendance énergétique à la maison.
56 % de la population mondiale habite en ville, une proportion qui atteint 80 % en France. Ce contexte d’urbanisation modifie en profondeur les relations entre humains et nature. Il pose aussi des défis majeurs de durabilité. Et si ensauvager les villes permettait de réconcilier nature et société ?Protéger les arbres, végétaliser les toits, développer les friches, restaurer les rivières… pour ramener la nature en ville. Concevoir des villes qui permettent de favoriser la biodiversité urbaine, d’augmenter les interactions entre humain et non-humain, tout en améliorant le bien-être et la santé des citadins.Un article de Sébastien Bonthoux, INSA Centre Val de Loire et Simon Chollet pour The Conversation France
Parc de l’Arrou, situé à proximité du centre-ville de Blois. Le plan de gestion de ce parc évolue pour progressivement intégrer des zones de prairies et de friches dans le paysage du site, tout en maintenant l’entretien des chemins et des zones d’accueil pour les usagers. Sébastien Bonthoux, Fourni par l’auteur
Aujourd’hui, 56 % de la population mondiale habite en ville, une proportion qui atteint 80 % en France. Ce contexte d’urbanisation modifie en profondeur les relations entre humains et nature. Il pose aussi des défis majeurs de durabilité.
D’un côté, les transformations paysagères urbaines participent au déclin de la biodiversité en homogénéisant les communautés biologiques à large échelle. De l’autre, l’omniprésence des paysages urbains et les changements de modes vie contribuent au déclin de l’expérience de nature des citadins. Ceci a des effets néfastes sur la santé, mais aussi sur la volonté de promouvoir des actions en faveur de la biodiversité.
Pour remédier à ces problèmes, il importe de trouver des manières de planifier et de concevoir des villes qui permettent de favoriser la biodiversité urbaine, d’augmenter les interactions entre humain et non-humain, tout en améliorant le bien-être des citadins.
Approche de conservation apparue à la fin des années 1980 en Amérique du Nord, le rewilding (ré-ensauvagement) vise à encourager des écosystèmes autonomes et fonctionnels en limitant la domination et le contrôle humain. Le rewilding a jusqu’à maintenant été principalement appliqué et discuté dans des environnements présentant une faible densité de population ou dans des secteurs marqués, ces derniers temps, par la déprise agricole.
Dans un article récemment publié dans Biological Reviews, nous avons proposé d’étendre ce concept aux milieux très anthropisés que sont les villes.
Ensauvagement urbain
Ramener la nature en ville
Qu’est-ce que l’ensauvagement urbain (urban wilding) ? Il s’agit d’augmenter l’autonomie des écosystèmes en promouvant des espaces urbains avec un minimum d’interventions humaines. C’est-à-dire : un minimum de plantations et de maintenance.
Cette vision ne vise ni à atteindre un état écologique de référence passé ni à privilégier des communautés biologiques en particulier, mais à promouvoir la spontanéité des processus écologiques. Par exemple, la colonisation, le libre développement des plantes et la circulation des animaux dans les sites urbains. Ainsi, elle se distingue de la végétalisation classique, où les espèces sont sélectionnées par des choix de plantation et des pratiques de maintenance (enrichissement des sols, désherbage, enlèvement du bois mort…).
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L’ensauvagement peut se décliner sur des espaces urbains de toutes tailles et aux usages contrastés. Il peut s’agir d’espaces agricoles ou naturels imbriqués dans la matrice urbaine, de lieux où les interventions humaines sont réduites de manière intentionnelle (parcs et jardins écologiques), d’espaces sauvages informels (friches, terrains vagues) mais aussi des espaces construits (toits, murs, trottoirs).
Nous avons cherché à déterminer sous quelles conditions l’approche d’ensauvagement urbain pouvait favoriser une meilleure cohabitation entre nature et société en ville. Pour cela, nous avons synthétisé un large panel de littérature interdisciplinaire (plus de 270 articles scientifiques). Cela nous a permis :
d’identifier les processus écologiques à travers lesquels l’ensauvagement promeut la biodiversité urbaine,
d’évaluer les attitudes des citadins à l’égard des espaces sauvages urbains,
et enfin de discuter l’intégration de l’approche d’ensauvagement dans la fabrique de la ville.
Favoriser la biodiversité
Crédit photo : Alexandre Beaudoin
La synthèse de littérature montre que l’ensauvagement favorise la biodiversité en ville à travers deux processus.
À l’inverse de la végétalisation classique, où les plantations et semis sont souvent basés sur de mêmes gammes d’espèces, la promotion de la végétation spontanée facilite l’expression de plantes diversifiées, en réponse aux multiples conditions environnementales urbaines (paramètres physico-chimiques des sols, microclimat). On retrouve notamment cette forte diversité végétale dans les friches urbaines.
Exemples de conceptions urbaines intégrant l’approche d’ensauvagement. (A) Forêt urbaine aux Prairies Saint Martin, Rennes (__ S. Bonthoux) ; (B) EcoVillage des Noés, Val-de-Reuil (APM Architectur) ; (C) Square de l’île Mabon, Nantes (JD. Billaud/Samoa) ; (D) Rue Jean Lenine, Saint-Denis (DR) ;_ (E) Toit paysager avec de la végétation spontanée, Paris (Topager) ; _(F) Murs prototype pour intégrer de la végétation spontanée, Paris (Agence ChartierDalix). Fourni par l’auteur
Ensuite, la diminution des pratiques de maintenance permet de favoriser la diversité végétale, alors qu’une forte fréquence de tonte ne va sélectionner que certaines espèces adaptées à la coupe régulière comme la pâquerette ou le pâturin annuel. Une attention particulière doit cependant être conservée à l’égard des espèces exotiques envahissantes.
À l’échelle de la ville, la réduction de ces interventions encourage une diversité de stades végétaux, du stade herbacé au stade arboré, avec des compositions floristiques variées, qui sont des ressources alimentaires et des habitats écologiques pour une grande diversité d’espèces animales – en particulier les insectes, fortement en déclin à l’échelle globale.
Recréer du lien entre nature et citadins
L’ensauvagement urbain promeut des activités humaines moins interventionnistes et plus attentives aux milieux naturels spontanés mais ne signifie pas pour autant l’absence de présence humaine.
Au contraire, notre synthèse de littérature révèle que les espaces sauvages urbains peuvent contribuer à améliorer le cadre de vie des citadins, en créant des interactions et des expériences qualitatives autour de la nature. Par exemple pour les enfants, les espaces modérément gérés présentent des opportunités de jeux telles que la cueillette, l’observation ainsi que des parcours et des cachettes dans la végétation.
Avec toutefois un avertissement : certains aspects des espaces sauvages, comme la végétation dense qui réduit la visibilité, peuvent engendrer de l’anxiété ou un sentiment de négligence et d’abandon.
Ces attitudes négatives peuvent être atténuées grâce à des interventions légères. Par exemple la création de chemins bien tracés, de petites zones récréatives gérées ou l’installation de petits mobiliers pour signaler que les espaces sauvages urbains restent accessibles pour les habitants et ne sont pas abandonnés.
Repenser le rapport ville-nature
Repenser la place de l’arbre en ville – Le cimetière La Forêt de la ville de Blois. Réputée pour son important patrimoine végétal, elle a arrêté les pesticides dès 2008. Reporterre
La notion d’ensauvagement urbain requestionne donc en profondeur les relations ville-nature. Historiquement, les villes couvraient des espaces beaucoup moins importants qu’aujourd’hui et étaient des lieux conçus par et pour les hommes, où la végétation, perçue comme une structure ornementale, était sélectionnée et contrôlée. L’ensauvagement urbain modifie radicalement cette vision, en proposant de reconnaître l’altérité des autres êtres vivants et de partager une partie de nos villes avec eux.
Cela implique d’être inventif et subtil dans l’agencement urbain pour décliner les espèces sauvages à de multiples échelles spatiales : espaces publics, sites résidentiels et commerciaux, infrastructures de mobilités urbaines, centres historiques et patrimoniaux…
Enfin, il importe que les enjeux de biodiversité de l’ensauvagement n’aillent pas à l’encontre, mais s’allient aux enjeux sociaux. La mise en œuvre de cette approche requiert une gouvernance juste et inclusive pour favoriser les discussions entre citoyens, élus, services municipaux et scientifiques.
Réputées peu coûteuses et faciles à mettre en œuvre, les solutions fondées sur la nature (SfN)1sont mises en avant pour lutter contre les effets du changement climatique, dont l’érosion côtière. Mais rares sont les travaux qui font la démonstration de leur pertinence globale, écologique, technique, financière… . L’enseignante-chercheuse Virginie Duvat livre pour Diagonal les principaux enseignements du projet de recherche ADAPTOM qui évalue la mise en œuvre de SfN en Outre-mer.
Mise à jour 2026 : Vidéo « Plage sauvage » de France Nature Environnement Occitanie-Méditerranée
Appel à projets « Des solutions fondées sur la nature pour adapter les territoires côtiers à l’érosion » – MTECT/DGALN
Enseignements du projet de recherche ADAPTOM qui évalue la mise en œuvre de SfN en Outre-mer
Pour la seconde fois, les Solutions fondées sur la Nature font l’objet d’un appel à projets porté par le ministère de la Transition écologique et de la cohésion des territoires (MTECT), pour la gestion des risques littoraux. Avec cette nouvelle édition, le ministère veut s’attaquer aux incertitudes qui pèsent encore sur l’efficacité de telles solutions, ici pour lutter contre l’érosion côtière. Et il souhaite s’inspirer du projet de recherche ADAPTOM – qui évalue la mise en œuvre de SfN dans les territoires insulaires tropicaux habités d’outre-mer – pour élaborer une méthodologie d’évaluation des SfN sur le littoral métropolitain. Virginie Duvat, professeure de géographie à La Rochelle Université, chercheuse au laboratoire LIENSs et coordinatrice du projet ADAPTOM, en livre pour Diagonal les principaux enseignements.
Quels types de SfN avez-vous étudiés dans le cadre d’ADAPTOM ?
Les projets que j’ai étudiés dans les territoires d’outre-mer tropicaux insulaires concernent surtout la restauration d’écosystèmes, principalement de mangroves et de végétation indigène du littoral. Il s’agit donc de SfN “classiques”.
Nous avons aussi pu identifier des opérations hybrides, qui impliquent notamment du rechargement sédimentaire de plage, associé à du dragage de port (Saint-Gilles, La Réunion), ou à l’implantation d’un brise-lame sous-marin pour éviter les fuites sédimentaires responsables de l’érosion d’une plage (Ile de Moorea, Polynésie Française).
Il existe donc des SfN “pures” et des SfN “hybrides” ?
Je ne pense pas qu’il faille ainsi catégoriser les SfN. Il me semble plus intéressant de les penser sous forme de gradient. Au sein même des SfN, il y a toute une gamme d’actions allant de la protection des écosystèmes existants à la création de toute pièce d’un nouvel écosystème. Plus on accroît le degré d’intervention anthropique, plus les solutions sont hybrides. Et l’hybridation se développe pour optimiser l’efficacité des actions.
Avez-vous réussi à mesurer l’efficacité des SfN en outre-mer ?
Souvent, lorsqu’on cherche à déterminer l’efficacité d’une SfN, par exemple dans le cas de la restauration d’une mangrove, on évalue le taux de survie et le taux de croissance des plants… C’est un premier pas, mais ces éléments ne nous disent pas si la SfN est efficace pour réduire l’érosion côtière.
Aujourd’hui, et y compris sur les projets de SfN ayant le plus fort potentiel de réduction du risque d’érosion côtière, cette capacité de réduction du risque n’est justement pas ou pas bien évaluée. Cela s’explique peut-être par la prédominance des acteurs provenant du champ de l’écologie dans le portage des SfN, et par le manque d’implication de géomorphologues pouvant apporter un appui sur la détermination des indicateurs d’efficacité technique. Des progrès qui vont dans ce sens s’observent aux Antilles, où le BRGM apporte son appui à l’Office national des forêts pour mesurer la captation de sédiments sur des sites ayant fait l’objet de restauration végétale.
Quels éléments avez-vous pu évaluer ?
Lorsqu’on cherche des solutions à l’érosion côtière, le réflexe est trop souvent de se concentrer sur l’efficacité technique à réduire le risque. Mais aujourd’hui, la bonne conception technique ne suffit pas à garantir la réussite d’un projet de SfN.
Pour qu’une solution puisse être mise en œuvre avec succès et donner des résultats probants, il est important d’intégrer d’autres aspects, comme les conditions favorisant son déploiement et son succès, qui dépendent de divers paramètres. L’un d’eux est le contexte territorial.
La gouvernance est aussi très importante. Elle peut être source d’échec lorsque les porteurs de projets de SfN, faute de légitimité, ne parviennent pas à embarquer avec eux l’ensemble des parties prenantes concernées.
L’acceptabilité sociale compte aussi, et j’ai pu constater des cas de vandalisme ou de vol de matériaux nuisant à la mise en œuvre de SfN.
C’est avec une grille d’analyse aussi large que celle-là qu’on peut mesurer le potentiel adaptatif d’un projet de SfN, ce qui suppose une approche interdisciplinaire multicritères. Il est important de s’interroger sur ce qui va permettre de soutenir la mise en œuvre et le succès de la SfN, sans se cantonner à son efficacité technique.
Indicateurs d’évaluation des SfN dans le projet ADAPTOM
Cette évaluation vous a-t-elle permis de confirmer ou d’infirmer certaines idées reçues sur les SfN ?
On dit souvent que les SfN sont peu coûteuses. Dans les îles tropicales, on estime qu’elles sont 2 à 5 fois moins chères que l’ingénierie côtière. Mais ce calcul concerne uniquement la phase de mise en œuvre ! Les SfN requièrent, en amont, des études qui ne sont en général pas prises en compte dans les calculs de coût.
En aval, elles demandent de mobiliser du personnel pour la maintenance. Quand elles impliquent une opération technique (comme du rechargement en sable), il faut en général la réitérer tous les 3 à 5 ans. Ces différents coûts sont le plus souvent oubliés ou sous-estimés, ce qui nuit à l’opérationnalisation financière de certains projets de SfN.
Enfin, on considère que les SfN sont nécessairement des “solutions sans regrets” car à bénéfices multiples : elles permettent d’accroître les ressources (notamment pour la pêche lorsqu’on restaure la mangrove), elles peuvent servir les intérêts de l’industrie touristique et le bien-être des habitants (par exemple, en cas de rechargement sédimentaire d’une plage).
Mais dans les cas d’échec, les SfN sont justement “à regrets”. À Mayotte comme à Wallis et Futuna, il existe des exemples malheureux. Le manque de connaissances, le défaut de légitimité ou de capacité du porteur de projet, ou le refus de la SfN par la population, ont condamné la mise en œuvre de la SfN ou ses résultats. Dans de tels cas, il existe un risque de démotivation de la population et une perte de crédibilité du porteur.
Tous les acteurs ne peuvent pas se lancer sans l’accompagnement nécessaire dans la mise en œuvre de SfN.
Face à ces incertitudes persistantes, comment favoriser le passage aux SfN ?
Il est toujours difficile de changer les pratiques. Tous les acteurs sont impliqués dans des dépendances au sentier2. Par exemple, parce que l’on sait faire de l’ingénierie technique, on se tourne naturellement vers elle. Or, on sait aujourd’hui que cette manière de procéder est maladaptative : elle génère une augmentation du risque sur le long terme.
S’adapter aux pressions climatiques, ce n’est pas résister, c’est prendre acte de ces pressions et repenser la manière dont on aménage et dont on vit nos territoires. Il faut voir cette bifurcation comme un défi à relever dès maintenant !
Si on se demande quel est le littoral que l’on désire pour demain, la réponse ne sera pas celle d’un littoral fixé par des digues et ainsi rendu inaccessible. Il s’agira d’un littoral à forte valeur paysagère, où l’on peut se rendre librement pour pratiquer différentes activités…
Les SfN offrent cette opportunité de recréer un littoral désirable demain et pour tous.
En revanche, les SfN ne sont pas possibles partout. Pour prendre un exemple, j’habite à la Rochelle. Sur une partie du linéaire côtier, le bâti est dense et il a quasiment les pieds dans l’eau. Déployer une SfN demande de la place, de reconstituer une zone tampon en avant du bâti. Dans certains cas, la configuration des sites ne le permet pas.
La méthode d’évaluation ADAPTOM Le projet ADAPTOM, co-financé par la Fondation de France, répond à l’appel à projet 2022-2024 sur “les futurs du monde littoral et de la mer”. Il vise à évaluer le potentiel des SfN pour réduire les risques côtiers et favoriser l’adaptation au changement climatique dans les territoires d’outre-mer insulaires français. Une grande partie du projet a consisté en la construction d’une grille d’évaluation des SfN à partir de deux démarches complémentaires : l’analyse de l’existant dont le standard mondial de l’UICN et l’analyse des besoins des acteurs des Outre-mer. La méthode d’évaluation ADAPTOM comporte 8 grands critères (contexte, gouvernance, financement, acceptabilité sociale, efficacité, suivi, externalités, contribution plus large à l’adaptation du territoire) recouvrant 30 indicateurs. À ce jour, elle a été appliquée à 26 projets de SfN côtières, dont 10 dans la Caraïbe (7 en Guadeloupe et 3 en Martinique), 11 dans le Pacifique (6 en Polynésie française et 5 en Nouvelle-Calédonie) et 5 à La Réunion. Aujourd’hui, cette méthode, dont la pertinence a été éprouvée face à la rugosité du terrain, va être appliquée aux îles du sud-ouest de l’océan Indien dans le cadre du projet ADAPTNAT soutenu par l’Agence française de développement. Parce que cette méthode est générique, elle pourrait tout à fait être appliquée aux littoraux de la France hexagonale.
Comment déterminer le bon équilibre entre SfN et solutions techniques lourdes ?
L’articulation entre SfN et ingénierie côtière est d’abord à penser dans l’espace. On peut recréer des espaces naturels autour des digues par exemple. C’est le cas à Fidji dans le Pacifique, où le gouvernement privilégie aujourd’hui une nouvelle mesure, le nature based seawall – une solution hybride entre ingénierie et SfN. Ce type d’initiative permet de mieux intégrer les ouvrages au paysage, et d’éviter de trop artificialiser le tout en assurant une protection efficace dans des secteurs les plus exposés au risque.
Cette articulation est ensuite à penser dans le temps. À partir de 2040-2050, il va falloir reculer sur un certain nombre de côtes. Ce recul offrira une seconde chance aux SfN, à travers la possibilité de mettre en place des SfN “de deuxième génération”. Il faudra démolir et requalifier les espaces libérés des constructions. Cela va permettre de conduire des SfN ambitieuses y compris dans des zones actuellement urbanisées dans lesquelles elles sont inenvisageables aujourd’hui.
Construire des trajectoires d’adaptation du littoral au changement climatique nécessite donc de penser en termes de combinaisons de solutions, en intégrant l’espace et le temps. En gardant à l’esprit qu’il faudra faire évoluer les solutions au gré de l’augmentation des pressions climatiques.■
Propos recueillis par Naïla Tensi (5 juillet 2024). “Les SfN offrent la possibilité de recréer un littoral désirable demain et pour tous”. Revue Diagonal à l’adresse https://doi.org/10.58079/11y65
L’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) définit les SfN comme l’ensemble des actions qui visent à protéger, gérer plus durablement, restaurer, ou recréer des écosystèmes pour adresser un défi sociétal, tout en apportant des bénéfices à la biodiversité et au bien être humain. ↩︎
La dépendance au sentier est un concept d’économie et de sciences politiques selon lequel une fois un “sentier” d’action emprunté (ici le recours à l’ingénierie technique), il génère des dynamiques auto-renforçantes desquelles il est difficile de s’extraire. ↩︎
Plage Sauvage : Court métrage de France Nature Environnement
La plage de Villeneuve-lès-Maguelone est une des rares plages naturelles dans les alentours de la métropole de Montpellier. Situé entre les étangs d’un côté et la mer de l’autre, cet espace littoral unique abrite un écosystème remarquable et occupe une place particulière dans le cœur de celles et ceux qui sont habitué.e.s à le fréquenter.
Néanmoins, avec l’évolution des usages (bateaux à moteur, vélos électriques, etc.), le développement démographique de la métropole et l’évolution des aspirations de la société, la fréquentation de cette plage évolue depuis quelques années. A titre d’exemple, certains jours d’été, plus de 200 bateaux ont pu être observés en train de jeter l’ancre sur la partie qui était jusque-là la moins fréquentée, car peu accessible à pied.
« Plage Sauvage » tente de montrer comment l’évolution des usages de la nature peut impacter l’expérience des espaces naturels ainsi que la biodiversité qu’ils abritent, des petits fonds côtiers aux milieux dunaires. L’objectif est également de donner à voir comment les acteurs locaux s’approprient ces enjeux pour chercher à mieux partager et protéger ce bien commun.
L’Observatoire des services publics d’eau et d’assainissement, piloté par l’Office français de la biodiversité avec l’appui des services de l’État, vient de publier son quatorzième rapport, à partir des données publiées par les collectivités sur l’exercice 2022. Ce rapport a vocation à présenter un panorama de l’organisation et de la performance des services publics de l’eau, d’assainissement collectif et non collectif. Il est accessible sur le site services.eaufrance.fr.
Un prix total de l’eau en forte augmentation, suivant l’évolution de l’inflation
Le prix de l’eau potable et de l’assainissement collectif est en forte augmentation par rapport à l’année 2021 : prix global moyen de l’eau TTC au 1er janvier 2023 (pour une consommation annuelle moyenne par foyer de 120 m³ sur la base de la consommation d’eau de référence INSEE) de 4,52 €/m3 (contre 4,34 €/m3 au 1er janvier 2022), dont 2,21 €/m3 pour l’eau potable et 2,31 €/m3 pour l’assainissement collectif. Cela représente une facture 542,40€/an, soit 45,20€/mois pour l’abonné.
Sur la période 2012-2022, la hausse du prix de total de l’eau est de 1,6% (en moyenne annuelle), assez proche de l’inflation (1,3 %).
Cette hausse est tirée par l’augmentation du prix de l’assainissement collectif (2,2% par an en moyenne sur la même période), contre 1% par an pour le prix de l’eau potable. La forte augmentation constatée entre 2021 et 2022 peut être rapprochée de la hausse importante des prix de l’énergie.
Un rendement du réseau de distribution d’eau potable en légère amélioration
A l’échelle nationale, le rendement moyen du réseau de distribution d’eau potable est de 81,3% en 2022. Il reste assez stable sur les dernières années.
La proportion de services non conformes au regard du respect des dispositions du décret « fuites » pour le rendement du réseau de distribution d’eau potable est également stable, évaluée à 18% en 20221.
Le taux de conformité des dispositifs d’assainissement non collectif continue sa progression avec 67% en 2022, contre 63,4% en 2021, 61,5% en 2020 et 58,8% en 2019.
La consommation d’eau reste stable, avec des disparités géographiques fortes
La consommation domestique moyenne par habitant est évaluée à hauteur de 54,6m³ par an, cette valeur est relativement stable sur les 13 dernières années (54m³ par exemple en 2010).
Cette moyenne cache par ailleurs des disparités géographiques importantes. Le climat, l’impact potentiel des piscines privées peuvent expliquer pour partie les plus fortes consommations constatées dans le sud, comme le département des Alpes-Maritimes (moyenne départementale la plus élevée avec 89,4m³ par habitant) ou des Landes (73,3m³).
La Martinique (68,1m³) et la Réunion (85,5m³) sont caractérisées par des niveaux de consommation supérieurs à la moyenne nationale. Cela peut s’expliquer en partie par le développement résidentiel, la pression démographique et l’arrosage extérieur (qui est une pratique répandue), et uniquement pour la Réunion, par un prix assez faible.
Dans l’Hexagone, la dispersion est plus importante, avec une tendance de consommation domestique supérieure à la moyenne pour les départements les plus au sud, et les départements littoraux du sud-ouest et du sud-est.
Si on met en regard cette carte avec celle des prix, on constate que les niveaux de consommation plus élevés se situent, souvent, dans les zones où les prix sont plus bas que la moyenne.
Une disparité de connaissance technique du patrimoine
La connaissance et la gestion patrimoniale des réseaux d’eau potable sont plus approfondies que celle des réseaux d’assainissement. En 2022, l’indicateur est évalué respectivement à 103 et 67 points (sur un total de 120 points). En assainissement collectif, des efforts sont à réaliser en Guadeloupe, dans les Hauts-de-France et en Île-de-France (valeurs inférieures à 50 points en 2022).
Les effets de la loi NOTRe
Conséquence de la loi NOTRe, le regroupement des communes en intercommunalité continue. Après une forte croissance entre 2019 et 2020, le regroupement continue plus lentement depuis deux ans : on dénombre 13 061 collectivités en 2022 (soit 6% de moins qu’en 2021, mais 45% de moins qu’en 2010). Pour rappel, on dénombrait 24 033 collectivités pour 37 846 services en 2010.
En termes de nombres de services, cela se traduit en 2022 par un total 24 975 services comprenant 10 518 services d’eau potable, 12 043 services d’assainissement collectif et 2 409 services d’assainissement non collectif.
Une progression ralentie de l’intercommunalité en 2022
Le taux de gestion intercommunale traduit la proportion de communes ayant transféré toutes leurs compétences eau et assainissement au niveau intercommunal. Ce taux de gestion intercommunale continue de progresser en 2022 (mais de manière plus lente), il est évalué à hauteur de 70,2% en 2022, contre 69,6% en 2021, et 68,7% en 2020.
Campagne de saisie des indicateurs 2023 : de nouvelles obligations
La saisie sous Sispea des indicateurs 2023 des services publics d’eau potable et d’assainissement est ouverte, et devra être réalisée au plus tard le 15 octobre 2024.A compter de l’exercice 2023, l’obligation réglementaire de saisie des indicateurs est étendue à tous les services publics d’eau et d’assainissement, quelle que soit leur taille (ordonnance du 22 décembre 2022). A noter : la vérification du référentiel descriptif des collectivités, des services et des ouvrages 2023 et 2024 est un préalable avant de débuter la saisie des données.
Schéma du petit cycle de l’eau avec la description des missions pour les compétences eau potable et assainissement collectif
Rendement seuil exigé par le Décret n°2012-97 du 29 janvier 2012 relatif à la définition d’un descriptif détaillé des réseaux des services publics de l’eau et de l’assainissement et d’un plan d’actions pour la réduction des pertes d’eau du réseau de distribution d’eau potable. ↩︎
Enerdata, un bureau d’études spécialisé dans le secteur de l’énergie et de son impact sur le climat, publie l’édition 2024 de son rapport “Global Energy Trends”. Tous les ans, ce rapport fournit une comparaison détaillée des données énergétiques mondiales entre l’année écoulée et les années précédentes. Pour cela, des analystes ont exploité les bases de données les plus fournies sur les énergies et les émissions mondiales.
Comparaison 2022 VS 2023 des chiffres clés de l’énergie et du climat pour les pays du G20 Les pays du G20 représentent 80 % de la consommation mondiale d’énergie Les chiffres en orange représentent les données de 2023 Les chiffres en bleu représentent les données de 2022
Monde : croissance économique et consommation d’énergie à leur niveau d’avant COVID-19 (+3%)
OCDE : baisse de 1,5% de la consommation d’énergie et baisse de 4% dans l’UE
Les émissions mondiales de CO2réaugmentent (+1,7%) et atteignent un nouveau niveau record
Les engagements pris lors de la COP28 par 120 états, notamment le triplement de la capacité des énergies renouvelables d’ici à 2030 réclament un effort bien plus important
L’intensité énergétique du transport décline lentement : l’impact des véhicules électriques est limité
L’engagement mondial en matière d’énergies renouvelables et d’efficacité énergétique La Chine, leader dans le développement des capacités d’énergies renouvelables Source : Enerdata, Global Energy & CO2 Data
Forte augmentation de la consommation d’énergie des pays du G20
En 2023, la croissance économique mondiale et la consommation d’énergie sont à leur niveau d’avant la crise du COVID-19, avec une augmentation de 3 % du PIB des pays du G20.
Cette tendance a impacté l’évolution de la consommation d’énergie, fossile et renouvelable, provoquant une augmentation plus soutenue que sur les périodes précédentes (+2,3% vs +1,3%/an).
Cela s’explique notamment par l’essor économique des pays non-membres de l’OCDE, et plus particulièrement de la Chine (+7%) et de l’Inde (+5%).
Pour les pays de l’OCDE, la consommation d’énergie a diminué (-1,5%) pour la deuxième année consécutive, avec une baisse de 4% dans l’UE, de 3% au Japon et en Corée du Sud, et une consommation stable aux États-Unis.
La consommation d’électricité a retrouvé son rythme de croissance historique (+2,5%/an – G20)
Évolution de la consommation d’électricité dans les pays du G20 (%/an)
L’augmentation des émissions de CO2 dans le monde se poursuit
En 2023, les émissions de CO2 ont à nouveau augmenté (+1,7%) allant jusqu’à atteindre un niveau record. Cela peut notamment s’expliquer par la forte proportion et l’augmentation des émissions de la Chine et de l’Inde, à un rythme toutefois moins soutenu que l’augmentation de leur consommation d’énergie.
Émissions mondiales de CO2 liées à l’énergie et leur évolution interannuelle 1900-2023 (en Gt CO2) Source : AIE, 1er mars 2024
La consommation d’énergie fossile, et donc les émissions de CO2, continuent d’augmenter en raison notamment du rythme de développement des renouvelables, plus faible que celui de la croissance de la demande énergétique. Cela est amplifié par la faible disponibilité des centrales hydroélectriques en Chine et en Inde, qui ont entraîné un report vers les combustibles fossiles, et notamment le charbon. Cela a eu pour conséquence une hausse des émissions mondiales.
Par ailleurs, la reprise d’activité dans le secteur des transports en Chine et de l’aviation mondiale a contribué à l’augmentation des émissions. Cet impact a été partiellement compensé par des températures plus douces réduisant la demande d’énergie aux États-Unis, par une activité industrielle à forte intensité énergétique plus faible dans l’Union européenne, au Japon et en Corée du Sud, et par une augmentation de la production d’énergie renouvelable.
Augmentation du recours aux énergies renouvelables, malgré une utilisation d’énergies fossiles qui reste dominante
En 2023, la consommation de gaz a rebondi (+0,9%) après sa chute de 2022, mais s’est maintenue en dessous de son rythme historique.
Laconsommation de pétrole a augmenté (+ 2,6%) plus rapidement que sa tendance historique. La consommation de charbon a également poursuivi sa hausse (+2,5%, soit 4 fois plus vite que son taux historique), stimulée par la demande des consommateurs asiatiques (Chine et Inde).
Lapart des énergies fossiles dans le mix énergétique du G20 est restée quasiment stable, conséquence de l’augmentation continue de la consommation de charbon et de pétrole en Chine et en Inde.
La production d’énergie renouvelable suit une tendance encourageante. Lesnouvelles installations ont atteint des niveaux record, grâce notamment à la Chine, qui a déployé autant d’énergies renouvelables en 2023 qu’au niveau mondial en 2022.
Globalement, les productions éolienne et solaire ont augmenté rapidement (+10 % et +25 %, respectivement) pour atteindre au total 15 % du mix électrique du G20.
Des efforts plus importants sont attendus pour tenir les engagements énergétiques mondiaux
Fin 2023, à l’occasion de la COP28 et dans le cadre de l’accord « Global Renewables and Energy Efficiency Pledge« , plus de 120 États se sont engagés à tripler la capacité de production mondiale d’énergies renouvelables pour atteindre 11 000 GW, et à doubler le taux annuel moyen mondial d’efficacité énergétique (de 2 à 4%), d’ici à 2030.
Les contributions déterminées au niveau national (CDN) ne semblent cependant pas suffisantes pour atteindre les objectifs climatiques de 2030. Malgré une tendance au développement des énergies renouvelables, il faudrait un taux de croissance annuel de 16% en moyenne d’ici à 2030 pour tripler la capacité actuelle des énergies renouvelables, contre 11% en moyenne depuis 2020 (et 8% entre 2010 et 2020).
Leur capacité de production a augmenté ces dernières années, passée de 24 % de la capacité électrique totale en 2000 à 45 % en 2023, mais reste insuffisante par rapport à celle des énergies fossiles.
L’augmentation en capacité de production ne s’est pas traduite par une augmentation de la part des énergies renouvelables. La capacité électrique était de 45% en 2023, mais représentait uniquement 30% de la production d’électricité, ce qui a évité au total seulement 7% d’émissions de CO2 du secteur de l’électricité depuis 2000.
Ainsi, le triplement de la capacité renouvelable mondiale et le doublement du taux annuel moyen mondial d’efficacité énergétique d’ici à 2030 nécessitent des investissements majeurs pour marquer une rupture avec les tendances historiques. Ils reposent sur un soutien plus important aux énergies renouvelables et un déploiement massif de technologies permettant une meilleure efficacité énergétique (véhicules électriques, pompes à chaleur, isolation des logements etc.).
Et si nous imaginions une société construite sur autre chose que la haine, le dénigrement et la peur ? Et si nous faisions appel à l’intelligence collective et à l’empathie pour relever ensemble les immenses défis auxquels nous sommes confrontés ? Et si nous faisions confiance aux citoyennes et citoyens plutôt qu’aux vendeurs de peurs ? Un autre futur est possible, juste, désirable, vivable. Voici 7 propositions de FNEpour prendre soin les un·es des autres et de notre environnement
1. Et si… nous inscrivions le retour aux limites planétaires comme nouvelle boussole politique ?
Aujourd’hui, si tout le monde vivait comme les Françaises et les Français, il faudrait trois planètes Terre pour répondre à nos besoins. Il est urgent de revenir dans les limites planétaires, c’est-à-dire ne consommer en un an que ce que la planète peut produire chaque année. C’est du simple bon sens ! Nous demandons de ne pas restreindre la «transition écologique» à la seule «décarbonation de l’énergie», mais à ce que l’objectif de retour des activités humaines dans les limites planétaires à l’horizon du milieu du siècle soit inscrit dans la loi et serve de boussole à l’ensemble des politiques publiques.
2. Et si… nous débattions et imaginions ensemble ce futur désirable ?
Revenir dans les limites planétaires va engendrer des changements majeurs dans nos modes de vie. Ces changements, c’est ensemble qu’il faut les imaginer, les construire. Parce qu’il y a plus d’intelligence dans 68 millions de cerveaux que dans 577, nous demandons l’organisation d’états généraux du futur désirable, en s’appuyant sur les nombreux travaux de la société civile organisée (Conseil Economique Social et Environnemental et CESE Régionaux notamment) pour mettre sur pied, partout en France, des ateliers-débats apaisés permettant de réparer le tissu social abîmé et se tourner collectivement vers un avenir juste et durable.
3. Et si… nous remettions la connaissance scientifique au cœur des discussions et des décisions ?
Climat, biodiversité, eau, alimentation, santé… Nous disposons d’un corpus scientifique d’une immense richesse. Appuyons-nous collectivement sur la connaissance scientifique pour imaginer notre avenir et prendre nos décisions. Pour cela, il faut renforcer la recherche dans ces domaines, reconnaitre la richesse des expertises d’usage et de la science participative, renforcer les organes de conseil et d’évaluation des politiques publiques comme le Haut Conseil pour le Climat, le Conseil National de la Transition Écologique, le Conseil National de la Biodiversité ou le Conseil National de la Protection de la Nature. C’est sur la base de ce savoir scientifique, partagé et accepté, que doivent se tenir les ateliers-débats permettant d’imaginer une société juste et durable.
4. Et si… nous reconnections l’humain à la nature ?
L’humanité fait partie de la nature. La construction collective de notre futur désirable nécessite de restaurer une relation sensible à notre environnement par la connaissance et l’expérimentation du rapport au vivant. Cela implique de développer le rapport à la nature dans l’éducation, repenser les rapports de nos sociétés à la propriété des sols et des ressources naturelles. Cela implique de nous reconnecter, citoyennes, citoyens, responsables publics, services publics, à notre environnement.
5. Et si… nous faisions de la France un État exemplaire en Europe, et de l’Europe un continent exemplaire dans le monde ?
Nous sommes déjà à la moitié de cette décennie cruciale pour le climat, la biodiversité, la planète. Le sujet est mondial et impose de la solidarité et de l’exemplarité à cette échelle. C’est maintenant que les décisions, fortes, courageuses et structurantes, doivent être prises pour que dans 20, 30 et 50 ans, nous puissions continuer à habiter une planète vivable. Nous vivons dans un monde en plein bouleversement. Soit nous les ignorons et les subissons, soit nous choisissons de regarder la réalité en face, telle que nous la décrivent les scientifiques, et agissons maintenant. La France, par sa culture scientifique et démocratique, a la capacité d’imaginer un futur juste et soutenable et d’inspirer l’Europe dans cette démarche. Faisons preuve d’audace !
6. Et si… nous faisions confiance aux territoires et aux associations de terrain ?
Nous sommes sincèrement persuadé·es que la transition écologique devra se faire dans les territoires. En tant que fédération, nous le constatons quotidiennement : c’est l’ensemble des acteurs des territoires qui transforme une politique publique en réalité. Et les associations ont un rôle clé à jouer pour cela, via leurs activités de sensibilisation (le réseau FNE touche plus de deux millions de personnes par an via ses actions d’éducation-sensibilisation-formation), les projets positifs qu’elles initient avec l’ensemble des acteurs locaux, leur participation aux diverses instances de dialogue locales afin d’y représenter l’intérêt général, leur action de protection, gestion, connaissance du milieu… Consolidons le maillage associatif en lui donnant les moyens de jouer son rôle de relais vers les citoyen·nes.
7. Et si… nous faisions du bonheur humain et de la bonne santé des écosystèmes les premiers indicateurs de réussite des politiques publiques ?
Oui, la situation est extrêmement grave. Oui, il faut agir très rapidement. Oui, nous sommes confronté·es à des enjeux comme jamais dans l’histoire de l’humanité. Mais il est trop tard pour être pessimiste ! La transformation écologique est vitale, et pour réussir elle doit être juste, inclusive et heureuse, et se déployer sur une planète en bonne santé. Elle doit permettre à chacun et chacune d’exprimer sa diversité. L’indicateur de croissance économique n’a jamais été adapté et est décorrélé depuis longtemps du développement humain et du bonheur. Il est au contraire largement corrélé à la mauvaise santé de nos écosystèmes. Inventer de nouveaux critères de développement, post-croissance, est indispensable.
Après 6 mois de travaux, et plus de 140 personnes entendues, la commission d’enquête du Sénat sur l’électricité fait des propositions concrètes pour le pouvoir d’achat des Français, en baissant le prix et en le rendant plus stable à l’avenir.
Produire une électricité compétitive pour nos entreprises et accessible à nos concitoyens est essentiel.
UNE BAISSE DE 40% DE LA FACTURE
Une baisse ciblée de la fiscalité
Une baisse générale et indifférenciée de la TVA serait très coûteuse pour nos finances publiques et particulièrement injuste. La commission propose à l’inverse une baisse ciblée de la fiscalité sur l’électricité. Celle-ci nécessite de définir une « consommation de base » : moyenne des volumes consommés par un ménage pour une surface de logement de 80 m2, soit 4,5 MWh/an sans chauffage électrique et 6 MWh/an avec chauffage électrique.
Pour cette « consommation de base » la TVA serait abaissée de 20 % à 5,5 %, l’accise sur l’électricité passerait de 21 euros actuellement à 9,5 euros le MWh et la Contribution Tarifaire d’Acheminement (CTA) serait supprimée.
Ces propositions entraîneraient à elles seules une baisse de 18 % du prix.
Au-dessus de la « consommation de base », le taux de TVA resterait de 20 % et l’accise serait plus élevée en fonction du volume consommé.
Un prix de l’électricité plus bas et stable dans le temps
L’« accord » État/EDF de novembre 2023 ne garantit ni des prix acceptables pour les consommateurs ni des revenus suffisants pour EDF.
La commission d’enquête propose de lui substituer un contrat pour différence (CfD) fixé entre 60 et 65 euros le MWh pour éviter les variations erratiques de prix. Cela permettra de corréler les prix de l’électricité aux coûts de production et les détacher de ceux du gaz.
Cette proposition entrainerait une baisse complémentaire du prix de 22%.
L’ensemble des propositions de la commission d’enquête du Sénat offre donc la perspective d’une baisse significative des factures des Français dès le début de l’année 2025, baisse qui pourrait atteindre plus de 40% pour la « consommation de base ».
Soit :
près de 7 000 euros sur la facture annuelle d’un boulanger qui consomme en moyenne 99 MWh par an ;
plus de 600 euros sur la facture annuelle d’un ménage qui consomme en moyenne 6 MWh par an.
La consommation électrique va progresser significativement du fait de l’électrification des usages. La commission d’enquête considère comme le plus probable un scenario à 615 TWh en 2035, soit 38% d’augmentation, puis environ 700 TWh en 2050, soit 57% d’augmentation par rapport à la situation actuelle.
UNE PRODUCTION ÉLECTRIQUE SUFFISANTE A PRIX COMPÉTITIF GARANTI
Une prolongation optimisée du parc nucléaire
À l’horizon 2035, la prolongation optimisée du parc nucléaire devra accompagner un essor raisonnable des moyens de production renouvelables. Cela permettrait d’aboutir à un scénario de mix de production composé à 60 % par la filière nucléaire couvrant l’augmentation de la consommation avec une marge suffisante. Le développement de l’énergie hydraulique, énergie maîtrisée, rentable et décarbonée, exige la résolution rapide du conflit, qui dure depuis plus de 15 ans, avec la Commission européenne.
À l’horizon 2050, il sera nécessaire de prolonger les centrales actuelles au-delà de 60 ans et de construire 14 nouveaux réacteurs EPR2, projet qui exigera une maîtrise industrielle renforcée et un système de financement optimisé que la commission précise. En fonction du nombre de réacteurs qui pourront être prolongés au-delà de 60 ans et du calendrier de déploiement du programme de nouveau nucléaire, le mix de production national résultant des scénarios étudiés par la commission d’enquête produirait entre 700 et 850 TWh en 2050. De 52 % à 61 % seraient assurés par des moyens nucléaires.
Préparer l’avenir et relancer la recherche sur les réacteurs à neutrons rapides (RNR)
La commission d’enquête alerte sur le risque, trop peu évoqué, de raréfaction de l’uranium naturel à une échéance assez rapprochée. Selon les hypothèses de déploiement de l’énergie nucléaire civile dans le monde, qui doit être massif pour permettre la décarbonation, l’uranium peut se raréfier autour des années 2060. Aussi est-il impératif de relancer au plus vitela recherche sur les réacteurs à neutrons rapides (RNR), qui produisent moins de déchets ultimes et permettraient à la France de disposer d’une énergie nucléaire 100 % souveraine pour des centaines d’années en recyclant nos propres déchets !
Être vigilant sur les coûts du système électrique
En prenant en compte la totalité des coûts des différentes filières, notamment les réseaux, la commission d’enquête constate que plus les mix électriques comportent une part significative d’éolien et de photovoltaïque, plus le coût de production moyen du système est élevé. Ces modes de production diffus supposent en effet des investissements importants dans les infrastructures d’acheminement.
Dans ce cadre, elle appelle à une expertise rigoureuse des programmes colossaux d’investissements dans les réseaux présentés par Enedis et RTE, pour l’instant évalués à 200 milliards d’euros d’ici à 2040, et ce pour éviter que le tarif d’utilisation du réseau public d’électricité (TURPE), répercuté sur les tarifs payés par les consommateurs, n’explose.
En finir avec les discriminations de l’union européenne à l’égard du nucléaire
Alors qu’elle dispose d’un mix électrique déjà très largement décarboné, les efforts demandés par l’Union européenne à la France sont proportionnellement plus importants que pour d’autres pays. Cette inégalité doit cesser. Les textes européens qui vont l’encontre du principe de neutralité technologique, établi par l’article 194 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE) qui garantit à chaque État le droit de décider de son bouquet énergétique, sont contraires aux traités et doivent être révisés ! Ainsi faut-il mettre fin à toute discrimination de l’énergie nucléaire au sein de l’Union européenne.
Commission d’enquête Électricité : conférence de presse
Échassières, petit village de 373 habitants de l’Allier, à 60 km au nord de Clermont-Ferrand, devient un atout pour la voiture électrique depuis que l’entreprise française Imerys y a développé un projet d’exploitation des carrières de mica afin de produire du lithium, un matériau clé pour les batteries des véhicules électriques. Pour mieux comprendre les enjeux environnementaux de ce projet, The Conversation France a envoyé la chercheuse Fanny Verrax, spécialiste des métaux de la transition, à la conférence de presse d’Imerys. En mettant en perspective les discours officiels avec son expertise sur les mines, elle tente de répondre à une question essentielle : une mine responsable, est-ce possible ?
Carrière de kaolin d’Échassières, actuellement exploitée par IMERYS, également à l’initiative du projet de mine de lithum. TomTooM03/Wikimedia Commonns, CC BY
A retrouver après cet article :
Mieux comprendre, avec le chercheur en sciences politiques Lucas Miailhes, commentle débat public autour de ce projet minier entre en résonance avec les ambitions de l’UE sur les matières premières critiques.
Décryptage des engouements et réticences locales avec l’anthropologue Violeta Ramirez qui s’est associée pour cela avec le photojournaliste Valentin Caball.
Exploitation de lithium dans l’Allier : une mine responsable est-elle possible ?
Pour The Conversation France, la chercheuse Fanny Verrax a suivi la conférence de presse d’IMERYS, l’entreprise qui projette d’exploiter des carrières de mica de l’Allier afin de produire du lithium, un matériau essentiel au déploiement des voitures électriques. En mettant en perspective les discours officiels avec son expertise sur les mines, elle pose une question essentielle : une mine responsable, est-ce un contresens sémantique ou un projet réalisable ?
Difficile d’atterrir à Échassières sans avoir une bonne raison pour cela. Ce village de l’Allier est à 50 km de la première gare Intercités et ne présente, au premier coup d’œil, aucune attraction notable. Mais Échassières est désormais devenue une destination incontournable des journalistes régionaux comme nationaux.
En cette matinée de mars, ils sont une vingtaine à assister à la conférence de presse du groupe Imerys concernant le projet de mine de lithium EMILI (Exploitation de Mica LIthinifère), suivie de la visite de l’actuelle carrière de kaolin, une argile blanche utilisée notamment pour l’industrie papetière et céramique, dont Imerys est ici l’exploitant en plus d’en être le premier producteur mondial.
L’actuelle carrière de kaolin. Fanny Verrax, Fourni par l’auteur
Car ce qui se joue à Échassières dépasse largement ses 373 habitants. Ce projet de mine de lithium est présenté comme indispensable à la transition énergétique, ce métal étant principalement utilisé pour les batteries Li-ion des véhicules électriques. S’il se concrétise, ce projet serait également la première mine ouverte en France depuis près de 50 ans dans un contexte de réforme du code minier, et d’assouplissement controversé des garde-fous environnementaux, sanitaires et démocratiques.
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Mine verte ou responsable ?
Conscient des questionnements sur les conséquences environnementales du projet, un représentant d’Imerys commence par concéder devant les journalistes : « La mine verte n’existe pas. Mais avec la mine responsable, nous pouvons néanmoins essayer de minimiser les impacts. »
Fourni par l’auteur
Pour pouvoir se réclamer de ce concept de mine responsable, Imerys met en avant plusieurs engagements volontaires : protection de la biodiversité avec act4nature, et respect de la norme IRMA (Initiative for Responsible Mining Assurance), une norme de performance volontaire créée en 2006, ayant le mérite de rassembler toutes les parties prenantes (entreprises minières, acheteurs, investisseurs, ONG, syndicats, communautés affectées).
Seul bémol : la première étape de la démarche IRMA est une auto-déclaration, et une entreprise minière peut donc se réclamer de la démarche IRMA sans se soumettre à un contrôle externe. Par ailleurs, même en cas d’audit externe, s’il est vrai que les auditeurs externes d’IRMA passent plus de temps sur site qu’aucun autre standard de vérification (de l’ordre de 14 jours pour une équipe de 2 personnes), cette durée reste trop courte pour garantir une vérification exhaustive de tous les éléments du standard IRMA.
Si le seul label IRMA ne garantit donc pas de bonnes pratiques environnementales ou sociales, qu’en est-il de la législation française ?
À Échassières, IMERYS ne manque pas de revendiquer une responsabilité environnementale et sociale qui serait garantie par le respect des standards européens, et plus encore, du respect du « cadre réglementaire français, parmi les plus stricts au monde ».
Je ne peux alors m’empêcher de penser à ce rapport de l’OCDE montrant que la France est nettement en-dessous de la moyenne des pays de l’OCDE concernant la sévérité de sa politique environnementale. Je pense surtout au rapport de GEODERIS (Groupement d’Intérêt Public (GIP) constitué par le ministère de la transition écologique et solidaire, le BRGM et l’INERIS) identifiant en France 28 « sites de déchets miniers désaffectés ayant des incidences graves sur l’environnement ou risquant, à court ou à moyen terme, de constituer une menace sérieuse pour la santé humaine ou l’environnement. »
Bref, le seul respect de la réglementation française n’est pas pour me rassurer. Mais justement, l’entreprise affirme aller au-delà du cadre réglementaire, en ayant effectué un certain nombre de « choix structurants » garantissant la qualité environnementale du projet.
Des « choix structurants »
« Si on veut que ce projet fonctionne, on sait qu’on doit le faire différemment. C’est pour ça que dès le début, nous avons effectué des choix structurants » affirme Alan Parte, vice-président des projets lithium du groupe.
D’abord celui d’une mine souterraine répartie autour de trois sites : l’extraction du mica à Échassières, sous l’actuelle carrière de kaolin, et sa concentration à Beauvoir, d’où il est ensuite envoyé 17 km à l’est vers une « plateforme de chargement » près de Saint-Bonnet de Rochefort avant d’être expédié par voie ferrée vers « La Lou », dans l’agglomération de Montluçon, où se trouverait un site de conversion en hydroxyde de lithium.
Pour transporter le concentré de mica entre Beauvoir et Saint-Bonnet de Rochefort, Imerys a fait le choix de canalisations souterraines, ce qui permettrait d’éviter l’équivalent d’une centaine de poids lourds par jour.
Dossier de maitrise d’ouvrage, p. 48. Débat public
Ainsi pensée, la mine souterraine à Échassières présente de fait plusieurs avantages, indéniables, par rapport à une mine à ciel ouvert de taille équivalente : une emprise au sol moins importante, le concassage en souterrain qui permet de limiter les nuisances sonores ainsi que l’impact visuel.
Quant à la gestion des résidus miniers, il n’est pas prévu de mobiliser de surface supplémentaire pour les stocker. Comment cela est-il possible ? En valorisant les sous-produits issus de l’extraction de mica lithinifère (notamment le feldspath pour la filière du carrelage et de la céramique), et en procédant à un remblaiement souterrain progressif de la mine (à hauteur de 800 000 tonnes) et de la carrière de kaolin actuelle (pouvant accueillir environ 500 000 tonnes).
Enfin, concernant le point le plus sensible du projet, l’approvisionnement en eau, l’entreprise explique que grâce à un dispositif innovant, 90 % de l’eau serait recyclée dans un circuit fermé, voire 95 % d’après des chiffres plus récents communiqués par l’entreprise. Pour les 10 % restant, soit 1,2 million de m3 d’eau par an, la moitié serait prélevée de la station des eaux usées de Montluçon, et l’autre moitié (600 000 m3) prélevés chaque année dans la Sioule, une rivière à 30 km d’Échassières, ce qui ne représenterait qu’1/1000ème de son débit moyen, et 1/100ème en cas de sécheresse, un ratio qui a de quoi rassurer les élus et les habitants.
Un transport par canalisation et par fret ferroviaire plutôt que par route, une mine souterraine, des déchets miniers utilisés pour remblayer, et une gestion quasi-circulaire de l’eau : voilà donc les principaux arguments, les fameux « choix structurants » qui permettent à Imerys de qualifier le projet de mine de « responsable ». Ces choix représentent un surcoût d’environ 20 % du coût total des opérations – j’apprendrai plus tard dans la conversation que l’entreprise espère obtenir des subventions publiques a minima à hauteur de ces 20 %, une information qui est peu mise en avant.
Après cette présentation institutionnelle, qui se veut rassurante, vient le temps des questions, dont beaucoup ne trouveront pas de réponse satisfaisante.
Questions sans réponses
Reprenons deux des principaux arguments : une gestion responsable des déchets miniers et de l’approvisionnement en eau.
Quand on parle de déchets miniers, on distingue les stériles, les roches trop pauvres, écartées pour accéder au gisement d’intérêt, et les résidus miniers, qui sont issus du traitement du minerai.
1 350 000 tonnes de stériles et résidus de concentration sur le site de Beauvoir
600 000 à 800 000 tonnes de résidus solides sur le site de l’usine de conversion de Montluçon
Les stériles et résidus de Beauvoir seraient utilisés comme remblais progressif de la carrière de kaolin et de la mine à Echassières. Mais quid des résidus miniers issus de l’usine de conversion de Montluçon, qui seront nécessairement les plus toxiques, puisque leur traitement requiert de grandes quantités d’acide sulfurique ?
Il faut qu’une journaliste pose spécifiquement cette question pour que ces résidus fassent leur apparition dans le discours de l’entreprise. La réponse se veut pourtant toujours rassurante : « Oui, on les acheminera par train, à raison de trois aller-retour par jour ». « Mais vers où ? » – un silence gêné s’installe. « On ne sait pas encore, nous sommes en train de chercher ». Le Dossier du Maître d’Ouvrage ne nous en apprend pas plus, mais précise que ces 600 à 800 000 tonnes annuelles « seraient si possible valorisés ou utilisés en réhabilitation de carrières existantes », qu’il s’agit donc de trouver. Par un tour de passe-passe sémantique, une zone de décharge de résidus miniers toxiques se retrouve ainsi transformée en « réhabilitation de carrière ».
Quant à l’eau, en admettant que le procédé de recyclage à hauteur de 90 % fonctionne, les chiffres annoncés par Imerys permettent de faire le calcul suivant : si les 10 % restant représentent 1,2 million de m3, le volume global d’eau nécessaire devrait être de 12 millions de m3, et l’entreprise devrait avoir un approvisionnement initial en eau de cette taille. Mais d’où viendrait cette eau ?
Je me rapproche pendant le déjeuner du géologue en charge du projet et lui pose la question. Il a l’air surpris et m’assure n’avoir jamais entendu ce chiffre. Il me propose de poser la question à son collègue en charge des études environnementales, ce qu’une collègue journaliste s’empresse de faire. Le salarié semble tout aussi surpris, et affirme : « Je ne sais pas, nous n’y avons jamais réfléchi ».
Deux mois plus tard, l’entreprise publie un complément d’information sur le site de la Commission Nationale du Débat Public (CNDP). Il ne s’agit plus alors de 12 millions, mais de 20 millions de m3 d’eau nécessaires au bon fonctionnement de l’usine de concentration, qui seront prélevés sur différents bassins versants, « bien au-delà du massif de la Bosse. » Je ne peux m’empêcher de m’interroger : cette information aurait-elle été communiquée si nous ne leur avions pas posé la question ?
Fourni par l’auteur
3mn pour comprendre les enjeux du débat public !
Débat mine de lithium Allier : 3mn pour comprendre ses enjeux ! (mars 2024)
Donnez votre avis sur le projet de mine de lithium dans l’Allier ! Exprimez-vous à travers les différents outils disponibles : plateforme de participation en ligne, parcours numérique pour donner son avis en 10 minutes, répondeur téléphonique dédié… Vos contributions viendront nourrir le compte-rendu du débat.
Donnez votre avis sur le projet à tout moment depuis chez vous, jusqu’au 31 juillet Il reste trois semaines de débat pour recueillir tous vos avis, questions et suggestions en lien avec le projet d’Imerys ! Une bonne manière de les faire remonter à l’équipe du débat et à la Commission Nationale du Débat Public (CNDP), c’est en les déposant sur nos outils en ligne.
De l’ingénierie de la promesse à la rhétorique du projet
Les sciences sociales ont bien documenté une ingénierie de la promesse dans le contexte du renouveau minier, pour décrire la façon dont des acteurs privés utilisent des gammes d’arguments et des narratifs différents pour convaincre tantôt des investisseurs qu’il s’agit de projets rentables, tantôt des populations et des élus qu’il s’agit de projets de développement du territoire soutenables.
Si cette ingénierie de la promesse se retrouve sans aucun doute dans le cas du projet EMILI, on peut lui adjoindre une autre stratégie de communication, que l’on pourrait nommer la rhétorique du projet : chaque fois qu’une question d’ordre environnemental appelant légitimement une réponse est soulevée, l’absence de réponse technique est présentée comme un gage de l’ouverture de l’entreprise et de son adhésion au processus démocratique du débat public : « si on avait réponse à tout, c’est que le projet serait déjà entièrement ficelé ».
Les zones d’ombre les plus inquiétantes doivent donc, tour de passe-passe incroyable, être interprétées plutôt comme un gage que le champ des possibles reste ouvert, et qu’il s’agit bien d’un projet auquel la population peut participer en donnant son avis. Gage qui se matérialise également dans la langue : tous les acteurs font bien attention à parler du projet de mine au conditionnel, et non au futur. Et comme la différence ne s’entend pas toujours à l’oral, la directrice de la communication, Claire Garnier, insiste parfois : « je ferais, A-I-S, hein ? »
Un projet en cours, soit. L’entreprise ne dit rien, en revanche, des intérimaires qui ont parcouru le territoire durant l’été 2023 pour sonder l’acceptabilité sociale du projet auprès des riverains, notamment à Saint-Bonnet de Rochefort, une commune majoritairement opposée au projet.
Banderole à St Bonnet. Fanny Verrax, Fourni par l’auteur
Jacques Morisot, habitant de Saint-Bonnet qui a été interrogé dans ce cadre, explique qu’il s’agissait d’« une technique de « sondage » bien ficelée pour pouvoir argumenter ensuite sur le fait que la population n’est pas vraiment opposée mais, plutôt en attente de quelques réponses techniques. » En effet, les questions fermées ou à choix multiples ne permettent que peu aux sondés d’exprimer leurs doutes. Pour Jacques Morisot, ce « questionnaire partial » commandité par l’entreprise Imerys de façon confidentielle s’apparente à une « transgression au débat public. »
Un débat asymétrique
Après le déjeuner, nous allons visiter la carrière actuelle de kaolin. Une jeune géologue d’Imerys nous montre une carotte de mica lithinifère. Elle est enthousiasmée par le projet, et plus encore, par le fait qu’il soit en France.
« Quand on est géologue, on sait qu’on va devoir partir loin. C’est inespéré pour moi de pouvoir exercer mon métier en France. »
Plusieurs journalistes notent ses propos : la relance minière, c’est aussi ça, relocaliser des emplois pour lesquels la France offre toujours une formation d’excellence, mais peu de débouchés professionnels ensuite, faute de mine.
Une carotte de Mica. Fanny Verrax, Fourni par l’auteur
Un journaliste pose alors une question :
Donc ça, c’est une carotte de lithium ?
Euh non, pas exactement, c’est une carotte de mica qui contient du lithium.
Mais il est où ? Je ne le vois pas !
C’est que, comme pour la plupart des « métaux de spécialité », la teneur en métal est faible. En l’occurrence, le mica d’Échassières contient de l’oxyde de lithium à hauteur d’environ 0,9 %. Le journaliste a l’air déçu, peut-être s’attendait-il à voir des lingots de lithium ? Cette anecdote met surtout en évidence un élément essentiel : l’irréductible asymétrie du débat.
Si Imerys n’a pas l’habitude en effet d’être sous les projecteurs, l’entreprise maîtrise en revanche la partie technique du projet bien mieux que la majorité des parties prenantes, et pour cause : quel journaliste, quel élu, quel riverain peut se targuer de comprendre les aspects techniques du projet au moins aussi bien que des ingénieurs et géologues formés et travaillant à temps plein sur le sujet ?
Si Imerys n’est bien sûr pas responsable de l’asymétrie du débat, on pourrait en revanche attendre de l’entreprise qu’elle avance clairement tous les éléments du dossier, sans attendre la question technique ou critique qui aurait pu ne jamais être posée.
Une conception très étroite de la responsabilité
A la rhétorique du projet et au maintien volontaire d’un débat asymétrique s’ajoute enfin un dernier élément dans la stratégie de déresponsabilisation, puisqu’Imerys refuse d’entrer dans le débat sur les usages du lithium qu’elle commercialisera(-it !).
Au début de la conférence de presse, l’entreprise a commencé par rappeler qu’en France, 30 % des émissions de gaz à effet de serre viennent du transport, et qu’il n’y a « pas beaucoup d’autres possibilités pour la mobilité » que de construire des batteries pour des voitures électriques.
En deux phrases, on a glissé de la description à l’opinion, du registre descriptif au registre normatif. Oui, c’est vrai, la mobilité reposant essentiellement sur des véhicules thermiques individuels comme c’est le cas aujourd’hui est insoutenable, mais non, la seule alternative n’est pas de remplacer toutes les voitures thermiques par des voitures électriques, une option qui n’est de toutes les façons pas viable au niveau mondial, quand on sait qu’il y a près d’1,5 milliard de voitures en circulation.
Imerys ajoute néanmoins que « l’électrification n’est pas antinomique avec une réflexion sur les usages », sans pour autant souhaiter s’engager dans cette réflexion, ni pendant la conférence de presse, ni lors de l’ouverture du débat public qui a eu lieu la veille.
Pour rappel, la justification omniprésente et univoque du projet EMILI est de fournir le lithium nécessaire à 700 000 véhicules électriques par an afin de participer à la transition énergétique.
Ce chiffre a été obtenu à partir d’un poids moyen des véhicules et des batteries actuellement sur le marché. Or on sait que le lithium nécessaire pour une batterie de grosse berline ou de SUV (10 kg) est deux fois supérieur au lithium nécessaire pour une citadine de poids moyen (5 kg). Poids qui est lui-même 100 fois supérieur au lithium nécessaire pour une batterie de vélo électrique (50 grammes). La mine de lithium d’Imerys pourrait ainsi servir à équiper annuellement 700 000 voitures électriques, ce qui en 25 ans représenterait moins de la moitié du parc automobile français à usage constant, ou alors par exemple 500 000 voitures électriques, et 20 millions de vélos électriques, ce qui participerait d’une transition énergétique soutenable au niveau européen et prenant en compte les autres contraintes physiques de la transition (consommation d’électricité, approvisionnement en autres métaux).
Mais ces trajectoires alternatives de la transition sont invisibilisées, et ni l’État, ni Imerys ne souhaitent les mettre en débat.
Dans ce contexte, la position d’Imerys peut bien sûr être considérée en partie comme légitime, dans la mesure où la question des usages finaux concerne les clients des clients d’Imerys, qui, comme l’immense majorité des entreprises minières, commercialise ses produits en « B2B2B2C », c’est-à-dire avec plusieurs intermédiaires entre l’entreprise et le client final. Mais refuser d’entrer dans le débat sur les usages du métal que l’on extrait, c’est participer d’un phénomène de dilution de la responsabilité qui ne peut en aucun cas être considéré comme compatible avec un projet de « mine responsable ».
Si les « choix structurants » opérés par Imerys permettent en effet de réduire une partie des nuisances, notamment sonores et visuelles du projet EMILI, un projet de mine véritablement responsable s’appuierait également sur ces trois autres piliers que sont : une transparence de l’information permettant aux parties prenantes de s’approprier le sujet sans avoir à « débusquer » les éléments techniques les plus problématiques ; des réponses claires apportées sur la gestion de l’eau et des résidus miniers dès le début du débat public, sans dissimuler les zones d’ombre derrière une rhétorique du projet faussement démocratique ; enfin et surtout, une mise en débat des usages du lithium avec tous les acteurs du territoire, et plus largement, au niveau national et européen.
Depuis la publication de cet article, un décret paru au Journal Officiel le 7 juillet 2024 a reconnu le projet de mine de lithium à Echassières comme étant “d’intérêt national majeur” (PINM). Ce régime dérogatoire issu de la loi “Industrie Verte” de 2023 permet notamment à l’État (et non à la mairie) de délivrer un permis de construire, et d’accélérer la mise en conformité, quelle que soit l’intensité ou la légitimité des contestations.
C’est une rencontre qui suscite pêle-mêle espoir, confusion et défiance. Un de ces participants déclarait même le 4 avril dernier, « je crains que bien des choses […] soient déjà réglées en amont de ce débat ». Ce débat, qui se tient depuis le 11 mars et s’achèvera le 31 juillet 2024, c’est celui de la Commission Nationale du débat public (CNDP) sur le projet de mine de lithium à Échassières, dans l’Allier. Sous fond de tension entre opposants et partisans du projet, il mobilise différents imaginaires sur la transition énergétique.
Car ce projet de mine, baptisé « EMILI » par l’entreprise française Imerys qui en est à l’origine, vise à créer la première mine de lithium en France, un matériau indispensable pour la fabrication de voitures électriques. Avec un investissement d’un milliard d’euros, il prévoit une production annuelle de 34 000 tonnes d’hydroxyde de lithium à partir de 2028, en utilisant une méthode d’extraction souterraine.
Fourni par l’auteur
Un débat dans une atmosphère tendue
Sans surprise, avec de tels enjeux, les discussions se déroulent parfois dans une atmosphère tendue où les positions paraissent difficilement conciliables. Mais le débat n’en demeure pas moins fréquenté avec des salles souvent pleines et environ 150 personnes qui suivent régulièrement en direct les réunions par vidéo.
Malgré le travail préparatoire de recherche et d’organisation effectué par la CNDP en amont du débat, plusieurs vices de forme ont cependant été relevés par les participants durant les réunions.
D’une part, la communication d’informations importantes est souvent renvoyée à plus tard. C’est le cas par exemple de l’étude d’impact sur l’eau qui n’a été révélé que tardivement dans le débat.
Lors de la réunion du 26 mars, un participant se plaignait ainsi :
« Ce n’est pas la première fois que cela se produit dans ce débat public : on nous dit que nous aurons les éléments plus tard. Alors, à quel moment la décision sera-t-elle prise ? Est-ce qu’il faudra attendre que toutes les études, qu’elles soient sociales ou environnementales, soient terminées après que les décisions et les orientations du projet soient déjà prises ? […] Peut-être aurait-il fallu attendre d’avoir tous les éléments pour mener ce débat public. »
Imerys s’est alors défendu en invoquant le stade peu avancé du projet qui justifie de ne pas mener les études demandées trop en amont.
Certains ont pu également regretter la nature peu interactive des échanges. Le manque de micros a limité les interactions directes, et les aspects techniques de la retransmission vidéo ont empêché des joutes verbales intéressantes. Autre frustration relevée, les tentatives d’approfondissement des discussions par les opposants ont souvent été renvoyées à plus tard, sous prétexte que ce n’était pas le sujet du moment.
Lors de la réunion du 4 avril 2024, en début de séance, des tracts ont ainsi été jetés dans la salle par les opposants au projet. On pouvait y lire une critique du débat de la CNDP comme une forme de « démocratisme appliqué » visant à désamorcer les conflits réels et vivants.
Dans quelle mesure avons-nous besoin du lithium ?
Tract distribué lors du débat. Fourni par l’auteur
Si la forme de ce débat a donc pu susciter quelques tensions, celles-ci n’ont pas manqué d’émerger non plus dans le fonds des discussions. Les opposants et défenseurs du projet se sont notamment affrontés sur les questions des besoins en matériaux, de sobriété, de dépendance aux importations, d’électrification des transports, etc.
L’enjeu des mobilités de demain a tout particulièrement pris une place centrale dans les discussions car contrairement à d’autres métaux aux usages multiples, le lithium est principalement utilisé pour les batteries des véhicules électriques. La question de l’extraction du lithium est de ce fait étroitement liée à la place de la voiture individuelle dans nos sociétés et à nos modes de mobilité.
Des associations locales de citoyens, à l’instar de Stop Mines 03 ou Préservons la forêt des Colettes, farouchement opposées au projet, ont à cet égard mis en doute le bien-fondé de la mobilité électrique et les risques environnementaux de l’extraction minière. D’autres voix comme celle des représentants de l’association NegaWatt conditionnent l’exploitation du lithium à la mise en place de mesures de sobriété.
Selon cette perspective, l’exploitation du lithium devrait se conjuguer à une demande et une utilisation raisonnée des matériaux pour ne pas compromettre la transition énergétique. Ces opposants insistent également sur la nécessité de ne pas résumer la transition écologique à la seule question de la réduction des émissions de carbone. L’impact sur l’eau et sur la biodiversité de l’activité minière est à ce titre largement mentionné par les opposants.
Du côté d’Imerys et des citoyens favorables au projet, on affirme que, que ce soit avec sobriété ou sans sobriété, l’exploitation du lithium sera nécessaire. Pour eux, les besoins sont avérés et ouvrir une mine de lithium en France doit se faire au plus tôt compte tenu de l’horizon temporel des projets miniers (plus de dix ans sont nécessaires entre la découverte d’un gisement et le début de l’exploitation d’une mine). Il est aussi impératif, ajoutent-ils, d’électrifier nos transports afin d’espérer atteindre les objectifs de réduction des émissions fixés dans le cadre du Pacte Vert Européen pour lutter contre le changement climatique.
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Alan Parte, représentant d’Imerys affirme ainsi que « 30 % des émissions européennes viennent des modes de transport et l’électrification est la seule alternative crédible. » Pour répondre aux opposants qui invoquent la sobriété, il ajoute « L’électrification des mobilités n’est pas antinomique avec la reconsidération de nos modes de consommation et de transport, de la taille des véhicules ».
La question de la taille des véhicules dans lesquels le lithium d’Imerys sera utilisé est un autre point sensible du débat. Un rapport de l’ONG WWF France publié le 9 avril 2023 est notamment beaucoup cité par les opposants aux projets car il démontre que les SUV électriques représentent une menace pour la transition énergétique, la construction d’un SUV équivalant à celle de cinq voitures citadines.
Il s’agissait même d’une des premières questions posées aux représentants d’Imerys lors de l’ouverture du débat public le 11 mars. À la question d’un membre de l’association StopMine03, « Pouvez-vous vous engager à ce que cette production de lithium ne soit pas engagée dans un circuit de consommation qui soit celui des véhicules SUV ? », Imerys répond alors qu’elle ne peut prendre un tel engagement.
On touche là au cœur du problème pour les opposants. Si Imerys défend la faisabilité de la transition énergétique à travers l’exploitation de la mine d’Echassières, le lithium qu’elle extrait ne peut, pour les opposants au projet, finir dans des SUV. Car si la demande en lithium explose du fait du poids des véhicules électriques trop important alors nous aurons trop peu de lithium pour électrifier le parc automobile.
Extrait du débat public évoquant la question des mobilités de demain.
La dimension internationale du débat complexifie davantage les choses
Si ce dilemme n’est pas tranché, ces discussions entre opposants et promoteurs du projet sont, elles, fort scrutées, notamment au niveau européen, crucial à prendre en compte pour comprendre ce qui se joue à Échassières.
Car le projet d’Imerys intervient dans un contexte où la sécurité des approvisionnements en minerais critiques est devenue une priorité stratégique en Europe et en France pour assurer la faisabilité de la transition énergétique. En exploitant le lithium sur son sol, la France diminuerait ainsi le risque de tension des approvisionnements sur ce métal qu’elle importe à 100 %.
Le projet d’Imerys apparaît donc comme un dossier qui pourrait faire jurisprudence et déterminer le futur de l’industrie minière européenne. Cette dernière axe depuis longtemps sa communication sur son rôle essentiel pour extraire les métaux nécessaires à la fabrication des technologies bas-carbone (batteries, éoliennes, etc.). En Europe, les organisations professionnelles à l’instar d’Euromines ont régulièrement alerté sur la dépendance aux importations de l’Europe à l’égard de ses métaux qui devraient s’accentuer avec l’explosion de la demande dans les années à venir. C’est un discours qui a largement été relayé par les organisations internationales. Dans son dernier rapport, L’Agence Internationale de l’Énergie met par exemple en garde sur le fait que les projets d’exploitation en cours ne pourront pas répondre à toute la demande en lithium à mesure que l’électrification des transports s’accélère.
« Pour adresser le changement climatique et réduire notre consommation d’énergie fossile pétrolière, charbonnière et gazière, nous avons besoin d’énormes quantités de métaux et de minéraux. Une partie sera obtenue grâce au commerce, mais une autre partie importante devra venir de l’exploitation minière nationale au sein de l’UE » déclare de son côté Jan Moström, président d’Euromines.
Malgré la fermeture de la majorité de ses mines à la fin des années 1990, la France a joué un rôle majeur dans la promotion d’une relance de l’exploitation minière en Europe, poussée par un appel à une approche plus interventionniste pour sécuriser son accès aux matières premières critiques.
En janvier 2022 l’ancien patron de PSA Peugeot-Citroën, Philippe Varin, remettait par exemple pour cela un rapport au gouvernement français sur la « sécurisation de l’approvisionnement de l’industrie en matières premières minérales ». Il y préconisait que l’Europe exploite toutes ses ressources minérales nationales de manière « responsable » pour réduire les dépendances stratégiques et soutenir la transition verte.
Enfin, la régulation européenne sur les matières premières critiques (CRMA) proposée par la Commission européenne dès mars 2023 fixait elle l’objectif suivant : 10 % des matières premières consommées en Europe devront être extraites sur le sol européen.
Cette législation a le potentiel d’accélérer le développement de l’industrie minière en Europe après des décennies de léthargie. Car elle vise à désigner certains « projets stratégiques » comme étant d’un « intérêt public supérieur », ce qui, en plus de faciliter l’accès à des financements publics, accélérerait le processus d’autorisation en contournant potentiellement certaines garanties environnementales. Cette notion de projet stratégique pourrait de surcroît autoriser les entreprises à passer outre les préoccupations environnementales et sociales.
Bruno Le Maire a annoncé l’application CRMA à l’échelle nationale en avril 2024. Il assure que cette simplification « permettra de diviser par deux les délais d’instruction et de gagner plus de 6 mois en moyenne par projet. » Bien que la future mine d’Imerys ne soit pas désignée (pour l’instant) comme projet stratégique, le débat offre un avant-goût des tensions qui traverseront les futures ouvertures de mines en Europe.
Aligné sur ses engagements européens, l’État français apporte un soutien ferme au projet Imerys, qui se présente comme un élément clé de la relance de l’industrie minière en Europe.
Ce soutien public pose néanmoins la question de l’utilité du débat avec une multitude d’enjeux qui dépasse largement le cadre du projet. S’exprimant à ce sujet, Antoine Gatet, représentant de France Nature Environnement, se montrait quelque peu amer :
« J’aurais quand même préféré, je le dis parce que ça me choque à chaque fois, que le ministre de l’Industrie n’annonce pas l’ouverture d’une usine de lithium avant de faire le débat public. C’est très difficile pour nous de pouvoir faire vivre le débat démocratique quand les acteurs publics ont déjà annoncé que de toute façon on allait le faire. […] »
« Tant qu’il y a l’école, il y a de la vie dans un village. Quand il n’y a plus d’école… Les autres villages sont morts aux alentours ». Voici comment Jeanne*, aide à domicile de 53 ans, se rassure quant à la survie de son village, Échassières, une commune de 370 habitants dans l’Allier, à 60 kilomètres au nord de Clermont-Ferrand.
De fait, Échassières ne compte pas qu’une école ; on y trouve aussi un bar-restaurant, une boulangerie, une boucherie, une épicerie, un salon de coiffure et une boutique de vêtements. De quoi susciter l’envie d’autres petits villages. « Une ancienne maire a œuvré pour maintenir les commerces. Et elle a bien fait parce que ça maintient le village et l’école, et ça, ça attire des jeunes un petit peu », explique Jeanne.
Mais un autre facteur entre aussi en ligne de compte pour expliquer la vivacité de ce village : « Il y a beaucoup de minerais ici », reconnaît Jeanne.
Depuis le XIXe siècle, Échassières jouit effectivement des retombées de l’exploitation du kaolin, matériau utilisé pour la porcelaine et le carrelage, extrait du massif granitique de La Bosse. Entre 1913 et 1962, on y a également extrait en galeries souterraines du tungstène, du tantale et de l’étain.
Depuis peu, une nouvelle page minière semble s’écrire. En octobre 2022, Imerys, multinationale spécialisée dans les minéraux industriels, a annoncé l’ouverture d’une mine de lithium. Elle devrait se situer, en souterrain, sous la carrière des Kaolins de Beauvoir, propriété d’Imerys depuis 2005.
Candidement baptisé « EMILI » (pour exploitation de mica lithinifère), le projet s’annonce pourtant titanesque : 2,1 millions de tonnes de roches seront extraites, broyées et traitées chaque année afin de produire les 34 000 tonnes d’hydroxyde de lithium qui serviront principalement à la fabrication de batteries électriques ; pour cela, quatre sites industriels seront nécessaires, répartis sur trois communes ; et l’ensemble des processus appellera, selon le maître d’ouvrage, une consommation de 1,2 million de mètres cubes d’eau par an. De quoi susciter, à minima, quelques questionnements environnementaux sur lesquels s’est construit un réseau local d’opposition.
Mais dans le village d’Échassières, cette mine d’importance européenne fait, en grande partie, l’objet d’un accueil favorable, comme nos enquêtes** respectives ont pu nous le dévoiler. « Je ne vois pas l’intérêt d’aller contre tout. Il faut avancer, on n’a pas le choix. On a quand même voté pour des personnes pour qu’elles prennent les décisions. Bah, on les respecte », affirme Xavier, 33 ans, technicien agricole. Il poursuit :
« De l’eau, il en faut pour tout. Une industrie, n’importe laquelle, consomme de l’eau. Je ne vois pas pourquoi eux [Imerys], ils n’auraient pas le droit. Ce qui compte c’est de ne pas faire n’importe quoi. »
Comme nous l’ont révélé les échanges et entretiens menés sur le terrain, cette adhésion majoritaire au projet d’extraction de lithium de la population d’Échassières ne peut se comprendre qu’en revenant sur l’histoire minière du territoire, qui a profondément marqué sa population.
Le passé minier
Depuis le XIXe siècle, le kaolin est extrait du granite de la Bosse au sein de plusieurs carrières. Au XXe siècle, à la veille de la Première Guerre mondiale, l’exploitation du tungstène se met en place à travers la Compagnie minière des Montmins et se poursuit jusqu’en 1962.
Kaolins James, autour de 1950. Archive famille Delange
Ces activités extractives permettent aux jeunes générations de familles paysannes d’accéder à de nouveaux emplois, industriels et souvent mieux payés, sans quitter leur village. « On était quand même avantagé avec le statut des mineurs » se souvient André, 95 ans, une des dernières personnes encore en vie à avoir travaillé à la mine de tungstène.
« On avait droit au chauffage, on avait droit à l’indemnité de transport, on avait droit à des avantages qu’il n’y avait pas trop dans d’autres sociétés », poursuit-il.
Sept bistrots, trois classes d’école, de nombreux commerces et huit cents habitants : l’époque de la mine résonne comme un âge d’or pour le village, qui compte aujourd’hui moitié moins d’habitants et plus qu’une seule classe d’école.
Avec l’agriculture, l’activité minière a fait vivre économiquement et socialement le village. Elle a intégré l’identité culturelle de ses habitants, comme l’atteste Sylvie, 83 ans, qui déclare « notre identité, c’est la richesse du sous-sol ». Le récit des travaux et des hauts-lieux de la mine (les galeries, les anciennes carrières, l’extraction, le transport, la laverie) a été transmis par les mineurs à leurs filiations, et l’ensemble de la population s’est approprié cet héritage.
Cette mémoire a engendré une vision locale de ce qu’est l’identité du territoire, centrée autour de la richesse minéralogique. Elle est partagée par les familles anciennes mais aussi par celles et ceux qui, arrivés plus tard, accueillent cette histoire – et les bénéfices qui en résultent.
Un musée vient couronner cette patrimonialisation, Wolframines, situé au sommet du massif de La Bosse, où on raconte et illustre la minéralogie du secteur et l’histoire de son exploitation. Echassières, janvier 2023. Valentin Caball, Author provided
Car l’exploitation minière a laissé un autre héritage à la commune : une certaine aisance financière permettant un dynamisme local. Grâce aux taxes professionnelles des différentes exploitations, la commune a pu investir dans l’achat des bâtiments des commerces et faciliter leur continuité. Néanmoins, la propriété foncière n’assure pas la pérennité de ces commerces ; elle dépend de la clientèle, c’est-à-dire du nombre d’habitants.
La ruralité en péril
Or, suite à la chute des cours du tungstène, la mine des Montmins ferme en 1962, produisant une forte baisse démographique de la population du village.
En parallèle des fermetures de la mine et de certaines carrières, la modernisation du monde agricole n’a pas aidé à retenir les populations actives dans les campagnes. La mécanisation de l’agriculture a réduit les besoins en main-d’œuvre ; l’agrandissement des exploitations a resserré le nombre de propriétaires. Des douzaines de familles paysannes que comptait Échassières dans la seconde moitié du XXe siècle, il n’en reste qu’un tiers environ.
Dans la campagne aux alentours d’Echassières, il n’est pas rare de croiser des corps de ferme abandonnés, vestige d’une époque où les familles paysannes étaient plus nombreuses. Echassières, février 2024. Valentin Caball, Author provided
Certes, Échassières, comme les autres communes voisines, accueille quelques nouveaux habitants, surtout depuis la pandémie de Covid-19, mais cela se fait au compte-goutte. La plupart d’entre eux viennent chercher en zone rurale le calme et la (re)connexion avec la nature qui manquent en ville, certains étant même engagés dans des projets de production écologique. Ces habitants se trouvent souvent du côté de ceux qui contestent le projet de mine de lithium.
« On voulait partir à contre-courant de ce monde, en se disant qu’on ne pourrait pas le combattre dans un milieu urbain. On s’est dit qu’ici [Echassières] on allait avoir une vie simple, plus proche de la nature. Et on se prend la grosse claque de se dire que ça va être l’endroit le plus pollué qu’on a choisi », explique Florence, 41 ans, installée récemment avec sa famille à Échassières après une vingtaine d’années passées dans une grande métropole.
Ce type de migration choisie, ainsi que l’activité touristique autour du patrimoine et du paysage montagneux locaux, pourraient être impactées si le projet de mine aboutissait.
Cependant, pour la plupart des Échassiérois et Échassiéroises, l’ouverture d’une nouvelle mine représente l’espoir de voir de nouvelles familles s’installer, qui feront vivre les commerces et inscriront leurs enfants à l’école. Imerys a de fait annoncé la création de 1 500 emplois dans l’Allier et le Puy-de-Dôme, dont plusieurs centaines localement. Une communication convaincante puisque, d’après les échanges que nous avons eu avec la population locale, l’envie de perpétuer la vie villageoise compte bien plus dans l’accueil optimiste du projet, qu’un espoir dans la transition énergétique et dans l’électrification de la mobilité. Ce groupe d’habitants relativise les inquiétudes environnementales suscitées par le projet.
Tous les matins, des habitants se réunissent au Ris Blanc, le café-restaurant du village. Pour la plupart, ils ont grandi à Echassières et y vivent toujours. Echassières, juin 2023. Valentin Caball, Author provided
Les contestations à la mine et l’autre héritage minier
Pourtant, le passé minier du village n’a pas seulement laissé comme trace celle d’une richesse relative, il a aussi confié aux habitants un autre héritage. Au Mazet, là où se situent les ruines de la laverie, les sols ont été sévèrement pollués à l’arsenic, selon un rapport émis par Géodéris. Par endroits, les taux de concentration sont sept fois plus élevés que le seuil prévu par la Haute Autorité de Santé. Une pollution qui persiste, soixante ans après la fermeture de la mine, pourtant minuscule en comparaison de celle à venir (en une cinquantaine d’années d’exploitation, la Compagnie minière des Montmins a produit 6000t de concentré de tungstène).
La Dune : un tas de résidus miniers chargés en arsenic. Il a été abandonné à la nature suite à la fermeture de l’ancienne mine de tungstène. Aujourd’hui d’une quinzaine de mètres, la Dune était autrefois deux à trois fois plus haute d’après les habitants du village. Elle a été en partie balayée par les vents. Echassières, novembre 2022. Valentin Caball, Author provided
Panneau à Saint Bonnet de Rochefort, juillet 2023. Violeta Ramirez, Author provided
Lors des rencontres de l’actuel Débat Public au sujet du projet EMILI, ces organisations, ainsi que d’autres du ressort national telle que France Nature Environnement, font entendre leurs craintes par rapport aux impacts environnementaux. Elles exigent des réponses en ce qui concerne la consommation d’eau, la pollution des sols, et la perturbation du sous-sol et du paysage ; et contestent également « la mine et son monde », c’est-à-dire, les besoins en lithium et la ruée minière résultant d’un mode de vie trop consumériste.
Rencontre du Débat public à Echassières le 26 mars 2024. Des représentants de la DREAL, de la Commission Nationale du Débat Public et d’IMERYS font face aux questions du public, principalement habitants d’Echassières et des communes autour. Violeta Ramirez, Author provided
Mais qu’il s’agisse des exploitations futures ou des exploitations passées, la vision dominante à Echassières met à distance la question des conséquences environnementales. Dans ce village, très peu sont celles et ceux qui évoquent spontanément les pollutions liées à l’ancienne mine de tungstène ; on préfère se remémorer cette période comme l’âge d’or du village ; quant au futur, on accepte plutôt facilement l’idée d’une mine réinventée et responsable. Toutefois, il est légitime de se demander si EMILI, le fer de lance du renouveau minier en France, permettra à son tour de préserver la vie villageoise ou, au contraire, la mettra en péril.
*Les prénoms ont été changés pour respecter l’anonymat des propos.
**Les auteurs ont mené, de manière séparée, des enquêtes de terrain à Echassières depuis le début de 2023 jusqu’à aujourd’hui. Violeta Ramirez a mené une enquête ethnographique filmée dans le cadre du projet de recherche TRAM du Labex ITTEM ; enquête qui a donné lieu au documentaire Transition sous tension (2024, 52 minutes). Valentin Caball a réalisé un photoreportage sur la culture locale de cet ancien bassin minier, duquel il a tiré sa série photographique « Wolfram, la bave du loup ».
À l’occasion des Rencontres économiques ce week-end à Aix en Provence, Sanda Ojiambo, Sous-secrétaire générale des Nations Unies en charge du Pacte mondial, a officiellement lancé en France Forward Faster, une initiative qui invite les entreprises à renforcer leur action en faveur du développement durable, en prenant des engagements ambitieux et mesurables dans cinq domaines prioritaires : Égalité des sexes, Action climatique, Salaire décent, Résilience à l’eau, Finance durable.5 guides d’action pour aller plus vite et plus loin !
Les Objectifs de développement durable ne sont pas sur la bonne voie
Adoptés en 2015 par l’ONU, les 17 Objectifs de développement durable des Nations Unies (ODD) mobilisent États, société civile et entreprises autour d’un Agenda commun pour les populations, pour la planète, pour la prospérité, pour la paix et par les partenariats.
Selon les derniers chiffres de l’ONU, l’atteinte des Objectifs d’ici 2030 est plus que menacée, seulement 17% des cibles des ODD étant sur la bonne voie. Les progrès sont minimes ou modérés sur près de la moitié des cibles. Pour un tiers d’entre elles, les objectifs stagnent voire régressent. L’impact de la pandémie du COVID-19, les conflits, tensions géopolitiques et les impacts du changement climatique ont en effet entravé la dynamique de progrès mondiale.
La confiance dans le secteur privé en tant qu’agent transformateur de la société demeure relativement forte. Cette confiance ne peut se développer si les employés sont confrontés à des conditions de travail précaires : les entreprises doivent s’engager à payer un salaire décent et à respecter et promouvoir les droits des travailleurs.
Sanda Ojiambo, Sous-secrétaire générale des Nations Unies et Directrice exécutive du Pacte mondial des Nations Unies
Forward Faster, pour accélérer la réponse du secteur privé au défi des ODD
Face à cette urgence, le Pacte mondial des Nations Unies a identifié cinq domaines prioritaires d’engagement sur lesquels les entreprises peuvent avoir un impact rapide et significatif : égalité des sexes, climat, salaire décent, résilience à l’égard de l’eau et finance durable.
L’initiative Forward Faster vise à inciter davantage d’entreprises à mettre en œuvre des mesures crédibles et ambitieuses, d’ores et déjà prises par 116 entreprises pionnières. À titre d’exemple, la France est le pays disposant du plus grand nombre d’entreprises engagées sur la thématique du salaire décent, avec Michelin, L’Oréal ou encore Danone.
Trois exemples d’engagements pionniers :
Avoir 100 % de leurs employés percevant un salaire décent d’ici à 2030 : 39 entreprises françaises
Se fixer des cibles d’émissions de CO₂ conformes à la trajectoire 1,5 °C : 96 entreprises françaises
Égalité des genres : verser un salaire égal pour un travail de valeur égale d’ici 2030 : 30 entreprises françaises
5 domaines d’action
Ces 5 domaines d’action ont été sélectionnés car ils ont le pouvoir d’accélérer les progrès dans l’ensemble des 17 objectifs de développement durable et sont ceux dans lesquels le secteur privé peut collectivement avoir l’impact le plus important et le plus rapide d’ici 2030.
Égalité des sexes
Au rythme actuel, il faudra plus de 169 ans pour parvenir à l’égalité des sexes en termes d’autonomisation économique et de participation des femmes.
Lorsque les femmes sont autonomisées et incluses, les économies se développent, les communautés prospèrent et les entreprises prospèrent.
Aujourd’hui, on estime que plus d’un milliard de travailleurs dans le monde – 1/3 de tous les travailleurs – gagnent moins que ce dont ils ont besoin pour pouvoir vivre décemment.
Garantir un salaire décent à l’ensemble de votre personnel réduit les inégalités et construit des chaînes d’approvisionnement plus résilientes.
À l’heure actuelle, plus de 2 milliards de personnes manquent d’eau potable. On estime qu’il y aura un écart de 40 pour cent entre l’eau disponible et la demande en eau d’ici 2030.
Renforcer la résilience à l’eau au sein de votre organisation peut améliorer les performances de l’entreprise et accélérer la croissance.
Je me réjouis que les entreprises françaises s’engagent avec conviction au sein de Forward Faster et que notre réseau se situe parmi les plus avancés dans l’initiative. Cette mobilisation démontre que le progrès économique peut – et doit – aller de pair avec la responsabilité sociale et environnementale. La pérennité économique des entreprises repose sur des sociétés justes et durables.
Nils Pedersen, Délégué général du Pacte mondial de l’ONU – Réseau France
Ça y est, c’est l’été ! Fini le « métro boulot dodo », bonjour les vacances et bienvenue à l’aventure sur les sentiers ! Les plus chanceux et chanceuses sont déjà en train de boucler leur sac à dos et d’empoigner leurs topos, prêts à arpenter les sentiers, à se reposer à l’ombre d’un arbre en mangeant une tranche de fromage. Ça tombe bien, Mon GR, le site de la randonnée itinérante nous rappelle quelques conseils pour randonner cet été tout en respectant l’environnement.
la randonnée est un sport de nature et qui dit sport de nature dit préservation de l’environnement et de la biodiversité !
Pour minimiser notre impact sur l’environnement, il est impératif de respecter quelques conseils simples et efficaces à mettre en œuvre :
Rester sur les sentiers balisés
Les bénévoles de la Fédération Française de Randonnée œuvrent toute l’année pour nous offrir un balisage tout neuf, facile à repérer et à suivre. Alors ce serait dommage de s’en priver ! Surtout que ces sentiers balisés sont réfléchis, pensés et conçus pour minimiser l’impact humain sur l’environnement.
En restant sur ces chemins, vous évitez de piétiner la végétation fragile et de perturber les habitats naturels des animaux.
Des fonctionnalités pour enrichir votre expérience rando !
Il est également possible de s’aider de cartes, topoguides ou applications de randonnée (par exemple MaRando…) mais assurez-vous que les applications sont bien à jour pour éviter de vous perdre. Et suivez en priorité le balisage !
Emporter ses déchets
Le mot d’ordre de tout randonneur : ne laisser aucune trace !
Il faut qu’on ne puisse pas savoir ni voir que vous êtes passés par là ! Alors pensez à ramasser vos déchets, même les trognons de pomme ou les noyaux d’abricot. Tous ces déchets nuisent à la faune et à la flore, et peuvent mettre des années à se décomposer.
Et n’hésitez pas non plus à ramasser des déchets si vous en trouvez sur votre chemin, la nature vous remerciera. On emballe le tout dans un sac réutilisable jusqu’à la prochaine poubelle et on continue son chemin !
Ne pas cueillir les fleurs ou les plantes
C’est très tentant, les fleurs sauvages et les plantes de montagne sont magnifiques et on peut être tenté d’emporter un petit souvenir de cette magnifique randonnée faite sur le GR®5 sous un soleil radieux. Mais les fleurs et les plantes font partie intégrante del’écosystème et certaines espèces peuvent être rares ou protégées. Les cueillir peut perturber l’équilibre écologique. Et le crédo du randonneur est : ne pas laisser de trace !
Alors si vous voulez garder un souvenir de ces superbes gentianes jaunes croisées sur votre chemin prenez une photo ou sortez votre carnet de randonnée pour la dessiner !
Respecter la faune
Cela va de soi, mais il vaut mieux parfois trop de rappels que pas assez :
les animaux que vous croiserez (peut-être) sur votre chemin peuvent être stressés par la présence humaine.
Les déranger peut perturber leurs habitudes alimentaires, de reproduction et de repos. Alors on les observe de loin, on ne les nourrit jamais et on évite de faire trop de bruit.
Bivouac et lacs
Quelques conseils pour tous les adeptes de bivouac :
Se renseigner en amont sur les lieux où il est possible et autorisé de faire du bivouac
Appliquer le principe du « ne pas laisser de trace »
Ne pas faire de feux de camp
Ne pas faire de bruit
Ne pas se baigner dans les lacs de montagne (c’est très tentant, ils sont magnifiques, mais comme pour les fleurs, vous les prenez en photos ou vous les dessinez dans votre super carnet de randonnée)
Ne pas laver sa vaisselle ou son linge dans les lacs de montagne
Utiliser des produits nettoyants les plus naturels possibles
Enfin à l’heure où les réseaux sociaux permettent de partager à tous et à toutes nos belles aventures sur les sentiers, et en ces périodes de fortes fréquentations des milieux naturels, évitez autant que possible de partager vos localisations pour éviter un afflux important de personnes au même endroit.
Si vous rencontrez un problème ou une anomalie sur votre chemin (défaut de balisage, arbre tombé, chemin bloqué), signalez-le sur le site ou l’application Suricate !
En adoptant ces gestes simples mais efficaces nous pouvons tous et toutes contribuer à la protection de l’environnement.
Alors empoignez vos sacs à dos et vos chaussures et partez à la découverte de toutes les richesses de la terre en faisant attention à elle !
Ces conseils ne sont pas exhaustifs ! N’hésitez pas à aller consulter la Charte du Randonneur ICIpour avoir encore plus de précisions sur la préservation de l’environnement pendant vos randonnées !
Promeneurs, randonneurs, vous pouvez rencontrer des chiens de protection dans les Pyrénées. Ce sont de gros chiens blancs qui montent la garde dans les troupeaux de moutons. D’origine pyrénéenne où ils sont appelés “pastous” (du vieux français “pastre”,berger), ils ont longtemps aidé les bergers à protéger leurs troupeaux. Ils font partie intégrante du patrimoine pastoral français.
N’hésitez pas également à aller faire un tour sur les sites des parcs naturels, vous y trouverez de nombreux conseils et informations sur ce qu’il est possible de faire ou pas pendant une randonnée !
Le logo Esprit parc national accompagné du nom du parc national est apposé sur les produits et services. Crédit : Olivier Debuf / OFBLe réseau des Parcs se constituent de 58 Parcs naturels régionaux. Cette carte interactive propose, en quelques clics, un tour de France de ces territoires pour mieux les comprendre et les connaitre.
Un appel à la mobilisation de toutes et tous pour battre l‘extrême droite lors des élections législatives des 30 juin et 7 juillet 2024 et porter ensemble des mesures concrètes de solidarité, d’égalité et de justice, à l’initiative de la LDH (Ligue des droits de l’Homme) et Cimade, Confédération française démocratique du travail (CFDT), Confédération générale du travail (CGT), Fédération des acteurs de la solidarité (Fas), Fédération des centres sociaux et socioculturels de France (FCSF), Fédération syndicale unitaire (FSU), Fondation Abbé Pierre (FAP), Greenpeace France, Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap), Oxfam France, SOS Racisme, Syndicat des avocats de France (Saf), Syndicat de la Magistrature (SM), Union nationale des syndicats autonomes (Unsa), Union syndicale Solidaires
Appel commun
Nous, syndicats et associations, avons décidé d’agir ensemble sur tous les territoires pour battre l‘extrême droite lors des élections législatives des 30 juin et 7 juillet 2024 et porter ensemble des mesures concrètes de solidarité, d’égalité et de justice. Nous en appelons à la mobilisation de toutes et tous.
La victoire des extrêmes droites aurait les mêmes conséquences dramatiques que celles qu’on a pu voir là où elles ont pu gouverner ou gouvernent. Aux Etats-Unis de Trump, dans la Russie de Poutine, la Hongrie de Orban, l’Argentine de Milei, la Pologne du PiS, l’Italie de Meloni, la liberté est piétinée, les droits ont été bafoués, les services publics et les politiques sociales, étranglés. Dans tous ces pays, la violence, la haine de l’autre ont remplacé les valeurs d’égalité, de solidarité, de fraternité.
Nous devons tout faire pour éviter que cela ne nous arrive.
Certes, la défaite des extrêmes droites ne suffira pas à garantir la mise en œuvre de politiques publiques répondant aux inégalités, injustices, et à l’urgence sociale et environnementale. Mais sa victoire en compromettrait radicalement la perspective.
La communauté 1% for the Planetappelle à voter pour le Vivant Afin d’alerter sur la place déterminante que la cause environnementale doit conserver dans les choix démocratiques, la tribune « Votons pour le Vivant« initiée par 1% for the Planet a déjà reçu plus de 500 signatures. Parmi les signataires, plus de 200 entreprises de toutes tailles et 182 associations françaises.
Le recul des droits, la régression des libertés auxquels nous avons assisté ces dernières années, les choix politiques tournant le dos au progrès social, la maltraitance des précaires, l’abandon des services publics, le mépris des mouvements sociaux d’ampleur, comme le combat contre la réforme des retraites, constituent le terreau sur lequel l’extrême droite a prospéré.
Battre l’extrême droite dans les urnes, combattre son projet raciste doit se conjuguer à l’émergence d’un changement profond, de ruptures sociales et écologiques et d’effectivité des droits.
Il est donc crucial que chacune et chacun trouve dans l’exercice électoral le prolongement des mobilisations et aspirations communes. Une réponse de l’ensemble des forces politiques considérant que les droits sont les mêmes pour toutes et tous est indispensable.
Greenpeace soutien le Nouveau Front Populaire Élections législatives : notre futur se joue maintenant ! « L’extrême droite, une menace ultime pour notre avenir »
Nous, syndicats et associations, serons exigeants pour que les réponses que nous portons pèsent aujourd’hui et demain dans un dialogue social et civil effectif.
Dans la société que nous voulons, la liberté, l’égalité, la démocratie, la solidarité et l’État de droit ne sont pas des mots vides de sens mais les principes mêmes qui organisent notre vie commune, notre avenir commun. Sur ces bases, face aux tenants de la haine, du racisme, de l’antisémitisme, du sexisme, de la LGBTQI+phobie, de la régression sociale, et de la destruction du vivant : des alternatives de rupture sont nécessaires.
Ensemble, nous en appelons à la mobilisation citoyenne. Sans attendre, nous appelons à participer dès ce week-end à toutes les manifestations partout en France.
Un appel à l’initiative de la LDH (Ligue des droits de l’Homme) et Cimade, Confédération française démocratique du travail (CFDT), Confédération générale du travail (CGT), Fédération des acteurs de la solidarité (Fas), Fédération des centres sociaux et socioculturels de France (FCSF), Fédération syndicale unitaire (FSU), Fondation Abbé Pierre (FAP), Greenpeace France, Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap), Oxfam France, SOS Racisme, Syndicat des avocats de France (Saf), Syndicat de la Magistrature (SM), Union nationale des syndicats autonomes (Unsa), Union syndicale Solidaires
Autres signataires :
AC ! Agir ensemble contre le chômage, ActionAid France, Action catholique ouvrière, Action contre la faim, Action Justice Climat, Action non-violente COP21 (ANV-COP21), Accueil coopération insertion pour les nouveaux arrivants (Acina), Accueil des migrants (Ami) au pays de Pouzaugues, Accueil Montauriol, Agir pour la réinsertion sociale 95 (ARS95), Agir pour l’environnement, Ahlis 46, Alerte des médecins sur les pesticides, Alice Guy production, Alliance des associations intermédiaires Occitanie, Alliance citoyenne Justice ensemble, Alliance des femmes pour la démocratie, Alternatiba, Alynea – Samu social 69, Amitié et coopération France-Cameroun, Anef Provence, Animafac, Antony Terre Citoyenne, APF France handicap, Apige, Archipel de l’écologie et des solidarités, Asile Asso, Arc Essentiel, Association Abraham Mazel, Association Accompagnement Recherche Education Solidarité (AARES), Association d’accueil des demandeurs d’asile de Mulhouse, Association Arto, Association Ay Carmela, Association Causons, Association contre le colonialisme aujourd’hui (ACCA), Association de défense des droits de l’Homme au Maroc (Asdhom), Association de défense de l’environnement de Migné-Auxances (Adema), Association Espace Femmes Geneviève D., Association des femmes de l’Europe méridionale (Afem), Association femmes, Association française des infirmier(e)s de cancérologie, Association française des juristes démocrates (AFJD), Association France-Palestine Solidarité (AFPS), AFPS 46, Association internationale de recherche en didactique du français (AIRDF) – section française, Association des Marocains en France (AMF), Association montalbanaise d’aide aux réfugiés (Amar), Association mortainaise d’accueil et d’aide aux réfugiés, Association nationale des personnels de l’action sociale en faveur de l’enfance et de la famille (Anpase), Association nivernaise d’accueil et de réinsertion (Anar 58), Association Pacco, Association de parrainage républicain des demandeurs d’asile et de protection (Apardap), Association Porte accueil RHP, Association de prévention spécialisée nationale (APSN),Association des professeurs d’histoire-géographie (APHG), Association de promotion des cultures et du voyage, Association nationale d’assistance aux frontières pour les personnes étrangères (Anafé), Association nationale des villes et territoires accueillants (Anvita), Association pour l’accueil des travailleurs et des migrants (AATM), Association pour la reconnaissance des droits des personnes homosexuelles et trans à l’immigration et au séjour (Ardhis), Association de sauvegarde et de la protection de l’environnement de Coussay-les-Bois et sa région thermale (ASPECT), Association de solidarité avec tous les immigrés (Asti) Aix-en-Provence, Association pour le tourisme équitable et solidaire (Ates), Association des travailleurs maghrébins de France (ATMF), Association Tissé Métisse, Association Touselle, ATD Quart Monde, Ateliers Spire Création, ATMF Gennevilliers, Attac, Attac Flandre, Attac Rennes, Audacia, Autres Brésils, Autremonde, Avocats pour la défense des droits des étrangers (ADDE), Banta, Bellidée, Benevolt, Bio Consom’acteurs, Cap Ose, CARE France, Carrefour citoyen de Venelles et du pays d’Aix, Carton plein, Cant’Orbrie, Centres d’entrainement aux méthodes d’éducation active (Cemea), Cemea Ile-de-France, Cent pour un toit Oise, Centre Primo Levi, Centre social et culturel du pays corbigeois, Centre socioculturel Etincelles, Centre de recherche et d’information pour le développement (Crid), Centre social de Pouilly, Cercle Condorcet de Paris, Cercle de silence de Tours, Chaîne de solidarité du Mortainais, Chrétiens-migrants, CliMates, Club de prévention d’Epernay, Coalition Eau, CoLi’Brie, Collectif Accès aux droits, Collectif AGIR du pays d’Aix, Collectif des associations citoyennes (Cac), Collectif aubois de lutte contre les extrêmes droites, Collectif catholique P.A.I.X, CCFD-Terre Solidaire, Collectif Changer de cap, Collectif citoyen chatenaisien, Collectif citoyen de Jouques, Collectif Droits des femmes et plus 14, Collectif inter-urgences, Comité d’action et de promotion sociales (Caps), Comité d’amis Emmaüs 43, Comité ivryen pour la santé et l’hôpital public, Collectif national droits de l’Homme Romeurope, Collectif NousToustes31, Collectif saint-lois d’aide aux migrants, Comité Palestine 47 AFPS, Comité pour les relations nationales et internationales des associations de jeunesse et d’éducation populaire (Cnajep), Comité pour le respect des libertés et des droits humains en Tunisie (CRLDHT), Comité Marche du 23 mai 1998 (CM 98), Comité pour la santé des exilés (Comede), Commerce équitable France, Confédération internationale solidaire et écologiste (Cise), Confédération nationale du logement (CNL), CNL Val de Marne, Confédération paysanne, Confédération syndicale des familles (CSF), Conseil départemental des associations familiales laïques 70 (CDAFAL 70), Conseil national des associations familiales laïques (Cnafal), Conseil national de la nouvelle résistance (CNNR), Construire ensemble la politique de l’enfance (CEP-Enfance), Convergence de défense et développement des services publics, Convention pour la 6° République (C6R), Coop 5 pour 100, Coordination antifasciste pour l’affirmation des libertés académiques et pédagogiques (Caalap), Coordination française pour le lobby européen des femmes (Clef), Coordination mobile accueil orientation Lille Métropole (CMAO), Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité, Coordination nationale Pas sans nous, Coordination solidarité exilés 14, Copainville, Culture de Palestine, Culture XXI, Cultures du cœur 82, Dédale 33, Défense des enfants international – France (DEI-France), Droit au logement (Dal), Droits ici et là-bas (Diel), Droits d’urgence, Ecofestival Ca marche Parthenay, Ecrivaines et écrivains associés du Théâtre Atlantique (EAT-Atlantique), Elena France, Employeurs du lien social et familial (Elisfa), Emmaüs Connect, Emmaüs International, Emmaüs France, Emmaüs Angoulème-Cognac-Confolens, Emmaüs Bussières et Pruns, Emmaüs CEP, Emmaüs Charente, Emmaüs Lespinassière, Emmaüs de la Mayenne et du castelbriantais, Emmaüs Niort-Prahecq, Emmaüs Peupins, Emmaüs Pontivy, Emmaüs Roya, Emmaüs Ruffec, Emmaüs St-Paul-lès-Romans, Emmaüs Solidarité, Enercitif, Enfance et musique, Enfance Réseau Monde/Services (ERM/S), Espace de soutien aux professionnels de l’accueil et du conseil aux étrangers (Espace), Etincelles, Ethnoart, Exod, Experts-Solidaires, Extinction Rebellion France, Fas Bretagne, Fas Paca Corse, Fas Pays de la Loire, FCSF du Bas-Rhin, FCSF de la Réunion, Fédération Addiction, Fédération Artisans du monde, Fédération des associations générales étudiantes (Fage), Fédération des mutuelles de France, Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR), Fédération Etorkinekin Diakité, Fédération indépendante et démocratique lycéenne (Fidl), Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), Fédération nationale d’agriculture biologique, Fédération nationale des arts de la rue, Fédération nationale des Centres d’information sur les droits des femmes et des familles (CIDFF), Fédération nationale des associations solidaires d’action avec les Tsiganes et les gens du voyage (Fnasat-Gens du voyage), Fédération nationale des Francas, Fédération nationale de la libre pensée (FNLP), Fédération nationale des Samu sociaux (FNSS), Fédération régionale des maisons des jeunes et de la culture Bretagne – Pays de la Loire, Fédération Santé Habitat, Fédération sportive et gymnique du travail (FSGT), Femmes Egalité, Femmes plurielles, Foodwatch France, Fondation Copernic, Fondation Danielle Mitterrand, Fondation des femmes, Foyer Accueil chartrain, Français Langue d’accueil (FLA), France Amérique latine, France Fraternités, France Libertés Gironde, France Nature Environnement, France terre d’asile, Frères des Hommes, Futurs composés – réseau national de la création musicale, Génération équitable, Générations Futures, Generation for rights over the world (GROW), Golem, Grains de pollen, Groupe associatif PoleS, Groupe d’information et de soutien des immigré-es (Gisti), Groupe de recherche pour l’éducation et la prospective de Midi-Pyrénées (Grep MP), Habitat alternatif social, Halte à la N !, Halte aux marées vertes, HES LGBTI, Home, Home Protestant, Hospitalité chinonaise aux migrants, Hôtel social 93, Humacoop-Amel France, Human Dignity, Humanity Diaspo, Hydraulique sans frontières (HSF), Ingénieurs sans frontières France, Interlogement 93, Institut coopératif de l’école moderne (Icem) – Pédagogie Freinet, Institut EgaliGone, Jardin de cocagne nantais, Joli monde formation, Juives et Juifs révolutionnaires (JJR),JRS France, Kimbé Rèd F.W.I., Kodiko, Kolone, Kynarou, L’Assemblée citoyenne des originaires de Turquie (L’Acort), L’économie sociale partenaire de l’école de la République (L’Esper), L’Esprit de Barbara, L’Etape, La Boussole, La compagnie du 20e, La Communauté ivoirienne de la Grèce, La Cloche, La Jeune Garde, La main tendue, La maison clinquante, La Ressourcerie de Bièvre Valloire, Latitude Marionnette, Le Cercle Besançon, Le Frene, Le Lierre, Le Maillon, Le Mouton numérique, Le Mouvement de la paix, Le Mouvement des régies, Le Plessis tiers lieu-commun culturel et humaniste, Les amis de la Terre France,Les amoureux au ban public, Les convivialistes, Les eaux vives – Emmaüs, Les invités au festin, Les libres apprentis-sages de la vie, Les midis du Mie, Les petits débrouillards, Les petits débrouillards Grand Est, Les petits débrouillars Grand Ouest, Les petits débrouillards Nouvelle-Aquitaine, Les Pétrolettes, Les Poussières, Ligue de l’enseignement, Ligue de l’enseignement – Fédération de l’Isère, Ligue de l’enseignement – FOL 93, Ligue des femmes iraniennes pour la démocratie (LFID), Livre Passerelle, L’Union étudiante, MAHRA – Le Toit, Maison de la pédagogie de Mulhouse (MPM), MAPEmonde, Médecins du Monde, Mémoire de l’Espagne républicaine et résistante du Gers (Merr32), Migraction 59, Min’ de rien 86, MADERA, Moins vite !, Monde d’après monde d’avance (Mama), Mouvement pour l’accompagnement et l’insertion sociale (Mais), Mouvement pour une alternative non-violente (Man), Mouvement national Le CRI, Mouvement national lycéen 53, Mouvement du Nid, Mouvement Utopia, Mrap Roubaix – Hem – Wattrelos, Mutuelle des pays de Vaucluse, Négawatt, Nous voulons des coquelicots Grand Châtellerault, Observatoire international des prisons – section française (OIP), Ocellia, Oiseau Bleu, Oppelia, Paris Collectif, Paris d’exil, Pascalnet, Pas de bébés à la consigne, PasserElles buissonnières, Pantin solidaire, Patience et espoir 13, Patron.nes solidaires, Peuple et culture, People’s Health Movement France, PLACE Network, Planning familial du Nord, Plateforme des ONG françaises pour la Palestine, Polaris 14, Pollinis, Projet internet et citoyenneté (Le Pic), Provence Mémoire mouvement ouvrier (Promémo), Quartiers du monde, Queers uni.e.s de Bretagne (QuB), Rassemblement citoyen Viva – Nice, Refuges solidaires, Relais Ozanam, Réseau Cocagne, Réseau associatif pour le développement et la solidarité internationale Nouvelle-Aquitaine (Radsi NA), Réseau d’actions contre l’antisémitisme et tous les racismes (Raar), Réseau éco-syndicaliste (Res), Réseau Education sans frontières (RESF), RESF 44, Réseau étudiant pour une société écologique et solidaire (Reses), Réseau euro-maghrébin citoyenneté et culture (REMCC), Réseau Euromed France (Ref), Réseau Louis Guilloux, Réseau national cultures et éducation (RNCE), Réseau national des ressourceries et recycleries, Résister aujourd’hui, Ressources / Le grenier, Retirada 37, Revivre, Ripostes – Pour une coordination antifasciste, Romeurope 94, Roya citoyenne, Samu social 14, Secrets toxiques, Sens du service public, Sillages, Solagro, SOL – Alternatives Agroécologiques et Solidaires, Solidarité Laïque, Soliha, SOS MCS, SOS Refoulement Dijon, Soupes et bobines, Saint-Denis LGBTQI+, Syndicat national de l’ensemble des personnels de l’administration pénitentiaire-FSU Ile-de-France (Snepap-FSU IDF), Syndicat national des journalistes (SNJ), Syndicat national des médecins de PMI (SNMPMI), Syndicat national lycéen (SNL), Syndicat national unitaire des assistants sociaux de la fonction publique-FSU (Snuasfp-FSU), Syndicat national unitaire des instituteurs, professeurs des écoles et PEGC-FSU (SNUipp-FSU), Syndicat unitaire des personnels des administrations parisiennes-FSU (Supap-FSU), Syndicat national unitaire des personnels de direction de l’Education nationale 33 (Snupden 33), Terre de liens, Terre de Milpa, Terres de mémoire et de luttes, Tous migrants, Tunisie culture et solidarité, Une autre voix juive (UAVJ), Union des étudiants exilés (UEE), Un jour la paix, Union juive française pour la paix, Union nationale des étudiants de France (Unef), Union nationale interfédérale des œuvres et organismes privés non lucratifs sanitaires et sociaux (Uniopss), Union syndicale lycéenne (USL), Union syndicale de la psychiatrie, Unis pour le climat et la biodiversité, Université & Réfugié.e.s, Utopia 56, Val d’Oise insertion par l’économique (Voie 95), Vigilance et initiatives syndicales antifascistes (Visa), Volya, VoxPublic, YES Akademia, Zero Waste France, #jesuislà, 4D – Dossiers et débats pour le développement durable
Les organisations qui souhaitent signer l’appel “Ensemble, contre l’extrême droite” peuvent remplir ce formulaire.
Défendre et réinventer la démocratie par le bas pour opérer une transformation écologique et sociale de notre société Avec la coopérative des assemblées citoyennes et communes participatives
Dans le monde professionnel, la première impression est souvent cruciale. Les cartes de visite sont un outil essentiel pour établir cette connexion fondamentale avec un client ou un partenaire potentiel. Un design soigné et réfléchi peut faire toute la différence, en renforçant votre image de marque et en communiquant efficacement vos valeurs.
Pour maximiser l’impact de ce petit instrument, il est crucial de prendre en compte plusieurs aspects du design. De la compréhension de l’identité de votre marque à la sélection des matériaux, chaque détail compte. Découvrez comment concevoir des cartes de visite qui captivent et laissent une impression durable.
Comprendre l’identité de votre marque
Avant de commencer la conception de vos cartes de visite, il est essentiel de bien comprendre l’identité de votre marque. Définissez clairement les valeurs et la mission de votre entreprise. Cette compréhension vous aidera à créer un produit cohérent avec l’ensemble de vos supports marketing.
Par exemple, si votre entreprise met l’accent sur la durabilité et l’écoresponsabilité, votre carte de visite devrait refléter ces valeurs. Vous pourriez choisir des matériaux recyclés ou des papiers certifiés. De même, l’utilisation de couleurs et de motifs naturels peut renforcer cette image.
Cartes de visite écologiques en papier recyclé
Sélectionner des matériaux durables
Le choix des matériaux et des finitions joue un rôle important dans la perception de la qualité d’une carte de visite. Opter pour des solutions durables peut non seulement améliorer la perception de votre entreprise en termes de qualité, mais aussi refléter un engagement envers des pratiques écologiques.
Dans ce cas, Easyflyer (www.easyflyer.fr), une entreprise leader dans l’impression en ligne, propose une vaste gamme de cartes de visite personnalisées avec des options écologiques, offrant ainsi une option parfaite pour les entreprises attentives à leur empreinte environnementale.
Quant aux finitions, différentes options peuvent ajouter une touche d’élégance et de sophistication. Le vernis sélectif, par exemple, permet de mettre en valeur certains éléments visuels ou textuels en leur donnant une texture brillante, tandis que le gaufrage crée un effet de relief qui peut rendre votre carte de visite unique et mémorable.
Choisir les couleurs adéquates et les polices de caractères
Également, la sélection des couleurs et des polices de caractères est un élément crucial du design de votre carte de visite. Les teintes choisies ont leur propre psychologie et peuvent influencer la perception de votre entreprise. Par exemple, le bleu est souvent associé à la confiance et à la fiabilité, tandis que le vert évoque la nature et la sérénité.
En ce qui concerne les polices de caractères, la lisibilité est primordiale. Choisissez des typographies claires et évitez les styles trop fantaisistes qui pourraient nuire à la lecture. Optez pour un équilibre entre des typographies classiques et modernes, en fonction de l’image que vous souhaitez projeter.
Utiliser des images et des visuels
Enfin, les images et les visuels peuvent ajouter une dimension esthétique attrayante à votre carte de visite. Intégrez des éléments visuels tels que votre logo, des icônes ou même des photos pertinentes. Il est crucial de s’assurer que ces éléments sont de haute résolution pour garantir une impression de qualité.
Un design équilibré entre texte et images permettra de capter l’attention sans surcharger la carte. Ce qui est sûr, en tout cas, est qu’investir dans un design de qualité est un moyen efficace de se démarquer et de laisser une impression durable.
Adopter un chiot est un engagement à long terme et une responsabilité quotidienne. Craquer sur une boule de poil adorable ne doit pas faire oublier qu’une relation harmonieuse entre un chien et ses « maitres » se construit et nécessite une éducation. Comme pour les humains, dont les enfants doivent apprendre à vivre en société avec leurs semblables, l’éducation canine est indispensable pour que votre chien apprenne à respecter vos règles et s’épanouisse à vos côtés. Autorité hiérarchique, ‘dressage’ et punitions ou respect mutuel et système de récompenses pour une relation de confiance ?
Dans un article surla récompense du chien1, écrit avec les conseils d’esprit Dog, on apprend que l’éducation canine est jugée indispensable par 95% des Français, selon une étude CSA réalisée en 2022.
Qu’est-ce que l’éducation canine ?
Avoir unchien digne de confiance, susceptible de vous accompagner partout où ce n’est pas interdit, capable de rester calme et discret malgré les innombrables sollicitations extérieures auditives, olfactives ou visuelles, nécessite une éducation.
Une éducation qui doit s’initier dès l’arrivée du chiot dans votre foyer. L’avis d’Esprit Dog : « Pour que votre chiot puisse grandir de manière sereine, il faut qu’il sache que vous êtes fiable et qu’il peut vous faire confiance. C’est pour cela que, dès les premiers jours, votre animal doit comprendre ce qu’il a le droit de faire et de ne pas faire« .
Même les chiens adoptés à l’âge adulte peuvent apprendre de nouvelles règles, même si c’est souvent plus long, dès lors qu’ils changent d’environnement.
Le choix de l’éducation canine va dépendre directement de la volonté de ses maîtres. Devra-t’il respecter « assis », « coucher », « pas bouger » ou avoir des comportements compatibles avec votre vie quotidienne : ne pas sauter sur les gens, ne pas aboyer, accepter la solitude ?
En ville, c’est la marche en laisse et le rappel que votre animal de compagnie devra apprendre en premier lieu. Habituer très tôt votre chien à être en voiture ou dans les transports en commun vous permettra de l’emmener presque partout.
A la campagne, un chien destiné à vous accompagner à la chasse, en ballade ou libre d’aller et venir à sa guise devra apprendre la propreté et le respect des règles indispensables à sa sécurité et celle des autres vivants, humains et non-humains.
Dans un jardin en zone urbaine ou rurale, votre chien a un besoin essentiel d’interactions avec l’extérieur. Les sorties lui permettent d’être confronté aux autres humains ou animaux, de découvrir des odeurs inconnues, des situations nouvelles. Cette socialisation est capitale pour son équilibre et bien-être, autant que pour celui de ses maitres.
Comment bien éduquer son chien ?
Les chiens sont devenus des membres à part entière de la famille. Attention toutefois à ne pas laisser l’anthropomorphisme l’emporter sur la raison, en élevant votre chien comme un enfant et en lui parlant comme à un bébé.
L’éducation canine réussie demande au maître d’y participer activement, en apprenant à faire preuve de qualités essentielles :
– La patience : ne pas vouloir tout tout de suite. L’apprentissage a besoin de temps pour être acquis.
– La bienveillance : la contrainte n’est pas une base éducative Votre chien apprendra de ses « erreurs ». Féliciter un bon comportement produit de meilleurs résultats que punir les mauvais.
– La régularité : les chiens ne peuvent rester attentifs très longtemps. 10 à 15 minutes tous les deux jours seront plus efficaces que deux heures une fois par semaine.
– La compréhension : connaître et comprendre son animal est la base d’une bonne éducation. Nos compagnons canins sont très attentifs, ressentent nos émotions, mais ne peuvent pas comprendre le sens d’un mot.
– La justesse : féliciter votre compagnon doit suivre impérativement la réalisation de l’action demandée.
– La reconnaissance : pour une éducation réussie, basée sur la confiance et le respect, il vous faut reconnaître ses efforts et progrès.
Dressage ou éducation canine ?
Le « dressage » consiste à privilégier la hiérarchie et la domination en ayant recours à la punition. Une méthode d’éducation souvent perçue comme coercitive et dont la connotation est de plus en plus perçue comme négative.
L’éducation positive est une approche venue des pays anglo-saxons, basée sur l’échange, la prise en compte des besoins de l’animal, la récompense des bonnes actions et l’ignorance de celles indésirables.
Elle a pour but de motiver le chien, par le jeu et la récompense. Compliments, félicitations, caresses peuvent être alternés avec des friandises.
Si vous parvenez à être ferme et sans brutalité, verbale ou physique, cohérent et patient, alors votre animal apprendra plus facilement avec l’éducation positive que par la contrainte.
Tous les chiens ne sont pas faciles et certains demandent d’avoir une main de fer dans un gant de velours. Plutôt que commettre des erreurs qui peuvent conduire par la suite à des troubles du comportement, des attitudes gênantes ou des difficultés à vous faire obéir, il est possible de demander conseil aux professionnels, vétérinaires ou comportementalistes.
Il existe une formation pro esprit dog pour devenir un bon éducateur canin.
Récompense ou punition ?
La friandise est sans doute la récompense que votre compagnon préfère ! A utiliser avec modération sinon il pourrait devenir difficile d’obtenir quoi que ce soit sans y avoir recours. Et question de santé, la parcimonie vous évitera de favoriser sa prise de poids excessive.
Plusieurs modes de récompenses peuvent être utilisés en alternance : les caresses, les compliments, les félicitations. Utilisez l’intonation de votre voix et l’expression de votre visage pour marquer votre reconnaissance.
Concernant la punition liée à un mauvais comportement, elle n’est possible et utile que si vous le prenez sur le fait. Il est inutile et même contreproductif de le réprimander si à votre retour il a mangé une paire de chaussures ou fait ses besoins dans la maison.
Les conseils d’Esprit Dog concernant les 3 punitions à ne jamais faire subir à son chien :
Le C3D, Collège des Directeurs du Développement Durable, vient de publier une enquête révélatrice sur l’impact anticipé de la CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) sur les entreprises françaises. Après 6 mois d’application de la directive européenne, qu’en pensent les entreprises interrogées ? Les résultats sont frappants : 70% des dirigeants voient la directive comme un moteur de changement, et 72% anticipent un impact sur leur modèle d’affaires.
Qu’est-ce que la CSRD ?
Applicable depuis le 1er janvier 2024, la directive européenne Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD) fixe de nouvelles normes et obligations de reporting extra-financier. Elle concerne les grandes entreprises et les PME cotées en bourse.
Applicable depuis le 1er janvier 2024, qu’est-ce que la directive CSRD ?
Les objectifs de la directive CSRD
L’objectif de cette directive est d’encourager le développement durable des entreprises et d’identifier celles qui sont disciplinées en la matière. Les informations récoltées permettront de mieux évaluer l’impact de l’entreprise et de son activité sur l’environnement.
Quelles sont les informations à fournir ?
Le reporting extra-financier porte sur les données ESG (Environnementaux, Sociaux et Gouvernance) de l’entreprise. Il s’agit :
des facteurs environnementaux : atténuation et adaptation au changement climatique, biodiversité, utilisation des ressources… ;
des facteurs sociaux : égalité des chances, conditions de travail et respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales… ;
des facteurs de gouvernance : rôle des organes d’administration, activités de lobbying, gestion des relations avec les partenaires commerciaux…
Les informations communiquées par l’entreprise doivent être certifiées par un commissaire aux comptes ou par un organisme tiers indépendant accrédité.
« La CSRD n’est pas qu’un simple exercice de reporting, c’est un véritable catalyseur de transformation pour les entreprises. Le vrai défi réside dans la mise en œuvre concrète de ces changements. Les entreprises doivent non seulement collecter et rapporter des données, mais aussi les intégrer dans leur stratégie globale. C’est là que l’accompagnement et les outils adaptés deviennent cruciaux pour transformer cette obligation réglementaire en opportunité de création de valeur durable. »
Solène Garcin-Charcosset, Directrice de la Business Line RSE de Tennaxia
Que révèle cette enquête sur la CSRD ?
Cette première enquête, menée entre février et mars 2024 auprès de 85 représentants d’entreprise, dont des membres du C3D, porte sur la CSRD et ses premiers mois d’application. Elle permet de dresser un panorama complet de la situation des entreprises face à cette nouvelle réglementation, d’avoir une vue d’ensemble et de partager des éléments objectifs sur la situation au sein des organisations soumises à cette directive.
CSRD : pourquoi est-ce important ?
La Directive CSRD vise à harmoniser les pratiques de reporting ESG des entreprises, afin d’améliorer la comparabilité de leur performance extra-financière. La CSRD est plus qu’un reporting. Ce n’est pas non plus un exercice de conformité. C’est un exercice de management et d’estimation des coûts que la transition environnementale et sociale implique pour les entreprises. Elle permet d’entrer dans le dur, de se poser les questions de fonds si nécessaires à la construction de modèles durables.
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