Distinguer une étude scientifique sérieuse d’une pseudo-étude, ce n’est pas toujours simple. Entre articles sensationnalistes, résultats contradictoires et conflits d’intérêts bien cachés, difficile de s’y retrouver. La BD de Marine Joumard apporte des clés essentielles pour démêler le vrai du faux et mieux comprendre la fiabilité des études scientifiques.
Avec humour et pédagogie, elle nous guide à travers les étapes clés pour évaluer la fiabilité d’une étude
Les étapes clés pour évaluer la fiabilité d’une étude
✔️ La source : est-ce une revue scientifique reconnue ? Les revues sérieuses passent par l’évaluation par les pairs, où d’autres experts vérifient la qualité de l’étude avant publication. Attention aux revues pseudo-scientifiques qui ne suivent pas ce processus rigoureux.
✔️ Les auteurs : qui sont les auteur·e·s ? Sont-ils affiliés à des universités ou instituts de recherche crédibles ? Leur expertise dans le domaine est un bon indicateur de la fiabilité de l’étude.
✔️ La méthodologie : l’échantillon est-il représentatif de la population étudiée ? Une étude sur 10 personnes ne donnera pas les mêmes conclusions qu’une étude sur 10 000. La rigueur méthodologique est essentielle pour des résultats solides.
✔️ La reproductibilité : d’autres chercheurs ont-ils reproduit l’étude avec des résultats similaires ? La reproductibilité est un pilier de la science, même si elle est difficile à vérifier pour le grand public.
✔️ Les conflits d’intérêts : l’étude est-elle financée par une entreprise qui pourrait en tirer profit ? Par exemple, une étude sur les bienfaits d’un produit financée par son fabricant doit être prise avec des pincettes.
✔️ La cohérence des résultats : les conclusions correspondent-elles aux données présentées ? Une marge d’erreur élevée ou des résultats trop spectaculaires doivent alerter.
✔️ La réception par les pairs : L’étude a-t’elle été commentée ou citée dans d’autres travaux de recherche ? Garder à l’esprit que la recherche évolue et les nouvelles découvertes remettent en question les précédentes.
Savoir distinguer une étude rigoureuse d’une pseudo-science est central sur les enjeux environnementaux. Développer un regard critique sur les sources d’information est essentiel.
Former les citoyens à l’analyse des données scientifiques, c’est leur donner les moyens de prendre des décisions éclairées et d’agir en connaissance de cause. Une compétence clé pour une transition écologique fondée sur des faits, et non sur des approximations.
Cette BD est un outil précieux pour renforcer cette culture du doute constructif et de la rigueur scientifique. À diffuser largement !
L’Autorité des Normes Comptables publie une contribution à la réflexion sur la connectivité entre les informations financières et de durabilité en lien avec les enjeux climatiques : quelles cohérence et complémentarité attendre des informations présentées dans l’état de durabilité (normes ESRS) et les états financiers (normes IFRS ou normes françaises) ?
Pourquoi cette contribution à la réflexion ?
L’objectif est de mieux comprendre l’articulation entre ces deux piliers de l’information des entreprises afin d’accompagner les parties prenantes dans l’appropriation de ces sujets complexes et évolutifs.
Cette contribution est pédagogique et ne présente pas de caractère normatif. Elle a été préparée par un groupe de travail de l’ANC, rassemblant des experts du reporting financier, du reporting de durabilité et des enjeux climatiques.
Cette contribution à la réflexion présente l’articulation et les synergies attendues des informations présentées dans l’état de durabilité (normes ESRS) et les états financiers (normes IFRS ou normes françaises).
Le rapport aborde les points suivants :
✅ Un décryptage des exigences ESRS sur les effets financiers des enjeux climatiques et des principes applicables aux états financiers (IFRS et normes françaises) sous forme de questions-réponses pédagogiques
✅ Des courtes études de cas sectorielles illustrant les effets des risques physiques et de transition
✅ Des pistes de réflexion pour les entreprises et les autorités sur l’amélioration de la connectivité
L’ANC participe à l’appropriation des normes de durabilité en diffusant des guides pédagogiques, en organisant des webinaires et en intervenant lors d’évènements.
Évaluation des risques climatiques et de la résilience
Enjeux climatiques : Quels liens entre les états financiers et l’état de durabilité ?
Contribution à la réflexion de l’Autorité des Normes Comptables
Pourquoi ne fait-on rien (ou si peu ?) face à l’ampleur des risques environnementaux ? Un ouvrage collectif liste 101 obstacles aux changements nécessaires pour la sauvegarde de notre espèce comme du vivant.Dans cet extrait du Manuel d’un monde en transition(s) (éditions de l’Aube, 2025), la professeure associée en transition écologique et entrepreunariat social Fanny Verrax nous parle du biais cognitif de « statu quo » et appelle à un changement d’échelle comme de référentiel pour le surmonter.De plus le changement climatique, l’effondrement de la biodiversité ou l’acidification des océans n’ont pas débuté hier et ne s’arrêteront pas demain. Alors pourquoi parler de crise environnementale ou climatique ? La réponse de Nataly Botero, Enseignante-chercheure en sciences de l’information et de la communication à l’Université Paris-Panthéon-Assas pour The Conversation France.
Deux personnes devant une route inondée dans l’État du Queensland, Australie (juin 2023). Frozygraphie/Shutterstock
Est-ce vraiment pertinent de parler de « crise climatique » ou de « crise écologique » ?
C’est devenu un lieu commun pour parler de tous les ravages liés à l’environnement, à la biodiversité ou au changement climatique : « crise ». Mais ces cinq lettres passent souvent sous silence le temps long des bouleversements actuels, leurs causes, leurs complexités, et réduisent nos réponses possibles.
Crise économique, sanitaire, migratoire, démographique et désormais écologique : nous vivons dans une société « crisophile ». La « crise » devient un prêt-à-penser et un lieu commun. Cette manière d’envisager les difficultés majeures auxquelles sont confrontées nos sociétés demeurent de fait un parti-pris spécifique, mais aussi peut-être problématique.
De fait, la définition même de la crise renvoie à une période critique mais passagère, avec un début et une fin. Or, les bouleversements écologiques qui prennent place actuellement (dérèglements climatiques, destructions de la biodiversité, pollutions généralisées…) se caractérisent par une temporalité longue. Lire les problèmes écologiques actuels dans les termes de la crise peut ainsi constituer une barrière empêchant de voir, à la fois, leurs causes structurelles et leurs conséquences sur le long terme.
Mais alors, pourquoi parle-t-on sans cesse de crise malgré tout ?
Le succès de cette vision alarmiste de l’écologie semble être corrélé au récit de la résilience qui, en proposant des mécanismes d’adaptation, présente les crises comme dépassables. Faire preuve de résilience permettrait un retour à l’équilibre en conjurant le moment critique.
Retour sur une crise écologique de plus en plus invoquée et simultanément contestée.
Le caractère provisoire des crises
Du point de vue étymologique, parler d’une crise permanente ou chronique constitue un contre-sens. Du latin crisis, ce mot a d’abord été utilisé en médecine pour parler de phénomènes pathologiques qui se manifestent de façon intense durant un court laps de temps.
Il désigne alors une période particulièrement grave constituant un point de bascule : guérison ou décès. Ce moment de cristallisation des enjeux devient un appel urgent à la décision, « crise » et « critique » ayant en commun la racine grecque krinein (résoudre, juger). Dans la mesure où parler de crise implique de faire un choix et/ou un passage à l’action, elle comporte une dimension éminemment pragmatique.
La sociologue Natacha Ordioni explique que ce terme a migré de la médecine vers d’autres domaines au cours du XIXe siècle : la crise permet alors de désigner l’état de dysfonctionnement d’un système, devenu incapable d’assurer ses fonctions.
Ce décloisonnement s’est fait à partir d’usages métaphoriques, la métaphore permettant de se figurer l’inconnu à travers du connu en rapprochant deux domaines d’expérience a priori éloignés. C’est grâce à ce glissement sémantique que divers problèmes de société ont commencé à être interprétés dans les termes de la crise : un krach financier aigu mais passager, une baisse ponctuelle de la natalité, un épisode d’intense conflictualité sociale et politique.
En matière d’écologie, s’il est vrai que l’intensité et la gravité des bouleversements actuels ne fait plus débat, c’est dans leur dimension temporaire ou provisoire que l’usage du terme de « crise » semble ne pas permettre une lecture appropriée des phénomènes, bien qu’il se soit généralisé dans les discours médiatiques.
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Dix années de « crise » dans les médias
Pour comprendre l’évolution de l’usage de ce mot dans la société, il peut être intéressant de regarder ses occurrences dans la presse écrite depuis une dizaine d’années. C’est à partir de la base des données Europresse, donnant accès à de nombreux médias écrits et en ligne, que nous avons constitué un corpus pour les expressions « crise climatique », « crise écologique », « crise environnementale » et « crise de la biodiversité » à partir des journaux comme le Monde, Libération, le Figaro, la Croix, le Nouvel Obs, le Point, 20 Minutes, Paris Match, Courrier international et l’Humanité.
Remarquons que l’usage privilégié est celui du terme au singulier, ayant pour effet d’oblitérer la pluralité des problèmes qui, bien qu’interconnectés, gardent leurs propres caractéristiques. Cette homogénéisation empêche également de voir les expressions différenciées et localisées des problématiques écologiques. Ainsi amalgamée, la « crise » fait preuve d’une inflation notoire, à partir de 2019-2020 ;
Évolution des expressions comportant le mot crise dans les médias écrits. Fourni par l’auteur
Avant cette date, entre 2014 et 2018, le terme est peu usité et reste stable dans les médias analysés. Alors que « crise climatique » est attestée par une trentaine d’occurrences en 2014, elle grimpe à presque 500 en 2022 et 2023. Ceci ne semble pas pouvoir s’expliquer par la tenue d’évènements annuels donnant lieu à une médiatisation accrue comme les COP. C’est entre 2019 et 2020 que les expressions « crise climatique » et « crise écologique » connaissent une augmentation significative, phénomène qui pourrait trouver ses origines dans une sorte de contamination lexicale due à la crise du Covid-19.
Florilège de titres d’articles de presse française mentionnant la crise climatique ou la crise environnementale. Captures d’écran
De quelle crise parle-t-on ?
On pourrait voir dans « crise écologique » et « crise environnementale » des équivalents discursifs qui entrent en concurrence, mais force est de constater que la seconde ne rencontre pas le succès de la première : est-elle trop longue et pas assez concise ? Trop lisse et pas assez percutante ? Si tel était le cas, cela pourrait également expliquer le faible usage de « crise de la biodiversité », qui ne recueille que 83 occurrences en dix ans, face à l’expression « effondrement de la biodiversité » (qui la devance largement, avec 303 occurrences).
L’une comme l’autre peuvent être remplacées par « sixième crise d’extinction », mais ce procédé de numérotation pose également problème et biaise la compréhension : il laisse entendre qu’il y a eu plusieurs crises d’extinction en amont et que, en conséquence, nous en sortirons bien indemnes.
Cette croyance est peut-être aussi le symptôme du faible intérêt social, politique et médiatique suscité par la destruction de la biodiversité, également confirmé par les récentes études menées par l’Observatoire des médias sur l’écologie. En analysant des productions audiovisuelles d’information générale, il rappelle que la biodiversité « est en moyenne deux à quatre fois moins abordée que le changement climatique ». Cette attention moindre portée aux enjeux écosystémiques tient aussi peut-être d’une particularité française, comme le postule l’historienne des sciences Valérie Chansigaud dans son ouvrage Les Français et la nature. Pourquoi si peu d’amour ? (2017).
Une crise qui n’interpelle même plus ?
L’usage répété de ces expressions par les médias semble en tout cas produire un paradoxe. D’une part, le terme crise atténue l’importance des destructions de la biodiversité et des chamboulements climatiques contemporains en les présentant comme éphémères, tout en passant sous silence leur vitesse inédite et leur origine anthropique.
D’autre part, le contenu alarmiste du terme cherche à créer une prise de conscience par le choc, comme d’autres expressions à forte charge émotionnelle visant à heurter les esprits (« urgence écologique », « polluants éternels », « catastrophes naturelles »). Mais à force de vouloir choquer et mobiliser par l’émotion, la surenchère discursive risque à la fois d’affaiblir la perception de la gravité des phénomènes et de diminuer la vocation de mise en action des mots.
Le registre alarmiste et anxiogène de la crise peut tantôt déboucher sur une léthargie paralysante, tantôt sur l’urgence d’agir. C’est là qu’intervient le récit de la résilience, compatible avec la vision de la crise comme un événement certes pénible, mais surmontable.
L’illusion de la résilience
Les années 2000 voient émerger le mouvement des villes en transition, initié par l’auteur et enseignant britannique Rob Hopkins. Dans son Manuel de transition, de la dépendance au pétrole à la résilience locale (2010), il souligne la nécessité de « nouvelles histoires dépeignant de nouvelles possibilités », ces histoires portant sur l’avènement d’une société postcroissance et postcarbone. Le mouvement de transition propose alors des solutions pour concrétiser ce passage.
La France a été sensible à cette vision nouvelle de l’écologie, avec la promulgation de la loi de « transition énergétique pour la croissance verte » en 2016 et de la loi « Climat et résilience », en 2021. Le ministère chargé des questions environnementales a été également renommé en ministère de l’aménagement du territoire et de la transition écologique, dénomination actuellement en vigueur.
La puissance publique s’est progressivement éloignée de l’approche prônée par le développement durable (en vogue dans les années 2000 et 2010) pour se rallier à celle de la transition, dont les maîtres-mots sont « résilience » et « adaptation ».
Cependant, loin de concentrer ses efforts au questionnement ou au renversement des causes à l’origine des crises, la résilience prône l’adaptation à un monde dans lequel les conditions de vie se sont irrémédiablement dégradées. L’avènement des crises et des catastrophes étant présenté comme une fatalité, il s’agit désormais de vivre avec, en se préparant sans cesse au pire.
La résilience agit ainsi comme remède de la crise, en la traitant comme un problème à part entière et non comme le signe de quelque chose d’autre. Ces deux notions semblent ainsi symptomatiques d’une société qui s’est montrée jusque-là incapable d’envisager des processus sur le long terme.
Crise et résilience constituent alors des filtres interprétatifs spécifiques et même des « technologies du consentement », comme l’explique le sociologue Thierry Ribault. Selon lui, s’il n’est pas possible pour tout un chacun d’empêcher la survenue de phénomènes globaux d’une extrême gravité, embrasser le récit de la résilience donne au moins l’impression d’être acteurs de notre propre destinée, de nous « battre » contre un avenir qui ne s’annonce pas très radieux. Les individus comme les États tentent alors de se donner les moyens de s’accommoder aux effets néfastes des crises.
Le caractère alarmiste du mot crise et l’intensité de son usage peuvent alors avoir des effets contre-productifs, en biaisant notre compréhension des enjeux et en affaiblissant notre capacité d’action.
Manuel d’un monde en transition(s), sous la direction de Lucas Verhelst, éditions de l’Aube, 2025.
Pourquoi ne fait-on rien (ou si peu ?) face à l’ampleur des risques environnementaux ? Cette question vous a sûrement traversé l’esprit. Un ouvrage collectif tâche précisément d’y répondre en listant 101 obstacles aux changements nécessaires pour la sauvegarde de notre espèce comme du vivant.
Ces obstacles peuvent être de nature soit neuropsychologique, soit politique, soit sociologique ou bien liés à la constitution des savoirs. Et pour les surmonter, 101 pistes d’action sont proposées. Dans cet extrait du Manuel d’un monde en transition(s) (éditions de l’Aube, 2025), la professeure associée en transition écologique et entrepreunariat social Fanny Verrax nous parle du biais cognitif de « statu quo » et appelle à un changement d’échelle comme de référentiel pour le surmonter.
Le biais de « statu quo » est un biais cognitif de résistance au changement qui, par principe, nous fait percevoir toute situation nouvelle comme présentant plus de risques que d’avantages. Au-delà de « l’aversion du risque », autre biais bien documenté, le biais de « statu quo » traduit également notre préférence collective pour l’inertie et le maintien des habitudes.
Il est intéressant de constater qu’il existe un domaine dans lequel le biais de « statu quo » se manifeste peu : l’innovation technologique, assimilée à un progrès qu’il ne serait pas nécessaire de questionner. En revanche, bon nombre de propositions innovantes de nature sociale, économique ou politique, nécessaires à la transition écologique, se heurtent à ce fameux biais de « statu quo ».
Dans le domaine de la mobilité, par exemple, privilégier les modes doux, ne plus se déplacer seul en voiture (autosolisme), rouler moins vite, partir moins loin en vacances… tous ces changements essentiels se heurtent à l’illusion de l’impossibilité de faire autrement que ce que nous faisons aujourd’hui, à cette idée que ce serait trop compliqué, trop chronophage, trop liberticide. Bref, que la situation actuelle, même si elle n’est pas idéale, représenterait, dans un certain sens, le meilleur des mondes possibles.
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Prenons garde au décalage du point de référence
Que faire face à une inertie de principe ? Tout d’abord, il s’agit de reconsidérer le temps long. En 1800, un individu parcourait en moyenne cinq kilomètres par jour, en une heure environ. Aujourd’hui, nous consacrons toujours une heure quotidienne à nos déplacements, mais nous parcourons en moyenne 50 kilomètres par jour. Pourquoi une telle distance, à cette vitesse, avec ce moyen de transport (la voiture individuelle thermique) serait-elle intrinsèquement meilleure ou plus désirable que toutes les autres façons de se déplacer ?
N’y a-t-il pas une forme d’ethnocentrisme et d’arrogance présentiste à penser que notre façon de vivre serait nécessairement plus désirable ? À moins que ce ne soit la vitesse ou la distance en elles-mêmes qui représentent des valeurs intrinsèques ? Que dire alors d’un monde où l’on parcourait en moyenne 100 ou 200 kilomètres par jour ? Serait-il nécessairement meilleur ?
La conscience du temps long, s’appuyant sur des réalités historiques documentées, et une extrapolation des évolutions possibles, permettrait de considérer nos pratiques contemporaines pour ce qu’elles sont : non pas un idéal, mais une pause arbitraire dans une évolution aux multiples détours.
Cette parade est cependant d’autant plus difficile à effectuer que nous nous heurtons collectivement à un décalage du point de référence, élément essentiel de l’amnésie écologique. Le point de référence renvoie à une situation qui est considérée collectivement comme une norme. Prenons un exemple concret : l’évolution des normales saisonnières de Météo France.
Tous les dix ans, l’institution élabore de nouvelles normes météorologiques, calculées sur une période de référence de trente ans. Pour la période allant de 1960 à 1990, les normales s’établissaient à partir d’une température annuelle moyenne de 11,82 °C. Pour la période allant de 1990 à 2020, la température annuelle moyenne passait à 12,97 °C. Dès lors, cette température constitue la nouvelle normale, le nouveau point de référence.
Le concept de décalage du point de référence a été notamment établi par le biologiste Daniel Pauly pour caractériser l’évolution des écosystèmes marins causée par la surpêche, mais qui peut aujourd’hui s’appliquer à de nombreux domaines : le retrait du trait de côte, l’effondrement de la biodiversité, la déforestation, etc.
En effet, les générations successives transforment le monde et le dégradent, mais la mémoire ou l’expérience de ce qui est perdu est rarement transmise, et la nouvelle situation constitue une nouvelle norme. Ainsi, contre le biais de « statu quo », il faut bien sûr interroger le passé et explorer l’avenir afin de resituer nos pratiques actuelles dans un contexte, mais également documenter le présent, pour que les destructions actuelles ne deviennent pas le nouveau point de référence de la génération suivante.
Dans un monde où l’individualisme est partout et ne cesse de nous isoler, comment recréer des liens authentiques pour retrouver le sens du « nous » ? Muni de son carnet et de son sac à dos, Hugo Paul a décidé d’entreprendre une exploration humaine hors du commun : pendant un an, il est parti vivre au cœur d’une dizaine de communautés pour retrouver l’art de faire ensemble. Quels sont les secrets de ces collectifs ? Comment les appliquer dans nos propres vies ?
De l’histoire millénaire d’un monastère aux traditions des Samis, dernier peuple autochtone d’Europe, en passant par une école dans la forêt, Hugo nous plonge dans le quotidien de ces communautés et transmet les principes fondateurs de la coopération dont nous avons tant besoin aujourd’hui pour aller mieux.
Prêt à faire tribu ?
Résumé
Dans un monde où l’individualisme est partout et ne cesse de nous isoler, comment recréer des liens authentiques pour retrouver le sens du « nous » ?
Muni de son carnet et de son sac à dos, Hugo Paul décide d’entreprendre une exploration humaine hors du commun : pendant un an, il part vivre au cœur d’une dizaine de communautés pour retrouver l’art de faire ensemble.
Quels sont les secrets de ces collectifs ? Comment les appliquer dans nos propres vies ?
De l’histoire millénaire d’un monastère aux traditions des Samis, dernier peuple autochtone d’Europe, en passant par une école dans la forêt, Hugo nous plonge dans le quotidien de ces communautés et transmet les principes fondateurs de la coopération dont nous avons tant besoin aujourd’hui pour aller mieux.
Faire Tribu
Une quête inspirante et porteuse d’espoir pour toutes les personnes qui souhaitent réinventer leur lien à l’autre et renouer avec la puissance du collectif afin de bâtir un avenir à la hauteur de leurs rêves.
Hugo Paul
L’auteur
Âgé de 25 ans, Hugo Paul est un explorateur de communautés : il part à la rencontre d’une diversité de collectifs pour créer des ponts au service du bien commun. Entre deux immersions, il réalise des conférences au sein d’organisations afin qu’elles puissent renouer avec la puissance du collectif, et il les accompagne pour développer l’impact de leurs communautés. Il est également mobilisé depuis plus de sept ans dans de nombreux mouvements citoyens, avec une mission : partager l’art de faire ensemble.
Le Chemin de la Nature a été fondé en 2012 par Christophe de Hody, botaniste et mycologue de terrain pour transmettre la connaissance des plantes sauvages, des champignons et de leurs usages au plus grand nombre. Des balades, stages ou formations en ligne, menées par des experts de la biodiversité, sensibilisent le grand public à la nature sauvage et donnent à chacun les outils adaptés à leur environnement. Christophe de Hody, fondateur du Chemin de la Nature, a accepté de répondre aux questions Cdurable.
Connaître les plantes et champignons
Guidé par une volonté de proposer des solutions ludiques et immersives pour intégrer davantage les plantes et les champignons dans notre quotidien, depuis son lancement, le Chemin de la Nature a réuni plus 11 000 cueilleurs urbains dans sa communauté.
« Si l’humain a ce besoin instinctif d’être au cœur de la nature, le mode de vie des citadins ne permet pas toujours de pouvoir s’y ressourcer« , reconnait Christophe de Hody. « Les plantes sauvages font partie de notre patrimoine, mais le savoir ancestral lié à leur utilisation a fini par tomber dans l’oubli« .
Avec le Chemin de la Nature, nous souhaitons renforcer le lien de chacun à la Terre et à ses ressources afin de pouvoir au mieux les protéger.
Christophe de Hody, fondateur du Chemin de la Nature, botaniste et mycologue de terrain
Questions Cdurable ! ou c’est pas durable ?
Au delà des communiqués, qui ne présentent souvent que le « meilleur », et du développement durable, qui ne fait que tenter de réduire les impacts négatifs d‘une croissance volumique, nous nous intéressons aujourd’hui, 20 ans après la création de Cdurable.info, aux questions essentielles. Alors Cdurable ou pas ? 9 questions qui nous invitent à Comprendre pourquoi Agir & Coopérer avec le vivant, Cdurable !
Christophe de Hody, fondateur du Chemin de la Nature,botaniste et mycologue de terrain, a accepté de répondre aux neufs questions Cdurable
Christophe de Hody, fondateur du Chemin de la Nature,botaniste et mycologue de terrain, a accepté de répondre aux neufs questions Cdurable, essentielles comme les neufs besoins fondamentaux des êtres vivants dont les humains que nous sommes …
1 – Quelle est la nature de ma relation avec le vivant ?
Ma relation avec le vivant est avant tout une histoire de plaisir et de découverte.
Depuis mon enfance, j’ai toujours été fasciné par la nature, les plantes, les champignons et la diversité du monde vivant. Ce qui m’anime, c’est cette proximité intime avec le végétal et le fongique, cette présence qui permet d’observer, de comprendre et de ressentir la nature à travers tous mes sens. Quand on connaît la nature, on ne la regarde plus de la même manière : on la voit vraiment, on la comprend, on est pleinement dans l’instant présent. C’est cette connexion profonde qui me guide et que je cherche à transmettre à travers Le Chemin de la Nature.
2 – Quels sont mes besoins et choix d’alimentation ?
Je consomme majoritairement des produits de saison, locaux et biologiques autant que possible. J’intègre également dans mon quotidien des plantes sauvages, des champignons et des algues, qui sont non seulement des trésors nutritionnels, mais aussi une manière de renouer avec des savoirs traditionnels et une alimentation plus résiliente.
3 – Quel est mon type d’habitat actuel et idéal ?
Je vis aux portes de Paris et près d’un bois, dans un environnement qui pourrait être qualifié de “forêt urbaine” ou de “bois urbain”, un équilibre entre ville et nature. Ce choix me permet d’avoir accès à la fois aux ressources et à l’effervescence de la ville, tout en restant connecté à des espaces naturels, où je peux observer, me promener et pratiquer ma passion. La diversité est essentielle pour moi, et je la recherche aussi dans mon cadre de vie. Être proche d’un bois ne se limite pas seulement à mon bien-être personnel, c’est aussi un atout fondamental dans mon activité. Cette proximité me permet d’organiser régulièrement des sorties terrain, d’animer des balades botaniques et mycologiques tout au long de l’année, sans contrainte logistique majeure.
4 – Quelle activité physique favorise mon bien-être et ma santé
La marche est mon activité physique principale : c’est une manière à la fois simple et puissante de se reconnecter à son corps et à la nature. Elle est au cœur de mes explorations et de mes sorties en forêt. J’y associe du renforcement musculaire pour garder un bon équilibre physique et préserver ma mobilité. Ces pratiques me permettent de rester en forme et d’être toujours prêt pour mes activités sur le terrain.
Tout mon parcours a été façonné par des savoirs liés aux écosystèmes et à la biodiversité.
J’ai appris autant par la transmission académique que par l’expérience sur le terrain. Mais au-delà de mon apprentissage personnel, mon véritable objectif est de rendre ces connaissances accessibles au plus grand nombre. C’est pourquoi, à travers Le Chemin de la Nature, je cherche à vulgariser ces savoirs et à donner aux gens les outils pour qu’ils puissent eux-mêmes agir en connaissance de cause. Transmettre est pour moi une mission essentielle, qui permet de perpétuer ces connaissances et de les rendre vivantes.
6 – Quel est le sens que je donne à mon travail ?
Je trouve du sens dans mon travail parce qu’il est directement lié à ce que j’aime faire et à ma passion pour la nature.
Plus on comprend la biodiversité, plus on a envie de la préserver.
Ce que j’aime, c’est emmener les gens dans la nature, leur faire découvrir ces trésors cachés, partager avec eux un moment de plaisir et d’émerveillement. L’éducation à la nature, c’est à la fois une source de plaisir et un levier puissant pour la protection de l’environnement.
7 – Quelle énergie j’utilise pour mes usages et besoins ?
Je ne possède pas de voiture, donc je me déplace principalement en transport en commun et à pied. C’est une démarche qui est à la fois cohérente avec mes engagements et en accord avec mon mode de vie. La marche fait partie intégrante de mon quotidien, autant pour mes activités professionnelles que personnelles.
8 – Quelle est mon implication personnelle pour l’intérêt général ?
Mon engagement passe avant tout par Le Chemin de la Nature. À travers cette initiative, je contribue à la transmission des savoirs, à la sensibilisation et à l’éducation environnementale. Mon objectif est de permettre à chacun de mieux comprendre et d’apprécier la nature, afin de mieux la respecter et la préserver.
9 – Quels sont mes liens de coopération et ma participation au bien commun ?
Je crois beaucoup en la coopération et en l’intelligence collective. Mon travail s’inscrit dans une démarche de partage et de transmission, que ce soit avec mon équipe, avec les experts qui m’accompagnent ou avec la communauté qui s’est formée autour du Chemin de la Nature. En rassemblant des botanistes, mycologues, pharmaciens et biologistes, nous avons pu construire des formations solides et accessibles à tous, contribuant ainsi au bien commun.
10 – Carte blanche : quel est le message essentiel que vous souhaitez faire passer à nos visiteurs ?
Je voudrais que chacun puisse prendre conscience de l’importance d’agir pour un mode de vie plus durable, mais en trouvant du plaisir dans cette démarche. Nous ne pouvons pas être sur tous les fronts, mais nous pouvons chacun agir à notre échelle en choisissant les actions qui résonnent le plus avec nous. Pour cela, il est essentiel de s’informer, de comprendre les impacts de nos choix et de voir comment nous pouvons, à notre manière, apporter du changement.
L’idée, c’est d’agir par plaisir, car ce qui est source de plaisir devient durable.
Face aux enjeux énergétiques et climatiques actuels, la réduction de la consommation d’énergie est devenue une priorité pour les ménages et les pouvoirs publics. La consommation énergétique est une préoccupation pour 9 consommateurs sur 101. Comment aider les ménages à identifier les actions les plus efficaces pour réduire leur facture énergétique ? Watt Watchers est une initiative innovante pour aider les foyers à réduire leur consommation d’énergie et à adopter des pratiques plus sobres. Florence Hoffmann, Responsable du Programme Watt Watchers, a accepté de répondre aux questions Cdurable.
Les objectifs du programme
Ce programme, lauréat de l’appel à projets Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) 2023, se déploie sur la période 2024-2027 avec pour objectifs :
de réduire la consommation énergétique de 600 000 foyers français,
d’optimiser les politiques publiques avec des résultats mesurables
et de réduire l’empreinte carbone et promouvoir une sobriété énergétique positive.
Watt Watchers propose un parcours complet et personnalisé pour chaque ménage, incluant des conseils sur les écogestes, des recommandations d’équipements économes, et un accompagnement pour les travaux de rénovation.
Grâce à l’analyse des données des compteurs communicants, le programme mesure les économies réelles réalisées et aide à orienter les foyers vers les actions les plus efficaces. L’objectif est de rendre la sobriété énergétique accessible à tous, en valorisant des solutions simples, adaptées et mesurables, tout en renforçant l’impact collectif de ces actions.
Ce programme s’adresse à tous les foyers français, avec une initiative spécifique pour les ménages en situation de précarité énergétique, en leur offrant un soutien personnalisé et un accès facilité aux aides disponibles.
En favorisant une approche positive et collective, Watt Watchers transforme la transition énergétique en une opportunité pour tous d’agir concrètement et efficacement en faveur de l’environnement.
Les acteurs du programme
Watt Watchers mobilise un réseau d’une quinzaine d’acteurs clés, incluant les 5 entreprises pilotes Winter, Homeys, e-graine, Sonergia et le CSTB, ainsi que des soutiens institutionnels tels que le gouvernement, des financeurs et des associations engagées, pour accompagner les foyers français vers une sobriété énergétique mesurable et impactante.
WINTER : Winter est une société à mission avec pour raison d’être « Accompagner les foyers vers un changement durable de leurs pratiques de consommation d’énergie, afin d’avoir un impact massif sur notre climat et notre société ». La société rassemble une équipe qui partage la conviction qu’une nouvelle forme de sobriété peut émerger : une sobriété positive – qui transforme les économies d’énergie en un jeu d’enfant – mais aussi une sobriété collective et solidaire – bref, la brique indispensable pour une transition énergétique réussie. Pour cela, Winter développe l’application Watt Watchers à destination du grand public pour comprendre et réduire sa facture d’énergie à la maison.
HOMEYS : Depuis 2018, Homeys développe une solution SaaS pour collecter et analyser les données énergétiques des bâtiments. Grâce aux données issues des compteurs communicants, à l’open data et à l’intelligence artificielle, Homeys conçoit des modules métiers adaptés aux besoins de ses clients. Labellisée Greentech et lauréate du concours d’innovation de l’ADEME, Homeys accompagne 200 entreprises, professionnels de l’énergie, gestionnaires de parcs immobiliers et entreprises multi-sites, dans leur transition énergétique.
UNION DES ASSOCIATIONS E-GRAINE : Depuis sa création en 2006, le mouvement e-graine a développé une solide expertise de création et d’animation de dispositifs éducatifs innovants pour accompagner l’engagement des citoyens et citoyennes et construire des territoires solidaires et responsables. En 2016, l’Union des associations e-graine (Union) a été créée afin de décupler l’impact social du mouvement et de faciliter le déploiement de ses actions sur toute la France. Le mouvement e-graine proposera, en collaboration avec un consortium d’acteurs de terrain (Unis-Cité, Terravox et la Copro des Possibles), des milliers d’événements locaux pour sensibiliser et mobiliser les citoyen·nes à la sobriété énergétique pendant la durée du Programme.
SONERGIA : Sonergia est une société à mission spécialiste du financement de l’efficacité énergétique créée en 2009 avec pour raison d’être « Concrétiser vos projets d’économies d’énergie, pour servir d’impulsion à la transition énergétique globale de nos territoires : voilà la raison d’être de Sonergia ! ». La société est reconnue Société délégataire du dispositif des CEE par le Ministère en charge de l’énergie. Elle accompagne et finance les projets de rénovation énergétique en s’appuyant sur le dispositif des Certificats d’Économies d’Énergie (CEE), MaPrimeRénov’ et sur un réseau de partenaires sur toute la France. Sonergia participe au déploiement de six programmes CEE qui proposent des actions de sensibilisation pour lutter contre la précarité énergétique et des alternatives décarbonées de déplacement.
Questions Cdurable ! ou c’est pas durable ?
Au delà des communiqués, qui ne présentent souvent que le « meilleur », et du développement durable, qui ne fait que tenter de réduire les impacts négatifs d‘une croissance volumique, nous nous intéressons aujourd’hui, 20 ans après la création de Cdurable.info, aux questions essentielles. Alors Cdurable ou pas ? 9 questions qui nous invitent à Comprendre pourquoi Agir & Coopérer avec le vivant, Cdurable !
Florence Hoffmann, Responsable du Programme Watt Watchers, a accepté de répondre aux questions Cdurable
Florence Hoffmann, Responsable du Programme Watt Watchers, a accepté de répondre aux neufs questions Cdurable, essentielles comme les neufs besoins fondamentaux des êtres vivants dont les humains que nous sommes …
1 – Quelle est la nature de ma relation avec le vivant ?
Ma relation avec le vivant est très personnelle. J’ai été très longtemps une citadine très éloignée du vivant, et ce n’est que depuis quelques années que je me suis rapprochée de la nature.
Habitant en Savoie à côté des montagnes, la nature est essentielle pour me ressourcer au quotidien.
Florence Hoffmann, Responsable du Programme Watt Watchers,
Cette relation avec le vivant a également guidé mes choix professionnels. Être responsable du programme de sobriété énergétique Watt Watchers, c’est participer à un objectif de réduction de centaines de milliers de tonnes de CO2/an grâce aux économies d’énergie réalisées par les foyers participants, et ainsi contribuer à mon échelle à la préservation de la planète et du vivant.
2 – Quels sont mes besoins et choix d’alimentation ?
C’est en réalisant pour la première fois mon bilan carbone personnel que j’ai pris conscience de l’impact de mes choix d’alimentation sur la planète. Depuis, je mange moins de viande et privilégie une alimentation plus locale et de saison.
Cela permet de réduire mon impact environnemental, mais c’est aussi meilleur pour la santé. J’ai la chance d’avoir de super producteurs locaux, cela serait dommage de ne pas en profiter.
3 – Quel est mon type d’habitat actuel et idéal ?
J’habite dans une maison dans un village, entourée de montagnes.
Pour moi l’habitat idéal est sobre en énergie et ressources, tout en étant confortable, ce qui est tout à fait compatible.
Avec une très bonne isolation dans la maison et une cuve de récupération d’eau dans le jardin, nous faisons des économies d’énergie et d’eau, sans impact sur notre confort. C’est aussi l’objet du programme Watt Watchers via son application de donner des conseils pertinents pour faciliter l’accès à la sobriété énergétique pour tous les foyers, y compris les plus précaires.
4 – Quelle activité physique favorise mon bien-être et ma santé
L’activité physique est essentielle à mon bien-être. Je fais principalement du trail dans les chemins de montagne, et je me déplace dès que possible à vélo. Je vais également nager plusieurs fois par semaine.
Je me rends au travail à vélo, ce qui me permet de faire une centaine de kilomètres à vélo par semaine, en longeant le lac du Bourget. C’est un vélo électrique, mais avec l’assistance au minimum, cela reste une bonne activité physique et l’occasion de prendre l’air au quotidien !
Je m’informe énormément au quotidien via des lectures, podcasts etc… Dans ma vie professionnelle en tant que responsable de programme, j’ai de nombreuses interactions avec des acteurs référents de la sobriété énergétique, ce qui rend mon travail passionnant.
Le programme Watt Watchers rassemble une quinzaine d’acteurs très différents et complémentaires : des petites entreprises spécialisées dans l’énergie, mais aussi des associations engagées dans la mobilisation citoyenne et des acteurs scientifiques.
6 – Quel est le sens que je donne à mon travail ?
Mon travail a pour objectif d’aider les foyers français à réduire leur consommation et coûts énergétique, et donc leur impact écologique, mais aussi de mesurer l’impact réel des économies d’énergie.
Au quotidien, j’ai un rôle de chef d’orchestre : je coordonne les différents acteurs du programme pour nous permettre d’atteindre les objectifs fixés d’ici fin 2027, à savoir 600 000 foyers français accompagnés vers la sobriété énergétique.
7 – Quelle énergie j’utilise pour mes usages et besoins ?
Ma priorité est avant tout de réduire ma consommation d’énergie : la meilleure énergie, c’est celle qu’on ne consomme pas !
Pour mes déplacements je limite l’usage de la voiture, et à la maison quelques écogestes simples comme la diminution du chauffage et une bonne isolation m’ont permis de diminuer fortement les consommations.
8 – Quelle est mon implication personnelle pour l’intérêt général ?
Je mets beaucoup d’énergie à sensibiliser et mobiliser autour des sujets environnementaux, dans ma vie professionnelle mais aussi personnelle.
Je m’efforce de partager mes convictions sans jugement, et avec le maximum de pédagogie, ce qui n’est pas toujours évident. J’essaie aussi de montrer que le passage à l’action peut être bénéfique pour tout le monde, et qu’une action environnementale a souvent des co-bénéfices.
9 – Quels sont mes liens de coopération et ma participation au bien commun ?
La coopération est au cœur même du programme Watt Watchers. Le programme Watt Watchers rassemble une quinzaine d’acteurs et nous développons de nouveaux partenariats afin de maximiser l’impact du programme.
10 – Carte blanche : quel est le message essentiel que vous souhaitez faire passer à nos visiteurs ?
La sobriété peut être heureuse et positive, et ne doit pas être vécue comme une contrainte.
Réduire ses consommations d’énergie par exemple, c’est bien pour la planète, mais aussi pour son porte-monnaie. Chez Watt Watchers, nous proposons un accompagnement personnalisé et mesurable, afin de rendre le passage à l’action ludique et désirable.
A propos de Florence Hoffmann
Diplômée d’HEC, Florence Hoffmann a commencé sa carrière chez Capgemini Invent, en tant que consultante, où elle a développé une expertise pointue dans l’accompagnement des entreprises à travers des projets de transformation. Elle poursuit chez SBM Company en tant que chef de projet, puis comme responsable de développement durable. Depuis début septembre 2024, Florence pilote le programme de sobriété énergétique, Watt Watchers, lauréat de l’appel à projets Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) 2023.
Ce programme, dédié à la sobriété énergétique, a pour objectif d’accompagner les entreprises et les particuliers dans la réduction de leur consommation d’énergie, en mettant en place des solutions innovantes et des stratégies d’optimisation énergétique. À travers cette mission, Florence s’engage pour un avenir plus durable, alliant son expertise en gestion de projets à sa passion pour les enjeux environnementaux.
Le Club de la Durabilité publie « Marketing durable : stratégies et bonnes pratiques pour allonger la durée de vie des produits ». Un guide pratique pour les professionnels du marketing souhaitant transformer leurs pratiques afin de s’aligner sur les objectifs de l’économie circulaire. Il s’adresse également aux décideurs publics souhaitant une réglementation plus ambitieuse et un impact mesurable.
Historiquement, le marketing joue un rôle crucial dans l’obsolescence en stimulant les désirs des consommateurs et en encourageant un renouvellement accéléré des biens, même encore fonctionnels.
Face à ce constat, il semble clair que le marketing tel qu’il est conçu traditionnellement présente un obstacle majeur à de meilleures pratiques de consommation et à une réduction des impacts environnementaux.
Le marketing traditionnel : au service de la production et consommation de masse
Inciter au renouvellement prématuré de produits encore fonctionnels, encourager à la surconsommation en favorisant la nouveauté au détriment de la durabilité… Le marketing joue un rôle crucial dans l’obsolescence en stimulant les désirs des consommateurs et en encourageant un renouvellement accéléré des biens, même encore fonctionnels.
Les modèles économiques dominants, fondés sur la vente de biens en volume et la stratégie de croissance des entreprises, peuvent en partie expliquer cela : la saturation de la plupart des marchés incite les marques à opter désormais pour une croissance intensive, à savoir l’augmentation de la consommation des clients existants.
Le marketing devient donc un outil de la surconsommation, à travers plusieurs leviers (“4P”) :
Le produit : Le renouvellement des gammes de produits se fait parfois via des versions à peine modifiées au détriment de la modularité et la capacité d’amélioration des versions précédentes5, créant une demande artificielle pour la nouveauté.
Par exemple, dans le secteur de l’électronique grand public, la sortie des nouveaux modèles d’iphone est devenue un rendez-vous annuel rituel pour les adeptes de la marque.
Dans le textile, alors que la fast fashion s’attèle à la multiplication des collections depuis des années6, l’ultra fast-fashion bat aujourd’hui tous les records avec l’exemple de Shein qui met sur le marché plus de 7 000 modèles de vêtements inédits par jour7.
ll en va de même pour la “Fast Deco” avec la multiplication des collections8.
À travers le prix : Les promotions et offres spéciales incitent à l’achat impulsif9, renforçant l’idée qu’il est préférable d’acheter maintenant pour bénéficier d’une «bonne affaire», même si le besoin n’est pas réel.
À travers la promotion (communications commerciales) : Les campagnes publicitaires classiques valorisent systématiquement les nouveaux produits, tout en décrédibilisant l’ancien. Cela renforce l’impression que posséder un produit de la génération précédente est moins valorisant, voire inutile.
À travers la “place” (distribution) : L’organisation des magasins physiques et des plateformes en ligne est conçue pour maximiser les ventes grâce à des techniques de merchandising sophistiquées. Que ce soit des techniques de retargeting ou d’offres personnalisées pour maintenir un attrait constant pour la nouveauté, ou des des “dark patterns” qui poussent les utilisateurs à faire des choix non-conscients10
Vers un marketing responsable : une réponse nécessaire et attendue
Face à ce constat, il semble clair que le marketing tel qu’il est conçu traditionnellement présente un obstacle majeur à de meilleures pratiques de consommation et à une réduction des impacts environnementaux.
Repenser le marketing non pas comme un outil de surconsommation mais comme un allié à une consommation raisonnée et raisonnable est donc l’objectif.
Le marketing durable joue un rôle essentiel dans la transition vers une économie circulaire.
Il est crucial de repenser les stratégies marketing des entreprises afin de promouvoir des produits, services et pratiques plus responsables. C’est une condition sine qua non pour rendre désirable la circularité, la durabilité, voire la sobriété, et ainsi changer profondément les comportements de consommation afin de réduire drastiquement les impacts.
Il ne s’agit plus de maximiser les ventes, mais de promouvoir des comportements d’achat durables, socialement et environnementalement responsables.
Selon une enquête de l’Ademe (2020), 92 % des consommateurs français attendent des marques qu’elles prennent des engagements concrets et les aident à mieux consommer. Ce changement de paradigme implique de :
Repenser l’offre pour limiter l’obsolescence marketing et promouvoir des produits durables, réparables ou issus du réemploi.
Réorienter la communication pour renforcer la transparence et la crédibilité des messages, tout en évitant le greenwashing.
Former et sensibiliser les acteurs et les consommateurs pour les accompagner vers des choix plus responsables et rendre désirable la durabilité.
Les recommandations clés du guide
Repenser le marketing non pas comme un outil de surconsommation mais comme un allié d’une consommation raisonnée et raisonnable !
Parmi les recommandations phares :
Promouvoir la sobriété : réduire pour mieux consommer. Questionner le besoin doit devenir un réflexe systématique, afin que la sobriété devienne la norme. Cela passe par réduire les gammes de produits et limiter les promotions trompeuses.
Offrir des services pour prolonger la durée d’usage des produits. Les acteurs engagés pour la durabilité doivent non seulement promouvoir des produits conçus pour durer, mais aussi offrir des services au consommateur pour faciliter l’allongement de leur durée d’usage.
Communiquer de manière responsable et transparente. Les entreprises doivent adopter une approche transparente dans leur communication, en privilégiant des messages clairs sur la durabilité de leurs produits, sans recours à des techniques marketing agressives.
Sensibiliser pour changer les habitudes de consommation. Les pratiques marketing durables ne peuvent être pleinement efficaces que si les consommateurs sont sensibilisés aux enjeux de la durabilité. L’éducation du public est essentielle pour promouvoir une consommation raisonnée et responsable.
Pour les décideurs publics, le Club de la Durabilité recommande notamment de :
> Favoriser la durabilité des produits et services en amont des choix marketing des entreprises. A travers l’encouragement à l’écoconception, la production de données officielles sur l’impact des produits et services pour une meilleure valorisation, tout en restant vigilant sur la prolifération des labels.
> Renforcer la réglementation sur la publicité et les pratiques marketing agressives.Il est nécessaire de réviser et augmenter l’encadrement des pratiques publicitaires, tout en contrôlant et sanctionnant les abus.
> Promouvoir une transformation culturelle des modes de production et de consommation.Encourager une consommation plus responsable et former les citoyens doit aller de pair avec simplifier les offres et limiter les opérations commerciales.
Le Plan de Transition Énergétique, Sociale et Environnementale que toute entreprise devrait mettre en place est un outil stratégique qui se décline en 6 étapes. Directeur RSE, Expert ESG ou formateur en écologie, si vous ne savez pas comment construire ce plan stratégique ni par quelle étape commencer, Positive Transformation .World apporte son éclairage.
Un plan de Transition Ecologique, Sociale et Environnementale est un outil stratégique. Il permet d’adapter l’entreprise aux évolutions économiques, écologiques, énergétiques et sociales.et se décline en 6 étapes :
1️⃣ Diagnostic environnemental et énergétique
2️⃣ Amélioration de l’efficacité énergétique
3️⃣ Sensibilisation et implication des collaborateurs
4️⃣ Optimisation des procédés industriels
5️⃣ Intégration des énergies renouvelables et autoconsommation
6️⃣ Suivi, pilotage et amélioration continue
1 – Diagnostic environnemental et énergétique
Il s’agit d’estimer la consommation d’énergie des activités de l’entreprise et d’en mesurer les conséquences écologiques, à l’aide d’un bilan carbone et des audits.
2 – Amélioration de l’efficacité énergétique
L’objectif est de réduire la consommation d’énergie de l’entreprise. Cela passe, nlotamment, par une optimisation de ses infrastructures et équipements.
3 – Sensibilisation et implication des collaborateurs
C’est grâce à ses collaborateurs que l’entreprise réussira sa transition. Formations, ateliers, séances de sensibilisation … autant d’outils pour leur expliquer les enjeux du plan de transition.
4 – Optimisation des Procédés Industriels
Il s’agit de réduire l’empreinte carbone en valorisant l’énergie créée par les activités de l’entreprise et en chassant les gaspillages.
5 – Intégration des énergies renouvelables et autoconsommation
L’entreprise doit passer aux énergies renouvelables : biomasse, photovoltaïque, géothermie… Cela implique un renouvellement de ses équipements.
6 – Suivi, Pilotage et Amélioration continue
C’est la phase d’évaluation et de reporting du projet de l’entreprise, qui doit également faire le point sur ses certifications.
Livre Blanc
Les obligations règlementaires en matière de RSE Les appliquer pour un engagement fructueux
Dans le contexte actuel de refus écologique, pour Géraud Guibert, Président de La Fabrique Écologique (LFE), il est indispensable que la transition écologique soit associée à une amélioration de la vie quotidienne. Une approche critique et offensive est même essentielle, selon lui. Les politiques écologiques doivent désormais améliorer la vie quotidienne sans pénaliser les « prisonniers écologiques », empêchés d’agir pour des raisons économiques. C’est le sens de notre nouvelle note.
Pour réussir la transition écologique dans le contexte actuel, les politiques écologiques doivent avoir pour objectifs prioritaires d’améliorer la vie quotidienne, en prenant en compte les inégalités sociales. De ce fait, elles doivent s’adapter pour ne plus peser sur les « prisonniers écologiques », celles et ceux qui aimeraient pouvoir choisir des solutions favorables à la transition écologique, mais qui ne le peuvent pas pour des raisons pratiques et économiques. Pour cela, La Fabrique écologique propose de renverser la logique. Il faut d’abord améliorer la vie quotidienne afin d’agir sur la transition et non pas l’inverse. Cette volonté doit être co-construite avec les citoyens afin de la rendre la plus juste et efficiente possible.
Nouvelle note de la Fabrique écologique, « Écologie et vie quotidienne : le chemin d’une transition réussie. Comment sortir du refus écologique ? » a été rédigée par Géraud GUIBERT, Swann Gros-Borot, Jean-François Caron, Valerie Guillard et Lucile Schmid.
Depuis quelques années, on observe une forme de refus écologique. Ce dernier est en partie lié à la mise en place de politiques descendantes et déconnectées de certaines réalités.
Cette note propose des pistes concrètes pour rendre la transition écologique plus juste, désirable et accessible à tous.tes.
Pour réussir la transition écologique dans le contexte actuel, il faut agir pour des budgets publics et des réglementations à la hauteur des enjeux. Comme il faut agir pour réduire les inégalités. Mais il est aussi indispensable d’adopter une démarche critique et offensive. Certaines caractéristiques des politiques écologiques ont leur part de responsabilité dans les difficultés actuelles. Elles doivent dorénavant avoir pour objectif prioritaire d’améliorer la vie quotidienne, en prenant en compte les inégalités sociales.
De ce fait, elles doivent s’adapter pour ne plus peser sur les « prisonniers écologiques », celles et ceux qui aimeraient pouvoir choisir des solutions favorables à la transition écologique, mais qui ne le peuvent pas pour des raisons économiques. Pour cela, nous proposons de renverser la logique. Il faut d’abord améliorer la vie quotidienne afin d’agir sur la transition et non pas l’inverse.
Cette volonté doit être co-construite avec les citoyens afin de la rendre la plus juste et efficiente possible. De nombreuses propositions sont possibles dans cette logique. Parmi celles-ci, nous souhaitons mettre en débat trois d’entre elles.
Le groupe de travail a ainsi élaboré 3 propositions développées dans la Note :
#1 L’alignement des prix des produits « propres » sur ceux des produits « sales » (alimentation bio, train versus avion low-cost sur moyennes distances…).
#2 Un plan cancer qui comporte un vrai volet d’action sur ses causes environnementales, financé par la sécurité sociale.
#3 La mise en place d’un grand programme de lutte contre le gaspillage collectif.
PROPOSITION 1
L’alignement des prix des produits « propres » sur ceux des produits « sales », sur des secteurs comme l’alimentation ou le transport, principalement via des mesures fiscales.
PROPOSITION 2
Prévoir un « plan cancer » financé par la Sécurité Sociale, intégrant un volet sur ses causes environnementales (pesticides, particules fines).
PROPOSITION 3
Mettre en place un grand programme de lutte contre le gaspillage collectif, en passant d’une responsabilité individuelle à une approche systémique.
« La Planète des insectes » de Mathieu Lihoreau est une plongée dans l’univers fascinant de l’intelligence cachée des insectes. Et une invitation à changer notre regard sur les bousiers, les guêpes ou même les moustiques pour construire un futur plus durable grâce à eux … Un livre aux éditions TANA, en librairie le 27 Mars 2025.
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Une nouvelle collection : CHRONIQUES SAUVAGES
Une collection portée par Audrey Dussutour, chercheuse de renom et porte-voix engagée
Ce livre n’est pas une simple exploration scientifique : c’est une véritable immersion dans la tête des insectes.
En suivant Mathieu Lihoreau, éthologue de renommée internationale, vous voyagerez de Toulouse à Fukushima, sur les traces du célèbre naturaliste passionné d’insectes Jean-Henri Fabre.
Vous découvrirez comment les récentes découvertes sur les insectes, de leurs comportements complexes à leur possible conscience, bousculent nos certitudes.
Loin des manuels académiques, cet ouvrage se lit comme un roman d’aventure scientifique, avec une touche d’humour.
Il pose des questions fondamentales sur notre place dans l’écosystème :
Pourquoi avons-nous de l’affection pour les abeilles ?
Pourquoi avons-nous de la répulsion pour les araignées ?
Qu’est-ce que cela dit de notre rapport à la nature ?
À travers les tests que les chercheurs font passer aux frelons ou aux criquets et leurs observations de terrain, découvrez un mode de vie qui pourrait nous inspirer des solutions pour lutter contre la crise environnementale. Maîtres de la survie, ces créatures minuscules détiennent peut-être les clés d’un avenir plus durable…
A propos de l’auteur Mathieu Lihoreau
Mathieu Lihoreau, éthologue au CNRS, est un expert de l’intelligence animale, en particulier celle des insectes. Après avoir percé la communication chimique des fourmis, la personnalité des blattes, ou encore le vote des mouches, il dirige actuellement une équipe de recherche à Toulouse avec laquelle il scrute les mouvements des abeilles en milieu naturel grâce à des radars et à des plantes robotiques. Passionné par la vulgarisation scientifique, il est l’auteur de À quoi pensent les abeilles ? (humenSciences, 2022). Il vit à Toulouse.
Embarquez pour un voyage fascinant au pays des insectes avec une collection de 8 tomes où on apprend des tas de choses sur les petites bêtes à six pattes tout en s’amusant ! La seule BD sur les insectes qui chasse le cafard !
Bien que de nombreuses PME ne soient pas directement concernées par la CSRD, elles devront souvent répondre aux exigences de durabilité de leurs donneurs d’ordre ou des entreprises assujetties à la directive européenne en tant que maillons de la chaîne de valeur. Portail RSE publie une étude de la DRIEAT Île-de-France réalisée par Julie Clar et Marc DUFAU qui présente les opportunités, défis et besoins des PME face à l’application de la CSRD.
Les standards de reporting de durabilité (ESRS) peuvent être résumées
Les normes VSME (Voluntary Small and Medium-sized Enterprises) ont donc vu le jour afin de proposer un cadre à ces dernières pour répondre aux attentes de leurs parties prenantes. Bientôt le Portail RSE proposera une nouvelle fonctionnalité pour remplir les indicateurs de la VSME !
En 2022, 99,8% des entreprises françaises sont des PME et des micro-entreprises
(Chiffres-clés, INSEE 2022).
Cette étude de la DRIEAT Île-de-France réalisée par Julie Clar et Marc DUFAU présente les opportunités, défis et besoins des PME face à l’application de la CSRD et des normes VSME. Elle propose également une analyse des leviers d’action pour accompagner ces entreprises dans leur transition.
Principaux objectifs de la directive CSRD (résumés)
– 1. Améliorer la transparence de l’impact des activités des entreprises sur l’environnement et la société – 2. Harmoniser le reporting extra-financier des entreprises européennes pour une meilleure comparabilité – 3. Favoriser une économie durable – 4. Démontrer une évolution positive d’année en année grâce aux plans de transition
Calendrier de la directive CSRD (schématisé), selon la taille des entreprises
Les différents types d’informations à publier
La double matérialité
Les grandes entreprises ne devront pas réaliser un reporting sur les 1 200 points de données des ESRS. Concept issu du secteur financier, la « simple matérialité » consiste à identifier les informations comptables susceptibles d’influencer la performance financière d’une entreprise.
Le reporting extra financier a ensuite appliqué ce concept aux informations de durabilité. Cependant, la matérialité simple, décrivant une vision à sens unique sur la performance financière, se révèle insuffisante face aux défis sociaux et environnementaux de notre société.
La double matérialité vient donc révolutionner la RSE et représente le socle du rapport CSRD. Elle consiste à analyser les critères ESG sous un double prisme :
1. La matérialité financière : les impacts positifs et négatifs des enjeux de durabilité sur les performances financières de l’entreprise1 ;
2. La matérialité d’impact : les impacts positifs et négatifs de l’entreprise sur son environnement économique, social et naturel
La double matérialité2 (Source : Portail RSE, Direction générale des entreprises (DGE))
En matière de développement, de position financière, de résultats financiers, de flux de trésorerie, et d’accès au financement à court, moyen et long terme. ↩︎
Extrait du « Portail RSE », Direction générale des entreprises (DGE), octobre 2024 ↩︎
La dernière édition du baromètre de l’ADEME révèle une attente particulièrement forte des Français à l’égard de mesures politiques ambitieuses, à la hauteur des enjeux climatiques. Dans le même temps, les trois sociologues qui ont successivement piloté le baromètre sur les représentations sociales du changement climatique, Chantal Derkenne, Solange Martin puis Anaïs Rocci, reviennent sur ses évolutions et constatent une légère démobilisation à l’échelle individuelle.
25 ans d’opinion sur le changement climatique
L’édito de Patrick Jolivet, directeur à la Transition juste – ADEME
« Depuis 25 ans, l’ADEME sonde l’opinion des Français sur le changement climatique, ses causes, ses conséquences et les moyens que nous pouvons mobiliser pour en atténuer les effets. Cet historique permet de dessiner de grandes tendances depuis un quart de siècle. Alors que dans les perceptions, l’effet de serre allait concerner les générations futures, désormais plus d’un Français sur deux nous répond avoir subi les effets du changement climatique sur son lieu de vie.
Le changement climatique est devenu, avec l’érosion de la biodiversité, la principale préoccupation de nos compatriotes en matière d’environnement, alors qu’au début du siècle, ils déclaraient être avant tout préoccupés par les pollutions de l’air ou de l’eau.
Mais le principal enseignement de ces baromètres, c’est que les Français sont aujourd’hui prêts à modifier de façon importante leur mode de vie, à la condition que les efforts soient équitablement répartis sur l’ensemble du spectre social. Ayant déjà adopté à titre individuel un certain nombre de « petits gestes » en faveur de l’environnement, ils attendent désormais une action ambitieuse à l’échelle des États, des entreprises et des instances internationales. Plébiscitant une politique économique volontariste et favorable à des mesures réglementaires ou fiscales, ils se montrent fort éloignés des idées reçues sur une soi-disant « écologie punitive ».
La priorité ne semble plus être de convaincre les Français de la nécessité d’une action collective et efficace, mais bien de la mettre en œuvre.
Les données clés de la lettre
L’aggravation de la problématique du changement climatique induit par les émissions de gaz à effet de serre (GES) a conduit l’ADEME, dès l’année 2000, à mettre en place des mesures régulières des représentations sociales de ces phénomènes au sein de la société française.
Des enquêtes par sondage ont été réalisées chaque année sur des échantillons représentatifs de la population, âgée de 15 ans et plus, permettant à l’ADEME de réaliser un baromètre de l’opinion des Français sur le changement climatique.
Des Français moins mobilisés, mais en attente de politiques publiques plus ambitieuses
La dernière édition du baromètre de l’ADEME révèle une attente particulièrement forte des Français à l’égard de mesures politiques ambitieuses, à la hauteur des enjeux climatiques. Dans le même temps, nous observons une légère démobilisation à l’échelle individuelle.
En 2024, plus d’un Français sur deux déclare avoir déjà subi les conséquences du réchauffement du climat là où il habite ; un record.
Pour y faire face, ils attendent plus d’actions de la part des pouvoirs publics, aussi bien à l’échelle nationale que territoriale. Tout se passe comme si, conscients de l’urgence climatique, ils ressentaient une forme de lassitude vis-à-vis des injonctions aux écogestes et préféraient déléguer davantage à la puissance publique des actions à la hauteur des enjeux.
Une adhésion pour des mesures politiques fortes qui s’accentue cette année…
Globalement, les Français se sont toujours montrés majoritairement favorables à une diversité de mesures de politiques publiques pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES). Mais cette année, on observe une forte hausse de leur adhésion, avec notamment un pic de soutien pour le développement des énergies renouvelables à 91 % (+ 14 points en 10 ans).
Les mesures réglementaires sont particulièrement plébiscitées :
interdire la publicité pour les produits ayant un fort impact environnemental (souhaitable pour 84 % des Français) ;
obliger les propriétaires à rénover et à isoler les logements (72 %) ;
limiter la circulation des véhicules les plus polluants dans les grandes agglomérations (72 %) ; obliger la restauration collective publique à proposer une offre de menu végétarien, bio et/ou de saison (68 %).
Mais ce sont les mesures de taxation qui profitent des plus fortes hausses :
taxer le transport aérien pour favoriser le transport par le train (70 % de Français favorables, + 6 points en un an et + 27 % en 20 ans) ;
+ 7 points depuis 2023 pour taxer davantage les véhicules les plus émetteurs de GES (63 % favorables)
et augmenter les prix des produits à fort impact environnemental (60 %).
Cette évolution atteint des valeurs élevées même pour des mesures qui se situent parmi les moins souhaitées, telles que densifier les villes en limitant l’habitat pavillonnaire (46 %, + 8 points en un an et + 15 points en 10 ans), abaisser la vitesse limite sur autoroute à 110 km/h (49 %, + 14 points en 4 ans).
Le baromètre révèle également que pour 7 Français sur 10, la priorité économique du gouvernement devrait être de soutenir exclusivement les activités qui préservent l’environnement plutôt que tous les secteurs de l’économie, au risque de conséquences négatives sur l’environnement (28 %). À l’échelle locale, 84 % des Français considèrent que leur territoire sera obligé de prendre des mesures importantes dans les décennies à venir pour s’adapter aux conditions climatiques.
… sous condition d’équité et de justice sociale
L’adhésion aux mesures de politiques publiques de transition dépend fortement de leurs conditions de mise en œuvre. Ainsi, parmi la liste de mesures destinées à limiter les émissions de GES proposée dans l’enquête, 51 % des Français considèrent comme souhaitable d’augmenter la taxe carbone (pour 15 % « très souhaitable »), en hausse de 6 points par rapport à 2023, sans retrouver le record de 2017 à 55 %. Leur opinion est encore plus favorable (69 %, + 4 points) en y ajoutant comme condition que « cela ne pénalise pas le pouvoir d’achat des ménages des classes moyennes et modestes, et que les recettes de la taxe soient utilisées pour financer des mesures de transition écologique, notamment sur les territoires ».
À titre personnel, 18 % seraient prêts à payer une taxation supplémentaire sur les carburants pour lutter contre le réchauffement climatique (+ 5 points entre 2023 et 2024), en y ajoutant des conditions de compensation par une baisse d’impôt, une redistribution aux catégories modestes et moyennes, ou l’utilisation des recettes pour la transition énergétique, ils seraient même 57 %.
Conscients de l’urgence climatique, près de 60 % des Français (stable dans le temps) considèrent qu’il faudra modifier de façon importante nos modes de vie. Toutefois, ils seraient prêts à accepter les changements nécessaires si les efforts étaient partagés de façon juste entre tous les membres de la société (66 %) et si ces changements étaient décidés collectivement (45 %).
Or aujourd’hui, les Français ont le sentiment que les États, pourtant jugés comme les acteurs les plus efficaces pour résoudre le problème de changement climatique, n’agissent pas à la hauteur de leur potentiel, tout comme les entreprises et les instances internationales, contrairement aux collectivités locales, aux associations et aux citoyens. Ils estiment avoir fait suffisamment d’efforts à l’échelle individuelle ces dernières années et cela pourrait expliquer que leur mobilisation s’essouffle.
Les évolutions des pratiques déclarées des Français témoignent d’une véritable inflexion des comportements sur la longue durée.
Alors qu’un pic a été constaté pour beaucoup d’actions en 2023 (notamment moins consommer, limiter sa consommation de viande, ne pas prendre l’avion ou encore privilégier les achats de seconde main), cette année, la dynamique d’évolution des pratiques individuelles pour réduire l’impact des modes de vie est en baisse, laissant supposer une forme de démotivation quant à l’effort que les Français sont prêts à faire.
En effet, il y a un basculement notable entre ce que les répondants déclarent faire et ce qu’ils ne font pas ou plus, mais pourraient faire facilement (2024 vs 2023) : ne pas prendre l’avion, – 7 pts ; veiller à acheter des légumes de saison, – 6 pts ; trier ses déchets, – 4 pts. Cette baisse s’observe particulièrement chez les CSP+.
Par ailleurs, 64 % des Français déclarent qu’ils pourraient faire plus d’efforts pour réduire leurs émissions de GES (+ 4 points), et seulement 31 % estiment faire leur maximum.
Tout se passe comme si, conscients de l’urgence climatique, ils ressentaient une forme de lassitude vis-à-vis des injonctions aux écogestes et préféraient déléguer davantage à la puissance publique des actions à la hauteur des enjeux.
Au-delà de la disposition à faire des efforts, la capacité à s’investir est fortement dépendante des ressources des ménages : 44 % d’entre eux qui déclarent « s’en sortir très difficilement » ont le sentiment de « faire leur maximum » et 29 % qu’ils « pourraient en faire plus ». Alors que les proportions s’inversent quand les ménages « s’en sortent très facilement » : 23 % estiment « faire leur maximum » et 60 % qu’ils « pourraient en faire plus ».
Certaines pratiques restent très difficiles à mettre en place, notamment dans le domaine de la mobilité quand elles sont dépendantes des infrastructures. Au-delà de la qualité, les solutions alternatives n’existent bien souvent tout simplement pas.
Les limites de l’écocitoyenneté
Éclairage de Maël Ginsburger, maître de conférences en sociologie, université Paris Cité
Les résultats du 25e baromètre "Les représentations sociales du changement climatique" documentent la perception qu’ont les Français des pratiques de consommation qu’ils sont enjoints à mettre en œuvre pour limiter leurs émissions de gaz à effet de serre. Ceux-ci confirment la centralité des « petits gestes » dans la liste des actions mises en œuvre : malgré une légère baisse, 79 % des personnes interrogées déclarent trier les déchets, et plus des deux tiers affirment mettre en oeuvre des gestes de modération des dépenses énergétiques. À l’inverse, les pratiques relevant d’une logique de modération de la consommation, en particulier lorsqu’elles touchent au domaine des transports, sont bien plus rarement déclarées (49 % déclarent ne pas prendre l’avion pour leurs loisirs, 33 % expliquent utiliser les transports en commun plutôt que la voiture). De telles pratiques dépendent bien évidemment du contexte de leur mise en œuvre, ce que les termes d’« effort » voire d’« action » tendent à invisibiliser : s’agit-il d’un effort de ne pas prendre l’avion pour un ménage n’en ayant pas les moyens ? Étiquettera-t-il cette non-utilisation des transports aériens comme une action mise en œuvre positivement en faveur de l’environnement ? Ce contexte est non seulement matériel (la proximité des infrastructures de transport en commun ou des producteurs locaux, le budget à disposition du ménage pour accéder à des produits disposant d’écolabels), mais aussi social. Les résultats comparés du baromètre entre 2023 et 2024 suggèrent en outre une forme de « repolitisation » des solutions écologiques, avec un recul dans l’adhésion aux actions individuelles – dont les plus émettrices demeurent encastrées dans des faisceaux de contraintes (budgétaire, résidentielle, familiale, liée à la disponibilité des infrastructures) inégales selon la classe sociale et le lieu de résidence – et un soutien croissant en faveur de mesures politiques ambitieuses.
Une montée du climatoscepticisme à surveiller
Le changement climatique fait désormais partie du quotidien des Français. Aujourd’hui, plus d’un Français sur deux (52 %, + 7 points – un record) déclare avoir déjà subi les conséquences du réchauffement climatique là où il habite. Et près de 8 Français sur 10 considèrent qu’ils ressentent déjà ou ressentiront d’ici seulement une dizaine d’années les conséquences du désordre climatique dans leur vie.
Sur la durée, l’évolution de l’opinion sur le phénomène de changement climatique est plutôt positive. En 2001, un tiers seulement des répondants estimaient que « les désordres du climat [étaient] causés par l’effet de serre », aujourd’hui ils sont 56 %, après un pic à 64 % en 2022. 49 % ne savaient pas se prononcer sur les vraies causes du désordre du climat en 2001 ; aujourd’hui, ils sont seulement 15 %. Le scepticisme vis-à-vis de la cause anthropique du changement climatique n’a pas beaucoup bougé pendant plusieurs années : autour de 15 % jusqu’en 2014, puis autour de 20 % jusqu’en 2023.
Toutefois, en 2024, on relève une hausse de ce climatoscepticisme. Près de 30 % des Français considèrent que les désordres climatiques et leurs conséquences sont des phénomènes naturels, comme il y en a toujours eu. Une augmentation de 7 points par rapport à 2023 et de 12 points depuis 2020. Ce pic aujourd’hui fait ainsi doubler la part des personnes qui estiment que les désordres du climat sont des phénomènes naturels comme la Terre en a toujours connu en l’espace de plus de 20 ans (15 % en 2001 à 29 % en 2024).
Il existe plusieurs sortes de climatosceptiques :
• ceux qui nient complètement la réalité du changement climatique : 2 % de la population ;
• ceux qui n’ont pas d’idée précise et ne se prononcent pas : 6 % ;
• et ceux qui considèrent que c’est un phénomène naturel comme il y en a toujours eu : 30 %.
Pourtant, un tiers seulement n’est pas convaincu de l’unanimité de la communauté scientifique sur la question. La confiance dans les scientifiques reste d’ailleurs stable au fil des ans. Depuis l’origine du baromètre, environ deux tiers des personnes interrogées considèrent que la théorie selon laquelle l’augmentation de l’effet de serre entraînerait un réchauffement de l’atmosphère est une certitude pour la plupart des scientifiques. De même, la confiance qu’ils leur accordent pour évaluer les risques évolue peu au fil des ans :
71 % considèrent que les scientifiques « évaluent correctement les risques du changement climatique »
Ainsi, ni les désordres climatiques subis en France et à travers le monde ni les rapports du GIEC qui pointent l’unanimité scientifique sur le sujet ne renforcent l’idée, auprès de la population, que l’effet de serre et les activités humaines en sont la cause. Tout se passe comme s’il y avait une sorte de sidération vis-à-vis de l’ampleur des désordres climatiques et qu’on en oubliait la cause réelle.
La médiatisation de ces images de catastrophes – mettant davantage l’accent sur les conséquences de ces désordres climatiques que sur les causes et les solutions – renforce probablement encore ce sentiment d’une nature devenue folle.
En effet, alors que 40 % des Français considèrent que l’on parle suffisamment du changement climatique, et qu’un tiers trouve que l’on n’en parle pas assez, le pourcentage de personnes estimant que l’on évoque trop ce sujet dans la presse ou à la télévision augmente. Il atteint aujourd’hui 26 % ; une minorité qui, comparée aux chiffres de 2011 (16 %), prend de l’importance, laissant penser à une possible saturation du public devant l’avalanche d’images de canicules, d’incendies ou d’inondations dans les médias de grande diffusion.
Comment expliquer le climatoscepticisme ?
Éclairage d’Amélie Deloffre, cofondatrice de Parlons Climat
Si l’existence du changement climatique fait aujourd’hui consensus au sein des Français (seulement 2 % estiment qu’il n’existe pas), des zones de doutes portent sur ses causes. Ainsi, près d’un tiers des Français déclarent qu’il s’agit d’un phénomène naturel comme la Terre en a toujours connu, et une même proportion estime que les scientifiques exagèrent les risques de celui-ci. Sur la base de ce constat, nous avons mené chez Parlons Climat une série d’entretiens auprès de climatosceptiques qui mettent en lumière une grande variété de doutes allant de la méconnaissance à l’ambiguïté, en passant par l’incapacité à trancher entre cause anthropique ou naturelle.
Paradoxalement, le nombre de climatosceptiques semble en augmentation ces dernières années alors même que le sujet est de plus en plus médiatisé (33 % des Français trouvent que l’on ne parle pas assez de climat, en baisse constante depuis 2017 avec – 10 points). Alors que d’importants efforts d’information et de pédagogie ont été déployés par les médias et les associations pour sensibiliser et donner les clés au grand public, nos entretiens ont révélé que ce n’est pas tant l’absence de connaissances sur le sujet qui explique le climatoscepticisme, mais qu’il s’agit surtout d’une posture défensive face à la transition écologique, celle-ci générant des crispations sociales, économiques et politiques auprès d’une partie de la population la jugeant « trop politisée », avec des solutions « peu adaptées » ou « financièrement inaccessibles ».
Par ailleurs, en travaillant à partir des données de l’ADEME, nous avons déterminé que près d’un tiers des climatosceptiques sont de potentiels alliés du climat dans la mesure où ils acceptent le consensus scientifique, l’adaptation future de leur territoire, mais aussi les politiques climatiques, au même niveau que le reste de la population française. Cette distinction nous permet d’établir que les convictions sur les causes du changement climatique ne sont pas forcément déterminantes en matière d’engagement et de posture face à la crise climatique.
Les personnes âgées de plus de 65 ans sont plus nombreuses à estimer que l’on en parle trop (70 %), tout comme celles qui se situent « à droite » de l’échiquier politique : 82 % (contre 36 % « très à gauche »). A contrario, les moins de 25 ans sont plus nombreux à penser que l’on n’en parle pas assez.
Ces convictions sur le changement climatique sont pour partie liées à l’âge, au niveau d’études, mais surtout à la proximité politique. Ainsi, cette montée du climatoscepticisme se cristallise très certainement dans la polarisation politique autour de l’écologie et du changement climatique qui s’est considérablement accrue ces dernières années. On observe une forme de radicalisation des plus réfractaires au discours écologique. Quand 79 % de ceux qui se classent « très à gauche » sont convaincus du caractère anthropique du changement climatique, ils sont seulement 49 % parmi ceux qui se classent « à droite ». Les personnes qui ont beaucoup de sympathie pour les mouvements écologistes ne sont que 7 % à considérer que c’est un phénomène naturel, alors qu’ils sont 50 % chez ceux qui n’ont pas du tout de sympathie pour ces mouvements. De même, 91 % des répondants « très à gauche » estiment que les risques sont correctement évalués par les scientifiques, contre 57 % des « très à droite ». Concernant l’âge, on observe depuis des années que les très jeunes, 15-17 ans, sont convaincus que le changement climatique est dû aux activités humaines, contrairement aux seniors qui se montrent plus sceptiques. Chez les 18-24 ans et les 25-34 ans, le climatoscepticisme vis-à-vis de la cause anthropique – mais aussi de la réalité même du changement climatique – se renforce ces dernières années : quand 18 % des 15-17 ans considèrent que c’est un phénomène naturel, ils sont 30 % parmi les 18-24 ans et même 45 % parmi les 25-34 ans. Il faut toutefois rappeler que deux tiers des Français sont convaincus de l’impact des activités humaines sur le changement climatique, qu’une minorité émet des doutes envers les scientifiques et que l’environnement et le changement climatique restent une préoccupation forte (dans le top 3). Dès lors, l’enjeu n’est pas tant de convaincre les Français, mais de leur donner les moyens d’agir en portant des mesures politiques ambitieuses à la hauteur des enjeux, et permettant de faire évoluer les modes de vie.
La plupart des entreprises devront tôt ou tard rendre compte de leur plan de transition climatique. Leurs objectifs de réduction à court, moyen et long terme, leviers de décarbonation quantifiés, investissements chiffrés CAPEX / OPEX… Le plan de transition n’est pas qu’un exercice de conformité, c’est un outil stratégique qui transforme l’entreprise. La Commission Climat et Finance Durable de l’AMF a publié un guide pédagogique qui décode les exigences réglementaires, fournit une méthodologie étape par étape, partage les bonnes pratiques des entreprises pionnières et donne les clés pour transformer la contrainte en opportunité.
« Un plan de transition robuste démontre votre crédibilité, anticipe les risques climatiques, structure votre transformation et guide vos investissements » pour Thomas PINET spécialiste de la CSRD, convaincu que « ce plan n’est plus une menace, mais le meilleur allié de l’entreprise pour préparer l’avenir« .
Nouvelles exigences de reporting sur les plans de transition climatique
La nouvelle directive CSRD*1 (Corporate Sustainability Reporting Directive) sur le reporting de durabilité des entreprises, qui requiert des informations sur les plans de transition climatique adoptés par les entreprises, entre progressivement en application depuis le 1er janvier 2024, avec les premières publications attendues en 2025.
Ces plans de transition sont définis comme des plans d’action en matière d’atténuation du changement climatique compatibles avec la limitation du réchauffement planétaire à +1,5 °C avec peu ou pas de dépassement, en ligne avec l’Accord de Paris. En reprenant cette ambition dans les attentes de la CSRD, l’Union européenne montre sa volonté de voir les entreprises adopter des plans de transition robustes et à la hauteur des enjeux climatiques.
Le plan de transition est l’outil qui permet d’ancrer dans la stratégie de l’entreprise des objectifs à long terme et de décliner cette planification à des horizons de court et moyen terme, en lien avec l’horizon de planification financière des entreprises. Plus que l’engagement à long terme sur le « zéro net » en termes de gaz à effet de serre, c’est bien la compréhension d’ensemble des efforts et de la capacité réelle de transformation de l’entreprise qui est clé dans le reporting sur le plan de transition : gouvernance, évolution de la stratégie de l’entreprise, identification de leviers de décarbonation, mobilisation des financements dédiés à ces plans d’action, suivi et communication sur l’exécution du plan.
Les normes ESRS fixent un cadre pour la définition des objectifs de décarbonation que les entreprises doivent afficher dans leur plan de transition, et qui doivent être compatibles avec l’objectif de 1,5 °C avec peu ou pas de dépassement*.
Exemple 1 issu de AR31 : présentation des objectifs de réduction détaillés par levier de décarbonation (lien entre cibles et actions)
La plupart des référentiels existants sur les plans de transition sont cohérents avec cet objectif fondé sur la science :
Cadencement/Niveau d’ambition des objectifs : limiter le réchauffement planétaire à 1,5 °C avec peu ou pas de dépassement nécessite non seulement d’atteindre la neutralité carbone* planétaire en passant par une réduction drastique des émissions de GES, mais aussi de le faire à un rythme suffisamment rapide pour ne pas épuiser le budget carbone* compatible avec l’objectif 1,5 °C. Selon certains référentiels, atteindre cet objectif suppose une réduction des émissions de GES en valeur absolue*2 en 2030 de l’ordre de 42 % à 50 % par rapport à 2019. Ces seuils peuvent varier en fonction de spécificités sectorielles. Cette cadence rapide implique ainsi pour les entreprises de décliner leurs objectifs de décarbonation à long terme et leur plan de transition à court et moyen terme.
Priorité donnée aux efforts de réduction d’émissions de GES : les objectifs de décarbonation consistent essentiellement à réduire les émissions de GES brutes des entreprises : le recours éventuel à la compensation carbone* et aux absorptions* n’intervient qu’en second lieu et pour un volume très limité d’émissions dites « résiduelles ».
Périmètre des objectifs : la nécessité de couvrir dans le plan de transition toutes les émissions de GES matérielles fait écho aux attentes des investisseurs, bien que la plupart des émetteurs consultés rencontrent encore des difficultés pour obtenir ou estimer des données sur l’amont et l’aval de leur chaîne de valeur* concernant la fixation d’objectifs sur le scope 3. Plusieurs émetteurs soulignent leur difficile capacité d’influence sur leurs fournisseurs ou leurs clients.
Source : Deepki, d’après le GHG Protocol, traduction libre
Rendre compte de leviers de décarbonation
Les leviers de décarbonation constituent le cœur du plan de transition : la description qualitative (nature et liste des actions clés à mener pour atteindre les objectifs) et quantitative de ces leviers (contributions respectives des actions à la trajectoire de décarbonation), ainsi que les informations sur le calendrier de mise en œuvre, demandées par les ESRS, participent grandement à comprendre le niveau d’ambition et la crédibilité de la stratégie.
Une importance particulière est donnée aux mesures de court terme qui sont les plus vérifiables et témoignent de l’action concrète de l’entreprise.
Si la nécessité de rendre compte des mesures mises en place et prévues pour atteindre les objectifs de décarbonation fait a priori consensus, les émetteurs évoquent néanmoins dans certains cas des difficultés liées à la préparation et au reporting de ces informations détaillées (notamment : isoler des leviers, assurer la confidentialité des informations, etc.)
Les référentiels s’accordent sur le fait que l’engagement avec les clients, les investisseurs, les fournisseurs et les pairs représente un outil important. Plusieurs d’entre eux recommandent l’adoption d’une stratégie d’engagement spécifique, avec des informations détaillées sur les moyens et les modalités de l’engagement, ainsi que sur les objectifs.
Un large consensus méthodologique existe également sur la nécessité de réduire ou d’éliminer progressivement les énergies fossiles – i.e. charbon, pétrole et gaz – et d’en tenir compte dans les plans de transition.
Source : EDF, DEU 2022 p.142
Le traitement des émissions verrouillées
La mesure des émissions verrouillées3 est une estimation des futures émissions de GES engendrées par l’exploitation d’actifs (infrastructures, appareil productif) ou de produits de longue durée de vie sur toute leur durée d’usage. Mesurer ces émissions verrouillées apparaît primordial pour définir la stratégie de transition des entreprises ayant des activités particulièrement émissives (comme dans l’énergie, l’industrie, le transport, le bâtiment…).
Par exemple, pour le secteur Immobilier, l’analyse effectuée par la méthodologie ACT s’appuie sur le rapport entre les émissions des bâtiments gérés par l’entreprise entre l’année de référence et 2050, et le budget d’émissions qu’implique le budget carbone de l’entreprise sur la même période. Pour chaque type de bâtiment, les émissions verrouillées sont basées sur les émissions actuelles publiées jusqu’au prochain plan de rénovation prévu. Après un plan de rénovation, les émissions verrouillées prennent en compte la réduction attendue de la consommation d’énergie comme le montre le schéma ci-dessus. Source : Méthodologie ACT – Secteur Real Estate
Rendre compte des moyens financiers affectés au plan de transition
Les informations exigées par les ESRS sur les moyens financiers apparaissent comme la plus haute marche à franchir par les entreprises. Encore peu d’émetteurs rendent compte des investissements affectés à leur plan de transition, a fortiori de manière détaillée.
Pourtant, l’enjeu est de taille puisque la crédibilité du plan de décarbonation de l’entreprise ne peut être analysée qu’en connaissance des moyens financiers et humains alloués, notamment la nature et les montants des dépenses d’investissement (CapEx) et dépenses opérationnelles (OpEx) significatives qui sont et seront affectées au plan de transition.
Il est important d’assurer la cohérence de ces informations avec les états financiers en fournissant notamment des éléments de réconciliation des montants significatifs. Il est également important de faire le lien entre ces informations financières et les indicateurs demandés par le règlement Taxonomie (montants des CapEx et OpEx durables selon le référentiel Taxonomie).
Source : Saint Gobain, DEU 2022 p.100
Gouvernance et suivi du plan de transition
Traiter le sujet de la bonne gouvernance du plan de transition nécessite de prendre en compte différentes normes ESRS : la norme ESRS-E1 sur le Climat (informations sur l’approbation par les organes de gouvernance du plan ou sur la prise en compte du climat dans la rémunération) mais aussi, plus indirectement, la norme ESRS 2 (informations sur le niveau d’expertise) ou encore la norme ESRS G1 sur la conduite des affaires (pratiques de lobbying).
Les méthodologies analysées, ainsi que les investisseurs interrogés, attendent des entreprises qu’elles démontrent un fort niveau d’implication et d’incitation de la direction dans la mise en œuvre du plan.
Le suivi du plan de transition dans le temps est clé car il permet de rendre compte de l’exécution du plan, qui est un autre enjeu structurant du reporting du plan de transition.
Des explications détaillées et circonstanciées sur les progrès ou écarts constatés doivent informer sur la mise en œuvre du plan, en rendant idéalement compte de l’évolution précise des émissions de GES de l’entreprise, de la mise en œuvre des leviers de décarbonation et de l’évolution des métriques financières afin de permettre une évaluation externe des progrès.
Sur chacune des composantes d’un plan de transition (objectifs, leviers, etc.), le groupe de travail de la Commission Climat et Finance Durable (CCFD) met en avant des éléments additionnels aux ESRS voués à enrichir la qualité et la pertinence des rapports de durabilité (cf. tableau de synthèse en Conclusion du guide).
Dans l’extrait ci-dessus, le groupe Schneider Electric, publie des informations détaillées et quantifiées sur le suivi du plan de transition, qui se rapproche de la présentation proposée par ESRS E1 en AR 2586 : suivi dans le temps de l’atteinte des objectifs de réduction de GES associé à des leviers de décarbonation comprenant les valeurs suivantes : un KPI (par exemple « s’assurer que 1000 fournisseurs majeurs réduisent leurs propres émissions de CO 2 »), une année de référence, une année cible (2025), et un baromètre permettant de visualiser l’avancée par rapport aux cibles (en 2022, 10 % des 1000 fournisseurs majeurs ont réduit leurs propres émissions de CO 2).
SOMMAIRE
CHAPITRE 1 : DÉFINITION DU SUJET ET CONTEXTE RÉGLEMENTAIRE GÉNÉRAL
QUELQUES RAPPELS SUR LA « NEUTRALITÉ CARBONE » POUR LES ENTREPRISES
QUELLE NÉCESSITÉ DES PLANS DE TRANSITION ?
RAPPELS RÉGLEMENTAIRES
CHAPITRE 2 : PRÉPARATION DES REPORTINGS SUR LES OBJECTIFS ET LEVIERS OBJECTIFS DE RÉDUCTION DES GES ET DESCRIPTION DE LEUR COMPATIBILITÉ AVEC L’ACCORD DE PARIS
Objectif en valeur absolue et en valeur brute
Définition des échéances
Année de référence et valeur de référence
Périmètre de l’objectif
Scientificité
LEVIERS DE DÉCARBONATION, ACTIONS PLANIFIÉES ET ÉMISSIONS VERROUILLÉES
Typologie et quantification des leviers et actions pour atteindre les objectifs de réduction de GES
Analyse et traitement des émissions verrouillées
CHAPITRE 3 : PRÉPARATION DES REPORTINGS SUR LES MOYENS FINANCIERS ALLOUÉS AU PLAN
Explication et montants des investissements et financements liés à la mise en œuvre du plan de transition
Reporting Taxonomie et écart entre KPI Taxonomique et KPI de transition
CHAPITRE 4 : PRÉPARATION DES REPORTINGS L’INTÉGRATION A LA GOUVERNANCE ET LE SUIVI DU PLAN DE TRANSITION
Gouvernance autour du plan de transition
Suivi du plan de transition
Prix du carbone interne
Tableau récapitulatif – Éléments essentiels identifiés par le groupe de travail de la CCFD en lien avec les points de données de l’ESRS E1-1
Annexes
ANNEXE 1 : Méthodologie adoptée et liste des cadres analysés
ANNEXE 2 : Glossaire
ANNEXE 3 : Composition du groupe de travail sur les plans de transition de la Commission Climat et Finance Durable de l’AMF
Parce que les énergies renouvelables et le patrimoine culturel sont trop souvent renvoyés dos à dos. Une incompatibilité parfois mise en scène par les opposants aux énergies renouvelables.C’est pourquoi le réseau Clerpublie dans sa collection Comprendre“Accorder énergies renouvelables et patrimoine culturel pour des territoires durables et harmonieux”. Ce travail a permis de réunir une vingtaine d’acteurs de la transition énergétique, du patrimoine et du paysage pour dresser un état des lieux des pratiques actuelles et porter cinq propositions pour bâtir une transition énergétique ambitieuse et harmonieuse.
Instaurer un dialogue pour répondre aux défis énergétiques et patrimoniaux
Accélérer le développement de toutes les énergies renouvelables est une nécessité pour sortir des énergies fossiles, bâtir notre indépendance énergétique et atteindre les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre en France et en Europe.
Cependant, l’émergence de nouveaux projets, notamment éolien et photovoltaïque, ne doit pas faire peser une pression supplémentaire sur le paysage et le patrimoine culturel. Les règles du patrimoine, quant à elles, doivent évoluer au rythme des défis énergétiques auxquels nous faisons face.
En s’appuyant sur des cas concrets, des entretiens et des témoignages issus de structures adhérentes et partenaires, le réseau Cler dresse un premier constat partagé par les acteurs du patrimoine et du paysage : lorsque la transition énergétique est portée à la croisée des politiques publiques, elle est une véritable opportunité pour les paysages et le patrimoine culturel menacés par les phénomènes climatiques.
5 propositions portées par les acteurs de la transition énergétique, du patrimoine et du paysage.
1- Favoriser la montée en compétences de tous les acteurs pour avancer ensemble
Une formation réciproque des acteursdu patrimoine sur les enjeux énergétiques, et des acteurs de l’énergie sur les enjeux patrimoniaux et à la démarche paysagère est nécessaire pour s’assurer de la bonne appréhension du sujet par tous.
Elle permettrait une montée en qualité des projets énergétiques en amont de l’instruction. Pour favoriser l’interconnaissance entre acteurs, ces formations pourraient mêler les deux publics, acteurs de l’énergie et acteurs du patrimoine et du paysage.
2- Valoriser les projets réussis et leurs acteurs
Les projets de qualité existent. À Loos-en-Gohelle (Pas-de-Calais) par exemple, des panneaux photovoltaïques ont pu être installés sur le toit de l’église grâce à un travail de coopération avec l’Architecte des Bâtiments de France. Ou encore à Bouchemaine (Maine-et-Loire), en plein secteur Unesco, un parc photovoltaïque remplacera bientôt des cuves d’hydrocarbures du siècle dernier grâce à la collaboration entre acteurs du patrimoine et porteurs du projet pour réfléchir à l’intégration paysagère du parc. La mise en valeur de tels retours d’expérience est importante pour faire évoluer les imaginaires et valoriser le rôle de chaque acteur.
3- Augmenter les moyens humains et financiers
Les acteurs du patrimoine et du paysage, en particulier les Architectes des Bâtiments de France (ABF) et les Paysagistes conseils de l’État, ont besoin de temps pour s’impliquer dès l’amont d’un projet d’énergie renouvelable. Cette étape est nécessaire pour considérer les enjeux patrimoniaux et paysagers autour du choix du site d’implantation par exemple et éviter alors d’instruire un dossier pour lequel la plupart des décisions ont déjà été prises. Pour cela, il est nécessaire de renforcer à la fois les moyens humains du côté des services instructeurs et du côté des collectivités locales pour qu’elles puissent être en capacité d’accompagner des projets d’énergies renouvelables avec un prisme paysage et patrimoine.
4- Modifier la gouvernance et les pratiques
Renforcer la cohérence entre les politiques publiques relatives au déploiement des énergies renouvelables, à la préservation du patrimoine et au paysage à l’échelle de l’État est indispensable. Le cadre national doit être clair afin de fluidifier l’ensemble de la chaîne d’intervention des acteurs, et permettre de vrais espaces de dialogues et de construction de solutions adaptées aux spécificités locales sur ce double enjeu.
5 – Construire ensemble des propositions durables
Dans un contexte de réduction des dépenses publiques, les acteurs de la transition énergétique, du patrimoine et du paysage souhaitent porter un plaidoyer commun pour des moyens humains et financiers supplémentaires, alors indispensables pour mener une transition désirable avec des paysages de qualité.
91 partenaires, regroupant 37 entreprises technologiques, dix pays et cinq organisations internationales, dont le PNUD, l’AIE et le GGGI, unissent leurs forces au sein de la Coalition pour une Intelligence Artificielle (IA) écologiquement durable, dont l’objectif est d’accélérer la dynamique mondiale visant à placer l’IA sur une voie plus durable d’un point de vue écologique. Emmenée par la France, le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) et l’Union internationale des Télécommunications (UIT), la Coalition réunit les parties prenantes de la chaîne de valeur de l’IA pour un dialogue et des initiatives collaboratives ambitieuses.
Lancement d’une coalition mondiale pour une intelligence artificielle durable
Le Sommet sur l’intelligence artificielle (IA) marque un tournant décisif en mettant la durabilité environnementale de l’IA au cœur des discussions de haut niveau sur son avenir.
Face à la croissance exponentielle de cette technologie et à ses implications environnementales majeures, nous devons collectivement examiner les conditions pour en faire une technologie de choix pour accélérer la transition écologique et mieux préserver les ressources de notre planète.
Depuis plusieurs années, les acteurs du secteur de l’IA proposent solutions pour améliorer son efficience environnementale (optimisation énergétique, écoconception, innovation dans la construction de nouveaux datacenters, etc.) et pour utiliser tout son potentiel au service de la transition écologique (meilleure connaissance des évolutions climatiques, optimisation des flux de ressources, etc.).
Sous l’impulsion du ministère de la Transition écologique, de la Biodiversité, de la Forêt, de la Mer et de la Pêche, les acteurs de cet écosystème se regroupent en une Coalition pour une IA durable, pour mettre en commun leurs efforts et mettre en avant l’importance de rendre l’IA bénéfique pour la transition écologique.
L’objectif principal de cette coalition est d’accroître la collaboration autour des initiatives existantes, tout en accroissant la visibilité des solutions innovantes et le partage des connaissances.
Un Sommet pour l’action sur l’Intelligence Artificielle
La Coalition a été annoncée à l’occasion du Sommet pour l’action sur l’Intelligence Artificielle, à Paris, où des chefs d’État et de gouvernement, dirigeants d’organisations internationales, PDG, universitaires, artistes et membres de la société civile se sont réunis pour discuter du soutien à l’innovation en matière d’IA et du respect des droits pour assurer un développement de ces technologies dans l’intérêt de tous, y compris des pays en développement.
Les cinq thèmes du Sommet
L’IA au service de l’intérêt public : développer des infrastructures publiques ouvertes pour l’IA à l’échelle mondiale, visant des résultats sociaux, économiques et environnementaux positifs ;
L’avenir du travail : examiner l’intégration future de l’IA dans le monde professionnel, en mettant l’accent sur des usages améliorant la productivité et le bien-être ;
Innovation et culture : soutenir des écosystèmes d’innovation dynamiques, incluant les industries culturelles et créatives, pour le développement de l’IA ;
L’IA de confiance : renforcer la confiance dans l’IA en s’appuyant sur un consensus scientifique concernant les questions de sûreté et de sécurité ;
La gouvernance mondiale de l’IA : élaborer un cadre de gouvernance internationale efficace et inclusif, en s’appuyant sur les travaux des Nations Unies et des initiatives existantes comme le Partenariat mondial sur l’intelligence artificielle.
De la même manière que l’on s’intéresse à la sécurité de l’IA ou à l’éthique de l’IA, la Coalition vise à renforcer la place de l’aspect durable de l’IA dans la discussion au niveau mondial.
Défis mondiaux : cartographier la responsabilité environnementale de l’humanité
Une base de connaissances sur l’IA et l’environnement
Un certain nombre d’initiatives ont été lancées dans le contexte du Sommet pour constituer une base de connaissances sur l’IA et l’environnement, dont certaines ont été menées spécifiquement en préparation du Sommet.
Par le biais de l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (INRIA) et du Ministère de la Transition écologique, une communauté de 36 scientifiques, entreprises, institutions publiques et organisations internationales a publié un document de position identifiant les défis à relever pour maximiser les effets positifs des systèmes d’IA tout en limitant leur impact environnemental.
Le premier hackathon associant IA et sobriété énergétique, le Frugal AI Challenge, a réuni plus de 60 équipes de data scientists autour du défi inédit de concevoir des modèles d’IA associés à des enjeux environnementaux, notamment la détection de la désinformation climatique, l’analyse des régions à risque d’incendie, l’identification de la déforestation illégale), tout en optimisant leur efficacité énergétique.
L’Agence internationale de l’énergie (AIE) lance le premier observatoire mondial dédié à l’énergie et à l’IA qui permet, en centralisant et en analysant les données :
(i) de mieux anticiper les besoins énergétiques des centres de données et des modèles d’IA, sur la base d’une méthodologie transparente,
(ii) d’optimiser les systèmes énergétiques et de réduire les émissions de carbone grâce à l’IA,
et (iii) de promouvoir des innovations révolutionnaires pour l’IA appliquée à l’énergie.
Afin de favoriser la collaboration dans le domaine de la normalisation, une feuille de route sur la normalisation de l’impact environnemental de l’IA a été établie par plus de 30 partenaires privés et publics définissant des lignes directrices pour l’évaluation environnementale de l’IA et identifiant des domaines de coopération entre les principales organisations internationales de normalisation : Organisation internationale de normalisation (ISO), Union internationale des télécommunications (UIT) de l’ONU, Institut des ingénieurs électriciens et électroniciens (IEEE).
L’initiative multipartite « Green Digital Action », convoquée par l’Union internationale des télécommunications, a introduit un nouveau pilier thématique sur l’informatique verte, associé à un groupe de travail dédié à l’IA durable. Ce groupe travaille à
identifier les efforts et lacunes actuels pour mesurer les charges de travail et les scénarios d’IA ;
effectuer des mesures et tester différentes charges de travail et différents scénarios d’IA pour comprendre leur empreinte environnementale ;
et développer des idées et des recommandations exploitables pour améliorer les pratiques de l’IA. Un rapport final doit être publié avant la COP30.
Les membres fondateurs de la Coalition pour une IA durable :
Avec le soutien des gouvernements de l’Allemagne, du Chili, de la Corée, du Danemark, de la Finlande, de la France, du Kenya, du Maroc, de la Norvège, du Royaume-Uni et d’organisations internationales (Global Green Growth Institute, Agence internationale de l’énergie, Programme des Nations Unies pour le développement)
Une collaboration internationale pour une responsabilité environnementale de l’IA
Les partenaires travaillent sur la question de la responsabilité environnementale de l’IA depuis un certain temps. Aujourd’hui, ils unissent leurs forces pour faire naître une collaboration internationale.
Dans le cadre de sa stratégie nationale en matière d’IA, la France promeut l’« IA frugale » dans tous les secteurs, avec un programme dédié aux démonstrateurs d’IA pour la transition écologique. Douze projets locaux sont pilotés par le Ministère français de l’Environnement pour optimiser l’utilisation des ressources et mieux appréhender les dynamiques locales en termes de transport, de pollution, de rareté de l’eau, etc. En juin 2024, la France a publié le premier « Référentiel général pour l’IA frugale », une norme volontaire construite en collaboration avec 100 autres entreprises, associations, communautés de chercheurs et administrations en France.
AFNOR SPEC – Référentiel général pour l’IA frugale – Mesurer et réduire l’impact environnemental de l’IA
En mars 2025, le PNUE publiera un guide visant à encourager les achats publics et privés au profit de centres de données économes en énergie.
Ces lignes directrices seront fondées sur les meilleures pratiques internationales et les normes mondiales établies (Code de conduite de l’UE, Energy Star, ISO/CEI 30134, etc.). Elles expliqueront aux investisseurs, aux banques de développement et aux autorités locales quels éléments objectifs définissent ce qu’est un centre de données économe en énergie.
AI for Good – Global Summit Juillet 2025
Organisé depuis 2017 par l’Union internationale des télécommunications (UIT), l’agence des Nations Unies pour les technologies numériques, AI for Good a pour objectif d’identifier des applications fiables de l’IA, de développer des compétences et des normes en matière d’IA, et de renforcer le dialogue mondial sur la gouvernance de l’IA en faveur du développement durable.
« Le Sommet mondial pour l’action sur l’IA constitue un tournant : pour la première fois, la transition écologique est au cœur des discussions d’un sommet international sur l’IA. Je suis très fière que la France ait organisé ce premier « Forum pour l’IA durable » avec deux cents acteurs présents. Aujourd’hui, mon ministère, en collaboration avec l’UIT et le PNUE, a lancé la Coalition pour l’IA durable : une initiative ambitieuse sur l’IA verte et l’IA pour l’environnement. Un résultat concret a déjà été obtenu : dans le cadre de la coalition, les parties prenantes ont réussi à élaborer ensemble la première feuille de route internationale pour la normalisation de l’IA durable ! »
Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité, de la Forêt, de la Mer et de la Pêche
L’édito de Jérémie Almosni, directeur Villes et Territoires Durables de l’ADEME répond à cette question « Pourquoi remettre la santé des sols au cœur des stratégies territoriales ? » Parce que l’ADEME soutien la recherche et le développement en matière de gestion durable des sols. Son action s’inscrit dans une démarche visant à préserver et à restaurer les sols, qui sont essentiels pour la biodiversité, la régulation du climat, la production alimentaire et la gestion de l’eau.
L’édito de Jérémie Almosni, directeur Villes et Territoires Durables, ADEME
Les sols occupent une place centrale dans le fonctionnement des écosystèmes terrestres, jouant un rôle clé dans la régulation de la qualité de l’eau, la lutte contre l’érosion et la préservation de la biodiversité.
Cependant, les activités humaines intensifient les pressions sur les sols en multipliant les usages : production alimentaire, fourniture de matériaux et d’énergie, aménagements récréatifs, paysages, logements, infrastructures ou encore industrie. Ces tensions conduisent à une dégradation des sols qui menace leur capacité à remplir leurs fonctions écologiques. Selon l’Union européenne, 60 % des sols sur son territoire sont déjà affectés.
Malgré une prise de conscience croissante de leur rôle essentiel dans la lutte contre la perte de biodiversité et le changement climatique, leur protection reste insuffisamment intégrée dans les processus décisionnels. L’ADEME, dans sa stratégie de soutien à la recherche, vise à mieux ancrer la santé des sols au cœur des politiques publiques. Elle concentre ses efforts sur trois axes principaux :
1 – évaluer leur état de santé,
2 – promouvoir leur gestion durable
3 – relever les défis liés aux nouvelles régulations, notamment la loi Climat et Résilience, qui fixe l’objectif de Zéro Artificialisation Nette (ZAN) d’ici 2050 ainsi que le projet de directive européenne sur la surveillance et la résilience des sols.
Alain Maron, ministre du gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale, chargé de la transition climatique, de l’environnement, de l’énergie et de la démocratie participative
Cette directive, en plaçant la qualité des sols au même rang que celle de l’eau et de l’air, marque une avancée majeure vers une reconnaissance globale de leur importance. Elle a conduit l’ADEME à renforcer son action sur l’évaluation de la santé des sols et les techniques pour leur restauration écologique, en intégrant ces enjeux au sein des appels à projets de recherche GESIPOL et GRAINE.
Pour parler de ces avancées en matière de recherche, l’ADEME vous invite lors des 5e Rencontres Nationales de la Recherche sur les sites et sols pollués les 4 et 5 février 2025.
Organisées par l’ADEME et ses partenaires, ces 5ᵉ Rencontres Nationales sont incontournables pour tous les acteurs de la filière.
Les sols, un trésor à protéger
L’ADEME soutien la recherche et le développement en matière de gestion durable des sols. Son action s’inscrit dans une démarche visant à préserver et à restaurer les sols, qui sont essentiels pour la biodiversité, la régulation du climat, la production alimentaire et la gestion de l’eau.
Le dérèglement climatique, l’effondrement de la biodiversité et la raréfaction des ressources naturelles pourront s’accompagner d’effets irréversibles sur tous les territoires.
Face à une aggravation des effets liés au changement climatique, les villes doivent s’adapter et répondre à certains objectifs de sobriété et de maîtrise des ressources afin de réduire l’étalement urbain et d’améliorer la restauration de la biodiversité (promulgation de l’objectif Zéro Artificialisation Nette (ZAN) – 2021, de la Stratégie nationale Biodiversité (SNB) – 2022, et du Règlement européen sur la restauration de la nature – 2024).
Cette prise de conscience est également européenne et a conduit à l’élaboration d’une directive qui prévoit des mesures visant à rendre obligatoire la surveillance de la santé des sols, fournissant des principes directeurs pour leur gestion durable, et traitant des situations dans lesquelles leur contamination présente des risques inacceptables pour la santé humaine et l’environnement.
Cette riche actualité réglementaire renforce le besoin d’approfondir les connaissances sur la biodiversité des sols et les processus écologiques qui en découlent afin de les préserver et de les restaurer, quel que soit le secteur économique (agriculture, pêche, industrie et urbanisme).
En cohérence avec les orientations de la stratégie R&D de l’ADEME, les projets de recherche accompagnés par l’Agence intègrent une approche pluridisciplinaire, mobilisant des experts en sciences de l’environnement (écologie, biologie, pédologie, agronomie), en chimie, en physique et même en géographie et géomatique (urbanisme). Ces travaux de recherche ambitionnent une approche systémique permettant de prendre en considération les sols, non pas uniquement comme un support de construction ou comme une source de pollution, mais comme un élément fondamental de nombreux services écosystémiques (régulation des flux d’eau et du climat, réservoir de biodiversité, etc.). L’ADEME favorise en outre des projets qui intègrent les aspects socio-économiques, car ils peuvent constituer des verrous pour la préservation et la restauration des sols.
Les appels à projets de recherche (APR) sur la gestion durable des sols
L’ADEME mobilise les acteurs de la recherche, notamment via des axes ouverts sur les sols dans les APR (ou la mise en place d’appels dédiés), afin de mieux comprendre les impacts des activités humaines et du changement climatique sur les sols, d’évaluer les impacts de leur dégradation sur les humains et les écosystèmes, ainsi que les impacts socio-économiques. La thématique de la gestion durable des sols est non seulement traitée dans les APR de l’ADEME GRAINE, GESIPOL1, IMPACT, TEES, CO3, PACT2e2 et l’appel à thèses, mais aussi à travers la réalisation d’études sur des sujets spécifiques, notamment sur la réhabilitation écologique des friches polluées (diagnostics fonctionnels des sols avant et après réhabilitation3).
L’APR GRAINE traduit l’approche systémique recherchée en visant l’amélioration des méthodes et des outils d’évaluation de la santé des sols, tout en veillant à rendre cohérents les référentiels d’interprétation pour tout usage des sols (agricole, forestier ou urbain). L’ADEME porte aussi cette vision transversale à l’échelle européenne au sein du réseau européen SOILveR qui a pour objectif de partager des connaissances sur la gestion durable des sols et de mettre à disposition des ressources et des connaissances sur sa plate-forme (https://soilver.eu/).
La feuille de route « gestion durable des sols »
Pour structurer son action, l’ADEME s’est dotée d’une feuille de route sur la gestion durable des sols en s’inscrivant dans un contexte réglementaire en pleine évolution (Objectif ZAN, directive européenne sur la surveillance et la résilience des sols) afin de fixer des objectifs opérationnels déclinés au travers d’actions structurantes à l’échelle régionale et nationale sur une période de 2 à 3 ans.
L’ADEME souhaite accompagner les territoires en mobilisant le grand public et les acteurs socio-économiques dans l’optique de faire changer les comportements grâce à la communication, la sensibilisation et la formation. Elle accompagnera les collectivités dans l’élaboration de leurs stratégies de sobriété foncière. Cet accompagnement comprend la mise à disposition de financements, de méthodes, d’outils, de retours d’expériences ainsi que la mise en réseau de collectivités engagées sur le sujet.
L’ADEME encourage la création de terrains démonstrateurs territoriaux (ou livings labs, sites d’expérimentation à long terme), afin de répondre au mieux aux besoins des territoires et de mettre en place de nouveaux services ou modèles d’affaires, en s’appuyant sur la participation des entreprises, des chercheurs, et des acteurs locaux de l’aménagement du territoire.
The European knowledge platform on soil and land management (SOILveR) wants to establish a flexible, self-financed platform of European funders that assures future generations of sustainable soils and land
Ces projets reposent sur une gouvernance efficace pour coordonner toutes les parties prenantes en prenant en considération les enjeux sur les sols définis localement (risque inondation, risque sécheresse ou perte d’espace naturel, etc.).
Vers une approche intégrée des effets sanitaires positifs et négatifs du jardinage dans l’aide à la décision sur des sols pollués.
Eugénie Albert
Docteure en pharmacie à l’IRSET (Institut de recherche en santé, environnement et travail – UMR_S 1085 Inserm), Eugénie Albert s’est spécialisée en santé publique. Elle croit fermement que les enjeux de santé actuels nécessitent une lecture globale et interdisciplinaire. Cette thèse, appuyée par l’ADEME, s’inscrit complètement dans cette logique. Pour cette grande curieuse et fan de jardinage, le thème était tout indiqué…
Quels sont les principaux objectifs et résultats de votre thèse ?
Il existe aujourd’hui des outils d’évaluation des risques sanitaires des sols contaminés. Cependant, lorsque les risques évalués sont faibles, peu parlants, il est difficile de déterminer l’usage que l’on peut réellement faire du sol. Par ailleurs, des usages comme le jardinage peuvent aussi avoir des impacts sanitaires positifs. La thèse cherche donc à construire un outil qui réponde à ces situations intermédiaires, en intégrant les bénéfices éventuels pour la santé. Ceci s’inscrit dans une logique de santé publique actuelle où, au principe de sécurité sanitaire, s’ajoute la notion de promotion de la santé.
Ma thèse s’appuie tout d’abord sur une revue de la littérature montrant des bénéfices potentiels, en particulier pour le jardinage, en matière d’alimentation, de santé mentale, d’activité physique, de lien social, de qualité de l’environnement et de budget. Sur cette base, mon objectif est de proposer une méthode d’évaluation qui intègre tous ces bénéfices, et pas uniquement le risque.
Le second volet a été d’aller rencontrer des jardiniers, en l’occurrence les usagers des jardins collectifs de la ville de Rennes. J’ai cherché à documenter les bénéfices économiques, qui sont moins connus, et les conditions dans lesquelles ils sont présents (profil de jardinier, structure du jardin…).
À Rennes, on montre que pour faire des économies substantielles en matière de coût alimentaire, il faut avoir une certaine surface, associée à une certaine expérience du jardinage. Mais surtout, c’est moins l’objectif économique que le loisir que les gens cherchent, contrairement aux conclusions d’autres études menées par exemple à Séville, région très touchée par la crise économique de 2008.
La renaturation des sols dégradés en milieux urbains
Les sols peuvent être dégradés par les activités humaines. Réhabiliter les friches constitue des opportunités à la fois pour réduire l’artificialisation des sols et pour recréer des espaces de nature porteurs de bénéfices directs et indirects pour les habitants des villes.
Dans un contexte de tensions sur l’usage des sols, les villes doivent aussi s’adapter aux conséquences du changement climatique et répondre à certains objectifs de préservation et de restauration de la biodiversité (loi Climat – Plan Biodiversité).
La renaturation des zones à l’abandon ou de zones à enjeux écologiques constitue une opportunité de rendre les territoires plus résilients et de promouvoir un ensemble de bénéfices environnementaux, sociaux et économiques4. Ces opérations de renaturation (parc urbain, jardin partagé, trame verte, réservoir biodiversité) constituent une réelle opportunité pour recréer un espace de nature en milieu urbain et périurbain, porteur de bénéfices directs et indirects.
Ces opérations menées dans le cadre d’un renouvellement urbain peuvent dynamiser la reconversion des friches vers des usages environnementaux (espace vert, parc urbain, continuité écologique) lorsque celles-ci présentent un potentiel et des fonctionnalités permettant une intégration paysagère favorisant la biodiversité et la lutte contre le changement climatique.
Régulation de l’eau, lutte contre la perte de biodiversité et contre les îlots de chaleur urbains… Même contaminé, le sol peut rendre de nombreux services écosystémiques. D’où l’intérêt d’en prendre soin et de lui laisser le temps dont il a besoin pour se restaurer.
Jamila Bentrar
Coordinatrice Quartiers fertiles à la Métropole Européenne de Lille (MEL), des projets de recherche REVALS et REPONSE, Jamila Bentrar est également l’autrice de l’ouvrage Modéliser le futur des territoires – Pour une résilience des politiques publiques, publié chez Territorial éditions.
Cécile Grand
Cheffe de projets Sols et sites pollués, au sein du service SitéSol (sécurisation et reconversion des friches polluées) de l’ADEME, Cécile Grand travaille notamment sur la réhabilitation écologique des friches et leur reconversion.
Pourquoi et comment vous êtes-vous intéressée à la qualité des sols dans la stratégie urbaine de la Métropole Européenne de Lille (MEL) ?
J’ai rejoint la Direction Agriculture de la MEL il y a plus de trois ans afin de développer des projets d’agriculture urbaine dans des quartiers prioritaires. J’ai appréhendé ce sujet comme un programme immobilier comme un autre ; puis celui des sols s’est imposé rapidement, quand les analyses ont indiqué la présence de polluants, et donc une incompatibilité d’usage de ces sols avec nos projets. Les experts nous ont conseillé de suivre les modalités de gestion de la pollution qui sont mises en œuvre dans ce cas : retirer la terre polluée et la remplacer par une terre saine. J’ai alors découvert un problème de disponibilité déconcertant : nous ne trouvons plus de terre saine dans notre région. Notre modèle est arrivé à bout de souffle, nous devions envisager d’autres options. Nous nous sommes alors orientés vers la solution technique de reconstruction ou construction de sol, c’est-à-dire la mise en place de technosols.
Jamila Bentrar , Coordinatrice Quartiers fertiles à la Métropole Européenne de Lille.
Recherche pour la GEStion Intégrée des sites POLlués ↩︎
Planifier et aménager, face au changement climatique, la transition des territoires. ↩︎
Réhabilitation écologique des friches polluées, Jeanne Maréchal, Xavier Marié – 2022-2024, Sol Paysage, 45 pages. ↩︎
Lorsque les bénéfices environnementaux, sociaux et économiques constituent les bénéfices que l’Homme retire directement ou indirectement du fonctionnement des écosystèmes, on parle de « services écosystémiques ». Ceux-ci reposent sur l’ensemble des processus écologiques qui assurent le fonctionnement de ces écosystèmes ↩︎
En 2025, l’objectif du Pacte mondial de l’ONU – Réseau France reste clair : accompagner les entreprises dans leur transformation, en reconnaissant la complexité des défis, mais en offrant des solutions concrètes et ambitieuses. Nils Pedersen, Délégué général du Pacte mondial de l’ONU – Réseau France, nous présente un nouveau contexte pour la durabilité. Mise à jour avec le programme d’action 2026.
Un nouveau contexte pour la durabilité
Depuis le lancement du Pacte mondial en 2000, la notion de développement durable s’est largement diffusée au sein du secteur privé – toutes les grandes entreprises disposent désormais d’une Direction du développement durable / Responsabilité sociétale des entreprises (RSE).
La connaissance des Objectifs de développement durable (ODD) est forte, selon les résultats du Baromètre européen des ODD 2024, puisqu’une majorité significative des entreprises interrogées (96 %) connaissent les ODD, dont la plupart manière approfondie (69 %). Seuls 4 % des interrogées ne connaissaient pas les ODD avant de recevoir le questionnaire.
Le changement climatique, la perte de biodiversité, la raréfaction des ressources, ou encore la nécessité de sortir des énergies fossiles sont désormais largement documentés par la science et reconnus par l’opinion publique, malgré quelques résistances.
Par ailleurs, le débat médiatique aborde régulièrement des thèmes comme, le « greenwashing », ou l’ « ODD-washing », qui désignent des communications trompeuses sur des pratiques écologiques. De plus en plus, notamment outre-Atlantique, fleurissent « l’ESG bashing » et la « SDG fatigue », traduisant une remise en question des efforts en matière de développement durable et de critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG).
Bien que les métiers de Directeur du développement durable soient largement établis, la société dans son ensemble se heurte encore à la réalité et à la complexité de ces enjeux, qui sont loin d’être simples ou binaires.
Et si l’entreprise devenait un moteur du changement ?
Une voix, une vision, un impact. Découvrez l’histoire d’une héroïne du quotidien : une entrepreneuse guidée par les valeurs universelles et les principes du Pacte mondial de l’ONU – Réseau France. Son parcours montre qu’il est possible de concilier croissance et impact positif.
Une évolution des réglementations pour transformer l’économie
Si le Pacte mondial relevait d’une initiative pionnière lors de son lancement il y a 25 ans, force est de constater que la réglementation a fortement évolué, bouleversant le sens donné aux engagements volontaires au regard des nouvelles exigences. Les entreprises sont aujourd’hui forcées d’intégrer une nouvelle « ère de la donnée » et de transparence, alors même que la « Communication sur le Progrès » (CoP) constituait le socle central du Pacte mondial pour la communication des engagements de ses membres.
Pour autant, le reporting dans son ensemble ne constitue en aucun cas une dynamique de transformation, qui est à l’inverse le cœur de la stratégie du Pacte mondial, mais plutôt une photographie de ce qu’a réalisé l’entreprise.
L’enjeu central pour le secteur privé n’est plus de communiquer sur ce qu’il fait (ou va faire), mais de démontrer les résultats concrets obtenus pour répondre aux impératifs réglementaires et aux attentes de l’ensemble de ses parties prenantes.
Il s’agit donc de passer de la communication sur la méthode à celle des résultats.
En outre, si le Pacte vert européen (Green Deal) – et l’ensemble de ses déclinaisons opérationnelles – reste un défi à la fois pour les entreprises et le Pacte mondial, la finalité de l’initiative onusienne n’est pas remise en cause : un engagement volontaire à respecter un socle de valeur partagées (les Dix Principes), à l’échelle internationale, qui inclut le respect de l’Accord de Paris et la mise en œuvre de l’Agenda 2030 (les 17 ODD).
Loin d’être dépassé, le Pacte mondial des Nations Unies reste donc le principal cadre volontaire d’engagement universel et inclusif, qui permet à ses entreprises membres de transformer leur modèle d’affaires et d’en mesurer la mise en œuvre, tout en se comparant à ses pairs et ses concurrents.
Plus que jamais, l’entreprise doit être responsable de ses actes et anticiper son avenir, dans un monde bouleversé climatiquement, socialement, économiquement et politiquement.
Lancement du guide “Entreprises-Communautés affectées” et groupe de travail Droits humains
Un contexte géopolitique incertain
Ce contexte économique et géopolitique vient dorénavant troubler le quotidien des entreprises – bien loin der ce que nous avons connu avec la crise de la covid – car, instable, il n’offre qu’une visibilité à moyen terme incertaine. La récente élection américaine accentue davantage les divergences entre les États-Unis et l’Europe en matière de durabilité, mettant en lumière des approches contrastées face aux défis globaux et aux priorités économiques.
Selon une étude du cabinet de conseil PwC, 45 % des chefs d’entreprises ne pensent pas que leur entreprise sera viable dans dix ans. L’Union européenne n’est pas équipée pour réagir face à l’antagonisme né du rejet par une partie de l’opinion publique américaine de la notion d’ESG, de la volonté de déréguler massivement des pans entiers de la société et de l’économie du pays, du protectionnisme agressif et de la défense d’un « modèle américain ».
Le rapport Draghi sur la compétitivité alerte également sur les défis pour l’UE de ne pas renoncer face au reste du monde – alors même que notre continent se veut le champion de la décarbonation et des modèles sociaux de pointe. Or, paradoxalement, l’économie mondiale n’a jamais été aussi ancrée dans une dépendance mondiale, comme l’illustrent les chaînes de valeurs.
Aucun pays ne produit en auto-suffisance ; la rupture des chaînes d’approvisionnement pendant la crise Covid a mis cette dépendance à nu sans pour autant que la relocalisation des chaînes de valeur n’ait massivement eu lieu depuis malgré une prise en compte de cette fragilité.
Ce qui se dessine en filigrane n’est donc plus la pérennité des entreprises, mais bien celui de notre contrat social. Si nos concitoyens sont laissés de côté (ou expriment cette crainte), alors la nature même des conditions du vivre-ensemble est mise en danger (à l’image du mouvement des « gilets jaunes »).
La mondialisation des années 1990 est le reflet d’une promesse heureuse de bien-être qui n’a été que partiellement réalisée. Elle se retourne aujourd’hui contre elle-même, avec le risque d’emporter avec elle tous ses bienfaits, en accentuant la fragmentation du monde et le retour des récits nationaux conservateurs.
Tant que le grand public (et aussi une partie du secteur privé) peine à accepter la vitesse à laquelle on lui demande de changer de mode de vie – et surtout qu’il en perçoive ses propres bénéfices – il ne pourra que légitimement exprimer et manifester ses vives inquiétudes.
Cette dynamique permet à de nombreux démagogues et populistes de faire perdurer l’idée que ces enjeux et défis complexes peuvent être résolus par des réponses simplistes, alors même que des facteurs structurels objectifs, comme l’appauvrissement des classes populaires, la poussée des inégalités, la baisse de confiance dans l’État ou l’explosion de la dette, doivent être considérés.
Le rythme des progrès des ODD a ralenti en Europe, avec des inégalités persistantes au sein et entre les pays européens Le Réseau de solutions pour le développement durable des Nations Unies (SDSN) a publié son rapport annuel sur l’avancement des Objectifs de développement durable (ODD) en Europe. Celui-ci démontre notamment un ralentissement global dans la progression vers les ODD dans l’ensemble de l’Europe, avec un rythme de progression des ODD sur la période 2020-2023 plus de deux fois inférieur (+0,8 point) à celui de la période 2016-2019 (+1,9 point).
Parcours PME Durable : 2 h pour comprendre les enjeux du développement durable grâce au Réseau France du Pacte mondial de l’ONU
Face aux défis environnementaux et sociaux, les PME jouent un rôle clé dans la transformation vers un avenir durable. Avec Parcours PME durable, nous leur offrons un outil simple et concret pour intégrer la RSE à leur stratégie. Conçu avec des PME engagées, ce programme s’inscrit dans notre ambition collective de bâtir un avenir inclusif, juste et durable.
Nils Pedersen, Délégué général du Pacte mondial de l’ONU – Réseau France
Programme d’action 2026 : un parcours complet pour transformer la chaîne de valeur
Comment transformer l’entreprise dans un monde en mutation, marqué par des défis sans précédent, tout en renforçant sa performance à long terme ? Le changement climatique, l’aggravation des inégalités, l’instabilité géopolitique et la crise de confiance redéfinissent en profondeur l’environnement dans lequel évoluent les entreprises. Face à ces enjeux, le Pacte mondial de l’ONU reste déterminé à accompagner les entreprises participantes à notre initiative internationale. Sa mission : nous guider dans ces incertitudes, nous aider à maîtriser les risques associés et à intégrer la durabilité au cœur de nos stratégies de transformation.
Son programme de travail 2026 y répond directement, en tenant compte des attentes et besoins exprimés dans l’enquête membres 2025. La mise en œuvre des Dix Principes du Pacte mondial et des Objectifs de Développement Durable (ODD) sont déclinés à travers des thématiques ciblées et des formats adaptés, conçus pour répondre à la diversité des profils : niveaux de maturité, taille, secteur d’activités et localisation de l’entreprise, tout en articulant les échelles géographiques appropriées (régionale, nationale, internationale) et les acteurs clés de l’écosystème.
Les ressources du Réseau France du Pacte mondial de l’ONU sont accessibles à tous (dans la limite des places disponibles) et incluses dans la cotisation annuelle (sauf exceptions signalées). La force de mobilisation de l’expertise et des retours d’expérience du réseau lui permet de produire des contenus et des livrables qui accélèrent l’intégration des enjeux de durabilité.
Par ailleurs, un axe transversal de travail est proposé en 2026 : les chaînes de valeur responsables. Ce sujet est traité de manière globale (environnement, social, gouvernance) grâce à la puissance du réseau, en France et à l’international. L’engagement volontaire au sein du Pacte mondial de l’ONU repose est la démonstration d’une démarche de progrès continue, via la Communication sur le Progrès (CoP), qui reste obligatoire.
Quand les entreprises agissent avec intégrité et ambition dans une logique de durabilité, le changement n’est plus une option : il devient une réalité. Le moment est venu. Ensemble, transformons l’ambition en action.
Une réaffirmation du rôle central du développement durable
Certes, seules 17 % des cibles des ODD sont aujourd’hui sur la bonne trajectoire pour être atteintes. Mais le constat est donc sans appel : notre avenir est commun à tous.
C’est pourquoi l’ONU a réaffirmé le rôle irremplaçable du multilatéralisme, mais aussi celui de l’Agenda 2030, lors du Sommet de l’avenir en septembre 2024, qui a abouti au « Pacte pour l’avenir ». La ligne directrice de ce Pacte est ainsi de refonder le contrat social entre gouvernements et citoyens, et plus largement avec la société civile et le secteur privé.
Depuis 2015, les ODD constituent la colonne vertébrale de l’ensemble des politiques de l’ONU et de ses différentes agences et initiatives, dont le Pacte mondial (UNGC) fait partie.
Alors que leur pleine mise en œuvre d’ici leur échéance en 2030 s’éloigne, les États, les entreprises et les citoyens doivent désormais, plus que jamais, apporter des réponses opérationnelles ambitieuses. Le Sommet et le Pacte pour l’avenir ont ainsi réaffirmé le rôle incontournable que doit jouer le secteur privé pour la mise en œuvre de ces engagements.
L’évolution des métiers de la RSE
En deux décennies, les métiers de la RSE ont évolué d’une approche communication / marketing / philanthropique à une approche durable, impactante, voire financière et stratégique, avec la montée en puissance du Pacte vert.
La RSE, qui pouvait ainsi être perçue comme périphérique (voire cosmétique) au début des années 2000, relève dorénavant de compétences fortes et structurées. La fonction de Directeur du développement durable (CSO en Anglais) est aujourd’hui pleinement intégrée dans les organigrammes.
Le Directeur du développement durable est devenu un véritable chef d’orchestre. Il collecte des données, impulse des transformations au long court, dialogue avec les parties prenantes de l’entreprise, répond aux différentes réglementations, interagit avec les investisseurs – tout en répondant aux enjeux à court terme et au long terme.
Par conséquent, le métier évolue, devenant plus large, plus complexe, et souvent plus technique. Il s’appuie sur les nombreuses compétences internes ou externes de l’entreprise, là où il y a encore moins de 10 ans, le Directeur agissait relativement seul ou via une équipe restreinte.
Par ailleurs, d’autres métiers sont apparus : Directeur Climat / Environnement, Directeur Droits humains, Directeur de la compliance… Cependant, ce qui est vrai au sein des Grands groupes ne s’observent pas encore dans les ETI ou les PME. La fonction se fragmente de plus en plus pour les premiers, tandis qu’elle reste encore l’apanage des Chefs d’entreprises pour les seconds.
C’est à ces dichotomies et paradoxes que doit répondre le Pacte mondial et son réseau français, alors même que les enjeux n’ont jamais été aussi pressants.
Par ailleurs, si le débat public français est relativement bien sensibilisé aux enjeux climatiques, d’autres sujets sont encore mal compris par de nombreuses entreprises, comme la biodiversité, la circularité, la diversité et inclusion ou encore les droits humains.
Enfin, si le consommateur se montre sensible aux enjeux du développement durable, la « variable prix » reste importante dans sa dynamique d’achat et ce, d’autant plus dans un contexte inflationniste.
Aussi, si la transformation de l’entreprise devient un impératif économique, il n’est pas si aisé d’en répercuter les coûts sur les biens et services vendus, alors même que les risques de réputation n’ont jamais été aussi élevés dans une société connectée.
Le développement durable : une opportunité à ne surtout pas abandonner
Le Pacte mondial des Nations Unies porte la conviction de la nécessité de ses outils et contenus. Les retours de ses membres confrontés à la CSRD démontrent qu’un usage régulier de ces ressources favorise une compréhension des nouveaux enjeux de reporting, et tout particulièrement de la « double matérialité ».
Le Pacte mondial constitue de fait un accélérateur aux différents reporting, mais, plus globalement, à la performance de l’entreprise, dès lors que la durabilité est pleinement intégrée à la stratégie et à la culture de l’entreprise. La collecte des données sur l’ensemble des échelles territoriales, leur compréhension partagée et leur contrôle sont autant d’enjeux nouveaux auxquels le Pacte peut répondre pour amener l’entreprise à se transformer.
La Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD), en vigueur depuis le 1er janvier 2024, impose une approche décloisonnée de la RSE, tant dans le fonctionnement interne de l’entreprise, que dans les sujets traités. L’approche transversale des sujets ESG s’inscrit dans l’atteinte des 17 ODD.
L’implication des parties prenantes vient également bouleverser la pratique de la RSE et nécessite de nouveaux savoirs. Aussi, la pratique démontre que les entreprises les plus engagées au sein du Pacte mondial sont celles qui sont les plus à l’aise en matière de RSE.
Une étude Ecovadis souligne par ailleurs que si les membres de l’initiative ne représentent que 15 % à 20 % des entreprises en portefeuille, elles sont plus de la moitié à figurer dans les meilleurs palmarès en matière de pratique durables.
Le Pacte mondial de l’ONU – Réseau France se tient plus que jamais aux côtés des entreprises pour les accompagner dans cette transformation. Celle-ci est bien évidemment complexe, mais toujours plus nécessaire. Nous devons être collectivement au rendez-vous de ce tournant de l’histoire.
Nils Pedersen Délégué général du Pacte mondial de l’ONU Réseau France
Nuit à l’hôtel, en résidence secondaire, en location saisonnière ou au camping : lequel de ces choix d’hébergement a le moins d’impact sur l’environnement ? Pour sensibiliser au tourisme durable, l’ADEME a ajouté 4 nouveaux équivalents carbone. Une donnée communicable grâce à l’étiquette carbone, le Comparateur carbone ou via l’API. Nouveau, Impact Livraison, un simulateur pour évaluer l’impact de nos achatsen ligne.
Quel est l’impact de nos choix d’hébergement ?
Nuit dans un Hôtel
Nuit dans une résidence secondaire
Nuit dans une location saisonnière
Nuit au camping
Quel est l’impact du transport pour un voyage de 4 jours ?
Transport : Calculer l’impact carbone des moyens de transport
Quel est l’impact carbone des livraisons ? 📦
Comparer l’impact carbone des modes d’achat
Impact Livraison propose d’évaluer le poids carbone carbone des achats en ligne et de comparer 7 modes de livraison pour 10 objets différents. En quelques clics, l’outil permet de comprendre les bons ordres de grandeur et de faire des choix plus éclairés.
Équivalent carbone : c’est autant d’émissions pour fabriquer, consommer ou parcourir …
Comparateur carbone : Le bon outil pour obtenir les bons ordres de grandeur
Quiz carbone : Un format interactif pour sensibiliser et apprendre de façon ludique
Du champ à l’assiette, nos habitudes alimentaires ont un impact non négligeable sur l’environnement : pollution de l’air, de l’eau et des sols, consommation d’énergie, émissions de gaz à effet de serre, et gaspillage alimentaire. Pour mieux comprendre quels aliments polluent le plus, découvrez Impact Alimentation, le nouveau simulateur développé par l’Agence de la transition écologique !
Communiquer sur l’impact carbone de l’alimentation
✅ L’impact carbone de 60+ produits alimentaires
✅ Un classement par groupe d’aliments, rayons du magasin ou popularité
✅ Les bons ordres de grandeur pour faire des choix plus éclairés
En France, 1/4 des émissions de gaz à effet de serre provient de nos assiettes.
Mesurer l’impact de l’alimentation sur le climat
Quel est l’impact de l’agriculture et du transport dans l’alimentation ?
Chaque geste du quotidien compte pour réduire notre empreinte carbone !
Il est fréquent d’évoquer le nombre de calories d’un repas plutôt que son impact sur l’environnement. Pourtant, l’alimentation est le troisième poste le plus émetteur de gaz à effet de serre (GES), après le transport et le logement. Partager les outils Impact CO2 est donc un premier pas utile vers des décisions plus éclairées à l’échelle collective 🙂
Guide Tout comprendre : une alimentation plus durable
Pour limiter notre empreinte carbone, une alimentation végétale, locale et de saison est la meilleure solution.
Comparaison des émissions de gaz à effet de serre de 3 menus
Source : Émissions de gaz à effets de serre pour une portion moyenne ADEME/Food GES 2016
Comparer l’empreinte carbone de différents types de repas
Les produits céréaliers, légumineuses et fruits et légumes de saison ont beaucoup moins d’impacts environnementaux que les produits d’origine animale, les plats préparés, le lait ou les œufs.
Le rapport des consommateurs à la viande évolue
Quel est l’impact des aliments transformés ?
Plus un produit est transformé, emballé, réfrigéré, plus il consomme d’énergie pour sa préparation, son emballage et sa conservation.
Quel est l’impact de la viande et de ses alternatives ?
Alors que nos factures d’énergie grimpent et que le climat nous lance des signaux d’alarme, une question s’impose : comment rendre nos maisons plus responsables ? La rénovation énergétique apporte une réponse concrète qui dépasse largement le simple effet de mode. Elle bouleverse parfois notre quotidien en nous invitant à repenser notre consommation d’énergie.
Rénover son logement sur le plan énergétique ne doit pas se résumer à une question d’économies. Certes, la perspective de voir ses factures fondre de 30 à 60% séduit, mais les bénéfices vont bien au-delà. Le plus frappant ? La métamorphose du confort au quotidien. Fini les courants d’air glacial en hiver et la sensation d’étouffer pendant les canicules estivales.
L’aspect patrimonial mérite également une attention particulière. Dans un marché immobilier de plus en plus sensible aux questions environnementales, un logement rénové gagne en attractivité. La plus-value peut grimper jusqu’à 15%, un argument de poids pour les propriétaires prévoyants. Sans compter l’impact écologique : chaque maison rénovée allège considérablement son empreinte carbone, évitant le rejet de plusieurs tonnes de CO2 chaque année.
Les fondamentaux d’une rénovation réussie
Bien rénover votre logement
L’isolation : le nerf de la guerre
L’isolation constitue la pierre angulaire de toute rénovation qui se respecte. Le constat est sans appel : une maison mal isolée ressemble à une passoire thermique, où la chaleur s’échappe de toutes parts. La toiture s’avère être le point le plus critique, laissant filer jusqu’à 30% de la chaleur. Les murs ne sont pas en reste, responsables d’un quart des déperditions, tandis que les fenêtres et les planchers bas complètent ce tableau peu reluisant.
Heureusement, les techniques modernes d’isolation apportent des solutions remarquablement efficaces. Les matériaux traditionnels comme la laine de verre côtoient désormais des alternatives écologiques innovantes. L’isolation par l’extérieur, notamment, fait figure de solution idéale pour les rénovations ambitieuses.
Terminé, le temps des fenêtres qui laissent passer les courants d’air. Les nouvelles générations de vitrages transforment radicalement l’ambiance d’un logement. Double ou triple vitrage, ces baies modernes créent une véritable barrière contre le froid et le bruit, tout en préservant la luminosité naturelle. Vous l’aurez compris, de bonnes fenêtres peuvent donner place à de réelles économies d’énergie dans une maison.
Le chauffage réinventé
Le choix du système de chauffage s’avère déterminant dans la performance énergétique globale. La pompe à chaleur s’impose comme la championne des économies à long terme. D’autres alternatives, comme la chaudière à condensation ou les systèmes hybrides, permettent aussi de rendre plus efficace sa consommation selon ses propres besoins.
Dans ce domaine, les fournisseurs d'énergie ont su s'adapter. EDF, par exemple, propose des offres spécifiquement conçues pour tirer le meilleur parti de ces installations nouvelle génération. Voici un aperçu des principales offres disponibles :
- Zen Week-End : Idéale pour ceux qui peuvent concentrer leur consommation durant les week-ends. Avec cette formule, vous bénéficiez de -30% sur le prix du kWh hors taxes (HT) les week-ends et jours fériés par rapport à la semaine.
- Zen Week-End Option Flex : Recommandée pour ceux qui peuvent modérer leur consommation durant les 20 jours "Sobriété" dans l'année, où le prix du kWh HT est plus élevé que le tarif réglementé. Cette offre propose également -15% sur le prix du kWh HT en heures creuses, disponibles 345 jours par an avec deux fois plus d’heures creuses chaque jour.
- Zen Online : Une solution entièrement en ligne, parfaite pour ceux qui préfèrent gérer leurs contrats via internet. Cette offre propose une réduction de -9% sur le prix du kWh HT par rapport au tarif réglementé au moment de la souscription.
Aides financières : un coup de pouce bienvenu
Pour alléger le coût des travaux, plusieurs dispositifs d’aide existent :
MaPrimeRénov’, le dispositif phare de l’État
L’éco-prêt à taux zéro, pour emprunter sans intérêts
Les certificats d’économies d’énergie, une aide précieuse
Les aides locales, variables selon les territoires
France Rénov’ : le point de départ pour bien démarrer votre rénovation
La clé du succès
La réussite d’un projet de rénovation énergétique repose sur une préparation méthodique. Tout commence par un diagnostic énergétique approfondi, véritable feuille de route des travaux à entreprendre. Vient ensuite l’élaboration d’un plan d’action cohérent, suivi du choix d’artisans certifiés RGE. L’accompagnement par un conseiller France Rénov’ peut s’avérer précieux pour naviguer sereinement dans ce projet d’envergure.
S’engager dans une rénovation énergétique, c’est faire le choix d’un habitat plus vertueux et plus confortable. Au-delà des économies substantielles générées, c’est aussi participer activement à la transition écologique, tout en valorisant son patrimoine. Une démarche visionnaire qui prend tout son sens dans le contexte actuel.
COOP’TER est un programme qui soutient des coopérations économiques territoriales fondées sur des modèles économiques répondant aux enjeux de transition sociale et environnementale. Son originalité est de lier la recherche et l’action. Ces coopérations fédèrent un large éventail d’acteurs (entreprises, collectivités territoriales, associations…). Une initiative du PARC Dynamiques économiques et sociales territoriales de l’ADEME.
Objectif du programme COOP’TER
L’objectif principal de COOP’TER est de produire, partager et diffuser de nouvelles connaissances pour :
aider les coopérations économiques territoriales de transition à émerger et à se consolider,
évaluer et améliorer les effets écologiques, sociaux et économiques de ces initiatives territoriales,
faciliter leur institutionnalisation et leur changement d’échelle,
enrichir les connaissances scientifiques sur les composantes clés d’un modèle économique de transition (création de valeur, production et répartition de la valeur, gouvernance, mode de vie et consommation, lien au territoire…),
… en utilisant les atouts de l’action couplée à la recherche.
Qu’est-ce qu’une Coopération économique territoriale de transition ?
Par Coopération économique territoriale de transition, l’ADEME entend toute dynamique d’acteurs territoriaux engagés en coopération dans un modèle socio-économique à visée de transition écologique, sociale et économique forte.
Elle associe des entreprises, des associations de citoyens, des institutions publiques territoriales, des chercheurs… Elle vise à faire émerger et pérenniser dans le temps des écosystèmes d’acteurs. Au service du « bien vivre sur leur territoire », ces écosystèmes élaborent ensemble de nouvelles solutions de biens et de services dans les grands domaines de la vie, tels que l’alimentation, l’habitat, la mobilité, la culture, l’éducation, l’habillement.
Le modèle socio-économique se définit par les trois dimensions classiquement liées à la valeur pour une entreprise (« proposition de valeur », « mode de production de la valeur et ressources », « revenus, accumulation et répartition de la valeur ») auxquelles s’ajoutent des dimensions supplémentaires liées à la nature même d’un collectif d’acteurs – entreprises, collectivités, citoyens…- engagés dans une dynamique territoriale de transition.
Ces dimensions supplémentaires sont : « modes de vie et consommation », « gouvernance et conventions » et « lien au territoire ». La transition écologique, sociale et économique occupe une position centrale. Le modèle socio-économique correspond à une approche systémique intégrant l’ensemble de ces dimensions, interdépendantes les unes des autres.
Une dynamique en deux temps
Le premier est centré exclusivement sur l’Économie de la Fonctionnalité et de la Coopération.
Le second correspond à des approches plurielles élargissant le champ théorique et le cercle des acteurs mobilisés.
COOP’TER a débuté en 2020 avec un partenariat avec le laboratoire d’intervention et de recherche ATEMIS en se centrant sur le modèle de l’Économie de la Fonctionnalité et de la Coopération (ÉFC). Les travaux d’ATEMIS portent sur la question du travail face aux mutations sociétales, les changements de modèle économique des entreprises confrontées à des nouveaux enjeux et à la transition écologique, sociale et économique des territoires.
Note développement durable des territoires – modèle économique
A la demande de l’ADEME, ATEMIS a produit en 2018 une note qui pose comme hypothèse que le principal défi à relever à l’échelle des territoires infranationaux est la capacité à penser et mettre en œuvre une articulation entre :
un modèle de développement répondant conjointement aux défis écologiques, sociétaux et économiques du territoire ;
et l’émergence d’un nouveau modèle économique au niveau de l’entreprise, quel que soit son statut (SA, SARL, associatif, coopératif, public comme parapublic) c’est-à-dire à l’échelle dénommée, parfois, « micro-économique », là où se crée une part importante de la valeur.
COOP’TER Territoires de services et de coopérations
Dans le cadre de COOP’TER, il s’agit de comprendre comment l’ÉFC peut se décliner à l’échelle des territoires et l’enrichir sur le plan conceptuel et théorique. L’objectif est de parvenir à constituer des Écosystèmes Coopératifs Territorialisés qui représentent l’idéal type poursuivi par les acteurs inscrits dans des coopérations économiques territoriales de transition.
Depuis fin 2024, au-delà de l’ÉFC, l’ADEME s’ouvre à une pluralité d’approches, incluant des modèles économiques fondés sur la coopération et orientés vers une transition forte, alternatifs au modèle économique dominant. Ces approches cibleront différentes thématiques (coopération, institution publiques, impacts…) et solliciteront une diversité de disciplines scientifiques (économie, gestion, sciences des territoires, sociologie, sciences juridiques, sciences écologiques…).
Les connaissances produites et capitalisées répondront aux problèmes des acteurs engagés dans les coopérations économiques territoriales de transition. Elles viseront aussi à enrichir les approches théoriques des différents modèles économiques identifiés. A compter de 2025, l’ADEME cible son soutien en matière de recherche sur cette pluralité d’approches permettant de faire émerger et pérenniser les initiatives de coopération économique territoriale en lien avec la transition écologique.
Les trois piliers et le Commun de connaissances
COOP’TER s’appuie sur trois piliers liés aux connaissances scientifiques et empiriques :
leur acquisition – production,
leur partage – capitalisation
leur diffusion.
Les trois piliers contribuent à alimenter et à transmettre un Commun de connaissances.
Les deux premiers piliers sont réservés à la communauté des contributeurs à COOP’TER. Le troisième pilier s’adresse aux acteurs externes au dispositif COOP’TER
Le Commun de connaissances regroupe une sélection de connaissances utiles aux coopérations économiques territoriales de transition. Il s’appuie sur des règles d’usage et sur une gestion collective.
Économie de la Fonctionnalité et de la Coopération
Coopérer avec les entreprises et les acteurs de mon territoire : la voie de l’Économie de la Fonctionnalité et de la Coopération
La recherche se focalise sur les différentes dimensions de modèles socio-économiques de transition et entend répondre aux problèmes des acteurs des territoires.
Cap sur COOP’TER Janvier 2025 – Le journal du programme territoires de services et de coopérations
Comprendre comment les projets territoriaux de transition écologique prennent forme est un enjeu majeur pour l’ADEME afin d’être en mesure de les accompagner au mieux. Visant une transition économique responsable et conçue pour contribuer au dialogue science-société, le programme COOP’TER constitue une réponse innovante.
Le concept opérationnel d’Écosystème Coopératif Territorialisé.
Définition 2024 par Patrice VUIDEL et Christian du TERTRE pour ATEMIS
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