Nos modes de vie exercent une pression croissante sur les ressources en eau. Chaque jour, pour répondre à nos besoins, nous prélevons plus que ce que la nature peut régénérer. Face à cette surexploitation, un changement s’impose. Le WWF France agit pour faire prendre conscience de ce gaspillage, encourage à consommer autrement – en particulier à privilégier la viande issue d’élevage durable – et partage des gestes simples pour préserver cette précieuse ressource au quotidien. Son dernier rapport révèle que chaque jour, sans le savoir, à travers ce que nous mangeons, nous consommons indirectement près de 250 litres d’eau douce. Explications.
Des prélèvements excessifs
Chaque jour, sans le savoir, à travers ce que nous mangeons, nous consommons indirectement près de 250 litres d’eau douce
WWF-Vertigo Ces chiffres proviennent du calcul de l’empreinte eau bleue, c’est-à-dire l’eau prélevée dans les rivières et les nappes. Pour en savoir plus sur l’empreinte eau, voir ADEME.
On imagine souvent que notre consommation d’eau se résume à ce que l’on utilise au quotidien : soit 150 litres par jour et par français pour boire, se laver ou faire la vaisselle. Mais en réalité, l’essentiel de notre empreinte en eau est invisible : on parle d’eau virtuelle. C’est l’eau utilisée pour produire tout ce que nous consommons – notre alimentation, nos vêtements, nos appareils électroniques ou encore notre énergie. Ainsi, il faudrait ajouter à notre consommation du quotidien près de 500 litres par jour !
Ce sont des quantités colossales, souvent prélevées dans des régions déjà exposées au stress hydrique. En achetant ces produits, nous consommons donc indirectement l’eau d’autres territoires, parfois très éloignés, et nous contribuons sans le savoir à épuiser des ressources déjà fragiles. Un exemple : notre alimentation pèse pour près de la moitié de cette eau virtuelle. Ainsi, sans le savoir, chaque jour, quand nous mangeons, nous consommons indirectement près de 250 litres d’eau douce !
Nos choix de consommation ont un impact direct sur les ressources en eau. Mieux consommer, c’est aussi mieux préserver l’eau.
Je suis l’eau
Chaque goutte compte
Le WWF agit pour préserver la ressource en eau en incitant chacun à repenser sa consommation quotidienne. Pour cela, il sensibilise avant tout à l’empreinte « invisible » de l’eau, celle qui se cache dans les objets et aliments que nous consommons : un jean, un poulet industriel, ou un smartphone nécessitent chacun des centaines de litres d’eau pour être produits.
La production de viande, en particulier, nécessite de grandes quantités d’eau, non seulement pour l’abreuvement des animaux, mais surtout pour cultiver les aliments qu’ils consomment, comme le maïs, qui est largement irrigué. En France, une partie importante de l’eau utilisée en agriculture (40%) est dédiée à l’alimentation animale. Moins de viande signifie donc moins d’irrigation pour ces cultures, et ainsi un moindre impact sur la ressource en eau.
Un bœuf bio nourri à l’herbe, c’est seulement 60 litres d’eau consommée par kilo de viande, contre 500 litres pour un bœuf standard nourri au soja et au maïs.
ADEME
C’est pourquoi le WWF invite à repenser notre consommation de viande, à en manger moins et mieux. Moins, en privilégiant des alternatives plus durables et moins couteuses, comme les protéines végétales. Mieux, en préférant un bœuf bio nourri à l’herbe, car le pâturage contribue non seulement à limiter fortement les besoins en cultures irriguées, comme le maïs, pour l’alimentation des animaux, mais favorise également la bonne santé des prairies, et des bocages, des alliés essentiels pour la préservation des zones humides, des rivières et plus globalement d’un paysage régénérant le cycle de l’eau.
Le WWF met aussi en avant les écogestes qui permettent de limiter notre consommation d’eau à la maison : traquer les fuites, raccourcir les douches, installer des équipements économes, récupérer l’eau de pluie et la faire infiltrer à proximité de son habitation… Des gestes simples, mais puissants, qui peuvent devenir des réflexes.
Au-delà de la sphère individuelle, le WWF encourage l’action collective : interpeller sa commune pour plus de végétalisation, moins de “bétonisation”, ou la restauration de zones d’infiltration naturelle ; soutenir les agriculteurs qui s’engagent dans la transition agroécologique.
Par ses campagnes, ses outils pédagogiques, ses collaborations avec les collectivités et ses prises de parole publiques, le WWF France agit pour faire connaître ces solutions et inciter à une consommation plus sobre.
« En misant sur des leviers de sobriété, d’agroécologie et les solutions fondées sur la nature, nous montrons qu’il est possible de maximiser l’infiltration de l’eau dans les paysages, et soutenir une agriculture plus résiliente, capable de résister aux évolutions climatiques. Ce cap à franchir nécessite de mieux planifier l’adaptation de l’agriculture aux chocs à venir, avec les pouvoirs publics et les acteurs de toute la chaîne. C’est possible : de nombreux agriculteurs nous montrent déjà le chemin en innovant dans les territoires pour économiser la ressource en eau, il faut maintenant les accompagner à passer du stade d’expérimentation à celui de la massification.«
Terre de Liens continue de se battre sans relâche en ce sens : il faut accompagner les paysan·nes et leur donner les moyens pour qu’ils et elles soient acteurs des changements qui les concernent en première ligne. Dans ce sens, Terre de Liens développe un programme « Eau et changement climatique » sur ses fermes.
Agriculture et vulnérabilité climatique, stratégies d’adaptation à l’horizon 2050
Depuis 2020, grâce à la générosité de nos donateurs, nous avons planté plus de 80 000 arbres et formé de nombreux agriculteurs à la préservation des haies, véritables remparts verts contre la sécheresse et les inondations.
En Nouvelle-Calédonie, grâce au projet PERENNE que le WWF coordonne, la forêt rivulaire qui borde le fleuve Néra, est en train de renaître. L’objectif de ce vaste chantier de restauration ? Améliorer la résilience d’un territoire insulaire particulièrement exposé aux effets du changement climatique…
Dans le contexte du débat sur l’usage des pesticides, la Fondation pour la Recherche sur la Biodiversité (FRB) vulgarise une des études les plus complètes menées à l’échelle de l’Europe continentale sur l’effet des pressions anthropiques sur la dynamique des populations d’oiseaux nicheurs communs. Publiée en 2023 l’étude démontre que l’intensification de l’agriculture est le facteur prépondérant de ce déclin, avant le changement climatique ou l’urbanisation. Synthèse par Hélène Soubelet, directrice de la FRB.
Bien que le déclin des populations d’oiseaux en Europe soit aujourd’hui clairement démontré, les facteurs qui l’expliquent le sont moins.
Pourtant, dans un article paru en 2023, une équipe de recherche a mis en évidence l’impact prédominant de l’intensification de l’agriculture, estimée par le biais des dépenses en intrants chimiques (fertilisants et pesticides), sur le déclin des oiseaux à l’échelle continentale.
Stanislas Rigal – Doctorant Université de Montpellier, ENS de Lyon
Leurs travaux démontrent que cet impact est globalement plus important que ceux du changement climatique, de l’urbanisation ou encore de l’évolution du couvert forestier.
De la Méditerranée aux régions arctiques de l’Europe, l’étude couvre au total 28 pays. Elle est l’une des plus complètes menées à l’échelle de l’Europe continentale, suivant l’effet des pressions anthropiques sur la dynamique des populations d’oiseaux nicheurs communs.
Les messages-clés
L’étude fournit des preuves scientifiques solides d’un effet direct et prédominant de l’intensification agricole à l’échelle continentale, par rapport aux effets du changement climatique, de l’urbanisation ou encore de l’évolution du couvert forestier.
Réflexion sur des mesures transformatrices pour la transition agricole
À l’échelle de l’Europe continentale, l’intensification agricole1 est le principal facteur de déclin des populations d’oiseaux.
Ce constat ne concerne pas seulement les espèces des terres agricoles mais aussi les espèces forestières et urbaines.
Alors que l’étude établit une relation entre déclin des oiseaux et intensification de l’agriculture, les mécanismes expliquant ce déclin restent en débat, entre des effets directs sur les oiseaux (intoxication par les pesticides par exemple) ou indirects à travers la suppression des ressources pour oiseaux (insectes, graines). Pour rappel, les insectes ont décliné par plus de 80 % en Europe.
Dans les pays où les exploitations agricoles sont plus petites, les populations d’oiseaux sont en meilleur état : l’augmentation de la taille des parcelles est en effet un autre aspect clé de l’intensification agricole et contribue au déclin des populations d’oiseaux, probablement par la réduction de l’hétérogénéité des habitats.
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Cette intensification agricole est spacialisée en qualifiant les fermes d’intensives ou non en fonction de la valeur monétaire dépensée dans les intrants chimiques par hectare ↩︎
Les pratiques agricoles responsables du déclin des oiseaux en Europe
À travers cet article, la FRB revient sur les résultats d’une étude majeure parue en 2023 dans la revue PNAS, qui démontre la responsabilité des pratiques agricoles intensives sur le déclin des oiseaux en Europe et souligne le besoin d’un changement transformateur. Elle appelle à revenir aux fondamentaux : quelle agriculture voulons-nous collectivement pour demain ?
Trouver un équilibre entre production agricole et la protection de l’environnement est un des défis politiques majeurs de notre siècle.
Les débats actuels occasionnés par l’adoption de la loi Duplomb le démontrent à nouveau, et instrumentalisent trop souvent les résultats scientifiques et principes fondamentaux de la recherche – basés sur la prudence et le doute. Au cours des dernières années, la FRB a régulièrement partagé articles scientifiques, notes, réflexions à la fois sur les risques encourus et des pistes de mesures à mettre en place pour aider les agriculteurs à sortir de la dépendance aux pesticides.
Depuis 1921, le programme Refuges LPO propose d’agir concrètement en faveur de la biodiversité. Sur son terrain, le propriétaire ou gestionnaire s’engage à préserver et protéger la nature au sens large : la faune, la flore sauvages, le sol, l’environnement.
Dans un article paru en 2023, une équipe de recherche suggère que le sort des populations d’oiseaux communs d’Europe dépend de la mise en œuvre rapide de changements transformateurs dans les sociétés européennes, et notamment dans le cadre de la réforme agricole. Elle met en particulier en évidence l’impact prédominant de l’intensification de l’agriculture, estimé par les dépenses en intrants à l’hectare (fertilisants et pesticides), sur le déclin des oiseaux à l’échelle continentale.
Pesticides : un intérêt agronomique à discuter
L’emploi de pesticides en agriculture est très souvent prophylactique, et révèle l’aversion au risque de perte de récolte de la part des agriculteurs (voir Chèze et al. 2020). Portant sur les observations du réseau Dephy-ferme, composante majeure du plan Ecophyto, des analyses de l’Inrae ont démontré qu’à l’échelle française une réduction de 30% des pesticides (et jusqu’à 37% pour les herbicides, 47 % pour les fongicides et 60% pour les insecticides) pourrait être réalisée sans perte ou gains en termes de profits (voir Lechenet et al. 2017).
Dans un article récemment publié (Perrot et al. 2025), les auteurs ont étudié les relations entre utilisation d’insecticides et rendement grâce au suivi à long terme de 383 parcelles de colza, culture très consommatrice de ces molécules. Ceci a permis l’observation, potentiellement contre intuitive, d’une relation négative entre les deux à partir d’une certaine quantité de substances actives appliquée par hectare. Au-delà de 36,2 g de substance active par hectare en moyenne le rendement du colza diminue. En effet, l’utilisation d’insecticide réduit le potentiel de régulation naturelle des insectes et des adventices, entraînant une augmentation de ces deux bioagresseurs et une diminution des rendements au-delà de cette valeur seuil.
Ces résultats montrent que si les pesticides peuvent avoir des effets potentiellement intéressants à faible dose ou en tout cas non problématiques pour le rendement, la régulation naturelle peut être une alternative à l’utilisation d’insecticides. Cependant, ces deux solutions peuvent difficilement se combiner du fait de l’impact négatif des insecticides sur cette régulation naturelle. Des politiques publiques soutenant des pratiques favorisant cette régulation pourrait permettre la réduction de l’utilisation des insecticides.
Réflexion sur des mesures transformatrices pour la transition agricole
La géothermie évoque généralement la production de chaleur, mais elle peut également rafraîchir ou produire du froid. Et cela de manière beaucoup plus économe que les climatiseurs classiques et avec un impact écologique réduit. Non seulement il s’agit d’une solution bas carbone, mais elle ne rejette pas de chaleur dans l’air extérieur et ne contribue donc pas à l’effet d’îlot de chaleur urbain, à l’origine de la surchauffe des villes en période de canicule.
Canicule : Résister à la clim …
Comment rafraîchir les logements sans climatisation ?
« Résister à la clim » un dossier à lire dans La Croix du mercredi 13 août 2025 et sur la-croix.com
Face à la vague de chaleur exceptionnelle qui s’est abattue sur l’Hexagone, nombreux sont les Français qui pourraient être tentés de s’équiper en climatisation.
Problème : ce dispositif contribue à réchauffer les zones urbaines et se révèle gourmand en électricité.
D’autres solutions existent, du drap mouillé tendu devant la fenêtre au ventilateur de plafond, en passant par le volet.
La vague de chaleur de fin juin et de début juillet 2025, où 38 °C ont été mesurés à Paris, rappelle que le refroidissement des bâtiments sera un enjeu crucial pour le confort et la sécurité de leurs occupants dans les prochaines années et décennies. Cela fait les beaux jours de la climatisation : en France, la fraction des ménages possédant un climatiseur est passée de 5 % en 2005 à 25 % en 2020.
La climatisation, une solution pour mieux vivre le réchauffement climatique ?
Mais se tourner vers les climatiseurs pour refroidir nos bâtiments pose question : ces appareils consomment beaucoup d’électricité.
À l’échelle mondiale, le refroidissement des bâtiments représentait, en 2016, 18,5 % de la consommation totale d’électricité, contre 13 % seulement en 1990. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) table d’ailleurs sur une forte augmentation du nombre de climatiseurs à l’échelle mondiale, avec un taux d’équipement des ménages qui devrait passer de 30 % en 2016 à plus de 60 % en 2050. Elle anticipe également que la climatisation pourrait devenir l’un des principaux contributeurs de la demande mondiale d’électricité dans les prochaines décennies.
L’autre inconvénient des climatiseurs est que, pour produire du froid, ils rejettent de la chaleur à l’extérieur – ce qui contribue localement à la surchauffe urbaine.
À titre d’exemple, à Paris, les climatiseurs sont typiquement de petits équipements de ce type, de 6 à 70 kW par unité. Il a été démontré que leur utilisation pourrait augmenter de 0,5 à 2 °C la température à Paris en été, amplifiant ainsi l’effet d’îlot de chaleur urbain bien connu dans les villes. Lors des vagues de chaleur, ce microclimat sera d’autant plus exacerbé que le nombre de canicules par an va augmenter dans le futur, passant de neuf recensés à Paris entre 1960 et 1990 où la température maximale a atteint 38 °C, à potentiellement une par an à l’horizon 2100.
Une solution économique qui ne génère pas d’îlot de chaleur
Une solution pour refroidir les bâtiments sans surchauffer l’air extérieur alentour serait de mobiliser la fraîcheur de notre sous-sol. La géothermie représente ainsi une piste sérieuse non seulement pour le chauffage à la saison froide, mais également pour le confort d’été.
À quelques mètres de profondeur, en France, le sous-sol se trouve à une température constante de 12 °C toute l’année. Puis en moyenne, la température augmente en fonction de la profondeur, d’environ 3,5 °C tous les 100 mètres. À 100 mètres de profondeur, cette température est donc de 15/16 °C, et à 200 mètres de profondeur, elle est d’environ 20 °C. À moins de 200 mètres, le sous-sol représente donc une source de fraîcheur, si on vise une température inférieure à 20 °C.
Cette fraîcheur est abondante, mobilisable quasiment partout sur notre territoire, et peut être ainsi produite localement. C’est une solution de refroidissement bas carbone et économe, non intermittente et quasiment inépuisable. La solution serait donc de mieux utiliser cette source de fraîcheur en été, et inversement, de chaleur en hiver.
Mobiliser la fraîcheur du sous-sol pour produire du froid et rafraîchir les bâtiments est une solution technique mature, déjà déployée un peu partout dans le monde. Elle consiste à transférer des calories du sous-sol aux bâtiments par l’intermédiaire d’un ou plusieurs forages de quelques mètres à une centaine de mètres de profondeur, alimentant une pompe à chaleur géothermique (PACg). Cette géothermie est appelée « géothermie de surface », avec des forages d’une profondeur inférieure à 200 mètres.
Comment fonctionne une pompe à chaleur géothermique ?
À l’heure actuelle, cette technologie est surtout utilisée pour le chauffage. Pourtant, si la PACg est réversible, elle permet également de produire du froid en été. Or, ce type de pompe à chaleur (PAC) est pour l’instant utilisée de manière négligeable en France.
Pour le chauffage par PACg, relevant de la géothermie de surface classique, deux techniques sont principalement mises en œuvre.
Géothermie de surface classique pour le chauffage. Author provided (no reuse)
La première (illustration de droite sur le schéma ci-contre) consiste à capter de l’eau souterraine à environ 12 à 15 °C pour produire du chaud. Comme des calories sont prélevées dans cette eau pour le chauffage, de l’eau plus froide (d’une température comprise entre 5 et 10 °C) est alors réinjectée à la même profondeur dans un autre forage localisé à plusieurs dizaines de mètres. On parle alors de doublet géothermique sur nappe phréatique, c’est-à-dire utilisant l’eau souterraine.
La deuxième technique (illustration de gauche sur le schéma) est celle de la PACg sur sonde géothermique verticale. Elle consiste à placer dans un trou de forage, à une profondeur de quelques mètres à une centaine de mètres, une sonde géothermique. Celle-ci est généralement constituée d’un tube en U en polyéthylène haute densité et contenant un fluide caloporteur constitué d’eau glycolée. Comme le fluide caloporteur est réinjecté à une température d’environ 0 °C, le sous-sol se refroidit de quelques degrés en profondeur, typiquement de 3 °C à 1 mètre du forage, ce qui reste suffisant pour réchauffer le fluide caloporteur qui alimente la PACg.
Les deux techniques permettent toutes deux d’alimenter une PACg, dont le coefficient de performance (COP) est généralement de 4 à 5. C’est-à-dire que pour 1 kWh d’électricité consommé par la PACg, 4 à 5 kWh de chaud ou de froid seront restitués. C’est beaucoup plus efficace que de capter l’air chaud extérieur pour alimenter une PAC aérothermique (PACa) – c’est-à-dire, fonctionnant à l’air – pour produire du froid. De plus, la chaleur émise par la PACg est injectée dans le sous-sol, et non dans l’air extérieur comme avec une PACa, évitant de créer des îlots de chaleur urbains (ICU).
Une autre technique est celle du « géocooling ». La fraîcheur du sous-sol est alors directement utilisée dans les réseaux de ventilation et de refroidissement du bâtiment (plancher/plafond rafraîchissant, ventilo-convecteur, centrale de traitement de l’air…), sans alimenter de PACg. Il s’agit alors d’un rafraîchissement dit passif dans la mesure où il ne consomme quasiment pas d’électricité, hormis les pompes de circulation du fluide caloporteur dans le sous-sol et le bâtiment. Il se caractérise par des coefficients de performance imbattables : de 30 à 50 ! C’est-à-dire, pour 1 kWh consommé, 30 à 50 kWh de fraîcheur peuvent être restitués.
Stocker de la chaleur dans le sous-sol pour l’hiver
Un autre avantage de la géothermie pour le refroidissement des bâtiments est que la chaleur évacuée dans le sous-sol en été par la PACg peut être bien utile quelques mois plus tard, à la saison froide. En effet, cela permet de réchauffer localement le sous-sol de quelques degrés autour des sondes, ou encore de réinjecter de l’eau plus chaude (jusqu’à 25 °C) directement dans l’aquifère, ce qui permet de stocker de la chaleur.
Comme il s’agit d’une pompe à chaleur réversible, on peut inverser le système entre l’été et l’hiver. On peut alors « récupérer » en été les calories perdues en hiver, ce qui permet d’augmenter le rendement annuel de l’installation géothermique.
Ce stockage de chaleur peut encore être amplifié par l’ajout de ressources supplémentaires, comme des panneaux solaires thermiques (l’eau chauffée peut être directement réinjectée dans les puits) ou photovoltaïques (l’électricité produite en excès la journée en été alimente alors une résistance qui chauffe de l’eau). Dans le cas de bâtiments industriels, on peut aussi récupérer la chaleur dite fatale, produite par les procédés industriels (par exemple, par les data centers) pour chauffer l’eau réinjectée dans les puits.
Certains types de géothermie permettent le stockage de chaleur en été pour la restituer en hiver. Author provided (no reuse)
Il s’agit donc de réchauffer le sous-sol de manière active, soit en réinjectant l’eau chaude (à environ 40-50 °C) directement dans la nappe phréatique, soit dans le sous-sol via les sondes géothermiques. Cette géothermie « réversible », avec un couplage du chauffage en hiver et rafraîchissement en été, est le grand avantage de cette ressource, d’autant plus que ce couplage permet l’optimisation des systèmes de chauffage et de rafraîchissement.
François Bayrou, premier ministre, invité du Grand Jury RTL-Le Figaro-Public Sénat-M6, le 29 juin 2025 (passage à 00:37:00).
Lors de sa visite au centre opérationnel de gestion des crises du ministère de l’intérieur le 1er juillet 2025, la ministre de la transition écologique Agnès Pannier-Runacher rappelait l’enjeu à rafraîchir sans renvoyer de la chaleur à l’extérieur.
Malgré son potentiel, la géothermie pour le chauffage (hors production d’électricité) n’a produit qu’un million de térajoules (TJ) en 2020, soit seulement 0,17 % de la production annuelle mondiale d’énergie, qui s’élevait à 580 millions de TJ. En France, la géothermie a produit 7 térawattheures (TWh) de chaleur en 2023 : 2,3 TWh pour la géothermie profonde et 4,7 TWh pour la géothermie de surface (utilisée pour les PACg)… soit 0,49 % des 1 420 TWh d’énergie produite en France en 2023.
Dans notre pays, les PACg ne représentent aujourd’hui que 2 % du parc des PAC. Le coût de leur installation peut être un frein : il représente le double de celui d’une chaudière à gaz. Mais une fois amorti, leur coût de fonctionnement est très faible, et même inférieur au coût d’exploitation d’une pompe à chaleur à air (PACa).
L’installation d’une PACg peut également s’avérer complexe, car elle nécessite de forer le sous-sol avant de mettre en place le système de chauffage et climatisation. Peu de professionnels maîtrisent cette technologie ou la proposent spontanément, elle est souvent mise en œuvre à l’initiative du propriétaire.
Il y a un vrai sujet sur comment développer la géothermie et la rendre plus incitative. Nul doute que les prochaines années seront charnières pour mieux développer la filière. Le 28 juillet 2025, le ministère de l’économie a présenté ses sept mesures pour accélérer le développement d’une énergie renouvelable et locale. Par exemple, simplifier les démarches administratives et améliorer la communication sur la géothermie.
Une autre des mesures vise également à réduire les délais de confidentialité de certaines données d’explorations géologiques : aujourd’hui, les entreprises qui font des forages pour étudier le sous-sol doivent garder leurs résultats confidentiels pendant 10 ans. Cela permettrait de les valoriser plus rapidement pour lancer de nouveaux projets de géothermie tout en réduisant les coûts d’exploitation.
Plus on connaît le changement climatique et les actions du quotidien les plus émettrices de CO2, moins notre empreinte carbone est importante. C’est ce que confirme une nouvelle étude, qui indique que les connaissances sont un levier individuel et collectif qui peut faire diminuer cette empreinte d’une tonne de CO2 par personne et par an. Mais cela ne suffira pas : la transition écologique doit aussi passer par les infrastructures publiques et l’aménagement du territoire.
Renoncer à un vol Paris-New York est bien plus économe en CO2 que de réduire la température de son chauffage d’un degré ou de limiter son temps de streaming. Encore faut-il le savoir pour prendre les bonnes décisions. Photofex_AUT/Shutterstock
En apprendre plus sur le changement climatique, un levier pour diminuer l’empreinte carbone
Les rapports successifs du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), mais aussi le traitement de plus en plus massif de l’urgence climatique par les médias témoignent d’une information sur le sujet désormais disponible pour tous. Pourtant, à l’échelle des individus, des États ou même des accords intergouvernementaux comme les COP, les effets de ces rapports semblent bien maigres face aux objectifs fixés et aux risques encourus.
Ce constat interpelle et questionne le rôle des connaissances accumulées et diffusées dans la transition environnementale. Plutôt que de les rejeter d’un bloc, il s’agit de revisiter les formes qu’elles doivent prendre pour permettre l’action.
Plus de connaissances pour faire évoluer les comportements : oui, mais lesquelles ?
Est-ce que plus de connaissances sur le réchauffement climatique poussent au changement ? C’est précisément à cette question que nous avons souhaité répondre dans une étude publiée récemment. Ce travail s’appuie sur une enquête portant sur 800 Français interrogés sur leurs croyances relatives au réchauffement climatique, leurs connaissances sur le sujet ainsi que sur leur comportement et leur empreinte carbone grâce au simulateur de l’Agence de la transition écologique (Ademe) « Nos gestes climat ».
Avant tout, précisons ce qu’on appelle connaissances. Si notre outil évalue les connaissances liées au problème (réalité du réchauffement, origine anthropique…), une large part de notre échelle évalue par ailleurs si l’individu sait comment atténuer le problème au travers de ses choix quotidiens – quels postes d’émissions, comme l’alimentation ou les transports, et quelles actions ont le plus d’impact. En effet, une bonne action ne nécessite pas seulement d’identifier le problème, mais de savoir y parer efficacement. Et les Français ont des connaissances très hétérogènes sur ce sujet – constat qui se retrouve au niveau international.
En s’appuyant sur le pourcentage de bonnes réponses à notre questionnaire et en le comparant au niveau autoévalué par l’individu, on observe d’ailleurs que les personnes les plus incompétentes sur le sujet surestiment drastiquement leur niveau de connaissances de plus d’un facteur deux, tandis que les plus compétents sous-estiment légèrement leur niveau de 20 %.
Pour aller au-delà de la simple observation d’une corrélation entre connaissances et empreinte carbone, déjà observée dans d’autres études récentes et confirmée par la nôtre, nous avons regardé comment le niveau de connaissances moyen de l’entourage d’un individu influence ses propres connaissances et contribue par ce biais à réduire son empreinte carbone.
Quand les connaissances butent sur des contraintes
Nous avons montré que le niveau de connaissances influence significativement à la baisse l’empreinte carbone : en moyenne, les personnes ayant 1 % de connaissances en plus ont une empreinte carbone 0,2 % plus faible. Cela s’explique par les causes multifactorielles sous-jacentes à l’empreinte.
Nous observons surtout des résultats très différents selon les postes de l’empreinte carbone. Le transport réagit beaucoup (-0,7 % pour une hausse de 1 % de connaissances), l’alimentation beaucoup moins (-0,17 %) tandis qu’il n’y a pas d’effet observable sur les postes du logement, du numérique et des consommations diverses.
Ces résultats sont encourageants dans la mesure où le transport et l’alimentation représentent près de la moitié de l’empreinte carbone, selon l’Ademe.
L’absence de résultat sur les autres postes peut s’expliquer par différents facteurs. Sur le logement par exemple, les contraintes sont probablement plus pesantes et difficiles à dépasser que sur les autres postes. On change plus facilement de véhicule que de logement et isoler son logement coûte cher et reste souvent associé à un retour sur investissement très long. Le statut d’occupation du logement (monopropriétaire, copropriétaire, locataire…) peut aussi freiner considérablement le changement.
Enfin, concernant les postes restants, il y a fort à parier qu’il existe à la fois une méconnaissance de leur impact, des habitudes liées au statut social ou d’absence d’alternatives. Plusieurs études ont montré que les individus évaluent très mal l’impact associé aux consommations diverses, et que les guides gouvernementaux qui leur sont destinés fournissent peu d’informations à ce sujet.
Comme notre questionnaire ne porte pas sur les connaissances relatives à la totalité des choix du quotidien, il est possible que les individus très renseignés sur l’impact des plus grands postes (logement, transport, alimentation) et qui sont bien évalués dans notre étude ne l’auraient pas nécessairement été sur les autres postes (vêtement, mobilier, électronique…). Par ailleurs, même si un individu sait que réduire son usage numérique ou sa consommation matérielle aurait un effet positif, il peut se sentir isolé ou dévalorisé socialement s’il change de comportement.
Pour finir, le numérique est souvent perçu comme non substituable, omniprésent, et peu modulable par l’individu. Contrairement à l’alimentation ou au transport, il est difficile pour l’individu de percevoir l’intensité carbone de ses usages numériques (streaming, cloud, etc.) ou de les choisir en fonction de cette information.
Au-delà des connaissances individuelles : le rôle des politiques publiques et des normes sociales
Notre étude montre que l’on peut atteindre jusqu’à environ une tonne de CO2e/an/habitant en moins grâce à une augmentation drastique des connaissances, ce qui pourrait passer par l’éducation, la formation, la sensibilisation et les médias. C’est déjà bien, mais c’est une petite partie des 6,2 t CO2e/habitant à éviter pour descendre à 2 tonnes par habitant en France, l’objectif établi par l’accord de Paris. Cela rejoint l’idée que les connaissances individuelles ne peuvent pas tout accomplir et que les individus eux-mêmes n’ont pas toutes les clés en main.
Les actions des individus dépendent pour partie des infrastructures publiques et de l’organisation des territoires. Dans ce cadre, seules des décisions prises aux différents échelons de l’État peuvent dénouer certaines contraintes sur le long terme. D’un autre côté, les décideurs politiques ou les entreprises ne s’engageront pas sur des mesures désapprouvées par une large part de la population. Il faut donc rompre le triangle de l’inaction d’une manière ou d’une autre pour entraîner les deux autres versants.
Il ne s’agit pas de dire que les individus sont seuls responsables de la situation, mais d’observer qu’au travers du vote, des choix de consommation et des comportements, les leviers et la rapidité des changements sont probablement plus grands du côté des individus que du côté des entreprises et des États.
Comment alors mobiliser les citoyens au-delà de l’amélioration des connaissances ? Nous ne répondons pas directement à cette question dans notre étude, mais une littérature foisonnante s’intéresse à deux pistes prometteuses.
La bonne nouvelle, c’est qu’il n’est pas toujours nécessaire d’interdire, de subventionner massivement ou de contraindre pour faire évoluer les comportements. Parfois, il suffit d’aider chacun à voir que les autres bougent déjà. Les politiques fondées sur les normes sociales – qu’on appelle souvent nudges – misent sur notre tendance à nous aligner avec ce que font les autres, surtout dans des domaines aussi collectifs que le climat.
Avec un minimum d’investissement public, on peut donc maximiser les effets d’entraînement, pour que le changement ne repose pas seulement sur la bonne volonté individuelle, mais devienne la nouvelle norme locale. Ainsi, en Allemagne, une étude récente montre que lorsque l’un de vos voisins commence à recycler ses bouteilles, vous êtes plus susceptible de le faire aussi. Ce simple effet d’imitation, reposant sur la norme sociale, peut créer des cercles vertueux s’il est combiné à des dispositifs d’aide publique habilement ciblée voir à de l’information.
Les émotions, un autre levier individuel et collectif
Ensuite, les émotions – telles que la peur, l’espoir, la honte, la fierté, la colère… – possèdent chacune des fonctions comportementales spécifiques qui, bien mobilisées, peuvent inciter à l’adoption de comportements plus vertueux d’un point de vue environnemental. Des chercheurs ont d’ailleurs proposé un cadre fonctionnel liant chaque émotion à des contextes d’intervention précis et démontré que cela peut compléter efficacement les approches cognitives ou normatives classiques.
Par exemple, la peur peut motiver à éviter des risques environnementaux immédiats si elle est accompagnée de messages sur l’efficacité des actions proposées (et, à l’inverse, peut paralyser en l’absence de tels messages), tandis que l’espoir favorise l’engagement si les individus perçoivent une menace surmontable et leur propre capacité à agir. Par ailleurs, l’écocolère peut amener à un engagement dans l’action plus fort que l’écoanxiété.
Face au réchauffement climatique, passer de l’éco-anxiété à l’éco-colère. À Paris, le 25 mai 2022, des militants bloquent l’accès à la salle Pleyel où se tenait la réunion d’actionnaires de TotalEnergies. Bertrand GUAY / AFP
Cibler stratégiquement les émotions selon les publics et les objectifs maximise les chances de changements comportementaux. En outre, mobiliser les émotions requiert de convaincre les individus de l’efficacité de leurs actions (et de l’implication des autres), et du caractère surmontable du défi du changement climatique. Ce n’est pas une mince affaire, mais cela reste une question centrale pour la recherche et les acteurs de la lutte contre le changement climatique.
L’environnement n’intéresse-t-il que les classes supérieures ? Les travailleurs ont en réalité très vite identifié l’impact de l’industrialisation sur les écosystèmes dont ils dépendent. Mais cette conscience environnementale s’exprime de façon différente en fonction des classes sociales, comme l’explique Renaud Bécot, chercheur en histoire contemporaine et environnementale, dans un chapitre intitulé « Fin du monde, fin du mois, et au-delà ? L’environnementalisme des classes populaires » publié au sein de l’ouvrage collectif La Terre perdue. Une histoire de l’Occident et de la nature XVIIIᵉ-XXIᵉ siècle.
La Terre perdue Une histoire de l’Occident et de la nature
Depuis le XVIIIe siècle, les progrès techniques et scientifiques, les mutations agricoles, l’industrialisation, le développement des transports et des communications ont accompagné une profonde mutation de nos relations avec la nature, que l’on veuille la domestiquer, la comprendre, la sublimer, la préserver ou l’exploiter. Il semblerait au bout du compte que les forêts soient devenues des usines à bois, les rivières des flux dont on oublie qu’ils sont vivants, les océans de vastes poubelles de notre modernité …
Dans cet ouvrage, en une trentaine de thématiques, les auteurs analysent avec profondeur, précision et nuance l’histoire des rapports entre la culture occidentale et la nature durant ces trois derniers siècles. Ils décrivent l’évolution des différents espaces : les campagnes, entre vision romantique et défis écologiques, les montagnes de « l’or blanc », les fleuves industrialisés, les marais « assainis »… Ils montrent leurs différentes représentations dans l’art, l’enseignement ou même les médias. Sans polémique, ces historiens analysent les entreprises de domination de la nature dans les sociétés occidentales et les colonies, la place des femmes – tour à tour sorcières, botanistes ou écoféministes –, l’appropriation des énergies fossiles ou encore les choix politiques face à l’épuisement des ressources et la chute de la biodiversité. Ils explorent enfin les tentatives visant à repousser les limites de la nature ou à la protéger.
Cette somme inédite dévoile les multiples aspects de l’histoire longue de l’emballement écologique et climatique.
L’écologie, un problème de riches ? L’histoire environnementale nous dit plutôt le contraire
À Warren County, en Caroline du Nord, la mobilisation des habitants contre de la pollution aux polychlorobiphényles en 1982 marque un événement fondateur du mouvement pour la justice environnementale. Ricky Stilley/Henderson Dispatch
Au milieu des années 1950, Agnès Varda filme une scène ordinaire dans un quartier populaire du littoral méditerranéen. Quelques chats observent le réveil des familles dont les revenus d’existence reposent sur l’extraction des ressources de la mer. Les pêcheurs s’apprêtent à reprendre leur labeur, alors même que les fumées d’une industrie lourde souillent le rivage proche. Ils préparent leurs barques avec discrétion, car les autorités publiques surveillent la capture des poissons potentiellement pollués. Pourtant, « on ne veut pas travailler comme des empoisonneurs ! », s’exclament ces pêcheurs sétois.
Si cette représentation s’inscrit dans une œuvre de fiction (La Pointe courte, 1955), la scène illustre la position singulièrement inconfortable dans laquelle se trouvent les classes populaires contemporaines dans leurs rapports aux environnements. En effet, ces pêcheurs sont bien conscients que leurs revenus, et plus largement leurs conditions de subsistance, dépendent de l’extraction de ressources naturelles (ici halieutiques) – et, par extension, de la nécessité d’assurer la soutenabilité de celles-ci. Leur conscience est d’autant plus nette que l’industrialisation conforte une menace sur ces ressources et sur leur qualité.
Pourtant, malgré cette préoccupation, ces pêcheurs (tout comme les paysans au cours de cette période) sont pris dans l’état de la transition urbaine-industrielle que connaissent les sociétés européennes et américaines depuis le XIXe siècle.
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L’acte d’accusation à l’encontre des classes populaires, supposément indifférentes aux enjeux écologiques, procède du déni des contraintes dans lesquelles se structurent les vies ordinaires au sein des groupes subalternes dans les sociétés occidentales. Face à l’ampleur des transformations urbaines et industrielles depuis le XIXe siècle, les préoccupations populaires pour l’environnement ont pourtant été récurrentes, et bien souvent ancrées dans des enjeux liés à l’organisation de la subsistance et à la protection de la santé.
De l’environnementalisme des pauvres à l’environnementalisme ouvrier
L’économiste catalan Joan Martinez-Alier distinguait trois principaux courants au sein des mouvements écologistes au début du XXIe siècle. Le premier, parfois qualifié de protectionniste, se caractérise par un culte de la nature sauvage. Son histoire se confond souvent avec les actions menées par des membres de classes aisées en faveur de la mise en réserve d’espaces présentés comme emblématiques, à l’instar d’intellectuels tels que John Muir (1838-1914), fondateur du Sierra Club, qui fut longtemps la principale association environnementale étasunienne.
Le deuxième courant renvoie aux promoteurs de l’écoefficacité ou de la modernisation écologique ; les membres de ce courant témoignent d’une conception technicienne et instrumentale du rapport des sociétés à l’environnement. Il vise à organiser les flux d’énergie et de matière de manière plus efficace et il est souvent associé à des figures scientifiques, à commencer par l’ingénieur forestier Gifford Pinchot (1865-1946).
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Enfin, le troisième courant correspond à l’environnementalisme des pauvres, dont Joan Martinez-Alier analyse que « le ressort principal n’est pas le respect sacré de la nature, mais l’intérêt matériel que représente l’environnement, source et condition de la subsistance ».
Cette catégorie d’environnementalisme des pauvres était d’abord pensée pour étudier les conflits dans les pays non occidentaux. Alier constatait que les motifs de protestation soulevaient des enjeux d’accès aux espaces naturels, de partage des ressources, ou de protection des milieux dont l’équilibre était essentiel pour la survie humaine. Plus qu’un culte de la nature ou une volonté de maximiser le rendement des écosystèmes, Alier observait ce qu’il désigne comme des conflits écologico-distributifs. Dans cette approche, il s’agit de penser une « nature ordinaire » correspondant à la protection d’une biodiversité sans valeur économique ou patrimoniale particulière, mais dont le maintien rend possible la protection de la santé humaine et du vivant. Cette nature ordinaire s’oppose aux initiatives de protection exclusive de sites naturels admirables, ou d’espèces animales emblématiques.
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Luttes environnementales, conditions de travail et santé des ouvriers
Au crépuscule du XIXe siècle, dans les manufactures insalubres ou les mines de charbon, des voix s’élèvent pour dénoncer les maux de l’industrialisation. En 1893 puis 1895, ce sont les ouvrières d’usines d’allumettes de Trélazé (Maine-et-Loire), de Pantin et d’Aubervilliers (Seine) qui dénoncent notamment les dégâts sanitaires de leur exposition au phosphore blanc qui provoquent des nécroses maxillaires. Tout comme à Hull (Québec) en 1919, ces grèves d’allumettes rendent visibles les dégâts sanitaires d’une industrialisation à marche forcée. Autour de 1900 encore, l’historienne Judith Rainhorn souligne une convergence entre de rares syndicalistes et des médecins réformateurs, afin de défendre l’interdiction de l’usage de la céruse (ou blanc de plomb) dans la peinture utilisée sur les bâtiments – en France, cette revendication aboutira à l’adoption d’une loi d’interdiction en 1915.
La dénonciation des dommages ouvriers sanitaires et environnementaux de l’industrie se trouve partiellement désamorcée par l’adoption de réglementations encadrant les activités productives dans la plupart des pays industrialisés au début du XXe siècle. En matière de maladies professionnelles, ces lois consacrent le principe de la « réparation forfaitaire des risques du travail ». Ces maux sont présentés comme le revers empoisonné mais inéluctable du progrès. Si les syndicalistes contestèrent initialement cette monétarisation de la santé, la majorité d’entre eux se rallia par défaut à ce qui devint l’un des rares leviers de reconnaissance des maux endurés par les travailleurs.
Pourtant, au cours des années 1960, dans les territoires italiens de la pétrochimie tout comme dans les zones industrielles japonaises, certains groupes ouvriers alimentent une critique de pratiques qu’ils dénoncent comme une manière de « perdre leur vie à la gagner ». Dans une période marquée par une centralité ouvrière (symbolique, politique et sociologique) dans les sociétés occidentales, ces mobilisations réactivent un environnementalisme ouvrier, lequel conjugue un refus de la monétarisation des risques de santé, une volonté de protéger le cadre de vie des classes populaires, tout en énonçant des prescriptions pour une politique du travail plus respectueuse des corps et des environnements.
La justice environnementale, lutte dans un monde abîmé
Dans la typologie proposée par Joan Martinez-Alier, l’environnementalisme des pauvres recouvre également le mouvement se réclamant de la justice environnementale. Celui-ci s’enracine dans l’histoire spécifique des luttes socioécologistes étasuniennes, avant de connaître les résonances dans d’autres aires industrialisées.
Aux États-Unis, deux filiations militantes doivent être soulignées. D’une part, d’anciens militants des droits civiques alimentent une critique des grandes associations environnementales (à commencer par le Sierra Club), accusées de défendre prioritairement une nature « sauvage ». Cette préservation de la wilderness est dénoncée comme un mythe généré par des militants issus de la classe moyenne ou supérieure blanche. D’autre part, une seconde filiation s’inscrit dans la lignée des mobilisations ancrées dans les mondes du travail. Dans les années 1960, de grandes fédérations syndicales étasuniennes exigeaient une réglementation de certaines pollutions industrielles, et parfois une transformation des activités productives, à l’instar du syndicat des travailleurs de l’automobile (l’United Auto Workers). Ce double héritage militant fut à l’origine de grèves intenses, dont celle des éboueurs de Memphis, à laquelle Martin Luther King apporta son soutien lorsqu’il fut assassiné en 1968.
Néanmoins, le mouvement pour la justice environnementale ne s’est désigné comme tel qu’à l’orée des années 1980. Son récit fondateur voudrait qu’il débute lors de la mobilisation des habitants du quartier de Warren County (Caroline du Nord), confrontés au projet d’ouverture d’une décharge de produits toxiques. Ils dénoncent l’inégalité d’exposition aux toxiques dont sont victimes les populations racisées et paupérisées. Leur action se prolonge par l’invention d’un répertoire dans lequel la production de savoirs de santé occupe une fonction toujours plus considérable, comme en témoigne l’enquête d’épidémiologie populaire menée par les habitants de Woburn (en périphérie de Boston), avec le souhait d’éclairer le lien de causalité entre un cluster de leucémies infantiles et leur exposition à des forts taux de plomb, d’arsenic et de chrome. La multiplication des initiatives locales se prolonge dans des coordinations nationales et dans la publication d’études.
En 1987, le chimiste et militant Benjamin Chavis publie un rapport invitant à réfléchir aux processus sociaux de relégation de certaines populations dans des milieux pathogènes comme une forme de « racisme environnemental ». La justice environnementale est peu à peu devenue une grille d’analyse universitaire, consacrée notamment par les travaux du sociologue Robert Bullard au début des années 1990.
Mouvement social, autant que grille d’analyse du social, l’approche par la justice environnementale demeure largement ancrée dans son berceau nord-américain. Des historiens comme Geneviève Massard-Guilbaud et Richard Rodger ont montré la difficulté à transposer en Europe des catégories si liées à l’histoire étasunienne. Pourtant, la plus forte exposition des classes populaires aux toxiques est à l’origine d’une expérience commune de « violence lente » de part et d’autre de l’Atlantique. Proposée par le chercheur Rob Nixon, cette notion vise à désigner le phénomène d’atteintes différées à la santé qui marque les populations vivantes dans les territoires abîmés, ainsi que la difficulté à se mobiliser face aux pollutions dont les effets deviennent perceptibles après plusieurs décennies.
C’est pourtant face à ces violences pernicieuses qui se sont élevées habitants et salariés de nombre d’aires pétrochimiques dans l’Europe, au cours des années 1970. Ces initiatives se prolongent parfois jusqu’à nos jours, comme en témoignent les collectifs militants de Pierre-Bénite, dans le couloir de la chimie (Rhône). Après des conflits particulièrement vifs contre la fabrique d’acroléine entre 1976 et 1978, ce sont aujourd’hui les pollutions rémanentes des perfluorés (ou PFAS) qui sont au cœur des protestations adressées aux industriels de la chimie.
En France, au début du XXIe siècle, un ménage appartenant au décile le plus aisé de la population émet chaque année l’équivalent de 30 à 40 tonnes de dioxyde de carbone, soit au moins deux fois plus qu’un ménage appartenant au décile le plus pauvre (environ 15 tonnes). Pourtant, ce constat n’empêche pas l’éternelle réitération de la stigmatisation des classes populaires.
Couverture de La Terre perdue. Une histoire de l’Occident et de la nature XVIIIᵉ-XXIᵉ siècle, ouvrage dirigé par Steve Hagimont et Charles-François Mathis. Éditions Tallandier
Contrairement aux parangons de la modernisation écologique, l’ethos des actrices et acteurs d’un environnementalisme populaire se caractérise souvent par une relative modestie dans le récit de leur rapport à une nature ordinaire. Cette attitude est aux antipodes de la mise en spectacle du syndrome du sauveur de la planète. De plus, l’étau de contraintes qui verrouillait le champ des possibles pour les pêcheurs sétois de l’après-guerre dans leur rapport à l’environnement ne s’est pas desserré pour les classes populaires du XXIe siècle. Il n’en reste pas moins que certaines fractions de celles-ci restent porteuses d’un rapport singulier à l’environnement.
Les scientifiques constatent que le vivant, à l’échelle de l’arbre, de la forêt ou de l’essence d’arbre, est capable d’étonnants processus d’adaptation. Mais ces derniers suffiront-ils face au changement climatique en cours ?
Hêtre fendu dans la forêt de la Massane (Pyrénées-Orientales). DSorel/RNNMassane, Fourni par l’auteur
Adaptation. Le mot sonne comme une injonction. Il envahit peu à peu l’espace médiatique et politique pour évoquer notre positionnement vis-à-vis d’un environnement en proie à de nombreux fléaux. Le mot atténuation, lui, est beaucoup moins présent pour parler des émissions de gaz à effet de serre et des pressions que l’on fait peser sur les écosystèmes.
Adaptation et atténuation sont deux actions dépendantes, l’une n’exclut pas l’autre, mais rappelons toutefois que le GIEC a estimé qu’il nous coûterait vingt fois plus cher de nous adapter sans atténuation que d’arriver à la neutralité carbone.
Malgré cette réalité, l’idée de s’adapter a bien du succès, mais si on se place sur le temps long, elle peut sembler étonnante. En effet, être adapté à notre environnement, à notre climat, nous l’étions depuis l’apparition de notre civilisation, car le climat n’a subi que de faibles variations depuis cette époque, en comparaison de ce qui nous attend.
Face au défi climatique, l’idée d’adaptation est devenue un processus qui s’incarne dans des trajectoires, des scénarios, des plans. La France s’est dotée d’un plan national d’adaptation au changement climatique et d’une trajectoire de référence pour l’élaborer. Cette trajectoire prévoit que d’ici 2100, le climat de Marseille sera celui de Séville et le climat de Paris celui de Montpellier.
Tous les êtres vivants vont devoir s’adapter et sont déjà en train d’essayer de le faire, chacun à sa vitesse, grâce à la sélection naturelle et la diversité génétique dont celle-ci se nourrit. Les populations d’arbres elles aussi s’adaptent aux nouvelles conditions climatiques, mais réussiront-elles à le faire avant de disparaître ? Telle est la question.
Certains répondront que c’est impossible et qu’il faut donc accélérer la récolte des forêts actuelles et la plantation d’un milliard de nouveaux arbres, espère-t-on mieux adaptés aux conditions futures. Ces nouveaux arbres, certains proposent d’aller les chercher chez d’autres espèces qui n’existent pas en France et qui vivent dans des climats plus chauds et plus secs tels que le chêne zéen, les sapins de Turquie, l’eucalyptus. Ces solutions posent aussi de nombreuses réserves soulevées par les scientifiques.
D’autres options sont aussi envisageables visant à tirer parti des mécanismes naturels d’adaptation. Mais soyons clairs : il n’y aura pas de solution miracle universelle, il faudra diversifier les options comme les forêts elles-mêmes, indispensables de bien des façons à notre bien-être.
Ce que nous devons aux forêts
De fait, les forêts apportent de très nombreuses contributions à nos sociétés et à notre bien-être. Elles fournissent du bois pour la construction, la manufacture, la production d’énergie mais aussi des médicaments (même si certaines molécules sont par la suite parfois synthétisées en laboratoire) comme les extraits de saule (aspirine) ou d’if (anticancéreux), des aliments pour l’homme (baies, champignons) et le bétail (glands, feuillage).
Elles captent le CO2 atmosphérique et le stockent durablement dans le bois et le sol, purifient l’air et l’eau, atténuent les événements climatiques extrêmes, maintiennent et enrichissent les sols, abritent une très grande biodiversité, et sont une composante majeure du système climatique. Elles jouent enfin un grand rôle dans notre santé physique et mentale et notre identité culturelle.
Ripisylves et forêts alluviales. Connaissances et gestion en contexte de changements globaux
Les ripisylves et les forêts alluviales correspondent à la végétation arborescente qui se développe au bord des fleuves et des rivières. Avec le changement climatique, l’urbanisation croissante, l’agriculture intensive, les espèces exotiques envahissantes, l’endiguement et la chenalisation des cours d’eau, ces forêts sont souvent dégradées ou ont disparu. Or, elles assurent des fonctions socio-écologiques majeures en lien avec la qualité de l’eau, la réduction des risques d’inondations, la préservation de la biodiversité, le soutien des étiages, le tourisme nature, etc. Elles représentent ainsi un élément précieux de la résilience des territoires face aux changements globaux.
Cet ouvrage s’adresse aux acteurs concernés par ces milieux : les étudiants, les scientifiques, les institutions en charge de la gestion des cours d’eau et de la biodiversité, les forestiers, les bureaux d’études, les ONG environnementales ainsi que les décideurs. Il leur fournit les connaissances de base sur le fonctionnement des ripisylves et des forêts alluviales, enrichies des avancées scientifiques récentes. Il présente aussi divers outils et méthodes utiles pour leur caractérisation et leur suivi. Enfin, de nombreux cas concrets de gestion et de restauration sont exposés.
Le temps forestier face à la vitesse du changement climatique
Mais aujourd’hui, les forêts doivent faire face à un bouleversement inédit, le réchauffement climatique, qui a connu une très nette accélération ces dix dernières années en France. La trajectoire de référence que la France a adoptée pour établir son plan d’adaptation prévoit +4 °C avant 2100.
Les forêts doivent donc faire face à deux temporalités différentes, celle du changement climatique et celle de leur cycle de vie ou cycle d’exploitation qui varie de 40-50 ans pour certains résineux à croissance rapide comme le pin des Landes voire 20 ans pour les peupleraies, à plus de 180 ans pour le chêne.
Un arbre peut-il s’adapter à des conditions changeantes au cours de sa vie ?
Penser le futur des forêts nécessite donc d’anticiper l’évolution attendue du climat, en tenant compte des incertitudes, mais également de prendre en compte les capacités d’adaptation propres à chaque arbre au cours de sa vie. Le fonctionnement d’un arbre dépend des conditions dans lesquelles il se trouve, il peut s’ajuster en quelques minutes à un changement de luminosité par exemple.
Cet ajustement constant lui permet d’endurer des conditions météorologiques très différentes au cours d’une année et d’une année sur l’autre. Cette plasticité permet notamment à des arbres exotiques introduits dans des parcs et jardins de croître, survivre et parfois se reproduire dans des conditions très différentes de celles où ils vivent normalement.
Elle a aussi permis aux arbres de survivre avec un réchauffement global de +1,5 °C. Mais malheureusement, cette plasticité a des limites qui ont maintenant été atteintes dans de nombreuses régions. En effet, la vie, telle qu’elle existe sur Terre, ne peut persister sans eau liquide, et au-delà de 40 °C les protéines commencent à se dénaturer et la photosynthèse et autres processus physiologiques atteignent leur limite.
L’accentuation des sécheresses et des canicules depuis 2003 a ainsi provoqué des dépérissements massifs en France, en particulier dans les forêts d’épicéas du Nord-Est qui sont passées de puits à source de carbone. Puisque les limites vitales sont atteintes, certains prônent par exemple de réduire la densité d’arbres afin de diminuer la compétition pour l’eau. Cependant, en deçà d’une certaine densité, ce n’est plus une forêt qu’on maintient mais une savane arborée.
L’adaptation par la sélection naturelle peut-elle être rapide chez les arbres ?
D’autres capacités d’adaptation se situent à l’échelle des populations d’arbres. Les arbres sont parmi les organismes vivants ayant la plus grande diversité génétique, non seulement à l’échelle de leurs aires naturelles (celle du Pin sylvestre s’étend de la Sibérie à l’Andalousie, sous des climats bien différents), mais aussi à l’intérieur de chaque peuplement. Grâce à cette diversité génétique, les forêts bénéficient d’un fort potentiel d’adaptation par l’action de la sélection naturelle.
Le transfert de graines pour planter des arbres hors de leur aire d’origine est une pratique forestière ancienne. Les études rétrospectives de telles forêts révèlent une capacité d’adaptation à de nouvelles conditions après seulement une à quelques générations d’arbres. Ainsi chez le Pin maritime, espèce globalement sensible au froid, on a observé que les descendants d’arbres survivants de plantations artificielles faites dans le Nord-Est de la France étaient plus résistants au froid que les plants issus des forêts de l’aire naturelle.
Cette capacité d’adaptation génétique rapide est aussi mise à profit dans les programmes de sélection : le Pin radiata, qui a une aire naturelle extrêmement réduite à quelques populations de la côte Californienne sous un climat doux et humide, est devenu en quelques décennies l’une des essences les plus largement plantées sur tous les continents y compris sous des climats plus secs ou continentaux.
Pin radiata à Big Sur en Californie, à gauche, et dans la région du Devon, au Royaume-Uni, à droite. Dalvenjah/Flickr et Peter Turner Photography/Shutterstock
L’adaptation par l’action de la sélection naturelle ne doit pas se raisonner seulement à l’échelle des générations (plusieurs décennies chez les arbres) car c’est aussi un processus continu. Des études génétiques menées sur différents arbres tempérés et tropicaux ont montré qu’au sein d’une forêt, chaque arbre est adapté à son micro-environnement. Ainsi, on a montré que les populations d’arbres situées à différentes altitudes d’une même montagne peuvent avoir des spécificités génétiques adaptatives : plus adaptées au froid en altitude et à des conditions chaudes et sèches en basse altitude.
À l’échelle de la forêt, la compétition pour la lumière aboutit au fait que les arbres plus grands dits « dominants » ont un meilleur accès à la lumière. Ils survivent plus longtemps, produisent plus de pollen ou de graines et transmettent donc plus leurs gènes à la génération suivante.
Ainsi toutes les caractéristiques qui contribuent à rendre un arbre dominant sur ses voisins sont sélectionnées : la sélection naturelle procède ainsi par écrémage continu dans la diversité génétique existante à tous les stades de la forêt. D’autres processus de sélection portent sur des caractéristiques liées à la résistance à des stress (froid, sécheresse, pathogènes).
Par exemple, la réserve intégrale de la hêtraie de La Massane dans les Pyrénées Orientales montre des signes importants de dépérissement mais les facteurs de mortalité varient d’une année à l’autre : les arbres que l’on observe aujourd’hui sont les survivants de nombreux événements de sélection successifs. La forêt s’adapte en continu, pas à pas.
Les diversités d’adaptation au sein d’une même forêt
Une forêt naturelle n’est donc pas homogène. Coexistent souvent plusieurs types d’arbres ayant différentes stratégies d’adaptation. Dans la hêtraie du Mont Ventoux (Vaucluse) par exemple, on trouve des arbres qui démarrent leur croissance rapidement au printemps avant la sécheresse estivale mais courent le risque de subir les gels printaniers, et des arbres qui démarrent plus tardivement mais sont plus tolérants à la sécheresse.
Au fil des générations, les mécanismes de la reproduction sexuée réorganisent en partie le patrimoine génétique transmis par chaque arbre à ses descendants en générant de nouvelles combinaisons génétiques originales qui seront soumises à leur tour aux processus de sélection : c’est l’un des mécanismes permettant le maintien d’une diversité génétique malgré la sélection naturelle. Chez les arbres, qui ont un cycle de vie long et dispersent loin leur pollen et leurs graines, les facteurs de sélection changent dans le temps et varient dans l’espace, ce qui contribue aussi au maintien d’une grande diversité génétique, et donc d’un potentiel d’adaptation, au sein de chaque population.
Mais l’action de la sélection naturelle trouve ses limites dans les contraintes du fonctionnement physiologique des plantes et est parfois entravée par un manque d’arbres reproducteurs, un manque de diversité génétique, des événements catastrophiques de grande ampleur, des parasites émergents, etc. Il est donc bien difficile et hasardeux de prédire la capacité d’adaptation future d’une forêt particulière et de se reposer simplement là-dessus. On peut néanmoins raisonner l’impact des pratiques de gestion sur les mécanismes d’adaptation.
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Piloter la sélection naturelle par la gestion forestière
La sylviculture peut en effet piloter les mécanismes de sélection naturelle eux-mêmes. Par exemple, les coupes d’éclaircies successives qui ont pour but de supprimer les arbres les moins intéressants pour laisser plus de place aux autres, diminuent l’intensité de la compétition pour l’eau qui est aussi un des mécanismes de la sélection naturelle. Cependant, le choix des arbres conservés lors de ces éclaircies se fait sur la base d’objectifs de gestion (on garde les plus beaux arbres, qui ne sont pas toujours les plus résistants à la sécheresse notamment si le peuplement a été peu soumis au stress). Selon la fréquence des éclaircies, leur intensité et les critères de choix des arbres retenus à chaque étape, la gestion peut au final accélérer ou freiner la sélection naturelle. On comprend bien alors qu’il y a un compromis à trouver entre réduire le stress subi par une forêt et favoriser son adaptation génétique par sélection naturelle (une option peut être de laisser agir la sélection au stade jeune avant de réduire le stress dans les stades plus avancés).
Un autre levier d’action sur l’adaptation des forêts est le contrôle de la diversité génétique lors du renouvellement des peuplements : cette diversité doit être suffisante pour permettre aux multiples processus de sélection naturelle de faire leur tri au fil des années, y compris les sélections que nous sommes incapables de prédire à l’avance comme la résistance à des parasites émergents ou des conditions climatiques exceptionnelles. Le forestier peut agir sur cette diversité en maintenant un nombre suffisant d’arbres semenciers, et en les laissant se reproduire sur plusieurs années pour compenser les aléas qu’il peut y avoir dans sa production de fruits. Il crée ainsi les conditions d’installation et de survie de nombreux semis.
Dans des situations de forêts en fort déclin, des renforcements de diversité génétique peuvent être envisagés : ainsi, certains pays d’Europe du Nord envisagent de renforcer la diversité génétique de forêts de frênes ravagées par une maladie récente, la chalarose, en plantant quelques frênes identifiés comme porteurs de caractéristiques de tolérance à la maladie pour qu’ils s’hybrident avec les frênes locaux et contribuent ainsi à améliorer la résistance du peuplement.
Vers des pratiques de gestion adaptative
Chercheurs et gestionnaires forestiers utilisent des outils de simulation pour explorer des stratégies de gestion forestière innovantes combinant processus naturels et processus dirigés d’adaptation, et prédire leurs effets à court et long terme. Des interventions bien raisonnées peuvent accélérer les processus d’adaptation sans nuire aux fonctions attendues de la forêt (production, protection, récréation, etc.), tandis que des interventions mal raisonnées peuvent au contraire freiner ces processus, voire prendre la direction d’une maladaptation. Laisser de la place aux processus naturels garantit une adaptation flexible face à des pressions imprévues (par ex. parasites émergents) et des risques multiples difficiles à anticiper.
Une stratégie de pilotage des processus naturels d’adaptation, éventuellement complétée par des apports de diversité génétique nouvelle dans certains cas mais pas systématiquement, rentrerait parfaitement dans le cadre des « stratégies de gestion adaptative » : un terme, parfois mal compris, qui signifie que la stratégie elle-même est continûment évaluée et au besoin réajustée.
Dans un cadre élargi considérant les forêts comme des socio-écosystèmes, les stratégies de gestion adaptative se raisonnent en fonction du contexte local, à l’échelle de territoires (par exemple dans les Chartes Forestières de Territoires), mais le pilotage dynamique des processus d’adaptation n’est pas encore bien intégré dans ces stratégies.
Véritable outil pour développer des projets coopératifs économiques, innovants et solidaires à l’échelle d’un territoire, les Pôles Territoriaux de Coopération Économique (PTCE) sont issus de la loi relative à l’économie sociale et solidaire du 31 juillet 2014. Ils donnent un cadre légal et financier à des solutions locales, imaginées par les acteurs du terrain, pour répondre à des problèmes locaux et créer des synergies entre acteurs économiques.
Qu’est-ce qu’un PTCE ?
Les Pôles Territoriaux de Coopération Économique (PTCE) rassemblent, sur un territoire donné, un ensemble d’acteur·rice·s de terrain autour d’un projet économique commun pour favoriser le développement territorial local.
Ces acteur·rice·s qui coopèrent viennent à la fois de l’ESS (économie sociale et solidaire), comme les associations ou les coopératives, mais peuvent aussi être des collectivités territoriales, des entreprises classiques, des universités…
Les PTCE permettent de recréer des filières, des emplois et de revitaliser des territoires sinistrés socialement et économiquement.
Vidéo réalisée par le Ministère de l’Économie et des Finances
Le Labo de l’ESS
Dès 2009, le Labo de l’ESS1 investit la thématique des Pôles Territoriaux de Coopération Économique, permettant la conceptualisation de ces coopérations.
Le repérage des initiatives de terrain, l’organisation d’une première journée nationale et le développement d’une Charte des PTCE permettent de formaliser ce qui réunit les PTCE, de créer un début de communauté, et d’élaborer un référentiel d’action.
La loi relative à l’ESS du 31 juillet 2014 reconnait les PTCE dans son article 9, ce qui vient accélérer leur dynamique de développement : « Les pôles territoriaux de coopération économique sont constitués par le regroupement sur un même territoire d’entreprises de l’économie sociale et solidaire, au sens de l’article 1er de la présente loi, qui s’associent à des entreprises, en lien avec des collectivités territoriales et leurs groupements, des centres de recherche, des établissements d’enseignement supérieur et de recherche, des organismes de formation ou toute autre personne physique ou morale pour mettre en œuvre une stratégie commune et continue de mutualisation, de coopération ou de partenariat au service de projets économiques et sociaux innovants, socialement ou technologiquement, et porteurs d’un développement local durable. »
Enquête d’analyse des PTCE
Le Labo de l’ESS a publié en 2017 la première étude sur les Pôles Territoriaux de Coopération Économique(PTCE) qui mesure leur activité et leurs apports dans la revitalisation du territoire, dans la dynamisation de l’emploi et des coopérations économiques et dans la construction du lien social.
Cette enquête d’analyse des PTCE est la première à interroger l’ensemble des structures membres d’un PTCE pour obtenir des données consolidées sur les aspects financiers et d’emploi, mais aussi sur les impacts ressentis par les diverses structures du fait de leur appartenance à un PTCE en termes de coopération et de mutualisation. Les résultats présentés portent sur 24 PTCE, soit 187 structures
Le Labo de l’ESS a participé activement à l’invention des PTCE et n’a depuis cessé de les soutenir. Avec d’autres acteurs, le Labo de l’ESS a contribué à la caractérisation et à l’analyse des PTCE.
Depuis leur émergence en 2009, un collectif animé par le Labo de l’ESS et composé du Réseau des collectivités Territoriales pour une Economie Solidaire (RTES), de Coorace, du Conseil National des Chambres Régionales de l’Economie Sociale (CNCRES), aujourd’hui ESS France et du Mouvement pour une Economie Solidaire (MES), œuvre à conceptualiser, renforcer et développer les PTCE. Ce travail collectif et ascendant a abouti en 2014, à la première version d’une charte des PTCE visant à réunir ces coopérations sous des valeurs et objectifs communs ainsi qu’à les valoriser. ↩︎
Publications du Labo de l’ESS
Quelles mutualisations face aux défis écologiques et sociaux du XXIe siècle ?
Le mutualisme, un modèle d’avenir : restitution de l’évènement de présentation de l’ouvrage « Pour une société plus mutuelle » avec Daniel Baal, président du Crédit Mutuel
La Fête des Hérissons arrive après l’été ! Organisé par France Nature Environnement (FNE), cet évènement met à l’honneur la biodiversité ordinaire et sa préservation. Rendez-vous tout le mois de septembre partout en France pour découvrir 1001 façons de s’engager pour la nature !Et pas de nuage sur l’été : FNE nous donne les clés pour des vacances saines et heureuses.
Les clés pour des vacances saines et heureuses
Et si vous mettiez toutes les chances de votre côté cet été pour profiter d’un ciel dégagé, d’eaux limpides et de nuits étoilées ?
Découvrez le guide « Pas de nuage sur l’été : les clés pour des vacances sans pollution » pour des conseils simples, concrets et pratiques. Car cet été, on savoure la nature en toute sérénité, tout en la respectant !
Dans ce guide vous découvrirez :
5 pollutions estivales à connaître (et comment les éviter),
Des gestes simples pour préserver l’eau, l’air, les sols, la biodiversité,
Une semaine type de vacances responsables, jour par jour,
Des applications, astuces, idées d’activités pour petits et grands,
Et des pistes pour aller plus loin… même depuis chez soi !
Une rentrée qui célèbre le hérisson et la biodiversité
Si le hérisson est l’emblème du mouvement FNE, c’est parce que c’est un ambassadeur hors pair de la biodiversité ordinaire.
Moment convivial et festif, la Fête des Hérissons a pour but de nous réunir autour de la biodiversité ordinaire, de l’engagement et de la nature, d’en apprendre plus sur les bons gestes à adopter pour en prendre soin, et de découvrir les associations près de chez soi.
Cette édition, soutenue par les magasins TERACT, se déroulera durant tout le mois de septembre 2025. Des animations gratuites seront proposées dans différents lieux partout en France !
1001 façons de s’engager pour la nature !
Des animations près de chez vous
De nombreuses animations seront proposées : ateliers, sortie nature, interventions en classe, webinaire, conférence, … Leur point commun : célébrer la biodiversité ordinaire, celle de nos jardins, de nos parcs, de nos rues, et célébrer l’engagement pour la nature.
Retrouvez sur cette carte toutes les manifestations proposées !
Participer à l’Opération Hérisson !
L’Opération Hérisson, c’est une action de recensement citoyen des hérissons. Ce programme de recensement participatif, lancé initialement par FNE Doubs, a pour but de recenser les hérissons en France métropolitaine, pour améliorer les connaissances sur l’espèce et favoriser sa préservation.
À vous de jouer : vous avez vu un hérisson vivant ou mort ? Prenez une photo et signalez-le sur herisson.fne25.fr
Tout savoir sur le hérisson et comment le protéger
Animal totem de France Nature Environnement, le hérisson est un petit mammifère attachant et familier mais assez peu étudié par les scientifiques. Si vous avez la chance d’en avoir un dans votre jardin, vous savez à quel point il est précieux pour la santé des écosystèmes ! Et pourtant, cette espèce, protégée depuis 1981, est fortement impactée par les activités humaines. Pourquoi est-il si important de la protéger ? Comment en prendre soin si vous en avez un dans votre jardin ?
France Nature Environnement mène depuis plusieurs années un grand recensement participatif pour mieux connaître ce petit animal et mieux la protéger.
Webinaire « Le hérisson d’Europe, mieux le connaître pour mieux le protéger »
La mascotte de FNE est une espèce parapluie et sentinelle : lorsque vous protégez le hérisson, vous préservez son habitat et les nombreuses espèces qui y vivent. Mais attention, de nombreuses idées reçues persistent encore ! En voulant bien faire, on peut parfois lui nuire sans le vouloir…
Découvrez comment réellement prendre soin du hérisson !
Webinaire « Le hérisson, quand a-t-il vraiment besoin de notre aide ? »
Le hérisson est un mammifère sauvage protégé par la loi. Adaptable et opportuniste, le hérisson apprécie les parcs et jardins, où il rencontre souvent la sympathie du public. Cette sympathie conduit parfois à des dérives qui compromettent son espérance de vie.
Quand pouvons-nous considérer qu’un hérisson a besoin d’aide, ou au contraire doit être laissé tranquille ?
Est-ce que la manipulation d’un hérisson fait courir un risque sanitaire à la personne qui veut lui venir en aide ?
Le concept d’agriculture régénératrice est populaire et trouve un écho auprès d’une grande diversité d’acteurs de l’agro-industrie. Cependant, passer de principes bien connus aux pratiques suppose de tenir compte des situations (sol, climat) afin de définir une trajectoire pour combiner de manière cohérente sur le temps long l’accroissement de la biodiversité dans les cultures, les sols et les paysages, et l’utilisation de plus en plus parcimonieuse d’intrants d’origine fossile. Alors comment faire de l’agriculture régénératrice une démarche pour massifier la transition vers l’agroécologie ? Éléments de réponse avec Olivier Husson (CIRAD), Jean-Pierre-Sarthou (AgroToulouse), Olivier Théron et Michel Duru (INRAE) pour la revue Agronomie, Environnement & Sociétés
Auteurs : Olivier Husson (CIRAD1), Jean-Pierre-Sarthou (AgroToulouse2), Olivier Théron et Michel Duru (INRAE3) est une revue éditée par l’AFA depuis 2010
Résumé
L’agroécologie repose en premier lieu sur la promotion de la biodiversité dans les agroécosystèmes pour faire face à de multiples défis. Massifier son développement est cependant difficile car passer des principes aux pratiques suppose de tenir compte des spécificités des situations (sol, climat, histoire culturale) et de définir une trajectoire pour combiner de manière cohérente sur le temps long l’accroissement de la biodiversité dans les cultures, les sols et les paysages, et l’utilisation de plus en plus parcimonieuse d’intrants d’origine fossile.
Schématisation des relations entre pratiques agricoles, biodiversité et services écosystémiques (adapté de Therond et al., 2017 et Therond et Duru, 2019) Flèches rouges : effets négatifs des pratiques sur la biodiversité Flèches bleues : relations positives entre biodiversité intentionnelle et associée Flèches vertes : effets de la biodiversité sur la fourniture de services écosystémiques Flèches grises : relations entre biodiversité et services via la MO En pointillé, flèches dont le lien n’est pas encore pleinement démontré
Le concept de régénération des écosystèmes cultivés permet de définir cette trajectoire de développement des services écosystémiques et de réduction progressive des intrants, et ainsi de trouver un écho auprès d’une grande diversité d’acteurs.
Après avoir rappelé les processus écologiques sous-jacents à la fourniture de services écosystémiques pouvant remplacer des intrants, nous formulons les bases d’une stratégie de régénération des agroécosystèmes dégradés et/ou simplifiés, ou reposant sur une utilisation d’intrants excessive non compatible avec les objectifs des politiques publiques.
Pratiques agricoles et conditions Eh-pH d’équilibre dans les différents compartiments des plantes et conditions Eh-pH optimales pour le développement/attaques des différents types de bioagresseurs (d’après Husson et al., 2021). Les pratiques conventionnelles permettant une croissance rapide conduisent à l’oxydation des plantes et au développement de conditions favorables aux ravageurs et aux maladies (1), qui sont ensuite contrôlées par la suroxydation (2). La PAEC propose de maintenir l’homéostasie Eh-pH des plantes (3) par une refonte des systèmes de culture pour une régénération des sols pilotée par les plantes.
Pour ces cas de figures, elle repose, après diagnostic précis de l’agroécosystème, sur le remplacement progressif des apports directs (carburants) et indirects (engrais et pesticides de synthèse) en énergie fossile, par l’énergie de la photosynthèse, directement et indirectement, ainsi que sur des interventions humaines favorables à la biodiversité fonctionnelle bénéfique.
L’agro-écologie est une façon de pratiquer l’agriculture en utilisant au mieux les ressources de la nature tout en préservant ses capacités de renouvellement.
Avec Capucine Laurent, Ariane Blum, Catherine Lagneau, Raphaël Haumont et Catherine Burgeat.
Capucine Laurent – The Shift Project :« L’agriculture régénératrice, c’est finalement une voie intermédiaire entre le conventionnel et le bio. […] En augmentant la teneur en matière organique du sol, on augmente sa capacité à retenir l’eau. »
Ariane Blum – BRGM :« La science nous dit que tout est lié aujourd’hui : le sol, l’eau, les écosystèmes, l’air… toute dégradation d’une partie de ce milieu va être dommageable pour une agriculture durable. »
Catherine Burgeat – Mondelez : « Pour nous, ce que l’agriculture régénératrice veut dire, c’est : optimiser l’utilisation des engrais azotés, diversifier la rotation des cultures, maintenir le sol couvert entre les cultures et réduire le travail du sol. »
Revue AE&S 15-1
Nouveaux systèmes alimentaires territoriaux : quels impacts pour l’agronomie et les agronomes ?
L’agriculture régénératrice, une démarche pour massifier la transition vers l’agroécologie
L’Association Française d’Agronomie (AFA) a mobilisé les recherches les plus récentes sur la diversification végétale et la santé des sols pour définir des trajectoires de régénération. Accrochez-vous, ce papier est riche en informations !
L’Association Française d’Agronomie (AFA)
AE&S est une revue semestrielle à comité de lecture et en accès libre destinée à alimenter les débats sur des thèmes clefs pour l’agriculture et l’agronomie. AE&S publie différents types d’articles (scientifiques sur des états des connaissances, des lieux, des études de cas, etc.) mais aussi des contributions plus en prise avec un contexte immédiat (débats, entretiens, témoignages, points de vue, controverses) ainsi que des actualités sur la discipline agronomique.
Le risque serait qu’une communication trop optimiste sur les bénéfices du recyclage des plastiques retarde la prise de conscience des consommateurs qui se conforment au geste de tri attendu. Rich Carey/Shutterstock
Le recyclage des plastiques est-il aussi efficace qu’on le vante ? En 2024, le procureur de Californie attaquait en justice le pétrolier ExxonMobil, épinglant sa communication quant au recyclage du plastique, jugée comme de nature à désinformer le public et les décideurs. Le ministère de la justice de Californie pointait notamment son « marketing astucieux qui promettait que le recyclage allait permettre de résoudre le problème de la quantité toujours croissante de déchets plastiques produits par ExxonMobil ».
Ce procès inédit rappelle que le recyclage des plastiques ne tient pas toutes les promesses faites par les entreprises et gestionnaires de déchets.
Le risque serait qu’une communication trop optimiste retarde la prise de conscience des consommateurs qui se conforment au geste de tri attendu. Les dangers des plastiques sont pourtant multiples. Ces derniers ont des impacts sur l’environnement et la santé humaine tout au long de leur vie, qu’ils finissent dans les océans et dans les sols du fait du ruissellement des eaux.
Des particules et substances polluantes sont libérées dans l’environnement à toutes les étapes de la chaîne de valeur des plastiques : lors de l’extraction du pétrole, de la production des plastiques, de leur utilisation et de leur gestion (ou non) après usage. Cela revêt des aspects variés : usure des peintures, des textiles, des plastiques agricoles, des filets de pêche…
Les limites du recyclage
Les infrastructures de collecte, de tri et de recyclage des plastiques nécessitent des dépenses d’investissement et de fonctionnement importants, parfois pour des gisements insuffisants ou des coûts pour les matériaux recyclés supérieurs à ceux du plastique vierge produit à partir de pétrole.
Au-delà de cet enjeu d’attractivité économique du plastique recyclé, le recyclage est aussi limité par les propriétés intrinsèques des matériaux plastiques. À mesure que se multiplient les cycles de recyclage, la matière première recyclée voit ses qualités se dégrader. Cela affecte les propriétés finales des plastiques recyclés et en limite les débouchés. En effet, il faut réaliser un tri plus poussé en amont, puis ajouter de plus en plus de matières premières vierges et d’additifs pour y remédier et préserver les caractéristiques souhaitées du plastique produit.
Les plastiques produits et mis sur le marché ont donc des propriétés de recyclabilité inégales. À l’heure actuelle, seuls les plastiques faisant partie de la famille des thermoplastiques sont vraiment recyclables. Les plastiques thermodurcissables et les élastomères sont beaucoup plus difficiles à refondre en fin de vie.
Même pour les thermoplastiques, la présence d’additifs chimiques (tels que des plastifiants, stabilisants, colorants ou retardateurs de flamme…) limite la part des plastiques pouvant être dirigés vers la voie du recyclage.
Ces difficultés de recyclage des plastiques ne sont pas anodines, car ces derniers menacent la santé humaine et environnementale. On dénombre environ 16 000 substances chimiques dans les plastiques, dont un quart est considéré comme toxique pour l’environnement ou la santé humaine. Le risque d’accumulation de substances toxiques augmente avec le recyclage en raison de la dégradation ou de la recombinaison des substances chimiques et de contaminations croisées qui surviennent au cours de l’utilisation, du stockage, du tri et du transport des plastiques.
Recyclage ou « décyclage » ?
Une fois que les déchets plastiques ont été transformés en paillettes ou granulés, deux possibilités de réintégration des résines recyclées émergent, en fonction de la qualité des polymères et des contaminants présents.
La première option est le recyclage dit en « boucle fermée ». Les matières recyclées sont mélangées avec des matières vierges afin de pouvoir retrouver leur utilisation d’origine.
La deuxième option est le recyclage en « boucle ouverte » (downcycling ou décyclage en français). Il concerne les résines recyclées de mauvaise qualité, car issues d’un mélange de plastiques différents. Pour les réintégrer dans une chaîne de production de plastique, il faut alors viser des applications moins exigeantes en termes de qualité.
La proportion des résines plastiques recyclées dirigées vers le recyclage en boucle fermée demeure très limitée. C’est, par exemple, le cas des bouteilles d’eau en plastique PET (polytéréphtalate d’éthylène) clair. Presque tous les autres matériaux plastiques suivent la voie du « décyclage ».
L’incinérateur de déchets d’Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), en région parisienne. Lionel Bonaventure/AFP
Le recyclage ne réduit pas la production de plastiques vierges
Ces infrastructures nécessitent des investissements importants pour voir le jour, qui sont souvent justifiés par l’argument selon lequel le recyclage des plastiques permettrait la diminution des besoins de plastique vierge. Mais est-ce vraiment le cas ?
Impacts de différents scénarios de recyclage sur la production mondiale de plastique vierge dans le contexte de différents objectifs de réduction de la production de plastique primaire. Karali et al. 2024)
Commençons par un scénario construit à partir de la tendance actuelle, où la production de plastique intègre environ 10 % de plastiques recyclés pour 90 % de résines vierges. En appliquant un taux de recyclage constant (10 %) depuis la création des premières usines de recyclage en 1973 (ce qui constitue une hypothèse haute, puisque la proportion de 10 % de plastiques recyclés a été atteinte plus tardivement), on observe que la pente de la courbe de production de plastique vierge (courbe grise) reste très proche de la courbe historique (trait noir plein) et des projections futures (tirets noirs).
Considérons maintenant un scénario où 55 % des déchets plastiques seraient recyclés à horizon 2030, ce qui est défendu par le Pacte vert pour les emballages plastiques de l’Union européenne – et qui constitue un objectif peu réaliste à l’échelle mondiale. Selon cette hypothèse, l’augmentation de la production de plastique vierge est certes retardée d’environ vingt ans par rapport aux tendances historiques, mais son évolution se poursuit toujours de façon quasi-exponentielle.
Même un scénario à 90 % de plastique recyclé – ce qui est utopique – ne ferait gagner que soixante-dix ans sur la production de plastique vierge et ne changerait rien au fait que celle-ci continue à augmenter.
Le scénario le plus ambitieux, proposé par le Rwanda et le Pérou dans le cadre des négociations du traité international sur la pollution plastique, préconise une baisse de 40 % de la production de plastique vierge en 2040 par rapport à l’année de référence 2025. Même dans ce cas, la production de plastique en 2040 correspondra toujours à celle de 2010.
Aucune de ces trajectoires ne change donc le problème de fond. À savoir, le fait que la production mondiale de plastique vierge a été multipliée par deux au cours des quinze dernières années et que cette tendance se poursuit, alors qu’elle avait été anticipée dès le rapport Meadows en 1972, au travers la croissance de la production industrielle et de son corollaire, la pollution.
Dans tous les cas, le recyclage des plastiques n’a qu’une incidence mineure sur la production de plastique vierge. D’autant plus que ces chiffres sont surestimés : ils considèrent que les plastiques produits et consommés deviennent des déchets rendus disponibles au recyclage dans leur année de production, sans tenir compte du stock de plastiques restés en usage. Ceci n’est généralement vrai que pour les emballages, soit environ 40 % de la production de plastiques.
Longtemps associé à l’évasion et à la découverte, le voyage change aujourd’hui de visage. Face aux urgences climatiques et aux inégalités croissantes, une autre façon de partir s’impose, plus responsable, plus respectueuse et plus tournée vers l’humain. Le tourisme équitable et solidaire redonne du sens aux déplacements, en plaçant la rencontre, le partage et la justice sociale au cœur de l’expérience.
En finir avec le tourisme de masse
Plages bondées, circuits standardisés, habitants relégués au second plan… Le tourisme de masse, hérité d’une logique de consommation, atteint désormais ses limites. Il exclut souvent les populations locales des retombées économiques et participe à la dégradation des écosystèmes. À l’opposé, le tourisme solidaire propose une autre voie, fondée sur des rencontres authentiques, le respect des territoires et un fonctionnement plus équitable.
Cette approche invite à ralentir, à observer et à s’impliquer dans la vie locale plutôt que de simplement traverser un lieu. Elle remet l’humain, la culture et la nature au cœur du voyage.
Vers un tourisme régénératif : voyager ce n’est pas seulement limiter les impacts négatifs sur l’environnement, mais aussi contribuer activement à réparer les territoires
Que proposent concrètement les acteurs engagés ?
De plus en plus d’acteurs du voyage intègrent une démarche responsable dans leurs offres. Ils choisissent des partenaires locaux, limitent la taille des groupes, soutiennent des projets sociaux ou environnementaux et veillent à réduire l’empreinte carbone. L’idée est de rendre le voyage bénéfique pour toutes les parties, sans dénaturer les territoires visités.
Certaines agences, comme Terres d’Aventure, misent sur des formes de voyage plus douces telles que la randonnée ou le vélo, afin de favoriser l’immersion. Leur démarche repose sur une conception éthique des séjours, qui permet de découvrir autrement, sans précipitation, dans le respect des lieux et des personnes.
Donner du sens au voyage
Voyager ne consiste plus simplement à enchaîner les étapes ou à collectionner les lieux. De plus en plus de personnes cherchent à comprendre les réalités locales, à soutenir des initiatives durables et à réduire leur impact sur l’environnement. Dans cette dynamique, le tourisme solidaire propose une autre manière de découvrir un territoire, en s’appuyant sur des hébergements chez l’habitant, des guides issus de la région ou des activités construites avec les communautés.
Il ne s’agit plus seulement d’observer de loin, mais de s’immerger avec humilité, de dialoguer, d’apprendre et de participer. Une part significative du coût du voyage est reversée directement aux habitants, à travers des coopératives, des projets collectifs ou des structures locales. Ce fonctionnement permet une redistribution plus équitable des bénéfices, tout en ouvrant la voie à des rencontres sincères et à un regard plus nuancé sur le monde.
Ce type de voyage valorise aussi une ressource précieuse souvent négligée : le temps. Prendre le temps de s’adapter, de comprendre les codes culturels, de sortir de ses repères permet de vivre des expériences plus profondes et véritablement transformatrices.
Voyager autrement, un acte engagé
Choisir un voyage équitable et solidaire, c’est faire un pas de côté. C’est partir en conscience, avec l’envie d’échanger, de comprendre et de tisser des liens. Cela implique parfois de renoncer à un certain confort, mais l’expérience humaine qui en découle est souvent bien plus précieuse.
Ce type de tourisme interroge nos habitudes et nos attentes. Il nous pousse à repenser notre manière d’être au monde, à adopter une posture plus humble et respectueuse. Le voyage ne devient plus une simple parenthèse, mais un engagement sincère envers les territoires et les personnes que l’on rencontre.
Dans un contexte marqué par les urgences sociales et écologiques, le tourisme peut être un levier de changement, à condition d’être repensé en profondeur. Le tourisme solidaire n’a pas vocation à tout résoudre, mais il contribue, à son échelle, à une économie plus équitable et à un dialogue plus ouvert entre les cultures. Et cela compte, aujourd’hui, plus que jamais.
Les canicules, comme celle que la France a vécue entre le 19 juin et le 6 juillet 2025, sont appelées à se multiplier et à s’intensifier avec le changement climatique. Les villes tentent de s’adapter et les citoyens ont dans ce processus de nombreux leviers d’action. L’Agence de la transition écologique (Ademe) a créé un service numérique public gratuit, baptisé « Plus fraîche ma ville », qui peut être une source d’idées. Retour sur quelques expériences pratiques.
Opération végétalisation avec les habitants de Saint-Michel-de-Lanès (Aude). Georges Combes, Fourni par l’auteur
La France a été frappée fin juin et début juillet 2025 par une canicule qui a duré près de trois semaines.
Cette période a une nouvelle fois mis en lumière l’inadaptation des villes françaises face aux températures extrêmes, malgré les efforts menés ces dernières années. À l’échelle nationale comme locale, des actions d’adaptation au changement climatique sont en cours. Par exemple : rénovation thermique des écoles, opérations de revégétalisation de l’espace public, de désimperméabilisation des sols urbains…
Mais il n’existe pas de réponse unique à la chaleur. Pour être efficaces, ces mesures doivent être bien pensées en amont : la nature des solutions à engager dépend du contexte, du climat, de l’architecture (ou plus largement de la morphologie urbaine) et de la population de la ville.
C’est pourquoi les villes ont aussi besoin, pour mener leurs politiques d’adaptation, de la participation citoyenne. Les habitants peuvent jouer un rôle, collectivement et individuellement. Et cela, dans le choix des solutions comme dans leur mise en œuvre, afin de lutter le plus efficacement possible contre la surchauffe urbaine.
Nous n’en sommes pas toujours bien conscients, mais nous disposons de leviers pour nous réapproprier les espaces urbains et pour participer à les rendre plus vivables en période de fortes chaleurs. L’Agence de la transition écologique (Ademe) a ainsi créé un service numérique public gratuit, « Plus fraîche ma ville », consacré aux collectivités, qui peut également être une source d’idées inspirantes pour les citoyens.
Projet de végétalisation citoyenne à Saint-Michel-de-Lanès (Aude). Georges Combes, Fourni par l’auteur
En nous informant mieux pour prendre conscience de la situation particulière de notre ville, en participant à des concertations locales sur les projets d’aménagement, en portant des projets avec d’autres citoyens mais aussi par nos comportements individuels, nous disposons d’une vaste panoplie de moyens pour lutter contre le phénomène de surchauffe locale qu’on appelle îlot de chaleur urbain (ICU).
Mais pour pouvoir s’en saisir, encore faut-il les connaître.
Des balades urbaines pour prendre conscience de son environnement
Depuis quelques années, de plus en plus de communes proposent aux citoyens d’appréhender de façon plus concrète la façon dont leur environnement urbain surchauffe, par exemple à travers des « balades urbaines et climatiques ».
Le principe est le suivant : citoyens, élus et experts techniques se réunissent pour suivre un parcours dans la ville à un moment où il fait chaud. De point en point, ils échangent sur leurs sensations dans les différents espaces – trottoirs goudronnés, bouches d’aération évacuant les rejets de climatisation, parcs arborés, aires de jeux exposées au soleil où aucun enfant ne joue…
Le premier but est d’objectiver l’aggravation de la chaleur estivale ressentie par l’effet d’îlot de chaleur urbain, ce phénomène qui se traduit par des températures plus élevées en ville qu’en zone rurale. Faire le constat partagé de cette surchauffe sur le terrain permet déjà aux participants de créer un consensus.
Dans un second temps, l’idée est de créer du dialogue entre élus, techniciens et habitants pour favoriser un passage à l’action rapide et durable.
C’est par exemple la démarche qui a été menée à Toulon et à la Seyne-sur-Mer, dans le Var. Elle a permis de mettre en évidence des lieux de rafraîchissement, d’identifier le rôle de la minéralisation (béton, goudron…), de la circulation et du stationnement excessif dans l’intensification de l’effet d’îlot de chaleur urbain.
Synthèse des sessions d’observation et des balades sensibles dans le centre-ville de la Seyne-sur-Mer (Var). CEREMA, 2023, Fourni par l’auteur
Par la suite, des solutions concrètes ont été identifiées. Un projet d’adaptation est en cours à l’échelle d’un premier quartier.
Participer aux programmes de sa commune
Une fois le constat posé, comment agir ? Difficile de s’y retrouver dans la jungle des interlocuteurs et des programmes communaux. Il existe pourtant plusieurs façons de prendre part aux décisions et aux actions publiques menées pour adapter les villes à la chaleur.
Cela passe par la participation à des concertations locales, par exemple pour concevoir une cour d’école, une place, un parc municipal… Ou, très concrètement, en mettant les mains dans la terre dans le cadre d’un dispositif de la ville.
Ruelle végétalisée par les habitants à Saint-Michel-de-Lanès (Aude). Mairie de Saint-Michel-de-Lanès, Fourni par l’auteur
Saint-Michel-de-Lanès (Aude), qui a connu un tel projet il y a une dizaine d’années, en donne un bon exemple. Les habitants volontaires ont participé à l’installation de plantes grimpantes sur les façades des maisons. L’enjeu était d’améliorer le confort thermique pour les habitants, l’adaptation aux conditions climatiques locales tout en ayant une gestion plus raisonnée de l’eau. Conseillés par une paysagiste, ils ont sélectionné des plantes peu exigeantes en eau et adéquates pour le climat local (clématites, chèvrefeuilles, jasmins étoilés, etc.), en fonction de différents critères tels que le feuillage, la floraison et les supports.
À Elne, dans les Pyrénées-Orientales, la mairie et les citoyens ont décidé, pour répondre au contexte de sécheresse répétée, de désimperméabiliser et de végétaliser les rues en créant des jardins partagés. L’objectif était de « favoriser l’infiltration de l’eau dans le sol pour limiter le ruissellement pluvial et conserver plus de fraîcheur en cœur de ville ».
Le parc de la citadelle, à Barcelone (Espagne), est un exemple de refuge climatique. Barcelona for Climate
Comment lancer un projet avec d’autres citoyens ?
Parfois, attendre que les transformations viennent du haut peut être long et frustrant. De nombreux projets émergent des citoyens eux-mêmes, qui à partir des besoins qu’ils identifient, imaginent des solutions et des espaces adaptés.
Il est tout à fait possible de rejoindre des collectifs citoyens existant, ou même, si vous avez une idée pour lutter contre la chaleur en ville près de chez vous, de fédérer d’autres citoyens pour agir avec vous. Quitte à demander ensuite à la ville de vous accompagner – financièrement, techniquement – pour le mettre en œuvre.
C’est ce qui s’est produit à la cascade des Aygalades, dans les quartiers nord de Marseille (Bouches-du-Rhône), où une association locale, la Cité des arts de la rue, s’est saisie de ce lieu laissé à l’abandon. Elle l’a renaturé pour en faire un lieu de visite, de promenade et de baignade précieux dans cette zone de la Cité phocéenne.
Retour d’expérience : La renaturation des berges du ruisseau des Aygalades à Marseille
« Permis de végétaliser »
Il existe des façons plus individuelles de s’engager contre la surchauffe urbaine. De plus en plus de villes octroient par exemple des « permis de végétaliser » : il suffit de demander à la ville le droit de planter telles espèces à tel endroit.
Certains citoyens prennent les devants et s’approprient les espaces délaissés, comme en Guadeloupe, dans les dents creuses (parcelles en friches en plein centre-ville), où certains habitants se mobilisent pour créer des jardins.
Plus simplement, nous avons tous un rôle à jouer sur le bien-être thermique collectif par nos comportements du quotidien.
Cela passe par exemple par un usage raisonné de la climatisation : si celle-ci est, en bien des lieux, indispensable, elle ne doit pas être le premier réflexe à adopter, du fait de son impact sur la consommation d’énergie et la facture d’électricité, son risque de déséquilibrer les réseaux, mais aussi sa contribution à l’accentuation de l’effet d’îlot de chaleur urbain – par les rejets d’air chaud qu’elle génère vers l’extérieur.
D’autres pratiques existent pour rafraîchir le logement en évitant, dans bien des cas, le recours à la clim’ : fermer les volets et les stores, humidifier le logement (en faisant sécher une serviette ou un drap mouillé), placer des films anti-chaleur sur les vitres ou encore planter des arbres ou des haies au sud et à l’ouest de l’habitat.
Alice Bour, rédactrice « Plus fraîche ma ville », a contribué à la rédaction de cet article
Parce que préserver la biodiversité nous fait du bien, qu’elle est un atout pour notre territoire et que sa bonne santé bénéficie aussi à nos entreprises, l’Office français de la biodiversité lance la campagne 100% pour, Tous biodivesité ! Des solutions concrètes, locales et efficaces pour permettre aux citoyen-nes, collectivités et entreprises d’agir ensemble pour protéger la biodiversité.
Des solutions pour les citoyen-nes
Parce que « Préserver la biodiversité nous fait du bien » !, l’Ofb nous invite à découvrir comment la biodiversité s’invite dans notre quotidien dès aujourd’hui et pour demain, seul·e ou en collectif, avec quelques idées pour nous guider :
Par exemple :
La plateforme pour agir en faveur des pollinisateurs
Les insectes pollinisateurs sont essentiels à la biodiversité, à notre agriculture et à notre santé, mais leurs populations s’effondrent. Face à cette urgence, pollinisateurs.com a été créée pour accélérer la mise en place d’actions concrètes sur tous les territoires.
Ressources alimentaires, abris, lieux de nidifications, menaces potentielles, communication… Le « Diagnostic pollinis’Actions » permet aux particuliers et professionnels des espaces verts d’évaluer si un jardin répond aux besoins essentiels des pollinisateurs.
Des solutions pour lescollectivités
Parce que « La biodiversité est un atout pour le territoire » : qualité de vie, bien-être, paysages … l’Ofb nous invite à découvrir comment intégrer durablement cet élément essentiel de l’identité du territoire dans nos projets locaux.
Des solutions pour lesentreprises
Parce que « La bonne santé de la biodiversité bénéficie aussi à l’entreprise », que toute entreprise, quelle que soit sa taille, dépend de la biodiversité et de ses services alors même que toute activité économique a des impacts sur son état, l’Ofb nous invite à découvrir comment développer l’impact positif de l’entreprise.
Ensemble, tous engagés pour la biodiversité
Partout en France, des citoyen·nes, des collectivités, des entreprises s’engagent concrètement pour préserver le vivant. Autant de gestes, de projets, d’initiatives qui montrent qu’agir pour la biodiversité est possible, ici et maintenant.
Découvrir des témoignages inspirants
Élus, entrepreneurs, usagers… ils mettent en place des solutions concrètes pour protéger ou restaurer la biodiversité qui les entoure. À travers cette série de vidéos, découvrez des exemples de projets réussis et de mobilisations locales qui font la différence !
Engagés pour la nature
Le podcast qui informe sur les manières d’agir et rassure sur les solutions possibles, déjà mises en place par des Engagés pour la nature.
Et si on poussait la clim à fond ? Et si on exploitait encore un peu plus les sols, les océans, les ressources naturelles ? Avec cette campagne, l’OFB prend volontairement le contre-pied. Une fausse piste pour une vraie prise de conscience. À travers deux films pleins d’ironie, se rappeler de l’urgence de protéger la biodiversité.
Avec l’aimable participation de la forêt, du bourdon et des fourmis.
Avec l’aimable participation du singe Saïmiri (Saimiri scireus), des poissons Picarel (Spicara smaris) et des vers de terre.
Tous biodiversité : 100 % pour !
Alimentation, climat, agriculture, biodiversité… Et si tout était lié ? À travers les images fortes de nos deux films, nous décryptons les liens qui nous unissent à la biodiversité et dont nous dépendons tous.
100 % pour la clim quand c’est la forêt qui fait le boulot
Mieux que la climatisation, qui aggrave le dérèglement climatique en rejetant de l’air chaud, l’arbre réfléchit environ 20% du rayonnement solaire et en même temps refroidit activement l’air environnant en évaporant l’eau lors de la transpiration. Dans certaines conditions, les arbres peuvent ainsi rafraichir l’air ambiant de 2° à 8°C.
Préserver la biodiversité c’est aussi favoriser la création d’îlots de fraîcheur naturels.
100 % pour exploiter le sous-sol au maximum quand ce sont les fourmis qui travaillent
Bactéries, champignons, vers de terre, mille-pattes, escargots, fourmis,… Plus de dix milliards d’individus par gramme de sol creusent, grattent, retournent les sols, aèrent, humidifient, et décomposent la matière organique. La qualité de notre alimentation et l’épuration de l’eau dépendent de ces milliards d’espèces parfois microscopiques. Chacune a son rôle et permet la fertilisation des sols, le développement de l’agriculture et notre alimentation.
100 % pour profiter des ressources quand ce sont les pollinisateurs qui s’en servent
90 % des plantes à fleurs dépendent des insectes pour se reproduire. Sans eux, nos paysages changeraient radicalement et ¾ de notre alimentation disparaîtraient : plus de fruits, légumes, café ou cacao. Chaque espèce d’insecte pollinise différemment, rendant leur diversité essentielle. Leur contribution à l’agriculture est estimée entre 2,3 et 5,3 milliards d’euros par an.
100 % pour encourager la consommation quand c’est la nature qui en profite
Des habitats en bonne santé garantissent des sources variées d’alimentation pour de nombreuses espèces. Ils remplissent des fonctions essentielles pour préserver l’équilibre des écosystèmes et soutenir la richesse du vivant. Le singe Saïmiri, par exemple, présent dans la forêt Guyanaise, contribue à la régénération des forêts en dispersant les graines des fruits qu’il consomme.
100 % pour l’exploitation des fonds marins quand ce sont les poissons qui s’en chargent
La biodiversité appelle la biodiversité. Véritables ingénieurs, ces petits poissons, les picarels, creusent des nids sous forme d’alvéoles qui recouvrent des hectares de fonds marins au large du Cap Corse. Ces gigantesques colonies attirent de nombreux prédateurs, dont l’ange de mer commun, espèce en danger critique d’extinction.
100 % pour les engrais quand c’est la nature qui les fabrique
Il inspire parfois l’indifférence, voire le dégoût. Le ver de terre est pourtant un véritable trésor pour les sols. En creusant des galeries, il aère la terre, facilite l’infiltration de l’eau et limite l’érosion. Mais surtout, ses déjections, riches en nutriments, agissent comme un engrais naturel qui nourrit et enrichit durablement la terre. Un allié indispensable pour des sols vivants, fertiles et productifs, au service du jardinage, de l’agriculture et de la biodiversité.
Les sols constituent le plus grand réservoir de carbone terrestre mondial. Dans le contexte du dérèglement climatique, il est vital de les protéger et de les entretenir pour conserver leur santé et leurs fonctionnalités. Le plan d’action pour leur préservation s’inscrit dans cet objectif et fixe un cap pour l’horizon 2030 avec des mesures ambitieuses.
Objectifs et leviers d’actions transversaux
AGIR pour maintenir les fonctionnalités des sols forestiers. La création d’un réseau national dédié à la mécanisation forestière et à la gestion durable des sols ou la définition de méthodes de travail comme le maintien sur place de feuillage et de souches sont des actions engagées à horizon 2030. Des objectifs et des indicateurs mesurables sont établis pour assurer leur mise en œuvre. Ils permettront de conserver l’intégrité physique des sols forestiers, de maintenir leur fertilité chimique, de rétablir et améliorer leur fonction de puits de carbone, de préserver la biodiversitéet leur rôle de régulation dans le cycle de l’eau.
CONNAITRE, MOBILISER, FORMER, ACCOMPAGNER, ENCADRER. Ce plan doit permettre
d’améliorer notre connaissance des sols forestiers ;
de mobiliser le bois avec des pratiques et équipements à faible impact sur les sols ;
de former des référents sols forestiers ;
de sensibiliser les professionnels sur la gestion durable des sols forestiers ;
d’encadrer les facteurs de pressions dans les textes d’orientation forestière, les réglementations et les outils contractuels.
Forêts françaises : le plan d’action des Assises de la forêt et du bois
Préserver une multitude de services écosystémiques
Une consultation du public a également été menée au premier trimestre 2025 et a reflété une large expression en faveur de l’objectif de préservation des sols forestiers. Les retours témoignent des préoccupations et attentes partagées des citoyens à l’égard de la gestion durable des forêts et des services que celle-ci permet de procurer.
Les 7 fonctions écologiques et les 14 services écosystémiques rendus par les sols. Il faut plusieurs fonctions pour assurer un service, et une même fonction alimente plusieurs services (Calvaruso et al., 2020).
La forêt, avec la mer, est en effet l’un des principaux puits de carbone français. Elle couvre aujourd’hui près d’un tiers du territoire hexagonal et Corse, et les territoires d’Outre-mer comportent également une grande part de forêt.
Les stocks de carbone des sols forestiers en France métropolitaine (ADEME, 2021) : Le réseau de mesure de la quakité des sols (RMQS) et le Réseau national de suivi à long terme des écosystèmes forestiers (Renecofort) évaluent les stocks de carbone des sols. Les sols forestiers métropolitains stockent 81tC/ha. En considérant la surface forestière de 2015, ces sols abritent 1301 millions de tonnes de carbone à l’échelle de la métropole. Le RMQS révèle un effet important de la pédologie sur les stocks de carbone du sol.
En bonne santé, nos sols forestiers rendent une multitude de services écosystémiques : production de bois, stockage de carbone, réservoir de biodiversité. Ils permettent la régulation du climat local et global, du cycle de l’eau, de la qualité de l’air, de l’érosion, des glissements de terrain, des maladies, des ravageurs.
« La forêt française est un puits de carbone essentiel de notre pays. Les sols forestiers constituent un capital naturel pour la résilience des forêts, dans le contexte du changement climatique et de l’érosion de la biodiversité. Garantir la fonctionnalité des sols forestiers est un enjeu crucial. Ce plan d’action pour la préservation des sols forestiers est l’aboutissement de deux ans de dialogue, d’échanges et de concertations, qui ont mobilisé l’ensemble des acteurs concernés. »
Agnès PANNIER-RUNACHER, ministre de la Transition Ecologique, de la Biodiversité, de la Forêt, de la Mer et de la Pêche
Plan d’action pour la préservation des sols forestiers
Ouvert jusqu’au 15 septembre 2025, cet appel à projets permettra d’accompagner la montée en puissance et la modernisation des entreprises de la filière graines et plants forestiers et agroforestiers pour qu’elles puissent répondre en quantité et en qualité à la demande croissante de semences et de plants.
Deux ans après son lancement lors du sommet de Paris en juin 2023 et dans le contexte de la visite d’État du président français au Royaume-Uni, les gouvernements français et britannique ont décidé d’apporter un financement d’un million d’euros1 au Panel international consultatif sur les crédits biodiversité (IAPB2).
Ces financements, octroyés côté français par le ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique et par le ministère de la Transition écologique, de la Biodiversité, de la Forêt, de la Mer et de la Pêche, doivent permettre de soutenir l’action de l’IAPB pour des projets de restauration ou de conservation de la nature et de la biodiversité.
Son rôle est également d’émettre des recommandations aux gouvernements et aux acteurs de marchés afin d’accompagner le développement de cadres législatifs et réglementaires ainsi que d’infrastructures de marché favorables au développement de crédits nature à haute intégrité.
Les travaux de l’IAPB, créé en juin 2023 lors du Sommet pour un nouveau pacte mondial de financement à Paris à l’initiative du Président de la République et du Roi Charles III, ont impliqué de nombreux acteurs publics, du monde de la finance, d’entreprises, d’ONG et de représentants de populations autochtones et de communautés locales, basés dans le monde entier. Le moyen de mobiliser les gouvernements, les Nations unies, les banques de développement, les régulateurs financiers et de nombreuses entreprises sur les sujets des financements pour la nature.
« Au moment où la commission européenne publie sa feuille de route pour des Crédits Nature, et où la France déploie les premiers crédits biodiversité en Europe grâce aux sites naturels de compensation, de restauration et de renaturation, je suis heureuse que la France et le Royaume-Uni dotent l’IAPB d’une gouvernance renouvelée et lui donnent les moyens de poursuivre sa mission, pour consolider la convergence des cadres nationaux, européens et mondiaux de crédits biodiversité. Avec cette annonce, nous nous donnons de nouvelles possibilités pour contribuer aux objectifs de financement de la biodiversité fixés par le cadre de Kunming-Montréal. »
Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité, de la Forêt, de la Mer et de la Pêche
Un cadre pour des marchés de crédits biodiversité à haute intégrité
L’IAPB a rendu ses premières conclusions lors de la COP 16 à Cali en Colombie en octobre 2024, avec un cadre de gouvernance pour renforcer l’intégrité de ces marchés, et des projets pilotes de crédits nature comme le projet de restauration de zone humide dans le bassin Seine Normandie.
« Les crédits nature constituent des instruments financiers prometteurs permettant de mobiliser des capitaux au service de la protection et de la restauration de la nature. Afin d’accompagner leur développement, la France et le Royaume-Uni ont conjointement décidé de soutenir financièrement le Panel international consultatif sur les crédits biodiversité (IAPB). L’objectif est d’améliorer les financements des projets en faveur de la protection ou de la restauration de la nature. »
Éric Lombard, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique de la France
Messages clés :
Le développement de crédits biodiversité à haute intégrité est possible, tout comme le passage à l’échelle progressif de ces marchés. Cela nécessitera une action de la part de multiples acteurs, comme indiqué par le Cadre IAPB. En particulier, les gouvernements ont besoin de politiques publiques ou de mécanismes réglementaires solides pour débloquer des financements qui profitent à la Nature et à ceux qui, sur le terrain, la préserve.
L’intégrité signifie que les crédits doivent être conçus de manière à apporter des bienfaits mesurables et vérifiés pour la Nature, à garantir une participation et des revenus équitables pour les personnes et à reposer sur des marchés bien encadrés. L’intégrité à tous les niveaux est une condition préalable à la croissance de ces marchés, et non un obstacle à celle-ci.
Le rôle de ceux qui, sur le terrain, préservent la nature, est primordial. Les Populations Autochtones comme les communautés locales doivent être co-créatrices des projets et des marchés et être associés à tous les aspects de leur conception et de leur mise en œuvre.
Un crédit biodiversité est un « certificat qui représente une unité de bénéfices pour la biodiversité qui sont à la fois durables, mesurés, adossés à des preuves tangibles et additionnels à ce qui se serait passé sans intervention » (BCA, 2024). Le travail de l’IAPB s’est appuyé sur cette définition, valable à la fois en matière de conservation et de restauration, et a consisté aussi à en approfondir certains termes, dans le but d’assurer le développement de marchés à haute intégrité.
Mécanismes et outils de financement pour la conservation et la restauration de la biodiversité
Les crédits biodiversité peuvent être utilisés pour :
Réaliser des contributions, assises sur des preuves tangibles visant des objectifs de protection et de restauration de la Nature;
Servir à financer, selon des critères stricts la compensation locale et encadrée d’impacts sur la biodiversité;
Investir dans les chaînes de valeur des entreprises, afin de les rendre plus résilientes.
L’IAPB ne soutient pas les approches consistant à prôner une compensation internationale de la biodiversité : l’action doit impérativement rester locale et porter sur des écosystèmes similaires à ceux qu’elle vient compenser
Les différences entres les crédits biodiversité et carbone
Dans cette première phase, les marchés de crédits biodiversité seront nombreux et suivront une logique de financement de projet. La biodiversité n’étant pas fongible, une unité standardisée de biodiversité n’est donc pas appropriée (les projets seront financés en fonction de circonstances et de résultats qui leur seront spécifiques).
Les propositions devront donc être adaptées à des marchés multiples, en fonction du contexte, des acteurs et des motivations. Il est important de souligner qu’à ce stade, l’IAPB ne soutient pas les marchés secondaires.
Un engagement collectif ambitieux et urgent, de la part de tous les acteurs du marché, est nécessaire pour développer rapidement les marchés des crédits biodiversité.
International Advisory Panel on Biodiversity Credits (IAPB) ↩︎
Avril 2026 : Lancement des 1ers Certificats Volontaires pour la Biodiversité en France
L’URGENCE D’AGIR
La Nature nous fournit une biodiversité riche qui est à la fois essentielle à nos vies, notre subsistance et à nos économies. Pourtant, les signes de perte de biodiversité sont visibles partout. Les forêts tropicales, les zones humides côtières et de nombreux autres écosystèmes naturels sont en recul. De nombreux rapports soulignent la gravité des défis auxquels nous sommes confrontés, la nécessité d’agir et les risques de l’inaction .
Le Cadre Mondial pour la Biodiversité de Kunming-Montréal fixe l’objectif d’arrêter et d’inverser la perte de biodiversité. Pour cela, il appelle à une mobilisation efficace des ressources et à l’alignement des flux financiers mondiaux sur les objectifs internationaux en matière de biodiversité.
UN PROCESSUS OUVERT ET INCLUSIF
L’approche de l’IAPB est ouverte et inclusive, s’appuyant sur les compétences de divers acteurs de marché, y compris de décideurs publics et de régulateurs, de représentants des peuples autochtones et des communautés locales, de la communauté financière, de scientifiques, d’experts, et de bien d’autres encore. Cela a permis de garantir que son travail est fondé sur une recherche solide et de grande qualité, sur des données probantes et sur le savoir autochtone.
L’IAPB s’est engagé à promouvoir la participation et l’inclusion effective des Peuples Autochtones et des communautés locales dans la prise de décision, en respectant leur consentement libre, préalable et éclairé, et à les inclure, les consulter et établir des partenariats avec eux dans le cadre de ses travaux. Le Panel considère qu’il est essentiel que son travail et toutes les recommandations qu’il formule soient élaborées en collaboration avec les représentants des Peuples Autochtones et des communautés locales, dans le respect total de leurs droits, conformément à la législation nationale pertinente, à la Déclaration des Nations Unies sur les Droits des Peuples Autochtones et à d’autres instruments internationaux, si applicable.
Bpifrance a conscience que la transition écologique et énergétique d’une entreprise est un sujet dense, qui peut paraître fastidieux. Pour l’aider à mieux identifier les opportunités et faire gagner un temps précieux aux dirigeants, elle a créé des contenus adaptés aux enjeux de la Transition Énergétique et Écologique. Bpifrance a sélectionné 3 ressources indispensablespour engager la stratégie climat de l‘entreprise.
1/ Étude – L’empreinte carbone des PME et ETI : le long chemin de la transition environnementale des entreprises
Les PME et ETI représentent 30 % de l’empreinte carbone française : que disent les chefs d’entreprise sur la transition écologique de leurs activités ? Bpifrance Le Lab parcourt les enjeux de la décarbonation.
Ce qu’il faut retenir :
Les dirigeants de PME et ETI sont de plus en plus conscients des enjeux environnementaux
Les bonnes volontés des chefs d’entreprise se matérialisent avant tout dans de petits gestes
Les freins administratifs et réglementaires cristallisent les frustrations de nombreux dirigeants
La décarbonation est encore largement perçue comme une prise de risques par les dirigeants
Les arguments pour faire sauter l’inertie climatique sont toujours plus nombreux !
Face à l’inertie climatique, les engagements se multiplient à tous les niveaux. Les dirigeants eux-mêmes considèrent que la transformation écologique de leur PME ou ETI serait un défi fédérateur, à la fois pour les équipes et pour les partenaires. Le contexte macro-économique pourrait bien donner une impulsion à cette envie de changement : la hausse des prix de l’énergie et des matières premières invite à repenser son modèle. En parallèle, les grands donneurs d’ordre, les fonds d’investissements et les banques envisagent des objectifs climatiques de plus en plus ambitieux. Des objectifs que les entreprises vont avoir à relever …
2/ Formation – Maîtrisez la RSE : Construire, déployer et valoriser votre démarche responsable
La RSE, Responsabilité Sociale (ou Sociétale) des Entreprises, représente la contribution des entreprises (et même des organisations au sens large) aux enjeux du développement durable. Ce n’est pas une démarche qui se fait en parallèle de l’activité ou de la stratégie d’entreprise, mais plutôt une nouvelle façon de repenser votre business, plus connectée au contexte environnant, plus proche des femmes et des hommes qui font vivre l’entreprise et plus ancrée dans le long terme.
Aujourd’hui, vos parties prenantes, autant internes qu’externes, sont davantage sensibilisées, voire formées, à la RSE. Leurs attentes en la matière sont donc croissantes (à l’image d’un contexte réglementaire qui s’est considérablement étoffé ces dernières années) et elles réclament une transparence accrue. La notion d’impacts est désormais dans toutes les bouches.
Il ne suffit plus de dire : « Oui, j’ai une démarche RSE ». Il faut le prouver, il faut démontrer vos impacts !
Cette formation présente les fondamentaux de la RSE ainsi qu’une méthodologie pour construire, déployer, suivre et mettre en valeur votre démarche RSE, sans tomber dans les pièges du greenwashing (ou écoblanchiment).
3/ Le climatomètre : Un auto-diagnostic de 15 minutes pour faire le point sur vos enjeux de transition énergétique et écologique
Vous souhaitez activer votre transition énergétique et écologique ? Faites le point en 15 minutes et mesurez l’impact de votre activité sur l’environnement.
Pour réaliser un autodiagnostic, vous devez disposer d’un compte sur la plateforme Bpifrance Université ou sur le site Bpifrance en ligne. Au lancement de l’autodiagnostic, si vous n’avez pas encore de compte, nous vous invitons à suivre la procédure de création.
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1 accompagnement personnalisé réalisé par un expert agréé pour prendre de la hauteur et engager votre transition écologique et énergétique selon vos besoins
MON IKIGAÏ est un coffret de 58 cartes destiné à celles (et ceux) qui souhaitent s’initier à l’ikigaï, mais pas que : les cartes pourront en effet être tirées tous les jours afin d’être au plus près de sa vérité personnelle et se réaligner en permanence. Publié aux éditions Eyrolles, MON IKIGAî sera disponible en librairie le 28 Août 2025. L’auteure Marylise Trécourt a accepté de répondre aux 9 questions essentielles Cdurable.
L’Ikigaï pour connaître le secret d’une vie plus épanouie et sereine
Ce coffret est un guide, jour après jour, à la découverte de son ikigaï, une philosophie d’origine japonaise qui permet de prendre confiance en soi et de déterminer ce dont nous avons besoin pour cultiver l’harmonie et le bonheur.
Grâce aux 58 cartes et au livret de 32 pages d’accompagnement, chacun-e peut explorer ce qui l’anime, valoriser ses compétences, identifier ses valeurs, trouver son activité idéale et passer à l’action pour illuminer sa vie de plus de joie et de sens !
7 thématiques à explorer
Assorties d’un petit livre expliquant brièvement les concepts de l’ikigaï, les cartes offrent 7 thématiques à explorer, liées à l’ikigaï :
On fait le bilan ?
Ikigaï girl ! : s’inspirer du mode de vie des « zones bleues ».
J’adoooore ! : trouver ce qui nous fait vibrer.
Je suis géniale ! : prendre conscience de ses compétences.
Parce que je le vaux bien : agir en fonction de ses valeurs.
Ma vie de rêve : se projeter dans les activités qui nous font rêver.
Ma boîte à trésors : tips et méditations guidées pour s’épanouir.
Sommaire
Bienvenue ! / L’ikigaï, c’est quoi ? / Les origines de l’ikigaï / Les blue zones / À quoi ça sert de trouver ton ikigaï ? / Comment ça marche ? / Les domaines de l’ikigaï / Quelques astuces pour t’accompagner dans ton voyage au pays de l’ikigaï / Comment identifier une croyance limitante ? / Comment dépasser tes peurs et tes blocages ? / L’estime de soi et la confiance en soi / Les cartes ikigaï / Les familles de cartes / Les types de tirage / Un mot pour conclure… / À propos de l’autrice
L’auteureMarilyse Trécourt
Marilyse Trécourt est autrice, coach certifiée, spécialisée en évolution personnelle et professionnelle et conférencière. À travers ses différentes activités, elle a à cœur de partager son expérience, son énergie et ses pistes de réflexion avec tous ceux qui souhaitent révéler leur potentiel et se créer une vie plus épanouissante. Elle a déjà publié Pas besoin d’être un superhéros pour réaliser mes rêves, 50 exercices pour rebondir grâce aux émotions positives, 50 exercices pour trouver son ikigaï, C’est Moi d’abord, et Libère tes peurs, embrasse ta joie ainsi que sept romans de développement personnel, tous parus aux éditions Eyrolles.
Questions Cdurable àMarilyse Trécourt
Questions Cdurable ! ou c’est pas durable ?
Au delà des communiqués, qui ne présentent souvent que le « meilleur », et du développement durable, qui ne fait que tenter de réduire les impacts négatifs d‘une croissance volumique, nous nous intéressons aujourd’hui, 20 ans après la création de Cdurable.info, aux questions essentielles. Alors Cdurable ou pas ? 9 questions qui nous invitent à Comprendre pourquoi Agir & Coopérer avec le vivant, Cdurable !
Marilyse Trécourt
1 – Quelle est la nature de ma relation avec le vivant ?
Je considère que notre bien-être est intimement lié à celui de la nature. J’essaie de respecter le vivant dans mes gestes quotidiens, en prenant conscience de l’impact de mes actions sur l’environnement. Je ne cherche pas à être parfaite, mais à faire de mon mieux pour réduire mon empreinte écologique et vivre de manière plus harmonieuse avec le monde qui m’entoure.
2 – Quels sont mes besoins et choix d’alimentation ?
Je privilégie le plus possible des aliments bio et locaux, car j’estime que c’est une manière simple et concrète de soutenir une agriculture plus respectueuse de l’environnement. Cependant, je n’ai pas un régime strict, et je fais des compromis selon les circonstances. L’idée est d’agir en cohérence avec mes valeurs tout en étant réaliste dans ma vie quotidienne.
3 – Quel est mon type d’habitat actuel et idéal ?
Je vis actuellement dans une maison traditionnelle, mais Je rêve d’une maison un peu plus éco-responsable, avec des matériaux naturels, des solutions pour l’autosuffisance en énergie. Mais, encore une fois, tout cela est un objectif à atteindre progressivement, et je fais de petites étapes pour y arriver.
4 – Quelle activité physique favorise mon bien-être et ma santé ?
Je marche dès que je le peux, notamment pour les déplacements courts, cela me permet de prendre l’air et de rester active. J’essaie également d’incorporer des activités douces comme le yoga pour mon bien-être mental.
C’est important pour moi de trouver des moments de calme et de connexion avec mon corps.
Pour la troisième fois, j’ai rechaussé les baskets et sorti les bâtons de marche pour arpenter le chemin de Saint Jacques de Compostelle, entre Lauzerte et Condom, avec mes quatre copines de marche au grand cœur.
J’ai appris beaucoup à travers des lectures, des documentaires et des échanges avec des personnes intéressées par les mêmes sujets. Je ne suis pas une experte, mais ces connaissances m’ont permis de mieux comprendre les enjeux du développement durable et d’adopter des gestes plus responsables. Ce qui m’a surtout marquée, c’est qu’il ne s’agit pas d’être parfait, mais de chercher à contribuer à sa manière.
6 – Quel est le sens que je donne à mon travail ?
Mon travail de coach professionnel consiste à accompagner les individus dans leur développement personnel, en les aidant à prendre soin de leur bien-être et de leur écologie intérieure.
Je crois que pour être pleinement épanoui, il est essentiel d’être en harmonie avec soi-même, mais aussi avec la nature qui nous entoure.
Mon rôle est d’inspirer et de guider chacun à trouver un équilibre entre leur propre épanouissement et un mode de vie plus respectueux de l’environnement, à travers des actions concrètes et réfléchies. Je n’aspire pas à tout changer d’un coup, mais à apporter une prise de conscience qui incite chacun à faire des pas vers un mieux-être durable.
7 – Quelle énergie j’utilise pour mes usages et besoins ?
Je fais attention à ma consommation d’énergie en étant attentive à l’isolation de mon logement et en limitant l’utilisation de l’électricité. J’essaie aussi de réduire ma consommation de chauffage et de privilégier les appareils économes en énergie.
8 – Quelle est mon implication personnelle pour l’intérêt général ?
Je cherche à être impliquée de manière simple et authentique, en participant à des initiatives locales ou en soutenant des projets qui favorisent la durabilité. Je ne suis pas militante, mais je pense qu’il est important de contribuer à son échelle, par exemple en soutenant des entreprises responsables ou en réduisant ma propre consommation.
9 – Quels sont mes liens de coopération et ma participation au bien commun ?
Je crois que chacun peut apporter sa pierre à l’édifice, et je cherche à me connecter avec des personnes qui partagent ces valeurs, pour encourager des pratiques de consommation plus responsables.
10 – Carte blanche : quel est le message essentiel que vous souhaitez faire passer à nos visiteurs ?
Mon message est de ne pas sous-estimer l’impact des petites actions. Chacun d’entre nous peut faire une différence, même à une échelle modeste. Il ne s’agit pas de devenir parfait, ce qui me semble utopiste, mais d’avancer avec les moyens et les choix que l’on a à notre disposition, en ayant à cœur de contribuer positivement à la planète et à la société.
Du 5 au 14 août 2025, les États membres de l’ONU se sont réunis à Genève pour ce qui devait être la dernière session de négociation du Traité mondial pour mettre fin à la pollution plastique. Au lieu d’un accord ambitieux et juridiquement contraignant couvrant l’ensemble du cycle de vie des plastiques : de la production à la gestion des déchets, en passant par la consommation et le recyclage, comme le souhaitait une centaine de pays, dont la France et l’Union européenne, les discussions ont échoué sous l’influence des sociétés transnationales (STN) et des États producteurs de pétrole.
Manifeste pour un avenir sans pollution plastique. Donner au monde un traité mondial fort sur les plastiques
CETIM – Les profits contre la vie : Un Traité sur les plastiques déjà mort-né
La crise plastique est d’une ampleur sans précédent et constitue aujourd’hui l’un des défis environnementaux les plus pressants. Chaque année, des millions de tonnes de déchets plastiques finissent dans les océans, les sols et l’air, menaçant la biodiversité, la santé humaine et les équilibres écologiques. Le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) estime qu’en 2024, la consommation mondiale de plastiques dépassait les 500 millions de tonnes, générant environ 400 millions de tonnes de déchets. Dans un scénario inchangé, les déchets plastiques pourraient tripler d’ici 2060.
Qui sont les responsables de la pollution plastique
Si les consommateurs sont souvent pointés du doigt, selon le Centre Europe – Tiers Monde (CETIM), le rôle des sociétés transnationales (STN) est central dans cette problématique : « elles dominent la production mondiale de plastique vierge, conçoivent et commercialisent des produits à usage unique, et externalisent souvent les coûts environnementaux vers les pays aux réglementations moins strictes. Par leurs chaînes d’approvisionnement mondialisées, elles perpétuent un modèle économique qui alimente la dépendance au plastique. Les solutions avancées par les pouvoirs dominants se limitent à des initiatives de recyclage, à l’introduction d’emballage « écologique », le tout édulcoré par l’adoption des normes volontaires« .
Or, ces mesures sont insuffisantes pour inverser la tendance car elles s’inscrivent fréquemment dans une logique de « greenwashing », offrant l’illusion d’un changement tout en évitant les transformations profondes et structurelles du modèle de production et de consommation qui seraient nécessaires pour réduire de manière significative l’empreinte plastique mondiale.
Les négociations sont bloquées par un point de discorde majeur lié à l’inclusion de mécanismes de responsabilisation juridiquement contraignants pour la réduction de la production de plastique. Les pays producteurs de pétrole, matière première pour produire du plastique, n’en veulent pas.
Les STN autour de la table mais absentes du traité
Cette influence vise à détourner l’attention vers des fausses solutions, tout en refusant de s’attaquer à la production excessive à la source, garante de leurs profits. Le plastique, étant à 99 % dérivé du pétrole et du gaz, il est devenu un pilier du modèle de croissance des grandes compagnies pétrolières et un modèle de développement pour les États producteurs de pétrole.
Le CETIM rappelle que les enjeux sont colossaux. Sans une forte volonté politique et un rapport de force en faveur de l’intérêt général, les négociations ne peuvent déboucher que sur un texte vidé de son sens. Les États doivent imposer un Traité contraignant qui puissent inverser le statu quo et contribuant à la justice sociale et environnementale.
La lutte contre l’impunité des STN : une lutte de longue haleine
Le CETIM rappelle son engagement de longue date contre l’impunité des STN et pour l’accès à la justice des victimes et communautés affectées par les violations. Cette lutte se porte non seulement sur le terrain, mais également au niveau du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, où depuis 2014 un Groupe de travail inter-gouvernemental négocie l’élaboration d’un Traité contraignant des Nations Unies sur les sociétés transnationales et les droits humains.
Le CETIM continuera à soutenir activement ces processus et luttes en faveur de la justice sociale et environnementale, aux côtés des mouvement sociaux et organisations engagées, afin que l’intérêt général prime sur les profits privés.
Les principes clés de ce Traité – tels que l’établissement d’obligations de respect des droits humains pour les STN, les mécanismes de prévention des violations et de sanctions en cas de non respect, ou encore l’accès aux recours pour les victimes – sont essentiels aussi dans le cadre de la négociation du Traité sur les plastiques. ↩︎
Les négociations vont se poursuivre …
Selon France Nature Environnement, « Pusan et Genève, même combat, même défaite. Réuni·es en Suisse après l’échec des négociations en Corée du Sud, les représentant·es des 185 pays ne sont pas parvenu·es à un accord pour un traité mondial contre la pollution plastique. Pourtant, plus de 100 pays ont porté des textes ambitieux s’attelant à réduire à la source la production plastique. Ces derniers ont fait face à un petit groupe de pays, notamment producteurs de pétrole et de gaz, voulant limiter les engagements au recyclage des déchets. Les négociations vont se poursuivre prochainement alors que plusieurs pays souhaitent la mise en place d’un vote à la majorité absolue afin d’empêcher le blocage de pays reprenant les arguments de l’industrie pétrochimique au détriment de la santé et de l’environnement« .
Un défi mondial, une réponse globale
La pollution plastique est une urgence environnementale et sanitaire. Sans action, la production mondiale de plastique pourrait tripler d’ici 2060.
Chaque année en France, 100 000 tonnes de plastiques finissent dans la nature.
Plus d’un quart des substances chimiques des plastiques sont reconnues dangereuses pour la santé humaine, et cette pollution impacte lourdement la biodiversité et les écosystèmes, en particulier les milieux marins.
→ Chaque année, 430 millions de tonnes de plastique sont produites et polluent l’ensemble des milieux.
→ Chaque minute, 15 tonnes de plastiques sont rejetées dans l’océan.
→ Chaque jour, notre santé est un peu plus menacée.
L’APPEL DE NICE POUR UN TRAITÉ AMBITIEUX SUR LES PLASTIQUES
En prévision des négociations, la France a mobilisé 95 pays pour appeler à un traité ambitieux avec l’Appel de Nice (The Nice Wake Up Call). Signée par Agnès PANNIER-RUNACHER lors de la 3ème Conférence des Nations Unies sur l’Océan (UNOC-3) qui s’est tenue du 9 au 13 juin dernier à Nice, cette déclaration commune s’articule autour de cinq points :
Appeler à l’adoption d’un objectif mondial de réduction de la production et de la consommation de polymères plastiques primaires ;
Mettre en place une obligation juridiquement contraignante pour éliminer progressivement les produits plastiques les plus problématiques et les substances chimiques préoccupantes, en soutenant l’élaboration d’une liste mondiale de ces produits et substances ;
Améliorer, par une obligation contraignante, la conception des produits plastiques et s’assurer d’un impact environnemental minimal et qui protège la santé humaine ;
Se doter d’un mécanisme financier à la hauteur de l’ambition du traité et soutenant sa mise en œuvre efficace ;
S’engager en faveur d’un traité efficace et ambitieux qui peut évoluer dans le temps et réagir aux changements des preuves et connaissances émergentes.
Des actions concrètes en France
Forte de lois structurantes (loi anti-gaspillage, loi climat et résilience), et d’une filière à responsabilité élargie du producteur (REP) à la pointe, la France a déjà adopté des mesures pionnières :
interdiction progressive des emballages plastiques à usage unique d’ici 2040,
objectifs de réduction et de réemploi,
développement du recyclage
et soutien massif à l’innovation industrielle.
Le Plan Plastiques 2025-2030 cible les usages du plastique, améliore la performance de collecte et de tri, et développe l’économie circulaire sur tous les territoires.
La reprise des négociations à Genève vise à trouver un consensus permettant l’adoption d’un traité international qui engage les pays à des mesures concrètes, ambitieuses et coordonnées. Face aux enjeux, la France jouera un rôle moteur, avec ses partenaires européens et internationaux, afin de protéger l’environnement, la santé humaine et d’accélérer la transition vers une économie circulaire.
« la France est engagée pour porter une voix forte contre la pollution plastique. sans accord liant les États sur ce sujet, la production de plastique devrait tripler d’ici 2060, et donc la pollution qui va avec. Je serai à Genève pour porter la voix des pays signataires de l’Appel de Nice.
j’appelle chaque État à la responsabilité avant que nous ne soyons dépassés par cette pollution aux conséquences délétères sur notre santé et nos écosystèmes naturels. »
Agnès PANNIER-RUNACHER, ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité, de la Forêt, de la Mer et de la Pêche
Une enquête sur notre addiction au plastique et sur la menace croissante que représentent les microplastiques pour la santé humaine. Presque chaque morceau de plastique fabriqué se décompose en « microplastiques ».
Ces particules microscopiques dérivent dans l’air, flottent dans tous les plans d’eau et se mélangent au sol, devenant ainsi un élément permanent de l’environnement.
Quel est l’impact de ces envahisseurs invisibles sur notre santé ? Et peut-on y faire quelque chose ?
« Biodiversité, des clés pour agir » est la revue trimestrielle de l’Office français de la biodiversité. Elle a pour objectif de transmettre des outils clés de gestion et des éclairages pour partager les bonnes pratiques et les innovations. Destinée aux professionnels en prise directe avec la gestion des territoires, elle représente un levier, un moyen d’action pour contribuer à lutter contre l’érosion de la biodiversité et réduire les pressions, par le biais de la diffusion de la connaissance et de l’information.
La biodiversité est notre alliée !
C’est grâce à elle que nous pouvons respirer, boire, manger, vivre… Alors protégeons-la ensemble.
6 rubriques clés pour agir
Comprendre
La recherche en cours, l’évaluation ou les résultats des programmes menés par l’OFB et ses partenaires.
Comprendre l’érosion de la biodiversité
Selon l’IPBES, environ un million d’espèces animales et végétales sont aujourd’hui menacées d’extinction, notamment au cours des prochaines décennies. Le taux mondial d’extinction est déjà 10 à 100 fois plus élevé que la moyenne des 10 millions d’années passées, un déclin sans précédent dans l’histoire humaine, causé directement par nos activités.
Pour mieux comprendre les implications de ce constat, (re)découvrez un échange entre Christelle Castet, directrice scientifique chez AXA Climate et Céline Bellard, biologiste et chercheuse au CNRS, autour des grands enjeux de l’érosion de la biodiversité. Cet entretien, accessible en podcast WeeklyDoseOfScience, vous fera découvrir les clés pour comprendre :
1️⃣ Comment mesure-t-on la biodiversité et pourquoi cela reste-t-il un défi scientifique ?
2️⃣ Pourquoi parle-t-on de « limite planétaire » pour la biodiversité ?
3️⃣ Quelles sont les pressions principales sur la biodiversité, et quelles conséquences en résultent pour les humains ?
4️⃣ Quel est le lien entre biodiversité, climat et les autres limites planétaires ?
5️⃣ Quelles solutions concrètes peut-on mettre en œuvre pour enrayer la perte de biodiversité ?
Il y a des moments où s’accorder du repos n’est pas une fuite, mais une stratégie. Alors que le monde ralentit, c’est l’occasion de renouer avec l’otium, ce temps libre, choisi et fécond, qui permet de se régénérer en profondeur. L’Institut des Futurs souhaitables sait que c’est dans ces creux, ces silences, que naissent les transformations souhaitables. Il nous invite à découvrir l’Otium du peuple, guidés par Jean-Miguel Pire.
L’otium n’est pas une pause vide, mais un espace pour laisser reposer l’esprit, pour cultiver l’imaginaire, pour écouter ce qui murmure sous le vacarme. Car le repos véritable prépare l’action. Il affine les intentions, recharge les forces, redonne du souffle aux engagements.
Et si faire une pause était notre meilleur moyen d’action ?
Dans une époque où l’hyperactivité est de mise, Jean-Miguel Pire, historien et sociologue, nous invite à redécouvrir un mot ancien aux bonnes vertus : l’otium. Ce loisir fécond, hérité de la Rome antique, se tient à l’exact opposé du divertissement vide. Il n’est ni productif, ni rentable, ni monétisable. Et c’est précisément ce qui le rend essentiel.
« L’otium, c’est la jouissance d’un temps désintéressé, d’un temps pour penser. Un luxe ? Non. Une nécessité oubliée. »
Jean-Miguel Pire le vit au quotidien : il baigne dans ce temps suspendu, ce rythme long qui permet d’explorer, de douter, de relier les idées sans pression de livrable. Mais il le sait aussi, cette liberté est devenue rare. Pour beaucoup, elle relève de l’impossible. Il en a fait un objet de recherche. Et une pratique de vie.
« Pour retrouver l’otium, il faut commencer par changer de regard sur le temps. »
Il nous propose une image : celle d’une maison intérieure. Chaque heure de la journée serait une pièce. On y entre, on y habite, on en sort. Certaines sont dédiées à l’action. D’autres, à la contemplation.
Et si vous aménagiez une pièce pour vous, cet été ? Un demi-siècle plus tôt, cette demi-heure aurait pu s’appeler “paresse”. Aujourd’hui, elle pourrait bien s’appeler salut.
Jean-Miguel suggère de commencer simplement par :
une conversation profonde,
une balade dans la nature,
ou bien une lecture lente et consciente,
Le tout, loin des écrans avec une seule condition : en ressortir transformé·e.
Dans une société qui multiplie les injonctions, rares sont les espaces où l’on peut se poser sans produire. L’otium nous propose cela. Un retour à soi, sans culpabilité. Mais alors, est-il accessible à toutes et tous ?
Jean-Miguel nuance, « Historiquement, jamais nous n’avons eu autant de temps libre. Ce qui nous manque, c’est l’espace mental. » L’otium est une invitation à se libérer de la charge invisible, à désaturer nos têtes et nos cœurs.
Imaginez : un monde où l’on commence sa journée non par un café pris sur le pouce, mais par un moment de reconnexion fécond. Où l’on déploie ses idées comme ses muscles, où l’intelligence bien-humaine se muscle chaque matin par la pensée libre.
Cet été, pas de grandes résolutions. Seulement un geste : prendre rendez-vous avec soi-même.
Feuilleter un extrait deL’otium du peuple – À la reconquête du temps libre
Dans un monde où l’addiction aux écrans nous prive de temps pour réfléchir, ce livre vous invite à renouer avec l’otium, le « loisir fécond » des Anciens. Libéré des urgences, il favorise la sagesse et le bien commun.
Bourdieu et Foucault y voyaient une clé pour le souci de soi et d’autrui. D’élite à universel, l’otium est désormais à la portée de tous !
Fin avril, la Jamaïque a accueilli l’édition 2025, du Global Climate FinanceForum (GCFF), un rendez-vous international visant à rééquilibrer les fluxfinanciers climatiques mondiaux. L‘événement a réuni investisseurs, PMEclimatiques et décideurs venus de plus de 15 pays. Le Forum a posé les bases pour un changement deparadigme : mobiliser le capital privé en faveur d’innovations portées par le Sudglobal.Marilyn Waite, Directrice Générale de Climate Finance Fund (CFF) a accepté de répondre aux 9 questions essentielles Cdurable.
Ceux qui subissent le plus lesimpacts du changement climatique doivent aussi être les plus proches des capitauxnécessaires pour y répondre.
Valoriser les solutions climatiques innovantes portées par les PME du Sudglobal ;
Rééquilibrer les flux de capitaux transfrontaliers en faveur d’une finance plusjuste ;
Influencer l’agenda international à l’approche de la COP30 (10 au 21 novembreà Belém, Brésil).
1er Global Climate Finance Forum du 28 au 30 Avril 2025 à la Jamaïque
Un dialogue de fond, ancrés dans la réalité des territoires
La Jamaïque est un leader en matière de financement climatique : du lancement de la première obligation contre les catastrophes climatiques à l’investissement dans lesPME vertes, les énergies renouvelables et des systèmes de crédit inclusifs. Avec un accès sans visa pour 99 pays, elle incarne une conviction essentielle du GCFF : les discussions climatiques mondiales doivent avoir lieu là où la majorité mondiale peutvéritablement participer.
Le forum a mis en lumière les freins systémiques à l’investissement dans les PMEclimatiques : taux d’intérêt prohibitifs (jusqu’à 27 %), instabilité monétaire (comme au Nigeria, où le Naira a perdu 400% de sa valeur en 4 ans), exigences excessives d’« investisseurs leaders », ou encore politiques fiscales inadaptées.
Des solutions concrètes ont émergé :
En Inde, l’entreprise Nunam donne une seconde vie aux batteries de véhicules électriques pour créer des solutions de stockage d’énergie accessibles.
Au Brésil, le collectif Courageous Land développe des systèmes agroforestiers innovants, mêlant reforestation, souveraineté alimentaire et emploi rural.
En Afrique australe, Grid Africa installe des mini-réseaux solaires pour garantir l’énergie dans les zones sous-desservies.
Les visites de terrain, telles que celle de Stush in the Bush, PME jamaïcaine agro-écologique, ont permis de matérialiser les valeurs de résilience, d’inclusion et dedurabilité au cœur du Forum.
Des recommandations stratégiques pour transformer la financeclimatique
Matthew Samuda et d’autres ministres jamaïcains ont rappelé que les Small IslandDeveloping States (SIDS) comme la Jamaïque sont à la fois très vulnérables aux impacts climatiques et particulièrement bien placés pour porter l’innovation climatique. Ils ont souligné les limites des mécanismes actuels de financement climatique, qui ne reconnaissent pas toujours les bénéfices systémiques et développementaux des projets du Sud. Ils ont plaidé pour la mise en place de cadres financiers plus équitables, plus réactifs, et pour des instruments comme le Blue-Green Fund permettant de mieux canaliser les capitaux publics et privés vers des solutions locales à fort impact.
Les principales recommandations issues des groupes de travail incluent :
Adapter les instruments financiers aux réalités locales, avec des critères standardisés mais flexibles ;
Positionner les gestionnaires de fonds locaux comme pivots des dispositifs d’investissement ;
Renforcer la visibilité des PME climatiques via des campagnes ciblées et des outils de mise en relation investisseurs-entreprises ;
Lancer une stratégie internationale de communication pour transformer la perception du risque dans les pays du Sud.
Global Climate Solution Stocks
36 engagements pour une nouvelle ère du financement climatique
Face aux différents constats qui freinent l’accès des pays du Sud aux financements, les participants du GCFF 2025 ont pris 36 engagements concrets pour transformer durablement l’écosystème de la finance climatique. Ces engagements ne sont paspurement symboliques : ils incarnent une volonté partagée de changer les règles du jeu, en créant des solutions à la fois ambitieuses, ancrées localement et reproductibles.
Parmi les 36 engagements :
Créer des instruments fiscaux incitatifs pour flécher l’épargne institutionnelle vers les PME climatiques ;
Lancer des fonds mixtes innovants, gérés localement, pour dé-risquer les investissements ;
Développer de nouveaux produits financiers adaptés (prêts à impact, plateformes de financement participatif…) ;
Mettre en place des programmes de renforcement des capacités pour améliorer la gouvernance et la lisibilité des projets climatiques ;
Construire une base de données transparente des PME climatiques du Sud global.
Au delà des communiqués, qui ne présentent souvent que le « meilleur », et du développement durable, qui ne fait que tenter de réduire les impacts négatifs d‘une croissance volumique, nous nous intéressons aujourd’hui, 20 ans après la création de Cdurable.info, aux questions essentielles. Alors Cdurable ou pas ? 9 questions qui nous invitent à Comprendre pourquoi Agir & Coopérer avec le vivant, Cdurable !
1 – Quelle est la nature de ma relation avec le vivant ?
Ma relation avec le vivant repose sur une conscience profonde d’interdépendance. En tant qu’ingénieure, je comprends les équilibres qui rendent la vie possible. En tant que directrice d’une plateforme philanthropique, je mesure chaque jour à quel point nos systèmes économiques actuels menacent ces équilibres.
Le vivant n’est pas une ressource à exploiter, mais quelque chose de fragile et de précieux, auquel nous appartenons.
Cette conviction guide ma manière d’agir, en réorientant les flux financiers, en soutenant les projets qui régénèrent la nature.
2 – Quels sont mes besoins et choix d’alimentation ?
Je suis de préférence vegan. J’ai temporairement dévié de ce régime pendant ma grossesse, puis à nouveau depuis le début de l’allaitement. Toutefois, j’essaie autant que possible de maintenir une alimentation majoritairement végétale.
Mes motivations sont d’abord liées à la santé et à l’écologie, mais aussi à des considérations éthiques. La lecture du livre « Pourquoi nous aimons les chiens, mangeons des cochons et portons des vaches », une introduction au carnisme, a eu un impact important sur ma réflexion.
3 – Quel est mon type d’habitat actuel et idéal ?
Je vis en milieu urbain, à Issy-les-Moulineaux. C’est un cadre qui me convient, notamment parce qu’il offre un accès immédiat à plusieurs espaces verts. À cinq minutes à pied de chez moi, se trouvent trois parcs publics, dont un jardin botanique. Je considère qu’un environnement de vie idéal inclut des espaces naturels accessibles, sans nécessiter des logements très étendus, afin de préserver une empreinte écologique raisonnable.
Parc de L’ile Saint Germain
4 – Quelle activité physique favorise mon bien-être et ma santé ?
Je suis baha’ie1, et donc ma pratique spirituelle est importante pour mon bien être et s’inscrit dans mon quotidien. Elle est parfois complétée par des moments de méditation.
La Terre n’est qu’un seul pays et tous les hommes en sont les citoyens
Bahá’u’lláh
Je privilégie également des formes d’activités physiques douces et intégrées dans la vie de tous les jours, comme la marche ou les promenades. J’ai un chien, ce qui m’incite à sortir régulièrement, même si cela est parfois plus compliqué depuis l’arrivée de mon enfant. J’apprécie aussi les activités dynamiques comme la danse ou la Zumba, mais je ne suis pas attirée par les salles de sport.
Ma compréhension de l’action s’est construite progressivement à travers des savoirs issus de ma formation et mes expériences professionnelles dans le champ de la finance durable m’ont permis de comprendre que nos choix économiques sont déterminants. Que cela soit à titre individuel comme collectif. J’ai pris conscience de l’importance de mobiliser les outils financiers au service de la transition écologique et de la justice sociale.
Ces savoirs m’ont donné des clés pour m’engager, aligner mes choix avec mes valeurs, et accompagner d’autres acteurs dans cette même démarche.
Comment attirer des financements privés pour des projets climatiques dans les pays en développement ?
6 – Quel est le sens que je donne à mon travail ?
Je donne beaucoup de sens à mon travail. J’y consacre une grande partie de mon temps, et il me semble essentiel qu’il soit en cohérence avec mes valeurs. Je souhaite que mon activité professionnelle contribue positivement à la société et à l’environnement. C’est pourquoi j’essaie de m’aligner avec des valeurs de durabilité et d’éthique dans mon quotidien professionnel.
7 – Quelle énergie j’utilise pour mes usages et besoins ?
Je suis cliente chez Enercoop, un fournisseur d’énergie 100 % renouvelable. Il s’agit principalement d’énergie solaire. Je ne possède pas de voiture donc je me déplace exclusivement en transports en commun (métro, RER, train, bus) et à pied. Je n’ai pas encore de vélo, mais c’est une possibilité que je considère dans le futur.
8 – Quelle est mon implication personnelle pour l’intérêt général ?
Mon activité professionnelle est entièrement dédiée à l’intérêt général. Par ailleurs, je m’efforce également d’aligner mes finances personnelles avec mes valeurs, notamment en m’inspirant d’initiatives comme https://bankforgood.fr/ ou de ressources comme le livre « Activez votre argent ».
9 – Quels sont mes liens de coopération et ma participation au bien commun ?
Mes coopération se font notamment via mon travail au sein du Climate Finance Fund. Nous collaborons avec un écosystème engagé : associations, banques, coopératives, fintechs durables, gestionnaires d’actifs à impact, etc.
10 – Carte blanche : quel est le message essentiel que vous souhaitez faire passer à nos visiteurs ?
Un principe central pour moi :
chaque euro, même placé sur un compte courant, a un impact soit positif, soit négatif.
Il en va de même pour l’épargne et les dispositifs de retraite. Il est aujourd’hui possible et important d’aligner ces choix avec des valeurs de justice sociale et écologique, grâce à des outils concrets et accessibles comme BankforGood.fr
La foi bahá’íe est une religion mondiale et indépendante. Son histoire débute en Perse en 1844. Son fondateur est Bahá’u’lláh, un noble persan qui a proclamé être le porteur d’une nouvelle révélation, un nouveau message divin, dont la finalité est d’établir l’unité des peuples de la terre. ↩︎
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