Produits laitiers : une composante essentielle d’une alimentation durable ?
L’alimentation représente 22 % de l’impact carbone des pays développésL’alimentation représente 22% de l’impact carbone des pays développés. La transition vers une alimentation durable est donc l’un des défis majeurs de notre époque. Que recouvre la notion d’alimentation durable ? Quel sens a-t-elle pour les consommateurs ? Quels sont les attitudes et comportements des Français face à l’alimentation durable ? Quelle place pour les produits laitiers ? Un symposium organisé à la Maison du lait en novembre 2023 a réuni des experts pour débattre autour de ces questions.La place des produits laitiers dans une alimentation durable
L’alimentation durable : un concept flou ou méconnu pour les consommateurs
La FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) a proposé en 2010 une définition de l’alimentation durable à quatre dimensions : une alimentation durable est
1) nutritionnellement adéquate, saine et sûre,
2) culturellement acceptable,
3) économiquement viable, accessible et abordable et
4) protectrice et respectueuse de la biodiversité et des écosystèmes.
Alimentation durable
Cette définition, plus que jamais en phase avec les préoccupations et attentes sociétales de notre époque montre que l’alimentation durable ne se limite pas à la nutrition et à l’environnement. Pour être durable, une alimentation doit tenir compte des enjeux économiques tels que le prix des aliments et aussi des enjeux socio-culturels de l’alimentation, telles que les habitudes alimentaires des consommateurs.
Différents niveaux d’engagement des individus
Ces enjeux socio-culturels trop souvent écartés des réflexions constituent pourtant la clé de tout changement de comportements alimentaires. Pour être adoptés à long terme, les régimes alimentaires durables doivent être acceptés socialement et culturellement par les consommateurs.
Pourtant, la plupart des consommateurs perçoivent ce concept d’alimentation durable uniquement sous l’angle de la protection de l’environnement et ils ne savent pas toujours quels aliments font partie d’une alimentation durable.
Attitudes et comportements des Français face aux enjeux de durabilité
Différents travaux montrent que les produits laitiers font partie d’une alimentation durable en raison de leur impact environnemental modéré rapporté à leur valeur nutritionnelle.
L’alimentation, c’est une combinaison d’aliments. Et garantir une alimentation durable pour aujourd’hui et pour demain suppose de privilégier des combinaisons d’aliments qui
permettent une alimentation qui couvre nos besoins nutritionnels, culturellement acceptable, abordable en termes de prix et respectueuse de l’environnement.
En croisant leurs qualités nutritionnelles, leur prix et leur impact environnemental, des études montrent que les produits laitiers sont à la fois des aliments de bonne densité nutritionnelle, abordables en termes de prix, qu’ils sont la source de calcium la moins coûteuse et une source de protéines parmi les moins chères pour un impact environnemental modéré. Les produits laitiers font partie intégrante de nos habitudes alimentaires et de notre culture culinaire. Ils concilient donc bien les quatre dimensions de la définition de durabilité de la FAO.
Une alimentation durable avec des produits laitiers
Par ailleurs, en France et en Europe, les régimes alimentaires qui combinent la meilleure qualité nutritionnelle et un impact carbone plus faible sont caractérisés par la présence de produits laitiers.
Les produits laitiers occupent une place de choix dans l’alimentation des Français. Ils contiennent de nombreux nutriments comme le calcium et les protéines, ils sont abordables en termes de prix, culturellement acceptés et appréciés. Leur impact environnemental doit être relativisé du fait de leurs qualités nutritionnelles.
Créé en 1974, le Centre national interprofessionnel de l’économie laitière (Cniel) est l’association qui regroupe les organisations représentant les producteurs de lait de vache, les entreprises laitières privées, les coopératives laitières, et les acteurs du commerce, de la distribution et de la restauration collective. Le Cniel porte la volonté commune de ses membres de coopérer pour construire une filière laitière structurée, performante et durable, ancrée dans les territoires et ouverte sur la société et le monde d’aujourd’hui et de demain.
Le coût des mesures de soutien à la production et à la consommation d’énergies fossiles est monté en flèche en 2022, en raison des politiques publiques adoptées pour amortir l’impact de l’envolée des prix de l’énergie sur les ménages et les entreprises. C’est ce que l’OCDE et l’AIE révèlent dans cette analyse.
De nouvelles données de l’OCDE et de l’AIE montrent que le coût budgétaire du soutien public aux énergies fossiles fourni dans 82 économies du monde entier a pratiquement doublé en un an, passant de 769.5 milliards USD en 2021 à 1 481.3 milliards USD en 2022 sous l’effet des mesures adoptées par les gouvernements pour compenser la flambée exceptionnelle des prix de l’énergie imputable en partie à la guerre d’agression russe contre l’Ukraine.
Graphique : Le coût budgétaire des mesures de soutien aux énergies fossiles a presque doublé en 2022
Selon les estimations de l’Inventaire des mesures de soutien pour les combustibles fossiles dressé par l’OCDE, le montant des transferts directs et des dépenses fiscales associés aux mesures de soutien aux combustibles fossiles s’est élevé à 427.9 milliards USD en 2022. En outre, l’AIE estime à 1 126.6 milliards USD les ventes de combustibles fossiles à des prix inférieurs à ceux du marché. Des hausses importantes ont été enregistrées pour le pétrole, l’électricité et le gaz naturel.
Dans les pays considérés dans l’inventaire de l’OCDE, les principales cibles des mesures de soutien sont les consommateurs (entreprises et ménages), qui perçoivent 81 % du coût budgétaire total, suivis des producteurs de combustibles fossiles (16 %). Le soutien aux services d’intérêt général (c’est-à-dire le soutien non spécifiquement destiné aux producteurs ou aux consommateurs) a représenté 3 % du coût budgétaire total du soutien.
L’OCDE et l’AIE produisent des bases de données complémentaires qui fournissent des estimations des différentes formes de soutien public aux énergies fossiles. Les estimations de l’OCDE et de l’AIE concernent actuellement 82 grandes économies, qui représentent environ 85 % du total des approvisionnements en énergie de la planète. Il s’agit des pays membres l’OCDE et du G20 ainsi que de 33 autres grandes économies productrices et consommatrices.
L’AIE suit la situation des subventions aux énergies fossiles en étudiant de près les cas de prix à la consommation inférieurs à la valeur de marché. Son constat est que les subventions à la consommation ont bondi de 116 % entre 2021 et 2022 pour atteindre 1 100 milliards USD, sous l’effet de l’envolée des prix sur les marchés internationaux.
L’analyse révèle également un retour en force du soutien à la production et à la consommation de charbon, qui a atteint 36.1 milliards USD en 2022, soit une hausse de 60 % par rapport à 2013, et pris différentes formes : subventions aux ménages qui consomment du charbon, plafonnement du prix du charbon utilisé dans la production d’électricité, en particulier dans les pays producteurs de charbon, et prolongation de la durée de vie ou redémarrage temporaire de centrales électriques fonctionnant au charbon.
Les gouvernements doivent réformer les mesures de soutien existantes de façon à cibler les personnes qui en ont le plus besoin. Les mesures non ciblées pèsent davantage sur les budgets publics et ont tendance à bénéficier de manière disproportionnée aux ménages aisés, qui sont généralement de plus gros consommateurs d’énergie. Enfin, de manière plus générale, ces mesures faussent les signaux de prix et favorisent ainsi le maintien de la consommation de combustibles fossiles.
L’OCDE et l’AIE plaident avec constance pour l’arrêt progressif des aides inefficaces aux énergies fossiles et pour une réorientation des crédits publics vers la mise au point de solutions de remplacement bas carbone, parallèlement à l’amélioration de la sécurité et de l’efficacité énergétiques.
Coopérant avec plus d’une centaine de pays, l’OCDE est un forum stratégique international qui s’emploie à promouvoir des politiques propres à sauvegarder les libertés individuelles et à améliorer le bien-être économique et social des populations du monde entier.
ORÉE présente son nouveau recueil « Économie circulaire, mode et textile : l’Île-de-France sous toutes ses coutures » ou comment tisser une nouvelle mode circulaire. Un ouvrage réalisé dans le cadre du Comité francilien de l’économie circulaire avec le soutien de l’ADEME, la DRIEAT, la Métropole du Grand Paris et la Réseau Région Île-de-France.
Figure de proue du numérique responsable, TeleCoop lance la campagne « Moins de données, plus de pouvoirs ». Son objectif : inciter particuliers et professionnels à reprendre en main leur consommation mobile et encourager la sobriété. Considérée à tort comme une ressource abondante et illimitée, la ressource numérique devrait être gérée, selon Telecoop, collectivement et démocratiquement et comme un bien commun. La campagne cherche aussi à porter une voix différente dans le secteur du numérique et à favoriser le changement d’échelle de la coopérative.
En quête de sens, de nature, liens ou nouveaux modes de vie, de plus en plus de Français sont à la recherche d’un environnement qui répond à leurs aspirations tant personnelles que sociétales. Les territoires se recomposent et innovent pour offrir une qualité de vie attractive et épanouissante via des atouts matériels et immatériels. C’est précisément ce que met en lumière la toute nouvelle étude de la Fabrique Spinoza : « Territoires heureux : approches et pratiques pour des territoires et modes de vie heureux » Elle propose de découvrir des évidences plus que jamais utiles à rappeler : on préserve et protège un territoire que l’on aime ! Cette étude expose un grand nombre d’initiatives, sérieuses ou légères, simples ou complexes, écologiques, sociales ou multidimensionnelles, possibles grâce à l’engagement et la coopération entre les habitants, les associations, les entreprises et les acteurs publics.
Oxfam publie un nouveau rapport sur les inégalités climatiques dans le monde, qui révèle que les 1% les plus riches émettent plus de CO2 que les deux tiers les plus pauvres de l’humanité soit 5 milliards de personnes. Alors que les individus, les entreprises et les pays les plus riches continuent de détruire la planète, les personnes les plus pauvres, celles qui sont les plus marginalisées, sont parallèlement les plus durement touchées par la crise climatique.
L’INRAE célèbre l’excellence et l’innovation lors de la 4e cérémonie des Lauriers, présidée par Philippe Mauguin, PDG d’INRAE, en présence de Sylvie Retailleau, ministre de la Recherche et de l’Enseignement supérieur, et de Marc Fesneau, ministre chargé de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire. Les lauréats, qu’ils soient chercheurs, techniciens ou personnels administratifs, sont distingués par un jury international pour leurs contributions exceptionnelles soutenant les missions de recherche de l’institut pour relever les défis des changements globaux impactant l’agriculture, l’alimentation et l’environnement.Page%201600x600px.jpg?itok=ceeQ-Tzz
À l’occasion de la cérémonie de remise de prix à l’Élysée Montmartre, INRAE a cette année encore mis en lumière les contributions exceptionnelles de plusieurs de ses chercheurs, techniciens et personnels administratifs qui ont joué un rôle déterminant au sein de l’institut dans des domaines aussi variés que la microbiologie au service de la santé humaine et la compréhension du système digestif, la modélisation agronomique, les liens entre les plantes et leurs pathogènes, ou encore l’étude et l’impact des variables climatiques.
Les lauréats ont été sélectionnés par un jury international dédié (voir liste des membres ci-dessous), qui a examiné les réalisations, les projets et les initiatives des candidats. Les critères de sélection intégraient l’impact des travaux menés dans la thématique de recherche, la créativité, la collaboration interdisciplinaire et l’application pratique des résultats.
Grand Prix : Philippe Langella, directeur de recherche au sein du centre INRAE Île-de-France-Jouy-en-Josas-Antony, microbiologiste de formation, a développé une approche novatrice pour traduire les découvertes scientifiques liées à la santé en bénéfices concrets. En collaborant avec des cliniciens et des entreprises, il explore l’utilisation des bactéries lactiques à des fins de santé humaine, ouvrant ainsi la voie à des applications innovantes (maladie de Crohn, cancer…). Ce scientifique a tracé un parcours remarquable depuis son idée initiale, démontrant comment la recherche microbiologique peut avoir un impact tangible sur la santé humaine. Son approche collaborative illustre la façon dont la science peut être concrètement mise en œuvre.
Laurier collectif « Impact de la recherche » : L’unité de service Agroclim, au sein du département AgroEcoSystem à INRAE Provence-Alpes-Côte d’Azur, est félicitée pour son impact significatif sur la recherche. Créée il y a 54 ans, cette équipe composée de 15 personnes consacre ses travaux à l’analyse des variables climatiques, observe leurs effets sur les cultures, et aide à décrypter les tendances futures. L’expertise d’Agroclim est largement reconnue par les scientifiques, les professionnel et les collectivités territoriales. Son engagement au service de la diffusion des connaissances scientifiques l’amène à intervenir régulièrement auprès des élèves et des médias pour sensibiliser à l’urgence climatique.
Laurier « Innovation pour la recherche » : Olivier Therond, coordinateur du développement de la plateforme MAELIA à INRAE Grand Est-Colmar, est un agronome passionné par la modélisation. Il orchestre le développement de cette plateforme qui simule les dynamiques de production agricole et de transformation des biomasses, offrant un outil d’aide à la décision essentiel pour les acteurs locaux et régionaux. Depuis ses débuts au sein de l’institut, ce chercheur a navigué entre la recherche sur le terrain et la modélisation, participant au projet européen SEAMLESS et devenant ainsi un acteur clé dans le domaine de la modélisation.
Laurier « Espoir scientifique » : Martin Beaumont, chargé de recherche à INRAE Occitanie-Toulouse, consacre ses travaux à la compréhension des mécanismes biologiques qui régissent le vivant. Animé par la passion de comprendre les mystères du fonctionnement du microbiote, il explore les aspects physiologiques du système digestif des animaux d’élevage. La finalité est de renforcer leur barrière intestinale afin de réduire l’utilisation d’antibiotiques.
Laurier « Défi scientifique » : Sylvain Raffaele, directeur de recherche à INRAE Occitanie-Toulouse, a consacré plus de 10 ans à comprendre les mécanismes de l’immunité des plantes. Ses travaux novateurs explorent la diversité du vivant, révélant des interactions complexes entre les plantes et les microorganismes pathogènes. Son engagement à INRAE se concentre sur le décryptage des relations entre les plantes et les microorganismes pathogènes, contribuant ainsi à la compréhension de ces interactions complexes.
Lauriers « Appui à la recherche » – deux lauréats ex-æquo :
Évelyne Barbin, assistante du département Biologie et amélioration des plantes (BAP) sur le centre INRAE Île-de- France-Versailles-Saclay, est le point central de la gestion de ce département, le plus important des 14 départements scientifiques de l’institut. Avec 15 ans d’expérience, elle garantit un accueil efficace et attentionné, offrant un soutien précieux à tous les interlocuteurs du département. Son engagement, sa rigueur et son professionnalisme assurent à chacun de pouvoir accomplir ses missions avec sérénité.
Dominique Fournier, documentaliste à INRAE Occitanie-Montpellier, se consacre à la valorisation des publications scientifiques. Experte dans l’utilisation des bases de données bibliographiques, ses talents servent la stratégie scientifique et partenariale d’INRAE. Docteure en sciences agronomiques, elle s’est réorientée en 2002 pour devenir documentaliste. Elle est aujourd’hui experte en information scientifique et technique (IST) et sensibilise les chercheurs à l’importance de la science ouverte pour rendre accessibles à tous, gratuitement, les résultats de la recherche.
Professeur Philippe GILLET, président du conseil scientifique d’INRAE – Principal domaine de recherche : géophysique.
Professeur John PORTER, université de Copenhague – Principaux domaines de recherche : changement climatique, services écosystémiques dans les agrosystèmes.
Professeur Van Del Pol VAN DASSELAAR, université AERES – Principaux domaines de recherche : recherche sur le bétail, systèmes durables d’herbe et de fourrage
Professeur Annick MERCENIER – Principaux domaines de recherche : nutrition et santé, écosystème intestinal
Professeur Annapaola RIZZOLI, Fondation Edmund Mach – Principaux domaines de recherche : écologie, épidémiologie, évaluation des risques liés aux maladies zoonotiques émergentes induites par les changements globaux
Professeur Alan MATTHEWS, Trinity College – Principal domaine de recherche : économie agricole
Professeur Teresa FERREIRA, université de Lisbonne – Principaux domaines de recherche : ressources naturelles, écosystèmes d’eau douce
L’Union dans tous ses États – Réinventer le « Deal »
Projet éditorial à l’échelle de toute l’Europe en amont des élections européennes de 2024
Le monde qui a donné naissance au Pacte vert européen n’est plus. Mais penser la suite est devenu une urgence. Or, à l’issue du mandat de la prochaine Commission européenne, nous serons en 2029, soit juste un an avant des échéances cruciales en matière climatique et de développement durable. À ce jour, alors que l’Europe devrait accélérer ses efforts si elle veut atteindre ses objectifs en 2030, des résistances au changement se multiplient et de nombreuses familles politiques appellent à un ralentissement, si ce n’est une pause réglementaire dans la transition écologique. La fracturation grandissante entre les grandes puissances mondiales et la persistance d’un conflit majeur aux portes de l’Europe ont aussi fondamentalement changé la donne.
Dans ce nouveau contexte, peut-on réinventer un deal, tout aussi ambitieux, mais ancré dans les nouvelles réalités du continent ?
Alors que les catastrophes climatiques nous rappellent sans cesse l’urgence d’agir, quels seront les ressorts de l’action dans la nouvelle période qui s’ouvrira en 2024 après les élections européennes ? Quels seront les sujets et les acteurs clés ? Comment surmonter les blocages et résistances dans les États membres et au niveau européen ? Autant de questions auxquelles l’Iddri souhaite répondre grâce à son projet L’Union dans tous ses États – Réinventer le « Deal » (European States of Mind – Reinventing the Deal).
En amont des élections européennes de juin 2024, ce projet éditorial donne la voix à des penseurs européens (politiques, think tanks, académiques) dans près de 15 États membres, sous forme de billets de blog. L’objectif est de nourrir la réflexion des leaders et intellectuels en France et dans toute l’Europe, et des futurs parlementaires européens, sur ce qui structure les débats politiques dans les différents États membres, pour enrichir les débats sur la mise en oeuvre du Pacte vert, ne pas éluder la façon dont s’y articule la transition écologique avec les dimensions sociales et économiques, afin d’en maintenir l’ambition dans les cinq années à venir.
L’industrialisation verte de l’Europe à la croisée des chemins
L’Union dans tous ses États – Réinventer le “Deal”
Le billet de blog de Marcin Korolec constitue le premier article de cette série. Celui qui fut, en Pologne, ministre de l’Environnement au sein du gouvernement de Donald Tusk (2011-2013) plaide en faveur d’une stratégie européenne robuste pour rivaliser avec la Chine et les États-Unis en matière d’industrie verte et espère que ce programme de transformation deviendra une priorité au cours de la Présidence polonaise de l’Union européenne, en 2025.
Juin 2024 marque la fin du mandat du Parlement européen et de la Commission européenne. Il est grand temps non seulement de dresser un bilan des activités réalisées par les institutions européennes durant les cinq dernières années, mais aussi, et en premier lieu, de planifier et préparer l’agenda de leur prochain mandat.
Pour concrétiser la vision de l’Europe en matière d’industrie verte, il nous faut prendre une décision cruciale : allons-nous créer notre propre version, une version verte, de la loi « Buy American » (« Achetez américain ») ou allons-nous continuer à laisser les entreprises chinoises et américaines dominer le marché européen au risque de mettre en péril l’avenir du modèle social européen ?
Incontestablement, la vision concernant la neutralité climatique de l’Europe et l’adoption du paquet législatif définissant la politique climatique européenne jusqu’à 2030, nommé « Fit-for-55 » dans le jargon de Bruxelles, resteront pendant longtemps parmi les plus importants symboles du premier mandat d’Ursula von der Leyen.
Le 11 décembre 2019, annonçant la décision du Collège des Commissaires d’adopter l’objectif de neutralité climatique, la Présidente de la Commission a affirmé : « Notre but est de réconcilier l’économie avec notre planète, de réconcilier notre manière de produire, notre manière de consommer avec notre planète et de faire en sorte que cela fonctionne pour nos citoyens. Le Pacte vert européen consiste d’une part à réduire les émissions, mais d’autre part à créer des emplois et à stimuler l’innovation ».
Il convient de préciser que l’Union européenne a abordé la concrétisation de la vision en matière de neutralité climatique à sa propre manière. Cette réalisation de l’objectif politique menée « à l’européenne » tient avant tout à la création d’un système législatif pour l’atteindre.
Le paquet législatif engageant l’Union européenne sur la voie d’une réduction des émissions de l’ordre de 55 % d’ici 2030, un prélude aux prochaines itérations du chemin emprunté par l’Europe pour atteindre la neutralité climatique d’ici 2050, a sans nul doute été l’un des plus vastes que l’Union européenne ait adopté au cours de son histoire. Le « Fit-for-55 » consiste en six nouveaux textes législatifs et 13 amendements connexes à la législation européenne existante en matière de climat et d’énergie.
Mais cela a fonctionné. Nous disposons d’un système juridique qui nous permettra d’atteindre une réduction des émissions de l’ordre de 55 % d’ici 2030. Certaines des dispositions ayant été introduites, telles que l’interdiction de la vente des voitures thermiques à partir du 1er janvier 2035, vont au-delà de l’horizon 2030, mais le paquet « Fit-for-55 » n’est qu’un marchepied pour permettre à l’Europe d’atteindre la neutralité climatique d’ici 2050.
À présent, nous entamons l’étape suivante, et peut-être plus difficile, celle consistant à mettre ces décisions en application. Et elle nécessitera de changer foncièrement la façon dont nous habitons, éclairons et chauffons nos habitations et lieux de travail ainsi que celle dont nous produisons, transportons nos marchandises ou voyageons.
Cette vision de la neutralité climatique implique un scénario dans lequel notre secteur énergétique, nos transports, nos systèmes de chauffage des bâtiments et nos processus industriels devront se passer de l’utilisation des combustibles fossiles. Les sceptiques se lamentent du fait que cela ne fonctionnera pas et que l’Union européenne ne fera que projeter sur nous un tsunami de coûts. Des questions sont soulevées quant aux coûts sociaux et à une « transition juste », quant à une « exclusion en matière de transports ». Il s’agit là d’interrogations parfaitement légitimes. Et nous devons y apporter les bonnes réponses dès que possible.
Mais nous pouvons considérer la transition verte avec un regard d’économiste et conclure que le Pacte vert européen dans son ensemble n’est rien de plus que la création d’un espace pour l’élaboration de nouvelles activités économiques dans le futur, et qu’il constitue un instrument potentiel pour l’essor industriel des années à venir. Et aujourd’hui, nous devrions nous demander si nous voulons que ces activités supplémentaires, qui seront associées au développement de la technologie verte et à sa diffusion industrielle, restent en Europe. Après tout, les bus et voitures électriques, les systèmes de stockage d’énergie, les pompes à chaleur ou les panneaux photovoltaïques devront bien être produits quelque part.
Voulons-nous réellement de ces activités futures en Europe ? Après tout, la Présidente de la Commission l’a affirmé, « le Pacte vert européen est notre nouvelle stratégie de croissance ».
En présentant le paquet réglementaire associé au Pacte vert européen, ses auteurs sont partis du principe que, en premier lieu, un cadre réglementaire devrait être mis au point et que notre industrie s’y adapterait. Après tout, celle-ci s’est toujours adaptée et la « main invisible du marché » garantira aux consommateurs d’obtenir les meilleurs produits et services au meilleur prix. À ceci près que dans une ère de concurrence très intense, générée en particulier par la Chine et les États-Unis, il s’agit là d’une hypothèse, entraînant le déplacement d’industries entières en dehors du marché européen.
Jamais auparavant, nous n’avons pris, en si peu de temps, de décisions structurelles si fondamentales, que ce soit concernant l’avenir de nos sociétés ou notre économie européenne. Mais également, jamais auparavant, la concurrence entre les ensembles économiques majeurs n’a été si féroce. Par conséquent, voulons-nous garder ces nouvelles activités en Europe, ou leur permettrons-nous de financer la croissance économique et de nouveaux emplois en Chine et aux États-Unis ?
Nous ne devrions pas laisser se répéter l’histoire du développement de l’industrie des panneaux photovoltaïques. Ce n’est pas ailleurs mais bien en Europe, en Allemagne dans les faits, dans les années 1990, que les premiers panneaux photovoltaïques ont commencé à être installés. C’est la politique allemande et le premier paquet climat européen, en 2007, qui ont créé un immense marché pour l’énergie solaire en Europe. Mais en raison de subventions publiques massives, toutes les industries de fabrication de panneaux photovoltaïques ont quitté l’Europe et l’Amérique pour la Chine. Par conséquent, on peut dire que grâce aux règlementations européennes visant à développer des sources d’énergie zéro-carbone et grâce à l’argent dépensé par les consommateurs européens, nous avons créé des centaines de milliers d’emplois en Chine et généré des centaines de milliards de recettes pour l’économie de l’Empire du Milieu. Mais en définitive, le subventionnement par la Chine de technologies nouvelles, et plus particulièrement vertes, se produit aujourd’hui à une bien plus grand échelle qu’autrefois.
Aux États-Unis, apporter une réponse aux pratiques commerciales déloyales de la Chine a été l’une des raisons pour lesquelles l’Administration Biden a présenté l’été dernier un paquet réglementaire baptisé Inflation Reduction Act (IRA).
Durant toute la durée de la présidence de Donald Trump, les États-Unis ont été à la traîne de l’Europe en matière de lutte contre le changement climatique, mais en adoptant l’Inflation Reduction Act, ils ont fait les choses de la bonne façon. Plutôt que de jouer avec le pénible processus consistant à faire adopter des mesures législatives détaillées contraignant les entreprises à agir pour protéger le climat, ils sont arrivés à la conclusion qu’au lieu d’user de la « méthode du bâton », il était préférable d’avoir recours à celle de « la carotte », et ont lancé un système d’incitation de plusieurs milliards de dollars pour faire se diffuser les technologies vertes.
Au moment de signer, le 16 août 2022, l’Inflation Reduction Act, le Président Joe Biden a indiqué :
« L’Inflation Reduction Act investit 369 milliards pour mener l’action la plus agressive de l’histoire (…) visant à s’attaquer à la crise climatique et à renforcer notre sécurité économique et énergétique. Il permettra aux ménages actifs de réaliser des milliers de dollars d’économies, en fournissant des rabais sur l’achat d’appareils neufs et performants, des améliorations pour leurs logements, des crédits d’impôt pour l’achat de pompes à chaleur et d’installations solaires pour les toits, de cuisinières, fours et autres sèche-linge. Il propose aux consommateurs un crédit d’impôt pour l’achat de véhicules électriques ou à pile à combustible, neufs ou d’occasion. Il leur accorde également un crédit – un crédit d’impôt pouvant atteindre 7 500 USD si les véhicules ont été fabriqués en Amérique. Les entreprises automobiles américaines, tout comme la main d’œuvre américaine, engagent leur richesse et leur talent – des milliards de dollars d’investissement – pour produire véhicules électriques, batteries et stations de recharge électriques à travers l’Amérique, des produits fabriqués en Amérique. Tout sera fabriqué en Amérique. Cette nouvelle loi fournit également des crédits d’impôt qui créeront des dizaines de milliers d’emplois bien payés et des emplois dans la production d’énergie propre, des usines de panneaux photovoltaïques dans le Midwest et dans le Sud, des parcs éoliens dans les plaines et au large de nos côtes, des projets en lien avec l’hydrogène propre et plus – partout en Amérique, dans chaque partie de l’Amérique. Cette proposition de loi est le plus grand pas en avant réalisé en matière de climat – le plus grand de toute l’histoire – et il nous permettra de (…) franchir résolument des étapes supplémentaires pour atteindre tous mes objectifs climatiques – ceux que nous avons définis à nos débuts. Ceci inclut de nous assurer que nous créons des opportunités en matière d’énergie propre pour les communautés qui se trouvent en première ligne et celles qui subissent des effets néfastes et qui ont été étouffées – étouffées par un legs en matière de pollution et qui se battent contre les injustices environnementales qui ont cours depuis si longtemps. »
Le discours du Président Joe Biden cité ci-dessus contient toute la logique de l’IRA. Il promet près de 370 milliards de dollars en soutien aux technologies spécifiques dont la diffusion réduira les émissions de gaz à effet de serre. Toutefois, la condition à remplir pour bénéficier du soutien du gouvernement américain est que la production de voitures électriques, pompes à chaleur, etc., ait lieu en Amérique. L’Administration américaine s’est assurée du fait que les activités additionnelles et les emplois modernes résultant du développement de nouvelles technologies vertes resteraient sur le sol des États-Unis. Cette disposition visait directement la Chine en raison des considérables aides publiques mises à disposition en faveur des technologies vertes par ce pays.
L’IRA, par sa simplicité, fonctionne en ce sens que l’entrepreneur a droit à une subvention gouvernementale, dont le montant dépend directement du niveau de réduction des gaz à effet de serre occasionné par les voitures électriques, pompes à chaleur ou autres technologies vertes qu’il produit. En créant un dispositif à la fois généreux et simple de fonctionnement, les Américains ont mis au point le système le plus propice au monde pour ce qui est de la mise en place et du développement d’une industrie bas-carbone.
Avec l’entrée en vigueur de l’IRA, l’Amérique est devenue une fois encore la terre promise pour toutes les entreprises les plus innovantes du monde entier, y compris de l’Europe. En outre, la mise en place de l’Inflation Reduction Act a efficacement stoppé l’essor des exportations des technologies bas-carbone chinoises vers les États-Unis. Échouant à trouver un marché pour leurs produits, les entreprises chinoises ont opéré un changement de cap et commencé à partir à la conquête du marché européen de manière encore plus agressive.
Dans un premier temps, l’adoption de l’Inflation Reduction Act aux États-Unis est restée pratiquement inaperçue en Europe. Ce n’est qu’à l’automne 2022 que des voix se sont fait entendre au sein des cercles européens de prise de décision quant à la nécessité de formuler une riposte européenne appropriée.
Après plusieurs mois de discussion, la Commission européenne a présenté, le 16 mars 2023, une proposition de règlement, le Net Zero Industry Act, en guise de réponse européenne à l’IRA. En termes plus simples, la Commission a proposé que les États membres assouplissent les règles en matière d’aide publique, introduisent des procédures simplifiées en matière de processus de prise de décisions relatives à l’environnement, pour des investissements destinés à la protection du climat, en particulier les investissements dans l’éolien, et allouent des milliards d’euros non utilisés dans d’autres programmes européens.
En dépit de l’accueil globalement favorable exprimé par certains commentateurs européens, le Net Zero Industry Act est loin d’être suffisant pour retenir et attirer en Europe les meilleurs innovateurs en matière de technologies vertes. Il ne constituera pas un obstacle à l’essor des exportations de voitures électriques chinoises vers l’Europe, ni ne créera une base suffisante pour assoir la domination des technologies européennes dans le monde, en particulier face à la concurrence des technologies américaines et chinoises, qui se développent comme si elles étaient sous stéroïdes.
L’investissement européen imaginé pour soutenir le Net Zero Industry Act – quelques milliards d’euros de fonds non utilisés ailleurs – paraît bien modeste face aux 369 milliards annoncés par l’Administration Biden et au système de subventions opaque mais généreux adopté par le gouvernement chinois.
L’assouplissement des règles en matière d’aide publique n’est certainement pas un bon substitut à un investissement européen commun. Non seulement l’ampleur des ressources franco-allemandes cumulées n’est pas assez conséquente pour créer un contrepoids à la force de frappe financière des États-Unis ou de la Chine, mais une Europe pratiquant l’assouplissement des règles en matière d’aide publique est une Europe souscrivant au slogan « Sauve qui peut ! ». Il s’agit là de la négation même de l’idée de l’Europe de Jean Monnet, Robert Schumann, Konrad Adenauer ou Alcide De Gasperi.
Que peut offrir un tel accord aux gouvernements de pays dont les caisses publiques ne permettent pas de consacrer les moindres fonds à l’aide de leurs propres entrepreneurs ? Qu’en est-il des entrepreneurs d’Italie, de Bulgarie ou de Pologne, qui sont susceptibles de faire prochainement l’objet de la procédure de déficit excessif ?
Pire encore, libéraliser les procédures d’approbation en matière environnementale au nom de la protection du climat ne représente pas une voie à suivre crédible à un moment où l’Europe échoue à concrétiser nombre de ses objectifs environnementaux, ceux concernant les gaz à effet de serre n’en étant qu’un exemple.
Par conséquent, quelle devrait-être notre riposte européenne ? Sommes-nous capables, de façon simultanée, de protéger le climat en promouvant les produits issus de l’industrie verte et faire en sorte que l’Europe soit l’endroit où nous développons des industries vertes et protégeons les emplois européens ?
J’ai la conviction que nous pouvons relever le défi de la concurrence exercée à la fois par les États-Unis et par la Chine. La condition pour y parvenir, toutefois, est d’adopter un mode de pensée véritablement européen. La condition est de mettre au point notre réaction commune, sa dimension financière ne devant pas être moins ambitieuse que celle proposée par l’Inflation Reduction Act américain. Nous devrions utiliser l’expérience que nous avons acquise en mettant en œuvre le bras financier de la lutte contre la crise économique causée par la pandémie de Covid-19, le NextGenerationEU. À l’époque, nous avons été en mesure de définir l’échelle des mesures nécessaires et de prendre les décisions requises en l’espace de quelques mois à peine.
J’espère que le Président de la nouvelle Commission européenne proposera un NextGenerationEU 2.0 à l’Europe, au nombre de ses premières actions. Cette fois-ci dans le but d’empêcher que l’économie européenne ne soit submergée par des exportations subventionnées de technologies vertes américaines ou chinoises. Ce NextGenerationEU 2.0 consisterait en l’émission d’une dette européenne commune, qui serait à la base de la création d’un fonds capable de financer le développement de la production en Europe de technologies vertes, en particulier voitures, bus électriques, pompes à chaleur ou panneaux photovoltaïques.
Ce nouveau soutien apporté à l’industrie européenne devrait être structuré de sorte à être aussi simple que possible pour les entrepreneurs. Dépourvu de critères discrétionnaires, il devrait fonctionner de façon automatique. Ajoutons que ceci ne se révèlera pas possible sans enfreindre le tabou opérant en Europe et autoriser des aides publiques non seulement dans un but d’investissement mais également à des fins opérationnelles. Fondée sur le principe que le fonds nouvellement créé serait destiné à mettre au point de nouvelles industries vertes, à protéger les emplois et à lutter contre le changement climatique, la condition à remplir pour recevoir l’aide serait d’investir dans les capacités de production et de créer en Europe des emplois dans des industries spécifiques. En copiant les solutions de nos partenaires américains, créons un programme « Achetez vert et européen ».
Nous disposons encore d’un peu de temps pour débattre de l’ampleur et du modus operandi de ce fonds, de la répartition des ressources entre les États membres et du type de technologies auxquelles nous aimerions apporter notre soutien. Mais si nous ne faisons rien, alors nous atteindrons nos objectifs climatiques en achetant des voitures électriques, des pompes à chaleur ou des panneaux photovoltaïques américains ou chinois.
Le Pacte vert européen ne devrait pas devenir une forme d’escroquerie : ne créons pas de faux dilemme entre la protection des emplois européens et le modèle social européen qui en dépend, et la protection du climat. Si nous nous enfermons nous-mêmes dans cette approche, nous pourrions nous retrouver confrontés à des questions bien plus graves et essentielles concernant le modèle social européen, la démocratie en Europe ou, au bout du compte, le futur de l’Union européenne telle que nous la connaissons.
Espérons qu’au lieu de cela, la création d’un tel programme de transformation verte deviendra l’une des priorité de la Présidence polonaise de l’Union européenne, au premier semestre 2025.
Cette COP 28 au pays de l’or noir a déjà fait couler beaucoup d’encre avant même son ouverture officielle aujourd’hui. Alors que la presse a révélé que les Emirats Arabes Unis (EAU) avaient préparé des réunions commerciales pétrolières pendant le sommet, il est tentant d’être pessimiste. De là à y voir la chronique d’un échec annoncé ? Pour Luis Riviera-Vélez (Sciences Po), ces négociations tiennent de plus en plus du spectacle, tandis que les vraies tractations, elles, sont ailleurs. Mais le verre de cette COP n’est-il qu’à moitié vide ? L’ancien diplomate turc Ibrahim Ozdemir, professeur à l’Université Clark, rappelle que le Sultan al-Jaber, président de la COP28 et de la société pétrolière nationale Adnoc, a aussi fondé Masdar, le plus grand opérateur d’énergies renouvelables en Afrique. À cet égard, les pays en développement qui dépendent de la rente pétrolière tout comme les EAU pourraient être sensibles à son leadership.
A la veille de la COP 28, Sparknews, un pionnier du journalisme de solutions, mobilise à nouveau la presse quotidienne régionale pour publier un supplément éditorial, « En Quête de Demain », dédié à l’eau. Distribué le 29 novembre dans tous les kiosques de France et réalisé en coordination avec 50 rédactions de la PQR, ce numéro spécial fait la part belle aux mesures concrètes et inspirantes menées par des particuliers, des collectivités, des associations, … pour repenser nos usages de l’eau et préserver cette précieuse ressource.
Envol Vert est partenaire avec la série documentaire “Les Gardiens de la Forêt” diffusée par Arte. L’association qui agit pour la protection de la forêt et de la biodiversité, questionnera, lors d’un bistrot-débat, l’impact des ONG sur la déforestation dans le monde. Elle animera également le SuperBosquet. Un stand qui aide à revoir les habitudes de consommation afin de limiter notre impact sur les forêts. Envol Vert à la Gaîté Lyrique
LES ONG FACE À LA DÉFORESTATION : QUELS LEVIERS D’ACTIONS ?
À l’occasion de la diffusion le 9 décembre du documentaire Les Gardiens de la Forêt sur Arte, Envol Vert participe et prend la parole dans le cadre d’une série de rendez-vous pour repenser collectivement notre rapport au vivant. Le 2 décembre, le rendez-vous aura lieu à la Gaîté Lyrique, à Paris.
Le débat mené par Envol Vert se construira autour d’actions menées par les ONG face à la déforestation. Un format bistrot-débat enrichissant avec la participation des associations FAIRe un monde équitable et Notre Affaire à Tous, ainsi que du public pour permettre un partage d’expériences sur le terrain et mettre en lumière des initiatives de lutte.
L’occasion de parler des ravages de l’agro-industrie dont souffre les gardiens de la forêt : dans le but de permettre la sauvegarde des poumons de notre planète, Benki, représentant autochtone des peuples Ashaninka Brésilien, lutte activement contre l’élevage et la culture de soja.
LE SUPERBOSQUET : NOS CHOIX DE CONSOMMATION FACE À LA DÉFORESTATION
Envol Vert sera également présente de 15h à 19h pour présenter son animation : À travers plus de 100 produits, comme la pâte à tartiner, les œufs ou encore le café, le SuperBosquet invite les participants à faire leurs courses en fonction de leurs habitudes de consommation. Une fois le “passage en caisse” réalisé, les produits sont classés et présentés en fonction de leur impact sur la déforestation pour leur production. Une activité pédagogique et participative qui permet à tous de comprendre et appréhender la notion de déforestation importée.
L’agriculture étant à l’origine de 90% de la déforestation dans le monde, c’est donc principalement dans notre assiette qu’il est possible d’agir.
Cette activité sera appuyée par un jeu de plateau développé par l’association partenaire FAIRe un monde équitable afin de rendre plus clairs les différents labels retrouvés en magasin.
À PROPOS D’ENVOL VERT
envol_vertArtboard-1svg-1.svgEnvol Vert lutte depuis 2011 pour la préservation de la Forêt et de la Biodiversité en Colombie, en France et au Pérou. Dès 2013, l’association a développé une méthodologie qui permet de mesurer l’impact de notre consommation sur la déforestation tant au niveau individuel que d’un pays, une entreprise ou une collectivité. Concrètement, l’outil Empreinte Forêt mesure la surface de forêt nécessaire pour subvenir à nos modes de vie et nos consommations.
Une association pour la préservation de la forêt et de la biodiversité
Envol Vert est une association de protection de la forêt et de développement rural. Depuis 2011 nous luttons pour la préservation de la forêt et de la biodiversité en Amérique Latine (principalement Colombie et Pérou) et en France, tout en créant des liens forts avec les populations locales pour favoriser leurs initiatives de préservation, participer à un développement rural soutenable et développer des alternatives économiques à la déforestation. Envol Vert est également fortement impliquée dans l’éveil des consciences à travers la sensibilisation et des campagnes de plaidoyer.
Viande bovine : Une enquête sur le greenwashing des supermarchés colombiens
C’est dans le but de reconnecter durablement l’homme avec son environnement qu’Envol Vert s’est créé. Dans le but de faire prendre conscience de la richesse de cette forêt et de ce qu’elle nous offre, sans quoi nous n’existerions pas.
Envol Vert ou autrement dit en espagnol (Envolver) s’impliquer. Voilà ce qui nous paraît essentiel face à l’ampleur de la tâche à accomplir pour la préservation de l’environnement.
Envol Vert est quasi exclusivement constitué de bénévoles, dans une volonté de consacrer son budget aux interventions locales, et de participer à l’émergence d’une nouvelle forme d’engagement des citoyens.
« La forêt nous rend des services, rendons-le lui ! »
La Fondation Jean-Jaurès et la Banque européenne d’investissement publient la deuxième édition de leur enquête sur les opinions publiques internationales face au défi climatique à l’occasion de la COP 28. Deux tiers de la population française estiment que la transition écologique ne peut s’opérer que si l’on règle en parallèle la question des inégalités. Voici quelques-uns des résultats les plus notables de cette enquête annuelle menée en août et septembre 2023.
Le WWF publie un guide qui identifie les conditions de durabilité de la gestion des biodéchets afin de déployer au mieux tout leur potentiel. Son objectif est d’accompagner les collectivités dans la généralisation du tri à la source des biodéchets qui sera effective dès le 1er janvier 2024, et de les orienter vers des projets de valorisation qui s’inscrivent dans des économies circulaires locales avec des impacts climatiques, environnementaux et sociétaux positifs.
Le développement de ces filières de valorisation représente de forts enjeux, en termes de création d’emplois locaux, de production d’énergie renouvelable et d’agriculture durable. Ce document est le fruit de travaux menés pendant plusieurs mois lors d’un cycle d’ateliers organisés par le WWF France et GRDF.
Un travail collaboratif
WWF France, en collaboration avec GRDF, a réuni les acteurs représentatifs des filières de gestion des biodéchets1 afin de définir avec eux les conditions et les moyens permettant de faire émerger au sein de ces dernières des pratiques vertueuses. Ces échanges ont permis de mettre en lumière plusieurs recommandations favorisant le développement de boucles d’économie circulaires locales. Le livret rapporte de manière synthétique les conclusions émanant de ces travaux.
Trois conditions de durabilité
La Loi Anti-Gaspillage et Économie Circulaire (AGEC) de 2020, généralise l’obligation du tri à la source des biodéchets dès le 1er janvier 2024. Cela va permettre de limiter les quantités de déchets incinérés ou enfouis, en leur offrant de nouvelles voies de valorisation – agronomique et/ou énergétique.
Trois conditions ont été identifiées pour garantir le développement de projets de valorisation présentant des impacts climatiques, économiques et sociaux positifs :
• concevoir des projets à l’échelle territoriale en les intégrant dans une économie circulaire locale,
• assurer une bonne qualité sanitaire et agronomique des matières organiques qui retournent à la terre,
• mobiliser l’ensemble des acteurs de la chaîne de valeur pendant toute la durée des projets.
Le rapport propose également plusieurs recommandations faites aux collectivités pour se lancer dans ce type de démarche, de la prévention contre le gaspillage jusqu’au déploiement d’un système de tarification incitatif.
Plusieurs itinéraires pour les biodéchets triés
Bonnes pratiques pour réduire ses déchets : la règle des 5R, de Zéro Waste France
Une fois les déchets triés, plusieurs possibilités s’offrent aux collectivités : la collecte séparée en porte à porte ou au niveau de point d’apport volontaire, ou bien la gestion de proximité via le compostage domestique individuel ou partagé. Ces solutions complémentaires coexistent le plus souvent sur un même territoire. Pour les déchets collectés, deux types de transformation prédominent : le compostage centralisé et la méthanisation. La pertinence du déploiement de l’une ou l’autre est à étudier au cas par cas en tenant compte, entre autres, des infrastructures existantes et des débouchés disponibles pour garantir le retour au sol de la matière organique, qui reste la priorité de la démarche de gestion des biodéchets. Compost comme digestats le permettent avec des propriétés et donc des finalités différentes mais seule la méthanisation permet une valorisation énergétique par la production de biogaz. In fine, la durabilité de ces filières ne réside pas dans le choix des solutions techniques mais bien dans la mobilisation de l’ensemble des acteurs impliqués autour de projets adaptés à chaque territoire.
Guide « Gestion durable des biodéchets : déployer au mieux tout le potentiel des biodéchets de vos territoires »
Le WWF est l’une des toutes premières organisations indépendantes de protection de l’environnement dans le monde. Avec un réseau actif dans plus de 100 pays et fort du soutien de près de 6 millions de membres, le WWF œuvre pour mettre un frein à la dégradation de l’environnement naturel de la planète et construire un avenir où les humains vivent en harmonie avec la nature, en conservant la diversité biologique mondiale, en assurant une utilisation soutenable des ressources naturelles renouvelables, et en faisant la promotion de la réduction de la pollution et du gaspillage.
Depuis 1973, le WWF France agit au quotidien afin d’offrir aux générations futures une planète vivante. Avec ses bénévoles et le soutien de ses 220 000 donateurs, le WWF France mène des actions concrètes pour sauvegarder les milieux naturels et leurs espèces, assurer la promotion de modes de vie durables, former les décideurs, accompagner les entreprises dans la réduction de leur empreinte écologique, et éduquer les jeunes publics. Mais pour que le changement soit acceptable, il ne peut passer que par le respect de chacune et de chacun. C’est la raison pour laquelle la philosophie du WWF est fondée sur le dialogue et l’action.
http://projets.wwf.fr
A propos de GRDF
Principal gestionnaire de réseau de distribution de gaz en France, GRDF distribue, chaque jour, le gaz à plus de 11 millions de clients pour se chauffer, cuisiner, se déplacer, quel que soit leur fournisseur. Pour cela, conformément à ses missions de service public, GRDF conçoit, construit, exploite, entretient le plus grand réseau de distribution d’Europe (205 809 km) dans plus de 9 500 communes, en garantissant la sécurité des personnes et des biens et la qualité de la distribution.
Le gaz est une énergie moderne, disponible, économique, de plus en plus respectueuse de l’environnement. Avec l’essor du gaz vert, un gaz renouvelable produit localement, le réseau gaz est un maillon essentiel à la transition écologique. GRDF s’inscrit comme un partenaire incontournable auprès des collectivités territoriales pour les accompagner vers la neutralité carbone au travers de leurs choix de politiques énergétiques et de mobilité durable.
Objectif Zéro Artificialisation Nette des solsFrance Stratégie publie deux notes d’analyse consacrées à l’objectif Zéro artificialisation nette des sols (ZAN) : « L’artificialisation des sols : un phénomène difficile à maîtriser » et « Objectif ZAN : quelles stratégies régionales ? ».Chaque année en France métropolitaine, plus de 20 000 hectares sont artificialisés. La loi Climat et résilience fixe un objectif ambitieux, le « zéro artificialisation nette » (ZAN) en 2050, avec, pour y parvenir, un seuil intermédiaire de réduction de 50% de ce rythme d’ici 2031. Où artificialise-t-on ? Et pourquoi ?Principaux effets environnementaux de l’artificialisation des sols
Une analyse originale de la consommation des sols
France Stratégie met en perspective le rôle de l’habitat, principal facteur de l’artificialisation des sols. Entre 2011-2021, 63% de la consommation d’espaces est liée à la construction de logements. Sur les 20 dernières années, l’artificialisation s’est effectuée à plus de 80% sur des terres agricoles.
A consommation foncière équivalente par logement neuf, la baisse de la croissance démographique devrait toutefois permettre de réduire la consommation d’espace pour l’habitat de l’ordre de 17% entre 2021 et 2031 par rapport à la décennie précédente.
L’artificialisation des sols : un phénomène difficile à maîtriser
L’artificialisation des sols : un phénomène difficile à maîtriserConclusion :
Pour atteindre le ZAN en 2050, objectif fixé par la loi Climat et Résilience, plusieurs faits saillants doivent être pris en considération. D’une part, l’effort doit être collectif, le niveau de consommation d’espaces au niveau national étant encore bien trop élevé : tous les territoires, indépendamment de leurs caractéristiques, devront réduire fortement leur rythme de consommation d’espaces.
D’autre part, la différenciation de l’effort semble être une méthode adaptée au vu de l’hétérogénéité des dynamiques territoriales en matière de consommation d’espaces, y compris à degré d’urbanité donné, de la variété des facteurs poussant à l’artificialisation et de l’inégale répartition dans l’espace des « ressources » foncières potentiellement mobilisables.
Compte tenu de ces éléments, la première étape de cette différenciation, à la charge des régions, pourrait se révéler particulièrement délicate. La seconde note s’attache à en décrire l’encadrement juridique, les choix à réaliser en termes de politiques publiques et les orientations prises à date par les régions.
Une consommation d’espaces très hétérogène sur le territoire national
En croisant plusieurs dimensions, les autrices analysent la forte hétérogénéité de l’artificialisation sur le territoire national. Si celle-ci s’explique pour partie par la croissance des ménages et de l’emploi, elle-même fortement liée au degré d’urbanité des territoires, ces variables seules ne sauraient expliquer la dynamique d’artificialisation des sols.
L’attractivité touristique, la présence de zones frontalières dynamiques, la localisation par rapport à des axes de communication structurants, les formes urbaines historiques ou bien encore les choix politiques passés en matière de développement, sont également des facteurs d’artificialisation.
D’une part, cette hétérogénéité peut justifier une différenciation infrarégionale dans l’allocation des enveloppes d’artificialisation. D’autre part, elle montre qu’il existe une marge d’amélioration dans toutes les catégories de communes, qui pourrait contribuer à une part substantielle de l’effort global nécessaire. À titre d’illustration, si les communes moins sobres avaient artificialisé avec une efficacité médiane (ou n’avaient pas artificialisé pour celles ayant perdu des ménages ou de l’emploi), l’artificialisation aurait été réduite de 26 % sur la décennie passée.
Objectif ZAN : quelles stratégies régionales ?
Objectif ZAN : quelles stratégies régionales ?Conclusion
À la date du 1er juillet 2023, avant les évolutions législatives de l’été, quelques régions s’étaient engagées a minima dans la territorialisation de l’objectif, mais la plupart ont imprimé leur marque en faisant des choix engageants qui correspondent à leurs objectifs politiques, et ont accepté d’assumer les responsabilités nouvelles qui leur ont été données par la loi Climat et Résilience. Elles ont dû composer avec des dynamiques territoriales et des ressources foncières mobilisables hétérogènes au sein de leur territoire.
La plupart des régions ont cherché un compromis entre la prolongation des tendances passées, une représentation des futurs acceptables ou souhaitables, et une forme d’équilibre territorial. Elles ont trouvé des solutions variées, spécifiques, qui se concrétisent dans une large palette de critères de territorialisation et de leur pondération. Elles proposent en général des objectifs chiffrés différenciés : les écarts entre les taux de réduction de la consommation d’espace que les régions proposent d’appliquer aux territoires infrarégionaux peuvent varier de plus ou moins 10 points, autour de – 50 %. Toutefois, à vouloir répondre aux nombreuses injonctions, qu’elles soient régionales, suprarégionales ou infrarégionales, il peut en résulter une profusion de critères, sous-critères et pondérations, ce qui rend parfois peu lisibles le processus de territorialisation et les choix en matière de politiques publiques.
La plupart des régions se sont essentiellement fondées sur les tendances passées. Les conditions de l’exercice n’ont pas permis, de fait, de mener à bien des exercices de prospective qui pourraient inclure de véritables scénarios « de rupture ».
Un bilan et un comparatif des réflexions menées dans les territoires
Afin de documenter le sujet au plus près des enjeux locaux, les autrices proposent un bilan des réflexions en cours au sein des régions pour fixer des objectifs au niveau territorial (à la date de juin 2023). Ce travail résulte d’échanges entre les régions et les équipes de France Stratégie et montre que toutes ont procédé à de premiers arbitrages sur la maille de territorialisation, l’identification de grands projets d’envergure nationale ou régionale, et sur la définition des critères permettant de différencier les taux de réduction d’artificialisation.
La plupart des régions ont cherché un compromis entre la prolongation des tendances passées, une représentation des futurs acceptables ou souhaitables, et une forme d’équilibre territorial. Les écarts de taux de réduction entre territoires infrarégionaux peuvent être significatifs, jusqu’à plus de 10 points autour de la moyenne. Ces premières orientations devront cependant être actualisées afin d’intégrer les évolutions législatives de l’été 2023, en particulier la surface minimale garantie à chaque commune et le forfait pour les projets d’envergure nationale.
France Stratégie : évaluer, anticiper, débattre, proposer.
La Stratégie nationale pour la biodiversité 2030 est une déclinaison française de l’accord international adopté à Montréal par la COP15. Elle indique le chemin à parcourir pour atteindre les ambitions d’ici à 2050 portées par le cadre mondial de la biodiversité. Elle fixe les objectifs pour la décennie à venir afin de réduire les pressions sur la biodiversité, protéger et restaurer les écosystèmes et susciter des changements en profondeur pour inverser la trajectoire du déclin de la biodiversité. Elle est une réponse collective pour faire face à l’urgence écologique et préserver la biodiversité en France.
Vous souhaitez mesurer votre impact carbone et réduire vos émissions de gaz à effet de serre ? Vous souhaitez mettre en place un plan d’économie d’énergie, de matière ou d’eau ? Vous avez un projet de rénovation énergétique de vos bâtiments ? Quels sont les interlocuteurs dans toute la France ou localement pouvant vous accompagner selon votre projet et de votre secteur d’activité ? Qui peut vous apporter des aides financières ? Entreprendre.Service-Public.fr vous présente les informations à connaître pour répondre à toutes ces questions et entreprendre la transition écologique et énergétique de votre entreprise.
Enquête de la Fondation Jean-Jaurès et de la BEI réalisée par BVA France
La Fondation Jean-Jaurès et la Banque européenne d’investissement publient la deuxième édition de leur enquête sur les opinions publiques internationales face au défi climatique à l’occasion de la COP 28. Cette année, un focus a été mis sur l’opinion publique de 13 pays d’Amérique latine et des Caraïbes (Argentine, Brésil, Chili, Colombie, Costa Rica, Équateur, Mexique, Panama, Paraguay, Pérou, République domicaine, Salvador, Uruguay). Si la violence et la pauvreté dominent dans les préoccupations citoyennes, le changement climatique et la dégradation de l’environnement deviennent un enjeu majeur. En effet, les populations déclarent ressentir d’ores et déjà les effets du changement climatique dans leur quotidien.
Malgré des disparités entre les pays, l’environnement constitue bien un enjeu majeur pour les habitants du sous-continent. Touchés par les répercussions du changement climatique, ils attendent des mesures fortes de la part de leurs gouvernements et considèrent que des politiques volontaristes en faveur du climat seraient source de développement et de croissance économique. Une prise de conscience écologique se fait ainsi de plus en plus jour.
Le crime et la violence constituent le principal défi auquel doivent faire face les pays de notre étude, selon leurs habitants. Citée par près des deux tiers des répondants (64 %), la lutte contre la violence est l’enjeu qui domine au niveau de la région, suivi par la pauvreté et les inégalités économiques (49 %). Le Salvador, le Panama et le Paraguay sont les seuls pays à accorder une plus forte importance aux problématiques de chômage, alors que cet enjeu socio-économique arrive au troisième rang des préoccupations au niveau global (40 %).
Le changement climatique et la dégradation de l’environnement sont considérés comme un défi majeur par près de quatre répondants sur dix (39 %), dans les pays latino-américains et des Caraïbes. Il n’y a que dans trois pays du sud du continent que ces problématiques ne sont citées que par un tiers des répondants ou moins, et ne figurent pas parmi les cinq premières préoccupations des habitants : l’Argentine (24 %), le Paraguay (25 %) et le Chili (34 %).
Pour la très grande majorité des habitants de la région, le changement climatique résulte des activités humaines (76 %), telles que la combustion de pétrole, de gaz et de charbon. On ne compte que 5% de climatosceptiques au niveau régional, mais avec des représentations plus marquées au Brésil (7 %) et en Argentine (9 %). Les habitants des régions rurales se montrent également plus sceptiques quant au changement climatique : 12 % d’entre eux ne croient pas en son existence. Enfin, la part de négationnistes tend à diminuer avec l’âge : ils représentent 6 % des 50 ans et plus, mais seulement 4 % des 15-29 ans.
Les effets du changement climatique se font sentir de manière de plus en plus prégnante en Amérique latine et dans les Caraïbes et les dommages économiques que cela entraîne menacent d’accroître la pauvreté et les migrations de population dans la région. Les populations semblent majoritairement avoir pris conscience de l’urgence d’agir et se disent volontaires, prêtes à changer de comportement car elles considèrent que leurs actions individuelles ont un impact et peuvent contribuer à relever ce défi. Elles attendent également, de la part de leurs gouvernements, des engagements forts et des politiques plus strictes en matière environnementale.
D’un point de vue politique, bien que les pays latino- américains restent relativement disparates quant à leur implication dans la transition écologique, une prise de conscience écologique semble se dessiner. En ce mois d’août 2023, au Sommet de l’Amazonie, les pays sud-américains d’Amazonie réunis à Belém, au Brésil, ont décidé de former une alliance contre la déforestation, appelant à la nécessité d’« une action urgente afin d’éviter le point de non-retour ». Le président brésilien Lula et l’Amérique latine de façon plus générale souhaitent désormais peser davantage sur le débat mondial en matière de changement climatique. Fort de la promesse de Lula de faire de la préservation de l’environnement une priorité pour son pays, le Brésil accueillera ainsi en 2024 la COP30, à Belém, au cœur de l’Amazonie. À l’instar du Costa Rica, qui est le premier pays à avoir inscrit dans sa Constitution le « droit à un environnement sain et écologiquement équilibré », les pays d’Amérique latine et des Caraïbes sauront-ils insuffler un état d’esprit progressiste pour protéger l’incroyable biodiversité du continent et permettre à leur population de vivre dans des conditions durables ?
L’étude
Alors que les phénomènes climatiques extrêmes se multiplient dans les pays d’Amérique latine et des Caraïbes, comment les citoyens du sous-continent perçoivent-ils la dégradation de l’environnement et ses enjeux ? Après des analyses en 2022 des situations française, européenne dans une comparaison internationale et africaine, un volet de l’enquête internationale de la Banque européenne d’investissementet de la Fondation Jean-Jaurès réalisée par BVA se focalise sur treize pays d’Amérique latine. Ses résultats sont interprétés par des experts latino-américains.climat-amerique-latine.pdf
La 4ème édition des Assises nationales du commerce équitable a rassemblé 250 entreprises, labels, paysan.nes, distributeurs, associations, chercheurs, décideurs publics et militant·es engagé·es ! De ce temps de décryptage et de dialogue ont émergé 4 leviers de transformation pour construire les filières de demain :
Mettre en place une TVA différenciée pour les produits équitables et durables ;
Créer une taxe équitable aux frontières de l’UE pour lutter contre la pauvreté importée ;
Soutenir les filières agroécologiques et équitables grâce à la commande publique ;
Inventer de nouveaux modèles économiques qui découplent création de valeur et consommation de masse, et accepter de déconstruire les modèles dominants.
Des leviers qui pourraient trouver toute leur place dans la planification écologique de plusieurs secteurs économiques clés et en particulier dans la future stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (SNANC).
Dans un contexte où l’Union Européenne et le gouvernement français tâtonnent pour identifier les leviers de transformation de l’économie et de l’alimentation, les filières de commerce équitable sont des laboratoires d’innovation sociale et environnementale particulièrement inspirants pour construire les filières de demain !
Expert·es et décideurs politiques tels que François Collart-Dutilleul (Académie d’agriculture), Sophie Dubuisson-Quellier (Science Po et CNRS), Audrey Pulvar (Adjointe à la mairie de Paris), Valérie Hayer (députée européenne), Dominique Potier (député), ou encore Matthieu Brun (Fondation FARM) ont réfléchi et débattu avec les participant·es pour analyser les freins et identifier les leviers d’accompagnement de la transformation des modes de production et de consommation.
Comment essaimer les innovations sociales et environnementales d’aujourd’hui pour devenir la norme de l’économie de demain ?
250 entreprises, labels, paysan·nes, distributeurs, associations, chercheurs, décideurs publics et militant·es réunis pour imaginer les filières de demain !
8 champions ont été récompensés par les premiers Trophées de la transition “commerce équitable et agroécologie”. Ces trophées récompensent les plus belles démarches de transition développées grâce au commerce équitable dans les filières agro-alimentaires. Ils illustrent ainsi le rôle d’accélérateur de transition agroécologique du commerce équitable et les bénéfices socio-environnementaux dont il est porteur.
En France comme en Afrique de l’Ouest, l’accès à des marchés stables et rémunérateurs, garantis par le commerce équitable, permet à des collectifs de producteurs et productrices de développer des innovations sociales et environnementales pour répondre aux enjeux du changement climatique. Alors que ce dernier exacerbe l’instabilité des prix comme des rendements et fragilise toujours plus les agriculteurs, le commerce équitable, basé sur la coopération entre les acteurs des filières, crée un environnement économique sécurisant et propice à l’innovation et à la transition.
Résultats : nos 8 lauréats décarbonent leurs modes de production, préservent les forêts tout en générant des revenus, luttent contre la déforestation, et investissent dans la régénération de la fertilité des sols et la préservation de la biodiversité, etc.
Catégorie Biodiversité :
Coopérative ECAM, en route vers la conversion bio, Côte d’Ivoire, production de cacao
Union de coopératives Agribio Union, Sols préservés et biodiversité renouvelée : AgriBio Union accompagne les céréaliers bio du Sud Ouest
L’Organisation mondiale du tourisme (OMT), en collaboration avec NOAH Regen, continue de faire avancer les efforts pour repenser le financement du tourisme en lançant le mécanisme ‘UN Net Zero Facility’ et l’écosystème ‘Re-PLANET Capital Fund’. Le lancement est intervenu le 14 novembre 2023 à l’Office des Nations Unies à Genève. C’est un tournant dans la campagne engagée mondialement pour lutter contre les changements climatiques suite à l’adoption de l’Accord de Paris par 196 parties.
Une nouvelle ère de gouvernance dans la finance
Le dispositif ‘UN NetZero Facility’ et l’écosystème ‘Re-PLANET Capital Fund’ marquent l’entrée dans une nouvelle ère pour la gouvernance de la finance mondiale. Cette initiative porteuse de transformation vise à débloquer la valeur carbone, en intégrant les concepts comme celui du carbone bleu et les modèles d’économie circulaire. L’écosystème doit être un catalyseur de changement positif dans les secteurs de l’économie bleue et de l’économie verte, en faisant de la régénération non seulement un impératif écologique, mais aussi un effort lucratif.
La boussole qui oriente notre action, c’est la transformation du tourisme pour en faire une activité sobre en carbone ; fixons-nous comme but d’arriver à zéro émission nette d’ici 2050 et que notre progression soit placée sous le signe de la prospérité et de la santé de notre planète.
Les principales caractéristiques du cadre sont :
Un écosystème de financement mixte : approche reposant sur la collaboration et qui consiste à regrouper diverses sources de financement, posant des bases solides pour affronter les défis pressants liés au climat
Technologie des chaînes de blocs : recours à la technologie des chaînes de blocs, économe en énergie, pour assurer la transparence de la mobilisation et du transfert de fonds, grâce à un suivi en temps réel et des comptes rendus
Transparence et principe de responsabilité : engagement à des niveaux sans précédent de transparence, de reddition de comptes et d’auditabilité, assurant la traçabilité des fonds depuis le début et jusqu’à l’exécution.
La Déclaration de Glasgow sur l’action climatique dans le tourisme dépasse les 500 signataires
L’annonce du lancement
La Directrice générale de l’Office des Nations Unies à Genève (ONUG), Tatiana Valovaya, a déclaré : « ‘UN NetZero Facility’ a été conçu pour faire écho au Programme 2030, qui montre l’interdépendance entre le bien-être de l’humanité et la santé de la planète. »
Le Secrétaire général de l’OMT, Zurab Pololikashvili, a expliqué : « La boussole qui oriente notre action, c’est la transformation du tourisme pour en faire une activité sobre en carbone ; fixons-nous comme but d’arriver à zéro émission nette d’ici 2050 et que notre progression soit placée sous le signe de la prospérité et de la santé de notre planète. »
Frédéric Degret, le PDG de Noah, a ajouté : « Nous sommes à un tournant. ‘Re’planet Capital Fund’, en conformité avec l’article 9 du Règlement SFDR, n’est pas seulement un fonds : c’est un catalyseur de changement, pour que les investisseurs contribuent à une croissance durable. »
Un modèle de financement mixte
Le fonds d’affectation spéciale pluripartenaires de l’OMT, à l’intérieur du système des Nations Unies, offrira des services de conseil et des dons en vue d’accélérer les progrès accomplis à l’échelle mondiale pour parvenir à zéro émission nette de carbone. ‘UN NetZero Facility’ s’appuiera sur un modèle de financement mixte et mobilisera des investissements à l’appui de la transition vers une économie consciente de l’enjeu climatique.
Le mécanisme ‘UN NetZero Facility’ et l’écosystème ‘Re-PLANET Capital Fund’ traiteront certaines des questions climatiques à plus forte intensité de capital, telles que la qualité et l’intégrité des crédits carbone, la dynamique réglementaire et du marché, et la monétisation des crédits carbone et fondés sur la nature souverains.
NOAH Regen : L’océan est notre plus grand allié contre le changement climatique. Et la nécessité de construire une économie bleue régénérative n’a jamais été aussi urgente. Mais le manque de financement efficace pour le climat et la traçabilité de l’impact freine les nations océaniques – dont beaucoup sont de petits îlots – d’investir dans leurs transitions écologiques. C’est pourquoi NOAH construit les cadres de financement innovants et les outils numériques nécessaires pour développer efficacement et équitablement la régénération des océans.
En déplacement dans le Jura, le Président de la République accompagné de deux ministres, Christophe Béchu et Marc Fesneau, est venu insister sur son objectif de planter un milliard d’arbres. Un objectif symbolique qui soulève quatre problèmes majeurs. Décryptage par l’association Canopée.
L’action des ONG humanitaires ne se limite pas à porter des sacs de riz comme on a pu le voir dans les années 80. Leur action est désormais transversale, et la reforestation de zones défavorisées poursuit plusieurs objectifs : agir contre le réchauffement climatique tout en fournissant aux communautés locales un moyen de subsistance. Surtout en Afrique. Mais pour certaines ONG, les difficultés de levées de fonds peuvent mettre en péril leurs opérations.
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