En 2023, le Comité National Trait de Côte (CNTC) a engagé des réflexions visant à améliorer les moyens d’action pour l’adaptation des territoires littoraux aux effets du changement climatique. Une mission interministérielle est chargée de proposer un modèle de financement pour accompagner l’adaptation des territoires littoraux soumis au recul du trait de côte. Dans ce cadre, et sous l’égide du Ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires (MTECT), le Cerema a réalisé une série d’études pour mieux appréhender le recul du trait de côte d’ici la fin du siècle à l’échelle de l’hexagone et des DROM.
Bâtiment ayant un mur de soutènement « protégeant » le bâti (Source de l’image : Google Maps)
Quelques semaines avant de présenter le Plan d’adaptation au changement climatique, Christophe Béchu, ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, rappelle les enjeux majeurs de l’adaptation de nos territoires littoraux face aux effets conjugués du recul du trait de côte et de l’élévation du niveau de la mer liée au changement climatique.
Aujourd’hui les scénarios, données et cartes dont nous disposons grâce au Cerema sont révélateurs d’une nécessaire anticipation. Une réflexion doit être menée pour mesurer et organiser dès à présent la solidarité nationale afin d’anticiper collectivement les effets potentiellement déstabilisant du changement climatique sur nos littoraux. C’est le sens des travaux, que mène le Conseil national du trait de côte, qui viendront alimenter le projet de troisième Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC 3).
Selon le Cerema, à l’échelle de l’hexagone ainsi que des départements et régions d’Outre-mer :
En 2028, un millier de bâtiments seraient concernés par le recul du trait de côte, principalement des bâtiments résidentiels (300) et commerciaux (190). Ceux qui peuvent être estimés ont une valeur vénale d’environ 235 M€. A cette échéance, le Cerema a recensé les bâtiments situés à proximité immédiate du trait de côte et potentiellement exposés à un « recul évènementiel » : recul marqué lors de tempêtes, d’éboulements, etc. C’est un scénario probable : s’il ne signifie pas que tous les bâtiments partiront à la mer, ces bâtiments sont proches de zones en recul ou instables.
En 2050, 5 200 logements seraient menacés, dont 2 000 résidences secondaires, pour une valeur vénale estimée à 1,1 Md€. Également à cette échéance, 1 400 locaux d’activité seraient concernés pour une valeur vénale estimée à 120 M€ 2050 constitue un scénario intégrant la poursuite tendancielle du recul du trait de côte et reposant sur le maintien en place et l’entretien de tous les ouvrages de protection du littoral : c’est un scénario objectif et vraisemblable.
En 2100, ce sont 450 000 logements pour une valeur vénale de 86 Md€, 55 000 locaux d’activités pour une valeur vénale de 8 Md€, 10 000 bâtiments publics, 1 800 km de routes et 240 km de voies ferrées qui pourraient être impactés si rien n’est fait. 2100 est un scénario d’inaction (disparition complète des structures de défense côtière et sur l’ennoiement progressif de toutes les zones topographiquement basses du littoral). A cette échéance, le Cerema se base sur une estimation haute du GIEC et retient une hausse possible de 1m du niveau des mers et des Océans. Le phénomène ne cesse d’augmenter depuis le début du 20e siècle et ce phénomène devrait s’accélérer.
Les rapports réalisés par le Cerema permettent de mieux appréhender l’érosion côtière à l’échelle de l’hexagone et des outre-mer (DROM). Pour rappel, l’indicateur national de l’érosion côtière produit par le Cerema indique que près de 20 % des côtes sont actuellement en recul, soit environ 900 km.
Le Cerema est un établissement public relevant du ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, premier établissement à pilotage partagé entre l’État et les collectivités territoriales. Il est présent partout en métropole et dans les Outre-mer grâce à ses 27 implantations et ses 2 500 agents. Détenteur d’une expertise nationale mutualisée, le Cerema accompagne l’État et les collectivités territoriales pour l’adaptation des territoires au changement climatique et contribue à la transition écologique et à la cohésion des territoires par l’élaboration coopérative, le déploiement et l’évaluation de politiques publiques d’aménagement et de transport. Doté d’un fort potentiel d’innovation et de recherche, le Cerema agit dans 6 domaines d’activités et en particulier la Mer et le Littoral. Le Cerema produit notamment la mise à jour de l’indicateur national du retrait du trait de côte et accompagne, avec le BRGM, les collectivités du littoral impliquées dans la réalisation de leur cartographie locale du retrait du trait de côte.
Ce travail a été réalisé pour alimenter les réflexions en cours du Comité national du trait de côte (CNTC) et le rapport IGEDD-IGA paru le 8 mars dernier sur l’enjeu du financement des conséquences du recul du trait de côte.
Les changements globaux obligent nos sociétés à relever de nombreux défis comme la lutte contre le changement climatique, la gestion des risques naturels, la santé, l’approvisionnement en eau ou encore la sécurité alimentaire. Ces défis nous conduisent à imaginer des options innovantes et durables dont les Solutions fondées sur la Nature, qui permettent des changements transformateurs et qui sont devenues une priorité de recherche pour la France. Marc Fesneau, ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, Sylvie Retailleau, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Bruno Bonnell, secrétaire général pour l’investissement en charge de France 2030, Philippe Mauguin, PDG d’INRAE, et Antoine Petit, PDG du CNRS ont lancé officiellement le Programme national de recherche France 2030 sur les Solutions fondées sur la Nature (PEPR SOLU-BIOD) le 5 avril à Lyon.
Ce programme de recherche France 2030 sur les Solutions fondées sur la Nature (PEPR SOLU-BIOD) est ouvert sur des dispositifs expérimentaux dans les milieux urbains, littoraux et agricoles, en plaine comme en montagne et associe étroitement les acteurs des territoires, comme la métropole de Lyon qui accueille l’évènement de lancement.
Les Solutions fondées sur la Nature sont des approches de protection, restauration ou gestion des écosystèmes ayant des impacts bénéfiques sur l’économie, la société et l’environnement ainsi que sur la biodiversité. Elles peuvent ainsi compléter les solutions d’ingénierie technologique, voire s’y substituer, et ce dans tous les types de milieux.
Piloté par INRAE et le CNRS, le programme « Solutions fondées sur la Nature » est financé à hauteur de 44,2 M€ pour une durée de 9 ans (2023-2032) par le plan d’investissement France 2030 porté par le secrétariat général pour l’investissement et opéré pour le compte de l’État par l’ANR. Lancé sous l’égide des ministères de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, et du secrétariat d’État à la biodiversité, il a pour ambition de fédérer et structurer une communauté de scientifiques et d’experts pour tester et développer des innovations basées sur la nature. Au-delà d’INRAE et du CNRS, ce programme implique de nombreux acteurs académiques (Ifremer, IRD, MNHN, université Aix-Marseille, université Claude Bernard Lyon 1, université Grenoble-Alpes, université de Montpellier et université Paris-Sorbonne), des partenaires publics et privés, au niveau national comme au niveau des territoires.
Living Lab : une démarche interdisciplinaire
Ce programme souhaite favoriser le développement d’une recherche innovante et ambitieuse sur les Solutions fondées sur la Nature, en s’appuyant sur des démarches interdisciplinaires. L’ambition est de concevoir et mettre en œuvre des approches plus systémiques en intégrant les dimensions biologiques, économiques et sociales de ces solutions. De manière complémentaire, et afin de favoriser la mise en œuvre d’actions transformatrices, il y a un enjeu fort à développer l’accès à l’information sur les SfN et à contruire les parcours de formation et d’éducation sur ces solutions.
Seront abordées en priorité les Solutions fondées sur la Nature :
basées sur les réseaux d’aires protégées,
dans les mosaïques de milieux agricoles et naturels,
en milieu urbain,
en milieu côtier.
Les Solutions fondées sur la Nature
Le programme lancera à l’automne 2024 un premier appel à projets de recherche collaboratifs ainsi que des actions ciblées pour Solutions fondées sur la Nature d’équipements innovants pour la recherche, des formations supérieures et professionnelles dédiées aux SfN et la mise en place d’un réseau destiné à faciliter l’accès à l’expertise sur ces solutions dans les territoires.
Parmi ses actions ciblées, ce programme met en place un réseau de 11 living labs, en métropole et en outre-mer, pour co-construire et étudier des Solutions fondées sur la Nature dans des situations contrastées. Ces living labs sont des structures de recherche collaboratives qui regroupent des partenaires académiques, des acteurs publics (collectivités, gestionnaires d’aires protégées…), des entreprises, des associations et des citoyens pour co-créer, tester et évaluer des approches, des outils ou des usages nouveaux « grandeur nature » des Solutions fondées sur la Nature.
Tout au long du programme, l’ensemble des données et des connaissances scientifiques et techniques générées par les projets seront rendues accessibles aux communautés intéressées, en cohérence avec les politiques de science ouverte des deux organismes pilotes.
AMWI (hautes îles volcaniques de Polynésie française)
Antharès (ville de Lyon)
Bacchus (territoires viticoles près de Bordeaux)
Gascogne (vallées et coteaux de Gascogne)
LLUNAM (métropole de Montpellier)
Magellan (littoral de Guyane)
Medcoast (littoral méditerranéen)
Paris Île-de-France (ville de Paris et région Île-de-France)
Ponant (ville de Brest et mer d’Iroise)
Dans le cadre de France 2030, l’État consacre 3 milliards d’euros à la recherche à travers des programmes de recherche ambitieux (les PEPR), portés par les institutions de recherche pour consolider le leadership français dans des domaines clés liés ou susceptibles d’être liés à une transformation technologique, économique, sociétale, sanitaire ou environnementale et qui sont considérés comme prioritaires au niveau national ou européen.
Le Nouveau Bauhaus européen (NBE) est une initiative lancée par la Commission européenne pour rendre le Green Deal européen tangible tout en améliorant notre vie quotidienne. Il apporte des solutions durables pour transformer l’environnement bâti et les modes de vie dans le cadre de la transition verte, en associant la durabilité à des designs et conceptions innovants, limitant les émissions de CO2. En même temps, il rend ces solutions inclusives, accessibles et abordables pour tous, tout en respectant la diversité des lieux, des traditions et des cultures, d’Europe et d’ailleurs dans le monde.Le point surses progrès et la préparation de son prochain Festival à Bruxellesdu 9 au 13 Avril.
Depuis son lancement en 2021, le Nouveau Bauhaus européena déjà inspiré une communautéde près de 1.400 membres et démontré son impact à travers de nombreux projets et investissements, poursuivant ses objectifs en Europe et dans le monde. Près de 380 millions d’euros de fonds européens auront été engagés en faveur du Nouveau Bauhaus européen, depuis son lancement jusqu’en mars 2024.
En moins de trois ans, des projets du Nouveau Bauhaus européenont vu le jour danstous les États membres de l’UE mais aussi en Islande, Israël, Monténégro, Macédoine du Nord, Norvège, Serbie, Suisse, Turquie, Ukraine et Royaume-Uni. 90 millions d’euros ont été investis dans 20 projets de démonstration phares, axés sur la rénovation des bâtiments, la circularité, les arts, le patrimoine culturel, l’éducation, les villes intelligentes et la régénération urbaine et rurale.
Décernés chaque année, les Prix du Nouveau Bauhaus européen récompensent des projets exemplaires alignés sur les valeurs du NBE. En quatre éditions (2021-2024), les prix NBE ont reçu près de 5.000 candidatures.
Le Nouveau Bauhaus européen a lancé le NEB Lab et la NEB Academy. La plateforme NEB Lab permet aux membres de la communauté NBE de chercher des partenaires, se réunir et s’auto-organiser afin de proposer et mettre en œuvre des projets et initiatives NBE. La NEB Academy propose des formations de haute qualité, reconnues et accessibles, afin de renforcer les compétences en matière de construction durable et d’accélérer la transformation équitable et écologique du secteur du bâtiment.
Le Nouveau Bauhaus européen est actif pour soutenir la reconstruction durable et inclusive de l’Ukraine. La Commission a lancé en 2023 une série d’ateliers «Nouveau Bauhaus européen» de renforcement des capacités pour la reconstruction de l’Ukraine en partenariat avec des organisations ukrainiennes. Le renforcement des capacités vise à fournir à la fois une inspiration et une aide pratique à plus de 60 municipalités impliquées dans la reconstruction de l’Ukraine selon les valeurs du NBE.
Le Festival du Nouveau Bauhaus européen 2024
Le Festival du Nouveau Bauhaus européen se tiendra à Bruxelles du 9 au 13 avril 2024, au Parc du Cinquantenaire et au Musée d’Art et d’Histoire. Des événements satellites sont prévus dans le monde entier. Outre la célébration de l’art, de la culture et de la musique, le Festival propose des ateliers, expositions et tables rondes de haut niveau. Le programme du Festival est disponible sur la page web du Festival.
Cette année, le Festival accueille également la 4ème édition des Prix du Nouveau Bauhaus européen. 20 projets, concepts et idées alignés sur les valeurs du NBE seront récompensés, pour un total de 390.000 €. L’édition 2024 comprend une reconnaissance spéciale de l’effort de reconstruction et de relèvement de l’Ukraine et met l’accent sur les régions de l’UE confrontées à des contraintes socio-économiques plus intenses, ainsi que sur les endroits ayant le plus besoin d’évoluer vers une économie neutre en carbone.
Les Prix du Nouveau Bauhaus Européen 2024 mettent en valeur des projets durables, inclusifs et esthétiques partout en Europe.
Le “Network Impact Report” publié par EcoVadis pour la quatrième année consécutive, montre une accélération de l’adoption des bonnes pratiques RSE en entreprise, comme l’utilisation croissante des énergies renouvelables, la déclaration des émissions de gaz à effet de serre (GES), la mise en place de programmes d’égalité professionnelle, et plus encore.
Ce rapport explore la manière dont EcoVadis aide les 1200 acheteurs et 130 000 fournisseurs de son réseau à améliorer collectivement les pratiques RSE au sein des chaînes d’approvisionnement et à ainsi générer à grande échelle des impacts positifs sur les populations et la planète.
Ce rapport utilise les données de 47 000 fiches d’évaluation – publiées uniquement en 2023 – pour illustrer les améliorations des performances environnementales et sociales en mettant en lumière les actions concrètes mises en place sur des sujets allant du carbone à la diversité, l’équité et l’inclusion (DEI). Il souligne également le nombre de fournisseurs qui divulguent directement sur la plateforme EcoVadis des indicateurs clés liés à ces efforts.
La COP28 a mis en évidence la nécessité d’une collaboration plus étroite sur des questions clés en matière de développement durable, telles que la décarbonation. Le rapport de cette année montre comment le modèle d’impact EcoVadis permet aux entreprises de collaborer étroitement avec leurs fournisseurs en matière de durabilité afin de renforcer la transparence, d’obtenir des améliorations tangibles et d’étendre la création d’impacts positifs à l’ensemble des chaînes d’approvisionnements au bénéfice des populations et de la planète.
« Les entreprises reconnaissent que malgré les défis constants liés à la chaîne d’approvisionnement, à la macroéconomie et à la réglementation, il est crucial de convertir les engagements en actions immédiates pour assurer la résilience et le succès à long terme”.
Pierre-François Thaler, cofondateur d’EcoVadis.
Le modèle d’impact positif
Le modèle d’impact EcoVadis se compose de trois phases clés qui, ensemble, aident les entreprises à susciter des changements positifs dans leurs chaînes d’approvisionnement ou à améliorer leurs opérations directes. Il déclenche l’effet multiplicateur en cascade qui permet à une seule entreprise d’influencer l’approche et les efforts en matière de développement durable d’un grand nombre d’entreprises dans sa base d’approvisionnement. En fin de compte, cette collaboration entre les entreprises demandeuses et évaluées de notre réseau produit des résultats positifs pour les communautés, les économies et la planète.
Les acheteurs – cherchant à intégrer le développement durable dans leurs décisions – utilisent nos solutions pour cartographier les risques RSE dans leur chaîne d’approvisionnement, évaluer les performances de leurs fournisseurs et les engager vers une amélioration continue.
Les fournisseurs tirent parti des informations fournies par EcoVadis Ratings et des outils de la plateforme, tels que les plans d’action corrective et les modules d’e-learning de l’EcoVadis Academy, pour améliorer le système de gestion RSE, adopter les meilleures pratiques et rendre compte de leurs résultats.
EcoVadis permet aux entreprises de suivre et de communiquer les résultats de ce processus, ce qui aide les entreprises donneuses d’ordre et évaluées à affiner leur approche et à intensifier leurs efforts au bénéfice des populations et de la planète.
“L’intensification des initiatives pour la durabilité au sein de notre réseau illustre comment nos clients vont au-delà des aspects traditionnels de gestion des risques et de conformité pour progresser vers une création d’impacts positifs à grande échelle”.
En 2023, EcoVadis a publié 47 000 fiches d’évaluation, évaluant au total plus de 130 000 entreprises, représentant ainsi plus de 125 millions de travailleurs dans les chaînes d’approvisionnement mondiales. Ce rapport sur l’impact du réseau montre comment les entreprises peuvent améliorer de manière mesurable leur performance en matière de durabilité. Voici quelques-unes des meilleures pratiques adoptées pour la première fois en 2023 :
Carbone :
En 2023, le nombre d’entreprises déclarant leurs émissions de GES a été multiplié par sept (30 394)
18 000 entreprises produisent ou utilisent des énergies renouvelables
6001 entreprises ont formé leurs employés aux enjeux du climat et l’énergie (augmentation de 58 % par rapport à 2022)
Diversité, équité et inclusion :
20 000 entreprises ont adopté des politiques en matière de diversité, d’équité et d’inclusion (augmentation de 36% par rapport à 2022)
Plus de 6 000 entreprises mettent en œuvre des mesures tangibles en matière de DEI (soit une augmentation de près de 50 % depuis 2022)
4052 entreprises ont mis en œuvre des actions pour promouvoir l’équité salariale (augmentation de 40% par rapport à 2022)
EcoVadis index : données RSE anonymisées sur les entreprises évaluées en 2023
Le rapport met également l’accent sur les initiatives sectorielles au sein d’EcoVadis. Une initiative sectorielle est un groupe d’entreprises du même secteur, confrontées à des défis similaires et partageant des valeurs et convictions ESG, prêtes à s’engager dans un programme ambitieux de transformation de leur chaîne de valeur.
5 nouvelles initiatives sectorielles ont été lancées en 2023
Au total 11 initiatives sectorielles couvrant une gamme diversifiée de secteurs – de l’aviation aux soins de santé – utilisent désormais la plateforme et les solutions d’EcoVadis pour partager les données de performance de leurs chaînes de valeurs interconnectées et aborder collectivement les défis de leur secteur en matière de durabilité.
En 2023, 40% de tous les fournisseurs sont désormais couverts par une initiative.
Pour plus d’informations sur la manière dont EcoVadis contribue avec son réseau à la construction d’un avenir plus durable et pour accéder à l’étude de cas d’Astrazeneca sur son programme Achats Responsables, lisez le quatrième rapport annuel de Network Impact Report EcoVadis ci-après :
Le Réseau Action Climat (RAC) sort un kit sur le climat. Un outil de sensibilisation et de formation pour se sensibiliser ou sensibiliser les autres sur les enjeux du changement climatique. Le kit, réalisé par le RAC en partenariat avec l’Ademe, se base sur le dernier rapport du GIEC. Il peut se décliner en 4 versions, courtes ou longues en fonction des publics visés et du temps disponible.
Ce kit, réalisé par le Réseau Action Climat en partenariat avec l’ADEME, est destiné à tous les enseignants, militants, formateurs, médiateurs, bénévoles, professionnels, amateurs… et à toute personne souhaitant sensibiliser des publics aux enjeux du changement climatique. Son contenu, notamment basé sur le dernier rapport du GIEC, convient aussi bien à des participants sans connaissances préalables qu’à des publics plus informés.
Comprendre l’urgence climatique
Il se compose de deux éléments :
Une présentation, sous forme de diaporama au format pdf (disponible en quatre versions), qui contient les informations essentielles ;
Un livret, qui apporte des informations complémentaires aux diapositives ainsi que toutes les sources de la présentation
Connaître les conséquences du changement climatique
État des lieux des émissions de gaz à effet de serre
Agir face au changement climatique
En fonction de vos publics et du temps dont vous disposez, ce kit propose 4 versions de la présentation. Il faut compter environ 45 min à 1h pour la version courte, 1h30 à 2h pour la version longue.
La puissance totale du parc électrique EnR – hydroélectricité, éolien, solaire photovoltaïque et bioénergies confondus – s’élève, fin 2023 à environ 70 GW. Cela représente une hausse d’environ 5 GW sur l’année 2023, les filières « solaire photovoltaïque et éolien terrestre » comptant respectivement pour 3 137 MW et 1 221 MW de nouvelles capacités raccordées. Concernant la filière « éolien en mer », les parcs en cours de construction à Saint Brieuc & Fécamp représenteront à terme 993 MW (dont 360 MW installés en 2023).
Le volume de production renouvelable a représenté 30,9% de la consommation d’électricité de la France continentale au cours de l’année 2023. La production a nettement progressé à 135,6 TWh contre 110,4 TWh en 2022, toutes les filières contribuant à cette hausse de la production du fait du rétablissement des stocks hydrauliques et de l’ajout de nouvelles capacités pour les filières éolienne et solaire.
Solaire photovoltaïque
La puissance du parc solaire s’élève à 19 047 MW au 31 décembre 2023, l’augmentation du parc raccordé en 2023, de 3 137 MW, est en hausse de plus de 300 MW par rapport aux années 2021 et 2022. A fin 2023, la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) visait un parc de 20 100 MW (hors Corse), ce qui représente près de 1 GW d’écart par rapport à l’objectif, soit environ l’équivalent d’un semestre de retard.
Avec 21,6 TWh produits en 2023, en hausse de près de 16,5 % par rapport à 2022, la filière solaire confirme son développement et atteint un taux de couverture de 4,9 % de la consommation électrique annuelle de la France continentale. De juin à août, ce taux dépasse les 8 %.
Le parc éolien terrestre atteint 21 815 MW au 31 décembre 2023. Sur l’année, la croissance s’élève à 1 221 MW, soit une baisse de près de 500 MW après le rebond 2022. A fin 2023, la PPE visait un parc éolien terrestre hors Corse de 24 100 MW, objectif manqué de plus de 2 GW, ce qui correspond à près d’un an et demi de retard.
La filière a produit un volume record de 48,9 TWh sur les douze derniers mois, en hausse de 27,7% par rapport à l’année 2022. Le taux de couverture annuel de la consommation de la France continentale par l’éolien terrestre dépasse ainsi pour la première fois 11 % et s’établit à 11,1 % pour l’année 2023, en hausse de près de 3 points par rapport à 2022 (8,4 %).
Éolien en mer
Le parc éolien en mer fait son apparition dans cette édition du panorama de l’électricité renouvelable. Il atteindra 1 477 MW courant 2024, la puissance à terme des deux parcs en cours de construction à Saint-Brieuc et Fécamp (993 MW à terme) s’ajoutant à celle du parc de Saint-Nazaire. La puissance effectivement installée à fin décembre atteint 840 MW au total. A fin 2023, la PPE visait un parc éolien en mer (hors Corse) de 2 400 MW.
La filière a produit 1,9 TWh sur les douze derniers mois, en forte hausse par rapport à 2022 du fait de la montée en puissance du parc. Le volume de production de l’éolien en mer a représenté 0,4 % de la consommation française sur l’année.
Le parc hydroélectrique est stable avec une puissance installée de 25 684 MW (dont 222 MW en Corse). L’objectif PPE d’un parc hors Corse de 25 700 MW à fin 2023 est atteint à 99,1 %.
La production hydroélectrique renouvelable s’est élevée à 54,8 TWh en 2023, en forte augmentation par rapport à 2022 qui avait connu une forte sécheresse (+23,4 %). Le volume de production d’hydroélectricité renouvelable[1] a représenté 12,5 % de la consommation en France continentale pour l’année 2023.
bioénergies et déchets utilisés pour la production d’électricité qui peuvent être considérés renouvelables (voir note méthodologique)
Bioénergies électriques
La filière des bioénergies électriques (incluant la production à partir de déchets) atteint une puissance installée de 2 207 MW, avec 44 MW de nouvelles capacités.
Sa production renouvelable s’est élevée à 8,4 TWh sur l’année 2023, en baisse de 1,6% par rapport à 2022. La filière couvre ainsi toujours 1,9 % de l’électricité consommée en 2023 en France continentale.
« Le bonheur de tous ». C’est par ces mots et ce noble but que s’achève le préambule de la Déclaration des droits de l’homme. Et pourtant, nous en parlons si peu. Il faut dire qu’on ne sait pas toujours à qui il revient de traiter de ce vaste sujet. Le bonheur, est-ce politique ? économique ? culturel ? Le service Environnement de The Conversation est convaincu que c’est un sujet qu’il nous incombe, nous aussi, de traiter. Car notre bonheur peut dépendre de l’état de la biodiversité qui nous entoure. C’est une des conclusions de l’équipe de chercheurs de l’IRD ayant travaillé à la création d’un indice statistique sur le bonheur à la Réunion, sur le modèle du Bonheur National Brut du Bhoutan.
Mesurer le bonheur pour mieux penser l’avenir : l’initiative du Bonheur Réunionnais Brut
Pour qu’une réalité soit tangible, et pour pouvoir espérer, éventuellement la changer, encore faut-il pouvoir la mesurer. Mais que faire quand les indicateurs disponibles ne vous renseignent pas sur les paramètres que vous voudriez choisir comme moteurs de changements ?
Malgré de nombreuses critiques, le PIB reste, aujourd’hui encore, l’indicateur phare qui permet de jauger un territoire. Pourtant, la croissance économique qu’il indique n’est pas nécessairement synonyme de réduction des inégalités ou du bien-être de la population. Sur le plan environnemental, la quête de croissance économique semble également de plus en plus difficilement compatible avec un respect des limites planétaires.
Dès lors, il paraît nécessaire de ne pas se contenter de ce seul indicateur. Voici l’histoire, encore en cours d’écriture, d’une de ces alternatives, celle de la création de l’indicateur du bonheur réunionnais brut.
La possibilité d’une île moins dépendante ?
Ces dernières années, l’île de la Réunion a été traversée par diverses crises qui ont aggravé le sentiment de défiance envers le pouvoir centralisé en métropole et le monde de la recherche, tout en exacerbant, d’autre part le désir des Réunionnais de voir leur résilience territoriale renforcée, afin de rendre l’île moins dépendante des aléas extérieurs. Les prémisses de la pandémie de Covid-19 ont ainsi été vécues avec une certaine absurdité par les habitants de l’île, confinés au même moment que la France hexagonale, sans pourtant que le virus ait sévèrement touché La Réunion. Avant cela, le mouvement social des gilets jaunes s’était incarné dans ce territoire d’outre-mer avec des revendications particulières, mais aussi de rudes conséquences, des routes bloquées qui ont pu paralyser toute l’île et ses commerces.
Sur les côtes, enfin, cette dernière décennie, ce que l’on a appelé « la crise des requins » a également durablement entaché la confiance des habitants envers les scientifiques et les pouvoirs publics qui pouvaient peiner à expliquer la recrudescence d’attaques de requins et à trouver des solutions à cela jugées convenables pour la population.
Si l’on prend maintenant les indicateurs classiques pour brosser un portrait de l’île de la Réunion, la réalité dressée n’est pas très optimiste. Selon l’Insee, seule une personne en âge de travailler sur deux occupe un emploi, et la moitié des Réunionnais ont un niveau de vie inférieur à 1 380 euros par mois, ce qui place l’île à la quinzième position sur dix-huit dans le classement évaluant la richesse des régions françaises.
Pourtant la vie sur l’île demeure bien chère, avec des prix jusqu’à 37 % plus élevés pour l’alimentation qu’en France hexagonale. Ces derniers mois, la crise du commerce international en mer Rouge, avec les attaques répétées de navires par les miliciens houthis, ont, une nouvelle fois rappelé combien les Réunionnais pouvaient pâtir d’aléas extérieurs.
Mais les Réunionnais, eux, justement qu’ont-ils à dire de tout cela ? C’est notamment pour répondre à cette question, et penser des modèles de développement partant de leurs préoccupations, qu’est né, en 2020, le projet ISOPOLIS, à l’initiative de l’association réunionnaise ISOLIFE, de différents acteurs de la société civile (RISOM, le Réseau d’innovations sociales ouvertes mutualisées), et coordonné par l’IRD en partenariat avec le CNFPT (Centre National de la Fonction Publique Territoriale). Notre ambition commune était alors de créer un nouvel indicateur tourné autour du bonheur, afin d’évaluer les aspirations des sociétés réunionnaises. L’originalité de notre démarche réside entre cette nouvelle alliance entre différents acteurs de la société civile, de la science et de l’action publique.
Pour suivre au plus près les questions environnementales, retrouvez chaque jeudi notre newsletter thématique « Ici la Terre ».
Pour cela, notre inspiration a avant tout été l’indicateur du Bonheur National Brut créé au Bhoutan en 1972. Si, de prime abord, peu de choses semblent rapprocher ce royaume bouddhiste niché sur les contreforts de l’Himalaya, de l’île tropicale de la Réunion, lorsqu’on regarde de plus près, on peut néanmoins trouver quelques points de ressemblance. Une population de taille similaire par exemple, et une même ambition de moins dépendre des pays extérieurs, l’Inde et la Chine pour ce qui concerne le Bhoutan, coincé entre ces deux géants.
Enfin, la Réunion comme le Bhoutan disposent de territoires où les écosystèmes préservés sont encore importants, particularité à laquelle semblent tenir les populations. En 2007, 42 % de la surface de la Réunion ont ainsi été sanctuarisés sous la forme d’un parc national, tandis que la constitution bhoutanaise, elle, impose de conserver au moins 60 % du territoire sous couverture forestière. Les deux pays ayant, de ce fait, une superficie habitable limitée, ces ambitions environnementales, peuvent, pour certains, apparaître comme un frein aux développements de nouvelles activités et à la croissance économique.
le temple de Paro Taktsang, niché à flanc de falaise, dans un paysage de reliefs forestiers typique du Bhoutan. Aaron Santelices/Unsplash, CC BY
Mais le Bhoutan semble avoir décidé de ne plus privilégier celle-ci depuis la création, par son ancien roi Jigme Singye Wanchuck, de l’indicateur du Bonheur National Brut annoncé en 1972 et mis en place à la fin des années 1990. Inspiré par des valeurs spirituelles bouddhistes, le BNB est désormais un indicateur reconnu par l’OCDE et l’ONU et incorporé aux statistiques nationales du pays. Il a également été le moteur de divers projets de grandes ampleurs comme la quête de l’autonomie énergétique, et d’une empreinte carbone négative, et l’instauration d’une partie quotidienne du cursus scolaire des écoliers dédiés à l’éducation environnementale.
Concrètement, le BNB est le résultat de 250 questions posées sur neuf thématiques : le bien-être psychologique, la santé, l’éducation, l’utilisation du temps, la culture, la bonne gouvernance, la vitalité de la communauté, l’écologie et le niveau de vie.
Si nous avons conservé ces critères, nous avons néanmoins tâché de réduire le nombre de questions à 150, et fait en sorte d’adapter le questionnaire au cadre réunionnais, en ôtant par exemple, les interrogations liées au contexte bouddhiste bhoutanais, mais en ajoutant, à l’inverse, des questions sur l’impact de certains fléaux réunionnais, comme les cyclones présents du fait du climat tropical ou les embouteillages, omniprésents du fait de la quasi-absence de transports en commun sur l’île.
L’environnement : une clef du bonheur ?
Le questionnaire une fois établi, nous avons pu le tester auprès de 92 Réunionnais représentatifs de la société de l’île dans son ensemble (genre, âge, localisation géographique, niveau social…) à travers des séries d’entretiens d’une heure trente. Ce premier échantillon étant trop petit pour avoir une analyse quantitative représentative de la Réunion, il s’agissait pour nous avant tout, lors de cette première étape, de tester le questionnaire et d’avoir des éléments d’analyse qualitative.
Voici ce qu’il en est ressorti. Si plus de la moitié des personnes interrogées ont atteint un score de bonheur global supérieur à 66 %, des disparités sont également apparues. Les répondants de plus de 55 ans sont ceux qui présentaient par exemple les scores de bonheur les plus élevés. Le niveau de qualification, lui, semble en revanche ne pas être déterminant du bonheur.
Égalemennt, l’écologie, malgré des scores moyens de satisfaction plutôt faible, fait partie des domaines les plus déterminants, quand le niveau de vie et la gouvernance, eux semblent parmi les domaines les moins impactants pour les citoyens interrogés.
Parmi les impacts de l’environnement sur le bonheur général, nous pouvons par exemple noter que les habitants des régions centrales de l’île demeuraient les plus heureux. Or ces territoires escarpés sont bien plus verdoyants que les côtes, elles sous la pression de l’urbanisation, du fait notamment de l’augmentation de la population générale, qui a doublé ces cinquante dernières années.
Dans une nouvelle étude sur le bonheur que nous avons depuis réalisé auprès des lycéens, nous avons retrouvé cette importance de la biodiversité avec des scores de bonheur plus bas au sein des établissements scolaires où l’on ne trouve pas d’arbres, et donc pas d’ombre.
Les limites de l’exercice et les travaux futurs
Si ce premier test nous a donc permis de faire de l’analyse qualitative, nous tâchons désormais de pouvoir transformer l’indicateur en outil d’analyse quantitative à travers une collaboration IRD-Insee. Notre but serait, ainsi, de pouvoir rejoindre le cahier des charges des statistiques publiques, qui manquent, de leur côté, d’indicateur sur le bonheur et le bien-être.
Nous travaillons pour cela à réduire considérablement notre premier questionnaire à 20 questions, afin de pouvoir multiplier les portées de nos études, et nous sommes également en train de travailler à deux nouvelles études du bonheur réunionnais brut qui porteront sur 2000 Réunionnais pour la première, et sur 3000 lycéens pour la deuxième.
Le bonheur reste une idée neuve en statistique
« Le bonheur est une idée neuve en Europe. » déclarait le révolutionnaire Saint-Just dans une allocution restée célèbre, prononcée en 1794 devant la Convention nationale. Si depuis lors, l’aspiration au bonheur est devenue une revendication plutôt consensuelle, le bonheur, reste cependant encore bien absent du domaine des statistiques.
Notre projet de Bonheur Réunionnais Brut demeure de fait le premier travail scientifique de reproduction du Bonheur National Brut en France. Et si dans d’autres pays comme le Brésil ou la Thaïlande, ou à l’échelle d’une ville comme Seattle, des travaux de chercheurs ont été réalisés pour tenter d’adapter cet indicateur, jamais cela n’a abouti à l’incorporation d’un Bonheur National Brut dans les statistiques officielles de ces deux pays.
Par ailleurs, si les indicateurs existants dans les statistiques publiques françaises sont généralement construits en France métropolitaine, puis adaptés aux outre-mer, notre démarche est la première à viser le contraire en proposant un indice né d’une expérimentation dans un territoire d’outre-mer, qui pourrait ensuite bénéficier à d’autres régions de France.
Mais travailler sur le bonheur n’est pas toujours aisé, en France notamment, où nous avons pu constater que le mot bonheur générait même un certain malaise, du fait notamment d’une certaine confusion entre bonheur et bien-être personnel. Considéré comme purement subjectif, le bonheur et toute étude statistique qui pourrait lui être consacré, ont dès lors tendance à pâtir d’un manque de sérieux.
Pourtant, notre questionnaire, à l’instar de celui du Bhoutan, ne pose pas une seule fois la question « Êtes-vous heureux ? », mais s’échine à proposer une analyse multidimensionnelle reposant sur un ensemble de critères, pour certains subjectifs, comme la santé mentale, pour d’autres objectifs et extérieurs, comme le niveau de vie, l’éducation, l’utilisation du temps. Deux approches qu’il nous semble crucial de coupler pour jauger du bonheur d’un individu. « Le PIB mesure tout, sauf ce qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue », constatait avec humour l’homme politique américain Robert Kennedy. À travers l’indicateur du Bonheur, c’est bien le contraire que nous espérons faire.
Cet article s’inscrit dans le cadre d’un projet associant The Conversation France et l’AFP audio. Il a bénéficié de l’appui financier du Centre européen de journalisme, dans le cadre du programme « Solutions Journalism Accelerator » soutenu par la Fondation Bill et Melinda Gates. L’AFP et The Conversation France ont conservé leur indépendance éditoriale à chaque étape du projet.
Peut-on être trop heureux pour se préoccuper du climat ?
Le bonheur peut être à la fois un moteur et un frein à la préservation de l’environnement. Si les pays au niveau élevé de bien-être social semblent être aussi les plus soucieux du climat, la chercheuse en sciences économiques Abir Khribich (Université Côte d’Azur) rappelle qu’à l’échelle individuelle, la quête d’un bien-être absolu par quelques privilégiés peut entraver la soutenabilité de notre modèle commun.
Chaque année, ChangeNOW organise le plus grand événement des solutions pour la planète. Le sommet rassemble entrepreneurs, investisseurs, leaders du changement, décideurs politiques et participants grand public venus du monde entier dans un format inspirant et porté sur l’action. ChangeNOW a pour mission d’accélérer la transition écologique et sociale par le déploiement d’actions concrètes répondant aux grandes urgences environnementales et sociales.
Édition 2023
1000 solutions et actions concrètes pour la planète
Un ensemble de leaders du changement de classe mondiale
Intervenants 2024 : Un ensemble de leaders du changement de classe mondiale
L’ART POUR LE CHANGEMENT
Un programme de conférence
Les artistes sont des agents de changement inspirants, ils ont la capacité de traduire les émotions et de répandre la beauté et l’envie de changement, mieux que quiconque. Depuis les débuts de ChangeNOW, une place particulière a toujours été réservée aux artistes, aux designers et aux professionnels de l’art et de la culture. Chaque année, une exposition pluridisciplinaire invite les participants à l’événement à réfléchir aux grands défis environnementaux et sociaux du siècle.
Débat des élections européennes sur la transition écologique et sociale
Le premier grand débat démocratique entre les têtes de liste françaises aux Européennes, entièrement consacré aux enjeux de transition écologique et sociale, au sommet ChangeNOW. Cet événement marque une première dans l’histoire des campagnes électorales.
« L’Europe a été au cœur des principales avancées écologiques et sociales des dernières années. C’est pourquoi il nous a paru essentiel d’organiser et d’accueillir à ChangeNOW ce premier grand débat des élections Européennes sur ces questions. ».
Santiago Lefebvre, Président et Fondateur de ChangeNOW
Les images de l’édition 2024 de ChangeNOW
ChangeNOW mène des actions d’influence tout au long de l’année pour accélérer les projets à impact positif qui ont un fort potentiel de changement systémique.
Ce mardi 26 mars, « L’opération Milliard » a été officiellement lancée, avec la présentation d’un plan d’action ambitieux au Musée Social à Paris. Une réponse à l’appel de Bastien Sibille, visant à financer les projets de transition écologique qui prennent en compte les dimensions de justice sociale. Un cri du cœur qui a résonné auprès d’une première mobilisation d’un milliers d’acteurs au Collège des Bernardins à Paris, le 6 juillet 2023.
Le manifeste
La stratégie générale d’acquisition des fonds de l’opération Milliard repose sur plusieurs axes :
Le premier axe est de réunir 5 millions grâce à une Fondation citoyenne, alimentée par 5 à 10 000 citoyen·nes, pour garantir un processus démocratique et un ancrage territorial fort.
Le second, est de mobiliser 300 millions auprès d’acteurs financiers, bancaires ou mutualistes du secteur de l’économie sociale et solidaire, en cohérence avec les thèses d’investissement de l’opération Milliard.
Enfin, l’opération vise à obtenir 680 millions auprès des acteurs publics, principalement pour des investissements ou de la dette.
Le plan d’actions de l’opération Milliard, approuvé le 29 septembre 2023 par ses instances, s’articule autour de trois piliers : relier, renforcer, étendre
UN MOUVEMENT NÉ D’UNE VISION PARTAGÉE
L’opération Milliard intervient dans un contexte de tensions autour des questions de transitions écolo- giques et sociales. Un grand nombre d ’actrices et acteurs de terrain porte des projets de transformation pérennes, sur les plans sociaux et environnementaux. Or ces projets sont sous-financés au regard de ce qu’ils apportent au bien commun de la société et à l’environnement.
De ce déficit de financement découle deux problématiques :
Certains projets de transformation écologique ne peuvent pas attirer les investissements des fonds lucratifs car ils ne sont pas suffisamment rentables financièrement, dépendant ainsi des subventions publiques ou privées, qui ont considérablement diminué.. D’autres projets de transformation écologique requièrent des financements auprès des fonds d’investis- sement et des banques, mais ne sont pas suffisamment soutenus en raison de leur faible rentabilité ainsi que de leur gouvernance démocratique, empêchant ainsi les fonds de prendre le contrôle sur les projets.
L’ambition qui unit tous les acteurs de l’opération Milliard est claire : façonner un nouveau paradigme social et économique visant à réduire les inégalités et à sauvegarder les écosystèmes. Les investissements à la fois profitables et éthiques sont possibles et sont portés au quotidien par des milliers d’acteurs et d’actrices. La France et ses territoires regorgent de milliers d’initiatives innovantes, telles que la création de tiers-lieux, le déploiement de solutions de mobilité durable, la conversion à l’agriculture biologique, et les initiatives coopératives. Ces exemples illustrent non seulement le potentiel pour un changement positif mais servent également de fondement aux convictions du collectif.
STRATÉGIE ET AMBITIONS : LES GRANDES LIGNES DE L’OPÉRATION MILLIARD
A l’occasion du lancement de l’opération Milliard, un événement est organisé au Musée social de Paris en présence des membres et alliés du mouvement afin d’annoncer le plan d’actions de l’association, ses objectifs et sa gouvernance.
La stratégie générale d’acquisition des fonds de l’opération Milliard repose sur plusieurs axes :
Le premier axe est de réunir 5 millions grâce à une Fondation citoyenne, alimentée par 5 à 10 000 citoyen·nes, pour garantir un processus démocratique et un ancrage territorial fort. Le second, est de mobiliser 300 millions auprès d’acteurs financiers, bancaires ou mutualistes du secteur de l’économie sociale et solidaire, en cohérence avec les thèses d’investissement de l’opération Milliard.
Enfin, l’opération vise à obtenir 680 millions auprès des acteurs publics, principalement pour des investissements ou de la dette.
Le plan d’actions de l’opération Milliard, approuvé le 29 septembre 2023 par ses instances, s’articule autour de trois piliers : relier, renforcer, étendre.
RELIER
Création d’un récit commun de la transition écologique juste Articulation des réseaux et organisations existantes Développer et entretenir une confiance entre membres et alliés en partageant un réseau de lieux et un média commun
RENFORCER
Identifier les besoins de financement des organisations agissant pour la transition écologique juste
Mieux connaître les besoins et attentes des épargnants, financeurs et autres organisations vis-à-vis d’une transition écologique juste
Création d’un Fonds ad-hoc, avec une gouvernance démocratique des fonds levés
ÉTENDRE
Déploiement de l’organisation à travers la mise en place de structures territoriales Mise en place d’une gouvernance adaptée
L’opération Milliard prévoit de faire monter en compétences 10 000 actrices et acteurs sur les enjeux de financement de ces actions, grâce à une alliance solide et à une formation continue sur les meilleures pratiques.
UNE GOUVERNANCE NOUVELLE POUR UN FUTUR DURABLE
Le collectif a choisi une gouvernance associative démocratique, qui est actuellement en cours d’élabora- tion, alignée sur les pratiques vertueuses des associations établies par la loi de 1901. En ce qui concerne la gestion des fonds, l’ambition est de sélectionner les projets financés en collaboration avec des gouver- nances territoriales, citoyennes et démocratiques.
Bastien Sibille a lancé en 2023 le fonds pour la transition écologique et sociale. Crédits : Bastien Sibille.
« NOUS RÉSISTONS » : UN LIVRE DE BASTIEN SIBILLE AVEC CLAUDE ALPHANDÉRY
Bastien Sibille, Co-fondateur de Mobicoop et de l’alliance des Licoornes et Claude Alphandéry, ancien résistant, président d’honneur de France Active, du Labo de l’ESS et du Conseil national de l’insertion par l’activité économique, ont co-écrit ce livre dans le cadre du lancement de l’opération Milliard.
Ces deux personnalités marquantes de l’économie sociale et solidaire unissent leurs voix, en appelant à résister aux marchés qui détruisent le vivant et réclament la création d’un fonds doté d’un milliard d’euros pour une transition écologique juste.
L’opération Milliard est une force d’action civile qui a pour but de mener une transition écologique juste de l’économie en faisant évoluer les pratiques de financement afin de les mettre au service de modèles économiques compatibles avec la résorption des crises écologiques et sociales. www.operation-milliard.org
L’Institut Mines-Télécom avec le soutien de la Fondation Mines-Télécom, publie son 14e Cahier de veille technologique qui apporte un éclairage prospectif sur l’énergie. Face aux défis environnementaux actuels, le secteur de l’énergie doit entamer sa transition vers un avenir décarboné. Le Cahier de veille explore les perspectives d’une transition énergétique complexe mais vitale sous différents angles, les modes futurs de production, l’adaptation des réseaux, les modifications prévues des usages, la prise en charge des coûts collectifs. Enseignants-chercheurs, enseignantes-chercheuses et professionnels ont participé à l’élaboration de ce Cahier de veille dans une approche pluridisciplinaire en mettant en perspective innovations, recherche et pratiques à mettre en place.
À la croisée des problématiques environnementales, sociales, et géopolitiques, l’énergie rassemble des enjeux critiques. Si en France, elle a longtemps été perçue comme un bien abondant, la conjonction entre des crises internationales d’approvisionnements, un parc nucléaire vieillissant et une insuffisante diversification des sources a fait prendre récemment conscience au grand public de sa rareté. Or, de par son caractère hautement technologique et ses implications économiques et environnementales, la filière énergétique impose des choix délicats qui s’inscrivent dans le temps long.
UN MONDE EN ÉTAT D’ÉBRIÉTÉ ÉNERGÉTIQUE
Dans un contexte de transition écologique impérative pour faire face au changement climatique et à la finitude des ressources quelles qu’elles soient, quels seront alors les modes de production et leur mix ? Comment faudra-t-il adapter les réseaux ? Comment les usages en seront modifiés ? Quels coûts collectifs sont pris en charge par la puissance publique ?
Ce 14e Cahier de veille présente les travaux en cours au sein des laboratoires des écoles de l’Institut Mines-Télécom et des partenaires de l’Institut et de la Fondation Mines-Télécom pour préparer l’avenir de l’énergie. Un sujet qui touche aussi bien les professionnels de la filière, que les consommateurs finaux.
Au sommaire
I. Comprendre l’énergie
– Un monde en état d’ébriété énergétique
II. Les énergies de l’avenir
– Des déchets débordant d’énergie
– Vers une société hydrogène ?
– Solaire : énergie phare de la transition énergétique
– Une petite donnée pour l’énergie, un pas de géant pour la société
IV. Nouveaux usages et nouveau paradigme
– L’énergie d’avenir est celle que nous ne consommons pas
– À quoi ressemblera le mix électrique de demain ?
– L’urgence environnementale d’un renouveau énergétique
VERS UNE SOCIÉTÉ HYDROGÈNE ?
A propos de la Fondation Mines-Télécom
La Fondation Mines-Télécom, fondation reconnue d’utilité publique, soutient le développement de IMT et de ses huit écoles dans leurs missions de formation, de recherche et d’innovation. Elle rassemble plus de 90 entreprises mécènes et 4 200 donatrices et donateurs particuliers qui s’engagent à soutenir des projets concrets à forts impacts technologiques, industriels et sociétaux, autour du numérique, de l’énergie et de l’Industrie du futur ainsi que des actions de solidarité en faveur des étudiants. La Fondation Mines-Télécom finance ainsi, grâce au soutien des entreprises dont les partenaires fondateurs (BNP Paribas et Orange) et des alumni et parents d’élèves, une dizaine de programmes dans les domaines de la formation (bourses, programme d’open-innovation pour les élèves, MOOC), de la recherche (thèses, prix d’excellence, Académie franco-allemande et chaires d’enseignement-recherche), de l’innovation (prêts d’honneur aux start-up et soutien à l’incubation) et de la prospective (Cahiers de veille) ainsi que des actions en faveur du développement des écoles de l’IMT (bourses, ouverture sociale, équipements de pointe, aide à la mobilité internationale).
SOLAIRE : ÉNERGIE PHARE DE LA TRANSITION ÉNERGÉTIQUE
À propos de l’Institut Mines-Télécom
L’Institut Mines-Télécom est le 1er groupe public de Grandes Écoles d’ingénieurs et de management de France placé sous la tutelle du ministère de l’Économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique. Établissement public d’enseignement supérieur et de recherche, il est constitué de huit Grandes Écoles publiques : IMT Atlantique, IMT Mines Albi, IMT Mines Alès, IMT Nord Europe, Institut Mines-Télécom Business School, Mines Saint-Étienne, Télécom Paris et Télécom SudParis, et de 2 écoles filiales : EURECOM et InSIC. Il anime et développe un riche écosystème d’écoles partenaires, de partenaires économiques, académiques et institutionnels, acteurs de la formation, de la recherche et du développement économique.
Créées pour répondre aux besoins de développement économique et industriel de la France depuis le 19e siècle, les Grandes Écoles de l’Institut Mines-Télécom ont accompagné toutes les révolutions industrielles et des communications. Par la recherche et la formation d’ingénieures, d’ingénieurs, de managers, et de docteures et docteurs, l’Institut Mines-Télécom répond aux grands défis industriels, numériques, énergétiques et écologiques en France, en Europe et dans le monde.
Aujourd’hui l’Institut Mines-Télécom, fort de ses 10 écoles, imagine et construit un monde qui concilie sciences, technologies et développement économique avec le respect de la planète et des femmes et des hommes qui l’habitent. Il est doublement labellisé Carnot et forme chaque année plus de 13 600 élèves.
World Impact Summit 2024 s’est tenu les 7 et 8 mars à Bordeaux pour les professionnels engagés dans la transition écologique de leur entreprise. Deux jours pour découvrir des solutions concrètes et innovantes pour réussir la transformation environnementale de l’entreprise. Ce salon international a pour but de trouver des réponses adaptées aux besoins spécifiques de chaque entreprise :
Plus de 250 solutions concrètes pour une transition écologique efficace.
30 heures de contenu exclusif (conférences, ateliers et échanges avec des experts)
World Impact Summit 2024 | Aftermovie
Thème du World Impact Summit 2024 : l’engagement des femmes en faveur de la transition écologique
Elles sont les plus vulnérables face au changement climatique et ce sont aussi elles qui s’engagent pour diriger le changement. C’est face à ces constats, et afin de redonner aux femmes leur juste place dans les débats, que l’édition 2024 du World Impact Summit a choisit pour thème l’engagement des femmes dans la transition écologique.
Le festival Empow’Her “Agir pour un monde féministe”
Avez-vous déjà vu un monde véritablement équitable et durable ? Un monde où tous les individus ont leur place. Où chacun·e, quel que soit son âge, son genre ou ses origines, a le pouvoir de choisir sa vie. Un monde où l’on respecte autant les êtres vivants que la planète. Ce monde existe ! Il est vivant dans le regard de tous·tes celles et ceux qui luttent contre toutes les formes d’oppressions et de discriminations. Il est visible à qui ose observer notre société avec un regard critique et entrevoir de nouvelles perspectives. Ce monde plus équitable et plus durable, c’est un monde féministe… Et il vous donne rendez-vous lors de la 4ème édition du festival Empow’Her les 19, 20 et 21 avril au CENTQUATRE-PARIS. Trois jours de découvertes, de débats et de fêtes pour construire ensemble un monde féministe et égalitaire. Imaginer les choses autrement c’est le début du changement Parce que nous œuvrons tous les jours pour l’autonomisation des femmes à travers le monde, notre festival s’engage pour rendre visible la place des femmes et celle des minorités dans notre société et faire entendre leurs voix. Cet événement est placé sous le signe de l’engagement, du collectif et de la joie. Parce qu’éduquer le regard à voir et reconnaître ce qui nous opprime, décrypter les mécanismes de domination et de discrimination présents dans tous les domaines de notre vie, qu’elle soit publique et privée, c’est déjà le début du changement. Ensemble on va plus loin Nous sommes de plus en plus nombreux·ses à rêver, à croire et à voir que les choses peuvent changer ! À travers une programmation définie avec un comité de programmation collaboratif, cette édition 2024 rassemble tous·tes celles et ceux qui aspirent à plus d’équité et agissent contre toutes les formes d’op- pressions. Au total, plus de 40 conférences et ateliers réuniront artistes, penseur·ses et grand public au- tour des enjeux féministes de notre société : santé, sexualité, culture, politique, sport, média, économie et écologie. Un grand mouvement féministe, festif et collectif est à l’œuvre ! C’est en célébrant toutes les initiatives et en créant des espaces de rencontres et de partages que nous inspirerons le changement ! L’équipe Empow’Her
De quelle manière aborde-t-on l’impact positif au WIS ?
“Avoir un impact positif” : beaucoup en parlent, certains l’incarnent, mais peu sont capables d’en donner une définition claire. Avoir un impact positif : oui, mais pourquoi, de quelles manières et comment le mesurer ? Voilà une question importante pour le World Impact Summit qui valorise les solutions à impact positif, celles qui contribuent à la transition écologique de notre économie. Parce qu’il ne suffit pas de s’auto-proclamer ‘solution à impact’ pour avoir un impact positif, cette solution doit s’intégrer dans un contexte, répondre à un besoin et éviter au maximum les effets rebond*.
Partant du postulat que chaque activité humaine engendre forcément un impact sur ses parties prenantes (clients, fournisseurs, investisseurs, collaborateurs…) ou sur la planète, le WIS s’est fixé un objectif pour cet événement : offrir la possibilité à chaque participant de rencontrer les partenaires qui l’aideront à engager ou accélérer sa transformation écologique et réduire son impact.
Une méthodologie basée sur trois phases (comprendre – mesurer – agir) pour permettre à chaque acteur de s’engager dans une démarche à impact.
Comprendre
Comme le dit l’adage, “il faut réfléchir avant d’agir”. Cela vaut également pour la transition que nous devons mener à tous les échelons de notre société et économie.
Ce besoin de comprendre peut être observé à travers plusieurs prismes.
Comprendre les impacts de nos propres activités sur l’environnement : afin de pouvoir prendre des mesures adaptées. Ces impacts sont nombreux et à différentes échelles : une société de transport de marchandises n’aura pas le même impact sur l’environnement qu’un grand groupe d’assurances. Nous évoluons tous dans des secteurs d’activité possédant chacun leur caractéristiques et leurs impacts.
Mesurer
Lorsque l’on comprend ses impacts et de ce sur quoi il est possible de faire levier, il est nécessaire de les évaluer : c’est la mesure d’impact.
Cette étape est cruciale car elle donne les clés à chaque décideur de la quantité d’externalités négatives générées par ses activités et des postes sur lesquels il est le plus urgent d’agir.
Quels sont les outils de mesure à disposition des organisations ?
La méthodologie la plus connue est le bilan carbone. Il offre la possibilité à chaque organisation de calculer son impact à travers le prisme des émissions de GES (gaz à effet de serre) émises par ses activités. Pour cela, on y applique 3 scopes : les émissions de gaz à effet de serre directes (chauffage, transport…), les émissions de GES indirectes (émissions liées au processus de production) et toutes les autres émissions indirectes (achats de marchandises, communication…).
Les impacts d’ordre social : Il est également possible de considérer l’impact d’une organisation à travers le prisme de la création de nouveaux emplois, de la formation et l’éducation des jeunes générations, ou encore l’inclusion sociale des personnes en situation de handicap ou de grande pauvreté, etc.
L’impact sur la biodiversité et le vivant : ces approches sont généralement bien plus complexes qu’un simple bilan carbone, du fait que la biodiversité ne possède pas un unique indicateur, comme cela peut être le cas avec le carbone. La biodiversité dépend de la bonne santé d’écosystèmes entiers, de la survie d’espèces et de la diversité génétique. Cependant, il est possible de citer le Global Biodiversity Score® (GBS) pour les entreprises et institutions financières ou encore le Biodiversity Footprint for Financial Institutions (BFFI).
Il revient à chaque organisation de choisir sa porte d’entrée. Une chose est sûre, la comptabilité des organisations ne peut pas dépendre que d’une évaluation financière pour juger de sa bonne ou mauvaise santé. Elle devra également inclure des critères tels que les impacts sociaux ou environnementaux.
Agir
Compte tenu de l’urgence, il semble évident que nous devons agir en conséquence et rapidement. Mais l’urgence ne doit pas faire oublier qu’il est aussi important de prendre des mesures en connaissance de cause et basées sur des faits scientifiques et découlant d’un plan d’action.
Le champ des possibles est immense pour les entreprises et les collectivités. Que ce soit sur le volet de l’énergie, de la mobilité, de la gestion des déchets ou du numérique, nombreuses sont les solutions qui peuvent contribuer à la transformation des organisations et les aider à adopter de nouvelles pratiques, plus sobres et vertueuses.
L’essentiel réside dans la façon dont les organisations prennent des décisions. Une démarche à impact positif se doit d’être mûrement réfléchie car elle implique une mutation profonde de l’organisation. De plus, l’un des enjeux majeurs se situe dans sa capacité à intégrer l’ensemble de ses parties prenantes dans son processus de transformation.
Enfin, il est nécessaire, une fois l’action entreprise, d’évaluer l’impact des actions engagées, et d’adapter le plan d’action en conséquence.
Choisir les bonnes initiatives de transition écologique :
Les initiatives de transition sont nombreuses et variées. Voici quelques idées de mise en place d’actions concrètes intégrant les impacts environnementaux, sociaux et sociétaux de façon globale :
Agir pour les transports et la mobilité;
S’engager dans la rénovation énergétique, pour réduire la consommation énergétique (isolation des bâtiments, optimisation du chauffage…);
Maîtriser la gestion des déchets;
Investir dans les énergies décarbonnées;
Adopter les produits éco-responsables (confectionner des produits à partir de matériaux recyclés et/ou recyclables);
Intégrer une économie verte (procédés moins polluants ou moins consommateurs d’énergie et éco-activités);
Mettre en place des politiques de qualité de vie au travail, favoriser les liens sociaux au sein de l’entreprise;
Instaurer des politiques de lutte contre les discriminations, d’inclusion, d’égalité hommes femmes;
Promouvoir l’emploi durable, la formation, la transmission des savoirs, etc.
Il existe de multiples façons de mettre en œuvre une transformation profonde. Cela impose d’engager sa structure dans un long processus et de mobiliser sa chaîne de valeur dans la totalité. Mais face aux défis qui se dressent devant nous, il est encore possible d’engager un sursaut si l’ensemble des acteurs s’accordent sur le fait qu’il s’agit là d’un objectif commun. Ensemble, se transformer.
L’INRAE, Bordeaux Sciences Agro, le CNRS, l’université de Bordeaux et l’université de Bourgogne ont analysé les évolutions à venir dans les régions viticoles actuelles et émergentes à l’échelle mondiale pour adapter la production de vin au changement climatique. Leurs résultats, publiés dans Nature Reviews Earth and Environment, montrent qu’environ 90 % des régions viticoles côtières et de basse altitude du sud de l’Europe et de la Californie risquent de perdre leur aptitude à produire du vin de qualité à des rendements économiquement soutenables d’ici la fin du siècle si le réchauffement global dépasse +2 °C.
En revanche d’autres régions pourraient ressortir gagnantes avec une amélioration de leur potentiel viticole, comme le nord de la France ou la Colombie-Britannique (Canada). Avec la hausse des températures, de nouvelles régions de production pourraient également se développer, jusqu’au Danemark.
Les raisins produits pour la vinification sont très sensibles au climat, notamment aux températures et sécheresses extrêmes. Partout dans le monde, des impacts sont déjà observés sur le rendement et la composition des raisins, ainsi que sur la qualité des vins, avec des conséquences déjà constatées et à venir sur la géographie de la production viti-vinicole.
Comprendre l’évolution du potentiel des régions pour la viticulture face au changement climatique est une préoccupation scientifique majeure. En se basant sur leur expertise et l’analyse approfondie de la littérature scientifique (plus de 250 publications produites depuis 20 ans), les scientifiques dressent une cartographie mondiale de l’évolution du risque et du potentiel des régions viticoles actuelles et nouvelles face au changement climatique. Pour cela ils ont analysé les conséquences de l’évolution des températures, des précipitations, de l’humidité, du rayonnement et de la teneur en CO2 sur la culture de la vigne et examinent les stratégies d’adaptation possibles. Des gagnants et des perdants face au changement climatique Les régions viticoles actuelles sont principalement situées à des latitudes moyennes où le climat est suffisamment chaud, mais sans excès, pour permettre au raisin de mûrir, et relativement sec pour limiter le risque de maladies dues notamment à des champignons.
L’augmentation des températures, un des marqueurs les plus emblématiques du changement climatique, accélère le développement de la vigne, avec une avancée de la maturation des raisins pendant les périodes estivales plus chaudes. Dans la plupart des vignobles, les vendanges commencent déjà 2 à 3 semaines plus tôt qu’il y a 40 ans, avec des impacts sur la composition des raisins et le style de vin produit. Par exemple, l’augmentation de la température peut modifier le goût avec une perte d’acidité du raisin, augmenter le degré d’alcool des vins et modifier le profil aromatique.
À l’échelle mondiale, le dérèglement climatique pourrait faire perdre du terrain à d’actuelles régions viticoles et en faire gagner à d’autres régions. En cas de réchauffement global supérieur à 2 °C, environ 90% des régions viticoles traditionnelles des régions côtières et des plaines en Espagne, Italie, Grèce et au sud de la Californie risquent de perdre leur aptitude à produire du vin de qualité à des rendements économiquement soutenables d’ici la fin du siècle en raison des risques de sécheresse excessive et de vagues de chaleur plus fréquentes. En revanche, les températures plus élevées pourraient améliorer l’aptitude d’autres régions pour la production de vins de qualité, notamment le nord de la France, l’État de Washington ou l’Oregon aux États-Unis, la Colombie-Britannique au Canada et la Tasmanie en Australie. Elles pourraient même conduire au développement de nouvelles régions viticoles en Belgique, aux Pays-Bas et au Danemark.
L’émergence de nouvelles maladies et de nouveaux ravageurs, mais également l’augmentation de la fréquence d’événements extrêmes, représentent aussi de nouveaux défis auxquels les producteurs vont être confrontés. Ils peuvent s’adapter jusqu’à un niveau de réchauffement global ne dépassant pas 2 °C, par exemple avec des couples cépages/porte-greffe plus résistants à la sécheresse ou des pratiques culturales permettant de mieux préserver l’eau des sols comme un plus grand espacement entre les rangs ou des aménagements anti-érosion, comme cela a été démontré par plusieurs études en lien avec les acteurs de la filière viticole.
Les choix d’adaptation dépendent aussi fortement des conditions locales et ne peuvent se faire qu’à condition de maintenir la viabilité économique des exploitations. À l’inverse, certains producteurs situés dans les latitudes les plus élevées pourraient bénéficier de la hausse des températures en augmentant leur rendement et la qualité de leur vin.
Cette étude confirme la plus grande vulnérabilité en matière de qualité des vins produits dans les vignobles historiques face au changement climatique. Elle confirme aussi le seuil clef de 2°C de réchauffement global du climat, au-delà duquel des modifications majeures sont envisagées pour ce secteur à l’échelle mondiale.
Comprendre comment les projets territoriaux de transition écologique prennent forme est un enjeu majeur pour l’ADEME afin d’être en mesure de les accompagner au mieux. Visant une transition économique responsable et conçue pour contribuer au dialogue science-société, le programme COOP’TER constitue une réponse innovante.
La transformation profonde de notre modèle économique et de notre rapport au travail contribuera à une transition écologique et sociale ambitieuse. C’est dans cette perspective qu’est né en 2020 le programme COOP’TER, Territoires de Services et de Coopérations. Il s’est construit sur la base d’un partenariat entre l’ADEME et le laboratoire de recherche-intervention ATEMIS. Ce programme explore de nouvelles formes d’intervention de politiques publiques et intègre un ensemble de dispositifs de recherche, de professionnalisation et d’accompagnement de territoires. Une de ses visées essentielles est la production de nouvelles connaissances, empiriques et scientifiques, qui seront mises à disposition de tous les acteurs pour accompagner les nouvelles dynamiques territoriales facilitant la transition écologique.
Baptiste Perrissin Fabert, Directeur général délégué à l’ADEME
Dynamiques territoriales et transition écologique, quelles contributions de la recherche ?
Vers des Écosystèmes coopératifs territorialisés
Le programme fait l’hypothèse que la transition écologique repose sur des nouvelles formes entrepreneuriales multiacteurs permettant de répondre à des enjeux territoriaux. La notion d’Écosystème coopératif territorialisé (ECT) a été posée. Un ECT correspond à un collectif d’acteurs (entreprises, associations, citoyens, en lien avec des collectivités…), construisant une dynamique économique en coopération. Celle-ci a pour objet de prendre en charge un ou plusieurs enjeux liés à un territoire répondant aux grandes fonctionnalités de la vie (s’alimenter, se soigner, habiter, se déplacer, se former, travailler, se cultiver, etc.), dans une perspective écologique et de bien-être social.
Clé #1 : Le processus coopératif est premier, le projet second. Clé #2 : Ce ne sont jamais des structurent qui coopèrent, ce sont des personnes. Clé #3 : Les racines de la coopération sont profondes, et implicites. Clé #4 : Tout prévoir empêchent la coopération ! Sachez laisser du vide. Clé #5 : Penser en termes de dialogie
COOP’TER vise à développer une démarche pertinente et robuste pour accompagner le cheminement des acteurs vers des ECT. Cette démarche prend appui sur l’Économie de la fonctionnalité et de la coopération (EFC) qui permet d’approcher les transformations sociétales sous l’angle de l’économie, en accordant une large place à la question du travail.
Les concepts opérationnels et les méthodologies d’actions de l’EFC constituent des références pour les acteurs des territoires. Des travaux de recherche et retours d’expérience des acteurs impliqués viennent les enrichir au fil de l’eau, pour produire un cadre de référence vivant, évolutif et « apprenant » utile et pertinent pour le cheminement des acteurs vers une transition écologique et sociale.
De la recherche à l’action, et de l’action à la recherche
À ce jour, plus d’une vingtaine de projets territoriaux sont accompagnés pour l’émergence et la consolidation d’Écosystèmes coopératifs territorialisés, déclinés sur différentes thématiques (alimentation, habitat, mobilité, tourisme, énergie, déchets, habillement, jouets, etc.). En cohérence avec sa stratégie R-D, l’ADEME a souhaité organiser le dialogue entre les chercheurs et les praticiens pour rendre les connaissances théoriques accessibles aux acteurs des territoires et nourrir les problématiques des chercheurs avec les situations réelles rencontrées sur les territoires. Les échanges s’effectuent entre les chercheurs et les collectifs territoriaux sur les terrains mêmes des expérimentations. Aux côtés des pilotes de projets, des accompagnateurs-consultants apportent le cadre méthodologique et les concepts opérationnels. Ils sont de véritables médiateurs entre la recherche et l’action. Les chercheurs sont également invités à présenter leur recherche lors des ateliers de professionnalisation des accompagnateurs et des pilotes de projets qui se tiennent régulièrement. Cette fertilisation croisée a montré jusqu’à maintenant tout son intérêt, notamment pour enrichir le référentiel d’action de la conduite de projet
Une communauté scientifique pluridisciplinaire a été créée en 2021 et s’élargit progressivement. L’ensemble des chercheurs est amené à coopérer avec des porteurs et des accompagnateurs de projets territoriaux COOP’TER. Il s’agit d’identifier certains points fragiles de la démarche afin de rendre l’action plus pertinente et robuste, en l’occurrence sur les thèmes de la coopération, du travail, des ressources immatérielles… Cela se traduit par la mobilisation de différentes disciplines : les sciences économiques, les sciences de gestion, les sciences du travail, la sociologie politique, les sciences du territoire, le droit, les disciplines traitant des régulations écologiques…
Un autre objectif de la communauté de recherche est d’identifier les ruptures épistémologiques induites par la transition dans les différentes disciplines concernées pour être à même de mieux porter les innovations sociales sur les territoires.
Un rapport publié en mars 2023 expose les bases théoriques et les premières réflexions menées au sein de cette communauté. Afin de soutenir les échanges entre chercheurs, deux ateliers théoriques pluridisciplinaires se tiendront au 1er semestre 2024. Le premier portera sur « les institutions et dynamiques de coopération » et le suivant sera dédié aux « modèles d’action et de coopération ».
En conclusion, la recherche-action participative et les ateliers théoriques de la communauté de recherche viendront étoffer le cadre de référence du programme COOP’TER qui se veut résolument « vivant ». C’est une ressource majeure pour permettre aux coopérations territoriales de s’orienter vers une transition économique, sociale et écologique ambitieuse.
Des échanges avec d’autres communautés d’intermédiation, d’accompagnement et de recherche impliquées dans des démarches similaires seront développés prochainement pour permettre la diffusion mutuelle des savoirs.
Réduire massivement la dépendance de l’agriculture aux produits phytosanitaires de synthèse (PPS) néfastes pour l’environnement et la santé humaine, tout en préservant la rentabilité des exploitations agricoles, c’est l’ambition du projet ENVEZH. Piloté par le CNRS, co-construit avec le Syndicat mixte du grand bassin de l’Oust, ce projet associe un vaste panel d’acteurs en Centre-Bretagne pour y déployer des filières agro-alimentaires innovantes, non ou faiblement utilisatrices de PPS. Il est financé dans le cadre du dispositif France 2030 « Démonstrateurs territoriaux des transitions agricoles et alimentaires », opéré par la Banque des Territoires pour le compte de l’Etat. Le lancement du projet a eu lieu le 22 mars à Ploërmel (56).
Réduire massivement l’usage des produits phytosanitaires de synthèse (PPS) néfastes pour l’environnement et la santé humaine est un défi majeur qu’il est urgent de relever.
Le déploiement de solutions alternatives aux PPS s’accompagne souvent de pertes de rendement difficiles à compenser pour les agriculteurs et les agricultrices, en particulier pour ceux exerçant dans les territoires éloignés des centres urbains.
Le CNRS pilote un projet de démonstrateur rassemblant scientifiques et acteurs privés et publics qui vise à réduire l’usage des PPS en Centre-Bretagne, dans un territoire dit « pleinement rural ». Basé sur le développement de filières agro-industrielles innovantes, ce démonstrateur a vocation à être répliqué à l’échelle nationale.
Alliance bretonne pour une réduction massive de l’usage des produits phytosanitaires de synthèse en agriculture et un déploiement accéléré de l’agroécologie
La contamination des eaux par les produits phytosanitaires de synthèse (PPS) est un enjeu environnemental et de santé publique majeur. Bien que des solutions alternatives existent, leur déploiement s’accompagne souvent d’une perte de rendement pour les agriculteurs et les agricultrices. Près des centres urbains, ces pertes peuvent être compensées, notamment par la mise en place de circuits courts entre producteurs et consommateurs qui limitent le coût des intermédiaires, et par un soutien actif des acteurs publics (via les commandes passées par la restauration collective publique par exemple). Ces leviers n’existent pas dans les territoires ruraux éloignés des centres urbains, dits « pleinement ruraux », pour lesquels des solutions alternatives et innovantes doivent être trouvées.
Doté d’un budget total de 18,8 millions d’euros, le projet ENVEZH1 se veut être un démonstrateur que les difficultés rencontrées par les agriculteurs et agricultrices de ces territoires pour se passer de PPS peuvent être palliées, en s’appuyant sur les acteurs des filières agro-alimentaires dites longues2. Piloté par le CNRS3, co-construit avec le Syndicat mixte du grand bassin de l’Oust et financé dans le cadre du dispositif France 20304 « Démonstrateurs territoriaux des transitions agricoles et alimentaires »5, opéré par la Banque des Territoires pour le compte de l’Etat, il rassemble pour la première fois en France dans un territoire pleinement rural tous les acteurs privés et publics impliqués dans ces filières agro-alimentaires longues6 – collectivités territoriales, entreprises des filières agro-alimentaires, instituts techniques, chambre d’agriculture, acteurs de l’enseignement agricole et associations -, mais aussi des scientifiques, offrant ainsi un cadre de réflexion et d’action inédit.
Conditions de mise en œuvre d’un territoire expérimental zéro pesticide en Bretagne
Les objectifs du projet sont multiples : accompagner les acteurs agro-industriels dans le développement de filières innovantes faiblement ou non-utilisatrices de PPS ; soutenir les agriculteurs et agricultrices dans le déploiement de ces filières innovantes tout en préservant, voire en améliorant, la rentabilité de leurs exploitations ; diminuer massivement la pollution des eaux et des sols par les PPS. À terme, l’objectif sera de répliquer ce démonstrateur en déployant ces nouvelles filières à l’échelle du territoire national.
Pesticides : animer l’acquisition de nouvelles connaissances
ENVEZH est déployé à l’échelle du bassin-versant de l’Oust, entre Rennes et Vannes, région dont la qualité de l’eau est particulièrement dégradée. Sa réussite nécessitera l’adhésion d’un maximum d’agriculteurs et d’agricultrices aux filières innovantes conçues dans le cadre du projet, telles que les filières sans PPS conçues pour l’alimentation porcine, ou la filière « blé meunier » dans laquelle les fongicides et insecticides sont remplacés par des substances extraites d’algues marines naturelles.
CGLE 2024 | Quel accompagnement scientifique pour une transition agro-écologique des territoires d’eau ?
Lancé officiellement le 22 mars 2024 à Ploërmel, ENVEZH débutera par une phase de maturation de 16 mois pilotée par le CNRS, avant son déploiement opérationnel d’une durée de 5 ans.
Ce projet s’inscrit dans les défis sociétaux « Territoires du futur » et « Santé et environnement » définis dans le Contrat d’objectifs et de performance du CNRS. De par sa position neutre vis-à-vis des enjeux économiques liés à l’agriculture, le CNRS est perçu comme le garant de relations équilibrées par les partenaires du consortium ENVEZH, dont certains sont des concurrents économiques. L’organisme sera aussi directement impliqué dans l’établissement du diagnostic territorial initial en matière d’usages des PPS et de leur impact sur la qualité de l’eau. Il jouera également un rôle essentiel dans la mise en œuvre de stratégies d’évaluation de l’impact des actions qui seront déployées dans le projet.
PRETABAIE : Vers un projet de recherche-action sur la transition agro-écologique des baies à marées vertes
Pour « Alliance Bretonne pour une réduction massive de l’usage des produits phytosanitaires de synthèse en agriculture et un déploiement accéléré de l’agroécologie ». ↩︎
Les filières longues sont des chaines de distribution qui comprennent plusieurs intermédiaires spécialisés entre le producteur et le consommateur (grossistes, distributeurs, détaillants, etc.…). Elles se distinguent des circuits courts via lesquels la commercialisation des produits agricoles inclue au maximum un seul intermédiaire entre le producteur et le consommateur (AMAP – Association pour le maintien d’une agriculture paysanne – par exemple). ↩︎
Via les laboratoires Géosciences Rennes (CNRS/Université de Rennes) et l’Observatoire des sciences de l’Univers de Rennes (CNRS/Université de Rennes/Université Rennes 2). ↩︎
France 2030 vise à accélérer la transformation des secteurs clés de notre économie par l’innovation et à positionner la France, non pas seulement en acteur, mais bien en leader du monde de demain. Pour plus d’informations : https://www.gouvernement.fr/france-2030. ↩︎
ENVEZH est lauréat de l’Appel à manifestation d’intérêt « Démonstrateurs des Transitions Agricoles et Alimentaires » dans le cadre de France 2030. Il constitue le seul projet à être piloté par le CNRS parmi les 15 projets labellisés à ce jour. ↩︎
Le projet ENVEZH regroupe un total de 26 partenaires comprenant des collectivités territoriales, des entreprises agro-alimentaires, des entreprises d’appui à l’agriculture, des bureaux d’études, des laboratoires de recherche, des instituts techniques, des collectivités, des organismes de formation, et des associations représentant les riverains. ↩︎
Carpe diem, saisir l’instant présent, pour vivre maintenant. Comment cela se traduit-il à l’heure de l’éco-anxiété, de la désinformation, de la cacophonie politique et de la perte de repères ? Les auteurs et autrices Kessel sont journalistes, artistes, activistes… Chacun et chacune avec leur plume, ils œuvrent à transformer la société, jour après jour. Avec eux Kessel media lance l’édition spéciale “Plus tard il sera trop tard. Notre vie c’est maintenant.” inspirée par le poème Embrasse-moi de Jacques Prévert.
Moi mon vieux, si j’ai bien une seule religion, c’est le rêve. Un jour, je me réveillerai les yeux clos pour toujours en me disant enfin que j’ai réalisé ce que j’ai voulu être. Car les rêves sont des chemins pour se retrouver soi.
Sébastian Blysk
Sébastian est belge (une fois), rêveur (deux fois) et drôle (à l’infini). Auteur sur Kessel de la newsletter Littérature d’un ptit con rebaptisée récemment La plume perchée de Sébastian, il signe ici un texte plein de bon sens et porte un rappel si important : il n’y a pas de rêve trop futile pour être revendiqué, ni de rêve trop fou pour être poursuivi. Alors, mangez-la cette glace dont vous avez rêvé tout l’hiver, laissez les autres s’offusquer qu’on ne soit que le premier jour du printemps… Organisez-le ce voyage en solitaire à l’autre bout de la Terre, vous ne manquerez jamais plus à quelqu’un qu’à vous-même. La vie est belle pour celles et ceux qui rêvent et ont le panache, le courage et la chance d’en réaliser certains.
Alors même que nous traversons une époque inquiète voire fataliste où tous les voyants sont au rouge, la réflexion semble s’être déplacée. Il ne s’agit plus simplement d’imaginer ce que la science peut faire pour nous sauver d’un épuisement annoncé des richesses naturelles mais aussi de prendre du recul pour questionner l’acte même de manger et ce qu’il dit de notre humanité.
Léonard Desbrières
Talentueux critique littéraire, Léonard a choisi le thème de la science-fiction car quel autre courant littéraire conjugue aussi bien tous les temps ? De l’utopie à la dystopie, chacun de ces œuvres est une épreuve psychologique faisant ressortir nos peurs et inquiétudes les plus profondes, et nos instincts les plus primaires.
En analysant différents chefs-d’œuvre en la matière, Léonard aborde la source d’inquiétude originelle, celle qui nous suit peu importent les époques et les dimensions : la nourriture.
Le présent est cette guerre permanente. Ces rapports de force. Pourquoi taire les sentiments de la Terre…?
Anne-Sophie Novel
Anne-Sophie Novel
Journaliste, réalisatrice et autrice engagée pour la cause écologique, Anne-Sophie partage son inquiétude face à nos comportements inconséquents, envers la Terre mais aussi envers les hommes et les femmes. Elle sent monter l’urgence, qui l’éprouve même dans son inconscient. Mais n’ébranle pas sa volonté profonde de parvenir à faire monde, maintenant. Sans plus oublier, effacer, négliger.
Il sera trop tard pour réparer nos erreurs, car celles-ci, forment un trou béant, dans l’existence d’innocent.e.s, elles les spolient, les affament, les dégradent, les humilient.
Claire Touzard
Claire Touzard
Scénariste et réalisatrice, Claire est avant tout de ces autrices qui ont le secret de l’écriture incisive, sans fioritures, pure. Du cerveau au stylo. De son coeur à celui des lecteurs. Elle ne lisse pas, ne mâche pas ses mots, ne fait aucune concessions. Elle porte son message à qui sera prêt à le recevoir, et entrevoir l’énergie du désespoir.
Comment créer 400 000 nouveaux logements chaque année pendant 10 ans alors qu’il ne reste que près de 100 000 hectares disponibles pour répondre à l’ensemble des besoins de construction du pays d’ici à 2031 ?Ce rapport, de la Fondation Abbé Pierreen partenariat avec la Fohttps://www.fnh.org/wp-content/themes/fnh-theme/assets/front/files/images/logo-fnh.svg?v=1.0.55ndation pour la Nature et l’Homme, présente une série de leviers permettant de produire de nouveaux logements sans consommer de nouveaux espaces, de construire en minimisant l’artificialisation et d’améliorer l’accès du plus grand nombre aux services et à la nature.
Partageant la conviction que transition écologique et justice sociale vont de pair, la Fondation pour la Nature et l’Homme et la Fondation Abbé Pierre ont associé leurs expertises avec un partenariat inédit. Partant du constat que le modèle d’aménagement actuel ne permet ni de protéger les sols et la biodiversité, ni de résoudre une crise du logement qui s’aggrave, les deux organisations voient dans la mise en œuvre de l’objectif Zéro Artificialisation Nette une opportunité de changer de paradigme, au service d’une transition juste.
La lutte contre l’artificialisation des sols
Au cours d’un travail d’étude mené au contact de nombreux experts et de seize collectivités territoriales engagées dans des expérimentations sur la sobriété foncière, le rapport identifie une série de leviers à mobiliser pour atteindre les objectifs du ZAN tout en faisant reculer le mal-logement. En se basant sur des témoignages concrets, il souligne aussi les angles morts des politiques publiques actuelles et formule des propositions visant à concilier haut niveau d’ambition écologique et réduction des inégalités sociales.
Le modèle d’aménagement en extension renforce la dépendance à la voiture individuelle
Ce rapport présente une série de leviers permettant de produire de nouveaux logements sans consommer de nouveaux espaces, de construire en minimisant l’artificialisation, et d’améliorer l’accès du plus grand nombre aux services et à la nature. Il rappelle l’importance de soutenir plus fortement les acteurs du logement abordable ainsi que les acteurs de l’économie sociale et solidaire engagés pour un urbanisme plus juste et plus résilient. Il insiste enfin sur la nécessité de renforcer les outils de maîtrise des prix du foncier et des loyers, ainsi que les moyens des collectivités les plus fragiles en matière d’ingénierie territoriale.
Pour mobiliser pleinement l’ensemble de ces leviers sur les territoires et allier réduction de l’artificialisation et réduction des inégalités sociales, ce rapport livre ainsi 40 propositions touchant les politiques publiques. A rebours des discours qui tentent d’opposer ambitions écologiques et justice sociale, les fondations partenaires ressortent de ce travail commun avec la conviction qu’un dialogue nourri et exigeant permet d’articuler les impératifs environnementaux et sociaux : qu’il est possible de réussir le ZAN tout en réduisant le mal logement.
3 modes d’action et une diversité de solutions pour réussir le ZAN
En croisant témoignages de terrain et données statistiques, la Fondation pour la Nature et l’Homme et la Fondation Abbé Pierre déclinent une large palette de leviers que les collectivités peuvent mobiliser en fonction de leurs enjeux locaux :
– Créer des logements sans construire : des solutions pour mieux utiliser le bâti existant en résorbant la vacance des logements – entre 2005 et 2023, le nombre de logements vacants a augmenté 2,3 fois plus vite que le nombre total de logements – et des bureaux pour des communes qui souhaitent redynamiser leur centre-ville/bourg ; en régulant les résidences secondaires – près de 10% (9,7%) du parc de logements en France sont des résidences secondaires – et les meublés de tourisme pour renforcer l’offre de biens à l’année, en réfléchissant au parcours résidentiel des seniors et des jeunes afin d’attirer de nouveaux ménages sans artificialiser les terres agricoles environnantes.
PRODUIRE DU LOGEMENT SANS ARTIFICIALISER : UTILISER LE BÂTI EXISTANT POUR ACCROÎTRE L’OFFRE DE LOGEMENTS, LA MIXITÉ ET LES LIENS SOCIAUX
– Construire en artificialisant moins : ces solutions visent à proposer des logements pas ou peu consommateurs d’espaces naturels, agricoles ou forestiers (ENAF) en mobilisant les interstices de quartiers peu denses ; en s’appuyant sur le renouvellement urbain et le recyclage des friches tout en améliorant l’accès aux espaces verts et aux trames écologiques ; ou encore en renforçant l’offre de logement social, peu consommateurs d’espaces.
– Maîtriser les prix de l’immobilier et du foncier : des solutions à activer pour soutenir le logement social, encadrer les loyers pour toutes les communes tendues qui souhaitent le mettre en place, lutter contre la rétention foncière…
ÉVOLUTION DES PRIX DES LOGEMENTS NEUFS ET ANCIENS ENTRE 2000 ET 2021 Source : Commission des affaires économiques du Sénat, d’après données Insee 35
La biodiversité joue un rôle protecteur sur le fonctionnement des écosystèmes dans des conditions climatiques désavantageuses, selon deux études menées par des scientifiques du CNRS1 et leurs collègues allemands et chinois, parues le 18 mars dans les revues Global Change Biology et PNAS.
Favoriser la biodiversité dans les forêts peut par exemple considérablement atténuer les conséquences du changement climatique sur le recyclage du carbone et de l’azote, un processus indispensable au bon fonctionnement des écosystèmes forestiers et au stockage naturel du carbone dans les sols. Issu de la décomposition de la matière organique (feuilles et plantes mortes) par des microorganismes et la faune du sol, ce processus est ralenti dans des conditions climatiques plus sèches, telles qu’induites par le changement climatique.
L’expérience de Jena – introduction (en anglais)
Grâce à des approches théoriques et des modélisations mathématiques2, les scientifiques ont pu démontrer que la diversité végétale d’une forêt ou d’une prairie atténue les variations de température les plus extrêmes sur ses microclimats3, favorisant ainsi les processus écosystémiques telle que la décomposition.
Ce résultat a également été démontré expérimentalement. Pour ce faire, l’équipe de recherche a observé les effets de mélanges de feuilles mortes plus ou moins diversifiés provenant d’espèces différentes, combinés à des mélanges plus ou moins diversifiés d’organismes décomposeurs, et ce sur cinq écosystèmes forestiers différents4 allant d’une forêt tempérée à une forêt tropicale. Les portions de forêts étudiées ont été soumises à des conditions de sécheresse grâce à la mise en place de systèmes d’exclusion de pluie. Les scientifiques ont ainsi pu observer que la combinaison d’une plus grande diversité végétale et d’organismes décomposeurs peut atténuer, voire même entièrement compenser, les effets d’un climat sec sur le recyclage des éléments, et ce pour une grande variété d’écosystèmes forestiers.
Les écosystèmes forestiers
L’équipe de recherche appelle à la prise en compte de ces résultats dans la gestion des écosystèmes, notamment des forêts, où il s’avère indispensable de favoriser et entretenir la diversité des espèces afin de mieux les protéger du réchauffement climatique et de ses conséquences.
L’écosystème de la forêt
Bibliographie
Microclimate modulation: an overlooked mechanism influencing the impact of plant diversity on ecosystem functioning. Remy Beugnon, Nolwenn Le Guyader, Alexandru Milcu, Jonathan Lenoir, Jeremy Puissant, Xavier Morin et Stephan Hättenschwiler. Global Change Biology, le 18 mars 2024.
Biodiversity mitigates drought effects in the decomposer system across biomes. Junwei Luan, Siyu Li, Shirong Liu, Yi Wang, Liping Ding, Haibo Lu, Lin Chen,Junhui Zhang, Wenjun Zhou, Shijie Han, Yiping Zhang et Stephan Hättenschwiler. PNAS, le 18 mars 2024.
Travaillant au Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive (CNRS/EPHE – PSL/IRD/Université de Montpellier). ↩︎
L’effet de différents degrés de diversités de plantes sur les microclimats d’un écosystème de prairie a été étudié grâce aux données issues de l’expérience de Jena. Financée par la Fondation allemande pour la recherche (DFG) et en cours depuis 2002, il s’agit de l’une des expériences sur la biodiversité les plus longues au monde. Elle étudie les effets de la biodiversité sur le fonctionnement des écosystèmes. ↩︎
Ensemble des conditions climatiques limitées à un espace géographique très restreint et significativement distinct de son environnement général. ↩︎
En Chine, le long d’un gradient latitudinal couvrant plus que 20° du Nord (42°25’N) au Sud (21°55’N) ↩︎
Le concours national « Préservation des captages d’eau potable » vise à récompenser des initiatives portées par les collectivités territoriales pour améliorer la qualité des ressources en eau. Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 1er juin 2024 sur le site de l’Office Français de la biodiversité
En France de nombreuses ressources en eau sont dégradées par les pollutions dues aux nitrates et pesticides. Ces pollutions s’avèrent d’autant plus problématiques lorsqu’il s’agit de ressources destinées à la consommation humaine. Leur traitement, bien que nécessaire, ne peut constituer l’unique réponse pour assurer sur le long terme la préservation de la qualité de l’eau.
C’est pourquoi de nombreuses collectivités territoriales décident d’agir à la source, en appliquant des politiques basées sur la prévention. Leurs actions peuvent porter sur plusieurs composantes : le soutien à une agriculture s’appuyant sur des techniques agroécologiques, la maîtrise du foncier, la recherche concertée de solutions, la communication et la sensibilisation, etc. Autant d’initiatives riches et diversifiées.
TRAVAUX DE RÉHABILITATION DES POINTS DE CAPTAGE DE DIDIER (DUMAUZE & DUCLOS)
Valoriser des collectivités exemplaires
Afin de mettre à l’honneur ces territoires, le centre de ressources Captages de l’Office français de la biodiversité organise la deuxième édition des Grands prix « Préservation des captages d’eau potable ». Ce concours national vise ainsi à mieux faire connaître ces actions et à encourager leur déploiement.
Pour des captages d’eau potable de qualité, adaptons nos solutions !
Les collectivités peuvent présenter leur action dans l’une des 4 catégories suivantes :
Actions en faveur de la transition agroécologique, comme par exemple l’implantation d’infrastructures paysagères, la structuration de filières, la conception de pratiques agroécologiques, etc.
Ingénierie de l’animation, à l’image de la mise en place d’une concertation, la mobilisation d’outils innovants pour la facilitation ou la médiation, la construction d’une dynamique collective, etc
Communication, sensibilisation et formation, comme par exemple l’organisation de concours, le déploiement d’une campagne de communication, la création d’un label ou d’un signe de distinction, etc.
Gestion foncière, via l’acquisition de parcelles agricoles, la mise en place d’obligations réelles environnementales (ORE) ou de projets de maîtrise foncière, etc.
Centre de ressources Captages : le réseau professionnel des animateurs
Le Centre de ressources Captages est un dispositif d’animation piloté par l’Office français de la biodiversité, en lien avec INRAE et AgroParisTech. Il a pour ambition de renforcer les compétences des animateurs territoriaux en charge de la mise en œuvre de la politique de protection des ressources en eau destinées à la consommation humaine, selon un mode de travail multi-partenarial et collaboratif.
Ses moyens d’action :
Animation de réseaux : organisation des échanges au sein de groupes thématiques, journées d’échanges techniques, etc.
Accompagnement technique : webinaires, formations, autres dispositifs de développement des compétences, etc.
Production et mise à disposition de ressources techniques et scientifiques : guides, méthodes, outils, retours d’expériences, etc.
Toute personne publique responsable et compétente en matière de production, de distribution de l’eau potable et/ou de préservation de la ressource peut déposer un dossier de candidature. Les collectivités territoriales et leurs groupements ainsi que les établissements publics territoriaux de bassin exerçant des missions de lutte contre la pollution et/ou de protection et de conservation des eaux superficielles et souterraines sont également éligibles.
Les porteurs de projets peuvent associer leur candidature à des partenaires techniques comme les organisations professionnelles agricoles, les groupements d’agriculteurs, les bureaux d’études, les organismes de recherche ou les entreprises dédiées aux services de l’eau.
Les candidats sont invités à soumettre un dossier complet par mail avant le 1er juin 2024 minuit à l’adresse suivante : captages@ofb.gouv.fr avec pour objet « candidature Grand Prix Captages ».
L’ensemble des pièces constitutives du dossier et modalités de candidature sont disponibles sur la page dédiée du concours.
La LPO lance une campagne de sensibilisation pour inciter à ne pas déranger la faune et la flore sauvages dans les jardins et les espaces verts pendant leur période de reproductionen suspendant notamment les travaux d’entretien de mi-mars à fin août.
Les arbres, les haies et les pelouses ne sont pas que des éléments décoratifs, ils abritent la vie sauvage. Oiseaux, mammifères, reptiles, amphibiens, insectes, araignées y trouvent le gîte et le couvert, en particulier au printemps et en été. S’abstenir de tailler, d’élaguer et de tondre pendant cette période sensible permet de protéger ces espèces animales, tout en favorisant l’épanouissement des végétaux.
Dans le même ordre d’idée, laisser les mal nommées « mauvaises herbes » s’installer spontanément est bénéfique pour la biodiversité et la qualité des sols. Il est également essentiel d’arrêter de proposer des graines ou des boules de graisse aux oiseaux, dont la plupart deviennent insectivores pendant la saison de reproduction afin de fournir aux oisillons les protéines animales nécessaires à leur développement. Il est tout aussi important de résister à la tentation de recueillir des jeunes sortis du nid et encore incapables de voler, car les parents restent le plus souvent à proximité et continuent de les nourrir.
En bref : le mieux à faire, c’est de ne rien faire d’autre que de contempler la nature !
Jardins vivants
Différentes études démontrent que le déclin de la biodiversité est particulièrement marqué en zones urbaines et périurbaines. Le suivi temporel des oiseaux communs (STOC) coordonné par la LPO a ainsi mis en évidence une diminution des populations de près de 30% dans ce type d’habitat sur le territoire français entre 1989 et 2019. L’artificialisation des espaces naturels figure parmi les principales causes de ce déclin, avec la rénovation du bâti et la pollution.
1989/2019 : 30 ANS DE SUIVIS PARTICIPATIFS !
Dans un tel contexte d’effondrement du vivant, les jardins publics et privés jouent un rôle de plus en plus essentiel dans la préservation de la faune sauvage, ainsi que dans la résilience face au réchauffement du climat grâce à la captation du carbone, l’absorption de l’eau et la création d’îlots de fraicheur. Premier réseau de jardins écologiques en France avec plus de 52 000 membres (particuliers, collectivités et entreprises), les Refuges LPO permettent de protéger près de 70 000 hectares de nature urbaine.
Observation de la nature au printemps / iStock photo
Passez à l’inaction !
La Politique agricole commune interdit déjà la taille des haies ou l’élagage des arbres en zones agricoles pendant la période de reproduction de la faune sauvage. La LPO souhaite qu’une réglementation similaire soit applicable aux espaces végétalisés gérés par les particuliers, les entreprises et les collectivités afin d’y limiter également les travaux d’entretien au printemps et en été, hors impératifs de sécurité comme la prévention des incendies.
Tout en encourageant tous les Français à mettre en œuvre cette action, ou plutôt cette inaction, dès demain, la LPO appelle donc les préfets à prendre des arrêtés restreignant la taille des haies et l’élagage des arbres à l’échelle de leurs territoires entre le 16 mars et le 31 août. De telles réglementations existent déjà dans certains départements, comme les Vosges et le Territoire de Belfort.
« Face à la disparition de la vie sauvage, il est aujourd’hui nécessaire de rompre avec l’image des jardins à la française tirés au cordeau pour favoriser une gestion écologique respectueuse de la nature et du rythme des saisons. Il en va de la sauvegarde de la biodiversité comme de l’adaptation aux changements climatiques. »
Les tempêtes Ciaran ou Domingos qui ont touché la France en octobre 2023 rappellent, douloureusement au vu de leur bilan matériel et humain, la vulnérabilité des littoraux, en Europe comme ailleurs. Artificialisées par l’humain à travers ses constructions et son aménagement du territoire, les côtes françaises sont exposées de façon croissante aux effets du changement climatique : risques de submersions liée à l’érosion des littoraux, salinisation des estuaires et des nappes phréatiques. Une menace imminente face à laquelle nous pouvons adopter l’inaction ou la recomposition spatiale des territoires. Des solutions fondées sur la nature permettent une lutte active contre les aléas submersion et érosion. Un article par une équipe du BRGM pour The Conversation France
Les digues et autres ouvrages en dur ne sont pas toujours la meilleure solution face à la montée des eaux. Laurent Guérin / Flickr, CC BY-NC-ND
Elles s’appellent Martin, Klaus, Xynthia, Eleanor, Alex ou encore Ciaran ou Domingos pour celles qui ont touché la France en octobre 2023. Ces tempêtes rappellent, douloureusement au vu de leur bilan matériel et parfois humain, la vulnérabilité des littoraux, en Europe comme ailleurs.
Souvent très modifiées par l’humain à travers les constructions et l’aménagement du territoire, les côtes françaises sont exposées de façon croissante aux effets du changement climatique.
Une menace imminente face à laquelle les populations peuvent adopter différents comportements et stratégies, pouvant s’échelonner de l’inaction à la recomposition spatiale des territoires. Des “outils” permettent pourtant une lutte active contre les aléas submersion et érosion. Parmi ceux-ci, les solutions fondées sur la nature, SFN en français ou Nature-based solutions, NBS en anglais.
De plus en plus d’initiatives en ce sens émergent, en Europe comme en France. Avec, déjà, des retours d’expériences encourageants. C’est par exemple le cas du projet adapto (mené par le Conservatoire du Littoral et le BRGM) qui, pendant cinq ans, a permis d’explorer, sur dix sites pilotes, des solutions de gestion douce du trait de côte. De quoi démontrer l’intérêt écologique – mais également économique – des SFN.
Des digues pas dénuées d’inconvénients
Historiquement, la protection côtière s’est largement appuyée sur la construction d’ouvrages de génie civil de défense contre la mer. On estime ainsi que 70 % du littoral européen est protégé par des ouvrages de protection comme les enrochements, les digues, les épis, les brise-lames ou encore les portes à flots.
Ces ouvrages ont cependant des inconvénients de taille : le coût de ces techniques dites « dures » est souvent élevé, avec un besoin d’entretien accru. De plus, ces ouvrages ne s’adaptent pas aux évolutions des aléas, voire augmentent le risque de submersion brutale en cas de rupture soudaine.
Ces structures lourdes ont trop souvent été mises en place au détriment du soin des écosystèmes naturels, lorsqu’ils sont encore présents. Or, des écosystèmes sains, résilients, fonctionnels et diversifiés rendent de nombreux services aux sociétés humaines, qu’on appelle des services écosystémiques.
Dunes et récifs coralliens aux effets protecteurs
Les écosystèmes des côtes et des estuaires soutiennent un grand nombre de ces services non seulement en matière « d’approvisionnement » (par exemple, liés à la fourniture de nourriture, comme la pêche) mais aussi « de régulation et de support » en participant à la réduction des impacts de l’érosion et de la submersion.
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Certains écosystèmes contribuent ainsi à l’équilibre du littoral et à l’atténuation des aléas, notamment en diminuant l’énergie des vagues et des courants atteignant la côte.
C’est le cas des récifs coralliens ou d’huîtres, mais aussi des herbiers sous-marins qui freinent les vagues en augmentant leur frottement sur le fond, ou encore des mangroves qui jouent un rôle de dissipation très fort de l’énergie des vagues atteignant la côte.
Les dunes, quant à elles, forment des barrières naturelles contre la submersion marine. Les volumes de sable qu’elles représentent constituent par ailleurs un stock sédimentaire important qui permet aux plages de se reconstruire après un épisode érosif lors d’une tempête. Elles participent ainsi à l’atténuation de l’érosion et du recul du trait de côte.
Vue sur la baie de Lancieux depuis la dune du Briantais. Dam_Lights/Flickr, CC BY
Enfin, les zones humides côtières et estuariennes sont des espaces d’expansion des submersions marines lors des tempêtes et des inondations lors de crues. Elles amortissent donc leurs effets (hauteur d’eau et étendue).
En complément de ce rôle « mécanique », les milieux littoraux assurent des fonctions écologiques importantes de nombreuses espèces animales et végétales mais aussi pour le cycle de l’eau, le recyclage et l’épuration de nombreux contaminants. Ils jouent par ailleurs un rôle important dans le piégeage et la séquestration du carbone.
Leur productivité biologique (quantité de biomasse produite au cours du temps, notamment par la photosynthèse), qui se situe parmi les plus importantes des écosystèmes de la planète, les rend d’autant plus indispensables dans l’atténuation des effets du changement climatique (la photosynthèse permettant de consommer une partie du CO2 atmosphérique).
Des solutions fondées sur la nature efficaces et économiquement avantageuses
Les écosystèmes littoraux sont actuellement altérés et menacés par les activités humaines, le changement climatique et l’effondrement de la biodiversité. Paradoxalement, ils sont désormais au cœur de solutions de résilience durable pour la protection côtière qui s’inscrivent dans la grande famille des SFN.
Citons par exemple les dunes de Nouvelle-Aquitaine. Le service de régulation de l’érosion côtière assuré par les écosystèmes dunaires est considérable à l’échelle de la région, qui possède la plus grande côte sableuse de la façade maritime de France. Au-delà de ses bénéfices environnementaux, les SFN y sont également intéressantes au plan économique.
Les coûts de maintien de ce service, qui passe par la restauration des écosystèmes dunaires (par exemple replantation d’espèces végétales comme les oyats), des mesures de gestion et de protection (par exemple gestion de la fréquentation et des chemins d’accès pour éviter le piétinement des dunes) sont largement plus faibles que ceux consentis pour la mise en place et l’entretien d’ouvrages de protection lourds, ou le rechargement sans fin des plages.
Réhabilitation des dunes pour encourager le développement d’espèces végétales dunaires à Capbreton dans les Landes. Cécile Capderrey, Fourni par l’auteur
L’expérience de la Belgique et des Pays-Bas
Les bénéfices peuvent être aussi très importants pour la société. C’est ce que montrent les retours d’expérience de pays très exposés à l’augmentation du niveau de la mer, comme la Belgique ou encore les Pays-Bas. Pionniers dans la défense ouvragée contre l’érosion et la submersion au siècle dernier, ils ont ouvert la voie sur l’adaptation au changement climatique en milieu littoral grâce aux SFN.
Aux Pays-Bas, le « Zand Motor » (littéralement le « moteur de sable ») est un projet très emblématique qui a consisté à déposer en 2011, en un point du littoral, 20 millions de mètres cubes de sable provenant du large. Depuis, les courants redistribuent ce sable sur les littoraux adjacents en les rendant plus résilients à l’érosion et en favorisant la biodiversité (notamment la fréquentation par les mammifères marins).
La Belgique, quant à elle, a laissé de plus en plus d’espace aux zones humides, pour qu’elles puissent jouer leur rôle d’amortisseur des submersions marines et des inondations, tout en retrouvant leur rôle bénéfique notamment pour la biodiversité. Des plans de dépoldérisations à grande échelle le long des côtes et des estuaires, par exemple, sur l’Escaut, sont ainsi menés depuis plusieurs décennies.
Réserve naturelle de Waterdunen, aux Pays-Bas, sur les rives de l’Escaut. Frdr/Flickr, CC BY-NC-SA
En France, les solutions fondées sur la nature sont encore relativement peu exploitées par les décideurs locaux pour la gestion du trait de côte. Sur les secteurs qui seraient propices à leur mise en place, la réticence à l’utilisation de solutions en apparence moins robustes que le génie civil et la méconnaissance des retours d’expérience de ces solutions peuvent effrayer.
Il est compliqué de changer de paradigme : jusque-là, nous avons construit pour dompter la mer et pouvoir vivre au bord de celle-ci. Comprendre aujourd’hui qu’il y a probablement plus à gagner en s’appuyant sur la nature plutôt que d’aller contre celle-ci requiert des transformations profondes de perception. Toutefois, un changement progressif s’opère dans les esprits depuis une dizaine d’années, où le concept de SFN s’est disséminé.
Les premières leçons des sites pilotes
Le projet adapto a ainsi permis d’explorer, sur des territoires littoraux à dominante naturelle et agricole, des solutions face à l’érosion et à la submersion marine dans le contexte d’accentuation du changement climatique. Il s’agissait notamment de démontrer la faisabilité et l’intérêt économique et écologique des SFN pour la gestion du trait de côte, à travers une approche pluridisciplinaire.
Le projet a porté sur dix sites expérimentaux, neuf en métropole et un en Guyane, qui ont été choisis pour représenter un panel de cinq types de milieux littoraux différents :
côtes basses et sableuses atlantiques,
côtes basses atlantiques poldérisées,
lidos méditerranéens (un lido est un cordon littoral sableux qui ferme une lagune),
salins méditerranéens
et enfin mangroves.
Sites pilotes du projet adapto. adapto
Ces expérimentations en sont aujourd’hui à des stades différents de maturité. Citons quelques cas représentatifs :
D’abord, un exemple emblématique de reconnexion – remise en contact de terres avec le milieu marin ou estuarien – « ancienne » est celui de l’Île Nouvelle (sur la Garonne) ou encore du polder de Mortagne-sur-Gironde. Ils ont été reconnectés « accidentellement » à l’influence estuarienne et marine par la tempête Martin en 1999. Celle-ci a créé une brèche dans les digues des deux sites et entraîné une incursion marine. Ces digues n’ont pas été reconstruites, reconnectant ainsi ces anciens polders au flux et reflux des marées.
Depuis, de nombreux suivis faunistiques et floristiques d’espèces terrestres et marines ont été menés pour suivre les évolutions après les reconnexions des écosystèmes dans un continuum terre-mer. Plusieurs habitats fonctionnels pour de nombreuses espèces animales, comme les roselières à Mortagne-sur-Gironde, ou les vasières sur l’Île Nouvelle, sont ainsi scrutés de près. Depuis la mise en place d’une gestion souple du site de l’Île Nouvelle, les champs de maïs ont laissé la place à d’importantes et diverses surfaces de zones humides créant une mosaïque de milieux bénéfiques par exemple, pour les populations d’oiseaux*.
D’un point de vue sédimentologique, les suivis montrent aujourd’hui, par exemple à Mortagne-sur-Gironde, des vitesses de sédimentation spectaculaires. Celles-ci contribuent à l’élévation des terres, les rendant moins exposées à la submersion dans le contexte de la remontée du niveau marin.
Plus récemment, au niveau de la baie de Lancieux (Côtes-d’Armor), le polder de Beaussais a vu sa digue de protection disparaître peu à peu suite à des brèches successives. Le choix d’une reconnexion à la mer a été fait. Laisser rentrer l’eau salée dans ces marais rétrolittoraux (c’est-à-dire, en arrière du trait de côte) de façon maîtrisée permet aux espèces végétales de coloniser et s’installer, selon les assemblages de communautés typiques qui caractérisent les prés salés.
En Méditerranée, un exemple éloquent est celui des Vieux-Salins d’Hyères (Var), où la majeure partie des enrochements ont été supprimés. De quoi redonner une dynamique naturelle au système dune-plage situé à l’interface entre la mer et la zone humide. Concrètement, il s’agit de déplacer une zone d’érosion pour éviter, à moyen terme, des intrusions d’eau de mer vers l’intérieur des salins où de l’eau douce est présente. Les suivis, toujours en cours, montrent déjà une zone d’accrétion de cinq à dix mètres sur la zone anciennement exposée à l’érosion, la rendant moins exposée aux aléas.
Par ailleurs, le suivi des « récifs » formés par les herbiers de posidonie présents au droit de cette plage semble montrer que leur répartition spatiale n’est pas impactée par les travaux de désenrochements. Ils jouent bien leur rôle de brise-lame sur les vagues, et stabilisent aussi les plages grâce au dépôt de leurs feuilles mortes dont les amas forment de véritables remparts, aussi appelés “banquettes”, contre l’érosion.
Les herbiers de posidonie forment des récifs naturels qui ralentissent les vagues et protègent les plages. Antoine Barret/Flickr, CC BY-NC-ND
Des essais à transformer
Le projet adapto a ainsi permis des apprentissages précieux et surtout multidisciplinaires (entre géophysique, écologie, sociologie et économie des territoires) pour tous les acteurs des littoraux : collectivités, chercheurs, gestionnaires, usagers…
Grâce à ces retours d’expérience, des actions de reconnexion sont désormais envisagées à plus large échelle ailleurs en France : par exemple sur la baie d’Authie (Hauts de France) mais aussi dans l’estuaire de l’Orne ou encore dans le delta de la Leyre (Gironde).
Malgré leurs succès, ces nouveaux modes de gestion ne sont pas sans susciter des craintes. Leur principal point noir : la perception du temps nécessaire à la mesure des progrès. Les réticences des populations et des gestionnaires à l’égard des SFN résident dans le sentiment de moindre protection qu’elles offrent par rapport aux ouvrages « en dur » et dans le fait que leurs effets bénéfiques ne sont pas toujours immédiats.
C’est la raison pour laquelle l’ensemble des suivis de terrain menés dans le projet adapto, et qui sont pour la grande majorité toujours en cours, sont essentiels. Tant pour comprendre les dynamiques et fonctionnalités des milieux littoraux, que pour montrer aux acteurs locaux d’autres territoires que cela peut fonctionner.
Ces retours d’expériences solides, communiqués le plus largement et pédagogiquement possibles, sont incontournables pour que le recours aux solutions fondées sur la nature puisse se développer.
Différence de température moyenne globale en °C comparé à la moyenne de 1850-1900. En ordonnée, les degrés Celsius, en abscisse les années. Organisation météorologique mondiale, CC BY-NC-ND
Si les deux approches, nature et technologie, seront nécessaires, rien ne sauraient nous dispenser de poursuivre nos efforts de sobriété et de circularité pour éliminer les émissions de gaz à effet de serre à la source.
Éliminer le CO₂ grâce au puits de carbone océanique, une bonne idée ?
La concentration de CO2 dans l’atmosphère est passée de 285 parties par million (ppm) au début de l’ère industrielle (1850) à 417 ppm en 2022. Sans l’existence de ces puits de carbone, elle atteindrait environ 600 ppm.
Ce sont 32 % des émissions anthropiques de CO2 depuis 1850 qui ont déjà été absorbées par les plantes et les sols (appelés ensemble « puits de carbone continental »). Pour les océans, cette proportion s’éleverait à environ 26 % (« puits de carbone océanique »).
Compte tenu de la difficulté à décarboner les activités anthropiques et l’économie mondiale, renforcer ces puits de carbone naturels apparaît indispensable si l’on ne veut pas dépasser les seuils de réchauffement de 1,5 ou 2 °C.
Ces techniques, regroupées sous le terme de « Carbon Dioxide Removal » (CDR), comprennent des approches conventionnelles telles que le reboisement, ainsi que des propositions controversées visant à améliorer le puits de carbone marin (on les appelle « Marine Carbon Dioxide Removal », ou mCDR).
Dans l’océan, une capacité de stockage colossal
Une partie de l’intérêt à renforcer le puits de carbone océanique découle de l’ampleur de ce stock : l’océan contient 38 000 milliards de tonnes (ou gigatonnes, Gt) de carbone, soit 50 fois plus que l’atmosphère et 17 fois plus que le puits de carbone de la biosphère continentale.
Sa capacité de stockage s’explique par le fait que le CO2 absorbé se transforme en deux autres formes inorganiques (les ions bicarbonate (HCO3⁻) et carbonate (CO32⁻) qui représentent ensemble environ 98 % du stock de carbone océanique et n’interagissent pas avec l’atmosphère. Dans les océans, les organismes vivants ne représentent qu’une infime fraction du carbone total (0,01 %).
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Deux propriétés chimiques de l’océan sont essentielles pour comprendre les différentes techniques de mCDR proposées :
La première est sa capacité à stocker le carbone sous forme de carbone inorganique dissous (ou DIC) : c’est la somme des trois formes qui existent dans l’océan (CO2 + HCO3⁻ + CO32⁻).
La seconde est l’alcalinité de l’océan, c’est-à-dire la capacité de l’eau à neutraliser les acides – soit l’équilibre entre les ions capables de céder ou recevoir un proton présents dans l’océan. C’est elle qui explique la répartition du carbone inorganique dissous entre ses trois formes possibles.
La théorie de l’élimination directe du carbone
Les approches qui veulent renforcer les puits de carbone marins se concentrent sur la réduction de la concentration de CO2 dans les eaux de surface, afin d’amplifier le flux de carbone en provenance de l’atmosphère.
Pour y parvenir, il est possible de réduire la concentration de carbone inorganique dissous, par exemple en augmentant la quantité d’organismes marins pratiquant la photosynthèse, comme le phytoplancton ou les macroalgues.
On peut également y parvenir en augmentant l’alcalinité de l’eau de mer. On peut par exemple ajouter de la soude. Au final, cela permettrait d’augmenter la part de carbone inorganique dissoute sous forme de bicarbonate et de carbonate.
En théorie, chacune de ces approches permettrait d’augmenter les quantités de carbone stocké dans les océans :
Soit en augmentant les flux dans les régions océaniques qui absorbent le CO2 atmosphérique (par exemple, l’Atlantique Nord et l’océan Austral),
L’amélioration de l’absorption biologique du carbone inorganique dissous, à travers par exemple la culture d’algues, semble prometteuse. Mais son efficacité varie énormément d’une région à l’autre et ne produit souvent pas les résultats attendus en termes d’élimination du carbone.
Contrairement au puits de carbone continental, où une augmentation de la production primaire nette de carbone entraîne une réduction équivalente du CO2 atmosphérique, ce n’est pas le cas dans les océans.
D’abord parce que le carbone inorganique dissous dans l’eau par des processus biologiques ne réduit pas toujours les concentrations de CO2 dans l’eau.
Et d’autre part parce que la circulation des masses d’eau signifie que les temps de résidence de l’eau de mer de surface sont souvent insuffisants pour maximiser le transfert de CO2 de l’atmosphère vers l’océan.
Dans les simulations globales réalisées, seuls 70 à 80 % du carbone inorganique dissous capturé par d’hypothétiques fermes de macroalgues sont effectivement remplacés par du carbone provenant de l’atmosphère.
Cette part peut même descendre à moins de 60 % lorsque les simulations prennent en compte les nutriments que doivent absorber les algues et les impacts sur le phytoplancton marin naturel, qui contribue également à réduire les concentrations de CO₂ dans la partie supérieure de l’océan.
Surveillance, reporting et vérification : un casse-tête
La plus grande difficulté concernant le recours aux techniques de mCDR réside probablement dans la surveillance, le reporting et la vérification de l’augmentation du stockage de carbone dans l’océan dans le monde réel.
C’est pourtant une condition préalable avant l’attribution de crédits carbone, l’intégration dans les contributions déterminées au niveau national (ou CDN, NDC en anglais, qui représentent les engagements des États dans le cadre de l’accord de Paris, ndlr), ou même l’actualisation des stocks de carbone à l’échelle mondiale.
Ces effets à distance, ainsi que la dissociation entre les flux de CO2 air-mer en surface et le stockage du carbone dans l’océan en profondeur (contrairement à ce qui se produit sur terre) signifient que des réseaux d’observation étendus, des traceurs d’échanges gazeux et des simulations numériques seront probablement nécessaires pour permettre un tel ce suivi.
Même dans ces conditions, tout accroissement du stockage de carbone en mer serait une goutte d’eau dans l’océan, étant donné la quantité de carbone qui y est naturellement présente, et serait donc extrêmement difficile à quantifier.
Et dans la réalité ?
Reste la question : quelle quantité de carbone ces méthodes pourraient-elles extraire de l’atmosphère et quelles pourraient en être les implications ?
L’augmentation de l’alcalinité des océans à l’aide d’un minéral alcalin abondant tel que l’olivine a été estimée, dans le meilleur des cas, à un accroissement du stockage de carbone dans l’océan d’environ un Gt de CO2par Gt d’olivine ajoutée.
Si l’on voulait accroître l’absorption du carbone atmosphérique par les océans de 1 Gt de CO2 par an (ce qui représente une augmentation d’environ 10 % par rapport au puits océanique en 2023), il faudrait donc transporter 1 Gt d’olivine vers les régions océaniques d’intérêts, soit 13 fois le poids de la pêche marine mondiale actuelle !
Compte tenu des émissions humaines actuelles, qui sont de 40 Gt de CO₂ par an, et de la nécessité d’atteindre des émissions nettes nulles au cours des prochaines décennies pour stabiliser le réchauffement à un niveau acceptable, l’élimination du dioxyde de carbone par les techniques de mCDR ne pourra pas se substituer à des réductions drastiques des émissions. Cette élimination pourrait permettre cependant de compenser des émissions résiduelles dans des secteurs difficiles à décarboner.
Petra Nova, projet de capture du carbone conçu pour diminuer les émissions de carbone issues de l’une des chaudières d’une centrale électrique au charbon située au Texas, aux États-Unis. By RM VM – Own work / Wikimedia commons
L’Agence internationale de l’énergie (AIE) est, sur le sujet, formelle : plusieurs solutions existent d’ores et déjà, il convient désormais de les mettre en pratique à grande échelle.
Sans cela, le coût de la tonne de CO2 augmenterait de 70 % au même horizon, estime l’AIE. D’une solution théorique il y a quelques années, cette technologie est devenue l’une des options les plus prometteuses pour combattre le changement climatique. Le principal frein étant son coût élevé.
Mais la technologie suscite de l’intérêt dans le monde entier et en particulier dans les pays émergents. Revenons donc sur l’état de développement des CCUS, leur potentiel mais également les principaux défis à venir.
Technologies and perspectives for achieving carbon neutrality. Wang et al. (2021), The innovation — Volume 2, Issue 4, 28 November 2021
Des technologies coûteuses
Les technologies CCUS sont au centre d’enjeux économiques majeurs. D’une part, l’analyse coût-bénéfice est défavorable en raison d’une tarification carbone encore trop faible. D’autre part, la rentabilité des investissements est incertaine, retenant ainsi les investissements à grande échelle. Enfin, des incertitudes sur les externalités environnementales limitent l’engagement des parties prenantes.
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Ces technologies ont en effet des coûts encore élevés. Moderniser des installations existantes et les doter de capacités CCUS est coûteux en raison de la nature sur mesure de l’intégration technologique requise pour chaque industrie et pour chaque entreprise.
Malgré cela, investir dans ces technologies est jugé crucial pour atteindre les objectifs climatiques à long terme. À mesure que nous nous approchons de 2030 (date à laquelle la plupart des engagements des contributions domestiques déterminées au niveau national doivent être respectés), la nécessité de ces options s’impose.
Courbe des coûts de séquestration du carbone (USD/tCO2) et potentiel de réduction des émissions. Dziejarski et coll. (2023), Fourni par l’auteur
Faisabilité économique
Sur le terrain du financement des CCUS, la dynamique de marché est encore faible. Certes, le financement privé pour les start-up utilisant le CO2 a bondi, atteignant près d’un milliard de dollars dans la dernière décennie. Mais il reste insuffisant pour combler l’écart entre les plans actuels et les niveaux de déploiement requis pour une transition plus véloce vers le net zéro. Le pipeline mondial de CCUS, bien qu’en expansion rapide, est confronté à un déficit important de financement à grande échelle.
La faisabilité économique du CCUS doit tenir compte des coûts technologiques liés à la séparation du CO2, des coûts du transport (compresseurs et pipelines) et à l’injection. Des concentrations élevées de CO2 peuvent en outre poser des problèmes de santé et de sécurité, notamment la corrosion et la dégradation des joints des réservoirs et les impuretés présentes dans le CO2. Une évaluation approfondie de ces facteurs est donc nécessaire pour garantir la faisabilité économique des CCUS.
Pour pallier ces problèmes, des solutions politiques à ces obstacles commencent à émerger, telles que la fiscalité écologique – en particulier aux États-Unis –, la tarification du carbone, les mesures axées sur la demande et l’atténuation des risques.
Des réformes réglementaires nécessaires
Les considérations autour des CCUS sont très influencées par les politiques et les cadres fiscaux. Ces derniers ont un impact sur le niveau et les sources de financement d’investissement disponibles, l’adoption de la technologie et les délais de déploiement.
Le manque de politiques et de réglementations claires et cohérentes qui soutiennent les investissements dans le CCUS constitue un défi persistant. Tout comme l’absence de mécanismes efficaces de tarification du carbone ou d’incitations dans de nombreux pays. Il devient, dans ce contexte, difficile pour les industries de justifier les investissements initiaux importants requis pour établir une infrastructure CCUS à long terme aux échelles nécessaires.
Plusieurs pays ont mis en œuvre des politiques et des incitations pour promouvoir le CCUS, comme le crédit d’impôt américain 45Q, qui offre des incitations financières allant jusqu’à 85 dollars par tonne pour le CO2 stocké en permanence, et 60 dollars par tonne pour le CO2 utilisé pour des activités telles que la récupération assistée du pétrole (EOR) ou à d’autres fins commercialement viables, à condition qu’il existe des preuves établies que les émissions de CO2 soient réduites par les projets bénéficiant d’incitations.
Il existe en effet des risques de fuites lors du transport et du stockage du CO2, susceptibles de polluer les sols et détériorer la qualité de l’eau locale et nuire à la population locale. Ce qui affecterait aussi l’acceptation par le public de la technologie CCUS.
Les pays devraient créer des fonds spéciaux pour le CCUS, introduire des incitations économiques et des politiques fiscales préférentielles et aider les entreprises à réduire les coûts de fonctionnement du CCUS. Sans soutien gouvernemental, les projets actuels peineront à être rentables dont pousseront peu les entreprises à s’y lancer.
Un réel espoir en dépit de nombreux défis ?
Le passage à l’échelle des CCUS se heurte ainsi à plusieurs défis : économiques, politiques et technologiques. En dépit de ces obstacles, plusieurs étapes importantes ont déjà été franchies.
L’ouverture des projets Boundary Dam et Petra Nova en Amérique du Nord a prouvé la viabilité du captage du CO2 à grande échelle sur des centrales électriques alimentées aux combustibles fossiles et connectées au réseau. Les projets d’In Salah (Algérie), de Santos Basin (Brésil), d’Abu Dhabi National Oil Company (EAU), d’Uthmaniyah (Arabie saoudite) et de Jilin (Chine) illustrent que les CCUS sont possibles dans les économies émergentes.
Les estimations montrent que les émissions mondiales de dioxyde de carbone s’élevaient à 40 milliards de tonnes en 2023, dont près de 36,8 milliards de tonnes provenant des combustibles fossiles. Or, depuis 2017, la capacité des installations de CCUS a augmenté d’environ 35 % par an. Cette situation s’est accélérée en 2023 avec une augmentation de 50 % par rapport à 2022. Cela représente la plus forte augmentation depuis le début de la dynamique ascendante en 2018.
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