La conférence sur l’eau, qui s’ouvre ce lundi 13 août à Stockholm, met le changement climatique au centre de ses débats. Les biocarburants et leur impact sur les ressources mondiales en eau sont aussi à l’ordre du jour.
Le changement climatique est au centre de la Semaine mondiale de l’eau qui ouvre ses portes ce lundi 13 août à Stockholm. La conférence, organisée par l’Institut international de l’eau à Stockholm (SIWI), accueille 2.500 experts venus de quelques 140 pays. Ils devraient plancher aussi sur les biocarburants.
Cette 17e conférence annuelle, intitulée « Progrès et perspectives dans le domaine de l’eau : pour un développement durable dans un monde qui change », s’articule autour de conférences et d’ateliers animés par des représentants de gouvernements et d’entreprises, des spécialistes du secteur de l’eau, des membres d’ONG et des responsables des Nations unies.
L’édition française du National Geographic du mois d’août 2007 (n°95) revient sur les lieux de la catastrophe naturelle la plus dévastatrice de l’histoire des Etats-Unis. La Nouvelle-Orléans s’enfonce. Elle doit faire face à la montée du niveau des mers et à des ouragans plus violents avec, pour seule protection, des digues endommagées et des zones humides rétrécies. Pourtant, les habitants reviennent et reconstruisent leurs maisons aux mêmes endroits.
Le site de l’ACIIDD Action Concertée Incitative de recherche : Instituer le Développement Durable est dédié à une opération de recherche en cours, financée par le Ministère de la Recherche en partenariat avec l’INRA et l’IRD, consacrée à « l’institutionnalisation du développement durable ». Il a pour vocation de présenter, outre le programme et l’équipe de chercheurs, les différentes étapes de l’élaboration d’une recherche scientifique en sciences sociales et de son avancement. Il a enfin comme fonction de présenter le colloque international de novembre 2007, Instituer le développement durable ».
Date : 8-9-10 novembre 2007
Lieu : Faculté des Sciences Juridiques, Politiques et Sociale de Lille 2/ Lille (Nord-Pas de Calais, France)
Organisateurs :
– Réseau Développement Durable et Territoires Fragiles (RDDTF)
Centre de recherches administratives, politiques et sociales, Lille 2 (CERAPS)
– Centre National de la Recherche Scientifiques (CNRS)
– Institut d’Etudes Politiques de Lille, Lille 2 (IEP)
– Faculté des Sciences Juridiques, Politiques et Sociales de Lille 2
Etudes et Recherches Economiques Interdiscipliniares de l’Artois, Université de l’Artois (EREIA)
– Institut Fédératif de Recherche sur Les Economies et les Sociétés Industrielles, Lille 3 (IFRESI)
– Centre Lillois d’Études et de Recherches Sociologiques et Économiques, Lille 1 (CLERSE)
– Institut de Recherche sur l’Evolution de l’Environnement Normatif des Activité Transnationales, Lille 2 (IREENAT)
– Institut de Recherche pour le Développement (IRD)
Centre de Recherches sur l’Action Politique en Europe, Rennes 1 (CRAPE-IEP-RENNES1)
L’association ASAP d’Aigues-Mortes ( 30 ) organise le 19 Aout prochain le festival de la Terre de 9h à 23h au stade du Bourgidou : 1ère Journée éco-citoyenne dont Cdurable.info vous communique le programme :
Communiqué de la LIGUE ROCUN GEL que la LIGUE ROC et son président Hubert REEVES espèrent SANS DÉGEL
Il était convenu qu’aucune décision portant atteinte à la biodiversité ne
serait prise avant le Grenelle d’octobre. L’ engagement est tenu.
Le souci de préservation de la biodiversité (dont l’espèce humaine fait
partie) nous avait fait prendre position contre les redoutables effets sur
la nature et la santé publique de cette mine près d’une zone d’intérêt
biologique majeur. Dans un pays où des pluies diluviennes contribuent –
par ruissellement et infiltration – à étendre les pollutions, l’emploi
de cyanure fait courir un risque que des digues ne peuvent contenir. Quant à la revégétalisation promise après exploitation, personne ne peut reconstituer une forêt primaire dans sa complexité incomparable.
Récemment encore Hubert Reeves exposait sa conception d’une Guyane comme la souhaitent beaucoup d’Amérindiens et selon laquelle l’or vert de la forêt est bien plus durablement précieux que le métal jaune.
Les discussions au sein de différents groupes de travail préparatoire au
Grenelle ne vont pas manquer d’aborder le sujet.
La décision finale reste à prendre. Et nous espérons que la Guyane, haut
lieu de la technologie spatiale pourra aussi devenir un haut lieu de la
protection de la nature et des populations autochtones. Leur futur est
lié.
Dans un précédent article, nous annoncions le lancement d’un concours de création avec l’ecosac. Le visuel de l’internaute Max F. a été plébiscité pour illustrer l’ecosac, en vente depuis cet été sur monsieurpoulet.com. L’occasion de revenir sur l’actualité de l’ecosac.
La deuxième conférence internationale sur le tourisme et les changements climatiques se tiendra à Davos (Suisse) du 1 au 3 octobre 2007. Elle est organisée par le Gouvernement suisse en collaboration avec le Programme des Nations Unies pour l’environnement, le World Economic Forum et la Municipalité de Davos.
Cette conférence aura pour but d’évaluer la contribution actuelle et future du tourisme au changement climatique, ainsi que les impacts du changement climatique sur le tourisme, et de proposer les mesures d’atténuation et d’adaptation que le secteur touristique pourrait prendre dans de domaine.
Cette conférence est née en 2003 sous l’impulsion de l’Organisation Mondiale du tourisme. Consciente du problème entre l’interaction entre le tourisme et le réchauffement du climat, celle-ci a convoqué la première Conférence internationale sur le tourisme et le changement climatique à Djerba (Tunisie). À l’issue de cette première édition, la Déclaration de Djerba a abouti et constitue aujourd’hui un document de référence fondamental sur les problèmes inhérents au tourisme et au changement climatique.
L’association Image de ville organise la deuxième édition des Journées du film sur l’environnement du 12 au 16 septembre dans différentes communes du Pays d’Aix (Aix-en-Provence, Pertuis, Venelles, Vitrolles).
Initiées en 2006 autour de la question des énergies, les Journées du film sur l’environnement reprennent le principe de leur première édition : valoriser le film cinématographique comme regard sur l’environnement, en le reliant à l’architecture, la ville et l’aménagement du territoire.
Cette année est consacrée aux questions relatives à l’eau : l’eau aux origines de la vie – mythes et pratiques, comment l’eau façonne les paysages et influence les sociétés ? Comment l’eau dessine la ville ? Les batailles de l’eau – qui contrôle l’eau ? Pendant cinq jours, le cinéma et les rencontres répondront à ces nombreuses interrogations avec une soixantaine de films, des fictions et documentaires, des avant-premières nationales, des rencontres avec des cinéastes et des professionnels de l’environnement, des projections/débats et des soirées festives organisées dans les différentes communes.
Responsable, durable, solidaire, équitable, éthique, écologique, le secteur du tourisme se cherche des brevets de moralité. Pendant cette période de vacances, les médias s’intéressent de plus en plus au tourisme éthique. Mais attention, dans son dernier numéro (n° 450 – juillet / août 2007), Que Choisir publie un dossier sur le tourisme alternatif. Conclusion sans appel : pour avoir la « tourisme attitude », il faut se passer des services d’un tour-opérateur. Vous souhaitez sortir des sentiers battus, découvrir un pays, échanger avec ses habitants, respecter et protéger la nature ? Et surtout, être plus qu’un simple touriste ? Partir en vacances sans mettre votre conscience en vacances ? Nous vous proposons de découvrir la forme de voyage la plus respectueuse et plus proche du développement durable : l’écotourisme solidaire.
“ En ce qui concerne la question écologique, 2007 ne sera pas seulement l’année du grenelle convoqué par M. Nicolas Sarkozy à la rentrée et de la polémique qui l’accompagne. Elle est déjà l’occasion de commémorer un événement qu’on nous présente comme marquant dans l’histoire des politiques environnementales. Il y a tout juste vingt ans, une commission créée par l’Organisation des Nations Unies et baptisée « Commission mondiale sur l’environnement et le développement » publiait le « Rapport Brundtland », du nom de sa présidente norvégienne. Ce document restera connu comme celui qui allait populariser la notion de développement durable.
Quinze ans plus tôt, une association internationale composée de diverses personnalités de la société civile, le « Club de Rome », tirait une sonnette d’alarme qui semblait à l’époque totalement décalée. Alors que les chocs pétroliers n’avaient pas encore marqué la fin des trente glorieuses, ce cercle de réflexion s’adressait aux dirigeants des grandes puissances mondiales pour s’inquiéter de l’impact sur l’environnement d’une croissance effrénée.
Entre les deux, l’expression « développement durable », traduite de l’anglais « sustainable development », verra discrètement le jour dans les années 80. Lorsque la commission Bruntland décide de la reprendre à son compte, elle lui donne la définition suivante : « un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs ». On applaudit. Pour la première fois, on se soucie de transmettre aux prochaines générations suffisamment de ressources pour qu’elles puissent vivre correctement. Et on entérine quasiment aussitôt ce concept, lors de la Conférence des Nations Unies pour l’Environnement et le Développement qui a lieu à Rio en 1992.
Il existe pourtant un léger problème avec la notion de développement durable telle que la formalise le Rapport Bruntland. Comme il n’est pas question pour les rédacteurs de remettre en cause la croissance telle que nous la connaissons, ces derniers posent comme axiome le principe d’une compensation des atteintes à l’environnement par des développements technologiques. La technologie guérira tout pour peu qu’on y mette les moyens. L’essentiel sera donc maintenant de découpler croissance et pollution (dit autrement, peu importe que la pollution augmente si elle augmente moins vite que la croissance)… et de le faire savoir à grand renfort de communication.
Comme chacun le sait, les entreprises s’engouffreront dans la brèche et seront promptes à se repeindre aux couleurs du développement durable à peu de frais. L’électricien EDF, par exemple, puisque le nucléaire permet de limiter les rejets directs de gaz à effet de serre. L’agrochimiste Monsanto, puisque certaines de leurs plantes transgéniques permettent d’éviter des épandages de pesticides… Et les cas similaires se multiplient à l’infini.
Comment une telle supercherie est-elle possible, alors que dans le même temps, tout le monde ou presque s’accorde sur le constat d’une dégradation alarmante de l’environnement ?
Le développement durable est censé s’intéresser aux interactions entre l’économique, le social et l’environnemental pour y rechercher un optimum. Or, les profits de l’économie néolibérale s’engraissent de spéculation sur les marchés financiers, mais aussi d’externalités. C’est-à-dire de la différence entre le coût global et le coût supporté par le producteur. Une paire de chaussure fabriquée en Chine coûtera une somme dérisoire à la multinationale qui la fabrique. Les ouvriers de l’usine sont traités et payés comme on le sait : mal. L’usine rejette des quantités importantes de polluants. L’activité génère des millions de kilomètres de transport. Tout ceci est au final payé par quelqu’un. Puisqu’il ne s’agit pas de la multinationale, il s’agit de la collectivité, qui dépollue ou se protège de la pollution, qui fournit plus ou moins d’aides sociales pour compenser la précarité des salariés, qui soigne les maladies professionnelles…
Une façon sérieuse de traiter le développement durable aurait été de poser la question suivante : comment réintégrer progressivement les externalités dans le coût de production ? Comment faire en sorte que le prix de la tonne de maïs cultivé en intensif contienne le coût social de l’irrigation, de l’épandage de pesticides, du séchage fortement consommateur d’énergies fossiles, etc. ?
La réponse est évidemment complexe, mais une chose est certaine. De tels changements ne pourront jamais s’effectuer en conservant des règles de libre échange qui mettent en concurrence des États aux législations sociales et environnementales totalement disparates. C’est pourquoi le développement durable restera une décoration offerte aux entreprises tant qu’il ne s’attaquera pas à la mondialisation néolibérale. Encourager les bonnes pratiques sur la base du volontariat sans rien changer aux lois du commerce international relève de l’arnaque pure et simple.
Il faudra donc prendre tôt ou tard des décisions éminemment politiques. Il faudra se rappeler qu’elles peuvent être de plusieurs natures : règlementaires, économiques, informationnelles, d’action publique directe… En jouant intelligemment de plusieurs instruments, un État peu tout à fait mettre en œuvre une réelle politique de développement durable. Le cadre réglementaire permet de définir de façon globale un niveau minimum de « performance » sociale et environnementale. Les outils économiques offrent les moyens, à l’intérieur de ce cadre, de favoriser le mieux-disant. Imaginons une liste d’indicateurs socio-environnementaux. Par la réglementation, on leur associe le minimum acceptable auquel chaque activité devra se conformer. Dans un deuxième temps, ils servent d’assiette au calcul d’une taxe, qui peut très bien toucher les activités résidentes de l’État en question (celles qui se déroulent sur son territoire), mais aussi les importations de produits et de services. Enfin, ces mêmes indicateurs peuvent servir de base au calcul des aides publiques aux entreprises qu’il serait enfin temps de conditionner plutôt que d’attribuer les yeux (presque) fermés.
A ce jour, de telles mesures sont évidemment difficiles à concevoir. Mais elles seraient un moyen crédible et efficace pour redonner du sens à cette notion déjà usagée de développement durable. Puisqu’aucun gouvernement ne semble avoir le courage de le faire, ce serait tout à fait le rôle d’une association comme Attac de lancer le débat public sur ces questions.”
Déterminer le caractère « développement durable » d’un projet (d’équipement, d’aménagement, de planification…) n’est pas facile. C’est pourquoi l’ADEME a conçu un outil pratique : le guide de questionnement développement durable.
Pour la troisième année consécutive, le Festival Yankadi battra son plein pendant 4 jours du 9 au 12 août 2007 à Sausset-les-Pins (13).
4 jours pour se rencontrer et faire la fête au rythme des concerts et des spectacles éclectiques et métissés, pour se restaurer avec une cuisine du monde élaborée avec des produits de qualité 100% naturels, biologiques et régionaux, et pour échanger sur les idées et valeurs qui feront notre monde de demain.
Durant ces 4 jours, parallèlement aux 20 concerts, 16 spectacles et aux nombreux stages de danses et percussions d’Afrique de l’ouest qui seront proposés, un Eco-forum sera mis en place pour renforcer la sensibilité aux problématiques environnementales, enrichir les échanges et fédérer autour du projet d’Habitat Ecologique de l’association : la Maison Yankadi au Sénégal que les recettes du Festival financeront en grande partie.
Paris, Capitale de grande taille et département français a un impact considérable en termes de consommations de ressources, de besoins en énergies, d’emploi direct (son administration est forte de ses 47 000 agents) et généré à travers la commande publique et le soutien aux entreprises, de ses nombreux bâtiments et équipements. La question du développement durable se pose donc de manière incontournable. Beaucoup d’actions sont déjà engagées. L’Agenda 21 les mettra en cohérence et les complètera.
Ils ont l’oeil à Rue89.
Diaporama de la visite de travail de Nicolas Sarkozy au Gabon
Le diaporama mis en ligne par l’Elysée après la visite du président Nicolas Sarkozy dans la forêt équatoriale du Gabon a bien amusé le journal en ligne. Comme une photo, légendée par le service de communication de l’Elysée : »Rencontre avec des ONG environnementalistes et présentation d’un plan de développement durable de la forêt ». Seulement il n’y a pas de représentants d’ONG sur la photo… mais Francis Rougier, président de Rougier SA, un baron forestier français qui commercialise 70 espèces de bois tropicaux. « Drôle de militant écolo », commente Rue89.
Biocarburants… Le mot évoque l’image flatteuse d’une énergie renouvelable propre et inépuisable, une confiance dans la technologie et la puissance d’un progrès compatible avec la protection durable de l’environnement. Il permet à l’industrie, aux hommes et femmes politiques, à la Banque mondiale, aux Nations unies et même au Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) de présenter les carburants fabriqués à partir du maïs, de la canne à sucre, du soja et d’autres cultures comme la prochaine étape d’une transition douce, du pic de la production pétrolière à une économie énergétique issue de ressources renouvelables, qui reste encore à définir.
Les programmes sont d’ores et déjà ambitieux. En Europe, il est prévu que ces combustibles issus de la biomasse couvrent 5,75 % des besoins en carburants routiers en 2010 et 20 % en 2020. Les Etats-Unis visent trente-cinq milliards de gallons [1] par an. Ces objectifs dépassent de loin les capacités de production de l’agriculture des pays industrialisés de l’hémisphère Nord. L’Europe serait tenue de mobiliser 70 % de ses terres arables pour tenir son pari ; la totalité des récoltes de maïs et de soja des Etats-Unis devrait être transformée en éthanol et en biodiesel. Une telle conversion mettrait sens dessus dessous le système alimentaire des nations du Nord. Aussi les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) s’intéressent-ils à l’hémisphère Sud pour couvrir leurs besoins.
L’Indonésie et la Malaisie accroissent rapidement leurs plantations de palmiers à huile pour être capables d’approvisionner le marché européen du biodiesel à hauteur de 20 %. Au Brésil – où la superficie de terres arables consacrées aux cultures pour les carburants occupe déjà une portion de territoire de la taille du Royaume-Uni, des Pays-Bas, de la Belgique, et du Luxembourg réunis -, le gouvernement prévoit de multiplier par cinq la superficie consacrée à la canne à sucre. Son objectif est de remplacer 10 % de la consommation mondiale d’essence d’ici à 2025.
La rapidité à laquelle s’opèrent la mobilisation des capitaux et la concentration de pouvoir au sein de l’industrie des agrocarburants est stupéfiante. Sur les trois dernières années, les investissements de capital-risque y ont été multipliés par huit. Les financements privés inondent les institutions publiques de recherche, comme l’atteste le demi-milliard de dollars de subventions accordé par BP (ex-British Petroleum) à l’université de Californie. Les grands groupes pétroliers, céréaliers, automobiles et d’ingénierie génétique passent de puissants accords de partenariat : Archer Daniels Midland Company (ADM) et Monsanto, Chevron et Volkswagen, BP, DuPont et Toyota. Ces multinationales cherchent à concentrer leurs activités de recherche, de production, de transformation et de distribution relatives à nos systèmes alimentaires et d’approvisionnement en carburants.
Raison de plus pour que, avant de prendre le train en marche, les mythes sous-jacents à la transition vers les agrocarburants soient mis en pleine lumière.
1. Les agrocarburants sont propres et protègent l’environnement
Parce que la photosynthèse mise à contribution pour ces cultures soustrait des gaz à effet de serre de l’atmosphère et que les agrocarburants peuvent réduire la consommation d’énergie fossile, on prétend qu’ils protègent l’environnement. Lorsqu’on analyse leur impact « du berceau à la tombe » – du défrichage jusqu’à leur utilisation dans les transports routiers -, les réductions limitées d’émissions de gaz à effet de serre sont annulées par celles beaucoup plus importantes dues à la déforestation, aux incendies, au drainage des zones humides, aux pratiques culturales et aux perte de carbone du sol. Chaque tonne d’huile de palme émet autant, sinon plus, de gaz carbonique que le pétrole [2]. L’éthanol produit à partir de canne à sucre cultivée sur des forêts tropicales défrichées émet moitié plus de gaz à effet de serre que la production et l’utilisation de la quantité équivalente d’essence [3]. Lorsqu’il commente l’équilibre planétaire du carbone, Doug Parr, responsable scientifique en chef de Greenpeace, déclare catégoriquement : « Si l’on produisait seulement 5 % de biocarburants en anéantissant des forêts primaires encore existantes, on perdrait la totalité du gain sur le carbone. »
Les cultures industrielles destinées aux carburants nécessitent des épandages massifs d’engrais produits à partir du pétrole, dont la consommation mondiale – actuellement de 45 millions de tonnes par an – a fait plus que doubler le niveau d’azote biologiquement disponible sur la planète, contribuant ainsi fortement aux émissions d’oxyde nitreux, un gaz à effet de serre dont le potentiel de réchauffement global est trois cents fois plus élevé que celui du CO2 [dioxyde de carbone]. Dans les régions tropicales – d’où la plus grande part des agrocarburants seront bientôt issus -, les engrais chimiques ont dix à cent fois plus d’effet sur le réchauffement planétaire que dans les régions tempérées [4].
Obtenir un litre d’éthanol requiert trois à cinq litres d’eau d’irrigation et produit jusqu’à treize litres d’eau usée. Il faut l’équivalent énergétique de cent treize litres de gaz naturel pour traiter ces eaux usées, ce qui augmente la probabilité qu’elles soient tout simplement relâchées dans l’environnement en polluant les rivières, les fleuves et les nappes phréatiques [5]. L’intensification des cultures énergétiques pour les carburants a aussi pour conséquences d’aggraver le rythme de l’érosion des sols, en particulier dans le cas de la production du soja – 6,5 tonnes par hectare et par an aux Etats Unis ; jusqu’à 12 tonnes au Brésil et en Argentine.
2. Les agrocarburants n’entraînent pas de déforestation
Les promoteurs des agrocarburants soutiennent que les cultures effectuées sur des terres écologiquement dégradées amélioreront l’environnement. Peut-être le gouvernement brésilien avait-il cela en tête quand il a requalifié quelque 200 millions d’hectares de forêts tropicales sèches, prairies et marais, en « terres dégradées » et aptes à la culture [6]. En réalité, il s’agissait d’écosystèmes d’une grande biodiversité dans les régions du Mata Atlántica, du Cerrado et du Pantanal, occupées par des populations indigènes, des paysans pauvres et de grandes exploitations d’élevage extensif de bovins.
L’introduction de cultures destinées aux agrocarburants aura tout simplement pour résultat de repousser ces communautés vers la « frontière agricole » de l’Amazonie, là où les modes dévastateurs de défrichement sont trop bien connus. Le soja fournit déjà 40 % des agrocarburants du Brésil. Selon la National Aeronautics and Space Administration (NASA), plus les prix du soja grimpent, plus s’accélère la destruction de la forêt humide de l’Amazonie – 325 000 hectares par an, au rythme actuel.
En Indonésie, les plantations de palmiers à huile destinés à la production de biodiesel – appelé « diesel de la déforestation » – sont la principale cause du recul de la forêt. Vers 2020, ces surfaces y auront triplé, pour atteindre 16,5 millions d’hectares – l’Angleterre et le Pays de Galle réunis -, avec comme résultat une perte de 98 % du couvert forestier [7]. La Malaisie voisine, premier producteur mondial d’huile de palme, a déjà perdu 87 % de ses forêts tropicales et continue à les défricher à un rythme de 7 % par an.
3. Les agrocarburants permettront le développement rural
Sous les tropiques, 100 hectares dédiés à l’agriculture familiale créent trente-cinq emplois ; les palmiers à huile et la canne à sucre dix, les eucalyptus deux, le soja à peine un demi. Jusqu’à récemment, les agrocarburants desservaient principalement des marchés locaux et sous-régionaux. Même aux Etats-Unis, la plupart des usines de production d’éthanol, de taille relativement modeste, appartenaient aux agriculteurs. Avec le boom actuel, la grande industrie entre dans le jeu, créant des économies d’échelles gigantesques et centralisant l’exploitation.
Les groupes pétroliers, céréaliers, et les producteurs de cultures transgéniques renforcent leur présence sur toute la chaîne de valeur ajoutée des agrocarburants. Cargill et ADM contrôlent 65 % du marché mondial des céréales ; Monsanto et Sygenta dominent le marché des produits génétiquement modifiés. Pour leurs semences, leurs intrants, les services, les transformations et la vente de leurs produits, les paysans cultivant pour les agrocarburants seront de plus en plus dépendants d’une alliance de sociétés fortement organisées. Il est peu probable qu’ils en tirent des bénéfices [8]. Plus vraisemblablement, les petits exploitants agricoles seront expulsés du marché et de leurs terres. Des centaines de milliers ont déjà été déplacés dans la « république du soja », une région de plus de 50 millions d’hectares couvrant le sud du Brésil, le nord de l’Argentine, le Paraguay et l’est de la Bolivie [9].
4. Les agrocarburants ne causeront pas la faim
Selon la Food and Agricultural Organization (FAO), il y a assez de nourriture dans le monde pour alimenter tous les habitants avec une ration journalière de 2 200 calories sous forme de fruits frais et secs, de légumes, de produits laitiers et de viande. Pourtant, parce qu’elles sont pauvres, 824 millions de personnes continuent à souffrir de la faim. Or, la transition qui s’annonce met en concurrence la production alimentaire et celle de carburants dans l’accès à la terre, à l’eau et aux ressources. Un exemple concret en est actuellement donné au Mexique. Ses barrières douanières ayant été démantelées dans le cadre de l’Accord de libre-échange nord-américain (Alena) [10], le Mexique importe désormais 30 % de son maïs des Etats-Unis [11]. La croissante demande d’éthanol dans ce pays a provoqué une énorme pression sur le prix de cette céréale, qui est monté, en février 2007, à son plus haut niveau en dix ans, provoquant une augmentation dramatique du prix de la tortilla – plat de base de la population mexicaine. Confronté aux manifestations de mécontentement d’une population pauvre frappée à l’estomac, le gouvernement de M. Felipe Calderón, au terme d’une réunion avec les transnationales de l’industrialisation et de la distribution, a dû limiter l’augmentation du prix de la tortilla à 40 % jusqu’en août prochain.
Profitant de la conjoncture, le Centre d’études économiques du secteur privé (CEESP) a publié une série d’« études » affirmant que la sortie de crise, pour le Mexique, passe par la production de maïs pour agrocombustibles et que celui-ci « doit être transgénique [12] ».
A l’échelle de la planète, les personnes les plus pauvres dépensent déjà 50 à 80 % de leur revenu familial pour leur alimentation. Elles souffrent quand les prix élevés des cultures pour carburants font monter le prix des aliments. L’International Food Policy Research Institute (Ifpri, Institut international de recherche sur les politiques de l’alimentation) de Washington a estimé que le prix des aliments de base s’accroîtra de 20 % à 33 % en 2010 et de 26 % à 135 % en 2020. Or, chaque fois que le coût de la nourriture augmente de 1 %, 16 millions de personnes tombent dans l’insécurité alimentaire. Si la tendance actuelle continue, 1,2 milliard d’habitants pourraient souffrir chroniquement de la faim en 2025 [13]. Dans ce cas, l’aide alimentaire internationale ne sera probablement pas d’un grand secours, nos surplus agricoles allant… dans nos réservoirs d’essence.
5. Les agrocarburants de « deuxième génération » sont à portée de main
Les promoteurs des agrocarburants aiment à rassurer les sceptiques en affirmant que ces derniers, actuellement produits à partir de cultures vivrières, seront bientôt remplacés par d’autres plus compatibles avec l’environnement, comme des arbres à pousse rapide et le panicum virgatum (graminée dont la touffe de feuillage atteint 1,80 mètre de haut). Cela leur permet de rendre plus acceptables les agrocarburants de première génération.
Savoir quelles cultures seront transformées en carburant n’est pas pertinent. Les plantes sauvages n’auront pas une moindre « empreinte environnementale » car leur commercialisation transformera leur écologie. Cultivées de façon intensive, elles migreront rapidement des haies et des terrains boisés vers les terres arables – avec les conséquences environnementales associées.
L’industrie vise à produire des plantes cellulosiques, génétiquement modifiées – en particulier des arbres à croissance rapide -, qui se décomposeraient facilement pour libérer des sucres. Compte tenu de l’aptitude à la dissémination déjà démontrée des cultures génétiquement modifiées, on peut s’attendre à des contaminations massives.
Toute technologie dont le potentiel permet d’éviter les pires impacts du changement climatique doit être commercialisée à grande échelle dans les cinq à huit ans qui viennent. Perspective très peu probable dans le cas de l’éthanol issu de la cellulose, produit qui, jusqu’à présent, n’a démontré aucune réduction d’émission de carbone [14]. L’industrie des agrocarburants est en train de parier sur des miracles.
L’Agence internationale de l’énergie estime que, dans les vingt-trois ans à venir, le monde pourrait fabriquer jusqu’à 147 millions de tonnes d’agrocarburants [15]. Un tel volume produira beaucoup de carbone, d’oxyde nitreux, d’érosion, et plus de 2 milliards de tonnes d’eaux usées. Aussi étonnant que cela puisse paraître, il ne compensera que l’accroissement annuel de la demande mondiale de pétrole, actuellement évaluée à 136 millions de tonnes par an. Le jeu en vaut-il la chandelle ?
Pour les grandes sociétés céréalières, certainement. Qu’elles s’appellent ADM, Cargill ou Bunge, elles sont les piliers de l’agroalimentaire. elles sont entourées d’une cohorte tout aussi puissante de transformateurs de matières premières et de distributeurs, eux-mêmes associés à des chaînes de supermarchés d’un côté et, de l’autre, aux sociétés de l’agrochimie, des semences et du machinisme agricole. Sur 5 dollars consommés pour la nourriture, 4 dollars correspondent à l’activité de l’ensemble de ces sociétés. Or, depuis un certain temps, la partie production a souffert d’une « involution » : des quantités croissantes d’investissements (intrants chimiques, ingénierie génétique et machinisme) n’ayant pas augmenté les taux de productivité de l’agriculture, le complexe agroalimentaire doit dépenser plus pour récolter moins.
Les agrocarburants sont la réponse parfaite à cette involution. Subventionnés et en phase de croissance alors que le pétrole recule, ils facilitent la concentration entre les mains des acteurs les plus puissants des industries de l’alimentation et de l’énergie.
Malheureusement, la transition vers les agrocarburants souffre d’une tare congénitale. Ceux-ci entrent en compétition avec la nourriture pour les terres, pour l’eau et pour les ressources. Développés à leur extrême, ils seront utilisés pour produire… des agrocarburants. Une proposition pathétique au point de vue thermodynamique. Ils nous obligent à vivre au-dessus de nos moyens. « Renouvelable » ne veut en effet pas dire « sans limites ». Même si les cultures peuvent être replantées, la terre, l’eau et les nutriments demeurent limités.
En fait, l’attractivité de ces biocombustibles réside dans le fait qu’ils pourraient prolonger l’économie fondée sur le pétrole. Avec une estimation de quelque 1 000 milliards de barils de réserves mondiales restantes de pétrole conventionnel, un baril de pétrole à 100 dollars n’est pas loin [16]. Et plus le prix du pétrole sera élevé, plus le prix de revient de l’éthanol pourra s’accroître tout en restant compétitif. C’est d’ailleurs là que réside la contradiction pour les agrocarburants de deuxième génération : au fur et à mesure que le coût des hydrocarbures augmente, les agrocarburants de première génération deviennent plus rentables, décourageant ainsi d’investir dans le développement de ceux qui pourraient leur succéder. Si le pétrole atteint 80 dollars par baril, les producteurs d’éthanol peuvent se permettre de payer au-delà de 5 dollars le boisseau (environ 127 kg) de maïs, le rendant ainsi compétitif y compris vis-à-vis de la canne à sucre. La crise énergétique mondiale est potentiellement un pactole de 80 000 milliards à 100 000 milliards de dollars pour les groupes alimentaires et pétroliers. Pas étonnant que nous ne soyons pas incités à déroger à nos habitudes de « surconsommation ».
La transition vers les agrocarburants n’a rien d’inévitable. Nombre de solutions de remplacement locales menées avec succès sur le terrain, tout en étant efficaces au niveau énergétique et en restant centrées sur les besoins des habitants, sont déjà opérationnelles pour produire de la nourriture et de l’énergie sans menacer l’environnement, ou les moyens d’existence.
Aux Etats-Unis, des dizaines de petites coopératives locales produisent du biodiesel – souvent à partir d’huile végétale recyclée. La majorité des coopératives d’éthanol du Middle West sont – pour le moment – entre les mains des agriculteurs locaux. De même, ceux-ci possèdent près des trois quarts des raffineries d’éthanol du Minnesota, et d’importantes subventions leur ont été attribuées.
Il serait inacceptable pour les pays du nord de déplacer le fardeau de leur surconsommation vers le sud de la planète tout simplement parce que les pays intertropicaux bénéficient de plus de soleil, de pluie et de terres arables.
[6] « Plano Nacional de Agroenergia 2006-2011 », dans Camila Moreno, « Agroenergia X soberania alimentar : a questão agrária do século XXI », Brésil, 2006.
[8] Annie Dufey, « International trade in biofuels : Good for development ? And good for environment ? », International Institute for Environment and Development, Londres, 2006.
[9] Elizabeth Bravo, « Biocombustibles, cutlivos energéticos y soberanía alimentaria en América Latina : encendiendo el debate sobre biocomustibles », Acción Ecólogica, Quito (Equateur), 2006.
[10] L’Alena regroupe le Canada, les Etats-Unis et le Mexique.
[11] Depuis l’entrée en vigueur de l’Alena, l’agriculture mexicaine, qui employait un cinquième de la population, a perdu 1,3 million d’emplois.
[13] C. Ford Runge et Benjamin Senauer, « How biofuels could starve the poor », Foreign Affairs, Londres, mai-juin 2007.
[14] En faire un produit vert et viable n’est pas simplement un problème d’extrapolation de technologies existantes, mais de percées fondamentales dans la physiologie des plantes qui permettraient d’aboutir de manière économique et efficace à décomposer la cellulose, l’hémicellulose et la lignine.
[16] Caroline Lucas (sous la dir. de), « Fuelling a food crisis : The impact of peak oil on food security », groupe des Verts – Alliance libre européenne, Parlement européen, décembre 2006.
Eric Holtz-Giménez
Directeur général du Food First – Institute for Food and Development Policy, Oackland (Etats-Unis).
Le Massif du Sancy (Auvergne) organise, pour sa saison estivale 2007, des rencontres d’exception entre art contemporain et paysages naturels : Horizons – Rencontres Arts Nature. Nées d’une volonté d’allier beauté des paysages aux pratiques artistiques contemporaines, ces rencontres arts nature accueillent, jusqu’au 31 août 2007, dix artistes contemporains sur dix sites du Massif du Sancy pour créer dix oeuvres originales et monumentales.
Événement artistique majeur dans le domaine de l’art in sit u, Horizons est également un événement touristique important pour la région Auvergne et le département du Puy-de-Dôme. Ce territoire nature accueille en effet chaque année plusieurs centaines de milliers
de visiteurs sur ses sentiers de randonnées et sur l’ensemble de ses sites touristiques.
Destinées à un très vaste public, les Rencontres Arts Nature s’adressent à tous : amateurs d’art, néophytes, amoureux de la nature ainsi qu’à tous curieux qui ont envie de croiser leur regard sur la nature avec celui des artistes invités pour ces rencontres inédites. Soucieuses de préserver l’ensemble des sites naturels du territoire, les Rencontres « Arts Nature » ont choisi de présenter les oeuvres des artistes sur des sites peu connus du grand public mais tout aussi remarquables en terme de décor et de paysage que les sites les plus emblématiques du Sancy. L’événement permet ainsi aux visiteurs de découvrir les
merveilles méconnues du Massif, comme la majestueuse cheminée des fées de Saint-Diéry, de mieux répartir l’ensemble des marcheurs sur le territoire et donc de désengorger les sites les plus fréquentés, bien souvent victimes de leur succès.
Engagés également dans des démarches artistiques accès sur des valeurs écologiques, les artistes invités pour Horizons 2007 ont conçu leurs oeuvres de façon à ce qu’elle aient le moins d’impact possible sur l’environnement. Un travail en amont a ainsi été réalisé avec l’équipe du Parc Naturel Régional des Volcans d’Auvergne pour l’installation des oeuvres sur les sites classés ZNIEFF et Natura 2000 du territoire ou encore avec l’INRA de Theix pour la réalisation d’une composition végétale à partir de plantes locales. Aussi, la plupart des pièces créées seront réalisées à partir de matériaux naturels. Celles composées de
matériaux manufacturés, trouvent quant-à elles leur légitimité dans le message qu’elles délivrent.
Ces initiatives prises en faveur de la nature ont séduis la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme et le Parc Naturel Régional des Volcans d’Auvergne qui ont ainsi apporté leur soutien à Horizons 2007.
Dix des plus beaux sites naturels du Sancy accueilleront ainsi, jusqu’au 31 Août 2007, « Voie Lactée » sur le Lac Entraigues à Egliseneuve d’Entraigues, « Pré Vache Clôture » au sommet du Capucin au Mont-Dore, « Le Cratère : dans la carrière, face au château, l’abîme du temps » à la carrière de Rabachot à Murol, « Iceberg» sur le Lac Chambon à Chambonsur-Lac, « Les joueurs de flûtes » sur le site de La Cheminée des Fées à Saint-Diéry, « La ligne Verte » le Long de la Dordogne à La Bourboule, « Flow Line » au sommet du Puy du
Chambourguet à Super Besse, « À ciel ouvert » au Puy de Charreire à Picherande, « L’orgue éolien du Sancy » sur les hauteurs de la Banne d’Ordanche à Murat–le-Quaire et enfin « Rue de l’Infinité » dans un pré d’estive de la station Chastreix -Sancy.
A l’heure actuelle, les Etats-Unis sont responsables de 25% des émissions de dioxyde de carbone (CO2) dans le monde. L’administration Bush a cependant toujours refusé de réduire les émissions de gaz à effet de serre des Etats-Unis, arguant qu’une politique de quotas assombrirait les perspectives de croissance de l’industrie américaine. Mais comme il l’avait promis au G-8, le président américain George W. Bush a invité, vendredi dernier, les représentants des grands pays industrialisés et émergents à un sommet sur le changement climatique en septembre au même moment où les Nations unies organiseront une réunion similaire.
Cette conférence ambitionne de négocier une suite au protocole de Kyoto, qui ne court que jusqu’en 2012. « Les Etats-Unis s’engagent à collaborer avec d’autres grandes puissances pour contribuer de manière précise à un nouveau cadre mondial d’ici à la fin 2008 », afin de participer à un accord international dans le cadre de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) d’ici à 2009, écrit M. Bush. Pressé par la communauté internationale d’agir dans le dossier climatique, M. Bush avait appelé de ses voeux en mai une grande rencontre pour discuter des moyens de réduire les émissions de gaz à effet de serre et de promouvoir les énergies renouvelables sans pour autant freiner la croissance économique.
La conférence sera organisée les 27 et 28 septembre et animée par la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice. Sont invités des représentants des quinze pays considérés comme étant les plus gros pollueurs : la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne, l’Italie, la Russie, le Brésil, le Mexique, le Canada, l’Australie, l’Afrique du Sud, la Chine, l’Inde, le Japon, la Corée du Sud et l’Indonésie, ainsi que des membres de la Commission européenne et des Nations unies.
Washington n’avait pas ratifié ce protocole qui date de 1997 et qui fournit un cadre de réduction des émissions de 35 pays industrialisés, dont sont exempts les pays émergents comme l’Inde, le Brésil et la Chine, deuxième pollueur derrière les Etats-Unis.
Le secrétaire général de l’ONU a déclaré de son côté qu’il souhaiterait que les travaux débutent pour trouver un accord global de réduction des émissions, perspective soutenue par une centaine de pays qui ont participé à la première réunion de l’Assemblée générale sur le changement climatique cette semaine. M. Ban Ki-moon a annoncé la tenue d’une réunion de haut niveau la veille de la session annuelle de l’Assemblée générale, soit le 24 septembre, la même semaine où M. Bush souhaite organiser sa conférence.
Les vraies raisons de cette conférenceBush s’occupe des générations futures
Devant l’inertie de l’administration Bush et l’urgence écologique, certains Etats américains convaincus du bien-fondé de Kyoto ont déjà pris les devants. La Californie s’est ainsi engagée à respecter les objectifs internationaux de réduction de gaz à effet de serre d’ici à 2050. Toujours en Californie, la loi Pavley impose désormais aux fabricants automobiles de commercialiser à partir de 2009 une flotte qui émettra 22% de carbone et autres gaz à effet de serre en moins d’ici à l’horizon 2012 et 30% de moins en 2016. Une mesure qui a depuis été adoptée par dix autres Etats américains.
En avril, confronté aux pressions d’une douzaine d’Etats, de grandes villes et d’associations de défense de l’environnement qui avaient saisi la Cour Suprême, George W. Bush avait fini par assurer qu’il prenait « ce problème très au sérieux » et par reconnaître l’impact de l’action humaine sur l’effet de serre. Le mois suivant, il promettait d’organiser des réunions avec les principaux pollueurs de la planète afin de parvenir, à la fin 2008, à un consensus sur un objectif de réduction des émissions de CO2 d’ici 2050.
En juin, il déclarait vouloir « travailler avec » le G8 « à un accord post-Kyoto » sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre… tout en excluant un accord chiffré de réduction des émissions.
Au delà de la pression internationale qu’il semble ignorer depuis l’an 2000, Monsieur Georges Bush doit désormais composer avec les nombreuses voix qui s’élèvent en faveur d’un engagement immédiat des Etats Unis pour « lutter contre le changement climatique » : de Arnold Schwarzenegger qui veut faire de la Californie un état exemplaire au Concert Live Earth du 07.07.07 sur tous les continents, en passant par l’engagement de Léonardo Di Caprio dans la lignée de celle d’Al Gore …
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