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Questions Cdurable à Paul de Préville, cofondateur d’ENSOL

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Dans un contexte où la transition énergétique devient une priorité nationale et alors que l’été confirme des températures record annoncées, ENSOL nous partage l’expérience de particuliers ayant fait le choix de l’énergie solaire et d‘autres ayant été victimes de pratiques frauduleuses. Paul de Préville, cofondateur d’ENSOL, a accepté de répondre aux neufs questions essentielles pour Cdurable.

En plein essor, l’installation de panneaux solaires dédiés à l’autoconsommation permet de réaliser d’importantes économies d’électricité et ainsi de rentabiliser l’investissement de départ, quel que soit le lieu d’habitation.

ENSOL est une jeune startup varoise, spécialisée dans l’installation de panneaux photovoltaïques et la gestion de l’autoconsommation. Acteur de l’énergie solaire en région PACA, avec plus de 230 clients satisfaits, l’approche de l’entreprise est centrée sur l’accompagnement personnalisé avec une réponse aux attentes et aux interrogations liées à l’adoption de cette technologie verte.

Votre maison déborde d’énergie : Ensol vous accompagne vers la maison de demain grâce à des équipements énergétiques et des solutions pour un habitat plus écologique, économe et confortable.

À travers ces témoignages, ENSOL souhaite partager les expériences variées de ses clients, qui démontrent comment des citoyens ordinaires peuvent devenir acteurs du changement énergétique tout en réalisant de belles économies.

  • Raymond (06) a installé 32 panneaux d’une puissance totale de 13,6 kWc ainsi qu’une batterie de 10 kWh. Alors que sa production solaire a couvert 100% de sa consommation, il n’a donc pas payé de facture d’électricité représentant une économie de 179 euros1 pour le mois de juillet. Depuis l’installation de ses panneaux, Raymond a économisé en moyenne 240 euros par mois.
  • Dans le cas de Muriel, habitante du Var (83), ses 12 panneaux lui ont permis de générer 601kWh de production solaire. En consommant 615 kWh au mois de juillet, Muriel aurait payé – sans l’installation de panneaux – 141 euros de facture d’électricité. Grâce à son autoconsommation, elle a réduit ce coût de 95 euros. La revente de son électricité lui rapportera 24 euros supplémentaires. Ainsi, sa consommation lui revient à 22 euros. En moyenne, Muriel réalise chaque mois 72% d’économie soit 132 euros.
  • Gari (32 ans, Aix-en-Provence) est un jeune propriétaire qui a installé des panneaux (3 kWc), et une borne de recharge pour véhicule électrique pour une maison plus durable. Grâce à ces équipements, Gari bénéficie d’une réduction de 80% sur sa facture d’électricité avec une autonomie énergétique quasi-totale.
  • Raphaël (68 ans, La Barben) a installé 10 panneaux solaires (3 kWc) pour maîtriser ses coûts. Engagé pour un avenir plus durable, Raphael réalise 60% de réduction sur sa consommation d’énergie.

Par ailleurs, ENSOL alerte sur l’émergence des éco délinquants qui compromettent la confiance des consommateurs et qui entrave l’adoption de l’énergie solaire en France :

  1. Installations non‐réglementaires et fraudes sur la qualification RGE 
  2. Ciblage malveillant et abus de faiblesse
  3. Offres de panneaux solaires à prix dérisoires
  4. Promesses d’autonomie électrique totale irréalistes
Témoignage client Ensol – Installation solaire (Xavier)

Questions Cdurable
ou c’est pas durable !?

Au delà des communiqués, qui ne présentent souvent que le « meilleur », et du développement durable, qui ne fait que tenter de réduire les impacts négatifs de sa croissance volumique, nous nous intéressons aujourd’hui, 20 ans après la création de Cdurable.info, aux questions essentielles. Alors Cdurable ou pas ? 9 questions qui nous invitent à Comprendre pourquoi Agir & Coopérer avec le vivant, Cdurable !

Paul de Préville, cofondateur d’ENSOL a accepté de répondre aux neufs questions Cdurable, essentielles comme les neufs besoins fondamentaux des êtres vivants dont les humains que nous sommes …

1 – Quelle est la nature de ma relation avec le vivant ?

La relation avec le vivant est au cœur de notre engagement et de notre mission puisque nous nous servons de la nature pour nous alimenter en énergie : faisons-le de la manière la plus responsable possible ! La nature et la biodiversité sont des partenaires avec lesquels nous devons coexister de manière respectueuse et durable.

2 – Quels sont mes besoins et choix d’alimentation ?

J’ai besoin d’expériences et de moments avec ma famille/amis et non des rêves matériels.

J’essaie de limiter ma consommation de viande.

3 – Quel est mon type d’habitat actuel et idéal ?

Mon habitat idéal est une maison individuelle autonome et passive. Des panneaux pour produire de l’énergie durable et gratuite en journée, une batterie pour l’utiliser le soir et une PAC pour chauffer/climatiser.

4 – Quelle activité physique favorise mon bien-être et ma santé ?

La course à pied, la boxe, le rugby, le foot et le tennis.
Me déplacer en vélo.

5 – Quels savoirs m’ont permis de comprendre comment agir ?

La première fois que j’ai vu concrètement que des panneaux solaires et des batteries permettaient à un particulier de devenir quasiment autonome du réseau. J’ai également compris que c’était bon pour la planète et pour notre portefeuille.
J’ai été convaincu à 250% que la maison du futur allait être la norme demain avec cette production d’énergie solaire et locale. Nous allons certainement assister à un changement de paradigme important avec la décentralisation de la production d’énergie et l’autonomie des foyers.

6 – Quel est le sens que je donne à mon travail ?

J’ai pour ambition de démarrer une véritable révolution solaire en France en changeant la façon dont les foyers consomment et produisent leur énergie (qui doit aussi s’électrifier). C’est une mission extrêmement motivante et valorisante.
J’apporte ma pierre à l’édifice pour notre transition énergétique avec Ensol.

7 – Quelle énergie j’utilise pour mes usages et besoins ?

Forcément de l’électricité solaire que nous utilisons dans nos bureaux du sud !

8 – Quelle est mon implication personnelle pour l’intérêt général ?

Nous créons la Ensol Academy pour accompagner la reconversion professionnelle en tant que technicien dans le solaire. 

9 – Quels sont mes liens de coopération et ma participation au bien commun ?

Nous avons créé la Suntech, un lieu et un réseau d’entraide pour développer les initiatives promouvant l’énergie solaire en France.

10 – Carte blanche : quel est le message essentiel que vous souhaitez faire passer à nos visiteurs ?

La transition énergétique est l’enjeu de la décennie, les foyers ont un rôle clé en tant que deuxième consommateur d’énergie en France.
Conscientiser la manière dont vous consommez votre énergie, réfléchir à comment électrifier et décarboner cette énergie et adapter vos habitudes pour maximiser vos économies d’énergie est un pas immense pour notre transition.

  1. Sur la base d’un tarif d’achat de 0.23€/kWh et de vente de 0.13€/kWh. ↩︎

On ne respire pas sans l’océan

A quelques semaines du lancement de l’année de l’Océan en France, Wings of the Ocean, association française de préservation de l’océan donne de la voix à ce plus vaste écosystème de la planète dans sa dernière campagne. L’objectif ? Transmettre au plus grand nombre l’importance de la bonne santé de l’océan, enjeu vital pour l’équilibre du vivant.

L’océan, poumon bleu de la planète

L’océan absorbe les gaz à effets de serre et libère l’oxygène que nous respirons grâce à son rôle de puits de carbone. Les puits de carbone sont des écosystèmes qui captent et stockent le CO2 de l’atmosphère. Parmi eux notamment, les forêts, les sols et les océans. Ces puits de carbone Communiqué de presse – On ne respire pas sans l’océan

participent au maintien de l’équilibre du vivant. En lien direct avec le climat et nos écosystèmes, ils limitent et retardent le réchauffement de la planète.

L’océan est le puits de carbone qui a la plus grande capacité de stockage de carbone. Selon le CNRS, l’océan séquestre près de 30 % du CO2 émis par les activités humaines. Il contiendrait 50 fois plus de carbone que l’atmosphère. Par sa grande capacité d’absorption et de stockage, l’océan pourrait accompagner les efforts de réduction de nos émissions de GES préconisées par le GIEC, afin que la température ne dépasse pas les 1,5°C. Protéger l’océan, c’est préserver l’équilibre de notre planète et agir pour un futur durable.

Un enjeu vital pour tous

Nous sommes toutes et tous concernés par la bonne santé de l’océan, et c’est tout l’enjeu de cette campagne de communication signée par l’association française de protection de l’océan Wings of the Ocean. Que nous soyons habitants du littoral ou citadins, l’air que nous respirons provient majoritairement de l’océan puisque ce dernier produit entre 50% et 75% de notre oxygène, selon les sources et zones géographiques. Nos activités humaines ont un impact direct sur les grands équilibres de notre planète.

Cette campagne d’affichage, disponible dans 1 000 espaces proposés par JC Decaux en France jusqu’au mercredi 28 août, a vocation à sensibiliser le plus grand nombre au caractère précieux de l’océan. Illustrant l’océan en bonne santé comme élément qui permette de respirer à travers l’image de la bouteille de plongée, le regard droit et inquiet du modèle retient l’attention du passant.

À PROPOS DE L’ASSOCIATION WINGS OF THE OCEAN

Créée en 2018, Wings of the Ocean est une association française qui agit en faveur de la protection de l’océan, à travers le ramassage de déchets et des actions de sensibilisation auprès du grand public, des enfants, des entreprises et des élus locaux. Ces actions ont vocation à protéger la biodiversité marine et l’écosystème naturel des littoraux. L’association mène ainsi des actions de collecte de déchets et de sensibilisation en France.

Depuis sa création, l’association a mené plus de 1 107 actions de ramassage, collecté plus de 135 tonnes de déchets et accueilli plus de 900 bénévoles. Wings of the Ocean encourage et accompagne les initiatives d’alternatives de consommation plastique.

Et si les écolieux étaient la fabrique de l’avenir ?

À 21 ans, Théo Hareng a mis ses études en pause pour réaliser un tour de France en auto-stop et sans argent à la rencontre d’initiatives écologiques et solidaires. Un voyage de 6 300 km au cours duquel il a rencontré de nombreux projets inspirants pour bâtir une société durable. Au programme : la ferme du Bec-Hellouin, la Frênaie, la Bascule Argoat, etc. Pour chaque destination, il présente son fonctionnement et ses enjeux, relate les expériences qu’il y a vécues et rend compte des réflexions qu’il a menées. Un récit de vie qui condense des propositions et actions, et qui suscite curiosité, espoir et joie !

Théo Hareng : Je suis passionné par les voyages alternatifs. Depuis 2019, je parcours les routes de France en stop et à vélo. Les rencontres de personnes aux pensées variées nourrissent mon imaginaire. « Le mouvement est source d’optimisme et d’opportunité », est une phrase qui me colle aux baskets. J’ai troqué mon master en écologie avec le master de Théo : rencontre de ceux qui s’engagent pour donner au monde un élan positif, écriture du livre « A’venir dans vos mains » 🌱

Je fais partie de la génération Z qui sait que son avenir est en jeu.

Après les Z, ce seront les Alpha. L’alphabet grec reprend. Nous revenons au commencement, aux fondamentaux. Tout pousse à dire que les Z sont précurseurs d’un nouveau départ.

Nous bouleversons les codes, à l’instar de ces étudiants d’AgroParis Tech qui dénoncent des formations qui participent « aux ravages environnementaux et sociaux en cours ». Dans un discours mémorable, ils ont appelé leurs camarades de promotion à rejoindre des luttes écologiques ou paysannes, à s’installer en groupements agricoles ou à s’impliquer sur des zones à défendre plutôt que d’accepter un de « ces jobs destructeurs » pour lesquels ils sont formés.

Nous sommes des milliers chaque année a être destinés a de grandes études, des milliers à réaliser que cette voie pour « réussir sa vie » nous mène vers l’échec personnel et collectif et en conséquence, des milliers à choisir des modes de vie en rupture avec les injonctions sociétales.

Les mentalités changent. Des initiatives, qui conduisent à une métamorphose profonde de notre société, se développent et prouvent leur efficacité, notamment les nouveaux systèmes agricoles qui intègrent pleinement la faune et la flore.

Les lieux de « vivre ensemble », modèles d’égalité sociale et de respect environnemental, essaiment un peu partout. De nombreuses actions citoyennes tentent de faire barrage aux intentions expansives et climaticides des multinationales.

Pour continuer à vivre, nous devons inverser la tendance. « Sois le changement que tu veux voir dans le monde », disait Gandhi. La balle est dans notre camp. Autrement, qui le fera pour nous ?

J’en suis conscient depuis des années. Aussi, chaque geste de ma vie est réfléchi pour limiter les conséquences négatives de ma présence sur Terre. Pour autant, j’ai le sentiment que ce n’est plus suffisant, je stagne.

Cette certitude me pousse à passer à l’étape supérieure, je dois voir plus grand et collectivement. le décide de partir à la rencontre d’initiatives écologiques et solidaires, de me rendre sur ces lieux qui composent avec le vivant et de dialoguer avec les personnages qui les font vivre. Je ne doute pas que cela me permettra d’évoluer.

Au moment où naît ce désir de me lancer à la recherche des clés du changement, je suis en fac de biologie, écologie et développement durable. Je ne me vois pas interrompre mes études. Il me faudra trois ans pour mettre en œuvre ce projet, pendant lesquels je me documente sur le monde alternatif : agroécologie, écoconstruction, militantisme, spiritualité, vie en collectif.

Les livres, revues, films, vidéos et cartes représentent une source inépuisable d’inspiration. J’y rencontre virtuellement mes futures destinations. Cela entretient ma volonté d’entreprendre ce voyage autour de la France.

Licence en poche en juin 2021, je ne peux plus attendre pour vivre cette aventure. Une année de césure m’est accordée avant mon master. Je suis prêt pour le FReecolo Tour !

Mais où aller ? Comment ? Pourquoi ? Avec quel argent ?

J’ai recensé approximativement trois cents initiatives qui correspondent à mes critères de recherche et surtout à ma philosophie. Bien trop pour une année. Après quelques échanges par téléphone et mail, la liste s’est affinée. il m’en reste cinquante. À chaque réponse positive, je m’empresse de positionner une petite punaise sur la grande carte installée dans ma chambre. De quoi en rêver toutes les nuits !

Cette représentation spatiale des lieux m’est très utile pour m’organiser. Spatiale oui, mais pas temporelle. Comment la consulter et la mettre à jour lorsque je serai sur la route ? Bingo, le mouvement des Colibris‘ et le Permacooltour ont déjà conçu une openstreetmap : une carte disponible sur Internet à tout moment ou presque par toute personne intéressée. Je m’attelle à faire ma propre carte sur le même principe. Quelques clics et plusieurs journées de labeur me suffisent pour l’élaborer et rendre le tout esthétique.

Le Permacooltour
En chemin vers l’autonomie et la résilience !

Je rentre les coordonnées des lieux, je définis partiellement mon programme avec les mois de passage dans certaines régions en fonction du nombre d’alternatives. Cette disposition laisse ouverte la possibilité d’ajouter en chemin de nouvelles adresses dénichées grâce au bouche-à-oreille.

Sommaire

Je préviendrai chaque destination deux ou trois semaines avant mon arrivée. On ne peut pas débarquer comme ça à l’improviste !

A’venir dans nos mains

Théo Hareng est « éco-aventurier » : il voyage de façon alternative, en France, pour nourrir son engagement en faveur d’un monde durable. Il est aussi engagé aux côtés de l’association Kokopelli, pour militer en faveur d’une autonomie paysanne et d’une alimentation saine et durable.

Préface de Patrick Baronnet, fondateur de la Maison Autonome, qui promeut l’autosuffisance écologique par des solutions innovantes et durables pour l’habitat.

Un récit initiatique, remède contre l’éco-anxiété et porteur d’espérance pour la génération Z

Qui est Terre vivante ?

Terre vivante est une entreprise coopérative (SCOP) engagée au service de l’écologie depuis près de 40 ans. Nous sommes 30 salariés, qui partageons savoir-faire et conseils pratiques pour faire avancer l’écologie au quotidien. Nous les transmettons grâce à nos livres, notre magazine de jardinage Les 4 Saisons et notre Centre écologique.
Loin de l’agitation urbaine, au cœur du Trièves, se niche un lieu enchanteur. Des jardins bio foisonnants et pleins de vie, des expositions en plein air, un parcours en forêt, des aires de jeux, une terrasse panoramique…
Le Centre Terre vivante accueille, petits et grands, pour faire découvrir, approfondir et étonner.

Quel acteur du changement pouvez-vous et voulez-vous être ? 

Face au dépassement des limites planétaires et à la possibilité d’effondrement civilisationnel à court terme (1), de nombreuses personnes se demandent comment agir efficacement. C’est une question d’organisation et non technique. La technique n’est, au mieux, qu’un pansement pour s’attaquer à un symptôme du problème (2). S’il est avant tout question de sobriété, l’humanité a besoin d’un véritable changement de paradigme. Synthèse d’une présentation d’Arthur Keller, ingénieur en traitement de l’information, par Synthèse par Arnaud Perrin – Expert en Gestion de projets, qualité, sûreté de fonctionnement et maîtrise des risques.

D’un côté, les « petits gestes » du quotidien sont mis en avant (en particulier pour le climat ou les déchets), malgré les injonctions contradictoires venant de la publicité. D’un autre côté, ce serait aux entreprises, États et institutions d’agir, malgré une concurrence toujours plus forte, dans une société mondialisée guidée par la croissance économique. En réalité, l’humanité a besoin d’un véritable changement de paradigme, où toutes les entités doivent être impliquées tôt ou tard (populations, entreprises, États, institutions).

Un double objectif à atteindre

  • Plan A : quitter la boussole de la croissance économique (et donc la croissance des flux, des extractions et des déchets), pour une société post-croissante (après une phase décroissante accompagnée d’une justice sociale). Objectif utopique ?…
  • Préparer un plan B au cas où le plan A ne fonctionnerait pas. Pour cela, il s’agit de créer des résiliences territoriales et des systèmes socio-écologiques face aux risques systémiques déjà évoqués (3).

Pour opérer le changement vers ce double objectif, plusieurs catégories d’acteurs sont nécessaires : des penseurs, des faiseurs, des inspirateurs, des organisateurs et des facilitateurs

Illustration par Arthur Keller

quel acteur du changement pouvez-vous et voulez-vous être ?

Chacun d’entre nous doit pouvoir se situer dans une ou plusieurs de ces catégories :

Nous pouvons commencer à agir en nous posant la question de notre rôle, par notre activité professionnelle, nos placements financiers, nos modes de vie, nos relations, etc. Nous pouvons par exemple bifurquer professionnellement vers un métier en phase avec nos valeurs, changer de banque, faire des dons à des ONG socio-environnementales, vivre sobrement, informer nos proches sur les enjeux, etc. Ces premiers leviers peuvent nous aider à trouver la place qui nous correspond.

Le hashtag#changement peut également provenir d’un soulèvement populaire massif, comme le déclare Camille Etienne (4). L’activisme dans les causes socio-écologiques permet une prise de conscience du peuple, pouvant ensuite faire pression sur les plus hautes institutions. Le changement sociétal prend nécessairement racine en bas, au niveau du peuple. L’ordre établi peut basculer à partir d’un % de population qui se soulève.

Comment mobiliser ?

Comme le signale Arthur Keller dans ses dernières conférences (5), certains clichés circulent :

  • « Il faudrait que les récits soient positifs« . En réalité, pour mobiliser il faut être inspirant. Des choses déjà ressenties, pour de bonnes ou mauvaises raisons, sont plus inspirantes que du positif non vécu.
  • « Il faudrait créer du désir« . Mais le désir n’étant pas universel, l’ensemble du public ne pourra pas être réceptif. Il faut développer de l’inter-culturel pour éviter l’entre-soi.
  • « Il faudrait qu’il y ait de l’espoir« . Donner de l’espoir = promesses de politiciens. L’espoir doit être lucide. Et pour cela, il faut avoir réellement compris notre problème civilisationnel. Il faut aussi que la population puisse se projeter.
  • « Il faudrait éviter de faire peur« . La peur ne paralyse pas mais mobilise (6). Elle est indispensable, mais insuffisante : seule, elle est catastrophique car source de folies. La peur doit être rationnelle, réfléchie. Donner aux gens l’occasion d’exprimer leur colère ou leur frustration dans des projets constructifs, vecteurs de sens, est très mobilisateur.
  • « Il faudrait éviter le conflit« . Si on ne dérange personne, c’est qu’on ne change pas grand-chose. Nous avons besoin de remises en question profondes, et cela peut déranger et créer du conflit, les conflits pouvant être constructifs.
https://www.youtube.com/@arthur-keller

Notes et liens :

(1) Les limites planétaires (2022) : https://www.linkedin.com/posts/arnaud-perrin-a20b4a50_climat-biodiversitaez-ocaezans-activity-6958197918549856256-qMUq / mise à jour (Arthur Keller, 2023) : https://www.linkedin.com/posts/kellerarthur_vous-reprendrez-bien-un-peu-de-limites-activity-7108025866374258688-elA7

(2) Le piège du techno-solutionnisme, François Jarrige pour Metabolism of Cities (Aristide Athanassiadis) : https://www.linkedin.com/posts/arnaud-perrin-a20b4a50_5g-ia-a69-le-pi%C3%A8ge-du-techno-solutionnisme-activity-7181556233949085696-XBPv

(3) La résilience territoriale adaptée aux systèmes socio-écologiques (2023) : https://www.linkedin.com/posts/arnaud-perrin-a20b4a50_raezsilience-activity-7135978714227429376-3lf2

(4) Interviews de Camille Etienne : pour Brut. https://www.youtube.com/watch?v=CYx7L_VZwS8 et pour Metabolism of Cities (Aristide Athanassiadis) https://www.youtube.com/watch?v=l5uKmxIeGhI (en particulier les luttes : à partir de 29:35)

(5) Conférence d’Arthur Keller à l’Université de Technologie de Troyes (2024) : https://www.youtube.com/watch?v=ecJD3rTtaDs (démarrer à 14 min)

(6) Voir l’étude « Appealing To Fear: A Meta-Analysis of Fear Appeal Effectiveness and Theories » (2015)

La pollution de l’air : le méchant invisible qui attaque vos poumons

Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi les crises d’asthme semblaient plus fréquentes certains jours ? La réponse pourrait se trouver dans l’air que vous respirez. La pollution atmosphérique, invisible mais omniprésente, joue un rôle majeur dans l’aggravation de l’asthme et peut même contribuer à son développement.

« Les asthmatiques doivent se méfier de la pollution de l’air » selon le Programme des Nations Unies pour l’Environnement

L’impact de la pollution sur l’asthme

Un beau matin vous vous réveillez en toussant, le souffle court. Premier réflexe vous ouvrez la fenêtre. Et, pas de doute l’air que vous respirez n’est pas celui des montagnes alpines. La pollution de l’air pourrait être le coupable caché derrière vos problèmes respiratoires. Oui, oui, même si vous ne voyez pas cet ennemi invisible, il est là, tapi dans vos poumons. Un pic de pollution et voilà votre asthme qui s’aggrave. Le lien entre pollution et asthme est de plus en plus mis en évidence par les recherches conduites dans les instituts médicaux.

On parle souvent de l’asthme comme d’une maladie mystérieuse, mais en réalité, il y a un suspect numéro un : la pollution de l’air. Des grandes villes aux campagnes il joue les trouble-fêtes avec nos poumons. Lorsque l’on sait qu’au cours d’une forte crise d’asthme, les bronches s’épaississent au point d’empêcher le passage de l’air, mieux vaut inhaler au plus vite quelques bouffées d’une suspension qui agit en dilatant la contraction des muscles des voies respiratoires. Les inhalateurs sont des dispositifs médicaux indispensables dans la prise en charge de l’asthme et la prévention de l’exacerbation des symptômes.

Plus de trois millions de personnes souffrent de l’asthme aujourd’hui en France • © DIDIER PALLAGES / AFP
La pollution de l’air pourrait contribuer au développement de l’asthme, selon une étude de l’hôpital de Besançon

Comment la pollution de l’air déclenche-t-elle l’asthme ?

La pollution de l’air est un mélange complexe de gaz et de particules émis dans l’air par diverses sources, notamment les véhicules, les centrales électriques, les installations industrielles mais aussi l’agriculture ou même des phénomènes naturels comme les pollens. Ces polluants peuvent irriter les voies respiratoires, entraînant une inflammation et un rétrécissement des bronches. Au fil du temps, une exposition répétée peut sensibiliser les poumons, les rendant plus réactifs aux déclencheurs et augmentant le risque de développer de l’asthme.

Selon une étude de l’Institut Pasteur de Lille, on estime que « près de 7 millions de décès sont associés à la pollution de l’air extérieur et intérieur, soit environ 12 % de l’ensemble de décès mondiaux ». Plus affligeant encore, d’après l’OMS « 90% de la population urbaine ne respire pas un air sain » avec une conséquence directe sur notre santé respiratoire.

L’air, carburant de notre corps – Institut Pasteur Lille

Les niveaux élevés de polluants ont tendance à aggraver les symptômes, entraînant des difficultés respiratoires, des sifflements et une oppression thoracique. Les bronchodilatateurs à action rapide, comme les sprays Airomir ou Ventoline, tous deux à base de salbutamol, ou Combivent, contenant à la fois du salbutamol et de l’ipratropium, peuvent sauver des vies en soulageant rapidement les symptômes. Utilisés correctement, les risques d’effets secondaires sont réduits, car la majeure partie du médicament inhalé atteint les poumons. Les effets secondaires d’Airomir, de Ventoline ou d’autres traitements contre l’asthme peuvent varier d’une personne à l’autre. Ils peuvent inclure des tremblements, des palpitations et une sécheresse de la bouche mais le corps peut généralement s’y adapter avec le temps. Les nouveaux médicaments contre l’asthme sont généralement mieux tolérés et ont moins d’effets secondaires, mais il est toujours important d’en discuter avec son médecin.

Quelles sont les populations les plus vulnérables face à la pollution et à l’asthme ?

Les enfants, les personnes âgées, les femmes enceintes et les personnes souffrant d’autres maladies respiratoires sont particulièrement vulnérables face à la pollution et à l’asthme.

Les poumons, en développement, des enfants sont plus sensibles aux agressions extérieures. D’après un rapport de l’Unicef France, plus de trois quarts des enfants respirent un air pollué.

Les personnes âgées ont souvent un système immunitaire affaibli et sont donc plus susceptibles de développer des infections respiratoires, aggravant l’asthme. Certaines souffrent aussi d’autres pathologies (maladies cardiaques, diabète), rendant l’asthme plus difficile à contrôler.

Du côté des femmes enceintes, la grossesse modifie le système respiratoire avec comme conséquence une plus grande sentibilité aux irritants et des risques pour le foetus. Les médecins sont formels : l’exposition à la pollution pendant la grossesse peut augmenter le risque de développer de l’asthme chez l’enfant.

Enfin, certaines personnes ont des maladies respiratoires telles que la bronchite chronique, l’emphysème, ou encore des allergies sévères.  Ces maladies aggravent les symptômes de l’asthme.

Comment gérer asthme et pollution ?

On l’aura compris, la pollution de l’air représente un véritable défi pour les asthmatiques. « Un asthme mal maitrisé peut provoquer des symptômes irréversibles et mener vers une crise ou une détresse respiratoire qui peut être mortelle », confie le Docteur Ali Baddredine à la BBC. Mais il existe des solutions pour affronter le fléau environnemental et et mieux gérer cette maladie chronique. Le recours à des applications mobiles pour connaître en temps réel l’indice de la qualité de l’air et le suivi des bulletins météo peuvent s’avérer une aide précieuse. En cas de niveau élevé de pollution, mieux vaut rester chez soi ou sortir avec un masque.

Ces stratégies vous permettront aussi d’adapter vos acitivités physiques. Contrôler son asthme est du ressort du bon sens avant tout. Privilégiez les sessions de sport lorsque la qualité de l’air est bonne, comme tôt le matin ou tard le soir. Choisissez le bon spot: évitez les zones très fréquentées et polluées.

Bien-sûr ne négligez pas la qualité de l’air intérieur. Aérez votre maison, utilisez un purificateur d’air et surtout réduisez l’usage de produits chimiques en privilégiant les produits d’entretien naturels et en limitant l’utilisation de produits parfumés.

Enfin, suivez votre traitement médical et gardez toujours à votre portée un inhalateur dès les premiers symptômes de la crise.

Agir pour le vivant et construire une écologie politique inclusive

Agir pour le vivant est un festival citoyen ouvert à tous, un laboratoire de réflexion et d’expérimentations des pensées de l’écologie. La 5ème édition de ce festival, unique en France, aura lieu du 26 août au 1er septembre 2024 à Arles. Il rassemble un écosystème de penseurs, militants, acteurs publics, scientifiques et entreprises autour des enjeux socio-économiques et environnementaux de notre temps. L’évènement a lieu chaque année et se déroule également à l’international en Colombie et au Cameroun.

Un ancrage local.
Une conversation monde.
 

Depuis 2020, Agir pour le vivant est devenu un espace de réflexions et d’actions incontournable dans le débat d’idées et l’engagement au niveau national et international. 

Agir pour le vivant permet des réflexions partagées au croisement d’une multiplicité de disciplines. De l’économie au droit, de l’agroécologie aux questions de citoyenneté, cette conversation entre l’Europe, l’Amérique du Sud et l’Afrique de l’Ouest partage les savoirs et pratiques écologiques dans les territoires.

5ème édition à Arles

Pour son 5ème anniversaire, Agir pour le vivant souhaite faire renaître de l’espoir dans une société fracturée et un monde terriblement heurté : celui du soin, de la solidarité, de la résistance et de la réconciliation. Cette 5ème édition sera un espace où se forment les questionnements, où s’investissent les désirs, les énergies, les soulèvements et où résonnent les voix de celles et ceux qui luttent, par leurs corps et leurs pensées.

Du 26 août au 1er septembre 2024, le festival se déploiera dans une douzaine de lieux à Arles autour de six grandes thématiques : Paix, pour une éco réconciliation ; Pour une spiritualité de la Terre, en quête d’une nouvelle philosophie spirituelle ; Vers une propriété écologique, habiter sans posséder ; En finir avec le travail ?, pour une écologie du travail ; Prendre soin, des humains et de la Terre ; Territoires vivants, pour des institutions politiques terrestres.

Cette mobilisation est l’occasion d’asseoir la dimension résolument citoyenne et pédagogique du projet d’Agir pour le vivant, par des formats participatifs, cartes blanches données à des artistes mais également un festival du film du vivant.

L’Université du vivant revient avec une seconde promotion d’une centaine de jeunes autour d’un parcours de réflexions, découvertes et actions concrètes, pour nourrir l’engagement et appréhender sous un nouvel angle les grands enjeux contemporains.

Voulant articuler théories écologistes et réalités territoriales, Agir pour le vivant accueillera cette année plus d’une dizaine de résidences de travail co-construites avec les entreprises et organisations publiques partenaires, afin de repenser nos manières d’habiter et de protéger les communs naturels, à partir d’une compréhension fine du territoire et de ses échelles.

Des intervenant·es d’exception, notamment Nancy Huston, autrice et poétesse, Juliette Rousseau, militante et autrice, Alejandro Jodorowsky, artiste, réalisateur et romancier, Bénédicte Bonzi, anthropologue, Mohamed Amer Meziane, philosophe, Anne-Laure Delatte, chercheuse en économie au CNRS, Catherine Malabou, philosophe, François Jarrige, historien, ou encore Marin Fouqué, romancier et rappeur.

4 Piliers Fondateurs

Agir pour le vivant s’organise autour de quatre axes principaux et complémentaires et se développe à l’année à Arles et sur d’autres territoires : 

Penser le vivant

Favoriser les rencontres et les réflexions pour dessiner une société du vivant, en faisant dialoguer les disciplines et en mêlant auteurs, philosophes, chercheurs, économistes, militants, politiques et dirigeants d’entreprises…

Concrètement : des conférences, des débats, des tables rondes, des formats plus intimes avec “un café avec…” etc. 

La Fabrique de l’action pour le vivant

Réunir les acteurs du territoire ; les entreprises et les citoyens pour faire émerger de nouvelles méthodologies d’actions pour le vivant en multipliant les temps de travail et d’expérimentations. Une contribution à la recherche des moyens d’agir associant expériences scientifiques et littéraires tout au long de l’année. 

Concrètement : des ateliers d’entreprises, des résidences de travail avec les partenaires, des résidences d’écriture et de création, des ateliers découverte pour le grand public.

Célébrer le vivant

En favorisant l’émergence de nouveaux imaginaires et de nouveaux formats afin de sensibiliser le plus grand nombre et notamment en mobilisant des artistes, auteurs, étudiants, activistes et les voix qui renouvellent les approches sur ces sujets.

Concrètement : des soirées et des spectacles, des performances, des expositions, des projections (films et documentaires), etc.

S’engager pour le vivant

Proposer des programmes éducatifs, pédagogiques et de sensibilisation sur mesure pour les citoyen·nes afin de contribuer à développer l’engagement autour des enjeux socio-environnementaux contemporains (l’Université du vivant, le jeu citoyen…)

Podcasts

Pour une économie du vivant

‣ Lien Acast : https://lnkd.in/e8mn8kQb
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Le mouvement B Corp… est un mouvement vivant, qui dessine un nouveau chemin pour le monde de l’entreprise, afin qu’elle repense son rôle dans notre société.

So good Radio

Des personnalités enthousiastes qui nous confient leur précieux rapport au vivant, des récits pour s’émerveiller, porter attention, s’inspirer et s’engager avec la nature, pour la (bio)diversité et comprendre les liens qui nous unissent.

Mesurer l’invisible : calculer le stock et le flux de CO₂ d’une forêt primaire

Dans le bassin du Congo, des scientifiques s’attèlent à une tâche ardue : celle de mesurer l’invisible ou presque, les stocks et flux de CO₂ de la forêt primaire. Or selon les modes de mesure, certaines données peuvent varier du simple au double. Des divergences qui rappellent la nécessité de toujours coupler les approches. Explications par Nicolas Barbier et Pierre Ploton (IRD), Bonaventure Sonké (Yaoundé 1), Le Bienfaiteur Sagang (University of California) et Stéphane Momo Takoudjou (Université de Liège) pour The Conversation France.

Flux de carbone entre la forêt et l’atmosphère au Gabon. Nicolas Barbier , Fourni par l’auteur

Nicolas Barbier, Institut de recherche pour le développement (IRD); Bonaventure Sonké, Université de Yaounde 1; Le Bienfaiteur Sagang, University of California, Los Angeles; Pierre Ploton, Institut de recherche pour le développement (IRD) et Stéphane Momo Takoudjou, Université de Liège

₂ Des poumons verts. De par leur grande capacité à échanger du CO2 et de l’oxygène, voici comment sont souvent décrites les forêts tropicales. En fixant par la photosynthèse le CO2, principal gaz à effet de serre, ces forêts constituent en effet un maillon crucial dans la régulation du climat global, et leur protection représente un enjeu bien connu des décideurs comme du grand public. Mais la prise en compte des stocks et flux de carbone de ces forêts dans le bilan global des gaz à effet de serre est loin d’être une tâche facile. Il s’agit même de l’un des compartiments les moins bien connus. Même les stocks et flux de carbone des océans sont mieux quantifiés.

Pourtant, les enjeux sont colossaux. Pour éviter de futurs scandales autour de la conservation de ces écosystèmes connus pour être des puits de carbone, il faut que les systèmes de mesure et de suivis soient fiables et indépendants. Autrement, chaque pays ou acteur tirera la couverture à lui, et choisira les définitions et mesures qui arrangent le mieux ses affaires en faisant fi du réel, ou de l’évolution des écosystèmes forestiers.

Le carbone forestier n’est pas une cryptomonnaie : il s’agit d’une grandeur physique concrète, mais dont la mesure est complexe et la valorisation peut sembler fumeuse. Quand on essaye d’expliquer aux populations locales qu’elles pourraient, un jour peut-être, rendre lucratif la conservation de leur forêt grâce à une ressource cachée dans les arbres et dans le sol, et ce sans y toucher, on fait face à une certaine incrédulité.

Alors, comment a-t-on fait jusque-là et comment faire pour mesurer au mieux ces flux et stocks de carbone qui déchaînent tant de passions, et parfois aussi d’opportunisme ?

L’inventaire forestier

Tout commence en forêt, avec de bonnes vieilles méthodes de bucheron, comme le fait l’industrie forestière pour évaluer les volumes de bois exploitable via des inventaires simplifiés déployables à large échelle.

Comme la matière sèche des plantes vertes et surtout des arbres est constituée pour moitié de carbone, quantifier le stock de cet élément requiert d’estimer le volume de chaque arbre et d’en identifier l’espèce. Pourquoi l’espèce ? Parce que c’est elle qui détermine la densité du bois et donc la quantité de carbone stockée pour un même volume de bois.

Évidemment, le nombre d’espèces que l’on peut rencontrer dans une forêt tropicale est tel qu’aucun expert au monde ne peut arriver à toutes les nommer. Au moins 40 000, et peut-être jusqu’à plus de 53 000 espèces d’arbres poussent sous les tropiques, quand il n’y en a que 124 dans l’Europe tempérée. Il faut donc systématiquement collecter des herbiers de contrôle, afin de vérifier l’appartenance d’un arbre à telle ou telle espèce avec les échantillons déjà conservés dans les herbiers des muséums ou universités. Ceci est d’autant plus important qu’au-delà du carbone, la biodiversité est un paramètre clé à intégrer dans les mécanismes de conservation.

Ensuite, pour évaluer l’évolution du stock de carbone, donc des flux entrants et sortants de la forêt, ces mesures doivent être répétées régulièrement pour mesurer la croissance des arbres, compter les morts et intégrer les arbrisseaux qui atteignent la taille minimum à partir de laquelle un arbre est pris en compte dans un inventaire.

Certaines mesures imposent de grimper aux arbres, comme le fait Pierre Ploton au Cameroun sur la photo de gauche. Mesurer des diamètres peut également s’avérer acrobatique quand les arbres sont déformés. Vincent Droissart et Nicolas Barbier, Fourni par l’auteur

Pour corser le challenge, sous les latitudes tropicales, les forêts sont (encore) vastes, denses et difficiles d’accès, dans des pays souvent dépourvus d’infrastructures. Quand tout va bien, les sites à inventorier sont au mieux à plusieurs jours de voyage des capitales. Évidemment, on ne peut pas mesurer toute la forêt : on procède donc à un échantillonnage, comme pour les sondages électoraux. Typiquement on sélectionne un certain nombre de parcelles de taille raisonnable (idéalement l’équivalent de 2 terrains de football, soit entre 500 et 1000 arbres par parcelle).

Les critères à prendre en compte pour cette sélection (hasard total ou au contraire choix délibéré de types de végétations particuliers) forment une science en soi, et changer de critères en cours de route peut rendre toute l’approche caduque. On parle par exemple du « biais de forêt majestueuse », lorsqu’on emploie des parcelles sélectionnées dans des forêts particulièrement intactes pour estimer la moyenne du carbone contenu dans l’ensemble des forêts d’une zone.

Une fois sur le terrain, des mesures simples sont réalisées sur les arbres : le diamètre du tronc, plus rarement la hauteur des arbres. On utilise ensuite des tables de conversion, appelées équations allométriques, qui permettent d’estimer le carbone d’un arbre à partir de ces quelques mesures. Ces équations sont élaborées en en abattant et en pesant intégralement un petit nombre d’arbres. Comme un seul de ces géants peut atteindre 160 tonnes de masse fraîche, et qu’il faut effectuer la pesée directement en forêt, il peut arriver qu’une douzaine d’ouvriers mettent une semaine pour peser un seul arbre.

Pesée destructive d’un arbre de référence. Nicolas Barbier, Fourni par l’auteur

Il est donc fréquent d’employer des équations provenant d’autres régions, ce qui peut créer des biais. Des alternatives non dommageables pour la forêt se développent : des scanners laser permettent désormais de mesurer précisément le volume des arbres sur pied. Nous avons ainsi pu produire de nouvelles équations allométriques au Cameroun et en République Démocratique du Congo, beaucoup plus efficacement et sans perdre en précision.


L’article que vous parcourez vous est proposé en partenariat avec « Sur la Terre », un podcast de l’AFP audio. Une création pour explorer des initiatives en faveur de la transition écologique, partout sur la planète. Abonnez-vous !


Comment passer à large échelle ?

Même en échantillonnant, obtenir une estimation représentative et actualisée des stocks et flux de carbone à l’échelle d’un pays ou de l’ensemble des forêts tropicales en remesurant des parcelles est un défi considérable. Ces dernières décennies, les techniques de mesure à distance (télédétection) se sont développées, afin de permettre de gagner en efficacité et de moins dépendre d’aléas du terrain. Les satellites parcourent le globe jour après jour et prennent des mesures permettant d’évaluer (par exemple) les modifications de l’état des surfaces, la pluviométrie ou le débit des cours d’eau.

Des missions spatiales sont spécialement dédiées à la mesure de la biomasse des forêts, comme l a mission BIOMASS de l’Agence Spatiale Européenne, qui attend un lanceur fiable pour décoller, ou le laser GEDI sur la station spatiale internationale. En attendant, on est contraints d’extrapoler avec les données des satellites existants, qui ne sont pas forcément prévus pour voir à travers la canopée des forêts denses.

Mosaïque d’images satellite infra-rouge sur toute l’Afrique Centrale (Satellite MODIS, 10 ans d’observation). Nicolas Barbier, Fourni par l’auteur

Car la télédétection ne mesure pas directement le carbone ou la biomasse, mais une quantité de lumière ou d’ondes radio réfléchies par les objets. Convertir ces données en information exploitable passe par des modèles physiques ou statistiques complexes pour lesquels les données de terrain sont indispensables. Vu la rareté de ces données, et les limites des signaux satellites actuellement disponibles, le niveau d’incohérence entre certaines cartes publiées peut parfois prêter à sourire, lorsque l’on voit la moyenne d’un pays passer quasiment du simple au double d’une carte à l’autre. Au cours de la dernière décennie, notre équipe a passé beaucoup de temps à analyser les sources de ces erreurs, souvent cachées dans de mauvaises approches statistiques, ou des effets instrumentaux mal pris en compte.

En effet, des images prises dans des conditions d’éclairement ou avec une atmosphère différente ne sont pas directement comparables. Vu la couverture nuageuse permanente près de l’équateur, on est même contraints d’utiliser des images très dégradées ou des assemblages de pixels agrégés à partir de différentes images. Nous avons aussi cherché à mieux utiliser l’information contextuelle, comme la forme ou la texture des objets visibles, pour estimer la taille moyenne des couronnes d’arbres par exemple. Les percées récentes de l’intelligence artificielle ouvrent de nouvelles perspectives pour mieux valoriser la masse des données acquises par satellite. C’est en effet la machine qui définira elle-même les critères les plus pertinents pour obtenir l’information voulue indépendamment des conditions de prise de vue.

Construire des supercalculateurs et lancer des missions dans l’espace ne suffit cependant pas. Il est aussi primordial de réinvestir dans l’acquisition de données sur terre pour fournir des données de référence indispensables. Différentes initiatives internationales s’organisent, qui visent à soutenir les inventaires forestiers nationaux (comme on l’a vu plus haut), ou à installer des sites de calibration dernier cri pour servir de référence à des missions satellites.

Stéphane Momo scannant une forêt au Laser au Gabon. Nicolas Barbier, Fourni par l’auteur

Et les autres compartiments ?

Tout ce que nous venons de décrire permet d’évaluer le stock de carbone dans les parties visibles des arbres sur pied. Mais on ne sait que très peu de choses de leurs racines, du carbone contenu dans le sol, de ce qui est emporté dans les rivières, ou des échanges avec l’atmosphère. Par exemple, on a récemment découvert que les tourbières du bassin du Congo contenaient plus de carbone que toutes les forêts de la région.

Pour mesurer la respiration et la photosynthèse de notre fameux poumon vert dans son ensemble, il faut notamment installer des tours à flux. Ces structures surplombent la canopée à plus de 60m de hauteur (jusqu’à plus de 300 m !) portent différents appareils (anémomètre sonique, analyseur CO2 infrarouge, hygromètre… ) qui mesurent les échanges gazeux entre l’atmosphère et la forêt. Alimenter, entretenir et sécuriser un tel équipement en pleine jungle pendant des décennies est un défi en soi. Des collègues avaient tenté l’aventure au Congo dans les années 1990. Quand ils sont revenus, l’aluminium de la tour avait été fondu et converti en marmites !

En fait, peu de gens réalisent que, malgré la crise climatique, il n’existe quasiment plus aucune infrastructure de mesure en état de marche en Afrique. Même des dispositifs aussi basiques que des stations météo font défaut ! Derrière ces lacunes fondamentales, des questions plus profondes surgissent par exemple : À qui attribuer la charge de la collecte de toutes ces données essentielles : Aux institutions étatiques des pays du Sud ? Aux exploitants industriels privés ? Aux bureaux d’étude des pays du Nord ? En ce qui nous concerne, nous demeurons partisans d’une collaboration entre chercheurs et institutions scientifiques du Nord et des Suds, pour apprendre ensemble en tirant parti des meilleures technologies disponibles. C’est ce qui justifie les appels à renforcer la recherche, la formation et les partenariats internationaux au Sud, voire à construire des centres de recherche multidisciplinaires dédiés à ces questions.

À quoi cela sert-il ?

On le voit, la science fait de son mieux pour offrir des approches plus rigoureuses et transparentes pour mesurer les stocks et flux de carbone des forêts tropicales à une échelle pertinente. Cela devrait permettre à terme d’éviter de voir se reproduire des erreurs grossières ou volontaires, comme le cas de la Malaisie qui en 2021 avait fait les gros titres de la presse mondiale. Dans son bilan annuel des Gaz à effet de serre, elle considérait posséder un puits de carbone forestier annuel de plus de 243 millions de tonnes, soit autant que son voisin l’Indonésie, qui possède pourtant cinq fois plus de forêts.

Mais si certains pays affichent des chiffres excessifs, d’autres n’en communiquent même pas. Ainsi, alors que certains chercheurs s’inquiètent déjà de voir la limite d’1,5 degrés fixé par l’accord de Paris déjà dépassée à la fin d’année 2023, le manque de données concernant les flux, stock et émissions des gaz à effet de serre reste criant. En début d’année, seuls 48 pays avaient déjà rendu un inventaire de leurs gaz à effet de serre. C’est très peu si l’on considère qu’en 2024, les 197 pays membres de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques seront désormais sommés de soumettre un rapport annuel.

Des mesures rigoureuses des flux et stocks de carbone demeurent également cruciales pour évaluer l’impact des projets de conservation des écosystèmes forestiers. Surtout dans le cadre de la monétisation de ceux-ci avec des crédits carbone via des projets de déforestation évitée ou de réhabilitation forestière. Il faut éviter, ici encore, de tomber dans les écueils constatés ces dernières décennies, où de nombreux projets de préservation des forêts se sont révélés sans impact positif concret.


Cet article s’inscrit dans le cadre d’un projet associant The Conversation France et l’AFP audio. Il a bénéficié de l’appui financier du Centre européen de journalisme, dans le cadre du programme « Solutions Journalism Accelerator » soutenu par la Fondation Bill et Melinda Gates. L’AFP et The Conversation France ont conservé leur indépendance éditoriale à chaque étape du projet.

Nicolas Barbier, Chercheur en Écologie Tropicale à l’UMR AMAP, Institut de recherche pour le développement (IRD); Bonaventure Sonké, Professeur de Botanique, Université de Yaounde 1; Le Bienfaiteur Sagang, Écologiste et analyste en télédétection, University of California, Los Angeles; Pierre Ploton, Chercheur en Sciences des données et des modèles à l’UMR AMAP, Institut de recherche pour le développement (IRD) et Stéphane Momo Takoudjou, Chercheur en Écologie tropicale, Université de Liège

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

Un enfant sur cinq vit plus de la moitié de l’année à des températures supérieures à 35 degrés Celsius

Près d’un demi-milliard d’enfants vivent dans des régions qui connaissent au moins deux fois plus de journées extrêmement chaudes que leurs grands-parents selon une récente étude de l’UNICEF. Dans huit pays, parmi lesquels le Mali, le Niger, le Sénégal, le Soudan du Sud et le Soudan, les enfants passent plus de la moitié de l’année à des températures supérieures à 35 degrés Celsius.

©UNICEF/UN0431961/Pouget

Un enfant sur cinq – soit 466 millions – vit dans une région où le nombre de journées extrêmement chaudes est au moins deux fois supérieur à ce qu’il était il y a seulement soixante ans.

UNICEF

En comparant la moyenne des années 1960 à celle de 2020-2024, l’analyse alerte quant à la rapidité et l’ampleur de l’augmentation des journées extrêmement chaudes – supérieures à 35°C – pour près d’un demi-milliard d’enfants dans le monde, dont beaucoup ne disposent pas des infrastructures ou des services nécessaires pour y faire face.

« Les journées d’été les plus chaudes nous paraissent aujourd’hui normalesmais les chaleurs extrêmes augmentent et perturbant la santé, le bien-être et les habitudes quotidiennes des enfants », a déclaré Catherine Russell la directrice générale de l’UNICEF.


Des progrès menacés

Les conséquences des changements climatiques
sur la santé et le bien-être des enfants


© UNICEF/UNI431676/Sokhin

Les changements climatiques ont un impact sur presque tous les aspects de la santé et du bien-être des enfants, de la grossesse à l’adolescence. Les enfants sont touchés de manière disproportionnée par les changements climatiques parce qu’ils sont particulièrement vulnérables aux risques environnementaux par rapport aux adultes.

La vie des enfants est réduite et modifiée par la crise climatique.

Alors que les preuves de l’impact du changement climatique sur la santé et le bien-être des enfants sont de plus en plus nombreuses, la recherche se concentre souvent sur les effets des différents risques. Ce rapport vise à fournir un «stock» global des impacts du changement climatique sur les enfants à travers les six principaux risques qui ont une incidence sur leur santé et leur bien-être: la chaleur extrême, les sécheresses, les incendies de forêt, les inondations et les tempêtes, la pollution atmosphérique et les changements d’écosystèmes.

Malawi, 2023
© UNICEF/UNI505878/PLUS CREATIONS

Le présent rapport contient trois recommandations accompagnées d’actions spécifiques:

  • Réduire les émissions pour atteindre le seuil de 1,5 degré de 1,5 degré de garantie garantissant l’intérêt supérieur de l’enfant
  • Protéger les enfants de l’impact du changement climatique
  • Accorder la priorité à la santé et au bien-être des enfants dans la politique climatique, l’investissement et l’action

L’analyse présente également des données nationales et révèle que, dans 16 pays, les enfants subissent aujourd’hui un mois supplémentaire de journées extrêmement chaudes comparativement à il y a soixante ans. Au Soudan du Sud, par exemple, les enfants connaissent aujourd’hui une moyenne annuelle de 165 jours extrêmement chauds, contre 110 jours dans les années 1960, tandis qu’au Paraguay, cette moyenne est passée de 36 jours à 71 jours.

L’analyse révèle qu’à l’échelle mondiale, c’est en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale que les enfants sont le plus exposés aux journées extrêmement chaudes et que les augmentations sont les plus importantes. 123 millions d’enfants, soit 39 % des enfants de la région, subissent aujourd’hui en moyenne plus d’un tiers de l’année – ou au moins 95 jours par an – des températures supérieures à 35°C. Ce chiffre atteint 212 jours au Mali, 202 jours au Niger, 198 jours au Sénégal et 195 jours au Soudan. En Amérique latine et dans les Caraïbes, près de 48 millions d’enfants vivent dans des régions qui connaissent deux fois plus de journées extrêmement chaudes.

Bangladesh, 2023
© UNICEF/UNI424978/Sokhin

Le stress thermique causé par l’exposition à une chaleur extrême constitue une menace unique pour la santé et le bien-être des enfants et des femmes enceintes, en particulier en l’absence de mesures de rafraîchissement. Il a été associé à des complications pendant la grossesse, telles que des maladies chroniques gestationnelles, et à des problèmes au moment de la naissance, notamment la mortinaissance, l’insuffisance pondérale à la naissance et l’accouchement prématuré. Des niveaux excessifs de stress thermique contribuent également à la malnutrition infantile, au développement de maladies non transmissibles telles que les maladies liées à la chaleur, et rendent les enfants plus vulnérables aux maladies infectieuses qui se propagent à des températures élevées, telles que le paludisme et la dengue. Il est prouvé qu’ils ont également un impact sur le développement neurologique, la santé mentale et le bien-être.

Pakistan, 2024
© UNICEF/UNI585288/Ahmed

Les effets des chaleurs extrêmes sont plus préoccupants lorsqu’elles sont ressenties sur de longues périodes. Alors que les chaleurs extrêmes augmentent dans tous les pays du monde, l’analyse montre que les enfants sont exposés à des vagues de chaleur plus intenses, plus longues et plus fréquentes. Dans 100 pays, plus de la moitié des enfants subissent deux fois plus de vagues de chaleur aujourd’hui qu’il y a 60 ans.

Éthiopie, 2023
© UNICEF/UN0827358/Ayene

En France, par exemple, 12,6 millions d’enfants sont deux fois plus exposés à des vagues de chaleur qu’il y a 60 ans, et 3,3 millions d’enfants y sont trois fois plus exposés. De 4,6 vagues de chaleur en moyenne par an dans les années 1960, la France en connaît 12,7 aujourd’hui, soit près de trois fois plus. Les vagues de chaleur durent également plus longtemps – de 4 à 5,4 jours – et sont plus intenses – de 1,78°C au-dessus des moyennes il y a 60 ans à 2,63°C aujourd’hui.

Bangladesh, 2023
© UNICEF/UNI579513/Paulash

L’impact des aléas climatiques sur la santé des enfants est multiplié par la façon dont ces aléas affectent la sécurité et la contamination des aliments et de l’eau, endommagent les infrastructures, perturbent les services publics destinés aux enfants, y compris l’éducation, et provoquent des déplacements de population. En outre, la gravité de ces effets est déterminée par les vulnérabilités et les inégalités sous-jacentes auxquelles les enfants sont confrontés en fonction de leur statut socio-économique, de leur sexe, de leur lieu de résidence, de leur état de santé actuel et du contexte national.

Soudan du Sud, 2023
© UNICEF/UNI519255

Dans les mois à venir, tous les États membres parties à l’Accord de Paris doivent soumettre de nouveaux plans climatiques nationaux – les contributions définies au niveau national (NDC 3.0). Ces plans fixeront le cap de l’action climatique pour une décennie. Ils constituent une occasion limitée dans le temps de présenter des plans concrets pour réaliser les objectifs de l’accord de Paris. L’UNICEF appelle les dirigeants, les gouvernements et le secteur privé à saisir cette opportunité pour mettre en place une action climatique urgente et ambitieuse qui défende le droit de chaque enfant à un environnement propre, sain et durable en prenant les mesures suivantes :

  • RÉDUIRE les émissions de gaz à effet de serre et mettre en œuvre de toute urgence des accords internationaux ambitieux en matière de durabilité et de changement climatique afin de maîtriser la hausse des températures.
  • PROTÉGER la vie, la santé et le bien-être des enfants ainsi que la résilience de leurs communautés, notamment en adaptant les services sociaux essentiels au changement climatique, aux catastrophes plus fréquentes et à un environnement en voie de dégradation. Par exemple, en veillant à ce que chaque agent de santé soit formé à la détection et au traitement du stress thermique, et en adaptant les établissements de santé et d’éducation aux chaleurs extrêmes.
  • DOTER chaque enfant, tout au long de sa vie, d’opportunités de développement, d’une éducation et de compétences qui lui permettront de devenir un champion de l’environnement.
ndonésie, 2020
© UNICEF/UNI390327/Wilander

« Les enfants ne sont pas de petits adultes. Leur corps est beaucoup plus vulnérable à la chaleur extrême ; il se réchauffe plus rapidement et se refroidit plus lentement. La chaleur extrême est aussi particulièrement dangereuse pour les bébés en raison de leur rythme cardiaque plus rapide. Ainsi, la hausse des températures est encore plus alarmante pour eux », a expliqué Catherine Russell. « Les gouvernements doivent agir afin de maîtriser la hausse des températures et une occasion unique de le faire se présente dès à présent. Alors que les gouvernements élaborent actuellement leurs plans d’action nationaux sur le climat, ils doivent le faire avec ambition et en ayant à l’esprit que le monde qu’ils laisseront derrière eux sera celui dans lequel devront vivre les enfants d’aujourd’hui et les générations futures ».

Thaïlande, 2023
© UNICEF/UNI419968/Preechapanich

Précisions sur les données

Les données de température sont calculées à partir des relevés de température agrégés quotidiens de la réanalyse ERA5 (Muñoz, 2019), obtenus et traités à l’aide de la plateforme Google Earth Engine.

Les données sur la population enfantine tirées des données sur la population des établissements humains mondiaux (GHS-POP – R2023A ; Schiavina, 2023) ont été téléchargées à partir du site FTP de Copernicus (https://human-settlement.emergency.copernicus.eu/download.php?ds=pop). Ces données ont été ajustées pour estimer le pourcentage de population infantile en utilisant le pourcentage de population par groupes d’âge sélectionnés – tous les genres confondus – des données World Population Prospects (Nations Unies, 2024).

De plus amples détails sur les méthodes de traitement et d’analyse des données sont disponibles sur le site GitHub: https://github.com/unicef/heat.

L’UNICEF a adopté les définitions suivantes pour définir les mesures de chaleur :

  • Vagues de chaleur – toute période de trois jours ou plus pendant laquelle la température maximale quotidienne se situe dans les 10 % les plus élevés de la moyenne locale sur 15 jours.
  • La fréquence des vagues de chaleur correspond au nombre de vagues de chaleur par an.
  • La durée de la vague de chaleur correspond au nombre total de jours que dure l’événement.
  • L‘intensité de la vague de chaleur correspond à la température supérieure à la moyenne locale sur 15 jours pendant la vague de chaleur, exprimée en degrés Celsius.
  • Températures extrêmement élevées (jours extrêmement chauds) – lorsqu’une journée dépasse 35°C.

Quel est l’impact des crèmes solaires sur le milieu marin méditerranéen ?

Cet été, le Parc naturel marin du golfe du Lion lance une campagne de sensibilisation à l’impact sur le milieu marin de filtres UV présents dans certaines crèmes solaires. En partenariat avec neuf structures locales de kayak et paddle, cette initiative vise à informer les vacanciers sur cette problématique étudiée de près par la communauté scientifique, encourageant des pratiques plus respectueuses de l’environnement le long du littoral, dans les Pyrénées-Orientales et dans l’Aude.

Chaque été, les structures de kayak et paddle « Engagées pour la nature » font le même constat : en surface de l’eau, des nappes de crème solaire sont visibles depuis la plage, après le passage des baigneurs. Conscientes des problèmes environnementaux que peuvent causer certaines crèmes solaires présentes dans l’eau de mer, ces structures ont sollicité le Parc pour les aider à sensibiliser leurs publics.Une mobilisation locale, avec le soutien de l’observatoire Océanologique de Banyuls-sur-Mer.

Depuis 2015, les scientifiques de l’observatoire océanologique de Banyuls-sur-Mer (Sorbonne Université – CNRS) mènent des études d’écotoxicologie sur des filtres UV. Le Parc a donc entrepris un travail de médiation scientifique avec les structures engagées, appuyé du soutien de l’observatoire océanologique. Ce partenariat a abouti, en cette saison estivale de 2024, à une première campagne de sensibilisation grand public, déployée le long du littoral de Cerbère (Pyrénées-Orientales), à Leucate (Aude).

Les principaux impacts des filtres UV

Schéma de la pénétration des UV dans l’atmosphère et dans la peau humaine.
Clarisse Chevry / Office français de la biodiversité
 
Vu du ciel, deux vacanciers sous un parasol bleu sur la côte sableuse des Pyrénées Orientales. Plage de la côte sableuse
Emmanuelle Rivas

Schémas : visualisation de la trajectoire des UV selon le type de crème solaire appliqué. Schémas des deux méthodes de protection de la peau par les filtres UV chimiques et minéraux
Clarisse Chevry / Office français de la biodiversité
Quelques gouttes de crème solaire dans une machine d’analyse de laboratoire. Tests de crème solaire en laboratoire
Adobe Stock
Un grand nombre de vacanciers se baignent à la plage à Banyuls-sur-Mer. Tourisme balnéaire à Banyuls
Marion Brichet / Office français de la biodiversité
Définition : le phénomène de bioaccumulation désigne l’accumulation progressive de contaminants dans un seul et même organisme à partir de son environnement, par contact direct de l’eau ou par l’ingestion d’aliments. Définition du phénomène de « bioaccumulation »
Clarisse Chevry / Office français de la biodiversité

Le sar tambour et les castagnoles font partie de la famille des poissons concernée par les dérèglements du système endocrinien.
Dérèglements du système endocrinien. Poissons, crustacés, échinodermes
Le système endocrinien impacté ne régule plus correctement la production d’hormones essentielles à la reproduction et à la croissance des embryons, des larves et des juvéniles.
Le poulpe, sans doute le plus évolué des invertébrés
Perturbations enzymatiques et métaboliques. Mollusques, échinodermes
L’organisme affecté a du mal à produire les enzymes (des protéines) utiles au bon fonctionnement de son métabolisme. L’ensemble des processus chimiques naturels permettant son développement et sa survie est compromis.
Etoile de mer
Stress oxydatif. Poissons, coraux, crustacés, mollusques | Le stress oxydatif se manifeste par un déséquilibre des défenses antioxydantes d’un organisme vivant, ce qui réduit les capacités physiologiques de ses cellules et peut provoquer de graves maladies chroniques.
Les acétabulaires ou ombrelles de mer font partie de la famille des algues.
Altérations de la capacité de photosynthèse. Algues, phytoplancton. Lorsque leur capacité de photosynthèse est touchée, les végétaux rencontrent des difficultés à produire et stocker de la matière organique à partir de la lumière du soleil. Un phénomène qui ne leur permet plus de bien se nourrir.
Ambiance sous-marine : herbier de posidonie Ambiance sous-marine : herbier de posidonie
Sandrine Ruitton / MIO
.
Définition : une substance dite « toxique » est capable d’empoisonner un organisme vivant, que ce soit un végétal ou un animal, y compris l’humain.

Certains filtres UV chimiques et minéraux peuvent en effet affecter des catégories d’espèces présentes en mer Méditerranée. Chez certains poissons, crustacés et échinodermes, ils peuvent entraîner des dérèglements du système endocrinien ou altérer le métabolisme de certains mollusques et échinodermes jusqu’à compromettre leur développement et leur survie. Ils provoquent également un déséquilibre des défenses antioxydantes (stress oxydatif) des poissons, crustacés, mollusques, et coraux, ce qui réduit les capacités physiologiques de leurs cellules et peut provoquer de graves maladies chroniques. Ils affectent par ailleurs la capacité de photosynthèse des algues et du phytoplancton entrainant des difficultés pour ces derniers à produire et stocker de la matière organique à partir de la lumière du soleil. Un phénomène qui ne leur permet plus de bien se nourrir.Certains filtres UV chimiques et minéraux ont également été retrouvés dans le sang et les tissus d’espèces marines comme les requins, les tortues et les dauphins. Des filtres UV ont aussi été détectés dans les racines de posidonies, des plantes marines indispensables à la biodiversité méditerranéenne, aussi connues pour leur capacité à capter le CO2 de l’atmosphère.

Quelles solutions ?

?Pour bien se protéger du soleil et minimiser son impact sur la biodiversité marine, le Parc naturel marin du golfe du Lion a formulé plusieurs conseils. A retenir notamment, lorsqu’il n’est pas possible de se passer de crème solaire, il est préférable de la choisir à base de filtres UV moins nocifs (et de préférence, sans ingrédients micro plastiques).Il vaut mieux également éviter les produits solaires en brume ou en spray car avec le vent, la crème se disperse dans l’environnement sans protéger la peau.Par ailleurs, sans un délai de 30 minutes avant de s’exposer au soleil et d’aller à l’eau, la crème ne protège pas du soleil car les filtres UV chimiques présents dans la majeure partie des crèmes solaires n’auront pas eu le temps d’être absorbés par la peau.En définitive, se mettre à l’ombre, porter un chapeau, des lunettes de soleil et des vêtements anti-UV restent les solutions à privilégier pour se protéger du soleil tout en réduisant son impact sur les écosystèmes marins.

Un large dispositif de sensibilisation déployé cet été

Formation des moniteurs des structures partenaires : pour la première édition de cette campagne, le Parc a formé plus de 40 agents d’accueil et moniteurs de kayak et paddle des structures partenaires sur les impacts environnementaux des filtres UV concernés, ainsi que sur des pratiques plus responsables pour se protéger du soleil. Équipés d’un guide réalisé par le Parc, les moniteurs pourront à leur tour partager les informations à leurs publics avant les sorties en mer.

Prêt de t-shirts anti-UV aux clients des structures partenaires : pour compléter ce dispositif de sensibilisation orale, le Parc finance la mise à disposition de près de 400 t-shirts anti-UV pour les moniteurs et les clients des structures engagées.

Confectionnés en Italie à partir de filets de pêche recyclés, sans traitement anti-UV chimique, ces t-shirts seront prêtés tout au long de l’été aux clients des structures, leur permettant de limiter voire de supprimer le recours à la crème solaire lors de leurs balades et randonnées aquatiques.

La charte « Guide d’observation partenaire » du Parc naturel marin du golfe du Lion

En signant la charte « Guide d’observation partenaire » il y a 3 ans, 9 structures de kayak et paddle du littoral des Pyrénées-Orientales se sont engagées à adopter des pratiques respectueuses de l’environnement pour atteindre des objectifs de développement durable. Ensemble, la vingtaine de professionnels impliqués et le Parc ont développé des pratiques écoresponsables adaptées à leurs activités, favorisant ainsi la préservation du milieu marin.

De son côté, le Parc s’engage à être un relais d’information, à fournir un réseau d’échanges et de formation, à promouvoir la visibilité des actions menées et à proposer un soutien technique. Plusieurs initiatives ont ainsi été mises en place, à l’image de cette campagne de sensibilisation à l’impact des filtres UV de certaines crèmes solaires.

Un partenariat

La décroissance sera sociale et solidaire ou ne sera pas

Alors que la planète bat actuellement tous les records de chaleur, Timothée Duverger et Timothée Parrique plaident dans cette tribune, publiée dans Alternatives Économiques, pour une décroissance sociale et solidaire. Nul besoin de réinventer l’économie pour réussir la transition écologique, les modèles alternatifs existent déjà avec l’économie sociale et solidaire.

La décroissance sauvera-t’elle (tout) le monde ?

Alors que le Nouveau Front populaire a remporté les élections législatives suite à la dissolution de l’Assemblée nationale, l’application de son programme, certes d’inspiration keynésienne, pourrait fournir les prémices d’une économie de la post-croissance à travers ses mesures en faveur de la planification écologique, des investissements verts, du renforcement des services publics ou de la réduction des inégalités sociales.

Il y a cinquante ans déjà, René Dumont était le premier écologiste à se présenter à une élection présidentielle en France. Dans son ouvrage de référence, dont le titre L’utopie ou la mort ! a été repris comme son slogan de campagne, il appelait à orienter l’économie des pays développés, par étapes successives, vers une « croissance zéro » de la « consommation globale de produits industriels ».

Il s’inspirait alors du rapport Meadows, paru en 1972, sur les limites de la croissance. Celui-ci avait suscité une importante polémique en France, notamment suite à la divulgation de la lettre Mansholt1 par Georges Marchais, l’emblématique secrétaire général du Parti communiste. Il accusait le nouveau président de la Commission européenne de préparer une « Europe de la misère et de la régression économique ».

Reprenant les conclusions du rapport Meadows, Sicco Mansholt proposait d’abandonner « la recherche d’une croissance maximale » pour « sauvegarder l’équilibre écologique et (…) réserver aux générations futures des sources d’énergie suffisantes ». Cela impliquait de changer de boussole, donc de remplacer le produit national brut (PNB) par une « utilité nationale brute » (UNB), mais aussi de mettre en œuvre une économie planifiée pour changer de système de production. Ses mesures concernaient l’instauration de certificats de production, une fiscalité verte, la durabilité des biens de consommation, la régulation de l’accès aux biens et services essentiels ou la recherche en faveur d’une économie circulaire.

Considérant que ce plan se traduirait par « un net recul du bien-être matériel par habitant et par une limitation de leur utilisation des biens », il proposait de le compenser par une politique redistributive et favorisant l’« épanouissement intellectuel et culturel ». Faute de soutien, ce plan n’a cependant jamais été mis en œuvre, tandis que René Dumont n’a recueilli que 1,31 % des voix à l’élection présidentielle de 1974.

Deux enseignements fondamentaux

Cette absence constatée de débouché politique conduit la sociologue Dominique Méda, qui a largement contribué à la démystification de la croissance en France avec l’économiste Florence Jany-Catrice, à conclure que « nous avons perdu cinquante ans »2.


A lire L’Économie Politique n°103 – 08/2024

Le logement au cœur de la crise sociale

Aujourd’hui encore, il y a un verrou chez les dirigeants politiques. Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire déclarait par exemple il y a quelques semaines : « Croissance et climat sont compatibles ! Je ne crois pas à l’idéologie de la décroissance et je la combattrai ! »

Source

Il importe donc de tirer des enseignements de cette bifurcation manquée, si nous ne voulons pas perdre cinquante ans de plus. Deux enseignements nous paraissent fondamentaux. Force est de constater, d’abord, que la critique de ce plan portait sur ses effets sociaux.

Certes, Sicco Mansholt, comme René Dumont après lui, était soucieux des problèmes de justice sociale, tant entre les classes sociales qu’entre les pays du Sud et du Nord. Mais il était difficile de faire entendre l’idée d’une prospérité sans croissance alors que le discours dominant la mesurait à l’époque, et toujours aujourd’hui, en points de PIB. Pourtant, Denis Clerc, le fondateur d’Alternatives Économiques, a pu faire remarquer que sur les trente dernières années, « la croissance économique n’améliore pas la situation économique des plus pauvres, mais elle accentue les inégalités ».

La critique soulevait également un problème démocratique. Le plan était conçu et devait être porté par une instance supranationale, alors que le Parlement européen n’était pas encore élu au suffrage universel direct. Il apparaissait alors comme une perte de souveraineté dirigée contre les peuples. Tout l’enjeu consistait à démocratiser cette planification et à mobiliser les citoyens autour du changement de système économique, tant du point de vue du contenu de la production que de l’allocation des ressources.

Vers une décroissance sociale et solidaire

Nous portons en conséquence la conviction que la décroissance sera sociale et solidaire ou ne sera pas. Nous concevons la décroissance comme une réduction de la production et de la consommation pour alléger l’empreinte écologique, planifiée démocratiquement dans un esprit de justice sociale et dans le souci du bien-être.

La décroissance n’est pas le projet, mais le trajet vers une économie stationnaire en harmonie avec la nature où les décisions sont prises ensemble et où les richesses sont équitablement partagées afin de pouvoir prospérer sans croissance3.

L’ESS reste aujourd’hui notre meilleur plan B, à la fois pour organiser la transition et pour assurer le fonctionnement à long terme d’une économie post-croissance

Pour y parvenir, nous devons penser l’économie autrement. Mais nous n’avons pas à tout réinventer car il existe déjà une économie alternative. Malgré des tentatives d’instrumentalisation par le capitalisme, l’économie sociale et solidaire (ESS) reste aujourd’hui notre meilleur plan B, à la fois pour organiser la transition et pour assurer le fonctionnement à long terme d’une économie post-croissance.

La Tribune du vendredi 30 novembre 2012
La Tribune du vendredi 30 novembre 2012

Car comme le soulignait Philippe Frémeaux4, son aile marchande joue « un rôle souvent précurseur dans l’évolution de nos modes de vie, de production et de consommation »5. La force de l’ESS réside dans sa capacité d’expérimentation qui, au fil des années, a produit plusieurs initiatives visionnaires.

Les sociétés coopératives d’intérêt collectif (Scic), par exemple, des entreprises à la gouvernance participative, émancipées des impératifs à la lucrativité, qui définissent leur raison d’agir et leurs conditions de travail de manière démocratique. Les territoires zéro chômeur de longue durée (TZCLD) préfigurent une garantie d’emploi verte et locale qui permettrait non seulement d’éviter la recrudescence d’un chômage subi pendant une période de décroissance, mais surtout de réencastrer le « marché de l’emploi » dans la réalité sociale et écologique des territoires.

Les monnaies alternatives deviennent des vecteurs de planification socioécologique en accompagnant des projets d’énergies renouvelables, de revenu universel et de sécurité sociale de l’alimentation. Les pôles territoriaux de coopération économique (PTCE) donnent un cadre territorial pour limiter l’usage des ressources naturelles tout en s’assurant qu’elles soient équitablement partagées. Ces initiatives ont en commun de préférer le développement territorial à la croissance extractiviste.

Et si ces initiatives aujourd’hui minoritaires devenaient la norme ? Visant à remplacer l’économie des profits par une économie des besoins, l’ESS porte en elle les graines d’une économie post-capitaliste et post-croissance. C’est une utopie réelle d’une valeur inestimable, sur laquelle le nouveau Front populaire devrait s’appuyer pour impulser un changement durable de paradigme.

Timothée Duverger est ingénieur de recherche, chargé de mission ESS et développement durable à Sciences Po Bordeaux.

Timothée Parrique est économiste. Il est chercheur à la Faculté d’économie et de gestion de l’Université de Lund (Suède).

  1. Sicco Mansholt, La lettre Mansholt, 1972, Paris, Les petits matins, 2023. ↩︎
  2. Dominique Méda, « Introduction », in Sicco Mansholt, La lettre Mansholt, 1972, Paris, Les petits matins, 2023. ↩︎
  3. Timothée Parrique, Ralentir ou périr. L’économie de la décroissance, Paris, Seuil, 2022. ↩︎
  4. Philippe Frémeaux, décédé en 2020, a dirigé la rédaction d’Alternatives Économiques. ↩︎
  5. Philippe Frémeaux, « ESS et transition écologique », conférence à la MJC L’Héritan, Mâcon, 16 novembre 2017 (texte ronéotypé). ↩︎

7 idées pour (re)découvrir la nature pendant les vacances !

L’été est là et avec lui… les vacances et le temps libre. Pour mieux profiter de la nature sur votre lieu de vacances, France Nature Environnement vous propose 7 pistes d’actions et de nombreuses ressources, proposées notamment par plusieurs associations du mouvement. À vous de choisir le programme.

1. Optez pour une semaine d’immersion lors d’une colo « nature » pour vos enfants … ou pour vous !

De nombreuses structures en France proposent des colonies de vacances « nature » qui permettent aux enfants et adolescents de découvrir, à leur rythme, les richesses de la nature : paysages, arbres, fleurs, faune, insectes, etc. Ces séjours allient le plus souvent des balades découverte, des temps d’observation et d’écoute (des plantes, des étoiles, des oiseaux …) et des activités dans et avec la nature : sports, jeux, construction, bricolage, veillées et lecture de contes, etc.

Voici quelques exemples de structures qui proposent ce type de séjour :

Ce type de séjour existe aussi pour les adultes. Vous trouverez certainement votre bonheur sur internet en tapant « séjour adulte nature » dans votre moteur de recherche préféré.

Pour les naturalistes en herbe comme pour les plus chevronné·es, sachez qu’il existe aussi des voyages naturalistes.

2. Découvrez de merveilleux sites naturels près de chez vous

Parc National de la Vanoise (Auvergne Rhône-Alpes) – Source : Pixabay @Alexgan

Notre planète regorge de paysages à couper le souffle. Mais pourquoi prendre l’avion pour de lointaines destinations quand la France offre une extraordinaire panoplie de paysages naturels accessibles par le train, le bus ou le covoiturage ? Des collines verdoyantes de Normandie aux montagnes rocheuses de Savoie sillonnées par des vallées immenses, des plages de sable du Sud-Ouest aux forêts enchantées de Bretagne en passant par les criques cachées de la Méditerranée… Il y a fort à parier que vous n’avez pas encore découvert tous les recoins de notre pays et sa myriade de sites naturels.

Les nombreux sites naturels et protégés ouverts au public proposent chaque année des activités pour toute famille. Explorez le temps d’une journée réserves naturelles, parcs naturels régionaux, parcs nationaux, espaces naturels près de chez vous ou de votre lieu de vacances !

3. Passez une nuit au vert en optant pour un établissement responsable

La Vie au Grand Vert

Une fois votre destination de vacances trouvée, pourquoi ne pas choisir un hébergement au cœur de la nature ? Cabanes dans les arbres, nuits en bivouac dans la forêt, maison d’hôte avec vue sur la vallée… L’association Amis de la Nature France propose par exemple une sélection de refuges, campings et gîtes paisiblement nichés dans un joli coin de verdure. En cherchant un peu, vous trouverez certainement votre bonheur pour pouvoir profiter des beautés de la nature dès votre réveil.

Réservez votre séjour en auberges de jeunesse !
En solo, en duo, en famille, en groupe… les auberges de jeunesse c’est pour toutes les générations

Profitez-en également pour privilégier les hébergements éco-responsables. Pour vous aider dans votre recherche, des plateformes telles que La Clef Verte, le réseau Accueil Paysan, Gîtes de France ou encore GreenGo recensent les campings, gîtes, maisons d’hôte, hébergements atypiques ou encore hôtels qui ont adopté une démarche respectueuse de l’environnement. Plusieurs d’entre eux sont labellisés par l’Ecolabel Européen (listes des hébergements et campings labellisés). Si vous êtes plutôt auberges de jeunesse, voici une sélection d’auberges de jeunesse en pleine nature.

4. Visitez des refuges pour animaux

Quels sont les refuges pour les animaux « de ferme » en France ?

Vous aimez les animaux ? Chats, chiens, ânes, cochons, vaches, poules… Il existe des dizaines de refuges en France qui recueillent des animaux blessés ou abandonnés et les soignent. L’association L214 les répertorie sur cette page et la plupart proposent des visites, parfois sur rendez-vous. N’hésitez pas à vous renseigner pour découvrir les lieux le temps d’un après-midi. Ces refuges proposent le plus souvent de parrainer voire d’adopter un animal. Ils sont également souvent à la recherche de volontaires, pour une journée ou plusieurs semaines. Pourquoi ne pas mêler l’utile à l’agréable en aidant l’un de ces refuges pendant vos vacances ?

5. Réservez une sortie nature le temps d’une journée !

Les espaces naturels s’animent

Explorer les cascades d’Alsace, partir en balades sonores à la découverte des oiseaux de Côte d’Armor ou encore voguer sur les eaux de La Luce en Ardennes pour découvrir ses secrets… Où que vous soyez cet été, il y aura forcément une sortie nature dans le coin.

Encadrées par des éducateurs·trices professionnel·les et des naturalistes, les sorties nature vous permettront d’explorer des recoins riches en biodiversité, de découvrir toutes les espèces qui les caractérisent, d’observer et d’écouter les oiseaux, de suivre un sentier pédagogique ou encore d’identifier quelques plantes comestibles et médicinales, et tout simplement de vous émerveiller !

Vous trouverez ces sorties nature facilement en ligne sur des sites et agendas dédiés. Elles sont aussi généralement recensées dans les offices de tourisme. Vous aurez l’embarras du choix pour trouver la sortie nature qui vous plaît !

À titre d’exemples voici quelques sites qui répertorient ces sorties nature :

Il existe aussi quelques applications dédiées pour smartphones :

  • En Pays de la Loire : plusieurs associations proposent des balades ludiques et interactives grâce à l’application Baludik
  • L’application GuidiGO recense aussi des parcours de balade ludique et interactive, pour découvrir le patrimoine naturel
  • Enfin, l’application Explorama propose des jeux de piste pour découvrir le patrimoine tout en s’amusant.

Et bien entendu, les traditionnelles promenades en forêt, randonnées et balades à vélo sont autant de possibilités d’explorer la nature autour de votre lieu de vacances.

© Marion Crégniot / FNE Loire

A noter : Sologne Nature Environnement, membre de FNE, vous propose une carte Où voir la nature pour explorer cette région !
 

6 – En vacances aussi, ouvrez les yeux, apprenez à reconnaître plantes et animaux, et partagez vos observations !

https://www.sologne-nature.org

Plantnet, iNaturaList, BirdnetBernic&Clic, … Autant de nouvelles applications pour identifier plantes et insectes, oiseaux ou encore espèces des bords de mer !

Plantnet

Allez plus loin et profitez des observations faites avec vos enfants dans la nature pour contribuer aux nombreux programmes de sciences participatives en France ! Voici 2 opérations phares de FNE :

Opération hérisson

Opération Hérisson ! Participez à la campagne de recensement du hérisson d’Europe : symbole historique du mouvement France Nature Environnement, le hérisson d’Europe nous accompagne dans tous nos combats depuis 1968. Protégé depuis 1981, il reste toutefois relativement méconnu. Face à ce constat, FNE 25-90 a lancé en 2018 une vaste opération de recensement dans le Doubs et le Territoire de Belfort pour mieux connaître et mieux protéger ce petit mammifère. Aujourd’hui, c’est l’ensemble de la fédération qui se met au service de son animal totem sur tout le territoire français. 

Je découvre l’Opération Hérisson

La belle plage : Stop aux plages polluées

Devenez une Sentinelle de la Nature ! Qui n’a jamais croisé des décharges sauvages ou autres atteintes à l’environnement en se demandant comment et à qui les signaler ? C’est maintenant un jeu d’enfants, grâce au site et à l’application Sentinelles de la nature, développé par FNE Auvergne-Rhône-Alpes, puis par France Nature Environnement. En quelques clics, vous pouvez signaler des dégradations environnementales et en informer directement les associations du mouvement France Nature Environnement.
Il est aussi possible de partager des initiatives favorables à l’environnement, afin qu’elles soient mieux connues et reproduites partout en France. Déjà plus de 22 000 Sentinelles !

Je deviens Sentinelle de la nature

Vous trouverez de nombreux autres programmes participatifs sur le portail OPEN, comme par exemple Mares où êtes-vous ? en Auvergne-Rhône-Alpes, ou encore le Spipoll sur les insectes pollinisateurs (abeilles, papillons, …).
 

7. Testez l’une des 1001 activités qu’offre la nature pour tous les âges

Réaliser un petit hôtel à insectes, créer des instruments de musique à partir de matériaux trouvés dans la nature, faire un herbier, construire une cabane dans la forêt, apprendre à reconnaître les empreintes des animaux, partir à la recherche des petites bêtes… Il y a mille et une idées pour s’occuper dans la nature.

Voici une sélection non exhaustive d’ouvrages et de sites internet qui vous aideront à trouver des activités pour toute la famille :

BONUS – Découvrez le pouvoir de vos dons pour les forêts !

Cet été, partez à la découverte de la nature ! Grâce à vos dons lors de l’émission TV « Aux Arbres Citoyens », en novembre 2022, vous avez permis à FNE de financer 39 projets !

Bienvenue à la Réserve naturelle nationale de la plaine des Maures. Un écrin de biodiversité et de nature sauvage au cœur de l’arrière-pays varois.
La réserve naturelle nationale de la plaine des Maures est un joyau de nature et de paysages uniques en Provence.

Retrouvez ici 7 bonnes idées de lieux à découvrir durant vos vacances.

  • Vous êtes en Provence ? Découvrez la forêt de la Plaine des Maures à travers balades, randonnées et sorties nocturnes !
  • Dans la même région, visitez l’écomusée de la forêt à Gardanne, merveilleux lieu de sensibilisation à la richesse de la forêt méditerranéenne.
  • Vous prenez vos vacances en Auvergne-Rhône Alpes ? Faites une halte à l‘écopôle du Forez et découvrez l’incroyable biodiversité du département de la Loire.
  • Vous êtes en Bretagne ? Les paysages de la réserve naturelle des Monts d’Arrée abritent les dernières landes de Bretagne, préservées grâce à vos dons. Des sentiers de randonnées vous y attendent, ainsi que l’un des plus beaux ciels étoilés de France !
  • En Centre-Val de Loire, vos dons permettent d’étudier les vieilles forêts afin de mieux les protéger. Le Conservatoire d’Espaces Naturels du Centre-Val de Loire, qui pilote ce projet, vous accueille autour de nombreuses animations.
  • Dans les Pyrénées, allez vous émerveiller des hêtraies en libre évolution de la forêt de la Massane, classée au patrimoine naturel de l’Unesco !
  • Dans le massif du Jura, vos dons ont permis d’acquérir 25 ha de vieilles forêts pour les protéger de l’exploitation forestière. Visitez la nature généreuse et fragile de ce massif montagneux avec le Conservatoire d’Espaces Naturels de Franche-Comté.
Réserve naturelle régionale de la tourbière de la Grande Pile : la balade à 1000 temps

ASTUCE – TROUVEZ VOTRE MEILLEUR ITINÉRAIRE EN TRAIN !

LE VOYAGE À PORTÉE DE TRAIN : UNE SÉLECTION DE DESTINATIONS ACCESSIBLES SANS AVION NI VOITURE

Vous êtes bien décidé·es à moins prendre l’avion ? La plateforme communautaire Mollow vous aide à trouver le meilleur itinéraire en train, avec ou sans son vélo ! Vous avez déjà fait un itinéraire en train, bus, bateau ou même vélo ? En France ou en Europe ? Vous pouvez contribuer à la plateforme en le partageant aussi !

Logo de GreenGo
1ère plateforme d’hébergements écoresponsables, une solution française et équitable, qui vous sélectionne les meilleurs logements en France.

Les comparateurs de transports de l’ADEME ou de GreenGo vous permettent également de comparer différents modes de transport pour un même trajet selon l’impact carbone, le temps et le prix.

Enfin, dans cet article, l’ADEME donne de nombreuses pistes pour voyager plus responsable !
 

C’est l’été ! Quelques pistes pour voyager plus responsable

Il ne reste plus qu’à vous souhaiter d’excellentes vacances !

Quels sont les 50 sites industriels les plus émetteurs de CO2 en France ?

Les 50 sites industriels les plus polluants sont responsables à eux seuls de 7,3% des émissions françaises de gaz à effet de serre en 2023, auxquelles s’ajoutent les pollutions de l’air, de l’eau et des sols, aux lourdes conséquences non seulement sur le climat, mais aussi sur notre santé à tous et toutes, notamment pour les personnes vivant à proximité de ces sites. Ce rapport, rédigé par le Réseau Action Climat avec la contribution de France Nature Environnement, identifie ces 50 sites, leurs stratégies de décarbonation, les investissements nécessaires mais aussi les aides publiques déjà reçues, et les plus mauvais élèves en matière de respect des règlementations environnementales.

Pour la deuxième année consécutive, le Réseau Action Climat a réalisé un état des lieux de la transition écologique de l’industrie française, responsable de 17,5 % des émissions nationales. L’accent a été mis sur les 50 sites industriels les plus polluants, responsables à eux seuls de 7,3 % des émissions nationales de gaz à effet de serre en 2023. Ce rapport examine les stratégies de décarbonation, les investissements nécessaires et les aides publiques déjà versées à ces 50 sites. 

VUE D’ENSEMBLE DES POTENTIELS DES SOLUTIONS DE RÉDUCTION DES ÉMISSIONS DE GAZ À EFFET DE SERRE DE L’INDUSTRIE ET DE LEURS COÛTS : Contribution potentielle à la réduction des émissions mondiales nettes pour 2030 en GtCO2eq/an
Crédit : SPM.7 IPCC Sixth Assessment ReportWorking Group III: Mitigation of Climate Change

France Nature Environnement s’est associée à l’écriture du rapport pour souligner que l’impact de l’industrie sur l’environnement ne se limite pas au climat : certains des 50 sites sont aussi responsables de pollutions de l’air, de l’eau et des sols pouvant avoir des conséquences graves sur la biodiversité et la santé humaine. Ce rapport présente également un bilan des infractions environnementales commises par de grandes entreprises industrielles en France, dont ArcelorMittal, partenaire des Jeux Olympiques

Partenaire des Jeux olympiques 2024, l’entreprise ArcelorMittal bat des records 🏅
🌫 Rejet d’émission : ses 2 sites principaux à Fos-sur-Mer et Dunkerque représentent à eux seuls 16% des émissions de l’industrie française.
⚖ Violation des réglementations environnementales : en 2022, ArcelorMittal a dépassé les limites légales d’émissions de particules fines dans l’air pendant 240 jours (65% de l’année) sur son site de Fos-Sur-Mer, et ce malgré des mises en demeures répétées.
Étonnamment, les habitant·es de Fos-sur-Mer et d’une commune voisine ont deux fois plus de cancers que la moyenne nationale.
Pour les pollutions du seul site d’ArcelorMittal à Dunkerque, le coût pour la société est estimé à 450 millions d’euros (2021).
LA PLUPART DE CES SITES SE CONCENTRENT DANS LES BASSINS INDUSTRIELS DE DUNKERQUE, FOS-SUR-MER, LE HAVRE ET DU GRAND EST.

L’accent a été mis sur les 50 sites industriels les plus polluants. Ce rapport a été rédigé en mai 2024, avant la tenue des élections européennes du 9 juin et la dissolution de l’Assemblée nationale qui s’en est suivie1. Les constats et recommandations du Réseau Action Climat sont les suivants :

  • 1- L’industrie n’a pas encore entrepris sa décarbonation et affiche des réductions d’émissions portées par la baisse de la production en France. Avec une réduction des émissions de 7,8% entre 2022 et 2023, l’industrie est l’un des secteurs économiques qui a le plus réduit ses émissions en France
    mais cette réduction repose pour moitié 2 sur la baisse de la production de produits tels que le ciment et l’acier. Ainsi, l’industrie doit encore prouver que sa décarbonation est engagée et pérenne.
© TR STOK / Shutterstock
  • 2 – La planification écologique orchestrée par le gouvernement a donné lieu à l’élaboration, par les entreprises de l’industrie, de feuilles de route de décarbonation des 50 sites les plus émetteurs de gaz à effet de serre. Ce travail est désormais en cours sur plus d’une centaine de sites industriels. En dépit du manque de transparence envers la société civile sur le contenu de ces feuilles de route, que le Réseau Action Climat a de nombreuses fois dénoncé, les rares éléments rendus publics donnent un aperçu de l’orientation prise par l’industrie pour se décarboner : le recours aux solutions technologiques. Or, la réduction d’émissions attendue pour 2030 (-36,5% par rapport aux niveaux de 2023) requiert une transformation digne d’une révolution industrielle reposant sur des évolutions de procédés, mais aussi sur l’économie circulaire et la sobriété, deux leviers de décarbonation indispensables qui doivent être bien davantage investis par les industriels.
RÉPARTITION DES ÉMISSIONS DE CO₂E DU SECTEUR DE L’INDUSTRIE MANUFACTURIÈRE ET CONSTRUCTION EN FRANCE
Données Citepa (2024)

Le Réseau Action Climat demande aux pouvoirs publics des garanties solides en échange de cette aide publique avec entre-autres :

  • respecter la stratégie de décarbonation,
  • fixer une date d’arrêt des hauts fourneaux au charbon,
  • éviter tout verrouillage carbone (rénovation et captage des émissions des hauts fourneaux etc.)
CHAÎNE DE VALEUR DU CCUS : CAPTAGE, STOCKAGE, UTILISATION DU CO2
  • 3 – Les technologies de captage, stockage ou d’utilisation du carbone industriel sont de nouveau plébiscitées par les entreprises mais présentent de nombreuses limites, qui en font une solution de dernier recours, pour réduire les émissions résiduelles qui ne peuvent être supprimées ou évitées, une fois les autres solutions de décarbonation déployées. En raison de ce rôle secondaire, les investissements doivent se concentrer sur les leviers principaux de décarbonation de l’industrie plutôt que sur celui-ci.
Les 50 sites les plus émetteurs de CO2
Les 50 sites les plus émetteurs de CO2

Par ailleurs, l’orientation de l’industrie française vers des solutions de captage du carbone doit faire l’objet d’un débat public, d’autant plus dans le contexte actuel d’explorations des capacités de stockage de CO2 dans le sous-sol français.

  • 4 – L’impact des stratégies de décarbonation des industriels sur les emplois et compétences ne semble pas avoir été évalué par les industriels dans le cadre du travail des feuilles de route. Cette dimension doit être anticipée au plus vite pour les salariés et faire l’objet d’un dialogue social pour garantir une transition écologique juste.
ÉVOLUTION TEMPORELLE DES ÉMISSIONS DE L’INDUSTRIE EN FRANCE ET OBJECTIF POUR 2030
  • 5 – La révolution industrielle nécessaire pour opérer la décarbonation de l’industrie existante nécessite d’importants investissements, évalués par l’Institut Rousseau à 48 milliards d’euros d’ici 2050, avec un déficit d’investissement actuellement évalué à 27 milliards d’euros. Le soutien financier de l’État est donc essentiel pour assurer la décarbonation de l’industrie. Néanmoins, ce soutien ne doit plus se faire sans contrepartie des industriels sur la tenue d’engagements environnementaux et sociaux.
LAFARGE – HOLCIM – Sites Lafarge – Holcim considérés : Saint-Pierre-La-Cour, Teil, Martres-Tolosane, Port-la-Nouvelle, La Malle, Val d’Azergues, Altkirch.
  • 6 – Alors que la problématique de l’impact de l’industrie sur le climat semble avoir été prise en main par les pouvoirs publics, ce n’est pas le cas des autres pollutions générées par les activités industrielles, qui ont des impacts délétères sur la santé des riverains et travailleurs. Parmi les 50 sites, beaucoup commettent des infractions environnementales, notamment en raison du manque de contrôles que le Réseau Action Climat recommande d’augmenter à un minimum de 30 000 par an. Les sanctions financières doivent également être revues à la hausse pour devenir réellement dissuasives, cela peut par exemple prendre la forme d’une sanction proportionnelle au chiffre d’affaires de l’entreprise.
ARCELOR MITTAL – Sites de Fos-sur-Mer, Dunkerque, Florange
  • 7 – ArcelorMittal, fleuron de l’acier de haute qualité en France, illustre parfaitement la nécessité de conditionner les aides publiques. Malgré une stratégie de décarbonation imprécise, incomplète (peu
    d’informations ont été communiquées sur la décarbonation du site de Fos-sur-Mer), mouvante et contradictoire (construction de nouveaux hauts fourneaux au charbon dans d’autres pays) ainsi que de multiples infractions environnementales ayant des conséquences néfastes sur les populations riveraines des mines et sites sidérurgique du groupe, ArcelorMittal France devrait recevoir une aide publique à la décarbonation s’élevant à 850 millions d’euros.
YARA FRANCE – Site du Havre
  1. La mention « gouvernement » dans le texte fait référence au gouvernement d’Elizabeth Borne puis de Gabriel Attal, sans distinction, étant donné que la politique industrielle a été poursuivie, notamment
    avec le maintien de Bruno Lemaire, en tant que Ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique, et de Roland Lescure en tant que ministre délégué chargé de l’industrie. ↩︎
  2. Haut Conseil pour le Climat. (2024). Tenir le cap de la Décarbonation, protéger la population – Rapport annuel 2024 ↩︎

Puisque la mer monte … Transformer la vulnérabilité d’un territoire en opportunité

Une digue édifiée au XIXe siècle … Une buse sous la digue, par où
s’écoule la Saâne mais infranchissable pour les poissons migrateurs. Derrière la digue, un camping municipal menacé de fermeture administrative. En cause l’élévation du niveau de la mer, les submersions marines et les crues de la Saâne, que la buse ne permet pas d’évacuer. Comme une baignoire dont la bonde serait trop étroite … On fait quoi ? Un projet qui transforme la vulnérabilité d’un territoire en opportunité. Pour la première fois en France, un camping menacé par le recul du trait de côte est déplacé et s’adapte aux attentes des vacanciers du XXIe siècle.

La Saâne n’est pas un long fleuve tranquille …

Entre les premières réflexions et l’arrivée des pelleteuses, plus de vingt ans se sont écoulés.

Dans les années qui viennent, plusieurs dizaines de campings devront être relocalisés sur tous les littoraux français. En réinventant son équipement touristique, la commune de Quiberville-sur-Mer montre la voie. Cette opération est l’une des actions-phares du projet de territoire Basse Saâne 2050, salué -et en partie financé- par l’Union européenne et par l’État, qui vise à adapter la basse vallée de la Saâne aux nouvelles conditions climatiques.

Les porteurs du projet nous racontent l’histoire du projet et nous décrivent le futur visage de la vallée.

L’idée d’un projet territorial dans la basse vallée s’est imposée d’elle-même au fil des ans et des réflexions. Le Syndicat des bassins versants, en juin 2000, a constaté le traumatisme lié aux récents épisodes de crues de la Saâne, qui a causé d’énormes dégâts. Au camping de Quiberville-sur-Mer, caravanes et mobilhomes ont flotté dans 1,80 m d’eau pendant plusieurs semaines !

En cause, la digue, qui protège de la mer mais retient l’eau dans les terres en cas de crues, et la buse d’écoulement de la rivière, dont le débit ne permet pas à l’eau de s’évacuer rapidement. A cette époque, on ne pense qu’à réguler les crues de la rivière. Le dérèglement climatique, la montée du
niveau marin, le recul du trait de côte, tout cela n’est pas dans les esprits. Et le syndicat fait ce qu’il sait
faire : gérer les crues ! Puisque le problème venait de la digue, après plusieurs années de calculs et d’études il a proposé d’ouvrir cette digue sur 30 à 40 m, ce qui permettait à l’eau de s’écouler rapidement.

Ce projet n’a pas fait l’unanimité … et en 2010, le projet est retoqué. Fin de l’histoire ?

Pas du tout ! D’abord parce que le problème des crues n’était pas résolu, et parce que d’autres thématiques sont apparues, comme la submersion marine, la qualité des eaux de baignade, etc.
I fallait aussi trouver une solution pour restaurer la continuité écologique à l’embouchure puisque
c’est une obligation réglementaire.

Projet territorial Basse Saâne 2050 (Seine-Maritime)

Le Conservatoire du littoral est désigné pour porter le nouveau projet, bénéficier d’études sociologiques et
économiques, poser les bonnes questions en termes d’aménagement de ce territoire. Sans perdre de vue les questions de vulnérabilité et de résilience, mais en intégrant, par exemple, la question de
l’avenir du camping de Quiberville-sur-Mer, qui est un poumon économique de la commune.

Pas d’argent, pas de projet !
LE NOUVEL ÉQUIPEMENT TOURISTIQUE. Situé en retrait de la côte et en hauteur, il offrira une vue majestueuse sur la vallée et la mer, et proposera des prestations conformes aux nouvelles attentes des touristes.

Mais déplacer le camping, construire une station d’épuration, reconnecter la rivière à la mer, tout cela coûte cher … Oui, mais quand les Anglais leur ont proposé de candidater ensemble pour le programme européen PACCo (Promouvoir l’Adaptation aux Changements Côtiers), le territoire a pu se mobiliser en urgence et bénéficier de ces financements importants pour passer en phase opérationnelle.

Les financements PACCo ont permis de « débloquer » la première brique : la relocalisation du camping. Sans elle, pas de restauration de la continuité écologique. Et grâce à la réflexion conduite sur le camping et sur l’économie touristique, ils ont pu intégrer le volet assainissement au dossier PACCo. Ce qui va leur permettre de régler aussi la question de la reconnexion de la Saâne à la mer.

CAMILLE SIMON – Chargée du projet de territoire au Conservatoire du littoral

 » Quand je suis arrivée, je n’avais pas conscience de l’étendue des compétences et des connaissances que ce projet pouvait demander : biodiversité, zones humides, hydraulique, tourisme et camping, assainissement, suivis de chantier, archéologie, pyrotechnique, communication, gestion de projet, management, animation (auprès des petits comme des grands), financements, prêts, urbanisme, marchés publics, agriculture, chasse, pêche, randonnée, photographie, réglementation… « 

Redonner à la Saâne un espace d’expansion en cas de cruesLa connecter à la merRelocaliser le camping municipal de Quiberville-sur-Mer et les bungalows de Sainte-Marguerite-sur-Mer … Construire une station d’épuration à Longueil … Restaurer la biodiversité

Tous ces chantiers qui, mis bout à bout, constituent l’ossature du projet de territoire Basse Saâne 2050, nécessitent que les maîtres d’ouvrage s’assurent la propriété des terrains concernés. La « maîtrise foncière » est donc au cœur du projet territorial. Elle est assurée par plusieurs acteurs, qui ont chacun leurs règles, leurs méthodes, et leurs compétences : le Conservatoire du littoral, l’Établissement public foncier de Normandie (EPFN), la Société d’aménagement foncier et d’établissement rural (SAFER). Et, bien sûr, les communes concernées et la Communauté de communes Terroir de Caux

Travaux de restauration de la continuité écologique sur la commune de St Crespin : une renaturation sur 400 mètres a été menée sur une propriété privée située au lieu-dit La Ravine.

Chaud dedans ! Les animaux aussi souffrent des fortes chaleurs.

Animaux haletant à cause de la chaleur, agonisant dans des élevages surpeuplés, entassés en plein cagnard dans les camions et les navires bétaillers… Chaque été, les animaux aussi souffrent des fortes chaleurs. Avec le réchauffement climatique, ces souffrances deviendront leur quotidien si personne n’agit ! Welfarm lance sa campagne Chaud dedans ! Et nous invite à signer la pétition pour demander au gouvernement des mesures ambitieuses pour transformer les conditions d’élevages et de transport des animaux.

Chaud dedans ! Dans une France à +4°C, les animaux vont suffoquer

WELFARM DEMANDE AU GOUVERNEMENT DES MESURES AMBITIEUSES POUR TRANSFORMER LES CONDITIONS D’ÉLEVAGE ET DE TRANSPORT DES ANIMAUX :

  • Plus d’espace pour les animaux dans les bâtiments et pour les poissons dans les bassins
  • Un environnement adapté aux besoins spécifiques des animaux terrestres et aquatiques
  • L’arrêt des transports d’animaux par fortes chaleurs et de leurs exportations vers les pays tiers (hors Union européenne)

Kit militant : Chaud Dedans !  Dans une France à +4°C, les animaux vont suffoquer
Le kit militant se compose de 20 tracts, d’une feuille de pétition, d’un crayon de papier et d’un petit goodie pour vous remercier d’agir aux côtés de Welfarm !Pour recevoir le kit militant de la campagne gratuitement par voie postale, merci de remplir le formulaire.

3 demandes pour mettre un terme aux souffrances subies par les animaux en période de fortes chaleurs :

1 – Réduire les densités dans les élevages

Chaque animal devrait disposer de plus d’espace dans les bâtiments

Lors des canicules, les densités extrêmes dans les élevages sont sources de souffrances pour les animaux et de surmortalité. En 2019, les vagues de chaleur ont entraîné une surmortalité de 40% dans les élevages de porcs et volailles !1

Nous demandons donc au gouvernement d’agir pour réduire les densités dans les élevages de volailles et porcs.

Tous les poissons devraient disposer de plus de m3 d’eau dans les bassins d’élevage

La pollution de l’eau et le manque d’oxygène s’intensifient avec le nombre d’animaux dans les bassins, et plus encore en période de fortes chaleurs.

Les poissons devraient toujours pouvoir nager dans des eaux de qualité, qui ne soient pas surpeuplées. Nous demandons donc de réduire les densités de poissons dans les bassins.

2 – GARANTIR UN ENVIRONNEMENT adapté AUX BESOINS DES ANIMAUX

Chaque animal terrestre devrait avoir accès au plein air aménagé avec des zones d’ombre

Les animaux devraient avoir accès à des pâtures ou parcours afin de bénéficier d’un environnement plus diversifié, nécessaire à l’expression de leurs comportements naturels. Les animaux devraient avoir le choix de se mettre à l’abri, à l’intérieur comme en extérieur. Pour mieux les protéger des fortes températures, les espaces en plein air devraient être ombragés, notamment grâce à des arbres, arbustes et haies.

Des aménagements devraient également être mis en place pour permettre aux animaux de se rafraîchir : notamment grâce à des zones de baignade pour les canards et les oies et la possibilité de prendre des bains de boue pour les cochons.

Tous les poissons devraient nager dans des bassins qui répondent à leurs besoins spécifiques

Pour réguler la température de l’eau, nous demandons que les bassins de pisciculture soient suffisamment profonds et qu’une partie de leur surface soit ombragée. Fournir des zones d’ombrage aux poissons permet aussi de limiter le développement d’algues qui nuisent à la qualité de l’eau.

Puisque le taux d’oxygène de l’eau diminue avec l’augmentation de la température, les bassins devraient également être équipés de dispositifs d’oxygénation de l’eau.

3 – INTERDIRE LES TRANSPORTS PAR FORTES CHALEURS

Aucun animal ne devrait être transporté par fortes chaleurs

Le règlement européen sur le transport d’animaux impose que la température à l’intérieur de l’habitacle des véhicules n’excède jamais les 30, voire 35°C. En France, il est, en plus, interdit de transporter des animaux entre 13h et 18h dans les départements placés en vigilance canicule orange ou rouge. Toutefois, ces dispositions ne sont ni suffisantes, ni toujours respectées en pratique. Chaque année, des animaux continuent de souffrir des fortes chaleurs dans des camions et navires bétaillers surchargés.

Nous demandons donc de définir des seuils de températures spécifiques à chaque espèce transportée et d’imposer une stricte interdiction des transports hors de cette zone de confort thermique (soit, interdire les transports au-delà de 22°C pour les truies, 25°C les bovins, chevaux, cochons et 28°C pour les moutons non tondus).

Aucun animal ne devrait être exporté vers les pays tiers de l’Union européenne (Maroc, Turquie, Algérie,…)

Les transports à destination des pays tiers de l’Union européenne sont particulièrement préoccupants. Ces trajets peuvent durer plusieurs jours, voire semaines, alterner voyages par route et par mer et nécessiter de longs temps d’attente aux frontières. Une fois arrivés à destination dans les pays tiers, les transporteurs ne sont parfois pas tenus de respecter des limites de température dans les camions.

Par conséquent, nous demandons l’interdiction des exportations d’animaux à destination des pays tiers pour limiter le risque que les animaux aient à souffrir des fortes chaleurs pendant le transport.

Depuis 1994, WELFARM agit pour améliorer le bien-être des animaux d’élevage à toutes les étapes de leur vie (élevage, transport, abattage).

AGIR AVEC WELFARM, C’EST :

  • Lutter contre l’élevage intensif et ses dérives
  • Contribuer à l’amélioration des conditions de vie des animaux
  • Participer à l’émergence d’une société où l’animal est respecté pour sa valeur intrinsèque

Association française indépendante, WELFARM est financée uniquement par la générosité publique. L’association bénéficie du label Don en confiance. Sa mission est reconnue d’utilité publique.

  1. Rapport du Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux, Décembre 2020 ↩︎

Quelles sont les 12 solutions les plus efficaces pour rafraichir les villes ?

Montpellier, Toulouse, Paris, Grenoble et Lyon permettent aux résidents et aux touristes d’accéder à des lieux rafraîchissants pour se détendre et découvrir la richesse botanique de chaque ville : espaces verts, parcs ombragés et projets innovants dédiés à la fraîcheur urbaine. Découvrons avec 420 arbres comment ces cinq métropoles se réinventent pour offrir des escapades « végétales » en plein cœur de la ville.

Été en ville, comment les îlots de fraîcheur urbains rendent nos visites agréables ?
© Lesechos.fr

En cette période de canicule, la question n’a jamais été autant d’actualité : comment rafraichir nos villes ?
Voilà quelques solutions pour abaisser la température de nos rues :

  • 1- Mettre des pelouses
  • 2- Utiliser l’arrosage urbain
  • 3- Installer des fontaines
  • 4- Monter des structures d’ombrage
  • 5- Utiliser un revêtement de couleur claire
  • 6- Multiplier les toitures végétalisées
  • 7- Améliorer l’isolation thermique
  • 8- Préférer les revêtements drainants
  • 9- Planter des arbres
  • 10- Installer des brumisateurs
  • 11- Associer toitures et façades végétalisées
  • 12- Créer un plan d’eau
Les abris rafraîchissants : une solution contre les vagues de chaleur urbaines

Il est également possible de favoriser la circulation des voitures dans certaines zones, créer des espaces de rafraîchissement pour les plus vulnérables et mutualiser la consommation de climatisation, etc…

Les arbres, une solution pour réduire la mortalité estivale

Végétaliser nos lieux de vie
pour les rendre plus désirables

Infographie réalisée par Le Monde.

Angers adopte une charte de l’arbre pour une ville plus verte
En juin 2024, Angers a renforcé son engagement écologique avec la charte de l’arbre ajoutée au schéma directeur des paysages (2019) et au plan Nature en ville (2021) 🌱Cette charte présente la politique arboricole communale et les orientations stratégiques pour la gestion à long terme des arbres à Angers.

Les parcs et jardins, une richesse culturelle et environnementale

Créer un parcours de tourisme végétal en milieu urbain avec les parcs et jardins publics vient naturellement à l’esprit. Ces espaces verts emblématiques de nombreuses villes françaises et riches en histoire sont non seulement des lieux de rencontre mais aussi des lieu de rafraîchissement importants. La couverture végétale du sol et l’ombre procurée par les arbres créent de véritables îlots de fraîcheurs en ville.

LES RÔLES ET BIENFAITS DE L’ARBRE – Charte de l’arbre d’Angers

À Montpellier, le jardin des plantes est à visiter. Créé en 1593, il est le plus ancien jardin botanique de France. En marchant le long de ses bambous ou en s’asseyant sur un banc face aux serres tropicales, on ressent la fraîcheur fournie par les plantes et les points d’eau.

Pour chaque ville, le site https://www.nosvillesvertes.fr/ propose le pourcentage de patrimoine arboré, le pourcentage de patrimoine arboré dans la totalité de la commune (ville et campagne), mais aussi la surface verte en ville exprimée en terrains de football, et cette même surface indiquée en m² par habitant.

Les points d’eau, jolis et utiles !

Les cours d’eau, les fontaines et jeux d’eau sont un réel atout pour la température environnante. En effet, l’évaporation de l’eau absorbe la chaleur, réduisant la température ambiante de 2 à 5°C !!! Ces points d’eau sont souvent le cadre de belles promenades le long des rivières et des cours d’eau, ainsi que de magnifiques structures architecturales pour les fontaines et les bassins.

Comment rendre votre ville plus verte ?

À Paris, les touristes se dirigent vers la Seine et les nombreux bassins des Tuileries pour l’Histoire et la beauté des lieux. Mais ils remarqueront certainement la baisse de température et la fraicheur ressenties aux alentours de ces points d’eau.

À Grenoble, les habitants profitent des berges de l’Isère. Les aménagements paysagers autour de la rivière créent des espaces verts agréables et rafraîchissants pour les promeneurs et les cyclistes. Grenoble est d’ailleurs en train de développer le projet Mikado, un nouveau parc qui s’étendra sur plusieurs communes et créera ainsi une trame écologique importante !

La reconquête des berges de l’Isère consiste à trouver un nouveau rapport avec la rivière, et plus largement avec l’eau dans un contexte de réchauffement climatique. Aujourd’hui, plusieurs énergies convergent pour que l’Isère occupe une place plus importante dans le paysage des Grenoblois.es, et dans leurs activités.

Les arbres remarquables

L’association A.R.B.R.E.S. décerne le label d’arbre « remarquable », reconnu par le Ministère de la Transition écologique, qui invite les touristes à venir s’émerveiller sur ces prouesses de la nature !

À Montpellier, un cèdre de 30m de haut pousse depuis plus de 200ans au sein de l’ancien hôtel Deyde dans le quartier Ecusson.

L’arbre se dresse dans le jardin de l’hôtel Deydé, situé rue du Cannau, près de la préfecture.
Photo Céline Gallais pour Le Midi Libre

Rendre vos balades plus fraîches et vertes

À Toulouse, la ville souffre de l’effet de rétention de chaleur de ses façades. La couleur foncée de ses briques retient la chaleur et il en résulte des températures extrêmes dans le centre-ville. Toulouse a mis en place un plan de rafraîchissement global. Au-dessus de la place du Capitole ou le long de l’avenue Alsace Lorraine, des rubans suspendus abaissent la température de 4°C. Leur couleur réfléchit la lumière et diminue la chaleur au sol, idéal pour visiter les rues de la capitale d’Occitanie au frais !

© Photo 20minutes.fr

20minutes.fr

À Paris, la terrasse du musée Guimet des arts asiatiques est l’endroit parfait pour boire un verre et admirer ce toit terrasse végétalisé. Le musée a décidé de couvrir ses toits par des plantes originaires d’Asie pour continuer la visite dans cet écrin de verdure ! On peut admirer la vue sur les toits de Paris et la Tour Eiffel et sentir la fraîcheur apportée par les plantes de la terrasse.

© Photo Guimet.fr

La gestion du stress thermique

Des jets d’eau peuvent aussi palier l’augmentation du stress thermique en ville.

La finance durable, nouvelle norme d’une économie verte ?

« Les transformations en cours montrent que la finance durable pourrait devenir la norme, avec une économie verte dominant le paysage financier« . Le numéro d’août de Réalités Industrielles explore les différentes dimensions de la finance durable à travers quatre parties principales : les fondements de la finance durable, le cadre réglementaire et institutionnel, les banques et investisseurs institutionnels, et enfin, les défis et perspectives éthiques. Il a été coordonné par Sandrine Lemery, Présidente du conseil de surveillance du Fonds de Réserve pour les Retraites – FRR, & Laure Tabouy, Neuroscientifique et éthicienne, Université Paris-Saclay et Agence de la biomédecine.

La réglementation relative aux critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) en France a connu une évolution importante ces dernières années, en cohérence avec les objectifs européens en matière de finance durable.

Les règlements SFDR et MiFID2, ainsi que la directive CSRD, ont été introduits pour améliorer la transparence des produits financiers, renforcer les obligations des conseillers en investissement, et harmoniser la publication d’informations extra-financières par les entreprises. Ces mesures visent à permettre aux investisseurs de mieux identifier les produits financiers correspondant à leurs objectifs ESG, et aux entreprises de rendre compte de leurs performances de manière plus transparente.

Croissance du nombre de signataires des principes pour l’investissement responsable (PRI)
(Source : https://dwtyzx6upklss.cloudfront.net/Uploads/z/s/n/pri_ar2023_smaller_file_8875.pdf).

Par ailleurs, 2023 a vu émerger en France un consensus concernant le financement de la transition climatique en France avec des besoins d’investissement climat estimés notamment par le rapport de Jean Pisani Ferry et Selma Mahfouz à un ordre de grandeur de 100 milliards d’euros par an en 2030, et la nécessité d’une forte augmentation des crédits publics pour accompagner les acteurs dans la transition.

La finance durable devient ainsi un pilier essentiel de notre économie, cherchant à intégrer des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) dans les décisions financières pour promouvoir un développement économique responsable.

La cartographie sur la finance durable en France (Source : Cette cartographie digitale et collaborative est proposée par Finance for Tomorrow et l’Institut Louis Bachelier, en collaboration avec le FIR – Forum pour l’investissement responsable dans l’écosystème des acteurs français de la recherche en finance verte et durable pour le rendre plus accessible aux professionnels de la finance, aux chercheurs et aux étudiants,
(Source : https://institutdelafinancedurable.com/actualites/cartographie-acteurs-recherche-finance-durable/).

Ce numéro de Réalités Industrielles explore les différentes dimensions de la finance durable à travers quatre parties principales : les fondements de la finance durable ; le cadre réglementaire et institutionnel ; les banques et investisseurs institutionnels ; et enfin, les défis et perspectives éthiques.

Ce numéro est coordonné par deux personnes ayant deux profils différents mais qui se sont rejointes par leur volonté de faire avancer, de manière collaborative, les réflexions sur les enjeux de la finance qui se présentent à nous en 2024.

1 – Les fondements de la finance durable

Les principes de base de la finance durable reposent sur l’intégration des critères ESG dans les pratiques financières courantes. Grégoire Postel-Vinay, membre du Conseil général de l’économie, rappelle que la question des usages moraux de l’argent est ancienne, marquée par des interdictions et des encouragements à privilégier certaines pratiques. Il met en lumière les critères de sélection des fonds éthiques et RSE et leurs évolutions, en lien avec les enjeux économiques et industriels, notamment ceux liés au changement climatique. Il souligne que ces fonds, longtemps marginaux, sont en train de devenir une réalité économique majeure, répondant aux attentes croissantes des épargnants dans un contexte où le rôle de régulateur social des États diminue.

Raphaël Trotignon, économiste chargé du pôle énergie et climat de Rexecode, analyse le rôle du « prix du carbone » comme incitation économique à la décarbonation et à la réorientation des flux financiers vers des technologies bas-carbone. En Europe, un nouveau système d’ajustement carbone aux frontières vise à compenser les effets pervers d’une tarification incomplète du carbone. Bien que cette initiative soit destinée à protéger l’industrie européenne de la concurrence déloyale, Raphaël Trotignon avertit que sa mise en œuvre pourrait paradoxalement accroître le déficit de compétitivité de l’industrie européenne, mettant en lumière les défis complexes de la régulation dans la finance durable.

Les actions de recherche du Centre interdisciplinaire Energy4Climate (E4C) (Source : https://www.e4c.ip-paris.fr/#/fr/research/introduction).

Patricia Crifo, professeur à l’École polytechnique, explore l’impact des chaires de finance verte et durable dans la transformation de la recherche et de l’enseignement supérieur. Depuis deux décennies, ces chaires ont développé des plateformes collaboratives innovantes, réunissant universitaires, industriels et décideurs pour promouvoir les pratiques de finance durable. Patricia Crifo montre comment ces initiatives contribuent à transformer les dynamiques d’enseignement et de recherche grâce à des approches interdisciplinaires et à l’innovation. Ces chaires jouent un rôle important dans la formation des futurs dirigeants et professionnels capables de relever les défis de la durabilité, en catalysant un changement de paradigme vers un système financier plus résilient et inclusif.

2 – Le cadre réglementaire et institutionnel

Le cadre réglementaire et institutionnel est fondamental pour structurer et orienter la finance durable. François Guy Trébulle, doyen honoraire de l’École de Droit de la Sorbonne, professeur de droit à Paris 1 Panthéon-Sorbonne, se penche sur la question de l’accompagnement juridique de la finance durable. Il souligne que ce cadre passe par des textes spécifiques, principalement d’origine européenne, mais aussi par une intégration des facteurs de durabilité dans l’ensemble du droit applicable aux entreprises. François Guy Trébulle rappelle que la loi Pacte de 2019 a réécrit l’article 1833 du Code civil, stipulant que les entreprises doivent être gérées en prenant en considération les enjeux sociaux et environnementaux. Cette intégration juridique est essentielle pour que la durabilité ne reste pas un concept vague, mais devienne une réalité contraignante pour toutes les entreprises.

Alexandre Montay, délégué général du Mouvement des entreprises de taille intermédiaires (M-ETI), souligne que si la création du concept d’ETI en France a permis de mieux prendre en compte leurs particularités, alors qu’elles contribuent pour environ un tiers à la richesse nationale, il n’en est pas encore de même au niveau européen. Il plaide pour qu’il en soit ainsi et pour que le puissant flux normatif européen lié au Pacte Vert prenne en compte les spécificités des mid-caps, afin de ne pas dégrader leur compétitivité et par effet d’éviction de les mettre sur le bord du chemin de financements et de marchés porteurs au profit de productions dans des pays moins contraignants du point de vue environnemental. Il souhaite ainsi, dans l’intérêt même des objectifs environnementaux, que l’impératif de proportionnalité s’impose aux normes de durabilité.

Patrick de Cambourg, président du Sustainability Board de l’EFRAG, aborde l’importance de l’information de durabilité comme un second pilier de l’information normée des entreprises. Il explique que bien que l’information financière ait atteint un bon niveau de maturité, elle présente des limites importantes.

Patrick de Cambourg plaide pour une information de durabilité qui couvre les impacts, risques et opportunités des entreprises en matière ESG. Cette transition de l’auto-régulation vers des politiques publiques souligne le besoin croissant de transparence et de responsabilité dans la communication des entreprises.

Logo du label ISR
(Source : ministère chargé des Finances)

Michèle Pappalardo, présidente du label ISR (Investissement socialement responsable), discute de l’évolution du label ISR créé en 2016 pour encourager les démarches de finance durable. Initialement ambitieux, le label a dû être révisé en 2023 pour renforcer son exigence et sa crédibilité. Cette révision impose aux fonds labellisés de s’adapter à des critères plus stricts, assurant ainsi aux investisseurs et épargnants la réalité des pratiques de finance durable.

Michèle Pappalardo souligne que cette évolution est essentielle pour maintenir la confiance des investisseurs et des épargnants, et pour permettre à la place financière française de continuer à jouer un rôle majeur dans le développement de la finance durable.

Évolution du nombre de fonds labellisés ISR (Source : comité du label ISR)

Emmanuelle Assouan, directrice générale de la Stabilité financière et des Opérations de la Banque de France, présente le Network of Central Banks and Financial Supervisors for Greening the Financial System (NGFS), une coalition lancée en 2017 pour verdir le système financier. Le NGFS compte aujourd’hui 150 membres et représente près de 90 % du PIB mondial et des émissions de gaz à effet de serre.

Emmanuelle Assouan explique que le NGFS vise à mieux comprendre les interdépendances entre le système financier et la nature, intégrant de fait les risques climatiques et environnementaux dans les missions des banques centrales et superviseurs financiers.

Chaines de transmission des risques financiers liés à la nature (Source : NGFS (2023), Nature-related Financial Risks : A Conceptual Framework to guide Action by Central Banks and Supervisors).

Éric Lombard, directeur général de la Caisse des Dépôts et Consignations, expose le rôle de cette institution dans la finance verte. Éric Lombard souligne que la Caisse des Dépôts, grâce à son modèle unique alliant métiers de prêteur, investisseur et opérateur, est bien positionnée et mobilise 100 Mds€ sur les cinq prochaines années des flux financiers nécessaires à la transformation écologique. Les nouvelles opportunités offertes par la taxonomie européenne et la directive CSRD permettront de mieux cibler les investissements verts, renforçant ainsi l’ambition du Groupe.

Marie-Anne Barbat Layani, présidente de l’AMF, examine l’importance de la régulation pour promouvoir un écosystème financier durable. Elle met en avant le rôle crucial de la Place financière de Paris dans la finance durable et l’importance d’un tandem entre innovation de marché et régulation publique. L’AMF est pleinement mobilisée pour garantir la transparence et la protection des investisseurs, assurant ainsi la crédibilité des produits financiers verts.

Gabrielle Siry, experte nationale détachée à la Commission européenne, retrace l’évolution de la réglementation financière durable en Europe depuis l’Accord de Paris. Gabrielle Siry explique que l’approche de la finance durable s’est élargie de la prise en compte des risques financiers à l’évaluation de l’impact environnemental des activités financières. Elle souligne les nouveaux enjeux, tels que l’influence de la perte de biodiversité sur la stabilité financière et le déficit de couverture assurantielle contre les catastrophes naturelles en Europe.

3 – Les banques et investisseurs institutionnels

Les banques et les investisseurs institutionnels jouent un rôle crucial dans la promotion et la mise en œuvre de la finance durable. Jean-Laurent Bonnafé, administrateur directeur général de BNP Paribas, ouvre cette section en décrivant comment la banque est profondément ancrée dans la société, accompagnant ses clients dans leurs projets tout en répondant aux défis environnementaux et sociaux actuels tels que le réchauffement climatique et la perte de biodiversité. Jean-Laurent Bonnafé souligne l’importance de la transition et de la transformation, en précisant que BNP Paribas adapte ses modèles économiques et ses offres bancaires pour répondre à ces enjeux.

Il met en avant la nécessité de temps pour expérimenter et mettre en place des réglementations, tout en soulignant que la transformation vers une finance durable est un marathon, pas un sprint.

Poids des énergies fossiles et des énergies bas-carbone dans le stock de financement à la production d’énergies de BNP Paribas

Cyril Rousseau, directeur financier de la BEI, met en lumière le rôle des obligations vertes, sociales et durables lancées par la BEI en 2007. Ces instruments financiers, désormais émis à hauteur de 600 Mds€ par an, illustrent l’évolution de la gouvernance vers des cadres réglementaires officiels. Cyril Rousseau discute de la taxonomie européenne et de ses défis d’application, en soulignant l’importance d’une approche proactive et graduelle. La BEI s’engage à soutenir des investissements verts à hauteur de 1000 Mds€ sur la décennie 2021-2030, démontrant ainsi son rôle de fer de lance dans la finance durable en Europe.

Évolution des émissions d’obligations vertes, sociales et durables de 2007 à 2023, par instrument, en milliard d’euros
(Source : Bloomberg New Energy Finance, données à fin 2023).

Florence Lustman, présidente de France Assureurs, aborde les enjeux et défis de la finance durable pour les assureurs. Elle explique que les assureurs sont des acteurs clés dans la lutte contre le dérèglement climatique, non seulement en protégeant contre les sinistres liés aux événements naturels, mais aussi en orientant leurs investissements vers des entreprises répondant aux critères ESG.

Évolution des émissions d’obligations climat et durables de la BEI, en milliards d’euros,
et en part du programme d’émissions obligataires de la BEI (Source : BEI, fin 2023).

Florence Lustman souligne que les investissements nécessaires pour réussir la transition écologique se chiffrent en milliers de milliards d’euros, et que les assureurs jouent un rôle crucial en accompagnant la transition du « brun » vers le « vert ».

Périmètre actuel des obligations climat et durables de la BEI (Source : BEI, mai 2024)

Pascal Demurger, directeur général de la MAIF, discute de la manière de faire réussir la finance durable à une époque où un mouvement anti-ESG se développe aux États-Unis. Pascal Demurger plaide pour avancer avec conviction et rationalité, sans abandonner la logique de rendement. Il souligne que l’engagement et la normalisation de la finance durable sont essentiels pour maintenir l’élan et éviter la stagnation ou la régression. La MAIF gère son portefeuille de 20 Mds€ d’actifs en respectant ces principes, démontrant qu’un équilibre entre rentabilité et impact positif est possible.

Laurence Bauduin, présidente de l’Institut des actuaires, examine le rôle des actuaires dans la finance verte. Les actuaires, experts en évaluation et gestion des risques, sont garants des équilibres à long terme du système assurantiel et financier. Laurence Bauduin explique que l’intensification des risques climatiques et géopolitiques place les actuaires en position de référence pour gérer ces nouveaux défis. Les actuaires ont notamment un rôle à jouer sur l’adaptation de certains régimes d’assurance, sur la financiarisation de l’assurance et la décarbonation des passifs d’assurance, mais également dans la collaboration avec les scientifiques d’autres disciplines pour adapter les modèles aux objectifs de l’Accord de Paris.

Margot Ursin, consultante au cabinet Leyton, aborde la nouvelle réalité du conseil financier aux entreprises dans le contexte du Pacte Vert Européen. Elle explique que les entreprises doivent jongler entre des horizons de temps à moyen et long terme pour leurs plans de transition et les actions concrètes à court terme. Les sociétés de conseil financier jouent un rôle clé en aidant les entreprises à accéder à des dispositifs de financement et à trouver des leviers pour leurs plans de transition. Margot Ursin souligne que le verdissement et la durabilité sont essentiels pour une économie compétitive et moderne.

Marie Brière, responsable de la veille investisseurs et des partenariats académiques chez Amundi, discute de l’impact des investisseurs responsables. Sur la base d’une revue de littérature, elle examine la relation entre la politique de responsabilité sociale des entreprises (RSE) et leur performance financière, ainsi que l’influence des investisseurs responsables. Brière met en avant le rôle de l’engagement actionnarial, qui permet aux investisseurs d’influencer les politiques des entreprises et la société dans son ensemble. Elle souligne l’importance de comprendre l’évolution des préférences des investisseurs envers les considérations ESG.

Fanny Picard, présidente du fonds Alter Equity, clôt cette section en discutant du financement des start-ups pour la transition vers une économie inclusive et durable. Fanny Picard explique que les start-ups jouent un rôle crucial en développant des solutions innovantes aux enjeux sociaux et environnementaux. Le financement de ces start-ups, notamment par les fonds à impact, est stratégique pour réussir cette transition. Fanny Picard plaide pour un soutien accru des investisseurs institutionnels, à la fois du point de vue éthique et financier, pour favoriser une économie durable.

4 – Défis et perspectives éthiques

Visuel du « code vert » (Source : Benefits and Pensions Monitor).

La finance durable ne peut se développer efficacement sans prendre en compte les défis et les perspectives éthiques. Anne-Catherine Husson-Traore, directrice générale de Novethic, discute des nuances du greenwashing ou écoblanchiment, un terme utilisé pour décrire les pratiques trompeuses des entreprises qui se présentent comme plus respectueuses de l’environnement qu’elles ne le sont réellement. Anne-Catherine Husson-Traore souligne que plus les entreprises verdissent leur communication, plus les attaques sur leurs allégations environnementales sont virulentes. Les accusations d’écoblanchiment sont fréquentes, mais tendent à regrouper des mensonges avérés, des communications exagérées et des pratiques vertes aux impacts limités. Pour la finance durable, il est crucial de distinguer ces différentes pratiques afin de maintenir la crédibilité et la confiance des investisseurs et du public.

Visuel des différentes pratiques du greenwashing (Source :
Planet Tracker Rapport Greenwashing Hydra)

Laure Tabouy, neuroscientifique et éthicienne à l’Université Paris-Saclay et à l’Agence de la biomédecine, aborde les questions éthiques soulevées par la responsabilité sociale des entreprises (RSE). Laure Tabouy souligne l’importance d’orienter des masses considérables d’épargne pour répondre aux enjeux environnementaux, sanitaires et sociaux. Elle explique que les évolutions réglementaires actuelles, telles que la directive CSRD, rendent impératif de repenser les méthodes du monde financier et met en avant l’approche One Health qui intègre les relations complexes entre la santé humaine, animale et environnementale dans les décisions d’investissement.

Comparaison de la lisibilité des diverses doctrines des régulateurs financiers (Source : Novethic)

L’éthique doit devenir la pierre angulaire de la finance durable, impliquant un engagement actif de la part des acteurs financier pour intégrer la durabilité dans tous les aspects de leurs activités.

Les 17 objectifs de développement durable de l’Onu (Source : https://www.undp.org/fr/sustainable-development-goals).

Dorothée Browaeys, journaliste et auteur, spécialisée dans l’analyse des enjeux économiques et politiques de l’écologie, explore le concept de la comptabilité écologique comme moteur d’une économie éco-compatible. Elle critique les modèles économiques actuels, basés sur le PIB, qui sont aveugles à la destruction des milieux naturels.

Concept du One Health (source : https://www.inrae.fr/alimentation-sante-globale/one-health-seule-sante )

Dorothée Browaeys propose que la comptabilité, si elle devient écologique, permette de mesurer les impacts socio-environnementaux des organisations et de promouvoir des pratiques de production respectueuses de l’environnement. En France et ailleurs, de nombreux travaux de recherche et d’expérimentation visent à intégrer le capital naturel dans les mesures de performance des organisations, préparant dès lors l’émergence de nouveaux modèles d’affaires durables en accord avec les régulations européennes du Pacte Vert.

Mise en œuvre du concept One Health
(source : https://www.who.int/fr/news/item/01-12-2021-tripartite-and-unep-support-ohhlep-s-definition-of-one-health ).

Conclusion

Ce numéro vise à offrir une compréhension de la finance durable selon les différents points de vue de ses acteurs, en examinant ses fondements, son cadre réglementaire et institutionnel, le rôle des banques et des investisseurs institutionnels, ainsi que les défis et perspectives éthiques. Les transformations en cours montrent que la finance durable pourrait devenir la norme, avec une économie verte dominant le paysage financier. Toutefois, pour garantir le succès de cette transition, il est crucial de maintenir l’élan et l’ambition du changement, tout en prenant en compte les complexités éthiques et réglementaires inhérentes à ce domaine.

Les huit grands risques liés au changement climatique qu’il faut anticiper

De la résurgence de microbes anciens à la fin des assurances immobilières, en passant par les techniques de modification du rayonnement solaire et l’éco-anxiété des jeunes, un nouveau rapport publié cette semaine par le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) et le Conseil international de la science (CIS) anticipe les « défis émergents » concernant le climat.

Dans une démarche prospective de moyen et long terme, l’étude identifie huit grands changements qui accélèrent la triple crise actuelle (changement climatique, perte en nature et biodiversité, pollution et déchets).

Toute l’originalité du rapport consiste à pointer, à l’intérieur des 8 changements, 18 « signaux de changement ». Ces tendances lourdes qui représentent des risques sérieux et plus rarement des promesses de progrès ont été identifiées par des centaines d’experts à travers le monde, via des consultations.

Ce rapport important, intitulé «Naviguer vers de nouveaux horizons – Prospectives mondiales sur la santé planétaire et le bien-être humain», s’attaque à la complexité d’une « polycrise » dont les rouages sont entremêlés. Il servira en septembre aux discussions du Sommet de l’avenir des Nations Unies.

© UNICEF/Mark Naftalin
Des enfants marchent à côté de champs inondés à Bentiu, dans l’État d’Unity, au Soudan du Sud.

1 – Changement climatique « irréversible » et risques pour la santé

Selon le rapport, « le monde se rapproche de plus en plus d’un changement environnemental qui pourrait être irréversible ».

Un vaste système de courants océaniques, dénommé Circulation méridienne de retournement de l’Atlantique – dont le Gulf Stream fait partie – représente un élément clé de régulation du climat. Or, son effondrement pourrait se produire dès 2057, selon des études.

« À cette vitesse, et compte tenu de l’ampleur des répercussions qui s’ensuivraient, il serait pratiquement impossible de s’adapter » au changement climatique.

Quatre « signaux de changements » sonnent en outre comme autant d’alertes. La fonte du pergélisol arctique (« permafrost » en anglais) risque de libérer des microbes anciens et de générer de épidémies. Ce phénomène a déjà provoqué en 2016 une épidémie d’anthrax en Sibérie, tuant hommes et animaux.

De nouvelles zoonoses, des maladies infectieuses transmises de l’animal à l’homme comme le SRAS, Ebola ou le Covid-19, sont aussi possibles. La résistance des virus augmente face aux antibiotiques, ce qui rendra des maladies banales plus difficiles à soigner.

Enfin, le risque d’impacts imprévus de produits chimiques et matériaux nocifs est réel, dans la mesure ou à peine 5 % des produits chimiques connus font l’objet de mesures dans l’environnement.

2 – Rareté des ressources minières nécessaires à la transition

Grand paradoxe de l’adaptation au changement climatique : la demande de minéraux et métaux rares, essentiels pour alimenter la transition vers une consommation nette nulle, devrait être multipliée par quatre d’ici à 2040. L’extraction de lithium, de cuivre, de cobalt, de nickel et de terres rares, entre autres, risque non seulement d’aggraver la pollution et les déchets, mais aussi de déclencher de nouveaux conflits.

Autre risque signalé : l’expansion rapide de l’activité spatiale et des débris spatiaux orbitaux, qui peut endommager la couche d’ozone et nuire à la stabilité géopolitique.

3 – Intelligence artificielle, transformation numérique et technologie

L’intelligence artificielle (IA) et la transformation numérique peuvent certes apporter des solutions. Elles n’en auront pas moins des répercussions sur l’environnement. Elles vont impliquer une demande accrue de minéraux et d’éléments issus de terres rares, ainsi que des ressources en eau pour répondre à la demande des centres de données.

L’utilisation de l’IA dans les systèmes d’armement et les applications militaires, ainsi que le développement de la biologie synthétique, doivent être examinés sous l’angle de l’environnement.

Un signal de changement positif porte sur « l’émergence d’un état d’esprit d’apprentissage continu et « d’exnovation » » – un terme qui renvoie à l’habitude, qui serait mieux acceptée, de changer radicalement de modèles de consommation et de production. Ce qui pousserait à un « nouveau paradigme dans lequel le statu quo ne serait plus accepté et où les transitions durables prévaudraient ».

Second point : le possible « déploiement de la modification du rayonnement solaire ». Cette géo-ingénierie vise à renvoyer dans l’espace les reflets du soleil, pour limiter la hausse des températures.

Elle aurait un impact immédiat sur le changement climatique, mais comporte de nombreux risques (effets indésirés dans les régions polaires et les tropiques, risque de réchauffement accru en cas de cessation, risque de voir les efforts d’atténuation compromis, etc). « Choisir d’ignorer ces technologies maintenant pourrait aussi comporter des risques, en laissant la société et les décideurs mal préparés et malavisés », note le rapport.

4 – Une nouvelle ère de conflits

Les conflits armés et la violence augmentent et évoluent. « Entre 2021 et 2023, une hausse spectaculaire du nombre des victimes a été causée par quatre conflits : la guerre civile en Ethiopie et au Soudan, l’invasion russe de l’Ukraine et le conflit à Gaza ». Pas moins de 59 conflits étatiques entre 34 pays ont été enregistrés sur cette période, soit « le plus haut niveau depuis 1946 ».

Ces conflits dégradent et polluent les écosystèmes, aggravant la vulnérabilité des populations affectées. Les « signaux de changements », ici, portent sur une mutation dans la façon de faire la guerre. L’apparition de systèmes d’armes autonomes et à intelligence artificielle est redoutée, ainsi que « l’utilisation abusive d’agents biologiques ».

5 – Déplacements forcés massifs

Une personne sur 69 est aujourd’hui déplacée de force, près de deux fois plus qu’il y a dix ans. Avec 120 millions de personnes déplacées en avril 2024, en raison des conflits ou du changement climatique, 1,5 % de la population mondiale est touchée.

Les risques associés à ce phénomène portent sur l’apparition d’espaces rendus inhabitables par le changement climatique, avec des déplacements de population qui deviendraient la norme.

La cheffe du Programme alimentaire mondial (PAM), Cindy McCain, examine les ravages provoqués par une sécheresse aggravée par El Niño en Zambie.
© WFP/Nkole Mwape

La cheffe du Programme alimentaire mondial (PAM), Cindy McCain, examine les ravages provoqués par une sécheresse aggravée par El Niño en Zambie.

6 – Les inégalités se creusent

« Les 10 % les plus riches concentrent plus des trois quarts de la richesse globale, tandis que les 50 % les plus pauvres n’ont que 2 % ou presque rien ». Conséquence écologique : « les 1 % les plus riches et les 66 % les plus pauvres génèrent le même niveau d’émissions », 16 % des émissions totales.

Deux tendances possibles sont associées à ces inégalités. Le « micro-environnementalisme privatisé » tiendrait à la « création d’habitats à accès privé, parfois artificiels, offrant les services d’un écosystème stable » à des particuliers qui seraient « des membres payants », et la fin des assurances telles qu’on les connaît sur des biens situés dans des zones trop exposées.

En clair, les assurances ne voudraient plus couvrir les zones devenues trop risquées. Ce qui « contraindrait les gouvernements à intervenir pour empêcher l’effondrement du marché immobilier ».

7 – Désinformation, déclin de la confiance et polarisation

Le rapport relève la prolifération de la désinformation et des « fake news ». Un phénomène flagrant dans la récente crise du Covid-19, mais aussi la diffusion de thèses climato-sceptiques, avec des répercussions politiques se traduisant par une montée du populisme.

L’un des risques associés porte sur « la prise de décision de plus en plus détachée des preuves scientifiques, (…) sous l’effet de rhétoriques populistes et de pressions communautaires ».

Autre danger : « l’éco-anxiété, une crise émergente, cachée mais évidente ». Cette crise aurait des conséquences sur la santé mentale des enfants et des jeunes, affectant le bien-être général.

Des subventions croissantes au secteur pétrolier représentent un autre risque, en empêchant les investissements de se faire dans les énergies propres, avec un recul dans les efforts de transition énergétique.

Enfin, des risques accrus de corruption dans la compensation des émissions de carbone se font jour. Ce scénario verrait « proliférer les projets frauduleux de séquestration du carbone, sapant les efforts d’atténuation ». La confiance dans les marchés de compensation du carbone s’effondrerait.

8 – Gouvernance climatique

La gouvernance est en mutation, marquée par une confiance en berne dans les institutions publiques et l’influence croissante d’acteurs non étatiques : ONG, multinationales, « super-riches », sociétés de mercenaires et crime organisé.

Après le sommet de Copenhague en 2009 (COP 15), les limites des processus inter-gouvernementaux sont apparues clairement, de même que le besoin d’une approche plus décentralisée de la gouvernance climatique. Aujourd’hui, le cadre réglementaire des traités internationaux est complété par des actions menées par des réseaux transnationaux de villes, de sociétés et de groupes de la société civile.

Les tendances liées à la gouvernance portent sur de « nouveaux outils pour réorienter les flux financiers mondiaux » : les exigences des gouvernements sur l’impact environnemental des opérateurs économiques et les pénalités imposées ont un effet concret sur le cours des actions en bourse et les investissements.

La résilience locale en réseau verrait des communautés « frustrées par les échecs des gouvernements »  devenir « la première force motrice » des actions destinées à augmenter la résilience face au climat.

Quelles solutions ?

« Le rythme rapide du changement, de l’incertitude et des évolutions technologiques auquel nous assistons, sur fond de turbulences géopolitiques, signifie que tout pays peut être déstabilisé plus facilement et plus souvent », selon Inger Andersen, directrice exécutive du PNUE.

Des pistes sont cependant esquissées vers des solutions. Le rapport recommande ainsi d’adopter un nouveau contrat social qui engage un éventail diversifié de parties prenantes, y compris les populations autochtones, et permette aux jeunes de participer plus activement et de repenser les mesures de progrès.

Les gouvernements et les sociétés peuvent également introduire des objectifs et des indicateurs à plus court terme afin d’être plus « agiles » et adaptables en matière de gouvernance face au climat.

Enfin, le travail sur la connaissance des enjeux, le suivi et les données permettrait de « guider la gouvernance » de manière éclairée, espère le rapport.

Article produit par le Centre d’information des Nations Unies pour l’Europe occidentale, basé à Bruxelles


Naviguer vers de nouveaux horizons
Prospectives mondiales sur la santé planétaire et le bien-être humain

Afin de mieux gérer les incertitudes et les changements perturbateurs actuels et futurs, tout en s’acquittant efficacement de son mandat, le PNUE a mis en œuvre une approche institutionnalisée de la prospective stratégique et de l’analyse de l’horizon en vue de développer une culture d’anticipation et d’orientation vers l’avenir.

Le dérèglement climatique attise les risques d’incendies et méga-feux de forêts

L’INRAE confirme que le dérèglement climatique induit une hausse des risques d’incendies à des niveaux inédits, menaçant des zones jusque-là épargnées. Les feux de forêts, historiquement concentrés sur le pourtour méditerranéen et la Corse, la Gironde, les Landes et le Lot et Garonne, vont s’étendre à de nouvelles régions dans les années à venir. Le Haut-Languedoc, les Causses, les Cévennes et les Monts d’Ardèche, l’arrière-pays provençal, les 2/3 nord des Landes et une partie de la Dordogne sont concernés par cette expansion. À l’expansion géographique s’ajoute l’intensification des grands feux (plus de 100 ha) aussi bien dans le Sud-Ouest que dans le Sud-Est.

92 % des feux sont d’origine humaine. Et ce n’est pas qu’une affaire de pyromane ! Thomas Curt, directeur de recherche

La Provence, 17 juin 2023

Décryptage – Risque incendie

Comprendre et prévenir le risque incendie, appuyer les politiques publiques et aider à la décision, soutenir la régénération des forêts sont les 3 piliers sur lesquels les travaux d’INRAE reposent. Voici un aperçu des recherches et expérimentations que ses scientifiques développent en France, en partenariat avec Météo France et l’ONF (Office national des forêts), pour prévenir le risque incendie, mieux comprendre les feux, s’en prémunir et aider les écosystèmes à s’adapter et se régénérer.

Qu’est-ce qu’un feu de forêt ? Un mégafeu ?

C’est dans le Sud-Est que la progression des surfaces brûlées serait la plus importante. Globalement, l’intensification des feux de plus de 20 ha pourrait même aboutir à la réunion des 3 zones à risque historiques : Sud-Est, comprenant le pourtour méditerranéen et la Corse, Sud-Ouest et Centre-Ouest pourraient ne faire qu’une d’ici 2090, dans le scénario le plus pessimiste d’augmentation des émissions de gaz à effet de serre (GES).

Projections pour le XXIe siècle

Pour prévenir ces risques et appuyer les politiques publiques, réaliser et affiner ces projections et cartographier les risques à l’échelle des régions concernées semble primordial. Ce travail a été réalisé par INRAE en envisageant 2 scénarios :

  • 1 – stabilisation des émissions de GES à un niveau faible (RCP* 4.5)
  • 2 – progression au rythme actuel (RCP* 8.5).

Pour mémoire, le scénario RCP 4.5 correspond approximativement à la trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique (TRACC) proposée par le gouvernement en mai 2023.

Dans la zone Sud-Est

  • Hausse de l’activité moyenne des feux dès 2030, de +13 à +22 % selon ce que l’on mesure : surface brûlée, nombre de feux qui échappent (plus d’1 ha), nombre de grands feux (plus de 100 ha).
  • Accentuation de ces tendances à horizon 2050, de +34 à +67 %, selon ce que l’on mesure.
  • Augmentation du nombre de grands feux, passant d’une moyenne de 7 à 10 par an en 2050, et jusqu’à 20 feux par an en 2090, si les émissions continuent d’augmenter.
  • Lors des années extrêmes qui se produisent en moyenne moins d’1 fois par décennie, on pourra atteindre jusqu’à 40 grands feux par an, quel que soit le scénario, contre 18 aujourd’hui.
  • Dans les 2 scénarios, de nouvelles zones seront touchées, à l’instar du Haut-Languedoc, des Causses, des Cévennes, des Monts d’Ardèche et de l’arrière-pays provençal, bien que les ⅔ des hausses d’activité des feux concerneront la zone à risque « historique » (le pourtour méditerranéen).
  • La période propice à l’activité des feux s’étale dans le temps, pouvant démarrer plus tôt et se poursuivre au-delà de la plage actuelle, ce qui nécessite d’adapter la période de mise en œuvre des dispositifs opérationnels et mobilise davantage le personnel impliqué.

Les brigades de sapeurs-pompiers seront davantage sollicitées, sur plusieurs départs de feux à la fois. Aujourd’hui, on dénombre en moyenne 1,8 journée par an avec 7 feux de plus de 1 ha. En s’appuyant sur nos projections, on peut s’attendre à une dizaine de journées de ce type d’ici 2090. Ces demandes d’intervention sur des sinistres concomitants, et la dispersion des moyens qui en résultera, multiplieront la fréquence des feux qui échappent au contrôle, devenant ainsi des incendies de grande ampleur.

Dans la zone Sud-Ouest

  • Hausse de l’activité moyenne des feux dès 2030, de +14 % à +23 %, selon ce que l’on mesure : surface brûlée, nombre de feux qui échappent (plus d’1 ha), nombre de grands feux (plus de 100 ha).
  • Accentuation de ces tendances dès 2050.
  • Entre 2001 et 2020, on constatait moins de 1 grand feu (de plus de 100 ha) en moyenne par an. D’ici 2090, ce chiffre pourrait doubler, de même que la superficie brûlée.
  • Concentration des dommages lors des années extrêmes, durant lesquelles on dénombrera en moyenne 6 feux par an (contre 3,7 actuellement). L’écart entre années extrêmes et années moyennes est largement supérieur à celui de la zone Sud-Est.
  • La majorité des feux significatifs (plus de 20 ha) auront lieu dans la zone à risque « historique ».
  • De nouveaux territoires entreront dans la zone à risque principale : les ⅔ nord des Landes, la Dordogne, et dans une moindre mesure l’ouest du Lot-et-Garonne, où plus de la moitié des feux de plus de 1 ha devraient avoir lieu.
  • Émergence de nombreux feux de petite taille, ce qui nécessite la mise en œuvre d’une politique de prévention et de lutte sur des zones étendues.
  • Les périodes propices à l’activité des feux (début de printemps et été) s’étalent progressivement dans le temps, pour aboutir dès 2050 à une période d’activité continue entre la fin de l’hiver et le début de l’automne.

Là encore, les pompiers et la sécurité civile seront largement sollicités du fait d’interventions concomitantes et sur une plus longue période, la saison à risque devenant continue entre la fin de l’hiver et le début de l’automne en 2050.

Pleins feux sur les incendies du futur. Comment et où le risque incendie va-t-il évoluer dans les prochaines décennies ? Les scientifiques INRAE cherchent à mieux comprendre les facteurs responsables des incendies de forêt dans un contexte de changement global.

Toutefois, l’ampleur de ces changements, tant au niveau des régions qu’à l’échelle nationale, dépend des évolutions futures de la végétation (fournissant plus ou moins de combustible) ainsi que des politiques de prévention et de lutte, dont cette prospective ne tient pas compte.

Dans certaines régions, à l’instar de la Bretagne ou des Vosges, les activités de feux pourraient avoir été sous-estimées, faute d’observation de feux de plus de 20 ha dans ces zones sur l’ensemble de la période 2008-2020.

Cette approche, réalisée pour le ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, s’appuie sur des données fournies par l’Office national des forêts, Météo-France et différents instituts météorologiques internationaux, ainsi que sur des modélisations probabilistes INRAE. Elles complètent les études de Météo-France sur les indices de danger opérationnel et celle de l’ONF sur l’évolution de la sensibilité de la végétation aux feux. Ces trois études ont été analysées par la mission d’inspection interministérielle portant sur la Politique de prévention et de lutte contre l’incendie de forêt dans un contexte d’extension et d’intensification du risque dû au changement climatique. Cette analyse est synthétisée dans un rapport de mission rendu public fin 2023. Les travaux INRAE contribueront donc à enrichir l’information disponible pour les ministères, les préfectures et les services de l’État afin d’aider les préfectures à prioriser leurs actions de prévention et de lutte.

* RCP : scénarios GIEC de modélisation du climat futur selon diverses hypothèses d’évolution du niveau de la concentration des GES.

POUR ALLER PLUS LOIN 

Replay du séminaire UVED : Changements climatiques et feux de forêt en France, avec François Pimont

REFERENCES :

Questions Cdurable à Fabien Sécherre, porte-parole de Jobs that makesense

Permettre à chacun de (re)donner du sens à son travail grâce à l’économie verte et solidaire, c’est l’ambition de Jobs that makesense, une plateforme d’emplois et de formations à impact positif. Son porte-parole, Fabien Sécherre, a accepté de répondre aux neufs questions essentielles pour Cdurable.

Toute l’équipe de Jobs that makesense veut (re)donner à chacun·e la chance de trouver un emploi qui a du sens.

Fabien Sécherre, porte parole de Jobs that makesense pense que nous allons bientôt assister à la revanche des territoires sur les centre-villes car hors des métropoles, des gigafactories, des fermes éoliennes et les commerces en circuit court se multiplient. L’économie verte devient donc une opportunité pour lutter contre le chômage dans les territoires de manière concrète.

Nous croyons profondément que choisir un travail à impact positif est un moyen d’agir concrètement pour la transition écologique et sociale.

Trouver un job qui a du sens


Nous voulons donner à chacun·e la chance de trouver un emploi qui a du sens.


Jobs that makesense réunit toutes celles et tous ceux qui veulent mettre leur vie professionnelle au service d’une société inclusive et durable : entrepreneur·es passionné·es, acteur·ices engagé·es de l’économie sociale et solidaire, organismes de formation pour les métiers de demain et candidat·es talentueux·ses en quête de sens. Objectif : accompagner 10 millions de personnes vers une carrière à impact positif.

Jobs est un service gratuit porté par l’association makesense.

Bienvenue là où l’impact compte vraiment.
Sur jobs, les acteurs les plus ambitieux de l’économie sociale et solidaire publient leurs offres d’emploi.

Rejoignez-les et passez à l’action.

Vous pouvez l’utiliser pour accélérer votre projet et participer à construire une société plus respectueuse, inclusive et durable.

Jobs that makesense est la réponse de l’association makesense aux millions de français·es qui souhaitent redonner du sens à leur vie professionnelle.

Questions Cdurable ou c’est pas durable !?

Au delà des communiqués, qui ne présentent souvent que le « meilleur », et du développement durable, qui ne fait que tenter de réduire les impacts négatifs de sa croissance volumique, nous nous intéressons aujourd’hui, 20 ans après la création de Cdurable.info, aux questions essentielles. Alors Cdurable ou pas ? 9 questions qui nous invitent à Comprendre pourquoi Agir & Coopérer avec le vivant, Cdurable !

Fabien Secherre, Porte-parole de Jobs That Makesense

Fabien Secherre, Porte-parole de Jobs That Makesense a accepté de répondre aux neufs questions Cdurable, essentielles comme les neufs besoins fondamentaux des êtres vivants dont les humains que nous sommes …

1 – Quelle est la nature de ma relation avec le vivant ?

Je suis né dans un petit village d’une trentaine d’habitants, entouré par la nature. Aujourd’hui habitant à Paris, c’est indispensable pour moi de revenir à la campagne autant que possible pour me reconnecter au vivant. Je suis fasciné par la complexité, et en même temps la simplicité apparente, des mécanismes du vivant. Ce qui m’interpelle particulièrement, c’est aussi la lenteur, l’économie de chaque interaction, bien loin de l’agitation. Je tente de m’en inspirer dans ma vie personnelle et professionnelle.

2 – Quels sont mes besoins et choix d’alimentation ?

Je suis un vrai gourmet ! J’adore passer du temps à cuisiner ou des petites soirées resto entre amis. Je diminue la part de mon alimentation carnée, sans pour autant être végétarien. Le plus important pour moi, c’est dès que je le peux d’opter pour des filières courtes.  

3 – Quel est mon type d’habitat actuel et idéal ?

Il est double : mon appartement parisien que je conçois comme une bulle de sérénité, et la maison familiale à la campagne, avec de vastes ouvertures sur la nature; les arbres foisonnants et la valse des oiseaux. J’aime cet équilibre ville / campagne. 

4 – Quelle activité physique favorise mon bien-être et ma santé ?

Le yoga et la randonnée. 

  • le yoga pour redescendre après une longue semaine, ou pour entamer la journée avec sérénité tout en contrant les mauvaises postures d’un travail de bureau
  • La randonnée à la fois pour la beauté des paysages de montagne, pour déconnecter totalement et me réveiller en bivouac dans des lieux incroyables 

5 – Quels savoirs m’ont permis de comprendre comment agir ?

En découvrant les milliers d’emplois qui existent déjà au service de la redirection écologique et solidaire, j’ai compris que le meilleur moyen d’agir, c’était justement de mobiliser les savoirs acquis lors de mes études et mes expériences professionnelles – pour moi des compétences en marketing et communication – et de les mettre au service d’une cause qui me tient à cœur – la redirection écologique. Si chacun utilise sa force de travail et ses compétences professionnelles pour des projets à impact social et environnemental, alors on pourra changer les choses en profondeur.

6 – Quel est le sens que je donne à mon travail ?

Il est le fruit d’un savant équilibre entre engagement et respect des temps. Engagement, car j’ai besoin que mon activité professionnelle soit utile à la planète et à la société (le pour quoi on travaille). Respect des temps, car j’ai à cœur de limiter mon temps de travail et maximiser mon temps libre, respectant ainsi l’un des slogans de Mai 68 que j’affectionne particulièrement : “travailler pour vivre, et non vivre pour travailler”. Aussi important soit le travail dans nos vies, et aussi engagé qu’on puisse être dans ses missions, il est important de se rappeler à chaque instant que la vie ne se résume pas à son travail.

7 – Quelle énergie j’utilise pour mes usages et mes besoins ?

Ce qui me donne de l’énergie au quotidien, c’est surtout les centaines de messages que l’on reçoit de candidates et candidats qui nous disent avoir trouvé leur voie professionnelle, une formation ou un emploi qui a du sens grâce à Jobs that makesense.
Pour mes déplacements, je suis un grand fan de marche – j’ai la chance de pouvoir aller travailler à pied – et de train. Je crois d’ailleurs que ça fait partie du bien être au travail : pourvoir s’y rendre avec des moyens de mobilité douce : transports publics, marche, vélo…

8 – Quelle est mon implication personnelle pour l’intérêt général ?

C’est d’abord par mon travail que j’essaye de servir le plus possible l’intérêt général, en permettant aux structures de l’économie sociale et solidaire et de l’impact de recruter des profils engagés autour de leur raison d’être, et en permettant à chacun de trouver un travail ou une formation qui l’épanouisse. A titre personnel, je m’étais pas mal engagé politiquement il y a quelques années, c’est toujours un axe d’engagement qui me tient particulièrement à cœur.

9 – Quels sont mes liens de coopération et ma participation au bien commun ?

Chez Jobs that makesense, nous croyons à la coopération et à la force du collectif

Au-delà d’un outil de recrutement et d’un site d’offres d’emploi et de formations, nous formons un réseau de plus de 8000 organisations à impact et 100 organismes de formation aux compétences clés de la redirection écologique et solidaire. On a déjà permis à des entrepreneurs sociaux de rencontrer leurs associés, à des recruteurs d’échanger des CV pour trouver la meilleure recrue, à des organismes de formation de monter des programmes en commun,…

10 – Carte blanche : quel est le message essentiel que vous souhaitez faire passer à nos visiteurs ?

Engagez-vous professionnellement pour les causes qui vous tiennent à cœur !

Il existe des milliers d’opportunités dans l’ESS et dans l’économie de l’impact, quel que soit le niveau d’étude, quel que soit le métier. Et mettez-vous en mouvement sans plus attendre, en consultant les offres d’emploi et de formation sur Jobs that makesense, en rencontrant des professionnels qui vous inspirent, ou encore en vous inspirant d’articles et de lectures sur les parcours de reconversion professionnelle !


Transformer notre rapport au Vivant
avec Jean-Pierre Goux et Pierre Gilbert

Une soirée, le 21 Mars 2024, pour encourager l’introspection collective et inventer de nouvelles manières de cohabiter, en favorisant des approches durables et épanouissantes. Avec Jean-Pierre Goux et Pierre Gilbert.

L’anthropocène… n’est-ce pas plutôt le début d’autre chose ? Voilà la question qu’aborderont nos deux intervenants pour explorer de nouvelles manières de faire corps, et faire cœur avec le vivant. Entre réflexions, émerveillement et prises de conscience, cette rencontre propose de redéfinir collectivement ce que pourrait être un nouveau paradigme pour l’humanité, avec une vision alternative aspirant à réorienter notre perception et notre sensibilité par rapport du vivant. Elle encourage une introspection collective pour explorer de nouvelles manières de cohabiter, en favorisant des approches durables et épanouissantes.

En présence de :

  • Jean-Pierre Goux, mathématicien, ingénieur, entrepreneur, écrivain, conférencier et acteur engagé dans l’écologie. Son expertise se situe dans les domaines de la transition écologique, de l’énergie, de l’économie, de la prospective, de la technologie, de l’espace et des récits. Il est l’auteur du Siècle bleu et de Révolution bleue.
  • Pierre Gilbert, co-fondateur de Sator.fr, il est aussi prospectiviste en matière de risques climatiques. Auteur de Géomimétisme, réguler le changement climatique grâce à la nature, il concentre ses recherches sur les solutions de régénération bioinspirées. Co-auteur des 3 manifestes pour une écologie culturelle, il s’intéresse également à la psychologie de la transition, et notamment au rôle de l’inconscient individuel et collectif.

Cet événement s’inscrit dans le cadre de la campagne Villes et vivant orchestrée par makesense, Moho et Ceebios.

Les Jeux olympiques de Paris 2024 sont-ils compatibles avec un monde neutre en carbone ?

Les organisateurs l’ont promis. Le bilan carbone des Jeux olympiques de Paris 2024 doit être divisé par deux par rapport aux éditions de Londres (2012) et Rio (2016). Est-ce réaliste ? Ces promesses pourront-elles être tenues ? La spécialiste de la durabilité Anne de Bortoli (ENPC, Polytechnique Montréal) a fait les comptes pour The Conversation France.

Les transports liés aux Jeux pèsent dans l’empreinte carbone globale de l’événement. Ludovic MARIN/AFP

Anne de Bortoli, École des Ponts ParisTech (ENPC)

Panem et circenses, « du pain et des jeux », disaient les Romains de l’antiquité. Le 26 juillet prochain, quatre milliards de téléspectateurs – presque la moitié de l’humanité – visionneront les Jeux olympiques de 2024, avec une grosse dizaine de millions de visiteurs attendus à Paris.

Comme lors de chaque mégaévénement, sportif ou non d’ailleurs, se pose la question de son bilan environnemental, social et économique. Et en particulier sa compatibilité avec les objectifs climatiques internationaux. Les JO de Paris 2024 entendent ainsi être les premiers compatibles avec l’accord de Paris sur le climat.

À cet égard, les organisateurs des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 ont annoncé des ambitions très élevées : émettre deux fois moins de gaz à effet de serre que les éditions précédentes. Le Comité d’organisation des Jeux olympiques (COJO) promettait des « Jeux écolos » dès avril 2021 et même d’atteindre la neutralité carbone, en retirant de l’atmosphère davantage de gaz à effet de serre que les émissions générées par les Jeux. La référence à la neutralité carbone a toutefois été discrètement abandonnée dans les communications ultérieures.

Les promesses à l’épreuve de la réalité

Dans ces conditions, la promesse de « Jeux écolos » peut-elle être tenue ? La question s’est rapidement posée. Des organismes comme l’ADEME, dans un avis rendu en mai 2022, dénoncent le recours à l’étiquette « neutre en carbone » pour les événements, produits ou entreprises lorsque basée sur des crédits de compensation carbone, qui s’apparenterait à une pratique de greenwashing. À ce titre, l’Union européenne prévoit d’interdire les labels de neutralité carbone des produits basés sur la compensation d’ici à 2026.

Un exemple frappant de ce type de « compensation-washing » est la Coupe du monde de football 2022 au Quatar. Celle-ci avait été vertement critiquée pour ses allégations de neutralité carbone, et plusieurs organisations avaient dénoncé les déclarations de la FIFA en ce sens.

Dans le cas des Jeux de Paris, l’objectif est donc de réduire par deux les émissions par rapport aux JO de Rio en 2016 et de Londres en 2012, qui auraient émis environ 3,5 millions de tonnes équivalent CO2 (Mt CO2 eq). Cependant, ces Jeux faisaient partie des moins écologiques et la méthodologie de calcul des émissions utilisée avait été critiquée, ce qui a d’ailleurs poussé la publication d’un cadre de calcul standardisé pour les Jeux olympiques en 2018.

Le budget carbone maximum pour Paris 2024 a ainsi été fixé à 1,58 Mt CO2 eq. Cet objectif reste ambitieux si l’on considère que les Jeux de Tokyo 2020, organisés en pleine pandémie et sans spectateurs, ont quand même généré près de 2 Mt CO₂ eq.

Les Jeux de Tokyo, en 2020, étaient sans spectateurs du fait de la pandémie de Covid-19. AP Photo/Jae C. Hong

Comment les JO polluent

Les postes d’émissions de gaz à effet de serre les plus importants lors des mégaévénements sont traditionnellement le transport des participants et la construction des bâtiments et infrastructures, comme l’a montré une récente étude scientifique. Le bilan carbone estimé à ce jour pour les JO 2024, et communiqué par le COJO, se répartit en trois parts relativement égales :

  • le déplacement des participants et des spectateurs (qui devrait représenter un quart des émissions, dont 9 % pour celui des athlètes et des officiels),
  • la construction (avec environ 25 % pour les constructions permanentes dont 8 % pour les infrastructures temporaires, et à peu près autant pour les systèmes énergétiques temporaires, comme les générateurs.
  • et enfin les opérations (restauration, hébergement, logistique, sécurité, etc.), qui représentent le dernier quart.
Bilan carbone attendu des JOP de Paris 2024. Anne de Bartoli, Fourni par l’auteur

Évidemment, le bilan carbone des JO 2024 n’est pas confirmé puisque l’événement n’a pas encore eu lieu. Les quantités et types de matériaux de construction utilisés ne sont peut-être pas encore consolidés, et la participation finale reste hypothétique. Mais la grande incertitude sur le bilan à ce jour est liée au transport.

Bilan carbone des modes de transport longue distance. Anne de Bortoli, Fourni par l’auteur

Il faudra notamment attendre d’avoir des données précises sur le nombre final de participants, leur provenance, et les moyens de transport utilisés pour rejoindre l’événement et se déplacer sur site. Les transports aériens (du fait de leur fort impact carbone) et le retard des lignes de transport en commun du Grand Paris Express, notamment, pourraient augmenter les émissions prévues, tout comme le risque de grève des cheminots à l’approche de l’événement.

Bilan carbone des modes de transport urbains à Paris. Anne de Bortoli, Fourni par l’auteur

La construction controversée d’un nouveau diffuseur autoroutier dans le cadre des JO augmentera aussi probablement les émissions routières à long terme. En effet, la recherche a prouvé depuis longtemps que la construction d’infrastructures routières nouvelles (et plus encore d’autoroutes) génère une hausse de trafic durable.

Le COJO promet que le bilan carbone effectif sera publié à l’automne, après les Jeux. On espère que le calcul de l’empreinte carbone sera communiqué de manière transparente, reproductible, et que le chiffre aura été vérifié par un organisme indépendant, ce qui correspond aux bonnes pratiques en matière de reporting environnemental.


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Des Jeux plus verts, vraiment ?

Concrètement, les organisateurs des JO 2024 mettent en avant plusieurs solutions pour réduire les émissions. À y regarder de plus près, celles-ci présentent plusieurs limites.

Premier point intéressant : des constructions neuves limitées, puisque sur les 26 sites de compétitions, 95 % des infrastructures sont existantes ou temporaires. Les constructions nouvelles ont aussi été conçues pour être moins émettrices en CO2 que la moyenne.

Par exemple, le centre aquatique et son ossature en bois, ses panneaux photovoltaïques sur le toit et ses sièges en matériaux locaux recyclés. Cette dernière mesure ne change toutefois rien au bilan carbone du centre aquatique du fait de la masse de plastique et de son empreinte carbone par kilogramme relativement restreintes comparées aux masses et empreintes carbone massiques d’autres matériaux, notamment bétons et métaux. Mais on salue la réduction des déchets plastiques (le vrai point noir des impacts environnementaux des plastiques !) et l’impact positif sur l’économie locale.

Le village olympique, quant à lui, vise une empreinte carbone inférieure de 30 % à celle d’un projet de construction classique, en utilisant du bois sourcé localement. Mais il y a un problème : la référence choisie – la tonne CO₂ eq par mètre carré – semble très élevée par rapport aux valeurs constatées par les études spécialisées, qui évaluaient en 2022 l’empreinte carbone du bâti européen à 210 kg CO2 eq par mètre carré en moyenne sur tout son cycle de vie. Notons d’ailleurs qu’il n’est pas précisé par le COJO si l’objectif porte sur l’impact pour la construction uniquement ou pour toute la durée de vie (incluant l’utilisation ultérieure des bâtiments).

Un objectif de 100 % d’énergies renouvelables a aussi été annoncé, s’appuyant sur des systèmes photovoltaïques et géothermiques, des groupes électrogènes fonctionnant aux biocarburants et l’achat d’électricité renouvelable avec certificats de garantie d’origine – un mécanisme dont le bénéfice carbone est toutefois décrié par la communauté scientifique.

Côté restauration, deux tiers des repas servis seront végétariens, ce qui réduit leur impact par deux par comparaison aux repas omnivores, et 25 % des produits seront locaux. Mais cette dernière mesure ne garantit pas une plus faible empreinte carbone contrairement à la croyance populaire ! Dans tous les cas, la restauration ne représente que 1 % du budget carbone estimé des Jeux. L’offre de restauration végétarienne serait plutôt de « l’évangélisation alimentaire », pour réduire la consommation des produits animaux très carbonés (viandes et produits laitiers).

Reste enfin la si controversée compensation carbone, avec des engagements pas toujours clairs. Des projets de reforestation, de préservation de forêts, ou de développement d’énergie renouvelable sont ainsi envisagés par le COJO, pour une compensation de 100 % des gaz à effet de serre émis par l’événement.

Un engagement louable… si les projets de compensation sont de qualité. En effet, l’impact réel des crédits de compensation carbone est largement contesté par la communauté scientifique. Les arbres des projets forestiers peuvent mourir de façon anticipée (du fait de la sécheresse, des maladies et nuisibles, ou des feux de forêt), le financement des crédits carbone ne générer le stockage de CO2 escompté ou encore le compter en double – voire triple – du fait de méthodes de comptabilisation douteuse, telles celles révélées par une vaste enquête de début 2023. Des normes de qualité et de vérification de la véracité des crédits de compensation carbone existent, mais leur mise en œuvre et vérification reste difficile.

Des mégaévénements incompatibles avec l’accord de Paris ?

La communauté de recherche est divisée sur la durabilité des mégaévénements. Certains, comme Martin Müller, de l’Université de Lausanne, et ses collègues, estiment que, de par leur échelle, ils ne peuvent pas être durables et servent principalement les intérêts financiers et le plaisir de l’élite. D’autres y voient une opportunité d’innovation, de développement durable, et de sensibilisation à la durabilité.

Concrètement, l’empreinte carbone attendue des JO 2024 est de 1,6 Mt CO2 eq pour 13 à 16 millions de visiteurs, soit environ 100 à 125 kg CO2 eq par personne. C’est relativement peu comparé à l’empreinte carbone annuelle moyenne d’un Français, qui s’élève à 10 t CO2 éq. À titre d’exemple, 100 kg eq CO2 correspond aux émissions générées en parcourant 500 km en voiture ou 10 000 km en métro, ou encore en consommant 31 burgers de bœuf ou 83 bouteilles de vin.

Mais pour respecter l’accord de Paris visant à limiter le réchauffement climatique à moins de 1,5 à 2 °C d’ici 2100 par rapport aux températures préindustrielles, il faut limiter drastiquement l’empreinte carbone annuelle de chacun à moins de 2 t CO₂ eq. Il serait juste que les pays riches, qui sont responsables de la vaste majorité des émissions, assument la majeure partie des réductions d’émissions.

Des chercheurs ont proposé plusieurs solutions pour améliorer la durabilité des futurs mégaévénements : réduire la taille des événements, organiser une rotation entre quelques villes pour éviter la construction de nouvelles infrastructures, ou encore mettre en place des normes de durabilité indépendantes et confier l’évaluation de la durabilité à un organisme indépendant.

Ce qui est sûr est qu’il est temps de réinventer les JO et mégaévénements pour les rendre plus durables et alignés avec les objectifs climatiques internationaux. Il paraît évident que les impacts environnementaux liés à l’héritage urbain des mégaévénements dépassent largement l’impact direct de l’événement. Les Jeux peuvent donc être un levier environnemental et social pour l’avenir, par exemple via la rénovation urbaine : isolation thermique des bâtiments, déploiement d’infrastructures d’énergies renouvelables et de transport actif et en commun, ou encore création d’espace de loisirs urbains pour éviter le fameux « effet Barbecue » des urbains qui quittent la ville le week-end et génèrent ainsi beaucoup de GES. Les effets de l’héritage des Jeux de Barcelone de 1992 sont un merveilleux exemple de rénovation urbaine réussie.

Les Jeux peuvent – et doivent – devenir un investissement pour une ville plus verte, plus juste et plus conviviale, à la condition de respecter des règles de développement strictes, qui restent à définir par un standard international. Car rappelons qu’il est vital que nos modes de consommation respectent les limites planétaires pour assurer un avenir décent à tous, et ce, en priorisant les besoins physiologiques et de sécurité selon la pyramide de Maslow. Or, notre sécurité alimentaire, entre autres, est mise en danger par les changements climatiques. Alors, soyons solidaires et responsables. Du pain et des Jeux : pourquoi pas. Des Jeux ou du pain pour tous : non !


La recherche du Dr. Anne de Bortoli est financée par le CIRAIG, centre de recherche spécialisé dans les métriques de durabilité, à Polytechnique Montréal.

Anne de Bortoli, Chercheuse en carboneutralité et durabilité des transports et infrastructures au CIRAIG (Polytechnique Montréal), chercheuse associée au laboratoire Ville Mobilité Transport (ENPC), École des Ponts ParisTech (ENPC)

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.


Ces Jeux posent en tout cas la question de l’adaptation des grandes compétitions sportives aux enjeux climatiques. L’Agence de la transition écologique (Ademe) a justement publié un avis à ce sujet, et appelle à repenser en profondeur ces événements. Il s’agit non seulement de les adapter aux conditions climatiques de demain, mais aussi de les rendre plus compatibles avec les enjeux de la transition écologique, explique Amandine Richaud Crambes (Ademe).

Deux porteurs de torches se relaient lors du relais des flammes olympiques et paralympiques, en amont des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, à Bordeaux, dans le sud-ouest de la France, le 23 mai 2024. Christophe Archambault / AFP

JO, Coupes du monde, championnats… Comment adapter les compétitions sportives aux enjeux climatiques ?

Amandine Richaud Crambes, Ademe (Agence de la transition écologique)

Dans quelques semaines, les Jeux olympiques et paralympiques 2024 s’ouvriront à Paris. Événement fédérateur à l’influence planétaire, cette compétition fait partie, comme les Coupes du monde et les grands championnats internationaux, des grands événements sportifs internationaux (Gesi).

Ces mégaévénements, qui se définissent par leur caractère discontinu, original, international et doté d’une composition globale hors norme, sont capables d’atteindre des millions de personnes à travers le monde par la médiatisation et contribuent donc à diffuser les valeurs du sport et à faire naître chez les spectateurs le goût pour les « activités physiques et sportives ».

L’enjeu est essentiel, dans un contexte où la sédentarité, la santé mentale et l’obésité sont des problèmes majeurs de santé publique. Or désormais, le changement climatique s’invite à son tour dans l’équation.

D’une part, la fréquence et l’intensité accrues des épisodes climatiques extrêmes viennent perturber nos pratiques sportives et nous appellent à les adapter. Lors du marathon de Sydney en 2023, 260 coureurs ont dû arrêter la course notamment pour des vomissements, des cas de déshydratation, des maux de tête ou encore des malaises : les exemples se multiplient lors des grands événements sportifs, le changement climatique heurte de plein fouet la pratique sportive.

D’autre part, le changement climatique nous oblige à réfléchir à l’impact du sport, de son industrie et des grands événements sportifs sur l’environnement. Si les mobilités actives comme le vélo ou la marche à pied contribuent non seulement à la santé mais aussi à la décarbonation de nos activités, la pratique sportive (infrastructures, compétitions, surconsommation de produits dérivés…) est également génératrice de lourdes conséquences : émissions de gaz à effet de serre, dégradation des espaces naturels et de la biodiversité, production de déchets, gaspillage alimentaire et, de plus en plus, pollution numérique.

Dans ce contexte, l’Agence de la transition écologique (Ademe) vient de publier un avis afin d’aider à repenser ces événements fédérateurs pour les adapter dès aujourd’hui aux conditions climatiques de demain et les rendre plus compatibles avec les enjeux de la transition écologique.

Prise de conscience progressive

Depuis quelques années déjà, les organisateurs successifs des différentes compétitions sportives mondiales se sont employés à faire des efforts pour adapter ces événements aux enjeux climatiques.

D’autant qu’une réticence grandissante s’est ancrée au sein des populations à l’idée d’accueillir ces compétitions : les impacts locaux inégaux qu’elles génèrent – entre bénéfices économiques, coûts sociaux et dégradations environnementales, comme ce fut le cas lors des JO de 2016 à Rio avec la destruction de zones protégées – ne les rendent plus si attractifs.

Cela entraîne une raréfaction des candidatures d’accueil, d’autant que leur modèle économique apparaît de plus en plus fragile et que la consommation de ces événements a évolué, octroyant une part croissante au numérique.

Si les mesures des impacts des Gesi ont longtemps été purement économiques, les impacts environnementaux ont commencé à être pris en compte. Ainsi, les jeux de Vancouver en 2010 ont pour la première fois mis en œuvre des objectifs écologiques – construction d’infrastructures en matériaux biosourcés, réflexion sur leur déconstruction. Depuis, la question environnementale a systématiquement été intégrée à la communication des villes d’accueil.

Quant aux JOP2024 de Paris, le cap fixé est qu’ils soient les plus ambitieux en matière écologique. Ainsi, les organisateurs ont souhaité réduire de moitié leur empreinte environnementale par rapport aux précédentes éditions, et espèrent de ne pas dépasser un budget carbone de 1,5 million de tonnes de CO2.

En comparaison, Rio en 2016 et Londres en 2012 en avaient émis respectivement 3,6 et 3,4 tonnes. Les trois postes les plus réfléchis pour répondre à cela ont été les déplacements, les opérations (logistique, hébergement, restauration, etc.) et les constructions.

La nécessité de mieux mesurer les impacts

Malgré ces efforts louables, il n’est pas possible d’affirmer que l’impact environnemental des Gesi – on estime aujourd’hui que les JO ou la Coupe du monde de football émettent chacun entre 1,5 et 4 millions de tonnes équivalent CO2 de GES – a baissé au cours des dernières années. Les JOP2024 l’ont d’ailleurs reconnu, en renonçant à revendiquer la neutralité carbone de l’événement, et en se contentant de s’engager à faire mieux.

D’abord parce que ces événements engendrent systématiquement des effets rebonds : les impacts qui entourent la venue massive de visiteurs dans une ville pendant plusieurs semaines, l’avenir des infrastructures créées pour l’occasion…

Ensuite, car ces efforts sont concomitants, au fil des années, d’autres évolutions. En premier lieu l’ampleur croissante qu’ils ont prise ces dernières décennies avec la mondialisation, la professionnalisation du sport et sa médiatisation, menant à un gigantisme générateur de dégâts majeurs. Aux visiteurs qui affluent du monde entier en avion s’est ajouté le nombre croissant de spectateurs suivant nuit et jour les compétitions en direct.

Malgré les enjeux économiques qu’ils représentent aussi, il s’agit aussi de limiter les impacts de ces flux numériques. En effet, ils représentent aujourd’hui le 3e poste le plus consommateur et le plus polluant des Gesi.

Or il nous manque des outils pour mieux cerner les conséquences des grandes compétitions sportives. Une méthodologie commune et partagée d’évaluation des impacts et des indicateurs (au-delà du seul carbone) qui capitaliserait sur les retours d’expériences des événements les plus récents serait utile. Cela permettrait de renforcer en amont les exigences des cahiers des charges, avec des obligations de résultat sur la diminution des impacts négatifs, environnementaux et également sociaux.

C’est dans cette optique et dans le cadre des JOP2024, que l’Ademe a développé Coach Climat événements, un outil qui permet d’estimer et comprendre les émissions de gaz à effet de serre des événements sportifs français et aider les organisateurs à tendre vers des actions de décarbonation.

Un changement de paradigme

Il en découle une conséquence importante. Décarboner les Jeux olympiques ou les Coupes du monde de football grâce à, par exemple, des infrastructures écoconçues et mieux adaptées à la chaleur, la limitation de la pollution intérieure ou encore le recyclage, sont des mesures indispensables, mais qui ne suffiront pas à l’avenir. Un autre modèle apparaît inévitable, qui se projette dans un climat post-2030 et anticipe un niveau d’exigence bien supérieur en termes d’impact et d’adaptation au changement climatique.

Il s’agit à terme de repenser ces compétitions en questionnant leur nature et leur organisation. Du choix des saisons à laquelle on les programme, aux horaires, en passant par le format et les sports pratiqués. Faut-il régionaliser certaines compétitions ? Répartir leur organisation en plusieurs lieux ? Interroger le rôle de certains sponsors ? Et même l’évolution de la pratique de certains sports ?

En effet, la hausse du niveau de la mer, l’accroissement de la fréquence des épisodes de submersion et l’érosion côtière provoqueraient la relocalisation de presque un quart des clubs de voile situés sur les littoraux français (soit 131 clubs sur 576). Même question sur le ski et les sports d’eaux vives, alors que selon une étude publiée dans Nature Climate Change, le changement climatique menace la quasi-totalité des stations de ski européennes ainsi que la quantité d’eau issue de la fonte des neiges.

La place des athlètes

portrait d’un cycliste
Guillaume Martin, cycliste français. Wikimedia, CC BY-NC-SA

Pour impulser ce changement de modèle, les athlètes eux-mêmes ont un rôle à jouer. Ainsi, Guillaume Martin, leader français de l’équipe Cofidis a pris part à son septième Tour de France tout en évoquant « une forme de culpabilité » à y participer d’un point de vue écologique.

Certains vont jusqu’à abandonner la pratique de leur sport par conviction : Stan Thuret, skipper professionnel français, annonçait en mars 2023 qu’il mettait un terme à sa carrière devenue selon lui incompatible avec l’urgence climatique.

Avant lui, le quadruple champion du monde de Formule 1, l’allemand Sébastian Vettel, avait aussi renoncé à sa passion jugée trop polluante, tout comme Sarah Guyot, kayakiste française multiple championne du monde.

C’est aussi la notion de performance à interroger : les performances sportives sont impactées par les pollutions et le changement climatique, qui renforce les épisodes caniculaires.

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Il a été démontré par exemple que la chaleur, en particulier, avait des effets néfastes sur les scores d’endurance et la concentration des footballeurs. Concernant l’athlétisme ou les marathons, la médecine a montré que le corps est le plus performant lorsque la température est autour de 26 °C et qu’une température de +2 °C diminue de plusieurs secondes, voire quelques minutes, les résultats.

Alors que la réponse est aujourd’hui essentiellement technologique – équipements toujours plus techniques pour demeurer performants – rappelons que leur production n’est pas sans conséquence sur l’environnement et qu’elle ne peut donc à elle seule compenser l’évolution des conditions climatiques. C’est aussi la santé physique et mentale des athlètes qui est en jeu, et une vision du sport que l’on souhaite véhiculer au grand public.

Amandine Richaud Crambes, Coordinatrice scientifique et technique – Ingénieure Environnement, Urbaniste, Ademe (Agence de la transition écologique)

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.


Les JO Paris 2024 les plus écologiques de l’histoire ?

Alors que le Secrétaire général de l’ONU appelle à l’action contre la chaleur extrême, après trois jours consécutifs les plus chauds jamais enregistrés, la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Paris 2024 se déroule sur la Seine. Historiques, écologiques et responsables ? Une étude Greenly de l’Impact carbone des JO de Paris, un dossier de La Croix et le regard des ONG nous éclairent sur la question suivante : les JO 2024 à Paris respectent ils durablement le vivant mieux que les précédentes éditions ? A suivre …

Appel du Secrétaire général à l’action contre la chaleur extrême

La Terre se réchauffe et devient de plus en plus dangereuse pour tous les êtres humains, partout dans le monde. Pour s’attaquer à la racine du problème, les pays doivent éliminer progressivement les combustibles fossiles, de manière rapide et équitable.

« Cette semaine, le monde a connu les trois jours les plus chauds jamais enregistrés.
Mais regardons les faits en face : les températures extrêmes ne sont plus un phénomène d’un jour, d’une semaine ou d’un mois.
La Terre devient de plus en plus chaude et dangereuse pour tout le monde, partout.

Des milliards de personnes sont confrontées à une épidémie de chaleur extrême. On estime que la chaleur tue près d’un demi-million de personnes par an.
Nous savons ce qui le motive : le changement climatique induit par l’homme, chargé de combustibles fossiles.
La chaleur extrême est la nouvelle anomalie. Mais la bonne nouvelle, c’est que nous pouvons sauver des vies et limiter son impact. »

© Unsplash/Timo Volz
Les températures ont atteint des records partout dans le monde en 2024.
Chaleur extrême : le chef de l’ONU appelle à protéger les plus vulnérables, les travailleurs et les économies


Le Human Adaptation Institute (HAI), spécialisé dans les études scientifiques en conditions réelles de vie et dirigé par l’explorateur-chercheur Christian Clot, lance un vaste programme d’étude des risques liés aux grandes chaleurs et aux canicules. Suite aux missions Deep Climate qui ont permis d’étudier des groupes mixtes dans plusieurs conditions climatiques différentes, HAI lance le programme Heatadapt, qui étudiera les effets de la chaleur durant plusieurs années sur différentes populations, au travail comme dans la vie quotidienne.
L’un des volets importants de ce programme est l’étude « Citoyens.ennes face aux grandes chaleurs » de science participative citoyenne, à laquelle peuvent participer toutes personnes habitant en France de plus de 18 ans. 
Le plus grand nombre de participants est requis afin d’assurer la qualité des résultats. L’ensemble des résultats sera communiqué dans un premier temps aux participants, puis à tout le monde et particulièrement aux décideurs pour les éclairer au moment de prendre des décisions liées aux climats futurs. Pour s’inscrire, il suffit d’entrer votre mail sur la page https://adaptation-institute.com/etude-participative-sur-ladaptation-a-la-chaleur/ pour consulter toutes les informations concernant l’étude.

Aujourd’hui, l’ONU a lancé un appel à l’action mondiale axé sur :

🔸Prendre soin des plus vulnérables.
🔸Renforcer la protection des travailleurs.
🔸Renforcer la résilience.
🔸Limiter l’augmentation de la température
🔸Éliminer progressivement les combustibles fossiles

Le rapport du #GIEC de 2021 s’appuyait sur des observations disponibles jusqu’à 2019-2020. Le prochain rapport du GIEC est attendu vers 2027. Entre-temps, voici une réactualisation d’indicateurs clés de l’état du #climat et de l’influence humaine sur celui-ci…

Impact carbone des JO : Paris met Londres KO selon Greenly

Neuf ans après la COP21, le monde revient à Paris à l’occasion des jeux Olympiques 2024. Avec un programme ambitieux pour rendre cet événement le plus durable possible, les organisateurs cherchent à minimiser son impact environnemental. Greenly a étudié les différents leviers activés en vue d’atteindre cet objectif, et tâche d’octroyer une analyse aussi globale que possible de l’événement du point de vue environnemental.

Pour réduire l’empreinte carbone de cet événement international à 1,58M tCO2e, ce qui correspond à diviser par 2 par rapport aux JO de Londres (3,3M tCO2e) et de Rio (3,6M tCO2e), plusieurs actions ont été mises en place. Bien que l’impact réel ne puisse être véritablement évalué qu’à la fin des Jeux, l’étude Greenly fait ressortir les milliers de tCO2e évitées.

Constructions, consommation électrique, repas, transports et déplacements, plusieurs postes à fortes émissions sont passés au crible par les experts Greenly pour mettre en exergue les économies réalisées qui permettent de réduire les émissions.

●        Sites Olympiques : représentant seulement 5% de l’ensemble des sites, le bilan du mètre carré des nouvelles constructions, telles que le Village Olympique, devrait être de 0,7 tCO2e, contre 1 tCO2e. Réduction de 30% grâce à l’utilisation du bois d’œuvre, du béton bas-carbone et du transport fluvial pour acheminer les gravats excavés (3 000 tCO2 évités avec son équivalence camion).

Village olympique de Paris 2024 : les coulisses d’un lieu unique, écologique et tourné vers l’avenir

●        Énergies renouvelables : avec le déploiement de panneaux photovoltaïques sur certains sites clés tels que le Village Olympique et le Centre Aquatique, ainsi qu’une centrale solaire flottante de 720m2 de panneaux sur la Seine, Paris 2024 table sur une économie de 13 000 tCO2e.

●        Restauration flexitarienne et responsable : représentant seulement 1% des émissions totales des Jeux, Paris 2024 a prévu d’atteindre 50% de repas végétariens servis et 80% des déchets alimentaires compostés. L’objectif est de réduire de moitié l’empreinte carbone de chaque repas pour permettre une économie de 13 520 tCO2e.

●        Transports en commun et mobilité douce : proximité des lieux de compétition avec le Village Olympique facilement accessible.

●        D’autres actions non chiffrées : adoption d’une stratégie d’achat responsable et mise en œuvre de pratiques d’économie circulaire se traduisant par la fabrication des 11 000 sièges à partir de matériaux recyclés de sites comme l’Aréna Porte de la Chapelle et le Centre Aquatique Olympique de Saint-Denis ou encore la revente des meubles après les Jeux. Les organisateurs se sont également engagés à entièrement compenser les émissions inévitables en soutenant des projets de compensation.

Le Centre Aquatique aux JO de Paris 2024, un exemple phare d’infrastructure éco-conçue et pensée pour l’héritage 

Seul établissement entièrement construit en vue des Jeux Olympiques de Paris 2024 de façon pérenne, le Centre Aquatique – basé à Saint-Denis – a vu les choses en grand avec ce projet d’infrastructure écoresponsable. Le site, qui accueillera la natation artistique, le plongeon et le water-polo du 27 juillet au 11 août, n’a pas ménagé ses efforts pour penser à l’après-Jeux.


Des Jeux plus écolos et plus sociaux – Un dossier La Croix

Avant l’ouverture des Jeux olympiques de Paris, les entreprises de l’économie sociale et solidaire se félicitent d’avoir été associées à un événement d’une telle ampleur. Le secteur a relevé le défi et fait preuve de son professionnalisme, estiment ses représentants. Pour La Croix, Bernard Thibault, coprésident du comité de suivi de la charte sociale des JO, salue l’intégration des syndicats aux préparatifs.


Rapport pré-Jeux « Livrer des Jeux plus responsables »
publié en mai 2024

Rapport d’évaluation de la Stratégie « Héritage & Durabilité » de Paris 2024