Le Geres dévoile la campagne 2025 du Jour de la Terre “Ouvrons les yeux avant qu’il ne soit trop tard” qui met l’accent sur l’urgence de réaliser l’effondrement de la biodiversité dans le monde et lance un jeu inédit «cherche et trouve !». Alors, le 22 avril prochain est ce qu’on n’ouvrirait pas les yeux tous·tes ensemble ?
L’édition 2025 du Jour de la Terre, incite le plus grand nombre à “ouvrir les yeux avant qu’il ne soit trop tard” sur l’état de la biodiversité.
En rebondissant sur la double signification de l’expression “ouvrir les yeux”, le Jour de la Terre rappelle qu’il est grand temps de regarder autour de soi pour comprendre l’omniprésence de la biodiversité, de son déclin alarmant et de la nécessité d’agir sans attendre pour la préserver et la protéger.
OUVRONS LES YEUX AVANT QU’IL NE SOIT TROP TARD ! LE 22 AVRIL, PRENONS ACTE DE L’EFFONDREMENT DE LA BIODIVERSITÉ.LE 22 AVRIL, PRENONS ACTE DE L’EFFONDREMENT DE LA BIODIVERSITÉ. La biodiversité est dans un état critique. Tous les scientifiques le disent et les chiffres ne trompent pas. Et si les changements climatiques prennent (heureusement) de plus en plus de place dans le débat, elle est souvent la grande oubliée de la crise dans laquelle nous nous trouvons. Pourtant, il suffit d’observer autour de nous pour nous rendre compte qu’elle disparaît, alors qu’elle est cruciale pour notre survie à toutes et tous. Alors, cette année, soyons attentif·ves, prenons conscience du déclin des espèces, réalisons l’importance cruciale de la biodiversité dans notre quotidien : ouvrons les yeux avant qu’il ne soit trop tard !
Depuis 1970, les populations de vertébrés sauvages ont ainsi décliné de 73%. En France, nous sommes le 6ème pays hébergeant le plus grand nombre d’espèces menacées, et cette disparition menace directement nos emplois, notre alimentation et notre qualité de vie.
Le slogan, à double sens, nous incite à la fois à observer la biodiversité, à s’y montrer attentif·ves, et à prendre conscience de son étatet de l’importance qu’elle a dans le quotidien de chacun et chacune d’entre nous.
CHERCHONS, TROUVONS, PROTÉGEONS LE 22 AVRIL, PRENONS CONSCIENCE DE NOTRE ENVIRONNEMENT. Elle est partout ! Dans nos rues, nos parcs, nos jardins, sur nos plages… La biodiversité est omniprésente et, partout, elle est garante de la Vie. Pourtant, dans nos quotidiens, souvent effrénés, nous avons tendance à l’oublier et à oublier son rôle capital. Alors, le Jour de la Terre, et tous les jours, partout autour de nous, cherchons la, trouvons la, prenons conscience de notre environnement, de toutes les espèces animales et végétales qui le composent et, enfin, décidons de la protéger ! Nous avons conçu, pour l’occasion, un “cherche et trouve”. Ce jeu en ligne vous invite à retrouver 6 espèces menacées en un temps limité qui illustre la vitesse à laquelle les espèces déclinent. Pour jouer, rendez-vous sur le site du Jour de la Terre dès le 7 avril !
Si collectivement, nous remettons la biodiversité au centre du débat, nous parviendrons à faire bouger les lignes et influencer les politiques publiques.
N’ayons pas peur de parler en son nom, et de, chaque jour, rappeler son existence et son importance. Ensemble, prenons le chemin d’une société favorable à la biodiversité.
Le 22 avril collectivement, joyeusement et durablement, observons la biodiversité, mettons des actions en place pour la protéger et ouvrons les yeux !
Faisons ensemble de cette journée une occasion de montrer que nous ne perdons pas la biodiversité de vue.
MAINTENANT, POUR PROTÉGER LA BIODIVERSITE, NE LA PERDONS PAS DE VUE ! LE 22 AVRIL, PRENONS LA DÉCISION DE LA PRÉSERVER AU QUOTIDIEN.LE 22 AVRIL, PRENONS LA DÉCISION DE LA PRÉSERVER AU QUOTIDIEN. Dès le 22 avril, on se documente, on se renseigne, on la comprend mieux, on apprend comment la préserver à notre échelle et, surtout, on y pense dorénavant au quotidien ! Réduire nos déchets, créer des espaces favorables à la faune et la flore, éviter les pesticides chimiques ou encore juste planter des fleurs… Des multitudes de petites actions existent et chacune d’entre elles compte ! Chaque jour, incitons nos ami·es, notre famille, nos collègues à faire de même et, surtout, le 22 avril et, toute l’année, interpellons nos collectivités, nos décideur·euses, nos élu·es et rappelons leur quec’est maintenant qu’il faut agir, avant qu’il ne soit trop tard !
Onclusive dévoile son Brand Influence Index 2025 – Europe, une étude qui mesure l’impact médiatique et social media des 40 premières marques européennes en matière de diversité, équité et inclusion (DEI) et de développement durable, les critères ESG devenant un vecteur clé de la réputation des entreprises.
C’est Unilever qui s’impose comme la marque la plus influente en Europe, avec un score global de 32, grâce à une stratégie de communication cohérente sur ses engagements en faveur de l’inclusion, de la réduction des émissions et de la circularité.
Top 10 Europe
Le top 3 est complété par Tesco et SAP, qui ont su capter l’attention des médias grâce à des initiatives concrètes : campagnes sociétales, innovation technologique responsable, partenariats inclusifs, ou encore feuille de route ambitieuse vers la neutralité carbone.
Explication du classement et des scores
Focus France
Première marque française du classement, L’Oréal se positionne en 7e position européenne. Elle bénéficie d’une forte visibilité médiatique sur les sujets de mixité, de sourcing responsable et d’innovation cosmétique durable. D’autres marques hexagonales, comme Dior, AXA ou BNP Paribas, affichent des scores honorables, mais restent en retrait en matière d’impact global.
Quelques enseignements clés du rapport
L’influence des CEO reste globalement faible en Europe, à l’exception de quelques figures comme Florentino Pérez (ACS/Real Madrid).
Seules Tesco et Unilever communiquent régulièrement sur leurs initiatives de diversité et de développement durable, et aucune autre entreprise ne se distingue dans ce domaine.
Les grandes marques européennes reflètent les forces de leurs pays, mais leur influence reste bien inférieure à celle des marques américaines.
En développement durable, des écarts importants existent entre les leaders comme Bosch et SAP, et des entreprises comme HSBC qui peinent à suivre.
Les marques européennes analysées ont été sélectionnées à partir du classement mondial « 2024 World’s 500 Most Influential Brands » établi par le World Brand Lab. Leur influence a été mesurée à l’aide de l’indicateur d’Onclusive, basé sur trois scores : la position globale (de 1 à 40), déterminée par l’impact médiatique mondial de chaque marque, ainsi que deux scores spécifiques liés à la diversité, l’équité et l’inclusion (DEI), et au développement durable.
Les filtres anti-UV, largement utilisés en cosmétique dans les crèmes solaires, parfums, et produits en tout genre, ne sont ni nos amis ni ceux de l’environnement. Leurs molécules polluent autant les milieux aquatiques, qu’elles perturbent notre métabolisme et notre système endocrinien.
Filtres organiques, chimiques ou filtres minéraux, rayons UV-A ou UV-B… il est parfois facile de se perdre dans la jungle des informations techniques autour des produits destinés à la protection de la peau. Car les filtres anti-UV se retrouvent dans de très nombreux produits : dans les crèmes solaires bien évidemment, mais aussi dans bien d’autres crèmes ainsi que dans de nombreux parfums. Les molécules utilisées pénètrent notre métabolisme par application sur notre peau, et sont finalement rejetés dans l’environnement à travers les eaux usées.
Des écosystèmes très sensibles aux filtres-UV
En France, la liste des molécules autorisées dans les produits utilisant des filtres-UV est encadrée par une loi de février 2001 : sulfate de méthyle, homosalate, oxybenzone et avobenzone, méthoxycinnamate d’octyle, éthylhexyl salicylate… L’avobenzone à elle seule se retrouve dans 80% des parfums, notamment. Ces molécules sont en tout une trentaine, permises à différentes doses, par exemple dans la composition des crèmes solaires qui sont largement utilisées par les vacanciers au bord des plages. Mais de nombreuses études scientifiques sont venues démontrer que leur présence a un impact direct sur les écosystèmes et l’environnement. Principalement parce qu’elles se retrouvent en bout de chaîne dans les eaux usées avant et même après leur traitement. Ces molécules sont donc partout.
Au Brésil, l’équipe menée par Sara Beijora de l’Université technologique fédérale du Paraná a ainsi étudié l’impact des filtres-UV sur la croissance des racines de plusieurs plantes. La conclusion est sans appel : « L’avobenzone est un écran solaire dont la production mondiale est importante et qui est constamment rejeté dans l’environnement. L’incorporation de biosolides d’épuration à des fins de fertilisation, le lessivage des sols cultivés et l’utilisation des eaux usées pour l’irrigation expliquent sa présence dans le sol. L’écotoxicité de l’avobenzone a été testée, […] les [différentes] concentrations ont entraîné une réduction de la croissance racinaire des graines. » […] L’étude établit clairement que l’avobenzone présente une menace importante pour les plantes, avec des conséquences néfastes pour la production agricole comme pour la croissance des végétaux sauvages. L’environnement et les plantes que nous consommons ne sont pas conçus pour métaboliser les molécules contenues dans nos crèmes solaires. Tout comme notre peau n’est pas équipée pour. Les impacts sur les écosystèmes sont durables, dans la mesure où le traitement des eaux usées n’est pas adapté pour des nano molécules.
L’avobenzone et l’octinoxate, ces « tueurs silencieux »
Parmi ces molécules largement utilisées par l’industrie cosmétique, deux sont donc considérées aujourd’hui comme des menaces à prendre très au sérieux : l’avobenzone et l’octinoxate, catalogués comme perturbateurs endocriniens, et parfois qualifiés de « tueurs silencieux ». Les conséquences à long terme de leur utilisation ont été mises en évidence dans différents cas, dans le monde végétal, comme dans l’étude brésilienne, mais aussi et surtout animal. Des chercheurs du département de biologie de l’Université d’Aveiro au Portugal ont en effet étudié les effets de ces perturbateurs endocriniens sur des moules (souvent utilisées en recherche écotoxicologique, car elles constituent l’un des meilleurs bioindicateurs), sous la direction de Diana Bordalo. Selon elle, les moules sont particulièrement sensibles à la présence d’avobenzone dans les plans d’eau en plein été : « Les résultats de l’exposition in vitro des spermatozoïdes de moules à l’avobenzone ont montré […] des dommages à l’ADN dans tous les traitements et une diminution de la viabilité des spermatozoïdes à 1,0 et 10,0μg/L. L’exposition à l’avobenzone a également entraîné une inhibition complète de la motilité des spermatozoïdes à la concentration la plus élevée. » Conclusion de l’étude : une concentration trop élevée d’avobenzone entraîne une altération de la fonction reproductive mâle.
L’étude des milieux aquatiques est majeure dans l’analyse des conséquences de la présence des filtres anti-UV sur les écosystèmes. En Hongrie, l’équipe de Zsolt Pirger au Balaton Limnological Research Institute a étudié l’impact de plusieurs filtres anti-UV – dont l’octinoxate et l’avobenzone – sur les daphnies, de petits crustacés mesurant d’un à quatre millimètres, à travers les altérations de leur croissance, de leur reproduction et de leur rythme cardiaque. Selon l’étude hongroise, « la prévalence des composés organiques/chimiques filtrant les UV dans les écosystèmes aquatiques représente un problème environnemental croissant. […] Une exposition chronique aux filtres UV organiques, même à des concentrations pertinentes pour l’environnement, affecte les traits physiologiques fondamentaux et les voies de défense cellulaire chez les daphnies. Nos observations ont notamment révélé des modifications physiologiques jusqu’alors inconnues, comme par exemple l’altération de la fréquence cardiaque ». Toutes ces études ont pour but de démontrer une chose : ce qui concerne les milieux aquatiques concerne directement l’être humain.
De l’eau à l’homme, il n’y a qu’un pas
Les impacts écologiques sur les milieux végétaux et aquatiques sont donc connus du monde scientifique. Ceux sur la santé humaine également. Pourtant, les molécules anti-UV se retrouvent dans de nombreux produits appliqués parfois quotidiennement sur la peau, comme les crèmes solaires ou les parfums. Sur l’homme, ils agissent comme des perturbateurs endocriniens, avec des conséquences connues sur le système cardiovasculaire ou sur des glandes comme la thyroïde. Une étude américaine s’est par exemple penchée sur l’absorption de ces molécules par le métabolisme humain, en se focalisant sur le plasma. Six filtres anti-UV (avobenzone, oxybenzone, octocrylène, homosalate, octisalate et octinoxate) ont été analysés. Plusieurs conclusions sont sorties des tests réalisés sur 48 participants, sous le contrôle de David G. Strauss et de son équipe de la FDA (Food and Drug Administration). La principale d’entre elle : l’accumulation dans le corps dépasse généralement les recommandations de la FDA.
Mais le plasma n’est pas le seul vecteur de bioaccumulation. À travers la peau, les molécules anti-UV atteignent aussi le lait maternel, l’urine ou le sperme. L’étude la plus récente en la matière, en 2024, a en effet pointé du doigt l’impact de ces perturbateurs endocriniens sur la production de sperme. « L’avobenzone affecte négativement les fonctions spermatiques par des altérations anormales de l’activité de la protéine kinase A (PKA) et de la phosphorylation de la tyrosine. Par conséquent, les implications potentielles sur la fertilité masculine doivent être prises en compte », estime Woo-Sung Kwon, chercheur à la Kyungpook National University, en Corée du Sud.
Les enjeux de santé publique sont posés. En décembre dernier, l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire) s’est d’ailleurs félicitée de l’intention de la Commission européenne de réviser « la recommandation sur les allégations de sécurité et d’efficacité des produits de protection solaire, formulée en 2006 aux industriels ». Objectif : mettre en place un étiquetage clair et transparent, afin d’informer au mieux le consommateur de la composition des produits cosmétiques qu’il utilise régulièrement, à l’image des crèmes solaires ou des parfums. Une démarche louable, mais insuffisante sans une campagne d’information destinée à expliquer les risques associés à ces composants.
Conçu conjointement par les Académies d’Ile de France, le Muséum National d’Histoire Naturelle, l’Agence Régionale de la Biodiversité îdF, le Conseil Régional d’Ile de France, Enactus et la DRIEAT, ce kit pédagogique, scientifiquement validé, gratuit et testé par des élèves, permet à n’importe quel enseignant de collège ou lycée souhaitant s’inscrire dans une démarche d’éducation à l’environnement, de monter un projet autour de la préservation de la biodiversité avec ses élèves.
Parler de biodiversité en classe, c’est une chose. Mais quand les élèves sortent dans la cour, observent les espèces autour d’eux, mènent un inventaire, installent un nichoir ou construisent un composteur … l’apprentissage prend une autre dimension.
C’est tout l’intérêt du projet « On s’active pour la Biodiv’ ! » qui a pour objectif de comprendre ce qu’est la biodiversité, là où on vit.
« Apprendre à agir concrètement, en commençant par faire un diagnostic, puis imaginer des solutions et en observer leurs effets. Le tout en développant des compétences qu’on n’apprend pas toujours dans les manuels, comme le fait de travailler ensemble, de débattre, d’argumenter, d’accepter de se tromper et de recommencer.«
Le kit pédagogique est à la fois très simple à prendre en main et riche en contenus. Il propose des ressources scientifiques, des idées d’activités, des fiches inspirées de projets menés dans une vingtaine d’établissements, et des outils pour suivre les transformations.
On y parle aussi bien d’observation des escargots que de cours d’école végétalisée, de santé environnementale ou d’érosion du vivant.
Tableau “Choisir son protocole en fonction d’ autres critères” par Le mnhn
Ce kit est « un point de départ pour inventer, tester, et surtout faire en sorte que la biodiversité ne soit pas qu’un mot de plus dans les programmes« .
Le kit comprend :
Une description du projet interacadémique et de ses objectifs
Une présentation des objectifs pédagogiques et des compétences visées pour les élèves
Un état des lieux de la biodiversité en Ile-de-France et les moyens d’agir
L’essentiel à savoir pour étudier la biodiversité au sein de son établissement
9 fiches de projets inspirants ayant vu le jour au sein d’établissements franciliens : réaliser un inventaire des espèces de son établissement, construire un hôtel à insectes et un composteur au sein de son collège, mettre en place une Clean Walk, transformer une pelouse tondue en un espace riche en biodiversité en sont des exemples.
Fiche n° 1 – Comment lancer un projet en menant une action mobilisatrice ?
Fiche n° 2 – Comment utiliser une approche scientifique pour mesurer l’érosion de la biodiversité et objectiver les actions possibles au sein de l’établissement ?
Fiche n° 3 – Comment sensibiliser les élèves à la nature en s’appropriant la cour pour en faire un espace de rencontre agréable et préservant la biodiversité ?
Fiche n°4 – Comment obtenir des données sur l’état de la biodiversité dans les espaces extérieurs du lycée, dans le contexte du projet scientifique du programme d’enseignement scientifique (en 1re générale) ?
Fiche n° 5 – Comment engager les élèves dans une action concrète en faveur de la biodiversité à partir de la question du manque d’eau pendant l’été ?
Fiche n° 6 – Comment transformer une pelouse historiquement tondue plusieurs fois en un espace riche en biodiversité ?
Fiche n° 7 – Comment une action concrète autour d’un composteur peut-elle permettre d’engager toute la communauté éducative ?
Fiche n° 8 – Comment faire choisir aux élèves le mode de communication le plus pertinent et adapté pour présenter les résultats d’un projet autour de la biodiversité ?
Fiche n° 9 – Comment exploiter la complémentarité des différentes approches disciplinaires pour apporter une cohérence aux diverses actions entreprises ?
Le kit pédagogique « On s’active pour la biodiv’ ! »
Face à la sixième extinction de masse, que pouvons-nous faire ? Pour répondre à cette question, l’astrophysicien Aurélien Barrau nous propose une démonstration implacable. Avec « Comment habiter le monde » en librairie ce mercredi 2 avril 2025 aux éditions Bayard, le directeur du Centre de physique théorique Grenoble-Alpes nous invite, avant tout, à penser autrement.
« On arrête tout, on réfléchit et ce n’est pas triste »
De l’Intelligence Artificielle aux satellites pour surveiller le climat, les progrès techniques se multiplient. Mais sont-ils vraiment une solution au problème ? Ne constituent-ils que de simples placebo, voire des obstacles à une vraie transformation ? « Notre frénésie de matérialité et d’agissements concrets, de gestes pratiques et d’actions immédiates, constitue sans doute le meilleur moyen de ne rien changer en profondeur et de ne pas opérer les véritables rénovations structurelles. Même avec les meilleures intentions. » argumente Aurélien Barrau. « Tout cela empêche de comprendre les vrais enjeux et de remettre en cause la charpente de nos attentes alors que c’est précisément ce qui importe. Mon impression, c’est que justement, en réfléchissant, on mène un travail beaucoup plus radical, beaucoup plus concret, beaucoup plus matériel et beaucoup plus efficient qu’en tentant de se conformer à de « bonnes résolutions » ou pire, en entreprenant des innovations techniques, qui peuvent être sympathiques, mais qui n’ont aucun intérêt fondamental. Pour être explicite : on peut s’astreindre, comme s’il s’agissait d’une contrainte morale ou politique, à moins prendre l’avion ou à manger moins de viande, mais il est infiniment plus important de découvrir que les saveurs qui n’ont pas le goût du cadavre et les vacances qui n’ont pas l’odeur du kérosène sont, en réalité, souvent beaucoup plus belles ».
« Nous nous trouvons au début de la sixième extinction massive de vie sur terre »
Aurélien Barrau, avec son talent habituel, secoue le lecteur qu’il invite à essayer de comprendre en détail, avec intelligence et finesse, les tragédies qui se déroulent autour de nous. Pour cela, l’astrophysicien propose trois faits fondamentaux qui sont faciles de garder en tête. Le premier est que nous avons détruit environ les deux tiers des populations d’insectes. « C’est un chiffre absolument faramineux sur une échelle très courte. C’est un effondrement » précise Aurélien Barrau. « Les mots sont très importants. Je ne vous conseille de ne pas dire que 70% des insectes ont « disparu » comme on le lit souvent. Lorsque l’on utilise « disparu », cela donne l’impression q’une sorte de tour de magie a eu lieu. C’est faux : ils ne sont pas volatilisés, ils ont été exterminés ». Le second fait, c’est que nous avons également tué les deux tiers des animaux sauvages en quelques décennies. « Pensez aux mammifères : aujourd’hui ils sont très essentiellement parqués dans des fermes-usines, prêts à être abattus avant d’avoir vécu » souligne Aurélien Barrau. Le troisième fait c’est que nous avons exterminés les deux tiers des arbres. En parallèle de ce qui touche les plantes, les ours et les papillons « les animaux humains sont également très impactés » poursuit Aurélien Barrau. « En une seule année, on estime qu’en Europe, environ cinq-cent-mille personnes décèdent prématurément à cause de la pollution. C’est un chiffre absolument faramineux. Rien d’autre, vraisemblablement, ne décime autant de gens, au moins dans les pays du Nord ».
« L’effondrement de la vie sur terre n’est pas ce qui va engendrer des maux, c’est le mal en tant que tel »
Pour Aurélien Barrau, il ne faut pas sur focaliser sur le réchauffement climatique. « L’obsession du climat est presque une arnaque d’ingénieurs qui veulent nous faire croire qu’on a affaire à un phénomène matériel qui attend une solution matérielle. (…) Le réchauffement climatique existe, il est très grave et il aura des conséquences désastreuses. Je ne nie pas l’existence de cette difficulté. Je nie le fait que ce soit la seule crise à laquelle faire face. » Pour l’astrophycisien, « les limites planétaires sont nombreuses et on ne peut pas se contenter de penser uniquement « climat ». » Acidification des océans, pollution, artificialisation des terres, destruction des habitats, surexploitation des ressources… l’auteur revient sur ces limites et fustige la manière dont nous abordons ces problématiques avec comme exemple « la chute » de la biodiversité. Il n’aime pas ce mot. Selon lui, il instaure « une sorte de logique comptable ». « On va dénombrer les espèces et faire des inventaires. On va remplir des tableaux Excel. Je pense que le vrai problème est déjà manqué quand on l’aborde ainsi. »
« On pense la façon de faire, presque jamais le sens de ce qui est fait »
Mais que faire alors ? Pour Aurélien Barrau, il est insuffissant de se focaliser sur la pérennité. « Celles et ceux qui s’intéressent un peu à l’écologie utilisent souvent l’argument du non-durable. La situation actuelle n’est pas tenable, plaident-ils ou argumentent-elles. C’est vrai. Nous consommons plus que ce que nous avons à disposition. (…) Mais une question encore plus importante que celle-là : quand bien même ce serait durable, est-ce que tout cela serait souhaitable ? »
Penser autrement. C’est bien l’intention d’Aurélien Barrau qui démonte les fausses « bonnes » solutions véhiculées notamment par les médias. Et si la réponse résidait dans un mode vie plus simple et plus poétique ? En redéfissent nos besoins, en ralentissant la productivité et en réapprenant à cohabiter avec la nature. Plutôt que de miser sur énergie infinie et une décarbonation de l’IA vouée à l’échec, il esquisse un avenir où décroitre pourrait enfin rimer avec prospérer. « Continuer à peaufiner et à optimiser les fonctions – décupler la techno-production – sans s’interroger sur leur pertinence relève d’une sorte d’aliénation » ajoute Aurélien Barrau. « Seule compte maintenant la révolution poétique qui engendrera une éruption de possibles et une irruption d’improbables ». L’enjeu de demain ne consiste donc pas à continuer à l’identique en faisant un peu moins de dégâts (« impossible et inutile » insiste l’auteur) mais à inventer une autre destinée. S’adressant aux jeunes, Aurélien Barrau conclut : « Le défi ne consiste pas, pour votre génération, à restreindre un peu vos émissions de gaz à effet de serre, ce qui serait si pénible, mais à inventer un autre monde. Chaque génération en a rêvé mais, vous, vous n’avez plus le choix. En ce sens, je vous envie presque. »
« Comment habitez le monde » de Aurélien Barrau aux éditions Bayard dans la collection « Les petites conférences ». 12,90 euros.
Comment habiter le monde : la conférence d’Aurélien Barrau
Vous pouvez également voir la conférence de Aurélien Barrau sur Youtube.
Le carbone sous forme de CO2 dans l’atmosphère est le principal responsable du dérèglement climatique. Il est donc nécessaire de réduire nos émissions de carbone dans l’atmosphère. Mais il est aussi indispensable de le capturer et le stocker, par exemple dans les sols. Découvrez en images et en 2 minutes seulement le rôle des plantes dans ce procédé grâce à l’INRAE.
Stocker, capturer, séquestrer … du carbone, c’est bon pour le climat.
Ah bon et pourquoi ? Et en fait, comment ça marche 😵💫 ?
🧐 Attend mais j’suis perdu, c’est pas du dioxyde de carbone ? 🌎🌳🌱
Dans cet épisode, #ApprochezVous, on suit le CO2 du ciel au tréfonds de la Terre. L’occasion d’aborder le rôle essentiel, des plantes, des arbres dans le cycle du carbone, grâce à …. la photosynthèse.
Quels sols stockent plus de carbone ?
Quelle quantité de carbone peut-on stocker dans le sol ?
Cela dépend des sols et surtout ce que l’on y met dessus ! Les prairies et les forêts sont plus efficaces pour stocker du carbone que les terres cultivées par exemple.
Il a été mesuré qu’en moyenne, sur 30 centimètres de profondeur, les forêts et les prairies stockent 80 tonnes de carbone par hectare, contre 50 tonnes pour les cultures et les vergers, et 35 tonnes pour les parcelles viticoles.
Comment augmenter la capacité d’un sol à stocker encore plus de carbone ?
Peut-on augmenter la quantité de carbone stockée dans le sol ?
Oui ! Notamment en agriculture où les stocks sont plus faibles qu’en forêt ou en prairie. Il faut éviter de laisser les sols nus car un sol sans végétation est un sol qui perd du carbone.
L’idée est donc de cultiver ce sol agricole tout au long de l’année, avec des cultures intermédiaires à intercaler dans le temps entre les cultures principales.
L’idéal : jamais de sol sans plantation ! Et pour mettre encore plus de végétaux dans les parcelles agricoles, les scientifiques conseillent de planter des arbres et des haies. Cela permet de capter encore plus de carbone, mais aussi cela favorise et enrichit la biodiversité. C’est ce que l’on appelle l’agroforesterie.
Et si une des solutions pour limiter le dérèglement climatique se trouvait là, sous nos pieds ?
Le carbone est partout, dans les plantes, les arbres, les animaux, les humains, dans l’air, les océans… Il est rarement tout seul, il se lie à d’autres atomes comme lui pour former des molécules qui constituent le vivant.
Mais nous avons un sérieux problème avec le carbone. Quand il se lie à l’oxygène pour former du CO2 et qu’il se retrouve dans l’air, c’est un gaz à effet de serre, responsable (avec d’autres) du dérèglement climatique.
Bien sûr il est indispensable d’en émettre moins, mais il existe une solution, naturelle, pour capturer ce CO2 : le stocker, là, sous nos pieds… dans le sol !
Comment est-ce possible ? Approchez-vous, on vous montre !
Avez-vous déjà capturer du carbone !?
(c) INRAE | Réalisation : Toys Film 👨🔬 Référent scientifique : Sylvain Péllerin, chercheur INRAE spécialisé dans les relations entre l’activité agricole et les cycles biogéochimiques du carbone, de l’azote et du phosphore.
Comment le carbone fait-il pour entrer dans le sol ?
Ah ce serait tellement plus simple si on avait un réservoir à carbone dans le sol que l’on pourrait remplir à notre guise … Pour injecter du carbone dans le sol, on doit faire appel aux végétaux : les arbres, les prairies, les cultures, l’herbe des jardins, etc. En effet, grâce à l’énergie du soleil, les plantes captent le dioxyde de carbone (CO2) de l’air et rejettent de l’oxygène (O2), c’est ce que l’on appelle la photosynthèse.
Dans l’opération, la plante garde le carbone (le « C » du CO2) pour fabriquer des sucres, par exemple de l’amidon, qu’elle utilise comme énergie pour vivre et grandir. Ce carbone se retrouve alors dans toute la plante, les tiges, les feuilles, les racines, les branches des arbres.
Le cycle de la nature suit son cours, les plantes meurent ou les feuilles des arbres tombent à l’automne, et le carbone se retrouve alors au sol. Et là, les végétaux servent de festin aux vers de terre, aux bactéries du sol, aux champignons… qui finalement mangent du carbone et produisent de la matière organique riche en carbone.
Matière organique : C’est la matière qui compose l’ensemble des êtres vivants (animaux, végétaux et champignons). On l’oppose à la matière minérale, qui elle, compose les matériaux inertes comme les roches.
Ressources de l’INRAE
Dossier de la revue Ressources : Peut-on encore sauver les sols ? Sous nos pieds, les sols. Ils nous nourrissent, sont le support de nos activités, abritent une immense biodiversité, participent à la régulation du cycle de l’eau et sont incontournables dans la lutte contre le changement climatique. Et pourtant, ils sont menacés. Si la recherche produit des connaissances porteuses de solutions pour mieux les protéger, les utiliser de façon durable ou les restaurer, la mobilisation de tous est nécessaire pour redonner et préserver sa valeur à ce capital naturel et vital. Lire le dossier
Le sol – Une merveille sous nos pieds Qu’est-ce que le sol, et comment naît-il ? Quels organismes y habitent ? Quels sont les chemins de l’eau dans le sol ? Comment peut-il nous aider dans la lutte contre le changement climatique ?
Tous ces aspects, et bien d’autres, sont abordés dans cet ouvrage largement illustré. En savoir plus
Une nouvelle carte des sols accessible à tous Fruit d’une consolidation de 60 ans de travaux d’inventaire et de recherche menée par le GIS Sol et le RMT Sols et territoires, la carte des sols métropolitains coordonnée par INRAE donne accès à une information claire et détaillée sur les sols et leurs potentiels usages, afin de mieux les valoriser. En savoir plus
Demain, les sols enfin à la une ? THE CONVERSATION – Ce samedi, comme tous les 5 décembre, c’est la Journée mondiale des sols. Instaurée en 2014 par les Nations unies, elle vise à faire prendre conscience de l’importance capitale des sols face aux grands défis planétaires. En savoir plus
Le stockage du carbone, de l’air au sol Laure et Charlotte ont rencontré Claudy Jolivet, ingénieur INRAE. Elles racontent comment s’effectuent les recherches sur les sols aujourd’hui en France et comment ces résultats servent à lutter contre le changement climatique. En savoir plus
C dans l’sol C dans l’sol est une émission et un magazine digital autour du sol, produit par les coopératives du Groupe Eïwa. Véritable espace de diffusion de savoirs, de dialogue entre experts et gens de terrain, c’est aussi un espace de témoignages de citoyens qui se racontent en parlant de leur sol.
Un appel à l’action a été lancé par le Comité français de l’UICN à l’occasion de la conférence « Le printemps de l’Océan » pour renforcer la protection et la restauration de l’Océan. La 3ème Conférence des Nations Unies sur l’Océan (UNOC 3) se tiendra à Nice du 9 au 13 juin 2025 pour faire le point sur la mise en œuvre de l’objectif de développement durable dédié à l’océan (ODD 14), à mi-chemin de la Décennie des océans des Nations Unies.
Congrès mondial de la nature 2025
Considérant que :
66% du milieu marin serait « sévèrement altéré » à ce jour par les activités humaines, en particulier par l’exploitation directe des organismes (principalement la pêche), qui est le facteur qui a eu l’incidence relative la plus importante, suivi par la dégradation des habitats et les pollutions, dont les effets sont exacerbés par le changement climatique ;
Plus de 33% des requins et des espèces proches, et plus d’un tiers des mammifères marins sont menacésd’extinction ;
Les récifs coralliens ont perdu 50% de leur superficie et sont menacés de disparaître d’ici 2050 ;
34% des stocks de poissons marins sont exploités à un niveau biologiquement non durable.
Les populations d’oiseaux marins ont décliné de 70% au cours des 50 dernières années.
Les écosystèmes marins et côtiers abritent une biodiversité unique et jouent un rôle capital dans la régulation du climat ;
Plus de trois milliards de personnes dépendent de la biodiversité marine et côtière pour leur subsistance ;
Des écosystèmes marins sains contribuent à protéger les régions côtières contre les risques naturels, à soutenir la sécurité alimentaire, à fournir des ressources pour la recherche et les traitements pharmaceutiques et médicaux, et au bien-être culturel et mental.
Soulignant :
L’importance de la coopération internationale et de la mobilisation de l’ensemble des acteurs pour la lutte contre l’érosion de la biodiversité et le changement climatique
Le printemps de l’Océan
Le Comité français de l’UICN, ses membres, experts et partenaires rappellent l’importance de la conservation de l’Océan et portent pour la conférence onusienne les recommandations ci-dessous, encourageant la France à faire des annonces ambitieuses à Nice en juin 2025, afin qu’UNOC 2025 aboutisse à une déclaration politique forte et orientée vers l’action.
1. Protéger 30% de l’Océan en 2030 : l’UICN demande que la cible 5 de l’ODD 14 s’aligne sur la cible 3 du Cadre mondial de la biodiversité afin que, d’ici 2030, 30% des zones marines et côtières, en particulier les zones d’une grande importance pour la biodiversité et les fonctions et services écosystémiques, soient dûment conservées et gérées grâce à la mise en place d’aires protégées écologiquement représentatives, bien reliées et équitablement gérées, et à d’autres mesures de conservation efficace par zone. Le Comité français demande aussi que la mise en œuvre de ces aires marines protégées (AMP) se fasse en respect des lignes directrices de l’UICN et rappelle l’incompatibilité des activités industrielles préjudiciables à l’environnement avec les aires marines protégées.
2. Augmenter les niveaux de protection : L’UICN soutient un renforcement du niveau de protection des aires marines protégées selon les normes et standards internationaux de l’UICN. En Europe et en France, ce renforcement passe par la mise en œuvre de 10% de zones de protection stricte, répondant à la définition de l’Union Européenne publiée dans sa stratégie en faveur de la biodiversité et correspondant aux catégories I et II de l’UICN. A l’échelle nationale, ces zones de protection stricte doivent être réparties de manière équitable dans toutes les façades et bassins maritimes français.
3. Augmenter la superficie du réseau des aires marines protégées en haute mer : L’UICN appelle à une ratification rapide d’au moins 60 États afin d’assurer une entrée en vigueur du traité international pour la protection de la haute-mer (BBNJ) adopté aux Nations Unies le 4 mars 2023. UNOC 2025 doit être une opportunité pour annoncer l’entrée en vigueur du traité et la tenue de la première COP BBNJ. Le traité doit permettre la mise en place d’un vaste réseau d’aires marines protégées en haute mer indispensable pour atteindre 30% de l’Océan protégé, puisque qu’elle représente 61% de la superficie des océans, mais qu’elle n’est protégée qu’à hauteur de 1,45%. Les aires marines protégées en haute mer doivent également répondre aux normes mondiales de l’UICN en excluant les activités industrielles préjudiciables à l’environnement et en désignant une part significative d’entre elles répondant aux catégories I, II, et III de l’UICN. Le Comité français demande une coopération renforcée entre les Programmes des Nations Unies pour l’environnement (UNEP) et pour l’alimentation et l’agriculture avec la Food and Agriculture Organisation (FAO) et l’Organisation maritime internationale (OMI), afin d’établir conjointement une stratégie de planification des usages en haute mer, qui intègre les données scientifiques pour la protection des écosystèmes et espèces océaniques.
4. Garantir une gestion efficace des aires marines protégées : L’UICN demande, au-delà de l’augmentation de leur superficie et de leur niveau de protection, d’investir les moyens nécessaires pour assurer et pour évaluer une gestion efficace des aires marines protégées afin d’atteindre des résultats positifs pour la biodiversité. La gestion efficace peut être évaluée et reconnue selon le standard mondial de la Liste verte des aires protégées de l’UICN.
Renforcer la protection et la restauration des écosystèmes marins
5. Renforcer la restauration des écosystèmes marins et littoraux en mettant en œuvre des politiques et des investissements ambitieux : L’UICN demande que 30% de la superficie d’écosystèmes marins dégradés soient en cours de restauration d’ici 2030, conformément à la cible 2 du Cadre mondial de la biodiversité. En Europe, il est ainsi essentiel que les plans nationaux de restauration dont le Plan national de restauration français, intègrent des actions ambitieuses pour la conservation et la restauration des écosystèmes marins, y compris des mesures de restauration passives, notamment lorsque placer certaines zones sous une protection stricte suffirait à permettre le rétablissement naturel des écosystèmes marins et des richesses naturelles qu’ils abritent. La stratégie de l’Union Européenne en faveur de la biodiversité à l’horizon 2030 souligne également la nécessité de prendre des mesures plus énergiques en vue de restaurer les écosystèmes marins dégradés, notamment les écosystèmes riches en carbone et les importantes zones de frai et de croissance pour les poissons.
6. Mettre en œuvre les solutions fondées sur la nature et appliquer l’Accord de Paris sur le climat : La Comité français appelle à respecter et à pleinement mettre en œuvre l’Accord de Paris sur le Climat pour limiter les impacts du changement climatique sur l’océan, comme le réchauffement et l’acidification des océans, qui affectent particulièrement les récifs coralliens tropicaux, dont 10% de la superficie mondiale se situent dans les eaux françaises, et qui sont menacés de disparaître complètement d’ici 2050. L’UICN appelle à développer des solutions fondées sur la nature en appliquant le standard mondial de l’UICN pour lutter contre le changement climatique. Les solutions fondées sur la nature doivent non seulement reposer sur la conservation et la restauration des écosystèmes à carbone bleu (marais salants, mangroves et herbiers marins) qui jouent un rôle important pour l’atténuation et l’adaptation aux effets du changement climatique, mais également des habitats associés comme les récifs coralliens.
7. Protéger les écosystèmes marins profonds et mésophotiques : L’UICN soutient l’interdiction de l’exploitation minière des grands fonds marins et appelle, conformément à la recommandation adoptée par l’UICN à Marseille, à l’adoption d’un moratoire par l’Autorité internationale des fonds marins. Le Comité français soutient le renforcement des connaissances et la protection des écosystèmes de la zone mésophotique océanique. Située à des profondeurs entre 30 et 200 mètres, cette zone abrite des écosystèmes parmi les moins explorés et protégés de notre planète. La zone mésophotique doit être mieux intégrée dans les politiques de conservation, reconnaissant son rôle essentiel pour la préservation de la biodiversité et la résilience des écosystèmes océaniques, tenant compte de la continuité écologique entre les écosystèmes de surface et ceux des profondeurs.
8. Prévenir et réduire significativement la pollution marine de toute origine, tant celles résultant des activités terrestres que maritimes : L’UICN demandE la finalisation et la mise en œuvre rapides du traité mondial pour mettre fin à la crise mondiale de la pollution plastique dans les milieux marins, en incluant des objectifs ambitieux de réduction de la production du plastique, des actions claires, évaluables, et déjà effectives à court terme, et en adoptant une approche sur l’ensemble du cycle de vie du plastique. Cela inclut la prévention de toute nouvelle pollution, notamment via l’interdiction des plastiques à usage unique, des produits chimiques préoccupants, et des polymères dangereux. Le Comité rappelle l’urgence d’atténuer les impacts des pollutions terrestres dégradant le littoral et le milieu marin, comme les eaux usées polluées et les polluants chimiques divers utilisés, notamment dans l’agriculture, qui constituent une des premières causes de pression sur les écosystèmes marins.
9. Renforcer la protection des espèces marines et réduire l’incidence de la pêche sur la biodiversité marine : L’UICN appelle à renforcer les mesures de protection des espèces marines comme les mammifères marins et les requins et raies, dont plus d’un tiers sont menacés selon la Liste rouge mondiale de l’UICN, en agissant en particulier sur la réduction des captures accidentelles. Le Comité français demande la création de zones de protection renforcées pour les espèces les plus menacées et l’application de mesures d’atténuation efficaces existantes telles que les fermetures saisonnières de pêche, la réduction de la vitesse des navires et la formation des pêcheurs. L’UICN rappelle l’importance d’une pêche durable pour la biodiversité et les communautés locales, et en comparaison, l’incompatibilité d’une pêche industrielle, surexploitant les ressources marines vivantes, polluante, et utilisant des pratiques destructrices comme le chalutage de fond, avec le maintien du bon fonctionnement des écosystèmes, en particulier dans les aires marines protégées. Le Comité français demande une meilleure gestion des dispositifs de concentration de poissons (DCP) dérivants, utilisés principalement pour la pêche au thon, qui constituent une méthode de pêche particulièrement nuisible pour l’environnement et dont l’utilisation a considérablement augmenté partout dans le monde depuis 2012, tant en haute mer que dans les zones économiques exclusives (ZEE).
11. Promouvoir l’économie bleue régénérative : L’UICN demande l’adoption d’une définition de l’économie bleue régénérative qui intègre clairement les enjeux de préservation et de restauration des écosystèmes marins et le bien-être des populations. L’économie bleue régénérative est un modèle économique qui combine tout à la fois la régénération et la protection des écosystèmes marins et côtiers avec des activités économiques durables, décarbonées et une prospérité équitable au service des populations et de la planète aujourd’hui et demain. UNOC 2025 constitue une étape importante pour promouvoir une économie bleue régénérative, garantissant la préservation et la bonne santé des écosystèmes marins.
12. Accroître la coopération scientifique et l’éducation dans le domaine de l’Océan : L’UICN affirme l’importance de la science qui a démontré que la conservation de la biodiversité était indispensablepour un Océan en bonne santé et son rôle crucial en tant que régulateur du climat. Le Comité français soutient le développement des connaissances scientifiques dans ces deux domaines de la biodiversité et du climat pour mieux connaître le fonctionnement des écosystèmes marins, évaluer l’impact des changements en cours, établir des scénarios tendanciels et proposer des actions fondées sur la science. L’UICN demande en particulier l’amélioration des connaissances sur les espèces et habitats côtiers rocheux benthiques.
L’Océan étant un bien commun, l’UICN appelle à amplifier les actions d’éducation et de sensibilisation sur l’environnement marin pour l’implication de tous dans sa protection.
Bref récit de l’économie bleue, des concepts associés et des principales dates clés
13. Mobiliser les financements pour les actions en faveur de l’Océan : L’UICN demande à accroître les financements publics et privés dédiés à la recherche, à la conservation et à la restauration de l’Océan, et à supprimer les subventions néfastes à la biodiversité marine, conformément aux cibles 18 et 19 du Cadre mondial de la biodiversité. En particulier, nous demandons de supprimer les subventions contribuant à la surpêche, comme stipulé par l’accord sur les subventions à la pêche de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) adopté en 2022. UNOC 2025 doit permettre de parvenir à l’entrée en vigueur de cet accord en obtenant le soutien des 2/3 des 164 membres de l’OMC par le dépôt de leur « instrument d’acceptation » de l’accord.
La pollution des ressources en eau représente une menace insidieuse, avec des impacts à long terme sur la santé humaine (substances chimiques nocives responsables de nombreuses pathologies) et l’environnement (atteinte à la viabilité des écosystèmes aquatiques, essentiels à la biodiversité).
Cela se répercute indirectement sur notre économie, en particulier sur le tourisme et l’agriculture, en affectant la production, les ressources et l’attractivité des territoires.
La dégradation de la ressource a diverses origines : elle est liée aux pollutions diffuses d’origine agricole par le lessivage dans les eaux des nitrates et produits phytopharmaceutiques, dont les teneurs excessives sont responsables de 41 % des abandons de captages pour pollutions chimiques et aux pollutions industrielles et urbaines (hydrocarbures, nickel et fluorures notamment, 22%)1.
PÉRIMÈTRES DE PROTECTION ET AIRES D’ALIMENTATION DE CAPTAGE
En outre, les substances issues de produits phytopharmaceutiques occasionnant les dépassements des exigences de qualité relèvent pour certains de métabolites persistants, à l’image de l’atrazine, herbicide interdit en France depuis 2001 encore détecté dans certaines régions agricoles, ou le chlorothalonil, fongicide interdit depuis 2020.
La dégradation de la qualité de la ressource est également liée à un élargissement progressif du spectre des substances recherchées lors des analyses, telles que les métabolites de substances phytopharmaceutique ou encore les per- et polyfluoroalkylées (PFAS), paramètres non testés systématiquement auparavant (sur la période 2019-2023, seulement 6% des installations ont fait l’objet d’analyse sur la somme PFAS).
La pollution de la ressource en eau, qui peut conduire à la fermeture de captages, réduit la quantité de ressource en eau disponible pour l’alimentation en eau destinée à la consommation humaine.
Qui plus est, le dérèglement climatique renforce ce risque : quand le niveau des nappes baisse, la concentration en polluants augmente. Ainsi, 50 captages ont été temporairement abandonnés pour l’approvisionnement en eau potable à l’été 2022, en raison de la trop forte baisse des nappes ou du surcroît de niveau de pollution engendré.
Il est donc crucial de déployer des mesures ambitieuses et efficaces pour protéger cette ressource vitale. Parmi ces mesures, la protection préventive des captages d’eau potable contre les pollutions s’impose comme une priorité pour garantir l’accès à une eau de qualité, en limitant autant que possible les traitements pour la rendre potable, de plus en plus lourds à déployer, complexes et coûteux pour la société et les collectivités responsables de la production d’eau potable.
Qu’est-ce qu’un captage ? Un captage désigne un ouvrage destiné à prélever une ressource en eau, à partir d’un ou plusieurs points de prélèvement dans les eaux de surface (prises d’eau dans une rivière, un fleuve, un lac naturel) ou les eaux souterraines (forages ou puits atteignant un aquifère (voir schéma 1). L’eau ainsi prélevée, appelée eau brute, est utilisée principalement pour produire de l’eau potable, dite eau destinée à la consommation humaine (EDCH). Avant sa distribution, cette eau subit des étapes de purification essentielles pour respecter les normes de qualité fixées pour l’eau potable (exemple schéma 2)
Synthèse de la feuille de route 2025
Des actions de protection sont mises en œuvre depuis 15 ans, avec l’appui des financements publics (collectivités, agence de l’eau, État, Régions), en particulier sur 1100 captages dits prioritaires.
Ces actions restent cependant insuffisantes et le Gouvernement a fixé dans son Plan Eau de 2023 une nouvelle ambition visant à protéger ou récupérer les captages à forts enjeux et dont la qualité est menacée.
Optimiser la disponibilité de la ressource. L’amélioration de la disponibilité de la ressource en eau est essentielle pour faire face à sa raréfaction et satisfaire les différents usages. Il s’agit de réduire les pertes, de valoriser les eaux non conventionnelles, d’optimiser son stockage naturel ou artificiel.
Ainsi, les ministres en charge de l’Environnement, de l’Agriculture et de la Santé se sont accordés sur une méthode de travail et de concertation pragmatique permettant de mettre en œuvre, avec les acteurs des territoires, de nouvelles actions performantes en vue d’assurer une meilleure protection de la ressource en eau vis-à-vis des pollutions de nature à rendre l’eau impropre à la consommation, selon une approche proportionnée au risque de dégradation de l’eau.
→ CIBLER les captages sensibles aux pollutions diffuses2 (nitrates, produits phytosanitaires, pollutions industrielles) sur lesquels il parait nécessaire d’intervenir (transposition de la directive eau potable de l’Union Européenne).
→ AGIR MIEUX et de façon PROPORTIONNÉE :
DÉLIMITER les zones d’action pour la préservation de la ressource : aires d’alimentation du captage, zones des aires d’alimentation de captage les plus contributives à la pollution, identification des pressions sur la ressource.
CONSTRUIRE et mettre en œuvre DES ACTIONS DE PROTECTION des captages d’eau potable selon une approche proportionnée au risque, dans le cadre des plans de gestion de la sécurité sanitaire des eaux (PGSSE) élaborés par les collectivités en charge de l’eau potable.
ACCOMPAGNER LES ACTEURS des territoires techniquement et financièrement, en particulier les collectivités, les agriculteurs et les industriels.
Pour répondre aux enjeux de la TRACC, l’ultime étape du projet Explore2 consistera en 2025 de post-traiter les données déjà produites et de les analyser par niveau de réchauffement en France afin de donner à voir l’hydrologie associée.
Une concertation avec l’ensemble des parties prenantes dans le cadre du Groupe national captage3 (GNC) sera engagée sous l’égide des ministres en charge de l’Environnement, de l’Agriculture et de la Santé afin de préciser les modalités opérationnelles de mise en œuvre de cette méthode qui doit aboutir à la rédaction d’un guide de gestion des risques établissant les lignes directrices de l’action de protection.
Pour accompagner la mise en œuvre de cette politique publique, l’État et les agences de l’eau pourront accompagner les collectivités et le monde agricole par le financement des études nécessaires, de l’animation territoriale et de la mise en œuvre des plans d’actions notamment par les mesures agroenvironnementale et climatique (MAEC) et les aides à la conversion à l’agriculture biologique issus de la PAC.
Les frontières en noir correspondent au découpage en 40 bassins versants réalisé dans la présente étude. Lecture : en 2050, pour une météo printanière-estivale sèche et avec la projection climatique la plus défavorable étudiée, dans le scénario tendanciel, les consommations seraient multipliées par plus de 3 dans le bassin versant de l’Adour (frontières en gras sur la carte).
De surcroît, pour la première fois en 2025, des crédits de la stratégie Ecophyto 2030 seront mobilisés à hauteur de 6,5 M€, en particulier pour contribuer à lever des situations de blocage pour les captages les plus prioritaires.
La pollution des eaux superficielles et souterraines en France – Synthèse des connaissances en 2024, SDES/MTEBFMP ↩︎
Le terme pollutions diffuses fait référence à la contamination des eaux par des substances dont l’origine n’est pas ponctuelle (comme un déversement accidentel), mais résulte d’une multitude d’aléas dispersés dans l’espace et dans le temps et donc difficilement identifiables. ↩︎
Le Groupe national captage est une instance nationale interministérielle, lieu de suivi, d’échange et de partage des démarches nationales de protection des captages d’eau potable. Il est composé de l’ensemble des acteurs impliqués dans cette thématique (représentants des collectivités, des producteurs d’eau, du monde agricole, des associations de préservation de l’environnement, des services de l’État et de ses établissements publics…). La représentation des différentes parties prenantes concernées par la ressource en eau en fait un organe consultatif adapté à la cohérence et l’opérationnalité du guide. ↩︎
Plan Eau : 2 ans après, 64% des actions mises en œuvre
Lancé en mars 2023 par le président de la République, le Plan Eau est un ensemble d’actions concrètes pour une gestion sobre, résiliente et concertée de la ressource en eau. C’est également une réponse plus efficace face aux crises de sécheresse. Deux ans après son déploiement, le Plan Eau a permis d’accélérer la mobilisation des territoires et des secteurs, en matière de sobriété et d’innovation.
A la veille de la Rencontre régionale Plans Climat sur le thème « Quelles politiques climat-air-énergie sur nos territoires franciliens ? », l’Institut Paris Région publie une Note sur « L’adaptation au changement climatique en Île-de-France : un défi à relever pour les collectivités »
Le département Énergie Climat de l’Institut Paris Région a analysé l’intégration de l’adaptation au changement climatique dans les Plans Climat Air Énergie Territoriaux (PCAET) des collectivités franciliennes.
Alors que la région est particulièrement exposée aux impacts climatiques (vagues de chaleur, sécheresses, précipitations extrêmes), l’étude révèle que l’adaptation reste un enjeu émergent dans les politiques locales.
Un enjeu encore peu intégré dans les stratégies locales
Les PCAET, qui définissent les actions locales en matière de climat, d’air et d’énergie, peinent à inclure pleinement l’adaptation. L’analyse révèle ainsi que :
L’adaptation représente seulement 18 % des actions recensées dans ces plans.
Les stratégies développées manquent souvent d’une approche globale dans les plans d’actions et d’une vision à long terme pour renforcer la résilience des territoires.
Des défis à relever pour une meilleure prise en compte du climat futur
L’analyse met en lumière plusieurs obstacles à l’intégration de l’adaptation dans les PCAET :
Un manque de ressources techniques et financières pour évaluer les vulnérabilités et passer à l’action.
Une approche encore cloisonnée, où l’adaptation est souvent traitée séparément des enjeux énergétiques et environnementaux.
Le besoin d’articulation à consolider entre les démarches PCAET et celles liées à l’aménagement et l’urbanisme.
L’absence d’objectifs chiffrés et d’indicateurs de suivi pour mesurer l’impact des actions mises en place.
L’avancement des PCAET d’Île-de-France au 7 octobre 2024
Des leviers d’action identifiés
L’Institut propose plusieurs pistes pour renforcer la résilience des territoires franciliens, leviers déjà qualifiés par certains territoires :
L’aménagement urbain comme levier majeur d’adaptation, en favorisant la végétalisation, la désimperméabilisation et la gestion durable de l’eau.
Le renforcement des coopérations territoriales, notamment entre intercommunalités et communes, pour assurer une cohérence des politiques locales.
L’intégration systématique des enjeux climatiques dans les documents d’urbanisme et les stratégies de développement.
Vers une structuration renforcée des politiques d’adaptation
Avec l’adoption du Plan régional d’adaptation au changement climatique (PRACC) et la mise en place d’un observatoire francilien de l’adaptation, l’Institut Paris Region accompagnera les collectivités dans la compréhension fine des aléas climatiques et vulnérabilités territoriales pour déployer des actions concrètes et pertinentes. Ces initiatives visent à structurer une réponse collective face aux défis climatiques et à garantir une meilleure anticipation des risques pour les années à venir.
L’intégration de l’adaptation au changement climatique dans les PCAET franciliens, une approche encore émergente
Expression d’une action collective pour faire face au changement climatique dans les territoires, les Plans Climat-Air-Énergie territoriaux (PCAET) portent le processus d’adaptation à l’échelle intercommunale. Bien que les enjeux climatiques soient déjà prégnants pour l’Île-de-France, l’analyse des Plans Climat franciliens révèle des difficultés à se saisir de cette question. Pour autant, la démarche PCAET, au plus près de la réalité locale, offre l’occasion de mobiliser de multiples leviers d’action pour rendre les territoires plus résilients. Au-delà d’une approche purement quantitative et technique, s’engager dans un processus d’adaptation porte aussi des questions de « valeurs » et de nécessaires arbitrages sur ce à quoi l’on tient. Le défi, pour les collectivités, est de co-construire une vision commune des enjeux, des risques et des actions à entreprendre avec les acteurs territoriaux, et ce, de manière pérenne.
Les Plans Climat-Air-Énergie territoriaux gagnent du terrain : quels impacts en Île-de-France ?
Depuis 2015, les intercommunalités franciliennes sont engagées dans la transition énergétique locale. Le Plan Climat-Air-Énergie territorial (PCAET) reflète cette vision des enjeux climat-air-énergie, mais sa mise en œuvre reste un défi humain, technique, financier et organisationnel majeur. Comment concrétiser ces engagements ? Après quelques années, les collectivités progressent mais rencontrent des difficultés pour mener une transition énergétique rapide et ambitieuse.
72% des PCAET sont en cours de déploiement (12% en 2020)
28% des établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) élaborent leur programme d’actions (71% en 2020)
Le département Énergie de L’Institut a analysé l’avancement des Plans Climat-Air-Énergie Territoriaux (PCAET) en Île-de-France. Depuis 2015, ces dispositifs réglementaires constituent un pilier essentiel de la transition énergétique locale. L’étude révèle une accélération de leur déploiement mais aussi des défis persistants à relever pour atteindre les objectifs climatiques régionaux et nationaux.
Un déploiement en progression, mais des défis à surmonter
D’après les données recueillies, 72 % des PCAET franciliens sont en cours de déploiement (contre seulement 12 % en 2020), et 28 % des établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) élaborent encore leur programme d’actions. Cette dynamique montre une volonté d’agir, mais aussi des disparités entre territoires, liées aux ressources humaines, financières et techniques mobilisables.
Plaine Commune : l’économie circulaire dans le BTP Cette action s’appuie sur la mise en synergie d’opérations d’aménagement pour faciliter la rencontre entre l’offre et la demande de matériaux de réemploi, et sur l’identification de fonciers disponibles pour la récupération, le tri et la remise en état des matériaux ayant un potentiel de réemploi. Il s’agit aussi d’accompagner les acteurs concernés pour optimiser, en amont, la gestion des matériaux et des déchets sur leurs chantiers, et de développer des filières locales de matériaux (tri, stockage, préparation, revalorisation et réemploi) en favorisant une montée en compétences.
Des efforts significatifs pour réduire les émissions et la consommation énergétique
Entre 2005 et 2021, la région a enregistré une baisse de :
24 % des émissions de gaz à effet de serre, avec une diminution notable dans l’industrie (-36 %), le résidentiel (-32 %) et les transports (-19 %).
17 % de la consommation énergétique tous secteurs confondus.
13 % de la consommation énergétique des bâtiments résidentiels.
Cependant, ces progrès restent insuffisants pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. L’étude insiste sur la nécessité de renforcer la rénovation énergétique, notamment dans le secteur des copropriétés et du tertiaire privé, ainsi que d’accélérer le déploiement des énergies renouvelables.
Saint-Quentin-en-Yvelines : l’arbre au cœur de la lutte contre le changement climatique Les arbres sont essentiels pour aider les villes à lutter contre les effet du changement climatique. C’est pourquoi Saint-Quentin-en-Yvelines élabore son Plan canopée, un document stratégique basé sur six axes et des actions concrètes pour préserver et développer le patrimoine arboré, à la fois public et privé. Ce plan structurera l’action publique et mobilisera les acteurs locaux pour rendre le territoire plus résilient. Son lancement est prévu en 2025.
L’adaptation au changement climatique : une priorité en devenir
Les PCAET commencent à mieux intégrer l’adaptation au changement climatique, avec des actions axées sur l’aménagement urbain, la végétalisation et la gestion durable de l’eau. Toutefois, ces mesures restent marginales, ne représentant que 18 % des actions recensées dans les PCAET analysés.
Cergy-Pontoise : des projets citoyens de production d’énergie solaire L’intercommunalité a soutenu la création d’un collectif devenu la coopérative O’Watt Citoyen (sensibilisation, communication, formation et mise à disposition d’une assistance à maîtrise d’ouvrage) pour réaliser des projets de production d’énergie solaire sur les toitures de certaines écoles, du campus universitaire ou d’équipements de l’intercommunalité, en partie en autoconsommation.
Des outils et stratégies pour renforcer l’action locale
L’étude met en avant plusieurs leviers pour améliorer l’efficacité des PCAET :
Une meilleure articulation entre les échelles territoriales pour renforcer la coopération entre intercommunalités et communes.
Des indicateurs de suivi simplifiés et harmonisés, notamment via des observatoires régionaux.
Le développement des énergies renouvelables, appuyé par des outils cartographiques et des zones d’accélération dédiées.
Des initiatives locales inspirantes, telles que des guichets uniques pour la rénovation énergétique et des projets citoyens de production d’énergie solaire.
Pays de Montereau : un impact environnemental des aménagements et des travaux réduit La collectivité dispose d’un service Voirie de 15 agents pour gérer 350 km de voiries, incluant l’aménagement, l’entretien et la signalisation. Afin d’améliorer les performances environnementales, des techniques sont mises en place, comme la grave émulsion pour les routes à faible trafic, la bicouche de granulats clairs, la peinture à l’eau pour les marquages et l’utilisation de sacs de peinture dans des bidons métalliques réutilisables, réduisant la consommation d’énergie et les émissions de carbone.
Vers un renforcement des engagements pour 2025
Avec la révision du Schéma régional du climat, de l’air et de l’énergie (SRCAE) et du Plan de protection de l’atmosphère (PPA), l’année 2025 sera clé pour affiner les stratégies locales et renforcer la mise en œuvre des PCAET. L’Institut Paris Région continuera d’accompagner les collectivités pour structurer et accélérer la transition énergétique francilienne.
L’Institut Paris Région est une agence d’urbanisme, d’étude et de prospective, qui accompagne les collectivités franciliennes dans la mise en œuvre de politiques publiques adaptées aux enjeux du territoire.
Le CNRS lance un nouveau programme de recherche pour exploiter les mathématiques en interaction (Maths-Vives) avec d’autres disciplines pour mieux appréhender les enjeux de demain. Ce programme de recherche est financé à hauteur de 50 millions d’euros sur 10 ans par France 2030. Il coordonnera des travaux autour de trois axes : le vivant, l’environnement et la société.
Faire dialoguer les mathématiques avec d’autres disciplines afin d’innover pour le vivant, l’environnement et la société.
Défis de santé publique, changement climatique, urbanisation et gestion durable des villes… La recherche mathématique, un véritable levier pour comprendre et appréhender ces grands enjeux ? C’est toute l’ambition du programme de recherche Mathématiques en interaction : développer des théories, des modèles et des outils mathématiques pour mieux comprendre, analyser et anticiper ces phénomènes complexes.
À l’heure où les phénomènes liés au climat, à l’environnement ou encore à la santé deviennent de plus en plus difficiles à anticiper et à contrôler, les mathématiques sont un outil incontournable pour les simuler et les analyser. En effet, leur capacité à proposer un langage universel pour appréhender des phénomènes complexes s’avère un atout indispensable.
Trois axes principaux
Le programme se structure autour de trois axes thématiques : le vivant, l’environnement et la société, qui seront abordés au sein de dix projets ciblés. Chacun de ces projets sera co-dirigé par une mathématicienne ou un mathématicien et une experte ou un expert du domaine concerné. Il s’agira de répondre à des questions très concrètes dans des domaines aussi variés que la modélisation de l’évolution du climat, la santé publique, la gestion des risques sanitaires ou encore l’aménagement des territoires dans un contexte de forte urbanisation, en prenant en compte les risques émergents liés à la pollution, aux inondations, etc.
L’axe Vivant cherche à accélérer le dialogue constant avec les sciences du vivant : la médecine, la biologie, l’agronomie, l’écologie et l’épidémiologie.
La puissance des mathématiques réside notamment dans sa capacité à travailler à différentes échelles, que ce soit au niveau cellulaire, au niveau individuel ou au niveau d’une population en intégrant des dimensions spatiales et temporelles. Les mathématiques permettent également de rationaliser des grands jeux de données.
L’axe Environnement cherche à accélérer le dialogue constant avec la physique, les géosciences et l’écologie sur des questions comme le changement climatique, l’évolution de la biodiversité et les nouvelles énergies.
Les mathématiques en interaction sont fondamentales pour la modélisation du système Terre et sa compréhension de par sa capacité à mettre en équation et simuler des systèmes complexes. Elles permettent ainsi d’étudier des questions environnementales variées : le couplage océan-atmosphère, la prédiction de risques et de rupture de chaines énergétiques, l’anticipation de besoins d’énergie, la stabilité d’un écosystème, la diffusion dans des milieux poreux.
Une approche transverse pour des solutions globales
Une attention particulière sera portée aux interconnexions entre les différents axes de recherche. Par exemple, les questions environnementales, telles que le changement climatique, ont des répercussions directes sur la santé publique, tout comme la gestion des ressources naturelles influe sur les problématiques sociétales.
Le programme adopte ainsi une approche systémique, permettant de proposer des solutions globales qui prennent en compte la complexité des interactions entre les différents systèmes. Dans le même esprit, des liens seront établis avec les autres grands programmes nationaux, comme ceux sur le Sous-sol, la gestion des risques ou le climat, afin d’être complémentaires.
Ce programme comprend également trois actions transverses :
Il s’agit d’un dialogue permanent et à double sens entre les mathématiques et les autres sciences. En effet les mathématiques sont essentielles au traitement de problématiques issues d’autres sciences et par ailleurs, les questions fondamentales que celles-ci soulèvent nourrissent à l’inverse les mathématiques. Elles permettent ainsi le développement de nouvelles théories, apportant à leur tour une meilleure compréhension des phénomènes complexes étudiés. Les progrès de la recherche fondamentale en mathématiques conditionnent les innovations futures et de rupture.
Vers des transferts technologiques et sociétaux et une visibilité à l’international
Il est crucial d’accompagner ces recherches par des transferts technologiques et sociétaux. Pour renforcer sa visibilité à l’échelle mondiale, un comité scientifique international sera constitué et des chaires internationales sont déjà en place pour accueillir des scientifiques étrangers à participer aux travaux du programme.
PEPR Maths-VivES : Relever les défis du 21e siècle avec les mathématiques
Arnaud Guillin, directeur du PEPR Maths-VivES
Le programme et équipements prioritaires de recherche (PEPR) exploratoire Maths-VivES – piloté par le CNRS – vise à développer des théories, des modèles et des outils mathématiques pour une meilleure compréhension et appréhension des grands enjeux du 21e siècle.
Ses équipes interdisciplinaires aborderont des questions scientifiques allant du suivi comportemental d’une cellule à la dynamique du système climatique. Il bénéficie d’un budget de 50 millions d’euros sur 10 ans. Échanges avec Arnaud Guillin, directeur du programme.
Pourquoi les différentes sphères de notre société ont-elles besoin de plus de modèles mathématiques ?
Arnaud Guillin1 : Nous sommes confrontés à des phénomènes de plus en plus difficiles à modéliser, à anticiper et à contrôler comme le changement climatique, l’extinction des espèces, les défis de santé publique ou encore la gestion durable des villes. Relever ces défis impose une nouvelle stratégie scientifique pluridisciplinaire et innovante dans laquelle les mathématiques ont un rôle essentiel à jouer. En effet, leur capacité à proposer un langage universel pour appréhender des phénomènes complexes d’horizons variés est un atout indispensable pour la recherche scientifique.
Ces dernières années, plusieurs initiatives fructueuses ont, en ce sens, misé sur des interactions entre les mathématiques et d’autres sciences, comme le programme Modcov19 qui a apporté des modèles prédictifs lors de la pandémie de Covid-19 ou l’Institut des mathématiques pour la planète Terre (iMPT – 2021). Le PEPR2Maths-VivES (Mathématiques pour le vivant, l’environnement et la société) va promouvoir ces thématiques à une plus grande échelle en vue d’apporter des éléments de réponse aux grands enjeux susmentionnés. Avec ce programme, nous espérons que les scientifiques d’autres sciences pourront aborder leurs problématiques sous un angle nouveau grâce aux regards croisés avec des mathématiciennes et mathématiciens.
Arnaud Guillin est mathématicien spécialiste des probabilités à l’Université Clermont Auvergne ↩︎
À propos du plan d’investissement France 2030
L’État consacre 3 milliards d’euros de France 2030 pour la recherche à travers des programmes ambitieux, portés par les institutions de recherche pour consolider le leadership français dans des domaines clés, liés ou susceptibles d’être liés à une transformation technologique, économique, sociétale, sanitaire ou environnementale, et qui sont considérés comme prioritaires au niveau national ou européen.
L’Agence nationale de la recherche (ANR) est l’opérateur pour le compte de l’État des programmes de recherche de France 2030. Un plan d’investissement qui :
Traduit une double ambition : transformer durablement des secteurs clefs de notre économie (santé, énergie, automobile, aéronautique ou encore espace) par l’innovation technologique, et positionner la France non pas seulement en acteur, mais bien en leader du monde de demain. De la recherche fondamentale, à l’émergence d’une idée jusqu’à la production d’un produit ou service nouveau, France 2030 soutient tout le cycle de vie de l’innovation jusqu’à son industrialisation.
Est inédit par son ampleur : 54 Md€ seront investis pour que nos entreprises, nos universités, nos organismes de recherche, réussissent pleinement leurs transitions dans ces filières stratégiques. L’enjeu : leur permettre de répondre de manière compétitive aux défis écologiques et d’attractivité du monde qui vient, et faire émerger les futurs leaders de nos filières d’excellence. France 2030 est défini par deux objectifs transversaux consistant à consacrer 50 % de ses dépenses à la décarbonation de l’économie, et 50% à des acteurs émergents, porteurs d’innovation sans dépenses défavorables à l’environnement (au sens du principe Do No Significant Harm).
Est mis en œuvre collectivement : pensé et déployé en concertation avec les acteurs économiques, académiques, locaux et européens pour en déterminer les orientations stratégiques et les actions phares. Les porteurs de projets sont invités à déposer leur dossier via des procédures ouvertes, exigeantes et sélectives pour bénéficier de l’accompagnement de l’État.
Est piloté par le Secrétariat général pour l’investissement pour le compte du Premier ministre et mis en œuvre par l’Agence de la transition écologique (ADEME), l’Agence nationale de la recherche (ANR), Bpifrance, et la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC).
Face à la montée de l’extrême droite et à la crise démocratique, ce livre de Juliette Duquesne, « Autonomes et solidaires pour le vivant : S’organiser sans l’autorité de l’État » en librairie le 18 avril, propose des solutions afin de protéger le vivant, parfois liées à l’anarchisme, mais toujours très éloignées des anarcho-capitalistes.
Parmi ceux qui souhaitent préserver le vivant, une divergence n’est pas toujours bien formalisée : notre rapport à l’État.
Certains prônent la planification, alors que pour d’autres, l’État fait structurellement partie du problème.
L’enjeu : construire un quotidien autour des gestes essentiels tels que se nourrir ou se loger, ensemble, sans l’autorité de l’État.
En France, les initiatives ne manquent pas : habitats partagés, coopératives, ZAD, associations, communes … Elles expérimentent d’autres manières de faire vivre la démocratie.
Dans le monde, dans des régions comme au Chiapas au Mexique, les zapatistes bâtissent leur autonomie depuis plus de 20 ans.
Sans les idéaliser, ces collectifs montrent qu’il est possible d’habiter un lieu et d’en prendre soin avec davantage de solidarité de façon plus autonome et non autarcique.
Juliette Duquesne
Juliette Duquesnea interrogé plus d’une centaine de personnes. En entremêlant cas concrets et réflexions théoriques, ce livre permet d’ouvrir nos imaginaires à différentes échelles et de relier les expériences actuelles à des courants historiques tels que l’anarchisme.
Autrice, conférencière, journaliste indépendante spécialisée dans les thématiques écologiques et économiques, Juliette Duquesneest coautrice de 6 livres avec Pierre Rabhi, aux Presses du Châtelet : Pour en finir avec la faim dans le monde ; les semences, un patrimoine vital en voie de disparition ; les excès de la finance ou l’art de la prédation légalisée ; l’eau que nous sommes ; vivre mieux sans croissance ; L’humain au risque de l’intelligence artificielle.
Auparavant, elle a travaillé pendant 10 ans pour le journal de TF1
L’ONG de solidarité internationale, CCFD-Terre Solidaire, lance la deuxième édition de son Prix international pour la photographie humaniste et environnementale, avec le soutien de son Président d’Honneur, Sebastião Salgado. À la croisée du monde de la photographie et de celui de l’engagement, ce prix à l’ambition de faire de chaque image une invitation à comprendre notre monde et à relever les défis pour construire une terre solidaire et durable. Sous le thème de « Voir le monde en face », les photographes documentaires sont invités à soumettre leur candidature avant le 30 avril 2025. Trois prix de 10 000€ et un Prix du Public, avec une commande de reportage, seront décernés le 03 octobre 2025.
« Je ne crois pas qu’une photo puisse changer le monde. Mais je crois qu’une photo fait partie d’un discours plus large qui, avec les organisations humanitaires, avec un système d’information et avec tout un univers solidaire, peut aider à changer le monde. »
Sebastião Salgado Président d’honneur du Prix Photo Terre Solidaire
Le regard vert émeraude d’une jeune afghane, une mine où s’affaire une fourmilière humaine, la jeune fille offrant une fleur aux soldats … Qui n’a pas été, un jour, interpellé par une photographie ?
Face à un monde fracturé par la multiplication des crises et l’exacerbation des antagonismes, le CCFD-Terre Solidaire, organisation de solidarité internationale, lance un appel à « Voir le monde en face ».
À travers cette thématique forte, le Prix de la photographie humaniste et environnementale invite les photographes à dresser le portrait du monde qui nous entoure : fragile, mais toujours résilient.
Il invite le public à se confronter aux réalités vécues par autrui ; à les comprendre ; et à transformer son regard en action.
C’est un véritable appel à s’ouvrir au monde et à aller plus loin, car nous croyons qu’un autre modèle de société est non seulement possible mais nécessaire. « Voir le monde en face, c’est permettre à chacun.e de transformer son regard en action »
La participation est ouverte à tous les photographes engagés dans la poursuite d’un projet portant sur des enjeux sociaux et environnementaux.
L’opportunité de remporter une dotation de 10.000 € pour poursuivre son travail documentaire.
L’opportunité de remporter le prix du public et une commande de reportage auprès des partenaires du CCFD – Terre Solidaire
Une couverture médiatique en France et à l’international
Une série d’expositions en France, entre 2025 et 2026, dont le festival La Gacilly
Participer, c’est s’engager aux côtés d’une ONG qui œuvre pour un monde plus durable.
Qui peut participer ?
La participation est ouverte à tous les photographes professionnels, sans distinction d’âge ou de nationalité. Elle s’adresse à des photographes documentaires engagés dans la poursuite d’une série au long-court portant sur des enjeux sociaux ou environnementaux.
Comment participer ?
Les candidats sont invités à présenter leur candidature via ce lien. Celle-ci doit contenir :
Un CV et un synopsis présentant le projet réalisé et la poursuite envisagée
La réalisation d’une série photographique, de 15 à 30 clichés, en 2000px de bord large, 72dpi. (NB: les photographes sélectionnés devront être en mesure de fournir des images en HD).
Dossier « Un regard pour comprendre, une image pour agir »
Les territoires littoraux français sont attractifs mais aussi fragiles du fait des risques naturels auxquels ils sont exposés. Les cordons dunaires sont des structures littorales d’interface qui participent souvent à la protection contre la submersion. Les modifications importantes que certains d’entre eux ont subi lors des tempêtes ont laissé craindre des inondations importantes par la mer. Il est apparu essentiel d’apporter des clés de compréhension sur le fonctionnement et l’évolution de ces éléments naturels, dans une perspective de gestion des risques littoraux. « Cordons dunaires : évaluer leur comportement et leur robustesse face aux submersions marines« , édité par le Cerema1 et l’ONF, répond à cette attente et s’adresse en particulier aux techniciens et ingénieurs souhaitant approfondir leurs connaissances et qualifier le rôle joué par les cordons dunaires littoraux en matière de protection contre les submersions.
Cordons dunaires : Évaluer leur comportement et leur robustesse face aux submersions marines
Implantés à l’interface entre terre et mer, dans le prolongement des plages, les cordons dunaires occupent une place toute particulière sur le littoral. Ces structures d’accumulation sédimentaire, façonnées par les éléments et influencées par les interventions humaines, constituent en effet une des rares formes naturelles d’obstacle à la submersion marine des zones basses.
Leurs évolutions, incessantes, complexes et multifactorielles, constituent de longue date un sujet de préoccupation des populations littorales. Ces évolutions sont à l’origine des premières mesures de gestion des dunes, progressivement déployées en lien avec la variété d’enjeux qui leur sont associés : sécurité des populations, écologie, tourisme, agroforesterie, etc.
Successions des habitats dunaires Source : ONF
Dans un contexte de changement climatique (marqué notamment par l’élévation du niveau marin sur le littoral), et de promotion des solutions fondées sur la nature (eu égard aux services écosystémiques rendus), il est apparu nécessaire d’apporter un éclairage technique sur la prise en compte des cordons dunaires dans l’évaluation des risques de submersion marine.
En effet, qualifier voire quantifier au mieux leur robustesse, leur comportement face aux sollicitations et les éventuelles conséquences associées à leurs défaillances semble désormais indispensable dans une perspective de prévention efficace des risques littoraux, d’aménagement durable des territoires, et de gestion intégrée des côtes sableuses.
Habitats dunaires de la façade sud-atlantique avec, de gauche à droite : dune embryonnaire (40), dune blanche (33) et dune grise (33) – Source : Delphine Boulet – Ourlet préforestier (17) et dune boisée (33) – Source : Jean Favennec. La largeur totale des habitats de dunes non boisées, la largeur de l’habitat dune blanche et le rapport de largeur habitat de dune blanche/habitat de dune grise sont un indicateur de l’état du fonctionnement du massif dunaire : la dune blanche peut être fortement réduite par l’érosion marine (voire disparaître dans certains cas extrêmes), et ne plus assurer un rôle de captage de sable et de tampon vis-à-vis des intrusions marines. La représentativité des habitats d’un massif dunaire (proportionnalité des habitats de dune embryonnaire, dune blanche et dune grise, vis-à-vis de la largeur globale du massif, continuité des peuplements végétaux, naturalité du site) constitue donc un indicateur local de sa capacité de résilience, notamment dépendant de la zone géographique considérée.
Le corpus des études techniques existantes pour justifier des choix opérés dans la prise en compte des cordons dunaires dans la prévention des risques de submersion marine était jusqu’à présent assez peu structuré. Le présent état de l’art, fruit de l’expertise conjointe de l’ONF, gestionnaire des dunes littorales domaniales et du Cerema, spécialiste de l’ingénierie côtière, vise à combler une partie de ce manque.
Dépourvu de valeur normative, il est centré sur la compréhension et l’évaluation de la protection contre la submersion apportée par les dunes et n’aborde pas l’importance écosystémique des milieux dunaires ni leurs usages multifonctionnels.
Ces derniers ne doivent néanmoins pas être sous-estimés par les gestionnaires, encouragés à élaborer des approches globales et durables de gestion du littoral.
Cordon dunaire à Ravenoville (50) Source : Laurent Mignaux/Terra
Les formations dunaires littorales, constituées de sable et souvent couvertes de végétation plus ou moins dense, sont façonnées naturellement par le vent et la mer.
Prolongement des plages, leurs formes, leurs dimensions, leurs positions même varient sans cesse ; les dunes littorales sont mobiles par essence. L’ensemble de leurs caractéristiques évolue au cours du temps. Leurs formes s’adaptent d’ailleurs à l’élévation du niveau marin.
Dune linéaire transverse à trégunc (29) Source : François Hédou
Parfois remodelées, aménagées, voire urbanisées, même lorsqu’elles ont été façonnées et entretenues par l’homme, les dunes n’en restent pas moins des éléments naturels, dont le comportement est principalement issu de facteurs naturels, et qui relèvent d’un fonctionnement complexe.
Souvent composantes d’un massif dunaire, vaste espace cohérent d’accumulations sédimentaires sableuses, les dunes peuvent se présenter sous la forme de champs de dunes, successions de cordons relevant d’un même massif dunaire et dont on peut distinguer les reliefs successifs.
Cordon dunaire offrant une protection contre la submersion marine au niveau de Sangatte Blériot-plage (62)
Le cordon bordier, le plus proche de la mer, assure alors l’interface avec la plage et est directement soumis aux sollicitations hydrodynamiques. Il constitue également le premier obstacle à l’écoulement des vents en provenance du large. Il présente des évolutions plus fortes que l’arrière-dune, située en retrait et souvent caractérisée par une couverture végétale basse.
Arbres sur le point de basculer du fait de l’érosion côtière du cordon bordier Source : Céline Trmal
La capacité d’un massif à contenir les ondes de submersion dépend directement des évolutions des dunes parallèles qui le composent et de la plage associée (les phénomènes de contournement des massifs dunaires, bien qu’ils puissent conduire à l’inondation d’une zone basse, ne sont pas abordés dans le cadre de la présente publication).
Ces évolutions, à l’échelle d’une tempête ou d’une plus grande période de temps donnée, sont notamment liées aux phases d’érosion et d’accrétion, mais peuvent également résulter d’actions humaines.
L’évaluation des évolutions des cordons est multi-factorielle et parfois difficile à prévoir. Elle nécessite le croisement d’un certain nombre de données, tant relatives aux caractéristiques des cordons et des plages, qu’aux sollicitations auxquelles ils sont soumis (vagues, vents, niveaux marins, courants…).
Cette fiche du Cerema publiée en 2023 propose des clés de lecture relatives aux possibilités d’intervention de l’autorité compétente au titre de la Gemapi, en matière de gestion du trait de côte. Elle prend en compte le cadre de droit rénové, issu de l’entrée en vigueur de la compétence Gemapi, de la promulgation de la loi climat-résilience et de la fin de la clause de compétence générale des départements et régions.
Gestion des Milieux Aquatiques et Prévention des Inondations (GEMAPI). La GEMAPI, une compétence intercommunale
La prise de conscience de la vulnérabilité du littoral, notamment à l’occasion de la tempête Xynthia et de l’hiver 2013-2014, la création de la compétence en gestion des milieux aquatiques et la prévention des inondations(Gemapi), la recherche d’une meilleure connaissance des risques et le constat d’un manque relatif à l’évaluation de l’aléa de submersion marine au niveau des cordons dunaires, ont motivé la production de ce document.
Celui-ci a notamment pour objectif de présenter les paramètres et méthodes disponibles pour évaluer le comportement des dunes face aux tempêtes susceptibles d’induire des submersions.
Interrelations sédimentaires au sein d’une cellule hydrosédimentaire Source : ONF
Cette publication technique synthétise des connaissances utilisables dans le cadre des études de dangers des systèmes d’endiguement comprenant des cordons dunaires contributifs, lors d’élaboration de plans de prévention des risques littoraux (PPRL) ou dans le cadre de l’exercice de la mission de référent département inondation (RDI).
Plus largement, elle répond à un besoin de connaissance du fonctionnement de ces formations naturelles qui, même si elles n’ont pas vocation à être considérées ni gérées comme des ouvrages hydrauliques, méritent d’être correctement appréhendées et analysées au regard de leur rôle de protection des zones littorales basses.
Mobilisation du sable par le vent, à l’origine de dépôts sableux
Une approche structurée en 7 étapes pour analyser le rôle de protection des cordons dunaires vis-à-vis de la submersion marine
Pour analyser au mieux le rôle de protection apporté par les cordons dunaires vis-à-vis de la submersion marine, une approche structurée en 7 étapes (correspondant aux 7 parties du guide) est proposée :
Replacer le massif dans son contexte géographique et géomorphologique et mettre en évidence les tendances d’évolution à moyen/long terme.
Relever les caractéristiques actuelles des cordons dunaires (géométriques, géologiques, écologiques), utiles pour réaliser l’évaluation de leur vulnérabilité à court/moyen terme.
Identifier les facteurs à l’origine d’évolutions possibles et les qualifier en termes d’intensité et de période de retour, en vue de l’évaluation globale de la vulnérabilité.
Déterminer les fragilités potentielles propres à chaque cordon dunaire, sur la base du croisement de ses caractéristiques et des sollicitations auxquelles il est soumis.
Utiliser différentes approches fondées sur des méthodes complémentaires et des échelles de temps différentes pour évaluer la robustesse des cordons dunaires, sur la base des caractéristiques et des sollicitations.
Identifier les spécificités en matière d’évolution des cordons dunairesliées à des franchissementset à la cinétique de propagation de l’onde de submersion associée.
Croiser les approches d’évaluation de la robustesse et de la cinétiqueafin de déterminer la vulnérabilité globale à la submersion pour diverses échéances.
Cordon dunaire à la morphologie complexe Source : Laurent Mignaux/Terra
Les chapitres 2 et 3, relatifs aux caractéristiques du cordon et aux sollicitations, ainsi que le chapitre 4 qui aborde leur croisement, pourront paraître relativement descriptifs et peu opérationnels. Ils visent cependant à faire le point sur les données disponibles et à attirer l’attention sur la multiplicité des paramètres susceptibles de conditionner l’évolution des cordons. La mise en perspective des données précédemment décrites, par leur utilisation couplée pour la prévision des évolutions, est abordée au sein du chapitre 5.
Résurgences en pied de dune à Dannes (62) Source : Cédric Lefebvre
En complément, un glossaire, une liste de portails de données mobilisables et des développements plus théoriques relatifs aux phénomènes et mécanismes à l’origine de l’évolution des cordons dunaires sont présents en annexes. Ils proposent au lecteur qui le souhaite d’approfondir ses connaissances sur les phénomènes physiques à l’œuvre, afin de mieux comprendre les évolutions constatées sur le terrain.
Les trois grands types de profil global des cordons dunaires Sources : Céline Perherin, Jean Favennec, ONF-Inoxia
Cordons dunaires : évaluer leur comportement et leur robustesse face aux submersions marines
Niveaux d’eau extrêmes sur le littoral métropolitain : mieux les connaître pour mieux caractériser et anticiper le risque de submersion marine
L’augmentation du nombre de tempêtes constatées sur les côtes place le risque de submersion marine en première ligne et renforce le besoin de connaissances, auquel cet ouvrage répond. Issu d’un partenariat de recherche entre le Cerema et le Shom, il présente des estimations des valeurs extrêmes de niveau d’eau le long du littoral métropolitain, pour une trentaine de ports de référence.
Il permet d’élaborer des jeux de cartes de submersions marines, utiles pour la vigilance et l’alerte, ainsi que la préparation à la gestion des risques. Les estimations des valeurs extrêmes de niveau d’eau vont jusqu’à la période de retour de 1 000 ans, mais les auteurs alertent sur la nécessité d’être particulièrement vigilant quant à l’utilisation des estimations au-dessus de 100 ans.
Également, la méthode d’élaboration ne prenant pas en compte l’action des vagues, une analyse plus fine impliquera de croiser les résultats présentés avec les informations disponibles localement, en particulier l’éventuelle surélévation liée au déferlement des vagues.
L’IPBES (Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques), appelée le GIEC de la biodiversité, a publié son rapport sur les “nexus1“, ou interconnexions entre l’alimentation, la biodiversité, l’eau, le changement climatique et la santé. Il met en lumière des solutions pour atténuer les effets de ces crises croisées et la Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB) présente la chaîne de causalité qui relie ces différents domaines à travers des infographies.
Du 10 au 16 décembre 2024, à Windhoek en Namibie, a eu lieu la onzième session de la Plénière de la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (Ipbes)
Déclaration d’Agnès Pannier-Runacher suite à la publication du dernier rapport de l’IPBES
« Les experts de l’IPBES nous alertent depuis plusieurs années sur le déclin sans précédent de la biodiversité à l’échelle planétaire : près de 75% de la surface terrestre est dégradée et un quart des espèces sont menacées d’extinction.
Chacun doit entendre l’alerte des scientifiques : nous vivons la sixième extinction de masse, la première depuis l’extinction des dinosaures il y a 65 millions d’années.
Ce rapport confirme que le climat et la biodiversité sont les deux faces d’une même pièce. La lutte contre le dérèglement climatique ne peut être dissociée de la lutte contre l’effondrement du vivant, et inversement. Les sujets de l’eau, de la biodiversité, de l’alimentation, de la santé et du climat sont fortement dépendants les uns des autres.«
L’ « évaluation des liens d’interdépendance entre la biodiversité, l’eau, l’alimentation, la santé et le changement climatique » : des crises mondiales interdépendantes
Les experts de l’IPBES proposent des options de réponse positives pour « Décloisonner les problématiques grâce à une prise de décision intégrée et adaptative »
« Les crises mondiales liées à la biodiversité, à l’eau, à l’alimentation, à la santé et au changement climatique s’intensifient souvent mutuellement lorsqu’elles sont traitées séparément, d’où la nécessité d’une approche commune. L’évaluation Nexus est l’un des projets les plus ambitieux jamais entrepris par la communauté de l’IPBES, offrant un éventail sans précédent d’options de réponse pour décloisonner les décisions et les actions. Les crises peuvent s’enchaîner et s’aggraver mutuellement, mais l’approche ‘nexus’ tient compte des interdépendances entre ces crises et propose des solutions globales susceptibles d’améliorer les résultats dans de multiples secteurs et systèmes ». Professeure Paula Harrison Centre britannique d’écologie et d’hydrologie, coprésidente de l’évaluation Nexus de l’IPBES
Aborde les liens complexes entre les éléments du nexus que sont la biodiversité, l’eau, l’alimentation, la santé et le changement climatique
Établit des projections sur les interactions futures entre ces crises jusqu’à l’an 2100 à travers différents scénarios
Offre un large éventail d’options de réponses concrètes, en visant à maximiser les bénéfices pour la biodiversité, l’eau, l’alimentation, la santé et les systèmes climatiques
Évalue le coût de l’inaction et de l’absence d’approche commune des différentes crises
Contribuera à la réalisation des objectifs de développement durable, du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal et de l’Accord de Paris
A été préparé par 165 experts internationaux de premier plan, originaires de 57 pays et de toutes les régions du monde
S’appuie sur 6 500 références, développé sur 3 ans, pour un coût total de plus de 1,5 million de dollars américains
A pour but d’éclairer les décisions des acteurs et institutions (gouvernements, société civile, peuples autochtones et communautés locales, secteur privé, etc.) qui gèrent, interagissent, influencent et sont affectés par les éléments du nexus et leurs interactions
Ce 17 décembre 2024, la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) a présenté son Rapport d’évaluation sur les liens d’interdépendance entre la biodiversité, l’eau, l’alimentation et la santé, dans le contexte du changement climatique (connu sous le nom de « Rapport Nexus »).
Le rapport souligne les possibilités d’action au sein et entre les éléments du nexus que sont la biodiversité, l’eau, l’alimentation, la santé et le changement climatique, en révélant des complémentarités et des arbitrages entre les options de réponse relatives à chacun de ces éléments. Il montre comment agir sur un élément peut impacter les autres – à la fois positivement et négativement – et identifie un large éventail d’options de réponse présentant des avantages pour plusieurs éléments, qui peuvent être appliquées dès maintenant pour améliorer les résultats.
Le rapport a été élaboré pendant plus de trois ans, par 165 experts internationaux de premier plan issus de 57 pays et de toutes les régions du monde, sous la direction de deux coprésidents : la professeure Paula Harrison (Centre britannique d’écologie et d’hydrologie, Royaume-Uni) et la professeure Pamela McElwee (Rutgers, The State University of New Jersey, États-Unis). Il s’appuie sur 6 500 références reflétant la diversité des données et des connaissances sur la biodiversité, l’eau, l’alimentation et la santé dans le contexte du changement climatique, notamment des articles scientifiques, des rapports gouvernementaux et des savoirs autochtones et locaux.
La plénière de l’IPBES représente près de 150 gouvernements qui cherchent à renforcer l’interface science-politique pour la biodiversité et les services écosystémiques. Un « résumé à l’intention des décideurs » met en évidence les messages clés, les conclusions et les options. Souvent décrit comme le « GIEC pour la biodiversité », l’IPBES est l’organe scientifique et politique mondial chargé de fournir les meilleures données disponibles aux décideurs, pour les personnes et la nature.
Nexus : synergies entre cinq questions environnementales, agriculture et santé, eau climat et biodiversité.
Le rapport ‘Nexus’ de l’Ipbes analyse les relations entre cinq questions environnementales, agriculture et santé, eau climat et biodiversité, leurs synergies et tensions. Comparant six types de scénarios, il souligne la faiblesse de ceux privilégiant un seul de ces cinq thèmes au détriment des autres. Il souligne à l’inverse l’importance fondamentale pour l’agriculture et la santé de l’état de la ‘nature’ : eau biodiversité et climat.
Ce rapport examine aussi le potentiel de réponses scientifiquement établies : conservation ou restauration des écosystèmes, agroécologie et intensification durable, améliorations des cadres de vie urbain par la présence renforcée de la nature, réduction des pollutions, amélioration des régimes alimentaires…
Il analyse la qualité de ces réponses, notamment en termes d’acceptabilité sociale et de faisabilité technique et d’implications économiques. Il identifie pour chacune de ces réponses les réseaux d’acteurs clés, facilitateurs ou verrous, concernant tout autant le monde agricole qu’économique et financier, les institutions politiques que la société civile.
Les trois interventions de la séance se focaliseront respectivement sur les approches biodiversité climat et agriculture et leurs manières d’intégrer les enjeux eau et santé.
Introduction
Présentation générale du Rapport NEXUS, par Sandra LUQUE, DRCE INRAE
Options de réponse pour le secteur de la biodiversité, par Sandra LAVOREL, DR CNRS, Académie des Sciences
Le climat et le rapport Nexus, Valérie MASSON-DELMOTTE, Directrice de Recherche au CEA, académie des sciences et académie des technologies
L’alimentation au Cœur du Nexus, par Fabrice DECLERCK
Conclusion par Muriel MAMBRINI-DOUTET de l’Académie d’agriculture de France
Nexus : synergies entre cinq questions environnementales, agriculture et santé, eau climat et biodiversité.
Aspects importants du Rapport Nexus
Les crises environnementales mondiales liées à la biodiversité, à l’eau, à l’alimentation, à la santé et au changement climatique ont généralement été traitées séparément, par des processus séparés (par exemple, des conventions internationales distinctes ou des agences/autorités nationales cloisonnées). Les mesures prises pour faire face à une crise, par exemple le changement climatique, ont souvent exacerbé les conséquences négatives des autres crises, en particulier en matière de biodiversité.
Il existe un vaste corpus de connaissances scientifiques sur chacune de ces crises, mais il n’y a encore jamais eu de synthèse mondiale approfondie sur les interconnexions entre ces crises. S’appuyant sur les travaux publiés par l’IPBES au cours de la dernière décennie, le Rapport Nexus :
Présente les liens et interactions actuels entre les cinq éléments du nexus, en examinant qui est le plus touché, le plus menacé et qui bénéficie le plus de ces interactions. Il fournit également des estimations concrètes du coût économique de l’inaction et de la prise en compte individuelle plutôt que collective des éléments du nexus.
Explore les interactions futures possibles du nexus, en projetant des scénarios jusqu’en 2050, mais aussi en envisageant des horizons jusqu’en 2100 pour mieux comprendre les défis à long terme et les possibilités d’action au sein des cinq éléments du nexus et entre eux.
Présente un large éventail d’options de réponse pour une politique et une action intégrées qui bénéficieront simultanément à plusieurs éléments du nexus.
Se concentre sur la gouvernance qui serait adaptée à la réalisation d’un avenir juste et durable, en proposant une feuille de route pour la « gouvernance du nexus ».
En chiffres : Principales statistiques et conclusions du rapport
2-6% : Déclin de la biodiversité par décennie pour tous les indicateurs évalués au cours des 30 à 50 dernières années.
>50% : Population mondiale vivant dans des zones subissant les impacts les plus importants du déclin de la biodiversité, de la disponibilité et de la qualité de l’eau et de la sécurité alimentaire, et de l’augmentation des risques sanitaires et des effets négatifs du changement climatique.
~58 000 milliards de dollars : Valeur en 2023 de l’activité économique annuelle mondiale générée dans les secteurs dépendants de la nature (soit plus de 50 % du PIB mondial).
Jusqu’à 25 000 milliards de dollars : Coûts « externes » annuels (non pris en compte dans le cadre de la prise de décision) dans l’ensemble des secteurs des combustibles fossiles, de l’agriculture et de la pêche, reflétant les impacts négatifs de la production et de la consommation dans ces secteurs sur la biodiversité, le changement climatique, l’eau et la santé.
5 300 milliards de dollars : Flux financiers annuels du secteur privé directement préjudiciables à la biodiversité.
1 700 milliards de dollars : Subventions publiques annuelles incitant à endommager la biodiversité, faussant le commerce et augmentant la pression sur les ressources naturelles.
100 à 300 milliards de dollars : Valeur annuelle des activités illégales d’extraction de ressources, y compris dans le commerce de la faune, du bois et du poisson.
Jusqu’à 200 milliards de dollars : Dépenses annuelles visant à améliorer l’état de la biodiversité.
Jusqu’à 1 000 milliards de dollars : Estimation du déficit de financement annuel pour répondre aux besoins mondiaux en ressources pour la biodiversité.
Au moins 4 000 milliards de dollars : Estimation du déficit de financement annuel pour atteindre les ODD, en plus du déficit de financement de la biodiversité.
Les impacts économiques de la perte de biodiversité devraient affecter les pays en développement, où les obstacles à la mobilisation de flux financiers durables sont également plus importants (exacerbés dans certains cas par le fardeau d’une dette élevée).
43% : Proportion des flux totaux de financement de la biodiversité qui incluent aussi directement des bénéfices pour un autre élément du nexus.
81% : Proportion du financement de la biodiversité provenant d’institutions publiques.
42 milliards de dollars : Financement actuel des paiements pour les services écosystémiques, qui financent souvent des activités en faveur de la biodiversité et d’un autre élément du nexus comme l’eau.
47 millions d’euros : Investissement de la ville de Paris pour aider les agriculteurs à faire la transition vers l’intensification écologique, ce qui permet de réduire la pollution et d’assainir l’eau.
30% : Proportion des terres, des eaux et des mers du monde à protéger d’ici 2030 au titre de l’objectif 3 du Cadre mondial pour la biodiversité Kunming-Montréal – soutenu par l’analyse des scénarios de l’évaluation et peut fournir des avantages à l’échelle du nexus s’il est géré efficacement pour la nature et les personnes.
La réduction des plastiques a permis d’améliorer la qualité de l’eau et la protection de la faune, de diminuer les inondations et de réduire l’incidence des maladies transmises par l’eau qui y sont associées.
Les solutions basées sur la nature en milieu urbain qui augmentent les espaces verts et bleus urbains aident à gérer les effets de l’îlot de chaleur, à améliorer la qualité et la disponibilité de l’eau et à réduire la pollution de l’air, ainsi qu’à réduire les allergènes et le risque de zoonose.
Les options de réponse qui sont mises en œuvre de manière plus équitable offrent également des avantages potentiels plus importants pour l’ensemble des éléments du nexus, ce qui indique que l’efficacité et l’équité ne sont souvent pas des compromis mais vont de pair.
Les connaissances et les pratiques des peuples autochtones et des communautés locales peuvent contribuer à la conservation de la biodiversité et à la gestion durable d’autres éléments du nexus. Par exemple, de fortes réductions de la déforestation en Amazonie brésilienne ont été obtenues après la formalisation et l’application des droits d’occupation des territoires des peuples autochtones et des communautés locales.
Eau
La biodiversité d’eau douce se perd plus rapidement que la biodiversité terrestre. Le prélèvement non durable d’eau douce, la dégradation des zones humides et la disparition des forêts ont diminué la qualité de l’eau et la résistance au changement climatique dans de nombreuses régions du monde, ce qui a un impact sur la biodiversité, la disponibilité de l’eau et de la nourriture, avec des conséquences pour les humains, les plantes et les animaux.
De nombreux systèmes marins à l’échelle mondiale ont été surexploités et dégradés par les activités humaines.
Le cycle de l’eau est régulé par les écosystèmes et les processus géophysiques – il soutient la biodiversité et apporte de nombreuses contributions essentielles à la santé et au bien-être de l’Homme.
La perte du couvert forestier diminue la régulation, la qualité et la disponibilité de l’eau, ce qui entraîne une augmentation des coûts de traitement de l’eau et des effets négatifs sur la santé.
~80% : Proportion de la demande en eau douce de l’humanité utilisée pour répondre aux besoins de la production alimentaire.
75% : Proportion de la population mondiale en 2005 dépendant des forêts pour l’accès à l’eau douce.
Au moins 50 : Maladies imputables à un approvisionnement en eau, à une qualité de l’eau et à un assainissement insuffisant.
~33% : Espèces de coraux bâtisseurs de récifs en grand danger d’extinction.
Près d’un milliard : personnes vivant à moins de 100 km d’un récif corallien et qui en bénéficient en termes de nourriture, de médicaments, de protection contre les tempêtes côtières et l’érosion, de tourisme et de loisirs, et de moyens de subsistance.
La coopération transfrontalière dans le domaine de l’eau facilite la gestion durable des ressources à l’échelle du bassin, ainsi qu’une meilleure collaboration entre les secteurs et les parties prenantes. L’amélioration de la gouvernance des eaux souterraines par le biais de la coopération entre les échelles, y compris le soutien à la gestion communautaire de l’eau, augmente les bénéfices à travers les éléments du nexus, tandis que l’infrastructure intégrée de l’eau et l’infrastructure urbaine sensible à l’eau tirent profit des systèmes naturels pour réduire les risques d’inondations et autres dangers, offrent des avantages pour la production alimentaire et contribuent à l’atténuation du changement climatique.
Alimentation
L’augmentation de la production alimentaire a amélioré la santé grâce à un apport calorique plus important, mais les pratiques agricoles non durables ont également entraîné une perte de biodiversité, une utilisation non durable de l’eau, une réduction de la diversité et de la qualité des aliments, ainsi qu’une augmentation de la pollution et des émissions de gaz à effet de serre.
Les impacts négatifs sur les éléments du nexus provenant des systèmes alimentaires ont diminué la biodiversité et par conséquent de nombreuses contributions de la nature aux populations, notamment par la diminution des contributions régulatrices (par exemple, la régulation de la qualité de l’eau et du climat) ; l’augmentation des risques de maladies non transmissibles ; les maladies infectieuses émergentes ; et les températures globales et autres changements climatiques.
L’agrobiodiversité mondiale est en déclin, y compris les ressources génétiques pour l’alimentation et l’agriculture, ce qui a des répercussions sur le fonctionnement des écosystèmes, la résilience des systèmes alimentaires, la sécurité alimentaire et la nutrition, ainsi que sur les systèmes sociaux (emploi et santé) et économiques (revenus et productivité).
La malnutrition mondiale et les inégalités en matière de sécurité alimentaire persistent malgré une diminution du nombre total de personnes sous-alimentées – le coût des régimes alimentaires sains peut être élevé, en particulier dans les pays en développement, et par conséquent inaccessible pour de nombreuses personnes.
L’exploitation non durable et la pollution des écosystèmes d’eau douce et marins ont un impact sur des millions de personnes, y compris celles qui dépendent fortement des aliments riches en protéines obtenus à partir de ces écosystèmes, comme les peuples autochtones et les communautés locales.
42% : Proportion de la population mondiale en 2021 incapable de s’offrir une alimentation saine, 86 % pour les pays à faible revenu et 70 % pour les pays à revenu moyen inférieur.
80% : Proportion du total des personnes sous-alimentées qui vivent dans les pays en développement, principalement dans les zones rurales.
>800 millions : Personnes touchées par l’insécurité alimentaire en Asie et en Afrique.
Près de 3 millions : Décès en 2017 associés à une alimentation pauvre en céréales complètes.
L’adoption de pratiques agricoles durables (telles que l’amélioration de l’efficacité de l’utilisation de l’azote, la lutte intégrée contre les ravageurs, l’agroécologie, l’agroforesterie et l’intensification durable), la réduction des pertes et des déchets alimentaires, l’adoption de nouvelles sources d’alimentation humaine et animale et de régimes alimentaires sains et durables permettraient à la surface agricole actuelle de répondre aux besoins calorifiques et nutritionnels des générations futures à moyen et à long terme.
30% : Augmentation des rendements céréaliers et amélioration de la santé des sols et de la biodiversité dans certaines parties du centre-sud du Niger grâce à la régénération naturelle gérée par les agriculteurs de 5 millions d’hectares avec des arbres indigènes et des systèmes agroforestiers.
Les systèmes alimentaires indigènes, fondés sur des visions du monde et des valeurs réciproques concernant l’équilibre entre l’Homme et la nature et l’utilisation durable de la biodiversité, fournissent des aliments durables et sains tout en contribuant à la conservation de la biodiversité et à l’atténuation et à l’adaptation au changement climatique.
Santé
L’augmentation de l’espérance de vie et de la survie des enfants est en partie le résultat de l’augmentation de la production et de l’accès à la nourriture. L’aggravation des résultats de plusieurs maladies transmissibles et non transmissibles est liée à la perte de biodiversité, à une alimentation malsaine, au manque d’eau propre, à la pollution et au changement climatique, entre autres causes.
Les systèmes agricoles non durables contribuent à la perte de biodiversité, à l’utilisation excessive de l’eau, à la pollution et au changement climatique.
20 : Années de différence d’espérance de vie moyenne entre les régions.
10x : Mesure dans laquelle les taux de mortalité infantile sont plus élevés dans les pays les moins avancés que dans les pays à revenu élevé.
11 millions : décès d’adultes en 2017 (et 255 millions d’années de vie corrigées de l’incapacité chez les adultes) imputables à une alimentation malsaine.
9 millions : décès prématurés en 2019 (16 % de l’ensemble des décès) estimés avoir été causés par l’augmentation de la pollution de l’air et de l’eau.
50% : Proportion de maladies infectieuses émergentes et réémergentes provoquées par des changements dans l’utilisation des terres, les pratiques agricoles et les activités qui empiètent sur les habitats naturels et entraînent une augmentation des contacts entre les animaux sauvages, les animaux domestiques et les humains – mettant en évidence les interconnexions entre l’écosystème, la santé animale et la santé humaine.
Semaine de la santé planétaire
Du 15 au 20 septembre 2025, l’Université Paris Cité a célébré sa première Semaine de la santé planétaire, invitant le grand public comme sa communauté interne à participer à des événements en tout genre : exposition, conférences, théâtres-forums, festival de rentrée…
La santé planétaire: un événement et un engagement
Depuis 2024, l’université Paris Cité synthétise ses ambitions dans une signature forte : « la santé planétaire : des humains en bonne santé, au sein de sociétés en bonne santé, sur une planète en bonne santé». La thématique transverse de la santé planétaire permet de valoriser son expertise omnidisciplinaire, au service d’une société plus juste et durable.
La Semaine de la Santé Planétaire, un engagement collectif
L’approche One Health soutient l’intégration de la gestion du système alimentaire et de la biodiversité aux services de santé locaux afin de réduire les risques liés à l’émergence et à la propagation à la source d’agents pathogènes zoonotiques, à la malnutrition et à d’autres risques tels que la santé de la faune, la production alimentaire et les écosystèmes. Par exemple, le système de santé unifié du Brésil, qui a fait ses preuves, réunit des professionnels de la santé humaine, des vétérinaires et des praticiens de la santé environnementale qui travaillent ensemble avec des agriculteurs et des décideurs politiques pour concevoir conjointement des pratiques holistiques visant à aborder les déterminants sociaux et environnementaux de la santé et à contribuer à la prévention de l’émergence de pathogènes et des épidémies, tant pour les personnes que pour les animaux.
Changement climatique
Le changement climatique affecte la biodiversité, l’eau, l’alimentation et la santé en modifiant les conditions climatiques moyennes ainsi que la fréquence et l’ampleur des phénomènes météorologiques extrêmes.
Le changement climatique a un impact sur la production alimentaire terrestre avec des conséquences sur la santé humaine et le bien-être, y compris l’exacerbation de l’insécurité alimentaire pour les populations vulnérables.
L’intensification du changement climatique va stresser les ressources en eau, compromettre la productivité agricole et la productivité des systèmes de production alimentaire, provoquer une augmentation de la mortalité due aux vagues de chaleur et étendre la ceinture épidémique des maladies à transmission vectorielle vers des latitudes et des altitudes plus élevées.
Les phénomènes météorologiques extrêmes, tels que les vagues de chaleur, les inondations, les sécheresses et les incendies de forêt, entraînent des impacts directs sur la santé et une dispersion accrue des agents pathogènes et des polluants (eaux usées non traitées, engrais, pesticides, sédiments et polluants atmosphériques).
Selon les tendances actuelles, le changement climatique entraîne une perte irréversible de la biodiversité marine, comme les récifs coralliens, et des effets négatifs sur les pêcheries côtières ; les deux fournissent des régimes alimentaires qui préviennent la malnutrition, les retards de croissance des enfants et d’autres conditions.
L’exposition aux risques liés au changement climatique devrait doubler entre les niveaux de réchauffement global de 1,5°C et 2°C et doubler à nouveau entre un monde à 2°C et 3°C, dans de multiples secteurs.
21-37% : Proportion des émissions totales de gaz à effet de serre attribuables au système alimentaire mondial.
58% : Proportion des maladies infectieuses humaines connues susceptibles de s’aggraver en raison du changement climatique.
12 000-19 000 : décès d’enfants liés à la chaleur en Afrique entre 2011 et 2020 auxquels le changement climatique a directement contribué.
62 000 : décès liés à la chaleur en Europe en 2022.
1 500 : Décès liés à la chaleur aux États-Unis en 2023.
12 000 : Catastrophes causées au cours des 50 dernières années par des phénomènes météorologiques, climatiques et hydriques extrêmes, ayant entraîné 2 millions de décès humains (90 % dans les pays à revenu faible ou intermédiaire de la tranche inférieure) et 4 300 milliards de dollars de coûts totaux.
>50% : Proportion de la séquestration du carbone dans l’océan attribuable aux écosystèmes côtiers.
>500 milliards de dollars : Coûts annuels supplémentaires minimums pour la mise en place de mesures d’adaptation et d’atténuation afin d’atteindre les objectifs de lutte contre le changement climatique pour chaque année de retard supplémentaire.
La restauration contribue à l’adaptation au changement climatique et à la résilience socio-écologique et peut également contribuer à l’atténuation du changement climatique lorsqu’elle cible le stockage du carbone dans les forêts, les tourbières, les herbiers marins, les marais salants et les écosystèmes marins et côtiers qui contribuent à la séquestration du carbone.
Synthèse du Rapport Nexusen français
Le rapport complet en sept chapitres (avec toutes les données) sera publié au début de l’année prochaine
La biodiversité est le tissu vivant de notre planète. Elle est l’ensemble des êtres, micro-organismes, plantes, champignons et animaux qui vivent sur notre planète. Elle est aussi l’ensemble des interactions qui les relient entre eux, avec le milieu où ils vivent. Elle est de ce fait un sujet complexe et passionnant que Biodiv’mag vous fait découvrir à travers les lunettes des chercheurs.
Comment la disparition des chauves-souris aux États-Unis a-t-elle entraîné une augmentation de la mortalité infantile ?
Pourquoi le gaspillage alimentaire, aujourd’hui troisième plus grand émetteur de gaz à effet de serre après la Chine et les États-Unis, a-t-il un impact environnemental majeur ?
Comment la gestion de l’eau à l’échelle mondiale menace-t-elle à la fois la biodiversité aquatique et les écosystèmes terrestres ?
Ou encore, pourquoi la menace que fait peser le changement climatique sur les coraux compromet-elle les services cruciaux qu’ils fournissent, notamment la sécurité alimentaire ?
Ces exemples illustrent comment les crises liées à l’alimentation, à la biodiversité, au changement climatique, à l’eau et à la santé sont indissociables.
Chacune de ces dimensions est une pièce du puzzle qui façonne notre avenir. Il est devenu essentiel de comprendre que les perturbations dans l’une d’entre elles entraînent des répercussions immédiates sur les autres.
Les chauves-souris en déclin : une cascade de conséquences économiques, agricoles et sanitaires
La disparition des chauves-souris au nord des États-Unis provoque des effets en chaîne sur l’agriculture, l’économie et la santé publique. Leur rôle crucial dans la régulation des insectes est irremplaçable : sans elles, les agriculteurs ont intensifié l’utilisation d’insecticides, bien moins efficaces. Résultat : une baisse de la qualité des récoltes, une perte de 28,9 % des revenus agricoles (26,9 milliards de dollars) et des conséquences délétères sur la santé infantile. Les dommages combinés pour l’agriculture et la santé s’élèvent à 39,4 milliards de dollars. Ce lien de causalité illustre l’interdépendance entre biodiversité et bien-être humain.
Gaspillage alimentaire et dégradation des ressources : l’impact caché de nos habitudes de consommation
Le gaspillage alimentaire, qui comprend les pertes à différents stades de la chaîne d’approvisionnement — production, manutention post-récolte, transformation, et distribution — a des conséquences écologiques et sociales importantes. Réduire ce gaspillage de moitié permettrait de préserver 12 % des ressources mondiales en eau, diminuer les émissions de gaz à effet de serre de 4 %, et nourrir jusqu’à 1,9 milliard de personnes supplémentaires. Ces chiffres illustrent le lien de causalité entre nos habitudes de consommation, les pertes alimentaires et l’épuisement des ressources planétaires.
Les interconnexions vitales : l’eau douce, le climat, l’agriculture et la biodiversité et le bien être humain
L’eau douce, la biodiversité, la santé humaine, le changement climatique et la sécurité alimentaire forment un réseau de relations interdépendantes. La surexploitation de l’eau pour l’agriculture entraîne une dégradation des écosystèmes aquatiques, accentuée par la pollution chimique et l’introduction d’espèces invasives. Ces pratiques contribuent au changement climatique, qui, à son tour, exacerbe la perte de biodiversité et fragilise la sécurité alimentaire. En retour, cette fragilité accroît les risques pour la santé humaine, soulignant un cercle vicieux où chaque perturbation alimente les déséquilibres globaux.
Du corail à la fourchette : les effets de la dégradation des récifs coralliens par le changement climatique sur la biodiversité et la sécurité alimentaire
Les récifs coralliens, sous la pression croissante du changement climatique, subissent une dégradation alarmante. Ces écosystèmes abritent une biodiversité exceptionnelle et jouent un rôle essentiel dans la sécurité alimentaire, fournissant des ressources à des millions de personnes. Leur déclin entraîne une diminution des services écosystémiques, compromettant les stocks de poissons et les moyens de subsistance des communautés côtières, tout en fragilisant les équilibres environnementaux globaux.
Agir avec la recherche pour accroître les connaissances sur la biodiversité
La Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB) est une plateforme entre les différents acteurs scientifiques et les acteurs de la société sur la biodiversité.
La FRB accueille le secrétariat scientifique du comité français pour l’Ipbes, la plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques.
Le Pacte mondial de l’ONU – Réseau France publie le guide pratique « Entreprises – Communautés affectées : adopter une approche fondée sur les droits humains pour un engagement constructif et une gestion effective des impacts« . Ce document de référence aide les entreprises à nouer des relations durables fondées sur la transparence, la confiance et le respect avec les communautés affectées par leurs activités ou leur chaîne de valeur. Il constitue un levier d’action essentiel pour mieux gérer les impacts négatifs et maximiser les contributions positives, notamment grâce au développement de relations durables et respectueuses avec les communautés affectées.
MESURES À PRENDRE DANS LE CADRE DU PROCESSUS DE DILIGENCE Source : OCDE (2018), Guide OCDE sur le devoir de diligence pour une conduite responsable des entreprises.
UNE AMBITION POUR DES PRATIQUES RESPONSABLES ET DURABLES
Ce guide encourage les entreprises à aligner leurs pratiques sur les standards internationaux en matière de droits humains, notamment les principes directeurs relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme des Nations Unies, mais aussi les principes directeurs de l’OCDE sur la conduite responsable des entreprises.
Il propose une approche fondée sur :
la reconnaissance et le respect des droits des communautés, en favorisant des relations équitables et durables ;
une approche proactive et structurée de la diligence raisonnable, incluant la prévention, l’atténuation et la réparation des impacts négatifs sur les droits des communautés et leur écosystème.
« Loin d’une approche descendante ou purement réglementaire, cette publication invite à instaurer une véritable culture du dialogue et de la coopération, en reconnaissant la diversité des contextes culturels et sociaux. C’est bien le rapport à l’autre qui est en jeu ici : comprendre, respecter et articuler des cultures différentes pour construire ensemble un avenir plus juste et durable »
Nils Pedersen, Délégué général du Pacte Mondial de l’ONU – Réseau France
LES COMMUNAUTÉS AFFECTÉES, DES PARTIES PRENANTES CLÉS À REPLACER AU CŒUR DE LA DILIGENCE RAISONNABLE
« Prêter attention à ce qui fragilise une communauté implique un dialogue authentique sur les rapports sociaux, la culture, l’économie ainsi que les équilibres écologiques qui la sous-tendent. Cela nécessite un décentrement, afin de garantir le respect des standards internationaux et un partage équitable de la valeur » analyse Dominique Potier, député de la 5e circonscription de Meurthe-et-Moselle, rapporteur de la loi sur le devoir de vigilance des multinationales adoptée en février 2017.
« Concrètement, ce guide explique quoi faire, comment le faire et pourquoi le faire, en langage clair et sans éviter la complexité. Il nous encourage à passer à l’action »
Nadia Bernaz, Directrice du Centre d’excellence Jean Monnet sur la durabilité des entreprises et les droits humains à l’Université de Wageningen.
CONCEPTS CLÉS : COMMUNAUTÉS AFFECTÉES, IMPACTS ET ENGAGEMENT CONSTRUCTIF – DE QUOI PARLE-T-ON ?
UN OUTIL PRATIQUE ADAPTÉ À TOUTES LES ENTREPRISES
Ce guide s’adresse aux entreprises de tous secteurs, qu’elles soient en contact direct ou indirect avec les communautés affectées par leurs activités, leurs produits ou leurs services. En effet, toutes les entreprises, à des degrés divers, peuvent avoir un impact sur ces communautés. Il est toutefois particulièrement adapté aux grandes entreprises qui interagissent de manière immédiate avec les communautés, que ce soit directement ou via leurs partenaires commerciaux.
Le document propose des outils concrets pour :
comprendre les notions fondamentales et le cadre légal applicable ;
structurer l‘engagement avec les communautés affectées et leurs représentants légitimes ;
renforcer la diligence raisonnable et la gestion des risques.
Le schéma ci-dessus propose une synthèse des impacts négatifs les plus fréquemment identifiés par les communautés affectées et leurs représentants, et les entreprises consultés lors de l’élaboration de ce guide. La gravité des impacts varient selon le contexte opérationnel et le type de projet
UN CADRE RÉGLEMENTAIRE EXIGEANT ET UNE SURVEILLANCE ACCRUE
Le schéma ci-dessus présente différentes méthodes d’engagement, ce qu’elles devraient inclure (dans les colonnes bleues) et des limites actuelles observées dans la pratique (colonnes grises)
Et si, pour aborder le changement climatique en classe, on partait d’une ville du futur où l’humain et la nature cohabitent en harmonie ? L’Office for Climate Education (OCE) propose « Comment Demain ?« , un jeu pédagogique qui invite les élèves à explorer collectivement les futurs possibles de notre monde à travers une grande carte illustrée et des cartes de questions thématiques.
Dans un futur où les sociétés ont repensé leur manière d’habiter la planète, une ville durable et harmonieuse a vu le jour. Ici, les humains et la nature coexistent sans conflits, et chaque aspect de la vie quotidienne a été repensé pour créer un avenir plus juste et respectueux de l’environnement. Mais comment fonctionne cette ville ? Quelles innovations y ont été mises en place ? Comment ses habitants s’organisent-ils pour vivre mieux, ensemble ?
À travers l’exploration d’une grande carte illustrée et un jeu de questions ouvertes, Comment Demain ? invite les joueurs à imaginer et à raconter collectivement les possibles futurs de notre monde.
Modèle d’assemblage pour l’illustration format A3
Un jeu d’exploration et d’imagination
Ni quiz, ni jeu à score, c’est un outil d’exploration et de discussions qui permet de :
✔️ Stimuler la créativité autour des enjeux écologiques,
✔️ Développer l’observation et la réflexion collective,
✔️ Imaginer ensemble des modes de vie plus solidaires, sobres et résilients.
Comment Demain ? est un jeu d’enquête et de réflexion collective qui plonge les participants dans une ville du futur où la société a cessé de combattre la nature et où les communautés s’entraident. À la manière d’un jeu de cache-cache visuel, les joueurs doivent explorer une carte détaillée et répondre à des questions thématiques en identifiant des indices disséminés dans l’illustration.
L’objectif n’est pas de trouver une seule bonne réponse, mais de stimuler l’imagination, encourager les débats et explorer ensemble les multiples solutions qui pourraient façonner le monde de demain.
La ressource est pensée pour s’adapter à différentes tailles de groupes et à plusieurs contextes d’enseignement. Elle permet d’aborder les dimensions sociales, alimentaires et énergétiques de la transition en mobilisant des outils de prospective accessibles.
Une belle illustration du travail de fond mené par l’OCE depuis plusieurs années pour accompagner les enseignants dans l’intégration des enjeux climatiques à l’école, en lien étroit avec la communauté scientifique et les acteurs de terrain.
Comprendre2050.fr est le fruit de la collaboration inédite entre The Shift Project, l’ADEME et l’Association négaWatt, afin de proposer des décryptages pluralistes et rigoureux sur les différents scénarios de transition énergie-climat en France. Mieux comprendre ce qui nous attend demain, c’est pouvoir mieux en parler et mieux agir aujourd’hui !
Un outil de référence pour les journalistes, les décideurs politiques et économiques, les institutions, et toute personne qui souhaite se renseigner sur la transition.
Scénarios de neutralité carbone en 2050
« Avec Comprendre2050.fr, on se rend compte que nos scénarios ont plus de points communs que de divergences. »
Pauline Denis, chargée de projet Prospective chez The Shift Project
The Shift Project, l’association négaWatt et l’ADEME proposent chacun des scénarios pour atteindre la neutralité carbone en 2050. Mais, pour un non initié, il est difficile de les comparer. Les trois organismes ont donc créé un site, Comprendre2050.fr, qui rend lisible la complexité et la pluralité de leurs points de vue. Explication avec Pauline Denis, chargée de projet Prospective chez The Shift Project.
Comment est née l’idée de créer cette plateforme ?
Pauline Denis : Beaucoup de journalistes exprimaient le besoin de comprendre la dizaine de scénarios prospectifs publiés ces dernières années autour de la transition écologique. Ils n’ont pas forcément de formation scientifique et, surtout, ils n’ont pas le temps de lire tous les rapports techniques, de les assimiler et d’en comparer les résultats. Il leur fallait un outil qui fournisse rapidement des réponses à leurs questions…
L’objectif ? Fournir des ressources claires, fiables et synthétiques sur une variété de sujets de transition écologique. Ce site a été pensé pour être l’outil des professionnels (journalistes, acteurs économiques, institutionnels) comme des particuliers souhaitant se former aux enjeux. Naviguer sur Comprendre2050.fr, c’est mieux comprendre ce qui nous attend demain pour pouvoir mieux agir aujourd’hui.
Les scénarios : L’ADEME a souhaité soumettre au débat quatre chemins “types” cohérents qui présentent de manière volontairement contrastée des options économiques, techniques et de société pour atteindre la neutralité carbone en 2050. Imaginés pour la France métropolitaine, ils reposent sur les mêmes données macroéconomiques, démographiques et d’évolution climatique (+2,1 °C en 2100). Cependant, ils empruntent des voies distinctes et correspondent à des choix de société différents. Ce travail a été conduit de 2019 à 2021. Pour autant, la crise Covid-19 et le conflit en Ukraine ne remettent en cause ni les hypothèses ni les conclusions du travail présenté ici. Au contraire, ils les renforcent en montrant l’intérêt de s’affranchir des énergies fossiles et de la sobriété.
Après deux ans de mobilisation, les salarié·es de l’usine Nestlé Purina1 remportent une victoire syndicale et écologique inédite. Avec le soutien du Printemps écologique, premier éco-syndicat de salarié·es, ils et elles obtiennent l’abandon d’un projet contesté de chaudière bois-énergie, dont l’impact environnemental était vivement critiqué. Une victoire syndicale écologique qui prouve que les salarié·es peuvent influencer des choix industriels majeurs et concevoir des alternatives durables, intégrant l’écologie aux négociations syndicales. Pour comprendre cette mobilisation et inspirer d’autres salarié·es à s’engager, le documentaire Le Nid & l’Oiseau, réalisé par Ewen Barraud, a été diffusé en avant-première à l’occasion de la Semaine des forêts et du premier jour du printemps.
Un modèle de lutte écologique sur un site industriel
En 2022, Nestlé Purina annonce la construction d’une chaudière bois-énergie, subventionnée par le Fonds Chaleur de l’ADEME, pour remplacer ses chaudières à gaz. Présenté comme un modèle de transition énergétique, ce projet impliquait la combustion de20 000 tonnes de bois local par an, soit l’équivalent d’une surface d’un terrain de foot par jour.
Face aux risques environnementaux – surexploitation forestière, conflits d’usage avec les besoins essentiels (chauffage, services publics), déstabilisation des écosystèmes –, les salarié·es se mobilisent et imposent le débat pour aboutir à des alternatives plus durables : électrification de la production de chaleur via une pompe à chaleur et optimisation des lignes de production, permettant une réduction de 30 % de la consommation énergétique.
“Brûler un terrain de foot par jour pour chauffer un hôpital, on peut se poser la question. Pour fabriquer de la pâtée pour chat, on trouve ça complètement incohérent !”
Alexandre Joly, salarié de l’usine Nestlé Purina à Veauche.
Dans un contexte où l’écologie et l’industrie sont souvent perçues comme antagonistes, cette victoire fait de Veauche unsymbole d’une nouvelle approche syndicale et environnementale. Elle dépasse le cadre de cette usine et pose deux questions essentielles :
le bois énergie est-il pertinent dans les stratégies de décarbonation des sites industriels ?
Comment s’assurer que les salarié·es soient associé·es à ces décisions stratégiques ?
Une première victoire éco-syndicale structurée et exemplaire
Soutenu·es par le syndicat Printemps écologique, les salarié·es ont structuré leur mobilisation en s’appuyant sur l’expertise du cabinet Carbone 4(Jean-Marc Jancovici) et du collectif étudiant Pour un réveil écologique. Cette approche écosystémique leur a permis de dépasser l’opposition initiale pour proposer une alternative crédible et viable. Ainsi structurée et argumentée, cette lutte démontre comment les travailleur·euses peuvent être des acteur·ices clés et crédibles de la transition écologique et non de simples exécutant·es des choix industriels.
“Cette victoire prouve que l’éco-syndicalisme est un levier puissant pour structurer des solutions durables face aux fausses alternatives industrielles. Elle ouvre une voie nouvelle : intégrer pleinement les enjeux écologiques dans les négociations syndicales et peser dans la transition énergétique”
Anne Le Corre, co-fondatrice du Printemps Écologique
Festival Forêts en Scène 2025
À l’occasion de la Journée internationale des forêts, initiée par l’ONU et célébrée le 21 mars, l’Office national des forêts organise son festival Forêts en Scène. Dans l’Hexagone et en Outre-mer, près de 200 animations gratuites pour se reconnecter à la nature, écouvrir le rôle essentiel des forestiers et explorer la richesse et la complexité de ces écosystèmes fragiles, seul, en famille ou entre amis.
Un film documentaire pour inspirer d’autres luttes
Le documentaire Le Nid & l’Oiseau, réalisé par Ewen Barraud, raconte cette aventure collective étape par étape. Il donne la parole à Frédéric Madelon (dit « Fred ») et Alexandre Joly (dit « Alex »), les deux leaders de cette mobilisation et à tous les acteurs et actrices principaux de la lutte. Ainsi, le documentaire nous éclaire sur le rôle central des travailleur·euses dans la transition écologique.À travers un récit immersif, engagé et humain, le film montre comment une mobilisation collective peut remettre en cause des décisions écologiques néfastes et influencer l’avenir d’un grand Groupe français.
Bien plus qu’un témoignage, ce documentaire est un levier d’action.
Il offre un espace de réflexion sur :
La légitimité des travailleur·euses dans les enjeux écologiques
Les alternatives viables au bois-énergie et les choix industriels durables
L’éco-syndicalisme comme outil de transformation écologique des entreprises
Présentation de l’éco-syndicat Printemps écologique
Vous avez une idée de projet lié aux sciences participatives ou aux voyages scientifiques, mais vous ne savez pas par où commencer ? Vous êtes enseignant, animateur ou encore scientifique et souhaitez acquérir les compétences et les outils nécessaires pour structurer et concrétiser votre initiative ?
Au delà des communiqués, qui ne présentent souvent que le « meilleur », et du développement durable, qui ne fait que tenter de réduire les impacts négatifs d‘une croissance volumique, nous nous intéressons aujourd’hui, 20 ans après la création de Cdurable.info, aux questions essentielles. Alors Cdurable ou pas ? 9 questions qui nous invitent à Comprendre pourquoi Agir & Coopérer avec le vivant, Cdurable !
Thomas EGLI, expert en sciences participatives et pionnier des organisations régénératives a accepté de répondre aux neufs questions Cdurable, essentielles comme les neufs besoins fondamentaux des êtres vivants dont les humains que nous sommes …
1 – Quelle est la nature de ma relation avec le vivant ?
Depuis enfant j’ai toujours fait partie intégrante du vivant. Aujourd’hui on utilise le terme de relation non anthropocentrique à la Nature. Quand je voyage et qu’une personne me demande quelle est ma religion (c’est une question qui revient souvent) je répons que mon église est la nature.
J’ai toujours mené observations et expériences scientifiques, pour comprendre, avec raison, mais jamais en me sentant extérieur à la Nature.
Bien sûr le vivant m’a énormément inspiré dans la rédaction de mes livres « Les idées du vivant » et « La pensée du monde ».
Je dirai qu’il faut développer le plus possible la notion de respect de toute chose, c’est important pour aider à appréhender autrement notre place dans le vivant dans tous les choix que nous faisons à titre personnel ou professionnel.
Actions lancées par Thomas EGLI au sujet des Droits de la Nature
2 – Quels sont mes besoins et choix d’alimentation ?
Je mange relativement peu, mais j’aime bien les bonnes choses.
Que ça soit du vin naturel sans souffre ajouté fait avec la Nature par le vigneron (j’ai eu le plaisir d’organiser 4 colloques sur la Viticulture et la Biodiversité qui ont insufflé des changements clés à différents niveaux), ou un fromage végétal fermenté aux levures endémiques, je suis toujours à l’affût des pépites.
Manger est nécessaire mais c’est encore meilleur pour le corps si c’est un plaisir.
3 – Quel est mon type d’habitat actuel et idéal ?
Maison construite avec les matériaux du lieu, soit construite pour être très durable soit assemblée de manière légère, selon les choix, mais pas de choix intermédiaires peu glorieux. Orientée et conçue avec le climat, la géologie et la biodiversité locale, autonome et positive, sans toxicité pour l’habitant et les « voisins » (reptiles, insectes, végétaux, oiseaux, chauves-souris, etc).
J’ai soutenu plusieurs projets d’inventeurs et plusieurs rénovations ou constructions, en ai mené moi-même, et mes divers habitats sont toujours orientés dans ce sens. A partir de cette base, enrichir la vie, faire revenir la biodiversité.
La nature revient à une vitesse folle dès qu’un arrête d’agir pour agir, qu’on ensemence les bases de la vie et qu’on déploie des habitats favorables. C’est une résilience à la hauteur de sa richesse.
SCIENCES PARTICIPATIVES : Un puissant levier d’apprentissage
4 – Quelle activité physique favorise mon bien-être et ma santé
Personnellement, le kayak, la marche dans la nature, nager dans des rivières, et m’adonner à mes passions intellectuelles qui me font bouger (donner une formation intensive à une centaine de personnes pour les aider à dimensionner des projets qui changent le monde, de manière dynamique et soutenue, est un exercice sacrément sportif !
Toutes les sciences qui me passionnent depuis toujours, et les relations ancestrales à la nature des différents peuples habitant notre planète que j’ai pu fréquenter ou connaître.
Tout cela a pris du sens dans une approche globale d’unicité des connaissances ou de transdisciplinarité.
Je considère que l’approche curieuse et toujours la plus ouverte d’esprit possible (quitte à chercher encore à quel endroit on croit l’être alors que non) associée à une capacité de discernement personnelle accrue, sont des éléments clés à un développement harmonieux de notre individu, de la société et des projets.
6 – Quel est le sens que je donne à mon travail ?
Je le veux passionnant pour moi et utile pour les autres, mais avant tout, au service d’une vie meilleure sur Terre (pas que pour les humains).
Dans tout ce que j’ai créé (Forum de Genève, Objectif Sciences International, Terra Scientifica…) ou ce que je fais (Made for Change, Step and Go, Fondations…) je retrouve les mêmes volontés, les mêmes valeurs, mais aussi les mêmes manières de procéder. Collaboratif, Participatif, Autonomie-Responsabilité individuelle, inspiré du fonctionnement dans le Vivant, Entreprenariat et sens des responsabilités.
7 – Quelle énergie j’utilise pour mes usages et besoins ?
Dépendant d’où je me trouve (!) parfois je travaille 100% à l’énergie solaire si j’ai pu m’installer dans un coin de nature.
J’aime me chauffer avec des poêles de masse, j’ai déjà eu l’occasion de conseiller et dimensionner de tels projets pour des spécialistes. Chauffer entièrement une immense maison avec un seul feu par jour et quasiment pas de cendre en sorties, qui vont aller se mêler à l’un des composts, c’est magique et c’est du 100% bienfait pour la Nature.
Je me déplace en transports en commun, et si je le peux (léger) à vélo.
8 – Quelle est mon implication personnelle pour l’intérêt général ?
Totale. Lorsque j’ai créé les premiers Ateliers du Management Durable en 2001, les gens me demandaient ce que ça voulait dire ! (rires). Aujourd’hui ça commence gentiment à évoluer. On distingue par exemple d’une part la RSE qui est majoritairement orientée autour des actions qu’une entreprise peut mener pour réduire ses effets négatifs et soutenir de bonnes actions, et d’autre part les entreprises à impact, qui sont conçues en natif et du début à la fin, sur un modèle économique vertueux qui contribue à une économie régénérative. Voici l’une de mes spécialités qui m’occupe toutes les semaines.
Mais je suis aussi impliqué dans l’éducation. Pendant que l’on court éteindre des incendies, si on ne prend pas le temps (et l’argent !) d’investir à la source, les incendies continueront à se déclarer de partout.
Mon propos à ce sujet est clair, s’il y a urgence, alors il est encore plus urgent d’agir au niveau de l’éducation de 3 ans à l’Université et aux MBA.
9 – Quels sont mes liens de coopération et ma participation au bien commun ?
Maintenant, je me suis donné 10 ans pour refaire le tour de chacun de tous ces contacts et faire un point, un retour en arrière. Pourquoi pas bientôt organiser de grandes retrouvailles lors de l’un des prochain Forum de Genève, faire le bilan et surtout, planifier la suite des actions à mener.
10 – Carte blanche : quel est le message essentiel que vous souhaitez faire passer à nos visiteurs ?
Osez, lancez-vous, sentez-vous « capable de… » et donnez vous les moyens au fur et à mesure d’avancer.
Si vous voulez vous donner les moyens avant de vous lancer, tout ça restera théorique et pendant ce temps rien ne changera.
Compensation CO2
Podcast « Management, biomimétisme et finance à impact : entreprenez autrement en 2025 » avec Thomas Egli
Ep. 17 • Lundi 30 décembre 2024
Dans cet épisode, Elsa Duperray vous invite à plonger dans l’univers fascinant de Thomas Egli, expert en sciences participatives et pionnier des organisations régénératives ou biomimétiques.
De ses premiers camps d’été dans les années 90 à son rôle au Programme des Nations Unies pour l’Harmonie de l’Activité Humaine avec la Nature, Thomas partage son parcours passionnant. Découvrez comment il réinvente les modèles économiques pour qu’ils génèrent des cycles durables et accompagne les entreprises dans leur transition au-delà de la RSE.
Fondateur de l’ONG Objectif Sciences International (Statut Spécial Consultatif auprès de l’ECOSOC, Nations Unies), dédiée à l’éducation aux sciences par la pratique depuis 1992.
Auteur de livres comme Les Idées du Vivant (2001) et La Pensée du Monde.
Parmi ses nombreuses actions :
Développer une économie qui génère des cycles durables, bien loin de l’économie classique.
Accompagner les entreprises à passer de la RSE à des structures véritablement régénératives.
Tisser des réseaux économiques adaptés et dépasser les résistances naturelles au changement.
Et ce n’est pas tout ! En 2025, Thomas accélère sur la finance à impact, notamment via la Geneva Foundation for the Future, pour mieux connecter l’argent aux projets, et inversement.
📚 Recommandations lecture :
Le Prophète de Khalil Gibran, une source intemporelle d’inspiration pour mieux accompagner et manager.
Moby Dick d’Herman Melville, une métaphore puissante sur le besoin de réconcilier l’humanité et la nature.
Un épisode captivant pour se former à une économie plus humaine et résiliente.
Bienvenue dans Nouvelles Voies, un podcast rendu possible grâce à Salu, un écosystème d’entreprises qui œuvrent pour un avenir régénératif et une santé durable. Ensemble, nous écrivons les récits dont nous avons besoin pour entreprendre et vivre autrement.
Le collectif1 Entreprendre la Ruralité, créé à l’initiative de la Fondation Entreprendre, présente le résultat de 3 années d’expérimentation collective dans 14 territoires dans un livre blanc dédié à l’entrepreneuriat de territoire en ruralités : « Entrepreneuriat de territoire, vers de nouvelles dynamiques en ruralités »
Fruit de 3 années d’expérimentation, de R&D et de mesure d’impact, ce livre blanc présente des recommandations pratiques à destination des acteurs de l’accompagnement entrepreneurial et des pouvoirs publics.
4 expérimentations menées sur 14 territoires en Nouvelle-Aquitaine, Auvergne-Rhône-Alpes et dans les Hauts-de-France,
263 porteurs de projets entrepreneuriaux accompagnés et 13 120 habitants associés à leur définition
10 propositions pour soutenir l’entrepreneuriat de territoire en ruralités
Ce livre blanc explore plus précisément ce que signifie entreprendre dans les territoires, identifie les obstacles (structurels, culturels, financiers, géographiques, etc.) rencontrés par les entrepreneurs ruraux et formule des recommandations à l’attention des pouvoirs publics et des collectivités locales.
Il partage également ses enseignements à travers de bonnes pratiques à destination des acteurs de l’accompagnement entrepreneurial et démontre l’impact de ces dispositifs sur les porteurs de projets et plus largement sur la vitalité économique, sociale et culturelle des territoires.
L’ambition affichée : lever les freins à l’entrepreneuriat de territoire en ruralité et en faire un pilier de politique publique à part entière.
Génèse et piliers du livre blanc
Convaincu que l’entrepreneuriat constitue un levier insuffisamment développé pour redynamiser les territoires ruraux, la Fondation Entreprendre lance en 2021 un appel à projets, aux côtés du fonds de dotation Terre & Fils, de la Fondation RTE pour les ruralités, qui deviendra le programme « Entreprendre la Ruralité », doté d’un montant de 1,2M€ sur 3 ans. Son objectif était de favoriser l’émergence de dispositifs d’accompagnement à l’entrepreneuriat en milieu rural. 4 associations spécialisées dans l’accompagnement entrepreneurial ont été lauréates du programme et sont venues ainsi compléter le collectif de mécènes, aux côtés d’experts de l’innovation sociale, de R&D et de mesure d’impact.
LA CRÉATION DE VALEUR SUR LES TERRITOIRES
5 piliers
Ce document restitue et analyse de l’ensemble des actions menées dans le cadre du programme « Entreprendre la Ruralité ». Il s’articule autour de 5 principaux piliers, qui sont tout autant d’enseignements issus de ces 3 années de travaux :
La réalisation d’un état de l’art de la « ruralité » et de ses enjeux, ainsi que la définition de « l’entrepreneuriat de territoire ».
L’identification des principaux freins à l’entrepreneuriat de territoire : pour mieux les surmonter et adopter un accompagnement personnalisé de l’entrepreneuriat en ruralité (isolement, légitimité de la posture, manques de réseaux…).
La présentation des 3 innovations majeures expérimentées pendant le programme : un modèle en circuit-court de l’accompagnement à l’entrepreneuriat de territoire pour susciter la mobilisation citoyenne, engager des démarches d’ « aller-vers » et renforcer l’ingénierie d’accompagnement.
Le bilan des 4 lauréats et l’impact consolidé du programme : soit 4 expérimentations menées au sein des territoires par les associations lauréates du programme « Entreprendre la Ruralité » et le travail de capitalisation et de consolidation à l’échelle du collectif
La formulation de 10 propositions, à destination des pouvoirs publics et des acteurs privés, pour soutenir l’accompagnement à l’entrepreneuriat de territoire en ruralité : le collectif appelle notamment à inscrire l’accompagnement à l’entrepreneuriat de territoire dans les politiques publiques nationales et territoriales de revitalisation des territoires.
La Fondation Entreprendre, la Fondation RTE, les activités sociales d’AG2R LA MONDIALE, le fonds de dotation Terre & Fils, les quatre lauréats du programme « Entreprendre la Ruralité », les agences de recherches impact et innovation sociale Les Petites Rivières, Impact Track et l’Agence Phare portent collectivement un manifeste sur l’entrepreneuriat de territoire, véritable opportunité pour revitaliser les territoires ruraux fragilisés, et créer durablement de la valeur économique, sociale, sociétale et environnementale.
4 expérimentations d’entrepreneuriat de territoire en ruralité
Afin de faire émerger des innovations d’accompagnement et d’identifier des bonnes pratiques, le programme Entreprendre la Ruralité a soutenu et accompagné quatre associations dans le développement de leurs dispositifs dans 14 territoires.
13 120 habitant·e·s associé·e·sà la définition des projets
5 136 habitant·e·s associé·e·s à leur mise en œuvre
2 259 partenaires mobilisés par les lauréats (collectivités locales, entreprises, départements, régions, autres associations…)
LE RÔLE CLÉ DES STRUCTURES D’ACCOMPAGNEMENT À L’ENTREPRENEURIAT DE TERRITOIRE EN RURALITÉ Pour revitaliser les territoires ruraux grâce au levier entrepreneurial, il est nécessaire de mieux mailler l’ensemble des communes rurales par des structures d’accompagnement capables de sensibiliser, former et conseiller les porteurs de projets à l’entrepreneuriat de territoire
Dans une démarche d’impact systémique, le livret des bonnes pratiques, pensé comme une boîte à outils, a été conçu pour documenter et diffuser les initiatives innovantes des lauréats et ainsi nourrir les pratiques métier des structures d’accompagnement qui souhaitent s’engager pleinement dans l’accompagnement à l’entrepreneuriat de territoire.
10 propositions pour soutenir l’accompagnement à l’entrepreneuriat de territoire en ruralité
Le collectif Entreprendre la Ruralité souhaite voir le développement de solutions et de structures d’accompagnement à l’entrepreneuriat dans les territoires ainsi que le soutien accru de la puissance publique et des acteurs économiques traditionnels, condition sine qua none de la revitalisation des territoires ruraux.
Le collectif a ainsi travaillé à 10 propositions concrètes pour faire de l’entrepreneuriat de territoire une politique publique nationale.
OUVRIR LE FINANCEMENT DES MESURES INCONTOURNABLES DE FRANCE RURALITÉS AUX STRUCTURES D’ACCOMPAGNEMENT À L’ENTREPRENEURIAT DE TERRITOIRE
SOUTENIR FINANCIÈREMENT L’ACCOMPAGNEMENT À L’ENTREPRENEURIAT DE TERRITOIRE DANS LES COMMUNES ZONÉES FRANCE RURALITÉS REVITALISATION
METTRE EN PLACE DES PROGRAMMES NATIONAUX ET RÉGIONAUX DE SOUTIEN À L’ENTREPRENEURIAT DE TERRITOIRE EN MILIEU RURAL
METTRE EN PLACE UN DISPOSITIF D’ANIMATION NATIONALE ET TERRITORIALE POUR SENSIBILISER ET OUTILLER LES MAIRES ET ÉLUS LOCAUX À L’ENTREPRENEURIAT DE TERRITOIRE
FAIRE DES VILLAGES D’AVENIR DES LIEUX PROPICES À L’ENTREPRENEURIAT DE TERRITOIRE
TERRITORIALISER L’INGÉNIERIE NATIONALE EN MATIÈRE D’ACCOMPAGNEMENT À LA CRÉATION, À LA REPRISE ET AU DÉVELOPPEMENT DES ENTREPRISES
SENSIBILISER LES ENTREPRISES TRADITIONNELLES À L’ENGAGEMENT EN FAVEUR DE L’ENTREPRENEURIAT DE TERRITOIRE
PROMOUVOIR LE MÉCÉNAT DE COMPÉTENCES EN MILIEU RURAL POUR APPORTER DAVANTAGE DE VALEUR AUX PROGRAMMES ET DISPOSITIFS D’ACCOMPAGNEMENT À L’ENTREPRENEURIAT DE TERRITOIRE
ACTIVER LE MÉCÉNAT FINANCIER TERRITORIAL DANS LES TERRITOIRES RURAUX
ANIMER DES INSTANCES DE GOUVERNANCE ET DE FINANCEMENT NATIONALES ET LOCALES SUR L’ENTREPRENEURIAT DE TERRITOIRE
Nous avons rassemblé l’ensemble des outils élaborés avec le collectif Entreprendre la Ruralité et l’appui de l’agence Les Petites Rivières à destination des associations, toutes celles et ceux qui souhaitent lancer ou développer l’accompagnement à l’entrepreneuriat de territoire en milieu rural.
Collectif composé de : La Fondation Entreprendre, Fondation RTE pour les ruralités, Terre & Fils, Airelle, ATIS, La Chartreuse de Neuville, Ronalpia, Impact Track, Les Petites Rivières, Agence Phare. ↩︎
L’objectif de l’association GenAct est de permettre à tous les salariés et citoyens du monde de s’engager concrètement pour la transformation des modèles économiques des entreprises, afin de les rendre plus respectueux des limites planétaires et des droits humains fondamentaux. Pour opérer cette bascule, GenAct propose les Dix commandements de l’entreprise régénérative, pour passer de la réduction des impacts négatifs à la création d’impacts positifs nets. Agir pour protéger le vivant et les conditions d’habitabilité de la planète.
Rassembler les individus engagés et leur donner les clés pour enfin savoir comment agir concrètement
Le temps presse, au-delà de discourir sur les enjeux, nous devons surtout développer individuellement notre pouvoir d’agir.
Pour cela, GenAct a conçu avec ses premiers partenaires1une plateforme digitale inédite de services qui va permettre aux « GenActeurs » de passer à l’acte, c’est-à-dire déployer et décliner des modèles économiques véritablement responsables, car compatibles avec la préservation du bien commun.
GenAct s’adresse en premier lieu au plus de 700 000 personnes qui, rien qu’en France, revendiquent sur le réseau Linkedin, leur intérêt pour la #RSE & l’#Impact.
Selon Fabrice Bonnifet, Président de GenAct, « L’envie ne suffit pas pour développer son pouvoir d’agir. Faire advenir des modèles économiques à visée régénérative requiert l’utilisation d’une méthode éprouvée, de la coopération multi parties prenantes, de l’imagination, de l’inspiration, de la détermination, de la persuasion, de nombreuses formations, de l’endurance et une volonté acharnée. Mais la concrétisation est source d’une inépuisable satisfaction car cela nous ramène à l’essentiel : la préservation du vivant ! »
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Marine Calmet, Vice-Présidente et Voix de la Nature GenAct, Présidente de Wild Legal
Marine Calmet, Vice-Présidente et Voix de la Nature GenAct, Présidente de Wild Legal, « Le vivant doit trouver sa place au coeur de la gouvernance de l’entreprise, car comment imaginer que nous puissions réussir à mener à bien ce que nous appelons un peu pauvrement « transition écologique » sans prendre à la racine la question de redonner de la place à ce qui compte vraiment »
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Vanessa Logerais, déléguée mandataire GenAct et directrice générale de Parangone – Entreprise à mission
Vanessa Logerais, déléguée mandataire GenAct et directrice générale de Parangone – Entreprise à mission, « La transition ne peut se limiter à quelques experts : elle doit être portée par toutes celles et ceux qui, au sein des entreprises, des organisations publiques ou de la société civile, veulent agir pour un modèle à soutenabilité forte. C’est AVEC et non en plus des initiatives et réseaux existants de l’écosystème RSE que GenAct va relever ce défi »
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Adhérer à GenAct
Adhérer à GenAct permettra d’accéder aux meilleurs contenus sur la RSE, rencontrer les acteurs les plus conscients et les plus engagés dans la lutte contre l’obscurantisme, de trouver des alliés pour mettre en œuvre des projets exemplaires qui inspireront jusqu’aux plus sceptiques.
Développer les capacités d’agir des personnes pour transformer les modèles des entreprises et des organisations afin de les rendre compatibles avec les limites planétaires
Depuis le lancement officiel des adhésions le 14 mars, les premiers GenActeurs à rejoindre l’association bénéficieront d’un tarif préférentiel : 25 euros au lieu de 30 euros, soit une réduction de 5 euros. Cette offre spéciale sera valable jusqu’au 26 avril, date de la mise en ligne de la plateforme offrant les contenus exclusifs.
Les 5 principes fondateurs de la communauté des GenActeurs
Chercher à atténuer les impacts ne suffit pas. Il s’agit aujourd’hui de réparer, même régénérer, ce qui a été dégradé et questionner sincèrement ses pratiques, ses modèles économiques et ses modèles d’affaires.
Cette association, créée et soutenue par le C3D, invite toutes celles et ceux qui souhaitent agir en ce sens, et mettre en œuvre des projets concrets, à devenir des GenActeurs.
GenAct s’appuie sur une plateforme de formation digitale, des contenus exclusifs apportés et créés par les acteurs pionniers et experts de la transition avec l’exigence régénérative.
Ce sont aussi des événements, des projets qui concrétisent le « pouvoir d’agir » de chacun.e, partout dans les territoires.
01. La préservation du Capital Naturel et du Capital Humain comme priorité.
02. Les limites planétaires guident nos décisions et prises de position.
03. La science est notre culture, pour dépasser le dogmatisme.
04. La créativité et la coopération sont nos moteurs, entre entreprises, organisations, métiers et territoires.
05. L’innovation doit aller au-delà de la réduction des impacts négatifs et générer des contributions positives.
Les Dix Commandements de l’entreprise régénérative
Pour faire advenir une économie résiliente régénératrice du monde vivant et pourvoyeuse d’abondance frugale pour les parties prenantes, les femmes et les hommes doivent œuvrer pour que leur organisation obéisse à 10 commandements :
1er commandement des GenActeurs
« La création d’un espace sûr et juste entre les limites planétaires et le plancher social nous revendiquons. En conséquence, le modèle économique et social de l’entreprise doit se transformer pour produire des impacts positifs au-delà de la composante financière et s’aligner sur des trajectoires de diminution des impacts négatifs validées par la science (climat & nature). »
2ème commandement des GenActeurs
« Le modèle actionnarial nous changeons. En conséquence, un partage équitable de la valeur est organisé entre les parties prenantes, tout au long de la chaine de valeur. Le mécanisme de la fondation actionnaire, des sociétés coopératives et participatives, des sociétés coopératives d’intérêt collectif, des entreprises à missions…. sont privilégiés pour préserver les intérêts des minorités et du bien commun. »
3ème commandement des GenActeurs
« Une raison d’être au service du vivant nous formalisons. En conséquence, l’entreprise confronte ses hypothèses stratégiques avec ses parties prenantes non contractuelles, analyse l’utilité et les contributions écologiques et sociales de son modèle économique dans le respect du bien commun et en conséquence, procède, le cas échéant, aux renoncements nécessaires pour rompre avec des pratiques écocidaires. »
4ème commandement des GenActeurs
« Le régénératif, telle une boussole vers le bon sens, nous suivons, dans les cadres de référence régénératifs et intégratifs. En conséquence, le modèle économique de l’entreprise créé les conditions propices à l’expression du vivant en le combinant à la réduction continue des impacts négatifs et la génération tangible d’impacts positifs et intègre le temps long dans sa stratégie. »
5ème commandement des GenActeurs
« La voix des consommateurs (BtoC) et des clients (BtoB) nous écoutons vraiment. En conséquence, l’entreprise est transparente sur ses flux financiers, implique concrètement les clients dans la définition des processus de réalisation des produits, assure un partage équilibré de la valeur entre les acteurs de la chaine de production. »
6ème commandement des GenActeurs
« La reconnexion au territoire et la coopération avec les clients, les fournisseurs et les sous-traitants nous promouvons. En conséquence, l’entreprise contribue à renforcer la régénération et la singularité de ses territoires et définit avec ses partenaires les conditions d’une relation contractuelle juste et équitable en encourageant les pratiques régénératives et de partage territorialement ancrées. La régulation forte est considérée comme une opportunité de progrès pour structurer ces économiques régénératifs. »
7ème commandement des GenActeurs
« La structure de gouvernance de l’entreprise nous modifions. En conséquence, le conseil d’administration de l’entreprise ou son équivalent intègre des spécialistes des droits humains fondamentaux et de l’environnement (climat, ressources, biodiversité, eau, pollution) dont des représentants de la Nature. »
8ème commandement des GenActeurs
« Un nouveau mode de leadership éclairé, à visée régénérative nous adoptons. En conséquence, l’entreprise promeut un management guidé par l’intelligence du cœur, la cooptation de leader, des différentiels de salaires maîtrisés, la confiance par design et le techno-discernement. »
9ème commandement des GenActeurs
« La valeur globale nous mesurons. En conséquence, l’entreprise présente à ses parties prenantes son triple bilan, nature-humain-financier, au coût de maintien et réinvestit ses bénéfices dans des projets de régénérations et de restauration. »
10ème commandement des GenActeurs
« Pour la diffusion du modèle régénératif nous nous engageons. En conséquence, l’entrepreneur construit sa démarche de changement et l’entreprise formalise son plan de transition, à partir des principes inspirés du vivant et dans le respect des personnes et de leurs logiques de développement et invite tous ses partenaires dans sa sphère d’influence à dupliquer la démarche. »
Les premiers partenaires : C3D, la CEC, le Regen Ecosystem, The Week, La Fresque du Climat, les Pépites Vertes, Le CJD, Les Collectifs, IF Initiative, Lumia, Sator, JoinNext, Linkedin France, Les Nouveaux Géants, Ticket for Change et les entreprises ZEI et Lefebvre-Dalloz, sponsors financiers de l’association. ↩︎
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