“Impact of climate change and heat stress on workers’ health and productivity: A scoping review” est un article rédigé par Amoadu et al., publié dans le Journal of Climate Change and Health en juillet 2023. Il met en lumière l’intensification des vagues de chaleur sous l’effet du changement climatique et les risques majeurs qu’elles font peser sur la santé des travailleurs. La Fabrique Écologique en retient trois enseignements clés.
Un article essentiel, qui présente des mesures concrètes et accessibles pour répondre à un enjeu encore trop ignoré, tout en soulignant que la justice sociale et la justice environnementale sont indissociables.
Pauline Bureau, Vice-présidente de LFE
L‘impact du changement climatique sur la santé des travailleurs
Pour sa 59ème édition, l’Œil de La Fabrique Ecologique met en lumière un article qui analyse à la fois changement climatique, santé publique et justice sociale : « Impact of climate change and heat stress on workers’ health and productivity : a scoping review » est un article rédigé par Mustapha Amoadu et al., publié dans le Journal of Climate Change and Health. Il souligne l’impact particulièrement délétère du stress thermique sur les travailleurs et travailleuses et questionne notre capacité d’adaptation à l’intensification de ce phénomène. Baptiste Sinturel analyse cet article et propose une synthèse en trois points clés.
#1 – Le terme de stress thermique désigne une charge excessive de chaleur sur le corps humain, sous l’effet de la température extérieure et de l’effort physique.
Selon l’Organisation mondiale de la santé, il survient notamment lors des vagues de chaleur estivales, marquées par des températures anormalement élevées pendant plusieurs jours et nuits consécutifs. La fréquence et l’intensité de ces vagues devraient se multiplier sous l’effet du réchauffement climatique. L’article alerte sur la dangerosité du stress thermique, pouvant entrainer déshydratation et épuisement, allant jusqu’à des problèmes cardiaques et rénaux. Face à ce phénomène, les travailleurs sont en première ligne. D’ici 2030, environ 2,2 % des heures de travail seraient perdues à l’échelle mondiale à cause de ce phénomène, estime l’Organisation internationale du travail.
#2 – Tous les travailleurs ne sont pas impactés de la même façon.
De fait, certains sont particulièrement vulnérables : femmes, jeunes (moins de 24 ans), personnes âgées (plus de 40), travailleurs immigrés ou précaires, agriculteurs ou encore ouvriers du BTP. D’autres éléments doivent également être pris en compte, comme les facteurs socio-économiques (faibles revenus), professionnels (travail en extérieur) ou comportementaux (consommation de boissons sucrées) des travailleurs. Ainsi, on constate des inégalités croisées qui accentuent le risque d’être sujet au stress thermique.
#3 – L’article recense plusieurs stratégies de prévention :
Adaptation des horaires de travail, garantie d’accès à des zones ombragées ou ventilées, mise à disposition d’eau et de sanitaires et formation aux signaux d’alerte du stress thermique. Sur le plan institutionnel, l’article déplore un manque de politiques publiques de prévention et d’aménagement des conditions de travail. Il souligne également l’existence de freins à ces mesures chez certains employeurs qui les perçoivent comme une perte sèche de productivité. Au-delà de la seule dimension sanitaire, c’est aussi un enjeu social qui se dessine en filigrane : les travailleurs les plus exposés sont souvent en position de faiblesse dans le monde du travail. Sans prise en compte explicite de ces inégalités structurelles, les politiques d’adaptation risquent de manquer leur cible et de reproduire les rapports de domination existants.
En France, un cadre à réinventer
L’Europe, jusqu’alors plutôt épargnée par ce phénomène, est désormais particulièrement vulnérable. Depuis l’an 2000, les accidents du travail liés au stress thermique y ont augmenté de 33,3 %, selon l’Organisation internationale du travail.
En France, la situation est tout particulièrement préoccupante : avec une moyenne de 4,38 accidents mortels pour 100 000 salariés (Ministère du Travail), elle occupe le bas du classement des pays de l’UE.
L’intensification des vagues de chaleur ne ferait qu’aggraver cette situation, notamment dans les secteurs manuels, déjà très accidentogènes. Face à cet enjeu croissant, plusieurs syndicats appellent à une révision en profondeur du droit du travail. Ils plaident notamment pour la fixation de valeurs limites d’exposition à la chaleur et à l’humidité (comme c’est déjà le cas pour certaines substances chimiques) ainsi que pour l’instauration d’un arrêt temporaire d’activité en cas de canicule.
Enfin, en réponse à ce phénomène, on peut citer le modèle de protection sociale et écologique. Développé dans les années 2020 par les chercheurs Eloi Laurent et Bruno Palier, il envisage d’intégrer les risques sociaux et sanitaires engendrés par la crise écologique au sein du périmètre de l’assurance sociale.
La nature qui nous entoure fournit des ressources, des services et une protection contre un certain nombre de risques. Son équilibre est fragilisé par nos activités et elle présente des limites qu’il est dangereux pour l’espèce humaine de dépasser. Parmi les activités humaines ayant le plus d’impact sur la nature, le développement économique constitue à la fois une partie du problème et de la solution. Et si la nature était considérée comme une alliée et non comme un obstacle au développement économique ?C’est le thème des premières Assises Internationales des Territoires d’Activités Durables qui auront lieu les 17 & 18 juin 2025 au Sémaphore à Roussillon (38).
Problématique
Comment appréhender, intégrer, gérer durablement la nature dans toutes les dimensions (ressources, territoire, activités) du développement économique ?
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Public visé
Aménageurs et gestionnaires publics ou privés de territoires d’activités économiques, développeurs économiques, urbanistes, décideurs locaux, chefs d’entreprises
1e Assises Internationales des Territoires d’Activités Durables sur la thématique « nature et développement économique »
A propos de l’Association Palme
L’Association PALME, composée de collectivités territoriales, d’aménageurs, de gestionnaires de parcs d’activités et de représentants du monde de l’entreprise, a pour objet l’amélioration de la qualité des territoires d’activités économiques, s’inscrivant dans le cadre de stratégies territoriales globales de développement durable autour des questions d’aménagement, gestion, requalification, animation et promotion des territoires d’activités, dans un souci constant de dialogue territorial.
Son objectif global est d’imaginer collectivement les territoires d’activités économiques de demain.
En quelques chiffres, PALME, c’est : 100 adhérents, plus de 1 000 parcs d’activités concernés, près de 100 000 entreprises implantées, environ 1 500 000 salariés accueillis, 6 pays (France (Hexagone, Antilles, Guyane), Belgique, Suisse, Canada (Québec), Maroc, Tunisie).
Les thématiques traitées sont très diverses : biodiversité, foncier économique et sobriété foncière, implantation des entreprises, transition énergétique (sobriété, partage…), services aux entreprises, mobilité durable, eau, sol, certifications…
Les actions sont structurées selon 4 grands principes :
1- COOPÉRER : Créer du lien, fédérer et favoriser la coopération entre les acteurs impliqués dans l’aménagement, la gestion, l’animation et la requalification des territoires d’activités économiques,
2- SOUTENIR : Apporter une expertise en matière de transition écologique des territoires d’activités, de gouvernance et de management de l’environnement,
3- CAPITALISER : Grâce au partage d’expériences, faire émerger des axes de réflexion, apporter des éléments de réponse concrets, notamment au travers de groupes de travail,
4- ESSAIMER : Essaimer les bonnes pratiques et renforcer l’attractivité de ces territoires d’activités durables.
Ces actions visent à accompagner les aménageurs et gestionnaires de territoires d’activités dans leurs activités de pilotage du développement économique, dans une logique de développement durable à toutes les étapes, en leur apportant une expertise, un savoir-faire, un réseau et une expérience pointus (rencontres, webinaires, colloques, groupes de travail, outils, veilles…). L’Association développe également un accompagnement dédié et des outils spécifiques à l’obtention de certifications environnementales et plus globalement de développement durable.
Penser le long terme est devenu une urgence. Dylan Buffinton1, expert associé en prospective à la Fondation Jean-Jaurès et auteur de « France 2040. Explorer les scénarios possibles« , nous invite à imaginer la métropole de 2045 avec quatre concepts pour réinventer la ville : résiliente, souple, réconciliée et constellation.
Penser le long terme est devenu une urgence. Dans un monde saturé d’informations, où l’actualité se renouvelle sans cesse et où l’urgence prend le pas sur l’important, la prospective permet de prendre de la hauteur. Elle invite à sortir du court-termisme pour observer les grandes dynamiques en cours, parfois invisibles dans l’instant, mais structurantes à moyen et long termes.
Quel est l’intérêt de la prospective ?
La prospective consiste à regarder autrement le présent, à repérer les signaux faibles, à comprendre les ruptures en germe et à mettre en perspective les tendances lourdes qui façonnent déjà notre avenir.
Là où l’analyse classique se contente de prolonger les courbes, la prospective interroge : et si ? Et si telle évolution s’accélérait ? Et si telle norme sociale s’effondrait ? Et si une innovation marginale devenait centrale demain ?
La prospective est donc avant tout un outil pour penser autrement, mais aussi pour agir autrement. En proposant plusieurs futurs possibles plutôt qu’une vision unique ou prophétique, elle invite à se préparer à l’incertitude. C’est ce que l’on appelle le scénario-planning : explorer des futurs contrastés, souvent présentés sous forme de scénarios opposés – un « alpha » optimiste et un « oméga » pessimiste. Entre ces deux extrêmes se déploie une multitude de voies, que les choix d’aujourd’hui peuvent encore influencer.
La métropole constellation
Une démarche politique et démocratique
C’est une démarche profondément politique et démocratique. Un outil pour les décideurs, mais aussi pour les citoyens. En nommant des futurs possibles, en les mettant en récit, la prospective permet à chacun de se projeter, de débattre et de contribuer à la définition d’un avenir commun. Elle redonne du sens à l’action collective, dans un moment où les récits partagés viennent à manquer.
Il ne s’agit pas de subir l’avenir mais de le choisir, en pleine conscience.
C’est dans cet esprit que cette étude a été conçue. À partir d’un travail mêlant entretiens d’experts, données quantitatives et observations de terrain, elle cherche à identifier les continuités mais aussi les ruptures potentielles. L’objectif n’est pas d’avoir raison sur tout ce qui adviendra mais d’attirer l’attention sur ce qui pourrait arriver – et sur ce que nous pourrions encore infléchir.
Le choix d’un horizon à 20 ans
Le choix d’un horizon à 2045 répond à une logique assumée : il permet de prendre le recul nécessaire pour dépasser les tendances immédiates et le flux constant des événements, sans pour autant verser sans une spéculation trop détachée du réel. Prolongeant le périmètre temporel de l’étude France 2040 : Explorer les scénarios possibles, cet horizon plus lointain s’impose pour intégrer les temporalités longues propres aux grands cycles d’aménagement, aux dynamiques sociales ou encore aux effets différés des politiques publiques.
Se projeter à vingt ans ouvre ainsi la voie à une vision de transformation plus ambitieuse, tout en laissant le temps nécessaire à sa mise en œuvre concrète.
Depuis plusieurs années, les grandes villes et les métropoles font l’objet de critiques croissantes. Jugées trop denses, trop polluées, trop standardisées, elles sont de plus en plus remises en question.
Imaginer la métropole de 2045 n’est ni un exercice abstrait ni un simple travail d’urbanisme. Il s’agit d’une démarche prospective globale, croisant de nombreux champs – politique, social, économique, technologique et environnemental –, fondée à la fois sur l’analyse de tendances émergentes et sur l’observation fine de signaux faibles, en France comme à l’international.
Il ne s’agit plus seulement d’adapter la ville aux mutations en cours, mais bien d’engager une dynamique collective où acteurs politiques, économiques et citoyens construisent ensemble une vision partagée du développement urbain et agissent, dès aujourd’hui, pour façonner l’avenir.
La métropole résiliente
Quatre concepts pour penser les métropoles de demain
Dans cette étude, l’auteur explore quatre concepts structurants pour penser les métropoles de demain
1- la métropole résiliente : elle traite des enjeux écologiques et de gestion des ressources, d’alimentation et d’agriculture urbaine, de sobriété énergétique, des logiques de circularité, d’anticipation des crises, ainsi que d’une approche innovante de l’architecture et de l’urbanisme fondée sur le biomimétisme ;
2– la métropole souple : ce concept aborde les mutations démographiques, l’évolution des usages liés au travail, la flexibilité des infrastructures, la fin du cycle « démolir pour reconstruire », l’émergence d’une logique d’hybridation des espaces et le rôle de la technologie comme levier d’urbanisme prédictif et participatif ;
3- la métropole réconciliée : elle questionnera les inégalités territoriales et sociales, l’accès au logement, les tensions liées au surtourisme, la sécurité, les effets du vieillissement démographique, les liens intergénérationnels, la privatisation de l’espace public, la ville du soin et de la convivialité, la place du vivant et des sens, ainsi que les nouvelles formes de gouvernance partagée ;
4- la métropole constellation : elle explorera la fragmentation intra-urbaine et la nécessité de faire coexister différentes échelles spatiales, en particulier la banlieue et l’espace périurbain. Elle abordera les enjeux de mobilité, d’isolement, de services publics de proximité, d’économie locale, de manufacture urbaine, de ville du quart d’heure et de nouvelle décentralisation des prérogatives. Elle interrogera aussi l’avenir même du concept de métropole.
Bien que présentés séparément pour en faciliter la compréhension, ces quatre concepts sont interconnectés. Une métropole ne pourra répondre aux défis de demain qu’en combinant ces approches. Certaines métropoles françaises sont aujourd’hui en avance sur un ou deux axes, mais devront élargir leur transformation à l’ensemble du spectre pour rester pertinentes demain.
La métropole réconciliée
Comme dans l’étude prospective publiée en 2024 « France 2040. Explorer les scénarios possibles« , ces concepts seront illustrés par deux design fictions, ou scénarios projectifs :
« alpha », la voie optimiste, où la métropole parvient à se réinventer et à retrouver son attractivité,
et « oméga », plus sombre, révélant les blocages et les risques d’une transformation inaboutie.
Préparer la métropole de 2045 commence dès aujourd’hui. L’avenir des villes ne peut être laissé au hasard : il sera le produit de décisions collectives, de stratégies courageuses et d’une vision à long terme, fondée autant sur les aspirations des citoyens que sur les impératifs écologiques et économiques.
La métropole souple
Les métropoles de demain doivent s’inventer ici et maintenant, par et pour tous.
Métropoles et grandes villes en 2045 : Quatre concepts pour réinventer la ville
Dans un monde saturé d’informations, où tout devient urgent, il est de plus en en plus difficile de penser le long terme. Pour nous aider à prendre de la hauteur, la prospective permet d’observer les grandes dynamiques en cours, parfois invisibles dans l’instant, mais qui peuvent s’avérer structurantes. C’est à quoi nous invite cette étude, en proposant plusieurs futurs possibles pour les métropoles en 2045 plutôt qu’une vision unique ou prophétique. Qu’adviendra-t-il, mais, surtout, que pouvons-nous encore infléchir ? Dylan Buffinton explore quatre concepts, interconnectés, pour penser les villes de demain et avoir prise sur leur avenir.
Pourquoi imaginer le monde dans vingt ans ? Loin d’être vain, cet exercice de prospective permet au contraire de dépasser les soubresauts de l’actualité pour se concentrer sur les tendances lourdes, en germe dans le monde d’aujourd’hui et qui feront celui de demain. Sélectionnant neuf thématiques particulières sur lesquelles il imagine le scénario du pire et celui du meilleur, Dylan Buffinton, prospectiviste et consultant en stratégie au sein de The Salmon Consulting, identifie et met des mots sur l’avenir qui pourrait être le nôtre. Il nous donne ainsi un formidable outil pour faire les choix de société nécessaires à la construction du futur que nous souhaitons collectivement.
Dylan Buffinton est prospectiviste et conseiller aux dirigeants. Il accompagne depuis plus de dix ans les organisations (entreprises, partis politiques, institutions…) dans leurs problématiques de stratégie et d ’innovation. Il a fondé et dirige Jiminy Advisory, un cabinet de conseil en prospective, stratégie et coaching d’organisation. Il est l’auteur de France 2040. Explorer les scénarios possibles (Fondation Jean-Jaurès, août 2024) ↩︎
Alors que la démocratie représentative traverse une crise de confiance profonde, plus de 60 communes en France ont choisi une autre voie depuis les élections municipales de 2020 : celle d’une démocratie locale vivante, partagée et transformatrice. Le rapport « Prendre le pouvoir pour le partager », porté par la coopérative Fréquence Commune, documente cette aventure collective et inédite, marquée par la montée en puissance d’une alternative politique locale fondée sur une démocratie plus directe et délibérative, bien au-delà de la simple participation citoyenne.
Fruit de plus d’un an d’enquête de terrain, de 127 entretiens individuels et d’une immersion dans la réalité de 21 communes participatives, ce rapport de 290 pages donne à voir les pratiques, les défis et les apprentissages de celles et ceux qui, à l’échelle municipale, ont tenté de faire de la politique autrement. Ce rapport propose une analyse dense de 21 communes (grandes et petites) qui ont tenté, parfois avec audace, de réinventer l’action publique locale.
Assemblées citoyennes décisionnaires, conseils municipaux élargis à des non-élus, réorganisations internes plus horizontales, décisions collectives sur la fiscalité locale, l’aménagement urbain ou encore la sécurité alimentaire : autant d’expérimentations concrètes, parfois radicales, dont ce rapport tire les enseignements – sans occulter les échecs, les limites ni les tensions rencontrées.
Fondée à Paris en 2011, CliMates est une association reconnue d’intérêt général de jeunes engagé.e.s pour le climat qui se structure autour de trois principaux piliers d’action
Ce rapport est écrit par Élisabeth Dau, spécialiste des dynamiques démocratiques locales et du municipalisme depuis 15 ans, Léa Legras et Cléa Fache, toutes deux chargées d’étude au sein de la coopérative Fréquence Commune. Ces dernières ont co-fondé le projet Climate Change – Commons and Radical Democracy in Europe, un tour d’Europe de 4 mois pour aller à la rencontre d’acteur·rices sur la démocratie locale et les communs.
Réparer la démocratie depuis les territoires
Ces communes – de Vaour (Tarn) à Poitiers (Vienne) – ont transformé leurs institutions : gouvernance partagée, implication directe des habitant·es, expérimentations démocratiques ambitieuses, redistribution du pouvoir jusque dans les services municipaux. Elles se confrontent aussi aux limites du cadre légal, aux tensions politiques et aux défis d’une intercommunalité souvent opaque.
Des territoires en résistance et qui prennent soin
Dans un contexte de montée de l’extrême droite, de précarité accrue et de violences politiques, ces communes s’affirment comme des digues démocratiques. Elles réinventent le rôle des élu·es, féminisent et dépatriarcalisent la vie politique, défendent les libertés associatives et posent les bases de villes et villages-refuges.
Féminiser la politique : une autre manière d’exercer le pouvoir
Le rapport met en lumière une ambition forte portée par de nombreuses communes participatives : féminiser la politique. Il ne s’agit pas seulement d’augmenter la présence des femmes en politique, mais de transformer en profondeur les pratiques du pouvoir. Coopération, horizontalité, soin des individus et du collectif : ces principes, inspirés des luttes féministes, guident une nouvelle manière de gouverner. En intégrant les personnes minorisées, en prenant en compte les inégalités systémiques et en valorisant des formes d’organisation non patriarcales, ces communes expérimentent une démocratie plus inclusive, plus juste et profondément transformatrice.
Reprendre la main sur les ressources locales
Face aux urgences sociales, écologiques et économiques, les communes participatives ont aussi entrepris de se réapproprier les ressources de leurs territoires : eau, alimentation, terres agricoles, énergie, forêts ou patrimoine local.
Leur objectif : absorber les chocs, garantir un accès équitable, développer une économie locale et solidaire, et renforcer l’autonomie collective.
Ces initiatives s’accompagnent de pratiques démocratiques innovantes, pour politiser les arbitrages nécessaires en temps de restrictions budgétaires. Plutôt que de décider seuls dans l’urgence, les élu·es impliquent les habitant·es dans les choix cruciaux pour préserver les services publics et construire des communs durables.
Ces politiques locales ouvrent des voies concrètes vers des territoires plus justes, résilients et souverains.
La « vision » de la démocratie pour Fréquence Commune
Un souffle pour 2026
Ce rapport n’est ni un manuel, ni une évaluation. C’est une invitation à apprendre, s’inspirer, se relier. Dans une période où nous glissons tous les jours un peu plus dans une nuit démocratique, il montre que d’autres voies sont possibles. Tous·tes ces élu·es, ces agent·es et ces habitant·es témoignent combien le mandat des communes participatives a été un remède à l’impuissance et à la résignation. Loin d’être réservée aux grandes villes, cette capacité d’expérimentation et de réinvention humble et joyeuse, depuis les territoires, trace des pistes concrètes pour redonner de l’espoir à la démocratie locale. Un potentiel plein de promesses pour les futures mairies de 2026.
Prendre le pouvoir pour le partager – Expériences et apprentissages des communes participatives 2020–2026
Un ouvrage de Fréquence Commune (SCIC), en lien étroit avec Actions Communes, publié le 12 mai 2025.
Juriste de formation, Élisabeth Dau est co-fondatrice et directrice des études et recherches de la coopérative Fréquence Commune. Spécialiste des dynamiques démocratiques locales, elle mène des recherches-actions et crée des passerelles entre mondes académiques, institutionnels, militants et coopératifs autour des enjeux démocratiques. Au ministère des Affaires étrangères, elle a coordonné des travaux sur la gouvernance démocratique. À l’IRG, elle a animé des dialogues sur les formes de légitimité du pouvoir en Afrique et en Europe. Spécialiste du municipalisme et des listes participatives, elle a dirigé de 2018 à 2021 le programme de recherche Municipalisme, Communs et Territoires. Elle contribue à la revue Horizons Publics et accompagne des organisations civiles et philanthropiques sur les stratégies démocratiques. En tant que conférencière, elle valorise les expériences de réinvention démocratique depuis les territoires en France et en Europe. Elle est co-autrice du rapport Prendre le pouvoir pour le partager.
Léa Legras
Géographe et écologue de formation, Léa Legras est chargée d’études chez Fréquence Commune. Elle a contribué à la documentation de l’Assemblée citoyenne de Poitiers et co-fondé le projet Climate Change – Commons and Radical Democracy in Europe, un tour d’Europe de 4 mois pour aller à la rencontre d’acteur·rices qui tentent de se réapproprier le pouvoir et les ressources au travers de cinq leviers d’action : les communs, le municipalisme, les assemblées citoyennes, les référendums locaux et les coopératives énergétiques. Elle est co-autrice du rapport.
Cléa Fache
Issue d’un parcours en écologie transdisciplinaire, Cléa Fache est également chargée d’études chez Fréquence Commune qu’elle a rejoint à la suite d’un tour d’Europe Climate Change – Commons and Radical Democracy in Europe qu’elle a co-créé dans une démarche de recherche engagée pour aller à la rencontre de collectifs, d’élu·es, d’habitant·es et de chercheur·ses qui expérimentent différentes formes de démocratie radicales à travers les communs, le municipalisme, les assemblées citoyennes pour le climat, les référendums locaux et les coopératives énergétiques, dans un but de réappropriation des pouvoirs et des ressources par les habitant·es. Elle a également contribué à la documentation de l’Assemblée citoyenne de Poitiers. Elle est co-autrice du rapport.
À l’approche des élections municipales 2026, le réseau Actions Communes, en partenariat avec l’association Poitiers Collectif, organise les 7èmes Rencontres Nationales des Listes Citoyennes à Poitiers, du 21 au 24 août 2025. Cet événement majeur se tiendra au Parc et aux Salons de Blossac, un lieu emblématique de la ville de Poitiers.
Objectifs des Rencontres Nationales à Poitiers
L’objectif principal de ces rencontres est de permettre à un maximum de listes citoyennes, qu’elles soient déjà constituées ou en cours de formation, de se doter des outils nécessaires pour réussir leur campagne municipale et instaurer une gouvernance partagée au sein de leur commune.
La France, avec ses 35 000 communes et plus de 500 000 élus locaux bénévoles, offre un terrain exceptionnel pour le développement de la démocratie participative et des mouvements municipalistes. Ces Rencontres Nationales sont une occasion unique de valoriser cette spécificité française et de renforcer l’engagement citoyen à l’échelle locale.
« C’est la première fois qu’une étude en France permet de mesurer avec précision l’éco-anxiété dans la population« , précise Pierre-Henry Dodart, Administrateur de l’État engagé pour la transition écologique, sur linkedin. Ce rapport final de l’Agence de la Transition Écologique (Ademe) propose un cadre rigoureux pour comprendre l’éco-anxiété, une détresse psychologique encore largement ignorée. Suivant une méthodologie solide et respectant une échelle validée scientifiquement, « loin des raccourcis, ce rapport distingue ce qui relève de la préoccupation légitime, de l’engagement, ou d’un mal-être qui commence à déborder« .
✔️ Environ un Français sur dix présente un niveau élevé d’éco-anxiété, avec des risques avérés pour sa santé mentale. Cela représente près de 500 000 personnes en situation de vulnérabilité clinique. Trois quarts des personnes interrogées ne manifestent pas de signes inquiétants. Mais entre les deux, une personne sur six se situe dans une zone de fragilité, avec des symptômes modérés qui peuvent évoluer. Ce qui permet de dépasser les oppositions trop simples entre indifférence et panique.
✔️ Le rapport éclaire aussi les profils les plus exposés. Ce ne sont pas les plus jeunes qui apparaissent en tête, mais les 25-34 ans. L’éco-anxiété est plus fréquente chez les femmes, chez les personnes diplômées et dans les grandes agglomérations. Plus on est engagé dans les enjeux environnementaux, plus le risque augmente. Cela ne signifie pas que l’engagement est un problème, mais qu’il doit être soutenu. Une lucidité sans soutien peut devenir épuisante.
✔️ Deux leviers se dessinent pour agir.
Le premier consiste à renforcer les politiques de transition, non seulement en posant des objectifs, mais en donnant aux citoyens des prises concrètes.
Le second appelle à reconnaître l’éco-anxiété comme une question de santé publique.
Il ne s’agit pas de médicaliser l’inquiétude, mais de prendre au sérieux ce que ressentent celles et ceux qui perçoivent les limites du monde dans lequel ils vivent. Les accompagner, les écouter, les soutenir, c’est aussi renforcer notre capacité collective à transformer la réalité.
En bref, comprendre l’éco-anxiété ne revient pas à pathologiser les émotions, mais à reconnaître que certaines prises de conscience peuvent isoler, fragiliser, voire épuiser. Y répondre, c’est créer les conditions d’un engagement durable, lucide et soutenu.
Nombre de Français éco-anxieux estimés en fonction des catégories d’intensité (sur 42.000.000 de Français de 15 à 64 ans
Résumé
L’éco-anxiété, définie par les chercheurs comme une détresse psychologique (mal-être) découlant des inquiétudes face à la crise environnementale, est un sujet de préoccupation exponentielle pour les populations mondiales. Les médias et la recherche s’en font l’écho, sans que l’on en connaisse précisément l’impact sur la population française. D’où la nécessité d’en établir l’état des lieux de façon objectivée. C’est l’une des ambitions de ce travail, première étude réalisée en France à partir d’un échantillon représentatif (de 15 à 64 ans concernant par extrapolation 42 millions de Français).
Catégories d’intensité d’éco-anxiété et classes de résultats
En complément, ce travail a permis d’améliorer l’approche de mesure de l’éco-anxiété, fondée sur un concept solide et un outil diagnostic construit scientifiquement, et de proposer un étalonnage original de catégories d’intensité croissante. Il permet de comprendre que l’éco-anxiété est un continuum avec des scores et des symptômes progressifs, révélant trois catégories générales d’éco-anxieux au sein de la population française.
1- D’abord, 31,5 millions de Français ne seraient pas du tout éco-anxieux, peu ou très peu.
2- Ensuite, 6,3 millions seraient moyennement éco-anxieux avec de premiers symptômes qu’il convient de ne pas laisser s’aggraver.
3- Enfin, 2,1 millions seraient fortement éco-anxieux et 2,1 millions très fortement éco-anxieux, au point de devoir bénéficier d’un suivi psychologique, avec un risque pour 420.000 d’entre eux de basculer vers une psychopathologie tierce connue (dépression réactionnelle ou trouble anxieux).
Catégories d’intensité d’éco-anxiété en fonction du score obtenu à l’HEAS
Aucune catégorie sociodémographique n’est épargnée par l’éco-anxiété, mais à des degrés différents. Elle touche plus les femmes que les hommes mais pas seulement les plus jeunes, contrairement à l’idée reçue.
Définition des scores-seuil de préoccupation clinique suivant une distribution théorique
Les Bac+3 sont les plus éco-anxieux, les sans diplômes le moins. La CSP1la moins éco-anxieuse est celle des retraités. Habiter en grande agglomération et en région parisienne accroît l’éco-anxiété, de même que l’intérêt pour l’environnement.
Définition des catégories d’intensité des scores d’éco-anxiété suivant une distribution théorique
Pour préserver la santé mentale des éco-anxieux, une prise en charge curative et préventive de l’éco-anxiété serait nécessaire aux niveaux individuel, collectif et sociétal, pour dépasser le problème de santé publique et transformer l’énergie négative de l’éco-anxiété en énergie positive de résilience tournée vers l’éco-engagement, au service de la transition environnementale.
Nombre de français éco-anxieux estimés en fonction des catégories d’intensité Ce tableau présente le nombre de Français estimé dans chaque catégorie d’intensité et résumé en « classes ». – La classe 1 représente les trois catégories d’intensité d’éco-anxiété les plus basses qui ne présentent aucune (ou quasiment aucune) menace à la santé mentale. – La classe 2 intègre la catégorie charnière des personnes moyennement éco-anxieuses dont les symptômes commencent à s’intensifier, sans pour autant menacer leur santé mentale. Cette classe représente le point de bascule dans la dynamique de l’intensification de l’éco-anxiété au-delà de laquelle les personnes risquent de développer une détresse psychologique susceptible de menacer leur santé mentale, si elle se chronicise et s’intensifie. – La classe 3 regroupe les trois catégories d’intensité d’éco-anxiété les plus élevées, avec un risque fort, très fort voire extrême pour la santé mentale.
Le Mouvess est un Mouvement qui œuvre à ce que l’Économie Écologique, Sociale et Solidaire (EESS) devienne la norme de l’économie de demain, pour répondre aux immenses défis sociaux, environnementaux et démocratiques de notre siècle. Il porte une vision exigeante de l’ESS, centrée sur l’utilité sociale et environnementale, le partage équitable des richesses et de la gouvernance, en promouvant ses formes les plus engagées, comme les Entreprises Solidaires d’Utilité Sociale (ESUS), les organisations d’intérêt général et reconnues d’utilité publique.
Entreprises écologiques, sociales et solidaires membres du Mouvess
Manifeste fondateur du Mouvess
Mouvement des entreprises écologiques, sociales et solidaires
Rassemblons et développons les entreprises écologiques, sociales et solidaires de notre pays
Inspirer ceux qui rêvent d’une société plus juste et d’une planète mieux préservée,
Trouver des solutions concrètes aux défis sociaux, sanitaires, éducatifs, environnementaux de ce siècle,
Développer ces actions au plus près des besoins de nos concitoyens et de nos territoires, dans toute leur diversité,
Accompagner les plus précaires, protéger les plus fragiles, promouvoir les droits, l’émancipation et l’autonomie de chacun à tout âge de la vie,
Repenser nos modèles de consommation et de production, nos mobilités, notre agriculture… afin de contribuer à l’atteinte des ODD1,
Telles sont les raisons d’agir des entreprises écologiques, sociales et solidaires, quelque soit leur forme juridique : association, coopérative, mutuelle, fondation, société commerciale.
Développer une dynamique entrepreneuriale entièrement dédiée à la résolution d’une problématique sociale ou environnementale,
Associer à un modèle économique pérenne, une gouvernance partagée, une non-lucrativité ou une lucrativité limitée, un encadrement clair des rémunérations du travail (telles que définies par l’agrément ESUS2) et du capital, afin de favoriser un partage équitable de la valeur,
Promouvoir une évaluation continue de l’impact social et environnemental,
Tel est le chemin d’exigence des entreprises écologiques, sociales et solidaires.
« C’est cette voie que nous souhaitons promouvoir et transmettre à toutes celles et tous ceux qui souhaitent s’engager. »
C’est vers nos entreprises sociales, écologiques et solidaires que nous souhaitons que les citoyens et les consomm’acteurs se tournent quand ils souhaitent agir en cohérence avec leur volonté de transformation écologique et solidaire de notre société.
« C’est cette voie que nous souhaitons voir davantage soutenue par les pouvoirs publics par un soutien massif à nos organisations au service de l’intérêt général par tous les leviers à disposition de la puissance publique.
C’est cette voie que nous souhaitons voir plus souvent suivie par les investisseurs, les financeurs, et polliniser l’ensemble de l’économie, dans un esprit de coalition ; mais sans confusion sur ce que nous sommes, ni dilution de nos ambitions de transformation sociale.
Qu’un nombre croissant d’entreprises se fixent pour mission de limiter davantage leurs externalités sociales et environnementales négatives, d’améliorer leur impact et de faire évoluer leur modèle en ce sens, est non seulement louable mais indispensable pour nous hisser collectivement et rapidement à la hauteur des défis planétaires de ce siècle. Nous continuerons de travailler en partenariat avec elles. »
L’entrepreneuriat social s’inscrit depuis toujours dans une logique de coopération avec l’ensemble du monde économique ; mais dans le respect de ce qui fonde son identité, de la force de son engagement, de son expression collective et finalement de son indispensable développement.
Au nom de ces valeurs, convictions et ambitions, le Mouvement des entreprises écologiques, sociales et solidaires (Mouvess) appelle toutes ces organisations, tous les acteurs de l’écosystème et plus largement tous les citoyens qui partagent cette vision, à le rejoindre.
Porter une réforme ambitieuse et exigeante de la loi sur l’ESS
« Le Mouvess est d’autant plus important que nous vivons un moment important de notre histoire collective avec l’évaluation de la loi de 2014 sur l’ESS, dite loi Hamon.
Par l’exigence que nous portons en matière d’utilité sociale et environnementale, de lucrativité limitée, de limitation des rémunérations comme de gouvernance partagée, la voix singulière de l’entrepreneuriat social, écologique et solidaire, est en effet l’aiguillon indispensable d’une évaluation de la loi lucide et ambitieuse, qui permette non seulement le développement de nos organisations partout en France, mais plus encore celui d’une économie sociale et solidaire définie avec exigence, en cohérence avec ses valeurs. »
Questions et paradoxe
Pourquoi l’ESS qui ambitionne légitimement d’être au cœur des défis sociaux et écologiques de ce siècle, demeure encore et toujours si peu visible et lisible du grand public, des médias comme des décideurs politiques et économiques ?
Pourquoi la part de l’ESS dans l’économie et dans l’emploi n’a pas progressé voire même a légèrement régressé en 10 ans ?
Paradoxe : parce qu’elles ont besoin d’objectiver leurs engagements et de les faire connaître, un nombre croissant d’entreprises de l’ESS adopte la qualité de société à mission : illustration significative que se réclamer de l’ESS ne leur suffit pas pour affirmer et faire progresser leur utilité sociale et environnementale.
« Pour répondre à ces questions, nous l’affirmons avec force : il faut revoir les critères qui définissent une organisation de l’ESS pour qu’enfin l’ESS soit compréhensible, révèle sa puissance transformatrice et constitue une référence solide face au social et green washing qui fleurissent jusqu’en son sein. C’est tout aussi indispensable pour se donner tous les moyens d’obtenir davantage des politiques publiques, telles que la « loi de programmation » réclamée par certains corps intermédiaires et réseaux de l’ESS.
Ainsi, puisque l’ESS se revendique force de progrès social et écologique, pourquoi ne pas introduire dans la loi l’obligation – a minima – de se fixer des objectifs sociaux et environnementaux pour toutes ses organisations3?
De même, puisque l’ESS se revendique force de résorption des inégalités sociales, pourquoi ne donne-t-elle pas l’exemple par un encadrement légal de la rémunération des dirigeants de ses plus grandes entreprises, en l’alignant a minima sur ce à quoi sont obligées les entreprises publiques déjà depuis 2012, soit une rémunération maximale de 450 000 euros annuels brut 4 ?
L’ ESUS au coeur du Mouvess
Des syndicats, ONG, économistes et médias à l’opinion publique, nombreuses sont désormais les voix posant cette question des rémunérations excessives des dirigeants d’entreprises, comme un enjeu de cohésion sociale.
Pourquoi l’économie qualifiée de « sociale et solidaire » ne serait-elle pas à l’avant-garde de cette aspiration à la justice sociale ?
« Alors même que la très grande majorité des femmes et des hommes à la tête d’une organisation de l’ESS, sont très loin de ces niveaux de rémunération : bien souvent, elles et ils font même le choix volontariste de gagner moins, pour agir plus équitablement et utilement.
Puisque nous souhaitons que l’ESS devienne véritablement « la norme souhaitable de l’économie de demain », capable d’accélérer l’atteinte des ODD en France et partout dans le monde, cela impose de nous hisser à ce niveau d’exigence, d’ouvrir la voie vers une économie plus soucieuse de justice sociale et de son empreinte écologique.
Il suffit d’interroger autour de soi, pour se rendre compte que la plupart de nos concitoyens sont convaincus qu’une économie sociale et solidaire porte « naturellement » ces principes et critères. Et de constater aussi leur étonnement quand ils apprennent que c’est loin d’être le cas en pratique pour certaines grandes enseignes bancaires, de distribution, industrielles, agricoles, assurantielles qui appartiennent pourtant à l’ESS, selon les critères actuels de la loi Hamon.
Dès lors, la révision de la loi Hamon, et tout particulièrement celle de son article 1 portant sur la définition de ces entreprises, s’impose comme une évidence afin de mettre en cohérence la définition légale de l’ESS et son récit, et d’assurer enfin sa notoriété comme son développement.
Cette évidence se heurte hélas à des corporatismes opposés à cette réforme pourtant fondamentale. Nous ne saurions nous satisfaire de l’argument d’autorité qui consiste à affirmer que la question de la définition de l’ESS aurait été tranchée une fois pour toutes en 2014 et plus récemment par une reconnaissance internationale à l’ONU.
Pas plus que nous ne pouvons tolérer le procès en fragilisation de l’ESS de militants qui la souhaitent simplement en harmonie avec ses propres idéaux affichés : ce sont au contraire les contradictions et ambiguïtés qui créent la fragilité du projet politique porté jusqu’à présent.
Aussi, avec toutes celles et ceux qui le souhaiteront, il nous faudra combattre ces conservatismes, réaffirmer l’importance d’une évaluation exigeante de la loi par le Parlement, y porter notre vision et nos propositions auprès de ses élus, et plus largement auprès de l’ensemble des acteurs de la société civile et des citoyens.
Pour porter avec force et clarté la voix des entreprises sociales, écologiques et solidaires,
Pour promouvoir une ESS plus exigeante avec elle-même et ainsi plus conquérante,
10 SMIC maximum pour la plus haute rémunération et 7 SMIC maximum pour la moyenne des 5 plus hautes rémunérations ↩︎
Actuellement seules les sociétés commerciales de l’ESS ont des obligations en la matière, d’ailleurs supérieures à l’obligation proposée ici puisqu’il s’agit pour elles de poursuivre une utilité sociale à titre principal. ↩︎
Tout en maintenant à 10 SMIC le plafond pour les entreprises prétendant à l’agrément ESUS. ↩︎
Pourquoi tant de stratégies climat sont mortes-nées ? Darlène Kassem, experte projets bas carbone agricoles & alimentaires et fondatrice de l’association environnementale YIRI, répond « Parce qu’on se précipite sur les outils … sans avoir posé les vraies questions« . Une stratégie climat implique de nombreux choix qu’on ne peut plus repousser et le guide ESG du capital-investissement de France Invest & PwC est simple même pour les plus petites structures.
5 questions préalables essentielles
Avant de sortir des tableaux et des indicateurs, Darlène Kassem nous invite à se demander :
Ce projet, à quoi répond-il exactement ?
Que remet-il en question dans notre modèle ?
Quelles sont les parties prenantes autour de la table ?
Parle-t’on de nos vrais impacts, ou juste de ce qui fait bien ?
Combien cela nous coûtera-t’il si on ne fait rien – et comment on paiera ?
Exemple de prise en compte de l’ESG dans le process d’investissement Source : Azulis
Une stratégie climat est un paquet de choix qu’on ne peut plus repousser !
Darlène Kassem, experte projets bas carbone agricoles & alimentaires et fondatrice de l’association environnementale YIRI
Étapes pour impliquer les collaborateurs
Ce guide ESG du capital-investissement de France Invest & PwC est simple même pour les plus petites structures. Il est clair, structurant, avec des grilles d’analyse simples. Il est pertinent pour les PME, les coopératives, les structures de terrain.
Du chemin à l’autoroute de la performance, le développement durable au cœur de la performance du capital-investissement français.
En conclusion, regards d’experts – Emilie Bobin et Sylvain Lambert – PwC
Entre 2010, date de publication « capital-investissement et Développement Durable » et la sortie du présent guide, huit années se sont écoulées. Le titre même de cet ouvrage résume les progrès parcourus : « Le capital-investissement, acteur du Développement Durable ». Qui aurait pu imaginer écrire cela en 2009 lorsque l’idée de réaliser le premier document a germé ? Comment imaginer alors la très forte accélération qu’allait connaître l’industrie sur les questions ESG ?
Comme aucun autre secteur, le capital-investissement a fait bouger les lignes en peu de temps sur le développement durable, et en France par rapport aux autres pays, au moment où l’AFIC est devenu « France Invest », il est largement en pointe sur ces questions. Dans le même temps, l’industrie connaît des performances records en matière de levées de fonds année après année, illustrant aussi le fort dynamisme du capital-investissement français. Les chiffres 2018 confirment le doublement des ressources entre 2013 et 2018 pour le secteur.
Peut-on voir un lien entre ces deux performances : leader en ESG et parmi les leaders en levées de fonds ?
S’il ne se voit pas en première analyse, il est pourtant bien réel. Dans l’atmosphère de très forte défiance, voire de crise de confiance, entre d’un côté la société civile et les politiques et de l’autre, l’univers de la finance, le capital-investissement a su s’imposer comme une quatrième voie capitalistique. Une voie qui investit du vrai argent dans la vraie économie, celle qui contribue à la croissance d’un pays : le tissu des PME et ETI françaises.
Il a su expliquer aux acteurs politiques son rôle, son importance et sa vision d’une finance responsable et à visage humain. Et ce faisant, il a commencé à changer les perceptions que l’on pouvait avoir de lui dans l’opinion publique. La transparence, qui lui faisait défaut, et la vision responsable et durable de son empreinte sociale, sociétale et environnementale sont autant d’éléments qui lui permette et lui permettront de continuer à attirer de plus en plus de capitaux français et étrangers et de contribuer fortement au développement de entreprises françaises.
Le capital-investissement français est donc bien un acteur majeur et durable de l’économie. Un acteur qui a la capacité de transformer des PME françaises en ETI internationales performantes au bénéfice de la France. Et l’ESG, au-delà d’une vision compliance et analyse des risques, permet de donner à ces entreprises un cadre les structurant sur leurs valeurs et les protégeant face aux complexités de la compétition internationale.
France Invest, association professionnelle des acteurs du capital-investissement, de la dette et de l’infrastructure, fédère une communauté de femmes et d’hommes qui fait le pont entre l’épargne et l’économie, déploie ses ressources pour rendre plus robustes les start-up, PME et ETI françaises. Elle s’attache à rendre la croissance vertueuse, à créer des emplois, réindustrialiser, soutenir l’économie des territoires et construire les infrastructures de demain.
En 40 ans, France Invest a beaucoup grandu : s’ils étaient 30 membres à investir 140 millions d’euros dans 300 entreprises en 1984, ils sont désormais 450 à investir près de 45 milliards d’euros dans plus de 3000 entreprises. Quel chemin parcouru pour renforcer durablement l’économie et le patrimoine des français !
Juste avant la grande Conférence des Nations Unies sur les Océans (UNOC) qui se tiendra à Nice du 9 au 13 juin 2025, le Plan Bleu publie un important rapport sur la Méditerranée.
Depuis 40 ans, le Plan Bleu a transformé cet espace unique qu’est la mer méditéranée en un laboratoire à ciel ouvert où chaque changement, qu’il soit écologique, environnemental, social, culturel ou économique, est soigneusement étudié et catalogué.
Les enjeux environnementaux et sociaux sont nombreux et complexes. Entourée de 22 pays avec une population de plus de 500 millions d’habitants, elle reste un mythe, bien qu’elle soit devenue une « mer de déchets » fortement affectée par les activités humaines et le changement climatique.
LES TROIS ÉTAPES DE PRISE EN COMPTE DES INTERDÉPENDANCES ENTRE LA MER ET LES ACTIVITÉS HUMAINES
Presque fermé, c’est un véritable laboratoire à ciel ouvert de 3 765 000 km3. C’est une goutte d’eau dans l’océan par rapport aux 1 370 000 000 km3 des océans.
Cela a permis d’évaluer et d’étudier plus précisément les impacts de l’activité humaine sur l’environnement depuis 40 ans et de trouver des solutions pour y remédier.
C’est le travail que le Plan Bleu mène depuis 40 ans, pour mieux comprendre comment l’humain affecte le milieu marin.
Un travail qui nous aide à trouver les moyens de restaurer les différents milieux.
À ce titre, et à l’occasion de l’UNOC à Nice en juin 2025, le Plan Bleu présentera ses dernières observations sur l’évolution des écosystèmes marins face à l’activité humaine dans un rapport intitulé MED 2050
Il s’agit d’une étude de prospective participative de grande envergure qui a mobilisé une centaine d’experts pendant quatre ans. Elle présente six scénarios possibles pour la Méditerranée (en tant que mer et en tant que région) à l’horizon 2050.
STRESS HYDRIQUE PRÉVU EN 2050 DANS L’HYPOTHÈSE D’UN SCÉNARIO TENDANCIEL (Source WRI, Using cutting-edge data to identify and evaluate water risks around the world – wri.org/aqueduct)
Un rapport qui vise à éclairer les décideurs et l’ensemble des parties prenantes sur les grands défis auxquels la région sera confrontée dans les décennies à venir.
Le travail réalisé par PLAN BLEU depuis 40 ans intéresse d’autres territoires marins et pourrait être un modèle d’observation et d’action prospective nécessaire à la protection de l’ensemble des océans.
4 réalités d’ores et déjà préoccupantes pour la Méditerranée :
C’est, après l’Arctique, la région du monde qui se réchauffe le plus vite ;
C’est aussi l’un des hotspots de la biodiversité marine et terrestre mondiale parmi les plus menacés, avec pour les espèces marines commercialisées un taux de surexploitation de 80 % et une baisse des prises de pêche qui, entre 1992 et 2020 sont passées de 1,2 millions de tonnes à 800 000 tonnes ;
C’est en même temps, la mer la plus polluée par les plastiques au monde ;
C’est la région où vit 60 % de la population mondiale pauvre en eau, avec plus de 55 % des habitants du Sud qui souffrent déjà d’importantes pénuries d’eau (moins de 1000 m3 par habitant).
LES DOUBLES LIMITES (PLANÉTAIRES ET SOCIALES) : LE DONUT DE KATE RAWORTH Oxfam 2018
Conclusion sur les tendances
« Hot spot » mondial de la biodiversité, de la culture et du tourisme, mais aussi de la pollution marine et du changement climatique, la région méditerranéenne va être d’ici à 2050 simultanément confrontée aux effets d’un bouleversement des climats beaucoup plus importants qu’ailleurs et d’une hausse de moitié de la population au Sud et du tiers à l’Est ; population se concentrant massivement dans les villes et sur le littoral.
Le recours à l’aquaculture et au dessalement n’éviteront pas d’avoir à faire face à des pressions socio-économiques et politiques de plus en plus fortes pour la surexploitation des ressources marines ou terrestres, à une transformation structurelle de l’écosystème marin et à une situation de sécheresse critique s’étendant progressivement à de nombreux pays du Nord.
Toutes les activités vitales et les territoires de la région vont être impactés, de l’agriculture au transport maritime et au tourisme, les villes comme les campagnes, avec une dépendance alimentaire qui va sensiblement s’accroître.
D’importantes incertitudes demeurent à long terme sur des thèmes aussi importants que les perspectives de croissance économique au niveau de l’ensemble de la région, ou dans des secteurs comme l’économie bleue, le tourisme, les transports ou l’énergie. Ces incertitudes règnent aussi sur la capacité future pour les pays méditerranéens de trouver leur place dans la révolution numérique et industrielle qui a commencé au début du siècle.
De fortes controverses subsistent également sur l’évolution des sociétés ou des systèmes de valeurs comme sur les évolutions géopolitiques : le rôle futur de l’Europe en Méditerranée, les perspectives de coopérations intra-méditerranéennes et la poursuite ou non du processus de fragmentation et de fracturation de la région.
Ces incertitudes justifient la multiplicité des scénarios proposés dans la quatrième partie du rapport. Cependant, une certitude au moins s’impose : compte tenu des tendances relativement sombres qui se dessinent à l’horizon 2050, certains évoquant la Méditerranée comme un « champ de ruines » à cet horizon31, l’attentisme et le « business as usual » ne pourront être une solution.
Rapport MED 2050 : La méditerranée à l’horizon 2050
Céline Leroy, chercheuse en écologie, nous parle de plantes relativement communes comme le houx, le lierre ou le chêne. Tous ces végétaux ont plusieurs types de feuilles. Cette réalité s’appelle l’hétérophyllie, souvent une fine stratégie d’adaptation ! Thierry Gauquelin1 nous emmène, de l’autre côté de la Méditerranée, découvrir ce colosse de plus de 500 ans qu’est le genévrier de l’Atlas marocain, auquel il a consacré un ouvrage entier. Il nous y explique au passage l’avantage, pour certains arbres, d’avoir de petites feuilles !
Pourquoi certaines plantes ont différents types de feuilles : les secrets de l’hétérophyllie
Toutes ces feuilles ont été prélevées sur la même plante : un houx commun. Frank Vincentz, CC BY
Avez-vous déjà observé une plante avec des feuilles de formes différentes ? Ce phénomène, à la fois surprenant et fascinant, porte un nom : l’hétérophyllie. Loin d’être une bizarrerie botanique, il s’agit d’une véritable stratégie d’adaptation, permettant à certains végétaux de mieux faire face à la diversité des contraintes de leur environnement.
Vous avez sans doute déjà croisé du houx en forêt, dans un jardin ou même en décoration de Noël. Ses feuilles piquantes sont bien connues. Mais avez-vous déjà remarqué que toutes ne sont pas armées de piquants ? Sur une même plante, on trouve des feuilles épineuses en bas, et d’autres lisses plus haut. Ce n’est pas une erreur de la nature, mais un phénomène botanique fascinant : l’hétérophyllie, un mot qui vient du grec heteros signifiant différent, et de phullon, qui désigne la feuille.
Cette particularité s’observe chez de nombreuses espèces, aussi bien terrestres qu’aquatiques, où un même individu peut produire des feuilles très différentes par leur taille, leur forme, leur structure, voire leur couleur. Loin d’être simplement esthétique, cette diversité joue un rôle crucial dans la survie, la croissance et la reproduction des plantes.
Mais d’où vient cette capacité à changer de feuilles ? L’hétérophyllie peut en fait être déclenchée par des variations de l’environnement (lumière, humidité, faune herbivore…). Cette faculté d’adaptation est alors le résultat de ce qu’on appelle la plasticité phénotypique. L’hétérophyllie peut aussi résulter d’une programmation génétique propre à certaines espèces, qui produisent naturellement plusieurs types de feuilles. Quelle qu’en soit l’origine, la forme d’une feuille est le résultat d’une série d’ajustements complexes en lien avec les conditions environnementales du milieu.
Se défendre là où ça compte : quand les plantes adaptent leurs feuilles aux herbivores
Si l’on reprend le cas du houx commun (Ilex aquifolium), celui-ci offre un exemple frappant d’hétérophyllie défensive en réaction à son environnement. Sur un même arbuste, les feuilles basses, à portée d’herbivores, ont des piquants ; celles plus haut sur la tige, hors d’atteinte des animaux, sont lisses et inoffensives. Cette variation permet à la plante d’optimiser ses défenses là où le danger est réel, tout en économisant de l’énergie sur les zones moins exposées, car produire des épines est coûteux.
Des recherches ont montré que cette répartition n’est pas figée. Dans les zones très pâturées, les houx produisent plus de feuilles piquantes, y compris en hauteur, ce qui indique une capacité de réaction à la pression exercée par les herbivores. Cette plasticité phénotypique est donc induite par l’herbivorie. Mais le houx n’est pas un cas isolé. D’autres plantes déploient des stratégies similaires, parfois discrètes, traduisant une stratégie adaptative : modifier la texture, la forme ou la structure des feuilles pour réduire l’appétence ou la digestibilité, et ainsi limiter les pertes de tissus.
Lumière et ombre : quand l’éclairement façonne les feuilles
La lumière joue un rôle tout aussi déterminant dans la morphologie des feuilles. Chez de nombreuses espèces, les feuilles exposées à une lumière intense n’ont pas la même forme que celles situées à l’ombre.
Les feuilles dites « de lumière », que l’on trouve sur les parties supérieures de la plante ou sur les branches bien exposées, sont souvent plus petites, plus épaisses et parfois plus profondément découpées. Cette forme favorise la dissipation de la chaleur, réduit les pertes d’eau et augmente l’efficacité de la photosynthèse en milieu lumineux. À l’inverse, les feuilles d’ombre, plus grandes et plus minces, sont conçues pour maximiser la surface de captation de lumière dans des conditions de faible éclairement. Elles contiennent souvent davantage de chlorophylle, ce qui leur donne une couleur plus foncée.
Ce contraste est particulièrement visible chez les chênes, dont les feuilles supérieures sont épaisses et lobées, tandis que celles situées plus bas sont larges, souples et moins découpées. De très nombreuses plantes forestières présentent également ces différences. Sur une même plante, la lumière peut ainsi façonner les feuilles en fonction de leur position, illustrant une hétérophyllie adaptative liée à l’exposition lumineuse.
Vivre entre deux mondes : les plantes aquatiques à feuilles à double forme
Chez les plantes aquatiques ou amphibies, l’hétérophyllie atteint des formes encore plus spectaculaires. Certaines espèces vivent en partie dans l’eau, en partie à l’air libre et doivent composer avec des contraintes physiques très différentes.
C’est le cas de la renoncule aquatique (Ranunculus aquatilis), qui produit des feuilles très différentes selon leur emplacement. Les feuilles immergées sont fines, allongées et très découpées, presque filamenteuses.
Cette morphologie réduit la résistance au courant, facilite la circulation de l’eau autour des tissus et améliore les échanges gazeux dans un milieu pauvre en oxygène. En revanche, les feuilles flottantes ou émergées sont larges, arrondies et optimisées pour capter la lumière et absorber le dioxyde de carbone de l’air. Ce phénomène est réversible : si le niveau d’eau change, la plante ajuste la forme de ses nouvelles feuilles.
La sagittaire aquatique (Sagittaria spp.) présente elle aussi une hétérophyllie remarquable, avec des feuilles émergées en forme de flèche, épaisses et rigides et des feuilles souvent linéaires et fines sous l’eau. Ces changements illustrent une stratégie morphologique adaptative, qui permet à une même plante d’exploiter efficacement des milieux radicalement différents.
Pour suivre au plus près les questions environnementales, retrouvez chaque jeudi notre newsletter thématique « Ici la Terre ».
Changer avec l’âge : quand la diversité des feuilles est inscrite dans le développement des plantes
Mais l’hétérophyllie ne résulte pas toujours de l’environnement. Chez de nombreuses espèces, elle accompagne simplement le développement naturel de la plante. À mesure que la plante grandit, elle passe par différents stades de développement, au cours desquels elle produit des feuilles de formes distinctes.
Ce processus, appelé « hétéroblastie », marque bien souvent le passage entre les phases juvénile et adulte. Un exemple classique est celui du lierre commun (Hedera helix). Les tiges rampantes ou grimpantes portent des feuilles lobées caractéristiques du stade juvénile, tandis que les tiges qui portent les fleurs, situées en hauteur, portent des feuilles entières et ovales. Ce changement est irréversible et marque l’entrée de la plante dans sa phase reproductive.
Le lierre (Hedera helix) présente deux types de feuilles : les premières, celles qu’on connaît le mieux, sont lobées et celles que l’on trouve sur les rameaux floraux sont plus claires, entières et ovales. S. Filoche-O. Roquinarc’h/INPN, CC BY
Un autre exemple frappant est celui de certains acacias australiens. Les jeunes individus développent des feuilles composées, typiques des légumineuses. À mesure qu’ils grandissent, ces feuilles sont progressivement remplacées par des phyllodes, des pétioles (c’est-à-dire la partie qui unit chez la plupart des plantes la base de la feuille et la tige) élargis qui assurent la photosynthèse tout en limitant l’évaporation (voir planche dessins, ci-dessous). Ces structures en forme de faucille sont particulièrement bien adaptées aux climats chauds et secs, car elles peuvent maintenir une activité photosynthétique efficace tout en minimisant les pertes hydriques.
Céline Leroy, Fourni par l’auteur
Les processus derrière l’hétérophyllie
Les mécanismes qui permettent à une plante de modifier la forme de ses feuilles sont complexes et encore mal compris. On connaît mieux les formes que prennent les feuilles que les mécanismes qui les déclenchent ou les fonctions qu’elles remplissent.
Les plantes hétéroblastiques, quant à elles, sont principalement contrôlées par des mécanismes génétiques et moléculaires. La succession des types de feuilles au cours du développement peut néanmoins être accélérée ou retardée en fonction des conditions de croissance, traduisant une interaction fine entre développement et environnement.
La régulation de l’hétérophyllie repose ainsi sur une combinaison d’interactions hormonales, génétiques, épigénétiques et environnementales. Ce phénomène constitue également un exemple remarquable de convergence évolutive, car l’hétérophyllie est apparu indépendamment dans des lignées végétales très différentes. Cela suggère qu’il s’agit d’une solution robuste face à la diversité des conditions présentes dans l’environnement.
Les recherches futures, notamment grâce aux outils de génomique comparative, d’épigénomique et de transcriptomique, permettront sans doute de mieux comprendre l’évolution et les avantages adaptatifs de cette étonnante plasticité des formes de feuilles.
Quelles sont les pratiques les plus favorables à la biodiversité en forêt ou en agriculture ?
Si vous avez un avis sur la question, vous faites peut-être partie de la réponse. Un projet de sciences participatives cherche justement à étudier cela. Si cela vous intéresse, connectez-vous à la plateforme Puzzling Biodiversity, conçue, développée et hébergée par le MNHN, en partenariat avec la Fondation pour la recherche sur la biodiversité et Carbone 4, et contribuez au premier classement de référence de ces pratiques !
Pratiques en forêt exploitées tempérées d’Europe occidentale
Si les arbres pouvaient seulement parler. C’est en partant de ce postulat que l’écologue spécialiste des forêts du bassin méditerranéen Thierry Gauquelin a tâché de raconter la longue vie d’un genévrier de l’Atlas marocain (Juniperus thurifera) de plus de 500 ans.
Dans ce chapitre de son roman De mémoire d’arbre, paru aux éditions Tana, il nous raconte l’avantage qu’il y a pour certains arbres d’avoir de petites feuilles.
J’ai été souvent raillé à cause de la taille de mes feuilles ; ce qui mérite quelques explications.
La taille versus le nombre
Ce sont effectivement de très petites feuilles – moins de trois millimètres de longueur – des sortes d’écailles imbriquées le long d’un rameau minuscule et disposées sur quatre rangées. On dit ainsi qu’elles sont opposées. Si vous observez attentivement ces petites feuilles, vous verrez qu’elles présentent chacune une petite glande très odorante sur leur dos, un peu comme une bosse. Cette glande libère une odeur forte, surtout en été sous un soleil de plomb. De quoi décourager les palais délicats. Mais il faut bien avouer que cela ne fonctionne pas si bien. Les chèvres, qui de toute façon n’ont rien d’autre à manger à nos altitudes, ne font pas la fine bouche. À contrecœur, elles ont accepté, au fil des générations, cette nourriture que le berger leur propose en coupant d’un coup de hache les branches basses sur lesquelles le troupeau se ruera, une fois celles‐ci tombées au sol.
Rameaux de genévrier thurifère avec feuilles imbriquées en écaille et cônes femelles. Fourni par l’auteur
Dans tous les cas, être de petite taille peut apparaître pour une feuille comme peu favorable à la photosynthèse, tant la surface présentée aux rayons du soleil est faible. Mais le nombre fait la force, les feuilles étant regroupées au minimum par 50 le long d’un rameau, la surface du feuillage n’est pas négligeable… Et les rayons du soleil peuvent atteindre ces écailles, quelles que soient leurs positions, du matin au soir, de l’hiver à l’été.
De plus, je n’ai pas besoin d’être performant au niveau photosynthèse ; je n’ai pas vraiment de concurrence et pousser vite ne constitue pas pour moi un objectif de carrière, ni à moyen ni à long terme.
Reste la question essentielle : l’eau qui, tous les ans, revient à l’approche de l’été, et de manière, j’en ai l’impression, plus acerbe d’année en année. Car, sur le pourtour méditerranéen, le changement climatique, c’est bien sûr l’augmentation de la température, mais aussi une aridification croissante avec des sécheresses de plus en plus fréquentes et de plus en plus longues, s’étendant bien au‐delà de la seule période sèche estivale à laquelle je suis habitué.
L’avantage des petites feuilles dans un climat aride
Il est hors de question que je gaspille toute cette eau que le sol a difficilement emmagasinée en hiver, par une transpiration importante au niveau de mes feuilles. Plus les feuilles sont grandes et plus la transpiration peut être intense. Une très grande et fine feuille, c’est bien pour les hêtres des forêts de l’autre côté de la Méditerranée. Ces chanceux ne manquent que rarement d’eau… Cela viendra sans doute avec le changement climatique. En plus, les brouillards fréquents dans ces régions limitent cette transpiration. Ils peuvent se permettre ces belles feuilles, bien larges ; idéales pour la photosynthèse.
Rien de tout cela ici. Cette eau, difficile à absorber par mes racines, surtout en été, je dois l’économiser, la garder à tout prix dans mes tissus foliaires, l’empêcher de sortir impunément. En même temps, je ne peux complètement fermer les petits orifices – les scientifiques appellent cela « les stomates » – qui parsèment la surface de mes feuilles, car c’est par ces mêmes orifices que pénètre le CO2 dont je vais me nourrir pour fabriquer tous mes tissus. Donc l’idée d’avoir des toutes petites feuilles n’est pas mauvaise. Mais je dois faire mieux. C’est pourquoi, mes feuilles sont recouvertes d’une couche de cire épaisse jouant le rôle d’un vernis imperméable limitant la transpiration à travers les cellules de l’épiderme. Enfin, elles sont capables d’absorber directement l’eau contenue dans l’atmosphère.
Thurifèraie du Haut Atlas de Marrakech, vers 2 400 m d’altitude. Fourni par l’auteur
Les prouesses du séquoia
L’un des étudiants venant visiter cette année la forêt a laissé s’échapper de son sac à dos une publication en anglais qui m’a conforté dans ma stratégie. Bien que je ne lise l’anglais que très approximativement, j’ai parcouru ces quelques pages imprimées – une chance pour moi que la version numérique n’ait pas fait disparaître le papier – et j’ai compris que cette publication parlait de mon collègue californien, le Sequoia sempervirens – le séquoia à feuilles d’if –, ce géant qui peut atteindre plus de 110 mètres de haut. L’article montrait que cette espèce emblématique avec laquelle je me garderai bien de rivaliser pour la taille – pour l’âge, on peut discuter – possède deux types de feuilles : des aiguilles classiques disposées de part et d’autre des rameaux, et de petites feuilles dites axiales appliquées contre les rameaux. Eh bien, ces feuilles‐là ont la capacité de retenir l’eau, voire de l’absorber. Du coup, une partie de l’eau consommée par l’arbre, souvent baigné dans une brume chargée d’humidité, l’est par ces feuilles du houppier.
C’est sans nul doute un avantage certain face aux sécheresses estivales et à l’absence de pluie, des conditions qui prévalent le long de la côte nord de la Californie, et qui risquent de s’accentuer avec le changement climatique. Un de mes cousins proches, vivant dans les falaises, le genévrier de Phénicie, est aussi capable d’absorber directement de l’eau contenue dans l’atmosphère par ses minuscules feuilles entourant le rameau. Après plusieurs centaines d’années d’existence, je n’ai pas encore pu, malgré la position de yoga qui est la mienne et qui aurait pu me conduire à une certaine introspection, comprendre parfaitement la manière dont je fonctionne et résiste au stress. Dans tous les cas, si cela se révélait exact, je peux vous assurer qu’il n’y a aucune volonté de ma part, aucune réflexion consciente qui me ferait dire : et si j’absorbais de l’eau par les feuilles, ce serait cool… Ah le fameux effet cooling ! Je dis cela, car on a prêté à certaines espèces d’arbres – et pas des moindres – une forme d’intelligence qui irait au‐delà de la simple adaptation à leur environnement et qui impliquerait une démarche volontaire.
Des feuilles en toutes saisons
J’ai oublié de vous préciser deux choses essentielles.
D’une part, que je fais partie des espèces dites sempervirentes, celles qui choisissent de ne pas renouveler la totalité de leurs feuilles chaque année. Vous le savez, les espèces végétales se répartissent en deux groupes principaux au comportement phénologique bien différent. Soit les arbres gardent – au moins en partie – leurs feuilles vivantes en hiver, ce sont les espèces à feuillage persistant, comme moi, soit elles les perdent toutes à l’automne, renouvelant alors la totalité de leur feuillage au printemps, et elles sont qualifiées alors d’espèces à feuillage caduc.
La sempervirence est de règle dans mon groupe des gymnospermes, à quelques notables exceptions.
Soulignons d’entrée que je perds bien sûr mes feuilles de temps en temps ; sinon elles auraient le même âge que moi ! Mais au lieu d’en perdre la totalité tous les hivers, je n’en abandonne qu’un tiers, voire moins, chaque année ; il reste donc toujours des feuilles vertes dans mon houppier. Cela me permet de prolonger la période d’activité photosynthétique à la saison hivernale, quand elle est relativement clémente. Si elle l’est moins, ce n’est pas un problème car mes feuilles présentent une résistance au gel exceptionnelle. Garder mes feuilles plusieurs années me permet aussi d’économiser des ressources, tels l’azote ou le phosphore, qui existent en quantités limitées dans le sol et que je devrais mobiliser pour fabriquer des feuilles neuves.
Vieux genévrier mutilé du Haut Atlas oriental. Fourni par l’auteur
D’autre part, si mes feuilles sont petites, mon feuillage est particulièrement dense. Sous mon couvert, même par une journée chaude et ensoleillée, c’est le lieu idéal pour se reposer, que l’on soit berger, chèvre ou randonneur. C’est aussi cette densité du couvert qui explique ce sol particulier et riche qui se développe à l’aplomb de ma couronne. Tous les genévriers thurifères du Haut Atlas n’ont pas la chance d’avoir un couvert aussi dense que le mien. Beaucoup ont été tellement sollicités par le troupeau ou la hache du berger qu’ils ressemblent aujourd’hui à des candélabres déplumés garnis de quelques faisceaux de feuilles vertes aux extrémités des branches.
Je termine en précisant que, entre ce houppier dense et mon tronc massif, j’ai une silhouette élégante, sculptée par des siècles de vent et de neiges hivernales, de sécheresses estivales, mais aussi par l’homme et son troupeau. Car ma silhouette est également le résultat de l’action humaine au fil des ans, voire des siècles, à force de coupes de branches et de broutage des feuilles, auxquels j’ai réagi par autant de nouvelles ramifications et cicatrisations.
À l’heure où les enjeux environnementaux et sociétaux s’imposent dans toutes les sphères de l’économie, les structures à impact telles que les associations, coopératives, fondations ou entreprises de l’économie sociale et solidaire, doivent adapter leur présence numérique. Comment concevoir un écosystème digital efficace tout en restant aligné avec ses valeurs ? Entre sobriété, accessibilité et cohérence, le défi est de taille.
Pourquoi les structures à impact doivent repenser leur présence numérique
La transition écologique et solidaire passe aussi par le numérique. Bien que dématérialisé, ce dernier n’est pas exempt d’impact environnemental et social. L’hébergement des données, le poids des pages, la fréquence des mises à jour ou encore les outils utilisés ont un coût énergétique réel.
Dans ce contexte, les structures engagées sont confrontées à une double exigence : utiliser les canaux digitaux pour se rendre visibles, informer, collecter des fonds ou mobiliser des partenaires, tout en réduisant leur empreinte écologique et en assurant une transparence totale. Il ne s’agit donc pas seulement de « faire un site », mais de concevoir une stratégie numérique responsable.
Dès la première étape de cette stratégie, le choix d’un nom de domaine cohérent et explicite, en accord avec la mission de l’organisation, permet de refléter son engagement, son accessibilité et ses valeurs de transparence. Un nom clair, en lien avec la raison d’être du projet et facilement mémorisable, contribue à renforcer la compréhension et l’impact global de la démarche.
Accessibilité, sobriété, cohérence : les nouveaux standards
Une présence numérique responsable repose sur des principes concrets :
Sobriété technique : choisir un design épuré, limiter les animations ou les images lourdes, optimiser les temps de chargement et privilégier un hébergement éco-responsable.
Accessibilité : veiller à ce que les contenus soient compréhensibles par tous, y compris les publics en situation de handicap ou éloignés du numérique.
Simplicité de navigation : limiter les redirections inutiles, proposer des menus clairs et éviter les tunnels de conversion complexes.
Ces choix, souvent considérés comme des détails, sont en réalité des fondations. Ils garantissent non seulement une meilleure expérience utilisateur, mais traduisent aussi une volonté d’inclusivité et d’efficacité. Le nom de domaine à forte lisibilité et ancré dans l’identité de l’organisation peut également faciliter l’accès au site pour des publics moins familiers avec le numérique, notamment dans les actions de terrain ou les démarches de sensibilisation.
Une identité web alignée avec les valeurs sociales et écologiques
Aligner l’identité numérique avec les valeurs portées par l’organisation est un levier de cohérence stratégique. Cela concerne autant le choix des contenus que la manière dont ils sont présentés. Un site responsable n’est pas seulement un outil de communication, c’est une extension des engagements de terrain.
L’image transmise via le site doit être fidèle à la mission : ton rédactionnel neutre et inclusif, transparence des actions, clarté des objectifs, absence de greenwashing ou de promesses commerciales déplacées. Chaque élément – arborescence, formulaire, actualité – peut renforcer ou fragiliser la confiance des parties prenantes.
Dans cette logique, le nom de domaine est souvent le premier contact entre l’organisation et ses publics. S’il évoque les valeurs défendues, la cause portée ou la nature du projet, il devient un repère, un symbole, voire un outil d’engagement. Il participe également à la construction d’un référencement naturel éthique et pertinent.
En conclusion, une stratégie digitale alignée avec les valeurs sociales et écologiques ne repose pas sur des artifices, mais sur une réflexion rigoureuse, ancrée dans les usages et les attentes des publics. Choisir un nom de domaine pertinent, opter pour une conception sobre et accessible, et produire un contenu clair et cohérent sont autant de gestes qui, cumulés, construisent un numérique réellement responsable.
Pour que les pratiques agricoles évoluent, il faut que les agriculteurs aient intérêt à le faire et soient accompagnés dans ces changements. Certains pays ont ainsi réussi à réduire durablement l’utilisation de pesticides et engrais chimiques. Voici comment.
En France, en Allemagne, aux Pays-Bas, c’est une petite musique qui monte : celle des agriculteurs assaillis sous les contrôles et les réglementations environnementales qui menacent la viabilité de leurs exploitations. Une petite musique devenue un cri de colère lors de manifestations un peu partout en Europe, en 2024, et qui a permis de faire retirer en France, par exemple, la version renforcée du plan Écophyto.
L’agriculture se retrouve ainsi à jongler entre plusieurs objectifs : nourrir une population mondiale croissante, assurer un revenu décent aux agriculteurs, tout en protégeant la santé humaine et l’environnement pour la génération actuelle mais aussi pour les générations futures.
Par ailleurs, plus les engrais et pesticides chimiques sont utilisés, moins ils se révèlent efficaces sur le long terme, car les sols se dégradent, et les organismes pathogènes développent des résistances, créant ainsi une spirale de dépendance aux intrants chimiques. C’est pourquoi, il devient nécessaire de réduire leur utilisation.
La bonne nouvelle, c’est que de nombreuses alternatives existent pour réduire leur usage sans pour autant compromettre la production agricole. Cependant, ces pratiques sont encore peu utilisées, car les agriculteurs ne sont que très peu encouragés à le faire sur le plan économique et parce que ces alternatives sont parfois plus difficiles à mettre en œuvre que les solutions chimiques. Mais des pays montrent aujourd’hui que, en accompagnant les agriculteurs, des changements rapides de paradigme peuvent avoir lieu.
Décharger les agriculteurs d’un fardeau
De fait, réduire l’utilisation des intrants chimiques ne peut pas reposer uniquement sur les agriculteurs. Bien que leur rôle soit central, leurs choix en matière d’intrants sont souvent contraints par des obligations contractuelles, économiques et réglementaires.
La transition vers une agriculture plus durable ne peut donc reposer seulement sur leurs épaules. C’est en réalité l’ensemble des acteurs de la chaîne agroalimentaire, industrie agrochimique, distributeurs, consommateurs et législateurs qui doit être mobilisé. Les politiques publiques ont un rôle clé à jouer pour inciter les fabricants d’intrants agricoles à orienter leur production vers des alternatives moins nocives.
De leur côté, les consommateurs peuvent peser sur les pratiques agricoles en privilégiant des produits moins dépendants aux intrants chimiques, à condition toutefois d’y avoir accès et d’être correctement informés. Seule une approche systémique, répartissant équitablement les responsabilités, permettra d’éviter que le poids de la transition ne repose sur des agriculteurs souvent soumis à de fortes contraintes économiques.
Pour cela, il existe plusieurs types de mesures dont certaines ont déjà été testées sans grand succès, comme l’instauration de taxes ou de subventions. Mais pour être efficaces, elles doivent être mises en œuvre de façon à ce que chaque acteur ait la possibilité de modifier ses habitudes et ses pratiques et puisse contribuer à une agriculture durable. Allier incitations économiques, pédagogie, et, lorsque la santé humaine ou environnementale est en jeu, interdictions, constitue une approche prometteuse pour encourager chacun à réfléchir à ses choix et à repenser son rapport aux intrants chimiques.
Pour suivre au plus près les questions environnementales, retrouvez chaque jeudi notre newsletter thématique « Ici la Terre ».
Les initiatives danoises ou suisses
L’implication des différents acteurs a eu un impact significatif dans plusieurs pays, notamment européens, qui ont réussi à concilier sécurité alimentaire et réduction de la pollution agricole.
Par exemple, le Danemark, souvent cité comme modèle de réussite, a réduit de 50 % en trente ans (1980-2012) ses excédents d’azote chimiques et organiques néfastes pour les sols et la biodiversité et imputables à la surutilisation d’engrais. Pour cela, le pays a associé des mesures allant de l’action volontaire à une réglementation stricte en impliquant à la fois les agriculteurs et les producteurs d’intrants agricoles.
Un point clé a été de combiner les mesures de façon à rendre la nouvelle réglementation attractive économiquement et à en limiter le coût financier pour les acteurs concernés. Ainsi, la mise en place d’une réglementation interdisant les fortes concentrations de bétail, combinée à la promotion d’une alimentation animale améliorée et à l’instauration de quotas sur les taux de fertilisation, s’est révélée particulièrement efficace pour réduire les excédents d’azote.
Une solution serait ainsi d’inciter le secteur de production d’intrants chimiques, qui a la particularité d’être très concentré et donc plus facile à réglementer à offrir des solutions techniques meilleur marché aux agriculteurs.
Focus : les défenses immunitaires de la plante : Une approche holistique des réponses immunitaires de la plante (Source : Zhang et al., 2020)
De son côté, la Suisse a lancé un label « sans pesticides » pour le pain, avec 50 % de la production de blé désormais certifiée avec ce label, soutenue par des paiements directs et des primes garantis par l’État, encourageant ainsi les agriculteurs à réduire leur utilisation de produits chimiques.
Ici, l’engagement des consommateurs par un système de label et des prix compétitifs a été la clé. Bien que la production domestique ne représente qu’environ un quart de la consommation de blé en 2022, cette approche intermédiaire entre agriculture conventionnelle et biologique montre qu’il est possible de concilier faisabilité pour les agriculteurs et objectifs de durabilité environnementale. Ces labels constituent ainsi une autre solution intéressante pour offrir des débouchés aux produits à bas intrants, car les études montrent que les consommateurs ont une préférence pour ce genre de produits.
Cependant, pour que la réussite des politiques de réduction d’intrants chimiques soit complète, il est important de ne pas réfléchir qu’à une échelle nationale, sans quoi nous n’obtiendrons que des déplacements d’usages d’intrants chimiques entre pays, plutôt qu’une réduction nette à l’échelle mondiale.
Les accords commerciaux internationaux, tels que l’accord de libre-échange actuellement discuté avec les pays du Mercosur, doivent constituer des vecteurs pour garantir que les efforts réalisés par un pays ne soient réduits à néant par un surcroît de production dans d’autres pays où les mêmes réglementations ne s’appliqueraient pas.
À un niveau plus global, l’Union européenne, à travers sa stratégie « De la ferme à la fourchette » et sa politique agricole commune (PAC), vise à réduire l’usage des pesticides de 50 % et des engrais de 20 % d’ici 2030, tout en soutenant financièrement des pratiques, comme l’agriculture de précision et l’utilisation d’engrais organiques. Cette stratégie cherche également à promouvoir des chaînes d’approvisionnement alimentaires durables et à renforcer la résilience du secteur agricole face aux défis climatiques.
D’autres initiatives comme le plan Écophyto en France et l’agriculture naturelle en Andhra Pradesh (Inde) illustrent des stratégies concrètes qui démontrent que durabilité et productivité peuvent coexister grâce à des alternatives écologiques, des incitations adaptées, et un accompagnement technique pour les agriculteurs. Cependant, ces initiatives n’ont pas pu aboutir entièrement, rencontrant des obstacles qui ont freiné leur pleine réalisation.
Enfin, il est aussi essentiel de penser aux pays en développement dans ces efforts. En adaptant les solutions à leurs besoins spécifiques, nous pourrons soutenir des pratiques agricoles durables tout en tenant compte des réalités économiques. Une coopération internationale sera ainsi nécessaire pour partager des idées et mettre en place des solutions efficaces à l’échelle mondiale.
La première version de cet article a été rédigée dans le cadre d’un atelier The Conversation, animé par Thibault Lieurade et organisé dans le cadre des Young Researcher Days du projet Cland. Nous remercions chaleureusement Nicolas Guilpart et David Makowski pour leur relecture attentive et leurs commentaires constructifs. Nos remerciements vont également à Raia Massad, qui a coanimé l’atelier, pour son accompagnement précieux.
Prospective : Agriculture européenne sans pesticides chimiques en 2050
Réduire drastiquement nos usages de pesticides, diminuer nos émissions de gaz carbonique, en particulier d’origine agricole, satisfaire la demande alimentaire, atteindre une souveraineté alimentaire, préserver la santé humaine, protéger notre environnement… autant d’impératifs concourant à notre bien-être commun et qui ne sont pas simples à atteindre ! Sont-ils seulement compatibles ? L’exercice de prospective « Agriculture européenne sans pesticides en 2050 », réalisé par INRAE, aide à mieux cerner les leviers mobilisables et les trajectoires possibles pour supprimer les pesticides chimiques. Nous vous proposons d’en décortiquer quelques éléments pas à pas…
Explorer des pistes disruptives de solutions en visant un objectif extrême : le zéro pesticide
L’État indien du Sikkim est-il vraiment « devenu » 100 % bio ?
Cet État du nord de l’Inde communique de plus en plus sur le fait d’avoir une agriculture entièrement sans pesticide. En réalité, il a surtout été exclu de la « révolution verte » des années 1960 et dépend aujourd’hui des États voisins pour nourrir sa population.
Si le Sikkim peut se targuer d’avoir un agriculture 100 % biologique, c’est moins du fait d’une action politique récente que par le statu quo qui a perduré dans cette région exclue de la « révolution verte ». Sapna Tharani/Flickr, CC BY
Le Business Model Canvas de l’Entreprise Régénérative permet de prendre la mesure de ses impacts au niveau de la chaîne de valeur d’un produit ou service pour concevoir des offres de produits ou services à impact avec son réseau de parties prenantes. Formez-vous au Business Model Canvas de l’Entreprise Régénérative – REGEN BMC pour accompagner une démarche d’impact structurée qui intègre les enjeux économiques.
Le Business Model Canvas de l’Entreprise Régénérative– REGEN BMC– permet d’identifier le nouveau produit ou service à lancer dans une démarche régénérative mutuellement bénéfique avec un ensemble de parties prenantes. Ou à une collectivité locale de réunir les acteurs du territoire autour d’un acteur économique.
L’innovation s’aligne avec les objectifs RSE de réduction des impacts négatifs OU de maximisation des impacts positifs ci dessous.
C’est un processus structuré au fil de 5 ateliers qui permettent que chaque entité intervenant dans la chaîne de valeur d’un produit, service ou projet puisse intégrer dans sa zone de responsabilité propre les services socio économiques à rendre, en particulier via les cahiers des charges. Chaque partie prenante est ainsi en capacité d’anticiper les nouvelles pratiques à mettre en place dans une gouvernance partagée.
Un plan de transformation permet d’organiser la bascule vers le régénératif sur 5 à 10 ans et ainsi transformer toute l’organisation sur la base d’activités résilientes, contributives et viables.
Dans la lignée des nouvelles directives CSRD, le business model canvas de l’entreprise régénérative permet aux directions RSE de prendre la mesure de leurs impacts et de mettre en place un cadre opératoire avec les parties prenantes internes et externes afin de limiter les risques, les impacts négatifs et de mettre en valeur leurs contributions au niveau d’un territoire comme la France ou les différents pays d’une filière.
Le REGEN BMC permet aux directions innovation de concilier la résilience des activités économiques et la régénération de la nature avec un plan de transformation porté aussi bien en interne que par les partenaires clés de la chaîne de valeur des innovations produits et services.
Le REGEN BMC permet enfin de réunir tous les habitants d’un territoire autour d’un projet à visée régénérative mené par la collectivité locale seule à même de réunir l’ensemble des parties prenantes dans un intérêt commun.
4 Juillet 2025 : « Régénération day » à Montpellier!
« Pour la 1ère fois en Occitanie, une session découverte du Business Model Régénératif le 4 Juillet 2025 à La Halle Tropisme de Montpellier, avec Jérémy Dumont le fondateur du Collectif Nous sommes vivants«
Cyrille Souche
Nombre de places limitées, pensez à réserver votre journée (déjeuner sur place) et vous inscrire via le lien HelloAsso
Professionnels de la RSE, des achats du marketing, de l’innovation et les directions financières
Consultants en accompagnement du changement : des experts en décarbonation / biodiversité / santé au travail aux experts en économie circulaire en passant par les experts en régénération du vivant voire les coachs spécialisés dans l’organisation, le leadership, la collaboration
Designers souhaitant incorporer l’impact au coeur de leur démarche d’écoconception
Organismes de certifications portant sur des pratiques responsables voire régénératives : du sourcing aux conditions de travail en passant par les bâtiments et les relations fournisseurs.
Ce que vous allez apprendre :
La CSRD. Comment en faire un levier d’opportunités au delà de la contrainte et la gestion des risques ?
Qu’est ce qu’une entreprise à visée régénérative et quels exemples tracent une trajectoire dans chaque secteur d’activité ?
Quelles sont les attentes des entreprises et plus particulièrement des métiers opérationnels pour mener à bien une stratégie d’impact multi indicateurs ?
Comment concilier les impératifs économiques, sociaux et environnementaux dans un modèle économique viable à court et long terme ?
Comprendre la chaîne de valeur d’un produit / service aussi bien en terme d’étapes de production que de parties prenantes impliquées, que d’impacts.
Quelles bonnes pratiques en interne et/ou avec ses fournisseurs permettent de réussir sa stratégie d’impact dans une mobilisation collective ?
Comment tisser des relations mutuellement bénéfiques entre parties prenantes en lieu et place des relations traditionnelles fournisseur/donneur d’ordre ?
Comment passer d’une logique volume/coût à une logique de création de valeur qui s’incarne de façon satisfaisante dans chaque étape de la chaîne de valeur ?
Comment aboutir à une proposition de valeur qui valorise les bonnes pratiques de bout en bout afin que producteurs, fabricants et usagers “y trouvent leur compte” ?
Comment poser les jalons d’une nécessaire transition dans le temps vers une bascule à moyen/long terme tout en s’engageant dès maintenant à réduire ses impacts ?
Quelle formalisation de la trajectoire d’ impacts des cahiers des charges au reporting ?
Comment appréhender une activité économique sous le prisme du territoire pour que des impacts tangibles pour les habitants et les écosystèmes concernés ?
Des versions découverte de 4h ou une journée existent sur un produit alimentaire, un produit textile et un service numérique. Le business model canvas de l’entreprise régénérative a évolué grâce aux retours d’expérience et existe maintenant en 3 versions sectorielles :
la gaufre locale,
le T-shirt en Ortie
la Box numérique écoresponsable.
La version découverte du Regen BMC pour Orange a été customisée pour la LiveBox.
Nous sommes vivants Le Collectif de la Transition écologique
Le collectif a développé plusieurs ateliers pour accompagner la transition écologique dans les entreprises et les collectivités locales en réponse au dépassement des limites planétaires et en particulier la prédation du vivant. Sa particularité est dans la compréhension des mécanismes du changement de comportement pour accompagner chacun de nous dans sa transition écologique et nous mettre collectivement en mouvement pour mener à bien notre mission de régénération de la nature et des humains.
L’industrie du CBD connaît une croissance fulgurante et, avec elle, l’émergence de nombreux labels bio et éthiques. Mais dans quelle mesure ces certifications sont-elles crédibles et fiables ? Un point sur les nuances de ces labels et une mise en lumière des engagements et défis rencontrés par les acteurs du secteur.
Les labels bio dans l’univers du CBD sont censés garantir une production respectueuse de l’environnement et des consommateurs. Cependant, la crédibilité de ces labels est remise en question. En France, les autorités ont récemment interdit aux organismes de certification comme Ecocert ou Veritas de délivrer des agréments bio à tous les produits contenant du CBD. Cette décision soulève des interrogations sur la transparence et la rigueur des processus de certification.
Source : cbdissimo.com
Les défis des producteurs
Pour les producteurs de CBD, obtenir une certification bio implique de respecter un cahier des charges strict. Cela inclut l’utilisation de graines bio, de fertilisants bio et l’absence d’OGM, d’insecticides et de pesticides. Cependant, ces exigences peuvent représenter un investissement important, notamment pour les petits producteurs indépendants. De plus, la réglementation « Novel Food » impose des contraintes supplémentaires, rendant l’accès au marché encore plus complexe.
L’émergence de nouveaux labels
Face à ces défis, de nouveaux labels voient le jour pour garantir la qualité et la sécurité des produits au CBD. Par exemple, le Cannabinoïden Adviesbureau Nederland (CAN) a créé le premier label de qualité pour les huiles de CBD en Europe. Ce label vise à différencier les produits de qualité des produits médiocres, en imposant des analyses rigoureuses dans des laboratoires agréés.
Mama Kana : un engagement qualité et éthique
Le CBD de la boutique Mama Kana est 100% naturel. Aucun produit n’est ajouté, aucun solvant n’est employé et les saveurs sont entièrement naturelles. Si tous les produits CBD de la boutique en ligne Mama Kana contiennent moins de 0,3% de THC, ils sont en revanche riches en CBD et autres cannabinnoïdes (CBG, CBN etc.) Mama Kana, c’est la boutique où acheter du CBD France haut de gamme.
6 points clés d’un engagement durable
Agriculture raisonnée : Culture du chanvre sans pesticides chimiques, dans le respect des sols et de la biodiversité.
Production locale : Priorité aux circuits courts pour limiter l’empreinte carbone.
Utilisation de labels reconnus : Priorité aux certifications bio indépendantes et reconnues à l’international.
Respect des conditions de travail : Collaboration avec des partenaires respectant les normes éthiques du travail.
Économie d’énergie : Processus d’extraction du CBD optimisé pour minimiser la consommation d’énergie.
Emballages écoresponsables : Utilisation d’emballages recyclés, recyclables ou biodégradables.
Qualité artisanale et éthique responsable
Si Mama Kana est le shop CBD qu’on recommande souvent c’est parce que la marque a su se positionner comme un acteur de référence dans l’univers du CBD. Elle propose une gamme de produits élaborés à partir de chanvre bio et cultivés dans le respect de l’environnement.
La marque Mama Kana se distingue par son approche artisanale et éthique. Ses produits sont élaborés sans ajout de cristaux de CBD ni de terpènes, garantissant ainsi une pureté et une authenticité optimales. De plus, Mama Kana s’engage à respecter des démarches de production responsables, en utilisant des graines bio et des fertilisants naturels.
En choisissant Mama Kana, les consommateurs peuvent être assurés de la qualité et de l’éthique des produits qu’ils achètent. La marque incarne une vision du CBD qui allie respect de la nature, engagement éthique et excellence artisanale.
Comment bien choisir les meilleures fleurs de CBD ?
Les tendances du marché en 2025
En 2025, le marché du CBD continue de se développer à un rythme important. Les tendances actuelles montrent une adoption de plus en plus large des produits bio et éthiques. Les consommateurs sont de plus en plus sensibles à la qualité et à l’origine des produits qu’ils achètent, ce qui pousse les marques à adopter des pratiques plus responsables.
En conclusion
Les labels bio et éthiques dans l’univers du CBD sont un enjeu majeur pour les consommateurs comme pour les producteurs. Bien que ces certifications soient remises en question, elles représentent une étape importante vers une production plus responsable et transparente. Des marques, comme Mama Kana, montre que l’engagement envers la qualité et l’éthique est possible, en offrant aux consommateurs des produits de confiance.
Impact CO2 est un service public numérique développé par l’Accélérateur de la transition écologique, l’incubateur interne de l’ADEME. Le site impactco2.fr est une boîte à outils gratuite pour les acteurs qui souhaitent sensibiliser leur communauté à l’impact carbone des gestes et objets du quotidien. L’objectif est de concevoir, développer, diffuser et améliorer le site en continu afin de répondre aux besoins croissants des utilisateurs.
Impact CO2 et Nos Gestes Climat sont deux startups d’État incubées au sein de l’Accélérateur de la transition écologique de l’ADEME.
L’empreinte carbone représente la quantité de gaz à effet de serre émise par les activités humaines. Le calculateur d’empreinte carbone aide à repérer les usages qui contribuent le plus au changement climatique et à choisir les actions les plus efficaces pour réduire son impact.
L’empreinte eau mesure la quantité totale d’eau utilisée pour produire les biens et services que nous consommons. Contrairement à l’eau domestique, elle inclut l’eau invisible nécessaire pour cultiver nos aliments, fabriquer nos vêtements et produire de l’énergie.
Le climat se réchauffe à cause des activités humaines, c’est un fait. Mais quel est notre impact, à notre échelle de citoyen Pour estimer sa propre contribution au réchauffement de la planète (son « impact climat »), il est d’usage de calculer l’empreinte carbone individuelle de consommation.
S’engager collectivement autour des enjeux du climat
Le principe est simple : pour chaque consommation (prendre sa voiture pour 10km, manger un steak, chauffer sa maison au gaz…), on décompte les émissions de gaz à effet de serre (les différents gaz qui réchauffent le climat terrestre) sur son cycle de vie. Par exemple, un bien acheté est fabriqué, puis utilisé, puis jeté et peut-être recyclé.
Au fil des questions portant sur tous les aspects de nos modes de vie, découpés en grands postes comme l’alimentation, le logement, ou le transport, le poids de chacune de vos consommations est ajouté pour constituer votre total, le bilan carbone personnel, à visualiser sur trois infographies.
En rouge, le coronavirus; en jaune, la canicule de 2003. Source : INSEE
Objectif CO2 : Le dispositif qui améliore et valorise la performance environnementale du transport routier
Transporteur routier de marchandises, transporteur routier de voyageurs, entreprise disposant d’une flotte de véhicules routiers en compte propre, le dispositif Objectif CO2 vous permet de réduire durablement votre consommation de carburant et les émissions de Gaz à Effet de Serre (GES) associées.
Grâce à des outils spécifiques, une méthodologie éprouvée et un accompagnement de proximité individuel, vous réalisez votre plan d’actions pour atteindre votre objectif.
Un label valorise un haut niveau de performance environnementale et augmente votre attractivité auprès de vos clients.
Objectif CO2 fait partie du programme EVE (Engagements Volontaires pour l’Environnement), qui vise à accompagner les entreprises dans la réduction de l’impact énergétique et environnemental de leurs activités de transport et logistique.
Impact du numérique sur le climat
Quel est l’impact carbone des appareils numériques ?
Impact des usages numériques sur le climat
Impact d’une recherche sur le web
Impact de l’alimentation sur le climat
Impact carbone de l’électroménager
Quel est l’impact carbone de l’électroménager ?
Impact carbone de l’habillement
Quel est l’impact carbone de nos vêtements ?
Impact carbone du mobilier
Quel est l’impact carbone de nos meubles ?
Visualiser l’équivalent d’une quantité de CO2
Le comparateur permet à votre communauté de mesurer l’impact carbone des gestes et objets du quotidien et de se représenter les bons ordres de grandeur.
Gaëlle Seïltane, Podcasteuse coach & auteur, a ouvert une série de podcats entrelacs dédiée aux Lauriers de la régénération, un dispositif qui vise à mettre en lumière les initiatives pionnières en matière de pratiques régénératives.Avec Thomas Breuzard, Jean-Charles Giorgi, Vincent Kraus, Julien Gorrias et Alain Renaudin.
Le but des Lauriers de la Régénération ? Encourager une transformation des business models via des offres commerciales qui contribuent à la souveraineté nationale en ces temps d’incertitude et au bien-être collectif du vivant humain et non humain.
Gaëlle Seïltane, Podcasteuse coach & auteur
« Au fil des interviews, vous verrez que passer de la prédation du vivant à sa régénération, ça existe déjà, ça marche, c’est rentable et pérenne, bourré d’innovations et d’effets collatéraux à impact positif.«
Oui, une perma-entreprise est performante ! Avec Thomas Breuzard
J’accueille Thomas Breuzard, directeur « permaentreprise » de Norsys, coprésident de Blab France et administrateur du mouvement impact France. Dans cet épisode, nous relions permaentreprise, économie régénérative et impact. Thomas Breuzard nous explique comment ces principes s’appliquent chez Norsys, comment une société travaillant dans la Tech réussit à avoir de l’impact, à renoncer à certains projets, à en susciter d’autres. L’expérience de Norsys nous montre qu’on peut tout à fait réconcilier la performance avec les principes de la permaentreprise – prendre soin des humains, préserver la planète, se fixer des limites et partager les ressources.
Musique : ça fait du bien, Polo Pan et Life is Better, Q-Tip et Norah Jones choisi par Thomas Breuzard, avec l’autorisation de la SACEM.
Des vêtements outdoor en laine merinos prenant soin du vivant avec Jean-Charles Giorgi
Vous voulez un exemple concret de conception positive, de produit durable, aux performances techniques supérieures à celles des vêtements issus du pétrole, fait avec des matériaux compostables, en prenant soin des animaux, et tissés tout près de chez nous ? Voilà le projet que Jean-Charles Giorgi, ancien sportif de haut niveau, a concrétisé avec Ogarun.
Dans cet épisode, Jean-Charles partage avec nous, en toute simplicité et avec sincérité, le projet qu’il a mené pour développer Ogarun, les principes auxquels il n’a pas dérogé, les difficultés auxquelles il a achoppé et comment il travaille avec les guides de haute montagne et d’autres professionnels qui sont des sportifs intensifs.
🎧️ Musique : ça fait du bien, Polo Pan, et Malayé, de Sofaz, groupe pluri-culturel basé à la Réunion. Ces deux chansons sont diffusées avec l’autorisation de la SACEM.
Financer une agriculture régénératrice et vertueuse, avec Vincent Kraus
🧩 Grâce à l’épargne citoyenne, Feve finance des fermes pour favoriser l’installation d’une nouvelle génération d’agriculteurs et d’agricultrices. C’est un projet vertueux qui favorise la transition écologique et la mutation de l’agriculture conventionnelle vers l’agroécologie.
🌏️ Dans cet épisode, Vincent Kraus, qui est l’un des 3 cofondateurs de Feve, explique l’émergence et le fonctionnement de Feve, les critères de sélection des projets, les modes de distribution de ces fermes bio et les nouveaux projets menés par Feve. Vincent partage également avec nous quelques belles aventures de fermes bio en agroécologie.
Voilà un projet qui donne la pêche et auquel nous pouvons tous participer !
🎤🎧️ Cet épisode, comme tous les autres épisodes du podcast entrelacs, est disponible gratuitement sur toutes les plateformes de podcast, sur entrelacs.org et sur YouTube. 🎶 Musique : ça fait du bien, Polo Pan, et Siffler, Gaël Faure, choisi par Vincent Kraus, diffusés avec l’autorisation de la SACEM.
Concevoir des produits régénératifs à impact positif avec Julien Gorrias
🌏️ Créer sans détruire, fabriquer des produits qui détruisent moins, préservent un peu mieux, on sait que c’est possible. Julien Gorrias va bien au-delà de l’éco-conception. Des chaises qui peuvent retourner dans les forêts, une façon d’écouter de la musique qui prend soin de tous, des produits dans une chaine alimentaire qui évitent le gaspillage … Une louche qui coule de source, une lampe qui va de soie, des objets syntoniques qui synchronisent les rythmes de la nature et ceux de nos activités humaines.
🍀Avec Carbone14, Julien Gorrias a créé en 2020 un studio de design, de mobiliers et d’espaces. Sa mission : dessiner des objets qui prennent de la valeur dans le temps grâce à la conception positive. Il veille au cycle de vie complet des produits qu’il conçoit. Il s’agit que les objets s’usent bien dans le temps, prennent de la valeur dans le temps.
Est-ce plus cher ? Non, c’est un défi mais c’est possible, ça force à être très créatif. Le surcoût a un endroit doit générer une économie à un autre, car les clients et consommateurs ne peuvent pas l’absorber, explique Julien. Ça prend peut-être un peu plus de temps, mais c’est extrêmement satisfait de concevoir, fabriquer et avoir chez soi un produit cohérent, à impact positif. Et c’est à cela que sert le design, rappelle Julien : le design c’est une manière de résoudre des problèmes par le dessin.
Changer la finance des entreprises grâce à la comptabilité socio-environnementale, avec Florent Courau
Dans toutes les organisations, ce qui rentre dans la comptabilité, c’est ce qui compte et ce qu’on compte. Je me souviens qu’en découvrant le contrôle de gestion pendant mes études, je me suis dit « bigre, voilà toute une structuration, une représentation qui sert de norme … qu’on voit comme une évidence et que personne autour de moi ne remet en cause. Le monde serait sans doute tellement différent si on procédait autrement ».
Dans cet épisode, Florent Courau nous explique non seulement d’où vient cette norme, mais surtout comment on peut faire autrement, en créant une comptabilité socioenvironnementale, une comptabilité qui tient compte des parties prenantes. Un certain nombre d’organisations sont déjà engagées, ce sont les pionnières qui entrainent toutes les autres, analyse Florent Courau.
Si vous ne connaissez rien à la comptabilité, si elle vous ennuie ou vous fait peur, écoutez tout de même cet épisode, vous verrez que Florent nous la rend sympathique et très accessible… et que la comptabilité socioenvironnementale va rendre enfin visible toute la prédation qui est faite sur le vivant.
🎵 🎶Musique : ça fait du bien, Polo Pan, et El Condor Pasa, Simon & Garfunkel. Ces deux chansons sont diffusées avec l’autorisation de la SACEM.
Biomimétisme : innover et faire autrement, avec la nature, avec Alain Renaudin
🧩Nous ne sommes pas au-dessus de la nature, elle n’est pas un décor, une ressource où puiser indéfiniment. Elle a bien moins besoin de nous que nous avons besoin d’elle. Elle peut vivre sans nous, mais nous ne pouvons pas vivre sans elle. Alain Renaudin nous propose donc de faire équipe avec la nature. Faire avec le vivant et faire autrement. Passer de la prédation à la régénération en prenant conscience des capacités incroyables des êtres vivants qui nous entourent.
🌏️Le vivant est un modèle extrêmement inspirant d’innovation, de transition, d’adaptation au réchauffement climatique et de restauration de la biodiversité. Alain nous explique comment dans cet épisode, à l’aide d’exemples particulièrement éclairants.
🎶 Musique : ça fait du bien, Polo Pan, et Le cœur Elephant, Frero Delavega et Respire, Mickey3D, choisis par Alain Renaudin, diffusés avec l’autorisation de la SACEM.
Et si les récits populaires pouvaient devenir des leviers puissants pour engager la société dans la transition écologique ? C’est le pari de l’étude « Des récits & des actes », menée par Place to B et un collectif de chercheurs. L’étude explore comment la culture populaire (films, séries, animation) influence nos représentations de l’écologie et peut (ou non) susciter l’envie d’agir.
1️⃣ Le public a besoin d’émotions positives pour contrebalancer l’anxiété écologique : les récits environnementaux sont souvent perçus comme anxiogènes ou culpabilisants. Pourtant, ce que les spectateurs recherchent avant tout, c’est de la joie, de la surprise, de l’intérêt. Un récit qui effraie sans offrir d’issue peut accentuer le sentiment d’impuissance. Pour être mobilisatrice, une histoire doit toucher sans accabler.
2️⃣ L’identification fonctionne mieux quand le récit est ancré dans le réel : lorsque l’intrigue se déroule dans un cadre familier et que les enjeux sont crédibles, le public se projette plus facilement. Le réalisme agit comme un déclencheur d’engagement, car il permet de relier la fiction à des préoccupations concrètes.
3️⃣ Les héros ordinaires parlent davantage que les figures exceptionnelles : des personnages qui ressemblent au spectateur, confrontés à des dilemmes du quotidien, suscitent plus d’empathie. Contrairement aux super-héros, souvent perçus comme hors de portée, ces figures ordinaires donnent à voir une action possible, accessible.
4️⃣ Le format et la tonalité influencent fortement la réception : une narration soignée, un rythme fluide, une esthétique attrayante, et parfois une touche d’humour rendent les récits plus percutants. Les formats courts, en particulier, permettent de capter l’attention et de marquer les esprits sans lasser.
5️⃣ L’imaginaire reste une ressource décisive pour ouvrir des possibles : les récits les plus mobilisateurs sont ceux qui laissent entrevoir des alternatives, même incertaines. Une fin ouverte, une bifurcation, une étincelle d’espoir… Ces éléments permettent de maintenir un lien avec le réel et de ne pas enfermer le spectateur dans une vision figée et dramatique.
RECRUTEMENT DES 40 PARTICIPANTS : La méthodologie de recrutement a permis de sélectionner des personnes qui ont déjà été exposées à la culture populaire sous ses différentes formes et qui ne sont pas engagées activement sur les enjeux écologiques, ou au contraire des réfractaires hostiles à ces problématiques, distinguant ainsi : – les consommateurs exclusifs de culture de niche ou élitiste, c’est-à-dire qui n’ont pas déclaré avoir été exposé à au moins un titre de notre liste répertoriant les principales créations de culture populaire : Musique, Livre, Écran, Jeu Vidéo. – les activistes environnementaux, qui sont déjà très informés et engagés sur ces enjeux et les réfractaires hostiles, qui auraient pu biaiser les réponses des autres participants dans la communauté d’échange.
Contexte
Réfléchir à de nouvelles façons de s’adresser aux citoyens pour traiter des questions climatiques et engager l’action, tel est l’enjeu du projet porté par Place To B. L’association, fondée sur l’idée fédératrice d’écrire un nouveau récit des enjeux climatiques en rassemblant communicants, narrateurs, artistes et storytellers de tous horizons, a profité du sommet international de la COP21 qui s’est tenu à Paris en décembre 2015 pour inviter de nombreux intervenants, experts, journalistes et chercheurs à exprimer leur point de vue et commenter le travail des délégations. En 2016, le laboratoire The Baseline de Place to B est né avec la volonté de mettre à disposition des ressources dédiées à la vulgarisation des enjeux de la transition.
» Des Récits et des Actes » porte sur l’identification de clés pour activer l’envie d’agir du grand public, leur désir d’aller plus loin et de s’engager concrètement face à des problématiques sociales et/ou environnementales.
Comment une œuvre culturelle peut-elle activer la puissance d’agir du public ?
Que recherchent les spectateurs dans un récit fictionnel ?
Les super-héros ont-ils toujours la côte pour impulser un passage à l’action dans la vie réelle ?
Existe-t-il des éléments qui bloquent totalement la réception du message ?
La forme de l’œuvre importe-elle autant que le fond ?
Comment les acteurs culturels peuvent-ils participer à sensibiliser et changer les comportements du public vis-à-vis de l’environnement ?
Autant de questions soulevées au cours de l’étude pour proposer dans ce document un panorama des résultats clés et des pistes d’action concrètes.
L’exemple du film Don’t Look Up
Visuel par Réseau Action Climat
Le film Don’t Look Up, largement commenté dans l’étude, illustre bien ce potentiel narratif selon Pierre-Henry Dodart : « Satirique, accessible et émotionnellement efficace, il a réussi à générer un débat public bien au-delà du cercle des convaincus« .
L’étude propose des pistes concrètes pour prolonger l’impact des œuvres. Elle recommande par exemple d’accompagner les récits de ressources, de créer des espaces de discussion ou d’impliquer les publics dans le processus de création. Autant de façons de « faire de la culture populaire un moteur de transformation« , et pas seulement un miroir de nos impasses.
faire de la culture populaire un moteur de transformation
3 actions concrètes pour accélérer la conversion écologique du grand public
ACTION 1 : DES RESSOURCES COMPLÉMENTAIRES POUR ALLER AU-DELÀ DU CONSTAT
ACTION 2 : UNE ŒUVRE DANS LA DURÉE GRÂCE À DES ESPACES D’ÉCHANGE
ACTION 3 : L’ÉCRITURE D’UN SCÉNARIO » PARTICIPATIF «
Alors qu’à l’échelle nationale comme européenne, les réglementations autour des pesticides provoquent d’intenses débats, que sait-on au juste des alternatives à ces produits pour lutter contre les mauvaises herbes ? Tour d’horizon des différentes alternatives existantes par Pierre-Yves BERNARD, Adrien Gauthier et Guillemette Garry d’UniLaSalle pour The Conversation France
L’invasion d’adventices (ou « mauvaises herbes »), tels que ray-grass et vulpins, dans un champ de blé tendre d’hiver provoque, notamment, une concurrence d’accès aux ressources en eau et nutriments. Fourni par l’auteur
Impossible de prononcer leur nom sans provoquer de vives réactions. Les pesticides sont l’objet de multiples débats, qui peuvent vite devenir passionnels, entre les agriculteurs qui assurent ne pas avoir de solutions alternatives viables, des produits qui perdent souvent en efficacité à mesure qu’ils sont utilisés et des populations soucieuses de préserver leur environnement et leur santé.
Pour répondre à ces inquiétudes, le gouvernement français avait renforcé en 2018 son plan national d’action pour la réduction de l’utilisation des pesticides d’ici 2025 et notamment l’engagement sur une sortie de l’utilisation du glyphosate. Toutefois, en 2024, le gouvernement avait suspendu ce plan en réponse aux protestations du monde agricole. Un nouveau plan national, Stratégie Ecophyto 2030, favorise une nouvelle approche en prévoyant le financement de recherches pour des solutions alternatives aux pesticides les plus dangereux.
Par conséquent, les engagements pris en 2018 concernant la réduction des pesticides et la sortie du glyphosate ont été modifiés, et les objectifs initiaux ne sont plus d’actualité.
Ce produit est utilisé pour faire face à une des bêtes noires des agriculteurs : les mauvaises herbes. Mais pour venir à bout de ces indésirables, le monde agricole dans son ensemble planche également sur des alternatives, plus respectueuses de l’environnement et de la santé. Ce domaine a vu des innovations technologiques significatives ces dernières années. Retour sur la raison d’être des actions anti mauvaises herbes et sur ces nouvelles initiatives.
Pesticides et santé : les agriculteurs ont été, sont et seront les principales victimes de ces substances
Qu’appelle-t-on en agriculture une « mauvaise herbe » et un « herbicide » ?
Commençons par un constat : les mauvaises herbes portent sans doute mal leur nom. Ce terme désigne en fait des plantes qui apparaissent spontanément dans les champs cultivés. Elles ne sont pas mauvaises en soit, mais simplement à l’endroit où elle se trouve. Par exemple, le datura (Datura stramonium) comme le coquelicot (Papaver rhoeas) servent de plantes d’ornement dans nos jardins, mais sont toxiques et donc indésirables dans les champs. Le vulpin (Alopecurus myosuroides) et le ray-grass (Lolium perenneL.) ne sont pas toxiques, mais entrent en compétition avec la plante cultivée.
Les scientifiques préfèrent pour cela le terme d’« adventices », qui vient du latin adventicius, signifiant « qui vient de l’extérieur ».
Afin de lutter contre ces plantes invasives, les agriculteurs utilisent souvent des herbicides, soit des substances actives destinées à éliminer les mauvaises herbes. L’une des plus connues du grand public étant le glyphosate. On parle également de « désherbant chimique », car la plupart sont des molécules de synthèse. Un herbicide a vocation à détruire les mauvaises herbes sans affecter le développement de la plante cultivée. Pour cela, on tâche de l’utiliser à un moment stratégique de manière à détruire les adventices sans impacter la croissance les plantes cultivées.
Les herbicides ciblent en général des processus physiologiques et métaboliques de la mauvaise herbe, qui causeront leur mort ou un arrêt de leur développement.
Le changement climatique contribue à augmenter l’utilisation des pesticides en France
Pourquoi les mauvaises herbes sont considérées comme nuisibles ?
Mais pourquoi essayer de se débarrasser des mauvaises herbes ? La flore adventice pose en fait divers problèmes à l’agriculteur. Directement, elle peut réduire le rendement de la culture en entrant en concurrence dans l’accès aux ressources telles que l’eau et les éléments nutritifs du sol. De plus, en produisant des graines, les adventices peuvent devenir de plus en plus nombreuses d’année en année jusqu’à atteindre un nombre de pieds par mètre carré difficilement contrôlable par l’agriculteur. La nuisibilité peut aussi être indirecte, par exemple en compliquant les conditions de récolte à la moisson et la qualité de cette dernière. Il faudra alors une étape supplémentaire pour éliminer les graines des adventices de la récolte.
Mais l’utilisation répétée d’herbicides peut avoir un effet contre-productif : celui de conduire à la sélection et développement de résistances aux substances actives chez les plantes dont on cherche à se débarrasser. Un peu de la même façon qu’un antibiotique trop utilisé peut générer une antibiorésistance. Par exemple, deux espèces d’adventices dans les champs de céréales d’hiver, le ray-grass et le vulpin des champs, posent actuellement des difficultés de désherbage aux agriculteurs français, car elles sont envahissantes et difficiles à maîtriser avec les herbicides actuels (Figure A).
Mais ces derniers sont aussi controversés pour d’autres raisons.
Pourquoi si peu de transparence concernant les pesticides ?
Pourquoi les herbicides font polémique ?
De fait, l’utilisation de ces herbicides, et plus généralement des pesticides, peut présenter des risques pour la santé humaine, en premier lieu pour les agriculteurs car des expositions prolongées peuvent entraîner des pathologies reconnues comme maladies professionnelles (cancers, infertilité, maladies neurologiques…).
De plus, les herbicides peuvent également avoir un impact négatif sur l’environnement en contaminant les milieux aquatiques et les ressources en eau potable. Cette pollution génère des coûts de dépollution de plus en plus importants pour les acteurs de la gestion de l’eau et les consommateurs.
Le retrait d’un bon nombre d’herbicides du marché, en raison de leurs effets négatifs sur la santé et l’environnement, a donc poussé les agriculteurs, les conseillers agricoles et les chercheurs à améliorer les usages des herbicides et à trouver des alternatives.
La gestion agroécologique des mauvaises herbes, un levier pour l’agriculture durable
Quelles sont donc ces alternatives aux herbicides ?
Au niveau de l’agriculteur, il existe divers leviers agronomiques pouvant limiter la présence des adventices et donc potentiellement limiter le recours à la lutte chimique. Chaque levier pris isolément est moins efficace que la lutte chimique, mais la combinaison des leviers dans leur ensemble représente une option pertinente pour un désherbage agroécologique.
Le choix de la rotation culturale, c’est-à-dire de la nature des cultures et de leur ordre de succession représente un levier de première importance pour le contrôle des adventices. La répétition trop fréquente des mêmes cultures dans la rotation, avec par exemple exclusivement des cultures d’hiver semées à l’automne, va favoriser les adventices qui présentent des cycles de développement similaires à la plante cultivée. Donc au fur et à mesure des années, la population de ce type d’adventice devient de plus en plus importante. La gestion de l’interculture qui est la période entre deux cultures principales, présente également des opportunités pour contrôler les adventices. Le maintien d’un couvert végétal au sol permet d’éviter de laisser le sol nu, propice au développement des adventices.
Un autre levier d’importance est le travail du sol qui regroupe un ensemble de techniques utilisées depuis longtemps en agriculture. Le labour est ainsi une technique emblématique particulièrement efficace, qui consiste à retourner la couche de terre arable d’un champ cultivé sur une certaine profondeur. Avant de semer la culture, cela permet d’enfouir efficacement les semences d’adventices et d’éviter ainsi leur germination. Pour être plus efficace, il est important de ne labourer que tous les 3 ou 4 ans afin d’éviter que les graines enfouies ne remontent à la surface car les graines peuvent avoir une durée de vie de plusieurs années.
Le désherbage mécanique va lui réduire la quantité d’adventices au champ par une action physique, grâce à des équipements spécifiques. Par exemple, les socs de la bineuse pénètrent dans le sol sectionnant les adventices présentes dans les inter-rangs (zone du champ entre les rangs de semis de la culture). Dans certains cas, comme pour la betterave par exemple, beaucoup d’agriculteurs utilisent déjà cette technique en complément du désherbage chimique. De nombreux systèmes de guidage existent aussi pour positionner ces machines au plus près du rang de culture sans les endommager : guidage manuel, par GPS de précision, par caméra ou autres systèmes de détection par capteurs sont les plus utilisés.
Pesticides, produits phytopharmaceutiques : que disent ces termes de ceux qui les emploient ?
Quelles perspectives en recherche et développement ?
En parallèle des actions de recherche et développement en agroécologie, l’émergence de l’agriculture dite « numérique » observée depuis une dizaine d’années offre des solutions innovantes peu connues du grand public. Cette agriculture repose sur l’utilisation des sciences et technologies du numérique permettant l’acquisition de données (satellites, capteurs, smartphones…), leur transfert, leur stockage des données et leur traitement, notamment grâce à l’intelligence artificielle
Dans ce contexte technologique, divers capteurs ont été développés pour détecter les adventices au champ, aussi bien entre les rangs qu’au sein des rangs, permettant ainsi un désherbage localisé. L’imagerie couplée à l’IA permet de distinguer les adventices de la culture principale et de les éliminer par pulvérisation localisée d’herbicide ou par une action mécanique de travail du sol.
L’utilisation de bioherbicides d’origine végétale représente une autre alternative écologique aux pesticides de synthèse chimique. Actuellement, le seul produit utilisable en grandes cultures est l’acide pélargonique mais d’autres produits sont à l’essai.
On pourrait peut-être envisager dans le futur des bioherbicides d’origine microbienne (bactéries, virus, champignons) qui viendraient impacter spécifiquement l’adventice.
Des recherches scientifiques ont également montré que certains coléoptères, les carabes adultes granivores, étaient capables de se nourrir de graines d’adventices et de réduire le nombre de graines dans un champ mais leur mode d’utilisation au champ n’est pas encore effectif.
La robotique représente aussi un domaine en plein développement pour les productions végétales. Pour exemple, un robot de désherbage autonome est déjà utilisé en France en culture betteravière sur de petites surfaces. Il permet de semer mais surtout de désherber de façon mécanique jusqu’à 6,5 ha par jour, alimenté par un panneau solaire, permettant d’être totalement autonome énergétiquement.
Toutes ces technologies ont de réelles perspectives à court terme. Elles permettront aux agriculteurs de réduire le recours à la lutte chimique, de réduire leur empreinte carbone en réduisant leur consommation d’herbicides et de protéger les nappes phréatiques de la pollution par herbicides. Une meilleure connaissance des espèces adventices et de leur dynamique au champ permettra dans tous les cas de mieux les anticiper et les gérer.
Pierre-Yves BERNARD, Enseignant-chercheur en Agronomie – Directeur du Collège Agrobiosciences – Associé UR AGHYLE, UniLaSalle; Adrien Gauthier, Enseignant-chercheur en Phytopathologie – Unité de Recherche AGHYLE – Responsable du Parcours Métier Farming for the Future, UniLaSalle et Guillemette Garry, Enseignante chercheure en biologie option phytopathologie, associée à l’Unité de recherche Aghyle, UniLaSalle
La 20e édition de la Fête de la Nature, du 20 au 25 mai 2026, invite chacun·e à renouer avec la nature à travers 15 000 animations gratuites pendant six jours partout en France. Cet événement national d’envergure, organisé avec le soutien de l’Office Français de la Biodiversité, rassemble chaque année un public de plus en plus large autour de la richesse et de la diversité du vivant.
20e Fête de la Naturedu 20 au 25 mai 2026
Du 20 au 25 mai 2026, la Fête de la Nature déroulera sa 20e édition dans toutes les régions. Pendant six jours, plus de 3 000 lieux accueilleront gratuitement le public autour de balades, observations, ateliers, rencontres, animations familiales, sorties naturalistes et expériences sensibles au contact du vivant.
rendre la nature accessible à tous, gratuitement, près de chez soi
Créée en 2007 autour du 22 mai, Journée internationale de la biodiversité, la Fête de la Nature poursuit une promesse simple : rendre la nature accessible à tous, gratuitement, près de chez soi, en donnant à chacun l’occasion de la découvrir autrement. Forêts, parcs, jardins, zones humides, bords de rivière, littoraux ou espaces agricoles deviendront autant de terrains de rencontre avec la biodiversité ordinaire ou pas.
Cette édition anniversaire intervient dans un contexte où l’envie de nature s’exprime fortement. Selon un sondage OpinionWay réalisé en mars 2026 pour la Fête de la Nature, 87 % des Français souhaitent mieux connaître les espèces et les milieux naturels proches de chez eux. Mais cette aspiration se heurte encore à un manque de repères : 47 % ne savent pas où se renseigner pour trouver une sortie nature. C’est précisément ce rôle de passerelle que joue la Fête de la Nature, en proposant un programme national lisible, gratuit et ouvert à tous.
87 % des Français souhaitent mieux connaître les espèces et les milieux naturels proches de chez eux
Aux côtés des associations, naturalistes, scientifiques, collectivités, gestionnaires d’espaces naturels, écoles, entreprises et citoyens engagés, l’événement donne à voir la diversité des formes de médiation du vivant. En 2026, plusieurs temps forts illustreront cette richesse : village arts et environnement aux salins d’Hyères, festival européen Sols & Arts à Angers, animations dans les Pyrénées-Orientales, découverte d’une tourbière par les élèves de Saint-Rivoal ou grande journée nature en forêt régionale de Bondy.
Contribuer à la protection de la biodiversité près de chez soi de façon ludique, c’est tout l’enjeu de Mission Nature ! Ce dispositif, lancé en 2023 par FDJ UNITED, en partenariat avec l’Office français de la biodiversité (OFB), permet de récolter des fonds directement versés à l’OFB pour financer des projets de restauration du vivant.
Chaque projet retenu a un impact visible, durable et mesurable sur les écosystèmes et les espèces. Entre 2023 et 2025, 64 projets ont été soutenus sur l’ensemble du territoire pour plus de 21 millions d’euros. Pour financer les projets 2026, quatre tirages du loto dédiés sont organisés pendant la Fête de la nature, les 18, 20, 23 et 25 mai. Alors, à vous de jouer !
ecologue.app pour des actions biodiversité adaptées à votre lieu
Agir pour la biodiversité,simplement et concrètement Professionnel de l’immobilier ou particulier avec un jardin, un balcon ou une terrasse : choisissez le parcours qui vous correspond.
Agathe Maussion – Ingénieure écologue spécialisée en biodiversité urbaine
Décrivez votre lieu et obtenez des actions biodiversitésadaptées, faisables et simples.
Actions citoyennes proposées par l’Office Français de la Biodiversité
Les produits que nous consommons, les déchets que nous générons ainsi que nos pratiques de jardinage ou de loisir ont un impact sur les espèces vivantes et leur environnement naturel. Que vous habitiez en appartement ou en maison, vous pouvez aider à protéger la biodiversité en adoptant des comportements responsables chaque jour. Explorer les actions citoyennes proposées par l’Office Français de la Biodiversité que vous pouvez mettre en place…
Agir pour un territoire vivable
En favorisant la biodiversité autour de moi, je contribue au bien-être quotidien de tous et garantis la qualité de vie du territoire sur le long terme.
Allier alimentation, santé et biodiversité
En adoptant de nouvelles habitudes, j’enclenche un cercle vertueux qui bénéficie aussi bien à la santé humaine qu’à celle de tous les vivants.
Maîtriser sa consommation et ses déchets
En modérant mes achats, j’améliore mon impact sur les écosystèmes tout en allégeant mes dépenses.
Prendre soin des espèces et des espaces
En respectant les milieux et leurs habitants lors de mes activités, je bénéficie sur le long terme d’espaces naturels pour me ressourcer.
Aucun thème imposé pour l’édition 2025 !
Chaque organisateur·rice est libre de choisir la thématique qui lui tient à cœur. Vous pouvez proposer des balades nature, des ateliers participatifs, des sorties nocturnes, des causeries champêtres ou toute autre animation créative permettant au public de découvrir la nature de manière conviviale et festive.
Cependant, pour mettre en lumière certains sujets essentiels, des appels à programmation sur différents thèmes sont proposés. Ces propositions thématiques offrent des pistes d’inspiration. Libre à vous de les investir ou non, selon la tonalité que vous souhaitez donner à vos événements.
Guillaume Dambrebille / Kogito
Cinq jours de manifestations gratuites pour permettre à tous les publics de vivre une expérience de la nature à son contact.
Durant ces cinq jours, des milliers d’animations gratuites et conviviales permettront à chacun·e de se reconnecter avec la nature et de mieux comprendre l’importance de la protéger. La Fête de la Nature est un moment privilégié pour partager, échanger, et sensibiliser le grand public aux merveilles et à la diversité du vivant.
La charte de la Fête de la Nature
Article I – Définition
La Fête de la Nature est ouverte à tous. Tout individu, association, entreprise, établissement public, administration, etc. peut organiser, sous sa bannière et sous sa responsabilité, une ou des manifestations dans le cadre de la Fête de la Nature, sous réserve de respecter les principes définis par la présente Charte.
Article II – Date
La Fête de la Nature se déroule chaque année le week-end le plus proche du 22 mai, Journée mondiale de la biodiversité.
Article III – Principes généraux
Pour recevoir le label « Manifestation Fête de la Nature » et être intégrée au programme officiel de la Fête de la Nature, une manifestation doit :
critère 1 : se dérouler aux mêmes dates que la Fête de la Nature
critère 2 : faire progresser la connaissance des participants sur la nature et la biodiversité
critère 3 : se dérouler au contact direct de la nature
critère 4 : promouvoir la protection de la biodiversité
critère 5 : favoriser une évolution des comportements en faveur de la biodiversité
critère 6 : être gratuite et ouverte à tous
critère 7 : prendre l’aspect le plus convivial possible, pour être ressentie comme un élément d’une fête.
Une manifestation organisée dans le cadre de la Fête de la Nature ne peut en aucun cas :
porter un préjudice, direct ou indirect, au milieu naturel (le site doit être laissé dans l’état initial)
être utilisée par les organisateurs comme un prétexte à justifier leurs activités non directement liées à la connaissance et à la conservation de la nature.
En outre, les organisateurs s’attacheront à proposer des manifestations originales, et veilleront à toucher le plus grand nombre au-delà des publics déjà sensibilisés, notamment les enfants et les jeunes.
Les manifestations pourront se tenir dans des milieux très divers, y compris en ville et dans les jardins, et elles bénéficieront toujours de la meilleure accessibilité.
À l’occasion de la Fête de la Nature les 24 et 25 mai prochains, le Muséum propose une gamme d’animations gratuites sur plusieurs de ses sites. Jardiniers, artistes et experts naturalistes se mobilisent pour offrir aux plus petits comme aux plus grands des temps de rencontre à la découverte de la biodiversité qui nous entoure. Ateliers, visites guidées, spectacles, rencontres et autres animations sont ainsi au programme de ces deux journées exceptionnelles.
Article IV – Manifestations associées
Des manifestations conformes aux objectifs et aux ambitions de la Fête de la Nature), mais qui ne respectent pas la totalité des critères définis à l’article III, peuvent recevoir le statut de « manifestation associée à la Fête de la Nature », et figurer à ce titre dans le programme officiel.
Article V – Habilitation
Pour être labellisée « Manifestation Fête de la Nature » ou être « Manifestation associée » et donc figurer dans le programme de la Fête de la Nature, une habilitation est nécessaire.
Elle est accordée par l’association Fête de la Nature au nom du comité de pilotage.
Article VI – Fonctionnement
Toutes les orientations fondamentales de la Fête de la Nature sont arrêtées par un comité de pilotage.
L’association Fête de la Nature met en œuvre l’événement et en assure le fonctionnement.
Article VII – Engagements des partenaires
Chaque partenaire de la Fête de la nature, signataire de la présente charte, s’engage à apporter sa contribution à l’organisation et au succès de la Fête :
en assurant à l’événement la plus large couverture médiatique possible ;
et/ou en organisant le plus grand nombre possible de manifestations de terrain ;
et/ou en contribuant financièrement au budget de l’opération.
Tous les signataires de la présente charte s’obligent à une totale solidarité entre eux, et à défendre collectivement l’image et le projet de la Fête de la Nature.
L’Association Fête de la Nature se réserve, à tout moment, le droit de retirer du programme toute manifestation qui ne respecterait pas l’esprit de la présente charte.
Que vous soyez une collectivité, une association, un établissement scolaire, une entreprise, ou un·e citoyen·ne passionné·e, vous avez la possibilité de devenir acteur·rice de cette grande fête en organisant des événements qui reflètent votre vision et vos valeurs. Faites de la nature une fête à la hauteur de sa beauté et de son importance !
12 fiches d’activités pour organiser la Fête de la Nature
Spécialement réalisées pour la Fête de la Nature 2022, cette série de 12 fiches d’activités a été pensée pour permettre aux moins experts des organisateurs de réaliser des animations simples pour leur publics.
10 fiches Les communes célèbrent la nature
Ces 10 fiches proposent aux acteurs communaux des pistes d’activités à mettre en place pour célébrer la nature sur leur territoire, avec des idées de ressources, de partenaires à associer, de démarche à engager…
10 fiches pour Voir l’invisible
Ces 10 fiches présentent des contextes naturalistes relativement communs partout en France métropolitaine avec pour chaque sujet des infos, des répères géographiques ou temporels, des éléments à voir, des idées d’activités.
24 cartes Super-pouvoirs de la nature
Pour accompagner la Fête de la Nature 2017 et son thème Les super-pouvoirs de la nature, voici une série de 24 cartes, format cartes à jouer, pour découvrir les stratagèmes et adaptations des espèces et des milieux naturels.
Depuis 2022, la Semaine Écologie Environnement Biodiversité (SEEB) réunit chercheurs et acteurs socio-économiques locaux pour échanger autour des enjeux scientifiques, environnementaux et sociétaux de nos territoires, du 19 au 23 mai partout en France, sur la thématique « Agroécologie et biodiversité ». Le vendredi 23 mai 2025 est la journée nationale de clôture à Paris.
Explorer les leviers d’action pour promouvoir des pratiques agricoles durables en tenant compte des enjeux socio-économiques et écologiques actuels, telle est l’ambition de cette 4ème édition de la Semaine « Écologieenvironnement biodiversité ». Organisée par le CNRS, cette action d’envergure nationale se déroulera partout en France et à Dakar (Sénégal), du 19 au 23 mai.
Arc-et-Senans – (Ré-)Concilier production, biodiversité et enjeux environnementaux dans les agrosystèmes : pratiques, impacts et leviers d’actions
Concevoir des outils pour inventorier les espèces en milieu rural, restaurer des habitats en lien avec les acteurs de la Grand muraille verte1 en Afrique, accompagner des projets d’agroécologie en milieu urbain, de nombreuses solutions émergent des laboratoires du CNRS en écologie.
La recherche comme source d’innovation et d’aide à la décision sera mise en lumière à travers les multiples sorties de terrain, ateliers et conférences qui réuniront scientifiques, décideurs et acteurs de terrain locaux. Ces rencontres permettront d’établir et de renforcer les collaborations scientifiques avec les partenaires sociaux-économiques locaux.
Paris – Quel rôle de la recherche dans la transition agroécologique ?
Une journée de clôture nationale le vendredi 23 mai 2025, au siège du CNRS à Paris.
Cette rencontre illustre la richesse et l’importance des liens entre scientifiques et acteurs socio-économiques à travers plusieurs interventions sur l’adaptation des terroirs viticoles au changement climatique, la culture céréalière, l’ingénierie écologique au service d’une aquaculture durable, ou encore la pollinisation dans les vergers.
La Grande Muraille verte (GMV), une bande de végétation pour lutter contre la désertification, implique les onze pays frontaliers de la zone saharo-sahélienne entre Dakar et Djibouti. La GMV devrait conduire à une augmentation de la biodiversité, à une restructuration du milieu et permettre, à terme, des modifications importantes de la vie des populations dans ces régions semi-désertiques. ↩︎
Fourmis & Cie est une plateforme collaborative inédite pour sensibiliser les 0-3 ans à la nature. Fruit d’une collaboration entre Label Vie, le Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN) et ses partenaires (Sorbonne Université, Université Paris Cité et CNRS), cette initiative s’inscrit dans une démarche de Recherche-Action interdisciplinaire. Pensée comme un espace gratuit, ludique et participatif, cette plateforme propose un catalogue d’activités nature adaptées aux plus jeunes et permet à chacun de contribuer en partageant ses propres idées.
La plateforme s’adresse à tous les adultes, qu’ils soient professionnels de la petite enfance, parents ou citoyens engagés, ainsi qu’aux enfants dont ils s’occupent.
Ce projet a vocation à documenter et renforcer les liens entre nature, bien-être et développement de l’enfant, tout en alimentant un plaidoyer en faveur du retour de la nature dans les lieux de vie de la petite enfance.
Un contact avec la nature essentiel au développement des jeunes enfants
Ces dernières années, le contact avec la nature a été reconnu en France comme essentiel pour le développement des jeunes enfants, notamment avant l’âge de 3 ans1. Les bienfaits du contact avec la nature sur leur développement sont nombreux (santé physique et mentale, renforcement du système immunitaire, développement moteur, cognitif et émotionnel). Mais les milieux naturels sont souvent peu nombreux et peu accessibles dans les zones très urbanisées.
Et si, grâce aux tout-petits, nous retrouvions le chemin de la nature ?
C’est pour répondre à cet enjeu que Fourmis & Cie a été créée : une plateforme gratuite, interactive et ouverte au plus grand nombre, proposant un catalogue d’activités nature spécialement conçues pour les tout-petits. La plateforme s’adresse à tous les adultes, qu’ils soient professionnels de la petite enfance, parents ou citoyens engagés, ainsi qu’aux enfants dont ils s’occupent.
« Être au contact d’organismes vivants non humain est essentiel à notre bien- être. Grâce à Fourmis & Cie, nous souhaitons sensibiliser et outiller les adultes pour qu’ils accompagnent l’enfant dans son exploration du vivant. Ce sera aussi l’occasion pour les adultes de se reconnecter eux-mêmes à ce vivant si riche. »
Claire Grolleau, Présidente de Label Vie.
Une plateforme ludique et accessible
Fourmis & Cie permet à chacun de trouver, partager et commenter des idées d’activités adaptées, mais aussi de contribuer en ajoutant ses propres idées d’activités. La plateforme propose également des défis et événements, ainsi que des articles informatifs sur les bienfaits du lien enfant-nature.
Exemples d’activités proposées sur la plateforme et de son moteur de recherche
Un projet de « Recherche-Action »
Fourmis & Cie s’inscrit dans une démarche de sciences participatives. Les données générées par le site permettront d’alimenter un projet de recherche interdisciplinaire (psychologie de la conservation, écologie scientifique, sciences de l’information et de la communication) porté par Mosaic, le CESCO et le CERLIS avec les objectifs suivants :
Explorer la diversité des expériences de nature vécues par les jeunes enfants (0-3 ans), et les adultes dits « référents » (familles, proches et professionnels de la petite enfance) ;
Caractériser les types de nature explorée ;
Étudier le rôle des outils numériquesdans la promotion du contact avec la nature.
Plus largement, il s’agit de comprendre comment des expériences de nature peuvent participer à modifier les représentations que les enfants et les adultes (qui les réalisent ensemble) se font du monde vivant. Et comment ces expériences pourraient donner une place plus importante à la nature dans ce qui fait sens pour chacun.
Enfin, ces données alimenteront, via les travaux de recherche, un plaidoyer en faveur du contact avec la nature pour les jeunes enfants, mené par l’association Label Vie.
Le projet a vu le jour grâce au soutien de nombreux partenaires engagés autour de la protection du vivant.
Ils soutiennent la plateforme Fourmis & Cie
Rapport de la commission d’expert des 1000 premiers jours(2019) : « Le contact réel avec la nature et le jeu en pleine nature sont essentiels au développement émotionnel et social des enfants ». Charte nationale pour l’accueil du jeune enfant: Article 6 : ‘‘Le contact réel avec la nature est essentiel à mon développement”. La relation avec la nature est l’une des 7 thématiques constitutives du plan de formation des professionnelles de la petite enfance, identifiée comme un levier de réduction des inégalités (ministère des Solidarités et de la Santé, Plan de formation des professionnels de la petite enfance, 2021). ↩︎
Opacité dans son action climatique, financement d’activités liées aux énergies fossiles, montée au capital de Natran (ex-GRTgaz), démantèlement de Novethic, privatisation d’Egis et de Transdev… La cohérence des investissements de la Caisse des dépôts, au regard de ses engagements en faveur de la transition écologique, ne laisse pas d’interroger, sans que l’Etat apparemment ne s’en émeuve …
Le rapport publié le 15 avril 2025 par l’ONG Reclaim Finance sur la politique climatique de la Caisse des dépôts et consignations (CDC) est sévère. Il accuse le premier investisseur institutionnel français d’entretenir une « opacité persistante » et de « manquer de crédibilité » dans son action climatique, pointant notamment les investissements réalisés par la CDC dans le développement des énergies fossiles. Une stratégie incompatible avec son statut d’investisseur public responsable,gérant en grande partie l’épargne des Français (à travers l’argent déposé sur les livrets A, les livrets de développement durable et solidaire et les livrets d’épargne populaire).
Pourquoi la Caisse des dépôts manque-t-elle à ses engagements climatiques ?
La CDC ne publie en effet ni la liste des entreprises dans lesquelles elle investit, ni le détail de ses votes en assemblée générale, ni les noms des gestionnaires d’actifs externes à qui elle délègue une partie de ses investissements, souligne l’ONG. Une opacité qui contraste avec le bon niveau de transparence d’autres investisseurs publics européens ou français. « En tant qu’institution publique, il est pourtant attendu de la CDC qu’elle rende des comptes sur ses pratiques aux citoyens », déplore Reclaim Finance.
Les alliances nationales et internationales pour le climat de la CDC – Source CDC bilan d’investissement responsable 2021
Un rapport de la Cour des comptes sur la mise en œuvre des engagements climat de la CDC, publié en 2023, avait pourtant préconisé « une plus grande ouverture des données », en arguant notamment de raisons « de redevabilité vis-à-vis des épargnants et de crédibilité des résultats affichés ».
Sous pression, la CDC se défend en assurant mener un « dialogue actionnarial » exigeant, qui lui permet d’influer sur les stratégies des entreprises de l’intérieur. Elle invoque également la confidentialité de certaines informations, nécessaire pour protéger les entreprises de stratégies spéculatives, ainsi que l’enjeu de la souveraineté, française et européenne.
L’ONG estime à près de 10 milliards d’euros les investissements de la Caisse des dépôts dans le secteur des énergies fossiles – la CDC les chiffrant de son côté à moins de 5 milliards. Des chiffres difficiles à vérifier puisque la Caisse se refuse à publier la liste des entreprises concernées. « Comment l’institution publique peut-elle se dire engagée et responsable, tout en continuant d’investir l’épargne des Français dans les entreprises poursuivant l’expansion fossile ? », s’interroge Reclaim Finance. En refusant de tracer une ligne rouge sur l’expansion pétro-gazière, «la politique climat de la CDC est loin d’être alignée sur les préconisations scientifiques ».
Pour se défendre, la CDC rappelle qu’elle a engagé 100 milliards d’euros sur cinq ans (2024-2028) pour soutenir la transformation écologique. Mais le contraste entre les engagements proclamés et la réalité des investissements interroge.
La Caisse des dépôts sous pression : quand l’opacité rime avec investissements fossiles – RSE magazine
Pourquoi la CDC augmente-t-elle sa participation dans NaTran (ex-GRTgaz) ?
Par exemple, la Caisse des dépôts continue d’investir dans NaTran (ex-GRTgaz, ex-GRDF), acteur clé des infrastructures gazières et 2e opérateur de transport de gaz en Europe. En 2021, la Société d’infrastructures gazières, véhicule d’investissement de la CDC et CNP Assurances (qui fait lui-même partie du groupe Caisse des Dépôts), a en effet finalisé l’acquisition d’une participation de 11,5 % du capital de GRTgaz auprès d’Engie pour un montant de 1,1 milliards d’euros. Présent au capital de GRTgaz depuis 2011 à hauteur de 25 %, SIG en détient depuis près de 39 %.
« Pour le groupe Caisse des Dépôts, investisseur au service de l’intérêt général qui fait de la transition énergétique une priorité, il s’agit d’investir dans le verdissement du gaz et la future logistique de l’hydrogène » et d’« accompagner l’évolution de GRTgaz, à l’heure où le gaz et les infrastructures associées sont amenées à jouer un rôle essentiel dans la transformation énergétique », se justifie la CDC. Mais même si NaTran met en avant ses engagements dans l’intégration des gaz renouvelables et bas carbone (biométhane, hydrogène, CO2), et ses ambitions à l’horizon 2030 de consacrer au moins 50 % des investissements à la transition énergétique, de multiplier par cinq la part des gaz renouvelables dans les réseaux, et de faire émerger plus de 1.000 km de réseaux H2 et CO2 en Europe, reste que l’essentiel de son activité consiste aujourd’hui à accueillir sur les terminaux méthaniers, puis à transporter via un vaste réseau de gazoducs, une énergie fossile, nocive pour le climat. Une activité en contradiction avec les recommandations scientifiques sur le sujet.
Pourquoi l’État laisse-t-il démanteler Novethic, acteur de référence de la finance durable ?
Ce financement d’activités liées aux énergies fossiles s’accompagne d’une série de renoncements en matière écologique. Dernier exemple en date, emblématique : le démantèlement annoncé de Novethic, le média spécialisé dans la transformation écologique et la finance durable. Depuis plusieurs mois, l’avenir de Novethic est en effet en suspens, la Caisse des dépôts, son unique actionnaire, ayant décidé de ne pas renouveler la subvention de 1,9 million d’euros qu’elle lui verse chaque année, en raison de mauvais résultats financiers. Aujourd’hui, la CDC est entrée en négociation avec le groupe de média AEF Info en vue d’une « reprise possible des activités média et formation » de l’entreprise. Une privatisation qui pourrait s’accompagner de la liquidation d’une partie des activités de Novethic et du licenciement d’un tiers de ses salariés. Une décision que de nombreux acteurs jugent irresponsable à l’heure où la crise écologique et climatique représente une menace existentielle et où la désinformation écologique retarde la transition.
Depuis 2001, à travers son média, mais aussi son centre de recherche, de formation, et ses activités de labellisation (portant notamment sur le label de finance durable Greenfin), Novethic assure une mission d’intérêt général reconnue. Depuis plus de vingt ans, elle joue un rôle crucial en fournissant aux acteurs de l’économie des informations fiables pour faciliter l’intégration des critères environnementaux, sociaux ou de gouvernance (ESG) dans les modèles d’affaires, ainsi que la compréhension des réglementations liées à la transition écologique. Une source d’information d’autant plus importante qu’à côté des abondantes ressources anglophones sur la finance verte, Novethic reste le seul média français spécialiste de ce sujet.
Mais ni la grève des journalistes et des salariés de Novethic en octobre dernier, ni l’appel indigné, lancé dans Libération par une cinquantaine de dirigeants économiques, scientifiques et associatifs en novembre, ni la pétition signée par des milliers de citoyens, ni l’interpellation récente par certains parlementaires du ministre de l’Économie – qui occupait le poste de directeur général de la CDC avant son entrée au gouvernement – ne semblent devoir infléchir cette décision, qui menace la pérennité d’une source d’information essentielle pour des milliers de professionnels.
Pourquoi la CDC accepte-t-elle ainsi de « sacrifier la transformation écologique et (de) continuer les coupes budgétaires liées à l’environnement » ?, s’interrogent les syndicats du groupe Caisse des dépôts. « Novethic a été créé en 2001 pour répondre à une mission d’intérêt général qu’il remplit avec succès. Les décisions ne peuvent se fonder uniquement sur la rentabilité des activités », soulignent les journalistes du média. La situation est d’autant plus incompréhensible que d’ici à 2028, la Caisse de dépôts compte investir 100 milliards d’euros pour « accélérer la transition écologique ». À côté, la subvention de 1,9 million d’euros de Novethic fait figure de « goutte d’eau ».
Novethic : coup dur pour la transformation écologique et sociale
Pourquoi privatiser Egis, leader de l’ingénierie publique bas carbone ?
Le cas de Novethic n’est malheureusement pas isolé. Il s’inscrit dans une série de remises en cause des engagements écologiques de la CDC. En cédant plus de la moitié de sa participation, la Caisse des dépôts a ainsi acté, en janvier 2022, la privatisation d’Egis, société d’ingénierie bas carbone au service de l’Etat et des collectivités territoriales, qui exerce ses activités dans les domaines de l’eau, de l’énergie, de la mobilité et de la ville durable. Désormais, c’est le fonds d’investissement privé Tikehau Capital qui est le premier actionnaire de l’entreprise avec 40 % du capital, la CDC n’en conservant que 34 % – 26 % étant détenus par les managers et les salariés. En 2021, Antoine Saintoyant, directeur des participations stratégiques du groupe Caisse des dépôts, déclarait pourtant : « Nous ne voulons pas faire de tri dans nos participations. Il n’y a pas de désinvestissements de prévus »
Avec ce nouvel actionnaire de référence, on peut se demander ce que deviendront les missions d’intérêt général de l’entreprise qui accompagnait jusqu’ici l’État et les collectivités territoriales dans le développement d’infrastructures publiques durables.Unanimes, les élus du personnel du groupe Caisse des dépôts se sont indignés de cette décision, jugée « contraire aux priorités d’intérêt général affichées par le groupe Caisse des dépôts notamment sur le plan de l’accompagnement des transformations écologiques et environnementales ».
Pour la CGT, « cette privatisation ampute la CDC de capacités techniques indispensables pour mener à bien ses missions » car « Egis accompagne aujourd’hui de nombreux maîtres d’œuvre dans la transition écologique ». L’entreprise conseille par exemple CDC Biodiversité pour la gestion durable des forêts. Egis a également créé Sobre, une joint-venture avec La Poste, qui appuie techniquement la rénovation des bâtiments du parc public et reste à ce jour la seule société à avoir développé ce savoir-faire spécifique. Dans un contexte de développement des marchés publics liés à la transition écologique, les syndicats dénoncent un transfert au privé de compétences uniques, développées sur fonds publics.
Comité mixte d’information et de concertation du groupe Caisse des dépôts (CMIC
En s’offrant Egis, le fonds d’investissement s’achète une image et espère développer une « finance verte », dont bénéficieront ses filiales spécialisées domiciliées au Luxembourg. Pour la CGT, « loin des enjeux d’intérêt général qui devraient animer une entreprise publique dans la conduite de la transition écologique, Egis est aujourd’hui livré à un projet de greenwashing de grande ampleur ».
Pourquoi sacrifier Transdev, 1er opérateur européen de transports collectifs ?
La Caisse des Dépôts a également décidé de privatiser le groupe Transdev, principal opérateur européen de transports collectifs bas carbone. En décembre 2024, la CDC, actionnaire public et majoritaire de Transdev avec 66 % du capital, est en effet entrée en négociation exclusive avec le groupe allemand Rethmann, également actionnaire de Transdev, pour lui vendre 32 % de sa participation. Celui-ci deviendra ainsi l’actionnaire majoritaire (66 %) aux côtés de la CDC (34 %).
Agir pour l’environnement et le climat dans nos territoires
Opérateur historique de bus et de cars, mais aussi de tramways, de trains et de quelques petites lignes de métro, Transdev est présent sur tout le territoire français. Principal concurrent de la RATP et de Keolis (filiale de la SNCF), l’entreprise accompagne les collectivités locales vers une mobilité durable et décarbonée, en favorisant le recours au transport public et en apportant de réelles alternatives à la mobilité individuelle. Premier opérateur européen de la mobilité zéro émission, l’entreprise aide les territoires à accélérer la transition énergétique de leur parc en déployant progressivement des solutions de transport plus propres, utilisant des énergies alternatives : électrique, hybride, hydrogène, bioéthanol, biogaz, biodiesel…
Témoin historique de l’excellence française en matière d’industries décarbonées, jusqu’ici soutenue et contrôlée par l’institution publique qu’est la CDC, Transdev va donc passer sous le contrôle d’une entreprise privée étrangère. Sans qu’aucun impératif stratégique ou financier ne le justifie, la CDC décide ainsi de sacrifier la souveraineté industrielle bas carbone de la France.
RAPPORT RECLAIM Finance
UN INVESTISSEUR PUBLIC QUI MANQUE À SON DEVOIR CLIMATIQUE
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