Sur place, à l’Académie du climat, ou derrière un écran, ils étaient près d’une centaine d’adhérents et de sympathisants à participer au Forum de Agir Pour le Climat (APLC) qui s’est déroulé le 29 janvier dernier. Parmi les intervenants, Armel Prieur et Hervé Cellard ont présenté le Compte Carbone et les référents des comités locaux Jean-Michel VIncent (CL95), Jacques Pinchard (CL35), Francis Loze (CL17) et Christophe Rendu (CL92) ont présenté les actions qu’ils conduisent dans leur territoire. Les objectifs du Forum étaient d’nformer sur les projets et le travail réalisé tant par les salariés que par les bénévoles, fédérer autour des travaux présentés, mobiliser et impliquer plus profondément les adhérents afin de faire ensemble.
Les projets présentés
La campagne UNLOCK
Stanislas Jourdan, directeur de Positive Money Europe, était présent au Forum de Agir pour le climat.
Le Forum a été l’occasion de rappeler certains éléments de plaidoyer sur la rénovation énergétique. Après avoir organisé une webconférence rassemblant plusieurs experts européens en avril 2021, puis publié un guide à destination des décideurs européens en octobre 2021, Agir pour le climat s’engage aux côtés de Positive Money Europe, dans la campagne UNLOCK. Son objectif : débloquer des solutions de financement bancaires pour massifier la rénovation.
Vidéo des présentations de Lucas Chabalier et de Stanislas Jourdan :
Suivi des projets « climat » cofinancés par la BEI
Grégoire Chauvière Le Drian, directeur du bureau français de la BEI, Edouard Bouin, administrateur général de APLC et Lucas Chabalier, responsable plaidoyer de APLC.
Grégoire Chauvière Le Drian, chef du bureau français de la Banque européenne d’investissement (BEI), a présenté l’action climatique de l’institution en France et souligné l’utilité de la société civile, notamment des associations comme APLC. Greg Rung, ancien de la BPI et de la Banque mondiale, a explicité l’importance de l’ancrage territorial qui fait défaut aux grandes institutions européennes : besoin de remontée d’informations, suivi des projets co-financés par la BEI, mise en valeur des réussites, alerte sur les éléments de blocage. Il encourage les adhérents et sympathisants de APLC à s’impliquer en ce sens.
Vidéo des échanges avec Grégoire Chauvière Le Drian et Greg Rung
Observatoire des politiques territoriales de transition
Nicolas Desquinabo, expert en politique publique, présente aux adhérents et aux sympathisants le projet de création d’un Observatoire des politiques publiquesPrésentation de Nicolas DesquinaboNicolas Desquinabo part du constat qu’il n’existe pas d’observatoire inventoriant les politiques locales de transition, leurs objectifs, les moyens alloués et les résultats obtenus. Or, la lutte contre le dérèglement climatique se joue en grande partie à l’échelle des territoires. La création d’un Observatoire des politiques territoriales de transition de valoriser les bonnes pratiques et d’inciter les collectivités qui ne s’engagent pas ou pas suffisamment à s’en inspirer.
Comment agir pour le climat à mon échelle ?
Aline Prevot, vice-présidente de Agir pour le climat, encourage les adhérents et sympathisants à s’investir dans les projets de l’association.
Il y a plusieurs façons de s’investir avec votre association dans les projets présentés. Par souci de clarté, nous avons réparti les missions en trois pôles détaillés ci-dessous. Libre à vous d’en intégrer un ou plusieurs. Les missions ne sont pas exclusives les unes des autres (au contraire) et les questions indicatives.
📊 Pôle collecte/remontée d’informations depuis les territoires 📊
Campagne UNLOCK : rechercher les offres de financement bancaires spécifiques aux rénovations énergétiques des logements. Les prêts proposés sont-ils calibrés pour des rénovations complètes et performantes ? Quelles conditions d’emprunt (taux et durée) et quel public ciblé ?
Suivi des projets climat co-financés par la BEI;-Collecter les informations :
en amont : élus et entreprises ont-ils le réflexe de se tourner vers l’institution lorsqu’ils veulent monter un projet vert ? Comment réagit la population aux projets que la BEI pourrait cofinancer dans son territoire ? Quels projets “climat” la société civile souhaiterait-elle voir porter dans sa région ou sa métropole ?
en aval : les travaux avancent-ils comme ils devraient ? Comment le projet est-il accueilli par la population ? Les objectifs sont-ils atteints ?
Observatoire des politiques territoriales de transition :
répertorier les politiques locales de transition par secteur (en priorité rénovation et mobilité).
Identifier les territoires qui sont en pointe et ceux qui sont en retard,
objectiver les besoins de financements supplémentaires.
🧾 Pôle plaidoyer 🧾
Campagne UNLOCK : diffuser et faire signer la pétition, inciter sa banque à s’engager sur le marché de la rénovation complète et performante des logements en proposant des offres de financement adaptées (une lettre type à adresser à son banquier sera mise en ligne).
Sur la rénovation énergétique des logements et son financement, une présentation, des éléments de langage et un argumentaire seront mis en ligne ;
Suivi des projets climat co-financés par la BEI :
sans en être les représentants, informer les chefs d’entreprise et les élus locaux que l’institution peut financer des projets de transition sur leur territoire, mais que ces projets doivent atteindre une certaine taille (la BEI n’intervient pas à moins de 15 millions d’euros pour les premiers, 50 millions pour les seconds) ;
tester l’idée d’un livret épargne BEI pour financer la transition écologique (sur un modèle comparable au livret A de la Caisse des dépôts pour le logement social) ;
valoriser les réussites de projets financés par la BEI, et au contraire alerter (la BEI, les élus et acteurs du projet) lorsque cela est nécessaire.
Observatoire des politiques territoriales de transition :
valoriser les territoires les plus engagés,
mettre en lumière l’utilisation efficace des financements européens, nationaux et locaux,
pointer du doigt l’inexistence ou l’incohérence des politiques locales,
donner des exemples de bonnes pratiques,
aiguillonner les mauvais élèves.
📡Pôle relais d’information📡
Vous pouvez vous engager avec nous en intégrant les boucles de relais d’informations de l’association. Dans ces boucles, vous seront envoyés les liens vers les derniers articles et publications réseaux sociaux pour que vous puissiez les partager à votre tour et donner ainsi plus d’écho aux actions et à l’actualité de Agir pour le climat.
✊J’AGIS POUR LE CLIMAT✊
Devenez acteur du Pacte Finance-Climat
La bataille du climat n’est pas encore gagnée…
Ensemble devenons acteur du monde que nous souhaitons pour demain !
Pour réussir la transition écologique, nous devons disposer d’une vraie politique énergétique européenne.
Devenez acteur du Pacte Finance-Climat !
cahieracteur_bat3_bd.pdf
A l’heure où le nombre de personnes âgées dépendantes s’accroît, les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) font partie des sujets phares qui inquiètent un grand nombre de personnes.
En effet, trouver et choisir un EHPAD est une étape délicate pour les familles et les aînés. Cette vraie problématique n’est pas nouvelle. Cependant, elle s’amplifie au regard des complexités administratives, du nombre de places disponibles, des cas de maltraitance, et des montants pratiqués en forte hausse.
Dans l’optique d’apporter des outils utiles au plus grand nombre, Le Guide Santé publie régulièrement des enquêtes, en complément des outils numériques mis à disposition (applications mobiles, sites internet,…). C’est dans cette trajectoire que nous avons réalisé une enquête « client mystère » auprès des EHPAD en France métropolitaine sur les vrais tarifs pratiqués en 2022.
Pour réaliser cette nouvelle enquête, les équipes de notre pôle Data Management ont analysé 7469 établissements inscrits sur la base FINESS, le Fichier national des établissements sanitaires et sociaux [1]. Par le biais d’une enquête téléphonique, qui s’est déroulée entre le 24 et le 31 janvier 2022, nos équipes ont réalisé 66 465 appels téléphoniques, soit, entre 8 et 10 appels pour chaque établissement.
Afin d’obtenir une exhaustivité la plus large possible – comme pour chacune de nos enquêtes (ophtalmologie, dermatologie,…) – nous avons réalisé le croisement de 3 bases de données, en couplant notre enquête 2022 à l’enquête du CNSA (Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie) [2], ainsi qu’avec une enquête sur les tarifs pratiqués, que nous avions réalisés au mois d’août 2020, auprès de 7324 EHPAD.
Enquête exclusive sur les tarifs hôteliers (hors tarifs dépendance) des EHPAD
L’objectif de cette nouvelle enquête sur les EHPAD était de connaitre les tarifs hôteliers – hors tarifs dépendance, qui peuvent varier d’un établissement à un autre, en fonction du niveau de dépendance moyen des résidents pour chaque établissement.
Le tarif moyen en France constaté est de 2125,35 Euros. Pour bien saisir les différences départementales, une carte interactive a été créée. La grille de lecture propose trois niveaux de couleur, afin de représenter les trois groupes retenus pour ce classement : EHPAD les plus chers (en rouge) ; les EHPAD dans la moyenne (en gris) ; les EHPAD les moins chers (en bleu).
La répartition des établissements et des tarifs en fonction de leur statut juridique est la suivante :
• Secteur privé commercial : 24 % de l’ensemble des établissements avec un tarif moyen de 2766,71 Euros (principalement géré par des grands groupes privés nationaux (Orpéa®, Korian®,…) ;
• Secteur privé non lucratif : 31 % de l’ensemble des établissements avec un tarif moyen de 2025,16 Euros (géré par des associations à but non lucratif, fondations, groupes mutualistes, congrégations) ;
• Secteur public : 45 % de l’ensemble des établissements avec un tarif moyen de 1843,02 Euros.
D’autre part, nos équipes se sont aussi penchées sur les services essentiels à avoir dans un établissement : infirmière de nuit, chambre climatisée, repas servi en chambre, climatisation dans la salle de restaurant. Sur l’ensemble des établissements interrogés nous avons environ 95 % des établissements qui disposent de ces services.
Toutefois, en regardant plus en détail les enquêtes de terrain réalisées régulièrement par différentes structures, ainsi que les révélations de certains usagers, il n’est pas exagéré de se poser de questions sur la véracité, la qualité et la présence de l’ensemble de ces services pour une partie des EHPAD.
Palmarès des 100 établissements les plus chers
Pour cette enquête, nous avons établi un palmarès des 100 établissements les plus chers en France métropolitaine. Ce que l’on peut constater, c’est que nous retrouvons les établissements privés lucratifs, principalement situés en Ile-de-France, dans la barre haute des tarifs.
Afin de visualiser plus aisément les détails, une carte interactive permet de constater les chiffres par départements, ainsi que les 10 établissements les plus chers en cliquant sur le département concerné. De façon à aller encore plus loin, et faire le meilleur choix pour un EHPAD pour un membre de sa famille, un outil unique et exhaustif a été crée par nos équipes : Le Guide Santé Sénior®.
Concernant les départements, on constate que parmi les EHPAD les plus chers, on retrouve : les départements de la région Ile-de-France, le Rhône, les Bouches-du-Rhône, et les Alpes- Maritimes.
L’incidence foncière mène la danse ?
Au regard de ces résultats, et des services mis en face qui sont identiques, la question est « pourquoi devons-nous payer plus chers ?« .
Dès lors, il semble évident que l’incidence foncière (rapport entre le prix du terrain et le prix immobilier) fixe le prix, et non les services proposés (entretien, blanchisserie, portage des repas, aides soignants et AMP, etc).
Ensuite, notons qu’un établissement a plusieurs sources de financement :
• APA : allocation personnalisée d’autonomie ;
• APL : aide personnalisée au logement ;
• ASH : aide sociale à l’hébergement ;
• Réduction d’impôt à hauteur de 2500 Euros par an par personne hébergée.
A noter que les tarifs d’hébergement sont fixés librement pour les établissements qui ne sont pas habilités à recevoir des aides sociales. Pour ceux qui sont habilités à l’aide sociale, le tarif d’hébergement est fixé avec l’accord du président du conseil départemental (qu’il soit public ou privé). Aussi, il est à charge des personnes accueillies qui peuvent avoir droit à l’aide sociale à l’hébergement accordée par le conseil départemental.
De ce que l’on peut voir et constater, une autre question se pose : « est-ce que l’on fait du soin ou pas en EHPAD ?« . Il est évident que oui. Par contre, il est incontestable qu’il s’agit purement d’un produit financier géré comme de l’hôtellerie, mais pas totalement comme un établissement sanitaire.
Ce qui fait tendre un établissement plus vers le sanitaire tient en particulier à l’âge et aux pathologies des résidents. De ce fait, il se greffe à cette situation les contraintes de rentabilité, et il est actuellement quasiment impossible de mettre en face le personnel adapté.
Un besoin urgent de mieux contrôler et mieux réguler
Un système qui maltraite nos aînés ?
Ainsi, aujourd’hui, on se retrouve dans la situation décrite dans le livre-enquête « Les Fossoyeurs » du journaliste Victor Castanet (parut chez Fayard le 26 janvier 2022) [3]. On constate ainsi l’existence d’un dispositif de maltraitance institutionnelle en gériatrie, possiblement apparié à un dispositif commercial, trompeur et assorti de publicités parfois aveuglantes, voire mensongères.
D’ailleurs, déjà en 2017, un article publié par le magazine français à destination du public senior, Notre Temps, dévoilait que « près d’une maison de retraite sur deux (48%) userait de pratiques commerciales trompeuses, selon la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). […] Publicité mensongère, affichage des tarifs incomplet, hausses de prix excessives, clauses contractuelles abusives….« [4]
Plus clairement, nous nous retrouvons pratiquement au même stade qu’à la fin des années 80 ou au début des années 90. A cette époque, dans le secteur sanitaire et social, il pullulait des établissements de convalescence et de rééducation, dont la majorité étaient concentrée dans le sud de la France, et ressemblait plus à des maisons de repos, voire de vacances. Pourtant, depuis cette époque, il y a eu une réorganisation globale du secteur, avec des normes plus strictes, ainsi que de nombreuses fermetures administratives grâce aux services de l’Assurance maladie, pour atteindre maintenant des structures sanitaires d’aval de court séjour de bonne qualité.
De la sorte, l’une des pistes afin de tout réorganiser est de ne plus fixer les tarifs en fonction du foncier. Globalement, tous les établissements devraient avoir des tarifs alignés, avec des variations uniquement si les moyens humains à disposition sont au rendez-vous.
D’autre part, le maintien à domicile (MAD) est une chose, et l’EHPAD en est autre. Il paraît important de ne pas comparer, même si une nette préférence des seniors s’oriente pour le maintien à domicile. Il est primordial de comprendre que chaque situation est un cas à part ; l’âge avançant, l’environnement familial, et la perte progressive d’autonomie n’est pas la même pour tous les aînés.
La problématique principale : doit-on accepter de payer en moyenne avec le tarif dépendance de 3000 Euros par mois ? Soit un budget de 240 000 Euros par mois pour un établissement de 80 lits. Il faut savoir que dans un établissement de santé, la partie de la masse salariale (en privé) est de 55 à 60% du budget, et là dans le cas présent c’est le foncier.
Est-ce que c’est de l’hôtellerie ou du sanitaire ?Lorsqu’on parle de niveau de dépendance, on parle de prises en charge et de soins lourds, de stimulations, de véritables soins de kinésithérapie (ce qui n’est pas toujours le cas), de soins infirmiers adaptés (très compliqué compte tenu de la surcharge de travail et des équipes réduites), d’environnements fonctionnels pour éviter le syndrome de glissement,….
Par ailleurs, il y a la dépendance due aux maladies neurodégénératives (maladie d’Alzheimer, maladie de Parkinson,…), où la prise en charge est très lourde. Normalement, le tarif de la dépendance est là pour que l’établissement puisse mettre en place tout le nécessaire.
Pension retraite moyenne vs Tarifs des EHPAD
Pour mémoire, la pension retraite moyenne actuelle en France est de 1393 Euros nets (1503 Euros bruts).
En effet, selon la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES), « la pension moyenne tous régimes confondus s’établit, à cette date [2021, NDLR], à 1 503 Euros bruts mensuels parmi les retraités résidents en France. Elle diminue de 1,1 % en Euros constants, du fait notamment d’une revalorisation des pensions inférieure à l’inflation. Le niveau de vie médian des retraités demeure supérieur à celui de l’ensemble de la population« . [5]
Lorsque l’on observe cette situation, force est de constater qu’il y a une véritable discordance entre la retraite moyenne et le tarif moyen appliqué par les EHPAD.
Par conséquent, il n’est pas rare que des familles se sacrifient et se retrouvent dans des situations déplorables, à devoir revendre leur propre bien foncier accumulé pendant toute une vie, pour payer le foncier des maisons de retraite.
Enfin, au regard de ce qui se passe depuis plusieurs semaines, il y a un véritable problème sociétal, ainsi que de santé publique. Ce sont uniquement des décisions politiques fortes qui pourront changer cette situation. En effet, le devoir de notre pays est de protéger l’ensemble de nos aînées (bientraitance des personnes âgées).
Notre système de santé en France, même si certaines personnes le critiquent sévèrement, j’en suis fier. Nous offrons aux patients, et pratiquons, une médecine de qualité, et grâce à la protection universelle maladie, toute personne qui travaille ou réside en France, l’accès aux droits et aux soins pour tous.
Dans le cadre des EHPAD ce n’est pas le cas. Ce système n’est pas assez encadré, et il faut une intervention plus importante et plus concrète de la part de l’État, autant dans le contrôle des normes, la révision des contrats (convention tripartite,…), que celui de la régulation des prix.
INTERVIEWS
Nous complétons cette enquête par deux interviews réalisées par la journaliste santé, Christine Colmont.
Interview de Maître Soliman Le Bigot
[Avocat à la Cour, arbitre à la CAMED dans le cabinet LBM Avocats]
Comment suivre ses proches âgés vivant en établissements afin d’éviter les maltraitances ?Certains groupes d’établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) semblent parfaits de l’extérieur alors qu’en réalité, leurs personnels peuvent être en sous-effectif et/ou insuffisamment formés et la prise en charge peut être défaillante. Le contrat conclu souvent à des conditions financières élevées fait naître des droits et des obligations de part et d’autre. D’où la nécessité de bien relire et de comprendre le contrat de séjour qui peut contenir des clauses abusives également sur la résiliation notamment aux torts du patient mais aussi ses avenants postérieurs.
Avoir un proche en maison de retraite nécessite de surveiller une prise en charge de qualité, la nutrition, le respect de la dignité de la personne et du secret professionnel, etc. en suivant et en accompagnant bien la personne vulnérable. Le diable se cache alors souvent dans les détails.
Il s’agit donc d’être attentif et vérifier ce qui se passe à l’intérieur de l’établissement, de pouvoir aider activement aux soins, d’améliorer et de corriger ce qui ne va pas. Surtout, il faut signaler ces manquements aux soignants et au directeur de l’établissement. Pour être entendu et que la situation s’améliore, il est important d’avoir un contact cordial et régulier avec la direction, d’entretenir des relations constructives avec le personnel aidant et soignant, dans l’intérêt du résident. La confiance n’exclut pas la vérification.
En cas d’incident, les remarques énoncées seront mieux perçues par les responsables et le personnel soignant. Et lorsque les proches vivent dans un établissement éloigné géographiquement, il est aussi essentiel de trouver des personnes-relais pour s’occuper sur place des relations entre l’EHPAD et rendre visite à nos proches vulnérables.
Cela a été le cas lors du premier confinement de 2020. Un aumônier par exemple a pu rendre visite à la personne âgée, à la demande de la famille, pour lui donner de ses nouvelles. Afin d’éviter l’isolement dans lequel s’étaient alors trouvées les personnes âgées au début de la crise sanitaire, une proposition de loi vise à inscrire (de manière impérative) le droit de visite en établissements. Nous, avocats spécialisés, espérons qu’elle sera au plus vite adoptée, pour garantir un droit nécessaire de visite aux patients et résidents des établissements et hôpitaux.
Autre point de vigilance : nous conseillons aux familles de lire attentivement le contrat conclu avec l’EHPAD car ce dernier peut receler des clauses abusives, entièrement discrétionnaires. Pour exemple, dans le cas où l’état de santé mental d’un résident se dégraderait, il peut être discrètement stipulé dans le contrat de séjour que celui-ci soit transféré dans des services d’hébergement à la surveillance renforcée. Certes, si un patient devient dangereux, les dirigeants des EHPAD ont besoin et doivent pouvoir effectuer des transferts (car ils n’ont pas le personnel formé ni même parfois le matériel adapté), mais en aucun cas de façon unilatérale et abusive.
Il est également important d’avoir une relation de confiance, une alliance thérapeutique avec le médecin coordonnateur qui travaille directement avec les établissements. Son rôle est crucial car ce praticien peut évaluer le patient en fonction de son état de santé et son comportement : une peur, une agressivité soudaine, une attitude renfermée, une perte de poids peuvent être des signes de maltraitance. Il peut être alors le premier à alerter la direction et la famille.Quel est votre rôle d’un avocat pour défendre les résidents ?J’interviens pour soutenir les familles dans leurs litiges relatifs au droit des résidents en EHPAD, des maisons de retraite, des hôpitaux tant en conseil, en prévention d’un contentieux possible qu’en cas de différend ou encore pour porter plainte si un accident médical s’est produit.
Je les accompagne et travaille également comme bénévole avec des associations de
patients, comme par exemple « Hôpital 2000 » pour lutter contre la douleur en milieu hospitalier et « Urgences » pour aider à la sensibilisation des soins palliatifs afin que ceux-ci soient toujours de meilleure qualité et permettent aux patients de se sentir davantage soutenus.
La formation et l’éthique des pratiques soignantes s’améliorent, mais le rapport de force reste déséquilibré à l’hôpital ou en EHPAD entre le soignant qui est debout et le patient/résident en face de lui, couché et fragilisé. Une déontologie de la responsabilité est alors indispensable pour obtenir un dialogue et prise en charge de qualité.Quand faut-il faire appel à un avocat ?Lorsque la relation se dégrade ou dès que des défaillances sont constatées, on peut lui demander conseil pour ne pas subir ou rester inactif.
J’insiste sur le fait que les familles doivent s’investir dans la relation avec les soignants, être présents au maximum pour construire une relation de confiance et de bienveillance réciproque avec les équipes. Quand les établissements ont été fermés aux visites lors du premier confinement, des syndromes de glissement se sont produits chez les résidents, inquiétant à juste titre leurs proches.
Certains ont donc fait appel aux avocats, facilitateurs du dialogue afin d’établir un contact de manière plus délicate, d’entrer en médiation avec le personnel de l’établissement. Aussi notre rôle est parfois de forcer le dialogue, car dans certains EHPAD, les directeurs peuvent être parfois rigides : ils ne souhaitent pas favoriser l’écoute, le dialogue, le consentement libre et éclairé.
Dans ces cas, les familles ou leur avocat doivent insister pour comprendre le pourquoi des décisions médicales, les changements de traitements sans concertation avec, envisager les autres moyens à disposition pour éviter de transférer un patient dans un autre établissement.
Les familles s’en rendent compte en raison des signalements faits par la direction et perçus comme des menaces, pour un transfert dans un établissement plus lourd en termes de dépendance psychologique et de surveillance. Faute de rencontre avec le directeur et en l’absence d’échanges d’informations, l’inquiétude et l’angoisse peuvent rapidement s’installer. Si cela se passe mal, il ne faut alors pas hésiter à changer d’EHPAD et choisir un établissement dans lequel les dirigeants et soignants seront plus souples et ouverts au dialogue.Les familles doivent-elles se rapprocher des médecins des Ehpad ?Le médecin coordonnateur travaille souvent avec le directeur et les équipes soignantes. Les familles doivent faire attention à d’éventuelles collusions, au détriment de leurs proches. Elles doivent montrer qu’elles sont fortes, présentes, et si elles ne sont pas en désaccord, le justifier par des faits précis.
Dans un cas précis où le médecin traitant de la personne âgée était absent, nous avons fait intervenir un médecin gériatre extérieur qui a pu effectuer une expertise judiciaire. Celui-ci a pu affirmer que la personne n’était pas sénile et ne nécessitait donc pas un transfert d’autorité en UHR (Unité d’Hébergement Renforcé), ce qui a rassuré la famille et lui a donné des arguments pour transférer leur père dans un autre établissement et éviter les tensions avec le personnel de l’EHPAD où il résidait. Tout s’est bien passé pour ce monsieur. Toutefois, il est parfois difficile de trouver des places dans un autre établissement à proximité, surtout dans un territoire sous doté.
Pour les proches qui vivent à domicile, quel peut être votre rôle pour éviter la maltraitance ?
À la maison, la vigilance s’impose pour les personnes âgées, qui bénéficient d’aides pour rester à domicile. Plusieurs auxiliaires de vie, parfois mal payés et/ou peu formés, qu’on ne connaît pas très bien vont se succéder, avec à la clé de potentiels abus de faiblesses, voire même une non exécution correcte de leur mission.
Le mieux sera d’exercer une surveillance sur place, de vérifier les comptes, quitte à demander une mesure de protection, comme par exemple à l’hôpital une sauvegarde de justice, et à la maison une curatelle simple ou renforcée, voire une mise sous tutelle si la personne est inconsciente ou s’il y a des désaccords avec la famille. Et ce, pour garantir une impartialité. L’avocat est là pour saisir le juge si nécessaire et demander le cas échéant la nomination d’un expert.Que faire de plus pour améliorer la qualité de vie des personnes âgées en Ehpad ou à domicile ?Le droit des patients a considérablement évolué aussi bien sur le plan individuel que collectif. Les associations de patients sont désormais représentées dans les institutions, comme la Haute Autorité de Santé (HAS) notamment. Elles peuvent donc peser dans les décisions, faire en sorte que les bonnes pratiques soient respectées, être impliquées dans la gouvernance, représenter des usagers pour peser sur les décisions et éviter les dérives.
Nous sommes tous co-responsables des uns des autres pour nos aînés qui deviennent personnes vulnérables. Selon le mot de Thomas Merton « nul n’est une île ». Compétence, collégialité et humanité sont les maîtres mots de ce domaine si puissant qu’est la médecine.
Interview du Dr Pascal Meyvaert
[Président du Syndicat des médecins coordinateurs d’Ehpad et autres structures, généralistes ou gériatres.]
Quel est le profil type d’une personne âgée en EHPAD ? Son âge, son genre, son état de santé ?Les résidents d’EHPAD ont en moyenne 85-86 ans et sont essentiellement des femmes qui ont subi une perte d’autonomie importante, facteur déclenchant pour leur arrivée en établissement. Elles présentent un profil poly-pathologique, avec souvent des troubles cognitifs et du comportement, liés à des maladies neurodégénératives.
La résidence en EHPAD est souvent demandée par la famille et l’entourage qui se rend compte de la mise en danger de la personne, à son domicile, et de la nécessité d’une surveillance 24/24 h. Le maintien à domicile n’est plus possible, en raison des moyens financiers trop importants que nécessiteraient l’embauche de plusieurs aides à domicile le jour, la nuit et le week-end.En tant que représentant des médecins coordonnateurs, que vous inspire le scandale qui éclabousse le premier groupe européen de maisons de retraite, soupçonné de maltraitances envers ses résidents ?Ces maltraitances sont avant tout inadmissibles. Je trouve qu’il est particulièrement choquant que les frais d’hébergement extrêmement élevés satisfassent d’avantage les actionnaires de ces groupes cotés en bourse que les résidents. Malheureusement, des situations similaires existent ailleurs, quel que soit le statut de l’EHPAD, privé, associatif ou public. Là où le bât blesse : l’insuffisance de ressources humaines et le manque de formation, qui sont récurrents et pointés du doigt depuis plusieurs dizaines d’années. Malgré les lots de promesses des gouvernements successifs pour renforcer la quantité et la qualité de personnel soignant, la situation a peu avancé. Nous sommes très loin du modèle suisse dans lequel un encadrant est prévu pour un résident. La France en compte moins d’un pour deux personnes âgées.
Or l’encadrement est crucial pour apporter aux personnes âgées des soins d’hygiène, leur donner à manger, les soigner, s’occuper de leur traitement, autant de gestes techniques qui d’ailleurs diminuent le temps de contact avec les résidents. Une personne a besoin de réconfort et d’échange mais avec seulement 5 minutes chronométrées pour lui faire une toilette complète et l’habiller, le soignant n’aura plus de temps pour lui parler, lui demander comment elle va, si elle voit souvent sa famille… Il faudrait donc prévoir davantage de temps pour prendre en charge les résidents de manière optimale ?En tant que médecin coordonnateur, nous sommes confrontés sans arrêt au manque de temps du personnel en EHPAD. Pour prendre l’exemple des repas, rares sont les résidents autonomes, qui peuvent manger seuls. La plupart a besoin de temps pour mâcher, avaler et éviter les fausses routes. Les soignants imposent la réalité de leur temps et leur disponibilité. Nous, médecins, demandons que les repas durent 45 minutes au minimum, et qu’ils soient pris avec une aide.
La difficulté réside dans l’offre insuffisante de personnes prêtes à aller travailler en établissement en raison la faible attractivité des métiers du grand âge due aux salaires trop faibles mais des conditions de travail trop difficiles. Certains membres du personnel témoignent ne plus pouvoir continuer à travailler dans les conditions actuelles car cela reviendrait à renier leur vision de la personne âgée. Dans ces cas-là, la maltraitance n’est pas due au personnel mais elle s’est institutionnalisée en obligeant les employés à travailler en sous-effectifs, dans des conditions qui ne devraient pas exister.
De plus, dans la période actuelle de crise sanitaire, les EHPAD, qui étaient déjà en sous- effectifs, ne fonctionnent plus aujourd’hui qu’en mode très dégradé. Faute de personnel, les résidents ne vont pas être levés, ni lavés ou de manière trop espacée, ne pas être nourris de manière optimale….
Le manque de personnel nous concerne également nous les praticiens. Si la loi impose la présence d’un médecin coordinateur dans tous les EHPAD de France, plus d’un tiers des établissements en sont dépourvus.Disposez-vous de relais suffisants pour bien suivre la santé des résidents ?Ce n’est pas le cas. Pour la crise du COVID-19, il y a théoriquement, un pool de remplacement d’urgence proposé par les Agences régionales de Santé. Dans les faits, aucun remplaçant n’est disponible. Les services d’Intérim n’ont pas non plus de personnes à proposer. C’est un cercle vicieux : en raison de conditions dégradées faute de personnel, ceux qui sont encore là ou qui entrent dans les EHPAD dans de telles conditions, ne trouvent plus ou pas leur emploi attractif.Quelles seraient les conditions nécessaires pour améliorer l’état de santé physique et mental des résidents en EHPAD ?De vraies solutions doivent être trouvées pour rendre attractifs les métiers du grand âge et en particulier ceux dans les Ehpad. Cela passe par une valorisation salariale mais aussi par la formation et l’organisation de stages. Encore faut-il que ces derniers se déroulent dans de bonnes conditions pour donner envie d’y travailler une fois le diplôme obtenu.Vous êtes médecin généraliste, spécialisé dans le grand âge. Quels conseils donneriez-vous aux familles pour maintenir leurs proches à domicile de manière à reculer le plus possible le passage en EHPAD ?Le temps en bonne santé se réduit à un âge avancé. Les Français sont de plus en plus nombreux à atteindre un âge avancé. Ils vont avoir une ou plusieurs maladies invalidantes avec un risque de perte d’autonomie de plus en plus tôt.
Une prévention devrait donc être mise en œuvre très tôt pour être efficace. Mais ce n’est pas le point fort de la France qui privilégie la santé thérapeutique au détriment de la santé de prévention. L’enjeu est de taille : prévenir les maladies cardio-vasculaires, maintenir une bonne hygiène de vie (alimentation et exercice physique), se doter de bonnes conditions environnementales….
Par ailleurs, le domicile est idéal si la personne est capable d’y rester sans se mettre en danger. En tant que médecin généraliste, j’effectue régulièrement des visites à domicile et je constate que certaines personnes sont très isolées à leur domicile, parfois dans des conditions bien pires qu’en EHPAD. Ces personnes, qui n’ont plus de proches, se retrouvent seules avec au mieux une infirmière qui passe 20 minutes par jour et une aide à domicile 2 heures par jour. Elles sont hélas des laissées pour compte.
Le maintien à domicile jusqu’à la fin dans de bonnes conditions serait idéal mais ne représente pas la solution pour tout un chacun. Il est indispensable d’offrir des conditions plus dignes et efficaces pour ces personnes qui n’ont pas d’autre choix que de finir leurs jours en EHPAD.Faudrait-il donc une réelle politique orientée vers leur bien-être des personnes âgées ?Oui. La loi sur le grand âge a été abandonnée et le financement n’est pas au rendez-vous. Les gouvernements successifs ne posent que des rustines et des pansements sur la prise en charge des personnes âgées. Les projecteurs sont régulièrement mis sur les personnes âgées en période de crise mais celles-ci sont ensuite vite oubliées.
La situation actuelle me paraît bien pire que celle que nous avons connue déjà catastrophique lors du premier confinement, même si nous avons moins de décès. Le variant Omicron [Maladie à coronavirus 2019 (COVID-19), NDLR], en rendant malade les soignants, désorganise encore plus la prise en charge en EHPAD. Nous médecins avons très peur de ce qui pourrait arriver à nos personnes âgées dans les prochains jours et les prochaines semaines. Nous nous félicitons qu’ils soient tous vaccinés ou presque mais cette vague devrait les affaiblir encore plus, avec des conséquences à craindre dans les mois qui viennent.Sources
Créé en 2009 par deux médecins spécialistes, Le Guide Santé est un site de santé publique dont l’équipe de rédaction est constituée à plus de 80 % par des médecins dont des professeurs. Le site bénéficie d’une forte légitimité éditoriale auprès des professionnels de santé et des administrations, renforcée en 2020 par un comité scientifique. Le Guide Santé publie chaque trimestre des enquêtes de santé publique inédites et met gratuitement à la disposition des patients des guides-annuaires en ligne téléchargeables sur application (Doc Le Guide Santé, Le Guide Santé Sénior) comprenant des données qualifiées.
Le One Ocean Summit s’est tenu à Brest du 9 au 11 février 2022. Organisé par la France dans le cadre de la présidence tournante de l’Union européenne qu’elle tient jusqu’à fin juin 2022, ce sommet réunissait notamment une vingtaine de chefs d’État avec pour objectif de « relever le niveau d’ambition de la communauté internationale sur les sujets maritimes ». Cet objectif est d’autant plus important que les négociations sur un nouvel accord visant à préserver la biodiversité marine dans les zones situées au-delà de la juridiction nationale (dit accord BBNJ sur la haute mer) doivent reprendre aux Nations unies à New York en mars prochain. Enjeux et réactions des parties prenantes.
Le rapport d’activité triennal de l’AREC, édition 2021, est paru. Au fil des pages de ce rapport, qui couvre l’activité des trois dernières années, vous découvrirez les multiples facettes de l’activité de l’Agence, fabrique de solutions pour le passage à l’acte des territoires.
L’AREC propose aux acteurs des territoires d’Occitanie des solutions adaptées, qu’elles soient clés en main ou spécifiques, selon les contextes. Elle les accompagne sur l’ensemble de la chaîne de valeur de la transition énergétique : de l’amont jusqu’à la réalisation et au financement des projets.
– Site de Toulouse : 55 avenue Louis Breguet – CS 24020 – 31028 Toulouse Cedex 4 – Tél. : 05 34 31 97 00
– Site de Montpellier : 117 rue des Etats Généraux – CS 19536 – 34961 Montpellier Cedex 2
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Comme l’indiquent les rapports du GIEC, la décennie actuelle est décisive dans la lutte contre le changement climatique. Sur la base de l’objectif européen, la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) à atteindre est trois fois plus importants à réaliser en trois fois moins de temps par rapport à ce que nous avons tout juste réussi à faire entre 1990 et 2020. Pour y parvenir, un accroissement très important et dans la durée des investissements est nécessaire, que ce soit pour l’atténuation ou l’adaptation au changement climatique ou pour d’autres aspects majeurs de la transition écologique comme la protection de la biodiversité.
Dans ce contexte, la définition d’une stratégie explicitement pro-climat des finances publiques constitue un enjeu majeur. Ce décryptage de La Fabrique Ecologique propose des pistes concrètes en la matière pour réussir la transition écologique.
MicrosoftTeams-image%20%2884%29.png?itok=tUcallurÀ moins de trois mois de l’élection présidentielle, les experts-comptables de France assument un choix qui résonne désormais comme une évidence : « se mêler de ce qui les regarde ». Les économistes du quotidien formulent 100 propositions concrètes pour une France plus forte, juste et compétitive !Au programme :
Faciliter la vie des entrepreneurs ;
Accompagner les TPE/PME vers les enjeux sociétaux, écologiques et digitaux ;
Pérenniser le modèle social français ;
Moderniser la vie démocratique : le regard des experts-comptables élus ;
Dynamiser nos territoires ultra-marins.
Ces 100 propositions seront soumises à tous les candidats à l’élection présidentielle, quelle que soit leur couleur politique. Elles sont une contribution concrète au nécessaire débat.
Être acteurs plutôt que spectateurs, proposer plutôt que protester, construire plutôt que dénigrer… voici la mission de l’ordre national des experts- comptables !
Lionel CanesiPrésident de l’Ordre national des experts-comptablesPr%C3%A9sidentielle_expert_2022_.pdf
– www.experts-comptables.fr
La pollution par l’excès de phosphore des masses d’eau affecte gravement les écosystèmes. L’ONU appelle à des mesures pour mieux utiliser cet engrais et le produire de manière durable, en l’extrayant des eaux usées dans les stations d’épuration ou les bio-usines.
Un enjeu majeur
La vie végétale de cette planète dépend, entre autres, du parfait équilibre entre l’azote et le phosphore, le premier étant plus abondant que le second. Traditionnellement, les plantes obtiennent ces éléments naturellement dans l’environnement. Cependant, avec l’augmentation de la demande de produits végétaux, les humains ont dû fournir ces nutriments artificiellement au moyen d’engrais pour stimuler la croissance, en particulier des cultures.
Cette stratégie a notamment eu pour effet de déstabiliser l’équilibre naturel. En effet, l’Organisation des Nations unies (ONU) met en garde contre le fait que le cycle du nutriment s’est complètement rompu, donnant lieu à des régions fortement polluées par le phosphore. Voilà pourquoi l’élimination du phosphore des eaux usées doit être une priorité pour notre société.
Alors que dans certaines régions du monde les agriculteurs ne peuvent pas accéder au phosphore pour fertiliser leurs cultures, dans d’autres, son utilisation s’est tellement répandue qu’une pollution abusive des masses d’eau douce et des côtes par des excès de nutriments.
Une croissance agressive
À cause du phosphore, les algues de surface des masses d’eau douce se sont développées de manière si démesurée qu’elles consomment tout l’oxygène de l’eau. Le phosphore atteint les sources d’eau par ruissellement ou par infiltration dans les aquifères.
Si une rivière ou un lac est en bon état, le plus souvent, on trouve beaucoup plus d’azote que de phosphore, de sorte que, si les algues et les plantes aquatiques ne poussent plus, c’est surtout par manque de phosphore. Maintenant, les déversements continus de phosphore stimulent la croissance des algues.
En poursuivant sur cette voie de pollution, l’ONU craint que les écosystèmes aquatiques ne soient gravement touchés, plus qu’ils ne le sont actuellement, et avec eux les ressources qu’ils fournissent aux humains, comme l’eau potable, la nourriture et les moyens de subsistance. Par conséquent, la prévention de la pollution au phosphore de ces écosystèmes sensibles est vitale pour la réalisation des 17 Objectifs de développement durable définis dans le Programme 2030.
Une clé pour l’avenir du phosphore
Face à cette situation, le Programme des Nations Unies pour l’environnement et d’autres organismes, tels que le Partenariat mondial pour la gestion des nutriments, réclament le développement d’une meilleure gestion du phosphore au profit des populations et de la planète.
Il existe d’énormes avantages environnementaux et socio-économiques qui peuvent être obtenus grâce à la gestion durable du phosphore, en mettant l’accent sur l’atténuation du fardeau de la pollution au phosphore dans les lacs et leurs bassins hydrographiques.
À cet égard, l’une des principales mesures proposées consiste à mettre en place une infrastructure capable de soustraire du phosphore par les déchets que nous produisons et d’établir ainsi un marché mondial de produits recyclés riches en phosphore. Heureusement, la technologie pour atteindre cet objectif est déjà disponible et présente dans de nombreux pays grâce à la circularité offerte par les bio-usines ou les stations d’épuration d’eau de dernière génération.
Dans ce contexte, les bio-usines se présentent comme une solution parfaite à ce problème car, en éliminant le phosphore et l’azote des eaux usées, elles produisent un minéral avec de fortes concentrations de ces deux éléments chimiques en plus du magnésium.
Un appel à l’action de l’un des plus grands penseurs de notre siècle face à l’urgence climatique : Edgar Morin, » Réveillons-nous ! « , éditions DENOËL, en librairie le 2 mars 2022
Après le prodigieux succès des Leçons d’un siècle de vie, Edgar Morin interpelle ses contemporains en général et les candidats à la présidentielle en particulier sur le regain réactionnaire et le déni climatique.
Avec ce court manifeste passionné, Edgar Morin nous alerte sur l’urgence à agir, ensemble, face à la crise de l’humanisme et la crise écologique.
La question climatique s’est imposée dans le monde, mais elle n’est une priorité que pour quelques rares candidats. Au-delà des discours et des vœux pieux, une pensée et une politique environnementales doivent être rapidement mises en œuvre de manière systématique.
Edgar Morin nous donne les clés pour restaurer une vision du monde, un savoir articulé, une éthique, une politique et animer non seulement une résistance contre les forces gigantesques de barbarie qui se déchaînent, mais aussi un projet de salut pour notre Terre et notre humanité.
Sociologue et philosophe né en 1921, directeur de recherche émérite au CNRS, docteur honoris causa de trente-huit universités à travers le monde, Edgar Morin est l’un des penseurs majeurs de notre époque. Son oeuvre affronte la difficulté de penser la complexité du réel.
Il est l’auteur, chez Denoël, de Changeons de voie. Les leçons du coronavirus (vendu à 40 000 exemplaires, 2020) et de Leçons d’un siècle de vie (vendu à plus de 100 000 exemplaires, 2021), chacun traduit dans dix langues.
De nos jours, l’écoquartier s’impose comme une solution d’avenir en termes d’énergie et d’environnement. Il s’agit ici d’un quartier qui s’inscrit dans une perspective de développement durable : il doit réduire au maximum l’impact sur l’environnement, favoriser le développement économique, la qualité de vie, la mixité et l’intégration sociale. Le jardin partagé est l’une des infrastructures privilégiées au sein de ces quartiers durables. Ce lieu ouvert à tous favorise la solidarité, l’échange et le partage.
La démarche ÉcoQuartier, portée par le Ministère de la Transition écologique, favorise de nouvelles façons de concevoir, construire et gérer la ville durablement. Un écoquartier est un projet d’aménagement qui intègre les enjeux et principes de la ville et des territoires durables. Le pays recense aujourd’hui 506 projets de ce type. Ces derniers sont reconnus par un label national ÉcoQuartier délivré chaque année. Les habitants profitent d’une mixité fonctionnelle au service de leur bien-être : maison de quartier, bibliothèque, associations, conciergerie solidaire, jeux pour enfants, commerces… Mais également le jardin partagé, un lieu qui entretient le lien social.
Un jardin partagé est un espace conçu, créé, cultivé et entretenu collectivement par les résidents d’un écoquartier. Il suppose une concertation et une coopération dans la durée entre les habitant-jardiniers et les partenaires du quartier. C’est un endroit permettant aux résidents d’améliorer leur cadre de vie et de retrouver un contact avec la nature. Favorisant les échanges de voisinage, la mixité interculturelle et intergénérationnelle, le jardin est ouvert à tous ceux qui souhaitent apprendre et échanger des savoir-faire sur les techniques potagères durables (engrais, biodynamie, permaculture…). Les résidents sont invités à travailler la terre dans le respect de l’environnement, en évitant notamment les pesticides. Ces jardins sont aménagés dans une démarche écologique avec des aires de compostage, des récupérateurs d’eaux pluviales, du recyclage des déchets organiques…
Le concept encourage donc au partage et à la solidarité. Par l’activité physique, le plaisir des échanges ou encore la convivialité, le jardin partagé contribue au bien-être des résidents, tout en offrant l’accès à une alimentation de qualité. Enfin, cet espace commun permet également de faire profiter d’un bout de verdure à tous ceux qui n’ont pas de jardin. D’autres activités peuvent avoir lieu comme des animations culturelles, éducatives ou sociales.
Les acteurs de l’immobilier ont bien saisi l’enjeu de ces écoquartiers et sont de plus en plus nombreux à porter des projets en collaboration avec les collectivités territoriales. Le 21 janvier dernier, 42 opérations d’aménagement ont obtenu un label ÉcoQuartier, comme le quartier durable « Les Portes du Pyla » initié par Patrice Pichet, Pdg du groupe de promotion immobilière éponyme.
Pour l’achat de leur prochaine voiture, la majorité des Français affirment qu’ils opteront pour un véhicule hybride ou électrique
La deuxième partie de l’édition 2021-2022 de l’enquête de la BEI sur le climat explore les points de vue des citoyens vis-à-vis du changement climatique dans un monde en mutation rapide. Les résultats de cette publication se concentrent sur le comportement individuel des citoyens et sur les mesures qu’ils prennent pour lutter contre le changement climatique.
80 % des Français estiment qu’ils font tout ce qui est en leur pouvoir pour lutter contre le changement climatique au quotidien, mais la plupart pensent qu’il n’en est pas de même pour leurs compatriotes.
61 % des Français qui possèdent une voiture indiquent qu’ils choisiront un véhicule hybride ou électrique lors de leur prochain achat, 39% opteront pour un véhicule à essence ou diesel.
68 % des Français de moins de 30 ans déclarent prendre en compte le changement climatique au moment de choisir une destination de vacances. Pourtant, la majorité d’entre eux prévoient encore de prendre l’avion l’été prochain.
65 % des Français affirment tenir compte de la question du changement climatique au moment de voter.
Les achats de voitures hybrides et électriques pourraient bientôt dépasser ceux de véhicules à essence
Les Français ont très envie de passer à la prochaine génération de voitures, mais ils continuent de privilégier les véhicules hybrides plutôt que les véhicules entièrement électriques.
Interrogés sur leur prochain achat, 61 % des Français qui achètent des voitures affirment que leur choix se portera sur une voiture hybride ou électrique. C’est 22 points de plus que le pourcentage de Français ayant déclaré qu’ils achèteraient un véhicule diesel ou essence (39 %). Plus précisément, 38 % des Français interrogés achèteraient un véhicule hybride et 23 % opteraient pour un véhicule électrique.
Seule une minorité de l’ensemble de la population française (7 %) affirme ne pas posséder de voiture et ne pas prévoir d’en acheter.
Alors que 61 % des acheteurs opteraient pour un véhicule hybride ou électrique, les Français semblent moins enclins à passer aux nouvelles technologies automobiles que les Italiens (78 %) et les Espagnols (78 %). En revanche, les préférences des Néerlandais (62 %) et des Belges (63 %) en matière d’achat de voitures correspondent à celles des Français. Les Allemands, quant à eux, semblent moins disposés à adopter ces nouvelles technologies automobiles (52 %).
Les Français semblent moins enclins que certains de leurs voisins à opter pour des véhicules hybrides, 38 % des acheteurs déclarant que leur prochain véhicule sera doté de ce type de moteur. C’est 13 points de moins que les Italiens (51 %) et 7 points de moins que les Espagnols (45 %). Toutefois, les Allemands sont encore moins favorables à l’achat d’un véhicule hybride (29 %) que les Français.
Tout comme les Allemands (23 %), les Français (23 %) semblent hésiter à choisir une voiture électrique à l’occasion de leur prochain achat. Parallèlement, les Espagnols (34 %) et les Italiens (27 %) semblent être davantage attirés par les voitures électriques.
D’une manière générale, les Européens ont majoritairement envie de passer à la prochaine génération de voitures, mais continuent de privilégier les véhicules hybrides plutôt que les véhicules entièrement électriques.
Globalement, d’après leurs déclarations, les Européens ont tendance à privilégier l’achat de véhicules hybrides (39 %), puis viennent les véhicules à essence ou diesel (33 %) et, enfin, les voitures électriques (28 %). Alors que les Chinois sont les plus enclins à acheter une voiture électrique (44 %), les Américains opteraient d’abord pour un véhicule hybride (38 %), puis pour un véhicule à essence ou diesel (33 %) et, enfin, pour une voiture électrique (29 %).
Protéger le climat ou prendre l’avion pour partir en vacances
Au total, 64 % des Français déclarent prendre en compte le changement climatique au moment de choisir leur destination de vacances. Cette préoccupation est plus forte chez les personnes de moins de 30 ans (68 %). Toutefois, une majorité de jeunes (53 %, contre 39 % pour les 30-64 ans et 25 % pour les personnes âgées de 65 ans et plus) déclarent qu’ils prendront l’avion pour leurs vacances d’été en 2022. Plus d’un quart des jeunes Français (28 %) indiquent qu’ils s’envoleront vers une destination lointaine.
Achat de vêtements, recherche d’emploi, choix de sa banque : comment les considérations climatiques influent sur les décisions individuelles
Au total, 51 % des Français indiquent acheter des vêtements de seconde main plutôt que des vêtements neufs (neuf points de plus que la moyenne européenne). Les femmes (58 %) sont plus susceptibles de le faire que les hommes (44 %). Cette pratique est particulièrement populaire chez les 15-29 ans (64 %), tandis que ce chiffre chute de 31 points chez les plus de 65 ans (33 %).
Les Français sont 40 % à prendre en compte le changement climatique lors de leur recherche d’emploi. Cela vaut en particulier pour les 15-29 ans ; 52 % des jeunes prennent en considération le changement climatique lors de leur recherche d’emploi, contre 38 % des personnes âgées de 30 à 64 ans (14 points de moins).
Dans l’ensemble, 40 % des Français tiennent compte du changement climatique lorsqu’ils choisissent leur banque ou placent leur épargne. Ce chiffre est plus élevé chez les Français âgés de 15 à 29 ans (49 %) et diminue avec l’âge (s’établissant à 40 % pour les 30-64 ans et à 29 % pour les personnes de plus de 65 ans).
Ambroise Fayolle, vice-président de la BEI : « Malgré des écarts générationnels évidents, les Français modifient de plus en plus leurs habitudes de consommation et adoptent des comportements plus responsables et durables pour lutter contre le changement climatique. Ces modifications de comportements montrent que les individus de tous âges sont disposés à prendre des engagements plus fermes dans leur vie quotidienne pour aider à atténuer la crise climatique. Ce phénomène a été mis en évidence lors de la COP 26. Il indique clairement que nous devons poursuivre nos efforts pour soutenir la transition écologique et veiller à ce que des solutions abordables et pratiques soient disponibles pour encourager des choix de consommation plus durables. En tant que banque européenne du climat, le rôle de la BEI est de financer des projets axés sur les énergies propres, les économies d’énergie, les solutions de mobilité durable et les innovations qui contribueront à limiter l’élévation de la température à 1,5 °C ou moins. »
La Banque européenne d’investissement a lancé la quatrième édition de son enquête sur le climat. Cette évaluation approfondie du sentiment des citoyens à l’égard du changement climatique a été menée en partenariat avec la société d’études de marché BVA. La quatrième édition de l’enquête de la BEI sur le climat vise à nourrir le débat général sur les comportements et les attentes en matière d’action en faveur du climat. Plus de 30 000 personnes y ont participé entre le 26 août et le 22 septembre 2021, avec un panel représentatif pour chacun des 30 pays examinés.
À propos de la Banque européenne d’investissement
La Banque européenne d’investissement (BEI), dont les actionnaires sont les États membres de l’Union européenne (UE), est l’institution de financement à long terme de l’UE. Elle met à disposition des financements à long terme en faveur d’investissements de qualité qui contribuent à la réalisation des grands objectifs de l’UE en Europe et dans le reste du monde. Active dans près de 160 pays, la BEI est le principal bailleur de fonds multilatéral au monde pour les projets à l’appui de l’action en faveur du climat. Elle a récemment adopté la Feuille de route du Groupe BEI dans son rôle de banque du climat pour l’aider à réaliser son programme ambitieux visant à soutenir la mobilisation de 1 000 milliards d’EUR d’investissements pour l’action en faveur du climat et la durabilité environnementale de 2021 à 2030 et à porter la part des financements qu’elle leur consacre à plus de 50 % d’ici à 2025. Dans le cadre de la Feuille de route, depuis début 2021, toutes les nouvelles opérations du Groupe BEI sont aussi alignées sur les objectifs et principes de l’accord de Paris.
À propos de BVA
BVA est une société d’études et de conseil considérée comme l’une des plus innovantes de son secteur. Spécialisée dans le marketing comportemental, BVA allie sciences des données et sciences humaines pour rendre les données vivantes et inspirantes. BVA est membre du WIN (Worlwide Independent Network of Market Research), un réseau mondial qui regroupe des acteurs parmi les plus importants du secteur des études de marché et des sondages et qui compte plus de 40 membres.
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L’importance de l’isolation phonique dans les maisons et les appartements
Si vous habitez chez vous, vous pouvez être dérangé par le bruit des pièces adjacentes ou de l’extérieur. Pour les propriétaires, la principale source de bruit désagréable… peut être la vie de leurs voisins. Comment rendre le logement confortable et, surtout, un havre de paix ?
Quelles sont les caractéristiques de l’isolation phonique de l’appartement ?
L’isolation acoustique dans un appartement est une question très actuelle. La musique, les sons de la télévision, les bruits de pas, les conversations bruyantes, les appareils des voisins peuvent troubler la tranquillité des résidents. Dans de nombreux cas, les structures standard ne peuvent pas absorber ces bruits, de sorte que la demande de travaux et de matériaux d’insonorisation est assez élevée. Très souvent, une isolation phonique est également installée au plafond. Des panneaux isolants spéciaux sont fixés entre le mur principal et le plafond. Quant à l’isolation du sol, dans ce cas les lames sont placées sous étanchéité, chape et enduit final. Mais la décoration des murs peut être complète ou partielle.
Chambres séparées :
Les pièces séparées conviennent à une modernisation partielle: chambre à coucher, chambre d’enfants, bureau, salon, etc. Les systèmes de travail encadrés et sans cadre sont populaires – chacun avec ses propres avantages. Rend l’isolation phonique invisible en créant un cadre supplémentaire. D’autre part, l’installation sans cadre demande beaucoup moins de main-d’œuvre et peut être effectuée avec un minimum de connaissances en matière d’installation. Les panneaux insonorisants de la gamme Perfect Acoustic sont déjà équipés de fixations qui peuvent être omises à volonté, permettant de retenir les panneaux pour leur propre poids. C’est l’option la plus rapide et la plus mobile.
Comment et pourquoi faire une isolation phonique dans une maison privée ?
En général, pour obtenir une bonne isolation phonique dans une habitation privée, il faut veiller dès la conception à identifier toutes les sources de bruit possibles et à sélectionner les meilleurs matériaux pour la finition des murs, des plafonds et des sols. Il convient de noter que la quantité de bruit pénétrant dépend également de la conception des fenêtres et des portes, de la présence de joints et de la forme de la pièce. Bien sûr, si vous obtenez une maison finie, vous ne pourrez pas la changer radicalement. Cependant, il est toujours possible de réaliser des travaux d’insonorisation intérieure et extérieure. Une décoration extérieure sera exigée si la maison est située dans une zone dégagée à proximité de la chaussée, de l’usine, du passage à niveau. Dans ce cas, vous pouvez utiliser des matériaux naturels (laine naturelle, feuilles de liège, feuilles de roseau) et synthétiques (fibre de verre, polystyrène). Étudiez attentivement les propriétés de la surface choisie, car la qualité de l’isolation peut dépendre directement de son épaisseur ou de sa densité.
Utilisation de disques insonorisants :
Les panneaux d’isolation phonique spéciaux conviennent aux travaux intérieurs, qui doivent être installés de la même manière que dans un appartement. Pour la décoration murale, on utilise souvent des plaques de plâtre et des fixations résistantes aux vibrations, sous lesquelles se trouve une couche isolante. Certains modèles de la famille de produits Perfect Acoustic peuvent être montés directement sur le mur en raison de leur fonctionnalité et de leur design élégant.
« Comment la finance verte peut-elle répondre aux urgences climatiques ?« , un livre blanc, rédigé par Christophe Thibierge, professeur de finance à ESCP Business School
La question climatique et écologique n’est plus un concept lointain vaguement théorique, mais une réalité qui heurte tous les pays dans le monde. Si les COP et les annonces se multiplient, avec des succès mitigés, tous les acteurs de la société doivent s’impliquer. Et le secteur financier n’est pas en reste. Que ce soit dans les directions financières d’entreprises, dans les banques et compagnies d’assurances, ou sur les marchés financiers, dans quelle mesure le monde de la finance peut-il (ou doit-il) s’adapter aux réalités d’une planète de plus en plus concernée par les problématiques de soutenabilité ? La finance verte est-elle une solution viable ?
« On n’est jamais trop petit pour faire une différence. »
Ce mantra, c’est celui de Greta Thunberg à l’été 2018, lorsque l’adolescente de 15 ans commença ses grèves pour le climat devant le parlement suédois. Une action qui fit tache d’huile et qui la mènera à interpeller les dirigeants du monde entier au sommet des Nations Unies sur l’action climatique de 2019 et à faire la couverture du magazine Time, qui lui décernera le titre de personnalité de l’année.
La question climatique et écologique n’est plus un concept lointain vaguement théorique, mais une réalité qui heurte tous les pays dans le monde. Et la jeune génération a bien l’intention de s’emparer de ce combat. Si les COP et les annonces se multiplient, avec des succès mitigés, tous les acteurs de la société doivent s’impliquer. Et le secteur financier n’est pas en reste.
Que ce soit dans les directions financières d’entreprises, dans les banques et compagnies d’assurances, ou sur les marchés financiers, dans quelle mesure le monde de la finance peut-il (ou doit-il) s’adapter aux réalités d’une planète de plus en plus concernée par les problématiques de soutenabilité ? La finance verte est-elle une solution viable ? Comment les entreprises peuvent-elles appréhender une approche ESG (environnementale, sociale, de gouvernance) ? Quelle est la part du greenwashing dans le monde de la finance verte ? Et surtout, quels sont les risques pour les organisations qui ne jouent pas le jeu ?
C’est pour répondre à toutes ces questions que le professeur Christophe Thibierge, professeur de finance à ESCP, revient sur le thème de la finance verte et de son impact dans nos sociétés face aux urgences climatiques.
Qu’est-ce que la finance verte et pourquoi ce sujet est-il particulièrement important en ce moment ?
« Les prémices de la finance verte datent de 1987 à l’occasion de la publication du rapport Brundtland. C’est un document historique dans lequel apparaît pour la première fois la notion de développement durable et qui est rédigé à l’occasion de la Commission Mondiale sur l’Environnement et le Développement présidée par la Norvégienne Gro Harlem Brundtland pour le compte des Nations Unies. Ce rapport marque le début d’une longue prise de conscience dont la première étape clé est le Sommet de la Terre qui a eu lieu en 1992 à Rio de Janeiro.
Les choses s’accélèrent ensuite dans les années 2010 avec la signature de l’accord de Paris en 2015 pour la COP21 et la définition par l’ONU des objectifs de développement durables, à savoir les 17 objectifs pour sauver le monde.
Cette mise en perspective historique est importante, car elle souligne à la fois l’évolution du sujet du développement durable et de l’écologie, et de son importance dans notre société aujourd’hui. Face à ces enjeux, le monde financier s’est organisé et on a vu apparaître d’abord la notion de finance durable qui englobe notamment la finance verte, dont le but est d’utiliser les instruments financiers pour accompagner la transition énergétique. Techniquement, quand on parle de finance verte, on évoque donc des moyens de financer des énergies renouvelables par opposition au financement des énergies fossiles. Le sujet de la finance durable et de la finance verte est encore récent et peu standardisé. Les définitions et les catégorisations ne sont pas encore gravées dans le marbre, mais l’idée générale est bien là : faire de la finance un moyen de rendre notre monde plus durable dans le futur. »
Qui sont les grands acteurs de la finance verte ?
« Les premières personnes qui se sont emparées du sujet sont les jeunes, avec des personnalités fortes et médiatiques comme Greta Thunberg, la plus connue, mais on peut aussi citer l’Ougandaise Leah Namugerwa, la Thaïlandaise Ralyn Satidtanasarn ou l’Américaine Alexandria Villasenor. Cette jeune génération réalise que les actions de ses aînés font qu’elle vivra sur une planète aux conditions climatiques dégradées et qu’il est nécessaire d’agir rapidement et collectivement.
Un mouvement de fond se crée auquel répondent les pouvoirs publics, les collectivités territoriales, et les maires de certaines communes. Ces derniers se sont d’ailleurs lancés dans des politiques durables parfois plus avancées qu’au niveau national. Enfin, les ONG, les associations, les journalistes, les régulateurs et le grand public jouent aussi un rôle important en matière d’information, de sensibilisation et dans la réflexion globale qui entoure la question du changement climatique. »
Qu’en est-il des entreprises ?
« À part quelques entreprises très spécifiques, qui ont l’écologie profondément ancrée dans leur ADN ou des entreprises à mission qui s’intéressent au sujet depuis longtemps, dans leur grande majorité, les organisations ne se sont pas du tout emparées du sujet. Or, aujourd’hui, notre planète brûle face aux changements climatiques. Nous faisons face à des risques qui peuvent menacer la vie des habitants et, par conséquent, l’activité économique. Dès lors, la question de l’implication dans les entreprises en matière de durabilité devient nécessaire, sinon obligatoire.
Il est d’ailleurs important de noter que toutes les entreprises peuvent agir, quelle que soit la taille, ou bien le secteur d’activité. Ainsi, une PME peut faire de la finance durable. C’est une question de moyens d’action mais il faudrait aussi des moyens de communication pour le faire savoir. La petite PME qui prend soin de ses relations sociales, de ses fournisseurs, de ses salariés, et qui met en place des actions claires pour réduire son empreinte carbone, joue un rôle clé. Sauf que sa banque ne le sait pas. À l’inverse, un grand groupe saura comment remplir les bonnes cases dans les audits et les évaluations pour apparaître vertueux en raison de sa force de frappe et de sa capacité à mobiliser les experts au bon endroit avec les critères ESG adéquats. Plus il y a de moyens, plus la communication est importante, même si les résultats ne sont pas toujours à la hauteur des attentes. »
Quand la finance s’empare des questions d’écologie et de durabilité, est-elle sincère ?
« Oui, je pense qu’il y a des acteurs sincères, mais là aussi, il faut nuancer, car le diable se cache dans les détails. Prenons l’exemple d’une banque qui va axer sa communication sur le côté vert et durable. Tout ça, c’est très bien, et oui, il y a des efforts qui sont effectués pour investir davantage d’argent afin de financer et de soutenir des projets verts. Le problème, c’est que la proportion de ces investissements est presque ridicule par rapport à ceux qui sont réalisés dans les secteurs traditionnels ou dans les énergies fossiles.
C’est la même chose lorsque les grands groupes énergétiques disent qu’ils sont engagés sur le développement durable. C’est bien, mais malheureusement, ce n’est qu’une goutte d’eau dans un océan, car la majeure partie de leur activité demeure dans le pétrole et le gaz. Pour lutter contre ces actes, l’association Reclaim Finance mène des recherches sur les pratiques des acteurs financiers, les solutions et freins à la transition écologique, et les mesures à prendre pour répondre à l’urgence climatique. Elle expose publiquement les acteurs financiers qui freinent les régulations en matière climatique et dont les pratiques violent les droits humains et détruisent l’environnement. Récemment, elle a ainsi mis des entreprises comme Vinci, Total, le Crédit Agricole, Axa ou Natixis face à leurs responsabilités. C’est un contre-pouvoir essentiel pour lutter contre le greenwashing qui nuit aux initiatives réelles et utiles de la finance durable.
Quand on parle de finance verte, on parle souvent des Green Bonds, ces fameuses obligations vertes, mais il faut savoir que plus de 98% du marché des obligations sont des obligations classiques. On parle plus des obligations vertes qu’elles n’existent en réalité, et elles peuvent devenir un instrument de greenwashing. Dans le même esprit, une entreprise peut émettre des obligations vertes, mais être très imprécise sur l’usage qui en sera fait. Ainsi, elle va utiliser cet argent pour financer, par exemple, un projet renouvelable important pour le futur de l’entreprise dont les modalités seront décidées ultérieurement par un comité interne. L’entreprise indiquera qu’elle est durable, parce qu’elle dispose d’obligations vertes, mais il peut y avoir un décalage entre la réalité et la communication. Ultimement, la finance verte reste un outil financier comme les autres. C’est son allocation qui fait toute la différence et c’est sur ce sujet qu’il est nécessaire d’être particulièrement vigilant. »
« On parle plus des obligations vertes qu’elles n’existent en réalité, et elles peuvent devenir un instrument de greenwashing… »
En quoi la finance peut-elle aider ou accélérer la transition écologique ?
« Le célèbre économiste John Maynard Keynes disait qu’il voulait ramener la finance à sa juste place : à une fonction de support présente en arrière- plan de toute organisation. La finance devrait être une fonction d’exécution, or ce n’est pas le cas. Aujourd’hui, le directeur financier est l’une des voix les plus importantes dans tout Comité de Direction. Par conséquent, une finance qui se verdit, a une influence et contribue à participer au changement.
La finance classique fondée sur la maximisation de la rentabilité ne peut plus durer, car elle se tire une balle dans le pied pour le monde de demain. Il faut donc pouvoir changer certains leviers financiers afin d’améliorer le système actuel. Il ne faut pas regarder uniquement le profit, mais aussi le développement durable et la soutenabilité de la démarche. En ce sens, la finance verte est une évolution de la finance classique. Ce n’est ni une mode, ni un épiphénomène, mais bien un changement de paradigme qui nécessite de mettre à jour le logiciel mental interne de la plupart des entreprises et de leurs dirigeants. »
« La finance classique fondée sur la maximisation de la rentabilité ne peut plus durer. Il faut changer certains leviers financiers afin d’améliorer le système actuel. »
Quels sont les critères qui font qu’un investissement est classé comme « vert » ?
« Au risque de vous décevoir, tous les investissements classés comme verts ne le sont pas réellement. On est aujourd’hui dans les grands débuts de la finance verte et il y a encore beaucoup de choses à structurer, à corriger et à améliorer. L’une d’entre elles concerne les normes et standards permettant d’organiser les investissements durables. Aujourd’hui, il existe trois grands référentiels. Le premier est celui de la MiFID 2 qui s’applique à tous les produits d’investissement ainsi qu’à toutes les institutions qui off rent des services d’investissement professionnels. Cette directive européenne vise à renforcer la protection des investisseurs vis-à-vis des institutions financières, ainsi que la transparence des marchés et des transactions.
Ensuite, nous avons le règlement SFDR pour « Sustainable Finance Disclosure Regulation » qui vise à fournir plus de transparence en termes de responsabilité environnementale et sociale au sein des marchés financiers, à travers notamment la fourniture d’informations en matière de durabilité sur les produits financiers. Enfin, il existe aussi des règlements européens qui visent à catégoriser les produits financiers selon une taxonomie particulière. Toutes ces normes ne disent pas la même chose et selon celle choisie, un projet financier peut être qualifié de durable ou non. Les entreprises les plus cyniques profitent de ce flou pour placer leurs projets. Pire : dans certains cas, les entreprises décident elles-mêmes de leurs propres critères pour savoir si un projet peut s’accommoder d’une étiquette verte ou non. »
« Dans certains cas, les entreprises décident elles- mêmes de leurs propres critères pour savoir si un projet peut s’accommoder d’une étiquette verte ou non. »
Est-il raisonnable de laisser le marché gérer la finance verte ?
« Le marché existe, mais c’est une abstraction, car en réalité, le marché, c’est vous et moi. Il y a une dimension humaine et rationnelle : quand on épargne notre argent dans des fonds de pension – qui vont payer notre retraite – ou des fonds d’assurance, c’est pour avoir une rentabilité maximum – ou pour ne pas payer trop cher en primes d’assurance. De manière simplifiée, on peut voir une opposition entre l’Amérique libérale d’un côté et la France colbertiste de l’autre. Dans la logique américaine, l’État est une friction et son rôle doit être réduit au strict minimum, laissant le marché s’occuper du reste. En France, l’État est interventionniste. Il compense, subventionne et finance des services qui ont un coût, comme l’éducation, la santé ou les transports publics.
Avec la finance verte, on peut donc voir deux manières de procéder. Soit c’est le marché qui la gère et elle aura du succès si elle devient économiquement intéressante. Soit il faut légiférer et faire intervenir l’État, mais une bonne loi prend beaucoup de temps à être écrite, subit l’influence des lobbies, et le processus législatif fait ce qu’il peut, mais il n’est pas exempt de défaut. Pour qu’une loi soit efficace, elle doit imposer un mécanisme de contrôle et de sanction. Si on ne lui donne pas les moyens d’agir, cela reste un grand principe sans grande influence. »
« Ce que je propose, c’est d’ajouter une troisième variable : celle de la soutenabilité. Avec ce critère supplémentaire, la dimension du risque peut être interprétée différemment. »
Comment faire pour donner à la finance verte l’aura qu’elle mérite ?
« Il faut changer notre manière de voir les choses. La finance classique s’est toujours développée selon le couple risque/ rentabilité. Si un investissement est peu risqué, il aura une faible rentabilité et vice-versa. Ce que je propose, c’est d’ajouter une troisième variable : celle de la soutenabilité. Avec ce critère supplémentaire, la dimension du risque peut être interprétée différemment. Davantage de soutenabilité signifie un peu moins de rentabilité mais aussi moins de risques. En effet, une entreprise qui ignore la question de la durabilité et de l’écologie prend des risques importants qui peuvent être environnementaux, sociaux ou commerciaux, dégradant ainsi sa rentabilité future.
Il est intéressant de constater que si on a 1% des actionnaires qui demandent la mise en place de critères environnementaux, sociaux et de gouvernance pouvant avoir des impacts sur la société ou l’environnement, il y a de fortes chances qu’il ne se passe rien. À l’inverse, si 1% des clients font la même demande et utilisent la caisse de résonance des réseaux sociaux, leur influence est alors considérable et peut pousser l’entreprise à agir. Je vois ainsi trois facteurs importants pour pousser les entreprises à agir : un journalisme indépendant, des ONG et associations puissantes, et des réseaux sociaux qui diffusent cette information. »
En conclusion
La finance verte est sans conteste un sujet important pour les entreprises et les managers. Depuis 2008 et l’émission des premières obligations vertes par la Banque Mondiale pour lever de l’argent afin de financer des projets favorables à l’environnement, la question a pris de l’importance allant jusqu’à occuper les réflexions stratégiques des Comités de Direction. La transition climatique off re une occasion historique pour transformer l’investissement et mobiliser le monde de la finance vers des projets qui donnent du sens. Mais pour transformer l’essai, il ne faut pas se contenter du modèle actuel qui oppose risque à rentabilité, mais oser aller plus loin avec un trépied risque-rentabilité-soutenabilité.
Alors, la finance verte peut-elle répondre aux urgences climatiques ? Oui, mais pas toute seule et pas tout de suite. C’est un levier qui doit être actionné parmi d’autres et qui doit surmonter de nombreux obstacles pour s’imposer. Il reste du chemin à parcourir, mais la structure est solide, et surtout, la question est prioritaire dans la tête des décideurs politiques, du grand public, des associations et des entreprises.
C’est ainsi qu’après dix années de lutte par les étudiants, l’université d’Harvard a retiré l’argent qu’elle avait investi, via son fonds de dotation, dans les secteurs du pétrole et du gaz. Avec un fonds de dotation de 42 milliards de dollars, cette décision fait boule de neige. Dans les jours qui ont suivi ce retrait, c’est la Boston University et l’université du Minnesota qui ont fait de même souhaitant « être du bon côté de l’histoire ». Au final, ce sont une centaine d’universités américaines qui ont pris l’engagement de désinvestir partiellement ou totalement dans les industries fossiles. Dix années de mobilisation ont été nécessaires pour parvenir à ce résultat grâce à une jeunesse qui voit l’urgence climatique non pas comme une question financière, mais comme une question morale et sociétale. Et c’est sans doute ça, la réponse clef en lien avec la finance verte : il faut le faire, car c’est nécessaire !
À PROPOS DE L’AUTEUR
Christophe ThibiergeChristophe Thibierge est professeur de finance à ESCP Business School. Diplômé ESCP (Master in Management) et de l’Ecole Centrale Paris (Mastère Spécialisé), il est aussi titulaire d’un Doctorat en finance. Son expertise porte sur le domaine de l’information financière et extra financière, l’évaluation des entreprises et les problématiques de finance durable.
Le professeur Thibierge enseigne dans le Master de l’école, l’Executive MBA ainsi que plusieurs programmes Executive. Il a créé et administre l’option de spécialisation « Green CFO – sustainable finance ». Il est l’auteur ou co- auteur de nombreux ouvrages en finance d’entreprise, notamment « Analyse financière », 7ème édition, Vuibert, 2021 et « Comprendre toute la finance », 3ème édition, Vuibert, 2019.
Le professeur Thibierge s’intéresse particulièrement aux innovations pédagogiques et à la formation à distance. Il détient deux certificats de l’International Teachers Program (Stern School of Management, NYU, 2001 ; Kellogg, Northwestern University, 2011) et a reçu le prix ESCP Teaching Award l’année de sa création, en 2008.
Christophe Thibierge administre plusieurs sites web (dont www.thibierge.net), et il publie régulièrement des billets sur son blog personnel (www.blogthib.com).
Le professeur Thibierge vient de publier en 2022 « Finance durable« .
Comment la finance verte peut-elle répondre aux urgences climatiques ?
– Télécharger le Livre Blanc « Comment la finance verte peut-elle répondre aux urgences climatiques ?«
#1 Les différents rapports du GIEC soulignent l’importance des bioénergies dans le cadre d’un scénario à 1,5°C. Pour autant, il est complexe d’attester de la durabilité de ces énergies du fait de plusieurs limites méthodologiques. Les changements indirects des sols et les émissions de GES qui en résultent ne sont pas par exemple pris en compte dans les modélisations. Une partie des émissions liées au cycle de vie des bioénergies sont attribuées à d’autres secteurs tels que l’agriculture ou le transport (engrais, transport des marchandises, etc). Par ailleurs, il existe de grandes incertitudes quant à l’évolution de la demande alimentaire et des modes de consommation, qui pourraient rendre leur développement plus ou moins pertinent. Enfin, les mesures de gouvernance nécessaires à un développement soutenable des bioénergies ne sont pas suffisamment prises en compte par les systèmes de modélisation, qui offrent une analyse uniquement quantitative.
#2 Les principaux débats concernant les bioénergies portent sur leurs impacts sur la sécurité alimentaire (conflit d’usages des sols), la biodiversité, la dégradation des sols et les ressources en eau. La matière première utilisée, le système de gestion de la production (gestion des résidus de culture, utilisation de cultures de couverture, etc.), la région ainsi que l’utilisation antérieure des terres (sols dégradés ou tourbières, etc.) sont autant de variables qui peuvent avoir des conséquences positives et/ou négatives. L’échelle et le rythme de leur déploiement sont également des facteurs à prendre en compte pour juger de leur durabilité : leur développement à grande échelle pourrait par exemple entraîner une augmentation du commerce international de matières premières, entraînant une moins bonne sécurité alimentaire et de n nouvelles émissions de gaz à effet de serre (GES) liés au transport des marchandises.
#3 Il est primordial de mettre en place des mesures de gouvernance adaptées à chacune des différentes régions du globe. Celle-ci peut être source de nombreux co-bénéfices environnementaux et socio-économiques. L’accroissement de la demande de bioénergies pourrait soutenir l’augmentation de la production alimentaire et la baisse des prix à long terme, et entraîner la création de nouveaux emplois. D’autres co-bénéfices pourraient également en résulter, notamment en matière de protection de la biodiversité (reboisement, renaturation, dépollution des sols) et de capacités de stockage de carbone dans les sols (graminées). L’important est notamment que soient réglés les conflits sur l’utilisation des terres et l’agriculture, en concertation avec toutes les parties prenantes.
Qu’en est-il de la France ?
En France, les bioénergies couvraient 1,6 % de la consommation d’électricité en 2019 et représentent près de 50 % de la production d’énergies renouvelables en 2020, principalement utilisées pour la production de chaleur. Première puissance agricole en Europe et bénéficiant de la troisième forêt européenne, la France dispose d’un important potentiel de développement en bioénergies. Compte tenu des enjeux climatiques, ne disposant pas de puits de pétrole et dans un contexte d’accroissement des tensions géopolitiques ayant des impacts sur les prix de l’énergie, le développement des bioénergies pourrait permettre à l’hexagone d’accroître sa sécurité énergétique.
L’avis de Pauline bureau, vice-présidente de LFE
« Si l’intégration des bioénergies dans le mix énergétique semble être pertinente, il reste encore à faire pour que leur développement soit strictement soutenable, en particulier compte tenu de la nécessité pour nos sols de répondre à nos besoins agricoles et alimentaires. »Faut-il développer les bioénergies ? Un décryptage de l’oeil de la Fabrique écologique
Réalisé par ORÉE, avec le soutien du ministère de la Transition écologique, ce rapport présente une analyse des règles et des pratiques en matière de gouvernance d’entreprise durable. Il partage des bonnes pratiques et formule des pistes d’action pour accélérer la transition écologique des entreprises et faire collectivement avancer le sujet.
« Vers une gouvernance d’entreprise durable : comment renforcer la prise en compte des enjeux environnementaux au sein des instances de gouvernance ?«
Gouverner une entreprise durable, c’est considérer et intégrer les enjeux environnementaux dans l’orientation et la gestion des activités de l’entreprise et de l’ensemble de son écosystème.
Ainsi, la gouvernance d’entreprise durable permet de fixer un cap dans les stratégies RSE des entreprises et d’accélérer la contribution des acteurs économiques à la transition écologique, notamment, en faisant évoluer leurs modèles d’affaires. L’un des enjeux principaux est d’aligner les intérêts de l’ensemble des parties prenantes de l’entreprise dans la poursuite de cet objectif.
Au niveau européen, un vaste travail d’amélioration et d’harmonisation du cadre réglementaire en matière de droit des sociétés et de gouvernance d’entreprise, au travers du paquet législatif sur la gouvernance d’entreprise durable, est attendu pour la mi-février 2022. Nos travaux s’ancrent au coeur de cette initiative et visent à contribuer aux réflexions à ce sujet.
Le rapport aborde quatre axes de réflexion identifiés au sein du Groupe de Travail « Gouvernance d’entreprise durable » piloté par ORÉE :
Renforcer la prise en compte des enjeux environnementaux par les instances dirigeantes ;
Intégrer les enjeux environnementaux dans les décisions stratégiques ;
Accélérer l’atteinte des objectifs environnementaux par les politiques de rémunération ;
Favoriser l’engagement des investisseurs sur les sujets environnementaux.
Ce rapport a été lancé lors d’un webinaire de présentation « Vers une gouvernance d’entreprise durable » organisée ce jeudi 03 février 2022. Un événement réalisé avec le soutien du ministère de la Transition écologique.
Les obligations vertes en Suède et en Norvège : quels facteurs de réussite ?
“Green bonds in Sweden and Norway: What are the success factors?” est un article paru le 15 Novembre 2021 dans la revue Journal of Cleaner Production et écrit par Asbjørn Torvangera, Aaron Maltaisb et Iulia Margineana. En s’appuyant sur les exemples suédois et norvégien entre 2013 et 2019, cet article évalue les facteurs de succès pour le développement des obligations vertes et montre comment celles-ci peuvent aider à mobiliser des ressources afin d’augmenter les investissements durables.
1 Les obligations vertes visent à diriger la finance vers des investissements durables et ainsi augmenter les capitaux disponibles pour financer la transition écologique. Les entreprises, entités publiques, ou Etats émettent des obligations pour emprunter de l’argent sur les marchés de capitaux afin de financer leurs investissements, actifs ou opérations. La spécificité des obligations vertes est la clause « d’utilisation du produits » qui indique l’usage que l’entité émettrice va faire de l’obligation. Il existe donc un standard recensant ce qui peut correspondre à des obligations vertes (“Green Bond Principles”). La liste comprend notamment les activités qui relèvent de la production d’énergies renouvelables, de la réduction de la pollution ou encore de l’adaptation aux dérèglements climatiques. Les obligations vertes ont ainsi pour avantage de permettre un meilleur accès au capital, une plus grande stabilité liée à une base diversifiée d’acteurs, et une meilleure gouvernance de la stratégie environnementale.
2 La réussite du développement du marché des obligations vertes suédois comparé au marché norvégien s’explique par plusieurs facteurs intrinsèques. Parmi ceux-ci on peut noter des facteurs institutionnels comme le contexte politique suédois, favorable aux politiques de soutenabilité ou bien la structure économique du pays. La culture d’entreprise et la présence d’institutions enclines à l’écologie ainsi qu’un secteur d’entreprise diversifié ont également favorisé le développement du marché suédois d’obligations vertes. Enfin, le volume du marché obligataire dans le pays, additionné à la part du marché éligible aux émissions vertes a été un facteur clé de l’adoption rapide des obligations vertes en Suède.
3 L’article identifie cinq facteurs des marchés norvégien et suédois des obligations vertes qui pourraient être transférés à d’autres marchés nationaux et ainsi permettre leur développement :
1) Leadership gouvernemental : l’Etat doit s’engager explicitement en faveur de la soutenabilité des marchés financiers. L’intérêt est d’envoyer des signaux clairs aux acteurs financiers afin qu’ils puissent fonder leurs opérations sur une décision politique fiable ;
2) Leadership des institutions financières : les principales institutions financières nationales doivent se positionner clairement en faveur des obligations vertes, de façon à montrer l’exemple et inciter les plus petits acteurs à participer au marché ;
3) Communication : l’intérêt des obligations vertes dans la transition écologique doit être mis en avant et expliqué, notamment par les médias ;
4) Collaboration : investisseurs et émetteurs doivent s’accorder sur les bénéfices mutuels des obligations vertes afin de générer un dialogue favorable aux investissements durables ;
5) Transparence : les acteurs du marché doivent rendre public leurs activités en matière d’obligations vertes, de façon à accroître la crédibilité de cet instrument financier.
« Les substances d’origine végétales en Côte d’Ivoire » : restitution de l’expertise scientifique collective coordonnée par l’IRDRéaliser un état des lieux des substances d’origine végétale en Côte d’Ivoire, des nombreux patrimoines qu’elles recèlent et des règles juridiques qui les régissent afin de proposer des recommandations pour assurer leur valorisation durable et équitable : c’est l’objectif de l’expertise scientifique collective commanditée par le ministère ivoirien de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique (MESRS) à l’IRD. Après 18 mois de travaux, le comité pluridisciplinaire d’experts mobilisé publie un ouvrage synthétique de restitution aux éditions IRD, présenté aux autorités ivoiriennes début février.
L’abondance, l’originalité et la diversité des espèces végétales en Côte d’Ivoire ont permis aux populations ivoiriennes de développer une grande variété de savoirs autour des substances d’origine végétale, incluant notamment des usages médicaux, cosmétiques, aromatiques et alimentaires. Or, la biodiversité ivoirienne connaît depuis plusieurs décennies une constante dégradation avec un couvert forestier de plus en plus menacé.
« Les substances d’origine végétales en Côte d’Ivoire » : restitution de l’expertise scientifique collective coordonnée par l’IRD
Dans ce contexte, le ministère ivoirien de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique (MESRS) a confié à l’IRD la réalisation d’une expertise scientifique collective pour dresser un état des lieux inédit des savoirs, des usages, des pratiques et des écosystèmes liés aux substances végétales ivoiriennes.
Un comité pluridisciplinaire d’experts et de praticiens a ainsi été mobilisé : phytochimistes, microbiologistes, économistes de l’environnement et spécialistes de la pharmacopée africaine. Dans l’ouvrage de restitution publié aux éditions IRD, il propose 17 recommandations d’actions pour éclairer les politiques publiques environnementales sur la préservation et l’exploitation durable et équitable des substances d’origine végétale, tout en répondant aux besoins alimentaires et de santé des populations et au développement économique du pays.
« Thérapeutiques, nutritionnelles, cosmétiques, ou encore culturelles et cultuelles, les applications des substances naturelles d’origine végétale sont multiples et pour certaines encore inexplorées. En cette année capitale pour la biodiversité, avec la tenue de la COP 15, cet ouvrage offre les arguments scientifiques et les clefs d’action pour protéger et valoriser ces substances au service du bien-être des populations », souligne Séraphin Kati-Coulibaly, Président du collège des experts, Professeur en nutrition et pharmacologie, université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan, Côte d’Ivoire.
Séraphin Kati-Coulibaly, Jean-Yves Pabst, Mamidou Witabouna Kone, Valérie Boisvert, Yves-Alain Bekro (dir.) 2022 – Les substances d’origine végétale en Côte d’Ivoire / Plant-based Substances in Côte d’Ivoire. Marseille, IRD Éditions. Collection : Expertise collective, bilingue français-anglais. Format : 16 x 24 cm. Prix : 25€. ISBN : 978-2-7099-2915-8.
Parution : février 2022 – Diffusion : librairie en ligne de l’IRD
Sommaire
Partie 1 – Connaissances et disponibilité des ressources végétales
Partie 2 – État des lieux de la réglementation applicable aux catégories de santé
Partie 3 – Chaînes de valeur des substances d’origine végétale et prospective économique
Partie 4 – Recommandations
À propos de l’expertise scientifique collective :
Pluridisciplinaire et thématique, l’expertise scientifique collective concerne des enjeux de politique publique. Réalisée sur une courte durée (12 à 18 mois), elle permet de dresser un bilan des connaissances à partir de l’analyse critique de la littérature scientifique internationale et de formuler des recommandations fondées sur les dernières évidences scientifiques, offrant ainsi un éclairage précieux aux décideurs. L’initiative est portée par des institutions nationales ou internationales (ministères, agences de développement, bailleurs de fonds pour le développement, ONG, fondations…) souhaitant disposer de données récentes issues de la recherche utiles à leurs processus décisionnels.
– www.ird.fr/expertise
L’Association négaWatt apporte au débat un ensemble de propositions structurantes pour engager une action politique à la hauteur des enjeux environnementaux, sociaux et industriels d’ici à 2030.
Sur la base de son nouveau scénario, elle appelle les candidats à la présidentielle à se saisir de sujets essentiels en matière de transition énergétique, dès le début du prochain quinquennat : rénovation performante des bâtiments, développement soutenable de la mobilité électrique, stratégie industrielle et relocalisation, gestion opérationnelle de la trajectoire nucléaire.
Une tribune signée Etienne Dhuit, journaliste pour La Revue Internationale, directeur de publication du site Drapeau rouge, et spécialiste des questions juridiques et géopolitiques
C’est une nouvelle opération de greenwashing à laquelle nous assistons dans le secteur de la mode. Aujourd’hui, le vendeur de parkas haute gamme Moncler déclare renoncer à l’utilisation de la fourrure animale. « L’entreprise cessera de s’approvisionner en fourrure cette année et la dernière collection à présenter de la fourrure sera l’automne-hiver 2023 », a annoncé la marque italienne dans un communiqué. Depuis plusieurs années, les marques de luxe ont fait une série d’annonces dans ce sens, sous la pression des organisations de défense du bien-être animal.
Le double jeu de Moncler, Canada Goose et Kering
A priori une bonne nouvelle pour les animaux… si seulement cette démarche, absolument nécessaire, était sincère, cohérente, et globale. Ainsi, l’on apprend que Moncler s’inscrit dans un projet « conforme à un engagement continu (…) en faveur de pratiques commerciales responsables » et « qui s’appuie sur l’engagement (…) avec l’organisation italienne de défense des animaux LAV représentante de la Fur Free Alliance ». Sauf que, la marque continue en sous-main à utiliser des plumes d’oies pour rembourrer ses fameuses doudounes de luxe, que l’on peut se procurer pour la modique somme de… 1200 euros en moyenne. « Qualité » oblige ! Que les animalistes soient rassurés : les plumes utilisées proviendront de sources « responsables ».
En septembre 2021, le groupe de luxe Kering annonçait, de la même façon et en grande pompe, l’arrêt de la fourrure animale dans ses collections. « Le moment est venu de franchir un pas supplémentaire en mettant fin à l’utilisation de la fourrure dans toutes nos collections », déclarait le président du groupe François-Henri Pinault, dans un communiqué. Mais quid des sacs à main, ou des pantalons en cuir fabriqués à partir de crocodiles, de lézards et de serpents ? Une annonce qui n’avait pas manqué de faire réagir la Fédération des professionnels français de la fourrure, dénonçant l’hypocrisie d’« un groupe qui possède, en France et dans le reste du monde, des tanneries de peaux exotiques (crocodiles, pythons…) et utilise, à juste titre, toutes les autres matières naturelles animales comme le cuir ou la laine ».
Exploitation de peaux et de plumes animales
A la suite de l’annonce de Moncler mardi 25 janvier, la filière a également dénoncé un énième « coup marketing » de la part d’une marque qui annonce l’arrêt de la fourrure et aussi le lancement d’une collection conçue avec des matières recyclées (« Born To Protect ») qui « reflète l’engagement de la marque à protéger la planète et à créer un meilleur avenir pour tous ». La Fondation 30 millions d’amis n’avait pas manqué en 2016 de rappeler l’arnaque derrière les labels (« normes de duvet responsable »), ainsi que le scandale derrière les doudounes rembourrées par de vraies plumes d’oies ou de canards, ces dernières étant réputées pour leur chaleur et leur légèreté.
Un reportage de la chaîne italienne Rai 3 dévoilait il y a quelques années au grand public les conditions sordides de plumage des oies en Hongrie pour le compte de Moncler, ainsi que les cols en fourrure de coyote proposés par la très populaire marque Canada Goose. Cette dernière a annoncé arrêter en 2022 d’acheter de la fourrure « neuve » et préfère se concentrer sur la fourrure recyclée… « Il n’y a tout simplement aucune garantie que les plumes n’ont pas été arrachées à la peau d’une oie hurlante », résume Cyril Ernst, porte-parole de Peta France.
Don’t look up !
Il serait donc temps que les marques s’inscrivent dans une démarche globale et totale de respect du vivant, plutôt que de modifier, pour le symbole, certains de ses matériaux, uniquement sous la pression des associations et dans un unique but : celui de vendre toujours plus. Car de la mode au secteur de l’énergie, le greenwashing se pratique également dans les instances étatiques et européennes, et représente un frein pour la transition énergétique que la France et l’Union européenne entendent pourtant mener.
Dernièrement, c’est le label vert européen pour le nucléaire et le gaz proposé par l’UE et défendu par la France qui pose problème. Pour se défendre, l’Hexagone et un certain nombre de pays d’Europe centrale reprochent aux énergies renouvelables de représenter une production intermittente, incapable en l’état de répondre aux besoins électriques dans l’UE. Une erreur selon l’économiste Sébastien Godinot (WWF). « Les gaz fossiles génèrent d’énormes émissions de gaz à effet de serre et le nucléaire crée des déchets hautement radioactifs que nous ne savons toujours pas gérer ». A bon entendeur.
Mobilité.PNG?itok=g8EPBo44La transition indispensable pour répondre à l’enjeu climatique est un processus long, jalonné d’étapes de natures différentes et de défis nouveaux. Chacune de ces étapes requiert des outils spécifiques et adaptés pour comprendre et prévenir les difficultés économiques, sociales ou industrielles inhérentes à chaque phase de la transformation engagée (exploration des options, amorçage des solutions, balisage réglementaire, déploiement de masse). La gouvernance de cette transition doit pouvoir s’appuyer sur des outils de dialogue et de concertation renouvelés au fur et à mesure que les défis nouveaux apparaissent. À travers la Plateforme « Mobilité en transition », l’Iddri et la Fondation européenne pour le climat proposent d’expérimenter à la fois un processus multi-parties prenantes d’approfondissement des enjeux, de caractérisation des risques ou opportunités et un outil unique de dialogue protégé, dans l’objectif d’alimenter le débat public et la compréhension des décideurs politiques. Ce billet de blog revient sur cette démarche innovante, qui a vocation à être étendue à d’autres secteurs de la transition pour en faciliter la mise en œuvre.
Par Jean-Philippe Hermine, Expert Mobilité Senior, et Marjorie Mascaro, Chargée de communication, animation et digital, Plateforme « Agora Mobilité en Transition »
Les principales étapes du processus de transition
Même s’il existe des différences significatives en fonction des secteurs d’activités ou de consommation, il est possible de retenir schématiquement 5 grandes phases pour décrire le processus de transition vers un monde décarboné (en considérant ici la perspective et les domaines de responsabilité des décideurs publics) :
(1) Comprendre et caractériser les enjeux propres à un secteur d’activité ou de consommation.
(2) Valider les solutions, que ce soit du point de vue de leur faisabilité technique, leur viabilité économique ou leur efficience environnementale ; les choix possibles de trajectoires, d’objectifs ou de technologies sont posés à l’issue de cette phase.
(3) Amorcer la transformation en s’appuyant sur les acteurs les plus agiles, les plus solvables ou les plus motivés, par une promesse de valorisation de leurs initiatives pionnières ; cette étape permet de profiter d’un retour d’expérience pour identifier les chemins qui fonctionnent et les obstacles à lever. Ces points de blocage devront être levés avant la phase du déploiement massif, qui se traduit par un renforcement des contraintes règlementaires.
(4) Négocier et fixer une trajectoire, avec des objectifs, et en définir le cadre réglementaire associé ; cette étape consiste également à répartir les responsabilités, en tenant compte des besoins systémiques et en impliquant autant que possible l’ensemble des parties prenantes (pour le cas du secteur des transports : faire émerger une offre auprès du monde industriel, engager les territoires et les acteurs de l’énergie dans la mise en place des infrastructures nécessaires.).
(5) Mise en œuvre d’une transformation massive des comportements ou des solutions technologiques impliquant l’ensemble des composantes de la société ; probablement l’étape la plus ardue, celle qui porte le plus de risques politiques et industriels.
Le cas du secteur de la mobilité et des transports
En Europe et en particulier en France, le secteur de la mobilité et des transports se situe au passage charnière de la quatrième à la cinquième phase décrites ci-dessus. Dans le cadre de boucles d’itération entre étapes visant à affiner les trajectoires, les discussions encore en cours portent principalement sur des questions de calendrier qui, même si elles restent importantes, sont relativement marginales s’agissant de décrire les contraintes ou les conséquences du déploiement de masse à mettre en œuvre, ceci dans des échéances qui resteront très contraintes pour cette industrie à forte inertie (fin des véhicules thermiques autour de 2035 et mise en place de zones à faibles émissions avec restriction de trafic dans les agglomérations grandes et moyennes d’ici 2025 pour les véhicules particuliers et utilitaires).
Le secteur de la mobilité peut en effet être considéré comme relativement en avance de phase par rapport aux autres secteurs qui en sont, pour certains, encore à hésiter entre les solutions technologiques alternatives, sur l’acceptabilité des ruptures ou sur la part des évolutions comportementales possibles et souhaitables. Cette maturité avancée sur le chemin de la transition est justifiée par deux éléments :
d’une part, le poids important que représente le transport pour le défi de réduction des émissions de gaz à effet de serre et des émissions polluantes en milieu urbain nuisibles à la santé ;
d’autre part, le fait que ce secteur bénéficie de solutions technologiques, de services ou de reports modaux déjà disponibles, aux performances confirmées et présentant la perspective de devenir compétitifs par rapport aux solutions traditionnelles dans un avenir proche.
Les trajectoires et objectifs réglementaires pour l’horizon 2030 sont dorénavant clairs, et renforcés récemment par l’adoption du paquet climatique européen « Fit for 55 ». L’offre constructeur, que ce soit pour les véhicules particuliers, utilitaires, de transports collectifs ou les véhicules industriels, semble émerger alors que les technologies classiques mises en œuvre durant plus d’un siècle ne font plus l’objet d’investissements et sont, de fait, promises à une disparition lente mais inéluctable. Par ailleurs, les territoires, métropoles en tête, ont également pris leurs responsabilités en établissant des calendriers de mise en place des zones à faibles émissions, en participant au renouvellement des infrastructures de charge et en encourageant des programmes de report modal.
On pourrait donc considérer que la transition vers la mobilité très bas-carbone est bien engagée, avec une trajectoire fixée, balisée et avec des acteurs économiques et politiques sans états d’âme sur le besoin et les efforts requis par chacun. Il serait toutefois dangereux de considérer que le principal est fait, et suffisant pour réussir la transition.
D’une part, les trajectoires de transition ainsi définies exigent de réunir de manière simultanée un ensemble de conditions industrielles (reconversion des sites, accès aux matières premières, etc.), économiques, et de développement d’infrastructures. Autant d’exigences qui sont interdépendantes et liées à des avancés dans d’autres secteurs, tels que l’énergie (décarbonée) ou la mise en œuvre d’une économie circulaire. Le caractère systémique de la transition requiert une coordination et une cohérence trans-sectorielle qui n’est pas acquise et requiert une grande vigilance.
D’autre part, la transition a un coût économique et social qui sera supporté en partie seulement par la puissance publique. Le renchérissement des déplacements, les besoins accélérés de renouvellement d’un parc non complètement amorti, les exclusions de circulation en centres-villes pour les véhicules les plus anciens (généralement d’occasion qui constituent la flotte des populations les plus fragiles), sont autant de difficultés à identifier, caractériser et gérer collectivement pour éviter les crises, les tensions ou les phénomènes de rejets, voire de potentiels renoncements politiques. S’agissant du transport, les précédents des Bonnets rouges ou des Gilets jaunes en France sont des marqueurs du débat politique qui forcent à anticiper la question de l’acceptabilité et de l’accompagnement des transformations envisagées.
Dans ce contexte, la Plateforme « Mobilité en transition » entend accompagner le succès de la transition de la phase d’amorçage à la phase de déploiement massif dans le secteur de la mobilité et du transport. La trajectoire est déjà clairement définie par l’arsenal règlementaire européen (Fit for 55, CAFE[[Corporate Average Fuel Economy – Norme européenne qui limite à 95 g/km le taux moyen de CO2 émis par les VP neufs vendus à partir de 2020 pour tous les constructeurs.]], Règlement AFIR[[Règlementation européenne sur les infrastructures de carburants alternatifs.]], Directive batterie), et complétée par des objectifs nationaux (SNBC, Loi LOM, vignettes Crit’air, plan de déploiement des ZFE, etc.), avec un objectif très clair : atteindre la neutralité carbone en 2050.
L’atteinte de cet objectif nécessite des outils de dialogue renouvelés ; ce sont les conditions de ce dialogue que la plateforme entend mettre en œuvre, par :
Une approche collaborative indépendante – Les membres invités à rejoindre la plateforme sont représentatifs de l’ensemble des parties prenantes impliquées dans la transformation du secteur des transports et de la mobilité. Ils sont issus du monde économique (constructeurs, gestionnaires de flottes, représentants de consommateurs ou usagers, énergéticiens, etc.), de la société civile (ONG, think tanks), du monde académique ou des territoires. L’indépendance de la structure est assurée par un financement ne reposant pas sur les membres.
Une démarche volontariste et réaliste – Volontariste sur la réussite de la transition et ses effets environnementaux, réaliste sur les enjeux économiques, sociaux et politiques : l’ambition d’une transition juste, acceptable socialement et vecteur d’opportunités pour l’industrie ou en matière d’innovation. L’acceptation sociale de la transformation en cours et l’adhésion du plus grand nombre seront des marqueurs des travaux.
Un débat protégé – Les échanges entre les différentes parties prenantes ne sont pas rendus publics ou anonymisés. Le débat est fluidifié, sans l’exigence de consensus et sans être tributaire des positions officielles d’organisations sectorielles ou de défense d’intérêts. Les membres y trouveront notamment la possibilité de confronter leurs hypothèses et analyses ou de tester leurs propositions avant de les rendre publiques.
Le choix d’objectiver le débat public par la confrontation et la production de données et analyses – Une production collective de données, visant à caractériser les enjeux ou les difficultés que l’on peut anticiper dans la mise en œuvre des trajectoires programmées, et les solutions à mettre en œuvre dans le cadre d’un redéploiement des politiques publiques. Ces analyses approfondies pourront servir de référence dans le débat public.
Une approche systémique – Identification des multiples défis connexes associés à la transition dans la mobilité (utilisation des ressources naturelles, protection de la biodiversité, transition agricole, santé, aménagement du territoire, etc.), afin notamment d’exploiter les synergies d’une approche trans-sectorielle cohérente ou d’éclairer les angles morts.
La Plateforme « Mobilité en transition » est une initiative ambitieuse et originale dans sa méthode et dans sa raison d’être : une approche volontariste pour identifier les leviers d’une gestion équilibrée et efficiente des aspects environnementaux, sociaux, industriels et économiques. Elle l’est aussi dans le périmètre de son action : un horizon court d’une dizaine d’années pour les enjeux concrets de mise en œuvre opérationnelle de la transition, sur le territoire français, avec l’ambition néanmoins d’intervenir également dans le débat auprès des autorités européennes. Elle entend ainsi constituer modestement un outil nouveau dans la gouvernance collective qui s’impose pour la réussite de la transition.
Hydrogène pour la neutralité climat : conditions de déploiement en France et en Europe
En parallèle des plans de relance de 2020, la Commission européenne, la France, l’Allemagne et d’autres États membres de l’Union européenne ont simultanément annoncé des stratégies ambitieuses de développement de l’hydrogène, représentant plus de 50 milliards d’euros d’investissements à l’horizon 2030. L’objectif étant, in fine, de contribuer à l’atteinte de la neutralité climat. Cette Étude vise à identifier les principaux enjeux du développement des technologies de l’hydrogène, pour que celui-ci contribue effectivement à atteindre un système neutre en émissions de façon durable.Messages clés
La relative faible efficacité énergétique de l’hydrogène par rapport à d’autres vecteurs énergétiques indique qu’il n’a pas vocation à se substituer au méthane fossile (gaz naturel) dans le système énergétique. Néanmoins, il est utile pour la décarbonation de certains usages, en priorité dans l’industrie et le transport, et pourra jouer un rôle essentiel dans l’équilibrage et la sécurité du système électrique. Le développement rapide de ces nouveaux marchés suppose la diffusion de technologies, d’équipements et de systèmes d’approvisionnement radicalement nouveaux, dont le succès repose sur la mise en oeuvre de politiques de soutien à la fois côté offre et demande.
Les besoins en infrastructures d’hydrogène à long terme dépendent de choix stratégiques en termes d’offre et de demande, notamment du rôle de l’hydrogène à base de méthane fossile et CCS, de l’utilisation de l’hydrogène pour la production d’électricité et le transport de poids lourds et des choix d’approvisionnement transfrontaliers en hydrogène et carburants dérivés.
Dans un système neutre en émissions, l’hydrogène doit être produit à partir d’électrolyse renouvelable ou nucléaire, tandis que l’hydrogène à base de méthane fossile et de capture et stockage de carbone (CCS) ne pourrait jouer un rôle dans une période de transition que s’il remplit des conditions climatiques et de viabilité économique non atteintes aujourd’hui. Le coût de l’hydrogène par électrolyse varie selon les gisements d’électricité qu’il mobilise. Même compte tenu des progrès technologiques attendus, il restera supérieur à long terme aux alternatives fossiles que l’hydrogène doit remplacer, mais offrira une solution économiquement viable dans les secteurs pour lesquels il n’existe pas ou peu d’alternative.
Les échanges transfrontaliers d’hydrogène peuvent être intéressants sur le plan économique, mais posent des enjeux de géopolitique d’approvisionnement énergétique, de spécialisation industrielle et de mise en place de normes de durabilité.
Baromètre 2021 de la performance énergétique et environnementale des bâtiments
Pour la 10ème édition de son Baromètre, l’OID livre ses indicateurs, un outil à disposition de tous pour anticiper les réglementations à venir (Dispositif Eco-Energie Tertiaire, Taxinomie, DPE).
160 kWh/m², c’est le niveau de consommation énergétique en énergie finale des bâtiments de bureaux, calculé par l’OID pour 2021, soit une baisse de 5% par rapport à l’indicateur 2020. Cette année, ce sont 29 contributeurs qui ont permis de constituer une base de données de 23 300 bâtiments, représentant plus de 54,3 millions de m2.
En une décennie d’observation, les indicateurs esquissent une tendance de fond : la diminution annuelle moyenne des émissions de gaz à effet de serre ne s’élève qu’à 2,5 %, alors qu’il faudrait une baisse de 4,5% au moins pour répondre à l’urgence climatique. Si la dernière année atteint ce niveau, il faudra rééditer l’exploit chaque année pour diviser par deux des émissions du secteur entre 2015 et 2030.
Les actifs résidentiels conservent un niveau de consommation stable à 202 kWh/m2 en énergie finale. Impactés par la refonte du DPE, les mesures de la loi Climat et Résilience et l’entrée en vigueur des critères d’atténuation de la taxinomie européenne, les logements ont un cap à franchir pour mener à bien leur transition écologique.
Résumé du Baromètre 2021 de la performance énergétique et environnementale des bâtiments
Le Baromètre 2021 de la Performance Energétique et Environnementale présente les principaux indicateurs sur les bâtiments de bureaux, résidentiels, de logistique et les centres commerciaux.
Calculés à partir d’une base de données de 23 300 bâtiments et 54,3 millions de mètres carrés, les indicateurs portent sur la consommation énergétique, les émissions de gaz à effet de serre, la consommation d’eau et la production de déchets.
Cette année, une analyse de l’année 2020 et de premières observations sur la résilience des bâtiments ont également été intégrées.
Des synthèses réglementaires complètent la publication.
Baromètre 2021 de la performance énergétique et environnementale des bâtiments
– Télécharger le Baromètre 2021
Développé par l’OID, Taloen permet d’accéder à des ressources et outils pour l’immobilier responsable. Disponibles en libre accès, les Baromètres, les études prospectives, les fiches de décryptage réglementaire, les outils d’accompagnement à la mise en place de démarches responsables pour l’immobilier, les vidéos, sont élaborés par l’équipe de l’OID avec l’appui d’experts du secteur immobilier.
– www.taloen.fr
Baromètre 2020 de l’Immobilier Responsable
Baromètre 2020 de l’Immobilier ResponsableAvec une prise de conscience grandissante des enjeux environnementaux et sociétaux de la part des acteurs, et dans un contexte réglementaire et normatif qui se développe constamment (Loi Energie Climat, Taxonomie Verte Européenne, règlement SFDR, Label ISR immobilier, etc.), ce Baromètre 2020 de l’Immobilier Responsable s’insère de manière évidente dans les dynamiques de marché.
Comment se structurent les démarches des acteurs, et sur quels outils s’appuient-ils ? Quels sont les enjeux pris en compte et les indicateurs qui sont utilisés ? Quels objectifs se fixent-ils, et quels plans d’action déploient-ils pour y parvenir ?
Le Baromètre 2020 de l’Immobilier Responsable doit permettre d’identifier les tendances et évolutions de l’appropriation des enjeux ESG par les acteurs de l’immobilier d’investissement. En outre, cette troisième édition se veut être un guide pour les acteurs, en leur mettant à disposition des indicateurs, objectifs et plans d’actions effectivement utilisés par les répondants au Baromètre.
Le Baromètre présente :
Les chiffres clés 2020 de l’immobilier responsable ;
La hiérarchisation des enjeux ESG par les acteurs selon leur matérialité ;
Une analyse des démarches ESG par catégorie d’acteur, et pour les 19 enjeux ESG du référentiel de l’OID ;
Des suggestions d’indicateurs, d’objectifs et de plans d’actions pour les piliers E, S et G ;
Un récapitulatif quant aux obligations et pratiques des acteurs.
Guide des 19 enjeux pour un immobilier responsable
Guide des 19 enjeux pour un immobilier responsable – Version 2020La nouvelle version du Guide des 19 enjeux pour un immobilier responsable, constitue un complément indispensable au Baromètre de l’Immobilier Responsable en proposant des clés de compréhension des 19 enjeux ESG retenus dans le cadre du Baromètre.
Il s’agit de la deuxième version de ce guide, non exhaustif, voué à évoluer au regard des obligations, des pratiques du secteur et du référentiel du Baromètre de l’Immobilier Responsable.
– E1 ÉNERGIE
– E2 CARBONE
– E3 RESSOURCES ET DÉCHETS
– E4 EAU
– E5 BIODIVERSITÉ
– E6 MOBILITÉ ET DÉPLACEMENTS
– E7 RÉSILIENCE AU CHANGEMENT CLIMATIQUE
– S1 SANTÉ ET SÉCURITÉ DES OCCUPANTS
– S2 CONFORT ET BIEN ÊTRE
– S3 IMPACT TERRITORIAL ET EMPLOI
– S4 ACCESSIBILITÉ
– S5 SERVICES RENDUS AUX OCCUPANTS
– S6 IMPACT SOCIAL POSITIF
– G1 ÉTHIQUE DES AFFAIRES
– G2 INTÉGRATION DES ENJEUX ESG DANS LA POLITIQUE D’INVESTISSEMENT, DE GESTION ET DE CONTRÔLE DES RISQUES
– G3 RELATIONS PARTIES PRENANTES
– G4 GOUVERNANCE INTERNE
– G5 ACHATS RESPONSABLES
– G6 GESTION DE CRISE ET PLAN DE CONTINUITÉ DES ACTIVITÉS
Guide des 19 enjeux pour un immobilier responsable – Version 2020
– Télécharger le Guide des 19 enjeux
OID
L’Observatoire de l’Immobilier Durable est l’espace d’échange indépendant du secteur immobilier sur le développement durable et l’innovation. Penser l’immobilier responsable est la raison d’être de l’OID qui rassemble une soixantaine de membres et partenaires parmi lesquels les leaders de l’immobilier tertiaire en France sur toute sa chaîne de valeur. Acteur indépendant au service de l’intérêt général, l’OID est une association qui participe, pragmatiquement et activement, à la montée en puissance des thématiques ESG en France et à l’international, par un programme d’actions sur le terrain et auprès des pouvoirs publics.
Application développée par l’OID, Taloen permet d’accéder à des ressources et outils pour l’immobilier responsable. Disponibles en libre accès, les Baromètres, les études prospectives, les fiches de décryptage réglementaire, les outils d’accompagnement à la mise en place de démarches responsables pour l’immobilier, les vidéos, sont élaborés par l’équipe de l’OID avec l’appui d’experts du secteur immobilier.
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OBSERVATOIRE IMMOBILIER DURABLE est une Association régie par la loi du 1er juillet 1901 et du décret du 16 août 1901
OID · Chez Au Coeur des Villes · 16 rue Saint Fiacre · Paris 75002 · France
L’Eco-score, pour transformer notre consommation alimentaire
Lancé il y a tout juste un an, en janvier 2021, l’Eco-score a été le premier affichage environnemental à figurer sur des produits de consommation courante. Imaginé par le collectif composé de La Fourche, Yuka, Etiquettable, Eco2 initiative, Open Food Facts, ScanUp, Foodchéri, Seazon et Frigo Magic, l’Eco-score a vu le jour dans le cadre d’une expérimentation menée par l’ADEME et le ministère de la Transition Écologique.
En répondant à une demande grandissante des consommateurs pour plus de transparence, l’Eco-score permet à chacun de consommer de manière plus responsable et éclairée. Après plus d’un an d’affichage de l’Eco-score, le collectif publie les résultats d’une enquête menée auprès de 6 000 consommateurs[[Etude menée en décembre 2021 auprès de 6603 utilisateurs de Yuka, FoodChéri, Seazon, La Fourche, Frigo Magic, Open Food Facts, Scan Up.]].
4 chiffres à retenir de l’enquête
– 92 % des consommateurs considèrent qu’un indicateur environnemental comme l’Eco-score mériterait d’être obligatoire sur tous les produits alimentaires
– 9 consommateurs sur 10 (88 %) considèrent l’impact environnemental comme un facteur important dans leurs décisions d’achat
– 2 consommateurs sur 3 (69 %) ont déjà choisi un produit grâce à son Eco-score favorable
– 2 consommateurs sur 3 (67 %) ont déjà renoncé à un achat avec un Eco-score défavorable.
cpunanecoscorelafourche.pdf
Un outil identifié et plébiscité par les consommateurs
Un an après sa création, l’Eco-score est entré dans les habitudes de consommation : 85 % des consommateurs déclarent le reconnaître. Preuve de son utilité et de l’importance qu’il a pris aux yeux des consommateurs, 92 % considèrent qu’il devrait être généralisé à l’ensemble des produits alimentaires.
Véritable outil pédagogique, l’Eco-score a su se démarquer par sa prise en main simple et un accès à l’information rapide. Ainsi, 88 % des consommateurs considèrent que l’Eco-score leur donne un accès clair et lisible à l’information.
Un score fédérateur déjà massivement déployé
Depuis un an, l’Eco-score a été massivement déployé par plusieurs acteurs de l’alimentation.
« La mise en place de l’Eco-score s’est faite très facilement car les données sont disponibles sur les étiquettes et la méthodologie est accessible à tous en ligne. L’envie d’agir et l’attente des consommateurs pour un affichage environnemental étaient si fortes qu’en un an, nous avons constaté une augmentation de 3 points de la part de vente des produits Eco-score A.»
Lucas Lefebvre, co-fondateur de La Fourche« Convaincu que la transition passera par le choix éclairé du convive, le Groupe Elior a testé l’Eco-Score dans sept de ses restaurants pendant 2 mois. Nous avons choisi l’Eco-Score car il suit une méthodologie transparente, accessible et ouverte à tous les acteurs qui souhaitent s’engager dans l’affichage environnemental. »
Aurélie Stewart, Responsable RSE Groupe d’Elior« Colruyt Group est particulièrement fier d’avoir décidé d’introduire l’Eco-Score sur le marché belge il y a 10 mois. Nous constatons d’ores et déjà que l’Eco-Score répond à la demande du consommateur de pouvoir opérer des choix en connaissance de cause. Ses principaux atouts sont sa méthodologie robuste, son outil de communication facilement reconnaissable et compréhensible par le consommateur et sa possibilité de déploiement à grande échelle.
Le Groupe Colruyt est convaincu du fait que l’Eco-Score peut devenir le navigateur pour l’empreinte écologique des produits alimentaires dans toute l’Union Européenne. »
Stefan Goethaert, Directeur Production et Marques Propres Colruyt Group
L’Eco-score en chiffres
Nombre de produits scorées en ligne
– Yuka : 70 000
– Open Food Facts : 287 000
– ScanUp : 326 000
– Carrefour : 25 000 produits (5 000 Marque de Distributeur et 20 000 marques nationales avec données Open Food Facts)
– Marmiton : 70 000 recettes
– Elior : 30 000 plats
…
Un pas supplémentaire vers la transformation de nos modes de consommation
Plus de place au doute : l’Eco-score est désormais connu, reconnu et compris d’une grande partie des Français. Mais au-delà de sa simple connaissance, l’Eco-score est devenu un levier de modification des comportements d’achat des consommateurs. C’est ce que l’enquête réalisée par le collectif démontre. D’une part, 2 consommateurs sur 3 ont déjà choisi un produit grâce à son Eco-score favorable, à l’inverse, ce sont autant de consommateurs (2/3), qui ont déjà renoncé à un achat avec un Eco-score défavorable.
Par ailleurs, 15% déclarent que l’Eco-score les a aidés à réduire leur consommation de viande. Ainsi, l’Eco-score permettrait une atténuation des émissions de gaz à effet de serre du secteur alimentaire de 6,3%[[Selon une estimation basée sur les conclusions du GIEC, et sur la base de données déclaratives. Estimation du potentiel d’atténuation en gaz à effet de serre basé sur les conclusions du GIEC (Food Security, 2019). Référence GES secteur alimentaire : 12.0 GtCO2-eq.ye (Summary for Policymakers, 2019).]].
« L’affichage environnemental cristallise des enjeux politiques et sociétaux : le régime alimentaire moyen de demain et ce qui le sous-tend, le visage de nos systèmes agricoles. L’Eco-score propose un affichage environnemental opérationnel à court-terme et porte en lui une vision ambitieuse de la transition agro-alimentaire. »
Caroline Vignaud, Cheffe R&D FoodChéri et Seazon
L’Eco-score a grandement contribué aux avancées de l’expérimentation autour de l’affichage environnemental, menée en France par l’ADEME, et continuera à y contribuer pour aboutir à un objectif commun de transparence pour le consommateur.
Sa généralisation et son caractère obligatoire doivent permettre un changement profond de nos modèles de consommation, mission que poursuit le collectif depuis plus d’un an :
– qui valorise la production bio et agro-écologique avec des réductions d’utilisation de pesticides et de produits phytosanitaires ;
– qui encourage une alimentation avec moins de viande mais de meilleure qualité ;
– qui valorise la production locale et de saison ;
– qui protège la biodiversité, limite la déforestation et évite la disparition des espèces menacées ;
– qui favorise le commerce équitable ;
– qui utilise moins d’emballages plastiques et non recyclables.
Une méthodologie scientifique rigoureuse et transparente
L’Eco-score se base sur une méthodologie scientifique, transparente, accessible à tous et facile à mettre en place.
Cette méthodologie se base sur les données de l’Analyse de Cycle de Vie (ACV) de l’ADEME et de l’INRAE complétées par un système de bonus-malus basé sur les informations présentes sur les étiquettes.
Ainsi, pour compléter le score et permettre de couvrir un champ plus large de facteurs comme l’impact des pesticides, la perte de biodiversité, la protection des espèces menacées, la pollution des déchets plastiques ou encore l’approvisionnement local, l’Eco-score s’enrichit d’un système bonus-malus qui couvre cinq catégories différentes (système de production, origine des produits, politique environnementale du pays producteur, cycle de vie et circularité des emballages et espèces menacées).
01_szn_fc_ope_eco-score_infographie_4_.pdf
Et demain ?
L’enjeu est de taille : ce ne sont pas seulement la biodiversité, le changement climatique, la pollution de l’eau, de l’air et des sols qui se jouent ici. Rendre l’agriculture plus résiliente au changement climatique et moins dépendante aux importations d’engrais issus de la pétrochimie est aussi un enjeu de compétitivité économique et donc de souveraineté alimentaire.
L’Eco-score a lancé le mouvement. Aujourd’hui, les consommateurs témoignent de leur adoption de l’affichage environnemental et l’Eco-score se développe partout en Europe. Le mouvement est lancé, les consommateurs le plébiscitent, les distributeurs y voient un enjeu de différenciation : le pari est réussi et la poursuite du chemin tracée.
À propos de La Fourche
Premier magasin bio et solidaire en ligne de France, La Fourche se donne pour mission de rendre accessible à tous le plaisir de mieux consommer. Le magasin propose une sélection de produits bio de qualité et issus d’une production responsable à des prix moins élevés que dans les circuits de distribution classiques. Pour y arriver, La Fourche a imaginé un modèle en rupture avec les magasins traditionnels : le site fonctionne grâce à une communauté d’adhérents qui payent 69 €/an pour commander autant qu’ils le souhaitent et se faire livrer partout en France, en Belgique et au Luxembourg.
Ce modèle d’adhésion qui consiste à échanger du pouvoir d’achat contre de la fidélité permet de rendre le bio et la consommation responsable accessibles à tous à travers des prix attractifs.
– www.lafourche.fr
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