Renewable Carbon Initiative (RCI – Initiative sur le carbone renouvelable), CO2 Value Europe (CVE) et nova-Institute publient une étude montrant les émissions de CO₂ du potentiel de réduction des émissions de l’industrie chimique grâce à CCUInitiative Carbone RenouvelableCo2Value_Logo_Tavola-disegno-1.svg
Aujourd’hui, la production de produits chimiques et de matériaux dérivés repose en grande partie sur l’utilisation de carbone fossile. Les processus industriels ont besoin d’hydrocarbures pour fournir de l’énergie de processus (électricité et chaleur) pour de multiples processus et pour fournir du carbone incorporé (c’est-à-dire le carbone lié dans la structure moléculaire) comme source d’alimentation pour diverses substances, blocs de construction, produits intermédiaires et matériaux dérivés tels que les polymères ou les détergents.
Dans un scénario exploratoire, l’étude « CO2 reduction potential of the chemical industry through CCU» examine les réductions de gaz à effet de serre (GES) qui peuvent être obtenues dans les industries chimiques et des matériaux dérivés au niveau mondial si la totalité de la demande de carbone embarqué est satisfaite uniquement et exclusivement via le CO₂ plutôt qu’à partir de sources fossiles. Des simplifications majeures sont utilisées pour assurer la transparence et la compréhension de la question. Le méthanol (CH₃OH) est considéré comme couvrant les besoins en hydrocarbures pour les produits chimiques et les matériaux dérivés parmi les divers intermédiaires chimiques comme une voie représentative du carbone renouvelable. Il est plausible d’attribuer au méthanol un rôle central dans l’approvisionnement de l’industrie chimique du futur.
La route de production examinée, basée sur le CCU, comprend les émissions de CO₂ comme un mélange de capture directe de l’air (CDA) et de capture à partir de différentes sources ponctuelles, l’approvisionnement en hydrogène et la réaction d’hydrogénation pour la synthèse du méthanol. Les émissions de GES liées à la synthèse du méthanol à partir de la CCU dépendent des émissions de la production d’énergie renouvelable. Du méthanol basé sur la CCU pourrait être de 67 à 77 % inférieures aux émissions provenant de la libération du carbone incorporé des combustibles fossiles, en utilisant une alimentation en énergie courante basée sur le photovoltaïque. Avec des améliorations de la production d’énergie renouvelable, la réduction pourrait atteindre des niveaux compris entre 96 et 100 %.
La demande mondiale annuelle de carbone incorporé dans les produits chimiques et les matériaux dérivés pourrait passer de 450 millions de tonnes de carbone (Mt C) aujourd’hui à 1 000 Mt C d’ici 2050. Répondre à cette demande avec du méthanol à base de CCU entraînerait une immense demande de 29,1 PWh/an d’énergie renouvelable. Des efforts immenses devraient être faits pour déployer suffisamment d’énergie renouvelable. Si l’énergie photovoltaïque du désert est utilisée pour produire l’hydrogène, 1,3 % de la superficie du Sahara serait théoriquement nécessaire pour couvrir l’ensemble des besoins.
Toutefois, avec un approvisionnement en énergie entièrement décarbonisé, un montant de 3,7 Gt de CO₂/an peut être économisé. Ces économies d’émissions de GES sont significatives – même en comparaison avec les émissions globales actuelles de 55,6 Gt de CO₂ eq/an. Le résultat montre que la CCU est une technologie prometteuse pour réduire les émissions de GES liées à l’approvisionnement en carbone intégré – si une énergie renouvelable suffisante est disponible. Le carbone basé sur la CCU sera un pilier important d’une future construction sur le carbone renouvelable, en complément du carbone issu du recyclage et de la biomasse. Pour permettre à la CCU de contribuer à un approvisionnement en matières premières respectueux du climat pour l’industrie chimique, les capacités mondiales des PV et d’éoliennes doivent être rapidement étendues.
L’étude sur le « CO2 reduction potential of the chemical industry through CCU » est disponible gratuitement à l’adresse suivante :
– www.renewable-carbon-initiative.com/media/library/
Avertissement
La RCI regroupe différentes entreprises, institutions et associations qui abordent les défis de la transition vers le carbone renouvelable en adoptant de multiples approches. Les avis exprimés dans ce communiqué de presse ne reflètent pas nécessairement les politiques et opinions de tous les membres de la RCI. La RCI ne peut être tenue responsable de l’usage pouvant être fait des informations qu’elle contient.
A propos
L’initiative pour le carbone renouvelable (« Renewable Carbon Initiative », RCI) a été fondée en septembre 2020 par onze grandes entreprises originaires de six pays, sous la direction du nova-Institut (Allemagne). L’objectif de cette initiative est de soutenir et d’encourager la transition entre le carbone fossile et le carbone renouvelable pour tous les matériaux et produits chimiques organiques.
La guerre a resurgi aux portes de l’Europe. Ses conséquences économiques imposent d’énormes défis à toute la chaîne d’approvisionnement alimentaire.
D’abord parce que la production de céréales et d’oléagineux va baisser : en 2021, la Russie et l’Ukraine se classaient parmi les trois premiers exportateurs mondiaux de blé, de maïs, de colza, de graines et d’huile de tournesol, selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Mais aussi parce que la Russie est le deuxième exportateur mondial de fertilisants, dont la production dépend du gaz naturel et est très énergivore. La capacité des autres pays à augmenter leur production sera donc limitée par la hausse des coûts des intrants.
Face à cette flambée du prix des matières premières agricoles, on assiste à des prises de position antagonistes fortes entre adeptes du « produire plus » et défenseurs de l’agroécologie, comme s’il fallait encore opposer les deux ! Dans l’urgence, on entend à la fois des appels à produire plus et le rejet des mesures agroécologiques. La stratégie « Farm to Fork » [“De la ferme à la fourchette”] du Green Deal est même remise en question par certains. De l’autre côté, les écologistes sont scandalisés et pointent du doigt « les vieilles logiques » et « l’opportunisme » de l’agriculture productiviste, qui n’attendait que ça pour montrer ses vraies couleurs…
La Fondation Earthworm[[Ver de terre en anglais]] que je représente en France, travaille depuis 22 ans sur la régénération des forêts et des sols, promouvant une écologie de solutions. Et je suis convaincu que productivisme et agroécologie ne sont pas seulement compatibles : ils sont symbiotiques et se nourrissent l’un l’autre. J’ajouterais aussi la profitabilité, car la production et l’écologie seules et mal appréhendées peuvent conduire à la ruine. Combinés, ils ouvrent la voie vers la prospérité.
Dans son livre Le Temps des crises, publié après le séisme financier de 2008, Michel Serres explique que pour dépolariser un débat, on doit réinviter la nature au centre de la discussion. La question n’est plus « qui va gagner » mais « de quoi parle-t-on ? ». Si on ne le fait pas, la nature se rappelle inévitablement à nous, de plus en plus souvent d’ailleurs ces derniers temps, en témoignent des épisodes climatiques extrêmes qui surviennent partout sur la planète.
Nous vivons une crise climatique à laquelle s’ajoute une crise géopolitique, dont les conséquences vont générer, inévitablement, une crise sociétale de grande ampleur. Comment, alors, “réinviter” la nature au centre des discussions ? En poussant des mesures environnementales contraignantes qui affectent une profitabilité fragile des exploitations agricoles ? En ignorant complètement ces dernières au nom du rendement et des besoins à court terme de production ? Ou simplement en la laissant nous surprendre à nouveau l’été ou l’hiver prochain avec une sécheresse trop brutale, des inondations ou un gel tardif ?
Bastien Sachet, directeur général de la fondation EarthwormLa souveraineté alimentaire repose avant tout sur un sol nourricier
Les aliments que nous mangeons chaque jour, des pommes de terre au café, du pain au fromage, dépendent d’un élément commun capable de faire converger écologie, productivité et profitabilité. J’ai nommé : « le sol » ! Et la souveraineté alimentaire repose avant tout sur un sol nourricier.
À travers le programme « Sols vivants », Earthworm France s’attache depuis 2018 à remettre le sol au centre de la discussion. Un sol vivant, sain, est un écosystème optimal pour la plante, qui de fait, est moins fragile. Un sol sain est résilient. Il conserve mieux et plus longtemps l’eau. Il stocke plus de carbone et contribue par là même à la lutte contre le réchauffement climatique. C’est un sol qui nécessite moins de travail, ce qui signifie moins de labour, de gasoil, donc des économies.
Plus fertile, un sol sain nécessite aussi moins d’intrants. Il fournit ainsi une autonomie croissante à l’agriculteur, qui peut progressivement réduire sa dépendance aux intrants. L’autonomie de la ferme, c’est une forme de « petite souveraineté ». Et quand toutes les fermes gagnent en autonomie, c’est la souveraineté de tout notre pays qui s’accroît, en s’affranchissant des apports de la chimie, dont les usines et les chaînes de valeur sont souvent hors de notre territoire.
Invisible et silencieux, le sol ne bénéficie malheureusement pas des campagnes médiatiques dont profitent les forêts. Et en agriculture, on a souvent tendance à se concentrer sur les plantes et leur rendement. Pourtant, de nombreux experts tirent la sonnette d’alarme depuis plusieurs années. La moitié des terres agricoles de la planète sont dégradées. La France ne fait pas exception. Depuis les années 1950, la teneur des sols en nutriments et en humus a baissé d’un tiers, selon le Groupement d’intérêt scientifique Sol (Gis Sol). Certaines terres agricoles ne présentent plus que 100 kilos de vers de terre à l’hectare, contre deux tonnes en moyenne dans les années 1950. Nous avons d’ailleurs nous-mêmes pu constater cela à travers notre programme « Sols Vivants » qui, l’année dernière a permis de mesurer l’état de santé du sol de 700 parcelles agricoles en France.
Alors comment régénérer les sols et construire cette « souveraineté agricole », cette autonomie de la production française ? À travers notre programme « Sols vivants » nous nouons depuis 2018 un dialogue fort à l’échelle du territoire, avec d’une part les différents acteurs de la chaîne de valeur – agriculteurs, coopératives et négoces agricoles et industriels agroalimentaires, et d’autre part les partenaires scientifiques, financiers et institutionnels, les syndicats agricoles aussi, – afin de construire les trajectoires de production qui régénèrent les sols agricoles et qui sont économiquement rentables. C’est ainsi que les grandes entreprises du secteur agroalimentaire sont devenues des partenaires clés de cette démarche ambitieuse et engagent fournisseurs et agriculteurs dans une réflexion et des actions constructives visant avant tout à protéger et régénérer les sols agricoles, en combinant production et agroécologie.
Alors certes, quand on parle de sol, il s’agit de temps long. Aujourd’hui, la nécessité de réagir face à la crise et au déficit de productivité occupe nos esprits et ceux des décideurs. Mais elle ne doit pas freiner les velléités de transition écologique d’un système agricole qui atteint ses limites. Sous nos pieds se trouve une manne capable de nous réconcilier. Sous nos pieds se trouve la clé de notre indépendance et de notre souveraineté alimentaire profonde. C’est bien la santé du sol qui nous donnera liberté, indépendance, productivité et écologie. Et si regarder en bas nous montrait une voie de sortie de crise par le haut ?Bastien Sachet, directeur général de la fondation Earthworm.
QUI EST EARTHWORM ?
Earthworm est une fondation internationale à but non lucratif. Née en 1999 sous le nom de Tropical Forest Trust, elle travaille historiquement pour la régénération et la préservation des forêts et a élargi son action à la régénération des sols en 2018. Son objectif : accompagner l’ensemble des acteurs composant les chaînes d’approvisionnement – entreprises agroalimentaires, fournisseurs et agriculteurs – afin d’améliorer l’impact environnemental et sociétal de la production de matières premières
“Nous partageons la vision d’une société globale composée de communautés interdépendantes, qui forment avec la nature un écosystème unique. Son développement prospère et harmonieux n’est envisageable que si chacune des parties se respectent mutuellement.”
“Nous partageons la vision d’une société mondialisée qui se respecte elle-même ainsi que les besoins de la nature, car en fin de compte, elles forment la même entité. Nous croyons en une économie mondialisée qui n’est pas fondée sur la destruction, mais sur l’équilibre et l’innovation où nous pouvons tous prospérer et contribuer à l’amélioration de notre situation sociale, environnementale et économique.”
Valeurs
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Depuis ses débuts sous le nom de Tropical Forest Trust jusqu’à sa dernière évolution sous le nom d’Earthworm Foundation, une constante demeure indiscutablement gravée dans l’ADN de notre organisation, ses VALEURS.
Nos valeurs représentent notre plus grand atout. Elles guident nos progrès et forment la pierre angulaire de tous dialogues ou interactions avec nos parties prenantes et nos pairs. Ce n’est pas un hasard si dès la première phase de rencontre avec nos futurs collaborateurs, elles sont placées au centre de la conversation. Nous nous épanouissons en vivant selon nos valeurs mais également en inspirant les autres à vivre pleinement les leurs.
Découvrez nos cinq valeurs fondamentales.
Du 17 au 20 mai prochain, le Parc des Expositions Paris-Nord Villepinte accueillera le Global Industrie (GI), le rendez-vous annuel de l’excellence et des perspectives industrielles. Cette 4ème édition sera résolument orientée vers la réindustrialisation responsable. Durant 4 jours, 40 000 visiteurs auront l’occasion d’aller à la rencontre des professionnels qui forgeront l’industrie de demain.
Le Global Industrie (GI), le grand salon international de l’industrie en France, se déroulera du 17 au 20 mai 2022 au Parc des Expositions de Paris-Nord Villepinte. Cet événement est le seul du pays à couvrir le secteur de l’industrie dans son intégralité, rassemblant à la fois son écosystème, sa chaîne de valeur et ses marchés utilisateurs.
En cette année d’élection présidentielle, le sujet de la réindustrialisation revient au centre des discussions. La crise de la Covid-19 a mis en lumière la dépendance de la France vis-à-vis de l’étranger sur ses productions stratégiques, voire vitales. Il convient donc de restaurer la souveraineté économique nationale et relocaliser une partie de l’outil productif. L’Hexagone pourra ainsi mettre en place un modèle compétitif et renforcer la nouvelle dynamique de son industrie associée à la numérisation de sa production.
L’ensemble de la classe politique s’accorde sur la nécessité de relancer le secteur industriel, en mettant au cœur des débats des sujets tels que l’environnement, les questions territoriales, la transformation numérique ou encore la cybersécurité. Sans oublier les problématiques liées à l’humain, comme l’organisation, le management, la responsabilité sociétale des entreprises (RSE), l’emploi et la formation. C’est donc tout naturellement que la 4ème édition du GI arborera pour thématique centrale la réindustrialisation responsable.
Les acteurs de l’industrie ont donc rendez-vous sur un site de 10 000 m2 afin d’échanger, de rencontrer de nouveaux partenaires mais aussi de trouver les produits, les équipements, ou encore les savoir-faire qui les aideront à développer leur activité. La GI 2022, c’est également 2 300 exposants, comme l’opérateur de technologies digitales pour les entreprises Hub One. L’expert présentera ses solutions de connectivité au service de l’industrie 4.0 : télécoms, objets connectés (IoT), traçabilité, cybersécurité ou encore 5G privée.
Les 40 000 visiteurs attendus profiteront de la variété et de la qualité des exposants mais aussi de nombreuses animations et expérimentations qui permettent de voir, toucher et comprendre les innovations, les procédés industriels de pointe et les perspectives de l’industrie du futur.
Enfin, les 4 jours du salon seront rythmés par des Masterclasses livrées par des grands capitaines d’industrie, des Keynotes présentées par des directeurs d’usines et des responsables techniques ainsi que des tables rondes traitant des technologies et stratégies liées à la réindustrialisation responsable. Au total, ce sont plus de 160 experts et industriels qui aideront à comprendre les bouleversements du secteur, et à anticiper les transformations de l’industrie.
Enfin, les 4 jours du salon seront rythmés par des Masterclasses livrées par des grands capitaines d’industrie, des Keynotes présentées par des directeurs d’usines et des responsables techniques ainsi que des tables rondes traitant des technologies et stratégies liées à la réindustrialisation responsable. Au total, ce sont plus de 160 experts et industriels qui aideront à comprendre les bouleversements du secteur, et à anticiper les transformations de l’industrie.
Une étude édifiante vient de paraître dans LSA. On y découvre que 89,6 % des consommateurs font attention aux différents scores indiqués sur les produits alimentaires. Plus marquant encore, 72,9 % estiment que c’est au législateur d’intervenir pour réglementer la transparence alimentaire.
Les Français sont favorables à un score unique sur les produits alimentaires. Les entreprises aussi ! Réunies au sein du Collectif En Vérité, 48 marques réclament des règles de transparence harmonisées.
Alors qu’en 2022, la réglementation ne permet toujours pas de savoir clairement ce que l’on mange, LSA révèle que la grande majorité des Français attend du législateur qu’il oblige les marques à afficher un score sur les étiquettes de leurs produits, en faveur de la vérité.
Dans cette étude, on apprend également que les Français souhaitent que ce score unique s’applique aux 4 critères d’informations jugées les plus importants : les additifs, la valeur nutritionnelle, la présence de pesticides et l’origine !
Cette demande ne peut être plus claire. Les Français ont envie de savoir ce qu’ils mangent, il y a urgence à leur dire la vérité !
Cette demande des Français rejoint la revendication du Collectif En Vérité ! En 3 mois, 48 marques représentant près de 2 Milliards € de chiffre d’affaires, se sont réunies pour demander au législateur d’imposer à toutes les marques alimentaires cette transparence réclamée par les Français !
Que les consommateurs réclament plus de transparence n’est pas nouveau. Que les marques la réclament aussi est une fantastique nouvelle qui offre au législateur une formidable opportunité d’agir !
Etude LSA pour Avery Dennison
En quête d’origines Top 3 des réponses à la question : « En 2021, sur quels points souhaiteriez-vous que les entreprises vendant des produits alimentaires concentrent leurs efforts ? », en % Le magasin répond un peu mieux que le web Dans quelle mesure, êtes-vous satisfait(e) avec les informations sur l’origine et la traçabilité des produits lors d’un… ? Le Covid a renforcé la curiosité % des clients qui sont plus attentifs à ces informations depuis la crise sanitaire L’envie d’une information sur place… Aimeriez-vous avoir accès à ces informations directement dans votre magasin ? … sur l’emballage… Comment aimeriez-vous accéder à ces informations? (plusieurs réponses possibles) … et plus facile à trouver D’après vous, en règle générale, dans quelle mesure est-ce facile de trouver ce type d’informations ? Un petit quart des Français déjà confrontés à un rappel produit Avez-vous déjà été confronté(e) à un rappel produit ? Des sources d’information très classiques Vous avez déjà été confronté(e) à un rappel produit. Qui vous en a informé ? (plusieurs réponses possibles) Le temps, principal frein au retour produit Vous avez déjà été confronté(e) au rappel d’un produit mais ne l’avez pas rapporté. Pourquoi ? (plusieurs réponses possibles) La satisfaction très majoritaire chez les clients étant allés au bout de la procédure Vous avez déjà été confronté(e) à un rappel produit. Avez-vous été satisfait(e)de la procédure (information, remboursement, etc.) ? Un impact légèrement négatif pour les ventes À la suite du rappel produit auquel vous avez été confronté(e), vous avez…
Vous lisez un article de LSA N° 2644
A la une : La loi Climat fait débat dans le secteur de la consommation
Pour mieux comprendre les revendications du Collectif en Vérité
Pourquoi ce collectif ?
Quels que soient leurs activités et engagements respectifs, ces marques partagent un constat : la transition alimentaire est urgente, les enjeux climatiques et de santé publique imposent de l’accélérer.
Seulement voilà : cette transition est aujourd’hui freinée. D’un côté, par l’incapacité des consommateurs à comprendre ce qu’ils mangent, de l’autre par les difficultés des entreprises à valoriser leurs initiatives positives. Alors que nourrir et se nourrir devraient être des actes simples, ils sont devenus terriblement complexes. En cause : une asymétrie d’informations entre multiplication de labels ou indicateurs à géométrie variables, et marques qui préfèrent se taire…
Cette situation n’est plus tenable. C’est pour cela que les marques du Collectif s’unissent aujourd’hui, pour demander de nouvelles règles de transparence à travers un étiquetage harmonisé et obligatoire.
Leur ambition ?
Permettre aux Français de savoir, en coup d’œil, ce qu’ils mangent et de comprendre l’impact de leurs achats sur leur santé, sur la société et sur la planète.
Comment ?
Le Collectif En Vérité demande au législateur d’imposer à toutes les marques alimentaires des critères d’informations harmonisés, simplifiés et obligatoires sur tous les produits.
En Vérité souhaite la mise en œuvre d’un étiquetage commun sur chacune des informations clés réclamées par les Français :
● le type d’agriculture, ● la qualité nutritionnelle, ● l’origine, ● la présence d’additifs.
Les membres du Collectif En Vérité : .nod, Quintesens, Alpina Savoie, d’Aucy, Omie & Cie, Jardin Bio, Food 4 good, Hari & co, Babybio, VRAI, Sojade, Juste, Priméal, Famille TEULET, SODIAAL, Candia, Entremont, Renard Gillard, Fromagerie de Saint-Flour, Nature de Breton, Yoplait Maison LE GOFF, Lobodis Café, LBF, Mo rice, Marcel Bio, Les 3 chouettes, MAZETTE !, La Preserverie, Archigood, L’Atelier V, NO FILTER, LOU Champignon, Krokola, Les fruits défendus, Joody, Supernature, NUDJ, Jubiles, Connétable, Phare d’Eckmul, Le Savoureux, Biorgane, Foodette, Funky Veggie, Chiche, Veridix, Bio par Cœur. Le collectif est accompagné par Transformation Positive.
La Note de La Fabrique Ecologique « Les prairies et l’élevage des ruminants au cœur de la transition agricole et alimentaire » est issue du groupe de travail présidé par François Demarcq. Elle s’attèle à résoudre la contradiction apparente entre le besoin de protéger les prairies permanentes – stock important de carbone et pourvoyeuses de services écosystémiques – et la nécessité de réduire la place de l’élevage dans notre production agricole, afin de réduire les émissions de méthane dues aux ruminants comme notre consommation de protéines animales.
Les prairies et l’élevage des ruminants au cœur de la transition agricole et alimentaire.
Synthèse
Face à l’urgence écologique et aux enjeux sanitaires, la transition agricole et alimentaire, donc de l’élevage, est indispensable mais s’avère complexe. Cette note s’attèle à résoudre la contradiction apparente entre :
le besoin de protéger les prairies permanentes, pour le stock important de carbone qu’elles abritent dans leurs sols et pour les services écosystémiques qu’elles rendent à l’agriculture et à la société,
la nécessité de réduire les émissions de méthane dues aux ruminants (environ 9 % des émissions de gaz à effet de serre de la France) et notre consommation de protéines animales (pour suivre les recommandations de santé publique), ce qui passe par la réduction de la place de l’élevage dans notre production agricole.
La construction d’une vision holistique des prairies et de l’élevage des ruminants, qui intègre les impératifs de lutte contre l’effet de serre et de préservation de la biodiversité, les enjeux de santé humaine comme ceux spécifiques au monde agricole (difficulté des éleveurs à vivre de leur travail, déficit d’attractivité de leur métier à l’heure de la relève des générations) et à l’avenir des territoires ruraux, confère à ce domaine particulier une valeur exemplaire dans la recherche d’un nouveau modèle agricole et alimentaire.
La production animale consomme une grande partie de la production végétale, partout dans le monde. En France, il est proposé de «libérer» de 3 à 5 millions d’hectares de terres arables, qui nourrissent aujourd’hui les ruminants et sont consacrées principalement au maïs ensilage, au colza (pour les tourteaux) et aux céréales, par un redimensionnement (–30 à –50 %) et un recentrage de l’élevage de ruminants sur les prairies permanentes, avec un complément alimentaire limité apporté notamment par des prairies temporaires plus riches en légumineuses («retour à l’herbe»). La viande de bœuf sera alors largement issue d’un élevage laitier (vaches de réforme, génisses et jeunes mâles), impliquant des croisements avec des races à viande ou le recours à des races mixtes ou «légères» supportant un engraissement à l’herbe et produisant lait et viande de qualité. Une telle production sera valorisée économiquement, au profit des éleveurs, par une politique rigoureuse de labellisation, dans un contexte de réduction de consommation permettant de sauvegarder le pouvoir d’achat des consommateurs. L’élevage des ruminants cessera de faire appel à des protéines (tourteaux de soja) contribuant à la « déforestation importée ». La sécurité et la souveraineté alimentaires de notre pays en sortiront renforcées.
La réduction du cheptel bovin, d’ores et déjà en marche (- 1,5 % par an en tendance), doit être assumée et accompagnée de manière spécifique, plutôt que subie, pour éviter la «casse sociale» et s’assurer qu’elle ne porte pas préférentiellement sur la production laitière.
Propositions
Agir sur la demande en introduisant un nouveau référentiel et une mention spéciale “élevage à l’herbe” adossée aux signes et labels de qualité pour les produits de l’élevage des ruminants, et en promouvant le “moins mais mieux” dans la consommation de produits animaux, par l’information et la formation sur les recommandations de santé publique, la régulation rigoureuse de la publicité et les exigences sur la restauration collective.
Orienter l’offre et accompagner socialement les éleveurs dans le redimensionnement et le recentrage de leur activité, en mobilisant des financements innovants vers des projets de limitation du cheptel associés à des actions de réduction de la demande, via de nouvelles “méthodes” du label bas-carbone, et en développant les paiements pour services environnementaux (PSE) pour protéger les prairies permanentes, tout en amendant le Plan stratégique national (PSN) d’application de la PAC 2023-2027 et en prévoyant sa révision à mi-parcours.
Impliquer davantage les collectivités territoriales sur la transition de l’élevage de ruminants et son « retour à l’herbe » : (i) les intercommunalités devraient intégrer aux plans climat-air-énergie territoriaux (PCAET) et aux projets alimentaires territoriaux (PAT), ainsi qu’à leurs décisions d’aménagement et de lutte contre l’artificialisation des sols, la préservation des prairies permanentes et l’objectif de redimensionnement et de recentrage de l’élevage des ruminants, et promouvoir des filières locales de produits de qualité reconnue issus d’un élevage « à l’herbe », appuyées notamment sur l’approvisionnement de la restauration collective ; (ii) les régions devraient réunir des conférences régionales sur cette thématique puis financer des investissements et des actions de conseil, de coopération et de promotion de ces produits (2ème pilier de la PAC et crédits régionaux).
Sommaire
Introduction
I. Les prairies et l’élevage des ruminants face à des enjeux multiples
I. Les prairies et l’élevage des ruminants dans notre agriculture
II. Agriculture, prairies, élevage et alimentation au défi de l’atténuation du changement climatique
A. Une forte contribution de l’agriculture et de l’élevage dans les émissions françaises de GES
B. Le stock de carbone des sols : un capital précieux
1) Les “pratiques stockantes”
2) Les changements d’affectation des sols
C. Une empreinte carbone très dépendante des choix alimentaires
D. La SNBC : un traitement de l’élevage à affiner
E. Premières conclusions
III. Les prairies et l’élevage en interaction avec leur environnement et la biodiversité
A. Les prairies à l’origine de services écosystémiques variés
B. Consommation d’espace : l’élevage en concurrence avec les productions alimentaires végétales
C. Impacts de l’élevage sur la ressource en eau.
D. Prairies, élevage et produits chimiques
E. Elevage et pollution de l’air
F. Avenir des territoires, revenus et pouvoir d’achat : des préoccupations socio-économiques déterminantes
IV. Consommations alimentaires, modes d’élevage et santé
A. Réduire la consommation de produits animaux pour la santé
1) Pratiques alimentaires : un impact fort sur la santé
2) Produits animaux et enjeux de santé
3) Des consommations alimentaires loin des recommandations de santé publique
B. Améliorer la teneur en oméga 3 et anti-oxydants des aliments d’origine animale
C. Conclusion : conjuguer santé et environnement pour concevoir l’élevage de demain
II. Une vision et des propositions pour l’avenir
I. La « vision » d’un élevage redimensionné et réorienté au service des impératifs climatique, de biodiversité et de santé publique.
A. Le développement nécessaire d’une vision systémique
B. Les scénarios existants
C. Les orientations proposées
D. Les déclinaisons régionales
II. De la « vision » aux politiques publiques : les propositions.
A. Labelliser l’élevage « à l’herbe » pour consommer « moins mais mieux »
B. Des instruments économiques pour accompagner les éleveurs dans la transition
1) PAC : une occasion manquée mais des marges de manœuvre réduites à saisir
2) Des financements innovants pour la préservation des prairies et la transition de l’élevage
C. Assurer une meilleure intégration des politiques et inventer une nouvelle gouvernance territoriale
1) Assurer une concurrence internationale « à armes égales »
2) Stratégie française pour l’énergie et le climat : assurer la cohérence des politiques nationales
3) Des régions et des territoires acteurs d’une nouvelle gouvernance locale
4) Pour une politique de recherche ambitieuse et réorientée
Répartition géographique du cheptel de vaches en France
Les émissions brutes de GES par les élevages de bovins
Emissions mondiales de GES de l’agriculture et du système alimentaire
La stratégie nationale bas-carbone (SNBC)
Pollutions de l’eau et de l’air liées à l’élevage
Différents scénarios et recommandations de santé publique pour une assiette plus durable et plus saine
Acides gras et microbiote intestinal
Effet des choix alimentaires et des filières de production sur la teneur en oméga-3 de notre alimentation
Comparaison des scénarios
Le scénario Afterres2050
Le cadre de la PAC 2023-2027 Le label bas carbone
Introduction
Les deux grands défis du 21ème siècle en matière d’écologie à l’échelle mondiale concernent le changement climatique et la perte de biodiversité. Les liens entre eux sont désormais fortement affirmés par les scientifiques mais ils sont perçus comme confus, s’ils ne sont pas ignorés, dans la conscience populaire et le débat politique.
La lutte contre le changement climatique se décline aujourd’hui à la fois en termes d’atténuation (réduction des émissions de gaz à effet de serre [GES]) et d’adaptation. Les engagements pris sur le volet « atténuation » s’apprécient désormais en termes d’émissions « nettes » : le cadre politique commun mis en place par l’accord de Paris repose en effet sur le concept de « neutralité carbone », donc sur le solde entre les émissions « brutes » et l’absorption par les écosystèmes[[Ainsi que par le captage et le stockage géologique de CO2.]].
L’alimentation humaine a un impact de premier ordre sur le changement climatique. L’élevage, et particulièrement celui des ruminants (responsables d’importantes émissions entériques de méthane), tient une grande place dans les émissions de gaz à effet de serre ; il est également fortement consommateur de ressources (surfaces de prairies et terres agricoles cultivées pour complémenter leur alimentation[[2]][[Y compris, pour l’alimentation des pays riches, dans certains pays en développement, d’où nous importons des aliments pour le bétail (tourteaux de soja, etc.), et où les cultures se développent au détriment des forêts primaires (« déforestation importée »).]]) et, avec les monogastriques, il est générateur de pollutions « classiques » (nitrates dans l’eau, ammoniac dans l’air…). Par ailleurs, les recommandations de santé publique indiquent, dans les pays développés, pour prévenir les maladies chroniques, la nécessité de changer les régimes alimentaires, que ce soit en quantité (il faut absorber moins de calories et moins de protéines) ou dans la composition des assiettes, par une réduction de la consommation de viande, notamment de viande rouge, et l’augmentation de la part des aliments d’origine végétale.
Dès lors, il serait tentant de conclure immédiatement qu’une réduction de l’élevage des bovins et de la consommation de leurs produits (lait, laitages et viande) doit être une composante essentielle des politiques publiques destinées à lutter contre le changement climatique et à améliorer la santé publique. La réduction des surfaces agricoles qui lui sont consacrées ouvrirait la voie à un redéploiement vers des cultures de végétaux à vocation alimentaire (ou même énergétique), dans des conditions possiblement moins intensives et plus respectueuses de l’environnement. Une partie de ces surfaces pourrait aussi être afforestée.
Toutefois, les prairies utilisées par les animaux d’élevage représentent un stock naturel important de carbone dans les sols, qu’il convient de préserver et si possible d’accroître pour atteindre la « neutralité carbone ». Elles présentent par ailleurs une riche biodiversité, adaptée aux divers contextes écologiques, et contribuent à ce titre à la protection et à l’adaptabilité des écosystèmes locaux. Ces prairies peuvent donc contribuer significativement, à la fois à l’atténuation et à l’adaptation au changement climatique, ainsi qu’à la préservation de la biodiversité et des services écosystémiques.
D’autres considérations conduisent également à faire preuve de discernement, en particulier dans les zones à handicaps naturels (montagne…) : (i) l’espace français est, depuis de nombreux siècles, fortement marqué par la présence des pâturages, et la réduction de leur surface depuis un siècle et demi (dans une compétition historique avec la forêt) conduit souvent à une « fermeture » des paysages qui suscite des réserves quant à son impact sur l’attractivité du monde rural et son développement (activités, tourisme, population, etc.) ; (ii) l’économie des régions de prairies (notamment en moyenne montagne) est fortement dépendante de l’élevage, celui-ci étant à l’origine d’emplois nettement plus nombreux que la forêt qui pourrait s’y substituer.
C’est la contradiction apparente entre ces diverses considérations que la présente note tend à résoudre, pour la France (considérée dans son environnement communautaire et international), en s’appuyant sur les données scientifiques disponibles, afin d’objectiver les phénomènes à l’œuvre, d’identifier des “espaces de solutions” et de dégager des propositions d’action à court et moyen termes à destination des responsables politiques et des administrations, volontaristes mais « sans regret ».
Compte tenu de la complexité de ces questions, la réflexion est concentrée sur l’avenir des prairies et de l’élevage de ruminants qui en dépend directement. L’ensemble de l’agriculture, et notamment l’élevage des monogastriques (porcs, volailles), ainsi que la forêt, ne seront évoqués que dans leurs rapports (de complémentarité ou de concurrence) avec ces derniers.
Les prairies et l’élevage des ruminants au cœur de la transition agricole et alimentaire. une note de la Fabrique Ecologique
– Télécharger la Note « Les prairies et l’élevage des ruminants au cœur de la transition agricole et alimentaire »
A propos
Cette note est actuellement ouverte à la co-construction citoyenne. Ceci signifie que chacun(e) peut contribuer à son amélioration en faisant des commentaires et surtout en proposant des amendements précis, soit ci-dessous ou par email à l’adresse contact@lafabriqueecologique.fr. À l’issue de cette période collaborative, le groupe de travail qui a rédigé le document initial se réunira une dernière fois pour retenir les amendements jugés pertinents. Leurs auteurs seront dans ce cas sollicités pour que leur nom figure, s’ils le souhaitent, dans la fiche de présentation de la note en tant que contributeur. La version définitive sera ensuite publiée.
Composition du groupe de travail
Membres du groupe de travail
François Demarcq – ingénieur général des mines honoraire
Christian Couturier – directeur – Solagro
Elyne Etienne – spécialiste des politiques alimentaires durables
Michel Duru – directeur de recherche, actuellement chargé de mission à l’INRAE
Jacques Morineau – paysan chercheur – réseau CIVAM – Pour une autre PAC
Mathilde Boitias – directrice de La Fabrique Ecologique
Jean-Christophe Bureau – professeur à AgroParisTech
Grands témoins
Bernard Chevassus-au-Louis – président d’Humanité et Biodiversité, inspecteur général de l’Agriculture
Christian Huyghe – directeur scientifique Agriculture à l’Inrae
L’article de l’Œil N°42 s’intéresse aux savoirs écologiques traditionnels utilisés en Iran dans le comté de Jiroft. À la base d’un modèle dit « hydro-social », ces connaissances deviennent possible une juste gouvernance de la ressource en eau pour les communautés de la région. Une réussite qui peut servir de source d’inspiration.
S’inspirer des savoirs écologiques traditionnels pour une meilleure gestion de l’eau
« Harnessing indigenous knowledge for climate change-resilient water management – lessons from an ethnographic case study in Iran » est un article publié le 4 février 2021 dans la revue Climate and Development et écrit par Mehdi Ghorbani, et al. Pour faire face au changement climatique et à la pression démographique, les habitants du comté de Jiroft en Iran utilisent des savoirs écologiques traditionnels (SET). Ces connaissances et savoirs-faire constituent la base d’un modèle dit “hydro-social” pouvant servir d’inspiration pour une meilleure gouvernance de l’eau.
#1 En Iran, le gouvernement est responsable de la vente de l’eau, qui est distribuée aux citoyens dans le cadre d’un plan régional. Dans le comté de Jiroft, les SET tiennent une place prépondérante dans la gouvernance de cette ressource. Les autochtones y subissent des pressions quant à l’utilisation des terres pour la sécurité alimentaire, la centralisation de la gouvernance de l’eau à des fins industrielles et agricoles et la diminution des ressources en eau du fait du changement climatique. En réponse, les locaux prônent l’usage de SET qui présentent des bénéfices de durabilité environnementale et d’efficacité économique et énergétique. Il s’agit par exemple de savoirs développés par les autochtones tels que la plantation d’arbres à racines courtes — à l’instar des oliviers épineux et des peupliers — à bonne distance des canaux, afin que les végétaux évitent d’y puiser de l’eau. Ces SET s’inscrivent dans un contexte culturel, environnemental et social qui doit être considéré.
#2 Afin de faciliter la gouvernance de l’eau dans cette région, toutes les communautés ont adopté le même modèle hydro-social qui repose sur une gestion et un partage de l’eau décentralisés. Il est fondé sur une participation équitable des locaux en fonction de leurs besoins respectifs en eau. Les villageois sont répartis en cinq catégories, auxquelles correspondent des tâches spécifiques, tels que le dragage des bassins, la gestion des qanats — galeries d’irrigation souterraine — et des cours d’eau, ou l’arbitrage des conflits. Les terres sont divisées en 6 Dang formés sur une unité de base nommée Habe (1 Dang = 16 Habe) qui est l’unité de division de la propriété et donc de la répartition de l’eau dans le village. Un Habe équivaut à trois heures d’utilisation en eau, qui est accumulée dans des bassins. La durée du stockage d’eau octroyée à chaque habitant dépend aussi des Habe. De plus, chaque propriétaire doit participer à un processus de dragage proportionnel à sa part de terres agricole et de Habe, et ceux qui enfreignent les règles de ce système se voient privés d’eau.
#3 Les SET employés dans ce modèle hydro-social impliquent une coopération à l’échelle des villages et permet la mise en place d’un système dit d’« assistance mutuelle compensatoire bilatérale » où les plus-values servent à financer les paysans les plus pauvres de la communauté. La main-d’œuvre excédentaire est employée dans les travaux de maintenance et permet de s’assurer une autosuffisance. Le partage des stocks agricoles pourvoit également aux besoins vitaux des plus démunis. Cette organisation permet une résilience commune et évite donc les conflits qui pourraient émerger du fait de pénuries. Le système hiérarchique permet un meilleur contrôle des stocks d’eau à un coût nettement inférieur à celui des grandes initiatives centralisées, mais aussi une juste participation de tout un chacun à cette gouvernance, grâce un ensemble de sanctions adéquat.
Qu’en est-il de la France ?
Si l’organisation française de la politique de l’eau autour de la notion de bassins versants est reconnue, le dérèglement climatique fait émerger des tensions entre les utilisateurs. Les méga-bassines qui servent à stocker l’eau en hiver afin d’irriguer les cultures l’été suscitent par exemple de vives oppositions. Leur remplissage se fait par le captage des eaux de pluie, mais surtout par pompage des rivières et des nappes phréatiques. La perte d’eau due à l’évaporation est évaluée entre 20 % et 60 %. Ce modèle agricole centré sur la culture du maïs et promu par les partisans de ces infrastructures est contesté, car très consommateur en eau. Les opposants militent pour une gouvernance partagée de l’eau répartie équitablement et durablement, au service d’une agriculture paysanne relocalisée, et respectueuse des écosystèmes.
L’avis de Pauline bureau, vice-présidente de LFE
« La pression accrue sur les ressources en eau implique de trouver de nouvelles stratégies pour un partage équitable de cette ressource. L’approche coopérative du modèle hydro-social est à ce titre une source d’inspiration précieuse. »
Il existe des milliers d’initiatives communautaires à petite échelle qui font une énorme différence dans la vie des gens et contribuent aux efforts de lutte contre le réchauffement climatique. Début avril, 29 pays ont promis plus de 5 milliards de dollars au Fonds pour l’environnement mondial (FEM) soutenu par l’ONU. Ce Fonds a son propre programme de petites subventions qui accorde jusqu’à 50.000 dollars directement à des communautés locales, y compris des peuples autochtones, des organisations communautaires et d’autres groupes non gouvernementaux investissant dans des projets liés à la guérison de notre planète. ONU Info jette un coup de projecteur sur cinq des 25.000 projets mis en œuvre depuis 1992, l’année où le FEM a commencé à travailler. Bien que les projets du Fonds couvrent le monde entier, cette liste présente quelques initiatives qui améliorent actuellement l’avenir de l’humanité et de la faune en Amérique latine et dans les Caraïbes.
« Voices for change »À l’occasion de ses 30 ans, le Groupe Ecocert lance son podcast « Voices for change »
9 épisodes inspirants pour un monde durable.
Pionnier de la certification biologique en France et en Europe, Ecocert vient de fêter ses 30 ans d’existence, tout comme le premier règlement européen pour l’agriculture biologique.
Pour célébrer cet anniversaire, le Groupe lance son podcast : « Voices for change ». Dans chaque épisode une voix d’expert d’un domaine en lien avec les activités et les engagements d’Ecocert partage sa vision et invite les auditeurs à enrichir leurs savoirs et regards sur la thématique évoquée.
Tous proposent une réflexion et des pistes d’actions concrètes pour tendre vers un monde durable. Face à la complexité de la tâche, ils livrent également quelques repères, expériences et outils rassurants.
« Voice for change » s’intéresse à la biodiversité terrestre et marine, aux enjeux de la protection du vivant, au lien entre agriculture biologique et empowerment des femmes, aux ODD de l’ONU qui inspirent les stratégies RSE des entreprises, aux normes qui nourrissent et guident le développement durable. Ces nombreuses thématiques sont évoquées avec passion par des experts travaillant aux quatre coins du monde.
5 épisodes sur l’agriculture et l’alimentaire :
Règlementations publiques, standards privés : comment participent-ils à mettre en place des pratiques durables ? – Jean-François Hulot
L’agriculture biologique peut-elle nourrir le monde ? – Pierre Marie Aubert
What is the link between organic agriculture and empowerment of people and communities ? – Usha Soolapani
What are the main challenges for organic and sustainable agriculture in Africa ? – David Amudavi
Quelle place pour l’élevage dans notre société ? – Jocelyne Porcher
L’alimentation est la base de notre vie et de notre santé.4 épisodes sur le climat et la biodiversité :
Comment faire face à la problématique du réchauffement climatique ? – Jean Jouzel
Pourquoi la biodiversité est-elle si importante ? – Gilles Bœuf
Pourquoi la biodiversité marine est-elle si importante ? – Yunne-jai Shin
How do the SDGs (Sustainable Development Goals) help companies to move towards sustainable models ? – Laura Palmeiro
L’ensemble du réchauffement climatique est attribuable aux activités humaines, il n’y a plus de doute !
Podcasts « Voices for change » : 9 épisodes inspirants pour un monde durable.
Peu présent dans les débats, le changement climatique a émergé dans la campagne présidentielle pendant l’entre-deux tours. Emmanuel Macron y a pris de nouveaux engagements qui vont devoir maintenant être concrétisés. Dans ce billet, Benoît Leguet d’I4CE met en avant les trois agendas qu’il faudra suivre dans les prochains mois pour vérifier la mise en œuvre de ces engagements… et les enrichir : le débat budgétaire à l’automne ; le lancement de la loi de programmation énergie climat ; et enfin la fin de la présidence française de l’Union européenne et les suites du Green Deal européen. Trois agendas qui s’imposeront à la nouvelle majorité après les législatives, quelle qu’elle soit.
Dans l’entre-deux tours de l’élection présidentielle, Emmanuel Macron s’est engagé à réduire deux fois plus rapidement les émissions de gaz à effet de serre du pays, et à faire du Premier ministre le responsable de la planification écologique afin d’impliquer tous les ministères dans la transition. Ces annonces sont venues s’ajouter à un programme pour le climat essentiellement orienté vers l’investissement public et des mécanismes de financement innovants, plutôt que vers la réglementation et la fiscalité.
Climat : des promesses à l’action
Climat : des promesses à l’action …Sébastien Treyer, Directeur général de l’IDDRI :
“L’annonce de la planification écologique a été très frappante. On pourrait dire que c’est un green deal français que nous annonce Emmanuel Macron. La planification devient le projet organisateur. […] Comment la France va incarner ce green deal français ? Un rôle de leadership est attendu par d’autres pays.”
“Cette planification signifie se donner des objectifs à court et moyen terme. Cela doit être incarné au plus haut niveau politique. Que le premier ministre soit chargé de cette planification écologique est très positif.”
“Dans la logique de planification écologique, il y aussi la logique de mobilisation, de négociation, de concertation politique. C’est autant investir que négocier. Le ministère de la planification écologique dans les territoires devra travailler dans la reconversion de bassins économiques. Il y a un besoin d’innovation très important dans la décentralisation, dans les dispositifs de participation. La transition écologique est aussi un terrain clé sur les réformes institutionnelles, le renouveau de la démocratie.”
“La planification ne marche pas s’il n’y a pas un suivi et une évaluation exigeante. C’est aussi une logique de sanction si on n’y est pas, Il faut qu’on s’appuie sur les contraintes européennes.”Benoît Leguet, directeur général d’I4CE :
“Il y a 10 milliards par an dans la transition écologique pour aider les français à rénover les logements, faciliter les mobilités bas-carbone, accompagner la transition agricole. Est-ce-que ce sera suffisant ? Au vu de nos estimations, on peut se poser la question.”
“Le 1er budget du quinquennat est accompagné d’un projet de loi de finances pour l’ensemble du quinquennat. On est très optimiste sur ce type de mécanisme. Après, il faudra voir les détails, l’élaboration du processus de cette loi de programmation des finances publiques. […] Il faudra évaluer cette loi sur l’ensemble du quinquennat, chaque année. Le cas échéant, redéployer, revoir un certain nombre de dépenses. Il faudra s’assurer que le périmètre des dépenses publiques ne fait pas que traiter de l’énergie mais aussi de l’adaptation, de l’agriculture, des collectivités locales.”
“C’est aussi l’occasion de débattre de la transparence, la question de l’affectation des recettes et des taxes énergie à la transition. Il va falloir suivre l’élaboration du budget vert.”Xavier Timbeau, directeur principal à l’OFCE :
“Dans la LPEC, on attend à ce qu’on évoque les questions d’adaptation qui sont essentielles pour les investissements à venir.”
“La LPEC est un cadre. On attend des engagements budgétaires clairs et transparents pour donner la trajectoire budgétaire sur les questions environnementales et permettre le suivi des engagements dans le futur.”
“La LPEC servira de cadre au ministère de la transition écologique en leur donnant un certain nombre d’objectifs, en leur donnant une vision à moyen et long-terme de leurs actions.”
“La LPEC est très importante pour les acteurs privés : savoir vers quoi on tend afin de leur permettre d’engager leurs investissements. Une économie bas carbone c’est aussi beaucoup d’investissements privés qu’il va falloir diriger vers cette transition.”
“La question de la fiscalité, qui fera partie de la LPEC, et les questions sociales sont essentielles à prendre en compte. Il y a une augmentation importante du prix des énergies fossiles. Cette augmentation des prix nous rappelle notre dépendance aux énergies fossiles. L’indépendance énergétique doit être assurée. Depuis le début de la crise énergétique, à partir du mois de septembre, le gouvernement a mis en place un certain nombre de mesures, peu ciblées, pour amortir les effets de la crise. Il y a trois raisons pour être inquiet face à ces mesures. Ces dispositifs sont très coûteux budgétairement. Comme ils ne sont pas ciblés, ils amortissent le signal-prix pour l’ensemble des acteurs et ça ne les incite en rien, y compris ceux qui pourraient opérer une transition. Il est important d’avoir des dispositifs qui permettent d’avoir une transition juste en fonction des conditions de vie, de l’espace de choix des individus. […] C’est une occasion manquée de ne pas avoir profité de cette crise pour avoir expérimenté avec tous ceux concernés des dispositifs plus intelligents.”Thomas Pellerin, Directeur du Centre énergie de l’Institut Jacques Delors :
“Ce débat énergétique français s’inscrit dans un débat européen singulier. On a jamais eu un début de quinquennat aussi marqué par la dimension européenne”.
“Le rôle de la France dans la construction européenne est fondamental en ce moment pour des raisons institutionnelles (la France préside le conseil de l’UE) et des raisons politiques. En effet, on vit dans l’Europe post-Angela Merkel et pour le moment l’Allemagne post-Angela Merkel tâtonne. Il y a un rôle clé que la France peut jouer.”
“La question énergétique est centrale dans les discussions européennes. Ces questions sont centrales depuis des mois. D’abord c’est venu par la hausse des prix des énergies fossiles. Depuis deux mois, cela provient de la grande crise géopolitique post guerre froide qui a une dimension énergétique. […] L’Europe a donné environ 1 milliards d’euros à l’Ukraine et 40 à la Russie. Si on ne regardait que les flux financiers, on pourrait penser que l’Union Européenne soutient plus Poutine qu’elle ne soutient l’Ukraine.”
“Gazprom a indiqué hier la cessation immédiate des livraisons de gaz russe à la Pologne et la Bulgarie. C’est inédit. […] Il n’y a jamais eu une telle interruption de gaz de la Russie vers un Etat membre de l’UE.”
“La question climatique est centrale d’un point de vue législatif. […] Le paquet législatif fit for 55 a le potentiel d’être un big bang réglementaire européen, en faveur de l’action climatique.”
“Dans ce contexte, qu’est ce que Emmanuel Macron peut faire ? Il devrait articuler 3 agendas.
Un agenda géopolitique, comment l’Europe doit réagir face au chantage gazier de Poutine et de Gazprom ? Est-ce-que face à cette attaque la famille européenne s’unifie un peu plus ? Un agenda énergétique, comment la France et l’Europe pourront passer le prochain hiver ? Cela fait 9 mois qu’aucun gouvernement n’a pris des mesures sérieuses de réduction de la consommation de gaz, de sobriété énergétique, de rénovation thermique des bâtiments, de déploiement massif des énergies renouvelables. Si on ne fait rien dans les prochaines semaines, il y a un risque élevé de rationnement l’hiver prochain.
Un agenda législatif climatique, les obligations en termes de rénovation pour les bâtiments, le doublement de l’effort du déploiement des énergies renouvelables d’ici 2030, la fin de vente des véhicules thermiques et hybrides dès 2035, c’est dans les mois à venir que ça va se jouer”.
“Emmanuel Macron peut avoir un rôle historique pour construire un accord sur le Pacte Vert européen, qui articule ambition géopolitique (qui permettra de rallier les gouvernements de l’Est), ambition énergétique (qui permettra de rallier l’Europe du Sud) et ambition climatique (qui permettra de rallier l’Europe du Nord). S’il réussit, il pourrait alors entrer dans l’Histoire comme un des pères fondateurs de l’Europe du 21ème siècle.”
Trois agendas à suivre pour concrétiser les engagements présidentiels selon Benoît Leguet d’I4CE
Il y a trois « agendas », trois processus qui vont marquer le début du quinquennat et seront à scruter de près : le débat budgétaire après l’été ; le lancement de la loi de programmation énergie climat (LPEC) qui devra être adoptée d’ici un an ; la fin de la Présidence français de l’UE et la mise en œuvre du Green Deal européen. Trois agendas à suivre pour vérifier la mise en œuvre des engagements du Président. Trois agendas qui seront autant d’opportunités pour les enrichir. Trois agendas qui s’imposeront à la majorité qui sortira des urnes après les législatives, quelle qu’elle soit et quels que soient ses propres engagements pour le climat
C’est dès la nomination du nouveau gouvernement et la formation de la nouvelle assemblée que les grandes orientations du budget et de la LPEC devront être fixées, et que les positions françaises dans les négociations européennes devront être redéfinies. A quoi faudra-t-il veiller ? Quels sont les chantiers à régler, à initier, à ne pas oublier ?
Le débat budgétaire de l’automne
Emmanuel Macron s’est engagé à investir 10 milliards par an de plus dans la transition écologique, pour aider les Français à rénover leurs logements, leur offrir des solutions de mobilité bas carbone ou encore accompagner la transition des agriculteurs. Ces 10 milliards prendront la forme d’investissements publics, de subventions traditionnelles ou viendront soutenir des mécanismes de leasing subventionné de véhicules électriques et tiers-financement des rénovations énergétiques des logements. Ils devraient permettre à l’Etat de prolonger les crédits budgétaires du plan de relance pour le climat, s’ajoutant aux montants prévus pour la décarbonation de l’industrie dans le cadre du plan France 2030. Ce montant sera-t-il suffisant ? On peut en douter, au vu des estimations que nous avions faites il y a quelque temps. Bien que l’on puisse certainement accroitre l’efficacité des aides, de la réglementation et de la fiscalité, le nombre de projets à entreprendre, et donc à financer, est considérable.
Le débat budgétaire de l’automne sera l’occasion de débattre de cet engagement, éventuellement de le rehausser, et de le traduire dans le budget 2023 de la France. Il devra aussi donner des perspectives sur toute la durée du quinquennat. Emmanuel Macron s’est en effet prononcé pour une « programmation des investissements, dans une logique de planification écologique, avec des objectifs territoire par territoire, secteur économique par secteur économique, filière par filière ». Barbara Pompili et Pascal Canfin ont précisé dans une tribune au Monde qu’une « loi de programmation climatique qui organisera les moyens financiers sur tout le quinquennat [sera votée avant fin 2022 pour] sécuriser les crédits budgétaires et donner ainsi de la visibilité ». Le processus d’élaboration de cette loi, son articulation avec la planification promise des investissements avec les filières économiques et les collectivités locales ou encore avec la LPEC et la nouvelle stratégie énergie climat, ainsi que sa forme juridique restent à préciser.
Il faudra veiller à ce qu’elle soit évaluée chaque année, afin de s’assurer que les moyens sont suffisants et utilisés efficacement. Et à ce qu’elle n’oublie pas les dépenses publiques nécessaires à l’adaptation, et qu’elle s’assure que les collectivités locales – de la plus grande à la plus petite – aient les moyens de prendre toute leur part dans la transition. Car si Emmanuel Macron entend donner un rôle plus important aux collectivités, notamment sur l’énergie ou la rénovation des logements, et en nommant un ministre en charge de la planification écologique territoriale, il ne dit rien au sujet des moyens financiers et humains des collectivités pour mener à bien la transition. Mais ne boudons pas notre plaisir : I4CE demande depuis plus d’un an une telle programmation dans la durée des moyens dédiés au climat, rejoint depuis par de nombreux acteurs et en particulier des think tanks. Une telle programmation sera enfin l’occasion de débattre en toute transparence du financement de la transition, de clarifier qui paiera et combien.
Climat : quels investissements pour le prochain quinquennat ? Pour une programmation pluriannuelle des investissements publics;
Le débat budgétaire de l’automne sera également l’occasion de voir comment Emmanuel Macron compte concrétiser un engagement passé relativement inaperçu : l’affectation des recettes des taxes sur l’énergie et le climat à la transition. Ces recettes – de l’ordre de 45 milliards d’euros par an – ne seront certainement pas allouées à un fonds, à un compte spécial dédié à la transition. Mais le candidat entend assurer une équivalence entre ces taxes et les aides qu’il apportera aux Français. C’est le « budget vert » de l’Etat, qui donne à voir l’ensemble des dépenses de l’Etat favorables au climat et plus généralement à l’environnement, qui devrait permettre de suivre cet engagement : sa publication à l’occasion du projet de loi de finances 2023 ainsi que sa méthodologie – le diable se cachant parfois dans les détails – devront être regardés de près.
Qu’en sera-t-il par ailleurs des niches fiscales dites défavorables au climat, c’est-à-dire des exemptions totales ou partielles de taxes sur l’énergie et le climat dont bénéficient certaines entreprises ? Emmanuel Macron s’étant engagé à éliminer progressivement les « subventions aux énergies fossiles », le débat budgétaire permettra de savoir s’il entend fixer un calendrier et des orientations pour les réformes de ces niches, tout l’enjeu étant de continuer à aider les secteurs qui en ont besoin sans pour autant affaiblir le signal prix sur le long terme. Ce chantier, à peine entamé lors du précédent quinquennat, s’est révélé au moins aussi ardu que prévu… sinon plus. En 2020, le ministre de l’Economie s’était engagé à lancer des discussions sur la suppression progressive de ces niches avec les secteurs concernés. Mais le plan d’action climat de Bercy publié début 2021 ne mentionnait pas ce sujet, et la crise Covid est passée par là.
Enfin, le gouvernement devra se prononcer sur les réformes du bonus-malus automobile et de l’aide publique à la rénovation énergétique des logements. Le premier n’est pas aligné avec l’objectif de décarbonation du parc de véhicules neufs, la seconde ne permet pas aujourd’hui de faire émerger les rénovations « globales » que le candidat Macron entend pourtant prioriser. Le débat budgétaire de l’automne sera une opportunité pour y remédier.
Le lancement de la loi de programmation énergie climat
La LPEC sera la grande loi qui marquera le début du quinquennat en matière de lutte contre les changements climatiques. Son adoption mi-2023 doit permettre d’adapter les grands objectifs de la France à la rehausse de l’ambition climatique européenne, qui seront ensuite déclinées en mesures concrètes dans la nouvelle stratégie énergie-climat (SFEC). Cette SFEC comprendra à la fois la programmation pluriannuelle de l’énergie et du climat (PPE), la stratégie nationale bas carbone (SNBC) et le plan national d’adaptation aux changements climatiques (PNACC). Un gros morceau donc qui, espérons-le, ne sera pas une stratégie « de papier » mais bien un contrat qui engage l’ensemble des ministères – et en particulier ceux de l’Ecologie, de l’Agriculture et de l’Economie et des finances – et les acteurs économiques qui devront la mettre en œuvre. Pour cela, elle devra être coordonnée par le Premier ministre, désormais en charge de la planification écologique.
Le débat habituel sur l’énergie nucléaire et les énergies renouvelables sera, à n’en pas douter, au cœur de l’attention collective. Tout comme la mobilité et la rénovation des logements. D’autres dossiers, en revanche, reçoivent moins d’attention malgré leur importance. Ils ne devront pas être oubliés.
C’est d’abord le cas de l’agriculture. Si le candidat Macron s’est engagé à investir pour aider les agriculteurs dans le transition et veut aussi renforcer leur « rémunération carbone » – un mécanisme qui permet aux agriculteurs de vendre des crédits carbone et pour lequel il ne faut pas avoir d’attentes démesurées – il ne s’est pas exprimé sur le gros morceau des aides agricoles : celles de la Politique agricole commune que la France gère dans le cadre de son Plan stratégique national (PSN). Alors même que celles-ci tendent aujourd’hui à préserver le statu quo plutôt que de favoriser les pratiques qui réduisent les émissions de gaz à effet de serre, stockent du carbone, et préservent la biodiversité. Le PSN de la France est en voie de finalisation ; a minima il faudra l’évaluer à mi-parcours. Quant à l’élevage, une filière fortement émettrice de gaz à effet de serre, le « manger moins mais mieux de viande » d’Emmanuel Macron devra se traduire en objectifs et en mesures et – c’est au moins aussi important – en de nouvelles perspectives pour une filière en profonde difficulté.
Absente du programme d’Emmanuel Macron, la forêt ne devra pas être oubliée dans les futures LPEC et SFEC. La stratégie actuelle de la France en la matière est, disons-le crûment, bancale. Pour récolter toujours plus de bois dans nos forêts tout en continuant à stocker du carbone, elle mise sur une augmentation de la production et de la consommation de produits à longue durée de vie (les matériaux de construction plutôt que l’énergie ou le papier) qui est pertinente pour le climat mais probablement irréaliste dans son ambition. La révision de cette stratégie est l’occasion d’être à la fois plus réaliste, et d’initier une vraie politique de soutien à la production et à la consommation de ces produits bois.
Enfin, le rapport du GIEC parut en février nous le rappelle avec force : l’adaptation aux impacts du changement climatique n’est plus une option, mais doit être immédiatement engagée « en même temps » que des actions d’atténuation. La France n’est pas prête. Sur ce sujet, Emmanuel Macron a notamment indiqué qu’il « [prendra] systématiquement en compte les enjeux d’adaptation dans la conception des politiques et des projets ». Un engagement bienvenu, ne serait- ce que pour éviter d’investir dans des infrastructures de transport ou des opérations de rénovation urbaine qui ne seront pas adaptés au climat de demain. Il va devoir être précisé et se traduire dans la pratique. La LPEC et le nouveau PNACC seront l’occasion de le faire et, plus généralement, de faire de l’adaptation une grande cause nationale, portée politiquement au plus haut niveau. L’adaptation a besoin d’objectifs et d’une répartition des rôles clairs, et d’une programmation budgétaire associée qui n’oublie pas la question des moyens humains des opérateurs de l’Etat et des territoires, actuel goulet d’étranglement des politiques d’adaptation.
La fin de la présidence française de l’UE et la mise en œuvre du green deal
Pendant sa présidence de l’Union Européenne, la France a eu à gérer les nombreux textes en cours de négociation pour mettre en œuvre le Green Deal et permettre à l’UE d’atteindre son nouvel objectif de réduction des émissions européennes de 55% d’ici 2030. La France a mis l’accent sur certains dossiers comme le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières de l’Europe et le carbon farming lors de sa présidence. A partir du 1er juillet, c’est en tant que simple Etat membre qu’elle devra se prononcer sur des dossiers épineux comme la répartition du nouvel objectif européen entre les pays, la réforme du marché carbone européen et son éventuelle extension aux transports et aux bâtiments, ou encore la réforme du pacte de stabilité et de croissance qui aura des implications sur le financement par les Etats membres de la lutte contre les changements climatiques.
Il y a un autre dossier, dont on discute beaucoup à Bruxelles et qui doit être finalisé dans les tous prochains mois : le paquet bancaire européen. Il est l’occasion pour l’UE de faire progresser la réglementation financière pour le climat, en rendant obligatoires pour les banques d’adopter des plans de transition, comme de plus en plus d’acteurs comme la Banque centrale européenne, Finance Watch ou I4CE appellent à le faire. Car la meilleure manière de protéger la stabilité financière et la finance des risques que le climat fait peser sur elle est de s’assurer qu’elle contribue activement à une transition ordonnée. C’est aussi une manière pour l’UE d’assumer son leadership en la matière, à l’heure où la compétition internationale fait rage pour fixer les nouvelles normes en matière de réglementation financière pour le climat.
La France est très attendue sur ce sujet, sur lequel elle a longtemps eu un rôle de pionnier grâce à ses initiatives sur les obligations vertes, les labels de qualité pour la finance climat et la transparence climat des acteurs financiers. Mais si les attentes étaient fortes au début du premier quinquennat d’Emmanuel Macron et s’il a – notamment avec son One Planet Summit – laissé espérer que la France pourrait initier des avancées sur la réglementation financière, les avances ont été peu nombreuses et le leadership français s’est étiolé : les réformes ambitieuses sont désormais plutôt portées par la Commission européenne, la France s’étant surtout mobilisée pour s’assurer de la présence du nucléaire dans la taxonomie officielle des investissements durables. En œuvrant pour que l’UE rende obligatoire les plans de transition pour les banques, en les rendant déjà obligatoires en France, en demandant à l’Autorité des marchés financiers d’agir plus fortement contre le greenwashing des entreprises qui se disent neutres en carbone sans l’être, en s’engageant dans la bataille internationale sur la réglementation financière au sein du Comité de Bâle, elle peut retrouver son rôle de pionnier.
« Une mauvaise perception des risques par l’humanité nous pousse vers des activités et des comportements » à l’origine du changement climatique et d’un nombre croissant de catastrophes dans le monde, a alerté mardi l’ONU, relevant que la planète entre dans une « spirale d’autodestruction ».
L’amélioration de l’urbanisme et de la construction peut contribuer à atténuer les catastrophes naturelles comme les tremblements de terre, comme on l’a vu en Haïti.
Entre 350 et 500 catastrophes de moyenne à grande échelle se sont produites chaque année dans le monde au cours des deux dernières décennies, selon ce nouveau rapport du Bureau des Nations Unies pour la réduction des risques de catastrophe (UNDRR). C’est cinq fois la moyenne des trois décennies précédentes.
Le rapport estime que d’ici 2030, nous connaîtrons annuellement 560 catastrophes dans le monde, soit 1,5 catastrophe par jour en moyenne. Selon ce rapport phare de l’ONU sur l’évaluation mondiale, le monde pourrait annuler les avancées sociales et économiques et être confronté à 1,5 catastrophe par jour d’ici 2030.
Face à un tel scénario et dans un contexte du changement climatique, la planète doit s’attendre à davantage d’événements désastreux provoqués par les sécheresses, les températures extrêmes et les inondations dévastatrices. « L’activité et le comportement humains contribuent à l’augmentation du nombre de catastrophes dans le monde, mettant en danger des millions de vies et tous les acquis sociaux et économiques, selon un nouveau rapport des Nations unies », précise l’Agence onusienne.
L’impact du changement climatique affecte le monde entier et est d’une ampleur sans précédent.
Une perception du risque basée sur l’optimisme, la sous-estimation et l’invincibilité
L’UNDRR attribue la forte augmentation des catastrophes dans le monde à une « perception brisée du risque basée sur l’optimisme, la sous-estimation et l’invincibilité ». Une perception qui conduit naturellement à « des décisions politiques, financières et de développement qui exacerbent les vulnérabilités existantes et mettent les gens en danger ».
Dans ces conditions, « le monde doit faire davantage pour intégrer le risque de catastrophe dans notre façon de vivre, de construire et d’investir, ce qui engage l’humanité dans une spirale d’autodestruction », a mis en garde dans un communiqué, Amina J. Mohammed, Vice-Secrétaire générale des Nations unies. Pour l’ONU, il s’agit de transformer cette « complaisance collective en action ».
Sur le terrain, l’ampleur et l’intensité des catastrophes augmentent. Le nombre de personnes tuées ou touchées par des catastrophes a été plus élevé au cours des cinq dernières années qu’au cours des cinq précédentes. Et sur le plan comptable, les catastrophes dans le monde ont coûté environ 170 milliards de dollars par an au cours de la dernière décennie.
Mais la plupart de ces dépenses sont engagées dans les pays à faible revenu, qui perdent en moyenne 1 % de leur Produit intérieur brut (PIB) national à cause des catastrophes chaque année, contre seulement 0,1 à 0,2 % dans les pays les plus riches. Le coût le plus élevé est supporté par la région Asie-Pacifique, qui perd en moyenne 1,6 % de son PIB chaque année à cause des catastrophes, tandis que les plus pauvres sont également les plus touchés au sein des pays en développement.
En ignorant délibérément le risque, le monde finance effectivement sa propre destruction
Par ailleurs, le rapport estime que 37,6 millions de personnes supplémentaires vivront dans l’extrême pauvreté d’ici 2030 en raison des impacts du changement climatique et des catastrophes. Or les conséquences à long terme des catastrophes sont aggravées par l’absence d’assurance pour aider les efforts de reconstruction.
Depuis 1980, environ 40 % seulement ont été couverts dans le monde, mais dans les pays en développement, moins de 10 % de ces pertes étaient couvertes par une assurance.
« Les catastrophes peuvent être évitées, mais seulement si les pays investissent du temps et des ressources pour comprendre et réduire leurs risques », a souligné dans un communiqué, Mami Mizutori, Représentante spéciale du Secrétaire général pour la réduction des risques de catastrophe. Cependant « en ignorant délibérément le risque et en ne l’intégrant pas dans la prise de décision, le monde finance effectivement sa propre destruction », a ajouté la Cheffe de l’UNDRR.
Plus largement, l’ONU estime que ce rapport devrait être un signal d’alarme indiquant que les pays doivent accélérer l’action sur les quatre priorités du Cadre pour arrêter la spirale de l’augmentation des catastrophes. « La bonne nouvelle, c’est que les décisions humaines sont celles qui contribuent le plus aux risques de catastrophe. Nous avons donc le pouvoir de réduire considérablement les menaces qui pèsent sur l’humanité, et notamment sur les plus vulnérables d’entre nous », selon ce rapport publié avant le forum mondial sur les catastrophes sur l’île indonésienne de Bali le mois prochain.
Le 28 février dernier, le nouveau rapport du GIEC sur le réchauffement climatique a été éclipsé par la guerre en Ukraine. Pourtant, l’urgence est alarmante. Les mesures préconisées sur la décarbonation sont essentielles. Mais dans le domaine des transports, la route semble étonnamment absente.
« Nouveau rapport du GIEC : toujours plus documenté, plus précis et plus alarmant », titrait The Conversation au lendemain de la publication du nouveau rapport du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat). Toujours plus alarmant donc. Quelque 62418 observations formulées par 270 auteurs venus de 67 pays poussent le GIEC à tirer une nouvelle fois la sonnette d’alarme : entre 3,3 et 3,6 milliards d’êtres humains sont désormais vulnérables à cause du réchauffement climatique, selon une classification des risques tels que les menaces sur les écosystèmes terrestres et océaniques, la sécurité alimentaire ou les risques liés aux infrastructures. « Ce rapport lance un avertissement très sérieux sur les conséquences de l’inaction, avance le Sud-Coréen Hoesung Lee, président du GIEC. Il est urgent de prendre des mesures immédiates et plus ambitieuses pour faire face aux risques climatiques. Les demi-mesures ne sont plus possibles. »
Le transport routier, ennemi nº1 du climat
Principales mises en cause, les émissions de gaz à effet de serre constituent toujours la menace nº1 sur l’avenir de la planète et celui de l’espèce humaine. Les secteurs d’activité responsables de ces émissions sont connus. En France, d’après les chiffres 2019 de l’Insee, le transport routier arrive en nº1 avec 127,7 millions de tonnes de CO2 rejetés, devant l’agriculture (85,5), le résidentiel/tertiaire (80,8), l’industrie (78,3), la production d’énergie (45,8), le traitement des déchets (14,2) et les autres moyens de transports (8,2).
Un domaine se trouve à la convergence de plusieurs de ces secteurs d’activité : la route, au sens large. Que ce soit concernant les véhicules ou les infrastructures, la route est donc en train de se réinventer et cette transformation répond à un seul mot d’ordre : la décarbonation. En ville ou sur autoroutes, les véhicules électriques sont en train de s’imposer dans le paysage. Les constructeurs automobiles mettent les bouchées doubles pour convaincre les automobilistes de troquer leur voiture essence ou diesel pour leur équivalent électrique.
Les chiffres sont là pour attester de la tendance : 90 immatriculations en 2009, 162106 immatriculations en 2021 selon les données de l’Avere. La courbe est exponentielle et ne devrait pas s’inverser, la fin des ventes de voitures à moteur thermique pourrait intervenir dès 2035. « Au début du quinquennat, nous avions proposé 2040, expliquait l’année dernière la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili. Tout le monde disait que c’était impossible. Aujourd’hui, 2035 devient un horizon acceptable et accepté par tout le monde. Avec le président de la République, nous avons rencontré les constructeurs automobiles et les acteurs de cette filière, nous avons parlé de la date de 2035, ils y sont prêts. » Ça, c’est pour les véhicules particuliers.
Côté camions pour le transport routier, les véhicules 100% propres relevaient de l’utopie il y a quelques années encore. Mais la filière s’organise, avec des projets fonctionnant au biogaz, à l’électricité, mais les plus prometteurs étant axés sur l’hydrogène, plus performant en termes d’autonomie. En 2021, Mercedes a d’ailleurs reçu le prix du Truck Innovation Award pour son modèle prototype à hydrogène ; Volvo et Scania, les autres leaders du marché, sont sur la même voie.
Généraliser aujourd’hui les infrastructures de demain
Encore faut-il, pour décarboner le secteur de la route, mettre les infrastructures au diapason. Tous les acteurs de la route doivent en effet se mobiliser, constructeurs automobiles comme pouvoirs publics et entreprises privées responsables de la construction et de la maintenance des infrastructures routières et autoroutières. Objectif : parvenir à une baisse annuelle dans le monde de 5% des émissions de gaz à effet de serre. Et cela passe forcément par la décarbonation le secteur routier. « Les secteurs de la mobilité (personnes et marchandises) dépendent à 95% du pétrole. Dominé par la voiture thermique (en nombre de voyages) et par l’avion (en nombre de voyageurs-km), la mobilité longue distance est un secteur majeur à décarboner », martèle dans toutes ses études le Shift Project, un think tank présidé par l’ingénieur Jean-Marc Jancovici qui propose de nombreuses pistes pour s’affranchir de nos dépendances énergétiques.
En France, le mouvement a commencé, avec la volonté conjointe des pouvoirs publics et du secteur privé de diversifier les modes de transport, de lutter contre l’autosolisme grâce au covoiturage, et de généraliser l’installation de bornes électriques haut débit. Sur ce dernier point, le gouvernement français avait lancé son Plan 100000 bornes fin 2020, qui n’a pas atteint son objectif. Mais le sursaut pourrait venir de l’Union européenne, les États membres étant en train de plancher sur un plan massif pour la généralisation de ces bornes, vitales pour la réussite de la commercialisation des véhicules électriques. « Un consensus de haut niveau s’est forgé dans l’ensemble des pays européen pour accélérer le déploiement des bornes de recharge, s’est félicité le ministre délégué aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari, en marge d’une réunion avec des homologues européens en février dernier. Cette transition est et sera coûteuse, elle s’engage sur des volumes inédits et sur un temps très court. »
La décarbonation de la mobilité longue distance concerne en particulier le secteur autoroutier. Les grandes entreprises commissionnées par l’État pour la gestion, l’entretien et la maintenance des infrastructures le savent, elles vont devoir investir massivement. Certains avancent le chiffre de 60 à 70 milliards d’euros, comme Patrice Geoffron, professeur de sciences économiques à l’Université Dauphine et auteur pour le cabinet Altermind d’un rapport récent sur la décarbonation de l’autoroute : « L’étude estime le coût entre 5 et 6 milliards d’euros pour la construction d’un tronçon autoroutier de 1000 kilomètres décarboné et de surcroît capable de résister aux conséquences du dérèglement climatique (mouvements de terrain, inondations, etc.), soit de 60 à 70 milliards d’euros pour moderniser les 12000 kilomètres d’autoroutes de l’Hexagone. Si les infrastructures autoroutières ne sont pas aménagées, les véhicules électriques resteront limités à des usages périurbains, sauf pour les ménages aisés (qui achèteront des véhicules allemands ou américains). De façon générale, il faut accompagner les ménages les plus modestes pour que la transition écologique ne se fasse pas à leurs dépens. La transformation des autoroutes constitue donc aussi un enjeu social. »
Toutes les entreprises du secteur seront poussées à investir par l’État qui ne pourrait pas consentir seul ces efforts financiers. « Ces travaux vont prendre une dizaine d’années, assure Christophe Hug, directeur général adjoint de Vinci Autoroutes, mais il faut les engager avant 2023 si la France veut réduire de plus de 30% les gaz à effet de serre provenant de la circulation autoroutière d’ici à 2035, conformément à la trajectoire de la stratégie nationale bas carbone. En moyenne, les aires d’autoroutes devront être équipées d’une quarantaine de bornes de recharge à l’horizon 2030-2035, sachant que les plus importantes en compteront au moins 100, voire 200. Pour ces dernières, le besoin de puissance sera comparable à celui d’un aéroport comme Orly ! » Les investissements dans les années à venir seront donc le nerf de la guerre.
Le GIEC ne cesse d’alerter pouvoirs et opinion publics. La route de demain doit donc accélérer sa révolution dès aujourd’hui, à la fois pour ses usages et pour sa construction. État, collectivités locales et entreprises privés sont dans le même bateau. Dans le contexte de décarbonation de l’économie française et des transports en particulier, remplir les objectifs fixés dans les délais impartis est une obligation.
3 étudiantes se sont réunies afin de montrer, à travers un documentaire complet, que la consommation d’une alimentation plus durable était possible. Tout au long de ce documentaire, elles se sont questionnées sur l’alimentation de demain et ont tenté de donner des réponses simples et accessibles afin d’inciter chacun à agir.
Ce film engagé contre le changement climatique vise à répondre à toutes ces questions, notamment : Peut-on consommer durablement lorsqu’on est étudiant et que l’on a un budget réduit ? Existe-t-il des alternatives durables et viables au système agroalimentaire actuel ? Face à une foule d’informations contradictoires sur le changement climatique, comment se forger sa propre opinion ? Et surtout, comment agir à notre échelle ?
Des questions à l’action, il n’y a qu’un pas !
Nous sommes 3 étudiantes qui se sont rencontrées sur les bancs de l’ESCP Business School, une école de commerce parisienne, il y a maintenant 5 ans. Il y a 3 ans, alors que nous finissions notre première année de master, nous avons eu envie de faire une pause dans nos études pour réaliser un projet hors des sentiers battus, pour apporter notre petite pierre à l’édifice de la transition durable.
Nous avions à cœur de consommer plus durablement, mais cela nous paraissait souvent compliqué et réservé à une catégorie de personnes au pouvoir d’achat plus élevé que le nôtre. On nous parlait du changement climatique en cours, dans les médias, sur les réseaux sociaux et toutes les informations que l’on nous donnait suscitait beaucoup de questionnement chez nous.
Peut-on consommer durablement lorsqu’on est étudiant et que l’on a un budget réduit ? Existe-t-il des alternatives durables et viables au système agroalimentaire actuel ? Face à une foule d’informations contradictoires sur le changement climatique, comment se forger sa propre opinion ? Et surtout, comment agir à notre échelle ?
Pour répondre à toutes ces questions, nous avons décidé d’aller sur le terrain et de mettre la main à la pâte. C’est ainsi qu’est née l’association « 10 milliards à table !« , avec pour objectif de comprendre comment nourrir 10 milliards de personnes en 2050 de manière durable.
CONSOMMER DURABLEMENT POUR LES NULS
« Peut-on consommer durablement lorsqu’on est étudiant et que l’on a un budget réduit ? Existe-t-il des alternatives durables et viables au système agroalimentaire actuel ? Et surtout, comment agir à notre échelle ? «
Il nous paraissait indispensable de comprendre le système de l’intérieur, en explorant tous les maillons de la chaîne, de la fourche à la fourchette, sans oublier bien sûr le recyclage, pour apporter des réponses simples et accessibles au sujet complexe mais essentiel qu’est l’alimentation.
Nous avons donc retroussé nos manches et sommes allées à la rencontre de toutes les parties prenantes d’une alimentation plus durable. Pour nous, cela signifiait rencontrer des professionnels du secteur agroalimentaire et travailler avec eux, mais aussi sensibiliser les plus jeunes générations à tous ces enjeux. Nous voulions comprendre comment le système agroalimentaire pouvait devenir meilleur dans tous ses aspects, et montrer que le changement n’est pas aussi hors de portée qu’on pourrait le croire.
Plus concrètement, notre projet a donné lieu à :
7 mois de voyage sur les routes d’Europe
40 interviews avec des professionnels du secteur de l’agroalimentaire
6 semaines de bénévolat dans 4 structures de l’alimentation durable, de la fourche à la fourchette
Un semestre d’ateliers pédagogiques avec une classe de CE1, une classe de CP et une classe de maternelle
Un outil de mesure d’empreinte carbone
Un guide de consommation durable pour tenter d’apporter des réponses concrètes à toutes les questions que l’on se posait
Et surtout, un documentaire de 45 minutes résumant tout ce que l’on a appris au cours de cette aventure.
Aujourd’hui, nous vous proposons d’embarquer avec nous dans l’aventure « 10 milliards à table ! » en découvrant le documentaire From Farm to Fork. Nous espérons que comme nous, les témoignages récoltés aux quatre coins de l’Europe nourriront votre réflexion et éveilleront chez vous l’envie d’agir pour un monde plus durable.
Qui sommes-nous ?
Nous sommes Lucie, Julie et Juliette, les 3 réalisatrices du documentaire From Farm to Fork, et voici notre histoire.
LUCIE, L’IDÉALISTELUCIE, L’IDÉALISTE« Engagée dans l’associatif depuis l’adolescence, je suis animée par la volonté de vivre dans un monde meilleur. Dès le début de mes études, je savais que je voulais prendre un an pour faire une pause et réaliser un projet qui ait du sens à mes yeux. Le sujet de l’alimentation durable s’est imposé assez naturellement. J’avais participé au développement d’une marque responsable dans le secteur agroalimentaire durant un stage, et cela m’avait éveillé aux enjeux de durabilité de l’alimentation. Et au-delà de ce que l’on allait apprendre, j’avais une réelle envie de partir à l’aventure avec Julie et Juliette. Ce projet m’a davantage fait prendre conscience de l’urgence climatique, et toutes les questions soulevées pendant l’aventure « 10 milliards à table ! » m’ont donné envie d’aller plus loin dans ma réflexion, c’est pourquoi j’ai choisi d’étudier ce sujet pour mon dernier semestre à l’ESCP. »
JULIE, LA REPORTERJULIE, LA REPORTER« Originaire de la campagne normande, j’ai toujours eu une forte proximité avec la terre et les bons produits. Mais c’est ma passion pour le vin, développée plus tard pendant mes études, qui m’a fait m’intéresser à l’environnement. La viticulture a été une porte d’entrée vers l’agriculture et m’a fait prendre conscience des enjeux du réchauffement climatique. J’ai commencé à m’informer davantage, en lisant Jean-Marc Jancovici par exemple, et à sensibiliser les gens autour de moi en animant des Fresques du Climat. Lorsqu’on a cherché à lancer un projet avec Juliette et Lucie, l’alimentation durable m’a semblé concilier tous ces univers. Pour moi, parvenir à une alimentation plus durable, c’est prendre de la hauteur pour considérer tout le cycle de vie de l’aliment : où et comment il a été produit, transformé, quels sont les intermédiaires de distribution impliqués et comment sera gérée sa fin de vie. »
JULIETTE, LA CUISINIÈREJULIETTE, LA CUISINIÈRE« Je suis à la recherche de nouveauté et de découvertes depuis que je suis toute petite. J’adore partir loin de tout ce que je connais, armée d’un sac à dos et d’un appareil photo. Quand Lucie a suggéré l’idée d’une année de césure, je n’ai pas hésité très longtemps. Le sujet de l’alimentation durable me touche particulièrement depuis l’ouverture d’une franchise de magasins bio par mon père. Mon intérêt pour le secteur s’est accentué lorsque j’ai décidé de préparer l’examen du CAP Cuisine. J’ai commencé à me poser beaucoup de questions sur la qualité des produits, leur mode de production mais aussi leur impact social et environnemental. J’avais l’impression de faire face à une équation insoluble. Depuis notre retour, je me pose toujours autant de questions mais je suis passée à l’action, inspirée par tous les acteurs rencontrés sur notre chemin.»
Synopsis
3 AMIES
7 MOIS
23 000 KILOMÈTRES
6 PAYS
40 PERSONNES INTERVIEWÉES
Comment nourrir 10 milliards de personnes en 2050 ? Et surtout, comment le faire de manière durable ? C’est la question que se sont posées Julie, Juliette et Lucie, trois amies étudiantes, bonnes vivantes et préoccupées par le changement climatique.
Pour tenter d’y répondre, elles prennent une année de pause dans leurs études et vont sillonner l’Europe à la rencontre des acteurs de l’alimentation durable. Les 3 amies partent donc sur les routes d’Europe pendant 7 mois, parcourent 23 000 kilomètres et traversent 6 pays pour interviewer plus de 40 personnes engagées dans toutes les étapes de la chaîne de production agro-alimentaire, de la fourche à la fourchette.
Au fil des rencontres, elles découvrent des alternatives pour une alimentation plus saine, accessible financièrement, respectueuse de l’environnement et de la culture de chacun, et se questionnent sur l’avenir du système agro-alimentaire. Ce film propose de suivre les 3 amies dans leur périple européen, et de rencontrer avec elles agriculteurs, restaurateurs, distributeurs et associations, engagés pour une alimentation plus durable.
Bande-annonce :
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Le documentaire
« Aujourd’hui, on ne doit plus avoir à choisir entre plaisir gustatif, engagement durable et survie du porte-monnaie ». C’est à partir de cette affirmation que nous avons construit le film From Farm to Fork.
Celui-ci suit notre exploration de l’alimentation durable dans toute l’Europe, et raconte ce que nous y avons appris, à travers 4 chapitres thématiques : la fourche, le panier, la fourchette et le recyclage. En convoquant les témoignages d’agriculteurs, restaurateurs, distributeurs et associations de nationalités variées, le documentaire propose un diagnostic des problèmes existants dans le système agro-alimentaire et des solutions potentielles déjà mises en place dans certains pays européens.
Suivant notre périple de 7 mois sur les routes d’Europe, ce film de 45 minutes souligne la richesse de l’Union Européenne et la force de changement que l’on peut mettre en place tous ensemble. C’est en unissant nos forces que nous pourrons rendre le secteur de l’alimentation meilleur et que l’idée d’une Europe alimentaire plus durable deviendra réalité.
« Cette énergie que l ‘on retrouve chez chacune des personnes interviewée donne envie de rejoindre le mouvement pour une alimentation plus durable. «
From Farm to Fork montre la nécessité de réformer la chaîne alimentaire dans sa globalité, mais surtout que le changement est possible et qu’il commence déjà à avoir lieu ! Les différentes personnes rencontrées dans le documentaire redonnent espoir dans le changement et nous fait prendre conscience de notre force d’action en tant que citoyens.
From Farm to Fork prouve aussi qu’un engagement pour une alimentation durable n’est pas aussi difficile qu’on peut le croire. Nous sommes nous-mêmes trois simples étudiantes, sans formation de cinéma, ni beaucoup de connaissances sur l’alimentation durable à l’origine, mais avec le désir d’apprendre, l’envie de changer les choses et une bonne dose d’énergie. Cette énergie, que l’on retrouve chez chacune des personnes interviewées, est communicative, et donne envie rejoindre le mouvement pour une alimentation plus durable.
Ils nous soutiennent
ESCP BUSINESS SCHOOL
Fondée en 1819, ESCP Business School a fait le choix d’enseigner un leadership responsable, ouvert sur le monde et basé sur le multiculturalisme européen. Nos campus de Berlin, Londres, Madrid, Paris, Turin et Varsovie sont des tremplins qui permettent aux étudiants d’appréhender cette approche européenne du management. Plusieurs générations d’entrepreneurs et de dirigeants ont ainsi été formées selon la conviction que le monde des affaires peut nourrir la société de manière positive. Cette conviction et nos valeurs : excellence, singularité, créativité et pluralité, guident au quotidien notre mission et s’expriment au travers d’une vision pédagogique qui les rassemble.
ESCP accueille chaque année 8000 étudiants et 5000 cadres-dirigeants de 122 nationalités différentes. Sa force réside dans ses nombreux programmes de formations en management général et spécialisé : Bachelor, Master, MBA, Executive MBA, Doctorat-PhD et formation continue qui tous intègrent une expérience multi-campus.
It all starts here
– Site Internet : www.escp.eu / suivez-vous sur Twitter : @ESCP_BS
LA VILLE DE PARIS
Paris s’engage vers une alimentation durable, inclusive et résiliente d’ici 2030. Adoptée le 3 mai 2018 par le Conseil de Paris, sur la base d’une concertation réalisée en 2017 et d’un état des lieux de l’alimentation à Paris de 2016, la stratégie alimentaire parisienne «Paris bien dans son assiette» s’intéresse à l’ensemble du système alimentaire parisien (consommateurs, acteurs professionnels et associatifs, scientifiques, institutionnels, etc.).
Les actions définies par les acteurs du système alimentaire parisien s’articulent autour de 4 axes prioritaires :
L’accès de tou.te.s à une alimentation durable,
L’augmentation de l’autonomie et de la résilience alimentaires,
la prévention du gaspillage alimentaire et des déchets,
la mise en réseau des acteurs
GÉNÉRATION ÉQUITABLE
Génération Equitable est une initiative de FAIR[e] un monde équitable, un mouvement national de consommateur-rice-s engagé-e-s en faveur d’un commerce plus équitable et d’une consommation juste et durable. Créé en 2010, il propose à tou-te-s les citoyen-ne-s d’agir concrètement à leur niveau, en s’informant sur les impacts de notre consommation sur les conditions de vie des agriculteur-rice-s et des travailleur-euse-s des pays du Sud, en se mobilisant sur son territoire et autour d’actions communes. À ce jour, 22 associations locales et plusieurs dizaines d’adhérent-e-s individuel-le-s en font partie.
FAIR[e] un monde équitable accompagne les initiatives collectives et individuelles en
créant des espaces d’échanges, en co-construisant des actions communes comme la campagne nationale + d’équitable dans mon magasin !, en proposant un soutien humain, technique et financier et en portant dans les instances nationales et internationales la voix de celles et ceux qui s’engagent autour de chez eux-elles de manière positive pour une consommation et un commerce équitables.
fiche technique
45 minutes | anglais, sous-titré français
L’ÉQUIPE DU FILM
Réalisé par JULIE DESHAYES, JULIETTE FOURNIER LE RAY, LUCIE RENARD Scénario JULIE DESHAYES, JULIETTE FOURNIER LE RAY, LUCIE RENARD
Montage image LUCAS COUVIN
Musique originale et montage son NICOLAS NEEL Interprétation du générique THE BLUE NOON Graphisme MATHILDE ANGLES
LISTE ARTISTIQUE
JAMIE SOMMERVILLE, producteur chez Whitmuir Farm, Ecosse ARNE HANSEN, éleveur à Lollandsgrisen, Lollland, Danemark WILLIAM BROWN, propriétaire de Bonnington Farm, Ecosse
DITTE ANKJAERGAARD & CARSTEN GYDHAL-JENSEN, fondateurs de
Nordic Snails, Roskilde, Danemark
ANDERS RIEMANN, CEO chez Nordic Harvest, Danemark
LINDA LÖNNQVIST, créatrice du réseau Reko, Stockholm, Suède REBECCA CONNEE, growth manager chez Klimato, Stockholm, Suède JES BO LARSEN, responsable de site chez Serwiz (ex-Sodexo), Nakskov, Danemark
EMILIE QVIST KJAERGAARD, cheffe du restaurant Medvind, Hanstholm, Danemark
THOMAS NOMMER, fondateur du Café Fauve, Norroy-le-Veneur, France JEPPE FOLDAGER, chef chez Dragholm Slot, Zealand, Danemark HENNING WIESINGER, fondateur de Muld Lolland-Falster, Maribo, Danemark
THORE HILDEBRANDT, fondateur de Cooking with Thore, Allemagne SABINA WERTH, présidente de l’association Berliner Tafel, Allemagne TOBIAS GOECKE, fondateur de The Real Junk Food Project Berlin, Allemagne
OLGA GRÖNVALL LUND, fondatrice du mouvement Reformaten, Stockholm, Suède
Documentaire From Farm to ForkALLER PLUS LOIN
« 10 milliards à table ! » est une association fondée par Julie, Juliette et Lucie en 2019, pour comprendre comment nourrir 10 milliards de personnes en 2050 de manière durable.
L’association révèle une année exceptionnelle en faveur de la biodiversité notamment à travers l’engagement de 37 aéroports et aérodromes partenaires et la création de son label aérobio.
Depuis sept ans, Aéro Biodiversité a pour objectif d’évaluer, de protéger, de développer et de faire connaitre la biodiversité aéroportuaire en France métropolitaine et en outremer. L’association publie son rapport national annuel dévoilant les résultats de ses observations sur la faune et la flore présentes sur les plateformes.
L’année 2021 a été une année exceptionnelle pour Aéro Biodiversité à plusieurs titres : un engagement accru du secteur avec 37 plateformes partenaires en 2021 contre 22 en 2020, une multiplication des inventaires réalisés sur la base de nouveaux procoles scientifiques et la création du label aérobio permettant d’inscrire les actions de protection de l’environnement sur le long terme de ses partenaires aéronautiques.
Les 37 aéroports et aérodromes partenaires permettent à Aéro Biodiversité d’évaluer la richesse de la biodiversité de la quasi-totalité du territoire
En 2021, Aéro Biodiversité a accueilli 15 nouveaux membres :
quatre aéroports (La-Môle Saint Tropez, Brest-Bretagne, Quimper-Bretagne, Poitiers-Biard), dix aérodromes FFA (Strasbourg-Neuhof, Lille–Marcq-en-Baroeul, Châteauneuf-sur- Cher, Biscarosse-Parentis, Sarlat-Domme, Dijon-Darois, Saint Rambert d’Albon, l’altiport Valréas-Visan, Megève, l’altiport de Peyresourde-Balestas), et l’aérodrome Blois-Le-Breuil de l’association FFPLUM.
Cela représente 37 aéroports et aérodromes partenaires*, contre 22 en 2020, ce qui témoigne de l’intérêt croissant du monde aéronautique pour la protection de son environnement.
La prospection de nouvelles régions dont la Bretagne, le Grand-Est, le Nord-Pas-de-Calais, la Provence Côte d’Azur, les Pyrénées, les Alpes et la Normandie (en 2022), a permis à l’association d’intervenir sur de nouveaux milieux naturels et ainsi d’observer la biodiversité de la quasi-totalité des régions administratives françaises (image ci-contre)
Un nombre record de visites & la mise en place de nouveaux protocoles
Le nombre important des aéroports et aérodromes prospectés a conduit à un nombre record de visites de terrain des naturalistes d’Aéro Biodiversité avec 508 jours-personne réalisés en 2021.
Les équipes se sont déplacées sur chaque plateforme trois fois par an : au printemps (mi-mars jusqu’à fin avril), au tout début de l’été (juin) et au début de l’automne (septembre) – hormis pour l’aéroport Roland Garros à l’Ile de la Réunion et l’aéroport Saint-Pierre Pointe Blanche sur l’archipel de Saint- Pierre-et-Miquelon.
Les collectes de données, basées sur des protocoles de science participative, ont le double objectif de dresser un état des lieux de la biodiversité sur les plateformes mais également de sensibiliser le personnel sur les enjeux de la biodiversité aéroportuaire.
La mise en place des protocoles a d’ailleurs beaucoup évoluée en 2021 avec le remplacement (ex : Transect papillon, remplacé par le programme PROPAGE de Viginature) ou l’abandon de certains protocoles au bénéfice de nouveautés comme les écoutes nocturnes avifaune et amphibiens, le protocole Ciel étoilé pour les insectes nocturnes et les plaques à reptiles.
2022, une année riche en perspectives …
L’association poursuivra sa croissance en 2022 en se déployant sur de nouveaux terrains ; les équipes Aéro Biodiversité envisagent ainsi de se déplacer sur plus de 50 terrains en France métropolitaine et en outremer. Ce sera également une année de suivi pour les trois premiers aéroports labellisés aerobio et l’occasion pour les plateformes de se porter candidates à la labellisation.
Enfin, comme le montre le rapport les aéroports et aérodromes abritent des écosystèmes riches et variés qu’il est essentiel de mieux connaître et de préserver. L’intégration de ces plateformes dans la trame verte et bleue (TVB) à l’échelle nationale est un nouveau défi que souhaite relever l’association…
François Bouvier, Président du Comité scientifique déclare : « L’année écoulée a permis de démontrer la qualité exceptionnelle de ces gisements de biodiversité que sont les prairies aéroportuaires. Des espèces vivantes diverses y trouvent des refuges de qualité, ce que les inventaires conduits par l’Association ont clairement démontré. Ces refuges sont ouvert sur l’extérieur et contribuent à enrichir la biodiversité sur l’ensemble national. Cette année a donc vu la reconnaissance de cette ressource par la définition et l’attribution de labels couronnant les sites particulièrement « vertueux ». On ne soulignera jamais assez combien la gestion intelligente des prairies aéronautiques contribue également à améliorer la captation de carbone, évaluée à un niveau équivalent à celui d’une forêt (80t/ha x an). »
Plus de 50 000 observations, tous taxons confondus :
9 000 observations d’invertébrés,
1 400 espèces de plantes,
plus de 260 espèces d’oiseaux,
30 espèces de chiroptères (enregistrées),
une vingtaine d’espèces de reptiles,
une quinzaine d’espèces d’amphibiens.
À propos d’Aéro Biodiversité
Créée en 2013, Aéro Biodiversité est une association dont les objectifs sont d’évaluer, d’améliorer et de faire connaître la biodiversité en milieu aéroportuaire :
1 – Évaluer la biodiversité : par la science participative, en s’appuyant entre autres sur les protocoles de Vigie Nature développés par le Museum national d’Histoire naturelle.
2- Améliorer la biodiversité : en mettant en place, avec les aéroports partenaires, des actions permettant de préserver la richesse des espèces animales et végétales sur les espaces verts aéroportuaires.
3 – Faire connaître la biodiversité : à travers des campagnes de promotion et d’éducation à destination des professionnels de l’aérien mais également du grand public (expositions, séminaires, ateliers, visites sur le terrain, etc.).
Aéro Biodiversité, qui compte parmi ses adhérents une quinzaine d’aéroports et groupes d’aéroports ainsi que 4 compagnies aériennes, a rassemblé depuis sa création plus de 50 000 données d’observation.
L’association, présidée par Lionel Guérin, compte des experts naturalistes et écologues spécialisés entre autres en botanique et ornithologie. Le comité scientifique indépendant et bénévole est présidé par François Bouvier, attaché honoraire au Muséum national D’Histoire naturelle.
– Pour en savoir plus : www.aerobiodiversite.org
Exemples d’espèces menacées observées sur les aéroportsFlore – ORCHIS VERT
L’Orchis vert est une orchidée aussi appelé Orchis grenouille en raison de son labelle qui rappelle la forme de grenouille. Celui-ci se colore en rouge au fur et à mesure de la floraison. Grande d’une dizaine de centimètres, elle peut passer inaperçue sans cette coloration caractéristique. Inféodée aux milieux tourbeux acides ou alcalins, elle est elle aussi menacée par la dégradation et la disparition de son habitat en France, c’est pourquoi elle est considérée comme « quasi-menacée » à l’échelle du territoire national.
Faune – Le Bruant proyer
Petit passereau à bec court et fort, typique du granivore. Il affectionne les milieux semi-ouverts avec une mosaïque d’habitats. On l’observe régulièrement chanter, bien en évidence, au sommet d’un buisson, d’un grillage ou d’un perchoir. L’espèce est protégée au niveau national et possède un statut de conservation défavorable dans plusieurs régions, jusqu’à « en danger » pour l’Ile-de-France et l’ancienne région Nord-Pas-de- Calais. C’est l’une des nombreuses espèces d’oiseaux autrefois communes en milieu rural dont les populations sont en forte régression actuellement (- 22 % sur les dix dernières années selon les données STOC du MNHN), notamment en raison de l’intensification des pratiques agricoles et la disparition des prairies. Les espaces aéroportuaires sont des habitats de substitution pour cette espèce.
Concernant les invertébrés, de nombreuses espèces de lépidoptères jamais recensées jusqu’ici sur les plateformes ont été notées comme l’Aurore de Provence (Anthocharis euphenoides), le Moiré de la Canche (Erebia epiphron) ou la Piéride des Biscutelles (Euchloe crameri).
La Journée internationale de la Terre nourricière est l’occasion de réfléchir à la façon dont l’humanité a traité notre planète et, reconnaissons-le, nous en avons été de piètres gardiens. Et si un flux constant de rapports a dressé un tableau légitimement inquiétant de l’état actuel de la planète, il ne faut pas perdre espoir : les idées novatrices pour une action sérieuse en faveur du climat sont plus nombreuses que jamais et de plus en plus de personnes dans le monde travaillent ensemble à des solutions pour aider à réparer les dommages causés à notre fragile habitat.
Le 22 avril, c’est la “Journée de la Terre” ! Cette journée si spéciale nous rappelle à quel point il est essentiel de prendre soin de la Terre et de ses écosystèmes. C’est l’occasion pour chacun et chacune de s’informer sur la cause environnementale, de rejoindre des initiatives et de mettre en place des éco-gestes dans son quotidien. Découvrez tout de suite ce que propose la Journée de la Terre et comment vous pouvez contribuer à rendre la planète plus verte !
La Journée de la Terre : retour aux origines
La Journée de la Terre a été célébrée pour la première fois le 22 avril 1970 aux Etats-Unis. Ce jour-là, 20 millions d’Américains, essentiellement des étudiants, sont descendus dans les rues pour protester contre les grosses industries polluantes et leurs effets néfastes sur l’environnement. Cette marche a été la première grosse action du mouvement écologiste.
En 1971, l’ONU décide de la nommer “ Journée de la Terre ” pour mettre la préservation de notre planète à l’honneur. L’événement devient alors une date forte du calendrier et c’est seulement quelques années plus tard, dans les années 90 que l’événement commence à se propager dans le monde et à avoir une renommée internationale.
A l’heure actuelle, cet événement est reconnu comme étant le plus grand mouvement environnemental dans le monde. Il est organisé et coordonné par le Earth Day Network et son objectif premier est de sensibiliser à la cause environnementale et favoriser le développement d’initiatives citoyennes !
– https://www.earthday.org/
Une journée à ne pas manquer !
Au cours de cette journée, un ensemble d’activités sont menées pour sensibiliser aux enjeux climatiques et pour inciter à la mise en place de gestes éco-responsables. Des conférences et débats sont prévus dans différents endroits dans le monde, ainsi que des activités créatives et éducatives comme des workshops, des formations, des ateliers de sensibilisation.
Les thématiques abordées sont celles de l’écologie : alimentation, biodiversité, énergie, consommation responsable, mobilité durable… Les activités sont gratuites et ouvertes à tous – certaines sont même prévues pour les enfants ! En somme, de quoi plaire à toute la famille !
Vous souhaitez vous former au jardinage, découvrir le mode de vie zéro- déchet, ou encore faire un atelier avec la Fresque du Climat ? La Journée pour la Terre est l’occasion rêvée ! Allez faire un tour sur le site de l’événement. Tous les événements sont indiqués dans le calendrier des activités.
– https://jourdelaterre.org/fr/
Faire sa part pour l’environnement : 10 actions pour protéger sa planète
La Journée de la Terre, c’est aussi l’occasion de s’engager personnellement pour protéger l’environnement. Que ce soit par des petites actions quotidiennes ou par un activisme plus engagé, vous pouvez vous aussi participer à l’effort collectif et protéger la planète jour après jour.
Chez fairytale, on vous parle souvent de mode durable, de seconde-main et de matériaux éco-responsables, mais vous pouvez avoir un impact positif sur l’environnement de plein d’autres façons ! Alors voici 10 actions concrètes que vous pouvez adopter dès aujourd’hui !
• Triez, recyclez, compostez Si vous souhaitez avoir un impact positif, la première chose à faire est d’apprendre à trier vos déchets ! Les consignes de tri portent souvent à confusion, ce qui peut être un vrai problème quand on veut prendre soin de l’environnement car sans tri, pas de recyclage ! Les bons réflexes à adopter sont : acheter différentes poubelles, composter ses déchets organiques et vérifier les consignes de tri de votre commune.
• Adoptez une routine zéro-déchet Limiter ses emballages est aussi bon pour l’environnement que pour sa propre santé. Alors n’hésitez pas à adopter une routine zéro-déchet ! Vous pouvez troquer votre dentifrice et shampoing contre des alternatives solides, et éviter les emballages alimentaires le plus possible… The less the better ! La planète vous remerciera.
• Donnez une seconde-vie à vos vêtements Le printemps est le moment idéal pour entamer un grand tri ! Plutôt que de laisser vos vêtements vieillir au fond de votre armoire, faites un don à une association ou vendez-les en ligne ou dans un vide-dressing. Vous leur donnerez une seconde vie et ferez une heureuse en même temps !
• Modifiez votre alimentation L’alimentation est un vaste sujet… surtout en matière d’éco-responsabilité. Mais s’il y a bien une bonne action simple et hyper efficace à mettre en place, c’est bien ça ! Pour réduire votre empreinte environnementale, les bonnes pratiques à adopter sont : diminuer sa consommation de viande, manger de saison, privilégier les produits locaux et labellisés bio. Et enfin cuisiner maison !
• Ramassez les déchets qui trainent sur votre chemin Les ramassages organisés sont de plus en plus nombreux mais pas toujours à côté de chez soi, alors pourquoi attendre pour agir ? En ville ou en campagne, nous croisons tous les jours des dizaines de déchets abandonnés sur le sol. Une paire de gants et un sac poubelle et c’est parti pour une virée zéro déchet. Chaque déchet collecté est une petite victoire et montre à notre planète que nous la soutenons quoi qu’il arrive !
• Privilégiez les transports durables L’été, on est vite tenté de booker un billet d’avion pour partir explorer de nouvelles contrées. Mais notre conscience écologique nous rappelle à quel point il est polluant de prendre l’avion ou la voiture sur de longues distances… Pour alléger votre empreinte carbone, vous pourriez tenter de voyager cette année en train ou utiliser le covoiturage ! C’est beaucoup plus écologique et ça demande peu d’efforts !
• Passez à une banque green Saviez-vous que les banques contribuent massivement au réchauffement climatique ? Elles financent les industries les plus polluantes, et tout cela avec votre argent ! Mais à votre échelle, vous pouvez changer la donne en plaçant votre argent dans une banque responsable, ou dans un fonds d’investissement green. Vos économies serviront ainsi à financer des projets qui font sens ! Comme fairytale par exemple 😉
• Choisissez un fournisseur d’énergie verte L’énergie que nous consommons tous les jours provient en grande majorité d’énergies fossiles (pétrole, charbon, gaz…) qui rejettent dans l’atmosphère des gaz à effet de serre. Pour protéger la planète de ces industries hyper polluantes, la meilleure chose à faire est de quitter votre fournisseur d’énergie actuel pour un fournisseur qui se fournit en énergie renouvelable exclusivement.
• Faites le tri dans vos boites mails ! Faites le tri dans vos emails et libérez de l’espace pour consommer moins et donc polluer moins. Afin d’éviter de surcharger les data center qui stockent les mails, on vous invite à conserver uniquement les plus importants. De même, vous pouvez prendre l’habitude de limiter au maximum l’envoi de mails inutiles, de vider votre corbeille, de vous désabonner des newsletters… tant de petites actions qui bout à bout font la différence.
• Soutenez une association ou rejoignez des initiatives citoyennes Enfin, la dernière bonne action, et de loin la plus importante : apporter votre soutien au mouvement écologiste ! Les associations, ONG, initiatives citoyennes ont besoin de vous pour grandir ! Vous pouvez les rejoindre ou simplement faire un don pour les soutenir.
E-shop de mode éthique et écologique pour femme, fairytale rassemble plus de 80 marques bouillonnantes et engagées. Des vêtements bien pensés et bien faits pour être toujours bien habillé. fairytale vous offre du choix de la tête aux pieds pour être fier de chaque pièce portée.
La boutique en ligne permet aux femmes de se composer un superbe dressing responsable à partir de critères définis (made in France, usines certifiées, matières naturelles, biologiques, recyclées…).
Une mode aussi éthique qu’écologique : des matières aux conditions de production, tout est scruté dans le moindre détail pour que vous puissiez acheter les yeux fermés.
Manifeste des engagements responsables de Fairytale
– Site web : https://www.fairytale.eco/
Une mobilisation réussie pour un engagement collectif du commerce au cœur des territoires. Le Collectif Génération Responsable® a décerné ses labels Enseignes Responsables® et Commerçants Responsables® 2021 lors d’une soirée à la Mairie de Paris. Cet événement accueilli par Dan Lert, Adjoint à la Maire de Paris, en charge de la transition écologique, du plan climat, de l’eau et de l’énergie, a réuni aux côtés de Jocelyne Leporatti, Présidente Fondatrice du Collectif les directions générales et RSE des Enseignes et des Fédérations engagées pour l’occasion.
Depuis 15 ans, le Collectif Génération Responsable a ainsi valorisé la démarche de ses adhérents et plus largement l’engagement collectif du commerce français pour plus de responsabilité sociale, environnementale et d’implication locale.
Le label Enseigne Responsable permet aux entreprises du commerce organisé d’évaluer via un Organisme Tiers Indépendant, leur niveau de performance grâce à un référentiel sectoriel. Cette démarche structurée et structurante, en accord avec l’ISO 26000 et les Objectifs du Développement Durable, offre dans un deuxième temps aux enseignes un dispositif complet afin d’intégrer la dimension RSE à leur stratégie globale.
Une trentaine d’enseignes ont ainsi été labellisées « Enseigne Responsable ». Parmi elles, Bureau Vallée, Carglass, La Mie Câline, Maisons du Monde, Metro, Norauto, Optic 2000, le Groupement les Mousquetaires (Intermarché, Netto, Bricomarché, Bricorama, Bricocash, Roady), Picard, Keria, BestDrive, Securitest, Auto Sécurité, Courir, Euromaster, Camaïeu, France Pare-Brise, Midas, Profil Plus, et Micromania.
En parallèle, le label Commerçant Responsable s’inscrit dans une démarche de progrès sectorielle. Les deux premiers jalons sont axés sur l’apprentissage des enjeux du développement durable dans le secteur, ensuite le commerce entre dans la phase d’évaluation par un OTI qui lui affecte une note et donne des recommandations d’amélioration. Le label n’est alors que la matérialisation, « une photographie à un instant T » de la mise en mouvement du commerce vers plus de responsabilité. Mouvement qui se prolonge à travers la mise en place de son plan de progrès qui lui permettra de passer les audits de révision à venir. S’enclenche alors une spirale vertueuse.
En 2021, plus de 500 commerçants ont été ainsi labellisés pour leur engagement de terrain et leurs actions responsables au cœur de leur territoire. Parmi eux les meilleures notes ont été attribuées à :
● Vanessa et Sébastien Hairault pour La Mie Câline à Saint Jean de Monts
● Thierry Bonin pour La Mie Câline à Bressuire
● Anne Lafitte-Marques, pour Bricomarché à Nogent le Rotrou et Mortagne.
Le Collectif a signé en 2019, un accord de sens avec Mobilians, la seule organisation professionnelle à représenter les 21 métiers de la distribution et des services de l’automobile. L’objectif de cet accord : embarquer progressivement tous les professionnels de la filière automobile, quels que soient leurs métiers, dans une démarche d’intégration du Développement Durable pour plus de responsabilité sociale et environnementale.
Depuis 18 mois, le Collectif et Mobilians ont lancé une expérimentation pour la mise en place du Label Commerce et Service Responsable qui est une adaptation du Label Commerçant originel. La démarche va ainsi pouvoir se déployer auprès d’une douzaine d’adhérents cette année. Deux d’entre eux ont ainsi été salués hier pour leur engagement et actions : Catherine Wagner du groupe WDA à Amneville, et Christophe Isnard, Directeur Général de Somelac, franchisé Hertz à Chasseneuil du Poitou.
Les labellisations viennent récompenser des initiatives authentiques et concrètes, portées par des dirigeants et chefs d’entreprises impliqués. Aujourd’hui, il s’agit d’une démarche nécessaire pour répondre aux nouvelles attentes des consommateurs, toujours plus soucieux des enjeux environnementaux et sociétaux qui les entourent.
Et enfin pour clôturer l’événement, le député Pierre-Alain Raphan a officiellement lancé l’opération ENSEMBLE POUR LE CLIMAT 2022 présentée comme la prise de parole des territoires vers les consommateurs. Cet événement, dont la première édition a eu lieu en 2019, est mené par 15 entreprises du commerce membres du Collectif Génération Responsable qui ont décidé d’allier leurs forces pour co-créer une opération de mobilisation, d’engagement et d’action en territoires. Mettant ainsi en exergue la démarche sectorielle du Label Commerçant Responsable, EPLC est une démonstration de l’engagement collectif d’hommes et de femmes engagés au cœur des enseignes, des points de vente et de service mais aussi des associations de terrain et des collectivités pour un commerce plus durable et responsable en lien direct avec les consommateurs.
Citoyens, collaborateurs, enseignes et territoires se mobiliseront ainsi côte à côte du 28 mai au 6 juin prochain aux quatre coins de la France pour sensibiliser aux enjeux climatiques, dupliquer les bonnes pratiques existantes, favoriser les gestes conscients du quotidien et encourager le plus grand nombre à agir.
L’ensemble de ces témoignages, nouvelles labellisations et engagements représentent de manière concrète une transformation globale et progressive du commerce français et, nourrissent un modèle à suivre au-delà des frontières.
Les enseignes engagées dans l’opération ENSEMBLE POUR LE CLIMAT 2022
Les enseignes engagées dans l’opération ENSEMBLE POUR LE CLIMAT 2022
A PROPOS DU COLLECTIF GÉNÉRATION RESPONSABLE
L’association loi 1901 Collectif Génération Responsable, fondée en 2007, est la référence nationale de la labellisation RSE pour les enseignes et les commerçants français et à l’international. Elle a à cœur, dans une perspective de développement durable, d’accompagner l’amélioration de la qualité environnementale et sociale de ses adhérents – aujourd’hui, 75 enseignes pour plus de 37 000 points de vente sur le territoire national – tout en leur offrant une plateforme pour échanger, s’inspirer et valoriser leurs démarches.
Au travers des Labels Enseigne et Commerçant Responsable qu’il a créé, le collectif permet ainsi aux entreprises du commerce organisé de s’engager pour le développement durable en alignement avec l’ISO 26000 et les Objectifs de Développement Durable (ODD). Ateliers thématiques, Think Tank, GreenDays, événement Ensemble Pour le Climat, livre blanc, baromètres annuels … sont autant d’outils que le Collectif met à disposition de ses adhérents pour les accompagner dans leur démarche depuis 15 ans.
Contact et infos sur internet :
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● generation-responsable.fr
● label-enseigne-responsable.com
● label-commercant-responsable.comlogo-plc-2.svg
● pourleclimat.com
Et sur les réseaux sociaux :
● Facebook : @collectifgenerationresponsable
● Twitter : @CollGenResp
● LinkedIn : @collectif-generation-responsable
POUR PRÉSERVER LA BIODIVERSITÉ, MISONS SUR L’AGRICULTURE BIOLOGIQUE !
La France peine à mettre en œuvre une politique agricole ambitieuse pour préserver la biodiversité. Tout récemment, la Commission européenne s’est dite préoccupée par le faible niveau d’ambition environnementale et climatique du PSN français. Pourtant, des filières agricoles plus vertueuses ont fait leurs preuves, notamment celle de l’agriculture biologique, qui, de l’amont à l’aval, est la plus à même de préserver la biodiversité.
LES PESTICIDES, DESTRUCTEURS DE BIODIVERSITÉ
Et si la sixième extinction de masse se passait dans nos assiettes ? C’est le constat alarmant que dresse l’Organisation mondiale pour l’agriculture et l’alimentation (FAO) en 2019. « La biodiversité est en déclin dans le monde. Une fois perdues, les espèces de plantes, d’animaux et de microorganismes qui sont critiques pour nos systèmes alimentaires ne peuvent être récupérées. L’avenir de notre alimentation est donc gravement menacé. »
De nombreuses études permettent aujourd’hui d’attester que les pesticides chimiques de synthèse sont largement responsables de cette extinction massive.
Les insectes sont les plus directement touchés par les pesticides. 80% de la biomasse des insectes volants ont disparu depuis 30 ans[[More than 75 percent decline over 27 years in total flying insect biomass in protected areas, Hallmann et al (2017)]]. En cause selon les chercheurs, l’agriculture et son utilisation massive de pesticides, notamment les néonicotinoïdes, des neurotoxiques utilisés comme insecticides.
Les petits mammifères et oiseaux utilisant les champs comme source de nourriture sont également directement exposés aux effets des pesticides. Un rapport publié en 2018 par l’ONCFS montre que sur 3 000 cas suspects d’oiseaux empoisonnés sur 20 ans, 239 cadavres ont été récupérés près de champs fraîchement semés. Dans les 2/3 des cas, les oiseaux avaient mangé des semences traitées. La mortalité par empoisonnement a donc été déclarée probable dans 70 % des cas.
Mais les impacts des pesticides sur la biodiversité ne se limitent pas aux quelques jours qui suivent les traitements phytosanitaires. Sur le long terme, une exposition chronique à des doses faibles peut avoir des effets tout aussi dévastateurs sur la survie ou la reproduction des individus [[ Bird exposure to fungicides through the consumption of treated seeds: A study of wild red-legged partridges in central Spain 2022, Environmental Pollution ]] [[Feeding partridges with organic or conventional grain triggers cascading effects in life-history traits, Environmental Pollution (2021)]].
Pourtant, il est possible de concilier préservation de la biodiversité et agriculture en adoptant des pratiques plus respectueuses, qui, comme l’agriculture biologique, ont déjà fait leurs preuves.
LA BIO : UN MODÈLE QUI A LARGEMENT FAIT SES PREUVES POUR PRÉSERVER LA BIODIVERSITÉ
« Contribuer à atteindre un niveau élevé de biodiversité » est l’un des objectifs fondamentaux de l’agriculture biologique[[Règlement européen RCE 848/2018]].
En interdisant strictement l’usage de la chimie de synthèse, l’agriculture biologique réduit de manière directe et indirecte la pression exercée sur la biodiversité. De plus, en l’absence de chimie, les agriculteurs bio sont pionniers du développement de pratiques agroécologiques permettant de conserver un bon niveau de rendement en coopération avec le vivant : rotations culturales longues et diversifiées; couverture des sols ; fertilisation organique ; introduction d’infrastructures agroécologiques (haies, bosquets, zones humides…).
Cela se traduit par des résultats tangibles :
On retrouve en moyenne 30 % d’espèces supplémentaires et une abondance en individus supérieure de 50% dans les parcelles conduites en agriculture biologique[[Land-use intensity and the effects of organic farming on biodiversity: a hierarchical meta-analysis, Tuck et al (2014)]].
On observe jusqu’à 37% de couvain, 20% d’abeilles adultes et 53% de miel supplémentaire dans les colonies entourées de parcelles agricoles biologiques par rapport aux colonies situées dans des paysages agricoles conventionnels[[Effects of organic farming on seasonal dynamics of honeybee colony performance. Wintermantel Dimitry, Odoux Jean-François, Chadœuf Jöel, Bretagnolle Vincent, Journal of Applied Ecology (2019)]].
En nourrissant deux groupes de perdrix grises (oiseaux emblématiques des plaines agricoles) pendant plusieurs semaines, avec des céréales issues de l’agriculture bio ou issues de l’agriculture conventionnelle, les chercheurs ont mis en évidence une dégradation nette de l’état de santé des oiseaux nourris à partir de l’agriculture conventionnelle[[Feeding partridges with organic or conventional grain triggers cascading effects in life-history traits, Environmental Pollution (2021)]].
A leur échelle, les transformateurs et les distributeurs bio jouent également le rôle de pionniers dans la diversification des ingrédients utilisés dans les recettes (ex : légumineuses, semences paysannes, variétés et races anciennes, cultures “mineures”[[Cultures représentant moins de 150 000 ha de la SAU française (avoine, seigle, riz, lin, petit épeautre, grand épeautre, millet, sarrasin, chanvre, cameline, légumineuses, châtaigne, amande, olive…)]]… ). Ils permettent ainsi de créer des débouchés pour ces cultures.
Ces pratiques vertueuses ont un coût non négligeable qui est principalement pris en charge par les entreprises et les agriculteurs à ce jour et qui, faute d’aides publiques, se répercute sur les prix. Les consommateurs se retrouvent pénalisés en termes de pouvoir d’achat s’ils souhaitent choisir des produits plus durables. Généraliser ces pratiques supposerait donc de mieux les financer et la PAC devrait être le bon outil pour cela.
LA RÉFORME DE LA PAC : UNE OPPORTUNITÉ POUR PROTÉGER LA BIODIVERSITÉ
Il est urgent de mettre en place une politique solide pour mieux préserver la biodiversité. Pour cela, nous appelons le gouvernement français à opérer cette révision, en profondeur, afin de répondre aux insuffisances signalées par la Commission européenne, notamment par :
La mise en place d’un PSE bio dans l’éco-régime au moins égal à 145€/ha/an pour enfin récompenser les services rendus par les bonnes pratiques sur les sols, la biodiversité, l’eau, le climat, la santé, le bien-être animal;
Et donc la révision du système des éco-régimes pour favoriser les systèmes agricoles ayant réellement fait leurs preuves, en créant un 3ème niveau supérieur réservé à la bio afin de la différencier strictement de HVE;
Un meilleur financement de la préservation et la restauration des prairies naturelles permanentes (premier type de milieux actuellement détruits en France);
La création d’un bonus pour les pratiques favorables à la biodiversité qui s’inscrivent dans le cadre de la politique Trame verte et bleue.
Plus largement, il est primordial de mobiliser davantage la recherche publique en matière d’agriculture et d’évaluation des externalités environnementales des différents modes de production, notamment pour dépasser l’angle univoque et biaisé de l’analyse du cycle de vie.
Guide pédagogique SYNABIO « Comprendre et préserver la biodiversité dans les chaînes de valeur bio »
Comment s’inscrire dans une démarche de progrès en matière de biodiversité ? Quels outils ? Quels indicateurs ? Quelle stratégie ?
Ce sont à ces questions que ce guide répond. Son objectif : vous permettre de mieux comprendre les enjeux de préservation et de restauration de la biodiversité spécifiques au secteur de la bio et de vous accompagner dans une démarche de progrès. Cette publication intervient dans la continuité du travail collectif mené depuis plus d’un an par le groupe de travail biodiversité du SYNABIO.
En effet, si l’agriculture biologique constitue une base solide pour préserver la biodiversité, le SYNABIO considère qu’il est essentiel pour le secteur de se fixer des objectifs de progrès complémentaires aux exigences du règlement bio européen en cohérence avec la progression des connaissances scientifiques et des attentes de la société civile.
La bio doit rester un modèle pionnier et exemplaire en matière de biodiversité !
Le SYNABIO invite l’ensemble de ses adhérents à s’engager rapidement dans une trajectoire de progrès en partenariat avec leurs filières.
AU SOMMAIRE
Les forces et les faiblesses de la bio en matière de biodiversité.
Les enjeux prioritaires pour les entreprises bio et les 18 indicateurs de progrès recommandés par le SYNABIO.
Les méthodes et outils pour vous aider dans la mise en œuvre de votre stratégie biodiversité.
+ Notre position vis-à-vis des démarches HVE et de conservation des sols.
+ Un glossaire biodiversité et une liste de ressources utiles
guide_biodiv-web.pdf
– Télécharger le guide
Débat du second tour : plusieurs associations interpellent Léa Salamé et Gilles Bouleau afin qu’ils consacrent au minimum 20% des questions posées aux deux candidats à la crise écologique.
De nombreuses associations lancent une campagne d’interpellation à destination des rédactions, des journalistes Léa Salamé et Gilles Bouleau, les deux modérateurs retenus pour animer le débat du second tour de l’élection présidentielle. Celui-ci est programmé le mercredi 20 avril 2022 prochain sur TF1 et France 2.
Les associations, soutenues par de nombreux citoyens, demandent à ce qu’un minimum de 20% de l’ensemble des questions posées aux deux candidats qualifiés pour ce second tour soit consacré aux enjeux écologiques.
En effet, l’écologie a été le grand oublié de la campagne présidentielle. Ces dernières semaines, le climat et la biodiversité n’ont représenté qu’entre 1,5 % et 5,5 % du temps médiatique de cette campagne, selon le baromètre des quatre ONG de « L’affaire du siècle ». Trop peu. Suite à la publication du dernier rapport du GIEC début avril, le débat présidentiel sur l’émission Elysée 2022 n’avait consacré que 0,7% du temps à la crise écologique. Alors même que les scientifiques nous alertent sur le fait que l’humanité ne dispose plus que de 3 ans pour inverser la courbe des émissions de gaz à effet de serre, si nous voulons contenir le réchauffement planétaire à 1,5°C.
Dans ce contexte, et considérant qu’il s’agit peut-être du dernier débat présidentiel avant que les effets du réchauffement climatique soient irréversibles (le prochain étant prévu pour 2027), cette campagne s’intitule « #DernierDébat ».
La campagne #DernierDébat est composée de plusieurs axes de mobilisation :
Lettre ouverte adressée aux rédactions de TF1, France 2 ainsi qu’aux journalistes sélectionnés pour la modération du débat, leur demandant de consacrer un temps conséquent aux enjeux écologiques.
Courrier adressé à l’ARCOM proposant de fournir des recommandations de contenus quantitatifs et qualitatifs orientant les questions de ce débat vers ces enjeux vitaux.
Suggestion de questions à destination des journalistes pour alimenter le déroulé du débat du second tour.
Campagne d’interpellation sur les réseaux sociaux autour du #DernierDébat et de visuels et supports vidéos dédiés.
20%, est-ce trop demander lorsque la crise écologique menace notre sécurité alimentaire, notre accès à l’eau, notre pouvoir d’achat, notre dépendance énergétique et notre souveraineté vis-à-vis des ressources indispensables au fonctionnement de notre économie, notre sécurité, l’aggravation des inégalités, l’immigration, etc. ? Et tant d’autres aspects de nos vies que nous ne connectons pas encore à cette grande déterminante qu’est le climat.
La lettre ouverte
Madame Salamé, Monsieur Bouleau,
Les scientifiques sont formels : les prochaines années seront déterminantes pour inverser la courbe de nos émissions et avoir une chance de réduire le réchauffement planétaire à 1,5°C. Si un tel réchauffement entraîne des conséquences mortelles pour une grande partie des êtres humains, chaque seuil de réchauffement supplémentaire aggrave cette réalité. Plus que jamais, la crise écologique est à notre porte.
Or, le temps médiatique accordé à la question n’est pas à la hauteur. Cette campagne présidentielle a priorisé les enjeux de sécurité, d’immigration, de cohésion sociale, de pouvoir d’achat, de retraites ou encore de conflits internationaux. Seuls 0,7% du temps de parole a été accordé à l’écologie lors du débat Élysée 2022 ayant succédé à la publication du dernier volet du 6ème rapport d’évaluation du GIEC. Alors même que les 278 plus éminents climatologues nous annonçaient qu’il nous restait 3 ans pour éviter le pire. C’est dérisoire, insuffisant, et surtout dangereux.
Il y a tant à dire, tant de décisions à prendre. Or pour débattre, nous devons être informés. Des débats quotidiens devraient avoir lieu sur les différents plans d’action, la place des technologies et celle de la sobriété, nos stratégies d’adaptation, le rôle de la puissance publique, des entreprises et des individus, l’accompagnement social, la solidarité vis-à-vis des pays les plus impactés. Il y a tant à faire. Il y a surtout urgence : la fenêtre d’opportunité pour agir est brève. Bientôt, il sera trop tard, même pour s’adapter.
Vous animerez mercredi 20 avril le débat du second tour de l’élection présidentielle. Ce débat présidentiel sera le dernier avant l’échéance fixée par le GIEC. Ce dernier débat revêt donc une importance sans précédent. Le climat ne peut plus, de nouveau, être le grand oublié.
Nous vous demandons donc, avec une ferveur issue de notre anxiété collective grandissante, de dédier au minimum 20% de vos questions à la crise écologique. De questionner les candidats, sans relâche, sur leur programme en la matière. Nous voulons des réponses articulées, chiffrées, cohérentes et surtout à la hauteur des enjeux.
Votre métier est d’informer le grand public de l’urgence qui se profile et qui, pour 3,4 milliards d’humains sur Terre, est déjà réalité.
Aidez-nous à nous assurer que ceux qui nous gouvernent détiennent les clés de compréhension de ces enjeux.
Faîtes, enfin, de la crise écologique la priorité.lettre_ouverte_dernierde_bat.pdf
Revisiter la distribution des poissons récifaux coralliens avec l’ADN environnemental
La distribution spatiale et les mécanismes à l’origine de la diversité des poissons coralliens restent mal connus car les données d’occurrences sont parcellaires ou manquantes pour de nombreuses espèces. Une équipe internationale impliquant des chercheurs et chercheuses de l’École Pratique des Hautes Études – PSL (EPHE-PSL), de l’Université de Montpellier, de l’IRD, de l’Ifremer, du CNRS, et de l’École polytechnique de Zurich a parcouru les océans tropicaux durant 2 ans au cours de plusieurs expéditions afin de filtrer et séquencer l’ADN environnemental (ADNe) laissé par les poissons dans l’eau. Ils ont détecté une diversité en poissons récifaux plus élevée de 16 % que celle obtenue avec les techniques conventionnelles d’observation visuelle avec un effort d’échantillonnage bien plus important sur 13 ans. Cet article a été publié dans la revue Proceedings of the Royal Society B le 20 avril 2022.
Distribution de la diversité des poissons récifaux coralliens à travers les océans tropicaux
Les récifs coralliens hébergent la plus grande diversité en poissons marins alors qu’ils ne couvrent que 0,1 % de la surface des océans. Cette diversité, fortement menacée par les perturbations climatiques et humaines, est estimée à ce jour entre 2400 et 8000 espèces réparties dans environ 100 familles. Cette diversité est maximale dans le triangle de corail du Pacifique, avec en particulier des espèces herbivores dont les brouteurs de corail. Des variations dans la composition en espèces apparaissent en raison d’isolements géographiques. Finalement, la moitié de la diversité en poissons récifaux est constituée par de petites espèces benthiques, qui vivent proche du fond, très difficiles à observer avec des approches classiques comme les comptages visuels.
Les chercheurs et chercheuses ont séquencé l’ADN filtré de 226 échantillons d’eau de mer collectés dans 26 sites répartis à travers 3 océans et 5 régions en un temps record de 2 ans (voir figure) et identifié une partie des espèces grâce aux séquences présentes dans des bases de référence internationales. Ils ont alors mis en évidence une diversité en poissons récifaux de 2650 espèces, soit 16 % plus élevée que celle observée lors des recensements d’espèces en plongée (figure, sites noir) pendant 13 ans.
L’ADN environnemental a permis de détecter de nombreuses espèces pélagiques caractéristiques de la haute mer, des espèces vivant dans les eaux profondes ou cachées près du fond, que les plongeurs ne voient que rarement. Parmi les espèces pélagiques détectées par l’ADNe, beaucoup sont des espèces océaniques ou des eaux profondes, ou appartiennent aux familles qui évitent les plongeurs voire ne résident pas de manière permanente sur les récifs coralliens comme les Scombridae et les Carcharhinidae. La détection de ces espèces transitoires est primordiale de par leur participation active et sûrement sous-estimée au fonctionnement du récif, par le biais des stades larvaires pélagiques ou des migrations nocturnes vers le récif.
A l’inverse, les plongées ont permis de détecter de nombreuses familles pas ou peu détectées par l’ADNe, comme par exemple les Labridae ou les Blenniidae. Ces faibles représentations s’expliquent par une présence moindre de ces familles dans les bases de référence de séquences génétiques (entre 0 et 12 %). En effet, une partie importante de l’ADN environnemental filtré ne peut être encore identifié et assigné à des espèces du fait de ces lacunes.
Conséquences pour la biogéographie des poissons récifaux
Les chercheurs et chercheuses ont confirmé une différence de composition en espèces entre les biorégions marines mondiales, en accord avec les plongées et les connaissances passées, qui explique la diversité exceptionnelle des poissons des récifs coralliens. Par exemple, la région tropicale du nord-ouest de l’Atlantique partage seulement 20 % des espèces avec les quatre autres régions. La différence de répartition des espèces à travers les océans peut être expliquée par des événements géologiques passés. Pour cette région, le faible nombre d’espèces en commun avec les autres régions peut s’expliquer par la fermeture de l’isthme de Panama ainsi que par le maintien d’un petit nombre de refuges lors de la dernière période glaciaire pour les récifs coralliens. En revanche, la région indo-pacifique a conservé de vastes refuges de récifs coralliens limitant son isolement. A petit échelle, l’analyse des échantillons d’ADNe montre pour la première fois une forte hétérogénéité dans la composition en espèces de poissons des récifs coralliens.
Ainsi, combiner l’ADN environnemental avec des données d’observation directe en plongées permet des inférences robustes de la biodiversité et de ses patrons à large échelle spatiale.
Référence de l’article
Cross-ocean patterns and processes in fish biodiversity on coral reefs through the lens of eDNA metabarcoding
Laetitia Mathon1,2*†, Virginie Marques1,3†, David Mouillot3,4, Camille Albouy5, Marco Andrello3,17, Florian Baletaud2,3,6, Giomar H. Borrero-Pérez7, Tony Dejean8, Graham J. Edgar9, Jonathan Grondin8, Pierre-Edouard Guerin1, Régis Hocdé3, Jean-Baptiste Juhel3, Kadarusman10, Eva Maire3,11, Gael Mariani3, Matthew McLean12, Andrea Polanco F.7, Laurent Pouyaud13, Rick D. Stuart-Smith9, Hagi Yulia Sugeha14, Alice Valentini8, Laurent Vigliola2, Indra B Vimono14, Loïc Pellissier15,16‡, Stéphanie Manel1‡, Proceedings of the Royal Society B, 20 avril 2022. + DOI
Cette étude a été conduite par un consortium international d’équipes de recherche, dont plusieurs ont développé des collaborations renforcées dans certaines régions du monde.
Il est urgent d’adapter les bâtiments au changement climatique !
Dans son étude pour évaluer l’empreinte de l’adaptation au changement climatique des bâtiments dans les scénarios Transition(s) 2050 de l’ADEME, l’OID revient sur les risques climatiques pour le secteur de l’immobilier à l’horizon 2050 et sur les différents chemins possibles pour y faire face. L’adaptation au changement climatique y est étudiée sous le prisme de son empreinte carbone afin d’accompagner les acteurs vers une stratégie pouvant garantir l’atteinte des objectifs nationaux visant à maintenir le changement climatique sous la barre des 2°C et ainsi assurer aux générations futures une planète vivable. Cette étude propose également une analyse des conséquences sur les bâtiments d’un réchauffement à +4°C, le scénario le plus probable si un changement drastique n’est pas entrepris d’ici les trois prochaines années.
Fin février 2022, le rapport du GIEC confirmait l’impérieuse nécessité des efforts relatifs à la fois à l’atténuation du changement climatique mais également à l’adaptation aux évènements climatiques extrêmes qu’il provoque. Inondations dévastatrices en Allemagne, dôme de chaleur au Canada, méga-feux en Australie, nous subissons d’ores et déjà les conséquences des effets des activités humaines sur le climat. Dans les années à venir, ces conséquences (vagues de chaleur, inondations, incendies mais aussi sécheresses et submersions marines) vont s’intensifier tant dans leur fréquence que dans leur amplitude. Il est urgent de lier adaptation et atténuation, les experts du GIEC sont formels : tout retard supplémentaire dans l’action mondiale manquera une brève fenêtre d’opportunité pour garantir un avenir vivable et durable pour tous.
Le secteur des bâtiments est déjà particulièrement impacté par les aléas climatiques. La Fédération Française des Assurances estime leur coût annuel pour le secteur à 3 milliards d’euros. Dans cette étude, l’OID analyse les risques pour le secteur à l’horizon 2050 pour les scénarios du GIEC +2 et +4°C à 2100. Pour les vagues de chaleur par exemple, la proportion du parc exposé à un risque très important augmente en moyenne de 26% pour un scénario de respect des engagements climatiques contre une moyenne de 63% dans le scénario tendanciel : il est impératif de se placer sur une trajectoire de respect des engagements climatiques car une différence de 2°C de réchauffement est cruciale.
En analysant les empreintes carbone des stratégies d’adaptation pour le secteur de l’immobilier, l’OID met en avant une deuxième conclusion importante. Les seules stratégies d’adaptation des bâtiments au changement climatique qui permettent l’atteinte d’une neutralité carbone sans recours à des puits technologiques sont celles qui s’appuient sur les solutions d’adaptation fondées sur la nature. Ces solutions restent ainsi incontournables pour atteindre la neutralité carbone à 2050.
Quelle adaptation des bâtiments dans les scénarios Transition(s) de l’ADEME ?
Le secteur de l’immobilier est déjà très exposé aux aléas climatiques. Comment cette exposition évoluera-t-elle à 2050 ? Quelles pourraient être les solutions d’adaptation mises en œuvre selon et quel serait leur empreinte carbone ?
Pour répondre à ces questions, l’OID explore l’exposition à quatre aléas climatiques (vague de chaleur/îlot de chaleur urbain, sécheresse/retrait-gonflement des argiles, inondation et submersion marine) du parc immobilier en France métropolitaine dans les scénarios Transition(s) 2050 de l’ADEME. Retrouvez la synthèse et le rapport technique expliquant la méthodologie de cette étude.
RAPPORT SYNTHÈSE
Allier adaptation et atténuation du changement climatique dans le secteur du bâtimentAlbane Gaspard Animatrice de secteur Prospective du bâtiment et de l’immobilier, ADEME
Le changement climatique oppose à notre société, et à tous les secteurs économiques confondus, un double défi : mener de front les transformations attenantes à la réduction des émissions de gaz à effet de serre et des vulnérabilités climatiques. Afin de relever ce défi, l’ADEME a souhaité réaliser un travail de prospective de conduite de la France vers la neutralité carbone dans le but d’éclairer les débats pour accélérer les prises de décisions. Quatre scénarios Transition(s) 2050 ont pu être étudiés avec pour objectif l’évaluation de leur empreinte et faisabilité.
Sakina Pen Point Responsable de programme Adaptation au changement climatique, OIDLe rapport du GIEC paru en février 2022 révèle la nécessité absolue des efforts relatifs à la réduction de la vulnérabilité et l’adaptation au changement climatique.
Le siècle sera marqué par l’augmentation en fréquences, durées et intensités des vagues de chaleur, exacerbées par les phénomènes d’îlots de chaleur urbain, rendant ainsi les bâtiments inconfortables, voire inexploitables.
Les périodes de sécheresses deviendront plus intenses, longues et fréquentes. Couplées à des natures de sols argileuses, elles étaient déjà à l’origine de 10 milliards d’euros de coûts cumulés associés aux sinistralités entre 1990 et 2004. Des précipitations plus intenses, sur des zones très artificialisées, mèneront à davantage d’inondations. Les dynamiques littorales tempétueuses et la montée du niveau de la mer annoncent, elles, des submersions marines périodiques régulières avant érosion et perte des bâtiments.
Le secteur du bâtiment est particulièrement à risque, d’autant plus que l’inertie de renouvellement du parc immobilier diminue les marges de manœuvre tardives.
La projection et la gestion prévisionnelle à long terme sont donc impératives pour le secteur. C’est pourquoi l’OID a participé à l’étude Transition(s) 2050 sur le volet adaptation des bâtiments au changement climatique en répondant aux questions suivantes : A quels risques climatiques les bâtiments seront-ils confrontés ? Quels sont les choix à effectuer pour diminuer leur vulnérabilité ? Quelle sera l’empreinte carbone de ces choix ?Adaptation du bâtiment dans Transition(s) 2050RÉSUMÉ exécutif
Le secteur de l’immobilier est déjà très exposé aux aléas climatiques. Comment cette exposition évoluera-t-elle à 2050 ? Quelles pourraient être les solutions d’adaptation mises en œuvre selon et quel serait leur empreinte carbone ? Cette étude explore l’exposition à quatre aléas climatiques (vague de chaleur/îlot de chaleur urbain, sécheresse/retrait-gonflement des argiles, inondation et submersion marine) du parc immobilier en France métropolitaine dans les scénarios Transition(s) 2050 de l’ADEME.
Transition(s) 2050 dessine quatre voies d’atteinte de la neutralité carbone pour la France à 2050, avec des philosophies (plus ou moins de sobriété, plus ou moins de recours à des technologies nouvelles…) et des choix pour le parc immobilier (localisation, volume, rénovation, modes constructifs…) différents. Quelles conséquences en termes d’exposition au risque climatique ?
L’exposition aux vagues de chaleur augmente d’ici à 2050 quel que soit le scénario climatique. Dans le scénario RCP 8.5, l’augmentation de la proportion surfaces exposées est bien plus importante, et ce, quel que soit le scénario Transition(s) 2050 considéré. L’exposition dépend également des choix sur le volume et la localisation de la construction neuve. La quantité de surfaces exposées à un « risque très important » progresse de façon croissante du S1 au S4. De 61% à 65% du parc est exposé à un risque très important en 2050 dans un scénario RCP 8.5, contre 26% à 27% dans un scénario de respect des engagements climatiques (RCP4.5) (et 0% en 2020).
La proportion du parc concerné par le « risque très important » de sécheresses & retrait-gonflement des argiles varie beaucoup selon le scénario climatique choisi. Estimée à 11% en 2030, elle se situe à 16% (selon le scénario ADEME) en 2050 pour le scénario RCP 4.5, et monte à 47% dans le scénario RCP 8.5. Entre les scénarios Transition(s) 2050, la différence dans les niveaux de risque est imputable à des coefficients d’artificialisation différents.
Les risques de submersions marines sont similaires dans les scénarios RCP 4.5 et 8.5. Cette absence de différenciation provient du fait de l’inertie du phénomène de montée du niveau de la mer à 2050. Dans ces deux scénarios, l’ensemble des surfaces des bâtiments à « risque passable » en 2020 devient à « risque très important » en 2050 (sans inclure les nouvelles zones à risques). Ainsi, les risques climatiques sont déjà tangibles, et ils s’accentueront d’ici à 2050, en surface de bâtiments impactés, mais aussi en intensité.
Les mesures d’adaptation qui peuvent être mises en place sont variables selon les scénarios, en fonction de leur propension à privilégier la sobriété ou la généralisation de l’utilisation de la technologie. De la même façon, l’impact carbone des actions d’adaptation peut varier grandement entre scénarios, et notamment en fonction d’un recours plus ou moins marqué à des solutions fondées sur la nature. Dans S1 et S2, où ces solutions sont fortement développées, l’adaptation des bâtiments au changement climatique est neutre en carbone. En revanche, les stratégies d’adaptation dans S3 et S4, qui s’appuient sur le développement technologique et les capacités de la technologie à préserver les systèmes écologiques, sont fortement carbonés (digues…).
Les seules stratégies d’adaptation des bâtiments au changement climatique neutres en carbone sont donc celles qui s’appuient sur les solutions d’adaptation fondées sur la nature. Ces solutions restent ainsi incontournables pour atteindre la neutralité carbone à 2050. Ces résultats appellent à anticiper dès maintenant l’impact du changement climatique sur le parc immobilier, et à adopter, autant que possible, des solutions d’adaptation du bâti qui contribuent à la neutralité carbone.
1333_OID-ADEME-2022-A4-OK3.pdf
L’Observatoire de l’Immobilier Durable – OID – est l’espace d’échange indépendant du secteur immobilier sur le développement durable et l’innovation. Penser l’immobilier responsable est la raison d’être de l’OID qui rassemble plus de quatre-vingts membres et partenaires parmi lesquels les leaders de l’immobilier en France sur toute sa chaîne de valeur. Acteur indépendant, au service de l’intérêt général, l’OID est une association qui participe activement à la montée en puissance des thématiques ESG en France et à l’international, par un programme d’actions sur le terrain et auprès des pouvoirs publics.
– www.o-immobilierdurable.fr
Plateforme de ressources en ligne TALOEN pour l’immobilier responsable
Application développée par l’OID, Taloen permet d’accéder à des ressources et outils pour l’immobilier responsable.
Disponibles en libre accès, les Baromètres, les études prospectives, les fiches de décryptage réglementaire, les outils d’accompagnement à la mise en place de démarches responsables pour l’immobilier, les vidéos, sont élaborés par l’équipe de l’OID avec l’appui d’experts du secteur immobilier.
– www.taloen.fr
La neutralité carbone à l’horizon 2050 appartient désormais au langage commun. Si sa définition est à peu près partagée, le chemin pour l’atteindre reste encore flou, voire totalement inconnu, pour la plupart des décideurs et des citoyens. Face à l’urgence climatique, les changements à opérer sont d’une telle ampleur qu’il est pourtant indispensable d’accélérer les débats sur les choix de société à conduire mais le chemin pour l’atteindre reste encore flou, voire inconnu, pour les décideurs et les citoyens. C’est pourquoi l’ADEME a souhaité soumettre au débat quatre chemins « types », cohérents et contrastés pour conduire la France vers la neutralité carbone.
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