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Déclaration de Dakar au Sommet Climate Chance Afrique pour répondre aux défis du changement climatique

capture_d_e_cran_2022-10-07_a_18.34_12.png DÉCLARATION de DAKAR des acteurs non-étatiques à l’issue de la SEMAINE DE LA MOBILITÉ DURABLE ET DU CLIMAT #SMDC2022 À Dakar en cette Semaine de la Mobilité Durable et du Climat du 03 au 07 octobre 2022, des acteurs du monde entier – en particulier du continent africain, hôte de la prochaine COP27 – se sont réunis pour réaffirmer leur engagement et le rôle déterminant de l’action territoriale pour développer une mobilité durable et pour atténuer le changement climatique autant que de s’adapter à ses conséquences. La science est sans équivoque et le dernier rapport du GIEC le montre, le changement climatique est une menace concrète sur tous les continents. Un réchauffement supérieur à 1,5 °C entraînera des impacts graves et irréversibles, limitant la capacité d’adaptation et menaçant gravement l’équilibre aussi bien des écosystèmes naturels que des sociétés humaines. L’année 2022 et son cortège de catastrophes climatiques en est une claire illustration. Les participants au sommet de Dakar, issus de toutes les catégories d’acteurs du climat et de la mobilité durable, réaffirment les priorités fortes qu’ils souhaitent voir mises au cœur des débats de la COP 27 en rappelant que le changement climatique est une menace directe pour la paix dans le monde, en particulier par l’insécurité alimentaire et énergétique qu’il génère. Nous rappelons la nécessité de renforcer l’attention sur les enjeux d’adaptation et de rééquilibrer les négociations et les financements par rapport aux investissements sur l’atténuation. Nous réaffirmons le besoin de renforcer l’accès à tous les types de financements au niveau des territoires, la nécessité d’innovation dans des financements verts, qui doivent s’ouvrir plus aux pays en développement. Nous insistons sur la prise en compte du rôle des collectivités locales qui sont souvent les mieux à même de mettre en œuvre des politiques holistiques et adaptées aux réalités locales en étroite liaison avec les acteurs économiques et sociaux de leurs territoires. Dans cette perspective, le renforcement des capacités (formation et ingénierie de projet) est d’une importance capitale. Nous soulignons l’importance d’une action résolue pour assurer le droit en tout lieu, pour toutes et tous, à une mobilité durable qui est une condition majeure pour l’accès à l’éducation, à l’emploi et à la liberté individuelle. Pour cela l’accent doit être mis sur toutes les innovations et les financements permettant de développer les solutions alternatives à l’usage individuel de moyens de transports carbonés. Nous rappelons l’importance de ces politiques de mobilité collectives et actives dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Nous voulons, plus que jamais, accélérer la transition énergétique dans un contexte géopolitique extrêmement tendu, notamment du fait de la fragilisation des approvisionnements en énergies fossiles, impactant l’ensemble des économies du monde. Nous demandons que l’ensemble des mutations nécessaires se fassent dans un souci permanent de justice et d’équité. Nous rappelons que les Etats n’ont pas tous ni la même responsabilité dans la situation climatique actuelle, ni les mêmes moyens pour y faire face. Ceci vaut aussi au niveau des personnes et nous insistons sur la nécessaire prise en compte dans les politiques publiques concernées des inégalités de genre, de génération et de territoire. Nous rappelons enfin qu’une réponse globale aux défis du changement climatique nécessite un monde régulé, la définition d’objectifs et de stratégies communes entre les Etats, pour la stabilisation du climat, la réduction des émissions, l’adaptation et la réponse aux pertes et dommages subies par les pays les plus vulnérables. Aussi la paix dans le monde et le respect par tous de la Charte des Nations Unies est une condition absolument nécessaire de la réussite des accords de Paris sur le climat dont la mise en œuvre doit être accélérée et déclinée en actions concrètes et ambitieuses, notamment sur le continent africain.

LA FEUILLE DE ROUTE DES ACTEURS AFRICAINS DU CLIMAT RÉUNIS A DAKAR

climate_chance_logo.png 4ème SOMMET CLIMATE CHANCE AFRIQUE #SCCA2022 DAKAR, SENEGAL 4 AU 6 OCTOBRE 2022 Nous, représentants des collectivités territoriales et des acteurs non étatiques d’Afrique, réunis lors du 4ème sommet Climate Chance Afrique, du 4 au 6 octobre 2022, dans le cadre de la semaine de la mobilité durable et du climat de Dakar : Soulignons que cette rencontre est le dernier évènement majeur sur les défis du changement climatique en Afrique organisé en amont de la 27ème conférence des parties (COP 27), en Égypte, où le financement de l’adaptation et des pertes et dommages seront au cœur des négociations et où l’importance de développer des actions d’ampleur sur le continent africain sera fortement rappelée. Rappelons donc l’importance d’une prise en compte par les États-Parties des propositions et demandes des acteurs des territoires, dont l’expérience et la capacité de mettre en œuvre des solutions concrètes sont au cœur des réponses à apporter face aux défis du changement climatique. Inscrivons ces priorités dans la suite des messages développés lors des précédents sommets Climate Chance africains (Agadir 2017, Abidjan 2018, Accra 2019), véritables “pré-COP” non étatiques et en cohérence et synergie avec les déclarations spécifiques d’autres grands évènements de rassemblement des acteurs territoriaux, en particulier le Sommet Africités de mai 2022 à Kisumu au Kenya et la déclaration des collectivités et organisations de la société civile africaine réunies à Saly au Sénégal en juillet 2022. Nous réaffirmons donc en complément de la déclaration “chapeau” de la Semaine de la Mobilité Durable et du Climat de Dakar :
  • 1 – L’urgence absolue de la lutte contre le changement climatique, après une année 2022 particulièrement difficile, où les catastrophes liées à ce dérèglement auront été nombreuses, frappant d’abord les pays et les populations les plus vulnérables. Nul ne peut aujourd’hui contester les diagnostics posés par la communauté scientifique internationale, rassemblées dans le GIEC, et leurs préconisations se doivent d’être suivies, notamment l’importance d’une stabilisation des températures au plus proche de 1,5 °C.
  • 2 – Dans ce contexte, l’Afrique souffre particulièrement d’un réchauffement dont elle ne porte pas la responsabilité. Aussi le financement, à la hauteur des enjeux, des politiques d’adaptation et des pertes et dommages des pays les plus vulnérables, doit être une priorité de la communauté internationale et des pays les plus émetteurs de gaz à effet de serre.
  • 3 – Les politiques d’actions climatiques ne peuvent réussir que si elles prennent en compte les questions de justice sociale et d’égalité de genre, en intégrant les besoins des groupes les plus exclus, notamment les peuples autochtones, les femmes et les jeunes, pourtant porteurs de solutions très adaptées aux réalités locales. Alors que l’ONU vient de reconnaitre le droit humain à un environnement propre, sain et durable comme droit humain universel, nous rappelons la nécessité de mettre en cohérence et en synergie les Agendas du climat et des objectifs de développement durable (ODD).
  • 4 – L’année 2022 est celle où se tiennent les COP des trois conventions de RIO, sur la biodiversité, le climat et la désertification. C’est au niveau des territoires que cette convergence peut être le mieux assurée. Nous notons avec intérêt la volonté exprimée par nombre de parties de travailler à une convergence de ces trois conventions. Nous insistons tout particulièrement sur l’importance de prendre en compte et de financer les propositions élaborées lors de la COP désertification à Abidjan, et sur les possibilités offertes par la nature, tant dans les politiques d’adaptation que de captation du carbone. En ce sens, la préservation et le renforcement des ceintures de mangroves et du couvert forestier sont des enjeux majeurs, passant par la mobilisation de tous les acteurs concernés, peuples autochtones et populations locales, élus territoriaux, ONG, filières économiques.
  • 5 – Dans quelques années, une majorité de la population africaine vivra dans les villes, notamment côtières. La planification urbaine durable et la structuration des réseaux des villes dans le cadre d’une politique volontariste d’aménagement du territoire sont donc un enjeu central pour l’adaptation comme pour la réduction des émissions. Nous rejoignons les préconisations de CGLU-Afrique, soulignées dans la déclaration d’Africités à Kisumu : l’importance de renforcer la décentralisation fondée sur des recettes fiscales autonomes et la maîtrise foncière, et d’avoir des politiques de mobilité cohérentes. Le renforcement des capacités des collectivités territoriales est un enjeu majeur, et nous réaffirmons donc l’importance de l’initiative du pacte des maires sur le climat, porté par l’Union européenne qui doit concerner tant les mégalopoles que les villes moyennes qui sont un atout négligé jusqu’ici pour la mise en œuvre des solutions efficientes.
  • 6 – Il ne saurait être question pour autant de nier les enjeux du monde rural. Le développement de filières agricoles durables, l’accès à l’eau et à l’énergie, l’attention portée à la situation des femmes et des jeunes sont des défis essentiels qui passent là aussi par une confiance renforcée envers les acteurs des territoires, le renforcement de leurs capacités d’action, par l’accès aux financements et à la formation.
  • 7 – L’accès au financement pour les actions de terrain reste toujours une difficulté majeure pour le renforcement et le déploiement de l’action climatique. Nous insistons, comme souligné dans la déclaration de Saly, sur l’accréditation par le Fonds Vert d’entités permettant que les ressources financières dudit fonds atteignent le niveau local pour y soutenir l’élaboration et la mise en œuvre des projets climatiques.
  • 8 – Les financements de compensation sont aujourd’hui en fort développement et certains secteurs, comme l’aviation et le transport maritime en font aujourd’hui le socle de leurs actions d’atténuation. Ces financements nouveaux peuvent offrir des perspectives intéressantes pour le renforcement de l’action, mais nous insistons sur la nécessaire vigilance dont nous devons faire preuve. En aucun cas ces financements ne doivent dédouaner les secteurs concernés de leurs efforts de réduction massive de leurs propres émissions. Les projets financés doivent garantir le respect des droits des peuples autochtones et des populations locales, apporter des améliorations en termes de développement humain, notamment en intégrant la dimension genre, la situation des femmes et des jeunes, et préserver la biodiversité des écosystèmes.
  • 9 – Pour renforcer la prise en compte de l’action territoriale, son intégration dans les contributions déterminées au niveau national (CDN) est nécessaire. Nous plaidons donc pour la mise en place de cadres d’échange et de suivi des acteurs non étatiques et des collectivités territoriales pour leur comptabilisation dans les CDN, sur l’atténuation comme l’adaptation. Dans la même logique nous soutenons l’expérimentation de contributions déterminée au niveau local.
  • 10 – Ce renforcement de la capacité d’action des acteurs territoriaux passe par une meilleure connaissance des actions engagées et de leurs impacts tant qualitatifs que quantitatifs. Aussi nous considérons nécessaire la mise en place d’un véritable observatoire africain de l’action climatique non étatique qui éclairera les décideurs nationaux et internationaux sur l’impact des actions menées, leur potentiel de développement, les freins à leur déploiement.
  • 11 – Nous devons aussi renforcer l’échange de bonnes pratiques, le porter à connaissance sur les succès comme sur les difficultés. Les moyens dédiés à l’information et à la formation se doivent d’être renforcés. Les coopérations décentralisées Sud-Sud, Sud-Nord et l’intégration des apports de la diaspora africaine peuvent aussi être un outil précieux de ce renforcement des capacités.
  • 12 – Nous rappelons enfin que la stabilisation du climat et le renforcement des moyens dédiés à l’adaptation n’est possible que dans un monde de régulation où la gouvernance internationale fonctionne. La paix dans le monde, la fin des conflits et le respect par tous de la Charte des Nations Unies sont des conditions nécessaires à la mise en œuvre de l’accord de Paris sur le climat et à l’avenir de l’humanité.
Acteurs signataires de la déclaration de Dakar au Sommet Climat Chance Afrique
Acteurs signataires de la déclaration de Dakar au Sommet Climat Chance Afrique

 

Textile et fast-fashion : le gouvernement refuse de s’attaquer à la surproduction selon Les Amis de la Terre

Le 27 septembre 2022, Bérangère Couillard, secrétaire d’État chargée de l’écologie, a présenté la feuille de route 2023-2028 visant à limiter les impacts du secteur du textile en France. Si le constat est lucide quant à l’empreinte carbone de la filière, les coûts environnementaux et sociaux et la nécessité de limiter la surproduction et la fast-fashion, les mesures mises en avant manquent encore un fois leur cible en se refusant à réduire la production, selon les Amis de la Terre. Le nouveau cahier des charges encadrant le secteur a pour but de fixer de nouvelles obligations s’appliquant aux producteurs de textiles, chaussures et linge de maison à partir de janvier 2023.
Measuring Fashion: Insights from the Environmental Impact of the Global Apparel and Footwear Industries
Measuring Fashion: Insights from the Environmental Impact of the Global Apparel and Footwear Industries
La filière textile est l’une des plus polluantes au monde : empreinte carbone élevée [[Quantis & The Climate Works Foundation, Measuring Fashion, 2018]], utilisation intense en eau, terres agricoles [[Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, Mesurer la durabilité des systèmes de culture du coton, 2015]], produits chimiques classifiés dangereux… Mesurer la durabilité des systèmes de culture du coton A cela s’ajoute les mauvaises conditions de travail des travailleurs et travailleuses des pays exportateurs : pratiques commerciales déloyales, salaires insuffisants, volume horaire insoutenable. Dans son constat, le gouvernement liste avec précision l’ensemble de ces problèmes et pointe avec justesse la responsabilité de la fast-fashion et de notre dépendance à l’importation. Cependant, si les constats sont les bons, les réponses apportées ne suffisent pas et comportent aussi de nombreuses faiblesses les empêchant de réaliser leur plein potentiel. En l’état, le cahier des charges propose la mise en place d’un bonus récompensant la durabilité des produits mis sur le marché, la présence de labels éco-responsables ou la teneur en matières recyclés. D’un part, les labels environnementaux concernés sont bien souvent limités en termes d’exigence et de délais, servant simplement d’écran de fumée à l’industrie textile [[Changing Markets, Licence to Greenwash, 2022]]. Licence to Greenwash D’autre part, l’absence de revalorisation de l’éco-contribution ou de malus appliqué aux textiles non conformes aux critères de durabilité constituent une faille majeure car le bonus seul constitue une subvention à la fast-fashion. Au-delà, le réel manquement du texte réside en l’absence de mesures visant à limiter la fast-fashion et la surproduction qui en découle. Le texte propose effet de nombreuses disposition favorisant le réemploi, la réutilisation, la réparation et le recyclage. Si ces mesures sont nécessaires, elles demeurent inefficaces face à une production exponentielle. En effet, entre les années 2000 et aujourd’hui, la quantité de vêtements consommés a doublé alors que le taux de recyclage actuel peine à atteindre 1% [[Ellen MacArthur Foundation, A new textile economy, redesigning fashion’s future, 2017]]. A new textile economy, redesigning fashion’s future Il y a donc un réel besoin d’adopter mesures permettant d’enrayer la mise en marché tel que proposé par la coalition En Mode Climat [[En Mode Climat est une coalition composé d’environ 500 d’acteurs économiques de l’industrie textile et ayant pour but de limiter les impacts négatifs du secteur.]] en pénalisant les acteurs de la fast-fashion [[En Mode Climat, Révision du cahier des charges REP, 2022]]. En Mode Climat, Révision du cahier des charges REP, 2022
Pierre Condamine, chargé de campagne surproduction aux Amis de la Terre France conclut : « Le gouvernement est encore dans une logique de sobriété qui ne voudrait rien changer aux processus de production et de consommation. S’il y a un réel bien-fondé à encourager les bonnes initiatives comme la durabilité ou la réparation, ces dernières sont insuffisantes face à une augmentation toujours croissante des produits mis en marché et l’impact environnemental, climatique et social de leur production ».
5. 6.

 

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Cinq façons pour le journalisme de soutenir l’action climatique et combattre la désinformation

Le journalisme climatique remplit un rôle unique en couvrant l’une des questions les plus urgentes de notre époque selon l’ONU. C’est un fait : les médias façonnent l’opinion publique sur le changement climatique et la manière d’y répondre. Le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) des Nations Unies avait déjà lancé l’alerte dans son dernier rapport. Selon le GIEC, ce pouvoir de « façonnage » d’opinion peut utilement susciter le soutien du public pour la lutte contre les changements climatiques mais peut également avoir l’effet inverse.

Urgences climatiques : décryptage des prochaines échéances internationales – COP27 et COP15 – par l’AFD

Alors que le monde fait face aux conséquences économiques et sociales d’une crise sans précédent et que la guerre en Ukraine bouleverse les équilibres géopolitiques, les phénomènes climatiques extrêmes continuent de se multiplier, menaçant le vivant dans son ensemble. Dans ce contexte marqué par les crises mais aussi une prise de conscience croissante de l’interconnexion des enjeux et de l’urgence à agir, la fin de l’année 2022 sera ponctuée par des échéances internationales importantes sur les sujets relatifs à la lutte contre le réchauffement climatique et la protection de la biodiversité ainsi que plusieurs temps forts pour le Groupe AFD.
  • Les 19 et 20 octobre, le troisième Sommet « Finance in Common », organisé par la BAfD et la BEI aura lieu à Abidjan, précédé d’une conférence de recherche le 18 octobre. Sous le thème « Green and just transition for a sustainable recovery », il mobilisera les 530 banques publiques de développement autour de l’importance du financement d’actions dans les domaines de la résilience et de l’adaptation, des infrastructures vertes, la santé et la protection sociale, le soutien aux droits humains et la lutte contre les inégalités.
  • La COP 27 sur le climat aura lieu du 7 au 18 novembre à Charm El Cheikh en Egypte, pour la première fois sur le continent africain. Sept ans après la signature de l’Accord de Paris dans lequel les pays se sont engagés à limiter l’augmentation de la température moyenne à 1,5°C/2°C, et atteindre la neutralité carbone au cours de la deuxième moitié du 21ème siècle au niveau mondial, cette COP est présentée par la présidence égyptienne comme la « COP de mise en œuvre ». Elle concentre de fortes attentes sur la mise en œuvre des engagements pris à Glasgow l’an dernier par les pays développés concernant l’adaptation (doubler la finance pour l’adaptation d’ici 2025, par rapport au niveau de 2019), les pertes et préjudices (accompagner les pays les plus vulnérables à faire face aux dommages inévitables engendrés par le changement climatique) et la finance climat (100 milliards de dollars par an pour aider les pays en développement à faire face au réchauffement climatique). Les avancées sur les trajectoires de long terme et plus particulièrement les appuis aux initiatives JET-P (Just Energy Transition Partnership) feront également l’objet d’une très forte attention.
  • La COP 15 pour la biodiversité se tiendra finalement du 5 au 17 décembre à Montréal, sous présidence chinoise. Plusieurs fois reportée, elle fait l’objet d’incertitudes, bien qu’elle devra permettre l’adoption du Cadre mondial pour la biodiversité (CMB). L’ambition est la neutralisation de l’empreinte écologique du développement à horizon 2030 et une humanité positive pour la nature à l’horizon 2050, via la préservation des écosystèmes sur à minima 30% de la surface de la planète, et une gestion des usages et des activités économiques. Ce cadre remplacera le cadre adopté à Aïchi en 2010. Il comprenait 20 cibles (Aïchi targets), qui n’ont pas été atteintes.
  • Les 7, 8 et 9 décembre, l’AFD organisera sa 15e conférence internationale de recherche sur le thème « Soutenabilité forte. Les trajectoires de développement Net Zéro sont-elles soutenables » ? Objectif: Mobiliser le monde de la recherche sur la construction de trajectoires de développement durable et générer des recommandations d’actions en matière de politique publique et à destination du secteur privé.

Le Groupe AFD mobilisé pour le climat et la planète

Le Groupe AFD, l’un des premiers bailleurs investis sur le climat, démontre sa capacité à matérialiser l’alignement sur les accords de Paris au travers de volumes importants pour le climat (6Mds€ en 2021), d’une sélectivité forte sur les projets et de processus exigeants (avis développement durable).
  • Nous accompagnons nos partenaires dans la définition et la mise en œuvre de trajectoires de développement durable de long terme via le dialogue de politique publique et des financements.
  • En ligne avec le Pacte de Glasgow, nous renforçons notre action en matière d’adaptation pour accompagner les pays les plus vulnérables à faire face aux conséquences du réchauffement climatique
  • Nous faisons le choix d’une approche Planète qui aborde de front les questions climat et nature car les populations impactées par les changements climatiques sont encore plus vulnérables si les écosystèmes sont vulnérables. Dans ce contexte le Groupe AFD fait déjà converger ses financements (30% des financements climat bénéficient aujourd’hui à la biodiversité, soit un engagement d’1Md d’euros à horizon 2025), et promeut des solutions fondées sur la Nature.
  • Face à la progression continue de l’insécurité alimentaire et nutritionnelle, nous nous sommes engagés en 2022 à mobiliser 400 millions d’euros pour financer de nouveaux projets dans les secteurs de l’agriculture et de la sécurité alimentaire, particulièrement affectés par les changements climatiques. Alors qu’une personne sur cinq souffrait de la faim en 2021 sur le continent africain, la moitié de ces engagements y sont consacrés. Cette mobilisation du Groupe AFD s’inscrit dans le pilier « production durable » de l’initiative Food & Agriculture Resilience Mission (FARM), lancée en réaction aux difficultés d’approvisionnement en céréales et en engrais de certains pays d’Afrique et du Moyen-Orient conséquemment à la guerre en Ukraine. L’AFD promeut la transition agroécologique des systèmes de production, alliant performance économique, contribution à la sécurité alimentaire et préservation des écosystèmes.
  • Le Groupe AFD a l’ambition de mobiliser tout le secteur financier, public, privé et régulateurs pour passer à une nouvelle échelle du financement du développement durable, un objectif porté haut au sein des réseaux et coalition de banques publiques de développement, IDFC et Finance en commun. Les 550 PBS représentent 15% des investissements mondiaux et un potentiel d’entrainement estimé pour 85% des flux financiers totaux. Cette ambition passe également par l’amplification de nos cofinancements et ressources externes déléguées (Union européenne, fonds thématiques), la mobilisation des acteurs de la coopération internationale (en créant des synergies avec nos partenaires : collectivités, entreprises, fondations…etc.) et la mobilisation citoyenne et sensibilisation des jeunesses en France et des Sud (éducation à la citoyenneté et à la solidarité internationale).

CHIFFRES CLEFS DE LA FINANCE VERTE

  • FINANCE VERTE MONDIALE :
  • Finance climat mondiale 2019/2020 : USD 632 Mds (CPI)
  • Besoins finance climat : USD 4.35 trillions par an d’ici 2030 pour atteindre les objectifs de l’AP (CPI)
  • Finance biodiversité mondiale (2019) : USD 124-143 Mds (x3 depuis 2012)
  • Besoins finance biodiversité : USD 722-967 Mds par an sur 10 ans pour atteindre les objectifs du futur CMB (Paulson Institute)
  • Selon le World Economic Forum, USD 44 trillions du PIB mondial – 1⁄2 – est modérément ou hautement dépendant de la nature.
  • FICS
  • • 550 banques publiques de développement (BPD) identifiées par INSE-AFD
  • • Les BPD investissent collectivement USD 2.5 trillions par an
  • • En 2020, les BPD ont fortement rehaussé leurs décaissements et représentaient USD 2.7 trillions, contre USD 2.2 trillions en 2019
  • • Totalité des actifs des BPD : USD 23 trillions
  • • Distribution géographique : 31% Asie, 22% Europe, 22% Ameriques, 20% Afrique.
  • • Propriété : 70% nationale, 21% subnationale, 9% multilaterale.
  • IDFC
  • USD 185 Mds de finance verte en 2020
  • Dont USD 27 Mds en faveur de l’adaptation, 14 Mds pour la biodiversité
  • USD 1 trillion de finance verte sur la période 2015-2020
  • potentiellement USD 1,3 trillion d’ici 2025.
  • AFD
  • 6 Mds€ engagés par le Groupe AFD en 2021 pour lutter contre le changement climatique et ses effets ;
  • dont 2 Mds€ en faveur de l’adaptation (30%).
  • Répartition géographique : 1,8 Mds€ en Afrique, 1,1 Mds€ en Amérique Latine, 2,6 Mds au Moyen-Orient et en Asie, 396 M€ sur la zone trois océans, 94M€ sur des projets multi-pays.

Dates clés

Septembre
  • 18 sept-8 oct: Semaine européenne du développement durable
  • 28 sept : Conversation de recherche : « L’intelligence artificielle au service de l’Agenda 2030 : le Prospecteur ODD »
Octobre
  • 4-5 oct: IDFC Sherpa Meeting hosted by BICE (Buenos Aires, Argentina)
  • 13 oct : Conférence AFD-CEROM sur les Outre-mer à Paris
  • 13-15 oct: IUCN Leaders Fom ((Jeju, South Korea):
  • 14-16 IMF & WB Annual Meetings (Washington)
  • 18- 20 oct : FICS 3 Abidjan
  • 19 oct Webinaire ECO sur les aires protégées & inégalités en Indonésie (TBC)
Novembre
  • 5-13 nov : Convention sur la conservation et l’utilisation rationnelle des zones humides (Genève)
  • 7-18 nov : COP 27 climat à Charm El Cheikh
  • 8 nov : Evénement Grande Muraille verte à l’AFD
  • 10 nov : IDFC annual meeting (à la COP)
  • 15-20 nov: Sommet du G20 à Bali
Décembre
  • 5-17 déc : COP 15 biodiversité à Montréal
  • 5-9 déc : Conférence de recherche AFD sur la soutenabilité forte

Intervenants du Groupe AFD

REMY RIOUXDirecteur Général du groupe Agence française de développement (groupe AFD), Président de l’International Development Finance Club (IDFC), Président du comité exécutif de Finance in Common.
REMY RIOUX
REMY RIOUX
Expert des institutions financières internationales, Rémy Rioux a tenu différents postes de haut niveau tout au long d’une carrière entièrement consacrée au développement, notamment en Afrique. Après avoir été directeur de cabinet du ministre de l’économie et des finances, il a été nommé secrétaire général adjoint du ministère des Affaires étrangères et du développement international, coordonnant entres autres l’agenda financier de l’Accord de Paris en 2015. Rémy Rioux a pris en 2016 la direction de l’Agence française de développement, qui a vu son mandat élargi et ses moyens accrus. Il a été reconduit dans ses fonctions en 2019 pour un deuxième mandat, puis en 2022 pour un troisième mandat. En 2017, Rémy Rioux a également été élu président de l’International Development Finance Club (IDFC), un groupe qui rassemble aujourd’hui les 27 plus grandes banques de développement nationales et régionales du monde, et l’un des plus importants pourvoyeurs de financement public pour le développement et le climat. En novembre 2020, Rémy Rioux a accueilli à Paris le sommet Finance en commun qui a réuni, pour la première fois, les 450 banques publiques de développement du monde, qui forment désormais une coalition mondiale de 550 banques publiques pour faire évoluer collectivement leurs stratégies, modèles d’investissement, activités et modalités de fonctionnement pour contribuer à la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD) et de l’Accord de Paris. MATHILDE BORD-LAURANSResponsable de la division Climat et Nature.
MATHILDE BORD-LAURANS
MATHILDE BORD-LAURANS
Mathilde Bord-Laurans a plus de 15 ans d’expérience en financement du développement dans le secteur de l’énergie, des infrastructures et du climat. Elle a rejoint l’AFD en 2005 où elle a géré des projets en matière de transition énergétique et de protection de la biodiversité, notamment en Afrique. En 2015, elle rejoint la filiale privée de l’AFD, Proparco, puis dirige l’activité Transition énergétique de l’AFD. Elle est aujourd’hui responsable de l’équipe Climat et Nature, une équipe de 20 spécialistes qui animent en transversal les compétences climat et biodiversité au cœur du mandat de l’AFD. Elle est titulaire de deux diplômes d’ingénieur de l’Ecole Centrale Paris et de l’Ecole Nationale du Génie Rural, des Eaux et des Forêts (ENGREF). THOMAS MELONIODirecteur exécutif Innovation, Stratégie et Recherche.
THOMAS MELONIO
THOMAS MELONIO
Après un master en économie et finance à HEC, puis un doctorat de recherche à l’Institut d’études politiques (IEP) de Paris, Thomas Mélonio entre à l’AFD en 2005. Il travaille d’abord comme éditeur de plusieurs publications de recherche (La lettre des économistes, Afrique contemporaine, Regards sur la Terre), avant de rejoindre le département de la Recherche. Ses travaux portent alors sur le financement de l’éducation, de l’enseignement supérieur, les prêts étudiants ou encore les migrations internationales. De 2012 à 2017, il devient conseiller adjoint puis conseiller Afrique à la présidence de la République. Directeur des Partenariats de l’AFD de 2017 à 2018, il devient directeur exécutif Innovation, stratégie et recherche en septembre 2018. PAPA AMADOU SARRDirecteur Exécutif du Département Mobilisation, partenariat et communication.
PAPA AMADOU SARR
PAPA AMADOU SARR
En septembre 2022, Papa Amadou Sarr prend la tête de la direction exécutive Mobilisation, partenariats et communication de l’Agence Française de Développement (AFD) en charge de la définition, coordination et mise en oeuvre des relations institutionnelles partenariales ; des activités de communication et de mobilisation des financements externes et des acteurs au service des Objectifs de développement durable (ODD). Après avoir travaillé au PNUD à Dakar, puis au Centre de développement de l’OCDE à Paris de 2008 à 2013 et à la Bill et Melinda Gates Foundation à Seattle, Papa Amadou rejoint en 2015, le cabinet du Ministre de l’Économie, des Finances et du Plan du Sénégal avant d’être nommé directeur général du secteur financier et de la compétitivité de ce ministère puis Ministre, Délégué général à l’Entreprenariat Rapide des Femmes et des Jeunes (DER) à la Présidence de la République du Sénégal de 2017 à 2022. Diplômé d’un Master en Affaires Publiques de Sciences Po Paris, Papa Amadou Sarr est titulaire d’un DEA en Études Comparative du Développement de l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) à Paris, d’une Maîtrise en Études du développement de la Sorbonne à Paris et d’un certificat en gestion financières publique de la JFK School of Government de l’Université de Harvard.

Les experts de l’AFD

capture_d_e_cran_2022-10-05_a_14.00_01.png

Les projets

Experts et projets de l’AFD

A propos de l’AFD

logo_0.png L’Agence française de développement (AFD) est un établissement public qui contribue à mettre en oeuvre la politique de la France en matière de développement et de solidarité internationale. Climat, biodiversité, paix, éducation, urbanisme, santé, gouvernance… Nos équipes sont engagées dans plus de 4 000 projets à fort impact social et environnemental dans les Outre-mer français et 115 pays. Nous contribuons ainsi à l’engagement de la France et des Français en faveur des Objectifs de développement durable (ODD).

 

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Reporters d’Espoirs : du journalisme qui donne envie d’agir

Convaincus de l’intérêt d’un média orienté journalisme de solutions depuis l’origine de la création de CDURABLE.info nous relayons l’annonce par l’Association Reporters d’Espoirs du lancement de la première revue papier du journalisme de solutions pour donner à voir le meilleur de I’information. Cette revue semestrielle inspirante est disponible depuis jeudi 6 Octobre 2022. Faites avec et pour les médias, elle réunit en 144 pages le meilleur des reportages de solutions.

Le réseau fluvial est résilient face à la sécheresse estivale selon VNF

Alors que l’été 2022 a été particulièrement chaud, avec une sécheresse sévère, l’ensemble du réseau géré par Voies Navigables de France s’est montré résilient avec 85% des voies restées ouvertes à la navigation.
Canal du Rhône au Rhin
Canal du Rhône au Rhin
Ainsi dans le détail, la quasi-totalité du réseau grand gabarit (qui représente 2400 km) est restée ouverte (99% à l’exception de la Moselle amont) assurant des conditions normales de navigation aux acteurs opérant sur les activités de transports de marchandises, de croisières fluviales (paquebots) et de plaisance. Sur le réseau petit gabarit (4300 km) dont l’activité touristique est au plus haut durant la période estivale, VNF a pu maintenir la navigation sur une grande majorité du réseau et a pu anticiper les situations sensibles pour repositionner les acteurs touristiques sur des réseaux en activité. Les indicateurs sont globalement restés positifs tout au long de l’été grâce au maintien des niveaux d’eau de la plupart des itinéraires du réseau VNF, particulièrement du réseau à grand gabarit dédié au fret. Les infrastructures ont permis d’éviter des limitations du trafic, et les transporteurs ont pu réaliser l’acheminement de leurs marchandises.
Les activités nautiques sur le réseau fluvial
Les activités nautiques sur le réseau fluvial
Concernant l’activité de tourisme fluvial : sur le réseau grand gabarit, une hausse de 5% de l’activité des paquebots fluviaux est attendue en 2022 par rapport à 2019, année de référence. Sur la Seine, ce chiffre s’élève à 15% en raison de reports de clientèles initialement positionnées sur le Rhin et le Danube, fortement affectés par la sécheresse. Ces résultats sont d’autant plus remarquables qu’une partie importante de la clientèle touristique habituelle a été très peu présente cet été dans le pays en raison de la situation internationale. Sur le réseau petit gabarit, l’activité de location de bateaux habitables sans permis a progressé, elle, de 5 à 7% par rapport à 2021. Cette belle dynamique tend à se poursuivre sur de nombreux itinéraires cet automne, une saison clé pour les professionnels du tourisme fluvial qui cherchent à séduire une nouvelle clientèle, sensible à un tourisme plus durable, en développant de nouvelles activités autour des canaux.
Les agents VNF interviennent sur les chemins de halage
Les agents VNF interviennent sur les chemins de halage

Des experts mobilisés pour anticiper les changements liés au dérèglement climatique

Les épisodes de sécheresse, désormais fréquents, ne sont pas sans conséquence sur l’ensemble de l’écosystème fluvial (infrastructure, biodiversité,). VNF est pleinement mobilisé pour anticiper les aléas climatiques et assurer de manière optimale l’exploitation et le maintien de l’activité fluviale en France.
“Vert le fluvial” : vers la transition énergétique du secteur fluvial
“Vert le fluvial” : vers la transition énergétique du secteur fluvial
« Avec plus de 90% des voies ouvertes à la navigation au sortir de la saison estivale, VNF a su démontrer la solidité du réseau et limiter l’impact de la sécheresse sur les différentes activités opérées sur le fret ou le tourisme fluvial par une gestion raisonnée de la ressource en eau. Les efforts de modernisation des infrastructures que nous avons entrepris depuis plusieurs années permettent aujourd’hui de maintenir l’activité du réseau », indique Thierry Guimbaud, Directeur général des Voies navigables de France. « Néanmoins, dans un contexte où les épisodes de sécheresse mais aussi de crues risquent de se multiplier dans les années à venir, il est essentiel de poursuivre nos efforts en maintenant une politique d’investissement ambitieuse pour anticiper l’avenir et garantir la pérennité du réseau. »
Voies navigables de France
Voies navigables de France
VNF travaille par ailleurs au quotidien de manière concertée et partenariale avec les autres acteurs de l’eau, au premier rang desquels les agences de l’eau et les Préfectures mais aussi Météo France. Un réseau d’experts est d’ailleurs dédié à la prévision et au pilotage des ouvrages hydrauliques pour une gestion en temps réel du réseau navigable. Dans une recherche constante d’amélioration et grâce aux investissements opérés notamment pour renforcer la capacité de stockage de ses barrages-réservoirs, VNF met en place de nombreux dispositifs pour assurer la modernisation et l’entretien des infrastructures et assurer en permanence un haut niveau de navigation. Ainsi, les ouvrages du réseau navigable concourent à limiter les impacts de la sècheresse (ou des crues) sur le territoire : à l’instar des 356 barrages de navigation sur les fleuves et rivières qui peuvent maintenir la ligne d’eau, malgré l’affaiblissement de son débit.

À PROPOS DE VOIES NAVIGABLES DE FRANCE

capture_d_e_cran_2022-10-04_a_12.00_24.png Fort de 4 000 personnels mobilisés au service du fluvial, Voies navigables de France entretient, exploite et développe le plus grand réseau européen de voies navigables : 6 700 km de fleuves, canaux et rivières canalisées, 4 000 ouvrages d’art (écluses, barrages, pont-canaux…) et 40 000 hectares de domaine public fluvial. Au travers de ses missions, l’établissement répond à trois attentes sociétales majeures :
  • il créé les conditions du développement du transport de fret ;
  • il concourt à l’aménagement du territoire et au développement touristique ;
  • il assure la gestion hydraulique en garantissant la sécurité des ouvrages et les différents usages de l’eau et en luttant contre les inondations et le stress hydrique. Il favorise également le développement de l’hydroélectricité et préserve la biodiversité.

 

Aider la petite enfance, le nouveau défi de la fondation Ardian

Les sociétés de gestion de fonds investissent dans de nombreux secteurs : énergie, ressources humaines, santé, industries… mais aussi en faveur de la petite enfance. C’est le cas du groupe Ardian, dont la fondation finance l’un des projets les plus innovants en la matière.

Arras, Maison des 1000 jours. Depuis septembre 2021, ce projet-pilote créé par l’association Ensemble pour l’éducation de la petite enfance (Epepe) réunit des jeunes parents et des éducateurs, pédiatres, kinés et neuropsychiatres, en groupes de paroles. L’objectif commun : apporter les bonnes réponses aux mamans et aux papas en herbe dans cette période-clé du développement du bébé. Durant ces sessions, les mêmes sujets reviennent souvent sur la table : comment gérer le sommeil et l’alimentation du nouveau-né, ses pleurs et ses premiers pas, etc. En somme, tout ce qui constitue son développement cérébral.

Le projet fait des heureux – les parents –, mais monter ce type de structure est compliqué, surtout pour leur financement. « A terme, l’idée est d’attirer les publics les plus éloignés des dispositifs d’accompagnement qui sont souvent les plus précaires, explique Nathalie Casso-Vicarini, la présidente de l’association. Pour cela, le bouche-à-oreille est capital, et il commence à prendre ici. Nous aimerions aussi ouvrir de nouvelles antennes dans d’autres quartiers et sommes en discussion avec plusieurs villes. » Mais voilà, l’Etat et la CAF du Pas-de-Calais ne débloquent pas les fonds. Si bien que l’association a changé son fusil d’épaule et a cherché d’autres sources de financement. Elle a ainsi reçu le soutien de la fondation Ardian, liée au fonds nº1 du capital-investissement en France.

Recentrer l’action sur la petite enfance

Lancée en 2010, la fondation Ardian dispose aujourd’hui d’un budget de 2,1 millions d’euros et est impliquée dans 41 projets, en France mais aussi à l’étranger, en Allemagne, en Italie, au Royaume-Uni, aux Etats-Unis, en Chine et jusqu’au Chili. Elle touche concrètement 61000 bénéficiaires. Forte de l’expérience du groupe Ardian dans le capital-investissement dans les entreprises plus classiques ou dans les startups, la fondation accompagne ces associations à plusieurs niveaux, en commençant par le soutien financier direct et l’aide aux projets culturels, et par l’attribution de bourses d’études et de logement. La fondation Ardian mise en particulier sur l’accompagnement humain à travers des sessions de formation, des conférences, des animations, ou encore du mentoring personnalisé.

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Jusqu’à présent, cette dernière ciblait donc les plus grands, étudiants et jeunes adultes, pour les études et l’insertion professionnelle. Dans le domaine de l’éducation, elle a par exemple participé aux côtés de la DEPP (Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance) du ministère de l’Education nationale et de l’Ecole d’économie de Paris (PSE) à la mise en place de la chaire de recherche baptisée « Politiques éducatives et mobilité sociale ». Avec les projets tournés vers la petite enfance, elle a choisi de réorienter sa stratégie. « En 2020, pour accroître son impact sur la mobilité sociale, la fondation a décidé de recentrer son action sur le domaine de la petite enfance, » explique la maison-mère qui implique – c’est à noter – un tiers de ses employés dans les activités de sa fondation. Le projet de la Maison des 1000 jours d’Arras est ainsi le tout premier projet axé sur la petite enfance dans lequel la fondation Ardian a choisi d’investir.

La petite enfance, priorité sociale

Les différentes antennes des Maisons des 1000 jours sont les premières concrétisations d’un plan souhaité par le président Emmanuel Macron, suite aux travaux de la Commission des 1000 jours présidée par le célèbre neuropsychiatre Boris Cyrulnik. Dans les préconisations de la commission, de nombreux projets : créations de crèches avec priorité aux enfants issus des milieux les plus défavorisés, allongement du congé paternité, accompagnement des parents jusqu’aux deux ans du bébé, meilleur financement de la protection maternelle et infantile (PMI), déploiement des fameuses Maisons des 1000 jours… Malheureusement jusqu’à présent, rares ont été les projets concrétisés. « Le système est à bout de souffle », a reconnu lui-même le chef de l’Etat en janvier dernier.

Pourtant, il y a beaucoup à faire, en termes d’augmentation des capacités d’accueil d’abord, mais aussi pour la formation de quelque 600000 professionnelles et pour le recrutement – les métiers sont difficiles et il y a beaucoup de turnover –, pour les équipements et les programmes d’apprentissage. Face aux difficultés de financement public, les associations se tournent de plus en plus vers le mécénat privé. C’est là qu’interviennent des fondations comme celle du groupe Ardian. « Après audit, nous avons été convaincus que c’est là le meilleur moyen de maximiser notre impact », considère Carole Barnay, la présidente de la fondation.

Depuis sa création en 2010, la fondation Ardian a toujours eu à cœur de cibler les populations les moins favorisées, avec comme leitmotiv nº1 la mobilité sociale. La petite enfance ne fera pas exception. « Nous nous sommes entourés de chercheurs, de scientifiques et d’experts en mobilité sociale pour nourrir notre réflexion en matière d’impact social et de politiques éducatives, avance la fondation. La conclusion est unanime : investir dans le capital humain avant la scolarité est deux fois plus rentable et bénéfique pour la mobilité sociale. Les mille premiers jours sont la période de la vie où le cerveau se développe le plus vite. L’OMS, l’UNICEF et l’OCDE reconnaissent le caractère déterminant des mille premiers jours de la vie. Or les budgets des gouvernements dédiés à la petite enfance représentent seulement 2% de leurs dépenses en matière d’éducation. »

Intervenir dès le plus jeune âge et donner ses chances à tous les enfants – surtout ceux issus de milieux défavorisés – permet donc de jouer un rôle essentiel dans le développement cognitif des plus jeunes, pour l’apprentissage du langage ou celui des compétences socio-émotionnelles. En France par exemple, la moitié des enfants de moins de trois ans n’a pas accès à un mode de garde ; pire, 80% des enfants vivant dans des familles précaires en sont exclus, soit 400000 enfants entre 0 et 3 ans. L’Etat étant à la peine pour répondre à cette demande, les mécènes comme la fondation Ardian ont donc commencé à prendre le relais. Les enjeux pour l’avenir sont multiples, l’objectif à long terme de ce type d’investissements dans l’humain vise à faire germer le lien social des adultes de demain. C’est-à-dire le véritable ciment du « vivre ensemble ».

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La lutte contre le changement climatique est une question de vie et de mort, rappelle l’ONU

Un quartier inondé d'Antananarive, à Madagascar.
Un quartier inondé d’Antananarive, à Madagascar.
Alors que se tient, lundi et mardi, à Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC), une réunion préparatoire à la prochaine Conférence des Nations Unies sur le climat, la COP27, le chef de l’ONU a exhorté les nations développées à redoubler d’efforts pour combattre le changement climatique et aider les nations les plus vulnérables.
« Le chaos climatique avance au galop, mais l’action climatique, elle, est au point mort », a constaté António Guterres, lors d’un point de presse sur la question du réchauffement planétaire au siège de l’ONU à New York.
Le Secrétaire général a cité la liste des récent désastres planétaires, tels l’inondation du tiers du territoire du Pakistan, les coupures de courant qui frappent Cuba, les dégâts aux Philippines et l’été le plus caniculaire jamais enregistré en Europe depuis 500 ans. Il a aussi mentionné l’ouragan Ian aux Etats-Unis comme le « rappel brutal qu’aucun pays, aucune économie n’est à l’abri de la crise climatique ».
Le Secrétaire général de l'ONU lors d'un point de presse sur le changement climatique.
Le Secrétaire général de l’ONU lors d’un point de presse sur le changement climatique.
Mais il a avant tout mis les pays développés devant leurs responsabilités, en critiquant le retard et les carences des engagements collectifs des gouvernements du G20, qui en l’état actuel compromettent les chances de limiter l’augmentation de la température mondiale à deux degrés Celsius supplémentaires et encore moins d’atteindre l’objectif de 1,5 degré.
« Le chaos climatique avance au galop, mais l’action climatique, elle, est au point mort » – António Guterres
« C’est une question de vie et de mort, pour notre sécurité aujourd’hui et pour notre survie demain », a-t-il martelé, appelant à trouver un « compromis révolutionnaire, au niveau quantique » entre les économies développées et émergentes sur ce problème. Selon lui, au moment où la guerre en Ukraine met l’action climatique en veilleuse, certains secteurs régressent vers les énergies fossiles, alors que les acteurs climatiques les plus dynamiques du monde des affaires continuent d’être entravés par des cadres règlementaires obsolètes, des formalités administratives et des subventions qui envoient de mauvais signaux aux marchés. António Guterres a donc exhorté les gouvernements, les entreprises et les investisseurs, ainsi que les institutions à intensifier leurs actions concrètes pour le net zéro climatique, et à agir sur deux autres priorités. D’abord sur la question des pertes et dommages dont souffrent « aujourd’hui des nations et des personnes ».
Le changement climatique ne respecte pas les frontières.
Le changement climatique ne respecte pas les frontières.

Impérarif moral

Le Secrétaire général, décrivant ce sujet comme un impératif moral que la COP27, qui va se dérouler à Charm el-Cheikh, en Egypte, en novembre, ne peut ignorer, y voit aussi un facteur de perte de confiance et un test de crédibilité pour l’engagement des pays développés et émergents à alléger le fardeau climatique qui pèse sur les nations les plus vulnérables. Comme la Vice-Secrétaire générale de l’ONU, Amina Mohammed, présente à la réunion préparatoire de Kinshasa, le chef de l’ONU a réitéré son souhait que ce travail préalable débouche sur une action lors de la COP27, et ne soit pas « une nouvelle discussion sans issue ». Il a demandé aux pays développés de montrer plus de clarté sur la réalisation de leur promesse de 100 milliards de dollars par an pour soutenir l’action climatique dans les pays en développement et sollicité des preuves sur la façon dont ils doubleront à au moins 40 milliards de dollars le financement de l’adaptation climatique en 2025, comme convenu à la COP26 de Glasgow.

Augmenter les ressources

António Guterres a assuré que la moitié des financements climatiques doit être consacré à l’aide à l’adaptation et à la résilience des pays, ce qui exige que les banques multilatérales de développement, dont la Banque mondiale, rehaussent leur action. S’il considère le Fonds pour la résilience et la durabilité du Fonds monétaire international (FMI) comme un bon début, il encourage les Etats membres, principaux actionnaires de ces banques multilatérales, à être le moteur d’un changement transformateur, en augmentant les ressources des institutions financières internationales. Dans le même temps, ces institutions financières doivent revoir leur modèle économique et leur approche de la notion de risque. « Par-delà leur propres initiatives négligeables », a-t-il déclaré, elles doivent intensifier leurs efforts pour augmenter massivement la participation de la finance privée en première ligne de l’investissement et de la prise de risque. « Sur tous les fronts climatiques, la seule solution est une action décisive et solidaire », a conclu António Guterres, exhortant les dirigeants au plus haut niveau à participer à la COP27 de Charm el-Cheikh, « pour montrer qu’ils participent eux aussi à ce combat ». – En savoir plus sur le thème Climat et environnement sur ONU Infos

Il est toujours possible de « sauver » les objectifs de développement durable, selon l’ONU

Les 17 objectifs de développement durable sont un plan d'action visant à assurer un avenir meilleur et durable pour tous.
Les 17 objectifs de développement durable sont un plan d’action visant à assurer un avenir meilleur et durable pour tous.
Alors que le monde est confronté à de nombreux périls, le Secrétaire général de l’ONU et le Président de l’Assemblée générale des Nations Unies ont appelé lundi à ne pas baisser les bras et à « sauver » les objectifs de développement durable (ODD) pour construire un monde meilleur. « Nous nous rencontrons à un moment de grand péril pour notre monde », a déclaré le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, lors d’un événement organisé au siège de l’ONU afin de relancer la mobilisation pour atteindre ces objectifs d’ici 2030, au début de la semaine annuelle de haut niveau des Nations Unies. Parmi les nombreux périls, le chef de l’ONU a cité notamment les conflits, la crise climatique, la pauvreté, les inégalités, la hausse des prix de l’énergie et des denrées alimentaires, le chômage, et les effets de la Covid-19. « Chaque péril rend les objectifs de développement durable encore plus hors de portée. Et face à de tels périls, il est tentant de mettre de côté nos priorités de développement à long terme », a-t-il observé. « Mais le développement ne peut pas attendre. L’éducation de nos enfants ne peut pas attendre. Les emplois dignes ne peuvent pas attendre. La pleine égalité pour les femmes et les filles ne peut pas attendre. Des soins de santé complets, une action climatique significative, la protection de la biodiversité – tout cela ne peut pas être laissé pour demain ».
Le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, lors du
Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, lors du

Ne pas laisser tomber les jeunes

Alors que les jeunes – et les générations futures – exigent des actions, « nous ne pouvons pas les laisser tomber », a déclaré le Secrétaire général. « Vous tous ici aujourd’hui – et ceux qui se connectent du monde entier – me donnent un immense espoir que … nous pouvons sauver les objectifs de développement durable et reprendre le chemin de la construction d’un monde meilleur qui ne laisse personne de côté ». António Guterres a rappelé que la liste des choses à faire est longue. « Les gouvernements doivent investir comme jamais auparavant dans la santé, l’éducation et le bien-être de tous, y compris les réfugiés et les migrants », a-t-il souligné. « Nous avons besoin d’une protection sociale universelle élargie pour protéger les personnes contre les chocs économiques, tout en stimulant la création d’emplois, en particulier dans le numérique, les soins et l’économie verte », a-t-il ajouté, appellant à impliquer davantage les femmes dans tous les domaines de la vie. Il a aussi rappelé qu’il fallait faire face à la triple crise planétaire de la dégradation du climat, de la perte de biodiversité et de la pollution et qu’il ne pouvait y avoir d’avenir durable sans paix. « Notre tâche est immense. Et les jeunes exigent que l’on passe à l’action, non seulement pour eux-mêmes, mais aussi pour les générations futures. Si nous sommes unis, l’humanité surmontera tous les périls. Mettons-nous au travail. Remettons notre monde sur la bonne voie », a conclu le Secrétaire général.
Des enfants utilisent une pompe à eau au Kenya.
Des enfants utilisent une pompe à eau au Kenya.

Retrouver l’élan perdu

Le Président de l’Assemblée générale, Csaba Kőrösi, a souligné pour sa part que l’événement annuel intitulé « Moment ODD » est « un rappel pour nous tous de ce que nous aurions dû faire, et surtout, ce que nous devons faire pour transformer la vision de l’Agenda 2030 et des ODD en une réalité ». « Ou, en language simple: il est grand temps que nous examinions sérieusement l’état du monde – prenant en compte toutes les conséquences, qu’elles nous déplaisent ou non », a-t-il ajouté. Selon le Président de l’Assemblée générale, il est plus nécessaire que jamais de focaliser à nouveau les efforts sur les Objectifs de développement durable. « Nous devons maintenant retrouver l’élan perdu à cause de la pandémie et de notre inaction. Les solutions sont à portée de main », a-t-il déclaré. Pour cela, « nous avons besoin d’initiatives de la société civile, de la voix et de la passion des jeunes, du soutien du secteur privé mais, surtout, de vous, les États membres, pour tenir les promesses faites », a-t-il ajouté. – En savoir plus sur le thème Développement durable (ODD) sur ONU Infos onu_infos-5.png

 

Le projet européen de lutte contre la déforestation importée. Alain KARSENTY amalyse les limites d’une approche indifférenciée

Synthèse

Cette contribution d’Alain KARSENTY, économiste au CIRAD et membre du conseil scientifique de la FNH, analyse le projet de règlement de la Commission européenne présenté en novembre 2021, révisé en juin 2022, amendé par le Parlement européen en septembre 2022, et qui vise à empêcher la mise sur le marché européen de produits dont la production est liée à de la déforestation. La pierre angulaire du projet est l’obligation de « diligence raisonnée » imposée aux importateurs. Or le projet contient des éléments discutables, notamment la définition « universelle » de la forêt qui pose problème car elle prohibera l’importation de productions légales dans le pays d’origine mais inacceptables au regard de la définition UE de la forêt. Le projet européen va plus loin que les législations comparables adoptées ou en cours d’adoption au Royaume-Uni ou aux États-Unis, qui eux s’alignent sur les critères de légalité en vigueur dans les pays producteurs. Enfin, le mécanisme « d’analyse comparative » du risque-pays porte un risque de pénalisation collective de tous les producteurs, quelles que soient leurs pratiques. Une solution alternative serait d’adopter une « réponse graduée », en s’appuyant sur des certifications « zéro déforestation » et moduler les droits de douane à l’entrée dans l’UE. Les pouvoirs publics contribueraient à faire évoluer les certifications privées en labellisant celles qui intègrent, entre autres critères, une démarche zéro déforestation correspondant aux objectifs européens et dont les mécanismes de vérification sont crédibles. Un différentiel fiscal entre les produits zéro déforestation et les autres pourrait être introduit. Cela nécessiterait une augmentation de certains tarifs, et une révision des accords commerciaux bilatéraux existants et futurs. Les recettes générées pourraient être utilisées pour financer des programmes aidant les petits producteurs des pays exportateurs à adopter des pratiques durables et à obtenir une certification. L’objectif serait qu’à terme l’UE n’importe plus que des produits certifiés zéro déforestation, avec les tarifs douaniers les plus favorables.

Les points analysés

  • L’OBLIGATION DE DILIGENCE RAISONNÉE FAITE AUX IMPORTATEURS
  • UNE LARGE « AMNISTIE » DE LA DÉFORESTATION RÉCENTE
  • L’ÉPINEUSE QUESTION DE LA DÉFORESTATION LÉGALE
  • PÉNALISATION COLLECTIVE ?
  • UNE ALTERNATIVE POSSIBLE : S’APPUYER SUR DES CERTIFICATIONS ZÉRO-DÉFORESTATION ET MODULER LES TARIFS DOUANIERS
  • « GOUVERNER » LES CERTIFICATIONS PRIVÉES PAR DES INCITATIONS
  • CONCEVOIR UNE MESURE ÉQUITABLE POUR LES PETITS PRODUCTEURS DU SUD
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Fin annoncée des Accords de Partenariat Volontaires pour le commerce des bois légal ?

La Commission ne remet pas en cause le Règlement Bois de l’Union Européenne (RBUE) de 2013 qui vise à sanctionner les importateurs qui mettraient sur le marché européen des bois exploités illégalement. Par contre, la Commission se prépare visiblement à abandonner son initiative d’«Accords de Partenariat Volontaire» (APV-FLEGT ) lancé depuis les années 2000 pour aider les pays producteurs à n’exporter que du bois légal. La pierre angulaire de ces APV est constituée des « Autorisations FLEGT » sur les bois exportés, lesquels auront tous été vérifiés (quelle que soit leur destination) en s’appuyant sur un « système national de vérification de la légalité » audité par la partie nationale et la CE. Ces Autorisations FLEGT, délivrées à la sortie du pays producteur pour les bois à destination de l’UE, dispensent les importateurs de la fastidieuse diligence raisonnée, et sont ainsi censées faciliter les échanges. Or, sur les 15 pays engagés dans ce processus, seule l’Indonésie est parvenue, depuis 2016, à émettre des Autorisations FLEGT. Cette situation est considérée comme un échec au regard des sommes importantes engagées par l’Europe dans ce processus. Dans le nouveau contexte, les responsables de la CE ont indiqué qu’il fallait «passer de la légalité à la durabilité» (d’où la question de la dégradation). Le tandem RBUE / APV-FLEGT est donc destiné à se dissoudre dans le nouveau règlement européen multi- commodités, qui rendra incontournable la diligence raisonnée pour toutes les cargaisons, avec prise en compte de la « dégradation » pour le bois. Les Autorisations FLEGT ne sont donc plus vraiment à l’ordre du jour, même si elles serviront encore quelque temps (pour les très rares pays qui en disposent) à remplir le critère de « légalité » dans les procédures de diligence raisonnée que devront effectuer les importateurs.

A propos,du CIRAD

capture_d_e_cran_2022-10-03_a_09.41_26.png Le Cirad est l’organisme français de recherche agronomique et de coopération internationale pour le développement durable des régions tropicales et méditerranéennes. Avec ses partenaires, le Cirad (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement) co-construit des connaissances et des solutions pour des agricultures résilientes dans un monde plus durable et solidaire. Il mobilise la science, l’innovation et la formation afin d’atteindre les objectifs de développement durable. Il met son expertise au service de tous, des producteurs aux politiques publiques, pour favoriser la protection de la biodiversité, les transitions agroécologiques, la durabilité des systèmes alimentaires durables, la santé (des plantes, des animaux et des écosystèmes), le développement durable des territoires ruraux et leur résilience face au changement climatique. Créé en 1984 sous le statut d’Établissement public à caractère industriel et commercial (Épic), issu de la fusion d’instituts techniques et de recherche agronomique tropicale, le Cirad est placé sous la double tutelle du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation et du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. Il apporte son soutien à la diplomatie scientifique de la France. Présent sur tous les continents dans une cinquantaine de pays, le Cirad s’appuie sur les compétences de ses 1 650 salariés, dont 1 140 scientifiques, ainsi que sur un réseau mondial d’environ 200 partenaires. – www.cirad.fr

Fondation pour la Nature et l’Homme – Think Tank

capture_d_e_cran_2022-10-03_a_09.55_16.png Après 30 ans d’actions, la Fondation pour la Nature et l’Homme donne une nouvelle ambition à son activité de Think Tank, née il y a une dizaine d’année. Avec pour point de départ la question : « Que ferait un gouvernement déterminé à faire la transition écologique ? », le Think Tank de la Fondation se consacre aux “angles morts” des politiques publiques en démêlant les sujets enlisés, voire non explorés. Son ambition : créer les conditions pour un prochain quinquennat de transformation sociale et écologique. Espace non-partisan, le Think Tank propose des feuilles de route concrètes et ambitieuses pour construire une force sociale prête à déployer la transition écologique et solidaire. POUR CE FAIRE, IL BASE SON ACTION SUR DEUX PRINCIPES :
  • 1. S’attaquer aux sujets au cœur des attentes des Français mais pour lesquels l’Etat n’est pas allé au bout de l’effort, pour penser et proposer un chemin d’action qui lie durabilité, bien-être social et résilience économique.
    • Le Think tank se concentre sur les thématiques écologiques clés mais enlisées que sont par exemple : la réduction des pesticides, la transformation du modèle automobile, l’avenir de l’élevage, la sortie du nucléaire ou encore l’évolution du fret.
    • Chaque sujet est investigué à la lumière des verrous qui bloquent la transition : l’accompagnement dans l’emploi, la cohérence des financements, la réforme des règles budgétaires européennes, la transformation des entreprises ou encore le développement d’une diplomatie verte.
  • 2. Penser par et pour le dialogue afin de fédérer largement dans l’action.
Le Think Tank construit des alliances nouvelles dans la société, en élargissant les cercles de travail habituels – ONG, universitaires… – aux syndicats, fédérations professionnels… L’enjeu n’est rien moins que de penser, avec celles et ceux qui seront amenés à la mettre en œuvre, un chemin de transition à la fois exigeant et fédérateur. LES TRAVAUX DU THINK TANK SE TRADUISENT PAR DES PUBLICATIONS RÉGULIÈRES :
  • RAPPORTS : des formats fouillés, mettant à jour des données nouvelles pour établir des états des lieux clairs et définir des feuilles de route pour opérer la transition.
  • CONTRIBUTIONS : des formats « note » pour accueillir des productions individuelles ou collectives sur des sujets à défricher ou à creuser.
  • POINTS DE VUE : des formats « tribune » pour poser l’avis d’un expert sur un sujet d’actualité ou à faire émerger.
Pour aller plus loin, le Think Tank organise des événements, Les Talks du Think tank, pour débattre et dialoguer autour des données nouvelles et des feuilles de route proposées. Une newsletter permet à chacune et chacun de rester informé des nouvelles productions. – www.fnh.org/think-tank

A propos de la FNH

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  • Mission : Contribuer à une métamorphose de nos sociétés par le changement des comportements individuels et collectifs. Cette métamorphose a pour but d’assurer la préservation du patrimoine naturel commun, le partage équitable des ressources, la solidarité et le respect de la diversité sous toutes ses formes.
Pour y parvenir :
    • La Fondation s’appuie sur l’information scientifique la plus complète et objective possible concernant, notamment, l’état écologique de notre planète.
    • Elle se base sur la pédagogie pour faire le lien entre les connaissances et l’action auprès de tous les publics. Elle participe, ainsi, à la prise de conscience de l’interdépendance entre les humains et l’ensemble du vivant et de la nécessité d’imaginer des solutions communes.
    • Elle participe au débat public en proposant et en portant des solutions à mettre en œuvre pour transformer nos sociétés et en s’impliquant aux côtés des acteurs du changement.
  • Vision : «Les enjeux écologiques, économiques et sociaux sont étroitement liés et doivent être traités de manière globale. Notre modèle de développement doit évoluer pour que l’humanité continue à bénéficier de l’environnement dont elle dépend.
    Préserver et partager sont les mots-clés d’une vision renouvelée de la prospérité et d’une redéfinition du progrès qui placent comme critères premiers le bien-être et l’épanouissement de tous les hommes ainsi que le respect de la vie sous toutes ses formes.
    Il nous faut, dès à présent, engager la transition écologique afin d’aller vers de nouveaux modèles de société ayant pour objectifs de préserver les biens communs (climat, biodiversité, fonctionnement des écosystèmes, eau douce…) et de partager équitablement les ressources naturelles pour assurer à tous la satisfaction des besoins essentiels. Ces sociétés doivent être fondées sur un nouveau cadre démocratique et économique intégrant les enjeux de long terme et mis au service des êtres humains et de la biodiversité. Il s’agit d’aspirer à des sociétés plus humaines et plus durables

    Nicolas Hulot – Fondateur de la FNH
  • Valeurs : Les décisions de la Fondation, ses comportements et ses actions sont guidés par les valeurs suivantes :
    • Créativité : Face à la complexité de l’enjeu, nous savons que les solutions se trouvent dans la production d’idées et de moyens innovants.
    • Dialogue : Parce que nous ne pouvons agir seuls, nous plaçons l’écoute, le respect, l’échange, la coopération et la proposition au cœur de nos actions.
    • Sobriété : Dans un monde où les espèces et les ressources naturelles se raréfient, où les inégalités se creusent, nous souhaitons distinguer l’essentiel du superflu.
    • Solidarité : Parce que les destins de la Nature et de l’Homme sont interdépendants, nous avons le devoir d’œuvrer pour la préservation de l’ensemble du vivant, aujourd’hui et pour demain.
    • Transparence : Nous nous engageons à rendre l’ensemble des informations sur la Fondation accessibles pour tous.
– www.fnh.org

 

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Chauffage, mobilité, électricité, Europe … : Les 5 priorités pour le climat selon Équilibre des Énergies

Le contexte géopolitique international a contribué à replacer les enjeux climatiques et énergétiques au-devant de la scène, jusqu’à montrer aux Français que les choix énergétiques d’hier ont des conséquences dans leur quotidien aujourd’hui. C’est pourquoi, Équilibre des Énergies met en exergue les 5 priorités pour le climat qui sont, selon l’association, autant de grands chantiers à mener de front dès maintenant
Brice Lalonde
Brice Lalonde
« Nous avons à rester concentrés sur notre devoir d’êtres humains : mettre fin à la double malédiction de la guerre et du changement climatique. Les mesures que la guerre nous impose ne doivent pas ralentir ou contrecarrer celles que réclame la protection du climat. En fait, ce sont les mêmes. » Brice Lalonde[[Brice LALONDE, président d’Équilibre des Énergies (association d’entreprises du BTP, de l’énergie, de la mobilité, qui travaillent ensemble à la décarbonation de l’industrie), ancien ministre de l’Environnement, ancien secrétaire général adjoint de l’ONU et ambassadeur des négociations internationales sur le climat.]], Président d’Équilibre des Énergies
decoreden.jpg Le conflit en Ukraine, dont nous ne pouvons que souhaiter un arrêt rapide, ne doit pas occulter l’urgence vitale que représente le réchauffement climatique. Il est nécessaire de limiter les impacts de ce conflit sur les sources d’approvisionnement et sur leur coût mais aucune décision ne devrait être prise qui irait à l’encontre de la lutte contre l’évolution du climat. On en voit chaque jour les effets dramatiques : inondations meurtrières, famines et conflits armés. La position d’Équilibre des Énergies reste donc centrée sur l’objectif fondamental de décarbonation des activités, principal moyen de faire baisser les émissions de gaz à effet de serre (CO2, méthane etc.). Équilibre des Énergies prône des mesures fortes qui, à court terme, sont de nature à réellement orienter la société française vers une véritable décarbonation de sa consommation tout en sauvegardant l’activité économique et le niveau de vie des Français. L’urgence sociale justifie les aides auprès des plus précaires mais les décisions de soutien à la consommation des produits fossiles ne vont pas dans le bon sens. Le signal prix reste essentiel et une augmentation du pouvoir d’achat pour faire face aux augmentations des prix de l’énergie serait plus efficace et ne fausserait pas les arbitrages en faveur de la décarbonation. Dans la période de crise que nous traversons, l’activité économique doit être soutenue et beaucoup de nos entreprises sont en péril. Équilibre des Énergies soutient les mesures d’urgence proposée par la Commission pour contenir les prix de l’énergie mais craint qu’elles ne soient insuffisantes. Il convient dès que possible de prendre des dispositions qui permettent d’éviter les fluctuations erratiques des prix et de faire en sorte qu’ils soient représentatifs des coûts d’approvisionnement. En parallèle les mutations structurelles telles que celles vers la pompe à chaleur et la mobilité électrique doivent être accélérées. C’est dans ce contexte qu’Équilibre des Énergies présente les cinq grandes priorités pour le climat, qui, selon elle, sont autant de chantiers à mener de front dès aujourd’hui.

Les 5 grandes priorités pour le climat selon Équilibre des Énergies

En préambule, s’il est primordial de se fixer des objectifs, Équilibre des Énergies souligne la nécessité de faire preuve d’efficacité et non de volontarisme de papier. Selon l’association, il faut accélérer la sortie des énergies fossiles mais ne pas, à nouveau, resserrer les objectifs déjà irréalistes de réduction des consommations d’énergie fossile qui faussent complétement la lecture des efforts faits par la société française. Sans pour autant s’abstenir de donner un signal fort sur la nécessité de développer tous les moyens pour faire face au défi climatique, il est souhaitable de s’en tenir à des calendriers et à des mesures crédibles. Il est plus contraignant mais plus efficace de se donner des objectifs atteignables que des cibles irréalistes.

1- Les pompes à chaleur (PAC) : Pour le lancement d’un grand plan PAC !

Les PAC sont encore trop peu répandues puisque qu’en 2020, seules 7 % des résidences principales étaient chauffées en France grâce à des PAC. Or, cet équipement est le premier à pouvoir immédiatement réduire les consommations d’énergie fossile en s’appuyant sur un tissu industriel national. Équilibre des Énergies préconise le lancement d’un grand plan PAC, allant au-delà des objectifs avancés par la Commission européenne et visant à un triplement de son rythme de déploiement. Mais il y a encore des freins économiques et réglementaires à lever et, sur le plan économique, il faut améliorer le dispositif d’aide en élargissant les bénéficiaires et en indexant la prime consentie par MaPrimRénov’ sur le résultat en termes de performance énergétique mesurée par le DPE. Un obstacle réglementaire majeur subsiste avec ce classement qui, établi en énergie primaire, pénalise l’électricité et ne traduit pas l’effet réel des efforts consentis. Il faut que ces critères tiennent compte de l’énergie consommée, seule traduction tangible des changements énergétiques réalisés.

2 – La mobilité électrique : le développement des bornes et des infrastructures de recharge et l’élargissement aux poids lourds

La migration vers l’électrique ne doit pas être ralentie. Beaucoup d’actions ont été engagées mais d’autres restent à parachever :
  • finaliser le dispositif permettant, enfin, d’équiper les copropriétés en bornes de recharge ;
  • lancer un grand programme d’équipement des voies rapides en infrastructures de recharge au-delà de 2023 et allant jusqu’à 2030 ;
  • soutenir le développement de bornes de recharge pilotables afin de disposer, le moment venu, du moyen de flexibilité dont on aura besoin ;
  • élargir la transition vers l’électrique aux poids lourds, notamment en accélérant l’étude des solutions de recharge en continu (les ERS : Elecric Road Systems).

3 – La décarbonation de l’aérien : les SAF, la mise en place d’un nouvel écosystème industriel

Les études d’Équilibre des Énergies, comme celle de la profession, le montrent : la décarbonation du secteur aérien est possible mais difficile. Elle implique des efforts à mener dans les trois décennies qui viennent pour parvenir en 2050 à la neutralité climatique du secteur. Ces efforts se répartissent en plusieurs directions, en continuant à augmenter l’efficacité des aéronefs. Mais le défi majeur est incontestablement celui de passer du kérosène fossile à des carburants durables pour l’aviation. Ces carburants, qu’on appelle SAF, sont fabriqués en combinant de l’hydrogène au carbone, l’un et l’autre étant issus de filières neutres en carbone : électricité bas-carbone et carbone issu de la biomasse voire de la récupération directe du CO2 dans l’air. Il faut pour cela identifier et collecter les ressources primaires décarbonées (les feedstocks), mettre en place les filières industrielles, organiser les circuits de distribution et faciliter l’incorporation des SAF au kérosène classique, dans des proportions de plus en plus importantes, sans porter atteinte à la compétitivité des compagnies aériennes. L’Europe s’y attelle mais la France se doit d’être aux avant-postes. C’est une mutation majeure qui doit être menée comme un grand projet industriel.

4 – La production d’électricité décarbonée : autant le nucléaire que les énergies renouvelables

Les difficultés actuellement rencontrées montrent que les efforts dans ces deux domaines doivent s’intensifier. Concernant le nucléaire, la remise en production du parc de centrales est une priorité absolue. L’ASN a donné son accord sur les orientations à suivre. Le problème est à présent un défi industriel et, pour y faire face, il faut donner aux entreprises toutes les libertés d’horaires, de rémunération et d’accompagnement pour faire face le plus rapidement possible aux difficultés rencontrées ou qui pourraient surgir. On le fait à juste titre pour les énergies renouvelables dans le cadre du projet de loi qui arrive au Parlement. On doit le faire également pour le nucléaire, nouveau et existant, dans le respect bien sûr des règles de sécurité. C’est à ce prix que notre production d’électricité décarbonée reprendra toute la place qui doit lui revenir et pourra peser sur les coûts globaux d’alimentation énergétique.

5 – Les règles européennes de formation du prix des énergies : une réforme de fond est nécessaire

La très forte hausse des prix du gaz naturel, liée notamment au conflit ukrainien, a eu un effet de ricochet considérable sur le marché européen de l’électricité et sur les prix rendus consommateur. La préservation des tarifs réglementés de l’électricité a permis de faire bénéficier les consommateurs domestiques français d’un bouclier tarifaire efficace, mais au prix de surcharges considérables pesant sur l’opérateur historique et sur les finances publiques. Équilibre des Énergies soutient les mesures d’urgence proposées par la Commission européenne pour stabiliser les prix mais craint qu’elles ne soient insuffisantes. Une réforme de fond reste à construire qui passe vraisemblablement par un encadrement du marché de gros de l’électricité et une régulation des prix pratiqués pour tous ceux qui n’y ont pas accès. L’objectif doit être que les prix reflètent les coûts d’approvisionnement, en assurant de façon stable le financement des investissements plus que jamais nécessaires.

À propos d’Équilibre des Énergies

logo-eden-2.png Créé en 2011, le groupe de réflexion Équilibre des Énergies est une plate-forme transversale qui fédère les acteurs du monde de l’Énergie, du Bâtiment et de la Mobilité́ autour d’un projet commun : Construire une société́ énergétique meilleure, nécessaire à la décarbonation efficace de l’économie. Association loi de 1901 Équilibre des Énergies 10, rue Jean Goujon – 75008 Paris – France T. +33 (0)1 53 20 13 70 info@equilibredesernergies.org

 

Soleil vert : retour sur une oeuvre culte et visionnaire

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Sorti il y a près de cinquante ans, ce film visionnaire est devenu une référence du cinéma de science-fiction. Richard Fleischer décrit une Amérique plongée dans une canicule permanente, où la nature a disparu et dont l’action se situe en… 2022. Arte consacre une soirée autour de Soleil Vert le mercredi 12 octobre prochain à partir de 20h50. L’occasion pour la chaîne culturelle de diffuser un cycle de documentaires consacrés aux oeuvres visionnaires de la science fiction : 1984 d’Orwell, Le meilleur des mondes de Huxley ou encore Robots de Isaac Asimov. Et bonne nouvelle l’ensemble de ces films sont déjà disponibles sur Arte.tv ! Indispensables face aux éructations d’un Trump qui martèle « Ce que vous voyez et lisez n’est pas la vérité ». Asimov lui rétorquer que « l’humanité n’a plus les moyens de gaspiller ses ressources financières et affectives dans d’interminables conflits dépourvus de sens« .

Liste rouge des écosystèmes en France : Les rivages rocheux du littoral méditerranéen sous pression selon l’UICN

capture_d_e_cran_2022-10-02_a_10.32_27.png Suite à la publication en 2020 d’un premier volume de la Liste rouge des écosystèmes côtiers méditerranéens dédié aux dunes côtières et rivages sableux, le Comité français de l’UICN, l’Office français de la biodiversité (OFB) et le Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN) publient aujourd’hui un second volume sur les rivages rocheux du littoral méditerranéen. Cette évaluation, qui a mobilisé de nombreux experts (universités, Conservatoires botaniques nationaux, Conservatoire du littoral), montre que deux tiers des écosystèmes identifiés sont menacés ou quasi-menacés du fait de l’urbanisation du littoral, de la fréquentation ou encore de la présence d’espèces végétales exotiques envahissantes. Des actions sont nécessaires pour protéger ce patrimoine écologique exceptionnel, avec des cortèges d’espèces que l’on ne retrouve nulle part ailleurs en France. 471_638001254985180413.jpg En France, les rivages rocheux représentent près des deux tiers du trait de côte méditerranéen, pour l’essentiel situé en Corse et dans la région PACA. A l’interface entre terre et mer, ils abritent une flore et une microfaune particulières très riches, adaptées à des conditions écologiques contraignantes, liées à l’influence de la mer. Ils constituent également des espaces de haltes migratoires, d’hivernage et de reproduction pour les oiseaux marins, pour la plupart protégés et dont certains sont menacés à l’échelle nationale ou régionale. Leur configuration spatiale, souvent restreinte et fragmentée, les rend particulièrement sensibles aux pressions anthropiques. Dans le cadre de cette étude, ce sont 6 écosystèmes qui ont été évalués : 4 relèvent strictement des côtes rocheuses – des rivages rocheux aux maquis bas littoraux, en passant par les garrigues basses et les phryganes, et 2 sont des cordons et plages de galets. veget-pionniere_corse_jean-ichter_dsc01445.jpg

Le bassin méditerranéen, un point chaud de pressions

Un cocktail de menaces affecte ces écosystèmes et sont à l’origine de leur dégradation. Ils subissent dans l’ensemble les conséquences d’une forte artificialisation du territoire. Au-delà de pertes de surface, la densité urbaine et l’attractivité touristique du littoral entraînent une forte fréquentation de ces milieux qui perturbe la faune et déstructure les milieux. À cela s’ajoute les effets d’une implantation d’espèces exotiques localement envahissantes et qui contribuent à perturber ces écosystèmes. Enfin, ils sont également menacés par les effets des changements climatiques en cours et à venir, en particulier l’élévation du niveau marin qui entraîne une modification de l’interface terre-mer qu’il est essentiel d’anticiper.

Quatre écosystèmes menacés ou quasi-menacés sur les 6 évalués

grande-maire_dsc07999_haut-de-plage-avant-dune-et-dune-blanche_photo-j.-favennec.jpg Les écosystèmes de plages et cordons de galets sont les plus menacés de cette liste. Avec leurs distributions restreintes et fragmentées, ils sont particulièrement fragiles face aux pressions :
  • « En danger », c’est la catégorie retenue pour les plages de galets et graviers à végétation vivace, écosystème que l’on observe plus que très rarement en arrière des plages et cordons de galets ;
  • Plus près de la mer, on observe à la limite du milieu terrestre les plages de galets et graviers à végétation pionnière où une végétation temporaire parvient à s’installer à la faveur des apports de laisses de mer et des rares impacts de la mer. Un peu plus commun sur le littoral, cet écosystème est classé dans la catégorie « vulnérable ».
Les falaises et rivages rocheux méditerranéens et les garrigues basses et phryganes du littoral sont également identifiés comme « quasi-menacés ». Les maquis bas et fourrés des côtes rocheuses méditerranéennes sont quant à eux classés en « préoccupation mineure ». Ce statut ne signifie cependant pas que l’écosystème est à l’abri des menaces, car il nécessite une vigilance pour maintenir son bon état écologique. Les résultats de cette évaluation font écho à ceux de la Liste rouge des dunes côtières et rivages sableux méditerranéens qui a établi que 7 de ces écosystèmes sur les 9 évalués étaient menacés du fait de l’urbanisation, du recul du trait de côte et de la fréquentation touristique. Ils appellent ainsi à la mise en place d’actions de protection et restauration de ces milieux, dans des régions particulièrement marquées par une forte densité de population et un haut niveau d’artificialisation du littoral. Quelques exemples de sites pour les 7 écosystèmes méditerranéens évalués (de gauche à droite) : La Liste rouge des écosystèmes est une méthode d’évaluation élaborée par l’UICN qui vise à estimer le risque d’effondrement des écosystèmes selon des standards scientifiquement établis. Ainsi, le résultat de ces évaluations permet d’identifier les écosystèmes menacés et les dynamiques de dégradation. Complémentaire à la Liste rouge des espèces menacées, cette approche vise à apporter une dimension écosystémique aux connaissances relatives aux risques de disparition de la biodiversité. C’est donc un outil d’aide à la décision destiné à faciliter le développement de stratégies de conservation. Ses résultats sont publics et diffusés dans le cadre de l’Inventaire national du patrimoine naturel (INPN). logo_inpn.png Ces évaluations sont le fruit d’une démarche collégiale et partenariale. Elles sont pilotées par le Comité français de l’UICN et PatriNat (OFB, MNHN, CNRS) avec la mobilisation d’experts des écosystèmes qui apportent leurs connaissances et garantissent la qualité des résultats. Liste rouge des écosystèmes en France – Rapport Synthétique Vol 2 2022Liste rouge des écosystèmes en France

Le Comité français de l’UICN

logo_uicn-2.png Le Comité français de l’Union internationale pour la conservation de la nature est le réseau des organismes et des experts de l’UICN en France. Regroupant au sein d’un partenariat original 2 ministères, 13 organismes publics et 47 organisations non- gouvernementales, il joue un rôle de plateforme d’expertise et de concertation pour répondre aux enjeux de la biodiversité. Il rassemble également un réseau de plus de 250 experts répartis en cinq commissions thématiques, dont la Commission de gestion des écosystèmes. Au niveau mondial, l’UICN a développé la méthodologie de référence pour guider les pays dans l’élaboration de leur Liste rouge nationale des écosystèmes. – www.uicn.fr

L’Office français de la biodiversité

logo-ofb.png Établissement public de l’État créé le 1er janvier 2020, l’Office français de la biodiversité est placé sous la tutelle des ministères de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, et de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire. Il a pour missions la surveillance, la préservation, la gestion et la restauration de la biodiversité terrestre, aquatique et marine, ainsi que la gestion équilibrée et durable de l’eau, dans l’Hexagone et en Outre-mer. Il est chargé de développer la connaissance scientifique et technique des espèces, des milieux et de leurs usages, de surveiller et de contrôler les atteintes à l’environnement, de gérer des espaces protégés, d’appuyer la mise en œuvre des politiques publiques, et de mobiliser l’ensemble de la société, acteurs socio-économiques comme citoyens. – www.ofb.gouv.fr

Le Muséum national d’Histoire naturelle

capture_d_e_cran_2022-10-02_a_10.52_05.png À la frontière entre recherche, culture et société, le Muséum se consacre à la connaissance de la nature et aux relations que les humains entretiennent avec celle-ci. Cet établissement scientifique majeur, qui est à la fois un centre de recherche de pointe et une université, comprend aussi des collections exceptionnelles parmi les trois plus importantes de la planète. Patrimoine de l’humanité, elles irriguent la science dans le monde entier et sont présentées dans ses musées, jardins botaniques et zoologiques ou bibliothèques répartis dans 13 sites en France. Pôle d’expertise, il conseille également les pouvoirs publics, français et européens, pour les politiques environnementales. Fort de quatre siècles d’histoire des sciences, il demeure aujourd’hui une référence en matière d’enjeux écologiques et sociaux. – www.mnhn.fr

 

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9 Français sur 10 veulent plus de sobriété lumineuse

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L’ANPCEN plaide pour plus de sobriété lumineuse et énergétique en France, avec des mesures simples, peu coûteuses et de bon sens, ainsi que pour des progrès portant sur l’ensemble des éclairages (et non sur les seules enseignes et publicités lumineuses). L’ANPCEN dévoile les évolutions de perception de la pollution lumineuse par les Français à travers son nouveau sondage réalisé avec OpinionWay, en septembre 2022. Enfin, elle analyse les deux projets de décrets et d’un arrêté, des ministères de la transition énergétique et du ministère de la transition écologique, dans le cadre de l’objectif gouvernemental de la sobriété énergétique.

Mieux reconnaître les Savoirs Écologiques Traditionnels : enjeux de définition, de transmission et de protection

Les Savoirs Ecologiques Traditionnels, savoirs locaux ou autochtones, transmis de générations en générations et longtemps méprisés par la pensée occidentale, méritent d’être mieux reconnus, face à la crise écologique actuelle. Ce décryptage, de Matilin Guillouët, chargé de mission à La Fabrique Ecologique, fait le point sur les enjeux de définition, de transmission et de protection de ces savoirs.

Quelles énergies pour demain ? KAIZEN magazine explore les solutions pour conjuguer sobriété et indépendance dans un dossier spécial

« La meilleure énergie reste celle que nous ne consommons pas. » Pendant longtemps, cette conviction était seulement partagée par une poignée d’écologistes. Mais depuis, la guerre en Ukraine a bousculé les équilibres et la sobriété, longtemps snobée, a désormais le vent en poupe. À tel point que TotalEnergies, EDF et Engie appellent désormais les Français à consommer moins d’énergie, militant pour une « prise de conscience » et « une action collective et individuelle« . Reste à savoir quels types d’énergies renouvelables nous devons développer. Le solaire ? La géothermie ? L’hydraulique ? L’éolien ? La biomasse ? 20220831065545-p3-document-gvtf.jpg Dans son dossier « Quelles énergies pour demain ?« , publié dans son numéro de septembre-octobre, Kaizen magazine explore les solutions pour conjuguer sobriété et indépendance. Dans ce numéro, Kaizen met en lumière des solutions et initiatives pour sortir, en France, des énergies fossiles et nucléaires, limiter les émissions de GES et devenir indépendants d’un point de vue énergétique. « La meilleure énergie reste celle que nous ne consommons pas. Nous devons, collectivement, agir sur la demande en énergie en réduisant notre consommation […] » Qui aurait pu croire que cette injonction émane un jour des dirigeants d’Engie, EDF, TotalEnergies ? Pourtant ce sont bien Catherine MacGregor, Jean-Bernard Lévy, Patrick Pouyanné qui ont rédigé cette tribune pour Le Journal du Dimanche en juin 2022[[ [« Le prix de l’énergie menace notre cohésion », par les patrons d’Engie, EDF et TotalEnergies, Le Journal du Dimanche, 25 et 26 juin 2022 disponible en ligne].]] ! On pourrait leur mettre le nez dans leur flaque de pétrole, de gaz ou d’uranium et leur rappeler plusieurs choses. Que bon nombre de Français·es sont confrontés quotidiennement à la flambée du prix de toutes les énergies et qu’ils réduisent de fait leurs consommations. Que certains se sont privés de vacances, et qu’il est inutile de les culpabiliser davantage. On pourrait aussi inviter ce triumvirat à montrer l’exemple : avec une rémunération de près de 6 millions d’euros en 2021, en hausse de 52 % par rapport à 2020, Patrick Pouyanné n’est pas un modèle de sobriété ! Et les inciter à un peu plus de cohérence : le gouvernement d’Ouganda a validé le projet pétrolier de TotalEnergies en Afrique de l’Est ; ainsi, l’oléoduc EACOP qui traversera seize aires naturelles protégées émet- tra 33 millions de tonnes de CO2. Bref, soyons lucides : cette injonction est d’abord une défense de leurs intérêts. UN TOURNANT, UNE CHANCE Cependant cette tribune marque un tournant dans le débat public. D’autant qu’elle intervient quelques semaines après une déclaration similaire du ministre Bruno Le Maire, appelant tous les Français à « faire un effort » sur leur consommation de chauffage. Ce qu’a rappelé Emmanuel Macron le 14 juillet. Ce qui était perçu comme une utopie radicale est devenu souhaitable pour les décideurs. Ne soyons pas dupes : ce changement de ton est la conséquence de la guerre en Ukraine ; aucun d’eux n’a connu une épiphanie écologique. Pour preuve, la loi sur le pouvoir d’achat votée cet été ouvre la voie à la réouverture de la centrale à charbon de Saint-Avold et à l’importation de gaz de schiste. En un vote, le gouvernement réussit à montrer sa double incohérence. On pourrait affiner, mais qui dit sobriété dit moins consommer. Rude ? Peut-être, mais basique. Est-ce si gênant ? Homo sapiens n’est pas né avec une carte bleue dans sa peau de mammouth, il a besoin d’être heureux, de satisfaire ses besoins essentiels, pas d’augmenter son pouvoir d’achat ! Encore moins en utilisant du charbon vieux de 350 millions d’années, une des énergies fossiles les plus polluantes. Il eût été plus cohérent d’interdire l’usage dans les lieux publics de tous les panneaux publicitaires qui nous incitent à consommer, c’est-à-dire à ne pas être sobres ! Sortir du dogme de la croissance, c’est nous auto- riser à réduire notre dépendance aux énergies fossiles et préserver l’habitabilité sur Terre. C’est aussi une chance, comme le rappelle le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres : « Les énergies renouvelables sont les garantes de la paix au XXIe siècle. » Elles permettent à la fois de lutter contre le dérèglement climatique et de garantir une stabilité géopolitique. Au sommaire de ce dossier :
  • « La sobriété consiste à permettre à chacun de consommer mieux et moins »
Propos recueilis par Pascal Greboval L’association négaWatt regroupe des professionnels de l’énergie et des citoyens. Fondée en 2001, elle appuie sa démarche sur la sobriété, l’efficacité énergétique et le recours aux énergies renouvelables. Fin 2021, elle a publié la cinquième version de son scénario qui détaille une transition énergétique décarbonée à l’horizon 2050. Yves Marignac est l’un de ses porte-parole.
  • Les énergies renouvelables aujourd’hui
Texte : Sabah Rahmani Inépuisables si elles sont gérées durablement, les énergies renouvelables permettent de produire « gratuitement » de l’électricité ou de la chaleur. Parce que leur utilisation engendre peu de déchets et d’émissions polluantes, elles offrent nombre de solutions pour se passer des énergies fossiles et nucléaire. Pour autant, leur impact sur l’environnement n’est jamais neutre non plus, notamment dans la phase de fabrication et de recylage. Le point sur les énergies renouvelables : énergie solaire, énergie éolienne, énergie hydraulique, biomasse, géothermie
  • Consommation et production d’énergie en France
Il est quasi admis que nous devons réduire notre consommation d’énergie. Mais aujourd’hui, combien en consommons-nous ? Et comment est-elle produite ?
RÉPARTITION DE LA CONSOMMATION D’ÉNERGIE PRIMAIRE EN FRANCE EN 2020 ET COÛT PAR MODE DE PRODUCTION
RÉPARTITION DE LA CONSOMMATION D’ÉNERGIE PRIMAIRE EN FRANCE EN 2020 ET COÛT PAR MODE DE PRODUCTION
PRODUCTION BRUTE D’ÉLECTRICITÉ ET RENDEMENT DES DIFFÉRENTES MÉTHODES DE PRODUCTION D’ÉNERGIE
PRODUCTION BRUTE D’ÉLECTRICITÉ ET RENDEMENT DES DIFFÉRENTES MÉTHODES DE PRODUCTION D’ÉNERGIE
  • Voiture(s) du futur : Pourra-t-on rouler au vert ?
Texte : Alicia Blancher Les transports représentent un quart des émissions de gaz à effet de serre (GES) de l’Union européenne, dont 54 % sont imputables à la voiture individuelle. Pour remédier à cette dépendance aux énergies fossiles et aux pollutions engendrées, l’UE va interdire la vente des véhicules neufs thermiques en 2035. Une solution qui décarbonera en partie nos déplacements, mais qui élude d’autres leviers primordiaux pour « verdir » notre mobilité à quatre roues, comme la sobriété.
  • Les parcs citoyens peuvent-ils booster la transition ?
Texte : Nolwenn Weiler Les parcs citoyens représentent pour le moment une toute petite partie de la production totale d’énergies renouvelables, mais ils impulsent des dynamiques collectives salutaires pour les territoires ruraux.
  • Transition énergétique : Les territoires à la rescousse ?
Texte : Nolwenn Weiler Partout en France, des collectivités s’organisent pour faire leur transition énergétique. Plusieurs prévoient même de produire l’intégralité de l’énergie qu’elles consomment d’ici 2050, voire plus.Découvrir le numéro de septembre 2022 de KAIZEN

A propos de KAIZEN

explorateur-solutions-ecologiques-sociales.jpg L’humanité vit des heures décisives : dérèglements climatiques, épuisement des terres arables, disparition en masse des espèces et pollutions généralisées, crises économiques, sociales, sanitaires et financières. Et plus grave encore : abandon de l’être humain. Face à ce constat nous aurions toutes les raisons du monde de désespérer et pourtant, silencieusement, un nouveau paradigme voit le jour : intelligent, sobre, mettant au premier rang de ses priorités l’épanouissement de la Vie sur notre planète. C’est à ce monde que Kaizen choisit de donner la parole, à ces personnes qui portent les (r)évolutions que nous attendons, courageusement, à ces initiatives pionnières qui, par leur simplicité et leur bon sens, nous offrent de nouveaux horizons, de véritables raisons de croire en l’avenir. Plus que tout, nous croyons qu’il ne peut y avoir de réelle métamorphose de nos sociétés sans un profond changement de ceux qui la constituent : NOUS. Kaizen est un média entièrement indépendant, appartenant à ses abonné.es, et pratiquant un journalisme d’impact et de solutions à la ligne éditoriale 100% positive ! L’objectif du magazine est ainsi de nourrir la créativité, la résilience et l’autonomie, plutôt que la peur, le repli et l’immobilisme, en mettant en avant des initiatives, projets et alternatives, sur des sujets divers et variés, qui proposent d’autres modèles pour repenser et faire évoluer nos sociétés. capture_d_e_cran_2022-09-28_a_17.04_05.png

 

L’IGN publie son premier atlas des cartes de l’anthropocène.

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L’été 2022 a été marqué par l’intensité et la succession de records de chaleur, sécheresse, méga-feux de forêts, inondations et épisodes de vent violents. Face à ces bouleversements, l’IGN, dans sa mission d’appui aux politiques publiques, s’est engagé en 2021 à développer une capacité d’observation en continu. L’enjeu : produire des cartes thématiques sur un nombre limité d’enjeux écologiques majeurs qui rendent compte des changements rapides du territoire et des conséquences sur l’environnement : l’artificialisation des sols, la forêt en mutation, la biodiversité et ses refuges à la loupe, l’érosion des côtes et les épisodes naturels extrêmes. L’IGN publie son premier atlas des cartes de l’anthropocène : une invitation à changer d’échelle pour pouvoir agir.

Feuille de route Climat de l’Info du groupe TF1 : baromêtre, ecoWatt et réalitée augmentée pour encourager les bons gestes pour notre Planète

a4cf18d7-19c9-4aec-a16a-e1c4c7e8a202.png Depuis de nombreuses années, les rendez-vous d’information du groupe TF1 veillent à jouer un rôle majeur dans la transition écologique en sensibilisant quotidiennement les téléspectateurs aux nouveaux défis environnementaux. Face à l’urgence climatique et avec la volonté d’accompagner les Français dans cette nouvelle donne, la Direction de l’Information annonce aujourd’hui renforcer son engagement en présentant sa feuille de route Climat, avec en fer de lance : capture_d_e_cran_2022-09-27_a_19.55_08.png
  • l’arrivée de nouvelles rubriques dédiées à l’antenne avec la signature « Notre Planète »,
Evelyne Delhia présentera le bulletin meteo de la consommation énergétique ecoWatt, système d'alerte en partenariat avec RTE
Evelyne Delhia présentera le bulletin meteo de la consommation énergétique ecoWatt, système d’alerte en partenariat avec RTE
  • un partenariat avec RTE pour un bulletin météo de la consommation d’énergie avec le système d’alerte Ecowatt et une opération spéciale de grande envergure sur les écogestes lors de la COP 27,
capture_d_e_cran_2022-09-27_a_19.57_35.png
  • la constitution d’un Comité d’experts spécialistes des questions environnementales,
  • la création d’un baromètre pour mesurer la progression des sujets liés à la transition écologique.
Pilotée par Thierry Thuillier, Directeur Général Adjoint de l’Information, avec le soutien de Christelle Chiroux, Directrice adjointe de l’Information en charge de la médiation et de la RSE, la feuille de route Climat a pour double objectif de renforcer le programme pédagogique à destination des journalistes tout en donnant une place plus importante aux sujets environnementaux dans les rendez-vous d’information du groupe TF1. Lancement de la signature « Notre Planète » capture_d_e_cran_2022-09-27_a_19.55_21.png Pour accompagner les téléspectateurs et internautes dans leur compréhension de la transition écologique, la direction de l’Information lance la signature « Notre Planète » pour regrouper l’ensemble des rubriques et nouveaux formats dédiés à l’environnement sur TF1 tels que : capture_d_e_cran_2022-09-27_a_19.56_32.png « Terre Augmentée » porté par le journaliste Yani Khezzar à l’aide d’animations augmentées et immersives pour comprendre à quoi ressemblera la France en 2030.
Réalité augmentée
Réalité augmentée
« CQFD » : Ceux Qui Font Pour Demain, un format spécifique du JT pour mettre en exergue le journalisme de solutions
Le 20H vous répond
Le 20H vous répond
« Le 20H vous répond » avec la journaliste Garance Pardigon qui répondra chaque soir à une question autour des enjeux climatiques. Au sein des bulletins météo, les présentateurs proposeront « Les bons gestes » à adopter en matière de protection du climat. Une météo de l’énergie avec RTE
Météo écoWatt sur les chaines du Groupe TF1 en partenariat avec RTE
Météo écoWatt sur les chaines du Groupe TF1 en partenariat avec RTE
En parallèle, la Direction de l’Information signe un partenariat inédit et d’envergure avec RTE qui vise à sensibiliser les téléspectateurs sur les enjeux énergétiques : Avec un bulletin météo de la consommation d’énergie reprenant le système d’alerte Ecowatt
  • En informant régulièrement les téléspectateurs sur le risque de tension sur l’approvisionnement en électricité
  • En proposant une opération spéciale de grande envergure sur les écogestes lors de la COP 27 en Egypte.
« Impact positif » se déploie sur LCI et TF1 INFO :
Impact positif
Impact positif
A l’origine d’Impact Positif, un podcast présenté par Sylvia Amicone, diffusé sur toutes les plateformes de diffusion depuis 2018 pour explorer les solutions qui existent face à l’urgence climatique et sociale. En cette rentrée, Impact Positif se renforce avec une émission sur LCI tous les samedis à 12h45 et une verticale de contenus sur TF1 INFO. La mise en place d’un baromètre environnemental Pour mesurer la montée en puissance des sujets liés à la transition écologique, la Direction de l’Information met en place un baromètre environnemental. La constitution d’un Comité d’experts Environnement experts_pf.jpg La direction de l’Information, avec l’appui de Mathieu Jahnich, consultant-chercheur, met en place un comité de 10 expert.e.s issus de tous horizons (agriculture, énergie, consommation durable, biodiversité, gestion des déchets, numérique responsable) afin d’aborder la transition écologique dans sa globalité. Le rôle des experts sera d’apporter leurs connaissances aux journalistes de la rédaction pour les aider à approfondir le traitement d’un sujet, mais également d’être porteur d’idées ou de les alerter sur une actualité. Ils pourront aussi être amenés à intervenir au sein d’un sujet ou en plateau. Ce comité est constitué :
  • Pierre-Marie Aubert, Chercheur, coordinateur de l’initiative Agriculture européenne Institut du développement durable et des relations internationales (IDDRI)
  • Alicia Bassière, Doctorante en économie de l’énergie Centre de recherche en économie et statistique de Polytechnique et ENSAE
  • Anne Battestini, Experte en études marketing et consommation responsable Fondatrice du cabinet d’études et de conseils Iconics
  • Séverine Bès de Berc, Directrice déléguée Outre-Mer Cerema
  • Nicolas Dubos, Chercheur en écologie
  • Eddy Guicheron, Chef du service Collecte et Pré Collecte des déchets ménagers Communauté d’agglo de l’Espace Sud, Martinique
  • Fannie Le Floch, Médiatrice scientifique et chercheuse en physico-chimie des biopolymères
  • Bela Loto Hiffler, Formatrice et autrice sur le numérique responsable. Fondatrice de Point de M.I.R (Maison de l’Informatique plus Responsable), associée de M.I.R Conseil & Formation
  • François Meyer, Délégué Général Fer de France
  • Sébastien Treyer, Directeur général Institut du développement durable et des relations internationales (IDDRI)
  • Et un expert RTE de la transition énergétique
Un plan de formation dédié : Conçue avec Imagine 2050, l’idée est de proposer une formation à tous : une journée entière sur les fondamentaux du climat pour donner des outils aux journalistes et des clés sur la façon de raconter la transition écologique à travers le journalisme de solution. A noter que plus de 100 collaborateurs de l’Information ont déjà participé à une Fresque du climat en 2021 et 2022. De nouvelles sessions seront organisées en 2023, avec en plus une Fresque adaptée aux managers. etude_francais_environnement_pf.jpg

L’écologie au cœur des préoccupations des Français : une étude exclusive de TF1 et SocioVision

31150870-9627-49da-9549-06f840b1b74a.png Le groupe TF1 et l’institut SocioVision (groupe IFOP) ont dévoilé une étude exclusive sur le rapport des Français à l’environnement[[Source : étude TF1 / Sociovision sur les comportements des Français face à l’urgence climatique et le rôle des médias dans la transition écologique. Réalisée auprès d’un échantillon représentatif de 1000 personnes âgées de 18 à 75 ans. Le terrain s’est déroulé du 26 juillet au 2 août 2022.]]. Riche en enseignements, cette enquête en ligne met en lumière l’éveil des consciences sur le dérèglement climatique et révèle le rôle clé des médias pour embarquer les citoyens vers un avenir plus durable et responsable à travers le traitement de l’information. Ainsi, l’urgence écologique est aujourd’hui une des principales préoccupations des Français. Les sécheresses et les canicules à répétition de l’été 2022 ont achevé de convaincre les plus sceptiques : 87% des répondants ont conscience de vivre une vraie crise environnementale. Une crise qui les affecte directement puisque l’éco-anxiété gagne 74% des Français et 85% redoutent en effet l’apparition de phénomènes liés au dérèglement climatique dans leur région d’ici à 5 ans. Même si beaucoup considèrent qu’ils font déjà beaucoup de choses pour l’environnement, 64% approuvent l’idée que leur mode de vie va devoir changer en raison de la crise environnementale. Dans ce contexte, les médias jouent un rôle essentiel pour accompagner les Français dans la transition écologique. Car le besoin d’information est aujourd’hui réel : 80% des Français déclarent qu’« être bien informé sur l’environnement est une priorité » et 85% jugent les sujets relatifs à l’environnement sont utiles dans leur vie quotidienne. Si la majorité des Français a le sentiment que les JT et les chaînes d’informations les informent plutôt bien sur cette thématique, 74% estiment qu’il n’y a pas suffisamment d’experts qui prennent la parole. Au-delà de l’information, les personnes interrogées attendent un plus fort accompagnement de la part des médias :
  • 49% souhaitent qu’on leur donne plus de conseils pour adopter des comportements plus respectueux de la planète
  • 46% aimeraient qu’on leur montre davantage d’exemples concrets de personnes ou d’entreprises qui adoptent des comportements éco-responsables.
De nombreux enseignements qui légitiment aujourd’hui la démarche engagée de la Direction de l’Information et pour lesquels la feuille de route Climat apporte des solutions concrètes et durables.

Intégralité de l’étude

Le rapport des Français à l’environnement, une étude Sociovision pour TF1

 

Documents joints

négaWatt présente 51 propositions d’actions chiffrées

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La sobriété est au cœur de la démarche et de l’expertise développée par négaWatt depuis plus de 20 ans. Face à la crise énergétique que nous traversons, l’association publie ses propositions pour réduire de 10 % au moins nos consommations d’énergie d’ici deux ans.

Elle met à disposition une première liste d’actions mobilisables dans différents secteurs dès cet hiver et dans les deux prochaines années et chiffre leurs impacts. En s’appuyant sur les retours d’expérience de ses membres, elle attire l’attention des décideurs et des opérateurs sur les enjeux clés à anticiper dans leur mise en œuvre.

Le Conseil de l’Europe appelle les États membres à reconnaître le droit à un environnement propre, sain et durable comme un droit de l’homme

Le Comité des Ministres appelle les États membres à reconnaître le droit à un environnement propre, sain et durable comme un droit de l’homme
Le Comité des Ministres appelle les États membres à reconnaître le droit à un environnement propre, sain et durable comme un droit de l’homme
Dans une recommandation sur les droits de l’homme et la protection de l’environnement adoptée aujourd’hui, le Conseil de l’Europe appelle ses 46 États membres à envisager activement de reconnaître, au niveau national, le droit à un environnement propre, sain et durable comme un droit de l’homme.
Accès au droit fondamental à un environnement sûr, propre et sain
Accès au droit fondamental à un environnement sûr, propre et sain
Considérant que les mesures visant à faire face à la triple crise planétaire du changement climatique, de la perte de biodiversité et de la pollution sont essentielles à une meilleure jouissance des droits de l’homme, le Comité des Ministres souligne la reconnaissance accrue d’une certaine forme du droit à un environnement propre, sain et durable, dans les instruments juridiques internationaux (y compris les instruments régionaux relatifs aux droits de l’homme) et les Constitutions, législations et politiques nationales. Dans la mise en œuvre de la présente recommandation, les États membres devraient veiller au respect d’un certain nombre de principes, selon le Comité, à savoir : les principes généraux du droit international de l’environnement, tels que le principe d’absence de dommage, le principe de prévention, le principe de précaution et le principe du pollueur-payeur ; la nécessité d’une équité intergénérationnelle ; le principe de non-discrimination ; l’accès sans discrimination à l’information et à la justice en matière d’environnement, à la participation au processus décisionnel en matière d’environnement et à l’éducation à l’environnement. Le Comité se déclare également préoccupé par l’effet disproportionné que peut avoir la dégradation de l’environnement et appelle les États membres à prendre des mesures adéquates pour protéger les droits des personnes qui sont les plus vulnérables face aux dommages environnementaux ou qui sont particulièrement menacées par ceux-ci. En outre, la recommandation souligne l’importance pour les gouvernements de coopérer avec les entités infranationales, la société civile, les institutions nationales des droits de l’homme, les institutions régionales pour la protection et la promotion des droits de l’homme, les défenseurs des droits de l’homme liés à l’environnement, les acteurs économiques, les peuples autochtones et les communautés locales, les villes et les régions. Enfin, les États membres sont encouragés à exiger des entreprises qu’elles agissent en conformité avec leurs responsabilités en matière de droits de l’homme liés à l’environnement. 1c2d91d0-3cd243b.jpg

Contexte

La Résolution 48/13 du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies du 8 octobre 2021 a reconnu le droit à un environnement propre, sain et durable comme un droit de l’homme. L’engagement de longue date du Conseil de l’Europe en faveur de la protection de l’environnement s’est traduit par l’adoption de la Convention relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel (« Convention de Berne »), la Convention sur la responsabilité civile des dommages résultant d’activités dangereuses pour l’environnement, la Convention sur la protection de l’environnement par le droit pénal et la Convention sur le paysage. Recommandations : Le Comité des Ministres du Conseil de l’Europe ecommande aux gouvernements des États membres :
  • 1. de réfléchir à la nature, au contenu et aux implications du droit à un environnement propre, sain et durable, et, sur cette base, d’envisager activement de reconnaître au niveau national ce droit comme un droit de l’homme important pour la jouissance des droits de l’homme et lié à d’autres droits et au droit international existant;
  • 2. de revoir leur législation et leurs pratiques nationales afin de s’assurer qu’elles sont conformes aux recommandations, principes et orientations énoncés dans l’annexe à la présente recommandation;
  • 3. de veiller à ce que la présente recommandation soit traduite dans la ou les langues officielles de leurs pays respectifs et de garantir, par des moyens et mesures appropriés, une large diffusion de cette recommandation aux autorités compétentes et aux parties prenantes;
  • 4. d’examiner, au sein du Comité des Ministres, la mise en œuvre de la présente recommandation au plus tard cinq ans après son adoption.
Annexe à la Recommandation CM/Rec(2022)20 :
  • 1. Dans la mise en œuvre de la présente recommandation, les États membres devraient veiller au respect des principes généraux du droit international de l’environnement, tels que le principe d’absence de dommage, le principe de prévention, le principe de précaution et le principe du pollueur-payeur, et tenir compte de la nécessité d’une équité intergénérationnelle.
  • 2. Les États membres devraient garantir, sans discrimination, la jouissance effective des droits et libertés énoncés dans la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et libertés fondamentales et, le cas échéant, dans la Charte sociale européenne et la Charte sociale européenne révisée, y compris en matière d’environnement.
  • 3. Les États membres devraient prendre des mesures adéquates pour protéger les droits des personnes qui sont les plus vulnérables face aux dommages environnementaux ou qui sont particulièrement menacées par ceux-ci, en tenant compte de leurs besoins, des risques qu’elles courent et de leurs capacités.
  • 4. Les États membres devraient garantir l’accès sans discrimination, entre autres, à l’information et à la justice en matière d’environnement, à la participation au processus décisionnel en matière d’environnement et à l’éducation à l’environnement. Les États membres devraient veiller à ce que les droits de l’homme soient pris en compte à tous les stades du processus décisionnel en matière d’environnement.
  • 5. En tenant compte de leur rôle essentiel dans la protection de l’environnement, les États membres devraient consulter les entités infranationales, la société civile, les institutions nationales des droits de l’homme, les institutions régionales pour la protection et la promotion des droits de l’homme, les défenseurs des droits de l’homme liés à l’environnement, les acteurs économiques, les peuples autochtones et les communautés locales, les villes et les régions, et coopérer avec eux pour la mise en œuvre de la présente recommandation.
  • 6. Les États membres devraient encourager ou, le cas échéant, exiger des entreprises qu’elles agissent en conformité avec leurs responsabilités en matière de droits de l’homme liés à l’environnement, notamment en appliquant un assortiment judicieux de mesures − nationales et internationales, contraignantes et volontaires.
Manuel sur les Droits de l'Homme et l'Environnement
Manuel sur les Droits de l’Homme et l’Environnement
Le Manuel sur les droits de l’homme et l’environnement du Conseil de l’Europe contient les principes tirés de la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme et des décisions et conclusions du Comité européen des droits sociaux. Manuel sur les droits de l’homme et l’environnement – Conseil de l’Europe (3éme édition) Exposé des motifs A. Introduction
  • 1. La présente recommandation vise à réaffirmer les normes relatives aux droits de l’homme qui sont liées aux questions environnementales. Elle a pour but d’aider les États membres, si nécessaire, à s’acquitter de leurs obligations et engagements en matière de respect et de protection des droits de l’homme contre les atteintes liées à des facteurs environnementaux. Elle reflète donc à la fois les obligations des États de ne pas s’engager dans des activités dont l’impact sur l’environnement peut violer les droits individuels, et leurs obligations positives de protéger ces droits contre les interférences indues causées par l’impact sur l’environnement des activités des acteurs étatiques et non étatiques, y compris les entreprises, et des catastrophes naturelles prévisibles.
  • 2. La présente recommandation est fondée à la fois sur des normes contraignantes et non contraignantes. Elle contient des éléments qui peuvent avoir un statut juridique différent selon les États membres : des normes fondées sur la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et libertés fondamentales (la Convention), qui est juridiquement contraignante pour tous les États membres ; également des normes fondées sur des traités qui ne sont juridiquement contraignants que pour les États qui ont ratifié le traité en question (comme la Charte sociale européenne / la Charte sociale européenne révisée, la Convention du Conseil de l’Europe sur l’accès aux documents publics (Convention de Tromsø) ou la Convention sur l’accès à l’information, la participation du public au processus décisionnel et l’accès à la justice en matière d’environnement (Convention d’Aarhus) ; jusqu’aux normes fondées sur des instruments non contraignants, comme les recommandations et lignes directrices antérieures du Comité des Ministres ou les instruments des Nations Unies. La présente recommandation n’a aucun effet sur la nature juridique des instruments sur lesquels elle se fonde, ni sur l’étendue des obligations juridiques existantes des États ; elle ne cherche pas non plus à établir de nouvelles normes ou obligations.
B. Le droit à un environnement propre, sain et durable
  • 3. En octobre 2021, le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies a adopté la résolution 48/13 reconnaissant un droit de l’homme à un « environnement propre, sain et durable » et encourageant les États « à adopter selon qu’il convient des politiques visant à permettre l’exercice du droit à un environnement propre, sain et durable ». Trente-sept États membres du Conseil de l’Europe ont soutenu cette résolution. En juillet 2022, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté la résolution 76/300 qui elle aussi reconnait ce droit, avec 161 voix en faveur. Plusieurs instruments, constitutions et législations avaient déjà reconnu une certaine forme de ce droit aux niveaux régional et national dans le contexte européen. La présente recommandation prend acte de la résolution 48/13 du Conseil des droits de l’homme et vise à encourager les États à reconnaître ce droit au niveau national et à réfléchir à sa nature, son contenu et ses implications.
  • 4. Lorsqu’ils réfléchissent à la nature, au contenu et aux implications du droit à un environnement propre, sain et durable, les États membres peuvent se rappeler leurs obligations et engagements en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de limitation du réchauffement de la planète, de lutte contre la perte de biodiversité et de prévention et de réduction de la pollution[1]. Ils peuvent également rappeler leurs obligations existantes en matière de droits de l’homme concernant, par exemple, la protection de la santé[2].
C. Principes généraux en matière de protection de l’environnement
  • 5. Pour la mise en œuvre de la présente recommandation, les États membres devraient veiller au respect des principes généraux relatifs aux questions environnementales qui ont été reconnus dans les instruments internationaux existants.
  • 6. Le principe d’absence de dommage, qui figurait à l’origine dans la Déclaration de Stockholm de 1972 et qui a été repris depuis dans des traités internationaux, énonce que les États ont la responsabilité de faire en sorte que les activités exercées dans les limites de leur juridiction ou sous leur contrôle ne causent pas de dommage à l’environnement dans d’autres États ou dans des régions ne relevant pas de leur juridiction[3].
  • 7. Le principe de prévention revêt une dimension environnementale évidente, puisqu’il a été défini comme étant applicable en particulier aux activités et substances dangereuses susceptibles de provoquer une pollution, de constituer une menace pour la santé ou de porter atteinte à l’environnement naturel, à la diversité biologique et aux paysages[4].
  • 8. Le principe de précaution est établi dans le droit international. Dans la Convention-cadre des Nations Unies (ONU) sur les changements climatiques, par exemple, il implique des mesures pour prévoir, prévenir ou réduire au minimum les atteintes à l’environnement et à en atténuer les effets néfastes[5]. En outre, comme indiqué dans la Déclaration de Rio de 1992, lorsqu’il existe des menaces de dommages graves ou irréversibles, l’absence de certitude scientifique ne doit pas servir de prétexte pour remettre à plus tard l’adoption de mesures rentables visant à prévenir la dégradation de l’environnement[6]. Les États devraient prendre des décisions sur la base des meilleures connaissances scientifiques disponibles.
  • 9. Le principe du pollueur-payeur présuppose que le pollueur doit supporter les coûts des dommages causés à l’environnement, ainsi que les coûts de prévention et d’élimination de la pollution. Il est énoncé dans le principe 16 de la Déclaration de Rio de 1992.
  • 10. Les États devraient également tenir compte du concept d’équité intergénérationnelle, qui implique que les générations actuelles doivent tenir compte de l’impact environnemental de leurs activités sur les générations futures[7].
  • 11. Les États membres devraient promouvoir, dans toute la mesure de leurs moyens, l’amélioration des connaissances scientifiques sur les écosystèmes et l’impact des activités humaines. Ils devraient coopérer en échangeant des connaissances scientifiques et techniques et en facilitant la mise au point, l’adaptation, la diffusion et le transfert de techniques à des conditions mutuellement convenues, respectueuses de l’environnement, y compris des techniques novatrices.
  • 12. Les États membres devraient envisager les effets des mesures qu’ils prennent, par exemple en élaborant, s’il y a lieu, des indicateurs sur les droits de l’homme.
  • 13. Les États membres devraient collaborer pour obtenir un impact collectif plus important dans les enceintes internationales où sont abordées les questions environnementales, y compris dans leur contribution au Programme de développement durable des Nations Unies à l’horizon 2030, en s’appuyant sur l’approche et la valeur ajoutée du Conseil de l’Europe[8].
D. Protection des droits existants
  • 14. Les obligations qui découlent des instruments juridiques existants, notamment de la Convention, telle qu’interprétée par la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme (la Cour) et, le cas échéant, de la Charte et de la Charte révisée, s’appliquent également en matière d’environnement. Des mesures spécifiques peuvent être nécessaires pour assurer une mise en œuvre effective de ces instruments dans le contexte environnemental.
  • 15. Les États membres devraient veiller à ce que le droit à la vie ne soit pas violé par des atteintes à l’environnement causées par des activités étatiques ou des omissions étatiques, et le protéger contre les atteintes à l’environnement résultant d’activités non-étatiques. Parmi d’autres mesures :
    • a. les États membres devraient mettre en place un cadre législatif et administratif pour prévenir les menaces contre la vie dans le cadre d’activités dangereuses et en cas de catastrophes naturelles[9].
    • b. lorsque la perte d’une vie pourrait être liée à des activités dangereuses ou des catastrophes naturelles, les États membres devraient rapidement ouvrir une enquête indépendante et impartiale et, en cas de violation du droit à la vie, prévoir des recours[10].
  • 16. Les États membres devraient veiller à ce que les atteintes à l’environnement résultant d’activités étatiques ne violent pas le droit au respect de la vie privée et familiale ou le domicile, et devraient protéger ce droit contre toute interférence injustifiée par des atteintes à l’environnement résultant d’activités non-étatiques[11].
  • 17. Les États membres, dans la mesure où ils sont parties au Protocole n° 1 à la Convention, devraient veiller à ce que les atteintes à l’environnement découlant des activités étatiques ou d’omissions étatiques ne violent pas le droit à la protection de la propriété, et devraient protéger ce droit contre toute interférence injustifiée par des atteintes à l’environnement résultant d’activités non étatiques[12].
  • 18. Compte tenu du fait que, dans le contexte particulier de l’environnement, il existe un fort intérêt public à permettre aux individus et aux groupes de contribuer au débat public en diffusant des informations et des idées sur des questions d’intérêt public général telles que la santé et l’environnement[13]. Les États membres devraient donc prendre des mesures appropriées pour garantir que le droit à la liberté d’expression puisse être effectivement exercé, en accordant une attention particulière aux défenseurs des droits de l’homme liés à l’environnement.
  • 19. Les États membres devraient prendre les mesures appropriées pour assurer que le droit à la liberté de réunion et d’association puisse être effectivement exercé. La capacité de former une entité juridique afin d’agir collectivement dans un domaine d’intérêt mutuel est l’un des aspects les plus importants de ce droit[14] et inclut la liberté de réunion et d’association pacifiques liées aux questions environnementales.
  • 20. Les États membres devraient adopter des mesures pour combattre toute forme de ségrégation fondée sur des motifs raciaux dans les zones dangereuses pour l’environnement. Les États doivent porter assistance aux personnes vivant dans des zones ou des conditions écologiquement dangereuses, y compris les groupes désavantagés et vulnérables dans l’amélioration de leurs conditions de vie et de l’environnement, et assurer progressivement, autant que possible, un logement dans un environnement écologiquement sain[15].
E. Protection des personnes en situation de vulnérabilité
  • 21. Il est généralement reconnu que certains groupes de personnes se trouvent dans une situation particulièrement vulnérable face aux dommages environnementaux. Les États membres devraient prendre les mesures nécessaires pour remédier à la situation spécifique de ces personnes, en reconnaissant que, dans ce contexte, l’interdiction de la discrimination peut exiger la mise en œuvre de mesures positives en faveur des personnes en situation de vulnérabilité et des groupes défavorisés, notamment les peuples autochtones, les enfants, les personnes âgées, les personnes handicapées, et les femmes et les filles[16]. Ces mesures comprennent notamment les suivantes :
    • Les États membres devraient appliquer des mesures spéciales, y compris une protection juridique appropriée, pour protéger les enfants contre les atteintes prévisibles à l’environnement[17]. De telles mesures peuvent être nécessaires pour garantir le droit à la survie et au développement de l’enfant, conformément au principe de l’intérêt supérieur de l’enfant[18].
    • Les États membres devraient reconnaître que la dégradation de l’environnement peut avoir un impact disproportionné sur les droits de l’homme des personnes souffrant de handicap. Ils devraient donc assurer leur participation pleine et significative et leur inclusion dans le processus décisionnel en matière de législations, politiques publiques, stratégies et actions environnementales[19].
    • Les États membres devraient faciliter l’accès des personnes en situation de vulnérabilité aux informations sur les services de soutien publics pertinents, y compris les conseils sur les mesures d’adaptation et les mesures de soutien technique et financier.
    • Les États membres devraient collecter des données spécifiques, y compris des données ouvertes, et intensifier la recherche scientifique sur les conséquences particulières qu’ont les dommages environnementaux pour différentes catégories de population[20].
F. Accès à l’information et à la justice, participation au processus décisionnel, et éducation au développement durable -* Accès à l’information
  • 22. L’accès à l’information est essentiel pour que le public soit pleinement conscient des questions environnementales susceptibles de porter atteinte à ses droits. Les instruments internationaux existants, notamment la Convention, telle qu’interprétée par la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme, la Convention de Tromsø et la Convention d’Aarhus, établissent des exigences spécifiques dans ce domaine. Les États membres du Conseil de l’Europe qui ne sont pas parties à la Convention de Tromsø ou à la Convention d’Aarhus, peuvent envisager de prendre leurs dispositions comme exemples de bonnes pratiques largement acceptées et appliquées en matière d’accès à l’information sur les questions environnementales.
  • 23. La Cour européenne des droits de l’homme a décidé que dans certaines circonstances, le droit à la vie et le droit au respect de la vie privée et familiale, du domicile et des correspondances impliquaient une obligation positive spécifique pour les autorités publiques d’assurer un droit d’accès à l’information sur les questions environnementales. En particulier, les États membres devraient garantir un droit d’accès aux informations sur les questions environnementales et informer le public de manière adéquate et compréhensible de toute situation d’urgence mettant en danger la vie des personnes, y compris les catastrophes naturelles, afin que les personnes puissent prendre des décisions en connaissance de cause sur les risques encourus par elles-mêmes et par leurs proches[21].
  • 24. La Cour a également décidé que lorsque les autorités publiques ou acteurs privés s’engagent dans des activités dangereuses dont elles savent ou devraient savoir qu’elles comportent des risques néfastes pour la santé, les États membres devraient établir une procédure efficace et accessible pour permettre aux individus de rechercher toutes les informations pertinentes et appropriées[22].
  • 25 La Convention d’Aarhus prévoit plusieurs dispositions spécifiques sur l’accès à l’information en matière environnementale. S’appuyant sur la Convention d’Aarhus, les États devraient veiller à ce que les autorités publiques possèdent et mettent à jour les informations sur l’environnement qui sont utiles à l’exercice de leurs fonctions. Ils doivent veiller à ce que les informations sur l’environnement soient mises à la disposition du public de manière transparente et qu’elles deviennent progressivement disponibles dans des bases de données électroniques facilement accessibles par les réseaux de télécommunications publics. En outre, les États Parties devraient prendre des mesures pour diffuser la législation, les politiques publiques, les traités, conventions et accords internationaux et autres documents internationaux importants sur les questions d’environnement, et encourager les opérateurs dont les activités ont un impact important sur l’environnement à informer régulièrement le public de l’impact environnemental de leurs activités et produits[23].
  • 26. La Convention d’Aarhus garantit par ailleurs, dans le cadre de la législation nationale, le droit de toute personne, sans discrimination, d’avoir accès, sur demande, sans avoir besoin de faire valoir un intérêt, aux documents officiels concernant les informations environnementales détenues par les autorités publiques. Toute exception à cette règle devrait être compatible avec les obligations juridiques internationales de l’État[24].Une disposition générale dans le même sens figure dans la Convention de Tromsø, qui garantit le droit de chacun, sans discrimination d’aucune sorte, d’avoir accès, sur demande, aux documents officiels détenus par les autorités publiques[25].
  • 27. Les États membres devraient encourager le développement de solutions permettant à la fois au public et au système de soins de santé d’obtenir des informations environnementales rapides et actualisées pour prendre des décisions liées à la santé.
-* Accès à la justice
  • 28. L’accès à la justice implique le droit à un recours effectif contre les violations des droits protégés et peut exiger un accès aux tribunaux afin de faire valoir ces droits. Ces deux éléments sont garantis en vertu de la Convention, ainsi qu’en vertu d’autres dispositions juridiques internationales. L’accès à la justice est essentiel pour assurer le respect des droits liés aux questions environnementales, y compris le droit à l’information ou à la participation publique. Afin de garantir que cet accès à la justice et ces recours soient fournis sans discrimination, les États membres sont encouragés à mettre en place des mécanismes d’aide juridictionnelle appropriés pour les individus.
  • 29. Les États membres devraient, le cas échéant, permettre de faire appel à un tribunal aux personnes qui considèrent que leurs droits ont été violés par une décision d’action publique concernant des questions complexes de politique environnementale et économique. Ils devraient également garantir l’accès à des procédures administratives ou judiciaires pour contester les actes et omissions des acteurs privés et des autorités publiques qui contreviennent aux dispositions de leur droit national en matière d’environnement[26].
  • 30. L’article 9 de la Convention d’Aarhus contient également des dispositions détaillées sur l’accès à la justice en ce qui concerne une demande d’information au titre de l’article 4 de la Convention d’Aarhus, et les plaintes pour manquement à une participation appropriée du public au titre de l’article 6. L’article 9 exige en outre des États parties qu’ils garantissent l’accès aux procédures administratives et judiciaires pour contester les actes ou omissions qui contreviennent aux dispositions juridiques nationales relatives à l’environnement.
  • 31. Les États membres sont encouragés à envisager d’inclure des mesures réparatrices dans le cadre des réparations effectives, dans le but de rétablir ou de restaurer les composantes endommagées ou détruites de l’environnement, ou d’introduire, lorsque cela est raisonnable, l’équivalent de ces composantes dans l’environnement[27].
-* Participation au processus de décision
  • 32. Lorsqu’ils prennent des décisions susceptibles d’avoir une incidence sur l’environnement, les États membres devraient tenir compte des intérêts des personnes susceptibles d’être affectées ou d’avoir un intérêt légitime. Ils devraient permettre et faciliter la possibilité pour le public de présenter des observations relatives à ces décisions dans le cadre de la législation nationale et veiller à ce que les résultats de la participation du public soient pris en compte dans la décision finale. Cela comprend, entre autres, la participation du public aux décisions relatives à des activités spécifiques, la participation du public aux plans et programmes relatifs à l’environnement et, le cas échéant, la participation du public à l’élaboration des politiques et lors de l’élaboration de dispositions réglementaires et/ou d’instruments normatifs contraignants d’application générale[28].
  • 33. Les États membres devraient assurer l’égalité entre les femmes et les hommes et l’intégration systématique de la dimension de l’égalité de genre dans le cadre de la garantie d’un environnement propre, sain et durable. Ils devraient intégrer cette dimension dans la planification, le développement, la mise en œuvre et le suivi de leur législation, de leurs stratégies, de leurs politiques et de leurs actions en matière d’environnement. Les États membres devraient prendre toutes les mesures appropriées pour assurer une plus grande participation des femmes aux questions environnementales[29].
  • 34. Les États membres devraient adopter des politiques ou des mesures destinées à promouvoir la participation des enfants et des jeunes en ce qui concerne les questions environnementales, y compris la participation des jeunes appartenant à des groupes ou populations en situation de vulnérabilité et aux minorités. Ils devraient considérer que les problèmes environnementaux constituent une préoccupation majeure pour les jeunes qui devront à l’avenir faire face aux conséquences des actions passées, et tenir compte de la diversité de leurs besoins, de leur situation et de leurs aspirations ; les consulter et leur donner la possibilité de présenter leur point de vue dans le cadre du processus décisionnel et créer des possibilités de dialogue intergénérationnel, afin d’encourager le respect mutuel et la coopération. Ils devraient également encourager et soutenir les initiatives des jeunes qui favorisent le développement durable et la protection de l’environnement[30].
  • 35. Les États membres devraient permettre aux organisations de la société civile qui œuvrent en faveur de la protection de l’environnement et qui remplissent les conditions requises par la législation nationale, de participer au processus décisionnel[31]. Ils devraient faire de la consultation et de la collaboration avec ces organisations de la société civile une pratique courante lors de l’élaboration de la législation, des politiques et des plans d’action pertinents aux niveaux national, régional et local.
  • 36. Les États membres devraient concevoir, mettre en œuvre et promouvoir des initiatives nationales régulières de sensibilisation aux questions environnementales à tous les niveaux et par le biais de diverses formes de médias. Ces initiatives devraient viser à accroître la prise de conscience, la compréhension et la préparation à l’action au sein de l’ensemble de la population, afin qu’elle puisse exercer pleinement les droits qui lui sont reconnus d’exprimer son point de vue sur les questions environnementales, de comprendre les informations relatives à l’environnement, de participer significativement à la prise de décisions et, le cas échéant, de se prévaloir des recours disponibles en cas de violation de ses droits[32].
-* Processus de décision
  • 37. Les États membres devraient mettre en place des procédures appropriées exigeant des évaluations environnementales de leurs activités et de celles d’acteurs privés qui sont susceptibles d’avoir des incidences négatives notables sur l’environnement, dans le but d’éviter, de prévenir ou de réduire et d’atténuer ces incidences. En vue de promouvoir le développement durable et d’assurer un niveau élevé de protection de l’environnement tout en aménageant un juste équilibre entre des intérêts contradictoires, les États membres devraient, par le biais d’une analyse adéquate incluant uneévaluation environnementale stratégique (EES), intégrer les considérations environnementales dans la préparation et l’adoption des politiques, plans et programmes qui sont susceptibles d’avoir des incidences notables sur l’environnement[33]. Le public devrait avoir accès à ces analyses et EES.
  • 38. Les États membres devraient envisager d’adopter une approche stratégique face aux défis de droits de l’homme liés à la dégradation de l’environnement en intégrant les questions pertinentes dans les plans d’action connexes.
  • 39. Les États membres devraient intégrer les droits de l’homme dans la planification, l’élaboration, la mise en œuvre et le suivi de leur législation, de leurs stratégies, de leurs politiques et de leurs actions en matière d’environnement. Ils devraient explorer tous les partenariats possibles en vue d’intégrer la dimension environnementale dans les activités nationales de promotion et de protection des droits de l’homme[34].
  • 40. En élaborant leurs législations, politiques, stratégies et actions, les États membres pourraient s’appuyer sur les instruments juridiques, les principes et les activités existants du Conseil de l’Europe[35].
-* Éducation au développement durable
  • 41. Les États membres devraient inclure une éducation visant à promouvoir le développement durable, couvrant également l’éducation aux questions l’environnementales, dans les programmes d’enseignement et de formation à tous les niveaux. Une telle éducation est un élément clé pour améliorer la compréhension de la relation étroite entre les humains, la société et la nature et surtout, dans ce contexte, pour développer à la fois le respect et la compréhension de l’importance de l’environnement naturel, et les compétences nécessaires pour contribuer à un mode de vie plus durable[36].
G. Société civile et inclusivité
  • 42. Les États membres devraient s’efforcer d’aborder les questions environnementales, y compris leurs aspects relatifs aux droits de l’homme, avec la participation pleine et significative des organisations de la société civile, des institutions nationales des droits de l’homme (INDH), des institutions régionales pour la protection et la promotion des droits de l’homme, des populations autochtones et des communautés locales les plus directement touchées par des préoccupations particulières.
  • 43. Les États membres devraient respecter et protéger le droit des défenseurs des droits de l’homme liés à l’environnement de lutter de manière pacifique pour la promotion et la protection d’un environnement propre, sain et durable, conformément aux droits de liberté d’expression et de liberté de réunion et d’association. Ils devraient garantir un cadre juridique favorable et un environnement politique et public propice aux défenseurs des droits de l’homme, permettant aux individus, aux groupes, aux organisations de la société civile et aux INDH de mener librement de telles activités, sur une base légale, conformément au droit et aux normes internationales. Les États membres devraient en outre prendre des mesures pour protéger les défenseurs des droits de l’homme liés à l’environnement contre les violations commises par des acteurs tant étatiques que non étatiques, notamment en matière pénale, de persécution ou de harcèlement[37].
  • 44. Les États membres devraient veiller à ce que le mandat confié aux INDH pour protéger et promouvoir les droits de l’homme soit aussi étendu que possible et couvre les liens entre les droits de l’homme et l’environnement, et à ce que les INDH puissent fonctionner de manière indépendante, efficace et dans un climat d’impartialité, d’intégrité, de transparence et d’équité.
  • 45. Les États membres devraient lutter pour assurer les droits des peuples autochtones et des communautés locales, conformément à la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones et au droit international des droits de l’homme. En particulier, ils devraient reconnaître les droits de propriété et de possession des peuples concernés sur les terres qu’ils occupent traditionnellement et les droits des peuples concernés sur les ressources naturelles afférentes à leurs terres[38].
  • 46. Les États membres devraient prendre des mesures pour respecter, préserver et maintenir les connaissances, innovations et pratiques des peuples autochtones et locales qui incarnent des modes de vie traditionnels présentant un intérêt pour la conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique. Les États membres devraient également promouvoir leur application à plus grande échelle avec l’approbation et la participation des détenteurs de ces connaissances, innovations et pratiques et encourager le partage équitable des avantages découlant de l’utilisation de ces connaissances, innovations et pratiques[39].
H. Entreprises commerciales
  • 47. Les États membres devraient encourager ou, le cas échéant, exiger des entreprises qu’elles agissent en conformité avec leurs responsabilités en matière de droits de l’homme liés à l’environnement, notamment en appliquant un assortiment judicieux de mesures − nationales et internationales, contraignantes et volontaires[40]. Ils devraient également intégrer la dimension environnementale dans les plans d’action nationaux traitant des droits de l’homme et des entreprises[41].
  • 48. Les États membres devraient appliquer les mesures nécessaires pour encourager ou, le cas échéant, exiger que les entreprises soumises à leur juridiction appliquent une diligence raisonnable en matière de droits de l’homme tout au long de leurs opérations et que celles qui mènent des activités substantielles sur leur territoire exercent une diligence raisonnable en matière de droits de l’homme dans le cadre de telles activités, en fonction de la taille de l’entreprise commerciale et de la nature et du contexte des opérations. Ce faisant, les entreprises devraient éviter de causer ou de contribuer à des incidences négatives sur les droits de l’homme par des atteintes à l’environnement à remédier à ces incidences lorsqu’elles se produisent et à prévenir ou à atténuer les incidences négatives sur les droits de l’homme qui sont directement liées à leurs activités commerciales[42].
  • 49. Les États membres devraient, dans le cadre de la protection contre les violations des droits de l’homme liées aux entreprises et résultant d’atteintes à l’environnement et conformément à leurs obligations internationales, s’assurer que, lorsque de telles violations surviennent, les personnes affectées aient accès à des recours judiciaires et non judiciaires effectifs[43].
  • 50. En particulier dans les industries dangereuses, où les risques pour la santé et la sécurité, notamment l’exposition à la pollution environnementale, ne peuvent être éliminés, les États membres devraient prendre des mesures proactives de prévention et de protection avant que des personnes puissent être exposées à ces risques[44].
  • 51. Les États membres devraient adopter, faire appliquer et contrôler efficacement la législation relative à la sécurité sur le lieu de travail afin de garantir que les droits des travailleurs ne soient pas affectés par la dégradation de l’environnement. Ils devraient fournir des explications et des informations précises et plausibles sur l’évolution du nombre d’accidents du travail et sur les mesures prises pour assurer l’application de la réglementation et donc pour prévenir de tels accidents[45].
– Voir les sources de l’exposé des motifs capture_d_e_cran_2022-09-27_a_16.27_06.png – https://www.coe.int/fr/

 

Documents joints

Isolation thermique des logements : « le pire choix c’est de ne rien faire »

Le Salon de l’Immobilier Bas Carbone (Sibca) vient de clôturer sa première édition au Grand Palais Ephémère à Paris. Avec le défi de la neutralité carbone 2050 et la nouvelle réglementation RE2020, la maîtrise du bilan carbone devient la priorité et l’affaire de tous les intervenants du secteur immobilier.

« Comment rendre la sobriété désirable ? » : Une expérience de prospective à l’usage des leaders culturels

Les catastrophes écologique, climatique et énergétique menacent les modes de vie de la société. Pourtant, les risques de pénuries lui font faire un pas de géant dans sa prise de conscience d’une nécessaire sobriété. Une sobriété forcée, qui ne doit pas faire l’économie d’être désirable afin de devenir réelle. Pour cela, la proposition de nouveaux imaginaires et récits est essentielle. La conférence « Imagine 2050 » s’est tenue le 22 Sept. devant un large public des milieux de la culture et des médias, dont le rôle est d’amener la société à imaginer collectivement ses futurs soutenables et souhaitables. Un premier pas vers une formation nécessaire aux enjeux écologiques et climatiques. Comment les activités humaines mettent-elles en péril l’habitabilité de la Terre ? Quels sont les scénarios des scientifiques et des prospectivistes sur l’évolution de nos modes de vie dans les prochaines décennies ? Comment rendre désirable la sobriété ? Comment de nouveaux récits inspirants peuvent-ils aider à bifurquer vers une société plus équitable et respectueuse du vivant ? Autant de questions, dans l’état actuel des récits collectifs relatés dans les médias, films, documentaires, séries, chansons, jeux vidéo et publicité, auxquelles il n’est pas aisé de répondre. Encore moins de se projeter sans tomber dans le registre dystopique des fictions post-apocalyptiques, à l’image de Mad Max, ou technosolutionnistes comme Don’t look up ou Black Mirror. accueil-visuel-histoire-background.svg L’imaginaire de la sobriété reste à inventer. C’est pour cette raison que Magali Payen (présidente fondatrice d’Imagine 2050) et Laurent Esposito (directeur d’Imagine 2050) offrent à ceux qui écrivent et réalisent les histoires, réelles ou fictionnelles, un cadre de réflexion et d’action sur des enjeux politiques et créatifs en questionnant les imaginaires de la société de consommation.

Conférence « Imagine 2050 » : une expérience de prospective pour les récits du futur

Pour rendre compte du caractère systémique du dérèglement climatique et de la chute de la biodiversité, les conférenciers Paloma Moritz (journaliste à Blast), Emma Stokking (porte-parole du Plan de Transformation de l’Economie Française au Shift Project) et Côme Girschig (ingénieur, Ecole des Ponts et Chaussées) ont vulgarisé les résultats de 15 scénarios prospectifs issus de 10 rapports scientifiques (GIEC, ADEME, IPCC, IPBES, Haut Conseil pour le Climat, The Shift Project, RTE, Négawatt). Ils ont ensuite synthétisé et illustré les conclusions des trois grands scénarios possibles pour l’avenir :
  • Un effondrement en cas de business as usual, avec un réchauffement global à +4/5°C ;
  • Les solutions technologiques, même utilisées avec discernement, sont incapables d’endiguer les catastrophes en cours et à venir ;
  • La sobriété étant la seule voie à prendre pour contenir le réchauffement et protéger le vivant.
Ils ont conclu avec la proposition d’“utopies lucides” enthousiasmantes qui respectent le plafond des 9 limites planétaires et le plancher de la justice sociale (Théorie du Donut de Kate Raworth). accueil_visuel_avec_qui.png

La formation des créateurs de contenu aux enjeux climatiques et écologiques

Il semblerait que l’urgence à former leurs équipes à ces enjeux ait été comprise par un grand nombre d’acteurs, notamment au sein des médias, et ce n’est sûrement qu’un début. Pour concrétiser ce qui a été initié lors de la conférence, Imagine 2050 propose des accompagnements en trois temps adaptés à chaque métier – rédacteurs en chef, journalistes, scénaristes, réalisateurs, documentaristes, créateurs de jeux vidéo, communicants et publicitaires… :
  • L’acculturation ou la vulgarisation de connaissances scientifiques et sociétales pour mettre une équipe à niveau : ateliers ou conférences spécifiques, Fresque du Climat, Fresque de la Biodiversité, Fresque du Numérique… ;
  • La focalisation pour comprendre les spécificités de la transition pour les industries culturelles au travers de leur impact environnemental – mais aussi de leurs vulnérabilités aux chocs énergétiques et climatiques – et de l’impact psychologique et social des récits actuels sur les imaginaires : ateliers, expertise sur l’éco-production ou Fresque des Nouveaux Récits ;
  • L’activation en accompagnant les auteurs dans des processus créatifs qui prennent en compte les réalités physiques et les futurs désirables : ateliers participatifs de design fiction, relecture de scénarios, initiation au journalisme de solutions, résidences d’auteurs…
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Imagine 2050, un Think and Do Tank de mobilisation

En 2018, Magali Payen a créé l’entreprise Imagine 2050 pour (r)éveiller les leaders culturels face aux crises écologiques et accélérer la transformation de la société vers la sobriété et le respect du vivant par de nouveaux récits. C’est ce qui a été expérimenté en 2021, par exemple, avec l’accompagnement de la production de la série à succès Plus Belle La Vie. Apport de contenus d’expertise, construction d’une cohérence narrative, mobilisation de personnalités militantes pour jouer leurs rôles… Imagine 2050 a aidé au développement de plusieurs arches narratives, dont une autour de la protection de la biodiversité. capture_d_e_cran_2022-09-26_a_09.37_25.png

Accompagner les médias, la culture et les entreprises dans leur transition écologique et solidaire.

  • Pourquoi ? Parce que parmi les 9 limites planétaires, 6 sont documentées à ce jour et elles sont déjà largement dépassées.
    • Sans même en avoir conscience, nous vivons dans une bulle. Notre système de valeurs, notre idée du bonheur, notre conception de la réussite… tout ce qui fait le sel du quotidien et le moteur de nos vies vient d’une construction sociale à laquelle nous adhérons et qui est devenue la norme.
    • Aujourd’hui, le récit dominant a rendu “normaux” des comportements qui malmènent la vie sur terre, épuisent les ressources et creusent les inégalités : consumérisme et individualisme débridés, déconnexion de la nature pour mieux la dominer… Décidons que c’est le récit d’avant et qu’en tant que raconteurs d’histoires, il nous appartient d’en écrire un nouveau !
    • Inspirer de nouveaux imaginaires pour réduire la pression sur le vivant exercée par nos modes de vie.

Former et accompagner les créateur.rices de contenus.

  • Avec qui ? Notre équipe et nos intervenants sont issus des métiers de l’audiovisuel, du cinéma et du journalisme. Nous sommes tous des professionnels aguerris de la transition écologique.
    • Imagine 2050 est un ‘Think and Do Tank’ capable d’accompagner petites et grandes structures dans une démarche de mobilisation environnementale, sociale et sociétale. Nous bénéficions d’une expérience forte et pluridisciplinaire dans l’industrie des contenus.
    • Notre pédagogie est basée sur l’intelligence collective pour mieux ancrer les connaissances et faire émerger les idées par la facilitation. Au-delà de notre équipe coeur, nous faisons appel à un large réseau d’intervenants de haut-niveau et de partenaires référents sur la transition écologique et sociale.

Transformer les métiers de la culture, des médias et de la communication.

  • Avec quels outils ? Nous créons des outils sur-mesure et adaptons ceux du marché aux spécificités de vos métiers.
  1. Cinéma et programmes de télévision : Dans l’audiovisuel, notre objectif est de donner aux directeur·rice·s et conseiller·e·s de programme, producteur·rice·s, auteur·rice·s, un cadre de compréhension des enjeux climat, biodiversité, énergie et justice sociale. Puis de les aider à créer des contenus populaires et joyeux qui embarquent les audiences vers un modèle de société plus respectueux de la nature et plus solidaire.
  2. Journalisme : Avec nos formateurs reconnus dans le journalisme, nous proposons des méthodes de recherche et de traitement de l’information adaptées à la complexité du monde et des crises écologiques. L’ambition est de comprendre les faits exposés par les scientifiques, de développer une vision systémique des enjeux (réchauffement climatique, effondrement de la biodiversité, crise énergétique, épuisement des ressources, résilience alimentaire, sobriété…), de trouver des sources d’information pertinentes, de repérer les fake news, le lobbying et le greenwashing, de savoir bien illustrer ses sujets et de proposer à vos publics une information de qualité qui embarque des solutions réalistes.
  3. Responsabilité Sociale et Environnementale : Dans les organisations, nous outillons les équipes opérationnelles, les responsables RSE et les membres du comité de direction pour questionner les externalités de l’entreprise et bifurquer vers des activités plus durables, plus équitables, plus respectueuses du vivant. L’ensemble des outils proposés par Imagine 2050 offrent une réflexion en lien avec la Théorie du Donut de l’économiste Kate Raworth, qui prend en compte le plafond environnemental et le plancher social face à la double urgence écologique et sociale. Au travers de modules de formation spécifiques pour les collaborateurs et pour les comités de direction, nous vous aidons à développer une vision systémique de la RSE afin de réussir la transformation écologique de l’organisation. Nous abordons notamment les volets stratégie, business, ressources humaines, gouvernance et communication de la responsabilité sociale et environnementale des entreprises.
  4. Publicité et communication responsables : Nous donnons aux planneurs stratégiques, aux créatifs publicitaires et aux communicants un cadre de compréhension des enjeux climat, biodiversité, énergie et justice sociale, ainsi qu’une grille de lecture des risques de greenwashing, socialwashing ou genderwashing.Nous proposons des méthodes d’implémentation des sujets de transition dans une approche qui n’est ni anxiogène, ni technique, ni culpabilisante, ni moralisatrice, ni mièvre. Nous croyons à des récits publicitaires joyeux qui embarquent les audiences vers un modèle de société plus respectueux de la nature et plus solidaire. Pour relever ce défi, nous accompagnons les marques et les consommateurs sur une trajectoire de sobriété. Produire moins mais mieux, démoder la surconsommation, créer de nouveaux rôles modèles tirés vers un nouvel idéal de vie : moins de biens, plus de lien !

Magali Payen, présidente fondatrice d’Imagine 2050 – ex Canal+ et productrice à impact dans le cinéma, Magali a aussi créé en 2018 le mouvement citoyen #OnEstPrêt et lancé au festival de Cannes de 2022 la société de production Newtopia avec Marion Cotillard et Cyril Dion. Elle est membre au CA du Mouvement Impact France. Laurent Esposito, directeur d’Imagine 2050 – ex journaliste et directeur du numérique de groupes comme Prisma Media ou Canal+, après avoir suivi la LabSession de l’Institut des Futurs souhaitables, Laurent a dirigé l’association La Fresque du Climat. Début 2022, il a rejoint Imagine 2050 pour accompagner la transition écologique dans les industries créatives et culturelles.