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5 ouvrages pour éclairer les enjeux climat & biodiversité

Peu après la COP 16 Biodiversité et alors que s’ouvre la COP 29 Climat, voici une sélection de 5 ouvrages pour éclairer les enjeux liés au changement climatique et à l’érosion de la biodiversité, aux éditions Tana et Les Liens qui Libèrent. « Précisions sur la fin du monde » d’Yves Cochet, « S’adapter au changement climatique » et « Biodiversité » dans la collection Fake or Not, « Le grand retournement » de Marine de Guglielmo Weber & Rémi Noyon, et « Agir pour l’eau » de Charlène Descollonges.

Précisions sur la fin du monde

Que faire face à la catastrophe politique, écologique et sociale imminente ? Pour le scientifique et ancien ministre Yves Cochet, cela ne fait aucun doute : en ces temps incertains et bouleversés, il est urgent de replacer la question de l’effondrement au cœur du débat public.

Tout se passe comme prévu. Après plus de cinquante ans de prophéties catastrophiques de la part de certains lanceurs d’alerte, la réalité accomplit ce qui semblait inimaginable à l’époque : la possibilité d’un effondrement systémique mondial proche devient plausible aux yeux d’une minorité, tandis que, massivement, l’immense majorité croit encore que le marché, la croissance et la technologie parviendront à résoudre les problèmes actuels, notamment les inégalités et la « crise écologique ».

Depuis environ trente ans, des centaines d’experts, de journalistes, de politiques et autres essayistes tentent d’élaborer des centaines de scénarios, de plans, de « solutions » à cette « crise écologique » bien que les indicateurs de l’état de santé du système-Terre ne cessent de démontrer l’inanité de ces efforts. Cependant, personne ou presque ne se demande pourquoi ces insuffisances répétées continuent-elles ? Ou pourquoi, bien qu’informé, chacun continue-t-il sa vie antérieure ? Ou encore pourquoi les gouvernements n’agissent-ils pas, alors qu’ils savent ?

Pour Yves Cochet, ces déboires puisent tous leur source dans une représentation erronée du monde réel, munie de croyances et de notions héritées d’une cosmologie calamiteuse. En posant l’hypothèse que les individus comme les décideurs agissent selon leur croyance (leur cosmologie), le scientifique démontre
que cette représentation erronée conduit à des actes individuels et collectifs qui détruisent le système-Terre et accroissent les inégalités.

Yves Cochet est ancien ministre de l’Écologie et scientifique. Membre des Verts, puis du parti EELV il est l’auteur de nombreux ouvrages parmi lesquels Pétrole apocalypse (Fayard), Anti-manuel d’écologie (Bréal) et Devant l’effondrement (Les liens qui libèrent). Il est l’un des fondateurs de l‘institut Momentum – un groupe de réflexion sur l’imminence de l’effondrement de la civilisation industrielle et des moyens à mettre en œuvre pour tenter de réduire son ampleur.

S’adapter au changement climatique

Les accords de Paris en 2015 avaient fixé la limite du réchauffement climatique à + 1,5 °C ou + 2 °C grand maximum d’ici la fin du siècle, sous peine de chaos. Le ministère de la Transition écologique parle maintenant de + 4 °C en France (c’est-à-dire + 3 °C de réchauffement planétaire).


D’ores et déjà, alors que nous ne sommes qu’à + 1,3 °C, nous connaissons des événements climatiques de plus en plus intenses et dévastateurs. Nous savons que les sécheresses longues vont empirer, que les températures caniculaires vont augmenter et que les inondations dévastatrices vont se multiplier. La litanie des conséquences est interminable : baisse des rendements agricoles, pénurie d’eau douce, diminution de nos capacités à produire de l’électricité, effondrement de la biodiversité, incendies hors norme, villes étuves, retrait/gonflement des argiles qui menacent les bâtiments, élévation du niveau des mers et des océans et menaces sur les littoraux…

Puisque réduire drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre pour stopper ces phénomènes délétères nous est impossible, nous devons aujourd’hui prendre la mesure de ce que cette adaptation à ces nouvelles conditions de vie veut dire. Et de la manière dont elle interroge la démocratie. Ilian Moundib examine l’ensemble des conséquences sur notre vie quotidienne du changement climatique qui s’annonce et explore toutes les pistes qui sont à notre portée pour y faire face : infrastructures, modes de production, organisation sociale, démocratie locale…

Alors, pour faire fonctionner notre système économique, on pompe massivement et on rejette là où ça nous arrange, on détourne les cours de l’eau, on endigue les rivières, on construit des barrages et des retenues, on bétonne les zones humides, on déforeste à tour de bras, on pollue, on modifie le climat…

Il est urgent de regarder l’eau douce autrement que comme une ressource à contrôler, éternellement disponible. Enjeu politique, la gestion de l’eau doit devenir collective et démocratique, sous peine de multiplier les conflits d’usage, voire des guerres de l’eau.

Ilian Moundib est ingénieur en résilience climatique. Diplômé de l’École Centrale de Lyon et de l’Imperial College, membre du conseil scientifique de l’Institut Rousseau, il a publié plusieurs rapports à destination des pouvoirs publics français sur la sobriété hydrique et l’adaptation climatique de la France. Il est consultant, conférencier et formateur indépendant sur les questions d’adaptation aux risques climatiques.


Fake or Not scrute nos modes de consommation, fournit une boîte à outils qui aiguise l’esprit critique et décrypte les enjeux environnementaux qui fond débat. La collection donne la parole aux experts, aux chercheurs et aux scientifiques qui analysent et décodent chaque sujet en s’appuyant sur des données et des chiffres vérifiés. L’objectif : penser l’avenir de nos démocraties, agir à son échelle et s’engager pour un futur désirable.

Biodiversité

La biodiversité s’effondre partout sur la planète. Certains évoquent même une extinction massive du vivant. Où en est-on vraiment ? L’écosystème planétaire est un écheveau d’interactions, d’échanges, à tous les niveaux et à toutes les échelles. C’est ce que nous, humains, sommes en train de détruire.

En 30 ans, 70% des insectes volants ont disparu en Europe. Près de 60% des oiseaux des champs se sont volatilisés sur la même période. Nous nous acheminons vers une campagne silencieuse et un monde sur lequel règnent les animaux d’élevage et les humains. Le monde sauvage se réduit comme peau de chagrin.

Nos impacts sont protéiformes. Nous artificialisons sans limite et détruisons les habitats, nous cultivons avec des substances qui tuent les insectes et la vie du sol, nous réchauffons le climat, provoquant assèchements, incendies, températures caniculaires ou inondations à répétition qui détruisent le vivant. Nous faisons circuler des espèces entre les continents qui s’installent aux dépens des espèces locales … Nous avons pris possession de l’intégralité de la nature.

Nos modes de vie ont des impacts partout sur la planète et nous seuls, humains, décidons, du haut de notre puissance sans limite, de ce qui peut vivre et ce qui devra disparaître. Alors que la biodiversité est un tissu de vies animales, végétales, bactériennes où tout est en connexion avec tout. Et les équilibres du vivant sont les garants de notre survie puisque nous dépendons totalement de ce qu’offre la nature : pour nous nourrir et pour boire, pour nous vêtir, nous chauffer, construire …

Philippe Grandcolas est écologue et systématicien de formation. Il a créé, développé et dirigé pendant dix ans, l’Institut de Systématique, Évolution, Biodiversité, une unité mixte du CNRS, du Muséum national d’Histoire naturelle, de Sorbonne Université, de l’École Pratique des Hautes Études et de l’Université des Antilles, comprenant plus de 200 systématiciens et biologistes de l’évolution. Il est aujourd’hui directeur de recherche au CNRS et directeur adjoint scientifique de l’Institut Écologie et Environnement du CNRS. Il représente le CNRS au conseil d’administration de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB).

Le grand retournement
Comment la géo-ingénierie s’infiltre dans les politiques climatiques

Et si, après avoir déréglé le climat au point de menacer la vie sur Terre, nous décidions de le contrôler ? Plutôt que de changer nos habitudes et confronter les intérêts des industries fossiles, devons-nous pousser encore plus loin notre « aménagement » du système Terre ? Cette enquête édifiante et fouillée explore la géo-ingénierie : dernier recours ou dangereux leurre ?

Depuis les années 1970, des scientifiques envisagent de recouvrir la planète d’un voile d’aérosols stratosphériques pour réguler l’énergie solaire et réduire les températures. D’autres cherchent à optimiser les cycles naturels du carbone pour absorber l’excès de CO2. Ces approches, bien que différentes, sont regroupées sous le terme de géo-ingénierie. Jadis perçues comme des idées dangereuses, elles sont de plus en plus acceptées.

Face à l’incompatibilité de notre système économique avec celui de la Terre, certain·es envisagent de réformer ce dernier. L’aspiration du dioxyde de carbone est incluse dans les scénarios du GIEC, malgré les doutes sur son efficacité. La possibilité d’un « voile solaire » est étudiée en détail. Certain·es y voient un moyen de ralentir le réchauffement sans toucher aux bases du capitalisme. D’autres le considèrent comme un dernier recours pour éviter des catastrophes irréversibles.

Une minorité rêve même d’un « Anthropocène heureux » où nous contrôlerions les cycles naturels de la Terre.

Cet ouvrage retrace l’histoire de ces projets, explore la culture scientifique et philosophique qui les sous-tend, et examine leurs implications en termes de gouvernance et de conflits géopolitiques. Une préoccupation majeure demeure : que ces solutions incertaines retardent les changements nécessaires et transforment l’urgence climatique en climat d’urgence, propice à des interventions risquées.

Marine de Guglielmo Weber est chercheuse en environnement, énergie et matières premières stratégiques à l’Institut de recherche stratégique de l’école militaire (Irsem).

Docteure en sciences de l’information et de la communication – chercheuse, autrice – Littérature d’anticipation, géopolitique des changements climatiques et de la géo-ingénierie

Rémi Noyon est journaliste au Nouvel Obs, chef adjoint de la rubrique idées, où il travaille sur les questions environnementales

Agir pour l’eau
Le mode d’emploi citoyen

Après L’Eau dans la collection Fake or not ?, Charlène Descollonges propose dans ce nouvel ouvrage des mesures concrètes, souhaitables et applicables en France pour protéger l’eau. Elle explique comment passer à l’action et mettre en pratique des changements à tous les niveaux (individuel, collectif, économique, politique, sociétal), en s’appuyant sur de nombreux exemples ainsi que différents retours d’expérience en France et à travers le monde. 

Un guide pratique qui donne envie d’agir pour protéger l’eau à l’échelle individuelle et collective, et se préparer aux crises de l’eau.

Chaque mesure concrète est détaillée pour faciliter la compréhension et permettre au lecteur de se
lancer :

  • Quelle est la facilité de mise en œuvre ?
  • Quel est le niveau d’engagement requis ?
  • Quel est le coût de mise en œuvre ? Quelles aides sont possibles ?
  • Quel est l’impact sur l’eau ?

L’eau, Fake or not ? Repenser notre gestion de l’eau sans fake news : économies et partage de l’eau, amélioration de la qualité de l’eau, restauration du cycle hydrologique.

L’eau est notre bien commun, indispensable aux humains, à tous les écosystèmes et à l’ensemble du vivant. Naturellement, l’eau chemine à l’intérieur d’un grand cycle fermé et infini. Mais ça, c’était avant que les humains ne mettent à leur service l’eau douce partout sur la planète, l’eau pour boire, irriguer, produire de l’énergie, transformer ou fabriquer … Alors, pour faire fonctionner notre système économique, on pompe massivement et on rejette là où ça nous arrange, on détourne les cours d’eau, on endigue les rivières, on construit des barrages et retenues, on bétonne les zones humides, on déforeste à tour de bras, on pollue, on modifie le climat … Il est urgent de regarder l’eau douce autrement que comme une ressource à contrôler, éternellement disponible. Enjeu politique, la gestion de l’eau doit devenir collective et démocratique, sous peine de multiplier les conflits d’usage, voire des guerres de l’eau.

Charlène Descollonges est ingénieure hydrologue, spécialisée dans la gestion de la ressource en eau et des milieux aquatiques. Titulaire d’un double diplôme Master et Ingénieur, elle a travaillé pendant 5 ans avec des élus et les acteurs du bassin versant de l’Arve. Elle est spécialisée dans la gestion stratégique de la ressource en eau et des milieux aquatiques. Elle a piloté des études sur l’équilibre quantitatif et le partage de la ressource en eau. Elle exerce aujourd’hui en tant que consultante indépendante, auteure et conférencière engagée. Elle intervient auprès des décideurs politiques, des dirigeants d’entreprise, des acteurs agricoles, financiers, de l’eau et de l’énergie. Elle a cofondé l’association Pour une Hydrologie Régénérative, qui vise à restaurer le cycle de l’eau à l’échelle des territoires pour améliorer leur résilience face aux sécheresses, aux inondations et à l’érosion.

La voiture partagée, clé d’une mobilité durable

La voiture, autrefois symbole de liberté individuelle, est aujourd’hui l’une des principales causes de pollution urbaine. En France, le secteur des transports représente près de 30 % des émissions de gaz à effet de serre (GES), avec l’automobile en première ligne. Pourtant, paradoxalement, la voiture pourrait devenir une partie de la solution à cette crise environnementale, à condition qu’elle devienne partagée et que l’électrique prenne une place croissante dans cette transition. Daniela Simões, PDG et cofondatrice de miio, a accepté de répondre aux neufs questions essentielles pour Cdurable.

Émissions de gaz à effet de serre du transport
e) = estimations préliminaires.
Champ : France entière (métropole + DROM = périmètre Kyoto).
Source : Citepa, inventaire format Secten, avril 2022

Ces dernières années, la mobilité partagée a pris une place croissante dans les débats publics et les politiques de transport. Covoiturage, autopartage, vélos en libre-service, scooters électriques : ces solutions se sont multipliées, répondant aux besoins de flexibilité tout en contribuant à la réduction de l’empreinte carbone des déplacements.

Près de 900 000 trajets de covoiturage sont réalisés chaque jour en France (Observatoire du covoiturage), mais le Plan national de covoiturage (2023-2027) vise à tripler ce nombre pour atteindre 3 millions de trajets quotidiens. Si cet objectif est atteint, cela permettrait de réduire les émissions de 4,5 millions de tonnes de CO2 par an, soit environ 1 % des émissions annuelles de la France. La voiture individuelle, lorsqu’elle est partagée, devient ainsi un vecteur efficace de transport collectif.
 

Covoiturage : une nécessité pour lutter contre l’autosolisme

Le principal enjeu réside dans l’autosolisme : en France, 9 conducteurs sur 10 voyagent seuls pour les trajets domicile-travail (Ministère de la transition écologique). Cette habitude, qui est presque devenue une norme, est l’une des raisons majeures de l’impact écologique de la voiture. Pour remédier à cette situation, les autorités publiques ont pris des mesures fortes pour encourager le covoiturage au quotidien, notamment avec des incitations financières et le développement d’infrastructures spécifiques.

Note : 54 % des déplacements en voiture de moins de 20 km sont effectués par un conducteur seul.
Champ : France métropolitaine, mode de transport principal, déplacements en voiture pondérés par la distance.
Source : SDES-Insee, enquête mobilité des personnes 2018-2019

Le Plan national de covoiturage du quotidien fixe des objectifs clairs : il ne s’agit pas seulement de tripler les trajets en covoiturage, mais aussi de changer les mentalités et de rendre cette pratique courante pour les trajets domicile-travail. Ce plan inclut des mesures incitatives comme des subventions aux collectivités pour développer des plateformes locales de covoiturage ou des parkings adaptés.
 

Mobilité partagée : une approche complémentaire

La voiture partagée n’est qu’un volet de la mobilité partagée. Les services de vélos et de scooters en libre-service se multiplient également dans les villes françaises. À Paris, le nombre de trajets en Vélib’ a atteint 44,3 millions en 2022 et depuis le début du mois de septembre, les Franciliens étaient plus de 4,1 millions de courses recensées au 24 septembre 2024, dont 53 % en VAE (Vélo à Assistance Électrique), soit en moyenne 171.288 courses chaque jour.  

Ces services permettent de désengorger les routes, de réduire la pollution sonore et atmosphérique et de proposer des alternatives flexibles aux habitants des zones urbaines. Cependant, pour que ces pratiques deviennent la norme, les infrastructures doivent suivre. Des villes comme Amsterdam et Copenhague montrent qu’avec des investissements massifs dans les pistes cyclables et les services de partage, les trajets en voiture individuelle peuvent être significativement réduits. Aux Pays-Bas, 27 % des trajets sont réalisés à vélo, contre seulement 3 % en France, ce qui illustre bien l’importance de l’infrastructure.
 

La place du vélo aux Pays-Bas : Le vélo, un style de vie

Une transition nécessaire pour l’avenir

Face à l’urgence climatique, il est impératif de revoir nos modes de déplacement. La voiture individuelle, dans sa forme actuelle, n’est plus adaptée aux enjeux écologiques d’aujourd’hui. Mais en devenant partagée, elle pourrait jouer un rôle clé dans la réduction des émissions de CO2, tout en répondant aux besoins de flexibilité des usagers.

Pour réussir cette transition, il est essentiel que tous les acteurs – entreprises, collectivités locales, et citoyens – s’engagent. Des incitations financières pour encourager le covoiturage et l’autopartage, des investissements dans les infrastructures de modes de transport doux, et une sensibilisation à grande échelle seront nécessaires pour changer les habitudes de mobilité. Si les freins à l’adoption sont levés, la mobilité partagée peut devenir un pilier central de la transition écologique.

En définitive, la mobilité partagée, qu’il s’agisse de covoiturage, d’autopartage, ou de services de vélos et de scooters, offre une opportunité de repenser la façon dont nous nous déplaçons. Elle peut non seulement réduire notre empreinte carbone, mais aussi améliorer la qualité de vie en ville en réduisant le trafic et en rendant l’espace public plus agréable. Ensemble, nous pouvons créer un avenir plus durable, où la mobilité sera à la fois plus intelligente et plus respectueuse de l’environnement.

La voiture, en devenant partagée, pourrait-elle devenir l’une des solutions aux problèmes qu’elle a participé à créer ?

L’autopartage en France

A propos de Daniela Simões

Daniela Simões, cofondatrice et PDG de miio, s’est inspirée de sa propre expérience avec les véhicules électriques pour créer une start-up qui a pour but de simplifier la mobilité électrique et la recharge. Titulaire d’un Master en informatique et faisant partie des Forbes 30 Under 30 au Portugal, l’entrepreneuse de 27 ans a également lancé l’application miio pour faciliter la transition énergétique et potentialiser la croissance de la mobilité électrique en Europe. miio compte actuellement plus de 300 000 utilisateurs dans trois pays différents, et fournit un service complet et personnalisé aux propriétaires de VE.

Questions Cdurable !
ou c’est pas durable ?

Au delà des communiqués, qui ne présentent souvent que le « meilleur », et du développement durable, qui ne fait que tenter de réduire les impacts négatifs d‘une croissance volumique, nous nous intéressons aujourd’hui, 20 ans après la création de Cdurable.info, aux questions essentielles. Alors Cdurable ou pas ? 9 questions qui nous invitent à Comprendre pourquoi Agir & Coopérer avec le vivant, Cdurable !

Daniela Simões, PDG et cofondatrice de miio, a accepté de répondre aux neufs questions Cdurable, essentielles comme les neufs besoins fondamentaux des êtres vivants dont les humains que nous sommes …

1 – Quelle est la nature de ma relation avec le vivant ?

Ma relation avec le vivant repose sur un profond respect pour la vie et un engagement pour la durabilité. Je suis végétarienne, je roule en voiture électrique et utilise les transports en commun autant que possible. Ces choix m’aident à réduire mon empreinte écologique et à contribuer à un avenir plus respectueux de l’environnement. Je crois en l’harmonie avec la nature et en la nécessité de prendre des décisions responsables pour préserver la planète et toutes ses formes de vie.

2 – Quels sont mes besoins et choix d’alimentation ?

Mes choix alimentaires sont guidés par un équilibre entre ma santé et ma responsabilité environnementale. Je privilégie les produits frais et locaux, et j’essaie d’éviter au maximum les emballages, en optant pour des produits en vrac. Ces choix sont le reflet de ma volonté de consommer de manière plus durable.

3 – Quel est mon type d’habitat actuel et idéal ?

Mon habitat actuel mêle la vie urbaine pratique et l’accès à la nature. Mon habitat idéal combinerait encore davantage ces deux éléments, avec des espaces communautaires dynamiques, des espaces dédiés au sport, à la beauté naturelle et aux opportunités de développement personnel.

4 – Quelle activité physique favorise mon bien-être et ma santé ?

Le CrossFit est une pratique qui m’a beaucoup apporté. Il renforce mon corps tout en développant ma résilience mentale et mon sens de la discipline. L’activité physique m’aide à rester centrée et à aborder les défis quotidiens avec énergie et clarté.

5 – Quels savoirs m’ont permis de comprendre comment agir ?

Les savoirs qui m’ont le plus marquée proviennent de deux sources : des mentors qui ont partagé leur expérience et les leçons tirées de ma propre vie. Apprendre à équilibrer individualité et responsabilité collective a été essentiel pour orienter mes actions.

6 – Quel est le sens que je donne à mon travail ?

Mon travail est une occasion de contribuer au changement. Chez miio, je participe à l’évolution de la mobilité électrique, un secteur qui allie innovation et durabilité. C’est très gratifiant de savoir que nos efforts aident à construire un avenir plus propre et plus connecté.

7 – Quelle énergie j’utilise pour mes usages et besoins ?

Je puise mon énergie dans les énergies renouvelables, tant de manière littérale que figurée. Professionnellement, je soutiens les solutions d’énergie propre, et personnellement, je m’appuie sur un mode de vie équilibré, entourée d’une équipe formidable et d’amis qui m’inspirent. J’apprécie aussi les voyages et les nouvelles expériences, qui m’apportent un regain d’énergie et me poussent à continuer d’apprendre. Cette combinaison me permet de rester motivée et pleine d’énergie pour atteindre mes objectifs.

8 – Quelle est mon implication personnelle pour l’intérêt général ?

Mon engagement personnel se traduit par la création de solutions durables qui bénéficient à la fois aux individus et à la société. Je crois en la capacité de chacun à faire des choix responsables, respectueux de l’environnement. De plus, je suis profondément investie dans le bien-être et le développement de l’équipe miio, pour qu’elle puisse s’épanouir dans un environnement axé sur la collaboration, l’innovation et le sens commun.

9 – Quels sont mes liens de coopération et ma participation au bien commun ?

La coopération est au cœur de mon approche. En travaillant avec des équipes et des partenaires variés, je m’efforce de trouver des solutions aux défis communs, notamment en matière de durabilité et de mobilité. Au sein de mon équipe, je mets un point d’honneur à maintenir un environnement de travail inclusif, où chacun se sent écouté et capable de contribuer. Cela passe par une communication claire, un respect mutuel et un dialogue ouvert, tout en garantissant un bon équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, pour que chacun puisse se développer tant individuellement que collectivement.

10 – Carte blanche : quel est le message essentiel que vous souhaitez faire passer à nos visiteurs ?

Les choix que nous faisons aujourd’hui façonneront le monde de demain.

Chaque décision, qu’elle soit grande ou petite, doit être prise avec réflexion, empathie et avec l’engagement de bâtir un avenir meilleur et plus inclusif pour tous.

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Article 0 : un plaidoyer pour le respect de la vie sauvage

Alors que la protection de la faune sauvage reste largement inexplorée, Animal Cross publie « Article 0 », un manifeste inédit pour ouvrir un nouveau chapitre dans la reconnaissance des droits des animaux sauvages. Cet ouvrage, préfacé par Jean-Baptiste Andréa, prix Goncourt 2023, se distingue par ses propositions concrètes pour réformer notre approche envers la biodiversité. Ce plaidoyer pour le respect de la vie sauvage s’attaque aux pratiques nuisibles à la faune et propose des mesures précises, allant de la création d’espaces de libre évolution à une réduction des subventions aux activités polluantes. Dans un format accessible et étayé, le livre souhaite sensibiliser, informer et transformer les regards, en rappelant que chaque être vivant mérite un espace de vie protégé.

Tous les êtres vivants sont libres et égaux, en devoirs et en droits

Pour Benoît Thomé, président d’Animal cross, « L’égalité ne signifie pas la similitude, mais une égale considération morale. Chaque être vivant existe pour lui-même, avec sa propre valeur, et ne doit pas être réduit à un simple outil au service de l’homme. C’est un changement de paradigme que nous proposons : passer d’une vision utilitariste, où la nature et les êtres vivants sont exploités, voire même dominés et terrassés, à une vision respectueuse où la vie est célébrée dans toutes ses formes. Cet Article 0 incarne un idéal antispéciste, où les êtres vivants, qu’ils soient animaux, végétaux ou même minéraux, méritent un respect égal.« 

Plusieurs idées traversent cette déclaration.

Sensibilité animale et respect de la vie,
les deux poumons de la protection animale

Deux courants de pensée sont à l’origine de la protection des animaux en France, et ailleurs. La protection des animaux se fonde d’abord sur l’idée que l’animal est un être sensible. C’est le courant dominant en Occident. L’autre courant voit surtout en lui un être vivant. C’est le courant dominant en Orient, dont est issu cette phrase.

Le premier courant s’appuie sur la perception de l’animal comme un être sensible. La phrase de J. Bentham, chef de l’école utilitariste anglaise au XIXᵉ siècle est connue. Il écrit, à propos des animaux : « La question n’est pas : « Peuvent-ils raisonner ? Peuvent-ils parler ? Mais : Peuvent-ils souffrir ? » Après lui, et progressivement, s’impose cette idée que l’animal ressent douleur, souffrance et angoisse. L’homme, souvent à l’origine de cette souffrance, doit s’attacher à diminuer cette souffrance, et même à la supprimer. Allant plus loin, nombre de nos contemporains décrivent l’animal comme un être qui possède un « monde intérieur ». Il n’éprouve pas seulement la souffrance mais une palette de sentiments et d’émotions, il est doué d’une conscience. Il possède une perception singulière de son environnement, c’est-à-dire le monde qui l’entoure. De cette tradition nait la présentation de l’animal comme être sensible dans notre droit (Code rural art. L214.1 1976, Code civil art. 515-14 2015).

Le deuxième courant de pensée voit dans l’animal un être vivant. La protection lui est due en fonction de la vie qui l’habite et qu’il convient de respecter. L’interdiction de tuer l’animal n’est pas fondée seulement par le fait qu’il a un intérêt à vivre (P. Singer et son école) mais au nom du respect de la vie.

Cette conception est très profonde dans le bouddhisme, le jaïnisme, et certaines traditions hindoues. « Au cours des siècles, les religions traditionnelles indiennes ont développé des principes fondés sur la vie sous toutes ses formes. Les interrogations sur celles-ci n’étaient pas limitées aux humains mais incluaient aussi les animaux. (…) Ahimsa, l’un des principes fondamentaux de l’hindouisme, prône la non-violence et le respect de toute vie »1. En Inde, cette conception est à l’origine de la possibilité pour les régions indiennes d’interdire l’abattage des vaches et également du devoir de compassion envers les animaux (constitution de 1950)2, même si la réalité vécue par les animaux semble beaucoup moins rose. Cette conception protège la vie animale comme les autres vies.

La figure qui incarne cette conception en Occident est St François d’Assise. Au XIIIème siècle, il s’émerveille du feu, de l’eau, du vent. Il prêche aux animaux, qui sont donc jugés dignes de le comprendre et de louer Dieu. En traversant les siècles, citons Gandhi et Albert Schweizer, disciple de Gandhi, qui écrit « je suis vie qui veux vivre entourée de vie qui veux vivre ».

Si Animal Cross reconnait bien l’animal comme un être sensible et doué d’une conscience, nous sommes plus proches du second courant de pensée, qui nous tourne vers le respect de la vie, et ce, quelle que soit la forme de cette vie.

Plantes et minéraux : des êtres vivants, comme les animaux

Entre la sensibilité animale et la protection de la vie, le passage devrait être fluide et plus explicite des principes qui l’animent.

La difficulté vient du fait que certaines personnes dénient la sensibilité aux autres êtres vivants « non animaux ». Humains et animaux participeraient à la communauté des êtres sensibles, dans une continuité biologique, comme « animaux humains » et « animaux non humains », quand les végétaux, ne parlons pas des minéraux, en seraient exclus parce qu’ils ne ressentiraient rien. Les végétaux ne participeraient pas ainsi à la « communauté des intérêts » parce qu’ils n’auraient pas d’intérêt à ne pas souffrir.

A la fin des années 1940, Aldo Léopold, américain considéré comme le père de l’écologie contemporaine, proposait déjà d’intégrer les animaux et la nature dans la communauté des vivants. « L’éthique de la terre élargit simplement les frontières de la communauté de manière à y inclure le sol, l’eau, les plantes et les animaux ou, collectivement, la terre »3.

Rappelons que les découvertes scientifiques sur la sensibilité végétale n’en sont qu’à leur début4. Dans son livre La vie secrète des arbres, le forestier allemand P. Wohlleben raconte comment les arbres communiquent entre eux par les racines, se préviennent en cas de maladie ou de prédateurs5. Plus encore que les recherches sur les animaux, les recherches sur les végétaux sont limitées par l’incapacité des chercheurs à concevoir le psychisme des végétaux, à développer les outils et à monter les expériences pour les faire apparaître. « Quand les capacités cognitives des végétaux seront connues, quand leur vie sensorielle et leurs besoins seront reconnus, notre façon de considérer les plantes évoluera6 ». Certaines expériences peuvent faire toucher du doigt la sensibilité du végétal, comme lorsqu’on voit les arbustes des bords d’une route déchiquetés, les fleurs décapitées, par des engins de voirie. La sensibilité des plantes à la musique semble aussi une piste d’investigation intéressante7.

Les personnes qui ne mangent pas de viande préfèrent s’accrocher à cette idée que les végétaux ne souffrent pas pour défendre leur régime alimentaire car, pensent-ils, si on accorde une sensibilité à la carotte, alors elle aussi, à son tour, ne souhaite pas être mangée, pas plus que le cochon, et la salade pas plus que le veau.

En fait, toutes ces personnes devraient retourner le problème dans l’autre sens. Les végétaux sont sensibles mais ils sont capables d’accepter qu’on les mange. Ils n’en ressentent pas de douleur, contrairement au cochon et au veau que l’abattoir terrorise.

Quant à la sensibilité du minéral, elle est méconnue. Un cœur est « dur comme de la pierre », qui justement n’en aurait pas. L’être minéral est le premier dans l’ordre d’apparition de cette terre. Non seulement il précède les autres, mais les autres procèdent de lui. Il donne sa forme aux autres et les habille.

Certains minéraux particuliers comme les montagnes nous inspirent. Nous devinons dans leur forme incroyable (comme le Cervin ou le Pic du Midi d’Ossau) une présence particulière, celle d’un géant assoupi. Ne tirons pas de conclusion hâtive du fait que la plupart d’entre nous ne sommes pas conscients du fait que le minéral est vivant. Cela reflète plutôt notre propre retard. Au fur et à mesure que nous changerons, l’évidence apparaîtra.

Pour finir, nous écrivons « domaines de la nature » et non « règnes de la nature » car la notion de règne implique la notion d’objet d’expérience pour les scientifiques. La classification en règne est utile scientifiquement mais le terme de « domaine » correspond mieux à la réalité de ces êtres, elle les décrit comme des personnes à leur tour.

Pour conclure, Animal Cross étend donc la non-discrimination entre les espèces non seulement aux animaux, mais aussi aux végétaux et aux minéraux. D’où la phrase « tous les êtres vivants… naissent et demeurent libres et égaux en devoirs et en droits ».

Animaux, végétaux, minéraux, humains : tous égaux

L’égalité ne signifie pas que tous les êtres sont similaires, mais qu’ils méritent une égale considération morale.  L’égalité signifie que toute vie a une valeur égale.

Animal Cross affirme la valeur intrinsèque des êtres vivants, c’est-à-dire qu’ils existent pour eux-mêmes. Cette valeur prime sur leur valeur instrumentale8. Un être n’existe pas par rapport à un autre. Les bancs de poisson ne sont pas des « ressources halieutiques ». Les vaches ne sont nées pour être des usines à lait. Les chevaux ne peuvent être réduits à d’agréables compagnons pour pratiquer l’équitation.

Tous les êtres sont une fin en soi, pour reprendre un langage plus philosophique. Tous les êtres possèdent une valeur intrinsèque, qui est égale, qu’ils soient des êtres humains ou pas. La célèbre maxime morale devient alors : “Agis de telle sorte que tu traites la vie, en ta personne ou celle d’un autre être vivant, comme une fin, et jamais simplement comme un moyen9.

En reprenant le vocabulaire antispéciste, on dirait que tout être vivant a droit à une égale considération. « Que chacun compte pour un et qu’aucun ne compte pour plus d’un. » (J. Bentham)

L’animal n’existe pas par rapport à l’homme, la nature non plus. Dans son livre Tant qu’il y aura des cages, S. Wise montre comment cette idée a traversé les siècles depuis l’Antiquité, à savoir que la nature n’avait de raison d’être que pour l’homme, comme si elle lui était destinée, et qu’il est au sommet de la Grande chaine de l’Être. Il note d’ailleurs qu’avec l’ère moderne cette conception perdure et malgré le développement des sciences, qui montre tous les êtres vivants, indifféremment, issus de l’évolution après le big bang. « Depuis Aristote « la nature a fait les animaux pour l’homme ».  C’était l’anthropocentrisme téléologique. La partie « téléologique » signifie que tout dans la nature est imprégnée dans ce but. Tout a une fin. « Anthropocentrisme » veux dire que le monde est conçu pour nous »10.

Individu, groupe social et espèce, tous ont une vie à défendre

Un animal existe d’abord pour lui-même. Il n’est pas le représentant d’une espèce, une partie ou une quantité d’un tout. Pour autant, les groupes sociaux et les espèces existent aussi bien entendu. Ainsi, un étourneau sansonnet compte pour lui-même, et une nuée d’étourneaux compte aussi. L’espèce des étourneaux sansonnet (Sturnus vulgaris11) a aussi sa propre réalité. De même un thon existe pour lui-même, et le banc de thon a aussi une existence. L’espèce des thons albacores aussi (thunnus albacares).

Tous libres, c’est-à-dire sans propriétaire

La liberté s’entend en tant qu’absence de propriétaire.

La désappropriation de l’animal est un élément fondamental dans le chemin vers sa personnalité juridique12.

Dès lors que les animaux ont des droits, il n’est plus pensable qu’ils puissent avoir un propriétaire. Quand l’esclave était un bien, il pouvait être possédé par un maître. Dès lors que l’esclavage a été aboli (1848 en France), un homme ne pouvait plus posséder un autre homme. Il en va de même des animaux. Le statut de « propriété » de l’animal devrait disparaitre au fur et à mesure qu’il est considéré comme une personne, en commençant par les animaux de compagnie.

Si l’animal n’a plus de « maître », son ancien maître devient son protecteur, qui lui garantit gite et couvert, son avocat, qui exprime ses besoins et défend ses droits.

En attendant un changement de règlementation, qui n’arrivera peut-être pas demain, il est important que les protecteurs des animaux considèrent leur animal domestique comme un être libre, sans maître, qu’ils n’exercent pas sur lui une domination mais une éducation, tenant compte de ses besoins et envies. Quand un animal est vendu, par exemple par un refuge, le prix payé ne doit pas être compris comme la valeur de l’animal (« une vie n’a pas de prix ») mais comme une indemnisation financière de son ancien gardien pour le travail effectué et pour ses frais.

Dans une période provisoire, il vaut mieux un propriétaire qui protège son « bien » qu’un bien sans propriétaire, qui serait livré à toutes les personnes mal intentionnées. Ainsi, la protection qu’un État accorde à une zone maritime, par exemple sous forme d’aire maritime protégée, est bien préférable à une zone maritime sans propriétaire, comme les zones maritimes internationales, livrées à une flotte de pêche sans scrupule.

Des êtres vivants qui ont tous des devoirs

Une raison souvent invoquée pour refuser d’accorder la personnalité juridique aux animaux est que les droits ne sont accordés qu’à ceux qui respectent des devoirs. A quoi les penseurs de protection animale répondent que les droits sont accordés aux êtres humains aussi quand ils sont des jeunes enfants ou des déficients mentaux, incapables de respecter des devoirs13. Le juriste américain T. Reagan distinguent les sujets moraux, capables d’agir selon des préceptes moraux, aux patients moraux, incapables de faire le bien comme le mal, mais qui ont droit au respect de la vie inhérente qu’ils possèdent.

Une voie plus directe serait de se rendre compte et de reconnaître les contributions immenses des êtres vivants, autres que les êtres humains, à cette vie sur terre. L’utilité des êtres vivants pour les autres êtres est le « devoir » auquel Animal cross fait référence.

Dans un foyer, un chien apporte de la gaieté. Un chat qui ronronne sur le ventre de sa maîtresse est son meilleur anti-dépresseur. Un âne témoigne à son gardien une égalité d’âme en tout temps qui stabilise son caractère.

Dans son livre « L’animal sujet de droit14 », l’association Animal Cross essaie de montrer comment tous les animaux dit « nuisibles » jouent un rôle dans l’écosystème : les geais transportent des glands et multiplient des chênes, les corvidés sont les charognards des routes, les sangliers sont les jardiniers de la nature en éliminant de nombreuses larves dans les champs, etc.

Les « services » que la nature rend à la planète sont les devoirs qu’elle accomplit. L’arbre capte le carbone, purifie l’air et le rafraichit en cas de forte chaleur. Les forêts abritent les animaux sauvages, les montagnes et glaciers rendent la neige sous forme d’eau, les sols filtrent la pollution etc. Il a été maintes fois démontré que les services rendus par la nature et les écosystèmes sont colossaux15.

Certains argumentent qu’animaux, végétaux ou minéraux ne le font pas « volontairement ». Qu’ils ne font que « suivre leur nature » ou « exprimer leur matière », alors que la notion de « devoir » inclut le respect délibéré d’une loi morale ou civile. Cela dépend sans doute de la manière dont on les regarde. Le chien est-il contraint d’aimer son maître ou, en l’aimant, suit-il son inclination, confirmant ainsi sa nature ? Et qui peut parler à la place d’un arbre ? Peu importe la réponse à ces questions, car nul ne peut contester la contribution des autres domaines de la nature à l’équilibre de la vie sur cette terre.

En conclusion, les êtres vivants autres que les êtres humains ont accompli leurs devoirs les premiers, sans attendre un retour.  Ils sont à jour de leur obligation. Il serait grand temps que les êtres humains remplissent en contrepartie leurs devoirs envers eux, car le déséquilibre dans la relation est devenu bien trop grand pour que la terre reste viable.

Comme une évidence, des êtres vivants qui doivent avoir des droits

André Géraud, journaliste, avait rédigé une déclaration des droits de l’animal en 1924, dans laquelle il demandait que les animaux aient des droits. Depuis, cette idée fait doucement son chemin. Cette évidence a déjà été développée par d’autres16 et beaucoup discutée depuis l’inscription dans le Code civil de la sensibilité de l’animal (art 515-14).

Cette égalité ne signifie pas que les êtres doivent avoir les mêmes droits. « Aux humains les droits des humains, aux grands singes, les droits des grands singes ». Pour expliciter les droits des animaux sauvages, l’association Animal Cross a proposé une déclaration de leurs droits.

La ligue française des droits des animaux (LFDA) a proposé plusieurs versions de la déclaration des droits des animaux.

La division dans notre droit, issue du droit romain, oppose les personnes aux choses. Nous laissons aux juristes le soin de trouver la personnalité juridique appropriée aux animaux, soit en les reconnaissant comme des personnes juridiques, soit, mais les juristes hésitent encore plus dans cette voie, à trouver une troisième catégorie, à côté des personnes et des choses.

« Sans la personnalité juridique, on est invisible pour le droit civil, on n’a pas de droit et on pourrait aussi bien être mort » déclare le juriste américain S. Wise.

Quoiqu’il en soit, il ne s’agit pas seulement d’extraire les animaux de la catégorie des choses, mais de mettre fin de manière définitive à cette Summa divisio opposant ceux qui dominent et possèdent à ceux qui subissent et sont possédés, les oppresseurs et les opprimés, mettre fin à ce droit de vie et de mort que les êtres humains s’accordent sur leur entourage non humain. Si « tous les êtres vivants, les domaines de la nature, sont égaux en droits », alors il convient de faire voler en éclat le principe de l’opposition des personnes et des choses pour refonder le droit. On en n’est pas encore là…

Dans ce sens l’association Animal Cross a proposé une déclaration des droits des espaces sanctuarisés, qui accorde des droits à la nature.

La vision historique : la réconciliation avec tous les domaines de la nature est notre nouvelle frontière

En 1789 les révolutionnaires français déclarent que les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits.

La phrase originelle des révolutionnaires n’était pas destinée à en rester là, elle appelait un développement concernant l’égalité aussi des êtres humains avec les autres êtres vivants. Derrière la déclaration de 1789 se cachait la promesse d’une autre égalité, celle entre tous les êtres vivants. Cette égalité plus large était déjà en germe dans la première déclaration. Il suffisait de comprendre l’élan qui l’avait fait naître.

Centrés sur eux-mêmes, les hommes n’ont pas compris que l’égalité devait aussi s’étendre aux autres domaines de la nature. En particulier, les Français n’ont pas été au rendez-vous de leur propre Histoire17. Au fur et à mesure que leurs conditions de vie s’amélioraient, qu’ils n’étaient plus accablés par les affres de la famine (ou qu’ils l’étaient moins), la désolation de la maladie, le fléau des guerres, les hommes avaient la possibilité de se tourner moins vers eux-mêmes et plus vers les autres. L’amélioration de leur niveau de vie était une formidable chance pour accueillir la vie autour d’eux. Pour la plupart des lecteurs, la phrase (« Tous les êtres vivants… ») est sans doute une utopie, une fiction qui n’arrivera jamais, voire même la rêverie d’une association qui a perdu le contact avec la réalité.

En France, l’abolition de l’esclavage ne se produisit qu’en 1848, le vote des femmes en 1946 etc. 230 ans plus tard l’égalité de droits n’est pas encore parfaite entre les hommes, loin s’en faut.

L’égalité avec les autres êtres vivants sera l’engagement d’Animal cross pour les décennies à venir.

« La réconciliation avec tous les domaines de la nature, l’antispécisme incluant animaux, végétaux et minéraux, est notre nouvelle frontière, l’avenir des générations actuelles et futures, l’aube d’une nouvelle humanité, l’espérance d’une nouvelle fraternité. La faire advenir est le devoir de chacun.« 

  1. O. Le Bot, Cours de droit constitutionnel animalier ↩︎
  2. O. Le Bot, Cours de droit constitutionnel animalier ↩︎
  3. Almanach d’un comté des sables, 1949 ↩︎
  4. Voir l’article Science et Vie sur l’intelligence des plantes qui donne une idée de l’évolution des connaissances. ↩︎
  5. P. Wohlleben, Nos amis les arbres, Edition les Arènes, p 20 ↩︎
  6. P. Wohlleben, Nos amis les arbres, Edition les Arènes, p 252 ↩︎
  7. Il existe un certain nombre de publications sur ce sujet. Voir par ex : Collins M, Foreman J. The effect of sound on the growth of plants. Canadian Acoustics 2001Jun.1 V. Chivukula and S. Ramaswamy, Effect of Different Types of Music on Rosa Chinensis Plants, International Journal of Environmental Science and Development, Vol. 5, No. 5, October 2014 ↩︎
  8. La Convention de Rio de 1992 affirme en même temps la valeur intrinsèque de la biodiversité (Préambule) et la conservation de cette diversité et son utilisation (article 1), maintenant ainsi l’ambiguïté entre conservation et utilisation ↩︎
  9. La maxime de Kant est centrée sur l’homme : « Agis toujours de telle sorte que tu traites l’humanité, en ta personne et en la personne d’autrui, comme une fin et jamais simplement comme un moyen. » ↩︎
  10. S. Wise, Tant qu’il y aura des cages, Edition Septentrion p.38 ↩︎
  11. Pour être plus précis « sturnus vulgaris » et « thunnus albacares » désigne le genre et l’espèce si on utilisait la taxonomie, c’est-à-dire la classification des êtres vivants ↩︎
  12. L. Boisseau Sowinski, Thèse sur la désappropriation de l’animal ↩︎
  13. Voir un résumé dans J.B. Wilmer, L’éthique animale, Que sais-je p.28 ↩︎
  14. « Vocation : L’animal sujet de droit. Propositions pour de nouveaux horizons » livre publié en octobre 2019, disponible sur le site d’Animal Cross. ↩︎
  15. Voir par exemple la valorisation économique de la biodiversité et la publication en 2005 par l’ONU du Millenium ecosystem assessment ↩︎
  16. -P. Marguénaud, 1992. L’animal en droit privé [Animals In Private Law], Paris, Presses Universitaires de France. A sa suite toute l’école française. Voir par exemple : David Chauvet. Four Kinds of Nonhuman Animal Legal Personification. Global journey of animal law. 2020-03-28 ↩︎
  17. « Liberté, égalité, fraternité » de tous les êtres vivants ↩︎

Livre Blanc de la construction durable en Outre-mer

Pour répondre à l’urgence des enjeux liés aux spécificités ultramarines (climats, vulnérabilités, disponibilité et coût des matériaux, traditions et modes d’habiter) et à la nécessité d’une plus grande sobriété des bâtiments, plus de 300 professionnels ultramarins de la construction se sont engagés dans une démarche de mutualisation des expertises et de partage des expériences. Les Assises de la Construction Durable en Outre‑mer est un travail collaboratif qui a permis de définir 4 axes de travail et une une instance de coordination ultramarine pour structurer les prémices d’une filière de la construction durable en Outre-mer. Un Livre Blanc consigne ces propositions.

Après 15 mois de travail ayant réuni 11 territoires ultramarins et plus de 300 professionnels, les Assises de la Construction Durable en Outre-mer1 se concluent avec lédition d’un Livre Blanc de la construction durable en Outre-mer, résultat d’une large concertation.

Ce document est structuré autour de 4 axes de travail :

  • la formalisation de normes locales,
  • le soutien à l’innovation
  • la sensibilisation et le partage de la connaissance
  • l’accompagnement des professionnels.

Il préconise la création d’une instance de coordination ultramarine.

Cette initiative collective ouvre la voie à des actions concrètes pour réduire les coûts de construction et renforcer la résilience des bâtiments ultramarins face aux importants défis environnementaux auxquels ils sont confrontés, tout en valorisant les savoir-faire locaux.

Ces efforts visent également à faire émerger des solutions innovantes qui pourraient être adoptées sur le territoire hexagonal, face aux effets du changement climatique.

Initiée en 2023, dans le cadre du programme OMBREE (programme inter Outre-Mer pour des Bâtiments Résilients et Économes en Énergie), par l’Agence Qualité Construction (AQC), les Assises de la Construction Durable en Outre-mer ont été créées en réponse aux préconisations du rapport sénatorial de 2017, qui appelait à la création de référentiels adaptés aux spécificités ultramarines.

Pour répondre à l’urgence des enjeux liés aux spécificités ultramarines (climats, vulnérabilités, disponibilité et coût des matériaux, traditions et modes d’habiter) et à la nécessité d’une plus grande sobriété des bâtiments, les professionnels ultramarins de la construction se sont engagés dans une démarche de mutualisation des expertises et de partage des expériences. Chaque territoire ultramarin a participé activement à des concertations, qui se sont conclues en février 2024 lors d’une réunion à Paris où quarante rapporteurs ont présenté des propositions issues des territoires.

Plateforme Océan & Climat
Un océan en bonne santé, un climat protégé

Ce travail collaboratif a permis de définir 4 axes de travail et la création d’une organisation inter‐outre‐mer pour structurer les prémices d’une filière ultramarine de la construction durable. Il propose notamment des référentiels spécifiques pour les territoires ultramarins, en lien avec les arbitrages budgétaires du dispositif qui succédera au Programme Local d’Observation et de Mobilisation (Plan Logement Outre-Mer 2019-2022).

Ces axes de travail structurent un ensemble d’actions à réaliser à court, moyen et long termes :

1. Soutenir l’innovation et en assurer l’évaluation dans une approche régionale :

Cet axe vise à explorer les moyens de laboratoire et la contribution scientifique des Outre-mer dans une logique de collaboration tant nationale qu’internationale. Il met en avant le potentiel des techniques constructives et des matériaux innovants propres aux territoires ultramarins, à l’instar des techniques vernaculaires et des matériaux biosourcés et géosourcés. En s’appuyant sur l’expertise locale, ces solutions offrent une meilleure acceptation par les populations locales, qui y retrouvent leurs usages et leur culture.

Pour atteindre ces objectifs, plusieurs actions sont envisagées comme la promotion de la recherche universitaire sur les matériaux tropicaux et les solutions durables, l’organisation d’une coopération régionale pour partager matériaux, savoirs et savoir-faire avec les pays voisins ainsi que l’étude de l’opérationnalité de la mesure d’exemption du marquage CE, à partir des travaux du CSTB. Cette dernière constitue un levier essentiel pour surmonter les contraintes économiques et écologiques liées à l’importation de matériaux conformes aux normes européennes. Inspirée par la Nouvelle-Calédonie, qui utilise déjà des produits non marqués CE tout en garantissant la qualité des ouvrages, cette démarche étudie la faisabilité produit par produit en fonction de ses performances dans son pays d’origine et de sa pertinence face aux besoins locaux. Ces actions visent non seulement à améliorer les pratiques de construction, mais aussi à sensibiliser les acteurs du secteur à l’importance de l’innovation dans la transition vers des infrastructures plus durables.

« Le territoire est l’échelle qui réconcilie local et global, dans laquelle les individus peuvent se retrouver en termes d’identité, et qui permettra de faire remonter des savoir-faire
et de régénérer le bon sens des anciens. »

Yannick Bruneau (Saint Barthelemy)
ÉcoQuartier Cœur de ville, La Possession
RAPPORT D’INCUBATION 2024 Diffuser les pratiques de bioclimatisme

2. Formaliser des référentiels pour les Outre‐mer :

Chaque territoire ultramarin possède un savoir-faire local en matière de construction, adapté à son climat et à ses ressources, mais souvent ignoré par les référentiels actuels, conçus pour l’Hexagone.

L’un des axes de travail identifiés par les Assises est donc de produire des référentiels spécifiques aux territoires ultramarins, en collaboration avec les instances nationales, et d’ajuster les normes et labels pour correspondre aux usages et à l’architecture locale.

« Les règlements complexes nous desservent. Beaucoup de territoires ont des voisins puissants avec des normes différentes. En étant autorisé à importer des matériaux des pays voisins, on sera en conformité, à la fois pour avoir des synergies, pour avoir des économies d’échelle et pour avoir des choses plus intelligentes, plus adaptées à notre territoire. »

Stéphane Lambert, Briques de Guyane

Il s’agit notamment de promouvoir un « Réflexe Outre-Mer », pour que chaque référentiel prenne systématiquement en compte les spécificités climatiques et géographiques des territoires dès qu’ils sont concernés.

Cette démarche implique par exemple de recenser, prioriser et adapter les référentiels actuels (réglementations, normes, DTU, ATEC…) aux spécificités des Outre-mer, en prenant en compte des facteurs comme les conditions climatiques et les risques naturels.

3. Sensibiliser et partager la connaissance avec les professionnels ultramarins :

Les professionnels de la construction en Outre-mer disposent de ressources et de guides spécifiques, mais ces outils restent souvent sous-exploités ou méconnus. Pourtant, la montée en compétences de tous les acteurs locaux est un facteur clé pour la durabilité et la résilience des constructions dans ces territoires. Dans ce contexte, il devient indispensable de valoriser les outils existants, de faciliter l’accès à l’information et de promouvoir un partage de connaissances plus fluide entre pairs.

L’une des missions prioritaires identifiées consiste à maintenir et animer des outils de partage inter-outre-mer. Bien que des ressources existent, comme PERGOLA de l’AQC ou les centres de ressources du réseau Bâtiment Durable, leur visibilité reste encore limitée.

« Si on fait monter en compétences tous les acteurs de la construction, le risque est réduit. »

Paul Quistin, Guadeloupe

Pour y remédier, il apparaît nécessaire de mettre en place une animation continue dédiée au recensement des études, à leur diffusion et à la communication auprès des acteurs locaux. Cette initiative favoriserait la mutualisation des connaissances et des savoir-faire, tout en améliorant les compétences des professionnels de la construction dans l’ensemble des territoires ultramarins. En renforçant cette dynamique de partage d’information, l’action vise à créer un réseau solide et pérenne, où les solutions locales peuvent être mieux valorisées et adaptées aux défis spécifiques de chaque région.

4. Accompagner les acteurs de la filière (acteurs économiques, assureurs, maîtres d’ouvrages, acteurs du bâtiment au sens large) :

Il a été identifié un besoin d’aider les structures accompagnant les entreprises et maîtres d’ouvrage sur tous les territoires, en leur fournissant des outils sur mesure et à jour. Il est primordial que les maîtres d’ouvrage puissent intégrer des exigences adaptées au contexte ultramarin dans leurs cahiers des charges. Ces référentiels sont souvent essentiellement connus des acteurs du territoire d’origine du référentiel. Les MAO ne sont pas toujours informés de ces référentiels en raison d’un manque de communication et parfois de formation.

« En France, la première recommandation professionnelle sur la brique de terre crue est l’aboutissement d’une expérimentation qui s’est étalée sur plus de quarante ans. Il était nécessaire de, d’abord, comprendre les cultures et intelligences constructives pour ensuite aboutir à l’élaboration d’un référentiel. Un travail pluridisciplinaire préalable est utile à la filière pour définir un produit, une solution, une réglementation. »

Melvyn Gorra, Mayotte

Afin de mettre en œuvre toutes ces actions collaboratives, la mise en place d’une organisation pouvant répondre aux besoins nationaux et territoriaux en s’alimentant des expériences et expertises locales est essentielle. Cette instance inter-outre-mer aura notamment pour objectif de coordonner le financement des actions définies dans le Livre Blanc. Elle s’appuiera sur des cellules locales pour rassembler les expertises locales et les parties prenantes de l’acte de construire par territoire.

« Les Assises ont été un moment de renforcement du collectif. Nous avons travaillé ensemble sur les mêmes thèmes. La feuille de route est tracée. Nous avons un projet sur lequel nous pouvons nous engager pour donner de la visibilité et concrétiser cette orientation pour une construction vertueuse dans nos territoires. »

Alçay Mourouvaye, La Réunion

Avec la remise de ce Livre Blanc, la feuille de route est désormais établie. Dès obtention de financements, la mise œuvre des premières actions ainsi que le montage de l’instance Inter-outre-mer se feront sous la gouvernance du Programme OMBREE, jusqu’à ce que cette instance soit déployée et autonome. Dans leur diversité, les territoires ultramarins joueront ainsi davantage leur rôle naturel de territoires pionniers, voire préfigurateurs des référentiels de construction hexagonaux futurs et adaptés face aux multiples défis qu’impose le changement climatique.


  1. initiées dans le cadre du programme OMBREE, organisées par l’Agence Qualité Construction (AQC), avec le soutien de la SMABTP et de l’USH ↩︎

Deux priorités pour réussir le Zéro Artificialisation Nette (ZAN)

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L’objectif de cette note de La Fabrique Écologique est de traiter deux outils prioritaires pour atteindre l’objectif de zéro artificialisation nette, la réduction du nombre de logements vacants et la fiscalité sur le non bâti. Ces deux domaines sont très peu abordés dans le débat et les politiques publiques. Il est pourtant essentiel, pour la réussite de l’objectif de ZAN, que les mesures à prendre ne se résument pas à des exigences d’urbanisme, mais réforment aussi les instruments publics qui incitent au contraire à l’artificialisation.

Introduction

De l’UE1 à la profession agricole, chacun admet que le rythme d’artificialisation des terres est insoutenable. Elle constitue un des principaux facteurs d’érosion de la biodiversité2, et l’étalement urbain favorise les émissions de gaz à effet de serre (GES). Il est donc important d’adapter la fiscalité des terres agricoles et des espaces naturels à cette priorité.

L’objectif de ZAN apparaît pour la première fois en France dans le plan biodiversité 2018-2024. En 2021, la loi Climat et résilience intègre un objectif de « zéro artificialisation nette » (ZAN) d’ici 2050. Cet objectif est aligné sur celui de la feuille de route de l’UE « pour une Europe efficace dans l’utilisation de ses ressources » de 2011. Ce document prévoit de « supprimer d’ici à 2050 toute augmentation nette de la surface de terres occupée ».

L’artificialisation des sols est définie dans la loi Climat et résilience comme « l’altération durable de tout ou partie des fonctions écologiques d’un sol, en particulier de ses fonctions biologiques, hydriques et climatiques, ainsi que de son potentiel agronomique par son occupation ou son usage ». Il s’agit de la dégradation des espaces naturels, agricoles et forestiers par l’activité humaine.

L’artificialisation « nette » est « le solde de l’artificialisation et de la renaturation des sols constatées sur un périmètre et sur une période donnés »3. Ainsi, la loi Climat et résilience vise d’ici 2050 un équilibre entre surface de sols artificialisés et surfaces renaturées, et, d’ici 2031 un maximum d’artificialisation égal à 50 % du nombre d’hectares artificialisés entre 2011 et 2021.

Atteindre ces objectifs nécessite de réduire fortement l’artificialisation des terres. Mais cette réduction est difficile à mettre en œuvre, notamment car elle peut se heurter à des habitudes ou à des projets de nombreux acteurs et de secteurs d’activité. Elle peut affecter par exemple les communes rurales qui ont besoin de revitaliser leur économie, ce qui nécessite de construire de nouveaux logements et infrastructures de services.

En 2023, une nouvelle loi dite ZAN vise à « faciliter la mise en œuvre dans les territoires des objectifs de zéro artificialisation nette ». Ce texte apporte quelques assouplissements par rapport à la loi de 2021. Il prévoit notamment une enveloppe minimale d’un hectare à artificialiser entre 2021 et 2031 pour chaque commune. Il précise que la consommation d’espace attachée aux projets d’envergure nationale ou européenne n’est pas comptabilisée dans les enveloppes de surface pouvant être artificialisée des régions, mais dans un forfait national à part, fixé à 12 500 hectares pour la période 2021-2031. Les modalités de déclinaison dans les documents d’urbanisme de l’objectif du ZAN restent néanmoins contestées, comme le montre un récent rapport du Sénat4.

De leur côté, la réflexion et les décisions ont peu avancé sur les différents autres outils qui, au-delà de la planification de l’usage des sols, permettraient d’enrayer la croissance de l’artificialisation. Il n’a par exemple été effectué aucun bilan complet des politiques publiques qui aboutissent à un encouragement de l’artificialisation. C’est aussi le cas pour l’impact des règles fiscales ou d’octroi de subventions publiques, qui ont pourtant une puissante capacité d’inciter ou de freiner certaines pratiques, notamment en matière de développement de projets.

La Fabrique Écologique a publié en 2021 une note sur l’artificialisation des sols5. Ce document énumère notamment les dispositifs fiscaux qui encouragent l’artificialisation et n’incitent pas à la sobriété foncière, mais n’analyse pas ces questions afin d’en faire découler des recommandations précises.

L’objectif de cette note est de traiter deux outils prioritaires pour atteindre l’objectif de zéro artificialisation nette, la réduction du nombre de logements vacants et la fiscalité sur le non bâti. Ces deux domaines sont très peu abordés dans le débat et les politiques publiques. Il est pourtant essentiel, pour la réussite de l’objectif de ZAN, que les mesures à prendre ne se résument pas à des exigences d’urbanisme, mais réforment aussi les instruments publics qui incitent au contraire à l’artificialisation.

Géraud Guibert
Président de La Fabrique Ecologique et co-auteur de la Note

SYNTHÈSE

La lutte contre l’artificialisation des terres est essentielle pour la réussite de la transition écologique. Dans notre pays, la surface moyenne d’un département est artificialisée tous les 10 ans. Un tel rythme est non seulement néfaste à notre agriculture, mais a aussi des conséquences très négatives sur la biodiversité, dont la diminution rapide est très préoccupante. Les sols abritent plus d’un quart de la biodiversité mondiale. Ils assurent des fonctions essentielles comme le stockage du carbone, la régulation du cycle de l’eau ou la production de biomasse.

Depuis 2021, l’objectif du zéro artificialisation nette (ZAN) est fixé par la loi, avec un calendrier et des étapes. Des dispositions ont été prises pour intégrer ces préoccupations aux règles et plans d’urbanisme. Mais les mesures prises sont contestées, comme le montrent les travaux du Sénat, notamment un récent rapport sur ce sujet. Leur atténuation ou leur report aboutirait à une remise en cause de la possibilité même d’atteindre l’objectif.

PROPOSITIONS

Ces règles pourraient en revanche être complétées par des mesures sur les différents autres outils qui peuvent contribuer à atteindre cet objectif. La terre et son usage ont marqué l’histoire de notre pays. Le droit de propriété constitue un des éléments fondateurs de la révolution française. Mais, plus largement, il s’agit de contribuer à réduire les gaspillages de terres qui interviennent dans leur mode d’utilisation.

Cette note vise ainsi à traiter, de manière non exhaustive, de deux domaines indispensables pour limiter l’artificialisation des sols : la réduction du nombre de logements vacants et l’adaptation de la fiscalité sur le non bâti. Ces deux sujets, peu évoqués dans le débat et les politiques publiques, mériteraient de donner lieu à des mesures fortes.

La note critique le projet d’extension du prêt à taux zéro aux territoires dont le marché immobilier est détendu.

Dans cette perspective le groupe de travail porte trois propositions :

#1 – Donner une vraie priorité à une réduction du nombre de logements vacants, avec une politique volontariste, fiscale et financière, et une amélioration de la rentabilité locative des logements anciens.

#2 – Prévoir une disparition progressive de la fiscalité sur les terres non bâties à dimension écologique.

#3 – Introduire des dispositions fiscales innovantes pour protéger les terres agricoles de l’artificialisation.

Sommaire

  • I. L’indispensable réduction du nombre de logements vacants
    • I. Les logements vacants, un apport potentiel important
    • II. La réduction de la vacance de logement, impensée des politiques et du débat public.
  • II. La nécessaire réduction de l’écart fiscal entre les terres bâties et non bâties
    • I. Une faible rentabilité des terres agricoles en France
    • II. … aggravée par la fiscalité sur les terres non bâties

Conclusion

Annexe I

Annexe II

  1. Agence européenne pour l’environnement. (2019). Terres et sols en Europe – Du béton urbain à perte de vue ? Commission Européenne. (2012). Lignes directrices concernant les meilleures pratiques pour limiter, atténuer ou compenser l’imperméabilisation des sols. Document de travail. doi: 10.2779/79012 ; Commission européenne. (2020). Stratégie de l’UE en faveur de la biodiversité à l’horizon 2030 – Ramener la nature dans nos vies. Communication de la Commission européenne. Bruxelles. ↩︎
  2. IPBES. (2019). Le rapport de l’évaluation mondiale de la biodiversité et des services écosystémiques – Résumé à l’intention des décideurs. Secrétariat de l’IPBES. ↩︎
  3. LOI n° 2021-1104 du 22 août 2021 portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience face à ses effets (1) (J.O. du 24 août 2021). ↩︎
  4. Celui-ci plaide par exemple pour « Lever temporairement et de manière ciblée la contrainte « ZAN » pour faire face à l’urgence de la crise du logement » ↩︎
  5. Les défis de la lutte contre contre l’artificialisation des sols ↩︎

Le développement régénératif pour révéler le potentiel unique de chaque territoire

Ben Haggard est cofondateur de Regenesis Group et pionnier de l’approche du développement régénératif. Il explore les relations complexes entre les dimensions humaines, naturelles et économiques qui soutiennent la vitalité d’un lieu. Ben nous partage son expertise unique à l’occasion de la sortie en français de son livre avec Pamela Mang, « Régénérer : Principes fondateurs et pratiques inspirantes pour les entreprises et les territoires » aux Éditions Rue de l’Échiquier.

Régénérer : Principes fondateurs et pratiques inspirantes pour les entreprises et les territoires.

Interview par butterfly

Ce livre propose un cadre clair pour intégrer les principes régénératifs dans nos pratiques professionnelles, nous invitant à devenir des participants co-créatifs dans nos écosystèmes.

Dans le contexte des diverses approches de la régénération proposées, en quoi votre approche du développement régénératif est-elle unique ?

L’école de pensée dont je suis issu explore les thèmes de la pensée régénérative et de la pratique régénérative depuis environ sept décennies. Elle trouve ses origines dans deux écoles : le développement organisationnel et la permaculture, qui est mon domaine de formation. Regenesis, le groupe que j’ai co-fondé il y a presque 30 ans, a travaillé pour rassembler ces deux champs de la régénération, et c’est ce qui a donné naissance à ce que nous appelons le “développement régénératif”.

Dans notre approche, nous partons du postulat que chaque territoire sur cette planète est unique. Il a son propre caractère et sa propre expression. Cela découle de nombreux facteurs géologiques, biologiques, et écologiques distinct, en plus des facteurs culturels, économiques, et propres aux activités humaines.

Quand on considère tous ces éléments, on observe que chaque lieu sur Terre est unique. Pourtant, nous abordons ces lieux comme s’ils étaient interchangeables et génériques. Nous avons donc choisi de découvrir le génie de chaque lieu. Dans chaque projet, nous commençons par appréhender le territoire comme une entité vivante. Nous œuvrons en harmonie avec lui pour que chaque construction, chaque activité nouvelle permette ainsi une expression plus authentique de son identité et de son potentiel futur.

Peut-être pouvez-vous utiliser un exemple pour illustrer cela ?

C’est un projet qui figure dans le livre et pour lequel j’ai beaucoup d’affection. Il se trouve sur la côte du Mexique, où un promoteur souhaitait créer un hôtel sur la plage à côté d’un village traditionnel. L’équipe de Regenesis a examiné le site et a constaté qu’il était très fragile car constitué d’une bande de sable connectée à un lagon, entouré de monoculture de palmiers et vulnérable aux ouragans.

À la grande surprise du porteur de projet, le site s’est avéré être un site archéologique avec une ancienne pyramide cachée sous la colline. Cela a conduit le promoteur à consulter les anciens du village, qui étaient parfaitement conscients de cela, la connaissance du territoire s’étant transmise de génération en génération.

Le promoteur est finalement tombé amoureux du lieu. Il a fini par voir cet endroit comme une communauté pleine de sens et puissante et ils ont ainsi tout recommencé à zéro.

Ils ont conçu un projet destiné à régénérer l’écosystème, la santé du village, les systèmes agricoles de la région, l’habitat des tortues et d’autres espèces importantes. Ils sont passés de l’état d’étrangers exploitant les bénéfices de ce lieu à celui d’initiés travaillant avec le caractère du territoire pour le faire évoluer.

Et en fin de compte, ce projet est devenu l’un des exemples phares du tourisme régénératif dans le monde.

Comment adopter ces idées en pratique, même sans lien direct apparent avec les systèmes vivants, comme à Paris par exemple ?

Paris est un lieu très intéressant, complexe et stratifié. Les questions sur la manière de travailler de manière régénérative sont vraiment fascinantes et peut-être incontournables lorsqu’il s’agit de grands systèmes urbains. Alors que nous y voyons souvent que des constructions humaines, il y a toujours une réalité géologique sous-jacente, une réalité hydrologique sous-jacente, une réalité écologique et climatologique. La mesure dans laquelle une ville se met en harmonie avec ces réalités et ces dynamiques organisatrices sous-jacentes est cruciale. Le développement régénératif favorise des approches spécifiques à chaque territoire, entre les quartiers autour de la Seine et ceux des collines par exemple. La recherche de solutions adaptées à chaque contexte est en fait le moyen le plus puissant pour prendre la responsabilité de la manière dont nous vivons sur cette planète.

Je voudrais comprendre comment vous conciliez l’idée de ne pas appliquer des pratiques génériques tout en ayant développé une méthodologie rigoureuse et réplicable. Comment ces deux facettes se combinent-elles ?

Ce qui distingue l’approche du développement régénératif, c’est notre façon de penser, en utilisant des “frameworks” basés sur les systèmes vivants. Ainsi, si la façon de penser est rigoureuse et peut être déployée en relation avec tout système vivant, les solutions et actions concrètes qui vont être imaginées ne sont pas réplicables car elles sont sourcées dans la singularité du territoire. Nous ne nous concentrons pas simplement sur de nouvelles stratégies de recyclage, de transports ou de récupération d’eau. Nous nous demandons quelles stratégies demande ce lieu spécifique. Cette approche permet de diriger l’ingéniosité et la créativité humaines vers une appropriation et une différenciation adaptée à chaque lieu. Cela signifie prendre ses responsabilités.

Comment vous est donc venue l’idée qu’il pourrait être utile d’écrire un livre à ce sujet ?

Je pense qu’on a dû nous le demander (rires). Pour répondre à cette demande, nous avons dû effectuer un travail de rétro-ingénierie. Cela nous a pris deux ans pour comprendre quelle était la structure de pensée qui nous permettait d’obtenir ces résultats remarquables. Nous ne faisions pas que répondre à un cahier des charges, ou une liste de critères. Nous répondions intuitivement à une entité complexe, vivante, dynamique et changeante. Le résultat a donc été de pouvoir transmettre la méthodologie dont nous parlions précédemment.

Y avait-il un projet particulier sur lequel vous travailliez à l’époque, qui servait de support à cette réflexion ?

Aux États-Unis, il y a souvent un fort antagonisme entre les citoyens locaux et les promoteurs. Nous avons donc aidé un promoteur à comprendre ce qui était important pour les habitants et pourquoi ils appréciaient leur lieu de vie. Cela a permis de créer un langage commun et de réviser les plans de développement pour refléter ces valeurs, en cherchant à préserver ce qui rend un endroit unique et précieux. Il ne s’agissait pas simplement de répondre aux demandes des gens, mais de comprendre pourquoi ils tiennent profondément à un territoire. Au lieu de se concentrer sur des besoins spécifiques, il s’agit de demander : Qu’est-ce qui, dans ce territoire, revêt une importance telle que vous estimez impératif de le préserver ? Et comment pouvons-nous assurer sa protection, son développement et son évolution durable à l’avenir ? C’est une base de relation complètement différente.

Je vais vous donner ma propre définition du développement régénératif. Lorsque nous régénérons quelque chose, nous permettons l’évolution de son essence dans un nouveau contexte, d’une nouvelle manière.

En tant qu’êtres humains, nous avons la capacité d’apporter une contribution à la vie de notre planète qui pourrait être fondamentalement différente de celle que nous offrons aujourd’hui. Nous avons accumulé une énorme quantité de pouvoir. Mais ce pouvoir n’est plus au service des principes du vivant.

La conscience humaine a une grande capacité à penser en termes de passé, de présent et aussi de futurs. Et c’est l’un des aspects fondamentaux de notre potentiel en tant qu’espèce. Nous pouvons reconnaître le potentiel d’une situation et agir en conséquence pour que ce potentiel se manifeste. Nous sommes des catalyseurs de l’évolution, si nous choisissons de l’être.

La manière d’aborder les défis mondiaux, c’est d’inventer des réponses appropriées aux territoires particuliers où nous vivons et travaillons. Plutôt que de choisir des solutions seulement technologiques, nous croyons que la réponse doit être de revenir à une relation d’amour et d’affection avec les endroits où nous vivons. Nous apprenons à comprendre en profondeur notre contexte, à l’appréhender suffisamment pour interagir harmonieusement avec lui, et à découvrir de nouvelles façons d’y être indigène.

Climat & Biodiversité : une exposition virtuelle pour comprendre leurs interactions

La Tournée du Climat et de la Biodiversité est une exposition scientifique accessible à partir du CM1, proposant au public de comprendre les enjeux du changement climatique et de l’érosion de la biodiversité, afin de réfléchir aux choix de sociétés futures. Les visiteurs peuvent librement et gratuitement visiter l’exposition, seuls, en famille, entre collègues ou amis … La visite de l’exposition virtuelle permet d’apprendre en s’amusant, guidé par un, une ou plusieurs scientifiques spécialistes de thématiques abordées : « les Messagers du climat et de la biodiversité ».

Le format « exposition virtuelle » permet d’approfondir ses connaissances en prenant le temps de déployer les modules, lire les textes ou les écouter en version vocale. C’est un outil pertinent pour toucher un public plus nombreux, qui n’aurait pas pu avoir accès à l’exposition « version bois ».

L’exposition bois a été entièrement captée par une agence spécialisée, afin de la transformer en visite virtuelle. Chacun peut désormais bénéficier depuis chez soi de la qualité des contenus scientifiques proposés par la Tournée. C’est une occasion d’approfondir ses connaissances en prenant le temps de naviguer, déployer les modules, lire les textes ou les écouter en version vocale.
Des enregistrements vidéo ponctuent l’exposition virtuelle, se rapprochant de cette rencontre si singulière entre le visiteur et le scientifique. Derrière l’écran, les scientifiques ayant conçu ces contenus sont bien réels, ils ont joué le jeu de l’enregistrement de capsules vidéo en studio, à la mi-octobre. Nous souhaitons nous inscrire dans un processus d’amélioration continue pour une expérience se rapprochant au maximum du réel. Ainsi, l’exposition virtuelle sera bientôt complétée d’une version numérique du jeu de la balance pour identifier comment réduire son empreinte carbone. Chaque visiteur pourra aussi également bientôt apporter sa propre contribution à l’arbre des solutions (numérique)

Un voyage dans l’espace et le temps

Guidés par les scientifiques « Messagers du climat et de la biodiversité », le visiteur franchit les trois étapes qui permettent de comprendre les changements en cours du climat et de la biodiversité et de découvrir les manières possibles d’agir, afin d’en limiter la portée. L’exposition se compose de trois espaces.

1. Les mécanismes du climat et de l’évolution de la biodiversité avec le climat

“Le climat de la Terre, c’est l’histoire du cycle de l’eau, du carbone et des grands équilibres énergétiques, mais c’est aussi l’histoire du vivant.” L’exposition débute par la présentation de la Terre et de ses composantes et explique que son climat dépend du soleil mais aussi du cycle du carbone et de l’effet de serre dans lesquels les humains sont impliqués. Pour les jeunes visiteurs un quizz propose de distinguer le climat de la météo.

« Le climat varie naturellement. » Renseignés par des archives naturelles dans les glaces, les stalagmites et les arbres, véritables témoins des changements du climat, les scientifiques ont pu établir les principales causes naturelles de ces changements. Mais les volcans, réchauffent-ils ou refroidissent-ils le climat ?

Après la visite, des acteurs locaux de la mobilisation seront présents pour envisager le passage à l’action.
© Lucille Boitelle – Studio Iceho

 « La végétation terrestre naturelle s’adapte à ces conditions climatiques, mais celles-ci évoluent dans le temps et, avec elles, le vivant, qui s’efforce de les suivre. » Le visiteur est amené à découvrir les écosystèmes faits d’interdépendance entre les espèces et les milieux. Il découvre la biodiversité et ses différents niveaux de réalité et avec elle la diversité du vivant dans un tas de terre, un litre d’eau de mer ou un corps humain. Les plus jeunes visiteurs peuvent suivre un escargot tout au long de ce parcours.

« Les êtres vivants font face aux changements environnementaux (naturels ou induits par l’humain) au moyen de l’adaptation, l’acclimatation et la migration. »

Au travers d’espèces emblématiques comme l’oie, l’ours, le poisson des glaces et la cigogne blanche, les visiteurs découvrent comment les êtres vivants font face aux variations naturelles des climats.

2. Le rôle des humains sur les évolutions en cours et à venir, et leurs conséquences dans le monde et en France

Comment sait-ont que les activités humaines sont responsables du réchauffement climatique

“La prise en compte des facteurs humains permet de reproduire le réchauffement observé.” Dans cet espace, des preuves sont apportées du rôle déterminant des humains sur l’évolution du climat récent. On s’y interroge sur les scénarios climatiques du XXIe siècle, allant d’un scénario « à hauts risques » à un scénario « sobre ». 

« Désormais, les régions et les personnes les plus exposées et les plus vulnérables font et feront face à des risques plus élevés. » Le scénario à hauts risques se décline sur des changements futurs qui poursuivent et amplifient les changements déjà observés à l’échelle planétaire sur la fonte des glaces, l’augmentation du niveau de la mer, certains événements extrêmes et la baisse des ressources en eau. Mais le scénario sobre, qui ne permet pas d’éviter certains changements, les atténue fortement. Ces scénarios se déclinent à l’échelle de la France et les visiteurs sont amenés à comparer les effets des deux scénarios sur les événements extrêmes, l’enneigement, les risques côtiers, les forêts et la vigne, en feuilletant un livre de cartes. 

« La réintroduction d’une espèce par l’humain ou son retour naturel ne peut réussir que si les habitats sont restaurés et en capacité de l’accueillir de façon pérenne. »  Le scénario à hauts risque se traduirait par des disparitions majeures d’espèces. D’ailleurs, le processus amorcé montre ses prémisses chez certaines espèces dont la démographie et la biomasse sont déclinantes. Mais quelques exemples comme le brochet dans la Seine, la fourmi moissonneuse en région méditerranéenne ou le vautour des régions de montagne montrent des chemins vers un rétablissement de populations jadis très menacées.

« L’IPBES (Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques) a classé la liste des cinq menaces qui pèsent sur la biodiversité ». Le changement climatique n’est que la troisième menace qui pèse sur la biodiversité et il est important de considérer aussi les quatre autres : les changements d’usage des terres et de la mer, l’exploitation des êtres vivants, la pollution et les espèces invasives.

3. Les actions possibles pour limiter la portée de ces changements, du collectif à l’individu, de la planète au territoire local.

« Non, il ne nous reste pas que 3 ans pour garder une planète viable. » « Il n’est jamais trop tard pour agir. » Cet espace présente des solutions possibles pour faire face aux défis du changement climatique et de l’érosion de la biodiversité et invite le visiteur à débattre avec les scientifiques présents au cours de la visite. Agir pour le climat vise à contenir le réchauffement planétaire nettement en dessous de 2 °C par rapport au niveau préindustriel et de poursuivre les efforts pour qu’il se limite à 1,5 °C. Cet objectif va demander des efforts importants de réduction des émissions de gaz à effet de serre et donc une transformation profonde des modes de vie, de consommation et de production. Il faudra dans le même temps s’adapter aux changements inévitables. 

« De l’individuel au collectif, de la prise de décisions locales jusqu’au niveau mondial, nous sommes tous acteurs de cette transformation. » Le visiteur est d’abord invité à faire un diagnostic des émissions mondiales selon différents points de vue et à identifier quels sont les secteurs qui en France doivent être considérés comme prioritaires. Les visiteurs les plus jeunes, mais aussi les adultes, sont orientés vers un diagnostic individuel des émissions sous forme de jeu leur permettant aussi d’identifier ce qui est prioritaire à leur niveau. 

Les actions possibles sont ensuite déclinées pour les deux secteurs sociaux et économiques clés que sont les transports et les bâtiments et pour deux domaines qui touchent à l’ensemble des secteurs, à savoir les énergies et le numérique. Chaque visiteur peut y voir des actions qui se décident au niveau des États, des entreprises, des collectivités territoriales mais aussi au niveau individuel. Les visiteurs plus jeunes sont amenés à s’interroger sur leur façon de se déplacer ou sur leur usage du numérique.

Agir pour la biodiversité, c’est d’abord agir en profondeur contre les causes de son déclin dans chacune de nos activités : comment se nourrir, se loger, se déplacer, produire… sans continuer à dégrader la biodiversité. C’est aussi restaurer la nature, partout où elle a été dégradée, et préserver son potentiel évolutif.

« La biodiversité porte en elle-même une histoire que l’on peut voir comme un patrimoine qui se mesure en millions d’années d’évolution. »  Les visiteurs sont amenés à s’interroger sur les enjeux de la préservation de la biodiversité. Depuis la production de notre dioxygène jusqu’aux liens avec la santé humaine en passant par son rôle de régulation du climat, ce sont de multiples raisons d’agir qui sont évoquées.

Les actions possibles sont ensuite déclinées dans différents domaines comme l’éducation, l’urbanisme, l’alimentation ou l’agriculture. Les exemples choisis permettent de mesurer l’interdépendance entre la préservation de la biodiversité et la lutte contre les effets des changements climatiques. Par exemple l’agroécologie et le stockage du carbone dans les sols font de l’agriculture un des domaines où ces deux objectifs peuvent être utilement combinés. 

« La sagesse de la nature » pour se reconnecter au vivant et vivre en harmonie sur Terre

« La sagesse de la nature » transporte le lecteur dans un voyage à travers les mystères de la nature, l’invitant à découvrir les profondeurs du lien intime qui le connecte au monde naturel et vivant. Une invitation à redécouvrir l’immense sagesse de la nature et ses bienfaits. À travers la géométrie des formes, l’équilibre des éléments vivants et les cycles éternels des saisons, ce livre réveille un émerveillement devant la nature et révèle un art de vivre en harmonie sur Terre. Évelyne Monsallier a accepté de répondre aux neufs questions essentielles pour Cdurable.

Dans une période où la quête de bien-être et de reconnexion à la nature s’intensifie, Evelyne Monsallier propose une approche unique, avec son nouvel ouvrage « La sagesse de la nature« , à la recherche du bien-être holistique inspiré des enseignements naturels.

Ce véritable guide pratique pour se reconnecter au vivant réunit des informations, réflexions et pratiques concrètes pour retrouver un équilibre physique, émotionnel et spirituel, en harmonie avec la nature

Se laisser guider vers une meilleure compréhension de notre place dans l’univers, de notre relation avec la nature et découvrir comment écouter la voix subtile de la Terre, rencontrer les esprits bienveillants qui veillent sur les écosystèmes et vivre en harmonie avec toute forme de vie.

Évelyne Monsallier, Dre Msc. D. en sciences métaphysiques, est une entrepreneure multicasquettes dans le domaine de la nature, du mieux-être et de la spiritualité.

Ouvrir son cœur et son esprit à la beauté intemporelle et à la magie de la nature. Réveiller notre connexion sacrée avec elle et apprendre comment cette relation peut nous aider à vivre heureux et en équilibre sur Terre.

Face aux défis du monde moderne, de plus en plus de personnes ressentent le besoin de se reconnecter à la nature pour retrouver un équilibre physique et émotionnel. Les rythmes effrénés, le stress quotidien et la déconnexion progressive avec l’environnement poussent à redécouvrir la sagesse naturelle, source d’inspiration et de guérison. La nature, avec ses cycles et ses éléments, offre des enseignements intemporels à ceux qui savent l’écouter, et les bienfaits de cette connexion ne sont plus à prouver.

“Là, une grande paix m’envahit. Attentif aux sons et aux odeurs, je m’éveille à la présence tranquille du monde végétal. Je me sens vivant, à la surface de la planète Terre, à l’instant présent de l’évolution de l’Univers.”

Hubert Reeves

Cet ouvrage invite à renouer avec les enseignements des éléments naturels, à travers une approche holistique du bien-être. L’auteure partage des réflexions et des pratiques inspirées de son lien profond avec la nature, permettant à chacun de retrouver paix intérieure et équilibre spirituel.

Un livre pour se reconnecter à la nature

La sagesse de la nature est une invitation à découvrir les enseignements de la nature et à les intégrer dans notre quotidien pour atteindre un équilibre spirituel et émotionnel. Evelyne Monsallier, auteure, coach, naturopathe et conseillère en aromathérapie, phytothérapie et herboristerie, souhaite offrir à ses lecteurs des réflexions et des pratiques inspirées par la nature, guidées par une approche holistique du bien-être.

L’approche d’Évelyne se distingue par sa vision globale, liant les enseignements de la nature aux éléments spirituels. Le livre invite à une compréhension plus profonde des énergies naturelles et de leur influence sur le bien-être physique, émotionnel, et mental de tout un chacun.

Des pratiques issues des énergies naturelles

Dans son livre, Evelyne Monsallier partage des pratiques concrètes et des réflexions issues de ses expériences personnelles et professionnelles. L’ouvrage explore divers thèmes liés à la nature et à la spiritualité, offrant aux lecteurs des outils pour se reconnecter à leur propre équilibre intérieur.

De la méditation inspirée par les cycles naturels, aux exercices pour éveiller sa connexion intérieure, en passant par les remèdes naturels, les élixirs et l’utilisation des énergies subtiles, chaque chapitre est pensé comme un guide pratique et inspirant pour favoriser le bien-être au quotidien.

4 raisons de lire La sagesse de la nature

  1. Une approche globale : La vision holistique d’Évelyne relie la nature, la lumière et les énergies subtiles pour offrir une méthode complète de bien-être. Sa méthode combine les principes des trois couleurs primaires de la lumière à notre constitution énergétique, les propriétés des couleurs, des sons, des plantes et des cristaux, permettant aux lecteurs de comprendre comment harmoniser leur équilibre physique, émotionnel et mental.
  2. Des outils concrets : La sagesse de la nature propose des pratiques et des réflexions ancrées dans le réel. Les lecteurs pourront y découvrir des techniques pour utiliser les énergies subtiles de la nature dans leur vie quotidienne, que ce soit à travers des méditations, des remèdes et élixirs naturels ou des routines basées sur les cycles naturels.
  3. Une alliance du monde naturel et spirituel : Ce livre lie la nature et la spiritualité, avec à la clé des outils pour se reconnecter à soi-même. Il explore comment les éléments naturels, comme les plantes, les fleurs, les cristaux, les couleurs et la lumière, peuvent devenir des alliés dans le cheminement spirituel de chacun.
  4. Formations et accompagnement personnalisé : En tant que fondatrice de l’École Internationale de Chromobioénergie, Évelyne propose des formations pour les praticiens en thérapies naturelles. Ce livre s’inscrit dans cette démarche pédagogique, offrant des bases et des réflexions pour ceux qui souhaitent approfondir leurs connaissances dans le domaine du bien-être holistique et de la chromobioénergie.

Questions Cdurable !
ou c’est pas durable ?

Au delà des communiqués, qui ne présentent souvent que le « meilleur », et du développement durable, qui ne fait que tenter de réduire les impacts négatifs d‘une croissance volumique, nous nous intéressons aujourd’hui, 20 ans après la création de Cdurable.info, aux questions essentielles. Alors Cdurable ou pas ? 9 questions qui nous invitent à Comprendre pourquoi Agir & Coopérer avec le vivant, Cdurable !

Évelyne Monsallier, auteure, coach, naturopathe et conseillère en aromathérapie, phytothérapie et herboristerie, a accepté de répondre aux neufs questions Cdurable, essentielles comme les neufs besoins fondamentaux des êtres vivants dont les humains que nous sommes …

1 – Quelle est la nature de ma relation avec le vivant ?

Ma relation avec le vivant est fondamentalement spirituelle et profondément respectueuse de chaque forme d’existence. J’aborde chaque élément de la nature – qu’il s’agisse des plantes, des animaux, des cristaux, des éléments ou des énergies subtiles – comme un être conscient et vibrant, possédant sa propre sagesse et une énergie unique.

En tant que praticienne en chromobioénergie®, j’ai développé une sensibilité accrue aux vibrations de la vie dans toutes ses formes et dimensions. Cette relation m’invite à explorer non seulement les cycles naturels, mais aussi les interconnexions invisibles qui unissent tout ce qui existe, afin de guider chacun vers une harmonie profonde, physique et spirituelle, avec la Terre et l’univers.

2 – Quels sont mes besoins et choix d’alimentation ?

Mon alimentation privilégie les produits frais, de saison, issus de l’agriculture biologique autant que possible ou raisonnée, et je favorise les circuits courts. Je consomme avec plaisir des produits locaux issus de la production ou de l’élevage de fermiers de la vallée que je connais.

Je crois en une alimentation en harmonie avec les saisons, où chaque aliment est respecté pour son énergie vitale et ses bienfaits.

Les herbes médicinales occupent également une place de choix dans mon alimentation et mes préparations. Je fais attention aux espèces protégées et ne prélève qu’une toute petite partie de fleurs dans un champ sans jamais déterrer la racine. J’ai écrit notamment, dans mon livre « La pharmacie naturelle des Anges », un texte à propos des règles de base de la cueillette. J’encourage chacun à écouter les besoins profonds de son corps et à privilégier une nourriture qui soutient à la fois sa santé et l’équilibre de la planète.

3 – Quel est mon type d’habitat actuel et idéal ?

Mon habitat actuel est un chalet en bois niché dans les Hautes-Alpes, dans une zone Natura 2000, où la nature règne en maître et m’offre chaque jour un spectacle enchanteur. Ce chalet, dont j’ai moi-même réalisé les plans en tant que maître Feng Shui, a été construit en collaboration avec un constructeur traditionnel de la vallée. Pour optimiser l’harmonie du lieu, j’ai effectué une étude de géobiologie afin de positionner le chalet sur le réseau sacré de Saint Michel Apollon, profitant ainsi d’une vibration très élevée, oscillant entre 90 000 et 900 000 unités Bovis.

J’ai également étudié la circulation du Qi et de la lumière dans chaque pièce, équilibrant les éléments pour créer un espace harmonieux. À l’extérieur, nous avons collaboré avec le constructeur, tandis que mon mari et moi avons pris soin de l’aménagement intérieur, orientant chaque planche en fonction de son énergie naturelle et de son sens de polarité.

Chaque jour, je partage des moments uniques avec les habitants de cette nature préservée. Dès le matin, au moment du petit-déjeuner, je suis entourée de mésanges, de rouge-gorges, de geais, de merles, et même de pics-verts qui ont trouvé ici un refuge grâce à mes soins attentifs, surtout en hiver. Le coucou fait son apparition chaque année à la même époque. C’est avec bonheur que j’observe leur nombre croître, créant une véritable symphonie de vie autour de mon chalet. Des écureuils espiègles viennent jouer sur ma terrasse et semblent parfois prêts à entrer pour s’abriter du froid et il n’est pas rare de croiser des chevreuils au lever ou au coucher du soleil, ou même un renard curieux qui s’aventure près de chez moi.

Mon jardin, bien que modeste, comprend un espace enchanté que j’appelle mon « jardin des fées » ; un petit potager, ainsi qu’un espace pour mes plantes médicinales et des fleurs persistantes pour mes élixirs et remèdes naturels.

Mon rêve serait de vivre dans un habitat complètement autonome, fonctionnant à partir d’énergies renouvelables et optimisé selon des principes de géobiologie, mais les contraintes financières ne nous ont pas permis de le réaliser entièrement. Cependant, nous avons fait de notre mieux pour respecter et préserver l’environnement qui nous entoure, privilégiant une approche en symbiose avec la Terre.

4 – Quelle activité physique favorise mon bien-être et ma santé ?

Je pratique des activités douces et en lien avec la nature, comme la marche en pleine nature, la randonnée en montagne, le VTT, le yoga et la méditation en mouvement. J’aime explorer les sentiers, m’imprégner de l’énergie des arbres et des éléments naturels. Ces activités me permettent de rester connectée au vivant, tout en cultivant force, souplesse, et équilibre intérieur. Pour moi, le mouvement doit être un moyen d’harmoniser le corps et l’esprit.

5 – Quels savoirs m’ont permis de comprendre comment agir ?

Mon parcours m’a fait explorer de nombreux domaines, des sciences de la santé aux médecines douces, de la métaphysique à la chromobioénergie. Mon expérience personnelle, enrichie par ma formation et mes rencontres, m’a enseigné à écouter et à observer la nature pour en tirer les leçons.

La sagesse des anciens et les connaissances scientifiques m’ont guidée dans ma compréhension de l’interconnexion entre la Terre, les énergies et la santé humaine.

6 – Quel est le sens que je donne à mon travail ?

Je souhaite aider chacun à se reconnecter avec la nature et à retrouver un équilibre profond entre le corps, l’esprit et l’environnement. J’aspire à offrir un espace de guérison et de compréhension où chaque individu peut explorer les bienfaits de la nature pour son propre bien-être, tout en prenant conscience de sa responsabilité en tant que gardien de la Terre.

7 – Quelle énergie j’utilise pour mes usages et besoins ?

Dans la mesure du possible, j’utilise des sources d’énergie renouvelables et veille à limiter ma consommation. Je privilégie le bois pour le chauffage et envisage peut-être d’autres sources d’énergie renouvelable pour l’avenir, comme les panneaux solaires.

Cependant, pour moi, la notion d’énergie dépasse l’électricité ou le chauffage. Elle englobe aussi l’énergie subtile qui circule dans mon environnement. J’accorde une attention particulière à ce que chaque objet, chaque espace de mon habitat respecte une harmonie naturelle et énergétique, en alignement avec les principes du Feng Shui et de la géobiologie.

8 – Quelle est mon implication personnelle pour l’intérêt général ?

À travers mes livres, mes formations et mes conférences, j’essaie de transmettre une vision de la santé et du bien-être en harmonie avec la nature. Mon engagement s’exprime également dans la création d’élixirs et de pratiques de chromobioénergie, qui visent à sensibiliser chacun à la beauté et à la puissance de la nature, tout en encourageant une consommation respectueuse de ses ressources.

9 – Quels sont mes liens de coopération et ma participation au bien commun ?

Mon travail dans le domaine du bien-être et de la santé naturelle m’a permis de tisser des liens avec d’autres praticiens et professionnels du bien-être, avec qui je partage mes savoirs et pratiques. Je suis également en pleine démarche pour établir des connexions avec des spécialistes de la nature et des acteurs de la préservation de l’environnement.

Ces échanges et futures collaborations s’inscrivent dans mon engagement pour contribuer à une prise de conscience collective sur l’importance de la nature dans notre équilibre global. Mon objectif est d’unir nos forces pour sensibiliser et agir ensemble, avec une approche respectueuse et durable pour notre planète.

10 – Carte blanche : quel est le message essentiel que vous souhaitez faire passer à nos visiteurs ?

Le message essentiel que je souhaite transmettre est que la nature est notre plus grand maître et notre plus grand soutien.

Dans un monde où la technologie tend à nous éloigner de plus en plus du vivant, il est crucial de nous rappeler que nous sommes profondément liés à la Terre. Selon ma vision, la Terre est une véritable arche de vie, conçue pour abriter tout ce dont l’être humain a besoin pour se nourrir, se soigner et s’épanouir.

Elle contient en elle des trésors naturels, des plantes médicinales aux minéraux, qui répondent aux besoins de notre corps, de nos émotions et de notre esprit. La nature est généreuse. Elle co-crée avec la lumière. En effet, elle s’imprègne de la lumière solaire afin de donner naissance à des plantes, des fleurs, des fruits… pour nous nourrir et nous soigner. Grâce à ses énergies et à ses cadeaux, nous pouvons retrouver la santé, la sérénité et une harmonie durable, tout en respectant cette arche qui nous soutient depuis l’aube de l’humanité.

Planifier une France décarbonée

Agnès PANNIER-RUNACHER, ministre de la Transition écologique, de l’Énergie, du Climat et de la Prévention des risques, François DUROVRAY, ministre délégué auprès de la ministre du Partenariat avec les territoires et de la Décentralisation, chargé des Transports, et Olga GIVERNET, ministre déléguée chargée de l’Énergie, ont présenté aujourd’hui la Stratégie nationale bas-carbone (SNBC) et la Programmation pluriannuelle de l’Énergie (PPE), deux textes stratégiques désormais ouverts à la concertation du public jusqu’au 15 décembre 2024.

Publiés aujourd’hui, ces documents actent l’adoption par la France d’objectifs extrêmement ambitieux :

  • En matière de climat, la Stratégie nationale bas-carbone (SNBC) est mise à jour avec désormais un objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 50% d’ici 2030, contre 40% précédemment;
  • En matière de mix énergétique, la Programmation pluriannuelle de l’Énergie (PPE) est mise à jour avec l’objectif de passer d’une consommation énergétique à 60% carbonée à une consommation énergétique à 60% décarbonée d’ici à 2030.
À l’horizon 2050, l’atteinte de la neutralité carbone implique de réduire au maximum les émissions résiduelles. L’évolution des puits naturels et technologiques sera également
déterminante pour l’atteinte de notre objectif.

Définissant la trajectoire et les objectifs de la France pour mener sa transition climatique et énergétique, la SNBC et la PPE constituent, avec le Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC), le socle d’une action cohérente, intégrée et ambitieuse: la Stratégie Française pour l’Énergie et le Climat. Ils traduisent également la mise en cohérence avec les objectifs européens inscrits dans le Pacte vert pour l’Europe (paquet Fit for 55 ).

Ces objectifs sont en totale adéquation avec les nouvelles mesures qui entreront en vigueur dès 2025 : L’obligation de réaliser un bilan carbone d’entreprise pour les structures de plus de 250 salariés.

La Stratégie Française pour l’Énergie et le Climat

Quelle articulation avec les autres documents de planification ?

La France travaille depuis 2021 à la révision des 3 documents de planification en
matière de climat et d’énergie : la Stratégie
nationale bas-carbone (SNBC), la Programmation pluriannuelle sur l’énergie (PPE) et le Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC).

Ces 3 documents constituent la Stratégie Française pour l’énergie et le climat
(SFEC), qui vise à traiter de manière
cohérente les enjeux de décarbonation et à renforcer l’articulation entre l’atténuation et l’adaptation au changement climatique :

La SNBC et la PPE prennent en compte les
variabilités de l’évolution du climat futur pour que la stratégie climatique et énergétique de la France soit résiliente.

La SNBC et la PPE se fondent sur le même
scénario de référence et doivent garantir
pour tous les secteurs (transports, agriculture, bâtiments, industrie, énergie, déchets) une adéquation entre le besoin et la ressource (énergie, capacité industrielle des filières, disponibilités de compétences…) à chacun des horizons temporels 2030 et 2050.

La SNBC et la PPE visent à contribuer à
l’objectif collectif de l’Accord de Paris :
maintenir l’élévation de la température
moyenne bien en-dessous de 2 °C
et si possible à 1,5 °C.

La SNBC définit la feuille de route en matière d’atténuation pour l’ensemble des secteurs, production et transformation d’énergie compris, et la PPE traduit de manière plus opérationnelle, pour les 10 années à venir, les orientations de la politique énergétique.

Ces documents s’appuient sur un important travail de modélisation qui permet de s’appuyer sur un scénario de transition climatique et énergétique fiable et crédible, et ce pour tous les secteurs d’activité – avec notamment un fort focus sur les mobilités propres.

Stratégie de développement des mobilités propres


Répartition des émissions au sein des aires urbaines, Source : ENTD2008, DEEM Cerema

Consommation d’énergie finale des transports domestiques (hors soutes internationales) (historique et projections) (source : Bilan énergétique de la France, SDES, édition 2022 ; modélisations DGEC ; périmètre Kyoto (France et territoires d’outre-mer)

Equation de Kaya appliquée aux transports (source : Aurélien Bigo, Les transports face au défi de la transition énergétique. Explorations entre passé et avenir, technologie et sobriété, accélération et ralentissement, 2020)

Stratégie nationale bas-carbone

Créée en 2015, la Stratégie nationale bas-carbone (SNBC) est la feuille de route de la France pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Autrement dit, c’est notre cadre d’action en matière d’atténuation du changement climatique.


3ème Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC) :
Analyses et recommandations du Comité 21

La troisième Stratégie Nationale Bas Carbone vient renforcer le scénario issu de la précédente et des mesures prises jusqu’à fin 2023, ce qui conduirait à une baisse des émissions de la France de seulement 40%. Des mesures supplémentaires s’avèrent donc nécessaires ; mais l’effondrement des puits de carbone forestier constitue une contrainte nouvelle, qui débouche sur un objectif de la SNBC3 limité à 50% (soit 251 millions de tonnes équivalent CO2), cinq points en deçà de l’objectif du Pacte Vert d’une diminution de 55% des émissions entre 1990 et 2030.

La consultation en cours sur la SNBC, sur la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) et du Plan National d’Adaptation au Changement Climatique (PNACC), intervient avec retard, sans préciser certaines orientations (empreinte carbone, horizon 2050…) ni conduire l’évaluation environnementale. Le Comité 21 considère nécessaire de publier rapidement la SNBC, la seule cause pertinente justifiant un nouveau décalage pouvant être le vote d’une loi d’approbation, qui aurait l’avantage de renforcer la crédibilité de cette Stratégie et de permettre à la représentation nationale de débattre de ces questions.

Le Comité 21, attaché au dialogue entre parties prenantes, fondement de l’ODD 17, a décidé de participer à cette consultation et souhaite à l’avenir être plus étroitement associé aux phases de concertation.


Programmation pluriannuelle de l’énergie

Créée par la loi du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte, la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) est un outil de pilotage de la politique énergétique de la France, qui fixe les priorités d’actions pour atteindre la neutralité carbone en 2050, une nécessité pour répondre au défi climatique.

Elle fixe des objectifs concrets dans les domaines de consommation et de production énergétique (baisse des consommations, développement des énergies renouvelables et du nucléaire, etc.) pour les dix années à venir.

Parce que les changements induits par de tels objectifs touchent l’ensemble de la société, les citoyens sont au cœur de cet exercice de programmation. Deux concertations nationales et une consultation du public ont été organisées depuis fin 2021, permettant à chacun de s’exprimer sur les choix de politiques publiques et sur les objectifs associés.

Une nouvelle concertation, sous la supervision de la Commission nationale du Débat public (CNDP), qui a désigné Isabelle BARTHE et Dominique PACORY en tant que garants, prendra la forme d’une plateforme en ligne, ouverte à tous.

A l’issue de cette concertation publique, le Gouvernement procédera à l’analyse des avis des citoyens, des acteurs institutionnels et des entreprises, et en publiera une synthèse.

La plateforme de simulation « France Net Zéro », développée par Carbone 4 en partenariat avec la Fondation européenne pour le climat (ECF), l’ADEME et la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC), a été mise en ligne le 4 novembre 2024.

Un cadre de référence commun sur l’économie régénérative

Initié par le Groupe AFNOR et L’ENTREPRISE SYMBIOTIQUE et co-construit avec de nombreux experts multisectoriels1, ce document établit un cadre structuré pour identifier, reconnaître et encourager les projets régénératifs. Grâce à des exemples concrets, il propose une alternative à l’économie extractive en soutenant des initiatives régénératives, tout en visant à éviter le « regen-washing » et les abus de cette notion.

Méthode de critérisation de l’étendue régénérative d’un projet entre les paradigmes d’exploitation, de préservation et de régénération appliquée aux quatre écosystèmes (L’entreprise symbiotique, 2024)

« L’économie régénérative est un modèle d’activités agissant pour l’intégrité du vivant, humain et non-humain, et soutenant la vitalité des écosystèmes écologiques et sociaux avec lesquels il coconstruit, dans une spatialité définie. Sa création de valeur se caractérise par une prospérité écologique, sociale et économique, en intégrant le renouvellement continu, en qualité et en quantité, des matériaux, de l’énergie, des ressources naturelles et des capacités vivantes humaines et non-humaines. »

Répartition des critères de caractérisation d’un projet selon les paradigmes Exploiter, Préserver, Régénérer, qualifiant leur soutien à la vitalité des écosystèmes écologiques et sociaux, leur création de prospérité économique et leur intégration du renouvellement continu, en qualité et en quantité des ressources naturelles,
(dont matière et énergie)

Les critères proposés évaluent ainsi :

  • Le soutien à la vitalité des systèmes vivants
  • Le soutien à la vitalité des systèmes sociaux
  • La création de prospérité économique
  • L’intégration du renouvellement continu en qualité et en quantité des ressources naturelles
    (dont matière et énergie)

Ce guide, publié sous forme d’une AFNOR Spec, accompagne les acteurs de secteurs émergents en définissant les bonnes pratiques à partager. À terme, il pourrait évoluer vers une norme « classique » lorsque le sujet sera plus mature, consolidant ainsi une base solide pour les entreprises souhaitant évoluer dans ce cadre.

L’action sur équilibres identifiés par les limites planétaires pour une économie régénérative (Isabelle Delannoy, 2020)

L’économie régénérative est un modèle d’activités agissant pour l’intégrité du vivant, humain et non-humain, et soutenant la vitalité des écosystèmes écologiques et sociaux avec lesquels il coconstruit, dans une spatialité définie.

Sa création de valeur se caractérise par une prospérité écologique, sociale et économique, en intégrant le renouvellement continu, en qualité et en quantité, des matériaux, de l’énergie, des ressources naturelles et des capacités vivantes humaines et non-humaines.

L’espace juste et s˚r ou Donut (K. Raworth, 2017)

Triple régénération

La triple régénération est intrinsèque à l’économie régénérative.

Pour être durable le système doit être capable de se régénérer dans ces trois domaines : écologique, sociale et économique.


Régénération écologique : toute action qui favorise le plein potentiel des services rendus par les écosystèmes vivants. Il maximise la production de services écologiques par unité de surface mobilisée et encourage la désartificialisation des sols (en repartant des sols, les paysages sont aussi régénérés dans leur ensemble), des cours d’eau …
Régénération sociale : toute action qui favorise directement et indirectement l’emploi de qualité, le sens du travail, l’organisation et la sécurité le permettant ; le lien social, le bien-être des individus (physique, physiologique, mental), l’augmentation de ses possibilités de choix et de ses capacités d’agir pour son
épanouissement (mode d’acquisition de revenus, de compétence, de relations, d’accès à des services, aspirations, culture) notamment sur le territoire où l’acteur est implanté.
Régénération économique : création des conditions économiques et financières qui favorisent directement et indirectement l’épanouissement de ses parties prenantes, par l’échange ou le partage de la valeur, par l’augmentation de la disponibilité des facteurs de production, par la diminution des charges ou encore par l’accès facilité au marché.

Les principes d’une économie régénérative au regard des modèles existants


📥 Vous pouvez télécharger ce document en accès libre ici

  1. de nombreux experts multisectoriels, dont AXA Climate, l’INRAE, le Cnam (Conservatoire national des arts et métiers), Fashion Revolution France, Métropole de Lyon, Pierre et Vacances France, Haute-Savoie HABITAT, H2X, Pour une Agriculture du Vivant, Université Paris Dauphine- PSL, Provence Promotion – the invest in Provence agency, Université de Lille, Laboratoire Phytobokaz, EcoAct France, et Mob-ion services ↩︎

Climatosceptiques : enquête au plus de près de ceux qui doutent

Alors que plusieurs sondages indiquent leur nombre à la hausse depuis 2 ans, les climatosceptiques n’ont pas fait l’objet de recherches approfondies en France. Parlons Climat publie une enquête exclusive associant travaux existants et apports de nouveaux éclairages, à la lumière de nouvelles analyses statistiques et d’entretiens réalisés avec des climatosceptiques. Son but : remettre en cause les représentations stéréotypées des climatosceptiques et interroger les stratégies d’information et de communication sur le changement climatique et la transition écologique.

Climatosceptiques : Enquête au plus près de ceux qui doutent.
Étude quantitative et qualitative – novembre 2024

Diaboliser les climatosceptiques sans chercher à comprendre les raisons de leurs croyances est non seulement simpliste, mais carrément contre-productif. Fustiger leurs doutes n’apporte rien et, pire, contribue à creuser les fossés. Plutôt que de rester dans une posture moralisatrice, il est temps de s’interroger : qui sont-ils vraiment ? Qu’est-ce qui alimente leurs réticences ? Ignorer ces questions, c’est tourner le dos à une part importante de la société, et c’est précisément ce que nous ne pouvons plus nous permettre si nous voulons agir efficacement.

Pierre-Henry Dodart
Administrateur de l’État engagé pour la transition écologique

Toujours plus de climatosceptiques ?

Depuis 2000, l’ADEME réalise un baromètre annuel sur le rapport des Français au climat, qui fait référence en la matière. Alors que la part de climatosceptiques était contenue entre 18% et 22% entre 2020 et 2022, ce chiffre a bondi à 35% en 2023. Cette croissance, si elle peut illustrer une tendance de fond, est aussi liée à une évolution méthodologique au fil des ans pour mieux rendre compte de la pensée des Français1.

Le climatoscepticisme témoigne surtout d’un rejet du sujet environnemental

Le climatosceptiscisme imprègne l’ensemble de la société française : aucune catégorie de la population n’est épargnée, que ce soit en termes de classe d’âge, de sexe, de lieu d’habitation ou de milieu social. Cependant :

  • l’âge a un effet notable : chez les plus de 65 ans, un individu sur trois est sceptique, soit environ sept points de plus que les autres classes d’âge. 
  • les climatosceptiques se retrouvent un peu plus au sein des classes populaires, faiblement diplômées et disposant d’un faible revenu.
  • l’appartenance politique constitue un déterminant particulièrement fort : 30% des individus se déclarant de droite sont climatosceptiques ; 42% chez ceux se déclarant très à droite, contre 13,5% chez les individus se positionnant à gauche.

Mais le prédicteur le plus fort du climatoscepticisme est le rejet du sujet environnemental, et surtout le rejet des mouvements écologistes.​​

30% des climatosceptiques sont de potentiels alliés de la lutte climatique

Le climatoscepticisme englobe en réalité des niveaux de doutes très hétérogènes, de l’ignorance au déni, en passant par l’ambivalence. Ainsi, il n’existe pas un « climatosceptiscime », mais des climatosceptiques.

Au sein de ce segment qui n’est donc pas homogène, deux blocs opposés se dégagent : les climatosceptiques “mous” (30% des climatosceptiques) et les climatosceptiques “durs” (24%)

Chez les premiers, le doute porte essentiellement sur la part de responsabilité de l’activité humaine dans le changement climatique. Sa réalité, ses impacts, la nécessité de trouver des solutions sont acceptés à la même hauteur que dans le reste de la population.

Tandis que chez les seconds, ce sont tous les aspects de la cause climatique qui sont tenus à distance, avec des justifications politiques voire complotistes

climatosceptiques durs vs. mous

Contre intuitivement, tous les climatosceptiques ne sont donc pas des ennemis de la lutte contre le changement climatique et 30% sont même de potentiels alliés. Si le climatoscepticisme a, en moyenne, un effet négatif sur le soutien aux politiques de transition, cet effet n’est pas systématique et tous les climatosceptiques ne sont pas opposés à la transition écologique.

​Être climatosceptique : une posture résultant d’un manque d’agentivité, de défense d’une identité ou d’un mode de vie plus qu’une défiance vis-à-vis de la science​

Le climatoscepticisme comme position défensive

Si le climatoscepticisme s’accompagne le plus souvent d’une mise en cause du consensus climatique, il n’est pas systématiquement la résultante d’un manque d’informations scientifiques.

Ainsi, comme les sciences cognitives nous l’apprennent, la perception du changement climatique tient davantage à la vision du monde, et à l’idéologie politique des individus et à la possibilité d’agir sur ce dernier qu’à un raisonnement rationnel et à l’exposition aux faits scientifiques.

Le climatoscepticisme est souvent une réaction défensive à une transition écologique face à laquelle des personnes peuvent se sentir impuissantes et qui interroge les mode de vie, les valeurs, les croyances, les identités et croyances politiques. 


  1. une évolution méthodologique au fil des ans pour mieux rendre compte de la pensée des Français, avec l’ajout de modalités de réponse permettant de préciser le doute sur l’existence ou les origines du changement climatique. Cette absence de standard occasionne aujourd’hui des variations de résultats notables entre les principaux sondages d’opinion. ↩︎

Une initiative mondiale pour structurer les marchés de crédits biodiversité au service des peuples et de la planète

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Le Groupe consultatif international sur les crédits biodiversité (IAPB) est une initiative indépendante établie par la France et le Royaume-Unis en juin 2023 afin de faciliter la création et la croissance de marchés de crédits biodiversité à haute intégrité et d’encourager la mise en place à l’échelle internationale d’un cadre politique et institutionnel favorable et de mécanismes réglementaires, crédibles, opportuns et cohérents.  Il a lancé à l’occasion de la COP 16 Biodiversité son Cadre pour les marchés de crédits biodiversité à haute intégrité.

L’importance de la biodiversité

C’est la nature qui fournit à la vie les conditions de sa subsistance.

La gestion responsable de la nature est fondamentale pour la santé de la planète et la survie de l’espèce humaine. Il existe une interdépendance extrêmement étroite entre la nature, l’Homme et la biodiversité.

Pourtant, la nature qui nous entoure et sa biodiversité riche et vitale qui sous-tendent nos économies sont en danger, tant nous sommes confrontés à une double crise de la perte de biodiversité et du changement climatique.

Comme l’ont montré le rapport de l’Évaluation mondiale sur la biodiversité et les Services Écosystémiques (IPBES, 2019), le rapport Dasgupta sur l’économie de la biodiversité (2021) et de nombreuses autres études, nous épuisons la nature à des niveaux insoutenables.

En l’absence d’investissements plus importants et d’une gouvernance efficace, la biodiversité continuera à décliner. L’inversion de cette crise de la biodiversité dépend de la réalisation des objectifs du cadre mondial de la biodiversité (CMB) de Kunming à Montréal, qui appelle à une mobilisation efficace des ressources et à l’alignement des flux financiers mondiaux sur les objectifs internationaux en matière de biodiversité.

Les décideurs économiques, notamment les gouvernements, les organisations internationales, les institutions multilatérales et financières et les entreprises, n’en font pas assez.

Il faut faire davantage pour encourager les pratiques qui protègent et régénèrent
la nature plutôt que celles qui la détruisent. L’économie et la finance doivent
prendre en compte la biodiversité et ses valeurs dans le cadre de la transition vers une croissance durable. Nous avons besoin d’une série de mécanismes publics et de mécanismes de marché, et nous devons encourager les entreprises à valoriser la biodiversité et à investir dans ce domaine.

Les crédits biodiversité (et les marchés de crédit) constituent un mécanisme permettant aux acteurs du marché de canaliser les flux financiers pour soutenir la transition vers un avenir propice à la nature.

Au-delà de la simple mobilisation de capitaux, l’adoption des crédits biodiversité pourrait contribuer à modifier la relation des entreprises et des marchés financiers à la nature et à mieux soutenir tous ceux qui, sur le terrain, la préserve.

Qu’est-ce que le Cadre mondial pour les marchés de crédits biodiversité à haute intégrité ?

Le développement de crédits biodiversité à haute intégrité est possible, tout comme le passage à l’échelle progressif de ces marchés. Cela nécessite une action de multiples acteurs, comme indiqué par le Cadre IAPB. En particulier, les gouvernements ont besoin de politiques publiques ou de mécanismes réglementaires solides pour débloquer des financements qui profitent à la Nature et à ceux qui, sur le terrain, la préservent.

L’intégrité signifie que les crédits doivent être conçus de manière à apporter des bienfaits mesurables et vérifiés pour la Nature, à garantir une participation et des revenus équitables pour les personnes et à reposer sur des marchés encadrés. L’intégrité à tous les niveaux est une condition préalable à la croissance de ces marchés, et non un obstacle à celle-ci.

Le rôle de ceux qui, sur le terrain, préservent la nature, est primordial. Les Populations Autochtones comme les communautés locales doivent être co-créatrices des projets et des marchés et être associés à tous les aspects de leur conception et de leur mise en œuvre. 

Un crédit biodiversité est un « certificat qui représente une unité de  bénéfices pour la biodiversité qui soient à la fois durables, mesurés,  adossés à des preuves tangibles et additionnels à ce qui ce serait passé sans intervention » (BCA, 2024).

Le travail de l’IAPB s’est appuyé sur cette définition, valable à la fois en matière de conservation et de restauration, pour en approfondir certains termes, dans le but d’assurer le développement de marchés à haute intégrité.

Les crédits biodiversité peuvent être utilisés pour :

  • Réaliser des contributions, assises sur des preuves tangibles visant des objectifs de protection et de restauration de la Nature ;
  • Servir à financer, selon des critères stricts, la compensation locale et encadrée d’impacts sur la biodiversité ;
  • Investir dans les chaînes de valeur des entreprises, afin de les rendre plus résilientes.

L’IAPB ne soutient pas les approches consistant à prôner une compensation internationale de la  biodiversité : l’action doit impérativement rester locale et porter sur des écosystèmes similaires à ceux qu’elle vient compenser

Dans cette première phase, les marchés de crédits biodiversité seront nombreux et suivront une logique de financement de projet. La biodiversité n’étant pas fongible, une unité standardisée de biodiversité n’est donc pas appropriée (les projets seront financés en fonction de circonstances et de résultats qui leur seront spécifiques).

Les propositions devront donc être adaptées à des marchés multiples, en fonction du contexte, des acteurs et des motivations. Il est important de souligner qu’à ce stade, l’IAPB ne soutient pas les marchés secondaires.

Un engagement collectif ambitieux et urgent, de la part de tous les acteurs du marché, est nécessaire pour développer rapidement les marchés des crédits biodiversité.

Vers un Pacte vert industriel pour l’Europe : un impératif écologique et économique

Dans le contexte des débats au Parlement européen et des auditions des membres de l’exécutif européen, Neil Makaroff, directeur de Strategic Perspectives et expert associé à la Fondation Jean-Jaurès, publie une analyse sur le Pacte vert industriel, initié par Ursula von der Leyen. Ce projet vise à renforcer la compétitivité de l’industrie européenne tout en accélérant la décarbonation, face aux enjeux de concurrence mondiale avec la Chine et les États-Unis. Le Pacte industriel vert doit permettre de bâtir une économie résiliente, décarbonée et compétitive, condition essentielle pour préserver les emplois et garantir la souveraineté industrielle de l’Europe.

Alors que les auditions des commissaires européens débutent, ce projet de Pacte vert industriel appelle à une collaboration transpartisane. Neil Makaroff, expert associé à la Fondation Jean-Jaurès, souligne l’importance de trouver des compromis pour obtenir le soutien des principaux groupes politiques, en particulier du Parti populaire européen (PPE). En effet, les personnalités clés comme l’Espagnole Teresa Ribera (Socialists&Democrats) et le Français Stéphane Séjourné (Renew Europe) auront un rôle crucial dans l’avancement de ce Pacte.

Face à la pression croissante de la concurrence américaine et chinoise, Neil Makaroff rappelle également l’importance d’une stratégie d’investissement ambitieuse. Le Pacte vert industriel propose un Fonds pour la compétitivité, destiné à soutenir les technologies vertes et à créer un environnement propice à l’innovation industrielle européenne. Ce fonds constitue une réponse nécessaire pour éviter la fuite des startups et garantir la pérennité des emplois verts au sein de l’Union européenne.

Enfin, le rapport met en évidence le besoin d’une coopération renforcée au sein du Conseil européen. Le soutien de pays leaders en matière de transition écologique, comme l’Espagne et la Pologne, sera déterminant pour garantir le succès du Pacte industriel vert. En l’absence de cette alliance européenne, l’industrie verte pourrait voir sa compétitivité compromise, menaçant ainsi les ambitions de souveraineté énergétique et industrielle de l’Union.

Neil Makaroff

Expert des politiques climatiques européennes


Le plan industriel du pacte vert :
Faire de l’industrie européenne un champion du zéro émission nette et jouer un rôle moteur dans la révolution des technologies propres

Le plan industriel du pacte vert renforce la compétitivité de l’industrie européenne à zéro émission nette et accélère la transition vers la neutralité climatique. Pour y parvenir, il crée un environnement plus favorable à l’accroissement des capacités de l’UE en ce qui concerne le développement de technologies et de produits à zéro émission nette, qui sont nécessaires pour atteindre les objectifs ambitieux de l’Europe en matière de climat.

Les quatre piliers du plan

Pour asseoir la place de l’Europe en tant que foyer de l’innovation industrielle et des technologies propres, le plan industriel du pacte vert couvrira quatre piliers clés :


9 propositions stratégiques pour un système de santé français plus résilient

A l’occasion de son 5ème anniversaire, l’Alliance franco-danoise de santé, un think-tank créé en 2019 sous l’égide de l’Ambassade du Danemark en France, présente son manifeste pour aller vers un système de santé français plus résilient, à la lumière des enseignements du modèle danois. Ainsi les cinq laboratoires danois qui composent l’Alliance franco-danoise de santé font part de leurs réflexions sur le système de santé français à travers 5 grands axes stratégiques et 9 propositions.

5 grands axes stratégiques :

  1. FAIRE AVANCER LA PRÉVENTION DES MALADIES CHRONIQUES
  2. UN ACCÈS PLUS RAPIDE ET PLUS SIMPLE AUX NOUVELLES THÉRAPEUTIQUES
  3. PROGRESSER DANS L’UTILISATION RESPONSABLE DES DONNÉES DE SANTÉ
  4. RENFORCER L’INDUSTRIALISATION ET LA TRANSITION ÉCOLOGIQUE DE LA SANTÉ
  5. CONTRIBUER À RENFORCER L’EUROPE DE LA SANTÉ

L’Alliance franco-danoise de santé : un partenariat pour enrichir le débat public en faveur d’une santé durable et souveraine en France et au Danemark


Créée en 2019 sous l’égide de l’Ambassade du Danemark en France, l’Alliance franco-danoise de santé est composée de cinq entreprises danoises de santé d’envergure internationale implantées en France : ALK, Coloplast, LEO Pharma, Lundbeck et Novo Nordisk.

L’Alliance franco-danoise de santé a pour ambition de favoriser l’accès aux avancées thérapeutiques pour les patients français et également de contribuer à l’attractivité du territoire. Les cinq entreprises s’inscrivent dans une longue tradition de partenariat avec la France, notamment dans le domaine des sciences de la vie.

Implantées depuis des décennies, non pas en tant qu’entreprises danoises mais franco-danoises, leur engagement dans l’économie française va bien au-delà d’une simple représentation commerciale. L’Alliance franco-danoise de santé en France c’est :

  • Près de 4 000 collaborateurs (+16 % des effectifs entre 2013 et 2022) ;
  • 1,9 Md€ de chiffre d’affaires en 2022 ;
  • 16 sites d’implantation dont 6 sites industriels (production, commercialisation, R&D, distribution et fonctions supports) ;
  • 1,2 Md€ de contribution au PIB de la France en 2022.

5 entreprises, 5 axes pour les 5 ans à venir
au service du système de santé français

Après avoir mené des travaux autour des mécanismes de régulation et de financement des produits de santé mais aussi de la transition écologique et de la décarbonation, l’Alliance franco-danoise de santé met à l’honneur pour son 5ème anniversaire une réflexion autour d’un système de santé plus résilient.

Elle présente ainsi un manifeste autour de 5 grands axes et 9 propositions concrètes pour apporter des réponses aux enjeux de santé publique à l’échelle franco-danoise.

AXE 1 : FAIRE AVANCER LA PRÉVENTION DES MALADIES CHRONIQUES

  • Proposition 1 : Favoriser les actions de prévention menées sur la base de partenariats publics-privés.

Au Danemark, la prévention est placée au cœur des politiques de santé

AXE 2 : UN ACCÈS PLUS RAPIDE ET PLUS SIMPLE AUX NOUVELLES THÉRAPEUTIQUES

  • Proposition 2 : Encourager une approche pluriannuelle en santé par l’élaboration d’une feuille de route maladies chroniques.
  • Proposition 3 : Inciter à la création d’un comité des parties prenantes pour les parcours de soins des patients souffrant de pathologies chroniques instauré en guichet unique pour la mise en place de projets territoriaux.

En France, une évolution vers un pilotage pluriannuel des politiques de santé

AXE 3 : PROGRESSER DANS L’UTILISATION RESPONSABLE DES DONNÉES DE SANTÉ

  • Proposition 4 : Encourager et proposer la définition d’une vision commune au niveau de l’european Health Technology Assessment (euHTA) pour les produits de santé dans les maladies chroniques au regard des PROMs et des PREMs
  • Proposition 5 : Dans la logique du Value Based Healthcare, promouvoir un plan d’utilisation des données de santé à des fins d’évaluation en vie réelle de façon concertée avec les Établissements de santé, les professionnels, le Health Data Hub, la CNAM, les industriels de santé et les associations de patients.

AXE 4 : RENFORCER L’INDUSTRIALISATION ET LA TRANSITION ÉCOLOGIQUE DE LA SANTÉ

  • Proposition 6 : Établir un label durable dont l’ambition est de servir d’outil d’évaluation dans la fixation du prix des produits de santé lesquels deviendraient des catalyseurs d’une industrie verte.
  • Proposition 7 : Promouvoir l’utilisation de critères environnementaux/carbone dans la fixation des prix des produits de santé.

AXE 5 : CONTRIBUER À RENFORCER L’EUROPE DE LA SANTÉ

  • Proposition 8 : Reconnaître les efforts engagés par les industriels en matière d’investissements et de transition écologique.
  • Proposition 9 : Remettre le secteur industriel au cœur des stratégies et des priorités gouvernementales.

Manifeste de l’Alliance franco-danoise de santé


Ce manifeste témoigne de l’engagement de nos deux pays à contribuer à l’amélioration du système de santé français et à garantir l’accès aux soins pour tous.


Diana Arsovic Nielsen, CEO, Danish Life Science Cluster, Secrétariat pour le programme Lighthouse


Le modèle Lighthouse – une coopération pour prévenir le surpoids et la santé mentale – illustre la tradition danoise des partenariats public-privé. Il implique que tous les acteurs travaillent ensemble au profit de la société et s’attaquent à des problèmes complexes.


Diana Arsovic Nielsen, CEO, Danish Life Science Cluster, Secrétariat pour le programme Lighthouse

La COP 16 Biodiversité pour faire la paix avec la nature

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La science est claire : l’effondrement de la biodiversité est l’un des principaux défis de ce siècle. En raison des activités humaines, les écosystèmes de l’ensemble de la planète s’abiment et disparaissent. La préservation du vivant n’est pas seulement une question de protection de la nature et un impératif moral, elle est aussi une condition essentielle pour la survie de l’Humanité. La COP 15 a permis l’adoption du cadre mondial pour la biodiversité, qui prévoit la protection de 30 % des espaces naturels et maritimes d’ici 2030. Cette COP 16 doit accélérer sa mise en œuvre.

Plus d’un million d’espèces végétales et animales sont aujourd’hui menacées d’extinction ; un phénomène sans précédent depuis la précédente extinction de masse, il y a 65 millions d’années.

Agnès Pannier-Runacher
Ministre de la Transition écologique, de l’Énergie,
du Climat et de la Prévention des risques
© Arnaud Bouissou / Terra

La 16e Conférence des Parties (COP16) de la Convention sur la diversité biologique (CDB), présidée par la Colombie, s’est tenue à Cali du 21 octobre au 2 novembre 2024. La France salue certaines avancées mais regrette de n’avoir pu obtenir de décision sur le suivi du cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal.


Déclaration mondiale pour la paix avec la nature

La Coalition mondiale pour la paix avec la nature vous invite à rejoindre le mouvement mondial qui cherche à protéger notre planète et à garantir un avenir durable pour tous. Que propose cette coalition ?

  • Promouvoir des actions concrètes pour protéger la biodiversité et restaurer les écosystèmes.
  • ⁠Promouvoir la justice sociale et environnementale. ⁠
  • Renforcer la coopération internationale.
  • ⁠Donnez aux communautés locales les moyens de mener le changement.

Pays ayant rejoint cette coalition : Allemagne, Andorre, Antigua-et-Barbuda, Autriche, Belize, Bolivie, Canada, Chili, Costa Rica, Équateur, Espagne, Estonie, Finlande, Guatemala, Honduras, Lituanie, Luxembourg, Madagascar, Mexique, Moldavie, Norvège, Panama, Suède, Pologne, le Togo et l’Uruguay.

Organisations internationales : Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD – Global) ; Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture – UNESCO.

Organisations de la société civile : Équipe de conservation de l’Amazonie (ACT) ; Centre international d’agriculture tropicale (CIAT) ; Conservation Internationale (CI) ; Initiative du Traité sur la non-prolifération des combustibles fossiles ; Fondation pour la conservation et le développement durable (FCDS) ; Solutions pour notre climat (SFOC); WWF International.


COP 16 : Un jalon important pour l’équité selon l’IDDRI malgré des désaccords majeurs

La COP 16 de la Convention sur la biodiversité biologique (CDB) s’est tenue du 21 octobre au 2 novembre au petit matin à Cali (Colombie), deux ans après l’adoption de l’accord historique de Kunming-Montréal (Iddri, 2023). Sous la présidence de la Colombie, cette conférence a connu des débats et des divergences notables entre les pays du Nord et du Sud, laissant certaines décisions cruciales en suspens. Cependant, des avancées importantes ont été réalisées. Que retenir de cette COP 16 et quels défis se profilent pour la suite, notamment pour la COP 17 prévue en Arménie en octobre 2026 ?

Faire la paix avec la nature :
la COP 16 a-t-elle été au rendez-vous ?


La disparition des espèces est irréversible. Cette situation est d’autant plus grave que la diversité du vivant est essentielle à notre survie : elle est à la base de toute production alimentaire et d’une grande partie de l’économie, elle permet de soigner les maladies, elle contribue à freiner le dérèglement climatique et elle participe à la lutte contre les pollutions.

Dans le contexte aggravant de la triple crise planétaire du climat, de la biodiversité et des pollutions, la préservation du vivant n’est donc pas seulement une question de protection de la nature et un impératif moral, elle est aussi une condition essentielle pour la survie de l’Humanité.

La précédente COP 15 sur la Convention sur la diversité biologique, organisée en décembre 2022 à Montréal, avait permis l’adoption historique du cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal, qui définit 23 cibles à atteindre, comme la protection de 30 % des espaces naturels et maritimes d’ici 2030.

Lors de la COP16 qui se tient à Cali, en Colombie, du 21 octobre au 1er novembre, les États font le point sur l’atteinte de leurs engagements, au travers de leurs stratégies et plans d’action nationaux. Les modalités de suivi des engagements de chacun doivent être finalisées à cette occasion.

Les enjeux financiers sont également au cœur des discussions, puisqu’il s’agit de préciser les outils en soutien des objectifs fixés lors de la COP 15. Les discussions portent aussi sur le partage des avantages liés à l’exploitation commerciale du séquençage des ressources génétiques issues de la nature.

Je défends une ambition forte pour la protection et la restauration de la nature.

Agnès Pannier-Runacher
Ministre de la Transition écologique, de l’Énergie,
du Climat et de la Prévention des risques
  • Au niveau national : la France a été l’un des premiers pays, fin 2023, à adopter une Stratégie nationale pour la biodiversité alignée avec le cadre mondial de la COP 15.
  • Au niveau international, notre pays a doublé son montant d’aide en faveur de la biodiversité, avec 1,1 milliard d’euros en 2023.

Deux initiatives financières innovantes en faveur du vivant :

  • le financement de partenariats pays pour la forêt, la nature et le climat
  • la définition de principes permettant de déployer des crédits biodiversité qui financent la protection de la nature.

La COP 16 biodiversité sera suivie de la COP 29 sur le climat en Azerbaïdjan, de la COP 16 sur la désertification en Arabie Saoudite et de la dernière session de négociations pour l’adoption d’un traité contre la pollution plastique, en Corée du Sud.

La France accueillera la Conférence sur les Océans, à Nice en juin 2025.

Ces rendez-vous internationaux sont autant d’étapes importantes pour trouver
des solutions communes contre la triple crise planétaire.

Agnès Pannier-Runacher
Ministre de la Transition écologique, de l’Énergie,
du Climat et de la Prévention des risques

LE FONCTIONNEMENT DES COP BIODIVERSITÉ

La Convention des Nations unies sur la diversité biologique est l’une des trois grandes Conventions de Rio, établies le 5 juin 1992 lors de la Conférence des Nations unies sur l’environnement et le développement, souvent aussi appelée le Sommet de la Terre.

Dans un contexte d’effondrement de la biodiversité au niveau mondial, elle vise à assurer la conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique ainsi qu’à maintenir un partage juste et équitable des avantages découlant de l’utilisation des ressources génétiques.

La Convention des Nations unies sur la diversité biologique est le principal instrument international de préservation de la biodiversité.

Deux protocoles accompagnent cette convention cadre des nations unies sur la biodiversité :

  • le protocole de Carthagène sur la prévention des risques biotechnologiques
  • le protocole de Nagoya sur l’accès aux ressources génétiques et le partage des avantages découlant de leur utilisation.

La France a ratifié la convention en 1994, le protocole de Nagoya en 2016 et approuvé le protocole de Carthagène en 2003. Les États Parties à cette Convention se réunissent tous les deux ans, lors de la Conférence des Parties (COP), pour travailler à sa mise en œuvre.

© Damien Valente

En 2022, la COP15 a abouti à l’adoption d’un cadre mondial de la biodiversité, nommé cadre mondial de Kunming-Montréal. Ce document dresse la feuille de route pour l’action internationale en faveur de la biodiversité jusqu’en 2030 et offre une vision d’une société en harmonie avec la nature à l’horizon 2050.

LES ENJEUX DE LA COP 16

1- Finaliser la mise en œuvre du cadre mondial

La COP15 a permis l’adoption d’un mécanisme de mise en œuvre permettant une transparence et une redevabilité sur les engagements pris. Ce mécanisme prévoit la production :

  • des stratégies nationales biodiversité (appelées NBSAP pour National Biodiversity Strategies and Action Plans) alignées sur les objectifs et cibles du cadre mondial ;
  • des rapports nationaux faisant état de la mise en œuvre et basés sur des indicateurs communs ;
  • un bilan mondial de la mise en œuvre en 2026 qui aura pour but d’évaluer l’ambition globale et de renouveler les engagements politiques pour la mise en œuvre du cadre lors de la COP17.

La COP16 doit finaliser certains éléments du mécanisme de mise en œuvre, notamment certains indicateurs qui composent le cadre de suivi ainsi que l’adoption de modalités pour l’organisation et le reportage du bilan mondial.

Elle sera également l’occasion de dresser un bilan des engagements nationaux pris, sur la base d’une analyse des stratégies et plans d’actions nationaux pour la biodiversité (SPANB) qui devront être élaborés ou révisés par les États pour s’aligner au cadre mondial Kunming-Montréal.

© Arnaud Bouissou / Terra

2 – Mobiliser l’ensemble des sources de financements pour la biodiversité

Le cadre de Kunming-Montréal appelle à une mobilisation de tous les leviers de politique économique et de toutes les sources de financements, publiques et privées, domestiques comme internationales. Cela représente un niveau d’ambition sans équivalent dans les autres accords multilatéraux sur l’environnement.

Quatre cibles portent sur la mobilisation de l’ensemble des sources de financements (14, 15, 18 et 19).

  • Les cibles 14 et 15 portent sur l’intégration sectorielle de la biodiversité et l’alignement des flux financiers publics et privés en faveur de la biodiversité.
  • La cible 18 prévoit l’identification et l’élimination progressive des subventions néfastes pour la biodiversité avec un objectif de réduction chiffrée de 500 Mds USD par an à partir de 2030.
  • La cible 19, relative aux financements pour mettre en œuvre le cadre mondial, comporte deux objectifs chiffrés à atteindre :
    • un objectif global de 200 Mds USD de financement par an à mobiliser par tous les pays;
    • une augmentation des financements internationaux des pays développés et des pays en capacité de contribuer vers les pays en développement, les petits États insulaires et les pays les moins avancés, à hauteur de 20 Mds USD par an d’ici 2025 et 30 Mds USD par an d’ici 2030.

La COP15 a également demandé au Fonds pour l’environnement mondial (FEM) de créer en son sein un Fonds du cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal (Global biodiversity framework fund, GBFF) dédié à l’appui de la mise en œuvre du cadre mondial de la biodiversité.

La COP16 a pour objectif de renforcer et finaliser la stratégie de mobilisation des financements pour la mise en œuvre du cadre. Les pays membres devront notamment décider si le Fonds adopté à la COP15 (GBFF) est suffisant ou si un nouveau fonds distinct dédié à la biodiversité doit être créé.

3 – Définir un mécanisme multilatéral de partage sur l’utilisation de l’information de séquençage numérique des ressources génétiques (DSI)

Le mécanisme multilatéral de partage des avantages liés à l’utilisation commerciale des informations tirées du séquençage numérique des ressources génétiques (DSI) doit permettre une large mobilisation des ressources pour soutenir la conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique.

En 2010, le protocole de Nagoya a établi un premier mécanisme bilatéral de partage des avantages liés à l’utilisation des ressources génétiques matérielles. Le cadre mondial pour la biodiversité a élargi cette prise en compte aux formes dématérialisées des ressources génétiques tangibles, appelées information de séquençage numérique sur les ressources génétiques (ou DSI) notamment en prévoyant la mise en place d’un mécanisme multilatéral, y compris un fonds mondial.

L’enjeu de la COP16 est de définir ce mécanisme multilatéral et le fonds mondial dédié.

Les discussions doivent permettre de préciser :

  • les modalités de contribution des entreprises (volontaires ou obligatoires),
  • les bénéficiaires du fond (tous pays ou seulement pays du Sud),
  • les interactions avec le partage des avantages non monétaires (technologies),
  • le rôle des bases de données,
  • la gouvernance du fonds (hébergement par le GBFF ou création d’un nouveau fonds).

Pour la France et l’Union européenne, il est primordial de s’assurer que le mécanisme garantira la sécurité et la clarté juridiques pour tous les utilisateurs de DSI et maintiendra un libre accès aux données, notamment pour le secteur de la recherche. La France et l’Union européenne devront veiller à ce que le mécanisme s’applique à tous les utilisateurs commerciaux de DSI et ne crée pas de distorsion de concurrence.

L’ENGAGEMENT DE LA FRANCE AU SERVICE DE LA BIODIVERSITÉ PENDANT LA COP 16

Mobilisation de la France pour stopper l’effondrement de la biodiversité

1 – Financement de la biodiversité en France

La contribution de la France au Fonds pour l’environnement mondial (FEM) a augmenté en 2022 pour s’établir à 360 M USD sur 4 ans. L’Agence française de développement (AFD) a renforcé la part consacrée à la biodiversité et optimisé la traçabilité de ses actions en faveur de la biodiversité.

Notre objectif de doublement des financements biodiversité entre 2019 et 2025 est déjà atteint, avec
1,1 milliard d’euros en 2023.

L’AFD s’engage également à aligner l’ensemble de ses financements avec le cadre de Kunming-Montréal d’ici 2027, dans le cadre de sa feuille de route climat-nature.

La France est également engagée dans plusieurs partenariats pays pour les forêts, la nature et le climat et dans des initiatives visant à mobiliser des sources innovantes de financement comme les certificats biodiversité.

Pour appuyer les pays en développement dans l’atteinte de la cible de préservation 30×30, la France a créé avec le Costa Rica, en 2020, la Coalition de la Haute Ambition pour la Nature et les Peuples (HAC N&P). Cette coalition rassemble aujourd’hui 120 États membres et propose des outils d’assistance technique et financière pour aider les pays à créer des aires protégées.

En parallèle de ces financements internationaux, la France s’est également engagée à tendre vers la suppression ou la réforme de l’ensemble des soutiens publics dommageables à la biodiversité d’ici 2030 grâce à sa nouvelle stratégie nationale biodiversité (SNB).

Le dispositif de compensation écologique des atteintes à la biodiversité occasionnées par des maîtres d’ouvrage a été renouvelé au travers de la loi Industrie Verte avec la création de sites naturels de compensation, de restauration et de renaturation (SNCRR). Avec la publication des textes relatifs aux SNCRR dans les jours qui viennent, des premiers projets pilotes émergent et permettront par des mesures compensatoires, y compris volontaires, la protection et restauration d’espaces naturels.

LE COMITÉ CONSULTATIF INTERNATIONAL SUR LES CRÉDITS BIODIVERSITÉ

Pour répondre aux enjeux de financement de la biodiversité soulevés dans le Cadre mondial de la biodiversité, la France et le Royaume-Uni ont lancé, en juin 2023, lors du Sommet de Paris pour un nouveau pacte financier, une initiative commune. Placé sous la coprésidence de Dame Amelia Fawcett
(présidente des Jardins botaniques royaux de Kew) et de Sylvie Goulard (ancienne sous-gouverneure de la Banque de France), un panel de haut-niveau a été constitué avec une vingtaine d’experts pour faire émerger une feuille de route mondiale sur les crédits biodiversité.
Lors de la COP16, des principes de haut niveau ainsi que des recommandations seront présentées pour poser les bases de marchés de crédits biodiversité à haute intégrité à différentes échelles dont un marché global, avec une trentaine de projets pilotes expérimentant déjà des crédits biodiversité.

2 – Stratégie nationale Biodiversité 2030 dans l’Hexagone et les Outre-mer

La France a lancé sa stratégie nationale Biodiversité 2030 en novembre 2023, et s’est attachée à encourager l’ensemble des Parties à réviser leur stratégie ou cibles nationales (112 pays ont publié au moins 1 cible nationale et seulement 35 pays ont soumis leur stratégie révisée — chiffres au 24 octobre 2024), avec l’appui du réseau diplomatique et des opérateurs publics français.

La Stratégie nationale pour la biodiversité 2030 (SNB 2030) est une réponse collective pour faire face à l’urgence et préserver la biodiversité en France. Elle accélère l’engagement de la France en faveur de la biodiversité en proposant 40 mesures précises autour de 4 axes pour atteindre les ambitions portées par le cadre mondial de la biodiversité d’ici 2030 :

  • réduire les pressions qui s’exercent sur la biodiversité ;
  • restaurer la biodiversité dégradée partout où c’est possible ;
  • mobiliser tous les acteurs ;
  • garantir les moyens d’atteindre ces ambitions.

Déclaration des Gardes Nature de Hyères 2024

Le 10ème IRF Congrès mondial des gardes nature, co-organisé par l’International Ranger Federation (IRF) et Gardes Nature de France (GNF), et qui comptait 450 participants de 88 pays, s’est clos le 11 octobre 2024 par l’adoption de la Déclaration des Gardes Nature de Hyères 2024. Ce document acte les attentes et propositions des gardes nature, également appelés rangers, et a été présenté lors de la COP16 de la Convention sur la Diversité Biologique à Cali en Colombie.


3 – Plan national de restauration de la nature

Entré en vigueur en août 2024, le règlement sur la restauration de la nature contribue à inverser la tendance de la disparition de la nature, atteindre la neutralité climatique, etaméliorer la résilience de l’Europe aux effets du changement climatique. Ce règlement mettra en place un ensemble de mesures pour restaurer, d’ici à 2030, au moins 20 % des zones terrestres et des zones marines de l’UE, et l’ensemble des écosystèmes ayant besoin d’être restaurés d’ici 2050.

Le Gouvernement français a lancé plusieurs concertations identifiant les besoins en termes de connaissances, de renforcement des politiques publiques existantes, de nouvelles actions à mener pour établir un plan national de restauration de la nature. Ce plan permettra d’accompagner les territoires dans la restauration des écosystèmes dégradés, qu’il s’agisse d’écosystèmes terrestres, côtiers, forestiers, agricoles et urbains, ou d’écosystèmes marins.


Un jeu de grattage en faveur de la biodiversité

Contribuer à la protection de la biodiversité près de chez soi pour seulement 3 euros ! C’est tout l’objectif de « Mission Nature », le jeu de grattage lancé par FDJ, en collaboration avec l’Office français de la biodiversité, en 2023. Après une première édition réussie, les tickets de la nouvelle saison sont disponibles depuis le 28 octobre 2024. Cette offre de jeu sera complétée par un tirage Loto dédié.


4 – Plan eau pour une gestion résiliente et concertée de l’eau

L’ensemble des 53 mesures du Plan eau, lancé par le Président de la République en mars 2023, a été engagé. Ce plan s’articule autour de plusieurs mesures phares :

  • la lutte contre les pollutions diffuses,
  • la restauration des milieux aquatiques et humides,
  • la gestion durable des ressources en eau pour assurer leur disponibilité et leur qualité.

Le Plan eau s’aligne avec les ambitions de la Stratégie nationale biodiversité 2030 en contribuant à la restauration des écosystèmes dégradés. L’un de ses axes majeurs vise à renforcer la résilience des écosystèmes aquatiques et à davantage valoriser les solutions fondées sur la nature face aux pressions croissantes, notamment en intégrant les problématiques d’adaptation climatique et en mobilisant tous les acteurs – collectivités, agriculteurs, industriels et citoyens – autour d’actions concrètes.

5 – One water Summit pour améliorer la gouvernance mondiale de l’eau

La gestion de l’eau regroupe tous les aspects du changement climatique, de la biodiversité et de la pollution. Elle est aujourd’hui au cœur des politiques d’adaptation au climat. Pour porter la question de l’eau auprès des chefs d’État et de gouvernement, le président de la République française, Emmanuel Macron, et le président de la République du Kazakhstan, Kassym-Jomart Tokayev, ont annoncé lors de la COP28 l’organisation d’un One Water Summit, qui aura lieu début décembre 2024 en marge de la COP16 désertification à Ryiad.

Dans la lignée de la Conférence des Nations unies sur l’eau en 2023, ce sommet contribuera aux discussions et au processus en cours aux Nations unies pour améliorer la gouvernance mondiale de l’eau et répondre à l’objectif de développement durable (ODD) 6 sur l’eau et l’assainissement. Le One water Summit apportera des solutions concrètes avant la préparation de la prochaine Conférence des Nations unies sur l’eau en 2026, tout en intégrant les initiatives existantes dans le domaine de l’eau (Forum mondial de l’eau, Conférence de Douchanbé, Semaine mondiale de l’eau).

6 – Engagement de la France pour la préservation de l’Océan

L’Océan et la biodiversité marine sont aujourd’hui menacés par de nombreuses pressions liées effets du changement climatique, de la pollution et de la surexploitation des ressources marines. La troisième Conférence des Nations unies sur l’Océan (UNOC3), organisée en France à Nice du 9 au 13 juin 2025, réunira l’ensemble des États membres des Nations Unies, les agences spécialisées, la société civile, le secteur privé et les donateurs internationaux pour proposer des solutions concrètes en faveur de la
préservation de l’Océan.

Cette conférence mettra l’accent sur trois priorités pour aboutir au projet ambitieux des Accords de Nice pour l’océan :

  • œuvrer à l’aboutissement des processus multilatéraux liés à l’océan pour rehausser le niveau d’ambition pour la protection de l’océan, notamment l’entrée en vigueur du traité international pour la protection de la haute mer et de la biodiversité marine ;
  • mobiliser des financements pour conserver et exploiter de manière durable les océans, les mers et les ressources marines aux fins du développement durable (ODD14) et soutenir le développement d’une économie bleue durable ;
  • renforcer et mieux diffuser les connaissances liées aux sciences de la mer pour une meilleure prise de décision politique

Planter une nouvelle haie ne compense pas la destruction d’une haie ancienne

Les victimes des inondations déplorent l’arrachage intempestif des haies, les agriculteurs en colère dénoncent les mesures qui entravent leur destruction. Tantôt considérées comme un obstacle au développement agricole ou érigées comme une infrastructure agroécologique au rôle protecteur, taxées de zones peuplées de nuisibles ou présentées comme des réservoirs de biodiversité utiles à l’agriculture. Alors qu’en est-t-il ? Les haies sont-elles les reliques d’un modèle paysan frappé d’obsolescence ou bien un levier pour engager l’agriculture dans une nécessaire transition écologique ? Universitaires, chercheurs et botanistes, rassemblés au sein de la Société botanique de France synthétisent les connaissances sur cet écosystème essentiel.

Paysage avec haies. Guillaume Decocq, Fourni par l’auteur

La haie est revenue sur le devant de la scène médiatique : tandis que les victimes des inondations dans le Pas-de-Calais déplorent leur arrachage intempestif, les agriculteurs en colère dénoncent les mesures réglementaires entravant leur destruction. Au-delà de ces positions médiatiques, les haies sont accusées de tout et son contraire, tantôt considérées comme un obstacle au développement agricole ou érigées comme une infrastructure agroécologique au rôle protecteur, taxées de zones enfrichées peuplées de nuisibles ou présentées comme des réservoirs de biodiversité utiles à l’agriculture. Alors qu’en est-t-il ? Les haies sont-elles les reliques d’un modèle paysan frappé d’obsolescence ou bien un levier pour engager l’agriculture dans une nécessaire transition écologique ?

Par : Guillaume Decocq, Université de Picardie Jules Verne (UPJV); Arnaud Mouly, Université de Franche-Comté – UBFC; Déborah Closset, Université de Picardie Jules Verne (UPJV); Marc-André Selosse, Muséum national d’histoire naturelle (MNHN); Michel Botineau, Université de Limoges et Pierre-Antoine Précigout, Inrae

Universitaires, chercheurs et botanistes travaillant de longue date sur les haies, nous nous sommes rassemblés en un groupe de travail au sein de la Société botanique de France pour synthétiser les connaissances sur cet écosystème très particulier. En réalité, toutes les haies ne se valent pas. Si replanter des haies là où elles ont disparu est une avancée écologique indéniable, protéger les haies anciennes là où elles subsistent devrait être une priorité absolue.

Aux origines des haies, une vocation oubliée ?

Pour comprendre les débats actuels sur les haies, il est d’abord nécessaire de revenir à leur raison d’être initiale. Car les haies d’aujourd’hui sont issues de plantations plus ou moins anciennes, répondant à des objectifs précis : délimiter des parcelles, empêcher la divagation des troupeaux, protéger les chemins et les cultures du vent ou encore limiter l’érosion des terres arables.

Les haies étaient aussi, à l’origine, pourvoyeuses de biens : fruits sauvages (mûres, noisettes, voire fruits d’arbres fruitiers) ou bois de chauffage à l’origine de la taille « en têtard » des arbres, dont la silhouette typique inspira de nombreux peintres.

La motivation initiale de la création des haies était donc purement utilitaire. Elles ont accompagné, entre la fin du 18ème et la fin du 19ème siècle, le développement des grands systèmes bocagers français, en complétant une trame jusque-là concentrée autour des villages, remontant parfois au Haut Moyen Âge.

Aujourd’hui, leur vocation a été oubliée ; plus de 1,4 million de kilomètres de haies anciennes ont été arrachées, perçues comme un obstacle à la circulation des engins agricoles et comme une perte de surface cultivable. Selon le Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux [MOU2] « depuis 1950, 70 % des haies ont disparu des bocages français ». Le phénomène s’accélère même puisque, d’après le même rapport, 23 500 km de haies ont été annuellement détruits entre 2017 et 2021, contre 10 400 km entre 2006 et 2014.

Paradoxalement, dans le même temps, on replante des haies là où il n’y en avait pas, pour compenser la destruction d’autres haies ou pour réintroduire un peu de « naturalité » dans des paysages de grandes cultures. Mais les politiques d’incitation à la création de haies se sont traduites par la replantation de seulement 3 000 km de haies par an, avec parfois des espèces peu adaptées ou exotiques.

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La haie ancienne est un réservoir de biodiversité

Maintenant, observons un peu ce qui se passe à l’intérieur d’une haie. La haie est un objet hybride : une création humaine artificielle qui se naturalise au fil du temps, et dont l’ensauvagement progressif efface peu à peu l’artificialité au point qu’elle devienne un habitat presque « naturel ». Un nombre croissant d’espèces végétales, animales et microbiennes la colonise alors spontanément : d’abord des espèces « généralistes », participant à la biodiversité ordinaire, puis, au fil des siècles, des espèces de plus en plus « spécialistes », notamment forestières, à la valeur patrimoniale importante.

Fourni par l’auteur

Parallèlement, la structuration verticale et horizontale de la haie se complexifie, créant autant de micro-habitats pour une grande diversité d’espèces. Ni ouverte, ni forestière, la haie constitue un habitat semi-naturel unique : entre 60 et 80 % des espèces animales des campagnes s’y nourrissent ou s’y reproduisent. Si la haie est implantée sur un talus ou au bord d’un chemin creux, abeilles sauvages solitaires et mammifères fouisseurs y creusent leur terrier. Les tas de pierres attirent lézards, serpents et amphibiens. L’exploitation et l’entretien des haies contribuent également à en accroître la biodiversité, en favorisant par exemple la formation de cavités dans les troncs des vieux arbres de la haie, propices à de nombreux invertébrés, oiseaux et mammifères parmi les plus menacés dans les paysages agricoles.

À l’échelle du paysage, les haies forment également un réseau relié à des éléments forestiers ou à des zones humides, facilitant ainsi la circulation de nombreux organismes d’un milieu à l’autre et abritant par-là une diversité plus importante. Les haies les mieux préservées des usages agricoles adjacents, souvent les plus larges et les plus hautes, sont les plus riches et doivent être conservées prioritairement. Il existe en effet une relation entre l’ancienneté d’une haie et sa biodiversité : une nouvelle haie n’offrira pas avant longtemps la richesse en espèces d’une haie ancienne détruite ailleurs ; il faudra plusieurs siècles, si les espèces n’ont pas disparu entre-temps.


Guide « L’arbre et la haie dans les systèmes agricoles martiniquais »

En Martinique, les haies et les arbres champêtres sont des éléments clés du patrimoine agricole. Bien plus que des frontières naturelles, ils jouent un rôle essentiel pour l’équilibre des écosystèmes et la productivité agricole : brise-vent, réduction de l’érosion des sols, ombrage pour les cultures et les animaux, et même source de biomasse valorisable.

Ce guide technique de l’Association française Agroforesterie explore les multiples bénéfices des haies et des arbres, tout en proposant des solutions concrètes pour leur restauration et gestion durable.


La haie ancienne rend de multiples services à l’Homme

Si la haie a donc été créée pour répondre à des objectifs humains, avant de devenir un important réservoir de biodiversité, elle demeure aujourd’hui pourvoyeuse de nombreux services bénéfiques à l’Homme et au fonctionnement des écosystèmes.

Pour comprendre cela, il faut notamment s’intéresser à la partie souterraine des haies.

L’enracinement des arbres et arbustes est plus profond que pour leurs congénères forestiers : la majorité des racines des arbres forestiers se trouvent dans le premier mètre cinquante du sol, tandis que les racines des arbres agroforestiers se concentrent entre 1 et 3 m. Les végétaux des haies freinent de ce fait l’écoulement de l’eau en surface et favorisent son infiltration dans les sols, ainsi que sa remontée par capillarité lors d’épisodes de sécheresse.

Les haies stabilisent également les sols, réduisent la lixiviation des particules limoneuses les plus fines et le lessivage des engrais et pesticides. L’actualité récente a démontré comment la disparition de haies aggravait les inondations lors d’épisodes pluvieux exceptionnels… Alliée des populations locales, mais aussi des agriculteurs, la haie limite l’érosion des sols et les enrichit en matière organique et en nutriments via son tapis de feuilles et de bois morts. Les produits de taille peuvent aussi, après broyage, servir de couvre-sol remplaçant les herbicides.

Les haies peuvent aussi contribuer à améliorer la qualité de l’eau, en fixant certains polluants tels les nitrates ou les métaux lourds lorsqu’ils sont présents dans l’eau de ruissellement. Elles participent aussi à une meilleure qualité de l’air, en interceptant les pesticides volatilisés lorsqu’ils sont épandus par temps chaud.

Les haies, enfin, créent des conditions microclimatiques favorables, par un effet « climatiseur » qui met les cultures et le bétail à l’abri des vagues de chaleur, du vent sec et des gelées tardives. Leur effet « brise-vent » s’étend jusqu’à une distance de dix à vingt fois leur hauteur. À l’heure des changements climatiques, cet effet « tampon » salvateur est plus que bienvenu. Dans ce contexte, selon l’ADEME, les haies fixent et stockent au moins 100 tonnes de carbone par kilomètre linéaire, via les troncs, les branches et les feuilles mais aussi leur système racinaire.

Haie ancienne. Guillaume Decocq, Author provided (no reuse)

Face à l’étendue de ces services écosystémiques, on objecte parfois que les haies seraient des réservoirs de maladies et de bioagresseurs des cultures. Si ce fait est indéniable, l’impact actuel sur les rendements des cultures reste cependant très limité et bien inférieur aux bénéfices apportés par les organismes auxiliaires vivant dans les haies : pollinisateurs des cultures ou prédateurs des bioagresseurs (insectes, araignées, rapaces, chauve-souris…). Or ces auxiliaires sont d’autant plus nombreux et abondants que la haie est ancienne, et de ce fait riche en espèces. Ainsi, selon un rapport de l’INRAE de 2022, une haie réduit de 84 % l’abondance de bioagresseurs dans les cultures adjacentes.

Préserver les haies anciennes avant d’en planter de nouvelles

Combinés, tous ces services améliorent le rendement des cultures et le potentiel fourrager des prairies, avec une intensité qui dépend des types de sol, de la composition et de l’ancienneté des haies et des modes de culture. La possible baisse de productivité liée à la surface de production occupée par la haie et à l’effet « lisière » en bordure de celle-ci, est insignifiante au regard de l’augmentation des services apportés par la biodiversité qu’elle renferme, mais une haie nouvellement plantée mettra plusieurs décennies voire siècles à rendre les mêmes services qu’une haie ancienne. Malheureusement, les acteurs du monde agricole et les décideurs méconnaissent cette réalité : l’arrachage d’une haie amène, à moyen terme, davantage de pertes que de gains.

De fait, le « pacte en faveur de la haie » du gouvernement, qui vise à « arrêter la saignée » en plantant « en quantité et qualité » 50 000 km de haies d’ici 2030, ne pourra jamais compenser la destruction des haies anciennes qui se poursuit, car un kilomètre de haies nouvelles n’équivaut pas à un kilomètre de haies anciennes. « Déplacer » une haie ne conserve ni la biodiversité qu’elle hébergeait, ni la qualité et la quantité des services qu’elle rendait. La préservation des haies anciennes est donc une urgence, au nom de la sauvegarde d’un patrimoine historique, culturel et naturel inestimable, non seulement compatible mais vital pour l’agriculture du 21ème siècle.

Guillaume Decocq, Professeur en sciences végétales et fongiques, directeur de l’UMR EDYSAN, Université de Picardie Jules Verne (UPJV); Arnaud Mouly, Maître de Conférences en Systématique et Ecologie Végétales, Université de Franche-Comté – UBFC; Déborah Closset, Maitre de conférences en écologie forestière, Université de Picardie Jules Verne (UPJV); Marc-André Selosse, Professeur du Muséum national d’Histoire naturelle, Professeur invité aux universités de Gdansk (Pologne) & Viçosa (Brésil), Muséum national d’histoire naturelle (MNHN); Michel Botineau, professeur de botanique, Université de Limoges et Pierre-Antoine Précigout, Chargé de recherche en agroécologie, Inrae

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

Guide « L’arbre et la haie dans les systèmes agricoles martiniquais »

Vers une révolution dans la lutte contre le surpoids et l’obésité ?

Découverte en 1987, la forme active de la molécule GLP-1 s’affiche en Une de nombreux magazines ces derniers mois. Remède miracle contre l’obésité, contre le diabète et autres maladies, elle pourrait changer la donne dans la lutte contre la surcharge pondérale. À condition surtout d’intégrer l’approche médicamenteuse à une approche plus holistique de changement intensif du mode de vie !

« Est-ce que nous aurions soudainement vendu notre âme à « Big Pharma » ?, se questionne le rédacteur en chef du mensuel Science & Avenir, Mathieu Nowak, dans son édito de septembre dernier. En aucun cas, rassurez-vous ! Mais depuis des mois, nous observons qu’il se passe quelque chose autour d’une classe de médicaments encore mal connue en France, des antidiabétiques analogues du GLP-1. Les études se multiplient à un rythme inhabituel, les premiers acteurs explosent en Bourse tandis que d’autres se positionnent, des ruptures d’approvisionnement trahissent une demande croissante des patients. » La nouvelle fait en effet la Une des journaux et s’affiche sur tous les murs des grandes villes. La classe des molécules agonistes des récepteurs au GLP-1, déjà utilisée contre le diabète de type 2, serait également efficace contre l’obésité, mais aussi contre les maladies de Parkinson et d’Alzheimer, les troubles cardiaques, les maladies dégénératives… voire certains cancers. La révolution semble bel et bien arrivée.

Des médicaments miracles bientôt disponibles ?

De nombreux laboratoires sont dans les starting-blocks, pour ce qui s’annonce être le marché du siècle. Rien qu’en France, 17% de la population serait en situation d’obésité, condition dont la prévalence aurait même doublé depuis 1997. Avec les problèmes de santé publique – et de charge financière sur les comptes publics de la Sécurité Sociale – que cela engendre. Face à cette épidémie, les plus grands noms de l’industrie pharmaceutique sont sur les rangs pour produire des médicaments miracles. Les Américains d’Eli Lilly avec le Zepbound ou encore les Danois de Novo Nordisk avec le Wegovy commencent à commercialiser de nouveaux pays en Europe et dans le monde à l’image de la France où il est possible de se procurer, dans le cadre d’un parcours de soins, le Wegovy depuis quelques jours. De manière générale, les autorités se montrent forcément très prudentes, en particulier en Europe, suite à l’échec et au retrait du médicament anti-obésité Accomplia du laboratoire français Sanofi il y a 15 ans.

Dans les pays de l’Union Européenne comme aux États-Unis ou au Royaume-Uni, les autorités sanitaires veulent donc se donner le temps de la réflexion. À la tête du Centre de recherche sur l’obésité de l’Université de Londres et vice-présidente en charge des affaires médicales internationales chez Lilly International, la Pr. Rachel Batterham a codirigé une large étude dans 16 pays, sur près de 2000 patients. Les résultats sont très encourageants et représentent une avancée plus que significative de la prise en charge de l’obésité : « Les trois quarts des personnes ayant reçu du sémaglutide 2,4 mg [ndla : un agoniste du récepteur au GLP-1 commercialisé par Novo Nordisk sous le nom de Wegovy] ont perdu plus de 10% de leur poids corporel et plus d’un tiers ont perdu plus de 20%. Aucun autre médicament n’a réussi à produire un tel niveau de perte de poids – c’est vraiment une révolution. Pour la première fois, les gens peuvent obtenir grâce aux médicaments ce qui n’était possible que grâce à la chirurgie bariatrique. » En France, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) et son comité scientifique font montre de prudence et se sont donnés jusqu’en juin 2025 pour établir le cadre de la prescription du médicament. Les industriels, eux, y croient dur comme fer. Pour preuve, l’inauguration en grande pompe d’une usine à Fegersheim en Alsace l’an dernier, par le ministre délégué à l’Industrie Roland Lescure, aux côtés de Marcel Lechanteur, président de Lilly France.

Médicaments et suivi thérapeutique

Il est essentiel de rappeler que les règles de prescription de ces médicaments sont très précises : ils ne sont indiqués qu’en deuxième intention, après l’échec d’une prise en charge multifactorielle basée notamment sur l’application des règles hygiénodiététiques simples (contrôle des apports alimentaires et lutte contre la sédentarité) et en association à un régime hypocalorique et à une activité physique. Si Saxenda s’adresse également aux personnes en surpoids si elles sont atteintes de comorbidités (maladie cardiovasculaire, syndrome d’apnée du sommeil, diabète…), Wegovy est réservé au traitement de l’obésité sévère et ne peut donc être prescrit qu’aux patients ayant un indice de masse corporelle (IMC) supérieur à 35 kg/m2.

Ainsi, il n’y aura de véritable révolution que lorsque la surcharge pondérale et l’obésité seront prises en charge de manière globale, à la fois grâce à ces médicaments nouvelle génération et grâce à une prise en charge nutritionnelle et psycho-comportementale des patients. « L’obésité est une maladie chronique qui a de graves répercussions sur la vie des gens, ajoute la Pr. Rachel Batterham de l’Université de Londres. Mais les gens ne sont pas diagnostiqués, ne sont pas orientés vers des services spécialisés, et ne reçoivent pas les soins dont ils ont besoin. Il n’y a pas assez d’attention politique ni de recherche sur l’obésité. » Diagnostic, orientation et soins : prendre un médicament, même aux propriétés miraculeuses, sans accompagnement intensif, ne sera probablement jamais suffisant pour obtenir de réels bénéfices à long terme. Les deux sont complémentaires.

Il est donc urgent de proposer une solution globale à ces patients, parfois confrontés aux conséquences dramatiques de leur surcharge pondérale. En effet, surpoids et obésité sont souvent synonymes de diabète de type 2, de MASH (Metabolic dysfunction-Associated SteatoHepatitis), de cholestérol, de maladies cardio-vasculaires et respiratoires, ou d’hypertension artérielle. La liste est longue. Heureusement, parallèlement au parcours de santé classique et surtout en complément de ces nouveaux médicaments anti-obésité, existent des centres spécialisés dans la perte de poids, seule solution de prise en charge efficace de la surcharge pondérale et de ses comorbidités pour ceux qui ne veulent pas prendre de médicaments à vie ni passer par la chirurgie. Un des acteurs incontournables dans ce domaine est réseau de centres RNPC dont l’approche pluridisciplinaire – entre médecins et diététiciens – donne des résultats très probants. « Le programme RNPC, en permettant une perte de poids, principalement au niveau abdominal, et une stabilisation pondérale à long terme, résout pratiquement toutes les problématiques de santé liées à la surcharge pondérale, constate le Pr. Arne Astrup, Vice-Président Senior et responsable du département « Obésité et Sciences Nutritionnelles » de la Fondation Novo Nordisk et expert de renommée internationale dans la lutte contre l’obésité et le surpoids. En agissant sur la cause des comorbidités associées au surpoids et à l’obésité, il permet d’éviter l’apparition, le développement et l’aggravation de ces comorbidités. C’est pourquoi, des structures comme les centres RNPC sont des partenaires inestimables dans la lutte contre la surcharge pondérale et l’obésité. » À eux seuls, les 120 centres RNPC en France ont déjà accompagné plus de 120000 patients dans la résolution de leurs troubles en lien avec leur surcharge pondérale.

Si les médicaments – actuels ou ceux qui seront mis sur le marché dans les deux années à venir – ont leur place dans la pris en charge de l’obésité sévère, l’accompagnement diététique et psychocomportemental reste incontournable pour adopter de bonnes habitudes alimentaires et maintenir un poids santé.

Rester prudent

Le sujet est très sérieux. Même le prestigieux quotidien Le Monde y est allé de son titre « Les traitements de l’obésité vivent une révolution ». Mais en février dernier, la Haute autorité de santé (HAS), par la voix du Pr Pierre-Louis Druais, pointait du doigt les difficultés rencontrées dans la prise en charge de l’obésité qu’il qualifiait de « maladie complexe, avec des aspects médicaux, psychologiques et sociaux ». Selon la HAS, sa prise en charge doit être la responsabilité du médecin traitant « en moyenne sur plus de dix ans de suivi », voire à vie. « Le médicament n’est pas une finalité dans la prise en charge de l’obésité, c’est un moyen, un outil », rappelait la HAS. Attention donc aux effets d’annonce et aux effets de mode à venir sur les réseaux sociaux : la prudence doit rester de mise.

Agrivia : l’ingénierie et le business au service de l’agroécologie

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AGRIVIA est née l’union d’une école d’ingénieurs, ISARA Agro School for life, et d’une école business, ISEMA Business School for life, toutes deux engagées pour la filière agri-agro. Du champ à l’assiette. De l’ingénierie au business. De la science à la conscience. Une initiative encouragée par les résultats d’une étude mondiale sur les performances socio-économiques de l’agroécologie, économiquement plus favorable ou égale à l’agriculture conventionnelle dans 70% des cas étudiées.

Les performances socio-économiques de l’agroécologie1

L’agroécologie est identifiée, dans l‘étude sur ses performances socio-économiques, comme une solution importante pour accroître la durabilité des systèmes agricoles et alimentaires. Cette nouvelle étude a examiné plus de 13 000 publications pour obtenir des preuves sur les résultats socioéconomiques de la mise en œuvre des pratiques agroécologiques. Résultats qui consolident les preuves des divers effets socio-économiques positifs de l’agroécologie dans un grand nombre de cas au niveau mondial.

Les résultats de l’étude mondiale indiquent que :

  • 1) les pratiques agroécologiques sont plus souvent associées à des résultats socioéconomiques positifs dans un large éventail de mesures évaluées (51% positifs, 30 % négatifs, 10 % neutres et 9 % non concluants);
  • 2) les paramètres socioéconomiques associés au capital financier représentent la grande majorité des paramètres évalués (83 % du total) et sont affectés positivement dans une grande partie des cas (53 %), en raison de résultats favorables sur le revenu et la productivité face à l’augmentation des besoins de main-d’œuvre et des coûts;
  • (4) les résultats varient en fonction des pratiques agroécologiques évaluées. Des résultats qui indiquent un potentiel globalement favorable pour les exploitations qui bénéficient de performances socio-économiques positives avec l’utilisation de pratiques agroécologiques.

En mettant en lumière l’impact socio-économique de l’agroécologie, cette étude offre des perspectives précieuses pour les décideurs et les professionnels du secteur agricole. Les résultats, notamment dans les pays du Sud, soulignent l’importance des pratiques agroécologiques telles que l’agroforesterie et l’association de cultures.

Quelle est la définition de l’agroécologie ?

« L’agroécologie se définit à la fois comme une science, un ensemble de pratiques agricoles et un mouvement social, tous convergeant vers l’objectif de promouvoir une agriculture durable, la justice sociale, la souveraineté alimentaire et économiquement viable pour les agriculteurs. Elle combine des aspects écologiques et sociaux pour développer des systèmes alimentaires durables. L’agroécologie vise à promouvoir des pratiques agricoles qui optimisent les interactions entre les plantes, les animaux, les humains et l’environnement, tout en promouvant des systèmes alimentaires justes et équitables qui permettent aux individus, de faire des choix éclairés concernant leur alimentation et les méthodes de production qu’ils soutiennent. » Alexander WEZEL, Directeur de la recherche AGRIVIA

Les 13 Principes de l’agroécologie

Couvert végétal et système alimentaire durable

Exemple d’innovation : Epat’moi et Vieille graine

A propos d’ISEMA

Business School Agri-Agro, l’école forme des professionnels du commerce engagés pour concilier création de valeur et durabilité dans les secteurs du vivant et de la Naturalité (agri-agro, environnement, phyto-santé, cosmétique).

Ces futurs managers à double compétence en commerce et techniques des filières sont en capacité de proposer et conduire des transformations favorisant des systèmes équilibrés et pérennes.

A propos d’ISARA

Agro School for life, ISARA est une école d’ingénieur spécialisée en agronomie, agroalimentaire et environnement. Elle forme des ingénieurs capables de relever les défis liés à l’agriculture durable, l’agroécologie et l’alimentation de demain.

Forte d’une approche pluridisciplinaire, ISARA propose des formations, Ingénieur, Bachelor et Masters internationaux, intégrant un accompagnement sur-mesure. Proche des réalités du terrain, l’école est reconnue pour son expertise en agroécologie, systèmes alimentaires durables, entrepreneuriat et innovation agrifood.

En parallèle de sa mission de formation, ISARA est un acteur engagé dans le développement de solutions pour une alimentation durable et respectueuse de l’environnement et proche des milieux professionnels.

https://isara.fr

C’est en pensant à l’impact de leurs actions et de celles de leurs étudiants sur la filière agri-agro que les deux écoles ont voulu élargir le champ de leur mission. En connectant ISARA et ISEMA, pour mieux avancer et impacter. Sans a priori sur les différences de culture qui existent entre les deux écoles – les sciences de l’ingénieur et le business – et les métiers proposés, elles sont vues comme une richesse.

Forts de leur ancrage territorial et de leur connexion au monde professionnel, elles accompagnent les acteurs de la filière qui ont l’envie d’agir dès aujourd’hui.

Le Hub des audacieux :
Audace entrepreneuriale et innovation agrifood

Pour transformer nos systèmes alimentaires, il existe un moyen d’aller plus vite et plus loin, c’est d’être un audacieux et de bien s’entourer.

Le Hub des Audacieux est un espace où convergent audace entrepreneuriale et innovation agrifood pour des futurs plus durables. Au cœur de l’union AGRIVIA, fondée par les écoles ISARA et ISEMA, le partage de l’expertise agrifood et d’un large écosystème d’acteurs pour créer les conditions de réussite de celles et ceux qui osent repenser l’alimentation.

CLAS : Centre for Living Agroecology and food Systems

Accompagner la transition vers des systèmes agricoles et alimentaires durables par la recherche, la formation et le conseil.


  1. L’étude est disponible en libre accès dans la revue Agronomy for Sustainable Development. https://doi.org/10.1007/s13593-024-00945-9 ↩︎

Se former en s’inspirant du vivant à l’IFs – Institut des Futurs souhaitables

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Dans cette période de métamorphoses, l’Institut des Futurs souhaitables propose à celles et ceux qui le désirent de se saisir de cette opportunité pour inventer un monde plus souhaitable. Cette démarche s’appuie sur des formations, accompagnements sur-mesure et activités d’intérêt général, apportant des clés de lecture du présent, ainsi que des armes créatives pour participer, avec bienveillance et bien-vaillance, à la construction de ce nouveau monde qui s’annonce.

Formations

Conçues comme des expériences apprenantes, les formations visent à changer de regard sur l’époque et sur le monde, changer de posture vis-à-vis de demain, provoquer l’envie d’agir, et s’approprier des méthodologies et outils pour y parvenir.

LabSession

Voyage aller-retour vers 2040 pour explorer demain avec un temps d’avance

La LabSession est une formation en Prospective et Innovations qui permet d’explorer demain avec un temps d’avance.

En intégrant la complexité, souvent abstraite et peu préhensible, et la systémique qui permet de travailler sur l’ensemble des champs en mouvement, la prospective apporte de véritables modalités d’actions concrètes. Apologie de la volonté humaine, elle ouvre les futurs pour éclairer les décisions à prendre ici et maintenant, proposant ainsi une véritable philosophie de l’action.

FocusLab Biomimétisme

Réconcilier biodiversité, innovation et économie

S’inspirer de plus de 3,8 milliards d’années de R&D du vivant pour innover de façon soutenable et éthique

Pour toutes celles et tous ceux qui veulent inscrire leur démarche d’innovation dans une dynamique systémique et soutenable

Formation-action de 5 jours, 2 sessions/an

En partenariat avec le Ceebios et le Museum national d’Histoire naturelle

TerritoryLab

Passer de l’aménagement au ménagement de nos territoires

Pour toutes les parties prenantes du territoire : collectivités territoriales, entreprises voulant comprendre et transformer leurs empreintes territoriales, agences de l’État, ONG, professionnels de l’aménagement du territoire, ministères, associations, entrepreneurs…

Expédition apprenante et immersive de 5 jours : 3 jours à Paris et 2 jours dans la vallée de la Drôme, 2 sessions par an

En partenariat avec NovaSens – TerritoryLab – Les Agoras du vivant

FocusLab Organisations souhaitables

Redessiner les règles du jeu au service de votre élan collectif

Transformer vos modes d’organisations (structure, service, équipe, projet…) pour favoriser l’engagement des équipes sur les enjeux de transitions

S’outiller pour fédérer : approche prospective, découverte des modes d’organisations alternatifs pour choisir le mix qui vous convient, échanges personnalisés sur votre situation, travail sur votre posture au sein de l’organisation

Pour toutes les parties prenantes des
organisations : entrepreneurs, managers, dirigeants, chefs de projets, élus, responsables RH, coachs, consultants, chercheurs…

Formation action de 5 jours, 2 sessions/an

entreprendre pour le vivant

Empreinte des organisations sur la biodiversité

Faire prendre conscience du lien entre les enjeux d’une organisation et le vivant, susciter l’envie d’agir pour régénérer la biodiversité, et mettre en mouvement les équipes autour de solutions, inspirées par des exemples d’organisations déjà passées à l’action

Une formation en ligne et 2 coffrets de 137 cartes, pour animer vos ateliers auprès des organisations

Pour les indépendant·e·s/consultant·e·s en organisations sur les enjeux de demain et du vivant.
Et pour les organisations qui souhaitent requestionner leurs relations au vivant

Auto-formation d’1 jour, pour animer des ateliers en organisations de 2h à 1 journée

Repanser la planète pour faire terre ensemble

Comment évoluer ensemble vers une société plus humaine, conciliant résilience écologique, économie et vivre ensemble ? À partir de projets révélateurs de cette métamorphose issus de son expérience professionnelle, l’auteur, Nicolas Imbert, Directeur exécutif de Green Cross France, partage avec nous à la fois sa compréhension de la situation et les modes d’action au quotidien pour « faire terre » ensemble. Il a accepté de répondre aux neufs questions essentielles pour Cdurable.

Je m’intéresse au futur, car c’est là que j’ai choisi de passer le restant de mon existence.

Orson Welles

Comprendre

  • l’urgence climatique et écologique nous oblige à agir ensemble, en cohésion et maintenant,
  • un triple hold-up générationnel génère une incompréhension forte et des clivages entre la génération Z et la France du Concorde, du Minitel et des centrales nucléaires,
  • jeunes et actifs vivent dans leur corps et leur quotidien une santé environnementale précarisée qui confirme l’urgence humaine à agir.
  • c’est ensemble qu’il nous faut comprendre et dépasser nos vulnérabilités pour devenir plus résilients.

Agir

  • Reprendre en main notre alimentation et nos consommations,
  • préserver l’eau et l’océan,
  • faire de l’énergie chère un accélérateur de la résilience,
  • ménager les territoires.

Cet ouvrage donne des clés pour agir, fait entrevoir des perspectives, incite à l’action concrète, plus précisément à faire terre ensemble.

Autant d’inspirations (…) qu’il nous appartient de transformer en actions et en initiatives.

La suite ? À nous de l’évoquer, de l’écrire et de la vivre ensemble. Il y a une urgence.

L’auteur

Nicolas Imbert est Directeur Exécutif de Green Cross France.

Nicolas Imbert, directeur exécutif de Green Cross et conférencier, est ingénieur de formation. Il intervient sur la structuration des propositions de la société civile sur le climat, la santé environnementale, la résilience territoriale et la prévention des conflits environnementaux, en France et à l’international.


Portrait de Nicolas IMBERT sur France Inter dans les Chroniques Littorales de José Manuel Lamarque


Je n’écris pas pour passer le temps. L’urgence climatique et écologique est là. Rester passif n’est pas une option. C’est maintenant que nous devons agir pour sortir de l’impasse et transformer notre économie et nos vies pour le meilleur.

Portrait Nicolas Imbert – Sortie de son livre « Repanser la planète » 21.09.24

Comment ? En reprenant en main notre alimentation, en préservant l’eau, l’océan et l’énergie, en ménageant les territoires.

Questions Cdurable
ou c’est pas durable !?

Au delà des communiqués, qui ne présentent souvent que le « meilleur », et du développement durable, qui ne fait que tenter de réduire les impacts négatifs d‘une croissance volumique, nous nous intéressons aujourd’hui, 20 ans après la création de Cdurable.info, aux questions essentielles. Alors Cdurable ou pas ? 9 questions qui nous invitent à Comprendre pourquoi Agir & Coopérer avec le vivant, Cdurable !

Nicolas Imbert, Directeur exécutif de Green Cross France, a accepté de répondre aux neufs questions Cdurable, essentielles comme les neufs besoins fondamentaux des êtres vivants dont les humains que nous sommes …

1 – Quelle est la nature de ma relation avec le vivant ?

Il faut respecter le vivant, et c’est quelque chose que nous avons désappris au fil des révolutions industrielles. L’homme n’est pas à côté du vivant non humain, et le mettre au centre n’est pas sain du tout car ceci conduit à l’accaparement du vivant, et à confondre vivant et ressource.

Deux postures sont à mes yeux essentielles et complémentaires :

  • le ménagement qui permet dans les zones denses humainement de retravailler notre symbiose au vivant,
  • et le réensauvagement qui permet de sanctuariser de grands espaces en réseau pour le vivant non humain.

2 – Quels sont mes besoins et choix d’alimentation ?

Je suis obsédé par une alimentation saine, locale, de saison, bio et la plus végétale possible, en travaillant avant tout l’évolution de l’alimentation et en particulier de la mienne par le plaisir. Nous avons besoin de retrouver le rapport au produit alimentaire brut, de nous approvisionner le plus localement possible avec des produits qui respectent les sols et l’eau de nos terroirs ainsi que la santé de celles et ceux qui les mangent, et c’est extrêmement plaisant de découvrir de nouvelles recettes simples, locales et goûtues.

Je ne mange pas de poisson issu de la pêche prédatrice, ai limité fortement ma consommation de viande et je privilégie le bio et le local mais aussi ce qui permet de valoriser tout l’animal, et j’encourage fortement la diversité variétale dans l’alimentation. Mon choix n’est pas d’interdire, mais au contraire de susciter une alimentation saine par le plaisir, de travailler à mon échelle la résilience alimentaire et de viser l’autonomie, en se souvenant que l’empreinte environnementale (carbone et pas que) du transport, du stockage et du gaspillage alimentaire est déjà énorme, et en plus sous-estimée par les chiffres.

©Des clés pour agir sont des publications de GREEN CROSS France et Territoires.

3 – Quel est mon type d’habitat actuel et idéal ?

Je suis partisan de la sobriété et du ménagement. Notamment en privilégiant la réhabilitation de l’ancien, l’habitat modulaire, la rénovation et la réutilisation en particulier pour le mobilier et l’électroménager. Comme j’habite en ville, je complète ceci par les mobilités douces

4 – Quelle activité physique favorise mon bien-être et ma santé ?

Le sport est essentiel pour moi. Je pratique le yoga vinyasa aussi régulièrement que possible. Habitant Marseille, j’ai la chance de pouvoir nager et faire des activités nautiques 8 à 9 mois sur 12, je marche beaucoup, et fais régulièrement du vélo. Autrefois fan inconditionnel de ski, j’ai changé ma pratique pour l’adapter au dérèglement climatique. Je commence à skier plus tard dans la saison, vers février ou mars, je fais plus de ski de randonnée.

Ma consommation de montagne est passé d’une consommation d’activités à une recherche de l’interaction la plus respectueuse avec le milieu. 

5 – Quels savoirs m’ont permis de comprendre comment agir ?

L’écoute de la science est essentielle, tout comme l’observation. Les savoirs traditionnels sont une source très utile pour comprendre ce qui se passe et pour aller de l’avant, en particulier dans le domaine de l’alimentation et de l’adaptation aux phénomènes climatiques extrêmes.

6 – Quel est le sens que je donne à mon travail ?

J’ai eu la chance de toujours pouvoir fabriquer le travail qui me permet d’être utile. Ce n’est absolument pas simple, c’est souvent beaucoup de sacrifices et en particulier financier, mais c’est essentiel pour moi, pour me sentir en phase avec moi-même. J’arrive cependant à un point où il me semble essentiel de prendre de la distance, pour trouver un équilibre non anxiogène, et je pense que c’est là précisément où la génération Z a beaucoup à nous apprendre.

Fruits des partenariats et des groupes de travail coordonnés par GREEN CROSS, la série Inspir’Actions et Respir’Actions offre des pistes de réflexion et de solutions en faveur de la transformation écologique des territoires

7 – Quelle énergie j’utilise pour mes usages et besoins ?

Principalement l’énergie musculaire, et la recherche de la sobriété dans mes gestes du quotidien. Je suis persuadé que l‘efficacité énergétique, couplée avec les énergies 4D (décarbonés, déconcentrées, diversifiées, démocratiques) est essentielle, surtout au quotidien. En ne cédant notamment pas à la facilité de tout miser sur l’usage excessif d’une énergie électrique, en France d’origine essentiellement nucléaire, qui nous conduit souvent à vouloir tout électrifier et à gaspiller.

Engagé de longue date chez Enercoop, je recherche à avoir en permanence des énergies vertes, mais surtout à économiser de manière forcenée. 

8 – Quelle est mon implication personnelle pour l’intérêt général ?

Beaucoup dans mon travail au quotidien, mais aussi dans la volonté d’être impliqué localement, pas forcément pour dire mais beaucoup pour faire.

collection de plaidoyers en faveur d’un avenir serein dans un monde sain

9 – Quels sont mes liens de coopération et ma participation au bien commun ?

La co-construction, la mutualisation, c’est essentiel dans chacune de nos activités. 

10 – Carte blanche : quel est le message essentiel que vous souhaitez faire passer à nos visiteurs ?

Agissons – faire terre ensemble est beaucoup plus qu’un slogan, c’est une véritable hygiène de vie au quotidien, une manière d’être plus résilient et d’affronter les crises, mais aussi d’avoir un rapport à l’autre des plus agréables.

Green Cross est un réseau d’organisations non gouvernementales (ONG) de plaidoyer et de projets créé par Mikhaïl Gorbatchev en 1993 dans la continuité du Sommet de la Terre à Rio, en 1992.

Green Cross France et Territoires en est le représentant français. L’association contribue à donner des clés pour agir et accentuer la transformation écologique de nos sociétés, qu’il s’agisse d’eau et d’océan, d’alimentation, de villes et territoires durables, d’économie circulaire, de coopération et de solidarités.

Green Cross France et Territoires

Imaginer un monde des affaires compatible avec les limites planétaires

Concilier le monde des affaires avec les limites planétaires est contraire à l’idée farfelue selon laquelle les différents types de capitaux seraient substituables et donc que l’utilisation du capital naturel ne serait pas une limite à la croissance, car elle pourrait être compensée par des innovations techniques. La raison d’être du modélisateur IF Initiative est précisément de comprendre que pour durer les entreprises ne pourront pas simplement continuer le ‘nusiness as usual » mais vont devoir enfin prendre en compte dans leur modèle économique, le premier capital indispensable à leur pérennité : le capital naturel.

Le problème vient du fait que le capital naturel n’apparaît pas dans le bilan des entreprises, que le seul capital à conserver, c’est le capital financier.

Fabrice Bonnifet
Directeur Développement Durable & Qualité, Sécurité, Environnement
Groupe Bouygues

« L’absence du capital naturel du bilan des entreprises explique pourquoi elles en font si peu au-delà du cadre légal, pour protéger à la fois les ressources naturelles et les écosystèmes qui ne lui coûtent strictement rien« , rappelle Fabrice Bonnifet.


Intervention C3D Partie 1 – Introduction au projet IF Initiative

Replay d’une conférence exceptionnelle a été organisée par le Collège des Directeurs du Développement Durable (C3D) pour présenter le modélisateur IF Initiative de Carbone 4


Compter ce que l’on gagne, sans compter ce que l’on doit à la nature a une fin et c’est maintenant !

Alors à quoi va servir If Initiative ?

Pour faire du pain, il faut du blé, pour faire des voitures électriques il faut du cuivre, etc. A priori la planète est ronde et certaines de ces ressources sont renouvelables mais toutes les autres sont en quantités finies. Dans les deux cas, il y a une réflexion à avoir sur leur destination et des limites à leur utilisation.

If initiative permet d’évaluer tous ces dilemmes. Le but est de faire émerger une approche selon laquelle la soutenabilité forte de la « croissance » implique le maintien à un niveau constant du capital naturel, car non ce dernier n’est pas remplaçable par les autres formes de capitaux.

Il ne s’agira évidemment pas du tout de la même croissance que celle que nous connaissons aujourd’hui.

Exploration des futurs viables

Sociétés humaines

  • Un niveau social et sociétal, avec des hypothèses sur des changements de représentation du monde, de valeurs, qui ont un impact sur les réglementations, les lois, mais aussi les modes de consommation et les modes de production. Bien qu’impalpables, ces évolutions possibles ont des conséquences matérielles.
  • Un niveau matériel ensuite, celui des activités humaines, qui est fortement lié aux représentations, mais qui transcrit des volontés, représentations, désirs, habitudes ou contraintes dans des modes de vie et de production.

Système Terre

  • Un niveau matériel sur le système Terre, c’est-à-dire les limites planétaires : les ressources matières, la biodiversité, le climat via les émissions et concentration de GES. Ici, le modèle calcule les impacts sur les limites planétaires des choix de consommation et de production qui découlent des scénarios.

Tout en respectant les limites planétaires

La dignité c’est avant tout dire la vérité, sans prétendre disposer de toutes les solutions pour faire autrement.

« If Initiative est avant tout un outil d’aide à la décision pour des décideurs éclairés, afin qu’ils consentent à réencastrer le modèle économique des entreprises dans la réalité de notre monde fini, que la facilité des énergies fossiles nous a fait perdre de vue », explique Fabrice Bonnifet

Ce modélisateur veut faire advenir un nouvel imaginaire du vivre ensemble dans lequel la réduction de la production et de la consommation du non essentiel va devoir être planifiée démocratiquement, dans un esprit de justice sociale et dans le souci du bien-être. Et tout cela, dans le but ultime d’alléger l’empreinte écologique de l’économie pour préserver le bien commun.

Intervention C3D Partie 2 – Étude de cas