Les insectes pollinisateurs sont essentiels à la biodiversité, à notre agriculture et à notre santé, mais leurs populations s’effondrent. Face à cette urgence, pollinisateurs.com a été créée pour accélérer la mise en place d’actions concrètes sur tous les territoires. Lancée le 16 juin 2025, la plateforme collaborative regroupe guides, fiches pratiques, webinaires, partage d’expériences, cartes des projets sur les territoires… tout ce qu’il faut pour s’engager concrètement en faveur des pollinisateurs.
Webinaire : Restaurer la nature avec les pollinisateurs
Plan national en faveur des insectes pollinisateurs et de la pollinisation
Porté par les ministères en charge de la Transition écologique et de l’Agriculture, le Plan national en faveur des insectes pollinisateurs et de la pollinisation 2021-2026 rassemble des mesures concrètes en faveur des insectes pollinisateurs sauvages et des abeilles domestiques, pour restaurer leurs habitats et augmenter la disponibilité des ressources indispensables à leur préservation.
Dans les jardins, les campagnes et au cœur des forêts, un service essentiel est rendu chaque jour : celui de la pollinisation. Ce processus naturel repose largement sur les insectes pollinisateurs. Qui sont-ils ? Pourquoi leur rôle est-il essentiel ?
Des abeilles aux papillons en passant par les mouches, guêpes ou encore coléoptères, les insectes pollinisateurs remplissent des rôles cruciaux pour la vie sauvage qui nous entoure et notre alimentation. Leur mission la plus connue est bien sûr la pollinisation, mais leur contribution est bien plus large.
Effondrement des insectes pollinisateurs : comprendre pour agir
OLYMPUS DIGITAL CAMERA
Depuis plusieurs dizaines d’années, on observe un déclin de la biodiversité à l’échelle mondiale, qui concerne aussi bien les espèces animales que végétales. Mais concrètement, comment se manifeste-t-il ?
Changement d’usage des terres avec la destruction et le morcellement des habitats, artificialisation des sols, pollutions, espèces exotiques envahissantes, changement climatique, surexploitation des ressources… Les causes de l’effondrement des populations d’insectes pollinisateurs sont multiples. Il est donc essentiel de bien les comprendre, pour agir en conséquence.
Si les fleurs jouent un rôle essentiel dans l’alimentation des pollinisateurs adultes, recréer des conditions propices à chaque étape de leur cycle de vie est fondamental pour leur apporter un soutien durable : le bon support pour pondre, de quoi manger au stade larvaire, un refuge pour l’hiver… Alors que faire ?
Zones humides et mares : des oasis pour pollinisateurs
Ces milieux sont des habitats cruciaux pour les insectes pollinisateurs, fournissant les conditions nécessaires au développement de certaines espèces, comme la mélitte de la salicaire. Cette abeille sauvage prélève du pollen uniquement dans les fleurs roses de la salicaire pour garnir les cellules de son nid et nourrir ses larves.
Autre espèce emblématique des zones humides : le cuivré des marais. Ce papillon, protégé car menacé, fréquente les prairies humides ou inondables et les marais. Il pond ses œufs sur des oseilles sauvages (genre Rumex). Les chenilles issues de la deuxième génération hivernent dans des feuilles sèches enroulées et peuvent même supporter l’immersion pendant quelques semaines. L’adulte se nourrit sur des fleurs des zones humides (pulicaire dysentérique, salicaire, cresson amphibie, eupatoire à feuilles de chanvre…).
Accueillir les pollinisateurs : leviers et bonnes pratiques pour une gestion favorable
KONICA MINOLTA DIGITAL CAMERA
Créer des habitats favorables ne suffit pas : adopter une gestion adaptée des espaces joue un rôle clé pour assurer la survie des insectes pollinisateurs. Fréquence des interventions, choix du matériel, réduction de la pollution lumineuse… sont autant de leviers à mobiliser pour repenser ses pratiques.
Le gain pour les pollinisateurs est important quand on réduit la fréquence d’entretien des pelouses et gazons, permettant le développement d’une végétation plus haute et de type « prairie ». En milieu urbain par exemple, réduire l’entretien à un ou deux passages annuels permet en quelques années seulement d’observer des changements dans la composition végétale et une augmentation de la diversité des plantes de 30%1.
Aux abords des chemins, une bande de transition (plutôt que « bande de propreté », qui peut être connoté négativement) de 0,50 m à 2 m peut être fauchée plus régulièrement pour marquer l’intention de gestion, limiter le contact du public avec la végétation haute et favoriser son acceptation. Aménager des cheminements au sein de la végétation permet de maintenir l’usage des espaces tout en affirmant que la végétation haute est un choix délibéré.
Taille des arbres et arbustes
Naturellement, les arbustes et les arbres n’ont pas besoin d’être taillés, et la taille ne répond pas à des enjeux de biodiversité. Pour pouvoir laisser évoluer librement la végétation, il est donc important d’anticiper l’espace à la création.
La taille n’est pertinente qu’en cas de contraintes techniques, de sécurité, règlementaires, ou, pour les fruitiers, en vue de production. Dans tous les autres cas, mieux vaut l’éviter.
Pour les grands linéaire, les barres à sécateurs ou les lamiers sont les moins impactants pour les végétaux.
Les résidus de taille peuvent être valorisés en formant des tas ou des haies sèches (linéaire de branches mortes, parfois cadrées par des piquets), qui servent de refuges pour la petite faune et même de support de développement pour des insectes du bois mort.
Le lierre grimpant, souvent mal perçu, ne représente aucun danger pour les arbres, ce n’est pas un parasite. Au contraire, il offre nourriture et refuge à de nombreux pollinisateurs, dont la collète du lierre, une abeille sauvage qui butine exclusivement de cette plante pour fournir la nourriture ses larves. Un véritable atout biodiversité à conserver !
Vous souhaitez agir ?
Que vous soyez un professionnel, un décideur ou un citoyen, cette plateforme est faite pour vous !
Explorez les ressources pour en apprendre davantage.
Partagez vos initiatives et inspirez d’autres acteurs.
Contribuez à la communauté en proposant des ressources et évènements
Ensemble, participons à accélérer et favoriser la mise en place d’actions concrètes en faveur des pollinisateurs et de la biodiversité !
L’Office français de la biodiversité (OFB) est un établissement public dédié à la sauvegarde de la biodiversité. Il est chargé de la protection et la restauration de la biodiversité, en métropole et dans les Outre-mer.
Arthropologia est une association naturaliste qui œuvre depuis 2001 pour la protection du vivant, en particulier des insectes et de la flore qui leur est liée, le changement des comportements et l’évolution des pratiques de gestion des espaces de nature.
L’Association Contrat de Solutions regroupe 45 partenaires du monde agricole réunis pour relever le défi de la transition agroécologique. Engagée sur la réduction des utilisations et impacts des produits phytopharmaceutiques, ainsi que sur la préservation des pollinisateurs, elle déploie une approche positive et collective de ces sujets.
L’Office pour les insectes et leur environnement (Opie) est une association de protection de la nature et d’éducation à l’environnement spécialisée sur les insectes. Depuis 1969, l’Opie mène des actions nationales pour faire connaître et protéger ces animaux, et accompagner vers une meilleure prise en compte de leur diversité dans les politiques publiques.
4e Rencontres nationales des insectes pollinisateurs les 23 et 24 Octobre 2025 à Lyon
4e Rencontres nationales des insectes pollinisateurs les 23 et 24 Octobre 2025 à Lyon
Sehrt, Melissa, Oliver Bossdorf, Martin Freitag, et Anna Bucharova. « Less Is More! Rapid Increase in Plant Species Richness after Reduced Mowing in Urban Grasslands ». Basic and Applied Ecology, From Nature Conservation to Ecosystem Restoration, 42 (1 février 2020): 47-53. https://doi.org/10.1016/j.baae.2019.10.008. ↩︎
Alors que la Commission Nationale du Débat Public (CNDP) se retrouve menacée sous couvert de « simplification », Jacques Archimbaud réaffirme l’importance du débat public et de cette commission qui l’organise. Dans ce témoignage, l’ancien Vice-Président de la commission recuse les différentes critiques avancées contre elle, et rappelle les missions fondamentales du débat public : informer les parties prenantes, rééquilibrer les rapports de force, renforcer la capacité démocratique des territoires, faire entendre les voix et les savoirs profanes, encadrer les conflits. Cette instance est d’autant plus précieuse qu’elle permet de confronter des intérêts contradictoires, de « faire parler » et « faire s’entendre » des groupes qui s’ignorent trop souvent autrement. L’auteur souligne l’importance de la préserver et propose d’aller plus loin, pour repolitiser les grands enjeux de la transition écologique, et élargir le domaine de la participation. La CNDP, un pilier de la démocratie dont nous avons plus que jamais besoin : témoignage.
Depuis plusieurs mois, tout ce que la classe politique compte comme représentants des lobbies, au centre, à droite et à l’extrême droite, plaide sinon pour supprimer totalement la Commission Nationale du Débat Public ou du moins lui rogner considérablement ses compétences et ses moyens. Alors que la CNDP n’avait cessé de renforcer ses prérogatives sous la quasi-totalité des gouvernements et des assemblées de droite et de gauche depuis 30 ans, la nouveauté est que les exécutifs récents successifs, ont semblé souscrire, sous couvert de simplification, à ces idées de remise en cause de la CNDP.
On assiste ainsi à une succession des propositions et mesures tendant à l’élévation des seuils de saisine et à la sortie probable des projets industriels des domaines d’intervention de la Commission, par exemple les gros projets de data centers, de centrales nucléaires, les fabriques de batteries, les usines chimiques ou sidérurgiques, l’hydrogène vert, les carburants pour avions, soit la moitié des dossiers sur lesquels elle intervient habituellement. Ce qui, dans la chaine de valeurs, est industriel ou ne l’est pas, reste d’ailleurs assez discutable : quid des raffineries, des entrepôts de logistique, des ateliers de maintenance ou de réparation, des équipements agro-industriels ? Ecarterait-on les usines fabriquant des éoliennes tout en maintenant des débats sur leur implantation en mer ? In fine, la discussion indispensable sur la relocalisation industrielle serait largement contrariée, question pourtant majeure pour notre pays et pour l’Europe.
Il est par ailleurs étonnant qu’on ait peu fait observer que ces régressions successives contredisent à la fois la Convention d’Aarhus sur l’accès à l’information et la participation du public et l’article 7 de la Charte de l’environnement, intégrée dans la Constitution de notre pays. Mais là n’est pas l’essentiel.
Des arguments peu étayés contre la CNDP
Les deux arguments principaux des partisans de la suppression ou du rabougrissement portent sur le fait que la procédure ferait perdre du temps aux projets sans les faire bouger vraiment et qu’elle serait en général instrumentalisée par les opposants systématiques, et notamment par les écologistes.
Pourtant, le débat public ne retarde en rien les projets, dont les travaux d’ingénierie (technique, financière, juridique) se poursuivent en temps masqué pendant la procédure. Il faut chercher ailleurs les raisons des délais en effet particulièrement longs, qui séparent souvent en France l’émergence d’un projet, industriel ou non, de sa réalisation.
Les décisions, au terme des débats, de poursuivre ou non les projets, sont partagées en trois tiers (en gros 1/3 abandonnés, 1/3 très profondément modifiés, surtout quant à leur taille, 1/3 de projets poursuivant leurs parcours en l’état initial). Il est sain et utile que les mauvais projets ne voient pas le jour : aéroports nocifs, parcs d’attractions interlopes, ports surdimensionnés ou équipements se faisant concurrence absurdement les uns aux autres. Plusieurs de ces projets sont exotiques, farfelus, mal ficelés, douteux parfois quant à leurs commanditaires, pas rentables, c’est à dire financés par la puissance publique, désastreux pour l’environnement et pour les territoires au regard de leurs apports véritables, éphémères et donc mauvais pour un emploi durable.
Aucun des grands maîtres d’ouvrage publics ou privés (Sncf, Engie, Edf, Rte par exemple) ne semble d’ailleurs s’être associé aux demandes de mise à mort ou en veilleuse de la CNDP. Tous au contraire reconnaissent la pertinence et l’utilité du débat pour la prise de décision en particulier d’investissement. La variété des angles de traitement d’un projet permet d’en mettre en évidence les zones de force et de faiblesse, d’en interpeller la faisabilité, les coûts réels, le dimensionnement, l’acceptabilité et le cas échéant de les faire évoluer. Le recul du temps montre que la façon dont le local accueille, ignore ou rejette un projet, conditionne sa performance ultérieure et sa capacité à être reproduit dans des contextes différents. Le débat public constitue une forme de « crash test » absolument indispensable pour vérifier la solidité d’un projet ou sa capacité de résilience.
Les équipements sur lesquels les contestations les plus virulentes se sont portées récemment, sont précisément ceux qui ont échappé à la procédure de débat public (Sainte-Soline, l’A 69, …) De même, le retrait récent du document dit « programmation pluriannuelle de l’énergie » du champ du débat public, ne paraît pas non plus avoir accéléré son accouchement, puisque le nouveau texte, après des mois de retard, n’a toujours pas été publié.
S’agissant de la surreprésentation d’opposants, cet argument est tout aussi contestable. Le débat public est un élément de rééquilibrage de la controverse au profit des plus faibles, (les associations, les élus ruraux, les acteurs économiques non organisés, les simples particuliers, désormais les scientifiques). Mais les opposants aux projets sont loin d’être les seuls à s’exprimer. Ils ne se résument pas non plus aux activistes d’extrême gauche ou aux décroissants : les débats récents sur les ENR montrent que les plus virulents opposants peuvent être aussi par exemple les pronucléaires.
Les animateurs de débat public savent d’ailleurs depuis longtemps « tracer » les groupes organisés opportunistes, relativiser leur activisme et leurs bourrages de salles ou de forums internet, et surtout prennent le soin de diversifier les formes d’implication du public – réunions ouvertes, panels, rencontres avec les habitants sur le terrain–, chaque outil relativisant les biais possibles d’un ou plusieurs autres.
A partir de nombres très significatifs de participants (plusieurs milliers à chaque fois), les citoyens, à l’entrée d’un débat, se partagent entre les « pour » les « contre » et « ceux qui doutent ». Une délibération bien conduite permet en outre des changements d’opinion et élargit la capacité à concevoir des concessions réciproques. Il y a même souvent, en début de processus, un préjugé plutôt favorable chez les habitants. Ici on est satisfait de voir qu’un projet de stade se propose de requalifier un territoire, là que le port d’une ville paraisse vouloir sortir de sa léthargie et reprendre le dialogue avec son hinterland, ailleurs qu’émerge un projet de technologie avancée dans un terroir qui se pensait mis à l’écart de l’innovation.
Défendre le droit à l’information et à la participation du publicsur l’élaboration des projets ayant un impact sur l’environnement. La participation garantie par la CNDP intervient dès l’origine d’un projet jusqu’à l’enquête publique, donc pendant son élaboration. Elle intervient dès l’origine, à un moment où il est encore possible d’y renoncer, de le modifier, où l’on peut interroger le “pourquoi ?” et pas seulement le “comment ?”. Si après cette première phase, le porteur de projet décide de le poursuivre, la loi prévoit que la CNDP veille à l’information et à la participation du public jusqu’à l‘enquête publique.
Les citoyens ont une vision très mature des politiques de transition
Ce qui dérange en fait les adversaires du débat public, c’est qu’il révèle une très forte capacité des gens, quand ils sont bien informés, à adopter des positions dépassant l’affrontement binaire du « pour » et du « contre », une belle aptitude à raisonner sur des critères multiples et pondérés selon les cas et les situations, et à trouver des solutions qui ne font ni triompher ni perdre toujours les mêmes. Des centaines de débats publics et de concertations d’une certaine ampleur ont ainsi montré de grandes constantes chez les participants, confirmées par les études d’opinion indépendantes et suivies dans la durée.
Nos concitoyens sont en général hostiles au « tout ceci » ou « tout cela ». Cela vaut pour l’électricité, le nucléaire, les modes de chauffage, de déplacement, d’habitat mais aussi la santé, l’école, l’habitat, la sécurité. Ils se prononcent le plus souvent pour la pluralité des outils, des modes d’action et des solutions. Ils approuvent en général les montées en puissance raisonnables plutôt que les à-coups.
Ils sont hostiles aux solutions dans lesquelles on s’engage de façon irréversible et dont on ne peut sortir qu’au prix d’efforts compliqués et de pertes de toutes sortes. Ils sont favorables à la souplesse, l’agilité, la réversibilité, la répartition des risques. Leur préférence va toujours aux solutions qui comportent plusieurs scénarios pour aller d’un point à l’autre, qui comportent des plans B de repli.
Ils préfèrent la robustesse à la performance et n’approuvent ni le surdimensionnement ni le passage trop rapide sans retour d’expérience du prototype à la petite série et de la petite série à la massification. Les effets de mode et de médias, par exemple en matière de technologies, ont tendance à les énerver.
Ils sont extrêmement sensibles à la répartition équitable des efforts, des bénéfices et des contraintes, entre catégories sociales, entre territoires et entre générations. Ils sont demandeurs de régulation de cette répartition et de transparence des compensations.
Ils sont favorables à des règles communes fixées par la puissance publique qui favorisent l’égalité et à un exercice déconcentré et décentralisé de la gouvernance.
Des pans entiers de notre société sont ainsi tout à fait capables de comprendre les décisions prises en situation d’incertitude, pour autant qu’on leur en donne les moyens. La situation géopolitique instable, les rythmes d’innovation et de diffusion technologique imprévisibles, les instabilités économiques majeures sur les prix ou le niveau de la demande appellent à une sagesse accrue des modes de gouvernance et non l’improvisation, la réaction à chaud, l’accumulation incompréhensible des plans, y compris quand on se réclame de la simplification.
Le débat public renforce la capacité démocratique des territoires
A maints égards, la procédure de débat public contribue au renforcement de la capacité démocratique des territoires.
Ce sont souvent plusieurs milliers de personnes qui participent aux différents moments de controverse mis en place par les commissions particulières. L’indépendance et la diversité des membres qui les composent sont perçues comme des garanties de pouvoir s’exprimer, d’une répartition équilibrée de la parole, d’un recensement systématique des arguments et d’une présentation rigoureuse des chiffres. L’exigence forte d’objectivation et de vérification des données est une manière de contrer la rumeur et le pourrissement démocratique, lié au pullulement des vérités relatives, par exemple sur les réseaux sociaux.
L’insistance mise sur la notion d’inclusion permet d’aller à la rencontre de publics habituellement peu présents dans des dispositifs publics moins proactifs, de donner mieux la parole aux femmes, aux jeunes, aux publics des quartiers populaires.
L’examen approfondi des sujets favorise la diffusion d’une culture technologique et scientifique qui fait souvent initialement cruellement défaut. Au-delà de l’expertise officielle, le débat public fait appel à l’expertise de tous et en particulier à l’expertise profane et au retour d’expérience de groupes sociaux peu pris en compte habituellement comme les artisans, les ouvriers ou les paysans.
L’irruption de la mémoire collective des lieux, qui fait tant défaut à l’administration ou à certaines équipes de maîtrise d’ouvrage, est en outre un élément absolument décisif d’une bonne évaluation des contextes.
Les centaines de procédures conduites par la CNDP ont été l’occasion de l’émergence d’une communauté de débatteurs passionnés mais respectueux, échangeant des arguments et des contre arguments de haut niveau, appelant à une diversification des points de vue et proposant des alternatives ou des portes de sorties particulièrement fécondes. Elles ont favorisé des échanges croisés entre des groupes qui s’ignoraient trop souvent, permis de sortir du face-à-face binaire entre maîtres d’ouvrage et opposants, pour engager le dialogue et la controverse entre groupes sociaux dans la société.
Le débat public permet la revue des intérêts contradictoires
Très au-delà des règles de la discussion rationnelle et de l’échange d’arguments, le processus participatif finit toujours par montrer que l’émergence d’un programme ou d’un projet, quelle que soit l’échelle considérée, révèle, diminue ou renforce des contradictions d’intérêt et des inégalités existantes : entre les plus forts et les plus faibles ; entre les mieux organisés et ceux qui le sont moins ; entre les logiques de profitabilité particulière et les visions d’intérêt général ; entre ceux qui en tirent des bénéfices ou en subissent les nuisances ; entre ceux qui sont attachés à l’environnement proche, taxés trop souvent à tort d’égoïstes et ceux qui ne le sont guère, parce que leur propre environnement est bien souvent préservé.
L’unique débat public conduit sur la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) a par exemple clairement montré, quelques mois avant la crise dite des gilets jaunes, que la question du prix des carburants – la fameuse trajectoire carbone – loin de se limiter à la question économique du signal prix, était en dernière analyse une question sociale, celle des mille formes d’inégalités devant la transition énergétique.
Au-delà même des logiques de domination, les prises de positions des uns et des autres éclairent toujours les tensions au sein ou entre des territoires, par exemple la ville et la campagne, les centres et les périphéries, entre classes moyennes et catégories populaires, entre générations.
Un projet d’équipement ou un programme ne peut pas être soumis à la discussion uniquement sur ses caractéristiques intrinsèques, mais sur la façon dont il cumule ses impacts avec d’autres, dont il percute ou pacifie des tensions et conflits préexistants. La systématisation des débats de zone, comme ceux sur les façades maritimes ou en ce moment à Fos sur mer, indiquent une voie : des territoires qui s’ouvrent à de nouveaux projets, en pensant la réduction de leurs propres externalités négatives existantes, qui pensent nouvelles filières et mutualisation et rendent ces projets bien plus désirables. Du coup, les recommandations produites par les commissions du débat public, loin de n’être que le relevé notarié des arguments recueillis, peuvent être appréciées comme des indications et des pistes pour éviter qu’on soit bien plus exigeant avec des projets nouveaux qu’on ne l’est souvent avec des équipements installés depuis longtemps.
A condition que les autorités et les équipes de maîtrise d’ouvrage s’y intéressent, la cartographie des controverses, les convergences ou alliances parfois contre-intuitives qui s’y nouent (par exemple entre écologistes et chasseurs), les rapports de force qui s’y expriment sont extrêmement utiles pour la mise en place des politiques publiques et les stratégies privées d’investissement. Quoi qu’il dise de lui-même, le débat public s’institue et est perçu par les acteurs du terrain comme se situant quelque part entre la médiation et même la négociation aux différentes échelles. Qu’on l’assume ou non, il est un moment de la contractualisation territoriale ou sectorielle.
Tous ces constats appellent à un effort pour repolitiser les grands enjeux de la transition écologique, dont on considère trop souvent qu’ils portent essentiellement sur des choix techniques ou organisationnels. Il s’agit au contraire de resituer les controverses dans le champ des rapports de force sociaux et de contribuer à éclairer les bases matérielles et contractuelles de la place de chacun.
Étendre le domaine de la participation, repositionner l’instance qui l’organise
Les bases et les principes actuels du débat public ont fait de la France un acteur particulièrement en pointe sur ces questions : indépendance et neutralité des organisateurs, débat en opportunité et pas seulement sur la faisabilité, continuum de concertation depuis l’émergence d’un projet jusqu’à son éventuelle réalisation, tenue en «amont» de débats sur les plans et programmes d’ampleur nationale ou régionale, procédure adaptée pour les petits projets dont l’accumulation a autant d’impacts que certains très gros, possibilité de saisine parlementaire et citoyenne.
Mais les urgences sont là, qui font que la préservation de ces acquis ne suffit pas. Les processus de conduite du changement et de décision tout comme leurs échelles sont désormais trop complexes pour que le débat public soit maintenu dans le champ désormais trop étroit du droit de l’environnement.
Dans la pratique, les débats sont d’ores et déjà amenés à croiser les entrées et les dimensions environnementales, économiques, sociales à des échelles différentes. La discussion porte de toute façon non pas seulement sur les constats eux-mêmes mais sur la façon dont ils sont pondérés, sur les rapports coûts/ bénéfices, sur l’inscription dans les temps courts, longs et moyens, sur la capacité à trouver dans l’avenir des solutions qu’on ne maîtrise pas encore. Pas de contractualisation sans prospective partagée.
A contrario, les modalités de participation en matière de santé, d’éducation, d’alimentation, de conditions de travail, d’urbanisme, pour ne prendre que ces domaines, sont aujourd’hui réparties dans des codes différents avec des procédures parfois très éloignées. Tout en respectant leurs spécificités Il serait opportun au contraire de les rapprocher, de façon à les rendre plus lisibles et surtout plus légitimes.
La multiplication des formes (débats publics, conventions citoyennes, concertations thématiques sans compter les multiples initiatives des collectivités ou des ministères) aboutit de fait à une inflation des calendriers et à une dévalorisation des mots, l’injonction à participer étant de plus en plus perçue comme un élément du politiquement correct. Les instances et les scènes dans lesquelles ces différentes formes se déploient sont de plus incompréhensibles pour le plus grand nombre. Élargir le champ, c’est donner à l’instance indépendante une visibilité, une légitimité supplémentaire. C’est lui donner aussi les moyens d’expertise (juridiques, techniques, sociologiques) qui amélioreront sa capacité d’action sur le terrain.
Certains collègues avaient évoqué un rapprochement de la CNDP par exemple avec le Défenseur des Droits. Avec quelques autres, nous avons suggéré que le Commission se rapproche du Conseil Économique, Social et Environnemental, sans s’y diluer, de façon précisément à impliquer davantage les corps intermédiaires dans les débats. Malheureusement la discussion sur une telle réforme n’a pas pour le moment pu s’engager véritablement. A quelque chose malheur pourrait être bon : l’offensive anti débat public et anti écologie en cours pourrait permettre de faire avancer la réflexion sur la démocratie nécessaire par gros temps.
La conception régénérative est une approche innovante qui vise à créer des produits et services ayant un impact positif net sur l’environnement et la société. Contrairement aux méthodes traditionnelles d’éco-conception qui se concentrent principalement sur la réduction des impacts négatifs, la conception régénérative cherche à restaurer et à améliorer les écosystèmes et les communautés humaines. Cet article explore comment cette approche, illustrée par les lauréats des Lauriers de la régénération, permet d’obtenir des impacts positifs nets sur le vivant.
Les critères de sélection et d’éligibilité
Les Lauriers de la régénération récompensent des projets qui démontrent une contribution significative à la régénération des écosystèmes et à l’amélioration du bien-être social.
Les critères de sélection incluentla circularité, la santé, la biodiversité et la réduction des émissions de carbone. Les projets doivent également montrer des impacts mesurables à court, moyen et long terme.
Le jury des Lauriers de la régénération est composé d’experts renommés dans les domaines de l’innovation, l’économie circulaire, la biodiversité et la stratégie RSE.
Parmi eux, on trouve des personnalités comme Thomas Busuttil, expert en innovation et business models régénératifs, et Sarah Dubreil, entrepreneuse et chercheuse en économie circulaire. Leur expertise garantit que les projets récompensés sont véritablement régénératifs et ont un impact positif net sur le vivant.
Membres du Jury des Lauriers de la Régénération 2025
Thomas Busuttil, Dirigeant La 5ème Saison, Expert innovation et business models régénératifs, Stratégie RSE
Sarah Dubreil, Entrepreneuse / chercheuse circl.earth, Co autrice « Understanding regenerative approaches » pour BPI Le Lab
David Garbous, Président Collectif En Vérité et fondateur de Réussir Avec Un Marketing Responsable
Marceau Guérin, Designer de systèmes vivants, OMG
Fabrice Bonnifet, Président du C3D, Président de GenAct, Auteur & Conférencier, #RSE
Vaia Tuuhia, Directrice de Climate Chance et l’Entreprise Symbiotique, Experte en économie circulaire et de la fonctionnalité
Alain Renaudin, Fondateur de Biomim’expo, Président de NewCorp Conseil, Ambassadeur de la Nature Inspirante
Anna Le Faouder, Equipe CEC et Regen Ecosystem, Fondatrice de CO DOING, Conseil en transformation socio-écologique
Philipe Schiesser, Expert en écoconception, Directeur d’Ecoeff Lab, Animateur du GT Regen by Design, Fondateur #interscores
David Amar, expert craddle to craddle, Nous sommes le futur
Comment atteindre la régénération au delà du net zéro impacts négatifs ?
Atteindre la régénération au delà du net zéro impacts négatifs
Dans cette nouvelle logique économique, l’entreprise menée dans une coalition de parties prenantes à visée régénérative, délivre des services socio écosytémiques sur un territoire : climat, eau, sols, biodiversité, nutrition, juste rémunération, éducation…
Ces services rendus par les humains avec la nature visent à restaurer les ressources vitales pour permettre aux êtres vivants (dont les humains) d’atteindre leur plein potentiel dans leur écosystème. C’est la définition que nous avons posée de la régénération.
Cet objectif contributif challenge les processus d’éco conception actuels qui visent au mieux le net zero impacts négatifs. Viser la contribution au vivant nécessite donc une nouvelle démarche deconception régénérative qui s’enclenche via des pratiques régénératives une fois que le seuil incompressible de réduction des impacts négatifs est atteint avec des pratiques spécifiques dans chaque secteur (voir schéma ci-dessus).
La CSRD qui incite à mesurer ses impacts sur le vivant et la directive green claims qui remodèle les affichages environnementaux permettent de valoriser les pratiques régénératives et leurs résultats jusqu’aux usagers finaux. ICI.
Les bonnes pratiques expérimentées
Les lauréats des Lauriers de la régénération ont mis en œuvre diverses bonnes pratiques pour atteindre leurs objectifs de régénération. Par exemple, certains projets ont adopté des pratiques agricoles régénératives qui restaurent les sols et améliorent la biodiversité. D’autres ont développé des produits et services qui favorisent la circularité et réduisent les déchets. Ces pratiques sont essentielles pour créer des impacts positifs nets sur l’environnement et la société.
Les certifications obtenues
Les projets récompensés par les Lauriers de la régénération ont souvent obtenu des certifications reconnues qui attestent de leur engagement en faveur de la régénération. Parmi ces certifications, on trouve le label ROC (Régénération Organique Certifiée), Demeter et Cosmebio. Ces certifications sont des indicateurs fiables de la qualité et de l’impact positif des produits et services.
Nous recommandons d’intégrer les exigences spécifiques à la certification biologique régénératrice lors du processus de transition ou de collaborer avec les organismes de normalisation existants pour les modules sur le bien-être animal et l’équité envers les agriculteurs et les travailleurs. Le parcours vers la certification biologique régénératrice diffère selon le niveau de départ de chaque producteur, et la feuille de route ci-dessous n’est qu’une des nombreuses façons d’obtenir la certification biologique régénératrice.Les trois piliers de la certification Bio régénérative L’exemple de Léa Nature pour SO’BIO EticL’exemple d’ECOTONE pour Bonneterre lait d’avoine
Exemples de lauréats
Parmi les 25 lauréats des Lauriers de la régénération, plusieurs projets se distinguent par leur approche innovante et leur impact positif net sur le vivant. Par exemple, un projet a développé une méthode de production agricole qui restaure les sols et améliore la biodiversité, tout en réduisant les émissions de carbone. Un autre projet a créé un produit de consommation courante qui est entièrement recyclable et fabriqué à partir de matériaux renouvelables.
La conception régénérative est une approche prometteuse pour créer des produits et services ayant un impact positif net sur l’environnement et la société. Les Lauriers de la régénération illustrent comment cette approche peut être mise en œuvre avec succès, grâce à des critères de sélection rigoureux, l’expertise d’un jury qualifié, et l’adoption de bonnes pratiques et de certifications reconnues. En suivant ces exemples, d’autres entreprises et organisations peuvent également contribuer à la régénération des écosystèmes et à l’amélioration du bien-être social.
Pour plus d’informations sur les Lauriers de la régénération et les projets lauréats, vous pouvez consulter les liens suivants :
Quand on est passionné de lecture, les livres ont rapidement tendance à s’accumuler sur nos étagères. Une fois lus et parfois relus, ils tombent dans l’oubli et peuvent parfois devenir encombrants… surtout quand on veut les remplacer par de nouveaux ouvrages ! Plutôt que de les laisser prendre la poussière, il existe des solutions concrètes. Donner, vendre ou recycler ses livres d’occasion permet non seulement de désencombrer son intérieur, mais aussi de s’inscrire dans une initiative solidaire. Voici trois belles façons d’offrir une nouvelle jeunesse à vos livres.
1. Donner ou revendre ses anciens livres via une plateforme spécialisée
Certaines plateformes, à l’instar de Recyclivre, proposent de donner ou revendre vos anciens livres à votre place. La démarche est simple et rapide : on remplit un formulaire et on planifie un enlèvement gratuit à domicile (dans les zones couvertes). C’est tout ! Les livres collectés sont ensuite revendus en ligne à un prix fixé selon leur état. Cerise sur le gâteau, une partie des bénéfices est reversée à des associations qui luttent contre les inégalités et l’illettrisme.
Ce type d’initiative séduit de plus en plus de Français adeptes de la seconde main.
2. Revendre soi-même ses livres en ligne ou en boutique
Pour ceux qui souhaitent tirer un revenu de leurs ouvrages, la revente directe est une bonne option. Plusieurs librairies proposent de racheter vos livres, généralement après une estimation visuelle ou sur photos transmises en ligne. La procédure n’occasionne pas de frais supplémentaires et permet de vendre une grande quantité d’ouvrages. Cependant, la plupart des librairies préfèrent rémunérer les vendeurs de livres d’occasion en bons cadeaux… ce qui est une aubaine quand on est un lecteur assidu !
Attention toutefois à l’état des livres : la couverture doit être intacte. Les pages écornées ou annotées sont également proscrites.
3. Offrir ses livres à des associations ou utiliser les boîtes à livres
Enfin, pour ceux qui ont envie de joindre l’utile à l’agréable, le don de livres permet de faire preuve de générosité tout en libérant sa bibliothèque. De nombreuses associations caritatives redistribuent les livres d’occasion aux personnes qui n’ont pas les moyens d’en acheter. Elles peuvent aussi les revendre à bas prix pour générer des revenus qui financeront des causes humanitaires.
Autre option : les boîtes à livres, de plus en plus présentes dans les quartiers, permettent de déposer le dernier roman que l’on a dévoré pour le mettre à la disposition de tous. C’est une belle manière de transmettre la culture en contribuant au sens collectif.
Une démarche écoresponsable en faveur de l’environnement
Don, revente ou recyclage : le seconde main est dans tous les cas une initiative écologique qui permet de rationaliser l’utilisation des ressources et de réduire les déchets.
En prolongeant la durée de vie de vos ouvrages, vous participez activement à l’économie circulaire et à une consommation plus durable. Et qui sait ? Le best-seller que vous avez tant aimé pourra devenir le coup de cœur de quelqu’un d’autre… qui aura envie de le transmettre à son tour !
Alors que les prix alimentaires restent volatils et que les filières sont confrontées à des pénuries croissantes, Slow Food publie une nouvelle note de position appelant l’Union européenne à repenser ses échanges en matière d’alimentation. Comprendre les raisons de l’échec du système commercial alimentaire actuel et construire une alternative s’inspirant de l’agroécologie, la souveraineté alimentaire et la relocalisationdes systèmes alimentaires.
L’échec du système commercial alimentaire actuel
Cette note de position« What’s the Deal? Making EU Agrifood Trade Work for Better Food Systems » (Pour une amélioration des systèmes alimentaires par les échanges agroalimentaires européens) explore la manière dont le modèle commercial mondial actuel (enraciné dans des marchés dérégulés, une agriculture tournée vers l’export et des entreprises très consolidées) nuit à la transition vers des systèmes alimentaires plus équitables et plus résilients, aussi bien en Europe que dans le reste du monde.
En tant que puissance mondiale, l’Union européenne joue un rôle clé dans l’entretien de ce modèle commercial délétère. Les politiques agroalimentaires actuelles affaiblissent la transition vers des systèmes alimentaires diversifiés, équitables et résilients.
Pendant ce temps, les tensions commerciales de 2025, déclenchées par les menaces sur les droits de douane américains, ont dévoilé la fragilité du système alimentaire mondial, un système si précaire qu’un seul gouvernement peut le renverser totalement et précipiter des millions d’individus dans la faim et la pauvreté. Mais les moments de crise mènent aussi à de nouvelles possibilités.
« L’instabilité des prix alimentaires et des filières à l’échelle mondiale est une conséquence directe de ce système commercial biaisé. L’UE doit se saisir de cette problématique pour passer à des systèmes alimentaires agroécologiques, locaux et socialement justes, »
Marta Messa, secrétaire générale de Slow Food.
La note de position de Slow Food s’ouvre sur les raisons de l’échec du système commercial alimentaire actuel, qui trouve son origine dans l’exploitation coloniale, la dérégulation et l’arrivée des grands groupes. Elle détaille les causes originelles de la crise actuelle, de l’industrialisation de l’agriculture à la libéralisation des marchés alimentaires et au traitement de la nourriture comme simple marchandise. En réponse, Slow Food offre une alternative puisant dans l’agroécologie, la souveraineté alimentaire et la relocalisation des systèmes alimentaires.
Trois grands axes de réforme
Nous avons identifié trois grands axes de réforme :
Mise en place de « mesures miroir » pour assurer que toutes les importations respectent les normes environnementales et sociales européennes
Fin des subventions à l’élevage industriel
Transfert de pouvoir par une plus grande responsabilité des entreprises et une démocratie alimentaire locale
Changer pour un système commercial juste
La note se conclut par des propositions politiques à mettre en œuvre pour un système commercial juste, respectueux du climat et enraciné dans les cultures alimentaires et la résilience communautaire.
Slow Food appelle à un changement radical dans les politiques commerciales européennes, un changement qui soutient :
L’agroécologie et des revenus plus équitables pour les exploitants par une politique agricole commune (PAC) réformée.
Des normes de production sociales et environnementales sur les produits alimentaires importés par des « mesures miroir ».
Des filières plus courtes et plus équitables faisant progresser l’autonomie des producteurs locaux et des environnements alimentaires.
La responsabilité, la transparence des entreprises et une régulation plus forte du marché.
La souveraineté alimentaire et l’agrobiodiversité, enracinées dans des cultures alimentaires et une gouvernance inclusive.
« L’Europe doit arrêter d’externaliser le véritable coût de sa consommation. Nous avons besoin d’une politique commerciale capable de nourrir les individus, pas les bilans financiers des entreprises, »
Sur quelle planète allons-nous vivre demain ? La Terre nous réserve de sacrées surprises. Ce film est un long-métrage documentaire inédit de 90 minutes. Il révèle les formidables pouvoirs d’adaptation de la Nature et comment nous, humains, pouvons l’accompagner. A découvrir le 8 Juillet à 21:10 sur France 2.
Synopsis
Notre nouveau monde révèle les formidables pouvoirs d’adaptation de la Nature face au réchauffement de la planète. Comment les écosystèmes se transforment, comment les animaux et les plantes se déplacent pour trouver de meilleures conditions et comment ils changent leurs comportements.
Sur tous les continents, des hommes et des femmes sont en première ligne. Confrontés aux évolutions rapides de leur environnement, ils trouvent des solutions pour s’adapter et accompagner les mouvements de la nature. Ils dévoilent pour nous ce nouveau monde en train de naître sous leurs yeux et nous redonnent de l’espoir.
Grâce à des effets spéciaux spectaculaires, ce film révèle aussi les métamorphoses des paysages : le déplacement des forêts, le voyage des coraux, le verdissement des montagnes après le retrait des glaciers… Autant de transformations qui dessinent peu à peu le visage de notre nouveau monde.
Louis est berger transhumant dans les Alpes. Il est en première ligne face aux transformations de la montagne. On est à la fin de l’été, les pâturages sont brûlés et asséchés par le soleil. Louis doit conduire son troupeau vers les plus hauts alpages. Sur son chemin, il dévoile pour nous son nouveau monde : la spectaculaire ascension de la forêt, la fonte inexorable des glaciers, leur remplacement par un nouvel écosystème plein de vie. Louis et tous les êtres vivants qui peuplent la montagne s’adaptent sous nos yeux aux multiples évolutions de leur monde.
John Creighton | Australie
John consacre sa vie à la préservation des wombats, ces marsupiaux emblématiques des forêts australiennes. En 2020, il était sur le front des plus terribles incendies que l’Australie ait connus, ravageant une surface équivalente à l’Angleterre et décimant sa faune. John revient sur ces événements dévastateurs et sur l’incroyable renaissance de la nature qui a suivi. Nous le suivons pendant les quatre années qui ont suivi les feux, témoin émerveillé de la résilience de la forêt et du retour inimaginable des animaux.
Mpayon Loibotong’u | Kenya
Mpayon est une bergère Samburu du nord du Kenya. De 2020 à 2023 elle a vécu la plus terrible sécheresse que cette région ait connue. Avec elle, nous suivons l’histoire de cette terrible épreuve, la disparition de l’eau et des pâturages et les conflits violents avec les éléphants qui s’en sont suivis. Pour y remédier, Mpayon et les siens doivent réinventer leur mode de coexistence avec la faune sauvage.
Masae Matsumoto | Japon
Masae est une pêcheuse Ama de la côte Pacifique du Japon. Elle appartient à une communauté de plongeuses en apnée qui récolte des coquillages dans des forêts d’algues. Aujourd’hui, le réchauffement des mers dans lesquelles elle pêche depuis son enfance provoque la disparition des algues et de ses précieux habitants. Nous suivons Masae dans son combat pour défendre les forêts sous-marines contre l’avancée inexorable d’un nouveau monde qui prend peu à peu sa place : le monde des coraux.
Anil Mistry | Inde
Anil est l’un des défenseurs de la plus vaste forêt de mangroves du monde, celle des Sundarbans en Inde. Confrontés à la recrudescence des cyclones et à la montée des eaux, les animaux sauvages qu’il protège sont contraints de se rapprocher des zones habitées par les humains. Cette nuit un tigre est entré dans un village, Anil a été appelé pour pacifier la situation et préserver le félin comme des vies humaines.
Chris Morgan | Alaska
Chris étudie le fonctionnement des écosystèmes et œuvre pour la protection des ours à travers la planète. Il nous emmène à la découverte de la transformation prodigieuse d’une immense région d’Alaska récemment sortie des glaces. Chris reconstitue pour nous le chemin parcouru par la vie pour former cet écosystème d’une richesse inouïe : un paradis pour les saumons, les baleines et les ours. Son voyage est une ode à la puissance de la nature et à ses formidables capacités d’adaptation…
Bande annonce
Note des auteurs
« À l’origine de ce film : une étude scientifique qui révélait que la moitié des espèces vivantes sur Terre étaient en train de changer de lieu de vie. Un mouvement considérable qui s’opérait sur terre et dans les mers sous l’impulsion du réchauffement de la planète. Cet incroyable phénomène nous a donné envie d’en savoir plus. C’était il y a trois ans.
Nous avons voulu savoir ce qui se passait réellement en ce moment sur Terre. Et nous nous sommes intéressés aux lieux les plus exposés au changement climatique. Les montagnes, les forêts, les océans, les zones arides et celles où les glaces se retirent…Nous voulions voir comment ces milieux naturels réagissaient, s’adaptaient ou comment ils déclinaient.
Alaska avant
Ce que nous avons appris en chemin nous a époustouflés et nous a donné de l’espoir.
Gilles Dufraisse et Frédéric Fougea
Alaska après
D’abord, l’immense réactivité du vivant. Beaucoup d’animaux et de plantes n’attendent pas. S’il fait trop chaud, ils vont là où la température est plus clémente. Si des territoires hospitaliers se dévoilent, ils s’en emparent immédiatement.
Ensuite la formidable résilience de la nature. Quand on lui laisse la place et le temps la nature se régénère très vite, même dans les lieux les plus dévastés. Avec des hommes et des femmes qui vivent ces bouleversements nous avons pu filmer ces stupéfiantes renaissances.
Et enfin la place des humains. Quand les conditions deviennent réellement difficiles, la coopération entre les hommes et leur environnement donne de magnifiques résultats, tant pour la nature que pour les humains. Nous pouvons agir et ça marche.
On sait aujourd’hui que de profondes métamorphoses des milieux et de gigantesques migrations sont en route. Et pourtant nos yeux ne peuvent les percevoir. Nous avons trouvé un moyen de les reconstituer, de révéler grâce à des effets spéciaux le spectacle du déplacement des forêts, du retrait des glaciers, du verdissement des montagnes.
Finalement, après trois ans de recherches, de repérages et de tournage aux quatre coins de la planète nous pouvons avec ce film révéler une réalité sensible de notre Terre : son visage se transforme, profondément et rapidement, et il donne naissance à un nouveau monde.
Canada avant
Notre Nouveau Monde célèbre la force et la résilience de la nature mais aussi la vitalité féconde du lien qui nous unit avec le vivant.
Gilles Dufraisse et Frédéric Fougea
Nous espérons qu’il sera une impulsion, au milieu de tant d’autres, pour nous donner l’envie et le courage de protéger plus et mieux la nature.«
Frédéric Fougea est un auteur, réalisateur et producteur de cinéma et de télévision français. Il consacre la plupart de ses films au monde vivant, à la grande histoire des humains et au lien entre l’humain et la nature. Ses œuvres ont remporté de nombreux prix internationaux, dont un Emmy Award.
Gilles Dufraisse est auteur, réalisateur et producteur de documentaires. Ses films traitent tous, d’une manière ou d’une autre, de notre relation au vivant. Toutes leurs images, leurs récits et les émotions qu’ils génèrent chez le public tournent autour de la même question : comment faire pour continuer à partager une planète habitable avec l’ensemble du vivant ?
L’appel du 18 juin 2025 pour une solidarité écologique, lancé par le collectif Nous sommes Vivants à l’occasion de la remise des Lauriers de la Régénération, souhaite rassembler entreprises, organisations non gouvernementales, collectivités territoriales et décideurs publics afin de contrer les offensives multiples des acteurs poursuivant des intérêts économiques à court-terme. Ce mouvement engagé pour le vivant, dans un modèle économique à impact contributif positif qui s’inscrit dans le temps long, est celui de l’économie régénérative.
Régénérer le Vivant, c’est-à-dire ne plus seulement arrêter ou moins détruire la Vie, mais contribuer à recréer une croissance du capital Vivant est devenu le défi clé de voûte de l’Humanité !
De ce défi dépend notre capacité à lutter contre les effets du dérèglement climatique, à lutter contre l’effondrement de la biodiversité, à améliorer la santé humaine. De ce défi dépend la vitalité de notre économie et de nos entreprises dépendantes de leurs écosystèmes naturels, sociaux et économiques.
« Les produits et les services récompensés aux lauriers de la génération 2025 montrent qu’il est possible d’avoir un impact environnemental, sociétal et économique positif. Les pratiques régénératives mises en place sont corrélées avec des impacts contributifs à la biodiversité et à la santé dans des modèles d’affaires économiquement viables dans le temps. Les modes de gouvernance sont souvent exemplaires pour permettre la coopération de tous les acteurs de la chaîne de valeur de leurs produits / services ». Jérémy Dumont, Président de Nous Sommes Vivants.
Cet Appel du 18 Juin invite à une union des acteurs de l’écologie en faveur d’une économie régénérative, autour de la régénération du vivant, de la coopération et d’une vision long terme plutôt que la prédation, la concurrence et la rentabilité pensée uniquement dans le court terme.
L’économie régénérative pour un triple impact !
L’économie repose sur trois capitaux interdépendants : naturel, social et économique. Pour réussir la transition écologique et sociale, il est crucial de changer de cap en reliant les enjeux économiques, sociaux et environnementaux.
La régénération vise à remettre le vivant au cœur de chaque décision économique, en mobilisant une coalition de parties prenantes autour d’une activité ancrée dans un territoire.
Les modèles économiques régénératifs s’ajoutent aux modèles durables et circulaires, mettant l’accent sur les systèmes socio-écologiques et une compréhension de la planète comme un système vivant.
Les pionniers de l’économie régénérative
Les pionniers de l’économie régénérative sont à l’avant-garde de cette économie. Ils s’engagent activement à régénérer le vivant au sein de leurs écosystèmes. Ces entreprises proposent des modèles économiques permettant de rentabiliser les actions régénératives dans le temps, en développant de nouveaux produits et services contributifs au climat, à la biodiversité et à la santé, conçus en collaboration avec les parties prenantes de leur chaîne de valeur.
Les lauréats 2025 montrent que c’est possible de régénérer le vivant tout en étant économiquement viable.
Les entreprises et les acteurs publics sur les territoires les plus engagés sont déjà en mouvement. L’heure est au renforcement de ce mouvement pour promouvoir une économie régénérative plus écologique, plus solidaire, plus juste.
Un effort collectif est essentiel pour accélérer notre transformation écologique d’ici 2030 et atteindre nos objectifs de régénération dans les dix années à venir.
Ensemble, faisons de la régénération une réalité dans le monde économique d’aujourd’hui et pour les générations futures.
Les premiers signataires :
L’appel du 18 juin pour le vivant en faveur de l’économie régénérative a été signé par :
Cécile Galoselva, Fondatrice et présidente d’ETIC-Foncièrement Responsable
Guillaume Dietenhoeffer, Directeur France, The Week
Christian JORGE, ceo et cofondateur de Omie et Foodyssey et cofondateur de Vestiaire Collective
Florent Courau, shifter, ceo Tek4life
Jacques-Yves DARDUN, KULEANA Consultant
Mathieu Castaings Co-Président du Mouvement des Entreprises Ecologiques, Sociales et Solidaires
Laurent MELLAH, président CPC AuRA (membre FNCPC), fondateur SERVICE&SENS
Vincent Kraus, Cofondateur de FEVE
Philippe Schiesser, Fondateur d’Ecoeff Lab et d’InterScores, animateur du GT écoconception régénérative à la Climate House
Pierre BERNEUR, président d’Humo Sapiens
Andreea Fauchille – Lively Insights
Mathieu Maréchal – Fertilidée
Adrien Ruffino – Soliderrance, Agence de voyages solidaires et régénératifs
Albane ROUSSOT – KAP, pouvoir d’agir en territoires
Sofyan Martin, fondateur de Regen Studio
Géraldine Vuillier, co-fondatrice Fresque de la Biodiversité
Ambroise Collon, co-fondateur et Directeur Général de Les Nouveaux Géants
Maëlle Chassard, cofondatrice et dirigeante de Lunii
Pour Jérémy Dumont, fondateur du Collectif Nous sommes Vivants qui a initié les Lauriers de la Régénération en 2024, « la régénération s’incarne dans des alternatives viables économiquement qui contribuent à la résilience des territoires et la régénération du vivant ». Les projets menés par les collectivités territoriales, qui contribuent à la qualité de vie des habitants dans de nouvelles relations mutuellement bénéfiques, peuvent aussi s’inscrire à l’édition des Lauriers de la Régénération 2025.
Les lauriers 2025 de la régénération du vivant pour récompenser les innovations net positives
Les produits et plus largement les offres de service et les projets lancés dans le monde depuis dix ans démontrent que la régénération s’incarne dans des alternatives à impact positif avec un business model qui permet aux parties prenantes de vivre décemment de pratiques écologiques sans pour autant systématiquement coûter plus cher. C’est une tendance émergente en France.
Dans cette nouvelle économie régénérative, les entreprises et collectivités locales réunissent l’ensemble de leurs parties prenantes pour accroitre la capacité du vivant, humain et non-humain, à délivrer des services socio écosytémiques sur un territoire : climat, eau, sols, biodiversité, nutrition, juste rémunération, éducation …
Ces services rendus par les humains en connexion avec la nature visent à permettre aux êtres vivants (dont les humains) d’atteindre leur plein potentiel dans leur écosystème. Les Lauriers de la régénération souhaitent mettre en lumière ces initiatives.
Transformer son business model passe par l’abandon des produits, services et projets délétères et le lancement de produits / services et projets régénératifs du vivant
Des produits qui intègrent, dès leur conception, les responsabilités de l’entreprise devant la nature et les générations futures.
Des produits et services qui contribueront à la régénération de la nature (dont les humains) à l’horizon de 3, 5 à 10 ans tout en restant viable économiquement à court et long terme.
Des initiatives qui transformeront l’entreprise progressivement en entreprise régénérative au fil des innovations lancées en mesurant les impacts des nouvelles pratiques mises en place.
Lauréats et Coups de cœur2025 des Lauriers de la Régénération
Les organisations pionnières de la régénération peuvent déposer un dossier de candidature qui sera soumis à un jurypour sélectionner celles le plus à même d’inspirer d’autres organisations dans plusieurs secteurs d’activité.
Peuvent candidater, gratuitement, les marques, structures, organisations qui ont des produits ou services issus de pratiques régénératives déjà commercialisés sur le marché ou des collectivités ayant lancé des projets à visée régénérative sur un territoire.
Les critères d’éligibilité sont :
Pratiques régénératives concrètes mises en place et résultats économiques constatés
Impacts contributifs constatés à la fois sur la nature ET les humains
Engagements avérés et certifiés via des labels
Limitation des impacts négatifs proche de zero et impacts positifs sur un territoire
Clarté sur les services socio écosystémiques visés avec une filière / coalition
Les organisations pionnières du mouvement régénératif ont mis en place, avec la contribution de leurs parties prenantes, des pratiques favorisant la régénération de la nature comme des humains en respectant les principes communs à tous les systèmes vivants.
L’entreprise régénérative nécessite un changement de modèle mental. Sortir de la prédation des ressources naturelles, humaines mais aussi financières. Adopter la régénération dans une logique de prendre soin du vivant
Jérémy Dumont – Fondateur du Collectif Nous sommes Vivants
Comment prendre le leadership régénératif du vivant ?
Réconcilier Économie et Écologie : « l’activité économique contribue aux écosystèmes et au vivant qu’ils hébergent : de la biodiversité à la santé humaine« .
L’offre commerciale 1er levier de transformation : « ces produits / services issus de pratiques régénératives du vivant transformeront progressivement l’entreprise au fil des innovations lancées ».
Poser un cadre pour guider l’action : « un cadre qui permet à la régénération d’émerger au sein d’une nouvelle gouvernance, de type Bcorp et plus largement l’ESS«
Les lauriers de la régénération 2024
En France, tous les pionniers du mouvement régénératif identifiés sont en lien direct avec la nature (agriculture, alimentation, alcools dont vins, textile, cosmétiques, tourisme, construction,…).
Ils ont mis en place des pratiques régénératives aussi bien envers la nature que les humains. Ce qui ne signifie pas que les principes de la régénération ne sont pas opérants pour des organisations avec un lien moins direct avec la nature (en savoir plus)
EN QUOI LES BUSINESS MODELS RÉGÉNÉRATIFS DIFFÈRENT-ILS DES BUSINESS MODELS DURABLES OU CIRCULAIRES ?
Axylia dévoile la cinquième édition de l’indice pionnier Vérité40 qui distingue les 40 entreprisesfrançaises cotées capables de payer leur facture carbone à partir de leur rentabilité d’exploitation,présente et à venir. Ce classement est basé sur le Score Carbone Axylia®, une méthodologierobuste et stable dans ses principes depuis 2019, quiconvertit les émissions de CO2 des entreprises (scopes 1,2 et 3) en euros.
La Facture Carbone est obtenue en multipliant les émissions de CO2 par le coût du CO2e défini par le GIEC (148 €/t en 2024), puis rapportée à l’EBITDA pour déterminer le Risque Carbone.
Axylia évalue la capacité às’acquitter de la facture carbone et de la stabiliser dans letemps, sur une échelle de A à F. Plus le risque financier liéà la tarification du carbone d’une entreprise est élevéet/ou plus l’entreprise ne diminue pas assez rapidementses émissions de CO2e, plus le Score Carbone sera prochede F.
1. Le Vérité40 présente une Facture Carbone de 28 € pour 100 € d’EBITDA, plus de 3 fois inférieure à celle du CAC40. 2. Depuis 2019, les entreprises du Vérité40 ont réduit leurs émissions de 21% contre seulement -1% pour celles du CAC40. 3. A l’horizon 2030, le Vérité40 suit une trajectoire plus ambitieuse que le CAC40 : sa Facture Carbone continue de baisser, ce qui traduit bien une réduction des émissions conforme à l’Accord de Paris alors que le coût du CO2 augmente. 4. Résultat : le Vérité40 obtient un Score Carbone de A et est aligné avec l’Accord de Paris. Le CAC40, en revanche, suit une trajectoire supérieure à +2°C et obtient un Score Carbone de D.
« Le classement révèle une vérité aussi simplequ’implacable et incontestée depuis 2019 : si uneentreprise ne peut pas assumer le coût réel de sesémissions de CO2, alors son modèle économique ne seraitpas viable dans un monde aligné sur les objectifsclimatiques. En clair, elle vit à crédit environnemental.
Cette 5ème édition montre que certaines entreprisesamorcent une véritable transition quand d’autresmanquent encore de transparence. Le Score Carboneexprime en termes simples le futur climatique et pousse àagir en conséquence».
Vincent Auriac, président-fondateur d’Axylia
CONSTRUCTION DE L’INDICE : Étape 1 : à partir des 120 premières capitalisations boursières françaises, calcul, pour chaque entreprise du Score Carbone Axylia®, de A à F. Étape 2 : les Scores Carbone de D, E, F et ND sont écartés. Étape 3 : sélection des meilleures entreprises par secteur, à partir de la capitalisation boursière et du Score Carbone.
Vérité 40 à l’heure du bilan : la valeur carbone devient le nouvel indicateur financier
Cinq ans après son lancement, l’indice Vérité 40 s’impose comme le seul indicateur qui intègre enjeu climatique et rentabilité financière.
Intégrant un coût du carbone validé par le co-auteur du GIEC FrançoisGemenne, conseiller scientifique d’Axylia, il s’agit du seul indice français aligné à l’Accord de Paris, établissant si les entreprises baissent leurs émissions au bon rythme, une exigence devenue centrale. 22entreprises du CAC40 utilisent désormais le Score Carbone, preuve de son adoption par les émetteurs majeurs.
En 2024, Axylia a fait de la méthodologie Vérité un placement financier. Ainsi, Axylia a lancé en avril avec Natixis le certificat Vérité 100, largement diversifié sur l’Europe. Avec un an de recul, sans gestion active, le produit surperforme de 3% la moyenne des fonds ISR ! Axylia réinvente l’ISR sans utiliser dequestionnaires ESG de 50 pages ni de notations complexes.
Axylia travaille avec 4 plateformes digitales bien connues au lancement d’un fonds grand public, disponible en assurance vie et PER.
Vérité40, les 40 meilleures entreprises du CAC40 capable de payer leur facture carbone.
Les faits marquants de l’édition 2025
Méthodologie : donner un coût au carbone révèle des ordres de grandeur financiers encore largement sous-estimés par les marchés. Le Vérité40 présente une Facture Carbone de 28 € pour 100 € d’EBITDA, plus de 3 fois inférieure à celle du CAC40. De plus, pour la première fois, la trajectoire de décarbonation des entreprises complète le critère historique du risque carbone.
Sélectivité renforcée : 15 entreprises du CAC 40 sont absentes de l’indice, dont Stellantis, Airbus,TotalEnergies, ArcelorMittal, en raison de leur risque carbone ou de l’absence de trajectoire crédible.
Trajectoires vertueuses : des groupes comme Engie, Schneider Electric et Safran montrent des baisses significatives de leur facture carbone, confirmant l’efficacité de stratégies climatiques ambitieuses.
Opacité persistante : malgré la CSRD, 12 % de la capitalisation de la Bourse de Paris ne publie toujours pas d’inventaire complet des émissions de CO2, notamment les banques et assureursfrançais, en retrait sur leurs concurrents européens.
Diffusion croissante : 22 entreprises publient désormais leur Score Carbone, contre 2 en 2021, signe d’une appropriation continue de l’indicateur.
Émergence de leaders : de nouveaux leaders du risque carbone se dessinent, portés par la transparence, la stratégie et la responsabilité comme Danone, Getlink et Schneider Electric.
Alignement : le Vérité40 demeure le seul indice boursier français véritablement aligné à l’Accordde Paris.
Reconnaissance de place : le Score Carbone a été référencé par le Guide de l’analyse de la performance de la décarbonation de l’Institut de la Finance Durable, la méthodologie reprise dans le guide “Cost of Inaction” pour les CEO du WEF de Davos et le dernier rapport Quinet.
Les coups de cœur del’édition 2025
Les coups de cœur del’édition 2025 Le Risque Global (exprimé en %) inclut à parts égales le risque carbone actuel et la valeur projetée de laFacture Carbone en 2030.
Axylia, 20 ans au service de la finance responsable
Depuis 20 ans, Axylia construit une finance plus responsable et lucide toujours alignée sur les attentesdes clients. Ce parcours a été jalonné de réalisations marquantes : des publications de recherchepionnières, la création du Score Carbone en 2019, le lancement du Vérité 40 en 2021, la labellisation BCorp en 2023, puis le lancement du certificat Vérité Europe 100 en 2024. Mais ce chemin n’a pas été sansobstacles : le greenwashing persistant et une réglementation parfois confuse ont pénalisé les acteurs les plus sincères et freiné les avancées d’un secteur pourtant crucial pour l’avenir.
Fort de cette expérience, Axylia envisage l’avenir avec ambition : faire du score carbone un standard de marché et accélérer le développement de la trésorerie verte, pour permettre aux personnes morales comme aux particuliers de concilier performance financière et impact climatique. Vingt ans d’engagement et d’innovation posent lesbases d’une ambition renouvelée d’outils financiers plus exigeants, plus transparents et plus utiles.
En règle générale, la rédaction d’un mémoire fait partie des travaux imposés à l’étudiant en fin de formation. La plupart du temps, il s’agit d’un travail personnel de recherche, dont le fruit est imprimé sur un support papier. Vous êtes-vous déjà demandé quel est l’impact environnemental de l’impression d’un mémoire ? Voici quelques solutions pour limiter cet impact.
Choisir une solution d’impression écoresponsable
Les travaux d’impression ont un impact direct sur l’environnement à travers la consommation d’énergie, la pollution de l’air et le rejet dans la nature de solvants et autres déchets chimiques. Les ressources de la planète n’étant pas illimitées, il est souhaitable d’adopter une démarche plus respectueuse de l’environnement en optant pour une impression écoresponsable. Pensez donc à contacter un prestataire sérieux et professionnel pour tous vos travaux d’impression de mémoire.
Quelles sont les caractéristiques de l’impression écoresponsable ?
L’impression écoresponsable consiste, par exemple, à privilégier le papier labellisé PEFC (Programme for the Endorsement of Forest Certification schemes). Il s’agit d’un papier recyclé dont l’utilisation contribue à limiter la production de déchets. D’ailleurs, les papiers recyclés sont désormais lisses et agréables au toucher. Pour un projet d’impression, vous pouvez aussi privilégier un prestataire qui utilise de l’encre végétale, c’est-à-dire, un mélange provenant de végétaux et qui ne contient pas d’hydrocarbures. De nombreux imprimeurs disposent du label Imprim’Vert et s’engagent à utiliser des produits non toxiques, tout en assurant une excellente gestion des déchets.
Miser sur une reliure durable
Hormis les travaux d’impression, vous pouvez aussi confier la reliure de votre mémoire à un prestataire qualifié. Ce dernier se chargera de vous livrer un résultat correct et parfaitement durable. Quelle reliure choisir pour votre mémoire ?
Le livre relié
En version standard ou premium, le livre relié constitue une solution durable, mais aussi élégante pour la finalisation de votre mémoire. Selon le modèle choisi, il présente un aspect cuir avec un gaufrage personnalisé et des protège-coins. De plus, la rigidité de la couverture lui assure une meilleure résistance aux manipulations, que ce soit pendant la présentation ou lors de consultations ultérieures.
La reliure thermocollée
La reliure thermocollée est aussi une solution intéressante pour protéger votre mémoire et garantir sa durabilité dans le temps. Souvent muni d’un dos cartonné, le mémoire thermocollé résiste aux manipulations les plus poussées et peut se conserver longtemps dans une bibliothèque.
La reliure spirale
En dehors des solutions précédentes, la reliure spirale métallique peut aussi être utilisée dans le cadre de la présentation finale de votre mémoire. Cette solution séduit principalement par son accessibilité et sa résistance. Par ailleurs, elle est conseillée si vous devez faire imprimer un grand nombre d’exemplaires. Elle s’accompagne généralement d’un film frontal transparent et d’un dos en couleur.
Confier son travail à un professionnel
Si vous avez un projet d’impression ou de reliure, adressez-vous prioritairement à un professionnel. En plus de réaliser un travail minutieux, ce dernier met en œuvre une solide expérience sur plusieurs aspects : le choix du papier adapté, l’utilisation efficace des encres, la bonne gestion des déchets issus de l’imprimerie ou le choix de l’impression 3D. Ces différents éléments s’inscrivent d’autant plus dans une approche écoresponsable qui contribue à protéger l’environnement.
Toute entreprise est tôt ou tard confrontée au défi du changement. C’est le cas lors de l’engagement dans une stratégie RSE qui nécessite une implication des équipes. Mais modifier ses habitudes n’est jamais une mince affaire. Malgré les bénéfices potentiels annoncés, la RSE signifie aussi effort supplémentaire et peut même provoquer la crainte1. Certains collaborateurs peuvent privilégier la continuité à l’incertitude de la transition. Pour réussir ce défi que représente une stratégie RSE, la clé est d’impliquer et d’accompagner les équipes tout au long du processus. Dans ce rapport de la Chaire à Impact Positif, les 3 principaux leviers sont présentés pour permettre aux réfractaires de recevoir positivement cet appel au changement.
« Une entreprise peut avoir une stratégie RSE en « béton » et se faire critiquer en interne. Pas frontalement. En silence. Dans les couloirs ou à la machine à café. Une blague, un soupir, un regard qui fuit. Et surtout : des salariés qui n’embarquent pas. Qui disent oui en salle de réunion mais qui font non dans les faits« .
Thomas PINET, auditeur qui veut rendre la CSRD opérationnelle pour tous, sans migraine, pense que « ce n’est pas de la mauvaise volonté ni un problème de communication. C’est juste une stratégie qui n’a pas touché les vraies tensions du système.
Si tu veux embarquer les sceptiques ? Commences par les prendre au sérieux.
Thomas PINET, auditeur qui veut rendre la CSRD opérationnelle pour tous
Profil 1 « Qu’est-ce que je gagne à m’impliquer ? »
2- Le pragmatique : « ça va ralentir le business ».
Profil 2 « C’est risqué pour le business »
3- Le sceptique : « on va encore faire semblant« .
Profil 3 « C’est aux décideurs d’agir ! »
Plutôt que de les percevoir comme des opposants, il est possible de considérer qu’ils sont des « capteurs de vérité » qui montrent ce qui n’est pas clair dans la stratégie RSE de l’entreprise. « Ce qui n’est pas incarné, aligné. Et tant que ça n’est pas vu, le risque est de s’épuiser à convaincre. La bonne question n’est pas comment mieux expliquer. C’est qu’est-ce que cette résistance révèle de la stratégie RSE ?«
Les causes principales de la résistance au changement R. Soparnot (2013). Les effets des stratégies de changement organisationnel sur la résistance des individus, Recherches en Sciences de Gestion, N° 97
Pour y répondre, il faut un outil de transformation : une analyse de matérialité sociale
L’analyse de matérialité sociale part du modèle économique, puis cartographie les tensions, les peurs, les frictions. Elle identifie là où la croissance a généré une dette (structurelle, organisationnelle, humaine, environnementale etc…) qu’il faut absolument régler pour pouvoir repartir en croissance.
L’analyse transforme une posture défensive en dynamique collective.
Thomas PINET, auditeur qui veut rendre la CSRD opérationnelle pour tous
Transition écologique et sociale juste Défis et opportunités pour les entreprises et les salariés
68% des salariés français considèrent que la transition écologique et sociale représente plutôt une opportunité pour les entreprises
Après avoir traité des modalités de transformations durables des modèles économiques, la chaire Impact Positif d’Audencia ouvre le chapitre de la transition écologique et sociale juste.
Les organisations ont intégré de façon croissante les enjeux écologiques. Cependant, la justice sociale n’est pas encore suffisamment intégrée au cœur des modèles économiques.
Ce nouveau cycle d’études s’ouvre avec trois questionnements :
Quelles sont les perceptions de la transition écologique et sociale juste pour les salarié(e)s français(e)s ?
Quelle est la contribution attendue des entreprises par les salarié(e)s ? Sur quels périmètres et enjeux doivent-elles s’impliquer ?
Quels sont les principaux défis et obstacles pour agir en faveur d’une transition écologique et sociale juste ?
Stratégie RSE : comment embarquer en interne & dans la durée ?
L’objectif de cette étude est de comprendre les leviers d’implication et d’embarquement des collaborateurs dans la durée, dans la stratégie RSE* (Responsabilité Sociétale des Entreprises) de leur entreprise.
Comment impliquer les membres d’une entreprise engagée dans une démarche RSE dans la durée ? Quels sont les freins et les leviers concrets pour passer à l’action collectivement ?
Identifier et prioriser ses enjeux RSE pour construire une stratégie RSE et créer un impact positif
L’analyse de la matérialité
La chaire Impact Positif d’Audencia a accompagné le Crédit Agricole Atlantique Vendée dans la réalisation d’une nouvelle version de sa matrice de matérialité.
Forte de cette expérience, la chaire Impact Positif a décidé de créer un guide pour sensibiliser les entreprises ou organisations à l’intérêt de l’analyse de la matérialité et à les outiller au déploiement de la méthode pour structurer leur stratégie RSE et in fine créer un impact positif.
En plus de lutter contre toutes les formes de pauvreté, d’inégalité et d’exclusion, en France et dans le monde, le Secours Catholique-Caritas France (SC-CF) milite également pour une transition écologique “juste et fraternelle” ! L’inaction est profondément injuste car ce sont les plus pauvres qui subissent le plus les effets des crises écologiques. D’où cet appel à un changement de modèle, replaçant la solidarité et la coopération au cœur de nos priorités, en rupture avec une logique fondée sur la consommation et la compétition. Daphné Chamard-Teirlinck, Responsable Transition Écologique Juste au Secours Catholique – Caritas France, a accepté de répondre aux 9 questions essentielles Cdurable.
Ce texte, publié en 2015 appelle à protéger la planète et à lutter contre les injustices sociales. Il a marqué un tournant en engageant fortement l’Église catholique dans le débat écologique mondial, en soulignant notamment l’impact des dérèglements climatiques sur les plus pauvres.
Dans les années 2010 en particulier, a émergé dans le monde une “génération climat” prête à vivre en cohérence avec ses valeurs écologiques tant au niveau personnel que professionnel, spirituel et politique. Dans l’Église aussi, les mentalités évoluent et une voix forte émerge, portée notamment par l’élan de l’encyclique du Pape François Laudato Si’.
✨ Moyens sympas et nouveaux de lancer la conversation Vous ne savez pas comment commencer ? Essayez ces cinq moyens simples de briser la glace : géniaux pour les réseaux sociaux, les groupes de croyants ou des conversations informelles : 🌿 « La “sauvegarde de notre maison commune”, ça veut dire quoi pour toi ? » 🌍 « Si tu pouvais changer une seule chose dans la façon dont nous traitons la Terre, ça serait quoi ? » 🌱 « Sois honnête… tu as déjà parlé à une plante pour l’aider à pousser ? Tu lui as dit quoi ? Ça a marché ? » ✨ « Tu vois de l’espoir où quand il est question de climat et d’environnement ? » 📲 « Je viens d’apprendre qu’il y a plus de 50 ans, le pape Paul VI a dit qu’on avait besoin d’un changement radical pour protéger la Création. Tu savais que les papes parlent de l’environnement depuis des décennies ? »
Plusieurs mouvements, comme leMouvement Laudato Si’, Église Verte ou Lutte et Contemplation, œuvrent pour encourager la conversion écologique, promouvoir des modes de vie plus sobres et mobiliser les communautés chrétiennes en faveur de la protection de la création et de la solidarité avec les plus vulnérables.
La transition écologique ne peut être juste que si elle prend en compte à la fois les limites de la planète et les droits fondamentaux des individus, en garantissant un accès équitable aux ressources vitales.
d’une part, permettre à chaque être humain de vivre dignement, dans le respect des droits fondamentaux de chacun : “le plancher social”
d’autre part, prendre en compte les limites planétaires pour préserver les ressources vitales : « plafond écologique »
L’inaction face à la transition serait injuste : ce sont toujours les plus pauvres qui subissent le plus durement les crises écologiques, la transition doit être conduite de manière équitable.
Justice sociale et engagement écologique
L’association dispose de solides atouts pour articuler justice sociale et engagement écologique : un réseau profondément ancré dans les territoires et connecté au monde, une expertise reconnue sur la pauvreté, une capacité d’expérimentation au plus près du terrain avec des modes d’actions pionniers qui ont fait leurs preuves.
La capacité du Secours Catholique-Caritas France à accompagner la dimension spirituelle est aussi une valeur ajoutée pour mobiliser et sensibiliser.
L’ancrage ultramarin et les partenaires internationaux jouent un rôle de vigies, tout comme les plus vulnérables en métropole. Diverses expériences — factures d’énergie insupportables, difficultés de mobilité, insécurité alimentaire —, témoignent des effets concrets des crises écologiques et sociales. Cela situe le SC-CF, en première ligne pour recueillir et analyser, afin d’en témoigner, voire d’interpeller.
Quelles voies pour une transition écologique juste ?
Enfin, des solutions s’inventent pour développer de nouveaux savoir-faire à tous les niveaux : agro-écologie, éco-lieux, gouvernances alternatives, mobilité en milieu rural, accès digne à l’alimentation … Ces projets, souvent construits à l’initiative des personnes concernées, et leur développement donnent lieu à des partenariats locaux, nationaux et internationaux qui renforcent le pouvoir de vivre de chacun et permettent un changement durable.
Le SC-CF continue à développer et à renforcer ses façons d’agir à tous les niveaux :
à l’échelle locale : par exemple pour demander de développer des services de proximité, des transports en commun, anticiper les impacts des canicules, etc),
à l’échelle nationaleet internationale : notamment à travers les COP auxquelles ils participent depuis 10 ans et les études menées avec leurs partenaires internationaux.
Questions Cdurable à Daphné Chamard-Teirlinck, Responsable Transition Écologique Juste du Secours Catholique – Caritas France
Questions Cdurable ! ou c’est pas durable ?
Au delà des communiqués, qui ne présentent souvent que le « meilleur », et du développement durable, qui ne fait que tenter de réduire les impacts négatifs d‘une croissance volumique, nous nous intéressons aujourd’hui, 20 ans après la création de Cdurable.info, aux questions essentielles. Alors Cdurable ou pas ? 9 questions qui nous invitent à Comprendre pourquoi Agir & Coopérer avec le vivant, Cdurable !
Daphné Chamard Tierlinck, chargée de projet Mobilité
Daphné Chamard-Teirlinck, la Responsable du département Transition Écologique Juste au Secours Catholique-Caritas France, reprend cet engagement marquant, les enjeux autour de cette transition écologique et sociale vis-à-vis des plus vulnérables et les actions nécessaires pour poursuivre cette impulsion. Elle a accepté de répondre aux neufs questions Cdurable, essentielles comme les neufs besoins fondamentaux des êtres vivants dont les humains que nous sommes …
1 – Quelle est la nature de ma relation avec le vivant ?
Je me sens profondément reliée au vivant. Pas au-dessus, pas à côté, mais pleinement dans ce tout complexe et fragile. Cette conscience me pousse à adopter une posture d’humilité : il ne s’agit pas de « gérer » ou « exploiter » ce qui m’entoure, mais d’en prendre soin, avec responsabilité. C’est une relation faite de respect, d’écoute et de réciprocité.
2 – Quels sont mes besoins et choix d’alimentation ?
Je suis en chemin. J’essaie, autant que possible, de privilégier une alimentation végétarienne, faite maison, avec des produits achetés au marché. C’est un équilibre à construire chaque jour, en fonction du temps, du budget, de l’accès. Il y a encore du progrès à faire, mais cette démarche me semble essentielle : manger autrement, c’est aussi habiter autrement le monde.
3 – Quel est mon type d’habitat actuel et idéal ?
J’habite dans un appartement récent en ville, avec pas mal d’espaces verts autour (enfin pour l’Île-de-France !). Le chauffage est assuré par géothermie, ce qui réduit considérablement ma facture énergétique. Je mesure la chance que j’ai : tout le monde ne bénéficie pas de ce confort, ni de ce type d’infrastructure.
Mon habitat idéal serait plus proche des éléments, avec une présence plus directe de la nature au quotidien.
4 – Quelle activité physique favorise mon bien-être et ma santé ?
Le vélo fait partie de mon quotidien : c’est mon mode de transport, mais aussi un moyen de m’aérer, de penser à autre chose, de respirer. Et pour apaiser l’esprit, je pratique le yoga. Cette combinaison m’aide à garder un équilibre entre mouvement et ancrage.
J’ai commencé par reposer les bases : comprendre les faits scientifiques, les ordres de grandeur, les implications. L’appropriation de la méthodologie Bilan Carbone a été un point de départ. Les vulgarisations des rapports du GIEC m’ont permis de mieux saisir les enjeux. Le donut de Kate Raworth m’a aussi profondément marquée : ce cadre économique propose de penser la prospérité humaine entre deux limites — un plancher social à ne pas franchir (droits, santé, éducation, logement…) et un plafond écologique à ne pas dépasser (climat, biodiversité, ressources…).
Le Donut de Kate Raworth est une boussole précieuse pour penser une société au service de l’humain et du vivant.
Je m’appuie aussi sur des études concrètes, comme par exemple les travaux du Réseau Action Climat sur les impacts concrets des dérèglements climatiques dans les territoires. Et je crois profondément aux savoirs issus de l’expérience : celles et ceux qui vivent dans la galère ont des choses à dire sur les ressources, les arbitrages, la débrouille. Il faut les écouter.
6 – Quel est le sens que je donne à mon travail ?
En tant que responsable de la transition écologique juste, mon travail consiste à penser et porter une écologie qui ne laisse personne de côté. J’agis à la croisée de deux urgences : sociale et écologique. Ce qui me fait tenir, c’est de sentir que je participe à un projet plus grand que moi, dans une dynamique profondément collective. L’énergie vient du groupe : chacun apporte une histoire, un angle, un engagement. On avance ensemble, parfois lentement, mais avec cohérence et détermination.
7 – Quelle énergie j’utilise pour mes usages et besoins ?
Je ne possède pas de voiture : je me déplace principalement à pied, à vélo, et en transports en commun. C’est une démarche qui correspond à mes convictions, mais aussi à mon mode de vie urbain. La marche fait pleinement partie de mon quotidien, tant professionnel que personnel. C’est une manière douce de se déplacer, qui ancre dans le réel, permet de penser et d’observer. Le vélo est un atout précieux en complément, à la fois rapide et libérateur.
8 – Quelle est mon implication personnelle pour l’intérêt général ?
Je suis engagée dans l’association de parents d’élèves et dans des démarches citoyennes à l’échelle de ma ville. Ce sont des espaces concrets où l’on peut peser sur les choix collectifs, porter les préoccupations de terrain, faire avancer les choses pas à pas. Dans mon métier, je vois combien l’action locale, lorsqu’elle est nourrie de ce que vivent vraiment les gens, peut transformer les politiques publiques. Il ne s’agit pas seulement de représenter, mais de construire avec. Cette proximité me semble essentielle à toute transformation durable. Mais pour que cette action locale advienne, il faut bien souvent un soutien national voire international, c’est bien l’articulation de l’ensemble des échelles qui me semble passionnant.
9 – Quels sont mes liens de coopération et ma participation au bien commun ?
Je crois au croisement des savoirs : ceux des sciences, ceux des pratiques de terrain, et ceux nés de l’expérience de vie. C’est en les mettant en dialogue qu’on construit des réponses justes, solides, durables. C’est aussi l’approche portée par le Secours Catholique, dans lequel je suis engagée : une organisation qui place au cœur de son action les personnes les plus pauvres, non comme des « bénéficiaires », mais comme actrices à part entière de la transition. La valeur ajoutée du Secours Catholique, c’est cette capacité à faire entendre les voix invisibilisées, à construire une écologie à partir des marges, et à porter une exigence de justice qui transforme les politiques autant que les imaginaires.
10 – Carte blanche : quel est le message essentiel que vous souhaitez faire passer à nos visiteurs ?
Allez à la rencontre de celles et ceux qui semblent loin de ces sujets.
Derrière les apparences, on découvre un vrai sens de l’engagement, un besoin de lien, une quête de beauté, une soif de re-connexion. Ce sont les plus précaires qui ont le plus besoin que la transition écologique advienne — et pourtant, ce sont ceux qu’on en tient le plus éloignés. Réparer cette injustice, c’est une urgence politique et humaine.
Dans un contexte marqué par le réchauffement climatique, la forte hausse des prix et le renforcement de la réglementation, réduire sa consommation énergétique permet à une entreprise de limiter son empreinte carbone, de maîtriser ses coûts et de rester en conformité. Voici les actions à mettre en œuvre pour y parvenir.
Suivre ses dépenses énergétiques
L’optimisation énergétique repose en grande partie sur des données. Ces dernières peuvent être obtenues grâce aux factures des fournisseurs, mais aussi collectées par des capteurs et analysées grâce à un logiciel de gestion énergétique.
Vérifier l’évolution des factures d’énergie
Une entreprise qui veut réduire ses dépenses énergétiques doit tout d’abord analyser ses factures d’électricité et de gaz. Des écarts de consommation inexpliqués d’un mois à l’autre, ou entre deux sites similaires, peuvent mettre en lumière des possibilités d’optimisation.
Utiliser un outil de suivi énergétique
Une solution efficace consiste à s’équiper d’un outil de gestion énergétique comme DeltaConso Expert. Il communique avec les infrastructures, les équipements et les logiciels afin de centraliser l’ensemble des données dans un tableau de bord. L’outil assure ainsi la mesure globale des performances énergétiques d’une entreprise. Grâce à un logiciel de suivi de la consommation d’énergie, il est possible de fixer des objectifs, de recevoir des alertes en temps réel par SMS ou e-mail en cas d’anomalie, mais aussi de comparer les performances entre les bâtiments.
Moderniser les infrastructures et les équipements
Au-delà du monitoring énergétique, des actions concrètes peuvent être engagées. L’entreprise peut améliorer l’isolation de ses locaux ou renouveler son matériel.
Améliorer l’isolation des locaux
La modernisation des locaux contribue à l’amélioration des performances énergétiques. Une excellente isolation thermique évite les pertes de chaleur, notamment par les fenêtres, les murs ou la toiture. Des éclairages et des thermostats intelligents permettent de réduire la consommation d’énergie. Installer des panneaux solaires peut aussi être envisagé si la surface disponible l’autorise. Il existe des aides pour faciliter le financement d’un projet de rénovation énergétique.
Renouveler le matériel
Réduire ses factures d’électricité est également possible grâce au renouvellement du matériel. Au cours des dernières années, les équipements informatiques, électroménagers et de chauffage sont devenus bien plus économes en énergie. Le choix d’un matériel récent constitue donc un levier intéressant pour l’entreprise qui veut maîtriser durablement son budget et son empreinte carbone.
Impliquer ses collaborateurs
En complément d’un logiciel d’efficacité énergétique, le facteur humain est essentiel lorsqu’il s’agit de réduire sa consommation. Il est recommandé de sensibiliser et impliquer tous les collaborateurs.
Sensibiliser aux écogestes
Éteindre la lumière en sortant de la pièce, couper l’ordinateur avant de partir ou fermer les fenêtres quand le chauffage est allumé… Autant de gestes simples qui évitent les pertes d’énergie. Une campagne interne par e-mail ou à l’aide d’affiches dans les locaux permet de sensibiliser les équipes.
Organiser des challenges
Pour limiter le gaspillage d’énergie, certaines entreprises lancent des challenges collectifs au sein de leurs équipes. Il est judicieux de lancer un défi tel qu’une réduction de 10 % de la consommation d’un service, avec une récompense à la clé pour les salariés en cas de réussite. Communiquer la démarche sur les réseaux sociaux de l’entreprise, de plus, valorise les équipes et renforce leur engagement.
Les épisodes de sécheresse se multiplient et s’intensifient en région Auvergne-Rhône-Alpes. La préservation de l’eau devient un enjeu crucial, particulièrement en période estivale où l’activité touristique exerce une pression supplémentaire sur la ressource. FNE AURA lance une série de plaquettes pratiques et territorialisées à destination des hébergements touristiques pour les accompagner vers une gestion plus sobre de l’eau. Objectif : faire de l’information un levier concret pour accélérer la transition vers un tourisme plus résilient et respectueux de la ressource en eau.
3 livrets techniques sur la gestion quantitative de l’eau
FNE AURA travaille depuis plusieurs années sur la gestion quantitative de l’eau.
Les tensions hydriques récurrentes et les restrictions d’usage de l’eau dans plusieurs départements de la région chaque année rendent indispensable l’adoption de pratiques adaptées. A cet effet, FNE AURA met à disposition ces documents pédagogiques, conçus pour informer et encourager les gestionnaires de gîtes, campings, hôtels ou chambres d’hôtes à adopter des gestes simples mais efficaces.
Les plaquettes sont adaptées aux spécificités de plusieurs départements de la région : Ain, Ardèche, Isère, Savoie, Haute-Savoie, etc. Chaque document valorise des initiatives locales et propose une approche ancrée dans les territoires, au plus proche des réalités environnementales et économiques.
Un outil gratuit à disposition de tous les professionnels du tourisme
Les plaquettes sont téléchargeables gratuitement en ligne, en version A4 imprimable et pliable, pour une diffusion facile et autonome. Des exemplaires sont également à disposition dans nos fédérations (contact mail). Elles contiennent :
des exemples concrets d’équipements et d’aménagements sobres (douchettes économes, récupération d’eau de pluie, plantations adaptées, etc.) ;
des témoignages de professionnels déjà engagés dans des démarches vertueuses ;
une présentation des dispositifs d’accompagnement et de financement disponibles pour faciliter la mise en œuvre de ces solutions ;
des recommandations reproductibles dans d’autres structures (collectivités, entreprises, particuliers).
Pour Mélanie Dajoux, Coordinatrice des projets Eau et biodiversité : « Chacun peut contribuer à économiser l’eau, que ce soit les hébergeurs ou les touristes. Opter pour une destination de vacances qui respecte cette ressource favorise une gestion responsable de l’eau. »
La France et le Costa Rica organisent la troisième Conférence des Nations unies sur l’Océan (UNOC-3) à Nice, du 9 au 13 juin 2025. Dix ans après la COP21 et l’Accord de Paris, elle entend réunir l’ensemble des États membres des Nations unies, les agences spécialisées, la société civile, le secteur privé et les donateurs internationaux pour répondre aux défis de l’océan.
Un tournant pour l’action en faveur de l’océan
Après New York en 2017 et Lisbonne en 2022, la troisième édition de la Conférence des Nations unies sur l’Océan, a pour thème principal : « Accélérer l’action et mobiliser tous les acteurs pour conserver et utiliser durablement l’océan ». Elle vise à renforcer la protection et l’utilisation durable de l’océan, des mers et de leurs ressources, ainsi qu’à mettre en œuvre les priorités de l’Objectif de développement durable 14 (ODD 14)dédié à l’océan. Les priorités incluent :
Œuvrer à l’aboutissement des processus multilatéraux en lien avec la protection de l’océan ;
Mobiliser des financements pour conserver et exploiter de manière durable les océans, les mers et les ressources marines aux fins du développement durable (ODD 14) et soutenir le développement d’une économie bleue durable ;
Renforcer et mieux diffuser les connaissances scientifiques liées aux sciences de l’océan pour une meilleure prise de décision politique.
L’objectif de cette conférence est d’aboutir à des résultats concrets avec la création du Plan d’action de Nice pour l’Océan composé d’engagements volontaires et financiers pour une gestion durable des ressources de l’océan.
Les technologies émergentes pour le contrôle et la surveillance des aires marines protégées en haute mer
Un facteur déterminant pour la réussite des futures Aire Marines Protégées en Haute Mer (AMPHM) réside dans l’élaboration d’une stratégie de conformité adaptée. Cette stratégie doit prendre en compte les spécificités de chaque site — cadre politique et institutionnel, pratiques des parties prenantes — afin d’assurer le respect et l’application des règles au moyen de mesures et d’outils ciblés. Parmi les outils à envisager figurent ceux liés au suivi, au contrôle et à la surveillance (MCS – Monitoring, Control and Surveillance en anglais) des activités humaines, et en particulier ceux issus des technologies émergentes (outils de surveillance numérique, systèmes satellitaires, analyse de données massives, intelligence artificielle). La présente Étude de l’IDDRI se veut un guide pratique à destination des États et des parties prenantes porteurs de projets d’AMPHM, afin de les aider à intégrer ces outils de MCS dans leurs propositions.
Opérationnalisation du traité haute mer : développements en cours et prochaines étapes Adopté en 2023 et entré en vigueur en janvier 2026, l’Accord sur la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité dans les zones marines situées au-delà de la juridiction nationale (BBNJ) entre à présent dans une phase d’opérationnalisation et de préparation de la première Conférence des Parties (COP), qui se tiendra dans les prochains mois. Au programme : négociations formelles et initiatives parallèles pour rendre effectif le cadre de gestion de cet espace représentant la moitié de la planète.
Messages clés
Les porteurs de projets d’AMPHM devraient élaborer et intégrer une stratégie de conformité dans leur proposition, en y incorporant les outils de MCS pertinents et en saisissant les opportunités offertes par les technologies émergentes. Pour la mise en œuvre de ces outils, une démarche par étapes peut être suivie :
(i) réaliser un état des lieux des capacités de MCS ;
(ii) identifier les outils adaptés aux besoins spécifiques du site ;
(iii) explorer le recours à des services spécialisés de MCS ; et
(iv) définir des mesures complémentaires ciblées.
Dans de nombreux cas, les initiatives pourront s’appuyer sur les outils et services de MCS déjà mis en place par des organisations sectorielles, régionales ou par des États, en les adaptant si nécessaire. Dans d’autres cas, un système de MCS devra être développé intégralement.
Des entreprises privées et des organisations à but non lucratif proposent le déploiement et l’exploitation de services spécialisés adaptés à des contextes spécifiques, visant à intégrer différentes sources de données issues d’outils technologiques et à les appliquer à la gestion des espaces maritimes. Les porteurs de projets d’AMPHM peuvent envisager de recourir à ces services, en anticipant le fait que les coûts de mise en place et de gestion associés dépendront largement des outils, services et mesures de gestion déjà en vigueur.
Des mesures d’accompagnement politiques et techniques – telles que le comblement des lacunes en matière de capacités, le développement de la coopération pour les patrouilles maritimes, le renforcement des contrôles par l’État du port, la réforme des systèmes judiciaires nationaux et la garantie d’un partage efficace des informations – pourront s’avérer nécessaires pour rendre la technologie opérationnelle et assurer la gestion efficace des futures AMPHM.
des Français lucides et portant un regard sans concession sur l’état des mers et des océans, en attente d’initiatives et d’engagements en leur faveur
Résultats d’un sondage sur le rapport des Français sur les mers et les océans, réalisé les 14 et 15 mai 2025 par Toluna – Harris Interactive auprès d’un échantillon représentatif de 1 015 personnes (méthode des quotas).
L’état de santé des mers et des océans suscite une inquiétude de la part des Français : plus des trois quarts d’entre eux se disent préoccupés à ce sujet
Un attachement fort des Français à l’océan mais une conscience aiguë de sa fragilité
Alors que les Français associent spontanément la mer à des notions positives telles que les vacances, la détente, les paysages et la nature, 78 % d’entre eux se disent préoccupés par l’état de santé des mers et des océans. Seuls 23 % estiment que leur état est bon.
Les menaces identifiées sont nombreuses et massivement reconnues, parmi lesquelles :
90 % perçoivent la pêche illégale comme une menace importante,
89 % pointent du doigt l’exploitation minière des fonds marins, de même que l’exploitation gazière et pétrolière en mer;
85 % évoquent le changement climatique comme un péril majeur.
Près des deux tiers des Français estiment qu’il est prioritaire que la France s’engage et prenne des initiatives pour la protection des mers et des océans.
Un rôle vital reconnu, une mobilisation attendue
Lucides sur l’état de santé des mers et des océans, les Français savent qu’ils jouent un rôle essentiel dans l’équilibre de la planète :de l’ordre de neuf Français sur dix répondent qu’ils jouent un rôle important pour la régulation du climat (92 %, dont 53 % jouent un rôle très important), l’alimentation (90 %), la production d’oxygène (88 %), la santé humaine (88 %), ou encore la lutte contre le changement climatique.
Ce constat appelle à l’action : 62 % des personnes interrogées considèrent comme prioritaire l’engagement de la France en faveur de la protection des océans.
— France Diplomatie 🇫🇷🇪🇺 (@francediplo) May 28, 2025
Une mobilisation française déterminante pour la préservation de l’océan
Avec l’organisation de l’UNOC-3, la France se positionne comme un acteur clé de la mobilisation internationale pour la mise en œuvre de l’ODD 14 en faveur de la préservation de l’océan. Lors de son discours au Sommet « Immersed in Change » au Costa Rica, Emmanuel Macron a présenté cette conférence comme une étape décisive pour établir une nouvelle gouvernance pour l’océan.
Un des enjeux que s’est fixé la France est de faire converger et aboutir d’ici à juin 2025 l’ensemble des processus multilatéraux en cours liés à l’océan :
l’atteinte de l’objectif « 30×30 » pour protéger 30% des mers d’ici à 2030 par la création de nouvelles aires marines protégées ;
la promotion d’une recherche approfondie et d’une gestion précautionneuse des grands fonds marins via l’Autorité internationale des fonds marins (AIFM) ;
L’UNOC-3 permet ainsi d’accélérer ces processus, en accentuant leur visibilité dans l’agenda international.
Les bonnes nouvelles de l’UNOC3 pour l’Océan par Aurélie Dubois, Déléguée Générale RespectOcean
La 3ème Conférence des Nations Unies sur l’océan, qui s’est achevée à Nice, a lancé un message sans équivoque : la mobilisation mondiale en faveur de l’océan est une réalité. Cependant, l’heure est venue de passer à la vitesse supérieure. Les mesures de protection doivent désormais viser une exigence de mise en œuvre. Comme l’a exprimé Rodrigo Chaves Robles, Président du Costa Rica : « 𝘜𝘯𝘦 𝘷𝘪𝘴𝘪𝘰𝘯 𝘴𝘢𝘯𝘴 𝘢𝘤𝘵𝘪𝘰𝘯 𝘯’𝘦𝘴𝘵 𝘲𝘶’𝘩𝘢𝘭𝘭𝘶𝘤𝘪𝘯𝘢𝘵𝘪𝘰𝘯 ».
Une mobilisation sans précédent de tous les acteurs
Le Forum de la finance et de l’économie bleue (hashtag#BEFF) a généré 8,7 milliards d’euros d’engagements nouveaux
Constitution de la coalition des villes côtières
Création d’un nouvelle organisation mondiale pour l’Océan : le Mercator International Centre for the Ocean
La Polynésie française crée la plus grande aire marine protégée (hashtag#AMP) du monde
Le Chili élargit l’AMP Juan Fernández ; 14 pays ont annoncé créer de nouvelles zones où les activités humaines sont réglementées pour préserver la biodiversité
96 pays ont appelé à l’adoption d’un traité « ambitieux » qui restreint la production de plastique
Le Traité international pour la protection de la haute mer et de la biodiversité marine hashtag#BBNJ pourrait entrer en vigueur début 2026
37 dirigeants mondiaux se sont engagés à un moratoire sur l’exploitation minière en eaux profondes
Création de l’ »Ocean Champions Group »
Lancement de la nouvelle Coalition de haute ambition pour un océan plus silencieux
Lancement d’une coalition mondiale pour stopper l’extinction des requins et des raies
11 nations se sont engagées à protéger les récifs coralliens résilients au climat dans le cadre de l’action mondiale pour l’océan
Présentation officielle de la Plateforme Internationale pour la Durabilité de l’Océan (hashtag#IPOS)
En matière de pêche, 103 pays ont désormais ratifié l’Accord de l’OMC sur les subventions à la pêche, visant à réduire les subventions les plus néfastes
Création d’un groupe de travail de l’ONU sur les hashtag#algues
Royaume-Uni va interdire le chalutage de fond dans 41 AMP
Lancement du Baromètre hashtag#Starfish, bulletin mondial sur la santé de l’Océan
Une mise en lumière renforcée du rôle des femmes dans la préservation de l’Océan
Lancement de la Décennie d’action pour les sciences cryosphériques
La France a annoncé 2025 comme l’Année de la Mer, intitulée « La Mer en Commun ». Elle a pour ambition de « maritimiser les esprits » et a la volonté de placer l’océan et ses enjeux au cœur de l’espace public. Plusieurs événements sont organisés tout au long de l’année 2025, partout en France, avec pour point d’orgue l’UNOC-3.
Mobiliser des financements pour les actions relatives à l’Océan à l’appui de l’ODD 14
Encourager la gestion durable des pêches et soutenir la pêche à petite échelle.
Conserver, gérer durablement et restaurer les écosystèmes marins et côtiers, y compris les écosystèmes des fonds marins.
Exploiter toutes les formes de coopération, en particulier au niveau régional.
Lutter contre la pollution marine sous toutes ses formes.
Tirer parti des liens entre l’Océan, le climat et la biodiversité.
Permettre des économies durables basées sur l’Océan, qui ne laissent personne de côté.
Promouvoir une production alimentaire durable à partir de l’Océan pour parvenir à la sécurité alimentaire.
Améliorer les connaissances scientifiques et l’interface science-politique.
Renforcer la conservation et l’utilisation durable de l’Océan et de ses ressources en appliquant le droit international tel qu’il est édicté par la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (UNCLOS) et de ses accords d’application.
UNESCO : Qu’attendre de la Conférence des Nations unies sur les océans ?
L’océan est confronté à de nombreuses menaces, qu’il s’agisse du dérèglement climatique, de la pollution marine, de la perte de biodiversité – des menaces pour lesquelles nous manquons encore aujourd’hui de données scientifiques complètes. Ces immenses défis nécessitent une réponse transdisciplinaire, une approche que porte l’UNESCO au travers de son mandat pour l’éducation, les sciences naturelles et océaniques, ainsi que la culture.
“L’océan est à la source de la vie : il régule le climat, abrite une biodiversité d’une richesse infinie et nourrit des milliards de personnes. En l’épuisant, c’est notre vie que nous mettons en péril.”
Audrey Azoulay, Directrice générale de l’UNESCO
L’UNESCO a un rôle central lors de la troisième Conférence des Nations unies sur les océans (UNOC3), notamment au travers de sa Décennie des Nations unies pour les sciences océaniques, qui a permis depuis 2021 la création de plus de 700 projets dans le monde entier pour un budget total de 1,5 milliard de dollars.
Ce que l’océan m’a appris : l’UNESCO œuvre pour mieux comprendre, faire connaître et protéger l’océan Alors que la communauté internationale se réunit à Nice pour la Conférence des Nations unies sur les océans, du 9 au 13 juin, l’UNESCO lance une grande campagne sur le thème « Ce que l’océan m’a appris » et propose des initiatives pour faire progresser la recherche, la connaissance et la coopération océaniques dans le monde entier, dans le cadre de la Décennie des Nations unies pour l’océan.
La Conférence vise ainsi à mobiliser les États, les organisations internationales, ainsi que le secteur privé et scientifique, pour que des engagements forts et durables soient pris pour protéger l’océan et les populations qui en dépendent.
Ces initiatives s’inscrivent autour de trois piliers, portés depuis plusieurs années par Audrey Azoulay, Directrice générale de l’UNESCO :
Mieux comprendre – pour faire progresser la recherche océanique : Pour le protéger efficacement, il faut tout d’abord étendre nos connaissances sur l’océan et investir dans la recherche océanographique – qui représente aujourd’hui moins de 2% en moyenne des budgets nationaux de recherche. L’un des principaux objectifs de l’UNESCO à Nice est de combler le manque de données scientifiques sur l’océan.
Accélérer la cartographie des fonds marins
Renforcer les observations océaniques à l’échelle mondiale
Mieux éduquer – pour que la protection de l’océan soit enseignée dès le plus jeune âge : L’océan ne pourra être sauvé que si les prochaines générations possèdent les connaissances nécessaires pour assurer sa protection et son utilisation durable. A Nice, l’UNESCO, aux côtés d’Etats et de partenaires pionniers dans le domaine, veut renforce son plaidoyer pour que l’éducation occupe un rôle central dans la lutte mondiale contre le dérèglement climatique.
Développer l’éducation à l’environnement et aux océans
Renforcement d’un programme éducatif mondial soutenu par Prada
Lancement de Minecraft Ocean Heroes
Mieux protéger – pour renforcer le rôle des aires marines protégées : Grâce à ses programmes et réseaux mondiaux, l’UNESCO protège également des écosystèmes marins. L’Organisation a établi 256 réserves de biosphère insulaires et côtières dans 82 pays et inscrit 51 sites marins sur la Liste du patrimoine mondial. Ces derniers concentrent 21% des écosystèmes de carbone bleu de la planète, en particulier des forêts de varech, des mangroves et des prés salés qui absorbent le carbone. Bien que protégées, ces zones subissent cependant l’augmentation de la pollution générée par des activités humaines non durables. La mobilisation de nouveaux financements et partenaires pour assurer le suivi scientifique de l’impact de ces polluants et la réduction des déchets, notamment plastiques, sera une priorité pour l’UNESCO à Nice.
Protéger la biodiversité marine
Le Président de la République a annoncé une stratégie dédiée à la protection des fonds marins de nos eaux hexagonales. Cette stratégie vise les habitats les plus fragiles (herbiers, coraux, maërl, hermelles, canyons et monts sous-marins). L’objectif est de définir des zones de protection forte où toute activité qui dégrade les fonds marins, y compris le chalutage de fond, sera interdite.
La France, un des pays les plus ambitieux en matière de protection des fonds marins et de la biodiversité marine
Ces zones représenteront 4 % des eaux hexagonales françaises dès la fin 2026. Elles portent sur les fonds marins pour lesquels le besoin de protection est le plus évident, soit au sein d’aires marines déjà existantes, soit dans des zones où il n’y a aucune protection. Nos autres aires marines protégées hexagonales feront aussi l’objet d’un renforcement de leur niveau de protection.
Par ailleurs, une zone de protection forte nouvelle, de l’ordre d’un million de km2, va être créée au sein de l’aire marine protégée qui vient d’être annoncée par le Président de la Polynésie française.
La France tiendra l’engagement pris en 2022 de placer 10 % de ses eaux territoriales sous protection forte d’ici 2030.
Protéger la biodiversité marine
Qu’est ce que cela signifie ?
Dans les zones de protection forte une régulation de la pêche, y compris la pêche de loisir, et interdiction des engins de pêche problématiques en fonction du type de biodiversité à protéger.
Plans de lutte contre les pollutions d’origine terrestre et au moins une zone de protection forte par aire marine protégée.
L’enjeu est de réduire l’ensemble des pressions qui pèsent sur la biodiversité marine (et donc pas seulement le chalutage de fond qui ne concerne que 3% des eaux maritimes françaises et est déjà interdit sur 50% des eaux maritimes hexagonales)
« La France n’est pas venue faire des discours à la Conférence des Nations Unies sur l’Océan, mais fixer le cap : celui d’une protection efficace, étendue et partagée des mers et des océans.
Avec clarté et courage, la France a fait de cette Conférence un tournant : elle montre que la volonté politique peut rimer avec ambition écologique.
C’est essentiel au moment où certains, au niveau national ou international, nient la science et veulent mettre en veilleuse toute action environnementale ambitieuse.
Une dynamique est enclenchée et l’enjeu c’est de l’amplifier. »
Dès fin 2026, 74 % de la surface marine française totale sera protégée, et plus de 14 % sera en protection forte.
Dans l’hexagone c’est plus de 40% des eaux qui seront protégées.
Nouvelle dynamique pour agir sur toutes les sources de pollution.
Ces annonces témoignent d’une mobilisation générale inédite sur la biodiversité marine.
Lutter contre la pêche illicite, non déclarée, non règlementée (INN)
La pêche illicite, non déclarée et non réglementée, qu’on appelle « pêche INN », n’est pas un phénomène marginal. C’est une industrie parallèle, mondialisée, parfois organisée avec la complicité d’États qui choisissent de fermer les yeux.
La pêche INN, c’est jusqu’à 15 % des captures mondiales, soit une perte économique estimée entre 10 et 20 milliards d’euros par an. A titre de comparaison, c’est au minimum dix fois la valeur de la pêche française.
Mais au-delà des chiffres, la pêche INN génère surtout des conséquences dramatiques. Elle tue notre environnement, car elle surexploite les ressources naturelles et détruit des écosystèmes entiers. Elle tue les économies maritimes en privant les pêcheurs artisanaux de l’accès à la ressource halieutique et en concurrençant de manière déloyale la pêche légale et réglementée. Elle s’attaque aux droits humains en recourant au travail forcé et en refusant de débarquer les marins pêcheurs ; ce qui relève de l’esclavage moderne.
Face à cette menace, la France agit et vient de décider de renforcer ses moyens de contrôle, de faciliter la destruction des navires saisis, de moderniser nos outils de surveillance, et, surtout, de développer les coopérations avec les pays les plus exposés. La France porte l’ambition d’une action internationale forte pour éradiquer la pêche illégale.
Cela passera par trois grandes priorités :
Première priorité : renforcer le cadre international avec la ratification des grands accords multilatéraux – tels que l’accord de la FAO qui permet de s’opposer au débarquement des produits braconnés, l’Accord du Cap sur la sécurité dans la pêche, la Convention 188 de l’Organisation internationale du Travail (OIT) sur les conditions de travail à bord des navires de pêche, et enfin l’accord de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) sur les subventions à la pêche.
Deuxième priorité : inscrire un volet de lutte contre la pêche illégale dans le Pacte européen sur les Océans qui renforce la traçabilité, les contrôles et conditionne l’octroi de licences à des engagements en la matière.
Troisième priorité : soutenir les pêcheurs responsables. Ceux qui respectent la mer, la loi et les règles doivent être reconnus, valorisés et soutenus.
Réduire nos usages du plastique : la France s’engage
En 2019, WWF estimait que 600 000 tonnes de déchets plastiques étaient déversées, chaque année, dans la Méditerranée.
la France y contribuerait à hauteur de plus de 11 000 tonnes.
Réduire la production et l’utilisation du plastique : un impératif pour protéger nos écosystèmes naturels
Cette pollution plastique a des conséquences majeures car ce que l’on jette à la mer revient toujours. Que ce soit sous forme de microplastiques dans nos assiettes, de plages souillées, ou d’espèces marines étouffées.
La pollution plastique menace la biodiversité marine, contamine la chaîne alimentaire, met en danger notre santé, et fragilise l’équilibre même des écosystèmes océaniques.
Pour Agnès PANNIER-RUNACHER, Ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité, de la Forêt, de la Mer et de la Pêche, « ce constat appelle à l’action. Il faut sauver nos mers et nos océans de ce fléau !«
111 collectivités en France travaillent sur les 15 engagements définis par la charte « Plage sans déchet plastique ». Elles œuvrent concrètement pour la qualité de nos littoraux et participent à la prise de conscience de nos concitoyens sur la vulnérabilité de nos plages et sur l’impact des gestes de chacun. Leur exemple doit permettre d’entraîner encore de nombreuses nouvelles collectivités dans cet effort collectif essentiel !
Pour accélérer l’action de la France, il faut l’implication des acteurs de terrain et promouvoir l’innovation technologique2.
Si nous voulons lutter efficacement contre le fléau de la pollution plastique, il ne suffit pas de récupérer les déchets. Il faut agir à la source, c’est-à-dire prévenir et réduire leur production.
Avec 23% de déchets plastiques recyclés, le compte n’y est pas. Il faut « accélérer notre action en matière de gestion des plastiques et travailler sur l’ensemble du cycle de vie : les modes de consommation, le geste de tri et le recyclage, tant sur les emballages ménagers que sur les emballages professionnels.« Pour cela, la Ministre souhaite renforcer l’action de la France sur trois axes de progrès essentiels.
Bonifier de façon plus incitative l’éco-conception en faveur du réemploi et du recyclage ;
Soutenir financièrement les opérateurs et les industriels porteurs de solutions de réemploi et de recyclage ;
Mieux accompagner les collectivités qui souhaitent améliorer la performance de la collecte et du tri.
Pour que le Plan plastique 2025-2030 soit un succès, l’État doit adopter des pratiques exemplaires en matière de sobriété. Cela passe, notamment, par l’application stricte de l’interdiction pour l’État d’acheter tout type de produit en plastique à usage unique en vue d’une utilisation sur les lieux de travail et dans les évènements qu’il organise.
L’Examen sur les pêches 2025, qui offre des orientations pour une gestion durable des pêches afin d’assurer la pérennité des stocks.
L’économie de la mer à l’horizon 2050, qui met en lumière l’importance économique de l’océan et les priorités à suivre pour concilier opportunités économiques et responsabilité environnementale.
L’OCDE contribue également sur des thèmes essentiels tels que l’économie bleue, la pollution plastique et le rôle de la construction navale dans la décarbonation du secteur maritime.
Une programmation ouverte au grand public se déroule du 2 au 13 juin dans plusieurs lieux stratégiques de Nice : le Port Lympia avec la visite de nombreux bateaux venus pour l’UNOC3, le palais des expositions accueille “La Baleine”, espace de rencontre, découverte, dialogue et festivités pour tous.
Urgence océan : un sommet pour tout changer Soirée événement présentée en direct par Léa Salamé et Hugo Clément, Mardi 10 juin à 20.45 sur France 2 et sur france.tv Invité exceptionnel en direct : le président de la République, Emmanuel Macron.
La séquence « Nous sommes l’Océan » regroupe tous les évènements organisés en marge de la conférence politique du 9 au 13 juin. Les espaces ouverts et évènements prévus seront pour la plupart ouverts au grand public, avec des thèmes culturels, environnementaux, scientifiques, jeunesse, visant à une mobilisation générale des acteurs.
Environnemental Justice Foundation partenaire officiel de l’UNOC
L’Environmental Justice Foundation (EJF) sera présente à la Conférence des Nations unies sur les océans (UNOC) à Nice en tant que partenaire officiel, réaffirmant ainsi son engagement à protéger nos océans, à promouvoir une pêche transparente et durable, à lutter contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) et à garantir des conditions de travail sûres et équitables à tous les acteurs de l’industrie des produits de la mer.
Les travaux récents d’EJF ont mis en évidence des cas alarmants de surpêche, de menaces pour la biodiversité marine et les grands fonds, et de graves violations des droits de l’homme dans les chaînes d’approvisionnement mondiales en produits de la mer. Ces conclusions soulignent l‘urgence d’une action internationale coordonnée et d’une gouvernance plus forte des océans.
EJF est une ONG internationale qui enquête, documente et dénonce la destruction de notre monde naturel. Son action en faveur de la justice environnementale vise à défendre le droit fondamental de l’homme à un environnement naturel sûr, en reconnaissant que tous les autres droits en dépendent.
EJF travaille au niveau international pour informer les politiques et conduire des réformes systémiques et durables afin de protéger notre environnement et défendre les droits de l’homme.
La Fondation enquête sur les abus, les dénonce et soutient les défenseurs de l’environnement, les peuples autochtones, les communautés et les journalistes indépendants en première ligne face à l’injustice environnementale.
Ses enquêteurs, chercheurs, cinéastes et militants travaillent avec des partenaires locaux et des défenseurs de l’environnement dans le monde entier.
Pourquoi l’EJF est présente à l’UNOC?
Le travail de la Fondation à l’UNOC se concentre sur quatre thèmes principaux :
la pêche illégale, les droits de l’homme et la transparence de la pêche ;
la propriété effective ;
le chalutage de fond dans les zones marines protégées de l’UE ;
et l’exploitation minière en eaux profondes.
Pêche illégale, droits de l’homme et transparence de la pêche : Rendre les chaînes d’approvisionnement mondiales de produits de la mer durables, légales et éthiquesPropriété effective : Démasquer ceux qui profitent de la pêche illégale et des violations des droits de l’homme en merChalutage de fond : Faire en sorte que les « aires marines protégées » le soient vraimentExploitation minière des grands fonds marins : Protéger les dernières étendues sauvages de la planète
« Après deux conférences des Nations unies sur l’Océan (UNOC 1 en 2017 et UNOC 2 en 2022) aux résultats mitigés et aux faibles engagements concrets, la troisième édition de l’UNOC ne peut décevoir : elle doit mobiliser en vue d’actions tangibles pour la protection des océans.
Co-organisée par la France et le Costa Rica à Nice du 9 au 13 juin 2025, l’UNOC 3 réunira une centaine de chefs d’État et de gouvernement.
Elle se déroulera dans un contexte géopolitique dégradé, avec des urgences et des attentes fortes. »
Sabine Roux de Bézieux, Présidente de la Fondation de la Mer
Adoptés par consensus par les 193 pays membres des Nations unies en juillet 2025 ↩︎
C’est l’objectif du projet porté par Pollustock et GreenBlue Impact pour développer des filets connectés sur mesure qui récupèrent les déchets aux niveaux des exutoires des réseaux d’eaux pluviales. Aujourd’hui, 600 filets sont déjà installés en France, notamment à Nice. À terme, ils pourraient être déployés sur 500 000 sites, tout au long de notre littoral. ↩︎
De l’Hexagone aux outre-mers, le territoire français est parsemé d’espaces naturels protégés où œuvrent des femmes et des hommes qui ont pour mission la protection de la nature. Ils travaillent en réserves naturelles, à l’Office français de la biodiversité ou dans les parcs nationaux. Plüme et Olivier, son père, ont choisi de nous faire découvrir ces métiers méconnus à travers des planches de BD qui racontent des situations étonnantes, sensibles et parfois cocasses, issues d’histoires vraies.
Une BD pour comprendre le rôle des gardes de réserves naturelles et autres lieux de protection de la nature.
Les espaces naturels et les espaces protégés sont depuis le COVID de plus en plus fréquentés par un public souvent peu averti des règles et des fragilités des lieux qu’ils traversent.
Pour permettre de préserver ces milieux naturels, des hommes et des femmes ont pour mission d’aller à la rencontre du public, de suivre l’évolution des populations de certaines espèces, d’entretenir les sentiers, de sensibiliser à l’environnement ou d’accompagner l’évolution des pratiques agricoles et sylvicoles.
Parmi eux, certains et certaines sont dotés en plus de pouvoirs de police spécifiques aux domaine de la protection de l’environnement et s’assurent du respect des règles en la matière. Ces hommes et ces femmes travaillent en réserves naturelles, dans les parc nationaux, à l’office français de la biodiversité, à l’Office national des forêts ou dans les Conservatoires du littoral et appartiennent au corps de la police de l’environnement.
Ces agents de terrain passionnés sont confrontés à la fois à la disparition de nombreuses espèces et aux incivilités ou à l’indifférence de certains. Ils sont également les témoins privilégiés d’une nature superbe qui tente de résister aux assauts de notre monde moderne qui tend à grignoter et s’accaparer les derniers fragments d’un monde « sauvage ».
C’est la vie et la vision du monde des agents de la police de l’environnement que cette bande dessinée souhaite transmettre.
Sous la forme d’histoires courtes en deux planches et de scènes de vie sur une planche, cette BD a pour but de mettre en image la réalité des métiers de la protection de l’environnement, et notamment du corps de la « police de l’environnement », mais aussi l’amour et le respect qu’ont ces hommes et ces femmes pour les espaces sur lesquels ils veillent.
Les Auteurs Plüme et Olivier
Plüme et Olivier, auteurs de la bande dessinée Dans les pas des gardiens de la nature
Plüme travaille en espace protégé depuis 6 ans. Passionnée par la nature et par son métier, elle a à cœur de faire découvrir au plus grand nombre les missions des agents de la protection de l’environnement et le regard contemplatif qu’elle porte sur le monde.
Olivier est illustrateur depuis plus de 35 ans. Cet aquarelliste a sillonné les espaces naturels français en famille et a saisi avec ses pinceaux de nombreux paysages. Il a notamment suivi sa fille au cours de ses pérégrinations professionnelles et a tout naturellement accepté de s’embarquer avec elle dans cette aventure littéraire.
Avec leur première bande dessinée, ils nous entraînent dans une galerie de personnages attachants. Une invitation à devenir nous-mêmes gardiens de la nature.
3 planches de la BD Dans les pas des gardiens de la nature
L’évolution du climat en cours – +1,7°C en moyenne en France hexagonale depuis 1900 – s’accompagne d’épisodes de fortes chaleurs plus fréquents et plus intenses.Le changement climatique change la donne : la prise en compte du climat dans la conception des aménagements, des bâtiments, et leur fonctionnement tout au long de leur cycle de vie, devient un impératif.Les solutions du Cerema pour agir.
Les procédés de construction doivent intégrer cette réflexion complexe, nécessairement locale, avec une composante nouvelle : penser également le climat de demain, un climat à +4°C.
Des méthodes et des outils sont d’ores et déjà disponibles partout en France
Des méthodes et des outils sont d’ores et déjà disponibles partout en France, y compris dans les Outre-mer au regard de leurs spécificités. De nombreuses collectivités testent ces méthodes pour mieux prendre en compte les questions de surchauffe sur leur territoire, notamment en réponse au phénomène d’îlot de chaleur urbain pour les territoires les plus denses, afin de : déterminer les zones les plus touchées, identifier les lieux et populations les plus vulnérables et déployer un ensemble de solutions en vue d’atténuer l’effet de la chaleur.
Lutte contre les îlots de chaleur : diagnostiquer les besoins et évaluer l’efficacité des solutions existantes
Les solutions doivent combiner des interventions à toutes les échelles :
Sur le bâti : diagnostic de résilience, stratégie intégrant un scénario +4°C et méthodologie de déploiement de solutions, à l’image de ce que le Cerema fournit aux collectivités notamment pour les bâtiments publics
Dans les espaces publics et l’environnement immédiat d’un bâtiment et au-delà, le quartier, voire la ville (solutions fondées sur la nature – SaFN, réseaux de froid renouvelables…)
Espaces publics : aménager pour faire face aux canicules
Bâtiments publics : prévenir le phénomène de surchauffe et garantir le confort d’été
Les travaux réalisés par le Cerema (accompagnement des collectivités, travaux de projets de recherche, développement de méthodes de diagnostic, guides, etc.) clarifient les enjeux de la surchauffe urbaine et leurs impacts locaux et développent des méthodes et des solutions en partenariat avec les collectivités.
Retrait gonflement des argiles : Stabiliser les maisons pour remédier au phénomène
Ce dossier présente outils et projets concrets mis en place par le Cerema.
Les méthodes, outils, solutions, exemples, etc. présentés démontrent que l’adaptation aux fortes chaleurs est possible et, dès à présent, est bénéfique pour les collectivités et les concitoyens.
Les métiers du Cerema s’organisent autour de 6 domaines d’action complémentaires visant à accompagner les acteurs territoriaux dans la réalisation de leurs projets.
Changement climatique : accélérer ensemble les transitions
Héritier de plus de 50 ans d’histoire et d’expertise dans l’aménagement du territoire, le Cerema intervient auprès de l’État, des collectivités et des entreprises pour les aider à réussir le défi de la transition écologique de leur territoire.
Le Cerema est aujourd’hui l’expert public de l’adaptation au changement climatique. Il développe au quotidien des savoirs scientifiques et aide à déployer des solutions techniques pour sécuriser et améliorer le cadre de vie des citoyens. Véritable garant de l’intérêt général, il rassemble les connaissances et savoir-faire pour les mettre au service des acteurs publics et privés dans la résolution des problèmes complexes.
Sa gouvernance partagée associe étroitement les services de l’État et les collectivités territoriales dans un modèle unique en France.
Par son projet stratégique, le Cerema est engagé dans une démarche exemplaire de responsabilité sociale et environnementale, en interne comme dans ses relations avec ses partenaires, dans le cadre des Objectifs de Développement Durable (ODD).
L’Organisation mondiale de la Santé estime que 24 % des décès dans le monde peuvent être attribués à des facteurs environnementaux et des études solides établissent un lien entre l’exposition à certains polluants et des maladies chroniques (cancers, maladies neurodégénératives ou cardiovasculaires, asthme, obésité, diabète) ou encore l’autisme, l’infertilité, certaines anomalies congénitales. Face à ce contexte alarmant, la Fondation pour la Recherche Médicale présente 3 mesures pour limiter l’impact des polluants chimiques sur la santé et invite les pouvoirs publics à prendre les mesures nécessaires.En pratique, elle propose 5 gestes simples à adopter pour limiter l’exposition aux polluants chimiques.
L’Organisation mondiale de la Santé estime que 24 % des décès dans le monde peuvent être attribués à des facteurs environnementaux (qualité de l’air, de l’eau, de l’alimentation, exposition aux produits chimiques…).
Les études épidémiologiques et toxicologiques solides se multiplient, établissant un lien entre l’exposition à certains polluants et des maladies chroniques (cancers, maladies neurodégénératives ou cardiovasculaires, asthme, obésité, diabète) ou encore l’autisme, l’infertilité, certaines anomalies congénitales.
Face à ce contexte alarmant, la Fondation pour la Recherche Médicale (FRM) – qui a fait de la thématique « Environnement et santé » un axe prioritaire de recherche – constate que les réglementations françaises et européennes ne tiennent pas suffisamment compte des données scientifiques produites par les chercheurs :
des polluants chimiques industriels à la toxicité scientifiquement établie restent autorisés malgré les alertes des scientifiques ;
les doses et seuils autorisés ne tiennent pas compte de la poly-exposition et des effets cocktails des polluants dont les effets sont susceptibles de se combiner ;
en France et en Europe, on autorise l’importation de produits contenant des substances pourtant interdites sur le territoire…
et plus globalement, aucune mesure n’est prise alors même que la toxicité de certaines substances est démontrée à l’échelle moléculaire, cellulaire et sur des organismes entiers.
Aujourd’hui, alertée par les chercheurs experts du domaine et forte des preuves qui s’accumulent, la FRM appelle à l’action. Elle invite les pouvoirs publics français et européens à prendre en compte l’ensemble des données scientifiques issues des laboratoires publics de recherche, qui démontrent la toxicité de polluants chimiques sur la santé, et à prendre les dispositions légales et réglementaires nécessaires pour assurer la protection des populations et préserver la santé des générations futures.
Pour cela, elle propose trois mesures :
Retirer du marché les polluants chimiques industriels à la toxicité scientifiquement établie, ainsi que les biens de consommation en contenant, et interdire l’importation de ces derniers
Abaisser les doses et seuils autorisés des polluants chimiques en tenant compte de la poly-exposition et des effets cocktails
Mener des campagnes de prévention et émettre des recommandations pour protéger les populations, en particulier pendant la période périnatale, moment de plus grande vulnérabilité à ces polluants
L’histoire a déjà démontré (notamment avec l’amiante ou le chlordécone) les conséquences sanitaires irréversibles de décisions réglementaires prises trop tardivement. Dernier scandale récent, celui du cadmium(1), un métal lourd classé comme cancérogène certain pour l’homme, et présent en trop grande quantité dans les engrais phosphatés en France. Selon l’Anses, une part des adultes (0,6 %) et des enfants (14 % des 3-17 ans et jusqu’à 36 % des moins de 3 ans) sont contaminés à travers l’alimentation, notamment la consommation de céréales, de pain ou de chocolat. Les risques pour la santé sont pourtant connus : cancers, effets sur la reproduction, atteintes rénales …
Il est du devoir des pouvoirs publics d’utiliser les résultats de la recherche et d’agir au plus vite pour protéger la santé des populations et celle des générations futures.
1- Retirer du marché les polluants chimiques, les biens de consommation en contenant et en interdire l’importation
Des substances chimiques à la toxicité avérée chez l’humain ou en laboratoire (perturbateurs endocriniens, substances toxiques pour la reproduction, cancérogènes…) sont encore autorisées en Europe et sur le sol français. Certaines, interdites depuis des années, comme des bisphénols et phtalates, imprègnent encore la population française (2).
Les autorités réglementaires renouvellent même l’approbation de circulation de certaines molécules prouvées comme dangereuses pour plusieurs années, en toute connaissance de cause, et au détriment de la santé des populations…Les raisons et arguments avancés par les parties prenantes (industriels, agriculteurs…) pour justifier de leur utilisation sont multiples : manque d’alternatives efficaces, risque de baisse des rendements, concurrence déloyale de produits étrangers importés de pays où la réglementation est moins contraignante, nécessité de préserver les filières industrielles et agricoles, etc.
Pourtant, il existe bel et bien des leviers actionnables, comme le montre l’étude « Prospective : Agriculture européenne sans pesticides chimiques en 2050 », publiée par l’INRAE. Des travaux qui ont mobilisé des centaines d’experts européens pour explorer différents scénarios et des pistes concrètes de solutions.
Les PFAS, ces « polluants éternels » ubiquitaires
Substances chimiques synthétiques, les per- et polyfluoroalkylées (PFAS) sont utilisées pour leurs propriétés multiples : imperméabilisantes, antiadhésives, résistantes à la chaleur. Mais la majorité des PFAS présentent des impacts néfastes sur la santé et sur l’environnement (3).
La toxicité d’un certain nombre d’entre elles est déjà clairement établie par les scientifiques – cancérogènes avérés ou suspectés, perturbateurs endocriniens pouvant affecter la fertilité, le développement du fœtus, les organes (foie, reins), interférer avec les systèmes endocrinien (thyroïde) et immunitaire, mais elles sont encore en circulation dans des milliers de produits d’usage courant comme les textiles, les chaussures, les ustensiles de cuisine, les cosmétiques, les emballages alimentaires ou encore les peintures et les aliments…
Persistantes plusieurs années dans l’environnement après leur rejet, elles s’accumulent aussi dans l’organisme, et leurs produits de dégradation sont eux-mêmes susceptibles d’être toxiques à leur tour. Véritable menace sanitaire environnementale et humaine, décuplée à la fois par leur mobilité et par leur très haute résistance à la dégradation, leur exposition est ainsi néfaste durant tout leur cycle de vie. En 2023, une enquête internationale sur l’extension de la contamination par les PFAS en Europe a montré l’envergure de cette pollution (4), carte à l’appui. En 2024, le Haut Conseil de la Santé Publique avait déjà conseillé d’abaisser les seuils de référence pour la somme de 4 PFAS dans les eaux de boisson (6).
En France, face à ce danger, la récente loi du 27 février 2025 vise à interdire progressivement certains produits contenant des PFAS à compter du 1er janvier 2026 : cosmétiques, vêtements, chaussures, imperméabilisants (7). En revanche le PTFE (ou Teflon®) n’est pas concerné par cette interdiction, malgré son omniprésence dans les batteries de cuisine.
Par ailleurs, l’usage de quelques-unes des PFAS reconnues comme les plus dangereuses est réglementé par l’Union européenne. Mais depuis 2023, la proposition d’élargir ces restrictions, faite par plusieurs États dont la France, n’a à ce jour toujours pas obtenu de réponse. En réalité, devant la dangerosité de ces substances et leur ubiquité, c’est la totalité des PFAS qu’il conviendrait de retirer des marchés français et européens. Un retrait total qui devrait nécessairement être accompagné de mesures de remédiation pour décontaminer les milieux pollués.
Des pesticides toxiques pour la santé toujours autorisés
Les pesticides (fongicides, herbicides, insecticides, antiparasitaires), destinés à lutter contre la présence d’organismes considérés comme nuisibles, sont aujourd’hui utilisés aussi bien par les professionnels que les particuliers. Mais nombre d’entre eux posent problème.
Le lien établi entre manipulation des pesticides et maladie de Parkinson a entraîné son inscription au tableau des maladies professionnelles du Régime agricole depuis 2012. L’exposition à de plus faibles doses, elle, est suspectée depuis plusieurs années d’être impliquée dans l’augmentation des cas de maladie de Parkinson en population générale (8)
Des études commencent aussi à pointer des mécanismes moléculaires communs à certains pesticides susceptibles de rendre compte de la survenue de cette pathologie (9). En outre, ces substances peuvent également être mutagènes, cancérigènes, toxiques pour la reproduction et perturbateurs endocriniens (10).
À ce titre, le renouvellement récent par l’UE d’approbations de molécules potentiellement nocives pour la santé humaine interroge : jusqu’en 2033 pour le glyphosate, classé comme cancérogène probable depuis 2017 par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC), jusqu’en 2039 pour le captan, suspecté d’être cancérogène et toxique pour la reproduction par les agences réglementaires européennes ; de même que le folpel, classé comme cancérogène possible et récemment incriminé dans le risque de maladie de Parkinson (11). Des pesticides principalement utilisés dans la culture du blé, des arbres fruitiers, des cultures maraîchères et en viticulture, tous des produits de consommation très courants.
Quant à l’impact des néonicotinoïdes, insecticides « tueurs d’abeilles » contaminant tous les milieux, interdits en agriculture en France depuis 2018, ils alimentent de fortes inquiétudes pour la santé humaine (perturbateurs endocriniens, cancérogènes, toxiques pour le foie, suspectés d’être impliqués dans le développement de troubles du spectre autistique, de maladies cardiaques chez le nouveau-né, etc.) (12). Leur potentiel réintroduction dans le cadre du projet de loi Duplomb pose donc question.
2- Abaisser les doses et seuils autorisés des polluants chimiques
La poly-exposition aux polluants chimiques, c’est-à-dire l’exposition à plusieurs molécules tout au long de la vie, et les effets de leurs combinaisons (effets cocktails) sont rarement pris en compte dans l’établissement des seuils de référence réglementaires. Le mode d’évaluation de leur toxicité est très éloigné des conditions d’utilisation en vie réelle : association de plusieurs substances actives dans un même produit final, exposition à plusieurs produits simultanément, éventuellement par différentes voies (aérienne, cutanée, alimentaire).
Ainsi, une substance qui, seule, ne présente aucune toxicité, peut présenter un danger potentiel en poly-exposition et/ou en combinaison.
Les résultats scientifiques récemment publiés sur certains pesticides très répandus et sur l’effet de mélanges d’additifs alimentaires résument les enjeux sanitaires actuels et la nécessité d’abaisser les doses et seuils autorisés dans les meilleurs délais.Des seuils de tolérance aux pesticides trop hauts
Les pesticides (fongicides, herbicides, insecticides, antiparasitaires), destinés à lutter contre les nuisibles, les champignons et autres moisissures, sont très répandus et largement utilisés : en agriculture, pour protéger les cultures et le stockage des récoltes, mais aussi dans l’élevage pour la désinfection de locaux, dans la sphère domestique ou encore en médecine humaine.
Néanmoins, leur utilisation n’est pas sans conséquence sur la santé humaine. Selon les familles de molécules, de nombreux troubles ont déjà été répertoriés par les scientifiques : cutanéo-muqueux, ORL, ophtalmologiques, respiratoires, hépato-digestifs, neurologiques… Certains sont suspectés d’être cancérogènes, perturbateurs endocriniens, toxiques pour la reproduction et le système nerveux (13).
Depuis 2022, l’OMS est également en alerte sur l’apparition de résistances aux antifongiques en médecine humaine, conséquence notamment de l’utilisation massive de ces substances en agriculture (14).
D’autres préoccupations pour leurs impacts sur la santé humaine ont vu le jour au cours des dernières années. En 2018, des scientifiques avaient pointé pour la première fois l’effet cocktail de faibles doses (équivalentes aux doses limites autorisées dans l’alimentation) de 6 pesticides couramment utilisés en France chez la souris, conduisant à des troubles métaboliques différents en fonction du sexe (obésité, diabète (15)). Une autre étude a aussi montré que l’exposition de souris à un cocktail de 3 fongicides équivalents aux résidus autorisés dans l’eau du robinet, exacerbait les marqueurs cérébraux caractéristiques de la maladie d’Alzheimer (16).
Les travaux du réseau interdisciplinaire de recherche Holimitox (17) ont quant à eux mis en évidence la toxicité potentielle des SDHI (des fongicides à large spectre largement utilisés pour les cultures céréalières, fruitières, le maraîchage, la viticulture), souvent même aux doses autorisées par la réglementation, chez tous les êtres vivants, y compris l’humain. Les études sur des cultures de cellules humaines, notamment, ont montré plusieurs effets sur la physiologie de différents types cellulaires, questionnant leur innocuité pour notre santé.
Additifs alimentaires, le cocktail détonnant de l’alimentation ultra transformée
Les additifs alimentaires chimiques, ajoutés pour améliorer la conservation, le goût, la texture ou encore la couleur des aliments, sont largement utilisés dans l’industrie agroalimentaire, et présents en grand nombre dans les produits ultra-transformés (les aliments « industriels »). Aujourd’hui, plus de 300 additifs alimentaires sont autorisés dans l’Union Européenne (18).
Pourtant, au fil du temps, des études scientifiques pointent certaines toxicités des additifs alimentaires : allergies, troubles métaboliques, modifications du microbiote intestinal, risque accru de cancers, etc. En 2022, l’Anses a ainsi confirmé l’association entre le risque de cancer colorectal et l’exposition aux nitrites et/ou aux nitrates, présents notamment pour la conservation de la charcuterie (19). Des substances encore autorisées aujourd’hui.
Une vaste étude de 2024 a aussi découvert une association entre l’ingestion de certains émulsifiants et un risque accru de cancers, en particulier du sein et de la prostate (20). Autre exemple, une étude très récente de 2025 a permis d’établir un lien entre des cocktails d’additifs souvent consommés ensemble et le risque de diabète de type 2 (21)
3- Mener des campagnes de prévention et émettre des recommandations
Présence de PFAS (polluants éternels) en quantité supérieure au seuil toléré dans la plupart des cours d’eau, eaux côtières et lacs en Europe (22), imprégnation généralisée de la population par les bisphénols et par les phtalates en France (23) ou encore particules fines présentes dans l’air : toutes ces substances ont un impact délétère avéré sur la santé humaine, notamment auprès de populations les plus fragiles. Parmi elles, les femmes enceintes et les nourrissons (et durant toute leur petite enfance), avec le risque d’apparition de maladies dans un jeune âge ou plus tardivement (troubles du neurodéveloppement, allergies, etc.).
Ces informations remettent en perspective les travaux récents des chercheurs sur les liens entre exposition périnatale et risque ultérieur de maladies.
Mener des campagnes de sensibilisation et de prévention reste donc essentiel pour protéger les populations des risques qu’elles encourent au quotidien.
Polluants chimiques, des expositions qui concernent la population générale
Que ce soit dans l’air (particules fines et ultrafines issues des transports, ozone, pesticides…), dans les assiettes (additifs alimentaires, résidus de pesticides, PFAS, substances provenant des emballages alimentaires…) ou dans les habitations (parfums, peintures et autres produits chimiques de synthèse dans les produits d’hygiène, les cosmétiques, les lessives, en contact avec la peau et inhalés…), les polluants chimiques sont partout et tout le monde est concerné.
La toxicité de nombreux polluants est clairement établie ou souvent suspectée et les réglementations françaises et européennes tentent de limiter les impacts sur la santé, avec néanmoins souvent plusieurs années de retard sur les premières évidences scientifiques. C’est d’ailleurs ce que pointe le rapport de l’Inspection générale de l’environnement et du développement durable (IGEDD) de 2022 sur les risques liés aux PFAS dans l’environnement, ainsi que la nécessité d’« actions de communication auprès de tous les publics » (24).
Exposition périnatale, des risques chez les enfants et ultérieurement
La période périnatale recouvre la période de préconception, la grossesse et les premières années de vie de l’enfant. Cette période est un moment critique à plusieurs titres. « L’em- preinte » parentale se joue avant la conception, puisque la trace de comportements (stress, tabac, alcool…) peut être transmise à la descendance via des marques épigénétiques (modifications de l’ADN qui modulent l’activité des gènes sans changer leur séquence) sur plusieurs générations. Par ailleurs, la période de la grossesse est une période clé pour la mise en place des organes et du développement cérébral du fœtus. Certaines pollutions chimiques peuvent traverser la barrière placentaire et impacter le développement, en particulier les perturbateurs endocriniens, qui interfèrent avec les signaux hormonaux. Des risques qui continuent après la naissance, notamment via l’allaitement maternel.
Certains polluants auxquels est exposée la mère (peintures, ameublement, produits d’entretien, traitement des nuisibles, tabac, cosmétiques, proximité de réseaux routiers, de zones d’épandages agricoles, mais aussi expositions professionnelles) peuvent en effet passer dans le lait maternel et avoir un impact sur la santé infantile, voire de l’adulte plus tard. L’exposition dans l’enfance aux pollutions chimiques a elle aussi des répercussions sur la santé immédiate et ultérieure de l’enfant.
Ces expositions et leurs conséquences sont difficiles à évaluer au cas par cas et nécessitent des études épidémiologiques complexes avec un suivi au long cours. Des travaux scientifiques commencent néanmoins à documenter cet impact sanitaire. Ainsi, en 2019 une étude européenne a montré que l’exposition prénatale et postnatale à différents polluants chimiques communs (PFAS, phtalates, éthyl-parabène, etc.) était associée à une diminution de la fonction respiratoire des enfants (25).
Par ailleurs, une étude de la littérature publiée en 2020 a conclu à une augmentation du risque de troubles du spectre de l’autisme en cas d’exposition précoce à différents pesticides, le glyphosate présentant le niveau de preuve le plus important (26). L’impact des pesticides sur le neurodéveloppement a aussi été pointé par l’expertise collective de l’Inserm de 2021 (27): augmentation du risque de leucémies, d’altération des capacités motrices, cognitives, de maladies comportementales comme l’anxiété chez les enfants. En 2023, l’étude Géocap a établi un lien entre une augmentation du risque de leucémies chez les enfants vivant dans des communes à activité viticole et la surface cultivée (28).
Une étude de 2024 menée en modèle animal a conclu que l’exposition périnatale à un cocktail composé des 6 pesticides les plus utilisés en France sur les fruits et légumes et respectant les LMR (limites maximales de référence) aggravait la sévérité de l’asthme allergique, de la détresse respiratoire et de l’inflammation liée à l’allergie (29). Enfin, des résultats de 2025 (30) suggèrent que les PFAS peuvent altérer la structure du placenta, suggérant des échanges sanguins diminués entre la mère et l’enfant. Cette observation pourrait expliquer le lien de ces expositions avec un retard de croissance intra-utérin et des risques pour la santé de la mère, observés précédemment.
Notes
1 Qu’est-ce que le cadmium et comment réduire son exposition ? | Anses – Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail
6 Avis du Haut Conseil de la Santé publique relatif à la gestion des risques sanitaires liés à la présence de composés PFAS dans les eaux destinées à la consommation humaine et les eaux minérales naturelles à usage de boisson, 9 juillet 2024.
8 Sofiane Kab, et al. Agricultural activities and the incidence of Parkinson’s disease in the general French population. Eur J Epidemiol. 2017; 203-216: p.203-216. https://doi:10.1007/s10654-017-0229-z.
9 Nicolas Mathas et al. Inhibition by pesticides of the DJ-1/Park7 protein related to Parkinson disease. Toxicology,Vol. 487,2023.
10 Ministère du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles. Effets sur la santé d’un eexposition à des pesticides. État des connaissances et études en cours. 2019
11 Paul, K.C., Krolewski, R.C., Lucumi Moreno, E. et al. A pesticide and iPSC dopaminergic neuron screen identifies and classifies Parkinsonrelevant pesticides. Nat Commun 14, 2803 (2023). https:/ /doi.org/10.1038/s41467-023-38215-z.
12 Jean-Marc Bonmatin. To bee or not to bee, l’exemple édifiant des insecticides néonicotinoïdes. A3 magazine, 2021, 77, pp.21-26. https:/ /hal.science/hal-03470797v1.
14 WHO fungal priority pathogens list to guide research, development and public health action. Report, octobre 2022.
15 Metabolic Effects of a Chronic Dietary Exposure to a Low-Dose Pesticide Cocktail in Mice: Sexual Dimorphism and Role of the Constitutive Androstane Receptor. Lukowicz Céline et al. Environmental Health Perspectives 126,2018.
16 Fungicide Residues Exposure and 𝛽-amyloid Aggregation in a Mouse Model of Alzheimer’s Disease. Environmental Health Perspectives, Vol 128, 2020.
20 Laury Sellem et al. Food additive emulsifiers and cancer risk: results from the French prospective NutriNet-Santé cohort. PLoS Medicine, February 2024. https://doi.org/10.1371/journal.pmed.1004338.
21 Marie Payen de la Garanderie et al. Food additive mixtures and type 2 diabetes incidence: Results from the NutriNet-Santé prospective cohort. PLoS Medicine, April 2025. https://doi.org/10.1371/journal.pmed.1004570.
25 Lydiane Agier et al. Early-Life exposome and lung function in children from the Helix cohort. The Lancet Planetary Health, Vol 3, Issue 2, e81 – e92. The Lancet.
26 Jeanne Sandrine Ongono et al. Pesticides used in Europe and autism spectrum disorder risk : can novel exposure hypotheses be formulated beyond organophosphates, organochlorines, pyrethroids and carbamates ? A systematic review. Environmental Research, 2020. DOI: https:/ /doi.org/10.1016/j.envres.2020.109646.
28 Matthieu Mancini et al. Association between Residential Proximity to Viticultural Areas and Childhood Acute Leukemia Risk in Mainland France: GEOCAP Case-Control Study, 2006–2013. Environmental Health Perspectives,
29 Barbara Misme-Aucouturier et al. Impact of pesticide cocktail on development and severity of allergic asthma. Revue des Maladies Respiratoires, Vol 41, 2024. https:/ /doi.org/10.1016/j.rmr.2024.01.005.
L’alimentation actuelle et la production alimentaire associée génèrent un ensemble de problèmes de santé publique, sociaux et environnementaux. La nécessité d’une transition ne fait plus débat : il faut aller vers une alimentation saine, à faibles impacts sur les écosystèmes, accessible à tous et rémunérant équitablement les producteurs.Mais cet objectif est sensible politiquement et socialementce qui a conduit l’Iddri et I4CE a élaboré le scénario TRAMe2035 (Transition des Régimes Alimentaires des Ménages à l’horizon 2035) pour la France, qui porte une attention particulière à la consommation de viande et en propose un autre avenir possible.
Ouvrir le débat avec une vision claire de ce qu’il est possible de faire pour une alimentation saine et durable, tout en prenant en compte les réalités économiques de l’agriculture française, voilà un défi, mais également une nécessité, pour que s’enclenche un débat constructif et apaisé dans un chemin de transition « gagnant-gagnant ».
L’Iddri nous présente aujourd’hui la deuxième pierre qu’il dépose sur ce chemin consacré à la transition (souhaitable, crédible et faisable) de l’alimentation : avec I4CE, ils ont élaboré le scénario TRAMe2035 (Transition des Régimes Alimentaires des Ménages à l’horizon 2035) pour la France, qui porte une attention particulière à la consommation de viande et en propose un autre avenir possible.
Décrire d’un point de vue quantitatif et qualitatif les pratiques alimentaires de 12 groupes sociaux
Mobiliser une méthodologie innovante pour simuler dans 12 socio-récits la façon dont ces groupes pourraient évoluer sous l’action de changements dans les environnements alimentaires
Pour réconcilier la consommation française avec sa production domestique, TRAMe2035 (Iddri, 2025) propose un autre futur possible sur le volet consommation. De futurs scénarios d’offre viendront le compléter, apportant des enseignements pour une transition juste des filières, dans une logique de « moins et mieux » de viande.
Evaluer quantitativement les consommations en résultant à l’horizon 2035
Baisse de la consommation de viande et économie des filières françaises : à la recherche de solutions gagnants-gagnants
La colère agricole qui a éclaté en France fin 2023 n’est toujours pas apaisée. Les difficultés sont en effet majeures et les défis nombreux. Dans ce contexte, l’Iddri et ses partenaires se sont penchés plus spécifiquement sur les filières viandes, particulièrement touchées. Ce projet sur la transition juste de ces filières cherche à articuler l’atteinte des ambitions environnementales, garante de la résilience du système alimentaire à long terme, avec des performances socio-économiques pour les acteurs des filières.
Une première publication (Iddri, 2024) montre que si rien n’est fait, la tendance est à un fort décrochage offre-demande aux impacts globalement négatifs.
Deuxième volet de ce travail, le scénario TRAMe2035 publié aujourd’hui (Iddri, 2025) se concentre sur l’évolution quantitative et qualitative de la consommation de viande des ménages, dans la perspective du « moins et mieux ».
-15 % C’est la baisse de la consommation de viande que l’on peut atteindre en France en 2035 en agissant sur les environnements alimentaires (disponibilité, choix, prix, publicité et représentations culturelles) de différents groupes sociaux. Et au-delà du « moins », des évolutions vers le « mieux » sont possibles.
TRAMe2035 – Scénario pour une Transition des Régimes Alimentaires des Ménages – Livret 3
Ce document décrit dans le détail la méthodologie employée pour réaliser le scénario TRAMe2035 (Transition des Régimes Alimentaires des Ménages), présenté dans le Livret 1 ci-dessus.
Cette méthodologie – comportant deux volets, l’un qualitatif, l’autre quantitatif – est pionnière dans sa prise en compte de la diversité sociale, et dans son usage de la théorie des pratiques à des fins de prospective. Elle est ainsi nécessairement perfectible, et ce document a également pour vocation de détailler les limites de la méthode, et de faciliter les éventuelles reprises.
Ce travail s’appuie sur une succession de trois étapes :
La filière élevage et viande française : un engagement collectif en faveur du « manger mieux »
La 61e édition du Salon International de l’Agriculture ouvrira ses portes du 22 février au 2 mars 2025 sous le signe de «LA FIERTÉ FRANÇAISE», avec la volonté de mettre en lumière celles et ceux qui nous nourrissent et permettent à la France de compter parmi les principales puissances agricoles.
S’engager, c’est parfois dans la rue, parfois dans l’assiette. Être flexitarien, c’est aussi s’engager. S’engager à consommer de façon raisonnée en choisissant une viande plus durable, meilleure pour soi et pour nos territoires. C’est manger de tout, librement et en conscience de l’impact de notre assiette sur la planète. C’est privilégier autant le plaisir que la qualité, l’équilibre et la variété. C’est être fier de s’engager à travers ses choix alimentaires.
Faisant preuve d’agilité et de résilience, la filière Élevage et Viande joue un rôle clé dans le dynamisme agricole français.
Ci-dessous les engagements qui font la fierté des 500 000 professionnels de la filière, mobilisés pour répondre aux enjeux sociétaux et proposer aux consommateurs une viande durable en adéquation avec leurs attentes.
« Et si… on libérait notre imagination pour créer le futur que nous voulons ? »1 Depuis 2012, Isabelle Delannoy, Présidente de L’Entreprise Symbiotique a développé sur le terrain, au grès de ses accompagnements, les outils et méthodes et référentiels cohérents, adaptés à de multiples besoins et de multiples échelles. La région Occitanie a créé Symbiose, un référentiel d’évaluation de la qualité symbiotique d’un projet, permettant de régénérer la planète, l’économie et la société.
« La symbiose est ce phénomène à la fois des plus puissants et des plus subtils. Boucle de sources et ressources née des synergies, elle est le lien intime qui nourrit, n’appartenant ni à l’un ni à l’autre et à tous en même temps. »
Isabelle Delannoy, environnementaliste et autrice de l’économie symbiotique, Présidente de L’ENTREPRISE SYMBIOTIQUE
Le Plan Habitat Durable
Le concept d’habitat dans le Plan Habitat Durable se distingue de celui du logement en ne se limitant pas au seul domaine physique d’un bâtiment ou d’une maison. L’habitat intègre le milieu de vie, l’environnement ou encore le modèle d’organisation des logements, des bâtiments publics…
L’habitat « durable » répond pour sa part à des exigences sociales et environnementales telles que l’accès au logement adapté aux différentes situations économiques et sociales des personnes ou encore la performance énergétique des bâtiments et leur adaptation au changement climatique (canicule, sècheresse, inondation…).
C’est dans cette logique que le « Plan Habitat Durable » de la Région Occitanie couvre l’ensemble de la chaine, de la planification à la construction, de la production au vivre-ensemble.
La démarche Symbiose
La démarche Symbiose est portée et développée par la Région Occitanie, ses partenaires et les acteurs du territoire aux regards pluriels (habitants/usagers : citoyens, poètes, experts de l’habitat de l’aménagement, sociologues, ingénieurs, architectes, urbanistes, paysagistes…).
La démarche Symbiose est un outil pédagogique à destination des collectivités et de ses équipes afin d’accompagner et d’évaluer des projets de réhabilitation de l’habitat, dans un contexte adapté à toutes les spécificités du contexte de la région Occitanie.
« Qu’il soit implanté en milieu urbain ou rural, le projet Symbiose se soucie de son contexte. Il reconnaît les cultures, les lieux et y puise son inspiration. Il emploie avec soin le foncier et les ressources locales ; il respecte l’air, les sols, les eaux, la biodiversité, etc. Il est généreux envers son territoire et attentif à ses habitants. Par son programme et ses choix constructifs, il favorise tout ce qui contribue au bénéfice durable du territoire, et tout ce qui le rend équitable et agréable à vivre. »
Et si… le pouvoir de changer le cours des choses en profondeur était entre nos mains ? Et si… en réalité, nous avions à disposition, sans en avoir vraiment conscience, un des outils les plus puissants qui existent ? Et si… en plus, on se mettait ensemble pour y arriver ?
Rob Hopkins nous invite à rêver en remettant l’imagination au cœur de nos vies quotidiennes. John Dewey définit l’imagination comme la possibilité de regarder les choses comme si elles pouvaient être autres. C’est cette capacité de pouvoir dire « Et si… » et d’envisager un autre monde plus en cohérence avec nos aspirations et les besoins de notre société.
En ces temps de catastrophes climatiques, de perte de biodiversité, d’insécurité alimentaire, d’appauvrissement des écosystèmes et de crises communautaires, notre futur – sans parler de notre présent – semble plutôt sombre.
Pourtant, comme nous le rappelle Rob Hopkins, des changements drastiques, rapides et inattendus sont possibles, et ce pour le meilleur. Il a pu observer les améliorations en cours partout dans le monde. Des individus et des communautés ont d’ores et déjà emprunté le chemin de l’imagination.
Dans cette exploration passionnée, Rob Hopkins interroge le déclin de notre imagination et la manière dont nous pourrions lui redonner de la vigueur. Car, une fois qu’on l’aura fait, plus rien ne nous résistera. Et si… ? est un appel à l’action pour libérer notre imagination collective et initier des changements rapides et profonds pour un meilleur futur.
Architecture écologique frugale
Tous les projets démonstrateurs sont concernés ; logement, école, bureau, industrie…en privilégiant la réhabilitation, requalification…
Qu’est-ce qu’un « projet Symbiose » ?
Est entendu par « projet Symbiose », un lieu générant sur l’ensemble de son cycle de vie davantage de bénéfice durable (impacts positifs) pour le territoire dans les domaines social, environnemental et économique qu’avant son implantation.
L’objectif est de faire en sorte qu’un projet Symbiose soit aussi simple et répandu qu’un projet classique. La démarche Symbiose permet également :
avoir accès à un outil d’aide à la décision sur les dimensions sensibles, interstitielles d’un projet et complémentaire aux démarche de qualité comme QDO.
bénéficier d’un accompagnement humain et technique,
adapter le projet au contexte territorial et social de notre région,
améliorer le projet en le faisant évaluer par une académie plurielle
monter en compétence grâce aux retours d’expériences,
identifier le bénéfice durable du projet,
dynamiser le territoire et les filières locales d’innovation,
bénéficier de dispositifs d’aides financières dont l’AMI Symbiose.
Les critères d’évaluation Symbiose
Chacun des 4 critères est noté sur 25 points pour une note globale sur 100. L’outil sera utilisé pour aider à l’évaluation des 4 dimensions du bénéfice durable du projet Symbiose aux quatre grandes étapes : émergence / incubation / réalisation / usage à l’instar du modèle de la démarche BDO. Trois niveaux de reconnaissances possibles : niveau bronze (40 points), argent (60 points) et or (80 points). Dans l’exemple ce dessus le projet a atteint le niveau or. C’est l’académie Symbiose qui appréciera l’intensité de chacun des critères.
C’est le titre slogan du dernier livre de Rob Hopkins, professeur de permaculture et initiateur du mouvement international des villes en transition. Il propose une méthode consistant à démarrer une phrase par « et si ? » pour imaginer le futur que nous souhaitons et le mettre en application à l’échelle locale, dans le cadre de l’AMI Symbiose, cela pourrait être au niveau des futurs habitants d’un territoire en transition. Pour chaque « et si ? » formulé, le but est de trouver des solutions. C’est un appel à l’action pour libérer l’imagination collective afin de commencer des changements rapides et profonds. ↩︎
À l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement du 05 juin, Horizom, une entreprise française spécialisée dans la culture du bambou, met en lumière les atouts de cette plante pour préserver l’environnement. Grâce à sa capacité à séquestrer le CO2, le bambou est une solution concrète pour contribuer à la neutralité carbone en 2050. Et la France doit, d’ici la fin de l’année 2025, diviser par 6 ses émissions de gaz à effet de serre et multiplier par 2 ses puits de carbone1.
Les bienfaits du bambou pour l’environnement
Horizom développe depuis 2022 une filière française de culture du bambou à travers :
Une pépinière de 7ha dans les landes ;
Des partenariats avec des agriculteurs du territoire : 165 ha ont été plantés à fin 2024
À la fin de l’année 2025, ce sont environ 550 ha de bambou qui seront cultivés par Horizom et ses agriculteurs partenaires, soit la superficie de 1 100 terrains de foot (ou 0,002 % de la SAU2 française)
Ces plantations prennent pied dans des régions où les conditions climatiques sont appropriées au bon développement de la plante (Sud-Ouest, Vendée, Indre…).
Accélérer la décarbonation de l’économie
Grâce à la culture du bambou, on peut produire une biomasse végétale de qualité valorisable sur de nombreux marchés en forte croissance (biomatériaux, biochimie, énergies renouvelables), pouvant remplacer des matériaux et énergies fortement carbonés.
Une économie régénérative pour un monde durable. Nous assistons à une réduction de l’usage de matériaux d’origines fossiles dans l’industrie, au profit de la biomasse. Cela se traduit par une forte croissance des marchés des biomatériaux, de la biochimie et de la bioénergie.
Ses propriétés chimiques étant similaires à celles du bois, le bambou peut être utilisé comme une alternative ou un complément au bois pour la fabrication d’isolants, de panneaux, de papier ou encore pour la production de biocarburant.
Équivalence en ressources de 550 ha de bambou
550 ha de bambou :
1 650 000 m2 d’isolants 100 % bambou par an, permettant d’isoler 8 250 maisons de 70 m2.
55 000 tonnes de bioplastiques avec 30% de fibres de bambou par an, soit l’équivalent de 17,60 piscines olympiques de plastiques évités.
165 000 teqCO2 séquestrées dans les parties aériennes et souterraines vivantes d’une bambousaie.
LE BAMBOU, un allié vert pour l’Écosystème
Horizom cultive le bambou selon les principes de l’agroécologie, en mettant en place des pratiques agricoles respectueuses des sols et de l’environnement :
Avant la plantation, ses équipes travaillent la terre : fissuration du sol, apport de matière organique adaptée, inoculation de micro-organismes, pour redonner au sol son fonctionnement biologique.
Une fois planté, le bambou nécessite aucun travail du sol, aucun phytosanitaire, très peu d’intrants et pas de coupe rase (coupe par bande) permettant de maintenir un couvert végétal tout au long de l’année,
La plante génère également un flux important de matière organique riche en carbone vers le sol, participant ainsi à sa régénération,
En amont de chaque projet agricole, une réflexion sur la circulation de l’eau sur les parcelles guide la mise en place d’une gestion raisonnée de l’eau avec des systèmes d’arrosage économes (goutte-à-goutte) pilotés en fonction des précipitations à venir et de mesures in situ (station météo + sondes capacitives). L’entreprise expérimente également l’hydrologie régénérative par le Keyline Design®. ‘
En respectant ses principes, une bambouseraie :
Restaure les sols :
Améliore la fertilité des sols dégradés.
Dépollue les sols en absorbant certains polluants organiques et métaux lourds.
Fournit un couvert végétal tout au long de l’année grâce à une récolte par bande.
Améliore le cycle de vie :
Limite le ruissellement et l’érosion des sols en interceptant une partie des précipitations et en favorisant une infiltration comparable à celle d’un sol forestier.
Active le renouvellement rapide des racines et la décomposition des racines mortes créent des canaux facilitant l’infiltration de l’eau, contribuant ainsi à la recharge des nappes phréatiques.
Présente un un taux d’évapotranspiration et une activité photosynthétique similaires à ceux d’une forêt, jouant un rôle clé dans le cycle de l’eau.
Améliore la qualité de l’eau grâce à la filtration naturelle et à la dégradation des polluants.
Soutient la biodiversité :
Offre un habitat adapté à de nombreuses espèces animales et végétales : insectes, oiseaux, mammifères…
Constitue un refuge essentiel pendant les périodes de nidification
Séquestre du CO2 :
Grâce à sa vitesse de croissance record, le bambou est capable d’absorber une grande quantité de carbone en peu de temps (3 fois plus rapidement qu’une jeune forêt).
Fondée en 2022 et dirigée par Dimitri Guyot, Christophe Downey et Stéphane Alzaix, Horizom développe la filière de la culture et de la valorisation du bambou en France. Elle développe des plantations selon les principes de l’agroécologie, en partenariat avec les agriculteurs et les industriels avec un triple objectif : produire de la biomasse à destination de l’industrie, séquestrer rapidement du carbone, et stabiliser et augmenter le revenu des exploitations agricoles en France. L’entreprise mène des activités de recherche agronomique au sein de sa pépinière de 7 ha située dans les Landes, ainsi que sur 10 ha de plantations pilotes.
En misant sur la culture du bambou, ressource renouvelable et écologique, Horizom contribue activement à la préservation de la biodiversité et à la lutte contre le changement climatique
Nous utilisons des technologies telles que les cookies pour stocker et/ou accéder aux informations relatives aux appareils. Nous le faisons pour améliorer l’expérience de navigation. Consentir à ces technologies nous autorisera à traiter des données telles que le comportement de navigation ou les ID uniques sur ce site. Le fait de ne pas consentir ou de retirer son consentement peut avoir un effet négatif sur certaines fonctionnalités et caractéristiques.
Fonctionnel
Toujours activé
Le stockage ou l’accès technique est strictement nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de permettre l’utilisation d’un service spécifique explicitement demandé par l’abonné ou l’internaute, ou dans le seul but d’effectuer la transmission d’une communication sur un réseau de communications électroniques.
Préférences
Le stockage ou l’accès technique est nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de stocker des préférences qui ne sont pas demandées par l’abonné ou la personne utilisant le service.
Statistiques
Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement à des fins statistiques.Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement dans des finalités statistiques anonymes. En l’absence d’une assignation à comparaître, d’une conformité volontaire de la part de votre fournisseur d’accès à internet ou d’enregistrements supplémentaires provenant d’une tierce partie, les informations stockées ou extraites à cette seule fin ne peuvent généralement pas être utilisées pour vous identifier.
Marketing
Le stockage ou l’accès technique est nécessaire pour créer des profils d’internautes afin d’envoyer des publicités, ou pour suivre l’internaute sur un site web ou sur plusieurs sites web ayant des finalités marketing similaires.