Accueil Blog Page 19

Livre blanc « Fait associatif, territoires et transition écologique »

Comment les associations contribuent-elles à la transformation socio-écologique des territoires ? Quels savoirs manquent pour mieux reconnaître, qualifier et renforcer cette contribution ? Ce livre blanc de l’Institut français du Monde associatif synthétise les échanges du groupe de travail « Fait associatif, territoires et transition écologique ».

Le document identifie des enjeux de connaissance prioritaires, avec une proposition de deux axes structurants :

  • ➡️ la reconnaissance des contributions associatives
  • ➡️ le « faire en commun » comme levier de transformation socio-écologique

Des besoins de connaissance prioritaires

Il est question ici de la valeur accordée à la contribution associative à la transition écologique. Comment définir cette valeur ? Il ne s’agit pas d’évaluer financièrement l’apport des associations d’intérêt général, mais comment mesurer leur rôle et leur place dans la production de la transition sociale et écologique ? On parle souvent de valeur sociale, en référence aux travaux de Jean Gadrey, mais il est plus complexe d’attribuer une valeur intégrant aussi la dimension écologique, autrement dit une valeur socio-écologique.

Trois types de tensions ont été identifiés sur ce sujet :

Une tension entre deux approches d’évaluation de la contribution

Elle oppose une logique quantitative, axée sur l’efficacité et la mesure d’impact, à une logique qualitative, qui valorise les contributions systémiques et la création du commun.

Cette opposition reflète également des temporalités différentes : d’un côté, l’urgence d’agir qui pousse à accélérer ; de l’autre, la nécessité de ralentir pour approfondir les transformations.

Une tension entre entreprises et associations

Ces deux univers, souvent opposés, utilisent des outils d’évaluation distincts. Du côté des entreprises, des référentiels comme le Green Deal européen, la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) et la double matérialité (impact de l’organisation sur l’environnement et réciproquement) encadrent leur
engagement. Mais ces référentiels sont-ils transposables au monde associatif ?

Leur application risque d’être limitée aux très grandes associations, rendant invisibles les nombreuses structures plus petites. Par ailleurs, la RSE ne s’adapte ni au fonctionnement ni aux ressources des associations.

Des travaux de recherche sont en cours pour définir une responsabilité sociétale des associations, mais il manque aujourd’hui des approches adaptées. L’enjeu est donc de produire de la connaissance interdisciplinaire sur ces questions.

Plutôt que d’opposer entreprises et associations, ne faudrait-il pas envisager des transferts d’outils et de méthodes entre ces deux catégories d’acteurs ? Comment
créer des espaces de dialogue, sachant que certaines structures de l’économie sociale et solidaire (ESS), y compris associatives, se situent à la croisée des deux mondes ?

Une tension entre contribution sociale et contribution environnementale

Peut-on penser ensemble ces deux dimensions de la transition ? Faut-il les évaluer séparément ou au contraire développer des approches intégrées ? Le groupe de travail a souligné l’intérêt d’une approche fondée sur la relation :

  • Relation entre humains et non-humains
  • Relation des individus à la société et aux territoires
  • Relation aux autres et à soi-même

En intégrant cette dimension relationnelle, il devient possible d’articuler plus finement contribution sociale et environnementale, en dépassant les évaluations cloisonnées. Cette approche permet aussi d’élargir l’analyse au niveau territorial, en prenant en compte non seulement l’impact individuel mais aussi les dynamiques collectives et institutionnelles.

Questions clés à approfondir :

  • Comment étudier ensemble les contributions environnementales et sociales en particulier au travers de la dimension relationnelle (la relation à soi, puis la relation aux autres, aux autres sur le territoire, la relation à la société et relation au milieu vivant) ?
  • Quelles sont les contributions systémiques à la création de commun recherchée par les associations ?
En résumé :
- Comment étudier ensemble les contributions environnementales et sociales, en particulier au travers de la dimension relationnelle (la relation à soi, puis la relation aux autres, aux autres sur le territoire, la relation à la société et relation au milieu vivant) ? Et peut-on dépasser les mesures d’impact sur les individus pris isolément pour aller vers ce que l’on vit en commun, en collectif, avec les institutionnels ?
- Que nous apprendrait l’échelle géographique de la contribution associative associée à la temporalité de la contribution ? Les associations ont-elles la main sur la durée de leur action ? Le besoin de temps long pour agir en confiance avec leurs parties prenantes est-il pris en compte par exemple ?
- Si l’on interroge les instruments de mesure de la contribution associative, peut-on les homogénéiser sans différenciation entre types d’acteurs ? Peut-on mesurer ce qu’a produit l’interaction entre les différents types d’acteurs sur les territoires ? Que serait une responsabilité sociétale non lucrative ? De quelles philosophies sont porteurs les différents types d’instruments de mesure ?
- Comment penser la contribution démocratique tant en interne aux organisations qu’au sein de la société au prisme des questions d’écologie ?

Exemples de questions de recherche :

Au regard de la confusion terminologique entre responsabilité sociétale, RSE, RSO, durabilité, soutenabilité, résilience : qu’est-ce que signifierait une Responsabilité sociétale des associations ?

  • Question proposée par Guillaume Plaisance, Maître de conférences en sciences de gestion, IAE Bordeaux

Cette question interroge à travers les normes, les référentiels et modalités de connaissance, la notion même de contribution associative à la transition écologique. Cela concerne particulièrement les associations les plus grandes, déjà amenées à travailler sur les enjeux de transition écologique et qui rendent des comptes sur ce sujet telles que la Croix-Rouge et tant d’autres. Cela concerne également les organismes dits normalisateurs, qui labellisent (IDEAS, le Comité de la Charte…). Aujourd’hui, il y a confusion entre la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) et des responsabilités sociétales des organisations (RSO). On voit des associations adopter des rapports RSE alors que cette dernière a été pensée dans la littérature et plus globalement dans le monde professionnel comme étant une forme de compensation du profit créé par les entreprises, alors que ce serait approprié de parler de responsabilité sociétale des associations. On observe un mélange des genres entre responsabilité sociétale de l’organisation, responsabilité sociétale dans son sens le plus large, développement durable, soutenabilité, résilience. Grâce à une revue de littérature, il a été montré en sciences de gestion que tous ces concepts étaient différents. Comment faire face à cette diversité de concepts lorsque on est praticien d’une petite, d’une moyenne ou d’une grande association ? Qu’est-ce que cela voudrait dire, par exemple, d’avoir une stratégie de soutenabilité c’est-à-dire chercher à rester actif et présent pour les bénéficiaires et pour la société le plus longtemps possible et dans des conditions qui n’altèrent pas, en outre, le bien-être des bénévoles, le bien-être des salariés et qui maximisent l’effet positif sur les personnes ciblées ? Est-ce que ce sont des nouvelles pratiques à inventer ? Il semblerait important de se mettre d’accord en France sur ce que ces concepts signifient. Est-ce une pratique inspirée de la RSE, auquel cas on tombe dans des travers problématiques ? Ou bien sont-ce des nouvelles pratiques à inventer ? Faut-il que le monde associatif, lui-même, définisse ce que signifie la responsabilité associative ? Il existe des contributions scientifiques à date sur les entreprises de l’ESS mais pour le monde associatif d’intérêt général, le besoin de connaissance est fort.

Qu’est-ce qui fait le caractère transformatif d’une transition socio-écologique et quelle serait la contribution des associations à cette dynamique transformative ?

  • Question proposée par Lydie Laigle, Directrice de recherche au Centre scientifique et technique, Université Paris-Est Marne-la-Vallée

La transition écologique reste un concept flou. Il y a un écart important entre une transition énergétique épaulée par une ville par exemple ou par des développeurs, et une transition énergétique de collectifs, de centrales villageoises. Ce n’est pas la même transition énergétique écologique. Elle ne transforme pas du tout les mêmes relations au territoire, les mêmes montées en compétences, le partage des initiatives, y compris du processus démocratique, qui n’ont vraiment rien à voir dans ces différentes transitions. Lorsqu’on regarde par exemple les compagnons bâtisseurs dans le quartier d’habitat social de Lannion, ils rapportent qu’ils avaient un contrat avec le bailleur, qu’ils faisaient ce qu’ils pouvaient mais n’avaient pas vraiment de compétences sur les sujets de transition énergétique. Alors que dans un autre exemple, l’association Halage à L’Île-Saint-Denis gère des emplois d’insertion. Elle crée toute une chaîne d’acteurs sur la fertilisation des terres, voire une transformation qui s’étend à l’échelle des multiples réseaux associatifs autour de cette chaîne d’acteurs, de recyclage des terres, de fertilisation, de compost, etc, et ce avec une mobilisation à l’échelle d’un territoire. Par conséquent, caractériser ce que l’on peut qualifier de transformatif ou de transformation socio-écologique dans la transition permettrait aussi de répondre à la question de la contribution des associations.

Quels rôles jouent les lieux animés par les associations dans la transition écologique et sociale des territoires ?

  • Question proposée par Léa Billen, Chercheuse et formatrice, Institut Transitions.

Par lieu, entendons ici les lieux animés par des associations sur les territoires, qu’ils soient tiers-lieux ou pas mais des lieux qui accueillent du public sur différentes thématiques et qui en tout cas sortent des lieux en silos (réemploi, réparation, épicerie solidaire etc..) pour permettre une observation plus
transversale. Quel est le rôle de ces lieux dans l’ancrage de la transition écologique par les associations dans les territoires ? Il semble qu’il existe là une sorte de présupposé selon lequel les lieux contribueraient à la transition écologique et sociale des territoires, à son ancrage à l’échelle des quartiers. Dans quelle mesure les lieux contribuent-ils à cela ? N’est-ce pas plutôt les dynamiques de
mobilisation qu’ils permettent qui sont contributrices de transition ? Il est utile d’interroger ce présupposé-là et se demander à quelles conditions les lieux permettent l’ancrage de la transition écologique.

Comment penser et évaluer une contribution systémique articulant la dimension sociale et environnementale des projets de transition écologique ?

  • Question proposée par Elena Lasida, Enseignante-chercheuse, Institut Catholique de Paris

C’est une question d’identification et d’évaluation de la contribution associative dans l’articulation
entre dimensions sociale et environnementale
. Il s’agit alors plutôt d’aborder la contribution dans sa
dimension systémique plutôt qu’à travers des indicateurs et des démarches d’évaluation très différentes : très techniques pour la dimension environnementale et souvent beaucoup plus qualitatifs pour la dimension sociale, mais sans lien entre les deux. Si l’on reconnaît que l’environnement est composé d’êtres vivants, mais non humains, ce ne sont plus seulement les impacts qu’il faut évaluer, comme si la nature était seulement une ressource mais aussi les relations telles qu’elles s’organisent et qui relient humains et non humains. Comment peut-on penser des dispositifs d’évaluation qui permettent de penser l’interdépendance entre le vivant humain et le vivant non humain et leur contribution conjointe à un processus de transition écologique et sociale ? Concernant les associations comment intégrer dans ce questionnement le fait que cela renvoie à des types d’associations aujourd’hui distinctes (sociales d’un côté et environnementales de l’autre) ?

Comment faire place et donner « la parole » au vivant non humain dans les délibérations collectives qui le concernent ?

  • Question proposée par Elena Lasida, Enseignante-chercheuse, Institut Catholique de Paris

Si on reconnaît que l’environnement est composé d’êtres vivants comme les humains, alors la question se pose de savoir comment les êtres non-humains participent à cette transition en tant que sujets de cette transition. Et du fait qu’ils ne s’expriment pas, qu’ils n’utilisent pas le même langage que les humains, de quelle manière les intègre-t-on dans les délibérations et la prise de décision ? A l’image de l’initiative du Parlement de la Loire qui a essayé de faire place à l’expression d’êtres vivant non humains à travers une multiplicité d’acteurs qui vont parler d’eux, mais aussi à travers une manière d’être en lien avec eux qui ne passe pas uniquement par la parole humaine.

Dans quelle mesure les associations françaises peuvent-elles rendre des comptes sur leur contribution à la transition écologique ?

  • Question proposée par Guillaume Plaisance, Maître de conférences en sciences de gestion, IAE Bordeaux

D’un point de vue des sciences de gestion, il est intéressant de travailler sur la manière dont les associations peuvent rendre des comptes vis-à-vis de leurs initiatives quant à la transition écologique. Un concept très important existe en sciences politiques, en sociologie, en économie et bien sûr en sciences de gestion, c’est celui d’accountability, soit la manière dont on rend des comptes, la manière dont on fait vivre la démocratie en interne comme en externe. C’est par cette façon de rendre des comptes que l’association endosse une responsabilité vis-à-vis de ses bénéficiaires, de ses membres, de ses financeurs et de la société quant à la transition écologique. Aujourd’hui, toute une série de rapports et de dynamiques relèvent plutôt des entreprises à but lucratif, parfois du service public. Il
manque en revanche une réflexion qui soit propre au monde associatif, qui tienne compte de ses responsabilités sociétales mais aussi de ses spécificités logistiques, financières, humaines, matérielles. Des exigences de plus en plus importantes pèsent aujourd’hui sur le monde associatif quant à des rapports financiers, d’activités, moraux. Il semble que la tendance soit à une régulation des rapports non financiers, y compris pour les associations, on parle parfois d’études d’impact. Ceci est un enjeu fondamental, conceptuel et terminologique surtout pour les praticiens.

Livre Blanc : Fait associatif, territoires et transition écologique

La transition écologique questionne profondément les modes de vie, les politiques publiques et les dynamiques locales. Les associations, par leur ancrage territorial et leurs pratiques collectives, jouent un rôle central mais encore peu documenté dans cette transformation. C’est dans cette perspective qu’un groupe de travail a été lancé par l’Institut réunissant chercheurs et acteurs associatifs autour des liens entre fait associatif, territoires et transition écologique.

Ce travail s’inscrit dans la continuité du programme de recherche « Révéler la contribution des associations aux territoires », actuellement en cours de déploiement.


Livre Blanc : Générosité privée et associations : vers de nouvelles relations.

Accompagner les élus et agents publics dans la mise en œuvre d’actions concrètes pour préserver et restaurer la biodiversité

La biodiversité est en déclin sous l’effet des pressions humaines et du changement climatique. Pourtant, elle est essentielle à notre résilience et à notre bien-être. Comment mieux la préserver et intégrer ces enjeux dans l’action publique ? Le dossier « Protection et restauration de la biodiversité : comprendre et agir » apporte des clés de compréhension et des solutions concrètes pour accélérer la transition écologique dans les territoires.

Une fonction publique pour la transition écologique accompagne les élus et agents publics dans la mise en œuvre d’actions concrètes pour préserver et restaurer la biodiversité.

Que contient ce dossier, conçu comme une boîte à outils pour comprendre et agir :

Comprendre les fondamentaux : biodiversité, écosystèmes et services écosystémiques

La défense de la biodiversité repose sur celle des écosystèmes, c’est-à-dire les milieux naturels qui abritent les différentes espèces. L’écosystème est tout d’abord façonné par ses caractéristiques géographiques (climat plus ou moins froid, plus ou moins humide…) mais aussi par les espèces (végétales, animales, fongiques et bactériennes) qui y vivent et par les équilibres naturels qui se créent par leurs interactions : chaîne alimentaire,
collaboration, parasitisme…

La France abrite des écosystèmes très variés grâce notamment à la richesse de ses zones biogéographiques.

Sur son territoire métropolitain, la France est le seul pays européen à être concerné par quatre zones biogéographiques terrestres (atlantique, continentale, alpine et méditerranéenne), et deux zones
biogéographiques marines
(atlantique et
méditerranéenne). La diversité des écosystèmes se définit comme la géodiversité.

La biodiversité ne se limite pas aux espèces menacées. Elle englobe l’ensemble du vivant et les interactions qui structurent les écosystèmes. Ce dossier rappelle les concepts-clés et met en lumière les services écosystémiques dont nous bénéficions, comme la pollinisation ou la régulation du climat. Il souligne aussi comment la nature peut être une alliée face aux dérèglements climatiques, en absorbant le carbone et en atténuant les effets des événements extrêmes.

Biodiversité et changement climatique : Selon les experts, cinq principales causes sont à l’origine de la perte de la biodiversité que l’on
peut aujourd’hui constater

Un cadre juridique et stratégique pour structurer l’action

L’efficacité des politiques publiques en matière de biodiversité repose sur un cadre législatif et stratégique clair. Ce dossier décrypte les principales lois et stratégies en place, de la loi pour la reconquête de la biodiversité aux engagements internationaux comme ceux de la COP15. Il met en évidence le rôle des institutions qui assurent leur mise en œuvre, comme l’Office français de la biodiversité ou les agences de l’eau, essentielles pour accompagner les collectivités et garantir des actions cohérentes sur le terrain.

Agir à toutes les échelles : du territoire aux citoyens

Ce dossier propose des actions concrètes pour protéger et restaurer la biodiversité. Il aborde la reconquête des écosystèmes, avec la lutte contre l’artificialisation des sols et la restauration des milieux naturels. La nature en ville est aussi un levier clé pour améliorer la résilience des territoires. La réduction des pollutions, qu’elles soient plastiques ou chimiques, est essentielle pour préserver les écosystèmes. Enfin, la sensibilisation et la formation des agents publics et des citoyens sont mises en avant pour favoriser une mobilisation collective efficace.

Un document essentiel pour intégrer la biodiversité au cœur des politiques publiques et des pratiques professionnelles.

Fiche de synthèse

Dossier « Protection et restauration de la biodiversité : comprendre et agir »

Lire aussi sur :

Une fonction publique pour la transition écologique

L’empreinte Eau : notions théoriques, outils de mise en œuvre opérationnelle et exemples

0

À l’instar de l’empreinte carbone, le concept d’empreinte eau (Water Footprint), pour lequel il existe aujourd’hui une norme internationale (ISO 14046), est un indicateur de l’usage direct et indirect de l’eau. Afin d’aider les non spécialistes du sujet, la Chaire ELSA-PACT1 associée aux partenaires du projet ANR MINIMEAU a conçu en 2021 un mémento graphique, pour rendre accessible de manière pédagogique, pratique et synthétique, ce concept complexe.

L’empreinte eau permet notamment de prendre en considération la quantité d’eau visible et « invisible » nécessaire à la production d’un objet, d’un aliment. Ainsi, on sait par exemple que la production d’un tee-shirt en coton consomme 1300 Litres d’eau mais que se cache-t-il vraiment derrière cette information ?

Comprendre et réaliser une empreinte eau

L’eau douce est une ressource rare et menacée. Derrière chaque objet et action du quotidien se cache une consommation d’eau.

Cette information est de plus en plus utilisée dans divers types de communication: par exemple 1 t-shirt en coton = 1300 L d’eau. Que se cache-t-il derrière cette information et quels sont les liens avec l’ACV (Analyse du Cycle de Vie)2 ?

Aujourd’hui, il existe une norme internationale (ISO 14046) qui définit ce qu’est une empreinte eau mais qui reste encore très difficile d’accès aux non spécialistes.

La Chaire ELSA-PACT associée aux partenaires du projet ANR MINIMEAU a conçu et réalisé un mémento graphique qui vise à rendre accessible cette norme (ISO 14046) de manière pédagogique, opérationnelle et synthétique.

Memento graphique sur l’empreinte eau


  1. La chaire ELSA-PACT en quelques mots :
    Un espace de collaboration entre chercheurs, enseignants et entreprises.

    C’est un projet de collaboration entre entreprises et académiques dans les domaines de l’eau, de l’agro-alimentaire, des produits résiduaires organiques et des énergies renouvelables. Ce projet s’est déroulé sur une décennie et a pris fin en décembre 2023. ELSA-PACT a fait rayonner la pensée « cycle de vie » et a été à l’origine de nombreuses productions scientifiques, d’actions de vulgarisation et d’activités de formation. La chaire aura permis de nombreuses réflexions autour des impacts environnementaux et de leurs calculs. Elle a permis de créer des supports pour partager les connaissances acquises. ↩︎
  2. L’Analyse du Cycle de Vie (ACV) est une méthode d’évaluation environnementale multicritère de référence, reconnue à l’international par les normes ISO 14040-44. ↩︎

Lire aussi :

Eau potable et pollution : peut-on encore boire l’eau du robinet ?

Quel est le bilan des catastrophes naturelles en France ?


La Caisse Centrale de Réassurance CCR, réassureur public qui agit en France au service de l’intérêt général pour l’assurabilité des risques extrêmes et émergents, publie un bilan des catastrophes naturelles en France entre 1982 et 2024. Un document de référence pour comprendre les évolutions réglementaire récentes, les nouveaux défis climatiques, les priorités de renforcement du régime Cat Nat et un bilan détaillé de l’année 2024 en matière de sinistralité et de catastrophes naturelles.

L’année 2024 a été marquée par une succession exceptionnelle d’événements attritionnels1, à laquelle s’est ajouté en fin d’année un événement catastrophique d’une forte intensité, à savoir le cyclone Chido. Celui-ci, le plus fort cyclone enregistré depuis 1934, a frappé Mayotte le 14 décembre 2024, causant des destructions massives. Cet événement a révélé la fragilité de l’île de Mayotte et a rappelé la forte exposition de l’ensemble des Territoires d’Outre-mer face aux cyclones, soulignant l’urgence de renforcer les mesures de prévention et de protection dans ces régions.

Entre septembre et novembre 2024, la France métropolitaine a connu douze événements d’inondations modérées à importantes. Ces inondations, faisant principalement suite aux tempêtes Kirk et Leslie, ont touché des régions allant des Pays de la Loire aux Ardennes et des Cévennes à l’Ardèche, ainsi que des crues « éclair » particulièrement dévastatrices dans le Var. Ces événements mettent en évidence la nécessité de renforcer les infrastructures de protection contre les inondations et d’améliorer la résilience des territoires.

Ces événements s’inscrivent aussi dans l’évolution de la sinistralité des catastrophes naturelles en France observée au cours des dix dernières années, montrant une tendance à la hausse. En moyenne, 2,4 milliards d’euros de dommages assurés ont été enregistrés chaque année.

La fréquence des sinistres est aujourd’hui quatre fois supérieure à celle d’avant 2015, indiquant une augmentation notable des événements extrêmes. Cette tendance est exacerbée par le changement
climatique, qui intensifie les phénomènes météorologiques.

Antoine Quantin, Directeur des Réassurances et Fonds publics

Depuis 2016, huit années sur neuf se sont avérées techniquement déficitaires pour le régime Cat Nat, montrant que les primes d’assurance ne suffisaient pas à indemniser les sinistres et à couvrir les frais. La sinistralité attritionnelle, représentant les dommages de moindre ampleur mais plus fréquents, contribue de manière significative à la charge globale du régime.

La sécheresse, en particulier, même si l’année 2024 a été contenue, continue de représenter un défi majeur. Quatre des cinq événements les plus coûteux pour le régime Cat Nat sont dus à la sécheresse, dont quatre au cours des huit dernières années.

Les territoires d’outre-mer sont particulièrement vulnérables aux catastrophes naturelles, comme le montrent les événements récents. L’outre-mer représente 1,8 % des cotisations du régime Cat Nat pour 10 % de la sinistralité historique sur la période 2000-2024, cela correspond pour l’outre-mer à un ratio Sinistres sur Prime de 667 %. Le coût des dommages du cyclone Chido à Mayotte et dans une moindre mesure, du cyclone Belal à La Réunion, met en lumière le besoin accru de prévention et de couverture. Le récent cyclone Garance qui a traversé l’île de La Réunion le 28 février 2025, montre l’exposition plus forte ces derniers mois, et nous constatons des dommages plus importants de ce type de catastrophes naturelles dans les outre-mer.

Cela pèse et risque de peser encore plus fortement sur le régime dans les décennies à venir. Afin de sécuriser le régime Cat Nat, il est indispensable de porter une attention particulière à la limite entre ce qui relève d’une part des garanties du régime Cat Nat, suivant les critères définis pour le régime, et ce qui relève d’autre part des dommages couverts par les assurances et réassurances de marché seules.

Le régime Cat Nat est confronté à des défis financiers importants, nécessitant des ajustements pour maintenir son équilibre et sa pérennité, justifiant l’augmentation des surprimes pour renforcer son financement. Cette mesure est essentielle pour garantir la solvabilité du système et la capacité à indemniser les sinistrés. Les surprimes ont été augmentées pour les habitations et les entreprises de 12 % à 20 %, et de 6 % à 9 % pour les véhicules à moteur à partir du 1er janvier 2025.

Des primes Cat Nat en hausse, estimées à 2,17 Md€ en 2024

La loi 3DS a introduit des modifications pour améliorer la prise en charge des sinistres catastrophes naturelles, dus à la sécheresse. Suite à la loi Baudu, les procédures d’indemnisation ont été rendues plus transparentes et efficaces, avec des délais de traitement réduits et une meilleure communication des décisions.

Des événements récents ont également montré la nécessité de procéder à des ajustements pour mieux couvrir les collectivités locales, pour renforcer ainsi leur protection contre les catastrophes naturelles.

Ces cartes sont disponibles de façon interactive sur le portail catastrophes-naturelles.ccr.fr dans l’onglet « Localiser ».

Des préoccupations ont récemment émergé concernant la difficulté croissante d’assurer certains biens en fonction des territoires. Pour répondre à ces inquiétudes, CCR a été mandatée pour constituer un observatoire de l’assurabilité. Cet observatoire aura pour mission de fournir une analyse objective et approfondie des difficultés d’assurance et le risque d’inassurabilité des biens. Les résultats de ces travaux seront publiés dans les prochains mois et permettront, année après année, de suivre l’évolution du risque d’inassurabilité des biens dans les territoires.

Ces cartes sont disponibles de façon interactive sur le portail catastrophes-naturelles.ccr.fr dans la rubrique « Localiser ».

La prévention des risques est au cœur des efforts pour réduire la vulnérabilité aux catastrophes naturelles.

Le 3e Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC), publié en mars 2025, inclut des mesures pour renforcer le Fonds de prévention des risques naturels majeurs (FPRNM) et améliorer la résilience des territoires.

Actuellement, plus de 12 700 communes sont dotées d’un Plan de prévention des risques (PPR) ou d’un dispositif assimilé, contribuant à réduire leur vulnérabilité. Le programme MIRAPI, lancé il y a quelques années, a montré tout son intérêt à la suite des inondations dans les Hauts-de-France. Il a proposé des diagnostics des habitations inondées et des aides financières pour la mise en œuvre de travaux de réduction de la vulnérabilité. La pérennisation de ce dispositif est essentielle pour amplifier les efforts d’adaptation et de prévention dans les phases de « reconstruction » après les sinistres.

Les Programmes d’actions de prévention des inondations (PAPI), avec plus de 290 programmes labellisés en France, couvrent plus de 80 % de la population exposée aux inondations. Dans le cadre de la loi de finance 2025, le budget alloué à la prévention a été revu à la hausse, notamment à travers le Fonds Barnier, permettant de mieux préparer et protéger les zones exposées. L’ajout dans cette même loi de finances d’une ligne budgétaire dédiée au risque de retrait-gonflement des argiles (RGA), offre une opportunité unique de créer un dispositif de prévention visant à adapter les logements existants aux problématiques des sécheresses géotechniques renforçant ainsi la résilience et l’adaptation des bâtiments face aux effets du changement climatique. Des efforts accrus sont nécessaires pour la prévention individuelle des risques, notamment dans les zones fortement exposées.

La sensibilisation et l’adaptation des comportements sont des éléments clés pour réduire la vulnérabilité aux catastrophes naturelles.

Le rapport « Bilan Cat Nat 2025 » est un outil mis à disposition de l’ensemble des parties prenantes pour améliorer l’efficacité des politiques publiques en matière de prévention et d’indemnisation.

Les Plans de prévention des risques naturels (PPRN) : une planification urbaine efficiente pour protéger les populations et les biens

Il met en lumière les défis croissants posés par les catastrophes naturelles en France. Il souligne l’importance de renforcer les mesures de prévention, d’adaptation et de financement pour garantir la résilience des territoires et la protection des populations face à ces événements extrêmes tout en veillant à protéger l’assurabilité dans les zones fortement exposées.


  1. Les sinistres dont la fréquence est élevée mais dont le coût est relativement faible sont caractérisés comme attritionnels. Au contraire, les sinistres dont la fréquence est faible (voire très faible) mais avec une charge beaucoup plus importante sont considérés comme graves. ↩︎

Les catastrophes naturelles en France – Bilan 1982-2024

Rapport du GIECo sur les Facteurs de changement et de non-changement comportemental en période de transition

Pourquoi, malgré 50 ans d’alertes climatiques, nous ne parvenons toujours pas à changer ? Éléments de réponse avec la publication du premier rapport du Groupe International d’Experts sur les Changements de Comportement (GIECo), qui a reçu un nombre important de propositions de chapitres, avec plus de 45 auteurs provenant de 20 pays, 14 disciplines, 35 universités et instituts de recherche et couvrant un large éventail de sujets au cœur du changement et du non-changement comportemental.

Alliance pour le Groupe International d’Experts sur les Changements de Comportement (GIECo)


Le premier Rapport scientifique du GIECo a été présenté à l’Académie du Climat le 2 Juillet 2025. Les révélations de ce Tome 1 répondent à la question

Pourquoi on n’arrive pas à changer malgré 50 ans d’alertes climatiques ?

Après 3 ans de travaux, 40 chercheurs de 35 universités, 14 disciplines et 20 pays dévoilent l’angle mort des transitions écologiques : le Facteur Humain.

3 révélations qui changent tout

  • 1️⃣ On se trompe de leviers : Information + incitations + peur ≠ changement de comportement (Désolé pour tous les PowerPoint ratés 😅) “savoir ne suffit pas à changer”
  • 2️⃣ Les blocages sont partout : Individuels, collectifs, culturels, organisationnels… Et ils sont plus puissants qu’on ne le pense.
  • 3️⃣ On peut agir autrement : Les sciences comportementales existent, mais sont scandaleusement sous-utilisées dans les stratégies de transition.

Pourquoi ce rapport nous fait voir différemment ?

Une analyse transversale des vrais moteurs de changement
Des pistes d’actions concrètes pour institutions, entreprises, société civile
Des exemples inspirants issus des terrains de transition
= Le chaînon manquant pour réussir enfin la transition écologique

Investir sans comprendre ce qui freine ou motive les comportements
= échec garanti.

« 𝘚𝘢𝘯𝘴 𝘴𝘤𝘪𝘦𝘯𝘤𝘦𝘴 𝘥𝘦𝘴 𝘤𝘰𝘮𝘱𝘰𝘳𝘵𝘦𝘮𝘦𝘯𝘵𝘴, 𝘱𝘢𝘴 𝘥𝘦 𝘵𝘳𝘢𝘯𝘴𝘪𝘵𝘪𝘰𝘯𝘴 𝘳𝘦𝘶𝘴𝘴𝘪𝘦𝘴 » – Dr Jacques Fradin, Fondateur du GIECO

Le rapport du GIECo / IPBC

Panel international sur le changement des comportements (IPBC)

(version anglaise disponible immédiatement – résumé français en octobre)

Qu’il s’agisse de questions « purement » scientifiques, telles que les crises climatiques et de la biodiversité, comme dans les opérations et décisions quotidiennes de Management et culture organisationnelle :

Le facteur humain est absolument fondamental à la fois comme cause de ces crises mais aussi comme source de solutions !


La fresque du facteur humain

La fresque du facteur humain animée par Nous Sommes Vivants est une expérience transformatrice pour augmenter notre capacité à changer de comportements.

« Le putain de facteur humain, c’est ce qui fait que l’on ne passe pas de ce qu’on sait à ce que cela implique »

Hubert Reeves, Astrophysicien

Pourquoi est-il si difficile de changer de comportements ?

il ne suffit pas d’être convaincus pour adopter de nouveaux comportements

On peut tous constater dans notre entreprise ou notre collectivité locale que ce n’est pas parce que les gens sont convaincus de la nécessité de changer de comportements face aux enjeux écologiques que pour autant le changement s’opère.

Les scientifiques du comportement nous expliquent qu’il ne suffit pas d’être convaincus pour adopter de nouveaux comportements et que même animés par la volonté de changer, la route est longue et parsemée de tentatives infructueuses pour y parvenir. Sortir de l’échec demande une compréhension profonde des facteurs souvent inconscients qui limitent notre capacité à changer de comportements.

Changer de comportements pour en adopter de nouveaux demande un effort individuel. Cet effort individuel qui doit aussi être collectif nécessite d’adopter une posture d’accompagnement au changement spécifique pour mener à bien un plan de transformation dans son organisation.

Un plan d’action pour le changement en 5 étapes

Cette méthode1 d’accompagnement au changement en 5 étapes, théorisée par 2 scientifiques du comportement, Prochaska et Di Clemente, intégrée dans l’animation de la fresque du facteur humain par Nous Sommes Vivants, permet de se mettre en mouvement en 5 étapes vers un nouveau comportement.

  1. SAVOIR (Pré-contemplation) : Le patient ne pense pas avoir de problèmes avec sa consommation. Il n’envisage pas de changer de comportement, dont il ressent essentiellement les bénéfices.
  2. VOULOIR (Contemplation) : À ce stade commence à se manifester l’ambivalence. Le patient envisage un changement de comportement, mais il hésite à renoncer aux bénéfices de la situation actuelle. On parle alors de balance décisionnelle, qui amène à comparer les pour et les contre d’un changement avec ceux de son comportement actuel.
  3. POUVOIR (Préparation/détermination) : À ce stade, le patient se sent prêt à démarrer la phase d’action dans un futur proche ; il détermine des décisions et commence à les mettre en place dans le temp
  4. CHANGER (Action) : Le changement est engagé vers des modifications de son style de vie. Les difficultés sont importantes.
  5. PERSÉVÉRER (Maintien) : À cette phase de consolidation, il convient de rester prudent car les tentations sont nombreuses de retourner au comportement problématique.
    (Rechute) La rechute est possible et fait partie du processus normal de changement.

Suivre ces 5 étapes permet à chacun d’ancrer dans le temps de nouveaux comportements en faveur, par exemple, de la biodiversité sur terre et dans les mers, du climat ou du mieux consommer.


Les auteurs s’accordent également sur le faible impact des données purement rationnelles sur le changement comportemental, d’autres forces plus puissantes étant à l’œuvre dans nos efforts pour changer ou ne pas changer.

Efforts pour ne pas changer : ne pas changer est soumis à des forces très puissantes qui nous empêchent de changer et facilitent le fait de ne pas changer.

Au-delà de son intérêt scientifique évident, le premier rapport principal du GIEC (PR-1) :

  • Présente une revue de la littérature en sciences du comportement.
  • Rapports sur ce que ces sciences ne savent pas et quelles connaissances pourraient être utiles et importantes à comprendre, afin de proposer :
    • des solutions empiriques aux obstacles au changement
    • et de nouveaux domaines de recherche ;
  • Souhaite attirer l’attention des acteurs scientifiques, privés, publics, médiatiques et de la société civile sur l’importance
    • de prendre en compte le facteur humain dans les transitions
    • et des travaux du GIEC sur cette question.
  • Plaide pour la nécessité absolue de prendre en compte les sciences du comportement dans l’effort de transition, car sans elles, nous courons droit à l’échec à l’échelle planétaire
Stéphane La Branche
Coordinateur scientifique de l’IpbC

Cela signifie une reconnaissance et un soutien institutionnel et financier multipartite pour ces sciences.

Afin de le rendre le plus accessible possible, des efforts particuliers ont été faits pour réduire le jargon et définir des notions spécifiques dans chaque chapitre, avec un glossaire.

Une version courte spéciale dédiée à toutes les parties prenantes, sera publiée en Octobre en se concentrant sur ce que les sciences du comportement disent fonctionner ou non dans les efforts de changement, dans la vie réelle.

Contenu

  • Avant-propos J. Fradin : Pourquoi l’IpBc/GIECo ? Pourquoi maintenant ?
  • Introduction S. La Branche : Au-delà de la rationalité : un regard des sciences du comportement appliquées à la transition écologique
  • Chapitre 1 M. Bonaiuto, V. Vitale : Interventions socio-psychologiques favorisant le changement de comportement pour la transition écologique
  • Chapitre 2 CA Trujillo : L’intersection de la pauvreté et du changement de comportement pour des modes de vie durables
  • Chapitre 3 J. Saint-Charles, S. Yates, C. Alloing, AS. Gousse-Lessard : Communication et changement de comportement à l’heure de la transition écologique
  • Chapitre 4 H. Jalin, C. Mouguiama-Daouda, A. Sapin : Les émotions en transition : l’éco-anxiété sauvera-t-elle notre civilisation ?
  • Chapitre 5 S. Blanco, D. Gotteland, O. Trendel : Le rôle de la cognition implicite dans le développement d’une culture organisationnelle pro-environnementale
  • Chapitre 6 D. Guyatt : Au-delà des données : le rôle des mentalités dans la réduction du déficit de financement climatique
  • Chapitre 7 S. Ansart, F. Ottaviani, R. Duymedjian, H. Poissonnier, D. Steiler : Homo economicus vs pratiques de modération entrepreneuriale : une réalité au potentiel transformateur
  • Chapitre 8 D. Couvet, E. Bessa : Citoyenneté écologique pour une diversité de changements de comportement nécessaires
  • Postface de S. La Branche : Matière à réflexion transversale

1er Tome du rapport scientifique du GIECo / IPBC

Soirée pour la publication du résumé en français du 1er Tome, le jeudi 2 juillet 2026 à Paris


  1. Une méthode inspirée de la compréhension des comportements addictifs ↩︎

VSME : la norme volontaire pour le reporting des PME

VSME – La Commission a adopté ce mercredi 30 juillet une recommandation sur l’information volontaire en matière de durabilité pour les petites et moyennes entreprises (PME). L’objectif affiché par la Commission Européenne est de réduire la charge administrative pesant sur les PME en leur permettant de répondre plus facilement aux demandes de grandes entreprises et établissements financiers qui sont soumis à l’obligation d’information en matière de durabilité (CSRD) et comptent des PME dans leurs chaînes de valeur.

Liste des exigences de publication pour le module de base du Standard volontaire européen – VSME

Voluntary Standard for Medium size Entreprises (VSME)

Les VSME sont des normes européennes de reporting de durabilité établies pour aider les micro-entreprises et PME à mieux comprendre et communiquer leur impact environnemental, social et de gouvernance (ESG).

Ces normes font partie intégrante de la Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD), adoptée par l’Union Européenne pour renforcer la transparence des pratiques durables des entreprises et pour guider celles-ci vers une économie plus verte et inclusive. A la différence des ESRS, les VSME sont d’application volontaire, non obligatoire.

Communication volontaire et engagement RSE

Les PME peuvent souhaiter communiquer volontairement des informations sur la durabilité afin d’améliorer leur accès à la finance durable et, ainsi, de mieux comprendre et suivre leurs propres performances en matière de durabilité, améliorant ainsi leur résilience et leur compétitivité.

Pour Alain Jounot, Responsable du département RSE chez Groupe AFNOR, « aborder la question de la performance extra financière et de la transformation des entreprises par une approche de reporting, en fixant une grille d’indicateurs, n’a aucun effet si ces indicateurs ne sont pas rattachés à la réflexion stratégique et donc à la hiérarchisation des priorités et à la mise en œuvre concrète des décisions« .

« Le Label Engagé RSE  d’AFNOR Certification permet aux entreprises de bénéficier d’une analyse des pratiques existantes et de la stratégie de développement. Ce label permet aux entreprises de structurer leur démarche RSE et ainsi de rédiger leur rapport de durabilité aligné avec la VSME et la CSRD. IL permet de réfléchir aux orientations possibles des activités, pouvant à la fois en garantir la pérennité et améliorer la contribution d’une entreprise au développement durable. »

Dans le cadre de leur exercice de reporting les entreprises s’engagent dans un processus de changement et d’amélioration continue. Elles peuvent avoir des besoins d’accompagnement (diagnostic, plan d’animation et de communication, de formation, d’évaluation et de vérification). Elles peuvent s’appuyer également sur des référentiels normatifs comme les normes ISO ou CEN.

Tous ces éléments font du Groupe AFNOR un acteur incontournable et reconnu dans le champ de la durabilité.

VSME : Norme volontaire d’information en matière de durabilité pour les PME

Liste des exigences de publication pour le module narratif du Standard volontaire européen – VSME

Qu’est-ce que le label Engagé RSE ?

Choisir de devenir Engagé RSE, c’est adresser un signal fort : celui d’une organisation qui assume les impacts de ses décisions et s’engage pour un développement durable de ses activités. Engagé RSE, le label qui fait la différence !

Quelles sont les obligations des États en matière de changement climatique ?

La Cour Internationale de Justice répond aux questions énoncées dans la résolution 77/276 que l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies a adoptée le 29 mars 2023, « consciente que les changements climatiques constituent un défi sans précédent de portée civilisationnelle et que le bien-être des générations présentes et futures exige de notre part une réaction immédiate et urgente. » Et notamment celle-ci : « Quelles sont les obligations des États en matière de changement climatique ? »

The International Court of Justice (ICJ), principal judicial organ of the UN, delivers its advisory opinion on the Obligations of States in respect of Climate Change, on Wednesday 23 July 2025, at the Peace Palace in The Hague, the seat of the Court. Session held under the presidency of Judge Iwasawa Yuji, President of the Court. The Court’s role is to settle, in accordance with international law, legal disputes submitted to it by States and to give advisory opinions on legal questions referred to it by authorized UN organs and agencies.

Questions à la Cour Internationale de Justice

  • 👉 Quelles sont, en droit international, 𝗹𝗲𝘀 𝗼𝗯𝗹𝗶𝗴𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀 𝗾𝘂𝗶 𝗶𝗻𝗰𝗼𝗺𝗯𝗲𝗻𝘁 𝗮𝘂𝘅 𝗘́𝘁𝗮𝘁𝘀 en ce qui concerne la protection du système climatique et d’autres composantes de l’environnement contre les émissions anthropiques de gaz à effet de serre pour les États et pour les générations présentes et futures ?
  • 👉 Quelles sont, au regard de ces obligations, 𝗹𝗲𝘀 𝗰𝗼𝗻𝘀𝗲́𝗾𝘂𝗲𝗻𝗰𝗲𝘀 𝗷𝘂𝗿𝗶𝗱𝗶𝗾𝘂𝗲𝘀 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗹𝗲𝘀 𝗘́𝘁𝗮𝘁𝘀 qui, par leurs actions ou omissions, ont causé des dommages significatifs au système climatique et à d’autres composantes de l’environnement, à l’égard :
    • Des États, y compris, en particulier, des petits États insulaires en développement, qui, de par leur situation géographique et leur niveau de développement, sont lésés ou spécialement atteints par les effets néfastes des changements climatiques ou sont particulièrement vulnérables face à ces effets ?
    • Des peuples et des individus des générations présentes et futures atteints par les effets néfastes des changements climatiques ? »

Cet avis, adopté à l’unanimité, met les États face à leurs responsabilités

  • les traités relatifs aux changements climatiques imposent aux États parties des obligations contraignantes relativement à la protection du système climatique et d’autres composantes de l’environnement contre les émissions anthropiques de gaz à effet de serre ;
  • le droit international coutumier impose aux États des obligations relativement à la protection du système climatique et d’autres composantes de l’environnement contre les émissions anthropiques de gaz à effet de serre : les États ont l’obligation de prévenir les dommages significatifs à l’environnement et ont le devoir de coopérer de bonne foi les uns avec les autres afin de prévenir ces dommages ;
  • les États ont l’obligation, en vertu du droit international des droits de l’homme, de respecter et de garantir la jouissance effective des droits de l’homme en prenant les mesures nécessaires pour protéger le système climatique et d’autres composantes de l’environnement ;
  • la violation de l’une quelconque des ces obligations constitue, de la part d’un État, un fait internationalement illicite engageant sa responsabilité.

OBLIGATIONS DES ÉTATS EN MATIÈRE DE CHANGEMENT CLIMATIQUE

Résumé de l’avis consultatif du 23 juillet 2025

Avis consultatif du 23 juillet 2025


Obligations des États en matière de changement climatique : un avis historique ?

Le 23 juillet dernier, la Cour internationale de Justice (CIJ) a rendu, à l’unanimité, un avis très attendu sur les obligations des États en matière de changement climatique. Saisie en 2023 par l’Assemblée générale des Nations Unies, la Cour identifie les obligations internationales des États, leur valeur juridique et les conséquences de leur violation.

Par Thibaut Fleury Graff, Professeur à l’Université Paris Panthéon-Assas (IHEI)

Le Premier Think Tank juridique français

Quel est l’apport de cet avis ?

Long de 140 pages – dont environ 110 portent directement sur les questions posées – cet avis est d’une richesse impossible à résumer en quelques lignes : nous nous en tiendrons donc ici à quelques éléments saillants seulement.

Sur la forme et la procédure, il faut d’abord souligner que la Cour a reçu, pour forger sa conviction et étayer son argumentation, 91 exposés écrits et 62 observations écrites, et entendu lors d’audiences publiques qui se sont tenues en décembre 2024 les représentants de 96 États et de 11 organisations internationales. Ces documents, tous accessibles sur le site de la Cour, constituent en eux-mêmes une base de données unique et irremplaçable. En sollicitant cet avis, l’Assemblée générale a incité les États à prendre position juridiquement et politiquement sur leurs obligations internationales relatives au changement climatique. Ce sont des milliers de pages d’observations et des dizaines d’heures d’exposés oraux interprétant le droit international jugé pertinent en la matière qui sont ainsi disponibles.

Sur le fond, compte tenu de la longueur de l’avis et des nombreux éléments, y compris très techniques juridiquement, qu’il comprend, nous proposons d’en retenir ici trois principaux.

Le premier tient àla place tout à fait centrale qu’accorde la Cour aux données scientifiques et à leurs interprétations produites par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) créé dès 1988. Rappelant que « les participants à la (…) procédure se sont accordés à dire qu’ils constituaient les meilleures données scientifiques disponibles », la Cour précise qu’elle « s’appuiera essentiellement sur les rapports du GIEC » tout au long de son argumentation (§74). De bout en bout, l’avis se lit comme un rappel de l’urgence à agir en la matière, et de la pertinence des données scientifiques fournis en ce sens par le GIEC, qui – par exemple – « a établi qu’entre 3,3 et 3,6 milliards de personnes environ se trouvaient dans une situation de grande vulnérabilité face aux changements climatiques » (§78) et que « les mesures d’adaptation sont encore insuffisantes » (§87). Le changement climatique constitue selon le GIEC, dont les termes sont repris par la Cour, une menace pour « le bien-être de l’humanité et la santé de la planète » et ce alors que « la fenêtre permettant d’assurer un avenir vivable et durable pour tous se referme rapidement » (§87). Sans doute ces rappels étaient-ils utiles alors que fléchissent les politiques de lutte contre les causes de ce changement et que les États-Unis se sont – à nouveau – retirés de l’Accord de Paris.

L’avis constitue, ensuite, un exposé – certes non-exhaustif, mais systémique et complet (not. §130) – des sources conventionnelles (§§115-130) et coutumières (§§131-142) des obligations étatiques en matière de lutte contre le changement climatique, lesquelles, c’est sans doute l’un des apports centraux de l’avis, se cumulent sans se contredire ni s’exclure (§§162-171). Comme le note la Cour, « si les traités relatifs aux changements climatiques constituent bien les principaux instruments de lutte contre le problème mondial des changements climatiques, ils ne supplantent pas pour autant de manière générale les autres règles et principes du droit international » (§169). Cela permet à la Cour – elle y était invitée par l’Assemblée générale – d’ajouter aux obligations que tirent les États des instruments spécifiquement dédiés au changement climatique (Convention-cadre des Nations Unies, Protocole de Kyoto, Accord de Paris notamment), celles qui découlent notamment du droit international des droits de l’homme (§§143-145) et du droit de la mer (§§122-124). Elle précise en outre que les « principes de développement durable, des responsabilités communes mais différenciées et des capacités respectives, d’équité et d’équité intergénérationnelle, ainsi que (…) le principe de précaution, sont applicables en tant que principes directeurs aux fins de l’interprétation et de l’application des règles juridiques » pertinentes (§160).

Enfin, la Cour liste et précise – c’est le cœur de son avis – les nombreuses obligations qui pèsent sur les États en matière de lutte contre le changement climatique (§§174-404) et les conséquences de leur violation (§§405-456). Retenons à ce titre l’insistance avec laquelle l’avis revient sur l’obligation coutumière, liant donc tous les États de la planète, d’utilisation non-dommageable du territoire qui « ne se limite pas aux dommages transfrontières directs » et s’applique « aux préoccupations environnementales mondiales » (§134). Il en découle notamment une obligation générale de « diligence requise », l’État engageant sa responsabilité s’il ne tient pas compte « des indices plausibles de risques potentiels » de dommage à l’environnement et au système climatique (§294, citant l’avis du TIDM du 1er février 2011). Cette obligation de diligence requise rejaillit par ailleurs sur certaines obligations conventionnelles, limitant ce faisant la marge de manœuvre des États : ainsi la Cour précise-t-elle par exemple que l’obligation de fournir, sur le fondement de l’Accord de Paris, des contributions déterminées au niveau national (dans lesquelles les États s’engagent à atténuer leurs émissions), doit, au titre notamment de la diligence requise, « permettre de parvenir à l’objectif de température consistant à limiter le réchauffement de la planète à 1,5°C » (§245 ; voir aussi §249). Plus globalement, relativisant la distinction entre obligation de comportement et de résultat (§207), la Cour considère que l’obligation d’atténuation des émissions « ne saurait être considérée comme satisfaite par la simple adoption de n’importe quelle politique » : il faut que ces politiques « soient en mesure d’atteindre l’objectif requis » (§208), sans quoi l’État manque à ses obligations internationales.

Quelles suites pour cet avis ?

Dans l’une des affirmations les plus fortes de l’avis, la Cour considère que « tous les États ont un intérêt commun à protéger l’environnement de l’indivis mondial (…) » si bien que « les obligations qui leur incombent en ce qui concerne la protection du système climatique et d’autres composantes de l’environnement contre les émissions anthropiques de GES, en particulier l’obligation coutumière de prévenir les dommages transfrontières significatifs, sont des obligations erga omnes » (§440). Elle ajoute que les obligations contenues dans la CCNUCC et dans l’Accord de Paris sont pour leur part des obligations erga omnes partes (ibid.). Cela implique que tout État, dans des mesures qui varient selon qu’il est lésé ou non par la violation d’une obligation (§443), peut engager la responsabilité de l’un de ses pairs lorsqu’il ne respecte les obligations que liste l’avis. La chose est d’autant plus aisée que la Cour relativise considérablement les prétendues difficultés d’attribution à un État des conséquences du changement climatique : l’inaction est cause d’attribution, si bien que « le fait pour un État de ne pas prendre les mesures appropriées pour protéger le système climatique (…) – notamment en produisant ou en utilisant des combustibles fossiles, ou en octroyant des permis d’exploration ou des subventions pour les combustibles fossiles – peut constituer un fait internationalement illicite attribuable à cet État » (§427). Le fait, par ailleurs, que plusieurs États soient responsables n’obère aucunement la possibilité d’agir contre l’un ou plusieurs d’entre eux (not. §431).

Tous les éléments – ou presque : l’avis est loin d’être exempt d’incertitudes et d’imprécisions, notamment quant à la vulnérabilité de certains États, la Cour ne voyant par exemple aucune difficulté à ce qu’un État survive quand bien même son territoire serait entièrement submergé en raison du phénomène de l’élévation du niveau de la mer (§363) – sont donc ainsi réunis pour que les obligations ici rappelées, dans un avis certes non contraignant, produisent, dans les forums juridiques et politiques internationaux, régionaux et nationaux, leurs effets : l’actualité récente témoigne, dans d’autres domaines, des conséquences contentieuses des avis de la Cour mondiale.

Vers une obligation générale d’adaptation au changement climatique ?

par Marta Torre-Schaub|

25 juillet 2025

Après une demande préalable adressée au Gouvernement en avril pour que le troisième Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC-3) soit révisé, trois ONG, six…


2015 – 2025 : « 10 ans de l’Accord de Paris », un label pour marquer l’engagement collectif pour le climat

Déjà 10 ans d’engagement collectif pour le climat depuis l’Accord de Paris, adopté en 2015 et qui a marqué un tournant majeur dans la lutte contre le dérèglement climatique. Depuis, il fédère près de 200 Parties prenantes autour d’une ambition partagée : contenir le réchauffement climatique. À l’occasion de son 10ᵉ anniversaire, une labellisation internationale est lancée pour valoriser les événements qui prolongent cette dynamique.

Un label universel et inclusif
pour célébrer les 10 ans de l’Accord de Paris

Porté par la France et le Brésil, avec le soutien des Nations Unies, le label « 10 ans de l’Accord de Paris » s’adresse à toutes les initiatives qui font vivre l’esprit de l’Accord : conférences, ateliers, expositions, projets éducatifs, forums citoyens, etc.

L’objectif : valoriser les actions concrètes qui renforcent l’ambition climatique, stimulent l’innovation durable, sensibilisent et mobilisent largement.

✔️ Un événement labellisé, c’est :

  • une visibilité renforcée
  • l’usage du logo officiel
  • une inscription sur la plateforme dédiée de la CCNUCC

Vous organisez un événement en lien avec le climat cette année ?

Rejoignez la dynamique des 10 ans ! 🌱


Vers une société désirable : Panorama des lois françaises sur l’environnement et le climat

Une fonction publique pour la transition écologique (FPTE), le réseau d’agents publics sensibles aux enjeux climat/environnement pour les faire progresser dans la fonction publique, publie un panorama des lois françaises sur l’environnement et le climat. L’évolution des politiques environnementales en France repose sur un cadre législatif dense, marqué par des réformes successives et des engagements nationaux et internationaux. Pour mieux s’y retrouver, le réseau propose une fiche récapitulative des principales lois environnementales depuis 1992.

Ce document permet de comprendre :

  • ✔️ Les grandes étapes législatives et leur contexte : chaque loi est replacée dans son cadre européen et international, afin d’éclairer les dynamiques qui ont influencé son adoption. Cette approche permet de saisir l’évolution des priorités politiques et des obligations réglementaires imposées par les engagements internationaux.
  • ✔️ Les engagements et objectifs de chaque texte : au-delà des intitulés, la fiche détaille les principes directeurs et les mesures concrètes adoptées, qu’il s’agisse de la lutte contre le changement climatique, de la préservation de la biodiversité ou de la transition énergétique.
  • ✔️ Les enjeux et défis de la mise en œuvre : en mettant en évidence les avancées mais aussi les limites des dispositifs législatifs, cette fiche aide à mieux comprendre les leviers d’action et les difficultés rencontrées pour traduire les ambitions en résultats concrets.

Un outil essentiel pour les agents publics et les professionnels engagés dans la transition écologique, qui doivent à la fois appliquer ces textes et en assurer l’intégration dans les politiques publiques.

Fiche récapitulative
Les lois françaises sur l’environnement et le climat

La politique environnementale de la France s’est bâtie progressivement et s’appuie sur tout un arsenal législatif. Les différentes lois qui le composent sont souvent citées, en général par leurs acronymes. Il est toutefois difficile de s’y retrouver dans la mesure où elles se succèdent à un rythme rapide, surtout dans la dernière décennie, et où leurs domaines d’action sont différents tout en se recoupant parfois.

La présente fiche tente un récapitulatif, en mettant en regard les lois, les engagements qu’elles contiennent, le contexte national (les « stratégies »), européen et international qui leur servent de toile de fond.

La date de 1992 (troisième Sommet de la Terre à Rio et adoption de la Convention des Nations Unies sur les changements climatiques) a été choisie comme point de départ car, si des textes antérieurs existent, 1992 marque un tournant dans la prise de conscience du caractère central et urgent de la question climatique et le point de départ d’une mobilisation à l’échelle mondiale sur le sujet.

Le « catalogue » des lois françaises met en évidence, en particulier, l’approche d’abord parcellaire puis de plus en plus systématique des questions liées à l’environnement et au climat ; une ambition qui s’affirme mais qui, s’exprimant en termes généraux et incitatifs, peine à se traduire en résultats concrets et à atteindre les cibles fixées, comme le montrent les rapports critiques publiés sur le sujet ; la volonté de ne pas brusquer certains segments professionnels ou de l’opinion, ce qui se traduit notamment par des délais longs de mise en œuvre en contradiction avec l’urgence déclarée.

La présente fiche aidera les agents publics à mieux comprendre la « géographie » de nos lois qu’ils sont chargés d’appliquer et de les traduire dans les politiques publiques

« La transition écologique doit s’inscrire dans le fonctionnement quotidien de l’administration et des services publics »

Récit(s) de la Transition écologique

Fait avec Padlet

Vers une société désirable : un outil pour évaluer l’utilité sociétale des politiques publiques de transition sociale et écologique

Et si l’on évaluait une politique publique non pas uniquement à l’aune de son efficacité, mais à partir de sa contribution réelle au bien-être collectif et à la construction d’un avenir soutenable ?

C’est la démarche engagée par le Comité d’Évaluation de la Transition Sociale et Écologique (CETSE), entité du Conseil de développement durable de la Métropole Rouen Normandie, à travers un document interactif qui propose une méthode d’analyse systémique et transversale.

Ce travail s’appuie sur quatre sphères interdépendantes, qui constituent les fondements d’une société désirable :

  • 1️⃣ Faire société : une dimension collective qui questionne la solidarité, la qualité des liens sociaux, le sentiment d’appartenance, la vitalité démocratique, la diversité d’expression et la capacité à construire un projet commun.
  • 2️⃣ Bien-être personnel : une approche attentive au vécu des individus – santé, sécurité, reconnaissance, confort de vie, accès à la culture, à la nature, aux loisirs – autant de facteurs subjectifs et essentiels pour évaluer l’impact réel des politiques.
  • 3️⃣ Une économie au service de l’humain : il s’agit ici de penser des modèles économiques compatibles avec les limites planétaires et les besoins sociaux – en favorisant l’économie locale, les circuits courts, les conditions de travail dignes, la sobriété et l’utilité sociale.
  • 4️⃣ Une société en connexion avec la nature : cette sphère invite à replacer l’humain dans les écosystèmes dont il dépend, à préserver les ressources, protéger la biodiversité, et promouvoir une éducation à l’environnement fondée sur l’expérience et le lien au vivant.

L’objectif est de construire une méthode souple, non prescriptive, mais mobilisable pour croiser les regards, identifier les effets inattendus (positifs ou négatifs) et guider l’évaluation des politiques à venir.

Le document se distingue par sa navigation et l’usage de la facilitation graphique. Il est conçu comme un outil de réflexion et de débat, et non une grille rigide.

Un appui précieux pour mieux penser, évaluer et transformer l’action publique à l’heure des transitions.

Une cartographie pour visualiser les changements de pratique d’éclairage des villes en cœur de nuit entre 2014 et 2024

0

À l’occasion de la Nuit des étoiles, le Cerema présente la cartographie nationale des pratiques d’éclairage nocturne en France. Basée sur l’analyse de données satellitaires, elle permet d’observer l’évolution dans le temps des pratiques d’éclairage public de plus de 19 000 communes de l’Hexagone, entre 2014 et 2024.

Les données référencent les pratiques d’extinctions totales, partielles et les rénovations d’ampleur du parc d’éclairage. Elles permettent de constater la mise en place, la poursuite ou l’arrêt de politique d’extinction en cœur de nuit.

Cette nouvelle cartographie présente des données cohérentes à l’échelle communale : elle permet ainsi d’assurer un suivi des politiques d’éclairage guidées par la sobriété énergétique, la préservation du ciel nocturne et de la biodiversité.

10 ans d’état des lieux des pratiques d’éclairage de plus de 19 000 communes

Les données référencent les pratiques d’extinctions totales, partielles et les rénovations d’ampleur du parc d’éclairage. Elles permettent de constater la mise en place, la poursuite ou l’arrêt de politique d’extinction en cœur de nuit.

Sur les 19 262 communes que l’imagerie satellitaire a permis d’étudier entre 2014 et 2024, on peut observer que :

  • 11 980 communes (62 %) pratiquent une extinction totale en cœur de nuit
  • 3 547 communes (18 %) pratiquent une extinction partielle ou ont mis en place une modernisation d’ampleur de leur parc d’éclairage
  • 131 communes ont interrompu leur pratique d’extinction pour rallumer en cœur de nuit
  • Les régions Auvergne Rhône Alpes, Île-de-France, Occitanie et Provence-Alpes-Côte-d’Azur ont plus de 40 % de leurs communes qui pratiquent une extinction totale en cœur de nuit

Sur l’ensemble des communes de l’Hexagone (34 900 communes environ) : 

  • Les pratiques d’extinction totale entre 2014 et 2024 représentent 35 % des communes
  • 30 % des extinctions totales ont été mises en place au moment de la crise énergétique de septembre à décembre 2022 

Ces 10 dernières années, les changements de pratique diffèrent en fonction de la taille des communes : 

  • Plus de 50 % des communes entre 1 000 et 5 000 habitants pratiquent une extinction totale
  • 36 % des communes entre 20 000 et 40 000 habitants pratiquent une extinction totale
  • 23 % des communes de plus de 40 000 habitants pratiquent une extinction totale : elles ont davantage mis en place des extinctions partielles ou des rénovations d’ampleur.

Un outil d’évaluation des changements de pratiques d’éclairage 

Ce service gratuit de pré-diagnostic de l’évolution des pratiques d’éclairage en cœur de nuit est utile pour :

  • Avoir conscience de l’impact de son éclairage, à l’échelle locale et nationale
  • Identifier des territoires voisins ayant modifié leurs pratiques d’éclairage afin de tendre vers une stratégie cohérente localement,
  • Mener des actions pour l’établissement de trames noires de cœur de nuit à grande échelle,
  • Mesurer à l’échelle nationale l’évolution des politiques d’éclairage au regard d’enjeux énergétique, de biodiversité et de réduction de la pollution lumineuse.

Le service peut être utilisé par différents acteurs : agents de l’État, de collectivités de différentes tailles, de parcs nationaux… et par les astronomes amateurs, qui pourront ainsi identifier les territoires pratiquant l’extinction nécessaire à des observations astronomiques de qualité.

Au-delà des changements de pratique d’éclairage, l’outil est dynamique, ce qui et permet de visualiser l’évolution de la quantité de lumière émise par le territoire sur les 10 ans d’étude.

L’outil participe au suivi à l’échelle nationale à la mesure 9 « Réduire les pollutions lumineuses et sonores » portée par la Stratégie nationale biodiversité, qui implique la mise en place d’un observatoire national de la pollution lumineuse et d’une base de données nationale des points lumineux d’éclairage extérieur public.

Le fonctionnement de l’outil

Cette cartographie utilise les données américaines de l’instrument VIIRS de la NASA qui offre plusieurs prises de vue nocturnes du territoire chaque mois depuis plus de 10 ans. 

La méthode a été validée en croisant les données satellitaires avec des informations sur les pratiques d’éclairage d’environ 1 000 communes qui ont mis à disposition leurs données, dont : l’Institut Paris Région, l’Eurométropole de Strasbourg, Rennes Métropole, Montpellier Métropole, le Syndicat d’éclairage de Haute-Savoie (Syane), le Syndicat de gestion des énergies de la région lyonnaise (SIGERLy), le Syndicat d’éclairage du Tarn, l’ARBE Région Sud.

Il est possible que la cartographie puisse afficher des incohérences à l’échelle locale, par exemple en cas de changement important d’éclairage sur un terrain voisin (éclairage d’une zone industrielle…). C’est pourquoi le Cerema met en place un formulaire de remontée d’informations des utilisateurs pour participer à l’amélioration continue de la méthode : Formulaire de contribution à la cartographie nationale des extinctions de l’éclairage public 

Pollution lumineuse à Paris – Arnaud Bouissou / TERRA

Les bénéfices de l’extinction de l’éclairage nocturne

Une économie d’énergie réelle

Il est important de rappeler que l’action d’éteindre l’éclairage public sur une certaine durée durant la nuit permet de réelles économies d’énergies (en particulier si le parc est vieillissant et donc fortement consommateur d’énergie). Cependant cette mesure ne se substitue pas à l’intérêt d’une rénovation du parc, qui le rendrait à la fois plus efficient sur la durée d’éclairage et plus pertinent du point de vue de la qualité de l’éclairage.

La préservation de la biodiversité

L’introduction de lumière artificielle la nuit affecte le comportement et la physiologie de nombreuses espèces animales, modifie également les relations entre les espèces (proie / prédateur, plante / pollinisateur), ou modifie la concurrence entre espèces animales « voisines » (selon leur tolérance d’exposition à la lumière). L’éclairage public modifie le fonctionnement naturel des écosystèmes la nuit.

Les déplacements de certaines espèces animales sont également fortement affectés par cette lumière artificielle, certaines espèces (de nombreux insectes notamment) étant fortement attirés par les installations d’éclairage, alors que d’autres (certaines espèces de chauves-souris par exemple) ayant plutôt tendance à éviter les zones éclairées, et donc à réaliser des détours importants pour leurs déplacements habituels.

Dans le cas d’une pratique d’extinction de l’éclairage en cœur de nuit, la réduction de l’amplitude horaire n’est pas suffisante pour préserver la biodiversité, car de nombreuses espèces sont actives en début de nuit et fin de nuit, et seront donc perturbées par les périodes d’éclairage. 

Préserver le patrimoine du ciel étoilé 

L’extinction en cœur de nuit réduit très fortement la quantité de lumière émise vers le ciel qui génère un voile (halo) lumineux et perturbe l’observation du ciel par les astronomes professionnels, amateurs et les particuliers. Moins le ciel sera éclairé, plus les étoiles pourront être visibles par renforcement du contraste. 

Cependant, l’extinction d’une commune ne suffit pas forcément à réduire fortement la clarté du ciel si une agglomération voisine continue à générer des flux lumineux. C’est pourquoi les Réserves internationales de Ciel étoilés (RICE) travaillent à réduire la pollution lumineuse à l’échelle d’un territoire important (Parcs nationaux, etc.). La France comptabilise donc désormais six sites référencés par l’organisme : le Pic du Midi de Bigorre dans les Pyrénées (2013), le Parc national des Cévennes (2018), le territoire Alpes Azur Mercantour (2019), le Parc naturel régional de Millevaches, dans le Limousin (2021), le Vercors (2023) et le Parc naturel régional des Landes de Gascogne (février 2025).


Perturbateurs endocriniens et éléments cancérogènes : Ces molécules qui se cachent dans nos produits cosmétiques

Qui a déjà entendu parler de l’avobenzone, de l’octinoxate, des phtalates ou du mystérieux 1,4-dioxane ? Pas grand monde. Et pourtant, avec la saison des plages qui commence, nous allons les côtoyer plus encore que d’habitude, dans les crèmes solaires, notamment…

Produits cosmétiques : Les fiches Que Choisir des molécules toxiques à éviter

Si elles sont indispensables contre les brûlures dues aux rayons UV, les lotions solaires sont aussi de fausses amies car elles contiennent des substances nocives pour la santé et l’environnement, comme de nombreuses études scientifiques l’ont démontré. Utilisées pour leurs propriétés anti-UV ou comme agent de conservation pour les crèmes solaires ou les parfums, ces molécules sont par exemple responsables de perturbations de notre système endocrinien. Des associations de consommateurs – telle que UFC-Que Choisir – tentent d’alerter les pouvoirs publics. Avec plus ou moins de réussite.

Des filtres anti-UV très… problématiques

Effet de l’application d’un écran solaire sur la concentration plasmatique des ingrédients actifs de l’écran solaire

Parmi les molécules sur le banc des accusés, l’octinoxate et l’avobenzone – qui sont toutes deux des filtres anti-UV non minéraux – inquiètent tout particulièrement puisqu’on les retrouve dans 80% des parfums et 74% des crèmes solaires disponibles en France. La première à cause de sa propension à provoquer des réactions allergiques et des perturbations du système endocrinien, comme l’a mis en évidence une étude américaine diligentée par la FDA (Food and Drug Administration) en 2020, intitulée Effet de l’application d’un écran solaire sur la concentration plasmatique des ingrédients actifs de l’écran solaire. Selon les chercheurs, l’octinoxate se retrouverait dans les échantillons sanguins à des concentrations 16 fois supérieures au seuil de sécurité. Les impacts sont nombreux : selon une autre étude menée par Université de Copenhague en 2012, sa présence peut faire baisser les taux de testostérone et de progestérone chez les rats. D’autres travaux – comme l’étude de l’Institut national de la santé en Chine, en 2023 – ont pointé du doigt un effet sur la population masculine : un retard de la puberté et un dysfonctionnement du système métabolique.

L’avobenzone n’est pas en reste. Toujours selon la FDA, elle serait détectée en moyenne à des concentrations neuf fois supérieures au seuil d’exposition fixé par les autorités sanitaires américaines. Outre des allergies cutanées, elle est elle aussi classée dans la liste des perturbateurs endocriniens. En 2017, une étude menée à l’Université de Ljubljana (Slovénie) a démontré que même à faibles doses, l’avobenzone bloque les effets de la testostérone. La liste de leurs effets néfastes sur la santé est encore longue, et il ne s’agit là que de 2 des 16 molécules listées par la FDA américaine, présentes dans les crèmes solaires à destination du grand public. Et ce n’est pas tout.

Parabènes, PFAS, phthalates, 1,4-dioxane & Co

Les filtres anti-UV ne sont pas les seuls composants des cosmétiques à poser problème. Les conservateurs aussi, pour commencer par eux. La famille des parabènes – méthylparabène, propylparabène, butylparabène, etc. – est très répandue dans les produits cosmétiques comme les parfums, les eaux de toilettes ou les déodorants, mais leurs effets secondaires sont redoutables. Selon le Centre de lutte contre le cancer Léon Bernard, « les parabènes sont suspectés de perturber le système endocrinien en mimant les propriétés de certaines hormones, notamment par l’activation des récepteurs aux œstrogènes, d’où l’interrogation de leurs effets sur la fertilité et le risque de cancers hormono-dépendants (cancer du sein) ». Les études sur des rongeurs mâles ont également montré leur impact sur la production et la qualité des spermatozoïdes et sur la fertilité. Si certains pays européens – comme la France et le Danemark – ont restreint en 2011 l’utilisation des parabènes dans les produits destinés aux enfants de moins de 3 ans, certaines autorités sanitaires comme l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) et l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) réclament une réévaluation de l’impact des parabènes pour la population générale. Sans résultat jusqu’à présent.

Représentation du système endocrinien. Source : INCa 2023
D’après l’Organisation Mondiale de la Santé, les perturbateurs endocriniens (PE) sont définis comme des substances ou mélange de substances chimiques d’origine naturelle ou artificielle étrangères à l’organisme. Elles peuvent interférer avec le fonctionnement du système endocrinien et induire des effets néfastes sur l’organisme d’un individu ou sur ses descendants (Santé Publique France, 2022).

Dans cette petite galerie des horreurs, les PFAS ne sont pas en reste. Utilisés dans de nombreuses industries – textile, peinture, revêtements, cosmétique –, ces « polluants éternels » sont fréquemment montré du doigt. Et pour cause. Cancérogènes, perturbateurs endocriniens, toxiques pour le foie et responsables de la baisse de fertilité, ils sont officiellement interdits. Un chiffre illustre l’ampleur de la présence des PFAS dans les cosmétiques, issu d’une étude nord-américaine : près de 50% des mascaras, rouges à lèvres et fonds de teint testés aux États-Unis et au Canada contenaient des PFAS, selon une analyse de 231 produits, réalisée par le Green Science Policy Institute en 2021. Cette présence est d’autant plus préoccupante que, dans la majorité des cas, elle n’était pas indiquée dans la liste des ingrédients. En Europe, même si leur usage est désormais marginal dans la formulation des cosmétiques (seulement 8 PFAS identifiés sur 30 000 substances cosmétiques utilisées en 2024), la problématique reste d’actualité : des centaines de produits contenant des PFAS sont encore commercialisés, et la législation européenne ne prévoit une interdiction progressive de ces substances dans les cosmétiques qu’à partir de 2026.

Continuons ce tour d’horizon avec les phtalates et le mystérieux 1,4-dioxane. Comme les parabènes ou l’octinoxate, les phtalates ont un impact sur le système de reproduction mâle, et peut même entraîner des malformations génitales, des cancers et une mortalité prématurée. Clairement identifiés par les autorités sanitaires françaises dans le cadre la 2e Stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens (SNPE) en 2019, ils entrent dans la composition des emballages plastifiés des produits cosmétiques. Ils sont déjà interdits pour les jouets pour enfants (loi de 2011), et leur utilisation est de plus en plus encadrée au niveau européen pour le reste des applications. Selon l’INERIS[ix], l’Union Européenne a interdit ­– règlement n°1223/2009 – la mise sur le marché de cosmétiques comportant certains mélanges de phtalates. Quant au 1,4-dioxane, il s’agit d’un produit que l’on retrouve dans les shampoings, les dentifrices ou les gels douches : il est toxique pour le système nerveux, le foie et les reins, et figure sur la liste des cancérogènes catégorie 1B par l’Union européenne et dans le groupe 2B par le Centre international de recherche contre le cancer (CIRC).

Autorités sanitaires : Peut mieux faire

Ces quinze dernières années, les autorités sanitaires françaises et européennes ont tenté d’encadrer les pratiques de l’industrie cosmétique et de limiter l’utilisation de certains composants dangereux pour l’homme, et de mieux informer les consommateurs grâce à la réglementation CLP (Classification, Labelling and Packaging). Mais il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour débarrasser nos produits cosmétiques – utilisés chaque jour ou non – de ces perturbateurs endocriniens et autres éléments cancérogènes.

Pourtant en Europe, certains passent encore sous le radar. Il faut traverser l’Atlantique pour trouver des mises en garde claires contre l’avobenzone et l’octinoxate par exemple. « En 2021, des études de la FDA ont montré qu’avec une seule application, six ingrédients – l’oxybenzone, l’homosalate, l’octisalate, l’octocrylène, l’avobenzone et l’octinoxate – peuvent être absorbés par la peau à des niveaux supérieurs à 0,5 nanogramme par millilitre, la concentration maximale que la FDA indique pouvoir trouver dans le sang sans problèmes de sécurité potentiels », avance l’Environmental Working Group (EWG). Il serait donc temps que les pouvoirs publics européens rattrapent leur retard et étendent les réglementations à l’ensemble des « substances extrêmement préoccupantes ou substances candidates à autorisation car très persistantes et très bioaccumulatives », comme les qualifie l’INERIS. Il s’agit là d’une question de santé publique majeure.


Et si nous allions vers un pivot majoritaire de l’écologie ?

Cette note de Lucas Francou (Parlons Climat), Mathieu Saujot et Marion Bet (IDDRI) examine les stratégies des acteurs de l’environnement en France. Les auteurs suggèrent que nous sommes dans une nouvelle phase où les stratégies minoritaires traditionnelles ont atteint leurs limites, nécessitant un pivot majoritaire. Ils nous proposent une analyse en deux temps pour d’abord comprendre cette dynamique nouvelle et ensuite esquisser des pistes pour une nouvelle phase pour le mouvement.

Qu’est-ce que la théorie du pivot majoritaire ?

« Ce n’est pas un retour de bâton,
c’est un plateau. »

Pendant des années, l’action climatique a gagné du terrain grâce aux voix des militants, mais cet élan s’essouffle. La théorie du « Pivot Majoritaire » invite à changer de stratégie : s’adresser au grand public et pas seulement aux déjà convaincus si l’on veut capter l’opinion publique. Avec des récits qui résonnent au-delà des clivages.

Dans un contexte polarisé, elle appelle à un discours plus inclusif et plus souhaitable pour accélérer le changement.

Les débats sont bruyants mais la majorité des employés comme des consommateurs croient toujours que les affaires doivent servir un objectif plus grand.

La durabilité a fait de réels progrès mais elle reste cloisonnée, souvent déconnectée de la stratégie de base, de l’innovation et des décisions commerciales.

Le pivot majoritaire nous invite à faire en sorte que le changement semble non seulement nécessaire, mais inévitable et excitant. Le changement arrive. Notre travail consiste à aider les gens à le reconnaître et à vouloir en faire partie.

Synthèse par Amélie Deloffre – Parlons Climat

« Le soutien à l’écologie plafonne, certes. Et si c’était le signe qu’il est temps de changer de stratégie et d’attaquer une nouvelle phase ?

Depuis 50 ans, les acteurs de l’environnement ont adopté une stratégie dite minoritaire pour sensibiliser tout en faisant pression. Sauf qu’aujourd’hui, l’écologie est majoritaire (si-si) et pâtit de ses anciens réflexes.

Alors quoi changer, quels sont les enjeux pour les prochaines années, comment basculer vers une stratégie majoritaire ?

Je vous propose cette petite story (7 min de lecture) à partir de la note stratégique publiée par Lucas Francou Damesin, avec Mathieu Saujot et Marion Bet de l’ Iddri . Une bonne synthèse des pensées qui nous occupent chez Parlons Climat depuis 3 ans.« 

Limites des stratégies actuelles

Les stratégies d’influence minoritaire, basées sur une minorité cohérente et persistante créant un conflit pour influencer la majorité, ont été cruciales pour mettre l’écologie à l’agenda politique et renforcer sa place dans l’opinion. Cependant, ces stratégies atteignent aujourd’hui leurs limites.

En effet, bien que l’intérêt pour les questions environnementales et climatiques soit élevé dans l’opinion, il semble stagner après des années de croissance. Plusieurs mécanismes expliquent cette situation du point de vue de l’opinion :

  • la transformation de l’écologie en une cible pour certains acteurs,
  • la polarisation politique autour des enjeux écologiques,
  • la transformation de l’écologie en un élément de distinction sociale,
  • les tactiques militantes créant du clivage pour s’assurer une mise à l’agenda politique et médiatique,
  • la création d’une «bulle» isolant le mouvement.

Une autre série de facteurs, liés à la théorie du changement social sous-jacente, peuvent également expliquer cette fin de phase :

  • La promotion de l’écologie a progressivement privilégié une approche de «consommateur responsable», mettant l’accent sur les comportements individuels. Cette approche montre des limites, le pouvoir du consommateur étant limité par ses environnements,
  • L’écologie a souvent été abordée comme un enjeu isolé («single issue»), sans suffisamment prendre en compte les enjeux sociaux et économiques plus larges. Cela a conduit à un isolement de la cause écologique et à une difficulté à l’intégrer dans un projet social plus global. Les auteurs proposent d’utiliser le prisme du contrat social pour mieux arrimer l’écologie aux enjeux sociaux, en reconnaissant qu’une transition écologique bouscule les règles du jeu et nécessite une renégociation collective de nos pactes sociaux dans leur ensemble

Ouvertures pour construire un «pivot majoritaire»

Face à ces limites, la note propose des pistes pour construire un «pivot majoritaire» de l’écologie :

  • Incarnation, distinction et variation : diversifier les figures qui incarnent l’écologie, reconnaître la diversité des approches et admettre que l’écologie mute et s’adapte en touchant de nouveaux groupes,
  • «Quand on peut, on veut» : agir sur les environnements et les contextes pour rendre les pratiques durables possibles et désirables, plutôt que de se contenter d’injonctions individuelles. Il faut rendre les changements collectifs réalistes et aisés,
  • Sortir du «single issue» et construire de nouveaux clivages : intégrer l’écologie dans un projet plus large, en lien avec les préoccupations du quotidien (emploi, pouvoir d’achat, etc.). Il s’agit de trouver des clivages majoritaires en se basant sur les conditions de vie et non sur la seule question écologique.
  • Justice et agentivité : prendre en compte les inégalités sociales face aux coûts de la transition, élargir les formes de soutien au-delà des aides financières, et redonner du pouvoir d’agir à chacun en valorisant une pluralité de parcours et de formes d’engagement.

Note Parlons Climat – IDDRI

Clicks On : un outil pédagogique pour comprendre les causes du changement climatique et mesurer les émissions de gaz à effet de serre d’un établissement scolaire

0

Le projet Clicks On – Projet Établissements Bas Carbone (PEBC) est un outil pédagogique qui permet à la fois de comprendre les causes du changement climatique, de mesurer concrètement les émissions de gaz à effet de serre (GES) d’un établissement scolaire, et d’accompagner les élèves dans l’élaboration d’un véritable plan d’action.

Projet d’Établissement Bas Carbone pourquoi ?

Les constats dressés sur l’état actuel de la planète montrent que nous devons agir dès maintenant.

  • Le changement climatique est une réalité.
  • L’Europe s’est engagée à être neutre en carbone d’ici 2050.
  • Les normes environnementales sont de plus en plus strictes.
  • La réduction des réserves de pétrole nous force à rendre nos activités plus résilientes et moins dépendantes en énergie.
  • Les jeunes s’expriment désormais haut et fort pour des actions concrètes qui auront un réel impact sur le climat.
  • Nous devons aider les jeunes à développer des initiatives qui favoriseront la prise de conscience et aideront la transition vers une société à faible émission en carbone.

Ce guide vous aidera à faire prendre conscience du changement climatique aux élèves, collègues et personnels encadrants et vous permettra d’aider vos élèves à devenir les
acteurs principaux de l’atténuation et de l’adaptation au changement climatique
, en fournissant des solutions pour améliorer leur environnement.

Ainsi, ce kit se concentre sur le rôle de l’étudiant au cœur de son éducation. Vous y trouverez un ensemble de bonnes pratiques spécialement conçues pour le Projet Établissements Bas Carbone (PEBC), qui peuvent être utilisées dans les écoles, par les
enseignants et les élèves dans toute l’Europe.

Votre établissement, son environnement, ses contraintes et acteurs en font un cas unique, et le plan d’action doit être adapté à votre institution pour être vraiment effectif.
Ce guide expose une méthode qui peut être suivie pas à pas pour établir un plan opérationnel basé sur la pensée collective. Ce processus est conçu pour produire un plan d’action qui fonctionne !

Dans le guide, vous trouverez :

  • Le glossaire, avec la principale terminologie employée dans le projet.
  • Une brève présentation du Projet Établissements Bas Carbone (PEBC).
  • La méthode PEBC : 5 phases pour vous guider dans le projet et son processus

avec le soutien du programme Erasmus+, Clicks On met gratuitement à disposition des écoles un ensemble de ressources : modules de sensibilisation, calculateur carbone, fiches d’activités et guide de mise en œuvre, le tout conçu pour être adapté à différents niveaux d’engagement.

La méthode PEBC : un processus en 5 phases

Le Projet Établissements Bas Carbone (PEBC) est un processus en cinq phases :

  1. Phase 1. Session de sensibilisation à destination des adultes : pour les enseignants et
    les équipes encadrantes (notamment les directeurs) impliqués dans le projet, le but est
    d’expliquer les méthodes et les objectifs ainsi que de présenter les contenus1
  2. Phase 2. Comprendre le changement climatique : contenu pour les élèves en trois
    modules (enjeux énergétiques, activités humaines et climat).
  3. Phase 3. Comptabilité carbone : contenu scientifique sur l’initiation à la comptabilité
    carbone, la collecte de données et des instructions pour utiliser le calculateur afin de mesurer les émissions GES de l’établissement.
  4. Phase 4. Plan d’action : développement d’un plan d’action basé sur le calcul des
    émissions GES, avec un guide étape par étape.
  5. Phase 5. Faire passer le mot : aborder les stratégies de faible émission en carbone
    pour étudier le changement climatique à l’échelle internationale et nationale. Les élèves
    pourront ici partager les résultats de l’analyse de leur empreinte carbone, impliquer la
    communauté PEBC ainsi que le reste de l’école, des parents et des partenaires de
    l’établissement pour vérifier que l’action est comprise et sera appliquée les années suivantes.

Les 5 phases :

1 – Constituer et mobiliser l’équipe

2 – Comprendre le changement climatique

3 – Estimer l’empreinte carbone de l’établissement

4 – Construire un plan de transition

5 – Célébrer et partager les résultats !

Guide du facilitateur

Le guide du facilitateur, pensé pour les enseignants mais aussi pour les personnels non enseignants, repose sur cinq phases allant de la sensibilisation à l’action, avec des contenus modulables. Deux parcours sont proposés : une entrée « débutants » et une version plus complète pour les établissements qui souhaitent aller plus loin.

« Ce qui en fait une ressource précieuse« , selon Pierre-Henry Dodart, Administrateur de l’État engagé pour la transition écologique, « c’est la cohérence entre les outils proposés et l’approche pédagogique : apprentissage par projet, coopération, réflexion collective, mise en situation concrète. »

Une démarche qui laisse une large place à l’autonomie des élèves, tout en leur donnant les moyens de s’approprier les enjeux.

Le guide ci-dessous est accessible en ligne dans la boite à outils.

Mission transition : le défi PEBC

Clicks On : le Serious Game

Quels emplois dans le nucléaire ?

0

Avec ses 18 centrales, la France reste un territoire de recrutement dans le nucléaire. Pour produire une énergie décarbonée, de nouvelles embauches sont imminentes. Les emplois dans ce secteur concernent de nombreux métiers, avec des savoir-faire très divers.

Des métiers liés au BTP

Le travail dans le nucléaire comprend la plupart des savoir-faire utiles en construction. Des spécialistes du gros œuvre sont recherchés pour le démarrage de nouveaux EPR, prévu prochainement. Ces chantiers réclament des techniciens de second œuvre aux capacités variées. Les nouvelles centrales ont besoin de compétences complémentaires, de soudure, de tuyauterie et d’électricité. Les personnes qualifiées en charpenterie métallique et peinture font partie des profils ciblés pour l’emploi dans le nucléaire. La maintenance des centrales requiert la présence de véritables professionnels.

Des techniciens d’exploitation

La chaîne de compétences d’une centrale nucléaire s’articule autour de chaque poste. Un site industriel de pointe nécessite l’intervention de nombreux agents, comme des serruriers, des robinetiers et métalliers. Pas moins de 20 à 25 000 postes de maintenance seront à pourvoir dans les cinq ans à venir. Le projet grand carénage d’EDF compte aussi sur le recrutement d’ingénieurs et de chefs de projet. Les futurs salariés vont travailler dans des centrales nucléaires ou à l’élaboration de pièces en usine. Tous ces savoir-faire sont indispensables à long terme pour la réussite du programme.

La logistique et la sécurité

Dans un secteur aussi sensible que le nucléaire, l’approvisionnement et le stockage requièrent des capacités particulières. Ces missions respectent des procédés spécifiques et sont soumises à des protocoles de sécurité stricts. La sécurité sur place est contrôlée à plusieurs niveaux, technologiques et humains. Elle exige la présence d’agents de désamiantage et de techniciens de radioprotection très bien formés. L’activité la plus connue dans ce domaine est le traitement des déchets. La sécurité englobe cette transformation ainsi que d’autres opérations confiées à des spécialistes qualifiés.

Des carrières avec perspective d’évolution

Le nucléaire correspond à la troisième filière industrielle du pays, à travers 3 200 entreprises. Le parc existant et les futures centrales sont un vivier d’emplois dans le nucléaire. Ces postes ne concernent donc pas que les ingénieurs spécialisés. Avec des milliers de places à pourvoir, cette filière ambitieuse est un pilier stratégique pour augmenter l’autonomie énergétique française. Les métiers disponibles sont de véritables activités de terrain, dans des sites essentiels pour fournir de l’électricité décarbonée. Il est possible d’évoluer au sein d’une centrale et de se former à un autre travail dans le nucléaire.

Randstad : une expertise humaine du travail

Avec ses 4 800 agences à travers le monde, dans 39 pays, ce spécialiste de l’intérim est un partenaire de confiance. Randstad agit à tous les niveaux de la vie professionnelle, à commencer par le recrutement. Également experte dans la formation et la mobilité professionnelle, cette agence propose des postes en CDD ou CDI. Depuis plus de 65 ans, Randstad s’adapte à l’évolution du monde du travail. Soucieux de la qualité de vie au travail, les recruteurs Randstad sont les interlocuteurs adéquats pour les emplois de tous secteurs.

Le Groupe Coopératif Maïsadour choisit des solutions pour l’agriculture de demain, durable et rentable

Un an après le lancement de sa nouvelle stratégie d’entreprise « AMBiTiON 2030 », Maïsadour s’est engagé pour trouver des solutions et accélérer sur l’agriculture régénératrice et l’innovation. Optimisation des outils industriels, diagnostics carbone, formations en agriculture régénératrice, la Coopérative se dote des outils nécessaires pour renforcer sa performance au service de l’agriculture de demain, durable et rentable. Christelle Forzy, Directrice QHSE et Développement Durable a accepté de répondre aux questions Cdurable.

La performance des exploitations et des outils de travail, un levier pour les agriculteurs face aux nouveaux défis environnementaux

Face aux enjeux de la préservation de l’environnement et de la souveraineté alimentaire, la performance est le nerf de la guerre pour les agriculteurs.

Alors que les défis s’enchainent pour la filière volaille française (crise aviaire,
importations), Maïsadour a concrétisé son engagement envers les agriculteurs par la mise en place d’une prime aux éleveurs représentant une hausse de revenus de 18%.

En France, la volaille est la seule viande à enregistrer une croissance de la
consommation en 2024
. Pour répondre à la demande en hausse, le Groupe se fixe un objectif est de 600 000 volailles supplémentaires en cabanes sur le prochain exercice.

Les conseils innovants et personnalisés aux agriculteurs pour sécuriser la décarbonation de leurs cultures et optimiser la fertilisation tout en maintenant leurs rendements a été déployé sur plus de 4 000 hectares des adhérents en 2024. L’objectif en 2025 est de viser 10 000 hectares.

Élevage Service, en partenariat avec le service Recherche & Innovation de Maïsadour, propose des « cabanes connectées » que le producteur peut gérer à distance, via un smartphone : température, hydrométrie, ouverture des trappes, luminosité. Une innovation qui offre un gain de temps mais aussi de confort pour les producteurs, aujourd’hui soucieux de pouvoir concilier vie professionnelle et vie privée.

Modèle réduit de cabane connectée, en exposition chez Élevage Service

L’agriculture de demain sera durable ou ne sera pas

Maïsadour obtient le label Engagé exemplaire RSE
certifié par l’Afnor

Maïsadour obtient le Label RSE Niveau Exemplaire !

Une transformation tournée vers l’agriculture régénératrice

L’engagement RSE de Maïsadour se poursuit en 2025 avec la poursuite des actions déjà initiées et l’embarquement de tous les agriculteurs vers l’agriculture régénératrice.

En 2024, plus de 450 agriculteurs ont réalisé un diagnostic carbone simplifié de leur exploitation. Cette démarche vise à identifier des premiers leviers d’amélioration pour les exploitations. Des solutions sont proposées aux agriculteurs pour maîtriser leur empreinte environnementale comme l’optimisation de l’usage des fertilisants, des solutions d’outils d’agriculture de précision ou encore des fertilisants bas-carbone. Les agriculteurs peuvent par la suite réaliser un diagnostic carbone complet pour aller plus loin dans leur démarche.

Suivi de parcelle d’essai chez Loïc Tauzin, Producteur pilote sur Bas-Mauco, par Camille Paquier, Responsable transition agroécologique chez MAS Seeds.

10 fermes pilotes de MAS Seeds ont effectué un diagnostic complet MyEasyCarbon sur leur production de semences. Ces diagnostics permettent d’identifier toutes les sources d’émissions de carbone d’une exploitation, afin de les réduire, tout en garantissant une rentabilité pour les agriculteurs.

Maïsadour encourage la mise en place de couverts végétaux pour l’agriculture régénératrice. Cette pratique permet l’amélioration de la structure du sol, la diversité des cultures, alimente le cycle de l’azote, tout en régénérant les sols, favorisant le stockage de carbone et en participant à la protection des ressources (comme l’eau). Dans cet objectif, MAS Seeds a lancé en septembre 2023 une nouvelle gamme de couverts végétaux et de mélanges fourragers.

Maîtriser des filières de la graine à l’assiette : 7 filières complémentaires regroupées en 4 Pôles d’expertise constituent le Groupe Maïsadour. Tous sont portés par une seule stratégie : favoriser la création de valeur ajoutée, le développement national et international, la compétitivité ainsi que le développement durable.

La Coopérative travaille, en partenariat avec Earthworm Foundation, organisation internationale à but non lucratif dont l’objectif est de travailler avec l’ensemble des acteurs des chaînes d’approvisionnement afin d’améliorer l’impact environnemental et social de la production de matières premières. La première phase du partenariat consiste à la construction d’un programme d’agriculture régénératrice à l’échelle du groupe, en lien avec leur stratégie Maïsadour « AMBiTiON 2030 », permettant aux adhérents entreprenant leur transition agricole, d’être à la fois accompagné techniquement par la coopérative et de recevoir des incitations financières via la valorisation des matières premières comme le maïs, soja ou encore le poulet.

Les produits que nous consommons ont un impact sur notre planète, conduisant souvent à l’exploitation et à la destruction. Si nous pouvons changer la façon dont ils sont fabriqués, nous pouvons changer le monde.

Afin d’accélérer le déploiement de la transition agroécologique auprès des adhérents de la Coopérative, Maïsadour a participé au parcours NEOCOOP, un programme financé par la Région Nouvelle-Aquitaine. Pendant un an, salariés et adhérents de la Coopérative ont travaillé à l’élaboration de différents modules de travail au service de l’agriculture et de l’alimentation de demain. Formation sur l’agriculture régénérative de 800 salariés dont une cinquantaine de techniciens et 350 adhérents. D’autres formations seront mises en place sur la gestion des sols, les couverts végétaux, le bien-être animal, le carbone et la biodiversité.

Transition agroécologique : Maïsadour retenu dans le parcours NEOCOOP !

Coup d’accélérateur à l’agriculture régénératrice dans le Sud-Ouest, avec le fonds de dotation Ohé La Terre

Le fonds de dotation Ohé la Terre vise à soutenir les agriculteurs du territoire dans la mise en œuvre de pratiques en agriculture régénératrice. Objectifs : favoriser la biodiversité, relancer la fertilité des sols, accélérer le stockage de carbone, grâce à un accompagnement financier ciblé. Avec la création d’une nouvelle antenne Ohé La Terre sur la région Sud-Ouest, Maïsadour soutient le développement du fonds de dotation localement et impulse une coalition d’acteurs économiques qui veulent faire bouger les lignes pour une agriculture plus durable.

Soutenir la transition vers l’agriculture régénératrice

Créé en 2020 par des administrateurs de la coopérative vendéenne CAVAC, le fonds Ohé La Terre s’est donné pour mission de favoriser toutes les actions en faveur de la protection de l’environnement naturel et en particulier la sauvegarde de la biodiversité. Avec la création de l’antenne Sud-Ouest, de nouvelles perspectives s’ouvrent pour les agriculteurs du territoire (producteurs de grandes cultures, éleveurs) qui souhaitent s’engager dans des pratiques agricoles durables.


COMMUNES ÉLIGIBLES AUX AIDES OHÉ LA TERRE

Pour qu’un projet soit éligible, vérifier sur la carte ci-dessous que le siège de l’exploitation est bien situé sur une commune du territoire éligible SUD-OUEST.

.

Le fonds de dotation est piloté localement par un Comité stratégique territorial composé de grands mécènes, qui définissent ensemble, les priorités d’action et les modalités d’attribution des projets soutenus. Il s’appuie également sur un comité de pilotage pluridisciplinaire, réunissant des profils complémentaires issus du monde agricole, scientifique, économique et associatif. Cette diversité garantit une vision équilibrée et enrichie des enjeux, au service d’une transition agricole cohérente et ambitieuse.

Le fonds de dotation permet ainsi de soutenir l’adoption de pratiques régénératrices, comme l’implantation de haies ou la plantation d’arbres, le choix de couverts végétaux techniques et de couverts mellifères, l’optimisation des rotations… et d’apporter un appui pédagogique à la conduite de ces pratiques par des formations organisées dans le cadre d’ateliers complémentaires aux financements. Pour les agriculteurs qui souhaitent présenter leurs projets et réaliser une demande de subvention, la démarche est simple. Il leur suffit de créer un profil sur le site internet Ohé La Terre et de compléter un formulaire qui sera soumis à validation des équipes du fonds de dotation, conformément au budget prévisionnel prévu en début de campagne ainsi qu’au cahier des charges de chaque action.

Jean-Luc Poisson, en charge de l’animation et du développement du Fonds Ohé La Terre

« Notre ambition est de donner un coup de pouce aux agriculteurs pour oser franchir le cap des pratiques régénératrices et rendre cette transition concrète, mesurable et partagée sur les territoires.

Notre ambition est de sécuriser la prise de risque des agriculteurs qui souhaitent faire évoluer leurs pratiques et mettre en place des actions en faveur de la biodiversité et des sols vivants.

Financer le surcoût lié à l’utilisation de couverts plus techniques par exemple, c’est leur permettre de réussir et ainsi faciliter leur intégration durable dans le système d’exploitation.

A terme, c’est plus de biodiversité donc plus den résilience, mais également la protection du potentiel de production »

www.ohelaterre.fr

L’innovation pour repenser l’agriculture

Maïsadour entend, grâce à l’innovation, relever le défi d’une agriculture durable, maintenant des rendements performants avec des productions à forte valeur ajoutée pour le Groupe et ses agriculteurs.

La coopérative va inaugurer en 2025 les piscicultures de Langolen en Bretagne. Ces piscicultures permettent de sécuriser l’approvisionnement des sites du Groupe et de proposer aux consommateurs des truites issues des meilleurs élevages français. En effet, les piscicultures sont dotées d’un système vertueux d’eau recirculée unique en France.

Engagée dans la transition agroécologique et alimentaire, Maïsadour a organisé la 2e édition de la Ferme du Futur pour célébrer l’innovation au service de l’agriculture de demain.

Une innovation à fort potentiel a été présenté aux adhérents lors de la Ferme du Futur : un robot « chien » dirigé grâce à l’intelligence artificielle capable de rentrer les volailles à la tombée de la nuit en toute autonomie. Développé avec la société EVOTECH, cette innovation représente un gain de temps et de confort de travail important pour les éleveurs. Des tests sont effectués en conditions réelles afin de proposer la meilleure version de ce robot aux éleveurs.

E-Doggy IA, un robot chien en expérimentation pour accompagner les éleveurs de volailles.

Des résultats satisfaisants malgré un contexte mouvementé, et une vision sur le long terme

Le chiffre d’affaires externe du Groupe est de 1,385 milliard d’euros. Une légère baisse qui s’explique par la diminution des cours des céréales et des intrants agricoles, l’impact de l’influenza aviaire et le contexte global de déflation. Le CA réel de Maïsadour intégrant les flux internes s’élève à 1,976 milliards d’euros. Un résultat qui traduit la maitrise des filières de l’amont à l’aval, l’une des forces du groupe.

Maïsadour poursuit sa transformation et se projette au travers de nouveaux investissements au service de la performance pour l’agriculture de demain (modernisation de sites, transformation digitale avec le renforcement d’un partenariat avec SAP, investissements dans des tests et recherches avec le sexage in ovo, piscicultures). Le groupe a alloué 29 millions d’euros sur l’exercice dernier et cet effort se poursuit pour l’année à venir avec 30 millions d’euros.

Questions Cdurable !
ou c’est pas durable ?

Au delà des communiqués, qui ne présentent souvent que le « meilleur », et du développement durable, qui ne fait que tenter de réduire les impacts négatifs d‘une croissance volumique, nous nous intéressons aujourd’hui, 20 ans après la création de Cdurable.info, aux questions essentielles. Alors Cdurable ou pas ? 9 questions qui nous invitent à Comprendre pourquoi Agir & Coopérer avec le vivant, Cdurable !

Christelle Forzy, directrice QHSE et développement durable de Maïsadour

Christelle Forzy, directrice QHSE et développement durable de Maïsadour, a accepté de répondre aux neufs questions Cdurable, essentielles comme les neufs besoins fondamentaux des êtres vivants dont les humains que nous sommes …

1 – Quelle est la nature de ma relation avec le vivant ?

Ma relation avec le vivant est à la fois personnelle et professionnelle. Personnellement, j’ai grandi en pleine campagne en communion avec la nature qui joue un rôle essentiel pour mon bien être je suis très sensible à l’interdépendance entre les êtres vivants et notre environnement. Professionnellement, je m’efforce d’intégrer cette conscience dans toutes les actions de Maïsadour.

Dans notre Coopérative, nous cherchons à protéger la biodiversité, à réduire notre empreinte écologique et à promouvoir une agriculture régénérative, en harmonie avec les écosystèmes. C’est d’ailleurs notre raison d’être !

Nous sommes un Groupe Coopératif agricole du Sud-Ouest engagé dans la transition agroécologique et alimentaire « qui agit au quotidien pour déployer une agriculture régénératrice, respectueuse de l’Homme, et du Vivant »…

2 – Quels sont mes besoins et choix d’alimentation ?

En tant que gourmande, je recherche des aliments savoureux et de qualité, c’est pourquoi je privilégie une alimentation locale, de saison et produite de manière responsable. Ces choix reflètent mon engagement envers les filières agricoles durables que nous soutenons chez Maïsadour.

Ils incarnent aussi ma volonté de promouvoir des pratiques qui respectent autant les agriculteurs, que les ressources naturelles et les animaux.

3 – Quel est mon type d’habitat actuel et idéal ?

J’habite dans une maison en milieu rural, entourée de nature. Mon habitat idéal est un lieu qui s’intègre dans le paysage, autonome en énergie et avec une utilisations responsable des ressources naturelles sans rejets, meublé et équipé de manière responsable et confortable. Cet idéal est en phase avec les valeurs que je défends au quotidien.

4 – Quelle activité physique favorise mon bien-être et ma santé ?

Je marche régulièrement dans la nature avec mon chien, ce qui me permet de me ressourcer et de maintenir un équilibre entre mes responsabilités professionnelles et personnelles. La marche est pour moi une façon de m’ancrer dans le vivant retrouver les odeurs de mon enfance, sentir les saisons et de prendre du recul.

5 – Quels savoirs m’ont permis de comprendre comment agir ?

J’apprends énormément, tous les jours, à travers les échanges avec les équipes, les agriculteurs, les experts en développement durable, les associations environnementales… Ces interactions me permettent de transformer des concepts en actions concrètes, au bénéfice de l’ensemble de la Coopérative.

6 – Quel est le sens que je donne à mon travail ?

Mon travail a pour mission de préserver le présent et de préparer l’avenir, de construire un modèle agricole et alimentaire qui soit résilient, équitable et respectueux de l’environnement.

Chez Maïsadour, nous démontrons qu’une Coopérative agricole a la capacité de se transformer pour que le monde que nous laisserons à nos enfants soit grandement amélioré grâce à notre engagement en faveur de la responsabilité sociale et environnementale, et cela donne une grande signification à mon engagement quotidien.

MAISADOUR REÇOIT LE LABEL ENGAGÉ RSE PAR L’AFNOR

7 – Quelle énergie j’utilise pour mes usages et besoins ?

Dans mon quotidien comme dans mon travail, ma priorité est de réduire les consommations en pilotant les besoins. Pour le reste je favorise les énergies renouvelables.

Chez Maïsadour, nous explorons des solutions énergétiques durables pour l’ensemble de nos activités, afin d’être exemplaires en la matière. Par exemple, dans le cadre de notre stratégie d’entreprise AMBiTiON 2030, un gros travail est effectué pour réduire les GES de nos installations industrielles avec des actions de récupération d’énergie sur les installations de froid ou l’installation de centrale photovoltaïque en autoconsommation.

Fin septembre, quatre nouveaux bâtiments d’élevage de poulets Label Rouge, dotés d’une toiture recouverte de panneaux photovoltaïques, ont été inaugurés à Saint-Méard (87). Maïsadour, par le biais d’Elevage Service, met en place un plan de développement afin de dynamiser sa filière volaille en région Nouvelle-Aquitaine, tout en promouvant la transition agroécologique et les énergies renouvelables.

8 – Quelle est mon implication personnelle pour l’intérêt général ?

Je m’efforce de sensibiliser et de mobiliser autour des enjeux RSE, que ce soit auprès de mes équipes, des agriculteurs ou de nos partenaires. Je n’hésite pas à prendre la parole pour témoigner sur nos actions, Je crois profondément au pouvoir de l’exemple pour entraîner un changement collectif.

Table-ronde sur le sujet de la décarbonation au Congres Maïs 2023

9- Quels sont mes liens de coopération et ma participation au bien commun ?

À travers Maïsadour, je collabore avec de nombreux acteurs – agriculteurs, pouvoirs publics collectivités, partenaires externes, ONG… – pour faire avancer des projets bénéfiques à tous.

La coopération est au cœur de notre modèle, et cela se traduit dans nos actions pour protéger les ressources, valoriser le savoir-faire agricole et innover dans des solutions durables.

10 – Carte blanche : quel est le message essentiel que vous souhaitez faire passer à nos visiteurs ?

L’avenir repose sur notre capacité à innover en respectant le vivant.

Chez Maïsadour, nous prouvons qu’un modèle agricole coopératif peut conjuguer performance, durabilité et solidarité. Nous avons tous un rôle à jouer pour bâtir un futur plus responsable, et cela commence par des choix éclairés, au quotidien.

À propos du Groupe coopératif Maïsadour

Depuis 1936, Maïsadour est une coopérative engagée du Sud-Ouest, labellisée Engagé RSE, qui place l’Homme et le Vivant au centre de ses préoccupations, pour une agriculture, une alimentation et une société durables. Maïsadour développe des filières d’excellence répondant aux attentes des consommateurs pour valoriser, en France et dans 50 pays, les productions de ses agriculteurs. « Chez Maïsadour, nous travaillons ensemble au succès de nos adhérents et construisons l’avenir de nos territoires ». Le Groupe, structuré autour des pôles d’activités agricoles, semences et alimentaires, commercialise des produits gastronomiques sous les marques Delpeyrat et Comtesse du Barry et des volailles Label Rouge sous les marques St SEVER et Marie Hot.

Groupe coopératif agricole du Sud-Ouest, Maïsadour est un acteur engagé de la transition agroécologique et alimentaire.

« Agir au quotidien pour réinventer et déployer une agriculture régénératrice et respectueuse de l’Homme et du Vivant, à forte valeur ajoutée pour notre Groupe coopératif et ses agriculteurs, permet d’apporter à nos clients l’alimentation saine, durable et accessible, qu’ils attendent.« 

Les plantes d’intérieur sont-elles vraiment efficaces contre la pollution ?

Il suffit d’un après-midi pluvieux passé fenêtres closes pour que l’air d’un appartement paraisse étouffant. Odeur persistante de nettoyant, relents de mobilier neuf, bougies parfumées : sans qu’on y prête toujours attention, notre intérieur est saturé de substances volatiles issues de notre quotidien et de nos équipements. C’est là que les plantes d’intérieur apparaissent souvent comme des alliées redoutables. Symboles de nature et de fraîcheur, elles sont régulièrement présentées comme des remparts naturels contre la pollution. Mais peuvent-elles réellement nous aider à dépolluer l’air ambiant ? Ou s’agit-il d’une idée reçue confortablement ancrée dans l’imaginaire collectif ?

Photo de Libre Leung sur Unsplash

Les limites de la dépollution naturelle par les plantes

Le mythe des plantes “dépolluantes” s’est largement diffusé depuis les années 1980, notamment à la suite d’études menées par la NASA, qui cherchait alors des moyens d’assainir l’air dans les stations spatiales. Ces recherches ont montré que certaines plantes, comme le chlorophytum ou le spathiphyllum, étaient capables d’absorber des composés organiques volatils (COV) tels que le formaldéhyde, le benzène ou le trichloréthylène.

Cependant, ces expériences ont été réalisées dans des environnements fermés, sous contrôle strict, avec des conditions qui ne ressemblent en rien à celles d’un logement classique. Depuis, plusieurs études ont tenté de reproduire ces résultats en conditions réelles… sans succès probant. Pour observer un effet significatif sur l’amélioration de la qualité de l’air, il faudrait littéralement remplir chaque pièce de dizaines, voire de centaines de plantes. Une densité végétale irréaliste, à mille lieues d’un simple ficus dans un coin du salon.

En réalité, les volumes d’air intérieur à traiter sont bien trop importants pour que quelques pots posés sur une étagère puissent avoir un effet mesurable sur la concentration de polluants. De plus, les polluants se renouvellent en permanence, notamment à cause des produits ménagers ou des matériaux synthétiques.

Un rôle indirect, mais non négligeable

Faut-il pour autant jeter aux orties toutes nos plantes d’intérieur ? Pas si vite. Si leur efficacité directe sur la pollution est limitée, leur présence dans un logement ou sur un lieu de travail n’est pas dénuée d’intérêt. D’abord, elles contribuent à améliorer le confort psychologique et à réduire le stress, ce qui n’est pas négligeable dans un environnement souvent fermé et artificialisé. Elles peuvent également agir sur l’humidité de l’air en restituant une partie de l’eau qu’elles absorbent, ce qui peut limiter les irritations respiratoires provoquées par un air trop sec.

Par ailleurs, certaines plantes peuvent capter des poussières sur leurs feuilles, ce qui diminue leur mise en suspension dans l’air, même si cet effet reste moindre. À condition d’être régulièrement nettoyées, elles participent donc à une forme d’entretien passif de l’environnement intérieur. Ce rôle, plus indirect, complète d’autres gestes bien plus efficaces pour assainir son logement : aération quotidienne, choix de matériaux moins polluants, limitation des produits chimiques, installation de systèmes de ventilation adaptés.

Photo de Anshuman Dash sur Unsplash

Une fausse solution à un vrai problème

Les plantes d’intérieur ne sont donc pas les remèdes miracles qu’on aimerait imaginer contre la pollution intérieure. Leur pouvoir “dépolluant” relève davantage du symbole que de l’efficacité réelle. Cela ne signifie pas qu’elles sont inutiles : elles ont toute leur place dans un intérieur pour leur esthétique, leur capacité à apaiser ou à créer du lien avec le vivant.

Mais croire qu’on peut purifier l’air de son logement avec trois pots de verdure revient à ignorer les sources véritables de la pollution et à détourner l’attention de solutions structurelles. 

En définitive, si la nature a beaucoup à nous offrir, elle ne saurait à elle seule réparer ce que nos modes de vie continuent de détériorer.

25 ans de mobilisation des entreprises vers un modèle économique responsable

L’Assemblée générale annuelle du Pacte mondial de l’ONU – Réseau France s’est tenue à Paris, dans le cadre du Forum Futur(s) durable(s). À cette occasion, près de 500 dirigeantes et dirigeants d’entreprises, experts, représentants institutionnels et acteurs de la société civile se sont réunis pour faire le point sur les avancées du réseau, débattre des priorités d’action à venir, renouveler les instances de gouvernance et célébrer le 25e anniversaire du Pacte mondial des Nations Unies.

Une gouvernance renouvelée pour accompagner la transformation du secteur privé

L’Assemblée générale a permis de renouveler une partie du Conseil d’administration du réseau. Deux nouvelles entreprises font leur entrée : Orange représenté par Christelle Heydemann, Directrice générale, et Renault Trucks, représenté par Christophe Martin, Directeur général.

Le Pacte mondial de l’ONU – Réseau France adresse ses plus sincères remerciements à Schneider Electric et AG2R La Mondiale, dont les mandats d’administrateurs prennent fin. « Ces deux entreprises ont marqué l’histoire du réseau en ayant successivement assuré la présidence du réseau, entre 2013 et 2023, et contribué à son rayonnement, tant en France qu’à l’international« .

Tribune de Nils Pedersen, délégué général du Pacte Mondial de l’ONU – Réseau France

« Donner un visage humain au marché mondial » : 25 ans après les entreprises ne renoncent pas

Nils Pedersen, délégué général du Pacte Mondial de l’ONU – Réseau France

25 ans du Pacte mondial des Nations Unies : entre héritage et projection

L’assemblée a célébré le 25e anniversaire du Pacte mondial des Nations Unies, créé en 2000 à l’initiative du Secrétaire général de l’ONU Kofi Annan. Stéphane Brabant, avocat associé chez Trinity International et ancien conseiller de John Ruggie, le père des Principes directeurs des Nations Unies relatifs aux entreprises et aux droits humains, a rappelé que 25 ans plus tard, il était plus que jamais important pour les entreprises de continuer de s’engager volontairement autour des normes ESG.

À mi-parcours de l’Agenda 2030, alors que seuls 17 % des cibles des Objectifs de développement durable (ODD) sont en voie d’être atteints, ce temps fort a souligné le rôle incontournable du Pacte mondial comme plateforme de référence pour aligner les actions des entreprises avec les priorités planétaires.

Feuille de route de la France pour l’Agenda 2030

Une mobilisation grandissante en France

Avec plus de 2 200 entreprises membres, le réseau français du Pacte mondial connaît une dynamique continue de croissance et d’ancrage territorial. En 2024, il a renforcé son offre de services, multiplié les espaces de dialogue et développé ses partenariats pour accompagner les entreprises dans leur démarche de progrès, qu’il s’agisse de conformité réglementaire (CSRD, devoir de vigilance) ou d’engagement volontaire (salaire décent, neutralité carbone, inclusion…) : Afnor Certifications, Comité 21, Agence française anti-corruption, Obsar…

Une initiative au cœur des défis contemporains

À l’heure des crises multiples, climatiques, géopolitiques et sociales, le Pacte mondial de l’ONU s’impose plus que jamais comme un catalyseur d’actions collectives et un espace de dialogue entre entreprises, pouvoirs publics et société civile du monde entier.

« Nous sommes à un point de bascule. Dans un contexte de doutes et de critiques, notre responsabilité est claire : articuler les enjeux ESG avec les réalités économiques. Il n’y aura pas de développement durable sans modèle économique associé. Tout le monde gagne lorsque nos entreprises prennent pleinement leurs responsabilités sociétales et environnementales. La performance économique, le développement des personnes, la protection de la planète : ces dimensions doivent progresser ensemble. Pour cela, chaque maillon de la chaîne de valeur porte une part de responsabilité. Le secteur privé, en innovant et en agissant concrètement, peut montrer la voie. Agissons dès aujourd’hui pour préparer demain » a souligné Florent Menegaux, Président du Groupe Michelin et du Pacte mondial de l’ONU – Réseau France.

Le réseau français poursuivra, dans les mois à venir, son action pour accompagner la transformation des modèles économiques et favoriser l’ancrage local des ODD.

Nils Pedersen, Délégué général du Pacte mondial de l’ONU – Réseau France

« Alors que le rôle des Nations Unies, et plus largement celui du multilatéralisme, sont aujourd’hui fragilisés, les 25 ans du Pacte mondial apparaissent comme un véritable symbole de continuité et de pérennité. Si une centaine d’entreprises avait répondu à l’appel visionnaire de Kofi Annan, elles sont aujourd’hui plus de 22 000 partout dans le monde et 2200 en France, plaçant notre réseau comme le 1er acteur de la RSE en France. Au regard de nos enjeux et défis communs, une mobilisation toujours plus forte de tous et en particulier du secteur privé sera une condition de réussite essentielle » a précisé Nils Pedersen, Délégué général du Pacte mondial de l’ONU – Réseau France.


À propos du Pacte mondial des Nations Unies

Créé en 2000 par Kofi Annan, le Pacte mondial des Nations Unies est une initiative d’engagement volontaire appelant les entreprises du monde entier à aligner leurs opérations et leurs stratégies sur Dix principes universels dans les domaines des droits de l’homme, du travail, de l’environnement et de la lutte contre la corruption. Relais local officiel du Pacte mondial des Nations Unies, le réseau français a également pour mission d’accompagner la mise en œuvre de l’Agenda 2030 et l’appropriation des 17 ODD par le monde économique français.

www.unglobalcompact.org

À propos du Pacte mondial de l’ONU – Réseau France

Relais français officiel du Pacte mondial des Nations unies, le Pacte mondial de l’ONU – Réseau France réunit plus de 2 000 entreprises et 100 organisations à but non-lucratif sur tout le territoire national. Il accompagne la mise en œuvre des Dix principes du Pacte mondial – ainsi que les 17 ODD – par le secteur économique français. Cet engagement volontaire en matière de RSE permet d’aligner le secteur privé français avec l’Agenda 2030, et plus particulièrement l’Accord de Paris. Le réseau est présidé par Florent Menegaux, Président du Groupe Michelin.

www.pactemondial.org

Secrétaire au service d’une économie régénérative : réinventer les métiers pour transformer le monde

Et si les métiers dits “de l’ombre” devenaient des leviers de transformation écologique et sociale ? À l’heure où l’économie linéaire montre ses limites et où les entreprises cherchent à se réinventer, le rôle du secrétaire – souvent cantonné à des fonctions administratives – mérite d’être reconsidéré. Car dans une économie régénérative, chaque poste peut devenir une pièce maîtresse du changement. Zoom sur un métier qui, en se mettant au service du vivant, se redéfinit en profondeur.


Économie régénérative : de quoi parle-t-on ?

L’économie régénérative ne se contente pas de “réduire les impacts négatifs”. Elle cherche à réparer, revitaliser, et régénérer les écosystèmes – humains et naturels – qu’elle traverse. Il ne s’agit plus seulement de faire “moins mal”, mais de faire activement du bien : restaurer les sols, régénérer les communautés, renforcer la biodiversité, cultiver le lien social.

Ce paradigme invite les organisations à changer de logique : passer de l’extractif au contributif, du court terme au long terme, du centre vers les périphéries. Il interroge profondément la gouvernance, les modèles économiques, les relations humaines… et donc, tous les métiers.

À ce titre, on assiste à une montée en compétence et une revalorisation des professions transverses. Par exemple, de plus en plus de professionnels choisissent de se former pour redonner du sens à leur carrière : suivre une formation secrétaire avec l’Ecole Française permet aujourd’hui d’allier polyvalence métier et engagement durable, dans une perspective résolument tournée vers la transition.


Le secrétariat : un pivot invisible mais stratégique

Dans les représentations collectives, le rôle du secrétaire reste souvent associé à la gestion de tâches administratives, logistiques, ou organisationnelles. Or, le secrétariat est au cœur de la dynamique d’une organisation : il articule les décisions, fluidifie les communications, structure les processus.

Dans une démarche régénérative, ce rôle prend une toute autre ampleur. Il devient :

  • Gardien(ne) du sens : en veillant à la cohérence entre les actions quotidiennes et la raison d’être de l’organisation.
  • Facilitateur(trice) de la transition : en accompagnant les transformations internes, en favorisant les pratiques durables et inclusives.
  • Passeur(se) de culture : en nourrissant une mémoire vivante de l’organisation et en transmettant ses valeurs régénératives.

Un métier en mutation : vers une posture régénérative

Être secrétaire dans une organisation engagée dans une transformation écologique et sociale, ce n’est pas juste changer d’outils ou de vocabulaire. C’est adopter une nouvelle posture. Quelques exemples concrets :

  • Réduire l’empreinte environnementale du bureau (optimisation des ressources, choix de fournisseurs responsables, numérique sobre…).
  • Soutenir les processus participatifs (prise de décision horizontale, intelligence collective, animation de réunions écologiques…).
  • Cultiver une attention au vivant dans les pratiques quotidiennes : gestion du temps, qualité des relations humaines, inclusion des parties prenantes…

En bref, le secrétariat devient un rôle de reliance : entre les personnes, les actions et les finalités. Un levier puissant pour faire infuser les valeurs de l’économie régénérative au cœur même du fonctionnement de l’organisation.


Et demain ? Des formations et des collectifs pour accompagner cette évolution

Bonne nouvelle : cette transformation ne se fait pas seule. De plus en plus de formations, de réseaux, et de collectifs accompagnent les professionnels vers des postures alignées avec les enjeux écologiques et sociaux. Le métier de secrétaire ne fait pas exception.

Des initiatives émergent pour revaloriser ce rôle, lui redonner du sens, et l’outiller pour devenir un acteur à part entière de la transition. Car oui, dans une économie régénérative, chaque métier compte. Et derrière chaque décision stratégique, chaque changement culturel, il y a souvent un(e) secrétaire engagé(e), invisible mais essentiel(le).


Conclusion : la régénération commence là où on ne l’attend pas

Dans un monde en quête d’équilibre, réhabiliter les métiers de soutien comme moteurs du changement est une urgence silencieuse. Le secrétariat, en tant que cœur battant des organisations, peut devenir un acteur central de l’économie régénérative. À condition d’oser sortir des schémas anciens, de former, de reconnaître, de valoriser. Car la régénération commence aussi – et peut-être surtout – là où on ne l’attend pas.

La Cour internationale de justice reconnaît que « le changement climatique constitue une menace existentielle pour l’humanité »

Dans un avis inédit et unanime, la Cour internationale de justice reconnaît que le changement climatique constitue une menace existentielle pour l’humanité. Les États qui cherchent à se soustraire à leurs obligations climatiques peuvent voir leur responsabilité engagée, ce qui ouvre la voie à de futurs contentieux climatiques nationaux.

Le ministre du changement climatique du Vanuatu Ralph Regenvanu, avec des manifestants devant la Cour de justice internationale, le 23 juillet 2025. John Thys/AFP

Justice climatique : la Cour internationale de justice pose un jalon historique

Sandrine Maljean-Dubois, Aix-Marseille Université (AMU)


La Cour internationale de justice (CIJ) a rendu le 23 juillet 2025 un avis consultatif très attendu sur les obligations des États à l’égard des changements climatiques. Dans cet avis qui constitue un jalon historique, la Cour clarifie les obligations des États : considérant que les changements climatiques constituent un risque existentiel pour l’humanité, elle adopte une interprétation du droit international particulièrement stricte et « pro-climat ».

La CIJ avait été saisie par une résolution de l’Assemblée générale de l’ONU, adoptée par consensus il y a plus de deux ans, le 29 mars 2023. Inspirée par un collectif d’étudiants ( « Islands Students Fighting Climate Change ») de l’université du Pacifique Sud, cette demande avait été portée à l’ONU par un petit État insulaire du Pacifique, Vanuatu.

Elle fait suite à un premier projet qui avait été porté en 2011 par Palaos et les Îles Marshall, mais n’avait pas abouti pour des raisons politiques. Cette fois, grâce à une intense activité diplomatique, Vanuatu est parvenu à rallier une vaste coalition internationale et à convaincre l’Assemblée générale de l’ONU de saisir la Cour.

De nombreux États ont participé à la procédure, qui a donné lieu aux plus grandes audiences jamais connues par la Cour, avec une centaine d’interventions au total.

Un contexte d’explosion des procès climatiques

Créée en 1945, la Cour est l’organe judiciaire principal de l’Organisation des Nations unies (ONU). Composée de 15 juges élus pour un mandat de 9 ans, représentant les principaux systèmes juridiques du monde, elle siège à La Haye, aux Pays-Bas. La CIJ peut connaître de procédures contentieuses – elle tranche alors des conflits entre États – ou de procédures consultatives, lorsque des demandes d’avis concernant des questions juridiques lui sont présentées par des organes ou institutions spécialisées des Nations unies, comme c’est le cas ici.

Cette demande s’inscrit dans un contexte d’explosion du nombre de procès dits « climatiques » dirigés contre des États ou des entreprises à l’échelle mondiale.

Plus de 2 300 procès climatiques, en cours ou terminés, ont déjà été recensés aux États-Unis. On en compte également près de 1 300 ailleurs dans le monde, selon la base de données du Sabin Center de l’Université de Columbia.

Le droit international – tout particulièrement l’accord de Paris de 2015 – est souvent invoqué durant ces contentieux, qui se déroulent devant les juges nationaux. L’accord de Paris devient alors l’objet de batailles juridiques pour déterminer comment on doit l’interpréter, à quoi il oblige exactement les États et comment il s’articule avec d’autres obligations internationales (commerce international, investissements internationaux, droit de la mer, droits de l’homme…).

Récemment, non pas une mais quatre juridictions internationales ont été saisies de demandes d’avis consultatif visant à clarifier le contenu des obligations des États. Par ordre chronologique, il s’agit du Tribunal international du droit de la mer, de la Cour interaméricaine des droits de l’homme, de la Cour internationale de justice dont il est question dans cet article et de la Cour africaine des droits de l’homme.

Les avis du Tribunal international du droit de la mer et de la Cour interaméricaine des droits de l’homme ont apporté d’utiles précisions. Mais ils n’ont pas tranché toutes les questions posées, car ces tribunaux avaient une compétence limitée.

Ainsi, la Cour interaméricaine n’est compétente que s’agissant des droits de l’homme et pour la vingtaine de pays membres de l’OEA. Le Tribunal international du droit de la mer, pour sa part, a une compétence limitée parce que spécialisée. La Cour internationale de justice a, au contraire, une compétence très large et est universelle.


Obligations des États en matière de changement climatique

Le Communiqué

L’avis consultatif


Que retenir de cet avis de 130 pages ?

La double question qui a été posée à la Cour internationale de justice était extrêmement vaste :

  • Quelles sont les obligations des États, en vertu du droit international, face à la crise climatique ?
  • Quelles sont les conséquences juridiques pour les États en cas de manquement à ces obligations ?

Pour y répondre, la Cour était invitée à appliquer l’ensemble des règles qu’elle considérait comme pertinentes, du droit international du climat au droit de la mer, en passant par les droits humains. Enfin, elle était appelée à clarifier les obligations climatiques des États, non seulement vis-à-vis des autres États, mais aussi des peuples et des individus.

La Cour internationale de justice rappelle les obligations des États face à la crise climatique.

De ce long avis de 130 pages, nous pouvons retenir plusieurs points clés.

Sur les aspects scientifiques, la Cour confirme l’importance des rapports du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec). Elle note que les États se sont accordés à dire devant elle qu’ils constituaient les meilleures données scientifiques disponibles sur les causes, la nature et les conséquences des changements climatiques. En novembre 2024, la Cour avait d’ailleurs demandé à rencontrer plusieurs membres du Giec pour renforcer sa compréhension des éléments scientifiques.

La Cour mobilise une large palette de normes internationales, tant coutumières (c’est-à-dire non écrites, comme le principe de prévention des dommages) que conventionnelles qui vont bien au-delà de l’accord de Paris. Elle estime ainsi qu’un État non membre d’un traité sur le climat (une allusion aux États-Unis qui ont de nouveau quitté l’accord de Paris sous l’impulsion de Donald Trump), a malgré tout des devoirs en la matière.

Sur les obligations des États, la Cour livre une interprétation très stricte du droit international. Au vu de la « menace urgente et existentielle » que représentent les changements climatiques, la CIJ considère à plusieurs reprises que la marge de discrétion des États doit être réduite. Ils ont des obligations étendues, aussi bien en termes d’atténuation des changements climatiques, que d’adaptation et de coopération :

  • L’objectif de l’accord de Paris, qu’il « convient de suivre » est bien de 1,5°C et non plus « nettement en dessous de 2°C », les États l’ayant notamment acté au cours des dernières COP sur le climat. Dans les mesures qu’ils adoptent, les États doivent prendre dûment compte des intérêts des générations futures et des « conséquences à long terme de certains comportements ».
  • Le niveau d’ambition de leurs contributions nationales n’est donc pas discrétionnaire : les contributions doivent être réellement les plus ambitieuses possibles, progresser de cycle en cycle, et permettre d’atteindre l’objectif de l’accord au bout du compte.
  • Les États doivent prendre les mesures voulues pour atteindre les objectifs de leurs contributions, mais les obligations peuvent toutefois être modulées selon les émissions historiques des États ou leurs niveaux de développement.
  • Les États ont « l’obligation, en vertu du droit international des droits de l’homme, de respecter et de garantir la jouissance effective des droits de l’homme en prenant les mesures nécessaires pour protéger le système climatique et d’autres composantes de l’environnement ».
  • Enfin, les États doivent coopérer, car « les efforts que déploieraient les États sans se coordonner entre eux pourraient ne pas leur permettre d’obtenir des résultats effectifs ».

Vers de futurs contentieux climatiques ?

Sur les conséquences juridiques, la Cour ouvre clairement la voie à de futurs contentieux en confirmant que les États peuvent voir leur responsabilité engagée s’ils ne se conforment pas à leurs obligations.

Pour elle, « le fait pour un État de ne pas prendre les mesures appropriées pour protéger le système climatique contre les émissions de gaz à effet de serre (GES) – notamment en produisant ou en utilisant des combustibles fossiles, ou en octroyant des permis d’exploration ou des subventions pour les combustibles fossiles – peut constituer un fait internationalement illicite attribuable à cet État ».

Elle estime que le droit international exige des États qu’ils mettent fin aux violations et notamment mettent « en œuvre tous les moyens à leur disposition pour réduire leurs émissions de GES » et prennent « toutes autres mesures propres à assurer la conformité à leurs obligations ».

Ils doivent aussi réparer intégralement les dommages causés aux autres États ou aux individus, par une remise en état lorsqu’elle sera possible, et/ou par une indemnisation et/ou par une satisfaction. Cette dernière pourrait ici prendre la forme d’une « expression de regrets, des excuses formelles, une reconnaissance ou une déclaration publique, ou encore en mesure de sensibilisation de la société aux changements climatiques ».

Pour la réparation des dommages, un lien de causalité devra être établi entre les actions ou omissions illicites d’un État et les dommages résultant des changements climatiques. Dans une partie quelque peu élusive, la CIJ reconnaît que c’est plus difficile que pour d’autres pollutions plus locales. Mais elle ajoute que ce n’est pas non plus « impossible » et que cela devra être apprécié in concreto (c’est-à-dire, sur la base d’éléments concrets) dans d’éventuels contentieux climatiques à venir.

Un avis historique

L’avis peut être qualifié d’historique : la Cour ne s’était jamais prononcée sur le sujet, d’autant que ce dernier est sensible. Les COP sur le climat s’essoufflent depuis plusieurs années et que beaucoup d’États reculent dans leurs politiques climatiques voire environnementales, alors même que les conséquences du changement climatique se font sentir de plus en plus vivement.

Les États les plus pauvres et vulnérables, mais aussi les ONG et militants environnementaux avaient des attentes très élevées envers cet avis. Bien que la Cour reste très générale et abstraite dans ses formulations, elle y répond assez largement.

Certes, un avis consultatif n’est pas contraignant en lui-même et les États ne s’y conforment pas toujours, mais il revêt une grande autorité. Adopté à l’unanimité, cet avis pourrait avoir des conséquences politiques et même juridiques.

Il pourrait être mobilisé dans les négociations internationales, et notamment lors des prochaines COP sur le climat. Beaucoup espèrent qu’il poussera au relèvement de l’ambition des politiques climatiques et soutienne leurs positions.

On imagine aussi qu’il va venir alimenter les contentieux climatiques nationaux, et peut-être même motiver certains États à saisir des tribunaux internationaux contre d’autres États.

Néanmoins, la Cour termine son avis en soulignant le rôle certes non négligeable, mais somme toute « limité » du droit international. Elle espère que « ses conclusions permettront au droit d’éclairer et de guider les actions sociales et politiques visant à résoudre la crise climatique actuelle », mais affirme que :

« [La] solution complète à ce problème qui nous accable, mais que nous avons créé nous-mêmes […] requiert la volonté et la sagesse humaines – au niveau des individus, de la société et des politiques – pour modifier nos habitudes, notre confort et notre mode de vie actuels et garantir ainsi un avenir à nous-mêmes et à ceux qui nous suivront. »

Elle engage ici une réflexion sur le rôle du juge, du droit, mais aussi sur leurs limites face à cet enjeu de civilisation.

Sandrine Maljean-Dubois, Directrice de recherche CNRS, Aix-Marseille Université (AMU)

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

Les limites planétaires peuvent devenir une nouvelle boussole pour l’habitabilité de la terre

0

Aujourd’hui, 24 juillet 2025, l’humanité a consommé la totalité des ressources que la planète peut produire en une année. C’était le 1er Août en 2024. Le jour du dépassement nous rappelle que chacun doit s’engager dans la transition écologique pour atteindre nos objectifs climatiques. Quinzième titre de la collection Points Fnau, « Les Limites Planétaires Une Nouvelle Boussole pour l’Habitabilité de la Terre » est un livre “nourri des témoignages de chercheurs et d’acteurs de terrain engagés dans ces réflexions, » qui « invite les États, les autorités locales et les entreprises à mettre en œuvre des mesures concrètes pour réduire leur impact sur l’environnement.” Et c’est officiel, nous avons dépassé la 7e limite planétaire, celle de l’acidification des océans.

7/9 limites planétaires sont dépassées !

L’étude de Findlay & al. (2025) annonçait déjà en juin 2025 que la limite planétaire de l’acidification des océans était dépassée. Une évaluation scientifique du Postdam Institute for Climate Impact Research (PIK) et l’équipe emmenée par Johan Rockström le confirme.

Le rapport complet (144 pages) fait un état des lieux du système Terre et fait une présentation des 9 limites planétaires, en rappelant que nous avons déjà franchi sept des neufs limites : le changement climatique, l’intégrité de la biosphère, les changements d’usage des sols, le cycle de l’eau douce, les cycles biogéochimiques, les entités nouvelles et la dernière en date, l’acidification des océans. Seules l’appauvrissement de la couche d’ozone et la concentration atmosphérique en aérosols restent dans “la zone sûre”.

Il faut bien réaliser une chose : en l’espace de seulement 4 ans, la Terre a dépassé 4 des 9 limites planétaires.

©Crédit Photographie : PIK / montage Valentine Michel

Jour du dépassement 2025 : le 24 juillet

Depuis cette date, nous vivons à crédit sur les ressources naturelles. Cela signifie que, collectivement, nous avons déjà consommé tout ce que la planète peut régénérer en un an.

  • Calculé par des scientifiques, ce jour repose sur une comparaison rigoureuse entre notre consommation et les capacités de régénération de la Terre : croissance des plantes, renouvellement de l’eau, fertilité des sols…
  • Jusqu’en 1971, nous étions à l’équilibre. Aujourd’hui, il nous faudrait près de presque 2 planètes pour subvenir à nos besoins.
  • Pourtant, des solutions existent : gestion raisonnée de l’eau, alimentation plus durable, pratiques agricoles bas carbone…

Dossier Inrae “Comment faire face aux nouveaux risques

Comprendre pour mieux agir.

Jour du dépassement 2024 : le 1er Août

Le jour du dépassement : définition, enjeux et limites

En 2024 le “jour du dépassement” tombe le jeudi 1er août. Si c’est une occasion bienvenue de parler d’environnement, son calcul et ses implications font toujours débat. Dans cet article, BonPote nous présente plus en détail ce concept, son intérêt mais aussi ses limites.

Le jour du dépassement : définition, enjeux et limites

Jour du dépassement : à partir du 1er août, l’humanité vit à crédit sur les ressources naturelles de la Terre


La peur ne sert pas la cause du climat | François Gemenne | TEDxParis

« J’ai longtemps pensé qu’un grand obstacle à la transition, c’était le fait que tout le monde n’avait pas encore pris conscience de l’ampleur et de la gravité des atteintes à l’environnement. Et qu’il fallait donc alerter sans relâche sur la gravité et l’urgence du problème.

Avec le recul, pourtant, je pense sincèrement que ça ne sert à rien. Parce que la réussite de la transition ne dépendra pas de nos sentiments, de nos peurs, mais de son alignement avec nos intérêts. Nos intérêts individuels et collectifs, ceux des entreprises et des gouvernements.

C’était le propos de ma présentation pour TEDx Paris le mois dernier
. »

François Gemenne part du constat que les alertes sur la gravité du changement climatique sont souvent inefficaces car elles reposent sur la peur. Illustrant cela avec une anecdote sur un couple qui a voté de manière stratégique aux élections pour concilier leurs préoccupations écologiques et leurs intérêts économiques immédiats, il souligne ensuite le décalage temporel et spatial des impacts climatiques, et le fait que ceux qui subissent les conséquences ne sont pas toujours ceux qui les causent.

François plaide pour une communication axée sur les bénéfices personnels et immédiats des actions climatiques, utilisant des exemples concrets pour montrer que des choix bénéfiques pour le climat peuvent également répondre à des intérêts individuels et économiques.

François Gemenne est un spécialiste des questions de géopolitique de l’environnement et des migrations. Directeur de l’Observatoire Hugo à l’Université de Liège, il enseigne également à Sciences Po Paris et à l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines. Il est l’un des principaux auteurs du dernier rapport du GIEC, contribuant à la compréhension des impacts du changement climatique. Reconnu pour son travail sur les migrations climatiques, mettant en lumière les défis environnementaux et leurs implications sociales et politiques, il intervient régulièrement dans les médias pour sensibiliser le public à ces enjeux cruciaux.


Les solutions du WWF pour faire reculer le jour du dépassement


La 6e limite planétaire est (officiellement) dépassée depuis 2023

Combien de planètes Terre faudrait-il si toute l’humanité vivait comme les habitants de ces pays ?

Réchauffement : qui est historiquement responsable ?

Suite aux réactions étonnées liées au post ci-dessus qui classe les pays par jour du dépassement, Team for the Planet publie un classement qui montre que nous sommes loin d’être seulement “1% des émissions” (pour la France) quand on regarde les choses correctement.

Il faut en effet prendre en compte :

👉 Les émissions historiques (qui on provoquées le réchauffement climatique actuel…)
👉 Les émissions importées. Beaucoup des émissions de CO2 liées aux objets consommés dans un pays n’y sont pas produites directement.
👉 Et enfin, les émissions par habitant. Forcément, à 1,5 milliard, on émet plus de CO2 qu’à 70 millions, au global…

Il s’agit donc d’être leaders, pour faire émerger le monde de demain, et de montrer l’exemple. Plutôt que de pointer du doigt ceux qui, aujourd’hui, émettent beaucoup de CO2. Ça tombe bien, cela sera bénéfique également pour nous ! Alors assumons notre responsabilité et faisons-en une force ☺️

Pour cela, vous pouvez notamment rejoindre l’aventure team-planet.com 💪


Les limites planétaires, une nouvelle boussole pour l’habitabilité de la terre

L’Anthropocène oblige à redéfinir le contrat environnemental et social qui nous lie.

Comment continuer à croître dans un monde fini ?

La question interroge le sens de ce que l’on appelle « développement », qui repose sur l’abondance des ressources et la prospérité matérielle.

Depuis une cinquantaine d’années, le défi majeur est la recherche d’un compromis entre la préservation des ressources finies de la planète et un développement humain « équitable et juste », qui puisse faire l’objet d’engagements au niveau international, mais aussi guider l’action locale.

Le concept des limites planétaires, défini en 2009 par un groupe de scientifiques sous l’autorité de Johan Rockström, véhicule un message clair : on ne peut plus continuer à vivre comme nous le faisons aujourd’hui.

Neuf limites géophysiques (changement climatique, érosion de la biodiversité, appauvrissement de la couche d’ozone, perturbation du cycle de l’eau douce…) ont été identifiées comme cadre qui assure un espace d’habitabilité sûr et juste pour l’humanité, au-delà duquel l’équilibre terrestre est menacé.

Neuf limites – dont six déjà dépassées – comme autant de garde-fous à stabiliser pour éviter le basculement qui mettrait l’humanité en situation délicate.

Nourri des témoignages de chercheurs et d’acteurs de terrain engagés dans ces réflexions, ce quinzième titre de la collection Points Fnau invite les États, les autorités locales et les entreprises à mettre en œuvre des mesures concrètes pour réduire leur impact sur l’environnement.

Le concept des limites planétaires peut-il devenir un cadre méthodologique opératoire au niveau territorial ?

Comment peut-elle structurer les politiques territoriales et aider à dépasser les contradictions ?

Associées à l’idée d’un développement humain « équitable et juste », les limites planétaires pourraient dessiner de nouvelles politiques d’adaptation des territoires et ainsi contribuer à garantir l’habitabilité de la Terre.

Lien vers le site de Gallimard

SOMMAIRE

INTRODUCTION. Quelles perspectives de développement dans un monde fini ?

MESURER L’HABITABILITÉ DE LA TERRE

ÉCLAIRER LES POLITIQUES SECTORIELLES

  • L’urgence de la territorialisation du cadre des limites planétaires
  • Décarboner l’aménagement
  • Agir pour la biodiversité par les solutions fondées sur la nature
  • Des limites planétaires aux listes rouges régionales
  • Quelle mise en œuvre de l’objectif européen commun « no net land take » ?
  • La protection et la résilience des sols en Europe
  • La politique de la gestion de l’eau en France
  • Planifier en tenant compte de la ressource en eau : un nouveau défi pour les collectivités locales du Var
  • Gérer la ressource en eau dans le plan local d’urbanisme d’Aix-Marseille-Provence
  • Limitation des aérosols dans l’atmosphère : les collectivités ont-elles un rôle ?
  • L’alliance humain-forêt-climat : les limites d’un mythe amazonien

RENOUVELER LES STRATÉGIES TERRITORIALES

CONSTRUIRE DE NOUVEAUX CADRES DE RÉFÉRENCE

Cette publication a bénéficié du soutien du Ministère de l’Europe et des Affaires Étrangères, de Ministère de la Transition Écologique et de la Transition des territoires, et de l’AFD.

Un guide interactif et visuel pour plonger dans les nouveaux standards BCorp

Alors que la crise climatique s’aggrave et que les inégalités sociales se creusent, la nécessité d’un changement systémique s’impose. C’est pourquoi B Lab a renforcé ses standards BCorp en matière d’impact des entreprises, leur donnant les moyens d’agir concrètement en faveur d’un changement durable et significatif.

B Lab fait continuellement évoluer ses standards de certification, en relevant progressivement le niveau d’exigence pour accroître la responsabilité des entreprises. Conçues pour plus de clarté et de cohérence, les mises à jour récentes permettront aux entreprises de concentrer leurs efforts sur des initiatives à fort impact. Ces nouveaux standards posent ainsi des bases plus solides et plus transparentes pour toutes les entreprises engagées en faveur d’une économie plus équitable, inclusive et régénérative.

Deux piliers essentiels pour les exigences

Conçue pour plus de clarté, la nouvelle version des standards de B Lab renforce la responsabilisation des entreprises et les oriente vers des actions alignées avec la mission du mouvement.

Leur évolution se fonde sur deux piliers essentiels.

  • Les exigences de base : les entreprises doivent satisfaire à certains critères d’éligibilité avant de pouvoir aborder les exigences liées aux différentes thématiques d’impact.
  • Les exigences relatives aux thématiques d’impact : les entreprises doivent mettre en œuvre des actions significatives sur les principaux enjeux sociaux, environnementaux et de gouvernance.

Selon sa taille, son secteur et sa localisation, une entreprise devra satisfaire entre 20 et 124 critères pour obtenir la certification.

7 thématiques d’impact pour l’évaluation

Exigences liées aux thématiques d’impact

Rapport de synthèse nouveaux standards BCorp