En avril 1970, à l’occasion de la première Journée mondiale de la Terre, des millions de personnes se sont mobilisées dans le monde entier pour exiger des gouvernements qu’ils s’engagent à préserver notre environnement. Un demi-siècle plus tard, c’est devenu le plus grand événement citoyen au niveau mondial, avec plus d’un milliard de participants chaque année. D’habitude, ils ramassent les déchets, plantent des arbres et redonnent à notre si belle Terre la splendeur perdue. Mais cette année, les choses sont différentes. Puisque la majorité de l’humanité est confinée chez elle et ne peut sortir, National Geographic nous offre une fenêtre sur la Nature afin de redonner espoir à ceux qui l’auraient perdue et de nous faire apprécier les trésors de notre planète.
Le COVID-19, comme les pandémies, est le fruit de notre consommation excessive d’animaux rappelle la Fondation Franz Weber
#ParceQueNousMangeonsDesAnimaux
Le COVID-19, comme les pandémies et épidémies majeures de ces dernières années, est le fruit de notre consommation excessive d’animaux. La Fondation Franz Weber (FFW), entourée d’experts notamment en politique, nutrition, santé publique et écologie, a lancé une campagne mondiale d’information sur le lien entre notre consommation actuelle d’animaux et les épidémies qui menacent notre santé. Pour la FFW, il est grand temps de revoir notre alimentation.
La FFW a lancé début avril une campagne mondiale d’information et de sensibilisation sur l’impact de notre consommation actuelle d’animaux sur notre santé et l’environnement. Différents articles, interviews et études sont ainsi publiés associés à l’intitulé #ParceQueNousMangeonsDesAnimaux (#BecauseWeEatAnimals #PorComerAnimales #WeilWirTiereEssen), en collaboration avec des experts de tous les domaines. L’enquête de la FFW examine, une par une, les pires pandémies et épidémies qui ont marqué notre histoire récente, leurs origines, leurs répercussions politiques et sociales et leur taux de mortalité.
Le résultat de ces analyses est sans appel : toutes ces épidémies ont pour dénominateur commun la consommation excessive d’animaux sauvages ou d’animaux issus de l’élevage intensif. En conséquence, il faut entamer de toute urgence un processus de révision de notre manière de nous alimenter, tout particulièrement en ce qui concerne notre apport en protéines.
Les animaux sauvages sont des vecteurs de virus encore inconnus, et auxquels l’humanité n’a aucune défense naturelle. Le contact étroit avec les hommes, notamment sur les marchés, est idéal pour que des épidémies mortelles se propagent. Pour cette raison, la Fondation Franz Weber a adressé, le 1er avril dernier, une lettre ouverte au Secrétariat de la CITES, la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction, demandant une prise de responsabilité et de mesures contre le commerce d’espèces menacées.
Lettre ouverte de la Fondation Franz Weber au Secrétariat de la CITES, la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction. 01/04/2020
Par ailleurs, quant aux élevages intensifs, ils détruisent la biodiversité, accaparent les sols, gaspillent et polluent l’eau, provoquent des gaz à effet de serre, et impliquent l’utilisation massive d’antibiotiques, auxquels les bactéries finissent par résister. Notre santé est directement mise en danger par la consommation de ces animaux.
En Suisse, l’initiative fédérale sur l’élevage intensif demande l’interdiction pure et simple de cette forme d’élevage : une initiative indispensable si l’on veut éviter que des crises similaires à la situation actuelle ne se répètent. D’après Vera Weber, présidente de la FFW, « si nous devons retenir une seule chose de cette crise, c’est qu’il faut changer notre modèle alimentaire pour une alimentation saine, locale, favorisant des produits de qualité qui garantisse notre santé, notre sécurité et notre souveraineté alimentaire. Nous ne pouvons pas continuer à détruire la planète et maltraiter les animaux, et tomber malades en conséquence ».
La problématique
Beaucoup des pandémies dont les hommes sont victimes, et en particulier les plus mortelles, ont pour origine la consommation d’animaux. Le VIH ou SIDA, l’ESB ou vache folle, le NIPAH, le H1N1 ou fièvre porcine, le SARS, la grippe aviaire, le MERS-CoV, le virus Ébola et, actuellement, le COVID-19, sont toutes des zoonoses (maladies transmises par les animaux aux humains). Le coronavirus a déjà tué des milliers de personnes à travers le monde, mettant à mal les États, le système sanitaire et la sécurité des populations de la planète. L’importance des mesures d’endiguement de l’épidémie ne fait aucun doute. Celles permettant de prévenir de telles pandémies le sont encore davantage. Les gouvernements, les médias et la population doivent aujourd’hui impérativement être plus et mieux informés de la réalité de ces maladies, et surtout de leur dénominateur commun : la consommation excessive et irréfléchie d’animaux.Le projet de la Fondation Franz Weber

- Prévenir les pandémies, au lieu de les combattre
- Fournir à la population un accès à des informations complètes sur les conséquences d’un régime basé principalement sur la protéine animale
- Obtenir des gouvernements du monde entier qu’ils mènent des politiques publiques pour aider les entreprises d’élevage intensif, qui mettent en péril notre santé et notre survie, à se reconvertir
- Donner aux médias un accès à du matériel technique, permettant de diffuser ces informations à la société en général
- Empêcher la surexploitation des animaux dans les élevages intensifs
- Éviter la capture d’animaux sauvages pour les consommer
- Améliorer la santé de la planète grâce au démantèlement de l’industrie de l’élevage intensif et de l’extraction d’animaux de leurs habitats naturels
Documents joints
Résilience des initiatives agroécologiques en temps de crise par Terre & Humanisme
La regrettable crise sanitaire actuelle permet de mettre en lumière les nombreuses failles de nos systèmes agricoles et alimentaires, trop dépendants des importations ou de la main d’œuvre étrangère. Aujourd’hui apparait clairement le caractère vital, pour chaque pays, chaque territoire, d’être en mesure de produire son alimentation localement, afin de nourrir sa population et de ne pas dépendre de produits importés. Cela passe par plusieurs moyens : le soutien aux paysans et à l’agriculture paysanne, la préservation et la diffusion de semences paysannes diversifiées, mais aussi la création de systèmes de circuits-courts et de partenariats directs entre producteurs et consommateurs.
Les initiatives mises en place par Terre & Humanisme et ses partenaires témoignent aujourd’hui de la pertinence de s’inscrire dans une démarche agroécologique à l’échelle des territoires, créant ainsi de la résilience pour surmonter la crise du Covid-19 et préparer le monde d’après.
Au Maghreb et Proche-Orient
Au Maroc, les marchés paysans éco-solidaires ainsi que d’autres ventes en circuits courts de plusieurs grandes villes (Rabat, Casablanca, Mohammedia, Marrakech, etc.), soutenus par le RIAM (Réseau des Initiatives Agroécologiques au Maroc), ont été suspendus en raison des règles de confinement. Néanmoins, les producteurs locaux ont trouvé d’autres moyens pour maintenir les liens avec les consommateurs. Ils ont mis en place un système de livraison pour alimenter les consommateurs à domicile, ou bien dans des points de rencontre par quartier. « Les circuits-courts répondent parfaitement aux besoins des citoyens dans ces moments de confinement » nous confie Rachida Mehdioui, présidente du RIAM. En Egypte, l’initiative « Rdna » située à Kmt House dans le quartier de Maadi au Caire s’est également transformée pour livrer les consommateurs du Caire en produits frais issus des fermes environnantes. Avant le confinement, on trouvait à Kmt House un restaurant et une boutique paysanne, alimentés par plus de 50 producteurs. Face à la crise, cette initiative a su s’adapter et permet aujourd’hui de fournir de la nourriture aux habitants du Caire et de maintenir un revenu pour 30 personnes qui assurent la logistique et la livraison des produits.
En Algérie, les jardins partagés créés à Alger par le Collectif Torba offrent à 80 familles une source de nourriture saine. Ce sont autant de parcelles qui permettent aux jardiniers de tendre vers l’autonomie alimentaire en fruits et légumes de saison. D’autre part, les distributions hebdomadaires de couffins de fruits et légumes type « AMAP », en vente directe, sont toujours opérationnelles. Elles permettent aux producteurs de continuer à écouler leur production et aux consommateurs d’accéder à des produits sains, locaux et de saison sans besoin de faire la queue au supermarché, où les rayons sont souvent peu remplis actuellement.
En Afrique de l’Ouest
A Ouagadougou, au Burkina Faso, le confinement n’est pas encore d’actualité mais les autorités burkinabè préconisent les mesures de distanciation sociale et ont ordonné la fermeture des marchés. Les compagnies de transport qui faisaient la liaison entre les différentes villes sont fermées et les villes où des cas de COVID-19 ont été détectés, mises en quarantaine. Ces mesures de lutte contre la propagation du virus ne permettent plus à l’association Béo-Nèeré d’écouler sur les marchés biologiques de la capitale la pomme de terre et l’oignon produits par les groupements qu’ils accompagnent à Ouahigouya (Région Nord). C’est donc sur les capacités d’écoulement des circuits de commercialisation locaux que reposent les revenus de nombreuses familles paysannes. A Ouagadougou, Abel et Hamidou, les ouvriers de la ferme-école de l’association sont à pied d’œuvre pour participer à l’approvisionnement des habitants de la ville en légumes maraichers agroécologiques. Ivette et Djamila, les chargées de commercialisation, sont également très sollicitées depuis le début de la crise sanitaire. L’ensemble de l’équipe de l’association a participé à la promotion sur les réseaux sociaux des produits maraichers agroécologiques disponibles issus de la ferme-école. Au regard du nombre de coups de téléphone reçus et des commandes en ligne, il semblerait que les produits locaux gagnent de nouvelles parts de marché et que les habitudes d’achats changent en faveur d’une consommation très locale. Les livraisons à domicile sur commande ont presque doublé depuis la mi-mars. Les habitués des marchés biologiques et agroécologiques de Ouaga 2000 le samedi matin et de l’Etrier le dimanche matin ne se déplacent plus ; ce sont les légumes qui viennent à eux. De même, sur la ferme on ne rencontre plus les clients adeptes de la vente directe. Gants, masques, gels hydro-alcooliques et gestes « barrière » sont de mise lors des récoltes et du conditionnement des légumes sur la ferme. Dans les paniers, ce ne sont pas seulement les légumes frais que l’on retrouve mais également les produits transformés, séchés au soleil pour la plupart. Séchés, le persil, céleri, moringa, et boulvanka se conservent plus longtemps et améliorent merveilleusement bien les sauces, tout en préservant leurs nutriments.En Ardèche, France
Durant cette période exceptionnelle, avec l’arrêt de marchés de plein vent et d’autres systèmes de vente, les flux de produits bio sont amenés à être réorganisés afin de maintenir les débouchés des producteurs bio et d’approvisionner les consommateurs. Le développement de points de vente à la ferme, ou des tournées de livraison, sont des solutions déjà opérationnelles qui rencontrent un vif succès. Agri Bio Ardèche propose « un outil d’échange entre les producteurs Ardéchois et éventuellement les structures de distribution de produits bio. Il ne s’agit pas de faire de l’intermédiation entre producteurs et consommateurs, simplement de faciliter les échanges pour que chacun puisse s’adapter en cette période spéciale ». Le Réseau des CIVAM en régions (cela concerne à l’heure actuelle l’Auvergne, l’Occitanie, la Nouvelle-Aquitaine et le département de la Loire) a créé une cartographie collaborative, pour maintenir et développer la vente en circuits-courts par différents moyens (groupements d’achats, AMAP, boutique paysanne, vente à la ferme…). Les AMAP en place continuent, et les producteurs s’assurent de pré-remplir les paniers pour leurs adhérents, afin de limiter les contacts. De nombreux consommateurs prennent conscience du risque accru de se fournir dans les grandes surfaces, et privilégient donc les petits marchés ouverts, encore en place dans certains villages, ou les paniers en livraison. Avec notre partenaire Habitat & Humanisme, le projet de jardins solidaires prend encore plus de sens lui aussi en cette période, où les populations les plus fragiles sont souvent les plus touchées par la crise. Bien que les ateliers réguliers de jardinage soient suspendus actuellement, les habitants des foyers d’hébergement et de centres d’accueil continuent, en autonomie, à bénéficier de leurs « jardins solidaires ». Ces espaces extérieurs restent un accès privilégié pour s’évader de la morosité ambiante, et leur permettent parfois aussi de toucher du doigt une certaine forme d’autonomie, car certains produisent assez pour savourer en cuisine le fruit de leur labeur. Ce projet porteur d’espoir nous conforte dans l’idée d’une nécessaire consolidation après la crise, pour essaimer ces espaces vivants et en faire bénéficier un plus grand nombre de personnes.
A la campagne, on note que le confinement offre plus de temps aux familles pour cultiver leur lopin de terre. En témoignent plusieurs salariés de Terre & Humanisme et connaissances locales, ravis de trouver des ressources gratuites sur internet pour optimiser leur jardin en ce printemps confiné, ainsi que de pouvoir accéder à des graines et plants potagers en vente autorisée, depuis début avril. Les jardiniers-animateurs de Terre & Humanisme, qui habituellement passent le plus clair de leur temps à transmettre les techniques agroécologiques aux différents publics accueillis dans les jardins, consacrent depuis un mois leur temps aux cultures, pour maintenir la terre fertile et produire des plants pour la saison chaude.
Il va sans dire que l’agroécologie trouve tout son sens en cette période particulière, où l’on se relie à l’essentiel. Chacun prend conscience de la richesse qu’offre le fait de produire sa propre nourriture, et/ou de consommer les produits cultivés par ses paysans locaux, ses voisins, ou amis.
Et si cette crise nous permettait, ensemble, de construire un « après » plus résilient, plus juste et plus durable ?
L’agroécologie se cultive pour un monde meilleur
Depuis 25 ans, Terre & Humanisme partage, transmet et soutient une agriculture écologique, humaine et solidaire inspirée de Pierre Rabhi. Parce que l’agroécologie se cultive ensemble pour réussir la transition, Terre & Humanisme s’adresse aux particuliers comme aux professionnels, et s’appuie sur un solide réseau de partenaires et d’animateurs en agroécologie, en France et à l’international.
– 10000 paysans accompagnés à l’international et 160 organisations de producteurs soutenues dans leur démarche agroécologique.
– 20000 personnes sensibilisées à l’agroécologie en France chaque année par le réseau des animateurs en agroécologie (ATH).
– 14000 heures de formations en agroécologie dispensées tous les ans, en Ardèche et dans nos 7 lieux partenaires en France.
Biorégions 2050, l’Ile-de-France après l’effondrement
L’an dernier, le Forum Vies Mobiles, un think tank de la mobilité soutenu par la SNCF) et l’Institut Momentum, cercle de réflexion sur l’effondrement, la transition et la décroissance dirigé par Yves Cochet ancien Ministre de l’Écologie, avaient publié une étude : « Biorégions 2050, l’Ile-de-France après l’effondrement ». Un an après, une crise sanitaire sans précédent nous fait prendre conscience que le monde actuel tel qu’il est organisé aujourd’hui peut mener à l’effondrement de toute la société. Aujourd’hui, est-on en train de vivre l’effondrement tel qu’il est décrit par la collapsologie ? Est-il déjà trop tard pour l’éviter ?
L’impression 3D connait un nouveau développement économique
Les imprimantes 3D, également appelée fabrication additive car elle procède par empilement de couches successives pour créer des objets réels, révolutionnent depuis 20 ans les processus de fabrication, fournissant des solutions pour le prototypage rapide et la réalisation de pièces en volume. Capable de convertir rapidement des projets numériques en véritables modèles en trois dimensions, cette technologie d’impression possède une très grande variété d’applications industrielles, commerciales et même domestiques. En effet, elle permet aujourd’hui d’utiliser le plastique (PLA ou ABS), la cire, le métal (aluminium, acier, titane, platine), le chocolat et même le verre …
Le FIDA demande un fonds de secours coronavirus de 200 millions d’USD
Idris et Sabrina Elba, ambassadeurs de bonne volonté auprès du FIDA, organisme des Nations Unies, demandent à la communauté internationale de se mobiliser pour éviter que la crise économique provoquée par la pandémie de COVID-19 ne provoque la faim et une crise alimentaire dans les communautés rurales.
Pour faire face à cette menace sanitaire et au ralentissement économique qui pèsent sur les vies et les moyens d’existence des populations les plus vulnérables, le Fonds international de développement agricole (FIDA) s’est engagé à consacrer 40 millions d’USD pour aider les agriculteurs et les communautés rurales à continuer de produire et de vendre des denrées alimentaires, et a lancé un appel urgent pour obtenir des fonds supplémentaires.
Le rôle crucial de l’eau pour l’avenir de nos forêts, modélisé par des chercheurs de l’INRAE

Qu’en est-il de la gestion de l’eau dans le règne végétal ?
L’évolution des plantes terrestres au cours des temps géologiques était jusqu’à présent régie par un dogme : les arbres sont ce qu’ils sont grâce à l’acquisition d’un système vasculaire qui leur permet d’acheminer l’eau dans toute la plante, y compris au sein de la canopée, là où la photosynthèse est la plus efficace. Des chercheurs INRAE ont récemment mis en évidence qu’une mousse, espèce non vasculaire, possède un appareil circulatoire fonctionnellement très proche de celui des arbres. Leurs travaux montrent en effet, que cette mousse possède des canaux qui transportent l’eau avec la même efficacité que le font ceux de leurs cousins les arbres. Ces vaisseaux ne s’affaissent pas sous une tension élevée et sont très résistants à l’embolie vasculaire. Mais alors qu’est ce qui différencient les mousses des arbres quant à leur gestion de l’eau ? La différence se trouverait dans leurs feuilles et non dans leur appareil vasculaire, c’est ce qu’ont mis en lumière les chercheurs INRAE. Les feuilles possèdent une face supérieure tournée vers le ciel qui permet de capter les rayons du soleil pour effectuer la photosynthèse, et une face inférieure tournée vers le sol, criblée de pores qui permettent de laisser passer plus ou moins l’eau en fonction des conditions climatiques. Et c’est justement ces pores, appelés stomates, qui sont très inefficaces chez les mousses pour la gestion de l’eau. Ce n’est donc pas via un perfectionnement de l’appareil vasculaire au cours de l’histoire évolutive que les végétaux primitifs ont pu devenir des arbres gigantesques ; mais plutôt via l’apparition d’un système de régulation efficace des pertes en eau au niveau des feuilles. Les arbres peuvent ainsi survivre dans une atmosphère bien plus asséchante que les mousses, mais cette capacité d’ajustement peut atteindre une limite lorsque les conditions deviennent anormalement sèches
Quelles conséquences pour l’avenir de nos forêts ?
Les prévisions climatiques pour l’avenir sont unanimes, l’accumulation de CO2 dans l’air va augmenter la température de façon significative à la surface du globe d’ici la fin du siècle. Mais comment les forêts vont gérer cette transition rapide ? Le CO2 peut avoir un effet fertilisant et l’augmentation de température peut aussi stimuler la croissance des arbres. Mais un air plus chaud est aussi plus sec, ce qui accentue le risque de sécheresse. Les effets du changement climatique peuvent alors être plus négatifs que positifs pour les forêts. C’est ce qui a intéressé des chercheurs INRAE, qui proposent un nouveau modèle mathématique pour prédire l’état des forêts de demain. Ce modèle combine le fonctionnement et les mécanismes hydrauliques des arbres avec le principe d’optimisation de fonctionnement des stomates. Il mêle ainsi plusieurs paramètres d’ores et déjà étudiés indépendamment dans les modèles existants, comme la résistance à l’embolie vasculaire. Mais contrairement aux modèles existants, leur modèle intègre la perte d’eau au niveau de la cuticule des feuilles des arbres, un paramètre non négligeable qui accroit la mortalité prédite en particulier en période de canicule.
Référence
– Brodribb, T.J., Carriquí, M., Delzon, S. et al. Advanced vascular function discovered in a widespread moss. Nat. Plants 6, 273–279 (2020). – Brodribb, T.J., et al. Hanging by a thread? Forests and Drought. Science vol. 368 no. 6488 261-266INRAE
INRAE, l’institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement est né le 1er janvier 2020. Il est issu de la fusion entre l’Inra, Institut national de la recherche agronomique et Irstea, Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture. Une ambition pour la vie, l’humain, la terre L’humanité et la planète font face à un changement global qui crée de nouvelles attentes vis-à-vis de la recherche : atténuation et adaptation au changement climatique, sécurité alimentaire et nutritionnelle, transition des agricultures, préservation des ressources naturelles, restauration de la biodiversité, anticipation et gestion des risques. S’y ajoutent des enjeux plus territorialisés qui incluent les conditions de vie et de rémunération des agriculteurs, la compétitivité économique des entreprises, l’aménagement des territoires, l’accès à une alimentation saine et diversifiée pour chacun. Premier organisme[[Index de spécialisation : part d’INRAE dans les 10 domaines suivants /part d’INRAE toutes disciplines confondues du Web of Science au niveau mondial : Agriculture, Plant sciences, Veterinary sciences, Genetics & heredity, Food science & technology, Nutrition dietetics, Biotechnology & applied microbiology, Environmental sciences & ecology, Water resources, Microbiology.]] de recherche spécialisé sur ses trois domaines scientifiques, INRAE, l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement contribue à relever ces défis. En proposant par la recherche, l’innovation et l’appui aux politiques publiques de nouvelles orientations pour accompagner l’émergence de systèmes agricoles et alimentaires durables, INRAE ambitionne d’apporter des solutions pour la vie, les humains et la terre. Par le rapprochement de l’Inra, Institut national de la recherche agronomique, et Irstea, Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture, deux établissements reconnus pour la qualité de leur recherche et leur expertise, INRAE atteint une masse critique et mutualise des infrastructures de recherche importantes (observatoires, plateformes, banque de données) pour certaines uniques en Europe. Cette nouvelle position permet à INRAE des plus-values notoires dans différents domaines, comme les sciences de l’eau, les approches à l’échelle des territoires, la conservation et la restauration de la biodiversité, l’anticipation et la gestion des risques ou l’agriculture numérique.
Recensement de l’actionnariat salarié européen
Ce dernier Recensement annuel comporte des chapitres sur la gouvernance et la structure de propriété de toutes les grandes entreprises européennes. Il révèle une nouvelle progression pour l’actionnariat salarié en Europe l’année dernière. La remontée s’accélère pour le nombre d’actionnaires salariés, avec 7,2 millions dans les grandes entreprises. Avec un million d’actionnaires salariés dans les PME, le nombre total d’actionnaires salariés atteint 8.2 millions. Un développement qui répond à la demande générale des salariés et des entreprises, toujours plus marqué et « démocratisé » en France, au Royaume Uni et dans les pays nordiques, comparés à l’Europe centrale, orientale et aux pays du Sud. A quand une initiative de la Commission Européenne en vue d’une convergence ?
Comment mieux concilier pêche artisanale et protection de la biodiversité sur les récifs coralliens ?
Concilier objectifs de protection et d’exploitation sur les récifs
Pour lutter contre cette trop forte pression, plus de 2 000 aires marines protégées (AMP), ne couvrant néanmoins que 6 % des récifs coralliens mondiaux, ont été mises en place depuis les années 1980. Ces aires regroupent plusieurs niveaux de protection : des AMP dites « no-take » ou intégrales (où aucun prélèvement n’est autorisé), jusqu’aux AMP « partielles » (où les activités de pêches sont seulement restreintes). Selon l’ONU, la surface de ces AMP devrait être quintuplée d’ici 2030 pour atteindre l’objectif de développement durable (ODD) de 30 % d’habitats protégés dans le monde. Pour ce faire, les décideurs s’interrogent pour savoir où placer les nouvelles AMP de façon efficace. C’est dans ce contexte qu’un consortium international, réunissant entre autres, des organismes français, australien, américain et anglais, a étudié la capacité des récifs coralliens à assurer plusieurs objectifs bénéfiques pour l’Homme et pour la Nature : – 1 maintenir une biomasse importante d’espèces commerciales, – 2 conserver la pression d’herbivorie par les poissons, qui limite la croissance des algues et permet le développement du corail, – 3 garantir la diversité fonctionnelle, assurant la résistance et la résilience du fonctionnement des écosystèmes coralliens. En étudiant les communautés de poissons sur 1 800 récifs coralliens à travers le monde (océans Indien et Pacifique, mer des Caraïbes), dont 106 en AMP, les chercheurs ont montré que seuls 5 % des récifs pouvaient assurer simultanément un bon niveau (> 75 % des conditions de référence) de biomasse, d’herbivorie et de diversité fonctionnelle.« Ce premier résultat souligne la difficulté de concilier protection et exploitation des récifs lorsqu’ils sont proches de l’Homme, même en AMP », souligne David Mouillot, Professeur à l’Université de Montpellier (laboratoire MARBEC). « Il faut sanctuariser les récifs isolés très rares, seuls à pouvoir assurer les 3 objectifs à bon niveau. C’est le cas du Parc Naturel de Mer de Corail, qui a placé en AMP intégrale tous les récifs isolés au large de la Nouvelle Calédonie », précise Laurent Vigliola, Chercheur à l’IRD (laboratoire ENTROPIE) co-auteur de l’étude.
Protéger les récifs de façon ciblée
Les chercheurs se sont ensuite intéressés aux pays en développement, qui doivent concilier exigences économiques et sécurité alimentaire, et ainsi trouver un compromis entre exploitation des ressources et conservation de la biodiversité. Pour cela, ils ont simulé l’effet d’une mise en AMP (intégrale ou partielle) des sites mondiaux sans aucun niveau de protection sur les 3 objectifs. Résultat : lorsque ces récifs sont déjà surexploités, très peu pourraient atteindre le seuil de 75 % de l’état de référence, même en protection intégrale. Par contre, pour la moitié de ces sites actuellement hors AMP, une mise en protection pourrait améliorer fortement le niveau de ces objectifs. « L’idéal serait une AMP intégrale, qui offre les meilleurs résultats pour les 3 objectifs. Mais une mise en AMP partielle reste très intéressante, notamment pour la biomasse en espèces commerciales et l’herbivorie », détaille Josh Cinner de la James Cook University en Australie. Ainsi, la restauration de peuplements de poissons qui remplissent des objectifs de protection de la biodiversité et de pêche semble illusoire à proximité des zones très peuplées ou sur des récifs déjà très endommagés. Par contre, une protection ciblant préférentiellement les récifs ayant subi des pressions humaines plus limitées aurait un effet très positif, notamment avec une restriction de type « no-take ». Pour concilier les enjeux sociétaux (sécurité alimentaire, économie) et la préservation de la biodiversité, les AMP partielles peuvent constituer un compromis intéressant, avec des bénéfices pour l’Homme et la nature. Laboratoires impliqués dans l’étude : – ISEA : Institut des Sciences Exactes et Appliquées (Université de la Nouvelle-Calédonie) – ENTROPIE : Ecologie marine tropicale des océans Pacifique et Indien (IRD, Université de la Réunion, Université de la Nouvelle-Calédonie, Ifremer, CNRS) – MARBEC : Centre pour la biodiversité marine, l’exploitation et la conservation (Université de Montpellier, IRD, Ifremer, CNRS)2018 Année internationale pour les récifs coralliens
IRD_59555.jpg?itok=BXF83R9w 2018 a été déclarée troisième année internationale pour les récifs coralliens. A cette occasion, l’IRD se mobilise et propose au public de découvrir les recherches conduites en partenariat sur cette thématique prioritaire, lors d’événements organisés cette année en France métropolitaine et dans l’Outre-mer. Découvrez également l’ensemble des ressources disponibles – films, photos, ouvrage, exposition, actualités scientifiques – sur l’espace dédié www.ird.fr/recifs-coralliens Les récifs coralliens constituent de véritables oasis de vie au milieu des océans. Ils ne couvrent que 0,2 % de la surface des mers mais abritent pourtant plus de 25 % de la biodiversité marine mondiale, soit près de 60 000 espèces décrites à ce jour. Ecosystèmes parmi les plus diversifiés de la planète, ils font vivre directement ou indirectement 500 millions de personnes, dont 40 millions de pêcheurs. Les récifs coralliens subissent les impacts des activités humaines (introduction d’espèces invasives, pollutions, pêche) auxquelles s’ajoutent ceux du changement climatique (réchauffement et acidification de l’océan). Aujourd’hui, 20 % des récifs coralliens ont disparu et 25 % sont en grand danger.
Contrôle des épidémies ? L’OMS avait la solution il y a 40 ans nous rappelle le CETIM
La justice sociale en matière de santé : une menace pour les nations puissantes et les intérêts privés
La Déclaration d’Alma Ata en 1978[2] à la Conférence sur les soins de santé primaires (SSP), était un projet révolutionnaire de justice sociale dont le slogan était La Santé pour Tous en l’an 2000[3]. Le projet identifiait la pauvreté et l’inégalité comme déterminants majeurs des maladies et des morts prématurées et évitables (qu’elles soient épidémiques ou endémiques). La Conférence d’Alma Ata se tient à la fin des Trente Glorieuses (1945-1975) – 30 années de progrès vers un monde un plus un peu plus juste et équitable, et donc plus sain. Ce fut également l’ère de la décolonisation ; la nécessité d’une redistribution du pouvoir et des richesses était largement reconnue, y compris le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et à contrôler leurs ressources naturelles. A cette époque, l’engagement pour des services sanitaires publics et universels pour subvenir aux besoins sanitaires de base était sincère. La Santé pour Tous était fondée sur le Nouvel ordre international économique proposé par le Groupe des 77[4] et pour cette raison, elle représentait une menace significative à l’ordre existant. Au bout de deux ans, le projet fut réduit à quatre interventions prioritaires et toute mention de justice sociale fut rayée. Depuis, sous pression des Etats membres riches, l’OMS s’est progressivement écartée de son mandat de santé publique au sens large, de développement, d’équité et de systèmes sanitaires durables pour se diriger vers des approches biomédicales, verticales et de visée à court terme. En gros, cela implique de ne tenir aucun compte des causes profondes (les conditions de vie misérables) et se consacrer aux solutions technologiques de court terme, de négliger la prévention des maladies et la promotion de la santé en faveur des traitements (invariablement, pharmaceutiques) ; et passer sous silence le fait que tous les pays riches avaient amélioré la santé de leurs populations de manière significative en s’attaquant aux conditions de vie misérables et par la mise en œuvre des travaux publiques et l’adoption des mesures sanitaires.Qu’est-ce qu’un système de santé fonctionnel ?
Il est important de noter que les soins de santé primaires ne se résument pas à un niveau de service sanitaire. Il s’agit d’un système intégré et multisectoriel, dans lequel les Etats (et non le secteur privé ou les philanthrocapitalistes) détiennent la responsabilité première envers les citoyens de fournir des conditions essentielles pour la santé, c’est-à-dire, la nourriture, de l’eau, des systèmes sanitaires, l’éducation, le logement, un travail décent, un environnement sain et bien sûr des services de santé de base. Des décennies d’expérience et de recherche en santé publique ont montré la nécessité de systèmes de santé financés publiquement avec la plupart des services fournis par des institutions publiques, si, en tout cas, l’objectif est d’établir et de maintenir des systèmes de santé intégrés, équitables et accessibles. L’accessibilité exige en plus que les services de soins de santé soient gratuits. Ceci est particulièrement important pendant une crise, telle qu’une épidémie de maladie infectieuse. Un système de santé qui fonctionne correctement et dans la durée, requiert des Etats souverains et solvables – un fait qui était pleinement reconnu en 1978 d’où l’importance accordée au Nouvel ordre économique international. Bref, aucun pays dont l’économie nationale est étranglée par la dette, les règles de commerce injustes, le pillage continuel de ses ressources naturelles et qui est déstabilisé par des flux financiers incontrôlés, des prix de denrées fluctuants et l’ingérence dans les affaires relevant de la souveraineté nationale, ne peut développer et maintenir un système de santé qui fonctionne correctement[5]. Ce sont des Etats souverains et solvables qui vont réaliser la Santé pour Tous, non l’aide internationale, qui fait partie intégrante de l’architecture financière mondiale. Etant donné la référence explicite à la justice économique internationale, il était peu probable que le projet des SSP allait recevoir l’approbation de l’élite mondiale.Les Soins de santé primaires : non réalistes ou non souhaités par les puissants ?
L’opposition au projet de justice sociale de l’OMS se révéla puissante et rapide. Le projet fut immédiatement qualifié de « non réaliste », ce qui veut dire, le plus souvent, « non souhaités par ceux qui décident ». Qu’est-ce exactement qui n’était pas souhaité par les pays puissants et les intérêts privés ? Afin de répondre à cette question, il suffit de rappeler les valeurs et les principes des SSP énoncés dans la Déclaration d’Alma Ata. « La Santé est un droit fondamental de l’être humain » « Les inégalités flagrantes dans la situation sanitaire des peuples, aussi bien entre pays développés et pays en développement qu’à l’intérieur même des pays, sont politiquement, socialement et économiquement inacceptables. » « Le développement économique et social, fondé sur un nouvel ordre économique international, revêt une importance fondamentale si l’on veut donner à tous le niveau de santé le plus élevé possible et combler le fossé qui sépare sur le plan sanitaire les pays en développement des pays développés. » « Les gouvernements ont vis-à-vis de la santé des populations une responsabilité dont ils ne peuvent s’acquitter qu’en assurant des prestations sanitaires et sociales adéquates. » « Les SSP comprennent au minimum : l’éducation, la promotion de bonnes conditions alimentaires et nutritionnelles, un approvisionnement suffisant en eau saine et des mesures d’assainissement de base » etc. « Les SSP font intervenir tous les secteurs et domaines connexes du développement national et communautaire, en particulier l’agriculture, l’élevage, la production alimentaire, l’industrie, l’éducation, le logement, les travaux publics et les communications » « La pleine participation des familles et de la communauté dans un esprit d’autoresponsabilité et d’autodétermination ». L’utilisation « de façon plus complète et plus efficace des ressources mondiales dont une part considérable est actuellement dépensée en armements et en conflits armés. » Imaginez la consternation dans les coulisses du pouvoir ! Une des agences de l’ONU, parmi les plus vénérables et respectées, était en train de promouvoir un projet qui ressemblait au socialisme. Le contrecoup fut féroce. Non seulement le projet des SSP n’était pas souhaité, il n’allait en tout cas pas être mis en œuvre. Et il fallait ramener l’OMS sous contrôle.L’OMS et le marché de la santé qui vaut des milliers de milliards[6] de dollars
Depuis 1978, l’autorité sanitaire des peuples est devenue une victime de la restructuration néolibérale, tout comme la plupart des institutions sociales et économiques au service de l’intérêt public, y compris, bien sûr beaucoup d’agences et de programmes de l’ONU. L’OMS aujourd’hui est à genoux, profondément compromise… et obligée d’entrer dans le « business » de la santé. A titre d’exemple, en 2019, le Directeur-Général de l’OMS, le Dr Tedros, a présenté ainsi le « business case » du Plan d’action globale de son organisation : « L’investissement initial de US$14,1 milliards pour la période 2019-2023 représente un excellent rapport qualité prix et va engendrer un retour sur investissement de 2-4 % de croissance économique. Aucune marchandise au monde n’est plus précieuse »[7]. Pourquoi le Dr Tedros s’est-il trouvé obligé de vendre le secteur sanitaire aux investisseurs plutôt que de discuter son plan quinquennal avec ses 194 Etats membres ? Parce qu’aujourd’hui, l’OMS est plus ou moins privatisée. Elle contrôle à peine 20 % de son budget. Le 80 % restant se compose de « contributions volontaires extrabudgétaires » provenant des (riches) Etats membres et de fondations privées, dont la quasi-totalité est affectée à des priorités et des programmes spécifiques, déterminés par les donateurs. La santé représente un marché des milliers de milliards de dollars, comme le Forum économique mondial ne cesse de le rappeler à ses constituants (US$10 mille milliards en 2020). Les « dons » à l’OMS ou la participation dans les partenariats public-privé, représentent de précieux investissements pour des multinationales en quête de nouvelles sources de profit pour leurs activités. La santé n’est plus conçue comme un droit humain, comme la Constitution de l’OMS le déclare, mais comme une marchandise ou, au mieux, un facteur de productivité – comme le préconisait Jeffrey Sachs en 2001 dans le rapport de l’OMS « Investir dans la santé pour le développement économique ».D’Alma Ata à Davos
En janvier 1999, dans le cadre du Forum économique mondial à Davos, Kofi Annan proposait aux dirigeants du monde des affaires et à l’ONU d’« instaurer un Pacte mondial de valeurs et principes partagés afin de donner un visage humain au marché global»[8]. Sans aucun mandat, le Secrétaire général de l’ONU a ainsi offert le soutien onusien « à un environnement propice au commerce et à l’ouverture des marchés » en échange d’un engagement (sans aucun mécanisme d’application) de la part des multinationales à respecter neuf principes dans les domaines des droits humains, du travail, de l’environnement et de la lutte contre la corruption. De la même manière dans les années 1990, l’OMS, sous l’égide de Gro Harlem Brundtland, a adopté un business model dirigé par le secteur privé et a lancé de multiples partenariats public-privé pour mettre en œuvre des programmes verticaux ciblant des maladies spécifiques. Ces arrangements ont encore accru le pouvoir des multinationales d’orienter les politiques de la santé et ont miné et fragmenté l’offre des services de santé. Aujourd’hui, la quasi-totalité du travail entrepris dans le domaine de la santé internationale est mis en œuvre par des partenariats public-privé, des arrangements qui représentent un mécanisme de plus pour l’extraction des richesses (du 99 % au 1%) en attelant le secteur public à la production de bénéfices privés. Une seule raison explique l’adoption de ces arrangements par les organisations qui ont des responsabilités publiques : elles perçoivent ces arrangements avec le secteur privé comme l’unique source aujourd’hui de financement, ce qui est, en partie, vrai. Mais cela est dû au fait que sous des régimes néolibéraux, les budgets du secteur public ont été coupés et la base fiscale détruite. Ces développements sont eux-mêmes le résultat de l’influence exercée par les sociétés transnationales sur les gouvernements et sur les institutions financières internationales. Que les institutions publiques soient obligées de quémander auprès du secteur privé ou de philanthropes célèbres (eux-mêmes complètement identifiés au capitalisme transnational) ne résout en rien les problèmes des ressources pour la santé. La solution aujourd’hui (comme à Alma Ata en 1978) passe par la justice économique, une base fiscale solide aux niveaux national et international, et aussi par le soutien public et adéquat des institutions publiques telles que l’OMS pour qu’elles puissent remplir leurs responsabilités internationales indépendamment des intérêts privés.La couverture universelle sanitaire : une importante régression par rapport aux Soins de santé primaires
L’OMS a tenté plusieurs fois de relancer les Soins de santé primaires (SSP), ou du moins, certains aspects de ce projet de justice sociale, notamment en 2008 avec la publication du rapport « Les soins de santé primaires : maintenant plus que jamais ». Une lecture attentive de ce rapport révèle une version des SSP amputée des valeurs et principes d’Alma Ata. Il est surprenant de constater que la santé comme droit humain, les déterminants sociaux et économiques de la santé, la responsabilité première de l’Etat dans la santé de la population, le développement émancipateur, l’esprit d’autodétermination – encore moins le besoin de s’attaquer à la pauvreté et aux inégalités par le biais d’un Nouvel ordre économique international – ne figurent pas dans ce rapport. Les efforts ultérieurs entrepris par l’OMS pour relancer les Soins de santé primaires ont apporté un soutien de façade aux droits humains et font référence de temps en temps aux inégalités au sein des pays (mais jamais entre des pays) mais aucun de ces efforts ne mentionne le pilier central de la Santé pour Tous qui est un ordre économique international qui soit juste et rationnel. Depuis 10 ans à peu près, étant donné le manque de soutien de la part de ses bailleurs de fonds pour une véritable relance des Soins de santé primaire, l’OMS a radicalement freiné ses ambitions. Elle lutte aujourd’hui pour quelque chose qui s’appelle la Couverture sanitaire universelle (CSU). Dans sa mouture actuelle, et malgré des invocations de « l’esprit d’Alma Ata » ce nouveau projet a quelques aspects en commun avec les Soins de santé primaires mais à plusieurs points de vue, il représente une régression importante vis à vis du projet de justice sociale de l’OMS de 1978. Rappelons d’abord que la santé des populations dépend largement des facteurs extérieurs aux services de santé, d’où la priorité accordée par le projet des SSP aux déterminants sociaux et économiques. La CSU se réfère presque exclusivement aux services de santé, donc si on la compare avec les SSP, sa portée est restreinte. En plus, à l’origine, l’acronyme UHC en anglais désignait Soins universels et non pas Couverture universelle (Care en anglais et non pas Coverage). Avec ce changement, le projet s’est réduit à la question encore plus étroite du financement des services de santé. Dans sa dilution la plus récente, réalisée grâce à l’intimidation de l’OMS par les Etats-Unis, il semble que le but de la CSU est surtout de garantir un rôle central aux services de santé privés et à l’assurance maladie privée. [9] Les décennies de recherche sur les systèmes de santé montrent que la privatisation implique des coûts importants pour l’Etat et pour les citoyens (en termes de frais à la charge des ménages), un manque de transparence et de responsabilité, une inefficacité dans la fourniture des services, le transfert des maigres ressources du secteur public au secteur privé, et bien sûr des inégalités au regard des indicateurs de santé. Oxfam International observe que les seuls pays à faible revenu qui ont réalisé la couverture sanitaire universelle et équitable l’ont fait par le biais des impôts, plutôt que par l’assurance maladie. Les systèmes basés sur l’assurance maladie peuvent fonctionner correctement dans les pays à haut revenu, mais dans les pays à faible revenu, même des systèmes socialisés d’assurance maladie ont tendance à exclure la majorité des gens et à laisser pour compte les pauvres[10]. Dans les pays de l’OCDE, l’épidémie de Covid 19 sert de révélateur aux citoyen-ne-s sur le rôle joué par les mesures d’austérité dans l’affaiblissement des systèmes de santé. Dans les pays pauvres, où les systèmes de santé ont été gravement endommagés par les programmes d’ajustement structurel imposés par le FMI, le virus risque de submerger les capacités au bout de quelques jours. Pour la moitié de l’humanité qui n’a pas accès aux services de santé de base[11], l’accès aux soins sera inexistant.Les Etats membres défendent les intérêts de leurs STN lors de l’Assemblée mondiale de la santé
Sous les régimes néolibéraux, les Etats membres puissants ont tendance à représenter les intérêts de leurs sociétés transnationales (STN), aux assemblées annuelles de l’OMS, plutôt que la santé de leurs citoyen-ne-s. Par exemple, ils soutiennent leurs géants de l’agroalimentaire quand la question des maladies non transmissibles ou la nutrition est à l’ordre du jour ; les compagnies Big Pharma, en relation avec l’accès aux médicaments ; et le secteur de santé à but lucratif (fabricants d’équipement médical, fournisseurs de services de santé privés et compagnies d’assurance maladie privées), en relation avec la Couverture sanitaire universelle. Selon le groupe Deloitte Consultancy, le marché de la santé devrait croître de 5 % par année. Le secteur de la santé à but lucratif est dominé par les Etats-Unis, suivi par le Royaume-Uni et d’autres pays de l’OCDE. Dans les économies de beaucoup de pays, c’est un des secteurs qui se développe le plus rapidement. Etant donné ces intérêts économiques colossaux, toute initiative de l’OMS cherchant à promouvoir les soins de santé en tant que droit humain et bien public se trouvera confrontée à l’opposition de l’élite mondiale.La pauvreté et l’inégalité aujourd’hui et des rapports sur le « progrès »
La Banque mondiale fait état régulièrement du « progrès » en termes de réduction de la pauvreté mais un examen attentif des données révèle de multiples manipulations. On arrive à un constat déconcertant suivant lequel, si on exclut la Chine du tableau, il n’y a quasiment pas eu de progrès. Dans certains pays d’Afrique subsaharienne, la pauvreté a même augmenté. D’importantes inégalités en termes de richesse continuent de s’accélérer (aujourd’hui le 1 % des plus riches possèdent plus du double de la richesse de 6,9 milliards de personnes). En quoi est-ce pertinent pour la santé des populations ? Les relations inégales de pouvoir sont en soi une cause profonde de la pauvreté – et donc de mauvais indicateurs de santé. Les inégalités – au-delà de la richesse ou de la privation matérielle – sont en soi mauvaises pour la santé et pour la cohésion et la sécurité des sociétés.Les rapports publiés par l’OMS et l’UNICEF montrent que de grandes inégalités en matière de santé entre et au sein des pays persistent.
En 2018, la mortalité des enfants de moins de 5 ans en Afrique subsaharienne était 14 fois plus importante que dans les pays à haut revenu (1 sur 13 comparé à 1 sur 185) [12]. Plus de la moitié de ces décès sont parfaitement évitables. On peut les prévenir avec des interventions simples et abordables, y compris l’immunisation, une nutrition adéquate, de l’eau propre et des soins appropriés fournis par des professionnel-le-s de la santé. En 2017, le taux de mortalité maternelle dans les pays à faible et moyen faible revenu était de 462 pour 100 000 naissances vivantes, comparé à 11 dans les pays à haut revenu[13]. Le risque de mourir durant l’accouchement est de 1 sur 45 dans les pays à bas revenu et de 1 sur 5400 dans les pays à haut revenu. L’OMS rappelle que moins de la moitié des accouchements dans plusieurs pays de faible et moyen faible revenu, sont assistés par un-e professionnel-le de la santé (infirmière, sage-femme ou médecin). Selon un rapport de l’ONU publié en 2019, l’espérance de vie en Afrique subsaharienne est de 61 ans, 70 en Asie centrale et du sud, 79 en Europe et en Amérique du nord, et 83 en Australie et en Nouvelle Zélande[14]. Les différences de l’espérance de vie au sein des pays sont aussi très importantes : en France, elle est de 13 ans entre les plus riches et les plus pauvres[15]. Notons que même de très petites différences en pourcentage traduisent des inégalités sociales et économiques significatives.La gouvernance ploutocratique de la santé est responsable de la faillite des systèmes de santé
L’OMS a petit à petit perdu le contrôle de son budget et donc de son programme de travail. Cela est dû en partie au fait que l’organisation est devenue (pendant un bref moment) trop socialiste, et en partie parce que sous l’impératif capitaliste, il s’est révélé intolérable de laisser inexploité un secteur si profitable. La santé internationale aujourd’hui est dirigée par la Banque mondiale, le G8 (peut-être le G20), leurs sociétés transnationales, les fondations des philanthrocapitalistes (notamment la Fondation Gates) et le Forum économique mondial. L’OMS semble réduite au rôle de courtier des partenariats public-privé, appelé souvent aujourd’hui des partenariats entre multiples groupes d’intérêt. Quel est le problème avec ces arrangements ? Dans le domaine de la santé : – Ils permettent aux intérêts privés de décider/ influencer les politiques de santé publique – Ils sacrifient de larges objectifs de santé publique : la prévention des maladies, la protection et la promotion de la santé, et ils ne s’attaquent pas aux déterminants sociaux et économiques des maladies et des morts évitables. – Ils donnent la priorité aux interventions technologiques, qui sont cosmétiques et de courte visée mais qui génèrent des bénéfices pour une minorité. – Ils soutiennent des approches verticales, de courte durée et la privatisation des services publics essentiels plutôt que des services publics horizontaux, intégrés et durables. – Ils accordent une légitimité aux activités des sociétés transnationales par association avec l’ONU (bluewashing), en brouillant les rôles et les intérêts réels. – Ils compromettent les institutions publiques, y compris les agences de l’ONU, les obligeant à « donner le ton » pour les intérêts privés d’une petite minorité au lieu des intérêts de plus de 7 milliards de personnes.[16] A travers son initiative Global Redesign, le Forum économique mondial propose de remplacer la prise de décision intergouvernementale (dans 8 domaines y compris la santé) par des partenariats entre les multiples groupes d’intérêts, fortement influencés, si ce n’est pas dirigés, par les intérêts du secteur privé. Donc, il prône un gouvernement par les STN plutôt que par le multilatéralisme entre entités publiques. Il ne faut pas se tromper. Dans ces partenariats, il n’y a qu’un groupe d’intérêt – la société transnationale, et un sponsor – le pays d’appartenance, le plus souvent un parmi ceux que compte le G8. Tous les autres « partenaires » ne servent qu’à légitimer le contrôle des biens publics par les transnationales. A noter en particulier que les STN ne sont pas des partenaires de l’OMS ni d’autres agences onusiennes, pour la simple raison qu’elles ne partagent pas les mêmes objectifs. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’interaction avec le secteur privé, cela a toujours eu lieu. Mais le secteur privé n’a aucun rôle à jouer dans l’élaboration des politiques de santé publique.« L’injustice sociale tue à grande échelle » (OMS, 2005)

Notes
[1] La conférence était co-organisée avec UNICEF. Le Fond mondial pour les Enfants [2] https://www.who.int/publications/almaata_declaration_en.pdf [3] À ce sujet, voir le livre du CETIM : La santé pour tous! Se réapproprier Alma Ata. Sous la direction de Julie Duchâtel et Alison Katz, éd. CETIM, Genève, 2007, https://www.cetim.ch/product/la-sante-pour-tous-se-reapproprier-alma-ata/ [4] http://humanityjournal.org/issue6-1/the-new-international-economic-order-a-reintroduction/ [5] Comme Fidel Castro l’a fait remarquer, Cuba, avec son excellent système de santé et malgré les sanctions a profité du privilège de ne pas faire partie du FMI. [6] « Trillions » en anglais . [7] Présenté pendant le Sommet mondial de la santé à Berlin. [8] https://www.unglobalcompact.org/what-is-gc/mission/principles [9] People’s Health Movement et al. Global Health Watch 5 : an alternative world health report. Zed Books, London, 2017. [10] https://www.oxfam.org/en/research/universal-health-coverage [11] https://apps.who.int/iris/bitstream/handle/10665/259817/9789241513555-eng.pdf [12] https://childmortality.org/files_v22/download/UN IGME Child Mortality Report 2018.pdf [13] https://www.who.int/news-room/fact-sheets/detail/maternal-mortality [14] https://www.un.org/en/development/desa/population/publications/pdf/mortality/WMR2019/WorldMortality2019DataBooklet.pdf [15] https://www.ined.fr/en/everything_about_population/data/france/deaths-causes-mortality/life-expectancy/ [16] https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC1240108/ [17] https://www.who.int/social_determinants/final_report/csdh_finalreport_2008.pdf
Quelles solutions pour plus de confort chez soi !
Quelles sont les solutions pour améliorer le confort chez soi et le bien-être dans son habitat : confort thermique, confort acoustique, qualité de l’air ?… ce sont tous les aspects de votre projet de rénovation énergétique qui ont été abordés au 7ème Forum de l’éco-rénovation en copropriété, organisé par l’Agence Parisienne du Climat il y a une an, le mardi 16 avril 2019 de 9h à 18h à l’Hôtel de Ville de Paris. C’est un rendez-vous gratuit et incontournable des Parisiens et habitants de la métropole parisienne pour un habitat plus confortable, plus économe et plus durable. Annulé cette année pour cause de Covid-19, prochain forum en 2021 ? …
La production locale d’énergie
La production d’énergie locale est un axe essentiel pour accompagner la transition énergétique des collectivités. C’est aussi une source d’économies énergétiques et de valorisation des ressources énergétiques d’un territoire. En France, sept énergies renouvelables sont aujourd’hui exploitées : le solaire photovoltaïque, le bois-énergie, l’éolien, le biogaz, la géothermie, la thalassothermie et l’hydraulique. EDF Collectivités accompagne déjà les collectivités dans leurs projets de production locale d’énergie, notamment pour les aider à choisir l’énergie renouvelable qui correspond aux ressources et aux enjeux de leur territoire.
Le développement durable au temps du coronavirus : Episode n°1
La crise du Coronavirus montre les dérives hasardeuses d’un monde devenu dangereux, tournant le dos aux principes d’un développement durable s’inspirant d’une soutenabilité forte à laquelle il serait sain de revenir.
Pandémie du coronavirus, catastrophe sanitaire : l’humanité est confrontée à ce danger concret et omniprésent non anticipé. Notre immense savoir scientifique, notre appareil de production mondialisé surpuissant sont mis en défaut pour nous protéger : pénuries de tests de contamination, de masques de protection, mise en tension extrême des infrastructures de soins, absence de parade médicamenteuse, vaccinale.
Sont mis ainsi au jour les dégâts de politiques de court terme, guidées par le souci d’économies dans la gestion des biens communs, oublieuses du principe de précaution, de la nécessité d’organiser la résilience face aux multiples alertes environnementales et sociales. La mondialisation des « chaînes de valeurs » aboutit à notre incapacité à faire face à des besoins évidents comme les masques ou les médicaments, nous sommes devenus dépendants de la production dans des pays lointains. Le néolibéralisme et ses dogmes, la libre concurrence qui a conduit aux délocalisations, la dérégulation, la délégation aveugle aux mécanismes de marché pour satisfaire tous les besoins humains, sont mis en échec, Ils ont même favorisé la diffusion d’un coronavirus qui ne connait ni les frontières, ni les équilibres géopolitiques ni les aspirations personnelles mais qui, malheureusement, frappe, en particulier, les plus vulnérables socialement.
« La destruction écologique à laquelle se livre notre économie extractiviste depuis plus d’un siècle partage avec cette pandémie une racine commune » explique Gaël Giraud (CNRS) : « nous sommes devenus l’espèce dominante de l’ensemble du vivant sur Terre. Nous sommes donc capables de briser les chaînes trophiques de tous les autres animaux mais nous sommes aussi le meilleur véhicule pour les pathogènes. En termes d’évolution biologique, il est beaucoup plus “efficace” pour un virus de parasiter l’humain que le renne arctique, déjà en voie de disparition à cause du réchauffement ». C’est pourquoi les scientifiques renouvellent leur avertissement, nous ne sommes pas à l’abri d’autres catastrophe de cette nature à l’avenir.
Nous voilà confinés, et de ce fait de grands pans de l’économie sont à l’arrêt. Cela rend encore plus criantes les injustices et aberrations de nos sociétés. Ce sont les personnes les moins payées qui prennent les risques pour assurer notre quotidien voire notre survie : caissières de supermarchés, camionneurs et tous ceux qui contribuent à la chaîne d’approvisionnement alimentaire, éboueurs, infirmières, aides-soignantes, facteurs, policiers, … On redécouvre le caractère vital de services publics démantelés et parfois vilipendés.
Dans ce confinement on peut aussi malicieusement apercevoir les bienfaits d’une pause dans l’hystérie productiviste et consommatrice. La systématisation du télétravail rendrait nos villes plus respirables. La pollution atmosphérique et sonore des villes a disparu, on y peut apprécier le chant des oiseaux et le printemps qui arrive, la nature respire. Les magasins alimentaires proposent des « paniers », fini l’hyper choix entre une vingtaine de plaquettes de beurre. Les magasins de producteurs font recette, tant pis si on doit cuisiner les mêmes légumes de saison le long de la semaine. Le temps gagné sur le « shopping » fait redécouvrir les bienfaits de la lecture, de la conversation en famille. On consent enfin à mettre à l’abri les sans domicile, les migrants, quoique parfois dans des conditions indignes. L’idée controversée d’un revenu universel prend consistance avec, en France et dans d’autres pays du monde, les aides pécuniaires inconditionnelles octroyées aux chômeurs, aux bénéficiaires de minima sociaux, aux salariés victimes de la fermeture de leur entreprise ou aux indépendants contraints à l’inactivité. A contrario ces mesures autoritaires de confinement, celles qui se dessinent de traçage électronique de nos déplacements, si elles se prolongeaient, pourraient augurer d’une nouvelle étape dans le recul des libertés publiques.
Mais cet état de confinement ne peut être que provisoire car le sauvetage de nombreuses entreprises et emplois mis à mal par cette crise va devenir un problème prioritaire et urgent. On annonce (tribune d’Alain Trannoy le Monde du 6 avril 2020, pronostic de Christine Lagarde BCE) une baisse de 12% du PIB, soit 12% de nos revenus monétaires en moins, c’est proprement impossible, compte tenu des inégalités abyssales de revenus, pour les plus fragiles d’entre nous. Des plans de sauvetage massifs sont annoncés partout dans le monde, injection de liquidités par les banques centrales 1000 Mds € annoncés par la BCE, 2000 Mds $ aux USA, en Europe une augmentation des déficits budgétaires est annoncée avec la facilité d’aller au-delà des 3% PIB : 150 Mds € en Allemagne soit 4,5 % du PIB, 45 Mds € en France soit 1,9% du PIB. « L’Eurogroupe » vient de décider d’une mise à disposition de ses membres 500 Mds €. Ces premières mesures d’urgence destinées à gommer les effets de la panne économique devront être complétées.
Une plus grande coopération internationale est indispensable si l’on ne veut pas voir la pandémie repartir de plus belle car les « sorties de confinement » s’échelonneront dans le monde. Elle est également indispensable pour aider les pays les plus pauvres, souvent les plus inégalitaires, à participer à l’arrêt de la pandémie. Le mutisme de l’ONU est à cet égard consternant.
Les moyens financiers dégagés à l’occasion de la pandémie doivent servir à nous doter d’infrastructures sanitaires à la hauteur des risques, à reconstruire un tissu agricole et industriel qui garantisse notre sécurité et à planifier l’indispensable transition énergétique, environnementale et sociale. Une véritable sélectivité dans l’octroi de ces soutiens doit être mise en œuvre, fondée sur les nombreux indicateurs d’atteinte à l’environnement élaborés récemment à l’instar de la taxonomie verte européenne (classification des activités économiques en fonction de leur empreinte écologique).
La reconstruction d’économies mises à mal par la seconde guerre mondiale s’est faite en France au moyen d’une planification démocratique, de même l’urgence à réparer les dommages de la pandémie et à prévenir les dommages environnementaux et sociaux en cours et annoncés appelle une action discriminante et organisée des pouvoirs publics sur les activités économiques. Les tribunes de Gaël Giraud dans le magazine Reporterre esquissent un programme d’actions. Bien entendu il faudra garantir les moyens d’une co-construction des arbitrages rendus à travers les choix stratégiques de cette planification, la pérennisation de la convention citoyenne peut être un tel instrument, dialoguant avec un CESE transformé en parlement des générations futures ?
Il est difficile, aujourd’hui de deviner ce que sera demain et notamment les conditions de la relance économique, il est possible que ce soit une déception, avec une relance hyper-carbonée (‘à la Trump’ avec un allègement des contraintes environnementales). Mais les opinions publiques et mobilisations citoyennes doivent peser de tout leur poids pour parer les risques auxquels seront confrontés les jeunes générations. La relance doit s’inspirer des principes d’une durabilité forte.
Cet éditorial ne fait qu’ouvrir le débat au sein de l’Encyclopédie du Développement Durable. Chacun des lecteurs est invité à réagir en fonction de ses sensibilités en écrivant à : contact@encyclopedie-dd.org.
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Ces investissements ont un seul objectif : gérer efficacement les biens de nos clients en toute confiance : projet, patrimoine ou logement !
Valorisation
Afin d’apporter une réelle valeur ajoutée à ses activités, Citya Immobilier a su créer un véritable écosystème.
En effey, c’est une communauté d’entreprises, réunies autour de Citya Immobilier, qui intervient dans tous les domaines utiles : assurance, expertise, garantie locative, informatique mais aussi communication ou encore formation.
Le modèle économique de Citya Immobilier lui permet, tout en conservant sa précieuse indépendance, d’offrir à ses clients une large palette de services et de promouvoir un standard de qualité élevé.
4 Métiers
– Location : Une location toutes les 3 minutes ! Faire appel à Citya Immobilier, c’est la garantie d’un vaste de choix de logements. – Achat : Une vente toutes les 20 minutes ! Citya Immobilier vous propose une large gamme de logements exclusifs. – Administration de biens : Comme plus de 100 000 propriétaires bailleurs, ne vous « souciez » plus de vos locataires : Citya Immobilier s’occupe de tout ! – Syndic de copropriété : Leader en France, Citya Immobilier vous propose un service de syndic de copropriété local.Présentation
citya_light_mini.pdf – Télécharger la plaquette de présentation de Citya ImmobilierQualité
Citya Qualité : pas de question sans réponseConscient de la demande de transparence et d’efficacité du secteur en évolution permanente de l’immobilier, «Citya Qualité, c’est la sérénité assurée !» « Avec Citya Qualité, nous nous engageons à accroître la satisfaction de nos clients et à dépasser leurs attentes en leur fournissant des solutions adaptées, préconisées par des experts spécifiques dans chacun de nos métiers : location, gérance, syndic, transaction » explique Jean-Robert Bignon, directeur service qualité copropriété Citya Immobilier.Le service Citya Qualité reste en lien direct avec les collaborateurs en place au sein des agences, pour une maitrise complète du suivi de votre dossier

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Les avantages d’acheter des cuves industrielles d’occasion avec Osertech
Le matériel d’occasion, l’assurance d’acheter des outils qui ont fait leurs preuves
Face à la surabondance de produits neufs sur le marché, les achats de matériel de seconde main se sont rapidement développés au cours des dernières années. En plus de proposer une alternative beaucoup moins onéreuse, ils sont également beaucoup plus respectueux de l’environnement. En effet, en achetant du matériel d’occasion, l’acquéreur donne une seconde vie à un produit tout en évitant la production d’une autre machine. De plus, en choisissant d’acheter une machine de seconde main, l’acheteur s’assure également d’obtenir un outil qui a déjà servi. Une assurance qui évite les défauts de conceptions qu’il est possible de retrouver sur un produit neuf. Depuis 1994, une entreprise française du nom d’Osertech s’est spécialisée dans l’achat et la vente de machines industrielles d’occasion. Forts de plus de 25 ans d’expertise dans le domaine, les experts d’Osertech savent apporter le support technique nécessaire à l’achat d’un matériel d’occasion de pointe. En effet, le groupe français étudie au cas par cas chacune des demandes de ses clients et les accompagne au cours de tout le processus d’acquisition d’une machine industrielle de seconde main.Osertech : la plateforme pour acheter ses cuves industrielles d’occasion
Au cours de son développement, Osertech
a mis au point une plateforme en ligne complète qui permet à chaque utilisateur de trouver facilement le produit qu’il a besoin.
Avec notamment toute une section dédiée aux cuves industrielles, l’entreprise propose une offre complète, composée de cuves en inox, de mélangeurs industriels, d’agitateurs, de cuves de stockage, de fondoirs ou encore de réacteurs. Chaque produit est accompagné d’une courte description et de photos pour permettre à chaque visiteur de visualiser au mieux de quel type de cuve il s’agit.
8 Guides pratiques pour protéger la santé des enfants
Malgré la crise du Covid-19, Wecf France ne cesse pas son travail en santé-environnement et nous propose une mise à jour de ses 8 guides thématiques « Protéger la santé des enfants ». Une occasion de (re)découvrir ces publications qui visent à informer et sensibiliser prioritairement les parents sur les substances chimiques et pollutions à éviter pour préserver la santé de l’enfant, particulièrement sensible à son environnement. Les guides Wecf recouvrent 8 thématiques : jouets, cosmétiques bébés et femmes enceintes, vêtements, produits ménagers, rénovation/décoration, perturbateurs endocriniens ou champs électromagnétiques. Leur format et leurs contenus pratiques en font des outils utiles au quotidien.
Publication de l’étude « Réseaux majeurs d’économie circulaire en Europe » par l’ORÉE et l’INEC
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Coronavirus, climat et environnement : 5 questions à se poser selon Greenpeace France
Dans la difficulté, notre force réside aussi dans notre capacité à rester lucides et à ne pas accepter n’importe quelle réponse politique lorsque nous parlerons de la crise au passé.
Les industries les plus toxiques sont déjà à la manœuvre, alors que des premiers plans de relance économique se dessinent. À nous de faire en sorte que la relance soit écologique, équitable et citoyenne.
Entre fausses opportunités et vrais espoirs, nous avons commencé à dresser un constat, présenté à travers cinq questions :
Y a-t-il un lien entre la pandémie du Covid-19 et le dérèglement climatique ?
C’est avant tout l’hypermobilité humaine qui a favorisé la pandémie du coronavirus. Mais les maladies infectieuses sont bel et bien favorisées par le dérèglement climatique et la destruction de la biodiversité. L’exemple de la grippe est frappant : à cause d’hivers de plus en plus doux, le virus est désormais actif sur une période plus étendue, voire sur toute l’année dans les régions tropicales.
Les émissions de CO2 ont-elles vraiment baissé depuis le début de la crise du Covid-19 ?
Oui, les émissions de CO2, responsables du changement climatique, ont nettement baissé dans les pays les premiers touchés par le coronavirus : on l’a constaté en Chine, en Italie et aux Etats-Unis. Ces baisses spectaculaires sont directement liées à la réduction drastique des activités industrielles fortement dépendantes du charbon et du pétrole. Mais pas de quoi se réjouir, car cela arrive après une longue période de hausse continue : les cinq dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées.
Peut-on espérer un impact positif sur l’environnement et sur la baisse des émissions de CO2 à long terme ?
Cette baisse des émissions de gaz à effet de serre est en réalité un trompe-l’œil : elle ne s’est produite que parce qu’une grande partie des activités humaines sont à l’arrêt forcé, dans des conditions dramatiques et avec des conséquences sociales et économiques très lourdes. Le Covid-19 représente un danger pour l’humanité. Pour réduire durablement les émissions de CO2, c’est le fonctionnement économique de nos sociétés, basé sur des activités polluantes et creusant les inégalités, qu’il faut revoir. Oui, on peut encore espérer une transformation, mais elle ne viendra pas de la crise sanitaire en elle-même : il faudra un plan de relance inédit qui prenne pleinement en compte l’urgence climatique, environnementale et sociale.
Doit-on craindre un effet rebond en termes de pollution et d’émissions de gaz à effet de serre, une fois passée la crise du Covid-19 ?
S’il se confirme, le report de rendez-vous internationaux risque de repousser aux calendes grecques les grandes décisions dont nous avons besoin pour faire face à deux autres urgences : le changement climatique et l’effondrement du vivant. Et les industries les plus polluantes, comme le secteur aérien, s’activent déjà pour obtenir de nouvelles dérégulations et enterrer les normes environnementales et sociales. On peut donc craindre un rebond des émissions de CO2 si le plan de relance vise à retrouver une croissance à n’importe quel prix et à revenir finalement au modèle néolibéral en place depuis des décennies.
Comment faire en sorte que les enjeux environnementaux ne soient pas mis sous le tapis après cette crise du Covid-19 ?
Cette crise du coronavirus montre qu’il est possible d’intervenir de manière drastique dans l’économie pour faire face à des menaces qui pèsent sur la collectivité toute entière. « Les grands changements semblent impossibles au début et inévitables à la fin », affirmait l’un des fondateurs de Greenpeace, Bob Hunter. Nous sommes dans un moment de ce type. Les plans de sauvegarde doivent avant tout concourir à la protection des travailleur·ses, et être assortis de contreparties sociales et environnementales pour les entreprises. A moyen terme, ils ne doivent pas être dirigés vers les secteurs fossiles. Au contraire : c’est le moment ou jamais d’investir dans la transition écologique en créant des emplois d’avenir, et d’imposer aux grandes entreprises une obligation de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.Au-delà de réponses plus détaillées à ces questions, vous trouverez également dans un article publié sur le site de Greenpeace des pistes de réflexion et de lectures pour mieux comprendre les enjeux des plans de relance qui commencent à être mis en place : – Covid-19, climat et environnement : 5 questions à se poser C’est à nous, citoyen·nes, de faire entendre nos voix pour décider des conditions de ces plans de relance, et non aux multinationales. Travailleur·ses , militant·es, adhérent·es et sympathisant·es de Greenpeace : nous devons toutes et tous être vigilant·es et mobilisé·es pour que les milliards qui vont être injectés dans l’économie ne financent plus les industries polluantes et émettrices de gaz à effet de serre mais permettent au contraire de mettre en œuvre une réelle transition écologique et sociale, pour poser les bases d’un monde plus équitable, résilient et respectueux des personnes et de l’environnement. – www.greenpeace.fr/
Entretien avec Jean Jouzel, Climatologue et Président de l’Association Agir pour le Climat
Entretien avec Jean Jouzel

Lors de la crise économique de 2008, les émissions ont baissé… puis sont reparties rapidement en 2010. Je ne suis pas très confiant. Après, Emmanuel Macron a laissé entendre qu’on ne repartirait pas sur le même modèle. On peut espérer qu’il y ait un enseignement tiré de cette crise.Quel enseignement ?
Il faudra relocaliser les activités. En France, une personne produit 6 à 7 tonnes par an de gaz à effet de serre. Mais si l’on prend l’empreinte carbone – le bilan des importations et des exportations – on arrive à 11 tonnes par personne par an. On voit bien que la mondialisation est très négative en matière de lutte contre le réchauffement.Est-ce le début de la fin d’un consumérisme destructeur pour la planète ?
Cet espoir risque d’être déçu. On doit se poser des questions sur tous ces traités de libre-échange. Il ne s’agit pas de refermer les frontières. Mais si l’on repartait avec un modèle économique nous permettant de respecter les objectifs de la neutralité carbone à l’horizon 2050, ce serait déjà aller dans le bon sens.On parle de sommes astronomiques pour une future relance économique…
On parle de 45 milliards en urgence, de 300 milliards à moyen terme… Ce ne sont pas des montagnes d’argent qu’il faut mettre pour le climat. L’économiste Thomas Piketty dit que si l’on ne résout pas le problème social, on ne résoudra pas le problème climatique. Il a raison. Tous ces problèmes sont liés. Sans compter que la lutte contre le réchauffement climatique, ce sont des créations d’emploi à la clef et une meilleure qualité de vie.Cela ne vous désespère pas qu’on attende toujours d’être au pied du mur pour agir ?
Si, bien sûr ! Les politiques font des textes parfaits, la loi sur la transition écologique pour laquelle a beaucoup œuvré Nicolas Hulot est ambitieuse… Mais la réalité, c’est que les objectifs affichés ne sont pas respectés. On n’arrête pas de prendre du retard.
1000 milliards pour relancer un vrai projet européen
La boîte de pandore
Le 15 décembre 2018, le journaliste Boris Loumagne sur France Culture, s’appuyant sur les propos du professeur de médecine de l’Université Aix-Marseille, Jean-Michel Claverie, indiquait que la fonte du permafrost était « une boîte de pandore ». Le permafrost ou pergélisol désigne les vastes étendues de sol et de sous-sol continuellement gelées (au moins deux années consécutives). Il est constitué de glace et de matière organique produite par la décomposition partielle de végétaux. C’est un réservoir de carbone deux fois supérieur à l’atmosphère. Avec le dégel, l’activité bactérienne s’active métabolisant et transformant la matière organique en CO2, qui contribuera à l’augmentation de l’effet de serre. Mais cette fonte pourrait avoir d’autres funestes conséquences. En 2014, le professeur Claverie et son équipe ont découvert deux nouveaux virus, des virus géants, datés de 30 000 ans, dans le pergélisol sibérien. Ils ont réussi à les réactiver. Fort heureusement, ces micro-organismes-là sont inoffensifs pour l’Homme. Mais le chercheur, aussi directeur de l’institut de Microbiologie de la Méditerranée et du laboratoire Information Génomique et Structurale prévient : « Cette découverte démontre que si on est capable de ressusciter des virus âgés de 30 000 ans, il n’y a aucune raison pour que certains virus beaucoup plus embêtants pour l’Homme, les animaux ou les plantes ne survivent pas également plus de 30 000 ans. » En 2016, en Sibérie, dans la région de Yamalo-Nenets, la forte chaleur estivale inhabituelle, 5,6° C au-dessus des normales saisonnières, avait exhumé le cadavre d’un renne enfoui dans le sol gelé depuis 1941. Il était mort comme un grand nombre de ses congénères de l’infection par la bactérie du charbon, l’anthrax. Durant 75 ans, cet animal a hébergé le bacille du charbon redevenu actif après décongélation. Il a infecté les troupeaux de rennes et par absorption de leur chair près de 80 humains. Un enfant de 12 ans était décédé. Nous devons donc éviter à tout prix d’ouvrir la boîte de pandore. Au sortir de cette crise du coronavirus, nous devons rapidement, à l’échelle planétaire, saisir l’opportunité d’engager un Grand plan international pour changer nos sociétés en profondeur. La Cop 26 de Glasgow, quand elle pourra se tenir, doit être impérativement celle de l’engagement. Le 10 mars dernier, Petteri Taalas secrétaire général de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) présentait l’état du climat mondial. Tous les indicateurs sont au rouge. Il concluait en appelant « le monde à faire preuve de la même unité et de la même détermination à agir sur le climat et à réduire les émissions de gaz à effet de serre que pour contenir la pandémie de coronavirus ».Le Pacte Finance Climat expliqué en 2 minutes.
« Notre maison brûle et nous regardons ailleurs » s’indignait Jacques Chirac en 2002 à Johannesburg. Seize ans plus tard, les évènements climatiques extrêmes (sécheresses, ouragans, canicules, feux de forêt, inondations …) se multiplient alors qu’un grand nombre de scientifiques tirent la sonnette d’alarme: il ne nous reste plus que quelques années pour agir. Alors que la B.C.E a crée plus de 2.500 milliards en deux ans et demi et que l’essentiel est parti à la spéculation, comment imaginer qu’on ne puisse pas investir autant d’argent, voire plus, pour le climat qui est une question de survie de l’Humanité. En dirigeant la création monétaire vers l’économie réelle pour qu’elle finance, dans tous les Etats membres, les économies d’énergie et le développement des énergies renouvelables, le Pacte finance Climat propose, une solution pour:- Lutter radicalement contre le dérèglement climatique.
- Créer massivement des emplois.
- Eviter une nouvelle crise financière en revenant vers l’économie réelle.
- Donner un nouveau souffle au projet européen.
- Donner un nouvel élan à la coopération entre l’Europe et l’Afrique.
18 responsables d’organisations syndicales, associatives et environnementales appellent à préparer « le jour d’après »
Nous espérons que vous et vos proches allez bien dans cette période si particulière que nous vivons ensemble. Quel monde va advenir de cette crise sanitaire et économique ? Que vous vous informiez beaucoup, ou au contraire que vous vous teniez loin des mauvaises nouvelles, il vous est sans doute difficile de ne pas vous interroger sur le “monde d’après”. Si les ONG et organisations syndicales travaillent sur des propositions pour un futur écologique et citoyen, nous sommes également convaincu·es de l’urgence d’agir, dès maintenant. Justement, à l’échelle de la France.
Alors que le Président consulte acteurs publics et privés, en France et à l’étranger, “afin de préparer les décisions qui seront annoncées aux Français”, il est fort probable que ces premières mesures ébauchent le projet de société de demain. Hors de question de répéter les erreurs de 2008, quand les mesures pour juguler la crise financière avaient bénéficié surtout aux plus aisés et aux industries polluantes ! Notre société doit se donner l’opportunité historique d’une remise à plat du système pour qu’il soit plus juste, écologique et citoyen. Il vous est possible de faire entendre votre voix maintenant !
3 recettes de cosmétiques à faire soi-même à la maison
Avantages de faire ses cosmétiques maison
Faire ses propres produits cosmétiques a plusieurs avantages : – Tout d’abord c’est le meilleur moyen de connaitre les ingrédients que l’on va s’appliquer sur le corps. – Ensuite, c’est une démarche qui s’avère souvent plus économique car les produits faits à la maison sont moins chers que ceux achetés dans le commerce. – Enfin c’est aussi un moyen de s’inscrire dans une démarche zéro déchet en refusant les produits emballés et vendus dans des contenants non recyclables. Il y a cependant quelques précautions à prendre. Pour faire soi-même ses propres cosmétiques il est aussi important de respecter certaines règles : – 1. Choisir des contenants et ustensiles propres voire désinfectés, pour ne pas propager de germes ou bactéries. – 2. Se laver soigneusement les mains ainsi que le plan de travail utilisé pour fabriquer vos produits de soin. – 3. Faire un test sur la peau, par exemple avec les huiles essentielles bio ou végétales, pour éviter toute réaction allergique de votre peau. Attention, les huiles essentielles ne conviennent pas aux femmes enceintes. – 4. Respecter précisément les dosages indiqués, afin de ne pas vous retrouver avec un produit très différent ! – 5. Attention aux délais de conservation des produits naturels sans conservateur chimique ! Les conserver au frais (éventuellement au réfrigérateur), à l’abri de la lumière et de l’humidité.Shampoing à faire soi-même à la maison

- 1 cuillère à soupe de savon de Marseille râpé
- 1 cuillère à café d’huile d’argan
- 1 cuillère à café de miel
- 1 petite tasse à café d’eau bouillante
- 2 gouttes d’huile essentielle au choix
Déodorant naturel à faire soi-même

- 20 grammes d’huile de coco
- 16 grammes de bicarbonate (pour ses vertus antibactériennes)
- 10 grammes de fécule de maïs
- 8 gouttes d’huile essentielle de lavande
- 4 grammes de cire végétale
Dentifrice maison

- 4 cuillères à soupe d’argile blanche ;
- 1 cuillère à soupe de bicarbonate de soude ;
- 2 gouttes d’huile essentielle de menthe poivrée.
