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Réchauffement climatique : l’urgence est là, les solutions aussi

Bruxelles, le 25 janvier 2007

A l’heure où tout le monde cherche une solution pour résoudre le
dilemme de l’approvisionnement énergétique sans accélérer le réchauffement de la planète, le Conseil
européen des énergies renouvelables (Erec) et Greenpeace publient « [R]évolution énergétique. Vers un avenir énergétique propre et durable ».

Réalisée en collaboration avec les spécialistes de l’Institut de thermodynamique technique du Centre
aérospatial allemand (DLR) et une trentaine de scientifiques et d’ingénieurs internationaux travaillant
sur les énergies renouvelables, ce rapport dessine la première stratégie énergétique mondiale qui va
permettre de réduire d’ici 2050 l’ensemble des émissions de CO2 de presque 50 % par rapport à leur
niveau de 1990
. « C’est l’objectif minimum auquel nous sommes tenus pour maintenir le
réchauffement de la planète en dessous de 2°C, température au-delà de laquelle tous les experts
s’accordent à dire que ses effets seraient absolument dévastateurs
, rappelle Laetitia de Marez, de
Greenpeace international. La [R]évolution énergétique que nous proposons tord enfin le coup à un
vieux préjugé selon lequel il n’est pas réaliste d’imaginer que l’on peut réduire de moitié les émissions
mondiales de CO2 tout en maintenant un approvisionnement énergétique sécurisé abordable, et un
développement économique en progression régulière. »

Le scénario [R]évolution énergétique ne s’appuie que sur des technologies durables. L’énergie
nucléaire, qui expose les populations et l’environnement à de multiples menaces, n’y a donc aucune
place
. Le scénario prévoit ainsi une sortie du nucléaire à l’échelle mondiale à l’horizon 2030 au plus
tard, et montre que les énergies renouvelables associées à une meilleure efficacité énergétique
pourront répondre à la moitié des besoins énergétiques mondiaux d’ici 2050. Cette demande
énergétique mondiale aura réduit de 50 % grâce aux mesures d’efficacité et de sobriété énergétique
préconisées par Greenpeace.

Les énergies renouvelables peuvent devenir la colonne vertébrale de l’économie mondiale non
seulement dans les pays de l’OCDE, mais aussi dans les pays en développement comme la Chine,
l’Inde et le Brésil. « Le marché global des énergies renouvelables peut se développer selon un taux à
deux chiffres jusqu’en 2050
, confirme Arthouros Zervos, président du Conseil européen des énergies
renouvelables (Erec). Avec les marchés de l’éolien et du solaire, qui affichent un chiffre d’affaires de
38 milliards de dollars et doublent en taille tous les trois ans, la croissance des énergies
renouvelables suit le même chemin de développement que les technologies de l’Internet et du
téléphone portable. »

Ce rapport [R]évolution énergétique met aussi en évidence l’urgence qu’il y a à adopter ces solutions
techniques et pratiques. « Nous en appelons donc aux décisionnaires mondiaux pour permettre à cette
vision de devenir une réalité, conclut Arthouros Zervos. Il n’existe aucun obstacle technologique à la
mise en oeuvre de ce changement de politique énergétique, c’est une simple question de volonté
politique.
»


Greenpeace France
22, rue des Rasselins – 75020 Paris
Tel. 01 44 64 02 02 – Fax : 01 44 64 02 00

Rencontre du Groupe Intergouvernemental d’experts sur l’évolution du Climat

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Les scientifiques du Groupe I se réuniront à huis clos pour travailler sur les points encore en discussion de leur rapport. Cette réunion sera l’occasion de rassembler 500 experts  »climat » du monde entier dont Jean Jouzel, Directeur de l’Institut Pierre Simon Laplace, Hervé Le Treut, Directeur du Laboratoire de météorologie dynamique de Paris-VI et Serge Planton du Centre National de Recherches Meteorologiques, qui comptent parmi les auteurs français de cet important rapport. Ces experts finaliseront le résumé à l’intention des décideurs : Bilan 2007 des changements climatiques : les bases scientifiques physiques, sur lequel le secret a jusqu’ici été bien gardé. On s’attend à ce que le rapport confirme la responsabilité de l’action de l’homme dans le réchauffement climatique mondial observé depuis le milieu du 19e siècle. Les prévisions pour 2100 du 3e rapport (2001) – augmentation de la température moyenne du globe de 1,4 à 5,8°C et élévation du niveau des océans de 9 à 88 cm – seront affinées grâce à l’amélioration des observations et des simulations faites par les scientifiques depuis 2001. Quelques modifications sont probables mais elles ne devraient pas remettre en cause l’aggravation du changement climatique qui nous attend si nous ne prenons pas rapidement les mesures de réduction des émissions de gaz à effet de serre qui s’imposent (CO2, CH4, N2O, gaz fluorés…). Le résumé devrait aussi confirmer ou revoir à la hausse la probabilité d’une augmentation de la fréquence et de l’intensité des événements climatiques extrêmes – canicules, tempêtes, fortes précipitations, etc. – dans le futur.

Sortie du rapport du GIEC : dans quel contexte politique ?

La sortie du 4e rapport ne modifiera pas en profondeur la connaissance déjà acquise sur l’évolution du climat, ni les prévisions concernant les impacts du changement climatique. Elle devrait surtout confirmer les conclusions du 3e rapport datant de 2001. Le RAC-F et ses organisations membres réitèreront donc leurs demandes de mesures fortes pour contenir le réchauffement de la planète.

International : nécessité d’engagements beaucoup plus ambitieux

Pour la 1e période d’application du Protocole de Kyoto (2008-2012), une trentaine de pays industrialisés se sont engagés à réduire globalement de 5,2% leurs émissions de gaz à effet de serre (GES), par rapport au niveau de 1990. Cet objectif seul ne permettra nullement d’enrayer l’emballement de la machine climatique. Les scientifiques soulignent que pour éviter de graves conséquences, sur la biodiversité et les populations humaines, il faut contenir, avant la fin du siècle, le réchauffement global en deçà de 2°C par rapport à la température moyenne préindustrielle. Pour parvenir à cet objectif, les émissions mondiales de GES doivent être divisées par deux d’ici 2050. Les associations du RAC-F appellent donc les pays industrialisés, principaux responsables du réchauffement actuel, à réduire leurs émissions de GES de 30% en 2020 et de 80% en 2050, tout en aidant les pays en développement à juguler progressivement leurs émissions. Deux enjeux sont donc essentiels au niveau international : – les pays industrialisés qui se sont engagés à réduire leurs émissions de GES entre 2008 et 2012 doivent absolument respecter les objectifs qu’ils se sont fixés ; – les nouveaux engagements qui seront adoptés pour la prochaine période d’application du Protocole de Kyoto doivent être à la hauteur de l’enjeu climatique et donc beaucoup plus ambitieux que les précédents. Le RAC-F rappelle qu’en la matière, le temps est compté. Tout retard dans la prise de décision nous éloigne de la possibilité de limiter le réchauffement en dessous de 2°C. Les Parties au Protocole de Kyoto et l’ensemble des pays industrialisés doivent donc se mettre rapidement d’accord, en 2008, sur le contenu de leurs futurs engagements.

Union européenne : un leadership indispensable sur le climat

Dans le cadre du Protocole de Kyoto, l’Union européenne (UE) doit réduire de 8% ses émissions de GES entre 2008-2012 par rapport au niveau de 1990, objectif réparti ensuite entre Etats membres. Même si l’UE peut être considérée au niveau international comme une force motrice de la lutte contre le changement climatique, elle reste timide sur son propre territoire, notamment quant à son action dans les domaines clés que sont les transports, l’énergie et l’habitat. Or, avec la défection actuelle de l’administration Bush sur le sujet et les errements du Canada, il est indispensable que l’UE reste une force motrice pour faire avancer la lutte mondiale contre le changement climatique. ° Au niveau international (notamment lors de la prochaine conférence internationale, fin 2007), l’UE doit oeuvrer pour l’adoption, par le groupe des pays industrialisés, d’un objectif de réduction de 30% de leurs émissions de GES d’ici à 2020 par rapport au niveau de 1990. ° Au niveau européen, la Commission européenne a proposé dans une communication de janvier 2007 que les Etats membres s’engagent à diminuer conjointement leurs émissions de 30% pour 2020 si les autres grands pays industrialisés font de même et de seulement 20% le cas échéant. Ce dernier objectif est très insuffisant et rendrait quasiment impossible une division par 4 des émissions d’ici 2050. Ces objectifs seront discutés par les chefs d’Etat et/ou de uvernement les 8 et 9 mars prochains, lors du Conseil de Printemps. Le RAC-F demande ainsi à la France de soutenir fermement lors de ce Conseil : ° l’adoption d’un objectif de réduction unilatéral des émissions de l’UE de 30% d’ici à 2020 ° la défense de cet objectif sur la scène internationale auprès des autres pays industrialisés. Par ailleurs, l’utilisation du nucléaire pour tenter de lutter contre le dérèglement climatique doit être totalement proscrite, tant du fait des dangers induits que du fait de la totale inefficacité de cette option. Le nucléaire est d’ailleurs exclu, sur le plan international, du « Mécanisme pour un Développement Propre » (MDP).

France : encore de vrais efforts à fournir

Depuis six mois, le changement climatique est devenu un véritable thème de société. On ne compte plus les rapports qui le placent comme priorité n°1, ni les sondages qui montrent que les Français s’en inquiètent. Même si le 11 janvier 2007, lors du 2e Rendez-vous Climat, le gouvernement s’est autocongratulé pour ses avancées en terme de réduction d’émissions de gaz à effet de serre (GES), les actions du gouvernement restent très en dessous des attentes de la société française et des ONG. Selon les résultats affichés le 11 janvier, la France a émis, en 2005, 1,8% de GES de moins qu’en 1990. Certes, notre modeste objectif de stabilisation dans le cadre du Protocole de Kyoto est en bonne voie d’être atteint. Mais pour atteindre l’objectif de division par 4 des émissions françaises de GES en 2050, objectif fixé par le Président de la République et repris dans la loi de programme fixant les orientations de la politique énergétique de juillet 2005 (dite loi POPE), il serait nécessaire de les réduire de 3% par an. Nous en sommes très loin, en raison d’une frilosité excessive à attaquer les principaux potentiels de réduction des émissions de GES (transport, habitat, agriculture, industrie). Deux secteurs prioritaires, negligés par tous les gouvernements Les émissions du secteur des transports ont augmenté de près de 23% depuis 1990. Alors que des mesures drastiques pour réduire le tout routier s’imposent, la principale mesure que le gouvernement met en place est le développement des agrocarburants, en particulier l’éthanol, pour lequel le RAC-F et de nombreuses associations et institutions émettent les plus grandes réserves (gain énergétique médiocre, réduction d’émissions de GES marginales, agriculture intensive, lourdeur pour le budget de l’Etat…). Il est plus que temps d’intensifier les politiques pour réduire la demande de transport routier, de développer des véhicules plus sobres, de réduire les vitesses maximales sur route, de modifier les comportements en développant et favorisant les transports collectifs et les modes de déplacement “doux” (marche, vélo…). Seules ces mesures engagées avec rapidité et détermination auront les effets nécessaires. Les émissions du secteur des bâtiments ont progressé de 22% depuis 1990. Sans plan d’actions fort, il émettra au moins 125 millions de tonnes de CO2 en 2015. Pour les bâtiments neufs, les réglementations thermiques en vigueur impose des seuils de consommation énergétique maximale à ne pas dépasser. Cependant, elles manquent encore sérieusement d’ambition et sont très peu respectées, même si elles ont le mérite d’être révisées tous les 5 ans. En revanche pour les bâtiments existants, aucune réglementation pour la rénovation n’existe alors qu’ils constitueront plus des 2/3 du parc immobilier en 2050. L’habitat collectif privé est totalement oublié. Il est plus que nécessaire de mettre en place un plan national de rénovation énergétique du parc sur les trente prochaines années, associé à un objectif de performance énergique obligatoire pour tous les bâtiments existants. logoppgd.jpg En matière de politique climatique, le RAC-F et ses associations membres attendent des mesures beaucoup plus ambitieuses. Il travaille donc depuis 1 an pour convaincre les partis politiques et leur candidat qui se lance dans la bataille électorale de 2007 de prendre la réelle mesure de l’urgence climatique et d’intégrer dans leur programme les mesures appropriées. Le RAC-F a donc publié un document intitulé Changement clima – tique : 10 mesures prioritaires à intégrer dans les programmes électoraux pour 2007, téléchargeable sur www.rac-f.org D’autres structures proposent des mesures sur le climat pour les éléctions présidentielles 2007 : ° Le CRID : « Etat d’urgence planétaire : votons pour une France solidaire ! » ° L’Alliance pour la Planète

Mobilisation citoyenne 5 minutes de répit pour la planète le 1er février 2007

ATF-7cdurable.jpg L’Alliance pour la Planète (groupement national de 72 organisations non gouvernementales) lance un appel simple à tous les citoyens : 5 minutes de répit pour la planète, tout le monde éteint ses veilles et lumières le 1er février 2007 entre 19h55 et 20h. Le but de cette action n’est pas d’économiser de l’énergie 5 minutes ce jour-là pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Pour cela, les actions doivent être durables, quotidiennes et concerner tous les postes de consommation d’énergie (voiture, chauffage, …). “5 minutes de répit pour la planète” est avant tout une action symbolique et un moyen de permettre aux citoyens d’exprimer leur inquiétude et leur détermination sur l’urgence de faire cesser les gaspillages d’énergie. Elle montrera que les citoyens français se sentent concernés par les questions environnementales liées à leur vie quotidienne. Une action sur la lumière est ce qu’il y a de plus visible, mais ce sont les transports, le chauffage et l’eau chaude des bâtiments qui consomment le plus. Appeler les automobilistes à s’arrêter pendant 5 minutes aurait été dangereux et appeler à une coupure du chauffage n’aurait pas été aussi spectaculaire. Bien que l’électricité en France soit produite principalement à partir de centrales nucléaires, les consommations hivernales (notamment d’éclairage et de chauffage électrique) provoquent des pics de consommation qui entraînent la production supplémentaire de courant à partir de centrales au charbon ou au gaz naturel. Au-delà de la question du réchauffement climatique, il est nécessaire de rappeler que la production énergétique nucléaire n’est pas une solution satisfaisante à l’effet de serre. Elle présente d’autres problèmes : déchets radioactifs stockés et non-recyclables, dangerosité des centrales de productions… Le lendemain de cette action de mobilisation citoyenne sortira, à Paris, la 1e partie du nouveau rapport du GIEC. Cet événement qui a lieu en France doit être l’occasion de braquer les projecteurs sur l’urgence de la situation climatique mondiale. Contact : Cyrielle Den Hartigh, Les Amis de la Terre : 01 48 51 18 95 La Tour Eiffel particpera aussi à l’action “5 minutes de répit pour la planète”. L’illumination s’éteindra le 1er février de 19h55 à 20h et le scintillement prévu entre 20h et 20h10 n’aura pas lieu ce jour là.

Le Réseau Action Climat en bref…

Le Réseau Action Climat-France (RAC-F) est un réseau d’organisations non gouvernementales, spécialisé sur le thème de l’effet de serre et du changement climatique. Il est le représentant français du réseau mondial d’ONG concernées par les changements climatiques, le « CAN : Climate Action Network », qui comprend plus de 350 membres sur les cinq continents. Le RAC-F regroupe 13 ONG de défense de l’environnement, d’usagers de transport, et d’alternatives énergétiques. Les missions du RAC-F sont de : – Participer et représenter leurs membres aux négociations internationales sur le climat. Le RAC-F est reconnu observateur à la Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique. – Participer à la dénonciation des lobbies ou des Etats qui ralentissent ou affaiblissent l’action internationale. – Appuyer et relayer l’information après des médias et du grand public sur le changement climatique et ses enjeux. – Suivre les engagements et les actions de l’Etat et des collectivités locales françaises en ce qui concerne la lutte contre le changement climatique. – Elaborer avec ses membres des propositions de mesures pour assurer la division par 4 des émissions de gaz à effet de serre de la France.

 

Video Euronews : Démarches innovantes au Bresil, en Espagne et à Londres

Brésil : Un label qualité pour le bois pour lutter contre la déforestation illégale
Préserver le poumon vert de la planete et combattre la déforestation illégale: c’est le cheval de bataille du Brésil. En Amazonie, il existe désormais un label qualité pour le bois. Cette certification permet de respecter la biodiversité et l’économie locale. Une question de survie pour l’Amazonie.

Le recyclage intégral des piles boutons en Espagne
C’est dans la petite ville andalouse de Montilla, a quelques kilomètres de Cordoue (Espagne) que se cache depuis presque deux ans un système révolutionnaire de recyclage. Ici, une petite société est devenue la première en Europe capable de recycler de façon intégrale les piles boutons utilisées dans nos montres ou dans nos calculatrices. « Luque de Reciclajes », traite aujourd’hui ce type de déchets de manière rentable et surtout écologique en séparant l’argent des autres matériaux et les recycler en engrais.

« BedZed », un modèe de « vie durable » dans la banlieue de Londres
Habitat et développement durable pour réduire l’empreinte écologique des villes. Le quartier de Beddington dans la banlieue sud de Londres possède depuis quatre ans un complexe ultra écologique à l’architecture futuriste qui n’utilise pas plus d’énergie qu’il n’en produit. Tout ici est conçu pour obtenir un « mode de vie durable ».

Demain, la Terre …

Où allons-nous ? A l’aube d’un probable bouleversement climatique annoncé par les scientifiques du monde entier, cette question n’aura jamais autant été d’actualité. Mais quelles sont réellement ces menaces, à quoi pourraient bien ressembler notre monde, nos villes, ces paysages qui nous sont les plus familiers, lorsque nous les léguerons à nos enfants ? Le Mont St Michel entouré d’icebergs… La banquise entourant l’Angleterre jusqu’aux cotes françaises de la Manche… Ville de Munich sous les glaces… Toronto, New York envahies par les ronces, à l’image des anciens sites incas que l’on retrouve dans la forêt… Faisant appel à certaines des plus récentes techniques d’effets spéciaux, voici, pour la première fois, une retranscription visuelle de six scenari de référence, inspirés des travaux de l’IPCC (Intergovernmental Panal on Climate Change) sur l’avenir climatique de la planète. Voyagez dans l’avenir et découvrez la Terre comme vous ne l’avez jamais vue… jusqu’à présent. Extrait de l’introduction de Yannick Monget, auteur de « Demain, la Terre… » (…) « Les images présentées [dans ce livre] ne sont nulllement tirées de fantasmes de science fiction. Elles sont la transcription concrètes de différents scénarios élaborés, entre autres, par les chercheurs du groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat. Chacun est tenté de croire que ce boulversement ne l’affectera peut-être pas. C’est aussi pour détruire cette idée reçue qu’à été conçu cet ouvrage : où que nous vivons, quels que soient notre rang social et notre revenu, notre couleur de peau ou notre religion, nous serons tous touchés. Comme vous le constaterez au fil de ces pages, réchauffement climatique rime autant avec modification climatique qu’avec boulversement social, économique, et géopolitique. Si les différents avenirs dépeints dans ces pages semblent bien sombres, il n’en reste pas moins que des alternatives bien moins obscures existent. Attention : nous nous gardonsbien ici de prédire l’avenir. Nous ne vous proposerons que d' »éventuels » avenirs. Car l’important n’est finalement pas de savoir exactement dans quel sens ira le changement (nul ne peut le dire avec exactitude), mais bien de comprendre qu’un changement aura lieu et, quel qu’il soit, il sera préjudiciable à l’équilibre social, politique et économique de notre société. L’idée de changer le monde n’est pas une utopie, c’est une possibilité et une solution. Car n’oublions pas que nous sommes nous-mêmes les seuls investigateurs de cette crise environnementale. » « Yannick Monget fait preuve d’un vrai talent d’écrivain. Ce jeune auteur, convaincu et convaincant, ne manquera pas de nous étonner. » Jean-Marie Pelt, Président de l’Institut européen d’écologie et professeur émérite de l’université de Metz

 

La violence faite aux femmes

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Cette journée débat, sur le thème de la violence faite aux femmes, a été organisée par Tous Citoyens en Avignon, en collaboration avec Mme Joëlle HALTER – Déléguée départementale aux Droits des Femmes et à l’Egalité – et Mme Jeannine LANGLEUR, Directrice du Planning Familial.

« partie prenante » : une pièce de théâtre pédagogique sur le développement durable

Université Populaire de l’eau et du Développement Durable

Mardi 30 Janvier 2007

PIECE DE THEATRE « PARTIE PRENANTE »

Zone de Texte: Présentation de « Partie prenante », une pièce de théâtre « pédagogique » sur le développement durable et la responsabilité sociale mettant en scène l’évolution de quatre personnages porteurs de visions très contrastées.

Le spectacle sera suivi d’une discussion avec Stéphanie Savel, sur le thème suivant : le théâtre peut-il sensibiliser le public aux idées du développement durable ? De quelle façon ?

Quelles sont les réactions des salariés qui l’ont vu ? Expériences et limites d’un théâtre d’entreprise qui interroge le développement durable : révolution ou marketing moderne ?

Avec Stéphanie Savel,

Dirigeante d’ASG conseil, le cabinet de stratégie et d’innovation appliquée qui produit « Partie prenante ».

Accueil à partir de 19 heures – début de la séance à 19 h 30

A l’Agence de développement du Val de Marne – 23 rue Raspail, à Ivry sur Seine (métro mairie d’Ivry)

NeoEco, le jeu de la nouvelle économie

Les règles du jeu NéoEco vous plonge dans la peau d’un chef d’entreprise. A vous de coupler protection de l’environnement, responsabilité sociétale et performance ! Pour vous assurer un développement plus durable, prenez en compte la formation, la communication, l’éthique, l’énergie, les déchets, l’eau… Le principe est simple : il vous faut anticiper les contraintes pour pérenniser votre activité. Vos enjeux sont d’autant plus grands que vos concurrents ont de l’avance sur vous. Investissez donc au bon moment dans l’energie renouvelable pour être le seul à ne pas subir les cours du pétrole, veillez à ne pas faire travailler d’enfants pour éviter le discrédit des ONG, gérez les crises internes, faites du lobbying contre les produits toxiques, etc. Les 55 cartes « évènement » vous amènent à mieux comprendre ce qu’est le développement durable et pourquoi il trouve sa place en entreprise. Un lien très clair est établi entre responsabilité sociétale et rentabilité, vous invitant ainsi à réfléchir par vous-même à une « Nouvelle Economie ». En supplément, un livret introductif au développement durable permet aux plus intéressés de poursuivre leur apprentissage et de s’ouvrir à un débat constructif. boite_jeu.gif Un jeu responsable Pensé pour minimiser son impact sur l’environnement, le jeu NéoEco : – Utilise le moins de matière possible, – Privilégie les matériaux recyclés et recyclables, – Veille à la solidité des pièces les plus manipulées, – S’interdit tout pelliculage, trop polluant, – Est conçu sur le territoire français, de façon à minimiser les impacts liés au transport. Enfin, NéoEco n’oublie pas le volet social en ayant comme fournisseur principal une entreprise de réinsertion professionnelle : Grace à NéoEco, des chômeurs longue durée acquièrent de nouvelles compétences puis sont ramenés vers la vie active. Le taux de reclassement avoisine les 65% chaque année. Enfin NéoEco bénéficie du soutient du programme « Décennie des Nations Unies pour l’Education en vue du Développemenet durable ». Pour les créateurs, en offrant NéoEco , « vous prouvez à vos partenaires que votre entreprise prend en compte ces nouveaux enjeux pour sa stratégie de demain et assume sa responsabilité sociétale. Plus, vous les sensibilisez en leur offrant un outil qui leur permet d’avancer par eux-mêmes dans cette voie ! » Un livret introductif au développement durable est offert avec ce jeu afin de mieux en comprendre les enjeux, mûrir sa réflexion et l’appiquer dans son entreprise. Auteur(s) : Renaud Le Chatelier – Lâm Doan Editeur : Ediconso – Origine : France Année : 2006 – Genre(s) : Jeux de plateau Famille(s) : grand public – Joueurs : 2 à 4 Age : à partir de 15 ans Pour commander le jeu : Le tarif par boîte: 45 euros TTC + 7 euros de frais de port Chèque à envoyer à « Le Chatelier eurl, 7 bis avenue Roger Salengro 78360 MONTESSON ».

 

C’est vert et ça marche !

Jean-Marie Pelt ne pouvait pas nous faire le coup de ne partager que ses découvertes les plus épouvantées sur l’état de la planète. Un sursaut lui a fait reprendre son bâton de pèlerin, mais cette fois pour collecter les bonnes nouvelles. Aidé par son ami Franck Steffan, tout comme Matthieu Roux et Sylvain Darnel dans 80 hommes pour sauver le monde, le botaniste le plus aimé des Français a recensé les plus belles expériences de développement durable qu’il a pu trouver. Pour bien montrer l’importance qu’elles revêtent, il commence quand même par nous rappeler la gravité de la situation et l’urgence de changer. Par exemple en irrigant au goutte-à-goutte, comme en Israël ou en Australie. Ou en développant des « jardins épurateurs d’eaux usées », avec roseaux et poissons, comme à Munich, à Calcutta, ou à New-York – où l’on a découvert qu’il coûtait huit fois moins cher de racheter les terres proches des sources et de les laisser s’ensauvager que d’épurer des eaux polluées par l’agriculture. En France, Caen, Bourges, Honfleur s’y mettent. La Norvège lance un immense grenier à semences international dans son sous-sol gelé. Le Brésil, champion du monde des biocarburants, s’est enfin donné les moyens de contrôler la coupe de sa forêt de Cachoiera – c’est un début. Des agronomes grenoblois ont trouvé comment faire pousser des arbres quasiment sans eau dans le Sahel. En Bretagne, la cause d’André Pochon, qui se bat depuis 1965 pour le bocage et la polyculture-élevage connaît désormais un succès fulgurant. Et connaissez-vous Fribourg, « capitale écologique de l’Europe » ? Allez-y, c’est juste en face de Colmar. Vous y verrez des tours solaires, des éoliennes, des voitures communautaires et un océan de vélos ! Découvrez pourquoi Oslo et Stockholm se disputent le titre de capitale verte de l’Europe et pourquoi Chalon-sur-Saône est bien placée chez nous. Bref, des milliers d’initiatives, qui nous font comprendre pourquoi Jean-Marie Pelt écrit : « Il est très tard, mais il n’est pas trop tard. » Une bouffée d’espoir. Patrice van Eersel – Nouvelles Clés Extrait du chapitre 1 La question de l’avenir est au coeur de l’aventure humaine. Depuis la nuit des temps, les hommes ont tenté de se projeter dans le futur, au-delà de la mort. Et dans nos sociétés sécularisées, marquées du sceau du progrès, les parents veulent pour leurs enfants une vie meilleure que la leur. C’est à cette tâche que s’emploient les acteurs du progrès ; car, selon le célèbre adage des « Trente Glorieuses », « le progrès scientifique et technique génère le progrès économique et social ». Progrès dont les fruits doivent être récoltés en continu dans une marche ininterrompue vers des lendemains qui chantent. Pourtant l’évolution à long terme dépasse les préoccupations des politiques et autres décideurs contraints d’avancer « le nez dans le guidon ». Car dans les démocraties soumises au rythme des consultations électorales, les résultats doivent être perceptibles à très court terme. Plus avant, nul ne sait ce qu’il adviendra. Peut-être le Déluge. (…) Jean-Marie-Pelt C’est vert et ça marche ! de Jean-Marie Pelt en collaboration avec Franck Steffan – Parution : 17/01/2007 aux Editions Fayard – Nb de pages : 320 pages

 

Devenir un écocitoyen : compte rendu de la conférence du 23 Janvier 2007

Université Populaire de l’eau et du Développement Durable

Compte-Rendu de la séance du Mardi 23 janvier 2006
A l’Agence de développement du Val de Marne – 23 rue Raspail, à Ivry sur Seine (métro mairie d’Ivry)

Par Yvelines NICOLAS
présidente de l’association Adéquations

« Comment devenir éco-citoyen ? »

La présentation des différentes démarches d’éducation au développement durable par Yveline Nicolas, présidente de l’association Adéquations, a ouvert une séance particulièrement interactive de l’Université populaire, où l’on a vu que la pratique intensive du dialogue dérange les habitudes déjà prises en un an, bouleverse le rythme établi, mais constitue aussi un bon moyen d’accéder au contenu, pour un public hétérogène qui ne partage pas a priori les mêmes représentations et valeurs. Des recherches qui vont se poursuivre tout azimut dans les prochaines séances avec une représentation théâtrale, du théâtre-forum ou encore du cinéma… L’université populaire n’a pas fini d’innover et de surprendre !

La notion de développement durable se répand à partir du sommet de Rio en 1992, mais le démarrage est un peu plus tardif en France avec la stratégie nationale de développement durable lancée après 2002. Si en juillet 2006, 60% des Français ont entendu parler de développement durable, ils n’étaient que 23% dans ce cas en 2002. Dans l’agenda 21 de Rio, tout un chapitre est consacré à l’éducation avec l’objectif de changer de mode de développement d’ici à …l’an 2000 (sic). Un programme international est lancé en 1996. Devant le peu de résultats, le sommet de la Terre à Johannesburg en 2002 décide de lancer une nouvelle initiative, confiée à l’UNESCO, la décennie (2005-2014) de l’éducation au développement durable. En France, cette relance se traduit par un observatoire, par la charte de l’environnement, par l’intégration de « l’éducation à l’environnement vers un développement durable » aux programmes scolaires, selon la formulation officielle de 2004, non comme une nouvelle discipline à part entière mais comme une dimension des différentes matières enseignées.

Yveline Nicolas a quelque peu déstabilisé l’assistance en ouvrant une discussion sur « éducation au développement durable » ou « éducation vers un développement durable ». Les avis sont très partagés. « Vers » apparaît trop vague à certains, révélant le flottement des décideurs ou, plus positif, indiquerait le caractère non achevé, évolutif du développement durable pour d’autres. Tandis que « au » soulignerait le caractère acquis, constitué du développement durable. Dans la préposition « vers », Yveline Nicolas décèle plutôt une injonction à se plier à un nouveau modèle alors que « au » pose plutôt un concept qu’il faut certes connaître mais que l’on peut questionner.

Un des enjeux de cette discussion est la place de l’environnement. En France, les réseaux et les démarches d’éducation à l’environnement sont structurés et reconnus par la circulaire de 1977 ; ils sont séparés de ceux consacrés à l’éducation à la solidarité internationale. Cette organisation est bousculée par la référence au développement durable. Les associations environnementalistes craignent une déperdition de contenu, la perte de la référence à la nature. L’intégration aux disciplines scientifiques fait redouter la mise en avant d’une biodiversité théorique sans lien avec la nature. Une personne dans la salle remarque qu’on évoque souvent « l’éducation à l’environnement en vue d’un développement durable » mais jamais « l’éducation à l’économie solidaire en vue d’un développement durable » ! Une façon de pointer le chemin qui reste encore à parcourir entre la prise de conscience de la situation et une volonté politique résolue d’y remédier. Un hiatus qui reviendra dans une discussion sur la portée des éco-gestes.

Jean-Claude Oliva

Business Week « imagine a world »

« Business Week », dans son dernier numéro, suggère « d’imaginer un monde dans lequel des pratiques socialement responsables et favorables à l’environnement contribueront à l’activité des entreprises ». Si tout le monde ne vit pas « une vie en paix », le magazine américain pense que l’on est plus proche que l’on pense de son propre rêve. « Même dans une Amérique obsédée par le profit, un très grand nombre de chefs d’entreprise ont commencé à se fixer des objectifs de développement durable », affirme « Business Week ». Ces patrons commencent à suivre l’exemple de Patrick Cescau à la tête d’Unilever pour qui les plus grands défis du XXIe siècle portent sur des questions comme l’accès à l’eau des villages en Afrique ou le réchauffement de la planète et non pas seulement sur le fait de vendre plus de savons que Procter & Gamble. Pour le magazine américain, les efforts pour réduire les émissions de gaz toxique, créer des produits écolos, aider les pauvres et coopérer avec les ONG ne sont plus simplement une question de relations publiques visant à améliorer l’image d’une entreprise « mais peuvent apporter des avantages stratégiques dans un monde interconnecté où la fidélité du consommateur à une marque et les réglementations changent constamment ». De très nombreux investisseurs, poursuit le journal, retiennent désormais ces nouveaux critères. Les actifs des fonds mutuels investis dans des sociétés socialement responsables sont passés ainsi de 12 milliards de dollars en 1995 à 178 milliards en 2005, d’après l’association Social Investment Forum. Innovest, une agence de notation créée par un ancien associé de KPMG, attribue désormais des notes, du triple A au triple C, en fonction de 120 critères allant de la consommation en énergie au respect des réglementations. Et le magazine de conclure : « Si de tels efforts louables, même couronnés de succès, n’aident pas les PDG à atteindre leurs objectifs financiers trimestriels, dans un monde turbulent, ils peuvent aider les investisseurs à faire le tri entre les dinosaures pour savoir lequel survivra. »

Remise des Trophées de la RSE PACA

Les “Trophées de la responsabilité sociétale” récompensent, parmi les 2000 entreprises de plus de 50 salariés ayant leur siège dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, celles qui participent à la vie économique tout en respectant l’environnement, la valeur humaine, le droit du travail et qui favorisent le dialogue et l’écoute.
Les syndicats salariés et patronaux récompensent les entrepreneurs (sur une idée de la Jeune chambre économique de Marseille).

Ecovolontariat – La LPO appelle tous les passionnés à s’engager à ses côtés

La LPO vient de publier son programme 2007 d’activités écovolontaires. L’association, qui existe grâce au travail et au soutien de milliers de bénévoles, a également reçu l’agrément pour accueillir des jeunes en « service civil volontaire ».

La LPO propose chaque année, à toutes les personnes souhaitant s’investir dans le bénévolat, de la rejoindre. Mais 2007 sera une année particulière : elle verra naître les « services civils volontaires ». La LPO a déposé son dossier d’agrément le 16 novembre dernier et a été agréée le 19 décembre 2006 par l’Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances. Elle souhaite accueillir une quinzaine de volontaires dès 2007. Les jeunes volontaires se verront confier des missions de conservation de la nature, d’éducation, de sensibilisation à l’environnement, d’expertises naturalistes…

Pour tous les autres candidats au bénévolat, la LPO continue de proposer, dans son programme 2007 « Vivez l’oiseau libre », une trentaine d’activités bénévoles dans toute la France. Une bonne façon pour tous ceux qui aiment la nature et qui veulent la protéger d’offrir leur temps et leur passion à une démarche citoyenne.

Aider, c’est aussi se faire plaisir car la LPO donne à de nombreux bénévoles l’occasion d’observer la diversité des animaux et de la nature. Grâce à ses 8 réserves naturelles et ses 42 délégations, groupes, relais et antennes, l’équipe de la LPO invite en effet, un peu partout en France, à partager des moments forts comme la surveillance des aires de prestigieux rapaces, le comptage des passereaux en migration, le sauvetage des poussins de busards cendrés… sans oublier les soins aux oiseaux en détresse dans ses centres de sauvegarde ou encore l’accueil du public sur ses réserves.

Cette année encore, la LPO a besoin de l’aide de toutes les bonnes volontés.

Allain Bougrain Dubourg
Président de la LPO

Qu’est-ce que le service civil volontaire ?

Le service civil volontaire est destiné, à l’origine, à aider les jeunes en difficulté à trouver un emploi en leur permettant d’intégrer différents corps de métier (défense, police, environnement, santé, culture et secteur associatif). Il permet à chaque jeune âgé de 16 à 25 ans qui le souhaite de s’engager dans une mission en faveur de la collectivité et ce, pour une période déterminée (6, 9 ou 12 mois). Pour être agréée au titre du service civil volontaire, la structure d’accueil devra dispenser au jeune volontaire un tutorat individualisé, un programme de formation aux valeurs civiques et un accompagnement à l’insertion professionnelle. Pour leur permettre un meilleur engagement, les structures d’accueil sont défrayées et l’aide globale apportée par l’Etat sera d’environ 900 euros par jeune accueilli et par mois.

Demandez le programme !

Pour connaître plus précisément les activités nature organisées en 2007, la plaquette « Vivez l’Oiseau libre », éditée grâce au soutien de Nikon, est disponible gratuitement sur simple demande à l’accueil de la LPO :
Tél. 05 46 82 12 34, fax. 05 46 83 95 86 ou par mail à lpo@lpo.fr

Le programme est aussi consultable sur le site de la LPO

Regards partagés (sur la Terre et les Hommes)

La mondialisation de la planète devient une réalité tangible pour chacun de nous. Les territoires lointains sont désormais à quelques heures d’avion et les modes de communication ont été révolutionnés par Internet. C’est ce bouleversement dans la perception du monde qui porte la réflexion d’Albert Jacquard. « Professeur d’humanistique », tel qu’il aime lui-même se définir, il se saisit des images aériennes de Yann Arthus-Bertrand pour nous parler de la Terre et des hommes qui l’habitent.

Isabelle Delannoy, spécialiste des questions sociétales et environnementales apporte des données souvent méconnues sur les hommes et la planète. Car, comme le précise Albert Jacquard, « dans le monde contemporain, tous les hommes sont nos voisins et personne ne peut plus se désintéresser des actes des autres, si éloignés soient-ils ».

A travers de nombreux dépliants, photographies, informations et réflexions dialoguent au gré des images prises aux quatre coins du monde. Un bréviaire humaniste inédit qui donne à voir, à réfléchir et à connaître : en un mot, à comprendre.

Nicolas Hulot renonce à se présenter à l’Elysée

Nicolas Hulot s’est enfin décidé. Lundi 22 janvier, au Palais de la découverte, à Paris, devant de nombreux journalistes, il a annoncé solennellement , qu’il renonçait à se présenter à l’élection présidentielle. Après six mois d’hésitations, l’animateur de TF1 a finalement considéré qu’il avait en partie atteint son objectif.

En effet, depuis qu’il a lancé son Pacte écologique, le 7 novembre, quelque 500 000 personnes l’ont signé. A l’exception d’Arlette Laguiller, Olivier Besancenot, Philippe de Villiers et Jean-Marie Le Pen, la plupart des principaux candidats à l’élection présidentielle se sont également engagés en apportant des réponses relativement détaillées (Le Monde daté 21-22 janvier). L’écologie est devenue un thème récurrent dans les discours politiques et l’une des préoccupations principales des Français.

Ci-dessous la déclaration de Nicolas Hulot pendant la conférence de presse :

Madame, Monsieur,

Merci d’avoir répondu à notre invitation et plus particulièrement à la mienne, pardon une fois de plus de cette incursion dans la vie politique et médiatique de notre pays, mais j’espère que chacun a compris que cela ne procède en aucun cas d’une ambition personnelle ou d’une soif d’existence supplémentaire.

La gravité de l’enjeu universel dont je suis porteur, avec d’autres, justifie cette intrusion dès lors que celle-ci ne contribue pas à diviser plus encore une société déjà trop fragmentée et où le dialogue se fait trop souvent sur la base de préjugés.

Début novembre, avec le Comité de Veille Ecologique de la fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme, nous avons lancé le PACTE ECOLOGIQUE. Deux mois et demi après, un demi million de personnes ont soutenu notre démarche et l’esprit du Pacte.

Cette formidable dynamique d’exigence écologique ne faiblit pas. L’enjeu écologique s’est imposé dans le débat public et les médias. Près de 200 000 lecteurs se sont procurés l’ouvrage « Pour un Pacte Ecologique » qui est devenu une base de réflexion sur les mesures à engager pour la mutation écologique de notre société. Ce livre n’est pourtant pas d’une lecture facile.

Un tel effort collectif de compréhension et de réflexion confirme si besoin était l’incroyable disponibilité et maturité de l’opinion face aux menaces climatiques et écologiques.
Il y a là un inestimable et incontournable message de volonté d’agir ensemble face à l’impératif écologique que personne ne doit et ne peut dorénavant ignorer sous peine de bafouer cette mobilisation et cette espérance.

Au cours de ces dernières semaines, le dialogue avec la plupart des candidats à l’élection présidentielle n’a jamais cessé. En dépit de la pression entretenue par l’hypothèse de ma propre candidature et par la constance de notre exigence sur le fond, ces candidats, pour la plupart d’entre eux, ont maintenu la discussion dans un espace de raison et de respect. Je leur en suis reconnaissant.

Les principaux candidats ont signé le Pacte Ecologique et ils ont commenté, comme nous le leur demandions, nos cinq propositions et nos dix objectifs. Les réponses sont, comme cela était prévisible, différenciées. Elles ont en commun d’avoir été étudiées et travaillées avec le sérieux et l’attention que tout cela mérite.

Au passage, reconnaissons que parmi les rares candidats qui n’ont pas signé le Pacte certains ont argumenté avec sérieux et ont accepté de prolonger le dialogue, ce qui d’ailleurs a commencé à être fait. Un motif de cette réserve des non-signataires relève de l’ambiguïté qu’ils ont ressenti sur la dimension sociale du Pacte. Nous nous efforçons depuis de leur démontrer que cette dimension est au contraire prédominante dès lors qu’aucun des acquis économiques et sociaux ne pourra résister à la crise écologique et que les premiers exposés à ces aléas sont, comme de coutume, les plus démunis.

La Fondation et son Comité de Veille Ecologique prennent acte des engagements des différents candidats et se réjouissent globalement des propositions des uns et des autres. Ces engagements sont à la hauteur des enjeux et de nos espérances. Nous avons conscience qu’il y a là, si tout cela ne se dissout pas dans l’échelle du temps, une base préalable et nécessaire pour que la France commence à prendre efficacement sa part de responsabilité dans l’inévitable mutation écologique.

Nous avons néanmoins conscience que ces engagements ne constituent en aucun cas un aboutissement mais bien plutôt un point de départ, un socle minimum qui devra rapidement s’enrichir et se nourrir, notamment des propositions d’autres associations environnementales et de tous les acteurs de notre société convaincus de l’urgence écologique.

Au delà des réactions et des engagements écrits des politiques, nous pensons que le Pacte Ecologique a ancré un peu plus en profondeur dans notre société ce défi supplémentaire que sont les périls écologiques et climatiques que nous devons relever ensemble, sous peine de participer en spectateur informé à la marche vers la tragédie globale.

Le Pacte Ecologique est un révélateur d’attentes, d’inquiétudes, d’espoirs et de volontés enfouies ou jusqu’alors peu audibles. Il a soudainement permis de les faire jaillir. Je dirais simplement que le succès du Pacte Ecologique est implicitement le succès de tous ceux qui patiemment et parfois dans l’ingratitude, depuis des décennies, ont ensemencé les consciences. Je pense notamment aux milliers de petites associations qui oeuvrent dans l’ombre pour le respect de l’environnement, mais aussi aux élus écologistes qui sur le terrain, localement et régionalement, souvent avec courage et assiduité, s’opposent aux logiques aveugles qui font l’impasse sur le facteur écologique.

Je pense également à ces scientifiques qui rompent parfois avec les conventions et la vanité pour nous rappeler à la prudence et à l’humilité.

Enfin, il faut dire que des évènements sont venus renforcer notre démarche. Le film d’Al Gore fut une utile démonstration pédagogique, le rapport de Nicolas Stern a eu le mérite de donner un prix au problème et à la menace. Les derniers rapports scientifiques sur l’état de nos ressources halieutiques ou sur l’alerte alimentaire ont eux aussi enfoncé le clou de la réalité un peu plus. Encore faut-il ajouter les aberrations climatiques qui se multiplient et viennent chaque jour éteindre les derniers feux de scepticismes. Tout cela a contribué à ce que l’évidence écologique se partage un peu plus à chaque instant.

Si l’on s’en tient aux objectifs du Pacte Ecologique, globalement réalisés, la logique aurait voulu que spontanément je lève l’hypothèse de ma propre candidature.

Pardon, mais dans mon esprit cela n’a pas été aussi simple et je n’ai pas pu me cantonner à ce seul paramètre. Je ne pouvais pas ignorer d’autres réalités, d’autres arguments, d’autres sentiments, y compris les miens, et surtout l’espérance et l’attente profonde exprimées dans le soutien au Pacte et bien au delà de celui ci, même si, dans ce vent puissant, il y a une part de rationnel et d’irrationnel qu’il est difficile de discerner.

Au-delà des mesures parfois techniques proposées dans le Pacte sur lesquelles chaque citoyen n’a pas forcément un avis tranché, il me semble qu’il y a aujourd’hui une fantastique adhésion à l’esprit du Pacte. Esprit auquel je crains que tous les signataires n’adhèrent pas forcément alors que pour moi cet esprit est aussi essentiel, si ce n’est plus, que le reste.
Ce désir sans équivoque de Pactiser et de se Rassembler autour de cet enjeu vital n’a probablement pas été entendu par tous les candidats.

Le Pacte écologique, c’est un désir de réconciliation, un devoir de nous humaniser, d’absoudre le passé pour nous concentrer sur l’avenir. Cet avenir si incertain parce qu’il dépend en partie de nous.

Le Pacte écologique, c’est une volonté de cesser de réduire la politique à quelque chose de mesquin et de vulgaire. Cette logique de partis qui s’affrontent plutôt que de se compléter et qui cherchent à s’exclure.

Le Pacte écologique, c’est une requête pour mettre fin au « théâtre des apparences », à cette société où les jeux de rôles se substituent en permanence aux débats de fond.

Le Pacte écologique, c’est l’affirmation de cette lassitude envers un monde politique trop prompt à l’affrontement où la consigne préempte souvent la conscience. Ce monde où l’on s’obstine à exalter nos bas instincts, à dénoncer nos faiblesses, nos incohérences, pour mieux nous diviser, plutôt qu’à faire jaillir et valoriser ce que nous avons de beau et d’utile en nous et de nous rassembler sur ces énergies positives.

Je crois profondément qu’il y a une majorité silencieuse dans ce pays qui demande aux politiques de mettre fin à ce jeu car, compte tenu de la gravité et de la complexité des enjeux, cela apparaît de plus en plus comme une attitude ou une posture dont on ne peut plus se payer le luxe. Cette indécence peut sans doute perdurer dans l’opulence ou l’abondance mais elle est indigne quand elle se présente au carrefour de crises et de civilisations auquel nous sommes parvenus.

Voilà ce que tout ce mouvement autour du Pacte signifie implicitement.

Quelle que soit la sincérité des uns et des autres, je crains aussi que beaucoup de politiques n’aient pas encore pris réellement la mesure des enjeux, ni de l’échelle de la mutation qui s’impose à nous. Je crains qu’ils pensent que nous avons encore le choix et que tout est encore possible. En clair, je pense qu’ils restent persuadés qu’on peut continuer comme avant, avec la même logique, assortie de quelques traitements marginaux. On a érigé un modèle et on ne le remet pas en cause pour arriver à une logique viable. On continue de se livrer à un acharnement thérapeutique sur un système devenu obsolète qui nous mène à l’asphyxie et à l’impasse planétaire.

La conviction de quelques uns est loin d’être la conversion de tous.

Beaucoup n’ont pas, me semble-t-il, intégré totalement les changements radicaux et en profondeur que notre système et notre économie doivent opérer. Ils résistent encore à l’idée que le monde de la rareté et de la fragilité nous impose de changer progressivement de logiciel. Or, je crois que sans remise en cause profonde, débarrassés du poids et de la rigidité des dogmes, sans assumer ce rendez-vous critique inespéré que l’impératif écologique nous contraint à réaliser individuellement et collectivement, nous n’y arriverons pas. Il n’est pas certain non plus que l’inertie culturelle dans laquelle nous sommes plongés nous permette d’y parvenir.

Je doute que mes interlocuteurs soient parvenus à se convaincre que le facteur écologique et climatique surdétermine tout le reste et conditionne tout projet économique et social.

Je doute aussi, et je souhaite me tromper, que chacun ait pris suffisamment conscience des conséquences géopolitiques et de l’objet de tensions et de conflits supplémentaires que cela représente. Je crains que peu aient admis que nos frontières ne nous mettront pas à l’abri de l’insécurité planétaire que la crise énergétique, climatique et écologique diffuse dans le monde.

Je doute aussi que tous aient conscience que cette contrainte représente aussi une opportunité économique pour ceux qui répondront à cette obligation de créativité et d’inventivité écologique.

Je crains aussi et surtout que, dès lors que l’hypothèque de ma candidature soit levée, chemin faisant, la campagne électorale ne retrouve ses codes, ses priorités conventionnelles, ses joutes et ses fractures usuelles, et ne traite progressivement cet enjeu fondamental que de manière accessoire et non plus de manière essentielle, jusqu’à peut-être l’oublier complètement.

Je sais encore par expérience qu’à l’avenir, ce que le pouvoir exécutif pourra proposer ou tenter en cette matière risquera d’être entravé ou contrarié par un pouvoir législatif qui s’est montré jusqu’à présent peu enclin à ce type de préoccupation. Je sais que la détermination et la conviction du futur gouvernement ne suffiront pas à elles seules si nos députés et nos sénateurs, demain, ne sont pas imprégnés de la même nécessité et n’admettent collectivement que, là plus qu’ailleurs, la somme des intérêts particuliers ne fait pas l’intérêt général.

Je sais enfin que la culture même des partis politiques aujourd’hui n’est pas toujours compatible avec l’esprit et les ambitions du Pacte .

Fort de ce constat et de ces interrogations, depuis quatre semaines, j’ai envisagé toutes les alternatives au delà de mes considérations personnelles. J’ai étudié tous les scénarios possibles avec comme seul déterminant celui de trouver ce qui pourrait être le plus utile à long terme à la cause que nous défendons. J’ai écouté et discuté avec tous ceux qui avaient un avis pertinent sur le sujet et qui me demandaient de le prendre en considération.

Pour ne pas avoir de regret, et surtout celui d’ignorer une évidence qui aurait facilité mon choix, j’ai été au bout de cet exercice n’écartant aucune possibilité, même les plus insoupçonnées, et qui auraient probablement pu modifier radicalement la chronique d’une campagne déjà écrite.

Au final, mon choix s’est réduit à deux alternatives. La première, cohérente avec ma démarche initiale, maîtrisable, convenue, qui me conduit à rester dans mon domaine associatif et à continuer à jouer ce rôle que je crois essentiel de médiateur entre la société civile et politique, entre la communauté scientifique et l’opinion. Un rôle de passeur pour accompagner et entraîner chaque acteur sur le chemin de la mutation écologique.

La deuxième alternative conduit à me déclarer candidat. Ce choix permettrait de profiter des trois derniers mois de la campagne électorale pour tenter de maintenir au dessus de la mêlée prévisible cette indispensable permanence de réflexion et d’exigence écologique, et d’aller chercher une matérialisation politique autant qu’une garantie électorale du Pacte Ecologique. Et, pourquoi pas, de constituer dans la foulée un mouvement, une force susceptible de pérenniser la mobilisation écologique dans les prochains rendez-vous électoraux. Dès lors, un immense domaine d’incertitude s’ouvrait devant moi : un risque énorme et par là même une chance énorme.

Pour trois raisons, j’ai décidé de ne pas être candidat à l’élection présidentielle et de suspendre mon ingérence politique.

La première raison, la plus importante, revient à dire que j’ai choisi de faire confiance à la parole et à l’engagement des candidats et donc ainsi de respecter la parole implicite que je leur avais donnée de lever l’ hypothèse de ma candidature, dès lors qu’ils répondaient avec sérieux à nos propositions.

La deuxième raison qui me pousse à ne pas être candidat est aussi une question d’honnêteté vis-à-vis des militants écologistes. Dans l’aventure d’une candidature, j’aurai entraîné, à leurs corps défendant, tous ceux qui se battent pour la cause. Un échec de ma part, toujours possible, leur serait préjudiciable ainsi qu’à la cause elle même; en d’autre terme, un faible score électoral réduirait vulgairement à un simple chiffre un enjeu aussi fondamental et magnifique. Il ne faut pas sous-estimer non plus les risques que notre message universel, que beaucoup semblent avoir compris jusqu’ici, soit dénaturé chemin faisant et que sa pertinence ne soit laminée par les mécanismes intransigeants et implacables de la campagne électorale telle qu’elle se déroule habituellement dans notre pays. Le risque que l’on interprète différemment notre engagement et que la forme se substitue une fois encore au fond n’est pas négligeable. J’ai donc pesé le risque qu’une candidature puisse transformer notre légitime exigence en obstination capricieuse et qu’elle soit ainsi susceptible de dévoyer notre démarche. J’aurai compromis alors l’inestimable potentiel qui devrait, quoiqu’il en soit, nous permettre de continuer à peser à l’avenir.

La troisième raison tient au fait que je suis convaincu qu’en restant à l’écart du jeu des pouvoirs, l’élan du Pacte Ecologique va s’amplifier et se transformer en véritable Lobby des Consciences et qu’il aidera à la mutation écologique de la société, en validant et en explicitant sans cesse les choix nécessaires à ce profond changement.

Ayant moi seul fait ce choix, je demande aux candidats d’inscrire dans notre démocratie trois principes supplémentaires, essentiels à mes yeux: Humilité, Mesure et Solidarité.

Je demande et je supplie les candidats de nous montrer dès demain que les mots et les signatures ont enfin un sens, que le temps ne saurait en aucun cas les rendre obsolète. Si les engagements du Pacte Ecologique devaient s’étioler, le discrédit de la politique, j’en conviens parfois exagéré, y trouverait une assise légitime sur laquelle, entre autre, l’abstentionnisme ainsi qu’un désarroi dangereux pourraient se développer.

Je leur demande de faire mentir ceux qui ne manqueront de me reprocher une forme de naïveté. Je leur demande de maintenir jusqu’au deuxième tour l’impératif écologique comme le thème majeur du débat et des réflexions. Je leur demande de ne pas oublier la question de la biodiversité tout aussi cruciale que celle des changements climatiques et, j’en profite pour le dire, qu’ils n’aient pas de scrupules à parler de la condition animale.

Je leur demande qu’ensemble nous travaillons sans à priori sur l’immense domaine de la santé et de l’environnement ainsi que sur la complexe et affolante dynamique de l’artificialisation des sols et de l’étalement urbain. Je leur demande d’organiser dans la foulée des élections, des Etats Généraux de l’Agriculture pour voir comment réconcilier les paysans, la nature et l’alimentation à travers des mécanismes qui favorisent une production de qualité. Je leur demande d’approfondir le chantier de la fiscalité sur le principe d’un déplacement de la fiscalité du travail vers la fiscalité énergétique et environnementale.

Je leur demande aussi et surtout, au delà bien entendu de leurs engagements spécifiques sur nos propositions, de ne jamais oublier la valeur des quatre principes fondamentaux du Pacte Ecologique qu’ils ont signés et que je me dois de rappeler ici.

Les candidats se sont formellement engagés :
1/ à considérer que l’enjeu écologique est une priorité commune qui dépasse les clivages entre partis politiques ; et faire de la France un pays exemplaire en matière de développement durable ;
2/ à faire de la lutte contre le changement climatique et de la préservation de la biodiversité les déterminants majeurs de l’action publique ;
3/ à mettre en place les outils économiques, juridiques, technologiques et éducatifs pour adapter ou réduire notre consommation en fonction des exigences écologiques et sociales actuelles et futures ;
4/ à engager immédiatement une révision fondamentale des politiques de l’énergie, du transport et de l’agriculture.

Par delà le Pacte lui même, je demande aux dirigeants politiques de ne plus mépriser le peuple de l’écologie d’autant qu’il est probable que celui-ci se confonde bientôt, sous le joug des évènements climatiques, avec le peuple tout court. Je demande de considérer les militants associatifs comme des acteurs et des contributeurs indispensables auxquels la réalité des faits confère une plus grande légitimité encore.
Je leur demande, dans cette esprit, de recevoir avec la même attention qu’ils nous ont portée les ONG environnementales, et notamment celles regroupées dans l’Alliance pour la planète, pour évaluer également leurs propositions.

J’invite tous les candidats qui ont signé le Pacte écologique – la plupart s’y sont déjà engagés et je les en remercie – à venir le 31 janvier au matin solenniser publiquement leur signature du Pacte écologique, à formaliser leurs engagements et expliquer leurs propositions devant les associations environnementales et 50 signataires du Pacte Ecologique tirés au sort.

Enfin, j’invite les Français à continuer à soutenir le Pacte Ecologique pour nous aider à maintenir cette exigence et cette vigilance. Les 500 000 signataires d’aujourd’hui doivent être un million demain !
J’annonce que la campagne autour du Pacte Ecologique se prolongera jusqu’aux élections législatives et que, dans le même esprit de cohérence et de mobilisation, nous inviterons les députés à souscrire à une formule adaptée du Pacte.

Nous envisageons également après nos propres rendez vous électoraux de tenter de déployer le Pacte au niveau européen.

Au sein du Comité de Veille Ecologique de la Fondation Nicolas Hulot, nous créons un Observatoire permanent pour évaluer et analyser les propositions à venir. Cet observatoire veillera, tout au long de la campagne électorale et après celle-ci, au respect des propositions déjà formalisées par les uns et les autres.

Je veux dire aux 500 000 signataires du Pacte Ecologique et aux membres du Comité de Veille Ecologique ainsi qu’à l’équipe de la Fondation que leur confiance m’oblige et qu’ils peuvent être certains que je mettrai tout mon poids pour que les engagements soient tenus.

Ensemble sortons du cycle de la peur et de la prostration pour entrer dans celui de l’espoir et de la détermination !

Je crois que dorénavant nous avons collectivement compris que nous ne pouvons pas éternellement fuir les faits tels qu’ils sont, que les ignorer est une injure à l’avenir et à la vie. Prendre en compte la réalité, c’est l’ultime occasion de manifester notre Humanité et d’incarner notre solidarité avec le futur, de consacrer la communauté de destin qui unit tous les êtres vivants et de redonner du sens au Progrès.

Si vous le voulez bien, je m’en tiendrai là pour le moment. De nombreuses occasions se présenteront dans les semaines à venir pour répondre à vos questions.

Je vous remercie !


Nicolas Hulot, 22 janvier 2007

L’abbé Pierre: retour sur une vie de combats

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L’abbé Pierre est mort ce lundi 22 janvier à l’hôpital militaire du Val-de-Grâce à Paris où il avait été admis le 14 janvier dernier pour une infection pulmonaire. Il était âgé de 94 ans. Toute sa vie, il a lutté. D’abord contre l’occupant nazi, puis contre la misère et les injustices. Né Henri Grouès le 5 août 1912 à Lyon, il est ordonné prêtre en août 1938. En 1939, mobilisé comme sous-officier dans les Alpes et en Alsace, il est atteint de pleurésie. Au moment de la défaite contre les Nazis en mai 1940, il est à l’hôpital. De retour dans l’Isère, il rejoint la Résistance au cours de l’été 1942, crée des maquis qui deviendront une partie de « l’armée du Vercors » et fait passer des évadés et des Juifs en Suisse. C’est là qu’il prend son nom de guerre, abbé Pierre. Il diffuse aussi des journaux de la presse clandestine. Arrêté en mai 1944 par l’armée allemande, il s’évade, passe en Espagne et rallie Alger en juin, où il rencontrera le général de Gaulle. Il se lance par la suite dans la politique sous les couleurs du MRP (Mouvement républicain populaire, démocrate-chrétien), qu’il quittera ultérieurement. Il est député de Meurthe-et-Moselle de 1945 à 1951. En 1949, il accueille dans la maison délabrée qu’il restaure à Neuilly-Plaisance, dans la banlieue est de Paris, un homme désespéré, Georges. Le lieu devient une auberge de jeunesse internationale baptisée « Emmaüs ». Commence le combat contre l’exclusion. Les premières communautés de Chiffoniers Bâtisseurs d’Emmaüs naissent sur le principe « donne-moi ton aide, pour aider les autres ». Elles regroupent des déshérités qui se mettent, par leur travail de récupération, au service de plus déshérités. « Emmaüs est devenu une récupération d’hommes à l’occasion de récupération de choses », définit l’abbé Pierre. Les communautés essaiment rapidement. On en compte aujourd’hui 161 en France, 421 groupes répartis dans 41 pays sur quatre continents (Europe, Amérique, Afrique, Asie). hiver54.jpgHiver 1954. Une fillette meurt de froid dans un bidonville de Neuilly-Plaisance. L’abbé Pierre invite aux obsèques le ministre du Logement de l’époque, qui s’y rend. Aux premières heures du 1er février, une sexagénaire expulsée de son appartement décède d’hypothermie sur le trottoir du boulevard Sébastopol à Paris. Très vite, le religieux lance son célèbre appel. « Mes amis, au secours », supplie-t-il sur Radio Luxembourg, déclenchant une vague de solidarité extraordinaire. « Mes amis, au secours… Une femme vient de mourir gelée, cette nuit à 3 heures, sur le trottoir du boulevard de Sébastopol, serrant sur elle le papier par lequel, avant-hier, on l’avait expulsée. Chaque nuit, ils sont plus de deux mille recroquevillés sous le gel, sans toit, sans pain, plus d’un presque nu. » Des gens de toutes les conditions sociales donnent argent, couvertures et nourriture pour permettre à l’abbé Pierre et à ses compagnons d’Emmaüs de mettre en place des hébergements d’urgence. Dans la foulée, le Parlement adopte à l’unanimité dix milliards de francs de crédits pour réaliser immédiatement 12.000 logements d’urgence à travers toute la France pour les plus défavorisés. A 17 reprises, de 1988 à 2003, il figure en tête du palmarès Ifop-« Journal du dimanche » des 50 « Français préférés des Français ». Si bien qu’il a demandé à ce que son nom ne soit plus proposé aux personnes interrogées pour « laisser la place aux jeunes ». Jacques Chirac s’est dit ce matin « bouleversé d’apprendre le décès de l’Abbé Pierre », ajoutant que « c’est toute la France qui est touchée au coeur ». « Le président de la République est bouleversé d’apprendre le décès de l’Abbé Pierre, pour lequel il éprouvait un immense respect et une profonde affection », a indiqué l’Elysée dans un communiqué.

 

Le développement durable : produire pour tous, protéger la planète

Résumé : Aujourd’hui, notre planète doit affronter une grave crise écologique et de nombreuses ressources naturelles diminuent. D’autre part, dans le monde entier, tous les êtres humains aspirent à un niveau de développement décent. Le développement durable se veut un chemin intermédiaire pour concilier des objectifs apparemment contradictoires. Lutter contre le saccage de la nature, économiser les ressources et assurer le développement économique partout dans le monde, cela sera possible en produisant et en consommant autrement, dans le respect de règles sociales et commerciales pour tous. C’est ce qu’explique cet ouvrage, en sept chapitres : Qu’est-ce que le développement durable ? Agir pour l’environnement Économiser les ressources Produire autrement Un nouveau commerce De nouvelles règles sociales De nouvelles façons de consommer 128 pages avec de nombreux schémas et illustrations. L’auteur : Loïc Chauveau est journaliste en environnement. Collaborateur aux magazines Sciences et avenir et L’Express, il est également l’auteur d’ouvrages dédiés à l’environnement et à la nature. L’avant-propos : « L’idée selon laquelle l’humanité arrive aux limites de l’exploitation d’un monde fini est en train de s’imposer. En 2050, la présence probable de dix milliards de Terriens qui vondront manger, se laver, se vêtir et vivre dignement impose qu’on réfléchisse au partage des ressources de plus en plus rares. Ce monde vivable par tous n’est pas une utopie. Koffi Annan, précédent secrétaire général de l’ONU, l’avait fait remarquer : nous sommes la première génération qui possède les moyens techniques d’un développemebr harmonieux, la connaissance globale du fonctionnement de la planète et la conscience aiguë des inégalités et des ravages de la pauvreté. L’homme a toutes les cartes main pour construire un monde qui respecte les droits de chaque individu. La situation actuelle n’incite pas à l’optimisme. Les zones naturelles se dégradent, la biodiversité décroît, les ressources en eau, en matières premières, en énergie s’épuisent, la misère ne recule pas, les inégalités sociales deviennent béantes, les conflits ethniques, religieux, économiques se multiplient, les égoïsmes nationaux et sociaux se radicalisent. Le développement durable se veut une réponse à ces tendances lourdes. C’est un ensemble de réflexions et de recherches sur les moyens d’une connaissance propre et harmonieuse. C’est un effort pour rendre l’empreinte de l’homme plus légère. Les nouvelles technologies y aideront. Mais c’est une prise de conscience universelle qui reste la clé du futur. » Achetez « le développement durable, produire pour tous, protéger la planète » chez notre partenaire Eyrolles La Petite encyclopédie Larousse, une collection accessible, des ouvrages clairs, précis et illustrés pour le citoyen d’une planète à protéger d’un monde à comprendre. La vocation de cette collection : « Décrypter notre monde et agir pour Demain ». Les titres de la collection :
Petit Altas des espèces menacées
Petit Altas des espèces menacées
Petit atlas des espèces menacées de Yves Sciama Chaque jour, des espèces d’animaux ou de plantes disparaissent de la surface de la Terre, souvent dans une totale indifférence. Le nombre d’espèces menacées croît de manière alarmante. Et presque toujours un seul coupable : l’homme. Les solutions, individuelles et collectives, pour arrêter cette hécatombe existent. Seront-elles prises à temps ? L’avenir de l’homme lui-même en dépend.
Petit Atlas des climats
Petit Atlas des climats
Petit atlas des climats de Laure Chémery Inondations, sécheresses, tempêtes, coups de froid ou de chaleur : les excès du climat touchent chaque année des milliers de personnes. Le monde scientifique alerte régulièrement les hommes politiques et les citoyens de tous les pays sur les conséquences inquiétantes d’un possible réchauffement climatique global, engendré par les activités humaines. Connaître les différents climats et les grands facteurs qui les déterminent est donc un enjeu important.
Petit Atlas des risques écologiques
Petit Atlas des risques écologiques
Petit atlas des risques écologiques de Loïc Chauveau La grave crise environnementale que notre planète connaît concerne l’humanité tout entière. Pour que l’on puisse vivre sur terre demain, de nouveaux comportements doivent être adoptés dès aujourd’hui. Cet ouvrage présente les problèmes actuels qui touchent l’environnement et les solutions pour l’avenir.

 

Appels à projets 2007 CDVA (Conseil du Développement de la Vie Associative)

Les instructions du Conseil de développement de la vie associative sont parues. Trois types d’actions peuvent être financés par ce biais : la formation des bénévoles, les expérimentations et les études.

Pour la formation et les expérimentations, les demandes doivent être adressées impérativement avant le 17 février 2007. Ce délai rapproché correspond à une demande des représentants associatifs et devrait permettre une instruction et une réponse plus rapide.

En ce qui concerne les études, l’appel à projet 2007 prévoit que la date limite de dépôt des demandes est le 31 mars 2007 compte tenu du temps plus long nécessaire au montage de tel dossier.

Les thèmes retenus cette année sont :

– Complémentarité des bénévoles, volontaires et salariés ;

– Europe : menace ou opportunité (les conséquences des projets de règlementation pour la vie associative en France, le dialogue civil en Europe) ;

– Cerner les conditions de développement du secteur associatif par et pour les jeunes en difficulté dans les territoires sensibles (quartiers, zones rurales fragilisées ou en évolution)

Appel à projet 2007 au titre des études

Instruction annuelle relative aux subventions attribuées pour l’année 2007 au titre des actions expérimentales de développement de la vie associative

Instruction annuelle relative aux subventions attribuées pour l’année 2007 au titre de la formation des bénévoles

Instruction annuelle relative aux subventions attribuées pour l’année 2007 au titre de l’assurance des dirigeants et des animateurs bénévoles

Ne plus avoir de facture d’eau : mode d’emploi

La récupération de l’eau de pluie afin d’arroser son jardin et alimenter son W-C devient une pratique de plus en plus courante. Mais savez-vous que, que l’on peut aller bien plus loin dans cette démarche ? L’eau naturellement douce qui nous tombe du ciel peut en fait convenir à tous les usages domestiques y compris pour la boisson et l’alimentation.

Dès qu’on a intégré cette idée simple, le but principal de la récupération de l’eau de pluie n’est plus l’économie d’eau, mais l’augmentation du confort par l’usage d’une eau de haute qualité. Ce système permet donc non seulement la réduction de la facture d’eau, mais également la suppression d’adoucisseur et une réduction de la quantité de savons et de poudre à lessiver.

On préservera aussi les robinets et les résistances chauffants des appareils ménagers.

Elément important : l’absence de chlore dans l’eau de pluie est un facteur important pour la préservation de la santé, surtout lorsqu’on a des enfant en bas âge. Pour en savoir plus : Eautarcie

Faut-il légaliser les statistiques ethniques ?

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Pour lutter contre les discriminations, encore faut-il pouvoir les mesurer. Cette question de la mesure de la diversité dans le cadre de la lutte contre les discriminations concerne directement la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) puisque la collecte d’informations faisant apparaître les origines ethniques ou religieuses est précisément interdite par la loi informatique et libertés à l’exception de quelques cas limitativement énumérés. Faut-il mesurer l’origine des personnes, comment le faire, qui peut le faire ? Oui, répondent certains chercheurs et chefs d’entreprise. Savoir combien de salariés sont arabes ou noirs permettrait, selon eux, en étudiant leur trajectoire professionnelle, de repérer d’éventuelles discriminations dans leurs entreprises. Compte tenu des enjeux que soulève cette question de la lutte contre les discriminations qui concerne tous les domaines de la vie sociale, qu’il s’agisse de l’éducation, du travail, du logement ou de la santé, la CNIL a constitué un groupe de travail, présidé par Madame Anne DEBET. Une trentaine d’auditions ont été réalisées entre novembre et décembre 2006. Les auditions à venir, en nombre équivalent, intégrent six auditions ouvertes à la presse. Celles-ci ont commencé le 18 janvier dernier et se termineront le 25 janvier prochains au Sénat. Premier auditionné, Azouz Begag, ministre délégué à la Promotion de l’égalité des chances. «Il me plaît que la République assure l’égalité de tous sans distinction de race, d’origine et de religion. Mais comment peut-elle garantir cette égalité si elle n’a pas d’indicateurs sur son tableau ?» interroge-t-il. Sur les indicateurs en question, Begag n’a «pas de certitudes, pas d’idées arrêtées». Il est contre les statistiques ethniques et défend l’idée de «trombinoscopes» dans les entreprises et les administrations, permettant de «ringardiser l’uniformité et d’installer la diversité dans le regard». Quant à Louis Schweitzer, le président de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations (Halde), il s’oppose a fortiori à des «comptages sous quelque forme que ce soit», qui reviendraient à «classer les gens en fonction de groupes qui n’ont pas de réalité scientifique». Pour «mesurer la discrimination», il prône ce qui se pratique déjà en entreprise : des sondages et des tests. Afin que la consultation publique soit la plus large possible, la CNIL souhaite recueillir les avis des internautes sur certains points qui font débat en France à l’heure actuelle en proposant à chacun de s’exprimer sur ces questions au travers d’un questionnaire en ligne.

 

Education à l’environnement pour un développement durable : Informer, former ou éduquer ?

Colloque scientifique, IUFM de Montpellier, les 7 et 8 juin 2007

Ouverture par Philippe Meirieu, Yvette Veyret et Eric Binet.

Le GRAINE Languedoc-Roussillon, en partenariat avec les Universités 2 et 3 de Montpellier, l’IUFM de Montpellier, le Rectorat, Sup agro de Florac et des associations, organise les 7 et 8 juin 2007 à l’IUFM de Montpellier un colloque sur l’ éducation à l’environnement pour un développement durable (EEDD) dans le but de favoriser la rencontre, la confrontation et l’échange entre des universitaires, des chercheurs et des praticiens de l’EEDD (enseignants, animateurs, formateurs, auteurs, acteurs des territoires, responsables d’entreprises ou de l’administration) pour envisager par la suite des projets complémentaires de recherche et d’action.

Ce colloque permettra donc de resserrer les liens entre penseurs et acteurs pour arriver à enrichir le travail et le rendre plus performant.

Pour plus de précisions :

Connectez-vous sur www.grainelr.org pour l’appel à communication dans lequel vous trouverez toutes les informations nécessaires sur ce colloque, ainsi qu’une fiche réponse pour ceux qui souhaiteraient intervenir lors de cette rencontre.

Vous pouvez également nous contacter par mail

Au plaisir de vous voir prochainement.

Nous comptons sur vous !

Cordialement.

Emilie Guilleminot

GRAINE LR
Carre Montmorency – 474 allée Henri II de Montmorency
34000 Montpellier
Telephone: 04 67 06 01 11 – Fax: 04 67 06 01 12

Le Forum Social Mondial en Afrique

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La 7ème édition du Forum Social Mondial rassemble, du 20 au 25 janvier, le monde entier en Afrique entre autres des travailleurs, des mouvements sociaux, des réseaux, des coalitions et d’autres forces progressives d’Asie Pacifique, d’Amérique latine, des Caraïbes, d’Amérique du Nord, de l’Europe et tous les coins du continent africain vont converger vers Nairobi, au Kenya pendant cinq jours de résistance et de célébration culturelles. Au programme : ateliers, colloques, marches, nuits de projection de film et beaucoup de plus encore. Politis (n° 935 – édition du jeudi 18 janvier 2007) nous dresse une présentation de cette manifestation. Extrait. politis935.jpg Ils étaient une trentaine à Porto Alegre (Brésil) en 2001, lors de la première édition du Forum social mondial (FSM), à peine cinq cents à Mumbai (Inde) trois ans plus tard. Les Africains n’ont probablement jamais été présents à plus d’un millier lors des rassemblements annuels des altermondialistes. Petite graduations surveillées par les organisateurs sur l’échelle de la diversification et de l’universalisation du FSM. Relâche de la comptabilité pour 2007 : ce sont les Africains qui domineront la septième édition du rassemblement. Du 20 au 25 janvier, le FSM est accueilli par Nairobi, capitale du Kenya. Mais d’abord par l’Afrique, dans l’esprit de tous, et pour la première fois. Certes, il y avait eu près de 30 000 participants à Bamako (Mali), l’an dernier, mais ce n’était que l’un des trois pôles ­ avec Caracas (Venezuela) et Karachi (Pakistan) ­ d’un FSM qui s’essayait au « polycentrisme ». Selon les appréciations, entre prudence et optimisme, de 50 000 à 150 000 personnes, provenant d’une centaine de pays dont une quarantaine d’Afrique, pourraient participer au millier de débats et de séminaires programmés au forum de Nairobi (1). Depuis plusieurs jours, des caravanes de participants se sont mises en branle d’Afrique australe, d’Afrique centrale, d’Éthiopie et même de Somalie. Cela faisait près de quatre ans que ce forum africain s’annonçait comme une nécessité, à la fois incontournable et porteur de nombreux doutes. Son enjeu dépasse comme jamais les frontières du pays d’accueil. Tenir le FSM en Afrique, c’est en quelque sorte atteindre le coeur du problème. Plus qu’en Amérique latine ou en Asie, le continent, emblème de l’exclusion engendrée par le modèle économique dominant, expose l’invalidité du néolibéralisme. En vingt ans, l’Afrique a vu sa part au sein des échanges mondiaux tomber de 10 % à 2 %. Elle concentre les plus mauvais indices économiques, sociaux, sanitaires, éducatifs de la planète, sans que les remèdes élaborés à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), à Bruxelles ou à Washington ne parviennent à inverser le « déclin de l’Afrique ». Dans ce sombre tableau, les progrès de la démocratie et l’émergence progressive d’une société civile font partie des principaux espoirs. Sénégal, République démocratique du Congo, Cameroun, Maroc, Algérie, Maghreb, Kenya, Burkina Faso… « Au cours des deux dernières années, c’est en Afrique que se sont tenus le plus grand nombre de forums sociaux nationaux », relève Gus Massiah, président du Centre de recherche et d’informations pour le développement (Crid, qui regroupe une cinquantaine d’associations de solidarité internationale). « Nairobi est probablement le rassemblement africain le plus important de l’histoire récente », estime Taoufik Ben Abdallah, secrétaire exécutif du Forum social africain, qui organise les rassemblements de mouvements sociaux nationaux et sous-régionaux. De fait, il existe un large consensus sur l’enjeu prioritaire de ce FSM : donner de la visibilité et de la légitimité aux forces citoyennes du continent. Lire la suite dans Politis n° 935