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Nicolas Hulot renonce à se présenter à l’Elysée

Nicolas Hulot s’est enfin décidé. Lundi 22 janvier, au Palais de la découverte, à Paris, devant de nombreux journalistes, il a annoncé solennellement , qu’il renonçait à se présenter à l’élection présidentielle. Après six mois d’hésitations, l’animateur de TF1 a finalement considéré qu’il avait en partie atteint son objectif.

En effet, depuis qu’il a lancé son Pacte écologique, le 7 novembre, quelque 500 000 personnes l’ont signé. A l’exception d’Arlette Laguiller, Olivier Besancenot, Philippe de Villiers et Jean-Marie Le Pen, la plupart des principaux candidats à l’élection présidentielle se sont également engagés en apportant des réponses relativement détaillées (Le Monde daté 21-22 janvier). L’écologie est devenue un thème récurrent dans les discours politiques et l’une des préoccupations principales des Français.

Ci-dessous la déclaration de Nicolas Hulot pendant la conférence de presse :

Madame, Monsieur,

Merci d’avoir répondu à notre invitation et plus particulièrement à la mienne, pardon une fois de plus de cette incursion dans la vie politique et médiatique de notre pays, mais j’espère que chacun a compris que cela ne procède en aucun cas d’une ambition personnelle ou d’une soif d’existence supplémentaire.

La gravité de l’enjeu universel dont je suis porteur, avec d’autres, justifie cette intrusion dès lors que celle-ci ne contribue pas à diviser plus encore une société déjà trop fragmentée et où le dialogue se fait trop souvent sur la base de préjugés.

Début novembre, avec le Comité de Veille Ecologique de la fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme, nous avons lancé le PACTE ECOLOGIQUE. Deux mois et demi après, un demi million de personnes ont soutenu notre démarche et l’esprit du Pacte.

Cette formidable dynamique d’exigence écologique ne faiblit pas. L’enjeu écologique s’est imposé dans le débat public et les médias. Près de 200 000 lecteurs se sont procurés l’ouvrage « Pour un Pacte Ecologique » qui est devenu une base de réflexion sur les mesures à engager pour la mutation écologique de notre société. Ce livre n’est pourtant pas d’une lecture facile.

Un tel effort collectif de compréhension et de réflexion confirme si besoin était l’incroyable disponibilité et maturité de l’opinion face aux menaces climatiques et écologiques.
Il y a là un inestimable et incontournable message de volonté d’agir ensemble face à l’impératif écologique que personne ne doit et ne peut dorénavant ignorer sous peine de bafouer cette mobilisation et cette espérance.

Au cours de ces dernières semaines, le dialogue avec la plupart des candidats à l’élection présidentielle n’a jamais cessé. En dépit de la pression entretenue par l’hypothèse de ma propre candidature et par la constance de notre exigence sur le fond, ces candidats, pour la plupart d’entre eux, ont maintenu la discussion dans un espace de raison et de respect. Je leur en suis reconnaissant.

Les principaux candidats ont signé le Pacte Ecologique et ils ont commenté, comme nous le leur demandions, nos cinq propositions et nos dix objectifs. Les réponses sont, comme cela était prévisible, différenciées. Elles ont en commun d’avoir été étudiées et travaillées avec le sérieux et l’attention que tout cela mérite.

Au passage, reconnaissons que parmi les rares candidats qui n’ont pas signé le Pacte certains ont argumenté avec sérieux et ont accepté de prolonger le dialogue, ce qui d’ailleurs a commencé à être fait. Un motif de cette réserve des non-signataires relève de l’ambiguïté qu’ils ont ressenti sur la dimension sociale du Pacte. Nous nous efforçons depuis de leur démontrer que cette dimension est au contraire prédominante dès lors qu’aucun des acquis économiques et sociaux ne pourra résister à la crise écologique et que les premiers exposés à ces aléas sont, comme de coutume, les plus démunis.

La Fondation et son Comité de Veille Ecologique prennent acte des engagements des différents candidats et se réjouissent globalement des propositions des uns et des autres. Ces engagements sont à la hauteur des enjeux et de nos espérances. Nous avons conscience qu’il y a là, si tout cela ne se dissout pas dans l’échelle du temps, une base préalable et nécessaire pour que la France commence à prendre efficacement sa part de responsabilité dans l’inévitable mutation écologique.

Nous avons néanmoins conscience que ces engagements ne constituent en aucun cas un aboutissement mais bien plutôt un point de départ, un socle minimum qui devra rapidement s’enrichir et se nourrir, notamment des propositions d’autres associations environnementales et de tous les acteurs de notre société convaincus de l’urgence écologique.

Au delà des réactions et des engagements écrits des politiques, nous pensons que le Pacte Ecologique a ancré un peu plus en profondeur dans notre société ce défi supplémentaire que sont les périls écologiques et climatiques que nous devons relever ensemble, sous peine de participer en spectateur informé à la marche vers la tragédie globale.

Le Pacte Ecologique est un révélateur d’attentes, d’inquiétudes, d’espoirs et de volontés enfouies ou jusqu’alors peu audibles. Il a soudainement permis de les faire jaillir. Je dirais simplement que le succès du Pacte Ecologique est implicitement le succès de tous ceux qui patiemment et parfois dans l’ingratitude, depuis des décennies, ont ensemencé les consciences. Je pense notamment aux milliers de petites associations qui oeuvrent dans l’ombre pour le respect de l’environnement, mais aussi aux élus écologistes qui sur le terrain, localement et régionalement, souvent avec courage et assiduité, s’opposent aux logiques aveugles qui font l’impasse sur le facteur écologique.

Je pense également à ces scientifiques qui rompent parfois avec les conventions et la vanité pour nous rappeler à la prudence et à l’humilité.

Enfin, il faut dire que des évènements sont venus renforcer notre démarche. Le film d’Al Gore fut une utile démonstration pédagogique, le rapport de Nicolas Stern a eu le mérite de donner un prix au problème et à la menace. Les derniers rapports scientifiques sur l’état de nos ressources halieutiques ou sur l’alerte alimentaire ont eux aussi enfoncé le clou de la réalité un peu plus. Encore faut-il ajouter les aberrations climatiques qui se multiplient et viennent chaque jour éteindre les derniers feux de scepticismes. Tout cela a contribué à ce que l’évidence écologique se partage un peu plus à chaque instant.

Si l’on s’en tient aux objectifs du Pacte Ecologique, globalement réalisés, la logique aurait voulu que spontanément je lève l’hypothèse de ma propre candidature.

Pardon, mais dans mon esprit cela n’a pas été aussi simple et je n’ai pas pu me cantonner à ce seul paramètre. Je ne pouvais pas ignorer d’autres réalités, d’autres arguments, d’autres sentiments, y compris les miens, et surtout l’espérance et l’attente profonde exprimées dans le soutien au Pacte et bien au delà de celui ci, même si, dans ce vent puissant, il y a une part de rationnel et d’irrationnel qu’il est difficile de discerner.

Au-delà des mesures parfois techniques proposées dans le Pacte sur lesquelles chaque citoyen n’a pas forcément un avis tranché, il me semble qu’il y a aujourd’hui une fantastique adhésion à l’esprit du Pacte. Esprit auquel je crains que tous les signataires n’adhèrent pas forcément alors que pour moi cet esprit est aussi essentiel, si ce n’est plus, que le reste.
Ce désir sans équivoque de Pactiser et de se Rassembler autour de cet enjeu vital n’a probablement pas été entendu par tous les candidats.

Le Pacte écologique, c’est un désir de réconciliation, un devoir de nous humaniser, d’absoudre le passé pour nous concentrer sur l’avenir. Cet avenir si incertain parce qu’il dépend en partie de nous.

Le Pacte écologique, c’est une volonté de cesser de réduire la politique à quelque chose de mesquin et de vulgaire. Cette logique de partis qui s’affrontent plutôt que de se compléter et qui cherchent à s’exclure.

Le Pacte écologique, c’est une requête pour mettre fin au « théâtre des apparences », à cette société où les jeux de rôles se substituent en permanence aux débats de fond.

Le Pacte écologique, c’est l’affirmation de cette lassitude envers un monde politique trop prompt à l’affrontement où la consigne préempte souvent la conscience. Ce monde où l’on s’obstine à exalter nos bas instincts, à dénoncer nos faiblesses, nos incohérences, pour mieux nous diviser, plutôt qu’à faire jaillir et valoriser ce que nous avons de beau et d’utile en nous et de nous rassembler sur ces énergies positives.

Je crois profondément qu’il y a une majorité silencieuse dans ce pays qui demande aux politiques de mettre fin à ce jeu car, compte tenu de la gravité et de la complexité des enjeux, cela apparaît de plus en plus comme une attitude ou une posture dont on ne peut plus se payer le luxe. Cette indécence peut sans doute perdurer dans l’opulence ou l’abondance mais elle est indigne quand elle se présente au carrefour de crises et de civilisations auquel nous sommes parvenus.

Voilà ce que tout ce mouvement autour du Pacte signifie implicitement.

Quelle que soit la sincérité des uns et des autres, je crains aussi que beaucoup de politiques n’aient pas encore pris réellement la mesure des enjeux, ni de l’échelle de la mutation qui s’impose à nous. Je crains qu’ils pensent que nous avons encore le choix et que tout est encore possible. En clair, je pense qu’ils restent persuadés qu’on peut continuer comme avant, avec la même logique, assortie de quelques traitements marginaux. On a érigé un modèle et on ne le remet pas en cause pour arriver à une logique viable. On continue de se livrer à un acharnement thérapeutique sur un système devenu obsolète qui nous mène à l’asphyxie et à l’impasse planétaire.

La conviction de quelques uns est loin d’être la conversion de tous.

Beaucoup n’ont pas, me semble-t-il, intégré totalement les changements radicaux et en profondeur que notre système et notre économie doivent opérer. Ils résistent encore à l’idée que le monde de la rareté et de la fragilité nous impose de changer progressivement de logiciel. Or, je crois que sans remise en cause profonde, débarrassés du poids et de la rigidité des dogmes, sans assumer ce rendez-vous critique inespéré que l’impératif écologique nous contraint à réaliser individuellement et collectivement, nous n’y arriverons pas. Il n’est pas certain non plus que l’inertie culturelle dans laquelle nous sommes plongés nous permette d’y parvenir.

Je doute que mes interlocuteurs soient parvenus à se convaincre que le facteur écologique et climatique surdétermine tout le reste et conditionne tout projet économique et social.

Je doute aussi, et je souhaite me tromper, que chacun ait pris suffisamment conscience des conséquences géopolitiques et de l’objet de tensions et de conflits supplémentaires que cela représente. Je crains que peu aient admis que nos frontières ne nous mettront pas à l’abri de l’insécurité planétaire que la crise énergétique, climatique et écologique diffuse dans le monde.

Je doute aussi que tous aient conscience que cette contrainte représente aussi une opportunité économique pour ceux qui répondront à cette obligation de créativité et d’inventivité écologique.

Je crains aussi et surtout que, dès lors que l’hypothèque de ma candidature soit levée, chemin faisant, la campagne électorale ne retrouve ses codes, ses priorités conventionnelles, ses joutes et ses fractures usuelles, et ne traite progressivement cet enjeu fondamental que de manière accessoire et non plus de manière essentielle, jusqu’à peut-être l’oublier complètement.

Je sais encore par expérience qu’à l’avenir, ce que le pouvoir exécutif pourra proposer ou tenter en cette matière risquera d’être entravé ou contrarié par un pouvoir législatif qui s’est montré jusqu’à présent peu enclin à ce type de préoccupation. Je sais que la détermination et la conviction du futur gouvernement ne suffiront pas à elles seules si nos députés et nos sénateurs, demain, ne sont pas imprégnés de la même nécessité et n’admettent collectivement que, là plus qu’ailleurs, la somme des intérêts particuliers ne fait pas l’intérêt général.

Je sais enfin que la culture même des partis politiques aujourd’hui n’est pas toujours compatible avec l’esprit et les ambitions du Pacte .

Fort de ce constat et de ces interrogations, depuis quatre semaines, j’ai envisagé toutes les alternatives au delà de mes considérations personnelles. J’ai étudié tous les scénarios possibles avec comme seul déterminant celui de trouver ce qui pourrait être le plus utile à long terme à la cause que nous défendons. J’ai écouté et discuté avec tous ceux qui avaient un avis pertinent sur le sujet et qui me demandaient de le prendre en considération.

Pour ne pas avoir de regret, et surtout celui d’ignorer une évidence qui aurait facilité mon choix, j’ai été au bout de cet exercice n’écartant aucune possibilité, même les plus insoupçonnées, et qui auraient probablement pu modifier radicalement la chronique d’une campagne déjà écrite.

Au final, mon choix s’est réduit à deux alternatives. La première, cohérente avec ma démarche initiale, maîtrisable, convenue, qui me conduit à rester dans mon domaine associatif et à continuer à jouer ce rôle que je crois essentiel de médiateur entre la société civile et politique, entre la communauté scientifique et l’opinion. Un rôle de passeur pour accompagner et entraîner chaque acteur sur le chemin de la mutation écologique.

La deuxième alternative conduit à me déclarer candidat. Ce choix permettrait de profiter des trois derniers mois de la campagne électorale pour tenter de maintenir au dessus de la mêlée prévisible cette indispensable permanence de réflexion et d’exigence écologique, et d’aller chercher une matérialisation politique autant qu’une garantie électorale du Pacte Ecologique. Et, pourquoi pas, de constituer dans la foulée un mouvement, une force susceptible de pérenniser la mobilisation écologique dans les prochains rendez-vous électoraux. Dès lors, un immense domaine d’incertitude s’ouvrait devant moi : un risque énorme et par là même une chance énorme.

Pour trois raisons, j’ai décidé de ne pas être candidat à l’élection présidentielle et de suspendre mon ingérence politique.

La première raison, la plus importante, revient à dire que j’ai choisi de faire confiance à la parole et à l’engagement des candidats et donc ainsi de respecter la parole implicite que je leur avais donnée de lever l’ hypothèse de ma candidature, dès lors qu’ils répondaient avec sérieux à nos propositions.

La deuxième raison qui me pousse à ne pas être candidat est aussi une question d’honnêteté vis-à-vis des militants écologistes. Dans l’aventure d’une candidature, j’aurai entraîné, à leurs corps défendant, tous ceux qui se battent pour la cause. Un échec de ma part, toujours possible, leur serait préjudiciable ainsi qu’à la cause elle même; en d’autre terme, un faible score électoral réduirait vulgairement à un simple chiffre un enjeu aussi fondamental et magnifique. Il ne faut pas sous-estimer non plus les risques que notre message universel, que beaucoup semblent avoir compris jusqu’ici, soit dénaturé chemin faisant et que sa pertinence ne soit laminée par les mécanismes intransigeants et implacables de la campagne électorale telle qu’elle se déroule habituellement dans notre pays. Le risque que l’on interprète différemment notre engagement et que la forme se substitue une fois encore au fond n’est pas négligeable. J’ai donc pesé le risque qu’une candidature puisse transformer notre légitime exigence en obstination capricieuse et qu’elle soit ainsi susceptible de dévoyer notre démarche. J’aurai compromis alors l’inestimable potentiel qui devrait, quoiqu’il en soit, nous permettre de continuer à peser à l’avenir.

La troisième raison tient au fait que je suis convaincu qu’en restant à l’écart du jeu des pouvoirs, l’élan du Pacte Ecologique va s’amplifier et se transformer en véritable Lobby des Consciences et qu’il aidera à la mutation écologique de la société, en validant et en explicitant sans cesse les choix nécessaires à ce profond changement.

Ayant moi seul fait ce choix, je demande aux candidats d’inscrire dans notre démocratie trois principes supplémentaires, essentiels à mes yeux: Humilité, Mesure et Solidarité.

Je demande et je supplie les candidats de nous montrer dès demain que les mots et les signatures ont enfin un sens, que le temps ne saurait en aucun cas les rendre obsolète. Si les engagements du Pacte Ecologique devaient s’étioler, le discrédit de la politique, j’en conviens parfois exagéré, y trouverait une assise légitime sur laquelle, entre autre, l’abstentionnisme ainsi qu’un désarroi dangereux pourraient se développer.

Je leur demande de faire mentir ceux qui ne manqueront de me reprocher une forme de naïveté. Je leur demande de maintenir jusqu’au deuxième tour l’impératif écologique comme le thème majeur du débat et des réflexions. Je leur demande de ne pas oublier la question de la biodiversité tout aussi cruciale que celle des changements climatiques et, j’en profite pour le dire, qu’ils n’aient pas de scrupules à parler de la condition animale.

Je leur demande qu’ensemble nous travaillons sans à priori sur l’immense domaine de la santé et de l’environnement ainsi que sur la complexe et affolante dynamique de l’artificialisation des sols et de l’étalement urbain. Je leur demande d’organiser dans la foulée des élections, des Etats Généraux de l’Agriculture pour voir comment réconcilier les paysans, la nature et l’alimentation à travers des mécanismes qui favorisent une production de qualité. Je leur demande d’approfondir le chantier de la fiscalité sur le principe d’un déplacement de la fiscalité du travail vers la fiscalité énergétique et environnementale.

Je leur demande aussi et surtout, au delà bien entendu de leurs engagements spécifiques sur nos propositions, de ne jamais oublier la valeur des quatre principes fondamentaux du Pacte Ecologique qu’ils ont signés et que je me dois de rappeler ici.

Les candidats se sont formellement engagés :
1/ à considérer que l’enjeu écologique est une priorité commune qui dépasse les clivages entre partis politiques ; et faire de la France un pays exemplaire en matière de développement durable ;
2/ à faire de la lutte contre le changement climatique et de la préservation de la biodiversité les déterminants majeurs de l’action publique ;
3/ à mettre en place les outils économiques, juridiques, technologiques et éducatifs pour adapter ou réduire notre consommation en fonction des exigences écologiques et sociales actuelles et futures ;
4/ à engager immédiatement une révision fondamentale des politiques de l’énergie, du transport et de l’agriculture.

Par delà le Pacte lui même, je demande aux dirigeants politiques de ne plus mépriser le peuple de l’écologie d’autant qu’il est probable que celui-ci se confonde bientôt, sous le joug des évènements climatiques, avec le peuple tout court. Je demande de considérer les militants associatifs comme des acteurs et des contributeurs indispensables auxquels la réalité des faits confère une plus grande légitimité encore.
Je leur demande, dans cette esprit, de recevoir avec la même attention qu’ils nous ont portée les ONG environnementales, et notamment celles regroupées dans l’Alliance pour la planète, pour évaluer également leurs propositions.

J’invite tous les candidats qui ont signé le Pacte écologique – la plupart s’y sont déjà engagés et je les en remercie – à venir le 31 janvier au matin solenniser publiquement leur signature du Pacte écologique, à formaliser leurs engagements et expliquer leurs propositions devant les associations environnementales et 50 signataires du Pacte Ecologique tirés au sort.

Enfin, j’invite les Français à continuer à soutenir le Pacte Ecologique pour nous aider à maintenir cette exigence et cette vigilance. Les 500 000 signataires d’aujourd’hui doivent être un million demain !
J’annonce que la campagne autour du Pacte Ecologique se prolongera jusqu’aux élections législatives et que, dans le même esprit de cohérence et de mobilisation, nous inviterons les députés à souscrire à une formule adaptée du Pacte.

Nous envisageons également après nos propres rendez vous électoraux de tenter de déployer le Pacte au niveau européen.

Au sein du Comité de Veille Ecologique de la Fondation Nicolas Hulot, nous créons un Observatoire permanent pour évaluer et analyser les propositions à venir. Cet observatoire veillera, tout au long de la campagne électorale et après celle-ci, au respect des propositions déjà formalisées par les uns et les autres.

Je veux dire aux 500 000 signataires du Pacte Ecologique et aux membres du Comité de Veille Ecologique ainsi qu’à l’équipe de la Fondation que leur confiance m’oblige et qu’ils peuvent être certains que je mettrai tout mon poids pour que les engagements soient tenus.

Ensemble sortons du cycle de la peur et de la prostration pour entrer dans celui de l’espoir et de la détermination !

Je crois que dorénavant nous avons collectivement compris que nous ne pouvons pas éternellement fuir les faits tels qu’ils sont, que les ignorer est une injure à l’avenir et à la vie. Prendre en compte la réalité, c’est l’ultime occasion de manifester notre Humanité et d’incarner notre solidarité avec le futur, de consacrer la communauté de destin qui unit tous les êtres vivants et de redonner du sens au Progrès.

Si vous le voulez bien, je m’en tiendrai là pour le moment. De nombreuses occasions se présenteront dans les semaines à venir pour répondre à vos questions.

Je vous remercie !


Nicolas Hulot, 22 janvier 2007

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