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Faire Tribu d’Hugo Paul : 365 jours d’exploration pour renouer avec la puissance du collectif dans un monde qui nous isole

Dans un monde où l’individualisme est partout et ne cesse de nous isoler, comment recréer des liens authentiques pour retrouver le sens du « nous » ? Muni de son carnet et de son sac à dos, Hugo Paul a décidé d’entreprendre une exploration humaine hors du commun : pendant un an, il est parti vivre au cœur d’une dizaine de communautés pour retrouver l’art de faire ensemble. Quels sont les secrets de ces collectifs ? Comment les appliquer dans nos propres vies ?

De l’histoire millénaire d’un monastère aux traditions des Samis, dernier peuple autochtone d’Europe, en passant par une école dans la forêt, Hugo nous plonge dans le quotidien de ces communautés et transmet les principes fondateurs de la coopération dont nous avons tant besoin aujourd’hui pour aller mieux.

Prêt à faire tribu ?

Résumé

Dans un monde où l’individualisme est partout et ne cesse de nous isoler, comment recréer des liens authentiques pour retrouver le sens du « nous » ?

Muni de son carnet et de son sac à dos, Hugo Paul décide d’entreprendre une exploration humaine hors du commun : pendant un an, il part vivre au cœur d’une dizaine de communautés pour retrouver l’art de faire ensemble.

Quels sont les secrets de ces collectifs ? Comment les appliquer dans nos propres vies ?

De l’histoire millénaire d’un monastère aux traditions des Samis, dernier peuple autochtone d’Europe, en passant par une école dans la forêt, Hugo nous plonge dans le quotidien de ces communautés et transmet les principes fondateurs de la coopération dont nous avons tant besoin aujourd’hui pour aller mieux.

Faire Tribu

Une quête inspirante et porteuse d’espoir pour toutes les personnes qui souhaitent réinventer leur lien à l’autre et renouer avec la puissance du collectif afin de bâtir un avenir à la hauteur de leurs rêves.

Hugo Paul

L’auteur

Âgé de 25 ans, Hugo Paul est un explorateur de communautés : il part à la rencontre d’une diversité de collectifs pour créer des ponts au service du bien commun. Entre deux immersions, il réalise des conférences au sein d’organisations afin qu’elles puissent renouer avec la puissance du collectif, et il les accompagne pour développer l’impact de leurs communautés. Il est également mobilisé depuis plus de sept ans dans de nombreux mouvements citoyens, avec une mission : partager l’art de faire ensemble.

Prendre le Chemin de la Nature pour connaître les plantes sauvages, les champignons et leurs usages

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Le Chemin de la Nature a été fondé en 2012 par Christophe de Hody, botaniste et mycologue de terrain pour transmettre la connaissance des plantes sauvages, des champignons et de leurs usages au plus grand nombre. Des balades, stages ou formations en ligne, menées par des experts de la biodiversité, sensibilisent le grand public à la nature sauvage et donnent à chacun les outils adaptés à leur environnement. Christophe de Hody, fondateur du Chemin de la Nature, a accepté de répondre aux questions Cdurable.

Connaître les plantes et champignons

Guidé par une volonté de proposer des solutions ludiques et immersives pour intégrer davantage les plantes et les champignons dans notre quotidien, depuis son lancement, le Chemin de la Nature a réuni plus 11 000 cueilleurs urbains dans sa communauté.

« Si l’humain a ce besoin instinctif d’être au cœur de la nature, le mode de vie des citadins ne permet pas toujours de pouvoir s’y ressourcer« , reconnait Christophe de Hody. « Les plantes sauvages font partie de notre patrimoine, mais le savoir ancestral lié à leur utilisation a fini par tomber dans l’oubli« .

Avec le Chemin de la Nature, nous souhaitons renforcer le lien de chacun à la Terre et à ses ressources afin de pouvoir au mieux les protéger.

Christophe de Hody, fondateur du Chemin de la Nature, botaniste et mycologue de terrain

Questions Cdurable !
ou c’est pas durable ?

Au delà des communiqués, qui ne présentent souvent que le « meilleur », et du développement durable, qui ne fait que tenter de réduire les impacts négatifs d‘une croissance volumique, nous nous intéressons aujourd’hui, 20 ans après la création de Cdurable.info, aux questions essentielles. Alors Cdurable ou pas ? 9 questions qui nous invitent à Comprendre pourquoi Agir & Coopérer avec le vivant, Cdurable !

Christophe de Hody, fondateur du Chemin de la Nature, botaniste et mycologue de terrain, a accepté de répondre aux neufs questions Cdurable

Christophe de Hody, fondateur du Chemin de la Nature, botaniste et mycologue de terrain, a accepté de répondre aux neufs questions Cdurable, essentielles comme les neufs besoins fondamentaux des êtres vivants dont les humains que nous sommes …

1 – Quelle est la nature de ma relation avec le vivant ?

Ma relation avec le vivant est avant tout une histoire de plaisir et de découverte.

Depuis mon enfance, j’ai toujours été fasciné par la nature, les plantes, les champignons et la diversité du monde vivant. Ce qui m’anime, c’est cette proximité intime avec le végétal et le fongique, cette présence qui permet d’observer, de comprendre et de ressentir la nature à travers tous mes sens. Quand on connaît la nature, on ne la regarde plus de la même manière : on la voit vraiment, on la comprend, on est pleinement dans l’instant présent. C’est cette connexion profonde qui me guide et que je cherche à transmettre à travers Le Chemin de la Nature.

2 – Quels sont mes besoins et choix d’alimentation ?

Je consomme majoritairement des produits de saison, locaux et biologiques autant que possible. J’intègre également dans mon quotidien des plantes sauvages, des champignons et des algues, qui sont non seulement des trésors nutritionnels, mais aussi une manière de renouer avec des savoirs traditionnels et une alimentation plus résiliente.

3 – Quel est mon type d’habitat actuel et idéal ?

Je vis aux portes de Paris et près d’un bois, dans un environnement qui pourrait être qualifié de “forêt urbaine” ou de “bois urbain”, un équilibre entre ville et nature. Ce choix me permet d’avoir accès à la fois aux ressources et à l’effervescence de la ville, tout en restant connecté à des espaces naturels, où je peux observer, me promener et pratiquer ma passion. La diversité est essentielle pour moi, et je la recherche aussi dans mon cadre de vie.
Être proche d’un bois ne se limite pas seulement à mon bien-être personnel, c’est aussi un atout fondamental dans mon activité. Cette proximité me permet d’organiser régulièrement des sorties terrain, d’animer des balades botaniques et mycologiques tout au long de l’année, sans contrainte logistique majeure.

4 – Quelle activité physique favorise mon bien-être et ma santé

La marche est mon activité physique principale : c’est une manière à la fois simple et puissante de se reconnecter à son corps et à la nature. Elle est au cœur de mes explorations et de mes sorties en forêt. J’y associe du renforcement musculaire pour garder un bon équilibre physique et préserver ma mobilité. Ces pratiques me permettent de rester en forme et d’être toujours prêt pour mes activités sur le terrain.

5 – Quels savoirs m’ont permis de comprendre comment agir ?

Tout mon parcours a été façonné par des savoirs liés aux écosystèmes et à la biodiversité.

J’ai appris autant par la transmission académique que par l’expérience sur le terrain. Mais au-delà de mon apprentissage personnel, mon véritable objectif est de rendre ces connaissances accessibles au plus grand nombre. C’est pourquoi, à travers Le Chemin de la Nature, je cherche à vulgariser ces savoirs et à donner aux gens les outils pour qu’ils puissent eux-mêmes agir en connaissance de cause. Transmettre est pour moi une mission essentielle, qui permet de perpétuer ces connaissances et de les rendre vivantes.

6 – Quel est le sens que je donne à mon travail ?

Je trouve du sens dans mon travail parce qu’il est directement lié à ce que j’aime faire et à ma passion pour la nature.

Plus on comprend la biodiversité, plus on a envie de la préserver.

Ce que j’aime, c’est emmener les gens dans la nature, leur faire découvrir ces trésors cachés, partager avec eux un moment de plaisir et d’émerveillement. L’éducation à la nature, c’est à la fois une source de plaisir et un levier puissant pour la protection de l’environnement.

7 – Quelle énergie j’utilise pour mes usages et besoins ?

Je ne possède pas de voiture, donc je me déplace principalement en transport en commun et à pied. C’est une démarche qui est à la fois cohérente avec mes engagements et en accord avec mon mode de vie. La marche fait partie intégrante de mon quotidien, autant pour mes activités professionnelles que personnelles.

8 – Quelle est mon implication personnelle pour l’intérêt général ?

Mon engagement passe avant tout par Le Chemin de la Nature. À travers cette initiative, je contribue à la transmission des savoirs, à la sensibilisation et à l’éducation environnementale. Mon objectif est de permettre à chacun de mieux comprendre et d’apprécier la nature, afin de mieux la respecter et la préserver.

9 – Quels sont mes liens de coopération et ma participation au bien commun ?

Je crois beaucoup en la coopération et en l’intelligence collective. Mon travail s’inscrit dans une démarche de partage et de transmission, que ce soit avec mon équipe, avec les experts qui m’accompagnent ou avec la communauté qui s’est formée autour du Chemin de la Nature. En rassemblant des botanistes, mycologues, pharmaciens et biologistes, nous avons pu construire des formations solides et accessibles à tous, contribuant ainsi au bien commun.

10 – Carte blanche : quel est le message essentiel que vous souhaitez faire passer à nos visiteurs ?

Je voudrais que chacun puisse prendre conscience de l’importance d’agir pour un mode de vie plus durable, mais en trouvant du plaisir dans cette démarche. Nous ne pouvons pas être sur tous les fronts, mais nous pouvons chacun agir à notre échelle en choisissant les actions qui résonnent le plus avec nous. Pour cela, il est essentiel de s’informer, de comprendre les impacts de nos choix et de voir comment nous pouvons, à notre manière, apporter du changement.

L’idée, c’est d’agir par plaisir, car ce qui est source de plaisir devient durable.

Watt Watchers : un programme de sobriété énergétique soutenu par les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE)

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Face aux enjeux énergétiques et climatiques actuels, la réduction de la consommation d’énergie est devenue une priorité pour les ménages et les pouvoirs publics. La consommation énergétique est une préoccupation pour 9 consommateurs sur 101. Comment aider les ménages à identifier les actions les plus efficaces pour réduire leur facture énergétique ? Watt Watchers est une initiative innovante pour aider les foyers à réduire leur consommation d’énergie et à adopter des pratiques plus sobres. Florence Hoffmann, Responsable du Programme Watt Watchers, a accepté de répondre aux questions Cdurable.

Les objectifs du programme

Ce programme, lauréat de l’appel à projets Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) 2023, se déploie sur la période 2024-2027 avec pour objectifs :

  • de réduire la consommation énergétique de 600 000 foyers français,
  • d’optimiser les politiques publiques avec des résultats mesurables
  • et de réduire l’empreinte carbone et promouvoir une sobriété énergétique positive.

Watt Watchers propose un parcours complet et personnalisé pour chaque ménage, incluant des conseils sur les écogestes, des recommandations d’équipements économes, et un accompagnement pour les travaux de rénovation.

Grâce à l’analyse des données des compteurs communicants, le programme mesure les économies réelles réalisées et aide à orienter les foyers vers les actions les plus efficaces. L’objectif est de rendre la sobriété énergétique accessible à tous, en valorisant des solutions simples, adaptées et mesurables, tout en renforçant l’impact collectif de ces actions.

Ce programme s’adresse à tous les foyers français, avec une initiative spécifique pour les ménages en situation de précarité énergétique, en leur offrant un soutien personnalisé et un accès facilité aux aides disponibles.

En favorisant une approche positive et collective, Watt Watchers transforme la transition énergétique en une opportunité pour tous d’agir concrètement et efficacement en faveur de l’environnement.

Les acteurs du programme

Watt Watchers mobilise un réseau d’une quinzaine d’acteurs clés, incluant les 5 entreprises pilotes Winter, Homeys, e-graine, Sonergia et le CSTB, ainsi que des soutiens institutionnels tels que le gouvernement, des financeurs et des associations engagées, pour accompagner les foyers français vers une sobriété énergétique mesurable et impactante.

  • WINTER : Winter est une société à mission avec pour raison d’être « Accompagner les foyers vers un changement durable de leurs pratiques de consommation d’énergie, afin d’avoir un impact massif sur notre climat et notre société ». La société rassemble une équipe qui partage la conviction qu’une nouvelle forme de sobriété peut émerger : une sobriété positive – qui transforme les économies d’énergie en un jeu d’enfant – mais aussi une sobriété collective et solidaire – bref, la brique indispensable pour une transition énergétique réussie. Pour cela, Winter développe l’application Watt Watchers à destination du grand public pour comprendre et réduire sa facture d’énergie à la maison.
  • HOMEYS : Depuis 2018, Homeys développe une solution SaaS pour collecter et analyser les données énergétiques des bâtiments. Grâce aux données issues des compteurs communicants, à l’open data et à l’intelligence artificielle, Homeys conçoit des modules métiers adaptés aux besoins de ses clients. Labellisée Greentech et lauréate du concours d’innovation de l’ADEME, Homeys accompagne 200 entreprises, professionnels de l’énergie, gestionnaires de parcs immobiliers et entreprises multi-sites, dans leur transition énergétique.
  • UNION DES ASSOCIATIONS E-GRAINE : Depuis sa création en 2006, le mouvement e-graine a développé une solide expertise de création et d’animation de dispositifs éducatifs innovants pour accompagner l’engagement des citoyens et citoyennes et construire des territoires solidaires et responsables. En 2016, l’Union des associations e-graine (Union) a été créée afin de décupler l’impact social du mouvement et de faciliter le déploiement de ses actions sur toute la France. Le mouvement e-graine proposera, en collaboration avec un consortium d’acteurs de terrain (Unis-Cité, Terravox et la Copro des Possibles), des milliers d’événements locaux pour sensibiliser et mobiliser les citoyen·nes à la sobriété énergétique pendant la durée du Programme.
  • SONERGIA : Sonergia est une société à mission spécialiste du financement de l’efficacité énergétique créée en 2009 avec pour raison d’être « Concrétiser vos projets d’économies d’énergie, pour servir d’impulsion à la transition énergétique globale de nos territoires : voilà la raison d’être de Sonergia ! ». La société est reconnue Société délégataire du dispositif des CEE par le Ministère en charge de l’énergie. Elle accompagne et finance les projets de rénovation énergétique en s’appuyant sur le dispositif des Certificats d’Économies d’Énergie (CEE), MaPrimeRénov’ et sur un réseau de partenaires sur toute la France. Sonergia participe au déploiement de six programmes CEE qui proposent des actions de sensibilisation pour lutter contre la précarité énergétique et des alternatives décarbonées de déplacement.

Questions Cdurable !
ou c’est pas durable ?

Au delà des communiqués, qui ne présentent souvent que le « meilleur », et du développement durable, qui ne fait que tenter de réduire les impacts négatifs d‘une croissance volumique, nous nous intéressons aujourd’hui, 20 ans après la création de Cdurable.info, aux questions essentielles. Alors Cdurable ou pas ? 9 questions qui nous invitent à Comprendre pourquoi Agir & Coopérer avec le vivant, Cdurable !

Florence Hoffmann, Responsable du Programme Watt Watchers, a accepté de répondre aux questions Cdurable

Florence Hoffmann, Responsable du Programme Watt Watchers, a accepté de répondre aux neufs questions Cdurable, essentielles comme les neufs besoins fondamentaux des êtres vivants dont les humains que nous sommes …

1 – Quelle est la nature de ma relation avec le vivant ?

Ma relation avec le vivant est très personnelle. J’ai été très longtemps une citadine très éloignée du vivant, et ce n’est que depuis quelques années que je me suis rapprochée de la nature.

Habitant en Savoie à côté des montagnes, la nature est essentielle pour me ressourcer au quotidien.

Florence Hoffmann, Responsable du Programme Watt Watchers,

Cette relation avec le vivant a également guidé mes choix professionnels. Être responsable du programme de sobriété énergétique Watt Watchers, c’est participer à un objectif de réduction de centaines de milliers de tonnes de CO2/an grâce aux économies d’énergie réalisées par les foyers participants, et ainsi contribuer à mon échelle à la préservation de la planète et du vivant.

2 – Quels sont mes besoins et choix d’alimentation ?

C’est en réalisant pour la première fois mon bilan carbone personnel que j’ai pris conscience de l’impact de mes choix d’alimentation sur la planète. Depuis, je mange moins de viande et privilégie une alimentation plus locale et de saison.

Cela permet de réduire mon impact environnemental, mais c’est aussi meilleur pour la santé. J’ai la chance d’avoir de super producteurs locaux, cela serait dommage de ne pas en profiter.

3 – Quel est mon type d’habitat actuel et idéal ?

J’habite dans une maison dans un village, entourée de montagnes.

Pour moi l’habitat idéal est sobre en énergie et ressources, tout en étant confortable, ce qui est tout à fait compatible.

Avec une très bonne isolation dans la maison et une cuve de récupération d’eau dans le jardin, nous faisons des économies d’énergie et d’eau, sans impact sur notre confort. C’est aussi l’objet du programme Watt Watchers via son application de donner des conseils pertinents pour faciliter l’accès à la sobriété énergétique pour tous les foyers, y compris les plus précaires.

4 – Quelle activité physique favorise mon bien-être et ma santé

L’activité physique est essentielle à mon bien-être. Je fais principalement du trail dans les chemins de montagne, et je me déplace dès que possible à vélo. Je vais également nager plusieurs fois par semaine.

Je me rends au travail à vélo, ce qui me permet de faire une centaine de kilomètres à vélo par semaine, en longeant le lac du Bourget. C’est un vélo électrique, mais avec l’assistance au minimum, cela reste une bonne activité physique et l’occasion de prendre l’air au quotidien !

5 – Quels savoirs m’ont permis de comprendre comment agir ?

Je m’informe énormément au quotidien via des lectures, podcasts etc… Dans ma vie professionnelle en tant que responsable de programme, j’ai de nombreuses interactions avec des acteurs référents de la sobriété énergétique, ce qui rend mon travail passionnant.

Le programme Watt Watchers rassemble une quinzaine d’acteurs très différents et complémentaires : des petites entreprises spécialisées dans l’énergie, mais aussi des associations engagées dans la mobilisation citoyenne et des acteurs scientifiques.

6 – Quel est le sens que je donne à mon travail ?

Mon travail a pour objectif d’aider les foyers français à réduire leur consommation et coûts énergétique, et donc leur impact écologique, mais aussi de mesurer l’impact réel des économies d’énergie.

Au quotidien, j’ai un rôle de chef d’orchestre : je coordonne les différents acteurs du programme pour nous permettre d’atteindre les objectifs fixés d’ici fin 2027, à savoir 600 000 foyers français accompagnés vers la sobriété énergétique.

7 – Quelle énergie j’utilise pour mes usages et besoins ?

Ma priorité est avant tout de réduire ma consommation d’énergie : la meilleure énergie, c’est celle qu’on ne consomme pas !

Pour mes déplacements je limite l’usage de la voiture, et à la maison quelques écogestes simples comme la diminution du chauffage et une bonne isolation m’ont permis de diminuer fortement les consommations.

8 – Quelle est mon implication personnelle pour l’intérêt général ?

Je mets beaucoup d’énergie à sensibiliser et mobiliser autour des sujets environnementaux, dans ma vie professionnelle mais aussi personnelle.

Je m’efforce de partager mes convictions sans jugement, et avec le maximum de pédagogie, ce qui n’est pas toujours évident. J’essaie aussi de montrer que le passage à l’action peut être bénéfique pour tout le monde, et qu’une action environnementale a souvent des co-bénéfices.

9 – Quels sont mes liens de coopération et ma participation au bien commun ?

La coopération est au cœur même du programme Watt Watchers. Le programme Watt Watchers rassemble une quinzaine d’acteurs et nous développons de nouveaux partenariats afin de maximiser l’impact du programme.

10 – Carte blanche : quel est le message essentiel que vous souhaitez faire passer à nos visiteurs ?

La sobriété peut être heureuse et positive, et ne doit pas être vécue comme une contrainte.

Réduire ses consommations d’énergie par exemple, c’est bien pour la planète, mais aussi pour son porte-monnaie. Chez Watt Watchers, nous proposons un accompagnement personnalisé et mesurable, afin de rendre le passage à l’action ludique et désirable.

A propos de Florence Hoffmann

Diplômée d’HEC, Florence Hoffmann a commencé sa carrière chez Capgemini Invent, en tant que consultante, où elle a développé une expertise pointue dans l’accompagnement des entreprises à travers des projets de transformation. Elle poursuit chez SBM Company en tant que chef de projet, puis comme responsable de développement durable. Depuis début septembre 2024, Florence pilote le programme de sobriété énergétique, Watt Watchers, lauréat de l’appel à projets Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) 2023.

Ce programme, dédié à la sobriété énergétique, a pour objectif d’accompagner les entreprises et les particuliers dans la réduction de leur consommation d’énergie, en mettant en place des solutions innovantes et des stratégies d’optimisation énergétique. À travers cette mission, Florence s’engage pour un avenir plus durable, alliant son expertise en gestion de projets à sa passion pour les enjeux environnementaux.


  1. Selon le baromètre info-énergie 2022 ↩︎

Repenser le marketing pour passer de la surconsommation à la durabilité

Le Club de la Durabilité publie « Marketing durable : stratégies et bonnes pratiques pour allonger la durée de vie des produits ». Un guide pratique pour les professionnels du marketing souhaitant transformer leurs pratiques afin de s’aligner sur les objectifs de l’économie circulaire. Il s’adresse également aux décideurs publics souhaitant une réglementation plus ambitieuse et un impact mesurable.

Historiquement, le marketing joue un rôle crucial dans l’obsolescence en stimulant les désirs des consommateurs et en encourageant un renouvellement accéléré des biens, même encore fonctionnels.

Face à ce constat, il semble clair que le marketing tel qu’il est conçu traditionnellement présente un obstacle majeur à de meilleures pratiques de consommation et à une réduction des impacts environnementaux.

Le marketing traditionnel : au service de la production et consommation de masse

Inciter au renouvellement prématuré de produits encore fonctionnels, encourager à la surconsommation en favorisant la nouveauté au détriment de la durabilité… Le
marketing joue un rôle crucial dans l’obsolescence
en stimulant les désirs des consommateurs et en encourageant un renouvellement accéléré des biens, même encore fonctionnels.

Les modèles économiques dominants, fondés sur la vente de biens en volume et la stratégie de croissance des entreprises, peuvent en partie expliquer cela : la saturation de la plupart des marchés incite les marques à opter désormais pour une croissance intensive, à savoir l’augmentation de la consommation des clients existants.

Le marketing devient donc un outil de la surconsommation, à travers plusieurs leviers (“4P”) :

  • Le produit : Le renouvellement des gammes de produits se fait parfois via des versions à peine modifiées au détriment de la modularité et la capacité d’amélioration des versions précédentes5, créant une demande artificielle pour la nouveauté.
    • Par exemple, dans le secteur de l’électronique grand public, la sortie des nouveaux modèles d’iphone est devenue un rendez-vous annuel rituel pour les adeptes de la marque.
    • Dans le textile, alors que la fast fashion s’attèle à la multiplication des collections depuis des années6, l’ultra fast-fashion bat aujourd’hui tous les records avec l’exemple de Shein qui met sur le marché plus de 7 000 modèles de vêtements inédits par jour7.
    • ll en va de même pour la “Fast Deco” avec la multiplication des collections8.
  • À travers le prix : Les promotions et offres spéciales incitent à l’achat impulsif9, renforçant l’idée qu’il est préférable d’acheter maintenant pour bénéficier d’une «bonne affaire», même si le besoin n’est pas réel.
  • À travers la promotion (communications commerciales) : Les campagnes publicitaires classiques valorisent systématiquement les nouveaux produits, tout en décrédibilisant l’ancien. Cela renforce l’impression que posséder un produit de la
    génération précédente est moins valorisant, voire inutile.
  • À travers la “place” (distribution) : L’organisation des magasins physiques et des plateformes en ligne est conçue pour maximiser les ventes grâce à des techniques de merchandising sophistiquées. Que ce soit des techniques de retargeting ou d’offres personnalisées pour maintenir un attrait constant pour la nouveauté, ou des des “dark patterns” qui poussent les utilisateurs à faire des choix non-conscients10

Vers un marketing responsable : une réponse nécessaire et attendue

Face à ce constat, il semble clair que le marketing tel qu’il est conçu traditionnellement présente un obstacle majeur à de meilleures pratiques de consommation et à une réduction des impacts environnementaux.

Repenser le marketing non pas comme un outil de surconsommation mais comme un allié à une consommation raisonnée et raisonnable est donc l’objectif.

Le marketing durable joue un rôle essentiel dans la transition vers une économie circulaire.

Il est crucial de repenser les stratégies marketing des entreprises afin de promouvoir des produits, services et pratiques plus responsables. C’est une condition sine qua non pour rendre désirable la circularité, la durabilité, voire la sobriété, et ainsi changer profondément les comportements de consommation
afin de réduire drastiquement les impacts.

Il ne s’agit plus de maximiser les ventes, mais de promouvoir des comportements d’achat durables, socialement et environnementalement
responsables
.

Selon une enquête de l’Ademe (2020), 92 % des consommateurs français attendent des marques qu’elles prennent des engagements concrets et les aident à mieux consommer. Ce changement de paradigme implique de :

  • Repenser l’offre pour limiter l’obsolescence marketing et promouvoir des produits durables, réparables ou issus du réemploi.
  • Réorienter la communication pour renforcer la transparence et la crédibilité des messages, tout en évitant le greenwashing.
  • Former et sensibiliser les acteurs et les consommateurs pour les accompagner vers des choix plus responsables et rendre désirable la durabilité.

Les recommandations clés du guide

Repenser le marketing non pas comme un outil de surconsommation mais comme un allié d’une consommation raisonnée et raisonnable !

Parmi les recommandations phares : 

  • Promouvoir la sobriété : réduire pour mieux consommer. Questionner le besoin doit devenir un réflexe systématique, afin que la sobriété devienne la norme. Cela passe par réduire les gammes de produits et limiter les promotions trompeuses.
  • Offrir des services pour prolonger la durée d’usage des produits. Les acteurs engagés pour la durabilité doivent non seulement promouvoir des produits conçus pour durer, mais aussi offrir des services au consommateur pour faciliter l’allongement de leur durée d’usage.
  • Communiquer de manière responsable et transparente. Les entreprises doivent adopter une approche transparente dans leur communication, en privilégiant des messages clairs sur la durabilité de leurs produits, sans recours à des techniques marketing agressives. 
  • Sensibiliser pour changer les habitudes de consommation. Les pratiques marketing durables ne peuvent être pleinement efficaces que si les consommateurs sont sensibilisés aux enjeux de la durabilité. L’éducation du public est essentielle pour promouvoir une consommation raisonnée et responsable.

Pour les décideurs publics, le Club de la Durabilité recommande notamment de : 

  • > Favoriser la durabilité des produits et services en amont des choix marketing des entreprises. A travers l’encouragement à l’écoconception, la production de données officielles sur l’impact des produits et services pour une meilleure valorisation, tout en restant vigilant sur la prolifération des labels.
  • > Renforcer la réglementation sur la publicité et les pratiques marketing agressives.Il est nécessaire de réviser et augmenter l’encadrement des pratiques publicitaires, tout en contrôlant et sanctionnant les abus.
  • > Promouvoir une transformation culturelle des modes de production et de consommation.Encourager une consommation plus responsable et former les citoyens doit aller de pair avec simplifier les offres et limiter les opérations commerciales.

Réussir son Plan global de Transition Énergétique, Sociale et Environnementale en 6 étapes

Le Plan de Transition Énergétique, Sociale et Environnementale que toute entreprise devrait mettre en place est un outil stratégique qui se décline en 6 étapes. Directeur RSE, Expert ESG ou formateur en écologie, si vous ne savez pas comment construire ce plan stratégique ni par quelle étape commencer, Positive Transformation .World apporte son éclairage.

Un plan de Transition Ecologique, Sociale et Environnementale est un outil
stratégique. Il permet d’adapter l’entreprise aux évolutions économiques, écologiques, énergétiques et sociales.et se décline en 6 étapes :

  • 1️⃣ Diagnostic environnemental et énergétique
  • 2️⃣ Amélioration de l’efficacité énergétique
  • 3️⃣ Sensibilisation et implication des collaborateurs
  • 4️⃣ Optimisation des procédés industriels
  • 5️⃣ Intégration des énergies renouvelables et autoconsommation
  • 6️⃣ Suivi, pilotage et amélioration continue

1 – Diagnostic environnemental et énergétique

Il s’agit d’estimer la consommation d’énergie des activités de l’entreprise et
d’en mesurer les conséquences écologiques, à l’aide d’un bilan carbone et des audits.

2 – Amélioration de l’efficacité énergétique

L’objectif est de réduire la consommation d’énergie de l’entreprise. Cela passe, nlotamment, par une optimisation de ses infrastructures et équipements.

3 – Sensibilisation et implication des collaborateurs

C’est grâce à ses collaborateurs que l’entreprise réussira sa transition. Formations, ateliers, séances de sensibilisation … autant d’outils pour leur expliquer les enjeux du plan de transition.

4 – Optimisation des Procédés Industriels

Il s’agit de réduire l’empreinte carbone en valorisant l’énergie créée par les activités de l’entreprise et en chassant les gaspillages.

5 – Intégration des énergies renouvelables et autoconsommation

L’entreprise doit passer aux énergies renouvelables : biomasse, photovoltaïque, géothermie… Cela implique un renouvellement de ses
équipements.

6 – Suivi, Pilotage et Amélioration continue

C’est la phase d’évaluation et de reporting du projet de l’entreprise, qui doit également faire le point sur ses certifications.

Livre Blanc

Les obligations règlementaires en matière de RSE
Les appliquer pour un engagement fructueux

Réconcilier écologie et vie quotidienne : quel chemin pour une transition réussie ?

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Dans le contexte actuel de refus écologique, pour Géraud Guibert, Président de La Fabrique Écologique (LFE), il est indispensable que la transition écologique soit associée à une amélioration de la vie quotidienne. Une approche critique et offensive est même essentielle, selon lui. Les politiques écologiques doivent désormais améliorer la vie quotidienne sans pénaliser les « prisonniers écologiques », empêchés d’agir pour des raisons économiques. C’est le sens de notre nouvelle note.

Pour réussir la transition écologique dans le contexte actuel, les politiques écologiques doivent avoir pour objectifs prioritaires d’améliorer la vie quotidienne, en prenant en compte les inégalités sociales. De ce fait, elles doivent s’adapter pour ne plus peser sur les « prisonniers écologiques », celles et ceux qui aimeraient pouvoir choisir des solutions favorables à la transition écologique, mais qui ne le peuvent pas pour des raisons pratiques et économiques. Pour cela, La Fabrique écologique propose de renverser la logique. Il faut d’abord améliorer la vie quotidienne afin d’agir sur la transition et non pas l’inverse. Cette volonté doit être co-construite avec les citoyens afin de la rendre la plus juste et efficiente possible.

Nouvelle note de la Fabrique écologique, « Écologie et vie quotidienne : le chemin d’une transition réussie. Comment sortir du refus écologique ?  » a été rédigée par Géraud GUIBERT, Swann Gros-Borot, Jean-François Caron, Valerie Guillard et Lucile Schmid.

Depuis quelques années, on observe une forme de refus écologique. Ce dernier est en partie lié à la mise en place de politiques descendantes et déconnectées de certaines réalités.

Cette note propose des pistes concrètes pour rendre la transition écologique plus juste, désirable et accessible à tous.tes.

Pour réussir la transition écologique dans le contexte actuel, il faut agir pour des budgets publics et des réglementations à la hauteur des enjeux. Comme il faut agir pour réduire les inégalités. Mais il est aussi indispensable d’adopter une démarche critique et offensive. Certaines caractéristiques des politiques écologiques ont leur part de responsabilité dans les difficultés actuelles. Elles doivent dorénavant avoir pour objectif prioritaire d’améliorer la vie quotidienne, en prenant en compte les inégalités sociales.

De ce fait, elles doivent s’adapter pour ne plus peser sur les « prisonniers écologiques », celles et ceux qui aimeraient pouvoir choisir des solutions favorables à la transition écologique, mais qui ne le peuvent pas pour des raisons économiques. Pour cela, nous proposons de renverser la logique. Il faut d’abord améliorer la vie quotidienne afin d’agir sur la transition et non pas l’inverse.

Cette volonté doit être co-construite avec les citoyens afin de la rendre la plus juste et efficiente possible. De nombreuses propositions sont possibles dans cette logique. Parmi celles-ci, nous souhaitons mettre en débat trois d’entre elles.


Le groupe de travail a ainsi élaboré 3 propositions développées dans la Note :

  • #1 L’alignement des prix des produits « propres » sur ceux des produits « sales » (alimentation bio, train versus avion low-cost sur moyennes distances…).
  • #2 Un plan cancer qui comporte un vrai volet d’action sur ses causes environnementales, financé par la sécurité sociale.
  • #3 La mise en place d’un grand programme de lutte contre le gaspillage collectif.

PROPOSITION 1

L’alignement des prix des produits « propres » sur ceux des produits « sales », sur des secteurs comme l’alimentation ou le transport, principalement via des mesures fiscales.

PROPOSITION 2

Prévoir un « plan cancer » financé par la Sécurité Sociale, intégrant un volet sur ses causes
environnementales
(pesticides, particules fines).

PROPOSITION 3

Mettre en place un grand programme de lutte contre le gaspillage collectif, en passant d’une
responsabilité individuelle à une approche systémique
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Ce travail est ouvert à la co-construction citoyenne. N’hésitez pas à participer à son amélioration en suggérant des modifications sur notre site.

Les insectes sont-ils vraiment si différents de nous ?

« La Planète des insectes » de Mathieu Lihoreau est une plongée dans l’univers fascinant de l’intelligence cachée des insectes. Et une invitation à changer notre regard sur les bousiers, les guêpes ou même les moustiques pour construire un futur plus durable grâce à eux … Un livre aux éditions TANA, en librairie le 27 Mars 2025.

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Une nouvelle collection : CHRONIQUES SAUVAGES

Une collection portée par Audrey Dussutour, chercheuse  de renom et porte-voix engagée

Ce livre n’est pas une simple exploration scientifique : c’est une véritable immersion dans la tête des insectes.

En suivant Mathieu Lihoreau, éthologue de renommée internationale, vous voyagerez de Toulouse à Fukushima, sur les traces du célèbre naturaliste passionné d’insectes Jean-Henri Fabre.

Vous découvrirez comment les récentes découvertes sur les insectes, de leurs comportements complexes à leur possible conscience, bousculent nos certitudes.

Loin des manuels académiques, cet ouvrage se lit comme un roman d’aventure scientifique, avec une touche d’humour.

Il pose des questions fondamentales sur notre place dans l’écosystème :

  • Pourquoi avons-nous de l’affection pour les abeilles ?
  • Pourquoi avons-nous de la répulsion pour les araignées ?
  • Qu’est-ce que cela dit de notre rapport à la nature ?

À travers les tests que les chercheurs font passer aux frelons ou aux criquets et leurs observations de terrain, découvrez un mode de vie qui pourrait nous inspirer des solutions pour lutter contre la crise environnementale. Maîtres de la survie, ces créatures minuscules détiennent peut-être les clés d’un avenir plus durable…

A propos de l’auteur Mathieu Lihoreau

  • Mathieu Lihoreau, éthologue au CNRS, est un expert de l’intelligence animale, en particulier celle des insectes. Après avoir percé la communication chimique des fourmis, la personnalité des blattes, ou encore le vote des mouches, il dirige actuellement une équipe de recherche à Toulouse avec laquelle il scrute les mouvements des abeilles en milieu naturel grâce à des radars et à des plantes robotiques. Passionné par la vulgarisation scientifique, il est l’auteur de À quoi pensent les abeilles ? (humenSciences, 2022). Il vit à Toulouse.

À quoi pensent les abeilles ?

FICHE TECHNIQUE

  • Prix : 19,90 €
  • Pagination : 224 pages
  • Parution : 27 mars 2025

Les Insectes en BD – Bamboo édition

La BD « anti-bourdon » qui ne manque pas de z’ailes !

  • Savez-vous que les insectes ont des sentiments ?
  • Et qu’un parasite oblige des fourmis à devenir flemmardes ?
  • Et connaissez-vous la guêpe Dinocampus qui transforme la coccinelle en garde-manger vivant ?
  • Savez-vous que certaines abeilles peuvent tuer un frelon rien qu’en agitant les ailes ?
  • Que les termites communiquent en se tapant la tête sur les parois de la termitière ?
  • Ou encore que la larve du fourmilion attrape ses proies en les faisant tomber dans un piège diabolique

Entre humour et vérité scientifique, découvrez les secrets d’un monde fascinant : celui des insectes.

Embarquez pour un voyage fascinant au pays des insectes avec une collection de 8 tomes où on apprend des tas de choses sur les petites bêtes à six pattes tout en s’amusant ! La seule BD sur les insectes qui chasse le cafard !


Pollinisateurs sauvages et ruches : comment agir au sein de mon entreprise

Un Guide Opie en partenariat avec UPGE pour agir en faveur des pollinisateurs sauvages en entreprise.

Quels sont les impacts de la CSRD sur les PME ?

Bien que de nombreuses PME ne soient pas directement concernées par la CSRD, elles devront souvent répondre aux exigences de durabilité de leurs donneurs d’ordre ou des entreprises assujetties à la directive européenne en tant que maillons de la chaîne de valeur. Portail RSE publie une étude de la DRIEAT Île-de-France réalisée par Julie Clar et Marc DUFAU qui présente les opportunités, défis et besoins des PME face à l’application de la CSRD.

Les standards de reporting de durabilité (ESRS) peuvent être résumées

Les normes VSME (Voluntary Small and Medium-sized Enterprises) ont donc vu le jour afin de proposer un cadre à ces dernières pour répondre aux attentes de leurs parties prenantes. Bientôt le Portail RSE proposera une nouvelle fonctionnalité pour remplir les indicateurs de la VSME !

En 2022, 99,8% des entreprises françaises sont des PME et des micro-entreprises

(Chiffres-clés, INSEE 2022).


Cette étude de la DRIEAT Île-de-France réalisée par Julie Clar et Marc DUFAU présente les opportunités, défis et besoins des PME face à l’application de la CSRD et des normes VSME. Elle propose également une analyse des leviers d’action pour accompagner ces entreprises dans leur transition.

Principaux objectifs de la directive CSRD (résumés)

– 1. Améliorer la transparence de l’impact des activités des entreprises sur l’environnement et la société
– 2. Harmoniser le reporting extra-financier des entreprises européennes pour une meilleure comparabilité
– 3. Favoriser une économie durable
– 4. Démontrer une évolution positive d’année en année grâce aux plans de transition

Calendrier de la directive CSRD (schématisé),
selon la taille des entreprises

Les différents types d’informations à publier

La double matérialité

Les grandes entreprises ne devront pas réaliser un reporting sur les 1 200 points de données des ESRS. Concept issu du secteur financier, la « simple matérialité » consiste à identifier les informations comptables susceptibles d’influencer la performance financière d’une entreprise.

Le reporting extra financier a ensuite appliqué ce concept aux informations de durabilité. Cependant, la matérialité simple, décrivant une vision à sens unique sur la performance financière, se révèle insuffisante face aux défis sociaux et environnementaux de notre société.

La double matérialité vient donc révolutionner la RSE et représente le socle du rapport CSRD. Elle consiste à analyser les critères ESG sous un double prisme :

  • 1. La matérialité financière : les impacts positifs et négatifs des enjeux de durabilité sur les performances financières de l’entreprise1 ;
  • 2. La matérialité d’impact : les impacts positifs et négatifs de l’entreprise sur son environnement économique, social et naturel
La double matérialité2 (Source : Portail RSE, Direction générale des entreprises (DGE))

Directive CSRD et PME


  1. En matière de développement, de position financière, de résultats financiers, de flux de trésorerie, et d’accès au financement à court,
    moyen et long terme. ↩︎
  2. Extrait du « Portail RSE », Direction générale des entreprises (DGE), octobre 2024 ↩︎

Comment évolue l’opinion des Français sur le changement climatique depuis 25 ans ?

La dernière édition du baromètre de l’ADEME révèle une attente particulièrement forte des Français à l’égard de mesures politiques ambitieuses, à la hauteur des enjeux climatiques. Dans le même temps, les trois sociologues qui ont successivement piloté le baromètre sur les représentations sociales du changement climatique, Chantal Derkenne, Solange Martin puis Anaïs Rocci, reviennent sur ses évolutions et constatent une légère démobilisation à l’échelle individuelle.

25 ans d’opinion sur le changement climatique

L’édito de Patrick Jolivet, directeur à la Transition juste – ADEME

« Depuis 25 ans, l’ADEME sonde l’opinion des Français sur le changement climatique, ses causes, ses conséquences et les moyens que nous pouvons mobiliser pour en atténuer les effets. Cet historique permet de dessiner de grandes tendances depuis un quart de siècle. Alors que dans les perceptions, l’effet de serre allait concerner les générations futures, désormais plus d’un Français sur deux nous répond avoir subi les effets du changement climatique sur son lieu de vie.

Le changement climatique est devenu, avec l’érosion de la biodiversité, la principale préoccupation de nos compatriotes en matière d’environnement, alors qu’au début du siècle, ils déclaraient être avant tout préoccupés par les pollutions de l’air ou de l’eau.

Mais le principal enseignement de ces baromètres, c’est que les Français sont aujourd’hui prêts à modifier de façon importante leur mode de vie, à la condition que les efforts soient équitablement répartis sur l’ensemble du spectre social. Ayant déjà adopté à titre individuel un certain nombre de « petits gestes » en faveur de l’environnement, ils attendent désormais une action ambitieuse à l’échelle des États, des entreprises et des instances internationales. Plébiscitant une politique économique volontariste et favorable à des mesures réglementaires ou fiscales, ils se montrent fort éloignés des idées reçues sur une soi-disant « écologie punitive ».

La priorité ne semble plus être de convaincre les Français de la nécessité d’une action collective et efficace, mais bien de la mettre en œuvre.

Les données clés de la lettre

L’aggravation de la problématique du changement climatique induit par les émissions de gaz à effet de serre (GES) a conduit l’ADEME, dès l’année 2000, à mettre en place des mesures régulières des représentations sociales de ces phénomènes au sein de la société française.

Des enquêtes par sondage ont été réalisées chaque année sur des échantillons représentatifs de la population, âgée de 15 ans et plus, permettant à l’ADEME de réaliser un baromètre de l’opinion des Français sur le changement climatique.

Changement climatique : observer l’évolution des perceptions

Une force de l’enquête est d’avoir réussi à conserver l’essentiel des questions depuis le début, tout en permettant au sondage d’évoluer.

Chantal Derkenne, Chargée de mission Qualité de l’air

À l’ADEME, trois sociologues ont successivement piloté le baromètre Les représentations sociales du changement climatique : Chantal Derkenne, Solange Martin, puis Anaïs Rocci. Elles reviennent sur ses forces et les évolutions qu’il a connues.

Des Français moins mobilisés, mais en attente de politiques publiques plus ambitieuses

La dernière édition du baromètre de l’ADEME révèle une attente particulièrement forte des Français à l’égard de mesures politiques ambitieuses, à la hauteur des enjeux climatiques. Dans le même temps, nous observons une légère démobilisation à l’échelle individuelle.

En 2024, plus d’un Français sur deux déclare avoir déjà subi les conséquences du réchauffement du climat là où il habite ; un record.

Pour y faire face, ils attendent plus d’actions de la part des pouvoirs publics, aussi bien à l’échelle nationale que territoriale. Tout se passe comme si, conscients de l’urgence climatique, ils ressentaient une forme de lassitude vis-à-vis des injonctions aux écogestes et préféraient déléguer davantage à la puissance publique des actions à la hauteur des enjeux.

Une adhésion pour des mesures politiques fortes qui s’accentue cette année…

Globalement, les Français se sont toujours montrés majoritairement favorables à une diversité de mesures de politiques publiques pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES). Mais cette année, on observe une forte hausse de leur adhésion, avec notamment un pic de soutien pour le développement des énergies renouvelables à 91 % (+ 14 points en 10 ans).

Les mesures réglementaires sont particulièrement plébiscitées :

  • interdire la publicité pour les produits ayant un fort impact environnemental (souhaitable pour 84 % des Français) ;
  • obliger les propriétaires à rénover et à isoler les logements (72 %) ;
  • limiter la circulation des véhicules les plus polluants dans les grandes agglomérations (72 %) ; obliger la restauration collective publique à proposer une offre de menu végétarien, bio et/ou de saison (68 %).

Mais ce sont les mesures de taxation qui profitent des plus fortes hausses :

  • taxer le transport aérien pour favoriser le transport par le train (70 % de Français favorables, + 6 points en un an et + 27 % en 20 ans) ;
  • + 7 points depuis 2023 pour taxer davantage les véhicules les plus émetteurs de GES (63 % favorables)
  • et augmenter les prix des produits à fort impact environnemental (60 %).

Cette évolution atteint des valeurs élevées même pour des mesures qui se situent parmi les moins souhaitées, telles que densifier les villes en limitant l’habitat pavillonnaire (46 %, + 8 points en un an et + 15 points en 10 ans), abaisser la vitesse limite sur autoroute à 110 km/h (49 %, + 14 points en 4 ans).

Le baromètre révèle également que pour 7 Français sur 10, la priorité économique du gouvernement devrait être de soutenir exclusivement les activités qui préservent l’environnement plutôt que tous les secteurs de l’économie, au risque de conséquences négatives sur l’environnement (28 %). À l’échelle locale, 84 % des Français considèrent que leur territoire sera obligé de prendre des mesures importantes dans les décennies à venir pour s’adapter aux conditions climatiques.

… sous condition d’équité et de justice sociale

L’adhésion aux mesures de politiques publiques de transition dépend fortement de leurs conditions de mise en œuvre. Ainsi, parmi la liste de mesures destinées à limiter les émissions de GES proposée dans l’enquête, 51 % des Français considèrent comme souhaitable d’augmenter la taxe carbone (pour 15 % « très souhaitable »), en hausse de 6 points par rapport à 2023, sans retrouver le record de 2017 à 55 %. Leur opinion est encore plus favorable (69 %, + 4 points) en y ajoutant comme condition que « cela ne pénalise pas le pouvoir d’achat des ménages des classes moyennes et modestes, et que les recettes de la taxe soient utilisées pour financer des mesures de transition écologique, notamment sur les territoires ».

À titre personnel, 18 % seraient prêts à payer une taxation supplémentaire sur les carburants pour lutter contre le réchauffement climatique (+ 5 points entre 2023 et 2024), en y ajoutant des conditions de compensation par une baisse d’impôt, une redistribution aux catégories modestes et moyennes, ou l’utilisation des recettes pour la transition énergétique, ils seraient même 57 %.

Conscients de l’urgence climatique, près de 60 % des Français (stable dans le temps) considèrent qu’il faudra modifier de façon importante nos modes de vie. Toutefois, ils seraient prêts à accepter les changements nécessaires si les efforts étaient partagés de façon juste entre tous les membres de la société (66 %) et si ces changements étaient décidés collectivement (45 %).

Or aujourd’hui, les Français ont le sentiment que les États, pourtant jugés comme les acteurs les plus efficaces pour résoudre le problème de changement climatique, n’agissent pas à la hauteur de leur potentiel, tout comme les entreprises et les instances internationales, contrairement aux collectivités locales, aux associations et aux citoyens. Ils estiment avoir fait suffisamment d’efforts à l’échelle individuelle ces dernières années et cela pourrait expliquer que leur mobilisation s’essouffle.

Les évolutions des pratiques déclarées des Français témoignent d’une véritable inflexion des comportements sur la longue durée.

Alors qu’un pic a été constaté pour beaucoup d’actions en 2023 (notamment moins consommer, limiter sa consommation de viande, ne pas prendre l’avion ou encore privilégier les achats de seconde main), cette année, la dynamique d’évolution des pratiques individuelles pour réduire l’impact des modes de vie est en baisse, laissant supposer une forme de démotivation quant à l’effort que les Français sont prêts à faire.

En effet, il y a un basculement notable entre ce que les répondants déclarent faire et ce qu’ils ne font pas ou plus, mais pourraient faire facilement (2024 vs 2023) : ne pas prendre l’avion, – 7 pts ; veiller à acheter des légumes de saison, – 6 pts ; trier ses déchets, – 4 pts. Cette baisse s’observe particulièrement chez les CSP+.

Par ailleurs, 64 % des Français déclarent qu’ils pourraient faire plus d’efforts pour réduire leurs émissions de GES (+ 4 points), et seulement 31 % estiment faire leur maximum.

Tout se passe comme si, conscients de l’urgence climatique, ils ressentaient une forme de lassitude vis-à-vis des injonctions aux écogestes et préféraient déléguer davantage à la puissance publique des actions à la hauteur des enjeux.

Au-delà de la disposition à faire des efforts, la capacité à s’investir est fortement dépendante des ressources des ménages : 44 % d’entre eux qui déclarent « s’en sortir très difficilement » ont le sentiment de « faire leur maximum » et 29 % qu’ils « pourraient en faire plus ». Alors que les proportions s’inversent quand les ménages « s’en sortent très facilement » : 23 % estiment « faire leur maximum » et 60 % qu’ils « pourraient en faire plus ».

Certaines pratiques restent très difficiles à mettre en place, notamment dans le domaine de la mobilité quand elles sont dépendantes des infrastructures. Au-delà de la qualité, les solutions alternatives n’existent bien souvent tout simplement pas.

Les limites de l’écocitoyenneté

Éclairage de Maël Ginsburger, maître de conférences en sociologie, université Paris Cité
Les résultats du 25e baromètre "Les représentations sociales du changement climatique" documentent la perception qu’ont les Français des pratiques de consommation qu’ils sont enjoints à mettre en œuvre pour limiter leurs émissions de gaz à effet de serre. Ceux-ci confirment la centralité des « petits gestes » dans la liste des actions mises en œuvre : malgré une légère baisse, 79 % des personnes interrogées déclarent trier les déchets, et plus des deux tiers affirment mettre en oeuvre des gestes de modération des dépenses énergétiques. 
À l’inverse, les pratiques relevant d’une logique de modération de la consommation, en particulier lorsqu’elles touchent au domaine des transports, sont bien plus rarement déclarées (49 % déclarent ne pas prendre l’avion pour leurs loisirs, 33 % expliquent utiliser les transports en commun plutôt que la voiture). De telles pratiques dépendent bien évidemment du contexte de leur mise en œuvre, ce que les termes d’« effort » voire d’« action » tendent à invisibiliser : s’agit-il d’un effort de ne pas prendre l’avion pour un ménage n’en ayant pas les moyens ? Étiquettera-t-il cette non-utilisation des transports aériens comme une action mise en œuvre positivement en faveur de l’environnement ? Ce contexte est non seulement matériel (la proximité des infrastructures de transport en commun ou des producteurs locaux, le budget à disposition du ménage pour accéder à des produits disposant d’écolabels), mais aussi social.
Les résultats comparés du baromètre entre 2023 et 2024 suggèrent en outre une forme de « repolitisation » des solutions écologiques, avec un recul dans l’adhésion aux actions individuelles – dont les plus émettrices demeurent encastrées dans des faisceaux de contraintes (budgétaire, résidentielle, familiale, liée à la disponibilité des infrastructures) inégales selon la classe sociale et le lieu de résidence – et un soutien croissant en faveur de mesures politiques ambitieuses.

Une montée du climatoscepticisme à surveiller

Le changement climatique fait désormais partie du quotidien des Français. Aujourd’hui, plus d’un Français sur deux (52 %, + 7 points – un record) déclare avoir déjà subi les conséquences du réchauffement climatique là où il habite. Et près de 8 Français sur 10 considèrent qu’ils ressentent déjà ou ressentiront d’ici seulement une dizaine d’années les conséquences du désordre climatique dans leur vie.

Sur la durée, l’évolution de l’opinion sur le phénomène de changement climatique est plutôt positive. En 2001, un tiers seulement des répondants estimaient que « les désordres du climat [étaient] causés par l’effet de serre », aujourd’hui ils sont 56 %, après un pic à 64 % en 2022. 49 % ne savaient pas se prononcer sur les vraies causes du désordre du climat en 2001 ; aujourd’hui, ils sont seulement 15 %. Le scepticisme vis-à-vis de la cause anthropique du changement climatique n’a pas beaucoup bougé pendant plusieurs années : autour de 15 % jusqu’en 2014, puis autour de 20 % jusqu’en 2023.

Toutefois, en 2024, on relève une hausse de ce climatoscepticisme. Près de 30 % des Français considèrent que les désordres climatiques et leurs conséquences sont des phénomènes naturels, comme il y en a toujours eu. Une augmentation de 7 points par rapport à 2023 et de 12 points depuis 2020. Ce pic aujourd’hui fait ainsi doubler la part des personnes qui estiment que les désordres du climat sont des phénomènes naturels comme la Terre en a toujours connu en l’espace de plus de 20 ans (15 % en 2001 à 29 % en 2024).

Il existe plusieurs sortes de climatosceptiques :

  • • ceux qui nient complètement la réalité du changement climatique : 2 % de la population ;
  • • ceux qui n’ont pas d’idée précise et ne se prononcent pas : 6 % ;
  • • et ceux qui considèrent que c’est un phénomène naturel comme il y en a toujours eu : 30 %.

Pourtant, un tiers seulement n’est pas convaincu de l’unanimité de la communauté scientifique sur la question. La confiance dans les scientifiques reste d’ailleurs stable au fil des ans. Depuis l’origine du baromètre, environ deux tiers des personnes interrogées considèrent que la théorie selon laquelle l’augmentation de l’effet de serre entraînerait un réchauffement de l’atmosphère est une certitude pour la plupart des scientifiques. De même, la confiance qu’ils leur accordent pour évaluer les risques évolue peu au fil des ans :

71 % considèrent que les scientifiques « évaluent correctement les risques du changement climatique »

Ainsi, ni les désordres climatiques subis en France et à travers le monde ni les rapports du GIEC qui pointent l’unanimité scientifique sur le sujet ne renforcent l’idée, auprès de la population, que l’effet de serre et les activités humaines en sont la cause. Tout se passe comme s’il y avait une sorte de sidération vis-à-vis de l’ampleur des désordres climatiques et qu’on en oubliait la cause réelle.

La médiatisation de ces images de catastrophes – mettant davantage l’accent sur les conséquences de ces désordres climatiques que sur les causes et les solutions – renforce probablement encore ce sentiment d’une nature devenue folle.

En effet, alors que 40 % des Français considèrent que l’on parle suffisamment du changement climatique, et qu’un tiers trouve que l’on n’en parle pas assez, le pourcentage de personnes estimant que l’on évoque trop ce sujet dans la presse ou à la télévision augmente. Il atteint aujourd’hui 26 % ; une minorité qui, comparée aux chiffres de 2011 (16 %), prend de l’importance, laissant penser à une possible saturation du public devant l’avalanche d’images de canicules, d’incendies ou d’inondations dans les médias de grande diffusion.

Comment expliquer le climatoscepticisme ?

Éclairage d’Amélie Deloffre, cofondatrice de Parlons Climat
Si l’existence du changement climatique fait aujourd’hui consensus au sein des Français (seulement 2 % estiment qu’il n’existe pas), des zones de doutes portent sur ses causes. Ainsi, près d’un tiers des Français déclarent qu’il s’agit d’un phénomène naturel comme la Terre en a toujours connu, et une même proportion estime que les scientifiques exagèrent les risques de celui-ci. Sur la base de ce constat, nous avons mené chez Parlons Climat une série d’entretiens auprès de climatosceptiques qui mettent en lumière une grande variété de doutes allant de la méconnaissance à l’ambiguïté, en passant par l’incapacité à trancher entre cause anthropique ou naturelle.

Paradoxalement, le nombre de climatosceptiques semble en augmentation ces dernières années alors même que le sujet est de plus en plus médiatisé (33 % des Français trouvent que l’on ne parle pas assez de climat, en baisse constante depuis 2017 avec – 10 points). Alors que d’importants efforts d’information et de pédagogie ont été déployés par les médias et les associations pour sensibiliser et donner les clés au grand public, nos entretiens ont révélé que ce n’est pas tant l’absence de connaissances sur le sujet qui explique le climatoscepticisme, mais qu’il s’agit surtout d’une posture défensive face à la transition écologique, celle-ci générant des crispations sociales, économiques et politiques auprès d’une partie de la population la jugeant « trop politisée », avec des solutions « peu adaptées » ou « financièrement inaccessibles ».

Par ailleurs, en travaillant à partir des données de l’ADEME, nous avons déterminé que près d’un tiers des climatosceptiques sont de potentiels alliés du climat dans la mesure où ils acceptent le consensus scientifique, l’adaptation future de leur territoire, mais aussi les politiques climatiques, au même niveau que le reste de la population française. Cette distinction nous permet d’établir que les convictions sur les causes du changement climatique ne sont pas forcément déterminantes en matière d’engagement et de posture face à la crise climatique.
Les personnes âgées de plus de 65 ans sont plus nombreuses à estimer que l’on en parle trop (70 %), tout comme celles qui se situent « à droite » de l’échiquier politique : 82 % (contre 36 % « très à gauche »). A contrario, les moins de 25 ans sont plus nombreux à penser que l’on n’en parle pas assez.

Ces convictions sur le changement climatique sont pour partie liées à l’âge, au niveau d’études, mais surtout à la proximité politique. Ainsi, cette montée du climatoscepticisme se cristallise très certainement dans la polarisation politique autour de l’écologie et du changement climatique qui s’est considérablement accrue ces dernières années.
On observe une forme de radicalisation des plus réfractaires au discours écologique. Quand 79 % de ceux qui se classent « très à gauche » sont convaincus du caractère anthropique du changement climatique, ils sont seulement 49 % parmi ceux qui se classent « à droite ». Les personnes qui ont beaucoup de sympathie pour les mouvements écologistes ne sont que 7 % à considérer que c’est un phénomène naturel, alors qu’ils sont 50 % chez ceux qui n’ont pas du tout de sympathie pour ces mouvements. De même, 91 % des répondants « très à gauche » estiment que les risques sont correctement évalués par les scientifiques, contre 57 % des « très à droite ».
Concernant l’âge, on observe depuis des années que les très jeunes, 15-17 ans, sont convaincus que le changement climatique est dû aux activités humaines, contrairement aux seniors qui se montrent plus sceptiques.
Chez les 18-24 ans et les 25-34 ans, le climatoscepticisme vis-à-vis de la cause anthropique – mais aussi de la réalité même du changement climatique – se renforce ces dernières années : quand 18 % des 15-17 ans considèrent que c’est un phénomène naturel, ils sont 30 % parmi les 18-24 ans et même 45 % parmi les 25-34 ans. Il faut toutefois rappeler que deux tiers des Français sont convaincus de l’impact des activités humaines sur le changement climatique, qu’une minorité émet des doutes envers les scientifiques et que l’environnement et le changement climatique restent une préoccupation forte (dans le top 3).
Dès lors, l’enjeu n’est pas tant de convaincre les Français, mais de leur donner les moyens d’agir en portant des mesures politiques ambitieuses à la hauteur des enjeux, et permettant de faire évoluer les modes de vie.

Guide pédagogique à destination des entreprises pour rendre compte de leur plan de transition climatique

La plupart des entreprises devront tôt ou tard rendre compte de leur plan de transition climatique. Leurs objectifs de réduction à court, moyen et long terme, leviers de décarbonation quantifiés, investissements chiffrés CAPEX / OPEX… Le plan de transition n’est pas qu’un exercice de conformité, c’est un outil stratégique qui transforme l’entreprise. La Commission Climat et Finance Durable de l’AMF a publié un guide pédagogique qui décode les exigences réglementaires, fournit une méthodologie étape par étape, partage les bonnes pratiques des entreprises pionnières et donne les clés pour transformer la contrainte en opportunité.

« Un plan de transition robuste démontre votre crédibilité, anticipe les risques climatiques, structure votre transformation et guide vos investissements » pour Thomas PINET spécialiste de la CSRD, convaincu que « ce plan n’est plus une menace, mais le meilleur allié de l’entreprise pour préparer l’avenir« .

Nouvelles exigences de reporting sur les plans de transition climatique

La nouvelle directive CSRD*1 (Corporate Sustainability Reporting Directive) sur le reporting de durabilité des entreprises, qui requiert des informations sur les plans de transition climatique adoptés par les entreprises, entre progressivement en application depuis le 1er janvier 2024, avec les premières publications attendues en 2025.

Ces plans de transition sont définis comme des plans d’action en matière d’atténuation du changement climatique compatibles avec la limitation du réchauffement planétaire à +1,5 °C avec peu ou pas de dépassement, en ligne avec l’Accord de Paris. En reprenant cette ambition dans les attentes de la CSRD, l’Union européenne montre sa volonté de voir les entreprises adopter des plans de transition robustes et à la hauteur des enjeux climatiques.

Le plan de transition est l’outil qui permet d’ancrer dans la stratégie de l’entreprise des objectifs à long terme et de décliner cette planification à des horizons de court et moyen terme, en lien avec l’horizon de planification financière des entreprises. Plus que l’engagement à long terme sur le « zéro net » en termes de gaz à effet de serre, c’est bien la compréhension d’ensemble des efforts et de la capacité réelle de transformation de l’entreprise qui est clé dans le reporting sur le plan de transition : gouvernance, évolution de la stratégie de l’entreprise, identification de leviers de décarbonation, mobilisation des financements dédiés à ces plans d’action, suivi et communication sur l’exécution du plan.

L’application des normes ESRS (European Sustainability Reporting Standards – standards européens de reporting sur la durabilité), ne doit ainsi pas être vue comme une démarche de transparence exigeant simplement de « remplir les cases », mais surtout comme un exercice de réflexion et de communication sur la stratégie climatique et plus globale de l’entreprise, dans une démarche d’amélioration continue.

Définition des objectifs de décarbonation

Les normes ESRS fixent un cadre pour la définition des objectifs de décarbonation que les entreprises doivent afficher dans leur plan de transition, et qui doivent être compatibles avec l’objectif de 1,5 °C avec peu ou pas de dépassement*.

Exemple 1 issu de AR31 : présentation des objectifs de réduction détaillés par levier de décarbonation (lien entre cibles et actions)

La plupart des référentiels existants sur les plans de transition sont cohérents avec cet objectif fondé sur la science :

  • Cadencement/Niveau d’ambition des objectifs : limiter le réchauffement planétaire à 1,5 °C avec peu ou pas de dépassement nécessite non seulement d’atteindre la neutralité carbone* planétaire en passant par une réduction drastique des émissions de GES, mais aussi de le faire à un rythme suffisamment rapide pour ne pas épuiser le budget carbone* compatible avec l’objectif 1,5 °C. Selon certains référentiels, atteindre cet objectif suppose une réduction des émissions de GES en valeur absolue*2 en 2030 de l’ordre de 42 % à 50 % par rapport à 2019. Ces seuils peuvent varier en fonction de spécificités sectorielles. Cette cadence rapide implique ainsi pour les entreprises de décliner leurs objectifs de décarbonation à long terme et leur plan de transition à court et moyen terme.
  • Priorité donnée aux efforts de réduction d’émissions de GES : les objectifs de décarbonation consistent essentiellement à réduire les émissions de GES brutes des entreprises : le recours éventuel à la compensation carbone* et aux absorptions* n’intervient qu’en second lieu et pour un volume très limité d’émissions dites « résiduelles ».
  • Périmètre des objectifs : la nécessité de couvrir dans le plan de transition toutes les émissions de GES matérielles fait écho aux attentes des investisseurs, bien que la plupart des émetteurs consultés rencontrent encore des difficultés pour obtenir ou estimer des données sur l’amont et l’aval de leur chaîne de valeur* concernant la fixation d’objectifs sur le scope 3. Plusieurs émetteurs soulignent leur difficile capacité d’influence sur leurs fournisseurs ou leurs clients.
Source : Deepki, d’après le GHG Protocol, traduction libre

Rendre compte de leviers de décarbonation

Les leviers de décarbonation constituent le cœur du plan de transition : la description qualitative (nature et liste des actions clés à mener pour atteindre les objectifs) et quantitative de ces leviers (contributions respectives des actions à la trajectoire de décarbonation), ainsi que les informations sur le calendrier de mise en œuvre, demandées par les ESRS, participent grandement à comprendre le niveau d’ambition et la crédibilité de la stratégie.

Une importance particulière est donnée aux mesures de court terme qui sont les plus vérifiables et témoignent de l’action concrète de l’entreprise.

Si la nécessité de rendre compte des mesures mises en place et prévues pour atteindre les objectifs de
décarbonation fait a priori consensus, les émetteurs évoquent néanmoins dans certains cas des difficultés liées à la préparation et au reporting de ces informations détaillées (notamment : isoler des leviers, assurer la confidentialité des informations, etc.)

Les référentiels s’accordent sur le fait que l’engagement avec les clients, les investisseurs, les fournisseurs et les pairs représente un outil important. Plusieurs d’entre eux recommandent l’adoption d’une stratégie d’engagement spécifique, avec des informations détaillées sur les moyens et les modalités de l’engagement, ainsi que sur les objectifs.

Un large consensus méthodologique existe également sur la nécessité de réduire ou d’éliminer progressivement les énergies fossiles – i.e. charbon, pétrole et gaz – et d’en tenir compte dans les plans de transition.

Source : EDF, DEU 2022 p.142

Le traitement des émissions verrouillées

La mesure des émissions verrouillées3 est une estimation des futures émissions de GES engendrées par
l’exploitation d’actifs (infrastructures, appareil productif) ou de produits de longue durée de vie sur toute leur durée d’usage. Mesurer ces émissions verrouillées apparaît primordial pour définir la stratégie de transition des entreprises ayant des activités particulièrement émissives (comme dans l’énergie, l’industrie, le transport, le bâtiment…).

Par exemple, pour le secteur Immobilier, l’analyse effectuée par la méthodologie ACT s’appuie sur le rapport entre les émissions des bâtiments gérés par l’entreprise entre l’année de référence et 2050, et le budget d’émissions qu’implique le budget carbone de l’entreprise sur la même période. Pour chaque type de bâtiment, les émissions verrouillées sont basées sur les émissions actuelles publiées jusqu’au prochain plan de rénovation prévu. Après un plan de rénovation, les émissions verrouillées prennent en compte la réduction attendue de la consommation d’énergie comme le montre le schéma ci-dessus.
Source : Méthodologie ACT – Secteur Real Estate

Rendre compte des moyens financiers affectés au plan de transition

Les informations exigées par les ESRS sur les moyens financiers apparaissent comme la plus haute marche à franchir par les entreprises. Encore peu d’émetteurs rendent compte des investissements affectés à leur plan de transition, a fortiori de manière détaillée.

Pourtant, l’enjeu est de taille puisque la crédibilité du plan de décarbonation de l’entreprise ne peut être analysée qu’en connaissance des moyens financiers et humains alloués, notamment la nature et les montants des dépenses d’investissement (CapEx) et dépenses opérationnelles (OpEx) significatives qui sont et seront affectées au plan de transition.

Il est important d’assurer la cohérence de ces informations avec les états financiers en fournissant notamment des éléments de réconciliation des montants significatifs. Il est également important de faire le lien entre ces informations financières et les indicateurs demandés par le règlement Taxonomie (montants des CapEx et OpEx durables selon le référentiel Taxonomie). 
Source : Saint Gobain, DEU 2022 p.100

Gouvernance et suivi du plan de transition

Traiter le sujet de la bonne gouvernance du plan de transition nécessite de prendre en compte différentes normes ESRS : la norme ESRS-E1 sur le Climat (informations sur l’approbation par les organes de gouvernance du plan ou sur la prise en compte du climat dans la rémunération) mais aussi, plus indirectement, la norme ESRS 2 (informations sur le niveau d’expertise) ou encore la norme ESRS G1 sur la conduite des affaires (pratiques de lobbying).

Les méthodologies analysées, ainsi que les investisseurs interrogés, attendent des entreprises qu’elles démontrent un fort niveau d’implication et d’incitation de la direction dans la mise en œuvre du plan.

Le suivi du plan de transition dans le temps est clé car il permet de rendre compte de l’exécution du plan, qui est un autre enjeu structurant du reporting du plan de transition.

Des explications détaillées et circonstanciées sur les progrès ou écarts constatés doivent informer sur la mise en œuvre du plan, en rendant idéalement compte de l’évolution précise des émissions de GES de l’entreprise, de la mise en œuvre des leviers de décarbonation et de l’évolution des métriques financières afin de permettre une évaluation externe des progrès.

Sur chacune des composantes d’un plan de transition (objectifs, leviers, etc.), le groupe de travail de la
Commission Climat et Finance Durable (CCFD) met en avant des éléments additionnels aux ESRS voués à enrichir la qualité et la pertinence des rapports de durabilité (cf. tableau de synthèse en Conclusion du guide).

Dans l’extrait ci-dessus, le groupe Schneider Electric, publie des informations détaillées et quantifiées sur le suivi du plan de transition, qui se rapproche de la présentation proposée par ESRS E1 en AR 2586 : suivi dans le temps de l’atteinte des objectifs de réduction de GES associé à des leviers de décarbonation comprenant les valeurs suivantes : un KPI (par exemple « s’assurer que 1000 fournisseurs majeurs réduisent leurs propres émissions de CO 2 »), une année de référence, une année cible (2025), et un baromètre permettant de visualiser l’avancée par rapport aux cibles (en 2022, 10 % des 1000 fournisseurs majeurs ont réduit leurs propres émissions de CO 2).

SOMMAIRE

  • CHAPITRE 1 : DÉFINITION DU SUJET ET CONTEXTE RÉGLEMENTAIRE GÉNÉRAL
    • QUELQUES RAPPELS SUR LA « NEUTRALITÉ CARBONE » POUR LES ENTREPRISES
    • QUELLE NÉCESSITÉ DES PLANS DE TRANSITION ?
    • RAPPELS RÉGLEMENTAIRES
  • CHAPITRE 2 : PRÉPARATION DES REPORTINGS SUR LES OBJECTIFS ET LEVIERS OBJECTIFS DE RÉDUCTION DES GES ET DESCRIPTION DE LEUR COMPATIBILITÉ AVEC L’ACCORD DE PARIS
    • Objectif en valeur absolue et en valeur brute
    • Définition des échéances
    • Année de référence et valeur de référence
    • Périmètre de l’objectif
    • Scientificité
    • LEVIERS DE DÉCARBONATION, ACTIONS PLANIFIÉES ET ÉMISSIONS VERROUILLÉES
    • Typologie et quantification des leviers et actions pour atteindre les objectifs de réduction de GES
    • Analyse et traitement des émissions verrouillées
  • CHAPITRE 3 : PRÉPARATION DES REPORTINGS SUR LES MOYENS FINANCIERS ALLOUÉS AU PLAN
    • Explication et montants des investissements et financements liés à la mise en œuvre du plan de transition
    • Reporting Taxonomie et écart entre KPI Taxonomique et KPI de transition
  • CHAPITRE 4 : PRÉPARATION DES REPORTINGS L’INTÉGRATION A LA GOUVERNANCE ET LE SUIVI DU PLAN DE TRANSITION
    • Gouvernance autour du plan de transition
    • Suivi du plan de transition
    • Prix du carbone interne
    • Tableau récapitulatif – Éléments essentiels identifiés par le groupe de travail de la CCFD en lien avec les points de données de l’ESRS E1-1
  • Annexes
    • ANNEXE 1 : Méthodologie adoptée et liste des cadres analysés
    • ANNEXE 2 : Glossaire
    • ANNEXE 3 : Composition du groupe de travail sur les plans de transition de la Commission Climat et Finance Durable de l’AMF

Guide pédagogique « Finance durable » de l’AMF

  1. Les astérisques signalent les termes définis dans le glossaire, en Annexe 2. ↩︎
  2. « réduction des émissions en valeur absolue », par opposition à « réduction en intensité », voir glossaire* ↩︎

Comment accorder énergies renouvelables et patrimoine culturel pour des territoires durables et harmonieux ?

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Parce que les énergies renouvelables et le patrimoine culturel sont trop souvent renvoyés dos à dos. Une incompatibilité parfois mise en scène par les opposants aux énergies renouvelables. C’est pourquoi le réseau Cler publie dans sa collection Comprendre Accorder énergies renouvelables et patrimoine culturel pour des territoires durables et harmonieux. Ce travail a permis de réunir une vingtaine d’acteurs de la transition énergétique, du patrimoine et du paysage pour dresser un état des lieux des pratiques actuelles et porter cinq propositions pour bâtir une transition énergétique ambitieuse et harmonieuse.  

Instaurer un dialogue pour répondre aux défis énergétiques et patrimoniaux

Accélérer le développement de toutes les énergies renouvelables est une nécessité pour sortir des énergies fossiles, bâtir notre indépendance énergétique et atteindre les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre en France et en Europe.

Cependant, l’émergence de nouveaux projets, notamment éolien et photovoltaïque, ne doit pas faire peser une pression supplémentaire sur le paysage et le patrimoine culturel. Les règles du patrimoine, quant à elles, doivent évoluer au rythme des défis énergétiques auxquels nous faisons face.

En s’appuyant sur des cas concrets, des entretiens et des témoignages issus de structures adhérentes et partenaires, le réseau Cler dresse un premier constat partagé par les acteurs du patrimoine et du paysage : lorsque la transition énergétique est portée à la croisée des politiques publiques, elle est une véritable opportunité pour les paysages et le patrimoine culturel menacés par les phénomènes climatiques.  

5 propositions portées par les acteurs de la transition énergétique, du patrimoine et du paysage.

1- Favoriser la montée en compétences de tous les acteurs pour avancer ensemble

Une formation réciproque des acteurs du patrimoine sur les enjeux énergétiques, et des acteurs de l’énergie sur les enjeux patrimoniaux et à la démarche paysagère est nécessaire pour s’assurer de la bonne appréhension du sujet par tous.

Elle permettrait une montée en qualité des projets énergétiques en amont de l’instruction. Pour favoriser l’interconnaissance entre acteurs, ces formations pourraient mêler les deux publics, acteurs de l’énergie et acteurs du patrimoine et du paysage.

2- Valoriser les projets réussis et leurs acteurs

Les projets de qualité existent. À Loos-en-Gohelle (Pas-de-Calais) par exemple, des panneaux photovoltaïques ont pu être installés sur le toit de l’église grâce à un travail de coopération avec l’Architecte des Bâtiments de France. Ou encore à Bouchemaine (Maine-et-Loire), en plein secteur Unesco, un parc photovoltaïque remplacera bientôt des cuves d’hydrocarbures du siècle dernier grâce à la collaboration entre acteurs du patrimoine et porteurs du projet pour réfléchir à l’intégration paysagère du parc. La mise en valeur de tels retours d’expérience est importante pour faire évoluer les imaginaires et valoriser le rôle de chaque acteur.

3- Augmenter les moyens humains et financiers

Les acteurs du patrimoine et du paysage, en particulier les Architectes des Bâtiments de France (ABF) et les Paysagistes conseils de l’État, ont besoin de temps pour s’impliquer dès l’amont d’un projet d’énergie renouvelable. Cette étape est nécessaire pour considérer les enjeux patrimoniaux et paysagers autour du choix du site d’implantation par exemple et éviter alors d’instruire un dossier pour lequel la plupart des décisions ont déjà été prises. Pour cela, il est nécessaire de renforcer à la fois les moyens humains du côté des services instructeurs et du côté des collectivités locales pour qu’elles puissent être en capacité d’accompagner des projets d’énergies renouvelables avec un prisme paysage et patrimoine.

4- Modifier la gouvernance et les pratiques

Renforcer la cohérence entre les politiques publiques relatives au déploiement des énergies renouvelables, à la préservation du patrimoine et au paysage à l’échelle de l’État est indispensable. Le cadre national doit être clair afin de fluidifier l’ensemble de la chaîne d’intervention des acteurs, et permettre de vrais espaces de dialogues et de construction de solutions adaptées aux spécificités locales sur ce double enjeu.

5 – Construire ensemble des propositions durables

Dans un contexte de réduction des dépenses publiques, les acteurs de la transition énergétique, du patrimoine et du paysage souhaitent porter un plaidoyer commun pour des moyens humains et financiers supplémentaires, alors indispensables pour mener une transition désirable avec des paysages de qualité.

Publication complète : « Accorder énergies renouvelables et patrimoine culturel pour des territoires durables et harmonieux « 

Une nouvelle Coalition veut placer l’Intelligence Artificielle (IA) sur une trajectoire écologiquement durable

91 partenaires, regroupant 37 entreprises technologiques, dix pays et cinq organisations internationales, dont le PNUD, l’AIE et le GGGI, unissent leurs forces au sein de la Coalition pour une Intelligence Artificielle (IA) écologiquement durable, dont l’objectif est d’accélérer la dynamique mondiale visant à placer l’IA sur une voie plus durable d’un point de vue écologique. Emmenée par la France, le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) et l’Union internationale des Télécommunications (UIT), la Coalition réunit les parties prenantes de la chaîne de valeur de l’IA pour un dialogue et des initiatives collaboratives ambitieuses.

Lancement d’une coalition mondiale pour une intelligence artificielle durable

Le Sommet sur l’intelligence artificielle (IA) marque un tournant décisif en mettant la durabilité environnementale de l’IA au cœur des discussions de haut niveau sur son avenir.

Face à la croissance exponentielle de cette technologie et à ses implications environnementales majeures, nous devons collectivement examiner les conditions pour en faire une technologie de choix pour accélérer la transition écologique et mieux préserver les ressources de notre planète.

Depuis plusieurs années, les acteurs du secteur de l’IA proposent solutions pour améliorer son efficience environnementale (optimisation énergétique, écoconception, innovation dans la
construction de nouveaux datacenters, etc.) et pour utiliser tout son potentiel au service de la transition écologique (meilleure connaissance des évolutions climatiques, optimisation des flux
de ressources, etc.).

Sous l’impulsion du ministère de la Transition écologique, de la Biodiversité, de la Forêt, de la Mer et de la Pêche, les acteurs de cet écosystème se regroupent en une Coalition pour une IA durable, pour mettre en commun leurs efforts et mettre en avant l’importance de rendre l’IA bénéfique pour la transition écologique.

L’objectif principal de cette coalition est d’accroître la collaboration autour des initiatives existantes, tout en accroissant la visibilité des solutions innovantes et le partage des connaissances.

Un Sommet pour l’action sur l’Intelligence Artificielle

La Coalition a été annoncée à l’occasion du Sommet pour l’action sur l’Intelligence Artificielle, à Paris, où des chefs d’État et de gouvernement, dirigeants d’organisations internationales, PDG, universitaires, artistes et membres de la société civile se sont réunis pour discuter du soutien à l’innovation en matière d’IA et du respect des droits pour assurer un développement de ces technologies dans l’intérêt de tous, y compris des pays en développement.

Les cinq thèmes du Sommet

  1. L’IA au service de l’intérêt public : développer des infrastructures publiques ouvertes pour l’IA à l’échelle mondiale, visant des résultats sociaux, économiques et environnementaux positifs ;
  2. L’avenir du travail : examiner l’intégration future de l’IA dans le monde professionnel, en mettant l’accent sur des usages améliorant la productivité et le bien-être ;
  3. Innovation et culture : soutenir des écosystèmes d’innovation dynamiques, incluant les industries culturelles et créatives, pour le développement de l’IA ;
  4. L’IA de confiance : renforcer la confiance dans l’IA en s’appuyant sur un consensus scientifique concernant les questions de sûreté et de sécurité ;
  5. La gouvernance mondiale de l’IA : élaborer un cadre de gouvernance internationale efficace et inclusif, en s’appuyant sur les travaux des Nations Unies et des initiatives existantes comme le Partenariat mondial sur l’intelligence artificielle.

Y a-t’il une IA pour sauver la planète ?

Même si l’IA peut s’avérer utile pour s’attaquer aux grandes urgences environnementales auxquelles est confrontée la planète (par exemple, l’IA est utilisée pour cartographier les effets dévastateurs du dragage du sable et cartographier les émissions de méthane, un puissant gaz à effet de serre), un corpus croissant d’études met en garde contre l’aspect négatif de l’explosion de l’IA et de ses infrastructures associées, notamment les déchets électroniques qu’elle produit et les niveaux élevés d’électricité et d’eau qu’elle consomme.

De la même manière que l’on s’intéresse à la sécurité de l’IA ou à l’éthique de l’IA, la Coalition vise à renforcer la place de l’aspect durable de l’IA dans la discussion au niveau mondial.

Défis mondiaux : cartographier la responsabilité environnementale de l’humanité

Une base de connaissances sur l’IA et l’environnement

Un certain nombre d’initiatives ont été lancées dans le contexte du Sommet pour constituer une base de connaissances sur l’IA et l’environnement, dont certaines ont été menées spécifiquement en préparation du Sommet.

  • Par le biais de l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (INRIA) et du Ministère de la Transition écologique, une communauté de 36 scientifiques, entreprises, institutions publiques et organisations internationales a publié un document de position identifiant les défis à relever pour maximiser les effets positifs des systèmes d’IA tout en limitant leur impact environnemental.
  • Le premier hackathon associant IA et sobriété énergétique, le Frugal AI Challenge, a réuni plus de 60 équipes de data scientists autour du défi inédit de concevoir des modèles d’IA associés à des enjeux environnementaux, notamment la détection de la désinformation climatique, l’analyse des régions à risque d’incendie, l’identification de la déforestation illégale), tout en optimisant leur efficacité énergétique.
  • En outre, le premier groupe de travail international sur l’utilisation de l’IA générative pour donner accès aux connaissances environnementales a réuni des experts du PNUE, de l’OCDE, du GIEC, de l’IPBES, de l’OMM, de l’UNESCO et de l’INRIA, ainsi que des chercheurs et des représentants d’administrations, d’entreprises et de la société civile, dans l’optique d’élaborer un guide des bonnes pratiques pour une utilisation efficace et éthique de l’IA générative pour donner accès aux documents environnementaux.
  • L’Agence internationale de l’énergie (AIE) lance le premier observatoire mondial dédié à l’énergie et à l’IA qui permet, en centralisant et en analysant les données :
    • (i) de mieux anticiper les besoins énergétiques des centres de données et des modèles d’IA, sur la base d’une méthodologie transparente,
    • (ii) d’optimiser les systèmes énergétiques et de réduire les émissions de carbone grâce à l’IA,
    • et (iii) de promouvoir des innovations révolutionnaires pour l’IA appliquée à l’énergie.
  • Afin de favoriser la collaboration dans le domaine de la normalisation, une feuille de route sur la normalisation de l’impact environnemental de l’IA a été établie par plus de 30 partenaires privés et publics définissant des lignes directrices pour l’évaluation environnementale de l’IA et identifiant des domaines de coopération entre les principales organisations internationales de normalisation : Organisation internationale de normalisation (ISO), Union internationale des télécommunications (UIT) de l’ONU, Institut des ingénieurs électriciens et électroniciens (IEEE).
  • L’initiative multipartite « Green Digital Action », convoquée par l’Union internationale des télécommunications, a introduit un nouveau pilier thématique sur l’informatique verte, associé à un groupe de travail dédié à l’IA durable. Ce groupe travaille à
    • identifier les efforts et lacunes actuels pour mesurer les charges de travail et les scénarios d’IA ;
    • effectuer des mesures et tester différentes charges de travail et différents scénarios d’IA pour comprendre leur empreinte environnementale ;
    • et développer des idées et des recommandations exploitables pour améliorer les pratiques de l’IA. Un rapport final doit être publié avant la COP30.

Les membres fondateurs de la Coalition pour une IA durable :

Corporations (par ordre alphabétique) : AMD, Artefact, Aveva, Baidu, Capgemini, Cohere, Dassault Systems, Data4, Duval Groupe, Ecodatacenters, EDF, Ekimetrics, Engie, Equinix, Ericsson, Eviden, Forward Global, Generali, Group Duval, Hugging Face, IBM, Lenovo, LG AI Research, L’Oréal, Mistral AI, NAVER, Nvidia, Orange, OVH Cloud, Philips, Photoroom, Salesforce, SAP, Schneider Electric, Skeleton Technologies, Sopra Steria, Telehouse, Thales, Veolia, Verne

Recherche : MILA, CEA, INRIA, Université Clermont Auvergne, LIG, Loughborough University, Mila, Obvia, Stockholm Environment Institute, Universita di Pavia, Umwelt Bundesamt Ai lab,Vrije Universiteit Amsterdam, Umwelt Bundesamt

ONG et associations : AFNUM, Climate Change AI, GAIA, FTCC, Nature Finance, Royal Academy of Engineering, Shift Project

Investisseurs : Ardian, Crédit Agricole, Daphni, Eurazeo, Growth Fund the National Fund of Greece, Mirova, Princeville Capital, Tikehau Capital

Secteur public : BPIFrance, IGN, Nectec

Start-ups : Ahods, Boltzmann, Hivenet, Pruna AI, Rhite, Sepia Infrastructure, Sperta, Tomorrow today

Avec le soutien des gouvernements de l’Allemagne, du Chili, de la Corée, du Danemark, de la Finlande, de la France, du Kenya, du Maroc, de la Norvège, du Royaume-Uni et d’organisations internationales (Global Green Growth Institute, Agence internationale de l’énergie, Programme des Nations Unies pour le développement)

Une collaboration internationale pour une responsabilité environnementale de l’IA

Les partenaires travaillent sur la question de la responsabilité environnementale de l’IA depuis un certain temps. Aujourd’hui, ils unissent leurs forces pour faire naître une collaboration internationale.

Dans le cadre de sa stratégie nationale en matière d’IA, la France promeut l’« IA frugale » dans tous les secteurs, avec un programme dédié aux démonstrateurs d’IA pour la transition écologique. Douze projets locaux sont pilotés par le Ministère français de l’Environnement pour optimiser l’utilisation des ressources et mieux appréhender les dynamiques locales en termes de transport, de pollution, de rareté de l’eau, etc. En juin 2024, la France a publié le premier « Référentiel général pour l’IA frugale », une norme volontaire construite en collaboration avec 100 autres entreprises, associations, communautés de chercheurs et administrations en France.

AFNOR SPEC – Référentiel général pour l’IA frugale – Mesurer et réduire l’impact environnemental de l’IA

En 2024, le PNUE a publié une note thématique qui explore l’empreinte environnementale de l’IA et examine comment la technologie peut être déployée de manière écoresponsable ; elle fait suite à un rapport majeur du PNUE, Naviguer vers de nouveaux horizons, qui examinait également les promesses et les dangers de l’IA.

En mars 2025, le PNUE publiera un guide visant à encourager les achats publics et privés au profit de centres de données économes en énergie.

Ces lignes directrices seront fondées sur les meilleures pratiques internationales et les normes mondiales établies (Code de conduite de l’UE, Energy Star, ISO/CEI 30134, etc.). Elles expliqueront aux investisseurs, aux banques de développement et aux autorités locales quels éléments objectifs définissent ce qu’est un centre de données économe en énergie.

AI for Good – Global Summit Juillet 2025

Organisé depuis 2017 par l’Union internationale des télécommunications (UIT), l’agence des Nations Unies pour les technologies numériques, AI for Good a pour objectif d’identifier des applications fiables de l’IA, de développer des compétences et des normes en matière d’IA, et de renforcer le dialogue mondial sur la gouvernance de l’IA en faveur du développement durable.

« Le Sommet mondial pour l’action sur l’IA constitue un tournant : pour la première fois, la transition écologique est au cœur des discussions d’un sommet international sur l’IA. Je suis très fière que la France ait organisé ce premier « Forum pour l’IA durable » avec deux cents acteurs présents. Aujourd’hui, mon ministère, en collaboration avec l’UIT et le PNUE, a lancé la Coalition pour l’IA durable : une initiative ambitieuse sur l’IA verte et l’IA pour l’environnement. Un résultat concret a déjà été obtenu : dans le cadre de la coalition, les parties prenantes ont réussi à élaborer ensemble la première feuille de route internationale pour la normalisation de l’IA durable ! »

Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité, de la Forêt, de la Mer et de la Pêche

Pourquoi remettre la santé des sols au cœur des stratégies territoriales ?

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L’édito de Jérémie Almosni, directeur Villes et Territoires Durables de l’ADEME répond à cette question « Pourquoi remettre la santé des sols au cœur des stratégies territoriales ? » Parce que l’ADEME soutien la recherche et le développement en matière de gestion durable des sols. Son action s’inscrit dans une démarche visant à préserver et à restaurer les sols, qui sont essentiels pour la biodiversité, la régulation du climat, la production alimentaire et la gestion de l’eau.

L’édito de Jérémie Almosni,
directeur Villes et Territoires Durables, ADEME

Les sols occupent une place centrale dans le fonctionnement des écosystèmes terrestres, jouant un rôle clé dans la régulation de la qualité de l’eau, la lutte contre l’érosion et la préservation de la biodiversité.

Cependant, les activités humaines intensifient les pressions sur les sols en multipliant les usages : production alimentaire, fourniture de matériaux et d’énergie, aménagements récréatifs, paysages, logements, infrastructures ou encore industrie. Ces tensions conduisent à une dégradation des sols qui menace leur capacité à remplir leurs fonctions écologiques. Selon l’Union européenne, 60 % des sols sur son territoire sont déjà affectés.

Malgré une prise de conscience croissante de leur rôle essentiel dans la lutte contre la perte de biodiversité et le changement climatique, leur protection reste insuffisamment intégrée dans les processus décisionnels. L’ADEME, dans sa stratégie de soutien à la recherche, vise à mieux ancrer la santé des sols au cœur des politiques publiques. Elle concentre ses efforts sur trois axes principaux :

  • 1 – évaluer leur état de santé,
  • 2 – promouvoir leur gestion durable
  • 3 – relever les défis liés aux nouvelles régulations, notamment la loi Climat et Résilience, qui fixe l’objectif de Zéro Artificialisation Nette (ZAN) d’ici 2050 ainsi que le projet de directive européenne sur la surveillance et la résilience des sols.


Cette directive, en plaçant la qualité des sols au même rang que celle de l’eau et de l’air, marque une avancée majeure vers une reconnaissance globale de leur importance. Elle a conduit l’ADEME à renforcer son action sur l’évaluation de la santé des sols et les techniques pour leur restauration écologique, en intégrant ces enjeux au sein des appels à projets de recherche GESIPOL et GRAINE.

Pour parler de ces avancées en matière de recherche, l’ADEME vous invite lors des 5e Rencontres Nationales de la Recherche sur les sites et sols pollués les 4 et 5 février 2025.

5ᵉ Rencontres Nationales de la Recherche sur les sites et sols

Organisées par l’ADEME et ses partenaires, ces 5ᵉ Rencontres Nationales sont incontournables pour tous les acteurs de la filière.

Les sols, un trésor à protéger

L’ADEME soutien la recherche et le développement en matière de gestion durable des sols. Son action s’inscrit dans une démarche visant à préserver et à restaurer les sols, qui sont essentiels pour la biodiversité, la régulation du climat, la production alimentaire et la gestion de l’eau. 

Le dérèglement climatique, l’effondrement de la biodiversité et la raréfaction des ressources naturelles pourront s’accompagner d’effets irréversibles sur tous les territoires.

Face à une aggravation des effets liés au changement climatique, les villes doivent s’adapter et répondre à certains objectifs de sobriété et de maîtrise des ressources afin de réduire l’étalement urbain et d’améliorer la restauration de la biodiversité (promulgation de l’objectif Zéro Artificialisation Nette (ZAN) – 2021, de la Stratégie nationale Biodiversité (SNB) – 2022, et du Règlement européen sur la restauration de la nature – 2024).

Cette prise de conscience est également européenne et a conduit à l’élaboration d’une directive qui prévoit des mesures visant à rendre obligatoire la surveillance de la santé des sols, fournissant des principes directeurs pour leur gestion durable, et traitant des situations dans lesquelles leur contamination présente des risques inacceptables pour la santé humaine et l’environnement.

Cette riche actualité réglementaire renforce le besoin d’approfondir les connaissances sur la biodiversité des sols et les processus écologiques qui en découlent afin de les préserver et de les restaurer, quel que soit le secteur économique (agriculture, pêche, industrie et urbanisme).

En cohérence avec les orientations de la stratégie R&D de l’ADEME, les projets de recherche accompagnés par l’Agence intègrent une approche pluridisciplinaire, mobilisant des experts en sciences de l’environnement (écologie, biologie, pédologie, agronomie), en chimie, en physique et même en géographie et géomatique (urbanisme). Ces travaux de recherche ambitionnent une approche systémique permettant de prendre en considération les sols, non pas uniquement comme un support de construction ou comme une source de pollution, mais comme un élément fondamental de nombreux services écosystémiques (régulation des flux d’eau et du climat, réservoir de biodiversité, etc.). L’ADEME favorise en outre des projets qui intègrent les aspects socio-économiques, car ils peuvent constituer des verrous pour la préservation et la restauration des sols. 

Les appels à projets de recherche (APR) sur la gestion durable des sols

L’ADEME mobilise les acteurs de la recherche, notamment via des axes ouverts sur les sols dans les APR (ou la mise en place d’appels dédiés), afin de mieux comprendre les impacts des activités humaines et du changement climatique sur les sols, d’évaluer les impacts de leur dégradation sur les humains et les écosystèmes, ainsi que les impacts socio-économiques. La thématique de la gestion durable des sols est non seulement traitée dans les APR de l’ADEME GRAINE, GESIPOL1, IMPACT, TEES, CO3, PACT2e2 et l’appel à thèses, mais aussi à travers la réalisation d’études sur des sujets spécifiques, notamment sur la réhabilitation écologique des friches polluées (diagnostics fonctionnels des sols avant et après réhabilitation3).

L’APR GRAINE traduit l’approche systémique recherchée en visant l’amélioration des méthodes et des outils d’évaluation de la santé des sols, tout en veillant à rendre cohérents les référentiels d’interprétation pour tout usage des sols (agricole, forestier ou urbain). L’ADEME porte aussi cette vision transversale à l’échelle européenne au sein du réseau européen SOILveR qui a pour objectif de partager des connaissances sur la gestion durable des sols et de mettre à disposition des ressources et des connaissances sur sa plate-forme (https://soilver.eu/)

La feuille de route « gestion durable des sols »

Pour structurer son action, l’ADEME s’est dotée d’une feuille de route sur la gestion durable des sols en s’inscrivant dans un contexte réglementaire en pleine évolution (Objectif ZAN, directive européenne sur la surveillance et la résilience des sols) afin de fixer des objectifs opérationnels déclinés au travers d’actions structurantes à l’échelle régionale et nationale sur une période de 2 à 3 ans.

L’ADEME souhaite accompagner les territoires en mobilisant le grand public et les acteurs socio-économiques dans l’optique de faire changer les comportements grâce à la communication, la sensibilisation et la formation. Elle accompagnera les collectivités dans l’élaboration de leurs stratégies de sobriété foncière. Cet accompagnement comprend la mise à disposition de financements, de méthodes, d’outils, de retours d’expériences ainsi que la mise en réseau de collectivités engagées sur le sujet.

L’ADEME encourage la création de terrains démonstrateurs territoriaux (ou livings labs, sites d’expérimentation à long terme), afin de répondre au mieux aux besoins des territoires et de mettre en place de nouveaux services ou modèles d’affaires, en s’appuyant sur la participation des entreprises, des chercheurs, et des acteurs locaux de l’aménagement du territoire.

The European knowledge platform on soil and land management (SOILveR) wants to establish a flexible, self-financed platform of European funders that assures future generations of sustainable soils and land

Ces projets reposent sur une gouvernance efficace pour coordonner toutes les parties prenantes en prenant en considération les enjeux sur les sols définis localement (risque inondation, risque sécheresse ou perte d’espace naturel, etc.). 

Vers une approche intégrée des effets sanitaires positifs et négatifs du jardinage dans l’aide à la décision sur des sols pollués. 

Eugénie Albert

Docteure en pharmacie à l’IRSET (Institut de recherche en santé, environnement et travail – UMR_S 1085 Inserm), Eugénie Albert s’est spécialisée en santé publique. Elle croit fermement que les enjeux de santé actuels nécessitent une lecture globale et interdisciplinaire. Cette thèse, appuyée par l’ADEME, s’inscrit complètement dans cette logique. Pour cette grande curieuse et fan de jardinage, le thème était tout indiqué… 

Quels sont les principaux objectifs et résultats de votre thèse ?

Il existe aujourd’hui des outils d’évaluation des risques sanitaires des sols contaminés. Cependant, lorsque les risques évalués sont faibles, peu parlants, il est difficile de déterminer l’usage que l’on peut réellement faire du sol. Par ailleurs, des usages comme le jardinage peuvent aussi avoir des impacts sanitaires positifs. La thèse cherche donc à construire un outil qui réponde à ces situations intermédiaires, en intégrant les bénéfices éventuels pour la santé. Ceci s’inscrit dans une logique de santé publique actuelle où, au principe de sécurité sanitaire, s’ajoute la notion de promotion de la santé. 

Ma thèse s’appuie tout d’abord sur une revue de la littérature montrant des bénéfices potentiels, en particulier pour le jardinage, en matière d’alimentation, de santé mentale, d’activité physique, de lien social, de qualité de l’environnement et de budget. Sur cette base, mon objectif est de proposer une méthode d’évaluation qui intègre tous ces bénéfices, et pas uniquement le risque. 

Le second volet a été d’aller rencontrer des jardiniers, en l’occurrence les usagers des jardins collectifs de la ville de Rennes. J’ai cherché à documenter les bénéfices économiques, qui sont moins connus, et les conditions dans lesquelles ils sont présents (profil de jardinier, structure du jardin…).

À Rennes, on montre que pour faire des économies substantielles en matière de coût alimentaire, il faut avoir une certaine surface, associée à une certaine expérience du jardinage. Mais surtout, c’est moins l’objectif économique que le loisir que les gens cherchent, contrairement aux conclusions d’autres études menées par exemple à Séville, région très touchée par la crise économique de 2008. 

La renaturation des sols dégradés en milieux urbains

Les sols peuvent être dégradés par les activités humaines. Réhabiliter les friches constitue des opportunités à la fois pour réduire l’artificialisation des sols et pour recréer des espaces de nature porteurs de bénéfices directs et indirects pour les habitants des villes.

Dans un contexte de tensions sur l’usage des sols, les villes doivent aussi s’adapter aux conséquences du changement climatique et répondre à certains objectifs de préservation et de restauration de la biodiversité (loi Climat – Plan Biodiversité).

La renaturation des zones à l’abandon ou de zones à enjeux écologiques constitue une opportunité de rendre les territoires plus résilients et de promouvoir un ensemble de bénéfices environnementaux, sociaux et économiques4. Ces opérations de renaturation (parc urbain, jardin partagé, trame verte, réservoir biodiversité) constituent une réelle opportunité pour recréer un espace de nature en milieu urbain et périurbain, porteur de bénéfices directs et indirects.

Ces opérations menées dans le cadre d’un renouvellement urbain peuvent dynamiser la reconversion des friches vers des usages environnementaux (espace vert, parc urbain, continuité écologique) lorsque celles-ci présentent un potentiel et des fonctionnalités permettant une intégration paysagère favorisant la biodiversité et la lutte contre le changement climatique

Lire la suite : Faire face à la raréfaction de la « ressource sol »

Rencontre avec Jamila Bentrar et Cécile Grand

Régulation de l’eau, lutte contre la perte de biodiversité et contre les îlots de chaleur urbains… Même contaminé, le sol peut rendre de nombreux services écosystémiques. D’où l’intérêt d’en prendre soin et de lui laisser le temps dont il a besoin pour se restaurer.


Jamila Bentrar

Coordinatrice Quartiers fertiles à la Métropole Européenne de Lille (MEL), des projets de recherche REVALS et REPONSE, Jamila Bentrar est également l’autrice de l’ouvrage Modéliser le futur des territoires – Pour une résilience des politiques publiques, publié chez Territorial éditions.

Cécile Grand

Cheffe de projets Sols et sites pollués, au sein du service SitéSol (sécurisation et reconversion des friches polluées) de l’ADEME, Cécile Grand travaille notamment sur la réhabilitation écologique des friches et leur reconversion.

Pourquoi et comment vous êtes-vous intéressée à la qualité des sols dans la stratégie urbaine de la Métropole Européenne de Lille (MEL) ?

J’ai rejoint la Direction Agriculture de la MEL il y a plus de trois ans afin de développer des projets d’agriculture urbaine dans des quartiers prioritaires. J’ai appréhendé ce sujet comme un programme immobilier comme un autre ; puis celui des sols s’est imposé rapidement, quand les analyses ont indiqué la présence de polluants, et donc une incompatibilité d’usage de ces sols avec nos projets. Les experts nous ont conseillé de suivre les modalités de gestion de la pollution qui sont mises en œuvre dans ce cas : retirer la terre polluée et la remplacer par une terre saine. J’ai alors découvert un problème de disponibilité déconcertant : nous ne trouvons plus de terre saine dans notre région. Notre modèle est arrivé à bout de souffle, nous devions envisager d’autres options. Nous nous sommes alors orientés vers la solution technique de reconstruction ou construction de sol, c’est-à-dire la mise en place de technosols.

Nous ne trouvons plus de bonne terre dans notre région ; nous devons donc envisager d’autres options.

Jamila Bentrar , Coordinatrice Quartiers fertiles à la Métropole Européenne de Lille.

  1. Recherche pour la GEStion Intégrée des sites POLlués ↩︎
  2. Planifier et aménager, face au changement climatique, la transition des territoires. ↩︎
  3. Réhabilitation écologique des friches polluées, Jeanne Maréchal, Xavier Marié – 2022-2024, Sol Paysage, 45 pages. ↩︎
  4. Lorsque les bénéfices environnementaux, sociaux et économiques constituent les bénéfices que l’Homme retire directement ou indirectement du fonctionnement des écosystèmes, on parle de « services écosystémiques ». Ceux-ci reposent sur l’ensemble des processus écologiques qui assurent le fonctionnement de ces écosystèmes ↩︎

Comprendre les enjeux du développement durable grâce au Réseau France du Pacte mondial de l’ONU

En 2025, l’objectif du Pacte mondial de l’ONU – Réseau France reste clair : accompagner les entreprises dans leur transformation, en reconnaissant la complexité des défis, mais en offrant des solutions concrètes et ambitieuses. Nils Pedersen, Délégué général du Pacte mondial de l’ONU – Réseau France, nous présente un nouveau contexte pour la durabilité. Mise à jour avec le programme d’action 2026.

Un nouveau contexte pour la durabilité

Depuis le lancement du Pacte mondial en 2000, la notion de développement durable s’est largement diffusée au sein du secteur privé – toutes les grandes entreprises disposent désormais d’une Direction du développement durable / Responsabilité sociétale des entreprises (RSE).

La connaissance des Objectifs de développement durable (ODD) est forte, selon les résultats du Baromètre européen des ODD 2024, puisqu’une majorité significative des entreprises interrogées (96 %) connaissent les ODD, dont la plupart manière approfondie (69 %). Seuls 4 % des interrogées ne connaissaient pas les ODD avant de recevoir le questionnaire.

BAROMÈTRE EUROPÉEN DES ODD

Le changement climatique, la perte de biodiversité, la raréfaction des ressources, ou encore la nécessité de sortir des énergies fossiles sont désormais largement documentés par la science et reconnus par l’opinion publique, malgré quelques résistances.

Par ailleurs, le débat médiatique aborde régulièrement des thèmes comme, le « greenwashing », ou l’ « ODD-washing », qui désignent des communications trompeuses sur des pratiques écologiques. De plus en plus, notamment outre-Atlantique, fleurissent « l’ESG bashing » et la « SDG fatigue », traduisant une remise en question des efforts en matière de développement durable et de critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG).

Bien que les métiers de Directeur du développement durable soient largement établis, la société dans son ensemble se heurte encore à la réalité et à la complexité de ces enjeux, qui sont loin d’être simples ou binaires.


Et si l’entreprise devenait un moteur du changement ?

Une voix, une vision, un impact. Découvrez l’histoire d’une héroïne du quotidien : une entrepreneuse guidée par les valeurs universelles et les principes du Pacte mondial de l’ONU – Réseau France. Son parcours montre qu’il est possible de concilier croissance et impact positif.


Une évolution des réglementations pour transformer l’économie

Si le Pacte mondial relevait d’une initiative pionnière lors de son lancement il y a 25 ans, force est de constater que la réglementation a fortement évolué, bouleversant le sens donné aux engagements volontaires au regard des nouvelles exigences. Les entreprises sont aujourd’hui forcées d’intégrer une nouvelle « ère de la donnée » et de transparence, alors même que la « Communication sur le Progrès » (CoP) constituait le socle central du Pacte mondial pour la communication des engagements de ses membres.

Pour autant, le reporting dans son ensemble ne constitue en aucun cas une dynamique de transformation, qui est à l’inverse le cœur de la stratégie du Pacte mondial, mais plutôt une photographie de ce qu’a réalisé l’entreprise.

L’enjeu central pour le secteur privé n’est plus de communiquer sur ce qu’il fait (ou va faire), mais de démontrer les résultats concrets obtenus pour répondre aux impératifs réglementaires et aux attentes de l’ensemble de ses parties prenantes.

Il s’agit donc de passer de la communication sur la méthode à celle des résultats.

En outre, si le Pacte vert européen (Green Deal) – et l’ensemble de ses déclinaisons opérationnelles – reste un défi à la fois pour les entreprises et le Pacte mondial, la finalité de l’initiative onusienne n’est pas remise en cause : un engagement volontaire à respecter un socle de valeur partagées (les Dix Principes), à l’échelle internationale, qui inclut le respect de l’Accord de Paris et la mise en œuvre de l’Agenda 2030 (les 17 ODD).

Loin d’être dépassé, le Pacte mondial des Nations Unies reste donc le principal cadre volontaire d’engagement universel et inclusif, qui permet à ses entreprises membres de transformer leur modèle d’affaires et d’en mesurer la mise en œuvre, tout en se comparant à ses pairs et ses concurrents.

Plus que jamais, l’entreprise doit être responsable de ses actes et anticiper son avenir, dans un monde bouleversé climatiquement, socialement, économiquement et politiquement.

Lancement du guide “Entreprises-Communautés affectées” et groupe de travail Droits humains

Un contexte géopolitique incertain

Ce contexte économique et géopolitique vient dorénavant troubler le quotidien des entreprises – bien loin der ce que nous avons connu avec la crise de la covid – car, instable, il n’offre qu’une visibilité à moyen terme incertaine. La récente élection américaine accentue davantage les divergences entre les États-Unis et l’Europe en matière de durabilité, mettant en lumière des approches contrastées face aux défis globaux et aux priorités économiques.

Selon une étude du cabinet de conseil PwC, 45 % des chefs d’entreprises ne pensent pas que leur entreprise sera viable dans dix ans. L’Union européenne n’est pas équipée pour réagir face à l’antagonisme né du rejet par une partie de l’opinion publique américaine de la notion d’ESG, de la volonté de déréguler massivement des pans entiers de la société et de l’économie du pays, du protectionnisme agressif et de la défense d’un « modèle américain ».

Le rapport Draghi sur la compétitivité alerte également sur les défis pour l’UE de ne pas renoncer face au reste du monde – alors même que notre continent se veut le champion de la décarbonation et des modèles sociaux de pointe. Or, paradoxalement, l’économie mondiale n’a jamais été aussi ancrée dans une dépendance mondiale, comme l’illustrent les chaînes de valeurs.

Aucun pays ne produit en auto-suffisance ; la rupture des chaînes d’approvisionnement pendant la crise Covid a mis cette dépendance à nu sans pour autant que la relocalisation des chaînes de valeur n’ait massivement eu lieu depuis malgré une prise en compte de cette fragilité.

Ce qui se dessine en filigrane n’est donc plus la pérennité des entreprises, mais bien celui de notre contrat social. Si nos concitoyens sont laissés de côté (ou expriment cette crainte), alors la nature même des conditions du vivre-ensemble est mise en danger (à l’image du mouvement des « gilets jaunes »).

La mondialisation des années 1990 est le reflet d’une promesse heureuse de bien-être qui n’a été que partiellement réalisée. Elle se retourne aujourd’hui contre elle-même, avec le risque d’emporter avec elle tous ses bienfaits, en accentuant la fragmentation du monde et le retour des récits nationaux conservateurs.

Tant que le grand public (et aussi une partie du secteur privé) peine à accepter la vitesse à laquelle on lui demande de changer de mode de vie – et surtout qu’il en perçoive ses propres bénéfices – il ne pourra que légitimement exprimer et manifester ses vives inquiétudes.

Cette dynamique permet à de nombreux démagogues et populistes de faire perdurer l’idée que ces enjeux et défis complexes peuvent être résolus par des réponses simplistes, alors même que des facteurs structurels objectifs, comme l’appauvrissement des classes populaires, la poussée des inégalités, la baisse de confiance dans l’État ou l’explosion de la dette, doivent être considérés.

Le rythme des progrès des ODD a ralenti en Europe, avec des inégalités persistantes au sein et entre les pays européens
Le Réseau de solutions pour le développement durable des Nations Unies (SDSN) a publié son rapport annuel sur l’avancement des Objectifs de développement durable (ODD) en Europe. Celui-ci démontre notamment un ralentissement global dans la progression vers les ODD dans l’ensemble de l’Europe, avec un rythme de progression des ODD sur la période 2020-2023 plus de deux fois inférieur (+0,8 point) à celui de la période 2016-2019 (+1,9 point).

Parcours PME Durable : 2 h pour comprendre les enjeux du développement durable grâce au Réseau France du Pacte mondial de l’ONU

Face aux défis environnementaux et sociaux, les PME jouent un rôle clé dans la transformation vers un avenir durable. Avec Parcours PME durable, nous leur offrons un outil simple et concret pour intégrer la RSE à leur stratégie. Conçu avec des PME engagées, ce programme s’inscrit dans notre ambition collective de bâtir un avenir inclusif, juste et durable.

Nils Pedersen, Délégué général du Pacte mondial de l’ONU – Réseau France

Programme d’action 2026 : un parcours complet pour transformer la chaîne de valeur

Comment transformer l’entreprise dans un monde en mutation, marqué par des défis sans précédent, tout en renforçant sa performance à long terme ? Le changement climatique, l’aggravation des inégalités, l’instabilité géopolitique et la crise de confiance redéfinissent en profondeur l’environnement dans lequel évoluent les entreprises. Face à ces enjeux, le Pacte mondial de l’ONU reste déterminé à accompagner les entreprises participantes à notre initiative internationale. Sa mission : nous guider dans ces incertitudes, nous aider à maîtriser les risques associés et à intégrer la durabilité au cœur de nos stratégies de transformation.

Son programme de travail 2026 y répond directement, en tenant compte des attentes et besoins exprimés dans l’enquête membres 2025. La mise en œuvre des Dix Principes du Pacte mondial et des Objectifs de Développement Durable (ODD) sont déclinés à travers des thématiques ciblées et des formats adaptés, conçus pour répondre à la diversité des profils : niveaux de maturité, taille, secteur d’activités et localisation de l’entreprise, tout en articulant les échelles géographiques appropriées (régionale, nationale, internationale) et les acteurs clés de l’écosystème.

Les ressources du Réseau France du Pacte mondial de l’ONU sont accessibles à tous (dans la limite des places disponibles) et incluses dans la cotisation annuelle (sauf exceptions signalées). La force de mobilisation de l’expertise et des retours d’expérience du réseau lui permet de produire des contenus et des livrables qui accélèrent l’intégration des enjeux de durabilité.

Par ailleurs, un axe transversal de travail est proposé en 2026 : les chaînes de valeur responsables. Ce sujet est traité de manière globale (environnement, social, gouvernance) grâce à la puissance du réseau, en France et à l’international. L’engagement volontaire au sein du Pacte mondial de l’ONU repose est la démonstration d’une démarche de progrès continue, via la Communication sur le Progrès (CoP), qui reste obligatoire. 

Quand les entreprises agissent avec intégrité et ambition dans une logique de durabilité, le changement n’est plus une option : il devient une réalité. Le moment est venu. Ensemble, transformons l’ambition en action.

Calendrier 2026 des évènements du Pacte mondial de l’ONU – Réseau France


Une réaffirmation du rôle central du développement durable

Certes, seules 17 % des cibles des ODD sont aujourd’hui sur la bonne trajectoire pour être atteintes. Mais le constat est donc sans appel : notre avenir est commun à tous.

C’est pourquoi l’ONU a réaffirmé le rôle irremplaçable du multilatéralisme, mais aussi celui de l’Agenda 2030, lors du Sommet de l’avenir en septembre 2024, qui a abouti au « Pacte pour l’avenir ». La ligne directrice de ce Pacte est ainsi de refonder le contrat social entre gouvernements et citoyens, et plus largement avec la société civile et le secteur privé.

Depuis 2015, les ODD constituent la colonne vertébrale de l’ensemble des politiques de l’ONU et de ses différentes agences et initiatives, dont le Pacte mondial (UNGC) fait partie.

Alors que leur pleine mise en œuvre d’ici leur échéance en 2030 s’éloigne, les États, les entreprises et les citoyens doivent désormais, plus que jamais, apporter des réponses opérationnelles ambitieuses. Le Sommet et le Pacte pour l’avenir ont ainsi réaffirmé le rôle incontournable que doit jouer le secteur privé pour la mise en œuvre de ces engagements.

L’évolution des métiers de la RSE

En deux décennies, les métiers de la RSE ont évolué d’une approche communication / marketing / philanthropique à une approche durable, impactante, voire financière et stratégique, avec la montée en puissance du Pacte vert.

La RSE, qui pouvait ainsi être perçue comme périphérique (voire cosmétique) au début des années 2000, relève dorénavant de compétences fortes et structurées. La fonction de Directeur du développement durable (CSO en Anglais) est aujourd’hui pleinement intégrée dans les organigrammes.

Le Directeur du développement durable est devenu un véritable chef d’orchestre. Il collecte des données, impulse des transformations au long court, dialogue avec les parties prenantes de l’entreprise, répond aux différentes réglementations, interagit avec les investisseurs – tout en répondant aux enjeux à court terme et au long terme.

Par conséquent, le métier évolue, devenant plus large, plus complexe, et souvent plus technique. Il s’appuie sur les nombreuses compétences internes ou externes de l’entreprise, là où il y a encore moins de 10 ans, le Directeur agissait relativement seul ou via une équipe restreinte.

Par ailleurs, d’autres métiers sont apparus : Directeur Climat / Environnement, Directeur Droits humains, Directeur de la compliance… Cependant, ce qui est vrai au sein des Grands groupes ne s’observent pas encore dans les ETI ou les PME. La fonction se fragmente de plus en plus pour les premiers, tandis qu’elle reste encore l’apanage des Chefs d’entreprises pour les seconds.

C’est à ces dichotomies et paradoxes que doit répondre le Pacte mondial et son réseau français, alors même que les enjeux n’ont jamais été aussi pressants.

Par ailleurs, si le débat public français est relativement bien sensibilisé aux enjeux climatiques, d’autres sujets sont encore mal compris par de nombreuses entreprises, comme la biodiversité, la circularité, la diversité et inclusion ou encore les droits humains.

Enfin, si le consommateur se montre sensible aux enjeux du développement durable, la « variable prix » reste importante dans sa dynamique d’achat et ce, d’autant plus dans un contexte inflationniste.

Aussi, si la transformation de l’entreprise devient un impératif économique, il n’est pas si aisé d’en répercuter les coûts sur les biens et services vendus, alors même que les risques de réputation n’ont jamais été aussi élevés dans une société connectée.

Le développement durable : une opportunité à ne surtout pas abandonner

Le Pacte mondial des Nations Unies porte la conviction de la nécessité de ses outils et contenus. Les retours de ses membres confrontés à la CSRD démontrent qu’un usage régulier de ces ressources favorise une compréhension des nouveaux enjeux de reporting, et tout particulièrement de la « double matérialité ».

Le Pacte mondial constitue de fait un accélérateur aux différents reporting, mais, plus globalement, à la performance de l’entreprise, dès lors que la durabilité est pleinement intégrée à la stratégie et à la culture de l’entreprise. La collecte des données sur l’ensemble des échelles territoriales, leur compréhension partagée et leur contrôle sont autant d’enjeux nouveaux auxquels le Pacte peut répondre pour amener l’entreprise à se transformer.

La Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD), en vigueur depuis le 1er janvier 2024, impose une approche décloisonnée de la RSE, tant dans le fonctionnement interne de l’entreprise, que dans les sujets traités. L’approche transversale des sujets ESG s’inscrit dans l’atteinte des 17 ODD.

L’implication des parties prenantes vient également bouleverser la pratique de la RSE et nécessite de nouveaux savoirs. Aussi, la pratique démontre que les entreprises les plus engagées au sein du Pacte mondial sont celles qui sont les plus à l’aise en matière de RSE.

Une étude Ecovadis souligne par ailleurs que si les membres de l’initiative ne représentent que 15 % à 20 % des entreprises en portefeuille, elles sont plus de la moitié à figurer dans les meilleurs palmarès en matière de pratique durables.

Le Pacte mondial de l’ONU – Réseau France se tient plus que jamais aux côtés des entreprises pour les accompagner dans cette transformation. Celle-ci est bien évidemment complexe, mais toujours plus nécessaire. Nous devons être collectivement au rendez-vous de ce tournant de l’histoire.

Nils Pedersen
Délégué général du Pacte mondial de l’ONU
Réseau France

Pour un séjour de vacances, quel est l’impact de nos choix d’hébergement et de transport ?

Nuit à l’hôtel, en résidence secondaire, en location saisonnière ou au camping : lequel de ces choix d’hébergement a le moins d’impact sur l’environnement ? Pour sensibiliser au tourisme durable, l’ADEME a ajouté 4 nouveaux équivalents carbone. Une donnée communicable grâce à l’étiquette carbone, le Comparateur carbone ou via l’API. Nouveau, Impact Livraison, un simulateur pour évaluer l’impact de nos achats en ligne.

Quel est l’impact de nos choix d’hébergement ?

Nuit dans un Hôtel

Nuit dans une résidence secondaire

Nuit dans une location saisonnière

Nuit au camping

Quel est l’impact du transport pour un voyage de 4 jours ?

Transport : Calculer l’impact carbone des moyens de transport

Quel est l’impact carbone des livraisons ? 📦

Comparer l’impact carbone des modes d’achat

Impact Livraison propose d’évaluer le poids carbone carbone des achats en ligne et de comparer 7 modes de livraison pour 10 objets différents. En quelques clics, l’outil permet de comprendre les bons ordres de grandeur et de faire des choix plus éclairés.

Équivalent carbone : c’est autant d’émissions pour fabriquer, consommer ou parcourir …

Comparateur carbone : Le bon outil pour obtenir les bons ordres de grandeur

Quiz carbone : Un format interactif pour sensibiliser et apprendre de façon ludique


Voir aussi :

Comment sensibiliser à l’impact carbone et eau des gestes ou objets du quotidien ?

Du champ à l’assiette, quelle est l’impact de notre alimentation ?

Du champ à l’assiette, quelle est l’impact de notre alimentation ?

Du champ à l’assiette, nos habitudes alimentaires ont un impact non négligeable sur l’environnement : pollution de l’air, de l’eau et des sols, consommation d’énergie, émissions de gaz à effet de serre, et gaspillage alimentaire. Pour mieux comprendre quels aliments polluent le plus, découvrez Impact Alimentation, le nouveau simulateur développé par l’Agence de la transition écologique !

Communiquer sur l’impact carbone de l’alimentation

  • ✅ L’impact carbone de 60+ produits alimentaires
  • ✅ Un classement par groupe d’aliments, rayons du magasin ou popularité
  • ✅ Les bons ordres de grandeur pour faire des choix plus éclairés

En France, 1/4 des émissions de gaz à effet de serre provient de nos assiettes.

Mesurer l’impact de l’alimentation sur le climat

Quel est l’impact de l’agriculture et du transport dans l’alimentation ?

Chaque geste du quotidien compte pour réduire notre empreinte carbone !

Il est fréquent d’évoquer le nombre de calories d’un repas plutôt que son impact sur l’environnement. Pourtant, l’alimentation est le troisième poste le plus émetteur de gaz à effet de serre (GES), après le transport et le logement. Partager les outils Impact CO2 est donc un premier pas utile vers des décisions plus éclairées à l’échelle collective 🙂

Guide Tout comprendre : une alimentation plus durable

Pour limiter notre empreinte carbone, une alimentation végétale, locale et
de saison
est la meilleure solution.

Comparaison des émissions de gaz à effet de serre de 3 menus

Source : Émissions de gaz à effets de serre pour une portion moyenne ADEME/Food GES 2016

Comparer l’empreinte carbone de différents types de repas

Les produits céréaliers, légumineuses et fruits et légumes de saison ont beaucoup moins d’impacts environnementaux que les produits d’origine animale, les plats préparés, le lait ou les œufs.

Le rapport des consommateurs à la viande évolue

Quel est l’impact des aliments transformés ?

Plus un produit est transformé, emballé, réfrigéré, plus il consomme
d’énergie pour sa préparation, son emballage et sa conservation.

Quel est l’impact de la viande et de ses alternatives ?


Voir aussi :

Comment sensibiliser à l’impact carbone et eau des gestes ou objets du quotidien ?

Pour un séjour de vacances, quel est l’impact de nos choix d’hébergement et de transport ?

Économies d’énergie dans une maison : comment la rénovation énergétique peut tout changer

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Alors que nos factures d’énergie grimpent et que le climat nous lance des signaux d’alarme, une question s’impose : comment rendre nos maisons plus responsables ? La rénovation énergétique apporte une réponse concrète qui dépasse largement le simple effet de mode. Elle bouleverse parfois notre quotidien en nous invitant à repenser notre consommation d’énergie.

thiago japyassu

Les nombreux atouts d’une rénovation énergétique

Rénover son logement sur le plan énergétique ne doit pas se résumer à une question d’économies. Certes, la perspective de voir ses factures fondre de 30 à 60% séduit, mais les bénéfices vont bien au-delà. Le plus frappant ? La métamorphose du confort au quotidien. Fini les courants d’air glacial en hiver et la sensation d’étouffer pendant les canicules estivales.

L’aspect patrimonial mérite également une attention particulière. Dans un marché immobilier de plus en plus sensible aux questions environnementales, un logement rénové gagne en attractivité. La plus-value peut grimper jusqu’à 15%, un argument de poids pour les propriétaires prévoyants. Sans compter l’impact écologique : chaque maison rénovée allège considérablement son empreinte carbone, évitant le rejet de plusieurs tonnes de CO2 chaque année.

Les fondamentaux d’une rénovation réussie

Bien rénover votre logement

L’isolation : le nerf de la guerre

L’isolation constitue la pierre angulaire de toute rénovation qui se respecte. Le constat est sans appel : une maison mal isolée ressemble à une passoire thermique, où la chaleur s’échappe de toutes parts. La toiture s’avère être le point le plus critique, laissant filer jusqu’à 30% de la chaleur. Les murs ne sont pas en reste, responsables d’un quart des déperditions, tandis que les fenêtres et les planchers bas complètent ce tableau peu reluisant.

Heureusement, les techniques modernes d’isolation apportent des solutions remarquablement efficaces. Les matériaux traditionnels comme la laine de verre côtoient désormais des alternatives écologiques innovantes. L’isolation par l’extérieur, notamment, fait figure de solution idéale pour les rénovations ambitieuses.

Mesut çiçen

La révolution des fenêtres

Terminé, le temps des fenêtres qui laissent passer les courants d’air. Les nouvelles générations de vitrages transforment radicalement l’ambiance d’un logement. Double ou triple vitrage, ces baies modernes créent une véritable barrière contre le froid et le bruit, tout en préservant la luminosité naturelle. Vous l’aurez compris, de bonnes fenêtres peuvent donner place à de réelles économies d’énergie dans une maison.

Le chauffage réinventé

Le choix du système de chauffage s’avère déterminant dans la performance énergétique globale. La pompe à chaleur s’impose comme la championne des économies à long terme. D’autres alternatives, comme la chaudière à condensation ou les systèmes hybrides, permettent aussi de rendre plus efficace sa consommation selon ses propres besoins.

Dans ce domaine, les fournisseurs d'énergie ont su s'adapter. EDF, par exemple, propose des offres spécifiquement conçues pour tirer le meilleur parti de ces installations nouvelle génération. Voici un aperçu des principales offres disponibles : 
- Zen Week-End : Idéale pour ceux qui peuvent concentrer leur consommation durant les week-ends. Avec cette formule, vous bénéficiez de -30% sur le prix du kWh hors taxes (HT) les week-ends et jours fériés par rapport à la semaine.
- Zen Week-End Option Flex : Recommandée pour ceux qui peuvent modérer leur consommation durant les 20 jours "Sobriété" dans l'année, où le prix du kWh HT est plus élevé que le tarif réglementé. Cette offre propose également -15% sur le prix du kWh HT en heures creuses, disponibles 345 jours par an avec deux fois plus d’heures creuses chaque jour.
- Zen Online : Une solution entièrement en ligne, parfaite pour ceux qui préfèrent gérer leurs contrats via internet. Cette offre propose une réduction de -9% sur le prix du kWh HT par rapport au tarif réglementé au moment de la souscription.

Aides financières : un coup de pouce bienvenu

Pour alléger le coût des travaux, plusieurs dispositifs d’aide existent :

  • MaPrimeRénov’, le dispositif phare de l’État
  • L’éco-prêt à taux zéro, pour emprunter sans intérêts
  • Les certificats d’économies d’énergie, une aide précieuse
  • Les aides locales, variables selon les territoires
France Rénov’ : le point de départ pour bien démarrer votre rénovation

La clé du succès 

La réussite d’un projet de rénovation énergétique repose sur une préparation méthodique. Tout commence par un diagnostic énergétique approfondi, véritable feuille de route des travaux à entreprendre. Vient ensuite l’élaboration d’un plan d’action cohérent, suivi du choix d’artisans certifiés RGE. L’accompagnement par un conseiller France Rénov’ peut s’avérer précieux pour naviguer sereinement dans ce projet d’envergure.

S’engager dans une rénovation énergétique, c’est faire le choix d’un habitat plus vertueux et plus confortable. Au-delà des économies substantielles générées, c’est aussi participer activement à la transition écologique, tout en valorisant son patrimoine. Une démarche visionnaire qui prend tout son sens dans le contexte actuel.

COOP’TER soutient des coopérations territoriales dont les modèles économiques répondent aux enjeux de transition sociale et environnementale

COOP’TER est un programme qui soutient des coopérations économiques territoriales fondées sur des modèles économiques répondant aux enjeux de transition sociale et environnementale. Son originalité est de lier la recherche et l’action. Ces coopérations fédèrent un large éventail d’acteurs (entreprises, collectivités territoriales, associations…). Une initiative du PARC Dynamiques économiques et sociales territoriales de l’ADEME.

Objectif du programme COOP’TER

L’objectif principal de COOP’TER est de produire, partager et diffuser de nouvelles connaissances pour :

  • aider les coopérations économiques territoriales de transition à émerger et à se consolider,
  • évaluer et améliorer les effets écologiques, sociaux et économiques de ces initiatives territoriales,
  • faciliter leur institutionnalisation et leur changement d’échelle,
  • enrichir les connaissances scientifiques sur les composantes clés d’un modèle économique de transition (création de valeur, production et répartition de la valeur, gouvernance, mode de vie et consommation, lien au territoire…),

… en utilisant les atouts de l’action couplée à la recherche.  

COOP’TER s’inscrit dans le PARC Dynamiques économiques et sociales territoriales de l’ADEME qui entend étudier la pertinence et les conditions de développement de nouveaux modèles économiques fondés sur la coopération entre acteurs d’un territoire.  

Qu’est-ce qu’une Coopération économique territoriale de transition ?

Par Coopération économique territoriale de transition, l’ADEME entend toute dynamique d’acteurs territoriaux engagés en coopération dans un modèle socio-économique à visée de transition écologique, sociale et économique forte.

Elle associe des entreprises, des associations de citoyens, des institutions publiques territoriales, des chercheurs… Elle vise à faire émerger et pérenniser dans le temps des écosystèmes d’acteurs.  Au service du « bien vivre sur leur territoire », ces écosystèmes élaborent ensemble de nouvelles solutions de biens et de services dans les grands domaines de la vie, tels que l’alimentation, l’habitat, la mobilité, la culture, l’éducation, l’habillement.  

Le modèle socio-économique se définit par les trois dimensions classiquement liées à la valeur pour une entreprise (« proposition de valeur », « mode de production de la valeur et ressources », « revenus, accumulation et répartition de la valeur ») auxquelles s’ajoutent des dimensions supplémentaires liées à la nature même d’un collectif d’acteurs – entreprises, collectivités, citoyens…- engagés dans une dynamique territoriale de transition.

Ces dimensions supplémentaires sont : « modes de vie et consommation », « gouvernance et conventions » et « lien au territoire ». La transition écologique, sociale et économique occupe une position centrale.  Le modèle socio-économique correspond à une approche systémique intégrant l’ensemble de ces dimensions, interdépendantes les unes des autres.

Une dynamique en deux temps

  • Le premier est centré exclusivement sur l’Économie de la Fonctionnalité et de la Coopération.
  • Le second correspond à des approches plurielles élargissant le champ théorique et le cercle des acteurs mobilisés. 

COOP’TER a débuté en 2020 avec un partenariat avec le laboratoire d’intervention et de recherche ATEMIS en se centrant sur le modèle de l’Économie de la Fonctionnalité et de la Coopération (ÉFC). Les travaux d’ATEMIS portent sur la question du travail face aux mutations sociétales, les changements de modèle économique des entreprises confrontées à des nouveaux enjeux et à la transition écologique, sociale et économique des territoires.

Note développement durable des territoires – modèle économique

A la demande de l’ADEME, ATEMIS a produit en 2018 une note qui pose comme hypothèse que le principal défi à relever à l’échelle des territoires infranationaux est la capacité à penser et mettre en œuvre une articulation entre :

  • un modèle de développement répondant conjointement aux défis écologiques, sociétaux et économiques du territoire ;
  • et l’émergence d’un nouveau modèle économique au niveau de l’entreprise, quel que soit son statut (SA, SARL, associatif, coopératif, public comme parapublic) c’est-à-dire à l’échelle dénommée, parfois, « micro-économique », là où se crée une part importante de la valeur.

COOP’TER Territoires de services et de coopérations

Dans le cadre de COOP’TER, il s’agit de comprendre comment l’ÉFC peut se décliner à l’échelle des territoires et l’enrichir sur le plan conceptuel et théorique. L’objectif est de parvenir à constituer des Écosystèmes Coopératifs Territorialisés qui représentent l’idéal type poursuivi par les acteurs inscrits dans des coopérations économiques territoriales de transition.

Depuis fin 2024, au-delà de l’ÉFC, l’ADEME s’ouvre à une pluralité d’approches, incluant des modèles économiques fondés sur la coopération et orientés vers une transition forte, alternatifs au modèle économique dominant. Ces approches cibleront différentes thématiques (coopération, institution publiques, impacts…) et solliciteront une diversité de disciplines scientifiques (économie, gestion, sciences des territoires, sociologie, sciences juridiques, sciences écologiques…). 

Les connaissances produites et capitalisées répondront aux problèmes des acteurs engagés dans les coopérations économiques territoriales de transition. Elles viseront aussi à enrichir les approches théoriques des différents modèles économiques identifiés. A compter de 2025, l’ADEME cible son soutien en matière de recherche sur cette pluralité d’approches permettant de faire émerger et pérenniser les initiatives de coopération économique territoriale en lien avec la transition écologique.

Les trois piliers et le Commun de connaissances

COOP’TER s’appuie sur trois piliers liés aux connaissances scientifiques et empiriques :
  1. leur acquisition – production,
  2. leur partage – capitalisation
  3. leur diffusion.

Les trois piliers contribuent à alimenter et à transmettre un Commun de connaissances.

Les deux premiers piliers sont réservés à la communauté des contributeurs à COOP’TER.
Le troisième pilier s’adresse aux acteurs externes au dispositif COOP’TER 

Le Commun de connaissances regroupe une sélection de connaissances utiles aux coopérations économiques territoriales de transition. Il s’appuie sur des règles d’usage et sur une gestion collective.

Économie de la Fonctionnalité et de la Coopération

Coopérer avec les entreprises et les acteurs de mon territoire : la voie de l’Économie de la Fonctionnalité et de la Coopération

Carnet des projets COOP’TER – ADEME. 2024

Annuaire des accompagnateurs COOP’TER

Approches plurielles

Une pluralité d’approches liées à la transition économique

La recherche se focalise sur les différentes dimensions de modèles socio-économiques de transition et entend répondre aux problèmes des acteurs des territoires. 

Cap sur COOP’TER Janvier 2025 – Le journal du programme territoires de services et de coopérations

A quoi sert la recherche participative ?

La Lettre recherche de mars 2024
« Construire ensemble les réponses les plus adaptées aux enjeux locaux face au changement climatique. »

Comprendre comment les projets territoriaux de transition écologique prennent forme est un enjeu majeur pour l’ADEME afin d’être en mesure de les accompagner au mieux. Visant une transition économique responsable et conçue pour contribuer au dialogue science-société, le programme COOP’TER constitue une réponse innovante.

Le concept opérationnel d’Écosystème Coopératif Territorialisé.

Définition 2024 par Patrice VUIDEL et Christian du TERTRE pour ATEMIS

Les 11 principes de l’entreprise régénérative pour aller vers des impacts positifs nets pour le vivant

Régénérer, c’est pour l’entreprise s’engager vers la génération d’impacts positifs nets pour les écosystèmes et la société. Concrètement, comment une entreprise peut-elle contribuer à la régénération du vivant ? LUMIA, a défini 11 principes pour y arriver, qui sont autant de dimensions de transformations organisationnelles ou culturelles à évaluer et enclencher.

Afin de qualifier plus précisément la forme que pourrait prendre une entreprise régénérative, LUMIÅ a travaillé à l’identification de grands principes régissant son fonctionnement. Parce que la régénération est une propriété exclusive du vivant, c’est naturellement vers les principes du vivant que l’entreprise a orienté sa recherche.

Ont ainsi été recensés les principes du vivant émanant des travaux d’Hoagland, Dodson et Hauck (2001), les principes permacoles d’Holmgren (2014) et la manière dont ils ont été traduits par Breuzart dans une application à la permaentreprise (2021), ceux issus des travaux du Biomimicry Institute et de Biomimicy 3.8., les principes de la chimie verte rappelés par Gauthier Chapelle (2015) et les principes du Framework for Strategic Sustainable Development (FSSD).

Ont également été relevés les principes sociaux issus de la théorie du Donut, des travaux sur le Social Return on Investment ou des travaux sur l’analyse sociale du cycle de vie.

Un travail de réflexion, issu d’une confrontation à la pratique et d’études de cas d’entreprises régénératives ou visant une ambition régénérative, a permis d’établir 11 principes, décrits plus en détail
ci-après, exemples à l’appui.1

Principe 1 : Créer une valeur étendue positive nette pour ses parties prenantes, les écosystèmes et la société

Une entreprise régénérative crée une valeur étendue positive nette pour ses parties prenantes, les écosystèmes et la société.

Ce premier principe inscrit d’emblée l’ambition régénérative au cœur de l’entreprise régénérative. Celle-ci vise à produire des impacts positifs nets pour les écosystèmes et les communautés humaines desquels elle dépend et sur lesquels elle agit.

Observons les écosystèmes naturels. Ils créent de la valeur étendue positive nette pour de très nombreuses entités. De nombreuses espèces singulières créent au sein de ces écosystèmes ces bénéfices, non seulement pour leurs congénères, mais également pour d’autres espèces.

Par extension, l’entreprise régénérative entend générer des bénéfices avérés pour une large catégorie de parties prenantes et pour les milieux desquels elle dépend et sur lesquelles elle agit. La sacro-sainte valeur, au cœur des théories économiques et de management, est ici largement étendue aux parties prenantes, aux écosystèmes et plus largement à la société dans son ensemble.

La notion de valeur étendue positive nette est ici essentielle. Fondamentalement, elle renvoie à une comptabilité assez basique des impacts : pour être positifs nets, les impacts positifs générés sur tel ou tel paramètre doivent excéder les impacts négatifs générés sur ces mêmes paramètres.

crédit image : POCHECO

Principe 2 : Adopter une vision systémique

Une entreprise régénérative adopte une vision systémique

Notre planète est un vaste système complexe formé de très nombreux sous-systèmes eux-aussi complexes. Les organismes vivants sont des systèmes complexes. Le corps humain est un système complexe. Ils partagent tous en commun de voir leurs composants interagir de manière forte ou faible entre eux.

Les équilibres n’y sont jamais figés, mais toujours dynamiques, fruits des nombreuses boucles de rétroactions et de rétro-feedback que les composants génèrent les uns sur les autres dans leurs interactions. Reconnaître la nature intrinsèquement complexe du réel et adapter ses modes de fonctionnement en conséquence ne va pas de soi pour l’entreprise.

Les humains ont tendance à fragmenter le réel et à chercher à le simplifier. Culturellement, notre désir de maîtrise et de contrôle se prête peu à la complexité, qui est par nature non complètement déterminable, décomposable ou prédictible (Simon, 1969). Dans cette optique, adopter une vision systémique signifie d’abord pour l’entreprise d’aborder les différents enjeux environnementaux et sociaux qui se présentent à elle de manière concomitante.

Par exemple, si la réduction des émissions carbone est aujourd’hui un objectif largement adopté par un nombre toujours croissant d’entreprises, les pressions exercées sur la biodiversité ou sur le cycle de l’eau sont rarement intégrées. De sorte que les solutions mises en œuvre sur la décarbonation sont susceptibles d’augmenter ces pressions.

En adoptant une vision systémique, on réduit de manière sensible le risque de déplacer les problèmes, quand bien même il est impossible de maitriser toutes les interactions. Raison pour laquelle il importe d’être attentif aux rétroactions et effets induits.

Aujourd’hui, le mode de fonctionnement des entreprises est éloigné de ce principe. L’entreprise accepte intentionnellement ou non intentionnellement de ne pas adapter son fonctionnement en réponse aux effets de rétroactions que ses actions occasionnent sur les écosystèmes et les communautés humaines.

crédit photo : daiga-ellaby

Une entreprise agricole mettant en œuvre des pratiques conventionnelles va ainsi appauvrir, voire détruire la vie dans ses sols, sans pourtant décider d’adopter de nouvelles pratiques. Elle « corrigera » ces impacts négatifs sur les sols par l’apport de nutriments, sans pour autant les régénérer ou chercher à y ramener de la vie.

Ces effets d’interaction et leur chaîne de conséquences constituent les fameuses externalités, le plus souvent négatives, qu’une entreprise induit de par son existence et ses activités. Il faut reconnaître qu’aujourd’hui, bien peu d’entreprises décident d’internaliser les externalités dans leur modèle dans le but de se transformer, quand bien même elles les ont identifiées. Dit autrement, elles décident délibérément de ne pas tenir compte des boucles de rétroactions, qui in fine impacteront négativement les écosystèmes et les communautés humaines, y compris les parties prenantes directement engagées dans les activités.

Adopter une vision systémique signifie donc également d’être attentif aux rétroactions, ce qui signifie pour l’entreprise d’investir dans la compréhension des impacts qu’elle occasionne à travers son existence propre sur les milieux et communautés avec lesquels elle est en lien, de manière proche ou distante. Et d’agir en conséquence dans la construction d’un équilibre par nature dynamique, construit sur les capacités d’apprentissage consécutives de ses interactions (a fortiori si elles risquent de générer des boucles positives).

C’est l’essence même de la co-évolution qui sera développée au travers du principe 8. L’entreprise évolue en fonction de son milieu qui lui-même évolue à travers les actions de l’entreprise, afin de créer les conditions permettant à tous de prospérer.

Principe 3 : Être capable de se limiter

Une entreprise régénérative est capable de se limiter

Le vivant ne croît pas de manière indéfinie. Les arbres ne poussent pas indéfiniment, tout comme le nombre d’arbres se développant au sein d’une forêt est lui-même limité par les conditions du milieu et la présence d’autres individus de l’espèce et d’individus d’espèces différentes.

La dynamique des populations est une branche de l’écologie qui s’intéresse spécifiquement à l’évolution dans le temps du nombre d’individus au sein d’une population d’êtres vivants. Elle met en évidence que dans la nature, la taille et la croissance d’une population sont limitées par un ensemble de facteurs.

La compétition pour l’accès à la nourriture, à l’eau ou aux abris, les maladies ou les comportements de prédation, constituent des facteurs directement dépendant de la densité de la population qui régulent son évolution.

D’autres facteurs sont indépendants de la densité de la population, comme les catastrophes naturelles, des conditions météorologiques extrêmes, des pollutions particulières ou des interventions humaines telles que par exemple la déforestation ou la surpêche.

L’adage est bien connu : une croissance infinie dans un monde fini relève d’une impossibilité physique.

Malgré son caractère d’évidence, cet adage semble ne pas influer sur la quête constante de croissance du monde économique. Le système économique macro-économique est tout entièrement tourné vers une croissance continue du PIB. A l’échelle micro-économique, et comme décrit préalablement, la très grande majorité des modèles économiques d’entreprise sont construits sur des logiques volumiques à visée de croissance.

Et la croissance verte à laquelle se réfèrent les partisans d’un développement sans limite repose sur l’inaccessible promesse d’un découplage absolu, total, global, permanent, suffisant et suffisamment rapide.

Nous n’échapperons donc pas aux lois du vivant : les organismes que sont les entreprises ne pourront pas continuer à croître de manière indéfinie. La capacité à apprivoiser l’autolimitation et la nécessaire transformation des modèles économiques qu’elle requiert constitue non seulement une exigence environnementale, mais au-delà un facteur de résilience accrue pour les entreprises. Car des modèles économiques croissantistes qui, demain, évolueront dans des contextes de marchés accroissants ne seront tout simplement pas adaptés et seront terriblement vulnérables.

Mais qu’en est-il de productions intrinsèquement et réellement régénératives sur un plan socio-écologique ? Celles-là n’auraient-elles pas intérêt à croître de manière indéfinie, puisqu’à chaque unité aux vertus régénératives supplémentaire correspondraient des impacts positifs nets sur les écosystèmes et la société.

L’analyse de cas d’entreprises régénératives suggère, sans toutefois complètement le démontrer, qu’au-delà d’une certaine taille, elles ne sont plus en capacité de contrôler les externalités négatives qu’elles induisent.

Guayaki illustre cette situation. L’entreprise produit une boisson énergisante à base de maté cultivé sous la canopée de la forêt Atlantique et a développé un modèle économique de reforestation. Chaque boisson vendue contribue à séquestrer plus de carbone qu’elle n’en a émis sur son cycle de vie grâce aux actions de reforestation associée à la mise en culture du maté. Mais le passage à un contenant en aluminium génère désormais des pollutions atmosphériques, terrestres et maritimes. Si l’examen du seul bilan carbone encourage la croissance de l’entreprise, les externalités induites sur les écosystèmes marins remettent à contrario cet objectif en question. Amenant Alex Pryor, le co-fondateur de l’entreprise, à reconnaître que malgré tous les efforts mis en œuvre, l’entreprise génère des impacts négatifs sur la planète. Ce qui l’amène à requestionner ses objectifs de croissance, en tout cas tant qu’une solution de packaging alternatif puisse être trouvée (Berger et Lomé, 2018)

Principe 4 : Renforcer les services écosystémiques de soutien et de régulation

« une entreprise régénérative renforce des services écosystémiques, en particulier de soutien et de régulation, avec un impact net »

L’humanité profite de nombreux services que le vivant lui apporte. Les scientifiques de l’IPBES – la Plateforme Intergouvernementale Scientifique et Politique sur la Biodiversité et les Services Écosystémiques – les ont nommés « services écosystémiques » puisqu’ils proviennent des écosystèmes
et participent au bien-être des humains.

Homo sapiens a su tirer parti de ces services. D’abord via les services d’approvisionnement avec l’agriculture, la sylviculture, l’aquaculture,… qui ont offerts aux humains des ressources alimentaires,
de matériaux, d’énergie. Ces services d’approvisionnement sont optimisés et l’on constate globalement un accroissement de leur production.

Toutefois, leur surconsommation et l’évolution de la chaîne alimentaire vers des productions de protéines animales s’opposent à la régénération. L’entreprise régénérative est ainsi attentive à favoriser le renouvellement des ressources qu’elle utilise, à favoriser la régénération des écosystèmes dont elle dépend et sur lesquelles elle agit.

Il s’agit par exemple d’extraire les ressources renouvelables à un rythme compatible avec leur vitesse de régénération.

L’Homme bénéficie aussi des apports de la nature pour des pratiques récréatives ou culturelles telle que la chasse, la pêche ou les activités sportives pour ne citer qu’elles. Ce sont les services culturels.

L’entreprise régénérative sera donc vigilante à ne pas impacter de façon irrémédiable les écosystèmes dont elle dépend et sur lesquels elle agit et à respecter les besoins, us et coutumes des communautés locales quand elle s’appuie sur ces services culturels. A noter que dans certains cas, c’est grâce à des relations spirituelles ou cultuelles que les Hommes entretiennent avec les écosystèmes que ces derniers peuvent être protégés.

Le fonctionnement de la nature s’appuie également sur des boucles de rétroaction et des dispositifs de régulation, les fameux services de régulation. Le plus connu d’entre eux est certainement celui de la pollinisation, permettant la fécondation des plantes à fleurs et donc le maintien et de la diversification des populations, mais bien d’autres services permettent de réguler le fonctionnement des écosystèmes eux-mêmes : la régulation du climat, la régulation des flux d’eau, la régulation de la qualité de l’air,… L’entreprise régénérative s’applique à ne pas perturber ces dispositifs de régulation, voire à les renforcer si ces derniers ont été affectés et sont déficients.

Enfin, les scientifiques distinguent selon les sources bibliographiques les services de support ou services de soutien tels que la photosynthèse, le cycle de la matière, le cycle de l’eau, la formation des sols, la conservation de la biodiversité, la production d’air respirable,… Comme leur nom l’indique, ces services soutiennent l’ensemble des autres services écosystémiques, c’est-à-dire qu’ils créent les conditions de base au développement de la vie sur Terre.

Ces services sont indirects ou apparaissent sur le long terme. Ces services sont aujourd’hui en déclin. En cela, ils constituent donc une priorité dans leur régénération.

L’entreprise régénérative s’attachera prioritairement à renforcer ces services de soutien si elle souhaite pouvoir s’appuyer sur les autres services énoncés plus haut. L’entreprise régénérative est ainsi actrice du renforcement des services écosystémiques, avec une attention toute particulière aux services de soutien et de régulation.

Renforcer ces services, c’est donner une chance à l’humanité et plus largement à l’ensemble du vivant de mieux vivre.

Principe 5 : Partager la valeur monétaire avec ses parties prenantes et pour l’intérêt général

Une entreprise régénérative partage la valeur monétaire avec ses parties prenantes et pour l’intérêt général

Depuis trente ans, la part de la valeur ajoutée redistribuée au travail tend à baisser. Les travaux de Karabarbounis et Neiman (2014) dégagent clairement une tendance à la baisse de cette part dans l’ensemble des économies. AuxÉtats-Unis par exemple, le PIB a augmenté de 260% entre
1967 et 2013 alors que le revenu médian des ménages américains n’a augmenté sur la même période que de 19%.

Pire, dans un contexte de croissance continue du PIB entre 2009 et 2015, le revenu médian des Américains a baissé jusqu’en 2014 (Laurent, 2019). Loin de constituer un « défaut » d’allocation, il semble au contraire que la concentration de richesses soit une propriété endogène2 de l’économie de marché. Ce qui est mis en évidence par de nombreux travaux, dont ceux de Boghosian.

Bruce Boghosian est professeur de mathématiques à l’université Tufts, aux États-Unis. Constatant que les inégalités en matière de richesse s’accroissent à un rythme alarmant non seulement aux États-Unis et en Europe, mais aussi dans des pays aussi divers que la Russie, l’Inde et le Brésil, il a développé avec ses collègues des modèles mathématiques décrivant la répartition de la richesse dans les économies modernes et rendant compte avec une grande précision des données réelles observées dans les différentes économies testées. Leurs modèles viennent battre en brèche plusieurs idées reçues sur le libre marché (Boghosian, 2020). Ainsi, dans une économie de marché, les richesses générées passent des pauvres vers les riches. Les modèles démontrent que loin de ruisseler vers les pauvres, la tendance naturelle de la richesse est de s’écouler vers le haut, de sorte que la répartition «naturelle» de la richesse dans une économie de marché correspond à une oligarchie totale. 

Seule la redistribution fixe des limites à l’inégalité.

Ce qui, à l’échelle de l’entreprise, pose la question centrale des rémunérations et du partage des profits. Et appelle à la mise en place de pratiques en la matière. Comme par exemple la fixation de règles pour limiter les inégalités de salaire, à l’instar du plafonnement de la différence de rémunération entre le salaire le plus bas et le salaire le plus haut.

L’entreprise Enercoop a par exemple fixé ce plafond à 3. Des entreprises vont encore plus loin.

Laloux (2015) par exemple présente dans son célèbre livre « Reinventing Organization » le cas d’entreprises ayant mis en place des processus de définition de salaire de manière collégiale, par voie directe ou indirecte, voire même des entreprises où chaque salarié détermine de manière individuelle son salaire, au terme d’un processus de sollicitations d’avis, si besoin complété par un conseil avec des représentants qui le guident dans sa définition du montant.

Les 3 principes éthiques de la permaculture :

Les 3 éthiques de la permaculture sont proches des piliers du développement durable mais plus engagées :
– Prendre soin de l’humain
– Prendre soin de la Terre
– Répartir équitablement

Dans son étude « Entreprise & post-croissance » (Prophil, 2021), Prophil fait de la question du partage de la valeur un axe central de la refonte de la gouvernance de l’entreprise et invite à réinterroger le rapport de l’entreprise au profit et à qui il doit profiter. Plus spécifiquement, l’étude pose les trois enjeux suivants :

  • La juste rémunération des contributeurs : il s’agit de rechercher une équité dans le partage de la valeur en interne et, dès que possible, auprès de l’ensemble des parties prenantes impliquées dans le processus de création de valeur, selon des critères transparents et coconstruits. Reste à savoir ce qu’est un prix juste. Vaste question. En pratique, le prix juste est d’abord un prix qui s’oppose aux prix pratiqués par le commerce conventionnel de marché, considéré intrinsèquement comme injuste (Pouchain, 2016). Néanmoins, s’il est un prix contre le marché, il ne peut pas complètement s’en défaire, au risque de se positionner hors marché. Pour le sociologue Marc Poncelet (dans Pouchain, op.cit.), il doit d’abord s’envisager au regard des coûts de production d’un système de production durable offrant des conditions de vie décente à ses participants et des capacités d’investissement pour conduire des projets d’amélioration. Le prix juste cherche alors à se réaligner avec la valeur du travail, le temps et les conditions de travail devenant des données importantes pour sa construction. C’est le point de départ pris par Bronkhorst (2004) pour calculer le prix juste qui devrait être payé à des fournisseurs indiens. A savoir une construction au départ d’un salaire minimum décent dans le contexte indien, en fonction des conditions de salaire minimum, des seuils de pauvreté, de la composition et des modes
    d’organisation du travail au sein des familles pour assurer un revenu décent à cette unité (tout en intégrant le besoin de revenus pour prendre en charge un mode de vie particulier, par exemple l’organisation d’un mariage ou de funérailles). Pour Thomas d’Aquin, il y a deux critères essentiels dans la notion de prix juste :
  • 1) il est raisonnablement profitable pour l’une et l’autre des parties ;
  • 2) il faut aussi qu’il le soit pour le bien commun.

Un prix juste est ainsi un prix qui répartit la valeur de manière équitable entre les acteurs de la chaine de valeur, de sorte que l’un ne réalise pas de surprofit déraisonnable sur le dos de l’autre.

Mais un prix juste n’est pas seulement ajusté aux intérêts du vendeur et de l’acheteur. Il est aussi adossé à un souci de justice pour tous. Cela veut dire qu’on ne peut pas seulement s’appuyer sur l’offre et la demande et sur l’accord des parties. Il faut donc aussi se soucier des conséquences du prix sur le bien commun. Un prix trop bas par exemple peut entraîner une surconsommation et donc un déséquilibre écologique. L’exemple prototypique est celui de l’ultra-fast fashion avec des pièces textiles de qualités environnementales et sociales médiocres, vendues à un prix dérisoire. A l’inverse, un prix élevé pour de bonnes raisons économiques peut par exemple lui être injuste vis-à-vis du bien commun, comme par exemple le prix de certains médicaments pour des maladies rares.

  • La circularité des profits : les éventuels bénéfices financiers réalisés par l’entreprise (après avoir rémunéré les différents contributeurs au processus de création de valeur, réalisé les investissements nécessaires au maintien des activités dans l’espace sûr et juste et payé les impôts) sont redistribués pour soutenir la régénération des ressources ou contribuer à des causes d’intérêt général. Ce qui nécessite un alignement total du/des actionnaires ou la présence majoritaire d’un actionnaire d’intérêt général, tel que par exemple une fondation actionnaire.
  • La redirection des profits : les bénéfices sont prioritairement réinvestis dans l’entreprise afin d’accélérer la redirection écologique et sociale des activités. Ce qui nécessite une politique de modération des dividendes et des obligations de profitabilité.

L’entreprise régénérative, soucieuse de créer une valeur étendue positive nette pour ses parties prenantes, les écosystèmes et la société (principe 1), va mettre en œuvre ces trois orientations. En particulier, elle décide par gouvernance d’affecter prioritairement ses résultats à sa redirection écologique vers la mise en œuvre d’un modèle régénératif sur son périmètre propre et au sein de l’écosystème coopératif dans lequel elle s’engage.

Principe 6 : Chercher un équilibre entre performance et robustesse

Une entreprise régénérative cherche un équilibre entre performance et robustesse (prinicpe de sous-optimalité)

Selon le biologiste Olivier Hamant (2022), le vivant, loin d’être parfait, est bien davantage continuellement imparfait, en mouvement permanent. Fondamentalement, il ne met pas l’accent sur la performance, mais bien sur la robustesse, dans un fonctionnement sous-optimal.

Et cela en vue d’acquérir une certaine stabilité face aux fluctuations environnementales. Ce qui participe à sa résilience. Ainsi un système devient résilient quand il présente des caractéristiques de robustesse, d’adaptabilité et de transformabilité. Un système est robuste quand il est capable de maintenir ses réponses dans une fourchette donnée, malgré les perturbations qu’il subit.

  • La stabilité n’est pas une rigidité ou une réponse passive à des contraintes extérieures, mais plutôt une flexibilité interne pour résister activement aux perturbations de l’environnement.
  • Il est adaptable quand il est capable d’ajuster ses réponses tout en maintenant ses principales fonctions (ex. le corps humain s’adapte à la fièvre tout en maintenant les possibilités de respirer ou de manger).
  • Finalement, il est transformable quand il peut évoluer vers un système différent en modifiant sa structure et ses fonctions.

Le vivant ne fonctionne pas au maximum de ses capacités, mais bien davantage de manière sous-optimale, et ce afin de rester adaptable.

Ainsi, nous disposons d’enzymes qui ont un optimum d’activité à 40°, là où ils évoluent dans un corps à 37°, ce qui les rend sous-optimaux à cette température. Mais quand par exemple un pathogène induit de la fièvre, la température du corps monte et l’enzyme peut alors “surprendre” le pathogène, notamment en stimulant la réponse immunitaire. Le fonctionnement de l’enzyme peut alors être optimal, mais cet optimum ne sera que transitoire.
crédit photo : mediensturmer

À l’inverse, nos entreprises misent tout sur la performance et l’optimisation. Pourtant, cette dernière est adaptée aux systèmes fermés, où les problèmes sont bien circonscrits. Quand le système devient ouvert, qu’il est fait de multiples boucles de rétroactions et que l’environnement est très incertain, l’optimisation est moins pertinente car elle fragilise. Or l’entreprise constitue et évolue dans des systèmes largement ouverts.

La crise du covid et son impact sur les chaînes d’approvisionnement mondialisées ont largement mis en évidence la fragilité consécutive d’un manque de robustesse (notamment liée ici à un manque de redondance dans les approvisionnements). 
De surcroît, l’optimisation s’opère non pas en fonction de critères incontestables, mais en fonction d’une approche multicritères imposant une priorisation reposant sur l’importance donnée à certains critères au détriment d’autres critères. Ainsi, pour me rendre de Nice à Paris, j’ai le choix entre le train, l’avion, la voiture, … Les critères de choix varieront en fonction du temps, du coût, des émissions de gaz à effet de serre, … De sorte que si je privilégie l’avion, c’est pour optimiser un critère – ici le temps – au détriment d’autres critères. L’avion est donc optimal sur le critère du temps, mais absolument non optimal sur le critère des émissions de gaz à effet de serre. Ainsi, nos logiques d’optimisation donnent le plus souvent priorité de manière implicite ou explicite à des critères financiers, s’opérant au détriment d’autres dimensions pourtant essentielles à la vie et aux grands équilibres écologiques et sociaux.

Le vivant ne joue pas de l’optimisation. Il opère au contraire sur des équilibres dynamiques construits sur des trajectoires viables dans un ensemble de contraintes plurielles. Cette approche de la viabilité vise à identifier un ensemble d’états à partir desquels il existe au moins
une trajectoire permettant de respecter de manière viable l’ensemble des contraintes sur tout l’horizon du
problème. Contrairement à l’approche multicritère, elle permet d’identifier des solutions sans avoir à hiérarchiser les critères souhaités.

L’idée n’est donc pas de chercher un état de système optimal, mais un état viable qui permet au système de respecter toutes les contraintes au cours du temps et donc de se maintenir en bonne santé.

Ce principe est particulièrement déstabilisant tant nous avons érigé l’optimisation en vertu cardinale. A fortiori dans le domaine de la soutenabilité, où nous associons le plus souvent aux logiques d’optimisation des plus-values environnementales ou sociales en prenant appui, par exemple, sur l’intelligence artificielle, les big datas ou la smartness (par exemple les smart cities). S’il semble difficile de critiquer le bien-fondé d’une approche d’optimisation en étudiant une de ses applications sur ses périmètres propres – par exemple l’usage du numérique pour optimiser la réduction de fuites d’eau d’un réseau donné -, il est utile de dézoomer le périmètre et de questionner ses effets rebonds.

Car si l’optimisation peut en effet générer des résultats a priori probants sur le périmètre restreint de l’espace applicatif, ce n’est généralement pas le cas quand on prend de la hauteur. Ainsi, l’optimisation et la dématérialisation par le numérique devaient apporter la frugalité et une meilleure maîtrise des flux. C’est l’inverse qui s’est produit avec une explosion de la demande énergétique et des ressources associées, comme les travaux d’Eloi Laurent (2019) mettent en évidence la rematérialisation massive de l’économie par l’explosion du numérique.

Comment réduire l’empreinte écologique du numérique ?

De la sobriété responsable à l’approche régénérative du service numérique

Finalement, à cause des très nombreux effets rebonds, les gains d’optimisation obtenus dans une application donnée finissent par « rebondir » dans des applications générant des impacts négatifs, de sorte qu’au global, la pression sur les écosystèmes et la société ne se réduit pas, bien au contraire.

C’est l’exemple classique du secteur automobile qui a optimisé le fonctionnement de ses moteurs dans une perspective de réduction de la consommation de carburant. Les gains d’optimisation par véhicule ont très largement été effacés par l’augmentation du nombre de véhicules sur la route et de la circulation qu’ils parcourent. 
Nous pouvons également observer l’exemple de la révolution agricole. Avec la mécanisation de l’agriculture et les engrais, les rendements ont explosé. Mais quand le coût calorique de ces machines et intrants est ajouté au système, l’agriculture devient déficitaire depuis 1970 en France. Elle consomme aujourd’hui plus de calories qu’elle n’en produit là où en 1929, l’agriculture produisait trois calories en en consommant une (Bonneuil et Fressoz, 2016).

Principe 7 : Créer des relations vivifiantes

Une entreprise régénérative crée des relations vivifiantes

La régénération socio-écologique consiste à mettre la vie et le vivant au centre de chaque action et décision, à dynamiser le vivant sous toutes ses formes.

Ce qui s’applique évidemment en premier lieu aux relations. Les relations entretenues entre les uns et les
autres sont-elles vivifiantes, stimulantes, énergisantes, ou sont-elles à contrario limitantes, plombantes ? L’entreprise régénérative va chercher à créer les conditions propices aux relations vivifiantes entre ses différentes parties prenantes humaines et non humaines. Ce qui a de nombreuses implications.

L’entreprise doit d’abord permettre aux uns et aux autres de pouvoir exprimer leur plénitude, leurs talents et leur singularité. Il n’y a rien de plus énergivore que de devoir jouer un rôle qui n’est pas naturellement le sien. Cela requiert des architectures et des cultures organisationnelles particulières, favorisant la prise d’initiative, la capacité à exprimer les talents de chacun et les intelligences multiples coexistant au sein de l’organisation.

Les entreprises très verticales qui fonctionnent autour de procédures strictes, dissociant l’élaboration stratégique de l’exécution et qui enferment les uns et les autres dans des rôles prescrits, avec des processus freinant ou empêchant la prise d’initiative, ne favorisent ni l’expression de ses élans de vie naturels, ni donc les relations stimulantes et vivifiantes. Le niveau d’engagement est limité, voire inexistant, tout comme le désir de contribution et l’expression des intelligences, des talents et des singularités divers et variés présents au sein ou autour de l’entreprise.

Autre enjeu clé, l’hygiène relationnelle et la qualité de la communication entre les individus. Des rituels sont-ils mis en place pour exprimer son état intérieur ou pour permettre d’identifier et de déminer les inévitables tensions qui surgissent dans tout collectif ? La communication non violente est-elle une
pratique encouragée et travaillée dans un climat bienveillant ? Les feedbacks et la qualité avec laquelle ils sont posés sont-ils encouragés ? Le tout avec le bon dosage, pour ne pas tomber dans l’introspection permanente.

Au-delà des parties prenantes internes, quel est le niveau de vitalité que l’entreprise entretient avec ses parties prenantes externes ? Ses fournisseurs ? Ses clients ? Ses co-traitants et partenaires ? La société civile ? Les uns et les autres se sentent-ils mis en vie ou limités dans le
cadre de ces interactions ? Peuvent-ils exprimer leur potentiel ou sont-ils au contraire contraints et limités ?

crédit photo : markus-spiske

Les conditions de relations vivifiantes sont-elles réunies tant sur un plan matériel qu’immatériel et financier ? Et au-delà encore, quel est le niveau de vitalité des relations que l’entreprise entretient avec ses parties prenantes non humaines ? Avec la biodiversité et les écosystèmes dont elle dépend et sur lesquels elle agit ?

Le territoire joue ici un rôle particulier. Le vivant est par essence situé et ancré territorialement. Les relations que nous tissons entre humains et avec les non-humains sont incarnées dans les territoires, qui créent l’espace d’intimité et de responsabilisation des humains à l’égard du vivant (Mang et Reed, 2012). Les territoires constituent les espaces géographiques et culturels au sein desquels
la régénération socio-écologique se met en œuvre.

Nombre d’entreprises ont tendance à considérer et à agir au sein des territoires comme s’ils étaient des « tout » homogènes, sans reconnaitre la singularité des lieux. Or Paris n’est pas Londres ou Bruxelles. La Seine n’est pas la Tamise ou le Rhin. Créer des relations vivifiantes avec son territoire, c’est donc aussi réinvestir la compréhension du lieu, de sa singularité, de son histoire, de sa géographie, de ses écosystèmes présents, de sa culture. C’est comprendre ses relations d’interdépendance avec ce qui l’entoure et ce qui est plus grand que lui et le contient.

Comment espérer créer des relations vivifiantes et favoriser l’expression des potentialités présentes dans le ou les territoires où l’entreprise opère si elle ne connait rien de ce(s) territoire(s) ou qu’elle le(s) traite comme une(des) entité(s) homogène(s) ? Il importe donc de réinvestir le champ de la compréhension des modes de fonctionnement des systèmes vivants ancrés territorialement et des propriétés qui les caractérisent.

Principe 8 : Créer des relations réciproques et co-évolutives basées sur la coopération

Une entreprise régénérative crée des relations réciproques et co-évolutives basées sur la coopération

Nous avons tendance à penser le vivant comme un vaste terrain de lutte entre espèces pour leur intérêt propre, a fortiori quand la pénurie gagne le milieu. C’est non seulement une erreur, et même s’il ne faut pas idéaliser ou fantasmer le vivant – la prédation et le parasitage étant des modes de fonctionnement qui y sont avérés -, c’est plutôt l’inverse qui se produit.

De manière générique, le vivant fonctionne davantage par coopération, voire par symbiose. Et quand, dans les écosystèmes, la pénurie frappe le milieu, la coopération à tendance à s’amplifier, en créant de la valeur bien moins grâce aux ressources matérielles qu’offre le milieu que grâce à l’hétérogénéité des partenaires.

L’exemple prototypique est la forêt : si les conditions sont favorables, le prélèvement d’un arbre
dans une forêt jeune bénéficiant d’un milieu particulièrement généreux fera que les arbres voisins vont profiter de l’espace créé pour augmenter leur biomasse. Ils étaient donc en compétition, l’élimination de certains individus profitant aux autres. Mais si les conditions environnementales sont plus sévères, comme par exemple en haute montagne, les arbres voisins de l’arbre coupé vont réduire leur biomasse, signe que ces arbres coopéraient entre eux et qu’on leur a enlevé un partenaire (Hamant, 2022).

Aujourd’hui, les entreprises se développent dans l’illusion d’un monde aux ressources abondantes où la compétition constituerait un moyen de progresser, de croître en consommant toujours plus de ressources, en produisant et en mettant sur le marché toujours plus de produits et/ou de services.

Nous sommes objectivement dans un monde en dette écologique et donc en pénurie de ressources.

Dans ce contexte, la nature nous donne un message clair : les entreprises devraient s’attacher à créer des relations coopératives avec des partenaires nombreux et diversifiés.

crédit photo : dong-zhang

Notons également que les relations coopératives s’inscrivent au sein même des processus évolutifs (Mang et Haggard, 2016). L’aptitude à coopérer serait la marque de maturité d’une espèce.

Lorsqu’une espèce est jeune, celle-ci lutterait dans un premier temps pour disposer de ressources et de territoire. Toutefois, en multipliant les interactions avec les autres espèces présentes, elle entrerait dans un processus de négociation, qui la ferait mûrir, ce qui permettrait à tout l’écosystème entier de mûrir à son tour. Cette évolution est largement observée dans les forêts tropicales anciennes. Qu’en conclure ici sur le niveau de maturité de l’espèce humaine, semblant bloquée dans la compétition et la prédation ?

Au-delà des coopérations, les symbioses sont l’un des facteurs du foisonnement de la vie sur Terre. Celles-ci reposent sur des relations dites à bénéfices mutuels. Elles s’inscrivent donc dans une logique de coévolution entre espèces y participant, et nécessitent à la fois une coopération mais aussi une réciprocité pour fournir leur plein potentiel.

Par exemple, le lichen est en lui-même le résultat d’une symbiose entre une algue unicellulaire et un champignon. Le champignon apporte à l’algue l’eau et les sels minéraux dont elle a besoin pour se développer, l’algue fournissant aux champignons le glucose qu’elle produit au travers de la photosynthèse.

Principe 9 : Utiliser des molécules bio-assimilables

Une entreprise régénérative utilise des molécules bio-assimilables pour toutes les matières dont les flux ne sont pas strictement contrôlés pour éviter leur dispersion dans le cycle biologique

En biologie, l’assimilation est une propriété que possèdent les organismes vivants de pouvoir reconstituer leur propre substance à partir d’éléments puisés dans le milieu et transformés par la digestion. La bio-assimilation est donc ce processus par lequel des êtres organisés transforment les matières qu’ils absorbent en leur propre substance, sans que cela n’altère leur santé.

En prenant appui sur la physique, la chimie mais aussi la biologie, nous, humains, avons produit quantité de molécules et de substances issus de minerais, d’extraits du vivant ou de reproductions synthétiques des compétences du vivant qui constituent des contaminants pour les écosystèmes et les espèces vivantes. Les plastiques, les métaux lourds ou les produits phytosanitaires en sont des illustrations. Ces contaminants, une fois relâchés dans les écosystèmes, vont être absorbés par les organismes vivants et s’accumuler dans leurs tissus.

Cette bioaccumulation par chaque organisme vivant va induire un processus de bioamplification au plus on remonte les chaines alimentaires. Ainsi, lorsque des organismes contaminés situés bas dans la chaîne alimentaire sont ingérés par des organismes de plus haut niveau, ils
vont transmettre les contaminants qu’ils contiennent. Il en résulte une augmentation de la concentration de ces contaminants au plus on monte dans la chaîne alimentaire.

En effet, si un végétal est contaminé, l’herbivore qui consomme ces végétaux concentre les contaminants du végétal. Le carnivore prédateur de cet herbivore va lui aussi concentrer encore un peu plus les contaminants. Ainsi, en partant d’une eau de pluie contaminée au PCB à hauteur de 0,000002 particule par million (ppm), le phytoplancton (algue microscopique) qui évolue dans le milieu recevant cette eau de pluie va concentrer le PCB à 0,0025 ppm. Le zooplancton qui se nourrit de phytoplancton le concentrera à 0,123 ppm, puis l’éperlan à 1,04 ppm, la truite qui mange l’éperlan à 4,84 ppm et le goëland argenté qui mange la truite sera in fine à 124 ppm, tout comme ses œufs. C'est la bioamplification.

Même en cas de pollution infime en début de chaîne alimentaire, des organismesc vivants peuvent devenir fortement toxiques en bout de chaîne. Et qui est le dernier maillon de quantité de chaînes alimentaires ? L’Homme, qui est donc exposé aux plus hautes concentrations de ces contaminants bio-amplifiés.

L’entreprise régénérative s’appuie sur les principes de la chimie verte ou chimie naturelle et en particulier plusieurs de ces principes, comme par exemple la prévention de pollution à la source en évitant la production de résidus ou la mise au point de molécules plus sélectives et non toxiques. L’entreprise produit, pour les matières dont les flux ne sont pas strictement contrôlés pour éviter leur dispersion dans le cycle biologique, des molécules bio assimilables et non toxiques pour les écosystèmes, les espèces vivantes qui y prospèrent et in fine pour l’Homme. Elle utilise de plus très peu d’auxiliaires de synthèse tels que les solvants ou procède principalement avec l’eau comme solvant.

Dans l’essentiel des cas, elle réalise les étapes de transformation dans des conditions de pression et de température ambiante réduisant ainsi l’utilisation d’énergie. Enfin, elle utilise principalement des ressources naturelles ou renouvelables.

Ce faisant, elle adopte les compétences de création continue du vivant non humain et les inscrit au cœur de ses pratiques visant la régénération écologique.

Principe 10 : Être circulaire par design

Une entreprise régénérative est circulaire par design

La circularité est une spécificité du fonctionnement de notre planète. Celle-ci subit les effets des cycles du Soleil, de la Lune et dispose de ses propres cycles pour fonctionner. Les êtres vivants sont eux-mêmes inscrits dans les cycles de la Terre : le cycle de l’eau, de l’azote, du carbone…

Exception faite des humains, ils ne produisent pas des déchets mais des ressources qui, si elles ne sont pas directement valorisées par l’espèce qui en est la source, profiteront à d’autres.

L’entreprise régénérative est circulaire par design. Elle ne produit pas de déchets, mais des ressources qu’elle pourra directement valoriser ou qui pourront être valorisées par d’autres. A noter que la pensée circulaire va au-delà de l’éco-conception et du recyclage, pour intégrer les flux informationnels.

Nous avons en effet réduit l’économie circulaire à une économie de flux de matières non plus linéaires, mais tournant en boucles fermées. Mais les premiers flux sont les flux informationnels. Nous rappelant que le vivant s’adapte constamment sur base des boucles de rétroactions (Hamant, 2022), et renvoyant ainsi au second principe.

Lorsque l’entreprise ne peut être circulaire sur son seul périmètre par design, elle peut le devenir par les coopérations qu’elle peut mener localement. On parle alors d’écologie industrielle et territoriale (Erkman, 1998), décrite « comme une certaine configuration de flux et de stocks de matière, d’énergie et d’information, tout comme les systèmes biologiques ».

Ainsi, l’entreprise se réinscrit dans les cycles propres au vivant au sein d’un écosystème coopératif né des relations de coopération avec d’autres acteurs (entreprises, collectivités, associations) en s’inspirant des connaissances sur le fonctionnement des écosystèmes et de la biosphère.

Principe 11 : Être ancrée dans le local, ce qui favorise la sobriété et la multifonctionnalité

Une entreprise régénérative est ancrée dans le local, ce qui favorise la sobriété et la multifonctionnalité

Le vivant n’utilise que ce dont il a besoin pour faire ce qu’il a à faire. Il ne stocke pas déraisonnablement et s’appuie sur les ressources qui lui sont localement disponibles. Il fonctionne à l’énergie de flux, le soleil en tête. Et il est multifonctionnel par essence.

Une forêt écologiquement saine offre par exemple un nombre incroyablement élevé de fonctionnalités. Elle constitue un réservoir de biodiversité et abrite une multitude d’êtres vivants.
Le couvert forestier favorise l’infiltration des eaux de pluie, agit comme un filtre et régule les précipitations. Il joue un rôle crucial dans le cycle de l’eau. Mais aussi du carbone. La forêt fixe les poussières et les polluants, préserve naturellement de l’érosion, offre des services récréatifs pour les humains que nous sommes, mais aussi des fonctions économiques, …

L’entreprise régénérative a ainsi le modèle à suivre. Ce qui peut constituer un vivier d’innovations et de bonnes pratiques.

  1. Les exemples présentés ci-après ne relèvent pas tous d’entreprise régénérative, ni même parfois d’entreprises engagées dans la régénération socio-écologique. Ils ont néanmoins été sélectionnés pour leur capacité, à travers le modèle et la ou les pratiques présentées, à illustrer le principe auquel ils
    sont rattachés. ↩︎
  2. Propre au système. ↩︎

Pollution de l’air et nuisances sonores empoisonnent encore la vie des citadins européens

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La pollution urbaine reste une menace environnementale majeure pour la santé dans l’UE, alerte la Cour des comptes européenne dans son rapport. Les villes européennes sont trop bruyantes et l’air y est encore trop pollué, même si la situation s’améliore. Selon les auditeurs, cela est d’autant plus préoccupant que l’UE et ses États membres devront redoubler d’efforts dans les années à venir pour respecter les nouvelles normes, plus strictes.

  • La qualité de l’air s’est améliorée dans les zones urbaines, mais il sera difficile de respecter les futures normes.
  • L’objectif zéro pollution par le bruit que l’UE s’est fixé pour 2030 a peu de chance d’être atteint.
  • Les villes européennes peinent à mettre en œuvre des contre-mesures efficaces.
Normes de qualité de l’air
*Trois à quatre jours par an correspondent au 99e centile des mesures quotidiennes dans une année.
**Objectif à long terme sans délai fixe.
***À atteindre d’ici à 2050.
Source: Cour des comptes européenne, sur la base de données communiquées par l’OMS et par la Commission européenne.

Synthèse

Selon l’Organisation mondiale de la santé, la pollution atmosphérique et la pollution sonore sont deux des plus grandes menaces environnementales qui pèsent sur la santé humaine. La pollution de l’air et le bruit ambiant ont tendance à être plus importants dans les zones urbaines, où vivent les trois quarts des citoyens de l’Union européenne.

Principaux effets des pollutions atmosphérique et sonore sur la santé
Source: Cour des comptes européenne, sur la base de données communiquées par l’OMS.

L’UE a établi des règles régissant la qualité de l’air et les niveaux de bruit ambiant en vue de protéger ses citoyens. Le pacte vert pour l’Europe et le plan d’action «zéro pollution» ont confirmé la ligne d’action de l’UE en fixant des objectifs pour réduire davantage l’incidence de la pollution atmosphérique et du bruit excessif sur la santé humaine.

Part d’un polluant dans les émissions provenant d’une source donnée, 2022
Source: Cour des comptes européenne, sur la base de données communiquées par l’AEE.

La Cour des Comptes Européenne a décidé de réaliser cet audit parce que la Commission est à mi-parcours de la période au terme de laquelle ses objectifs «zéro pollution» à l’horizon 2030 doivent être atteints. Le cadre juridique de l’UE relatif à la qualité de l’air est en cours de révision afin d’introduire des normes plus strictes d’ici à 2030; par contre, la directive sur le bruit dans l’environnement de 2002 n’a jamais été révisée. L’objectif du présent rapport d’audit est d’aider les décideurs politiques à prendre des mesures efficaces contre la pollution excessive.

Principales sources de pollution sonore signalées conformément à la législation de l’UE
Source: Cour des comptes européenne.

Au cours de ces travaux, les auditeurs ont vérifié si le cadre juridique existant avait été correctement mis en œuvre et si les mesures prises avaient permis d’améliorer la qualité de l’air et de réduire les niveaux de bruit dans les pays (Grèce, Espagne et Pologne) et les villes (Athènes, Barcelone et Cracovie) sélectionnés. La Commission européenne estime à environ 46,4 milliards d’euros et 185,5 milliards d’euros l’aide allouée par l’Union à la réalisation des objectifs en matière de qualité de l’air pour, respectivement, les périodes de programmation 2014-2020 et 2021-2027.

Critères de sélection des villes
Source: Cour des comptes européenne.

Puis un examen des mesures visant à lutter contre les pollutions atmosphérique et sonore, dont certaines avaient bénéficié d’une aide financière de l’UE. L’audit a également porté sur les actions entreprises par la Commission pour faire respecter la législation européenne.

Éléments probants
* Ecologistas en Acción, Eixample Respira, Plataforma per la Qualitat de l’Aire, Krakowski Alarm Smogowy, et Elliniki Etairia (Société pour l’héritage environnemental et culturel).
Source: Cour des comptes européenne.

Les auditeurs ont constaté que malgré une amélioration de la qualité de l’air dans l’UE, en particulier dans les villes sélectionnées, les normes en la matière n’étaient pas toujours respectées ou ne l’étaient que depuis peu. La révision en cours des directives relatives à la qualité de l’air ambiant dans l’UE, qui visent à renforcer les normes existantes, obligera les villes sélectionnées à intensifier leurs efforts.

Évolution de la qualité de l’air à Athènes, Barcelone et Cracovie*
Source: Cour des comptes européenne, sur la base de données de l’AEE telles que les États membres les ont communiquées.

Les progrès accomplis en matière de réduction de la pollution sonore sont difficiles à évaluer. Cela s’explique principalement par des lacunes et des retards dans l’évaluation de l’ampleur de la pollution sonore par la plupart des États membres de l’UE. Il en va de même pour la communication d’informations dans ce domaine. Les lacunes dans la cartographie du bruit privent les autorités de données essentielles sur l’exposition des citoyens à des niveaux sonores nocifs.

Évolution de la qualité de l’air à Athènes, Barcelone et Cracovie*
Source: Cour des comptes européenne, sur la base de données de l’AEE telles que les États membres les ont communiquées.

Alors que l’UE dispose de règles en ce qui concerne la qualité de l’air, elle n’a fixé ni valeurs limites ni objectifs de réduction pour ce qui est du bruit. L’audit a constaté que les actions de lutte contre le bruit ne sont pas prioritaires dans les villes sélectionnées et ne sont, au mieux, que partiellement mises en œuvre. Les auditeurs estiment que l’absence d’objectifs de réduction du bruit au niveau européen n’incite pas les États membres à accorder la priorité aux actions visant à réduire efficacement la
pollution sonore. Les seuils de signalement d’une pollution sonore ne couvrent qu’une partie de la population de l’UE susceptible d’être exposée à des niveaux de bruit nocifs.

Évolution de la qualité de l’air à Athènes, Barcelone et Cracovie*
Source: Cour des comptes européenne, sur la base de données de l’AEE telles que les États membres les ont communiquées.

En cas de non-respect de la législation de l’UE applicable, comme par exemple un dépassement des valeurs limites de pollution de l’air ou l’absence d’outils stratégiques pour gérer le bruit, la Commission peut décider de prendre les dispositions nécessaires et, éventuellement, engager une procédure d’infraction à l’encontre de l’État membre concerné. Les procédures d’infraction de la Commission sont souvent assez longues et ne permettent pas toujours de résoudre les problèmes sous-jacents de non-conformité.

Évolution de la qualité de l’air à Athènes, Barcelone et Cracovie*
* Les valeurs indiquées pour le NO 2, les PM10 et les PM2,5 représentent la concentration moyenne annuelle la plus élevée de la ville, telle que déterminée par ses stations de mesure, déduction faite de toute contribution provenant de sources naturelles. La valeur de NO 2 à Cracovie en 2022 repose sur une modélisation. Aucune donnée n’est disponible pour les PM2,5 à Athènes concernant 2014. Les valeurs d’O 3 représentent le nombre de jours de dépassement de l’objectif à long terme fixé dans la directive sur la qualité de l’air ambiant, bien qu’aucun délai n’ait été fixé pour l’atteindre.
Source: Cour des comptes européenne, sur la base de données de l’AEE telles que les États membres les ont communiquées.

Afin de lutter efficacement contre les pollutions atmosphérique et sonore dans les zones urbaines, il conviendrait que les régions et les villes élaborent et mettent en œuvre des plans d’action. Dans certains cas, les plans d’action dans les villes sélectionnées sont retardés ou inexistants, rendant impossible une réaction rapide et efficace à cette pollution.

Évolution des émissions des principaux polluants dans l’UE, 2005-2022
Source: Cour des comptes européenne, sur la base de données de l’AEE telles que les États membres les ont communiquées.

L’absence de planification et de coordination adéquates de la part des autorités nationales et régionales réduit souvent l’efficacité des mesures auditées prises pour lutter contre la pollution atmosphérique et sonore au niveau local. En conséquence, les solutions envisagées ont parfois été
revues à la baisse ou reportées.

Seuils de signalement fixés dans la directive sur le bruit dans l’environnement par rapport aux niveaux recommandés par l’OMS
Source: Cour des comptes européenne, sur la base de la directive sur le bruit dans l’environnement et
des lignes directrices de l’OMS.

Lors de l’analyse des projets sélectionnés, en partie financés par l’UE et susceptibles de contribuer à l’amélioration de la qualité de l’air et à la réduction de la pollution sonore, il est souvent impossible d’évaluer leur efficacité et, donc, celle du financement de l’UE correspondant. Cela s’explique par l’absence d’indicateurs spécifiques permettant d’apprécier les résultats d’un projet au regard de sa contribution à l’amélioration de la qualité de l’air et à la réduction des niveaux de
bruit
.

État d’avancement des rapports des États membres dans le cadre de la cartographie du bruit de 2022 (phase IV, situation fin mai 2024)
Source: Cour des comptes européenne, sur la base de données de l’AEE telles que les États membres les ont communiquées.

Sur la base de ces constatations, la Cour des Comptes Européenne recommande à la Commission d’évaluer dans quelle mesure il serait possible :

  • d’introduire des objectifs de réduction du bruit et de définir des niveaux sonores à ne pas dépasser dans la directive relative au bruit dans l’environnement;
  • d’aligner le plus possible les seuils de signalement d’une exposition au bruit sur ceux recommandés par l’Organisation mondiale de la santé
Durée des procédures d’infraction par rapport au délai de référence de la Commission
Source: Cour des comptes européenne, sur la base de données de la Commission

Rapport Spécial – Pollution urbaine dans l’UE

Trois quarts des citoyens européens vivent dans les zones urbaines et sont de ce fait particulièrement exposés aux pollutions atmosphérique et sonore.

Niveaux de pollution dans les villes sélectionnées par rapport aux valeurs limites de l’UE

Selon l’Agence européenne de l’environnement, la pollution de l’air tue au moins 250 000 personnes chaque année en Europe.

En outre, une exposition prolongée à des niveaux de bruit excessifs peut avoir des effets néfastes sur la santé, comme des troubles du sommeil, de l’anxiété, des troubles cognitifs ou encore des problèmes de santé mentale.

Résultat : 48 000 nouveaux cas de maladies cardiovasculaires et 12 000 décès prématurés tous les ans en Europe.

L’UE a établi des règles pour protéger ses 450 millions de citoyens contre les pollutions atmosphérique et sonore. La Commission européenne affirme avoir alloué une enveloppe de 46,4 milliards d’euros pour la période 2014‑2020 et une autre de 185,5 milliards d’euros pour 2021 à 2027 en vue d’atteindre les objectifs fixés en matière de qualité de l’air.

«Des progrès ont été réalisés en matière de lutte contre la pollution urbaine. Mais nous commettrions une grossière erreur si nous nous reposions sur nos lauriers», a déclaré Klaus-Heiner Lehne, le membre de la Cour responsable de l’audit. «L’UE et ses États membres doivent se rendre compte que les objectifs ambitieux qui ont été fixés ne pourront être atteints sans de gros efforts supplémentaires de leur part.»

Les auditeurs reconnaissent que la qualité de l’air s’est globalement améliorée dans l’UE. Ils font cependant remarquer que la pollution atmosphérique, notamment celle due aux émissions de dioxyde d’azote (NO2) générées par les voitures et les camions, demeure un problème majeur. En 2022, la concentration maximale autorisée de dioxyde d’azote dans l’air était encore dépassée dans 10 États membres.

Les normes européennes de qualité de l’air seront bientôt plus strictes. Les villes de l’UE devront intensifier leurs efforts si elles veulent les respecter et se rapprocher des recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Souvent négligé, le bruit constitue l’autre face de la pollution urbaine. Les auditeurs concluent qu’il est pratiquement impossible d’évaluer les progrès réalisés en matière de réduction de ce type de pollution dans l’UE. Dans la plupart des États membres, le contrôle des nuisances sonores présente des lacunes et des retards qui empêchent de discerner une quelconque tendance dans ce domaine.

Les données disponibles semblent indiquer que l’objectif «zéro pollution sonore» consistant à réduire de 30 % le nombre de personnes lésées par le bruit des transports d’ici à 2030 ne sera probablement pas atteint. Dans le meilleur des cas, il baisserait de 19 % et, dans le pire, il augmenterait de 3 % d’ici à 2030.

Le fait est que les villes peinent à lutter efficacement contre les pollutions atmosphérique et sonore. Cela s’explique par la mauvaise coordination des actions entre les différentes autorités ou encore l’efficacité douteuse des mesures, sans parler d’une certaine résistance à l’encontre de celles-ci au niveau local.

Axe vert «Consell de Cent» à Barcelone
Source: Cour des comptes européenne.
Prenons l’exemple des zones vertes (ou axes verts), où les piétons et les cyclistes ont la priorité sur les voitures. Les auditeurs ont constaté qu’elles apportaient des avantages aux riverains, mais qu’en contrepartie, la qualité de l’air et les niveaux sonores se détérioraient dans les rues avoisinantes. De même, les zones à faibles émissions (ZFE) – qui contribuent à réduire les pollutions atmosphérique et sonore – sont devenues un sujet extrêmement sensible. Par exemple, leur introduction à Barcelone et à Cracovie s’est heurtée à des obstacles juridiques au motif qu’elles sont discriminantes et entravent la liberté de mouvement, ce qui a conduit à réduire ou à reporter ces mesures.

La procédure d’infraction, que la Commission européenne est habilitée à engager, est un processus long et pas toujours efficace pour faire respecter les règles de l’UE en matière de pollution atmosphérique et sonore dans les villes auditées.

L’UE est habilitée1 à agir pour préserver, protéger et améliorer la qualité de l’environnement ainsi que pour protéger la santé humaine.

En 2021, dans le cadre du pacte vert pour l’Europe, des objectifs spécifiques ont été fixés pour réduire la pollution atmosphérique et les nuisances sonores d’ici à 2030.

Il s’agit non seulement de réduire de plus de 55 % l’incidence de la pollution atmosphérique sur la santé (décès prématurés) et de 25 % le nombre d’écosystèmes menacés par la pollution atmosphérique au sein de l’UE, mais également de 30 % le nombre de personnes souffrant de troubles chroniques dus au bruit des transports. Ces objectifs ne sont toutefois pas contraignants pour les États membres.

  1. En vertu des articles 191 et 192 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE) ↩︎

Pour renouer avec le vivant, tout commence au jardin

Selon Aymeric Lazarin, le jardin – à mi-chemin entre le sauvage et le domestique – apparaît comme le compromis idéal pour se reconnecter avec la nature. Dans ce livre, il invite à ne plus distinguer nature et culture, à se défaire des préjugés et habitudes de jardinage pour observer le terrain et privilégier le laisser-faire. Il montre que tous les jardiniers ont le pouvoir de faire de leur espace un sanctuaire de biodiversité, afin de constituer collectivement un réseau de refuges biologiques. Entre théorie et conseils pratiques, cet ouvrage donne toutes les clés pour changer de regard sur le jardinage et sur le monde vivant qui nous entoure.

Sommaire

  1. CE TERRITOIRE CONNU DE NATURE INCONNUE
    • Une vieille relation
    • Vous avez dit « nature » ?
    • Le changement qui s’amorce est-il structurel ?
    • (Re)découvrir la nature
      • Enrayer la déconnexion
      • Réinventer l’école de la nature
      • Prendre soin de la nature, guérir les enfants
    • Restaurer la flexibilité intellectuelle du cerveau humain
    • L’illusion de l’équilibre
    • La notion de propriété
  2. Pour un jardin refuge !
    • Quand les jardins sauveront le monde
    • Un « chez soi » qui accepte « les autres »
    • Qui sont ces « autres » ?
    • Ces « autres » qui nous constituent
      • Le tissu unique et infini du vivant
      • L’hypothèse Gaïa
    • Soignons le microbiote planétaire
    • Espaces ordinaires d’espèces remarquables
    • Pourquoi accueillir ces réfugiés ?
    • Provoquer la rencontre sans l’imposer
      • Le jardin d’invitation
      • Un refuge sans artefact !
  3. Agresseur car victime de mes peurs
    • La sérénité au jardin d’Épicure
    • Quand le jardin se fait thérapeutique
    • Craignons-nous nous-mêmes
      • Des peurs par méconnaissance
      • Quelle belle friche !
      • Du propre pas si sain
    • Réconcilier le jardinier avec le temps qui passe
    • La terreur du dieu Chronos
    • Occuper la terre…
      • Le mirage de la propriété
      • La sagesse avant la fin
    • Les paysages face au temps
      • Même les montagnes changent
      • Jardiner en dynamique avec le temps
    • La nature où l’on vit, où l’on meurt…
    • et où l’on revit sans cesse !
    • Accepter la mort pour favoriser la vie
    • Recycler pour un « jardin circulaire »
      • Imaginer des circuits vertueux
      • S’inspirer des forêts-jardins du Paléolithique
  4. Faut-il encore « concevoir » son jardin ?
    • Un jardin n’est jamais une feuille blanche
    • Réinscrire le projet dans le grand tout
    • Un « jardin tentaculaire »
    • Rompre avec le diktat de l’image
    • Viser les arbres… et le climax !
    • Préférer la finesse du sauvage au tout horticole
    • Reconsidérer les exotiques
      Conclusion
    • Apprenons d’autres réflexes
      • Notre esprit détient les outils
      • Le jardin apporte des solutions
      • Retisser d’indispensables relations
        Bibliographie

(Re)découvrir la nature (extrait)

De manière générale, la compréhension du fonctionnement biologique et écologique de notre monde est insuffisante. Bien sûr, des connaisseurs demeurent et gagnent en précision chaque jour : les experts le sont de plus en plus. Au quotidien, ils approfondissent leurs connaissances dans le domaine qui est le leur – parfois sans lien les uns avec les autres, ce qui conduit à un isolement de ces expertises et donc à une perte de la vision globale et de l’approche systémique si fondamentales.

Mais le nœud du problème n’est pas là ! La méconnaissance généralisée de la nature conduit, d’une part, à son incompréhension et donc à sa destruction et, d’autre part, à une méfiance grandissante, qui, elle aussi, mène à sa destruction.

Enrayer la déconnexion

En psychologie environnementale, on parle de l’« extinction de l’expérience de nature ». Ce concept, développé par Robert Michael Pyle, écologue américain, constitue pour lui « l’une des plus grandes causes de la crise écologique » en cours, puisqu’elle « nourrit l’apathie envers les problèmes environnementaux, et [entraîne] inévitablement, une dégradation supplémentaire de notre habitat ».

Mais de quoi parle-t-on exactement ? Eh bien en France, par exemple, on estime que quatre enfants sur dix (de trois à dix ans) ne jouent jamais dehors pendant la semaine. Virginie Maris, philosophe
de l’environnement au CNRS, interroge sans détour : « Des enfants qui grandissent dans des milieux hyper urbains environnés de paysages virtuels développeront-ils ce type d’appréciation ? »1 Les propos de Michel Loreau, de la Station d’écologie théorique et expérimentale du CNRS, semblent répondre parfaitement à cette interrogation. Pour lui, il n’y a pas de doute : « Moins on sera en contact avec la nature, et ce, dès l’enfance, moins on développera une conscience de ces enjeux, et moins on sera sensibles aux politiques proposées. Pour faire face aux enjeux écologiques du XXIe siècle, et aux transformations sociales nécessaires, il est important de conserver une connexion à la nature. »2

Pour le psychologue américain Peter H. Kahn, notre indifférence face aux catastrophes écologiques qui se jouent sous nos yeux s’explique par le fait que chaque génération oublie l’état de l’environnement qu’a connu la génération précédente.

Ainsi, de génération en génération, on considère l’état que l’on observe comme « normal », alors que la dégradation est considérable. C’est exactement ce que développe Stéphane Durand dans son livre3. Il y décrit la richesse des écosystèmes français avant l’arrivée de l’espèce humaine et rappelle qu’à l’échelle de la vie, c’est la rareté actuelle de la faune et la fragilité actuelle des écosystèmes qui sont exceptionnelles, à l’opposé de ce que nous percevons : on n’imagine pas, dans nos jeunes esprits, « que la France fut d’une incroyable richesse naturelle et que cette surabondance fut longtemps la norme ».

Il est évident que notre perception du temps est trompeuse. Intuitivement, on se réfère à ce que l’on connaît. Or, notre référence au temps la plus longue ne peut dépasser celle d’une vie humaine, un siècle pour certains. À l’échelle du vivant, ces durées sont anecdotiques : ce sont des instantanés insignifiants.

Pour éviter de tomber dans ce biais court-termiste, les écologues s’imposent de se référer à des échelles de temps beaucoup plus longues : c’est la notion d’historicité. Cette valeur historique de long terme (au moins 100 000 ans) relativise l’importance des mémoires humaines et des vieilles cartes postales auxquelles on se réfère trop souvent et à tort. Certes, notre société accorde beaucoup d’importance aux images. Certes, on se réfère beaucoup « aux anciens », mais leur recul sur le fonctionnement du monde n’en est pas un. Les biais de l’image et de la perception humaine sont nombreux.

Puisque chaque génération « normalise » et « accepte » l’état de la nature qu’elle côtoie, comment mobiliser les foules ? Comment éveiller les consciences ?

Quand les jardins sauveront le monde (extrait)

« Et si nos jardins constituaient la dernière arche, celle d’où pourra se reconstruire la vie ? » Ce n’est pas moi qui interroge, mais Dave Goulson, dans son livre passionnant Jardin jungle, arche de biodiversité4 . Dave nous montre comment, dans notre environnement ravagé par l’agriculture industrielle et les multiples pollutions engendrées par nos modes de vie, nous pouvons faire de nos jardins les espaces de survie de nombreuses espèces animales. Non pas hélas les lions, les pandas ou les baleines, mais ces centaines d’insectes, arachnides et tout petits mammifères auxquels notre propre survie en tant qu’espèce est inféodée.

Pour cela, il insiste, comme moi, sur l’importance de changer de regard et sur l’espoir que cette relation au jardin peut apporter : « Si l’on adopte une telle perspective, nous, les jardiniers,
pourrions bien être en mesure de sauver la planète et, ce faisant, de sauver l’humanité
. »

Nous avons vu que notre perception actuelle de la propriété repose sur un faisceau de droits. Parmi eux, le droit à l’exclusion est le plus préjudiciable pour la biodiversité. Il nous faut revoir ce fondement.

La propriété ne peut plus se permettre d’être exclusive. Le jardin et son jardinier doivent être les fers de lance de cette révolution. Ils doivent devenir inclusifs !

Dans cette même logique, Vinciane Despret nous souhaite un « chez-soi » où nous ne sommes plus des « petits propriétaires avares et jaloux, maîtres et possesseurs de la nature » – et donc défenseurs farouches de l’ordre –, mais des « cohabitants s’émerveillant de la qualité de la vie en présence d’autres êtres »5

Un « chez soi » qui accepte « les autres »

Si le jardinier souhaite transformer son jardin en refuge, il doit changer d’approche.

Il doit redonner leur place aux forces de vie qu’il ne maîtrise pas. À l’échelle du jardin, comme dans tous les écosystèmes de la planète, il doit accepter que des processus échappent à son contrôle.

Cela ne signifie pas que l’ensemble du jardin doit être laissé en libre évolution et que l’humain doit devenir spectateur des écosystèmes qui le composent. Mais celui-ci doit accepter les dynamiques incontrôlées et les êtres vivants inconnus. Pour trouver sa place dans cette nouvelle approche, le jardinier doit avant tout s’interroger sur ce qu’est le jardinage.

Au sens où on l’entend aujourd’hui, et pour reprendre la définition que je donnais dans un précédent ouvrage6, jardiner c’est « intervenir pour modifier la nature ordinaire qui nous entoure, pour la contenir, la limiter, la sélectionner et parfois la détruire. On pourrait résumer les travaux de jardinage en deux grands domaines : l’aménagement, c’est-à-dire la création ou la mise en place, et la gestion, c’est-à-dire l’entretien. Cette approche n’est pas propre aux métiers du paysage, puisqu’on la retrouve notamment chez les forestiers. Le rapport privilégié de l’homme à la nature est aujourd’hui la gestion. Or, la nature est malade de la gestion. Que l’on ne se méprenne pas ! Je ne dis pas qu’il faut arrêter toute forme de gestion et je ne prône pas le laisser faire.

Rapidement et violemment introduit dans les civilisations par les religions qui ont proclamé l’humain comme espèce supérieure, ce rapport à la nature est aujourd’hui source de nombreux déséquilibres et de nombreuses idées reçues.

Contrairement à ce qu’affirment certains élus locaux, préfets et chasseurs, les «nuisibles» ne prolifèrent pas forcément si l’on arrête de les «réguler», contrairement à ce qu’affirment certains forestiers, les forêts ne meurent pas si l’on arrête de les exploiter, et contrairement à ce que disent certains paysagistes, les jardins ne deviennent pas inhospitaliers si l’on arrête de les «entretenir».

Au milieu de tout cela, des alternatives existent, et des zones de compromis peuvent être trouvées au jardin, en forêt et avec la faune sauvage, où le retour à un certain équilibre naturel peut opérer ».

Cet équilibre est possible. Certaines tribus le perpétuent depuis des milliers d’années. Au jardin, cela signifie que l’on doit accepter la présence d’autres formes de vie et leurs différences. Certains jardiniers y parviennent. Qu’elle rampe, qu’elle grouille ou qu’elle vole, qu’elle siffle, qu’elle grogne ou qu’elle bourdonne, nous devons accepter cette diversité vivante qui occupe avec nous notre jardin

A propos de l’auteur

il existe des solutions aux problèmes de nos sociétés … et elles sont végétales !

Aymeric Lazarin lors de la pose d’un cordeau dans son potager sous tunnel.

Aymeric Lazarin est ingénieur écologue. Il a également étudié l’agronomie et l’aménagement.

Après de nombreuses expériences en agriculture biologique puis dans la recherche, il est devenu enseignant en gestion des espaces naturels et en écologie, il a également développé une activité de pépiniériste-paysagiste.

Il est l’auteur de plusieurs titres aux éditions Terre vivante, dont « Mon potager de vivaces : 70 légumes perpétuels à découvrir« 


A propos de Terre Vivante

Il y a 40 ans, nous semions la première graine d’écologie …

Créée en 1979 par un groupe d’ingénieurs et de passionnés, Terre vivante invite à préserver l’environnement au quotidien. En 1980, paraît le premier numéro du magazine Les 4 Saisons – Jardin bio, permaculture et alternatives, bimestriel 100 % bio, 100 % pratique. Il compte aujourd’hui 20 000 abonnés et est disponible en kiosque.

Puis des livres proposent des solutions concrètes et faciles à mettre en œuvre pour jardiner bio, manger sain, construire de façon écologique et se soigner au naturel. Aujourd’hui, le catalogue comprend près de 350 ouvrages rédigés par des praticiens, des techniciens, des scientifiques, des journalistes spécialisés : tous les sujets sont traités et testés avec l’ambition de faire avancer l’écologie.

Depuis sa création, Terre vivante imprime ses livres, son magazine ainsi que tous ses documents en préservant au maximum l’environnement : papier recyclé ou certifié PEFC, avec des encres à base d’huiles végétales, chez des imprimeurs respectueux de l’environnement, dont 95 % localisés en France. D’autres démarches visent à limiter l’empreinte écologique de Terre vivante (bâtiments économes en énergie,
chauffage au bois, panneaux solaires, lombricompostage, tri des déchets, promotion des vélos électriques, etc.).

En 1994, Terre vivante créée un Centre écologique de 50 hectares au pied du Vercors. Foisonnant d’idées et de créativité, les potagers et les jardins sont de véritables petits laboratoires participant au changement de notre société, pensés comme de petits écosystèmes : aucun produit chimique n’est utilisé, les eaux de pluie sont récupérées, l’accueil des animaux auxiliaires est largement favorisé. L’équipe de jardiniers fait bénéficier Les 4 Saisons, la maison d’édition et les visiteurs de son expérience.

Terre vivante est une coopérative (SCOP) employant 20 salariés. Elle est donc largement engagée dans la mise en valeur de l’environnement et du développement durable. Sa mission principale est la transmission de savoir-faire pour une écologie positive et à la portée de tous.

  1. Ouvrage collectif, Penser le vivant, Les liens qui libèrent/l’Obs, 2021. ↩︎
  2. Michel Loreau, « Le contact avec la nature pendant l’enfance développe la conscience écologique », Le
    point, 21 janvier 2023. ↩︎
  3. Stéphane Durand, 20 000 ans ou la grande histoire de la nature, coll. Mondes Sauvages, Actes Sud, 2018. ↩︎
  4. Rouergue, 2021. ↩︎
  5. Préface de l’ouvrage de Baptiste Morizot, Sur la piste animale, coll. Mondes sauvages, Actes Sud, 2018. ↩︎
  6. Aymeric Lazarin, Évaluation écologique des aménagements paysagers, éditions Quae/Educagri éditions,
    2022. ↩︎