Le Comité 21 et le Pacte mondial de l’ONU – Réseau France publient l’étude nationale « Les régions françaises face aux transitions – Enjeux écologiques et dynamiques territoriales », une analyse des défis que doivent relever les 13 régions métropolitaines afin d’accélérer leur transformation écologique et renforcer le dialogue entre acteurs publics et privés.

Dans un contexte d’urgence climatique marqué par des canicules précoces, des sécheresses historiques, des risques naturels accrus ou encore la dégradation de la biodiversité, cette étude propose une lecture actualisée des vulnérabilités régionales et des trajectoires de transition. Alors que la France s’oriente vers un réchauffement de +4 °C d’ici la fin du siècle si les tendances actuelles persistent, les entreprises comme les collectivités doivent adapter leurs modèles, coopérer davantage et inscrire leurs actions dans des stratégies territorialisées cohérentes avec les ambitions nationales et européennes.

Période de référence : 1976-2005 – Région Auvergne-Rhône-Alpes
Ce document est une base de dialogue avec les acteurs des territoires sur les dynamiques en cours et les priorités à fixer pour accélérer les transitions.

Augmentation de 30,4 TWh produits en 2022 (+6,5 %)
Un outil pour comprendre, dialoguer et agir

Fruit d’un croisement entre données scientifiques, dispositifs de planification régionale et retours qualitatifs d’acteurs territoriaux, l’étude répond à un besoin : permettre aux entreprises, associations, institutions et collectivités de mieux comprendre les transformations à mener et les leviers d’action disponibles à l’échelle locale.
Elle propose pour chaque région :
- un panorama synthétique des défis (environnement, énergie, émissions, mobilité, foncier) ;
- une mise en perspective de la situation régionale avec les objectifs des Schémas régionaux d’Aménagement, de Développement durable et d’Égalité des Territoires (SRADDET) et de la planification écologique ;
- une analyse des dynamiques de coopération multi-acteurs ;
- une sélection de défis majeurs du territoire ;

« Les entreprises sont prêtes à agir, mais elles ont besoin de repères et de lisibilité territoriale. Ce travail commun avec le Comité 21 leur apporte des données solides, des priorités partagées et des exemples concrets pour renforcer leur contribution aux ODD et à la planification écologique. »

Année de référence : 2015 – Région Auvergne-Rhône-Alpes
Baisse de 46 Mt CO2 éq (-16 %)
L’étude met également en avant des initiatives exemplaires portées en régions par des acteurs régionaux ainsi que des membres du Pacte mondial et du Comité 21.
Pensé comme un outil d’appropriation et de mobilisation, il vise à générer des échanges de vue avec les Régions et à faciliter le dialogue entre acteurs économiques, collectivités et société civile, condition indispensable à la réussite des transitions.
Des défis différenciés, une cohérence nationale à construire

Les territoires français présentent des réalités très diversifiées : risques climatiques, pressions sur l’eau, exposition aux risques naturels, poids de l’industrie, vulnérabilités économiques, enjeux de biodiversité…
Cette diversité impose des réponses non uniformes, ajustées aux spécificités locales, mais alignées avec les trajectoires nationales (SNBC, Stratégie biodiversité 2030, loi Climat et résilience, objectifs ZAN, planification écologique pilotée par le SGPE).
L’étude montre notamment :
- l’exposition accrue de nombreuses régions aux effets du changement climatique ;
- des besoins massifs de décarbonation industrielle et logistique ;
- des tensions croissantes sur la ressource en eau ;
- l’urgence d’adapter les modèles touristiques, agricoles et littoraux ;
- un rôle central des collectivités dans la mise en œuvre opérationnelle ;
- une montée en puissance des coopérations entreprises–territoires.
Et si le rural inspirait l’urbain ? Pour une nouvelle approche du développement territorial

Docteure en philosophie et diplômée de l’École normale supérieure (ENS)
La ville serait-elle le modèle de développement territorial par excellence, au détriment des territoires ruraux, comme s’ils étaient surannés ou inadaptés aux exigences modernes ?
Pourtant, du fait de leurs spécificités, ceux-ci ont développé des manières d’entreprendre, de travailler, de penser les liens sociaux qui pourraient inspirer les acteurs urbains, voire les aider à se réinventer.
C’est ce que montre, dans cette note en partenariat avec la Cité de l’économie et des métiers de demain et Adefpat, Gabrielle Halpern, soulignant la capacité des acteurs ruraux à imaginer des hybridations qui ouvrent de nouvelles opportunités.
« Les villes devraient être construites à la campagne, l’air y est tellement plus pur », écrivait Henri Monnier1. Si cette phrase prête à sourire, elle vient soulever un paradoxe profond : en quelques siècles, la ville semble s’être imposée comme le modèle de développement territorial par excellence, au point d’entraîner une forme de crise des territoires ruraux, comme s’ils étaient surannés ou inadaptés aux exigences modernes2. Cependant, ces dernières années, un certain nombre de facteurs ont fait craquer à maints endroits le vernis de l’urbain au point d’en révéler des failles béantes et grandissantes. Si l’on entend parler d’une crise du rural depuis un certain temps, il se pourrait bien que nous vivions à l’aube d’une crise de l’urbain, comme s’il y avait une prise de conscience progressive de ce que ce modèle de développement territorial n’est en réalité pas adapté – ou n’est plus adapté – aux aspirations humaines et aux défis économiques, écologiques ou encore sociaux de notre siècle.
Il serait donc intéressant d’analyser le modèle de développement rural, à travers différentes dimensions, pour mieux comprendre sa philosophie territoriale et voir dans quelle mesure le rural pourrait inspirer l’urbain. En effet, du fait de leurs spécificités, il semblerait que les territoires ruraux3 aient développé des manières d’entreprendre, de travailler, de penser les liens sociaux qui pourraient inspirer les acteurs urbains, voire les aider à se réinventer. Alors que nous sommes au premier quart du XXIe siècle et que les changements du monde – et de la France – s’accélèrent, comment repenser le développement territorial ? Quel doit être le rôle de leurs acteurs, qu’ils soient économiques, associatifs, institutionnels ou publics ? En quoi consisterait la responsabilité territoriale de ces acteurs ?
Cette étude se propose d’explorer ces questions, en s’appuyant sur un échantillon exploratoire avec un certain nombre d’entretiens avec des acteurs locaux de divers horizons4, ainsi que sur des rapports et travaux de recherche, afin de dégager des pistes de réflexion et d’actions concrètes permettant de construire une nouvelle approche du développement territorial. La principale difficulté épistémologique tenait à la diversité des réalités, et donc des regards. De la même manière qu’il y a des urbanités, il y a des ruralités et chaque territoire a sa singularité ; il est donc toujours fastidieux de procéder à des généralisations à partir de points de vue particuliers. C’est la raison pour laquelle il a été fait le choix d’insérer de très nombreux verbatims pour donner à voir d’une part la diversité des regards des acteurs concernés – y compris lorsqu’il pouvait y avoir des contradictions – et, d’autre part, des similitudes de regards pouvant laisser dessiner par petites touches des traits communs. Certains lecteurs pourraient voir dans certains verbatims des caricatures ; d’autres pourraient y voir au contraire des euphémismes ; d’autres encore pourraient penser que leur réalité n’a rien à voir avec tout cela… Cette étude ne se veut en aucun cas une photographie de la France rurale – d’autres travaux ont été menés en ce sens ces dernières années –, mais une réflexion collective exploratoire destinée à provoquer le débat public et à repenser notre manière de faire territoire.
Mobiliser le secteur privé : un levier clé de réussite

Région Bretagne
La collaboration entre le Comité 21 et le Pacte mondial de l’ONU – Réseau France repose sur une conviction commune :
la transition écologique ne se fera qu’avec une mobilisation des entreprises et un dialogue renforcé avec les territoires.
Les organisations ont besoin d’une compréhension fine des contraintes locales, d’outils pour intégrer la transition dans leur stratégie et d’alliances pour développer des solutions adaptées (énergies renouvelables, transformation industrielle, adaptation climatique, économie circulaire, mobilité durable). De nombreux exemples régionaux présentés dans l’étude démontrent que cette coopération est déjà en œuvre et constitue un accélérateur puissant de transformation.
Antoine Charlot, Directeur de l’établissement Grand Ouest Comité 21

« Les défis écologiques appellent des réponses différenciées et ancrées dans les territoires. Ce guide offre une vision claire et accessible pour permettre à chaque acteur de saisir ses leviers d’action et de contribuer à une transformation répondant aux besoins locaux et cohérente à l’échelle nationale. »
Antoine Charlot, Directeur de l’établissement Grand Ouest Comité 21
Guide : Les régions françaises face aux transitions
- Une citation souvent attribuée à Alphonse Allais, mais qui est prononcée par le personnage Monsieur Joseph Prudhomme dans les ouvrages Grandeur et décadence de Monsieur Joseph Prudhomme (1852) ou encore dans Mémoires de M. Joseph Prudhomme (1858) d’Henri Monnier. ↩︎
- L’Europe des projets architecturaux et urbains, Des campagnes aux ruralités, France Ruralités, 2025. ↩︎
- Toutes les personnes interrogées dans le cadre de cette étude ont bien mentionné le fait qu’il n’y a pas une ruralité, mais des ruralités, diverses selon leurs ressources, leur distance ou leur proximité avec les centres de décision et de richesses, leur situation géographique, etc. ↩︎
- Je tiens à remercier toutes les personnes qui ont accepté de me consacrer du temps et de répondre positivement et sincèrement à ma proposition d’entretien dans le cadre de cette étude. ↩︎




